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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 00:00

11 DÉCEMBRE

 

II.

S Thrason, riche romain ; il aidait les Chrétiens et fut martyrisé à son tour (III.?).

III.

SS Victoricus et Fuscianus, martyrs près d'Amiens (IV.?).

IV.

S Damase, pape (366-384) : il rechercha l'indépendance du spirituel dans le monde romain, chargea s. Jérôme de la révision des textes de l'Evangile et du Psautier, et dirigea d'importants travaux pour organiser le culte des martyrs dans les catacombes.

S Barsabbas, martyr en Perse, tellement courageux, qu'un mage voulut mourir avec lui.

V.

S Sabinus, évêque à Plaisance pendant quarante-cinq ans, ami de s. Ambroise.

S Daniel le Stylite, syrien, établi près de Constantinople, thaumaturge ; il resta trente-trois ans sur sa colonne.

VII.

S Massona, évêque à Merida ; goth d'origine, d'une charité immense, il souffrit beaucoup des Ariens.

S Aupre (Avre), prêtre et ermite en Maurienne ; il fut victime de calomnies. 

XII.

B Davide de Himmerod, cistercien italien, d'abord à Clairvaux avec s. Bernard, puis à Himmerod, grand mystique.

XIII.

B Franco Lippi, carme de Sienne ; après une longue vie très relâchée, il recouvra la vue à Compostelle, vit la Sainte Vierge, se fit ermite, puis novice carme à soixante-dix ans.

XIV.

B Ugolino Magalotti, ermite du tiers-ordre franciscain, près de Camerino, thaumaturge.

XV.

B Girolamo Ranuzzi, de l'Ordre des Servites ; on l'appela l'ange de bon conseil et il y eut quantité de miracles à sa mort.

XVII.

Bx Martín Lumbreras Peralta (de saint Nicolas) et Melchor Sánchez Pérez (de saint Augustin), prêtres augustins espagnols martyrs à Nagasaki, béatifiés en 1989.

B Arthur Bell, prêtre franciscain anglais martyr, béatifié en 1987.

XX.

Bse Pilar Villalonga Villalba (1891-1936), laïque espagnole fusillée près de Valencia, béatifiée en 2001.

B Kazimierz Tomasz Sykulski (1882-1942), prêtre polonais, fusillé à Auschwitz, béatifié en 1999 (le 1er décembre au Martyrologe).

Ste María de las Maravillas Pidal y Chico de Guzmán (1891-1974), fille de l'ambassadeur d'Espagne au Saint-Siège, carmélite et fondatrice de divers couvents qu'elle appelait les maisons de la Vierge ; béatifiée en 1998, canonisée en 2003.

Victoricus et Fuscianus d’Amiens
3. siècle

Victoricus et Fuscianus auraient accompagné s.Denys (v. 3 octobre) en Gaule et auraient évangélisé le nord de la France. On a le droit de supposer qu’ils étaient prêtres.
Le préfet (peut-être légendaire) Rictiovarus les fit arrêter et conduire à Amiens, où ils furent torturés : l’ancien Martyrologe racontait qu’on leur enfila des tringles dans le nez et les oreilles, qu’on leur perça les tempes avec des clous brûlants, qu’on leur arracha les yeux et qu’on cribla leurs corps de flèches. Après quoi, ils furent décapités.
Cela pourrait avoir eu lieu vers 287 sous Maximien.
S.Fuscianus a donné son nom au monastère, puis à la ville de Saint-Fuscien (Somme).
Le Martyrologe Romain mentionne saints Victoricus et Fuscianus d’Amiens au 11 décembre.


Damase 1er
366-384

Damasius était apparemment d’une famille originaire d’Espagne. Son père fit carrière à Rome ; sa mère était Laurentia et sa sœur Irene.
Né vers 305, il était diacre à la mort du pape Libère (366).
L’élection de ce trente-septième pape fut mouvementée, et son adversaire, Ursinus, résista longtemps, jusqu’à ce qu’un bannissement l’expédiât définitivement en Germanie.
Si l’autorité du Siège apostolique (l’expression est de cette époque) s’affermit en même temps que le rayonnement de la Ville éternelle, Damase n’était pas le seul maître à Rome : il s’y trouvait encore des novatiens, des donatistes et des lucifériens avec leurs évêques respectifs.
En 377, un concile romain condamne Apollinaire de Théodicée, à la doctrine christologique douteuse : le Christ n’aurait pas eu d’âme humaine. D’autre part Damase n’accueillit pas la requête de Priscillien qui avait été condamné par un concile à Saragosse (380) ; Priscillien fut même exécuté sur ordre de l’empereur Maxime à Trèves.
Avec l’Orient, les relations étaient meilleures, grâce à la politique de l’empereur Théodose, aboutissant au concile de Constantinople (381), mais Damase ne put arriver à résoudre le problème d’Antioche où se querellaient deux évêques.
C’est le pape Damase qui invita saint Jérôme à établir la traduction officielle latine de la Bible, qui devint la Vulgate. Saint Jérôme devint pour ainsi dire le secrétaire du pape, mais dut se retirer plus tard en Palestine.
Signalons enfin le travail très important qui se fit sous le pape Damase pour restaurer et ouvrir les catacombes romaines et développer le culte des Martyrs.
Saint Damase mourut le 11 décembre 384, presque octogénaire, et eut pour successeur saint Sirice. 
Signalons que, sur la base de recherches scientifiques récentes, le texte latin de la Bible fut à nouveau révisé au siècle dernier, aboutissant à une nouvelle version officielle de la Vulgate, promulguée en 1979.


Sabinus de Plaisance
330-420

Sabiinus était né à Milan vers 330 et appartenait au clergé de cette ville ; il était connu pour sa formation théologique solide et sa fidélité à l’Eglise.
En 372, quand il n’était encore que diacre, il fut envoyé par le pape Damase (v. 10 déc.) en Orient, dans la ville d’Antioche, pour y exhorter la population et le clergé à rester fidèles à la foi orthodoxe romaine, contre les innovations et les dangers de la doctrine arienne. Au retour, il était porteur d’une lettre de s.Basile (v. 2 janv.) adressée à l’épiscopat occidental d’Italie et de Gaule.
Il ne tarda pas à être ordonné prêtre, s’il est vrai que son épiscopat commença dès 375. Il était le deuxième évêque de Plaisance.
En 381 et 390, il participa aux conciles d’Aquilée et de Milan.
On connaît plusieurs lettres que lui écrivit s.Ambroise (v. 7 déc.), par lesquelles on se rend compte de la grande amitié qui les liait. C’est ainsi qu’on apprend que s.Ambroise lui envoya des traités, sur lesquels il lui demande son avis ; ou aussi que s.Paulinus de Nole, avec son épouse, a vendu ses biens pour les distribuer aux pauvres (v. 22 juin).
On raconte que, lors d’une menaçante inondation du Pô, Sabinus aurait rédigé une «menace» au fleuve, lui intimant l’ordre de ne plus détruire les cultures et les habitations ; il aurait jeté dans l’eau cet ordre, auquel le Pô aurait désormais obéi.
Sabinus mourut en 420, nonagénaire, après un épiscopat de quarante-cinq ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sabinus de Plaisance au 11 décembre.


Daniel Stylite
409-493

Il naquit près de Samosate, Syrie, auj. Samsat, Turquie SE).
Sa mère, longtemps stérile, l’obtint à force de prier et vint l’offrir à l’higoumène (supérieur) du monastère voisin quand il eut cinq ans. C’est ce moine qui lui donna le nom de Daniel.
A douze ans (422), Daniel reçut l’habit monastique dans un autre monastère. Souhaitant connaître Siméon le Stylite sur sa colonne (v. 27 juil.), il put venir en Syrie avec son supérieur : on disposa une échelle pour permettre au jeune garçon de monter sur la colonne de Siméon, qui lui donna sa bénédiction.
Daniel devint à son tour higoumène ; mais toujours attiré par la sainteté de Siméon, il se fit remplacer au monastère et s’en vint trouver Siméon ; il pensait aller jusqu’à Jérusalem, lorsqu’un mystérieux vieillard lui suggéra de se rendre plutôt à Constantinople. Daniel s’installa dans un oratoire Saint-Michel ; il chassa une troupe de démons qui infestaient l’endroit, il guérit l’archevêque qui était malade, et beaucoup de personnes - pieuses ou curieuses - voulurent le voir. Cette vie dura neuf années.
En 460, Daniel apprit dans une extase la mort de Siméon le Stylite ; peu après, un moine nommé Sergios vint lui apporter la tunique de Siméon. Daniel se fit alors construire une colonne.
Le propriétaire du terrain sa fâcha contre Daniel : une grêle détruisit sa vigne, si bien que le propriétaire, se ravisant, proposa à Daniel de lui construire une colonne plus vaste. De partout on recourait à la prière de Daniel : un possédé fut délivré, un consul fut guéri, l’empereur obtint un fils héritier.
Le patriarche Gennadios vint en personne ordonner prêtre Daniel. L’empereur Léon 1er venait volontiers le consulter pour les décisions à prendre ; le bruit courut que le Vandale Genséric allait attaquer Alexandrie d’Egypte : Daniel persuada l’empereur et la population qu’il n’en serait rien.
L’empereur construisit près de la colonne un monastère.
Le nouvel empereur, Zenon, fut un moment détrôné par un usurpateur nommé Basilisque ; à la prière de Daniel, la tour du palais s’écroula : Basilisque se soumit et rendit bientôt le trône à Zenon.
Daniel opéra de nombreux miracles ; souvent, il répondait par écrit et sa réponse, déposée sur le malade, apportait la guérison.
Un hiver, le vent emporta la tunique de Daniel : il resta nu sous la neige. On le réanima par des frictions d’eau chaude ; Daniel était resté en extase, il voyait Siméon. Après cet épisode, l’empereur fit construire un toiton en métal au-dessus de la colonne.
Sept jours avant sa mort, Daniel réunit les moines. La nuit du 10 au 11 décembre 493, il célébra encore les Saints Mystères et donna la communion à tous les moines. Il mourut le 11 dcembre, âgé de plus de quatre-vingt quatre ans. Il était resté trente-trois ans sur sa colonne.
A ce moment-là, un possédé fut délivré ; l’archevêque put monter vénérer la dépouille de Daniel, au moyen d’un escalier en spirale qu’on éleva pour lui ; il y eut tant de monde pour voir une fois encore le Stylite, que l’échaffaudage s’écroula, mais sans faire de victimes.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Daniel Stylite au 11 décembre.

Davide de Himmerod
1100-1179

Il naquit vers 1100 à Florence (Italie C).
Après avoir commencé ses études, à Paris croit-on, il fut conquis par l’idéal cistercien et entra à l’abbaye de Clairvaux.
Au terme de son noviciat, les moines le jugèrent incapable de supporter physiquement les austérités de la Règle, car il n’avait pas une bonne santé, et le laissèrent libre. Mais Davide était bien résolu à suivre l’appel reçu dans son cœur : il resta près de la porte, et sa persévérance convainquit saint Bernard (v. 20 août) de l’accepter contre l’avis des autres moines. 
En 1134, il fut même de ceux qui partirent fonder dans le diocèse de Trèves. Il y eut un essai à Winterbach, puis on préféra Himmerod, en pleine forêt, là où même les bêtes n’avaient plus peur d’être rejointes par les chasseurs.
Parfait héros de la contemplation, Davide étonna tous les moines par ses extases, son ignorance totale du monde, et même son observance totale de la Règle, malgré sa «faible santé».
Au réfectoire, il s’absorbait tellement en prière et en méditation, qu’il ignorait totalement qu’il était à table ; il fallait le secouer. D’ailleurs, il mangeait très peu, et s’il prenait un peu de vin, le breuvage était tellement coupé qu’on n’y pouvait trouver ni le goût du vin, ni le goût de l’eau.
Les miracles furent au rendez-vous. On raconte plusieurs cas de libération de possédés. Davide obtint la recomposition totale du visage d’un moine convers prémontré, qui souffrait terriblement d’une malformation.
A un autre frère prémontré, Davide conseilla un «remède» fort judicieux : méditer, en les rapprochant des sept sceaux de l’Apocalypse (Ap 6 et 8) les sept mystères du Christ : Incarnation, Nativité, Transfiguration, Passion, Résurrection, Ascension, Pentecôte.
Souvent, on le vit fixer les yeux sur le soleil, comme un aigle.
L’abbaye de Himmerod était restée fidèle au pape légitime ; l’empereur, courroucé, enjoignit aux moines ou d’adhérer à l’antipape ou de partir. Davide conseilla plutôt aux moines d’aller chanter l’antienne à Magnificat des premières vêpres du dernier dimanche de novembre ; le texte disait : Toi qui contiens les trônes des cieux et regardes les abîmes, Seigneur, roi des rois, toi qui tiens la terre dans ta main, exauce-nous. On suivit son conseil, et peu après l’empereur lui-même leur envoyait une lettre les invitant à rester.
Davide mourut, après avoir annoncé sa mort, le 11 décembre 1179, victime d’une épidémie qui enleva trente moines.
Les miracles continuèrent. Davide apparut à un moine pour lui annoncer qu’il était déjà dans la gloire du Ciel.
Il n’y eut pas de béatification officielle, mais une approbation tacite de culte en 1734.
L’abbaye cistercienne de Himmerod, consacrée en 1178, fut détruite en 1735 et remplacée par une grande église baroque, complètement restaurée récemment. On pourrait regretter qu’on n’eût pas repris les plans d’origine. Y vivent une quinzaine de moines.


Franco Lippi
1211-1291

L’histoire de Franco appartient à ces récits inimaginables où foisonnent les grâces extraordinaires. Un esprit rationaliste a du mal d’imaginer, encore moins d’accepter tant de miracles, mais les humbles savent qu’à Dieu, rien n’est impossible (Lc 1:37).
Franco naquit en 1211 à Grotti (Sienne, Italie C).
Fainéant et dissipé, il n’apprit rien à l’école, sauf peut-être un peu à lire. Il se fit corroyeur.
A la mort de son père, il laissa tout et s’adonna à tous les vices possibles, en compagnie d’une bande d’aventuriers. Sa mère en mourut de chagrin.
Il se mit à jouer. Ayant tout perdu, il joua même ses yeux, et perdit la vue. Il avait alors la soixantaine.
L’épreuve le fit réfléchir et il se fit conduire à Compostelle, où il recouvra la vue.
Il fit ensuite de nombreux pèlerinages : Rome (où le pape lui accorda l’indulgence plénière), Bari, Monte Gargano, Catane et Syracuse, et revint à Sienne.
La Sainte Vierge lui apparut ; il s’installa à l’écart de la ville, près des remparts. On lui remit cinq ducats, qu’il remit tout de suite à une pauvre veuve. Nouvelle apparition de la Vierge, qui le félicita de son abnégation.
On commençait de connaître son «cas», mais on s’en moquait aussi un peu. Durant un repas où il fut invité, quelqu’un le prit à partie : Je croirai à tes vertus quand ce chapon retrouvera ses plumes et la vie. Franco pria, et le coq chanta.
Dans sa cabane, il eut maintes fois la visite du Démon. Il le chassa en se roulant dans les épines, en se jetant dans l’eau froide et en se flagellant, enfin par un signe de croix. 
La Sainte Vierge l’encouragea à prendre l’habit du Carmel. Il avait soixante-dix ans, et on hésita à l’accepter. Après cinq années, le prieur soumit son cas aux moines, qui virent arriver un beau jeune homme, un ange, apportant l’habit pour Franco, et qui ensuite disparut.
Heureux, Franco redoubla encore ses mortifications, pour expier ses fautes de jeunesse et s’unir à la Passion du Christ. Collier de fer autour du cou, cercles de fer autour des bras, des cuisses et des jambes, cotte de mailles, bonnet de fer, et en plus une balle de plomb dans la bouche, pour éviter de trop parler.
Les miracles furent nombreux, guérisons, prédictions…
Se sentant indisposé début décembre, il mourut le 11 décembre 1292, et fut aussitôt vénéré. Un aveugle de naissance fut guéri près du corps de Franco. On ne comptait plus les nombreux autres miracles.
En 1308, fut autorisée une translation de ses reliques. Le bienheureux Franco est commémoré au 11 décembre dans le Martyrologe.


Ugolino Magalotti
1300-1373

Ugolino, le petit Hugues, naquit vers 1300 à Fiegni (Marches, Italie CE), du seigneur Magalotto et de Lucia, qui mourut de l’accouchement.
Vers 1313 mourut aussi son père. Mais le garçon savait déjà se conduire responsablement et traversa l’adolescence sans se laisser prendre par le monde. 
Il aurait demandé en mariage une jeune fille qui en réalité entra chez les Clarisses. 
A vingt ans, pour suivre le conseil évangélique de pauvreté, il vendit son héritage. Il aurait alors tenté une expérience chez les Bénédictins, mais préférant un idéal plus dépouillé, se retira dans une grotte voisine de Fiegni. Il devait y rester jusqu’à la mort.
Il mangeait un peu de pain, des herbes et des racines. Il buvait à une source, que certains affirment avoir surgi sur la prière d’Ugolino.
Il ne semble pas fondé qu’Ugolino fît partie du Tiers-Ordre franciscain ; il en aurait plutôt été un précurseur.
Il fut violemment et souvent attaqué par le Démon, qu’il vainquit par la prière constante.
On vint lui demander des conseils, des prières ; il guérit un boiteux de naissance, un homme qui avait perdu un œil en travaillant le bois ; il libéra des possédés.
Au bout d’une trentaine d’années de cette vie, Ugolino mourut le 11 décembre 1373.
Son culte fut approuvé en 1855.


Girolamo Ranuzzi
1410-1468

Girolamo (Jérôme) naquit vers 1410 à Sant’Angelo in Vado (Pesaro, Italie CE), d’Angelo Ranuzzi ou Ranucci, un brave homme auquel on avait confié la garde d’une église.
Entré chez les Servites de Marie, Girolamo se prépara au sacerdoce ; il reçut le doctorat de philosophie et de théologie, à Bologne, croit-on, et fut ordonné prêtre.
Revenu au couvent de Sant’Angelo in Vado, il en devint prieur.
Sa doctrine devait être reconnue, car il était cité souvent à son époque. On parlait partout du «bachelier de Sant’Angelo» ou aussi de l’ange de bon conseil. Le duc d’Urbino le prit comme conseiller et Girolamo dut se plier par obéissance à quitter le couvent pour aller vivre à la cour du duc. C’est ainsi qu’il négocia au nom du duc avec le Vatican.
En 1462, il entreprit la construction du nouveau monastère de Sant-Angelo in Vado, pour les moniales.
Il mourut le 11 décembre 1468, entouré d’une grande réputation d’ascète, et son corps resta incorrompu.
Les nombreux miracles incitèrent le pape à le proclamer bienheureux en 1775.


Martín Lumbreras Peralta
1598-1632

Il était né le 8 novembre 1598 à Saragosse, de famille noble, et fut baptisé le 10 novembre (la date du 8 décembre, parfois proposée, est donc une erreur).
Entré dans l’Ordre augustin à Borja, il fit la profession à Saragosse en 1619 avec le nom de Martín de Saint-Nicolas et, en 1622, partit pour les Philippines. 
Le voyage passait par le Mexique, et c’est là qu’il fut ordonné prêtre.
Les Supérieurs le nommèrent sacristain au couvent de Manille, puis maître des novices pendant huit ans.
Il y développa beaucoup la dévotion envers Notre-Dame de la Colonne (del Pilar : une dévotion remontant à l’apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques pour le réconforter).
Son désir intime était cependant d’aller encourager les communautés japonaises persécutées. Il obtint la permission de partir pour le Japon, et quitta Manille en août 1632, accompagné de son collègue et ami, Melchior de Saint-Augustin (voir sa notice).
Il y eut une altercation entre les marchands chinois qui les avaient conduits, de sorte qu’à peine arrivés certains d’entre eux les dénoncèrent aux autorités de Nagasaki.
Les deux Religieux en furent informés et allèrent vite se cacher dans la montagne, où un autre Confrère les reçut, et commença tout de suite à leur enseigner la langue.
Mais leur zèle était plus fort : ils s’aventurèrent dans la ville proche, où ils furent vite reconnus et arrêtés, le 3 novembre 1632.
Le gouverneur tenta de les faire apostasier. Tout effort de sa part étant inutile, il les condamna à être brûlés vifs.
Les deux Religieux furent attachés à des poteaux en face du brasier, de sorte qu’ils devaient être asphyxiés petit à petit, mais aussi, éventuellement, pour leur laisser le temps d’apostasier et de repartir libres.
A l’étonnement de ceux qui étaient présents, le père Martín «résista» dix-huit heures avant de rendre le dernier soupir, fidèle à l’Eglise et à son sacerdoce, tandis que son Compagnon mourut dès les premières heures du supplice, qui eut lieu le 11 décembre 1632.
Ils furent tous deux béatifiés en 1989.


Melchor Sánchez Pérez
1599-1632

Il était né en novembre 1599 à Grenade (Espagne).
Entré dans l’Ordre augustin, il fit la profession dans cette même ville en 1618 avec le nom de Melchor de Saint-Augustin et, en 1621, partit pour les Philippines. 
Le voyage passait par le Mexique et c’est là que Melchor fut ordonné prêtre.
Arrivé aux Philippines, il se mit à apprendre les dialectes locaux des Tagalog et des Hisaya, et fit de l’apostolat dans les missions de Mindanao, l’endroit le plus difficile de l’archipel.
A Manille, il prêcha pour les Espagnols, jusqu’en août 1632, date à laquelle, selon son désir, il partit pour le Japon, avec son confrère et ami Martín Lumbreras Sanchez Perez Peralta (voir sa notice).
Il y développa beaucoup la dévotion envers Notre-Dame de la Colonne (del Pilar : une dévotion remontant à l’apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques pour le réconforter).
Il y eut une altercation entre les marchands chinois qui les avaient conduits, de sorte qu’à peine arrivés certains d’entre eux les dénoncèrent aux autorités de Nagasaki.
Les deux Religieux en furent informés et allèrent vite se cacher dans la montagne, où un autre Confrère les reçut, et commença tout de suite à leur enseigner la langue.
Mais leur zèle était plus fort : ils s’aventurèrent dans la ville proche, où ils furent vite reconnus et arrêtés, le 3 novembre 1632.
Le gouverneur tenta de les faire apostasier. Tout effort de sa part étant inutile, il les condamna à être brûlés vifs.
Les deux Religieux furent attachés à des poteaux en face du brasier, de sorte qu’ils devaient être asphyxiés petit à petit, mais aussi, éventuellement, pour leur laisser le temps d’apostasier et de repartir libres.
A l’étonnement de ceux qui étaient présents, le père Martín «résista» dix-huit heures avant de rendre le dernier soupir, fidèle à l’Eglise et à son sacerdoce, tandis que le père Melchior mourut dès les premières heures du supplice, qui eut lieu le 11 décembre 1632.
Ils furent tous deux béatifiés en 1989.


Arthur Bell
1590-1643

Né le 13 janvier 1590 à Temple-Broughton (Worcester, Angleterre centrale), Arthur était le fils d’un avocat, William Bell, qui mourut en 1598.
Arthur fut confié par sa mère à son frère, Francis Daniel, d’Acton (Suffolk), un homme important, studieux et croyant. 
En 1514, Arthur rejoignit le Collège anglais de Saint-Omer pour se préparer au sacerdoce. Il compléta ses études en Espagne.
En 1618, il reçut à Ségovie l’habit franciscain, et y acheva son noviciat.
En Espagne, le père Arthur écrivit : Histoire, Vie et Miracles de saint Juan de la Croix, ainsi qu’une Brève instruction pour entendre la Messe.
Après son ordination sacerdotale, il fut appelé à restaurer la province franciscaine d’Angleterre. La première communauté franciscaine s’établit à Douai et il en fut le gardien (c’est-à-dire le supérieur). Il y enseigna également l’hébreux.
En 1632, Arthur fut envoyé en Ecosse pour tenter d’y restaurer l’Ordre franciscain, mais il dut repartir en Angleterre en 1637, et devait y travailler jusqu’en 1643.
Il est dit que le 12 octobre 1642, il se trouva auprès du martyr Thomas Bullaker, qui lui prédit son prochain martyre. En novembre 1643, il fut arrêté, suspecté d’être un espion. Une fouille révéla qu’il était prêtre romain catholique, raison suffisante pour le faire enfermer à Newgate, la tristement célèbre prison. Trois «témoins» déposèrent contre Arthur, qui fut condamné à mort.
Les actes du procès montrent combien il était dévoué à la cause du Catholicisme, et disposé à souffrir pour la Foi. Quand il entendit la sentence, il entonna un solennel Te Deum, et remercia chaleureusement les juges pour la faveur qu’ils lui faisaient de mourir pour le Christ.
Le père Arthur Bell fut donc pendu, éviscéré et écartelé le 11 décembre 1643 à Londres.
Il a été béatifié en 1987.

 

Pilar Villalonga Villalba
1891-1936

Cette Demoiselle était née le 22 janvier 1891 à Valencia (Espagne) et fut baptisée dès le lendemain.
Elle était l’aînée de six enfants, et fut donc le bras droit de sa pieuse maman.
En 1901, elle reçut la Première communion.
Le nom qu’elle porta était lié à Notre-Dame de la Colonne (pilar en castillan), un sanctuaire fameux de Saragosse, qui remonte à une apparition de la Vierge Marie à l’apôtre saint Jacques.
La vie de Pilar était toute chrétienne, toute fidèle à l’Eglise, au service des autres par son engagement dans l’Action Catholique et d’autres associations de bienfaisance.
En particulier, au moment de la guerre civile de 1936, elle n’hésita pas à ouvrir sa maison aux prêtres poursuivis.
Elle fut découverte et mise en prison le 30 août. Condamnée à mort, elle se fit apporter son plus bel habit pour aller à la rencontre de son cher Epoux céleste, le Christ.
Elle fut assassinée à Burjassot (El Saler, Valencia), le 11 décembre 1936.
Elle fait partie des Martyrs espagnols béatifiés en 2001.


Kazimierz Tomasz Sykulski
1882-1941

Né le 29 décembre 1882 à Końskie (Świętokrzyskie, Radom, Pologne), Kazimierz était le fils de Michał et Tekla Cybińskich, qui eurent neuf enfants.
Il reçut le baptême le 31 décembre.
Après la mort de son père, son frère aîné s’occupa de ses petits frères et sœurs.
Kazimierz fit de bonnes études (à la maison) et entra directement en deuxième année au lycée de Sandomierz. Il étudia le droit, la philologie, les langues (russe, latin, grec, français, allemand) et reçut son diplôme en 1899.
Puis il fréquenta le séminaire de Sandomierz, où il se montra excellent en toutes les matières, mais aussi par sa personne. 
Il fut tonsuré en 1901, reçut les ordres mineurs en 1902, le sous-diaconat en 1904, le diaconat et le sacerdoce en 1905.
Après son ordination sacerdotale, il fut vicaire à Radoszyce, puis à Wierzbica. Puis il fut envoyé pour d’autres études à Saint-Pétersbourg, de 1908 à 1911, où il reçut le diplôme avec d’excellentes appréciations.
Son ancien curé devint alors évêque et le nomma d’abord à Solec, puis à la cathédrale de Sandomierz, ainsi que comme aumônier de prison, mais pour très peu de temps. Puis il passa à Słupia, à Radom, enfin à Skarżysku-Bzinie, où se trouvaient plusieurs écoles. Il fut nommé par l’administration russe directeur de l’école pour filles Helen Wagner, puis de l’école Saint-Paul, où le personnel était russe.
Lors de la guerre en 1915, les écoles passèrent sous domination autrichienne ; le père Kazimierz fut nommé responsable de l’organisation des œuvres charitables municipales, pour distribuer des vivres. Il s’employa aussi à ouvrir d’autres écoles polonaises, pour développer l’instruction au-delà de l’école primaire. C’est ainsi que s’ouvrit un lycée, pour lequel il chercha un personnel enseignant de haut niveau.
L’inscription à ces écoles ne pouvant pas être gratuite, le père Kazimierz organisa une caisse qui recueillait des fonds pour les élèves pauvres ; lors de funérailles d’un Confrère, il demanda que l’argent qui aurait été dépensé pour des fleurs soit consacré aux frais de scolarités d’élèves peu fortunés.
Il est à remarquer que les élèves étaient en majorité d’origine ouvrière ; beaucoup étaient Juifs.
Le bien que fit ainsi le père Kazimierz pour la formation spirituelle et l’instruction des élèves, fit que, lorsque le bruit courut en 1917 qu’il allait être nommé ailleurs, les parents adressèrent une pétition à l’évêque pour qu’il leur laissât leur curé.
La nomination arriva tout de même, mais le père Kazimierz fut nommé membre honoraire de l’école. Par la suite, tout en étant à Policzna et Radom, il venait souvent revoir son école, à cheval.
A la fin de la guerrre, quand la Pologne retrouva son indépendance, il fit partie de la Diète législative constituante, de 1919 à 1922.
En 1920, il fut aumônier militaire, et reprit son activité pastorale à Radom.
Il reçut ensuite la dignité de Camérier secret du pape (une dignité qui n’existe plus aujourd’hui), celle de chanoine du chapitre de Opatowie et devint, en 1927, inspecteur pour les écoles.
En 1929, il fut nommé curé de son village natal, où son activité ne s’arrêta pas : Dames de la Charité, Congrès eucharistiques de Radom et Budapest, consulteur, doyen du chapitre d’Opatowie.
En 1938, le gouvernement lui remit la Croix en or du Mérite.
Lors du déclenchement de la guerre en 1939, l’hôpital fut un chaos, sans eau, sans lumière, et les blessés affluaient. Mgr Sykulski déploya tout son zèle pour être auprès de chacun comme prêtre, mais aussi comme frère, comme soutien, aidant les Religieuses à apporter de l’eau dans des seaux.
Dès que l’armée nazie entra dans Radom, le 8 septembre 1939, il fut arrêté avec d’autres otages. On les mit dans une pièce de la mairie, où ils n’avaient qu’un peu de paille pour s’étendre. Mais on les relâcha peu après.
Mgr Kazimierz organisa aussitôt des soupes populaires, des soins pour les mères et les enfants, une assistance pour les prisonniers.
Le 8 novembre, il fut de nouveau arrêté par les Nazis, et de nouveau relâché. Il reprit ses activités. On le prévint qu’il était surveillé par les Nazis, mais il répondit que sa place était là, et que son sort était entre les mains de Dieu.
En 1940, s’attendant à être de nouveau arrêté, il écrivit son testament, où il notait qu’il désirait être enterré auprès de sa mère.
En 1941, il s’attendait au martyre. La Gestapo l’arrêta, pour la troisième fois, le 1er octobre.
Il fut mis en prison à Radom, où on l’interrogea. Il fut terriblement battu, mais ne trahit personne. On lui demanda, en vain, les noms des adhérents aux associations catholiques. Il sortait des interrogatoires le visage en sang. Rien ne l’abattit, c’est lui qui continuait à relever le moral des autres prisonniers.
Des autorités, religieuses et civiles, intervinrent pour le faire libérer. La réponse fut négative, au motif que Mgr Kazimierz appartenait à une organisation secrète anti-allemande, qu’il avait fomenté des activités patriotiques et politiques contraires aux intérêts de l’Allemagne, et qu’il avait été pour cela condamné à mort. Toutefois, la peine de mort avait été commuée en détention en camp de concentration.
Le 24 octobre 1941, le prélat fut transporté à Auschwiz-Birkenau, où il porta le numéro 21962.
Il était alors encore en assez bonne forme et dut d’abord travailler aux fondations de la nouvelle caserne. Sa santé déclina cependant et, s’il écrivit à sa sœur qu’il était en bonne santé, c’était uniquement pour pouvoir envoyer un mot à sa famille.
Au matin du 11 décembre 1941, il fut «appelé» avec quelques autres. Ne pas être envoyé au travail signifiait être conduit à l’exécution, par fusillade ou par pendaison. Il faisait très froid. 
Le père Kazimierz murmura quelques mots à son voisin, sans doute les paroles de l’absolution ; il remit son chapelet à un autre prisonnier, un professeur de l’université Jagellone. Il fut ensuite fusillé et son corps brûlé.
Plus d’un mois plus tard, les autorités du camp avertirent sa sœur qu’il était mort à cause de son activité anti-allemande.
Mgr Sykulski mourut le 11 décembre 1941 (la date du 1er décembre, au Martyrologe, est apparemment une erreur).
En 1946, le gouvernement lui décerna la Médaille militaire du Mérite.
Mgr Kazimierz Sykulski fut béatifié en 1999.


María Maravillas Pidal y Chico de Guzmán
1891-1974

Née le 4 novembre 1891 à Madrid, María reçut au baptême, le 12 novembre suivant,  le nom de María Maravillas, «Marie des Merveilles» : Notre-Dame des Merveilles est patronne de Cahegin (Murcia). 
María était de famille noble :
Son père, Luis Pidal y Mon, second marquis de Pidal, fut Ministre du Développement, et plus tard Ambassadeur près le Saint-Siège ; il a toujours eu le souci d’aider l’Eglise et les religieux. Il avait un frère, Alejandro, philosophe, avec lequel il fonda l’Unión Católica, un parti politique très apprécié par le pape Léon XIII et les évêques espagnols. 
Sa mère, Cristina Chico de Guzmán y Muñoz, était nièce du comte de Retamoso et petite-nièce du duc de Riánsares, de la Reine (celle-ci fut sa marraine) et des marquis de Remisa.
María reçut la Confirmation en 1896, et la première Communion en 1902.
Très tôt attirée par la vie consacrée (elle fit à cinq ans le vœu de chasteté), elle eut l’occasion de lire les écrits de sainte Thérèse d’Avila et de saint Jean de la Croix (voir aux 15 octobre et 14 décembre).
Durant son adolescence, Mara, qui était très intelligente, sut se cultiver, apprit les langues, mais donna aussi de son temps aux œuvres de charité, allant dans des familles pauvres et marginalisées pour leur apporter quelque confort. 
Son père tomba malade sur ces entrefaites, et María le soignit avec grand amour filial. A la mort de celui-ci (1913), la maman était un peu contrariée à la pensée de l’éloignement de sa fille.
Toutefois, écoutant l’appel de Dieu, María entra en 1919 chez les Carmélites de l’Escorial, et prit le nom de María Maravillas de Jésus. Elle fit les premiers vœux en 1921.
En 1924, elle s’installe avec trois autres Religieuses carmélites dans une maison de Getafe, où elle fait sa profession solennelle, en attendant la fin de la construction du nouveau couvent prévu dans cette ville.
En 1926, elle est prieure du nouveau couvent El Cerro de los Ángeles (Colline des Anges), près du monument du Sacré-Cœur, qui devait être un lieu de prière et d’immolation pour l’Eglise et l’Espagne. C’est auprès de ce monument que le roi Alphonse XIII avait consacré son pays au Sacré-Cœur (30 mai 1919).
Dès 1931, Mère Maravillas passe plusieurs heures chaque nuit en prière pour l’Espagne, où s’accumulent les nuages de la persécution. Elle demande au pape (et obtient) la permission de sortir si nécessaire, elle et sa communauté, pour chercher refuge quelque part.
En 1933 elle fonde un Carmel à Kottayam (Inde), qui fut le point de départ d’autres couvents en Inde.
En 1936, les Carmélites, expulsées, se réfugient d’abord chez les Ursulines de Getafe, puis se cachent pendant plus d’une année dans un étage de la rue Coello de Madrid. Menaces, contrôles : à leur grand étonnement, elles n’eurent pas la grâce du martyre.
En 1937, elles purent passer en France, à Lourdes, avant de retourner en Espagne à Las Batuecas (Salamanque), où elles fondèrent un nouveau couvent.
En 1938, Maravillas fit le vœu de rechercher toujours la perfection.
En mars 1939, elle put revenir au Cerro, reconstruit après avoir été totalement détruit durant la Révolution.
Successivement, elle ouvrira jusqu’à sept nouveaux Carmels, qu’elle appela les «maisons de la Vierge». L’avant-dernier en date sera celui où elle sera élue prieure et où elle s’éteindra (La Aldehuela, Getafe). Mère Maravillas enverra des sœurs à un carmel en Equateur et dans quatre autres en Espagne. Ces Carmels vivaient selon l’esprit de la règle de sainte Thérèse d’Avila : couvents petits, grande pauvreté, travail manuel permettant quelques revenus pour la subsistance. On reprocha parfois à la Mère Maravillas cette pauvreté de bâtiments et de mobilier, les murs nus, mais la sainteté de vie parla pour elle et convainquit les plus hésitants.
Elle aidera aussi les Pères Carmes à construire leur couvent près de Tolède.
A La Aldehuela, elle fondera aussi un collège, une maison pour les pauvres, et tout un quartier de deux-cents maisons avec leur église.
Mère Maravillas fut une grande mystique. Elle traversa de grandes épreuves intérieures, des  moments de doutes : mais elle mit toute sa confiance à accomplir la volonté de Dieu. Elle voulait surtout correspondre à l’amour du Christ et le manifestait par sa grande dévotion au Sacré-Cœur.
Ses filles l’aimaient. Mère Maravillas montrait en tout un esprit équilibré, serein, délicat ; elle transmettait la joie et la paix ; elle ne s’imposait pas et demandait à chacune son point de vue. Elle se mortifiait, dormant peu, sur la dure.
María Maravillas souffrit de pneumonies à répétition. En 1972, elle se remet d’un arrêt cardiaque, puis de graves problèmes respiratoires usent ses dernières forces. Les Sœurs doivent deviner de quoi elle a besoin, car elle ne demande jamais rien.
Elle reçut l’Onction des Malades et la Viatique le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception. Au moment de mourir, le 11 décembre 1974, elle répétait : Quelle joie de mourir Carmélite !
Elle fut béatifiée en 1998 et canonisée en 2003. A cette occasion, un de ses petits-neveux fit la première Communion.
Les deux miracles ayant permis la béatification et la canonisation eurent lieu en Espagne et en Argentine.
Celui d’Argentine se passa comme suit. Le 19 juillet 1998, le petit Manuel (dix-huit mois) tombe dans un bassin et y séjourne vingt-cinq minutes avant d'être emmené en coma profond à l'hôpital où la réanimation est pratiquée sans espoir. Sa mère Alicia se met à prier Mère Maravillas et reçoit une grande paix : Je n'ai désespéré qu'entre la porte de la piscine et l'hôpital. L'enfant recrache des quantités d'eau très sale et le médecin annonce des séquelles neurologiques très sévères. Transporté à l'hôpital pour enfants, on informe la mère qu'il restera, s'il survit, dans un état végétatif. Vous ne savez pas ce qui va se passer, réplique-t-elle. Au matin, sous le regard stupéfait des médecins, Manuel s'éveille et, voyant Alicia, parle : Maman ! Il quitte le service de soins intensifs et est mis en observation. Le médecin des urgences appelle pour savoir s'il est mort ; quand on lui annonce que son état est absolument normal, le docteur s'étonne : Il ne peut s'agir de l'enfant dont je parle. La nouvelle se répand dans tout l'hôpital : C'est un miracle !

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 00:00

 

10 DÉCEMBRE

 

?        

Ste Valérie, vierge et martyre près de Limoges. 

III.

S Maurus, martyr romain ; il était très jeune : s. Damase le dit enfant.

IV.

S Gemellus, martyr crucifié à Ancyre.

Stes Eulalia et Iulia, martyres à Merida ; Eulalie avait treize ans.

V.        

S Edibe, évêque à Soissons ; on dit qu'il sauva sa ville de la fureur d'Attila, par l'intercession des ss. Crépin et Crépinien.

VII.        

S Sandou, évêque à Vienne.

S Deusdedit, évêque à Brescia.

VIII.        

S Grégoire III, pape (731-741) d'origine syrienne ; il combattit l'iconoclasme et soutint s. Boniface.

S Thomas, abbé à Farfa ; il s'installa en cet endroit sur une révélation de la Sainte Vierge.

S Lucerius, abbé à Farfa, successeur de s. Thomas.

X.        

S Gausbert, évêque à Clermont, mais il résidait souvent à Cahors, où il mourut.

XII.        

S Luca, évêque à Isola Capo Rizzuto.

XIII.        

Notre-Dame de Lorette (1294) ; on conteste la translation aérienne de la maison de la Sainte Famille, de Nazareth à Loreto ; sous ce vocable, la Sainte Vierge est patronne des aviateurs.

XVI.        

SS Edmund Gennings, prêtre, et Swithin Wells, laïc qui l’avait hébergé, martyrs à Tyburn, pendus à la porte du domicile de Swithin.

SS Eustace White et Polydore Plasden, prêtres, et les Bx Brian Lacey, John Mason, Sidney Hodgson, laïcs, martyrs à Tyburn ; en prison Eustace fut sept fois pendu par les mains (dont une fois pendant huit heures). 

XVII.    

S John Roberts, bénédictin d’abord en Espagne, et le B Thomas Somers (Wilson), prêtre, martyrs à Tyburn ; John fut le premier moine martyr en Angleterre.

XIX.    

B Hyeon Gye-heum Florus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

B Marcantonio Durando, missionnaire italien à Turin, fondateur des Sœurs de Jésus de Nazareth, pour soigner les malades ; béatifié en 2002.    

XX. 

B Giuseppe Migliavacca (1849-1909), prêtre italien jésuite, puis capucin (Arsenio de Trigolo), à l'origine des Sœurs de Marie Consolatrice, béatifié en 2017.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : Gonzalo Viñes Masip (*1883), chanoine, près de Valencia ;

Salésiens : Antonio Martín Hernández (*1885), prêtre, et Agustín García Calvo (*1905), coadjuteur, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : Mariano Anel Andreu (Adolfo Mariano, *1910), à Barcelone ; le jour exact de son martyre n'est pas connu et pourrait être ce 10 décembre, jour où on le vit la dernière fois ;

- béatifié en 2015 :

Cisterciens : Emérico Martín Rubio (Marcelino, *1913), convers, à Santander.

B Anton Durcovici (1888-1952), évêque à Iaşi (Roumanie), martyr, béatifié en 2014.

Bse María Emilia Riquelme y Zayas (1847-1940), fondatrice espagnole des Missionnaires du Saint-Sacrement et de Marie Immaculée, béatifiée en 2019.

Maurus de Rome

? 3. siècle

 

On a supprimé du 3 décembre la mention d’un Claudius, tribun, avec son épouse Hilaria et leurs deux fils Iason et Maurus, par manque de témoignages solides.

Mais Maurus est validement attesté par une inscription de s.Damase (v. 11 déc.).

Le saint pape décrit Maurus comme un insons puer, un enfant innocent. Celui-ci aurait bravé les tourments qu’on lui faisait subir pour renier le Christ, et mourut, peut-être décapité.

Ce pouvait être au troisième siècle, ou au début du quatrième.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Rome au 10 décembre.

 

 

Eulalia de Merida

304 ?

 

D’après le poète Prudence, Eulalia était une jeune adolescente de douze (ou treize) ans, qui vivait à Merida (Espagne).

Lors de la persécution qui se déchaîne, on la cache à la campagne, mais elle trompe la surveillance des adultes et se présente le matin suivant au tribunal, invectivant le juge et les dieux, avec la conviction qu’on imagine pour cette créature encore jeune d’âge, mais mûre de caractère.

Immédiatement arrêtée, elle est battue par les bourreaux, déchirée ; on lui brûle la poitrine et les flancs ; asphyxiée par la fumée, elle expire.

On lui a parfois donné une compagne, Julie : rien d’invraisemblable à ce que ces deux petites filles se soient encouragées mutuellement dans leur démarche.

Le poète ajoute qu’une colombe se serait échappée de la bouche d’Eulalie et qu’une neige bienvenue aurait couvert chastement son corps.

Les spécialistes s’étonnent du manque de témoignages contemporains d’une Sainte si célèbre, le poète Prudence n’écrivant qu’un siècle après le martyre d’Eulalie. Mais n’a-t-on pas perdu quelques documents, justement durant la persécution, si tant est qu’on ait pu toujours en rédiger ?

Saint Augustin et saint Grégoire de Tours en parlent, aux 5e et 6e siècles.

On a confondu parfois notre Eulalie avec celle de Barcelone, martyre à la même époque, mais qui finalement a été retirée du 12 février où elle se trouvait dans l’ancien Martyrologe.

Le dies natalis d’Eulalie de Merida est au 10 décembre.

 

 

Gemellus d’Ancyre

362

 

Ce Martyr serait mort à Ancyre (auj. Ankara, Turquie) en ou vers 362.

Après bien des tortures, il aurait été crucifié.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Gemellus d’Ancyre au 10 décembre.

 

 

Grégoire III

731-741

 

Saint Grégoire II mourut le 10 (11) février 731 et le Siège de Pierre ne resta vacant que cinq jours.

Grégoire III, qui lui succède comme quatre-vingt-dixième pape, était d’origine syrienne, fils de Jean. Cardinal-prêtre du titre de l’église Saint-Chrysogone, il est décrit par le Liber Pontificalis en des termes très élogieux :

Douceur incomparable… profonde sagesse… science des Ecritures. Il possédait les deux langues grecque et latine à un égal degré ; il récitait tous les psaumes de mémoire… Son élocution était d’une élégance exquise.

Ce pontificat ne fut pas calme.

C’était l’époque de l’iconoclasme (ou lutte contre les saintes Images). Grégoire III réunit à Saint-Pierre un concile de quatre-vingt-treize évêques pour réaffirmer la légitimité du respect et de la vénération qu’on doit envers les saintes Images (sans les adorer). Mais les émissaires du pape à la cour de l’empereur soit n’eurent pas le courage de s’y rendre, soit furent arrêtés en route, soit provoquèrent la colère de l’empereur Léon l’Isaurien, qui prétendit armer toute une flotte contre l’Italie, mais elle fut défaite par une très forte tempête. Léon périt à son tour dans un tremblement de terre à Constantinople.

C’est à cette époque que remonte la mise sous la responsabilité pastorale du patriarche de Constantinople, de toutes les communautés chrétiennes de Sicile, de Grèce et d’Illyrie.

En Occident, la montée musulmane envahit l’Espagne, franchit les Pyrénées avec une armée d’un million de personnes, hommes, femmes et enfants compris, qui furent défaits à Poitiers en 732 (ou plutôt 733, paraît-il) : il y eut trois-cent mille morts du côté musulman, et quinze cents du côté franc. Le vainqueur, Charles Martel, en informa le pape, qui à son tour l’appela, mais en vain, pour l’aider dans sa politique italienne.

Grégoire III appuya fortement les travaux apostoliques de saint Boniface en Germanie, et on peut dire que c’est sous ce pontificat que l’Eglise de l’Allemagne centrale s’organisa solidement.

Le pape Grégoire III s’occupa aussi d’embellir plusieurs églises romaines.

Saint Grégoire III mourut, d’après les calculs rectifiés des historiens, le 10 décembre 741, jour auquel le mentionne le Martyrologe Romain.

Son successeur fut saint Zacharie.

 

Luca di Melicuccá

1050-1114

 

Luca vit le jour vers 1050 à Melicuccà (Reggio Calabria, Italie S), de Ursino et Maria.

Dans cette région fortement imprégnée de la présence des moines de rite oriental basilien, Luca s’intéressa à l’Ecriture Sainte et embrassa la vie religieuse. Il fut ordonné prêtre.

Avant même la quarantaine, il fut promu à l’épiscopat, pour le minuscule siège de Isola Capo Rizzuto. Il ne devait pas y être surchargé d’obligations et fut appelé en Sicile et en Calabre, où sa présence est signalée, ainsi que les miracles qui l’accompagnaient : pêche miraculeuse à Medino, cessation de la sécheresse à Mesa, exorcisme d’une maison infestée à Bovalino, mise en fuite d’un loup à Squillace.

Il projeta un voyage à Constantinople, qu’il dut interrompre à Tarante.

Il existe des manuscrits contenant des hymnes composés et recopiés par Luca.

Bon pasteur, il se préoccupa du salut des âmes ; sa prédication émouvait la foule.

Il fonda le monastère de Saint-Nicolas-de-Viotorito, où il se retira pour finir ses jours. Il y convoqua tous les évêques, abbés et prélats, moines et prêtres des diocèses voisins, leur impartit ses derniers conseils et remit son âme à Dieu, le 10 décembre 1114, sans oublier d’irriguer la population d’autres miracles encore après sa mort, ce qui lui valut d’être très vite acclamé comme Saint.

L’abbé saint Luca a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain, au 10 décembre.

 

 

Sidney Hodgson

?-1591

 

Sidney était né en Angleterre.

A part cela, tout ce qu’on sait de lui est qu’il se convertit au Catholicisme.

Le 7 novembre 1591, il se trouvait chez Swithin Wells avec le prêtre Polydore Plasden et quelques autres laics à la Messe qu’était en train de célébrer Edmund Jennings (ou Gennings). Survint le célèbre Topcliffe et ses hommes : comme c’était le moment de la consécration, les laïcs présents, dont Sidney, leur barrèrent l’entrée et les prièrent d’attendre la fin de la célébration. Ensuite, ils se rendirent.

Le procès eut lieu le 4 décembre, et les laïcs furent condamnés à mort pour s’être réconciliés avec l’Eglise de Rome, pour avoir reçu et assisté des prêtres.

A Sidney, on offrit la grâce, s’il acceptait seulement de promettre de suivre l’Eglise officielle, mais il préférait mourir pour sa religion.

Sidney Hodgson mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Swithun Wells

1536-1591

 

Laïc né vers 1536 à Bambridge (Hampshire, Angleterre). Son nom de baptême était celui d’un saint évêque local.

De famille aisée, il eut une bonne éducation et voyagea ; il cultiva la poésie, la musique, les sports.

Un moment précepteur à Southampton, Swithun fut pendant plusieurs années maître d’école à Monkton Farleigh (Wiltshire), et fréquenta les offices protestants, mais il se convertit au catholicisme en 1583.

En 1585, il vint louer une maison à Gray’s Inn Lane (Londres).

En 1591, alors que le prêtre Edmund Gennings était en train de célébrer la Messe chez Swithun, en présence de son épouse (Alice), d’un autre prêtre (Polydore Plasden) et de trois autres laïcs (John Mason, Sidney Hodgson et Brian Lacey), le persécuteur Topcliffe fit irruption dans la maison.

Deux versions s’affrontent ici : dans l’une, John Mason se bagarra avec l’intrus et tous deux roulèrent au bas de l’escalier ; dans l’autre, on discuta pour obtenir qu’au moins la Messe ne fût pas interrompue et ils se seraient rendus sans défense ensuite.

Il se trouve que Swithun n’était pas présent juste à ce moment ; il fut cependant arrêté dès son retour. Devant les juges, il précisa qu’en effet il n’était pas présent à la Messe, mais qu’il aurait bien voulu y assister.

Condamné à mort, il fut pendu à la porte de son domicile, le 10 décembre 1591 (Londres), juste après le prêtre Edmund Gennings. Juste avant d’être pendu, il dit à Topcliffe : Je prie Dieu de faire que vous deveniez un Paul, après avoir été un Saul et un persécuteur des enfants de l’Eglise Catholique.

Alice, elle, fut arrêtée et mourut en prison dix ans plus tard, en 1602.

Béatifié en 1929, Swithun a été canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule. 

 

 

Eustace White

1559-1591

 

Il naquit à Louth (Lincolnshire, Angleterre) en 1559 (ou 1560), de parents protestants. Quand il se convertit au catholicisme, son père le maudit.

Passé sur le continent en quête d’un collège pour se préparer au sacerdoce, il reçut sa formation à Reims (1584) puis à Rome (1586) et fut probablement ordonné prêtre au Collège Anglais (1588), avant de retourner dans son pays.

Il commençait son apostolat au moment où la fureur se déchaînait contre le catholicisme. Trois années plus tard (1591), une discussion avec un juriste, qui dura deux jours, fit une forte impression sur les Protestants qui assistaient à la rencontre, mais aussi fut la cause de son arrestation à Blandfort (Dorset).

Eustace présenta une défense très soignée devant la West Country, puis il fut envoyé à Londres, et enfermé à Bridwell (18 septembre), pendant quarante-six jours, couché et ligoté. Là, Topcliffe s’acharna particulièrement sur lui.

Le 25 octobre, le Privy Council le fit interroger sous la torture. Par sept fois il fut suspendu par les mains pendant des heures. C’est à peine si on lui donnait à manger ou de quoi se couvrir, s’il n’en était pas complètement privé.

Voici ce qu’il put écrire à un confrère depuis sa prison, le 23 novembre 1591 :

Le lendemain de la fête des saints Simon et Jude {donc le 29 octobre, ndt}, j’ai été accroché au mur, avec des menottes solidement attachées à un crochet, aussi haut que je pouvais arriver au-dessus d’un tabouret. Puis on retira le tabouret, de sorte que je suis resté là accroché depuis un peu après huit heures du matin jusqu’à quatre heures de l’après-midi… Le jour suivant, j’ai été accroché une heure ou deux : voilà la méchanceté de nos adversaires.

Il n’eut aucune possibilité de se défendre. Le 6 décembre il fut conduit à la cour de Londres, en même temps qu’un autre prêtre (Polydore Plasden) ainsi que trois laïcs (Brian Lacey, Sydney Hodgson et John Mason). 

Eustace fut accusé d’être entré en Angleterre contre les lois.

Il pardonna expressément à Topcliffe sa cruauté et pria pour lui. Puis, s’adressant à ceux qui assistaient à son exécution, il déclara que son unique «trahison» était d’être prêtre, et remercia Dieu de lui accorder la couronne de ses travaux.

Un moment pendu, il fut remis à terre, et pouvait encore se tenir debout. On le culbuta à terre, on le traîna vers le bûcher où deux hommes, debout sur ses bras, le tenaient immobilisé, pendant que le bourreau l’exécutait (d’habitude la victime, encore vivante, était d’abord éviscérée, avant d’être décapitée).

Eustace reçut la couronne du martyre le 10 décembre 1591.

Il est au nombre des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent canonisés en 1970.

Tous les Martyrs de cette triste période n’ont pas été nominativement canonisés ; l’Eglise a choisi les plus représentatifs, sans oublier pour autant les autres, qui ont humblement et glorieusement donné leur vie pour la Vérité.

 

 

Polydore Plasden

1563-1591

 

Ce jeune prêtre anglais était né à Londres en 1563.

Il étudia la théologie à Reims et à Rome, où il reçut le sacerdoce le 7 décembre 1586. A Rome aussi il signa une pétition pour demander le maintien des Jésuites dans l’administration du Collège Anglais.

On le retrouve à Reims entre avril et septembre 1588, avant qu’il soit envoyé en mission dans son pays natal.

Rentré en Angleterre pour y exercer le saint ministère, il fut arrêté le 8 novembre 1591 à Londres, chez Swithin (ou Swithun) Wells qui habitait aux Grays Inn Fields : le prêtre qu’il hébergeait, Edmund Gennings, y était en train de célébrer la Messe. Polydore, craignant une profanation de l’Eucharistie, donna sa parole que tous se seraient rendus librement, si on leur permettait seulement de terminer la célébration. On le leur permit : cela leur permettait de les emmener ensuite plus discrètement.

Condamné à mort pour trahison, Polydore devait être exécuté à Tyburn : au moment de son exécution, il reconnut clairement que la reine Elizabeth était sa souveraine légale, qu’il la défendrait de toutes ses forces contre ses ennemis, et qu’il priait pour elle et tout le royaume, mais ajouta aussi qu’il aurait plutôt donné mille fois sa vie que de renier sa foi. 

L’exécution eut lieu le 10 décembre 1591 (en même temps que pour Eustace White) : après une brève pendaison, la victime devait être éviscérée (encore vivante), avant d’être écartelée et décapitée, mais sur intervention de Walter Raleigh, Polydore ne fut éviscéré qu’après constatation de sa mort effective par pendaison. Cette sentence avait été écrite sur son cadavre.

Concernant ce Walter Raleigh, il s’agit d’un aristocrate parvenu à la vie assez mouvementée : ayant conquis la faveur de la reine, et en ayant obtenu la mission d’explorer la Virginie en Amérique du Nord, il se fit espion pour dénoncer des prêtres ; puis, ayant épousé - sans sa permission - une des dames d’honneur de la même reine, il fut mis en prison avec son épouse ; il se retira finalement dans le Dorset.

L’abbé Polydore avait vingt-huit ans, et tout juste cinq années de sacerdoce.

Quant à Edmund Gennings et son hôte Swithun Wells, ils furent pendus à la porte du domicile de ce dernier.

Polydore, ainsi que son compagnon Eustace, font partie des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles canonisés en 1970.

 

 

Brian Lacey

? -1591

 

Laïc né à Brockdish (Norfolk, Angleterre), il était cousin et compagnon de Montford Scott, qu’il protégea.

Bien avant son arrestation, il avait déjà passé cinq années dans la prison de Newgate. Son propre frère, Richard, le dénonça.

Brian et Montford furent tous deux arrêtés en 1591.

En prison à Bridewell, il fut cruellement torturé par le persécuteur Topcliffe, dans la vaine intention de lui faire dire les maisons où il était passé.

Il fut accusé d’avoir aidé et soutenu des prêtres et martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

John Mason

? -1591

 

Laïc né à Kendal (Cumbria, Angleterre), il était au service de M. Owen dans l’Oxfordshire.

Quand le persécuteur Topcliffe intervint et voulait pénétrer de force dans la maison, où le père Gennings était en train de célébrer la Messe, John s’attaqua à l’intrus ; il y eut de la bagarre et tous deux roulèrent au bas de l’escalier, ce qui fut à l’origine de l’accusation lancée contre John, d’avoir aidé et soutenu des prêtres.

Il fut martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

Edmund Gennings

1567-1591

 

Edmund Gennings (ou Jennings) naquit à Lichfield (Staffordshire) en 1567. 

Naturellement porté vers les choses religieuses, il se convertit au catholicisme à seize ans et  se dirigea tout de suite vers le Collège Anglais de Reims, où il reçut le sacerdoce dès 1590, à vingt-trois ans.

Immédiatement reparti pour l’Angleterre, il se présenta sous le pseudonyme de Ironmonger. Sa mission dura peut : il fut arrêté pendant qu’il célébrait la messe chez un ami, Swithun Wells aux Gray’s Inn de Londres, le 7 novembre 1591.

Au même moment se trouvait présent un autre prêtre, Polydore Plasden. On leur laissa terminer la célébration et ils furent emmenés tous les trois pour être jugés.

Ils furent condamnés à mort. En ce qui concerne Edmund, l’exécution fut particulièrement cruelle : Lui et son hôte devaient être pendus à la porte-même du domicile de ce dernier. Topcliffe ordonna de couper la corde du pendu alors qu’il n’était qu’à peine étourdi. 

Le bourreau commença à l’éviscérer. On entendit alors Edmund balbutier encore : Sancte Gregori, ora pro nobis (Il iinvoquait très vraisemblablement saint Grégoire le Grand, qui envoya les premiers moines pour évangéliser l’Angleterre, voir au 3 septembre). Et le bourreau de l’insulter : Regardez-moi ça ! J’ai son cœur dans la main, et il a encore Grégoire dans la bouche. Quel merveilleux papiste ! 

Son compagnon hospitalier, Swithun Wells fut pendu juste après lui.

Un des effets immédiats de la mort d’Edmund, fut la conversion de son jeune frère, John, qui en écrivit plus tard la biographie, publiée en France en 1614.

Comme Polydore Plasden, Edmund et Swithun ont été canonisés parmi Quarante Martyrs d’Angleterre et de Pays de Galles, en 1970.

Leur dies natalis est le 10 décembre, tandis que la fête commune de tous les Martyrs a été fixée dans ces pays au 25 octobre.

Edmund avait vingt-quatre ans, et une année seulement de sacerdoce !

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Somers

?-1610

 

Thomas était né à Skelsmergh (Westmoreland, Angleterre).

Maître d’école, il vint au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

Il utilisa parfois le pseudonyme de Thomas Wilson.

Arrêté, il fut condamné à mort.

Juste avant son martyre, il fut assisté par Luisa de Carvajal, une très pieuse femme espagnole qui eut l’heur de mourir avant qu’on ait pu l’expulser du royaume. On disait de cette femme qu’elle faisait plus de travail que vingt prêtres pour convertir des Protestants.

Thomas Somers mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1610, avec John Roberts (qui est canonisé).

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

John Roberts

1576-1610

 

Né vers 1576 à Trawsfynydd (Gwynedd, Pays de Galles), il était fils de John et Anna. John descendait des anciens rois britanniques et cultivait ses terres. John reçut le baptême dans la religion protestante.

On dit qu’il reçut sa formation d’un moine de la communautéde Cymer Abbey. Puis il alla au Collège Saint-John d’Oxford en 1595 et, deux ans après, à Furnival’s Inn (Londres), pour le droit.

Il voyagea. A Paris, visitant la cathédrale Notre-Dame, il se convertit au catholicisme. Laissant tout ce qu’il avait fait et cru jusques là, il partit au monastère bénédictin de Valladolid et y fut reçu en 1598. Il y prit le nom de John de Merioneth, car il était né près de la localité de Meirionnydd.

En 1599, il laissa le collège pour l’abbaye du même endroit, d’où on l’envoya faire son noviciat à Saint-Jacques de Compostelle. Il fit la profession en 1600. Ordonné prêtre, il fut envoyé en Angleterre.

Quoique étroitement surveillés par un espion de gouvernement, John et ses compagnons réussirent à entrer dans l’île en avril 1603. Onn le nomma vicaire (représentant) des moines (anglais) de la congrégation (espagnole) de la Mission. Le mois suivant, il fut arrêté et expulsé.

Il arriva à Douai le 24 mai, pour repartir en Angleterre dès qu’il le put. A Londres, il s’occupa des victimes de la peste.

En 1604, il voulut accompagner quatre jeunes en Espagne, mais il fut arrêté de nouveau ; cette fois-ci, on ne reconnut pas qu’il était prêtre et on le «relâcha» en l’envoyant en exil ; avec la persévérance digne des Apôtres, il rentra en Angleterre.

Le 5 novembre 1605, on le trouva chez l’épouse de Thomas Percy, impliqué dans le complot Gunpowder. John n’avait rien à voir dans cette histoire, mais il fut arrêté et emprisonné pendant sept mois à Westminster, puis de nouveau banni, en juillet 1606.

Il n’allait pas s’arrêter là. Il vint fonder à Douai un monastère bénédictin pour les moines anglais qui se trouvaient en différents monastères d’Espagne. Ainsi fut fondé le monastère Saint-Grégoire de Douai, qui fut banni de France en 1795, pour se reconstituer en Angleterre à Downside Abbey (Bath, Somerset), en 1814.

Notre John, en octobre 1607 repartit pour l’Angleterre, où il fut à nouveau arrêté en décembre et remis en prison à Gatehouse, Westminster, d’où il s’échappa après quelques mois. Après cette nouvelle aventure, il vécut près d’un an à Londres, mais fut repris et mis à Newgate. On devait l’exécuter sans tarder, mais c’est l’ambassadeur de France qui intervint : le moine fut «seulement» banni.

Il voyagea en Espagne, revint à Douai… et rentra en Angleterre, pour la cinquième fois !

Le 2 décembre 1610, il fut à nouveau capturé, au moment où il finissait de célébrer la Messe ; c’est un prêtre apostat qui l’avait épié et dénoncé. On l’emmena à Newgate avec ses ornements. Le 5 décembre, il passa en jugement et déclaré coupable d’avoir enfreint la loi interdisant tout ministère sacerdotal en Angleterre.

Il avait trente-trois ans, quand il fut martyrisé le 10 décembre 1610 à Tyburn (Londres).

Il y avait beaucoup de monde pour assister à son exécution, car le peuple le connaissait bien, depuis qu’il s’était tant prodigué pour soigner les victimes de la peste en 1603. La foule voulait lui épargner les souffrances atroces qu’on réservait aux «pendus», en les remettant sur pied avant leur dernier soupir, pour les éviscérer vivants ; le père Roberts fut donc «seulement» pendu. Après sa mort, le bourreau lui arracha le cœur et, selon l’habitude, le montra à la foule en disant : Voici le cœur du traître ! D’habitude, on répondait Vive le Roi !, mais ce jour-là, la seule réponse fut un silence absolu.

Le corps du saint moine put être repris par un groupe de fidèles et reconduit à l’abbaye de Douai. Les révolutionnaires français le firent disparaître en 1795. Exceptionnellement, un bras avait été détaché et confié à la Maison royale d’Espagne, qui le remit à la cathédrale de Compostelle, et deux doigts furent conservés l’un à l’abbaye de Downside, l’autre à celle d’Erdington.

Béatifié en 1929, Dom John fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Hyeon Gye-heum Florus

1763-1801

 

Hyeon Gye-heum Florus est un laïc coréen né en 1763 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut pendu à Seoul le 10 décembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marcantonio Durando

1801-1880

 

La famille de Marcantonio était à Mondovì (Cuneo, Italie nord-ouest) et comptait huit enfants.

Le père avait des idées plutôt libérales et agnostiques, tandis que la mère était une personne très croyante qui sema dans le cœur de ses enfants les graines de la foi et de la piété. 

Deux des frères de Marcantonio suivirent les idées de leur père et se signalèrent dans les événements du Risorgimento ; l’un, Giacomo, fut Ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Ratazzi ; l’autre, Giovanni, fut général à la tête des troupes pontificales et, en opposition à la volonté du pape Pie IX, franchit le Pò pour barrer la route aux Autrichiens. Plus tard, il réintégra l’armée piémontaise et participa à la bataille de Novare, à l’expédition en Crimée et à la guerre d’indépendance.

Marcantonio, donc, naquit le 22 mai 1801. A quinze ans il manifesta le désir d’être missionnaire en Chine.

Il entra chez les Pères de Saint-Vincent-de Paul en 1818, fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1824. Sa première destination fut Casale Monferrato, où il resta cinq ans.

Tout de suite, il voulut mettre en pratique les principes de la mission populaire. Il réussit tellement, qu’on le demanda de tous côtés. Contre le laxisme ou le rigorisme, il parlait de la miséricorde de Dieu, convainquant la population de se convertir du fond du cœur. Il ne se contentait pas de prêcher, il intervenait aussi matériellement auprès des pauvres.

Il aurait voulu être missionnaire en Chine, mais sa Chine fut bientôt Turin, où il restera presque exclusivement jusqu’à la mort.

Il introduisit les Sœurs de la Charité dans le royaume du Piémont : ces Religieuses avaient été dispersées par la Révolution française et commençaient timidement à se reconstituer ; les apparitions mariales de la Rue du Bac à sainte Catherine Labouré (et la diffusion de la Médaille Miraculeuse) poussèrent Marcantonio à les appeler et le roi Carlo Alberto les accueillit en 1833. Quelques-unes seront envoyées en Crimée, pour soigner les blessés de la guerre, où combattaient des soldats piémontais.

De son côté, Marcantonio diffusait la dévotion à la Médaille Miraculeuse, dont l’évidente conséquence directe fut l’affluence des vocations chez les Sœurs de la Charité : vingt fondations en dix ans, pour près de trois cents religieuses. A Turin, il put ouvrir des Miséricordes, centres d’assistance sociale, où les religieuses pouvaient recevoir les pauvres et les soulager. Il y eut aussi des jardins d’enfants pour les pauvres, des ateliers pour les jeunes filles, des orphelinats. Les Sœurs de la Charité furent ainsi des éléments de premier ordre dans l’organisation sociale de la société piémontaise du 19e siècle.

En 1837 (il n’a que trente-six ans) Marcantonio est provincial pour toute la Haute Italie. Il ne peut plus prêcher les missions populaires, mais il prêche des retraites pour le clergé de Turin. On lui confie la direction spirituelle des Sœurs de Saint-Joseph, des Clarisses, des Sœurs Repentantes de Sainte-Madeleine (anciennes prostituées) ; il rédige les constitutions pour les Sœurs de Sainte-Anne… 

En 1865, il donne naissance à une Œuvre du cœur, avec les Sœurs de Jésus de Nazareth, qu’il confie à Luigia Borgiotti, une sainte femme, et qu’il destine au service des malades à domicile, jour et nuit, et à l’éducation des enfants et des jeunes. L’œuvre est audacieuse, et un chanoine de la cathédrale alla jusqu’à dire : Si Durando venait se confesser à moi, je ne pourrais pas, en conscience, lui donner l’absolution.

Mais l’esprit sain(t) de la fondation fut convainquant. Les Sœurs surent assister discrètement et efficacement les malades et en obtinrent même de célèbres conversions. 

Retenu dans Turin, Marcantonio envoya bientôt en pays de missions des confrères, en Chine, au Moyen-Orient, en Ethiopie, jusqu’en Amérique.

Comblé d’œuvres et de mérites, Marcantonio Durando mourut le 10 décembre 1880, mais il se trouve au 10 juin dans le Martyrologe.

Il a été béatifié en 2002.

Giuseppe Migliavacca

1849-1909

 

Giuseppe naquit le 13 juin 1849 à Trigolo (Crémone, Italie N).

En 1874, il fut ordonné prêtre.

En 1888, il entra dans la Compagnie de Jésus.

Il fut confesseur, prédicateur de retraites, animateur spirituel dans les collèges, directeur spirituel de communautés religieuses.

C’est dans ce cadre qu’un groupe de jeunes filles se forma autour du père Migliavacca, et qui devint en 1893 l’Institut des Sœurs de Marie Consolatrice ; leur mission serait l’enseignement et la formation de la jeunesse des milieux défavorisés, la prise en charge des orphelins et le catéchisme. Plusieurs maisons s’ouvriront à Turin, Milan, Bergame.

En 1903, le père Migliavacca quitta l’Ordre des Jésuites et entra chez les Frères Mineurs Capucins. Il y fit profession religieuse sous le nom d’Arsenio de Trigolo.

Désormais, il s’occupera de prêcher, de confesser et d’accompagner prêtres et séminaristes.

Le père Arsenio mourut à Bergame le 10 décembre 1909, jour où il sera inscrit au Martyrologe.

Arsenio de Trigolo a été béatifié en 2017.

 

Gonzalo Viñes Masip

1883-1936

 

Gonzalo naquit le 19 janvier 1883 à Xátiva (Valencia, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Après ses études au collège Setabense, il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1906.

Il fut vicaire à Xátiva, où la paroisse fut érigée en basilique ; il en fut recteur, puis chanoine et archiviste.

C’était un intellectuel, poète, historien et écrivain. Il fit partie de diverses académies : la Société Aragonaise de Sciences Naturelles, les Belles Lettres de Barcelone, le Centre de Culture de Valencia, le Service de Recherches de Préhistoire de Valencia et dirigea des travaux de recherches à Mogente et Gandía. 

En 1917, il fut nommé chroniste de la ville et archiviste municipal honoraire. 

Mais il s’occupa aussi de la jeunesse, réorganisant la Jeunesse Catholique Masculine, le Cercle Catholique des Ouvriers, l’Académie de la Jeunesse Catholique.,.

Il dirigea la revue L’Ouvrier Setabense et y publia une trentaine d’articles (Setabense désigne un habitant ou quelque chose de la ville de Xátiva, qu’on orthographie aussi Játiva).

Il fonda un petit musée et appuya fortement la création d’une bibliothèque spécialisée.

Avec d’autres prêtres de Valencia, comme lui érudits et soucieux d’élever le niveau culturel des âmes, il travailla activement à l’enseignement et au renforcement de la langue catalane.

Tous ces travaux, don Viñes Masip les recommandait à Notre Dame de la Seo, qu’il considérait comme l’inspiratrice de tous ses projets.

Quand la révolution se déclara, on oublia bien vite tout le bien que ce prêtre avait fait pour le peuple. 

On commença par lui retirer tous les livres chrétiens et les objets de culte qu’il avait chez lui ; on l’emmena plusieurs fois au Comité révolutionnaire, pour lui extorquer de l’argent ; on le menaça de mort s’il refusait de dire où se trouvait le trésor des églises ; on lui intima l’ordre de signer une déclaration où il renonçait à son sacerdoce. Don Gonzalo opposa un franc refus à cette injonction.

Arrêté pour son sacerdoce et sa fidélité à l’Eglise, il fut martyrisé à Vallés (Valencia), le 10 décembre 1936.

Don Viñes Masip fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio Martín Hernández

1885-1936

 

Antonio naquit le 18 juillet 1885 à Calzada de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille très chrétienne.

Il se prépara à l’enseignement et eut le diplôme d’enseignant à Salamanque. Puis, en 1913, il connut les Salésiens, dont l’esprit le convainquit de se consacrer à Dieu.

Après quelques années à Campelo, il fut ordonné prêtre à Carabanchel en 1919 et enseigna à Alicante, Madrid, Barcelone ;  il fut maître des novices et professeur de pédagogie à Sarria. 

Il fut directeur à Rocafort et son dernier poste fut Valencia, comme directeur du collège où, comme ailleurs, il transmit son esprit joyeux et enthousiaste, en même temps que son amour du travail consciencieux et sa dévotion au Sacré-Cœur.

Le 22 juillet 1936, la maison fut confisquée, les religieux arrêtés, un temps relâchés, de nouveau arrêtés quelques jours après.

Il reçut la palme du martyre à Picadero de Paterna (Valencia), le 10 décembre 1936.

Toutefois, il est dit aussi qu’il mourut en prison, avec le père José Giménez López.

Il y eut cinq membres salésiens martyrisés les 9 et 10 décembre 1936 ; parfois, on les trouve ensemble à l’un ou l’autre jour, parfois divisés : trois le 9 et deux le 10 (dont le père Antonio). C’est cette dernière version qu’a adoptée le Martyrologe Romain.

Le père Antonio fut béatifié en 2001.

 

 

Agustín García Calvo

1905-1936

 

Né le 3 février 1905 à Santander (Espagne), Agustín étudia sur place chez les Salésiens, et fut ensuite aspirant dans leur maison d’Alicante.

Il voulut faire partie de la famille salésienne comme Frère coadjuteur, et fit le noviciat à Sarria (Barcelone).

Après sa profession en 1923, il fut principalement à Valencia.

On lui doit des œuvres théâtrales, qu’il écrivait pour les anciens élèves.

Il fut martyrisé lors de la révolution espagnole, à Picadero de Paterna, le 10 (plutôt que le 9) décembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Mariano Anel Andreu

1910-1936

 

Il naquit le 16 juin 1910 à Josa (Teruel) et fut baptisé quelques jours après. Il était le quatrième des cinq enfants que devaient avoir Diego Anel Villarig et Celestina Andreu Nebra : Matilde, Cándida, José, Mariano et María.

En 1926, à seize ans, il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils (Taragona), passa au noviciat de Fortianell (Gerona) en 1927, où il reçut l’habit, et le nom de Adolfo Mariano, et à Benicarló (Castellón). En 1928, il fit la première profession et alla faire le scholasticat à Cambrils.

En 1929, il fit de l’apostolat à Alcora pendant deux années, dans un tout nouveau collège, où il fit la classe aux tout-petits. En 1931, il fut envoyé à l’école de Santa Madrona de Barcelone puis, quand cette école dut fermer pour des motifs économiques, en 1933, il passa au collège Bonanova de Ciudad Condal.

Le Frère Adolfo donna entière satisfaction tant à ses supérieurs qu’aux étudiants et à leurs familles, de sorte qu’on mettait beaucoup d’espérances en lui.

En juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par les révolutionnaires. Mariano put se réfugier d’abord chez un cousin, à la Rambla de las Flores. Il craignait beaucoup de causer des dérangements à ses hôtes et, sans penser à la censure, écrivit à sa famille un grand nombre de détails sur sa vie quotidienne.

Les miliciens ne tardèrent pas à le repérer et vinrent fouiller la maison, d’abord sans rien trouver, car le cousin put cacher Mariano. C’était le 1er décembre 1936. Mais les miliciens partirent en disant : On sait bien qu’il se cache ici une bonne pièce et on ne pas la laisser s’enfuir.

A ce point-là, quelqu’un lui suggéra un stratagème : s’affilier comme volontaire dans les milices, pour avoir l’occasion d’enseigner les analphabètes ! Il suivit le conseil.

Quinze jours après, il rentra précipitamment à la maison et vida toutes ses poches en donnant à son cousin ce qu’il avait, en lui disant : Je crois qu’ils se doutent de quelque chose et ils m’envoient au front. Il faut que je parte tout de suite. Tomás, je te donne tout ce que j’ai.

Il se pourrait bien qu’il se soit lui-même «trahi», par le fait qu’il ne disait jamais de grossièretés. Un camarade dut lui demander s’il n’était pas Religieux et il aurait répondu plus ou moins par l’affirmative, pour éviter des représailles chez son cousin bienfaiteur.

Toujours est-il qu’il n’y eut ces jours-là aucun départ pour le front, mais le Frère disparut.

Ici, un autre récit raconte que les miliciens seraient revenus à la charge et que, ne trouvant toujours pas Mariano, ils arrêtèrent le cousin, pour avoir hébergé un Religieux. C’est alors que Mariano se serait constitué comme Religieux, obtenant la libération de son cousin, le 10 décembre. 

Ensuite, on ne sut plus rien de lui. La famille chercha partout à s’informer et l’on finit par leur avouer que leur proche était là où il devait être...

Il avait été assassiné.

Ce fut dans le début du mois de décembre (on lit parfois octobre) 1936, à une date non précisée. C’est pourquoi on retient pour le moment la date du 10 décembre pour son dies natalis. 

Le Frère avait vingt-six ans et fut béatifié en 2007.

 

 

Emérico Martín Rubio

1913-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Emérico naquit le 4 novembre 1913 à Espinosa de Villagonzalo (Palencia, Espagne).

Entré en 1935 chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Marcelino.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 10 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

María Emilia Riquelme y Zayas

1847-1940

 

María Emilia naquit le 5 août 1847 à Grenade (Espagne), premier enfant d’un couple très chrétien : Joaquín Riquelme y Gómez, officier de carrière qui devint Lieutenent Général ; María Emilia Zayas Fernández de Córdoba y de la Vega, qui descendait du Grand Capitaine, Gonzalo Fernández de Córdoba.

Ces parents désiraient ardemment la naissance d’un fils, qui aurait continué la lignée paternelle et aurait aussi servi sous les armes, mais ce garçon, Joaquín, qui naquit deux ans après María Emilia, mourut à dix-sept ans. Une deuxième fille vint au monde, Blanca, qui mourut un an plus tard ; un quatrième enfant naquit aussi, mais mourut peu après la naissance.

María reçut au Baptême (deux jours après sa naissance) les noms de : María Emilia Joaquina Rosario Josefa Nieves de la Santísima Trinidad. Le prénom Nieves (Neiges) est sans doute dû à la fête qui se célèbre le 5 août, Notre-Dame des Neiges (la Tradition rapporte qu’un 5 août, en plein été, une des collines de Rome se trouva couverte de neige, et que c’était là le signe providentiel qui indiquait où il fallait construire la première basilique mariale à Rome).

En 1851, elle accompagna ses parents en Navarre, où venait d’être nommé le papa. C’est là que naquirent les trois petits frère et sœurs de María, c’est là aussi que mourut la maman, en 1855, quand María n’avait pas encore huit ans.

Une autre Maman se manifesta alors : María eut une vision de la Vierge Marie, qui tenait dans ses bras l’Enfant-Jésus. Maria alors se consacra à Notre-Dame du Carmel, et fit en 1859 privément le vœu de chasteté.

Elle fut bonne élève à l’école, à Séville puis à Madrid. Elle apprit à chanter, à jouer du piano, à parler des langues (dont le français), et à monter les chevaux.

Elle accompagna son père dans ses déplacements, à Pampelune, Tenerife et La Coruña. En 1868, eut lieu la Révolution libérale, qui détrôna la reine Isabelle II : le père s’enfuit alors en exil à Lisbonne, et María vint vivre chez sa tante à Madrid. Là vivait un cousin, diplomate de son état, Eduardo Díaz del Moral y Riquelme, qui aurait bien voulu l’épouser - et essuya un franc et sincère refus.

Quand María parla de sa vocation religieuse à son père, celui-ci tenta de l’en dissuader et de la distraire par d’autres rencontres.

Au contraire, María se rapprocha des Sœurs de la Charité et des Pères Vincentiens, sur le conseil de son directeur spirituel, Marcelo Spinola y Maestre, futur cardinal et bienheureux (v. 19 janvier). De même qu’elle avait eu la vison de Marie avec l’Enfant-Jésus, elle alla trouver les pauvres et les malades pour les aider maternellement ; elle donnait de l’argent aux filles qui, pour vivre, étaient tentées de se prostituer ; elle aidait aussi les jeunes gens qui ressentaient la vocation sacerdotale, comme par exemple le futur archevêque Leopoldo Eijo y Garay.

Après la mort de son père (1885), elle crut le moment venu d’entrer en religion, mais sa santé ne le lui permit pas, aussi fit-elle arranger dans sa demeure une chapelle et alla trouver les pauvres gens. Quelques jeunes filles s’attachèrent à son mode de vie, donnant ainsi naissance en 1896 à une petite famille religieuse, les Missionnaires du Saint Sacrement et de Marie Immaculée. C’étaient alors huit Religieuses, qui reçurent l’approbation de l’archevêque de Grenade. María en fut la supérieure, jusqu’à sa mort.

Une seconde maison s’ouvrit à Barcelone en 1900, et une école à Grenade.

En 1912, María reçut de Pie X l’approbation pontificale.

En 1936, elle put se réfugier à temps en France, durant les années de la Guerre civile.

De retour en Espagne, elle s’établit à Grenade, où elle mourut le 10 décembre 1940.

La congrégation se répandit au Portugal, aux Etats-Unis.

María Emilia fut béatifiée en 2019. Le miracle dû à son intercession et reconnu par le Pape, advint en Colombie.

 

 

Anton Durcovici

1888-1951

 

Anton vit le jour le 17 mai 1888 à Bad Deutsch-Altenburg (Autriche), de Francisc et Maria.

Après la mort de son père, il vint en 1895 avec sa mère et son frère à Iaşi. Là il fréquenta le collège, puis le lycée de Bucarest, après lesquels il entra au Grand séminaire en 1906.

On l’envoya perfectionner ses études à Rome, où, à l’Angelicum, il fut reçu docteur en Philosophie et Théologie ; il passa aussi la licence en Droit canonique à la Grégorienne.

Après son ordination sacerdotale, il retourna dans son pays, et enseigna au séminaire de Bucarest, en même temps qu’il administrait une paroisse à Tulcea.

La Roumanie s’étant mise du côté des «Alliés» pendant la guerre, l’abbé Durcovici fut considéré «ennemi», étant natif d’Autriche, et fut mis en prison. C’est l’empereur Ferdinand qui ordonna de le mettre en liberté.

En 1924, il fut nommé recteur du même séminaire, jusqu’en 1947, année où il fut nommé évêque de Iaşi, La consécration eut lieu en avril 1948.

Depuis la fin de la guerre, les autorités communistes organisèrent un véritable espionnage de l’évêque, cherchant à le détacher de l’autorité romaine, le menaçant. Finalement, le 26 juin 1949, tandis qu’il se rendait à pied dans une paroisse de la banlieue de Bucarest pour y célébrer une Confirmation, il fut contraint de monter dans une voiture de la Securitate.

Mgr Durcovici fut ensuite la proie des prisons roumaines communistes : tortures continuelles, jour et nuit, pendant des semaines, en plein hiver on le déshabilla et on l’exposa au froid, on le priva d’eau et de nourriture… Il fut enfermé à Jilava, puis Sighet ; Mgr Durcovici fut réduit à l’état de squelette.

Dans cette dernière prison, il put approcher un prêtre qui balayait le couloir, et lui dit en latin : Antonius episcopus fame moritur… Da mihi absolutionem (l’évêque Antoine meurt de faim. Donne-moi l’absolution).

L’évêque mourut en prison, des suites de ces mauvais traitements, le 10 décembre 1951. Dans un premier temps, les communistes le mirent dans une tombe sans indication de son nom, et détruisirent des documents attestant son séjour en prison.

Reconnu martyr pour sa foi inébranlable et son attachement à l’Eglise romaine, il a été béatifié en 2014.

 

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 00:00

 

09 DÉCEMBRE

 

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S Nectaire, en Auvergne ; il aurait ressuscité un mort.

II.

S Julien, évêque à Apamée, adversaire des montanistes.

IV.

Ste Leocadia, vierge et martyre, patronne de Tolède ; elle apparut à s. Ildephonse. 

S Proculus, évêque à Vérone ; torturé, expulsé, il put revenir mourir dans sa ville.

S Syrus, premier évêque à Pavie ; une tradition en fait le jeune garçon qui portait cinq pains et deux poissons lors de la multiplication des pains (cf. Jn 6:9).

Ste Gorgonia, mère de famille, sœur aînée de s. Grégoire de Nazianze ; par pudeur, elle ne voulut pas montrer les plaies qu'elle avait reçues lors d'un grave accident.

VI.

S Cyprianus, abbé à Genouillac, près Périgueux.

IX.

Ste Ethelgiva, première abbesse à Shaftesbury, monastère fondé par ses parents.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant de Guadalupe, béatifié en 1990, canonisé en 2002.

Apparition de Notre-Dame à Guadalupe (1531), fêtée le 12. 

XVII.

Bx Simon Takeda Gohyoe, laïc japonais, sa mère Ioanna et sa femme Agnes, ainsi que Magdalena Minami, épouse de Ioannes (cf. 8 décembre) et leur fils adoptif Ludovicus de sept ans,  martyrs, béatifiés en 2008.

S Liborius Wagner, luthérien converti, curé d'une paroisse difficile (Altenmünster), dénoncé par un luthérien aux Suédois envahisseurs, torturé et crucifié.

S Pierre Fourier, curé à Mattaincourt puis à Gray, fondateur de la Congrégation de Notre-Dame avec Alix Le Clerc.

XX.

B Cesare Silvestrelli (Bernardo Maria de Jésus, 1831-1911), prêtre passioniste italien, considéré comme le second fondateur de son Ordre, béatifié en 1988.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : José Ferrer Esteve (J. du Carmel, *1904), clerc, près de Valencia ;

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : Recaredo de los Ríos Fabregat (*1893), Julián Rodríguez Sánchez (*1896) et José Giménez López (*1904), prêtres,  près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : Josep Lluís Carrera Comas (Agapi, *1881), à Barcelone.

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Charité : Josefa Laborra Goyeneche, María Pilar Nalda Franco, Carmen Rodríguez Banazal, Estefanía Irisarri Irigaray, Isidora Isquierdo García, Dolores Brosera Bonet (* 1864, 1871, 1876, 1878, 1885, 1892), près de Valencia.

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Syrus de Pavie
1. ou 4. siècle

Il est assez difficile de situer Syrus, à cause de l’incohérence des sources.
Syrus aurait été cet enfant qui, dans l’Evangile, se trouvait non loin de Jésus avec son panier de cinq pains et deux poissons (cf. Jn 6:9). Il est vrai que Syrus signifie «syrien», et l’enfant dont parle l’Evangéliste pouvait être syrien, mais il ne le nomme pas.
Ensuite, toujours d’après la tradition, Syrus aurait suivi à Rome s.Pierre et aurait été envoyé par ce dernier dans la région de Pavie, dont il fut alors le premier évêque, mais propageant l’Evangile dans tout le nord de l’Italie, à Vérone, Brescia, Tortona, Asti Lodi, Plaisance, Parme et bien sûr Milan. Les fauteurs de cette tradition pouvaient ainsi revendiquer l’antériorité de Pavie sur Milan.
Mais une autre tradition fait de Syrus un disciple de s.Hermagoras (v. 12 juillet), lui-même disciple de l’évangéliste s.Marc et premier évêque d’Aquilée.
Ces deux traditions pourraient à la rigueur coïncider, mais le problème est que le deuxième successeur de Syrus, Inventius, n’est attesté qu’en fin de quatrième siècle, ce qui peut faire naître plusieurs hypothèses. Soit les deux premiers évêques de Pavie, Syrus et Pompæus, vécurent plus de cent-cinquante ans ; soit il y a eu deux personnages de même nom mais à deux périodes bien distinctes ; soit Syrus fut effectivement évêque de Pavie au premier siècle, puis le diocèse aurait connu une vacance de plus de deux siècles ; soit encore on a perdu la trace des évêques de Pavie durant les deuxième et troisième siècles ; soit Syrus n’est simplement pas du premier siècle et aurait été évêque au début du quatrième siècle environ : c’est l’hypothèse la plus probable envisagée aujourd’hui.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Syrus de Pavie au 9 décembre.


Leocadia de Tolède
† 305

D’après la tradition, le préfet Publius Dacianus, gouverneur de la Betica (Espagne S) voulut appliquer dans toute sa rigueur le décret émis par l’empereur Dioclétien pour éliminer les Chrétiens.
A peine arrivé à Tolède, Dacianus se fit amener la vierge Leocadia dans l’espoir de la faire apostasier sous la torture. N’y réussissant pas, il la fit mettre aux fers dans un cachot obscur, où on lui raconterait dans quels tourments on avait précédemment torturés d’autres Martyrs, tels Eulalia de Merida, Vicente de Talavera (v. 10 déc. et 28 oct.).
Fortement impressionnée par les descriptions détaillées qu’on lui exposa, Leocadia mourut d’épuisement dans ce cachot infect. 
La fidélité de Leocadia et sa mort librement acceptée pour l’amour du Christ, l’ont fait considérer comme martyre.
Ce pouvait être en 305.
Plus tard, la même sainte Leocadia apparut à s.Ildefonso (v. 23 jan.) pour lui indiquer l’endroit où se trouvaient ses reliques. S.Ildefonso, en gage de cette apparition, tailla un morceau du voile de la Sainte, que l’on conserve toujours à Tolède.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Leocadia de Tolède au 9 décembre.


Gorgonia de Nazianze
330-370

Gorgonia était la sœur aînée de s.Grégoire de Nazianze (v. 25 jan.). C’est de ce dernier que nous connaissons les détails qui suivent.
Elle naquit vers 330, de Gregorios et Nonna (v. 5 août). Gorgonia et Grégoire eurent aussi un frère, Cæsarios (v. 25 fév.). On le voit, ces trois frères et sœur sont tous mentionnés dans le Martyrologe.
De son mariage avec Alypios, qui était d’Iconium, Gorgonia eut trois filles.
On croit pouvoir déduire du texte de Grégoire, que sa sœur ne reçut le baptême que sur le tard de sa vie, mais Gorgonia fut toute sa vie une amante de la Vérité et une fidèle servante de l’Eglise.
Grégoire nous raconte comment sa sœur, victime d’un grave accident de «voiture», fut assez gravement blessée, mais refusa, par pudeur, de montrer ses plaies au médecin.
Durant une de ses dernières maladies, Gorgonia profita d’une accalmie de son mal pour aller prier devant l’autel : elle se releva guérie.
Au dernier instant, elle murmura encore le verset du psaume 4 : En paix aussitôt je m’endormirai et me reposerai (Ps 4:9).
La mort de cette sainte femme advint vers 370.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Gorgonia de Nazianze au 9 décembre.


Cyprianus de Périgueux
6. siècle

Une source trop tradive présente Cyprianus comme originaire d’Auvergne et disciple de l’abbé Salane à Genouillac (Périgueux). 
Une autre source, apparemment contemporaine de Cyprianus ou légèrement postérieure à lui, est l’ouvrage de s.Grégoire de Tours (v. 17 nov.).
Selon ce dernier, Cyprianus fut abbé à Genouillac même.
Parmi ses nombreux miracles, il guérit les mains débiles, remit sur pieds des paralytiques, rendit la vue à des aveugles. Il guérit aussi trois lépreux en les oignant d’huile.
On ne sait au juste quand mourut Cyprianus.
A son tombeau, les malades recouvraient fréquemment la santé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Cyprianus de Périgueux au 9 décembre.

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

(voir au 30 mai)

 

 

Magdalena Minami

1560-1603

 

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami, née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoe était l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna, était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Liborius Wagner

1593-1631

 

Il naquit et grandit dans un milieu strictement protestant à Mühlhausen (Thuringe, Allemagne), le 5 décembre 1593.

C’était l’époque de la Contre-réforme. Il étudia à Leipzig, Gotha et Strasbourg, obtint ses grades et revint dans sa région.

Ne trouvant pas de poste d’enseignant, il alla à Würzburg en 1622, où il suivit des cours de théologie catholique. 

Converti, il fut ordonné prêtre en 1625.

Il fut aumônier à Hardheim (Odenwald) puis, en 1626, fut nommé curé à Altenmünster (Schweinfurt, Neustadt am Main), desservant aussi Sulzdorf.

La situation était qu’à Altenmünster, les habitants étaient majoritairement habitués au protestantisme, tandis qu’à Sulzdorf, ils l’étaient au catholicisme. Pour ne rien arranger, le droit prévoyait que les protestants recouraient au prêtre catholique pour leurs cérémonies (baptêmes, mariages, enterrements).

Liborius pourtant, hésitait. D’un côté, le jeune prêtre devait l’obéissance à son évêque et ne pas accorder indifféremment le baptême aux uns et aux autres, de l’autre, il comprenait bien les sentiments de ses paroissiens. Il ne savait que faire ; le temps passait, les paysans lui en voulaient pour ce qu’ils considéraient de l’indifférence du curé envers eux.

En 1631, lors de la Guerre de Trente ans, les troupes protestantes suédoises s’approchèrent. Le curé alla se réfugier dans la localité voisine. Mais son comportement attira l’attention de quelques soldats, qui le virent aller chercher des objets au presbytère de Altenmünster. On l’arrêta pour l’enfermer à Mainberg (Schonungen).

On lui reprocha d’avoir abjuré le protestantisme, on chercha à le faire apostasier ; Liborius résista. Quand on lui demanda s’il était encore catholique, il répondit encore une fois : Je vis, je souffre et je mourrai catholique et romain («papal»).

Après cinq jours de tortures, il mourut le 9 décembre 1631.

On jeta son corps, nu, dans le Main, d’où des pêcheurs le retirèrent après quelques mois.

Après la défaite des Suédois (1634), la renommée du Martyr se répandit. 

Liborius Wagner fut béatifié en 1974.

 

 

Pierre Fourier

1565-1640

 

Pierre naquit le 30 novembre 1565 à Mirecourt (Vosges), la cité de la lutherie française, mais il joua d’une autre musique.

Monsieur Fourier, son père, était un brave marchand qui, d’un premier mariage eut quatre enfants : Pierre, Jacques, Jean et Marie, qui s’entendaient très bien.

Pierre donc, grandit dans la vertu et les lettres. Jamais il ne jura par sa foi ; il étudia le latin à Mirecourt, entra  en 1578 chez les Jésuites de Mont-à-Mousson en classe de quatrième. Il n’avait que deux occupations : ou il étudiait ou il priait, sauf… une débauche qu’il se reprocha toujours, lorsqu’avec quelques camarades ils arrosèrent la Saint-Nicolas pour douze deniers de vin. Son hôtesse lui ayant insinué qu’il plaisait à «quelqu’un», il délogea immédiatement.

Il réussit à lire Aristote ; il composa un jour un vers iambique qui se renverse et rend les mêmes mots en prenant les lettres à reculons. Le voici : 

Animosus ore pete perosus omina (qu’on pourrait traduire : Hardiment, demande à haute voix, car tu détestes les présages), ce dont lui-même qualifiait plus tard de fanfares d’un autre siècle.

En 1585, il entra chez les Chanoines de Chaumousey, une maison en pleine décadence, où il réussit à réintroduire l’élan vers Dieu. Il fut ordonné prêtre en 1589 et se prépara pendant quatre mois à sa première Messe. Il retourna à Pont-à-Mousson pour compléter ses études (1589-1595).

De retour chez les braves Chanoines, il fut bientôt écarté pour le bien de la paix et fut nommé curé à Mattaincourt, une «petite Genève» que le jeune prêtre ramena à la dévotion. Il institua des confréries (du Rosaire, de Notre-Dame, de saint Sébastien), initia la chorale au chant grégorien, créa une caisse d’assistance mutuelle, une justice de paix.

Pierre Fourier fut un épistolier prolixe, au style enjoué, toujours gracieux et jamais grossier. Il avait un culte particulier pour son grand Monsieur saint Basile, pour saint Jean Chrysostome, saint Bernard, saint Epvre (le patron de sa paroisse), saint Norbert, saint Ignace, mais surtout pour saint Augustin.

Il pouvait s’émouvoir : un jour de Noël, il ne put qu’articuler Mon Dieu, que vous êtes bon, mon Dieu ! S’il se laissait aller, il revenait sur ses rieries et s’en excusait.

Le curé de Mattaincourt est surtout important par la co-fondation, avec Alix Le Clerc (voir au 9 janvier), de la Congrégation de Notre-Dame.

En 1622, Pierre Fourier fut invité à réformer l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, mais ne s’occupa que des chanoines réguliers de Lorraine. Il créa en 1627 un séminaire à Pont-à-Mousson.

Il eut une activité importante dans le comté de Salm, d’où fut officiellement banni le protestantisme.

Ayant favorisé un mariage contre l’avis de Richelieu, il fut pourchassé en Franche-Comté (1636) et fut curé à Gray (Haute-Saône), où il mourut dans les travaux et les tristesses, le 9 décembre 1640.

Saint Pierre Fourier fut béatifié en 1730 et canonisé en 1897.

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

Magdalena Minami

1560-1603

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami,née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoeétait l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Pèreet le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna,était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

María Pilar fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Carmen Rodríguez Banazal

1877-1936

 

Carmen vit le jour le 26 mars 1877 à San Cristobal de Cea (Orense, Espagne), de Francisco, un garde civil, et Rosa.

Encouragée par son père, elle entra au noviciat des Filles de la Charité en 1897.

Elle fut envoyée à Madrid puis à Bétera (Valencia), où elle devait rester trente-deux ans, à partir de 1902. Elle fut tour à tour maîtresse, catéchiste, organiste. Elle dirigeait la chorale, visitait les malades et parfois remplaçait la maman malade pour aider les enfants.

En 1935, elle fut nommée supérieure.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent arrêtées en décembre, ainsi qu’une demoiselle qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves, et furent fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936, priant pour leurs bourreaux et leur pardonnant.

Carmen fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Estefanía Irisarri Irigaray

1878-1936

 

Estefanía vit le jour le 26 décembre 1878, en la fête de saint Etienne dont elle porta la nom, à Peralta (Navarre, Espagne), de Ildefonso et Juana, qui l’envoyèrent compléter sa formation à Palencia, chez les Filles de la Charité où se trouvait déjà sa tante.

Elle fit partie des Enfants de Marie et entra au noviciat de Bétera en 1896, où elle fit la classe aux enfants pendant trente-neuf ans.

On l’estimait tellement que le maire lui confia aussi deux responsabilités : le lavoir et l’horloge du château.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs. Estefanía essaya chez un cousin à Concentaina, mais dut revenir sur Valencia, où se trouvaient ses Consœurs.

Elle passa d’abord une nuit sur un banc public, d’où on l’enleva pour la présenter au commissariat. Elle portait des habits civils, mais aussi, en-dessous, son grand chapelet dont elle ne se séparait jamais ; on l’arrêta pour ce grave délit. Mais elle était si souriante et douce avec chacun, qu’une milicienne finit par lui dire : Allez-vous en, et priez autant que vous voulez.

Elle fut bien soulagée de retrouver les autres Sœurs à leur pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Estefanía fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Josep Lluís Carrera Comas

1881-1936

 

José ou Josep naquit le 4 février 1881 à Santa Coloma de Farnés (Girona, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Dès 1890 il est au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassaliens) de Béziers (Hérault), où il apprend à parler couramment le français.

En 1894 il entre au noviciat de Bujedo et prend l’habit en 1897. Désormais il s’appellera Agapi José. Après le scolasticat, il exerce le ministère à Tarrasa et dans d’autres écoles privées, pendant six ans.

En 1905, il est nommé à Bonanova, en 1909 à Arenys de Mar où il reste dix ans. Puis ce sera Berga (1919) et Condal (1923), avant de devenir directeur de la Nouvelle Ecole Notre-Dame du Carmen à Barcelone, jusqu’en 1935. Cette année-là, il dirige le collège de San Hipólito à Voltregá.

Le Frère Agapi avait un don de l’organisation, ce qui poussait ses Supérieurs à le choisir pour des missions toujours plus importantes. En même temps, on peut imaginer l’esprit de détachement qui devait animer ce Frère, qui changea de poste sept fois en une quarantaine d’années.

Le 23 juillet 1936, la persécution anti-religieuse oblige tous les Religieux à quitter leurs maisons. Les Frères se réfugient dans des familles accueillantes, mais doivent bientôt aussi les quitter, car le bruit court que l’on va recenser toute la population pour éliminer les prêtres, les curés, les frères et tous les catholiques en général. 

Après avoir erré quelques jours dans la montagne, les Frères revinrent dans le pays et le Frère Agapi José put louer une maison où il établit quatre Frères, ainsi qu’un autre Religieux de la Sainte Famille.

Le 18 août, des miliciens vinrent frapper à la porte, à la recherche de «trois Frères», qu’ils fusillèrent sans attendre, sur le chemin de San Boy à quatre kilomètres de San Hipólito.

Cette fois-ci, le Frère Agapio José échappa à la mort, avec l’autre Frère. Ils abandonnèrent la maison. Agapi José s’en fut à Vic, puis à Barcelone, où il trouva à loger chez M. Jodar Motta. On était le 10 septembre : déjà presque deux mois que le Frère passait d’un endroit à l’autre dans l’ignorance du lendemain.

Il y avait aussi chez ce monsieur un prêtre de la paroisse du Carmel, don Juan Ramón Munt.

Le 9 décembre à midi, des miliciens vinrent réclamer «les deux curés», affirmant que c’était seulement pour une déclaration. Trois d’entre eux partirent avec les deux ecclésiastiques, vers le commissariat de la rue Cortes. 

On ne sut jamais rien de plus sur eux.

Le Frère Agapi José fut l’un des nombreux Martyrs espagnols béatifiés en 2007, tandis que le nom du prêtre don Juan ne semble pas y avoir été retenu.

Vu l’incertitude du jour précis de sa mort, Agapi José est inscrit pour le moment au 9 décembre, dans l’attente d’une nouvelle édition du Martyrologe.

Isidora Izquierdo García

1885-1936

 

Isidora vit le jour le 2 janvier 1885 à Páramo del Arroyo (Burgos, Espagne), de Esteban et Felícitas, qui eurent une autre fille, Irene.

Isidora fut pensionnaire chez les Filles de la Charité à Rabé de las Calzadas (Burgos) et demanda à faire partie de cette congrégation.

Après l’année d’essai à l’hôpital de Burgos, elle entra au noviciat de Madrid en 1901.

Elle fut alors envoyée à Bétera où, pendant trente-cinq ans, elle s’occupa maternellement des petits enfants, les préparant à la Première communion.

Elle eut aussi la responsabilité des poules, des lapins, des moutons, qui procuraient grande partie de l’alimentation de l’établissement.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Isidora fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Dolores Broseta Bonet

1892-1936

 

Dolores était née en 1892 à Bétera (Valencia, Espagne), de Joaquín et María, qui eurent six enfants, dont deux moururent en bas âge.

Dès l’âge de trois ans, Dolores fut confiée par ses pieux parents aux Filles de la Charité. Elle y grandit dans la joie et la piété, s’agrégea aux Enfants de Marie, et participa aux activités des Religieuses, sans oublier sa maman, qui était âgée et malade.

Cette pieuse demoiselle ne put faire partie de la Congrégation à cause de problèmes de santé, car elle souffrait de fréquentes hémorragies, ce qui ne l’empêcha pas de faire l’école aux petits enfants et de leur enseigner la couture et la broderie.

A la mort de sa mère en 1925, elle s’établit définitivement dans la maison de Bétera.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge et furent accueillies dans une pension de Valencia. Dolores organisa leur cuisine avec d’anciennes élèves et leur portait chaque jour leurs repas. Elle leur fournissait aussi des briques chaudes pour chauffer leurs draps. Elle faisait ainsi de fréquents déplacements entre Valencia et Bétera.

Revenant un jour en train, elle fut dénoncée et suivie jusqu’à la «cachette» des Religieuses.

Toutes, y compris Dolores, furent arrêtées en décembre, et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Dolores fut béatifiée en 2013, avec les Religieuses.

 

 

Recaredo de los Ríos Fabregat

1893-1936

 

Né le 11 janvier 1893 à Bétera (Valencia), Recaredo (ou Ricardo, Richard) entra chez les Salésiens en 1909.

Ordonné prêtre en 1917, il fut à Sarria (Barcelone), Huesca, Campello, et directeur à Villena et Alicante.

Déjà en 1931, à Alicante, il eut à souffrir des violences physiques de la part des ennemis de la Religion.

En juillet 1936, il se trouvait à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Recaredo fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Julián Rodríguez Sánchez

1896-1936

 

Né le 16 octobre 1896 à Salamanque (Espagne), Julián fit la profession religieuse chez les Salésiens en 1917.

Ordonné prêtre en 1931, il fut à Valencia, transmettant son amour pour la liturgie et l’éducation chrétienne des jeunes.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés. Julián ne voulait pas compromettre ses hôtes et alla se constituer de lui-même aux autorités quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Julián fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Giménez López

1904-1936

 

Né le 31 octobre 1904 à Cartagena (Espagne), Julián entra chez les Salésiens en 1915.

Ordonné prêtre en 1934, il fut à Alcoy (Alicante), jeune prêtre heureux de sa vocation.

En juillet 1936, il se trouva à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père José fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936. On trouve parfois qu’il mourut en prison, avec le père Antonio Martínez Hernández.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Ferrer Esteve

1904-1936

 

Il naquit le 17 novembre 1904 à Algemesí (Valencia, Espagne) et, en 1917, entra chez les Religieux des Ecoles Pies, avec le nom de José du Carmel.

En 1928, il reçut l’ordination sacerdotale.

Il travailla en plusieurs collèges de sa congrégation, avec un talent particulier pour la musique.

Lors de la persécution de 1936, il s’en vint dans son pays natal, mais les miliciens le retrouvèrent.

Immédiatement emmené au bord de la route de Llombay (Valencia), il fut abattu au soir du 9 décembre 1936.

 

Le père José Ferrer Esteve fut béatifié en 1995.

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 00:00

08 DÉCEMBRE

 

-I.

L'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, dogme chrétien proclamé par le B Pie IX en 1854.

III.

S Eucharius, premier évêque à Trèves ; on le dit avoir été envoyé là par s. Pierre.

S Macarios, martyr brûlé vif à Alexandrie.

S Eutychien, pape (275-283).

?

S Sophrone, évêque à Chypre.

IV.

S Léonard, ermite ou moine dans le Dunois.

V.

S Patapios, égyptien, solitaire à Constantinople (VII.?).

VI.

Ste Casarie, vierge (ou veuve) à Villeneuve-les-Avignon.

VII.

S Romaric, moine à Luxeuil puis fondateur et abbé au Mont Habend (Remiremont). 

IX.

S Hildeman, évêque à Beauvais.

XIII.

S Thibaut de Marly, abbé cistercien aux Vaux-de-Cernay et directeur des moniales de Port-Royal ; sa prière mit fin à la stérilité de l'épouse du roi s. Louis (ils eurent onze enfants).

XVII.

B Ioannes Minami Gorozaemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Noël Chabanel, prêtre jésuite martyr des Hurons, fêté le 19 octobre. 

XVIII.

Bx Kwon Sang-Yŏn Iacobus et Yun Ji-chung Paulus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XIX.

Bse Choe Brigida, laïque coréenne martyre, par pendaison, béatifiée en 2014.

Bse Narcisa de Jésus Martillo Morán, orpheline péruvienne, religieuse mystique, béatifiée en 1992, canonisée en 2008. 

XX.

Bx Antonio García Fernández et Rafael Román Donaire (*1867 et 1891), prêtres diocésains espagnols, martyrs à Almería en 1936, béatifiés en 2017.

B José María Zabal Blasco (1898-1936), laïc espagnol martyr près de Valencia, béatifié en 2001.

B Alojzy Liguda (1898-1942), religieux polonais du Verbe Divin, torturé et assassiné à Dachau, béatifié en 1999.

Eucharius de Trèves
1er ou 3. siècle

Une vieille tradition - qui n’a pas l’agrément des historiens - présente Eucharius comme un envoyé de s.Pierre en Germanie, en même temps que s.Materne (v. 14 septembre).
Materne serait mort près de Strasbourg et aurait été ressuscité par le bâton d’Eucharius. 
Eucharius est toujours considéré comme le premier évêque de Trèves.
Lors d’une épidémie de peste au sixième siècle, il aurait miraculeusement protégé la ville de Trèves, avec s.Materne et s.Nicetius (v. 1er octobre).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eucharius de Trèves au 8 décembre.


Macarios d’Alexandrie
† 250

Le mot grec makarios correspond au latin benedictus
De ce courageux Héros, s.Denys d’Alexandrie (v. 8 avril) écrivit : 
Macaire, de race libyenne, véritablement bienheureux par son nom et par la bénédiction divine ; après que le juge lui eut fait une longue exhortation en faveur de l’apostasie, il ne se laissa pas convaincre et fut brûlé vif.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Macarios d’Alexandrie au 8 décembre.


Eutychianus pape
275-283

Le vingt-septième pape fut le fils d’un certain Marinus, habitant de Luna en Toscane : Eutychianus. Il succédait à saint Felix 1er.
Ce qu’on en lit dans le Liber Pontificalis est intéressant, mais semble contenir des erreurs de datation.
Cet écrit donne les noms des consuls sous lesquels eut lieu ce pontificat, d’où on en déduit les dates données ci-dessus, soit environ huit ans, alors que le Liber indique un an, un mois et un jour.
Eutychianus semble avoir eu un pontificat paisible, durant lequel il ordonna neuf évêques, quatorze prêtres et cinq diacres.
Il aurait décrété que seuls les raisins et les fèves pouvaient êtres bénis solennellement au cours de la messe comme fruits nouveaux. On sait qu’en effet la bénédiction des raisins au 6 août, et celle des fèves à l’Ascension, sont très anciennes.
Autre prescription : il fallait enterrer les Martyrs avec la dalmatique (l’ornement des diacres) ou la tunique pourpre. A quoi on objecte qu’une telle disposition n’a jamais été observée, peut-être à cause de la difficulté de se procurer l’habit au moment précis, surtout en cas de persécution.
En revanche, le Liber prétend qu’Eutychien aurait enterré (ou fait enterrer) trois-cent quarante-deux Martyrs, ce qui semble beaucoup, d’autant plus qu’on ne connaît pas de persécutions à cette date : il pourrait peut-être s’agir de translations.
La tradition affirme aussi qu’Eutychien ne mourut pas martyr, ni le 25 juillet, contrairement au Liber Pontificalis qui, décidément, cette fois-ci ne fait pas autorité. Il semble plus certain que ce saint Pape mourut le 8 décembre, jour où l’annonce l’actuel Martyrologe, mentionnant aussi le lieu de sa déposition, le cimetière de Calliste. C’est le dernier pape qu’on y déposa ; l’épitaphe en a été retrouvée au 19e siècle.
Le successeur d’Eutychien fut saint Caïus.


Patapios de Constantinople
5.-7. siècles

Patapios était né à Thèbes (Egypte).
Il vint à Constantinople et mena la vie monastique, peut-être au monastère des Egyptiens, dans le quartier des Blachernes, qui n’existait plus déjà au Moyen-Age.
Parmi ses miracles, on cite la guérison d’un aveugle, d’un hydropique, d’un possédé, d’une femme atteinte du cancer au sein.
Il annonça sa mort prochaine à ses confrères, qui en furent très attristés. Patapios les consola et mourut en paix.
On ne peut préciser l’époque de la vie de ce saint moine.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Patapios de Constantinople au 8 décembre.


Romaric de Remiremont
580-653

Romaric ou Romary (en latin Romaricus) était né vers 580 à Remoncourt de Romulf, général et soutien de Théodebert ou Thibert II. 
Dans les impitoyables luttes de familles royales qu marquèrent cette époque, Romulf fut assassiné avec tous les partisans de Théodebert, et ses biens confisqués.
Romaric grandit à la cour de Metz.
Il aurait songé à se retirer parmi les moines de Lérins, projet resté sans suite. Il se serait marié et serait devenu père de plusieurs filles, mais les plus sûrs historiens anciens n’en parlent pas du tout.
Ayant en vain imploré de l’évêque de Lyon d’intervenir pour lui faire restituer son patrimoine, il fut au contraire touché par l’exemple et la parole de saint Amé (ou Amatus, v. 13 septembre) et le suivit à Luxeuil.
De là, Romaric alla fonder vers 620 sur le Mont Habend un double monastère, pour les hommes et pour les femmes. Ce monastère est à l’origine de Remiremont.
Un des miracles attribué à Romaric est qu’une des moniales, atteinte de lèpre, réussit à récupérer l’eau du bain de l’abbé pour s’y plonger elle-même : elle fut guérie.
Vers 628, Romaric succéda à saint Amé dans le gouvernement du monastère et y reçut son ami Arnould, ancien évêque de Metz, avec lequel il avait songé se retirer à Lérins dans sa jeunesse.
Il s’endormit dans le Seigneur le 8 décembre 653.
Léon IX ordonna de placer les corps de Romary et Amé en un lieu plus honorable, et cette cérémonie eut valeur de canonisation, en 1050.

Thibaut de Marly

1205-1247

 

Thibaut ou Thibaud (en latin : Theobaldus, certains écrivent indifféremment Thibauld ou Thibault) était l’aîné des quatre enfants (trois garçons et une fille) de Bouchard 1er de Marly et de Mathilde de Châteaufort, petite-fille de Louis VI. Ce couple appartenait à la lignée des Montmorency.

Né vers 1205, l’enfant reçut une éducation chrétienne, et surtout militaire ; il devint chevalier à la cour de Philippe Auguste.

Il montra une dévotion mariale précoce, nommant la Vierge Marie sa bonne Mère et chère Maîtresse et s’intéressa beaucoup aux monastères dont son père était le bienfaiteur : Port-Royal et celui des Cisterciens des Vaux-de-Cernay.

Un événement fort mystérieux intervint dans sa jeunesse, qui modifia tout le cours de sa vie. Se rendant à un tournoi où il devait lutter, il s’arrêta en chemin pour assister à la Messe. Au sortir, il rencontra ses compagnons qui le félicitèrent pour sa victoire… En réalité, c’est son ange qui était intervenu pendant qu’il priait. Thibaut comprit alors la vanité de la vie mondaine et se décida à faire le pas.

Il alla frapper en 1226 aux Vaux-de-Cernay. L’abbé fut surpris de voir ce noble chevalier désirer la vie si austère des Cisterciens. Les moines comprirent vite que leur novice était une âme d’élite.

En 1230, il fut nommé prieur et, en 1235, abbé.

Abbé comme frère, il voulut participer à tous les travaux du monastère : ménage, infirmerie, entretien de l’église, buanderie et ciroir.

Il participa aussi aux travaux d’agrandissement de l’abbaye, qui compta jusqu’à deux-cents moines.

Dans un chapitre général, on lui fit remarquer que son acoutrement ne correspondait pas à celui d’un abbé, mais il protesta en affirmant que c’était cependant conforme à la volonté de s.Bernard de Clairvaux (v. 20 août).

Il eut à diriger les moniales de Port-Royal ainsi que celles de Notre-Dame-du-Trésor (Vexin).

Appelé à la cour par Louis IX, il pria pour que Dieu mît fin à la stérilité de Louis et Blanche : ils eurent onze enfants.

On lui confia la visite d’un monastère à Nemours, la composition de l’office en l’honneur de la sainte Couronne d’épines.

Thibaut, si marial depuis l’enfance, mourut le 8 décembre 1247, date à laquelle déjà certains fêtaient l’Immaculée Conception de Marie, dont le dogme devait être proclamé en 1854.

Il fut canonisé en 1270.

La Révolution détruisit l’abbaye de Vaux-de-Cernay et dispersa les reliques, dont on n’a pu sauver qu’une petite partie.

 

 

Ioannes Minami Gorozaemon

1568-1603

 

Ioannes était un samouraï converti et baptisé.

Il était né vers 1568 à Yamato (île de Amami Oshima), dont le petit royaume était indépendant, jusqu’à son annexion en 1624 par le daimyo Satsuma.

Avec son épouse Magdalena, ils avaient adopté un enfant, baptisé sous le nom de Ludovicus, né en 1596 environ.

Il fut martyrisé le 8 décembre 1603, tandis que Magdalena et Ludovicus furent martyrisés le lendemain (voir la fiche de Magdalena Minami).

Tous furent béatifiés parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais en 2008.

 

 

Noël Chabanel

1613-1649

 

Noël ne vint pas au monde le jour de Noël, mais le 2 février 1613, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

Ses parents habitaient Saugues (Haute-Loire). Le père était notaire ; lui et son épouse éduquèrent leurs quatre enfants dans la foi catholique.

Après ses études secondaires, Noël entra à dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus (Jésuites), à Toulouse. Ce jeune novice s’appliqua à approfondir la règle, cherchant à devenir sans cesse plus humble, s’imposant maints sacrifices.

Puis il eut la charge d’enseigner les lettres dans différents collèges, pendant dix ans.

Ordonné prêtre en 1641, il enseigna encore une année à Rodez, puis demanda à faire partie de la mission en Nouvelle-France, comme on appelait le Canada. Après une première réponse négative, il reçut la permission de s’embarquer. Parti de La Rochelle le 8 mai 1643, il n’arrivait à destination que le 18 août suivant.

A Québec, il resta une année, avant de passer chez les Hurons, dans la Mission Sainte-Marie, en septembre 1644.

Il faut savoir que le contact avec ces populations était une véritable épreuve pour les missionnaires. Saint Jean de Brébeuf, qui avait la réputation de ne jamais se plaindre, disait de leurs cabanes qu’elles étaient une petite image de l’enfer, tant ces gens étaient habitués à des façons grossières. Un autre encore, saint Jérôme Lalemant, affirmait que parfois on aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu’il faut mener (là) tous les jours.

Et voilà que notre ancien professeur, aux habitudes délicates, se retrouve dans cet enfer, pour lequel il ressent une répugnance encore plus grande que les autres. Les Indiens ne se lavent jamais et sentent terriblement mauvais, leur cuisine - si tant est qu’on puisse prononcer ce mot - est au mieux nauséabonde, ils transmettent la vermine à tous leurs visiteurs, ils sont loin d’avoir quelques notions minimales de morale, et sont comme naturellement portés au vol. Les Hurons montreront longtemps aux Pères leur désinvolture à étaler sous leurs yeux leur immoralité, leurs moqueries, et enfin leurs menaces.

Ne pouvant disposer d’une hutte pour lui, Noël partageait la vie des Hurons, toujours entouré d’une douzaine d’entre eux, enfants ou adultes, toujours en train de parler, de questionner, de discuter, et obligé de prier ou d’écrire ses notes dans cette atmosphère bruyante.

Pauvre Père Chabanel ! Lui qui se délectait de grec et de latin, n’arrivait pas à assimiler les rudiments de la langue indienne : quatre ans après son arrivée il peinait à se faire comprendre dans la langue algonquine, tandis que d’autres conversaient parfois au bout de quelques semaines…

On comprend comment Noël pouvait être tenté de penser qu’après tout, il n’était pas fait pour ces missions ; qu’il ferait mieux de rentrer en France où il ferait autant de bien auprès des jeunes qui voulaient vraiment apprendre quelque chose. Le découragement menaçait le missionnaire, mais c’est lui qui gagna la partie contre les tentations de toutes sortes : le jour de la Fête-Dieu, 20 juin 1647, il fit le vœu de rester définitivement chez les Hurons jusqu’à sa mort. 

On sait que les Jésuites, outre les vœux de religions habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, en font un quatrième de fidélité au Pape. Noël en fit donc un cinquième, dont voici le texte : 

«Seigneur Jésus qui, par une disposition admirable de votre Providence paternelle, avez voulu faire de moi l'aide des saints apôtres de cette vigne des Hurons, bien que j'en sois absolument indigne, moi, Noël Chabanel, poussé par le désir de travailler au service de votre Esprit-Saint dans l'œuvre de la conversion à la foi des sauvages de ce pays, en présence du très saint Sacrement de votre précieux Corps et de votre Sang, je fais vœu de stabilité perpétuelle dans cette mission des Hurons, entendant toutes choses suivant l'interprétation et la disposition de la Compagnie de Jésus et de ses supérieurs. Je vous supplie donc, recevez-moi pour serviteur perpétuel de cette mission et rendez-moi digne d'un aussi sublime ministère. Amen !»

Or les Iroquois menaçaient à cette époque les Hurons. Le père de Brébeuf tomba bientôt sous les coups de hache des envahisseurs, en 1648. Noël écrivait alors à son frère Pierre, jésuite lui aussi : Peu s’en fallut dans les apparences humaines, que Votre Révérence n’ait eu un frère martyr. Mais hélas ! Il faut devant Dieu une vertu d’une autre trempe que la mienne, pour mériter l’honneur du martyre (On aura noté au passage quel délicat respect les pères Jésuites se manifestent, même parents par le sang).

En 1649, Noël changea plusieurs fois de poste, soit pour aller assister les populations menacées, soit pour obéir aux Supérieurs, qui voulaient protéger leurs membres. Lors d’un de ces changements, c’est le père Gabriel Lalemant qui le remplaça - et qui tomba martyr un mois après. L’apprenant, le père Chabanel s’écria : J’ai manqué d’un mois le martyre ! Mais cette grâce allait lui être bientôt accordée.

Début décembre, il se confessa à un confrère et lui dit : Mon cher Père, que ce soit pour de bon cette fois que je me donne à Dieu et que je Lui appartienne.

Avait-il le pressentiment de sa mort prochaine ? Voici ce qu’il écrit encore à la même période : Je ne sais ce qu'il y a en moi, mais je me sens tout changé en un point. Je suis fort appréhensif de mon naturel ; toutefois, maintenant que je vais au plus grand danger, et qu'il me semble que la mort n'est pas éloignée, je ne sens plus de crainte. Cette disposition ne vient pas de moi.

Le 5 décembre, il quitte le poste Saint-Jean pour celui de Saint-Joseph. Il s’arrête en chemin à celui de Saint-Matthias et disait aux confrères : Je vais où l’obéissance m’appelle. La route est exténuante, il est accompagné de quelques chrétiens Hurons.

Le 7 décembre au soir, on prend un peu de repos. En pleine nuit, on apprend que la mission Saint-Jean vient d’être complètement saccagée par les Iroquois, qui sont en train de rentrer chez eux : c’est là que mourut le père Charles Garnier. Panique générale, les Hurons veulent s’enfuir, mais le pauvre père Chabanel, malgré ses jeunes trente-six ans, n’a pas la force de les suivre et leur conseille quelque chose comme «Mettez-vous en sécurité au plus vite ! Pour moi, peu importe que je meure ici ou ailleurs».

On ne le revit plus. Comble de tristesse, ce fut un Huron apostat qui se vanta de lui avoir porté le coup fatal, prétendant venger sa nation des malheurs qui l’avaient frappée depuis l’arrivée des «Robes Noires». Il jeta le corps du Martyr dans le fleuve.

 En vertu de ce «témoignage», le dies natalis de Noël Chabanel est inscrit au 8 décembre dans le Martyrologe. Né un jour de fête mariale, il retournait à Dieu en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1649.

Noël, avec ses Compagnons Jésuites martyrs, a été canonisé en 1930. Ils sont fêtés tous ensemble le 19 octobre (mais le 26 septembre au Canada, dont ils sont les Patrons secondaires).

 

 

Kwon Sang-Yŏn Iacobus

1751-1791

 

Kwon Sang-yon Iacobus est un laïc coréen né en 1751 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Cheonju (ou Jeonju, Jeolla-do) le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-chung Paulus

1759-1791

 

Yun Ji-chung Paulus est un laïc coréen né en 1759 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Chonju le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Brigida

1783-1839

 

Choe Brigida est une laïque coréenne née en 1783 au Chungcheong-do (Corée du Sud).

Elle fut pendue à Wonju (Jeolla-do) le 8 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Narcisa Martillo Morán

1832-1869

 

Pedro Martillo et Josefa Morán étaient d’humbles paysans très profondément croyants. Ils eurent neuf enfants, dont la sixième était Narcisa.

Celle-ci naquit en 1832, à San José de Nobol (Daule, Equateur). Depuis trois siècles déjà la paroisse était tenue par des Dominicains.

Pedro, le papa, était intelligent et habile : par son travail il put se faire une petite fortune. Dans sa piété, il recourait volontiers à Mariana de Jesús (future sainte) et à saint Hyacinthe, dominicain polonais (voir au 26 mai et au 15 août). Josefa, la maman, mourut bientôt, en 1838. 

Narcisa apprit de sa grande sœur et d’une maîtresse particulière toutes sortes de choses : lire, écrire, chanter, jouer de la guitare, coudre, tisser, broder, cuisiner… Elle avait  d’immenses qualités, particulièrement dans la musique.

Dès ses sept ans, quand elle reçut la Confirmation, elle perçut un appel marqué à la sainteté (1839). Elle aimait se retirer dans la solitude d’un bois, non loin de la maison, pour méditer sur les choses divines. L’arbre où elle se recueillait est encore aujourd’hui le but d’un pèlerinage assidu. A la maison, elle transforma tout un coin en oratoire.

Elle se sentit poussée à être, elle aussi, victime, en union avec Jésus Sauveur, qu’elle voulait aider dans le rachat des âmes. Aussi s’imposait-elle de rudes pénitences, tout en participant activement aux tâches domestiques et paysannes.

Dans le pays, on l’estimait beaucoup. Avec ses beaux yeux bleus et ses cheveux roux, svelte et agile, c’était une jeune fille joyeuse et discrète, aimable et douce, obéissante et charitable, très pieuse. Excellente catéchiste, elle transmettait à tout son entourage le feu de son amour pour Dieu.

A la mort de son père (1852), elle trouva un hébergement chez des amis à Guayaquil, près de la cathédrale. Elle resta à Guayaquil pendant seize ans, mais changea plusieurs fois de domicile, pour préserver son intimité et s’adonner librement à la prière et à la pénitence. Elle vivait de son travail de couturière, tout en aidant les pauvres et les malades qu’elle rencontrait, dans une réelle soumission aux conseils de ses directeurs spirituels successifs.

Elle rencontra et reçut Mercedes Molina (voir au 12 juin), dont elle partageait les idéaux.

Dans son désir de plus grande perfection, et conseillée par un père franciscain, elle s’embarqua pour Lima (Pérou) en 1868, où elle vécut comme tertiaire dans le couvent dominicain du Patrocinio, fondé en 1688 sur les terrains où saint Juan Macías faisait paître ses troupeaux (voir au 16 septembre). 

Favorisée de dons extraordinaires, Narcisa recevait aussi des épreuves douloureuses.

A partir de septembre 1869, la fièvre la gagna, mais elle continua ses activités habituelles. Peu avant la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), elle voulut faire la neuvaine avec une particulière ferveur, habillée de blanc. Ce jour-là, le pape Pie IX ouvrait le concile de Vatican I. En fin de journée, elle prit congé des Sœurs, «pour aller faire un long voyage». Elles crurent à une petite plaisanterie, mais peu après, celle qui était chargée d’implorer la bénédiction sur les cellules, remarqua une lumière particulière sur celle de Narcisa, ainsi qu’un parfum très fort.

Elle appela la communauté et on se rendit compte qu’elle venait de mourir, à trente-sept ans, au soir de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1869.

On apprit bientôt qu’elle avait fait les vœux privés de virginité perpétuelle, de pauvreté et obéissance, de clôture et d’érémitisme, de jeûne au pain et à l’eau, de communion quotidienne, de mortification et d’oraison, vœux qu’elle vécut fidèlement.

Elle avait vécu en union perpétuelle avec Jésus-Christ. Ses mortifications étaient très rudes et elle portait en son corps les marques de la crucifixion. Les médecins s’émerveillaient de la voir vivre avec si peu de nourriture.

Son corps demeura longtemps souple et dégageait un parfum agréable. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. Lima, Guayaquil et Nobol l’acclamèrent comme sainte. Son corps, intact, fut transféré à Guayaquil en 1955.

Béatifiée en 1992, Narcisa a été canonisée en 2008.

 

Antonio García Fernández
1867-1936

Né le 22 octobre 1867 à Piñar (Grenade), Antonio fut baptisé huit jours plus tard.

Au terme de ses études au séminaire de Grenade, il fut ordonné prêtre en 1891. Il passa le doctorat en théologie.

On le nomma professeur au séminaire de Baeza, et chanoine de la cathédrale de Jaén. C’est là qu’il connut Pedro Poveda Castroverde, maintenant canonisé (v. 28 juillet).

En 1923, le roi le nomma chanoine de la cathédrale d’Almería ; entre autres missions, il reçut celle de s’occuper de la bénédiction du monument au Sacré-Cœur.

Ses voisins le connaissaient bien et l’aimaient. Quand se déchaîna la persécution de 1936, on chercha à le sauver, à le cacher ; il y eut même quelqu’un qui, profitant de sa position, tenta d’empêcher son arrestation. Malgré tous ces généreux efforts, le Chanoine fut arrêté et placé en différentes prisons. Finalement, dans la nuit de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936, en la prison El Ingenio d’Almería, il fut assassiné.

Béatifié en 2017, Antonio García Fernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

Rafael Román Donaire
1891-1936

Né le 28 août 1891 à Alhama de Almería et baptisé six jours plus tard, il imita son frère et entra au séminaire d’Almería.

Il fut ordonné prêtre en 1914.

Vicaire à la paroisse Saint-Jacques, il fut chargé aussi de celle de Saint-Antoine au moment de l’épidémie de grippe de 1918, et en devint curé en 1923. En 1926, il fut nommé Maître des cérémonies à la cathédrale et recouvra désormais beaucoup de missions à la curie épiscopale, au séminaire, et dans le diocèse. Quand les Jésuites furent expulsés, c’est lui qui fut chargé d’administrer le sanctuaire du Sacré-Cœur.

Il eut le grand souci de l’enfance et de la jeunesse. Il eut l’idée, pour attirer les jeunes, d’organiser des séances de cinéma dans la cathédrale même. Il fonda deux confraternités, l’une en l’honneur du Christ en son entrée triomphale à Jérusalem, l’autre en l’honneur de Notre-Dame de la Paix.

En 1936, on le dénonça et il fut arrêté comme prêtre. En prison, il fut torturé. Un autre prêtre qui fut son compagnon raconta que, tout en étant tous deux condamnés à transporter des pierres, il put se rapprocher de don Rafael et se confesser. A la fin, ce dernier lui confia : Quel dommage que je ne puisse pas me confesser moi aussi…

Avec le chanoine Antonio García Fernández, il fut martyrisé le 8 décembre 1936 à la prison El Ingenio d’Almería.

Béatifié en 2017, Rafael Román Donaire sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

José María Zabal Blasco

1898-1936

 

Né le 19 mars 1898 à Valencia (Espagne), José María reçut le nom de saint Joseph, qu’on fêtait ce jour-là.

Son père mourut en 1910, de sorte que le petit garçon de douze ans, qui était l’aîné, dut aider vaillamment la maman, Mercedes, à tenir la maison et s’occuper des petits frères et sœurs.

Ainsi, après l’école primaire, il suivit des cours du soir pour compléter sa formation.

Ce travailleur acharné entra dans les Chemins de fer du Nord, et trouva sa place à la gare de Valencia, où il montra une très grande compétence jusqu’à être considéré comme l’employé numéro un par la Compagnie, qui le nomma instructeur pour un nouveau programme administratif.

Cela dit, José était surtout un chrétien. Il fit partie du syndicat catholique sous la protection de saint Vincenzo Ferrer (voir au 5 avril), tandis que tant d’autres s’inscrivaient dans les syndicats «nationaux». Toutes les fois qu’il le put, il s’efforça de défendre les intérêts légitimes des ouvriers, et par dessus tout, les intérêts de l’Eglise.

Il épousa en 1929 Catalina Cerdá Palop, dont il eut trois enfants.

Lors de la révolution de 1936, il comprit que sa vie était en danger et se cacha.

Reconnu et arrêté dans les premiers jours de novembre, il fut mis en prison, où on ne lui épargna pas les railleries et les mauvais traitements.

Malgré ces conditions pénibles, il se montra à tout moment courageux, généreux, et bon camarade envers tous ses compagnons de prison, parmi lesquels se trouva un père dominicain qui en porta témoignage : ce Dominicain, Bunaventura Blasquez, célébrait la messe de nuit, permettant ainsi aux «assistants» de communier ; ainsi faisait José María, qui priait également le chapelet chaque jour.

On arriva ainsi au 8 décembre 1936 ; au matin, José María sembla avoir un pressentiment : il pria le chapelet très tôt le matin, se confessa, assista à la Messe et communia avec grande ferveur et intense recueillement.

A dix heures du matin, on l’appela, avec d’autres, et on les conduisit au tristement fameux lieu-dit Picadero de Paterna. Juste avant d’être fusillé, il adressa des paroles de pardon aux soldats, et leur fit cette prière : Dites à mon épouse et à mes enfants que je les garde dans mon cœur, et que du ciel je prierai pour eux.

José, alias Pepe, avait trente-huit ans. Une parente entendit dire dans Valencia : Voilà qu’ils ont fusillé le saint Pepe Zabal.

C’était en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936.

José María fut béatifié en 2001.

 

 

Alojzy Liguda

1898-1942

 

Alojzy (Louis) naquit le 23 janvier 1898 à Winów (Opole, Pologne), benjamin des sept enfants de Wojciech et Rozalia.

Wojciech, le papa, était un chrétien fervent, actif dans sa paroisse, organisateur de pèlerinages : on partait à pied au sanctuaire de Wambierzyce ou au Mont Sainte-Anne.

Alojzy entra au petit séminaire à quinze ans, à Neisse. Mais il dut interrompre les études secondaires en 1917, pour partir au front. Il les reprit et obtint son baccalauréat en 1920.

Il entra à Vienne au noviciat de la Société des Missionnaires du Verbe Divin, fit les premiers vœux en 1921, et fut nommé professeur de latin et de mathématiques au Petit séminaire de Mehlsack (Pieniezno). 

Il fit les vœux solennels en 1926 et, en 1927, fut ordonné prêtre.

Son désir était bien d’être missionnaire en Chine ou en Nouvelle Guinée, mais sa chine fut la Pologne.

En 1930 il obtint à Poznan le diplôme en philologie polonaise.

Nommé aumônier des Religieuses Ursulines, il fit des conférences qu’on lui demanda de publier. Il y approfondit le rôle de la femme dans le monde, d’après les textes bibliques.

Puis il fut professeur de polonais et d’histoire au Petit séminaire de Górna Grupa ; il célébrait la messe dominicale à la garnison militaire, et prêchait des retraites durant les vacances.

Le séminaire dont il était supérieur fut, en 1939, occupé par les Nazis et transformé en camp de détention pour des Religieux et des séminaristes : quatre-vingts autres prêtres y furent internés. Le père Liguda les accueillit, toujours en soutane au milieu des soldats allemands, passant d’une chambre à l’autre pour réconforter les uns et les autres.

De ces détenus, une vingtaine furent fusillés le 11 novembre 1939 dans la proche forêt. La situation s’avérait plus que dangereuse et le sort des Religieux fatal.

Effectivement, à partir de février 1940, tous les Religieux furent conduits à Neufahrwasser, de là à Stutthof ; mauvais traitements, saleté, coups, faim, travaux forcés : le père Liguda s’efforça de redonner courage à ses Compagnons. Il réussit à célébrer la messe du Jeudi Saint.

Début avril 1940, ce fut un nouveau transfert : Grenzdorf, puis Sachsenhausen.

Comme il connaissait l’allemand, il fut contraint d’enseigner l’allemand aux co-détenus. Au moment des «leçons», le père Liguda postait quelqu’un aux fenêtres pour observer si un garde SS s’approchait, puis il racontait des histoires, sur des sujets importants, ou parfois drôles, suivant les jours.

Il y eut des interventions pour obtenir la libération du père Liguda : de sa famille, mais aussi de la nonciature de Berlin, d’un pasteur qui avait été défendu par le père Liguda. Mais ce fut en vain.

En décembre 1940, Alojzy fut conduit au camp de Dachau, où il eut le numéro 22604. En janvier 1941, Iune épidémie de gale le frappa aussi. 

Un jour qu’un autre prisonnier avait allumé une cigarette, le père Liguda en assuma la responsabilité et fut pour cela durement frappé, et tellement torturé que le vrai coupable finit par avouer, mais on ne blanchit par pour autant le père Liguda.

En 1942, sa santé était défaillante et la tuberculose se déclara. On porta le père Liguda à l’infirmerie, où une meilleure nourriture et les colis de sa famille lui permirent de se reprendre, mais il se retrouva bientôt parmi les «invalides», ce qui signifiait sa condamnation à mort.

Le kapo l’avait pris en haine, en particulier parce que le père Alojzy avait réclamé un juste partage de la nourriture, et un meilleur traitement des malades. 

On a rapporté différents «détails» sur les ultimes tortures du père Liguda. Il aurait été (avec d’autres détenus) utilisé pour des soi-disant expériences : on voulut «étudier» le comportement de la peau humaine dans l’eau glacée ; ou bien, on lui aurait d’abord arraché des bandes de peau. Il est certain qu’ensuite le père Liguda fut ainsi jeté dans une proche citerne, et noyé, au soir du 8 décembre 1942. 

Le rapport médical déclara que lui et les autres étaient morts de pneumonie. Son corps fut brûlé.

 

Alojzy Liguda fut béatifié en 1999.

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 00:00

 

07 DÉCEMBRE

 

III.

S Aignan, évêque à Chartres (V.?).

IV.

S Sabinus, évêque à Assise et martyr à Spolète.

S Athénodore, martyr en Syrie (exactement, il mourut en paix après que le bourreau ait lui-même succombé).

S Victor, évêque à Plaisance.

V.

S Urbanus, évêque à Teano.

S Servus, martyr à Thuburbo, plusieurs fois bastonné, soulevé en l'air et relâché sur des silex.

VI.

S Jean le Silentiaire (Hésychastis, 454-558), évêque arménien qui démissionna après dix ans, se retira dans la laure de Saint-Sabas, près de Jérusalem, et vécut soixante-seize ans au désert.

S Martin, abbé en Saintonge.

S Buite, abbé irlandais, étonnant thaumaturge.

VII.

Ste Fare (Burgondofare), sœur des ss. Chagnoald et Faron, fondatrice et abbesse du monastère qui s'appellera Faremoutiers et où elle vécut pendant quarante ans.

S Gerbold, évêque à Bayeux. 

XVII.

S Charles Garnier, prêtre jésuite français martyr au Canada, fêté le 19 octobre.

XIX.

Ste Benedetta (Maria Giuseppa) Rossello, tertiaire franciscaine italienne, fondatrice de l'institut des Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, pour la formation des jeunes filles. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

-  béatifiés en 2013 : 

Frères Maristes : Enrique Andrés Monfort (Benedicto Andrés, *1899), près de Castellón ;

Servantes de Marie : Justa López González (Aurora, *1850), Clementina Arambarri Fuente (Aurelia, *1866), Engracia Andiarena Sagasera (Daría, *1879), près de Madrid. A 86 ans, la sœur Aurora est la plus âgée des Martyrs espagnols.

Jean le Silentiaire

454-558

 

Jean était le fils d’Encrace et d’Euphémie, qui descendaient tous deux de généraux ou de gouverneurs de province, mais surtout d’excellents chrétiens. On connaît aussi le nom d’un de ses frères, Pergame ; il avait aussi une sœur.

Il naquit à Nicopolis (Arménie) le 8 janvier 454. A la mort de ses parents, il avait dix-huit ans, - et un immense héritage, qu’il consacra à l’édification d’une église en l’honneur de la Mère de Dieu, et d’un monastère où il s’enferma avec dix compagnons qui voulaient se mettre sous sa conduite.

Avant de leur imposer une règle et des conseils, Jean mortifia d’abord son corps et son esprit, s’appliquant à la tempérance et à l’humilité, pour conserver la pureté du corps et de l’âme. Il sut aussi refréner sa langue, suivant le conseil de saint Jacques dans son Epître : Celui qui croit être pieux et ne retient pas sa langue, n’a qu’une piété vaine et imaginaire (Jc 1:26). C’est là ce qui lui valut le surnom de Silentiaire.

Après vingt années, il fut sorti de son silence pour succéder à l’évêque de Colonie (Taxara, Arménie), ce qui ne l’empêcha pas de continuer sa vie ascétique : par pudeur et mortification, il refusa toujours de se servir des bains ordinaires de cette époque.

Cette ascèse toucha son frère Pergame et son cousin Théodore, qui suivirent ses conseils pour leur propre sanctification.

Mais son beau-frère, au contraire, mit la zizanie dans le diocèse, à tel point que Jean dut aller se plaindre à l’empereur de Constantinople, et même finit par renoncer à sa charge épiscopale. Secrètement, il gagna Jérusalem, où il demanda incognito à être admis dans la laure de saint Sabas (voir au 5 décembre).

Jean y vécut tellement humblement, discrètement, que Sabas pensa bien de le faire ordonner prêtre et le conduisit pour cela auprès du patriarche de Jérusalem. Là, Jean parla secrètement au patriarche pour lui révéler toute son histoire passée. Sur ce, le Patriarche confia alors à Sabas que, au vu des paroles de Jean, il ne pouvait l’ordonner prêtre, ce qui fit croire à Sabas que Jean était coupable de quelque faute grave, et qu’il s’était trompé dans son jugement sur Jean.

Très éprouvé, Sabas pria Dieu de l’éclairer, et Dieu lui fit savoir que Jean était déjà évêque. Sabas en conçut une grande joie, et un respect accru envers son «disciple», auquel il promit de n’en rien dire à personne.

Jean resta encore quatre ans dans son silence, mais préféra quitter la laure en 503, lors de la «révolte» des moines, et s’enfuit dans le désert, pendant neuf ans, se nourrissant de fruits et de racines sauvages. On ne put l’en ramener : mystérieusement des inconnus (des anges ?) lui apportèrent des vivres ; un lion rôdait et éloignait de sa caverne les voleurs.

Quand Sabas fut rappelé dans la laure, en 510, il s’empressa d’y faire revenir aussi son cher Jean, qui lui obéit et y resta encore quarante ans, toujours dans le silence et la solitude. Il acceptait tout de même de donner des conseils à qui les lui demandait. Entre autres, un de ses tout jeunes compagnons, Cyrille, put ainsi en recevoir suffisamment de confidences, qu’il écrivit ensuite la vie de Jean, d’où nous connaissons tant de détails.

Cyrille écrit qu’il avait seize ans, quand Jean en avait quatre-vingt-dix. 

Outre son surnom de Silentiaire, Jean est aussi appelé Hésychaste, ou Sabbaïte. Il savait lire dans les cœurs, fit quelques prédictions, des guérisons aussi. 

Il mourut à cent-quatre ans, en 558, après avoir passé soixante-seize ans dans le désert.

Le jour de sa mort était placé au 13 mai ou aussi au 30 mars, mais l’actuel Martyrologe l’a inscrit au 7 décembre, surlendemain de la fête de saint Sabas.

 

 

Charles Garnier

1606-1649

 

Les parents de Charles étaient Jean Garnier et Anne de Garault. Charles naquit à Paris en 1606.

Il étudia les lettres classiques, puis la philosophie, et s’en vint à Clermont pour étudier la théologie au collège des Jésuites.

Entré dans cet ordre (1624), il demanda à faire partie de la mission pour le Canada, où il partit en 1636. Il fut envoyé dans la région des Hurons, où il restera pendant les quatorze années de son apostolat héroïque, sans jamais revenir à Québec.

En six mois, il surmonta les difficultés de la langue et commença une longue période de charité vivante : son zèle pour la conversion des païens ignorait les obstacles et les retards. Rien ne l’effrayait, ni les distances à parcourir, ni la rude météorologie, ni le danger de la mort. Il affrontait toutes ces difficultés avec énergie, pour aller baptiser. Les ordures, la vermine, les odeurs fétides, les maladies répugnantes, rien ne l’empêchait d’aller au-devant des âmes à racheter. Lui qui était de constitution plutôt fragile, il résista, on peut dire de façon miraculeuse, à cette tension continuelle.

Son angélique patience au milieu d’épreuves interminables, lui valut le surnom de «ange de la mission», où son confrère Jean de Brébeuf, était le «lion».

Plusieurs fois, en 1637 et en 1639, il «s’attaqua» à la conversion de la nation Tobacco, en compagnie d’Isaac Jogues et de Claude Pijart. Sa constance finit par venir à bout de leur obstination. Ce sont eux qui demandèrent la venue des «robes noires» (1646) et Charles vint habiter chez eux, jusqu’à la mort.

Après le martyre des pères Daniel, Brébeuf (1648) et Lalemant (1649), il attendit calmement son tour, non certes de la part des Tobacco, mais parce que la tribu guerrière des Iroquois, après s’être attaquée sans pitié aux Hurons, menaçait maintenant les Tobacco.

Charles resta aux côtés de ses néophytes durant tout ce massacre. Mortellement blessé, il s’avança près d’un Indien mourant pour lui donner l’absolution, et reçut alors un coup de hache qui l’acheva.

C’était le 7 décembre, veille de la fête de l’Immaculée Conception, dont il avait fait le vœu de défendre le dogme.

On a de Charles des lettres à son frère carme, où transparaît sa sainteté.

Il a été canonisé en 1930.

Inscrit au Martyrologe le 7 décembre, il est fêté avec ses Compagnons jésuites martyrs le 19 octobre.

 

 

Benedetta Rossello

1811-1880

 

Benedetta naquit à Albissola Marina (Savona, Italie) le 27 mai 1811, d’un père vannier et d’une mère qui eut aussi une autre fille et un fils. Les parents sont de bons chrétiens et lui enseignent la dévotion à la Sainte Vierge et à la Croix.

La famille n’est pas riche, et Benedetta n’eut jamais d’autre poupée que les petits enfants du quartier, auxquels elle apportait de bons exemples pour les élever à Dieu. A la maison elle aide vaillamment sa mère pour tenir le ménage propre.

Son «jouet» personnel fut simplement… un crâne, obtenu du fossoyeur, pour l’aider dans sa méditation.

Tertiaire franciscaine, elle rêve de devenir religieuse, mais n’a pas de «dot». A dix-neuf ans, entrée au service d’une riche famille de Savona qui n’a pas d’héritier, elle se voit proposer d’en devenir l’héritière si elle renonce à sa vocation. Rien à faire : elle appartiendra à Dieu.

Un essai chez les Religieuses de Notre-Dame des Neiges est un échec. C’est alors qu’elle apprend que l’évêque cherche de pieuses personnes pour s’occuper des plus pauvres. Benedetta se propose. Elle a vingt-six ans.

Après avoir perdu successivement sa mère, son frère, sa sœur et son père, totalement libérée des liens de la terre, elle fait donc partie des quelques jeunes filles qui, en 1837, commencent de donner vie à ce nouvel Institut, placé sous la protection de Notre-Dame de la Miséricorde, qu’on vénère dans un grand sanctuaire de Savona. La mission de l’Institut est l’éducation des jeunes et l’assistance des malades.

Benedetta est la maîtresse des novices, la vicaire de la supérieure, et l’économe. A la prise d’habit, elle reçoit le nom de Maria Giuseppa (Marie-Josèphe).

En 1839 : vœux perpétuels. En 1840 : déjà sept sœurs et quatre novices. Maria Giuseppa devient alors supérieure, à l’unanimité de toutes. Elle le restera pendant quelque quarante années, jusqu’à sa mort.

Le roi Carlo Alberto reconnaît l’Institut dès 1841. Cela aida le nouvel évêque, d’abord prévenu contre Maria Giuseppa, à en reconnaître les réelles vertus et à appuyer le nouvel Institut.

Lors d’une épidémie qui dévastait la Ligurie, les sœurs se montrèrent dévouées au soin des malades. Et Maria Giuseppa aida beaucoup à l’organisation d’un petit séminaire diocésain et au rachat des jeunes esclaves noirs d’Afrique.

L’Institut se développe très, très rapidement. En Ligurie d’abord, puis en Argentine où partent quinze religieuses en 1876.

L’Institut se double dès 1859 d’une autre fondation pour la réhabilitation et l’intégration des filles des classes pauvres. Ce sera la Maison de la Providence. En 1869, ce sera le tour de la Maison pour les petits enfants pauvres. Enfin, s’ouvrira aussi une Maison pour les filles repenties, tombées précédemment dans la prostitution et le vol.

Maria Giuseppa meurt le 7 décembre 1880.

Elle a été béatifiée en 1938, et canonisée en 1949. A cette époque, l’Institut de Notre-Dame de la Miséricorde comptait quelque trois mille sœurs.

 

 

Enrique Andrés Montfort

1899-1936

 

Enrique était né le 25 avril 1899, à Villafranca del Cid (Castellón, Espagne), de Benedicto et Rosa, qui le firent baptiser le jour-même ; il fut confirmé en 1900.

La région de Castellón était traditionnellement attachée au christianisme, au point qu’on l’appelait le fief du Pape de Rome. 

Enrique entra en 1911 dans la congrégation des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1913 ; en 1914 il reçut l’habit et le nom de Benedicto Andrés, reprenant le prénom de son père ; un an après il faisait les premiers vœux.

Benedicto fut envoyé à Valencia (1916), Torrelaguna (1918), Valdemoro (1920), puis fit son service militaire au Maroc (1921) : il s’y distingua par sa soumission aux supérieurs, et conquit ses grades de sous-officier, sans oublier ses habitudes religieuses, priant ouvertement mais sans ostentation, et reprenant gentiment ses camarades quand il en entendait des propos inconvenants.

De retour en Espagne, il fut à Valencia (1924), Murcia (1925), Saragosse (1926), Pamplona (1929), Barcelone (1930).

Durant l’été 1936, il reçut la permission de se réfugier chez les siens. Le Comité révolutionnaire ne le remarqua pas, mais convoqua bientôt les réservistes. Benedicto préféra se présenter, et y subit un premier interrogatoire serré ; en rentrant, il commenta chez lui : Ma sentence de mort est signée. Sa conviction s’exprima dans un billet à l’adresse d’un de ses cousins qui vivait aussi à Villafranca : Dites à Emiliano qu’il n’y aille pas. S’ils me tuent, qu’au moins lui se sauve.

Il fut arrêté au soir du 7 décembre 1936, par des amis d’enfance, désormais adhérents au Comité révolutionnaire ; Benedicto eut deux réflexions : Voici mon heure ; puis : Au Ciel.

Un des miliciens, présent au moment du martyre de Benedicto, raconta plus tard son admiration pour ce Religieux ; ce fut peut-être même lui qui tira les coups de feu.

Ils le conduisirent à Santa Pau (Albocácer, Castellón). Ils ne tuèrent pas le Frère d’un seul coup, peut-être dans l’idée de le faire apostasier, mais le Frère resta fidèle à l’Eglise et à ses vœux.

Au premier coup de feu, le Frère cria : Vive le Christ Roi ! Au second : Vive Marie Immaculée ! Au troisième : Sainte Famille, recevez-moi dans vos bras !

C’était donc le 7 décembre 1936, veille de la fête de l’Immaculée Conception.

Benedicto Andrés fut béatifié en 2013.

Sabinus de Spolète
† 303

Le cinquième évêque de Spolète (Ombrie, Italie C), s.Saturninus, mourut en 270 et le siège resta vacant pendant une vingtaine d’années.
Or, vers 290, vivait dans un ermitage l’ancien évêque de Faenza, Sabinus (ou Savinus) qui, après dix années d’épiscopat, s’était retiré dans la forêt : c’est lui qu’on appela à siéger à Spolète.
Son premier souci fut de soutenir la foi des Chrétiens durant la persécution de Dioclétien.
Lui-même arrêté et jeté en prison, il eut les mains amputées.
Voyant passer un aveugle près de lui, il lui rendit la vue, de sorte que le bourreau demanda à Sabinus de le guérir de sa maladie des yeux : Sabinus le guérit, mais guérit aussi son âme en l’amenant au Christ.
Dénoncé aux autorités romaines, Sabinus fut battu à mort, vers 303.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sabinus de Spolète au 7 décembre.


Urbanus de Teano
4. siècle

Urbanus fut le troisième évêque de Teano (Campanie, Italie), à partir d’environ 356.
Il faut dire cependant qu’en 346 déjà, la population avait demandé son élection pour succéder à s.Paris, premier évêque de Teano (v. 5 août). Mais il réussit alors à faire élire plutôt s.Amasius (v. 23 janvier).
Il est dit de lui qu’il accomplit beaucoup de miracles.
Il mourut fort âgé, un 7 décembre comme il l’avait prédit.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Urbanus de Teano au 7 décembre.


Aurelius Ambrosius de Milan
340-397

Aurelius Ambrosius naquit à Trèves (Germanie) vers 340, d’un certain Ambrosius, préfet du prétoire des Gaules.
D’après son secrétaire et biographe, le bébé Ambrosius se trouvait dans son berceau lorsqu’un essaim d’abeilles couvrit sa figure, semblant entrer dans sa bouche et en sortir, avant de disparaître dans les airs. Le père en fut très frappé. 
Ambrosius avait une sœur, Marcellina, et un frère Satyrius (voir aux 17 juillet et 17 septembre).  
A son tour, le jeune Ambrosius devint fonctionnaire impérial. Un de ses cousins fut Quintus Aurelius Symmacus, préfet de Rome.
Ambrosius n’était pas encore baptisé, tandis que sa mère et sa sœur l’étaient. Il étudia à Rome, devint avocat puis reçut de l’empereur le gouvernement des provinces cisalpines, dont le siège était à Milan.
Il n’était que catéchumène, lorsque l’évêque de Milan, arien, fut déposé. On ne se mettait pas d’accord sur un nom pour le remplacer et le peuple commençait à s’agiter. Ambrosius intervint pour calmer les esprits et c’est alors qu’un enfant cria : Ambroise évêque ! 
Tous furent d’accord sur ce «choix» providentiel, mais Ambrosius n’était pas même baptisé, et ne l’entendait pas de cette oreille ; il protesta, chercha à fuir, fut retrouvé. On annonça ce choix à l’empereur, qui s’en réjouit.
Ambrosius se prépara alors consciencieusement à recevoir le baptême, puis les degrés du sacerdoce, tout en approfondissant l’Ecriture, qu’il ne connaissait pas encore beaucoup.
Il remplit donc sa charge d’évêque à Milan de 374 à 397, avec force, énergie, et efficacité. Il pourchassa vigoureusement les restes de l’arianisme ; il osa excommunier l’empereur Théodosius, quand celui-ci, pour réprimer une émeute à Thessalonique, fit massacrer plusieurs milliers de personnes ; c’est l’empereur qui dut céder et venir implorer son pardon devant Ambrosius, qui le réintégra.
En 386, il mit à jour les ossements des martyrs milanais Gervasius et Protasius (voir au 19 juin) et en 395, ceux des martyrs Nazarius et Celsus (voir au 28 juillet).
C’est aussi Ambrosius qui fut l’artisan de la conversion d’Augustin d’Hippone et le baptisa le 24 avril 387 (voir au 28 août).
Ambrosius s’occupa de la liturgie, composa des hymnes encore en usage, organisa le chant dans l’Eglise, et se trouva ainsi à l’origine de la liturgie ambrosienne, que conserve l’Eglise à Milan. Il écrivit des ouvrages de théologie, d’exégèse, de catéchèse, où l’on retrouve son style d’orateur et sa grande connaissance de la littérature grecque.
Ambrosius mourut dans la nuit de la vigile pascale, le 4 avril 397 à Milan, mentionné à ce jour par le Martyrologe ; cette date se trouvant en période de Carême ou de Pâques, l’Eglise le vénère traditionnellement le 7 décembre, jour où il reçut l’ordination épiscopale.
Saint Ambrosius est l’un des quatre Pères de l’Eglise d’Occident, avec s.Augustin, s.Jérôme et s.Grégoire le Grand (v. 28 août, 30 septembre et 12 mars), avec lesquels il partage aussi le titre de Docteur de l’Eglise.


Jean le Silentiaire
454-558

Jean était le fils d’Encrace et d’Euphémie, qui descendaient tous deux de généraux ou de gouverneurs de province, mais surtout d’excellents chrétiens. On connaît aussi le nom d’un de ses frères, Pergame ; il avait aussi une sœur.
Il naquit à Nicopolis (Arménie) le 8 janvier 454. A la mort de ses parents, il avait dix-huit ans, - et un immense héritage, qu’il consacra à l’édification d’une église en l’honneur de la Mère de Dieu, et d’un monastère où il s’enferma avec dix compagnons qui voulaient se mettre sous sa conduite.
Avant de leur imposer une règle et des conseils, Jean mortifia d’abord son corps et son esprit, s’appliquant à la tempérance et à l’humilité, pour conserver la pureté du corps et de l’âme. Il sut aussi refréner sa langue, suivant le conseil de saint Jacques dans son Epître : Celui qui croit être pieux et ne retient pas sa langue, n’a qu’une piété vaine et imaginaire (Jc 1:26). C’est là ce qui lui valut le surnom de Silentiaire.
Après vingt années, il fut sorti de son silence pour succéder à l’évêque de Colonie (Taxara, Arménie), ce qui ne l’empêcha pas de continuer sa vie ascétique : par pudeur et mortification, il refusa toujours de se servir des bains ordinaires de cette époque.
Cette ascèse toucha son frère Pergame et son cousin Théodore, qui suivirent ses conseils pour leur propre sanctification.
Mais son beau-frère, au contraire, mit la zizanie dans le diocèse, à tel point que Jean dut aller se plaindre à l’empereur de Constantinople, et même finit par renoncer à sa charge épiscopale. Secrètement, il gagna Jérusalem, où il demanda incognito à être admis dans la laure de saint Sabas (voir au 5 décembre).
Jean y vécut tellement humblement, discrètement, que Sabas pensa bien de le faire ordonner prêtre et le conduisit pour cela auprès du patriarche de Jérusalem. Là, Jean parla secrètement au patriarche pour lui révéler toute son histoire passée. Sur ce, le Patriarche confia alors à Sabas que, au vu des paroles de Jean, il ne pouvait l’ordonner prêtre, ce qui fit croire à Sabas que Jean était coupable de quelque faute grave, et qu’il s’était trompé dans son jugement sur Jean.
Très éprouvé, Sabas pria Dieu de l’éclairer, et Dieu lui fit savoir que Jean était déjà évêque. Sabas en conçut une grande joie, et un respect accru envers son «disciple», auquel il promit de n’en rien dire à personne.
Jean resta encore quatre ans dans son silence, mais préféra quitter la laure en 503, lors de la «révolte» des moines, et s’enfuit dans le désert, pendant neuf ans, se nourrissant de fruits et de racines sauvages. On ne put l’en ramener : mystérieusement des inconnus (des anges ?) lui apportèrent des vivres ; un lion rôdait et éloignait de sa caverne les voleurs.
Quand Sabas fut rappelé dans la laure, en 510, il s’empressa d’y faire revenir aussi son cher Jean, qui lui obéit et y resta encore quarante ans, toujours dans le silence et la solitude. Il acceptait tout de même de donner des conseils à qui les lui demandait. Entre autres, un de ses tout jeunes compagnons, Cyrille, put ainsi en recevoir suffisamment de confidences, qu’il écrivit ensuite la vie de Jean, d’où nous connaissons tant de détails.
Cyrille écrit qu’il avait seize ans, quand Jean en avait quatre-vingt-dix. 
Outre son surnom de Silentiaire, Jean est aussi appelé Hésychaste, ou Sabbaïte. Il savait lire dans les cœurs, fit quelques prédictions, des guérisons aussi. 
Il mourut à cent-quatre ans, en 558, après avoir passé soixante-seize ans dans le désert.
Le jour de sa mort était placé au 13 mai ou aussi au 30 mars, mais l’actuel Martyrologe l’a inscrit au 7 décembre, surlendemain de la fête de saint Sabas.


Fare de Faremoutiers
600-657

Fare naquit vers 600 en la villa de Pipimisicum (act.Poincy, Meaux, Seine-et-Marne), propriété de ses parents, le comte Chagneric (ou Hagneric, Agneric) et Leodegonde, qui eurent aussi trois fils, Chagnoald (ou Cagnoald, quelquefois identifié avec s.Walbert, v. 2 mai), Chagnulfus et Faron (v. 28 octobre) ; peut-être aussi une fille, Agnetrude.
Lorsque s.Colomban (v. 23 novembre) s’arrêta dans cette maison, il eut un divin pressentiment et donna une bénédiction spéciale à Fare, qui était encore toute petite.
Quand Fare fut en âge, son père voulut la donner en mariage, ce qu’elle refusait absolument, au point qu’elle en devint malade (certains disent même aveugle). Ce fut le successeur de Colomban à Luxeuil, Eustase (v. 2 avril), qui la guérit, persuadant son père de la laisser libre de son choix.
Mais ce père s’obstina, au point que Fare s’enfuit de la maison. Le père envoya des domestiques à ses trousses, qui la retrouvèrent abritée dans une église Saint-Pierre. Menacée, Fare leur déclara qu’ils pouvaient la tuer sur place.
On ne dit pas combien de temps durèrent ces pourparlers, ni quelle fut l’attitude des domestiques. Mais Eustase repassa par là, et fit de solennels reproches au père de Fare, qui s’était montré si entêté. Eustase fut si convainquant, que Chagneric fit vraiment amende honorable et lui concéda tout un domaine où Fare pourrait construire un monastère, le domaine d’Evoriacum.
Fare reçut enfin le voile des vierges, de l’évêque de Meaux, Gondoald, qui consacra l’église, dédiée à Notre-Dame et à l’apôtre s.Pierre (620). Fare, qui s’installa avec déjà quelques compagnes dans ce nouveau monastère, fut choisie pour être l’abbesse. La Règle fut celle de s.Colomban.
La grande innovation de ce monastère, est qu’il était double, avec des bâtiments pour les moniales et d’autres pour les moines, tous réunis sous l’unique autorité de Fare. Un des premiers moines fut d’ailleurs le propre frère de Fare, Faron.
Fare vécut presque quarante années dans son monastère. Peu avant de mourir, elle désigna Sæthryth (Sédride), une princesse anglaise, pour lui succéder.
Elle s’éteignit le 7 décembre 657. Faron, devenu évêque de Meaux, présida les solennelles obsèques de sa sœur.
Le monastère d’Evoriacum s’appela bientôt monastère de Fare : Faremoutiers.
En 1622, lors d’un transfer des reliques de Fare, se produisirent des miracles solennels, qui donnèrent lieu à un culte renouvelé envers la sainte Abbesse. On vénère sainte Fare jusqu’en Italie et en Sicile. On l’invoque pour les maladies des yeux.
La Révolution française s’est chargée de disperser la communauté et les bâtiments servirent de carrière de pierres. En 1931, quelques moniales bénédictines vinrent réoccuper un bâtiment sur l’endroit même des ruines de l’ancienne abbaye.
Le nom de Fare est ici et là énoncé Burgondofare, Fare des Burgondes.
Sainte Fare de Faremoutiers est commémorée le 7 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Charles Garnier
1606-1649

Charles vit le jour à Paris en 1606, très probablement au mois de mai (car son acte de baptême date du 25 mai 1606), le moi traditionnellement consacré à la Sainte Vierge.
Sa mère était Anne de Garault ; son père, Jean, était conseiller du roi Henri III. Monsieur Garnier devait avoir des vues particulières pour son fils, car il n’accepta pas volontiers la vocation de celui-ci ni son désir de partir évangéliser les Peaux-Rouges en Nouvelle-France.
Signalons aussi que Charles avait un grand frère, qui devint Carme. Leur correspondance met en relief toute la sainteté de Charles.
Après les études au Collège de Clermont, et enfin avec la permission de son père, Charles commença son noviciat chez les Jésuites en 1624 et fut ordonné prêtre en 1635.
Il arriva à Québec en juin 1636.
Il fut envoyé parmi les Hurons, qui étaient plus favorables aux Français. Ils collèrent le nom de Ouracha («qui-donne-la-pluie») au père Garnier, car il arrivait précisément à la fin d’une période de sécheresse. 
En six mois, il surmonta les difficultés de la langue et commença une longue période de charité vivante : son zèle pour la conversion des païens ignorait les obstacles et les retards. Rien ne l’effrayait, ni les distances à parcourir, ni la rude météorologie, ni le danger de la mort. Il affrontait toutes ces difficultés avec énergie, pour aller baptiser. Les ordures, la vermine, les odeurs fétides, les maladies répugnantes, rien ne l’empêchait d’aller au-devant des âmes à racheter. Lui qui était de constitution plutôt fragile, il résista, on peut dire de façon miraculeuse, à cette tension continuelle.
Son angélique patience au milieu d’épreuves interminables, lui valut le surnom de ange de la mission, où son confrère Jean de Brébeuf, était le lion.
On les vit ensemble dans la première communauté Saint-Joseph à Ihonatiria ; puis, en 1637, à Ossossané. En octobre de cette année-là, une alerte faillit coûter la vie au père Garnier. En effet, après une nouvelle épidémie, les Pères furent de nouveau la cible d’une tribu. On réclamait la tête des pères Garnier et Ragueneau ; ces derniers eurent la possibilité de prendre la parole au cours du Conseil plénier de la nation huronne. Dans la nuit du 24 octobre eut lieu la réunion, les discussions se prolongèrent, mais on n’arriva pas à prononcer de sentence : les Hurons avaient une certaine peur des Français et ne voulaient pas risquer de rupture. Après une neuvaine à saint Joseph, les pères eurent le soulagement d’être «amnistiés» par le Conseil des Peaux-Rouges.
Quand le père de Brébeuf fut choisi pour Téanostayaé, le père Garnier resta avec le père Lalemant à Ossossané. Le règlement était très précis : lever à 4 heures, méditation de 4 h.30 à 5 h.30, célébration de la Messe à 6 heures ; dans la matinée, on pouvait recevoir les indigènes de 8 h. à 14 h. Déjeuner à 14 h. L’après-midi, travaux et réception des indigènes jusqu’à 17 heures. Dîner à 18 h.30. La journée s’achevait à 20 h.30, avec la récitation des Litanies des Saints, l’examen et la préparation de la méditation du lendemain matin ; extinction des feux à 21 h.
Plusieurs fois, en 1637 et en 1639, il «s’attaqua» à la conversion de la nation Tobacco, en compagnie d’Isaac Jogues et de Claude Pijart. Sa constance finit par venir à bout de leur obstination. Ce sont eux qui demandèrent la venue des Robes Noires (1646) et Charles vint habiter chez eux, jusqu’à la mort.
L’hiver 1639-1640, le père Garnier accompagna le père Jogues dans la tribu des Pétuns, plus à l’Ouest.
En décembre 1649, les Iroquois s’en prirent aux Tobacco, après avoir anéanti les Hurons. C’est dans ces circonstances que le père Charles Garnier reçut la palme du martyre : il fut frappé par deux balles dans la poitrine et l’abdomen. Son dernier geste fut de donner l’absolution à un Indien moribond près de lui. Puis il reçut le «coup de grâce» : un coup (ou même deux) de tomahawk qui lui fendit la tête.
C‘était le 7 décembre 1649, veille de la fête de l’Immaculée Conception de Marie. On le sait, le père Charles était très marial ; il avait en outre fait le vœu spécial de défendre coûte que coûte ce dogme marial de l’Immaculée Conception.
Charles Garnier a été béatifié en 1925 et canonisé en 1930.
Il est commémoré le 7 décembre au Martyrologe ; sa fête liturgique, avec ses Compagnons Martyrs du Canada, se célèbre le 19 octobre.

Benedetta Rossello

1811-1880

 

Quatrième de dix enfants, Benedetta naquit le 27 mai 1811 à Albissola Marina (Savone, Ligurie, Italie nord-ouest) de Bartolomeo et Maria Dedone, de très modestes artisans potiers, très chrétiens.

Travailleuse et pieuse comme ses parents, Benedetta s’occupa de ses petits frères et sœurs, modela l’argile, et priait volontiers devant le Crucifix ou l’image de la Sainte Vierge.

Ellel s’inscrivit dans le Tiers-Ordre franciscain.

De 1830 à 1837, elle fut auxiliaire de vie dans une famille bourgeoise, dont le «patron», sans enfants, était grabataire. A la mort de ce dernier, l’épouse proposa même à Benedetta d’en faire son héritière, mais humblement elle refusa.

Elle voulait être religieuse et frappa chez les Filles de Notre-Dame des Neiges : douloureux refus, car sa dot était inconsistante. 

En peu de temps moururent successivement sa maman, son frère, sa sœur, et son père : elle se trouvait responsable de ceux qui restaient.

A la suite d’un appel de l’évêque à de bonnes volontés pour encadrer les jeunes déshérités, elle se proposa. Avec trois autres jeunes demoiselles d’Albissola, elles donnèrent naissance aux Filles de Notre-Dame de la Miséricorde. Benedetta prit le nom de Maria Giuseppa, et fut nommée maîtresse des novices, vicaire et économe.

Le nouvel institut devait répandre dans le monde la miséricorde de Dieu, s’unir à Marie comme instrument de salut, en lien avec le sanctuaire de Notre-Dame à Savone. En union avec l’évêque qui les avait bénies, les nouvelles Religieuses devaient pourvoir à l’instruction et à l’éducation des jeunes filles pauvres, à l’assistance aux malades, et rester à la disposition des écoles, des hôpitaux et des paroisses qui auraient besoin d’elles. 

Les premiers pas avaient été faits en 1837. En 1839, les Religieuses faisaient les vœux perpétuels. En 1840, elles étaient déjà onze, et élirent Maria Giuseppa supérieure : elle le resta quasi quarante ans.

Le roi Carlo Alberto reconnut en 1841 l’institut, qui s’étendit rapidement en Ligurie, puis se lança dans une importante activité de rachat de petites filles esclaves africaines ; puis ce fut la fondation en Argentine (1876).

En 1869, Sœur Maria Giuseppe ouvrit un Petit séminaire pour garçons de la classe ouvrière, pour faire faire gratuitement des études à des garçons qui désiraient devenir prêtres. Evidemment, la jalousie ecclésiastique ne lui facilita pas le travail.

Elle mit en route aussi un ultime projet, concernant la réhabilitation des filles repenties, qui vit le jour après la mort de la Fondatrice.

En 1872, il y eut fusion des Franciscaines Missionnaires (fondées par Mgr Rosaz, voir au 3 mai) avec les Filles de Notre-Dame de la Miséricorde, toutes sous la protection céleste de saint Joseph.

L’année de la mort de Maria Giuseppa, il y avait déjà soixante-cinq maisons de cette congrégation qui fut approuvée par décret papal en 1904.

Maria Giuseppa Rossello mourut le 7 décembre 1880. Elle fut béatifiée en 1938, canonisée en 1949, et proclamée patronne céleste des céramistes en 1989.

 

 

Justa López González

1850-1936

 

Celle qui fut Juste jusqu’au bout naquit le 28 mai 1850, reçut le baptême le 30 mai suivant, et la confirmation deux ans plus tard, selon l’habitude de l’époque.

En 1874, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie à l’Escorial et fit le noviciat à Madrid.

Au moment de recevoir l’habit, en mai 1874, elle prit le nom de María Aurora et fit les premiers vœux temporaires. La profession solennelle eut lieu (approximativement) en 1879.

En 1885, elle fut nommée supérieure à Arévalo, en 1893 à Madrid puis à l’Escorial, en qualité de Conseillère. Par la suite, elle fut nommée à Salamanque, Alcalá de Henares, Cabeza del Buey, Jaén, Ciudad Real et Pozuelo de Alarcón.

On disait d’elle qu’elle était la reproduction vivante de la Fondatrice, sainte María Soledad (voir au 11 octobre), dans la vie communautaire et dans son attention pour les malades.

Malgré le poids des années, elle continua jusqu’à la fin de faire tout ce qu’elle pouvait pour participer à la vie de la communauté, pour travailler, communiquant à toutes sa joie de vivre, sa ferveur.

Arrivèrent les heures sombres de 1936. Sœur Aurora se plia à toutes les exigences de la situation, versant toutefois de grosses larmes quand il fallut prendre des habits civils, mais telle était la volonté de Dieu, à laquelle elle se soumit.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia et trois autres Religieuses, dont María Aurora, furent reconnues et arrêtées. L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, María Aurora et Daría, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid) dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

La Sœur Aurora avait alors quatre-vingt-six ans : actuellement, c’est la Martyre espagnole la plus âgée de tous les Martyrs de cette horrible année 1936.

Elle et ses Compagnes ont été béatifiées en 2013.

 

 

Clementina Arambarri Fuente

1866-1936

 

Clementina était née et fut baptisée le 23 octobre 1866 à Vitoria (Álava, Espagne).

En 1886, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, et en connut la fondatrice, sainte María Soledad (voir au 11 octobre), qui lui remit l’habit. Elle prit le nom de María Aurelia.

Après la profession temporaire (1887), elle fut destinée à Porto Rico, où elle fit la profession perpétuelle en 1894.

En 1904, elle fut nommée supérieure de la communauté de Guanajuato (Mexique), puis à Durango y Puebla en 1909. Ces années-là furent déjà marquées par la persécution au Mexique.

En 1916, la Mère M.Aurelia revint en Espagne et fut supérieure à Mataró, Alcoy, Sarriá et Barbastro.

En 1929, fut érigée la nouvelle province de Madrid, dont elle fut la conseillère provinciale en même temps qu’elle était supérieure à Pozuelo de Alarcón (Madrid). Elle recouvrit à cette charge jusqu’en 1934, année où sa santé ne lui permit plus de continuer à assumer cette fonction. Elle fut alors hospitalisée à Madrid.

Quand les événements de 1936 devinrent allarmants, on décida de reconduire la Mère M.Aurelia à Pozuelo de Alarcón, pour lui éviter l’agitation de la capitale.

Elle même répétait souvent : Nous sommes à Dieu, rien de mal ne pourra nous arriver.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia et trois autres Religieuses furent reconnues et arrêtées. L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid), dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Engracia Andiarena Sagasera

1879-1936

 

Engracia vit le jour le 5 avril 1879 à Donamaría (Navarre, Espagne) et fut baptisée dès le lendemain.

En 1902, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, Ministres des Malades, dans la maison de San Sebastián, et commença le noviciat à Madrid.

En 1903, elle reçut l’habit et prit le nom de Daría. Elle fit les premiers vœux en 1905.

Les maisons où elle exerça son activité furent : Saragosse (jusqu’en 1910), Ciudad Real, Madrid (1913, l’année de sa profession perpétuelle).

Elle souffrit alors d’un pénible ulcère à l’estomac, qu’elle supporta de façon exemplaire.

En 1922, on l’envoya comme maîtresse des novices à Madrid. En 1930, elle fut nommée à Pozuelo de Alarcón (Madrid), où elle resta jusqu’à la fin de sa vie, comme Secrétaire et Conseillère, charges qu’elle assuma toujours avec un profond esprit ecclésial.

Plusieurs fois, on l’entendit répéter : Moi, je désire le martyre du sacrifice quotidien et, si Dieu me le demande, le martyre lui-même ; oui, mourir martyre pour Lui.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Mère M.Aurelia, la supérieure, et trois autres Religieuses furent reconnues et arrêtées. Sœur Daría s’adressa aux miliciens en ces termes : Nous sommes des religieuses, effectivement ; vous pouvez faire de nous ce que vous voulez. Mais je vous en supplie : ne faites rien à cette famille parce que, nous voyant sans domicile, ils demandèrent au Comité de Pozuelo de pouvoir nous recevoir chez eux par charité. 

L’une d’elles fut martyrisée dès le 5 décembre ; Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, dont Daría, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid) dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Enrique Andrés Montfort

1899-1936

 

Enrique était né le 25 avril 1899, à Villafranca del Cid (Castellón, Espagne), de Benedicto et Rosa, qui le firent baptiser le jour-même ; il fut confirmé en 1900.

La région de Castellón était traditionnellement attachée au christianisme, au point qu’on l’appelait le fief du Pape de Rome. 

Enrique entra en 1911 dans la congrégation des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à Las Avellanas en 1913 ; en 1914 il reçut l’habit et le nom de Benedicto Andrés, reprenant le prénom de son père ; un an après il faisait les premiers vœux.

Benedicto fut envoyé à Valencia (1916), Torrelaguna (1918), Valdemoro (1920), puis fit son service militaire au Maroc (1921) : il s’y distingua par sa soumission aux supérieurs, et conquit ses grades de sous-officier, sans oublier ses habitudes religieuses, priant ouvertement mais sans ostentation, et reprenant gentiment ses camarades quand il en entendait des propos inconvenants.

De retour en Espagne, il fut à Valencia (1924), Murcia (1925), Saragosse (1926), Pamplona (1929), Barcelone (1930).

Durant l’été 1936, il reçut la permission de se réfugier chez les siens. Le Comité révolutionnaire ne le remarqua pas, mais convoqua bientôt les réservistes. Benedicto préféra se présenter, et y subit un premier interrogatoire serré ; en rentrant, il commenta chez lui : Ma sentence de mort est signée. Sa conviction s’exprima dans un billet à l’adresse d’un de ses cousins qui vivait aussi à Villafranca : Dites à Emiliano qu’il n’y aille pas. S’ils me tuent, qu’au moins lui se sauve.

Il fut arrêté au soir du 7 décembre 1936, par des amis d’enfance, désormais adhérents au Comité révolutionnaire ; Benedicto eut deux réflexions : Voici mon heure ; puis : Au Ciel.

Un des miliciens, présent au moment du martyre de Benedicto, raconta plus tard son admiration pour ce Religieux ; ce fut peut-être même lui qui tira les coups de feu.

Ils le conduisirent à Santa Pau (Albocácer, Castellón). Ils ne tuèrent pas le Frère d’un seul coup, peut-être dans l’idée de le faire apostasier, mais le Frère resta fidèle à l’Eglise et à ses vœux.

Au premier coup de feu, le Frère cria : Vive le Christ Roi ! Au second : Vive Marie Immaculée ! Au troisième : Sainte Famille, recevez-moi dans vos bras !

C’était donc le 7 décembre 1936, veille de la fête de l’Immaculée Conception.

Benedicto Andrés fut béatifié en 2013.

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 00:00

 

06 DÉCEMBRE

 

IV.

S Nicolas, évêque à Myre ; on ne connaît pas vraiment sa vie ; il serait apparu en songe à l'empereur Constantin pour empêcher l'exécution injuste de trois officiers ; patron des marins, de la Russie, de la Lorraine, des enfants, de toutes sortes de marchands… 

S Polychronios, prêtre massacré par les Ariens tandis qu'il célébrait la messe.

V.

Ste Asella, vierge romaine, que s. Jérôme nous fait connaître dans une lettre.

SS Dionysia et son fils Maioricus, sa sœur Dativa, un vieux médecin Æmilius, Leontia, Tertius, Bonifatius de Sibida, Servius, Victrix, battus à mort par les Vandales à Vite.

VI.

S Abraham, moine et évêque à Cratia ; il abdiqua et redevint moine près de Jérusalem.

VII.

Ste Gertrude, fondatrice et abbesse à Hamage.

XII.

S Obizio, chevalier à Brescia, converti après une vision de l'enfer.

XIII.

S Pedro Pascual, de l'Ordre de la Merci, évêque à Jaén et martyr ; il mourut prisonnier des Sarrasins.

XVIII.

S Giuse Nguyễn Duy Khang, domestique tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre ; il était catéchiste et devait beaucoup combattre son penchant pour l'alcool.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

        - béatifiée en 2001 : 

Laïcs : Luisa María Frías Cañizares (*1896), professeur universitaire, à Valencia ;

        - béatifiés en 2007 : 

Salésiens : Miguel Lasaga Carazo (*1892), prêtre ; Juan Lorenzo Larragueta Garay, Esteban Vázquez Alonso, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera, Heliodoro Ramos García, Florencio Rodríguez Guemes, six séminaristes nés en 1915, à Guadalajara ;

        - béatifiés en 2013 : 

Lazaristes : Ireneo Rodríguez González (*1879), Gregorio Cermeño Barceló (*1874), Vicente Vilumbrales Fuente (*1909), prêtres, avec le frère Narciso Pascual y Pascual (*1917), à Guadalajara.

B János Scheffler (1887-1952), prêtre roumain, martyr, béatifié en 2011.

Nicolas de Myre
270-343

Tous les épisodes de ce Saint mondialement vénéré doivent être donnés au conditionnel, car aucun document ancien solide n’est là pour attester les miracles éclatants qu’on lui attribue.
Nicolas fut un thaumaturge dès la naissance, qui aurait eut lieu en 270, à Patara en Lycie (sud-ouest de l’actuelle Turquie d’Asie), sur la Mer Méditerranée. Le jour de sa naissance, il se tenait debout dans son bain. Le mercredi et le vendredi, il ne prenait qu’une fois le sein.
Plus tard, il apprit qu’un voisin très pauvre prostituait ses trois filles : Nicolas envoya trois fois de suite, de nuit, une bourse d’or, qui permit d’établir honorablement les trois personnes.
Une indication expresse d’En-haut le fit évêque de Myre, tout près de Patara, et il aurait assisté au concile de Nicée (325).
Des matelots en péril l’invoquèrent avec succès. En période de famine, son recours apportait des vivres. L’idolâtrie s’effondrait à son appel. Saint Nicolas serait apparu en songe à l’empereur Constantin, lui demandant la grâce de trois officiers condamnés à mort injustement.
Les anges vinrent accueillir son âme à son décès (343).
A son tombeau, jaillit une source d’huile qui guérit les maladies.
Les miracles continuèrent après la mort du saint évêque, des conversions de Juifs, une libération d’otage aux mains d’Arabes…
La fameuse résurrection de deux (ou trois) écoliers égorgés et mis en morceaux au saloir, comme de la viande de porc, pourrait être une pieuse chanson populaire tardive. Les Français chantent traditionnellement Ils étaient trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs.
Saint Nicolas, par référence à divers miracles, est le patron des matelots, et de conséquence des bâteliers, des commerçants de blé et de vin, des détaillants, débardeurs, tonneliers, pêcheurs au filet ; des jeunes filles en quête de mari, de la nation de Russie, des juristes (dont le président portant un bâton surmonté d’un saint Nicolas, prit le nom de bâtonnier), des élèves, des enfants sages… 
Notre Saint est très invoqué en Lorraine, en Allemagne et dans les pays scandinaves, en Angleterre, en Amérique.
Les fêtes populaires de saint Nicolas en ont fait une Santa Claus, d’où finalement est sorti notre malheureux Père Noël.
Saint Nicolas de Myre est aussi appelé «de Bari», depuis que des reliques en ont été apportées dans cette ville du sud de l’Italie, en 1087 : Myre avait été attaquée par les Turcs, et les habitants s’enfuyaient précipitamment ; aussi les corsaires italiens qui étaient là s’emparèrent des reliques de saint Nicolas pour les rapporter à Bari.
On fête saint Nicolas le 6 décembre.


Asella de Rome
330-405

S.Jérôme (v. 30 septembre) dirigea à Rome tout un groupe de pieuses personnes qui apprenaient de lui les voies de la sanctification ainsi que l’approfondissement de l’Ecriture sainte.
Parmi elles se trouvaient Paula et sa fille Eustochium (v. 26 janvier et 28 septembre), qui le suivirent à Bethléem, Marcella (v. 31 janvier) et Asella, qui restèrent à Rome et furent confidentes.
S.Jérôme raconte la vie de cette vierge dans une de ses lettres.
Dès avant sa naissance, son père avait vu en songe une coupe d’un verre étincelant, qui lui annonçait combien l’âme de sa fille serait particulièrement pure.
Dès sa dixième année, elle se consacra à Dieu. Elle couchait à terre, se nourrissait de pain, de sel et d’eau froide. Elle vendit son collier d’or et revêtit une tunique de couleur sombre, qui cachait un rude cilice.
Elle ne sortait habituellement pas de sa petite chambre, elle priait, travaillait de ses mains ; ses sorties étaient vers les tombes des martyrs.
Sa parole est silencieuse et son silence parle… Pas à la mode, pas élégante, elle est l’élégance même, sans élégance, ajoute encore s.Jérôme.
On croit qu’elle mourut vers 405.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Asella de Rome au 6 décembre.


Dionysia de Vite, son fils Maioricus et leurs Compagnons
† 484

Le 25 février 484, le roi Vandale Hunéric décréta qu’avant le 1er juin suivant, tous ses sujets devaient embrasser l’arianisme. Les évêques furent déportés, les fidèles pourchassés.
A Vite (Byzacène, auj. proche de Tunis, Tunisie), vivait Dionysia, une belle femme, très chrétienne, mère d’un jeune garçon nommé Maioricus, qui pouvait avoir une quinzaine d’années, peut-être moins, car il était d’un âge encore tendre et délicat.
Les persécuteurs s’emparèrent de Dionysia. Celle-ci les supplia : Torturez-moi tant que vous voudrez, mais ne découvrez pas ce qui ne doit pas l’être. Cette courageuse et noble supplique ne fit qu’exciter au mal ces malintentionnés, qui la dévêtirent aux yeux de tous et la battirent de verges jusqu’au sang.
Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que Dionysia continuait d’encourager les autres martyrs ; elle s’aperçut que Maioricus était terrorisé à la vue de ces supplices et lui lança des regards courroucés, le gourmanda et l’encouragea, si bien qu’il devint encore plus courageux que sa mère. Le Garçon, fidèle au Christ jusqu’au bout, rendit l’âme au milieu des tourments.
Dionysia ne mourut pas immédiatement non plus ; elle put même rejoindre sa maison, où elle inhuma son cher Maioricus, pour la mort duquel elle rendait à Dieu de joyeuses actions de grâces, pleines de l’espérance du Royaume éternel.
L’exemple de Dionysia toucha d’autres personnes, également commémorées en même temps qu’elle : 
Dativa, sa sœur
Leontia, la fille de l’évêque s.Germanus (v. 6 septembre), lui-même parent de Dativa
Victrix
Æmilius, un vénérable médecin
Tertius, célèbre par sa confession de la sainte Trinité
Bonifatius de Sibida, auquel on arracha les entrailles
Servius
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Dionysia de Vite, son fils Maioricus et leurs Compagnons au 6 décembre.


 

Obizio de Niardo

1150-1204

 

Obizio (ou aussi Obizzo) naquit à Niardo (Brescia, Italie N) vers 1150, peut-être un 4 février, fils du comte Graziadeo, gouverneur de la Valcamonica, qui le forma au métier des armes. 

Dans la parenté se trouvait un oncle qui avait fondé deux monastères.

Jeune, Obizio participa avec fougue aux guerres entre Brescia et Crémone. 

Il épousa la comtesse Inglissenda Porro, dont il eut quatre enfants : Iacopo, Berta, Margherita et Maffeo.

En 1191, il se trouva au milieu d’une échauffourée sur un pont qui, surchargé, s’écroula. Il resta au milieu des décombres pendant plusieurs heures, durant lesquelles il raconta qu’il avait eu une épouvantable vision de l’enfer.

Rentré chez lui, il confia à son épouse son désir de changer totalement de vie. Son épouse savait être compréhensive ; les enfants étaient assez grands : le père de famille pourrait quitter son foyer sans inquiétude pour leur avenir. Mais la séparation fut difficile. Les prières d’Obizio l’emportèrent et toute la famille accepta et même l’encouragea, au point que les deux derniers, Margherita et Maffeo devinrent religieux. Obizio, prudemment, commença par se donner aux bonnes œuvres, gardant le contact avec sa famille. Il fréquenta les sanctuaires dans tout le nord de l’Italie.

En 1197 enfin, il demanda l’hospitalité au monastère Santa Giulia de Brescia, servant les plus pauvres et accomplissant des miracles.

Il mourut six ans plus tard, le 6 décembre 1204.

En 1498 et en 1553, on remarqua qu’un liquide mystérieux jaillissait de son sépulcre, avec lequel on obtint des miracles.

Le culte de saint Obizio fut autorisé en 1600 et le Martyrologe le mentionne au 6 décembre.

 

 

Pedro Pascual

1227-1300

 

Pedro vint au monde vers 1227 à Valencia (Catalogne, Espagne E), de pieux parents qui, ne pouvant avoir d’enfants, se confièrent à saint Pedro Nolasco (v. 25 décembre) ; exaucés, il donnèrent le même prénom à leur fils.

Après ses premières études, le garçon s’en vint à Paris, où il fut compagnon des saints Buonaventura et Tommaso d’Aquino (v. 14 juillet et 7 mars) et reçut l’ordination sacerdotale (1249).

De retour en Espagne, il entra dans l’Ordre de la Merci.

Il régissait l’abbaye de San Miguel de Gualtar, grâce à quoi il percevait quelques revenus.

En 1294, il fut nommé évêque de Jaén, mais conserva pendant trois ans son bénéfice de San Miguel, car Jaén avait été ruinée par les incursions arabes.

Ces mêmes arabes le firent prisonnier durant une de ses visites pastorales, vers 1298, et l’emmenèrent à Grenade, exigeant une rançon que Jaén ne pouvait payer.

Pedro profita de son temps de captivité pour écrire divers ouvrages

Il fut décapité à Grenade, le 6 décembre 1300, et pour cela déclaré martyr.

Son culte fut confirmé en 1670.

 

 

Giuse Nguyễn Duy Khang

1832-1861

 

Giuse (Joseph) était né en 1832 à Trà Vinh (Nam-Định, Vietnam), de parents déjà chrétiens et attachés à la foi qu’ils enseignèrent à leur fils.

Tôt orphelin de son père, Giuse fut envoyé par sa mère pour se former auprès d’un prêtre, le père Matthieu, dominicain. Après dix années, Giuse, qui voulait devenir prêtre, fut envoyé au séminaire pour étudier le latin.

Il adhéra au Tiers-Ordre dominicain.

Son zèle pour aider l’Eglise fit qu’on lui confia beaucoup de responsabilités dans sa paroisse. De plus, Mgr Hermosilla le prit comme secrétaire.

En août 1861, parut un nouvel édit de persécution, en vertu duquel les Chrétiens devaient être marqués à la joue, et dispersés dans des villages païens, de sorte que les familles chrétiennes étaient disloquées et que les biens du clergé étaient confisqués ou détruits.

Mgr Hermosilla dut fermer le séminaire. 

Giuse resta avec son évêque pour le protéger ; ils se cachèrent d’abord dans une grotte, puis s’enfuirent avec une barque pour éviter de rencontrer les soldats, rejoignant ainsi Hải Dương.

Un chrétien, dans un accès de colère, en vint à accuser Giuse de cacher un prêtre ; aussitôt des soldats vinrent l’arrêter ; Giuse voulait s’interposer pour protéger l’évêque, mais ce dernier lui mit la main sur l’épaule et lui demandat doucement de laisser faire la volonté de Dieu.

Giuse fut arrêté, avec l’évêque, et tous deux furent conduits en prison.

Giuse reçut cent-vingt coups de fouets, mais ne céda pas. Trois fois soumis à la torture, sommé d’apostasier, il résista, ne révéla aucun nom ni aucune cachette, et fut condamné à mort.

Il fut à la fin décapité à Hải Dương pour sa fidélité au Christ et à l’Eglise, le 6 décembre 1861.

Giuse a été béatifié en 1906, et canonisé en 1988.

Gregorio Cermeño Barceló

1874-1936

 

Il vint au monde le 9 mai 1874 à Saragosse (Espagne), unique enfant de Mariano et Matilde, qui le firent baptiser deux jours plus tard, avec le nom du Saint qu’on fêtait alors ce jour-là, Grégoire (de Nazianze, v. 2 janvier).

En 1879, il fut orphelin de père et mère, et confié aux Filles de la Charité de Madrid, jusqu’en 1882. C’est là qu’il reçut la Confirmation, à sept ans.

Puis il fut reçu à l’internat des pères Vincentiens de Madrid, jusqu’en 1887, année où son âge pouvait lui permettre de trouver déjà un premier emploi. Il fréquentait la paroisse, où il servait volontiers la Messe, et allait travailler, tout en continuant d’étudier le latin et les humanités.

En 1890, il put intégrer le collège de Téruel.

En 1892, il entra au séminaire vincentien, où on l’aida à vaincre sa timidité et à discerner sa vocation.

En 1894, il émit les vœux perpétuels et, après les études de philosophie et de théologie, fut ordonné prêtre le 8 septembre 1899.

Peu après, il fut envoyé quelques mois à Valdemoro, comme aumônier dans des maisons de soin tenues par les Filles de la Charité, pour des malades de choléra, de tuberculose, de typhus.

De là, on le jugea tout-à-fait apte à partir pour Porto Alegre (Brésil), comme professeur des jeunes séminaristes (1900-1902). Il y enseigna l’histoire biblique, religion et chant. Mais il fallut abandonner cette mission et revenir en Espagne. En deux ans seulement, le jeune Père avait supporté tant de fatigues, qu’il avait les cheveux blancs. Il avait vingt-huit ans !

On lui imposa une période de repos, puis on l’envoya au sanctuaire proche de Madrid, Notre-Dame des Miracles, au Monte Medo (Orense), où se trouvait aussi un collège et le séminaire diocésain.

Il subit alors une grave épreuve de doute, sur sa présence dans la congrégation, sur son sacerdoce même. On l’envoya en 1906 à Valdemoro, qu’il connaissait bien, puis au Monte Medo au sanctuaire marial. De 1907 à 1922, le père Gregorio put oublier cette période de crise.

Mais vers 1922, la tentation se présenta à nouveau. Les Supérieurs firent passer le père Gregorio brièvement en divers endroits (Teruel, Guadalajara, Monte Medo), seulement une année chaque fois. Puis ce furent les habitants de Guadalajara qui le réclamèrent, en 1929.

Il passa alors sept années comme directeur d’âmes et comme confesseur, heureux de redonner la paix aux fidèles. C’est à Guadalajara qu’il connut si bien le père Ireneo, dont il partagea le sort.

(Voir ici la notice de Ireneo Rodríguez González).

Le père Gregorio demanda un jour aux miliciens pourquoi ils maltraitaient si férocement des gens qui ne faisaient que du bien. Pour toute réponse, il reçut un gros tas de poussière.

Le père Gregorio, fusillé le 6 décembre 1936 avec ses trois autres Compagnons, fut béatifié avec eux en 2013.

 

 

Ireneo Rodríguez González

1879-1936

 

Il vint au monde le 10 février 1879 à Los Balbases (Burgos, Espagne), unique enfant de Mamerto et Cristina, qui le firent baptiser deux jours plus tard, avec le nom du Saint qu’on fêtait alors ce jour-là, Irénée (il y avait effectivement autrefois ce jour-là un saint Irénée, martyr de Rome, mais trop inconnu et désormais effacé du Martyrologe). Ireneo fut cependant aussi placé sous la protection de la Sainte du jour, Scholastique.

Ireneo fut toujours heureux de ce double patronage ; Irénée en grec évoque la paix, que le futur prêtre chercha toujours à maintenir au milieu des tempêtes ; Scholastique plaisait beaucoup à Irénée, comme celle qui écoutait humblement les enseignements de son frère Benoît.

Selon l’habitude d’alors, il reçut la Confirmation la même année.

A douze ans, il entra au collège tenu par les pères Lazaristes (ou Vincentiens) à Arcos de la Llana et qui fut transféré à Tardajos. Les années 1891-1892 lui permirent d’étudier le latin et les humanités, et aussi de convaincre des camarades de Los Balbases à le retrouver dans ce collège.

A seize ans, il demanda à faire partie de la Congrégation et, en 1895, fut un des quarante-cinq jeunes qui entrèrent au Petit séminaire de Chamberí (Madrid), parmi lesquels plusieurs devaient mourir martyrs.

En 1897, il émit les vœux perpétuels et, après les études de philosophie et de théologie, fut ordonné diacre (le 28 octobre) et prêtre (le 1er novembre) 1903.

En décembre de la même année, il partit pour les Philippines, où il travailla assidûment dans divers séminaires, successivement : Cebú, Manille, Naga, Manille, San Pablo, Manille. Dans ces fonctions, il contribua à la plus grande marque spirituelle que les Missionnaires apportèrent aux Philippines pour la formation du clergé.

En 1921 et en 1923, il dut être hospitalisé à Madrid, victime du climat tropical qu’il supportait difficilement. Il en profitait pour redonner courage aux autres malades.

En 1926, il fut à Málaga et, après un nouveau séjour à l’hôpital, à Cuba en 1927.

Partout, sa douceur, sa simplicité, laissèrent une forte empreinte sur tous les habitants.

En 1931, il revenait à Guadalajara.

Au début de 1936, le collège de cette ville fut transféré à Murguía, pour mettre les jeunes en sûreté. Le père Ireneo restait à Guadalajara comme vice-directeur, avec les deux autres prêtres Gregorio Cermeño et Vicente Vilumbrales, ainsi que le Frère Narciso Pascual. Ce devaient justement être ces quatre Religieux qui allaient être martyrisés le même jour.

Le père Ireneo ne restait pas inactif à cause de l’absence des jeunes ; il assistait les membres de la confraternité de la Médaille Miraculeuse, les Dames de la Charité, les Conférences Saint-Vincent-de-Paul.

En avril 1936, il écrivait : Nous vivons entre deux alarmes, mais pour le moment, pas de menaces.

Dénoncés, ils furent arrêtés le 26 juillet 1936, une semaine après le déclenchement de la révolution, et mis à la prison centrale. Il y eut trois cents arrestations de personnes catholiques, prêtres, religieux et laïcs. Les prêtres et les religieux furent mis ensemble.

En octobre, on leur prit les oreillers et matelas de laine qu’ils avaient apportés avec eux ; en novembre, on leur prit leurs propres vêtements. Il grelottaient, mais ne perdaient ni la foi ni le courage. Les prêtres, Ireneo en particulier, encourageaient les autres à rester calmes et à ne pas nourrir de sentiments de vengeance. Ils se donnaient mutuellement l’absolution. Les gardiens reconnurent plus tard avoir été très édifiés par leur comportement. Un des gardiens, entrant dans la cellule des prêtres, remarqua qu’ils priaient calmement le chapelet et leur dit : Avec moi, vous pouvez prier autant que vous voulez ; faites seulement attention aux miliciens et aux communistes.

A la suite du bombardement d’Alicante, les communistes voulurent répondre par des représailles, en tuant tous les prêtres, religieux et autres Chrétiens. Le 6 décembre, ils vinrent prendre d’assaut la prison de Guadalajara à quatre heures de l’après-midi. C’était toute une foule d’hommes et de femmes qui hurlaient.

Les communistes commencèrent par fermer les dortoirs pour empêcher toute fuite ; puis ils firent descendre un à un les prisonniers sous prétexte d’aller les «juger», en réalité pour les tuer d’une balle à brûle-pourpoint ou dans le dos. Le père Irénée se proposa, avec un autre, comme victime à la place des autres, mais on lui fit la sourde oreille.

Apparemment, les trois prêtres et le frère furent les premiers abattus. Tous ceux qui, une fois tombés, avaient encore les yeux un peu ouverts, furent criblés de balles.

Le père Ireneo et ses trois autres Compagnons furent béatifiés en 2013.

 

 

Miguel Lasaga Carazo

1892-1936

 

Miguel naquit à Murguía (Álava, Espagne) le 6 septembre 1892.

Il fit le noviciat chez les Salésiens à Carabanchel, et fit la profession en 1912. Il fut ordonné prêtre en 1921.

Pour sa première année de sacerdoce, il fut envoyé à Turin (Italie), où il était chargé du bulletin salésien en espagnol.

Puis il fut envoyé au Pérou, et revint en Espagne en 1928, à la maison de Atocha, avant d’être nommé directeur dans celle de Mohernando (Guadalajara).

Au moment de la révolution en 1936, don Miguel fut mis en prison à Guadalajara, avec six autres jeunes séminaristes : Esteban Vázquez Alonso, Florencio Rodríguez Guemes, Heliodoro Ramos García, Juan Lorenzo Larragueta Garay, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera (voir leur notice particulière).

Dans cette prison où ils restèrent jusqu’en décembre, ils s’ingénièrent à s’organiser en petite communauté, quoique enfermés dans des couloirs différents.

Comme dans toutes les autres prisons espagnoles, il y eut là des exécutions, individuelles ou groupées ; le 1er septembre il y eut une chaude alerte, au moment d’une attaque aérienne des franquistes.

Le 6 décembre il y eut un nouveau bombardement, qui fut le prétexte avancé par les Miliciens pour déclencher la tragédie. En plus, le gouverneur local donna explicitement son accord, et l’armée républicaine collabora directement au massacre. Aussi, à peine toute cette bande armée se répandit dans toutes les dépendances de la prison, commencèrent des fusillades un peu partout, qui se prolongèrent jusque dans la nuit.

D’après le témoignage d’un prisonnier qui réussit à échapper à la fusillade, don Miguel Lasaga s’était assis dans une cellule dès les premiers coups de feu. Quand les autres prisonniers commencèrent à se disperser avec une certaine précipitation, il se leva pour les retenir d’un geste et leur dit ces quelques mots : Dites, les amis, attendez une minute, que je vous donne l’absolution.

Puis il se remit là où il était avant, avec un jeune salésien qui était dans le même couloir. 

Les miliciens montaient et descendaient dans toutes les chambres et les couloirs. Ils tiraient à bout-portant, criblant de balles les prisonniers, ou bien les poussaient jusque dans la cour pour les exécuter. Ce massacre général dura jusqu’à trois heures du matin. La prison était vaste ; outre nos sept Salésiens, il s’y trouvait plusieurs centaines d’autres Religieux.

Après cela, il fallait se débarrasser des cadavres. On les chargea sur des camions, quelques-uns furent mis dans une fosse creusée dans une oliveraie non loin de Chiloeches, d’autres dans des fosses communes du cimetière de Guadalajara : parmi ceux-ci se trouvaient notre père Miguel Lasaga, qui avait quarante-quatre ans, avec ses six séminaristes, tous âgés de vingt-et-un ans.

Plus tard on leur fit une tombe à part, ainsi que pour les autres membres de la communauté de Mohernando.

Miguel Lasaga Carazo et ses six jeunes Compagnons, ont été béatifiés en 2007, et leur dies natalis est le 6 décembre.

 

 

Luisa María Frías Cañizares

1896-1936

 

Née le 20 juin 1896 à Valencia (Espagne), Luisa reçut le Baptême le 25, la Confirmation en 1902 et la Première communion en 1908.

Elle grandit dans la foi vécue, fidèle à la prière et aux sacrements, et déjà engagée dans le service fraternel auprès des nécessiteux.

Elle étudia la philosophie et les lettres à l’université de Valence, fut reçue docteur, et enseigna dans cette même université.

C’était une pieuse demoiselle, fidèle à Dieu, à l’Eglise, à sa paroisse. 

Elle assistait chaque jour à la sainte Messe et communiait. Elle était très active dans l’Action Catholique, tout en travaillant quotidiennement dans l’enseignement à l’Université de Valencia, où elle s’efforçait de faire passer le message chrétien à ses élèves et aux collègues. Elle fomenta ainsi le Mouvement de l’Université Catholique de Valencia.

Ce christianisme ne passait pas inaperçu. Il gêna. Luisa fut arrêtée au matin du 5 décembre 1936, lors de la persécution religieuse de cette guerre civile.

On lui proposa d’apostasier, elle refusa. On la tortura, elle resta immuable, et continuait de crier : Vive le Christ Roi !

On la tortura encore, on lui enleva les yeux, on lui coupa la langue : elle refusa de renier Dieu.

On la fusilla, le 6 décembre 1936, toujours à Valencia au lieu-dit Picadero de Paterna.

Luisa a été béatifiée en 2001.

 

 

Vicente Vilumbrales Fuente

1909-1936

 

Il vint au monde le 5 avril 1909 à Reinoso de Bureba (Burgos, Espagne), benjamin des dix enfants de Andrés et Josefa, deux maîtres d’école, qui le firent baptiser le 18 avril suivant, avec le nom du Saint qu’on fêtait le 5 avril, saint Vicente Ferrer. Des autres enfants, on connaît les noms de Concepción, l’aînée, et José.

De ces dix enfants, cinq moururent en bas âge. Mais les parents étaient remplis de foi et d’espérance en la Vie éternelle ; la maman ne laissait jamais passer un pauvre sans lui tendre la main ; les enfants grandirent dans la piété et l’amour de Dieu.

Un an exactement après la naissance de Vicente, son père fut muté à Santa Cruz del Valle Urbión, où Vicente reçut sa première formation, avant de rejoindre l’école apostolique vincentienne de Tardajos, en 1921.

Or c’est justement en 1921 que mourut sa chère maman, à laquelle il devait tant ; mais aussi il entendit cette année-là la prédication des Pères Lazaristes, qui suscitèrent dans son âme le désir de participer aussi aux missions populaires, ce qui réjouit grandement son papa.

Vicente «remplaça» sa maman terrestre par la Maman du Ciel, en laquelle il se réfugia toute sa vie, comme Mère de la Miséricorde  et Notre Espérance.

Monsieur Vilumbrales conduisit en réalité deux de ses fils au collège : José, d’un an plus âgé que Vicente, et Vicente. Le pauvre José, malade, ne put faire qu’une année de séminaire après le collège et revint à la maison en 1926.

D’après les souvenirs de Concepción, sa sœur aînée, Vicente était un garçon joyeux, un tantinet taquin, avec beaucoup de cœur. Il s’offrit à Dieu pour la guérison de son frère José, mais celui-ci mourut en 1932, sans connaître les événements douloureux qui allaient déferler sur l’Espagne.

Etant arrivé en décembre au collège, Vicente était un peu en retard, mais les Supérieurs remarquèrent qu’il était extrêmement bien préparé par son père à l’école, spécialement en arithmétique, en géographie et en espagnol. Dès 1923, Vicente passait avec ses camarades à l’école de Guadalajara.

L’appréciation des professeurs pour ses études fut : excellent. En 1926, il passa au séminaire de Hortaleza (Madrid), où l’on fêta en 1928 le centenaire de sa fondation.

Le 27 septembre 1928, fête de saint Vincent de Paul, Vicente émit les vœux de religion à Villafranca del Bierzo (León). Il y fit les études de philosophie, mais s’adonna aussi aux langues : outre le latino et le grec qu’il avait déjà étudiés au collège, il perfectionna tant qu’il put l’anglais et le français. 

Il passa à Cuenca les années de théologie. Pour l’Ecriture Sainte, il affectionnait particulièrement l’évangile de Jean et les lettres de Paul, qu’il s’efforçait de lire dans le grec.

C’est en 1934 qu’il fut ordonné diacre, puis prêtre. Il célébra la première Messe à Madrid, où se rendit son père et sa sœur Concepción.

Puis il fit un voyage à Londres pour se familiariser davantage avec l’anglais. A son retour, il fut nommé vice-directeur de la revue Reine des Missions, basée à Madrid, qui parut en 1935. Le jeune prêtre pouvait épauler efficacement le brave directeur, qui était surchargé. Dès février 1936, Vicente dut partir pour Guadalajara, où l’on manquait de professeurs, mais qui n’étai pas très éloigné de Madrid.

Dans cette école, il enseigna les langues, surtout l’anglais, mais apporta aussi son concours pastoral, communiquant sa joie et sa jeunesse, qui conquirent les élèves.

(On pourra relire ici la notice Ireneo Rodríguez González, dont Vicente partagea pleinement le sort).

Le père Vicente, fusillé le 6 décembre 1936 avec ses trois autres Compagnons, fut béatifié avec eux en 2013.

 

Juan Lorenzo Larragueta Garay

1915-1936

 

Juan était né le 27 mai 1915 à Arrieta (Navarre, Espagne). Sa mère put dire qu’il était un enfant comme les autres, avec ses travers, sa bonne humeur, jouant avec ses camarades, avec aussi une note particulière : il était le bras droit du curé, comme servant de messe, comme chantre, etc.

Aspirant à la vie des Salésiens, il entra dans le collège tenu par ceux-ci à Madrid (San Michel Arcángel de Extremadura), puis au noviciat de Mohernando (Guadalajara), où il fit sa profession en 1934, ainsi que ses études de philosophie qui s’achevèrent justement en juillet 1936.

Ceux qui l’ont connu durant sa courte vie salésienne, ont retenu de lui son infatigable ardeur au travail, son grand esprit de sacrifice et, surtout, son admirable charité pour les infirmes : en effet, il fut un certain temps chargé de l’infirmerie. De sa correspondance avec la famille ressort sa solide vocation salésienne, son esprit apostolique et missionnaire.

Le 23 juillet 1936, toute la communauté de Mohernando dut quitter la maison. Les Frères se cachèrent pendant trois jours sur les bords du fleuve Henares : c’est là que Juan montra toute sa capacité à penser aux autres, à toutes les nécessités, allant chercher de l’eau, trouvant de quoi manger, toujours prêt à donner un coup de main partout où il pouvait.

Le 2 août, avec don Miguel Lasaga et cinq autres séminaristes, Juan fut arrêté et conduit à la prison de Guadalajara, où ils restèrent jusqu’au 6 décembre.

Ces cinq autres séminaristes étaient : Esteban Vázquez Alonso, Florencio Rodríguez Guemes, Heliodoro Ramos García, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera, pour lesquels on trouvera aussi une notice.

Don Miguel, Juan et ses cinq Compagnons ont été béatifiés en 2007 et seront commémorés au Martyrologe le 6 décembre.

 

 

Esteban Vázquez Alonso

1915-1936

 

Esteban (Etienne) était né à Carriso de la Ribera (León) le 27 juin 1915, et fut très tôt orphelin. Il avait (au moins) un frère.

Un oncle prêtre s’occupa de lui et lui fit faire des études au collège des Jésuites de La Coruña. Esteban se fit remarquer par sa douceur, sa piété tout intérieure et la fraîcheur toute pure de son jeune âge.

Il fut pendant quatre ans au séminaire des pères Capucins de El Pardo, puis, à la suite de son frère Vicente qui était aspirant chez les Salésiens, il se sentit appelé dans cette direction.

Il entra donc comme aspirant coadjuteur au collège salésien de La Coruña, où il resta jusqu’au moment d’entrer au noviciat de Mohernando (Guadalajara) en 1935.

Ceux qui l’ont connu ont pu témoigner de la pureté et de la bonté de son âme, de la sérénité de son visage, de la noblesse de son courage. Cette unique année de noviciat aboutit à sa profession généreuse et joyeuse, le 23 juillet 1936.

La révolution venait de commencer. Esteban restait calme et serein, et disait à son frère Vicente : Tu ne te sépareras pas de moi. Si nous devons mourir, nous le ferons ensemble.

En réalité, ils furent effectivement séparés, Esteban restant à Guadalajara, Vicente étant envoyé à Madrid, car il n’y avait pas assez de place à Guadalajara ; finalement Vicente ne fut pas fusillé et vit encore actuellement (2013).

Toute la communauté vécut le chemin vers le martyre à partir de ce 23 juillet, le jour-même où Esteban fit, le matin, sa profession religieuse. 

Esteban se retrouva donc avec le supérieur (don Miguel Lasaga) et cinq autres jeunes profès dans la prison de Guadalajara, où ils furent tous fusillés le 6 décembre suivant (1936). Ces profès étaient Florencio Rodríguez Guemes, Heliodoro Ramos García, Juan Lorenzo Larragueta Garay, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera, dont on pourra lire une petite notice à part pour chacun

Ces sept Martyrs ont été béatifiés en 2007, pour être inscrits au Martyrologe du 6 décembre.

 

 

Luis Martínez Alvarellos

1915-1936

 

Né le 30 juin 1915 à La Coruña (Espagne), Luis était, dit-on, de famille aisée. Une de ses grandes victoires fut de vaincre la forte difficulté de s’arracher à l’affection de sa mère et de s’adapter à l’austérité de la vie religieuse. Il ne se plaignit jamais de rien, obéissant toujours aux conseils de ses supérieurs. D’ailleurs il laissa derrière lui le souvenir d’une grande bonté, d’un profond enthousiasme pour les célébrations liturgiques et aussi pour les activités artistiques auxquelles il participait activement.

Après le collège salésien, il fut aspirant à Madrid, au collège San Miguel Arcángel del Paseo de Extremadura, puis novice à Mohernando (Guadalajara), où il fit sa profession en 1934.

A cette occasion, il écrivit à sa famille une petite lettre qui est un véritable chant d’action de grâces à Dieu pour l’inestimable grâce de la consécration, mais aussi de félicitation à sa chère Maman, pour le sort que Dieu lui faisait de donner un fils à la congrégation salésienne.

Dans cette famille salésienne donc, Luis fit ses deux années de philosophie et aurait dû faire ensuite les années de théologie, que la révolution l’empêcha de faire. Luis se montra en tout obéissant, respectueux des autres, plein de manières distinguées en même temps que d’esprit d’abnégation.

Dès le 23 juillet 1936, toute la communauté fut expulsée, puis, le 2 août,  enfermée dans la grande prison de Guadalajara, où se retrouvèrent le directeur de la maison de Mohernando (don Miguel Lasaga) et six jeunes séminaristes de vingt-et-un ans, outre notre Luis : Esteban Vázquez Alonso, Florencio Rodríguez Guemes, Heliodoro Ramos García, Juan Lorenzo Larragueta Garay et Pascual Castro Herrera (voir leur notice séparée).

Le 6 décembre, jour du massacre général de tous ces prisonniers (ils étaient plusieurs centaines), nos six jeunes Salésiens reçurent de leur Directeur l’absolution, puis se recueillirent en prière, jusqu’au moment de leur exécution.

Luis et ses cinq Compagnons, avec don Miguel, furent béatifiés en 2007 et leur dies natalis commun est au 6 décembre.

 

 

Pascual De Castro Herrera

1915-1936

 

Pascual était né le 2 septembre 1915 à Topas (Salamanque, Espagne).

Parmi les siens, il fut un garçon franc, spontané, studieux. Il faisait fréquemment la confession et la communion.

Dès 1931, il fut dans des collèges salésiens, dont Carabanchel Alto, studieux, obéissant, mais aussi doué d’une joie communicative.

On a de lui une lettre aux siens, de 1933, où il se montrait disposé à partir à l’étranger, si c’était la volonté de ses supérieurs, car les lois laïques avaient interdit aux communautés l’enseignement.

Il entra au noviciat de Mohernando (Guadalajara) au printemps de 1935.

Sa maman était présente pour sa vêture, et lui faisait part de son inquiétude pour l’avenir. Et lui : Voyons, Maman, le pire qui puisse m’arriver, c’est de mourir, mais c’est ça qui me fait plaisir !

Pascual se trouvait donc dans cette maison de Mohernando au moment de la révolution espagnole de 1936.

Il y fit la profession le 23 juillet. Ce même jour, il fut arrêté avec ses Confrères et, le 2 août, conduit à la prison de Guadalajara, 

Il fut avec eux fusillé le 6 décembre 1936.

Ses compagnons étaient tou.s du même âge que lui (vingt-et-un ans), avec leur Directeur, don Miguel Lasaga : Esteban Vázquez Alonso, Florencio Rodríguez Guemes, Heliodoro Ramos García, Juan Lorenzo Larragueta Garay, Luis Martínez Alvarellos.

Ils furent béatifiés ensemble en 2007, et leur dies natalis commun est le 6 décembre. 

 

 

Heliodoro Ramos García

1915-1936

 

Heliodoro était né le 29 octobre 1915 à Monleras (Salamanque, Espagne).

Il étudia quatre ans chez les Dominicains, puis entra chez les Salésiens, dans le séminaire desquels il fut admis à Carabanchel Alto. Mais ses difficultés dans l’étude poussèrent ses Supérieurs à l’orienter vers l’état de Coadjuteur, c’est-à-dire qu’il resterait dans la Congrégation salésienne comme frère consacré, mais sans l’ordination sacerdotale.

Dans une lettre à sa sœur datée du 27 janvier de la même année, il montrait déjà non seulement le sérieux de sa vocation, mais aussi les sentiments profonds qui l’animaient en face d’un possible martyre. 

Heliodoro fit sa consécration le 23 juillet 1936, le jour même où toute la communauté fut expulsée. 

Successivement, il fut arrêté avec cinq autres Confrères et leur directeur, don Miguel Lasaga : Esteban Vázquez Alonso, Florencio Rodríguez Guemes, Juan Lorenzo Larragueta Garay, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera, tous nés en 1915.

Ces sept Salésiens furent fusillés dans la soirée du 6 décembre 1936, leur dies natalis, et furent béatifiés en 2007.

 

 

Florencio Rodríguez Guemes

1915-1936

 

Florencio naquit le 7 novembre 1915 à Quintanarruz (Burgos, Espagne).

Dès tout petit, il se montra très docile, et assidu aux célébrations paroissiales, assistant le curé comme servant de messe et comme sacristain.

Il entra chez les Salésiens successivement dans les maisons de Santander, Paseo de Extremadura et Sacré-Cœur de Madrid, de Carabanchel Alto, avant d’être novice à Mohernando (Guadalajara), où il fit profession en 1935.

C’était un jeune homme vif, impétueux, fervent, prêt à affronter n’importe quel danger.

Il avait à peine terminé sa première année de philosophie qu’éclata la révolution de 1936.

Du 14 au 23 juillet, il avait fait une retraite spirituelle avec tous les autres membres de la communauté, y compris une trentaine de jeunes novices.

D’abord expulsés de leur maison ce même 23 juillet, ils furent repris le 2 août et enfermés dans la prison de Guadalajara. Parmi les prisonniers se trouvaient, outre notre Florencio, cinq autres jeunes séminaristes (Esteban Vázquez Alonso, Heliodoro Ramos García, Juan Lorenzo Larragueta Garay, Luis Martínez Alvarellos, Pascual Castro Herrera) et leur directeur, don Miguel Lasaga. Le motif de cette arrestation était que la veille, ils ne s’étaient pas mis en rang, alors qu’on ne les avait pas appelés.

Ces sept Salésiens furent donc emprisonnés jusqu’à ce 6 décembre 1936, jour où ils furent tous fusillés, ainsi d’ailleurs que les quelque trois-cents prisonniers de Guadalajara. 

Florencio, avec ses cinq Compagnons et leur Directeur, furent béatifiés en 2007 ; leur dies natalis commun est au 6 décembre.

 

 

Narciso Pascual y Pascual

1917-1936

 

Il vint au monde le 11 août 1917 à Sarreaus de Tioira (Orense, Espagne), de Juan Antonio et Pilar, qui le firent baptiser dès le lendemain. Narciso eut cinq frères, dont Pedro et Antonio, de douze et dix-sept ans plus jeunes, et trois sœurs, dont Dolores qui avait neuf ans de moins que Narciso.

A quatorze ans, il entra à l’Ecole Apostolique vincentienne du sanctuaire de Notre-Dame des Miracles. Après deux années d’humanités, il se décida pour la maison de Guadalajara, comme frère convers, avec le nom de Frère Paúl.

Là il s’occupa de la cuisine, du réfectoire, de la porterie, qui lui donnèrent l’occasion de démontrer toute la gentillesse et la patience dont il était capable.

Souvent il priait le chapelet devant le Saint-Sacrement.

Après ce temps de postulat, il fut envoyé au séminaire de Hortaleza (Madrid), en 1933, puis à celui de Cuenca, où il émit les vœux perpétuels le 27 novembre 1935, jour anniversaire de la Manifestation de la Médaille Miraculeuse à la Rue du Bac de Paris (v. Catherine Labouré, 31 décembre).

Début 1936, les événements inquiétants se faisaient menaçants. Frère Paúl se réfugia chez une famille d’amis, puis au palais épiscopal, d’où il écrivit à ses parents son entière disposition à mourir pour le Christ.

Il partira ensuite pour la maison de Madrid, puis à Valdemoro, enfin Guadalajara.

(On pourra relire ici la notice Ireneo Rodríguez González, dont le Frère Paúl partagea pleinement le sort).

Le Frère Paúl, de dix-neuf ans, fusillé le 6 décembre 1936 avec ses trois autres Compagnons, fut béatifié avec eux en 2013.

Cette année-là, assistèrent à la cérémonie de béatification ses frères Pedro (prêtre lazariste) et Antonio et sa sœur Dolores.

 

 

Janos Scheffler

1887-1952

 

Janos était né le 29 octobre 1887 dans une famille d’origine hongroise implantée en Roumanie, à  Kalmand-Camin (Satu Mare). La famille comptait dix enfants.

Il entre au séminaire Pazmany Peter en 1906 et reçoit l’ordination sacerdotale en 1910. Son premier poste est à Ciumesti.

Envoyé à Rome, il y reçoit le doctorat de Droit en 1912. 

En 1914, il devient professeur de théologie au séminaire de Satu Mare. En 1922, les deux diocèses de Satu Mare et Oradea Mare sont unifiés et Janos devient le supérieur du nouveau séminaire, en même temps que professeur de Droit canonique et d’Histoire de l’Eglise.

En 1923, il est nommé à la paroisse de Moftinu Mare.

En 1925, il est chargé de la préparation des candidats au sacerdoce et participe au Congrès Eucharistique de Chicago.

A partir de 1945, il commence à s’élever contre la déportation d’Allemands en Union Soviétique. Il demande la libération d’Alexandru Rusu, l’évêque gréco-catholique de Maramures, arrêté par le régime communiste.

En 1950, tous les évêques catholiques de Roumanie sont arrêtés, et Mgr Scheffler aussi. Il refuse d’être ordonné évêque pour une «Eglise nationale roumaine», soumise au régime.

Dans la prison de Jilava, on déversa sur lui de l’eau bouillante et il mourut le 6 décembre 1952. On ne communiqua sa mort à Satu Mare qu’en 1953 et l’on put ensevelir ses restes dans la crypte de la cathédrale catholique en 1965. 

Il a été béatifié en 2011. Son dies natalis est le 6 décembre.

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 00:00

 

05 DÉCEMBRE

 

III.

S Dalmatius, en Piémont. On ignore tout de lui.

IV.

Ste Crispina, martyre à Tébessa.

VI.

S Sabas (439-532), abbé près de Jérusalem, fondateur de la si fameuse laure, supérieur de tous les ermites de Palestine, ami de s. Théodose.

S Cawrdaf, prince gallois, moine à Llan-Ildut.

X.

S Lucido, moine en Lucanie.

XI.

B Jean Gredenigo, camaldule à Cuxa, mais décédé au Mont Cassin, victime d'une ruade de cheval.

XII.

S Gérald, évêque à Braga ; bibliothécaire et professeur de musique à Moissac, il devint maître de chœur à Braga ; évêque, il fut aussi saint qu'énergique.

XV.

B Bartolomeo Fanti, carme à Mantoue, où son corps est demeuré intact, propagateur de la dévotion au Saint-Sacrement.

XVII.

S John Almond, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

B Niels Steensen (Nicola Stenone), converti du luthéranisme, évêque de Titiopoli pour évangéliser le nord de l'Europe, pasteur et savant, surnommé le Père de l'anatomie ; béatifié en 1988.

XIX.

Bx Gim Gang-i Simon et Yi Bong-geum Anastasia, laïcs coréens martyrs, le premier mort en prison, l’autre, âgée de douze ans, pendue, béatifiés en 2014. 

XX.

B Jean-Baptiste Fouque (1851-1926), prêtre de Marseille, grand bienfaiteur, béatifié en 2018.

B Filippo Rinaldi (1856-1931), élève italien de s. Giovanni Bosco dont il fut l'image vivante, salésien surtout en Espagne, béatifié en 1990.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

    - béatifiés en 2013 : 

Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : Joaquín Jovaní Marín (*1874), près de Castellón ; Vicente Jovaní Ávila (*1902), près de Barcelone ;

Servantes de Marie : Anunciación Peña Rodríguez (Agustina, *1900), près de Madrid.

B Narcyz Putz (1877-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, voir au 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir. 

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines muinis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

 

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi. 

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (voir au 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge. 

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader. 

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes. 

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (voir au 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Crispina de Thagora

† 304

 

Crispina était une femme de famille noble, très riche, peut-être même un peu mondaine, mais fervente chrétienne. De son mariage, elle eut des fils.

Elle habitait Thagora (Numidie, auj. Taoura, Algérie).

Elle fut arrêtée et conduite au proconsul Anulinus, à Tebessa. Au terme d’un long interrogatoire, durant lequel Crispina ne faisait que répéter qu’elle n’adorait qu’un seul Dieu, le proconsul conclut :

Crispina s’obstine dans sa superstition indigne, et refuse de sacrifier à nos dieux ; selon les prescriptions divines de la loi d’Auguste, j’ordonne de la décapiter.

Crispina répondit : Je bénis Dieu qui daigne ainsi me délivrer de tes mains. Deo gratias !

Le récit poursuit : Elle fit le signe de croix sur son front et, tendant le cou, elle fut décapitée pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Honneur à lui dans les siècles des siècles, amen.

C’était le 4 décembre 304.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Crispina de Thagora au 5 décembre.

 

 

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, v. 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir.

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines munis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

Lucido d’Aquara

960-1038

 

Lucido naquit vers 960 à Aquara (Salerno, Campanie, Italie SO).

A quinze ans, il entra à l’abbaye de Saint-Pierre, proche d’Aquara.

Le prince Guaimario IV de Salerno le prit bientôt comme conseiller.

Lucido intégra ensuite l’abbaye bénédictine de Monte Cassino, puis celle de La Cava de’ Tirreni.

Il fonda le monastère Sainte-Marie de l’Albaneta.

Il mourut en 1038 et son culte fut reconnu en 1880.

Saint Lucido d’Aquara est maintenant commémoré le 5 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gérald de Braga

? -1109

 

Gérald naquit à Cahors (Lot) au 11e siècle, de parents nobles qui le placèrent encore enfant à l’abbaye bénédictine de Moissac.

Ce fut un excellent élève, qui apprit assidûment la musique, la grammaire, la littérature. Il devint bibliothécaire pendant de longues années, assurant des conférences spirituelles au chapitre, dirigeant le chant au chœur, et donnant des leçons à ceux qui en avaient besoin.

Il devint prieur à Toulouse, puis fut appelé par l’archevêque de Tolède comme maître de chapelle pour sa cathédrale, ce à quoi l’abbé de Moissac consentit sans difficulté.

Pendant ce temps, le diocèse de Braga (alors en Espagne, auj. Portugal) connaissait une crise, car l’archevêque de Tolède refusait d’y installer un évêque autre que lui-même ; mais quand les clercs de Braga lui proposèrent d’élire Gérald, il ne put s’y opposer, tant la renommée de celui-ci était déjà grande.

Gérald fut donc sacré évêque en 1095, et se mit courageusement au travail, pour relever son diocèse, réorganiser les domaines ecclésiastiques, instruire son clergé.

Il fit deux fois le voyage de Rome, en 1100 et 1103, et il fut nommé métropolite pour toute la région.

Il se préoccupa de faire admettre les rites liturgiques romains.

La tâche ne fut pas toujours facile et Gérald recourut parfois aux mesures fortes. Trois seigneurs osaient vivre effrontément dans l’inceste et furent pour cela excommuniés ; l’un se repentit, mais les deux autres se joignirent aux Maures encore présents et combattirent les Chrétiens ; l’un mourut au combat, l’autre termina ses jours misérablement au milieu des ennemis du Christ.

Il y eut des interventions plus pacifiques, mais non moins radicales. Un dignitaire ecclésiastique en déplacement sur sa mule fut poursuivi par deux intriguants (des moines, à ce qu’il paraît), à cheval ; il invoqua son évêque Gérald, et la mule hâta si bien le pas que les deux chevaux ne purent la rattrapper. Un noble, réprimandé par Gérald, proposa cette forme de «jugement» : l’un et l’autre prierait le Christ et la Vierge que celui qui était dans son tort mourrait dans l’année ; ce fut le noble qui mourut.

Il y eut d’autres prodiges du vivant de l’évêque, et aussi après sa mort. 

Insouciant de sa santé, Gérald se préoccupait de visiter tout son diocèse et de célébrer la dédicace des nouvelles églises. Après celle de Bornos, il sut s’aliter. Il demanda à être posé sur la cendre. Son diacre eut la vision des anges qui préparaient la couronne de Gérald pour tel prochain jour. Le jour-dit, Gérald intima au Démon l’ordre de se retirer, bénit ses disciples, entendit la messe et communia, puis s’endormit dans le Seigneur, le 5 décembre 1109, comme l’avaient annoncé les anges.

Gérald fut très vite honoré comme Saint, ainsi que le mentionne le Martyrologe au 5 décembre.

De la cathédrale primitive, commencée an 1089, il ne reste aujourd’hui que le portail sud, de style roman. Le reste a été modifié ou ajouté, en style gothique et baroque.

 

 

Bartolomeo Fanti

1428-1495

 

Bartolomeo était natif de Mantoue (Italie N).

A dix-sept ans, il entra chez les Carmes.

Grand prédicateur, il fonda une confraternité de Notre-Dame du Mont-Carmel pour les fidèles, dont il fut l’aumônier pendant plus de trente ans.

Particulièrement attaché au Saint-Sacrement et à la Très Sainte Vierge, il en développa la dévotion, faisant brûler devant le Tabernacle et devant les images de Notre-Dame des lampes à huile.

Avec de l’huile recueillie de ces lampes, il aurait obtenu des guérisons.

Un de ses grands mérites fut d’avoir guidé dans le chemin de la sainteté Battista Spagnoli, qui devint le maître général des Carmes (v. 20 mars).

Bartolomeo mourut le 5 décembre 1495 et son corps est resté intact.

Son culte fut approuvé en 1909.

 

 

John Almond

1577-1612

 

Né vers 1577 à Allerton (Lancashire, Angleterre), il y passa son enfance, puis fut à Much-Woolton. Il resta en Irlande jusqu’à sa majorité et, à vingt ans, vint au Collège Anglais de Rome.

Il y acheva de brillantes études de philosophie et de théologie, avec les vives félicitations du cardinal Baronius, qui présidait la cérémonie de son doctorat.

Ordonné prêtre, c’était un ennemi du péché, un homme exemplaire, doué d’un vif esprit de compréhension, précis dans ses idées et ses réponses, profondément modeste, rempli de courage, prêt à souffrir pour le Christ.

Il vécut deux arrestations, en 1608 et 1612. En novembre 1612, sept prêtres s’étaient échappés, provoquant encore plus le zèle persécuteur de l’évêque protestant de Londres, qui haïssait particulièrment John Almond.

Le prêtre fut martyrisé le 5 décembre 1612 à Tyburn (Londres), en prononçant le saint Nom de Jésus.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi.

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (v. 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge.

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Gim Gang-i Simon

1765-1815

 

Gim Gang-i Simon est un laïc coréen né vers 1765 à Seosan (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Wonju (Ganngwon-do) le 5 décembre 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Yi Bong-geum Anastasia

1827-1839

 

Yi Bong-geum Anastasia est une jeune adolescente coréenne née en 1827.

Elle fut pendue alors qu’elle n’avait qu’une douzaine d’années, à Jeonju (Jeolla-do) le 5 ou le 6 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader.

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes.

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (v. 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Joaquín Jovaní Marín

1874-1936

 

Joaquín vint au monde le 16 octobre 1874 à San Mateu (Castellón, Espagne), de parents très chrétiens qui vinrent s’installer à Benicarló.

L’adolescent étudia au séminaire de Tortosa, puis de Toledo, où il passa la licence en théologie.

Après avoir été ordonné prêtre en 1898, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Il occupa différents postes au séminaire de Tolède, y fut directeur du collège San José, puis directeur à Almería, administrateur puis recteur du Séminaire Pontifical Espagnol à Rome.

Revenu en Espagne, il fut professeur au séminaire de Barcelone et recteur du séminaire de Tarragona.

En 1927, il fut élu supérieur général de sa congrégation, jusqu’en 1933.

En 1931, il écrivait déjà : Pour le moment, tout reste en paix, mais dans quelques mois, quand les gens s’apercevront qu’on les aura trompés dans leurs espérances avec des discours infâmes, qu’arrivera-t-il ? Je ne cherche même pas à y penser, sinon à vivre chaque jour comme le veut la Divine Providence. C’est maintenant que nous avons besoin d’une vie de foi !

En 1934, il laissa Tarragona ; en 1936, il se trouvait au séminaire de La Seu d’Urgell, pour quelques leçons avec les séminaristes plus anciens ; son cousin, Vicente, était avec lui. 

Il écrivit à cette époque : Dieu seul sait ce qui nous attend pour cette année. La marée rouge semble s’étaler. Arriverons-nous à la fin de l’angoisse ? Nous sommes dans les mains de Dieu.

Le 25 juillet 1936, pendant le chant des vêpres, les miliciens entrèrent dans la chapelle et arrêtèrent prêtres et séminaristes. Ils proposèrent aux Supérieurs de partir pour Andorre, mais ceux-ci ne voulaient pas abandonner les jeunes.

Le 26 juillet, un autobus conduisit tout le monde à Tarragona, sans omettre de leur confisquer tout ce qu’ils avaient sur eux.

A Tarragona, don Joaquín fut libéré ; il se réfugia quelques jours chez un ami où il put célébrer la messe. Mais le 2 août, tout un groupe de miliciens vint l’appeler. Dieu soit loué, voici l’heure, répondit le prêtre.

Interrogé, il répondit : Je suis prêtre, et recteur du séminaire de Tarragona. On le conduisit au Comité. Le soir, il fut conduit au Château de Pilate.

Don Joaquín reçut la visite d’un bon chrétien, dont l’épouse était la cousine de Federico Domingo, ce dernier étant le frère du ministre Marcelino Domingo. Grâce à Federico, Joaquín put sortir de prison. Muni d’un passeport pour la France, il quitta la pension avec son cousin Vicente, et partit en voiture, tandis que dans cette pension demeuraient encore d’autres prêtres.

Une soixantaine de militiens intervinrent et arrêtèrent tous les occupants. Sur ces entrefaîtes, la voiture revint, car d’autres miliciens avaient obligé les voyageurs à retrousser chemin. Ils furent donc arrêtés à leur tour.

Tous les prisonniers furent emmenés à la tchéka San Elías. Ils y restèrent encore plus de quatre mois.

Il eut l’occasion de dire : Je reste tranquille, parce que l’unique chose qu’ils peuvent me prendre, c’est la vie, mais j’en espère une meilleure.

Le 5 décembre 1936, don Joaquín et don Vicente furent emmenés au cimetière de Montcada i Reixac, où ils reçurent la palme du martyre.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Anunciación Peña Rodríguez

1900-1936

 

Anunciación vit le jour le 23 mars 1900 à Ruanales (Santander, Espagne) et fut baptisée le 25 mars, fête de l’Annonciation, d’où son prénom.

Jeune encore, elle fut orpheline de sa mère, ce qui l’obligea à travailler durement dès sa jeunesse.

En 1924, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, Ministres des Malades, dans la maison de Tudela, et commença le noviciat à Madrid.

En 1925, elle reçut l’habit et prit le nom de Agustina. Elle fit les premiers vœux en 1927.

L’unique maison où elle exerça son activité fut Pozuelo de Alarcón (Madrid), où elle prononça les vœux perpétuels en 1933.

Elle s’appliqua à toutes les tâches quotidiennes qu’on lui confia et, quand elle avait un moment de libre, elle se recueillait devant le Saint-Sacrement.

C’est elle qui fut chargée spécialement de veiller sur la Sœur Aurelia, la doyenne, durant ses dernières années et jusqu’à son martyre.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Toutefois, les miliciens imposèrent à la sœur Agustina de se séparer des autres, et elle se réfugia dans une autre famille à Las Rozas. On l’arrêta tout de même, l’accusant de deux crimes : être religieuse et avoir été vue en train de prier.

Elle fut martyrisée dès le 5 décembre, tandis que Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid), dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Vicente Jovaní Ávila

1902-1936

 

Vicente vint au monde le 5 décembre 1902 à Benicarló (Castellón, Espagne).

C’est un jeune cousin de Joaquín, martyrisé le même jour au même endroit.

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

Ayant rejoint son cousin Joaquín Jovaní (voir la notice ce même jour), il en partagea les vicissitudes, les démarches, les arrestations, les interrogatoires, la longue prison pendant plus de quatre mois.

Il eut cette réflexion : Ils peuvent nous tuer, nous sommes bien préparés pour mourir.

Il reçut la palme du martyre à Montcada (Barcelone) le 5 décembre 1936, jour de son anniversaire, et fut béatifié en 2013.

Narcyz Putz

1877-1942

 

Né le 28 octobre 1877 à Sierakow, Narcyz était le fils d’un aubergiste, Wladyslaw, et de Josepha Brodniewiczow. Il reçut le baptême le 25 novembre 1877.

Il fréquenta le collège et le lycée à Sainte-Marie-Madeleine de Poznan et passa son baccalauréat en 1898. Puis il entra au séminaire à Poznan et Gniezno, et reçut l’ordination sacerdotale en 1901.

Il reçut plusieurs postes successifs : administrateur à Boruszynie, vicaire à Obrzycko, à Szamotuly, à Wronki ; curé à Ludzisku.

Il était très actif ; il participait activement à diverses associations polonaises. Avant la première Guerre mondiale, il prit part au mouvement coopératif dans Szamotuly et voyagea en Allemagne, où il soutenait l’Union des Polonais.

A partir de 1920, il fut administrateur à Bydgoszcz, et, quand fut érigée la nouvelle paroisse du Sacré-Cœur, il en fut le curé.

Son action principale était de «poloniser» cette paroisse, où une population polonaise avait pris la place de l’ancienne population allemande ; il rendit visite aux familles polonaise et supprima les homélies en allemand.

Dans son attention pour les enfants, il organisa avec d’autres responsables la ferme de Jastrzebiec (près de Bydgoszcz), dont purent bénéficier près de deux-cents enfants durant l’été 1924.

Dès 1920, il eut des responsabilités diverses au sein même du conseil municipal, dans la comptabilité, et pour tout ce qui concernait la formation culturelle : bibliothèque, théâtre, école.

Le père Narcyz fut appelé à des charges plus importantes encore : en 1925 il fut nommé curé à Poznan, où il s’occupa de l’embellissement de l’église Saint-Adalbert ; à partir de 1930, il reçut d’autres charges importantes à la curie, fut nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Poznan, membre du conseil d’administration du diocèse, responsable de l’éducation religieuse dans les établissements du diocèse.

Infatigable, il présida l’association sacerdotale Unitas, participa à des réunions de lutte contre la franc-maçonnerie, s’impliqua dans la rédaction de divers magazines paroissiaux, et comme cela ne lui suffisait pas, il fit aussi partie du Conseil municipal de Poznan, où il fut chargé des finances, de l’aménagement des jardins municipaux, et de l’administration de la propriété Naramowicach. Depuis 1916, il fut aussi membre de la Société des Amis de la Science à Poznan.

Au moment de l’invasion allemande (1939), il se trouvait à Varsovie, où il fut arrêté le 4 octobre. Conduit dans un premier temps à Pawiak, il fut relâché après deux semaines, mais de nouveau arrêté à Poznan le 9 novembre et emprisonné au Fort VII : durant son calvaire, il subira le harcèlement, la torture, sans jamais priver ses compagnons de prison de son exemple de patience et de soutien moral.

Le 24 avril 1940, il fit partie du premier convoi à destination de Dachau. Le 6 juin, on le mit dans le camp de Gusen, pour travailler aux carrières et à la construction du camp. Il souffrit  beaucoup, surtout parce qu’il n’avait qu’un rein. Il organisa clandestinement la prière avec les codétenus, s’efforçant d’élever leur esprit. 

Revenu à Dachau, le 8 décembre 1940, il fut affecté aux plantations, puis à la bonneterie. Son numéro matricule fut 22064. 

Malade, il mourut à l’infirmerie le 5 décembre, officiellement des suites d’une pneumonie. Certaines sources affirment qu’on lui aurait injecté de l’essence. Son corps sera ensuite brûlé dans le four crématoire du camp.

 

Narcyz Putz fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 00:00

 

04 DÉCEMBRE

 

?

Ste Barbara, vierge martyre difficile à localiser (Nicomédie ?), invoquée contre la mort subite, donc contre la foudre et les orages, donc patronne des artificiers, des mineurs, des pompiers, et aussi des brossiers (qui travaillaient avec des “barbes” de chèvres).

III.

S Heraclas, évêque en Alexandrie, assistant d'Origène à l'école de cette ville.

IV.

S Meletios, évêque à Sebastoupoleos.

V.

S Felix, évêque à Bologne ; il assista s. Ambroise à sa mort.

VII.

S Apre, prêtre en Maurienne, ermite.

Ste Bertoare, abbesse à Bourges où elle aurait fondé un monastère colombanien.

S Siran, abbé à Méobecq et Longoritus ; son père fut évêque à Tours.

Ste Ada, abbesse bénédictine au Mans. 

VIII.

S Jean de Damas, docteur de l'Eglise ; grand vizir qu'il était, il défendit le culte des saintes Images et se fit moine ; la Sainte Vierge lui remit la main que le calife lui avait fait couper.

SS Théophane, Jacques, Papias, Stratégios, Léon et Thomas, martyrs à Constantinople, durant la persécution iconoclaste.

S Sola, ermite anglais installé à Solnhofen ; son âne mordit à mort un loup qui allait s'attaquer à un troupeau de brebis.

IX.

S Ioannis, évêque à Polybote, surnommé le Thaumaturge.

XI.

S Anno, évêque à Cologne et chancelier d'empire ; il fit reconnaître le pape légitime Alexandre II contre l'antipape élu par la cour allemande. 

S Osmond, évêque à Salisbury, d'origine normande ; ses réformes gagnèrent toute l'Angleterre, l'Irlande, le Pays de Galles.  

XII.

S Bernardo de Parme, abbé à San Salvi puis Vallombreuse, évêque à Parme, cardinal, il travailla à la pacification des villes d'Italie et souffrit beaucoup de l'empereur Henri V.

XIII.

Bse Marie de Saint-Martin, veuve et moniale à Pise ; d'entente avec son mari, ils vécurent dans la chasteté après la guérison de celui-ci et entrèrent tous deux dans les ordres.

B Piero Tecelano "Pettinario", tertiaire franciscain à Sienne, célèbre pour son humilité et son silence.

XVII.

B Ioannes Hara Mondo, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

Bx Francisco Gálvez, Girolamo de Angelis et Simon Enpō, martyrs au Japon ; Francisco était franciscain espagnol, Girolamo jésuite sicilien, tous deux prêtres ; Simon, avait, à seize ans, imité un bonze dans sa conversion au christianisme et secondait les Jésuites comme catéchiste, puis fut jésuite lui-même.

XIX.

B Adolf Kolping, le Don Bosco allemand à Cologne, béatifié en 1991.

XX.

S Giovanni Calabria (1873-1954), orphelin de père à douze ans, voué aux pauvres grâce à sa Pieuse Union pour l'assistance aux malades pauvres ; prêtre à Vérone, il fonda divers instituts : la "Casa buoni fanciulli" (Maison des Bons Enfants), la double famille des Pauvres Serviteurs (Servantes) de la Divine Providence et pour les laïcs la Famille des frères externes ; béatifié en 1988, canonisé en 1999.

Bx Martyrs espagnols en 1936, béatifiés en 2014 :

- Cisterciens : Francisco de la Vega González (*1868), Jacinto García Chicote (*1891), Robustiano Mata Ubierna (*1908), Eulogio Álvarez López (*1916), Ezequiel Álvaro de la Fuente (*1917), convers, à Santander.

Ioannes Hara Mondo no Suke

? - 1623

 

Ioannes était un noble samouraï japonais, né à Usui (Chiba, Japon) à une date inconnue.

Il faisait partie du Tiers-ordre franciscain, dans le diocèse de Tokyo.

Son martyre eut lieu le 4 décembre 1623 à Shinagawa (Tokyo) : crucifié, mutilé, il fut brûlé alors qu’il respirait encore.

Il a été béatifié en 2008 parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais de la même époque.

 

 

Adolf Kolping

1813-1865

 

Quatrième des cinq enfants de Peter et de Anna Maria Zurheyden, Adolf naquit à Kerpen (Cologne) le 8 décembre 1813. Sa mère mourra en 1833, son père en 1845.

Le papa travaillait chez un paysan comme berger, et l’on vivait dans la pauvreté, mais on était heureux. On retrouvera plus tard la famille de ce paysan dans la vie d’Adolf. Quand Adolf eut terminé l’école du village (1820-1826), son père l’orienta vers le métier de cordonnier. 

Adolf travailla de 1829 à 1832 comme cordonnier à Sindort, Düren et Lechenich, enfin Cologne, dans un important atelier.

Il aurait pu se marier là, mais il refusa et changea de place. Il avait été très frappé par les difficiles conditions de vie des ouvriers et des artisans. C’est aussi à ce moment que mourut sa mère (1833).

Puis, vers vingt-deux ans, il fut malade pendant environ deux années et dut s’arrêter de travailler. Il avait le temps de méditer et de prendre une sage décision. A vingt-quatre ans, il entra courageusement au lycée (Marzellengymnasium) à Cologne, dans le but de pouvoir s’orienter vers le sacerdoce. Auparavant, il s’ingénia à étudier le latin qui, à l’époque, était incontournable.

Ses efforts furent récompensés : trois ans et demi après son entrée, il passa avec succès le baccalauréat (1841)

Il a donc vingt-huit ans quand il demande son admission au séminaire : séminaire des vocations tardives (Münich, 1841-1842 ; Bonn, 1842-1844), enfin le grand séminaire de Cologne pour la théologie.

On se demandera avec justesse comment le pauvre Adolf put payer sa pension pendant toutes ces années de formation. La Providence l’aida, à travers plusieurs personnes généreuses, en particulier une des filles du paysan chez qui travaillait le père d’Adolf : elle avait fait le vœu d’aider un étudiant en théologie.

Adolf fut finalement ordonné prêtre le 13 avril 1845, à trente-deux ans, le lendemain même de la mort de son cher Papa. Quelle épreuve !

Son premier poste fut Elberfeld (Wuppertal), où il était chapelain et professeur de religion. Il se rendit compte, comme précédemment à Cologne, de la même situation sociale des ouvriers, qui vivaient dans une réelle pauvreté, pour un travail exténuant, ce qui n’aidait pas les jeunes apprentis à avoir beaucoup d’espérance pour le lendemain.

Or, en 1847, il reçut la présidence d’une Association catholique qui cherchait à venir en aide à ses membres de façon spirituelle, morale et spirituelle. Il voulut implanter cette association à Elberfeld, mais, convaincu qu’elle ne pouvait s’étendre que dans une grande ville, il demanda à être déplacé à Cologne même.

C’est ainsi qu’il fut nommé vicaire à la cathédrale de Cologne en 1849 ; sans attendre, il donna naissance, avec six autres ouvriers, à l’Association des Ouvriers de Cologne (Kölner Gesellenverein), dans la Kolumbaschule : un an après, l’Association comptait déjà plus de cinq cents adhérents.

Très vite le concept s’étendit à d’autres villes : à la mort d’Adolf en 1865, il y aura plus de quatre-cents associations, avec vingt-quatre mille adhérents.

En 1850, Adolf réunit les trois associations d’Elberfeld, Cologne et Düsseldorf en une seule association : le Cercle Rhénan des Ouvriers (Rheinischer Gesellenbund), qui prit un an après le nom de Union Catholique des Ouvriers (Katholischer Gesellenverein), pour pouvoir étendre son influence au-delà du Rhin. C’était là l’embryon de l’actuelle Œuvre de Kolping, qui est internationale.

La conviction d’Adolf Kolping était que, pour aider ces ouvriers «ambulants», il leur fallait une sorte de «famille», car seule la famille peut offrir à ses enfants une bonne formation morale et chrétienne. Aussi voulut-il que son Œuvre devînt pour les ouvriers leur maison de famille, avec des compagnons et des amis de même condition, de mêmes droits, de même idéal, pour pouvoir y vivre dans une ambiance profondément amicale.

Dans ces maisons, il devait aussi y avoir des heures d’enseignement religieux, politique et pratique, pouvant conduire ces jeunes ouvriers à trouver plus facilement leur place dans la société.

Par la suite, on choisit parmi ces Compagnons ceux qui pourraient aussi assister des confrères malades : diagnostiquer le mal, donner les premiers soins d’urgence. Adolf s’employa lui-même à assister spirituellement des malades du choléra. La ville de Cologne voulut l’en récompenser, mais il demanda à reverser cette aide financière à la fondation.

Dès 1851, Adolf chercha des subsides pour acheter à Cologne une grande maison avec jardin et y installer sa fondation : il l’acheta dans la Breite Straße pour 14.200 Taler, offrant ainsi un lieu de rencontre et d’hébergement pour les ouvriers sans domicile. En 1853, la maison était prête.

Déjà pendant son activité de cordonnier, mais encore plus depuis qu’il était prêtre, Adolf écrivait : des poésies, différents articles dans les journaux, d’abord comme collaborateur puis comme rédacteur en chef, jusqu’à fonder en 1854 un périodique qui devait être un des organes de presse les plus fameux dans les milieux catholiques (Rheinische Volksblätter).

La presse était pour Adolf le moyen de dénoncer les injustices flagrantes de ce 19e siècle industriel, en même temps que la détresse spirituelle de beaucoup d’ouvriers. Cette activité de publiciste lui permit en outre de recevoir des subsides abondants pour son Œuvre.

On a parlé plus haut d’une maladie qui l’empêcha de travailler pendant deux années. Or Adolf fut continuellement frappé par la maladie durant toute sa vie. Malgré cela, en 1858, il se laissa nommer président des alors cent-quatre-vingt associations, mettant toutes ses forces en jeu pour étendre cette Œuvre. Il fit plusieurs voyages, malgré la fatigue que cela lui procurait.

En 1861, il dut renoncer à participer au Katholikentag de Münich et même à la rencontre des présidents des associations de l’Œuvre (Le Katholikentag ou Journée des Catholiques, est une journée annuelle où laquelle le clergé, à travers la parole et la prière, encourage et stimule les efforts de chacun pour un témoignage de vie toujours plus conforme à l’Evangile). 

En mai 1862, quand il venait, à sa demande, d’être nommé recteur de la Minoritenkirche (Immaculée Conception, tenue par les Frères Mineurs), il put tout de même se traîner à Rome pour présenter son Œuvre au pape : Pie IX lui remit à cette occasion un précieux ornement pour la messe, que l’on conserve encore aujourd’hui.

Sa santé sembla s’améliorer, mais au printemps 1865 Adolf eut une douloureuse arthrite à l’avant-bras droit. Il fit encore un voyage à Trèves en septembre pour la bénédiction d’une nouvelle maison.

 Les attaques s’intensifièrent et se multiplièrent. Adolf mourut quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire, le 4 décembre 1865, dans la maison-mère de Cologne.

Il est enterré au cimetière «des Malades» (Melatenfriedhof), qui servait au Moyen-Age pour la sépulture des malades (en particulier des pestiférés) et se trouve tout près de Cologne.

Adolf Kolping a été béatifié en 1991. Il est mentionné le 4 décembre au Martyrologe.

 

 

Giovanni Calabria

1873-1954

 

Giovanni (Jean) naquit le 8 octobre 1873 à Verona (Italie nord), benjamin des sept enfants de Luigi Calabria, un sabotier, et Angela Foschio.

Orphelin de père à dix ans, il dut quitter l’école et travailler comme petit domestique, mais son curé l’aida à préparer l’examen d’entrée au séminaire, comme externe.

Trois ans après, en 1893, il fit le service militaire, où il eut l’occasion d’accepter les travaux les plus humbles et parfois dangereux, mais aussi d’amener des compagnons à la conversion et à la pratique chrétienne.

Il reprit ensuite les études et, en 1897, commença la théologie.

Avant même d’être ordonné prêtre, il trouva dans la rue un enfant tzigane fugitif (ou abandonné), qu’il prit chez lui : c’était l’amorce de la Pieuse Union pour l’assistance des malades pauvres.

Ordonné prêtre en 1901, il fut vicaire à Santo Stefano et confesseur au séminaire.

En 1907, il fut recteur à San Benedetto al Monte, s’occupant particulièrement des soldats. La même année, il fonda la Maison des Bons Enfants (Casa Buoni Fanciulli), avec l’aide de généreux laïcs, qui se compléta en 1910 avec la branche féminine.

Ces deux Pieuses unions aboutirent à la congrégation des Pauvres Serviteurs de la Divine Providence et des Pauvres Servantes de la Divine Providence, approuvées respectivement par l’évêque en 1932 et 1952, et par le Vatican en 1949 et 1981.

En 1934 furent envoyés déjà quatre membres à Vijayavada (Inde) pour s’occuper des Parias.

Durant la Guerre mondiale, il n’hésita pas à abriter des Juifs dans son institut : c’est une doctoresse juive qui en témoigna en demandant plus tard sa béatification, affirmant que don Calabria l’avait dissimulée parmi ses Sœurs, vêtue comme elles.

En 1944, ce fut la fondation de la Famille des Frères Extérieurs, tiers-ordre pour les laïcs.

L’Œuvre s’occupe de tous les moins avantagés, sans jamais rien leur demander : gamins des rues, orphelins, handicapés, malades… On vit de la Providence. Nouveauté inouïe : les Frères et les Pères ont même rang, ce qui choquera plus d’un ecclésiastique «traditionnel».

Récemment, les conditions de l’enseignement en Italie ont fait que l’Œuvre s’est étendue davantage aux handicapés du Tiers Monde. 

Don Calabria établit aussi des rapports très fraternels avec les autres confessions ; un pasteur suédois demanda personnellement la béatification de son cher Ami.

Le 3 décembre 1954, il offrit sa vie pour le pape Pie XII, très gravement malade. Le lendemain, 4 décembre 1954, mystérieusement, le pape se reprenait (il mourut en 1958), tandis que don Calabria quittait cette vie pour l’Eternité.

Pie XII, qui ne savait pas encore quel sacrifice venait de faire Don Calabria, apprenant sa mort, le définit un héros de la charité évangélique. 

Don Giovanni Calabria fut béatifié en 1988 et canonisé en 1999.

Barbara de Nicomédie
?

Sainte Barbara (le Français a traduit Barbe) est une Sainte aussi illustre que mystérieuse. Selon les versions, on lui trouve plusieurs localités où elle vécut, dans un intervalle de temps qui varie sur quatre-vingts ans, et des reliques si nombreuses et éparpillées, qu’on pourrait peut-être disposer de plusieurs corps de la Sainte.
Le père de notre Héroïne s’appelait Dioscore. Pour protéger sa fille, dont la beauté était connue, il l’enferma dans une tour. Il dut partir en voyage.
Barbara désirait être chrétienne. Elle l’était déjà de cœur, au point qu’elle fit faire une troisième fenêtre à sa tour, en l’honneur des trois Personnes de la sainte Trinité. Bien sûr, elle n’accordait pas d’attention au culte païen.
A son retour, Dioscore constate avec colère que sa fille n’honore pas les dieux païens et veut la  tuer. Barbara s’enfuit. Un rocher s’ouvre pour la laisser passer et elle s’abrite dans une grotte. Un berger trahit sa retraite : ses moutons sont changés en scarabées (ou en statues, ou en sauterelles, selon les versions).
Dioscore traîne sa fille devant le juge. Après quelques tortures, le juge ordonne d’exhiber la jeune fille, nue, dans tout le pays : une robe céleste vient couvrir ce corps virginal. Dioscore alors décapite sa fille sans pitié : il est abattu d’un coup de foudre.
Les dates proposées pour ce martyre varient entre 235 et 313.
Les localités sont Antioche de Syrie ou Héliopolis (mais il y a plusieurs villes de ce nom), ou peut-être plus probablement Nicomédie ; mais on propose aussi quelque endroit de la Toscane ou Rome.
Sainte Barbara fut depuis longtemps invoquée contre la mort subite - peut-être par référence à la mort de Dioscore, et devint patronne de la bonne mort. Amie de la foudre, elle fut invoquée par les paysans contre les orages, par les arquebusiers, les canoniers, puis les pompiers, qui luttent contre le feu…
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Barbara au 4 décembre.


Heraclas d’Alexandrie
† 248

Heraclas était né dans une famille païenne d’Alexandrie (Egypte). 
Il avait un frère, Plutarque, qui se convertit le premier et l’entraîna par son exemple. Plutarque fut aussi la première victime de l’école d’Alexandrie, lors de la persécution de Sévère (202).
Quant à lui, Héraclas se mit à l’étude de la philosophie, puis des autres sciences profanes, et de l’Ecriture.
Il fut ordonné prêtre.
Vers 215, Origène eut besoin d’un assistant pour son école, de plus en plus fréquentée. Héraclas fut cet assistant : il s’occupait des nouveau venus. L’historien Eusèbe de Césarée écrit de lui qu’il fut un homme zélé pour les choses saintes, très éloquent et non dépourvu de philosophie. Origène lui laissa la direction de ceux qui ne faisaient que débuter et se réserva l’instruction de ceux qui étaient plus avancés. Mais cette place de second rang ne signifie pas qu’il était un subalterne : plusieurs fois il remplaça Origène à la direction de l’école, quand ce dernier était en déplacement.
En 230, Origène fut ordonné prêtre par l’évêque de Césarée, de sorte qu’il n’appartenait pas au clergé d’Alexandrie : l’évêque d’Alexandrie, Demetrius, nomma alors Heraclas à la tête de l’école.
En 231, Demetrius mourut, et Heraclas fut appelé à lui succéder.
Le nouvel évêque ne crut pas opportun de rappeler Origène à Alexandrie, pour éviter quelques possibles tensions. Il s’occupa particulièrement de la réadmission des Chrétiens qui se seraient momentanément égarés dans quelque hérésie ; sa méthode était apostolique : avant de les réadmettre à la communion, il leur demandait d’exposer publiquement ce qu’ils avaient entendu dire de la part des hérétiques.
Il mourut vers 248, après seize années d’épiscopat.
Avec l’Eglise copte, le Martyrologe Romain mentionne saint Heraclas d’Alexandrie au 4 décembre.


Meletios de Sebastoupoleos
4. siècle

Grec d’origine, Meletios (ou mieux Melitios) fut surnommé par ses camarades le miel de l’Attique, avec un jeu de mots sur son prénom.
Eusèbe de Césarée parle de sa grande expérience et de (son) savoir étendu, et dit de lui qu’il était le plus expert et le plus savant qui fût dans toutes les connaissances libérales. Chez lui la vertu de la vie était à la hauteur du reste.
Durant la persécution, il s’enfuit dans la Palestine.
Il fut nommé évêque de Sebastoupoleos (ou Dioscurias, Pont, auj. Géorgie). S.Athanase et s.Basile de Césarée en ont fait l’éloge comme défenseur de l’orthodoxie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Meletios de Sebastoupoleos au 4 décembre.


Felix de Bologne
† 432

On sait de Felix qu’il était diacre de l’Eglise de Milan.
En 394, l’évêque de Milan, s.Ambroise (v. 7 décembre) lui confia une mission pour l’empereur Théodose.
En 397, il fut au chevet de s.Ambroise, qui allait s’éteindre.
C’est après cette dernière date qu’il fut nommé septième évêque de Bologne, et le resta jusqu’à l’avênement de s.Petronius (431 ou 432, v. 4 décembre).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Felix de Bologne au 4 décembre.


Aper en Maurienne
7e siècle

Aper («sanglier», en français Aupre, Avre) vivait dans la région de Sens (Yonne).
Il voulut appliquer strictement ces deux conseils évangéliques : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple et Nul n’est prophète en son pays (Lc 14:33 et 4:24). Il partit vers le Sud.
Les récits divergent. 
Dans un premier texte, Aper demanda à l’évêque de Maurienne, Leporius, un lieu où il pourrait se retirer pour y prier et évangéliser le peuple. Aper fut dirigé vers une église Saint-Nazaire ; malgré la sainteté de sa vie, des calomnies parvinrent aux oreilles de l’évêque de Grenoble qui décréta une enquête. Ses envoyés voulurent forcer Aper à les suivre mais, en chemin, sur la prière d’Aper, une biche vint providentiellement les désaltérer de son lait ; reconnaissant le prodige, l’évêque de Grenoble s’excusa et Aper regagna son église. Un jour, son serviteur serait mort de noyade, si Aper ne l’avait retiré des eaux contre tout espoir.
Un autre récit expose qu’Aper s’adressa d’abord à l’évêque de Grenoble, Clair, qui le reçut dans son clergé et lui confia la paroisse de La Terrasse. Des calomnies firent fuir Aper, qui vint s’installer là où est maintenant Saint-Avre (Savoie).
Il n’y a guère de commun entre les deux versions que les calomnies et l’évêque de Grenoble. Par ailleurs, il semble étrange, dans le premier récit, que l’évêque de Grenoble diligente une enquête en-dehors de son diocèse. Le Martyrologe Romain se contente de mentionner la vie solitaire et pénitente d’Aper.
Saint Aper est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.


Siran de Méobecq
7e siècle

Siran (en latin Sigirannus) naquit vraisemblablement dans les dernières années du 6e siècle, fils du noble Sigelaïc, berrichon, qui l’envoya étudier à Tours.
Il fut ensuite admis à la cour du roi des Francs, sous la protection de Flaochad, futur maire du palais, et devint bientôt échanson du roi. On ne sait pas précisément de quel roi il peut s’agir, Thierry II ou Clotaire II.
Sigelaïc était un homme très vertueux et fut appelé à devenir le vingt-cinquième évêque de Tours (619) : il pouvait être veuf, et Siran devait donc être mûr et indépendant. Sigelaïc pensait que son Siran épouserait la fille d’un ami à lui, mais Siran quitta toutes ses occupations mondaines, se rasa lui-même la tête comme un clerc et fut bientôt admis parmi le clergé de Tours, du temps du successeur de Sigelaïc.
Siran fut ensuite nommé archidiacre. Il distribua tous ses biens. L’administrateur de Tours le crut fou et le fit enfermer ; mal lui en prit, il fut attaqué par une telle crise de folie, qu’un garde l’abattit d’un coup d’épée.
Notre Siran se retira encore une fois de ces responsabilités et suivit un Irlandais de passage : Falvius, qui se déplaçait avec quelques disciples en pèlerinage à Tours et avaient pour but la Ville Eternelle. 
Chaque étape était pour Siran l’occasion de prêcher aux populations, de rendre des services, de gagner son pain en participant aux vendanges, tout en continuant de lire les Vies de Saints ou l’Ecriture, qu’il avait toujours avec lui.
Mais de Rome, il repartit vite auprès de Flaochad qui avait besoin de lui ; ce dernier, reconnaissant, l’aida à fonder un monastère à Méobecq (Indre) ainsi qu’un autre à proximité, Longoritus, où l’on pratiqua la Règle de s.Benoît.
Siran eut le don des miracles. Des voleurs qui étaient partis avec ses chevaux, croyant avoir chevauché toute la nuit, se retrouvèrent devant la porte du monastère au petit matin ; la chandelle éteinte d’un frère maladroit, se retrouva allumée par un signe de croix. Un jour qu’il rencontra un bandit qu’on menait à la potence, il demanda sa grâce ; ne l’ayant obtenue, il s’adressa à la foule : Que celui qui est sans péché, vienne lui jeter la première pierre (Jn 8:7) ; tous demandèrent la grâce du condamné, que Siran exhorta à mener désormais une vie honnête.
Malheureusement, comme autrefois près de Notre-Seigneur, Siran connut la trahison. Un moine constitua un clan opposé à leur abbé. Pour le bien de la communauté, Siran préféra éviter l’affrontement et reprit son bâton de pèlerin. Ses dons de pêcheur l’aidaient à donner des poissons aux pauvres, ailleurs il aidait un paysan à porter son fagot, ou à tirer une charrette de fumier, avant de lui donner de quoi acheter un bœuf.
Il parvint ainsi à Toulouse et se joignit aux mendiants, auxquels il adressa la Bonne Nouvelle. Mais désormais épuisé, il mourut après avoir donné tout ce qui lui restait ; son seul bien était sa mince tunique, dans laquelle il voulait être enterré, sans honneur.
Siran mourut sous Clovis II ou Clovis III, traditionnellement un 4 décembre.
Des deux monastères fondés par Siran, il ne reste rien.
C’est son nom qu’on a repris pour l’abbaye de Saint-Cyran, trop célèbre lors de la querelle du jansénisme.
Saint Siran de Méobecq est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.


Ada du Mans
7e siècle

Ada pourrait être la même personne qu’Adrehilde, d’après certains documents.
Elle aurait été la nièce de l’évêque Engelbert (Aglibert ?, † 705) du Mans.
Ada était dans le monastère Sainte-Marie de Soissons et fut invitée par l’évêque Innocent à venir enseigner la règle de saint Benoît au Mans, dans un monastère dédié autrefois à saint Julien, puis à Notre Dame, et dont Ada fut abbesse.
Or, l’évêque Innocent mourut en 543.
En revanche, un autre document parle de Ada ou Adrehilde sous l’évêque Béraire, qui mourut en 670.
Dans le Martyrologe, il est dit qu’elle mourut après 692. 
Il semble qu’il y ait eu ici plusieurs confusions, soit entre les noms des évêques manceaux, soit à propos de l’identification elle-même d’Ada. 
Ada reste un personnage historiquement attesté, ainsi que sa sainteté de vie.
Sainte Ada du Mans est commémorée le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.


Jean de Damas
676-749

Si l’on connaît assez bien les grands épisodes de la vie de Jean de Damas (Damascène), on reste dans l’incertitude sur ses dates de naissance et de mort. 
Jean vit le jour à Damas (Syrie) vers 676, dans une célèbre famille chrétienne arabe qui portait le nom de Mansŭr (victorieux). Son père portant le nom de Sarjoun (Serge), Jean s’appela Mansŭr ibn Sarjoun (fils de Serge).
Originaire de Damas, il est resté Jean Damascène, en grec Ioannis Damaskinos, en latin Iohannes Damascenus.
A cela s’ajoute son surnom de Chrysorrhoas, rhéteur d’or.
A la fin du 7e siècle, qui vit la naissance de Jean, la région de Damas passa sous domination musulmane, mais la cour conserva quelques fonctionnaires chrétiens, dont le grand-père de Jean, qui fut percepteur des taxes pour le Moyen-Orient. Le père de Jean reprit cette fonction, qu’il transmit à son fils.
L’éducation de Jean fut confiée à un moine italien captif des Sarrasins, nommé Cosmas, immensément instruit. Jean devint très cultivé en musique, en astronomie, en théologie, en rhétorique, en philosophie, en arithmétique et en géométrie.
Vers 730, Jean fut nommé grand vizir, mais ne resta pas longtemps dans cette charge.
On était alors dans la crise iconoclaste, et Jean exposa ouvertement sa position en faveur des saintes images. L’empereur falsifia une lettre de Jean et la présenta au calife : furieux, ce dernier fit amputer Jean de la main droite, séance tenante. 
Jean ramassa sa main coupée et se retira dans la prière, promettant à la Vierge Marie que désormais, s’il guérissait, il n’écrirait plus que des hymnes en l’honneur du Christ. Il se réveilla de son sommeil, parfaitement guéri. Le calife comprit alors son erreur, crut à l’innocence de Jean et le rétablit dans sa charge.
Mais l’épreuve avait suffi : Jean se retira dans la laure (le monastère) Saint-Sabas à Jérusalem. Il fut d’abord confié à un pieux moine très sévère et imperméable à la poésie et à la musique, qui soumit Jean à de dures privations. Jean obéit humblement. Dieu fit savoir à ce vieux moine de cesser ce régime et Jean put reprendre l’étude et la composition.
Jean fut ordonné prêtre vers 735. 
Les traditions divergent sur les dernières années de Jean. On a avancé qu’il avait été martyrisé lors d’un voyage en Orient pour fortifier les chrétiens contre l’iconoclasme ; on a plutôt affirmé qu’il mourut dans sa cellule, à un âge très avancé, vers 749.
Le jour traditionnellement retenu pour sa mort est le 4 décembre.
Dans une de ses œuvres, Jean montra point par point comment le Coran s’éloigne de la Bible dans les quelques allusions qu’il fait aux récits bibliques. Il condamna fermement l’hérésie musulmane, mais les Musulmans le respectèrent grandement et conservent toujours son corps dans leur mosquée.
Si l’on voit toujours saint Jean de Damas représenté avec un turban, c’est pour rappeler son origine arabe.
En 1890, Jean de Damas fut proclamé Docteur de l’Eglise.


Sola de Solnhofen
† 794

Sola venait de l’Angleterre méridionale ; il vint en Germanie.
En 744, s.Boniface (v. 5 juin) le reçut comme moine à Fulda et l’ordonna prêtre.
Vers 750, Boniface l’envoya en mission vers le Sud du pays et il s’établit à Husen.
A la mort de Boniface, Sola entreprit la vie d’ermite et construisit à Husen dans la vallée de l’Altmühl,  un petit oratoire, avec les encouragements de l’évêque d’Eichstätt, Willibald et du frère de ce dernier, Wynnibald (v. 7 juillet et 18 décembre). Husen devint ensuite Solnhofen.
Un des miracles fameux de Sola fut qu’il donna l’ordre à son âne de «charger» un loup qui allait s’attaquer à des brebis. L’âne obéit si bien qu’il mordit à mort le loup.
En 793, Charlemagne inspecta le travail de Sola pour creuser un canal entre les deux vallées du Rezat souabe et Altmühl ; pour remercier Sola, il lui fit don du terrain où il avait édifié son oratoire.
Sola mourut le 4 décembre 794.
A l’endroit du monastère, des recherches ont mis en évidence jusqu’à cinq églises superposées ; les deux premières remonteraient à l’époque précédant l’arrivée de Sola ; la troisième serait la chapelle de Sola ; la quatrième serait celle construite  à partir de 794 et la cinquième fut la basilique,  détruite en 1783.
Saint Sola de Solnhofen est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.


Ioannis de Polybote
9e siècle

Ce saint évêque occupa le siège de Polybote en Phrygie Salutaire (Phrygie de l’Est, capitale Synnada, en Asie Mineure).
Quand fut fondé ce diocèse ? On ne sait. A quelle distance se trouvait Polybote de Synnada ? de Hiérapolis ? On se rappelle que l’apôtre s.Philippe (v. 3 mai) mourut martyr en Phrygie, que s.Papias fut évêque de Hiérapolis en Phrygie (v. 22 février) : Ioannis aurait donc été un de leurs successeurs.
Même les ouvrages orthodoxes ne sont pas prolixes à propos de ce grand évêque.
Les miracles notoires qui se produisirent avant comme après sa mort, l’ont fait surnommer Thaumaturge.
Puisqu’il combattit contre l’iconoclasme de l’empereur Léon l’Arménien (813-820), il mourut bien au 9e, et non au 8e siècle.
La Vita ancienne de Ioannis racontait que les Arabes, après avoir pris la ville voisine d’Amorium (838), allaient violer son tombeau quand ils durent s’arrêter, frappés de malaises divers. Ils implorèrent le pardon du Saint et furent guéris.
On dit aussi que chaque année, pour la Pentecôte, on sortait son corps demeuré intact et on le plaçait revêtu de ses insignes pontificaux sur le trône épiscopal où il demeurait sans s’affaisser.
Saint Ioannis de Polybote est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

Aper en Maurienne

7e siècle

 

Aper («sanglier», en français Aupre, Avre) vivait dans la région de Sens (Yonne).

Il voulut appliquer strictement ces deux conseils évangéliques : Celui qui ne renonce pas à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple et Nul n’est prophète en son pays (Lc 14:33 et 4:24). Il partit vers le Sud.

Les récits divergent. 

Dans un premier texte, Aper demanda à l’évêque de Maurienne, Leporius, un lieu où il pourrait se retirer pour y prier et évangéliser le peuple. Aper fut dirigé vers une église Saint-Nazaire ; malgré la sainteté de sa vie, des calomnies parvinrent aux oreilles de l’évêque de Grenoble qui décréta une enquête. Ses envoyés voulurent forcer Aper à les suivre mais, en chemin, sur la prière d’Aper, une biche vint providentiellement les désaltérer de son lait ; reconnaissant le prodige, l’évêque de Grenoble s’excusa et Aper regagna son église. Un jour, son serviteur serait mort de noyade, si Aper ne l’avait retiré des eaux contre tout espoir.

Un autre récit expose qu’Aper s’adressa d’abord à l’évêque de Grenoble, Clair, qui le reçut dans son clergé et lui confia la paroisse de La Terrasse. Des calomnies firent fuir Aper, qui vint s’installer là où est maintenant Saint-Avre (Savoie).

Il n’y a guère de commun entre les deux versions que les calomnies et l’évêque de Grenoble. Par ailleurs, il semble étrange, dans le premier récit, que l’évêque de Grenoble diligente une enquête en-dehors de son diocèse. Le Martyrologe Romain se contente de mentionner la vie solitaire et pénitente d’Aper.

Saint Aper est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Siran de Méobecq

7e siècle

 

Siran (en latin Sigirannus) naquit vraisemblablement dans les dernières années du 6e siècle, fils du noble Sigelaïc, berrichon, qui l’envoya étudier à Tours.

Il fut ensuite admis à la cour du roi des Francs, sous la protection de Flaochad, futur maire du palais, et devint bientôt échanson du roi. On ne sait pas précisément de quel roi il peut s’agir, Thierry II ou Clotaire II.

Sigelaïc était un homme très vertueux et fut appelé à devenir le vingt-cinquième évêque de Tours (619) : il pouvait être veuf, et Siran devait donc être mûr et indépendant. Sigelaïc pensait que son Siran épouserait la fille d’un ami à lui, mais Siran quitta toutes ses occupations mondaines, se rasa lui-même la tête comme un clerc et fut bientôt admis parmi le clergé de Tours, du temps du successeur de Sigelaïc.

Siran fut ensuite nommé archidiacre. Il distribua tous ses biens. L’administrateur de Tours le crut fou et le fit enfermer ; mal lui en prit, il fut attaqué par une telle crise de folie, qu’un garde l’abattit d’un coup d’épée.

Notre Siran se retira encore une fois de ces responsabilités et suivit un Irlandais de passage : Falvius, qui se déplaçait avec quelques disciples en pèlerinage à Tours et avaient pour but la Ville Eternelle. 

Chaque étape était pour Siran l’occasion de prêcher aux populations, de rendre des services, de gagner son pain en participant aux vendanges, tout en continuant de lire les Vies de Saints ou l’Ecriture, qu’il avait toujours avec lui.

Mais de Rome, il repartit vite auprès de Flaochad qui avait besoin de lui ; ce dernier, reconnaissant, l’aida à fonder un monastère à Méobecq (Indre) ainsi qu’un autre à proximité, Longoritus, où l’on pratiqua la Règle de s.Benoît.

Siran eut le don des miracles. Des voleurs qui étaient partis avec ses chevaux, croyant avoir chevauché toute la nuit, se retrouvèrent devant la porte du monastère au petit matin ; la chandelle éteinte d’un frère maladroit, se retrouva allumée par un signe de croix. Un jour qu’il rencontra un bandit qu’on menait à la potence, il demanda sa grâce ; ne l’ayant obtenue, il s’adressa à la foule : Que celui qui est sans péché, vienne lui jeter la première pierre (Jn 8:7) ; tous demandèrent la grâce du condamné, que Siran exhorta à mener désormais une vie honnête.

Malheureusement, comme autrefois près de Notre-Seigneur, Siran connut la trahison. Un moine constitua un clan opposé à leur abbé. Pour le bien de la communauté, Siran préféra éviter l’affrontement et reprit son bâton de pèlerin. Ses dons de pêcheur l’aidaient à donner des poissons aux pauvres, ailleurs il aidait un paysan à porter son fagot, ou à tirer une charrette de fumier, avant de lui donner de quoi acheter un bœuf.

Il parvint ainsi à Toulouse et se joignit aux mendiants, auxquels il adressa la Bonne Nouvelle. Mais désormais épuisé, il mourut après avoir donné tout ce qui lui restait ; son seul bien était sa mince tunique, dans laquelle il voulait être enterré, sans honneur.

Siran mourut sous Clovis II ou Clovis III, traditionnellement un 4 décembre.

Des deux monastères fondés par Siran, il ne reste rien.

C’est son nom qu’on a repris pour l’abbaye de Saint-Cyran, trop célèbre lors de la querelle du jansénisme.

Saint Siran de Méobecq est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ada du Mans

7e siècle

 

Ada pourrait être la même personne qu’Adrehilde, d’après certains documents.

Elle aurait été la nièce de l’évêque Engelbert (Aglibert ?, † 705) du Mans.

Ada était dans le monastère Sainte-Marie de Soissons et fut invitée par l’évêque Innocent à venir enseigner la règle de saint Benoît au Mans, dans un monastère dédié autrefois à saint Julien, puis à Notre Dame, et dont Ada fut abbesse.

Or, l’évêque Innocent mourut en 543.

En revanche, un autre document parle de Ada ou Adrehilde sous l’évêque Béraire, qui mourut en 670.

Dans le Martyrologe, il est dit qu’elle mourut après 692. 

Il semble qu’il y ait eu ici plusieurs confusions, soit entre les noms des évêques manceaux, soit à propos de l’identification elle-même d’Ada. 

Ada reste un personnage historiquement attesté, ainsi que sa sainteté de vie.

Sainte Ada du Mans est commémorée le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Damas

676-749

 

Si l’on connaît assez bien les grands épisodes de la vie de Jean de Damas (Damascène), on reste dans l’incertitude sur ses dates de naissance et de mort. 

Jean vit le jour à Damas (Syrie) vers 676, dans une célèbre famille chrétienne arabe qui portait le nom de Mansŭr (victorieux). Son père portant le nom de Sarjoun (Serge), Jean s’appela Mansŭr ibn Sarjoun (fils de Serge).

Originaire de Damas, il est resté Jean Damascène, en grec Ioannis Damaskinos, en latin Iohannes Damascenus.

A cela s’ajoute son surnom de Chrysorrhoas, rhéteur d’or.

A la fin du 7e siècle, qui vit la naissance de Jean, la région de Damas passa sous domination musulmane, mais la cour conserva quelques fonctionnaires chrétiens, dont le grand-père de Jean, qui fut percepteur des taxes pour le Moyen-Orient. Le père de Jean reprit cette fonction, qu’il transmit à son fils.

L’éducation de Jean fut confiée à un moine italien captif des Sarrasins, nommé Cosmas, immensément instruit. Jean devint très cultivé en musique, en astronomie, en théologie, en rhétorique, en philosophie, en arithmétique et en géométrie.

Vers 730, Jean fut nommé grand vizir, mais ne resta pas longtemps dans cette charge.

On était alors dans la crise iconoclaste, et Jean exposa ouvertement sa position en faveur des saintes images. L’empereur falsifia une lettre de Jean et la présenta au calife : furieux, ce dernier fit amputer Jean de la main droite, séance tenante. 

Jean ramassa sa main coupée et se retira dans la prière, promettant à la Vierge Marie que désormais, s’il guérissait, il n’écrirait plus que des hymnes en l’honneur du Christ. Il se réveilla de son sommeil, parfaitement guéri. Le calife comprit alors son erreur, crut à l’innocence de Jean et le rétablit dans sa charge.

Mais l’épreuve avait suffi : Jean se retira dans la laure (le monastère) Saint-Sabas à Jérusalem. Il fut d’abord confié à un pieux moine très sévère et imperméable à la poésie et à la musique, qui soumit Jean à de dures privations. Jean obéit humblement. Dieu fit savoir à ce vieux moine de cesser ce régime et Jean put reprendre l’étude et la composition.

Jean fut ordonné prêtre vers 735. 

Les traditions divergent sur les dernières années de Jean. On a avancé qu’il avait été martyrisé lors d’un voyage en Orient pour fortifier les chrétiens contre l’iconoclasme ; on a plutôt affirmé qu’il mourut dans sa cellule, à un âge très avancé, vers 749.

Le jour traditionnellement retenu pour sa mort est le 4 décembre.

Dans une de ses œuvres, Jean montra point par point comment le Coran s’éloigne de la Bible dans les quelques allusions qu’il fait aux récits bibliques. Il condamna fermement l’hérésie musulmane, mais les Musulmans le respectèrent grandement et conservent toujours son corps dans leur mosquée.

Si l’on voit toujours saint Jean de Damas représenté avec un turban, c’est pour rappeler son origine arabe.

En 1890, Jean de Damas fut proclamé Docteur de l’Eglise.

 

 

Sola de Solnhofen

† 794

 

Sola venait de l’Angleterre méridionale ; il vint en Germanie.

En 744, s.Boniface (v. 5 juin) le reçut comme moine à Fulda et l’ordonna prêtre.

Vers 750, Boniface l’envoya en mission vers le Sud du pays et il s’établit à Husen.

A la mort de Boniface, Sola entreprit la vie d’ermite et construisit à Husen dans la vallée de l’Altmühl,  un petit oratoire, avec les encouragements de l’évêque d’Eichstätt, Willibald et du frère de ce dernier, Wynnibald (v. 7 juillet et 18 décembre). Husen devint ensuite Solnhofen.

Un des miracles fameux de Sola fut qu’il donna l’ordre à son âne de «charger» un loup qui allait s’attaquer à des brebis. L’âne obéit si bien qu’il mordit à mort le loup.

En 793, Charlemagne inspecta le travail de Sola pour creuser un canal entre les deux vallées du Rezat souabe et Altmühl ; pour remercier Sola, il lui fit don du terrain où il avait édifié son oratoire.

Sola mourut le 4 décembre 794.

A l’endroit du monastère, des recherches ont mis en évidence jusqu’à cinq églises superposées ; les deux premières remonteraient à l’époque précédant l’arrivée de Sola ; la troisième serait la chapelle de Sola ; la quatrième serait celle construite  à partir de 794 et la cinquième fut la basilique,  détruite en 1783.

Saint Sola de Solnhofen est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis de Polybote

9e siècle

 

Ce saint évêque occupa le siège de Polybote en Phrygie Salutaire (Phrygie de l’Est, capitale Synnada, en Asie Mineure).

Quand fut fondé ce diocèse ? On ne sait. A quelle distance se trouvait Polybote de Synnada ? de Hiérapolis ? On se rappelle que l’apôtre s.Philippe (v. 3 mai) mourut martyr en Phrygie, que s.Papias fut évêque de Hiérapolis en Phrygie (v. 22 février) : Ioannis aurait donc été un de leurs successeurs.

Même les ouvrages orthodoxes ne sont pas prolixes à propos de ce grand évêque.

Les miracles notoires qui se produisirent avant comme après sa mort, l’ont fait surnommer Thaumaturge.

Puisqu’il combattit contre l’iconoclasme de l’empereur Léon l’Arménien (813-820), il mourut bien au 9e, et non au 8e siècle.

La Vita ancienne de Ioannis racontait que les Arabes, après avoir pris la ville voisine d’Amorium (838), allaient violer son tombeau quand ils durent s’arrêter, frappés de malaises divers. Ils implorèrent le pardon du Saint et furent guéris.

On dit aussi que chaque année, pour la Pentecôte, on sortait son corps demeuré intact et on le plaçait revêtu de ses insignes pontificaux sur le trône épiscopal où il demeurait sans s’affaisser.

Saint Ioannis de Polybote est commémoré le 4 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

Anno de Cologne

1010-1075

 

Il naquit vers l’an 1010, de Walter et Engela, originaires de Souabe.

Destiné à la carrière des armes, Anno se tourna plutôt vers le monde ecclésiastique. Il fut à l’école de Bamberg, où il enseigna à son tour à partir de 1046 ; il fut appelé à la cour de l’empereur Heinrich III.

Le caractère d’Anno était franc et ferme ; on lui remit un canonicat et il devint prévôt du chapitre de Goslar (1056).

Cette même anéne 1056, il fut élu archevêque de Cologne.

En 1062, à la tête de la noblesse allemande, il retira à la vieille impératrice la tutelle sur le jeune Heinrich IV, et l’assuma pendant trois ans avec l’autre archevêque, Adalbert de Hambourg. Il semble qu’Anno ait usé là d’un réel autoritarisme, car le petit Heinrich chercha à sauter du bateau qui l’emmenait, et fut repêché par quelqu’un de la suite d’Anno. Peut-être la manière n’était-elle pas vraiment «ecclésiastique», mais très probablement, Anno sentait qu’il fallait absolument agir dans ce sens, pour le bien du futur monarque et de l’Allemagne. 

Sous son autorité, deux assemblées se réunirent à Augsbourg puis Mantoue, pour trancher entre le pape élu, Alexandre II, et l’antipape Cadalus élu par la cour allemande ; gentiment, Alexandre II accepta ce défi, sut démontrer les calomnies qui l’accablaient, et triompha de la situation. Anno avait, pour un temps au moins, réconcilié Rome et l’Empire.

En 1065, à la majorité de Heinrich IV, Adalbert resta seul aux affaires générales, écartant Anno des soucis politiques.

Les années suivantes virent Anno au milieu de difficultés de tous ordres. Il prétendit nommer au siège archiépiscopal de Trèves son neveu, qui fut abattu par la population (1066). Les monastères qu’il voulait réformer à Cologne, se révoltèrent. Comble : Heinrich IV voulait divorcer. Il semble ici que même Rome ait été prévenue contre Anno : le pape ne lui consentit une audience qu’après lui avoir imposé une «pénitence», car Anno avait osé rencontrer Cadalus et Heinrich, qui étaient excommuniés.

Anno délaissa les affaires politiques et s’occupa de réformer l’Eglise dans son diocèse, ce qui ne se fit pas tout seul ; en 1074, il y eut un véritable soulèvement dans Cologne, et Anno dut se réfugier avec ses partisans dans la cathédrale, un clerc fut d’ailleurs assassiné ; Anno réussit à sortir de la ville par un passage souterrain, avec des gens en armes et vint attaquer Cologne quelques jours après : les habitants prirent peur et ouvrirent les portes. Anno promit le pardon s’ils faisaient pénitence, mais il fit rechercher et condamner les chefs du complot ; des centaines de marchands quittèrent la ville ; ceux qui restaient et refusaient de faire pénitence, furent excommuniés. Les raisons alléguées de ce soulèvement furent peut-être les lourdes taxes, ou la politique d’Anno vis-à-vis de la maison impériale…

Anno recevait chaque année à Noël une humble femme qui venait d’accoucher, la nourrissant et lui lavant les mains et les pieds, ainsi qu’a son bébé ; ce geste charitable se répétait pendant quarante jours, jusqu’au 2 février, fête de la Purification de Marie et de la Présentation de Jésus au Temple. 

Il fonda aussi d’autres monastères à et près de Cologne.

Des contemporains ne ménagèrent pas leurs critiques envers l’archevêque : on lui aurait trouvé un esprit hautain, âme de toutes les conjurations, sans respect pour les promesses, avide ; on ajouta qu’il tenait plus à ses idées qu’à la justice ; on lui trouva en outre un esprit violent et qui n’hésita pas à s’adjuger témérairement un droit de domination. Il aurait manifesté une volonté de dominer l’Allemagne en pratiquant largement le népotisme.

Devant ces critiques tenaces, il ne faut pas négliger que les réformes sont rarement acceptées de bon cœur par les hommes, surtout par le clergé. Mais il faut admettre qu’Anno démontra son amour de l’Eglise romaine et universelle, et ne ménagea pas son zèle justement pour améliorer son clergé.

A Pâques 1075, Anno leva l’excommunication de ses «ennemis» et pardonna aux pécheurs.

Il mourut le 4 décembre 1075 et ses funérailles furent très grandioses.

La canonisation d’Anno est l’un des cas les plus anciens de cette procédure réformée et désormais réservée à l’administration romaine. Elle ne fut pas immédiate, et connut quelques vicissitudes, et même quelques manifestations hostiles de la part de fidèles ; le pape l’aurait prononcée oralement en 1182, mais elle fut officiellement annoncée par l’archevêque de Cologne, en 1186.

 

 

Osmond de Salisbury

† 1099

 

Né en Normandie, ses origines ne sont pas certaines. Un document tardif le fait fils d’Henri de Centville, comte de Sées, et d’Isabelle de Conteville, fille de Robert, duc de Normandie et sœur de Guillaume le Conquérant.

Osmond accompagna Guillaume en Angleterre et devint chancelier (1070) et peut-être aussi Comte de Dorset. Il eut à remplir un certain nombres de missions importantes, par exemple l’établissement du Domesday Book, ancêtre du cadastre, pour l’établissement de l’impôt.

En 1078, il fut consacré évêque de Salisbury, une cité qui, à l’époque, ressemblait plus à une forteresse qu’à une ville. C’était aussi un immense diocèse.

C’est en 1086 que les grands propriétaires jurèrent fidélité au roi, en présence d’Osmond.

En 1092, il put enfin consacrer sa nouvelle cathédrale. Mais sa joie fut vite mise à l’épreuve, car quatre jours après la cérémonie, la foudre s’abattit et détruisit le toit et une partie de l’édifice. 

Reconstruite, cette cathédrale fut dotée d’un chapitre, avec doyen, chantre, chancelier, trésorier, trente-deux chanoines, un vice-doyen et un deuxième chantre, tout ce monde avec des charges bien précises. Ils devaient entourer l’évêque dans ses responsabilités, l’assister dans les cérémonies solennelles et l’aider dans le travail apostolique de la région. C’était une façon d’uniformiser la liturgie dans le diocèse et, peu à peu, en Angleterre. Les chanoines furent réputés pour leur musicalité et servirent de modèles pour d’autres cathédrales.

C’est ainsi que la liturgie de Salisbury s’étendit dans toute l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse. 

Osmond aimait la culture et possédait une belle bibliothèque ; il savait copier et relier des livres.

On vanta sa vie irréprochable, toute chaste et sans aucune ambition.

Il eut une attitude réservée lors du conflit qui opposa Anselme de Cantorbury et Guillaume le Roux à propos des investitures ; dans une premier temps, il trouva Anselme un peu intransigeant et se mit plutôt du côté du roi ; mais plus tard, il reconnut la vérité et, lorsqu’il rencontra Anselme, s’agenouilla pour lui demander pardon.

Osmund mourut dans la nuit du 3 au 4 décembre 1099. 

Il fut canonisé en 1457.

Le Martyrologe le mentionne au 4 décembre.

 

 

 

Bernardo degli Uberti di Parma

1060-1133

 

Né vers 1060 à Florence (Italie C), de Bruno et Ligarda, Bernardo avait une sœur.

Tôt orphelin de père, il reçut une bonne formation.

Quand on lui proposa un bon parti, il demanda à réfléchir quelque temps. En réalité, il avait déjà décidé - peut-être après avoir eu une vision céleste - de quitter le monde. Aussi alla-t-il se présenter sans tarder à l’abbaye de San Salvi, de l’ordre de Vallombreuse, une branche réformée bénédictine.

Tandis que l’abbé attendait prudemment de voir comment ce jeune homme raffiné allait supporter la règle austère, la famille et les amis de Bernardo vinrent le supplier de rentrer à la maison. Bernardo fut si convainquant, que sa mère lui donna sa bénédiction et se retira toute consolée.

Bernardo partagea son immense héritage en trois parts, une pour sa mère et sa sœur, une autre pour ses serviteurs et les pauvres, la troisième pour l’abbaye. De cette dernière partie, un parent chercha à s’emparer d’un bien : il en perdit la parole, jusqu’à ce qu’il demandât pardon à Bernardo.

Les vertus solides de Bernardo le conduisirent à de hautes responsabilités : en 1093, à trente-trois ans, il fut élu abbé ; en 1098, abbé général de Vallombreuse ; en 1099, cardinal.

Cette ascension ne l’empêcha pas de rester frère parmi les siens, tout en administrant très sagement l’abbaye et l’Ordre.

Il fut envoyé comme légat papal pour traiter en Lombardie de la querelle des Investitures entre la papauté et l’Empire. Il rencontra la comtesse Mathilde de Toscane, qui sut apprécier ses qualités et doter l’Ordre de Vallombreuse d’importants bénéfices.

En 1104, de passage à Parme, où il voulait remettre la paix entre les villes du nord, on s’en prit violemment à lui ; durant la célébration de la Messe, il fut assailli et mis en prison. Les troupes de la comtesse Mathilde arrivèrent et libérèrent le pauvre légat. Par la suite, les habitants de Parme, impresssionnés par la noblesse d’âme de Bernardo, le choisirent comme évêque en 1106.

C’était beaucoup de responsabilités. En 1109, Il délégua le prieur de Vallombreuse pour les affaires ordinaires, tout en restant très attaché à son Ordre. Il visita les abbayes, confirma la règle.

A Parme, où les évêques avaient cédé à des attitudes trop politiques - Cadalus avait même été élu antipape, v. notice Anno de Cologne, ce même jour) - Bernardo s’efforça de s’en tenir à une position strictement ecclésiasique, pour rétablir dans le diocèse la paix et les bonnes mœurs.

Quand l’empereur voulut régler la querelle des Investitures et se faire couronner par le pape, il demanda à Bernardo son appui. Le concile de Sutri (1111) semblait avoir aplani les difficultés, mais l’empereur Henri V refusa les clauses en pleine cérémonie à Saint-Pierre de Rome ; il fit prisonniers et Bernardo et le Pape. Encore une fois, les soldats de la comtesse Mathilde intervinrent. Cette comtesse mourut en 1115, et l’empereur s’empara de son héritage. Le pauvre Bernardo n’en avait pas encore fini.

De plus, en 1117, un tremblement de terre secoua violemment la cathédrale de Parme : il fallut reconstruire les voûtes.

Une nouvelle guerre entre Parme et Crémone éclata en 1121, mais se résolut pacifiquement assez vite.

Les milices de Konrad de Hohenstaufen intervinrent et firent prisonnier Bernardo, pour une troisième fois : c’est encore l’armée de la comtesse Mathilde qui le délivra.

Les dernières années de Bernardo furent plus calmes. Le concordat de Worms (1122) laissait espérer un avenir meilleur dans les relations entre Rome et l’Allemagne.

Bernardo eut la bienveillance du nouveau pape. Au concile de Plaisance (1095), il rencontra saint Bernard de Clairvaux (v. 20 août), puis saint Norbert (v. 6 juin), avec lequel il accompagna le pape Innocent II à Rome.

Revenu dans son diocèse, il y mourut, le 4 décembre 1133, chargé de mérites et de fatigues, mais aussi d’un grand renom de sainteté.

En 1139, une elevatio des reliques servit de canonisation.

Saint Bernardo est le patron céleste de la ville et du diocèse de Parme.

Le Martyrologe le commémore au 4 décembre.

 

 

Piero Tecelano «Pettinaio»

? - 1289

 

Piero Tecelano était un pieux laïc italien. Né près de Sienne, à Campi, il avait appris dans la capitale toscane l’humble métier de fabriquant de peignes. Toute sa vie il fabriqua ces petits objets d’os et de corne, qu’il vendait ensuite, principalement à Pise, une ville portuaire et d’importante activité commerciale.

Il ne vendait que les objets parfaitement réussis, et jetait scrupuleusement tous les autres dans l’Arno, pour être sûr qu’ils ne fussent récupérés et remis dans le commerce, malhonnêteté dont il se serait senti moralement responsable.

A cette honnêteté professionnelle, Piero unissait l’intégrité de la vie privée, ou plutôt il appuyait son honnêteté sur l’intégrité religieuse de sa vie. Tertiaire franciscain, il cherchait en toute occasion la perfection, en particulier par la prière et la charité fraternelle. Marié, il chercha la sainteté dans le mariage ; veuf et sans enfant, il distribua ses biens aux pauvres et se retira près d’un couvent franciscain, à Sienne.

Il reçut des dons célestes : dons de prophétie, de guérisons, de conversions. Mais constatant ces merveilles, il en prenait peur, songeant aux comptes qu’il aurait à en rendre à Dieu. Il se confessait chaque jour et voulut une fois dévoiler devant tous les Frères les péchés de sa vie. Un ange vint alors effacer de son papier tout ce qu’il y avait écrit, pour l’assurer qu’il avait été entièrement lavé.

Piero fréquenta assidûment les lieux de pèlerinages franciscains célèbres, jusqu’au jour où une douloureuse maladie le cloua chez lui. Il restait toujours serein. 

On le connaissait tellement, que quelques années plus tard, Dante parle de lui comme du saint “Pettinaio” (fabriquant de peignes). 

Il mourut le 4 décembre 1289. 

Au XIX e siècle, le pape Pie VII en confirma le culte, lui reconnaissant le titre de Bienheureux.

Un Piero Tecelano était autrefois commémoré le 16 mars au Martyrologe Romain., mais en a été retiré de ce jour. En effet, il semble bien qu’il s’agisse de lui au 4 décembre, quand on y commémore Piero Pettinaio.

 

 

 

 

 

Ioannes Hara Mondo no Suke

? - 1623

 

Ioannes était un noble samouraï japonais, né à Usui (Chiba, Japon) à une date inconnue.

Il faisait partie du Tiers-ordre franciscain, dans le diocèse de Tokyo.

Son martyre eut lieu le 4 décembre 1623 à Shinagawa (Tokyo) : crucifié, mutilé, il fut brûlé alors qu’il respirait encore.

Il a été béatifié en 2008 parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais de la même époque.

 

 

Girolamo De Angelis

1567-1623

 

Girolamo (Jérôme) était né vers 1567 à Castrogiovanni, auj. Enna (Sicile), dans une famille bourgeoise et chrétienne.

A dix-sept ans, avec son frère Pietro, il alla étudier le droit à Palerme.

En 1586, il entra au noviciat des Jésuites de Messine, toujours avec son frère. Ils firent les études nécessaires à Bivona et Palermo.

En 1596, ils rejoignirent Lisbonne dans le but de partir aux missions du Japon. En attendant d’embarquer, ils étudièrent le portugais.

Ils embarquèrent ainsi avec le père Spinola (v. 10 septembre) dans son premier voyage. Là encore, il semble que Pietro était avec Girolamo, mais on n’entend plus parler de lui par la suite. Partis en avril 1596, ils durent rejoindre le Brésil, où le bateau fut immobilisé pendant un an et demi, suite à une avarie. Ils s’arrêtèrent de nouveau à Porto Rico, puis repartirent vers Lisbonne ; en route, un corsaire anglais les prit et les relâcha à Londres, d’où ils purent rejoindre Lisbonne.

C’est à Lisbonne que Girolamo fut ordonné prêtre.

En mars 1599, tous deux repartirent et arrivèrent à Nagasaki en 1602, après six années de navigation et s’être encore arrêtés un an à Macao.

D’abord supérieur de la maison de Foushimi pendant huit ans, Girolamo fonda ensuite une nouvelle mission à Sumpu et s’occupait d’en fonder une autre à Yédo quand la persécution commença, le jour où il achetait un terrain. Il rentra à Sourounga.

En 1614, quand les missionnaires reçurent l’ordre de quitter le pays, il se cacha à Nagasaki. L’année suivante, toujours accompagné de son fidèle Simon Enpō, il se rendit dans le Tsugaru pour porter des aumônes aux chrétiens exilés, puis il évangélisa les provinces du Nord, étant ainsi le premier à porter la Bonne Nouvelle dans les provinces de Findadono, Conghecasu, Monganu, Nambri et Sungam. Il aborda aussi sur une île qu’on croyait jusque là rattachée au continent, l’île de Hokkaidō. Il fut ainsi le premier européen à poser le pied dans cette région ; il put ainsi rédiger un mémoire géographique et ethnologique sur cette île méconnue, et qui fut publiée plus tazrd, en 1624.

En 1620, l’autorité locale changea du tout au tout son attitude envers les missionnaires, leur ordonnant de quitter le pays. Girolamo vint se réfugier à Edo (act. Tokio), mais la persécution s’accentua.

Girolamo eut alors l’espérance, en se livrant spontanément, de faire cesser les perquisitions ; il quitta ses vêtements japonais, fit refaire sa tonsure. Il se présenta au gouverneur. Sa déclaration vaut la peine d’être lue dans son intégralité :

Je suis prêtre et religieux de la Compagnie de Jésus. Je suis né en Sicile, contrée d’Italie, et connaissant par tous les récits le naturel heureux de la nation japonaise et son désir de salut, j’ai tout quitté pour venir au milieu d’elle et lui enseigner la Vérité. J’ai embrassé les usages des habitants et me suis fait l’un d’eux. Toutes les peines, toutes les souffrances d’un ministère de vingt ans, je les considère comme bien employées, ayant été consacrées au salut de ce peuple.

On admira cette liberté d’esprit et cet amour d’un peuple étranger, mais le gouverneur l’expédia en prison, avec son fidèle Simon Enpō.

Quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes.

En prison, les missionnaires entreprirent d’évangéliser aussi les prisonniers de droit commun. Girolamo amena à la foi les huit païens qu’il trouva dans son cachot.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Puis le cortège s’organisa : d’abord le père Girolamo, puis Simon Enpō et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on lui avait déjà amputé les doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna un peu les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie. Francisco mourut le dernier, encore debout contre son poteau.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore tous les trois le 4 décembre, mais pas les autres qui n’ont pas été béatifiés, n’ayant pas été condamnés d’abord pour la foi chrétienne, mais pour des crimes «ordinaires» ; ils moururent certainement réconciliés avec Dieu, puisqu’ils reçurent la Bonne Nouvelle en prison.

Après ces martyres, le Japon resta sans prêtres pendant deux siècles et demi, jusqu’en 1865, lorsque les missionnaires eurent de nouveau l’autorisation de pénétrer dans l’île, où ils retrouvèrent des communautés qui avaient conservé les traditions chrétiennes.

 

 

Francisco Gálvez Iranzo

1578-1623

 

Il était né vers 1578 à Utiel (Cuenca, Espagne), de famille noble. Ses parents s’appelaient Francisco et Juana ; ils firent baptiser leur enfant le 15 août 1578.

Après l’école et le collège de son pays, Francisco fréquenta la récente université de Valencia. Il pouvait avoir alors vingt ans.

En avril 1598, il fut ordonné sous-diacre ; il fut donc diacre à la fin de cette année-là ou au début de la suivante. Entre le diaconat et le sacerdoce, il prit l’habit franciscain chez les Frères mineurs de l’Observance à Valencia, où il émit la profession en 1600. Peu après il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé sur son désir en Extrême Orient : il s’arrêta d’abord huit ans au Mexique, puis gagna les Philippines en 1609, où il apprit si bien le japonais, qu’il fut chargé de la paroisse japonaise de Manille.

En 1612, il arriva au Japon. Ce pays avait déjà quarante-et-un couvents au début du siècle, il en aurait cinquante-sept en 1622 ; dans le même temps, les Chrétiens passèrent de soixante-mille à cent-quatorze mille ; Francisco y prêcha, traduisit en japonais élégant des vies de Saints, un catéchisme, et s’occupa de lépreux lors d’une épidémie : cette façon de soigner des malades émut beaucoup la population et provoqua beaucoup de conversions. Malheureusement, Francisco dut quitter le pays au moment de l’expulsion des missionnaires en 1614.

Pour y rentrer, il alla à Malacca en 1617 ; il se teignit le corps pour ressembler à un marinier africain, vint à Macao et de là au Japon. Le prince de Voxou, Massamouné, l’autorisa à prêcher, mais il laissa la place à un autre missionnaire et alla s’occuper de la chrétienté de Mogami, avant de venir à Yédo.

Dans cette dernière ville, la situation des missionnaires avait été relativement calme depuis douze ans, mais l’installation d’un nouveau shogoun en 1623, anéantit cette paix précaire. C’est le moment que choisit un traître pour révéler au gouverneur de la ville la présence de deux religieux et lui remettre une liste de chrétiens.

Le père Francisco tenta la fuite vers Kamakura et s’embarquait pour se cacher plus loin encore, mais il fut reconnu et arrêté par la police, en même temps que les Japonais qui l’accompagnaient.

Accusé par les juges de séduire les ignorants, il alla rejoindre en prison le père Girolamo De Angelis et les autres chrétiens.

Quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Puis le cortège s’organisa : d’abord le père Girolamo, puis Simon Yempo et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on l’avait déjà amputé des doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie. Francisco mourut le dernier, encore debout contre son poteau.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore le 4 décembre.

 

 

Simon Enpō

1580-1623

 

Il était né vers 1580 à Nozou dans le Fingo (Japon).

Il appartenait à une bonzerie dont le bonze principal se convertit ; il en suivit l’exemple, âgé alors de seize ans.

Deux ans plus tard, il était admis chez les Jésuites comme élève et catéchiste. 

Exilé à Manille en 1614, il rentra l’année suivante et partagea dès lors la vie du Père Girolamo De Angelis (v. notice au même jour).

Quand le père Girolamo alla se présenter au gouverneur, Simon l’accompagna fidèlement.

Girolamo espérait, en se livrant spontanément, faire cesser les perquisitions ; mais quand le shogoun apprit qu’il y avait encore des prêtres dans sa ville, il entra dans une fureur extrême. Il condamna tous les hommes à la peine du feu et ordonna de maintenir en prison les femmes et les enfants jusqu’à la fin des enquêtes. Peu après, il fut rejoint par le père Francisco Gálvez (v. notice ce même jour).

En prison, Simon prêcha la foi chrétienne à tous les autres détenus qu’il y trouva ; il en convertit quarante, et en aurait converti encore davantage si sa prison s’était prolongée.

La sentence fut exécutée le 4 décembre 1623. Dans la prison, tous les chrétiens eurent les mains liées derrière le dos et on leur passa une corde au cou. Ce fut une longue et solennelle procession : d’abord le père Girolamo, puis Simon Enpō et quinze chrétiens, puis le père Gálvez et seize chrétiens, enfin un dernier prisonnier, Joannes Faramondo, qui marchait à pied parce qu’on l’avait déjà amputé des doigts des mains et des pieds et ne pouvait se tenir sur un cheval. Venaient ensuite les autres condamnés.

Francisco et Girolamo continuaient de prêcher durant le trajet. Ils furent conduits sur une hauteur entre Yédo et Méaco. On plaça les deux prêtres et Simon un peu à l’écart, mais de façon à bien leur faire voir le supplice des quarante-sept autres prisonniers, attachés à des poteaux et asphyxiés lentement par la fumée des flammes.

Vint le tour des deux prêtres et de Simon ; par raffinement de cruauté, on éloigna un peu les fagots embrasés, pour faire durer l’asphyxie.

Les trois Martyrs furent béatifiés en 1867. Le Martyrologe les commémore le 4 décembre.

Adolf Kolping

1813-1865

 

Quatrième des cinq enfants de Peter et de Anna Maria Zurheyden, Adolf naquit à Kerpen (Cologne) le 8 décembre 1813. Sa mère mourra en 1833, son père en 1845.

Le papa travaillait chez un paysan comme berger, et l’on vivait dans la pauvreté, mais on était heureux. On retrouvera plus tard la famille de ce paysan dans la vie d’Adolf. Quand Adolf eut terminé l’école du village (1820-1826), son père l’orienta vers le métier de cordonnier. 

Adolf travailla de 1829 à 1832 comme cordonnier à Sindort, Düren et Lechenich, enfin Cologne, dans un important atelier.

Il aurait pu se marier là, mais il refusa et changea de place. Il avait été très frappé par les difficiles conditions de vie des ouvriers et des artisans. C’est aussi à ce moment que mourut sa mère (1833).

Puis, vers vingt-deux ans, il fut malade pendant environ deux années et dut s’arrêter de travailler. Il avait le temps de méditer et de prendre une sage décision. A vingt-quatre ans, il entra courageusement au lycée (Marzellengymnasium) à Cologne, dans le but de pouvoir s’orienter vers le sacerdoce. Auparavant, il s’ingénia à étudier le latin qui, à l’époque, était incontournable.

Ses efforts furent récompensés : trois ans et demi après son entrée, il passa avec succès le baccalauréat (1841)

Il a donc vingt-huit ans quand il demande son admission au séminaire : séminaire des vocations tardives (Münich, 1841-1842 ; Bonn, 1842-1844), enfin le grand séminaire de Cologne pour la théologie.

On se demandera avec justesse comment le pauvre Adolf put payer sa pension pendant toutes ces années de formation. La Providence l’aida, à travers plusieurs personnes généreuses, en particulier une des filles du paysan chez qui travaillait le père d’Adolf : elle avait fait le vœu d’aider un étudiant en théologie.

Adolf fut finalement ordonné prêtre le 13 avril 1845, à trente-deux ans, le lendemain même de la mort de son cher Papa. Quelle épreuve !

Son premier poste fut Elberfeld (Wuppertal), où il était chapelain et professeur de religion. Il se rendit compte, comme précédemment à Cologne, de la même situation sociale des ouvriers, qui vivaient dans une réelle pauvreté, pour un travail exténuant, ce qui n’aidait pas les jeunes apprentis à avoir beaucoup d’espérance pour le lendemain.

Or, en 1847, il reçut la présidence d’une Association catholique qui cherchait à venir en aide à ses membres de façon spirituelle, morale et spirituelle. Il voulut implanter cette association à Elberfeld, mais, convaincu qu’elle ne pouvait s’étendre que dans une grande ville, il demanda à être déplacé à Cologne même.

C’est ainsi qu’il fut nommé vicaire à la cathédrale de Cologne en 1849 ; sans attendre, il donna naissance, avec six autres ouvriers, à l’Association des Ouvriers de Cologne (Kölner Gesellenverein), dans la Kolumbaschule : un an après, l’Association comptait déjà plus de cinq cents adhérents.

Très vite le concept s’étendit à d’autres villes : à la mort d’Adolf en 1865, il y aura plus de quatre-cents associations, avec vingt-quatre mille adhérents.

En 1850, Adolf réunit les trois associations d’Elberfeld, Cologne et Düsseldorf en une seule association : le Cercle Rhénan des Ouvriers (Rheinischer Gesellenbund), qui prit un an après le nom de Union Catholique des Ouvriers (Katholischer Gesellenverein), pour pouvoir étendre son influence au-delà du Rhin. C’était là l’embryon de l’actuelle Œuvre de Kolping, qui est internationale.

La conviction d’Adolf Kolping était que, pour aider ces ouvriers «ambulants», il leur fallait une sorte de «famille», car seule la famille peut offrir à ses enfants une bonne formation morale et chrétienne. Aussi voulut-il que son Œuvre devînt pour les ouvriers leur maison de famille, avec des compagnons et des amis de même condition, de mêmes droits, de même idéal, pour pouvoir y vivre dans une ambiance profondément amicale.

Dans ces maisons, il devait aussi y avoir des heures d’enseignement religieux, politique et pratique, pouvant conduire ces jeunes ouvriers à trouver plus facilement leur place dans la société.

Par la suite, on choisit parmi ces Compagnons ceux qui pourraient aussi assister des confrères malades : diagnostiquer le mal, donner les premiers soins d’urgence. Adolf s’employa lui-même à assister spirituellement des malades du choléra. La ville de Cologne voulut l’en récompenser, mais il demanda à reverser cette aide financière à la fondation.

Dès 1851, Adolf chercha des subsides pour acheter à Cologne une grande maison avec jardin et y installer sa fondation : il l’acheta dans la Breite Straße pour 14.200 Taler, offrant ainsi un lieu de rencontre et d’hébergement pour les ouvriers sans domicile. En 1853, la maison était prête.

Déjà pendant son activité de cordonnier, mais encore plus depuis qu’il était prêtre, Adolf écrivait : des poésies, différents articles dans les journaux, d’abord comme collaborateur puis comme rédacteur en chef, jusqu’à fonder en 1854 un périodique qui devait être un des organes de presse les plus fameux dans les milieux catholiques (Rheinische Volksblätter).

La presse était pour Adolf le moyen de dénoncer les injustices flagrantes de ce 19e siècle industriel, en même temps que la détresse spirituelle de beaucoup d’ouvriers. Cette activité de publiciste lui permit en outre de recevoir des subsides abondants pour son Œuvre.

On a parlé plus haut d’une maladie qui l’empêcha de travailler pendant deux années. Or Adolf fut continuellement frappé par la maladie durant toute sa vie. Malgré cela, en 1858, il se laissa nommer président des alors cent-quatre-vingt associations, mettant toutes ses forces en jeu pour étendre cette Œuvre. Il fit plusieurs voyages, malgré la fatigue que cela lui procurait.

En 1861, il dut renoncer à participer au Katholikentag de Münich et même à la rencontre des présidents des associations de l’Œuvre (Le Katholikentag ou Journée des Catholiques, est une journée annuelle où laquelle le clergé, à travers la parole et la prière, encourage et stimule les efforts de chacun pour un témoignage de vie toujours plus conforme à l’Evangile). 

En mai 1862, quand il venait, à sa demande, d’être nommé recteur de la Minoritenkirche (Immaculée Conception, tenue par les Frères Mineurs), il put tout de même se traîner à Rome pour présenter son Œuvre au pape : Pie IX lui remit à cette occasion un précieux ornement pour la messe, que l’on conserve encore aujourd’hui.

Sa santé sembla s’améliorer, mais au printemps 1865 Adolf eut une douloureuse arthrite à l’avant-bras droit. Il fit encore un voyage à Trèves en septembre pour la bénédiction d’une nouvelle maison.

Les attaques s’intensifièrent et se multiplièrent. Adolf mourut quatre jours avant son cinquante-deuxième anniversaire, le 4 décembre 1865, dans la maison-mère de Cologne.

Il est enterré au cimetière «des Malades» (Melatenfriedhof), qui servait au Moyen-Age pour la sépulture des malades (en particulier des pestiférés) et se trouve tout près de Cologne.

Adolf Kolping a été béatifié en 1991. Il est mentionné le 4 décembre au Martyrologe.

 

Francisco de la Vega González

1868-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 15 octobre 1868 à Noceda de Bierzo (León, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Ángel.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Jacinto García Chicote

1891-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 16 août 1891 à Támara de Campos (Palencia, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Eustaquio.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Robustiano Mata Ubierna

1908-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 24 mai 1908 à Celadilla Sotobrín (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Bienvenido.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Eulogio Álvarez López

1916-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 28 juillet 1916 à Quintana de Fuseros (León, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt ans.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Ezequiel Álvaro de la Fuente

1917-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 21 mai 1917 à Espinosa de Cerrato (Palencia, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait encore que dix-neuf ans.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 4 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Giovanni Calabria

1873-1954

 

Giovanni (Jean) naquit le 8 octobre 1873 à Verona (Italie nord), benjamin des sept enfants de Luigi Calabria, un sabotier, et Angela Foschio.