Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 23:00

Thomas Garnet

1575-1608

 

Né vers 1575 à Southwark (Londres, Angleterre), il était le fils de Richard, qui avait un poste au Collège Balliol (Oxford), au moment où s’intensifia l’opposition envers les Catholiques, à partir de 1569 ; cet homme se signala pour sa constance à toute cette génération d’élèves qui allaient produire les Edmund Campion, Persons et autres «champions» du Catholicisme.

Thomas fréquenta l’école de Horsham, avant d’être domestique chez un des frères de Philipp Howards (voir au 19 octobre), protestant.

Quand le Collège Anglais ouvrit à Saint-Omer (1592), Thomas y fut envoyé ; en 1595, on le jugea mûr pour le séminaire anglais de Valladolid, où il devait étudier la théologie.

Malheureusement, le bateau fut pris dans une violente tempête en Mer Manche, puis pris en chasse par la flotte royale anglaise. Thomas fut immédiatement arrêté, avec ses compagnons, et conduit à Londres. Là, l’archevêque (anglican) de Canterbury, constatant qu’ils s’encourageaient l’un l’autre, les confia chacun à autant d’autres évêques ou prélats protestants. Tous sauf un, persévérèrent dans leur foi et furent renvoyés dans leur collège d’origine outre-mer. Il semble que Thomas, pour sa part, fut confié à un certain Richard Edes, chez lequel il tomba malade. On le renvoya chez lui, avec l’engagement de retourner à une certaine date à la prison d’Oxford.

Ne voyant venir son gardien, il s’enfuit. Mais il s’éloigna en même temps de la maison de son père. Finalement, il arriva à… Saint-Omer, d’où on l’envoya à Valladolid., en 1596 En réalité, c’était la dixième fois qu’il partait pour cette destination !

Ordonné prêtre en 1599, il repartit en Angleterre où, écrivit-il, il se «promena d’un endroit à un autre» pour reconquérir des âmes à la Vérité.

En 1605, il y eut le complot Gunpowder, et Thomas, qui se cachait sous le nom de Thomas Rokewood, fut arrêté. D’abord en prison à Gatehouse puis à la Tour, on lui imposa les mauvais traitements d’usage, dans le but de lui faire «avouer» des accusations contre le père Garnet, son oncle, supérieur des Jésuites en Angleterre et qui l’avait récemment admis dans la Société.

Bien qu’on n’ait trouvé aucune preuve de quelque participation à quelque complot que ce fût, Thomas resta à la tour pendant sept mois, au terme desquels il fut poussé à bord d’un bateau, avec quarante-six autres prêtres, avec un édit royal daté du 10 juillet 1606, qui les enjoignait de partir pour les Flandres sans espoir de retour, sous peine de mort.

Thomas se rendit derechef à Saint-Omer, puis à Bruxelles pour rencontrer le supérieur local, le père Baldwin, avec lequel il se trouvait durant les péripéties de 1595, et qui l’envoya faire son noviciat à Louvain.

En septembre 1607, il fut envoyé à nouveau en Angleterre, mais fut arrêté six semaines après, par un prêtre apostat. On proposa à Thomas la liberté (et la vie) s’il voulait adhérer au serment d’allégeance, ce qu’il refusa opiniâtrement.

Il souffrit le martyre le 23 juin 1608 à Tyburn (Londres), après avoir affirmé qu’il était l’homme le plus heureux en vie ce jour-là.

Ses reliques, conservées à Saint-Omer, disparurent lors de la Révolution française.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Partager cet article

Repost0
22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 23:00

Giuseppe Cafasso

1811-1860

 

Giuseppe (Joseph) vit le jour le 15 janvier 1811 à Castelnuovo d’Asti (Piémont, Italie nord-ouest), dans une famille de paysans profondément chrétiens, troisième des quatre enfants de Giovanni et Orsola Beltramo. Sa plus jeune sœur sera la mère du futur saint Giuseppe Allamano (voir au 16 février).

Après l’école publique, il entra au séminaire de Chieri où, malgré des dispositions peu enclines à l’étude, il fut ordonné prêtre en 1833.

Il fit alors partie du Convitto (Association) ecclésiastique de Turin, où les prêtres approfondissaient leur formation intellectuelle. D’élève, Giuseppe devint professeur et directeur spirituel, finalement directeur.

N’ayant pas la voix forte, étant de petite taille, il souffrait d’une déformation de la colonne vertébrale qui le rendait un peu bossu. On pensait qu’il n’arriverait pas à prêcher, mais il se révéla excellent prédicateur.

Il reçut le jeune don Bosco (voir au 31 janvier) et l’encouragea dans la mission d’aider les jeunes de Turin. Il fut aussi le saint conseiller d’une foule d’autres fondateurs, parmi lesquels Francesco Faà di Bruno (voir au 27 mars), Clemente Marchisio (voir au 16 décembre).

En 1848, il fut nommé curé de la paroisse San Francesco, devenant un confesseur recherché, exhortant ses fidèles à la dévotion au Saint-Sacrement.

On lui suggéra même de se présenter aux élections parlementaires et sa réponse fut nette : Au jour du jugement, le Seigneur me demandera si j’ai été un bon prêtre, pas un député, et détermina tout le clergé piémontais à renoncer à briguer quelque place au parlement.

A Turin en effet, il était désormais très connu, tout particulièrement pour sa présence auprès des prisonniers (et de leurs familles), et auprès des condamnés à mort : il tenait à accompagner ceux-ci jusqu’au bout, pour les embrasser et leur montrer que quelqu’un les aimait et leur donner l’absolution. On le surnomma l’aumônier du gibet. Il travailla beaucoup à l’amélioration des conditions carcérales.

Il mourut à Turin le 23 juin 1860.

Pie XI, qui le proclama bienheureux en 1925, le définit la perle du clergé italien ; Pie XII, qui le canonisa en 1947, le présenta comme un modèle de vie sacerdotale ; il a été proclamé patron céleste des prisonniers et des condamnés à mort.

Partager cet article

Repost0
22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 23:00

Marie d’Oignies

1177—1213

 

Marie naquit à Nivelles (Brabant, Belgique) en 1177, de parents riches.

Petite, elle aimait prier beaucoup ; adolescente, elle ne voulait pas de coiffure recherchée ni de riches vêtements ; elle suivait en cela le conseil de saint Pierre : Que votre parure ne soit pas extérieure, faite de cheveux tressés, de cercles d’or et de toilettes bien ajustées, mais à l’intérieur de votre cœur (1P 3:3-4).

Contre sa volonté, elle accepta à quatorze ans le mariage arrangé par ses parents, avec un certain Jean, qu’elle convainquit de vivre comme elle dans la chasteté.

Marie s’adonna alors à toutes sortes d’austérités : discipline, ceinture de corde, jeûnes, nuits entières dans l’église froide. L’ardeur de sa prière la réchauffait. En travaillant le jour, elle gardait sous les yeux un psautier. Elle savait s’abstenir de parler, mortification qui lui valut d’éviter le Purgatoire. Elle eut le don des larmes.

Elle s’était installée avec son époux dans la léproserie de Willambroux, pour servir les lépreux ; certains guérirent, sur la prière de Marie.

Il est évident que les gens ne manquèrent pas de venir «consulter» une sainte personne comme Marie, qui pria alors son mari de la laisser se retirer dans une cellule à Oignies (1207), où se trouvait une petite communauté de béguines. D’après le Martyrologe, c’est elle-même qui fonda cette communauté.

Parmi ceux qui vinrent la visiter fut Jacques de Vitry, théologien très connu, plus tard cardinal, qui renonça alors à sa chaire de théologie à Paris pour rester auprès d’elle, bénéficier de ses conseils, et surtout recueillir ses visions.

Marie était particulièrement sensible à la Passion du Sauveur et pouvait s’évanouir quand on y faisait allusion ; elle affectionnait la Présence Réelle du Tabernacle et demeurait là durant des heures, parfois brièvement interrompues par son ange gardien pour lui donner un peu de repos, avant de lui faire reprendre son adoration.

Elle eut connaissance d’événements lointains : elle décrivit en détails à un nouveau prêtre ses impressions au moment où il recevait l’ordination à Paris ainsi que les détails de la cérémonie.

Marie acheva sa vie dans une longue et pénible maladie qui, selon ses dires, l’associait à la Passion du Christ. Elle mourut à Oignies le 23 juin 1213.

Le Martyrologe de ce jour lui donne le titre de Sainte.

Partager cet article

Repost0
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 23:00

Alban

† 303

 

Alban habitait Verulamium dans l’île de Britannia ; la ville devint, en anglais, Saint Alban.

C’était un brave artisan qui montra une bienveillante hospitalité envers un clerc chrétien.

Par un heureux échange de bons procédés, ce clerc amena Alban à la foi chrétienne.

A ce moment, le gouverneur païen faisait rechercher le missionnaire ; Alban le tint caché et, pour mieux le protéger, en prit l’habit.

Croyant avoir mis la main sur le Chrétien, les envoyés arrêtèrent Alban et le conduisirent au tribunal, où il fut sommé de sacrifier aux idoles. 

Sur son refus, il fut condamné à mort et exécuté, le 22 juin 303 (ou vers 287, d’après d’autres hypothèses) : Alban reçut ainsi le baptême du sang par son martyre.

Au 5e siècle, on fréquentait déjà le tombeau du Martyr. Venantius Fortunatus (v. 14 décembre) le chanta dans un poème.

Un monastère, érigé sur ce tombeau et relevé au 12e siècle, dura jusqu’en 1540.

Partager cet article

Repost0
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 23:00

Paulinus de Nole

354-431

 

Meropius Pontius Anicius Paulinus vit le jour à Bordeaux vers 354, dans une famille très riche qui avait des terres en Camparnie, en Gaule et en Espagne. Le père de Paulinus était préfet du prétoire et s’était fixé en Aquitaine.

Paulinus eut pour maître un chrétien, Ausonius, qu’on a dit plus lettré que chrétien.

En 378, Paulinus fut nommé consul, épousa Teresia et résida quelque temps en Espagne.

Il fut baptisé à Bordeaux vers 389.

Vers 390, il commença à distribuer son immense fortune aux pauvres et s’engagea dans une vie très ascétique. Désormais le brave Ausone dut comprendre qu’il n’avait plus rien à enseigner à son disciple ; Paulinus lui écrivait : Les cœurs voués au Christ repoussent les Muses, ils sont fermés à Apollon.

La mort de son petit garçon huit jours après la naissance, acheva de détacher Paulinus ; il se prépara au sacerdoce et fut ordonné à Noël de 393.

En 394, il s’installa à Nola, dans la propriété de famille, dans son monasterium, sans doute l’hospice qu’il avait fait construire vingt ans plus tôt pour les pèlerins pauvres. Il logeait au premier étage, avec des compagnons d’ascèse. 

Paulinus correspondait avec saint Jérôme, Sulpice Sévère, Rufinus, saint Augustin. De Sulpice Sévère, il reçut un cilice, dont il le remercia chaleureusement. On ne peut pas dire si Teresia demeura là comme maîtresse de maison, ou si elle vécut dans une autre bâtisse.

En 409, Paulinus fut nommé évêque de Nole. Dans des poèmes en vers, il chanta chaque année les mérites du premier évêque de Nole, saint Felix (voir au 15 novembre). Il orna et commenta avec profonde dévotion la basilique élevée en l’honneur de saint Felix ; malheureusement, il n’est rien resté de ce beau monument.

Peu avant sa mort, il eut la vision de saint Ianuarius (voir au 19 septembre) et de saint Martin de Tours (voir au 11 novembre).

Saint Paulinus de Nole, qui mourut en 431, est fêté au 22 juin.

Partager cet article

Repost0
21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 23:00

John Fisher

1469-1535

 

John vit le jour en 1469 à Beverley (Yorkshire, Angleterre), fils aîné des quatre enfants de Robert, un marchand, et Agnes, qui étaient catholiques.

A la mort de Robert en 1477, Agnes épousa William White, et mit au monde cinq autres enfants.

John fréquenta le collège de Cambridge dès 1483, et fut bachelier (1487), puis maître ès arts (1491).

Cette année-là, il fut ordonné prêtre, avec dispense papale pour son âge. On le nomma Compagnon dans le Collège, et vicaire à Northallerton (Yorkshire).

En 1494, il devint proctor (censeur) de l’université ; en 1501, il fut docteur en théologie, et deviendrait chancelier en 1504, à trente-cinq ans, l’année où il fut nommé évêque.

Depuis 1502, il fut le confesseur de la mère du roi, Margaret Beaufort, sur laquelle il eut une sage influence ; elle fonda à Cambridge le Christ’s Collège. John contribua beaucoup au développement de l’établissement de Cambridge, en enrichissant la bibliothèque et en y développant les études de latin, de grec et d’hébreu. Il invita Erasme pour y enseigner et se mit lui-même à l’étude de l’hébreu en 1517.

D’Erasme on a retenu ce portrait de John Fisher : Il n’y a pas d’homme plus savant, ni de prélat plus saint.

Fisher fonda de son côté le Saint John’s Collège.

Il fit aussi instituer à Cambridge et Oxford une chaire de théologie, et fut chargé de celle de Cambridge.

En 1504 donc, John fut désigné par le roi pour le siège épiscopal de Rochester. Alludant à son nom de famille (Fisher), John prit pour devise épiscopale : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. John évita sagement les honneurs et lutta contre tous les abus. Il se lança dans l’arène contre les idées du protestantisme envahissant, soutenu dans un premier temps par le roi lui-même, qui se mérita la distinction de Défenseur de la Foi.

Mais quand Henri voulut légitimer son union avec Anne Boleyn, et donc son divorce avec Catarina d’Aragon, John prit ouvertement parti pour la Vérité et, tel un nouveau Jean-Baptiste, condamna l’attitude du roi.

Il tenta de susciter une invasion de l’Angleterre par l’empereur germain, pour renverser le roi impie.

Mgr Fisher fut arrêté une première fois en 1530, pendant quelques mois. En 1532, il résigna sa charge de chancelier. L’année 1533 fut houleuse. En avril 1534, il fut interné dans la Tour de Londres. On saisit ses biens, ses livres ; on força un petit meuble fermé à clef, où l’on trouva un cilice et des disciplines.

En 1535, le pape créa cardinal l’évêque John Fisher. Le roi s’en indigna et ironisa méchamment : Un chapeau ! Il va le porter sur les épaules !

Le cardinal Fisher fut condamné à mort le 17 juin 1535. On avança la date de son exécution avant le 24 juin, qui aurait été la fête de saint Jean-Baptiste (le patron de John Fisher), pour éviter de susciter l’indignation et la révolte de la population.

Au matin du 22, John s’habilla et lut dans l’Evangile : La vie éternelle consiste à te connaître, toi, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre, ayant accompli l’œuvre que tu m’as donnée à faire (Jn 17:3).

Le saint prélat fut contraint de rejoindre nu l’endroit de l’exécution, où on le laissa attendre jusqu’au soir.

Le prélat apparut tout décharné, émacié, squelettique. Il récita le Te Deum, puis le psaume 70, et fut décapité, le 22 juin 1535.

Sa tête fut empalée sur le pont de la Tamise. Son corps fut jeté sans autre forme dans une fosse quelconque.

Il a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935, en même temps que Thomas More qui, pour cela, est fêté aussi le 22 juin.

Partager cet article

Repost0
20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 23:08

John Rigby

1570-1600

 

Laïc né vers 1570 à Harrocks Hall (Lancashire, Angleterre), il était le cinquième ou le sixième fils de Nicholas et Mary Breres de Preston.

S’étant trouvé au service de la fille (malade) de Edmund Huddleston, quand celle-ci fut accusée d’avoir renié la foi protestante, John fut contraint de reconnaître lui-même qu’il était catholique et fut enfermé à Newgate, le 13 février 1599 (ou 1600).

Le jour suivant, il signa une déclaration dans laquelle il reconnaissait avoir retrouvé la foi catholique grâce au Martyr John Jones (voir au 12 juillet), deux ou trois ans plus tôt, mais avait cessé de fréquenter l’église.

Il fut renvoyé à Newgate, jusqu’au 19 février, puis au White Lion. Le mercredi 4 mars suivant, on le traîna au tribunal où il put privément faire une déclaration de «conformité» (c’est-à-dire de reconnaissance de la religion «officielle»), et l’on déclara le lendemain qu’il s’était rendu. Mais on le laissa en prison.

Le 19 juin, de nouveau en face des juges, il nia toute allégeance et fut donc condamné. Sur le chemin vers la potence, un certain Captain Whitlock s’approcha et lui demanda s’il était marié, et il répondit : Je suis célibataire, et en plus, je suis vierge. Le capitaine lui demanda alors de prier pour lui.

Il fut martyrisé le 21 juin 1600 à St. Thomas Waterings (Londres), au même endroit où avait été exécuté s.John Jones deux ans plus tôt..

Ils furent tous deux béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Partager cet article

Repost0
20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 23:03

Tommaso Cursini d’Orvieto

1290-1343

 

Tommaso vit le jour vers 1290 à Orvieto (Ombrie, Italie C), dans la noble famille Cursini. On a récemment corrigé l’orthographe de cette famille, bien connue dans cette ville, alors que les Corsini ne s’y trouvaient pas.

L’éducation que reçut Tommaso dans sa famille était très chrétienne. Parvenu à l’âge adulte, il pensa s’orienter vers la vie religieuse mais, n’en étant pas certain, se tourna intensément vers la Mère de Dieu. Marie lui apparut en songe par trois fois, l’invitant à rejoindre les Servites de Marie, présents à Orvieto.

Sans plus tarder, il se présenta au Prieur, lui demandant d’être simple convers. Le chapitre l’accepta à l’unanimité.

Humblement, Tommaso repoussa toujours les propositions qu’on lui fit d’accéder au sacerdoce. Il fut très heureux d’être chargé de faire la quête, une charge où l’on est toujours exposé aux sourires ou aux moqueries de la rue. Les habitants d’Orvieto et des environs le virent donc pendant très longtemps arpenter les ruelles et demander quelque chose pour les Pauvres du Christ.

Il portait toujours le cilice sous son habit ; quel que fût l’accueil qu’on lui réservait, il restait toujours souriant et patient, trouvant toujours une bonne parole pour consoler une âme triste, pour encourager, pour susciter la conversion.

Revenu au couvent, il passait son temps libre dans la méditation ou aussi dans une petite grotte isolée au fond du jardin, où il passait même parfois toute la nuit en contemplation. La grotte existe toujours.

Le pieux Frère consolateur, si connu des habitants, devint bientôt leur intercesseur dans toutes leurs nécessités ; des miracles, nombreux, se vérifièrent, dûment constatés et scrupuleusement consignés. Un des plus célèbres fut celui des figues fraîches trouvées en plein hiver dans le jardin, et que Tommaso porta à une femme enceinte qui en avait manifesté le fervent désir. Depuis, on l’appela Tommaso du figuier ; l’arbre fut en vie jusques vers 1810, quand les couvents furent supprimés par ordre impérial de Napoléon.

Quand le Frère Tommaso fut vaincu par la fatigue et la faiblesse, il se coucha. Il s’endormit dans le Seigneur le 21 juin 1343 (le onzième jour des calendes de juillet, donc pas le 23 juin comme on le trouve parfois).

Les miracles se multiplièrent aussi après la mort de Tommaso. Un des plus célèbres fut la libération miraculeuse d’un condamné à mort ; libéré une première fois miraculeusement, arrêté et condamné de nouveau, il promit de se convertir vraiment et, de nouveau libéré par une intervention céleste, eut désormais une vie honnête.

Tommaso fut bientôt honoré du titre de Bienheureux. Ce culte populaire fut approuvé en 1768.

Partager cet article

Repost0
20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 23:02

Raimundo Guillermo de Barbastro

† 1126

 

On l’a dit originaire de Durban (Gers) ou d’Orban (Tarn), sans parler de sa famille. Faut-il l’appeler Raimundo ? Les Espagnols l’appellent Ramón.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra au monastère augustinien Saint-Antoine de Frédoles, puis fut admis au chapitre de Saint-Sernin à Toulouse, dont il devint prieur en 1101.

En 1104, Raimundo fut appelé par le roi d’Aragon Pedro Ier pour le siège épiscopal de Barbastro, une ville du nord de l’Espagne récemment reprise aux Maures. Pour enseigner le peuple, le nouvel évêque s’efforça de réorganiser la vie ecclésiale, de construire des églises et d’en embellir les murs avec des fresques, dont beaucoup subsistent encore, par exemple à Alaón et Tahull.

A Barbastro était unie la ville de Roda avec son évêché. L’évêque portait le double titre de Barbastro et Roda. Or, comme l’évêque voisin d’Urgel ambitionnait d’annexer le diocèse de Roda au sien, Raimundo dut plaider sa cause à Rome, appuyé par l’archevêque de Barcelone, et obtint gain de cause.

Ensuite, après la prise de Lérida sur les Maures, cette ville fut à son tour l’objet de la rivalité entre l’évêque de Huesca et celui de Barbastro-Roda. Cette fois-ci, malgré la sentence de Rome, l’évêque de Huesca prit les armes et expulsa Raimundo de Barbastro, l’obligeant à se rabattre à Roda (1118). Il ne put jamais revenir à son siège principal de Barbastro.

Il continua cependant à administrer celui de Roda, conservant un style de vie austère, portant toujours le cilice. Il eut une attitude pleine de charité envers ses «ennemis», refusant d’utiliser les armes, pardonnant et priant.

Il accompagna le roi d’Aragon, Alfonso Ier dans son expédition contre les Maures à Málaga. De retour, il tomba malade et mourut le 21 juin 1126.

Les miracles qui eurent lieu à son tombeau, aboutirent à sa canonisation dès 1136.

Partager cet article

Repost0
19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 23:51

12e dimanche per annum - B

 

Après que Job a subi la tentation de la révolte, Dieu vient le faire réfléchir ; il le place devant l’immensité de la mer.

Il est toujours impressionnant de regarder les vagues s’arrêter sur le rivage, la marée montante et descendante, qui cependant demeure dans les limites du littoral ; plus impressionnants encore, hélas, les terribles raz-de-marées, les tsunamis. Devant cette force impétieuse, l’homme est totalement impuissant.

Même si l’homme est capable de construire des embarcations et d’énormes navires qui résistent aux tempêtes, il sait qu’il n’est pas à l’abri total du danger. Combien de marins, de voyageurs, ont péri en mer…

En termes poétiques mais réalistes, Dieu parle à Job de la mer comme d’un enfant, à qui ont met des langes, qu’on aide à s’habiller, auquel on assigne une place : Reste là, ne bouge pas !

Dieu invite donc Job, et chaque être humain en même temps, à rester humbles devant la volonté toute-puissante de Dieu.

*       *       *

 

Le long psaume 106, dont nous ne méditons ici que quelques versets, va aussi nous parler de la mer. D’abord le psalmiste nous invite à chanter et à remercier Dieu pour tout ce qu’il a fait. Plusieurs allusions à l’exode et aux tribulations du peuple d’Israël à travers le désert, sont cinq fois ponctuées par cette invitation : Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour !

Si Dieu montra sa puissance en libérant son peuple d’Egypte, et en le nourrissant dans le désert, le psaume rappelle aussi combien Dieu est bien plus puissant que la mer, même quand elle est agitée.

Il n’est pas défendu de prendre ce mot de mer dans un sens plus imagé : la mer, avec ses vagues, est souvent le symbole de l’agitation du monde, alors que la terre ferme symbolise la sécurité.

Le port qu’ils désiraient devient ainsi l’Amour miséricordieux de Dieu, et l’Eglise fondée par Jésus-Christ ; et aussi le Tabernacle de la Présence réelle du Christ-Eucharistie, devant lequel il est si bon de rester en méditation pour retrouver la paix.

Dans l’histoire et dans notre vie personnelle, nous pouvons maintes fois observer combien la force et la miséricorde divines dépassent de beaucoup toutes les entreprises humaines.

C’est une invitation pour nous, comme dans le livre de Job, à demeurer humbles devant la majesté de Dieu et à ne jamais désespérer de Sa bonté.

*       *       *

 

Quand l’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens que Jésus est mort et ressuscité, il nous fait aussi remarquer que Dieu est plus fort que la mort. L’Auteur de la Vie est vainqueur de la Mort.

Les événements quotidiens de la société, de la politique, les guerres, les dangers, le bruit et l’agitation, nous écartent facilement de cette certitude. La maladie nous dérange, la mort nous fait peur, la météorologie capricieuse nous rend nerveux, les examens nous inquiètent : mais qu’est-ce que tout cela devant la certitude de l’Eternité ?

Saint Paul demande instamment aux Chrétiens de ne pas avoir du Christ une image temporelle, historique, car le Christ est au-delà de l’Histoire. 

Le Christ n’est pas un monument aux morts. Le Christ n’est pas seulement mort un jour dans le passé : il est vivant maintenant et éternellement. Pour être avec lui, il faut ordonner notre vie d’une façon nouvelle : le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

Demandons-nous : est-ce que je suis nouveau ? Est-ce que j’ai combattu mes caprices ? Est-ce que j’accepte sereinement d’avoir tort, d’être faible ? Est-ce que j’ai fait la paix avec tel camarade ? Est-ce que je sais dire Viens, Seigneur Jésus ! avec cette sainte impatience de l’auteur de l’Apocalypse (Ap 22:20) ?

 

*       *       *

 

Dans l’évangile, il est à nouveau question de la mer agitée.

Comme Jésus devait être fatigué, pour s’endormir en pleine tempête ! Et ce coussin où il appuie sa tête ne devait pas être très sec…

La réaction des disciples est bien humaine ; pêcheurs, ils savent ce que signifie une barque qui se remplit d’eau : si l’on ne peut écoper à temps, c’est bientôt la noyade et la mort, même si le lac de Tibériade n’est pas immense ni très profond.

Mais si l’on transpose ces éléments déchaînés à un niveau plus spirituel, les vagues et le vent représentent l’agitation de l’histoire des hommes et de notre quotidien. Jésus alors se lève et nous demande : Pourquoi avoir peur ?

C’est un peu aussi la réaction des hommes devant les moines et les moniales des ordres contemplatifs : que font donc ces religieux derrière leurs murs, alors que nous vivons tant d’angoisses ?

Compte-tenu de la question de Jésus, nous devrions plutôt répondre : qu’il est beau d’avoir cette foi, cette confiance stable.

Il y a un psaume où le chantre semble assumer ces deux attitudes, le psaume 78 ; le psalmiste commence par exprimer à Dieu son désespoir devant la ruine de Jérusalem : Jusqu’à quand, Yahvé, ta colère ? jusqu’à la fin ? ta jalousie brûlera-t-elle comme un feu ? et, après avoir exposé toute sa tristesse, reprend confiance : Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d’âge en âge publierons ta louange.

Les apôtres y ont peut-être pensé. Mais leur question ici a quelque chose d’étonnant : Mais qui est-il donc ?, se demandent-ils, alors qu’ils ont déjà vu, par exemple, le miracle de l’eau changée en vin à Cana et qu’ils crurent en lui (Jn 2:11). La réalité est que les apôtres sont des hommes, comme chacun de nous ; un moment ils sont interpellés, un autre moment ils perdent confiance ; un moment ils sont pleins d’enthousiasme, et juste après ils sont désespérés.

Plus loin, nous lirons bientôt que les mêmes apôtres furent remplis d’étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci (Mc 6:51-52) ; Jésus les reprendra : Etes-vous encore sans intelligence ? (8:17), et Ne comprenez-vous pas encore ? (8:21). En 8:33, Jésus reprend très sévèrement Pierre : Arrière, Satan ! ; ils apprendront aussi que pour chasser le démon, il faut prier davantage (9:29) ; à Gethsémani, ils s’endormiront au lieu de prier avec Jésus, puis s’enfuiront tout bonnement devant l’escorte des Juifs et des soldats romains. Tous ces doutes, toutes ces difficultés seront autant de moments où ils apprendront à se ressaisir, à devenir plus forts, jusqu’à être les courageux témoins de la Résurrection, jusqu’aux dernières limites de la terre.

Ces hauts et ces bas nous enseignent. Nous sommes des humains, comme les Apôtres ; nos hésitations ou nos chutes, qui alternent avec nos moments plus heureux, ne doivent pas nous détourner du but de notre marche. Avec les Apôtres, sur l’invitation du Christ, passons sur l’autre rive ! : changeons d’attitude, d’horizon, sortons de l’Histoire et fixons le regard sur l’Eternité.

*       *       *

 

Que demander en ce jour au Seigneur ? ce que dit la Prière : Enracine-nous solidement dans ton amour. 

On a confiance en celui qu’on aime profondément.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens