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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 00:00

21 NOVEMBRE

 

I.

Présentation de la Très Sainte Vierge Marie au Temple.

S Rufus, fils de Simon le Cyrénéen (nommé évêque par s. Paul, durant son voyage en Espagne ; évêque à Thèbes? Athènes? Avignon?).

IV.

S Maurus, évêque à Parenzo et martyr (IV.?). 

S Agapius, martyr à Césarée de Palestine.

V.

S Gélase Ier, pape (492-496) : adversaire vigoureux des monophysites, pélagianistes, manichéens… ; on connaît un sacramentaire gélasien.

X.

S Mauro, évêque à Cesena.

S Libéral, évêque à Embrun, chassé par les Sarrasins.

XII.

S Nicola Giustiniani, bénédictin à Venise ; le doge lui obtint du pape de pouvoir assurer une descendance aux Giustiniani, dont tous les mâles étaient décédés en Orient : il eut neuf enfants et revint mourir dans son abbaye tandis que sa femme devenait aussi moniale.

XX.

Bse Franciszka Siedliska (Maria de Jésus-Bon-Pasteur, 1842-1902), polonaise, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille-de-Nazareth, pour l'apostolat dans les familles polonaises émigrées, béatifiée en 1989.

Bse Clelia Merloni (1861-1930), italienne, fondatrice des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2018.

B Reyes Us Hernández (1939-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.

Rufus

1er siècle

 

L’évangéliste saint Marc rapporte que Simon le Cyrénéen, qui aida Jésus à porter sa croix, était père d’Alexandre et de Rufus (Mc 15:21) ; puis l’apôtre Paul écrit aux Romains :

Saluez Rufus, cet élu dans le Seigneur, ainsi que sa mère que je considère comme la mienne (Rm 16:13).

Seule la Tradition permet de faire coïncider les deux personnages, sans autres preuves.

Chez les apocryphes Rufus est devenu évêque à Thèbes ou à Athènes ou en Avignon, selon les cas.

La tradition la plus solide rapporte que Rufus accompagna saint Paul en Espagne, où Paul l’établit chef de l’Eglise de Tortosa. De là, Rufus vint fonder l’Eglise en Avignon, où il mourut vers 90.

Toutefois, l’actuel Martyrologe distingue deux personnages : l’un en Avignon le 14 novembre, du 3e siècle, l’autre, notre Rufus de l’Epître aux Romains, au 21 novembre, du 1er siècle (mais sans mentionner l’épiscopat).

 

 

Maurus de Parenzo

† 305

 

Il y a deux Maurus (Mauro) le même jour ; v. plus bas Mauro de Cesena.

Concernant Maurus, de plusieurs traditions, on croit pouvoir arriver à la synthèse suivante.

Maurus naquit en Afrique.

Chrétien dès l’enfance, il entra tôt dans un monastère, où il resta dix-huit ans.

Il vint en pèlerinage à Rome et y séjourna trois années.

Venu en Istria (act. Croatie et Slovénie), il fut choisi pour être le premier évêque de Parenzo (auj. Poreč.

Au moment de la persécution, il fut arrêté, torturé et décapité, vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Parenzo au 21 novembre.

 

 

Agapios de Césarée de Palestine

† 306

 

Agapios fait partie d’un grand nombre de Martyrs qui furent immolés durant la persécution de Dioclétien en Palestine.

Il fut d’abord torturé en même temps que s.Timothée de Gaza (v. 19 août), puis maintenu en prison pour plus tard, avec Thecla. Cette dernière était peut-être encore vivante lorsqu’Agapios fut torturé.

Trois fois, il avait été amené dans le cirque, mais à chaque fois le juge le renvoyait à nouvelle échéance.

Finalement, en présence de Maximin Daia, Agapios fut présenté au milieu du cirque, avec un criminel. L’empereur donna sa grâce au criminel (qui avait tué son père), au milieu des acclamations de la foule ; on vivait à nouveau la passion du Christ, où le Verbe éternel était condamné à mort, tandis qu’on libérait le criminel Barabbas (cf. Mt 27:15-26 ; Mc 15:6-15 ; Jn 18:40).

Maximin exhorta Agapios à renier sa foi. Courageusement, Agapios s’élança au-devant de l’ourse qu’on lâchait contre lui. Quand la bête le laissa, il respirait encore. On le traîna en prison ; le lendemain, on lui attacha des pierres aux pieds et on le jeta dans la mer.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agapios de Césarée de Palestine au 21 novembre.

 

 

Gélase 1er

492-496

 

Fils de l’africain Valerius, Gelasius était «romain de naissance», puisqu’il était né dans la province romaine d’Afrique (l’actuelle Afrique du Nord, comprenant Algérie, Tunisie et Libye).

Il devait faire partie du clergé romain depuis un certain temps, et s’était fait remarquer par la force de ses écrits contre le monophysisme et contre le pélagianisme.

Il fut donc appelé à succéder à Félix III et devint le quarante-neuvième pape.

En quatre années de pontificat, il écrivit beaucoup de lettres, où l’on y remarque, comme chez l’autre africain Tertullien, un goût pour la polémique, parfois quelques longueurs.

Il eut l’occasion de rappeler l’excommunication du patriarche Acace de Constantinople (484) et blâma ceux qui se rangeaient de son côté.

Quand il apprenait que des évêques gaulois n’appréciaient pas sa rigueur, il en appelait au jugement de Dieu.

Dans une lettre à un sénateur, Gélase dénonce la vieille fête païenne des lupercales, cause de désordres, qui menaçait de revivre à Rome.

Il y a un sacramentaire gélasien, peut-être un peu postérieur au pape Gélase ; le décret de Gélase, pourrait être en partie antérieur et en partie postérieur au pape. Il contient un canon des Ecritures, et le premier embryon d’un Index des livres défendus.

Le Liber Pontificalis dit de Gélase qu’il aimait les pauvres. Denys le Petit écrivait qu’il évitait les festins, pratiquait le jeûne et se complaisait dans la compagnie des serviteurs de Dieu. Il mourut pauvre après avoir enrichi les indigents.

Il fut inhumé le 21 novembre 496, jour où il est inscrit au Martyrologe Romain.

Son successeur fut Anastase II.

 

 

Mauro de Cesena

895-946

 

Il naquit dans les dernières années du 9e siècle, on n’en sait pas plus, mais on peut supposer que la famille habitait la région de Ravenne (Emilie-Romagne, Italie NE).

Il fut, dit-on, moine bénédictin.

Son oncle, Jean, archevêque de Ravenne, devint le pape Jean X en 914 et, peu après, le nomma vingt-neuvième évêque de Cesena.

Le nouvel évêque n’aimait pas la vie qu’on menait à Rome et jusqu’au Vatican, alors. Il demanda au pape, son oncle, la permission de construire sur le voisin Mont Spaziano un petit ermitage avec une église, où il pouvait s’isoler et prier. C’est là qu’il voulait être enseveli.

On ne connaît pas la date précise de sa mort, un 21 novembre, vers 946, étant donné qu’un autre évêque de Cesena, nommé Goffredo, est signalé en 955, lui-même successeur de Costanzo, le propre neveu de notre Mauro.

La tombe de Mauro, près de la petite église dont il était question plus haut, fut complètement oubliée, mais un premier miracle, puis un second, éveillèrent l’attention des fidèles et des évêques. On reporta les restes de Mauro à l’intérieur de l’église, qui fut agrandie grâce aux offrandes des fidèles. Ce rite équivalait alors à une canonisation.

L’ermitage aussi fut agrandi ; un beau monastère était florissant en 1042.

Quand la ferveur retomba, la tombe fut à nouveau oubliée. On la retrouva au 15e siècle et les reliques de Mauro furent transférées dans la nouvelle cathédrale de Cesena.

Saint Mauro de Cesena est commémoré le 21 novembre dans le Martyrologe Romain.

Franciszka Siedliska

1842-1902

 

Née le 12 novembre 1842 à Roszkowa Wola (Pologne), Franciszka était d’une famille noble, qui ensuite déménagea à Żdżary.

Elle tomba malade assez gravement et fut soignée en différents endroits (en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse). Elle reçut une éducation avec des gouvernantes à la maison, et resta complètement indifférente à la religion pendant quelques années.

Après avoir rencontré un bon père Capucin rempli du zèle pour les âmes, Franciszka changea complètement : elle reçut la Première communion et s’offrit totalement à Dieu.

Désirant entrer en religion, elle se heurta à l’opposition formelle de son père. Elle s’occupa de sa mère malade. Son frère Adam mourut aussi, peut-être dans un accident.

A vingt-huit ans, elle se consacra comme tertiaire franciscaine. Parvenue à l’âge de trente-et-un ans, elle fonda une nouvelle famille religieuse à Rome en décembre 1875, avec la bénédiction du pape. Ce furent les Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth.

Franciszka prit le nom de Maria de Jésus Bon Pasteur.

La congrégation se développa assez rapidement, puisqu’en 1885 il y avait des maisons en Pologne, en Angleterre, en France et aux Etats-Unis d’Amérique. La maison de Paris s’ouvrit en 1891, pour répondre aux besoins des Polonais émigrés ; de même celle de Londres, en 1895. Franciszka elle-même alla encore fonder à Pittsburgh en 1895. Il y eut jusqu’à vingt-neuf fondations de son vivant. La nouvelle famille religieuse se dévouait dans les écoles, les orphelinats, les internats, préparant les enfants aux sacrements. Dans les débuts, les Religieuses s’occupaient en priorité des émigrés polonais, mais ensuite étendirent leur zèle à tous les milieux.

A l’intérieur, les Sœurs devaient se sanctifier personnellement et réparer particulièrement les outrages envers Dieu et l’Eglise, par un amour toujours plus grand de Dieu et du prochain, partout où il y avait quelque nécessité.

Elle montra une activité débordante pour soutenir toute sa nouvelle famille, prêchant des exercices spirituels, tenant des conférences, écrivant beaucoup.

Les forces physiques de Franciszka déclinèrent et elle s’éteignit à Rome le 21 novembre 1902 ; elle venait de fêter son soixantième anniversaire.

Aujourd’hui la Congrégation de la Sainte Famille compte plus d’un millier de Religieuses dans dix pays : à ceux déjà cités précédemment, se sont ajoutés : la Russie, l’Inde, les Philippines, l’Australie, et Jérusalem.

C’est en Russie que onze de ces Sœurs furent martyrisées le 1er août 1943 par la Gestapo ; elles furent béatifiées en 2000.

Franciszka Siedliska a été béatifiée en 1989.

 

 

Clelia Merloni

1861-1930

 

La famille de Clelia était très en vue à Forlí (Romagna, Italie E). Son père, Gioacchino, épousa Teresa Brandelli, qui mit au monde Clelia le 10 mars 1861.

La petite famille dut déménager plusieurs fois en raison du travail de Gioacchino, ce qui engendrait sans cesse de nouvelles difficultés, auxquelles s’ajouta la mort prématurée de Teresa.

Clelia grandit cependant dans la recherche spirituelle et l’amour de Dieu ; elle frappa à diverses maisons religieuses, sans trouver celle qui convenait à son inspiration.

Elle avait trente-trois ans, lorsqu’elle eut un songe : la ville de Viareggio l’attendait. Clelia n’avait jamais été dans cette ville, située sur l’autre versant de l’Italie, à plus de deux-cents kilomètres d’une route qui n’était certainement pas l’autoroute moderne. Elle partit cependant, en avril 1894, confiante en la Providence, accompagnée de deux amies, Elisa Pederzini et Giuseppina D’Ingenheim.

A Viareggio, le père Serafino Bigongiari, des Frères Mineurs franciscains, les aida à s’installer et, un mois après leur arrivée, en mai 1894, les trois amies inaugurèrent l’Institut des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus. Ces Religieuses voulaient répandre l’idéal de sainte Marguerite-Marie Alacoque (v. 17 octobre) : faire connaître et aimer le Sacré-Cœur de Jésus.

Gioacchino Merloni soutint de ses propres deniers l’Œuvre naissante. Il y eut d’abord des maisons pour les orphelins, pour les personnes âgées ; bientôt, Clelia et ses compagnes enseignèrent aussi le catéchisme. Les vocations affluèrent, beaucoup de maisons s’ouvrirent.

Mais en 1899, à la mort de Gioacchino, des erreurs de gestion aboutirent à la fermeture de plusieurs maisons ; les Religieuses durent demander l’aumône et même quitter Viareggio. C’est alors qu’un saint évêque, Mgr Scalabrini (v. 1er juin), s’intéressa personnellement à la congrégation naissante, qu’il soutint fortement.

Celui-ci était évêque à Plaisance ; il accueillit les Apôtres du Sacré-Cœur, les aida à établir leur Règle. Il songeait à leur confier l’assistance aux émigrés italiens, mais mourut en 1905.

La Mère Clelia transféra alors la Maison Généralice à Alessandria, puis finalement à Rome en 1916.

Les Apôtres du Sacré-Cœur purent continuer leur apostolat, et ouvrirent d’autres maisons, aux Etats-Unis et au Brésil.

La maladie frappa durement Clelia, qui s’éteignit à Rome le 21 novembre 1930.

L’Institut fut approuvé en 1931. Il s’est aujourd’hui développé aussi en Suisse et en Argentine. Plus de quinze cents Religieuses, dans quelque deux-cents maisons, s’occupent de faire connaître l’amour du Cœur du Christ aux enfants, aux collégiens et aux lycéens, aux malades, aux vieillards, aux familles, aux «pauvres» de toute condition et de toute origine.

Clelia Merloni, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 21 novembre.

 

 

Reyes Us Hernández

1939-1980

 

Reyes Us Hernández naquit en 1939 à Macalajau (Uspantán, Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était très actif dans les activités paroissiales.

Le 21 novembre 1980, il fut impitoyablement assassiné.

Reyes Us Hernández devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 21 novembre.

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 00:00

 

20 NOVEMBRE

 

III.

S Basile, martyr à Antioche de Syrie.

S Crispin, évêque à Astigi.

S Simplice, évêque à Vérone.

IV.

S Dasius, soldat martyr à Dorostorum.

S Narsès, évêque à Sahrqart, décapité avec d'autres.

S Agapios, martyr à Césarée de Syrie ; exposé à une ourse, il lui courut au-devant, en fut très maltraité et fut noyé le lendemain. 

?

SS Octavius, Solutor et Adventor, martyrs à Turin.

S Théoneste, martyr à Verceil.

SS Eustache, Théspèse et Anatole, martyrs à Nicée.

V.

S Dorus, évêque à Bénévent.

S Apothème, évêque à Angers.

Ste Maxence, irlandaise et martyre près de Beauvais ou de Senlis (?).

VI.

S Silvestre, évêque à Châlon-sur-Saône pendant quarante-deux ans ; il donna la tonsure à s. Césaire.

VIII.

S Hippolyte, abbé à Condat, évêque à Belley.

IX.

S Gregorios le Décapolite, défenseur des icônes, moine à Thessalonique, et thaumaturge.

S Eadmund, roi d'Est-Anglie, mort sur le champ de bataille, souvent considéré comme martyr.

XI.

S Bernward, évêque à Hildesheim, très érudit, grand soutien des monastères et de l'art.

XII.

S Cipriano, abbé à Calamizzi.

XIX.

S Phanxicô Xaviê Can, catéchiste tonkinois, étranglé et décapité pour avoir refusé de fouler la croix, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Anna Felice Viti (Maria Fortunata, 1827-1922), sœur converse bénédictine à Veroli.

Bses Martyres espagnoles de 1936, fusillées près de Valencia :

- béatifiées en 1995 : 

Doctrine Chrétienne : Isabel Ferrer Sabrià (*1852), Catalina Calpe Ibáñez (M. du Rosaire, *1855), Josepa Mongoche Homs (M. de l'Assomption, *1859), María Dolores Llimona Planas (M. de Montserrat, *1860), Emilia Martí Lacal (M. de la Conception, *1861), Josefa Pascual Pallardó (Ignacia du Saint-Sacrement, *1862), Paula de San Antonio (M. Gracia, *1869), Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (Ángeles de Saint-Joseph, *1875) Ascensión Duart Roig (Teresa de Saint-Joseph, *1876), María  Purification Gómez Vives (M. du Cœur de Jésus, *1881), Teresa Jiménez Baldoví (M. du Secours, *1885), María Isabel López García (M. de la Paix, *1885),  María Antonia Orts Baldó (M. du Suffrage, *1888), Gertrudis Rita Florència Surís Brusola (M. des Douleurs, *1899), Aurea Navarro (Marcela de Saint-Thomas, *?) ; deux autres furent fusillées le 26 septembre ;

- béatifiée en 2001 :

Clarisses : María Milagros Ortells Gimeno (*1882).

Crispinus d'Astigi
3. siècle

D’après une tradition fort ancienne, l’apôtre s.Paul serait effectivement venu en Espagne et aurait fondé la première communauté chrétienne d’Astigi (auj. Écija). Ce diocèse fut absorbé par celui de Séville au dixième siècle.
Crispinus aurait été le deuxième évêque de cette communauté, au cours du troisième siècle.
Il serait en outre mort martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Crispinus d'Astigi au 20 novembre.


Basileus d’Antioche
† 303

Basileus fut martyrisé à Antioche de Syrie, vers 303.
On lui donna deux Compagnons, nommés Auxilius et Saturninus, tout-à-fait inconnus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Basileus d’Antioche au 20 novembre.


Octavius, Solutor et Adventor de Turin
4. siècle

Ces trois Martyrs auraient été des soldats de la fameuse Légion Thébéenne (v. 22 septembre). 
Ils auraient échappé au massacre et se seraient enfuis.
Rejoints à Turin, Octavius et Adventor furent tués par le glaive ; Solutor fut blessé d’un coup de lance mais, plus jeune et plus rapide, alla sa cacher dans une carrière de sable. Dénoncé par un enfant, il fut décapité sur les bords de la Dora Riparia, un petit cours d’eau piémontais ; le corps fut jeté au milieu d’un marais - qui s’assécha instantanément.
Les choses pourraient s’arrêter ici, mais un incident presque cocasse s’y ajoute : une pieuse femme réussit à tromper les poursuivants ; les ayant reçus chez elle, elle leur servit tant à boire qu’enivrés, ils finirent par raconter où étaient leurs victimes. La femme alla les retrouver pour leur faire donner une sépulture honorable.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Octavius, Solutor et Adventor de Turin au 20 novembre.


Dasius de Dorostorum
4. siècle

Dorostore (Mésie, act. Bulgarie) fut le théâtre des événements qu’on va essayer de présenter.
Ceux qui ont analysé les documents qui s’y rapportent, ont émis beaucoup de doutes sur la véracité des choses.
Dasius, un soldat de l’armée en garnison à Dorostorum, fut désigné par le sort pour être le «héros» de la fête de Chronos : le soldat choisi devait, pendant un mois, être vêtu d’un habit royal et se livrer à toutes les passions criminelles et immorales du dieu, après quoi, il devait se suicider avec son épée. On a vu une horreur similaire avec s.Cæsarius de Terracina (v. 1er novembre).
Mais Dasius était chrétien. Plutôt que se livrer au Démon pendant trente jours et finir en enfer, il préféra se livrer à Dieu et gagner le Paradis en un jour. Il confessa sa foi et refusa d’exécuter le rituel païen auquel on voulait le soumettre.
On l’enferma au cachot, puis il comparut devant le légat. Il réitéra sa condition de soldat chrétien et refusa d’offrir l’encens à la statue de l’idole.
Il fut décapité.
C’était l’époque des empereurs Dioclétien et Maximien.
Si les détails résumés ci-dessus ne reflètent pas la vérité des événements, l’historicité du personnage de Dasius et l’antiquité de son culte restent assurés.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dasius de Dorostorum au 20 novembre.


Theonestus de Verceil
?

Theonestus aurait été évêque de Vercelli (Piémont, Italie NO), juste avant s.Eusebius (v. 2 août).
Il faut dire que s.Eusebius est vraiment le premier évêque connu de cette ville, et c’est justement lui qui fit la dédicace d’une basilique en l’honneur du martyr Theonestus.
Theonestus, qui n’était vraisemblablement pas évêque, fut probablement martyrisé à Altino, par les ariens, qui le décapitèrent.
Ceci se serait passé sous Théodose (379-395). S.Eusèbe étant mort en 371, il est difficile de concilier ces maigres informations.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theonestus de Verceil au 20 novembre.


Dorus de Benevento
4. ou 5. siècle

Dans le catalogue épiscopal du diocèse de Benevento (Campanie, Italie), on trouve deux Dorus, l’un mentionné en 320, deuxième successeur de s.Ianuarius (v. 19 septembre), l’autre mentionné en 448, qui aurait été le dixième évêque de Benevento.
Les uns prétendent que c’est le premier qui est mentionné au 20 novembre et que le deuxième n’a pas existé ; d’autres encore que ce deuxième était un homonyme non évêque.
Pourtant il semble bien que c’est à l’évêque Doro qu’écrivit s.Léon le Grand (v. 10 novembre) en 448. Le pape lui reprochait d’avoir assigné le premier rang à un nouveau prêtre, contrairement à l’ancienneté des autres. Ces problèmes de préséance…
Le plus important est que Dorus se soit conformé au rappel pontifical ; c’est tout à son honneur.
Cet évêque aurait donc occupé le siège de Benevento pendant dix-sept ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorus de Benevento au 20 novembre.

Silvestre de Chalon-sur-Saône

† 526

 

Le sixième évêque de Chalon-sur-Saône fut Silvestre, à partir d’environ 484.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) affirme que son épiscopat dura quarante-deux ans, mais comme les dates des deux évêques ayant précédé et suivi Silvestre, sont floues, on peut dire seulement que cet épiscopat commença environ en 484 et finit environ en 517-526.

Vers 488, Silvestre reçut la visite respectueuse d’un jeune homme de dix-huit ans nommé Césaire, qui demandait à recevoir la tonsure cléricale. Ce jeune homme entra ensuite à l’abbaye de Lérins et deviendra évêque : on pourra lire la notice de Césaire d’Arles (v. 27 août).

En 517, Silvestre assista au concile d’Epaone, puis à celui de Lyon vers 520.

Le même s.Grégoire de Tours raconte que l’on mettait sous le lit de Silvestre des malades souffrant de la fièvre : ils étaient guéris instantanément. Lui-même attacha au cou d’une jeune fille prise de frissons quelques fibres du vêtement de Silvestre et elle guérit.

Silvestre mourut, plein de jours et de vertus, vers 526.

Le culte de ce saint évêque fut autorisé dès 878.

Saint Silvestre de Chalon-sur-Saône est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hippolyte de Belley

686-769

 

Hippolyte était né en Bourgogne et entra très jeune au monastère alors appelé de Condat, qui fut renommé Saint-Oyand de Joux, enfin Saint-Claude, origine de l’actuelle ville éponyme du Jura.

En 739, ses saintes vertus le désignèrent pour devenir le quinzième abbé du monastère.

En 755, il fut nommé douzième évêque de Belley.

Rien ne changea dans ses habitudes austères personnelles. S’il conservait sa charge d’abbé, il résidait dans son évêché comme dans sa cellule monastique. 

Bellay et Saint-Claude sont à moins de cent kilomètres l’une de l’autre, mais au huitième siècle, cette distance était considérable ; on ne nous dit pas, en réalité, de quelle façon Hippolyte gouvernait son abbaye : on peut supposer qu’il se reposait sur le prieur, et que celui-ci venait consulter régulièrement l’abbé devenu évêque.

Comme évêque, Hippolyte se distingua en étant attentif aux pauvres, visitant les ladreries, les hôpitaux et les prisons.

Sa sainteté lui valut, de la part de Pépin le Bref et de Charlemagne, d’importantes donations en Champagne, en Bourgogne, et jusqu’en Bretagne.

Il fut présent au concile d’Attigny en 765.

La date de sa mort a été établie à 769 environ. Hippolyte était presque nonagénaire.

Saint Hippolyte de Belley est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorios Décapolite

780-842

 

Gregorios Décapolite naquit vers 780 à Irenopolis (décapole d’Isaurie, act. Aşaği Īrnebol, Görmeli, Turquie S), de Sergios et Maria ; il avait un frère.

Dès qu’il eut huit ans, on l’envoya à l’école et Gregorios se passionna pour l’étude de l’Ecriture. 

Revenu à la maison, il y vécut déjà en solitaire, dans l’austérité et les mortifications.

Quand il eut l’âge nubile, les parents voulaient le marier, et lui organisèrent des fiançailles. Au moment où il était escorté par deux domestiques, il leur faussa compagnie et se cacha dans la montagne proche, d’où il rejoignit l’évêque de la ville, un fidèle de l’orthodoxie, ferme adversaire des iconoclastes. Ce dernier conseilla à Gregorios d’aller dans tel monastère.

Pendant ce temps, les parents eurent la sagesse de ne pas chercher à contrarier leur fils. A la mort de Sergios, Maria conseilla même à Gregorios de persévérer dans sa voie.

Malheureusement, les moines du monastère où se trouvait Gregorios étaient tombés dans l’erreur iconoclaste, et Gregorios s’enfuit. Avec son frère, il alla se présenter dans un autre monastère de la région, dont l’higoumène (abbé) était un de ses oncles, Simeon. Il y resta quatorze ans.

Mais Gregorios n’était pas appelé à la vie conventuelle. Il se retira dans une grotte, pour mieux prier et contempler les saints mystères. Il y fut littéralement harcelé par des Démons, qui prenaient la forme de serpents ou se déguisaient en Saints et le brûlaient de désirs charnels. Une vision de sa mère lui apporta le réconfort et la paix.

Il fut alors animé d’un saint désir d’accomplir des pèlerinages pour la gloire de Dieu. Il fut à Ephèse, la ville où s.Jean apôtre fut évêque ; voulant gagner Constantinople, il s’arrêta cependant à Procomèse (Mer de Marmara) puis à Aenus (Enos), et ne put arriver à la ville impériale, peut-être à cause de la présence des Sarrasins. Il gagna Christopolis (entre Thessalonique et Maronia).

Arrivé à Thessalonique, il noua une précieuse amitié avec Iosephos l’Hymnographe (v. 3 avril). Gregorios construisit là un monastère et une église dédiée à s.Menas (v. 25 août).

Dans une Vie de s.Iosephos, il est dit que Gregorios mourut pendant que Iosephos était en voyage, capturé par les Sarrasins puis racheté. Mais dans une Vie de Gregorios, ce dernier serait parti avec Iosephos jusqu’à Rome, où il vécut trois mois dans la retraite, puis se signala - sans le vouloir - par des miracles : il délivra des possédés et convertit une courtisane et sa suite, éloignant de sa maison un dragon infernal.

Il vint à Otrante, où il souffrit les insultes d’une troupe d’iconoclastes. Un Sarrasin voulut le lapider, mais son bras se dessécha.

Revenu à Thessalonique, Gregorios réintégra le monastère Saint-Ménas.

Gregorios avait un don pour pénétrer les consciences et dénonça ainsi un moine qui s’était approprié une part de viande, normalement destinée aux pauvres ; il «biloquait», et se trouva un jour en présence d’un moine qui était violemment tenté par une créature envoyée du Diable : Gregorios chassa la femme et remit le moine sur la bonne route.

Il aurait fait encore un voyage à Constantinople, puis au mont Olympe de Bithynie, d’où il revint malade. Reparti à Constantinople pour assister son oncle Siméon, qu’on avait arrêté, il arriva quand Siméon venait d’être libéré. Il se rendit alors au monastère de Siméon, où il mourut douze jours plus tard, le 20 novembre 842.

Saint Gregorios Décapolite est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadmund  d’Angleterre

840-870

 

Eadmund  d’Angleterre serait né en 840, descendant des anciens rois saxons d’Est-Anglie.

Il n’avait donc pas quinze ans lorsqu’en 854 les clercs et les nobles de Norfolk l’auraient élu pour leur roi, choix que les habitants du Suffolk suivirent sans discuter.

Placé à la tête d’un royaume extrêmement faible et plus exposé aux invasions que les autres, il dut se contenter de négocier avec les pirates en leur fournissant les lourdes rançons qu’ils exigeaient. Mais quand les habitants furent totalement ruinés et que les Normands ne perçurent plus ces tributs, ils entreprirent la conquête du pays. En 870, une bataille eut lieu près de Thetford, où le roi Eadmund périt. Son royaume passa entièrement sous la domination danoise.

L’illustre abbé de Fleury-sur-Loire, s.Abbon (v. 13 novembre), s’efforça de recueillir des témoignages pour écrire, un siècle plus tard, une Vita de s.Eadmund, rendu célèbre par ses nombreux miracles.

Or, Abbon ne se contenta pas de mentionner la mort héroïque du roi sur le champ de bataille. Les détails qu’il y ajoute ne se trouvent pas dans d’autres récits. Il raconta que le chef danois fit porter à Eadmund la promesse de lui laisser son royaume s’il voulait se reconnaître son vassal et mettre son trésor à sa disposition. Eadmund fit répondre que sa foi lui interdisait de se soumettre à un païen et qu’il préférait mourir.

Dans ces conditions, le chef danois fit attaquer le palais du roi ; Eadmund se dépouilla de ses armes et se livra aux envahisseurs. Il fut attaché à un arbre, percé de flèches et décapité. On jeta son cadavre au fond de la forêt. C’était le 20 novembre 870 et le roi avait trente ans.

Les sujets du roi voulurent retrouver son cadavre et, s’enfonçant dans la forêt, organisèrent une battue ; ils furent bien surpris d’entendre bientôt la voix du roi martyr qui leur répondait Here, here, here ! et ils trouvèrent alors un grand loup qui gardait entre ses pattes le chef d’Eadmund en le protégeant des autres bêtes.

La précieuse relique fut rapportée à Beodriesworth, qui prit le nom de Bury-Saint-Eadmund et donna lieu à un magnifique monastère très célèbre.

Saint Eadmund fut très vite invoqué comme le patron de l’Angleterre, jusqu’au 11e siècle. On lui «préféra» ensuite s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier), puis s.Georges (v. 23 avril), ce dernier étant honoré par toutes les confessions, catholique, orthodoxe, protestante et anglicane.

Les détails fournis par s.Abbon expliquent les représentations qu’on trouve du Roi martyr, criblé de flèches comme s.Sébastien (v. 20 janvier), mais distinct de ce dernier soit par la couronne qu’il porte sur la tête, soit par la présence du loup à ses côtés.

Au 16e siècle, la châsse fut détruite ; du monastère, il ne resta presque rien. 

Saint Eadmund d’Angleterre est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

Bernward de Hildesheim

960-1022

 

Bernward naquit vers 960, d’une noble famille de Saxe. Il avait une sœur, Judith, future abbesse de Ringelheim.

Orphelin de bonne heure, il passa son enfance auprès de son grand-père maternel, le comte Adalbero de Saxe.

Il fréquenta l’école cathédrale de Hildesheim, où il acquit une formation complète : outre les études habituelles, il y ajouta l’architecture, la peinture, l’orfèvrerie et la ferronnerie.

En 977, il fut présenté à la cour et reçut une formation de notaire. En 987, il fut à la cour de la reine Theophanu et rédigeait des chroniques. Il fut alors chargé de l’éducation de Otto III.

En 993, Bernward fut sacré évêque de Hildesheim. 

Evêque, il voulut assister à l’office avec les chanoines ; il célébrait la Messe chaque jour ; il aimait donner l’aumône aux pauvres. Il se préoccupait de réunir des jeunes susceptibles d’être candidats au sacerdoce.

Bernward voulut donner à sa ville épiscopale un aspect tout-à-fait romain : les portes de la cathédrale ressemblèrent à celles de Santa Sabina, avec seize sujets représentant des événements bibliques ; devant la cathédrale, il fit construire une haute colonne torsadée, rappelant celle de Trajan à Rome, et portant sur quatre mètres de hauteur trente-quatre scènes de la vie du Christ ; la construction de la majestueuse église abbatiale Saint-Michel devait évoquer la Jérusalem céleste ; tous ces monuments sont inscrits au patrimoine de l’Unesco.

Il protégea la cathédrale et d’autres églises avec des murs et des forteresses, qui pouvaient servir de protection contre des invasions slaves.

Bernward connut une longue et pénible diatribe avec l’évêque voisin de Mayence, chacun revendiquant juridiction sur l’abbaye des moniales de Gandersheim, limitrophe des deux diocèses. L’affaire remonta jusqu’au pape, et malgré la décision de celui-ci, la paix n’était pas revenue entre les deux évêques. Au bout de longues années, ce fut un autre Saint qui les arrangea, l’empereur Henri II (v. 13 juillet) : l’évêque de Mayence (Willigis) reconnut la juridiction de Bernward sur l’abbaye, puis y célébra une Messe solennelle, en présence de Bernward. On a peine à constater comment de grands personnages peuvent arriver à des situations conflictuelles pour de simples questions de droit. Mais Bernward pouvait avoir des raisons que nous ne connaissons pas. Quand Willigis mourut (1011), c’est Bernward qui consacra son successeur.

En 1022, il procéda à la consacration de l’église Saint-Michel (qui ne fut vraiment achevée que plus tard) et demanda à être admis dans cette abbaye : il revêtit l’habit le 11 novembre, et mourut le 20 novembre 1022.

A la suite de miracles obtenus par son intercession, Bernward de Hildesheim fut canonisé en 1192, vénéré tant par le monde catholique que par le protestant.

 

 

Cipriano de Calamizzi

1110-1190

 

Cipriano naquit vers 1110-1120 à Reggio Calabria (Italie Sud), dans une famille noble et riche, d’un père qui lui enseigna la médecine.

Le jeune homme devint à son tour expert dans la science médicale, d’après les biographes.

A vingt-cinq ans, Cipriano entra au proche monastère de Calanna, mais il demanda à mener une vie beaucoup plus érémitique et se retira dans un domaine de son père, proche de Pavigliana. Les grottes de l’endroit permettent de supposer que bien d’autres ermites s’établirent dans cette région.

Cipriano y vécut donc, dans une parfaite solitude, travaillant la terre pour sa nourriture, dans la prière et la méditation.

Evidemment, sa présence ne put demeurer inconnue ; les curieux s’avancèrent, les vocations aussi ; on demanda à l’ermite des conseils, des prières. L’ancien médecin exerça aussi son art.

C’est alors que les moines de la proche abbaye de Calamizzi lui demandèrent d’être leur nouvel abbé, après la mort de l’abbé Paolo. Cette abbaye était bien probablement de rite basilien (oriental). Cipriano jugea que c’était là la volonté de Dieu et accepta (1170).

Le travail de Cipriano fut de stimuler le niveau spirituel et culturel des moines, de restaurer l’église ; il fit construire la campanile, améliorer ou même construire les cellules des moines, leur réfectoire. Il est probable en effet que la vie monastique s’était un peu relâchée et, devenue routinière, n’avait pas été soutenue par une vie suffisamment active, nourrie de lectures intenses et de travaux manuels efficaces.

Cipriano se cassa une jambe en tombant de sa voiture à cheval et ne s’en remit jamais vraiment.

Il mourut saintement à Calamizzi, le 20 novembre 1190. Dans le Martyrologe de ce jour, il est présenté comme Saint.

L’église du monastère de Calamizzi fut détruite dans un tremblement de terre en 1783, tandis que les moines en sortirent miraculeusement indemnes.

 

 

Phanxicô Xaviê Cân 

1803-1837

 

Phanxicô Xaviê (François Xavier) Cân était un catéchiste tonkinois, né vers 1803 à Son Miêng (Hâ Dông, actuel Vietnam). 

Marié, il reçut une mission de l’évêque, Monseigneur Retord, et fut arrêté durant ce déplacement.

On lui reprocha d’enseigner le catéchisme des chrétiens.

On lui présenta une croix à fouler aux pieds. Il refusa. Le mandarin lui susurra : 

- Ce n’est qu’un X, foule le X ! 

- Non ! 

- Ferme les yeux et saute dessus ! 

- Jamais !

Un assistant ne put s’empêcher de remarquer, avec justesse : Il ne sert pas deux maîtres (cf. Mt 6:24).

Phanxicô Xaviê fut étranglé le 20 novembre 1837, puis aussi décapité, pour l’empêcher de ressusciter comme Jésus-Christ. Il avait trente-quatre ans environ.

Béatifié en 1900, canonisé en 1988, Phanxicô Xaviê est mentionné au Martyrologe le 20 novembre.

 

 

Anna Felice Viti

1827-1922

 

Celle qu’on appela heureuse (felice), n’eut vraiment rien pour la rendre heureuse, humainement parlant.

Elle naquit à Veroli (Frosinone, Italie centrale) le 10 février 1827, aînée des neuf enfants de Luigi, un père aussi riche qu’alcoolique, et de Anna Bono.

La maman mourut d’épuisement en 1841, laissant sa petite Anna s’occuper des huit autres gamins et surtout de ce malheureux papa ivrogne, qu’elle aimait et respectait héroïquement au point que chaque soir elle lui baisait la main respectueusement et lui demandait sa bénédiction paternelle, enseignant aux autres à en faire autant.

Un moment, elle fut demandée en mariage par un jeune homme d’Alatri, mais elle préféra sa vocation religieuse.

C’est ainsi qu’en 1851, à vingt-quatre ans, complètement ignorante, elle demanda aux Bénédictines de Veroli de l’accepter comme sœur converse pour devenir sainte.

Aujourd’hui, on s’occuperait davantage d’une telle novice, en lui donnant le temps d’apprendre au moins à lire et à écrire. Au 19e siècle, c’était différent. Les monastères avaient besoin de Convers, qui accomplissaient toutes les tâches matérielles, pendant que les Profès chantaient l’office au chœur et faisaient d’autres travaux intellectuels.

Cette malheureuse Anna Felice eut l’heur de recevoir comme nom de religion Fortunata. Bien mal fortunée, cette héroïne se sanctifia désormais dans les tâches domestiques du couvent, dans l’humilité du travail caché, dans la prière intérieure constante : filer la laine, faire la cuisine, tenir la buanderie, racommoder les bas, conservant un inaltérable sourire avec toutes les consœurs.

Par sa fidélité au devoir pendant soixante-douze années, dans la sécheresse des journées parfois monotones, la Sœur Fortunata acquit la sainteté. Une sainteté assaisonnée de douleurs rhumatismales, de la surdité et de la cécité. A la fin, elle ne pouvait plus bouger sur son lit.

A sa mort, le 20 novembre 1922, elle avait quatre-vingt quinze ans ; les Bénédictines l’ensevelirent rapidement, dans la tombe commune ; mais alors les fidèles commencèrent à demander ce qu’était devenue cette Religieuse qui avait fait des prophéties, qui avait éclaté en sanglots durant la Messe, ayant «appris» que le prêtre aurait renoncé au sacerdoce ; ou qui avait obtenu la guérison de deux malades atteintes de méningite quelques années plus tôt…

Les miracles se multiplièrent par son intercession. On transféra ses restes dans l’église abbatiale.

Sœur Fortunata fut béatifiée en 1967.

Isabel Ferrer Sabriá

1852-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Catalina Calpe Ibáñez

1855-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josepa Mongoche Homs

1859-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Dolores Llimona Planas

1860-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (née en 1875)

 

 

Emilia Martí Lacal

1861-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josefa Pascual Pallardó

1862-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Paula de San Antonio

1869-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

1875-1936

 

Francisca était née le 16 janvier 1875 à Villajoyosa (Alicante, Espagne).

Elle prit le nom de María de los Ángeles (des Anges) et de Saint-Joseph chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne.

Ces Religieuses, fondées en 1880 par Micaela Grau, ont pour mission l’éducation des petits enfants et des jeunes pour les aider à devenir de bons chrétiens, sans oublier d’ailleurs aussi les malades et les nécessiteux.

Ángeles avait été élue supérieure de la Congrégation. On la savait droite, courageuse, animée d’une profonde charité envers tous.

Elle avait comme Vicaire et Maîtresse des novices María Antonia Orts Baldó (en religion María du Suffrage), née le 9 février 1888 à Altea (Alicante), et qui était entrée dans la Congrégation en 1922. De grande culture, elle était le véritable ciment de charité entre toutes les religieuses. Au moment suprême, elle exhorta ses Compagnes à pardonner. Toutes ses jeunes novices reprirent leur préparation à partir de 1939.

Les autres Compagnes étaient :

Teresa Rosat Balasch (en religion María du Refuge), née le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique ; elle fit les vœux en 1906 et fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins de Rei, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet (Valencia), profondément religieuse, de vie intérieure intense, généreuse et désintéressée ; elle se réfugia d’abord chez des amis, mais fut bientôt arrêtée et mise en prison à Carlet.

Josefa Romero Clariana (en religion María du Calvaire), née le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), entrée dans la Congrégation dès 1892, malgré une forte opposition de la part de la famille ; elle faisait tous les travaux humbles avec grande disponibilité. Elle fut à San Vicente dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar, et Carlet. Réfugié d’abord chez sa sœur, elle subit huit jours de prison avant d’être fusillée.

María Dolores Llimona Planas (en religion María de Montserrat), née le 2 novembre 1860 à Molíns de Rei (Barcelona) ; une des premières à faire partie de la Congrégation naissante ; elle fut supérieure de 1892 à 1925 (trente-trois ans) ; à sa mort, elle était conseillère générale.

Ascensión Duart Roig (en religion Teresa de Saint-Joseph), née le 20 mai 1876 à Benifayó de Epioca (Valencia) ; longtemps maîtresse des novices ; femme de prière, qui savait se mortifier, elle répétait souvent : Il vaut parler avec Dieu que parler de Dieu. Elle avait un don particulier pour la peinture ; elle était la supérieure locale de la maison généralice.

Isabel Ferrer Sabriá, née le 15 novembre 1852 à Vilanova y la Geltrú (Barcelona), était la plus âgée du groupe, cofondatrice de la Congrégation ; elle s’était établie avec la Fondatrice à Molíns de Rei (Barcelone) en 1880 ; pénétrée profondément de l’esprit de la Fondatrice, elle sut transmettre cet idéal à toutes les autres jeunes qui entraient dans la Congrégation. Elle s’intéressa particulièrement aux plus pauvres, aux marginaux, aux analphabètes.

Josepa Mongoche Homs (en religion María de l’Assomption), née le 12 juillet 1859 à Ulldecona (Tarragona), de vie intérieure très profonde, particulièrement dévote de la Sainte Vierge ; c’était une maîtresse couturière.

Emilia Martí Lacal (en religion María Concepción), née le 9 novembre 1861 à Carlet (Valencia) ; elle fit partie de la fondation à Carlet ; délicate, humble, femme de prière et de silence, elle aida les jeunes de Sollana à prier, à méditer en silence, mais aussi à coudre.

Paula de San Antonio (en religion María Gracia), née le 1er juin 1869 à Valencia. Très pauvre, elle était connue à Turís pour son imperturbable sourire et sa disponibilité à rendre service ; enseignante, à l’esprit apostolique, sa préférence allait aux malades et aux pauvres.

María Purificación Gómez Vives (en religion María du Sacré-Cœur), née le 6 février 1881 à Valencia ; elle aussi était enseignante, et sut inculquer à toutes les élèves de Molíns de Rei un profond esprit de piété, tant elle savait être comprise par elles ; 

Teresa Jiménez Baldoví (en religion María du Secours), née le 13 mars 1885 à Sant Martí de Provençals (Barcelona) ; elle fut orpheline de sa mère et fut recueillie par les Carmélites. En 1907, elle entra au noviciat des Religieuses de la Doctrine Chrétienne et fut à Mislata au moment de la révolution ; elle s’occupait particulièrement des tout-petits et des orphelins, avec une douceur maternelle ; 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola (en religion María des Douleurs), née le 17 février 1899 à Barcelone ; elle fut éduquée d’abord chez des Religieuses françaises, puis à l’Ecole Normale de Barcelone ; l’été, elle était chez ses oncles de Cabrera de Mar. En 1918, elle entra chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, où sa Maîtresse des Novices fut Ascensión Duart Roig (ci-dessus). En partant pour Valencia, elle avait dit : Mon sort sera celui de toutes les Sœurs.

Josefa Pascual Pallardó (en religion Ignacia du Saint-Sacrement), née en 1862 à Valencia, orpheline elle-même ; entrée au noviciat de San Vicente dels Horts, elle était devenue la cuisinière de la maison, toujours soucieuse d’accomplir son travail avec l’élégance spirituelle qui convenait. En 1936, elle dut quitter précipitamment la communauté de Sollana et rejoindre celle de Valencia.

Catalina Calpe Ibáñez (en religion María du Rosaire), née le 25 novembre 1855 à Sueca (Valencia), était passionnée par les ouvrages de spiritualité et d’histoire ; aimable, sérieuse, délicate, elle fut exécutée cinq jours avant son quatre-vingt-unième anniversaire. 

María Isabel López García (en religion María de la Paix), née le 12 août 1885 à Turís (Valencia) ; au dos d’une des images qu’elle conservait dans un de ses livres, elle avait écrit : Seigneur, rends-moi digne d’être martyre par amour pour toi.

Aurea Navarro (en religion Marcela de Saint-Thomas), née (en ???) à La Roda (Albacete) ; elle entra dans la Congrégation en 1934, à la veille de la Révolution. 

 

Le 19 juillet 1936, la communauté de Mislata se transféra à celle de Valencia, dont le noviciat avait été évacué, les novices ayant rejoint soit leurs familles soit des amis qui les hébergeaient. Restait seulement Aurea Navarro (Tomasa), qui ne savait où aller, n’ayant plus de nouvelles de sa famille depuis longtemps.

Le 26 septembre, on appela Teresa Rosat Balasch et Josefa Romero Clariana. qui furent conduites au Barranco de los Perros (Llosa de Ranes, Valencia), où elles furent fusillées. Après la guerre, les Religieuses recueillirent amoureusement la mère de Teresa jusqu’à ses derniers moments.

Au couvent, les perquisitions quasi quotidiennes se répétèrent ; les Religieuses pouvaient encore envoyer de leurs nouvelles aux autres communautés, aux familles, dans un climat de Gethsémani. La vie de communauté se réorganisa. Les Religieuses se proposèrent même pour confectionner des pull-overs pour les «combattants», sans distinction, y compris, certainement, pour ceux-là mêmes qui allaient les conduire à la mort.

Le vendredi 20 novembre 1936, des miliciens ordonnèrent à toutes les Religieuses de monter dans un camion. Devinant facilement ce qui se passait, elles s’encouragèrent l’une l’autre, prièrent, pardonnèrent aux miliciens, qui les conduisirent au Picadero de Paterna, à quelques kilomètres de là.

Là, les quinze Religieuses furent d’abord torturées et mutilées, avant d’être fusillées. La dernière fut la Mère supérieure, María des Anges, qui alors cria fortement : Vive le Christ Roi !

La béatification de ces dix-sept Religieuses de la Doctrine Chrétienne eut lieu en 1995.

Les deux premières martyres du groupe sont mentionnées au Martyrologe le 26 septembre, les quinze autres au 20 novembre.

 

 

Ascensión Duart Roig

1876-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Purificación Gómez Vives

1881-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Milagros Ortells Gimeno

1882-1936

 

De famille bourgeoise et très chrétienne, Milagros naquit le 28 novembre 1882 à Turía.

Joyeuse, jamais elle ne voulut avoir les «aises» de sa famille (ses parents tenaient une importante manufacture), elle ne suivait pas les modes, ne porta jamais ni chapeau ni mantille, s’agenouillait par-terre à l’église et recherchait plutôt l’amitié des filles de classe pauvre.

A vingt ans, elle entra chez les Clarisses, en 1902.

Elle y fut infirmière, couturière, sacristine, puis conseillère de l’abbesse et maîtresse des novices. Elle se signalait pour sa prudence, son esprit de mortification, son grand amour pour la Sainte Vierge et l’Eucharistie, sa fidèle obéissance.

Par deux fois déjà, durant la République, elle dut quitter le monastère, mais sans conséquences à ce moment-là.

En revanche, en 1936, elle s’était réfugiée avec sa sœur María avec les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, et partagea leur sort (voir la notice : Francesca Desamparados Honorata Lloret Martí).

Il y eut une étude faite sur son cadavre, d’où il résulte combien son martyre fut horrible, le 20 novembre 1936.

Milagros Ortells Gimeno fut béatifiée en 2001.

 

 

Teresa Jiménez Baldoví

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Isabel López García

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Antonia Orts Baldó

1888-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Aurea Navarro

1889-1936

 

La date de sa naissance n’est pas certaine.

Elle dut naître à La Roda et entra chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, à l’âge d’environ quarante-cinq ans.

Elle n’écrivit jamais rien sur son passé, qui avait dû être douloureux. On ne l’entendit jamais parler ouvertement non plus de sa famille, dont elle se sépara avec peine, pour suivre l’appel de Dieu. Seules ses Supérieures surent pourquoi elle voulait se consacrer et l’acceptèrent volontiers en 1934, à Valencia.

Vêtue en 1935, elle se montrait heureuse et discrète, toujours souriante.

Elle tint à prendre la nom de Tomasa, déjà porté par sa mère.

 

Voir aussi la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola

1899-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 00:00

 

19 NOVEMBRE

 

-V.

S Abdias, prophète.

II.

SS Severinus, Exuperius et Felicianus, martyrs près de Vienne.

III.

S Maximos, chorévêque et martyr à Césarée de Cappadoce.

S Barlaam, martyr à Antioche : il eut la main brûlée par les charbons ardents et l'encens qu'il refusa de faire brûler devant les dieux païens.

S Faustus, diacre à Alexandrie et martyr (peut-être le même qu'au 6 septembre).

S Citroine (Cydroine), prêtre en Loudunais (IV.?).

IV.

S Azas, martyr en Isaurie.

VI.

S Théodemir, abbé à Micy.

VII.

S Houardon, évêque à Saint-Pol-de-Léon, ami et protecteur de s. Hervé.

VIII.

Ste Ermenburge (Domneva, Ebba), mère des stes Mildburge, Mildred, Mildgyth et de s. Merefin, sœur des ss. Ethelred et Ethelbert, abbesse à Minster-in-Thanet.

S Eudo, abbé au Monastier.

Ste Medana, vierge martyre en Ecosse.

IX.

S Totto, abbé à Ottobeuren.

S Jacques, ermite à Sasseau, peut-être un soldat venu de Grèce.

X.

S Simone, abbé, puis ermite au Monte Mercurio en Calabre.

Ste Amalberge, abbesse à Susteren.

XIII.

Ste Mechtild de Hackeborn, mystique contemporaine de ste Gertrud, à Helfta.

XIV.

S Giacomo Benfatti, évêque à Mantoue, dominicain.

XX.

Bx Eliseo García y García (*1907), profès salésien, et Alejandro Planas Saurí (*1878), laïc coopérateur salésien, martyrs près de Barcelone en 1936, béatifiés en 2001 ; Alejandro resta laïc parce que, sourd, il ne pouvait émettre la profession…

Abdias, prophète

Les vingt-et-un versets du prophète Abdias en font le livre le plus court de toute la sainte Bible. Et saint Jérôme en dit qu’il est d’autant plus difficile qu’il est court (quanto brévius est, tanto difficílius).
En effet, on ne sait rien sur le prophète en question, ni sur son époque.
Le nom même du prophète pose des problèmes : il vaudrait mieux dire Abdiou, ou même Obdeiou, comme l’ont gardé les Anglo-saxons.
La période de l’activité de ce «petit prophète» n’est pas connue : elle pourrait se situer, pour les uns, au 9e, pour d’autres au 6e siècle.
Si Abdiou est rangé parmi les «petits prophètes», c’est justement en vertu de la brièveté de son message, comme les onze autres, dont les livres sont beaucoup plus brefs que ceux des quatre «grands prophètes».
Le texte se présente comme une «vision», une sorte d’extase, durant laquelle Abdiou a entendu un message divin, qu’il répète.
Cette vision accuse fortement le pays d’Edom, qui n’est pas venu au secours d’Israël, et même s’est réjoui des attaques dont il était victime, avant que la «vengeance» de Dieu s’enflamme contre lui.
On y a vu la rivalité héréditaire entre les deux frères Esaü et Jacob, et plus tard l’action dominatrice de la Rome païenne contre Israël.
Le livre d’Abdiou n’est jamais cité dans le Nouveau Testament. Parmi les Pères de l’Eglise, trois en particulier l’ont commenté : Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et saint Cyrille d’Alexandrie, qui penchent pour une interprétation historique du texte, rappelant la rivalité constante entre l’Idumée et Israël, puis la «punition» providentielle de l’Idumée, alliée de Babylone, ces deux dernières renversées par les Perses.
Ce renversement de situation, l’écrasement de l’Idumée, a finalement été interprété comme l’écrasement du diable par le Christ ressuscité (saint Hésychius de Jérusalem). Saint Jérôme enfin applique cette victoire finale à l’effacement des hérésies.
Saint Abdias est commémoré le 19 novembre au Martyrologe.


Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne
? 2. siècle

On ne sait pas à quand remonte le martyre de ces trois Saints.
Ils auraient été martyrisés à Brennier (Isère), et on les aurait longtemps ignorés.
Durant l’épiscopat de Paschasius (5.siècle), un sous-diacre nommé Tertius aurait eu révélation de leur sépulture.
Après une translation de leurs reliques, ils furent très honorés à Saint-Romans et les fidèles obtinrent beaucoup de grâces par leur intercession. On les appela les Trois Doms, les trois «seigneurs».
Ce qui restait de leurs reliques fut dispersé par les Huguenots en 1562.
Le Martyrologe Romain mentionne les saints Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne au 19 novembre.


Maximos de Césarée de Cappadoce
? 3. siècle

En ce jour du 19 novembre était commémoré un Maximus, prêtre, martyr sur la Voie Appienne, à Rome, sous Valérien (donc vers 255).
Les premières informations le concernant le disaient d’abord commentariensis, un secrétaire ; on en a fait ensuite un prêtre, sous Maximin (donc vers 310) ; puis les faits se sont transportés sous Maximien (donc fin 3e ou début 4e siècle, mais il ne semble pas que Maximien ait persécuté les Chrétiens ) ; on aurait jeté Maximos du haut d’un pont.
Mais une autre source le localisa à Césarée de Cappadoce (auj. Kayseri, Turquie centrale), et là notre Martyr est un chorévêque (missionnaire avec les pouvoirs d’un évêque).
Le Martyrologe Romain actuel a repris ces informations et mentionne saint Maximos de Césarée de Cappadoce au 19 novembre.


Barlaam d’Antioche
† 303

Barlaam était un homme simple, très chrétien, des environs d’Antioche de Syrie (auj. Antakya), peut-être un brave villageois, et d’un certain âge.
A cause de sa foi, on le garda longtemps en prison, où il se prépara par la prière à supporter tous les supplices que l’on voudrait lui infliger.
Quand on l’en tira, on l’amena devant une statue de dieu païen et on lui fourra de force dans la main des charbons ardents et de l’encens, qu’il devait offrir à cette statue. On espérait que Barlaam se serait tordu de douleur et qu’en retournant sa main, il aurait laissé s’échapper la fumée d’encens vers la statue ; mais le brave homme, courageusement, resta immobile. 
Dans une homélie prononcée plus tard au jour anniversaire de cet événement, s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) prononça ces mots : On voyait s’élever deux fumées : l’une de l’encens qui s’allumait, l’autre de la chair qui se détruisait… Le corps se détruisait, mais la foi ne se perdait pas… Les charbons, après avoir troué la main par le milieu tombaient à terre…
Personne n’a dit que Barlaam eût été martyrisé ensuite. Il succomba peut-être des suites de ses blessures et sa constance lui valut de la part de l’Eglise le titre de martyr.
La date du martyre reste incertaine. S. Jean Chrysostome, qui s’exprime au lendemain de la fête de Barlaam, mentionne la proximité de l’été, ce qui conforterait un jour du mois de mai : certains ont effectivement daté l’événement du 30 mai. Le 19 novembre serait plutôt la date de la dédicace de l’église Saint-Barlaam à Constantinople.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Barlaam d’Antioche au 19 novembre.


Eudo du Monastier
† 720

Un monastère avait été fondé dans le diocèse du Puy par un certain Calminius, comte d’Auvergne, dont le nom avait été à l’origine de Calmiliacum, devenu ensuite Le Monastier.
Eudo (Eodo, Eudes, Audo), né à Orange, avait été archidiacre de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Moine à Lérins, il fut désigné par l’abbé, en 655, pour être le premier abbé de Calmiliacum.
Il excella vraiment dans sa mission, au point que les moines furent bientôt très nombreux.
Il aurait été l’oncle de Chaffre ou Théofrède (Theodfredus), qui lui succéda et dont le monastère prit ensuite le nom.
La communauté suivit d’abord la Règle de Lérins, puis adopta celle de s.Benoît (v. 21 mars).
On trouve aussi qu’Eudo aurait été évêque du Puy, mais il n’y a pas d’évêques de ce nom dans la liste épiscopale de ce diocèse. A cette époque, seul un certain Eusebius aurait un nom approchant celui d’Eudo, mais il n’a rien à voir avec lui.
Eudo mourut vers 720.
Saint Eudo du Monastier est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.


Simone de Monte Mercurio
10e siècle

Simone était l’abbé d’un monastère situé sur le Monte Mercurio (Calabre, Italie S).
On sait qu’il fut envoyé en Afrique pour y racheter des moines capturés par les Arabes lors de leur récente incursion. Ce qu’on ne précise pas, c’est l’autorité qui lui confia cette mission ; les moines calabrais étaient de rit oriental, comme s.Nilo (v. 26 septembre) ou son disciple Bartolomeo de Grottaferrata (v. 11 novembre). Si ces monastères suivaient la Règle de s.Basile, ils restaient indépendants les uns des autres et n’appartenaient pas à quelque confédération, comme c’est le cas des moines Bénédictins en Occident. Ce n’est qu’au siècle suivant qu’intervint une réforme dans le sens d’une confédération des monastères, sur l’exemple de ceux du monde latin.
On pourrait donc supposer à juste titre que Simone, en tant qu’abbé, ait pris sur lui de se rendre personnellement auprès de l’autorité arabe pour solliciter la libération des moines captifs. Peut-être ces moines étaient-ils de son propre monastère et Simone pouvait les connaître nommément.
Quand il fut en Afrique (on ne nous dit pas non plus dans quelle région), il put retrouver ces moines. L’un d’eux lui raconta comment les Musulmans flagellaient leurs victimes, de façon répétée et extrêmement douloureuse, dans le but avoué d’affaiblir tellement les moines, qu’ils finissent par renier la foi chrétienne.
Simone pria Dieu d’intervenir : le bras du bourreau se paralysa sur le champ, à la grande stupeur de tous ceux qui assistaient à cette torture. Simone s’avança alors vers le bourreau et, d’un signe de croix, redonna vie au bras malade.
C’est alors que le chef arabe, témoin d’un tel miracle, libéra sans attendre tous les moines prisonniers.
Revenu en Calabre, ajoute brièvement la Vie de Simone, il conduisit alors la vie érémitique.
On pourra ici admirer l’esprit de détachement, d’humilité, de cet abbé. Plutôt que de reprendre sa place d’abbé - et risquer d’être fréquemment montré comme un thaumaturge, il se mit à l’écart, dans la solitude, pour prier et contempler.
Un vieux texte italien résume cette vie d’anachorète en disant que Simone fut admirable dans ses rudes pénitences.
De même qu’on ignore la date, même approximative, de la naissance de Simone, de même on en ignore celle de sa mort. Avec le Martyrologe, on le situe simplement au dixième siècle.
Saint Simone de Monte Mercurio est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.

Mechtild de Hackeborn

1241-1299

 

Mechtild était née à Helfta (Allemagne C) vers 1241, petite sœur de Gertrud (la Grande, v. 17 novembre), de famille noble.

Toutes les dates qu’on donne ici peuvent varier d’une année.

A sept ans, Mechtild fut confiée au monastère cistercien de Rodardersdorf et y reçut une culture très vaste, allant d’Origène à Thomas d’Aquin, de l’Ecriture à la liturgie.

Après que Gertrud devint abbesse à Helfta, Mechtild la rejoignit, en 1258. Elle dirigea l’école du couvent, fut maîtresse des novices. Elle eut en outre à diriger le chœur des moniales ; on disait que sa façon de diriger avait parfois de l’extatique.

Elle bénéficia en effet de visions, de révélations, d’expériences mystiques. Pendant longtemps, elle maintint secrètes ces grâces particulières, mais commença à s’en ouvrir vers 1290, et deux moniales recueillirent ses confidences. Une de ces deux-là fut très certainement Gertrud elle-même.

Le Livre de la Grâce Spéciale parle du culte envers le Sacré-Cœur, avec sa blessure d’amour, de l’Eucharistie, de la Liturgie, des Ames du Purgatoire. Mechtild savait parler des Ames du Purgatoire, par exemple de celle de son père.

Elle vivait intensivement la Passion de Notre-Seigneur ; elle se mettait des tessons dans le lit et s’y roulait jusqu’au sang en s’offrant pour le salut des âmes.

On rapporta aussi des cas de guérisons qu’elle aurait opérées, par exemple en rendant la vue à une moniale aveugle.

Les textes de Mechtild furent largement diffusés ; Heinrich Seuse et Johannes Tauler les lurent ; on les connut en Hollande, en Angleterre, en Suède.

Mechtld mourut le 19 novembre 1299, son dies natalis au Martyrologe.

 

 

Giacomo Benfatti

? - 1332

 

Né vers la moitié du 13e siècle à Mantoue (Italie N), de noble famille, Giacomo (Jacques) entra chez les Dominicains.

Il étudia à Paris, où il reçut le titre de maître en théologie.

Devenu conseiller du maître général des Dominicains, Nicola Boccasino, ce dernier, une fois devenu le pape Benoît XI, le nomma évêque de Mantoue en 1304.

Giacomo fut discret et prudent. Il se maintint à l’écart des luttes fratricides qui déchiraient les villes rivales d’Italie. 

Proche des pauvres, il fut leur père. Il s’occupa particulièrement des pestiférés et des malades.

Il connut Luigi Gonzaga (v. 20 juin), dont la famille habitait aussi près de Mantoue.

On connaît peu de choses sur l’épiscopat de Giacomo : en 1311, il assista au couronnement d’Heinrich VII comme roi d’Italie ; en 1312, il participait au concile de Vienne en Dauphiné ; en 1326, il administrait la Confirmation à Rome.

Il donna des statuts à la compagnie des Frères de la Miséricorde.

Au terme de ces vingt-huit ans d’épiscopat, Giacomo Benfatti s’éteignit à Mantoue le 19 novembre 1332.

Son culte commença dès sa mort, et s’amplifia encore lorsque trois siècles plus tard on découvrit le corps intact ; ce culte a été confirmé en 1859, ce qui correspond à une béatification.

 

 

Alejandro Planas Saurí

1878-1936

 

Alejandro Planas Saurí était né le 31 octobre 1878 à Mataró (Barcelone).

De naissance, il était sourd. Il apprit à s’exprimer, à parler un peu, et pouvait comprendre ce qu’on lui disait en lisant sur les lèvres.

A partir de 1905, il vécut chez les Salésiens à San Viçens dels Horts, où on le voyait prier avec grande ferveur, toujours disponible à aider les autres. Il était très cultivé, et en plus habile à sculpter.

Il ne fit pas la profession religieuse proprement dite, mais il se consacra privément.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder», jugeant trop rapidement que le pire était passé. Son confrère Eliseo venait le voir, pour lui apporter des vivres et surtout un soutien fraternel.

Ils furent arrêtés tous les deux. On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo et Alejandro furent béatifiés en 2001.

 

 

Eliseo García García

1907-1936

 

Eliseo naquit à El Manzano (Salamanque) le 25 août 1907, dans une famille d’agriculteurs, où naquirent quatre enfants. Les parents moururent en 1916.

Son frère aîné, Esteban, était entré chez les Salésiens et il le suivit, comme laïc coadjuteur. Il devait aussi le suivre dans le martyre (don Esteban fut assassiné le 24 septembre 1936, et béatifié en 2007).

Il fut d’abord à Campello (Alicante), où il fut déjà persécuté par les miliciens, qui connaissaient ses accointances avec les Salésiens.

Après avoir fait les vœux en 1932, à Gerona, il fut envoyé pour travailler au collège de San Viçens dels Horts, où il se trouvait au moment de la guerre civile.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Voilà les pauvres Religieux, avec leurs élèves, privés de leur oratoire. Mais on continua de prier, avec ferveur.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder». Eliseo allait le voir, pour lui apporter des vivres.

Il fut alors arrêté (ainsi qu’Alejandro). On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo (et Alejandro) furent béatifiés en 2001.

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 00:00

 

18 NOVEMBRE

 

IV.

Dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome ; reconstruites, elles furent reconsacrées, la première ce même jour en 1626, l'autre en 1854 après un incendie.

S Romanus, diacre martyr à Antioche de Syrie ; sa langue coupée ne l'empêcha pas de parler ; les pieds écartés dans les ceps, il fut étranglé.

V.

S Oriculus, martyr près de Reims.

VI.

Ste Aude, vierge, disciple de ste Geneviève, fervente de l'Eucharistie.

S Thomas d'Emèse, moine en Syrie ; on avait mis d'autres corps dans son tombeau encore libre : on les retrouva hors du tombeau, signe qu'on lui devait une sépulture à part.

S Maudez, abbé breton ; il est invoqué contre tout ce qui rampe, serpents et vers.

S Patrocle, ermite dans le Berry et thaumaturge ; il n'avait pu s'accomoder de la vie commune des clercs à Bourges, et se retira à Néris, puis dans les environs.

S Romacharius, évêque à Coutances.

VIII.

S Fergus, évêque en Ecosse.

S Théofrède, abbé à Carméry et martyr des Sarrasins. Son monastère s'appela ensuite Saint-Chaffre.

IX.

S Tanguy, abbé en Bretagne ; ayant par erreur tué sa sainte sœur Haude, il aurait jeûné quarante jours et fondé un monastère à Relecq.

X.

S Odon, tourangeau, moine à Baume-les-Messieurs, puis abbé de trois monastères, dont Cluny, mort au jour octave de s. Martin.

XVII.

B Leonardus Kimura, frère coadjuteur jésuite, martyr brûlé vif à Nagasaki avec les bx. laïques Domingos Jorge (portugais époux d'une japonaise), Cosmas Takeya Sozaburo (coréen), Ioannes Yoshida Shoun, teinturier, et Andreas Murayama Tokuan ; ces laïques faisaient partie de la Confraternité du Rosaire.

XIX.

Ste Rose-Philippine Duchesne, missionnaire française des Dames du Sacré-Cœur, à Saint Charles Missouri ; elle inaugura encore une école chez les Potawatomis (Kansas) à soixante-douze ans ; canonisée en 1988.

XX.

B Ferdinando Santamaria (Grimoaldo de la Purification, 1883-1902), jeune passionniste italien frappé de méningite foudroyante, béatifié en 1995.

Bse Karolina Kozka (1898-1914), jeune martyre polonaise, victime de sa pureté, béatifiée en 1987.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1998 :

Visitandines : Amparo Hinojosa Naveros (María Gabriela, *1872), Carmen Barrera Izaguirre (Josefa María, *1881), Laura Cavestany Anduaga (Teresa María, *1888), Martina Olaizola Garagarza (María Angela, *1893), Josefa Joaquina Lecuona Aramburu (María Engracia, *1897), Inés Zudaire Galdeano (María Inés, *1900), à Madrid ;

        - béatifiés en 2007 :

Diocésains : José María Cánovas Martínez (*1894), près de Cartagena ;

Dominicains : Vidal Luis Gómara (*1891), prêtre, près de Madrid ; 

Lasalliens : Esteban Anuncibay Letona (Ovidio Bertrán, *1892), Germán García y García (Luciano Pablo, *1903), Modesto Sáez Manzanares (Hermenegildo Lorenzo, *1903), Augusto Cordero Fernández (Estanislao Víctor, *1908), Emiliio Martínez de la Pera Álava (Lorenzo Santiago, *1913), près de Cartagena.

 

Romanus de Césarée de Palestine
† 303

Romanus était de la région de Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël) - ou appartenait à une grande famille d’Antioche.
Il était diacre et exorciste.
En 303, parut l’édit de Dioclétien contre les Chrétiens. Romanus vit à Antioche de nombreux Chrétiens prêts à apostasier, et chercha de toutes ses forces à les convaincre de rester fidèles au Christ.
Il fut bientôt conduit au juge, qui le condamna à la peine du feu. Mais on devait attendre la décision suprême de Dioclétien, qui devait passer à Antioche.
L’empereur, courroucé par l’attitude de Romanus, préféra lui faire couper la langue, supplice qui fut exécuté par un médecin.
Mais la merveille est que, même blessé de la sorte, Romanus put encore parler.
Une version un peu édulcorée rapporte que Romanus aurait demandé de faire venir n’importe quel enfant de la place publique, pour confirmer la Foi chrétienne, et le petit Barulas confessa la Foi dans le Dieu unique. L’enfant fut décapité et Romanus aurait eu alors la langue coupée, avant d’être étranglé.
Dans les deux versions, on retrouve le miracle de la langue coupée. Saint Jean Chrysostome affirma qu’alors on avait pu supprimer la langue de Romanus, mais pas sa voix !
A ce moment-là, beaucoup de Chrétiens bénéficièrent d’une amnistie concédée par Dioclétien en l’honneur du vingtième anniversaire de son accession au trône, mais Romanus ne fut pas libéré. Au contraire, on lui mit les deux pieds dans les ceps écartés jusqu’au cinquième trou et c’est dans cette  douloureuse position qu’il fut étranglé.
On a vu que le 17 novembre étaient morts les deux Martyrs Alphæus et Zachæus ; Romanus mourut le lendemain, 18 novembre 303.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Césarée au 18 novembre.


Romacharius de Coutances
† 600

Un document non confirmé a prétendu que Romacharius (ou Rompharius, en français Romphaire) venait de Grande-Bretagne et aurait résidé à Barfleur (Manche).
Il fut le sixième évêque de Coutances, probablement de 566 à 600.
On ne connaît que peu de choses sur le temps de son épiscopat, qui dura tout de même trente-quatre années environ.
Il se trouva à Nantes aux côtés de s.Euphrone de Tours (v. 4 août) pour la dédicace d’une église.
Quand l’évêque métropolite de Rouen, Prétextat, fut assassiné sur l’ordre de la reine Frédégonde (14 avril 586), c’est Romacharius qui présida aux funérailles.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romacharius de Coutances au 18 novembre.


Maudez de Lanmodez
6e siècle

Maudez (vieux celtique Magu-Tid, serviteur de Dieu) passe pour être d’origine irlandaise, comme son nom ne l’indique pas. En gallo, on l’écrit Maudé ou Maudet, en breton Maodez ou Modez, en cornique Mawes.
On le disait benjamin des dix fils du roi Ercleus et de la reine Getuse ; de ces dix enfants, on parle aussi de Juvelte (ou Juvette).
A sept ans, il fut confié à un monastère, où il reçut le sacerdoce dix ans plus tard (sans doute un peu plus, car jamais l’Eglise n’ordonne un prêtre à dix-sept ans).
Etant revenu à la cour de son père, il s’efforça d’en réformer les mœurs et d’y prêcher l’Evangile ; mais il préféra quitter ce monde de vanités pour s’isoler avec Dieu.
Il rejoignit la côte armoricaine, rencontra s.Samson dans son monastère, s.Ruelin au monastère de Tréguier : il s’établit non loin, dans la solitude appelée plus tard Lanmodez, où de nombreux pèlerins et malades vinrent le consulter, lui demander de l’aide spirituelle et matérielle ; les sourds, les aveugles, les paralytiques s’en revenaient guéris.
Il aurait ensuite fondé un monastère sur l’ile Gueit Enez (plus tard Gueldenes, act. île Maudez), où l’auraient rejoint s.Budoc et s. Tudy ou Tugdual (v. 30 novembre).
Comme s.Patrice en Irlande (v. 17 mars), il chassa de l’île les serpents ; on trouve encore sur l’île un monument appelé Forn Modez (four de Maudez).
Maudez mourut très probablement au 6e siècle.
Sa réputation fut immense ; c’est peut-être le Saint le plus populaire après s.Yves (v. 19 mai). Des reliques de lui, apportées près de Paris, donnèrent naissance à la ville de Saint-Mandé. On allait souvent gratter de la terre ou de la poussière à son tombeau, qu’on dissolvait dans de l’eau, pour guérir des vers. Successivement, on invoqua s.Maudez contre les morsures de serpents, les fièvres infantiles, les maladies des yeux, les furoncles, les maux de pieds.
On vénère aussi localement sa sœur «sainte Juvette», responsable elle aussi de nombreux miracles.
Saint Maudez de Lanmodez est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain, donc tout-à-fait reconnu par l’Eglise.


Patrocle, ermite
500-576

Patrocle naquit vers 500 (ou un peu avant) dans le Berry, fils d’Ætherius et frère d’Antonius.
Tandis que Patrocle devait garder les brebis, Antonius allait à l’école ; un jour, ce dernier fit valoir à son frère de s’éloigner, n’étant qu’un paysan bon à garder les brebis. Patrocle ne s’en offensa pas, mais il reçut la remarque comme une invitation de Dieu à apprendre lui aussi à lire et à écrire. Bientôt, il dépassa son frère, qui désormais disparaît de notre histoire.
Il y avait alors dans l’entourage du roi Childebert un certain Nunnion, qui lui recommanda Patrocle. On ne sait comment ils se connurent, mais Patrocle vécut quelque temps à la cour.
Quand il eut quarante ans environ, son père mourut et il revint au pays berrichon. La brave veuve espérait que son fils allait se marier et l’assister dans ses vieux jours, mais Patrocle ressentait en son cœur un autre appel. Il alla auprès de l’évêque de Bourges, Arcadius, qui le tonsura, l’admit dans le clergé et bientôt l’ordonna diacre. Que fit donc la maman, l’histoire ne nous le dit pas : la Vita se concentre sur les faits et mérites de notre Héros, sans s’étendre sur les décors de l’histoire.
Patrocle eut à partager la vie des autres clercs. Mais son esprit était «ailleurs» : il oubliait l’heure du repas, et puis il ne buvait pas de vin ni de bière, ne se servait pas de ragoût et préférait le pain trempé dans l’eau ; et puis il ne dormait pas, ou très peu, pour veiller et prier ; et puis il portait un cilice sous sa tunique ! L’archidiacre réprimanda Patrocle : ou tu fais comme tout le monde, ou tu t’en vas.
Sans s’émouvoir, Patrocle comprit qu’il devait aller ailleurs. L’évêque cependant l’ordonna prêtre. Patrocle alla se fixer à Néris (Allier), où il se construisit un oratoire, avec des reliques de s.Martin (v. 11 novembre) et ouvrit une école. Mais il se mit à faire des miracles, à guérir des infirmes, ce qu’il n’avait pas prévu et qui dérangeait passablement son humilité ; où aller ?
Patrocle recourut à un saint stratagème : il écrivit sur autant de petits billets toutes les solutions qu’il pouvait envisager pour sa vie, les déposa sur l’autel et se mit en prière, pendant trois jours et trois nuits ; le billet qu’il «choisit» alors était celui de l’ «ermite». 
Il remit sa maison à quelques religieuses et se mit en route ; il ne prenait avec lui qu’une bêche et une hache à deux tranchants : ce qu’il lui faudrait pour se construire une cabane dans la forêt et entretenir un jardinet. L’endroit où il s’arrêta s’appelait Mediocantus (auj. La Celle).
Allait-il connaître le silence de la solitude ? Les foules ne tardèrent pas à le retrouver, à lui amener des malades, des possédés, que Patrocle guérissait ; il pria ainsi trois jours et trois nuits avant de délivrer un possédé.
Le Diable intervint aussi. Il insinua dans le cœur de Patrocle l’idée de retrouver le monde. Patrocle pria ; un ange le fit monter sur une haute colonne, d’où il apercevait tous les vices des hommes, et Patrocle comprit que le Diable cherchait seulement à lui faire quitter sa sainte solitude. 
Puis Patrocle construisit un monastère à Colombier, établissant là une communauté avec son abbé, dans l’espérance de pouvoir désormais vivre en solitaire dans la prière. Il passa dix-huit ans dans la solitude, annonça aux moines sa prochaine mort et s’éteignit saintement le 18 novembre, vers 576.
Le prêtre de Néris, qui l’avait bien connu, voulut enlever le corps de vive force et s’en vint avec quelques clercs ; mais en arrivant, il vit le linceul resplendir d’une blancheur si éclatante que, terrifié, il changea d’idée et aida plutôt les moines à transporter le corps de Patrocle à Colombier, où les miracles reprirent : deux femmes aveugles recouvrirent la vue.
L’ermite saint Patrocle est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.


Théophrède de Villa Carmely
† 732

Théophrède (Theofredus) était le fils de Leufredus, préfet d’Orange et le neveu d’Eudes, abbé à Saint-Pierre de Calmiliac (ou Carméri, Haute-Loire).
Le latin Thictfridus a donné Théofrid (ou Théophrède), Théoffroy, Tchaffré, d’où Chaffre, nom sous lequel est mieux connu Théophrède.
Moine de cette abbaye, il y fut en quelque sorte l’hôtelier, chargé d’accueillir les gens du dehors, comme s.Ménelé (v. 22 juillet). Il fut sans doute aussi cellérier, veillant sur tous les besoins des moines.
A cette époque lointaine, les femmes étaient exclues de l’église du monastère ; Théophrède leur obtint la permission de se rassembler au moins devant la porte, pour recevoir la bonne Parole.
Il succéda à Eudes comme abbé.
Lors d’un invasion de Sarrasins, Théophrède ordonna au moines d’aller se réfugier dans la forêt proche, tandis qu’il restait seul dans l’abbaye. Les envahisseurs le trouvèrent prosterné dans la sanctuaire ; ils le flagellèrent cruellement et le laissèrent moribond. Le lendemain, ils furent bien surpris de le voir redressé et l’entendre leur parler de Dieu. Ils le blessèrent de nouveau, à la tête. Une forte tempête les mirent en fuite avant qu’ils eussent le temps d’incendier le monastère.
Théophrède mourut peu après, en 728 ou 732.
Autour du monastère, s’est développée la ville de Monastier-sur-Gazeille.
Saint Théophrède de Carméri est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.


Odon de Cluny
879-942

Odon naquit en 879 dans la région de Tours, d’Abbon, un père aussi instruit que pieux, de noble famille militaire franque. 
Abbon connaissait les anciens historiens et le Droit comme tout juriste consciencieux. Il désirait ardemment un fils et, une nuit de Noël, supplia le Ciel d’accorder enfin un enfant à son épouse, stérile jusque là ; l’enfant naquit bientôt, et Abbon l’offrit à s.Martin.
Odon étudia auprès d’un prêtre du domaine d’Abbon. Ce prêtre vit en songe s.Pierre et s.Paul lui réclamer Odon pour l’Orient (l’Orient mystique, le Christ). Mais Abbon commença à diriger son fils vers la carrière des armes. De 893 à 896, Odon vécut chez Guillaume, duc d’Aquitaine, où il devint très habile dans l’art de la chasse.
Déçu de ce temps perdu, Odon pria Dieu une nuit de Noël (comme son père dix-sept ans plus tôt). Il tomba malade et Abbon se rappela son vœu. Il laissa Odon suivre sa vocation.
Odon fut tonsuré en 899.  On lui confia une prébende canoniale à Tours et il intensifia ses lectures tant spirituelles que profanes. Après Priscien, il s’attaquait à Virgile, lorsqu’il eut une vision ou un songe, où il se voyait mourant de soif sur le point d’empoigner une belle amphore, d’où s’échappèrent des serpents. Il comprit que ces lectures n’étaient plus faites pour lui et se plongea dans l’Ecriture sainte.
Il partit étudier à Paris, puis revint à Tours. Après avoir rédigé une compilation des Pères sur les livres des Rois, il condensa les Morales de s.Grégoire sur Job.
A cette époque, beaucoup de monastères avaient été pillés (sinon pas détruits) par les envahiseurs normands, et ceux qui restaient étaient en grande décadence. En attendant de trouver un havre, Odon vivait intensément une vie d’ermite, priant la nuit au tombeau de s.Martin, ou bien, s’il dormait, il s’étendait sur une simple natte et tout habillé.
Il entendit parler de l’abbaye de Baume-les-Messieurs (Jura, à ne pas confondre avec Baume-les-Dames, Doubs), dirigée par l’abbé Bernon. Il s’y rendit avec les cent ouvrages de sa petite bibliothèque.
Odon se montra particulièrement soumis à la Règle. En voici deux exemples.
Il était coutumier que, la nuit, le père maître accompagnât avec une chandelle tout moine qui aurait dû se relever. Odon, trouvant que la chandelle du dortoir était suffisante, ne fit pas appel au père maître… et fut pour cela excommunié. Il se soumit humblement sans rien dire ; Bernon en fut très impressionné et n’aima que plus son jeune moine.
En fin de repas, on devait ramasser les miettes de sa place à table et les avaler avant le signal de la fin du repas ; Odon, distrait, les garda un jour dans sa main et donc ne pouvait plus les avaler après le signal ; ouvrant la main, il la vit pleine de perles précieuses. On les utilisa pour un ornement liturgique.
A Baume, Odon dut s’occuper de la schola, de l’instruction des plus jeunes. Ceux-ci n’étaient pas toujours délicats envers lui, et il les supporta longtemps patiemment.
Un soir qu’il était de passage dans un château, la fille du seigneur vint le supplier de l’aider à échapper à un mariage auquel on voulait la forcer ; après réflexion, Odon l’emmena jusqu’au monastère, la fit recevoir et lui portait à manger chaque jour ; il lui lisait des Vies des Pères ; la jeune fille devint moniale et mourut dans une vision où s.Paul l’invitait aux noces célestes.
Vers 910, Odon fut ordonné prêtre.
Avant de mourir (927), Bernon fit choisir Odon pour lui succéder. Les évêques présents pour ce choix menacèrent Odon d’excommunication s’il refusait d’accepter. 
Odon s’installa alors à Cluny, qui dépendait de Baume. Mais comme de nombreux monastères d’Occident dépendaient de Baume, Odon, par son action paternelle et réformatrice, fut pratiquement à la tête de tout l’Occident. Il fut en outre très apprécié et aidé par les rois, les évêques et les seigneurs, qui le connaissaient depuis longtemps.
En 931, il mit tout l’Ordre sous la dépendance directe de saint Pierre et du Pape. 
En 936, il tenta à Rome de réconcilier le prince Alberico avec le roi des Lombards Ugo, sans vraiment aboutir à une paix stable, mais les deux ennemis furent au moins d’accord pour admirer les vertus d’Odon. Celui-ci fut alors nommé archiabbé de tous les monastères romains.
Mais c’est à Rome qu’il contracta cette mystérieuse maladie que son biographe décrit comme un feu glacé (frigidus ignis) : Odon cuisait littéralement dans une enveloppe glacée.
Il put revenir à Tours pour la fête de s.Martin, 11 novembre 942, et mourut en l’octave de cette fête, le 18 novembre 942 (à moins qu’il faille retarder l’événement à 948).
Odon attira à la vie monastique ses chers parents. C’était un homme sympathique, toujours enjoué, dans une grande simplicité. Il gagna au Christ des brigands.
Il laissa aussi un œuvre écrit très abondant, où l’on trouve des expressions savoureuses, et des néologismes qui montrent la vaste érudition de l’Auteur. Quelques citations.
- Combien il vaudrait mieux soigner la beauté de l’âme ! Car la beauté physique consiste uniquement dans la peau. Car si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, comme font les lynx de Boetia, paraît-il, la vue des femmes les dégoûterait. Ce décor est à base de glaire, de sang, d’humeur, de fiel. Considérez ce qui se cache dans les narines, la gorge, le ventre : que trouvez-vous ? de l’ordure. Et si l’on ne peut souffrir de toucher, même du bout des doigts, de la glaire ou de la fiente, comment se fait-îl que nous désirions embrasser un sac à fiente ? 
- Les fidèles tirent plus de profit des exemples que des paroles. Le prédicateur doit confirmer sa parole par sa pratique.
Dans la catégorie des nombreux néologismes : 
- le mot grec ekaton pour le latin centum
- Noé est qualifié de naustologus, «maître navigateur»
- eumorfus pour pulcher
Saint Odon de Cluny est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

Leonardus Kimura

1575-1619

 

Leonardus Kimura était né vers 1575 à Nagasaki (Japon).

Il était le frère (ou cousin ?) de Sebastianus Kimura (voir au 10 septembre) et d’Antonius Kimura (voir au 27 novembre).

Elevé dans la foi chrétienne, grâce aux missionnaires jésuites, il devint à son tour catéchiste, puis fut admis dans la Société de Jésus comme Frère : il fut cuisinier et tailleur.

Quand les autorités expulsèrent les missionnaires, lui resta sur place et continua de catéchiser en secret ; vêtu élégamment, il passait inaperçu, jusqu’au jour où la police le découvrit au milieu d’une petite communauté chrétienne, en décembre 1616.

Il fut arrêté, mais on était loin de soupçonner qu’il était lui-même jésuite. Le juge lui proposa une forte somme d’argent, en échange de l’indication d’un seul prêtre catholique. Mais quelle ne fut pas sa surprise d’entendre la réponse de Leonardus : Je connais bien un Jésuite, mais c’est un frère, pas un prêtre. Ce frère, c’est moi.

On le jeta en prison. Là, Leonardus continua son apostolat, amena à la conversion d’autres prisonniers et même des gardiens. Il maintenait sa vie de Religieux, avec une heure de méditation matin et soir.

On le condamna à mourir par l’asphyxie lente près des flammes.

Leonardus fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Andreas Murayama Tokuan

?-1619

 

Andreas Murayama Tokuan était né à Nagasaki (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut dénoncé pour avoir hébergé un missionnaire, et arrêté le 15 mars 1619.

Condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes, il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Cosmas Takeya Sozaburō

?-1619

 

Ce Cosmas Takeya Sozaburō est différent d’un autre Cosmas, Takeya tout court, martyrisé en 1597 (v. 5 février).

Il était né en Corée.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mort par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Domingos Jorge

?-1619

 

Domingos Jorge était né à San Román (Aguiar de Sousa, Porto, Portugal).

Il avait épousé une Japonaise.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Yoshida Shōun

?-1619

 

Ioannes Yoshida Shōun était né à Miyako (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 14 mars 1619, en compagnie du père Alonso de Mena (v. 10 septembre) et pour cela condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

 

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

 

 

Ferdinando Santamaria

1883-1900

 

Aîné des cinq enfants de Pietro Paolo Santamaria et Cecilia Ruscio, Ferdinando naquit le 4 mai 1883 à Pontecorco (Frosinone, Italie centrale) ; il fut baptisé le lendemain, et confirmé cinq mois plus tard.

Les parents étaient de fervents chrétiens et travaillaient le chanvre.

L’enfant reçut la Première communion «prématurément» pour l’époque : à huit ans. C’était déjà un signe de Dieu.

Il fut enfant de chœur, et pleurait lorsque le travail l’empêchait de se rendre à l’église. En prière, il était tellement pris par sa prière, que c’est le sacristain qui pleurait d’émotion à le voir.

Si le papa désirait beaucoup lui remettre la boutique, le curé voyait en Ferdinando une belle vocation en perspective. D’ailleurs, quand on rapporta au papa que son garçon était en extase devant le tableau de la Sainte Vierge, il n’en fut pas étonné.

Il priait entre autres pour que ses camarades devinssent meilleurs, il leur enseignait le catéchisme ; il les invitait à venir à la messe.

Il s’imposait des pénitences, agenouillé sur des grains de maïs ou de petits cailloux, laissant à table le meilleur pour les autres. Il répétait qu’il était né pour ça.

Rien d’étonnant ainsi, qu’il fût attiré par l’idéal des Pères passionistes voisins. Il voulut y entrer, mais son père retarda ce choix en lui demandant d’assumer le travail de la boutique, puisqu’il était l’aîné des enfants. Il l’envoya même avec cheval et charrette pour vendre les cordes sur les marchés alentour, espérant qu’il changerait d’idée. Il lui imposa de sévères pénitences, mais rien n’y fit. Le papa l’empêcha même de rentrer pour dormir ; mais peu à peu, il se rendit à l’évidence. C’est même lui qui accompagna son grand garçon chez les Passionistes.

On signalera un seul cas où Ferdinando désobéit : il devait aller chercher son papa, mais n’y alla pas, de peur d’entendre son père blasphémer.

Il entra donc au noviciat de Paliano (Frosinone) en 1899, et prit le nom religieux de Grimoaldo de la Purification. Saint Grimoaldo est le Saint patron de son village natal.

Après la profession, il fut à Ceccano pour les études, qu’il affronta avec ferveur, recevant humblement les conseils d’un Condisciple, pour pallier aux lacunes de sa première instruction. Il se montrait toujours joyeux.

Il avait une particulière dévotion à un autre jeune Passionniste, mort en 1862 (voir au 27 février), Gabriele de l’Addolorata.

C’était une force de la nature, plein de santé. Mais le 31 octobre 1902 il sentit brusquement des douleurs, des vertiges : une méningite aiguë.

Grimoaldo ne perdit pas sa joie, au contraire il fut de plus en plus resplendissant au fur et à mesure que la maladie le minait.

Il mourut le 18 novembre 1902, n’ayant pas même vingt ans.

Il apparut peu après à ses parents, pour les réconforter, de sorte qu’eux aussi restèrent dans la joie d’avoir eu un tel fils.

Ferdinando-Grimoaldo fut béatifié en 1995.

 

 

Karolina Kózkówna (Kózka)

1898-1914

 

Cette jeune fille naquit le 2 août 1898 à Wal-Ruda (Tarnow, Pologne), quatrième des onze enfants de Jan et Maria Borzechka Kózka, des paysans très chrétiens, si pieux qu’on appelait leur maison la petite église.

Karolina grandit dans l’amour de Dieu, de la Sainte Vierge et la pratique des vertus. La Sainte Vierge, elle l’appelait Ma mère de Dieu ; c’était une fille douce, aimable, modeste et correcte, qui méritait bien d’être surnommée par les voisins un vrai ange.

Elle donnait volontiers son temps pour faire du bien autour d’elle ; à la paroisse, c’était une animatrice. On l’entendait dire : Travaillons et ne perdons pas de temps, parce que Jésus nous aime.  

Lors de l’invasion des Russes, au début de la Première guerre mondiale, l’armée occupa le village ; les soldats furent laissés à eux-mêmes et s’autorisèrent toutes les licences.

L’un d’eux fit des avances à Karolina, qui refusa.

Le soldat enleva l’adolescente - elle avait seize ans -, alla se cacher dans le bois et tenta de la violer. Karolina se débattit, hurla : le soldat l’assassina.

C’était le 18 novembre 1914.

Comme Marietta Goretti (6 juillet), comme Pierina Morosini (6 avril), comme Albertina Berkenbrock (15 juin), Karolina fut une nouvelle martyre de la pureté, préférant la mort pour rester fidèle au Christ.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

Amparo de Hinojosa Naveros

1872-1936

 

Amparo naquit le 24 juillet 1872 à Alhama (Granada, Espagne), petite benjamine de Juan et Manuela, qui avaient déjà des garçons majeurs.

A sept ans, elle fut orpheline, et prise en charge par son frère aîné Eduardo, à Madrid. La petite fille ne posaite pas de problème, car elle était joyeuse et affectueuse. 

Elle se consacra bientôt à la Sainte Vierge.

En pèlerinage à Lourdes, à quinze ans, elle sentit l’appel à la vie religieuse, mais son grand frère lui suggéra d’attendre un peu, car elle était encore trop jeune.

Elle entra en 1891, à dix-neuf ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. La séparation coûta autant aux siens qu’à elle-même, mais l’appel était plus fort que le sentiment, et Amparo s’appliqua à vivre cet idéal à la perfection. Son amour de l’Eucharistie était communicatif.

Elle prit le nom de María Gabriela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Gabriela fut alors nommée supérieure du groupe des sept Religieuses qui restaient à Madrid. 

Elles vécurent en réalité dans un souterrain voisin du monastère, à partir du 18 juillet. Mais, trahies, elles furent dénoncées aux révolutionnaires. Après plusieurs perquisitions, elles furent emmenées, le 18 novembre, pour être fusillées.

Au moment de monter en voiture, on les vit faire le signe de croix, mais les badauds les huèrent et demandèrent leur mort.

Les derniers mots qu’on put connaître de Amparo, furent : Nous sommes en train de prier, remerciant Dieu parce que notre heure est arrivée.

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936, sauf une qui s’échappa, mais fut à son tour exécutée le 23 novembre (voir la notice de Felícitas Cendoya Araquistain).

María Gabriela-Amparo, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Carmen Barrera Izaguirre

1881-1936

 

Carmen naquit le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruña, Espagne), aînée des cinq enfants de Emilio et María. Le papa était commandant de Marine.

L’éducation se partagea entre la faiblesse du père, qui lui passait tous ses caprices, et la mère qui, au contraire, lui enseignait à les combattre. Un peu paresseuse, elle n’aimait pas aider sa mère dans les travaux de la maison.

Carmen avait tout de même de grandes qualités, toujours souriante et tranquille ; sa nourrice lui disait : Il n’y en a pas deux comme toi, compliment bien inutile pour former une petite fille…

Très tôt elle désira entrer au Carmel (son prénom l’y portait), et elle s’habillait souvent en moniale : elle se mettait les bras en croix devant la glace et, satisfaite, se croyait déjà devenue sainte Thérèse.

Elle entra finalement en 1918, à trente-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Désormais mûre et réfléchie, elle regretta beaucoup sa vie vaniteuse d’avant.

Elle prit le nom de Josefa María.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Josefa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

Sa famille lui proposa de revenir à la maison, mais elle répondit : Toutes les sept, nous avons promis à Jésus de ne pas nous séparer. Si nous devons verser notre sang pour sauver l’Espagne, nous demandons au Seigneur que ce soit le plus tôt possible.

Elle qui avait dit, toute jeune, qu’elle n’était pas taillée pour le martyre, elle se trouva à présent toute remodelée pour ressembler au Christ.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Le visage de Josefa fut complètement défiguré par les balles.

Josefa María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Laura Cavestany Anduaga

1888-1936

 

Laura naquit le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix, Espagne), de Juan Antonio, auteur et poète très connu, et Margarita, une femme forte et accomplie, qui mit au monde seize enfants.

La jeune fille avait tout pour réussir dans le monde, mais préféra épouser Jésus-Christ.

Elle entra en 1914, à vingt-six ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Elle prit le nom de Teresa María.

Son enthousiasme s’exprime dans ce mot qu’elle écrivit le jour de sa prise d’habit : Je n’ai plus qu’un seul désir, insatiable, immense, le désir, la soif de Dieu ! Dieu seul !

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Teresa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Selon ses propres expressions, Teresa accepta la grâce du martyre comme trop grande, trop heureuse.

Les sept Religieuses furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Teresa María, ainsi que ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Vidal Luis Gómara

1891-1936

 

Vidal (Vital) naquit le 3 novembre 1891 à Monsagro (Salamanque, Espagne), fut baptisé le 8 suivant et confirmé le 8 mai 1896, selon des habitudes de cette époque.

Dès l’école primaire, il se fit remarquer pour ses dons dans la calligraphie, les mathématiques et le dessin.

Ayant connu les Dominicains, il fut reçu à l’école apostolique de Corias (Asturies). Il y prit l’habit dominicain en 1907, et fit la profession l’année suivante.

Après la philosophie, il alla à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1915.

Un détail important de sa Première messe est à noter ici : il eut la permission de célébrer devant le Saint Sacrement exposé (ce qui, normalement, ne se fait pas), et s’offrit en victime d’expiation pour les blasphèmes et les sacrilèges commis envers la Sainte Eucharistie.

Il fut envoyé au collège de Villava (Navarre) et commença un ouvrage sur Les Dominicains et l’art. 

Il apporta son concours dans l’heureuse fusion des Dominicaines de Villava avec la congrégation de la Sainte Famille (fondée aux Canaries par José Cueto).

En 1928, il passa au collège de Vergara (Guipúzcoa), où il publia d’autres ouvrages.

En 1928, on le vit au couvent de Madrid, où il s’occupa particulièrement des jeunes.

En 1935, on l’envoya à Salamanque, avec la mission de restaurer le sanctuaire de la Peña di Francia.

Le 17 juillet 1936, il voyagea à Madrid : ce fut le commencement de sa passion. En effet, devant reprendre l’autocar pour Salamanque, il donna son billet à quelqu’un qui n’en avait pas, pensant en acheter un autre le lendemain. 

Mais le lendemain, il n’y eut pas d’autocar. Pendant une quinzaine de jours, il erra, dormant même sur les bancs publics avant d’être finalement accueilli dans une maison où il put célébrer la Messe chaque jour. Il en profita pour porter l’Eucharistie à d’autres victimes de la persécution. 

On lui proposa d’être protégé dans une des ambassades, mais il refusa, estimant que c’était un honneur de mourir durant le service sacerdotal. Il continua à secourir ainsi d’autres Chrétiens.

Le 4 octobre, on l’arrêta et il reconnut sa qualité de dominicain. On le conduisit au Commissariat, et le 9 octobre à la Direction Générale de Sécurité. Le 10, il se trouvait dans la prison Modelo, où il se recueillit dans la prière, le chapelet et la méditation.

On le tortura avec la pointe d’un canif. 

Le 15 novembre, on le transféra à la prison de Porlier.

On le fusilla au lieu-dit Paracuellos del Jarama (Madrid), le 18 novembre 1936.

Vidal Luis Gómara fut béatifié en 2007.

 

 

Esteban Anuncibay Letona

1892-1936

 

Né le 26 décembre 1892 à Mijancas (Álava), Esteban reçut le nom du Saint du jour (Etienne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1908, reçut l’habit en 1909 et prit le nom de Ovidio Bertrán.

Il fut peu de temps renvoyé chez lui pour un problème de santé, et revint en 1910, fit la profession en 1911 à Bujedo, et fut envoyé à Madrid où il fit la profession perpétuelle.

Il fut nommé directeur de l’école de Chiclana, puis de Puente Vallecas, qu’il dut abandonner en 1931, lorsque les révolutionnaires y mirent le feu.

Puis il fut directeur à San Fernando (Cadix), Sevilla et finalement Lorca.

Le 30 juillet 1936, de mystérieux «Travailleurs de l’Enseignement» vinrent réquisitionner l’établissement de Lorca. Le Frère appela l’avocat pour traiter. Mais ceux qui revinrent «traiter» furent vingt miliciens.

Le 1er août, ils emmenèrent les cinq Frères en prison (où une pieuse femme avec ses filles leur portèrent chaque jour leur repas). Les Frères priaient ensemble le chapelet, le Chemin de Croix, et écrivaient des lettres, qui furent détruites par les gardiens.

Le 30 septembre, un tribunal les mit en liberté, car il n’y avait aucune charge contre eux. Mais le 2 octobre, on les reprit, car ils étaient dangereux. 

Le 18 novembre à cinq heures du matin, on les appela, on les ligota, les fit monter en camion pour aller faire une déclaration (à cette heure-là ? !), en réalité pour les emmener à une ancienne mine de soufre de plus de cent mètres de profondeur. On les fit asseoir, toujours attachés ; ils priaient. 

Un peloton reçut l’ordre de tirer, puis leur chef leur donna le coup de grâce dans la tête. Quelques miliciens se seraient même mis à danser sur les corps et à les piétiner. 

Puis ils les tirèrent par les pieds et les jetèrent au fond du puits, certains que les Catholiques ne viendraient pas les y chercher.  Le puits s’appelle maintenant Puits des Martyrs.

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, le Frère fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Martina Olaizola Garagarza

1893-1936

 

Martina naquit le 12 novembre 1893 (et non 1913) à Azpeitia (Guipuzcoa, Espagne), benjamine  des huit enfants de José Ignacio et Justa, qui la firent baptiser le jour-même.

En 1918, à vingt-cinq ans, elle s’agrège au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, comme sœur externe.

Elle prit le nom de María Ángela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Ángela María fut retenue, pour son intelligence et son humilité, pour être des sept qui restaient à Madrid. 

Son frère Justo, étonné de voir la paix qu’elle conservait dans ces circonstances, lui proposa de venir chez lui, loin du danger, mais elle répondit : Ma place est ici, et que la volonté de Dieu s’accomplisse.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

María Ángela, qui désirait tant rester cachée, le resta aussi après la mort : on n’a conservé presque rien d’elle, et on n’a pas même retrouvé son corps.

María Ángela, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

José María Cánovas Martínez

1894-1936

 

José naquit le 9 août 1894 à Totana (Murcia, Espagne centrale) et fut baptisé deux jours après.

Ses parents tenaient une boulangerie.

Il fréquenta les Pères capucins, leur servait la messe et fut quelque temps dans leur école de Orito (Alicante).

A partir de 1909, il fréquenta le séminaire diocésain de San Fulgenzio et fut ordonné prêtre en 1921.

Sa première messe eut lieu à Santiago de Lorca, où son frère aîné était curé.

Dès 1921, il fut nommé vicaire à Santiago de Lorca (Cartagena) où, en 1935, il remplaça comme curé son frère, quand ce dernier entra dans la Congrégation de la Mission. Il fut en outre aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Le 3 août 1936, José María fut mis en prison.

Il reçut le martyre le 18 novembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Josefa Joaquina Lecuona Aramburu

1897-1936

 

Josefa Joaquina naquit le 2 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa, Espagne), aînée des… quatorze enfants de Pedro et Matilde.

Elle était travailleuse et généreuse. Elle fit venir à la maison de petits enfants pour leur enseigner le catéchisme. 

Elle finit par révéler aux parents le désir qu’elle avait depuis longtemps de devenir religieuse : la séparation devait leur coûter, mais ils furent heureux d’avoir une fille consacrée à Dieu.

Josefa s’était depuis longtemps consacrée à la Sainte Vierge, et c’est le 8 décembre 1924 qu’elle entra comme sœur externe, à vingt-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle prit le nom de María Engrácia.

En 1931, elle fut de celles qui vinrent à Oronoz pour éviter la persécution. Etant externe, elle s’occupa de l’ «intendance», et toute la population apprécia cette Religieuse toujours souriante, toujours bonne et patiente avec tous.

En 1934, elle eut la joie de voir arriver aussi sa jeune sœur María.

En 1936, notre Josefa fut des sept qui devaient rester à Madrid. Elle quitta Oronoz (et sa sœur) un peu à contre-cœur, mais acceptant le sacrifice.

Dans le souterrain où les Religieuses se cachaient, elle arrivait à faire passer un climat d’humour et de joie, dans cette atmosphère de prière, de recueillement et d’inquiétude devant le danger permanent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Josefa - María Engrácia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Inés Zudaire Galdeano

1900-1936

 

Inés (Agnès) naquit le 28 janvier 1900 à Echávarri (Navarre, Espagne), une des six enfants de Valentín et Francisca. Un des enfants, Florencio, devint mariste ; Inés entra à la Visitation.

Elle entra en 1919 au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle put garder son nom de baptême, Inés, car elle était très dévote de sa sainte patronne, la jeune martyre Agnès (voir au 21 janvier). On y ajouta seulement celui de María.

Inés María fut une excellente «pâte à modeler», dont la Supérieure apprécia les profondes qualités.

En 1931, à cause de la persécution religieuse, on l’envoya dans la communauté de Oronoz (Navarre), et elle se réjouit de revenir dans sa terre natale. 

Elle y reçut une de ses sœurs, attristée de rester stérile après trois années de mariage. Inés lui promit un fils pour l’année suivante, ce qui arriva.

En 1936, la communauté de Madrid dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Mais notre Inés María fut des sept qui devaient rester à Madrid. 

Inés éprouvait bien quelque crainte, mais se confia à Dieu, disant aux autres : Priez beaucoup pour nous, il pourrait bien se faire qu’il nous tuent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour). 

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Inés María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Germán García García

1903-1936

 

Il naquit le 28 mai 1903 à Quintanilla de la Mata (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Luciano Pablo (Lucien Paul).

Dès 1922, il commençait son apostolat à Madrid, où il fit la profession perpétuelle en 1928.

Quand le collège fut incendié par les révolutionnaires en 1931, il partit pour Santiago de Compostela, puis à Séville, Madrid, finalement en 1934 à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Modesto Sáez Manzanares

1903-1936

 

Il naquit le 30 juillet 1903 à Revilla del Campo (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Hermenegildo Lorenzo.

Après la profession perpétuelle en 1928, il fut à Madrid, Melilla, Madrid, Jerez, Almería, finalement Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Augusto Cordero Fernández

1908-1936

 

Il naquit le 8 octobre 1908 à Bustillo de la Vega (Palencia, Espagne).

Il entra en 1924 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes et resta une année de plus comme aspirant, pour approfondir ses capacités à l’étude, puis passa au noviciat, fit la première profession en 1927 et prit le nom de Estanislao Víctor.

A partir de 1930, il fut à Madrid, où il fit la profession solennelle en 1933, puis fut envoyé à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Emilio Martínez de la Pera y Álava

1913-1936

 

Il naquit le 8 août 1913 à Hueto de Arriba (Álava, Espagne).

Il entra en 1926 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1929, fit la première profession en 1930 et prit le nom de Lorenzo Santiago (Laurent Jacques).

Sa seule destination fut Lorca, en 1933.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 00:00

 

17 NOVEMBRE

 

III.

S Grégoire le Thaumaturge, évêque à Néocésarée ; disciple d'Origène à Césarée de Palestine, il eut la première apparition connue de la Sainte Vierge ; on dit qu’au début de son épiscopat, il n'y avait que dix-sept chrétiens dans son diocèse, et qu’à sa mort il n'y avait plus que dix-sept païens.

IV.

SS Alphæus et Zachæus, martyrs à Césarée de Palestine.

S Acisclus, martyr à Cordoue.

V.

S Eugène, diacre à Florence.

S Aignan, évêque à Orléans, qu'il galvanisa contre Attila ; mort à quatre-vingt-quinze ans.

VI.

S Namatius, patrice de Provence, puis évêque à Vienne ; son épouse lui survécut.

S Grégoire, évêque à Tours, parent de cinq autres saints évêques, connu pour son érudition, son Histoire des Francs.

VII.

Ste Hild, abbesse à Whitby ; ste Begu vit son âme monter au ciel.

S Florin, prêtre et ermite à Remüs.

S Ravengerus, évêque à Séez, puis moine à Fontenelle.

IX.

S Lazaros, moine à Constantinople, torturé par les iconoclastes pour ses dons de peinture, puis messager de l'empereur auprès du Pape ; il est un des patrons des peintres.

XII.

S Hugues, abbé cistercien, envoyé par s. Bernard pour fonder le premier monastère cistercien en Sicile.

XIII.

S Hugues, français, évêque à Lincoln ; il avait été moine à la Grande Chartreuse, prieur à celle de Witham ; évêque, il sut s'affirmer en face du pouvoir royal et défendit les Juifs.

Ste Elisabeth de Hongrie, duchesse de Hongrie, veuve à vingt ans ; abandonnée de tous, elle plaça ses trois enfants et se fit tertiaire franciscaine.

XIV.

Ste Gertrud "la Grande", mystique bénédictine à Helfta, fêtée le 16 octobre.

XVII.

B Leo Saisho Shichiemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Juan del Castillo, frère jésuite espagnol martyr au Paraguay, canonisé en 1988.

SS Thomas Hioji Nishi Rokuzaemon (de Saint Hyacinthe, japonais) et Giacinto Ansalone (Giordano de Saint-Etienne, italien), prêtres dominicains martyrs à Nagasaki, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

B Sébastien-Loup Hunot, chanoine dans l'Yonne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : Eusebio Roldán Vielva (Eusebio Andrés, *1895, à Barcelone

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Sagesse : Lorenza Díaz Bolaños (*1896), Josefa Jirones Arteta (*1907).

B Josef (Yosafat) Kotsylovskyj (1876-1947), évêque ukrainien à Premisliensis et martyr, béatifié en 2001.

Grégoire le Thaumaturge
3e siècle

Grégoire s’appelait d’abord Théodore. Il avait un frère, Athénodore, qui devint évêque dans le Pont (v. 7 novembre), et une sœur qui épousa un juriste.
Les parents de ce trio étaient païens, fort riches, et donnèrent une bonne éducation à leurs enfants.
Théodore avait quatorze ans à la mort de son père et connut alors le christianisme, mais on ne sait pas à quel âge exactement il reçut le baptême. En revanche, sur les instances de sa mère, il s’adonna à l’étude du droit et, pour parachever ses connaissances, pensait venir à Beyrouth où se trouvait une célèbre école.
En chemin, lui et Athénodore durent s’arrêter à Césarée de Palestine, où ils firent la connaissance d’Origène, exilé d’Alexandrie. Ils se fixèrent alors là, écoutant les leçons et les conseils d’Origène : logique, physique, astronomie, géométrie, morale, l’Ecriture enfin.
Origène sut aussi avertir nos jeunes étudiants que la science est vaine si elle ne s’accompagne pas de la prière.
Là-dessus, Théodore aurait voulu revenir dans son pays et mener la vie érémitique, mais l’évêque d’Amasée, Phédime, eut révélation qu’il devait ordonner évêque Théodore. Ce dernier, averti de ce choix, tenta de se cacher pour échapper à cet honneur, mais une vision lui aurait intimé l’ordre d’obéir.
Ainsi devenu évêque à Néocésarée (actuelle Niksar, sur la Mer Noire, centre-nord de la Turquie actuelle), Théodore aurait pris alors le nom de Grégoire (celui qui veille au troupeau, grex en latin). Il hésita à prêcher jusqu’à ce qu’une apparition de la Vierge Marie - la première dont il est fait mention dans l’histoire de l’Eglise - en compagnie de saint Jean Evangéliste, lui donnât confirmation de la doctrine à enseigner. C’est au terme de cette apparition que Grégoire aurait écrit de sa main un symbole de foi, que l’Eglise de Néocésarée conserva longtemps.
Les miracles attribués à saint Grégoire sont variés à l’infini ; ceux qu’il fit réellement ne le sont pas moins, c’est pourquoi on a donné à saint Grégoire le surnom de Thaumaturge.
Entre autres miracles, lors de la persécution de 250, Grégoire fut recherché ; les soldats surent où il se trouvait, mais parvenus à l’endroit, ils ne virent que deux arbres au lieu de l’évêque et de son diacre… 
Son activité inlassable fit que son diocèse ne comptait plus que dix-sept païens à la mort de Grégoire, alors qu’il n’y avait que dix-sept chrétiens à son arrivée (c’est lui qui l’écrit).
Saint Grégoire le Thaumaturge est fêté en Orient comme en Occident le 17 novembre.
Beaucoup d’écrits lui sont attribués, certains sont peut-être apocryphes.


Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine
† 303

En 303, les premiers édits de persécution de Dioclétien visaient à faire des apostats plutôt que des martyrs.
A Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël), les Chrétiens qui ne voulaient pas sacrifier aux idoles, étaient mis en prison, battus, traînés devant les autels, où on leur mettait par la force des grains d’encens dans les mains et on les forçait à jeter ces grains sur les charbons devant les statues de divinités païennes. Ceux qui étaient chargés d’organiser ces comédies, prétendaient ensuite que leurs victimes avaient «obéi» ; mais si les victimes osaient proclamer qu’ils n’avaient consenti à rien, on leur intimait l’ordre de se taire.
Dans le cas d’Alphæus et de Zachæus, les choses allèrent jusqu’à la dernière extrémité. Ils subirent les fouets et les ongles de fer, les chaînes et plusieurs interrogatoires ; après une journée et une nuit passés avec les pieds dans les ceps jusqu’au quatrième trou, écrit l’historien Eusèbe de Césarée,
le dix-septième jour du mois de Dios, c’est-à-dire le quinze des calendes de décembre {le 17 novembre}, après avoir confessé qu’il n’y a qu’un seul Dieu et seul Christ roi, Jésus, ils furent, comme s’ils avaient prononcé un blasphème, décapités comme le premier martyr.
Eusèbe a dû vouloir mentionner quelque autre apôtre, saint Paul par exemple, car s.Etienne, protomartyr, fut lapidé (cf. Ac 7:59).
Etrange coïncidence que ces deux martyrs, dont les noms commencent par la première et la dernière lettres de l’alphabet latin !
Le Martyrologe Romain mentionne saints Alphæus et Zachæus de Césarée de Palestine au 17 novembre.


Acisclus de Cordoue
4. siècle

Plusieurs ouvrages ont mentionné le martyr Acisclus, à Cordoue (Espagne S).
L’ancienne édition du Martyrologe parlait de la même persécution durant laquelle avaient été décapités Alphæus et Zachæus (v. supra). Cette persécution s’étendit de 303 à 311 environ.
Certains de ces ouvrages ont mentionné une Victoria, qui aurait été la sœur d’Acisclus. D’autres ont parlé de Compagnons, mais ces indications ne font pas autorité.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Acisclus de Cordoue au 17 novembre.


Namatius de Vienne
486-559

Il est regrettable qu’on confonde ce Namatius de Vienne avec celui de Clermont, qui mourut un siècle plus tôt (v. 27 octobre).
Avant d’être évêque, Namatius (ou Namacius) avait vécu dans le mariage, avec une certaine Euphrasia, et fut aussi gouverneur de Vienne.
Il fut appelé à être évêque du siège de Vienne, dont il fut le vingt-cinquième titulaire.
Après un court épiscopat, Namatius s’éteignit vers 559. Il est difficile d’évaluer la durée de cet épiscopat, car le prédécesseur de Namatius, un certain Isicius, semble avoir occupé la chaire épiscopale de 545 à 565. Et tant Isicius que Namatius sont reconnus comme saints : il n’est donc pas question d’usurpateur, d’hérétique, de faussaire, de corrompu… 
Le culte de Namatius n’a été confirmé qu’en 1903.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Namatius de Vienne au 17 novembre.


Grégoire de Tours
538-594

Le Martyrologe mentionne le même jour deux Grégoire, non moins fameux l’un que l’autre : l’oriental Grégoire le Thaumaturge (v. supra) et l’occidental Grégoire de Tours.
Georgius Florentius Gregorius naquit à Clermont en 538 ou en 539, de parents appartenant à l’aristocratie gallo-romaine.
Le père, Georgius, était sénateur, mais ne put exercer sa charge à cause de sa santé, et mourut jeune ;  son frère, Gallus, fut évêque de Clermont.
La mère, Armentaria, qui était souffrante depuis la naissance de Grégoire, alla s’établir à Cavaillon (Vaucluse) avec les trois jeunes enfants, Petrus, Gregorius et leur petite sœur, dont on ignore le nom.
Dans la parenté d’Armentaria, on rencontre plusieurs évêques : Sacerdos et Nicetius, qui furent évêques de Lyon (v. 11 septembre et 2 avril), Tetricus et Grégoire (v. 4 janvier), qui furent évêques de Langres, ainsi qu’Euphronius, évêque de Tours (v. 4 août).
Après la mort de son père, Grégoire reçut son éducation à Clermont auprès de Gallus, l’oncle paternel († 551), puis de l’archidiacre Avit ; en 563, il ira à Lyon auprès de son autre oncle, Nicetius.
Grégoire n’avait pas non plus une bonne santé ; à treize-quatorze ans, peu avant la mort de l’oncle Gallus, une forte fièvre et des douleurs d’estomac donnèrent de grandes inquiétudes à la famille : Grégoire se fit porter au tombeau de s.Illidius (v. 5 juin) et y promit, s’il guérissait, d’entrer dans la cléricature, ce qui advint, même si la santé de Grégoire resta toujours faible.
En 563, nouvelle rechute de la maladie. Cette fois-ci, Grégoire fit le pèlerinage au tombeau de s.Martin de Tours et s’en trouva guéri.
Ordonné diacre, il officia à la basilique Saint-Julien de Brioude.
Le 4 août 573, mourut s.Euphronius de Tours. Le roi Sigebert et la reine Brunehaut intervinrent sans doute pour hâter l’élection de son successeur, et proposant la nomination de Grégoire : dix-huit jours après la mort d’Euphronius, fut consacré Grégoire ; il devenait ainsi le dix-neuvième évêque de Tours.
Son épiscopat débuta par une nouvelle crise de santé, que s.Martin guérit une fois encore. Mais surtout, les rivalités et les agitations ne lui épargnèrent aucun souci. En 574, son propre frère Petrus, qui était diacre à Langres, fut assassiné par un «rival». Les assassinats et les vengeances se succédaient dans la maison royale, le roi Sigebert fut assassiné en 575, et les coupables n’hésitaient pas à chercher asile à Tours : sans descendre dans les discussions, Grégoire les protégeait et refusait de les livrer, imposant ainsi un esprit évangélique à cette haine implacable que se livraient les hommes.
En 577, Grégoire fut au concile de Paris pour juger l’évêque de Rouen, Prétextat, qui avait béni le mariage de Mérovée et Brunehaut, malgré leur parenté. Grégoire refusa, devant tous les évêques, de déposer ce confrère ; mais sur la pression de la reine Frédégonde, on feignit de promettre à Prétextat le pardon s’il se reconnaissait coupable ; il avoua, mais fut tout de même exilé.
Des jaloux tentèrent de discréditer calomnieusement Grégoire auprès du roi ; un concile fut réuni à Berny (auj. Berny-Rivière, Aisne) pour le «juger» ; l’innocence de Grégoire fut reconnue et ses ennemis condamnés : Grégoire pardonna noblement à ses accusateurs.
Il réussit à convaincre le wisigoth arien Agila, qui mourut converti ; et aussi un de ses prêtres qui niait la résurrection des morts. Il dut contrer le roi Chilpéric, qui prétendait lui faire admettre une théorie trinitaire, où l’on ne devait plus parler de personnes divines. Comme Grégoire lui exposait sagement la doctrine, Chilpéric lui lança : Je montrerai cela à plus sage que toi ; mais Grégoire : Celui qui adoptera ce que tu proposes, ne sera pas un sage, mais un insensé ! Le roi théologien fut bien obligé d’abandonner la théologie et se rabattit sur la poésie, inventant de nouvelles lettres à l’alphabet etc. Les rapports de Grégoire avec le nouveau roi Gontran furent meilleurs. 
On le comprend, Grégoire était un homme de paix. Il rencontra à Coblence le roi Childebert II, qu’il mit d’accord avec le roi Gontran (traité d’Andelot, 587), ce qui apporta quelques années de paix dans la Gaule. 
A l’intérieur de son diocèse, Grégoire reconstruisit la cathédrale, restaura ou construisit d’autres églises, envoya un diacre spécialement à Rome pour y demander des reliques. 
Tous ces événements n’empêchèrent pas Grégoire d’écrire. Ses ouvrages sont précieux pour nous documenter sur des faits que nous ne pourrions pas connaître par d’autres sources. Ce sont : Histoire des Francs, en dix livres ; Miracles de saint Julien ; Miracles de saint Martin, en quatre livres ; A la gloire des Martyrs ; A la gloire des Confesseurs ; Vies des Pères. Il écrivait encore en 594.
Le très fameux épisode du Vase de Soissons nous a été conté justement par s.Grégoire dans l’Histoire des Francs.
Grégoire mourut à la fin de cette année 594 (certains ont parfois parlé de 595), et fort probablement le 17 novembre. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Grégoire de Tours au 17 novembre.


Hilda de Whitby
614-680

La naissance de Hild (Hilda) fut précédée d’un songe que fit sa pieuse mère, Breguswith : celle-ci, vêtue de sa belle robe, voyait sous cette robe un bijou qui illuminait toute l’île, symbolisant l’exemple lumineux qu’allait être cette petite fille pour tous ceux qui désiraient vivre bien.
Mais cette naissance fut aussi précédée d’un drame : le père de Hild avait été banni et s’était réfugié auprès du roi Cerdic d’Elmet. On l’empoisonna, peu après la naissance de Hild.
Hild naquit en 614, de Hereric, qui était lui-même neveu de s.Edwin, le roi de Northumbrie (v. 12 octobre ?). C’est s.Paulinus d’York (v. 10 octobre) qui baptisa Hild et Edwin. La sœur de Hild s’appelait Hereswith.
En 647, à trente-trois ans, elle voulut se mettre entièrement à la suite du divin Pasteur et se retira en Est-Anglie, dont le roi était aussi son parent. Mais Dieu lui suggéra de vraiment tout quitter, famille et patrie, pour venir s’installer à une vingtaine de kilomètres de Paris, à Chelles, où se trouvait déjà sa sœur Hereswith.
Au bout d’un an cependant (648), s.Aidan de Lindisfarne (v. 31 août) l’invita à revenir en Northumbrie, pour diriger un petit groupe de compagnes ; puis elle fut nommée abbesse de Hartlepool (649), où elle s’appliqua à organiser la vie régulière de ce monastère double. On admirait sa sagesse, et l’on venait volontiers l’entretenir, tant elle se montrait humble en demandant les lumières des autres, et en les recevant.
Après huit années, en 657, on lui confia le monastère de Streonshalh, traditionnellement identifié avec Whitby. Là encore, il s’agit d’un monastère double, comportant une communauté de femmes et une communauté d’hommes, sous l’unique direction de Hild.
Hild s’y illustra par son enseignement. Les moniales et les moines apprirent ainsi à cultiver la justice, la piété, et surtout la paix et la charité. 
De ses disciples, plusieurs devinrent évêques.
Les six dernières années de sa vie, Hild souffrit énormément, sans cesser de louer et de remercier le divin Créateur, ni d’enseigner son troupeau.
Avant de mourir, elle fonda encore le monastère de Hackness.
Elle mourut le 17 novembre 680, après trente-trois ans de vie consacrée : on a vu comment sainte Begu (v. 31 octobre) vit son âme monter au ciel.
Sainte Hilda de Whitby est commémorée le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.


Florin de Remüs
7e-9e siècle

Il n’est pas facile de situer s.Florin.
Traditionnellement, on le présente comme le fils d’un Anglo-Saxon, époux d’une Juive convertie, au 9e siècle. Plus récemment, on a voulu expliquer que, l’auteur de la Vita Florini ayant écrit que cette Britannia se trouve dans les montagnes de la province de Rhétie, on suppose à juste titre que cette Bretagne signifie ici plutôt… la région de Chur (Suisse), et plus précisément Prätigau.
D’ailleurs, Florin, il est vrai, n’est pas un nom anglais.
Comment un auteur a pu à ce point se tromper à propos d’une Britannia, que tout l’Occident connaissait bien pour avoir reçu tant de missionnaires anglais, reste une question sans réponse.
Reste que, dans cette deuxième hypothèse, il faudrait situer Florin plutôt au 7e siècle.
Les parents de Florin firent un pèlerinage à Rome ; Florin naquit au retour de ce voyage, dans la région de Vintschgau.
Florin aurait reçu une formation théologique d’un prêtre d’Unterengadin, et fut ordonné prêtre.
Après son ordination sacerdotale, il se serait établi dans la région de Heremuscia (Ramosch, Remüs) pour y mener la vie érémitique, près d’une église Saint-Pierre. Il aurait aussi exercé la charge de pasteur d’âmes.
Un de ses (nombreux) miracles aurait été de changer de l’eau en vin, raison pour laquelle on le représenta avec un verre (ou une carafe) d’eau.
Il devint le patron céleste de Vintschgau et de Unterengadin, où se trouve sa tombe, auprès de laquelle se produisirent beaucoup de miracles.
Saint Florin de Remüs est commémoré le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.


Lazaros de Constantinople
† 867

Lazaros venait d’Arménie.
Tout jeune, il vint à Constantinople et se fit moine.
Une de ses occupations fut d’apprendre l’art de la peinture et d’écrire, comme on doit le dire, des icônes.
Or le neuvième siècle fut le théâtre d’une deuxième vague d’iconoclasme, sous les empereurs Léon V l’Arménien, Michel II et Théophile.
Accédant au trône en 829, Théophile décréta la peine de mort pour tous les peintres chrétiens qui refuseraient de déchirer ou de fouler aux pieds les tableaux des Saints.
Lazaros fut arrêté, et sommé d’accomplir l’ordre impérial. Le Moine s’y opposa résolument. L’empereur chercha à le gagner par les bonnes paroles, les belles promesse, en vain. L’empereur alors donna l’ordre de torturer le pauvre Moine, qui aurait pu succomber, puis on le jeta dans un cloaque. Quelque temps après, on vint informer l’empereur que l’infortuné reprenait des forces, et se remettait à l’écriture d’icônes. On lui appliqua des barres de fer toutes rouges sur la paume des mains, ce que Lazaros supporta sans émotion ; le feu consuma la chair jusqu’à l’os, et Lazaros sembla s’évanouir.
L’impératrice Theodora, aussi pieuse que son mari était cruel, intervint pour faire libérer Lazaros et lui offrir une cachette dans le monastère Saint-Jean-Baptiste sur le Bosphore. Reconnaissant, Lazaros écrivit alors une icône du saint Précurseur, ses mains s’étant trouvées miraculeusement guéries.
A la mort de l’empereur (842), Theodora fit rappeler et libérer tous ceux qui avaient souffert de cette persécution. Quand à Lazaros, il écrivit une belle icône du Sauveur, qui fut exposée à la dévotion publique.
Puis il retourna s’enfermer dans son monastère, dont il ne voulait plus sortir. 
Il reçut alors le sacerdoce.
En 856 cependant, l’empereur Michel III choisit Lazaros comme ambassadeur auprès du nouveau pape, Benoît III ; Lazaros profita de cette occasion pour s’entretenir avec le Pontife des moyens d’affermir la foi catholique, de faire disparaître les restes de l’hérésie et de resserrer les liens entre l’Orient et l’Occident.
Lazaros aurait été envoyé une seconde fois à Rome et serait mort en chemin, vers 867.
Il est devenu le saint Patron des peintres, avec s.Luc, ste Catherine de Bologne, et beato Angelico (v. 18 octobre, 9 mars, 18 février).
L’icône de s.Jean-Baptiste fut par la suite connue comme image miraculeuse.
Saint Lazaros de Constantinople est maintenant commémoré le 17 novembre dans le Martyrologe Romain.

Hugues de Novara

† 1175

 

On ne sait à peu près rien de la vie personnelle de Hugues.

Il était d’origine française.

Entré à l’abbaye de Cîteaux, il accompagna saint Bernard (v. 20 août) pour fonder l’abbaye de Clairvaux (1115). Il devait être déjà prêtre, donc être âgé d’au moins vingt-cinq à trente ans. On peut donc présumer qu’il naquit vers la fin du 11e siècle, dans les années 1085-1090.

Il fut ensuite envoyé à Monterola (Espagne).

Dans les années 1130-1140, Ruggiero II de Sicile voulut implanter les Cisterciens en Sicile. Le pape, qui l’approuvait, en fit la demande à saint Bernard. Celui-ci appela d’Espagne des moines qui s’installèrent en premier lieu en Calabre, puis vinrent achever la construction d’un monastère près de Novara de Sicile (1137). C’est Hugues qui guida le petit troupeau désigné.

En réalité, il y avait déjà eu là des moines basiliens, mais les bâtiments devaient être adaptés à la communauté cistercienne. Les travaux furent achevés en 1167, et l’abbaye érigée en 1171.

Une fois les bâtiments achevés et placés sous le titre de la Très Sainte Vierge Marie de l’Annonciation, Hugues en fut nommé premier abbé.

Hugues se soucia de doter l’abbaye de reliques importantes. On y a noté : une Epine de la sainte Couronne d’Epines, une pierre du Saint-Sépulcre,  une pierre du Calvaire.

Par la suite, l’abbaye prit le nom simplifié de Notre-Dame de Novara. Elle s’amplifia et eut des filiales : Badiazza, Roccamadore, Altofonte.

On dit que Hugues mourut «chargé d’années», un 17 novembre d’une année aux environs de 1174. On sait juste qu’en 1175 l’abbé était Marc, son successeur immédiat. Hugues pouvait donc avoir vécu quatre-vingts ans.

L’année de sa canonisation semble être 1666. Le Martyrologe le mentionne au 17 novembre.

 

 

Hugues d’Avalon

1140-1200

 

Hugues, né en 1140, était le fils de Guillaume d’Avalon et Anne, de bons chrétiens.

Cet Avalon (avec un seul l) est une ancienne localité actuellement intégrée à Pontcharra (Isère).

La mère de Hugues mourut en 1148. Son père le confia à des Chanoines réguliers du voisinage, et vint plus tard le rejoindre ; c’est là qu’il mourut.

Hugues fit de rapide progrès, intellectuellement et spirituellement, de sorte qu’il fit la profession religieuse à quinze ans et fut ordonné diacre à dix-neuf. Il y avait normalement des règles plus strictes pour l’âge minimum exigé avant l’appel aux Ordres sacrés - et il y en a toujours, mais on verra que l’exception d’Hugues fut justifiée.

Bon prêcheur, Hugues fut envoyé à Saint-Maximin.

Puis il entra à la Grande-Chartreuse, où il fut ordonné prêtre et devint procureur. Il eut l’occasion de rencontrer s. Pierre de Tarentaise (v. 8 mai), lors de ses retraites dans le silence de la Chartreuse.

On sait que Pierre fut chargé de mission auprès du roi d’Angleterre. On ne sait s’il y a lien de cause à effet, mais il se trouve qu’Hugues se trouvait en 1179 à Witham pour organiser la Chartreuse qui s’y trouvait depuis peu ; c’était la première Chartreuse d’Angleterre. Witham en Angleterre, et Liget en Touraine, furent le siège de deux Chartreuses que le roi d’Angleterre s’engagea à construire en réparation du meurtre de s.Thomas Becket (v. 29 décembre). Hugues et le roi Henry se lièrent d’une réelle amitié. De plus, les années passant, on leur trouvait une certaine ressemblance et on les croyait père et fils.

Hugues fut un bon conseiller pour ce roi. Il l’aida à nommer de bons évêques. Quand il s’agit de nommer un nouvel évêque pour Lincoln, le roi imposa le nom d’Hugues ; l’intéressé exigea d’abord que ce choix fût confirmé par le chapitre de Lincoln, puis qu’on obtînt l’autorisation du prieur de la Grande-Chartreuse : il espérait par là être exclu de cette charge, mais tous confirmèrent le choix royal et il fut sacré en 1186.

Pasteur, il voulut prêcher d’exemple pour remonter le niveau du clergé et pour amener les âmes à Dieu. Il aimait particulièrement les enfants, qui le lui rendaient bien.

Visitant une léproserie, il n’hésitait pas à baiser les plaies des malades. Son chancelier lui rappela que saint Martin guérissait les lépreux et Hugues répondit : Un baiser de Martin guérissait le lèpre du corps, mais leurs baisers à eux guérissent mon âme.

Il y eut une vague d’antisémitisme en Angleterre, au moment de la troisième croisade (1189-1192). A Lincoln, Stanford et Northampton, des bagarres se déchaînaient entre des Juifs et une foule furieuse qui voulait les massacrer. Hugues s’interposa.

La fermeté de l’évêque alla parfois à l’encontre des caprices du roi, qui fut même un jour très fâché et ne se leva même pas pour recevoir son ami, l’évêque. Hugues ne se formalisa pas une seconde ; il s’approcha du roi, lança une petite plaisanterie qui fit bien rire le roi : ce dernier avait tout oublié et laissa Hugues remplir sa charge en toute liberté.

Après la mort du roi Henry, Hugues s’opposa fermement à payer toute taxe pour financer les guerres de Richard Cœur de Lion en France ; puis Jean sans Terre envoya Hugues comme intermédiaire auprès de Philippe Auguste. Ce fut l’occasion pour Hugues d’un long voyage en France, de la Normandie au Mans, à Paris où l’Université lui fit très bon accueil ; puis il fut à la Grande Chartreuse et visita les grandes abbayes (Cluny, Cîteaux, Clairvaux), avant de rembarquer.

Malade, il s’arrêta quand même à Canterbury au tombeau de s. Thomas Becket, et dut s’aliter à Londres.

Il s’éteignit là le 16 novembre 1200. Ses funérailles furent exceptionnellement grandioses.

De nombreux miracles accélérèrent la canonisation, qui fut proclamée en 1220. Les reliques de Hugues furent reconnues à Lincoln le 6 octobre 1280, fête de saint Bruno, fondateur des Chartreux.

Hugues avait commissionné un architecte français pour construire la nouvelle cathédrale de Lincoln : les chapelles du transept existent encore.

 

 

Elisabeth de Hongrie

1207-1231

 

Elisabeth, née le 7 juuillet 1207 à Sárospatak (Hongrie) était la fille du roi Andreas II et de Gertrud d’Andechs ; la famille d’Andechs était une des plus nobles familles de l’époque.

Gertrud fut cependant assassinée en 1213, par des magnats hongrois qui profitèrent de l’absence d’Andreas et voulaient éliminer la descendance d’Andreas, mais leur complot échoua.

Elisabeth fut promise très tôt à Ludwig de Thuringe, qu’elle épousa en 1221, à quatorze ans. Ludwig n’avait que dix-sept ans quand il succéda à son père. Les deux époux vécurent leur mariage dans une profonde union.

Elisabeth accompagnait son mari partout ; elle mangeait avec lui (ce n’était pas la coutume alors), voyageait avec lui et, si elle le pouvait, portait des vêtements tout simples (ou même de deuil) ; elle s’occupait activement des nécessiteux et des malades.

On a souvent rapporté deux traits miraculeux de la vie d’Elisabeth, que certains mettent aujourd’hui en doute : 

- alors qu’elle portait dans son manteau de la nourriture pour des pauvres, Ludwig lui aurait intimé l’ordre de montrer ce qu’elle cachait là, et, quand elle ouvrit son habit, il en tombèrent des roses.

- elle avait mis dans le propre lit conjugal un malheureux pour le soigner ; accusée auprès de son mari par des membres de la cour, celui-ci, fâché, vint arracher les draps du lit pour découvrir le «coupable», et aperçut alors le Christ couvert de blessures.

Ces deux faits pourraient suggérer que Ludwig aurait été parfois violent et en désaccord avec sa sainte épouse, mais ils furent au contraire très fidèles et unis. Ils eurent trois enfants : Hermann succéda à Ludwig, Sophie fut à l’origine de la maison de Hesse, Gertrud devint abbesse à Altenberg (voir au 13 août).

Ludwig partit en croisade en 1227, mais mourut en chemin à Otranto (Italie). Son jeune frère lui succéda et, littéralement, expulsa de la cour la jeune veuve Elisabeth et ses trois enfants.

Dès lors, Elisabeth vécut dans une pauvreté extrême. Même les gens qu’elle avait aidés auparavant, lui tournèrent le dos. Elle dut placer ses enfants et vivre dans la solitude et la prière, mendiant son pain.

Avec l’argent qu’on finit par lui octroyer, Elisabeth fonda un hôpital à Marburg, où elle allait personnellement assister les malades. L’amour qu’elle montra à soigner les malades les plus repoussants, la fit bientôt surnommer la mère des malades et des pauvres.

C’est à Marburg aussi qu’elle rencontra son directeur spirituel, Conrad, qui l’assista de son mieux jusqu’à la mort, quoique parfois avec des façons quelque peu «sévères». 

Elle s’inscrivit dans le Tiers-Ordre franciscain. 

On chercha à lui proposer un nouveau mariage, qu’elle refusa catégoriquement en menaçant de se couper le nez pour devenir repoussante.

Elisabeth mourut à Marburg dans une indigence complète, et joyeusement acceptée, le 17 novembre 1231, assistée par Conrad et deux ou trois amies fidèles de la cour.

Un premier document pour sa canonisation fut égaré ; sur l’insistance de Conrad, le pape établit une enquête complète ; la proclamation advint en 1235.

Beaucoup de congrégations se réfèrent à sainte Elisabeth de Hongrie comme leur fondatrice ; le monde protestant a aussi exprimé sa reconnaissance et sa vénération envers cette Sainte.

Depuis l’époque du protestantisme (1539), il n’y a plus de reliques de sainte Elisabeth à Marburg.

Sainte Elisabeth de Hongrie est fêtée liturgiquement le 17 novembre.

 

 

Gertrud de Helfta

1256-1302

 

Gertrude naquit le 6 janvier 1256, peut-être en Thuringe (Allemagne).

Quand elle eut cinq ans, sa famille la confia comme «orpheline» à l’abbaye de Helfta, où elle fut ensuite novice et reçut une formation théologique et scientifique très soignée.

Cette abbaye suivait la règle cistercienne, ce qui prouve qu’il est erronné de représenter Gertrud avec l’habit bénédictiin, et encore plus avec la crosse abbatiale.

Elle y rencontra sainte Mechtild de Hackeborn, autre mystique (voir au 19 novembre), dont la sœur était l’abbesse elle-même.

Elle fut favorisée de visions célestes.

Son activité fut débordante ; elle étudia la langue latine, les Pères de l’Eglise, la Bible ; elle fit des traductions, elle écrivit quantité d’ouvrages spirituels et mystiques. En particulier, elle suscita la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, source des sacrements. Dans une vision, elle se trouva comme saint Jean l’Evangéliste, près du Cœur du Christ, dont elle entendit les battements.

Par ses ouvrages en langue latine, elle fut connue dans le monde latino-romain et jusqu’en Amérique latine.

Gertrud la Grande - l’unique Allemande qui ait reçut ce surnom - mourut le 17 novembre 1302 (ou même 1301).

Elle fut inscrite à ce jour au Martyrologe en 1678, mais sa fête liturgique est le 16 novembre dans le calendrier romain.

Leo Saisho Shichiemon Atsumoto

1569-1608

 

Saisho naquit en 1569 environ, à Jonai (Miyakonojo, Miyazaki, Japon) et reçut au baptême le prénom de Leo (Léon).

Ce noble samouraï était du diocèse de Funai et appartenait à la Confrérie du Rosaire, implantée par les religieux dominicains.

Il fut martyrisé par décapitation à Sendai (Kagoshima) le 17 novembre 1608.

Il a été béatifié parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs du Japon, en 2008. 

Leo est inscrit au Martyrologe le 17 novembre, tandis qu’une fête locale célèbre ensemble tous ces Soldats du Christ le 1er juillet.

 

 

Juan del Castillo Rodríguez

1595-1628

 

Il ne faut pas confondre ce Juan del Castillo avec deux autres espagnols de la même époque, un peintre et un ecclésiastique hérétique.

Juan (Jean) était né à Belmonte (Espagne) le jour de la fête de la Croix, 14 septembre 1595 (ou 1596), premier fils de Alonso et de María Rodríguez. Etant l’aîné, il reçut au baptême, huit jours après, le nom du grand-père. Il eut neuf frères et sœurs, trois de ces dernières devinrent Religieuses cloîtrées. Le papa, Alonso, était l’officier de justice de la ville.

Juan étudia dans le collège des Jésuites, et demanda ensuite à être admis comme novice. 

Il entra donc très jeune encore chez les Jésuites de Madrid, en 1614, et fut chargé de la cuisine, du fournil et du jardin. Puis il passa à Huete pour les études de philosophie.

En 1616, enthousiasmé par les récits et l’invitation du Procureur jésuite du Chili, il se proposa pour partir. Il devait aller au Pérou, mais il obtint une destination encore plus difficile : le Chili et le Paraguay. 

Il voyagea avec Alonso Rodríguez Obnel (v. 15 novembre). Ils achevèrent les études de philosophie à Córdoba (d’Argentine). Juan n’était pas très porté pour ces charabias philosophiques, et s’intéressait bien plus aux pauvres qu’il rencontrait dans les rues.

En 1619, on l’envoya à Concepción (Chili), où les Supérieurs le jugeaient tout juste bon à «enseigner la grammaire». Nouveau voyage, long et périlleux, à travers les Andes. 

En 1626, enfin, il fut envoyé rejoindre le père Roque González de Santa Cruz (v. 15 novembre). Cette fois-ci, le jugement du Supérieur est parfait : Juan a une grande ferveur, c’est un parfait Religieux ; son zèle apparaît dans son effort intense pour apprendre la langue guarani. Sa douceur conquiert tous les cœurs ; il est bon, pieux, désintéressé, pur. Il a un grand amour de Dieu et des hommes..

Il travailla dans la réduction de San Nicolás, qui se trouve maintenant en territoire brésilien.

En 1628, il passa à la réduction de Asunción de Yhuí.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, assassiné par des indigènes qui agissaient sur mandat d’un sorcier jaloux du succès des Religieux. 

Il était trois heures de l’après-midi. Un témoin raconta plus tard les faits, confirmés par d’autres témoins :

Il était en train d’écrire. On l’attaqua par derrière, on lui tordit les bras et on le poussa vers le bois. On lui retira presque tous ses vêtements et on le jeta par terre. On lui attacha deux cordes aux poignets et on le traîna dans le bois. Un bras se détacha. On le frappa violemment sur le ventre avec des pierres, on le tira jusqu’à un bourbier. Ce n’était plus qu’une loque ensanglantée. On lui écrasa la tête avec une grosse pierre, on brisa les os et on le laissa là, en pâture aux tigres.

Au moment où Juan fut arrêté, il dit aux hommes : Mes enfants, que se passe-t-il ? Il appela ses amis. Puis, on l’entendit dire des choses en espagnol. Ensuite, les assassins se saisirent des objets du Père.

Ce martyre eut lieu le 17 novembre 1628, deux jours après celui des pères Roque et Alonso.

Le lendemain (le témoin n’était plus présent), on brûla ce qui restait du corps.

Le père Juan fut béatifié en 1934, et canonisé en 1988.

 

 

Thomas Hioji Nishi Rokuzaemon

1590-1634

 

Thomas était né à Hirado (Nagasaki, Japon) en 1590, de parents chrétiens qui moururent eux-mêmes pour leur foi.

Après des études chez les Jésuites à Nagasaki, il les poursuivit au collège de Manille (Philippines), ne pouvant rester au Japon à cause de la persécution.

Entré dans l’Ordre dominicain, il prit le nom de Thomas de Saint-Hyacinthe, et fut ordonné prêtre.

Il œuvra d’abord à Formose, puis retourna dans son pays en 1629.

Il mourut durant la persécution, le même jour que Giacinto Ansalone (voir la notice), le 17 novembre 1634.

Il fut béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

 

 

Giacinto Ansalone

1598-1634

 

Giacinto naquit à Santo Stefano Quisquina (Agrigente, Sicile, Italie), le 1er novembre 1598.

Entré dans l’Ordre dominicain à dix-sept ans, à Agrigente, il prit le nom de Giordano.

Après ses études à Palerme (Italie), il les poursuivit à Salamanque (Espagne), pour se préparer à rejoindre l’Orient.

Ordonné prêtre, il rejoignit Séville à pied pour s’embarquer.

Il s’arrêta un an au Mexique, et arriva en 1626 aux Philippines ; là il resta deux ans à Cagayan (île de Luzon), et quatre années parmi les Chinois d’un faubourg de Manille. Il en profita pour apprendre le chinois. Il écrivit un ouvrage, qu’on a malheureusement perdu, sur les rapports entre les principes philosophiques chinois et les données de la foi.

En 1632, il passa au Japon, vêtu comme un marchand, pour aller soutenir les Chrétiens persécutés. Il fut nommé Vicaire Provincial.

Gravement malade en l’île de Kyushu, il demanda à Notre-Dame la guérison jusqu’à ce qu’il fût tué pour le Christ.

Arrêté et mis en prison le 4 août 1634 (ce fut longtemps le jour de la fête de saint Dominique), il subit des tortures inouïes, avant d’être martyrisé selon une méthode japonaise atroce : suspendu par les pieds, la tête dans une fosse remplie d’immondices puants, le corps compressé par des planches ; c’était une mort lente, qu’on retardait encore en ouvrant quelques veines du visage : cette saignée faisait diminuer la pression, et ralentir la mort.

L’agonie du père Giacinto dura ainsi une semaine, sur cette colline de Nishizaka (Nagasaki) où moururent des centaines de Martyrs. 

Fr Giacinto-Giordano mourut, fidèle au Christ, le 17 novembre 1634.

Il a été béatifié en 1981 et canonisé en 1987.

 

 

Sébastien-Loup Hunot

1745-1794

 

Sébastien-Loup était le frère de Jean, et cousin de François, tous trois prêtres.

Ils naquirent tous trois à Brienon-l’Archevêque (Yonne), y furent tous trois chanoines.

Ayant refusé le serment constitutionnel, ils furent déportés sur le Washington, qui devait partir pour la Guyane où les envoyait la condamnation à la déportation, mais le navire resta en rade et des centaines de prêtres y moururent, suite aux mauvais traitements, aux conditions hygiéniques inexistantes, aux épidémies, aux maladies, à la faim.

Tous trois moururent la même année 1794 : 

Jean Hunot était né le 21 septembre 1742. Il mourut le 7 octobre 1794.

Sébastien-Loup Hunot était né le 7 août 1745.

Il avait prêté le serment à la Constitution civile du Clergé puis s’était rétracté ; revenu sur cette rétractation, il fut tout de même considéré comme assermenté, et déporté. 

Epuisé par la faim, il mourut dans la joie, le 17 novembre 1794. 

François Hunot était né le 12 février 1753. Il mourut, de fièvre et de scorbut, le 6 octobre 1794.

Tous trois furent béatifiés en 1995.

 

 

Eusebio Roldán Vielva

1895-1936

 

Eusebio vit le jour le 15 décembre 1895 à Nava de Santullán (Palencia, Espagne), et fut baptisé après Noël, le 27 décembre.

En 1911, il entra au novicat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Bujedo, commença le noviciat proprement dit et reçut l’habit, avec le nom de Eusebio Andrés.

Après le scholasticat, il exerça son ministère à Bujedo.

Il enseigna à Granollers, Gerona, Hostalets et Figueras.

En 1917 il fit le service militaire à Burgos, résidant cependant dans la communauté des Pères Jésuites, chez lesquels il laissa un bon souvenir.

A son retour, il fut à Barcelone (Josepets).

En 1929, il fut nommé directeur de Horta, puis repassa à Josepets en 1933 lors des manifestations, et sa dernière activité fut à La Gracia.

En juillet 1936, toute la communauté dut se dissoudre. Frère Eusebio se réfugia chez des connaissances puis, se sachant recherché, se cacha dans la montagne.

Il revint à Barcelone et chercha à trouver un travail chez un beau-frère.

Mais les miliciens le repérèrent très vite. Quand ils arrivèrent pour fouiller la maison, sans attendre leurs questions, Eusebio déclara tout de suite qu’il était un Frère des Ecoles Chrétiennes.

Arrêté, il fut conduit au commissariat. On n’en sut jamais plus.

Son corps fut retrouvé, criblé de balles avec des marques de torture, près d’un cimetière de Barcelone.

Frère Eusebio fut torturé et assassiné le 17 novembre 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Lorenza Días Bolaños

1896-1936

 

Elle vit le jour le 10 août 1896 à Guía (Las Palmas de Gran Canarias, Espagne).

Avant d’être Religieuse, elle montra son attention pour les nécessiteux et pour enseigner le catéchisme.

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1921. Son unique poste d’infirmière fut à Carabanchel Alto (Madrid), au bloc opératoire.

Celui qui la dénonça fut justement un employé qu’elle avait fermement éconduit.

Des miliciens vinrent l’arrêter, avec l’autre Sœur (Josefa Gironés Arteta) ; parmi eux se trouvaient des employés de l’hôpital. On les emmena à la tchéka pour les interroger et les torturer. 

Les deux Sœurs furent finalement abattues au Parc des Vistillas de Madrid, le 17 novembre 1936.

Elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Josefa Gironés Arteta

1907-1936

 

Elle vit le jour le 17 mars 1907 à Garisoain (Navarre, Espagne).

Avant d’être Religieuse, elle fit les études d’infirmière à Pamplona.

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1931. Son unique poste d’infirmière fut à Carabanchel Alto (Madrid), à la maternité.

Le 19 juillet 1936, alors que toutes les églises étaient la proie des flammes, elle fit sa première profession, et confia à une de ses compagnes : Maintenant, je peux être martyre !

Des miliciens vinrent l’arrêter, avec l’autre Sœur (Lorenza Días Bolaños) ; parmi eux se trouvaient des employés de l’hôpital. On les emmena à la tchéka pour les interroger et les torturer. 

Les deux Sœurs furent finalement abattues au Parc des Vistillas de Madrid, le 17 novembre 1936.

Elles furent béatifiées en 2013.

 

 

Josef Kocylovskyj

1876-1947

 

C’est dans le village de Pakosivka (Sianok, Autriche-Hongrie, aujourd’hui Pologne) que naquit Josef, le 3 mars 1876. La famille était d’origine ukrainienne (Lemko).

Après des études théologiques à Rome, il fut ordonné prêtre en 1907

Vice-chancelier et professeur de théologie au séminaire de Stanislaviv (aujourd’hui Ivano-Frankivsk), il entra en 1911 dans l’ordre basilien et émit les vœux de religion, prenant le nom de Josafat.

En 1917, il fut consacré évêque pour l’éparchie de Przemysl.

Sa première arrestation fut en 1945, par les autorités polonaises qui toutefois le relâchèrent l’année suivante, mais pour peu de temps.

En effet, dès 1946, les Ukrainiens vivant en Pologne étaient déportés massivement en Ukraine, et c’est ainsi que Mgr Kocylovskyj se retrouva à Kiev, où il fut frappé par une grave pneumonie.

Transféré au camp de travail de Capaivca (toujours dans la région de Kiev), il y subit de continuelles pressions pour quitter les rangs de l’Eglise catholique et passer à l’Eglise orthodoxe.

Victime d’une hémorragie cérébrale, il mourut dans ce camp le 17 novembre 1947, à soixante-et-onze ans.

Il fut béatifié en 2001.

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:00

 

16 NOVEMBRE

 

III.

SS Augustinus et Felicitas, martyrs à Capoue.

IV.

SS Leocadius et Lusor, père et fils néophytes, fondateurs de la première Eglise à Bourges. 

V.

Ste Balsamie, romaine avertie par inspiration divine de venir à Reims pour allaiter Clovis ; une tradition la nomme Norrice (Nourrice).

S Eucher, évêque à Lyon ; lui et sa femme, retirés à Lérins, vivaient comme frère et sœur, ayant confié leurs deux garçons aux moines ; ses petits écrits furent très lus. 

VI.

S Afan, évêque au Pays de Galles et martyr.

S Gobrien, évêque à Vannes.

VIII.

S Othmar, abbé à Saint-Gall, qu'il transforma en abbaye bénédictine ; il savait donner ses vêtements aux pauvres, jusqu'à rentrer nu au monastère.

S Emilion, moine au lieu qui porte son nom, et où se trouve un excellent cru.

IX.

S Namphasius, ermite mal connu près de Cahors, invoqué contre les épilepsies.

XI.

S Alfric, bénédictin à Abingdon, évêque à Ramesbury et Wilton, puis à Canterbury.

Ste Margaret, hongroise, reine d'Ecosse, mère de six enfants, dont s. David et ste Mathilde (ou Edith) ; son époux et son aîné moururent à la guerre, trois jours avant elle.

XII.

B Simeone, abbé bénédictin à La Cava ; il fit agrandir le port de Lu Traversu (Salerne), qui sert encore.

XIII.

S Edmund Rich, évêque à Cantorbury ; étudiant à Paris, il enleva toute envie perverse à une jeune fille qui l'assaillait, en lui passant une bonne correction de verges ; prêtre, il fit des miracles ; évêque, il eut tellement d'opposition de la part des moines, qu'il vint à Pontigny puis Soisy où il mourut.

Ste Agnese d'Assise, sœur de ste Claire, abbesse de bénédictines qui suivaient la règle franciscaine ; elle mourut trois mois après Claire.

XVI.

S Edward Osbaldeston, prêtre anglais, pendu à York ; béatifié en 1987.

XX.    

B Teodoro Gómez Cervero (*1877), prêtre lazariste espagnol, mort dans la prison de Ventas et considéré comme martyr, béatifié en 2017.

Augustinus et Felicitas de Capoue
† 260

Voici deux Martyrs de la persécution de l’empereur Dèce. Un document parle d’eux pour l’année 260, donc sous l’empereur Gallien.
De ces deux Martyrs, il est souvent question dans les témoignages anciens, mais il nous manque quelque certitude sur certains détails. Ainsi, Felicitas aurait été la mère de Augustinus, qui aurait été évêque de Capoue.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Augustinus et Felicitas de Capoue au 16 novembre.


Leocadius et Lusor de Bourges
† 4.siècle

Leocadius était sénateur et accueillit avec bienveillance s.Ursinus (v. 9 novembre) ; il lui offrit sa grande maison de Bourges pour construire la première église.
Le droit romain exigeait un paiement symbolique pour toute donation ; on avait offert à Leocadius trois cents pièces d’or, dont il n’accepta que trois.
Leocadius avait un fils, nommé Lusor (dont on a curieusement fait Ludre en français. Ce jeune garçon mourut alors qu’il portait encore le vêtement blanc des néophytes ; qualifié de puer dans quelque manuscrit, Lusor devait avoir moins de dix-huit ans.
L’église construite grâce à Leocadius, devint la cathédrale Saint-Etienne.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Leocadius et Lusor de Bourges au 16 novembre.


Eucher de Lyon
380-449

Eucherius (Eucher) a pu naître à Lyon, sinon dans cette région qu’il semblait bien connaître.
Ses parents devaient être chrétiens. Un cousin, nommé Priscus Valerianus, était préfet du prétoire des Gaules et cousin de l’empereur Avitus.
La date de la naissance d’Eucher oscille entre 380 et 390.
Après des études très soignées - car on voit qu’il écrivait fort bien le latin - il épousa une jeune femme de l’aristocratie, nommé Galla. De leurs deux fils, Salonius et Veranus, on a parlé les 28 septembre et 11 novembre.
Ces deux enfants étaient encore fort jeunes, lorsque les deux époux décidèrent de se retirer du bruit de la vie mondaine pour aller vivre au calme, non loin de l’abbaye de Lérins.
Eucher passa même deux années dans le monastère, où il s’initia aux pratiques de la sanctification, sous la direction de s.Honorat (v. 16 janvier). Pendant ce temps, Galla s’occupait des enfants ; quand Eucher fut de retour, ils s’établirent dans l’île de Léro (auj. Sainte-Marguerite), vivant comme frère et sœur, et confièrent l’éducation de leurs garçons à deux moines de Lérins, Hilarius et Salvianus.
Les deux époux voulaient grandir dans l’amitié de Dieu ; ils aimaient prier, étudier l’Ecriture pour l’approfondir et mettre en pratique les enseignements divins. Eucher aurait peut-être même envisagé d’aller en Egypte connaître les solitaires et en apprendre les habitudes.
Ioannes Cassianus, Paulinus de Nole, étaient de leurs correspondants (v. 23 juillet et 22 juin).
Vers 435, Eucher fut choisi pour devenir le dix-neuvième évêque de Lyon.
Eucher n’était pas un «théologien» qui aurait pris part à des discussions approfondies ; il ne se manifesta pas dans la polémique sur la Grâce. Il participa au concile d’Orange (441) ; il écrivit pour ses fils des Formulæ spiritalis intelligentiæ et des Instructiones, où il montre plutôt le résultat de ses études et de ses méditations sur l’Ecriture. On y retrouve l’inspiration des grands Docteurs Jérôme et Augustin (v. 30 septembre et 28 août). Ces écrits furent très longtemps diffusés et recopiés.
On a aussi d’Eucher des homélies sur sainte Blandine (v. 2 juin), les saints Epipode et Alexandre (v. 22 et 24 avril) et une Passio des Martyrs d’Agaune (v. 22 septembre).
Eucher mourut un 16 novembre, peut-être en 449.
Un écrit tardif prétendit attribuer aussi à Eucher deux filles ; sans parler de sa retraite à Lérins, l’auteur isole Eucher dans une grotte, qu’un ange vient manifester aux fidèles de Lyon pour les déterminer à choisir Eucher comme évêque. Il est difficile d’accepter cette variante, qui ignore totalement l’épouse et les fils d’Eucher : on ne voit pas que ce saint homme ait pour ainsi dire abandonné sa famille. En outre, puisque les deux garçons d’Eucher étaient très jeunes quand il voulut se retirer, on ne voit pas à quel moment auraient pu naître ces deux filles.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eucher de Lyon au 16 novembre.


Othmar de Saint-Gall
689-759


Othmar, ou Audomar, naquit vers 689 en Thurgovie.
En latin et en français on l'a gratifié d'un h, vraiment inutile.
Il grandit à la cour du comte de Coire, fut ordonné prêtre et reçut l'administration d'une paroisse Saint-Florin.
Vers 720, le seigneur de l'endroit l'appela pour venir s'occuper des ermites qui demeuraient près du tombeau de saint Gall (v. 16 octobre).
Othmar mit à profit ses connaissances et obtint de Charles Martel (ou de Pépin le Bref) d'amples donations pour le petit ermitage. Il imposa alors aux ermites la Règle de s.Benoît (v. 21 mars).
Il devenait ainsi l'abbé d'une abbaye encore inexistante.
Les débuts furent encore difficiles, car les ermites vivaient dans une extrême pauvreté. Ils devaient mendier quelque feuille de parchemin pour recopier des ouvrages.
Othmar vécut aussi dans la pauvreté. Il n'hésitait pas à distribuer le peu qu'il avait ; il lui arriva de rentrer nu au monastère, s'étant totalement dépouillé pour réchauffer des pauvres.
Mais quand il s'agissait du monastère, il implorait justice. Il alla trouver Pépin pour dénoncer les vols perpétrés par des comtes voisins au détriment des ermites. Pépin donna ordre aux voleurs de restituer leurs larcins, mais ils s'en prirent directement à Othmar, l'arrêtèrent et le mirent en prison dans une île du Rhin.  Un évêque voisin l'accusa même d'adultère. Victime de gardiens méchants et du régime pénible auquel on le soumit, Othmar mourut le 16 novembre 789.
C'est à partir d'Othmar que l'abbaye acquit le prestige qui l'a rendue si célèbre dans le monde entier.
Othmar fut canonisé en 864.
Saint Othmar de Saint-Gall est commémoré le 16 novembre dans le Martyrologe Romain.


 

Margaret d’Ecosse

1045-1093

 

Margaret (Marguerite) était une petite-nièce de saint Etienne de Hongrie.

Elle naquit en 1045 ou 1046 : son grand-père, Edmund avait été assasiné en 1016 et le roi de Danemark, Canut, était monté sur le trône d’Angleterre, tandis que les fils d’Edmund avaient été envoyés en Suède puis en Hongrie, où l’un d’eux, Edward, épousa Agatha, sœur de la reine, la mère de notre Margaret, ainsi que de son frère Edgar et de sa sœur Cristina.

Après la mort de Canut, Edward était revenu en Angleterre en 1054, quand Margaret pouvait avoir neuf ans, mais la famille dut bientôt s’exiler de nouveau en Ecosse, après la mort de leur père ; c’est ainsi que Margaret fut demandée en mariage par le roi d’Ecosse, Malcolm III, qui était veuf. De ce mariage naquirent huit enfants : Edward, Edmund, Ethelred (futur abbé), Edgar, Alexander, Edith (qui s’appela aussi Matilda), Mary, et David. Edmund, Edgar, Alexander et David furent rois d’Ecosse, David fut même «canonisé» par le peuple.

Margaret eut une très bonne influence sur son mari qui, chrétien, était encore assez brutal.  En outre, elle l’instruisait par la lecture car il ne savait pas lire, quoique parlant plusieurs langues. On peut dire qu’elle christianisa la société de son époque, par son action personnelle mais aussi par l’appui qu’elle donnait à l’Eglise romaine.

Elle fit réunir plusieurs conciles pour ramener les Ecossais à la communion pascale et au repos dominical ; elle fit supprimer les usages païens et les mariages entre proches parents.

Elle et son mari firent construire une église en l’honneur de la sainte Trinité, qu’ils dotèrent de riches vases sacrés et ornements. Margaret tint aussi à embellir le palais royal, tout en restant personnellement très humble et exigeant qu’on lui indiquât ses défauts pour s’en corriger mieux.

Elle trouvait le temps de prier beaucoup, d’assister à plusieurs messes, de réciter plusieurs offices et d’assister des pauvres et des orphelins. Le matin, elle lavait les pieds de six pauvres et servait neuf orphelins ; à midi, avec le roi, elle servait trois cents pauvres ; elle en recevait vingt-quatre à sa propre table.

Elle racheta des prisonniers anglais retenus en Ecosse et fit construire des hospices pour les voyageurs.

Margaret connut sa mort à l’avance. Son mari était parti en expédition contre Guillaume le Roux, mais mourut dans le combat, ainsi que son fils. Quand elle l’apprit, Margaret remercia Dieu de cette épreuve qui l’aidait à expier ses péchés.

Elle mourut très pieusement le 16 novembre 1093, trois jours après la mort de son mari et de son fils.

Sainte Margaret d’Ecosse fut canonisée en 1250. Son dies natalis est au 16 novembre dans le Martyrologe Romain.

Elle fut nommée patronne de l’Ecosse en 1673. Au moment de la réforme anglicane, ses restes furent portés secrètement en Espagne, avec ceux de son époux Malcolm ; plus tard ces reliques furent restituées à l’Ecosse, mais auraient disparu au 18e siècle.

 

 

Simeone de La Cava

? -1140

 

Simeone, dont on ne parle pas des antécédents ni de la jeunesse, pouvait être né vers 1080 ; il entra chez les Bénédictins.

En 1109 il fut prieur à Salerno, et en 1119 dans le proche Cilento.

En 1124, il fut élu cinquième abbé du grand monastère de La Cava (Salerne, Italie SO), mais il était le premier à être élu par les moines, les précédents ayant été désignés par leur prédécesseur.

Pendant ces seize années, l’abbaye connut un gigantesque essor, sous l’impulsion du nouvel abbé.

Son navire rejoignait l’Afrique. Simeone fit encore mieux : il acheta le petit port Lu Traversu, au pied du mont de Castellabbate, l’élargit et en fit l’un des meilleurs du golfe de Salerne, utile encore de nos jours.

En 1124, des moines de La Cava furent envoyés en Sicile, pour prêcher la foi dans les régions reprises aux Sarrasins.

En 1131, l’abbaye reçut une église et des terres au-dessus de Messine, avec autorité sur tous les habitants, chrétiens ou sarrasins.

Le dernier descendant des princes de Salerne donna tous ses biens à La Cava et se fit moine.

C’est encore Simeone qui reçut chez lui le malheureux abbé Pons, contesté à Cluny et qui mourut à La Cava.

Simeone mourut le 16 novembre 1140 et son culte fut confirmé en 1928.

 

 

Edmund Rich

1170-1240

 

Edmund naquit en ou vers 1170, à Abingdon (Oxford, Angleterre S) de parents chrétiens et modestes. Le papa se retira assez tôt à l’abbaye d’Eynsham, où il mourut, peut-être à cause d’une maladie grave ; il aurait ainsi voulu terminer ses jours auprès des bons moines. La maman, Mabel, une forte femme, éleva sans faiblesse les quatre enfants : Edmund, Robert, Margaret et Alice : elle n’hésitait pas à glisser dans les effets de ses enfants un cilice : à bon entendeur…

Les deux garçons étudièrent à Oxford, puis à Paris. Tandis que beaucoup d’étudiants de la Sorbonne savaient aussi se laisser aller, Edmund aimait prier, on le voyait souvent à l’église Saint-Merry.

Il fut tenté : la fille de son hôtesse lui fit de claires avances. Edmund décida de bien lui faire comprendre son point de vue : il invita mademoiselle dans sa chambre, la pria de retirer sa robe et il lui envoya une sévère administration de fouet, dont la jeune fille se souvint toute sa vie, et avec reconnaissance, témoigna-t-elle plus tard.

Sa mère étant à l’article de la mort, Edmund rentra précipitamment et s’occupa de ses deux sœurs, qui entrèrent au monastère de Catesby.

Il retourna achever ses études à Paris, fut maître ès arts, puis revint à Oxford où il enseigna. Il fut le prqemier à commenter Aristote. Ses élèves l’aimaient, et il les aidait volontiers, parfois jusqu’à vendre ses livres, les soignant s’ils étaient malades. On dit qu’il laissait sur la fenêtre l’argent qu’on lui donnait.

Il vit sa mère en songe : elle l’exhortait à se préparer au sacerdoce. Il suivit le conseil, étudia la théologie (à Paris ou à Oxford) et se retrouva en 1222 trésorier de l’évêché de Salisbury ; curieuse promotion, si l’on remarque qu’il ignorait les livres de comptes et que, parfois sans le sou, il allait se réfugier à l’abbaye de Merton ; mais on pourra objecter que, dans son désintéressement légendaire, il remettait toute son administration à la Providence sans s’occuper du lendemain, et qu’il préférait se retirer souvent dans le silence claustral pour prier.

On ne sait quand il fut ordonné prêtre. Mais il prêchait avec un grand succès, et en plein air. Les prodiges se multiplièrent : il arrêta la pluie menaçante pour terminer de parler à ses auditeurs. 

Il guérit des malades ; quand il s’endormait sur son livre le soir, la Sainte Vierge le réveillait à temps pour éviter l’incendie…

Un jour qu’il travaillait à son domicile de Calne, son serviteur vint tout essoufflé lui annoncer que le chapitre de Canterbury l’appelait au siège épiscopal. Edmund fut sans réaction, renvoya l’homme à son travail et se remit au sien. Les chanoines durent insister trois jours durant pour le faire fléchir. Il fut sacré évêque le 2 avril 1234, quinze jours avant Pâques.

En réalité, les chanoines avaient cédé à l’injonction papale, car ils auraient préféré un autre candidat. Edmund se trouva en fait tiraillé entre certains chanoines, le roi et le pape. Le roi prétendit annuler certaines chartes concédées antérieurement, les chanoines manœuvrèrent par derrière et embrouillèrent la situation, et le pape prit des décisions sur la base de déclarations mensongères, de sorte qu’Edmund n’avait plus de recours ni plus aucune autorité dans son diocèse.

Il démissionna et vint se réfugier en France, à l’abbaye de Pontigny (Yonne). Les Cisterciens l’accueillèrent avec empressement et l’admirent dans la communauté. C’est là qu’Edmund acheva son ouvrage du Speculum Ecclesiæ (Miroir de l’Eglise). Il avait l’occasion de prêcher dans les environs, sans oublier de faire des miracles.

L’épreuve durait depuis six ans, l’évêque était à bout de forces. Il tomba malade. Il pensa trouver un air meilleur au prieuré de Soisy (Seine-et-Marne) et y mourut pieusement, le 16 novembre 1240 (ou 1242). 

Son corps fut ramené à Pontigny et des miracles se produisirent, au grand dépit des adversaires d’Edmund. 

Après enquête minutieuse, il fut canonisé en 1246, lors du concile de Lyon.

 

 

Agnese d’Assise

1197-1253

 

Elle était la jeune sœur de Chiara (v. 11 août), troisième des quatre filles de Favarone di Offreduccio et de Ortolana, dont le cousin (Rufino) fut un des premiers Compagnons de Francesco d’Assise.

Agnese passa son enfance au palais de son père à Assise et à celui qu’il possédait aussi au Monte Subasio. 

Quinze jours après que Chiara eut rejoint Francesco d’Assise, en 1211 ou 1212, Agnese la rejoignit chez les Bénédictines proche de la Portioncule. Mais si Chiara pouvait vanter ses dix-huit ans, Agnese n’en avait que quinze, et la famille voulut la ramener de force à la maison. Il y eut de la bagarre, comme on l’imagine. Les pauvres Bénédictines étaient affolées : des hommes au monastère ! Et armés ! L’un d’eux, au moment de blesser Agnese avec son épée, aurait été saisi de paralysie. On tira par les cheveux la jeune fille, on la frappa. Chiara intervint pour tenter de calmer la situation ; on a ajouté à cela qu’Agnese devint si lourde que les garçons ne pouvaient plus la soulever. Ils durent se retirer.

Ce fut donc Agnese qui l’emporta : d’ailleurs, l’exemple des deux sœurs conquit même leur mère, leur jeune sœur et toute une troupe d’autres jeunes filles.

Francesco les établit alors à San Damiano, près d’Assise.

En 1219, Agnese était jugée suffisamment mûre et préparée pour être abbesse des Bénédictines de Monticelli (Florence), qui voulaient embrasser l’esprit franciscain. De là, Agnese fonda encore d’autres maisons, jusque dans le nord de l’Italie : Mantoue, Venise, Padoue.

Agnese n’hésita pas à mortifier sa jeunesse, portant un cilice en crins de chevaux et jeûnant au pain et à l’eau.

Appelée au chevet de Chiara, elle l’assista dans sa dernière maladie et elle mourut peu après à San Damiano, le 27 août selon certains, le 16 novembre 1253 selon d’autres, dont le Martyrologe Romain. Leur mère et leur autre sœur (Beatrice) étaient déjà mortes à ce moment-là.

Le culte d’Agnese fut approuvé en 1752.

 

 

Edward Osbaldeston

1560-1594

 

Fils de Thomas et neveu d’Edward Osbaldeston, cet Edward naquit à Osbaldeston Hall (Blackburn, Lancashire, Angleterre) vers 1560.

Il vint recevoir la formation sacerdotale au Collège anglais de Douai, puis à Reims, où il reçut le diaconat en 1583 et la prêtrise en 1585. Ordonné un 21 septembre, il célébra sa première messe le 30 septembre, fête de saint Jérôme, envers lequel il conservait une grande dévotion.

Après quatre années d’intense préparation dans la prière, Edward fut envoyé en mission en Angleterre, en 1589. 

Il choisit fort heureusement et prudemment de travailler dans le Yorkshire, où il n’était pas connu. Son apostolat dura cinq années, durant lesquelles il se déplaçait à cheval

Qui le «livra» fut un prêtre apostat, qui le fit découvrir en pleine nuit à l’auberge de Tollerton (Yorkshire), justement en la fête de saint Jérôme, 30 septembre 1594.

Dès le lendemain, 1er octobre, Edward fut emmené à York, où on lui confisqua son cheval et ses affaires pour célébrer la Messe. Il fut bien vite jugé et accusé de haute trahison pour le «crime» d’être un prêtre romain.

Dans une lettre qu’il eut le temps d’écrire à ses camarades et confrères prisonniers, il montre sa grande humilité et sa confiance sereine en Dieu à l’annonce de sa prochaine mort. Il prie Dieu de lui donner la grâce d’être aussi courageux que les autres prêtres martyrs.

Il fut, selon la «règle» anglaise, «pendu, éviscéré et écartelé» à York, le 16 novembre 1594 (et non 1592, encore moins 1584).

Edward Osbaldeston fut un des quatre-vingt cinq Martyrs anglais et gallois béatifiés en 1987.

Teodoro Gómez Cervero
1877-1936

Il naquit le 7 décembre 1877 à Deza (Soria) d’Agustín et María Antonia, qui le firent baptiser deux jours plus tard.

Il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), fit la profession en 1895 et fut ordonné prêtre le 1er juin 1901.

Trois mois plus tard, il partait pour La Havane (Cuba), où il devait rester vingt-cinq ans, au sein d’une population qu’il aimait beaucoup (et qui le lui rendait), se déplaçant à cheval ou à pied pour rejoindre toute la population dans leurs habitations (Bohíos).

En 1926, il revint en Espagne et fut assigné à la communauté de Valdemoro (Madrid).

En août 1936, il fut arrêté et conduit à la Direction Générale de Sécurité de Madrid puis, le lendemain, à la prison de Ventas, où le rejoignirent deux jours plus tard les autres Confrères de Valdemoro.

Durant les trois mois où il fut dans la prison, le p.Teodoro s’efforçait de faire passer le temps agréablement en racontant ses nombreuses expériences de Cuba.

En novembre, la santé du Père s’altéra notablement. Il devait couver une tuberculose depuis quelque temps, mais n’en parlait pas. Toutefois, le 12 novembre, on le transféra à l’infirmerie. Il était conscient de sa fin ; il se confessa mais ne put recevoir le Viatique ; il offrit sa vie pour l’Espagne et mourut le 16 novembre 1936.

On trouve parfois la date probablement erronée du 22 octobre 1936 pour la mort de ce Prêtre ; ajoutons que sa mort a été considérée comme un martyre, étant donné qu’il fut poursuivi et mis en prison par les ennemis de la Foi.

Béatifié en 2017, Teodoro Gómez Cervero sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 16 novembre.

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 00:00

 

15 NOVEMBRE

 

-VI.

S Baruch, prophète, disciple du prophète Jérémie.

I.

S Eugène, évêque à Tolède, consacré évêque par son ami Denis l'Aréopagite, qui était venu à Paris, martyr ; on ne croit pas à l'existence de ce Saint.

S Félix, évêque à Nola.

 

IV.

SS Fidentianus (évêque), Valeriana, Victoria et quelques autres, martyrs à Hippone. 

SS Gurias, Samonas et Habib, martyrs près de (ou à) Edesse ; Gurias était un ascète âgé, Samonas fut horriblement torturé ; Habib, diacre, fut brûlé vif.S Malo, gallois, évêque à Aleth, plus tard Saint-Malo.

V.

Ste Céronne, une vierge mal connue, morte aveugle à Mortagne.

VII.

S Didier, évêque à Cahors après son frère Rusticus, assassiné ; ex-fonctionnaire à la cour de Clotaire II, ami de Dagobert, il put procurer un grand essor à son diocèse.

S Saen (Sidonius)), irlandais, moine à Jumièges et Noirmoutier, fondateur d'un autre monastère près de Rouen, à l'origine de la ville de Saint-Saëns.

SS Marin (évêque) et Anian (diacre), missionnaires irlandais en Bavière. Marin fut martyrisé.

VIII.

S Pavin, abbé au Mans.

S Cessateur, saint homme et peut-être aussi évêque à Limoges.

IX.

S Fintan, irlandais, reclus à Rheinau, dont il est co-patron. 

XII.

S Leopold III, margrave en Autriche, père de dix-huit enfants, dont les évêques Conrad et Otto, fondateur d'une abbaye à Mariazell, surnommé le Père des pauvres, patron de l'Autriche.

XIII.

S Albert le Grand, dominicain allemand, évêque à Ratisbonne et Docteur de l'Eglise ; illustre savant, il eut s. Thomas d'Aquin comme élève à Paris ; à son arrivée dans son diocèse, il avait des chaussures si usées qu'on le surnomma "Godasse".

XVI.

Bx Hugues Faringdon (Cook) et Richard Whiting (abbés), John Thorne, Roger James (tous quatre bénédictins), John Eynon, John Rugg (prêtres), martyrs anglais.

Bse Lucia Broccadelli de Narni, aînée de onze enfants, dominicaine à Ferrare, étonnante mystique à Viterbe et Ferrare.

XVII.

B Caius, coréen martyr à Nagasaki ; il vivait en ermite dès avant sa conversion ; au service des Jésuites, il catéchisait et s'occupait des lépreux : on l'appelait "petit Apôtre" ; la nouvelle de son admission parmi les Jésuites ne put lui parvenir : il était en prison et fut bientôt exécuté.

SS Roque González de Santa Cruz, paraguayen, et Alonso Rodríguez, espagnol, prêtres jésuites martyrs au Paraguay, canonisés en 1988.

XIX.

S José Pignatelli Moncayo, jésuite espagnol au moment du bannissement de l'ordre et artisan de son rétablissement.

Bx Pak Gyeong-hwa Paulus et Gim Se-bak Ambrosius, laïcs coréens martyrs, morts en prison, béatifiés en 2014. 

S Yosefu Mukasa Balikuddembé, premier martyr en Ouganda.

XX.

Bse Hélène-Marie-Philippine de Chappotin de Neuville (Marie de la Passion, 1839-1904), française, fondatrice en Ligurie des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, béatifiée en 2002.

S Józef Kalinowski (Rafal de Saint-Joseph, 1835-1907), militaire et homme d'état polonais, déporté en Sibérie, carme en Autriche, appelé "martyr de la confession" pour son zèle apostolique, béatifié en 1983 et canonisé en 1991.

B Miguel Díaz Sánchez (1879-1936), prêtre diocésain, martyr espagnol de la Révolution près de Albacete, béatifié en 2007.

B Juan Duarte Martín (1912-1936), diacre martyr près de Málaga, béatifié en 2007.

Baruch, prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Une vingtaine d’années après le début de l’activité prophétique de Jérémie à Jérusalem, apparaît à ses côtés, en 605-604, un scribe, son secrétaire et disciple : Baruch, fils de Nérias (cf. Jr 36).

Baruch signifie exactement Béni, on dirait même notre Benoît.

Désormais, donc, le sort du prophète Jérémie et celui du disciple sont intimement liés. Baruch partage les souffrances et les échecs de Jérémie en ces années tragiques (prises de Jérusalem, 598 et 587, par Nabuchodonosor, roi de Babylone ; destruction du Temple ; déportations ; ruine de la nation juive).

Baruch semble avoir une position à la cour, on ne sait laquelle ; il a un frère, Saraïas, grand chambellan, qui vers 593 accompagne le roi Sédécias dans une mission à Babylone (Jr 51:59).

Une fois disciple de Jérémie, Baruch soutient fermement son maître. En 586, après l’assassinat de Godolias, établi gouverneur par l’occupant, les Juifs «résistants» accusent Baruch d’exciter Jérémie dans la voie de la «collaboration» (Jr 43:3).

Baruch partage les sentiments de Jérémie, et soutient son maître fidèlement. Il n’a pas de chance : Le roi Joakim, en présence de Baruch, entend la lecture du rouleau. Enervé par ces paroles pessimistes, il brûle le tout. Baruch en est quitte pour recommencer son travail (Jr 36).

Lors de l’exode des Juifs croyant pouvoir se réfugier en Egypte, Jérémie et Baruch sont emmenés de force dans cet exil qu’ils avaient d’avance condamné, prophétisant que l’Egypte aussi serait bientôt conquise par Nabuchodonosor.

Jérémie et Baruch sont emmenés et établis à Taphnès, à l’est du delta du Nil (Jr 42:6-7). C’est là qu’il durent mourir tous les deux, peut-être martyrisés, avant-même l’arrivée de Nabuchodonosor, selon une tradition dont se fait écho saint Jérôme, même si une autre tradition moins probable les fait mourir à Babylone, emmenés là après la conquête de l’Egypte.

Baruch a donc dû écrire une partie du livre de Jérémie. Mais il y a aussi dans la Bible le Livre de Baruch, inséré entre Jérémie et Ezéchiel, que des spécialistes attribuent plutôt à trois auteurs différents plus tardifs.

Baruch, prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Une vingtaine d’années après le début de l’activité prophétique de Jérémie à Jérusalem, apparaît à ses côtés, en 605-604, un scribe, son secrétaire et disciple : Baruch, fils de Nérias (cf. Jr 36).

Baruch signifie exactement Béni, on dirait même notre Benoît.

Désormais, donc, le sort du prophète Jérémie et celui du disciple sont intimement liés. Baruch partage les souffrances et les échecs de Jérémie en ces années tragiques (prises de Jérusalem, 598 et 587, par Nabuchodonosor, roi de Babylone ; destruction du Temple ; déportations ; ruine de la nation juive).

Baruch semble avoir une position à la cour, on ne sait laquelle ; il a un frère, Saraïas, grand chambellan, qui vers 593 accompagne le roi Sédécias dans une mission à Babylone (Jr 51:59).

Une fois disciple de Jérémie, Baruch soutient fermement son maître. En 586, après l’assassinat de Godolias, établi gouverneur par l’occupant, les Juifs «résistants» accusent Baruch d’exciter Jérémie dans la voie de la «collaboration» (Jr 43:3).

Baruch partage les sentiments de Jérémie, et soutient son maître fidèlement. Il n’a pas de chance : Le roi Joakim, en présence de Baruch, entend la lecture du rouleau. Enervé par ces paroles pessimistes, il brûle le tout. Baruch en est quitte pour recommencer son travail (Jr 36).

Lors de l’exode des Juifs croyant pouvoir se réfugier en Egypte, Jérémie et Baruch sont emmenés de force dans cet exil qu’ils avaient d’avance condamné, prophétisant que l’Egypte aussi serait bientôt conquise par Nabuchodonosor.

Jérémie et Baruch sont emmenés et établis à Taphnès, à l’est du delta du Nil (Jr 42:6-7). C’est là qu’il durent mourir tous les deux, peut-être martyrisés, avant-même l’arrivée de Nabuchodonosor, selon une tradition dont se fait écho saint Jérôme, même si une autre tradition moins probable les fait mourir à Babylone, emmenés là après la conquête de l’Egypte.

Baruch a donc dû écrire une partie du livre de Jérémie. Mais il y a aussi dans la Bible le Livre de Baruch, inséré entre Jérémie et Ezéchiel, que des spécialistes attribuent plutôt à trois auteurs différents plus tardifs.

Baruch ne fait pas partie, pour autant, des «Douze petits Prophètes». Son livre n’a pas même été traduit en latin par saint Jérôme dans la Vulgate. Ce n’est que plus tard, progressivement, que ce livre fut réinséré d’après de vieilles versions, dans le texte officiel de la Bible latine. 

Signalons que certaines Bibles syriaques contiennent aussi une Apocalypse de Baruch ; les Bibles éthiopiennes, le Reste des paroles de Baruch.

On se souviendra de la fameuse anecdote concernant Baruch, lorsque Jean Racine, observant que son ami La Fontaine trouvait l’office liturgique un peu long, lui passa à lire le texte de Baruch, dont le fabuliste resta émerveillé, au point qu’il en parlait ensuite à tous ses amis : «Avez-vous lu Baruch ? C’était un beau génie».

Saint Baruch, selon la tradition orientale, est fêté le 15 novembre.

 

 

Didier de Cahors

580-655

 

Didier (Desiderius) naquit vers 580 non loin d’Albi (Obrege, qu’on croit identifier avec Antuberix), d’une famille aristocratique très liée à la cour royale, comme on va le voir.

Si l’on ignore le nom de son père, on connaît celui de sa mère : Herchenfrède.

Didier eut deux frères : Rusticus et Syagrius. Rusticus fut évêque de Cahors de 623 à 630 ; Syagrius eut un poste important dans l’administration d’Albi.

On pourrait dire que Didier imita simultanément ses deux frères, en ce sens qu’il recouvrit d’importantes charges administratives à la cour, avant de devenir à son tour évêque.

Il eut à s’occuper du trésor royal, ce qui nous renseigne sur sa probité exemplaire. Il fut très ami avec le roi Dagobert, ainsi qu’avec Sigebert III.

En 630, Rusticus fut assassiné dans une émeute ; on appela Didier pour lui succéder. Il n’avait peut-être pas encore la science ecclésiastique, mais il possédait la sapientia cordis, cette sagesse du cœur qui l’unissait déjà profondément à Dieu, et lui faisait rechercher avant tout ce qui pouvait L’honorer. A s.Ouen de Rouen (v. 24 août), il écrivit : De même que nous avons été ensemble à la cour du prince, de même il faut que nous méritions de vivre ensemble dans ce palais céleste du Roi d’en haut.

Devenu treizième évêque de Cahors - il fut consacré à Bourges par s.Sulpice (v. 29 janvier) - il fut très actif, tant au plan spirituel qu’au plan matériel.

Il fit construire des églises : Saint-Pierre à l’endroit du meurtre de Rusticus, Saint-Julien, Saint-Martin. Il favorisa le monachisme : le monastère de Cahors, dédié à s.Amand, prit plus tard le nom de Saint-Géry (comme on appelait parfoit Didier).

Forgé à la bonne administration, Didier fit prospérer l’agriculture. Il y eut abondance de vin et de grain, qu’on put exporter, ce qui valut au diocèse des dons de toutes sortes. Didier fit construire des monuments, comme on l’a dit plus haut, mais aussi il reçut des domaines importants.

La renommée de Didier fut grande dans toute la région. On le consultait, on recourait à lui, on lui demandait son arbitrage. 

Dans son testament, il léguait tous ces biens à l’Eglise de Cahors, à charge pour son successeur de venir en aide aux pauvres.

Didier mourut le 15 novembre 655 et fut enterré à Saint-Amand.

Son successeur fut peut-être Agarnus, pratiquement inconnu.

Saint Didier de Cahors est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Saen, abbé

† 684

 

Saen, traduit Sidonius en latin, venait d’Irlande ; il fut impressionné par l’attitude de quelques moines de Jumiège qui étaient allés outre-Manche pour racheter des esclaves, et les accompagna en Gaule.

Certains ont prétendu qu’il se mit au service de s.Fursy (v. 16 janvier) à Lagny, ce qui ne semble pas acceptable historiquement.

Plus vraisemblable est sa vie monastique à Jumièges, où les moines admirèrent l’esprit de mortification et d’humilité qui l’habitait.  Il fut ensuite à Noirmoutier, où il fut cellerier.

S.Ouen (v. 24 août), qui avait fondé vers 674 un monastère dans le pays de Caux, voulut que Saen en fût le premier abbé, car il l’estimait beaucoup et le consultait volontiers, et même pour des affaires difficiles. Il le prit comme compagnon pour son voyage à Rome. 

Une autre version des faits affirme que Saen fonda ce monastère dans le val de la Varenne en 675.

Saen mourut vers (ou après) 684, peut-être même vers 689.

La ville qui se développa autour de son monastère prit le nom de Saint-Saëns, l’s ayant été ajouté au 17e siècle ; on ne manquera pas non plus d’évoquer le nom du célèbre musicien, Camille Saint-Saëns. 

Quant au monastère, il fut détruit par les Normands au 9e siècle.

Saint Saën est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marin et Anian d’Irschenberg

† 697

 

C’étaient deux Irlandais. 

Marin était évêque, Anian diacre : ils venaient sur le continent comme missionnaires.

Ils furent d’abord reçus par le pape Eugène 1er († 657), qui leur donna la mission de se diriger en Germanie méridionale, l’actuelle Bavière.

On pourrait se demander où Marin était évêque en Irlande et d’où lui serait venue la décision d’abandonner son diocèse. N’aurait-il pas reçu cette consécration du pape lui-même ?

Vers 657 donc, Marin s’établit à Wilparting, Anian à Alb. Ils vécurent là et évangélisèrent la région d’Irschenberg.

Quarante ans plus tard, en 697, une bande de pillards passa par là et s’acharnèrent sur Marin, qui fut torturé et brûlé sur un bûcher. 

Anian mourut à la même époque, de vieillesse.

En supposant que Marin avait une trentaine d’années au moment de sa consécration épiscopale (en Irlande ou à Rome), il pouvait avoir au moins soixante-dix ans lors de son martyre. Il pouvait même être beaucoup plus âgé, puisque le diacre Anian mourut de vieillesse.

Encore actuellement, ces deux Saints demeurent très populaires, témoins les nombreux enfants qui en reçoivent les noms au baptême.

Les deux Saints, Marin et Anian d’Irschenberg, sont commémorés le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fintan de Rheinau 

803-878

 

Fintan naquit vers 803 dans le Leinster (Irlande), où ses parents et frères et sœurs périrent dans les guerres et les invasions des Vikings.

Kidnappé lui-même par des Vikings, il put s’échapper dans les îles Orcades. Que faire alors ?

Il était en train de contempler la mer et y aperçut d’énormes bêtes, peut-être des dauphins, et médita ainsi : Comme Dieu est bon, lui qui a donné la mer à ces créatures, et à moi la terre pour aller et venir…

Dans sa prière, il promit à Dieu de ne pas chercher à revenir en arrière ; il partirait en pèlerinage aux grands sanctuaires (Tours, Rome). Ses vêtements alors se raidirent et le portèrent sur les flots jusqu’à la côte de Caithness (Ecosse N), où il vécut deux ans près de l’évêque du lieu, dont on ne connaît d’ailleurs pas le nom.

En 845, après avoir accompli son vœu, il fut moine quelque temps à l’abbaye bénédictine italienne de Farfa, puis vint en 851 se fixer à l’abbaye de Rheinau (entre Bâle et le lac de Constance). A cinquante-et-un ans, il se soumettait humblement à la Règle monastique.

Une vingtaine d’années avant sa mort, à partir de 856, il vécut en reclus, dans une grande austérité, et mourut le 15 novembre 878.

Saint Fintan de Rheinau est commémoré le 15 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leopold d’Autriche

1073-1136

 

Leopold III était né en 1073 à Melk, de Leopold II de Babenberg, margrave d’Autriche, et de Ida de Cham de Ratelberg.

Dans sa jeunesse, Leopold subit l’heureuse influence de saint Altman (v. 8 août) et était bien résolu à soutenir la réforme de l’Eglise. Il se mérita d’ailleurs le nom de Leopold le Pieux.

En 1095, Leopold hérita des Etats de son père.

Il se serait marié une première fois, avant 1103, avec Adelheid de Perg, dont il aurait eu un enfant, Adalbert. Mais ce mariage n’est pas toujours mentionné et Adalbert est présenté comme le premier-né du mariage de Leopold avec Agnes. Leopold aurait donc été veuf.

En 1106, il épousa Agnes, la sœur de l’empereur Henri V, déjà veuve avec trois enfants. De l’union de Leopold et Agnes naquirent dix-huit enfants, dont survécurent six fils et cinq filles. Deux deviendront évêques, Otto à Freising et Konrad à Salzbourg. Les noms de ses enfants connus sont : Adalbert, Leopold (IV), Otto, Agnes, Heinrich, Judith, Konrad, Gertrud, Elisabeth, Bertha.

En 1108, il fit construire à Klosterneuburg une église qui devait être desservie par les Chanoines réguliers de Saint-Augustin ; il l’édifia à l’endroit où il retrouva le voile de son épouse accroché à un arbre, intact, plusieurs années après que le vent ait décoiffé la princesse !

En 1127, il fit édifier le monastère de la Sainte-Croix, qui abrita des Cisterciens.

En 1133, il installa à Chiemsee des Chanoines réguliers et, plus tard, des Bénédictins à Mariazell.

Son souci d’aider les indigents le fit appeler Père des pauvres. Son palais était l’asile des veuves et des orphelins.

Du gouvernement politique de Leopold, on signale deux attaques hongroises victorieusement repoussées. En 1125, il refusa de recevoir la couronne de l’Empire.

Ce saint monarque mourut des suites d’un accident de chasse, le 15 novembre 1136 et fut canonisé en 1485.

Il est le céleste patron de l’Autriche.

 

 

Albrecht von Bollstädt

1200-1280

 

Albrecht (Albert) naquit à Lauingen (Bavière, Allemagne) à une date qui oscille entre 1193 et 1206, selon les thèses des historiens.

Après ses études, il passa à Bologne et étudia la médecine à Padoue, et c’est dans cette dernière ville qu’il entra en 1223 dans l’Ordre dominicain.

Elève de théologie, il enseignera à son tour à Cologne, Hildesheim, Fribourg-en-Brisgau, Ratisbonne, Strasbourg, et Paris, dans le premier couvent dominicain de la rue Saint-Jacques, le Collège des Jacobins. Il y aura comme élève le jeune Thomas d’Aquin. 

De retour à Cologne, il fut plusieurs fois appelé à arbitrer des conflits entre l’archevêque et les habitants. 

En 1254, il fut élu provincial pour l’Allemagne.

En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne. Il y arriva avec de telles chaussures, qu’on lui donna le sobriquet de godasse. Il résigna sa charge en 1262.

En 1263, il fut chargé de prêcher (en vain) la croisade en Allemagne.

Il est possible qu’en 1277 il se soit rendu à nouveau à Paris pour défendre des thèses de Thomas d’Aquin ; ce dernier était mort peu auparavant et Albert le pleura beaucoup.

Vers la fin de sa vie, Albert perdit la mémoire ; il s’éteignit à Cologne le 15 novembre 1280.

Albert écrivit énormément ; il s’intéressa à la biologie, à la nature dans son ensemble, aux animaux, aux roches. Son savoir et son œuvre étaient véritablement encyclopédiques. En théologie, il commenta Denys l’Aréopagite (que certains nomment Pseudo-Denys) ; en philosophie, il s’intéressa beaucoup à Aristote, qu’on découvrait alors.

On aurait dit de lui qu’il avait été un moment alchimiste et magicien… Sans doute ses expériences suscitèrent l’étonnement, mais Albert ne s’est jamais écarté de la foi et de la discipline chrétiennes.

Albert mérita le nom de Albert le Grand, Albertus Magnus ; de docteur universalis.

Il fut béatifié en 1484, canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931. Il fut aussi proclamé patron de ceux qui cultivent les sciences naturelles (1941).

Saint Albert le Grand est nommé au Martyrologe et fêté le 15 novembre.

 

 

Hugh Faringdon

? -1539

 

Un petit mystère entoure l’origine de ce Martyr.

Il serait né, à une date inconnue, à Faringdon (Berkshire), et c’est sous ce nom qu’on le désigna ; cependant, il porta les armes des Cook de Kent.

En 1520, il fut élu abbé de l’abbaye bénédictine de Reading, et l’on sait qu’il reçut le roi Henry VIII l’année suivante. Par la suite, il devint un des chapelains du Roi. En 1532, il reçut de ce dernier au nouvel-an une bourse en cuir contenant vingt Livres. L’abbé Faringdon fut au Parlement de 1523 à 1539.

En 1536, il signa un document qui pourrait passer pour une sorte de reconnaissance de la suprématie du Roi dans l’Eglise. L’année suivante il présida les funérailles de la reine Jane Seymour.

Il fut ainsi en faveur jusqu’en 1539, quand il refusa de mettre son abbaye sous la domination royale. Ce fut le début de la déchéance et la voie au martyre.

Malgré sa position au Parlement, l’abbé fut accusé de haute trahison, et fut condamné à mort avant même son jugement.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins, John Eynon et John Rugg ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de Hugh et de ses Compagnons a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Eynon

? -1539

 

On ne connaît pas les détails de la jeunesse de John.

Il fut prêtre dans l’abbaye bénédictine de Reading, mais fut aussi curé de la paroisse voisine de Saint-Gilles.

Refusant de livrer sa paroisse aux Autorités civiles, on l’arrêta à l’abbaye.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins : Hugh Faringdon, l’abbé, et John Rugg ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de ces Martyrs a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

John Rugg

? -1539

 

 

On ne connaît pas les détails de la jeunesse de John.

Il fut prêtre dans l’abbaye bénédictine de Chichester, puis se retira dans celle de Reading.

Il souffrit le martyre à Reading avec deux autres moines bénédictins : Hugh Faringdon, l’abbé, et John Eynon ; ils furent tous les trois pendus à l’entrée du monastère, le 15 novembre 1539.

Le culte de ces Martyrs a été confirmé en 1895, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Richard Whiting

1461-1539

 

On connaît peu de choses sur les origines de Richard.

Il naquit vers 1461 à Wrington (Somerset, Angleterre) et fréquenta l’université de Cambridge, d’où  il sortit maître es arts en 1483.

Bénédictin, il fut ordonné diacre en 1500 et prêtre en 1501, à Wells, puis enseigna à l’école de la proche abbaye de Glastonbury, où l’on suppose qu’il eut parmi ses élèves le neveu de l’abbé dom Bere, Richard Bere (futur chartreux et martyr, voir au 9 août).

A la mort de dom Bere, dom Whiting fut élu abbé, jugé prêtre recommandable pour sa vie, ses vertus et sa science. Il gouverna son abbaye pendant dix années, dans la paix, unanimement estimé.

Lui et ses moines prirent parti ouvertement pour la légitimité du mariage du roi avec Catarina, et contre son union avec Anne Boleyn.

En 1535, un émissaire du pouvoir vint visiter l’abbaye, qu’il trouva parfaitement en ordre ; son compte-rendu disait qu’ il n’y a rien a redire : les Frères vivent si bien leur règle qu’ils ne sauraient commettre la moindre offense.

Dom Whiting comprit que son abbaye allait de nouveau être visitée. L’une après l’autre, toutes les autres abbayes furent confisquées par le pouvoir royal, qui s’empara de tout ce qui pouvait lui être utile. 

En septembre 1539, arrivèrent les émissaires du roi pour prendre possession de l’abbaye et pour disperser les moines. Le pieux Abbé se trouvait alors à la ferme de Sharpham : ils allèrent le chercher sans ménagement et passèrent la nuit à fouiller dans tous ses papiers, sans rien trouver d’ailleurs. Ils envoyèrent le pauvre homme, presque octogénaire, à la Tour de Londres ; dans l’espace de six semaines, l’abbaye fut entièrement pillée.

On n’est pas sûr qu’il subit un jugement en bonne et due forme. Il est écrit qu’il devait être, selon les ordres, envoyé à Glaston pour y être jugé et exécuté avec ses complices. On sait qu’il fut envoyé à Wells le 14 novembre 1539.

Il n’y eut pas de jugement, on fit subir à l’Abbé tous les outrages possibles. On tortura ensemble dom Whiting, dom Thorne et dom James. On les attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis ils furent, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendus, éviscérés et écartelés.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le samedi 15 novembre 1539.

La tête de l’Abbé fut exposée sur une pique à la vue de la foule, à l’entrée de l’abbaye, désormais vide ; les morceaux de son corps, brûlés dans la poix, furent exposés à Wells, Bath, Ilchester et Bridgwater.

En 1895, la confirmation du culte qu’on lui rendait, équivalait à la béatification.

 

 

John Thorne

? -1539

 

On ne connaît rien sur les origines de John.

Bénédictin, il était économe à l’abbaye de Glastonbury (Somerset, Angleterre).

Quand le roi envoya ses émissaires pour prendre possession de l’abbaye, et en particulier de la trésorerie, dom John la cacha. Il fut pour ce motif accusé de sacrilège et de trahison.

On l’attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis il fut, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendu, éviscéré et écartelé.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le 15 novembre 1539.

En 1895, la confirmation du culte qu’on lui rendait, équivalait à la béatification.

 

 

 

Roger James

? -1539

 

On ne connaît rien sur les origines de Roger.

Bénédictin à Glastonbury, il fut ordonné prêtre et était le plus jeune de la communauté. Il était chargé de la sacristie.

On tortura ensemble l’Abbé dom Whiting, dom Thorne et dom James. On les attacha à la queue de chevaux qu’on fit courir dans les rues, puis ils furent, selon l’habitude anglaise de l’époque, pendus, éviscérés et écartelés.

Ce martyre eut lieu à Tor Hill (Glastonbury), le samedi 15 novembre 1539.

En 1895, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Lucia Broccadelli de Narni

1476-1544

 

Lucia naquit le 13 décembre 1476 à Narni (Ombrie, Italie C), aînée des onze enfants de Nicola et Gentilina Cassio. Elle reçut le nom de la Sainte du jour.

Toute la première partie de sa vie n’est qu’une suite de merveilles étonnantes.

A cinq ans, elle eut une extase de trois jours pendant lesquels la Sainte Vierge lui confia l’Enfant Jésus.

A sept ans, elle eut les fiançailles mystiques avec Jésus-Christ, et reçut un scapulaire des mains de saint Dominique (v. 6 août) ; elle fut introduite parmi les Anges, avec lesquels elle chanta et dansa.

A douze ans, elle obtint la permission de son confesseur de se consacrer à Dieu.

Pendant tout ce temps-là, la famille semblait indifférente. Le papa mourut en 1490. Dès lors, la famille chercha à la marier : un premier prétendant, qui osa lui mettre un anneau au doigt, reçut en échange une belle gifle. On imposa par contre à Lucia un régime sévère, dont elle tomba malade.

Bientôt, on lui présenta un autre prétendant, un certain comte Pietro. Embarrassée, elle eut la vision de la Sainte Vierge, avec sainte Catherine de Sienne (v. 29 avril) et sainte Domitilla (v. 7 mai) : elle pouvait obéir, certaine que Dieu l’aiderait et la protégerait ; pour preuve, elle fut guérie de sa maladie.

Pietro fut un bon mari : il respecta le désir de Lucia de rester chaste. Lucia, de son côté, fut une maîtresse de maison exemplaire, travaillant avec les servantes ; elle vivait aussi comme une moniale, priant, jeûnant, se faisant flageller par une servante.

Les prodiges continuaient : en période de famine, elle fut aidée par sainte Catherine de Sienne, sainte Agnès (v. 21 janvier) et sainte Agnès de Montepulciano (v. 20 avril) à cuire du pain pour les pauvres, avec une farine inépuisable.

Elle reçut un jour dans le lit conjugal un pèlerin de passage ; son mari crut à l’adultère et allait frapper l’homme, qui lui apparut alors sous les traits du Christ crucifié.

Lucie s’enfuit de la demeure ; son mari se croyait réellement trompé ; mais saint Dominique et saint Pietro de Vérone (v. 6 avril) la ramenèrent : le comte l’enferma au cachot pendant tout un carême. A Pâques, le comte l’autorisa à aller à l’église et à faire ce qu’elle désirait : Lucia retourna chez sa mère. Elle prit alors l’habit du Tiers-Ordre dominicain (30 avril 1494, jour où l’on fêtait sainte Catherine de Sienne).

Evidemment le comte Pietro devenait fou de rage. Lucia se réfugia à Viterbe. C’est alors qu’elle reçut les stigmates de la Passion du Seigneur. On l’examina, le pape la reçut à Rome. Les autorités ecclésiastiques, surtout franciscaines, prétendaient que seul saint François avait été jugé digne de porter les stigmates ! Mais on dut bien conclure à la véridicité de Lucia. De retour à Viterbe, elle convainquit son mari, qui entra, justement, dans l’Ordre franciscain.

Il y eut ensuite une longue période de négociations entre le duc de Ferrare, Rome et Viterbe, au sujet d’un projet d’établir à Ferrare un immense couvent de tertiaires dominicaines. Lucia fut pressentie. On enleva Lucia, elle fut convoquée à Rome, on l’emmena dissimulée dans un grand panier à dos d’âne… Le couvent fut inauguré en 1501, Lucia en fut la supérieure, mais tout ce projet grandiose s’écroula à la mort du duc de Ferrare en 1505.

Il y eut des conflits entre les religieuses ; la nouvelle supérieure du couvent tiendra Lucia en suspicion, lui interdisant tout rapport avec quiconque, sauf avec le confesseur, qu’on lui imposa. Lucia obtint du Ciel de ne plus porter les stigmates visibles, mais elle conserva la douleur au côté. Cette épreuve du silence dura ainsi quarante ans.

Profitant de ces quarante années comme d’une traversée du désert avant la Terre Promise, Lucia monta au plus haut degré de la sainteté.

On la croyait morte depuis longtemps, lorsqu’on apprit ainsi sa mort, à Ferrare, le 15 novembre 1544.

Le culte de la Bienheureuse fut reconnu en 1710.

On a récemment retrouvé à Bologne une «copie» de l’Autobiographie de Lucia, rédigée peu avant la mort de celle-ci.

 

 

Caius de Corée

1571-1624

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Cius était un Coréen né en 1571.

On ne connaît pas toute son histoire. Baptisé, il vint au Japon et fut catéchiste. 

La persécution le fit arrêter et condamner à mort.

En prison, il demanda à être reçu dans la Compagnie de Jésus : sa demande fut acceptée, mais il n’eut pas le temps d’en recevoir la nouvelle avant son exécution.

Il reçut la grâce du martyre le 15 novembre 1624, et fut béatifié en 1867.

 

 

Roque González de Santa Cruz

1576-1628

 

Roque (Roch) était d’une des familles qui fondèrent la ville d’Asunción (Paraguay) ; il est donc créole. Ses parents s’appelaient Gonzáles Villaverde et María de Santa Cruz. On va voir que Roque fut vraiment un Roc.

Il eut (au moins) un frère, Herman, militaire à Asunción.

Petit, il connut la langue guarani, qui lui servira dans son futur apostolat.

Il étudia dans une école fondée par l’évêque, sous la direction duquel il poursuivra ensuite ces études, avec d’autres jeunes, et recevra le sacerdoce en 1598, à vingt-deux ans.

Grâce à son atout linguistique, il fut nommé pour exercer sa charge pastorale à San Andres de Mbaracayú. En 1609, il fut nommé archiprêtre de la cathédrale d’Asunción. 

Cette même année, il refusa la charge de vicaire général et entra dans l’Ordre des Jésuites. Les Religieux de cet Ordre s’engagent en effet à ne pas accepter de charges ecclésiastiques, sauf par obéissance envers leurs Supérieurs.

Mais vu sa préparation et son sacerdoce, les Supérieurs ne jugèrent pas nécessaire de lui faire faire un «noviciat» : on l’envoya au-delà du fleuve Paraguay, évangéliser le territoire des Guaycurús, d’où il rejoignit les réductions de Parana.

Dès 1611, il organise le village de San Ignacio Guazú, en l’honneur du Fondateur des Jésuites, qui deviendra une des plus importantes réductions du pays : chacun avait sa propre maison clôturée, autour d’une église et de son presbytère.

Il «conquit» les habitants, maintenant leurs habitudes de musique, de chants, de danses, de processions et fêtes, en les «christianisant», c’est-à-dire en les insérant harmonieusement aux nouvelles habitudes chrétiennes qu’il leur enseignait, tout cela, bien sûr, en langue guarani et non en latin.

Il organisa des écoles, des cultures, un artisanat, un commerce, luttant sans cesse contre les sorciers et les encomenderos espagnols, qui soumettaient la population à un véritable esclavage. Il refusait carrément l’absolution à ces derniers, sachant très bien qu’ils vivaient dans le mensonge et l’injustice vis-à-vis de la population.

En 1614, nouvelle réduction à Santa Ana ; en 1615, en Itapuá, la future Posadas, maintenant en Argentine) et Encarnación ; en 1618, Yaguaporá.

A partir de 1619, il fut envoyé dans la région du fleuve Uruguay et fonda, en sept ans, quatre nouvelles réductions : Conceptión de la Sierra, San Francisco Javier, Yapeyú.

En 1627, il fut nommé supérieur des Jésuites en Uruguay. Sa personne et son expérience lui confèrent un énorme ascendant sur les populations : on connaît son courage et sa détermination, son dévouement lors des épidémies, et beaucoup de baptêmes sont célébrés.

Les autorités civiles aussi le respectent et l’écoutent. D’autres réductions sont fondées, sur la rive orientale de l’Uruguay, entre autres celle de Candelaria.

A partir de 1628, avec l’aide de deux autres Jésuites (voir les notices de Alonso Rodríguez Olmedo et Juan del Castillo, ce même jour), il fonda trois réductions : San Nicolás, Asunción del Ijuí et Caaró (aujourd’hui sur territoire brésilien). Là, le sorcier, jaloux de leur prestige, organisa leur assassinat.

Le 15 novembre 1628, Roque et Alonso eurent le crâne fracassé, tandis qu’ils étaient occupés à installer la cloche à leur église de Caaró. Juan aura le même sort deux jours après.

Les cadavres furent brûlés, mais le cœur de Roque resta miraculeusement intact. On le conserve à Asunción, avec l’arme de son martyre.

Les trois Jésuites furent béatifiés en 1934, et canonisés en 1988.

Saint Roque est le patron des villes de Posadas et Encarnación, deux villes fondées par Roque, et reliées par un pont, qui porte son nom ; Posadas est maintenant en Argentine, Encarnación au Paraguay. Un billet de banque paraguayen porte son effigie depuis 1995.

Saint Roque est le premier Saint créole paraguayen.

 

 

Alonso Rodríguez Obnel

1598-1628

 

(Il ne faut pas confondre ce Saint avec un autre Alonso Rodríguez, Jésuite espagnol de la même époque, voir au 31 octobre).

Alonso (Alphonse) naquit à Zamora (Espagne) le 10 mars 1598, de pieux parents qui s’appelaient Gonzalo Rodríguez et María Obnel (ou Olmedo).

Alonso entra dans la Compagnie de Jésus, au noviciat de Villagarcía en 1614 et fut ordonné prêtre en 1624.

En 1626, il fit sa période de «probanat sacerdotal» parmi les guaycurués du Paraguay.

C’est là qu’il collabora intimement et activement au travail d’évangélisation que faisait le père Roque González de Santa Cruz (voir la notice au même jour), grâce auquel il apprit la langue aborigène.

Après deux années d’intense activité, Alonso reçut la palme du martyre à Caaró, le 15 novembre 1628.

Il fut béatifié en 1934 et canonisé en 1988.

 

 

José Pignatelli

1737-1811

 

Ce prêtre devenu italien avec le nom de Giuseppe, était né le 27 décembre 1737 à Saragosse (Espagne), de sang noble : son père, Antonio, était de la noblesse italienne ; sa mère, Francesca Moncayo-Fernández de Heredia, descendait des Grands d’Espagne.

Orphelin de mère à quatre ans, José fut élevé à Naples. Sa connaissance parfaite de l’espagnol et de l’italien devait plus tard lui être d’une grande utilité.

Il entra au noviciat des Jésuites de Tarragone (Espagne) en 1753 ; on l’envoya faire les études classiques à Manresa (Italie), la philosophie à Calatayud (Espagne) et la théologie à Saragosse, et il fut ordonné prêtre en 1762. Son frère Nicolás sera aussi jésuite.

Professeur d’humanités au collège, il alla aussi faire du catéchisme aux enfants de la rue et rendait visite aux malades et aux prisonniers.

En 1766, il y eut une famille à Saragosse et la populace se souleva. On accusa les Jésuites de soutenir cette révolte : ils furent expulsés (1767) ; réfugiés en Corse, les Jésuites durent ensuite s’installer à Ferrare (Italie) dans les Etats Pontificaux, où les rejoignirent aussi ceux du Mexique. C’est là que José prononça ses vœux (1771).

En 1773, le pape supprima totalement la Compagnie de Jésus, à la suite d’une campagne tout-à-fait partisane et injuste. José et son frère Nicolás vécurent un temps à Bologne, José vivant toujours sa vie religieuse, Nicolás reprenant une vie séculière.

José chercha à rencontrer les autres Jésuites et organisa avec eux des activités spirituelles et intellectuelles. Même les Etats Pontificaux refusèrent de les héberger, ils n’avaient aucun droit d’exercer leur sacerdoce. 

Des groupes de spiritualité ignatienne se formèrent en divers endroits (en Europe et en Russie, aux Etats-Unis) et José développa une activité fébrile pour faire restaurer la Compagnie. Il fit présenter sa requête au pape qui, constatant l’erreur passée, accéda à cette demande, pour les royaumes de Parme, Naples et Sicile (1804). José (devenu Giuseppe) Pignatelli fut même nommé Provincial pour ces régions.

Des maisons se rouvrirent à Rome, Tivoli, Orvieto. Mais les Jésuites, refusant de jurer allégeance à Bonaparte, furent à nouveau expulsés. La restauration se fit tout de même en Sardaigne (1807). 

A la demande du pape Pie VI, plusieurs groupes de spiritualité ignatienne se fondirent en un seul, celui des Pères de la Foi, qui se réuniront aux Jésuites, enfin réhabilités universellement en 1814.

Notre père Pignatelli est considéré comme le restaurateur de la Compagnie de Jésus, mais il ne connaîtra pas cette date. Atteint de tuberculose, il mourut à Rome le 15 novembre 1811.

Il fut béatifié en  1933 et canonisé en 1954.

Pak Gyeong-hwa Paulus

1757-1827

 

Pak Gyeong-hwa Paulus est un laïc coréen né en 1757 à Hongju (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) le 15 novembre 1827 et fut béatifié en 2014.

 

 

Gim Se-bak Ambrosius

1761-1828

 

Gim Se-bak Ambrosius est un laïc coréen né en 1761 à Seoul (Corée S).

Il mourut en prison à Daegu (Gyeongsang-do) le 15 novembre 1828 et fut béatifié en 2014.

 

 

Yosefu Mukasa Balikuddembe

1859-1885

 

Voir la notice : Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Hélène de Chappotin de Neuville

1839-1904

 

Née le 21 mai 1839 à Nantes, Hélène reçut au Baptême les noms de Hélène Marie Philippine. Son père, Charles de Chappotin, était polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ; sa mère, Sophie Galbaud du Fort, était la nièce d’un général.

Dès 1856, Hélène sentit en elle l’appel à la consécration totale à Dieu, mais la mort subite de sa mère retarda sa décision.

Elle entra en 1860 chez les Clarisses ; elle disait : Je devins fille de saint François, et n’ai pas cessé de l’être. 

Le 23 janvier 1861, elle vécut une expérience mystique toute spéciale, durant laquelle Dieu l’invita à s’offrir en victime pour l’Eglise et le Pape.

Elle tomba malade, et dut quitter le monastère ; c’est que les soins coûtent, et la communauté ne peut assumer cette dépense.

Guérie, elle fut orientée vers une congrégation plus active, la Société de Marie-Réparatrice, fondée peu avant par Emilie d’Oultremont (voir au 17 décembre).

Elle commença son noviciat à Toulouse en 1864, avec le nom de Marie de la Passion.

C’est qu’on ne perdit pas de temps : encore novice, elle partit pour l’Inde en 1865, au Maduré, où elle fit la profession religieuse.

En 1867, la voilà supérieure provinciale de trois couvents.

En 1874, elle ouvrit une filiale près de Coimbatore. Là, comme il arrive souvent, des dissensions s’élevèrent ; certaines sœurs s’émancipèrent en communauté autonome à Ootacamund. Il semble que les Religieuses n’avaient pas de vues unanimes sur le charisme propre de leur congrégation. 

Pour mettre de l’ordre là-dedans, le pape autorisa la Mère Marie de la Passion à fonder une nouvelle congrégation, spécifiquement destinée au travail missionnaire : les Sœurs Missionnaires de Marie. Le noviciat sera à Saint-Brieuc (Finistère). Les vocations afflueront rapidement.

En 1877, la situation s’étant stabilisée, la congrégation fut approuvée, affiliée à la famille franciscaine. 

Lors d’un voyage à Rome en 1882, elle eut la permission d’ouvrir une maison à Rome ; et surtout elle rencontra providentiellement les Franciscains, qui l’avaient tellement attirée au début de sa vie religieuse. Elle fut admise dans le Tiers-Ordre franciscain, et reçut les paternels conseils du père Bernardino de Portogruaro. 

Mais voilà qu’en 1883, des accusations firent destituer Marie de la Passion. Une enquête canonique fut décrétée, aboutissant… à sa réélection.

Désormais, elle gouvernera sa chère congrégation avec zèle et amour. En 1885, fut donné le Decretum laudis, en 1890 l’approbation ad experimentum, en 1896 l’approbation définitive. 

Marie de la Passion donna une forte impulsion mystique à sa Famille, dans la contemplation des Mystères de la Trinité et de la Rédemption. Elle écrivit maints ouvrages, où elle s’intéressait particulièrement à la promotion de la femme.

Elle salua en 1900 le martyre de sept de ses Filles, en Chine (voir au 9 juillet).

Etant tombée malade, elle se retira à San Remo (Italie) où elle mourut le 15 novembre 1904.

La congrégation avait une trentaine d’années, et comptait déjà plus de deux mille sœurs, dans vingt-quatre pays.

Il ne fut pas très difficile de reconnaître l’héroïcité des vertus d’Hélène de Chappotin de Neuville, qui avait bien porté son nom de Marie de la Passion ; elle fut béatifiée en 2002.

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison du Mal de Pott d’une religieuse.

 

 

Józef Kalinowski

1835-1907

 

Né le 1er septembre 1835 à Wilno (Vilnius, Lituanie alors dans l’empire russe), Józef était le deuxième fils de Andrzej Kalinowski, professeur de mathématiques, et de Jozefina Polonska, de la noblesse catholique polonaise.

Peu après la naissance, la maman mourut. Andrzej prit alors pour épouse sa belle-sœur (qui aura trois enfants), et se remaria une troisième fois après la mort de cette dernière, et engendra encore quatre enfants. 

Cette troisième «mère» eut une très bonne influence sur Józef, durant l’adolescence.

Le garçon étudia à l’institut où enseignait son père, qui devint recteur mais démissionnera de son poste par opposition à la politique tsariste.

Le tsar en effet adopta une position très hostile envers les Polonais, les Lituaniens et l’Eglise en général. Il y eut des exécutions sur place, des déportations en Sibérie.

La Pologne fut divisée en trois zones, administrées par l’Autriche, la Prusse et la Russie. Les Kalinowski se trouvaient dans la partie «russe», dont les étudiants polonais étaient contraints soit à fréquenter les universités russes, soit à partir pour l’étranger. C’est ainsi que Józef s’inscrivit à Hory-Horki (à l’institut d’agronomie), puis à Saint-Pétersbourg (à l’Ecole du Génie militaire).

Il n’était pas très emballé par les cours, mais encore moins par l’indifférence de la société russe.

En 1857 cependant, il était ingénieur-lieutenant, nommé maître de conférences en mathématiques ; en 1860, surintendant ingénieur et envoyé à Brest-Litovsk, promu capitaine d’état-major.

Il travailla à la construction de la ligne de chemin de fer de Koursk à Konotop. Ce fut l’époque où il découvrit les Confessions de saint Augustin, qui seront son livre de chevet. A Brest, il comprit le drame des catholiques, littéralement persécutés pour être «russifiés» par la force, et quitta l’armée.

En 1863, éclata l’insurrection polonaise. Il s’y opposa fortement, mais il fut personnellement appelé à la diriger, comme ministre de la guerre. Il accepta à contre-cœur, bien conscient de l’issue certaine de ce conflit : très vite, l’armée russe mâta la révolte ; les chefs furent pendus sur place ; des trains entiers de Lituaniens et de Polonais partirent pour la Russie et la Sibérie. Józef n’échappa que de justesse à la mort : arrêté en mars 1864, condamné à mort, il vit sa peine commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie.

Le voyage de la déportation fut très pénible et douloureux : par train, par bateau, en charrette à cheval, à pieds même. Les prisonniers arrivèrent au bout de dix mois à leur destination, en avril 1865, au Lac Baïkal. 

Józef déploya tout son amour fraternel pour soutenir et réconforter ses compagnons. Sa force fut la prière ; il n’avait avec lui qu’un crucifix, un évangile et l’Imitation de Jésus-Christ.

La force de la prière l’aida à supporter ces dix années. Libéré en 1874, il retourna en Pologne, désormais animé du désir de recevoir le sacerdoce.

A Cracovie, il fut d’abord le précepteur du jeune prince August Czartoryski (voir au 8 avril). Or, la tante de ce dernier était une carmélite, qui entrevit en Józef l’homme de choix qui pourrait restaurer le Carmel en Pologne.

Pendant deux années, Józef suivit son élève princier, l’accompagnant à Paris. Là, il s’occupa des réfugiés polonais et rencontra en particulier un Juif converti, Hermann Cohen, excellent musicien (pianiste et compositeur) devenu Carme déchaux. 

En 1876, tandis que August se dirigeait vers les Salésiens de Don Giovanni Bosco, Józef prit contact avec le carmel de Linz (Autriche).

En 1877, il entra au noviciat de Graz (Autriche), avec le nom de Ráfał de Saint-Joseph. Il fit les premiers vœux en 1878 et partit étudier philosophie et théologie à Raab (Hongrie).

En 1881, après ses vœux solennels, il fut envoyé au couvent polonais de Czerna et fut ordonné prêtre en 1882. L’année suivante, il était élu prieur.

Extrêmement actif, il fonda des carmels à Premislia (1884), à Lviv (Ukraine, 1888), à Wadowice (Pologne). Il fut nommé Visiteur de tous ces monastères. En 1906, il fut directeur du collège de théologie de Wadowice et organisa le Tiers-Ordre du Carmel. Mais le père Kalinowski n’était pas qu’un administrateur : il rayonna par son ministère sacerdotal, comme directeur spirituel et surtout comme confesseur.

Il contribua à retrouver et à rassembler les archives dispersées des couvents carmes ; il fit la première traduction polonaise de l’Histoire d’une Ame de sainte Thérèse de Lisieux, écrivit des biographies hagiographiques sur les martyrs polonais, sur Hermann Cohen, et finalement ses Mémoires, par obéissance à ses Supérieurs.

Il s’éteignit à Wadowice le 15 novembre 1907.

 

Un certain Karol Wojtyła naquit justement à Wadowice en 1920 : devenu Jean-Paul II, il béatifia Józef Kalinowski (Rafał de Saint-Joseph) en 1983, et le canonisa en 1991.

Miguel Díaz Sánchez

1879-1936

 

Né le 30 juillet 1879 à Caudete (Albacete, Espagne) de parents très chrétiens, Miguel et Trinidad, Miguel fut baptisé le jour-même, avec les noms de Miguel Abdón Senén, ces deux derniers Saints (des Martyrs romains) étant justement vénérés ce jour-là.

Il fréquenta le séminaire de Orihuela, où ses confrères le jugèrent exemplaire dans son comportement et sa piété.

Il fut ordonné prêtre en 1903 et nommé vicaire dans son village natal, Caudete, puis curé à Tabarca, et finalement curé à Elda (Alicante) où son activité fébrile lui valut l’amitié des ouvriers ; ce fut à tel point que, lorsqu’il fut question de le transférer à nouveau à la cure de Caudete, une pétition de quatorze mille signatures implora son maintien à Elda.

Il dut tout de même repartir à Caudete, où Dieu lui donnait «rendez-vous».

Lors des élections de mars 1936, l’église fut fermée et le curé obligé de vivre et agir dans la clandestinité. Il chercha à récupérer tout ce qu’il pouvait de l’église pour le conserver chez lui, en particulier le Saint-Sacrement. Il donna aussi l’hospitalité au sacristain.

Quand la guerre civile éclata en juillet, le curé dut se cacher et changer fréquemment de cachette, sans pour autant cesser d’administrer les sacrements partout où il pouvait.

Le 14 octobre 1936, il fut arrêté, et incarcéré chez les Carmélites, dont le couvent était transformé en prison, du moins ce qui en restait après l’incendie du 22 juillet.

A cette nouvelle, les miliciens de Elda firent tout leur possible pour libérer «leur» curé, mais en vain. Il fut question de le transférer à Albacete, le 9 novembre. Pendant que les miliciens mangeaient, on proposa même à don Miguel de s’enfuir, mais il refusa.

Une autre voiture arriva, qui emmena le prêtre en direction d’Almansa ; arrivés au pont, on assassina sauvagement ce curé qui avait tant travaillé pour ses brebis. Détail vraiment pénible : ce furent ses propres paroissiens qui l’abattirent. L’autopsie révéla des nombreuses blessures au crâne et dans la cage thoracique.

Le prêtre martyr fut retrouvé le lendemain au bord de la route de Almansa, près de Bonete.

Il y a deux versions sur la date exacte de la mort du prêtre. Pour certains, sa mort aurait eu lieu le 10 novembre, pour d’autres le 15 novembre 1936, date retenue par le Martyrologe Romain.

Don Miguel Díaz Sánchez fut béatifié en 2007.

 

 

Juan Duarte Martín

1912-1936

 

Juan (Jean) naquit le 17 mars 1912 à Yunquera (Málaga, Espagne), quatrième des dix enfants de Juan Duarte Doña et Dolores Martín de la Torre, qui en perdirent quatre en bas âge.

Une des sœurs de Juan fut carmélite.

Le papa, un bon paysan chrétien, faisait partie des Adorateurs Nocturnes, et accepta avec joie la vocation sacerdotale de son fils.

Juan fut baptisé et confirmé dans sa paroisse, mais les registres en ont été totalement détruits en 1936.

En 1925, à treize ans, il entra au Petit séminaire. Ce ne fut une surprise pour personne ; l’unique problème était de payer la pension, et quand le papa en parla, Juan répondit sans sourciller : Ne t’en fais pas, le Seigneur va t’aider.

Il s’y sentait comme un poisson dans l’eau au point que, lors des émeutes de 1931 (on incendia des églises déjà à cette époque), il regagna courageusement son séminaire.

Il fut un excellent séminariste, gagnant la confiance de tous, au point d’être nommé préfet pour les plus jeunes, auxquels il sut communiquer sa vivacité, sa joie, en même temps que sa piété, comme il le fit aussi pour les petits garçons de la paroisse. Il avait un tel esprit apostolique qu’il nourrissait l’espoir, une fois prêtre, de partir aux missions.

En 1935, il reçut le sous-diaconat, et le diaconat le 6 mars 1936.

Humblement, il répétait qu’il ne se sentait pas capable du martyre, mais devant les événements politico-sociaux, il affirmait toujours : C’est le Seigneur qui triomphera ! Jusqu’à la fin, il conserva la soutane même pour sortir hors de chez lui.

En novembre, il y eut une perquisition en règle chez sa famille, et il s’était réfugié dans une petite chambre aménagée en cachette. La perquisition n’avait rien donné, mais une fois les miliciens partis, Juan s’avança vers la fenêtre pour respirer un peu ; quelqu’un le vit et le dénonça.

C’était le 7 novembre ; ils arrêtèrent aussi deux compagnons de Juan, les séminaristes José Merino et Miguel Díaz, qui furent martyrisés la nuit suivante.

Juan fut d’abord conduit à Álora, une localité voisine. On ne sait pourquoi il ne fut pas assassiné avec ses compagnons. A Álora, on l’enferma dans une auberge, puis au dépôt municipal de la Garipola.

Pendant plusieurs jours, on chercha à le faire blasphémer, mais les seules paroles que Juan exprima furent : Vive le Cœur de Jésus ! Vive le Christ Roi ! Les tortures qu’il subit furent aussi nombreuses que pénibles : vexations quotidiennes, baguettes pointues sous les ongles, décharges électriques aux parties génitales (et il fit même remarquer une fois aux bourreaux que le cable avait dû se débrancher, car il ne sentait rien), «promenades» dans les rues en se moquant de lui.

De la Garipola, on passa à la prison. On commença par faire entrer dans sa cellule une adolescente de seize ans qui devait le séduire pour prétendre ensuite avoir été violée par lui. Le Diacre avait bien d’autres idées dans son cœur, aussi plusieurs miliciens s’introduisirent : avec un rasoir à barbe, l’un d’eux le castra et donna les testicules à la fille pour aller les montrer dans le village.

Revenu à lui, le pauvre Diacre répétait seulement : Qu’est-ce qu’ils m’ont fait ? Comme les habitants s’indignaient chaque jour davantage, et que Juan, de son côté, continuait à pardonner à ses bourreaux, qui ne comprenaient pas qu’ils faisaient tout cela à Notre-Seigneur lui-même, les dirigeants du Comité voulurent en finir, mais de façon atroce.

Ils emmenèrent Juan à un kilomètre et demi de là, à Arroyo Bujía et, à une dizaine de mètres du pont, le jetèrent à terre, lui ouvrirent le ventre de haut en pas à coups de machette, lui versèrent de l’essence et y mirent le feu.

Juan eut encore la force de dire : Je vous pardonne, et je demande à Dieu de vous pardonner. Vive le Christ Roi ! 

Et juste avant d’expirer, les yeux grands ouverts vers le ciel : Je le vois !

L’un des bourreaux lui demanda encore : Qu’est-ce que tu vois ? et lui déchargea son pistolet dans la tête.

On se souvient ici que le diacre Etienne, juste avant son martyre, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu, et pria pour ses bourreaux : Seigneur, ne leur impute pas ce péché (Ac 7:53-60). 

 

L’horrible mais glorieux martyre de Juan eut lieu le 15 novembre 1936. Juan Duarte Martín a été béatifié en 2007.

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 00:00

 

14 NOVEMBRE

 

III.

S Theodotos, martyr à Héraclée de Thrace.

IV.

S Hypatios, évêque à Gangres, martyr.

S Rufus, premier évêque en Avignon ou tout au moins responsable de cette première communauté.

VI.

S Jocundus, évêque à Bologne.

S Dubricius, évêque à Llandaff.

IX.

Ste Adeltrude, mère de s. Géraud ; elle et son mari connurent par des prodiges la sainteté du fils qui allait leur naître ; elle se retira à Aurillac.

S Mathan (Machar), écossais, évêque à Saintes, retourné mourir dans son pays.

XII.

S Ivan, évêque à Trogir, qui était moine bénédictin ou camaldule.

S Giovanni de Tufara, ermite puis fondateur d'un monastère à Gualdo Mazocca ; lui qui aimait la solitude, il fut abbé pendant un demi-siècle.

S Laurent O'Toole (Lorcán Uí Tuatail), abbé, évêque à Dublin ; lors de la conquête de l'Irlande, il n'hésita pas à plaider la cause de ses compatriotes maltraités. 

XIII.

S Siard, abbé prémontré à Mariëngaarde.

S Serapion, anglais, devenu en Espagne religieux de l'Ordre de la Merci ; prisonnier en Alger, il fut martyrisé, attaché à deux poteaux, la main gauche sur le pied droit et la main droite sur le pied gauche, les membres brisés, le corps tailladé, les intestins enroulés sur un treuil et le cou presque coupé pour laisser pendre la tête.

XIV.

Bx Nikola Tavelić (serbe), Déodat Aribert de Rodez, Stefano de Cuneo et Pierre de Narbonne, franciscains martyrs en Terre Sainte. 

XVI.

B Giovanni Liccio (1400-1511), dominicain sicilien ; adolescent, il jeûnait les mercredis et vendredis ; fondateur et prieur à Caccamo.

XVII.

Bx Gaspar Nishi Genka, sa femme Ursula, leur fils Joannes, laïcs japonais martyrs, béatifiés en 2008.

XIX.

Bx Yu Mun-seok Ioannes et Yu Jung-cheol Ioannes, laïcs coréens martyrs, par pendaison, béatifiés en 2014.

S Etienne-Théodore Cuenot, aîné d'une famille franc-comtoise de onze enfants, évêque-coadjuteur en Cochinchine, organisateur, missionnaire infatigable, mort dans une cage, victime des mauvais traitements, reconnu martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Maria Scrilli (Maria Teresa de Jésus), fondatrice italienne des Sœurs de Notre-Dame du Carmel, pour la petite enfance (qui fleurit malgré d'énormes difficultés au début), béatifiée en 2006.

 

 

Rufus d’Avignon

? 1. siècle

 

Rufus a été identifié par certains comme le fils de s.Simon de Cyrène (cf. Mc 15:21), disciple de s.Paul à Rome (cf. Ro 16:13), établi par ce dernier évêque en Avignon.

Cette pieuse tradition n’est pas invraisemblable, mais il n’y a pas de documents sûrs à ce propos. Toutefois le Martyrologe distingue deux personnages : le disciple du Seigneur que nomme s.Paul en Ro 16:13 (v. 21 novembre), et le nôtre.

La liste épiscopale officielle d’Avignon ne comporte pas le nom de Rufus et les premiers évêques de cette ville sont, semble-t-il, du troisième siècle.

Dans le Martyrologe, on retient que Rufus fut le premier responsable de cette communauté avignonnaise.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Rufus d’Avignon au 14 novembre.

 

 

Theodotos d’Héraclée

3. siècle

 

Theodotos fut martyrisé à Héraclée (Thrace, auj. Heraclea Sintique, Bulgarie), peut-être avec d’autres Compagnons, peut-être vers le troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theodotos d’Héraclée au 14 novembre.

 

 

Hypatios de Gangres

4. siècle

 

Gangres se trouve en Paphlagonie (Asie Mineure N, auj. Çankırı, Turquie).

Hypatios y fut évêque.

Il assista au grand concile de Nicée (325), et peut-être aussi à celui de Gangres (340).

Très soucieux de toutes ses ouailles, ce Pasteur ne ménagea pas sa peine pour enseigner la Foi, pour construire des églises, des hospices. Il se déplaçait en toute simplicité sur un âne, accompagné de deux moines seulement.

Il aimait se retirer, méditer dans quelque solitude ou dans quelque grotte, et fut inspiré d’écrire des commentaires sur l’Ecriture, en particulier un commentaire sur le livre des Proverbes.

Ce commentaire était adressé à une certaine Gaïenne qui, l’ayant lu, se dépouilla de tous ses biens et les distribua aux pauvres.

Hypatios eut le don des miracles ; un de ceux-là fut de débarrasser la région des taupes.

Même l’empereur Constance, qui persécuta les Chrétiens, recourut à l’Evêque pour affronter un dragon qui bloquait l’entrée du trésor impérial de Constantinople. Hypatios lui enfonça dans la gueule son bâton pastoral et, invoquant le Nom de Jésus, traîna la bête jusque sur un bûcher. Si Constance refusa la grâce de la Foi, il remercia quand même Hypatios en dégrevant la ville de Gangres.

Au retour, Hypatios fut pris dans une embuscade que lui tendaient des hérétiques novatiens. Ils le frappèrent à coups de pierres, de bâtons et d’épées. Hypatios murmura encore, comme s.Etienne (v. 26 décembre) : Seigneur, ne leur impute pas ce péché (Ac 7:60). Alors une femme le frappa à la tempe avec une pierre et il rendit l’esprit ; cette femme devint alors possédée. Les sicaires cachèrent le corps dans un tas de paille, que le paysan du lieu retrouva tout illuminé.

Quand on eut inhumé dignement le Martyr, la femme qui l’avait frappé fut guérie. Par la suite, bien d’autres miracles eurent lieu à l’endroit du tombeau.

D’après certains textes, ce martyre aurait eu lieu au retour du concile de Nicée (325), mais la chronique reprise ci-dessus semble beaucoup plus cohérente.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hypatios de Gangres au 14 novembre.

 

 

Dubricius de Llandaff

465-550

 

Les évêques du diocèse de Glamorgan et Gwent (Pays de Galles) siégèrent au début à Ergyng ou Teilo.

Dubricius (Dyfrig) naquit vers 465 à Madley (Herefordshire, Angleterre), d’une union illégitime.

Sa mère, Efrddyl, était la fille du roi Peibio Clafrog d’Ergyng. Quand le grand-père s’aperçut qu’Efrddyl était enceinte, il voulut la noyer dans la Wye, sans y réussir. Peibio fut atteint de la lèpre ; guéri par Dubricius, il se réconcilia alors avec Efrddyl.

Dubricius était très intelligent et très doué. On parlait de lui dans toute l’Angleterre.

Il fonda un monastère à Hentland, un autre à Moccas.

Parmi ses disciples, il eut les saints Teilo et Samson (v. 9 février et 28 juillet).

Si l’on attribue traditionnellement à Dubricius le titre de premier évêque du diocèse de Glamorgan et Gwent, certains manuscrits en font remonter la fondation au deuxième siècle.

L’épiscopat de Dubricius commença en 522, et s’acheva en 545.

En 545, il participa au Synode de Llanddewi Brefi et, croit-on, donna sa démission en faveur de s.David (v. 1er mars).

Dubricius se retira alors sur l’île Bardsey (Ynys Enlli), la fameuse Ile aux vingt-mille Saints, où il mourut vers 550.

Saint Dubricius de Llandaff est commémoré le 14 novembre dans le Martyrologe Romain.

Ivan de Trogir

? - 1111

 

Ivan était un moine bénédictin (ou camaldule) à Saint-Pierre d’Osor, une île de Croatie.

Il fut consacré évêque de Trogir et, en 1105, intervint auprès du roi de Hongrie pour éviter la destruction de Trogir.

On a dit qu’au moment de sa consécration, une colombe vint se poser sur sa tête, signe qu’Ivan était un messager de paix.

On a dit aussi qu’après la destruction des vignobles à cause de la guerre, il introduisit les quelques grappes de raisins restantes dans le pressoir et qu’il en fit sortir une grande quantité de vin.

Avec l’évêque de Split, Ivan développa une importante action de restauration spirituelle du diocèse, dans l’esprit de la réforme grégorienne.

Il fit construire le monastère bénédictin de Trogir.

Ivan mourut vers (mais certainement avant) 1111.

On raconte que, lors d’un naufrage, on vit le saint évêque marcher sur les vagues et mettre en sûreté les marins, les passagers et leurs affaires.

Sa fête est mentionnée le 14 novembre au Martyrologe Romain.

Le diocèse de Trogir n’est plus «résidentiel» depuis le 19e siècle. Il est rattaché à celui de Split.

L’actuelle ville de Trogir a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

 

Giovanni de Tufara

1084-1179

 

Giovanni (Jean) naquit à Tufara (province de Campobasso, Molise, Italie) en 1084, de Mainardo et Maria.

Ce n’étaient pas des parents particulièrement ouverts à la religion, bien au contraire, de sorte qu’ils n’aidèrent pas leur garçon lorsque celui-ci montra, dès l’enfance, une nette inclination pour le christianisme.

Giovanni aimait faire le sacristain à la paroisse, suscitant le courroux de ses parents, et aussi des bruits divers dans le pays. On lui reprocha ouvertement de porter des vivres et des aumônes aux pauvres. Ses parents voulurent le suivre et furent stupéfaits de voir que le panier de Giovanni étaient rempli de fleurs. Ce signe divin s’est souvent répété dans la vie d’autres Saints et Saintes.

Comprenant qu’il n’était pas persona grata dans son village natal, et pour ne pas être à charge de ses parents, Giovanni s’enfuit, à l’âge de dix-huit ans, pour rejoindre Paris, où il voulait faire des études de philosophie et de théologie.

Un témoignage confirmé rapporte qu’en passant à San Firmiano, Giovanni rencontra un de ses compagnons d’enfance, le futur Stefano Corumano de Riccia (ce dernier a été béatifié par la tradition populaire ; les actes de son procès furent perdus lors d’un incendie au 17e siècle. On le célèbre localement le 5 janvier).

Mais la vie parisienne lui déplut : il voulait le recueillement, la solitude, le silence. Aussi retourna-t-il à Tufara. Peut-être n’y retrouva-t-il plus ses parents et put «hériter» de ce qu’ils avaient laissé : il vendit tout cela, donna l’argent aux pauvres, dit adieu à tout ce qui le liait encore là, et partit. 

A la porte de Tufara, un pauvre tout nu lui tendait les mains en l’implorant ; il lui laissa la mince tunique qu’il avait sur le dos. Nu à son tour, il se rendit vers la montagne proche où il vécut une vie toute solitaire, austère, s’imposant des jeûnes rigoureux, priant, méditant, contemplant, lisant l’Ecriture.

Il passa ainsi beaucoup de temps dans ces grottes de Baselice, près de Bénévent. On vint le trouver ; des hommes avides de partager sa vie de pénitence lui demandèrent de rester près de lui, l’incitant à construire avec eux en 1156 un petit monastère à Gualdo Mazzocca (Foiano, Benevento), à l’origine d’une véritable abbaye, qui vint en aide aux marginaux, opprimés par la société féodale de l’époque, et leur donnant la possibilité, outre celle de trouver une assistance spirituelle, de se réfugier et de recevoir une aide matérielle concrète.

Giovanni mourut le 14 novembre 1179, vaincu par une forte fièvre. Il avait alors quatre-vingt-quinze ans.

Les religieux l’ensevelirent discrètement quelque part dans le bois, de façon qu’on ne puisse pas venir enlever son saint corps.

De nombreux miracles furent attribués à l’intercession de cet ermite fou de Dieu : des morts ressuscités, des malades guéris, et surtout des conversions profondes.

Dès 1218, le pape demandait qu’on fît les recherches nécessaires pour le procès de canonisation.

Le corps fut examiné, les miracles certifiés. Dès 1221 le culte était autorisé localement.

Des reliques furent distribuées dans les localités environnantes, le reste du corps fut placé sous l’autel de l’église paroissiale, et plus tard à San Bartolomeo in Galdo, proche de Tufara.

On a retrouvé un document de 1625 où l’évêque relatait le culte et la vénération dont on entourait le bienheureux Giovanni de Tufara ; la Congrégation pour le Culte Divin autorisait le culte officiel du Bienheureux.

Le bienheureux Giovanni de Tufara est commémoré le 14 novembre.

 

 

Laurent O’Toole

1128-1180

 

Laurent O’Toole (en gaélique Lorcán Uí Tuathail) était né en 1128 à Castledermot (Kildare, Irlande), benjamin des cinq enfants de Muiredach Uí Tuathail, qui était roi des Uí Muirdeaigh et descendant du roi de Leinster. Cette famille était donc un des principaux clans du Leinster.

A la suite d’une guerre, l’enfant fut donné en otage au roi d’Irlande, Dermoth, qui l’envoya ou plutôt l’abandonna dans un endroit morne, où l’enfant, mal nourri, mal vêtu, devint malade. L’apprenant, son père menaça le roi d’Irlande d’exécuter douze de ses prisonniers si l’enfant n’était pas mieux traité. Le roi remit Laurent à l’évêque de Glendalough (vers 1135).

Reconnaissant, Muiredach laissa volontiers Laurent choisir de rester au monastère de Glendalough. En 1140, donc, Laurent fut à l’école de cette abbaye qui remontait à saint Kevin (v. 3 juin).

En 1153, il fut élu abbé. Il le resta dix ans, pendant lesquels il souffrit beaucoup de faux-frères, mais aussi de brigands qui s’en prenaient aux moines en déplacement. Un de ces voleurs fut d’ailleurs arrêté et pendu.

En 1162, Laurent fut nommé archevêque de Dublin. Quand Henry II Plantagenêt étendit sa domination sur l’Irlande, et que les papes lui confirmèrent son pouvoir, Laurent, irlandais, s’inclina par fidélité à Rome.

Dans son diocèse, il travailla à améliorer son clergé, adopta les habitudes des chanoines réguliers augustins réformés, dont la congrégation s’étendit de l’Ecosse à la Pologne. Lui-même vécut avec eux comme l’un d’entre eux.

Laurent vivait d’ailleurs de façon très ascétique. Son linge de corps était fait de crins durs, qu’on découvrit remplis de vermine ; il se faisait donner la discipline trois fois par jour ; il mangeait frugalement et buvait fort peu de vin ; il se plaisait à nourrir beaucoup de pauvres, et spécialement les jeunes mamans. Pour venir en aide aux enfants malheureux, il leur remit une petite croix de bois comme signe distinctif, pour inviter les gens à leur donner quelque aumône.

Laurent était dans une situation difficile par rapport à l’Angleterre ; le roi anglais aurait bien appuyé la réforme religieuse en Irlande, mais le conflit qui avait abouti au martyre de Thomas Becket (1170, v. 29 décembre) fut unanimement condamné. Henry II Plantagenêt chercha la réconciliation et des négociations finirent par aboutir (1171) : Laurent excommuniait les brigands qui s’attaquaient aux Anglais ; Henry fit reconstruire en pierres la cathédrale de Dublin.

Un jour que Laurent traversait la campagne, un brave paysan l’interpella un peu vertement : Sir, c’est bien beau d’avoir tant de cavaliers, mais c’est mieux de secourir les malades. Ici, nous avons une folle. Laurent s’approcha de la femme, la fit lier, traça le signe de la croix sur sa poitrine et lui fit boire de l’eau bénite ; trois jours après, elle était délivrée.

En 1175, Laurent intervint à Windsor dans les négociations entre le roi de Connaught et Henry II, qui aboutirent au traité du 6 octobre 1175. A cette occasion, Laurent voulut aller célébrer une messe solennelle à Cantorbury ; sur son chemin, un individu enragé lui assena un violent coup à la tête, espérant fabriquer ainsi un nouveau martyr ; Laurent se releva, très meurtri, et garda une cicatrice bien visible sur le crâne ; le fou, lui, devait être pendu, mais obtint sa grâce sur intervention de Laurent.

En 1179, l’évêque participa au troisième concile de Latran, dont il revint avec le titre de légat papal pour l’Irlande. Laurent usa de son pouvoir pour tenter une vraie réforme du clergé : il envoya à Rome cent quarante clercs anglais pour se faire relever de censures qu’ils avaient encourues. Mais le roi anglais n’appréciait pas sa conduite ; en 1180, quand Laurent vint solliciter une audience à Dorchester, puis en Normandie, où se trouvait le roi, ce dernier refusa de le faire introduire.

A Eu (Seine-Maritime), l’évêque demanda l’hospitalité chez les chanoines réguliers. La fièvre le prit. Il fit envoyer des délégués au roi, qui se montra enfin bienveillant. Ce fut la dernière consolation de Laurent. Le messager qui la lui apporta reçut son dernier soupir, le 14 novembre 1180.

Laurent O’Toole fut canonisé dès 1227.

 

 

Siard de Mariëngaarde

? - 1230

 

Siard vint au monde vers la moitié du 12e siècle, d’une famille de la Frise (actuelle Hollande).

Après avoir fréquenté l’école des Prémontrés de Mariëngaarde, il entra à l’abbaye comme novice.

En 1194, il en devint le cinquième abbé. Il le resta trente-six ans.

Ce saint abbé conduisit son troupeau dans les voies de la sanctification, donnant l’exemple de la simplicité et de l’austérité ; par exemple, il dormait par terre. Il travaillait de ses mains au milieu des moines, cousant, récoltant les fruits, participant à la construction des digues. Il se montra aussi très ami des pauvres.

En 1230, il échappa à un assassinat : un chanoine faillit le frapper au couteau pendant qu’il dormait, mais ses cris alertèrent les moines, qui vinrent le protéger.

Il mourut cependant cette même année, rempli de mérites, toujours à Mariëngaarde, le 13 novembre 1230.

De nombreux miracles se produisirent sur sa tombe, mais l’abbaye fut détruite par les luthériens et les reliques de Siard furent transférées d’abord à Tongerloo (1617), puis à Windberg (Bavière).

En 1728, le culte en fut approuvé et Siard fut canonisé.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 14 novembre.

 

 

Serapion d’Alger

1179-1240

 

Serapion naquit en 1179 à Londres, mais certains le disent irlandais.

Il semble étrange qu’on puisse dire qu’il se soit enrôlé dans les troupes de Richard-Cœur-de-Lion pour participer à la troisième croisade, entre 1189 et 1192, alors qu’il n’avait que dix ans.

En revanche, il put être dans l’armée de Leopold d’Autriche pour soutenir le combat de Reconquista d’Alphonse VIII de Castille sur les Maures. Ceux-ci seront défaits en 1212. Mais Serapion ne retourna pas en Autriche : il voulait saisir la première occasion de se battre encore en Espagne.

C’est alors qu’il connut l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le Rachat des Captifs, dont il rencontra le fondateur, Pedro Nolasco (v. 25 décembre).

Il en reçut l’habit en 1222.

Pedro Nolasco lui confia une première mission : délivrer quatre-vingt-dix-huit captifs à Murcia (Espagne). Il eut sans doute d’autres missions, dont on ne connaît pas les détails.

En 1240, Serapion fut envoyé avec un Confrère en Alger, pour racheter quatre-vingt-sept prisonniers. Mais il n’avait pas suffisamment d’argent pour solder la rançon exigée, de sorte qu’il se constitua prisonnier pendant que l’autre confrère repartait avec les otages à Barcelone chercher l’argent nécessaire. Prévenu de cette situation, Pedro Nolasco écrivit de toute urgence à un ami pour hâter la réunion de la somme. 

En attendant, Serapion ne perdait pas son temps : il prêcha l’Evangile, raffermit certains chrétiens à la foi chancelante et surtout - comble d’audace ! - gagna au Christ quelques Musulmans. C’en était trop.

Le tyran fit mettre en prison Serapion et le fit fouetter ; il chercha à le faire apostasier et embrasser l’Islam. Et comme, malheureusement, l’argent enfin réuni en Espagne, n’était toujours pas arrivé en Alger, il condamna à mort Serapion, mais à un supplice horrible : on l’attacha sur une croix en x, la main gauche clouée sur le pied droit, et la main droite clouée sur le pied gauche ; on lui brisa les membres, on le taillada sur tout le corps, on l’éviscéra en enroulant ses intestins autour d’un treuil, enfin on le décapita à moitié, pour laisser pendre lamentablement la tête.

Il est vrai qu’il existe des versions un peu différentes sur ce martyre, mais elles coïncident quant à la cruauté. Le tableau de Zurbarán, si célèbre et que l’on dit «saisissant», ne laisse rien supposer de ce qui a été dit plus haut.

Serapion devint ainsi, le 14 novembre 1240, le premier martyr de l’Ordre des Mercédaires. Son culte fut reconnu en 1728 et il fut canonisé en 1743.

 

 

Nikola Tavelić

1340-1391

 

Né en 1340 à Šibenik (Croatie), Nikola serait d’une importante famille noble.

Il entra dans l’Ordre des Frères Mineurs à Bribir, étudia la philosophie et la théologie à Zadar (ou Split) et fut ordonné prêtre vers 1365.

En 1372, il fit partie de soixante Franciscains qui, à l’initiative du Pape, furent envoyés en Bosnie pour contrer la secte bogomile. Après douze années d’intense prédication, on dénombra quelque cinquante mille conversions.

Puis les Supérieurs envoyèrent Nikola en Terre Sainte, où il apprit l’arabe, visita les Lieux Saints et se prépara ainsi à affronter ce nouveau terrain d’apostolat. Dans cette région, les Chrétiens étaient depuis plusieurs siècles sous la coupe des envahisseurs musulmans, qui s’étaient établis en Palestine sans aucun respect pour les Lieux où avait vécu le Christ.

Rappelons ici que saint François d’Assise fut le premier à imaginer la représentation de la crèche de Noël, et qu’ensuite les Franciscains furent les premiers à être envoyés en Terre Sainte, où ils étaient les seuls à s’occuper des malades, des pauvres, des pèlerins.

Nikola participa à cet apostolat, mais chercha surtout à amener les Musulmans à la foi chrétienne. Son zèle le poussa à obtenir la permission de son Supérieur d’aller trouver le Cadi lui-même, pour lui parler du Christ, pour tenter d’obtenir un allègement de la condition des Chrétiens. Il voulait lui lire une Défense et illustration de la Foi catholique.

Il y alla le 11 novembre 1391, accompagné de trois autres prêtres franciscains : Déodat de Rodez, Stefano de Côme et Pierre de Narbonne.

Leur démarche cependant alluma la colère du Cadi et de son entourage. Ayant refusé de se rétracter, les quatre prêtres furent immédiatement condamnés à mort : durement flagellés, jetés au cachot, ils furent déchiquetés devant les portes de Jérusalem et brûlés, le 14 novembre 1391 (on trouve parfois la date du 13).

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Déodat Aribert de Rodez

? -1391

 

Né à Rodez (Aveyron), Déodat entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord actif en Croatie et ensuite envoyé en Terre Sainte.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

Déodat fut martyrisé le 14 (ou le 13) novembre 1391.

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Pierre de Narbonne

? -1391

 

Né à Narbonne (Aude), Pierre entra dans l’Ordre des Frères Mineurs et fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé en Terre Sainte, où il subit le martyre le 14 (ou le 13) novembre 1391.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Stefano de Cuneo

1340 -1391

 

Né vers 1340 à Cuneo (Italie nord), Stefano entra dans l’Ordre des Frères Mineurs à Gênes et fut ordonné prêtre.

Il fut d’abord actif en Corse, dans la région de Prunelli di Fiumorbo, et ensuite envoyé en Terre Sainte.

Voir ici la notice de Nikola Tavelić.

 

Le martyre eut lieu le 14 (ou le 13) novembre 1391.

La béatification de Nikola advint en 1889 par la reconnaissance du culte qu’on lui rendait ; la même reconnaissance se fit pour ses trois Compagnons, Déodat, Stefano et Pierre, en 1966. 

Ils furent tous les quatre canonisés en 1970.

 

 

Giovanni Liccio

1426-1511

 

On prétend en plusieurs endroits que Giovanni vécut «plus de cent ans», mais les dates officielles qu’on lui donne le font mourir tout au plus à quatre-vingt-cinq ans, ce qui est certes déjà un grand âge pour le 16e siècle.

Il naquit en avril 1426 à Caccamo (Palerme, Sicile) : sa mère, Teresa Faso, mourut peu après l’accouchement. Le papa, Giorgio, eut l’idée étrange de le nourrir de jus de grenade, mais une voisine put l’allaiter à temps.

Or le mari de cette femme était lépreux et alité ; ayant caressé le petit enfant, il fut guéri de sa lèpre.

Giovanni grandit dans la prière et la pratique de la mortification ; les mercredis et les vendredis, il jeûnait au pain et à l’eau ; si sa tante le perdait de vue, elle savait qu’elle le retrouvait à l’église en train de prier.

A quinze ans, il rencontra à Palerme le dominicain Pietro di Geremia (v. 3 mars), qui découvrit sa vocation et l’invita à entrer dans l’Ordre.

Giovanni étudia avec ardeur, enseigna la théologie avant même d’être prêtre, et reçut le sacerdoce ; à la Messe, lors de l’élévation, on le vit lui aussi s’élever de terre.

Il fut un excellent prédicateur. Des cœurs endurcis s’attendrirent en l’entendant et des conversions notables se produisirent. On l’appela dans toute la Sicile. En outre, Giovanni répandit ardemment la dévotion mariale du Chapelet.

En 1466, on le vit prêcher à Vicenza, où il rencontra le bienheureux Matteo Carreri (v. 5 octobre) ; en 1479-1481, ce fut à Naples.

Il fonda à Caccamo un couvent dominicain, qui fut placé sous le patronage de Notre-Dame des Anges et dont il fut le premier prieur en 1494.

On dit de lui qu’il accomplissait les miracles les plus extraordinaires avec la plus grande simplicité. En voici quelques-uns, qui se produisirent durant la construction du monastère de Caccamo :

Il pénétra tranquillement dans un four allumé pour en redresser les pierres de ses mains et en ressortit absolument sain et sauf ; les maçons s’étaient cachés pour l’observer.

Les mêmes maçons abattirent et rôtirent un petit agneau qu’on avait offert au couvent ; et pour tout effacer, brûlèrent ce qui restait. Giovanni arrivait ; il appela l’agneau, qui sortit tout vivant du feu et vint lui lécher les mains ; les maçons tombèrent à genoux pour demander pardon.

Un petit garçon eut la tête mortellement frappée par l’outil d’un tailleur de pierre ; Giovanni le pansa avec son mouchoir, le fit coucher sur son lit et un moment après vint lui défaire le mouchoir : l’enfant n’avait plus rien.

Il mélangea de la salive au sable et en frotta la blessure que s’était faite un ouvrier au pied : la blessure disparut à l’instant (cf. Mc 7:31-37).

A la fin de la construction, il fit jaillir l’eau dans le puits.

Etc… !

Quand il mourut, à Caccamo, le 14 novembre 1511, les vingt-quatre cierges qui brûlaient autour de son cercueil ne se consummèrent pas. Inutile d’ajouter que bien d’autres miracles se produisirent par la suite.

Le culte de Giovanni fut approuvé en 1753. Il fut le premier dominicain sicilien proclamé Bienheureux.

Gaspar Nishi Genka

1555-1609

 

Quand la persécution se déchaîna à Ikitsuki (1609), les chrétiens «firent semblant» d’exhiber des autels et des figures bouddhistes dans leurs demeures, tout en maintenant cachés leur «vrai» autel ; ils peignaient des images du Christ et de la Sainte Vierge de telle façon qu’on ne pouvait les reconnaître comme telles. Ce mouvement des «kakure» a persisté jusqu’à aujourd’hui, avec de notables différences de sensibilité, devenant presque une sorte de secte, qui n’a plus rien à voir avec les chrétiens persécutés du 17e siècle.

Gaspar était un samouraï, né en 1555 à Ikitsuki (Nagasaki). Il avait reçu au baptême, à deux ans, le même nom que le prêtre qui le baptisait, Gaspar Vilela ; ce Chrétien était le protecteur et le père des pauvres et des paysans. Son épouse, Ursula, était aussi née en 1555, et leur fils aîné Joannes (Juan) naquit en 1585, toujours à Ikitsuki.

Chef du clan Koteda, Gaspar perdit sa fonction quand cette famille fut exterminée et dispersée. Il continua néanmoins à animer l’esprit chrétien à Ikitsuki. Il semble même qu’il ait joui d’une certaine protection, du fait que sa fille Maria avait épousé le fils de Kondo Kisan, ce dernier étant une autorité dans le monde bouddhiste.

Mais à partir du moment où il vint habiter à Yamada, il tombait sous la juridiction d’Inoue Hachirobei, à qui il fut dénoncé. Celui qui fut à l’origine de cette dénonciation était un bonze de Hirado, appartenant à une secte bouddhiste ; les membres en étaient moitié bonzes moitié sodats, et cette secte fut plus tard interdite. Or ce bonze était un ami du «daimyó», le gouverneur local, qui en référa à Inoue Hachirobei. Gaspar devait être exécuté en exemple et en avertissement pour la communauté chrétienne.

Il fut arrêté en novembre 1609, en même temps que sa femme Ursula et leur fils aîné Juan. Ce dernier se soumit humblement. L’autre fils, Thomas, qui n’avait que neuf ans, se saisit d’un poignard et blessa un des soldats ; mais, trop jeune, il ne fut pas emmené avec eux : il devint plus tard prêtre dans l’ordre dominicain (avec le nom de Thomas de Saint-Hyacinthe), devait être martyrisé en 1634 et a été canonisé en 1987 (voir au 17 novembre) ; l’autre, Michael, serait à son tour martyrisé avec sa femme et son fils, «pour avoir logé chez lui son frère Thomas».

Le valeureux samouraï Gaspar demanda à mourir comme Jésus, sur une croix, mais on ne connaissait pas ce supplice à Ikitsuki et on lui concéda d’être «seulement» décapité, au même endroit où moururent le père Torres et d’autres Martyrs au siècle précédent.

En signe d’honneur de la part d’un samuraï envers un autre, le coup porté à Gaspar fut donné par Inoue Hachirobei lui-même, tandis que d’autres portèrent des coups d’épées sur le cadavre.

Ursula et son fils Juan, qui étaient séparés de Gaspar, devaient soi-disant aller le voir dans sa cellule, mais furent à leur tour décapités en chemin ; agenouillés à terre, ils moururent en prononçant les noms de Jésus et Marie.

Sur leurs têtes, on avait écrit le motif de cette mort : «Ils sont Chrétiens».

Leurs dépouilles furent portées d’abord à Nagasaki, puis à Macao en 1614.

Le lieu du martyre de Gaspar, Ursula et Juan est actuellement marqué par une grande croix depuis 1992, et s’appelle «Gasuparu-sama».

Le dies natalis des trois Martyrs Gaspar, Ursula et Juan, est le 14 novembre. Ils furent béatifiés en 2008.

 

 

Ursula (Nishi Genka)

1555-1609

 

Voir la notice de Gaspar Nishi Genka (ci-dessus).

 

 

Ioannes Mataichi Nishi

1585-1609

 

Voir la notice de Gaspar Nishi Genka (ci-dessus).

 

 

Yu Jung-cheol Ioannes

1779-1801

 

Yu Jung-cheol Ioannes est un laïc coréen né en 1779 à Jeonju (Jeolla-do, Corée S).

Il fut pendu à Jeonju le 14 novembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yu Mun-seok Ioannes

1784-1801

 

Yu Mun-seok Ioannes est un laïc coréen né en 1784 à Jeonju (Jeolla-do, Corée S).

Il fut pendu à Jeonju le 14 novembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Etienne-Théodore Cuenot

1802-1861

 

Etienne-Théodore naquit au Bélieu (Morteau, Doubs) le 8 février 1802, aîné des onze enfants d’une famille de paysans très pauvres. Quand il voulut aller au séminaire, sa mère n’avait rien d’autre que sa robe de mariée, qu’elle tailla pour lui confectionner un habit correct.

Le garçon en eut toujours une vive reconnaissance. Quand il sera ordonné prêtre, il offrira à son tour une belle robe à sa mère.

Il passa par les petits séminaires de Ouvans, Cerneux-Monnot, Ornans, puis les grands séminaires de Luxeuil et Besançon.

Voici une anecdote assez significative du personnage et de l’état d’esprit des ecclésiastiques de l’époque. Etienne-Théodore était assez passionné d’horlogerie, comme cela est traditionnel en Franche-Comté. Ayant besoin de certaines pièces introuvables dans son village, il voulut aller en Suisse les y trouver : du Bélieu à la frontière suisse, il n’y a qu’un pas. Mais en Suisse, la soutane n’était pas admise, et Etienne-Théodore jugea opportun de mettre un habit laïque pour s’y rendre. Nous n’aurions rien à y redire, mais à l’époque cela fut jugé «inadmissible», et les Supérieurs émirent alors des «réserves» sur la vocation authentique de leur séminariste.

Etienne-Théodore rejoignit alors le séminaire d’Aix-en-Provence, géré par les Religieux de la Retraite Chrétienne (une fondation comtoise), où il fut ordonné prêtre en 1825. Puis il demanda à être admis aux Missions Etrangères de Paris (MEP) en 1827.

De là, il fut envoyé au Tonkin en 1828, où il exerça un apostolat intense, malheureusement entravé par la maladie, jusqu’en 1833. 

Ayant repris ses activités, il fut contraint par la persécution de se réfugier au Siam, où il administra la communauté de Chantaboun pendant un an.

En 1834, il se retira à Singapour : c’est là que Mgr Tabert le sacra évêque coadjuteur en 1835, et il repassa clandestinement en Cochinchine.

Nommé Vicaire apostolique pour la Cochinchine et le Cambodge, en vingt-six ans d’épiscopat, il rouvrit deux séminaires, ordonna plus de cinquante prêtres vietnamiens. Il put aussi traduire en vietnamien l’Imitation de Jésus-Christ et quelques parties de la Bible.

Il eut la joie de recevoir en 1839 un Bref pontifical qui louait la conduite des Chrétiens de Cochinchine. La même année, il recevait l’autorisation de se choisir son propre coadjuteur.

C’était une mesure prudente. Mgr Tabert mourut en effet en 1840, et Mgr Cuenot lui succédait comme Vicaire apostolique.

Il convoqua un synode à Go-thi en 1841, et consacra Mgr Lefebvre comme coadjuteur.

Quoique réduit à un quasi immobilisme, il écrivait beaucoup pour stimuler le courage de ses prêtres et de ses fidèles. Il fit commencer l’évangélisation des territoires de l’ouest et rédigea scrupuleusement les actes des confesseurs et martyrs de Cochinchine.

En 1844, il demanda à séparer son immense territoire en deux régions, se réservant seulement la Cochinchine orientale.

En 1846, il ordonna Mgr Pellerin comme coadjuteur.

En 1854, c’est le dévouement des fidèles qui lui évita l’arrestation. On lui conseillait de s’éloigner, mais il ne voulait pas abandonner son troupeau. Une anémie cérébrale commença.

La persécution s’accentua. En 1861, il se réfugia à son tour chez une chrétienne de Go-boi. Il resta sans manger pendant un jour et demi dans une cachette très étroite, et se livra spontanément, le 28 octobre.

Il fut relégué à Bin Ɖịnh dans l’écurie des éléphants de guerre, enfermé dans une cage étroite, véritable instrument de supplice auquel il succomba le 14 novembre 1861. Le lendemain arrivait l’ordre de le décapiter.

Un édit ordonna ensuite de faire disparaître les corps des Occidentaux. On exhuma le corps du saint évêque martyr, qui n’avait pas été atteint par la corruption, malgré le temps passé en pleine terre, sans cercueil. Le corps fut jeté au fleuve et n’a jamais pu être retrouvé.

Mgr Etienne-Théodore Cuenot fut béatifié en 1909 et canonisé avec les Martyrs du Vietnam, en 1988.

 

 

Maria Scrilli

1825-1889

 

Maria naquit le 15 mai 1825 à Montevarchi (Arezzo, Toscane, Italie), deuxième fille des parents Scrilli-Checcucci, très déçus, qui désiraientt un fils et qui, pour cette raison, firent baptiser leur bébé presque en secret, quelques heures après sa naissance.

Elle devait porter le nom de Palmire, qui n’existait pas, mais la marraine en perdit le souvenir et, le moment venu, indiqua le nom de Maria.

Elle fut ainsi «rejetée» par ses parents, qui montraient toute leur préférence pour la fille aînée. Elle en prit nettement conscience vers quatre ans. Mais elle apprit en même temps à lutter contre la jalousie. Elle recourut à sa Mère céleste, Marie.

Adolescente, elle eut une mystérieuse maladie qui l’immobilisa pendant deux années. Elle vit en vision saint Fiorenzo, auquel elle attribua sa guérison non moins mystérieuse.

En 1846, elle tentera de vivre au Carmel de Florence, mais n’y trouva pas sa voie. Mais elle en conservera la formation et l’esprit. Elle écrivit : Tout est bon pour devenir saint.

A partir de 1849, alors que sévit un violent esprit anti-clérical, Maria remarque que la société souffre fondamentalement d’un manque de culture et d’une ignorance, spécialement parmi les femmes. Elle commença à recueillir chez elle des petites filles qu’elle trouvait dans la rue : une douzaine déjà. Ce n’était que le début. 

D’autres jeunes filles viennent l’aider, une autre maison s’ouvre à Foiano.

En 1854, naquit le Pieux Institut des Pauvres Sœurs du Cœur de Marie, qui fut approuvé par l’évêque de Fiesole. Maria, désormais Maria Teresa de Jésus, reçut la bénédiction du pape en 1857.

En 1859, les troupes piémontaises occupent le monastère, et suppriment l’Institut.

Ce n’est qu’en 1878 qu’elle eut la permission de le rouvrir, à Florence. En réalité il ne devrait rouvrir effectivement qu’en 1892. Toutes les compagnes de Maria l’abandonnèrent ou moururent.

Maria s’offrit alors pour cette Œuvre. Elle mourut le 14 novembre 1889, complètement isolée, seule, oubliée.

Mais le grain avait été semé : viendra une nouvelle «fondatrice» qui reprendra le flambeau, Clementina Mosca (Maria de Jésus) ; elle relancera l’effort de Maria Scrilli, ouvrira d’autres maisons et recevra de nombreuses vocations. L’Œuvre se destine surtout aux malades et à l’enseignement. L’Institut fut reconnu en 1919, et agrégé au Carmel avec le nom définitif de Institut de Notre-Dame du Mont-Carmel. L’approvation papale arriva en 1933.

Durant la Seconde guerre mondiale, on leur confia le soin des blessés, des prisonniers et des vieillards.

Les Religieuses sont quelques centaines, dans plusieurs pays (Italie, République tchèque, Pologne, Etats-Unis, Canada, Brésil, Inde, Philippines).

Maria Scrilli a été béatifiée en 2006.

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 00:00

 

13 NOVEMBRE

 

III.

S Mitrias, esclave à Aix-en-Provence.

IV.

SS Antoninus, Nikephoros, Zebinas et Germanus, martyrs décapités à Césarée, ainsi que ste Manathas, brûlée vive.

V.
SS Arcadius, Probus, Paschasius, Eutychianus et Paulillus, martyrs à Cirta, officiers du roi des Vandales ; Paulillus, jeune frère de Paschasius et Eutychianus, fut durement fouetté et réduit à l'esclavage.

S Brictius, évêque à Tours ; disciple indiscipliné de s. Martin, converti à la mort de ce dernier, et son successeur ; il souffrit la calomnie d'avoir eu un enfant d'une vierge ; il eut quarante-sept ans d'épiscopat.

VI.

S Leonianus, abbé à Vienne ; fait prisonnier en Pannonie, il fut longtemps reclus. 

S Quinctianus, évêque à Rodez et Clermont ; il dut quitter Rodez devant les Wisigoths, et eut bien des problèmes à Clermont aussi ; il mit fin à la sécheresse par une pluie miraculeuse.

SS Florentius, évêque à Città di Castello, et son prêtre Amantius.

S Dalmatius, évêque à Rodez, thaumaturge ; n'ayant pu obtenir la grâce d'un condamné à mort, il fit que le malheureux restât en vie après la pendaison.

S Himerius, ermite près de Bâle ; on conserve des cendres que le Saint se mettait dans le nez, pour que leur picotement l'empêchât de s'endormir.

S Amand, évêque à Rennes, prédécesseur de s. Melaine à qui il prédit l'épiscopat.

VII.

S Kilien, moine irlandais venu à Aubigny, thaumaturge.

S Eugenio II, évêque à Tolède, théologien et poète.

Ste Maxellende, vierge et martyre à Cambrai, tuée par son fiancé ; aveuglé, ce dernier demanda pardon et recouvra la vue.

IX.

S Nicolas Ier, pape (858-867) : il affirma l'autorité de Rome en Orient et en Occident ; il osa rappeler à l'ordre Hincmar de Reims, et s'opposer au divorce de Lothaire II.

XI.

S Abbon, abbé à Fleury et martyr ; quasi autodidacte acharné, il s'intéressa à la musique et à l'astronomie, chercha à rectifier les calculs de Denys le Petit, fut un moment écolâtre à York, puis abbé à Fleury ; il affirma nettement son indépendance en face des rois et des évêques et mourut dans une sédition de moines à La Réole.

B Warmondo, évêque à Ivrea, défenseur de la liberté de l'Eglise.

XII.

S Omobono ("homo bonus"), commerçant à Crémone ; ses miracles le firent canoniser deux ans après sa mort.

XIX.

Ste Livia Pietrantoni (Agostina), italienne, des Sœurs de la Charité de Besançon, assassinée à Rome durant son service à l'hôpital du Saint-Esprit, canonisée en 1999.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Clarétines : María Asunción Giner Gomis (M. Patrocinio de Saint-Jean, *1874), près de Valencia ;

Laïcs : Juan Gonga Martínez (*1912), membre de l'Action Catholique ;

- béatifié en 2013 :

Fils de la Sainte Famille : Robert Montserrat Beliart (*1911), prêtre, à Barcelone ;
- béatifié en 2017 :
Diocésains : Juan Ortega Uribe (*1877), martyr à Almería.

B Carl Lampert (1894-1944), prêtre autrichien, martyr au camp de concentration de Halle an der Saale, béatifié en 2011.

Mitrias d’Aix
† 300

D’après s.Grégoire de Tours, Mitrias (en français Mitre, Metre) était un esclave d’origine grecque, et même noble, ce qui est surprenant.
Son maître le traitait sévèrement, sans crainte de l’humilier : Mitrias devait aller travailler à la vigne, revenir lui chauffer son bain etc. Et les autres esclaves donnaient volontiers un coup de main à ce maître.
Malgré cela, Mitrias restait à son poste, fidèlement, patiemment, se souvenant du conseil de s.Paul : Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ… (Eph 6:5-6).
On ne sait combien de temps dura cette épreuve. Du fait que s.Grégoire parle de son combat (certamen), on a finit par faire de Mitrias un martyr. Mais il ne semble pas qu’il ait eu une mort violente. 
Il se serait éteint à quelque distance d’Aix, vers 300.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Mitrias d’Aix au 13 novembre.

 

Martyrs de Césarée de Palestine
† 308

A peine arrivé au pouvoir, Maximin Daia montra toute sa fureur contre les populations fidèles au Christ
Déjà, sur un caprice, il avait condamné à mort le gouverneur de Césarée (act. en Israël), Urbanus, alors que ce dernier était déjà allumé d’une grande fureur contre les Chrétiens. Le successeur de celui-ci, Firmilianus - qui devait d’ailleurs finir de la même manière - se montra pareillement zélé pour combattre la Religion du Christ.
Il fut d’autant plus acharné que les Chrétiens eux-mêmes se montraient plus convaincus encore dans leur Foi.
C’est ainsi qu’un jour où Firmilianus s’apprêtait à sacrifier à des idoles, trois hommes se présentèrent devant lui : Arrête, lui dirent-ils, il n’y a pas d’autre Dieu que le Créateur et l’Organisateur de l’univers. Firmilianus les fit décapiter sur place, sans autre forme de procès. C’étaient : 
Antoninus, le très probable ami de s.Pamphilus (v. 16 février) : il était allé trouver Pamphilus en prison et avait relu avec lui un manuscrit de l’Ecriture ; Antoninus lisait, Pamphilus corrigeait. C’est le manuscrit Sinaïticus.
Zebinas, originaire d’Eleutheropolis (proche de Jérusalem)
Germanus
Le Martyrologe ajoute ici un quatrième homme, Nikephoros dont, comme pour Germanus, on ne connaît que le nom.
Ceci arriva le 13 novembre 308.
Le même jour, un tribun militaire nommé Maxys, se permit sans aucun mandat d’attraper une vierge chrétienne, nommée Manathas et originaire de Scythopolis ; il lui arracha presque tous ses vêtements, la traîna à travers la ville, l’insultant et la frappant avec des lanières de cuir, et finit par la présenter au même Firmilien : celui-ci tenta de la faire apostasier, mais n’y parvenant pas, la fit brûler vive.
Cette opiniâtreté ne lui suffisant pas, il ordonna de laisser les corps être la proie des bêtes.
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs au 13 novembre.

 

Martyrs de Cirta
† 437

En 429, le roi Genséric passa d’Espagne en Afrique, avec tout son entourage arien. Il s’installa, pense-t-on, à Cirta (auj. Constantine).
Mais il avait quatre officiers espagnols chrétiens ; tout d’abord, il ne les inquiéta pas mais, en 437, il leur demanda de passer à la croyance arienne, ce que refusèrent les quatre hommes. Genséric les bannit de sa cour, confisqua leurs biens, les envoya en exil, les fit longtemps et atrocement torturer et finalement exécuter. 
C’étaient : 
Arcadius, qui était marié et possédait des biens immenses ; avant de mourir, il reçut une lettre de l’évêque de Cirta, Antoninus Honoratus, qui l’encourageait à la constance : Le Seigneur Christ souffre avec toi, l’Eglise souffre avec toi. Sois sûr de la couronne, ne crains rien, quels que soient les péchés que tu as pu commettre autrefois.
Probus ; 
Paschasius et Eutychianus, deux frères, dont le jeune frère Paulillus se montra aussi courageux qu’eux.
Genséric était tout de même touché de la jeunesse de ce jeune garçon et chercha à se le gagner, mais Paulillus ne céda pas. Le roi le fit fouetter à coups de bâtons, longuement : Paulillus confessait toujours le Christ, Fils de Dieu incarné.
Genséric n’osa pas le faire mourir, mais le réduisit à un vil esclavage. Il n’est pas dit que Paulillus ait été martyrisé, mais les tortures diverses qu’il subit vaillamment pour la Foi chrétienne l’ont fait considérer comme Martyr, à l’instar de ses frères aînés.
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs de Cirta au 13 novembre.


Brice de Tours
† 444

Brice (Brictius) était tourangeau. 
Il entra dans la cléricature, mais se laissa aller à un train de vie tout-à-fait étranger à sa condition : il acheta des chevaux, eut ses esclaves ; on disait qu’il achetait de jeunes garçons - et de jeunes filles aussi.
Et comme cela ne lui suffisait pas, il insultait franchement ce fou de Martin, parlant du saint évêque saint Martin (v. 11 novembre).
L’entourage de Martin ne comprenait vraiment pas pourquoi l’Evêque ne sanctionnait pas ce prêtre à la conduite scandaleuse. Mais Martin avait eu l’intuition - qui sait par quelle révélation - que Brice se convertirait, et même qu’il lui succéderait dans l’épiscopat. Et de répéter : Si le Christ a supporté Judas, moi, pourquoi ne supporterais-je pas Brictius ?
Aux accusations fondées, lancées contre Brice, s’ajoutèrent aussi des calomnies, en particulier de la part d’un autre prêtre, nommé Lazarus.
La mort de s.Martin (397) déclencha dans le cœur de Brice un sentiment de repentir sincère ; sa conduite changea tellement radicalement, qu’on le nomma pour succéder à Martin. Il devenait ainsi le quatrième évêque de Tours.
Ce n’est pas la seule conversion qui s’opéra après la mort de s.Martin. Lazarus, qui avait calomnié Brice, comprit son erreur - et devint l’évêque d’Aix-en-Provence.
Martin avait annoncé son destin à Brice, mais avec aussi bien des adversités. Son «dossier» parvint à Rome. Mais en 417, le pape Zosimus le lava de ces calomnies.
En 428, nouveau scandale : Brice était soupçonné d’avoir eu une petite fille d’une vierge de Tours. On voulait le lapider. Cette fois-ci, Brice dut partir pour Rome, où il demeura sept années.
Pendant ce temps, les ennemis de Brice firent nommer deux «évêques» pour le remplacer sur le siège de Tours, Iustinianus et Armentius. A Rome, cependant, l’enquête aboutit à confirmer l’innocence de Brice, qui revint gouverner pendant sept autres années le diocèse de Tours.
Il construisit des églises et une basilique sur le tombeau de s.Martin.
Il mourut vers 444, après un épiscopat global de quarante-sept ans. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Brice de Tours au 13 novembre, deux jours après s.Martin.


Leonianus de Vienne
† 518

Tout n’a pas pu être certifié exact dans cette petite notice.
Leonianus aurait été originaire de Pannonie (act. Hongrie) et fait prisonnier là-bas.
Ramené en Gaule, il réussit à être libéré et vécut fort longtemps à Autun puis à Vienne, dans une réclusion si sévère qu’on ne connaissait pas les traits de son visage ; on entendait le son de sa voix quand il donnait quelque conseil. Cette vie aurait duré une quarantaine d’années.
A Vienne, il aurait dirigé des moines et des moniales.
Une tradition différente parle, à la même époque, d’un Leonianus qui aurait eu pas mal à combattre son penchant pour la gourmandise. Il ne s’agit probablement pas du même personnage, mais il ne nous est pas interdit d’imiter ce moine courageux qui dut refréner ses tentations.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Leonianus de Vienne au 13 novembre.


Quinctianus de Rodez
440-525

Quinctianus était d’origine africaine, de la région de Carthage et a pu naître vers 440.
Il vint en Gaule pour fuir la persécution des Vandales et fut élu évêque de Rodez ; il succédait à Amans (v. 4 novembre), qui fut le premier évêque de cette ville.
On ne connaît pas la date du début de cet épiscopat. Ce fut au moins en 505, puisque Quintien assista au concile d’Agde de 506. Mais il a pu être consacré évêque plus tôt, puisqu’il fit agrandir une église et y fit transférer le saint corps d’Amans, mort en 487. L’épisode doit être raconté.
S.Amans apparut à Quintien et lui reprocha d’avoir osé toucher à son corps, ajoutant : Je t’éloignerai de cette ville… mais tu ne seras pas privé de l’honneur dont tu jouis.
Après le concile d’Orléans (511), Quintien fut menacé par les Wisigoths et dut s’enfuir à Clermont, où l’évêque Eufrasius (v. 14 janvier) l’accueillit très fraternellement. Après la mort d’Eufrasius en 515, Quintien fut une première fois appelé à la succession, qu’il refusa, mais dut ensuite l’accepter sur la volonté du roi Thierry Théodoric) : il devenait ainsi le quatorzième évêque de Clermont.
L’évêché de Rodez se trouvait alors vacant : Dalmas fut élu, dont on va parler ce même jour.
Mais Quintien n’eut pas la paix dans son nouveau diocèse. Un prêtre, nommé Proculus, réussit à faire retirer à l’évêque tout subside, le réduisant à la dernière pauvreté ; puis la guerre ravagea la contrée ; le seigneur Hortensius fit arrêter un parent de Quintien, pour lequel ce dernier ne put avoir aucun recours : finalement il se vit obligé de maudire la maison d’Hortensius, où plusieurs personnes moururent de fièvre ; terrorisé, Hortensius implora son pardon, que Quintien lui accorda volontiers.
Quintien chassa des démons par sa prière, lorsque ses prêtres n’y avaient pas réussi. 
Lors d’une grande sécheresse, il pria à genoux sur la route et fit venir un grand orage de pluie bienfaisante.
Quintien vécut fort vieux et s’affaiblit au point qu’il n’avait plus la force de cracher, mais il demeurait «bon pied bon œil» et restait fidèle à sa compassion pour les pauvres.
Après sa mort, en 525, beaucoup de miracles se produisirent à son tombeau.  
Saint Quintien de Rodez (ou de Clermont) est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Dalmatius de Rodez
500-580

Né à Rodez vers ou un peu avant 500, Dalmatius était encore jeune quand il fut appelé à occuper le siège épiscopal (524).
Il était le troisième évêque de Rodez et devait le rester pendant cinquante-six ans.
Au début de son pontificat, la ville de Rodez était dans les territoires occupés par les Wisigoths ariens : même l’évêque précédent avait dû fuir (v. s.Quinctianus, ce même jour). Dalmatius fut sacré à Narbonne.
En chemin, il délivra miraculeusement les prisonniers.
En 531, Rodez fut libérée des Wisigoths et l’évêque put aller trouver son roi, Thibert. En route, il délivra une femme possédée du démon.
Dalmace assista aux conciles de Clermont (535), d’Orléans (541). 
Durant son voyage pour Orléans, il implora la grâce d’un condamné à mort - qu’on lui refusa ; Dalmace pria alors pour le malheureux qui, malgré la corde où il était pendu, resta en vie.
Il entreprit la construction de la cathédrale mais, insatisfait du résultat, la fit démolir et reconstruire plusieurs fois, de sorte qu’elle était inachevée à sa mort.
S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) écrivit de lui que c’était un homme éminent en toute sainteté, abstinent tant de nourriture que des concupiscences de la chair, très généreux en aumônes et assez assidu à la prière et aux veilles.
Dans son testament, il demandait instamment qu’on n’élît pas pour lui succéder un homme étranger, ou avare, ou marié, mais un homme qui n’eût d’autre préoccupation que la louange du Seigneur. Effectivement, un certain prêtre Transobadus briguait la place - qui fut attribuée au prêtre Théodose.
Dalmatius mourut le 13 novembre 580 et fut proclamé patron de la ville et du diocèse de Rodez.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dalmatius de Rodez au 13 novembre.


Florentius et Amantius de Città di Castello
520-599

Florentius (les Italiens traduisent Fiorenzo ou Florido) naquit à Tiferno Tiberino (auj. Città di Castello, Ombrie, Italie C).
Il était encore bien jeune quand moururent ses parents ; il étudia les lettres, la théologie.
Vers 542, il fut ordonné diacre.
Peu après, devant la menace de Totila et de ses troupes, Florentius quitta la ville, avec ses amis Amantius et Domninus, et gagna la ville de Pérouse.
L’évêque de cette ville apprécia les qualités de ce Diacre, et l’ordonna prêtre (544).
Quelques jours après son ordination, Florentius guérit par sa prière un énergumène, possédé du démon : ce fut son premier miracle.
Cependant Pérouse subit à son tour un long siège ; à bout de forces, elle se rendit et l’évêque fut abattu (548) ; l’ennemi s’étant calmé, enfin on entrevit la paix et Florentius retourna à Città di Castello.
La ville était en ruine ; Florentius exhorta les habitants à se mettre au travail ; on reconstruisit les murs, les maisons, les églises. La vie reprit.
A la mort de l’évêque, le choix se porta unanimement sur Florentius pour lui succéder. Il devint ainsi le quatrième évêque de cette ville (580 environ).
Florentius mourut le 13 novembre 599, après un épiscopat de dix-neuf ans.
On commémore en même temps que lui un de ses prêtres, son ami Amantius avec lequel il s’était réfugié à Pérouse : il se montra, entre autres vertus, plein de charité pour les malades.
Le Martyrologe Romain mentionne s.Florentius et s.Amantius de Città di Castello au 13 novembre.

 

Himerius d’Immertal
570-620

Himerius (Imerius, Imier, Immer) naquit vers 570, peut-être à Lugnez (act. proche de Porrentruy, Jura, Suisse).
Il est raconté qu’il fit un pèlerinage en Palestine et qu’au retour, il aurait approvoisé un terrible griffon ; ce dernier lui aurait laissé l’une de ses petites griffes.
On dit aussi qu’il entendit un jour près d’une source, sonner une petite clochette, dont par la suite il se servit toujours dans ses déplacements.
Himerius aurait finalement obtenu de l’évêque de Lausanne un terrain pour s’établir, là où a surgi la localité de Saint-Imier.
Comme tous les Saints, Himerius voulut lutter contre l’assoupissement et se trouva un stratagème original pour rester éveillé : il se mit dans le nez des cendres, dont le picotement l’empêchait de dormir.
Ceux qui ne croient pas à cette histoire, avancent qu’Himerius était peut-être plutôt un des missionnaires irlandais qui vinrent prêcher dans cette Gaule encore trop païenne.
Himerius mourut vers 620 ; un monastère fut construit sur sa tombe.
Il est bien probable que la vallée Immertal tire son nom de s.Himerius.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Himerius d’Immertal au 13 novembre.

 

Eugenio II de Tolède
† 657

Une vieille tradition fait remonter la fondation du diocèse de Tolède à un mystérieux Eugenio, disciple de s.Denys l’Aréopagite (v. 3 octobre).
En 636 fut nommé à ce siège Eugenio II. 
On a cru dans le passé que deux évêques du même nom s’étaient succédé au 7e siècle ; l’évêché de Tolède devenant archevêché, il semble que ce soit simplememnt le même Eugenio qui ait succédé à lui même une fois investi de la dignité archiépiscopale. Il fut donc le trentième et le trente-et-unième évêque de Tolède, ou plutôt le trentième évêque et le premier archevêque de cette ville.
Eugenio appartint tout jeune au clergé de Tolède, sous l’épiscopat d’Eladio (v. 18 février), avant de rejoindre Saragosse, où il se mit sous la direction de s.Braulio (v. 18 mars) au monastère de sainte Engrace.
Nommé évêque, Braulio prit Eugenio comme archidiacre.
Avant même d’être consacré évêque, Eugenio était déjà réputé comme théologien, comme poète, comme musicien, comme écrivain.
Evêque, Eugenio célébra trois conciles à Tolède (les huitième, neuvième et dixième). Il fit beaucoup pour développer la pratique de la musique sacrée ; il enseigna la Grammaire et la Sainte Ecriture.
Le roi Chindasvinto et son fils Recesvinto recoururent aux conseils judicieux d’Eugenio.
Eugenio mourut à Tolède en 657. Son épiscopat dura au total vingt-et-un ans.
Saint Eugenio II de Tolède est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Maxellende de Caudry
650-670

Maxellende naquit vers 650 à Caudry (Nord), de Huinlinus et Amaltrude.
Ces derniers, comme c’était la coutume, acceptèrent la demande en mariage que leur adressa un certain Hardouin.
La jeune fille refusa. Mais les parents se crurent contraints de maintenir leur parole, et Hardouin paya la somme requise pour les fiançailles. Dès lors, selon l’usage franc, l’engagement était irrévocable. Mais Maxellende, de son côté, se considérait libre, n’ayant pas exprimé de consentement et l’ayant même refusé, et resta chez ses parents.
Un jour cependant où ses parents étaient absents, Hardouin se présenta et enleva littéralement Maxellende pour l’emmener à son domicile de Caudry.
La jeune fille résista tellement aux avances d’Hardouin, que ce dernier perdit patience et la tua d’un coup d’épée. Sa punition fut qu’il fut frappé immédiatement de cécité.
Ce fut vers 670. Maxellende fut désormais considérée comme martyre. 
Peu de temps après la première inhumation de Maxellende à Pomeriolas, son corps fut transféré à Caudry. Le long du cortège se trouvait le malheureux Hardouin, repenti, qui pleura amèrement sa faute et recouvra alors la vue.
Depuis, sainte Maxellende est invoquée pour la guérison des maladies oculaires.
Sainte Maxellende de Caudry est commémorée le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Nicola 1er
858-867

Nicola (on ne met pas d’s en italien) naquit à Rome vers 800, fils d’un «régionnaire», important fonctionnaire de la Ville éternelle, nommé Théodore, qui voulut lui donner la meilleure éducation possible. 
Le résultat fut excellent : Nicola étudia fort consciencieusement. Entré dans la cléricature, il fut sous-diacre sous Serge II, diacre sous Léon IV, archidiacre sous Benoît III.
A la mort de ce dernier, l’empereur Louis II pressa le clergé d’élire Nicola, qui devint ainsi le cent-cinquième pape (avril 854).
La principale affaire qui occupa le nouveau pape fut le schisme de Photius à Constantinople. Ce personnage, un laïc, venait d’être nommé patriarche de Constantinople par l’empereur, qui avait déposé le patriarche Ignace après l’avoir fait torturer et jeter en prison. Nicola s’imposa avec autorité et sagesse, refusant de reconnaître Photius. Une révolution de palais fit assassiner l’empereur et chasser Photius pour rappeler Ignace. Momentanément, la situation semblait être ramenée à la légitimité, mais le schisme de Photius avait allumé les esprit et perdura longtemps, attaquant les Occidentaux sur le jeûne du samedi, sur le célibat ecclésiastique, le fameux Filioque dans le Credo, tous griefs qui seront sans cesse remis sur le tapis dans les temps postérieurs - et jusqu’à aujourd’hui.
Reste à mentionner que Photius fut plus tard de nouveau installé comme patriarche et sommé de reconnaître l’autorité de Rome.
En Occident, Nicola intervint aussi efficacement à propos de l’empereur Lothaire II, qui avait épousé sa maîtresse pour obtenir un enfant, que son épouse stérile ne pouvait avoir. Un concile à Metz avait même ratifié et le divorce et le remariage, avec même l’appui des légats pontificaux complaisants ; Nicola déposa ses légats et les évêques les plus coupables, cassa le concile, obligeant Lothaire à se soumettre, et l’ «épouse» à se retirer dans un monastère.
Le pape Nicola osa affronter le puissant évêque de Reims, Hincmar, qui commettait parfois quelques erreurs de gouvernement. Il avait par exemple déposé l’évêque de Soissons sans aviser le Saint-Siège à qui l’évêque avait fait appel : Nicola le reçut et le rétablit, obligeant Hincmar à se soumettre. Ou encore, Hincmar avait suspendu tous les clercs ordonnés par son prédécesseur, Ebon, qui avait été chassé par deux fois de son siège sur instance de Louis, dit le Pieux. Le pape Nicola étudia le problème personnellement et rétablit tous ces clercs, obligeant Hincmar et les évêques francs à se réunir en concile pour accepter entièrement les décisions papales (concile de Troyes, 867).
En Italie, l’évêque de Ravenne se signalait pas un comportement quasi tyrannique envers son clergé et ses fidèles ; un concile à Rome n’ayant pas suffi, Nicola alla rencontrer l’évêque, qui s’enfuit, fut déposé et banni.
Nicola ne fut pas seulement combattif, il fut actif. Le Liber pontificalis signale que Nicola «aimait les pauvres d’un amour de prédilection comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Il avait fait dresser la liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient pas de se rendre aux distributions de vivres, et on leur portait des secours à domicile.»
En outre il fit reconstruire les remparts d’Ostie, avec des tours résistantes ; il fit construire un aqueduc qui amenait l’eau au Vatican pour étancher la soif des miséreux et des pèlerins.
Il ordonna, en quelque neuf ans et demi, cinq évêques, sept prêtres et quatre diacres.
Après plusieurs années de maladie, Nicola 1er le Grand mourut le 13 novembre 867 et fut inhumé devant le grand portail de la basilique Saint-Pierre.
Nicola 1er fut canonisé en 1630 et le Martyrologe le commémore au 13 novembre. 
Son successeur devait être Adrien II.

Eugenio II de Tolède

† 657

 

Une vieille tradition fait remonter la fondation du diocèse de Tolède à un mystérieux Eugenio, disciple de s.Denys l’Aréopagite (v. 3 octobre).

En 636 fut nommé à ce siège Eugenio II. 

On a cru dans le passé que deux évêques du même nom s’étaient succédé au 7e siècle ; l’évêché de Tolède devenant archevêché, il semble que ce soit simplememnt le même Eugenio qui ait succédé à lui même une fois investi de la dignité archiépiscopale. Il fut donc le trentième et le trente-et-unième évêque de Tolède, ou plutôt le trentième évêque et le premier archevêque de cette ville.

Eugenio appartint tout jeune au clergé de Tolède, sous l’épiscopat d’Eladio (v. 18 février), avant de rejoindre Saragosse, où il se mit sous la direction de s.Braulio (v. 18 mars) au monastère de sainte Engrace.

Nommé évêque, Braulio prit Eugenio comme archidiacre.

Avant même d’être consacré évêque, Eugenio était déjà réputé comme théologien, comme poète, comme musicien, comme écrivain.

Evêque, Eugenio célébra trois conciles à Tolède (les huitième, neuvième et dixième). Il fit beaucoup pour développer la pratique de la musique sacrée ; il enseigna la Grammaire et la Sainte Ecriture.

Le roi Chindasvinto et son fils Recesvinto recoururent aux conseils judicieux d’Eugenio.

Eugenio mourut à Tolède en 657. Son épiscopat dura au total vingt-et-un ans.

Saint Eugenio II de Tolède est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maxellende de Caudry

650-670

 

Maxellende naquit vers 650 à Caudry (Nord), de Huinlinus et Amaltrude.

Ces derniers, comme c’était la coutume, acceptèrent la demande en mariage que leur adressa un certain Hardouin.

La jeune fille refusa. Mais les parents se crurent contraints de maintenir leur parole, et Hardouin paya la somme requise pour les fiançailles. Dès lors, selon l’usage franc, l’engagement était irrévocable. Mais Maxellende, de son côté, se considérait libre, n’ayant pas exprimé de consentement et l’ayant même refusé, et resta chez ses parents.

Un jour cependant où ses parents étaient absents, Hardouin se présenta et enleva littéralement Maxellende pour l’emmener à son domicile de Caudry.

La jeune fille résista tellement aux avances d’Hardouin, que ce dernier perdit patience et la tua d’un coup d’épée. Sa punition fut qu’il fut frappé immédiatement de cécité.

Ce fut vers 670. Maxellende fut désormais considérée comme martyre. 

Peu de temps après la première inhumation de Maxellende à Pomeriolas, son corps fut transféré à Caudry. Le long du cortège se trouvait le malheureux Hardouin, repenti, qui pleura amèrement sa faute et recouvra alors la vue.

Depuis, sainte Maxellende est invoquée pour la guérison des maladies oculaires.

Sainte Maxellende de Caudry est commémorée le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicola 1er

858-867

 

Nicola (on ne met pas d’s en italien) naquit à Rome vers 800, fils d’un «régionnaire», important fonctionnaire de la Ville éternelle, nommé Théodore, qui voulut lui donner la meilleure éducation possible. 

Le résultat fut excellent : Nicola étudia fort consciencieusement. Entré dans la cléricature, il fut sous-diacre sous Serge II, diacre sous Léon IV, archidiacre sous Benoît III.

A la mort de ce dernier, l’empereur Louis II pressa le clergé d’élire Nicola, qui devint ainsi le cent-cinquième pape (avril 854).

La principale affaire qui occupa le nouveau pape fut le schisme de Photius à Constantinople. Ce personnage, un laïc, venait d’être nommé patriarche de Constantinople par l’empereur, qui avait déposé le patriarche Ignace après l’avoir fait torturer et jeter en prison. Nicola s’imposa avec autorité et sagesse, refusant de reconnaître Photius. Une révolution de palais fit assassiner l’empereur et chasser Photius pour rappeler Ignace. Momentanément, la situation semblait être ramenée à la légitimité, mais le schisme de Photius avait allumé les esprit et perdura longtemps, attaquant les Occidentaux sur le jeûne du samedi, sur le célibat ecclésiastique, le fameux Filioque dans le Credo, tous griefs qui seront sans cesse remis sur le tapis dans les temps postérieurs - et jusqu’à aujourd’hui.

Reste à mentionner que Photius fut plus tard de nouveau installé comme patriarche et sommé de reconnaître l’autorité de Rome.

En Occident, Nicola intervint aussi efficacement à propos de l’empereur Lothaire II, qui avait épousé sa maîtresse pour obtenir un enfant, que son épouse stérile ne pouvait avoir. Un concile à Metz avait même ratifié et le divorce et le remariage, avec même l’appui des légats pontificaux complaisants ; Nicola déposa ses légats et les évêques les plus coupables, cassa le concile, obligeant Lothaire à se soumettre, et l’ «épouse» à se retirer dans un monastère.

Le pape Nicola osa affronter le puissant évêque de Reims, Hincmar, qui commettait parfois quelques erreurs de gouvernement. Il avait par exemple déposé l’évêque de Soissons sans aviser le Saint-Siège à qui l’évêque avait fait appel : Nicola le reçut et le rétablit, obligeant Hincmar à se soumettre. Ou encore, Hincmar avait suspendu tous les clercs ordonnés par son prédécesseur, Ebon, qui avait été chassé par deux fois de son siège sur instance de Louis, dit le Pieux. Le pape Nicola étudia le problème personnellement et rétablit tous ces clercs, obligeant Hincmar et les évêques francs à se réunir en concile pour accepter entièrement les décisions papales (concile de Troyes, 867).

En Italie, l’évêque de Ravenne se signalait pas un comportement quasi tyrannique envers son clergé et ses fidèles ; un concile à Rome n’ayant pas suffi, Nicola alla rencontrer l’évêque, qui s’enfuit, fut déposé et banni.

Nicola ne fut pas seulement combattif, il fut actif. Le Liber pontificalis signale que Nicola «aimait les pauvres d’un amour de prédilection comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Il avait fait dresser la liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient pas de se rendre aux distributions de vivres, et on leur portait des secours à domicile.»

En outre il fit reconstruire les remparts d’Ostie, avec des tours résistantes ; il fit construire un aqueduc qui amenait l’eau au Vatican pour étancher la soif des miséreux et des pèlerins.

Il ordonna, en quelque neuf ans et demi, cinq évêques, sept prêtres et quatre diacres.

Après plusieurs années de maladie, Nicola 1er le Grand mourut le 13 novembre 867 et fut inhumé devant le grand portail de la basilique Saint-Pierre.

Nicola 1er fut canonisé en 1630 et le Martyrologe le commémore au 13 novembre. 

Son successeur devait être Adrien II.

 

 

Abbon de Fleury

940-1004

 

Abbon était né vers 940 dans l’Orléannais, de Lyé et Ermengarde.

Encore enfant, il fut confié aux moines de l’abbaye de Fleury.

Le jeune garçon était naturellement porté à étudier ; il retenait tout ce qu’il entendait, au point que de bonne heure on lui confia l’enseignement de la lecture et du chant.

Après avoir assimilé tout ce qu’on pouvait lui enseigner en matière de grammaire, d’arithmétique et de dialectique - c’est-à-dire peu de choses, au goût de l’intéressé - , il se rendit à Paris et à Reims, mais fut déçu du peu qu’il put y apprendre. A Orléans, il prit des leçons de musique auprès d’un clerc. Il étudia la rhétorique tout seul, et travailla énormément sur les nombres. Il fut bientôt une encyclopédie vivante.

Ses recherches en mathématique aboutirent à des conclusions assez originales pour l’époque.

Vers 975, il fut nommé écolâtre de Fleury. C’est pendant les dix années de cette charge qu’il écrivit la plupart de ses traités scientifiques. Il se pencha sur le problème de la date de Pâques, et proposa déjà d’avancer de plusieurs années la date de la naissance du Christ.

En 985, le nouvel abbé de Fleury choisit Abbon pour être écolâtre à York, où un ancien moine de Fleury, Oswald (v. 29 février), devenu évêque, avait besoin d’un homme comme Abbon. Si ses élèves bénéficièrent heureusement de son enseignement, Abbon restait très nostalgique de son abbaye et fut fort content d’y être rappelé ; diacre, il fut ordonné prêtre par Oswald avant son départ et revint en France chargé de cadeaux - ainsi que d’un notable embonpoint…

En 987, Abbon fut élu abbé de Fleury. Désormais illustre, il profita de sa position pour asseoir les droits des abbayes en France. 

Par exemple, un de ses premiers soucis lui vint d’un châtelain qui rançonnait outrageusement un prieuré qui dépendait de Fleury, dans le diocèse d’Orléans dont l’évêque était un ennemi juré de Fleury (cela arrive effectivement, hélas…). Abbon fit appel au roi : peu après, les troupes arrivaient et détruisaient le domaine du châtelain. Plus tard, le pape donna constamment raison aux sages revendications d’Abbon, y compris contre les évêques de Gaule.

Abbon s’employa à développer la culture intellectuelle des moines. Il voyait dans le travail intellectuel un moyen efficace de combattre les vices de la chair et d’avancer dans la vertu.

En 993, les évêques réunis à Sant-Denis, décidèrent tout bonnement que le produit des dîmes devait leur revenir intégralement ; Abbon protesta, vainement. Des moines intervinrent et firent sortir les évêques, disons, manu militari, en tout cas sans beaucoup de ménagements. L’évêque d’Orléans - encore lui - ne se gêna pas pour rédiger un pamphlet contre les moines, qu’il traitait de mous comme du cartilage, au lieu d’être vigoureux comme les os ; non content, il fit tendre sur la route de Tours un guet-apens contre Abbon, qui n’y échappa que de justesse. Abbon écrivit au roi.

Par la suite, il chercha à échapper entièrement à la juridiction des évêques. En 995, il crut le moment venu d’en référer au pape, mais on était en plein dans la lutte des familles romaines pour mettre leur candidat sur le siège de Saint-Pierre. Abbon patienta - et obtint enfin le privilège qu’il attendait tant pour les abbayes. Il l’obtint en 997. En même temps, le pape décorait Abbon du titre de premier abbé de la Gaule.

Désormais, il était interdit aux évêques de troubler le monastère ou d’y exercer une contrainte. L’évêque diocésain ne pouvait venir au monastère ou y célébrer la messe sans y être invité, il ne pouvait refuser d’ordonner un moine digne de l’être, ni revendiquer la moindre autorité sur ceux qu’il avait ordonnés. L’abbé pouvait excommunier tel moine indigne, le clergé devait appliquer la sentence.

Inversement, on recourait à Abbon pour régler des affaires épineuses. Sa modération et sa prudence firent merveille.

Ainsi en 1002, un abbé de Chartres avait été chassé par ses moines. Abbon apaisa les moines, et surtout pria l’évêque de recevoir l’abbé sans le condamner : l’abbé comprit ses erreurs, s’en repentit et put reprendre sa place.

En 1004 maintenant, ce fut le tour des moines de Micy, qui signifièrent à leur abbé de ne plus entrer dans l’abbaye, lassés qu’ils étaient de ses absences répétées ; Abbon calma les moines, convainquit l’abbé, et tout rentra dans l’ordre.

Le cas de l’abbaye de la Réole (Gascogne) fut plus grave, et même fatal. Abbon y avait envoyés quelques moines, qui furent tellement maltraités par les Gascons, qu’il rentrèrent à Fleury. Abbon s’y rendit en personne, en l’été 1004, avec quelques moines.

La réception fut assez calme, le 9 novembre ; le 11 (fête de s.Martin !), il y eut déjà une dispute entre les moines de la Réole et ceux de Fleury, au sujet de la nourriture des chevaux. Le 13, Abbon eut l’occasion de réprimander un moine qui sortait du monastère pour aller manger ailleurs. Ce dernier suscita une véritable émeute avec les gens du pays. Les moines gascons et français en vinrent aux mains. Abbon, qui était alors dans le cloître à rédiger des tables de comput, entendant le bruit, descendit pour apaiser les siens. Il reçut un coup de lance dans les côtes. Il eut la force d’envoyer son secrétaire essayer de calmer les «combattants» ; épuisé par le sang qu’il avait perdu, il mourut.

Son chambrier mourut le lendemain ; son écuyer, le 30 novembre.

Curieusement, les reliques d’Abbon demeurèrent à la Réole ; elles furent jetées par les protestants en 1577.

Saint Abbon de Fleury est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Warmondo d’Ivrea

930-1011

 

Warmondo (Veremondo) naquit vers 930, de la famille noble des Arborio.

Vers 965, il devint le quatorzième évêque d’Ivrea, une charge qu’il allait maintenir jusqu’à sa mort, vers 1011.

Il fit consolider les fondements de la cathédrale d’Ivrea, et surtout développa beaucoup l’activité du scriptorium, qui produisit de précieux manuscrits magnifiquement décorés de miniatures et de lettres d’or, encore conservés dans la bibliothèque capitulaire.

Mais le point central de son activité fut la continuelle lutte qui l’opposa au marquis d’Ivrea, Arduino. Ce dernier montrait des prétentions injustes contre les privilèges de l’évêque, et l’évêque dut recourir à l’empereur Otto III.

Grâce à ce dernier, Warmondo obtint la faculté d’administrer la justice, de percevoir des taxes… et de lever des troupes. L’évêque était ainsi un «évêque-comte». Il n’était pas le seul à cette époque.

Mais la lutte était loin d’être achevée. Arduino réussit à chasser Warmondo de la ville, et Warmondo lança contre lui une terrible sentence d’excommunication. Il en appela encore une fois à l’empereur. En 1001, Arduino s’empara d’Ivrea et de Vercelli et, après la mort de l’empereur, se fit proclamer roi d’Italie (1002).

En 1003, Warmondo n’était toujours pas rentré en possession de son siège. Un intrus, Ottobiano, l’occupait. En 1004, le nouvel empereur battit Arduino, et restitua à Warmondo son siège et son diocèse.

On connaît mal les dernières années de l’épiscopat de Warmondo. Même la date de sa mort est incertaine : on parle de 1011 ou 1012, date à laquelle il se peut qu’Ottobiano ait repris possession du siège d’Ivrea.

Le culte de Warmondo fut reconnu en 1857 ; ce Bienheureux est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Omobono Tucenghi de Cremone

† 1197

 

Omobono va nous montrer comment il sut correspondre pleinement dans les faits à son prénom de baptême.

Il naquit à Crémone (Italie N) vers le milieu du 12e siècle. Ses parents, des gens tout simples, le firent en effet baptiser avec le nom de Omobono, homme bon.

Il reprit le commerce de ses parents, qui travaillaient dans la laine et les étoffes, et son travail lui rapporta beaucoup.

Il se maria et eut (au moins) deux fils. 

Omobono ne se laissa pas un instant griser par le succès et les affaires ; la première destination de son argent étaient les pauvres de Crémone, ce qui n’était pas toujours du goût de son épouse. Sa largesse était devenue si populaire qu’encore maintenant un Crémonais qui ne veut pas céder à d’importunes supplications, répond : Non ho mica la borsa di sant’Omobono (Je n’ai pas la bourse de saint Omobono).

Notre tisserand donnait aussi à Dieu beaucoup de temps dans la prière ; il était assidu à l’office de la nuit au proche couvent, et poursuivait cette liturgie avec une longue méditation jusqu’au petit matin.

Cet homme juste fut aussi consulté par les concitoyens, lorsque Crémone fut en lutte avec d’autres villes concurrentes. Ses conseils apportèrent la paix.

Omobono mourut durant la sainte Messe. Au début du Gloria in excelsis Deo, il écarta les bras, les rejoignit et se prosterna ; au moment de l’évangile, il ne bougeait toujours pas : il avait remis son âme à Dieu.

C’était le 13 novembre 1197.

Des miracles se multiplièrent, guérisons, délivrances de possédés, au point qu’il fut canonisé dès 1199, premier laïc de l’histoire à recevoir cet honneur céleste.

Saint Omobono est devenu patron des marchands et des tailleurs. Le Conseil de Crémone l’a pris comme céleste protecteur en 1643.

 

 

Livia Pietrantoni

1864-1894

 

Née le 27 mars 1864 à Pozzaglia Sabina (Rieti, Italie centrale), deuxième des onze enfants de Francesco et Caterina Costantini, Livia (Olivia) grandit dans une famille d’agriculteurs simples et chrétiens. On travaillait et on priait.

Elle fut confirmée à quatre ans, et reçut l’Eucharistie vers douze ans.

Courageuse et travailleuse, elle participa à sept ans au transport de cailloux et de sable pour la construction de la route ; à douze ans, elle était saisonnière pour la récolte des olives, défendant ses camarades contre la sévérité des patrons ; et elle sauva de la noyade son petit frère. 

Il fallait bien travailler pour aider les parents à nourrir tant de monde, aussi Livia ne fréquenta guère l’école, mais le peu qu’elle put faire fut autant d’acquis, au point que les camarades l’appelaient «la prof’».

Livia aimait se retirer pour prier. Elle voulait se consacrer, mais on lui reprochait de vouloir fuir le travail, à quoi elle rétorqua : Je veux choisir une Congrégation où l’on travaille jour et nuit.

Un premier voyage à Rome avec son oncle religieux, Frère Matteo, fut infructueux. Mais un autre, chez les Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août), fut révélateur de sa vraie vocation.

En 1886 elle put entrer dans cette Congrégation, où elle prit le nom de Agostina. Elle ne connaissait pas de Sainte Augustine, mais elle voulait en devenir une !

En 1887, elle commença son activité à l’hôpital Santo Spirito de Rome, dans le même hôpital où avait aussi exercé la charité, entre autres, Camillo de’ Lellis (voir au 14 juillet).

A cette époque, les événements socio-politiques n’étaient pas trop favorables à l’Eglise, de sorte que nos Religieuses devaient être discrètes dans leur activité à l’hôpital.

La Sœur Agostina, qui s’occupait dans un premier temps des enfants malades, fut atteinte de tuberculose, une maladie qui ordinairement n’accordait pas beaucoup d’espérance, mais la Religieuse guérit, de façon inattendue. A partir de ce moment, elle voulut s’occuper des adultes tuberculeux.

C’est là que l’attendait son destin. Un des tuberculeux était particulièrement violent et fut même expulsé de l’établissement. Ce Giuseppe Romanelli voulut se venger, et particulièrement à l’égard de la Sœur Agostina, qui lui avait montré tant d’attention pour le soigner.

L’homme réussit à se faire réadmettre dans l’hôpital et prépara soigneusement son coup, en simulant la douceur et un changement apparent d’attitude. 

On avertit cependant la Sœur de se tenir sur ses gardes, mais elle préféra continuer d’être auprès de tous et de montrer une charité inépuisable envers chacun, y compris et surtout envers le pauvre homme, en particulier quand venait sa mère aveugle pour lui rendre visite. 

Un jour que Sœur Agostina était assez proche de lui, il se déchaîna brusquement sur elle et la poignarda. Agostina n’eut que des paroles de pardon envers son assassin.

C’était le 13 novembre 1894, Agostina avait trente ans.

Elle fut béatifiée en 1972, et canonisée en 1999.

 

 

María Asunción Giner Gomis

1874-1936

 

María Asunción Giner Gomis naquit à Tortosa (Tarragona, Espagne) le 4 janvier 1874, et fit sa profession religieuse chez les Religieuses de Marie Immaculée ou Missionnaires Clarétines en 1893, avec  le nom de María du Patronage de Saint-Jean (María del Patrocinio de San Juan).

Elle eut à s’occuper des jeunes novices clarétines et fut éducatrice à Carcaixent.

Elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'entrain toutes les activités apostoliques qu'on lui confia, et souffrit déjà la persécution religieuse en 1931.

Elle fonda la communauté et le collège de Puerto de Sagunto (Valencia).

En 1936, elle vint avec les autres Religieuses se réfugier à Carcaixent : celles qui enseignaient étaient vêtues d’habits civils, les autres priaient à l’intérieur. Dès le mois de mai, elles durent abandonner la maison et se cacher dans des familles amies.

Elle priait ainsi : Seigneur, s’il manque une petite pierre pour ton piédestal, me voici.

Le 13 novembre, des miliciens vinrent l’enlever en voiture. Elle se «contenta» de leur rappeler quel péché ils allaient commettre, et les invita à la conversion. Elle leur dit aussi des paroles de pardon.

A Portichol de Tavernes de Valldigna (près Carcaixent, Valencia), elle fut assassinée avec sa sœur Carlota, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1936, priant et pardonnant à ceux qui lui enlevaient la vie. Par fidélité à sa foi et à sa vocation, elle accepta la mort avec force d'âme et sérénité.

Elle a été béatifiée en 2001 et se trouve mentionnée le 13 novembre au Martyrologe.

 

 

Juan Ortega Uribe
1877-1936

Né le 17 novembre 1877 à Almería, il fréquenta le séminaire de la même ville et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut aumônier du sanctuaire de Montserrat et curé à Almería même pendant plus de trente ans, travaillant également à l’officialité du diocèse.

On pourra s’étonner de voir un prêtre si longtemps dans un même poste, alors que d’autres changèrent plusieurs fois de paroisses ; c’est que don Ortega souffrait d’une paralysie aux deux jambes et se déplaçait avec grande difficulté. Sa prière et son dévouement n’en avaient que plus de valeur, particulièrement quand il fut arrêté et mis en prison en juillet 1936.

On le traîna littéralement jusqu’au cimetière d’Almería, où il fut fusillé.

Martyrisé le 13 novembre 1936 à Almería, quatre jours avant son 59e anniversaire, et béatifié en 2017, Juan Ortega Uribe sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 novembre.

Robert Montserrat Beliart

1911-1936

 

Robert était né le 17 juin 1911 à Reus (Tarragona, Catalogne, Espagne), troisième des six enfants de Victor et Gertrudis. Victor et son fils Victorino devaient eux aussi être victimes de la persécution de 1936.

Robert fréquenta le collège Saint-Pierre de Reus de 1919 à 1922 puis, ayant entendu l’appel de Dieu, entra au collège Nazareno des Fils de la Sainte-Famille, à Blanes.

En 1926 il prit l’habit au noviciat de Les Corts. Il y fit la profession en 1927 et accomplit les études de philosophie et théologie. Il y commença aussi son activité d’enseignant, ainsi qu’au collège des Orphelins à Vilatorta et Blanes. En 1929, il fit la profession solennelle à Les Corts et fut ordonné prêtre en mars 1936.

Pieux, un peu nerveux, consciencieux, soucieux de vivre la Règle de la congrégation, c’était aussi un excellent musicien. Il devait faire partie d’une équipe à destination de l’Argentine, qui devait embarquer en juillet 1936, mais le départ fut reporté ou annulé en raison des événements : après avoir passé quelques jours de «vacances» chez les siens à Reus, il rejoignit Barcelone, où il s’occupa à donner des leçons de musique.

Vers la mi-novembre de 1936, les miliciens entourèrent la maison où résidaient Roberto et d’autres prêtres, fouillèrent étage par étage et emmenèrent en prison tous ceux qu’ils trouvèrent, propriétaires et religieux.

On sait seulement qu’il fut exécuté à Barcelone le 13 novembre 1936. Cependant, on n’a pas pu retrouver son corps.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Juan Gonga Martínez

1912-1936

 

Juan naquit à Carcaixent (Valencia, Espagne) le 25 mars 1912, fut baptisé le 28 mars suivant, reçut la Première communion en 1922 et fut confirmé en 1926.

Il a (au moins) un frère, avec lequel il s’entend bien ; il est très lié à ses parents.

Il fit ses études chez les Pères franciscains et désirait devenir prêtre. Mais il contracta la fièvre typhoïde et resta si faible, qu’il dut renoncer à cet idéal. 

Il décida donc de mettre toute sa vie au service de l’Eglise.

Employé de bureau, membre de l’Action Catholique, actif dans les Cercles d’étude et dans la catéchèse, il fréquentait assidument les Sacrements. Ses camarades l’appelaient le saint. Effectivement, il combattit son caractère nerveux et amena au Christ plusieurs «conquêtes».

Il pensa finalement à se marier avec Josefina Millet, mais Dieu lui donna d’abord la grâce du martyre.

En effet, après la fermeture des lieux de culte, en juillet 1936, il continua d’assister à la messe de façon clandestine : c’est en sortant de là qu’il fut arrêté le 25 juillet.

On le laissa tout d’abord en liberté, et il pensa judicieux de quitter son village. Mais il voulut revoir les siens et fut reconnu à son retour.

De nouveau arrêté, on le conduisit sur la route de Tavernes de Valldigna, pour le fusiller.

Il sortit alors son crucifix, le présenta aux bourreaux et leur dit qu’il leur pardonnait, comme Jésus l’avait fait à ceux qui le crucifiaient. Plus tard, les bourreaux l’appelèrent : le garçon à la croix.

Juan fut fusillé au soir du 13 novembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Carl Lampert

1894-1944

 

Carl fut le plus jeune des sept enfants de Franz Xaver Lampert et de son épouse Maria Rosina, un couple de cultivateurs. Il naquit le 9 janvier 1894., à Göfis dans le Vorarlberg (Autriche).

Il fréquenta l’école de Göfis et le lycée d’état de Feldkirch. 

Son père mourut quand Carl était adolescent, mais son oncle l’aida à continuer ses études jusqu’au baccalauréat ; Carl allait à pied de Göfis à Feldkirch. Puis il entra au grand séminaire de Brixen (alors en Autriche, maintenant Bressanone en Italie du Nord), où on remarqua tellement ses façons distinguées qu’on le surnomma «Carlobello» (le beau Charles) ; il reçut l’ordination sacerdotale en 1918. 

Pendant douze années il fut chapelain à Dornbirn, où il s’occupa particulièrement du travail des jeunes ouvriers.

Puis l’évêque l’envoya à Rome pour approfondir l’étude du Droit Canonique. Il résidait au Collège Teutonique et travaillait en même temps comme secrétaire à la Rote romaine (tribunal ecclésiastique), et il devint Official du tribunal ecclésiastique de Ferldkirch à partir de 1935. 

Mgr Lampert fut alors très occupé : il partageait son temps entre Rome et le diocèse d’Innsbruck, où il devait surveiller la mise en application du nouveau droit ecclésiastique. De plus, il était aumônier au séminaire, et président de l’édition catholique Tyrolia. On parla même de le nommer évêque à Innsbruck, mais le pape Pie XI jugea plus opportun de nommer pour ce diocèse un administrateur apostolique (qui fut Paulus Rusch), dont Mgr Lampert fut nommé pro-vicaire en 1939. Comme on le sait, l’Autriche venait d’être annexée à l’Allemagne par le fameux Anschluß.

Sur ordre du gouvernement hitlérien, Mgr Lampert tomba bientôt dans le collimateur du régime. Les maisons religieuses devaient fermer, en particulier le Collège Canisianum ainsi que le Monastère de l’Adoration Perpétuelle d’Innsbruck. Devant la résistance des Religieuses, on rendit Mgr Lampert responsable de cette situation et il fut arrêté une première fois le 4 mars 1940 pendant dix jours.

Suite à une émission radiophonique du Vatican qui parlait de la répression nazie dans le diocèse d’Innsbruck, on arrêta de nouveau Mgr Lampert pendant quelques jours, à la fin du même mois de mars 1940 : on le soupçonnait d’espionnage.

En mai 1940, Mgr Lampert essaya en vain d’obtenir la libération d’Otto Neururer, déporté à Dachau, mais l’abbé Neururer fut envoyé à Buchenwald et assassiné là-bas (voir au 30 mai). C’est alors que les autorités civiles renvoyèrent les cendres d’Otto à Götzen en pensant les faire inhumer de façon anonyme, mais Mgr Lampert fit passer une annonce dans le bulletin diocésain et il fut alors de nouveau arrêté en juillet 1940 pour opposition aux dispositions secrètes du Régime.

Mgr Lampert fut à son tour envoyé à Dachau en août 1940, puis à Sachsenhausen (Berlin) le 1er septembre. On le mit dans une compagnie qui devait exécuter d’épuisants travaux. Il avait un compagnon, un autre prêtre d’Innsbruck, Josef Steinkelderer, qui lui glissa en latin Martyres sumus, et auquel il répondit In Christi nomine pro ecclesia (Nous sommes des Martyrs - Au nom du Christ pour l’Eglise). 

Trois mois plus tard, Mgr Lampert fut reconduit à Dachau. Libéré en août 1941, mais avec l’interdiction de rentrer au Tyrol, il exerça la fonction de chapelain à Stettin (actuelle Szczecin en Pologne), à Swinemünde et à Parchim, des localités sur la Mer Baltique…

En réalité, la Gestapo avait à l’insu de Mgr Lampert, envoyé un espion qui le surveillait. Cet espion se faisait passer pour un ingénieur profondément chrétien, ennemi du nazisme et en quête de spiritualité, qui acquit la confiance de Mgr Lampert, dont il essaya d’obtenir des déclarations anti-nazies. Dans l’impossibilité d’arriver à ses fins, l’espion organisa une sorte de complot où aurait trempé Mgr Lampert, à la solde de l’ennemi, ce qui devait conduire de nouveau à son arrestation.

Celle-ci eut lieu en effet début février 1943 : on arrêta Mgr Lampert, mais aussi une quarantaine de prêtres, religieux et religieuses. Les mois suivants passèrent en interrogatoires et tortures qui épuisaient, mais n’abattaient pas le courage de Mgr Lampert.

Le «procès», s’il faut l’appeler ainsi, se déroula en décembre 1943. L’espion de Stettin était là pour «témoigner». Déclaré coupable, Mgr Lampert ne fut pas pour autant condamné à mort, parce que les juges n’étaient pas d’accord : certains voulaient l’exécuter, d’autres le maintenir en prison. En janvier 1944, le procès fut renvoyé à la cour de Torgau, où fut déporté Mgr Lampert : il y resta sept mois en cellule d’isolement.

En juillet 1944, le procès fut confirmé, mais celui qui devait le signer se suicida au dernier moment, réaffirmant entre autres que, dans le cas présent, l’accusé n’était ni un brigand ni un «cas asocial», mais tout simplement un Prêtre.

Un troisième procès eut lieu en septembre 1944, qui condamna à mort Mgr Lampert, ainsi que deux autres prêtres, Friedrich Lorenz et Herbert Simoleit. Ils furent tous trois guillotinés vers 16 heures, le 13 novembre 1944, à Halle-sur-la-Saale (Saxe).

Ses derniers mots furent : Jésus ! Marie !

Monseigneur Carl Lampert fut béatifié en 2011.

 

 

Garance

 

La garance est une plante de la famille des rubiacées dont les racines sont utilisées pour leur capacité à teindre les textiles en rouge vif. Par extension, c’est la teinture et la couleur tirées de cette plante. 

C'était notamment le qualificatif des pantalons d'uniforme de l'infanterie française au début de la Première Guerre mondiale, qui exposait si bien par sa couleur vive les militaires aux tirs des soldats allemands, lesquels étaient équipés de tenues de couleur neutre (feldgrau). 

La garance est appelée akane en japonais.

Comme bien d’autres noms de plantes ou de fleurs (marguerite, jasmin, rose…), la garance a donné lieu à un prénom féminin ou masculin. 

A l’époque de la Révolution française, le calendrier révolutionnaire imagina de supprimer tous les prénoms usuels, réputés trop chrétiens, pour y substituer des noms de plantes, de légumes, de fleurs, d’arbres… C’est ainsi que Garance apparut au 23 brumaire, correspondant à notre 13 novembre. 

Mais on ne trouvera pas (pas encore !) de Sainte portant ce joli nom dans le livre de tous les Saints de l’Eglise, appelé le Martyrologe. 

Comment fêter alors nos chères Garance ? La réponse apportée à cette question ne manque pas d’originalité ; la voici.

Garance étant une jolie fleur, on a trouvé dans le Martyrologe une Sainte portant le nom de Fleur. En effet, sainte Fleur a existé au XIVe siècle, dans un couvent du Lot. Sa vie est tellement extraordinaire qu’elle sera traitée à part (voir au 5 octobre).

Si nos Garance veulent s’inspirer de sainte Fleur, nul doute qu’elles seront secrètes, n’aimant pas se livrer, réfléchies et toujours sincères.

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 00:00

 

12 NOVEMBRE

 

III.

SS Aurelius et Publius, évêques , l'un en Asie mineure, l'autre à Debelte, martyrs.

V.

S Nilos, préfet à Constantinople puis ermite au Sinaï, auteur contesté d'écrits spirituels.

VI.

S Machar, premier évêque à Aberdeen, irlandais, venu en Ecosse avec s. Columba.

S Hesychius, sénateur puis évêque à Vienne ; ses fils furent évêques (s. Apollinaire à Valence, s. Avit après lui à Vienne).

S Æmilianus (Millan), de la Cogolla, prêtre espagnol traitreusement accusé d'avoir, par sa générosité envers les pauvres, dilapidé les biens de l'Eglise ; ermite, il mourut centenaire.

?

SS Evodius, Scutarius, Aurelius, Ermentarius, Suacrus et Benignus (V.-VIII.), évêques quasi inconnus au Puy.

VII.

S Cummian le Grand (en irlandais : Fada), fondateur d'un monastère à Kileummin ; il fit adopter en Irlande la date romaine de Pâques.

S Cunibert, évêque à Cologne : une colombe se posa sur sa tête au moment où il célébrait la messe ; il succéda à s. Arnoul au conseil royal de Dagobert.

S Liévin, évêque à Gand, dont il est le patron, martyr ; il serait venu d'Ecosse.

S Liguaire (Léger), évêque à Saintes, peut-être le même que celui d'Autun.

VIII.

S Lébuin, missionnaire anglais venu à Utrecht et chez les Saxons.

S Paterne, moine thaumaturge, décapité par des brigands qu'il tentait de convertir, près de Sergines.

XI.

SS Benedetto, Giovanni, Itzhak, Mateuz et Krystian, martyrs camaldules à la Warta ; Krystian était leur cuisinier.

XIV.

B Giovanni Cini de la Paix, ancien militaire, tertiaire franciscain à Pise.

XV.

S Diego, frère lai franciscain espagnol ; grand thaumaturge.

XVII.

S Josaphat (Jan Kuntsevych), moine ruthène, archimandrite, évêque à Polock et martyr, artisan du rapprochement des orientaux et des occidentaux, d'abord par la réforme de l'ordre basilien, puis par le dialogue avec les orthodoxes, enfin par la réforme du bas-clergé, surnommé le “ravisseur des âmes” ; assassiné lâchement par des schismatiques qui le haïssaient.

XX.

S Margarito Flores García (1899-1927), prêtre mexicain martyr, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Baudelia Duque Belloso (Carlota de la Visitation, *1872), des Franciscaines des S.Cœurs, près de Barcelone, béatifiée en 2018.

Bse Ursula Medes Ferrís (María Natividad, 1880-1936), cistercienne espagnole, martyrisée en même temps que son frère José, béatifiée en 2015.

B José Medes Ferrís (1885-1936), martyr laïque espagnol près de Valencia, avec sa sœur et ses deux frères religieux ; béatifié en 2001.

 

Nilos d’Ancyre

† 430

 

On connaît différents personnages nommés Nil.

Anciennement, celui commémoré le 12 novembre était localisé à Constantinople : préfet de la ville, marié et père de deux fils, il fut converti par s.Jean Chrysostome et se fit moine. Lui et son fils Théodule vécurent en anachorètes sur le mont Sinaï. Son épouse et l’autre fils allèrent en Egypte. Théodule aurait ensuite été enlevé par des nomades, qui le vendirent comme esclave. Il fut retrouvé par son père en Palestine, et tous deux, père et fils, furent ordonnés prêtres par l’évêque  d’Elusa.

Cette chronique ayant semblé suspecte, actuellement, on a corrigé la mention du Martyrologe, indiquant que s.Nil fut d’abord un disciple de s.Jean Chrysostome, qu’il fut ensuite longtemps abbé d’un monastère près d’Ancyre (act.Ankara, Turquie), et qu’il écrivit beaucoup sur la vie ascétique ; on a recueilli plus de mille lettres qu’il écrivit à des contemporains.

Il mourut vers 430.

Nilos est appelé, selon les cas, Nilos du Sinaï, ou Nilos d’Ancyre, ou Nilos l’Ancien, ou Nilos l’Ascète.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nil d’Ancyre au 12 novembre.

 

 

Hesychius de Vienne

† 565

 

Il y eut deux évêques de Vienne (Isère) nommés Hesychius (Isicius, Isice). L’un à la fin du cinquième siècle, l’autre au siècle suivant. Mais il est difficile de trancher duquel il s’agit ici.

Si l’on parle du deuxième, quelques détails de sa vie nous sont connus… par son épitaphe !

Il avait une sœur, Marcella.

Il se maria et eut deux fils, Apollinaris et Avitus (v. 5 octobre et 5 février).

Il fut d’abord questeur, avant d’être appelé à l’épiscopat vers 545 : il devenait le dix-neuvième évêque de Vienne.

On a sa signature parmi les Pères des conciles d’Orléans (549) et de Paris (552).

On pense qu’il mourut vers 565. Mais cette date exclut totalement que son propre fils, Avitus, lui ait succédé, puisque ce dernier fut évêque de Vienne entre 494 et 518.

Le premier Hésychius fut le vingt-quatrième évêque de Vienne, de 476 à 494 environ, et fut donc le prédécesseur d’Avitus, mais non son père.

Comment trancher entre les deux Hesychius ? Attendons l’évolution de la recherche historique.

Le culte d’un des deux Hesychius fut reconnu en 1903.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hesychius de Vienne au 12 novembre.

 

 

Millan de la Cogolla

474-574

 

Millan (Emilien) serait né vers 474 à Berceo (La Rioja, Espagne N).

Tout jeune, il garda les moutons et, pour passer le temps, il jouait de sa guitare.

A vingt ans, il se mit à l’école d’un ermite nommé Felix, puis s’en revint chez lui.

Le bruit de ses vertus s’étant déjà répandu, on vint le trouver : il alla se cacher sur le mont Dircetius, où il resta quarante ans.

L’évêque de Tarazona, Didimo, l’ordonna prêtre et lui confia la paroisse de Berceo.

Millan voulut être vraiment au service de toute sa paroisse. Particulièrement, il voulut soulager les pauvres. Il le fit si bien, que de mauvaises langues pensaient qu’il dilapidait les biens de l’Eglise et le dénoncèrent à l’évêque. Ce dernier écouta malheureusement ces calomnies, et écarta Millan de la pastorale.

Mais Millan accepta son sort avec grande humilité et sainte obéissance : il se retira dans sa solitude et reprit sa vie d’ermite. Un prêtre l’accompagna, nommé Asellus. Peut-être qu’une communauté se forma autour de lui.

Il devint nonagénaire et se faisait assister par de saintes femmes. Pour se déplacer, il prenait un cheval (on ne dit pas s’il montait lui-même la bête ou s’il l’attelait à une charrette).

Millan mourut centenaire, le 12 novembre 574.

Le monastère San Millan de la Cogolla, proche de Berceo, fut ensuite très célèbre ; c’est un de ses moines qui publia plus tard les Miracles de Notre-Dame, vingt-cinq petites merveilles de l’intervention maternelle de Notre-Dame auprès des pécheurs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Millan de la Cogolla au 12 novembre.

 

 

Machar d’Aberdeen

6. siècle

 

Machar (Macaire) était un évêque missionnaire irlandais.

En 563, il passa en Ecosse avec s.Columba (v. 9 juin).

Il est considéré comme l’apôtre de la région d’Aberdeen et le fondateur de ce diocèse.

Depuis 1560, il n’y a plus d’évêque catholique à Aberdeen, mais l’ancienne cathédrale est toujours là, avec ses deux belles tours.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Machar d’Aberdeen au 12 novembre.

 

 

Cunibert de Cologne

590-660

 

Cunibert (Kunibert, Chunebert, Clunibert, Hunibert) naquit vers 590-600, de Crallo et Regina, membres de l’aristocratie franque dans la région de la Moselle.

Il reçut sa formation à la cour de Clotaire II. Son «professeur» le traita d’abord fort durement, jusqu’au jour où, dans le dortoir, il observa une lumière merveilleuse au-dessus de la couche de Cunibert ; sa méthode changea alors totalement.

En 614, Cunibert devint l’archidiacre de l’évêque de Trèves.

En 623, il devint le troisième évêque (connu) de Cologne, peut-être le neuvième d’après les suppositions concernant les évêques (inconnus) du sixième siècle.

En 626, il participa au concile de Clichy.

Il succéda à s.Arnoul (v. 18 juillet) au Conseil royal, et fut chargé de la formation du petit Sigebert III. Ce dernier, puis Childéric II, ainsi que Pépin de Landen et Grimoald, s’entendirent très bien avec lui.

Cunibert fut envoyé par le roi Dagobert pour évangéliser les Frisons, mais cette mission ne semble pas avoir porté de fruits, puisque s.Boniface (v. 5 juin) écrivit vers 720 que rien n’avait été fait.

Pendant que Cunibert célébrait la sainte Messe, on vit un jour une colombe blanche se poser sur sa tête, signe qui fut interprété par tous les assistants comme une preuve de sa sainteté. La même colombe aurait ensuite voltigé autour d’un autel sous lequel Cunibert aurait identifié les reliques de sainte Ursule (v. 21 octobre).

La date de 660-663 nous indique approximativement la mort de Cunibert, dont l’épiscopat aurait duré près de quarante ans.

Saint Cunibert de Cologne est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lebuinus de Deventer

† 775

 

Lebuin (Lebwin, Liafwin) naquit en Angleterre de parents anglo-saxons.

Il fut moine à Ripon.

Après son ordination sacerdotale, il vint en 754 à Utrecht, où l’accueillit volontiers l’administrateur apostolique Grégoire (v. 25 août).

Celui-ci l’envoya prêcher dans l’Overijssel, accompagné de Marchelm (v. 14 juillet), un fidèle disciple de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Une pieuse veuve nommée Abarhilda les aida à construire deux sanctuaires, l’un à Wilp, l’autre à Deventer.

Rapidement, quelques personnalités adhérèrent à la proclamation de l’Evangile, comme Folcbracht. Mais d’autres au contraire appelèrent une troupe de Saxons pour incendier l’église de Deventer. Lebuinus, protégé par les Chrétiens épouvantés qui s’enfuirent, put se mettre à l’abri.

Peu après, lors de l’assemblée annuelle des Saxons à Marklo, Lebuinus s’enhardit tout simplement à s’y présenter pour prêcher la Vérité avec toute sa force. Plusieurs chefs allaient l’assommer avec leurs bâtons, mais l’un d’eux, Buto, rétorqua sagement : Nous recevons avec honneur les ambassadeurs des Normands, des Slaves et des Frisons, ne devons-nous pas traiter avec respect un envoyé de Dieu ?

Lebuinus put revenir indemne à Deventer et reconstruisit l’église. Il mourut peu après, vers 775, et fut enterré dans son église.

Les Saxons firent à nouveau irruption à Deventer et détruisirent une deuxième fois cette église. S.Liutger (v. 26 mars) voulut retrouver les reliques de Lebuinus, en vain. Lebuinus lui apparut alors et lui indiqua l’endroit où elles se trouvaient.

Saint Lebuinus de Deventer est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs de Kazimierz

Benedetto, Giovanni, Mateusz, Itzhak, Krystian

† 1003

 

Le duc Boleslas Chrobry arriva au pouvoir en Pologne en 992, animé de sentiments favorables au christianisme.

Il obtint de l’empereur Otton III la création de l’archevêché de Gniezno avec plusieurs autres évêchés suffragants (997).

Otton III connaissait bien Bruno de Querfurt (voir au 9 mars), et en obtint de décider l’italien saint Romuald à envoyer deux religieux camaldules en Pologne. Saint Romuald venait de fonder l’Ordre des Camaldules (voir au 19 juin).