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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 23:00

Francesco Patrizi

1266-1328

 

Il ne s’agit pas ici de l’évêque humaniste de Sienne qui vécut au 15e siècle.

Francesco naquit à Sienne (Italie) en 1266, de Arrighetto et Rainaldesca ; le nom de famille, Patrizi, ne fut en vigueur qu’au 17e siècle.

La prédication d’un Dominicain le poussa vivement à entrer dans les Ordres, mais il dut d’abord s’occuper de sa mère, aveugle.

A la mort de celle-ci (1288), Francesco entra chez les Servites de Marie, poussé par son grand amour pour la Vierge Marie.

En 1291, il fut ordonné prêtre ; excellent prédicateur, il fut conseiller spirituel et confesseur de fidèles de toutes les catégories ; aux plus riches, il savait demander des subsides pour venir en aide aux plus déshérités. En échange il arriva qu’il devint héritier, lui et son couvent, d’une personne défunte, reconnaissante pour sa bonté.

Très marial et très attaché à la sainte vertu de la chasteté, il s’éteignit le 26 mai 1328 à Sienne, où son corps est resté sans corruption.

Son culte a été confirmé en 1743 et son nom a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:03

Andrea Bertoni

1454-1483

 

Andrea Bertoni naquit en 1454 à Celle di Faenza (Emilie Romagne, Italie NE), de parents pauvres.

Comme il souffrait de crises d’épilepsie, son père promit à Dieu, s’il guérissait, de l’offrir à la vie religieuse. C’est ainsi qu’Andrea entra à neuf ans chez les Servites de Marie, où il prit le nom de Giacomo Filippo.

Il se prépara au sacerdoce dans une intense prière, dans l’approfondissement de l’Ecriture Sainte, et la mortification. Devenu prêtre, il ne pouvait célébrer la Messe sans verser des larmes et trembler de tout son corps, tant il était pénétré de son indignité.

Il fut nommé procureur (ou prieur) du couvent. Serviable, sobre de paroles, doux, effacé, il fut remaqué et aimé par ses Confrères.

Il s’imposa un style de vie très austère, très rigoureux, mangeant une seule fois par jour, au point qu’il n’avait littéralement que la peau et les os.

Divinement averti de sa mort prochaine, il alla trouver tous ses Confrères le 24 mai 1483 pour leur demander pardon un à un. Il s’éteignit à vingt-neuf ans, le 25 mai 1483, le jour de la fête de la Sainte Trinité.

Un des tout premiers miracles avenus peu après sa mort, fit que le miraculé en écrivit sans tarder la première biographie. Les nombreux miracles entretinrent un culte qui fut approuvé en 1761.

Quand l’église des Servites fut bombardée en 1944, le corps du Bienheureux fut transporté dans la cathédrale de Faenza.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:02

Gérard de Lunel

1275-1298

 

Gérard était né vers 1275 à Lunel (Hérault). Dès l’âge de cinq ans il appartint au Tiers-Ordre franciscain.

Lui et son frère Effrenaud héritèrent de leur père une importante baronie, mais quand Gérard atteignit la majorité, les deux frères voulurent se retirer dans une vie d’ermites, dans deux grottes non loin du pont du Gard.

L’endroit était dangereux, car les eaux du fleuve pouvaient monter et les noyer. Un jour qu’ils furent encerclés par les eaux, deux serpents vinrent leur apporter du pain, puis ils se rendirent au château voisin pour recevoir le vrai Pain eucharistique. Les gens, qui les avaient crus morts, furent très impressionnés et se mirent à leur rendre visite.

Pour échapper à la célébrité, ils prirent la décision de s’embarquer pour un pèlerinage en Terre Sainte, mais une tempête les contraignit à regagner la côte de Toscane ; ils gagnèrent alors Rome, où ils restèrent environ deux ans à visiter les basiliques et les tombeaux des Apôtres.

Ayant alors entendu parler d’une saint ermite qui vivait près d’Ancône, un certain Liberio, ils voulurent le connaître et se mirent en route. Chemin faisant, Gerard fut pris d’un violent mal de tête. Non loin d’Ancône, à Monte Santo (auj. Potenza Picena), Gérard eut une crise cardiaque et, le temps que son frère allât chercher de l’aide au pays, rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1298, à vingt-trois ans.

La population de Monte Santo adopta ce saint homme : elle l’appela Gerio ou Girio, et le «canonisa» sans tarder. On l’invoque contre l’épilepsie et les maux de tête.

Son culte fut reconnu en 1742. Le Martyrologe le mentionne avec son nom italien, latinisé en Gerius.

 

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:00

Madeleine-Sophie Barat

1779-1865

 

Un incendie provoqua la naissance prématurée de Madeleine-Sophie, le 13 décembre 1779, troisième enfant de Jacques et Marie-Magdeleine Foufé, après Louis et Marie-Louise.

Le petit poupon était si chétif qu’on le baptisa le matin même. Elle eut pour parrain son frère, plus tard prêtre et son premier directeur spirituel (peut-être plus directeur que spirituel). La délicatesse de cœur de la petite fille apporta bien des consolations à sa mère, qui eut à souffrir de son mari.

Madeleine-Sophie reçut la première Communion à dix ans. Elle fit des études littéraires et scientifiques, se régalant de Virgile et Homère, et les compléta à Paris.

A Paris, l’abbé Louis et sa sœur habitaient dans la rue de Touraine, où le jeune prêtre célébrait clandestinement la Messe, car on était en Révolution.

En 1800, Madeleine-Sophie rencontra l’abbé Varin (voir notice de Julie Billiart, au 8 avril), qui enthousiasma la demoiselle par l’amour du Sacré-Cœur et lui suggéra la fondation de la Société du Sacré-Cœur pour l’éducation des jeunes filles.

Les quatre premières «Mères» se consacrèrent en novembre 1800, convenant de bannir de chez nous ces petitesses de couvent, ces retours d’amour propre ; le Sacré-Cœur de Jésus ne veut que des âmes grandes.

Les fondations s’enchaînèrent sans tarder : Amiens, Grenoble, Poitiers, Niort, Beauvais, Lyon, Bordeaux, Le Mans, Autun, Besançon, Turin, Metz, Lille, Perpignan, Avignon, Rome enfin ; mais aussi à New Orleans (Louisiane), Bruxelles, Marseille, Nantes, Tours, Laval, Montpellier, Nancy ; en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Espagne.

Madeleine-Sophie fut élue supérieure en 1802, supérieure générale en 1805. Elle dut voyager beaucoup pour visiter toutes ces maisons.

De passage à Lyon, elle reçut la bénédiction du pape Pie VII qui s’y trouvait, objet des vexations de l’empereur. Le même empereur approuva la Société du Sacré-Cœur en 1807.

L’élaboration des constitutions fut troublée par quelqu’un qui tenta de modifier le texte élaboré par la Fondatrice ; elle ne se rebella pas, répétant seulement : Priez, souffrez, patientez, espérez. En 1815, les vraies constitutions furent produites et adoptées. La Société avait pour fin la glorification du Sacré-Cœur par la sanctification personnelle et le salut du prochain. Aux trois vœux de religion, les institutrices en ajoutent un quatrième, celui de se vouer à l’éducation des jeunes filles. Les constitutions furent approuvées par Rome en 1827.

Excellente pédagogue et toujours Mère, Madeleine-Sophie savait entrer dans le cœur des fillettes pour les amener à l’amour du Christ. Elle les écoutait, les recevait (même parfois en-dehors des horaires…).

Une des grandes «conquêtes» de la Société fut la princesse russe Galitzin, orthodoxe fanatique, qui céda à la grâce et affirmait : Je veux pouvoir dire en arrivant à la porte du ciel : Ouvrez-moi, j’ai obéi.

En 1830, la congrégation dut se disloquer à cause des événements. En 1832, la Fondatrice reçut à Rome la visite du pape Grégoire XVI.

En 1839, la Société comptait déjà plus de quarante maisons, la moitié en France. En 1850, elle en compta soixante-cinq. On tenta une fois de plus d’imposer à Mère Barat une modification des constitutions, dans un esprit ignatien ; elle se soumit humblement, douloureusement, mais le pape lui-même intervint en sa faveur, ainsi que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, lui qui autrefois refusait de l’approuver et disait à présent : C’est une sainte.

Durant la révolution de 1848, la Société ne fut pas inquiétée.

Toujours sur la brèche, Mère Madeleine-Sophie Barat finit par succomber. Une congestion cérébrale la frappa en 1865. Privée de la parole, elle expira à Paris en la fête de l’Ascension, à vingt-trois heures, le 25 mai 1865.

En 1893, on retrouva son corps intact. La béatification fut prononcée en 1908, la canonisation en 1925.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’une fillette de onze ans en Amérique, guérie d’une coxalgie aigüe ; celui pour la canonisation, fut la guérison d’une Religieuse d’une grave déviation de la colonne vertébrale : la Mère Barat lui apparut.

Une autre Religieuse favorisée par des apparitions de Mère Barat, fut Josefa Menéndez, au couvent de Poitiers, qu’on pourra connaître dans l’ouvrage Un Appel à l’Amour.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 23:00

 

Gherardo Mecatti de Villamagna

1174-1243

 

Gherardo naquit, pense-t-on, en 1174 à Villamagna (Florence, Italie), de pieux et pauvres parents, des fermiers qui moururent quand il eut douze ans.

Il fut recueilli par le patron des parents. Celui-ci était chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, et l’emmena en 1195 aux Lieux-Saints quand il partit à la croisade. Là, ils furent faits prisonniers par les Turcs, musulmans ; le chevalier mourut, et Gherardo obtint sa libération après avoir subi toutes sortes de mauvais traitements.

Revenu à Villamagna, Gherardo se retira dans une petite hutte pour y pratiquer les exercices de la pénitence et de la contemplation.

Deux ans plus tard, un autre chevalier parent du premier, l’emmena en Syrie. Ils étaient alors vingt chevaliers, et furent assaillis par une troupe de deux-cents pirates. Moment de panique ; Gherardo leur conseilla vivement d’attaquer, car ils devaient être vainqueurs, ce qui arriva : cinquante pirates furent tués, les autres mis en déroute.

Gherardo alors resta sept années en Palestine, au service des Chevaliers de Saint-Jean, s’occupant des malades et des pèlerins, priant tout le temps qui lui restait. Mais se voyant objet de curiosité et aussi de vénération, il demanda la permission de repartir dans son village.

Ayant rencontré Francesco d’Assise, il demanda l’habit franciscain et retourna à son ermitage, où il vécut le reste de ses jours, dans la plus stricte pauvreté, donnant ce qu’il avait, mendiant pour les autres. En plein hiver, il fit un jour mûrir des cerises sur l’arbre, pour satisfaire aux désirs d’un pauvre.

Gherardo faisait trois «pèlerinages» chaque semaine dans un oratoire assez éloigné : le lundi, il priait pour les âmes du purgatoire, le mercredi pour ses propres péchés, le vendredi pour la conversion des pécheurs et des musulmans. Souvent il se rendait au sommet d’une colline dite de la Rencontre, où il construisit un oratoire dédié à la Sainte Vierge ; il avait demandé pour cela à un paysan de lui prêter une paire de bœufs pour tirer des matériaux : sur le refus du paysan, il appela quatre jeunes veaux , qui vinrent docilement exécuter le travail. Plus tard, saint Leonardo de Porto Maurizio (v. 26 novembre) devait y construire un couvent franciscain.

Certains ont fait mourir Gherardo en 1270, à quatre-vingt-seize ans, d’autres ont retardé la date de sa naissance ; le jour exact (13, 18 ou 25 mai) est aussi controversé. Une date plus probable pourrait être le 25 mai.

A la suite de nombreux miracles, le culte de Gherardo fut ratifié en 1833.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 20:00

Filippo de Plaisance

? - 1306

 

Filippo faisait partie des Ermites de Saint-Augustin à Plaisance.

Il eut cette mortification particulière qu’il portait sous son habit religieux une tunique métallique. Ce qui pourrait nous apparaître comme un trait original était pour Filippo la sincère expression de son union à la passion du Christ.

Il mourut le 24 mai 1306.

Il a été introduit dans la récente édition du Martyrologe.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 23:05

Juan de Prado Díez

1563-1631

 

Né vers 1563 à Morgovejo (León, Espagne), de famille noble, Juan fut orphelin à cinq ans.

Grâce à la charité d’un prêtre, il commença des études à Salamanque puis, en 1584, entra dans l’Ordre franciscain à Rocamador (Badajoz).

Il fit la profession en 1585 et fut ordonné prêtre.

Excellent prédicateur, vraiment soutenu par des grâces particulières, il jeûnait, s’imposait le cilice ; il participa aussi à des discussions où il défendit le dogme de l’Immaculée Conception de Marie.

Successivement, il fut nommé maître des novices, plusieurs fois gardien (supérieur) de différents couvents (Badajoz et Séville), conseiller provincial, et supérieur de la nouvelle Province d’Andalousie (1620-1623).

Une cruelle calomnie pesa un moment contre son innocence virginale, qui fut cependant reconnue, confirmée par une telle austérité de vie.

Après avoir assumé ces responsabilités, il demanda à partir évangéliser en Guadeloupe. Ses démarches n’aboutirent pas, mais on l’envoya au Maroc, où tant de prisonniers chrétiens subissaient les mauvais traitements des Musulmans, et ne disposaient pas d’aumôniers catholiques. Il y alla en 1630 avec la bénédiction du Pape, qui le nommait par la même occasion préfet apostolique pour cette région.

Juan y parvint le 7 décembre, accompagné du prêtre Matías de Saint-François et du Frère Ginés de Ocaña.  L’accueil de la part des chrétiens fut enthousiaste, car ils n’avaient pas vu de prêtres depuis plus de quarante ans. Durant le carême 1631, ils confessèrent beaucoup et réconfortèrent les chrétiens.

Mais voilà que mourut le roi qui avait accordé le sauf-conduit. Qu’allait faire le nouveau roi ? On ne le savait pas, et le gouverneur (portugais) conseilla aux Religieux de rester plus discrets dans leurs activités. Après un certain temps, leur zèle fut plus fort et les poussa à sortir de leur abri. Le gouverneur l’apprit, leur promit de les aider et les fit conduire à Mazagán, de là à Azamor, où se trouvaient beaucoup de Maures. Juan s’y présenta avec un drapeau blanc, en signe de paix.

Le maire commença par bien les recevoir, grâce à leur sauf-conduit. Mais ce sauf-conduit n’était plus valable, et les Religieux étaient alors prisonniers du nouveau roi. On les conduisit à Marrakech, où le roi les fit mettre en prison.

Après quelques jours, le roi les convoqua pour les interroger et demanda à Juan quelle était la loi meilleure, celle de Mahomet ou celle des Chrétiens. Juan n’hésita pas à répondre selon la Vérité. Fâché, le roi les fit fouetter en sa présence, puis jeter dans un cachot étroit, sombre et humide, surveillés par un gardien méchant, et condamnés à moudre le sel.

Le roi convoqua à nouveau Juan, lui posa d’autres questions et le fit encore fouetter cruellement. Quelques jours après, Juan répondit au roi : Tiran, tu veux faire perdre les âmes que Dieu a faites pour Lui ! Furieux, le roi le frappa à la tête avec son sabre, et ses serviteurs le frappèrent sur la bouche, car il continuait de prêcher. Le roi se fit apporter un arc et des flèches, et en tira quatre. Puis il ordonna de le faire brûler vif aux portes de son palais.

Juan ne pouvait plus marcher. On demandait à des prisonniers chrétiens de l’emmener, mais ils hésitaient. Juan les encouragea : Vous n’offensez pas le Bon Dieu ! Emmenez-moi, sinon ils vous feront du mal.

Le roi suivait la scène depuis une fenêtre ; on entassa du bois, on fouetta encore Juan, qui prêchait toujours, et les badauds lui jetèrent des pierres.

Juan fut ainsi torturé et martyrisé le 24 mai 1631.

Les deux autres survécurent miraculeusement aux tortures et purent ensuite rapporter ce dont ils avaient été témoins.

Le roi fut bientôt puni de sa cruauté, assassiné et remplacé par son frère, qui accorda plus de licence aux Religieux pour leur apostolat.

Juan de Prado fut béatifié en 1728.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 06:46

William de Rochester

† 1201

 

William était né à Perth (Ecosse) au 12e siècle.

Après une jeunesse qu’on qualifie d’orageuse, il se tourna entièrement vers Dieu et les bonnes œuvres, en particulier à l’égard des pauvres et des enfants abandonnés. Boulanger de son état, il donnait en aumônes le dixième de son gain.

Chaque jour il se rendait à la Messe. Un matin, il trouva un petit enfant abandonné sur le seuil de l’église ; il le recueillit, l’adopta en lui donnant le nom de David et lui enseigna son métier.

Bien plus tard, William emmena son «fils» David en pèlerinage aux Lieux Saints. Mais à la première étape qu’ils firent, à Rochester, David s’en prit à son bienfaiteur, le frappa, l’égorgea et s’enfuit après l’avoir dépouillé. C’était le 23 mai, vers 1201.

Comment vint-on à connaissance de ce meurtre, on ne le dit pas. Le fait est qu’une pauvre folle eut l’idée de tresser une couronne de fleurs qu’elle déposa sur la tête de William, puis qu’elle appliqua sur sa tête, et elle s’en trouva guérie. D’autres miracles se produisirent, qui firent considérer William comme martyr.

En 1256, le pape fut informé des faits et canonisa William.

Cependant, le Martyrologe Romain actuel ne l’a pas conservé dans ses pages.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 23:48

Pentecôte - B

 

Au sujet de la première lecture, on pourra relire ce qui a été dit pour l’année A, puisque que c’est le même texte. Ajoutons-y quelques réflexions.

Le violent coup de vent est significatif de la présence de l’Esprit : le mot latin spiritus, comme le grec pneuma, signifie aussi bien le vent que l’esprit. On dit ordinairement que l’Esprit «souffle».

A ce coup de vent s’ajoute le feu, autre symbole de l’Esprit : le feu communique la chaleur, l’amour, jusqu’au martyre. Le prêtre revêt aujourd’hui la couleur du feu, rouge.

Ce feu n’est pas tombé du ciel comme la foudre désastreuse, mais délicatement, sous forme de langues.

C’est le premier fruit de cet Amour : contrairement à l’épisode de la tour de Babel (Gn 11:1-9), malgré la diversité des langues parlées par la foule, tous comprennent ce que disent les Apôtres. Un même Amour, un même Esprit les unit dans une même Foi.

Si l’on prend une carte ancienne du Moyen-Orient, on se rendra compte que les provinces citées par s.Luc représentent l’ensemble des régions de tout le Moyen-Orient, de la Turquie à la Tunisie actuelles, en passant par la Mésopotamie. C’est dire combien Jérusalem était envahie de pèlerins de tous azimuts, pour cette grande fête de Pentecôte.

La fête de Pentecôte (Chavouot) est en effet une des grandes fêtes juives, c’est le jour où l’on est invité à offrir les prémices des récoltes, sept semaines après la Pâque (Pessah), et donc occasion de pèlerinage à Jérusalem.

Chez les Chrétiens, cette fête est devenue la fête de l’Esprit Saint, reçu en ce jour par les Apôtres.

 

*       *       *

Ce fut donc pour tous ces pèlerins une journée mémorable, où douze braves hommes qu’on croyait incultes ou presque, se mettaient à louer Dieu et à exhorter les présents en une quinzaine de langues différentes, de sorte que tous les comprenaient.

Le psaume 103 dont la liturgie reprend trois des nombreuses strophes, est un hymne à toute la création de Dieu, reprenant les éléments successifs du récit de la Genèse (Gn 1).

L’auteur du psaume chante les merveilles de Dieu, et il y eut peut-être des Juifs qui entonnèrent ce chant devant le spectacle inouï qu’ils voyaient. 

Le psaume dit que quand (Dieu) reprend leur souffle, ils expirent. On pourrait très bien comprendre ce souffle comme la présence de l’Esprit : quand Dieu retire l’Esprit, le Vie cesse. Quand au contraire Il l’envoie, la Vie reprend.

Nous avons sans cesse à reprendre notre souffle, à nous renouveler. Même si nous ne recevons qu’une seule fois l’Esprit Saint dans le sacrement de la Confirmation, nous avons toujours besoin de Sa présence. La fête de la Pentecôte pourra nous en faire prendre conscience pour invoquer Sa présence continuelle en nous.

Ce n’est pas que l’Esprit-Saint s’éloigne de son Eglise : ce sont les hommes qui, à l’occasion, s’éloignent plus ou moins de l’Esprit.

 

*       *       *

Justement, dans l’extrait de l’épître aux Galates, Saint Paul nous parle des bons fruits que nous apporte l’Esprit Saint, en opposition aux mauvais fruits dûs à son absence. Ces deux listes pourront un peu déranger notre conscience, soit par les reproches que nous sentons nous envahir, soit par les regrets que nous avons devant nos trop petites perfections.

Mais soyons honnêtes ; dire les choses avec précision ne peut que nous aider à toucher du doigt nos plaies à soigner : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie ; et l’Apôtre d’ajouter : et autres choses du même genre

Il n’y a pas un journal, pas une émission de télévision, pas un film, pas un roman où l’on ne rencontrera pas au moins une scène de ces horreurs.

Et qu’on n’ose pas dire qu’on ne parle pas d’idolâtrie, quand on voit le nombre de voyants qui vous proposent leurs services et les invraisemblables considérations des horoscopes, qui prétendent vous dire ce que seul Dieu sait : l’avenir.

Gardons-nous de penser que ces défauts concernent les autres. Que chacun fasse son mea culpa personnel. Quand on va en discothèque, on boit, on fume, on se drogue, mais on ne fait «rien de mal», bien sûr ! Rentrer à six heures du matin sans pouvoir tenir sur ses jambes, “ce n’est pas grave”, bien sûr ! Rester des heures sur Internet à chercher Dieu sait quoi ou à “chatter”, c’est normal, bien sûr ! Critiquer son voisin, ou le maire, ou les hommes politiques, c’est pour dire la vérité, ce n’est jamais de la médisance, bien sûr ! N’a-t-on pas vu une publicité prétendant que la gourmandise n’est plus un péché… Si bien que, au final, nous ne sommes plus jamais pécheurs, nous sommes tous de petits anges à qui il ne manque que les ailes blanches, sans défauts à combattre, sans mauvais penchants.

Pour ceux qui ne se sentiraient pas concernés par cette suite de défauts, Paul passe alors à celle des bons fruits de l’Esprit ; voyons si nous les avons bien tous reçus : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité, maîtrise de soi. Qui se reconnaîtra dans cette sainte panoplie ? Qui de nous aura l’audace, comme l’homme riche de l’évangile, de prétendre que tout cela je l’ai gardé dès ma jeunesse  (Lc 18:21) ? 

Heureusement, les bons exemples ne manquent pas. La presse a parlé il y a quelques années d’un jeune père de famille, mort de cancer à trente-et-un ans ; il avait quelques défauts et confiait à son entourage, huit jours avant de mourir : Dieu m’a donné ces trois années de souffrances pour m’ouvrir les yeux et me donner le temps de me convertir (Jean-Noël Berthelot, 1977-2009).

Heureusement aussi, dans le monde entier se trouvent des êtres, jeunes et vieux, qui accueillent cette grâce de la conversion : ils ne forment vraiment plus qu’une grande famille, par-delà frontières, langues, climats. Ils se retrouvent unis dans l’Amour de Dieu.

*       *       *

Traditionnellement, on chante aujourd’hui avant l’évangile une séquence, un chant en l’honneur du Saint-Esprit.

La séquence Veni, Sancte Spiritus est un des monuments de la liturgie ancienne. Elle fut composée par Stephen Langton, archevêque de Canterbury (1150-1228). C’est une belle poésie latine, rimée et rythmée, qu’une belle mélodie grégorienne met agréablement en valeur.

 

*       *       *

Si Jésus dit aux apôtres qu’il a encore beaucoup de choses à dire, nous en avons déjà beaucoup à dire aussi sur les quelques phrases que nous lisons dans l’évangile.

Jésus annonce l’envoi du Défenseur : c’est la traduction du mot grec Paraclitos, soutien, avocat, défenseur, témoin. Par les signes qui seront opérés, il témoignera que la doctrine du Christ est bien la Vérité. Et il assistera les Apôtres, puis les disciples des Apôtres, puis tous les fidèles : jusqu’à aujourd’hui, l’Esprit-Saint témoigne par des grâces nombreuses de la Vérité de l’Eglise. Jésus précise : Il vous guidera vers la Vérité tout entière.

Jésus donne aussi cette précision sur laquelle s’appuieront plus tard les Pères et les Docteurs de l’Eglise : cet Esprit procède du Père. C’est ce que nous répétons dans notre Credo : Je crois en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la Vie ; il procède du Père et du Fils… En effet, l’Esprit procède aussi du Fils, puisque Jésus ajoute peu après : (L’) Esprit redira tout ce qu’il a entendu… il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

L’Esprit Saint est bien d’essence divine ; il est Dieu. L’Eglise nous le fait dire aussi dans le Credo : (L’Esprit) qui est Seigneur…  reçoit même adoration et même gloire que le Père et le Fils.

Le Credo de Nicée contient, on le voit, quelques expressions plus élaborées que le Symbole des Apôtres. Apprenons-les tous les deux en famille ; on sera heureux de savoir les répéter pour affirmer notre foi.

 

*       *       *

Voici le texte d’une ancienne préface, extraite du Sacramentaire de saint Léon (5e siècle) :

Il est vraiment juste et nécessaire de te rendre grâces, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant. Accepte la louange des fils de la Promesse qui célèbrent le don le plus merveilleux des origines de l’Eglise. Ainsi disparut la malédiction que jadis avait méritée la construction orgueilleuse de Babel. Et la diversité des voix qui proclament l’Evangile, loin d’arrêter désormais l’édification de l’Eglise, renforce au contraire son unité.

 

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! 

La terre s’emplit de tes biens (Ps 103).

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 23:03

Rosanna (Umiltà) Negusanti

1226-1310

 

Rosanna Negusanti vit le jour à Faenza (Ravenne, Emilie-Romagne, Italie NE) de nobles parents, Elimonte et Richelda.

Tandis que les parents cherchaient à l’habiller avec élégance, Rosanna préférait donner aux pauvres ce qu’elle avait et s’occuper à la prière. Elle eut une précoce dévotion envers l’Evangéliste Jean.

Elle avait quinze ans à la mort de son père. 

Quand l’empereur Barberousse occupa Faenza, un de ses proches demanda la main de la belle Rosanna, mais il obtint une claire fin de non-recevoir ; ensuite, Rosanna fit plaisir à sa mère en épousant à seize ans un certain Ugonotto dei Caccianemici, et mit au monde deux bébés qui moururent très vite. Elle-même proposa, en vain, à son mari une séparation corps et biens, mais ce furent les médecins à conseiller vivement à Ugonotto la continence absolue.

Après la mort de sa mère, Rosanna convainquit enfin son mari à entrer, comme elle, dans la vie religieuse. Ils entrèrent au double couvent de Sainte-Perpétue, aux environs de Faenza. Rosanna s’appela désormais Umiltà. Ugonotto mourra en 1256.

Umiltà eut alors la grâce de guérir, dit-on, miraculeusement, d’une grave maladie puis, en 1254, se retira près du couvent de Saint-Apollinaire, sous la règle de s. Giovanni Gualberto (v. 12 juillet), une règle austère inspirée de la bénédictine ; elle vécut donc là en recluse dans une petite cellule, pendant douze années, vivant dans la prière et le jeûne, donnant quelques conseils à ceux qui les lui demandaient.

D’autres femmes voulurent l’imiter et se placer sous sa direction. L’évêque lui conseilla alors de fonder un monastère (1266) ; obéissante, Umiltà réunit ses neuf Compagnes dans un ancien monastère proche de Florence, où elle dut être l’abbesse : elle se retrouvait mère, montrant toute sa douceur et sa sagesse pour guider les Religieuses sur la voie de la sainteté. Le monastère vivait selon la même règle de Giovanni Gualberto, le règle dite de Vallombreuse. Il y eut une autre fondation à Florence en 1281.

Umiltà eut l’occasion de multiplier le pain, un jour où la communauté allait en manquer.

Elle mourut le 22 mai 1310, à un âge fort avancé.

Son corps, quoiqu’enseveli dans la terre nue, fut retrouvé absolument intact l’année suivante.

Le culte qui s’est développé très rapidement, fut confirmé en 1720. En 1942, Umiltà fut déclarée co-patronne de Faenza.

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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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