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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 00:00

 

21 DÉCEMBRE

 

-VIII.

S Michée, prophète à Samarie, un des “Douze petits Prophètes” de l’Ecriture.

III.

S Themistocles, martyr en Lycie ; il chercha à se substituer à quelqu'un qu'on recherchait.

VII.

S Anastase, moine au Sinaï, évêque à Antioche ; persécuté, honteusement mutilé puis jeté au feu par des Juifs.

S Baudacharius, moine à Bobbio ; il multiplia la nourriture pour ses compagnons.

XI.

S Jean Vincent, dont on dit qu'après avoir été évêque à Ravenne, il construisit l'abbaye Saint-Michel à Cluse, sur révélation de l'Archange.

XV.

B Pierre Massaleno, sarde, camaldule à Torcello ; il ne parla que sur permission de son abbé et, souffrant des genoux, ne voulut pas se singulariser en demandant quelque dispense.

XVI.

B Domenico Spadafora, dominicain sicilien, fondateur d'une abbaye à Montecerignone.

S Petrus Canisius, jésuite hollandais, zélé défenseur du catholicisme contre le luthéranisme en Allemagne ; il préconisa la communion sous les deux espèces, qui fut permise en Allemagne pendant quelque temps ; son catéchisme connut cinquante-cinq éditions en neuf langues ; le collège qu'il fonda à Fribourg devint Université ; il est Docteur de l'Eglise. 

XIX.

SS Phêrô Truong Van Thi et Anrê Tran Dung (Lac), prêtres annamites, décapités ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

B Peter Friedhofen, orphelin devenu ramoneur ; il aida sa belle-sœur veuve et ses onze enfants ; il fonda les Frères de la Miséricorde de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours et mourut de tuberculose à Koblenz, béatifié en 1985.

XX.

B Gabriel Olivares Roda (1888-1936), prêtre franciscain espagnol, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

 

 

Michée prophète
8e siècle avant Jésus-Christ

Michée est l’un des douze Petits Prophètes, dont le livre est assez court en comparaison des quatre Grands Prophètes.
Né à Moresheth, à l’ouest d’Hébron, il est appelé le Morashite. Il aurait été enterré non loin de là, dans cette même tribu de Juda.
Sa prédication prophétique s’est faite autour de 721 avant Jésus-Christ, date de la prise de Samarie. Il a donc connu Osée et Isaïe.
Son Livre annonce la désolation de Sion en punition de ses déviations : les riches accapareurs, les créanciers impitoyables, les commerçants fraudeurs, les familles divisées, les prêtres et les prophètes cupides, les chefs tyranniques, les juges vénaux… Difficile de croire que ces reproches étaient adressés aux seuls habitants d’Israël, sept siècles avant Jésus-Christ.
Michée annonce aussi la doctrine du Reste, d’où renaîtra l’Israël authentique, l’Eglise. Mais c’est surtout à propos de la naissance du Messie à Bethléem, que Michée est retenu dans l’Evangile.
L’évangéliste saint Matthieu raconte comment les Mages d’Orient, arrivés à Jérusalem,  cherchèrent à voir le roi des Juifs qui vient de naître, pensant à juste titre - et bien naïvement aussi - que tout le monde devait savoir où était ce roi… Leur demande circule et arrive à Hérode, qui convoqua alors les grands prêtres et les scribes pour leur demander où devait naître le Christ. Et eux de répondre sans ambages : A Bethléem, et de citer l’exacte prophétie de Michée : 
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël (Mt 2).
Or, la prophétie de Michée est celle-ci : 
Mais toi, Bethléem Ephrata, pour être le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël ; ses origines remontent au temps jadis, aux jours antiques. C’est pourquoi Yahvé les abandonnera jusqu’au temps où aura enfanté celle qui doit enfanter. Alors le reste de ses frères reviendra aux enfants d’Israël. Il se dressera, il fera paître son troupeau par la puissance de Yahvé, par la majesté du nom de son Dieu. Ils s’établiront, car il étendra désormais son pouvoir jusqu’aux extrémités du pays. Lui-même, il sera paix ! (Mi 5:1-4).
On peut rester stupéfait de constater que ces prêtres étaient parfaitement informés de la naissance du Christ, grâce à une exégèse tout-à-fait juste de cette ancienne prophétie, transmise de génération en génération depuis cinq siècles. Malgré cette science, ils refusèrent le message de ce Chef.
Le saint prophète Michée fut longtemps commémoré le 15 janvier, en même temps que l’autre prophète Habacuc car, disait l’ancienne édition du Martyrologe, sous Théodose l’Ancien, leurs corps furent retrouvés par suite d’une révélation divine, apparemment en 385. On ne spécifie pas davantage les circonstances de cette révélation.
Tandis que les Grecs commémorent Michée le 21 avril, le Martyrologe Romain l’a placé désormais au 21 décembre, peu de jours avant la fête de Noël.


Themistocles de Myre
† 251

Il n’y a pas que s.Nicolas qui illustra la ville de Myre (Lycie, actuelle Turquie d’Asie SW).
Themistocles était un simple berger des environs de Myre.
Le gouverneur Asclépios envoya des hommes à la recherche d’un certain Dioscoride, chrétien notoire de la ville. Les soldats passèrent près du troupeau de Themistocles et lui demandèrent s’il ne l’avait pas vu passer. Or Dioscoride venait de trouver refuge dans la cabane de Themistocles.
Ce dernier demanda tout simplement aux soldats d’épargner la vie du «fugitif», mais les soldats menacèrent de l’emmener, lui, à la place de Dioscoride, s’il ne le leur livrait pas. Themistocles se laissa arrêter. On remarquera au passage que les soldats ne se permettaient pas de forcer la porte de la cabane du berger.
Conduit devant Asclepios, Themistocles refusa d’indiquer la cachette de Dioscoride, et ajouta une petite prédication de son cru, rappelant que les dieux païens avaient des mœurs tout-à-fait honteuses et condamnables.
Le gouverneur le fit flageller sur le ventre jusqu’à ce que ses entrailles fussent mises à nu, puis le fit suspendre à un poteau pour qu’il fût déchiré par des peignes de fer - de ceux qu’on utilise pour carder la laine -, finalement il fut traîné dans les épines, où il expira bientôt.
Ce devait être en 251.
Sur la tombe de Themistocles, son bâton de berger prit racine et donna un merveilleux amandier.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Themistocles de Myre au 21 décembre.

 

Domenico Spadafora

1450-1521

 

La noble famille de Domenico avait séjourné à Constantinople et à Venise. Lui-même naquit en 1450 à Randazzo (Catane, Sicile), deuxième fils du baron de Maletto.

La noblesse humaine ne l’intéressant pas, il étudia d’abord chez les Dominicains de Palerme, y devint novice  et fut ordonné prêtre.

Il poursuivit ses études à Pérouse, Padoue et Venise. En 1478, il y fut reçu docteur en théologie.

Revenu en Sicile, il enseigna la théologie et fut au couvent de Messine.

Bientôt, le Général de l’Ordre l’appela auprès de lui à Rome.

Et voilà que, sur la demande des fidèles, l’évêque de Monte Feltro demanda aux Dominicains d’assumer un petit sanctuaire marial à Monte Cerignone. Domenico fut choisi pour acquérir le terrain nécessaire en vue de la construction d’un couvent et d’une église (1498).

Domenico en sera nommé supérieur, et le sera jusqu’à la mort.

On ne recensa pas moins de dix-huit guérisons de malades incurables, qu’il opéra de son vivant.

Le 21 décembre 1521, après avoir célébré la Messe, il convoqua tous les frères du couvent et leur demanda pardon pour ses fautes. Puis il se retira dans sa cellule et mourut.

Plus tard, quand on voulut replacer son corps avec plus d’honneurs, on le retrouva incorrompu et exhalant un agréable parfum.

Le culte envers Domenico Spadafora fut confirmé en 1921.

 

 

Petrus Canisius

1521-1597

 

Petrus naquit à Nimègue. Son vrai nom est Pieter Kanijs (qu’on écrit aussi Kanîs). Il naquit le 8 mai 1521. Jacob, son père, est (sans jeu de mot) le maire de Nimègue (Pays-Bas), alors dans le diocèse de Cologne. Ægidia van Houweningen, sa mère, mourut peu après la naissance de Petrus.

Mystérieusement, Petrus fut inspiré dès l’enfance à porter un cilice.

En 1536, il part à Cologne pour étudier les arts, le droit, la théologie. Après un court séjour à Louvain (1539), il est reçu Maître ès Arts à Cologne.

Son conseiller spirituel, Nicolaus van Esch, lui fait connaître plusieurs personnalités du monde catholique. En 1540, contre les désirs de son père qui lui proposait un mariage avec une riche jeune fille, Peter fait le vœu de chasteté.

Il est un des huit premiers membres du tout récent Ordre des Jésuites, et le premier Allemand à en faire partie. Il y entre le jour de ses vingt-deux ans, le 8 mai 1543, en faisant ses vœux à Mayence. Il fonde avec ses compagnons la première maison allemande de Jésuites à Cologne ; il va prêcher, en ville et dans les environs ; il participe à des débats et enseigne à l’université.

Ordonné prêtre en 1546, il publie alors les œuvres de saint Cyrille d’Alexandrie et de saint Léon le Grand ; puis il est appelé à Liège pour contrer les doctrines néfastes de l’archevêque apostat. En 1547, l’évêque de Augsburg l’appelle à participer au Concile de Trente, où il intervient par deux fois. C’est à ce moment-là que Pieter commençe à latiniser son nom en Petrus Canisius. 

Au concile, on était partagé sur le fait de donner l’Eucharistie sous les deux formes du Pain et du Vin. Petrus fut d’abord d’avis de le permettre pour les Chrétiens de Bohême et pour certains Catholiques dont il fallait consolider la foi ; mais plus tard il pensa que ce rite aurait plutôt divisé les Catholiques.

En 1548, il enseigne la rhétorique à Messine (Sicile), prêchant en italien et en latin.

A la demande du duc de Bavière, et avec l’approbation du pape, il est recteur et professeur de théologie à Ingolstadt (Munich) ; en chemin, il est reçu Docteur en théologie à l’université de Bologne ; puis il va être un des premiers Jésuites à être dirigés sur Vienne, pour organiser la Contre-réforme. Petrus connaîtra désormais une activité inlassable, sans borne, qui lui vaudra aussi des attaques : son nom lui vaudra le sobriquet de chien (en latin canis). On publiait des faux sous son nom.

A la cour, il contrera les positions d’un célèbre prêtre (Phauser), qui était passé au luthéranisme et s’était marié. Phauser dut démissionner et en gardera toujours de la rancœur contre Peter. Trois fois le roi proposera Petrus pour la charge épiscopale de Vienne, qu’il refusera toujours. 

En 1555 il publie son catéchisme ou Somme de la doctrine chrétienne, en réponse aux positions de Luther, et qui comptera deux-cents rééditions. L’évêque de Augsburg l’introduira dans toutes les écoles de son diocèse à partir de 1591.

Il prêchera en 1556 dans une cathédrale de Prague archi-comble. Petrus prit part à plusieurs discussions publiques à Worms et contre Melanchton : partout les Protestants, qui n’avaient pas de doctrine commune entre eux, devaient céder à la parole convaincante de Petrus.

Puis il fut à Strasbourg, où il prêcha, expliqua le catéchisme aux enfants, entendit leur confession, et confirma les habitants dans leur foi catholique. Appelé en Bavière, Petrus prêcha jusqu’à quatre fois par jour pour ramener les populations à la foi catholique.

Le pape l’envoya alors à Cracovie (Pologne), où il s’adressa au clergé et aux membres de l’université. En 1559 (l’année où il ouvre un collège à Munich), il est envoyé à la diète de Augsbourg, où il prêchera jusqu’en 1566 sur la demande du chapitre.

Petrus traite tous les thèmes de la religion : le Décalogue, la Messe, les prophéties, l’évangile du jour, la Justification, la Liberté chrétienne, l’interprétation des Ecritures, les Saints, les cérémonies de l’Eglise, les vœux religieux, les indulgences, l’obéissance aux autorités de l’Eglise, la confession, la communion, le jeûne, l’aumône. Mais il ne s’adresse pas qu’à la foule : il censure les fautes du clergé, quand celles-ci sont trop évidentes.

Il y a tant de monde qui vient l’écouter et se confesser à lui, qu’une partie clergé en prend ombrage ; on finit par un accord : Petrus se serait «contenté» de prêcher, laissant aux prêtres de la cathédrale l’administration des sacrements.

Durant cette période, Petrus voyage encore : en 1562 il ouvre le collège d’Innsbruck et devient le confesseur de la fille du roi, Magdalena. En 1563, il prêche en Souabe ; en 1564 il envoie des missionnaires en Bavière, fonde un collège à Dillingen. En 1565 il est à Rome pour le deuxième chapitre général de l’Ordre jésuite. Le pape le charge de répandre en Allemagne les décrets du Concile de Trente et de convaincre les autorités civiles de défendre l’Eglise catholique. Petrus rencontra beaucoup de princes et d’évêques, mais finit par renoncer à cette mission, constatant qu’elle suscitait des jalousies et aussi des suspicions d’espionnage ou d’interférence politique… A Wiesensteig il ramène la cour de Helfenstein au catholicisme. 

En 1567 Petrus enseigne à la cathédrale de Würzburg, va à Dillingen, Mayence, Speyer, Ingoslstadt, Innsbruck où s’ouvrira un collège en 1569. 

C’est à Dillingen qu’il recevra dans l’Ordre des Jésuites le jeune Stanislaus Kostka (voir au 15 août).

Le travail et la patience de Petrus ne s’arrêtaient pas. Toujours en voyage, toujours prêchant, toujours priant, toujours écrivant, il ramena et confirma dans le Catholicisme beaucoup d’âmes ébranlées par les doctrines luthériennes.

C’est encore Petrus qui fondera à Fribourg en Suisse le Collège Saint-Michel (1580), qui deviendra la célèbre université que l’on connaît (il sera momentanément fermé quand les Jésuites furent expulsés de Suisse). Fribourg n’avait pas été épargnée par les fausses doctrines, et c’est grâce à la prédication de Petrus que Fribourg resta ensuite un solide bastion de l’Eglise catholique. De là, Petrus alla aussi à Augsbourg, à Lucerne, où il alla vénérer la Vierge de Einsiedeln ; c’est là, d’après Petrus lui-même, que saint Nicolas de Flüe lui aurait demandé de ne jamais quitter Fribourg (sur saint Niklaus de Flüe, voir au 21 mars).

Il y resta. Il obtint du pape une permission pour ériger à Fribourg une maison d’impression, en même temps qu’il rencontrait les principaux éditeurs d’Anvers, Cologne, Dillingen, pour diffuser la doctrine catholique.

Petrus Canisius sut par sa charité et sa douceur, regagner au catholicisme beaucoup de régions de l’Europe centrale ; on l’a appelé le marteau des hérétiques, non pas pour la dureté de sa parole, qui était toujours patiente et respectueuse, mais pour le résultat obtenu.

Frappé d’hydropisie compliquée de catarrhe, épuisé de travaux, Petrus mourut le 21 décembre 1597. Son infirmier attesta qu’il passa cette dernière année dans la prière, le recueillement, parlant peu, écoutant. Il dut cesser de célébrer, avec tristesse, quelques jours avant sa mort. Il ne demandait rien, il ne se plaignait pas.

Petrus Canisius fut béatifié en 1864, canonisé en 1925, en même temps qu’il fut proclamé Docteur de l’Eglise. Pour le troisième centenaire de sa mort (1897), il fut appelé deuxième apôtre d’Allemagne, après saint Boniface (voir au 5 juin).

Depuis, il a été pris comme Patron du nouveau diocèse de Innsbruck (1964).

Si le dies natalis de saint Petrus Canisius reste au 21 décembre, il est localement fêté le 27 avril dans la zone germanique.

Phêrô Trưong Vǎn Thi

1763-1839

 

Pierre était né vers 1763 à Kẻ Sở (Hanoi, Vietnam).

A onze ans il se signala tellement par ses vertus et son zèle, qu’il fut bientôt nommé catéchiste.

Plus tard, la vocation sacerdotale s’épanouit en son cœur et il entra au séminaire. Il fut ordonné prêtre en 1806, à quarante-trois ans.

Pendant vingt-sept ans il exerça le ministère sacerdotal dans la province de Phú Thǫ, puis fut nommé curé à Kẻ Sông en 1833.

Les fidèles savaient qu’il n’avait pas une bonne santé, mais il jeûnait tout de même le vendredi. Il priait beaucoup, célébrait la messe chaque jour avec beaucoup de recueillement et mangeait très frugalement. Mgr Jeantet admirait en lui sa piété profonde, sa douceur et sa sagesse.

Lors de la persécution, il continua son activité mais discrètement, lorsqu’il fut arrêté le 10 octobre 1839.

On tenta de réunir la somme nécessaire pour le racheter, mais il fut conduit à Bình Lục, où il retrouva un autre prêtre célèbre au Vietnam, André Dũng Lạc. En route, le père Phêrô, qui avait soixante-seize ans, n’avait plus la force de marcher et tomba, comme le Christ sous le poids de sa croix. Il donna à un soldat ses propres chaussures.

En prison, le père Phêrô jeûna encore plus, et reçut même le conseil de Mgr Jeantet de modérer ces mortifications.

Les interrogatoires ayant été inutiles pour tenter de faire apostasier les deux prêtres, ils furent condamnés à décapitation.

Le martyre advint à Ô Cầu Giấy, le 21 décembre 1839.

Phêrô Trưong Vǎn Thi fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Anrê Trần An Dũng Lạc

1795-1839

 

André était né en 1795 à Kẻ Sở (Bắc Ninh, Vietnam) dans une famille pauvre, déjà catholique.

Petit, il se faisait remarquer par son talent poétique et sa grande mémoire : il retenait déjà un texte par cœur après l’avoir lu deux fois.

A douze ans il reçut le baptême, et le nom de l’apôtre André.

Il fit des études au séminaire et fut ordonné prêtre en 1823.

D’abord vicaire à plusieurs paroisses, il fut ensuite nommé curé à Kẻ Ɖầm.

La persécution éclata dès 1833. En 1835 Anrê dut se cacher à Kẻ Roi.

Il fut plusieurs fois arrêté. La première fois, on ne savait pas qu’il était prêtre et il put être libéré contre rançon. C’est à ce moment qu’il changea de nom et porta celui de Lạc.

Une deuxième fois, il put encore être racheté contre une forte rançon.

Libéré, il alla se confesser au père Phêrô Trưong Văn Thi ; au retour, il fut arrêté une troisième fois le 10 novembre 1839, alors qu’il cherchait à partir à bord d’une barque.

Les deux prêtres furent mis en détention à la prison de Bình Lục, d’abord traités avec assez d’égards, à cause des sentiments bienveillants du chef local, mais ils furent ensuite conduits à Hà Nội pour y être interrogés.

Les interrogatoires ayant été inutiles pour tenter de faire apostasier les deux prêtres, ils furent condamnés à décapitation. Au terme d’un de ces interrogatoires, le juge fit indirectement un éloge marqué de ces deux Confesseurs, disant qu’ Ils sont attachés à leur religion jusqu’à la folie !

En attendant la confirmation royale de la sentence, le père Anrê conquis l’amitié des gardiens, de sorte que les deux prisonniers purent recevoir des visites d’amis et de fidèles qui leur apportaient de la nourriture ; ils partageaient tout cela avec les gardiens, se réservant juste le strict nécessaire pour survivre. Ils ne prenaient de viande que le dimanche, le mardi et le jeudi. 

Chaque jour, dès le petit matin, ils priaient à genoux longuement.

La confirmation de la sentence arriva en décembre. La veille de sa mort, Anrê envoya encore un poème à l’évêque, dans lequel il lui donne rendez-vous au Ciel.

Sur le chemin vers le lieu de l’exécution, Anrê priait, les mains jointes, et chantait des psaumes en latin.

Peu avant l’exécution, les bourreaux lui demandèrent pardon de devoir le décapiter. Anrê leur pardonna, pria encore un instant et inclina la tête pour recevoir le coup de sabre.

Le martyre advint à Ô Cầu Giấy (Sơn Tây, Hà Nội), le 21 décembre 1839.

Anrê Trần An Dũng Lạc fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Peter Friedhofen

1819-1860

 

Peter était le sixième enfant d’une famille qui allait connaître une grande misère. Son papa meurt quand il n’a qu’un an et demi, et sa mère meurt à son tour quand il a neuf ans.

Il naquit à Weitersburg (Coblence, Allemagne O). Après l’école primaire, il apprit chez son frère aîné, Jakob, le métier de ramoneur, fut ramoneur ambulant pendant trois ans puis exerça son activité à Ahrweiler, enfin à Vallendar.

A la mort de Jakob, Peter s’occupa de sa veuve et de ses onze enfants, mais il se rendit compte que ni sa santé (un début de tuberculose) ni ses moyens ne pouvaient faire face à ces exigences croissantes.

Dès ses jeunes années, Peter se sentait poussé vers l’apostolat. En plusieurs paroisses il avait fondé de petites fraternités auxquelles il avait donné une règle, et que l’évêque de Trier avait approuvées.

Plus tard, dans ses déplacements comme Compagnon et comme Maître, il rencontra beaucoup de misère et de solitude, surtout parmi les malades. La compassion pour les malheureux, les malades et les gens dans le besoin le touchaient de plus en plus. Il finit par se consacrer totalement à Dieu et à rassembler autour de lui des Frères de la Miséricorde, des hommes qui partageaient ses sentiments. Et pour approfondir cette vocation, il voulut passer quelques mois dans un monastère.

L’évêque pensa fonder ces Frères de la Miséricorde dans son diocèse, pour soigner les malades. Il orienta Peter vers les Frères de Saint-Alexis, qui se trouvaient déjà à Aix-la-Chapelle, Cologne ou Neuss, mais Peter ne se sentait pas la force de faire revivre un Ordre ancien. Il voulait du neuf.

Il apprit alors ce que signifie fonder un Ordre. L’entreprise de construire une maison, coûteuse, difficile, échoua. Il reprit courage au contact d’une autre fondatrice, Katharina Kasper (voir au 2 février). Il exposa son projet à l’évêque, qui l’approuva et qui encouragea Peter à reprendre la construction, et aussi à apprendre les soins à donner aux malades. Peter alla commencer son noviciat à Aix-la-Chapelle, avec son ami Karl Marchand.

Il y apprit, écrit-il lui-même, comment soigner les malades et les mourants, comment faire les lits, reconnaître les signes des maladies et de la mort prochaine, aider les malades à manger et à boire, soigner les plaies, raccommoder les épaules, les fractures de bras et de jambes, les laver, etc.

En novembre 1850, il revient à Weitersburg, prêt à se mettre au travail. Mais l’endroit ne se prêtait pas à l’installation d’une telle œuvre de charité. Il alla s’installer avec ses Confrères à Coblence, où il fut aidé et recommandé par un jeune curé et par des médecins. Il trouva une maison adaptée à son projet. Les Frères de la Miséricorde pouvaient s’y retrouver ensemble après avoir soigné les malades en ville.

En 1851, Peter reçut l’habit, avec deux Compagnons. L’œuvre grandit vite. Elle fut reconnue pas la Princesse de Prusse (future impératrice Augusta). 

En 1852, il fit les vœux perpétuels de religion. Il écrivit tout simplement : Que de larmes j’ai versées, quand je me suis retrouvé presque seul. Mais le Bon Dieu et ma chère Marie, Mère de Dieu, m’ont aidé et m’ont porté à la victoire.

A partir de 1853, les Frères s’installèrent aussi à Trèves, puis à l’étranger. Peter ne pouvait assumer tout ce travail, car la tuberculose l’envahissait. Il recommandait surtout à ses Frères l’esprit de pauvreté. 

Après une longue agonie de six semaines, celui qu’on appelait partout le bon samaritain mourut le 21 décembre 1860, à quarante-et-un ans. 

Il a été béatifié en 1985.

Les Frères de la Miséricorde de Marie-Auxiliatrice se trouvent actuellement, outre qu’en Europe, aussi en Amérique latine et en Asie. Ils tiennent des hôpitaux, des maisons de retraite, des centres de rééducation.

 

Gabriel Olivares Roda
1888-1936

Né le 10 mars et baptisé le 20 mars 1888 à Baza (Grenade), Gabriel entra à quinze ans au noviciat franciscain.

Il fit la première profession en 1904, la solennelle en 1907 et fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut professeur en différents collèges tenus par l’Ordre franciscain et collabora à plusieurs revues, comme Le Monastère de Guadalupe. Lors du couronnement de la Vierge des Miracles à Cehegín (1925), il publia un bel ouvrage sur ce sanctuaire et les miracles qui s’y produisirent, et que le roi Alphonse XIII fut très heureux de lire ; il en complimenta personnellement le p.Gabriel lors de sa visite à Orihuela.

Quand se déchaîna la persécution de 1936, le p.Gabriel profita de l’accueil de plusieurs familles d’Almería, mais pour ne pas les compromettre, il alla chez des amis d’Arboleas. Mais dès le 25 juillet 1936, il fut arrêté et expédié à Húercal Overa.

Un confrère l’aperçut un jour dans la prison d’Almería, suivi par un milicien qui le frappait dans le dos avec le fusil.

Le 21 décembre 1936, le p.Gabriel fut envoyé (avec d’autres condamnés) au Camp de Viator (environs d’Almería) pour y être fusillé.

Béatifié en 2017, Gabriel Olivares Roda sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 décembre.

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 00:00

 

20 DÉCEMBRE

 

III.

S Zéphyrin, pape (198-217) : il aurait établi que des prêtres assistassent à la messe épiscopale, debout devant l'évêque, portant des patènes ; serait-ce l'origine du rite selon lequel le diacre portait une patène sous le voile huméral durant le Canon à la messe pontificale ?

?

S Liberalis, martyr à Rome.

S Malou, prêtre à Hautvillers. 

IV.

SS Eugène et Macaire, exilés dans la Grande Oasis et décapités.

S Philogonios, évêque à Antioche de Syrie ; d'avocat il devint patriarche, et l'un des premiers adversaires d'Arius.

VII.

S Ursicinus, irlandais, compagnon de s. Colomban, ermite dans les monts du Jura, où son monastère Saint-Pierre donnera naissance à la ville de Saint-Ursanne.

S Dominique, évêque à Brescia.

XI.

S Domingo de Silos, bénédictin, restaurateur du monastère de Silos ; il racheta aux Maures beaucoup de chrétiens ; il vivait encore quand naquit le futur fondateur des Dominicains, Domingo de Guzman ; patron des bergers et des détenus.

XIX.

S Vincenzo Romano, prêtre napolitain, tout à tous, canonisé en 2018.

XX.

B Gabriel Olivares Roda (1888-1936), prêtre franciscain espagnol, martyrisé à Almería, béatifié en 2017.

B Michał Piaszczyński (1885-1940), prêtre polonais martyr à Sachsenhausen, béatifié en 1999. 

Zéphyrin pape
199-217

Les dates ne sont pas sûres pour ce saint pape, le quinzième, qui fut donc sur le siège de Pierre sous les empereurs Septime Sévère et Caracalla.
Il aurait pu avoir été élu pape dès 197. Sa mort aussi, par la décapitation, fut longtemps établie au 26 août, mais ramenée récemment au 20 décembre.
Fils du romain Abundius, il succédait au pape saint Victor 1er.
Pour avoir dirigé l’Eglise pendant presque vingt ans, il ne nous est cependant pas très bien connu. 
Le Liber Pontificalis lui attribue la consécration de huit évêques, neuf prêtres et sept diacres. En outre il excommunia Montan et ses disciples, avec leur doctrine ; il prit parti contre Hippolyte, qu’on accusait de dithéisme et de trithéisme (donc de doctrine trinitaire erronée), et choisit pour diacre Calliste, qui devait lui succéder comme pape (v. 14 octobre).
Dans le même Liber Pontificalis, un passage assez obscur semble vouloir attribuer au pape Zéphyrin l’institution d’un rite concernant l’Eucharistie : les prêtres devaient entourer l’évêque lors de la célébration de la messe, et en recevoir les hosties à distribuer aux fidèles. On sait qu’au 8e siècle, les prêtres assistant à la messe papale, participaient à la fraction du Pain et à la distribution. Dans notre actuelle Concélébration, les concélébrants les plus proches du célébrant principal fractionnent avec lui le Pain Eucharistique (et souvent le distribuent aussi).
Le pape saint Zéphyrin mourut décapité, comme on l’a dit plus haut, et fut enterré sur la Via Appia, un 25 août, toujours d’après le Liber Pontificalis. Il y eut peut-être une première inhumation, provisoire, du Martyr, qui fut ensuite transféré à la catacombe quelques mois plus tard.
Et ce fut saint Calliste 1er qui lui succéda.


Liberalis de Rome
3. siècle ?

Liberalis aurait été consul.
Il fut martyrisé à Rome.
On a retrouvé sa tombe sur la voie Salaria de Rome, mais l’inscription en vers qui la décorait n’est plus lisible.
Il n’a pas été possible de déterminer la période de sa vie et de son martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Liberalis de Rome au 20 décembre.


Philogonios d’Antioche de Syrie
† 324

Philogonioios était avocat à Antioche (auj. Antakya).
Il était marié et avait une fille.
S.Jean Chrysostome raconte qu’il menait une vie si chaste et si pure, ses vertus brillaient d’un si vif éclat que, de suite, on le trouva digne de cette grande charge : on le nomma évêque d’Antioche, il en était le vingt-deuxième titulaire (319).
C’était au lendemain des persécutions, Constantin ayant accordé la liberté de culte aux Chrétiens. Mais c’était le début de la douloureuse crise arienne. Dans sa ténacité, Arius traitait Philogone d’hérétique.
Malheureusement, l’empereur d’Orient, Licinius, n’eut pas la largeur d’esprit de Constantin en Occident, et chercha à affaiblir l’Eglise de multiples façons. Philogonius sut résister fermement à ces manœuvres et protégea son peuple de l’infection hérétique.
S.Athanase d’Alexandrie (v. 2 mai) était en correspondance avec lui.
Philogonius mourut le 20 décembre 324
Le Martyrologe Romain mentionne saint Philogonios d’Antioche de Syrie au 20 décembre.


Ursicinus du Jura
† 620

Ursicinus était son vrai nom latin, mais son nom irlandais devait être Ursan, et ne devint Ursanne que bien plus tard.
Il fut un compagnon de s.Colomban (v. 23 novembre) en Franche-Comté et fonda un ermitage, où se joignirent des disciples.
De sa vie riche en événements prodigieux, on raconte l’anecdote suivante. Ursan fut un jour invité par un riche voisin, qui lui offrit à boire du vin, ce qu’Ursan n’avait pas l’habitude de faire, de sorte qu’il fut incommodé et sortit, tandis que le voisin riait bruyamment. La punition divine pour cet homme qui s’était ainsi moqué de l’Homme de Dieu, fut que sa maison fut instantanément investie par des serpents, des rats et des crapauds.
Ursan mourut vers 620 et autour de son tombeau se développa la petite ville de Saint-Ursanne.
Encore aujourd’hui on peut accéder à la grotte où il vécut, mais il faut grimper cent-quatre-vingt-dix marches.
Plus tard se développa une abbaye bénédictine.
Saint Ursanne est commémoré le 20 décembre dans le Martyrologe Romain.

Domingo de Silos

1000-1073

 

Domingo (Dominique) naquit vers l’an 1000, à Cañas (Rioja en Navarre, Espagne). Sa destinée de pasteur d’âmes commença par le faire garder les brebis du troupeau paternel. D’après les récits de ses apparitions, il serait resté petit de taille.

Ordonné prêtre, il resta d’abord plus d’un an dans sa famille, puis s’en fut en quête de solitude, pendant dix-huit mois.

Il entra chez les moines bénédictins de San Millan (Saint-Emilien), où sa maturité le fit nommer déjà maître des novices, puis il fut chargé de restaurer un prieuré dans son pays, à Sainte-Marie de Cañas.

Y ayant travaillé pendant deux ans, il appela alors l’évêque pour consacrer l’église. Ce dernier fut choqué d’y voir deux femmes, qui s’avéraient être la mère et la sœur de notre Domingo. Mais l’évêque ne voulait rien savoir et s’en allait. Et voilà que sa monture se refusait à rebrousser chemin, comme l’ânesse de Balaam (cf. Nb 22:22sq). L’évêque consacra l’église.

Domingo fut rappelé à San Millan, où il fut alors prieur. 

Le prince de Navarre prétendit recevoir des moines un impôt très lourd. Comme le prieur s’y opposait doucement et nettement, le prince menaça de lui faire couper la langue et crever les yeux ; Domingo fut vite expédié dans un autre petit prieuré isolé, où le prince le retrouva. Alors Domingo se présenta à Ferdinand de Castille, qui l’accueillit dans son palais, le protégea et lui donna ensuite le monastère San Sebastian, à Silos ; c’était le 14 janvier 1041.

Domingo commença par y rétablir la laus divina, le chant des moines. Il aurait eu à ce moment-là la vision d’un ange qui lui promettait trois couronnes : l’une pour avoir quitté le monde, l’autre pour avoir bâti Sainte-Marie-de-Cañas et avoir gardé la chasteté, la troisième pour avoir restauré la vie monastique de Silos.

Le monastère s’enrichit d’une belle église (qui fut malheureusement détruite en 1750), de deux cloîtres, de terrains donnés par les seigneurs, d’une importante bibliothèque. De plus, il put libérer quantité de chrétiens prisonniers des Maures, ce qui le rendit très populaire en Espagne.

Domingo fut en outre célèbre par ses miracles : guérisons, libération de possédés, conversions.

Il restaura le culte de saint Vicente et ses deux sœurs, Sabina et Cristeta, martyrs d’Avila (voir au 28 octobre). Il assista à la translation des reliques de saint Isidore (voir au 4 avril).

Après sa mort (20 décembre 1073), il apparut plusieurs fois et obtint des miracles nombreux, ce qui fit qu’il fut bientôt vénéré dans toute l’Espagne. Il fut inscrit au Martyrologe en 1748.

Le monastère de Silos prit peu à peu le nom de San Domingo, beaucoup d’églises se mirent sous son vocable, et on recourut à son intercession pour la libération des captifs (puis pour d’heureuses naissances).

L’abbaye fut supprimée en 1835, restaurée en 1880 et fait partie de la congrégation de Solesmes. Elle est prospère et ses enregistrements donnent une belle idée du chant des moines.

 

 

Vincenzo Romano

1751-1831

 

Né le 3 juin 1751 à Torre del Greco (Naples, Italie), de Nicola Luca et Grazia Maria Rivieccio, Vincenzo grandit dans la pauvreté et l’amour de Dieu.

Aidé par un bon prêtre, il put entrer au séminaire de Naples en 1765. C’était l’époque de saint Alfonso Maria de’ Liguori (v. 1er août), et Vincenzo profita de ses enseignements.

Ordonné prêtre en 1775, il se donna tellement au travail parmi les pauvres, les malades, les marins, que les napolitains l’appelèrent le prêtre travailleur (il prevete faticatore) ou aussi Don Vicenzio.

Nommé vicaire à Torre del Greco, il vit l’église complètement détruite par l’éruption du Vésuve en 1794.

Nommé curé en 1799, il allait être pour quasi trente-trois ans l’infatigable pasteur de ses paroissiens. Il acheva la reconstruction et l’agrandissement de l’église paroissiale, et montra un zèle ardent pour la formation des jeunes, l’assistance aux malades, l’aide à tous les bisogneux, surtout après le drame de l’éruption volcanique. Selon son propre idéal, il chercha à bien faire le bien.

On l’avait déjà vu appliqué à l’étude, acharné au travail ; il continua d’approfondir sa vie intérieure, préférant l’austérité, refusant catégoriquement l’argent et les honneurs. L’apostolat, parfois, l’effrayait, tant il en sentait la responsabilité devant Dieu. Des traits semblables se rencontrèrent aussi chez saint Jean-Marie Vianney (voir au 4 août).

Pour la célébration de la Messe, il anticipa de plus d’un siècle l’exigence de faire prier l’assistance avec le prêtre, et non simplement d’ «assister» à la célébration.

Dans ses déplacements, il n’hésitait pas à se faire annoncer avec une clochette, portant le crucifix, et s’adressant à chacun jusqu’à l’accompagner à l’église pour prier quelques instants ; une méthode qu’on a appelée la sciabica.

Il prêchait sans cesse, chaque jour, cinq fois les dimanches, et même longuement, mais - attestèrent des proches - sans jamais ennuyer, sachant parler simplement, apportant des arguments solides, scripturaires et patristiques. 

Malade, il s’éteignit le 20 décembre 1831.

Don Vincenzo Romano fut béatifié en 1963, canonisé en 2018.

Il est le patron du clergé de Naples, mais aussi le protecteur des malades de tumeur à la gorge.

 

 

Gabriel Olivares Roda
1888-1936

il naquit le 10 mars 1888 à Baza (Grenade, Espagne S) et fut baptisé dix jours plus tard.
En 1903, le 15 août, il reçut l’habit franciscain et fit la première profession l’année suivante, la solennelle en 1907.
En 1912, il fut ordonné prêtre.
Son apostolat se déroula en diverses localités : Cartagena, Cehegín, Almería en 1936.
Il avait une dévotion toute particulière pour la Sainte Vierge, qu’il vénérait sous le vocable de Notre-Dame de Guadalupe (patronne d’Extrémadoure) et de Notre-Dame des Merveilles (patronne de Cehegín). Il composa un livret de dévotion qu’il intitula Souviens-toi de ta Mère.
A cet enthousiasme marial se joignait une réserve personnelle, nourrie d’une vie austère et prudente, qui le faisaient estimer pour ses conseils judicieux.
Au moment de la guerre civile de 1936, il vint demander l’hospitalité à un ami, avec d’autres confrères qui avaient été expulsés de leur couvent ; mais il préféra quitter rapidement cette maison pour ne pas attirer d’ennuis à la famille. Il rejoignit Arboleas, où le maire lui fit savoir de partir de là le plus rapidement possible, et arriva à Huércal-Overa.
Là, le 25 juillet, il fut dénoncé et arrêté ; le chef communiste le poussa à coups de crosse de fusil jusqu’à la prison d’Almería. Son voisin se souvint que durant cette nuit, le pauvre père Gabriel souffrait beaucoup des coups qu’il avait reçus la veille. 
Le 19 décembre, on l’envoya de là avec une trentaine d’autres prisonniers au Campo de Viator, où on les fit travailler dans de dures conditions. Lorsqu’un prisonnier était malade, on le transportait à l’«infirmerie» - et on l’assassinait. C’est ce qui se passa pour le p. Gabriel qui, victime de l’asthme, ne pouvait aller au travail ; il fut écarté et abattu, le 20 décembre 1936.
Ses propres assassins racontèrent qu’il disait alors : Pardonne-leur…
Il a été béatifié en 2017.
Gabriel Olivares Roda sera commémoré le 20 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Michał Piaszczyński

1885-1940

 

Michał était né le 1er novembre 1885 à Lomza (Pologne).

Il était directeur spirituel au séminaire à Lomza, et comme tel était classé comme «influent», et donc dangereux. En outre, il avait invité des rabbins pour promouvoir un dialogue interconfessionnel.

Arrêté pour avoir commis le délit d’être prêtre, il fut déporté au camp de Sachsenhausen.

Il a été rapporté qu’un Juif présent dans ce camp avait rendu ce témoignage sur l’abbé Michał Piaszczynski : 

Ce juif affirma qu’une seule fois il put manger à sa faim dans le camp, parce que ce jour-là Michał Piaszczyński lui donna sa ration quotidienne de pain. Le Juif, en la recevant, dit au prêtre : Vous, les Catholiques, vous croyez que le Christ est présent sous l’espèce du pain. Et moi je pense que ce pain {que vous me donnez, ndt} est le Christ qui vous a demandé de le partager avec moi.

Michał mourut dans ce camp le 20 décembre 1940.

Il fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 00:00

 

19 DÉCEMBRE

 

IV.

Stes Meuris et Théa, martyres à Gaza.

SS Elie, Probos et Aris, martyrs en Egypte.

V.

S Anastase Ier, pape (399-401) : plus modéré que s. Jérôme contre Origène, ferme envers les donatistes de l'Eglise en Afrique.

VI.

S Gregorius, évêque à Auxerre.

VII.

Ste Heiu (Hélène), première moniale en Northumbrie.

VIII.

Ste Samthann, abbesse à Clonbroney, thaumaturge.

XII.

S Berardo, moine bénédictin devenu évêque à Teramo, dont il est le patron.

XIII.

B Guglielmo de Fenoglio, convers Chartreux à Casotto ; assailli par des brigands, il prit une patte de son âne pour se défendre, la lui remit et rejoignit son monastère.

XIV.

B Urbain V, pape (1362-1370) : bénédictin français, chargé de missions diplomatiques par les papes en Avignon en vue de rétablir la papauté à Rome ; en Italie, il apprit la mort du pape, et sa propre élection pour lui succéder ; il s'employa à corriger les habitudes de la "cour" papale, s'opposant au cumul des bénéfices, et envoya des missionnaires aux Indes, en Chine, en Lituanie ; il tenta vainement le retour à Rome.

XIX.

SS Phanxicô Xaviê Trọng Mậu et Ɖaminh Bùi Văn Úy, (catéchistes), Tôma Nguyễn Văn Dệ (tailleur), Augustinô Nguyễn Van Mới (néophyte) et Stêphanô Nguyên Văn Vinh (catéchumène), laïcs tonkinois, étranglés ; le baptême de Stêphanô durant sa prison conduisit quatorze autres détenus de droit commun à demander le sacrement ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bx Gim Hwa-chun Iacobus, Gim Jong-han Andreas, Ko Seong-dae Petrus, Ko Seong-un Iosephus, Ku Seong-yeol Barbara, Gim Hui-seong Franciscus et Yi Sim-i Anna, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Josep Albareda Ramoneda (Fulgenci, 1888-1936), prêtre bénédiction espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

Bx Jaume Boguñá Casanovas (Martí, *1895) et Jordi Sampé Tarragó (Doroteu, *1908), prêtres capucins, martyrs près de Barcelone en 1936, béatifiés en 2015.

Bses Kazimiera Wołowska (Maria-Marta de Jésus, *1879) et Bogumiła Noiszewska (Maria Ewa de la Providence, *1885), religieuses polonaises des Sœurs de Marie Immaculée, martyres en Biélorussie en 1942, béatifiées en 1999 ; Maria-Marta avait hébergé des Juifs.

B René Dubroux (1914-1959), prêtre des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Anastase 1er
399-401

Successeur de saint Sirice, Anastase 1er était romain, de la noble famille des Massimi.
Ce fut le trente-neuvième pape et il régna deux années et quelques jours. 
Deux de ses grands amis furent ses conseillers : l’évêque Théophile d’Alexandrie, et surtout saint Jérôme, qui avait traduit en latin la Bible du temps de saint Damase 1er (†384).
Le pape Anastase 1er eut l’occasion d’écrire une épître contre l’origénisme (doctrine prétendument appuyée sur les principes d’Origène), et une autre contre les donatistes d’Afrique.
Il eut aussi de bonnes relations avec saint Paulin de Nole.
Il décréta qu’à la messe, les prêtres se tiendraient debout, la tête inclinée, durant la proclamation de l’évangile. Cette indication du Liber Pontificalis ne semble pas très claire.
Il fit aussi bâtir à Rome une basilique, dite Crescentiana, qu’on n’a pas retrouvée.
Anciennement fêté au 27 avril, son anniversaire est maintenant reporté au 19 décembre, qui semble être son réel dies natalis, retenu par le Martyrologe Romain.
Le successeur d’Anastase 1er fut saint Innocent 1er.


Gregorius d’Auxerre
449-533

Il fut le douzième évêque d’Auxerre, de 511 à 533 (ou de 516 à 528 ?), soit pendant douze ans.
Il s’éteignit en 533, âgé de quatre-vingt quatre ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gregorius d’Auxerre au 19 décembre.

Guglielmo de Fenoglio

1065-1120

 

Guglielmo (Guillaume) était né en 1065 à Garessio Borgoratto (Cuneo, Piémont, Italie NO).

A vingt ans, il fut un des fondateurs de la Chartreuse de Casotto après avoir déjà passé quelques années dans un ermitage de Torre Mondoví. Il demanda son admission dans ce monastère pour échapper aux avances d’une personne de mauvaise vie.

Dans sa simplicité, il ne demandait pas à recevoir le sacerdoce, mais seulement de vivre pour Dieu et ses Frères. Il aimait méditer sur la Passion du Christ, et ne pouvait voir une croix sans verser des larmes. Un crucifix s’anima et lui adressa des paroles de consolation.

On lui confia la nourriture du monastère et il s’en alla demander et quêter par les rues et les routes, jusqu’à Mondoví et Albenga (une «promenade» qui représente une centaine de kilomètres).

Au cours de ses randonnées, il n’était pas rare qu’il rencontrât quelques bandits, lesquels bien sûr profitaient de sa bonté pour lui ravir le fruit de ses patients efforts. Il s’en lamentait auprès de son prieur, lequel, un peu pour le taquiner, un peu pour le mettre à l’épreuve lui dit un jour : Mais défends-toi, prends la patte de ta mule et fais déguerpir les malandrins !

Qu’à cela ne tienne ! Parfait religieux, obéissant à toute épreuve, le bon frère repart courageusement en tournée et se retrouve en face des coquins ; une minute, mes amis : il se saisit d’une patte de sa bête, sans lui faire le moindre mal ni lui causer la moindre blessure, et le voilà à menacer les assaillants qui, terrifiés par ce nouveau genre d’arme, disparaissent à l’instant. Et la mule de récupérer sa patte.

On pourra peut-être supposer que les brigands étaient de mauvais anges, suscités par le Démon pour mettre à l’épreuve Guglielmo et qui, devant l’obéissance parfaite du Religieux, furent mis en fuite.

Mais attendons la fin de l’histoire : au retour, Guglielmo se présente au prieur qui, au lieu de le féliciter pour son obéissance, le gronde gentiment : la mule boîte ! il lui a remis la patte à l’envers et ne s’en est même pas aperçu … Voyons, Guglielmo, il faut arranger ça ! Et Guglielmo de s’excuser pour sa distraction, de saisir la patte et de la remettre dans le bon sens.

L’épisode est-il légendaire ? Le fait est que Guglielmo fut célèbre dans toute l’Europe occidentale et très souvent représenté dans l’art avec la patte de sa mule. L’aspect de «jambon» de cette patte a fait appeler Guglielmo le saint du jambon.

Mais il accomplit aussi d’autres prodiges, parfois cocasses, désarmants de simplicité, comme ce «pacte» qu’il aurait conclu avec le diable pour la construction d’un pont : le diable, qui avait «collaboré» à la construction du pont pour que les ouvriers l’accomplissent dans les délais prévus, mais qui désormais «tenait» les ouvriers, aurait demandé en échange à Guglielmo «la première âme qui se présenterait sur le pont». Guglielmo releva le défi : il s’avança avec un chien à l’entrée du pont et jeta au loin un bon fromage, que le chien se précipita pour dévorer ; il fut ainsi «la première âme» à franchir le pont et disparut dans le fleuve, victime de la méchanceté du Démon. Les braves ouvriers furent ainsi délivrés.

La mort de ce modèle d’obéissance se situe au 19 décembre 1120.

L’affluence des fidèles fut telle, après sa mort, que les moines prirent l’habitude de déplacer le corps dans l’espoir de retrouver un peu de calme dans le monastère (bien que ces visites leur apportassent d’abondantes aumônes !). Mais le corps revenait à sa place ! Et toujours incorrompu !

Au moment de la persécution napoléonienne et de la suppression des couvents, les Chartreux cachèrent le corps de Guglielmo dans un mur de la Chartreuse, tant et si bien qu’on ne le retrouva plus…

Guglielmo, déjà qualifié de saint au 16e siècle, fut officialement béatifié en 1860, et proclamé céleste patron des frères convers chartreux.

 

 

Urbain V

1362-1370

 

Guillaume de Grimoard était fils de Guillaume, sire de Grisac et d’Amphélise de Montferrand, excellente chrétienne. Il naquit en 1310 au château de Grisac (Lozère).

Ses études furent soignées et brillantes : Montpellier, Toulouse, Avignon, Paris, et il fut reçu docteur en droit en 1342.

Il entra chez les Bénédictins de Chirac (près de Mende) et émit profession à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

Outre qu’enseigner le droit dans les universités, il fut vicaire général à Clermont et Uzès, abbé de Saint-Germain d’Auxerre puis de Saint-Victor de Marseille, chargé de plusieurs légations en Italie.

Lors de sa dernière légation, on lui fait savoir que le conclave l’a élu pour succéder à Innocent VI : il devenait ainsi le deux-centième pape.

Les papes habitaient en Avignon depuis 1309, et Guillaume dut rejoindre la «cité papale» française où il fut couronné, et prit le nom d’Urbain V.

Moine il était, moine il resta. Il se confessait chaque matin avant de célébrer la messe, jeûnait volontiers, secourait les malades et les pauvres autant qu’il pouvait (et parfois au-delà), se cultivait beaucoup par la lecture, dormait tout habillé sur la dure ; la nuit, on l’entendait gémir et prier.

Il promut beaucoup les universités, en France et ailleurs, en créant quelques-unes et développant quelques autres ; il fonda des bourses d’études pour cent étudiants. Il fit des travaux en Avignon, à Marseille, à Mende.

Il condamna derechef l’usure et la simonie.

Il s’efforça de reprendre au tyran milanais (Bernabo Visconti) certaines places des Etats pontificaux, mais il se ruina plutôt qu’il ne réussit vraiment dans son effort de pacification.

Sur les instances de sainte Brigitte de Suède, il revint un moment à Rome, où il fut assez bien accueilli. Il y canonisa Elzéar de Sabran (1369) (voir au 27 septembre), couronna l’impératrice et reçut l’abjuration de l’empereur de Byzance, Jean V Paléologue ; il souhaitait une réunion entre les Eglises d’Orient et d’Occident : il put au moins travailler à leur rapprochement.

Pour réconcilier la France et l’Angleterre, il crut bon de revenir en Avignon : sainte Brigitte l’avertit que s’il y retournait, il y mourrait, ce qui arriva bientôt.

Urbain V mourut le 19 décembre 1370 en Avignon.

Son «erreur» de quitter Rome ne l’empêcha pas toutefois d’opérer des miracles, dont le dossier fut constitué une trentaine d’années après sa mort, et finit par aboutir à la béatification, beaucoup plus tard, en 1870.

Son successeur fut Grégoire XI, qui ramena officiellement à Rome le siège de la papauté. 

 

 

Gim Hwa-chun Iacobus

? -1816    

 

Gim Hwa-chun Iacobus est un laïc coréen né à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Jong-han Andreas

? -1816

 

Gim Jong-han Andreas est un laïc coréen né à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ko Seong-dae Petrus

? -1816

 

Ko Seong-dae Petrus est un laïc coréen né à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ko Seong-un Iosephus

? -1816

 

Ko Seong-un Iosephus est un laïc coréen né à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ku Seong-yeol Barbara

? -1816

 

Ku Seong-yeol Barbarae est une laïque coréenne née à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifiée en 2014.

 

 

Gim Hui-seong Franciscus

1765-1816

 

Gim Hui-seong Franciscus est un laïc coréen né en 1765 à Yesan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Sim-i Anna

1782-1816

 

Yi Sim-i Anna est une laïque coréenne née en 1782 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifiée en 2014.

 

 

Phanxicô Xaviê Trọng Mậu

1790-1839

 

François Xavier était né vers 1790 à Kẻ Điền (Thái Bình, Vietnam).

Il était entré dans le Tiers-Ordre dominicain.

Le 29 juin 1838, il fut pris avec quatre autres laïcs, tous du Tiers-Ordre. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Phanxicô Xavier fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Augustinô Nguyễn Văn Mới

1806-1839

 

Augustin était né vers 1806 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

De famille non baptisée, il rencontra des chrétiens, fut touché par la grâce et baptisé, à trente-et-un ans.

Il se maria et vécut avec son épouse les enseignements chrétiens qu’il avait reçus, entre autres la prière quotidienne du chapelet, malgré la fatigue du jour.

Il entra dans le Tiers-Ordre dominicain.

Le 29 juin 1838, il fut pris avec quatre autres laïcs, tous du Tiers-Ordre. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Augustinô fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Tôma Nguyễn Văn Đệ

1811-1839

 

Tôma était né vers 1811 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

De famille chrétienne, il vivait juste à côté de l’église, qu’il fréquentait fidèlement.

Il devint tailleur et rendait service avec plaisir : c’est lui qui préparait toutes sortes de décorations pour l’église, drapeaux, tentures, etc.

Il se maria et eut trois enfants.

Le 29 juin 1838, lors de l’encerclement de la maison par les soldats, il commença par se cacher derrière la maison mais, ne pouvant éviter d’être pris, embrassa sa femme et ses enfants. 

Quand on voulut l’obliger à marcher sur la Croix, il s’agenouilla et pria à haute voix : Seigneur, je ne marcherai jamais sur Ton visage. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Tôma fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Đaminh Bùi Văn Úy

1812-1839

 

Dominique était né vers 1812 à Tiên Mon (Thái Bình, Vietnam). La date est plus probable que celle de 1801, qu’on trouve parfois.

Il était entré dans le Tiers-Ordre dominicain et faisait tout son possible pour protéger le prêtre présent dans le village, entre autre en faisant construire une cabane assez profonde pour y pratiquer un habitacle clandestin, où le prêtre pouvait se réfugier en cas d’alerte.

L’alerte fut donnée : Dominique put aider le prêtre à fuir dans le village voisin, mais une dénonciation les fit découvrir et arrêter.

C’était le 29 juin 1838, fête de saint Pierre, que fêtait justement le prêtre, Phêrô Tû. 

Avec quatre autres laïcs, ils furent cités en justice et d’abord invités à fouler la Croix ; non seulement ils refusèrent, mais en profitèrent pour donner un enseignement sur le sens de la Croix.

Une première sentence tomba, qui, indirectement, fait un éloge appuyé des Chrétiens vietnamiens : 

Bien que le christianisme ait été plusieurs fois proscrit, les docteurs européens continuent à rester dans ce royaume et à l’infester de leurs erreurs. Le peuple, dans son ignorance, se laisse prendre à leurs artifices, adopte tous leurs mensonges comme des vérités, et s’y attache si fortement que c’est merveille lorsqu’on voit un chréiten abandonner sa religion. Les missionnaires sont l’objet d’un grand dévouement de la part de ceux qu’ils ont trompés ; on les cache au mépris de la loi qui les condamne ; il n’est pas de peine qu’on ne se donne pour mettre leurs vies à l’abri des dangers. Nous pensons que des châtiments sévères pourront seuls apporter un remède à ce désordre et faire rentrer les chrétiens dans le devoir. 

C’est pourquoi nous condamnons Van Tû (le Dominicain) et Hoang Canh (le catéchiste) à être étranglés ; Uy et Mau, serviteurs de Van Tû, à recevoir cent coups, après quoi ils seront exilés à mille lieues de leur pays dans la province de Binh-Dinh pour y être occupés aux travaux forcés. La même peine est prononcée contre Dê, Vinh et Mai, pour les punir de leur incorrigible attachement à la loi chrétienne.

On maintint cependant les Confesseurs en prison, car le roi, avant de confirmer la sentence, préférait obtenir des apostasies, que de faire d’autres martyrs.

A partir du 9 août 1838, il y eut un second procès, des mauvais traitements et de tortures en prison avec, le 27 août, une nouvelle sentence assez semblable à la première et que le roi cassa : seul le prêtre fut décapité (5 septembre 1838), tandis que les autres devaient être exécutés après une détention dont on ne précisait pas la durée.

Cette détention dura finalement dix-mois. Le 19 août puis le 24 novembre 1839 (un an après le martyre de Pierre Dumoulin-Borie), les prisonniers comparurent à nouveau. Désormais, ils étaient tous profès laïcs, ayant fait leur profession en prison. Ils eurent encore à subir de nombreux sévices, des flagellations cruelles, qui semblaient en réalité leur donner toujours plus de force et de courage à professer le Nom du Christ.

La dernière sentence fut ainsi énoncée (et fait bien état de leur constance) : 

Hommes méchants et sectateurs obstinés de la religion de Jésus, ils ont été plusieurs fois avertis et inutilement exhortés à fouler aux pieds la croix : qu’ils soient étranglés puisqu’il ne peuvent être convertis.

Cette fois-ci la sentence fut exécutée, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Đaminh fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Stêphanô Nguyễn Văn Vinh

1813-1839

 

Stêphanô était né vers 1813 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

Il n’était que catéchumène lorsqu’il fut arrêté, mais sa constance démontra qu’il n’était pas inférieur à ceux qui étaient déjà baptisés.

Sa famille était d’une extrême pauvreté.

Il était peu instruit, mais avait appris par l’oreille tout ce qu’on lui avait dit au catéchisme. Il était simple, honnête, très pur. Il resta toujours célibataire. 

En réalité, on ne sait pas la vraie raison pour laquelle il ne reçut pas le baptême sacramentel. Dieu voulait nous rappeler par lui comment recevoir le baptême de sang : le martyre.

Le 29 juin 1838, lors de l’encerclement de la maison par les soldats, il commença par se cacher derrière la maison mais, ne pouvant éviter d’être pris, embrassa sa femme et ses enfants. 

Invité à marcher sur la Croix du Christ, il répondit vaillamment : Je préfère mourir que de marcher sur la Croix, parce que je suis convaincu que c’est Jésus le Maître de la vraie religion.

Quand on l’emmena, il fut durement battu chaque fois qu’il culbutait et tombait. C’est en prison qu’il choisit le nom de Stéphane, en souvenir du premier Martyr de l’Eglise (voir au 26 décembre).

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre, ainsi que celle de Phêrô Nguyễn Văn Tự, qui fut arrêté le même jour que Stêphanô.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Stêphanô fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Josep Albareda Ramoneda

1888-1936

 

Josep naquit le 13 juin 1888 à Barcelona (Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, prenant le nom de Fulgenci, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Josep fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Josep fut assassiné à Barcelone le 19 décembre 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Jaume Boguñá Casanovas

1895-1936

 

Jaume (Jacques) était né le 4 octobre 1895 à Sant Andreu de Palomar (Barcelone, Catalogne, Espagne), en la fête de saint Francesco d’Assise.

Il fit ses humanités au séminaire de Barcelone, puis entra au noviciat des pères Capucins à Arenys de Mar ; à la vêture (1910), il prit le nom de Martí et fit la profession en 1915 ; il reçut le sacerdoce en 1918.

Puis on l’envoya compléter sa formation à Louvain, où il fut diplômé en histoire.

Revenu au pays, il se plongea dans la recherche historique, en particulier dans l’histoire médiévale ; il publia divers articles, qui reçurent les louanges des experts.

Il se trouvait au couvent de Notre-Dame de l’Ajuda quand se déchaîna la Révolution communiste, et les neuf couvents de Capucins de la région furent réquisitionnés, saccagés et détruits ; Martí supposait que, vêtu en civil, il pouvait continuer ses recherches habituelles dans les archives, dans les bibliothèques, comme par le passé.  En réalité, il ne se doutait pas que les miliciens espionnaient ses allées et venues. Ils l’arrêtèrent le 19 décembre 1936 avec le père Doroteo. 

On les conduisit à la tchéka, puis au cimetière de Montcada i Reixac, où ils reçurent la palme du martyre, le 19 décembre 1936.

Martí a été béatifié en 2015.

 

 

Jordi Sampé Tarragó

1908-1936

 

Jordi (ou Jorge, Georges) était né le 14 janvier 1908 à Villalba dels Arcs, Tarragona, Catalogne, Espagne).

Entré au collège séraphique à treize ans, il prit l’habit des Capucins et le nom de Doroteu en 1924. Après les études de philosophie, il fut envoyé à Rome pour la théologie et y reçut le doctorat. 

Toujours à Rome, en 1929, il fit la profession et reçut l’ordination sacerdotale en 1932.

Revenu en Espagne, il fut sous-directeur des étudiants et professeur de théologie. Puis il fut directeur des élèves de philosophie.

On ne l’entendait jamais murmurer contre personne. Il aimait rencontrer les pauvres.

Lors de la Révolution communiste, alors que les neuf couvents de Capucins furent réquisitionnés, saccagés et détruits, il alla se réfugier chez quelque ami, où on le voyait lire l’Evangile tranquillement.

La nuit du 19 décembre 1936, il fut arrêté avec le père Jaume Boguñá (Martí) et tous deux reçurent la palme du martyre à Montcada i Reixac (Barcelone).

Doroteu a été béatifié en 2015.

Kazimiera Wołowska

1879-1942

 

Kazimiera était d’une famille nombreuse de huit enfants. Elle naquit le 12 octobre 1879 à Lublin (Pologne).

La maman mourra en 1892. Le père, Jozef, a un poste important au Tribunal ; il s’occupe aussi activement de sport, mais travaille intensément dans des œuvres sociales et patriotiques, en lien avec la paroisse et la curie diocésaine. Sa maison est le «Vatican» de Lublin. Il voyage beaucoup à l’étranger.

Kazimiera grandit dans cette ambiance engagée. Elle aura vite ses petits élèves à qui elle enseigne le polonais et l’histoire. Elle-même suspend ses études en raison de la maladie de son frère, qui décède en 1896.

Elle est fiancée à un noble jeune homme, mais une expérience intérieure surnaturelle, à la Toussaint de 1898, la persuade d’entrer dans la Congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception.  Ce fut alors un dur combat intérieur, jusqu’à ce qu’elle vienne enfin frapper à la porte du couvent  de Jazłowiec en 1900.

Les premières années de vie religieuse sont difficiles ; Kazimiera écrit elle-même : Tous les démons déchirent mon âme. Ayant enfin vaincu les tentations et les doutes, elle fait la profession solennelle en 1909, sous le nom de Maria Marta de Jésus.

A la Supérieure générale, elle écrit : Mon humble désir devant le Seigneur Jésus, est de servir l’Eglise universelle jusqu’à mon dernier souffle.

Elle déploya beaucoup d’activités œcuméniques, caritatives et sociales à Maciejów, Yaroslavl, New Sacz. On venait lui demander conseil : les prêtres, les orthodoxes, les rabbins. Quand le bruit se répandit qu’elle devait quitter Maciejów, la communauté juive exprima son désir de garder Madame Marthe, car sans elle qui serait sauvé de la misère et de l’abandon, comment seraient soignés les malades et les vieillards ?

Pour toutes ses activités patriotiques, elle est décorée de la Croix d’or du mérite.

Kazimiera voyait loin. Déjà en 1933, elle disait à une Sœur : Nous devons êtres prêtes pour le martyre.

A partir de 1939, elle est la supérieure du couvent de Slonim ; elle organise un orphelinat, des écoles. Slonim est successivement occupée par les Bolcheviks et par les Nazis.

Quand éclate la guerre mondiale, elle met sa maison et ses Sœurs au service de ceux qui sont dans le besoin et qui ont faim, elle aide les familles de prisonniers et de soldats tombés sur le champ de bataille ; elle cache des Juifs dans le couvent (dans le grenier, dans la véranda, dans la grange). Même un prêtre allemand la fit prévenir que le couvent était surveillé. Elle fut une première fois arrêtée et interrogée par la Gestapo.

Arrêtée le 18 décembre 1942 par la Gestapo, elle est traînée le lendemain sur une colline proche de Slonim, avec un prêtre (Adam Sztark) et une autre Religieuse (Bogumiła Noiszewska : Maria Ewa de la Providence), où on les exécute après leur avoir intimé l’ordre de se déshabiller.

Selon des témoins (lesquels ?), les derniers mots de Mère Maria Marta furent : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Sur cette colline Pietralewicka où reposait le corps de Kazimiera-Maria Marta, les paroissiens érigèrent une grand croix (que les Soviétiques retirèrent ensuite).

Ces deux Religieuses ont leur dies natalis le 19 décembre. Elles ont été béatifiées en 1999. 

Le père jésuite Adam Sztark (1907-1942) a été le premier jésuite polonais à être reconnu Juste parmi les Nations pour son intense activité en faveur des Juifs. Sa cause de béatification a été introduite.

 

 

Bogumiła Noiszewska

1885-1942

 

Bogumiła naquit le 24 juin 1885 à Ostaniszki (Pologne), aînée des onze enfants de Kasimir Noiszewski et Maria Andruszkiewicz.

Elle acheva brillamment ses études de médecine à Saint-Pétersbourg et, durant la Première guerre mondiale, exerça dans les hôpitaux militaires.

En 1919, elle entra dans la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception et fit la profession en 1927, avec le nom de Marie-Eve de la Providence.

Elle fut nommée enseignante dans l’école secondaire de Jazlowiec, puis de Slonim, cherchant toujours, en toute situation, à trouver la voie la plus parfaite pour atteindre la sainteté.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, elle se mit de nouveau au service des nécessiteux, pauvres et affamés, blessés, familles des prisonniers ; elle n’hésita pas à faire abriter des Juifs dans le couvent.

Arrêtée par la Gestapo le 18 décembre 1942, elle fut abattue le lendemain, 19 décembre 1942, dans les circonstances qu’on a décrites à propos de Kazimiera Wołowska.

Toutes deux furent béatifiées en 1999.

 

 

René Dubroux

1914-1959

 

René naquit le 28 novembre 1914 à Haroué (Meurthe-et-Moselle), quatrième des six enfants de Jules-René, négociant en bois. Leur maman leur transmit sa profonde foi. La plus jeune, Yvette, sera missionnaire en Afrique, et le plus jeune, Michel, sera prêtre diocésain à Nancy.

De 1933 à 1939, René suivit la formation au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en janvier 1939, pour le diocèse de Saint-Dié.

Son premier poste d’apostolat fut la paroisse de Chantraine.

En 1939-1940, il fut mobilisé comme infirmier militaire et reçut la Croix de Guerre. Il fut cependant prisonnier de guerre à Sarrebourg, avant de pouvoir reintégrer sa paroisse de Chantraine.

En 1943, il entra aux Missions Etrangères de Paris.

En 1946, il fut envoyé en Indochine comme aumônier militaire et, en 1948, à la mission de Thakhek (Laos).

Il développa intensément la mission de Namdik, s’entourant de catéchistes fidèles, auxquels il montra les dangers du communisme ; il promut le culte de l’Eucharistie ; il mit aussi à profit ses connaissances dans l’exploitation du bois. Il se dépensait sans compter, au milieu des factions rivales et opposées au nouveau gouvernement mis en place lors de l’indépendance de 1953.

René semblait parfois autoritaire, mais il était exigeant, pour lui d’abord et pour les fidèles aussi. Il s’était donné totalement à Dieu et à son apostolat, sans retour. Malgré les difficultés qu’il rencontrait, il ne renonça jamais à la prière du bréviaire (nous l’appelons aujourd’hui la Louange des Heures), encore moins à la célébration de la Messe. Quand il le pouvait, il s’adonnait à la pêche ou à la chasse.

En 1954-1955, il revint se refaire une santé en France.

En 1957, nouveau poste : Nong Khen, dans le sud du Laos, proche de la zone occupée par les rebelles communistes soutenus par les Vietcongs. Imperturbable, René continua son travail apostolique, s’efforçant d’écarter les fidèles de la contamination communiste.

Mais un de ceux-là devint un nouveau Judas : il informa le parti des horaires du Missionnaire, qui fut suivi. Le 19 décembre 1959, alors qu’il se trouvait à Palay avec ses catéchistes dans sa petite sacristie, qui était aussi sa chambre, il reçut deux balles tirées à bout portant.

Peu de temps après, son successeur sur place sera le père Lucien Galan (v. 12 mai).

René Dubroux fut le premier missionnaire des Missions Etrangères de Paris assassiné au Laos, en haine de la foi. Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 19 décembre dans le Martyrologe Romain.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 00:00

 

18 DÉCEMBRE

 

-V.

S Malachie, le dernier des “Douze Petits Prophètes” de l'Ancien Testament, contemporain de Néhémie.

II.

SS Namphamo, Miggo, Sanamis et Lucitas, martyrs africains. 

IV.

S Gatianus, premier évêque à Tours ; pour éviter la persécution, il se cacha entre autre dans un antre où sera plus tard construit le monastère de Marmoutiers ; son deuxième successeur, s. Martin, placera ses restes dans une église qu'on appela Notre-Dame-la-Riche, tant le tombeau de s. Gatien fut riche en miracles.

S Auxence, évêque à Mopsueste, ancien soldat qui avait refusé d'offrir des raisins à Bacchus.

VI.

S Flavit (Flavy), ermite à Marcilly-le-Hayer.

VII.

S Désiré, moine à Fontenelle, fils du fondateur de l'abbaye de Fécamp, s. Waning.

S Flannan, premier évêque à Killaloe.

VIII.

S Wynnebald, anglais, abbé à Heidenheim, frère de s. Willibald et de ste Walburge, et compagnon de s. Boniface.

XIX.

SS Phaolô Nguyễn Văn Mȳ, Phêrô Trương Văn Dương et Phêrô Vũ Truật, trois catéchistes tonkinois, martyrs par la strangulation, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bse Giulia Valle (Nemesia, 1847-1916), religieuse italienne des Sœurs de la Charité, béatifiée en 2004.

Bx Miguel San Román Fernández (*1879) et Eugenio Cernuda Febrero (*1900), prêtres augustins espagnols, martyrs en 1936 près de Santander, béatifiés en 2007.

Malachie, prophète
5e siècle avant Jésus-Christ

Le nom de Malachie signifie mon messager, et ne semble pas être à proprement parler une identification précise.
En revanche, le contenu de ce court Livre prophétique - trois chapitres - évoque la reconstruction du Temple de Jérusalem (516), la tiédeur des prêtres et des fidèles, après leur premier enthousiasme, et annonce la venue d’un Envoyé, précédé d’un mystérieux précurseur, dans lesquels on peut discerner la mission de Jean-Baptiste avant la venue du Sauveur, selon d’ailleurs les Evangélistes eux-mêmes (Mt 11:10 ; Lc 7:27 ; Mc 1:2).
De façon spéciale, le Prophète condamne vigoureusement aussi le divorce et les mariages mixtes.
Malachie est le dernier des Prophètes de l’Ancien Testament, séparé du Nouveau Testament - dans le texte de la Vulgate - seulement par le livre historique des Maccabées.
La mention du prophète Malachie dans le Martyrologe évoque l’annonce du sacrifice parfait qui devra être célébré par toutes les nations : 
De l’orient au couchant, mon Nom est grand chez les nations et en tout lieu un sacrifice d’encens est présenté à mon Nom ainsi qu’une offrande pure.
Le Prophète Malachie était fêté le 3 janvier chez les Grecs, le 14 janvier chez les Latins, et se trouve actuellement au 18 décembre dans le Martyrologe Romain, peu avant la fête de Noël, au moment où la liturgie évoque la prochaine naissance du Prêtre parfait, le Christ, et de son Précurseur.


Namphamo, Miggo, Sanames et Lucitas d’Afrique
2. siècle

On ne sait presque rien de ces quatre martyrs africains. Curieusement, on ne les connaît que parce qu’un païen notoire, Maximus de Madaure, par ailleurs ami de s.Augustin (v. 28 août), raillait ce dernier en lui écrivant que ces Martyrs avaient des noms barbares. Et s.Augustin de lui faire remarquer que, pour un Africain, il montrait une évidente ignorance du sens des noms puniques.
Ainsi, Namphamo - il peut y avoir d’autres orthographes - signifie un homme qui vient d’un bon pied c’est-à-dire qui apporte quelque bonne nouvelle. On l’appela archimartyr, car il fut très célèbre par son martyre.
Miggo et Lucitas étaient deux Chrétiens, mais on ne sait s’ils faisaient partie du clergé ; Sanames était une femme, peut-être une vierge, ou l’épouse d’un des Martyrs ?
On a cru pouvoir les situer aux environs de 180.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Namphamo, Miggo, Sanames et Lucitas au 18 décembre.


Gatianus
4e siècle

D’après saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui écrivait au 6e siècle, saint Gatien fut le premier évêque à Tours.
Il fut ordonné par le pape saint Fabien, qui mourut en 250. Comme cela arrive souvent dans ces périodes anciennes, il y a un léger flou dans les dates, car on assure aujourd’hui que Gatien fut évêque à Tours de 251 à 304 : il aurait attendu un an, entre son sacre à Rome et son arrivée à Tours. Et si sa mort advint en 304, le siège resta vacant pendant trente-cinq ans environ, car le successeur de Gatien, saint Lidoire, fut sur ce siège de 340 environ à 371.
Grégoire de Tours (qui fut donc un des successeurs de Gatien et mourut en 594), raconte qu’en arrivant au tombeau de saint Gatien, saint Martin aurait ainsi prié : Bénis-moi, homme de Dieu ! et que de son tombeau, saint Gatien aurait répondu : Je t’en prie, bénis-moi, serviteur du Seigneur ! Saint Martin fut le troisième évêque à Tours.
Saint Gatien fut enterré dans le cimetière chrétien en-dehors de la ville.
Il est fêté le 18 décembre.


Flannan de Killaloe
7e siècle

Flannan est traditionnellement présenté comme le fils de Turlough, roi de Thomond (Irlande W), Theodoric, un roi chrétien qui eut d’ailleurs une activité plus missionnaire qu’administrative, et acheva sa vie comme moine à Lismore.
Bon élève, le jeune Flannan aurait étudié les lettres et l’Ecriture sous la direction de s.Blathmet (v. 19 janvier ?), puis de s.Molua (v. 25 juin).
Ce Molua était l’abbé de Clonfert-Mulloe (Osraige) ; il aurait été à l’origine de Killaloe (en irlandais : Cill-da-Lua). Flannan montra beaucoup de zèle à écouter son maître et à étudier. On raconta qu’un jour où il était resté pendant trente-six heures dans un bain d’eau froide, une soudaine lumière céleste transforma sa main gauche en torche lumineuse, lui permettant de continuer à lire l’ouvrage qu’il avait commencé ; apprenant le prodige, Molua décida de donner sa place à Flannan.
La présence de Flannan à Killaloe porta des fruits légendaires : la terre ne fut jamais si fertile, la mer si riche en poissons, le peuple si bien établi dans la paix, et les pauvres si bien reçus à l’hôtellerie du monastère.
La grande sainteté de Flannan fit que tout le peuple, clergé et laïcs, le voulurent comme évêque de Killaloe. Vers 640, il fut un des dix-huit évêques consacrés à Rome par le pape Jean IV.
Son arrivée à Killaloe fut saluée par de grandes manifestations enthousiastes du peuple. Flannan transmit à ses fidèles les habitudes romaines de la célébration de la Messe et des sacrements. Ses dons de prédicateur rencontrèrent un large accueil.
Flannan accomplit de nombreux miracles.
Sentant sa mort prochaine, il réunit des moines et des personnalités, leur recommandant de vivre avec justice et dans la paix, il les bénit et s’endormit pour la vie éternelle.
Saint Flannan de Killaloe est commémoré le 18 décembre dans le Martyrologe Romain.


Wynnebald de Heidenheim
† 761

Né en Angleterre, Wynnebald avait dix-neuf ans lorsqu’il accompagna son père et son frère Willibald (v. 7 juillet) pour un pèlerinage à Rome. Rappelons que sa sœur s’appelait Walburge (v. 25 février).
Leur père mourut à Lucques ; les deux frères poursuivirent leur route, au milieu de grandes difficultés, car ils étaient souvent malades.
A Rome, Wynnebald étudia avec avidité les Ecritures. Son séjour dura sept ans.
Une fois rentré en Angleterre, il persuada Willibald de refaire un pèlerinage à Rome et de se préparer à l’apostolat en Germanie. De fait, il rencontra à Rome s.Boniface (737, v. 5 juin), qui l’ordonna prêtre.
Il reçut d’abord de Boniface la responsabilité de plusieurs églises en Thuringe, et se fixa d’abord à Sulzenbrücken, puis alla fonder un monastère à Heidenheim, dans le diocèse d’Eichstätt, dont Willibald était devenu évêque.
Il fonda également un monastère pour les femmes, dont l’abbesse fut Walburge.
Accablé d’infirmités, il réussit tout de même à se rendre auprès du tombeau de s.Boniface à Fulda ; il voulut encore se rendre au Mont-Cassin, ce que ses proches lui déconseillèrent vivement.
Il fit mettre un autel dans sa cellule pour célébrer la Sainte Messe.
Sentant sa dernière heure arriver, il mourut dans les bras de son frère, le 18 décembre 761.
Parmi les miracles qui se produisirent au  tombeau de Wynnebald, il y eut celui de la conservation totale de son corps, seize années après sa mort.

Phaolô Nguyễn Văn Mȳ

1798-1838

 

Paul était né en 1798 dans le village de Kẻ Non (ou Thanh Lữu, Thanh Liêm, Hà Nan (Vietnam).

Son vrai nom était à l’origine Nguyễn Văn Hữu.

Vers 1811, le jeune garçon fut confié au Vicaire apostolique du Tonkin, Mgr Jacques Benjamin.

En 1817, Paul entra en séminaire de Kẻ Vĩnh (Vĩnh Trị), mais il ne fut pas prêtre.

Catéchiste zélé, il fut envoyé pour collaborer avec le père Cornay (voir au 20 septembre) dans le Shanxi.

Quand la persécution se ralluma, il aida de toutes ses forces les missionnaires, visitait les familles, exhortait les pécheurs à se repentir, baptisait les enfants, faisait la catéchèse.

Le 20 juin 1837, des soldats fouillèrent la région de Shanxi et, après avoir vainement cherché le père Cornay, arrêtèrent trois catéchistes, dont Phaolô. Ils arrêtèrent le missionnaire l’après-midi.

Tous furent conduits à la ville, et furent longuement torturés. Quand on leur apporta la nouvelle que le père Cornay avait été décapité (20 septembre), les catéchistes répondirent qu’ils étaient heureux pour la gloire du prêtre et qu’il priaient pour l’imiter.

En octobre, leur sentence fut annoncée et confirmée. Mais l’exécution fut retardée, car on espérait ainsi parvenir à les faire apostasier. L’attente en prison dura effectivement quatorze mois, mais leur courage, leur vaillance dans l’épreuve ne furent jamais abattus. Ils priaient le chapelet à haute voix, récitaient les prières ouvertement, et partageaient avec les gardiens ce qu’ils pouvaient recevoir comme vêtements, nourriture et boissons.

Ils exhortaient ceux qui leur rendaient visite à persévérer dans la foi, à vivre en harmonie chez eux, à rester fervents en attendant de se retrouver tous dans le Vie éternelle.

Un prêtre put leur porter l’Eucharistie, par quatre fois. Chaque fois c’était pour eux un grand jour, dont ils remerciaient Dieu, en attendant de Le voir face à face au Ciel.

Vint le jour fixé pour l’exécution : Phaolô et ses deux Compagnons furent conduits à Mông Phụ, Sơn Tây (Ha Tay). En chemin, un prêtre put leur donner encore une fois l’absolution. Parvenus à l’endroit, ils eurent les bras attachés derrière le dos, une jambe liée à une colonne ; ils furent étranglés : c’était le 18 décembre 1838.

Après leur mort, on leur appliqua sur la plante des pieds des plaques incandescentes pour s’assurer qu’il étaient bien morts.

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Phêrô Trương Văn Đương

1808-1838

 

Pierre était né en 1808 dans le village de Kẻ Non (Thanh Liêm, Hà Nan (Vietnam).

Sa famille était très pauvre, mais très croyante.

Son père l’encouragea vivement dans ses études, et alors qu’il n’avait que seize ans, il fut admis dans les rangs des plus anciens.

Catéchiste zélé, il fut envoyé pour collaborer avec le père Cornay (voir au 20 septembre) dans le Shanxi.

Le 20 juin 1837, des soldats fouillèrent la région de Shanxi et, après avoir vainement cherché le père Cornay, arrêtèrent trois catéchistes, dont Phêrô. Ils arrêtèrent le missionnaire l’après-midi.

Tous furent conduits à la ville, et furent longuement torturés. Quand on leur apporta la nouvelle que le père Cornay avait été décapité (20 septembre), les catéchistes répondirent qu’ils étaient heureux pour la gloire du prêtre et qu’il priaient pour l’imiter.

En octobre, leur sentence fut annoncée et confirmée. Mais l’exécution fut retardée, car on espérait ainsi parvenir à les faire apostasier. L’attente en prison dura effectivement quatorze mois, mais leur courage, leur vaillance dans l’épreuve ne furent jamais abattus. Ils priaient le chapelet à haute voix, récitaient les prières ouvertement, et partageaient avec les gardiens ce qu’ils pouvaient recevoir comme vêtements, nourriture et boissons.

Ils exhortaient ceux qui leur rendaient visite à persévérer dans la foi, à vivre en harmonie chez eux, à rester fervents en attendant de se retrouver tous dans le Vie éternelle.

Un prêtre put leur porter l’Eucharistie, par quatre fois. Chaque fois c’était pour eux un grand jour, dont ils remerciaient Dieu, en attendant de Le voir face à face au Ciel.

Vint le jour fixé pour l’exécution : Phêrô et ses deux Compagnons furent conduits à Mông Phụ, Sơn Tây (Ha Tay). En chemin, un prêtre put leur donner encore une fois l’absolution. Parvenus à l’endroit, ils eurent les bras attachés derrière le dos, une jambe liée à une colonne ; ils furent étranglés : c’était le 18 décembre 1838.

Après leur mort, on leur appliqua sur la plante des pieds des plaques incandescentes pour s’assurer qu’il étaient bien morts.

Phêrô a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Phêrô Vũ Truật

1817-1838

 

Pierre était né vers 1817 dans le village de Hà Thạch (Kẻ Thiếc, Sơn Vy, Sơn Tây, Vietnam).

Sa famille était très pauvre, et il fut orphelin de son père encore très jeune et la maman continua d’élever courageusement ses trois enfants.

Phêrô avait des difficultés pour l’étude, en raison aussi de sa mauvaise santé. Mais ce qu’il ne pouvait étudier, il l’entendait des autres et le retenait bien, de sorte qu’il pouvait ensuite enseigner aux jeunes enfants.

Le 20 juin 1837, des soldats fouillèrent la région de Shanxi et, après avoir vainement cherché le père Cornay, arrêtèrent trois catéchistes, dont Phêrô. Ils arrêtèrent le missionnaire l’après-midi.

Tous furent conduits à la ville, et furent longuement torturés. Quand on leur apporta la nouvelle que le père Cornay avait été décapité (20 septembre), les catéchistes répondirent qu’ils étaient heureux pour la gloire du prêtre et qu’il priaient pour l’imiter.

En octobre, la sentence fut annoncée et confirmée. Mais l’exécution fut retardée, car on espérait ainsi obtenir l’apostasie des catéchistes. L’attente en prison dura effectivement quatorze mois, mais leur courage, leur vaillance dans l’épreuve ne furent jamais abattus. Ils priaient le chapelet à haute voix, récitaient les prières ouvertement, et partageaient avec les gardiens ce qu’ils pouvaient recevoir comme vêtements, nourriture et boissons.

Ils exhortaient ceux qui leur rendaient visite à persévérer dans la foi, à vivre en harmonie chez eux, à rester fervents en attendant de se retrouver tous dans le Vie éternelle.

Un prêtre put leur porter l’Eucharistie, par quatre fois. Chaque fois c’était pour eux un grand jour, dont ils remerciaient Dieu, en attendant de Le voir face à face au Ciel.

Vint le jour fixé pour l’exécution : Phêrô et ses deux Compagnons furent conduits à Mông Phụ, Sơn Tây (Ha Tay). En chemin, un prêtre put leur donner encore une fois l’absolution. Parvenus à l’endroit, ils eurent les bras attachés derrière le dos, une jambe liée à une colonne ; ils furent étranglés : c’était le 18 décembre 1838. Phêrô avait vingt-et-un ans.

Après leur mort, on leur appliqua sur la plante des pieds des plaques incandescentes pour s’assurer qu’il étaient bien morts.

Phêrô Vũ Trũật a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Giulia Valle

1847-1916

 

Née le 26 juin 1847 à Aoste (Italie nord-ouest), Giulia avait un petit frère (Francesco, ou Vincenzo, suivant les récits). Ses prénoms de baptême étaient Maddalena Teresa Giulia. Les deux frères aînés étaient morts en bas âge. 

Giulia fut orpheline de sa mère à cinq ans, de sorte que les deux petits enfants furent confiés à leurs grands-parents maternels, qui vivaient à Donnaz.

Ensuite, Giulia fut confiée aux Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret, une fondatrice franc-comtoise dont les Religieuses vivaient à Besançon (Doubs) (voir au 24 août). Giulia apprit le français, reçut une bonne formation, et mérita même la récompense d’un voyage à Bordeaux et Paris. Mais elle vivait mal l’éloignement de la famille.

Revenue à la maison avec son frère, elle y trouva son père remarié, avec une femme qui se montra très dure envers les deux adolescents. Ce fut au point que le garçon quitta la maison à seize ans, laissant là Giulia toute seule.

La jeune fille eut un seul recours : la prière confiante devant le tabernacle de l’église paroissiale.

Providentiellement, le ménage s’établit à Pont Saint-Martin, où Giulia retrouva les mêmes Sœurs de la Charité : leur mission était de s’occuper de l’éducation et des soins aux malades. Sa vocation mûrit dans cette ambiance et, quand son père lui proposa un parti, elle répondit fermement qu’elle ne désirait rien d’autre que d’être religieuse et de consacrer sa vie au salut des âmes. Le papa fut contrarié, mais ne mit pas d’opposition.

En 1866, à dix-neuf ans, Giulia entra à la maison provinciale de la congrégation à Vercelli, où son père voulut bien la conduire.

On commença par lui faire passer le diplôme d’enseignante, puis elle devint Sœur Nemesia, en 1867.

On l’envoya à Tortona, où les Sœurs avaient ouvert une école pour orphelines, dont elle s’occupa comme une mère et auxquelles elle enseigna le français.

Une de ses «trouvailles» pour occuper les enfants et faire de l’apostolat, fut de leur faire écrire sur de petits billets des phrases de l’évangile, qu’ils laissaient ensuite dans les endroits plus fréquentés de la ville, où les gens pouvaient les retrouver, et s’en inspirer.

En 1886, elle devint Supérieure : elle le sera pendant trente ans. Elle ne se sentait pas à la hauteur d’une telle mission, mais elle y trouva le moyen d’élargir encore plus l’étendue de ses préoccupations.

Tout Tortona la connaissait ; elle était partout. Nemesia était en effet ouverte à tous : séminaristes et soldats, mendiants, mères, malades… Elle quittait parfois très tôt la maison, pour rester inaperçue dans ses activités débordantes.

Dans le couvent, elle passait à la porterie, au parloir, on la voyait coudre, la nuit elle écrivait ; en ville, elle passait dans toutes les rues et ruelles, semant sourire et réconfort. Durant l’épidémie de choléra de 1890, elle ouvrit même les portes du couvent pour accueillir des malades et elle donna son lit, se contentant d’un divan.

Elle soutint aussi un missionnaire en Erythrée, le nouvel évêque de Ventimiglia (en lui confectionnant ses habits liturgiques), le trépidant don Orione (voir au 12 mars).

En 1901, la maladie la frappa et elle fit la convalescence à Crea et Varallo.

En 1903, habitants furent stupéfaits de la voir partir pour Borgaro Torinese (Turin), où elle fut nommée maîtresse des novices. Pour abréger et adoucir les adieux, elle partit à quatre heures du matin, laissant derrière elle une petite lettre pleine de son amour maternel.

A Borgo Torinese, quelque cinq cents novices passeront par là, qui recevront les exemples de Mère Nemesia. 

Un jour, en cadeau pour sa fête, elle demanda l’exposition du Saint-Sacrement.

Mais l’épreuve devait marquer les dernières années de cette vie si active : Mère Nemesia sera peu à peu oubliée par la nouvelle Supérieure, mise de côté, recluse dans le silence, n’ayant plus d’autre occupation que d’aller péniblement s’asseoir dans un coin de grenier pour méditer et prier.

Elle s’éteignit, suite à une pneumonie, le 18 décembre 1916 : sa chambre se remplit d’un merveilleux parfum de roses et de violettes.

Giulia-Nemesia fut béatifiée en 2004.

 

Une petite prière de cette Sœur extraordinaire va montrer quelle confiance elle avait en la Vierge Marie, et quelle humilité l’envahissait : 

O Vierge toute pure, Mère du Saint Amour, qui dois ta grandeur à ton humilité, je ne trouve pas de plus juste motif pour te supplier de m’aider à vaincre mon orgueil.

O Mère bienheureuse, je ne te demande rien d’autre que de jeter vers moi ton regard : regarde-moi, et s’il te suffit de me voir aussi pauvre, alors moi aussi je me contenterai de rester comme cela.

Miguel San Román Hernández

1878-1936

 

Miguel naquit à Tábara (Zamora) le 11 (ou 12) août 1878 (ou 1879).

Après une enfance heureuse et ses premières études secondaires, il entra au Collège Royal de Saint-Augustin à Valladolid, où il reçut la vêture en 1894, à quatorze ans.

C’est là qu’il fit le noviciat, les études de philosophie, puis la profession solennelle en 1898.

Pour la théologie, il passa au monastère de Notre-Dame de La Vid, où il fut ordonné prêtre en 1902.

Sa première mission fut les Philippines, parmi les peuples Iquitos, une mission fondée l’année précédente, et où les cannibales avaient déjà massacré deux missionnaires et soixante autres chrétiens.

Le père Miguel passa plusieurs années à exercer son travail apostolique chez les Iquitos. Une de ses plus grandes difficultés était la pression que les Blancs exerçaient sur les exploitations indigènes.

Les Religieux organisèrent rapidement une école primaire, y incluant des travaux manuels.

Le travail intense et le climat ébranlèrent la santé du père Miguel, qui dut revenir en Espagne. Il fut professeur au Collège de Valladolid et en d’autres maisons : Neguri (1925), Ucles (1927), Santander enfin, où il enseignait dans les écoles gratuites pour enfants pauvres.

A partir du 18 juillet 1936, le père Miguel se réfugia avec le père Eugenio Cemuda chez Maximina Gutiérrez Bárcena, qui les installa dans la pension Primera Alameda, d’où ils sortaient pour aller célébrer la messe dans des maisons privées. Ce pouvait être dangereux, mais les Religieux préféraient s’exposer pour être présents parmi les familles qui les appelaient.

Le 17 décembre 1936, Miguel fut fait prisonnier avec Eugenio, et l’on ne sut plus rien d’eux ensuite. C’est pourquoi on pense qu’ils furent martyrisés ce jour-là ou le lendemain.

De quelle façon ? Les informations ne sont pas concordantes. Ils ont pu être fusillés dans le cimetière de Cirirego (Santander). Leurs corps, qu’on n’a pas retrouvés, furent peut-être jetés à la mer.

Quelques jours plus tard, on repêcha en effet sur les côtes françaises de Vendée le corps du père Epifanio avec beaucoup d’autres, déjà méconnaissables ; les corps du père Miguel et du père Eugenio pouvaient être de ceux-là ; le père Epifanio avait été jeté à la mer et noyé le 22 décembre (voir la notice).

Les pères Miguel et Eugenio furent donc probablement exécutés le 18 décembre 1936. Ils furent béatifiés en 2007.

 

 

Eugenio Cernuda Febrero

1900-1936

 

Eugenio était né à Zaratán (Valladolid) le 15 novembre 1900 et fut baptisé le 25.

Entré dans l’Ordre augustin, il fit la profession à Valladolid en 1917 et reçut le sacerdoce en 1925.

Il exerça au collège de Santa Isabel de Tapia de Casariego (Asturies) jusqu’à sa fermeture en 1927, puis il passa à celui de l’Incarnation à Llanes (Asturies), pour venir enfin à Santander, où il enseignait aux enfants d’ouvriers dans des écoles gratuites.

Partout, on remarqua et admira sa bonté, son zèle pour l’enseignement.

Le 18 juillet 1936, il fut expulsé de leur maison avec ses Confrères.

Il se réfugia avec le père Miguel San Román Hernández chez Maximina Gutiérrez Bárcena, qui les installa dans la pension Primera Alameda, d’où ils sortaient pour aller célébrer la messe dans des maisons privées. Ce pouvait être dangereux, mais les Religieux préféraient s’exposer pour être présents parmi les familles qui les appelaient.

Le 17 décembre, ils furent tous deux arrêtés et l’on ne sut plus rien d’eux ensuite. C’est pourquoi on pense qu’ils furent martyrisés ce jour-là ou le lendemain.

De quelle façon ? Les informations ne sont pas concordantes. 

Ils ont pu être fusillés le 18 décembre dans le cimetière de Cirirego (Santander), d’où on entendit le père Eugenio crier Vive le Christ Roi !

Mais on n’a pas retrouvé leurs corps. Furent-ils jetés à la mer ?

Quelques jours plus tard, on repêcha en effet sur les côtes françaises de Vendée le corps du père Epifanio avec beaucoup d’autres, déjà méconnaissables ; les corps du père Miguel et du père Eugenio pouvaient être de ceux-là ; le père Epifanio avait été jeté à la mer et noyé le 22 décembre (voir la notice).

Les pères Miguel et Eugenio furent donc probablement exécutés le 18 décembre 1936. Ils ont été béatifiés en 2007.

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 00:00

 

17 DÉCEMBRE

 

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S Maxenceul, premier curé à Cunault.

S Briac, moine irlandais venu en Armorique.

VI.

S Modestus, patriarche à Jérusalem ; il restaura l'Eglise ravagée par Chosroès et reçut la Sainte Croix rapportée par Héraclius.

VII.

SS soldats (cinquante), défenseurs de Gaza, massacrés à Eleuthéropolis, dont on connaît les quarante-sept suivants : 

  • de la cohorte des Scythes : Eugenios, cinq nommés Georgios, sept nommés Ioannis, Kyriakos, Mouselios, deux nommés Pavlos, Philoxenos, Photinos, Sergios, Stephanos, trois nommés Theodoros, Theopemptos, deux nommés Zitas ; 
  • de la cohorte des Volontaires : Abramios, Caiumas, Conon, Epiphanios, deux nommés Georgios, quatre nommés Ioannis, Marinos, Marmisis, Pavlinos, Pavlos, Sergios, Stephanos, deux nommés Theodoros, Theodosios, Thomas.

S Judicaël, roi en Bretagne ; très aimé, il abdiqua pour passer les vingt dernières années de sa vie au monastère de Gaël, près de Vannes.

VIII.

Ste Begga, fille de Pépin de Landen et de sainte Itte, sœur de ste Gertrude de Nivelles ; quand son mari Andégise, fils de s. Arnould de Metz, fut assassiné, elle fonda le monastère de Andenne.

S Sturmi, premier abbé à Fulda, protégé par s. Boniface (qui est enterré à Fulda). 

Ste Tetta, abbesse à Wimborne.

IX.

S Eigil, abbé à Fulda.

X.

S Cristoforo de Collesano, moine au Monte Mercurio.

XII.

Ste Wivine, abbesse à Grand-Bigard.

XIII.

S Jehan de Mata, provençal, fondateur de l'ordre de la Très-Sainte-Trinité pour le rachat des captifs, aidé en cela par l'illustre s. Félix de Valois, qui n'aurait jamais existé.

XIX.

Bse Emilie d’Oultremont (Marie de Jésus), jeune veuve belge, fondatrice des Sœurs de Marie Réparatrice, béatifiée en 1997 ; le Martyrologe la mentionne au 22 février, sa fête liturgique.

XX.

S José Manyanet y Vives (1833-1901), prêtre espagnol, fondateur de l'Institut des Fils de la Sainte Famille, pour l'instruction de la jeunesse, et de l'Institut des Filles Missionnaires de la Sainte-Famille-de-Nazareth ; dans son école, il accueillait aussi les enfants qui ne pouvaient pas payer ; béatifié en 1984 et canonisé en 2004.

Bse Matilde Téllez Robles (du Sacré-Cœur, 1841-1902), fondatrice espagnole de la Congrégation des Filles de Marie-Mère-de-l'Eglise, béatifiée en 2004.

B Henri Cormier (Hyacinthe-Marie, 1832-1916), dominicain français ; supérieur général, il fonda l'Université Pontificale Saint-Thomas à Rome ; durant la crise moderniste, il resta fidèle à Rome et respectueux des personnes ; béatifié en 1994.

 

  

Emilie d’Oultremont

1818-1878

 

Emilie fut la troisième des quatre enfants d’Emile-Charles d’Oultremont et Marie-Charlotte de Lierneux de Presles, des aristocrates belges très catholiques.

Emilie-Olympe naquit le 11 octobre 1818 au château de Wégimont, et grandira dans celui de Warfusée, où elle reçut son éducation familiale et chrétienne. 

Jeune encore elle obtint de recevoir la communion plus souvent qu’on ne le permettait alors ; plus tard, à Rome, elle obtiendra même de pouvoir le faire presque chaque jour. A douze ans, une lecture de la vie de saint Ignace de Loyola l’impressionne profondément. Un voyage à Rome avec ses parents lui laissera pour toujours un profond attachement à la Ville éternelle.

Emilie a un réel penchant pour la vie religieuse, mais accepte un mariage arrangé avec Victor van der Linden, baron d’Hooghvorst, qui est d’une famille très connue de Louvain. De ce mariage (1837), naquirent quatre enfants : Adrien, Edmond, Olympe et Marguerite.

Son père devenant ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège, toute la famille vient habiter à Rome, pendant cinq ans (1839-1844). C’est à la fin de cette période que son mari, Victor, contracte des fièvres lors d’une partie de chasse dans les marais pontins.

En 1847, Victor décède, puis la mère d’Emilie en 1850, et aussi son père en 1851. Son frère aîné devenant propriétaire du château, elle le quitte avec ses enfants et s’installe à Liège.

Un père Jésuite l’oriente vers la pensée de la réparation, dans l’œuvre de la Rédemption.

Lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, elle est à Paris et se sent envahie du désir d’entrer en religion. Mais elle doit encore s’occuper de ses enfants. Elle s’installe à Paris et réunit autour d’elle des dames pour former une nouvelle communauté religieuse : la Société de Marie Réparatrice.

Elle trouve en l’évêque de Strasbourg, un ami de la famille, un sérieux appui. Celui-ci approuve la nouvelle Famille. En 1857, Emilie prend l’habit avec quelques compagnes, et s’appellera désormais Mère Marie de Jésus ; sa fille Olympe commence le même jour son noviciat (sous le nom de Marie de Saint-Victor). La même année en juillet a lieu une deuxième fondation à Paris.

La Société n’en est qu’à ses débuts, que déjà sept sœurs partent pour l’Inde du Sud à Maduré, où elles secondent le travail des Jésuites.

En 1860, c’est la rupture avec la famille, qui l’accuse de dissiper son patrimoine en fondations pieuses, mais son propre frère Charles d’Oultremont, qui gère sa fortune, la soutient de façon inconditionnelle. Sa fille Marguerite entre à son tour dans la Congrégation.

Les fondations s’ouvrent : Toulouse, Tournai, Londres, Liège, Port-Louis (Ile Maurice), Wexford (Irlande). 

A cette expansion rapide vont s’interposer de graves épreuves.

Marguerite meurt en 1867, Olympe à son tour en 1872. Emilie, qui reste une mère, est douloureusement éprouvée, et son directeur spirituel ne fait que lui reprocher d’être trop attachée à ses enfants. Emilie est dans le désarroi, son âme est dans l’obscurité. Mais elle reste fidèle à ses engagements religieux, elle soutient de son mieux d’autres âmes.

Elle rédige les Constitutions de la Congrégation et se rend plusieurs fois à Rome. En 1878, un malaise lui fait prolonger son séjour chez son fils Adrien, marié et installé à Florence.

C’est là qu’elle meurt le 17 décembre 1878.

Emilie d’Oultremont a été béatifiée en 1997. 

Petite particularité du Martyrologe Romain : alors que le dies natalis de la bienheureuse Emilie est le 17 décembre, le Martyrologe la commémore le 22 février, qui n’est que sa fête liturgique.

 

 

José Manyanet y Vives

1833-1901

 

Dernier des neuf enfants d’une grande famille chrétienne, il naît à Tremp (Lérida, Espagne) le 7 janvier 1833 et reçoit au baptême, le jour-même, les noms de José Joaquín. Ses parents sont Antonio et Buenaventura.

Il n’a pas deux ans, lorsque meurt son papa. A l’âge de cinq ans, il est consacré par sa maman à la Vierge de Valldeflors, patronne de Tremp. Très vite il ressent la vocation religieuse.

Il doit travailler pour payer ses études : d’abord à l’Ecole Pie de Barbastro, puis aux séminaires de Lérida et Urgel. Il est ordonné prêtre en 1859.

Il va être successivement secrétaire de l’évêque et chancelier, bibliothécaire du séminaire.

Peu à peu germe en lui l’appel divin à fonder une double congrégation pour honorer la Sainte Famille et infuser cet esprit dans toutes les familles. Il voulait faire «de chaque foyer un Nazaret».

En 1870, il fait sa première profession avec quelques compagnons. Ainsi vont naître les Fils de la Sainte Famille, et les Filles Missionnaires de la Sainte Famille de Nazareth, pour promouvoir la dévotion envers la Sainte Famille et donner à la jeunesse les principes chrétiens de Nazareth.

Le 19 mars 1874 (fête de saint Joseph), il ouvre le collège Saint-Joseph à Tremp, qu’il fut malheureusement vite contraint de fermer à la proclamation de la première République à Barcelone. Mais il était tenace et persévérant.

A partir de 1876, les statuts furent officiellement approuvés par l’évêque de Urgel, puis par d’autres, jusqu’à l’approbation pontificale en 1901.

Les Règles et Status furent successivement mis à jour selon le nouveau Droit Canon de 1926, et les normes du Concile Vatican II, approuvés par le Saint Siège en 1983.

Ces religieux et religieuses, qu’on appelle aussi les Manyanetiens, ont des orphelinats, des écoles, des lycées en Espagne et en Italie, en Amérique (Etats-Unis, Mexique, Colombie, Vénézuéla, Argentine, Brésil), ainsi qu’une maison au Cameroun. Des nombreux collèges tenus par ces congrégations en Espagne, plusieurs furent fondés par saint José Manyanet lui-même.

Saint José publia plusieurs livres, et fonda la revue «Sagrada Familia». Il inspira à Gaudí la construction du très fameux Temple de la Sainte Famille à Barcelone.

José fut toute sa vie affecté de divers maux physiques et, particulièrement pendant les seize dernières années de sa vie, de deux douloureuses plaies au côté, qu’il appelait les «miséricordes du Seigneur». Il s’éteignit le 17 décembre 1901, après avoir répété la jaculatoire qui lui était familière : Jésus, Marie, Joseph, recevez mon âme à l’heure de ma mort.

Il a été béatifié en 1984, et canonisé en 2004.

Comme, le 17 décembre, commence la neuvaine de préparation à Noël, saint José Manyanet y Vives est fêté dans ses congrégations le 16 décembre.

 

 

Matilde Téllez Robles

1841-1902

 

Elle naît à Robledillo de la Vera (Extremadura) le 30 mai 1841, fête de la Pentecôte, et reçoit le baptême le lendemain. Les parents, Félix Téllez Gómez, un fonctionnaire, et Basilea Robles Ruiz, eurent quatre enfants, Matilde étant la deuxième.

Le père est nommé à Villavieja de Yeltes (Salamanque) puis à Béjar.

Pendant que la maman s’occupe de son éducation aux valeurs chrétiennes, le papa fait des projets d’avenir pour ses filles.

Tout le monde connaît Matilde, on l’admire, on l’aime. On connaît ses penchants : l’amour de Dieu, nos frères les plus pauvres ; elle préside la congrégation des Enfants de Marie, participe aux conférences de Saint-Vincent-de-Paul, enseigne le catéchisme, fréquente l’école du dimanche.

Ce n’est pas pur activisme : elle communie chaque jour, se recueille volontiers devant le Tabernacle, se confie à sa Mère céleste.

Son désir de se consacrer à Dieu est contrecarré par son père ; elle attend et prie en silence, jusqu’à ce que son père soit convaincu de la persévérance de sa vocation.

En 1874 (elle a trente-trois ans), elle écrit ni plus ni moins au pape pour lui proposer la fondation d’une nouvelle congrégation. Là encore, son père lui oppose quelques objections, vu le climat anticlérical de l’époque, mais finit encore une fois par la laisser libre.

Elle prend en location une maison. Huit compagnes veulent la suivre. Nous sommes le 19 mars, fête de saint Joseph. Mais au moment du rendez-vous, seule María Briz se présente (cette dernière avait renoncé à ses fiançailles tout récemment). Matilde persévère cependant, malgré sa totale pauvreté, … et malgré les critiques qui fusent ; d’autres jeunes filles sont attirées par son charisme.

Elles accueillent de petites orphelines, elles rendent visite aux malades. Elles ouvrent une petite école ainsi qu’une école du dimanche pour les jeunes.

En 1876, le nouvel évêque de Plasencia donne une première autorisation écrite aux «Aimantes de Jésus et Filles de Marie Immaculée». Début 1878, Matilde et María prennent leur habit, de couleur bleue. Elles se transfèrent à Don Benito (Badajoz) en 1879.

La Règle sera approuvée en 1884, le 19 mars. Entre temps, l’institut a mûri : les Sœurs auront à cœur d’adorer le Saint-Sacrement, de s’occuper des petits orphelins, des pauvres et des infirmes. Autour du Saint-Sacrement, elles se relaient pour ne jamais Le laisser seul ; parallèlement, elles ont une dévotion toute filiale envers la Mère de Dieu.

Elles font leur profession en juin 1884. Matilde s’appellera Matilde du Sacré-Cœur. Dans son élan, elle priait ainsi : Seigneur, je vais t’apporter tous les cœurs que je pourrai, pour qu’ils t’aiment et t’adorent.

En 1885, une épidémie de choléra emporte María Briz, qui s’était offerte à Dieu à la place de toutes les autres : en effet, aucune autre ne fut touchée. Le dévouement des Sœurs envers les victimes de l’épidémie les fait peu à peu appeler les Sœurs de la charité.

Leur exemple attire d’autres jeunes filles. Des maisons s’ouvrent à Cáceres, Béjar, Villanueva de Córdoba, Almendralejo, Santos de Maimona, Trujillo, Villeverde de Burguillos.

Le miracle permanent de la nouvelle fondation, est l’aide providentielle qu’elles reçoivent régulièrement, alors qu’elles n’ont aucune autre ressource économique. Matilde va de l’avant ; sa devise est Prière, action, sacrifice !

Toutes les visites de Matilde sont occasion de joie pour tous ceux qui la rencontrent : son amour enthousiaste de Jésus Eucharistie, à travers les pauvres et les nécessiteux, est contagieux.

Mais Matilde se fatigue. Le 15 décembre 1902, à Badajoz, elle est prise d’apoplexie à quelques mètres de la maison.

Elle meurt le 17 décembre 1902. Toute la ville la pleure.

Elle est béatifiée en 2004.

En 1941 l’Institut prendra finalement le nom de Filles de Marie, Mère de l’Eglise. Celles-ci sont plusieurs centaines, en Espagne, Portugal, France, Italie, Venezuela, Colombie, Pérou et Mexique.

 

 

Henri Cormier

1832-1916

 

Cette grande figure de l’Ordre dominicain eut le «privilège» de naître le 8 décembre 1832, le jour où l’on fêterait plus tard la fête de l’Immaculée Conception (cette fête fut en effet instituée en 1854, quand en fut proclamé le dogme).

Henri naquit à Orléans (Loiret). Lui et son frère Eugène seront très tôt orphelins de père. Eugène mourra à son tour en 1848.

Après de bonnes études chez les Frères de la Doctrine chrétienne, Henri passera au Grand séminaire d’Orléans.

Durant ses études, Henri manifesta des dons particuliers pour la littérature ; il s’enthousiasma pour Lamartine, dont il apprendra par-cœur des poésies. Mais Il fut aussi un excellent musicien, passionné pour le chant et pour l’orgue : même Liszt l’admirera !

Tout en se préparant au sacerdoce, Henri songeait à l’Ordre dominicain ; un premier avis, nettement négatif, lui vint du père Lacordaire en personne ; mais la rencontre avec un autre Dominicain de Rome aboutit au contraire à un net encouragement.

Aussi, après son ordination sacerdotale, Henri entra en 1856 au noviciat dominicain de Charmille (Flavigny-sur-Ozerain, Côte d’Or), le fameux Saulchoir, y prenant le nom de Hyacinthe-Marie, par référence au grand Dominicain qui prêcha dans l’est de l’Europe (voir au 15 août) et, bien sûr, à la Sainte Vierge.

Le novice était déjà prêtre : il célébrait donc chaque jour la Messe, mais si pieusement que les autres novices voulaient tous la lui servir.

En 1857 se déclara une vilaine laryngite : le fr. Hyacinthe crachait le sang ; il ne pouvait plus chanter, mais surtout on hésita à l’accepter à la profession solennelle. On envisagea de l’envoyer se «refaire» en Orient, sa mère voulut le récupérer : finalement, il fit la profession en juin 1857, pour deux ans.

Cette même année, le Frère Cormier fut invité par le Supérieur général de l’Ordre à l’accompagner à Rome, comme sous-maître des novices et comme secrétaire. A ce moment-là, il fallait redonner vigueur à l’Ordre en lui faisant retrouver son idéal primitif.

La profession solennelle de Hyacinthe aura quelque chose de pathétique : sa mauvaise santé posait un problème. Le pape, interrogé, proposa cette «épreuve» : si Hyacinthe passait un mois sans crise, il pourrait faire la profession. Toute la communauté se mit en prière : au trentième jour, nouveau crachement de sang. Informé, le pape, ému de pitié… accorda la dispense demandée pour la profession solennelle. Celle-ci aura lieu le 23 mai 1859.

Le père Cormier sera d’abord maître des novices et prieur en Corse, puis provincial dans la nouvelle province de Toulouse : à trente-trois ans, il devait diriger trente-six pères et sept convers.

Il sera provincial pour trois mandats et sera vraiment le restaurateur de l’Ordre dominicain en France.

Parmi ses réalisation, il y eut le monastère féminin de Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin (Var), celui de Prouille (Aude, le premier fondé en France par saint Dominique, détruit sous la Révolution).

En 1891, il fut nommé procureur général de l’Ordre (pour les relations avec le Vatican) ; on hésita même à l’élire Maître général.

C’est à ce moment-là que, comme procureur, il fut amené à se créer un blason et une devise, pour respecter la tradition. Il choisit un pélican donnant son sang à ses petits, symbole du Christ qui verse son sang pour nos âmes, avec la devise Caritas veritatis, «la charité de la vérité» : il faut manifester notre charité aux frères en leur donnant la vérité.

Le pape voulut le créer cardinal, mais l’Etat français s’y opposa.

En 1904, on n’hésita plus à le nommer Maître de l’Ordre. Le novice en «mauvaise santé» était désormais un vétéran de soixante-douze ans. Il faillit démissionner en 1906, mais fut reconfirmé.

Supérieur général, il voulut visiter tous les couvents. Il fonda l’université romaine Angelicum. Il soutint le travail du père Lagrange, fondateur de l’Ecole Biblique de Jérusalem.

Son mandat de Supérieur fut agité par la crise moderniste de l’époque. Même au sein de l’Eglise fusaient les accusations, les dénonciations, plus ou moins fondées. Le père Cormier se montra à la fois ferme, lucide, patient et bon envers tous et chacun.

En août 1916, il put enfin céder sa place à un nouveau Maître et se retirer. Il demeura au couvent de Saint-Clément à Rome et s’y éteignit, le 17 décembre 1916.

Henri Cormier - Hyacinthe, fut béatifié en 1994.

Modestus de Jérusalem
537-634

Modestus naquit à Sébaste (Cappadoce, auj. Sivas, Turquie C) et fut orphelin presque depuis sa naissance. Une famille chrétienne s’occupa de son éducation.
Adulte, il fut vendu comme esclave en Egypte dans des circonstances mal définies. Mais il convertit son maître au christianisme et obtint sa libération.
S’étant retiré sur le mont Sinaï, il devint prêtre, puis higoumène (supérieur) du monastère des Douaks, c’est-à-dire de Saint-Théodose, à Jérusalem.
En 614, les troupes perses de Chosroès II entraient dans la Ville sainte, pillant, incendiant, détruisant, massacrant ; des survivants, une partie fut réduite en esclavage, une autre partie fut déportée.
Une des pièces du «butin» qui fut remporté en Perse, fut le bois de la Croix du Christ : déjà l’argentier de Chosroès, Yazdin, qui était chrétien, obtint qu’elle ne fût pas détruite, aussi fut-elle emportée.
Le patriarche Zacharie, le clergé, les moines, s’étaient réfugiés au-delà du Jourdain ou même en Egypte.
A cette situation déplorable s’ajoutait la réaction des Juifs de Palestine, qui ne se gênaient pas pour accuser les Chrétiens d’être responsables des mauvais traitements subis par les Perses.
A partir de 622, devant les premiers succès militaires de l’empereur Héraclius, Chosroès se sentit obligé d’assouplir sa domination, favorisant la reconstruction des édifices religieux en Palestine ; mais comme il favorisait en même temps le parti monophysite - et donc les hérétiques, on pouvait craindre que l’ensemble de la Palestine chrétienne se tournât vers l’hérésie.
L’higoumène Modestus intervint avec toute son énergie : il encouragea les Chrétiens à se ressaisir, il rappela les moines réfugiés ailleurs, suscita beaucoup de vocations monastiques, il releva les sanctuaires de Jérusalem, en particulier les églises de la Résurrection, du Sépulcre, du Golgotha, et bien d’autres encore. 
Le patriarche d’Alexandrie, Jean l’Aumônier (v. 11 nov.) apprit avec quel zèle Modestus cherchait à réparer les saints édifices de Jérusalem ; pour l’aider, il lui envoya mille bêtes de somme, mille sacs de froment, mille sacs de légumes, mille jarres de poissons salés, mille jarres de vin, mille rotols de fer et mille ouvriers, nous raconte trois siècles plus tard le patriarche Eutychius d’Alexandrie.
En 629, l’empereur Héraclius réussit à extorquer des Perses l’évacuation totale de la Syrie et la restitution de la Vraie Croix. Ce fut l’occasion de fêtes solennelles, de réjouissances unanimes. A ce moment-là, le patriarche Zacharie était mort dans son exil :  on ne pouvait désigner meilleur successeur que Modestus.
L’empereur l’aida à poursuivre son travail de restaurateur et Modestus continua à quêter partout pour réunir les fonds nécessaires. 
Il mourut brusquement à Sôzon, sur les frontières de la Palestine : le bruit courut qu’il fut empoisonné par des hommes de sa suite, qui voulaient s’emparer de l’or qu’il rapportait. Modestus était presque centenaire.
Signalons que la ville natale de Modestus, Sivas, fut perdue par Byzance et reconquise par les musulmans au douzième siècle ; en 1400 Tamerlan la reprit et y fit enterrer vivants les quatre mille Chrétiens qui s’y trouvaient, après leur capitulation. Depuis le quinzième siècle, la ville est ottomane et fut au cœur du génocide arménien de 1916.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Modestus de Jérusalem au 17 décembre.


 

Les Cinquante Soldats de Gaza

† 638

 

Les circonstances de ce massacre ont été déjà racontées au 6 novembre, lorsque Kallinikos et ses Compagnons furent martyrisés (v. 6 novembre).

Un mois plus tard environ, le même général Amr ordonna à son subordonné Ammiras de lui envoyer enchaînés les cinquante survivants à Eleuthéropolis. Ils devaient venir avec femmes et enfants : Amr leur aurait proposé de vivre paisiblement, à la seule condition qu’ils devinssent Musulmans.

La réponse des vaillants soldats, peut-être formulée par un de leurs représentants, fut on ne peut plus claire : 

Personne ne pourra nous séparer de l’amour du Christ (cf. Ro 8:35), ni nos femmes, ni nos fils, ni tous les avantages de ce monde, car nous sommes serviteurs du Christ, fils du Dieu vivant et nous sommes prêts à mourir pour celui qui est mort et ressuscité pour nous.

Dans cette déclaration solennelle, outre la référence à l’épître de s.Paul citée, se trouve une nette affirmation de la divinité du Christ, dogme rejeté par les Musulmans à la suite d’Arius.

Arm les fit massacrer sur le champ.

Le Martyrologe parle de cinquante soldats et en donne les noms, au nombre de quarante six (quarante-sept dans l’ancienne édition). Les voici : 

  • de la cohorte des Scythes : Eugenios, cinq nommés Georgios, sept nommés Ioannis, Kyriakos, Mouselios, deux nommés Pavlos, Philoxenos, Photinos, Sergios, Stephanos, trois nommés Theodoros, Theopemptos, deux nommés Zitas.

(Un des Theodoros était le fils d’un des Ioannis, ce qui montre l’âge que pouvaient avoir certains ; on notera en outre avec plaisir le beau nom de Philoxenos, «qui aime l’étranger»).

  • de la cohorte des Voluntarii : Abramios, Caiumas, Conon, Epiphanios, deux nommés Georgios, quatre nommés Ioannis, Marinos, Marmisis, Pavlinos, Pavlos, Sergios, Stephanos, deux nommés Theodoros, Theodosios, Thomas.

Les Chrétiens de l’endroit purent racheter - à prix d’or - les dépouilles des Martyrs et les ensevelirent dignement ; là s’éleva ensuite une église.

Les Cinquante Soldats de Gaza sont commémorés le 17 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Judicaël, roi

† 650

 

Judicaël aurait été l’aîné des quinze enfants du roi de Domnonée (Bretagne N), qui s’appelait Judaël.

Renouvelant l’épisode biblique, un des autres frères, Haëloc et son tuteur Rethwal, cherchèrent à éliminer les quatorze frères, pour prendre le pouvoir ; Judicaël échappa à l’assassin et se réfugia auprès de s.Méen (v. ), qui le tonsura.

Judicaël prit très au sérieux la vie monastique, jardinant le jour, priant les psaumes la nuit, s’immergeant dans l’eau froide.

Un jour qu’il travaillait à la cuisine, il découvrit le Diable dans la marmite ; il le rossa si bien à coups de barre de fer qu’à la fin de la bataille la marmite était en miettes et le repas de la communauté épars dans les cendres ; ce jour-là, toute la communauté jeûna !

Mais Haëloc rendit la couronne à son frère Judicaël. Le biographe de ce dernier écrit : Doux et aimable pour ses amis, Judicaël était terrible pour ses ennemis.

Une nuit de Pâques, où les paysans venaient apporter leurs redevances, il les leur remit entièrement, pour leur permettre de fêter la Résurrection dans la joie. Un jour que le cortège royal passait à gué une rivière réputée infranchissable, un lépreux demanda à être porté aussi de l’autre côté ; Judicaël le mit sur son cheval et, sur l’autre rive, le lépreux se transfigura : c’était le Christ, qui promit le ciel à Judicaël.

Le pieux roi voulut abdiquer en faveur de son autre frère Josse (v. 13 décembre), mais ce dernier demanda un délai et alla se retirer en Ponthieu. 

Judicaël eut à régler une affaire importante avec le roi Dagobert. Celui-ci avait mandé son ministre Eloi (v. 1er décembre) pour présenter un ultimatum à Judicaël, le sommant de réparer les torts que les Bretons avaient faits aux hommes de Dagobert. Judicaël suivi les conseils d’Eloi, s’empressa d’aller trouver Dagobert à Clichy et de lui promettre réparation et obéissance (636). 

Finalement, on ignore qui reçut la couronne après Judicaël. Lui-même réintégra son monastère, où il mourut vers 650.

Saint Judicaël, roi, est commémoré le 17 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Begga d’Andenne

 615-693

 

Begga était la fille de Pépin de Landen et de sa sainte épouse Itta, la fondatrice du monastère de Nivelles. Une autre fille de ces pieux parents, Gertrude, fut justement l’abbesse de Nivelles (v. 17 mars).

Mariée à Ansegisel, fils de s.Arnoud de Metz (v. 18 juillet), elle eut trois enfants (Pépin d’Héristal, Martin de Laon et Clotilde) ; elle fut bientôt veuve, car son mari fut assassiné par un certain Gundewin.

D’après une Vita  un peu  tardive (et non moins douteuse), l’assassin fut leur propre fils adoptif, qu’ils avaient recueilli. 

On présume que c’est à la suite de cet accident que Begga fonda le monastère d’Andenne, vers 691.

La fondation aurait été accompagnée de signes providentiels : une truie avec ses sept porcelets, une poule sauvage avec ses sept poussins, que les chiens de chasse ne pouvaient approcher, retenus par quelque force mystérieuse.

Begga mourut trente-trois ans après la mort de sa sœur Gertrude, vers 693.

Il ne faut pas dire que Begga fut à l’origine des béguines (du 13e siècle).

Sainte Begga d’Andenne est commémorée le 17 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sturmi de Fulda

710-779

 

Sturmi (qu’on trouve aussi sous d’autres formes : Sturmius, Styrmi, et même Sturm), dut naître au début du 8e siècle et fut confié encore enfant par ses parents à saint Bonifatius, ce missionnaire anglais venu évangéliser la Germanie (v. 5 juin).

Il fut reçu au monastère de Fritzlar, où il apprit l’Ecriture, les psaumes en particulier en les chantant avec les moines ; en même temps, il s’imprégnait de la règle de saint Benoît (v. 11 juillet), dont il recevait avec facilité les enseignement de charité, d’humilité, de travail, de douceur et de bonne humeur.

Ordonné prêtre, il alla fonder en plein centre de l’Allemagne un ermitage, là où se trouve aujourd’hui Bad Hersfeld (Hexe), puis fut chargé par Bonifatius de fonder un monastère sur le bord de la Fulda, en 744.

Sur le conseil de Bonifatius, Sturmi alla à Rome et au Monte Cassino pour étudier de près la règle bénédictine.

C’est à Fulda que Bonifatius fut enterré, après son martyre (754). En peu de temps, l’abbaye compta jusqu’à quatre cents moines.

L’abbaye avait reçu de Rome sa pleine autonomie, mais l’évêque de Mayence crut bon de garder un droit de regard sur ce monastère ; la politique s’en mêla et le roi Pépin fit enfermer Sturmi dans le monastère de Jumièges pendant deux et ans, ce qui provoqua une certaine agitation dans l’abbaye elle-même. De retour à Fulda, Sturmi gouverna ce monastère pendant quatorze années encore.

Charlemagne lui montra de l’estime et lui confia l’évangélisation des Saxons vaincus ; Sturmi accompagna l’empereur, mais dut céder à la fatigue. Ramené au cloître, il entretint humblement tous les moines, demanda pardon, pardonna aussi expressément à l’évêque de Mayence, et s’endormit dans le Seigneur, le 17 décembre 779, son dies natalis au Martyrologe.

Saint Sturmi fut canonisé en 1139.

 

 

Cristoforo au Mont Mercurio

10e siècle

 

Le 10e siècle, en Sicile, a été particulièrement difficile, à cause de la présence des envahisseurs, les Sarrasins.

Notre Cristoforo épousa une certaine Call (peut-être Kalli, «bonne», car la Sicile fut profondément marquée par la liturgie de Byzance), et ils eurent deux garçons, Saba et Macario (v. 5 février et 16 décembre).

Après quelque temps, il demanda à Nikephoros, higoumène du monastère Saint-Philippe d’Agira, de le former à une vie plus ascétique, puis se retira avec ses deux fils près de l’église Saint-Michel de Ctisma.

De son côté, Kalli adoptait à son tour un style de vie très ascétique.

En 941, une grande famine contraignit toute cette belle petite famille à partir pour la Calabre. Ils rejoignirent le Monte Mercurio, où vivaient déjà beaucoup de moines basiliens. Cristoforo y construisit une église dédiée à s.Michel et un monastère.

Il partit ensuite en pèlerinage à Rome, laissant à Saba la direction du monastère. A son retour, il y avait tant de moines, qu’il construisit un autre monastère proche de Laino, à côté d’une église Saint-Etienne.

C’est à cette époque qu’il eut à gronder sévèrement une ourse qui venait dévaster le potager des moines ; elle se le tint pour dit et ne reparut pas.

Cristoforo mourut sereinement, entouré de sa propre famille et d’autres moines.

Saint Cristoforo est maintenant commémoré le 17 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Wivine de Grand-Bigard

1103-1170

 

Fille d’Hugues d’Oisy, Wivine naquit vers 1103 dans le Pas-de-Calais.

Ayant appris la foi de ses pieux parents, Wivine manifesta très tôt de grandes vertus.

Elle décida dès l’âge de quinze ans de se consacrer totalement à Dieu, commençant par s’imposer de généreuses flagellations, des jeûnes et des cilices. Or un jeune aristocrate nourrissait en son cœur le désir de l’épouser et, apprenant sa décision, en tomba malade de tristesse. Wivine pria et obtint sa guérison. Mieux, elle le convainquit de se retirer lui aussi dans la solitude, où il se sanctifia et mourut en odeur de sainteté.

A vingt-trois ans, elle quitta la maison paternelle et, avec sa servante, alla construire un petit ermitage non loin de Bruxelles, dans un bois appelé Grand-Bigard.

Les compagnes de Wivine apprirent plus tard que leur fondatrice avait souvent la visite des Anges, qui lui apportaient l’Eucharistie.

En 1133, le duc Godefroid de Brabant lui offrit un grand terrain pour y construire un prieuré, car les vocations affluaient. Le couvent adopta la règle de Saint-Benoît, mais ne fut effectivement prieuré qu’en 1245, dépendant de l’abbaye d’Affligem.

Wivine en fut la supérieure, bien qu’elle refusât toujours les marques de déférences qu’on lui exprimait.

Les moniales intervinrent vers la fin de sa vie, lui «reprochant» ses austérités trop sévères : quand elle mangeait (ce n’était pas tous les jours), elle ne prenait que du pain d’orge, des herbes sauvages et des racines de la forêt, avec un peu d’eau. Le peu qu’elle prenait lui semblait de la gourmandise, et sa fatigue de la lâcheté. Mais comme les religieuses se laissèrent gagner par la suspicion et accusèrent même leur Mère de manquer de discrétion, au moment de Pâques Wivine obtint le changement de l’eau en un vin excellent, que toutes apprécièrent et qui les convainquit toutes de la sainteté de leur Fondatrice.

Un jour que le Diable avait éteint toutes les lumières pendant l’Office pour troubler la prière des moniales, Wivine - qui avait pressenti l’arrivée de l’Ennemi, les ralluma toutes grâce à une chandelle qu’elle avait dissimulée.

Wivine reçut le don de prophétie, de discernement des esprits, de la lecture des pensées ; elle voyait continuellement tout son monastère et ce qu’il s’y passait.

Wivine s’éteignit le 17 décembre 1170. Une des moniales les plus âgées eut la vision du transport de Wivine au Ciel ; le monastère devint le but d’un pèlerinage très fréquenté, et illustré par une quantité de miracles, conversions, guérisons et délivrances.

Un de ces miracles concerna un protestant, propriétaire terrien qui avait déjà perdu vingt vaches et craignait pour les onze autres. Il fit le pèlerinage dévotement et retrouva toutes ses vaches en parfaite santé ; il se convertit au catholicisme.

Il semble que le culte de sainte Wivine fut autorisé dès 1177. Sainte Wivine fut invoquée contre la peste et la pleurésie, contre la fièvre et le mal de gorge, mais aussi contre les maladies du bétail.

Le monastère fut détruit en 1805 ; les reliques restantes de sainte Wivine se trouvent depuis à Bruxelles.

 

 

Jehan de Mata

1160-1213

 

Il faut tenir compte pour cette notice de récentes découvertes ou mises au point.

Si l’on disait auparavant que Jean de Matha naquit à Faucon-de-Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence),  il semble maintenant plus exact de dire que Jehan de Mata naquit le 23 juin 1160 à La Motte-du-Caire (même département), d’Euphème de Mata et Marthe qui, le faisant baptiser dès le lendemain de sa naissance, lui donnèrent le nom du Saint du jour, Jean-Baptiste.

La maman avait eu une secrète révélation céleste concernant l’avenir de son fils, et le consacra à la Sainte Vierge.

Les parents s’installèrent à Marseille, où l’enfant commencera à étudier, mais aussi, avec sa mère, à rencontrer les pauvres, les malades, les prisonniers, et à leur manifester de la compassion.

Jehan fut ensuite envoyé faire ses études à Aix-en-Provence, où il continua ses pieuses pratiques, puis revint un moment à Faucon, où il vécut dans la solitude, avant de gagner Paris pour y compléter sa formation intellectuelle. Il rencontra à Paris un gentilhomme italien, Lotario de Segni, auquel il prédit qu’il serait pape : ce devait être Innocent III (1198-1216), dont il va être question plus bas.

Il reçut le doctorat en théologie et l’archevêque Maurice de Sully l’ordonna prêtre. Au moment où le pontife lui imposait les mains, on vit sur la tête de Jehan une colonne de feu. Le jour de sa première Messe, au moment de l’élévation, apparut un jeune homme revêtu d’une robe blanche avec une croix rouge et bleue sur la poitrine ; il avait les bras croisés et les mains posées sur deux captifs, l’un chrétien, l’autre maure. L’évêque conseilla à Jehan d’aller en informer le pape et de lui demander ce qu’il devait faire.

Avant de partir pour Rome, Jehan alla rencontrer un pieux ermite qui vivait près de Gandelu-en-Brie et qui le reçut avec grande bienveillance ; cet ermite «aurait reçu» plus tard le nom de Félix de Valois, dont les historiens mettent en doute l’existence même (v. 4 novembre). Durant leurs conversations, ils aperçurent le long d’une source un cerf blanc qui portait dans ses cornes une croix rouge et bleue. Ce signe, qui confirmait celui de la première Messe de Jehan, précéda une triple apparition d’un ange qui les invitait à rencontrer le pape sans tarder.

Or le pape régnant était justement Innocent III, qui venait d’être élu. Il avait eu la même vision que Jehan. Il reçut Jehan et Félix, approuva leur projet et leur remit lui-même un habit aux couleurs de la vision de Jehan : blanc avec une croix rouge et bleue. L’Ordre qu’ils allaient fonder s’appellerait : Ordre de la Sainte Trinité pour le rachat des captifs et sa mission serait de rassembler des fonds pour racheter la liberté des Chrétiens captifs des Maures, surtout en Espagne et en Afrique du Nord.

De retour à Paris, les deux Fondateurs obtinrent l’approbation de Philippe-Auguste. Un monastère construit près de la source où s’était manifesté le cerf, s’appela Cerfroid (Cerf-froid), et devint le noviciat des nouvelles recrues, préparés par Félix.

Parmi les premiers candidats, il y eut Jean l’Anglais de Londres, William Scot d’Oxford, Pierre Corbellin futur évêque de Sens, Jacques Fournier futur évêque de Todi.

Le même Innocent III approuva bientôt les constitutions et accorda une maison à Rome, sur le Mont Cœlius.

L’œuvre débuta par des opérations encourageantes. Jean l’Anglais et William Scot ramenèrent d’Afrique cent quatre-vingt-six Chrétiens, esclaves des Maures ; Jehan de Mata ramena de Tunis cent-dix esclaves.

Le voyage de retour de Jehan de Tunisie fut tourmenté, mais heureux. Certains Infidèles retirèrent au bateau ses voiles, mais Jehan fixa au mât son propre manteau en guise de voile et pria : le bateau accosta à Ostie.

Un couvent fut fondé en Flandre, un autre en Arles, plusieurs en Espagne. Il y eut deux autres fondations en France, à Planels et Bourg-la-Reine. La maison de Paris s’établit près de la chapelle Saint-Mathurin, ce qui fit appeler en France les Trinitaires : Mathurins.

Des milliers de prisonniers chrétiens furent rachetés aux Musulmans d’Afrique du Nord.

Jehan de Mata passa les deux dernières années de sa vie à Rome, visitant les prisonniers, soulageant les pauvres, prêchant. Il eut une vision de la mort de Félix (4 novembre 1212) et apprit qu’il le rejoindrait un an plus tard. Il mourut en effet le 17 décembre 1213.

Des miracles se produisirent auprès de la dépouille de Jehan : quatre aveugles recouvrèrent la vue.

Une canonisation par oral aurait été prononcée en 1265. Le culte de saint Jehan de Mata fut confirmé en 1666. Le Martyrologe Romain actuel mentionne saint Jean de Matha au 17 décembre.

Emilie d’Oultremont

1818-1878

 

Emilie fut la troisième des quatre enfants d’Emile-Charles d’Oultremont et Marie-Charlotte de Lierneux de Presles, des aristocrates belges très catholiques.

Emilie-Olympe naquit le 11 octobre 1818 au château de Wégimont, et grandira dans celui de Warfusée, où elle reçut son éducation familiale et chrétienne. 

Jeune encore elle obtint de recevoir la communion plus souvent qu’on ne le permettait alors ; plus tard, à Rome, elle obtiendra même de pouvoir le faire presque chaque jour. A douze ans, une lecture de la vie de saint Ignace de Loyola l’impressionne profondément. Un voyage à Rome avec ses parents lui laissera pour toujours un profond attachement à la Ville éternelle.

Emilie a un réel penchant pour la vie religieuse, mais accepte un mariage arrangé avec Victor van der Linden, baron d’Hooghvorst, qui est d’une famille très connue de Louvain. De ce mariage (1837), naquirent quatre enfants : Adrien, Edmond, Olympe et Marguerite.

Son père devenant ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège, toute la famille vient habiter à Rome, pendant cinq ans (1839-1844). C’est à la fin de cette période que son mari, Victor, contracte des fièvres lors d’une partie de chasse dans les marais pontins.

En 1847, Victor décède, puis la mère d’Emilie en 1850, et aussi son père en 1851. Son frère aîné devenant propriétaire du château, elle le quitte avec ses enfants et s’installe à Liège.

Un père Jésuite l’oriente vers la pensée de la réparation, dans l’œuvre de la Rédemption.

Lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, elle est à Paris et se sent envahie du désir d’entrer en religion. Mais elle doit encore s’occuper de ses enfants. Elle s’installe à Paris et réunit autour d’elle des dames pour former une nouvelle communauté religieuse : la Société de Marie Réparatrice.

Elle trouve en l’évêque de Strasbourg, un ami de la famille, un sérieux appui. Celui-ci approuve la nouvelle Famille. En 1857, Emilie prend l’habit avec quelques compagnes, et s’appellera désormais Mère Marie de Jésus ; sa fille Olympe commence le même jour son noviciat (sous le nom de Marie de Saint-Victor). La même année en juillet a lieu une deuxième fondation à Paris.

La Société n’en est qu’à ses débuts, que déjà sept sœurs partent pour l’Inde du Sud à Maduré, où elles secondent le travail des Jésuites.

En 1860, c’est la rupture avec la famille, qui l’accuse de dissiper son patrimoine en fondations pieuses, mais son propre frère Charles d’Oultremont, qui gère sa fortune, la soutient de façon inconditionnelle. Sa fille Marguerite entre à son tour dans la Congrégation.

Les fondations s’ouvrent : Toulouse, Tournai, Londres, Liège, Port-Louis (Ile Maurice), Wexford (Irlande). 

A cette expansion rapide vont s’interposer de graves épreuves.

Marguerite meurt en 1867, Olympe à son tour en 1872. Emilie, qui reste une mère, est douloureusement éprouvée, et son directeur spirituel ne fait que lui reprocher d’être trop attachée à ses enfants. Emilie est dans le désarroi, son âme est dans l’obscurité. Mais elle reste fidèle à ses engagements religieux, elle soutient de son mieux d’autres âmes.

Elle rédige les Constitutions de la Congrégation et se rend plusieurs fois à Rome. En 1878, un malaise lui fait prolonger son séjour chez son fils Adrien, marié et installé à Florence.

C’est là qu’elle meurt le 17 décembre 1878.

Emilie d’Oultremont a été béatifiée en 1997. 

Petite particularité du Martyrologe Romain : alors que le dies natalis de la bienheureuse Emilie est le 17 décembre, le Martyrologe la commémore le 22 février, qui n’est que sa fête liturgique.

 

 

José Manyanet y Vives

1833-1901

 

Dernier des neuf enfants d’une grande famille chrétienne, il naît à Tremp (Lérida, Espagne) le 7 janvier 1833 et reçoit au baptême, le jour-même, les noms de José Joaquín. Ses parents sont Antonio et Buenaventura.

Il n’a pas deux ans, lorsque meurt son papa. A l’âge de cinq ans, il est consacré par sa maman à la Vierge de Valldeflors, patronne de Tremp. Très vite il ressent la vocation religieuse.

Il doit travailler pour payer ses études : d’abord à l’Ecole Pie de Barbastro, puis aux séminaires de Lérida et Urgel. Il est ordonné prêtre en 1859.

Il va être successivement secrétaire de l’évêque et chancelier, bibliothécaire du séminaire.

Peu à peu germe en lui l’appel divin à fonder une double congrégation pour honorer la Sainte Famille et infuser cet esprit dans toutes les familles. Il voulait faire «de chaque foyer un Nazaret».

En 1870, il fait sa première profession avec quelques compagnons. Ainsi vont naître les Fils de la Sainte Famille, et les Filles Missionnaires de la Sainte Famille de Nazareth, pour promouvoir la dévotion envers la Sainte Famille et donner à la jeunesse les principes chrétiens de Nazareth.

Le 19 mars 1874 (fête de saint Joseph), il ouvre le collège Saint-Joseph à Tremp, qu’il fut malheureusement vite contraint de fermer à la proclamation de la première République à Barcelone. Mais il était tenace et persévérant.

A partir de 1876, les statuts furent officiellement approuvés par l’évêque de Urgel, puis par d’autres, jusqu’à l’approbation pontificale en 1901.

Les Règles et Status furent successivement mis à jour selon le nouveau Droit Canon de 1926, et les normes du Concile Vatican II, approuvés par le Saint Siège en 1983.

Ces religieux et religieuses, qu’on appelle aussi les Manyanetiens, ont des orphelinats, des écoles, des lycées en Espagne et en Italie, en Amérique (Etats-Unis, Mexique, Colombie, Vénézuéla, Argentine, Brésil), ainsi qu’une maison au Cameroun. Des nombreux collèges tenus par ces congrégations en Espagne, plusieurs furent fondés par saint José Manyanet lui-même.

Saint José publia plusieurs livres, et fonda la revue «Sagrada Familia». Il inspira à Gaudí la construction du très fameux Temple de la Sainte Famille à Barcelone.

José fut toute sa vie affecté de divers maux physiques et, particulièrement pendant les seize dernières années de sa vie, de deux douloureuses plaies au côté, qu’il appelait les «miséricordes du Seigneur». Il s’éteignit le 17 décembre 1901, après avoir répété la jaculatoire qui lui était familière : Jésus, Marie, Joseph, recevez mon âme à l’heure de ma mort.

Il a été béatifié en 1984, et canonisé en 2004.

Comme, le 17 décembre, commence la neuvaine de préparation à Noël, saint José Manyanet y Vives est fêté dans ses congrégations le 16 décembre.

 

 

Matilde Téllez Robles

1841-1902

 

Elle naît à Robledillo de la Vera (Extremadura) le 30 mai 1841, fête de la Pentecôte, et reçoit le baptême le lendemain. Les parents, Félix Téllez Gómez, un fonctionnaire, et Basilea Robles Ruiz, eurent quatre enfants, Matilde étant la deuxième.

Le père est nommé à Villavieja de Yeltes (Salamanque) puis à Béjar.

Pendant que la maman s’occupe de son éducation aux valeurs chrétiennes, le papa fait des projets d’avenir pour ses filles.

Tout le monde connaît Matilde, on l’admire, on l’aime. On connaît ses penchants : l’amour de Dieu, nos frères les plus pauvres ; elle préside la congrégation des Enfants de Marie, participe aux conférences de Saint-Vincent-de-Paul, enseigne le catéchisme, fréquente l’école du dimanche.

Ce n’est pas pur activisme : elle communie chaque jour, se recueille volontiers devant le Tabernacle, se confie à sa Mère céleste.

Son désir de se consacrer à Dieu est contrecarré par son père ; elle attend et prie en silence, jusqu’à ce que son père soit convaincu de la persévérance de sa vocation.

En 1874 (elle a trente-trois ans), elle écrit ni plus ni moins au pape pour lui proposer la fondation d’une nouvelle congrégation. Là encore, son père lui oppose quelques objections, vu le climat anticlérical de l’époque, mais finit encore une fois par la laisser libre.

Elle prend en location une maison. Huit compagnes veulent la suivre. Nous sommes le 19 mars, fête de saint Joseph. Mais au moment du rendez-vous, seule María Briz se présente (cette dernière avait renoncé à ses fiançailles tout récemment). Matilde persévère cependant, malgré sa totale pauvreté, … et malgré les critiques qui fusent ; d’autres jeunes filles sont attirées par son charisme.

Elles accueillent de petites orphelines, elles rendent visite aux malades. Elles ouvrent une petite école ainsi qu’une école du dimanche pour les jeunes.

En 1876, le nouvel évêque de Plasencia donne une première autorisation écrite aux «Aimantes de Jésus et Filles de Marie Immaculée». Début 1878, Matilde et María prennent leur habit, de couleur bleue. Elles se transfèrent à Don Benito (Badajoz) en 1879.

La Règle sera approuvée en 1884, le 19 mars. Entre temps, l’institut a mûri : les Sœurs auront à cœur d’adorer le Saint-Sacrement, de s’occuper des petits orphelins, des pauvres et des infirmes. Autour du Saint-Sacrement, elles se relaient pour ne jamais Le laisser seul ; parallèlement, elles ont une dévotion toute filiale envers la Mère de Dieu.

Elles font leur profession en juin 1884. Matilde s’appellera Matilde du Sacré-Cœur. Dans son élan, elle priait ainsi : Seigneur, je vais t’apporter tous les cœurs que je pourrai, pour qu’ils t’aiment et t’adorent.

En 1885, une épidémie de choléra emporte María Briz, qui s’était offerte à Dieu à la place de toutes les autres : en effet, aucune autre ne fut touchée. Le dévouement des Sœurs envers les victimes de l’épidémie les fait peu à peu appeler les Sœurs de la charité.

Leur exemple attire d’autres jeunes filles. Des maisons s’ouvrent à Cáceres, Béjar, Villanueva de Córdoba, Almendralejo, Santos de Maimona, Trujillo, Villeverde de Burguillos.

Le miracle permanent de la nouvelle fondation, est l’aide providentielle qu’elles reçoivent régulièrement, alors qu’elles n’ont aucune autre ressource économique. Matilde va de l’avant ; sa devise est Prière, action, sacrifice !

Toutes les visites de Matilde sont occasion de joie pour tous ceux qui la rencontrent : son amour enthousiaste de Jésus Eucharistie, à travers les pauvres et les nécessiteux, est contagieux.

Mais Matilde se fatigue. Le 15 décembre 1902, à Badajoz, elle est prise d’apoplexie à quelques mètres de la maison.

Elle meurt le 17 décembre 1902. Toute la ville la pleure.

Elle est béatifiée en 2004.

En 1941 l’Institut prendra finalement le nom de Filles de Marie, Mère de l’Eglise. Celles-ci sont plusieurs centaines, en Espagne, Portugal, France, Italie, Venezuela, Colombie, Pérou et Mexique.

 

 

Henri Cormier

1832-1916

 

Cette grande figure de l’Ordre dominicain eut le «privilège» de naître le 8 décembre 1832, le jour où l’on fêterait plus tard la fête de l’Immaculée Conception (cette fête fut en effet instituée en 1854, quand en fut proclamé le dogme).

Henri naquit à Orléans (Loiret). Lui et son frère Eugène seront très tôt orphelins de père. Eugène mourra à son tour en 1848.

Après de bonnes études chez les Frères de la Doctrine chrétienne, Henri passera au Grand séminaire d’Orléans.

Durant ses études, Henri manifesta des dons particuliers pour la littérature ; il s’enthousiasma pour Lamartine, dont il apprendra par-cœur des poésies. Mais Il fut aussi un excellent musicien, passionné pour le chant et pour l’orgue : même Liszt l’admirera !

Tout en se préparant au sacerdoce, Henri songeait à l’Ordre dominicain ; un premier avis, nettement négatif, lui vint du père Lacordaire en personne ; mais la rencontre avec un autre Dominicain de Rome aboutit au contraire à un net encouragement.

Aussi, après son ordination sacerdotale, Henri entra en 1856 au noviciat dominicain de Charmille (Flavigny-sur-Ozerain, Côte d’Or), le fameux Saulchoir, y prenant le nom de Hyacinthe-Marie, par référence au grand Dominicain qui prêcha dans l’est de l’Europe (voir au 15 août) et, bien sûr, à la Sainte Vierge.

Le novice était déjà prêtre : il célébrait donc chaque jour la Messe, mais si pieusement que les autres novices voulaient tous la lui servir.

En 1857 se déclara une vilaine laryngite : le fr. Hyacinthe crachait le sang ; il ne pouvait plus chanter, mais surtout on hésita à l’accepter à la profession solennelle. On envisagea de l’envoyer se «refaire» en Orient, sa mère voulut le récupérer : finalement, il fit la profession en juin 1857, pour deux ans.

Cette même année, le Frère Cormier fut invité par le Supérieur général de l’Ordre à l’accompagner à Rome, comme sous-maître des novices et comme secrétaire. A ce moment-là, il fallait redonner vigueur à l’Ordre en lui faisant retrouver son idéal primitif.

La profession solennelle de Hyacinthe aura quelque chose de pathétique : sa mauvaise santé posait un problème. Le pape, interrogé, proposa cette «épreuve» : si Hyacinthe passait un mois sans crise, il pourrait faire la profession. Toute la communauté se mit en prière : au trentième jour, nouveau crachement de sang. Informé, le pape, ému de pitié… accorda la dispense demandée pour la profession solennelle. Celle-ci aura lieu le 23 mai 1859.

Le père Cormier sera d’abord maître des novices et prieur en Corse, puis provincial dans la nouvelle province de Toulouse : à trente-trois ans, il devait diriger trente-six pères et sept convers.

Il sera provincial pour trois mandats et sera vraiment le restaurateur de l’Ordre dominicain en France.

Parmi ses réalisation, il y eut le monastère féminin de Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin (Var), celui de Prouille (Aude, le premier fondé en France par saint Dominique, détruit sous la Révolution).

En 1891, il fut nommé procureur général de l’Ordre (pour les relations avec le Vatican) ; on hésita même à l’élire Maître général.

C’est à ce moment-là que, comme procureur, il fut amené à se créer un blason et une devise, pour respecter la tradition. Il choisit un pélican donnant son sang à ses petits, symbole du Christ qui verse son sang pour nos âmes, avec la devise Caritas veritatis, «la charité de la vérité» : il faut manifester notre charité aux frères en leur donnant la vérité.

Le pape voulut le créer cardinal, mais l’Etat français s’y opposa.

En 1904, on n’hésita plus à le nommer Maître de l’Ordre. Le novice en «mauvaise santé» était désormais un vétéran de soixante-douze ans. Il faillit démissionner en 1906, mais fut reconfirmé.

Supérieur général, il voulut visiter tous les couvents. Il fonda l’université romaine Angelicum. Il soutint le travail du père Lagrange, fondateur de l’Ecole Biblique de Jérusalem.

Son mandat de Supérieur fut agité par la crise moderniste de l’époque. Même au sein de l’Eglise fusaient les accusations, les dénonciations, plus ou moins fondées. Le père Cormier se montra à la fois ferme, lucide, patient et bon envers tous et chacun.

En août 1916, il put enfin céder sa place à un nouveau Maître et se retirer. Il demeura au couvent de Saint-Clément à Rome et s’y éteignit, le 17 décembre 1916.

Henri Cormier - Hyacinthe, fut béatifié en 1994.

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 00:00

16 DÉCEMBRE

 

-VI.

S Aggée, un des “Douze petits Prophètes” de l’Ecriture. 

SS Ananias, Azarias et Misael, les trois enfants qui échappèrent au feu de la fournaise à Babylone (cf. Da : 3).

VI.

S Beanus, mystérieux ermite en Irlande.

IX.

S Evrard, comte de Frioul, protecteur de l'abbaye de Cysoing ; il eut sept enfants de sa femme, Gisèle, elle-même fille de Louis le Pieux.

S Adon, moine bénédictin, évêque à Vienne, surtout connu pour son martyrologe.

X.

Ste Adélaïde, burgonde, deux fois veuve, impératrice de Germanie ; grande protectrice de Cluny ; c'est grâce à son influence que Hugues Capet monta sur le trône de France.

XI.

S Macario, moine en Lucanie, qui dirigeait très humblement plusieurs monastères.

XV.

B Salvatico (Sebastiano) Maggi, dominicain italien mort à Gênes ; son corps est resté intact.

XVIII.

Bse Marianna Fontanella (Marie des Anges), carmélite à Turin ; elle eut une intense vie de mortification.

XIX.    

B Gim Won-jung Stephanus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

B Clemente Marchisio (1833-1903), prêtre italien, très zélé pour l'Eucharistie, fondateur des Filles de Saint-Joseph, pour la confection des hosties et des ornements, béatifié en 1984. 

B Florentyn Wacław Koźmiński (Honorat de Biała, 1829-1916), capucin à Varsovie, ministre assidu du sacrement de la Réconciliation, fondateur de vingt-sept congrégations religieuses, béatifié en 1988.

B Filip Siphong Onphithakt (1907-1940), catéchiste thaïlandais, martyr, béatifié en 1989.

B Jean Wauthier (1926-1967), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Aggée prophète
6e siècle avant Jésus-Christ

Le prophète Aggée est historiquement un des derniers «petits Prophètes», un de ceux qui annoncèrent et vécurent la restauration du Temple après l’exil à Babylone. 
Le nom d’Aggée, calqué sur l’hébreu, signifie mes fêtes, Aggée étant un de ceux qui, fidèle à Dieu, célèbre les fêtes de la Loi. Saint Jérôme commente ainsi le premier verset de cette prophétie, disant que si Dieu a remis «dans la main» d’Aggée sa parole, c’est que celui-ci a les mains pures. 
D’après des traditions, Aggée aurait pu être un prêtre, né à Babylone, revenu encore jeune à Jérusalem ou même ayant prophétisé à Babylone avant le retour d’exil.
Les premiers Juifs rentrés à Jérusalem s’étaient un peu découragés devant les ruines du Temple : Aggée, et Zacharie après lui, viennent au nom de Dieu réveiller leur ardeur. Le Temple sera reconstruit et, s’il n’a pas la splendeur de celui de Salomon, il demeure l’emblème du peuple Juif.
Ce livre très bref - il n’a que deux chapitres - est daté précisément de l’an 2 de Darius, soit 520 avant Jésus-Christ.
Aggée est fêté en Orient comme en Occident le 16 décembre.


Ananias, Azarias, Misaël
6e siècle avant Jésus-Christ

Quand Nabuchodonosor eut ordonné la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ, il se trouvait parmi eux trois compagnons de Daniel, Ananias, Azarias et Misaël.
Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.
Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.
Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.
David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.
Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.
C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.
Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.
Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.


Beanus ermite
6e siècle

Beanus nous pose beaucoup de problèmes.
Qu’il fût Irlandais, semble acquis. Mais duquel des maints Beanus s’agit-il ?
Son nom, Beóán, est habituellement transcrit, comme ici, Beanus, mais aussi Beoanus et Beyn.
Pour certains historiens, il s’agirait du premier évêque de Mortlach, nommé au 11e siècle par le pape Benoît VIII, sous le roi Máel Coluim II d’Ecosse. Mais on a rencontré celui-ci le 26 octobre.
Il s’agirait donc d’un autre Beanus, que le Martyrologe Romain décrit comme ermite.
Ce pourrait être Mo-Beoc de Loch Garman (Wexford), ou bien de Loch Gerg (Lough Derg). 
Ce dernier Beanus, ou Beoc (ou Beog, Mobheoc, Dabeoc) pourrait être un abbé d’origine royale du Pays de Galles, né à la fin du 5e siècle, ayant eu pour père Brecan, fils d’un prince d’origine irlandaise, et pour mère Marcella (ou Digna), fille d’un prince Theodoric de Gartmartrin.
Beanus aurait été le benjamin de dix frères et huit sœurs.
Il se serait réfugié en Irlande pour éviter les guerres incessantes de son pays et serait devenu ainsi l’ermite de Lough Derg (Co Donegal).
L’arrivée d’autres ermites qui voulaient se joindre à lui, donna lieu à un petit monastère, où se serait arrêté s.Patrice (v. 17 mars).
Il aurait prédit l’arrivée d’un autre grand Saint, Colmcille (Colum Cille, v. 9 juin).
Beanus serait mort au début du 6e siècle.
Saint Beanus, ermite, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Evrard, comte de Frioul
† 867

Evrard appartenait à une des plus puissantes familles de l’époque carolingienne. Son père, Unroch, grand dignitaire de la cour de Charlemagne, était mort moine à l’abbaye de Saint-Bertin ; son frère Bérenger fut marquis de Toulouse ; son autre frère, Adalard, fut abbé de Saint-Bertin et de Saint-Amand ; son épouse, Gisèle, était la fille de Louis le Pieux.
C’est dire combien Evrard possédait de domaines. En outre, Lothaire 1er le créa duc de Frioul, un territoire de position stratégique importante.
Evrard joua un grand rôle dans la politique de Louis le Pieux et de Lothaire, qu’il servit loyalement. 
C’est dans le Frioul que vint se réfugier le moine Gottschalck, chassé en 846 de son diocèse de Vérone pour ses écrits dangereux sur la prédestination ; Evrard, fidèle à l’Eglise, le fit partir.
C’était grâce à la famille d’Evrard qu’avait été fondée l’abbaye de Cysoing et Evrard y fit venir des reliques du pape s.Calliste (v. 14 octobre) et en confia les terres à la protection de l’un de ses fils, Adalard.
Evrard et Gisèle eurent sept enfant, quatre garçons et trois filles. Unroch, l’aîné, succéda à son père, puis Bérenger, le cadet, qui fut couronné roi d’Italie et empereur en 915 ; Adalard, puis Rodolphe, furent abbés de Cysoing ; les filles s’appelèrent Engeltrude, Judith et Edwige.
Le testament d’Evrard, rédigé en 867, parle entre mille choses précieuses, de quatre psautiers, dont l’un se trouve à la Bibliothèque vaticane.
Ce pieux personnage mourut le 16 décembre 867, en son château de Musiestro (Trévise).
Saint Evrard, comte, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adon de Vienne
800-875

Où est né, vers 800, Adon ? On répondra qu’il descendait d’une famille noble, mais on hésite à situer sa naissance en Gâtinais ou en Bourgogne.
Toujours est-il que sa famille le confia très tôt à Sigulfe, l’abbé de Ferrières-en-Gâtinais. 
Il y serait devenu moine, mais obtint en 841 la permission de se rendre à Prüm (Trèves), où le désirait Marcward, l’abbé de cette autre abbaye, pour y enseigner.
En 853, il vint à Grenoble, puis à Lyon. C’est à ce moment qu’il se livra à la compilation de son très fameux Martyrologe, pour l’appréciation duquel on pourra consulter bien d’autres études. Ce ne fut pas l’unique travail d’Adon, qui écrivit aussi une Vie de s.Didier et une autre de s.Theodarius (v. 23 mai et 29 octobre), que les spécialistes n’apprécient pas beaucoup, car Adon ne se préoccupait pas suffisamment d’appliquer la méthode rigoureuse de nos historiens modernes.
Certains affirment qu’Adon fit un voyage à Rome, à Ravenne, et qu’au retour il aurait été nommé curé d’une paroisse de Lyon : tout cela n’est pas sûr, tout en restant possible. Ce qui reste le plus étonnant, est que ce moine soit resté si longtemps en-dehors de son abbaye. On a là-dessus une lettre de l’abbé lui-même qui affirme lui avoir donné une permission en règle pour aller s’informer (ou enseigner), à Prüm et à Lyon. C’est parce que ce même abbé ne mentionne pas Rome ni Ravenne, qu’on doute qu’Adon y fût allé.
En 859 il fut élu cinquante-deuxième évêque de Vienne (Dauphiné, France). 
C’est durant cet épiscopat qu’Adon rédigea une autre œuvre importante, sa Chronique ou histoire universelle, qui recouvre toute l’histoire de l’Ancien Testament et s’achève en 867. Là encore, la méthode d’Adon laisse à désirer ; Adon s’y montre certainemenet érudit, passionné de lectures nombreuses, mais pas assez soucieux de composer son ouvrage, de résoudre les difficultés chronologiques ou d’éliminer les détails inutiles. C’est ainsi que, voulant rattacher absolument le premier évêque de Vienne à s.Paul, il étale sur cinq siècles les trois premiers évêques de son diocèse.
En 860, il participa au concile de Tousy. Peu après, il reçut du pape une lettre dans laquelle le pontife le félicitait et l’encourageait à lutter contre plusieurs vices de l’époque : le divorce, le concubinage, l’usurpation par des laïques des biens de l’Eglise. C’est ainsi qu’il dut présenter un reproche sévère à Lothaire II pour son divorce et son remariage, exigeant de lui de reprendre son épouse légitime.
Lothaire II ne modifia pas sa conduite ; en 867, Adon le rappela encore à l’ordre, jusqu’à proclamer son ralliement officiel à Charles le Chauve.
Adon convoqua un autre concile à Vienne en 870.
C’est finalement plus dans son action proprement pastorale qu’Adon montra sa fidélité et sa sainteté. Il mourut le 16 décembre 875, et fut vénéré dès le 11e siècle.
Saint Adon de Vienne est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adélaïde impératrice
931-999

Elle naquit en 931 à Orbe (Vaud, Suisse), aînée des trois anfants (avec Conrad et Rodolphe) de Rodolphe II, roi de Bourgogne et de Berthe de Souabe.
A la mort de Rodolphe II, Hugues d’Arles dota d’une rente la veuve Berthe et sa fille Adélaïde. Hugues épousa Berthe, et Adélaïde Lothaire d’Arles, le fils d’Hugues.
Quand Lothaire succéda à son père (947), il n’avait plus guère d’autorité sur le peuple, mais Adélaïde se montra bonne et généreuse pour tous. Or, Lothaire mourut très jeune (950) et la jeune reine était veuve à dix-neuf ans, avec une petite fille, Emma (cette Emma qui devait plus tard (965) épouser le roi de France Lothaire). Adélaïde devenait ainsi la belle-mère du roi de France, et la grand-mère du futur Louis V, dit le Fainéant (surnom qui fut donné plus tard à ce jeune roi, mort prématurément après un an de règne).
Derrière ces événements se profilait en réalité un assassinat prémédité : le marquis d’Ivrée, Bérenger, aurait donné l’ordre d’empoisonner Lothaire pour s’emparer de son royaume. Pire : il proposait maintenant à Adélaïde d’épouser son fils Adalbert.
Evidemment, Adélaïde refusa. Béranger la fit arrêter, maltraiter et brutaliser à coups de pieds et de poings, et enfermer au château de Garde (Italie), après lui avoir fait raser la tête.
Au bout de quatre mois, l’évêque et un prêtre l’aidèrent à s’évader. Après s’être perdue un jour et demi, elle fut recueillie et guidée par un brave pêcheur pour retrouver le chemin vers Canossa, et gagna Reggio.
Son frère Conrad, informé de la situation, implora l’aide du roi de Germanie, Otton 1er, qui fut ravi d’avoir un motif de descendre en Italie : en septembre 951, il prenait Pavie et s’y faisait couronner roi d’Italie ; il obligea les persécuteurs de la pauvre reine à rendre hommage à leur victime : non seulement Adélaïde eut la magnanimité de leur pardonner totalement, mais elle s’employa à leur faire restituer les biens perdus par eux durant la guerre ; cette attitude si profondément chrétienne lui valut l’estime générale.
Puis Otton Ier lui envoya une délégation pour lui demander sa main : le mariage eut lieu vers Noël 951.
En 952, Adélaïde et sa mère Berthe suivaient Otton en Allemagne. Berthe fut installée au sud de Strasbourg, où se situe l’abbaye d’Erstein ; le domaine personnel d’Adélaïde se situa au nord de Strasbourg.
Adélaïde eut quatre enfants, dont deux moururent en bas âge. En 962, Otton et elle furent couronnés à Rome empereur et impératrice. Otton mourut en 973.
Sous le gouvernement de son fils, Otton II, qui avait épousé une princesse grecque, Theophano, Adélaïde eut à épauler judicieusement le nouvel empereur, surtout pour les populations slaves et leur évangélisation.
En 972, elle restaura un monastère à Pavie, qu’elle plaça sous la juridiction de Cluny.
Mais Théophano ne s’entendait pas vraiment avec sa belle-mère : Adélaïde quitta la cour en 978 et trouva un bon accueil auprès de son frère Conrad. En même temps, elle retrouvait la quiétude de s’occuper pleinement dans les bonnes œuvres, qu’elle préférait de beaucoup aux affaires de l’Etat.
En Bourgogne, elle fut paternellement guidée par l’abbé de Cluny, Mayeul. Son rythme de vie fut celui-ci : passer plusieurs heures chaque jour à la méditation ; prendre soin des pauvres et des malheureux ; faire des pèlerinages, bâtir des églises et des monastères.
Pendant une dizaine d’années, Adélaïde put jouir d’une relative paix. Elle combla de ses attentions le monastère de Payerne (Suisse), qui avait été fondé par sa mère Berthe et dont son frère Rodolphe était un grand bienfaiteur. Elle fonda aussi le monastère de Saint-Martin de Tours.
En 980, il se fit une réconciliation entre Adélaïde, son fils Otton II et Théophano, grâce aux bons soins de Conrad et de l’abbé de Cluny. On se retrouva à Pavie, et, l’année suivante, à Rome. Mais Otton II mourut dès 983 ; le petit Otton III n’avait que trois ans, et Théophano exerça la régence. Par la suite, il y eut beaucoup de frottements entre Théophano et Adélaïde.
Après la mort de Lothaire (986), Adélaïde eut à s’occuper des affaires de France. Lothaire de France avait fait couronner son fils, Louis V, dès 979, mais ce dernier ne survécut qu’un an à son père et mourut en 987 sans héritier. Il fut le dernier roi carolingien. C’est alors qu’Adélaïde jugea opportun de soutenir l’élection d’Hugues Capet : elle favorisait ainsi l’essor de la maison de France, sans opportuner celle d’Allemagne.
En 987, Adélaïde fonda le monastère de Seltz, qu’elle affilia à l’ordre de Cluny. Elle avait une prédilection pour l’ordre bénédictin et particulièrement pour l’abbaye de Cluny, et c’est à l’abbé Mayeul de Cluny (v. 11 mai) qu’elle demanda de réformer plusieurs monastères.
Théophano mourut à son tour en 991. Le jeune Otton III n’ayant que onze ans, Adélaïde exerça la régence pendant trois ans et, en 994, se retira en Bourgogne, où régnait cette fois-ci Rodolphe III : elle intervint encore pour mettre la paix entre les seigneurs.
Toute sa vie, Adélaïde fut un artisan de paix, de concorde, de bonté. Son témoignage est celui d’une femme au service de l’Eglise.
Divinement avertie de la fin de ses jours, elle voulut revoir les lieux où elle était intervenue. A Payerne, où les pièces qu’elle distribuait furent multipliées ; à Saint-Maurice d’Agaune, Genève, Saint-Martin de Tours où l’on allait relever l’église incendiée et où elle rencontra Odilon de Cluny (v. 1er janvier).
De retour à Seltz, elle y mourut, le 16 décembre 999, et y fut enterrée.
L’impératrice Adélaïde fut canonisée en 1097.
Trois siècles plus tard, une grave inondation emporta son tombeau.
Le dies natalis d’Adélaïde est marqué au 16 décembre dans le Martyrologe.


Macario de Collesano
† 1005

Macario naquit à Collesano (Palermo, Sicile), de ses saints parents, Cristoforo (v. 17 déc.) et Kalli, et eut un frère, Saba (v. 5 fév.).
Au dixième siècle, la Sicile était encore sous occupation arabe. Macario et Saba, ainsi que leur mère, suivirent leur père dans son désir de se retirer dans un genre de vie érémitique. En 941, fuyant une épidémie de peste, ils vinrent sur le mont Mercurion ; ils s’établirent successivement à Laino Castello, puis à Ssan Lorenzo sul Sinni, où mourut Cristoforo (990).
Macario vécut dans une grande humilité, tout en dirigeant en toute simplicité beaucoup de moines qui s’étaient mis déjà sous la direction de Cristoforo.
Il mourut à Oliveto Citra en 1005.
Il est invoqué par la population pour des cas de possession diabolique, pour les cultures.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Macario de Collesano au 16 décembre.

Aggée prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Aggée est historiquement un des derniers «petits Prophètes», un de ceux qui annoncèrent et vécurent la restauration du Temple après l’exil à Babylone. 

Le nom d’Aggée, calqué sur l’hébreu, signifie mes fêtes, Aggée étant un de ceux qui, fidèle à Dieu, célèbre les fêtes de la Loi. Saint Jérôme commente ainsi le premier verset de cette prophétie, disant que si Dieu a remis «dans la main» d’Aggée sa parole, c’est que celui-ci a les mains pures. 

D’après des traditions, Aggée aurait pu être un prêtre, né à Babylone, revenu encore jeune à Jérusalem ou même ayant prophétisé à Babylone avant le retour d’exil.

Les premiers Juifs rentrés à Jérusalem s’étaient un peu découragés devant les ruines du Temple : Aggée, et Zacharie après lui, viennent au nom de Dieu réveiller leur ardeur. Le Temple sera reconstruit et, s’il n’a pas la splendeur de celui de Salomon, il demeure l’emblème du peuple Juif.

Ce livre très bref - il n’a que deux chapitres - est daté précisément de l’an 2 de Darius, soit 520 avant Jésus-Christ.

Aggée est fêté en Orient comme en Occident le 16 décembre.

 

 

Ananias, Azarias, Misaël

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Quand Nabuchodonosor eut ordonné la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ, il se trouvait parmi eux trois compagnons de Daniel, Ananias, Azarias et Misaël.

Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.

Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.

Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.

David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.

Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.

C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.

Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.

Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.

Beanus ermite

6e siècle

 

Beanus nous pose beaucoup de problèmes.

Qu’il fût Irlandais, semble acquis. Mais duquel des maints Beanus s’agit-il ?

Son nom, Beóán, est habituellement transcrit, comme ici, Beanus, mais aussi Beoanus et Beyn.

Pour certains historiens, il s’agirait du premier évêque de Mortlach, nommé au 11e siècle par le pape Benoît VIII, sous le roi Máel Coluim II d’Ecosse. Mais on a rencontré celui-ci le 26 octobre.

Il s’agirait donc d’un autre Beanus, que le Martyrologe Romain décrit comme ermite.

Ce pourrait être Mo-Beoc de Loch Garman (Wexford), ou bien de Loch Gerg (Lough Derg). 

Ce dernier Beanus, ou Beoc (ou Beog, Mobheoc, Dabeoc) pourrait être un abbé d’origine royale du Pays de Galles, né à la fin du 5e siècle, ayant eu pour père Brecan, fils d’un prince d’origine irlandaise, et pour mère Marcella (ou Digna), fille d’un prince Theodoric de Gartmartrin.

Beanus aurait été le benjamin de dix frères et huit sœurs.

Il se serait réfugié en Irlande pour éviter les guerres incessantes de son pays et serait devenu ainsi l’ermite de Lough Derg (Co Donegal).

L’arrivée d’autres ermites qui voulaient se joindre à lui, donna lieu à un petit monastère, où se serait arrêté s.Patrice (v. 17 mars).

Il aurait prédit l’arrivée d’un autre grand Saint, Colmcille (Colum Cille, v. 9 juin).

Beanus serait mort au début du 6e siècle.

Saint Beanus, ermite, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evrard, comte de Frioul

† 867

 

Evrard appartenait à une des plus puissantes familles de l’époque carolingienne. Son père, Unroch, grand dignitaire de la cour de Charlemagne, était mort moine à l’abbaye de Saint-Bertin ; son frère Bérenger fut marquis de Toulouse ; son autre frère, Adalard, fut abbé de Saint-Bertin et de Saint-Amand ; son épouse, Gisèle, était la fille de Louis le Pieux.

C’est dire combien Evrard possédait de domaines. En outre, Lothaire 1er le créa duc de Frioul, un territoire de position stratégique importante.

Evrard joua un grand rôle dans la politique de Louis le Pieux et de Lothaire, qu’il servit loyalement. 

C’est dans le Frioul que vint se réfugier le moine Gottschalck, chassé en 846 de son diocèse de Vérone pour ses écrits dangereux sur la prédestination ; Evrard, fidèle à l’Eglise, le fit partir.

C’était grâce à la famille d’Evrard qu’avait été fondée l’abbaye de Cysoing et Evrard y fit venir des reliques du pape s.Calliste (v. 14 octobre) et en confia les terres à la protection de l’un de ses fils, Adalard.

Evrard et Gisèle eurent sept enfant, quatre garçons et trois filles. Unroch, l’aîné, succéda à son père, puis Bérenger, le cadet, qui fut couronné roi d’Italie et empereur en 915 ; Adalard, puis Rodolphe, furent abbés de Cysoing ; les filles s’appelèrent Engeltrude, Judith et Edwige.

Le testament d’Evrard, rédigé en 867, parle entre mille choses précieuses, de quatre psautiers, dont l’un se trouve à la Bibliothèque vaticane.

Ce pieux personnage mourut le 16 décembre 867, en son château de Musiestro (Trévise).

Saint Evrard, comte, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adon de Vienne

800-875

 

Où est né, vers 800, Adon ? On répondra qu’il descendait d’une famille noble, mais on hésite à situer sa naissance en Gâtinais ou en Bourgogne.

Toujours est-il que sa famille le confia très tôt à Sigulfe, l’abbé de Ferrières-en-Gâtinais. 

Il y serait devenu moine, mais obtint en 841 la permission de se rendre à Prüm (Trèves), où le désirait Marcward, l’abbé de cette autre abbaye, pour y enseigner.

En 853, il vint à Grenoble, puis à Lyon. C’est à ce moment qu’il se livra à la compilation de son très fameux Martyrologe, pour l’appréciation duquel on pourra consulter bien d’autres études. Ce ne fut pas l’unique travail d’Adon, qui écrivit aussi une Vie de s.Didier et une autre de s.Theodarius (v. 23 mai et 29 octobre), que les spécialistes n’apprécient pas beaucoup, car Adon ne se préoccupait pas suffisamment d’appliquer la méthode rigoureuse de nos historiens modernes.

Certains affirment qu’Adon fit un voyage à Rome, à Ravenne, et qu’au retour il aurait été nommé curé d’une paroisse de Lyon : tout cela n’est pas sûr, tout en restant possible. Ce qui reste le plus étonnant, est que ce moine soit resté si longtemps en-dehors de son abbaye. On a là-dessus une lettre de l’abbé lui-même qui affirme lui avoir donné une permission en règle pour aller s’informer (ou enseigner), à Prüm et à Lyon. C’est parce que ce même abbé ne mentionne pas Rome ni Ravenne, qu’on doute qu’Adon y fût allé.

En 859 il fut élu cinquante-deuxième évêque de Vienne (Dauphiné, France). 

C’est durant cet épiscopat qu’Adon rédigea une autre œuvre importante, sa Chronique ou histoire universelle, qui recouvre toute l’histoire de l’Ancien Testament et s’achève en 867. Là encore, la méthode d’Adon laisse à désirer ; Adon s’y montre certainemenet érudit, passionné de lectures nombreuses, mais pas assez soucieux de composer son ouvrage, de résoudre les difficultés chronologiques ou d’éliminer les détails inutiles. C’est ainsi que, voulant rattacher absolument le premier évêque de Vienne à s.Paul, il étale sur cinq siècles les trois premiers évêques de son diocèse.

En 860, il participa au concile de Tousy. Peu après, il reçut du pape une lettre dans laquelle le pontife le félicitait et l’encourageait à lutter contre plusieurs vices de l’époque : le divorce, le concubinage, l’usurpation par des laïques des biens de l’Eglise. C’est ainsi qu’il dut présenter un reproche sévère à Lothaire II pour son divorce et son remariage, exigeant de lui de reprendre son épouse légitime.

Lothaire II ne modifia pas sa conduite ; en 867, Adon le rappela encore à l’ordre, jusqu’à proclamer son ralliement officiel à Charles le Chauve.

Adon convoqua un autre concile à Vienne en 870.

C’est finalement plus dans son action proprement pastorale qu’Adon montra sa fidélité et sa sainteté. Il mourut le 16 décembre 875, et fut vénéré dès le 11e siècle.

Saint Adon de Vienne est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adélaïde impératrice

931-999

 

Elle naquit en 931 à Orbe (Vaud, Suisse), aînée des trois anfants (avec Conrad et Rodolphe) de Rodolphe II, roi de Bourgogne et de Berthe de Souabe.

A la mort de Rodolphe II, Hugues d’Arles dota d’une rente la veuve Berthe et sa fille Adélaïde. Hugues épousa Berthe, et Adélaïde Lothaire d’Arles, le fils d’Hugues.

Quand Lothaire succéda à son père (947), il n’avait plus guère d’autorité sur le peuple, mais Adélaïde se montra bonne et généreuse pour tous. Or, Lothaire mourut très jeune (950) et la jeune reine était veuve à dix-neuf ans, avec une petite fille, Emma (cette Emma qui devait plus tard (965) épouser le roi de France Lothaire). Adélaïde devenait ainsi la belle-mère du roi de France, et la grand-mère du futur Louis V, dit le Fainéant (surnom qui fut donné plus tard à ce jeune roi, mort prématurément après un an de règne).

Derrière ces événements se profilait en réalité un assassinat prémédité : le marquis d’Ivrée, Bérenger, aurait donné l’ordre d’empoisonner Lothaire pour s’emparer de son royaume. Pire : il proposait maintenant à Adélaïde d’épouser son fils Adalbert.

Evidemment, Adélaïde refusa. Béranger la fit arrêter, maltraiter et brutaliser à coups de pieds et de poings, et enfermer au château de Garde (Italie), après lui avoir fait raser la tête.

Au bout de quatre mois, l’évêque et un prêtre l’aidèrent à s’évader. Après s’être perdue un jour et demi, elle fut recueillie et guidée par un brave pêcheur pour retrouver le chemin vers Canossa, et gagna Reggio.

Son frère Conrad, informé de la situation, implora l’aide du roi de Germanie, Otton 1er, qui fut ravi d’avoir un motif de descendre en Italie : en septembre 951, il prenait Pavie et s’y faisait couronner roi d’Italie ; il obligea les persécuteurs de la pauvre reine à rendre hommage à leur victime : non seulement Adélaïde eut la magnanimité de leur pardonner totalement, mais elle s’employa à leur faire restituer les biens perdus par eux durant la guerre ; cette attitude si profondément chrétienne lui valut l’estime générale.

Puis Otton Ier lui envoya une délégation pour lui demander sa main : le mariage eut lieu vers Noël 951.

En 952, Adélaïde et sa mère Berthe suivaient Otton en Allemagne. Berthe fut installée au sud de Strasbourg, où se situe l’abbaye d’Erstein ; le domaine personnel d’Adélaïde se situa au nord de Strasbourg.

Adélaïde eut quatre enfants, dont deux moururent en bas âge. En 962, Otton et elle furent couronnés à Rome empereur et impératrice. Otton mourut en 973.

Sous le gouvernement de son fils, Otton II, qui avait épousé une princesse grecque, Theophano, Adélaïde eut à épauler judicieusement le nouvel empereur, surtout pour les populations slaves et leur évangélisation.

En 972, elle restaura un monastère à Pavie, qu’elle plaça sous la juridiction de Cluny.

Mais Théophano ne s’entendait pas vraiment avec sa belle-mère : Adélaïde quitta la cour en 978 et trouva un bon accueil auprès de son frère Conrad. En même temps, elle retrouvait la quiétude de s’occuper pleinement dans les bonnes œuvres, qu’elle préférait de beaucoup aux affaires de l’Etat.

En Bourgogne, elle fut paternellement guidée par l’abbé de Cluny, Mayeul. Son rythme de vie fut celui-ci : passer plusieurs heures chaque jour à la méditation ; prendre soin des pauvres et des malheureux ; faire des pèlerinages, bâtir des églises et des monastères.

Pendant une dizaine d’années, Adélaïde put jouir d’une relative paix. Elle combla de ses attentions le monastère de Payerne (Suisse), qui avait été fondé par sa mère Berthe et dont son frère Rodolphe était un grand bienfaiteur. Elle fonda aussi le monastère de Saint-Martin de Tours.

En 980, il se fit une réconciliation entre Adélaïde, son fils Otton II et Théophano, grâce aux bons soins de Conrad et de l’abbé de Cluny. On se retrouva à Pavie, et, l’année suivante, à Rome. Mais Otton II mourut dès 983 ; le petit Otton III n’avait que trois ans, et Théophano exerça la régence. Par la suite, il y eut beaucoup de frottements entre Théophano et Adélaïde.

Après la mort de Lothaire (986), Adélaïde eut à s’occuper des affaires de France. Lothaire de France avait fait couronner son fils, Louis V, dès 979, mais ce dernier ne survécut qu’un an à son père et mourut en 987 sans héritier. Il fut le dernier roi carolingien. C’est alors qu’Adélaïde jugea opportun de soutenir l’élection d’Hugues Capet : elle favorisait ainsi l’essor de la maison de France, sans opportuner celle d’Allemagne.

En 987, Adélaïde fonda le monastère de Seltz, qu’elle affilia à l’ordre de Cluny. Elle avait une prédilection pour l’ordre bénédictin et particulièrement pour l’abbaye de Cluny, et c’est à l’abbé Mayeul de Cluny (v. 11 mai) qu’elle demanda de réformer plusieurs monastères.

Théophano mourut à son tour en 991. Le jeune Otton III n’ayant que onze ans, Adélaïde exerça la régence pendant trois ans et, en 994, se retira en Bourgogne, où régnait cette fois-ci Rodolphe III : elle intervint encore pour mettre la paix entre les seigneurs.

Toute sa vie, Adélaïde fut un artisan de paix, de concorde, de bonté. Son témoignage est celui d’une femme au service de l’Eglise.

Divinement avertie de la fin de ses jours, elle voulut revoir les lieux où elle était intervenue. A Payerne, où les pièces qu’elle distribuait furent multipliées ; à Saint-Maurice d’Agaune, Genève, Saint-Martin de Tours où l’on allait relever l’église incendiée et où elle rencontra Odilon de Cluny (v. 1er janvier).

De retour à Seltz, elle y mourut, le 16 décembre 999, et y fut enterrée.

L’impératrice Adélaïde fut canonisée en 1097.

Trois siècles plus tard, une grave inondation emporta son tombeau.

Le dies natalis d’Adélaïde est marqué au 16 décembre dans le Martyrologe.

Salvatico Maggi

1414-1496

 

Salvatico naquit à Brescia (Italie N) en 1414, de Falco (ou Folco). La famille, bien connue, appartenait à la noblesse.

Il entra à quinze ans chez les Dominicains de sa ville natale et prit le nom de Sebastiano ; il fut envoyé à Padoue pour ses études.

Les sources ne concordent pas exactement sur ses déplacements et ses charges successives. On l’a dit prieur à Brescia, mais aussi à Bergame et à Bologne, ainsi qu’à Mantoue.

A Bologne, il fut le maître des novices de Girolamo Savonarola.

En 1470, il fut présent au chapitre général de Mantoue et à celui d’Avignon. En Avignon, on avait déposé le vicaire de la région lombarde, et Sebastiano en appela au pape de cette décision qui lui paraissait injuste.

En 1477, il était prieur à Brescia puis, en 1479 à Milan. Appuyé par la maison des Sforza, il y fit construire un nouveau couvent, plus accessible. 

Sebastiano s’efforça de gagner à la réforme de l’Observance beaucoup de couvents de la région lombarde.

En 1481, il fut nommé vicaire pour toute la Lombardie. Il obtint durant cette période la confirmation de tous les privilèges accordés par le Vatican à l’Ordre dominicain.

En 1482, il présidait le chapitre de Reggio Emilia, où fut approuvée la réunion du monastère romain de Sainte-Sabine à la congrégation lombarde.

Entre 1485 et 1489, il fut prieur à Crémone, où il réussit la difficile mission d’implanter la réforme de l’Observance. Puis en 1489, il fut de nouveau prieur à Milan et réunit à l’Observance le couvent de Lodi. L’opération fut plus difficile pour les couvents du royaume de Naples.

Il fut ensuite prieur à Vicenza, Piacenza et Bologne.

En 1495, élu une seconde fois vicaire pour la Lombardie, il entreprit la visite des couvents de l’Ordre. Cette même année, il fut nommé juge dans une discussion avec Savonarole : ce dernier contestait la réunion de deux couvents toscans (Florence et Fiesole) à l’Observance. Le résultat fut que le pape annula certains sanctions contre Savonarole, mais le problème des deux couvents ne fut pas résolu tout de suite.

Sebastiano était à Gênes à la fin du mois d’août 1496, quand il tomba malade. Il annonça qu’il mourrait dans cette ville, ce qui arriva le 16 décembre 1496.

C’est à Gênes qu’il fut enseveli. Son corps est resté intact. Le culte fut confirmé en 1760.

 

 

Marianna Fontanella

1661-1717

 

Marianna vit le jour le 7 janvier 1661 à Turin (Italie), neuvième des onze enfants de Giovanni Fontanella di Baldissero et de Maria Tana di Santena, une parente de la mère de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Elle s’éprit littéralement de la sainteté de ce lointain parent et chercha bien vite à l’imiter. Elle lutta victorieusement contre l’esprit mondain de la famille et choisit son unique Epoux, le Crucifié.

Elle fut quelque temps éducatrice parmi les Moniales cisterciennes de Saluzzo.

Elle souffrit beaucoup de l’état de l’Europe, des conflits permanents… 

En 1675, mourut son père. Après avoir assisté à l’ostension du Saint-Suaire de Turin, elle désira ardemment entrer dans le couvent des Carmélites, récemment fondé à Turin. Malgré l’aversion de la famille, elle y entra en novembre 1676, et y prit le nom de Maria des Anges.

A Noël 1676, elle fit la profession. Elle se mit sans hésitation sur la route de la sainteté, de la ressemblance avec le Christ. Les Consœurs, puis la population de Turin recherchèrent sa prière, ses conseils. Son ascension spirituelle ne fut pas sans épreuves intérieures : ce fut plutôt une longue lutte contre l’esprit malin.

En 1694, elle fut élue prieure, à trente-trois ans, sur dispense romaine, et fut ensuite réélue trois fois. Elle sera ensuite maîtresse des novices, véritable mère pour les jeunes novices.

A ses prières, Dieu accorda la fin de la guerre entre Piémont et France ; Maria l’avait obtenue en priant saint Joseph. Elle obtint du roi la proclamation de Notre-Dame comme patronne de Turin.

En 1702, elle ouvrit à Moncalieri un nouveau Carmel, dédié à saint Joseph, car celui de Turin est plein. Mais elle ne put s’y transférer, sur l’intervention du roi auprès des Supérieurs carmélites, qui ne voulait pas la voir s’éloigner de Turin.

Quand Turin fut à nouveau assiégée par les Français, en 1706, elle supplia la Sainte Vierge de protéger la ville et, le 7 septembre, veille de la fête de la Nativité de Marie, les troupes françaises furent mises en fuite, comme la Religieuse l’avait annoncé. C’est à la suite de cette grâce que fut érigé le sanctuaire marial de Suberga.

Maria des Anges fut favorisée de dons extraordinaires mystiques, de grâces célestes, de faveurs spéciales de sainte Teresa d’Ávila.

Beaucoup, et jusqu’à la famille royale, vinrent la consulter et lui demander ses lumières, qu’elle recevait d’En-haut.

Elle s’éteignit à Turin le 16 décembre 1717.

Maria des Anges fut béatifiée en 1865.

 

 

Gim Won-jung Stephanus

1813-1866

 

Gim Won-jung Stephanus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Gongju (Chungcheong-do) le 16 décembre 1866 et béatifié en 2014.

 

 

 

Salvatico Maggi

1414-1496

 

Salvatico naquit à Brescia (Italie N) en 1414, de Falco (ou Folco). La famille, bien connue, appartenait à la noblesse.

Il entra à quinze ans chez les Dominicains de sa ville natale et prit le nom de Sebastiano ; il fut envoyé à Padoue pour ses études.

Les sources ne concordent pas exactement sur ses déplacements et ses charges successives. On l’a dit prieur à Brescia, mais aussi à Bergame et à Bologne, ainsi qu’à Mantoue.

A Bologne, il fut le maître des novices de Girolamo Savonarola.

En 1470, il fut présent au chapitre général de Mantoue et à celui d’Avignon. En Avignon, on avait déposé le vicaire de la région lombarde, et Sebastiano en appela au pape de cette décision qui lui paraissait injuste.

En 1477, il était prieur à Brescia puis, en 1479 à Milan. Appuyé par la maison des Sforza, il y fit construire un nouveau couvent, plus accessible. 

Sebastiano s’efforça de gagner à la réforme de l’Observance beaucoup de couvents de la région lombarde.

En 1481, il fut nommé vicaire pour toute la Lombardie. Il obtint durant cette période la confirmation de tous les privilèges accordés par le Vatican à l’Ordre dominicain.

En 1482, il présidait le chapitre de Reggio Emilia, où fut approuvée la réunion du monastère romain de Sainte-Sabine à la congrégation lombarde.

Entre 1485 et 1489, il fut prieur à Crémone, où il réussit la difficile mission d’implanter la réforme de l’Observance. Puis en 1489, il fut de nouveau prieur à Milan et réunit à l’Observance le couvent de Lodi. L’opération fut plus difficile pour les couvents du royaume de Naples.

Il fut ensuite prieur à Vicenza, Piacenza et Bologne.

En 1495, élu une seconde fois vicaire pour la Lombardie, il entreprit la visite des couvents de l’Ordre. Cette même année, il fut nommé juge dans une discussion avec Savonarole : ce dernier contestait la réunion de deux couvents toscans (Florence et Fiesole) à l’Observance. Le résultat fut que le pape annula certains sanctions contre Savonarole, mais le problème des deux couvents ne fut pas résolu tout de suite.

Sebastiano était à Gênes à la fin du mois d’août 1496, quand il tomba malade. Il annonça qu’il mourrait dans cette ville, ce qui arriva le 16 décembre 1496.

C’est à Gênes qu’il fut enseveli. Son corps est resté intact. Le culte fut confirmé en 1760.

 

 

Marianna Fontanella

1661-1717

 

Marianna vit le jour le 7 janvier 1661 à Turin (Italie), neuvième des onze enfants de Giovanni Fontanella di Baldissero et de Maria Tana di Santena, une parente de la mère de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Elle s’éprit littéralement de la sainteté de ce lointain parent et chercha bien vite à l’imiter. Elle lutta victorieusement contre l’esprit mondain de la famille et choisit son unique Epoux, le Crucifié.

Elle fut quelque temps éducatrice parmi les Moniales cisterciennes de Saluzzo.

Elle souffrit beaucoup de l’état de l’Europe, des conflits permanents… 

En 1675, mourut son père. Après avoir assisté à l’ostension du Saint-Suaire de Turin, elle désira ardemment entrer dans le couvent des Carmélites, récemment fondé à Turin. Malgré l’aversion de la famille, elle y entra en novembre 1676, et y prit le nom de Maria des Anges.

A Noël 1676, elle fit la profession. Elle se mit sans hésitation sur la route de la sainteté, de la ressemblance avec le Christ. Les Consœurs, puis la population de Turin recherchèrent sa prière, ses conseils. Son ascension spirituelle ne fut pas sans épreuves intérieures : ce fut plutôt une longue lutte contre l’esprit malin.

En 1694, elle fut élue prieure, à trente-trois ans, sur dispense romaine, et fut ensuite réélue trois fois. Elle sera ensuite maîtresse des novices, véritable mère pour les jeunes novices.

A ses prières, Dieu accorda la fin de la guerre entre Piémont et France ; Maria l’avait obtenue en priant saint Joseph. Elle obtint du roi la proclamation de Notre-Dame comme patronne de Turin.

En 1702, elle ouvrit à Moncalieri un nouveau Carmel, dédié à saint Joseph, car celui de Turin est plein. Mais elle ne put s’y transférer, sur l’intervention du roi auprès des Supérieurs carmélites, qui ne voulait pas la voir s’éloigner de Turin.

Quand Turin fut à nouveau assiégée par les Français, en 1706, elle supplia la Sainte Vierge de protéger la ville et, le 7 septembre, veille de la fête de la Nativité de Marie, les troupes françaises furent mises en fuite, comme la Religieuse l’avait annoncé. C’est à la suite de cette grâce que fut érigé le sanctuaire marial de Suberga.

Maria des Anges fut favorisée de dons extraordinaires mystiques, de grâces célestes, de faveurs spéciales de sainte Teresa d’Ávila.

Beaucoup, et jusqu’à la famille royale, vinrent la consulter et lui demander ses lumières, qu’elle recevait d’En-haut.

Elle s’éteignit à Turin le 16 décembre 1717.

Maria des Anges fut béatifiée en 1865.

 

 

Gim Won-jung Stephanus

1813-1866

 

Gim Won-jung Stephanus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Gongju (Chungcheong-do) le 16 décembre 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Clemente Marchisio

1833-1903

 

Clemente naquit le 1er mars 1833, à Racconigi (Cuneo, Piémont, Italie) aîné des cinq enfants d’un brave cordonnier.

En même temps que l’école locale, Clemente fréquentait assidument l’église du couvent dominicain toute proche : il y servait la messe chaque jour et à cette école conçut très tôt une grande dévotion envers le Saint-Sacrement et la Sainte Vierge.

Quand on lui parla d’apprendre le métier de son père, il manifesta alors son désir d’être prêtre. Les parents n’y faisaient pas opposition, mais n’avaient pas l’argent nécessaire pour lui payer le séminaire.

Un saint prêtre intervint alors providentiellement et finança les études du garçon.

Clemente fréquenta le séminaire de Bra avec d’excellentes dispositions et d’excellents résultats. Il fut ordonné prêtre à vingt-trois ans, en 1856, avec une dispense d’âge. On signalera ici que l’évêque consacrateur n’était pas celui de Turin, ce dernier étant exilé en France, en raison des mauvais rapports de l’époque entre Eglise et Etat.

Après son ordination, Clemente fréquenta à Turin la Maison Saint-François, dirigée par don Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin), qui préparait ainsi les jeunes prêtres à bien assumer leur mission sacerdotale. Clemente s’y distingua de telle façon que don Cafasso le prit avec lui pour visiter les prisonniers et assister les condamnés à mort. Au bout de deux ans, don Marchisio se sentait tout transformé.

En 1858, il fut nommé vicaire à Cambiano, dont il dut être éloigné pour y avoir dénoncé trop naïvement certaines irrégularités. Il fut nommé à Vigone, puis Rivalba Torinese en 1860.

C’était un petit village isolé, où il allait demeurer pendant presque quarante-quatre ans.

Le jeune prêtre, avec la vivacité de ses jeunes années, dut faire face à l’hostilité de certains paroissiens : on le menaça, on interrompit ses homélies, on le dénonça…

Le matériel qu’il avait accumulé dans le but de construire une nouvelle église, il l’utilisa de préférence pour construire une école élémentaire et une petite usine de textiles, ce qui permit aux jeunes filles de rester sur place au lieu d’aller faire des ménages à Turin.

Cette usine, d’abord confiée à des Religieuses, passa aux plus anciennes des élèves elles-mêmes, ce qui donna naissance à l’institut des Filles de Saint-Joseph (1877). Sans le vouloir, don Clemente devenait (à son tour) fondateur, dans cette Italie (et surtout la région piémontaise) si riche en fondations durant cette fin de 18e siècle.

Don Clemente confia alors à ces Filles la confection d’ornements liturgiques et de tout ce qui devait servir au culte divin : les hosties, le vin de messe en particulier. Une maison s’ouvrit bien vite à Rome, en 1883, et le pape la salua joyeusement en disant : Enfin, Notre-Seigneur a pensé à lui-même !

Peu à peu, les paroissiens comprirent les bonnes intentions de leur curé, si attentif à tous les malades, et qui ouvrait toujours sa porte quand on l’appelait.

Sa dévotion au Saint Sacrement ne fit qu’augmenter ; il confia un jour : Je t’assure, après cinq minutes que je passe en renouvelant ma foi à Jésus dans le Tabernacle, je me sens revigoré, au point que ce qui me semblait trop difficile, me devient tout facile. Il se levait à cinq heures du matin, pour prier longuement avant de célébrer la messe.

Il écrivit un ouvrage où il démontrait combien Satan est puissant à éloigner les gens de l’Eucharistie, et combien au contraire il fallait mettre en honneur la célébration de l’Eucharistie pour les y attirer. C’est pourquoi il ouvrit plusieurs maisons dans toute l’Italie, pour y fabriquer le vin et les hosties avec les meilleurs produits. Son ouvrage, La Très Sainte Eucharistie combattue par le satanisme, il le distribua lui-même aux nombreux participants du Congrès Eucharistique de Turin en 1894.

Envers la Sainte Vierge, il se montrait filialement dévot. Il alla à Lourdes avant de fonder son Institut ; s’il allait à Rome, il s’arrêtait à Loreto (le sanctuaire qui abrite la sainte Maison de Nazareth, d’après la tradition, et qui est aussi fréquenté en Italie que Lourdes en France).

Don Marchisio prêcha de nombreuses retraites pour répandre ces dévotions, surtout l’eucharistique. Il se déplaça dans toute l’Italie, fut reçu par beaucoup d’évêques et de cardinaux.

La célébration de la Messe était «toute (sa) vie» : il la célébra encore au matin du 14 décembre, et s’éteignit dans son presbytère de Rivalba au matin du 16 décembre 1903.

Ses «Filles» étaient déjà plusieurs centaines et le pape leur confia la sacristie de la Basilique Saint-Pierre. Il reconnut et approuva l’Institut dès 1907.

Don Clemente Marchisio fut béatifié en 1984.

Clemente Marchisio

1833-1903

 

Clemente naquit le 1er mars 1833, à Racconigi (Cuneo, Piémont, Italie) aîné des cinq enfants d’un brave cordonnier.

En même temps que l’école locale, Clemente fréquentait assidument l’église du couvent dominicain toute proche : il y servait la messe chaque jour et à cette école conçut très tôt une grande dévotion envers le Saint-Sacrement et la Sainte Vierge.

Quand on lui parla d’apprendre le métier de son père, il manifesta alors son désir d’être prêtre. Les parents n’y faisaient pas opposition, mais n’avaient pas l’argent nécessaire pour lui payer le séminaire.

Un saint prêtre intervint alors providentiellement et finança les études du garçon.

Clemente fréquenta le séminaire de Bra avec d’excellentes dispositions et d’excellents résultats. Il fut ordonné prêtre à vingt-trois ans, en 1856, avec une dispense d’âge. On signalera ici que l’évêque consacrateur n’était pas celui de Turin, ce dernier étant exilé en France, en raison des mauvais rapports de l’époque entre Eglise et Etat.

Après son ordination, Clemente fréquenta à Turin la Maison Saint-François, dirigée par don Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin), qui préparait ainsi les jeunes prêtres à bien assumer leur mission sacerdotale. Clemente s’y distingua de telle façon que don Cafasso le prit avec lui pour visiter les prisonniers et assister les condamnés à mort. Au bout de deux ans, don Marchisio se sentait tout transformé.

En 1858, il fut nommé vicaire à Cambiano, dont il dut être éloigné pour y avoir dénoncé trop naïvement certaines irrégularités. Il fut nommé à Vigone, puis Rivalba Torinese en 1860.

C’était un petit village isolé, où il allait demeurer pendant presque quarante-quatre ans.

Le jeune prêtre, avec la vivacité de ses jeunes années, dut faire face à l’hostilité de certains paroissiens : on le menaça, on interrompit ses homélies, on le dénonça…

Le matériel qu’il avait accumulé dans le but de construire une nouvelle église, il l’utilisa de préférence pour construire une école élémentaire et une petite usine de textiles, ce qui permit aux jeunes filles de rester sur place au lieu d’aller faire des ménages à Turin.

Cette usine, d’abord confiée à des Religieuses, passa aux plus anciennes des élèves elles-mêmes, ce qui donna naissance à l’institut des Filles de Saint-Joseph (1877). Sans le vouloir, don Clemente devenait (à son tour) fondateur, dans cette Italie (et surtout la région piémontaise) si riche en fondations durant cette fin de 18e siècle.

Don Clemente confia alors à ces Filles la confection d’ornements liturgiques et de tout ce qui devait servir au culte divin : les hosties, le vin de messe en particulier. Une maison s’ouvrit bien vite à Rome, en 1883, et le pape la salua joyeusement en disant : Enfin, Notre-Seigneur a pensé à lui-même !

Peu à peu, les paroissiens comprirent les bonnes intentions de leur curé, si attentif à tous les malades, et qui ouvrait toujours sa porte quand on l’appelait.

Sa dévotion au Saint Sacrement ne fit qu’augmenter ; il confia un jour : Je t’assure, après cinq minutes que je passe en renouvelant ma foi à Jésus dans le Tabernacle, je me sens revigoré, au point que ce qui me semblait trop difficile, me devient tout facile. Il se levait à cinq heures du matin, pour prier longuement avant de célébrer la messe.

Il écrivit un ouvrage où il démontrait combien Satan est puissant à éloigner les gens de l’Eucharistie, et combien au contraire il fallait mettre en honneur la célébration de l’Eucharistie pour les y attirer. C’est pourquoi il ouvrit plusieurs maisons dans toute l’Italie, pour y fabriquer le vin et les hosties avec les meilleurs produits. Son ouvrage, La Très Sainte Eucharistie combattue par le satanisme, il le distribua lui-même aux nombreux participants du Congrès Eucharistique de Turin en 1894.

Envers la Sainte Vierge, il se montrait filialement dévot. Il alla à Lourdes avant de fonder son Institut ; s’il allait à Rome, il s’arrêtait à Loreto (le sanctuaire qui abrite la sainte Maison de Nazareth, d’après la tradition, et qui est aussi fréquenté en Italie que Lourdes en France).

Don Marchisio prêcha de nombreuses retraites pour répandre ces dévotions, surtout l’eucharistique. Il se déplaça dans toute l’Italie, fut reçu par beaucoup d’évêques et de cardinaux.

La célébration de la Messe était «toute (sa) vie» : il la célébra encore au matin du 14 décembre, et s’éteignit dans son presbytère de Rivalba au matin du 16 décembre 1903.

Ses «Filles» étaient déjà plusieurs centaines et le pape leur confia la sacristie de la Basilique Saint-Pierre. Il reconnut et approuva l’Institut dès 1907.

Don Clemente Marchisio fut béatifié en 1984.

 

 

Florentyn Wacław Koźmiński

1829-1916

 

Florent Wenceslas Jan Stefan naquit le 16 octobre 1829 à Biała Podlaska (Pologne), deuxième fils de Stefan et de Aleksandra Kahlówa, des parents chrétiens. Le père étaitt professeur à l’école des Beaux-Arts, et Wenceslas voulut l’imiter en devenant architecte.

Après ses premières études à Płock, il fit des études d’architecture à Varsovie, alors administrée par la Russie. Mais son père mourut en 1844, et l’adolescent suivit l’exemple des mauvais camarades ; il abandonna toute pratique religieuse, et même afficha des sentiments hostiles à l’Eglise.

En 1846, il échoua en prison, accusé de faire partie d’une organisation secrète patriotique. Mais Dieu l’attendait : le jeune homme réfléchit et, le 15 août 1846, fut touché par une grâce qu’il attribua toujours à la Sainte Vierge et aux prières de sa mère. 

Ayant pris le typhus, il fut libéré dès février 1847. Lors de sa libération, après ces onze mois de prison, il renonça publiquement à son apostasie précédente et entra bientôt dans l’Ordre des Capucins.

Il fit le noviciat à Lubartów, où il prit le nom de Honorat. 

Il fit la philosophie à Lublin, les vœux solennels en 1850, la théologie à Varsovie en 1851 et fut ordonné prêtre en 1852.

Il commença par enseigner la théologie à Varsovie de 1853 à 1855.

Il fut nommé gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent de Varsovie, et exerça un fécond ministère comme confesseur, prédicateur et visiteur des prisons.

Lors d’une nouvelle insurrection en 1864, le gouvernement russe supprima les couvents. Celui des capucins de Varsovie se transféra à Zakroczym, mais tout ministère extérieur était interdit. Le père Honorat confessa et conseilla en restant dans son couvent. Fort de son expérience, il ramena à Dieu les jeunes, discernant de nombreuses vocations. 

Ne pouvant recevoir de novices à cause des dispositions politiques, il transmit cette inspiration toute nouvelle : il conseilla aux jeunes de se consacrer personnellement, sans vœux officiels, sans habit particulier, vivant leur piété et leur consécration dans toutes les situations où ils se trouvaient. 

C’était l’amorce des Instituts séculiers qui se développeront au siècle suivant. Extraordinairement actif, le père Honorat fonda ainsi, de 1873 à 1896, jusqu’à vingt-sept associations affiliées au Tiers-Ordre franciscain, qu’il soumit à l’épiscopat polonais.

Confesseur assidu, il fut nommé commissaire général de l’Ordre des Capucins pour toute la Pologne en 1899. Fervent de la Très Sainte Vierge, à qui il devait sa conversion, il en répandit la dévotion. Il rédigea des articles et enseigna la théologie ascétique.

Quand la pression russe se relâcha un peu en 1905, les évêques prirent en main ces associations pour les structurer. Ils mirent un peu à l’écart le père Honorat, mais celui-ci se soumit humblement, demandant à tous les membres d’accepter les dispositions de l’Eglise. Il passa désormais le reste de sa vie à confesser.

Malade, plein d’années, de douleurs et de mérites, il s’éteignit à la vie de ce monde à Nowe Miasto nad Pilicą, le 16 décembre 1916, et fut béatifié par le pape polonais, Jean-Paul II, en 1988.

 

Voici les noms approximatifs (traduits du polonais) des vingt-sept «associations» fondées par le père Honorat. En italique, celles qui n’ont pas duré ou ont été absorbées par d’autres congrégations. 

  1. Sœurs Servantes des Paralytiques
  2. Servantes du Sacré-Cœur de Jésus
  3. Franciscaines de la Souffrance
  4. Servantes de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée
  5. Filles de Notre-Dame des Douleurs
  6. Servantes de l’Hôpital
  7. Sœurs de Jésus
  8. Sœurs de Saint-Martin
  9. Frères de Marie Immaculée
  10. Servantes de Jésus
  11. Filles du Cœur Immaculé de Marie
  12. Prêtres séculiers
  13. Sœurs du Saint Nom de Jésus et de Marie, Secours des Chrétiens
  14. Sœurs des Pauvres de Sainte-Claire
  15. Petites Sœurs du Cœur Immaculé de Marie
  16. Sœurs Adoratrices de l’Expiation
  17. Sœurs de la Sainte Face
  18. Sœurs Evangéliques
  19. Filles de Notre-Dame de Czestochowa
  20. Sœurs des Ames du Purgatoire
  21. Filles de Jésus Crucifié
  22. Filles de Marie Immaculée
  23. Fils de Notre-Dame des Sept Douleurs
  24. Sœurs du Sacré-Cœur de la Consolation
  25. Serviteurs de la Sainte-Famille
  26. Servantes de la Mère du Bon Pasteur
  27. Sœurs du Doux Cœur de Jésus

 

 

Philip Siphong Onphithakt

1907-1940

 

Dans les années 1940-1944, les officiels bouddhistes expulsèrent du Siam les missionnaires étrangers, forçant les catholiques à l’apostasie.

Cette persécution fut particulièrement intense à Songkhon (Mukdahan). Quand les prêtres partirent, ils confièrent la mission à Philip.

Philip était né le 30 septembre 1907 à Nong Seng (Nakhon Phanom, Thaïlande). Son nom signifie Grand arbre. Il était marié et avait cinq enfants. 

Maître d’école et catéchiste, il avait donc une très grande influence sur tous les enfants. Les autorités pensaient qu’en l’éliminant, ils forceraient le reste des paroissiens à apostasier.

Le 16 décembre 1940, ils le menèrent en-dehors du village et l’abattirent.

Ce martyre eut lieu à Muang Phaluka (Nakhon Phanom). 

En réalité, cette mort stimula le courage des paroissiens. On verra comment deux Religieuses et quatre femmes, entre onze et soixante ans, préférèrent la mort à l’apostasie, le 26 décembre suivant.

Philip et les six autres Martyres furent béatifiés en 1989.

 

 

Jean Wauthier

1926-1967

 

Jean Wauthier naquit le 22 mars 1926 à Fourmies (Nord), un des trois enfants d’un directeur de filature.

Il reçut le baptême le 25 mars suivant, jour de l’Annonciation à Marie, en la paroisse Notre-Dame : sa naissance et sa vie chrétienne auront véritablement été marqués par la présence de Notre-Dame.

En 1938, il entra au Petit séminaire de Solesmes (Nord, différent de la bourgade du même nom en Sarthe).

Mais en 1940, avec sa famille, il fut contraint de suivre l’exode de la population et se retrouva au Petit séminaire de Notre-Dame de Bon-Encontre, au diocèse d’Agen (Lot-et-Garonne), où il restera jusqu’en juin 1944.

Comme il l’écrivit à son Supérieur, Jean fut toujours attiré par les missions au Laos et c’est pour cette raison qu’il entra au noviciat des Pères Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Pontmain (Mayenne), en 1944.

Ce furent ensuite les deux années de Philosophie, qu’il passa à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne), puis à l’abbaye de Solignac (Haute-Vienne).

Au terme de ces deux années, il fit ses douze mois de Service militaire, dans le corps des parachutistes.

Après cette interruption, il rejoignit les quelques cent jeunes du scolasticat de Solignac pour les quatre années de Théologie. En plus de ces études, il participa à la reconstruction de cette vieille abbaye, maniant avec ardeur la brouette, la pelle, la truelle. Jean fera remarquer qu’il ne fut jamais malade durant le Scolasticat et que les travaux manuels parfois pénibles de ces six années et (son) service militaire dans les parachutistes semblent montrer qu’il possédait une bonne résistance physique. 

Le 8 décembre 1949, fête de l’Immaculée Conception de Marie, il prononça ses vœux perpétuels.

Encore un peu de temps pour se préparer à son départ en mission. En février 1952, il fut ordonné prêtre. En octobre de la même année, il parvenait au pays de ses rêves, le Laos.

Si ce pays acquit son indépendance en 1953, il sera déchiré par diverses factions militaire ou paramilitaires qui s’affrontaient, et ce toujours au détriment des populations qui se déplaçaient à la recherche de quelque endroit moins exposé. Le père Wauthier, qui avait déjà connu l’exode de 1940, les suivra aussi dans leurs déplacements.

Jean aura l’idée de réaliser pour ces populations des conduites d’eau avec des bambous. Outre la proclamation du message évangélique, Jean était tour à tour infirmier, linguiste, ingénieur…

La guerre s’intensifiait. En 1960, fut assassiné le père Borzaga (v. 25 avril). Dès 1961, Jean fut retiré de ce secteur dangereux et passa deux années au séminaire des OMI à Paksane.

En 1963, il put rejoindre ses villageois. Il accompagnait les candidats catéchistes à Ventiane et s’occupait de répartir l’aide humanitaire qu’il recevait au profit des populations victimes de la guerre : récoltes anéanties, pénurie de médicaments, nombreuses mines cachées sur les routes. Ses rapports avec les «autorités» responsables se tendirent, quand il chercha à défendre ouvertement ses amis du village contre ceux qui pillaient littéralement les vivres distribuées.

Jean comprit qu’on lui en voulait ; un soir qu’il se déplaçait avec deux enfants et quelques catéchumènes, il fut atteint d’une balle à la nuque et de trois autres en pleine poitrine. Les enfants purent s’enfuir - et raconter ce qu’ils avaient vu et entendu.

C’était au soir du 16 décembre 1967, quelques jours avant Noël, à Ban Na (Xieng Khouang). Jean avait quarante-et-un ans.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, parmi dix-sept Martyrs du Laos.

Son dies natalis sera le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 00:00

 

15 DÉCEMBRE

 

V.

S Valerianus, évêque à Avensa ; au moment de la persécution des Vandales, octogénaire, il fut contraint d’errer sur la voie publique et mourut d’épuisement.

VI.

S Mesmin, premier abbé à Micy ; c'est de Clovis qu'il obtint ce domaine.

X.

S Paul le Jeune, moine au Mont Latros ; il préféra la solitude ; à ses disciples, il demandait seulement obéissance et ponctualité. 

XII.

B Marino, abbé à La Cava.

XVII.

Bse Maria Vittoria dei Fornari-Strata, gênoise, mariée à dix-sept ans, veuve à vingt-cinq ans étant enceinte de son sixième enfant ; consacrée, elle fonda l'ordre de l'Annonciade, pour remercier Dieu du mystère de l'Incarnation (mais différent de celui fondé en France en 1502 par ste Jeanne de France). 

Ste Virginia Centurione Bracelli, gênoise, mariée contre son désir et, une fois veuve, vouée aux enfants abandonnés, aux malades et aux vieillards ; ses filles mariées, elle abandonna ses biens et fonda la congrégation des Auxiliaires de la Miséricorde ; béatifiée en 1985, canonisée en 2003.

XIX.

Ste Paola Francesca Maria (Maria Crucifiée) Di Rosa, de Brescia, fondatrice des Ancelles de la Charité, pour les divers besoins des malades ; celles-ci seront souvent en butte à l'hostilité des dirigeants et des médecins, qui leur préféraient des infirmières laïques.

B Karl Steeb, protestant allemand, converti à Vérone, fondateur de l'Institut des Sœurs de la Miséricorde, assidu au confessionnal.

XX.

Bx Pau García Sánchez (*1892) et Ramón Eirín Mayo (*1911), profès salésiens, martyrs à Madrid en 1936, béatifiés en 2007.

Bses Jozefa Bojanc (Marija Krizina, *1885), Kata Ivanisevic (Marija Jula, *1893), Jozefa Fabjan (Marija Antonija, *1907), Terezija Banja (Marija Bernadeta, *1912), des Filles de la Divine Charité, martyres en Bosnie-Herzégovine, en 1941, béatifiées en 2011 ; une cinquième Compagne a été martyrisée le 23 décembre suivant.

B János Brenner (1931-1957), jeune prêtre hongrois, assassiné dans un guet-apens, béatifié en 2018.

Virginia Centurione Bracelli

1587-1651

 

Virginia naquit le 2 avril 1587 à Gênes (Ligurie, Italie nord-ouest), de Giorgio Centurione, doge de la république de Gênes, et Lelia Spinola, une très pieuse femme. Elle eut un frère, Francesco.

Elle reçut une éducation soignée, et apprit même le latin. Madame Centurione mourut prématurément et, bien qu’ayant senti très tôt l’appel à la consécration, Virginia fut contrainte par son père d’épouser à quinze ans Gaspare Grimaldi Bracelli, un garçon de dix-neuf ans, de bonne famille mais à la vie dissolue.

Virginia eut deux filles, Lelia et Isabella. 

En 1606, son mari dut aller à Alessandria pour être soigné d’une pneumonie et elle l’y accompagna ; mais Gaspare mourut l’année suivante ; veuve à vingt ans, Virginia se retira chez sa belle-mère, refusant toute autre proposition de mariage que lui proposait son père.

A partir de 1610, elle se consacra à soulager les enfants abandonnés, les vieillards, les malades : la misère était grande à Gênes, où affluaient des gens victimes de la guerre entre Gênes et la Savoie.

Après le mariage de ses deux filles, et la mort de sa belle-mère, elle accueillit chez elle une quinzaine d’orphelines, puis des femmes pauvres.

En 1629-1630, ce fut le tour des victimes de la peste et de la famine.

En 1631, grâce à la duchesse Spinola, elle installa son œuvre naissante dans un couvent vide à Monte Calvario et, trois ans après, elle avait déjà ouvert trois maisons qui abritaient trois-cents personnes. 

Elle reprit alors une ancienne association génoise qu’elle réorganisa et, avec l’appui de la noblesse, fonda les Cent Dames de la Miséricorde Protectrices des Pauvres de Jésus-Christ (en italien : Cento Signore della Misericordia Protettrici dei Poveri di Gesù Cristo), dans le but de constater, lors de visites à domicile, les besoins des plus démunis et de leur venir en aide.

Ensuite, elle participa à la réorganisation de l’hôpital, se préoccupant aussi de faire donner une compensation à ceux qui y travaillaient.

Elle disait souvent : Lorsqu’on a Dieu pour objectif, toutes les oppositions s’aplanissent, toutes les difficultés se surmontent.

En 1635, le Sénat génois reconnut l’œuvre. Virginia acheta deux autres maisons et fit construire une église : Notre-Dame du Refuge. Ses collaboratrices s’appelleraient Sœurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire.

Ce fut Emmanuele Brignole, un patricien et sénateur de Gênes, qui aida Virginia à organiser cette œuvre, tellement que les Sœurs prirent parfois aussi le nom de Sœurs Brignolines. Encore aujourd’hui, une des gares ferroviaires de Gênes porte le nom de ce Bienfaiteur.

En 1641, sur mission du Sénat, des bienfaiteurs, Brignole en tête, achetèrent la maison de Carignagno, pour concentrer toutes les activités de Virginia. Sur les conseils de l’aumônier, Virginia proposa à ses plus fidèles collaboratrices de former une famille à part, où elles se seraient consacrées comme tertiaires franciscaines, avec le vœu d’obéissance.

Mais Virginia ne s’en tint pas là : ç’aurait été activisme. Virginia combattit les orgies du carnaval en restaurant les «Compagnies de pénitence», destinées à une prière de réparation pour les innombrables péchés qui se commettaient lors des ridicules fêtes du carnaval. Il y eut des processions ; la ville de Gênes fut officiellement consacrée à la Sainte Vierge le 25 mars 1637. 

Mais surtout, Virginia institua la dévotion des Quarante heures : pendant un jour et demi environ, le Saint Sacrement serait exposé à l’adoration des fidèles. L’archevêque de Gênes donna son approbation, à condition que Virginia pût assumer la décoration de l’église où aurait lieu cette exposition. La première eut lieu fin 1642.

Les Sœurs de Notre Dame du Refuge au Monte Calvario prirent en charge l’hôpital de Pammatone (1645), l’Office des Pauvres (1650) et essaimèrent dans le monde. Elles ont une cinquantaine de communautés.

Quelques-unes d’entre elles furent appelées à Rome par le pape dès 1827, et furent érigées en institut séparé : les Filles de Notre-Dame au Mont du Calvaire. Elles ont une petite centaine de communautés au Brésil, en Argentine, au Salvador et au Nicaragua, en Pologne, au Cameroun, en Israël, aux Philippines.

Les dernières années de Virginia furent affligées par la discorde entre son frère et le beau-frère de ce dernier. En outre le gendre de Virginia fit faillite. Dans ces circonstances, un important patrimoine familial fondit et priva Virginia d’importants subsides. 

Virginia intervint enfin dans les querelles de prestige entre la curie de Gênes et le gouvernement, qui se réconcilièrent.

Virginia s’éteignit à Gênes, dans la maison de Carignano, le 15 décembre 1651. Elle fut béatifiée en 1985 et canonisée en 2003.

 

 

Pau García Sánchez

1892-1936

 

Pau (Paul) naquit le 23 mars 1892 à Lleida (ou Lérida, Espagne).

Il entra dans la maison des Salésiens de Huesca en 1917, et commença le noviciat en 1919 à Carbanchel Alto. 

En 1920, il fit la profession comme Frère coopérateur.

Il fut successivement cinq années à Orense, une année à Sarriá, quatre à Gerona, deux encore à Orense, avant d’arriver à Carabanchel Alto.

La maison ayant été prise d’assaut et évacuée par les miliciens le 19 juillet 1936, Pau se réfugia dans une pension qu’il quitta le 25 septembre pour d’autres «cachettes». Il fut un temps avec son Confrère, Ramón Eirín Mayo (voir la notice), et se trouva finalement chez un ancien élève, Martín Moreno. 

Dénoncé, il fut arrêté en même temps que la sœur de Martín, religieuse elle aussi, et tous deux furent conduits à la tchéka, confortablement installée dans le palais épiscopal et où commencèrent de pénibles interrogatoires.

Ensuite, Pau fut conduit au peloton pour être fusillé, mais on ne connaît ni le jour précis ni l’endroit de son martyre. On sait juste que ce fut vers le milieu de décembre.

Comme pour Ramón Eirín Mayo, le dies natalis de Pau est officiellement le 15 décembre 1936. Il fut béatifié en 2007.

 

 

Ramón Eirín Mayo

1911-1936

 

Ramón était né le 26 août 1911 à La Coruña (Espagne).

Il fut élève dans l’atelier de menuiserie-charpenterie des Salésiens à La Coruña et ressentit la vocation à la consécration.

Il pensa au sacerdoce, mais comprit qu’il était plutôt fait pour travailler au milieu des ouvriers et se prépara à être coadjuteur salésien.

Au terme du noviciat à Mohernando, il y fit la profession (1930) et fut envoyé trois ans encore à Canavese (Turin, Italie) pour se perfectionner (1932-1935). Il revint à Madrid.

Son activité apostolique avait bien commencé, mais fut tronquée dès l’été 1936.

Le dimanche 19 juillet à dix heures du matin, des miliciens vinrent fouiller la maison : Ramón sauta par une fenêtre et se réfugia sous le portail d’un immeuble voisin, dont cependant les habitants le chassèrent immédiatement.

Il trouva une pension accueillante, et réussit à se faire employer comme infirmier auprès des Vieillards Incurables, toujours à Madrid.

On arriva ainsi au 15 décembre, jour où deux inconnus pénétrèrent avec des miliciens dans l’hôpital et enlevèrent Ramón, dont on ne sut plus rien.

On a de fortes présomptions qu’il fut fusillé ce même 15 décembre 1936 à Paracuellos del Jarama (Madrid) et qu’il y fut enterré dans quelque fosse commune.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Jožefa Bojanc

1885-1941

 

Jožefa était la deuxième des six enfants de Mihael Bojanc et de Marija Bizjak.

Elle naquit le 14 mai 1885 à Zbure (Šmarjetske Toplice, Slovénie) et reçut le baptême le jour-même à Šmarjeta.

En 1891 le papa s’embarqua pour l’Amérique, en quête de travail, et l’on ne sut plus rien de lui après quelques années. De sorte que son épouse était comme veuve avec ses six enfants ; c’était une femme courageuse et très chrétienne : elle allait chaque matin à la Messe et y communiait. Elle nourrissait son petit monde des travaux des champs que lui avait laissés son mari. 

Bientôt mourut l’unique garçon, à six ans, et cette femme profondément chrétienne et courageuse vint devant l’autel de la Sainte Vierge pour lui consacrer toutes ses filles.

Jožefa resta auprès de sa mère jusqu’à l’âge de trente-six ans. Sa vocation religieuse s’éveilla lorsque des Sœurs de la Congrégation des Filles de la Divine Charité vinrent demander l’aumône pour leurs œuvres en Slovénie et en Bosnie-Erzégovine.

Elle vint faire son noviciat à Sarajevo en 1922, où la rejoignit sa jeune sœur Angela (qui deviendra Sœur Alfonza). Elle-même prit le nom de Krizina. Elle fit les premiers vœux en 1923 et les solennels en 1926.

Sœur Krizina vint plusieurs fois à Pale et en diverses autres maisons de Bosnie, surtout là où l’appelaient ses compétences dans les travaux des champs et le soin des bêtes (malgré la peur qu’elle avait de celles-ci), l’administration des écoles et des internats, pour le linge et tous les travaux domestiques. C’était une petite abeille toujours au travail, silencieuse et recueillie. Timide de nature, humble parmi les autres Sœurs, elle ne se déchargeait pas de ses problèmes sur les autres, elle était toute en Dieu.

Un jour, on la vit pleurer durant son travail dans le bois. On crut qu’elle était fatiguée, mais elle expliqua que sa tristesse était qu’elles ne pouvaient avoir la Messe et l’Eucharistie chaque jour.

Comme le fit sa maman autrefois, Krizina conserva toute sa vie une grande dévotion à la Vierge Marie.

On la vit toujours se choisir le travail plus fatiguant, pour alléger la fatigue des autres. Quand elle demanda elle-même à revenir à Pale, en 1939, on ne sut jamais le motif de son choix ; était-ce pour reprendre un travail plus difficile en dominant son aversion pour les bêtes ? était-ce par intuition du martyre qui l’attendait ? On sait qu’elle avait confié plusieurs fois son désir de mourir martyre.

Dans les circonstances déjà décrites (voir la notice de Kata Ivanišević), elle reçut cette couronne glorieuse le 15 décembre 1941, et fut béatifiée en 2011.

 

 

Kata Ivanišević

1893-1941

 

Née le 25 novembre 1893, Kata reçut le nom de la Sainte du jour, Catherine d’Alexandrie.

Elle naquit à Staro Petrovo Selo (Nova Gradiška, Croatie) de Nikola et Tera, née Šimunović, et fut baptisée dès le lendemain. 

Cette famille chrétienne comportait onze enfants, dont cinq moururent en bas âge. On priait en famille, on ne manquait jamais la messe du dimanche, et l’on s’y rendait aussi parfois en semaine.

Après quatre années d’école primaire, elle suspendit ses études à cause de la pauvreté de la famille. Elle resta ainsi à la maison, où sa maman observait qu’elle avait «quelque chose» de plus que les autres. Sa sœur aînée dit qu’elle rayonnait de bonté pour tous et qu’elle était un modèle d’obéissance.

Quand elle avait du temps, ou en gardant les moutons, elle lisait des vies de Saints, qu’ensuite elle racontait à d’autres, qui se réunissaient autour d’elle.

C’est certainement par influence de ces belles lectures qu’à dix ans elle fit le vœu d’abstinence, ainsi qu’on l’apprend dans la vie de beaucoup d’ermites, de moines, dès l’antiquité chrétienne. Volontiers elle distribuait le lard de son goûter, ne mangeant que le pain sec. Ce n’est… qu’en entrant au couvent, qu’elle mangea de la viande, pour se plier à la loi commune de la communauté.

Dans sa jeunesse, elle se montra modeste, discrète, préférant le silence et la prière à la danse et aux sorties. Sa vocation mûrissait : elle animait la prière à l’église et affirmait ne pas vouloir se marier pour «servir Jésus».

Quand elle eut dix-huit ans, elle exprima clairement son désir d’entrer en religion, mais sa mère s’y opposa, car elle était sa main droite à la maison. Kata attendit deux ans, et put, après la mort de sa mère, entrer dans la Congrégation des Filles de la Divine Charité, à Sarajevo (1914).

On lui fait étudier la langue allemande et elle part pour recevoir sa formation dans la maison-mère de Vienne. Elle est postulante à Breitenfurt (près de Vienne) ; novice, elle prend le nom de Marija Jula. Elle fait les premiers vœux en 1916, les vœux perpétuels à Sarajevo en 1923.

Plus tard entreront aussi dans la même Congrégation sa petite sœur Mara, trois nièces et une petite-nièce.

Jula revient en Bosnie : on lui confie la direction d’un orphelinat à Zagreb ; elle passe sept ans à Breške, dans les travaux agricoles. Là encore elle se distingue par son obéissance.

Elle revient un an à Sarajevo pour se remettre un peu de sa fatigue (elle a aussi des problèmes cardiaques) : Elle remplaçait par son zèle, sa patience et son calme ce qui manquait à ses forces.

En 1932, elle devient supérieure de la communauté de Pale, jusqu’à sa mort. Sa présence nourrit la cohésion, l’esprit de sacrifice et de charité. Les divers témoignages la disent angélique, dynamique, prête à aider ; une supérieure équilibrée et juste ; humble ; dévote envers la Vierge Marie comme un enfant. Elle écrivait à une nièce : Imite la Sainte Vierge dans sa modestie et son humilité. L’humilité est le fondement de toute vertu, et l’orgueil le commencement de tout mal.

Valerianus d’Avensa
377-457

On a parlé au 28 novembre de plusieurs évêques d’Afrique, qui souffrirent la persécution des Vandales en 430 et de nouveau en 484.
Entre ces deux dates, en 457, Genséric ordonna de faire disparaître tous les livres et objets sacré du culte chrétien.
L’évêque d’Avensa (auj. Sidi Zéhili, Tunisie), Valerianus, qui était déjà fort âgé, s’opposa énergiquement à cette mesure et, pour cela fut arrêté et expulsé de sa ville ; on interdit aux habitants de le recevoir où que ce fût, ni dans une maison ni même dans un champ. Le vieil évêque en fut réduit à vivre de rien et à coucher nulle part ; il en arriva à devoir dormir presque nu sur la voie publique : c’est en cet état que le rencontra Victor de Vite, auquel nous devons ces détails.
Lors de cette rencontre, Valerianus avait plus de quatre-vingts ans. Il mourut bientôt d’épuisement.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerianus d’Avensa au 15 décembre.

Marino de La Cava

† 1170

 

On ne connaît pas l’ascendence de Marino, ni sa première jeunesse.

Il entra à l’abbaye de La Cava, où il devint vestararius, c’est-à-dire chargé du vestiaire. Mais il était aussi responsable de la préservation des documents attestant les propriétés de l’abbaye. 

C’est ainsi qu’en 1143, il exhiba les documents nécessaires pour faire reconnaître les droits de l’abbaye sur trois églises.

En 1146, il fut élu septième abbé de La Cava et se rendit à Rome pour recevoir du pape Eugène III la bénédiction abbatiale ; le pape le nomma titulaire également de l’église romaine Saint-Laurent-in-Panisperna.

En 1149, le même pape déclara l’abbaye de La Cava exempte de toute autre autorité que le Saint-Siège, confirmant que cette abbaye étendait son autorité sur cent-trois églises et monastères.

C’est encore sous Marino, en 1150, que les moines s’installèrent à Naples, recevant en 1154 de grands privilèges du roi Guillaume le Mauvais (qui ne méritait certainement pas son surnom).

Cette même année 1150, l’abbaye accueillait la dépouille mortelle de Sibille de Bourgogne, deuxième épouse de Ruggero II de Sicile, morte à Salerno.

En 1167, Marino et toute sa famille monacale apporta un valeureux soutien au pape Alexandre III ; ce pape avait été contesté par l’empereur Barberousse, qui avait fait élire un anti-pape. Alexendre III, reconnu par tout l’Occident catholique, s’était d’abord réfugié en France puis, à partir de 1167, en Italie, où Barbarossa, enfin battu par la Ligue Lombarde, reconnut le pape légitime. Alexandre tint à remercier Marino en confirmant et amplifiant les exemptions déjà accordées antérieurement par le Vatican.

Marino mourut le 15 décembre 1170.

Son culte se développa, et fut confirmé en 1928.

Bienheureux Marino de La Cava est commémoré le 15 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Vittoria Fornari Strata

1562-1617

 

Vittoria naquit en 1562 à Gênes (Ligurie, Italie nord-ouest), septième des neuf enfants de Girolamo et Barbara Veneroso, des gens aisés et très chrétiens.

La foi vivante qu’elle reçut dans ce foyer, se manifesta précocement, lorsqu’elle obtint par sa prière la guérison d’un de ses frères.

Elle eut peut-être le désir d’entrer en religion, mais à dix-sept ans elle épousa avec joie le parti que ses parents lui présentèrent, Angelo Strata. Après la naissance d’Angela, Barbara, Giuseppe, Leonardo et Alessandro, Vittoria attendait son sixième enfant, lorsque mourut brusquement son cher mari en novembre 1588. L’enfant fut baptisé Angelo.

Vittoria sombra dans une courte dépression, mais elle pria la Sainte Vierge et fit trois vœux : chasteté perpétuelle, abandon des tenues élégantes, et renonciation aux salons mondains, pour s’occuper uniquement de ses enfants et du prochain.

Soutenue et dirigée par un bon prêtre, elle participait à la Messe quotidienne, priait l’Office marial et le chapelet ; les enfants et les domestiques s’unirent à elle dans la prière, quoique parfois un peu à contre-cœur.

En peu de temps, la Providence libéra Vittoria de tous liens humains. En 1597, mourut l’avant-dernier, Alessandro, que Vittoria «remplaça» par une nièce orpheline, ainsi qu’une autre petite orpheline. Puis Angela et Barbara entrèrent chez les Chanoinesses de Latran ; les trois garçons entrèrent chez les Minimes (Angelo n’avait que quinze ans). Vittoria pouvait désormais suivre son idéal et commença une vie marquée par la générosité envers le prochain. Elle se priva de nourriture pour nourrir des pauvres, elle quêta même à la porte des églises, elle, la noble bourgeoise, que des parents ne se gênèrent pas de critiquer ouvertement.

Vittoria alla au chevet des malades, leur achetant des remèdes, prévenant un prêtre pour les assister ; elle fit le catéchisme dans les paroisses, tant aux enfants qu’à des adultes, se préoccupant de leur fournir un peu d’instruction élémentaire. Elle «récupéra» des filles de la rue.

En 1600, Vittoria voulut fonder une famille religieuse vouée à l’adoration du Verbe Incarné. Le projet se concrétisa en 1602 avec l’adjonction de quelques autres dames et un homme. Vittoria acheta les immeubles nécessaires aux hommes et aux femmes, les constitutions en furent approuvées par le pape en 1604, et l’archevêque de Gênes fit les premières prises d’habit en août 1604.

Dans ce nouvel Ordre de la Très Sainte Annonciation, Vittoria s’appellerait désormais Maria Vittoria et fut nommée prieure ; les Religieuses porteraient un habit blanc avec un manteau et des sandales bleu turquoise, d’où le surnom de Turquine (Turquoises) qu’on leur donna ; la règle serait celle de Saint-Augustin ; on renouvellerait chaque année les vœux le 25 mars, fête de l’Annonciation.

En 1605 cependant, une crise ébranla l’institut. Vittoria tomba malade, une des Consœurs mourut, et le premier homme consacré, Stefano Centurione, prétendit orienter la maison dans l’esprit carmélitain. Mais la Vérité triompha, les fautifs se repentirent, et la vie reprit son essor. Il y eut bientôt les premières professions solennelles et même Stefano fut ordonné prêtre, et nommé aumônier de l’Institut.

On fit bientôt appel à la nouvelle fondation depuis la France et la Belgique. Il ne faut pas pour autant confondre la fondation gênoise avec l’Ordre des Annonciades, fondé en France un siècle plus tôt par sainte Jeanne de Valois (v. 4 février).

Réélue en 1608, Maria Vittoria ne fut pas réélue en 1611, à cause de sa santé. Elle continua de marquer la fondation de son esprit charismatique, lisant dans les cœurs, prophétisant aussi, par exemple, qu’elle mourrait quand serait arrivée la quarantième Sœur. Or, en 1613 - l’année de l’approbation romaine définitive et aussi de la mort du fils aîné de Maria-Vittoria (Giuseppe, en religion Giovanni Angelo) - se présenta la quarantième vocation : Maria Vittoria, frappée d’une grave pneumonie, annonça alors qu’elle mourrait le 15 décembre suivant, ce qui arriva effectivement.

Maria Vittoria Fornari Strata, morte le 15 décembre 1617, fut béatifiée en 1828.

Son corps, resté incorrompu, est conservé dans la monastère gênois de Serra Ricò.

 

 

Virginia Centurione Bracelli

1587-1651

 

Virginia naquit le 2 avril 1587 à Gênes (Ligurie, Italie nord-ouest), de Giorgio Centurione, doge de la république de Gênes, et Lelia Spinola, une très pieuse femme. Elle eut un frère, Francesco.

Elle reçut une éducation soignée, et apprit même le latin. Madame Centurione mourut prématurément et, bien qu’ayant senti très tôt l’appel à la consécration, Virginia fut contrainte par son père d’épouser à quinze ans Gaspare Grimaldi Bracelli, un garçon de dix-neuf ans, de bonne famille mais à la vie dissolue.

Virginia eut deux filles, Lelia et Isabella. 

En 1606, son mari dut aller à Alessandria pour être soigné d’une pneumonie et elle l’y accompagna ; mais Gaspare mourut l’année suivante ; veuve à vingt ans, Virginia se retira chez sa belle-mère, refusant toute autre proposition de mariage que lui proposait son père.

A partir de 1610, elle se consacra à soulager les enfants abandonnés, les vieillards, les malades : la misère était grande à Gênes, où affluaient des gens victimes de la guerre entre Gênes et la Savoie.

Après le mariage de ses deux filles, et la mort de sa belle-mère, elle accueillit chez elle une quinzaine d’orphelines, puis des femmes pauvres.

En 1629-1630, ce fut le tour des victimes de la peste et de la famine.

En 1631, grâce à la duchesse Spinola, elle installa son œuvre naissante dans un couvent vide à Monte Calvario et, trois ans après, elle avait déjà ouvert trois maisons qui abritaient trois-cents personnes. 

Elle reprit alors une ancienne association génoise qu’elle réorganisa et, avec l’appui de la noblesse, fonda les Cent Dames de la Miséricorde Protectrices des Pauvres de Jésus-Christ (en italien : Cento Signore della Misericordia Protettrici dei Poveri di Gesù Cristo), dans le but de constater, lors de visites à domicile, les besoins des plus démunis et de leur venir en aide.

Ensuite, elle participa à la réorganisation de l’hôpital, se préoccupant aussi de faire donner une compensation à ceux qui y travaillaient.

Elle disait souvent : Lorsqu’on a Dieu pour objectif, toutes les oppositions s’aplanissent, toutes les difficultés se surmontent.

En 1635, le Sénat génois reconnut l’œuvre. Virginia acheta deux autres maisons et fit construire une église : Notre-Dame du Refuge. Ses collaboratrices s’appelleraient Sœurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire.

Ce fut Emmanuele Brignole, un patricien et sénateur de Gênes, qui aida Virginia à organiser cette œuvre, tellement que les Sœurs prirent parfois aussi le nom de Sœurs Brignolines. Encore aujourd’hui, une des gares ferroviaires de Gênes porte le nom de ce Bienfaiteur.

En 1641, sur mission du Sénat, des bienfaiteurs, Brignole en tête, achetèrent la maison de Carignagno, pour concentrer toutes les activités de Virginia. Sur les conseils de l’aumônier, Virginia proposa à ses plus fidèles collaboratrices de former une famille à part, où elles se seraient consacrées comme tertiaires franciscaines, avec le vœu d’obéissance.

Mais Virginia ne s’en tint pas là : ç’aurait été activisme. Virginia combattit les orgies du carnaval en restaurant les «Compagnies de pénitence», destinées à une prière de réparation pour les innombrables péchés qui se commettaient lors des ridicules fêtes du carnaval. Il y eut des processions ; la ville de Gênes fut officiellement consacrée à la Sainte Vierge le 25 mars 1637. 

Mais surtout, Virginia institua la dévotion des Quarante heures : pendant un jour et demi environ, le Saint Sacrement serait exposé à l’adoration des fidèles. L’archevêque de Gênes donna son approbation, à condition que Virginia pût assumer la décoration de l’église où aurait lieu cette exposition. La première eut lieu fin 1642.

Les Sœurs de Notre Dame du Refuge au Monte Calvario prirent en charge l’hôpital de Pammatone (1645), l’Office des Pauvres (1650) et essaimèrent dans le monde. Elles ont une cinquantaine de communautés.

Quelques-unes d’entre elles furent appelées à Rome par le pape dès 1827, et furent érigées en institut séparé : les Filles de Notre-Dame au Mont du Calvaire. Elles ont une petite centaine de communautés au Brésil, en Argentine, au Salvador et au Nicaragua, en Pologne, au Cameroun, en Israël, aux Philippines.

Les dernières années de Virginia furent affligées par la discorde entre son frère et le beau-frère de ce dernier. En outre le gendre de Virginia fit faillite. Dans ces circonstances, un important patrimoine familial fondit et priva Virginia d’importants subsides. 

Virginia intervint enfin dans les querelles de prestige entre la curie de Gênes et le gouvernement, qui se réconcilièrent.

Virginia s’éteignit à Gênes, dans la maison de Carignano, le 15 décembre 1651. Elle fut béatifiée en 1985 et canonisée en 2003.

 

 

Paola Francesca Maria Di Rosa

1813-1855

 

Paola ou Paolina vit le jour le 6 novembre 1813 à Brescia (Italie nord), sixième des neuf enfants de Clemente et Camilla Albani, qui perdirent trois de leurs fils en bas âge.

A cette époque, la ville était sous la domination autrichienne et Clemente était une des personnalités de premier plan dans l’administration ; très chrétien, il soutint les fondations religieuses et sociales.

Selon l’habitude d’alors, les parents firent donner la première instruction à leurs enfants à domicile ; ils confièrent ensuite Paola aux Religieuses de la Visitation.

Elle fut orpheline de sa mère à onze ans ; à dix-sept ans, elle vint s’occuper de la maison paternelle, toujours réservée et très intérieure. Refusant le parti que lui proposa son père, elle fit le vœu de virginité perpétuelle, puis se mit à s’occuper de toutes sortes d’œuvres charitables, comme les ouvrières de l’usine de filature de son père à Acquafredda (à trente kilomètres de Brescia), ou bien la formation des jeunes filles de Capriano del Colle (Brescia).

Elle ouvrit à Brescia deux écoles pour sourds-muets, pour les garçons et pour les filles. En 1836 sévit une épidémie de choléra, et elle offrit ses services à l’hôpital, où les conditions précaires de la structure sanitaire firent naître en elle l’idée d’une association religieuse au profit des malades.

Après la mort de ses autres frères et sœurs, unique héritière de son père qui la soutenait pleinement, elle mit sur pied cette association en 1840. Une trentaine de pieuses femmes se mirent à assister les malades dans l’hôpital. Il y eut des tensions entre elles et l’administration, mais le gouvernement reconnut la nouvelle famille, qui prit le nom de Servantes de la Charité.

Paola se retrouva ainsi Supérieure de la congrégation naissante ; elle prit le nom de Maria Crocifissa et s’occupa avec les autres de tous les malheureux : pauvres, malades, soldats blessés dans les conflits du nord de l’Italie.

Elle avait prit son nom de Crucifiée en référence aux souffrances du Christ en croix et fonda toute sa spiritualité sur l’offrande de soi pour tous les membres souffrants du Corps Mystique du Christ.

D’autres maisons s’ouvrirent bientôt dans les environs : Cremone, Manerbio, Montichiari, Chiari, Mantoue, Udine, Crema, Ragusa, Trieste…

La Congrégation fut approuvée par le Pape en 1851.

Maria Crocifissa tomba malade à Mantoue en novembre 1855, et mourut à Brescia le 15 décembre 1855.

Elle fut béatifiée en 1940 et canonisée en 1954.

 

 

Johannes Heinrich Karl Steeb

1773-1856

 

Karl vit le jour le 18 décembre 1773 à Tübingen (Württemberg, Allemagne SO), dans une famille bourgeoise et de foi luthérienne. Le père, Johann Heinrich, tenait une auberge «A l’Agneau». Karl avait une sœur, Wilhelmine.

Karl fréquenta d’abord l’école de Tübingen (où il apprit le latin), et partit étudier les langues à Paris (1788), puis, à cause de la Révolution française, à Vérone (Italie) en 1792.

Ayant rencontré des catholiques, parmi lesquels le père Leonardi, Karl se rapprocha du catholicisme et, toujours en 1792, après s’être confié à la Sainte Vierge, embrassa la religion du Pape romain. Désormais, sa famille rompit tout contact avec lui ; à la mort des parents, sa sœur devait recevoir tout l’héritage, mais elle lui reversa tout de même sa part.

En 1796, Karl était ordonné prêtre.

Il passera désormais dix-huit années à soigner les malades de tout genre qu’il trouva à Vérone,  pauvres, abandonnés, vieillards, orphelins, soldats blessés, etc. Lui-même fut affligé de la pénible maladie du typhus, mais Dieu lui donna la force de travailler encore intensément.

On l’appelait de tous côtés, pour confesser, pour consoler, pour conseiller. En plus, parlant autant l’italien que le français et l’allemand, il pouvait aborder beaucoup de groupes ; il fut professeur dans un collège de jeunes filles, au séminaire de Vérone.

Il sentit la nécessité de disposer d’une famille religieuse féminine, dont les membres se pencheraient vraiment maternellement sur les misères de la société. Avec Luigia Poloni, il commença cette formation. En 1835, on projeta l’institut des Sœurs de la Miséricorde de Vérone.

En 1848, un premier groupe de sœurs fit la profession religieuse. Luigia prit le nom de Vicenta Maria.

Le bien que firent ces Religieuses fut immense, en particulier durant plusieurs épidémies de choléra, de variole.

Mère Vicenta mourut le 11 novembre 1855. Le père Karl (Carlo en italien), le 15 décembre 1856 : trois jours plus tard, il accomplissait quatre-vingt-trois ans.

Le père Karl Steeb fut béatifié en 1975.

L’Institut compte actuellement un peu plus d’un millier de membres, en Europe, en Amérique latine et en Afrique.

 

 

Pau García Sánchez

1892-1936

 

Pau (Paul) naquit le 23 mars 1892 à Lleida (ou Lérida, Espagne).

Il entra dans la maison des Salésiens de Huesca en 1917, et commença le noviciat en 1919 à Carbanchel Alto. 

En 1920, il fit la profession comme Frère coopérateur.

Il fut successivement cinq années à Orense, une année à Sarriá, quatre à Gerona, deux encore à Orense, avant d’arriver à Carabanchel Alto.

La maison ayant été prise d’assaut et évacuée par les miliciens le 19 juillet 1936, Pau se réfugia dans une pension qu’il quitta le 25 septembre pour d’autres «cachettes». Il fut un temps avec son Confrère, Ramón Eirín Mayo (voir la notice), et se trouva finalement chez un ancien élève, Martín Moreno. 

Dénoncé, il fut arrêté en même temps que la sœur de Martín, religieuse elle aussi, et tous deux furent conduits à la tchéka, confortablement installée dans le palais épiscopal et où commencèrent de pénibles interrogatoires.

Ensuite, Pau fut conduit au peloton pour être fusillé, mais on ne connaît ni le jour précis ni l’endroit de son martyre. On sait juste que ce fut vers le milieu de décembre.

Comme pour Ramón Eirín Mayo, le dies natalis de Pau est officiellement le 15 décembre 1936. Il fut béatifié en 2007.

 

 

Ramón Eirín Mayo

1911-1936

 

Ramón était né le 26 août 1911 à La Coruña (Espagne).

Il fut élève dans l’atelier de menuiserie-charpenterie des Salésiens à La Coruña et ressentit la vocation à la consécration.

Il pensa au sacerdoce, mais comprit qu’il était plutôt fait pour travailler au milieu des ouvriers et se prépara à être coadjuteur salésien.

Au terme du noviciat à Mohernando, il y fit la profession (1930) et fut envoyé trois ans encore à Canavese (Turin, Italie) pour se perfectionner (1932-1935). Il revint à Madrid.

Son activité apostolique avait bien commencé, mais fut tronquée dès l’été 1936.

Le dimanche 19 juillet à dix heures du matin, des miliciens vinrent fouiller la maison : Ramón sauta par une fenêtre et se réfugia sous le portail d’un immeuble voisin, dont cependant les habitants le chassèrent immédiatement.

Il trouva une pension accueillante, et réussit à se faire employer comme infirmier auprès des Vieillards Incurables, toujours à Madrid.

On arriva ainsi au 15 décembre, jour où deux inconnus pénétrèrent avec des miliciens dans l’hôpital et enlevèrent Ramón, dont on ne sut plus rien.

On a de fortes présomptions qu’il fut fusillé ce même 15 décembre 1936 à Paracuellos del Jarama (Madrid) et qu’il y fut enterré dans quelque fosse commune.

Il fut béatifié en 2007.

Jožefa Bojanc

1885-1941

 

Jožefa était la deuxième des six enfants de Mihael Bojanc et de Marija Bizjak.

Elle naquit le 14 mai 1885 à Zbure (Šmarjetske Toplice, Slovénie) et reçut le baptême le jour-même à Šmarjeta.

En 1891 le papa s’embarqua pour l’Amérique, en quête de travail, et l’on ne sut plus rien de lui après quelques années. De sorte que son épouse était comme veuve avec ses six enfants ; c’était une femme courageuse et très chrétienne : elle allait chaque matin à la Messe et y communiait. Elle nourrissait son petit monde des travaux des champs que lui avait laissés son mari. 

Bientôt mourut l’unique garçon, à six ans, et cette femme profondément chrétienne et courageuse vint devant l’autel de la Sainte Vierge pour lui consacrer toutes ses filles.

Jožefa resta auprès de sa mère jusqu’à l’âge de trente-six ans. Sa vocation religieuse s’éveilla lorsque des Sœurs de la Congrégation des Filles de la Divine Charité vinrent demander l’aumône pour leurs œuvres en Slovénie et en Bosnie-Erzégovine.

Elle vint faire son noviciat à Sarajevo en 1922, où la rejoignit sa jeune sœur Angela (qui deviendra Sœur Alfonza). Elle-même prit le nom de Krizina. Elle fit les premiers vœux en 1923 et les solennels en 1926.

Sœur Krizina vint plusieurs fois à Pale et en diverses autres maisons de Bosnie, surtout là où l’appelaient ses compétences dans les travaux des champs et le soin des bêtes (malgré la peur qu’elle avait de celles-ci), l’administration des écoles et des internats, pour le linge et tous les travaux domestiques. C’était une petite abeille toujours au travail, silencieuse et recueillie. Timide de nature, humble parmi les autres Sœurs, elle ne se déchargeait pas de ses problèmes sur les autres, elle était toute en Dieu.

Un jour, on la vit pleurer durant son travail dans le bois. On crut qu’elle était fatiguée, mais elle expliqua que sa tristesse était qu’elles ne pouvaient avoir la Messe et l’Eucharistie chaque jour.

Comme le fit sa maman autrefois, Krizina conserva toute sa vie une grande dévotion à la Vierge Marie.

On la vit toujours se choisir le travail plus fatiguant, pour alléger la fatigue des autres. Quand elle demanda elle-même à revenir à Pale, en 1939, on ne sut jamais le motif de son choix ; était-ce pour reprendre un travail plus difficile en dominant son aversion pour les bêtes ? était-ce par intuition du martyre qui l’attendait ? On sait qu’elle avait confié plusieurs fois son désir de mourir martyre.

Dans les circonstances déjà décrites (voir la notice de Kata Ivanišević), elle reçut cette couronne glorieuse le 15 décembre 1941, et fut béatifiée en 2011.

 

 

Kata Ivanišević

1893-1941

 

Née le 25 novembre 1893, Kata reçut le nom de la Sainte du jour, Catherine d’Alexandrie.

Elle naquit à Staro Petrovo Selo (Nova Gradiška, Croatie) de Nikola et Tera, née Šimunović, et fut baptisée dès le lendemain. 

Cette famille chrétienne comportait onze enfants, dont cinq moururent en bas âge. On priait en famille, on ne manquait jamais la messe du dimanche, et l’on s’y rendait aussi parfois en semaine.

Après quatre années d’école primaire, elle suspendit ses études à cause de la pauvreté de la famille. Elle resta ainsi à la maison, où sa maman observait qu’elle avait «quelque chose» de plus que les autres. Sa sœur aînée dit qu’elle rayonnait de bonté pour tous et qu’elle était un modèle d’obéissance.

Quand elle avait du temps, ou en gardant les moutons, elle lisait des vies de Saints, qu’ensuite elle racontait à d’autres, qui se réunissaient autour d’elle.

C’est certainement par influence de ces belles lectures qu’à dix ans elle fit le vœu d’abstinence, ainsi qu’on l’apprend dans la vie de beaucoup d’ermites, de moines, dès l’antiquité chrétienne. Volontiers elle distribuait le lard de son goûter, ne mangeant que le pain sec. Ce n’est… qu’en entrant au couvent, qu’elle mangea de la viande, pour se plier à la loi commune de la communauté.

Dans sa jeunesse, elle se montra modeste, discrète, préférant le silence et la prière à la danse et aux sorties. Sa vocation mûrissait : elle animait la prière à l’église et affirmait ne pas vouloir se marier pour «servir Jésus».

Quand elle eut dix-huit ans, elle exprima clairement son désir d’entrer en religion, mais sa mère s’y opposa, car elle était sa main droite à la maison. Kata attendit deux ans, et put, après la mort de sa mère, entrer dans la Congrégation des Filles de la Divine Charité, à Sarajevo (1914).

On lui fait étudier la langue allemande et elle part pour recevoir sa formation dans la maison-mère de Vienne. Elle est postulante à Breitenfurt (près de Vienne) ; novice, elle prend le nom de Marija Jula. Elle fait les premiers vœux en 1916, les vœux perpétuels à Sarajevo en 1923.

Plus tard entreront aussi dans la même Congrégation sa petite sœur Mara, trois nièces et une petite-nièce.

Jula revient en Bosnie : on lui confie la direction d’un orphelinat à Zagreb ; elle passe sept ans à Breške, dans les travaux agricoles. Là encore elle se distingue par son obéissance.

Elle revient un an à Sarajevo pour se remettre un peu de sa fatigue (elle a aussi des problèmes cardiaques) : Elle remplaçait par son zèle, sa patience et son calme ce qui manquait à ses forces.

En 1932, elle devient supérieure de la communauté de Pale, jusqu’à sa mort. Sa présence nourrit la cohésion, l’esprit de sacrifice et de charité. Les divers témoignages la disent angélique, dynamique, prête à aider ; une supérieure équilibrée et juste ; humble ; dévote envers la Vierge Marie comme un enfant. Elle écrivait à une nièce : Imite la Sainte Vierge dans sa modestie et son humilité. L’humilité est le fondement de toute vertu, et l’orgueil le commencement de tout mal.

Cette petite communauté de Pale rayonnait d’amour fraternel, de charité pour tous, qu’ils fussent orthodoxes ou musulmans, aidant, prêtant, assistant par tous les moyens.

En avril 1941, le gouvernement de Yougoslavie avec le général Simovič, fuyant Belgrade, tinrent avec reconnaissance leur dernière réunion dans cette sainte maison.

A partir de 1941, la vie à Pale devenait chaque jour plus dangereuse, mais les Religieuses préféraient rester sur place pour être aux côtés de la population locale. En septembre, les coups de feu se rapprochaient, mais elles continuaient leur activité dans le calme, confiantes qu’elles ne risquaient rien, étant donné qu’elles ne faisaient que du bien autour d’elles.

En octobre, les incidents se multiplient ; partout démolitions, incendies, vols, enlèvements… La ligne de chemin de fer pour Sarajevo, leur unique moyen de locomotion, est souvent coupée. Les Religieuses prient intensément pour la paix, surtout pour la «Bosnie ensanglantée», jusqu’au matin du 11 décembre.

Ce soir-là, un groupe de soldats attaqua violemment la maison. Jula était justement sortie pour acheter de la farine. Les Sœurs présentes accoururent auprès du prêtre slovène, Meško pour lui demander l’absolution. Les soldats pénétrèrent dans la maison et mirent tout le monde dehors, sur la neige. A ce moment-là Jula arriva et comprit tout de suite la situation : elle donna à son chauffeur tout ce qu’elle avait en main en lui disant : Va-t-en vite où tu veux, ils vont te tuer. Et elle se joignit aussitôt à ses Sœurs. Les soldats serbes criaient : Allez-y, les gars, arrêtez-les toutes vivantes, elles ne nous servent à rien si elles sont mortes.

Toutes les Sœurs sont arrêtées pour être conduites vers Sjetlina, puis vers Goražde. Le couvent est vandalisé et incendié. Plus tard on y retrouva le ciboire, contenant cinq hosties calcinées, qui étaient destinées aux cinq Sœurs. 

On leur adjoignit aussi des jeunes filles de la voisine Maison pour Enfants, qui furent ensuite libérées. On les fit marcher quatre jours par les montagnes et les forêts de Romanija, où elles souffrirent beaucoup du froid, n’ayant sur elles que leur habit d’intérieur. La plus ancienne, Berchmana, trop faible, est abandonnée en cours de route dans une cabane. De nuit, elles s’arrêtaient dans des cabanes abandonnées ou trouvaient un peu de soulagement chez des orthodoxes, qui leur donnaient du lait et du miel. Elles n’en pouvaient plus.

Elles parlaient peu, elles priaient. Elles demandaient ce qui était arrivé à la pauvre Sœur Berchmana, elles réconfortaient les jeunes filles qui étaient avec elles. L’une d’elle donna son châle au vieux prêtre qui tremblait de froid.

La Sœur Berchmana et les jeunes filles furent laissées à Sjetlina, tandis qu’on emmenait les quatre autres Sœurs à la caserne de Goražde, où on les enferma au second étage. Vers minuit, les soldats s’avancèrent vers les Religieuses avec des propositions infâmes : elles devaient se déshabiller, renoncer à leur état religieux, à leur fidélité à Rome. Elles s’y opposèrent fermement : Plutôt la mort, que ce que vous cherchez ! Pendant une heure, se suivirent les coups, les menaces, les outrages. Les soldats commencèrent à leur arracher les habits. 

Jula alors ouvrit la fenêtre et invita les autres à la suivre, au cri de Jésus, sauve-nous ! L’une après l’autre, elles se jetèrent dans le vide. Elles cherchèrent à se relever, mais les soldats se jetèrent sur elles avec leurs couteaux et les achevèrent. Puis ils les traînèrent par les pieds jusqu’au bord de la proche rivière, la Drina.

Les habitants proches entendirent clairement les cris de ces femmes. Ils durèrent environ une heure. 

Un soldat prisonnier vit que chacune fit le signe de la Croix avant de recevoir le coup fatal. Un autre témoin reconnut que chacune avait une blessure à la poitrine et une dizaine d’autres blessures sur tout le corps. Les corps restèrent là, jusqu’à ce qu’un ordre exigeât de les jeter dans la Drina, qui devint ainsi leur tombe.

La Sœur Berchmana fut assassinée quelques jours plus tard, le 23 décembre.

Le dies natalis des quatre premières Religieuses est au 15 décembre. 

Elles ont été béatifiées en 2011.

 

 

Jožefa Fabjan

1907-1941

 

Le papa de notre Jožefa était veuf avec trois garçons ; il se remaria avec Jožefa Kralj, avec laquelle il eut cinq autres enfants, dont Jožefa était la troisième, et l’aînée des filles.

Jožefa naquit le 23 janvier 1907 à Malo Lipje (Novo Mesta, Slovénie). Elle a à peine quatre ans, que meurt son papa, en 1911. La pauvre maman, veuve avec huit bouches à nourrir, fut contrainte de travailler durement la terre, en même temps qu’elle éduquait chrétiennement ses enfants. 

Sept ans après, c’est cette vaillante maman qui meurt, et tous ces petits enfants trouvèrent un accueil maternel auprès de leur tante, Marija Poznik. Jožefa a alors tout juste onze ans.

Sa vocation mûrit et elle entre chez les Filles de la Divine Charité à Sarajevo (Bosnie). Novice en 1930, elle prend le nom de Marija Antonija ; très vite elle se distingue pour son esprit d’obéissance. Sa seconde année de noviciat se fait sous la direction de Sœur Berchmana, qui sera martyrisée dans les mêmes circonstances (voir la notice de Karoline Anna Leidenix).

Antonija fait les premiers vœux en 1932, et les solennels en 1937. Elle est «enthousiaste pour la vie religieuse», discrète, presque trop silencieuse, et on ne lui entend jamais dire un mot contre qui que ce soit. Elle-même disait avoir appris de sa tante ce conseil : Si quelqu’un te fait du mal, toi, fais-lui du bien. On la voit souvent en prière à la chapelle.

On lui confie les travaux de jardin, de blanchisserie, des champs. Des ennuis de santé la font envoyer à Pale pour se refaire et elle dut cependant subir une intervention chirurgicale en 1936, après laquelle elle resta à Pale.

Très estimée pour son humilité et sa disponibilité, elle souffrit le martyre avec ses Consœurs, dans les circonstances déjà racontées ailleurs (voir la notice de Kata Ivanišević).

Son dies natalis est au 15 décembre. Elle a été béatifiée en 2011.

 

 

Terezija Banja

1912-1941

 

Josip Banja était hongrois. Il était venu de son village (Kapošvar, Subotica) Veliki Grđevac (Bjelovar, Croatie), avec son épouse Klara et leur garçon Mirko. Bientôt veuf, il épousa en secondes noces Tereza Kovač, elle aussi d’origine hongroise. 

Ce ménage heureux était enraciné dans la foi chrétienne. Les deux parents étaient consacrés dans un tiers-ordre ; le papa construisit un petit autel devant lequel tous disaient ensemble la prière ; les voisins s’y joignaient aussi, par exemple durant le mois de Marie (le mois de mai). Dans le village, on disait : pieux comme les Banja. Le papa travaillait aux champs et fabriquait des cordes.

Terezija fut la douzième des treize enfants qui en naquirent, tandis que six d’entre eux moururent en bas âge. 

Cette petite fille fréquenta l’école primaire à Veliki Grđevac, tout en aidant volontiers ses parents à la maison. Quand elle gardait le troupeau, elle cherchait un petit coin tranquille pour lire et pour prier le chapelet, ce qui ne l’empêchait pas à l’occasion de se montrer joyeuse et vive, comme toute petite fille de son âge.

Tôt elle manifesta son désir d’être religieuse, car «Dieu l’appelait» : elle aurait préféré mourir que de ne pas suivre sa vocation. A dix-sept ans, encouragée par ses bons parents, elle entra au couvent, chez les Filles de la Divine Charité.

D’abord «candidate» (postulante) à Koprivnica (1929), elle fit le noviciat à Sarajevo en 1930, avec le nom de Marija Bernadeta. Elle aussi, comme sa Consœur Jožefa Fabjan, fit sa deuxième année de noviciat sous la conduite de Sœur Berchman. Elle fait les vœux temporaires en 1932 et les perpétuels en 1938.

A partir de 1932, elle est à Pale, pour servir à la cuisine, où elle se montrera diligente, patiente, jamais énervée, comme cela peut facilement arriver quand le repas est retardé, quand il faut réchauffer…

Dès le début de sa vie religieuse, Bernadeta se montra obéissante, sérieuse, affable et zélée. On ne devait jamais lui redire deux fois une chose. Ce n’était pas chose naturelle, mais acquise : une première relation disait, au début de son noviciat : Elle a le caractère incliné vers l’orgueil, mais elle accepte les remarques avec calme, parce qu’elle a appris à se dominer (éloge indirect de la bonne éducation reçue de ses saints parents). De sa présence à Pale, on a pu dire d’elle qu’était «fidèle dans les petites choses». En plus, Bernadeta était très petite et avait besoin d’un tabouret pour remuer la louche dans les marmites : elle finissait par le faire tout naturellement, comme un jeu, et c’était presque amusant de l’observer. Il fallait apporter le bois pour le fourneau, aller chercher l’eau au puits : elle ne semblait jamais se fatiguer.

Petite de corps, grande dans son âme, elle suivit ses Consœurs sur le chemin du martyre, qu’elle subit le 15 décembre 1941, comme on l’a raconté ailleurs (voir la notice de Kata Ivanišević).

Avec ses Consœurs elle fut béatifiée en 2011.

 

 

János Brenner

1931-1957

 

János est né le 17 décembre 1931 à Szombathely (Hongrie), dans une humble famille très chrétienne, où le chapelet et l’Eucharistie faisaient partie de la vie quotidienne.

Durant ses études, János eut l’occasion de jouer le rôle de s.Tarsicius, un jeune Martyr du troisième siècle qui fut mis à mort en voulant protéger l’Eucharistie qu’il portait à des prisonniers (v. 15 août). On va voir que cet épisode allait être prophétique pour János.

Après ses études, il entra en 1950 au noviciat cistercien de Zirc, où il prit le nom d’Anastase. Mais les autorités politiques interdirent les Ordres religieux, aussi, après une année de formation dans la clandestinité, János entra au séminaire diocésain et fut ordonné prêtre en juin 1955.

On se souvient peut-être que l’année 1956 fut le théâtre d’une importante révolte hongroise contre l’oppression soviétique. Par la suite, la répression communiste s’intensifia contre l’Eglise.

Courageusement, le jeune prêtre exerça son apostolat, apportant la douceur de l’évangile à tous, vieux et jeunes, pauvres et marginalisés, réconfortant par son bon sourire ceux qui avaient besoin de paix. Beaucoup furent attirés à l’Eglise par son apostolat, mais son zèle ne pouvait passer inaperçu et on le surveilla.

Une première fois, il échappa à un attentat, mais continua avec persévérance.

Un soir de décembre 1957, on l’appela pour administrer le Sacrement des Malades à un mourant et lui porter le Viatique ; en réalité, il reçut trente-deux coups de poignards et fut battu à mort.

Quand on retrouva son corps, on constata qu’il tenait fermement dans sa main la custode avec l’Hostie, pour protéger le Corps du Christ de la profanation, comme le fit s.Tarsicius.

Le jeune prêtre allait avoir vingt-six ans deux jours après son martyre. Il avait exercé le sacerdoce pendant à peine deux ans et demi.

János a été béatifié en 2018 et sera commémoré le 15 décembre au Martyrologe.

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 00:00

14 DÉCEMBRE

 

II.

Ste Drosis, vierge martyre à Antioche de Syrie.

III.

SS Heron, Ater), Isidoros, martyrs en Alexandrie ; interrogé avant eux, Dioscoros, âgé de quinze ans, ne céda pas aux tortures et fut même relâché.

SS Leucius, Thyrsus et Callinicus, martyrs à Césarée de Bithynie et Apollonie. 

IV.

SS Ares, Promus et Elias, martyrs à Ascalon.

S Viator, évêque à Bergame.

S Pompeius, évêque à Pavie.

S Matronianus, mystérieux ermite à Milan.

S Lupicin, évêque à Vienne.

V.

S Nicasius, évêque martyr à Reims ; il encourageait les habitants à résister aux Vandales et fut tué à ce moment-là ; il serait à l'origine de la première basilique Sainte-Marie ; avec lui furent martyrisés sa sœur Eutropia, le diacre Florentius et Iucundus.

VI.

S Agnellus, abbé à Naples, probablement basilien ; parmi ses miracles, se trouve celui de la libération de la ville par l'étendard de la croix ; il est patron de Naples.

VII.

S Venance Fortunat, évêque à Poitiers, d'origine italienne, fin lettré, auteur d'écrits poétiques (hymnes Vexilla Regis, Pange Lingua).

IX.

S Folcuin, évêque à Thérouanne, actif au moment de l'invasion des Normands.

XIV.

B Bonaventura Buonaccorsi, noble de Pistoia, de l'Ordre des Servites, compagnon de s. Filippo Beniti, prieur à Orvieto, à Florence, à Montepulciano (où il fut le directeur de ste Agnès), mort et enseveli à Orvieto.

XVI.

S Juan de la Croix, carme espagnol, réformateur avec ste Thérèse d'Avila, littéralement persécuté par les récalcitrants, Docteur de l'Eglise.

XIX.

S Nimatullah Youssef Kassab al-Hardini, prêtre maronite libanais, fondateur de l' ”Ecole sous le chêne”, gratuite pour les enfants des environs du monastère ; il refusa la charge de général de son ordre, béatifié en 1998, canonisé en 2004.

Bse Franziska Schervier, allemande, fondatrice des Sœurs des Pauvres de Saint-François.

XX.

B Isidro Alonso Peña (1859-1936), frère coadjuteur lazariste espagnol, martyr, béatifié en 2017.
B Antonio Cubells Minguell (Protasi, 1880-1936), de l'Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyr à Barcelone, béatifié en 1992.

Drosis d’Antioche de Syrie
2. siècle

Drosis, une vierge d’Antioche de Syrie (auj. Antakya), mourut brûlée vive.
Elle eut peut-être des Compagnons, trois pour la précision, dont on ignore absolument les noms.
Il se peut que ce martyre ait eu lieu plus tard, au troisième ou au quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Drosis au 14 décembre.


Heron, Ater, Isidoros et Dioscoros d’Alexandrie
† 250

Nous disposons pour ces quatre Martyrs du témoignage de leur propre évêque, Dionysios († 264, v. 8 avril), dont le texte permet de corriger deux petites erreurs du Martyrologe : 
Heron, Ater et Isidore, Egyptiens, et avec eux un enfant de quinze ans environ, Dioscore, furent livrés. 
Et d’abord le juge s’efforça de séduire l’adolescent par ses paroles, comme facile à tromper, et de le contraindre par des tortures, comme facile à faire céder, mais Dioscoros n’obéit ni ne céda.
Quant aux autres, il les fit déchirer d’une manière très sauvage et, comme ils résistaient, il les livra également au feu.
Parce que Dioscore s’était illustré en public et qu’il avait répondu très sagement à ses questions en particulier, le juge étonné le renvoya, disant qu’il lui accordait à cause de son âge un délai pour changer d’avis. 
Et maintenant Dioscoros, très digne de Dieu, est avec nous, étant demeuré pour une lutte plus prolongée et une récompense plus substantielle.

Le texte du Martyrologe mentionne Ateus au lieu de Ater ; douze au lieu de quinze ans pour Dioscoros.
Si l’Evêque écrit qu’ils étaient Egyptiens, c’est qu’ils étaient sans aucun doute indigènes, de langue copte, et non habitants d’Alexandrie, cette grande ville cosmopolite où l’on parlait grec. Peut-être que leurs noms devraient donc s’orthographier différemment.
Leur martyre eut lieu en 250, quatorze ans avant la mort de l’évêque Dionysios.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Heron, Ater, Isidoros et Dioscoros d’Alexandrie au 14 décembre.


Leucius, Thyrsus et Callinicus de Césarée de Bithynie
† 250

Lors de la persécution de Dèce, un fonctionnaire arriva à Césarée de Bithynie (act. Turquie NO) pour y faire appliquer l’édit qui frappait les Chrétiens.
Leucius, qui était un citoyen d’un certain rang, vint ouvertement reprocher au fonctionnaire son attitude. Il subit alors une série de tourments, et fut décapité.
Thyrsus avait admiré le courage de Leucius, et vint reprocher au même sa sévérité : sans jugement, il fut livré sur place aux bourreaux ; mais ceux-ci ne réussissaient pas à le faire taire et Dieu le rendait d’autant plus fort que les tortures l’affaiblissaient ; on le conduisit à Apollonie (auj. Aboulioun), distante d’une cinquantaine de kilomètres de Césarée.
Là, un prêtre des idoles se convertit instantanément devant le courage de Thyrsus, ainsi qu’une quinzaine de confrères. Ce prêtre s’appelait Callinicus (Kallinikos).
C’est alors que succomba Thyrsus, à la suite des nombreux tourments infligés.
Ces trois Martyrs ne sont donc pas morts le même jour, mais ils sont liés dans un même contexte.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Leucius, Thyrsus et Callinicus de Césarée de Bithynie au 14 décembre.


Ares, Promus et Elias d’Ascalon
† 308

Ces trois Martyrs n’étaient pas nommés dans le précédent Martyrologe.
Ils venaient d’Egypte, et voulaient gagner la Cilicie (Asie Mineure) pour aller assister et encourager les victimes de la persécution de l’empereur Maximin.
A Césarée (Palestine), ils furent arrêtés. On leur creva les yeux, on leur coupa les pieds.
Conduits à Ascalon (act. Ashkelon, Israël), ils subirent le martyre, Ares par le feu, Promus et Elias par la décapitation.
C’était en 308 ou 309.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ares, Promus et Elias d’Ascalon au 14 décembre.


Pompeius de Pavie
† 350

On a rencontré au 9 décembre s.Syrus, le premier évêque de Pavie, que l’on croit bien faire de situer au quatrième siècle.
Pompeius fut son successeur immédiat.
Son épiscopat dura peu d’années, dit une chronique, ce qui peut vouloir dire tout de même une dizaine ou une quinzaine d’années, car les évêques restaient parfois trente, quarante, cinquante ans sur le même siège.
Pompeius mourut apparemment vers le milieu du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pompeius de Pavie au 14 décembre.


Nicasius de Reims
† 407

Nicasius avait une sœur, nommée Eutropia.
Nicasius fut, vers 400, le onzième évêque de Reims. 
C’est assez probablement lui qui fit édifier l’église Sainte-Marie, à l’origine de l’actuelle cathédrale.
Lors de l’invasion des Vandales en 407, Nicasius préféra rester dans la ville, près de ses fidèles, plutôt que de s’enfuir lâchement. Les Vandales le trouvèrent avec Eutropia devant la cathédrale. Nicasius chantait le psaume 118 : il était arrivé au v. 25, Mon âme est attachée à la poussière, lorsqu’un coup d’épée lui trancha la tête. Le Martyr se pencha pour la ramasser et continua de chanter : Rends-moi la vie selon ta parole !
Eutropia préféra mourir avec son frère, qu’être la proie des désirs honteux de ces païens. Elle se précipita vers l’assassin, et se permit de le gifler si fort, dit la chronique, que les yeux du bonhomme sortirent de leurs orbites et tombèrent à terre. Elle fut aussitôt abattue.
D’autres perdirent aussi la vie à cet instant, des clercs et des laïques. On cite le diacre Florentius et un certain Iucundus.
Les meurtriers furent alors saisis d’une grande frayeur. Un grand bruit leur sembla sortir de l’église et ils se retirèrent en désordre.
La nuit suivante, les Chrétiens réfugiés alentour virent des lumières dans la ville et entendirent des mélodies célestes.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Nicasius de Reims, avec Eutropia, Florentius et Iucundus, au 14 décembre.


Agnellus de Naples
† 596

Agnellus serait né vers 535, de riches parents nommés Federicus et Ioanna. Ils venaient de Syracuse (et auraient été parents de sainte Lucie, v. 13 déc.).
Le garçon grandit dans l’ascèse et vivait en ermite dans une grotte.
A la mort de ses parents, il utilisa son héritage pour secourir les pauvres et construisit un hôpital.
Son premier grand miracle fut qu’en 581, devant le péril d’une invasion des Lombards, il se montra dans la ville de Naples, brandissant la croix : le ville fut épargnée. 
Fuyant la célébrité, il se retira pendant sept ans non loin de Frosinone (Latium, Italie C).
Revenu à Naples, il fut ordonné prêtre et devint abbé d’un monastère fondé, disait-on, au cinquième siècle par saint Gaudiosus (v. 27 oct.). Ce monastère devait probablement être de rite basilien (oriental, d’après la règle de s.Basile), mais prit ensuite la règle de s.Augustin.
On rapporte d’Agnellus qu’il faisait beaucoup de miracles. Un de ceux-là fut la libération d’un prisonnier des Sarrasins, à la condition qu’il vécût désormais chastement.
Agnellus mourut en 596.
Au début du vingtième siècle, furent encore reconnus beaucoup de miracles, guérisons inattendues, spectaculaires, dont les protagonistes laissèrent des témoignages. Certains habitaient au loin, en Amérique même, et obtenaient des grâces par l’invocation de s.Agnello.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Agnellus de Naples au 14 décembre.

Venantius Fortunatus

530-607

 

Venantius (On l’appelle couramment Venance Fortunat) serait né vers 530, près de Trévise (Venise, Italie) et s’appelait exactement : Venantius Honorius Clementianus Fortunatus.

Il reçut une formation intellectuelle extrêmement soignée en lettres latines et devint bientôt l’auteur apprécié de billets, récits, proses, vers de toutes sortes.

En passant par la Germanie il s’en vint en Gaule, poussé par sa dévotion à saint Martin.

Il alla vénérer la tombe de saint Hilaire à Poitiers, où il rencontra sainte Radegonde, cette reine devenue moniale, abbesse de Sainte-Croix. Entre eux deux s’affermit une sainte amitié qui aida Fortunat à se sanctifier toujours plus.

C’est dans ces circonstances qu’il écrivit des hymnes que nous chantons encore durant le temps de la Passion : Vexilla regis, Pange lingua.

Une de ses œuvres est une Vie de saint Martin, en vers. Il en écrivit d’autres, comme celle de sainte Radegonde. On lui doit aussi des commentaires, sur le Pater et sur le Credo.

Venance devint prêtre, puis fut appelé à succéder à l’évêque Platon de Poitiers.

Venance Fortunat mourut probablement un 14 décembre, une vingtaine d’années environ après sainte Radegonde, qui mourut en 587.

 

 

Folcuin de Thérouanne

780-855

 

Folcuin était le fils de Jérôme, lui-même fils naturel de Charles Martel, et de Ercesinde. Il a pu naître vers 780.

Vers trente ans, en 816-817, il fut nommé évêque de Thérouanne, quatorzième titulaire de ce diocèse.

En 839, il régla les rapports entre deux abbayes, établissant que celle de Saint-Omer devait dépendre de celle de Saint-Bertin. Il devait avoir quelque méfiance envers l’abbé de Saint-Omer, qui s’était approprié des reliques de s.Omer (v. septembre) : Folcuin les remit à Saint-Bertin, où elles étaient précédemment.

Il participa à divers conciles : Paris (846), Quierzy (849), Soissons (853).

Quand le roi appris qu’il vieillissait et que les infirmités l’empêchaient de célébrer la messe publiquement, il lui envoya de son propre chef un successeur, malgré les canons. Devant l’intrus, Folcuin trouva la force de célébrer la messe, mais il remplaça la bénédiction finale par une malédiction solennelle. Terrorisé, le malheureux s’enfuit, il se tua en tombant de cheval et tous ses compagnons moururent peu après.

Folcuin entreprit ensuite une nouvelle visite pastorale, mais il mourut à Esquelbecq sur l’Yser, le 14 décembre 855.

Son épiscopat avait duré trente-neuf ans.

C’est à l’abbaye Saint-Bertin qu’il fut enseveli.

Le petit-neveu de Folcuin, qui portait le même nom et était moine à Saint-Bertin, se trouva péniblement souffrant des jambes et ne se déplaçait qu’avec deux cannes. Un jour que la douleur était encore plus vive, il voulut aller prier au tombeau de s.Bertin (v. 5 septembre) et, passant devant celui de son grand-oncle, l’évêque Folcuin, pria intérieurement ce dernier pour sa guérison - qu’il obtint instantanément. Ce fut le début d’un culte fervent, de la part des moines d’abord, de tout le peuple ensuite.

Saint Folcuin de Thérouanne est commémoré le 14 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bonaventura Buonaccorsi

1240-1315

 

On ne connaît pas le vrai prénom (ni peut-être le vrai nom) du chef des gibelins qui, à Pistoie, en 1276, demanda à saint Filippo Benizi (v. 22 août) de l’accepter au noviciat. Qui était-il ?

Il était né vers 1240 à Pistoie (Toscane, Italie) et, au milieu des interminables rivalités entre guelfes et gibelins et entre villes italiennes, finit par se trouver à la tête des gibelins de sa ville natale.

En 1276, Filippo Benizi vint prêcher dans cette ville, justement pour pacifier les esprits et les appeler à la réconciliation. Beaucoup se convertirent, vendirent leurs biens et demandèrent l’habit religieux. Parmi eux donc, se trouvait notre homme qui, tout en larmes après avoir entendu les invitations de Filippo Benizi, demanda son admission immédiate, avec le nom de Bonaventura.

Il est possible qu’on ait accolé à Bonaventura le nom de la très noble famille des Buonaccorsi, mais les documents sûrs parlent en général de Bonaventura de Pistoie, sans autre précision.

Filippo fut assez impressionné mais, prudent, commença par inviter «Bonaventura» à demander pardon à tous ses ennemis, ce qu’il fit aussitôt.

Filippo l’emmena avec lui au noviciat du Monte Senario, où avait pris naissance l’Ordre des Servites de Marie.

Après sa profession, il fut le fidèle compagnon de Filippo : à Bologne, Florence, Pistoie et ailleurs. C’est que le témoignage d’un gibelin converti pouvait frapper efficacement l’auditoire.

En 1282, il accompagna encore Filippo auprès du pape, puis fut nommé prieur à Orvieto, mais fit encore (au moins) un voyage avec Filippo, notamment à Todi, où il assista Filippo à sa mort, le 22 août 1285.

On sait par ailleurs que Bonaventura aida la nièce de Filippo à compléter sa dot de mariage.

Il fut successivement provincial, prieur à Bologne en 1300, à Pistoie en 1305, à Montepulciano par trois fois en 1288, 1296 et 1306, où il fut chargé de la construction d’une église et d’un couvent sur l’initiative de sainte Agnese de Montepulciano (v. 20 avril).

Bonaventura mourut, d’après la tradition, le 14 décembre 1315, mais une confusion avec un autre Bonaventura l’a parfois fait mourir en 1319. De même, et pour la même raison, on l’a fait mourir à Florence ou à Orvieto. Mais en 1915, on a bien transféré le corps de Bonaventura d’Orvieto à Pistoie.

Les miracles opérés après la mort de Bonaventura ont fait autoriser son culte en 1822.

 

 

Juan de la Croix

1542-1591

 

Juan naquit à Fontiveros (Ávila, Espagne) le 24 juin 1542, fête de saint Jean-Baptiste, dont il reçut le nom. Son père, Gonzalo de Yepes, de noble lignée, avait épousé une femme pauvre, Catalina Álvarez, belle et vertueuse, qui mit au monde trois enfants : Francisco, Luis qui mourut jeune à six ans, plus tard Juan.

Gonzalo travaillait dur, vendant à la foire de Medina del Campo la soie préparée à domicile. Il tomba malade peu avant la naissance de Juan et mourut en 1544.

La vie de Juan fut très mouvementée, douloureuse aussi, mais parsemée de signes célestes.

Il avaita cinq ans quand la sainte Vierge l’aida à sortir d’une mare où il était tombé.

Juan apprit un peu tous les métiers : charpentier, tailleur, sculpteur sur bois, peintre. Quand la famille s’installa à Medina del Campo, il apprit à lire et à écrire au collège des Enfants de la Doctrine : il fit le domestique et servait la messe ; les sœurs lui confièrent la fonction de quêteur, puis il prit du service à l’hôpital de Las Bubas (où l’on soignait les maladies vénériennes) et devint infirmier, tout en ratissant quelques moments de solitude pour étudier la grammaire et la philosophie, qu’il apprit chez les Jésuites.

Il devint habile dans la tournure de vers en latin, il traduisit Cicéron, Jules César, Virgile, Ovide, Martial, Horace.

En 1563, il prit l’habit des «frères de la Vierge» (carmes) avec le nom de Juan de Saint-Mathias, mais il aurait préféré encore mieux les Chartreux, tout en songeant qu’il avait encore besoin d’étudier, et pour cela passa au collège carme de Salamanque. Au collège, il fut nommé préfet des étudiants, à cause de ses dons intellectuels.

En 1567-1568, il fut théologien et reçut l’ordination sacerdotale. C’est à cette époque qu’il rencontra Teresa di Avila, que nous appelons chez nous «la grande Thérèse» ; son l’idéal le captiva : il fallait retrouver l’idéal du Carmel dans son austérité primitive. Il renonça à terminer les longues études de théologie et suivit Thérèse à Valladolid. En 1568, il fonda le premier carmel masculin de la réforme : les Carmes Déchaux. Juan s’appellera désormais Juan de la Croix. 

La réforme commençait. En 1570, Juan était maître des novices à Mancera ; en 1571, il régissait le collège des étudiants carmes à Alcalá de Henares ; à partir de 1572, il fut confesseur des carmélites à Ávila. Sainte Thérèse d’Avila s’en «plaignait» en disant de lui : Il n’y a pas moyen de parler de Dieu avec mon Père Juan de la Croix. Il entre aussitôt en extase et y fait entrer les autres.

Il y aura encore bien d’autres signes de la vie mystique de Juan. 

Mais pour le moment, un chapitre général carme qui se tenaitt en Italie, condamna véhémentement ce mouvement de réforme des «primitifs» de Castille, qu’on taxait de désobéissants, rebelles et contumaces. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 1577, Juan fut enlevé avec un confrère et conduit à Tolède et ils seront enfermés pendant neuf mois à Medina del Campo, outre que soumis à un régime plutôt rigoureux. Sainte Thérèse essaya de le faire libérer, en vain. C’est là que Juan écrivit la première version de son Cantique spirituel. Ce fut un miracle de la Sainte Vierge qui, manifestement, l’aida à s’évader, peu après le 15 août 1578 (certains disent en mai).

On ne le poursuivit pas. Il se trouva bientôt à confesser les carmélites de Beas de Segura (Jaén), où il se refit quelque peu.

En 1579 il fonda le collège carme de Baeza ; en 1582 il fut élu prieur du carmel de Grenade, où il construisit de ses mains un aqueduc et un cloître.

Il devint bientôt vicaire général d’Andalousie en 1585, prieur à Ségovie en 1588. Cette année-là, la réforme fut tout de même officiellement reconnue dans l’Ordre. 

Mais le chapitre de Madrid, en 1591, le destitua de toute charge, comme il l’avait d’ailleurs pronostiqué. Il fut même abondamment calomnié. A cette même période, il avait demandé au Christ «des souffrances à pâtir pour (Lui)», préférant être «sous-estimé et compté pour rien». On lui donna le choix entre le monastère de Baeza et celui d’úbeda (Jaén) : il préféra ce dernier, justement parce que l’atmosphère ne lui était pas favorable.

Là, il dut être opéré de cinq abcès à la jambe, qu’on lui ouvrit du haut du mollet au talon ; puis de deux abcès aux reins ; d’un autre à l’épaule. On pensa l’aider à supporter mieux la douleur en invitant deux guitaristes à jouer près de lui, mais il les éconduisit gentiment, préférant offrir ses souffrances à Dieu, souffrances qu’il appelait ses «cadeaux bienfaisants».

Au soir du vendredi 13 décembre, il demanda à entendre le Cantique des Cantiques. Au matin, il mourut après avoir répété le verset du psaume 30 : Entre tes mains, je remets mon esprit (Ps 30:6). 

Saint Juan de la Croix était, dit-on, petit, point beau, avec des yeux noirs et un front large et haut. Il reçut les grâces d’un grand mystique, avec des extases et des miracles. Il fut un grand poète à l’inspiration très profonde ; voici deux expressions de lui : 

L’amour est pareil au feu dont la flamme monte toujours.

Au soir de cette vie, on t’examinera sur l’amour.

Saint Juan fut béatifié en 1675, canonisé en 1726, proclamé Docteur de l’Eglise en 1926. Longtemps, les villes de úbeda et Segovia se sont disputé ses reliques ; ce qui en reste se trouve actuellement à Segovia.

En 1952, les poètes de langue espagnole l’ont pris comme Patron.

Il est mentionné le 14 décembre au Martyrologe et fêté le même jour. 

Youssef Kassab Al-Hardini

1808-1858

 

Youssef est l’un des six (ou sept) enfants de Girgis Kassab (de Hardine) et de Mariam Flaad (de Tannourine) ; il naît à Hardine (nord-Liban) et reçoit au baptême le nom de Youssef.

Dès ses études de jeunesse à Houb, il est attiré par la tradition monastique maronite. Trois autres frères suivront aussi cette voie : Tanios, qui sera curé de paroisse ; Elisée, qui sera ermite pendant quarante-quatre ans, ; Msihieh qui vivra dans le cloître à Hrache.

Youssef entre dans l’Ordre libanais maronite en 1828, et prend le nom de Nimatullah («Grâce de Dieu»).

Dès cette période, on le trouve souvent en prière durant la nuit devant le Saint-Sacrement.

Après ses études au monastère, il retourne à Tannourine, où son grand-père maternel (Youssef Raad) est curé. Il participe ainsi à la liturgie et devient aussi l’ami des musulmans.

Il est envoyé pour deux ans au monastère Saint-Antoine de Qozhaya, près de la Qadischa (Vallée Sainte), pour son noviciat. Il y apprend la reliure des manuscrits et des livres, un art où il excellera.

Il fait la profession monastique en 1830, et part étudier la philosophie et la théologie au monastère Saint-Cyprien-Sainte-Justine de Kfifane. La vie ascétique et les travaux des champs le mettent à dure épreuve, il tombe malade ; le supérieur l’exempte du travail des champs et le charge du soin des habits de la communauté : il devient alors le tailleur de ses confrères.

Il est ordonné prêtre en 1833, et reçoit la charge de diriger le scolasticat, où il enseignera la théologie morale, jusqu’à ses dernières années. Un de ses élèves s’appelle Charbel Makhlouf, plus tard canonisé (voir au 24 décembre).

Il fonde à Kfifane et à Bhersaf l’Ecole sous le chêne, destinée à l’enseignement gratuit pour les enfants du village.

1840-1845 : les guerres civiles mettent à feu et à sang le Liban ; en 1860 de nombreux monastères seront brûlés, des églises détruites, des chrétiens maronites massacrés.

Or, en 1845, Nimatullah est nommé Assistant Général de l’Ordre Maronite par le Vatican, charge qui lui sera reconduite plusieurs fois.

Sur sa demande, sept moines qui ont achevé leur scolasticat sont envoyés au nouveau collège des Jésuites à Ghazir, pour y compléter leur formation.

1848-1849 : Nimatullah passe deux années aux monastères Saint-Maroun d’Annaya et à Saint-Antoine de Houb.

1853 : il retourne à Kfifane pour l’enseignement de la théologie morale.

Très dur pour lui-même, il est patient et prévenant pour les autres, et recevra même quelques reproches pour son excessive douceur. Son frère ermite (Elisée) lui suggéra l’érémitisme, mais il préféra rester dans la vie communautaire.

En 1856, pressenti pour être Père Abbé de l’Ordre, il refuse énergiquement. Il reste au monastère Notre-Dame de Tamiche, la maison généralice de l’Ordre, d’où il se rend fréquemment à Kfafine pour enseigner, mais aussi pour travailler à la reliure.

 

Nimatullah répétait souvent, paraît-il : Le premier souci d’un moine doit être, jour et nuit, de ne pas blesser ou affliger ses confrères.

Durant sa vie déjà, il manifesta un don de prophétie qui lui valut le surnom d’Homme de vision. C’est ainsi qu’un jour, en plein enseignement, il sentit la prémonition qu’un grand mur allait s’effondrer, non loin du monastère, et avertit les étudiants d’aller se mettre ailleurs, évitant ainsi une catastrophe. 

Une autre fois, il demanda au moine chargé du soin des vaches du monastère, de vite éloigner ses bêtes : un moment plus tard, le toit s’écroulait, mais les vaches étaient sauves. Il faut rappeler que, pour le monastère, les vaches étaient une nécessité vitale.

Un matin que son servant de messe n’arrivait pas, il alla réveiller le garçon, qui en fait souffrait d’une grave fièvre ; Nimatullah ordonna à la fièvre de partir, et le garçon put se lever immédiatement.

Une petite explication s’impose ici, à propos de la présence du servant de messe. Celle-ci était de rigueur, jusqu’à un temps relativement encore récent. C’est ainsi que saint Giovanni Bosco connut son premier «garnement», quand il eut absolument besoin d’une présence pour célébrer la Messe. Réciproquement, le bienheureux Charles de Foucault, dans son désert, dut attendre plusieurs mois (!) la permission de célébrer sans servant.

Au monastère de El-Kattara, les provisions vinrent à manquer ; sur la prière de Nimatullah, le cellier se trouva bientôt rempli à nouveau (vers la même époque, le même miracle était opéré par le saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, per l’intercession, disait-il, de sainte Philomène).

Victime d’une pneumonie durant un hiver glacial, il meurt le 14 décembre 1858.

Quand on rouvrit sa tombe en 1864, dans le but d’une translation, les moines remarquèrent avec étonnement que son corps était incorrompu.

D’autres miracles suivirent. Un aveugle orthodoxe demanda la grâce de la vision, qui lui fut rendue après qu’il ait prié Nimatullah. Un malade melkhite souffrait d’un mal mystérieux qui lui paralysait les jambes et que les médecins désespéraient de soigner ; le malade passa une nuit au monastère, vit en rêve Nimatullah qui lui ordonnait d’aller aider les moines, se réveilla et se vit entièrement guéri.

Le miracle retenu pour la béatification de Nimatullah fut la guérison totale d’un homme qui avait une constante nécessité de transfusions de sang : l’homme guérit, se maria, eut trois enfants et est devenu prêtre dans l’Ordre Maronite.

Nimatullah Youssef a été béatifié en 1998 et canonisé en 2004. Le Martyrologe le mentionne au 14 décembre.

 

 

Franziska Schervier

1819-1876

 

Franziska était née le 8 janvier 1819 à Aix-la-Chapelle (Rhénanie, Allemagne ouest), de Johann Heinrich Schervier, un fabricant propriétaire d’une usine d’aiguilles, et vice-maire de la ville, et de Marie-Louise Migeon, elle-même filleule de l’empereur Franz 1er d’Autriche.

La petite fille avait treize ans lorsque moururent sa pieuse mère et ses deux sœurs, de tuberculose.

Il faut signaler un grave événement de l’histoire allemande, qui eut une énorme influence sur le courant social de l’époque : l’archevêque de Cologne, Mgr von Droste-Vischering fut arrêté par le gouvernement prussien. Loin de compromettre les intérêts de l’Eglise, cette mesure ne fit que renforcer l’esprit spirituel qui animait déjà certaines personnes à propos de la condition sociale.

C’est ainsi que de pieuses dames suggérèrent à M. Schervier d’autoriser sa fille à les rejoindre pour porter une assistance aux malades, aux pauvres. D’abord Franziska eut l’autorisation demandée, mais son père conçut des inquiétudes, en voyant que sa fille amenait chez lui les malades, craignant quelque épidémie… Franziska chercha bien vite à s’émanciper et à quitter la maison.

Elle fut vivement encouragée par un bon prêtre, curé à Aix-la-Chapelle, Joseph Istas, qui malheureusement s’éteignit dès 1843.

En 1844, elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1845, mourut M. Schervier. La même année, une sainte âme, Getrude Frank, «révéla» à Franzisca qu’elle devait quitter la maison familiale et qu’elle ferait beaucoup de bien pour les âmes.

Franzisca organisa alors une nouvelle famille à l’intérieur du Tiers-Ordre franciscain, les Pauvres Sœurs de Saint-François, qui devaient s’occuper des pauvres, des malades, surtout dans ce monde ouvrier grandissant et souvent maltraité, à l’époque où l’industrialisation prenait une place toujours plus importante dans l’économie.

Les pieuses femmes reçurent des malades, organisèrent une soupe populaire, accueillirent les pauvres prostituées, en particulier celles victimes de la syphilis. 

Déjà très pauvres, les braves Religieuses eurent encore plus de difficultés lorsque certains donateurs refusèrent de les aider dans leur assistance aux prostituées, mais d’autres vocations se joignirent à elles, et l’institut se développa, en faveur des victimes du choléra, de la variole, de la typhoïde, du cancer, et des prisonniers, cherchant à obtenir un travail pour ceux qui quittaient la prison.

L’institut fut approuvé dès 1851 et connut une expansion rapide. Dès 1858, s’ouvrait une fondation aux Etats-Unis, pour assister les immigrés allemands à Cincinnati, puis à New-York, dans les états de New-Jersey et Ohio.

Visitant ces maisons durant la Guerre de Sécession, Mère Franziska servit comme infirmière dans les hôpitaux.

Il y eut aussi une branche masculine qui s’ouvrit en 1857, en plein accord avec Mère Franziska, pour les orphelins et l’instruction des garçons des classes pauvres ; ce furent les Pauvres Frères de Saint-François-Séraphique, que fonda Philipp Martin Höver à Aix-la-Chapelle.

Mère Franziska souffrait d’un asthme pénible : lors d’un pèlerinage à Lourdes, elle guérit (1870). Celle que le peuple appelait la mère des pauvres, mourut le 14 décembre 1876.

En 1908, l’institut reçut l’approbation papale. On y comptait déjà plus de deux mille membres.

En 1959, il y eut une sorte de scission : la branche américaine prit le nom de Sœurs Franciscaines des Pauvres, avec son siège à Brooklyn (New York) ; le branche de souche, européenne, conserva la première appellation et sa maison-mère à Aix-la-Chapelle.

Mère Franziska Schervier a été béatifiée en 1974.

Le miracle reconnu pour cette béatification, fut la guérison, inexplicable médicalement, d’un homme souffrant d’une maladie mortelle, touchant le pancréas et l’intestin.

 

 

Isidro Alonso Peña
1859-1936

Né le 15 mai 1859 à Zumel (Burgos) en la fête de s.Isidore, il en reçut le nom au Baptême le lendemain. Ses parents s’appelaient Anselmo et Leandra.

Il entra comme Frère dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) et émit la profession en 1880.

On l’envoya à Sigüenza (Guadalajara), Teruel et Madrid, à la maison provinciale puis à celle de la rue Lope de Vega, enfin à Valdemoro.

On va voir avec quelle méchanceté on maltraita ce bon vieillard de soixante-dix-sept ans. La maison de Valdemoro fut prise d’assaut par les révolutionnaires le 26 juillet 1936 et tous les Religieux mis dehors ; ce n’est que sur l’intervention d’un gradé qu’on ne les massacra pas immédiatement sur la place publique. Le groupe auquel appartenait le Frère fut orienté vers la gare, qui se trouvait à plus d’un kilomètre de là ; on marcha sous le soleil brûlant. On les emmena à Getafe (Madrid), dans le collège des Piaristes réquisitionné comme prison. Puis ce fut une autre prison, et ainsi de suite jusqu’à celle de Ventas le 29 juillet.

Le Frère souffrait en silence, humblement, et cette situation dura quatre mois et demi. Sa santé se détériora progressivement et il mourut à l’infirmerie, le 14 décembre 1936.

Reconnu comme martyr et béatifié en 2017, Isidro Alonso Peña sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 décembre.

 

 

Antonio Cubells Minguell

1880-1936

 

Antonio naquit le 27 décembre 1880 à Coll de Nargó (Espagne), d’un père musicien qui lui légua ses dons.

A douze ans, malade, il fut hospitalisé à Barcelone, où il connut ainsi l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu.

Il y entra en 1893, à Ciempozuelos, et prit le nom de Protasio quand il fit la profession en 1899.

Il exerça son apostolat dans de nombreuses maisons : Ciempozuelos, Pinto, Santa Águeda, Carabanchel Alto, Barcelona, Granada, San Baudilio de Llobregat, Madrid, Calafell, Valencia, Gibraltar, Jerez de la Frontera. Il fut prieur deux années à Calafell et deux années à San Baudilio.

Outre que doué pour l’enseignement, il était aussi un excellent musicien. Avec les enfants dont il s’occupait, il formait des chorales qui exécutaient des pièces du répertoire ainsi que ses propres œuvres. Au moment de son arrestation, il était conseiller provincial.

En déplacement à Manresa, il fut surpris par la guerre civile et revint hâtivement à Barcelone dans les premiers jours d’août 1936.

Mais la maison de Barcelone avait été prise d’assaut et évacuée par les miliciens en juillet et Antonio-Protasio se réfugia chez une famille d’amis, donnant des leçons de musique en échange de l’hospitalité.

Au début, il n’hésitait pas à se déplacer dans les rues, mais finit par éviter de se montrer publiquement.

La maîtresse de maison lui proposa de l’aider à s’expatrier, mais il répondit doucement : Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’être martyr ; qu’il advienne ce que Dieu voudra. C’était le 11 décembre.

Le 14 décembre 1936, il fut reconnu et arrêté, conduit hors de la ville et fusillé le jour-même.

 

Il a été béatifié en 1992.

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 00:00

 

13 DÉCEMBRE

 

II.

S Antiochus, martyr dans l'île de Sulci (Sant'Antioco) ; c'était un médecin chrétien, exilé.

IV.

SS Eustratios, Auxentios, Eugenios, Mardarios et Orestes, martyrs en Arménie.

S Ariston, martyr à Porto Romano.

Ste Lucie, vierge martyre à Syracuse, dont elle est la patronne.

VII.

S Urcisse, évêque à Cahors ; pour une controverse politique, il fut un moment suspendu, tout en restant administrateur du diocèse.

S Josse, ermite dans le Ponthieu, frère de s. Judicaël.

S Aubert, évêque à Cambrai.

Ste Odile, abbesse ; née aveugle, elle guérit au baptême ; le lieu de son baptême serait Baume-les-Dames ou Moutier-Haute-Pierre ; son abbaye devint le Mont-Sainte-Odile.

VIII.

Ste Edburge, abbesse à Thanet ; elle correspondait avec s. Boniface.

XVI.

B Francesco (Giovanni) Marinoni, vénitien ; supérieur des théatins à Naples, il savait être exigeant : il fit brûler ce qu'avait écrit un diacre, trop exalté par le travail intellectuel ; il fit renvoyer un prêtre qui célébrait avec quelques singularités de piété.

XVII.

Ste Jeanne Françoise Fremiot de Chantal, grand-mère de Mme de Sévigné, fondatrice avec s. François de Sales, de l'Ordre de la Visitation ; son frère était évêque à Bourges ; fêtée désormais le 12 août.

B Antonio Grassi, oratorien à Fermo ; il déconseillait formellement les mortifications corporelles, au profit de l'humilité sincère.

XIX.

SS Chŏng Mun-Ho Bareutollomeo, Chŏng Wŏn-ji Peteuro (un jeune époux de vingt-et-un ans), Cho Hwa-sŏ Peteuro, Son Sŏn-ji Peteuro, Yi Myŏng-sŏ Peteuro, Han Wŏn-Sŏ Yosep, laïcs coréens martyrs, canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre.

XX.

Bse Costanza Starace (Maria Maddalena de la Passion, 1845-1921), consacrée à quinze ans, fondatrice des Sœurs Compassionistes dans la province de Naples, béatifiée en 2007.

Antiochus de Sulci
2. siècle ?

Antiochus aurait été un médecin qui, en Galatie et en Cappadoce (Asie Mineure, act. Turquie) amenait maintes foules à la conversion tout en exerçant son métier.
L’empereur Hadrien ayant promulgué un édit de persécution, Antiochus fut arrêté, torturé et exilé sur la petite île de Sulci (auj. Sant’Antioco, Sardaigne S).
Sur cette île, le médecin aurait alors mené une vie tout érémitique, s’abritant dans une grotte.
Là encore, il fut dénoncé, puis martyrisé, en priant pour la Sardaigne.
Si la mention d’Hadrien est correcte, ce martyre eut lieu au deuxième siècle ; les spécialistes penchent cependant pour le quatrième siècle, supposant qu’on se soit trompé sur le nom de l’empereur.
Antiochus de Sulci serait mort un 13 novembre, mais le Martyrologe Romain le mentionne au 13 décembre.

 

Eustratios, Auxentios, Eugenios, Mardarios, Orestes d’Arménie
303

On est fort mal renseigné sur ces cinq martyrs.
Eustratios subit des tortures d’une cruauté raffinée. Il démontrait aux juges que la conduite des dieux païens est ridicule et immorale, citant les auteurs grecs anciens comme Homère, Eschyle, Platon… A la fin, il fut jeté dans une fournaise.
Avec lui souffrit également Orestes, qui périt sur un lit de fer chauffé à rouge.
Les autres, Auxentios, Eugenios et Mandarios, subirent d’autres tourments encore. Il ne semble pas qu’ils aient été martyrisés au même endroit, ni au même moment que les deux précédents.
On date leur martyre durant la persécution de Dioclétien (303).
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs d’Arménie au 13 décembre.


Ariston de Porto Romano
4. siècle ?

On ignore tout de ce Martyr, sauf que son culte est assez ancien ; on parle du quatrième siècle, mais on pourrait aussi remonter au deuxième siècle.
Ariston reçut le martyre à l’embouchure du Tibre, au-delà d’Ostie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Ariston de Porto Romano au 13 décembre.

 

Lucia de Syracuse

4e siècle

 

Sainte Lucie est une martyre traditionnellement vénérée à Syracuse, célébrissime, mais dont la Passio embarrasse certains spécialistes.

Elle aurait d’abord obtenu par ses prières la guérison de sa mère, Euticia, qui était veuve depuis neuf ans déjà.

Puis, voulant appartenir toute au Christ, elle vendit son héritage, qui était important, ce qui contraria son fiancé.

Dénoncée par celui-ci au consulaire Paschasius, elle justifie sa générosité et montre sa foi entière en Jésus-Christ.

On veut la traîner dans un lupanar, mais elle devient si pesante que même des bœufs ne peuvent la tirer.

Elle est frappée d’un glaive et expire après avoir pu recevoir encore le Corps du Christ ; pendant ce temps, Paschasius est enlevé, accusé d’avoir dilapidé la province, et condamné à mort. 

Sainte Lucie, dont le nom est apparenté à Lux, lumière, est vénérée le 13 décembre, à un moment où très souvent la météorologie apparaît plus sereine ; et le même jour aussi que sainte Odile, dont les yeux aveugles s’ouvrirent à la lumière le jour de son baptême.

La Martyre de Syracuse est mentionnée dans la prière du Nobis, quoque, peccatoribus du Canon romain de la messe.

Notons pour finir qu’en latin, Lucie se dit Lúcia, mais que les Italiens accentuent aujourd’hui Lucía.

 

 

Josse

† 669

 

Josse (en latin Iudocus) était un des fils de Juthaël, roi de Dommonée (Bretagne), et donc frère de Judicaël (v. 17 décembre).

Il étudia au monastère de Lan-Maëlmon.

Judicaël succéda à son père puis, en 636, abdiqua en faveur de son frère, mais Josse demanda un délai de huit jours pour réfléchir.

Quelques jours plus tard, alors qu’il se tenait devant la porte du monastère de Lan-Maëlmon, Josse vit onze voyageurs en partance pour Rome. Prenant seulement un bâton et une tablette, il se joignit à eux. 

Ces voyageurs durent être heureusement surpris des bonnes dispositions de Josse. L’un d’eux devait être évêque ou abbé, à moins que Josse ait reçu là l’apparition des Anges. Ce qui est certain est que, dès qu’ils eurent franchi le Couesnon (un petit fleuve côtier de Bretagne), ils le tonsurèrent. 

Ils gagnèrent bientôt Amiens, où le noble Haymon les reçut fort bien. On a déjà rencontré Haymon dans la vie de s.Fursy (v. 16 janvier). Là, les onze poursuivirent leur pèlerinage, tandis que Josse demeurait sur place. Haymon le fit bientôt ordonner prêtre pour desservir sa propre chapelle et en fit le parrain de son fils.

Sept ans plus tard, Josse voulut se retirer davantage et s’installa sur une île de l’Authie, à Brahic (auj. Raye-sur-Authie). Il prit avec lui un certain Wurmar, se construisit une cabane et une petite chapelle. Josse partageait avec Wurmar ses maigres repas, mais aussi avec les petits oiseaux et les petits poissons. Il enseigna à Wurmar à faire confiance à la Providence : un jour qu’il n’y avait qu’un pain pour toute nourriture, Josse ordonna à Wurmar d’en donner la moitié à un pauvre qui se présentait ; pour un second qui frappait à son tour, il lui ordonna de donner la moitié du pain restant ; de même pour un troisième ; le quatrième reçut ce qui restait. Wurmar ne put s’empêcher de s’inquiéter pour son estomac. Pour toute réponse, Josse lui fit remarquer l’arrivée de quatre petits bateaux chargés de victuailles.

Huit ans après, cependant, pour échapper aux pièges du diable, Josse eut besoin de se déplacer une nouvelle fois. Haymon lui signala Runiac sur la Canche, où Josse construisit une chapelle à s.Martin. Il y resta cette fois-ci treize ans. Il y élevait onze poules et un coq. Un aigle trouva les poules à son goût et en emporta une, puis une autre, enfin les douze ; Josse supporta ce larcin sans sourciller, mais quand l’aigle s’en prit au coq, il intervint : un signe de croix et l’aigle, lâchant sa proie, alla expirer.

Josse eut une autre épreuve. Parmi les nombreuses attaques de l’Ennemi, ce dernier lui envoya un serpent qui le mordit profondément au pied. Josse décida de quitter cet endroit dangereux. Haymon, encore une fois, s’empressa de l’orienter. Ils visitèrent la grande forêt voisine ; Josse fit jaillir une source d’eau en plantant son bâton, puis construisit deux oratoires, en l’honneur des ss.Pierre et Paul.

Ce pèlerinage que Josse n’avait finalement pas fait au début de sa quête d’un havre de paix, il le fit enfin. Au retour, un aveugle guérit en se lavant le visage avec l’eau qui avait servi à Josse pour se laver les mains. Haymon le reçut à nouveau avec empressement et lui montra l’église Saint-Martin qu’il avait élevée pendant ce temps, en lui donnant de vastes terrains, sans doute pour édifier quelque monastère.

On rapporte qu’un jour où Josse célébrait la Sainte Messe, et alors qu’il allait consacrer le pain, on vit une main lumineuse descendre et bénir Josse, tandis qu’on entendait une voix : Josse, parce que tu as méprisé les richesses de la terre… pour te cacher dans une terre étrangère, sache qu’en récompense je t’ai préparé une couronne de gloire…

Josse mourut un 13 décembre, d’une année qu’on indique comme 669, sans aucune preuve. L’unique date certaine qu’on ait, est celle de l’abdication de Judicaël.

Un fait remarquable se produisit après la mort de Josse. Son corps restait intact et ses neveux, Winoc et Arnoc, le lavaient et le tonsuraient régulièrement. Un des successeurs d’Haymon voulut constater le phénomène et alla ouvrir de lui-même la tombe : il n’eut que le temps de dire Ah, saint Josse !, qu’il en resta sourd et muet. 

On ne sait ce qu’il advint de l’ermitage de Josse dans les années suivant sa mort, ni du monastère que lui ou un successeur aurait édifié. Toujours est-il que les bâtiments en furent détruits lors d’une invasion normande.

Fuyant les Normands en 903, les moines emportèrent, paraît-il, les reliques de Josse en Angleterre et les déposèrent en l’abbaye de Hyde. Mais les moines de Saint-Josse-sur-Mer affirmèrent que s.Josse était apparu à leur sacristain, indiquant où se trouvait caché son saint corps (977). Cette abbaye disparut en 1772.

Il y eut aussi une autre abbaye, construite à l’emplacement présumé d’un des premiers ermitages de Josse ; elle aussi disparut à la Révolution ; de l’église, il ne reste que des ruines.

Saint Josse est commémoré le 13 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aubert de Cambrai

600-669

 

Aubert naquit vers 600 à Haucourt (Nord).

Après avoir été moine à Luxeuil, il devint en 633 le septième évêque de Cambrai.

En 650, il prit part avec s. Eloi (v. 1er décembre) à la translation des reliques de s.Fursy à Péronne (v. 16 janvier).

Des privilèges épiscopaux concernant divers monastères portent sa signature comme témoin : Sens (660), Saint-Bertin (662), Corbie (664), Soissons (667).

On lui doit aussi des monastères en Flandre et en Hainaut, ainsi que le début de la construction de l’abbaye Saint-Vaast en 667.

Il mourut vers 669 à Cambrai., au terme d’un épiscopat d’environ trente-six ans.

Il est patron des boulangers.

Saint Aubert de Cambrai est commémoré le 13 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Odile

7e siècle

 

Otilia (Odile) était la fille d’un duc de l’actuelle Alsace, Etih (ou Adalric), qui avait fondé un monastère, Hohenburg.

Son épouse, Persinde, eut une fille (notre Odile) qu’il ordonna de tuer, parce que c’était, d’abord, une fille, ensuite parce qu’elle était aveugle. Ils eurent ensuite un fils, Adalbert.

Odile fut secrètement confiée à une ancienne domestique, qui la remit au monastère de «Palma» (peut-être Baume-les-Dames, peut-être aussi Mouthier-Haute-Pierre, plus au sud).

Un évêque de Bavière, Erhard, averti par le Ciel, vint la baptiser : aussitôt, la petite fille se dressa sur ses pieds et voyait clair.

Etih apprit le miracle, mais ne voulait rien savoir d’Odile ; en revanche, le frère de celle-ci la ramena ; dans sa fureur, Etih le frappa à mort puis, repentant, s’enferma dans un monastère et voulut enfin revoir sa fille que, désormais, il protégea.

Quand il mourut, Odile pria intensément et apprit qu’il était délivré du Purgatoire.

Odile devint l’abbesse des cent-trente moniales. Elle fit édifier un deuxième monastère, plus accessible aux pèlerins. C’est ainsi que se développa Niedermunster, à côté de Hohenburg. Parmi les moniales, il y eut les trois filles d’Adalbert. 

Contrairement à ce qui fut dit plus haut, certains affirment que ce dernier fut assassiné par un serviteur.

Odile mourut un 13 décembre. Elle serait un moment revenue à la vie, sur la prière des moniales, pour avoir le temps de recevoir le Viatique.

Cette aveugle guérie a sa fête le même jour qu’une autre Sainte de la lumière : Lucie.

 

Francesco Marinoni

1490-1562

 

Ce furent les parents, Bernardino et Elisabeth, qui se réjouirent d’accueillir, le 25 décembre 1490, leur benjamin, Francesco, après avoir déjà reçu de Dieu deux garçons et trois filles. Les trois garçons devinrent prêtres, les trois filles restèrent célibataires pour se consacrer aux bonnes œuvres.

Francesco naquit à Venise et put, exceptionnellement pour cette époque, recevoir la Première communion à sept ans.

Il étudia à Padoue, puis fut ordonné prêtre à Venise. On lui confia l’aumônerie de l’hôpital, où il montra tout son dévouement, spécialement durant l’épidémie de peste de 1528. Puis il reçut un canonicat.

En 1528 encore, il entra chez les Théatins et fit la profession en 1530, avec le nom de Giovanni.

Puis il fut nommé supérieur à Naples. Plein de clairvoyance et de douceur en même temps, il sut se faire obéir dans une parfaite charité. Un novice proposait un don assez important : il le lui refusa, pour lui éviter la tentation de se croire insigne bienfaiteur. Un diacre, un peu trop satisfait de ses travaux intellectuels, reçut l’ordre de tout brûler ; il obéit. Un novice qui était déjà prêtre, affectait trop de particularisme en célébrant : il l’admonesta et, le constatant récalcitrant, le renvoya.

Il fut aussi chargé de la direction des Religieuses à Naples.

Lorsque le pape envisagea de le nommer archevêque de Naples, il n’osa contredire le Pontife, mais fut bien plus heureux quand ce dernier renonça à son projet.

C’est aussi avec sa collaboration que fut fondé le célèbre mont-de-piété de Naples.

Excellent prédicateur, il cessa sans broncher lorsqu’on lui fit comprendre que son âge ne le lui permettait plus ; il s’y remit, après qu’un examinateur ait proclamé qu’il n’y avait pas meilleur prédicateur dans l’Ordre. Francesco prêcha contra les Vaudois ; il avait aussi un don particulier pour réconforter les moribonds.

Début décembre 1562, il fut frappé par une épidémie durant laquelle il se prodigua auprès de ses confrères malades. Il sentit venir sa dernière heure et mourut le dimanche 13 décembre 1562.

Vénéré aussitôt après sa mort, il reçut un culte public avant même sa béatification en 1762.

 

 

Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal

1572-1641

 

Jeanne-Françoise naquit à Dijon le 23 (ou 28) janvier 1572, de parents très chrétiens. Le père était président à mortier du parlement de Bourgogne, une des charges les plus hautes de la justice de l’Ancien Régime. 

Notons au passage que le nom de famille Fremiot ne porte normalement pas d’accent.

Dans cette famille farouchement catholique, Jeanne apprit toute petite à haïr les huguenots, sentiment qui se lénifia plus tard avec les épreuves et surtout la direction spirituelle qu’elle reçut.

Orpheline de mère à dix-huit mois, elle grandit dans cet attachement à la religion et dans une éducation fort soignée : outre les lettres, la danse, la musique, le chant, la broderie etc.

A vingt ans, elle épousa Christophe de Rabutin, baron de Chantal, et mettra au monde six enfants, avant que ce baron ne meure d’un stupide accident de chasse. Cette séparation lui coûta énormément. D’abord révoltée, elle voulut plus tard montrer son plein pardon envers le responsable de l’accident, en voulant être la marraine de son fils. Puis, pour barrer toute proposition de remariage, elle fit le vœu de chasteté et se marqua au fer rouge sur la poitrine le nom de Jésus.

Des six enfants, deux moururent en bas âge ; l’aîné sera le père de la marquise de Sévigné. 

Elle eut un premier directeur de conscience, maladroit et prétentieux. Puis elle entendit durant le carême 1604 l’illustre prédicateur qu’était François de Sales, tout récemment sacré évêque de Genève, qui devint bientôt son confesseur et conseiller spirituel. 

Avec la légendaire douceur dont était capable François de Sales, Jeanne-Françoise apprit à freiner la mondanité, simplifiant encore plus sa toilette, coupant ses beaux cheveux, priant beaucoup sans jamais heurter son entourage, lisant la sainte Bible et les méditations du chartreux Ludolphe, travaillant de ses propres mains et servant les pauvres les plus hideux. 

En 1607, saint François de Sales finit par lui proposer de fonder avec lui un nouvel institut, ce qu’elle accepta avec la plus profonde disponibilité.

Mais Jeanne-Françoise devait encore s’occuper de ses enfants fort jeunes. Or sa fille aînée se maria bientôt (avec le frère de saint François de Sales), la plus jeune mourut. Des deux restant, elle confia le garçon de quinze ans au grand-père de celui-ci, et voulut emmener sa fille Françoise.

Au moment de quitter son père, Jeanne-Françoise était très émue. Son fils se coucha même en travers de la porte pour la supplier de ne pas partir. Mais l’appel de Dieu fut le plus fort : la mère enjamba crânement le corps de son fils et partit.

En juin 1610, après avoir reçu la bénédiction du saint évêque de Genève, Jeanne-Françoise s’installa à Annecy avec deux autres Compagnes, les dames Favre et de Bréchard. L’Ordre de la Visitation commençait.

La fondation voulait unir les deux vocations de contemplation et d’action, unissant les deux vocations de sainte Marie et sainte Marthe, les deux sœurs de Lazare ; d’une part la vie intérieure et contemplative, dans la maison, et d’autre part, pour les professes, la possibilité de sortir pour «visiter» (d’où leur nom) les malades. Or, pour l’époque, c’était une nouveauté ; on était ou l’un ou l’autre, et finalement les Visitandines restèrent contemplatives.

Jeanne-Françoise, elle, eut l’obligation de voyager beaucoup, d’abord pour régler la succession de son père, puis pour établir d’autres fondations : Lyon, Moulin, Grenoble, Bourges. Il y aura quatre-vingt sept maisons à sa mort.

Lorsque l’évêque de Genève mourut, en 1622, la violence qu’elle se fit pour ne pas pleurer lui fit enfler l’estomac.

Après avoir fondé des maisons à travers la France et la Savoie, et même au-delà, elle se retrouva à Annecy, pensant être enfin déchargée de toute charge.

Pourtant, elle dut accepter d’aller diriger la maison de Moulins, où elle s’éteignit le 13 décembre 1641.

Sainte Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal fut béatifiée en 1751, et canonisée en 1767. On s’était bien inutilement inquiété pendant un temps de savoir si elle avait été touchée par le quiétisme ou par le jansénisme.

Si son dies natalis est au 13 décembre, le jour de sa fête subit quelques vicissitudes. On sait que, d’ordinaire, la fête d’un Saint se célèbre en son dies natalis, soit le 13 décembre pour notre Sainte. Mais ce jour-là est «occupé» depuis la plus haute antiquité chrétienne par la fête de sainte Lucie (et aussi par celle de sainte Odile, en Alsace), de sorte que dans un premier temps, la fondatrice de la Visitation fut fêtée le 21 août.

Cependant, lors de la réforme du calendrier en 1970, on voulut reporter généralement les fêtes des Saints à leur dies natalis, et sainte Jeanne-Françoise fut célébrée au jour le plus proche du 13 décembre, c’est-à-dire la veille, le 12 décembre.

Ce n’était pas fini. Récemment encore, l’Eglise a voulu insérer dans le calendrier la fête de Notre-Dame de Guadalupe, patronne du Mexique, au jour de son apparition, le 12 décembre 1531, à Juan Diego Cuauhtlatoatzin (v. 30 mai). La fête de notre Sainte fut alors déplacée au 12 août, le mois de l’année le plus chargé en fêtes, mais dont le 12 était encore «libre».

 

 

Antonio Grassi

1592-1671

 

Antonio naquit le 12 novembre 1592 à Fermo (Italie centre-est), de pieux parents. Le père, Vincenzo, était fort dévot à la sainte Maison de Loreto, et son fils l’imita : plus tard, tant qu’il le put, il fit chaque année le pèlerinage à pied à Loreto.

Antonio grandit dans la paix et la piété ; il construisait son petit autel, fréquentait l’église et savait répéter l’homélie du prêtre.

Excellent élève, il fut délégué par son professeur comme répétiteur de ses camarades.

Orphelin de père à dix ans, il se lia aux Oratoriens de Fermo et y fut admis en 1609, après avoir vaincu une forte opposition de sa mère.

Il s’y montra très vite un dictionnaire ambulant, grâce à son application à l’étude. Mais surtout on lui connut une parfaite égalité d’humeur, et de grands personnages purent affirmer qu’ils ne l’avaient jamais vu sortir de lui-même. C’est cette parfaite domination de soi qui l’aida plus tard dans sa responsabilité de Supérieur.

Il fut ordonné prêtre en 1617.

Favorisé d’une sorte d’extase à Loreto en 1621 (une version dit : frappé de la foudre qui lui brûla seulement les vêtements), il se donna à Dieu profondément. Bientôt chargé de confesser, il sut aider les pénitents par de brefs conseils, et surtout par le don qu’il avait de lire dans les âmes.

En 1635, il fut élu Supérieur des Oratoriens pour trois ans, et fut réélu tous les trois ans jusqu’à sa mort (donc douze fois, sans doute un record dans l’histoire).

Il restait toujours simple, et quand quelqu’un lui disait de se montrer plus sévère, il s’amusait à prendre un air autoritaire et pompeux pour montrer qu’il ne savait pas jouer ce rôle. Il excella tellement dans la pacification entre citoyens, que le gouverneur fit mettre son portrait dans la mairie. Son immense charité fut proverbiale.

Il ne permettait pas les mortifications corporelles : Humilier votre esprit et votre volonté aura plus d’effet que de porter un cilice entre votre peau et vos vêtements. Modèle exemplaire dans l’application de la Règle, il savait convaincre les autres. Tout au plus, quand l’un ou l’autre élevait la voix, il répétait : Père, je vous prie, quelques pouces de voix seulement.

Il eut des disciples éminents, trois cardinaux dont un devint pape (Clément X).

Vers la fin de sa vie, il perdit toutes ses dents, ce qui l’empêchait de parler clairement : il cessa de prêcher, et même de confesser. Il annonça la date de sa mort dès 1667. En novembre 1671, une chute dans l’escalier le réduisit à l’immobilité. L’archevêque de Fermo, un de ses anciens disciples, lui apporta la Communion chaque jour.

Avant de mourir, Antonio réussit encore à réconcilier deux frères ennemis ; ultime miracle : il rendit la vue à un Confrère qui ne pouvait plus célébrer la Messe depuis neuf ans.

Antonio Grassi mourut le 13 décembre 1671, trois jours après la fête de Notre-Dame de Loreto.

Malgré ses nombreux miracles, la cause avança lentement et il fut béatifié en 1900.

Chŏng Mun-ho Bareutollomeo

1801-1866

 

Chŏng Mun-ho Bareutollomeo était né en 1801 à Imchŏng (Ch’ungch’ŏng, Corée) et vivait dans la province de Chŏlla.

Il fut gouverneur de la région, charge qu’il résilia à partir de son baptême.

Tous, catholiques ou pas, l’aimaient et le respectaient pour son bon caractère, et aussi parce qu’il enseignait le cathéchisme.

Au bruit de la persécution, il envoya un messager à Chŏnju pour s’informer davantage des événements.  Ce messager n’était pas catholique. Avant même son retour, la police fit irruption dans le village où habitait Barthélemy, le 3 décembre 1866.

Six Chrétiens furent arrêtés, dont Barthélemy.

Amenés au bureau du gouverneur, ils se montrèrent très heureux de leur sort. On les enferma dans un cachot.

Barthélemy, qui avait soixante-cinq ans, fut très tenté d’abjurer sa foi, mais ses compagnons lui redonnèrent courage et, tout repenti, il demeura ferme et constant.

Il priait, et endura les tortures avec courage, répondant au gouverneur qu’il préférait mourir que de renier Dieu.

Quand on le conduisit au lieu du martyre, il se montra particulièrement heureux. Les bourreaux furent surpris de l’entendre murmurer encore des prières. En chemin, il dit à Petrus Cho, un de ses Compagnons : Aujourd’hui, nous passons notre examen pour le ciel. Quel beau jour en vérité !

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Barthélemy a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Cho Hwa-sŏ Peteuro

1814-1866

 

Petrus (Peteuro Jo Hwa-seo) était né en 1814 à Suwŏn (Gyŏnggi-do, Corée), fils de Cho Andrea, lui-même martyrisé en 1839 (mais qui ne fait pas partie de ceux canonisés en 1984).

Il vint vivre à Sinch’ang (Ch’ungch’ŏng) et fut au service du père Ch’oe Yang-ŏb Thomas.

En 1864, il s’installa comme cultivateur à Chŏnju, et épousa Han Magdalena, dont naquit leur fils, Cho Joseph (voir au 23 décembre). Veuf, il épousa ensuite Kim Susanna.

C’était un homme au cœur droit ; il s’efforçait de vivre sa foi catholique, de bien accomplir ses obligations. On savait qu’on trouverait en lui une oreille attentive et un cœur compréhensif.

Sa demeure était à l’écart, dans la montagne, de sorte qu’il ne recevait que des bribes de nouvelles, des bruits de persécution. S’étant rendu chez des voisins, voilà qu’un groupe de policiers fit irruption dans la maison et l’arrêta.

C’était le 5 décembre 1866.

Petrus répondit qu’il avait appris le catéchisme de son père (peut-être qu’il entendait son «père» spirituel, un des missionnaires qu’il ne voulait pas compromettre) et qu’il ne connaissait pas d’autres Catholiques que son fils (ce n’était pas un «mensonge» ; c’était une parole prudente, pour ne pas avoir à révéler d’autres noms aux persécuteurs).

Là-dessus arriva son fils Joseph : Petrus lui dit de vite partir, mais Joseph ne voulait pas laisser son père, et se livra de lui-même aux policiers. Ils furent emmenés à la prison de Chŏnju. En chemin, ils s’encourageaient mutuellement, au grand étonnement des non-catholiques qui les entendaient.

En prison, Petrus encouragea les autres Catholiques déjà prisonniers. Entre autres, il remonta le courage de Chŏng Mun-ho Bartholomæus, qui était tenté de renier sa foi pour fuir les tortures. Quelle grande récompense nous allons recevoir au Ciel, lui disait-il. A son fils, il disait qu’ils allaient se retrouver au Ciel.

Il subit des séances de tortures répétées, pour avoir nié connaître d’autres Catholiques, et pour être en possession de livres «occidentaux».

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il fit lentement le signe de la croix et recommanda encore à ses bourreaux de s’ouvrir à la foi en Dieu.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866. Il y eut quatre Pierre qui furent martyrisés ce même jour.

Cho Hwa-sŏ Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Son Sŏn-ji Peteuro

1819-1866

 

Petrus (Peteuro Seon-ji) était né en 1819 à Imchŏng (Ch’ungch’ŏng, Corée), d’un père tout juste catéchumène, qui lui enseigna à son tour le catéchisme et le fit baptiser.

Adolescent, il avait donné suffisamment de preuves de ses vertus et de sa fidélité à tous ses amis et voisins, pour que le père Chastan pût le nommer catéchiste dès qu’il fut adulte, mission qu’il remplit très consciencieusement.

Il se maria et eut deux enfants.

Sa maison de Taesŏngdong (Chŏnju) servait pour la mission : c’est là qu’il enseignait et baptisait ; c’est là que les fidèles se réunissaient pour prier.

A l’automne de 1866, il entendit dire qu’il y aurait bientôt une nouvelle persécution. Il en fut surpris.

Et voilà que le dimanche 3 décembre 1866, après les prières, il entendit appeler son nom de dehors : il fit vite partir son épouse et ses enfants par la porte arrière, puis se livra à la police.

La maman de Petrus, qui n’était pas baptisée, alla demander au gouverneur d’épargner la vie de son fils. Mais on lui répondit qu’il aurait d’abord à renier sa foi. C’était méconnaître Petrus.

En prison, Petrus subit des séances de tortures répétées, d’autant plus cruelles qu’on savait qu’il était catéchiste. Il eut les bras brisés : s’il voulait boire, il fallait lui porter un verre à la bouche. Il endura toutes ces tortures calmement, sans rien dire.

Au moment de se rendre au lieu de l’exécution, il remit ses vêtements à un compagnon de cellule. Juste avant d’être exécuté, il murmura encore des prières, invoquant les noms de Jésus et de Marie.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Son Sŏn-ji Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Yi Myŏng-sŏ Peteuro

1820-1866

 

Petrus (Peteuro Yi Myeong-seo) était né en 1820 dans la région de Ch’ungch’ŏng (Corée), dans une famille déjà catholique par tradition.

Il se fixa à Chŏnju ; il était marié et avait beaucoup d’enfants. Sa vie toute de piété lui valait l’estime et le respect de tout le monde.

Il était atteint de tuberculose, qu’il endurait sans perdre son calme et sa gentillesse.

Au moment d’être arrêté, le 5 décembre 1866, il commença par dire qu’il n’était pas catholique, mais juste après se reprit et dit aux soldats qu’il était baptisé. Les soldats fouillèrent toute la maison pour trouver des livres cachés.

Petrus leur dit qu’il avait reçu des leçon de catéchisme par oral, et non en lisant des livres. Les soldats lui firent réciter le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Il leur demanda de le laisser, parce qu’il avait la tuberculose. Ce n’était pas pour éviter l’arrestation, mais principalement pour s’occuper de ses enfants. On le laissa ce jour-là. Mais un autre groupe vint l’arrêter le lendemain. On lui demanda qui lui avait enseigné le catéchisme : il répondit que c’était son père.

Devant le gouverneur qui le sommait de renier sa foi, il répondit fièrement qu’il préférait souffrir cinquante morts. Il refusa de révéler les adresses d’autres Catholiques et souffrit énormément : son corps fut tout détruit.

En prison, les Chrétiens priaient ensemble ; ils souffrirent les tortures, la nourriture insuffisante, mais persévérèrent.

En se rendant au lieu de l’exécution, Yi Petrus disait à ceux qu’il croisait, qu’il irait tout de suite au Ciel. Tous admiraient sa joie et son courage, même les non-baptisés.

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866.

Yi Myŏng-sŏ Petrus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Han Wŏn-sŏ Yosep

1835-1866

 

Josephus (Han Weon-seo Yosep) était né en 1835 à Imch’ŏn (Ch’ungch’ŏng, Corée), mais vivait à Taesŏngdong (Chŏnju) au moment de la persécution. 

Il avait été précédemment catéchiste, mais n’exerçait plus cette mission à Taesŏngdong : on a vu en effet que dans cette localité, Son Sŏon-ji Petrus recevait dans sa maison les fidèles pour enseigner le catéchisme, pour baptiser et pour prier.

Sa douceur et son honnêteté le faisaient estimer et respecter de tous, même non-baptisés.

Il avait un désir : mourir martyr.

Il fut arrêté le dimanche 3 décembre 1866, avec cinq autres Catholiques (Bartholomæus, et quatre Pierre).

Dans la prison de Chŏnju, non seulement il eut à souffrir de la part des employés gouvernementaux, mais les membres de sa propre famille vinrent lui dire qu’ils se suicideraient s’il ne reniait pas sa foi. Son père demanda au gouverneur de le libérer, et écrivit à son fils des lettres où il le pressait de renoncer à sa religion ; il tenta aussi de soudoyer les employés. Ces derniers tentèrent aussi de persuader Joseph. En vain.

Joseph ne se laissa pas impressionner. Il rappela à son père qu’il avait encore d’autres fils, et lui dit qu’il désirait vraiment mourir pour Dieu. 

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866, à trente-et-un ans.

Comme il y eut quatre Martyrs nommés Petrus ce jour-là, on a parfois donné par erreur le même nom à notre Josephus, mais la plupart des documents l’appellent bien Josephus.

Han Wŏn-sŏ Josephus a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Wŏn-ji Peteuro

1845-1866

 

Petrus (Jeong Weon-ji Peteuro) était né en 1845 à Imch’ŏn (Ch’ungch’ŏng, Corée), dans une famille très catholique.

Au moment de la persécution de 1866, sa mère était déjà morte, et son père avait été martyrisé. 

Petrus laissa sa maison et s’en vint au village de Sŏngjidong (Chŏnju), et loua une chambre chez Cho Petrus, où il vivait avec son épouse.

Quand la police fit irruption, le 5 décembre 1866, il s’enfuit dans la montagne proche et y passa la nuit, mais on le retrouva le lendemain.

Arrêté, il commença par dire qu’il n’était pas catholique, mais un moment après, encouragé par Petrus Cho, il se repentit, revint sur sa déclaration et déclara sa foi.

Quand on le tortura pour lui faire dire qui lui avait enseigné sa foi, il répondit qu’il n’avait pas eu d’autre professeur de religion que son père martyr. Les soldats s’étonnèrent beaucoup de l’entendre dire qu’il acceptait de souffrir pour la même raison que celle qui avait conduit son père à la mort. Et Petrus de leur rétorquer que, d’après la religion catholique, il retrouverait ses parents au Ciel.

Torturé, Petrus ne montra pas un signe de faiblesse.

En se rendant au lieu de l’exécution, l’un des bourreaux, qui était ivre, se moquait de Petrus et maudissait le Ciel. Petrus lui répondit : Crétin ! C’est comme si tu maudissais tes propres père et mère !

Il fut décapité à Supjŏng-i (Chŏnju), le 13 décembre 1866. Il y eut quatre Pierre martyrisés ce même jour, celui-ci était le plus jeune, il avait vingt-et-un ans.

Chŏng Wŏn-ji Peteuro a été béatifié en 1968 et canonisé en 1984.

La fête commune de tous les Martyrs coréens est au 20 septembre.

Costanza Starace

1845-1921

 

Costanza naquit à Castellammare di Stabia (Naples, Italie) le 5 septembre 1845, de Francesco et Maria Cascone, dans une famille très catholique qui comptera quatre autres enfants : Antonio, Catello, Michele, Concetta (et Catello aura à son tour huit enfants, dont un prêtre et deux religieuses).

Francesco était armateur.

Le jour-même de sa naissance, Costanza reçut au baptême les noms de Costanza Anna Maria. Peu après elle fut consacrée à Notre-Dame des Sept Douleurs.

Elle reçut sa première éducation chez les Filles de la Charité, de Castellamare, dont la maison recevait «les jeunes filles de bonne conduite». Certaines étaient très pauvres, et Costanza fut profondément gênée de se voir bien chaussée devant des camarades qui n’oavaient que de rudes sabots en bois.

Dès sept ans, Costanza perçut la vocation à la vie cloîtrée. Elle reçut la Première Communion et la Confirmation en 1855.

De mauvaise santé, elle rentrera étudier à la maison, en privé. Elle fera ensuite un essai chez les Sœurs Thérésiennes, au couvent de la Sainte Trinité, mais devra aussi en sortir en raison de maux mystérieux. Elle voulut tenter une nouvelle expérience, mais reçut cette fois-ci l’opposition de son père.

Elle avait alors quinze ans, quand son confesseur l’autorisa à émettre les vœux de religion. Elle prendra ensuite, en 1865, l’habit des tertiaires de l’Ordre des Servites, sous le nom de Sœur Maria-Maddalena de la Passion. Cette fois-ci, les parents acceptèrent ce «compromis».

L’évêque confia alors à Sœur Maria-Maddalena la direction de la Pieuse Union des Filles de Marie, dédiée à la catéchèse des petites filles.

Puis, avec la bénédiction du même évêque, elle établit à Alezio une première maison de Sœurs Compassionistes Servantes de Marie. C’était un nouvel institut dont la mission était de compatir aux souffrances du prochain, comme Marie compatit à celle de son Fils Jésus, et donc d’assister le prochain dans toutes ses nécessités, physiques ou spirituelles. 

A l’époque, les Sœurs eurent à s’occuper en particulier des orphelins et des victimes du choléra. 

L’institut sera érigé officiellement en 1871 et reconnu en 1928.

En 1893, l’institut fut agrégé à l’Ordre des Servites.

Sœur Maria Maddalena attribuait ses nombreux et mystérieux problèmes de santé à des «épreuves spirituelles», qui lui causaient des tremblements, des vomissements, des peurs, des crises épileptiques, tellement fortes qu’on put croire à un véritable cas de possession diabolique, pour lequel fut appelé l’évêque. Certains troubles, en effet, ne viennent pas de Dieu, et certaines fois ne sont évacués que par l’exorcisme.

Maria Maddalena avait des moments d’extase, on lui observa aussi les stigmates de la passion. 

Cette vie étonnante s’acheva le 13 décembre 1921, à Castellamare di Stabia, après une pneumonie.

Maria Maddalena fut béatifiée en 2007.

Les Sœurs Compassionistes sont présentes en Italie où elles ont une vingtaine de maisons, ainsi qu’aux Philippines, en Inde, en Indonésie, au Canada, au Mexique, au Chili.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison d’une Religieuse du même institut, frappée d’une grave forme de fièvre typhoïde.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 00:00

 

12 DÉCEMBRE

 

III.

SS Epimachus et Alexander, avec les stes Ammonarion, Mercuria, Dionysia, martyrs brûlés ou décapités à Alexandrie ; Dionysia avait eu beaucoup d'enfants.

IV.

S Spyridon, évêque à Trimithonte ; très désintéressé, il tenait à disposition un coffre où l'on venait emprunter librement à condition de rendre ; il avait une sainte fille, Irène ; il devint patron de Corfou.

Ste Abre, la fille que s. Hilaire eut avant son épiscopat.

VI.

S Finnian, abbé à Clonard ; irlandais, thaumaturge dès son enfance ; il mourut de la peste jaune, en offrant sa vie pour le peuple d'Irlande. 

S Corentin, premier évêque à Quimper ; il vivait en ermite ; il avait pour ami un petit poisson dont il coupait chaque jour un petit morceau pour sa nourriture et qu'il rejetait dans la fontaine, où le poisson se reconstituait jusqu'au lendemain. 

XI.

S Israel, chanoine régulier au Dorat, prêtre et professeur, très influent (il connut Gerbert, futur Sylvestre II, et son disciple Théobald est commémoré le 6 novembre). 

XII.

S Vizelin, apôtre et évêque à Oldenburg, siège transféré à Lübeck.

XIII.

Apparition de Marie, la "Toujours Vierge" de Guadalupe .

B Bartolo Buonpedoni, curé italien puis, atteint de la lèpre, tertiaire franciscain ; il se retira à Celloli où l'on venait de toutes parts le consulter ; invoqué contre la lèpre.

XIV.

B Corrado de Offida, franciscain près d’Assise ; il renonça aux études, préféra être cuisinier, vécut en ermite et eut des apparitions. 

B Giacomo Capocci, ermite augustin, né à Viterbe, le “Docteur spéculatif”, évêque à Bénévent puis à Naples.

XVII.

B Thomas Holland, prêtre jésuite, martyr anglais étranglé à Tyburn, surnommé “la bibliothèque de piété” (le 22 décembre au Martyrologe).

XIX.

S Simon Phan Ɖắc Hòa, médecin viet-namien, père de douze enfants, maintes fois torturé aux tenailles, puis décapité ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Benito Quintano Díez (1861-1936), prêtre lazariste espagnol, martyr à Madrid, béatifié en 2017.
B Ludwik Bartosik (Pius, 1909-1941), prêtre franciscain polonais, martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

 

Epimachus et Alexander d’Alexandrie

avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia

† 250

 

 

Nota. Il semble qu’il y ait deux mentions de ce s.Alexander, v. 31 octobre.

Concernant ces Martyrs, nous avons le témoignage de leur propre évêque, Dionysios (v. 8 avril) :

Epimachus et Alexander, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent arrosés de chaux vive.

Pour les autres, s.Denys ajoute :

Avec eux, quatre femmes, dont la vierge sainte Ammonarion, que le juge tortura très longtemps avec beaucoup de persévérance parce qu’elle avait déclaré d’avance qu’elle ne dirait rien de ce qu’il lui ordonnerait : elle réalisa sa promesse et fut conduite à la mort.

Quant aux autres, la très vénérable Mercuria, une vieille femme, et Dionysia, qui avait eu beaucoup d’enfants mais ne les avait pas aimés plus que le Seigneur, le juge eut honte de les torturer encore sans résultat et d’être vaincu par des femmes ; elles moururent par le fer, sans subir l’épreuve des tortures, car Ammonarion, qui avait combattu la première, les avait supportées pour toutes.

Il y avait donc quatre femmes en plus d’Epimachus et Alexander, mais la quatrième n’est pas nommée.

C’était au temps de l’empereur Dèce (250).

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs d’Alexandrie au 12 décembre.

 

 

Spyridon

4e siècle

 

Des diverses versions de la Vie de saint Spyridon (ou Spyridion), il ressort qu’il aurait eu des enfants, dont une certaine Irène, et qu’il aurait été ensuite évêque en Chypre, mais nous n’avons guère plus de détails.

Saint Spyridon est cependant connu pour sa largesse. Des voleurs s’étant introduits de nuit pour lui voler des brebis, ils se trouvèrent mystérieusement pris dans un filet, dont les délivra Spyridon au matin, leur conseillant, la prochaine fois, de demander plutôt que de voler ; et de les renvoyer avec un bélier, pour ne pas les laisser bredouilles !

Il tenait un petit coffre de ses économies et l’on pouvait y puiser librement, à condition d’y remettre ce qu’on empruntait.

Il jeûnait d’habitude en carême. A un voyageur à qui il offrait l’hospitalité, il présenta ce qu’il avait : un morceau de porc ; l’autre de refuser : un chrétien, en plein carême ! Et Spyridon : Raison de plus de ne pas crier. Tout est pur pour ceux qui sont purs (cf. Tt 1,15).

Il assistait à l’homélie d’un évêque. Ce dernier citait : Prends ton lit, et marche, au lieu de Prends ton grabat, et marche (cf. Jn 5:8). Spyridon, alors vénérable vieillard, se leva et lui reprocha : Tu te crois donc supérieur à Celui qui a dit «grabat» ? Et il sortit.

On a pensé que l’auteur Rufin parlait de saint Spyridon dans une description qu’il fait d’un saint homme présent au concile de Nicée (325) ; plus tard, Spyridon fut co-signataire du concile de Sardique (343).

Comme dans le monde grec, saint Spyridon est mentionné le 12 décembre dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Finden d’Irlande

472-549

 

Finden (devenu en latin Finnian, nom qui est resté le plus usuel) naquit vers 472 à Mishall (Leinster, Irlande), fils (ou petit-fils) de Lachain et de Talech ; il avait deux sœurs.

Les parents voulaient le faire baptiser par l’évêque Fortchern à Tullow, mais en route ils rencontrèrent un autre évêque qui prétendit à cette faveur (c’était peut-être l’évêque Ailbe d’Emly). Une autre version affirme qu’en fait l’évêque Fortchern amena Finnian au christianisme.

Fortchern initia l’enfant à la prière de l’Eglise : les psaumes, les hymnes, l’office divin. C’est durant cette période que Finnian fit son premier miracle, faisant jaillir une source pour éviter à ses deux sœurs d’aller jusqu’à la rivière pour puiser de l’eau.

Les miracles allaient se multiplier, parfois inimaginables, parfois fort étonnants, parfois aussi marqués au coin, sans doute, par quelque fantaisie de certains rédacteurs irlandais de l’époque.

Vers 505, Finnian partit pour le pays de Galles, avec son neveu Gabhran et son ami Buit. Avec Cadoc, ils furent reçus au pays de Galles, où le seigneur Cathmail leur remit un château et un étang. Finnian assécha l’étang pour y construire deux monastères, Melboc et Nant Carvan.

Là, on accusa Finnian d’être paresseux parce qu’il n’était pas parti avec les autres moines chercher du bois pour la construction. Finnian, qui ne savait comment s’y prendre, invoqua les anges : il rentra bientôt, avant tous les autres, avec un chargement bien plus important.

Il délivra les moines de Flat Holm des serpents et des puces.

Quand les Saxons furent menaçants, Finnian posta les Bretons en haut de la montagne, d’où ils aspergèrent de pierres les assaillants ; même les montagnes s’ébranlèrent pour enterrer les corps, nous dit-on.

Après une trentaine d’années passées en Pays de Galles, Finnian revint en Irlande. S.Patrice (v. 17 mars) était mort peu auparavant, et Finnian se mit à édifier églises et monastères, et à continuer de faire des miracles.

Un propriétaire qui voulait le chasser, fut frappé de cécité ; un autre perdit son fils et devint paralytique : Finnian le guérit et ressuscita l’enfant. Il ressuscita un veau qu’on avait tué pour lui faire fête ; il brisa d’un signe de croix un rocher, et amena ainsi un noble à la conversion ; il guérit sa propre mère, qui souffrait tant qu’on ne pouvait la toucher.

Il connut et visita sainte Brigide de Kildare (v. 1er février).

Un ange conduisit Finnian à Clonard (Cluain Eraird), où il fonda ce monastère célèbre, et d’où il illumina le monde par sa doctrine et ses miracles.

A la fin de sa vie, Finnian était si maigre qu’on voyait ses côtes à travers ses habits. Il s’en réjouissait, dit-on, car il prétendait que pour un moine, l’idéal était de pouvoir être porté en terre par un enfant.

En 549 éclata une grave épidémie de peste. Finnian s’offrit en victime pour le peuple de l’Irlande, et s’éteignit le 12 décembre.

S.Finnian est fort célèbre : ses très nombreux disciples ont attesté sa sainteté et son culte est fort ancien.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Finnian d’Irlande au 12 décembre.

 

 

Corentin

7e siècle

 

Saint Corentin a dû naître en Bretagne armoricaine, de parents illustres.

Après de bonnes études, il voulut se retirer dans une solitude, près de Châteaulin (Finistère). Jusqu’ici, l’Histoire ne conteste pas la Tradition.

Des détails presque amusants et touchants ajoutent au merveilleux de cet illustre Saint breton.

Corentin allait chaque jour puiser de l’eau à une fontaine : là vivait un poisson, dont il taillait une tranche pour sa nourriture, tandis que le lendemain le poisson revenait entier s’offrir à lui.

Cette tranche un jour enfla suffisamment pour donner à manger au roi Grallon et à sa suite. En remerciement, le roi aurait alors concédé tout ce domaine à l’ermite.

Cette même fontaine donna un jour l’eau, le vin et les anguilles nécessaires pour recevoir deux autres Saints bretons : Paterne et Malo (saint Paterne : 15 avril ; saint Malo : 15 novembre ; saint Tudy : 9 mai).

Quand les habitants eurent besoin d’un évêque, ils envoyèrent Corentin, Guénolé et Tudy à l’évêque de Tours, qui devait choisir lequel des trois lui semblait le plus idoine à cette mission : c’est Corentin qui fut choisi.

Le rédacteur de la Vie de saint Corentin a dû se tromper sur le nom de cet évêque de Tours, citant saint Martin, mort trois siècles plus tôt, à moins qu’un signe miraculeux se soit produit au tombeau de saint Martin, manifestant ainsi la volonté de Dieu.

Saint Corentin fut le premier évêque qui résida à Quimper, les précédents ayant résidé en d’autres localités.

Certaines versions de la Vie de saint Corentin donnent à entendre qu’il ne sortait guère de sa solitude, s’appuyant sur Guénolé, un saint abbé, à qui il confiait le soin de l’évangélisation des diocésains : peut-être que Corentin, peu enclin à parler, recourait à Guénolé pour le seconder dans ses responsabilités épiscopales, un évêque étant par définition chargé de visiter son diocèse - et un abbé chargé d’administrer son abbaye.

Lors des invasions normandes, les reliques conservées sur place furent dispersées. La cathédrale de Quimper avait, dit-on, conservé un bras de saint Corentin, dont on a malheureusement perdu la trace depuis le 13e siècle.

Le Martyrologe mentionne saint Corentin au 12 décembre, rappelant qu’il fut le premier évêque de Quimper (Coriosopitum).

Israel du Dorat

950-1014

 

On a vu (v. 6 novembre) comment Théobald fut élève d’Israel au Dorat.

Israel naquit vers 950 aux environs de Dinsac (Haute-Vienne).

Ses parents le consacrèrent très tôt au service de l’Eglise. Il devint un très zélé chanoine du Dorat, quand Boson le vieux, comte de la Marche, restitua l’abbaye du Dorat qu’il avait usurpée et y confirma des chanoines réguliers, en 987.

Sous l’évêque de Limoges Alduin (†1012), Israel devint professeur à l’école épiscopale, prêtre, vicaire général de Limoges et grand chantre du Dorat.

A cette période remonte une vie du Christ en vers, rédigée par Israel en langue limousine, et donc un siècle avant la poésie lyrique des troubadours.

Lors d’une épidémie en 994, il se dévoua à soigner les malades atteints du mal des ardents, caractérisé par une fièvre violente très pénible. Il alla enterrer les morts.

Israel aurait eu une notable influence jusqu’à la cour de France, pour les affaires ecclésiastiques, au temps du roi Robert le Pieux et de l’archevêque de Reims Gerbert.

Ce dernier, devenu le pape Silvestre II, aurait créé Israel prévôt de Saint-Junien où des chanoines réguliers de Saint-Augustin remplacèrent ainsi les Bénédictins. Des moines de cette abbaye avaient été pris à parti et assassinés par des habitants, au moment où ils venaient percevoir la dîme. Israel y fit rebâtir l’église.

En 1006, Israel reprit contact avec l’école du Dorat. Parmi ses disciples, on compte, outre s.Théobald déjà cité, s.Gautier, fondateur de l’abbaye de Lesterps en 1038 (v. 11 mai).

En 1013, un incendie ravagea le Dorat. Israel n’eut pas le temps de s’occuper de la reconstruction : il n’en vit que les fondations et mourut l’année suivante, le 12 décembre 1014 (et donc ni le 13 septembre ni le 22 décembre).

Les nombreux miracles qui se produisirent bientôt firent naître le culte dont on l’honora dans toute la région.

Saint Israel du Dorat est commémoré le 12 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vizelin d’Oldenburg

1090-1154

 

Les informations sur les épreuves et les travaux de Vizelin ne sont pas très concordantes selon les sources. On a essayé ici de les enchaîner logiquement.

Il était né vers 1090 à Hameln (Basse-Saxe, Allemagne) et fut très tôt orphelin.

Un oncle prêtre le recueillit, puis les châtelains d’Everstein. Il passa ensuite plusieurs années à l’école cathédrale de Paderborn, paternellement guidé par le chanoine Hartmann et les pères bénédictins d’Abdinghof. Il y surpassa tous ses compagnons.

En 1118, il fut à Brême, où il enseigna pendant quatre ans, après quoi il passa à Laon, où il compléta ses études.

En 1126, il vint à Magdeburg, pour rencontrer saint Norbert (v. 6 juin). Mais notre Vizelin voulait d’abord et avant tout être envoyé comme missionnaire auprès des Slaves du Nord et, sans attendre, il regagna Brême, dont l’archevêque Adalbero  l’ordonna prêtre et l’envoya chez les Wagriens (région de Lübeck).

Il semble que Vizelin soit parti en mission avec deux compagnons, Rudolf de Hildesheim et Ludolf de Verden. Des prêtres qu’ils rencontrèrent les accueillirent bien, ainsi que le chef Heinrich qui le reçut avec bienveillance ; mais dans cette région éloignée, certains points de la morale chrétienne n’existaient pas : le vol était considéré comme une prouesse, et celui qui ne volait pas n’était qu’un incapable. Vizelin commença son travail mais malheureusement, Heinrich mourut peu après, ce qui obligea Vizelin à repartir à Brême.

L’archevêque le chargea alors de la région de Holstengaus, près de la frontière. Vizelin y éleva une fondation de Chanoines de Saint-Augustin, à Neumünster. De là il put rayonner en direction des Abodrites, de 1134 à 1137.

Ces régions étant passées en 1147 sous la domination des seigneurs allemands, ceux-ci pensèrent nécessaire de lancer une croisade contre les païens Wagriens, sans savoir que Vizelin avait déjà bien travaillé parmi eux. Il n’y eut pas de vraie bataille ni de vraie victoire, mais ces Slaves devinrent ennemis des «chrétiens». L’archevêque de Brême pensa alors opportun de rétablir les évêchés de Mecklenburg, Ratzeburg et Oldenburg. Ce dernier siège échut à Vizelin en 1149.

Le duc de Saxe Heinrich le Lion prétendit donner l’investiture à Vizelin, lequel, contre l’avis de l’archevêque de Brême, jugea utile d’accepter (contre la loi habituelle de l’Eglise), préférant asseoir son travail apostolique sur l’autorité locale, plutôt que de sombrer dans un inutile nouveau conflit juridique. Il eut raison, cette fois-là. Heinrich le Lion favorisa d’ailleurs généreusement son action.

Mais l’apostolat de Vizelin fut bientôt abrégé, car il subit en 1152 une deuxième attaque, qui le laissa paralysé du côté droit. Il se trouvait alors à Neumünser, où il agonisa pendant deux ans et demi, sans pouvoir ni se coucher ni s’asseoir. Il mourut le 12 décembre 1154.

L’œuvre de Vizelin avait donné une impulsion décisive à l’évangélisation des peuples du Nord de l’Allemagne. Son successeur, Gerold, transféra le siège d’Oldenburg à Lübeck.

En Allemagne, tant les Protestants que les Catholiques vénèrent Vizelin.

Vizelin, apôtre du Holstein, fut canonisé en 1332.

 

 

Bartolo Buonpedoni

1227-1300

 

Bartolo (Barthélemy) naquit vers 1227 à Mucchio (San Gimignano, Toscane, Italie C), fils unique des comtes Giovanni et Giuntina.

Quand ses bons parents voulurent le marier, espérant procurer une descendance à la famille, il s’enfuit littéralement de la maison et s’en vint chez les Bénédictins de Pise, non pas pour devenir moine mais, au moins au début, pour prendre le temps de réfléchir dans le calme. Il assista les moines malades.

Il fit un songe : il vit le Christ ressuscité mais encore avec ses plaies, qui lui annonçait qu’il devrait non pas être moine, mais souffrir pendant vingt ans. Indirectement, Notre Seigneur semblait indiquer par là que les moines de l’époque ne connaissaient pas la souffrance… Bartolo quitta le monastère et s’en vint à Volterra, où il prit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

L’évêque de Volterra le connut et lui suggéra de se préparer au sacerdoce. Bartolo obéit et fut ordonné prêtre vers 1255.

Il sera dix ans aumônier à Paccioli, puis dix ans curé à Picchena, remarquable dans sa charité envers les pauvres.

Vers la cinquantaine, il fut atteint de la lèpre. Il démissionna et se retira dans une léproserie à Cellole. Malade, il n’hésitait pas à soigner et soulager les autres malades, par sa bonté et son sourire.

Sa patience et ses vertus étonnèrent l’entourage, et l’on vint de loin pour le voir et l’entendre. On l’appela le Job de la Toscane. A ceux qui le plaignaient, il répondait : Ne savez-vous pas qu’il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire ? ou aussi Les souffrances de ce monde ne sont pas dignes de la gloire qui se révélera à nous (cf. Lc 24:26 et Ro 8:18).

Il mourut le 12 décembre 1300 à soixante-douze ans.

Evidemment, il fut invoqué contre la lèpre et des miracles eurent lieu.

Son culte fut approuvé en 1498 et confirmé en 1910.

 

 

Corrado d’Offida

1237-1306

 

Corrado (Conrad) naquit vers 1237 (certains ont parfois avancé une date bien antérieure) à Offida (Ascoli Piceno, Marches, Italie).

D’humble extraction, il entra à quatorze ans chez les Frères Mineurs, et connut certains des premiers compagnons de saint François d’Assise (v. 4 octobre). Il fut partisan de la première austérité de l’Ordre, notamment en renonçant aux livres, à l’étude, et se contentant du Pater noster pour prier.

Très doué intellectuellement, sa joie était cependant d’être employé aux charges humbles, à la cuisine, à l’accueil, ou faisant la quête dans les rues.

Par obéissance, il reprit l’étude et reçut le sacerdoce. Prêchant avec un réel succès, il s’étonnait lui-même de ce don et préférait le silence de la solitude.

Il connut beaucoup de choses par les visions qu’il reçut : son Ange gardien, la Vierge Marie qui lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras, saint François lui-même.

Il parlait des premiers temps du francescanisme avec nostalgie et appuya la réforme des spirituels. Plus tard, accusé d’avoir favorisé la scission de l’Ordre, il se soumit. S’étant expliqué de son attitude au ministre général, il s’expliqua si bien qu’il s’en attira plutôt les bonnes grâces.

Plusieurs fois il fut nommé Gardien (c’est-à-dire supérieur) de couvents, à Offida, Forano et La Verna.

Il assista Tommaso de Tolentino dans la préparation de la mission des Indes - qui se solda par le martyre de quatre Frères en 1321 (v. 9 avril).

Corrado eut le don des miracles.

Il mourut à Bastia Umbra (Assise) le 12 décembre 1306.

En 1320 ses reliques furent dérobées par les habitants de Pérouse ; elles restèrent dans cette ville jusqu’en 1994, et furent alors rapportées à Offida.

Son culte fut confirmé en 1817.

 

 

Giacomo Capocci

1255-1308

 

Giacomo (Jacques) naquit vers 1255 à Viterbe (Latium, Italie C).

En 1272, donc assez jeune, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin de cette même ville, d’où on l’envoya bien vite à Paris pour ses études. Il y aurait entendu saint Tommaso d’Aquino, mais cette affirmation semble douteuse, car ce dernier avait quitté Paris en 1261.

De retour à Viterbe, Giacomo fut en 1283 définiteur de son Ordre pour la province de Rome, et visiteur en 1284 ; de nouveau définiteur en 1285, il enseigna probablement dans quelque couvent du Latium.

En 1286, il repartit à Paris pour y achever le cursus des études, fut bachelier en 1288 et enfin docteur en 1293.

Cette même année, il fut élu Prieur général de l’Ordre et Maître d’Etudes à Paris.

En 1300, il revint en Italie et enseigna deux ans à Naples, jusqu’à son élection épiscopale en 1302 comme archevêque de Bénévent. En décembre de la même année, il était transféré à Naples.

Les princes de Naples, Charles II d’Anjou et son fils Robert, l’eurent en profonde estime et l’aidèrent dans la construction de la nouvelle cathédrale.

Son enseignement fut tellement apprécié qu’il fut surnommé le Docteur Spéculatif.

En 1306, il fut chargé d’instruire la cause de canonisation de Célestin V, le pape démissionnaire. Il déposa aussi dans un autre procès de canonisation, celui de Tommaso d’Aquino, pour lequel il aurait affirmé : Je crois que notre Sauveur a envoyé dans ce monde pour l’éclairer d’abord l’apôtre saint Paul, ensuite Augustin, en dernier lieu frère Tommaso, qui n’aura pas de pareil jusqu’à la fin des siècles.

Il publia un ouvrage, De regimine christiano, à l’occasion du conflit entre le pape et Philippe le Bel.

C’est à Naples qu’il mourut, fin 1