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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 00:00

 

11 NOVEMBRE

 

III.

S Mennas, soldat martyr, vénéré près d'Alexandrie, très illustre mais peu connu.

IV.

S Martin de Tours, l'apôtre de la Gaule ; hongrois, enrôlé dans la garde impériale, il donna la moitié de son manteau à un pauvre d'Amiens, vint à Poitiers et fonda un monastère à Ligugé puis, évêque à Tours, en fonda un autre à Marmoutier.

V.

S Veranus, évêque à Vence, frère de s. Salonius (évêque à Genève), fils de s. Eucher (évêque à Lyon).

VI.

S Mennas, ermite dans la province de Samnium ; il vivait de quelques ruches. 

VII.

S Ioannis l'Aumônier, évêque à Alexandrie, d'une générosité sans borne.

S Bertuin, évêque anglais, demeuré à Malonne où il fonda une abbaye.

IX.

S Theodoros, higoumène à Stoudios ; cette famille de quatre enfants décida un jour de se consacrer à Dieu : le père et les trois fils à Saccoudion, la mère et la fille à Constantinople ; intransigeant, Théodore fit éliminer les animaux femelles du monastère ; exilé pour s'être opposé à l'empereur adultère, il fut ensuite appelé à restaurer un monastère à Constantinople, foyer de résistance aux erreurs théologiques. 

XI.

S Bartolomeo, abbé à Grottaferrata ; calabrais, de rite bizantin comme son maître s. Nil, très cultivé, polyglotte, il fit de son monastère un grand centre culturel.

XVII.

Ste Marina de Omura, martyre japonaise pour sa virginité et sa foi, brûlée vive, béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, fêtée avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XIX.    

Bse Sim Jo-i Barbara, laïque coréenne martyre, morte en prison, béatifiée en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936, près de Tarragona :

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : Miquel Saludes Ciuret (*1867), Josep Maria Bru Ralduá (*1870) et Joan Roca Vilardell (*1905) ; 

Clarétain : Frederíc Vila Bartolí (*1884), prêtre ;

Carmes déchaux : Pedro de Eriz Eguiluz (Pedro de Saint-Elie, *1877) et Felipe Arce Fernández (Elipio de Sainte-Rose, *1878), prêtres ; José Alberich Lluch (José Cecilio de Jésus, *1865) et Damián Rodríguez Pablo (Damián de la Sainte-Trinité, *1896), convers ; 

Carmes Tertiaires de l’Education : Isidre Tarsá Giribets (Isidre José Miguel, *1866), Lluís Domingo Oliva (*1892), Buenaventura Toldrá Rodón (Buenaventura Andrès Raimundo, 1896) et Julio Alameda Camarero (*1911) ;

Lasalliens : Josep Boschdemont Mitjavila (Gilberto de Jésus, *1880) et Mariano Navarro Blasco (Jenaro, *1903) ;
- béatifié en 2017 :
Clarétains : le frère isidre Costa Hons (*1909), près de Cervera.

Bse Maria Jadwiga Kotowska (Alicja, 1899-1939), des Sœurs de la Résurrection, martyre polonaise, fusillée par les nazis ; béatifiée en 1999.

B Vikentij Bosilkov (Evgeni, 1900-1952), passionniste bulgare, évêque à Nicopoli, martyr du communisme, béatifié en 1998.

Bx Robert Matej (Josafat) Šiškov (*1884), Petăr (Kamen) Vitchev (*1893) et Josif (Pavel) Džidžov (*1919), assomptionnistes bulgares martyrisés en 1952, béatifiés en 2002.

Mennas soldat

† 304

 

Les plus anciennes représentations de cet illustre Martyr, le montrent en tenue de soldat.

On croit qu’il fut martyrisé près du lac Mareotis (auj. lac Marioût, Alexandrie, Egypte N), durant la persécution de Dioclétien.

Des textes, que l’on croit douteux, ont situé ce martyre à Cotyée (Phrygie, auj. Turquie CW), le corps du Martyr ayant été ensuite porté en Egypte.

Mennas aurait délibérément quitté l’armée, se serait retiré quelque temps dans les montagnes, et serait venu affirmer sa foi devant tout le peuple réuni au théâtre lors d’une fête. Longuement et durement torturé, il fut décapité et livré aux flammes.

Ces textes douteux ont donné lieu à diverses hypothèses : le Soldat de Mennas et le Martyr d’Alexandrie auraient été deux personnages distincts ; ou bien les Chrétiens de Cotyée auraient placé le cercueil de Mennas sur un chameau qui serait arrivé tout seul en Egypte, car Mennas aurait exprimé le désir d’être enseveli «dans son pays». Inversement, quand on aurait voulu emporter le corps de Mennas d’Egypte en Phrygie, tous les chameaux se seraient refusé à se déplacer.

Il reste que le sanctuaire de Saint-Mennas, au sud d’Alexandrie, connut un essor prodigieux. Comme dans tous les sanctuaires, on y fabriqua mille objets rappelant l’illustre Martyr, en particulier de petites lampes à huile de toutes les dimensions, qui furent connues dans tout le monde romain. On emportait l’huile de s.Mennas comme on emporte l’eau de Lourdes. Sur place, on a retrouvé des boutiques de potiers.

Le sanctuaire fut cependant mis à mal et finalement complètement ruiné lors des invasions arabes : l’ingénieux système d’irrigation fut abandonné et le désert réapparut là où l’on cultivait des fruits et des vignes.

La dévotion à s.Mennas était vivante ; des miracles se produisirent. On mentionne la résurrection d’un pèlerin assassiné par son hôte ; un soldat qui voulait violenter une femme se trouve soudain attaché au cheval de s.Mennas, qui le traîne (sans lui faire de mal) jusqu’au sanctuaire, où il demande pardon…

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mennas soldat au 11 novembre.

 

 

Martinus de Tours

317-397

 

On oublie que saint Martinus vivait au 4e siècle, juste après l’édit de Constantin, au moment des grandes discussions théologiques.

Il naquit à Sabaria en Pannonie (ce qui serait aujourd’hui Szombathely en Hongrie), en 316 ou 317. Son père était tribun militaire, et pouvait alors être en garnison dans cette contrée assez éloignée de Rome.

Le nom même de Martinus («voué à Mars») est sans doute en rapport avec le métier militaire paternel.

Martinus fut élevé à Pavie, et s’il voulut très tôt passer au christianisme, il ne fut pas baptisé dès l’enfance : son père s’y opposait et lui fit faire dès quinze ans son service dans la garde impériale, et c’est comme tel qu’il donna bientôt la moitié de son vêtement à un pauvre, près d’Amiens.

On a posé la question de cette «moitié» de vêtement : pourquoi le déchirer en deux, au risque de laisser le pauvre grelotter quand même ? Des historiens ont trouvé une réponse très logique : le soldat devait payer la moitié de son vêtement à l’Etat, Martinus ne pouvait pas en disposer intégralement. Mais personne ne nous dit ce que pensèrent les officiers, quand Martinus leur remit l’habit déchiré. Est-ce à ce moment précis qu’il renonça à la carrière militaire ? Ou qu’il en fut renvoyé ? A moins qu’il ait eu l’adroite idée de séparer la doublure de cette cape ?

Animé de sentiments fraternels, Martinus se refusa à combattre, contre les Alamans, et proposa d’être simplement enchaîné et exposé à l’ennemi qui, mystérieusement, demanda la paix.

Enfin libéré, bientôt baptisé, Martinus fut attiré par le renom de saint Hilaire de Poitiers, et se joignit à ses disciples. Humblement, il refusa le diaconat, acceptant seulement d’être exorciste. L’humilité de Martinus était déjà une qualité acquise : militaire, il s’agenouillait pour nettoyer les chaussures de son «esclave» (son ordonnance).

Quand saint Hilaire est exilé en Orient (car c’est l’époque de la dispute arienne), Martinus repart en Pannonie (sur une mystérieuse invitation divine), où il amène sa mère, mais pas son père, à la foi chrétienne ; lui aussi prend parti contre le clergé arien, il est battu de verges ; à Milan, l’évêque arien le chasse ; il se retire près d’Albenga où, se nourrissant d’herbes sauvages, il risque la mort ; apprenant qu’Hilaire est de retour, il le rejoint.

Martinus alors fonde un monastère à Ligugé, car depuis l’enfance il rêvait de la solitude. C’est ici la première communauté de moines en Gaule. Mais en fait de solitude, voilà que Dieu lui accorde le don des miracles et le rend célèbre : entre autres, il ressuscite un de ses disciples, catéchumène.

Quand meurt l’évêque de Tours, on appelle immédiatement Martinus pour lui succéder (370 ou 371). Ce n’est qu’à contre-cœur qu’il accepte ce choix, jugeant que c’est là la volonté de Dieu. On dit qu’il se serait caché parmi des oies, et que les bestioles manifestèrent elles-mêmes sa présence parmi elles. Eloigné de son monastère, il en fonde un autre, Marmoutier, d’où sortiront tant de saintes figures, prêtres et évêques qui réformeront la Gaule.

Martinus parcourt son diocèse, mais aussi les régions plus éloignées, jusqu’à Autun et Vienne. Il appelle les foules à la conversion, détruit les temples païens qui existent encore, les arbres sacrés.

Par sa parole, Paulin de Bordeaux se convertit, et deviendra le saint évêque de Nole en Italie ; Sulpice Sévère lui doit aussi sa conversion.

Les miracles se multipliaient sur le passage de Martinus. Sulpice Sévère en raconte bon nombre. Mais on se plaira à signaler d’autres faits, non pas miraculeux en soi, mais dignes de notre reconnaissance.

Martinus traversait une vigne, juché sur son petit âne. C’était la fin de l’été, et l’âne ne se gênait pas pour happer les feuilles de la vigne, à la grande inquiétude des vignerons qui craignaient que les raisins fussent brûlés. Ils s’aperçurent au contraire que, grâce au soleil automnal, les raisins prirent une belle couleur et surtout y gagnèrent en saveur. C’est pourquoi ils s’habituèrent à invoquer saint Martinus aussi pour leurs vendanges. De là vient la coutume désormais établie d’éclaircir les pieds de vigne à la fin de l’été en en retirant les feuilles trop abondantes.

Une autre fois, voyant des oiseaux se disputer des poissons, Martinus expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens ; c’est depuis ce moment que ces oiseaux furent appelés «martins-pêcheurs».

Vers la fin de sa vie, Martinus fut encore appelé à se déplacer pour rétablir la paix entre des clercs quelque peu agités à Candes sur Loire (ouest de Tours). Il s’efforce de s’y traîner, réconcilie ces clercs, et meurt d’épuisement à Candes, le 8 novembre 397.

Si Martinus eut tant d’influence sur la re-christianisation de la Gaule, il rencontra maintes difficultés de la part du clergé, comme c’est souvent le cas devant des réformateurs. Un de ses pires «ennemis» se trouvait parmi ses propres disciples : Brice était un véritable agitateur, et l’on demandait à Martinus de l’expulser. Divinement inspiré, Martinus le garda jusqu’à la fin, répétant même : Si le Christ a supporté Judas, pourquoi ne supporterais-je pas Brice ? Or, à la mort de saint Martinus, ce fut Brice, désormais profondément touché par la grâce et converti, qui lui succéda (voir au 13 novembre).

Saint Martinus, immensément célèbre, fut vénéré unanimement. Tours devint le premier lieu de pèlerinage des Gaules et la basilique de Saint-Martinus était une splendeur. Sous Clovis, saint Martinus est choisi comme protecteur des Mérovingiens. La fameuse cape de saint Martinus, serait à l’origine du mot chapelle (comme lieu où l’on conserve la cape) et aussi de la dynastie des Capétiens.

Des centaines de communes, des milliers d’églises, portent le nom de Saint-Martinus, qui est aussi un patronyme très fréquent en France.

Saint Martinus est la patron de Tours, de Buenos-Aires, de Mayence, d’Utrecht, de Lucques ; depuis des siècles il est le patron des arquebusiers de Visé (Liège, Belgique). Des fêtes traditionnelles existent en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Autriche.

Il a été dit plus haut que saint Martinus mourut le 8 novembre. Or, traditionnellement, c’est le 11 novembre qu’il est fêté partout, et commémoré au Martyrologe Romain.

Ne serait-ce pas un signe de Dieu que l’armistice de 1918, entre la France et l’Autriche, ait été signé justement au jour de la fête d’un Saint franco-hongrois ?

 

 

Veranus de Vence

5. siècle

 

On verra (v. 16 novembre) que l’évêque s.Eucher de Lyon, avant son épiscopat, avait vécu dans les liens du mariage et avait eu deux fils, Salonius (v. 28 septembre) et Veranus.

Veranus pouvait être né vers 410.

Il était tout enfant quand ses parents décidèrent de se retirer non loin de l’abbaye de Lérins et de confier l’éducation de leurs fils à deux moines, Hilarius et Salvianus.

Ce fut à Veranus qu’Eucher dédia son opuscule Formulæ spiritalis intelligentiæ, ou Règles d’interprétation de l’Ecriture.

Vers 451, Veranus fut nommé évêque de Vence ; il en était le sixième.

Avec son frère Salonius et l’évêque Ceretius de Grenoble, il co-signa une lettre au pape Léon le Grand (v. 10 novembre), pour le remercier d’avoir exprimé la doctrine sur les deux Natures, divine et humaine, du Christ, contre l’hérésie d’Eutychès ; le Pape avait en effet consigné cette doctrine dans le Tome à Flavien et Veranus et son frère en demandaient au pape un exemplaire corrigé de sa main. Les deux frères ajoutèrent à leur signature une petite salutation au Pape ; Veranus écrivit : Veranus qui révère ton apostolat ; je salue Ta Béatitude, et je te demande de prier pour moi.

Veranus était donc en de bons termes avec Rome. Il demanda la suppression de l’évêché de Nice et de l’unir à celui de Cimiez, qui dépendait d’Embrun ; mais comme l’évêque d’Aix revendiquait ces territoires, il y eut des démarches des uns et des autres, pour finalement arriver à la confirmation de ce qu’avait proposé Veranus. Ensuite, c’est le diocèse de Nice qui prévalut, après la destruction de Cimiez par les Lombards.

On rencontre encore Veranus dans un problème de juridiction concernant l’évêque de Vienne et qui fut débattu dans un concile tenu en Arles (463) : consulté par les Pères de ce concile, le pape répondit qu’il avait chargé Veranus d’une mission auprès de l’évêque de Vienne.

Tout cela montre quel rayonnement pouvait avoir Veranus durant son épiscopat.

Veranus a pu mourir vers 492.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Veranus de Vence au 11 novembre.

 

 

Mennas de Samnium

† 580

 

Mennas était un ermite qui vivait dans la région de Samnium (Italie CE), et dont s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrivit (qu’)il vivait en solitaire et (qu’) on l’a bien connu, puisqu’il est mort il n’y a guère plus de dix ans. Or Grégoire écrivait son ouvrage vers 593.

Il ne possédait que quelques ruches. Un Lombard qui voulut les lui voler, reçut de gandes douleurs aux pieds. Des ours qui tentaient de happer ce bon miel, s’enfuyaient promptement quand Mennas les menaçait de sa baguette.

Mennas brûlait du désir d’implanter l’amour de Dieu et de l’éternité dans le cœur de ceux qui venaient le voir.

Dieu l’assistait par le don de la lecture des âmes. Il savait aider les pécheurs à se convertir. Un certain Carterius qui avait enlevé une moniale pour l’épouser, fut ainsi sévèrement repris et averti.

Et s.Grégoire d’ajouter qu’il existe un martyre d’amour, par le fidèle amour que ressentent de grandes âmes, prêtes à tout donner à Dieu. Mennas était de celles-là. Ste Jeanne Fremiot de Chantal disait à peu près la même chose (v. lecture du bréviaire au 12 août).

Saint Mennas de Samnium est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps.

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ !

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici.

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines.

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise.

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Martinus de Tours

317-397

 

On oublie que saint Martinus vivait au 4e siècle, juste après l’édit de Constantin, au moment des grandes discussions théologiques.

Il naquit à Sabaria en Pannonie (ce qui serait aujourd’hui Szombathely en Hongrie), en 316 ou 317. Son père était tribun militaire, et pouvait alors être en garnison dans cette contrée assez éloignée de Rome.

Le nom même de Martinus («voué à Mars») est sans doute en rapport avec le métier militaire paternel.

Martinus fut élevé à Pavie, et s’il voulut très tôt passer au christianisme, il ne fut pas baptisé dès l’enfance : son père s’y opposait et lui fit faire dès quinze ans son service dans la garde impériale, et c’est comme tel qu’il donna bientôt la moitié de son vêtement à un pauvre, près d’Amiens.

On a posé la question de cette «moitié» de vêtement : pourquoi le déchirer en deux, au risque de laisser le pauvre grelotter quand même ? Des historiens ont trouvé une réponse très logique : le soldat devait payer la moitié de son vêtement à l’Etat, Martinus ne pouvait pas en disposer intégralement. Mais personne ne nous dit ce que pensèrent les officiers, quand Martinus leur remit l’habit déchiré. Est-ce à ce moment précis qu’il renonça à la carrière militaire ? Ou qu’il en fut renvoyé ? A moins qu’il ait eu l’adroite idée de séparer la doublure de cette cape ?

Animé de sentiments fraternels, Martinus se refusa à combattre, contre les Alamans, et proposa d’être simplement enchaîné et exposé à l’ennemi qui, mystérieusement, demanda la paix.

Enfin libéré, bientôt baptisé, Martinus fut attiré par le renom de saint Hilaire de Poitiers, et se joignit à ses disciples. Humblement, il refusa le diaconat, acceptant seulement d’être exorciste. L’humilité de Martinus était déjà une qualité acquise : militaire, il s’agenouillait pour nettoyer les chaussures de son «esclave» (son ordonnance).

Quand saint Hilaire est exilé en Orient (car c’est l’époque de la dispute arienne), Martinus repart en Pannonie (sur une mystérieuse invitation divine), où il amène sa mère, mais pas son père, à la foi chrétienne ; lui aussi prend parti contre le clergé arien, il est battu de verges ; à Milan, l’évêque arien le chasse ; il se retire près d’Albenga où, se nourrissant d’herbes sauvages, il risque la mort ; apprenant qu’Hilaire est de retour, il le rejoint.

Martinus alors fonde un monastère à Ligugé, car depuis l’enfance il rêvait de la solitude. C’est ici la première communauté de moines en Gaule. Mais en fait de solitude, voilà que Dieu lui accorde le don des miracles et le rend célèbre : entre autres, il ressuscite un de ses disciples, catéchumène.

Quand meurt l’évêque de Tours, on appelle immédiatement Martinus pour lui succéder (370 ou 371). Ce n’est qu’à contre-cœur qu’il accepte ce choix, jugeant que c’est là la volonté de Dieu. On dit qu’il se serait caché parmi des oies, et que les bestioles manifestèrent elles-mêmes sa présence parmi elles. Eloigné de son monastère, il en fonde un autre, Marmoutier, d’où sortiront tant de saintes figures, prêtres et évêques qui réformeront la Gaule.

Martinus parcourt son diocèse, mais aussi les régions plus éloignées, jusqu’à Autun et Vienne. Il appelle les foules à la conversion, détruit les temples païens qui existent encore, les arbres sacrés. 

Par sa parole, Paulin de Bordeaux se convertit, et deviendra le saint évêque de Nole en Italie ; Sulpice Sévère lui doit aussi sa conversion.

Les miracles se multipliaient sur le passage de Martinus. Sulpice Sévère en raconte bon nombre. Mais on se plaira à signaler d’autres faits, non pas miraculeux en soi, mais dignes de notre reconnaissance.

Martinus traversait une vigne, juché sur son petit âne. C’était la fin de l’été, et l’âne ne se gênait pas pour happer les feuilles de la vigne, à la grande inquiétude des vignerons qui craignaient que les raisins fussent brûlés. Ils s’aperçurent au contraire que, grâce au soleil automnal, les raisins prirent une belle couleur et surtout y gagnèrent en saveur. C’est pourquoi ils s’habituèrent à invoquer saint Martinus aussi pour leurs vendanges. De là vient la coutume désormais établie d’éclaircir les pieds de vigne à la fin de l’été en en retirant les feuilles trop abondantes.

Une autre fois, voyant des oiseaux se disputer des poissons, Martinus expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens ; c’est depuis ce moment que ces oiseaux furent appelés «martins-pêcheurs».

Vers la fin de sa vie, Martinus fut encore appelé à se déplacer pour rétablir la paix entre des clercs quelque peu agités à Candes sur Loire (ouest de Tours). Il s’efforce de s’y traîner, réconcilie ces clercs, et meurt d’épuisement à Candes, le 8 novembre 397.

Si Martinus eut tant d’influence sur la re-christianisation de la Gaule, il rencontra maintes difficultés de la part du clergé, comme c’est souvent le cas devant des réformateurs. Un de ses pires «ennemis» se trouvait parmi ses propres disciples : Brice était un véritable agitateur, et l’on demandait à Martinus de l’expulser. Divinement inspiré, Martinus le garda jusqu’à la fin, répétant même : Si le Christ a supporté Judas, pourquoi ne supporterais-je pas Brice ? Or, à la mort de saint Martinus, ce fut Brice, désormais profondément touché par la grâce et converti, qui lui succéda (voir au 13 novembre).

Saint Martinus, immensément célèbre, fut vénéré unanimement. Tours devint le premier lieu de pèlerinage des Gaules et la basilique de Saint-Martinus était une splendeur. Sous Clovis, saint Martinus est choisi comme protecteur des Mérovingiens. La fameuse cape de saint Martinus, serait à l’origine du mot chapelle (comme lieu où l’on conserve la cape) et aussi de la dynastie des Capétiens.

Des centaines de communes, des milliers d’églises, portent le nom de Saint-Martinus, qui est aussi un patronyme très fréquent en France.

Saint Martinus est la patron de Tours, de Buenos-Aires, de Mayence, d’Utrecht, de Lucques ; depuis des siècles il est le patron des arquebusiers de Visé (Liège, Belgique). Des fêtes traditionnelles existent en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Autriche.

Il a été dit plus haut que saint Martinus mourut le 8 novembre. Or, traditionnellement, c’est le 11 novembre qu’il est fêté partout, et commémoré au Martyrologe Romain.

Ne serait-ce pas un signe de Dieu que l’armistice de 1918, entre la France et l’Autriche, ait été signé justement au jour de la fête d’un Saint franco-hongrois ?

Mennas de Samnium

† 580

 

Mennas était un ermite qui vivait dans la région de Samnium (Italie CE), et dont s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrivit (qu’) il vivait en solitaire et (qu’) on l’a bien connu, puisqu’il est mort il n’y a guère plus de dix ans. Or Grégoire écrivait son ouvrage vers 593.

Il ne possédait que quelques ruches. Un Lombard qui voulut les lui voler, reçut de gandes douleurs aux pieds. Des ours qui tentaient de happer ce bon miel, s’enfuyaient promptement quand Mennas les menaçait de sa baguette.

Mennas brûlait du désir d’implanter l’amour de Dieu et de l’éternité dans le cœur de ceux qui venaient le voir.

Dieu l’assistait par le don de la lecture des âmes. Il savait aider les pécheurs à se convertir. Un certain Carterius qui avait enlevé une moniale pour l’épouser, fut ainsi sévèrement repris et averti.

Et s.Grégoire d’ajouter qu’il existe un martyre d’amour, par le fidèle amour que ressentent de grandes âmes, prêtes à tout donner à Dieu. Mennas était de celles-là. Ste Jeanne Fremiot de Chantal disait à peu près la même chose (v. lecture du bréviaire au 12 août).

Saint Mennas de Samnium est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps. 

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ ! 

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici. 

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines. 

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise. 

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilio-Bartolomeo de Grottaferrata

980-1065

 

Basilio naquit vers 980 à Rossano (Calabre, Italie S) de famille noble originaire de Constantinople.

Baptisé avec le nom de Basilio, il est beaucoup mieux connu sous son nom religieux de Bartolomeo.

Il fut d’abord confié à sept ans, sur sa demande, aux moines du monastère de Caloveto.

Tout jeune encore, à douze ans, il alla à Vallelucio et se mit sous la direction de son compatriote, s.Nilo (v. 26 septembre), dont plus tard il écrivit la vie.

Passionné pour l’étude, il apprit plusieurs langues. 

En 994, il accompagna son maître à Serperi, avec Stefano, l’autre disciple fidèle de Nilo (v. 26 septembre), qui devait mourir peu après. En 1000, Nilo et Bartolomeo allèrent tous deux à Rome, implorer du pape une attitude miséricordieuse envers l’antipape Jean XVI, originaire lui aussi de Rossano ; mais on ne connaît pas le résultat de cette démarche. C’est durant ce déplacement que les deux auraient eu une apparition de Notre-Dame, leur demandant de construire là, à Grottaferrata, un nouveau monastère.

A Nilo succéda Paolo, puis Cirillo, Bartolomeo ayant refusé d’être élu abbé. Mais il fut contraint d’assumer la succession de Cirillo. Ce fut avant 1024, année de la consécration de l’église du monastère.

Il fit de son monastère un foyer de science et d’art, qui contrastait avec la pleine décadence où était tombée Rome à cette époque.

Bartolomeo contribua à l’écriture de manuscrits ; il rédigea des commentaires de l’Ecriture et composa des hymnes.

A cette époque où les familles aristocratiques rivales de Rome se disputaient l’honneur de mettre l’un des leurs sur le trône papal, Bartolomeo aurait tenu un rôle important pour une élection saine du successeur de Pierre ; mais on n’est pas certain de cette intervention, ni de son résultat.

On a dit aussi que Bartolomeo aurait conseillé d’abdiquer au malheureux Benoît IX, et qu’il l’aurait accueilli à Grottaferrata où il aurait eu la joie de le voir se convertir et mourir paisiblement peu avant lui ; le fait est douteux.

Quant il mourut, le 11 novembre 1065 (ou 1055), il fut aussitôt considéré comme saint à Grottaferrata, dont il devint le patron secondaire ; il fut introduit au martyrologe au 16e siècle.

Les reliques de Nilo et de Bartolomeo disparurent, croit-on, en 1300. La bibliothèque de l’abbaye est l’une des plus riches au monde en manuscrits : cinq cents en grec ancien et autant en latin, des centaines d’incunables et cinquante-mille livres imprimés.

Saint Bartolomeo est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marina de Omura

† 1634

 

Les Chrétiens du Japon reçurent habituellement des noms latins lors de leur baptême.

Dans la première communauté chrétienne de Nagasaki, remontant à saint François Xavier (v. 3 décembre), Marina était entrée en 1626 dans le tiers-ordre dominicain et prêtait une assistance active auprès des missionnaires.

On écrivit d’elle qu’elle avait ouvert sa maison aux missionnaires mais aussi à tous les Chrétiens qui étaient persécutés et qui venaient reprendre des forces auprès d’elle.

Omura est un quartier de Nagasaki.

Arrêtée en 1634 lors de la persécution anti-occidentale, Marina fut soumise à des tortures particulièrement humiliantes, puis brûlée vive, attachée à un poteau entre plusieurs feux.

Elle fait partie d’un groupe de seize Martyrs, qui furent béatifiés ensemble en 1981 et successivement canonisés en 1987.

Marina est mentionnée dans le Martyrologe, à son dies natalis, le 11 novembre. Mais le groupe des seize Martyrs est fêté le 28 septembre.

Le miracle reconnu pour la canonisation fut la guérison totale à Manille d’une petite fille de deux ans, frappée d’une paralysie cérébrale, qui guérit sans aucune thérapie, après l’invocation à tout ce groupe de Martyrs.

 

 

Sim Jo-i Barbara

1813-1839

 

Sim Jo-i Barbara est une laïque coréenne née en 1813 à Incheon (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle mourut en prison à Jeonju (Jeolla-do) le 11 novembre 1839 et fut béatifiée en 2014.

Josep Alberich Lluch

1865-1936

 

Josep était né le 7 février 1865 à Benicarló (Castelló).

Il entra chez les Carmes Déchaux : après le noviciat au Désert de las Palmas, il fit la profession avec le nom de Josep Cecili de Jésus-Marie.

Entre autres activités, il fut chargé de l’infirmerie et de la quête pour subvenir aux besoins de la communauté carmélite.

On l’envoya à Valencia, Matanzas (Cuba), San Clemente (Cuenca), Caravaca, Borriana, Castelló.

Dès le début de la guerre civile, il quitta son couvent dans l’idée d’aller se réfugier chez les siens à Benicarló.

Il fut arrêté à Vinarós, et envoyé sur le bateau-prison Río Segre, dans le port de Tarragona, où se retrouvèrent plusieurs Carmes. Le père Felipe Arce était là : le Frère Josep renouvela ses vœux devant lui.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le Frère Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Tarsá Giribets

1866-1936

 

Il vit le jour le 3 février 1866 à Fontanet (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 4.

Vingt ans après, il entra en 1886 chez les Frère Carmes de l’Enseignement, où il professa en 1888, avec le nom de Isidre José Miguel.

Il fut destiné au collège de Vendrell, dont il devint directeur en 1894. Il y avait dans cette localité des ouvriers désireux d’acquérir plus de connaissances, mais qui ne pouvaient pas assister aux cours pendant la journée : pour eux, le Frère Isidre obtint d’ouvrir un cours du soir gratuit.

En 1895, il devint directeur à Tarragona, et même Supérieur de la congrégation, sans délaisser son travail d’enseignant.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il fut arrêté le 25 avec d’autres Religieux et incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste ; un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux, aussi les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Pedro de Eriz Eguiluz

1867-1936

 

Pedro était né le 22 février 1867, à Barajuén (Álaba), en la fête de la Chaire de Saint-Pierre, dont il porta le nom.

Jeune, il travailla comme mineur, puis il entra au Carmel à vingt-et-un ans, en 1888.

Après la profession, où il prit le nom de Pere de Saint-Elie, il fut envoyé d’abord en divers couvents, puis au Mexique. 

Là-bas il fonda des couvents (Durango, Mazatlán) et fut nommé visiteur général. Il travailla énergiquement aussi à la fondation des Carmélites Missionnaires de Sainte-Thérèse.

Puis il passa aux Etats-Unis, où il fonda encore d’autres couvents (Winkelman, Heyden, Sonora). A Morenci (Arizona), il fit reconstruire l’église et fut nommé curé de la paroisse de Florence.

En 1916, il revint quelques temps à Durango, puis fut rappelé dans la Catalogne espagnole, comme définisseur. A Tarragona enfin, il fut maître des novices.

Au moment de la guerre civile, il dut quitter le couvent et se réfugia avec le père Elipi et le frère Damiá dans une maison des alentours. Peu de temps après, on les découvrit et on les arrêta : ils furent transportés à bord du bateau-prison Río Segre.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour les conduire au cimetière de Torredembarra, où ils furent fusillés.

Le père Pedro fut béatifié en 2013.

 

 

Miquel Saludes Ciuret

1867-1936

 

Miquel vit le jour le 26 avril 1867 à Aiforja (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Miquel et Maria, qui le firent baptiser le lendemain, dans leur église paroissiale dédiée elle-même à l’Archange Michel.

De toute la jeunesse de Miquel, on ne sait que la date de sa Confirmation : 1877, à dix ans.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1891.

Le terrain de son activité sacerdotale fut L’Espluga de Francolí, Valldossera, Vilaplana, Borges del Camp comme curé, et Riudoms, en retraite.

Pieux et fidèle, ce prêtre avait le caractère énergique, décidé.

Le 25 juillet 1936, quand la révolution s’était déclenchée avec les horreurs que l’on connaît, le prêtre voulut rejoindre son pays natal en voiture, avec sa sœur Maria. On les arrêta pour un contrôle à l’entrée de Alforja. Immédiatement informés, les révolutionnaires de Riudoms vinrent les prendre pour les emmener en camion, en les brutalisant, en les insultant et les couvrant de grossièretés.

De passage à Borges del Camp, où il avait été récemment curé, le prêtre fut insulté, restant silencieux et recueilli, comme le Christ qu’on giflait et insultait. La même chose en passant à Riudoms, à Reus. 

On les présenta au Comité, où le prêtre et sa sœur furent séparés. On interrogea le prêtre ; on lui demanda où il avait été curé (ils devaient bien le savoir, mais ils firent semblant de l’ignorer…) ; don Miquel répondit sereinement, posément, sans cacher sa condition sacerdotale.

On l’envoya à la prison de Reus (Baix Camp) pendant une douzaine de jours, puis dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona ; dans ces deux endroits, don Miquel montra une grande patience au milieu des mauvais traitements qu’il dut subir.

Le 11 novembre 1936, il fut porté avec vingt-deux autres compagnons, entre autres don Josep Bru et Joan Roca, au cimetière de Torredembarra ; tous furent fusillés contre le mur.

Les trois prêtres qu’on vient de citer furent béatifiés en 2013.

 

 

Josep Bru Ralduà

1870-1936

 

Ce prêtre éminent naquit le 27 octobre 1870 à Tarragona, de Pau et Teresa, et fut baptisé trois jours plus tard.

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1896.

Il eut très vite la réputation d’excellent directeur d’âmes et de confesseur, car il passait de nombreuses heures dans le confessional. Aussi fut-il nommé encore jeune prêtre confesseur pour les séminaires et les collèges. Les pénitents avaient toujours l’impression qu’il les connaissait à fond. 

En outre, il avait un don particulier pour assister les mourants.

Rien d’étonnant alors, qu’il fût nommé chanoine à la cathédrale de Tarragona, professeur aux séminaires, official et juge, chancelier et secrétaire à la curie épiscopale.

Le 27 juillet 1936, il fut arrêté chez un ami, sur la route de la Unió, et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme tant d’autres prêtres. Il en profita pour continuer son apostolat, parmi les prisonniers, laïcs ou prêtres, qui s’y trouvaient.

Le 11 novembre, on fit sortir du bateau vingt-trois prisonniers, dont le chanoine Bru Ralduá, qui se mirent à réciter entre eux un psaume, probablement le psaume 50 (Miserere).

Arrivés au mur du cimetière de Torredembarra, on les fusilla à la mitraillette. Puis ils reçurent le coup de grâce.

Don Josep Bru Ralduà tomba martyr le 11 novembre 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

 

Felipe Arce Fernández

1878-1936

 

Felipe naquit le 16 octobre 1878 à Arroyo de Valdivielso (Burgos).

Il entra chez les Carmes Déchaux et fit la profession à dix-neuf ans, en 1897, avec le nom de Elipi de Sainte-Thérèse.

Ordonné prêtre en 1903, il fut envoyé en Catalogne, puis à Tarragona, comme prieur, maître des novices et directeur du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, dont le responsable était le Frère Damián Rodríguez Pablos.

On le connaissait pour sa profonde humilité.

Avec le Frère susnommé, il se réfugia à Rambla Vella, où on les découvrit. Arrêtés, ils furent conduits au bateau-prison Rio Segre.

On les en sortit le 11 novembre, pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le père Felipe fut béatifié en 2013.

 

 

José Boschdemont Mitjavila

1880-1936

 

José vit le jour le 11 août 1880 à Cassá de la Selva (Gerona, Espagne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1894.

Il fit le noviciat et le scholasticat, il reçut l’habit avec le nom de Gilberto de Jesús.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à Benicarló puis à Santa Madrona.

En 1918, il fut en activité à la librairie Bruño de Barcelone. Il devait y rester dix-sept ans.

En 1935, il dut se reposer à Cambrils. Il espérait retrouver son travail à Barcelone, mais la révolution se déchaîna. Comme toute la communauté, il quitta la maison de Cambrils et chercha à se réfugier à Tarragona. Très peu après, il fut arrêté par les miliciens et incarcéré dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on faisait sortir un certain nombre de prisonniers pour aller les fusiller.

Le «tour» du Frère Gilberto arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Frederic Vila Bartolí

1884-1936

 

Cet authentique Catalan (Bartolí ou Bartrolí ?) naquit le 3 mars 1884 à El Brull (Osona, Barcelone, Espagne), d’Antoni et Dolors ; les deux garçons et les trois filles entrèrent dans la vie religieuse.

Frederic grandit à Tona, passa deux années au Petit séminaire de Vic avant d’entrer chez les Pères clarétains. 

Il fut ordonné prêtre en 1907.

Dès 1908, il fut professeur d’Histoire naturelle à l’université de Cervera, puis d’Ecriture Sainte. Il donna une grande impulsion au Musée d’Histoire Naturelle de Cervera et publia alors un ouvrage encore consulté aujourd’hui. Il publia bien d’autres travaux, articles, biographies, monographies…

En 1917, il fut transféré à l’unviersité de Solsona où, en plus de l’Histoire naturelle, il enseigna la Théologie morale, le grec et l’hébreu. Il participa à des missions archéologiques.

Ces années-là, il participa au conseil provincial des Clarétains de Catalogne. Les vacances d’été, il les passait à organiser les Archives des Clarétains à Vic.

Professeur, écrivain, chercheur, Frederic recueillit patiemment un grand nombre de documents historiques sur la vie des Clarétains. Il participa aussi à l’élaboration d’un dictionnaire catalan.

Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une intelligence très brillante, il fut une des lumières de sa Congrégation.

Après Solsona, il fut à l’univeristé de Tarragona et, en 1936, devait même partir pour Rome, mais les événements l’en empêchèrent. Il fit mieux.

Le 24 juillet 1936, il se réfugia chez des amis, où il subit déjà une première fouille. Celle-ci se passa sans incident, mais en partant, les miliciens firent leur Salut à leur façon militaire et bolchevique, tandis que le père Frederic leur répondit Adieu. Les miliciens ne se le firent pas dire deux fois : ils arrêtèrent le prêtre, le conduisirent au Comité, de là au bateau-prison Cabo Cullera. Deux mois plus tard, il fut transféré à l’autre bateau, Río Segre.

Sur le conseil du commandant, et grâce à l’entremise d’un fonctionnaire catalan qu’il avait connu à l’Université, le père Frederic demanda d’être libéré. L’ordre de libération arrivait, mais trop tard et fut devancé par une autre décision.

Le 10 novembre des membres de la FAI vinrent annoncer des noms. Le 11 au matin, ils en appelèrent vingt-quatre autre, dont le père Frederic.

Sur le pont du navire, ils se mirent à prier le psaume 50 (Miserere). On alla les fusiller au cimetière, le 11 novembre 1936.

Le père Frederic fut béatifié en 2013.

 

 

Lluís Domingo Oliva

1892-1936

 

Il vit le jour le 11 janvier 1892 à Reus (Tarragona, Espagne), de parents déjà assez âgés, qui le firent baptiser avec les noms de Lluis Salvador Antoni.

En 1906, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa probablement avant 1910, ou très peu avant ses dix-huit ans, car il participait au chapitre en 1920 et que cette participation exigeait un minimum de dix années de profession.

Jusqu’en 1936, il exerça à Tarragona, comme professeur auxiliaire, sauf un court laps de temps à Vendrell.

Excellent professeur, austère, doux, il maintenait de bonnes relations avec les Carmes Déchaux.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

A noter qu’après ces quatres Martyrs, il ne resta qu’un seul Frère, Francisco Navarro Bonila, qui fut aussi mis en prison et torturé, mais qui survécut. Tous ses efforts pour remonter l’Institut furent vains, il intégra l’Ordre des Carmes Déchaux en 1954 et mourut en 1959.

 

 

Buenaventura Toldrá Rodón

1896-1936

 

Il vit le jour le 31 mars 1896 à Pla de Cabra (auj. Pla de Santa María, Tarragona, Espagne) et fut baptisé le jour-même, avec les noms de Buenaventura Andrés Raimundo.

En 1907, il entra au Petit séminaire de Tarragona mais, en 1915, sa santé l’obligea à quitter cette orientation. Désireux d’être Religieux à tout prix, il entra chez les Frères Carmes de l’Enseignement et professa en 1917.

De 1918 à 1921, il fut destiné au collège de Vendrell, où la confiance totale qu’on pouvait avoir en lui le fit mettre responsable du patrimoine du collège.

En 1922, il passa à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez ses parents à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Buenaventura dit à sa chère mère : Maman, tout ça, que ce soit par amour pour notre Seigneur. Si nous ne nous revoyons pas ici, nous nous reverrons au Ciel.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste : un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux ; les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

Damián Rodríguez Pablos

1896-1936

 

Damián naquit le 18 mai 1896 à Pedroso de Armuña (Salamanque, Espagne).

Il commença la carrière militaire, mais l’interrompit pour la vie religieuse et entra au couvent des Carmes Déchaux de Tarragona.

Il fit la profession comme Frère convers avec le nom de Damiá de la Très-Sainte-Trinité.

On lui confia la responsabilité du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, en plus de ses activités de portier et de sacristain.

Il vécut son idéal religieux avec une grande intensité, comme il ressort des lettres qu’il écrivait à sa famille.

Lors de la Révolution de 1936, il dut quitter le couvent et se réfugier avec un autre Père dans une maison de la Rambla Vella, où les rejoignit ensuite encore un autre Père.

Mais le 6 août suivant, on les découvrit, on les arrêta et les envoya sur le bateau-prison Rio Segre.

Ils y restèrent jusqu’au 11 novembre. Ce jour-là, on fusilla le Frère Damián, au cimetière de Torredembarra.

Frère Damián fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Navarro Blasco

1903-1936

 

Mariano vit le jour le 3 décembre 1903 à Tortajada (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1916.

Il fit le noviciat à Hostalets, où il prit l’habit le 1er novembre 1919 avec le nom de Jenaro.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à l’école gratuite de Cambrils.

En 1922, il fut au Sacré-Cœur de Tarragona.

En 1928, il partit pour trois ans à Cuba.

En 1931, il revint en Espagne et fut envoyé à Manlleu, et en 1933 à Tarragona.

Au moment de la guerre civile, il fut un parmi des centaines à être incarcérés dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on en appelait un certain nombre pour les fusiller.

Le «tour» du Frère Jenaro arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Le Frère Jenaro avait trente-trois ans.

Ces deux Frères ont été béatifiés en 2013.

 

 

Joan Roca Vilardell

1905-1936

 

Joan (Jean) naquit le 13 août 1905 à Girb de la Plana (Osona, Catalogne, Espagne), de Joan et Mercé, des parents très chrétiens qui offrirent à Dieu quatre de leurs douze enfants.

De ces quatre, deux sont martyrs : Joan et Dolors (pour celle-ci, voir au 8 août).

Joan fit rapidement voir son goût pour la religion et la liturgie.

Il fut ordonné prêtre en 1929, et célébra sa première messe solennelle à Gurb le 22 janvier suivant.

Les paroisses qui le virent en exercice furent Sant Marti de Tous (Anoia) et Granollers de la Plana (Osona). Il sera nommé Chantre à la cathédrale de Tarragona.

Lors de la révolution de juillet 1936, il fut parmi les premiers arrêtés et mis dans le bateau-prison Riú Segre d’abord, puis dans le Ciutat de Maó (= «ville de Mao», ndlr), en rade de Tarragona.

Là, il supporta avec grande résignation les mauvais traitements qu’il eut à subir, sans oublier les offenses d’ordre obscène dont étaient régulièrement l’objet les prêtres et les religieux.

Le 11 novembre 1936, on le fit sortir de cet enfer ; il obéit sans opposer résistance. Ils furent vingt-quatre à être ensuite alignés et fusillés contre le mur du cimetière de Torredembarra.

Don Joan Roca Vilardell fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Costa Hons

1909-1936

 

Né le 5 janvier 1909 à Taradell (Barcelone) et baptisé trois jours plus tard, il était le fils de Juan et Dolores.

Il apprit les métiers d’électricien et de boulanger. Il fut garçon domestique dans des maisons des Pères Clarétains (La Roca et El Vivet), jusqu’au jour où il demanda à être admis lui-même au noviciat.

Il fut admis au noviciat de Vic en 1930 et fit la profession en 1931.

En 1932, on l’envoya à Solsona comme aide-cuisinier ; en 1934, à Cervera, avec un saut à La Selva del Campo ; en 1936, on l’envoya comme aide-cuisinier à Vic.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et le frère Isidre se réfugia à El Vivet, puis à La Roca, dont il avait de si bons souvenirs. Comme ancien travailleur, Isidre avait un sauf-conduit en règle et pouvait se déplacer assez facilement ; il en profitait pour venir à Vic, à Barcelone ; on lui demanda d’aller jusqu’à La Selva del Campo, pour prendre des informations sur le sort des Confrères qui s’y trouvaient. Il apprit ainsi la mort de Jaime Franch, fils du propriétaire d’El Vivet.

Encouragé par ces expériences, il demanda à son Supérieur l’autorisation d’aller jusqu’à Mas Claret. On lui exprimait des réserves, mais il partit le 8 novembre. Le 9, il s’arrêta à Vergos, où on le soupçonna déjà d’être un des Religieux de Mas Claret. Le 10, la famille où il s’était arrêté, chercha à le prévenir qu’à Cervera, les miliciens ne tenaient pas compte des laisser-passer et qu’il risquait gros. La réponse du Frère restait catégorique : Je m’en moque si je suis arrêté. Si je meurs, je meurs pour Dieu ! Le 11 il se mit en marche.

A Mas Claret, les «gardiens» n’étaient pas convaincus ; ils usèrent de l’épreuve classique pour révéler les Religieux : le faire blasphémer. Ayant refusé, Isidre fut fusillé sur place, à treize heures. Juste avant de mourir, il dit aux bourreaux : Je vous pardonne, pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tout.

Martyrisé le 11 novembre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Isidre Costa Hons sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 novembre.

 

 

Julio Alameda Camarero

1911-1936

 

Il vit le jour le 28 mai 1911 à Castroceniza (Burgos, Espagne), fut baptisé deux jours plus tard, et confirmé en 1923.

En 1926, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa en 1928.

De 1928 à 1936, il exerça à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Maria Jadwiga Kotowska

1899-1939

 

Maria naquit le 20 novembre 1899 à Varsovie (Pologne), deuxième des huit enfants de Jan et Zofia Barskich.

Etudiante en médecine à l’Université de Varsovie, elle participa comme infirmière à la Première guerre mondiale. Reconnue pour son mérite, elle devait recevoir en 1932 la Médaille de la Pologne.

En 1922, elle entra chez les Sœurs de la Résurrection, avec le nom de Alicja. Son désir était de vivre et mourir pour le Christ, le plus grand Amour, le Seigneur, (son) Dieu et (son) Tout.

En 1929, elle soutint une thèse de chimie.

Enseignante et très compétente, elle fut directrice d’école à Wejherowo (Gdansk).

On lui annonça qu’elle pouvait être arrêtée d’un jour à l’autre. Elle aurait pu s’enfuir, mais ne voulut pas se mettre à l’abri et laisser exposées d’autres personnes à cause d’elle, les autres Religieuses ou les personnes qu’elle aidait.

Elle fut arrêtée le 24 octobre 1939 et apprit alors qu’elle avait été dénoncée par le gardien de l’école. Elle dit alors les dernières paroles qu’on entendit de sa bouche : Je pardonne tout à François.

Elle fut mise en prison à Wejherowo.

Le jour où elle devait être fusillée, un témoin la vit courir vers un groupe d’enfants juifs qu’on allait aussi «éliminer». Ils étaient terrifiés, et elle les prit par la main, les réconforta du mieux qu’elle put et monta avec eux dans le camion.

Il y eut, peu après, la fusillade de plusieurs centaines de victimes dans un bois à proximité de Piasnica. On suppose qu’Alicja mourut au même moment, le 11 novembre 1939.

Quelques jours plus tard, elle devait fêter ses quarante ans.

Le corps lui-même d’Alicja n’a jamais été retrouvé, mais quand on fit des fouilles à Piasnica, on retrouva la ceinture de l’habit des Sœurs de la Résurrection avec son chapelet.

Maria Jadwiga a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de la Deuxième guerre mondiale, en 1999.

Robert Matej Šiškov

1884-1952

 

Robert naquit le 9 février 1884, à Plovdiv (Bulgarie) dans une grande famille catholique de rite latin.

Il entra comme élève à neuf ans dans la congrégation des Augustins de l’Assomption à Kara-Agatch (à la frontière turque) et, comme novice à seize ans, avec le nom de Josaphat (1900).

A partir de 1901, il fut professeur, puis envoyé en 1902 à Varna (Mer Noire), où il dirigea la publication de magazines.

Il fut envoyé en Belgique en 1904 pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1909, il reçut le sacerdoce à Malines.

Dans les années 1914-1919, il fut professeur au collège de Saint-Augustin de Plovdiv puis au séminaire de Varna.

C’était un pédagogue à la pointe du progrès, le premier qui utilisa les caractères cyrilliques dans l’imprimerie, une prouesse pour l’époque.

En 1929, il fut nommé directeur du séminaire.

La situation religieuse de la Bulgarie s’étant douloureusement aggravée, le père Josaphat fut arrêté dès décembre 1951.

De septembre à octobre 1952 se déroula son «procès», qui s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Robert Matej-Josaphat Šiškov a été béatifié en 2002.

 

 

Petăr Vichev

1893-1952

 

Petăr (Pierre) naquit le 23 mai 1893, à Srem (Burgas, Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra au noviciat des Augustins de l’Assomption en 1910, avec le nom de Kamen.

A partir de 1918, il fut professeur à Plovdiv, puis au petit séminaire d’Istanboul.

Il fut envoyé en Belgique pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1921, il reçut le sacerdoce à Istanboul, où il enseigna ensuite à son tour la théologie, jusqu’en 1925.

Il passa ensuite le doctorat de théologie à Rome et de nouveau, à partir de 1930, fut professeur de philosophie au collège de Saint-Augustin de Plovdiv ; doyen des études, recteur de l’école, il eut parmi ses élèves aussi bien des Catholiques que des Orthodoxes, des Musulmans et des Juifs, qui étudiaient en parfaite harmonie. L’établissement fut brutalement fermé par les autorités en 1948, qui expulsèrent les Religieux.

Mais Kamen était Bulgare, et pouvait de ce fait rester dans son pays, comme vicaire provincial, jusqu’au jour où il fut arrêté, en juillet 1952.

Son «procès» s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Petăr-Kamen Vichev a été béatifié en 2002.

 

 

Vikentij Bosilkov

1900-1952

 

Les transcriptions latines des appellations bulgares ou russes, ne sont pas unanimes. On pourrait aussi bien orthographier «Bocilkof».

Vikentij (Vincent) naquit le 16 novembre 1900 à Belén (Bulgarie) dans une famille paysanne, de rite catholique latin. 

En jouant le long du Danube, il fallit se noyer. Sa maman, Béatrice, pria Dieu de le prendre à Son service s’il se sauvait.

Entré à treize ans dans le collège passioniste de Oresch (Pays Bas), il demanda ensuite à être admis à Ere (Belgique) comme novice avec le nom de Evgeni (Eugène) du Sacré-Cœur de Jésus ; il fit profession en 1920 et à partir de 1924 revint faire des études en Bulgarie, où il fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut envoyé à Rome, à l’Institut Pontifical Oriental, pour obtenir le doctorat en théologie. Le sujet de sa thèse était : L’union des Bulgares avec le Saint-Siège au 13e siècle.

Revenu en Bulgarie en 1931, le jeune prêtre fut nommé secrétaire de l’évêque, lui-même passioniste, et curé de la cathédrale de Russe, puis de la paroisse de Bardarski-Gheran, où il se montra excellent pédagogue pour les jeunes.

C’était un homme très cultivé ; il parlait treize langues ; il rencontrait les intellectuels aussi bien que les petites gens, il dialoguait avec les orthodoxes, qui le respectaient beaucoup.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, les troupes d’Union Soviétique envahirent la Bulgarie, et instaurèrent le communisme, supprimant tout ce qui pouvait avoir rapport avec la religion. 

La maison du père Evgeni était ouverte à tous, des milliers de Juifs lui durent la vie. Le Docteur Bossilkov était connu dans tout le pays. Les jeunes étaient fascinés par sa personnalité.

Il avait une vie très réglée : levé à quatre heures et demie, il écrivait, il priait jusqu’à sept heures et demie. Il avait une grande vénération pour la Sainte Vierge dont il disait que Avec la Vierge Sainte, on peut tout faire.

En 1946, le jour de la fête du Rosaire, 7 octobre, il fut consacré évêque de Nicopolis, un des quatre diocèses latins de Bulgarie,. pour succéder à celui qui venait de décéder. Mais la persécution communiste sévissait déjà.

Lors d’un voyage à Rome en 1948, on lui conseilla de ne pas rentrer en Bulgarie, mais il refusa d’abandonner son troupeau. En prière à la basilique de Sainte Marie-Majeure, il demanda la grâce du martyre.

Le gouvernement lui fit de belles promesses, s’il acceptait de se séparer de Rome pour diriger une Eglise nationale. C’est un net refus qui répondit aux autorités civiles.

A partir de 1949, la situation empira. Le gouvernement déporta le Délégué Apostolique, réquisitionna les propriétés ecclésiastiques et supprima les congrégations.

En 1952 commencèrent les arrestations en masse des dirigeants de l’Eglise. Mgr Bosilkov fut arrêté le 16 juillet, à Sofia, dans le jardin de la maison de son frère. La nièce de l’évêque était présente et remarqua qu’il resta très calme, lui disant seulement : Sois en paix. Ceci est la volonté de Dieu et tout sera pour le Bien.

Mgr Bosilkov était devenu un «ennemi public», pour avoir refusé d’être mis à la tête d’une Eglise «gouvernementale». 

En prison on le soumit à d’horribles vexations, privations et problèmes de tous genres.

Le 29 septembre s’ouvrit un procès. Comme «preuves» de la culpabilité de l’évêque, on présenta deux armes soi-disant trouvées dans un collège catholique de Sofia. L’évêque fut déclaré coupable et condamné à être fusillé par un peloton d’exécution, pour avoir eu des contacts avec les pays impérialistes, leur avoir fait passer des informations confidentielles par le moyen de la valise diplomatique, pour avoir tenu un concile où il avait été décidé de combattre le communisme. Cette décision était sans appel.

Sa famille fut autorisée à le revoir, rapidement. Il était méconnaissable, avec ses chaînes aux mains, aux pieds et au cou. On voulait demander sa grâce, mais il s’y opposa : Dites à tout le monde que je demeure fidèle à l’Eglise et au Pape, et que je n’ai pas trahi.

Mgr Bosilkov fut exécuté dans les caves de la prison, très tard dans la nuit du 11 novembre 1952 (cinq jours avant son cinquante-deuxième anniversaire).

En décembre de cette même année, sa nièce voulut lui apporter en prison un filet de victuailles, qui fut refusé. La famille reçut alors les vêtements du Pontife, tachés de sang, ainsi que sa croix pectorale. Dès 1953, une personnalité de Bulgarie révéla que Mgr Bosilkov avait été torturé et exécuté, ajoutant cependant que c’était «un bruit».

On n’a jamais pu retrouver son corps, qui fut jeté dans une fosse commune. Ce n’est qu’en 1975 que fut officiellement reconnue la mort du prélat, encore ne fut-elle reconnue que comme «naturelle», vingt-trois ans auparavant.

En 1999, la Cour d’Appel Suprême de Bulgarie annula la sentence de mort du Mgr Bosilkov, jugeant les accusations des violations évidentes.

Mgr Bosilkov a été béatifié en 1998.

 

 

Josif Džidžov

1919-1952

 

Josif naquit le 19 juillet 1919, à Plovdiv (Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra dans la congrégation des Passionnistes comme novice dans le Jura français, avec le nom de Pavel.

En 1942, la maladie l’obligea à revenir en Bulgarie pour y achever ses études.

En 1946, il reçut le sacerdoce.

Il fut nommé économe au collège de Saint-Augustin, jusqu’en 1948, quand l’école fut fermée par les autorités communistes.

De citoyenneté bulgare, il put rester dans le pays, comme économe provincial et procureur, jusqu’à son arrestation avec le père Petăr Vichev.

On ne sut plus rien de ce Religieux, jusqu’à ce que, après la chute du Mur de Berlin, on apprît qu’il fut fusillé avec deux autres Assomptionnistes (Robert Šiškov et Petăr Vichev), et probablement aussi avec Mgr Bossilkov lui-même, dans la nuit du 11 novembre 1952.

Le père Josif avait trente-trois ans.

Jetés dans une fosse commune, leurs corps ne furent jamais retrouvés.

Josif et ses Compagnons furent béatifiés en 2002, lors d’une cérémonie à laquelle le métropolite orthodoxe demanda à participer.

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 00:00

 

10 NOVEMBRE

 

-XL.

S Noé, patriarche, qui construisit l'Arche salvatrice (Gn 6-8).

III.

S Demetrianus, évêque à Antioche, mort en exil ; son fils lui succéda.

S Orestes, médecin martyr à Tyane.

S Tryphon, martyr à Nicée ; il gardait les oies près d'Apamée ; il est patron de Kotor.

IV.

S Thibéry, martyr à Agde.

S Space, martyr aux Andelys.

S Probus, évêque à Ravenne.

SS Narses et Youssouf, martyrs décapités ; octogénaire, Narsès était évêque à Sahrqart.

V.

S Léon le Grand, pape (440-461) : très estimé des papes et du peuple avant d'être élu à Rome, excellent prédicateur, adversaire des manichéens, pélagiens, priscillianistes, et surtout des eutychiens (concile de Chalcédoine).

VII.

S Iustus, un de ceux envoyés par s. Grégoire le Grand pour aider s. Augustin en Angleterre ; évêque à Rochester, exilé en Gaule, évêque à Canterbury ; il consacra s. Paulinus.

?

S Liesne, à Melun.

Ste Natalène, martyre à Pamiers.

Ste Théoctiste, solitaire mystérieuse, enlevée de Lesbos par les Arabes et laissée à Paros, dont elle est la patronne. 

VIII.

S Baudolino, ermite près de la future Alessandria, dont il est le patron.

XI.

S Jean l'Irlandais, missionnaire en Islande, puis en Germanie, évêque à Mecklemburg et martyr.

XIII.

B Ambrogio de Massa Marittima, franciscain ; il avait probablement abandonné la vie ecclésiastique, s'était repris, et fut un ascète exemplaire avant de mourir à Orvieto.

XVII.

S Andrea Avellino, prêtre napolitain ; un sicaire l'avait frappé mortellement à la tête, mais il en guérit et devint théatin ; il aimait visiter les malades et conseillait : Soyez brefs. Si vous plaisez, on vous verra revenir avec joie. Si vous ennuyez, le déplaisir sera court. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1992 :

Hospitaliers : Joaquín Piña Piazuelo (Acisclo, *1878), à Barcelone ;

- béatifiées en 2007 :

Adoratrices Servantes la Charité et du Saint-Sacrement, à Madrid : 

Felipa Gutiérrez Garay (*1861), Francisca Pérez de Labeaga García (Blasa de la Croix, *1864), Teresa Vives Missé (Casta de Jesús, *1866), Concepción Vázquez Áreas (Ruperta, *1871), Rosa López Brochier (Rosaura de Marie, *1876), María Zenona Aranzábal de Barrutia (Borja de Jésus, *1878), Emilia Echevarría Fernández (Máxima de Saint Joseph, *1881), María Mercè Tuñi Ustech (Ángels, *1888), Dionisia Rodríguez de Anta (Sulpicia du Bon Pasteur, *1890), Manuela Arriola Uranda (M. du Sacré-Cœur, *1891), Sinforosa Díaz Fernández (S. de la Sainte Famille, *1892), Josepa Boix Rieras (J. de Jésus, *1893), María García Ferreiro (de la Présentation, *1896), Luisa Pérez Adriá (de l'Eucharistie, *1897), Prima De Ipiña Malzárraga (María Prima de Jésus, *1898), Belarmina Pérez Martínez (B. de Jésus, *1899), Aurea González (Herlinda, *1904), María Dolores Monzón Rosales (M.D. de Jésus Crucifié, *1907), Lucía González García (Lucila de Jésus, *1908), Purificación Martínez Vera (P. de Marie, *1910), María Dolores Hernández San Torcuato (M.D. de la Sainte Trinité, *1911), ainsi que Cecilia Iglesias Del Campo et Magdalena Pérez (*?).

Bx martyrs de la persécution nazie, guillotinés à Hamburg en 1943 :  Johannes Prassek (*1911), Eduard Müller (*1911), et Hermann Lange (*1912), prêtres, béatifiés en 2011.

Bse Odette Prévost (1932-1995), religieuse française des Petites Sœurs du Sacré-Cœur, abattue en Alger, béatifiée en 2018.

 

Noé, patriarche

XXVe siècle avant Jésus-Christ

 

Le saint patriarche Noé est une figure des premiers chapitres de la Genèse (Gn 5-9), qui nous rappelle habituellement l’épisode d’un déluge dévastateur.

Si l’on situe approximativement le prophète Abraham au 20e siècle avant Jésus-Christ, Noé le précède, entre le 25e et le 20e siècles environ.

Que la terre ait pu être engloutie après quarante jours de pluie laisse le monde scientifique dans l’interrogation : ce déluge a-t-il eu lieu ? n’est-il pas un récit emprunté à des épisodes mythologiques babyloniens ?

On pourrait tout-à-fait retourner la question en sens inverse : les récits babyloniens ne seraient-ils pas des plagiats maladroits, païens, du récit biblique qui a pu certainement être colporté par voie orale dans ces régions, bien avant d’être consigné par écrit ?

Dans la Bible, Yahwé est un Dieu unique, juste ; il punit le mal des hommes, mais sauve le juste. Dans les récits babyloniens, c’est un ensemble de dieux qui intervient, et qui extermine tous les hommes par caprice.

D’après un mode de compter qui nous échappe désormais totalement, Noé engendra ses trois fils à l’âge de cinq cents ans, et mourut à neuf cent cinquante ans, un peu plus qu’Adam qui vécut neuf cent trente ans, et un peu moins que son grand-père Mathusalem, qui vécut neuf cent soixante-neuf ans (cf Gn 5:5,27 ; 9:28).

Sur ordre de Dieu, donc, Noé construisit son paquebot, que la Bible appelle Arche, et qui mesurait quelque cent cinquante mètres de long, vingt-cinq mètres de large et quinze de haut, en trois étages. C’est qu’il fallait y aménager des dizaines de cabines pour abriter chaque couple d’animaux, outre la proche famille de Noé : sa femme, ses trois fils et les épouses de ses trois fils, «huit personnes en tout», écrit saint Pierre dans son épître (2Pt 2:5).

Ce qui pourra surprendre, c’est que Yahweh ferme la porte de l’Arche, de l’extérieur, donc, tandis qu’après le cataclysme, Noé ouvre seulement une fenêtre, et ne sort par la porte que sur invitation de Yahweh.

Là, Yahweh fit une «alliance» avec Noé, une promesse sacrée en échange de la fidélité de Noé et de sa descendance, dont le signe était l’arc-en-ciel.

Cette Arche mystérieuse aurait échoué sur le mont Ararat en Arménie, mais qui oserait croire qu’on retrouverait un jour des morceaux de bois de ce vaisseau, après des milliers d’années ?

Au sortir de l’arche, Noé commença de cultiver la terre, et planta la vigne. Les vapeurs du raisin fermenté l’enivrèrent, il s’endormit inconsciemment, mal habillé. Un de ses fils se moqua de cette situation, tandis que les deux autres entrèrent à reculons pour couvrir leur cher père de son manteau.

Tous ces éléments ont un caractère prophétique qu’il est bon de relever.

Noé, le Juste, construit l’Arche où sont sauvés ceux qui lui sont proches : Jésus, le Juste par excellence, fonde l’Eglise où sont sauvés ceux qui sont fidèles à Dieu.

Cette Arche du salut aboutit à une première Alliance ; plus tard, il y aura par excellence l’Arche de l’Alliance, construite par Moïse sur l’ordre de Dieu ; cette arche sera le prélude du Tabernacle où est conservée l’Eucharistie, le Sacrement de notre Salut.

L’eau ensevelit l’humanité avant sa re-naissance : dans l’eau du baptême, nous fermons les yeux, nous mourons au péché, pour rouvrir les yeux à une nouvelle vie, la vie sacramentelle en Christ.

Noé cultive la vigne ; Jésus change le vin en son Sang eucharistique, qui doit nous «enivrer» de la vie divine ; c’est le Vin sacramentel qui réjouit le cœur de l’homme (Ps 103:15).

Noé est donc, dès le début de la Genèse, une première figure de Jésus-Christ, sauveur.

Le saint Patriarche Noé, autrefois mentionné le 10 novembre au Martyrologe, est à présent seulement commémoré en même temps que tous les Ancêtres du Christ, au 24 décembre.

Demetrianos d’Antioche
200-260

On ne connaît pas la vie de Demetrianos jusqu’à son épiscopat à Antioche de Syrie, qui commença en  253.
Mais on déduit qu’il connut d’abord le mariage, puisque son fils, Domnus, devint évêque en 268 (voir plus bas). Demetrianos pouvait avoir alors une cinquantaine d’années.
Dans les premières années de son épiscopat, Demetrianos et d’autres évêques, prirent part à des discussions importantes à propos de la validité ou non du baptême conféré par des hérétiques, ainsi que de la réconciliation des apostats (les lapsi) au lendemain de la persécution de Dèce (250). 
En 256, Antioche fut prise par les Perses, qui emmenèrent en ôtage la population «valide» ; Demetrianos faisait partie du lot.
Il fut assigné à la ville de Beth Lapat, au-delà du Tigre. Sapor rebaptisa cette ville Meilleure Antioche de Sapor (Gundishapur, act. en Iran), pour bien faire comprendre aux exilés qu’ils n’étaient plus chez eux. Ces déportés étaient pour la plupart chrétiens, de sorte que, le mal servant le bien, une forte colonie chrétienne s’établit alors au cœur de la Perse, dont sans doute Demetrianos s’occupa avec son zèle pastoral.
Demetrianos mourut là-bas en exil, vers 260, après sept ans d’épiscopat, dont quatre en déportation.
Mais à Antioche, on avait besoin d’un évêque, et l’on ne savait pas que Demetrianos venait de mourir. On ne l’apprit qu’en 261, lors de la seconde prise d’Antioche, toujours par les Perses. On réussit à nommer l’hérétique Paul de Samosate, qui fut cependant déposé en 268, et remplacé par Domnus, le fils de Demetrianos. Pour compléter l’histoire, disons que Paul résista encore quatre années sur place ; ce n’est qu’en 272 que les Romains, avec Aurélien, imposa Domnus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Demetrianos d’Antioche au 10 novembre.


Orestes de Tyane
3.-4. siècles

D’après une Passio que les doctes jugent sans valeur, Orestes était un médecin résidant à Tyane (Cappadoce, act. près de Kemerhisar, Turquie CS).
On dénonça bientôt à Dioclétien qu’Orestes détournait les gens du culte des dieux païens. L’empereur se le fit amener et chercha à le faire apostasier devant le temple, en vain. Il le fit flageller très violemment, au point que les intestins pendaient à terre ; puis Orestes eut le dos brûlé avec des lames rougies au feu et on arrosa les plaies avec du sel et du vinaigre. Orestes eut encore la force de souffler sur la statue de l’idole, qui s’effondra ainsi que le temple.
On mit le médecin martyr dans un cachot pendant huit jours, puis on lui perça les pieds et le côté avec des clous ; enfin, on l’attacha à un cheval indompté, qui le traîna pendant vingt-quatre milles, environ trente-cinq de nos kilomètres.
Epuisé et écorché vif, Orestes rendit l’âme. On jeta son corps dans le fleuve, d’où un mystérieux personnage lumineux vint le sortir.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Orestes de Tyane au 10 novembre.


Narses et Youssouf de Perse
† 343

Narses (Nerses) était évêque de Sahrqart (Garamée, auj. Irak N). Né en 263, il dit lui-même qu’il avait quatre-vingts ans au moment de son martyre.
Youssouf (Joseph) était son disciple, peut-être son secrétaire.
Le roi Sapor II se les fit amener. Il commença par s’émerveiller devant la prestance du vieil évêque et la beauté juvénile de Youssouf. Il chercha à les flatter, à les gagner par des promesses, à feindre de «devoir» les faire mourir s’ils n’adoraient pas le dieu Soleil.
Narses tenta de faire réfléchir le roi, mais finit par lui déclarer : Même s’il était en ton pouvoir de nous tuer et retuer sept fois, nous ne lâcherions pas notre Dieu pour t’obéir. Sapor lança la condamnation : ils seraient décapités.
Youssouf fut exécuté le premier, puis Narses, le 10 novembre 343.
L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais des documents non privés d’autorité ont aussi donné des Compagnons à nos deux Martyrs, ou plutôt les noms d’autres Martyrs exécutés dans la même persécution, à différentes dates, en Garamée et en Adiabène. Ainsi : 
Jean, évêque de Karka ;
Sapor, évêque de Karka, mort en prison, puis aussi décapité car le roi réclamait sa tête ;
Isaac, évêque de Karka, lapidé par des chrétiens requis par le roi ;
Isaac, prêtre de Hulsar ; 
Papas, prêtre ; 
Vahunam, jeune homme lapidé par des chrétiennes requises par le roi ;
Guhistazad, eunuque à la cour, égorgé par un prêtre apostat ;
des laïcs : Sasan, Mari, Timaï, Zaruan ;
des femmes : Bautha (noble dame) ; Thecla et Dinaq (religieuses) ; Tatun, Mama, Mazachia, Ana (vierges) ;
des religieuses de Garamée : Abiath, Hattaï, Mamlacha.
Ces noms ne se trouvent pas dans le Martyrologe ; ils nous montrent cependant que la Christianisme était fort bien organisé dès le quatrième siècle dans cette région de Perse ; on peut en outre constater que nous sommes loin de connaître vraiment tous ceux et celles qui versèrent leur sang pour la Foi au Christ et la fidélité à l’Eglise, pour leur courage devant les persécuteurs et durant les tortures.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Narses et Youssouf de Perse au 10 novembre.


Probus de Ravenne
4. siècle

La liste épiscopale de l’Eglise de Ravenne (Italie) comporte deux Probus, le septième et le quatorzième évêques de cette ville.
On ne sait duquel il s’agit aujourd’hui, les considérations en faveur de l’un ou de l’autre s’avérant un peu fumeuses. Pour certains, Probus - le premier - pourrait être même du deuxième siècle ; le second, à la fin du quatrième siècle.
L’ancien Martyrologe disait de ce Probus qu’il était célèbre pour ses miracles. On serait heureux d’en connaître au moins quelques-uns.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Probus de Ravenne au 10 novembre.


Léon 1er 
440-461

Leo («Lion», communément Léon) était le fils du toscan Quintianus. On présume qu’il naquit entre 390 et 400.
D’après son style, on suppose qu’il était assez lettré, connaisseur des belles-lettres, formé à l’éloquence, au courant des sciences ecclésiastiques, mais aussi faible helléniste.
A la mort du pape saint Xyste III (19 août 440), l’Eglise de Rome élut comme quarante-cinquième pape, l’archidiacre Leo, qui se trouvait en Gaule à ce moment-là pour rétablir la concorde entre le gouverneur Ætius et le général Albinus.
Cette élection d’un absent prouve combien l’archidiacre en question était connu et estimé à Rome. En effet, Leo était un proche des autorités ecclésiastiques romaines : acolyte, il était déjà chargé de porter à Carthage une condamnation des pélagiens par le pape Zosime (418) ; sous le pape Célestin, il est archidiacre : c’est lui qui pousse Cassien à écrire un traité sur l’Incarnation, contre les nestoriens ; c’est à lui que s’adresse saint Cyrille d’Alexandrie, pendant le concile d’Ephèse, pour mettre en garde l’Eglise romaine contre l’ambitieux Juvénal de Jérusalem ; c’est lui qui soutient le pape Célestin dans le gouvernement de l’Eglise ; c’est lui qui avertit le pape Xyste III des manœuvres de Julien d’Eclane, pélagien ; c’est encore lui, comme on l’a dit plus haut, qui était envoyé en Gaule pour régler le différend entre Ætius et Albinus.
Une missive l’invitait donc à rentrer au plus tôt à Rome. Il y arriva fin septembre, reçu avec effusion et consacré dès le 29 septembre 440. Le message qu’il adressa alors est plein d’humilité, de simplicité, de confiance en Dieu.
Leo intervint sur deux champs, principalement celui de l’orthodoxie, mais aussi au point de vue socio-politique, à cause du danger des Barbares.
Dans le domaine doctrinal, Leo fit proscrire de Rome les manichéens, dont les pratiques abominables scandalisaient la société ; fit chasser d’Aquilée les pélagiens ; invita les évêques espagnols à se réunir en concile pour condamner le priscillianisme et toutes ses déviations sur la Trinité, l’Incarnation, la Rédemption (Concile de Tolède, 447) ; confirma le concile de Constantinople qui condamnait le monophysisme d’Eutychès (448), condamna le brigandage d’Ephèse, pseudo-concile qui essayait de réhabiliter ledit Eutychès (449), et fit convoquer par l’empereur un nouveau concile à Chalcédoine pour renouveler la condamnation de Nestorius et d’Eutychès (450).
Le pape Leo ne se contenta pas de «commander», mais il prit des mesures pour faire appliquer ces décisions. Il s’efforça de convaincre toutes les Eglises de célébrer Pâques à la même date ; ce n’était pas une nouveauté, car déjà le concile de Nicée (325) avait établi que partout cette solennité centrale serait célébrée le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. Or des subtilités de calculs, et peut-être aussi des esprits trop pointilleux, ont fait que cette date n’était toujours pas universelle un siècle après (et malheureusement ne l’est toujours pas à notre vingt-et-unième siècle).
A propos des pélagiens, le pape exigea que les clercs, même convertis de cette erreur, n’accédassent pas à des ordres supérieurs, tant l’erreur était sournoise et dangereuse. En matière disciplinaire, il savait imposer à un saint évêque comme l’était Hilaire de Poitiers, de revenir sur ses décisions ; l’humilité d’Hilaire à obéir au pape donna à ce dernier l’occasion d’en faire un éloge marqué. 
Les événements qui se déroulèrent autour du concile de Chalcédoine amenèrent le pape Leo à écrire une lettre mémorable au patriarche Flavianus, illégitimement condamné et qui devait mourir peu après des mauvais traitements subis (ou peut-être même assassiné, voir au 17 février). Cette lettre du grand pape est un monument doctrinal sur l’Incarnation et sur les deux Natures du Christ.
Les Ménées grecs racontent qu’avant de la composer, Leo implora les lumières de l’Esprit Saint par des jeûnes, des veilles, des prières continuelles ; puis qu’après l’avoir écrite, le pape la déposa sur le tombeau de saint Pierre en priant l’Apôtre d’en corriger lui-même les imperfections.
Après toutes ces activités doctrinales, le pape dut agir en faveur de la population, en face du fléau de Dieu qu’était Attila.
Après avoir été défait en Gaule, Attila arrivait en Italie. Leo et son clergé, revêtus des ornements liturgiques, se déplacèrent à Mantoue au-devant d’Attila qui, impressionné par ce saint spectacle et par la parole du pape, promit d’épargner Rome ; il signa même un traité d’alliance avec Rome (452).
Ce fut le tour du féroce barbare arien Genséric à menacer Rome. Leo se porta encore une fois à sa rencontre et en obtint au moins qu’il respectât le clergé et les églises, mais l’envahisseur pilla la ville et emmena en captivité des milliers de personnes (455).
L’œuvre de Leo 1er est fondamentale et considérable, au point qu’on l’a vite appelé Grand.
Leo le Grand eut le souci d’être compris par tout le peuple dans ses sermons qui sont à la fois clairs et brefs, deux qualités qui imposent la confiance. C’est de sa plume qu’est sortie cette fameuse expression, à Noël : Natalis Domini, natalis est pacis, la naissance du Seigneur, c’est la naissance de la paix ; et celle-ci aussi : Natalis capitis natalis est corporis, la naissance du Chef, c’est la naissance du Corps (de l’Eglise, de chacun de nous). 
On a ainsi de ce saint pape un corpus certain de quatre-vingt seize sermons, aussi profonds de doctrine théologique que soignés dans la langue latine. En outre de très nombreuses lettres.
Le pape Leo 1er le Grand mourut le 10 novembre 461, après un pontificat de vingt-et-un ans. 
Leo 1er fut proclamé Docteur de l’Eglise. Il est mentionné au Martyrologe et fêté le 10 novembre.
Son successeur fut saint Hilaire 1er.


Iustus de Canterbury
  † 627

Iustus fut de ces missionnaires que le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) envoya en Angleterre en 601 pour seconder s.Augustin (v. 26 mai), qui y faisait déjà des merveilles.
De ce deuxième envoi faisaient partie Iustus, Mellitus, Paulinus, Rufinianus et quelques autres.
En 604, Augustin consacra évêques Mellitus et Iustus ; ce dernier devait assumer le nouveau diocèse de Rochester. Le roi Aedilberct fit construire une église dédiée à s.André, en souvenir du monastère Saint-André dont le pape Grégoire le Grand avait été moine et abbé précédemment.
En 604, Iustus fut un des trois signataires, avec Mellitus et Laurentius (le successeur d’Augustin), d’une lettre aux évêques d’Irlande pour les inviter à adopter les usages romains. Il s’agissait principalement de la date de la fête de Pâques et peut-être aussi de la tonsure ecclésiastique.
En 616, Mellitus et Iustus furent contraints de s’éloigner de leurs régions apostoliques en raison d’une brusque réaction païenne. Ils passèrent en Gaule, sans qu’on sache où ils furent reçus.
L’exil fut relativement bref ; Laurentius ayant gagné au Christ le roi du Kent, Aeodbald, les deux évêques revinrent en Angleterre.
Le siège de Canterbury passa en 619 à Mellitus, en 624 à Iustus, à la suite des décès de Laurentius et de Mellitus.
Le pape fit alors remettre à Iustus le pallium, pour consacrer les évêques d’Angleterre. C’est ainsi qu’en 625, Iustus consacra Paulinus, évêque d’York puis de Rochester (v. 10 octobre).
Iustus s’éteignit en ou vers 627, le 10 novembre.
Les trois évêques Laurentius, Mellitus et Iustus furent inhumés à Canterbury : quand on rouvrit leurs tombes en 1091, il apparut que Laurentius et Iustus devaient être particulièrement grands.
Saint Iustus de Cantorbury est commémoré le 10 novembre dans le Martyrologe Romain.


Baudolino d’Alessandria
712-744

Les dates ci-dessus sont en réalité celles du règne du roi lombard Liutprando, sous lequel vécut Baudolino.
Il était né à Foro (anc. Forum Fulvii, act. Villa del Foro, Piémont, Italie NO).
Ermite, il était connu pour ses dons de miracles et de prophétie.
C’est ainsi qu’un jour où un neveu du roi avait été blessé gravement durant une partie de chasse, le roi envoya auprès de Baudolino un émissaire, pour le prier de venir soigner le blessé. Quand l’émissaire arriva auprès de Baudolino, celui-ci répondit qu’il était au courant de l’accident mais qu’il ne pouvait plus rien faire parce que l’homme était déjà mort.
Baudolino mourut vers 740.  Il n'avait apparemment qu'une trentaine d'années.
Quand la ville d’Alessandria fut fondée (1168), les habitants de Villa del Foro s’y installèrent, portant avec eux les reliques de Baudolino.
En 1174, lors du siège d’Alessandria par les Gibelins, Baudolino serait apparu sur les murailles de la ville, mettant en fuite les ennemis.
La popularité de Baudolino fut telle qu’on finit même par en faire un des évêques d’Alessandria, alors que ce diocèse ne fut érigé que quatre siècles après la vie de Baudolino. Il reste étrange que, malgré tout, le diocèse d’Alessandria compte parmi ses célestes protecteurs, s.Baudolino, évêque et ermite.
Saint Baudolino d’Alessandria est commémoré le 10 novembre dans le Martyrologe Romain.

Ambrogio de Massa Marittima

† 1240

 

Les expressions en italiques sont tirées des textes en vue du procès de canonisation.

Il était clerc quand il se convertit, vers 1222, touché par un sermon du Frère Moricus, un franciscain qui l’engagea à revenir à la «vie ecclésiastique».

Il prit donc une église selon le droit canon, et se mit à pratiquer la vie qui convenait.

Trois ans après, il reçut l’habit drs frères mineurs à Massa Marittima (Toscane), et passa environ quinze ans dans leur ordre.

Modèle d’obéissance, il fut aussi un ascète : il quêtait, et ses pieds souvent se fendaient à cause du froid ; alors il les cousait avec une aiguille et du fil, ou bien versait dans ces fentes de la cire ou de la graisse, pour être un peu libéré.

Infirmier, il laissait souvent la messe pour subvenir aux nécessités des frères ; il partait avec des remèdes pour soigner au dehors les malades. Il était aussi cuisinier dévoué et lavait la vaisselle. Quelle charité l’animait, au point qu’il donnait la préférence aux malades avant de célébrer la Messe ; et quelle humilité, après la Messe, d’aller laver la vaisselle des Confrères !

Des miracles éclatèrent quand il mourut à Orvieto en 1240, le 10 novembre. 

On connaît son procès de canonisation, entamé l’année-même de sa mort, et dont le parchemin mesure plus de huit mètres de long.

On y lit qu’Il célébrait volontiers la messe et ensuite, souvent, faisait la cuisine pour les frères. Il était si zélé pour fournir le remède de la pénitence aux pécheurs que parfois il interrompait son repas pour courir à leur appel. Il célébrait la messe et l’office avec dévotion.

Le bienheureux Ambrogio n’est pas mentionné dans le Martyrologe Romain.

 

 

Andrea Avellino

1521-1608

 

Saint André Avellin naquit au royaume de Naples. Après des études brillantes, pendant lesquelles il eut le bonheur de conserver son innocence et sa piété, il reçut les Ordres sacrés, et sa science du droit, en même temps que son talent pour la parole, le poussèrent dans la carrière d'avocat. Un léger mensonge lui étant un jour échappé dans l'exercice de ses fonctions, Dieu lui en inspira une si vive horreur, qu'il brisa soudain sa carrière pour se consacrer au ministère des âmes.

Quelques temps après il entra dans l'Ordre des Théatins, où il voulut recevoir le nom d'André, à cause de son amour pour la Croix. Il fut dès lors un apôtre, et Dieu récompensa son zèle par des prodiges. Une nuit que, par une grande tempête, il revenait de confesser un malade, la violence de la pluie et du vent éteignit le flambeau qui servait à l'éclairer. Non seulement ni lui, ni ses compagnons, ne reçurent aucune goutte d'eau, au milieu des torrents de pluie qui tombaient, mais André, grâce à une vive splendeur qui jaillissait miraculeusement de son corps, servit de guide, à ceux qui étaient avec lui.

Un jour qu'il récitait le saint Office, les anges vinrent chanter avec lui les louanges de Dieu. La grâce l'accompagnait particulièrement dans l'administration du sacrement de Pénitence et dans la direction des âmes ; il y brillait par une piété et une prudence admirables. Dieu lui révélait souvent les secrets des cœurs, les choses éloignées et les choses futures. Il établit plusieurs maisons de son Ordre, travailla à la sanctification du clergé, fonda des œuvres de zèle : Dieu bénit toutes ses entreprises.

Il avait quatre-vingt-sept ans quand il fut frappé d'apoplexie, au moment où il commençait la messe et répétait pour la troisième fois ces mots : Introibo ad altare Dei. Privé de l'usage de la parole, il manifesta par signes le désir d'être porté devant le maître-autel, et put recevoir la Sainte Eucharistie. Dieu permit qu'il eût un rude combat à soutenir avant de mourir. Le démon lui apparut sous une forme horrible, menaçant de l'entraîner en enfer ; mais la Sainte Vierge, qu'André invoqua de toute son âme, lui donna un prompt secours, et son ange gardien chassa le monstre. André redevint calme et expira en paix en regardant amoureusement l'image de Marie.

On l'invoque avec succès contre la mort subite et imprévue, et pour obtenir une mort douce et chrétienne.

Saint Andrea est mentionné au Martyrologe le 10 novembre.

Felipa Gutiérrez Garay

1861-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Felipa était née à Saragosse (Espagne) en 1861.

C’était une ancienne élève des Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité.

Elle était la plus âgée des Adoratrices réfugiées à Madrid lors de la Guerre civile - elle avait soixante-quinze ans, et fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

 

Francisca Pérez de Labeaga García

1864-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Francisca était née à Desojo (Navarre, Espagne) le 27 janvier 1864.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Blasa de la Croix.

Complètement sourde, elle supporta tous ces événements avec une patience admirable.

Une des plus âgées des Adoratrices réfugiées à Madrid lors de la Guerre civile - elle avait soixante-douze ans, elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Teresa Vives Missé

1866-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Teresa était née à Arenys del Mar (Barcelona, Espagne) le 20 avril 1866.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Casta (Chaste) de Jésus.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Concepción Vázquez Areas

1871-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Elle était née à Boveda (Álava, Espagne) en 1871.

Une des anciennes élèves des Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Ruperta.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Rosa López Brochier

1876-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Rosa était née à Madrid (Espagne) le 29 mai 1876.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Rosaura de Marie.

Jugeant que, n’étant pas Supérieure, elle attirerait moins l’attention, elle prit avec elle sous son habit la Sainte Réserve Eucharistique, et put remettre discrètement à chacune de ses Consœurs une Hostie peu avant leur sacrifice. Un milicien put ensuite observer que la Sœur portait une boîte à réveil vide.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

María Zenona Aranzábal de Barrutia

1878-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

María Zenona était née à Elguetra (Guipuzcoa, Espagne) le 9 juillet 1878.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Borja de Jésus.

Lors de la révolution de juillet 1936, plutôt que de profiter d’un hébergement chez ses parents, elle préféra rester au milieu de ses Consœurs.

C’est elle aussi qui aurait alors exprimé cette magnifique phrase : Et si je mourais martyre, ne serait-ce pas là mon devoir ?

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Joaquín Piña Piazuelo

1878-1936

 

Né le 26 juillet 1878 à Caspe (Saragosse, Espagne), Joaquín était fils de bons et braves paysans chrétiens.

Il vécut avec eux longtemps, partageant les travaux des champs, sans fréquenter beaucoup l’école.

Entré en 1915 dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, à trente-sept ans, il avait une excellente vocation religieuse, mais pas une très grande préparation intellectuelle, de sorte qu’il accepta humblement de rester oblat, ou frère, prenant le nom de Acisclo et l’habit religieux en 1916.

Il collabora aux tâches de l’Ordre, à Ciempozuelos, à San Baudilio de Llobregat, à Pamplona, à Barcelone.

Sa charge principale était d’être de garde la nuit et, à Barcelone, de s’occuper des enfants malades.

Lors de la révolution de 1936, toute la communauté dut quitter la maison de l’Ordre et le Frère Acisclo trouva à se réfugier ici et là.

On vint perquisitionner là où il se trouvait, le 5 novembre, arrêtant en même temps la maîtresse de maison. 

Conduits à la tchéka San Elías, ils furent séparés. La Dame rentra chez elle et put témoigner de ce qu’elle avait vu : beaucoup d’autres prêtres et religieux avaient été arrêtés et fusillés, dont le frère Acisclo, le 10 novembre 1936.

Joaquín-Acisclo Piña Piazuelo fut béatifié en 1992.

 

 

Emilia Echevarría Fernández

1881-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Emilia était née à Dicastillo (Navarra, Espagne) le 5 avril 1881.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Máxima de Saint-Joseph.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

María Mercé Tuñi Ustech

1888-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Elle était née à Girona, (Espagne) le 17 juin 1888.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Ángels.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Dionisia Rodríguez de Anta

1890-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Dionisia était née à Cerecinos de Campos (Zamora, Espagne) le 14 novembre 1890.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Sulpicia du Bon Pasteur.

Peu de jours après son martyre, elle allait accomplir quarante-six ans.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Manuela Arriola Uranda

1891-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Manuela était née à Ondárroa (Biscaye, Espagne) le 29 décembre 1891.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Manuela du Sacré-Cœur de Jésus.

Elle fut responsable des Adoratrices réfugiées à Madrid lors de la Guerre civile. Clairvoyante, elle priait intensément, encourageant toute sa petite communauté, et priant Dieu de leur donner la force d’être dignes du martyre.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Sinforosa Díaz Fernández

1892-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Sinforosa était née à Novales (Huesca, Espagne) le 23 mars 1892.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Sinforosa de la Sainte Famille.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

Josepa Boix Rieras

1893-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Elle était née à Anglés (Girona, Espagne) le 22 février 1893.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Josepa de Jésus.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

María García Ferreiro

1896-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

María García était née à Villalba (Madrid, Espagne) le 9 novembre 1896.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de María de la Présentation.

La veille de sa mort, elle accomplissait quarante ans.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Luisa Pérez Adriá

1897-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Luisa était née à Castellón (Espagne) le 7 mars 1897.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Luisa de l’Eucharistie.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Prima de Ipiña Malzárraga

1898-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Prima était née à Valle de Orozco (Biscaye, Espagne) le 9 juin 1898.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de María Prima de Jésus.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

 

Belarmina Pérez Martínez

1899-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Belarmina était née à Villarejo de Órbigo (Léón, Espagne) le 26 septembre 1899.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Belarmina de Jésus.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Aurea González

1904-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Elle était née à San Andrés (Santander, Espagne) en 1904.

Une des anciennes élèves des Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Herlinda.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

María Dolores Monzón Rosales

1907-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

María Dolores était née à Oviedo (Asturies, Espagne) le 8 janvier 1907.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de María Dolores de Jésus Crucifié.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Lucía González García

1908-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Lucía était née à San Esteban del Valle (Ávila, Espagne) le 2 mars 1908.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Lucila de Jésus.

Au moment de l’arrestation, elle eut une attaque cardiaque. Immobilisée, elle passa de longs moments en prière silencieuse devant le Saint Sacrement, s’offrant en victime pour la conversion des pécheurs. 

Quand les miliciens vinrent pour les emmener à la tchéka, ils durent la porter sur une chaise.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Purificación Martínez Vera

1910-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

Purificación était née à Añavieja (Soria, Espagne) le 15 juin 1910.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de Purificación de Marie.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

María Dolores Hernández San Torcuato

1911-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

María Dolores était née à Bilbao (Biscaye, Espagne) le 7 avril 1911.

Entrée chez les Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité, elle prit le nom de María Dolores de la Sainte Trinité.

Lors de la révolution de juillet 1936, plutôt que de profiter d’un hébergement chez ses parents, elle préféra rester au milieu de ses Consœurs.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Cecilia Iglesias del Campo

?-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

On n’a pas retrouvé le lieu ni la date de sa naissance.

Elle était une des anciennes élèves des Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

 

 

Magdalena Pérez

?-1936

 

(Voir la notice générale des Adoratrices à Madrid).

 

On n’a pas retrouvé le lieu ni la date de sa naissance.

Elle était une des anciennes élèves des Adoratrices Esclaves du Saint-Sacrement et de la Charité.

Elle fut fusillée avec les vingt-deux autres, au cimetière de la Almudena (Madrid) le 10 novembre 1936.

La béatification de tout ce groupe eut lieu en 2007.

Johannes Prassek

1911-1943

 

Johannes naquit le 13 août 1911 à Hamburg, dans le quartier Barmbek ; c’était le fils d’un humble ouvrier.

Après ses études à Hamburg, il étudia la philosophie et la théologie à Frankfurt-sur-le-Main et à Münster ; il reçut le sacerdoce à Osnabrück en 1937.

Il fut d’abord aumônier à Wittenburg, puis exerça son activité pastorale à partir de 1939 dans la paroisse du Sacré-Cœur à Lübeck.

On le connaissait comme un homme de caractère, courageux. Ainsi, deux semaines avant son arrestation, il était décoré pour avoir secouru les malades d’un hôpital de Lübeck qui avait été bombardé dans la nuit du 28 au 29 mars 1942, pour aider à les faire héberger.

Il ne craignait pas de condamner le national-socialisme, jusque dans ses homélies. 

Pour venir en aide aussi aux prisonniers polonais, il en apprit la langue. Il allait les réconforter, ce qui était strictement interdit. 

Il fut finalement dénoncé, en même temps que deux autres Confrères et un Pasteur évangélique et arrêté le 18 mai 1942.

Durant son procès, il continua d’affirmer sa conviction contre le régime.

L’évêque tenta un recours en grâce, qui fut repoussé, et Johannes Prassek fut condamné à mort, avec ses trois autres Compagnons. Ils furent guillotinés dans la prison de Hamburg le 10 novembre 1943.

Durant la béatification de ces trois prêtres, en 2011, on rappela aussi le sacrifice du Pasteur.

 

 

Eduard Müller

1911-1943

 

Né le 20 août 1911, Eduard était un des sept enfants d’une famille de Neumünster (Schleswig-Holstein, Allemagne), que son père abandonna très vite.

La pauvre maman chercha à nourrir tout son monde avec des «petits boulots».

Eduard suivit d’abord une formation de menuisier, et s’engagea dans la Jeunesse catholique. C’est l’aumônier, Bernhard Schräder, qui l’aida à mûrir sa vocation sacerdotale et à trouver de généreux donateurs pour lui payer sa formation au séminaire.

Eduard prépara ainsi son baccalauréat au séminaire des vocations tardives Clementinum, de 1931 à 1935, et put finalement être ordonné prêtre en 1940.

Il fut d’abord vicaire à la paroisse du Sacré-Cœur de Lübeck, où se trouvait déjà Johannes Prassek, et où il s’occupa activement de la jeunesse. Les jeunes l’aimaient beaucoup. Mais Eduard repoussa énergiquement toute collaboration avec les Jeunesses hitlériennes. Il était a-politique et simplement conscient de l’incompatibilité entre national-socialisme et christianisme.

Malgré les sanctions officiellement annoncées, Eduard écoutait régulièrement les émissions en langue allemande de la radio anglaise. Il participait aussi à la reproduction et à la distribution des homélies de Mgr Clemens August Graf von Galen, l’évêque de Münster qui condamnait ouvertement l’élimination des «vies inutiles» prônée par le régime (voir au 22 mars). Enfin, Eduard participait à des réunions de travail publiques, dans l’église du Sacré-Cœur, où l’on discutait du non-sens de la guerre.

Après l’arrestation du Pasteur Karl Friedrich Stellbrink (7 avril 1942), trois prêtres furent aussi arrêtés ainsi qu’une vingtaine de laïcs. Eduard fut arrêté le 22 juin.

En juin 1943, le Pasteur et les trois Prêtres furent accusés de trahison pour entente avec l’ennemi, subversion de la force armée, délit contre la loi sur la Radio, et pour cela condamnés à mort. Les laïcs furent condamnés à des peines de travaux forcés.

Peu après le jugement, Eduard écrivit ces mots, citant saint Paul : Telle est l’attente de mon ardent espoir : rien ne me confondra, je garderai au contraire toute mon assurance et, cette fois-ci comme toujours, le Christ sera glorifié dans mon corps, soit que je vive soit que je meure. Pour moi, certes, la vie c’est le Christ et mourir représente un gain (Ph 1:20-21).

Eduard Müller, avec les deux autres prêtres (ainsi que le pasteur), furent guillotinés dans la prison de Hamburg le 10 novembre 1943, qui est leur dies natalis dans le Martyrologe.

La béatification de ces trois prêtres a eu lieu en 2011.

 

 

Hermann Lange

1912-1943

 

Né le 16 avril 1912, Hermann était le fils d’un professeur d’aéronautique à Leer (sur la Mer du Nord, Allemagne) et grandit donc dans la bonne bourgeoisie de cette ville, dont il fréquenta le lycée.

Il avait un oncle prêtre, doyen de la cathédrale de Osnabrück. Dès le lycée, il s’engagea dans les rangs «Pour la nouvelle Allemagne», un mouvement de réforme catholique dont il devint même un des dirigeants. Très tôt il pensa au sacerdoce.

Vis-à-vis du national-socialisme, il eut toujours une position clairement et totalement défavorable.

Il étudia la théologie à Münster et fut ordonné prêtre en 1938.

Il exerça ses fonctions sacerdotales d’abord à Neustadtgödens, à Lingen, puis dès 1939 à la paroisse du Sacré-Cœur de Lübeck, comme ses Confrères Johannes Prassek et Eduard Müller.

Sa fonction principale était de s’occuper de la jeunesse et des hommes de la communauté paroissiale.

Des témoins de l’époque ont toujours décrit Hermann comme un homme extraordinairement sérieux, fiable et très pédagogique. Il était le cerveau des trois prêtres arrêtés dans cette paroisse. Ses homélies étaient d’un niveau nettement supérieur. Le théologien considérait avec dédain la tendance national-socialiste et, en privé, prévoyait la défaite des Allemands, et même s’opposait au service militaire sous les ordres du national-socialisme.

Pendant longtemps, il polycopia et diffusa des feuillets contre le national-socialisme, ainsi que les homélies de l’évêque de Münster, Clemens August Graf von Galen (voir notice au 28 mars), qui dénonçait solennellement l’erreur national-socialiste.

Une perquisition eut lieu au domicile de Hermann qui, finalement, fut dénoncé et arrêté par la Gestapo le 15 juin 1942.

Lors de l’interrogatoire, il ne renia pas sa position contre le national-socialisme et contre la guerre.

Comme cela a été écrit dans les notices de ses deux Confrères (cf. Johannes Prassek et Eduard Müller), un Pasteur évangélique et une vingtaine d’autre laïcs furent aussi arrêtés. Dans la prison de Lübeck, Hermann se trouvait en compagnie de ce Pasteur, tandis que les deux autres prêtres étaient dans une autre cellule.

Une lettre de Hermann nous est parvenue de cette période d’incarcération : 

Je suis personnellement très tranquille et je sais à quoi je m’attends. Quand on s’est abandonné totalement et réellement à la volonté de Dieu, on ressent une paix merveilleuse et la certitude d’une protection absolue… Les hommes ne sont toujours que des instruments dans la main de Dieu. Si Dieu veut ma mort, que sa volonté soit faite.

Après une année de prison eut lieu, fin juin 1943, un procès de trois jours, devant la deuxième chambre de la cour de justice de Berlin, qui s’était déplacée exprès à Lübeck. Hermann reçut l’annonce de la peine de mort avec un total abandon à Dieu.

Lui et ses deux Compagnons furent alors enfermés ensemble dans la prison de Hamburg, où leur rendit visite l’évêque d’Osnabrück, dont la demande en grâce pour ses prêtres resta sans succès.

Hermann Lange fut exécuté par la guillotine le même jour que les autres, le 10 novembre 1943, à 18 heures 26.

Ses dernières paroles à l’aumônier furent : Un joyeux Au-revoir au ciel. Saluez pour moi mes chers paroissiens de Lübeck et mes compatriotes de Leer. 

La béatification de Hermann Lange eut lieu en même temps que celle des deux autres prêtres, en 2011. A cette occasion, le prélat ne manqua pas de rappeler le souvenir du Pasteur exécuté avec eux.

Le dies natalis de ces trois prêtres martyrs est le 10 novembre, mais comme on fête en ce jour saint Léon le Grand, leur fête liturgique est célébrée localement le 25 juin.

 

 

 

Odette Prévost

1932-1995

 

Née le 17 juillet 1932 à Oger (Marne), Odette Prévost voulait être institutrice.

Elle enseigna pendant trois ans, entre 1950 et 1953.

En 1953, elle entra chez les Petites Sœurs du Sacré-Cœur, la famille religieuse fondée par le b. Charles de Foucauld (v. 1er décembre).

En 1958, elle fut envoyée au Maroc ; puis elle revint à Argenteuil, pour travailler (c’est-à-dire pour témoigner) en milieu maghrébin.

En 1959, ce fut la profession perpétuelle.

En 1968, l’année «difficile» en France, elle commença une grande aventure missionnaire en Alger. Là-bas, elle mit tout son zèle pour rencontrer la population d’un quartier pauvre d’Alger, pour aider tous les jeunes dans leurs études. On la disait douée intellectuellement, très pédagogue et généreuse.

Le 10 novembre 1995, elle attendait avec une Consœur la voiture qui devait les conduire à la Messe, lorsqu’un individu s’approcha et tira à bout portant sur les deux Religieuses. Odette fut tuée sur le coup.

L’autre Sœur, grièvement blessée, devait rester toute sa vie très marquée par cet attentat, moralement et physiquement.

Sœur Odette reçut ainsi la palme du martyre ; le 10 novembre sera le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 00:00

 

09 NOVEMBRE

     

III.    

S Ursinus, premier évêque à Bourges ; peut-être un des soixante-douze disciples du Seigneur.

S Agrippinus, évêque à Naples.

IV.    

Dédicace de la basilique romaine du Latran.

V.    

S Benen, évêque à Armagh, disciple et successeur de s. Patrick.

S Aurélius, évêque à Riditio, venu mourir à Milan.

VI.    

S Vanne, évêque à Verdun.

VII.    

Stes Eustolia et Sopatra, vierges à Constantinople ; Eustolia était romaine et voulut se retirer ; Sopatra, fille de l'empereur Maurice, voulut se mettre à son écoute, obtenant de son père un lieu pour y construire église et monastère.

IX.    

S Georges, évêque à Lodève, peut-être bénédictin à Conques et à Vabres.

X.    

Ste Thomaïs, épouse aussi pieuse que son mari était brutal, à Constantinople.

XIV.    

Bse Giovanna, solitaire à Signa.

XV.    

B Gabriele Ferretti, franciscain à Ancone, d'une grande humilité. 

B Luigi Morbioli, pénitent à Bologne ; de mari infidèle, il devint solitaire avec d'extraordinaires pénitences.

XVI.    

B Grazia, un pêcheur dalmate, convers augustin à Monte Ortone puis Venise.

XVII.    

B George Napper, prêtre martyr à Oxford ; il avait déjà fait neuf années de prison avant son sacerdoce.

XIX.    

Bse Carmen González Ramos García Prieto, veuve espagnole, fondatrice des Sœurs Franciscaines des Sacrés-Cœurs, béatifiée en 2007.

XX.    

Bse Elisabeth Catez (de la Trinité, 1880-1906), carmélite à Dijon ; elle avait obtenu le 1er prix de piano ; béatifiée en 1984, canonisée en 2016. 

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : Francisco José Marín López de Arroyave (*1910), profès, près de Madrid.

- béatifiée en 2015 :

Sœurs de Saint-Joseph : María de la Salud Baldoví Trull (María Micaela, *1869), près de Valencia.

B Henryk Hlebowicz (1904-1941), prêtre bélarus fusillé, béatifié en 1999.

B Luigi Beltrame Quattrocchi (1880-1951), père de famille romain, béatifié en 2001 en même temps que son épouse (Maria Corsini, cf. 26 août) ; de leurs quatre enfants, l’aîné fut prêtre à Rome, la seconde bénédictine à Milan († 1993), le troisième bénédictin puis trappiste, la quatrième fut laïque consacrée (elle était née en bonne santé, en 1914, alors que le corps médical préconisait un avortement par crainte pour la vie de la mère et du bébé).

Ursinus de Bourges
3e siècle

Saint Ursinus (Ursin) passe habituellement pour être le premier évêque de Bourges, au troisième siècle. C’est ce qu’affirme le Martyrologe Romain au 9 novembre. 
Mais une autre tradition fait remonter saint Ursin à la période apostolique, Ursin étant un des soixante-douze disciples du Seigneur, présent à la Dernière Cène, à l’Ascension et à la Pentecôte, devenu ensuite compagnon inséparable de saint Pierre. Il aurait été ensuite envoyé en Gaule par le successeur de Pierre, saint Clément, et Ursinus aurait ainsi fondé l‘Eglise de Bourges, obtenant du sénateur Leocadius un palais suffisamment grand pour devenir la cathédrale de Bourges, où Ursinus déposa des reliques de saint Etienne, protomartyr.
Il semble que l’on ait enjolivé certains détails historiques pour aboutir à cette tradition. Il est vrai que Leocadius donna une maison pour y organiser le culte chrétien, mais celui-ci vivait au 3e siècle, ayant eu un aïeul martyr à Lyon en 177.
La tombe de saint Ursin fut retrouvée sur révélation de celui-ci au 6e siècle.
Il se pourrait que le véritable dies natalis de saint Ursin soit le 29 décembre, mais la date du 9 novembre fut préférée comme étant l’anniversaire de l’invention de ses reliques.


Agrippinus de Naples
† 233

Sixième évêque de Naples, Agrippinus fut qualifié d’Amoureux de la patrie, défenseur de la cité.
Et encore : Il accrut beaucoup la troupe de ceux qui croient au Seigneur et les réunit dans le sein de la Sainte Mère l’Eglise.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Agrippinus de Naples au 9 novembre.


Eustolia et Sopatra de Constantinople
6e siècle

Les deux vierges Eustolia et Sopatra ont sans doute bien existé et vécu à Constantinople.
Eustolia, une Romaine, pieuse, voulut gagner Constantinople dans l’espoir d’y mener une vie plus sainte. Arrivée à destination, elle commença à visiter les églises.
C’est durant ce saint pèlerinage qu’elle rencontra une certaine Sopatra, qu’on dit être fille de l’empereur Maurice († 602). Le maigre document sur lequel s’appuie cette affirmation est le seul document historique qui parle de cette fille de l’empereur. Maurice eut, certes, quatre filles, Anastasia, Theoktista, Cleopatra, Miriam ; faudrait-il entendre Sopatra sous le nom de Cleopatra ? ou Sopatra fut-il le deuxième prénom de l’une d’elles ?
Sopatra, donc, choisit Eustolia pour être sa mère spirituelle ; elle abandonna, dit-on, le palais impérial et demanda à son père un terrain pour y construire un monastère avec une église.
D’autres jeunes filles se joignirent aux deux premières, apportant leur fortune personnelle, pour construire les bâtiments et secourir les pauvres qui frappaient à la porte.
Eustolia dirigea tout son monde pendant de longues années, et Sopatra lui succéda.
On ne sait où se trouvait au juste le monastère, sans doute sur le flanc de la cinquième colline, au-dessus du Phanar.
Les saintes Eustolia et Sopatra sont commémorées le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.


Vanne de Verdun
† 529

Le nom latin de Vanne est Vito ou Vitonus.
Que s.Mesmin (v. 15 décembre ?) ait été son frère, reste un point d’interrogation.
Dans la liste épiscopale de Verdun, il occupe le huitième rang ; il aurait été évêque de ce diocèse entre 502 et 529 (ou entre 498 et 525, quatre ans plus tôt).
Du temps de son prédécesseur, Freminus, il y eut une révolte des habitants de Verdun, que Clovis vint assiéger. L’évêque mourut alors et un bon prêtre, Euspice, rencontra Clovis pour lui exprimer les excuses des Verdunois ; Clovis, touché, voulut faire d’Euspice le nouvel évêque de Verdun, mais celui-ci lui recommanda Vanne, son neveu. 
Les nombreux miracles de Vanne ont peut-être été amplifiés par quelques exagérations, mais le culte de s.Vanne est fort ancien. 
Saint Vanne de Verdun est commémoré le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.


Georges de Lodève
† 884

Georges aurait été originaire de la région de Rodez.
Il aurait été moine bénédictin à l’abbaye de Conques, puis à Vabres. Pour cette dernière fondation, il fut un élément de premier plan auprès de Raymond 1er , comte de Toulouse et de Rouergue. La fondation eut lieu en 861.
En 863, Georges (s’il s’agit bien du même personnage) fut appelé à occuper le siège épiscopal de Lodève ; il en était le dixième titulaire (connu). Son épiscopat dura vingt-et-un ans.
Il s’éteignit en 884.
A part le premier évêque de Lodève (Saint Flour, v. 1er juin), Georges est le seul évêque canonisé de tout le premier millénaire ; il y aura ensuite saint Fulcran († 1006, v. 13 février).
Le territoire du diocèse de Lodève a été absorbé par celui de Montpellier.
Saint Georges de Lodève est commémoré le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.

Ursinus

3e siècle

 

Saint Ursinus (Ursin) passe habituellement pour être le premier évêque de Bourges, au troisième siècle. C’est ce qu’affirme le Martyrologe Romain au 9 novembre. 

Mais une autre tradition fait remonter saint Ursin à la période apostolique, Ursin étant un des soixante-douze disciples du Seigneur, présent à la Dernière Cène, à l’Ascension et à la Pentecôte, devenu ensuite compagnon inséparable de saint Pierre. Il aurait été ensuite envoyé en Gaule par le successeur de Pierre, saint Clément, et Ursinus aurait ainsi fondé l‘Eglise de Bourges, obtenant du sénateur Leocadius un palais suffisamment grand pour devenir la cathédrale de Bourges, où Ursinus déposa des reliques de saint Etienne, protomartyr.

Il semble que l’on ait enjolivé certains détails historiques pour aboutir à cette tradition. Il est vrai que Leocadius donna une maison pour y organiser le culte chrétien, mais celui-ci vivait au 3e siècle, ayant eu un aïeul martyr à Lyon en 177.

La tombe de saint Ursin fut retrouvée sur révélation de celui-ci au 6e siècle.

Il se pourrait que le véritable dies natalis de saint Ursin soit le 29 décembre, mais la date du 9 novembre fut préférée comme étant l’anniversaire de l’invention de ses reliques.

 

 

Eustolia et Sopatra de Constantinople

6e siècle

 

Les deux vierges Eustolia et Sopatra ont sans doute bien existé et vécu à Constantinople.

Eustolia, une Romaine, pieuse, voulut gagner Constantinople dans l’espoir d’y mener une vie plus sainte. Arrivée à destination, elle commença à visiter les églises.

C’est durant ce saint pèlerinage qu’elle rencontra une certaine Sopatra, qu’on dit être fille de l’empereur Maurice († 602). Le maigre document sur lequel s’appuie cette affirmation est le seul document historique qui parle de cette fille de l’empereur. Maurice eut, certes, quatre filles, Anastasia, Theoktista, Cleopatra, Miriam ; faudrait-il entendre Sopatra sous le nom de Cleopatra ? ou Sopatra fut-il le deuxième prénom de l’une d’elles ?

Sopatra, donc, choisit Eustolia pour être sa mère spirituelle ; elle abandonna, dit-on, le palais impérial et demanda à son père un terrain pour y construire un monastère avec une église.

D’autres jeunes filles se joignirent aux deux premières, apportant leur fortune personnelle, pour construire les bâtiments et secourir les pauvres qui frappaient à la porte.

Eustolia dirigea tout son monde pendant de longues années, et Sopatra lui succéda.

On ne sait où se trouvait au juste le monastère, sans doute sur le flanc de la cinquième colline, au-dessus du Phanar.

Les saintes Eustolia et Sopatra sont commémorées le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vanne de Verdun

† 529

 

Le nom latin de Vanne est Vito ou Vitonus.

Que s.Mesmin (v. 15 décembre ?) ait été son frère, reste un point d’interrogation.

Dans la liste épiscopale de Verdun, il occupe le huitième rang ; il aurait été évêque de ce diocèse entre 502 et 529 (ou entre 498 et 525, quatre ans plus tôt).

Du temps de son prédécesseur, Freminus, il y eut une révolte des habitants de Verdun, que Clovis vint assiéger. L’évêque mourut alors et un bon prêtre, Euspice, rencontra Clovis pour lui exprimer les excuses des Verdunois ; Clovis, touché, voulut faire d’Euspice le nouvel évêque de Verdun, mais celui-ci lui recommanda Vanne, son neveu. 

Les nombreux miracles de Vanne ont peut-être été amplifiés par quelques exagérations, mais le culte de s.Vanne est fort ancien. 

Saint Vanne de Verdun est commémoré le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georges de Lodève

† 884

 

Georges aurait été originaire de la région de Rodez.

Il aurait été moine bénédictin à l’abbaye de Conques, puis à Vabres. Pour cette dernière fondation, il fut un élément de premier plan auprès de Raymond 1er , comte de Toulouse et de Rouergue. La fondation eut lieu en 861.

En 863, Georges (s’il s’agit bien du même personnage) fut appelé à occuper le siège épiscopal de Lodève ; il en était le dixième titulaire (connu). Son épiscopat dura vingt-et-un ans.

Il s’éteignit en 884.

A part le premier évêque de Lodève (Saint Flour, v. 1er juin), Georges est le seul évêque canonisé de tout le premier millénaire ; il y aura ensuite saint Fulcran († 1006, v. 13 février).

Le territoire du diocèse de Lodève a été absorbé par celui de Montpellier.

Saint Georges de Lodève est commémoré le 9 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanna de Signa

1266-1307

 

Giovanna naquit en 1266 à Castello di Signa (Florence, Toscane, Italie C), de parents chrétiens et paysans.

Petite, elle garda les troupeaux. A douze ans déjà, plus mûre d’esprit que pour son âge, elle décida de se retirer dans une vie érémitique et de prière. Elle se fabriqua un ermitage proche de Castello di Signa, fit murer la porte et vécut là jusqu’à la fin de sa vie.

Mais elle n’était pas pour autant inconnue encore moins invisible : la sainteté de sa vie attisa la curiosité, mais aussi la piété des gens, qui vinrent lui demander conseil, sa prière d’intercession pour les malades, les pauvres, les malheureux. On signala six miracles accomplis durant sa vie, et vingt-sept autres après sa mort.

Son premier miracle advint au tout début de sa vie érémitique, ou juste avant. Giovanna se trouvait avec d’autres petits bergers en rase campagne, quand un violent orage se déchaîna. Elle traça à terre un grand cercle, à l’intérieur duquel tous se réfugièrent et furent totalement épargnés de la pluie et de la grêle. Une autre version avance qu’elle planta son bâton en terre et qu’il fut immédiatement aussi grand qu’un chêne, qui abrita et protégea de la pluie tous ceux, enfants et bêtes, qui se trouvaient là.

Un autre miracle fut que Giovanna, toujours à douze ans, put traverser l’Arno à pieds secs, «voguant» sur son manteau.

Beaucoup d’autres miracles encore confirmèrent la sainteté de la jeune vierge, qui mourut à trente-et-un ans, peut-être de la peste.

Le jour de sa mort, on entendit les cloches sonner comme pour un jour de fête ; les gens accoururent et trouvèrent Giovanna à genoux, comme en prière, le regard tourné vers le ciel.

C’était le 9 novembre 1307, qui fut alors le dies natalis de la Bienheureuse, dont le culte fut reconnu en 1798.

 

 

Gabriele Ferretti

1385-1456

 

Gabriele était fils du comte Liberotto et de Alvisa Sacchetti. Il naquit vers 1385 à Ancone (Italie).

Il devait sans doute être promis à une vie brillante, succédant à son père, mais contre la volonté de ce dernier, Gabriele décida à dix-huit ans de prendre l’habit franciscain, dans le couvent de Saint-François ad Alto (près d’Ancone).

Très studieux, profondément religieux, il reçut le sacerdoce et se consacra à l’apostolat auprès des pauvres et des malades, au point qu’on l’appela le Père d’Ancone.

En 1425, il fut nommé gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent, qu’il agrandit et où il recueillit des pestiférés durant l’épidémie de 1425-1427.

En 1434, il devient Ministre provincial, et fonde plusieurs couvents dans la région, à San Severino Marcas, Ascoli Piceno, Osimo.

En 1438 on l’appelle pour prêcher en Bosnie, en compagnie de saint Giacomo de la Marche (v. 28 novembre), mais il est vite rappelé à Ancone, où le conseil municipal a «besoin» de lui.

Gabriele revient, et reprend son apostolat local. Il répand la dévotion franciscaine des «Sept Joies de Marie», zèle que la Sainte Vierge récompensa par des apparitions.

Gabriele eut aussi le don de la prophétie et des miracles ; il guérit entre autres une de ses nièces, infirme, qui ne pouvait se déplacer.

Il mourut assisté de saint Giacomo de la Marche, le 9 (ou le 12) novembre 1456. Son culte a été approuvé en 1753.

(Il y eut un autre Gabriele Ferretti, au 19e siècle, évêque et cardinal italien).

 

 

Luigi Morbioli

1433-1485

 

Luigi naquit à Bologne en 1433, dans une famille qui comptait six enfants. Son père mourut vers 1465, sa mère beaucoup plus tard.

L’enfance, l’adolescence, sa vie jusqu’à la trentaine, ne furent qu’une suite de malheurs moraux. Ce beau garçon se montrait plus que mondain, séducteur, gourmand, buveur, colérique (avec son épouse en particulier), se ruinant au jeu.

Cette vie déplorable le conduisit un jour pour ses «affaires» à Venise, où la grâce divine l’attendait. Une grave maladie le cloua au lit, et il fut hospitalisé chez les Chanoines réguliers du Saint-Sauveur. Leur douceur, leur parole, firent que Luigi rentra profondément en lui-même, et revint chez lui guéri, de corps et d’âme.

Il se mit un vulgaire habit marron (puis blanc), et alla quêter dans les rues de Bologne en faveur des pauvres. Il ne se souciait plus ni de ses cheveux ni de sa barbe, il était vagabond, dormant un peu n’importe où, hiver comme été. S’il devait voyager, il montait une vieille bête, armé d’un simple crucifix.

Les quinze dernières années de sa vie, il ne mangeait plus que du pain, des fruits et des  légumes crus.

Là où il passait, il suscitait la curiosité, bien sûr, mais aussi sa parole convaincante fit des conversions. Chez lui, on ne le reconnaissait plus ; ailleurs, c’était un apôtre. Il sculptait sur bois de pieuses images.

Il annonça le jour prochain de sa mort, en novembre 1485. Il refusa l’assistance du médecin pour éviter tout adoucissement à ses douleurs, et mourut effectivement le 9 novembre.

Il fut inhumé dans la cathédrale d’Ancone, mais on ne retrouva plus son cercueil, à la suite de divers travaux de restauration.

Le culte de Luigi Morbioli fut officiellement reconnu en 1842.

 

 

Grazia de Cattaro

1438-1508

 

Grazia (peut-être Grazià, pour Graziano) naquit le 27 novembre 1438 à Mulla (Cattaro, auj. Kotor, Montenegro), qui dépendait alors de Venise.

Notre jeune homme fut marin et pêcheur.

A trente ans, il entendit prêcher à Venise un père augustinien, dont la parole convaincante le décida à entrer dans l’Ordre de Saint-Augustin, comme frère convers.

Il vécut au couvent de Monte Ortone, où était établie l’Observance primitive. 

On lui confia le jardin : l’ancien marin s’acquitta à merveille de son travail et fut très apprécié de la communauté.

En 1474, il fut transféré à Venise, où l’on put observer une mystérieuse lumière au-dessus de sa cellule, sans oublier les nombreux miracles qui se vérifièrent par sa prière d’intercession.

Un été particulièrement chaud, alors qu’on travaillait à la réfection de l’église, Grazia, par sa prière, fit se remplir  d’eau douce une grande citerne, dont l’eau resta potable même quand il s’y mêla de l’eau marine.

Grazia mourut le 9 (ou le 8 ?) novembre 1508, après une grave maladie et son culte fut reconnu en 1889.

 

 

George Napper

1550-1610

 

George (il n’y a pas d’s en anglais) était né au manoir de Holywell (Oxford, Angleterre) en 1550.

Son père, Edward Napper (ou Napier), qui mourut en 1558, était Membre du Collège All Souls d’Oxford ; sa mère (en second mariage) fut Anne, fille de John Peto de Chesterton (Warwickshire) et nièce du Cardinal William Peto.

A seize ans, George entra au Collège Corpus Christi d’Oxford, mais en fut renvoyé deux ans après, comme catholique. Ce n’était qu’un début.

Il visita le Collège anglais de Reims en 1579.

Fin 1580, George fut emprisonné, pendant neuf ans ; il fut libéré quand il accepta de dire qu’il reconnaissait la suprématie du roi d’Angleterre en matière religieuse. 

Mais il se repentit bien vite de cette erreur et partit pour Douai se former au sacerdoce, qu’il reçut en 1596.

En 1603, il retourna dans son pays. Le roi James 1er semblait être tolérant, mais le complot des Poudres en 1605 fit éclater la persécution. George, lui, continua son apostolat pendant sept ans encore dans le comté d’Oxford, vivant probablement chez son frère William ; on a dit de lui qu’il était remarquablement laborieux pour gagner des âmes à Dieu.

On l’arrêta à Kirtlington, non loin de Woodstock, très tôt le 19 juillet 1610, alors qu’il portait le Saint Sacrement dans une pyxide, probablement pour aller assister quelque moribond. La fouille se borna à lui confisquer son bréviaire et les saintes huiles. Il fut mis en prison au château d’Oxford, mais Jésus-Hostie n’est pas prisonnier : il tenait compagnie au prêtre.

En prison, d’après le témoignage d’un autre prisonnier, George donnait tout ce qu’il pouvait pour subvenir à quelque autre prisonnier moins nanti que lui : nourriture, vêtements. Il préférait souffrir que de laisser souffrir un autre.

Il fut condamné, comme prêtre, mais ses amis lui obtinrent un sursis. Ce sursis fut abrégé parce que George commit le «scandale» de convertir un détenu qui mourut en se proclamant catholique ! George ne s’arrêta pas à ce premier scandale, il en ajouta un autre : interrogé sur le cas, il reconnut avoir obtenu la conversion de l’autre prisonnier, et s’offrit «d’en faire autant avec leurs seigneuries».

Le 2 novembre, refusant le serment d’allégeance au roi, il fut décidément condamné à mort.

Le 9 novembre, il célébra encore le Saint Sacrifice le matin ; on le sommait de prêter le serment, ce qu’il refusa nettement, continuant plutôt de prier pour le roi James 1er.

Entre treize et quatorze heures il fut décapité, puis écartelé. Sa tête et ses membres furent exposés aux quatre portes de la ville d’Oxford. Une pieuse main alla décrocher ces restes précieux pour les ensevelir dignement.

George Napper fut béatifié en 1929.

 

 

María Carmen González Ramos García Prieto

1834-1899

 

Elle naquit le 30 juin 1834 à Antequera (Málaga, Espagne), sixième des neuf enfants de Salvador et Juana, un foyer fort chrétien, et fut baptisée le lendemain de sa naissance.

María Carmela (ou María Carmen) grandit en âge et en sagesse dans une bonne atmosphère, ouverte et serviable. Sa vie spirituelle était déjà intense, elle aimait prier mais aussi elle aimait aider les pauvres. Son père disait d’elle : Ma fille est une sainte.

Mais cette sainte reçut bien des contradictions : son père s’opposa à une première demande en mariage, puis à son entrée chez les Carmélites Déchaussées.

Elle communiait chaque jour, faisait partie de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul et s’occupait activement des malades, à domicile ou à l’hôpital.

Tout en maintenant cette activité caritative, à vingt-deux ans, elle épousa un certain Joaquím Muñoz del Caño, qu’elle aima de tout son cœur, mais surtout qui la fit souffrir énormément par sa vie dissolue ; cette épreuve dura vingt années jusqu’à ce que, vaincu et touché par la patience de son épouse fidèle, Joaquím enfin se convertit, sincèrement, et mourut quatre ans plus tard très pieusement, laissant une épouse veuve à quarante-sept ans, sans enfants.

C’est cette absence d’enfants à la maison qui lui fit remarquer les enfants sans éducation, sans formation, auxquels elle ouvrit sa maison pour leur faire l’école.

Quelques femmes se joignirent bientôt à elle, et elles décidèrent de fonder la congrégation des Sœurs du Tiers-Ordre franciscain des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, communément appelées aujourd’hui Sœurs Franciscaines des Sacrés-Cœurs, dont la «nourriture spirituelle» se fondait sur les mystères de Bethléem, du Calvaire et de l’Eucharistie.

María Carmen prit désormais le nom de María Carmen de l’Enfant-Jésus.

Comme dans toutes les fondations, il y eut des joies et des peines, des hauts et des bas, des encouragements et des calomnies, des combats douloureux et des victoires. La Mère Carmen, comme on l’appelait communément, put ouvrir de son vivant onze maisons en Espagne (Andalousie, Castille, Catalogne), des maisons non seulement d’éducation scolaire, mais de formation pour les jeunes filles, les jeunes mamans, les ouvrières, les malades.

Le mot d’ordre de María Carmen était d’enseigner les âmes à connaître et à aimer Dieu.

Elle quitta ce monde là où elle était née, à Antequera, le 9 novembre 1899 et fut béatifiée en 2007.

Le miracle qui servit cette cause fut la guérison totale, sans aucun traitement médical, d’une grosse tumeur dont souffrait une Religieuse.

Elisabeth Catez

1880-1906

 

Elisabeth était la première fille de parents chrétiens qui habitaient à Farges-en-Septaine (Bourges), et qui déménageront à Auxonne puis Dijon. Là naîtra leur deuxième fille, Marguerite.

Elisabeth, née à Farges-en-Septaine, avait un caractère naturel très marqué, colérique et volontaire.

Dans son enfance, elle vit mourir successivement chez elle la grand-mère (1882), le grand-père (1887) et son père aussi (octobre 1887), subitement. Elle avait alors sept ans.

Avant sa Première Communion, elle se confessa plusieurs fois. Dès 1888 elle parla de sa vocation religieuse.

Elisabeth grandit, étudia, prit des leçons particulières pour l’orthographe qu’elle ne dominait pas bien, et apprit le piano. Coquette, elle aimait les gants et les bijoux.

En 1891, lors de sa Première Communion, elle sentit que Notre-Seigneur avait pris possession de son cœur. Elle comprit qu’elle devrait désormais lutter contre son tempérament. 

Très sensible et très musicale, elle obtint son premier prix de piano au conservatoire de Dijon (1893). Ses auteurs préférés étaient Chopin, Liszt, Schumann.

Le Carmel l’attirait, elle fit intérieurement le vœu de chasteté en 1894. Elle participait aux œuvres paroissiales, fit le catéchisme, monta à la chorale, convainquit des jeunes de fréquenter l’église pendant le Mois de Marie (mai).

Durant ses vacances, elle voyageait ; avec ses amis, elle dansait, jouait, partait en montagne. Dans son journal, elle notait ses victoires et ses défaites ; elle combattait ses faiblesses.

Tandis que sa mère lui proposait un bon parti en vue d’un mariage, Elisabeth répondit fermement qu’elle désirait entrer au Carmel, ce qu’elle ne pourra faire qu’à sa majorité, vingt-et-un ans à l’époque.

Dès 1899, elle imitait les carmélites dans leurs mortifications, mais elle fit des excès. La supérieure du Carmel l’invita à se modérer, car la mortification ne consiste pas seulement en privations physiques, mais aussi en l’acceptation intérieure des épreuves que Dieu nous donne.

Elle faillit être envoyée parmi les fondatrices d’un nouveau Carmel à Paray-le-Monial, mais sa mère s’y opposa. Elle entra donc au Carmel de Dijon en 1901. Elle portera le nom religieux de Elisabeth de la Trinité et prendra le voile en 1903.

Son ascension spirituelle ne se fera pas d’un jet. Elisabeth goûtera des périodes de réelles aridités intérieures, de doutes même, qui se dissiperont par ses élévations dans le silence, dans la méditation des épîtres de saint Paul ; elle goûtera bien sûr les Auteurs du Carmel, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix (v. 15 octobre et 14 décembre), mais aussi le flamand mystique Ruisbroek et la franciscaine italienne Angela de Foligno (v. 2 décembre et 4 janvier), et tout près d’elle, Thérèse de Lisieux qui venait de mourir (1897, v. 30 septembre).

Sa dévotion mariale s’intensifia dans la contemplation de l’Incarnation du Verbe divin dans le sein de Marie, au jour de l’Annonciation : de l’Annonciation à Noël, le sein de Marie est la demeure de la Trinité, et ainsi le modèle des âmes intérieures, en qui Dieu habite. Elle invoquait Marie comme la Janua cæli, la Porte du Ciel.

Elle écrira beaucoup de lettres, à sa sœur et à ses amis, mais aussi des poèmes et des opuscules spirituels, notamment sur la Sainte Trinité, ce mystère fondamental du christianisme dans lequel elle s’abîmait de plus en plus profondément. Sa prière Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, est maintenant extrêmement connue. Reprenant l’expression de saint Paul, elle désirait devenir Louange de Gloire (Eph 1:12).

En 1906 apparurent les symptômes de la maladie d’Addison, pour laquelle il n’y avait pas de remèdes à l’époque, et Elisabeth sentit sa mort prochaine. Elle écrivit : Avant de mourir je rêve d’être transformée en Jésus crucifié.

La maladie empira beaucoup en octobre. Elisabeth reçut l’Eucharistie le jour de la Toussaint, agonisa encore pendant neuf jours et mourut le 9 novembre 1906.

Très vite les éditions des écrits d’Elisabeth s’épuiseront ; la vie et le message d’Elisabeth passionnent un grand nombre d’âmes.

Sœur Elisabeth (Catez) de la Trinité fut béatifiée en 1984 et canonisée en 2016.

 

Voici le texte de la très belle prière dont il a été question plus haut.

 

O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me «revêtir de vous même», d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O Feu consumant, Esprit d'amour, «survenez en moi» afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, «couvrez-la de votre ombre», ne voyez en elle que le «Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances».

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

María de la Salud Baldoví Trull

1869-1936

 

Née le 28 avril 1869 à Algemesí (Valencia, Espagne), elle entra chez les moniales Cisterciennes de Císter de La Zaydía, et prit le nom de María Micaela.

Elle fut élue abbesse entre 1917 et 1921.

En 1927, ella alla fonder à Algemesí un nouveau monastère, Fons Salutis, dont elle fut la Supérieure. 

En juillet 1936, les Religieuses furent expulsées de leur maison, et la Mère Baldoví trouva refuge chez sa sœur, Encarnación ; trois mois plus tard, on l’arrêta pour la mettre en prison… dans le monastère lui-même, converti en prison.

Elle fut assassinée le soir du 9 novembre 1936, au croisement de Benifayó, sur la route de Valencia.

Elle fut béatifiée en 2015.

 

 

Francisco José Martín López de Arroyave

1910-1936

 

Francisco vit le jour le 24 septembre 1910 à Vitoria (Pays basque espagnol).

Il commença le noviciat chez les Salésiens à Mohernando et fit la profession en 1933.

C’était un Frère plein de zèle et prometteur. 

Il se trouvait à Madrid au moment de l’explosion de la guerre civile.

Arrêté le dès 19 juillet 1936, il fut plusieurs mois prisonnier, maintenant autant qu’il le pouvait ses dévotions habituelles. Il demanda plusieurs fois à se confesser, et s’efforçait de redonner courage aux plus faibles.

Le 9 novembre 1936, il fut fusillé à Paracuellos de Jarama (Madrid).

Francisco a été béatifié en 2007.

 

 

Henryk Hlebowicz

1904-1941

 

M. Hlebowicz (il faut prononcer «Glebovitch») travaillait à Orienbourg, près de l’Oural. Henryk était né à Grodno sur le Niémen, le 1er juin 1904. Grodno, qui se trouvait en Russie blanche, est actuellement en Biélorussie, et est habitée par une importante minorité de Polonais.

Après ses études à Orienbourg, Henryk revint à Grodno, qui était repassée sous la nationalité polonaise. Sur ces entrefaites, il entra au séminaire de Wilno (qui est maintenant Vilnius, capitale de la Lituanie) et fut ordonné prêtre en 1927.

Après son doctorat de théologie, il vint à Rome pour obtenir celui de philosophie, à l’université dominicaine de l’«Angelicum». On remarquait son amour de l’étude et de l’Eglise.

Entre 1930 et 1936, il fut professeur à l’université Etienne Bathory de Wilno, et professeur de théologie au séminaire, en même temps que chapelain d’une pieuse union mariale en milieu étudiant et d’une autre association de jeunes laïcs, la Juventus Christiana.

Entre 1935 et 1938 il fut vicaire à Troki (Wilno), puis préfet des études au lycée de Rabka (Cracovie), et il revint à Wilno en 1939, juste au début de la guerre.

Il travailla beaucoup dans la région de Minsk comme curé de diverses paroisses, où il fallait reprendre l’évangélisation après le départ des troupes soviétiques.

Les autorités nazies voulurent imposer un programme d’athéisme destiné à la jeunesse, mais Henryk continua de prier avec ses jeunes et fit l’offrande de lui-même pour sauver leur foi.

En 1941, la police biélorusse dénonça ce prêtre zélé aux autorités allemandes qui occupaient le pays. On l’arrêta et il fut condamné comme patriote polonais et catholique.

Il fut fusillé dans les bois de Borysow près de Minsk, le 9 novembre 1941.

Il est un des nombreux Martyrs polonais qui furent béatifiés en 1999.

 

 

Luigi Beltrame Quattrochi

1880-1951

 

Né le 12 janvier 1880 à Catane (Sicile), Luigi était le fils de Carlo Beltrame et de Francesca Vita. Quelle belle destinée, celle de porter le nom de la Vie et de la donner à un tel fils !

Par la suite, Luigi assuma aussi le nom de Quattrocchi, porté par un oncle sans enfant.

La famille quitta la Sicile et s’installa à Rome, où Luigi reçut en 1902 le doctorat en Droit à la faculté La Sapienza, pour sa thèse L’erreur de fait dans le droit pénal.

Ayant réussi le concours national, il fut promu avocat.

En novembre 1905, il épousa Maria Corsini (voir la notice), avec laquelle il partagea une vie très chrétienne, avec l’Eucharistie et le chapelet quotidiens, et une communauté de sentiments dans une parfaite et continuelle harmonie.

Chaque mois, ils passaient quelques jours à l’abbaye Saint-Paul-hors-les-Murs, où ils rencontraient l’abbé : Alfredo Ildefonso Schuster, futur archevêque de Milan (voir au 30 août).

Ils eurent quatre enfants : l’aîné, Filippo, fut prêtre à Rome ; la seconde, Stefania, fut bénédictine et supérieure à Milan (elle mourut en 1993) ; le troisième, Cesare, fut bénédictin, puis trappiste ; la quatrième, Enrichetta, fut une laïque consacrée.

La naissance de cette dernière (1914) s’annonçait dramatique, et le corps médical préconisait un avortement, par crainte pour la vie et du bébé et de la maman. Les parents refusèrent, la petite fille naquit en bonne santé.

Luigi était un homme qui se donnait totalement aux autres. Avocat et père de famille, il voulut encore s’impliquer dans des activités chrétiennes au service de son Prochain.

C’est ainsi qu’en 1916 il collabora à la naissance du mouvement scout ASCI, dont il sera le président pour la section de Rome, et membre du Commissariat Central en 1918. En 1919, il fonda un nouveau groupe à Rome, qu’il dirigea jusqu’en 1923. De 1921 à 1927, il fut en outre conseiller général de l’ASCI.

Un chrétien engagé comme Luigi ne pouvait se laisser berner par des illusions politiques : il refusa d’adhérer au parti fasciste, ce qui lui vaudra la suspension de son avancement professionnel. Il préféra cette situation à tout compromis.

Vint la Seconde guerre mondiale. Luigi s’employa à cacher des Juifs ainsi que des Italiens poursuivis par le régime. Cette attitude courageuse et responsable fut hautement récompensée dès 1946 : il fut nommé vice-avocat général de l’Etat italien.

Luigi mourut d’un infarctus, le 9 novembre 1951.

Cas unique dans l’histoire de l’Eglise, Luigi et son épouse Maria furent béatifiés ensemble, en 2001 : leurs trois enfants vivants assistaient à la cérémonie.

Le miracle retenu pour cette béatification, fut la guérison imprévue, complète, durable et inexplicable scientifiquement, d’un Italien maintenant neurochirurgien, pour la guérison duquel on avait recouru à la commune intercession des deux époux.

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 00:00

 

08 NOVEMBRE

 

IV.

Quatre SS Couronnés : Claudius, Nicostratus, Simpronianus, Castorius avec Simplicius, leur compagnon converti ; sculpteurs en Pannonie, martyrisés pour avoir refusé de sculpter un Esculape. 

S Clair, disciple de s. Martin ; il eut d'autres disciples à Tours.

S Maur, évêque à Verdun (V.?).

V.

Ste Matrone, moniale à Constantinople ; elle se serait cachée longtemps de son mari pour se consacrer, finissant par être supérieure de son monastère et mourir centenaire.

VI.

S Tysilio, moine en Pays de Galles.

VII.

S Deusdedit Ier, pape (615-618) : il guérit un lépreux en l'embrassant.

VIII.

S Wiomad, évêque à Trèves.

S Willehad, anglais, premier évêque à Brême, apôtre de la Frise et de la Saxe.

X.

B Grégoire, abbé à Einsiedeln ; il avait laissé en Angleterre son épouse et contribua beaucoup au développement de son monastère.

Ste Euphrosyne la Jeune, vierge ; pour échapper au mariage, elle avait fui, déguisée en homme ; devenue moine, elle fuit de nouveau pour être moniale près de Constantinople.

XII.

S Geoffroy, abbé à Nogent-sous-Coucy, évêque à Amiens, insensible à la simonie ; il soutint la commune des Bourgeois contre leurs seigneurs, mais s'en lassa et voulut même abdiquer. 

XIV.

B John Duns Scott, franciscain écossais, théologien "subtil et admirable", "ménestrel du Verbe incarné", "héraut de la bienheureuse Vierge Marie", dont le culte fut confirmé en 1993.

XVIII.

Bse Elisabetta (Maria Crocefissa) Satellico, abbesse clarisse à Ostra Vetere, mystique, béatifiée en 1993.

XIX.

SS Giuse Nguyễn Ɖình Nghi, Phaolô Nguyễn Ngân, Mactinô Tạ Ɖức Thịnh, prêtres, et deux paysans : Mactinô Thọ, Gioan Baotixita Cỏn, tonkinois martyrs, décapités ; le prêtre Mactinô était octogénaire ; canonisés en 1988, fêtés le 24 novembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2013 :

Lasalliens : Maximino Serrano Sáiz (José Alfonso, *1887), près de Madrid ;

- béatifié en 2017 :
Lazaristes : le prêtre Laureano Pérez Carrascal (*1902), près de Madrid ;

- béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : Juana Josefa Ochotorena Arniz (María Juana de Saint-Michel), Petra Manuela Pairós Benito (Marie Pilar des Abandonnés), Eustaquia Monedero de la Calle (María Eustaquia de l’Assomption), Isabel Lacaba Andía (María del Carmen), Manuela Balbina Rodríguez Higuera (María de Saint-Joseph),  Manuela Prensa Cano (María du Très-Saint-Sacrement), Basilia Díez Recio (Basilia Díez Recio), María de las Nieves Rodríguez Higuera (Maria Guadalupe de l’Ascension), Clotilde Campos Urdiales (María du Pilar),  Narcisa García Villa (María Beatrice de Sainte-Thérèse) (*1860, 1863, 1864, 1882, 1886, 1887, 1889, 1892, 1897, 1909), à Madrid.

Les Quatre Saints Couronnés
† 306

L’empereur Dioclétien vint en Pannonie inférieure non loin de Sirmium (act. Sremska Mitrovica, Serbie) pour y visiter les carrières de marbre des montagnes et y remarqua quatre ouvriers particulièrement habiles dans l’art de la sculpture : Claudius, Castorius, Simpronianus et Nicostratus.
Chrétiens en secret, ils travaillaient en offrant à Dieu leur travail de tout leur cœur. Pour tout ce qu’on leur demandait de sculpter, ils s’exécutaient avec joie, et toujours au nom de Jésus Christ, et avec le signe de la Croix.
Un de leurs collègues, nommé Simplicius, cassait toujours son outil en travaillant. Claudius et Simpronianus lui expliquèrent comment ils mettaient toute leur confiance en Jésus-Christ, et le gagnèrent à la Foi. C’est à partir de ce moment que les Quatre devinrent en réalité Cinq, et que Simplicius ne cassa plus son outil.
Simplicius fut alors baptisé par l’évêque Cyrille d’Antioche, qui avait été déporté là depuis trois années (v. 22 juillet).
Le travail continua. Dioclétien était de plus en plus émerveillé par les belles choses que faisaient ces sculpteurs chrétiens. Dioclétien leur demanda de sculpter une statue du Soleil avec son quadrige, tout, y compris le char et les chevaux, devant être pris dans un seul bloc de marbre de Thasos. Les Cinq firent tout ce qu’on leur demanda, car il s’agissait là d’un simple «monument» décoratif ; en revanche, ils refusèrent franchement de sculpter ensuite une statue du dieu Esculape, qui devait servir d’idole pour le temple. C’est là que les ennemis du Christ s’acharnèrent contre eux.
Les autres ouvriers furent d’abord pris de jalousie, et accusèrent les Cinq de magie. Puis ils les accusèrent ouvertement de désobéir à l’ordre de l’empereur. Dioclétien ordonna une enquête.
Le tribun Lampadius commença de les interroger, puis les mit en prison pendant neuf jours ; on les dénonça encore à Dioclétien comme fauteurs de troubles, capables de renverser le culte des dieux païens. Dioclétien commençait à se fâcher et à les menacer de tortures.
Nouvel interrogatoire, nouvelles menaces : on les battrait avec des verges de fer, s’ils n’obtempéraient pas. Après cinq jours de prison, on leur présenta les instruments de torture, et l’on commença de les frapper. Lampadius alors fut pris de spasmes violents et mourut à l’instant. Alors Dioclétien se fâcha pour de bon : il ordonna d’enfermer les Cinq dans des cercueils de plomb et de les jeter dans le Danube.
C’était le 8 novembre 306.
Peu après, on put repêcher les cinq cercueils. Les corps furent rapportés à Rome. Mais la tradition s’implanta de nommer ces Martyrs Les Quatre Couronnés : soit on considéra que la conversion de Simplicius était l’œuvre des quatre Compagnons, protagonistes principaux de l’histoire, soit on ne rapporta que quatre corps à Rome. La basilique des Quatre Saints Couronnés se trouve sur le mont Cælius.
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs de Sirmium au 8 novembre.


Clarus de Tours
† 397

Clarus (Clair) était un jeune homme de grande noblesse, qui vint se mettre à l’école de s.Martin de Tours (v. 11 novembre).
Les grands progrès qu’il fit dans la perfection le conduisirent bientôt au sacerdoce.
Il s’établit dans un petit bâtiment non loin de celui de s.Martin, et put recevoir là d’autres jeunes gens qui voulaient vivre avec lui et profiter de ses conseils.
Un de ceux-là prétendit avoir reçu des grâces du Ciel, entre autres un vêtement blanc ; sceptique, Clarus voulut mener son disciple à s.Martin pour lui montrer ce vêtement… qui disparut en chemin !
Clarus mourut peu de temps après s.Martin. Si ce dernier est traditionnellement fêté le 11 novembre, il a été précisé qu’il mourut le 8 novembre 397 ; Clarus a donc pu mourir ce même mois, ou en décembre, on ne sait.
Le Martyrologe Romain mentionne Clarus de Tours au 8 novembre.


Deusdedit 1er
615-618

Entre le pape Boniface IV et le pape Boniface V, le siège de Saint-Pierre fut occupé par Deusdedit 1er.
Deusdedit signifie «Dieu a donné», et est remplacé parfois par l’équivalent latin Adeodatus, «donné par Dieu» ; en français on dit Adéodat ou, plus fréquemment, Dieudonné.
Durant les trois années de ce pontificat, il y eut en Italie de forts tremblements de terre, et par la suite, des épidémies de lèpre.
C’est peut-être à cette époque que remonte la création des premiers «lazarets» ou hôpitaux pour lépreux. Le pape Deusdedit y fut présent pour participer aux soins des pauvres malades.
L’ancien Martyrologe disait qu’en embrassant un de ces lépreux, le pape le guérit.
Deusdedit eut de bons rapports avec les Lombards et avec la monarchie franque.
On conserve de lui le premier specimen de sceau pontifical, consistant en une bulle de plomb, marquée par le Bon Pasteur entouré de ses brebis, avec les deux lettres grecques A et Ω.
Deusdedit 1er fut le soixante-huitième pape.
Il est mentionné le 8 novembre au Martyrologe.


Willehad de Brême
740-789

Cet Anglais naquit en Norhumbrie vers 740-745.
Prêtre, il demanda au roi et aux évêques de l’envoyer prêcher l’Evangile en Frise.
Il marcha d’abord sur les pas de s.Boniface (v. 5 juin), au nord de l’actuelle Hollande, franchit la Lauwers et passa dans l’Humsterland.
Il fut arrêté et aurait pu y subir déjà le martyre, mais un conseil délibéra ; on avança qu’il n’avait commis aucun crime passible de mort et qu’on devait s’en remettre au sort : le sort fut heureux et on laissa Willehad libre, en le priant tout de même de s’éloigner.
Willehad marcha plus au Sud. Peu de conversions dans cette population attachée à ses rites païens. Mais un néophyte rempli d’un zèle excessif, commença à détruire des temples et la population s’alarma contre lui en le rossant d’importance, puis contre son maître, Willehad, sur lequel s’abattit une épée. Mais l’épée ne fit que tailler la courroie épaisse à laquelle était suspendu un reliquaire que portait toujours Willehad. Les païens, fort étonnés du prodige, n’osèrent plus lever la main contre lui, mais Willehad comprit qu’il valait mieux, pour l’heure, quitter cette dangereuse Frise.
Or Charlemagne cherchait à pacifier définitivement les Saxons : s’ils pouvaient se convertir au christianisme, ils deviendraient moins belliqueux. Aussi l’empereur fit-il appel à Willehad pour entreprendre l’évangélisation de la Saxe, entre la Weser et l’Elbe.
Un début de succès fut en réalité contredit par une attaque soudaine des Saxons contre l’armée franque. C’est tout juste si Willehad eut le temps de repasser la Weser, tandis que ceux de ses compagnons qui avaient voulu rester sur place, furent massacrés.
Willehad prit alors d’autres armes : il se rendit en pèlerinage à Rome et fut reçu par le pape Adrien 1er, qui l’encouragea. Il revint en France et s’arrêta au monastère d’Echternach, qu’avait fondé s.Willibrord (v. 7 novembre). Avec ses compagnons survivants, il y resta deux années, priant, méditant, copiant des manuscrits.
Entretemps, Charlemagne infligea une cruelle défaite aux Saxons et pria Willehad de reprendre son travail évangélique. D’autorité, en 787, il fit sacrer évêque Willehad en lui assignant pour diocèse tout le territoire qu’il avait déjà parcouru.
Cette fois-ci, la moisson fut meilleure. Willehad installa son siège à Brême et y fit construire une belle cathédrale en bois, qui fut consacrée le 1er novembre 789.
Il faut rapporter ici certains détails concernant l’austérité de Willehad. Il priait beaucoup, parfois deux ou trois fois le psautier dans la journée ; il ne mangeait que du pain, du miel, des légumes et des fruits ; il prit du poisson seulement pour obéir au pape. 
Sans se reposer, il repartit en mission. Arrivé à l’embouchure de la Weser, il fut prit de fièvre. Son disciple Egisrik le suppliait de ne pas abandonner si tôt son troupeau, mais Willehad ne voulait rien d’autre que recevoir la couronne de tant de fatigues. Il mourut là, le 8 novembre 789, au lendemain du jour anniversaire de la mort de s.Willibrord ; il n’avait pas cinquante ans, mais beaucoup de mérites. 
Son corps fut ramené à Brême, et enseveli dans la toute nouvelle cathédrale.
Saint Willehad de Brême est commémoré le 8 novembre dans le Martyrologe Romain.

Geoffroy d’Amiens

1065-1115

 

Geoffroy, né vers 1065 dans le Soissonnais comme son frère Odon, étaient les fils de Frodon et Elisabeth, de bons propriétaires terriens, et chrétiens. Sur le tard, Frodon alla finir ses jours dans une abbaye, tandis qu’Elisabeth se vouait aux bonnes œuvres.

Geoffroy, donc, reçut au baptême le nom de l’abbé qui officiait, Geoffroy, abbé du Mont-Saint-Quentin, qui reçut l’enfant dans son abbaye dès qu’il eut cinq ans.

Le petit garçon grandit sagement, fut infirmier, hôtelier (assisté par Odon), cellérier. Il se montra très bon administrateur et fort ingénieux.

Il reçut le sacerdoce vers 1090, puis fut nommé abbé à Nogent-sous-Coucy, une abbaye encore jeune, qu’il administra fort intelligemment et même, parfois, un peu énergiquement, d’après les moines.

En 1104, il fut élu évêque d’Amiens. On a conservé un grand nombre d’actes où apparaît le nom de Geoffroy. On se rend compte qu’il fut un grand partisan de la nécessaire réforme de l’Eglise, et il brilla par son intégrité et sa totale aversion envers la simonie.

Ses relations avec les seigneurs locaux furent tumultueuses. Peut-être Geoffroy manquait-il un peu de diplomatie, mes les seigneurs manquaient certainement de respect pour l’Eglise, et Geoffroy pouvait manier l’excommunication sans trop de scrupules. Il était trop préoccupé de la liberté de l’Eglise pour se laisser humilier par le pouvoir temporel.

En 1113, il soutint sincèrement la commune qu’organisèrent les bourgeois d’Amiens contre l’oppression des seigneurs ; mais cette guerre civile dans sa propre ville affligeait Geoffroy : il se retira, secrètement, après avoir expédié son anneau pastoral à l’archevêque de Reims. Il s’arrêta à Cluny, puis logea à la Grande Chartreuse. Mais un concile réuni à Soissons prescrivait à Geoffroy de rentrer dans son diocèse. Après avoir assisté au concile de Reims, il arriva à Amiens pour les Rameaux, 11 avril 1115.

Le 16 juin, il réunit un synode à Amiens ; début juillet, il fut au concile de Châlons. En octobre, il dut aller à Reims et au retour s’arrêta à Saint-Crépin de Soissons, où la fièvre le prit, le 25 octobre. Reparti le lendemain matin, il était trop malade et fut reconduit à l’abbaye. C’est là qu’il mourut, le 8 novembre 1115.

Sur la base de la tradition, le nom de saint Geoffroy fut introduit plus tard au Martyrologe.

 

 

John Duns Scotus

1266-1308

 

John naquit en 1266 (ou à la fin de 1265). 

On le nomme en général Duns Scot, à la française, oubliant que son prénom était celui de l’Apôtre Jean, qu’il était natif de Duns, en Ecosse, d’où son surnom de Scotus, écossais. 

Il entra dans l’Ordre franciscain et enseigna à Oxford et Paris.

Sa doctrine philosophique procédait selon une démarche très différente de celle de l’autre maître de l’époque, saint Thomas d’Aquin. Mais ils défendaient tous deux la même foi catholique, soutenant tous deux le primat de Pierre et la papauté.

John Duns Scott eut ainsi l’occasion de défendre ouvertement le pape Boniface VIII contre le roi Philippe le Bel, ce qui lui valut l’exil pendant quelque temps.

Les deux écoles, franciscaines et dominicaines, continuèrent pendant longtemps de s’opposer l’une à l’autre avec des arguments intellectuels savants qu’on ne reprendra pas ici.

John Duns Scott lui-même avait une pensée telle, qu’il reçut le surnom de Doctor subtilis, Docteur subtil, tandis que son «rival», Tommaso d’Aquin, reçut celui de Doctor angelicus, Docteur angélique. 

Il a été considéré comme subtil, d’abord pour la profondeur de ses thèses ; plus tard, on chercha à le déconsidérer pour ses subtilités qu’on n’appréciait pas.

Il reste un des grands défenseurs du dogme de l’Immaculée Conception, de celui de l’Infaillibilité Pontificale.

En-dehors de ces controverses, on sait d’ailleurs peu de choses précises sur la vie de notre Docteur.

Il s’éteignit à Cologne (Allemagne), le 8 novembre 1308.

Longtemps considéré comme Bienheureux par les Franciscains, il l’est maintenant «officiellement», depuis que son culte a été confirmé en 1993. 

Elisabetta Maria Satellico

1706-1745

 

Née à Venise (Italie) le 9 janvier 1706 (et non le 31 décembre, semble-t-il), de Piero Satellico et Lucia Mander, Elisabetta vécut avec les parents chez son oncle prêtre.

Elle put recevoir l'Eucharistie à neuf ans.

De mauvaise santé, mais d'intelligence vive, douée pour la musique et le chant autant que pour la prière, très tôt elle exprima son désir d'entrer chez les Clarisses.

A quatorze ans, elle entra au monastère de Ostra Vetere (Montenovo, Ancona, Marches), comme aspirante : elle jouait de l'orgue et organisait le chant des moniales ; elle prit l'habit en 1725, avec le nom de Maria Crocifissa (Marie Crucifiée).

Après sa profession, elle chercha à ressembler toujours plus au Christ crucifié ; sa dévotion allait principalement à la Sainte Trinité, à la Très Sainte Vierge, à l'Eucharistie ; son amour enveloppait toutes les âmes rachetées par la Croix du Sauveur ; elle reçut des grâces mystiques extraordinaires qui montraient l'élévation de son âme et son union avec le Christ : on la voyait aller communier avec une couronne d'épines, on la trouvait les bras en croix...

Elue abbesse une première fois, elle fut réélue et renonça à sa charge sur la volonté de l'évêque.

Frappée de phtisie (tuberculose), elle mourut le 8 novembre 1745.

Elle a été béatifiée en 1993.

 

 

Mactinô Tạ Ɖức Thịnh

1760-1840

 

Mactinô (ou Martinô, Martin) naquit à Kẻ Sặt (Hà Nội, Tonkin), en 1760.

Prêtre, membre des Missions Etrangères de Paris (MEP), il travailla pendant des dizaines d’années comme pasteur de son peuple.

Désormais octogénaire, il fut arrêté avec deux autres prêtres, tonkinois eux aussi, et deux laïcs, dont son propre domestique, Mactinô Thọ, le 31 mai 1840, sur une dénonciation.

Après un mois de détention dans la capitale Nam-Ɖịnh, ils furent soumis à des interrogatoires, pour leur faire avouer l’identité et la cachette d’autres prêtres. Puis on les invita à apostasier, sous la torture. N’ayant rien obtenu de ces fidèles serviteurs du Christ, le gouverneur prononça la sentence de mort, qui devait être confirmée par le roi.

La confirmation arriva seulement le 6 novembre.

Il y eut une dernière sommation à apostasier. Mais les cinq «accusés» répondirent : 

Grand mandarin, nos résolutions sont immuables ; elles ne sauraient changer. 

Pour se rendre au lieu du supplice, on dut transporter le père Mactinô en filet, car il ne pouvait plus marcher, après cette longue détention de cinq mois.

Le père Mactinô fut exécuté à Bảy Mẫu (Tonkin), le 8 novembre 1840.

Béatifié en 1900, il fut canonisé en 1988.

On rappellera que tous les Martyrs vietnamiens sont fêtés liturgiquement ensemble, le 24 novembre.

 

 

Giuse Nguyễn Ɖình Nghi

1771-1840

 

Giuse (Joseph) naquit à Kẻ Vồi (Hà Nội, Tonkin), en 1771.

Il avait été ordonné prêtre vers 1820, et avait conquis l’estime unanime, même de la part des païens.

Il fut arrêté avec deux autres prêtres, tonkinois eux aussi, et deux laïcs, le 31 mai 1840, sur une dénonciation.

Après un mois de détention dans la capitale Nam-Ɖịnh, ils furent soumis à des interrogatoires, pour leur faire avouer l’identité et la cachette d’autres prêtres. Puis on les invita à apostasier, sous la torture. N’ayant rien obtenu de ces fidèles serviteurs du Christ, le gouverneur prononça la sentence de mort, qui devait être confirmée par le roi.

La confirmation arriva seulement le 6 novembre.

Il y eut une dernière sommation à apostasier. Mais les cinq «accusés» répondirent : 

Grand mandarin, nos résolutions sont immuables ; elles ne sauraient changer. 

Etant tonkinois, Giuse n’aurait pas dû être condamné à mort par décapitation, mais il le fut parce qu’il était proche, ou même membre des Missions Etrangères de Paris, donc un ami des étrangers européens, qui étaient poursuivis comme «ennemis du peuple vietnamien».

Giuse fut donc décapité à Bảy Mẫu (Tonkin), le 8 novembre 1840.

Béatifié en 1900, il fut canonisé en 1988.

 

 

Phaolô Nguyễn Ngân

1771-1840

 

Phaolô (Paul) naquit à Kẻ Bền (Thanh Hóa, Tonkin), en 1771.

Il fut arrêté avec deux autres prêtres, tonkinois eux aussi, et deux laïcs, le 31 mai 1840, sur une dénonciation.

Après un mois de détention dans la capitale Nam-Ɖịnh, ils furent soumis à des interrogatoires, pour leur faire avouer l’identité et la cachette d’autres prêtres. Puis on les invita à apostasier, sous la torture. N’ayant rien obtenu de ces fidèles serviteurs du Christ, le gouverneur prononça la sentence de mort, qui devait être confirmée par le roi.

La confirmation arriva seulement le 6 novembre.

Il y eut une dernière sommation à apostasier. Mais les cinq «accusés» répondirent : 

Grand mandarin, nos résolutions sont immuables ; elles ne sauraient changer. 

En se rendant au lieu du supplice, le père Phaolô récita les prières du Chemin de la Croix.

Phaolô fut exécuté à Bảy Mẫu (Tonkin), le 8 novembre 1840.

Béatifié en 1900, il fut canonisé en 1988.

 

 

Mactinô Thọ

1787-1840

 

Mactinô (Martin) était né à Kẻ Báng (Nam Ɖịnh, Hà Nội, Tonkin) en 1787.

Marié, collecteur d’impôts, Mactinô était président de conseil paroissial. Il était le domestique personnel du père Mactinô Thịnh (voir la notice), qui l’avait sans doute baptisé et dont il avait reçu le prénom.

Il fut arrêté avec trois prêtres, tonkinois eux aussi, dont le père Mactinô Thịnh, et un autre laïc, le 31 mai 1840, sur une dénonciation.

C’est grâce à sa fille qu’on a recueilli maints détails sur la captivité et le martyre de ces cinq héros du Christ.

Après un mois de détention dans la capitale Nam-Ɖịnh, tous furent soumis à des interrogatoires, pour leur faire avouer l’identité et la cachette d’autres prêtres. Puis on les invita à apostasier, sous la torture. 

Une de ses réponses au mandarin fut la suivante : 

La vie de ma femme et de mes enfants ne serait pas une raison suffisante d’apostasier, et je ne voudrais pas, même à ce prix, me priver du bonheur du ciel qui m’est promis.

Le ciel ! ah ! c’est pour en jouir que je reste fidèle à ma religion ; quand ma tête tombera sous le fer du bourreau, mon âme s’envolera vers cette patrie du chrétien.

Et à ses enfants qui avaient pu s’approcher de lui à l’insu du mandarin, il les exhortait encore à la fidélité et à l’espérance éternelle : 

Temporellement, je ne puis plus rien faire pour vous, je ne dois plus m’occuper qu’à bien souffrir.

N’ayant rien obtenu de ces fidèles serviteurs du Christ, le gouverneur prononça la sentence de mort, qui devait être confirmée par le roi.

La confirmation arriva seulement le 6 novembre.

Il y eut une dernière sommation à apostasier. Mais les cinq «accusés» répondirent : 

Grand mandarin, nos résolutions sont immuables ; elles ne sauraient changer. 

Martinô fut exécuté à Bảy Mẫu (Tonkin), le 8 novembre 1840.

Béatifié en 1900, il fut canonisé en 1988.

 

 

Gioan Baotixita Cỏn

1805-1840

 

Gioan Baotixita (Jean-Baptiste) était né à Kẻ Báng (Nam Ɖịnh, Hà Nội, Tonkin) en 1805.

Marié, Gioan Baotixita ne passait pas pour être, dans son village, parmi les «piliers de l’église»,  mais il était entièrement dévoué à la cause des missionnaires et les aidait de toutes ses forces. iIl était même devenu catéchiste.

Il fut arrêté avec trois prêtres, tonkinois eux aussi, et un autre laïc, le 31 mai 1840, sur une dénonciation.

Après un mois de détention dans la capitale Nam-Ɖịnh, tous furent soumis à des interrogatoires, pour leur faire avouer l’identité et la cachette d’autres prêtres. Puis on les invita à apostasier, sous la torture. 

Une de ses réponses au mandarin fut la suivante : 

Grand mandarin, nous ne sommes nullement repentants, c’est une bonne œuvre que nous avons faite. Le seul moyen de nous corriger, c’est de nous mettre à mort ; car si vous nous renvoyez, le premier prêtre que nous rencontrerons, fût-il Européen, nous le cacherons encore. Les prêtres nous enseignent le bien, ils sont nos pères, comment pourrions-nous les abandonner ?

N’ayant rien obtenu de ces fidèles serviteurs du Christ, le gouverneur prononça la sentence de mort, qui devait être confirmée par le roi.

La confirmation arriva seulement le 6 novembre.

Il y eut une dernière sommation à apostasier. Mais les cinq «accusés» répondirent : 

Grand mandarin, nos résolutions sont immuables ; elles ne sauraient changer. 

Apprenant qu’il allait être exécuté avec les prêtres, Gioan Baotixita s’exclama avec joie : Aujourd’hui nous retournerons chez nous (cf. Ps 121). Et à un ami qui venait en larmes lui rendre visite : Quoi ! Notre âme est dans la joie, et toi, au lieu de te réjouir, tu verses des larmes !

Gioan Baotixita fut exécuté à Bảy Mẫu (Tonkin), le 8 novembre 1840.

Béatifié en 1900, il fut canonisé en 1988.

 

Juana Josefa Ochotorena Arniz

1860-1936

 

Juana Josefa Ochotorena Arniz naquit le 27 décembre 1860 à Arraiza (Navarre, Espagne NW) de José et Isidora.

On lui donna au baptême le nom du Saint du jour, s.Jean l’Evangéliste.

Jeune encore, en 1879, elle entra au monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes, prenant à sa profession le nom de María Juana de Saint-Michel.

Courageusement, elle supporta très longtemps et secrètement une douloureuse maladie, dont la Supérieure était seule au courant, jusqu’à ce qu’en 1931 la maladie ne pouvait plus être dissimulée. María Juana acceptait, résignée, mais toujours souriante.

Elle priait beaucoup, elle méditait, particulièrement les pages de l’Evangile relatant la Passion de Notre-Seigneur.

A ces souffrances s’ajouta la passion, lorsque les désordres de la guerre civile d’Espagne se déchaînèrent en juillet 1936. María Juana avait jusque-là souffert en silence ; elle allait verser son sang avec toutes ses Compagnes, dont elle était la doyenne d’âge : elle avait soixante-seize ans.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María Juana de Saint-Michel a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Petra Manuela Pairós Benito

1863-1936

 

Petra Manuela Pairós Benito naquit le 29 avril 1863 à Pamplona (Navarre, Espagne N), de Pedro et Benita. Pedro était d’origine française.

Après avoir eu son diplôme de maîtresse d’école, Petra voulut entrer en religion chez les Conceptionnistes de Madrid, au monastère Saint-Joseph.

Elle prit le voile en 1887 et, lors de sa profession, assuma le nom de Marie Pilar des Abandonnés.

Marie Pilar était bien préparée pour l’enseignement : on lui confia la direction de l’école ouverte par les moniales. Sa délicatesse, sa présence, ses conseils lui valurent les appréciations élogieuses unanimes de tous ceux qui la connurent. Elle avait une affection spéciale pour les enfants de familles pauvres.

Elle avait aussi un certain talent pour l’écriture et laissa des poèmes, des petites pièces de théâtre.

Un accident lui fit perdre un œil, épreuve qu’elle supporta avec humour : Je pensais que le Bon Dieu m’avait oubliée, mais je vois que maintenant Il me demande davantage.

Elle priait ; la règle prévoit d’accorder deux heures à la prière, mais Marie Pilar restait bien davantage dans la conversation silencieuse avec l’Invisible.

La suite et la fin de sa vie seront les mêmes que pour Isabel Lacaba Andía, la Supérieure, à la notice de laquelle on peut se référer, ce même jour.

Marie Pilar des Abandonnés a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Eustaquia Monedero de la Calle

1864-1936

 

Eustaquia Monedero de la Calle naquit le 20 septembre 1864 à Anaya (Ségovie, Espagne C), de Gaspar et Valentina.

Gaspar fut veuf deux fois ; du premier mariage, il eut un fils, Justo ; du second, quatre enfants ; du troisième, avec Valentina, il eut six enfants : Rogelio, Petra, notre Eustaquia, Dorotea, Miguel, Sinforiano. Il y avait seize ans de différence entre Justo et Eustaquia.

Celle-ci fut donc baptisée dès le 23 septembre 1864.

En 1887, elle entra chez les Conceptionnistes de Madrid, au monastère Saint-Joseph, où elle prit le nom de María Eustaquia de l’Assomption.

Au lendemain de sa profession, on lui confia l’infirmerie, où elle montra toute sa douceur et sa sollicitude fraternelles envers les malades.

Mais vers 1914, sa bonne nature se retourna contre elle et l’affligea d’un cruel rhumatisme qui la condamna au fauteuil pour le reste de ses jours.

On peut lire le résumé des événements de 1936 dans la notice concernant la Supérieure, Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

C’est la sœur Eustaquia qui fut si malmenée par les miliciens, quand ils l’embarquèrent au soir du 7 novembe 1936 dans leur camion, sans aucun ménagement, sans aucun égard pour son grand âge et sa douloureuse infirmité.

María Eustaquia de l’Assomption a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Isabel Lacaba Andía

1882-1936

 

Isabel Lacaba Andía naquit le 3 novembre 1882 à Borja (Saragosse, Espagne NE), de Juan et María, de bons parents chrétiens.

Outre les valeurs chrétiennes, elle apprit la musique.

La jeune Isabel fut plusieurs fois demandée en mariage, mais elle avait déjà choisi son époux : le Christ.

Elle s’unit à Lui en 1903, chez les Conceptionnistes du monastère Saint-Joseph de Madrid, où elle prit le nom de María del Carmen.

Elue maîtresse des novices, elle transmit ce qu’elle avait appris : l’amour de l’oraison, l’élévation de l’âme par la musique.

En 1935, elle fut élue abbesse.

Cette mère sut montrer en toutes choses l’exemple à tout le monastère, et ce, malgré la pneumonie dont elle souffrait. Elle se sentait responsable de chacune, et aimait s’inspirer de la maman des sept frères dont il est question dans l’Ecriture (2Mac 7), sans se douter qu’elle aurait à montrer à son tour ce courage viril.

Le 19 juillet 1936, l’enfer se déchaîna contre toutes les maisons religieuses du pays. Aux portes du monastère Saint-Joseph, toute une foule enragée hurlait des Les nonnes, f… le camp !

La Supérieure invita toutes les moniales à venirconsommer les Hosties du Tabernacle, pour éviter des profanations. L’aumônier leur demanda alors si elles étaient prêtes à offrir leur vie plutôt que de trahir leur consécration, et toutes répondirent Oui.

Elles s’habillèrent alors avec des vêtements laïques, s’équipèrent du strict nécessaire pour se débrouiller et sortirent du couvent. Huit trouvèrent à se réfugier chez des parents ou amis, dix autres, dont la Supérieure, se mirent dans l’appartement d’une amie, mais elles furent dénoncées par la concierge d’un immeuble voisin qui savait les observer.

Peu de temps avant que l’abbesse fut arrêtée, une amie la supplia de rester avec elle, pour éviter d’aller à la mort, mais l’abbesse répondit qu’en aucune manière elle laisserait la communauté, et surtout pas les moniales infirmes.

Les miliciens intervinrent plusieurs fois, d’abord pour fouiller l’appartement et emporter toute la nourriture et même parfois l’eau ; au soir du 7 novembre 1936, ils vinrent embarquer les Religieuses en trois groupes successifs dans un camion, sans aucun ménagement, même à l’égard de la Religieuse âgée et paralysée.

La suite des événements est malheureusement très simple : on ne revit jamais plus ces dix Religieuses. On a supposé avec assez de vraisemblance qu’elles furent toutes fusillées sur une place de Madrid, dans la nuit du 7 au 8 novembre, mais leurs corps n’ont pas pu être retrouvés.

En 1946, la rue de cet appartement prit le nom de Rue des Martyres Conceptionnistes.

María del Carmen a été béatifiée en 2019, avec ses Compagnes, et sera inscrite avec elles au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Manuela Balbina Rodríguez Higuera

1886-1936

 

Manuela Balbina Rodríguez Higuera naquit le 10 mars 1886 à Madrid (Espagne), d’Antonio et Josefa, qui eurent aussi une autre fille, María de las Nieves.

Manuela fit une première expérience religieuse chez les moniales Rédemptoristines de Ségovie, mais un problème de santé l’obligea à interrompre le noviciat. Fin 1919, guérie et âgée de trente-trois ans, Manuela se présenta alors au monastère des Conceptionnistes de Madrid, où elle trouva vraiment sa voie.

Avec son nouveau nom de religion, sœur María de Saint-Joseph émit les vœux perpétuels en 1923.

Elle qui affectionnait les moments de silence, de prière, de méditation, ne put retenir des expressions de douleur, d’angoisse, en apprenant comment les mouvements anarchistes, révolutionnaires, s’en prenaient aux prêtres et aux religieux, jetant tout le pays dans un climat de persécution et de haine contre l’Eglise.

On lira effectivement dans la notice sur Isabel Lacaba Andía comment le monastère Saint-Joseph de Madrid dut être évacué et fut profané dès le début de la guerre civile, en juillet 1936.

María de Saint-Joseph a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Manuela Prensa Cano

1887-1936

 

Manuela Prensa Cano naquit le 25 avril 1887 à El Toboso (Tolède, Mancia, Espagne C).

Les informations sont particulièrement discrètes sur sa famille et son enfance.

La formation que reçut Manuela lui procura une grande culture, assez extraordinaire pour l’époque : son écriture était parfaitement soignée, et elle signait des pages merveilleusement calligraphiées ; à cela s’ajoutait sa très vaste culture musicale.

En 1905, elle entra chez les sœurs Conceptionnistes du monastère Saint-Joseph de Madrid, prenant le nom de María du Très-Saint-Sacrement.

Bien évidemment, elle fut nommée secrétaire de la supérieure et, en plus, fut chargée de la formation musicale des novices et de toute la maison, pour la bonne préparation des offices et des fêtes. Ce n’est pas toujours un travail facile.

En 1936, la sœur avait quarante-neuf ans. On pourra lire ici la notice de Isabel Lacaba Andía, la Supérieure, avec laquelle elle partagea les péripéties de l’été 1936 et les circonstances du martyre.

María du Très-Saint-Sacrement a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Maximino Serrano Sáiz

1887-1936

 

Il était né le 29 mai 1887 à San Adrián de Juarros (Burgos, Espagne).

Son parcours fut un «travail».

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), il professa avec le nom de José Alfonso.

Il fut presque constamment à Madrid, dans les diverses communautés qui s’y trouvaient et qu’on ne va pas énumérer.

Pour des motifs qu’on n’a pas élucidés, le Frère sortit de la Congrégation entre 1909 et 1912 (maladie ? crise ? service militaire ?), mais la réintégra dès 1913, toujours à Madrid, sauf trois ans à Jerez de la Frontera (1924-1927).

Il fit la profession perpétuelle en 1920.

Il appartenait à la communauté San Rafael de Madrid et fut assassiné, comme des centaines d’autres victimes, à Paracuellos de Jarama (Madrid) le 8 novembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Basilia Diez Recio

1889-1936

 

Basilia Díez Recio naquit le 14 juin 1889 à Moradillo del Castillo (Burgos, Espagne N), de Pedro et Victoriana.

A l’époque, on fêtait le 14 juin saint Basile (v. 2 janvier), dont elle reçut le nom au baptême.

Petite, elle aimait déjà prier dans le secret, parler avec Notre-Seigneur. Elle voulait se consacrer entièrement à Dieu, se donner à l’Eglise, mais les circonstances familiales la retenaient à la maison.

En 1921, finalement, elle put accomplir son profond désir et entra chez les Conceptionnistes de Madrid, prenant le nom de María de Jésus.

Ce qu’on a retenu d’elle pendant ces années de vie religieuse et contemplative, est qu’elle ne cherchait jamais à imposer sa préférence, son goût personnel.

Cette heureuse période s’acheva, hélas ! de façon abrupte en 1936.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María de Jésus a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

María de las Nieves Rodríguez Higuera

1892-1936

 

María de las Nieves Rodríguez Higuera naquit le 5 août 1892 à Madrid (Espagne), d’Antonio et Josefa ; sa sœur aînée s’appelait Manuela Balbina (v. Manuela Balbina Rodriguez Higuera, ce même jour).

En 1928, quelques années après son aînée elle entra au monastère Saint-Joseph des Conceptionnistes de Madrid, et prit le nom de Maria Guadalupe de l’Ascension.

Elle était plus grande que les autres, aussi lui confia-t-on le travail de repeindre les plafonds du monastère. C’était un travail assez fatiguant, et elle se reposait en étant aussi à l’accueil, au «tour» - ce moulin de bois qu’on actionnait sans se faire voir pour recevoir ce que les visiteurs apportaient - et à l’infirmerie.

En 1936, elle n’avait que quarante-quatre ans et pouvait vivre encore longtemps dans ce cher monastère, mais les événements se précipitèrent avec la guerre civile d’Espagne.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

Maria Guadalupe de l’Ascension a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Clotilde Campos Urdiales

1897-1936

 

Clotilde Campos Urdiales naquit le 4 juin 1897 à Valdealcón (León, Espagne NW), de Felice et Mauricia, qui lui donnèrent au baptême le nom de sainte Clotilde, qu’on fête en effet le 4 (ou le 3) juin.

La famille tout entière ne sut jamais comprendre quelle vocation mûrissait dans le cœur de cette jeune fille pleine d’entrain, studieuse, bonne chrétienne - et manifesta une totale contrariété à l’entrée de Clotilde dans la vie religieuse. Elle attendit patiemment.

Quand les parents comprirent, enfin, que leur fille n’avait aucun autre désir dans la vie que d’appartenir à Jésus-Christ, ils lui accordèrent leur bénédiction. Clotilde fut alors reçue dans le monastère Saint-Joseph de Madrid, chez les Conceptionnistes.

C’était en 1923, Clotilde avait déjà vingt-six ans. Clotilde devint María du Pilar, sans doute par référence à Notre-Dame du Pilar (du Pilier), un pèlerinage marial fameux à Saragosse (Espagne).

Elle aimait rendre service aux autres moniales. On la savait dévote de la Sainte Vierge : elle décorait de fleurs la «grotte de Lourdes» qui se trouvait dans le jardin.

Elle dut subir une bien douloureuse opération chirurgicale, qu’elle supporta patiemment, exprimant toute sa reconnaissance au personnel médical.

A trente-neuf ans, en 1936, elle vécut avec ses Consœurs les tristes événements de la guerre civile.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María du Pilar a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

 

 

Laureano Pérez Carrascal

1902-1936

 

Né le 4 juin 1876 à Valladolid, d’Inocencio et Petra, Laureano fut baptisé le 8 juin suivant. Très tôt, il fut orphelin et élevé par les Filles de la Charité et les Pères Lazaristes du quartier Chamberí de Madrid.

Il fit de très bonnes études et entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) ; il fit la profession en 1896 et fut ordonné prêtre en 1903.

On l’envoya enseigner à Limpias (Santander), puis il fut directeur de l’école apostolique de Murguía (Álava), supérieur de Paredes de Nava et d’Andújar, et finalement aumônier du noviciat des Filles de la Charité à partir de 1935. Le p.Laureano était particulièrement fervent durant la célébration de la Messe.

A partir du 21 juillet 1936, il fut expulsé de la maison de la rue Lope de Vega, et chercha à trouver refuge chez des amis, comme tous les autres Confrères. Le 30 septembre, on l’arrêta et on le conduisit à la prison Modelo, où il resta jusqu’au 8 novembre.

Ce jour-là, à cinq heures du matin, on appela un certain nombre de prisonniers, dont le p.Laureano. On compta jusqu’à vingt autobus de Madrid réquisitionnés pour l’occasion, où l’on fit monter les condamnés, attachés deux à deux avec des cordes. Parvenus à Paracuellos de Jarama, aux environs de Madrid, on les fit descendre et on les fit marcher en file par groupes de dix à vingt-cinq, jusqu’au bord des fossés ; à ce moment-là, intervenait la décharge d’une trentaine ou quarantaine de miliciens qui abattaient les victimes. Parfois, on ne leur donnait même pas le coup de grâce et certains respiraient encore quand on les recouvrait de terre.

Martyrisé le 8 novembre 1936 et béatifié en 2017, Laureano Pérez Carrascal sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 novembre.

 

 

Narcisa García Villa

1909-1936

 

Narcisa García Villa naquit le 18 mars 1909 à Náva de los Caballeros (León, Espagne NW), d’Abundio et Ulpiana.

On a retenu de son enfance, qu’elle était une passionnée de lecture, qu’elle apprit les lettres de l’alphabet beaucoup plus facilement que ses camarades et qu’elle lut tous les livres de la bibliothèque de l’école et de la paroisse.

Elle désirait beaucoup devenir religieuse, mais elle songea que, si elle quittait le foyer familial, ses frères auraient trop de travail ; aussi attendit-elle quelque peu.

En réalité, elle n’attendit pas beaucoup car, en 1924 - elle n’avait que seize ans ! -, accompagnée en train par son père, elle rejoignit le couvent Saint-Joseph des Conceptionnistes de Madrid. C’est ainsi qu’elle devint María Beatrice de Sainte-Thérèse, reprenant le nom de la Fondatrice, Beatriz da Silva (v. 9 août).

Jeune, dynamique, elle avait toute l’énergie pour être efficace dans tous les domaines ; elle fut à la cuisine, à la sacristie, au secrétariat, au tour ; elle était aussi très musicienne. Mais surtout, on la voyait profondément ancrée dans la prière, dans le dialogue intime avec Dieu, une vie intérieure intense, qui se réfléchissait dans la vie fraternelle de chaque jour.

Humainement parlant, on pouvait penser que María Beatrice devait encore donner le meilleur d’elle-même dans les années futures, mais le meilleur fut l’année douloureuse de la guerre civile en Espagne, 1936, où elle versa son sang pour le Christ.

On trouvera un petit exposé de ces douloureux moments dans la notice d’Isabel Lacaba Andía, ce même jour.

María Beatrice de Sainte-Thérèse, la benjamine du groupe, n’avait que vingt-sept ans ; elle a été béatifiée en 2019, et sera inscrite au Martyrologe le 8 novembre.

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 00:00

 

07 NOVEMBRE

I.

S Prodoskimos, premier évêque présumé à Padoue, dont il est le patron.

S Restitut, premier évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux ; il serait l'aveugle-né de l'évangile, comme s. Sidoine à Saint-Maximin : ou il avait deux noms, ou il y avait deux aveugles-nés. 

III.

S Athenodoros, évêque à Néocésarée, frère de s. Grégoire le Thaumaturge.

S Amaranthus, martyr près d'Albi. 

SS Hieron, Nicandros, Hesychios, martyrs à Mélitène avec trente autres.

IV.

S Léopard, évêque à Osimo.

S Ruf, évêque à Metz.

SS Mélasippe et Carine, avec leur fils Antoine, tous trois martyrs à Ancyre.

VI.

S Herculanus, évêque martyr à Pérouse ; après la prise de la ville par les Goths, on le décapita puis on lui arracha une bande de peau de la tête aux talons et on le précipita du haut des murs : un mois après sa sépulture, on retrouva son corps intact.

S Baldus, évêque à Tours, ancien référendaire de Clotaire et père de plusieurs fils avant son élection ; il échappa à un naufrage par l'intercession de s. Martin.

S Congar, ermite en Pays de Galles, fondateur de monastères ; il aurait été le fils d'un empereur de Constantinople, et voulu échapper aux honneurs de la cour.

VII.

S Florent, évêque à Strasbourg ; il serait venu d'Ecosse s'installer à Haslach, où il gardait les bêtes sauvages dans un enclos, leur défendant d'aller ravager les récoltes alentour.

S Agmer, évêque à Senlis.

Ste Gébétrude, abbesse à Remiremont.

S Trémeur, martyr en Bretagne ; son histoire est aussi étrange qu'horrible : sa mère enceinte fut assassinée par son mari et ressuscitée par s. Gildas ; plus tard, il fut à son tour tué par son père.  

VIII.

S Willibrord, moine anglais, disciple de s. Wilfrid, évêque à Utrecht, fondateur de monastères à Echternach, Susteren, Murbach.

X.

S Blinlivet, évêque à Vannes.

XI.

S Lazaros le Galisiote, ermite puis moine en Palestine, stylite en Asie Mineure ; il dut changer quatre fois de lieu, et construire des monastères pour ses disciples.

XIII.

S Engelbert, évêque à Cologne et martyr ; aussi énergique que violent, il ne passait pas pour saint, mais aurait fait des miracles après sa mort. 

XVIII.

S Antonio Baldinucci, jésuite italien, prédicateur très actif et efficace dans le Latium.

SS Jacinto Castañeda Puchasóns, espagnol, et Vinh Son Lê Quang Liêm, tonkinois, prêtres dominicains martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XIX.

S Baiduo Wu Guosheng, laïc chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Vincenzo Grossi (1845-1917), prêtre près de Crémone, fondateur des Filles de l'Oratoire, pour la formation des filles, canonisé en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : Alfredo Fanjul Acebal (*1867), Juan Mendibelzúa Ocerín (*1878), Vicente Rodríguez Fernández (*1897), Isabelino Carmona Fernández (*1908), prêtres ; José Delgado Pérez (*1917), clerc, près de Madrid ;

Salésiens : Manuel Martín Pérez (*1904), clerc, près de Madrid ; 

- béatifiés en 2011 :

Oblats de Marie Immaculée : José Vega Riaño (*1904), prêtre, et Serviliano Riaño Herrero (*1916), clerc, près de Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Andrés Francisco Simón Gómez (Eloy, *1876), prêtre, près d’Alicante ;

Hiéronymites : Manuel Sanz Domínguez (de la Sainte-Famille, *1887), prêtre, près de Madrid ; il avait restauré cet Ordre ; il mourut «entre le 6 et le 8 novembre» ;
- béatifiés en 2017 :
Lazaristes : les frères Gil Belascoain Ilarragorri et Victoriano Reguero Velasco (*1883, 1902), à Madrid.

Prodoskimos de Padoue
1. siècle ?

Selon une certaine tradition - c’est là toute notre information - Prodoskimos aurait été consacré évêque par s.Pierre et envoyé évangéliser la ville et la région de Padoue.
Prodoskimos signifie en grec l’attendu. De ce nom, on aura déduit que Prodoskimos aurait eu des origines grecques.
Comme premier Pasteur de cette région, il fut un infatigable prédicateur et aurait administré le Baptême à un grand nombre de personnes.
Entre autres, sainte Justine (v. 7 octobre) aurait été de ceux qui reçurent de lui ce sacrement. On a vu, le jour de sa fête, quel problème soulevait cette prerspective : sainte Justine vécut peut-être seulement au troisième siècle…
Prodoskimos aurait aussi évangélisé la ville et les environs de Belluno, après Hermagoras (v. 12 juillet).
Finalement, notre Héros serait mort à un âge fort avancé, mais non martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Prodoskimos de Padoue au 7 novembre.


Athenodoros de Néocésarée
3. siècle

Athénodore était le jeune frère de Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre). Ils avaient aussi une sœur. Leurs parents, païens, étaient fort riches.
On connaît beaucoup plus Grégoire qu’Athenodoros, qui vécut toujours dans le sillage de son frère aîné.
Grégoire avait quatorze ans à la mort de son père. C’est sa mère qui le poussa à approfondir le droit. Les deux frères allèrent étudier le droit à Beyrouth, puis les lettres à Césarée de Palestine. C’est ainsi qu’ils connurent Origène et son école.
Grégoire et Athenodoros étaient naturellement attirés par les auteurs grecs et latins, mais Origène leur passa l’amour de la Vérité et les conduisit dans les voies de la perfection spirituelle. C’est apparemment là qu’ils reçurent le baptême, sans qu’on puisse déterminer mieux leur âge.
Cette formation dura cinq (ou même huit) années, durant lesquelles ils approfondirent l’Ecriture. Leurs progrès furent tels, qu’on les jugea dignes de recevoir l’épiscopat, bien qu’ils fussent encore fort jeunes.
On ne connaît pas l’activité pastorale des deux Evêques. On dit des deux qu’ils furent «évêques de Néocésarée» (Pont, auj. Niksar, sur la Mer Noire, Turquie CN) ; tous deux participèrent au concile d’Antioche de 264, où fut condamné Paul de Samosate. Tandis qu’on a connu un certain nombre d’œuvres de Grégoire, on n’a rien d’Athenodoros.
Athenodoros fut peut-être évêque auxiliaire de son Frère. On ne connaît la date de la mort ni de l’un ni de l’autre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Athenodoros de Néocésarée au 7 novembre.


Amaranthus d’Albi
3. siècle

Amaranthus (Amarand) aurait été martyrisé à Albi.
Même les contemporains oublièrent vite Amaranthus, car son tombeau resta longtemps jonché de ronces et d’épines.
Cependant, s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) raconte ce miracle étonnant : quand on eut remis en honneur ce tombeau, les cierges qu’on y apportait s’allumaient d’eux-mêmes. Le miracle cessa lorsqu’on commença à construire des habitations à proximité : les habitants pouvaient alors fournir du feu pour allumer les cierges.
Amaranthus aurait été mis à mort au troisième siècle, on ne sait par qui, ni pourquoi, ni comment.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Amaranthus d’Albi au 7 novembre.


Hieron de Mélitène
3. siècle

Il s’agit ici d’un Martyr de Mélitène (Cappadoce, act. Malatya, Turquie C).
Hieron reçut la palme du martyre avec des Compagnons, dont deux se seraient nommés Nikandros et Hesychios. 
Le groupe serait au nombre de trente-trois, ou de cinquante.
Ils auraient été mis à mort à la fin du troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hieron de Mélitène au 7 novembre.


Herculanus de Pérouse
† 549

On n’a pas de documents sûrs des quatre premiers évêques de Pérouse. Herculanus, le cinquième, est le premier dont on ait des certitudes.
Il était évêque de Pérouse lorsque Totila et ses Ostrogoths assiégèrent la ville pendant presque deux années (547-549) ; les vivres étaient épuisées. 
Herculanus, dit-on, fit ostensiblement donner au dernier agneau qui restait, le dernier sac de grain de la ville, une vieille ruse utilisée pour faire croire à l’ennemi qu’il y avait encore bien assez de nourriture, puisqu’on pouvait en gâcher pour les bêtes. Mais Totila prit tout de même la ville d’assaut.
L’évêque fut capturé ; Totila aurait donné l’ordre de l’écorcher vif totalement, mais le bourreau chargé de cette corvée décapita d’abord la Victime, et l’écorcha ensuite d’une bande de peau de la tête aux pieds. Le corps et la tête furent alors précipités au pied du mur de la ville. 
Quarante jours plus tard, voulant ensevelir dignement leur évêque, les habitants s’aperçurent que le corps et la tête étaient parfaitement réunis sans aucune trace de blessure.
Saint Herculanus de Pérouse est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.


Baldus de Tours
† 552

Baldus (Baud) était le référendaire du roi Clotaire 1er : il était donc à la tête de la chancellerie royale et  avait la garde du sceau royal.
Marié, il eut des enfants.
D’après son historien (s.Grégoire de Tours, son troisième successeur, v. 17 novembre), il échappa un jour à un naufrage, en recourant à l’intercession de s.Martin (v. 11 novembre).
En 546, peut-être veuf et, de toutes façons, libre des obligations paternelles envers ses enfants désormais adultes, il fut nommé seizième évêque de Tours.
Un de ses premiers actes fut de distribuer aux pauvres l’or ammassé par son prédécesseur ; Iniuriosus en effet (c’était son nom) avait laissé un trésor de vingt mille sous d’or, que Baud, en toute honnêteté, ne pouvait conserver chez lui, quand il y avait tant de misères à soulager.
Il fit construire une nouvelle paroisse au bourg de Neuillé et institua la mensa canonica : une cuisine qui préparait les repas que les clercs prenaient désormais ensemble.
Baud mourut un 7 novembre, vers 552.
On prit l’habitude de l’invoquer pour obtenir la pluie.
Saint Baldus de Tours est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.


Congar 
6e siècle

Il est bien difficile de savoir de qui l’on parle à propos de saint Congar.
Qu’il ait existé, ne fait aucun doute. Mais on a du mal de s’y retrouver en lisant les textes, si différents, qui en parlent, au point qu’on a supposé avoir affaire avec (au moins) quatre Saints du même nom. Voici un petit condensé de ce qu’on peut retenir.
Congar (Kongar, Congard, Gyngar en gallois) aurait été un fils de roi ou même d’un empereur de Constantinople, qui, fuyant les honneurs de la cour, serait venu pratiquer la vie érémitique en Grande-Bretagne.
Il aurait ensuite fondé un monastère en Irlande, Bangor, ou plusieurs monastères, dans le Devonshire.
Il aurait reçu l’Onction des Malades des mains de s.Fiacre (v. 30 août, à moins qu’il s’agisse d’un homonyme) et serait mort après de douloureuses souffrances, à Bangor (vers 600).
Saint Congar est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain. Il n’est donc pas exact d’affirmer qu’il est non reconnu officiellement par l’Eglise catholique romaine.


Florent de Strasbourg 
† 693

Les recherches historiques permettent de corriger certaines données qu’on trouve dans des livres du siècle dernier.
Florent serait né en Ecosse, fait assez peu probable. 
On croit qu’il serait venu s’installer comme ermite à Haslach (Alsace) et qu’il aurait été au service de la dynastie des Etichonides.
Une histoire très aimable raconte que Florent rassembla dans un enclos toutes les bêtes sauvages de la région, leur intimant l’ordre de respecter les récoltes des paysans.
Un jour que les chasseurs de Dagobert 1er tentèrent d’abattre des bêtes, n’y réussissant pas, ils battirent Florent. Mais en partant, ils s’embourbèrent et n’eurent la vie sauve que grâce à l’intervention de Florent.
Dagobert fit venir Florent pour guérir sa fille aveugle et muette. La difficulté de ces rapports avec Dagobert, est que ce dernier mourut en 639, quand Florent ne pouvait être qu’un enfant. Dagobert II mourut assassiné à vingt-sept ans (679), n’ayant régné que trois ans.
Florent serait ensuite devenu le quatorzième évêque de Strasbourg, où il fut nommé en 678.
La mort de Florent se situe vers 693.
Dès le Moyen-Age, on invoqua s.Florent pour protéger le bétail, ainsi qu’en cas de maladie digestive.
Saint Florent de Strasbourg  est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.


Willibrord d’Utrecht
658-739

Les parents de Willibrord lui donnèrent un nom d’assonance païenne, Willibrord signifiant : que le dieu Willi te protège. Mais ce furent d’excellents chrétiens. Le père, Wilgils, noble de Northumbrie, distribua à la fin de sa vie tous ses biens aux pauvres et alla se retirer dans un ermitage qu’il s’était construit. Ce fut le début d’une vie monastique où d’autres compagnons le rejoignirent.
Willibrord, lui, naquit le 6 novembre 658, et fut bientôt mis sous la tutelle d’un grand saint, l’abbé Wilfrid de Ripon. Quand Wilfrid, tout en restant abbé à Ripon fut chargé du siège épiscopal de York, ce fut le prieur du monastère, Ceolfrid, qui s’occupa de Willibrord.
En 678, Wilfrid dut partir pour Rome, et Willibrord partit pour l’Irlande, à Rathmelsigi, où il se mit sous la direction de l’abbé Egbert. Après douze années, il reçut le sacerdoce.
En 690, l’abbé Egbert choisit douze de ses moines, Willibrord en tête, pour aller évangéliser les Frisons. Une fois arrivés dans la région des Pays-Bas, Willibrord voulut aller demander au pape l’approbation de sa mission. Ce que fit Serge 1er avec grande joie.
Willibrord s’établit à Anvers. Dès 695, le même Serge 1er consacra évêque Willibrord comme archevêque des Frisons. A l’occasion, il ajoutait à son nom celui de Clément (Clément 1er pape), qui se fêtait le 23 novembre, lendemain du sacre.
Le siège du nouvel archevêque fut alors à Utrecht.
Puis Willibrord étendit les bâtiments du monastère d’Echternach (région du Luxembourg), où il se rendait volontiers entre ses courses apostoliques.
En 699, Willibrord essaya de pousser l’apostolat en direction du Danemark, mais rencontra une certaine résistance du roi Ongend ; il profita tout de même de son voyage pour acheter trente jeunes esclaves indigènes qu’il fit embarquer avec lui pour les instruire et les baptiser. Il n’y eut pas d’autres missions au Danemark pendant tout un siècle.
Une des méthodes qu’utilisait Willibrord pour convaincre les païens, était de détruire leurs idoles en leur démontrant qu’ils n’en recevaient aucun maléfice, car 
Les idoles des païens sont or et argent, une œuvre de mains d’hommes ; elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas. Elles ont des oreilles et n’entendent pas, par le moindre souffle en leur bouche (Ps 135 15-17).
En 703, Willibrord eut la joie de recevoir Wilfrid d’York qui l’honorait d’une visite pour lui montrer l’intérêt qu’il portait à ces missions en Frise. Willibrord organisa méthodiquement son grand diocèse. Malheureusement, le prince Radbod, dans un de ses accès de colère, détruisit tout le travail de Willibrord à Utrecht. Il fallut patiemment tout reconstruire à partir de 719, quand Charles Martel eut soumis les Saxons puis les Frisons. Saint Boniface vint l’aider aussi pendant quelque temps.
Les années passant, et le travail augmentant, Willibrord eut l’idée de consacrer des évêques auxiliaires, qui eurent le titre de Chorévêques, pouvant circuler librement, sans être attachés à un territoire particulier. 
Willibrord fonda encore d’autres monastères : Susteren (Limbourg, 714), Murbach (Alsace, 728).
Il mourut le 7 novembre 739 à Echternach, au lendemain de son quatre-vingt-unième anniversaire en ce monde.
Saint Willibrord a été vénéré dès après sa mort, et inscrit au Martyrologe le 7 novembre. 
En 1940, il a été proclamé Patron de la province ecclésiastique d’Utrecht.

Leon Lazaros le Galisiote

968-1054

 

Leon naquit en 968 dans un village proche de Magnésie du Méandre (Ionie, act. Tekin, Germencik, Aydin, Turquie SO).

A six ans déjà, il fut confié à un prêtre ; à neuf ans, à un notaire ; à douze ans, à son oncle Elias, un moine des Kalathon.

Enflammé du désir de voir la Terre où vécut Jésus-Christ, il fuga par trois fois du monastère. A chaque fois, l’oncle réussit à le faire revenir, mais la troisième fois, Leon commença par demander sa bénédiction à un moine stylite et le voilà parti.

A-t-il désobéi ? A-t-il suivi un conseil d’En-haut ? On verra plus tard ce qu’il pensait de ses échappades.

Près d’Attalia, il reçut l’habit religieux ; c’est sans doute là qu’il prit le nom de Lazaros.

Il commença par faire une longue retraite dans une grotte, pendant sept ans, avant de rejoindre enfin Jérusalem, où on l’accueillit dans la laure de Saint-Sabas ; Lazaros fit un autre essai à Saint-Euthyme, mais revint à Saint-Sabas, où il fut ordonné prêtre. L’invasion des Sarrasins provoqua la panique, et Lazaros partit pour son pays.

Poursuivi par l’idéal de la solitude, il s’installa sur une colonne non loin d’Ephèse. Après quelque temps, il en retira le toit. Dormant peu, se contentant de pain d’orge sec, de quelques légumes et d’un peu d’eau, il s’attira involontairement des amis. On lui demanda l’habit monastique. Des cellules furent construites autour de lui. 

La solitude recherchée étant bien compromise, Lazaros s’enfuit de nuit et, sur le conseil d’un autre moine stylite, rejoignit une grotte du mont Galision, qui avait été habitée par un certain Paphnuce. L’évêque d’Ephèse aurait préféré le voir réintégrer sa colonne, mais Lazaros se sentit poussé par Dieu vers la solitude et s’installa sur une nouvelle colonne, où quelques compagnons lui apportaient sa mince nourriture. Cela durera douze années.

Une «pieuse» femme prétendit s’installer près de cette colonne ; comme elle refusait de partir de là, Lazaros alla s’installer sur une autre colonne, plus haut dans la montagne, sous la protection de la Vierge Marie.

En face de cette (troisième) colonne, Lazaros fit construire un oratoire où un prêtre viendrait célébrer les Saints Mystères. Il se déplaça encore, une dernière fois, sur une quatrième colonne, plus haute, mais qui lui attira encore une fois des fils spirituels : une quarantaine de moines viendront s’installer là, formant le monastère de la Sainte-Résurrection.

La Règle était assez sévère. Lors d’une fête de Saint, on proposa à Lazaros d’améliorer un peu l’ordinaire, mais lui : Ce saint s’est sanctifié non par une vie confortable, mais par les jeûnes et les veilles ; il nous faut imiter cette vie.

Un des moines avait tendance à sommeiller durant l’office. Pour le guérir, Lazaros lui dit : Si je dors, frappe-moi avec le roseau ! Du coup le moine fut attentif, et guéri de sa somnolence. Un jour cependant, il crut devoir «obéir» à Lazaros qui, âgé, retenait difficilement sa tête droite ; mais un autre moine retint le bras du disciple trop zélé qui, devenu vieux à son tour, remerciait Dieu de n’avoir pas touché le vénérable Père.

Une femme vint se plaindre des mauvais traitements reçus de son mari et voulait le quitter. Lazaros lui conseilla d’entrer dans un monastère : le mari se fit moine (inutile de préciser qu’il s’était repenti de sa dureté).

Pour encourager ses disciples, il leur répétait : Dieu ne vous demande pas autre chose que de rendre grâces, d’être patients, et de ne pas retourner en arrière vers ce dont vous êtes sortis, mais de vous affermir où sa grâce vous a amenés, attendant chaque jour la séparation de l’âme et du corps. Si la mort vous trouve ainsi, méditant, réfléchissant, n’ayez pas peur !

C’est ici que nous trouvons sa pensée sur ses premiers pèlerinages à Jérusalem. Une pieuse femme de Constantinople, voulant pérégriner à Jérusalem, s’était déguisée en moine et s’arrêta auprès de Lazaros. Il ne fut pas dupe : Femme, retourne à l’endroit d’où tu es partie. Ne recommence plus, car à ta faute matérielle s’ajouterait une faute spirituelle. Sache que là où l’on se conduit bien, là est Jérusalem.

Et encore :

Rien ne peut nuire à celui qui obéit.

Nous sommes en plomb : nous fondons sous les compliments.

Lazaros portait une petite tunique de peau, tête et pieds nus. Sa vie était faite de jeûnes, de veilles, de chaînes, de froid et chaud, nuit et jour. Une gouttière qui descendait de la cellule servait aux petites bêtes à grimper : Lazaros était envahi de poux, de punaises, de fourmis. Il supportait tout dans l’attente de la Résurrection.

Huit jours avant sa mort, Lazaros dicta la Règle définitive qu’il voulait laisser aux moines.

Au moment de mourir, il leva un peu sa main droite pour bénir une dernière fois les moines réunis, et l’un d’eux lui guida la main pour parapher la Règle. 

Il mourut un dimanche, le jour de la Résurrection, le 7 novembre 1054, l’année du Grand Schisme d’Orient.

Saint Lazaros le Galisiote est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Engelbert  de Berg

1185-1225

 

Engelbert était le cadet d’une famille issue des comtes de Berg, qui donnèrent en un siècle cinq évêques à Cologne.

Il naquit vers 1185 et fut nommé prévôt de Saint-Georges de Cologne, alors qu’il n’était qu’un enfant. Quand mourut le prévôt de la cathédrale (1199), l’archevêque le préconisa, mais il fallut tenir compte des prétentions d’un autre candidat, et l’affaire traîna à la cour pontificale. En 1203, Engelbert était devenu sous-diacre, avait acquis à lui quelques chanoines, et fut élu.

En 1205, l’archevêque de Cologne fut excommunié pour avoir sacré empereur le candidat rival de celui qu’appuyait le pape ; Engelbert fut à son tour excommunié, ayant soutenu l’archevêque. A la mort de l’empereur et de l’archevêque de Cologne, l’excommunication d’Engelbert tombait d’elle-même. Il fut absous.

Pour obtenir l’indulgence promise aux croisés, il s’engagea pour quarante jours - durée minimum exigée - dans la campagne contre les Albigeois (1211).

A la suite de nouveaux troubles, c’est Engelbert qui fut alors choisi pour monter sur le siège de Cologne, en 1216.

Dès lors, Engelbert ne ménagea pas sa peine pour imposer, même par la force, le droit et la loi dans le diocèse. Il fit deux campagnes contre le duc de Limbourg pour l’obliger à restituer des terres illégalement acquises ; il occupa un château sur la Moselle et le conserva, malgré l’avis contraire du pape ; il intervint dans l’élection de l’abbesse de Willich : malgré les juges envoyés par le pape, il occupa l’abbaye, en perçut les revenus jusqu’à confirmation de celle qu’il favorisait.

Dans son diocèse proprement-dit, il accueillit favorablement les frères dominicains et franciscains.

En 1220, l’empereur Frédéric, voulant s’installer en Italie, confia à Engelbert le gouvernement de la Germanie.

Une telle énergie ne pouvait pas rester sans susciter des oppositions. Lors d’un déplacement pour aller consacrer une église, Engelbert fut entouré traitreusement et mortellement frappé.

On ne peut qualifier cette mort de «martyre». Comme le mentionne le Martyrologe Romain, Engelbert fut assassiné le 7 novembre 1225.

Fut-il inspiré dans ses choix, dans ses interventions ? On pourrait discuter sur les vertus héroïques de ce soldat sans scrupules. Mais d’autres faits se produisirent post mortem : on rapporte que plusieurs personnalités, après avoir exprimé leur désappointement sur la «sainteté» d’Engelbert furent gravement frappés de maladie, d’infirmité, et ne guérirent miraculeusement qu’après avoir demandé pardon au Défunt. Engelbert jouissait donc si peu d’un renom de sainteté universelle qu’après sa mort encore il devait punir ses détracteurs, quitte à leur pardonner s’ils venaient à résipiscence. Mais ses partisans n’hésitaient pas à parler de son «martyre».

Finalement il arriva dans les pages du Martyrologe, qui rappelle son combat pour les libertés de l’Eglise.

 

 

Antonio Baldinucci

1665-1717

 

Antonio naquit le 13 juin 1665 à Florence, cinquième fils de Filippo et Caterina Scolari, de très bons parents, et illustres : Filippo appartenait à l’Accademia della Crusca (notre Académie Française). Antonio qualifia lui-même sa pieuse mère de petite sainte.

Il reçut au baptême le nom du Saint du jour, Antonio de Padoue ; Filippo en aurait d’ailleurs reçu une grâce particulière de guérison.

Le frère aîné d’Antonio devint prêtre dominicain ; le quatrième, prêtre diocésain. Antoine entra chez les Jésuites, qui lui semblèrent les plus indiqués pour le salut des âmes.

Ses bonnes qualités le firent admettre à seize ans au noviciat. Il étudia à Rome et exprima son désir de partir aux missions lointaines, en Inde ou au Japon. 

En attendant, on le faisait déjà prêcher sur les places de Rome, avant même sa profession solennelle.

Malheureusement, il n’avait pas une santé solide, et ses missions lointaines furent en réalité l’Italie centrale.

En 1692, malade, il fut soigné au tabac chiqué et fumé, remède efficace pour l’époque, et qui ne contenait pas les substances nocives qu’on lui a ajoutées par la suite.

Antonio était un actif : il pouvait parcourir ses soixante-dix kilomètres chaque jour. A peine remis, il parcourut les campagnes de la zone de Frascati (environs de Rome) et combla son auditoire de sa méthode énergique : pieds nus, flagellation sur les épaules découvertes, catéchismes, conférences, processions (parfois trois par jour), chaînes au pieds, corde au cou…  Tout cela ne manquait pas de frapper les gens, qu’il réveilla de la torpeur spirituelle.

Lors d’une mission en 1708, il se sentit près de la mort, assailli de douleurs si graves qu’il (lui) fallut en deux jours prendre les saints sacrements de viatique et d’extrême onction. Et comme pour tout (il était) rapide, le cinquième jour (il se trouvait) libre pour recommencer les fonctions interrompues.

Une autre fois, l’hiver 1709, il fallit rester comme congelé sur la route. Là encore, il retrouva des forces.

Exténué de ses longues péripéties, il s’éteignit à Pofi le 7 novembre 1717. Ses dernières paroles furent : Paradis, ô Paradis, ô belle patrie (d’un chant populaire).

Il fut béatifié en 1893.

 

 

Vinh-Sơn Lê Quang Liêm

1732-1773

 

Vinh Sơn (Vincent) était né vers 1732, à Trà Lũ (Nam Định, Vietnam), de Antôn et Monica.

Il entra au séminaire à douze ans en 1744. Ses bons résultats encouragèrent le père Espinosa, un dominicain, à l’envoyer faire des études solides à Manille, au collège Saint-Jean-de-Latran.

Reçu dans l’Ordre dominicain, il fit la profession avec le nom de Vincent de la Paix et fut ordonné prêtre en 1759.

Il enseigna d’abord au séminaire, puis fut en paroisse à Quất Lâm, Lục Thủy, Trung Lễ, Trung Lao.

Il fut arrêté en même temps que le père Jacinto Castañeda Puchasóns (voir la notice)

Il allait être le premier prêtre dominicain vietnamien à subir le martyre.

Etant vietnamien, il n’aurait pas dû être condamné à la décapitation, réservée aux étrangers, mais il insista pour mourir de la même façon que le père Jacinto. Tous deux marchèrent ensemble vers leur supplice, alternant les versets du Credo et du Salve Regina et furent décapités à Ɖồng Mơ (Ha Tay, Vietnam), le 7 novembre 1773.

Le père Vinh-Sơn été béatifié en 1908, et canonisé en 1988.

 

 

(Félix) Jacinto Castañeda Puchasóns

1743-1773

 

Il naquit à Játiva (Valencia, Espagne) le 13 novembre 1743 (ou peut-être le 13 janvier ?), de José et de Josefa María. Il fut baptisé en réalité avec les noms de Félix, Tomás, Joaquín, Tadeo.

Entré au couvent dominicain de cette ville, c’est là qu’il prit le nom de Jacinto, par dévotion à saint Hyacinthe de Pologne, un autre Dominicain (v. 17 août).

En 1761, les provinces dominicaines européennes reçurent une demande des Philippines, où l’on avait besoin de jeunes recrues disposées à donner leur vie pour l’Evangile. Jacinto fut de ceux qui y répondirent, quoique pas encore ordonné prêtre.

Il fut envoyé à Manille en 1762 et y acheva ses études avant d’être ordonné prêtre, en 1765. Très intelligent, doué de grandes qualités et vertus, il fut envoyé en Chine.

Il commença par apprendre le chinois à Macao, et se lança dans l’apostolat, volant au secours des pauvres et des malades.

En juillet 1769, selon son propre récit, il fut arrêté de nuit sur dénonciation d’un chrétien apostat, et conduit en prison avec son confrère, le père Lavilla. Ils subirent quatorze interrogatoires devant dix mandarins, en même temps que d’autres chrétiens, dont certains apostasièrent (ou feignirent de le faire) ; on essaya de les incriminer pour viols ou autres délits de ce genre, mais personne ne put avancer la moindre preuve, évidemment. Ils finirent pas être condamnés à l’exil, avec menace de la peine de mort s’ils osaient rentrer dans la région, tandis que ceux qui les avaient hébergés étaient condamnés à quarante coups de fouet et deux mois de cangue. On les libéra le 3 octobre et ils purent rejoindre Macao. Pour tous ces «bienfaits», commentait le père Jacinto, bénie soit la divine Majesté.

Un missionnaire dans l’âme, comme l’était le père Jacinto, ne peut rester inactif. La porte de la Chine se fermait : il entrait par celle du Vietnam, où il arriva en février 1770.

Là il œuvra encore très activement pendant trois années, malgré les fatigues et la maladie.

En juillet 1773, il voulut porter le sacrement des malades à un infirme, malgré sa très mauvaise santé. Au retour, sa barque fut espionnée et suivie par une autre de soldats. Jacinto jeta les saintes huiles dans l’eau, gagna la rive et chercha à fuir, mais il tomba plusieurs fois, vaincu par la fièvre. Un peu plus loin il fut arrêté avec son Collègue, le père Vinh-sơn Lê Quang Liêm et le catéchiste qui les accompagnait. 

On les mit dans des cabanes où ils ne pouvaient pas se tenir debout, pendant plus de trois mois. Le 4 novembre, on les condamna à la décapitation. Au catéchiste qui lui apportait la nouvelle, le père Jacinto répondit : Le Seigneur m’accorde aujourd’hui une grande joie.

Il fut martyrisé avec l’autre prêtre à Ɖồng Mơ (Ha Tay, Vietnam) le 7 novembre 1773.

On conservait le corps du Martyr, mais un bombardement a détruit ces reliques durant la Deuxième guerre mondiale.

Le père Jacinto a été béatifié en 1908, et canonisé en 1988.

Baiduo Wu Guosheng

1768-1814

 

Né vers 1768 à Longping (Zunyi, Guizhou, Chine) de parents païens, Baiduo (Pierre) Wu, à l'époque de sa conversion, tenait une hôtellerie très prospère.

Ayant rencontré un chrétien qui lui parla des beautés de la religion, il fut très désireux de les connaître, et se fit instruire par un catéchiste. 

Il élimina toutes les statues idolâtriques de sa maison et reçut le baptême, avec le nom de Baiduo (Pierre).

Grâce à son zèle, lui-même fut bientôt nommé catéchiste, et aida puissamment à la diffusion du catholicisme dans son village : il amena au Christ quelque six-cents personnes.

Pris le 3 avril 1812 (ou 1814), il se vit chargé de la cangue et des chaînes, et jeté en prison.

Pendant toute sa captivité, il se fit remarquer par sa piété, sa ferveur et sa charité. Il convertit aussi des prisonniers au Christ.

Interrogé très souvent, il ne se laissa vaincre ni par les promesses séduisantes ni par les tortures.

Condamné à être étranglé, Baiduo Wu fut exécuté le 7 novembre 1814, à Tsen-y-Fou (Su-Tchuen).

Il fut béatifié en 1900 et canonisé un siècle plus tard, en 2000.

 

 

Vincenzo Grossi

1845-1917

 

Vincenzo naquit le 9 mars 1845 à Pizzighettone (Cremone, Italie), et fut baptisé le jour-même.

De son père, il apprit le sérieux du travail quotidien ; de sa mère, la vie chrétienne.

Tôt il voulut entrer au séminaire, mais le papa voulait mettre à l’épreuve cette jeune vocation : Vincenzo n’entra au Grand séminaire qu’à dix-neuf ans, et fut ordonné en 1869.

M. Grossi mourut bientôt ; Mme Grossi entoura son fils de toutes ses attentions, payant discrètement les dettes du trop généreux don Vincenzo.

Celui-ci fut vicaire à Ca’ de Soresini, puis curé à Regola, où son apostolat changea la paroisse du tout au tout. On l’appelait «le petit couvent du diocèse».

Don Vincenzo donna toute son attention à la catéchèse, aux jeunes, dont il s’entourait avec grande joie.

Cette réussite induisit l’évêque à charger don Vincenzo d’une autre paroisse, Vicobellignano, où il restera trente-quatre ans.

Le premier souci de l’évêque en la lui confiant, était d’en extirper l’erreur protestante. Patiemment, grâce à beaucoup de lectures et de prières, don Vincenzo transforma peu à peu sa paroisse en une véritable communauté de prière.

En 1885, il fonda les Filles de l’Oratoire dans l’esprit de saint Filippo Neri, pour s’occuper des jeunes filles : il en écrivit la règle à genoux devant le Tabernacle.

On l’appela aussi dans les environs pour prêcher des missions à la population. Il ne prenait avec lui qu’une petite sacoche avec son bréviaire et sa montre.

Peu avant de mourir, il disait à la Maîtresse des Novices : Cherchez à ne jamais vous plaindre ; au contraire, soyez dans la joie quand les choses vont à l’opposé de ce que vous voulez faire.

Il mourut le 7 novembre 1917.

Béatifié en 1975, nouveau Jean-Marie Vianney, il fut donné en exemple à tous les prêtres et curés du monde entier.

Le miracle examiné et reconnu pour la canonisation a été la guérison, à Pizzighettone, d’une petite fille de deux mois, atteinte d’une anémie chronique par déficit de la production d’érythropoïétine ; une greffe de moelle osseuse pouvait être tentée, mais personne dans la famille proche n’était compatible. Le bébé était sous perfusion et soins palliatifs, sans espoir de survie. Après que les parents eurent recouru à l’intercession du bienheureux Vincenzo, la petite fille guérit complètement, de façon totalement inexplicable scientifiquement, sans séquelles ni rechutes et vit aujourd’hui normalement, âgée d’environ vingt-cinq ans.

La canonisation aura lieu à l’automne 2015.

 

 

Alfredo Fanjul Acebal

1867-1936

 

Né le 16 juillet 1867 à Oviedo (Espagne), il fut baptisé dès le lendemain.

Après ses études au séminaire d’Oviedo, il entra dans l’Ordre dominicain et fit profession à Corias (Asturies) en 1883.

Ordonné prêtre en 1890, il enseigna à Corias et Salamanque.

Maître en théologie, il était estimé pour ses cours bien préparés, et fut chargé de l’organisation des études.

Il fut supérieur à Oviedo, Salamanque, Palencia, Madrid, et provincial en 1918.

Il se trouvait à Olivar (Madrid) comme prieur, lors des tristes événements de juillet 1936.

Au soir du 20 juillet, il fut emmené en camion au commissariat, puis à la «tchéka», puis au siège du gouvernement. En passant devant une église, s’étant découvert, il reçut des coups de crosse de fusil. Un témoin rapporta qu’il y avait des flaques de sang dans le camion.

On l’enferma ensuite à la Direction générale de Sécurité, où il retrouva d’autres Religieux de Atocha, et vers minuit, on les mit enfin à la prison Modelo.

Dans cette prison, il eut l’heur de recevoir le consentement de mariage de son parent, le général Joaquín Fanjul, qui fut exécuté peu après.

Le 15 août, fête de l’Assomption, arrivèrent là quatre étudiants dominicains, qui devaient être martyrisés eux aussi.

Le 22 août, un incendie alerta prisonniers et gardiens, tandis que le père Alfredo restait tranquillement soumis à la volonté divine. Il confessa les prisonniers ; on l’entendait réciter les prières de la messe.

Cette détention prit fin au matin du 7 novembre 1936, quand on fit sortir tout le monde pour les fusiller à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid).

Le père Alfredo Fanjul, avec ses Compagnons, fut béatifié en 2007.

 

 

Andrés Francisco Simón Gómez

1876-1936

 

Andrés vit le jour le 30 novembre 1876 à Orihuela (Alicante, Espagne), le jour de la fête de saint André.

Après un début d’études au séminaire, il entra chez les Capucins de Ollería (Valencia), y reçut l’habit en 1891 et prit le nom de Eloy.

Après la profession (1892), il fut ordonné prêtre (1899), il exerça le saint ministère dans le diocèse de Orihuela, tout en enseignant.

En 1906, il fut envoyé en Colombie, comme secrétaire de son oncle, l’évêque Francisco Simón y Ródenas, à Santa Marta. Il fut en même temps Gardien du couvent de Bogotá.

De retour en Espagne, il fut Gardien dans plusieurs monastères, ainsi que définiteur provincial.

Lors des hostilités de 1936, les Religieux furent expulsés du monastère de Orihuela et le père Eloy fut accueilli chez un frère.

Arrêté le 7 novembre, il fut poignardé à mort près de Crevillente (Alicante) le 7 novembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Mendibelzúa Ocerín

1878-1936

 

Né le 23 novembre 1878, baptisé le lendemain, il fut tout petit en contact avec les moniales dominicaines, grâce auxquelles il entendit bientôt l’appel de Dieu

Entré à son tour chez les Dominicains, il fit la profession à Corias (Asturies) en 1894 ; après la philosophie, il fit la théologie à Salamanque et fut ordonné prêtre en 1902.

Particulièrement doué pour la musique, il fut chantre dans les couvents où il passa ; il jouait de l’orgue et composait.

Destiné au couvent de Madrid (Olivar), ce fut un religieux remarquable, qui eut l’occasion de célébrer la Messe dans l’oratoire privé du président de la République, M. Zamora.

Lors de l’assaut du couvent de l’Olivar, le 20 juillet 1936, il reçut l’hospitalité dans des familles accueillantes, mais fut arrêté à la mi-octobre.

Mis en prison, avec une centaine d’autres personnes arrêtées, dans un endroit très étroit, puis dans la prison Modelo, ce Religieux à la santé robuste souffrit beaucoup des mauvais traitements qu’il reçut.

Il se retrouva avec le père Vicente Rodríguez, qu’il soutint dans l’épreuve et qui allait être martyrisé avec lui.

Le 15 août, fête de l’Assomption, arrivèrent là quatre étudiants dominicains, qui devaient être martyrisés eux aussi.

Cette détention prit fin au matin du 7 novembre 1936, quand on fit sortir tout le monde pour les fusiller à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid).

Le père Juan Mendibelzúa, avec ses Compagnons, fut béatifié en 2007.

Gil Belascoain Ilarragorri
1883-1936

Né et baptisé le 1er septembre 1883 à Legarda (Navarre), Gil était le fils de Felipe et Estefania, qui eurent aussi une fille, visitandine.

Gil était déjà un maçon expérimenté lorsqu’à vingt-quatre ans, il entra comme Frère convers dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), où il fit la profession en 1909.

Il fut envoyé à Guadalajara et Madrid, partit en Angleterre à Potters Bar et Dunstable, et revint à Madrid en 1936.

Il sut faire profiter de son savoir-faire à bien d’autres Frères ; modeste, il ne se vantait jamais et n’avait jamais aucune parole méprisante envers quiconque, au contraire il encourageait ses «élèves» pour mettre en valeur leurs dons ; l’un d’eux fut justement Joaquín Zubillaga.

Vint la révolution de juillet 1936 et la persécution religieuse. Il se réfugia en divers endroits et, en dernier lieu, là où se trouvait le frère Joaquín Zubillaga. On les dénonça ou on les repéra : ils furent jetés dans la prison Modelo, où se trouvaient déjà maints Confrères.

Les deux Frères furent de ceux qu’on appela le 7 novembre.

Martyrisé le 7 novembre 1936 à Paracuellos de Jarama (Madrid) et béatifié en 2017, Gil Belascoain Ilarragorri sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 novembre.


Manuel Sanz Domínguez
1887-1936

Manuel vit le jour le 31 décembre 1887 à Sotodosos (Guadalajara, Espagne). A la confirmation, il reçut le nom de Silvestre.
Après ses études, il travailla comme cheminot à Madrid, Saragosse et Alicante et fut chef de gare à Coscurita (Soria), puis passa à la Banque Rurale, dont il devint directeur.
Cet homme avait une grande piété : déjà à la gare d’Astocha de Madrid, il lui arrivait de parler de l’Evangile à qui voulait bien l’entendre, sans s’occuper des moqueries des camarades anarchistes, qui l’appelaient Saint Manuel.
En plus, Manuel avait une vie personnelle très engagée, comme membre de l’Adoration Nocturne, comme participant aux retraites ; il pensa entrer chez les Jésuites, mais son père était très malade et ses sœurs dépendaient économiquement de lui. Il assistait assidûment à l’office des Moniales Hiéronymites. Ces dernières avaient un grand souci : la branche masculine de leur Ordre s’était éteinte depuis presque un siècle ; des monastères étaient vides depuis 1835 : un siècle après, l’Ordre serait canoniquement éteint.
Les moniales en parlèrent un jour au parloir à Manuel, qui s’emballa littéralement pour ce projet : il partit pour Rome et rencontra le Pape pour parler de son idée de restaurer la branche masculine de l’Ordre Hiéronymite. Non seulement le Pape lui donna sa bénédiction, mais il lui exprima son fervent désir de voir à nouveau de pieux moines remplir les monastères vides.
En 1925, un groupe de jeunes s’établit dans l’ancien monastère de Santa María del Parral (Ségovie), qui était presque en ruines. La vie monastique s’organisa.
Manuel, lui, se prépara au sacerdoce et fut ordonné prêtre en 1928, avec le nom de Manuel de la Sainte Famille.
Les difficultés s’abattirent : des tensions internes, mais surtout les événements politico-sociaux avec leurs conséquences anti-religieuses en 1931 avec la proclamation de la République, et en juillet 1936 avec la révolution espagnole.
Le 5 octobre 1936, Frère Manuel fut arrêté à Madrid et mis à la Cárcel Modelo. Il put dire à ses proches : Ne soyez pas en peine pour moi. Si je reste en vie, je verrai l’Ordre de Saint Jérôme restauré ; si je meurs, je serai martyr du Christ, ce qui est beaucoup plus que ce que j’aurais pu rêver.
Il employa son temps à continuer d’évangéliser ses compagnons de prison, en attendant «l’heure».
Il fut assassiné à Paracuellos del Jarama (Madrid) entre le 6 et le 8 novembre 1936, et béatifié en 2013. 
Actuellement, les moines hiéronymites continuent leur vie contemplative dans deux monastères espagnols.

Vicente Rodríguez Fernández
1897-1936

Né à Bárcena (Navelgas, Asturies) le 22 octobre 1897, Vicente fut baptisé le lendemain. Il avait (au moins) un frère.
Entré chez les Dominicains, il professa en 1915 à Corias (Asturies), fit la théologie à Salamanque et fut ordonné prêtre en 1922.
Dominicain accompli, il se préparait avec ardeur à la prédication, avec cette inspiration poétique qu’il avait en lui.
On l’envoya bientôt prêcher à Chihuahua et Tampico (Mexique), d’où la persécution l’expulsa.
Il passa alors aux Etats-Unis, dans l’état du Texas, où il exerça l’apostolat au milieu d’une population pauvre, dont il partagea volontiers la condition.
De retour en Espagne, il fut à Valladolid, puis au couvent de l’Olivar de Madrid.
Le couvent fut pris d’assaut le 20 juillet, et le père Vicente se réfugia chez son frère. Son inquiétude était d’autant plus grande qu’il avait reçu un billet anonyme l’avertissant qu’il mourrait bientôt, au moment où il s’y attendait le moins.
Arrêté le 12 octobre, il se retrouva aux côtés du père Mendibelzúa (voir la notice), qui l’aida beaucoup fraternellement à surmonter ces moments d’angoisse.
Les deux prêtres furent conduits, avec beaucoup d’autres, à Paracuellos del Jarama, aux environs de Madrid, où ils furent fusillés, le 7 novembre 1936.
Ils furent tous deux béatifiés en 2007.


Victoriano Reguero Velasco
1902-1936

Né le 14 janvier 1902 à Valladolid, de Zenón et Benita, il fut baptisé cinq jours plus tard.
Entré dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il y fit la profession en 1920 à Madrid et fut ordonné prêtre en 1927, toujours à Madrid.
Il fut ensuite envoyé à Guadalajara et Teruel, avant de revenir à Madrid. Il fut professeur de latin.
Mis à la rue par les révolutionnaires marxistes en juillet 1936, il chercha à se cacher pendant quelque temps, mais fut arrêté le 7 octobre à six heures du matin, en même temps que d’autres prêtres et Religieuses vincentiens. On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité puis, deux jours plus tard, à la prison Modelo.
Le p.Victoriano n’avait pas une santé très solide et devait s’appuyer sur une béquille ou une canne anglaise. Il souffrit d’autant plus dans la prison. 
Le 7 novembre 1936, il fut de ceux qu’on appela pour être fusillés ; le milicien qui le réveilla lui dit : Prends ta hallebarde.  On les conduisit en dehors de Madrid, à Paracuellos de Jarama.
Béatifié en 2017, Victoriano Reguero Velasco sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 novembre.


José Vega Riaño
1904-1936

José vit le jour à Siero de la Reina (León, Espagne) le 19 mars 1904, le jour de la fête de saint Joseph, dont il porta le nom. Les parents étaient d’humbles paysans.
Il entra chez les Oblats de Marie Immaculée (OMI) et fit la profession à Urnieta (Guipúzcoa) en 1922, puis commença les études de philosophie.
Il fut envoyé à Rome pour compléter ses études, et il fut reçu docteur en philosophie, en théologie et en droit canonique. C’est aussi à Rome qu’il fut ordonné prêtre en 1927.
En 1930, il pouvait ainsi assumer l’enseignement de théologie dogmatique à Pozuelo de Alarcón. On appréciait ses cours, qui étaient de réelles lectures spirituelles.
Au moment de la révolution de 1936, le 22 juillet, toute la communauté fut arrêtée. Deux jours après, on conduisit José à la Direction Générale de Sécurité (Madrid). Remis en liberté le lendemain, il se réfugia chez une famille amie avec d’autres jeunes religieux.
Le 10 octobre, il fut à nouveau arrêté.
A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait le père José avec, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.
C’était au matin du 7 novembre 1936 : le père José avait trente-deux ans. 
José Vega Riaño fut béatifié en 2011.


Manuel Martín Pérez
1904-1936

Manuel vit le jour à Encinasola de los Comendadores (Salamanque) le 7 novembre 1904.
Il entra chez les Pères Salésiens et fit la profession à Carabanchel Alto (Madrid) en 1923, puis commença les études de philosophie.
Envoyé à Astudillo (Palencia) puis Madrid, il y passa les trois années de «pratique» et se préparait à recevoir le sacerdoce. Il devait recevoir davantage : la couronne du martyre.
Au moment de la révolution de 1936, il se cacha quelque temps, mais fut arrêté en octobre, et enfermé à Madrid.
Il fut conduit avec d’autres Confrères à la prison Modelo de Madrid, où il resta environ trois semaines.
A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.
C’était au matin du 7 novembre 1936 : ce jour-même, Manuel accomplissait ses trente-deux ans. 
Manuel Martín Pérez fut béatifié en 2007.


Isabelino Carmona Fernández
1908-1936

Né à Pajares de Laguna (Salamanque) le 16 septembre 1908, il fut baptisé le 24 suivant et confirmé en 1911, comme c’était la coutume. 
Il étudia à l’école dominicaine de Corias (Asturies), puis à Las Caldas de Besaya (Santander).
Entré à son tour dans l’Ordre dominicain, il fit la profession en 1925 à Corias et les études de philosophie ; la théologie se fit à Salamanque, où Isabelino fut co-fondateur de la maison Francisco de Vitoria, et il fut ordonné prêtre en 1932.
Il fut envoyé au couvent de Atocha (Madrid), comme directeur des jeunes de l’Action Catholique qui furent plus de cent grâce à son impulsion, instruits et conduits magistralement par ce jeune prêtre.
Le 20 juillet, le couvent fut pris d’assaut et le père Isabelino fut conduit avec les Confrères au poste de Abtao, puis à la Direction Générale de Sécurité, enfin à la prison Modelo de Madrid. Il était minuit.
Là ils se retrouvèrent avec les autres Dominicains du couvent de l’Olivar (voir les notices de Juan Mendibelzúa et Vicente Rodríguez), avec lesquels ils se confortèrent réciproquement. En particulier ils purent, malgré les conditions pénibles de la prison, célébrer assez dignement la fête de saint Dominique, leur Fondateur, qu’on célébrait à l’époque le 4 août.
Le jour du martyre arriva : on fit sortir les prisonniers pour les conduire, sans ménagement, à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid), pour les fusiller.
C’était le matin du 7 novembre 1936. Isabelino avait vint-huit ans d’âge, et quatre de sacerdoce.
Le père Isabelino fut béatifié avec ses Compagnons en 2007. 


Serviliano Riaño Herrero
1916-1936

Serviliano vit le jour à Prioro (León, Espagne) le 20 avril 1916, fils de Rosendo et Gabina.
Il entra au collège des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Urnieta (Guipúzcoa) en 1927, puis passa au noviciat en 1932 pour les études des philosophie à Las Arenas (Biscaya).
Après la première profession (1933), il rejoint la communauté de Pozuelo de Alarcón où il fait les études de théologie en vue de recevoir l’ordination sacerdotale. Il se préparait avec joie à sa prochaine mission apostolique, où qu’elle pût être, mais les événements ne lui permirent pas de réaliser ce beau rêve. Dieu allait lui donner rapidement la couronne du martyre. 
Au moment de la révolution de 1936, le couvent fut assailli le 22 juillet et transformé en prison pour toute la communauté de Pozuelo.
Puis les Religieux, dont notre Serviliano, furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, au centre de Madrid, d’où ils furent libérés un jour plus tard.
Ils vécurent alors dans la clandestinité, sa cachant chez des amis, jusqu’au 15 octobre, où une rafle les arrêta de nouveau.
A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés. Le matin, on appela les noms de ceux qui devaient être libérés, en réalité exécutés. Le premier groupe comprenait, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés. Serviliano fut exécuté non loin de là, à Soto de Aldovea (Torrejón de Ardoz, Madrid).
Il y eut un raffinement de cruauté pour le jeune Serviliano. On l’attacha par le bras à un autre condamné, on lui lia les mains derrière le dos et on lui coupa les parties génitales avant de le fusiller. 
C’était au matin du 7 novembre 1936 : Serviliano avait juste vingt ans. 
Martyr de la foi et de la chasteté, Serviliano Riaño Herrero fut béatifié en 2011.

José Delgado Pérez

1917-1936

 

José vit le jour à Becerril de Campos (Palencia, Espagne) le 18 mars 1917, et reçut le baptême le lendemain, fête de saint Joseph dont il porta le nom.

Il fit de très bonnes études, grâce à des dons intellectuels remarquables, à l’école apostolique  dominicaine d’Almagro.

En 1931, en raison des événements, les Supérieurs jugèrent bon de renvoyer les jeunes dans leurs familles. José retrouva les siens, parmi lesquels il se montra dévoué, serviable, donnant l’exemple de la piété.

Il persévéra dans sa vocation et voulut commencer le noviciat, ce qui eut lieu avec sa prise d’habit, le 8 septembre 1935, fête de la Nativité de Marie.

José montra toute son ardeur juvénile dans la joie d’être consacré à Dieu, heureux de participer à la vie conventuelle dominicaine.

Il se trouvait au couvent de Almagro au moment où la maison fut assaillie par les révolutionnaires, le 25 juillet 1936 (voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936).

José fut conduit avec d’autres Confrères à la prison Modelo de Madrid, où il resta pendant un peu plus de trois mois.

A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait, entre autres, les pères Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.

C’était au matin du 7 novembre 1936 : José, un des plus jeunes, avait dix-neuf ans.

José Delgado Pérez fut béatifié en 2007.

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 00:00

 

06 NOVEMBRE

 

III.

S Felix, martyr à Thinisa ; il mourut en prison avant son martyre. 

IV.

S Severus, évêque martyr à Barcelone.

S Pavlos, évêque à Constantinople, exilé et étranglé à cause des Ariens.

VI.

S Melanius, évêque à Rennes ; il rappela à deux prêtres la loi sur le célibat et fit disparaître les traces de l'idolâtrie.

S Illtud, abbé au Pays de Galles, fondateur d'un monastère à Llantwit Major, de vaste science, considéré comme le maître d'autres Saints gallois ou bretons : Brieuc, Cadoc, David, Dubric, Gildas, Lunaire, Pol, Samson.

S Léonard, disciple de s. Remi, ermite en Limousin, invoqué pour la libération des prisonniers.

?

S Louant, ermite près de Chinon.

Ste Galla, vierge à Valence.

S Atticus, martyr en Phrygie.

VII.

S Kallinikos, chef de cohorte à Gaza, martyr à Jérusalem avec ses soldats : Himerios, Ilerios, Theodoros, Stephanos, Petros, Pavlos, un autre Theodoros, et deux Ioannis.

S Protais, évêque à Lausanne.

VIII.

S Winnoc, gallois, abbé à Wormhoudt ; vieux, il avait la charge du moulin, mais étant fatigué, il le faisait tourner par sa prière ; patron des meuniers.

X.

S Démétrien, évêque à Chytroi ; son père était prêtre ; marié à quinze ans, bientôt veuf, il fut moine, ermite, prêtre, abbé ; quand on eut besoin d'un évêque, il se cacha sur les conseils d'un ami, qui fut fouetté jusqu'à ce qu'il révélât la cachette du candidat ; puis il alla solliciter et obtint du calife de Bagdad la libération d'un bon nombre de ses diocésains.

XI.

S Etienne, évêque à Apt, deux fois pèlerin en Terre Sainte.

S Théobald, chanoine régulier au Dorat, élève de s. Israel ; il refusa le sacerdoce par humilité et mourut de lientérie . 

XIV.

Bse Christina, vierge mystique, béguine à Stommeln.

XVII.

B Thomas de Saint-Augustin Ochia Kintsuba Jihyoe, prêtre augustin japonais, martyr, béatifié en 2008.

Felix de Thinisa
4. siècle

Thiniza (Numidie, auj. Algérie NE) se trouvait non loin de la viie d’Hippone, où s.Augustin était évêque (v. 28 août). 
Il semble bien que ce soit de ce Félix que le saint évêque prononça ces paroles élogieuses : Il fut vraiment Felix (Heureux) de nom et pour sa couronne. Il confessa sa foi, on le condamna à être torturé ; on retrouva le lendemain son corps inanimé dans la prison.
S.Augustin fut évêque de 394 à 430. Felix a pu mourir aussi bien avant qu’après cette date. Le Martyrologe le situe même au troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Felix de Thinisa au 6 novembre.


Severus de Barcelone
† 302

Le Martyrologe mentionne un Severus, évêque et martyr, que la liste épiscopale du diocèse de Barcelone ignore tout-à-fait.
A partir du 5e siècle, l’invasion des Wisigoths, qui répandaient avec eux l’erreur arienne, fit qu’il y eut apparemment deux évêques pour un même diocèse, l’un catholique, l’autre arien.
Puis à partir du 8e siècle, s’installèrent les Arabes.
Dans ces circonstances, que dire de notre Severus, évêque et martyr ?
Aurait-il été un évêque clandestin, ordonné secrètement pour continuer de guider les fidèles dans la voie de la Vérité ?
Fut-il un évêque de passage, arrêté et martyrisé par les autorités hostiles à la Foi ?
L’ancien Martyrologe romain disait que pour la foi catholique, il eut la tête percée avec un clou.
Une donnée hypothétique situait cet évêque entre 620 et 633 ; mais selon la liste, en 633 mourut Emila, qui était évêque depuis 600, et en 634 arriva Ola. On remarque cependant une longue période de vacance de 702 à 850. Severus fut-il évêque au 8e siècle, et martyrisé par les Arabes ?
Des historiens ont tenté de supposer que le culte envers Severus provenait en réalité du Severus de Ravenne, martyr au 4e siècle (v. 1er février).
Mais voilà qu’une tradition vient à notre secours, selon laquelle notre Severus était évêque de Barcelone au début du 4e siècle, et qu’il subit la persécution de Dioclétien. Entraîné par ses fidèles, il se cacha à un endroit appelé Castrum Octavianum (plus tard San Cugat del Vallés), où cependant un détachement romain l’arrêta ; c’est alors que se produisit l’épisode du clou enfoncé dans la tête du prélat.
Ceci eut lieu le 6 novembre 302.
Saint Severus de Barcelone est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.


Pavlos de Constantinople
† 351

Le quatrième siècle a vu l’Eglise déchirée par l’hérésie d’Arius.
Pavlos était né à Thessalonique et devint prêtre à Constantinople.
L’évêque Alexandre (v. 28 août) le prit comme secrétaire et, peu avant de mourir, désigna deux «candidats» pour lui succéder : Makedonios si l’on voulait un politique habile, Pavlos si l’on voulait un saint.
C’est effectivement Pavlos qui fut choisi, en 336, mais l’empereur philo-arien Constance le fit exiler à Trèves, et remplacer par Eusèbe de Nicomédie, qui mourut en 341.
En 341, avec l’approbation du pape, Pavlos fut rappelé sur son siège ; mais le parti arien réussit à consacrer en même temps Makedonios, et les deux factions s’affrontèrent dans Constantinople.
Constance, pour ramener l’ordre dans la capitale, fit appel à son général Hermogenes pour expulser Pavlos, mais le peuple chrétien, mécontent, incendia la maison du général, l’arrêtèrent, l’assassinèrent et traînèrent son cadavre dans les rues de la ville. Cette réaction est absolument condamnable, mais Pavlos ne pouvait contenir tout ce mouvement de foule.
Makedonios s’éloigna tout de même, mais l’empereur chargea le préfet Philippos de se «débarrasser» du patriarche ; le préfet tendit un piège à Pavlos : il le convoqua «pour une affaire» et, pour éviter le tumulte de la foule, fit élargir une fenêtre de son palais pour faire passer l’escorte qui emmenait Pavlos en exil par voie de mer. On remit Makedonios sur le siège.
Pavlos fut emmené à Singara de Mésopotamie, puis à Emèse de Syrie, enfin à Cucuse de Cappadoce.
C’est là-bas que mourut Pavlos, vers 351. Il fut peut-être étranglé par une faction arienne, ce qui fait qu’il est généralement considéré comme martyr. Un demi siècle plus tard devait mourir à Cucuse un autre Confesseur héroïque, lui aussi exilé, Jean Chrysostome (v. 14 septembre).
Makedonios se déchaîna contre les partisans de Pavlos ; certains furent battus à mort, d’autres marqués au front ; leurs biens furent confisqués.
L’empereur Théodose fit rapporter les restes du patriarche Pavlos à Constantinople ; depuis 1226, ils se trouvent à Venise.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pavlos de Constantinople au 6 novembre.

 

Léonard de Noblat
?

Ce mystérieux Léonard serait né au début du sixième siècle, de parents nobles, Francs, et eut pour parrain Clovis lui-même. Son frère s’appelait Lifard.
Quand il en eut l’âge, il fut invité à entrer dans l’armée royale, mais il préféra aller se mettre à l’école de s.Remi de Reims (v. 13 janvier).
Le jeune homme sut mettre à profit l’enseignement et l’exemple de son maître, qui l’introduisit dans la cléricature. 
De même que s.Remi avait obtenu la libération des prisonniers à chaque visite du roi à Reims, de même Léonard obtint la libération des prisonniers auxquels il rendrait visite.
Mais Léonard reçut aussi le don des miracles. Les malades venaient le supplier de les guérir. Puis le roi voulut le mettre à la tête d’un évêché. Tout cela était trop d’agitation pour Léonard qui préférait le silence, la solitude, la retraite et la méditation.
Il vint se mettre à l’école de s.Mesmin, à Micy (v. 15 décembre). Il devait y être avec son frère Lifard, mais tous deux comprirent que là n’était pas leur vocation. Lifard se dirigea à Meung, Léonard vers l’Aquitaine.
Près de Limoges, il eut l’occasion de rencontrer la famille royale et, par sa prière, obtint que la reine pût accoucher sans difficulté, alors qu’on la croyait en grand danger de mort. Le roi accorda alors à Léonard une portion de la forêt voisine pour qu’il pût y construire un petit monastère. C’est en mémoire de cette donation que Léonard appela ce lieu Nobiliacum parce qu’il lui avait été donné par un roi très noble, écrivit un biographe qui, sans doute, ne connaissait pas très bien le latin ; cette étymologie expliquerait donc le nom de la localité de Noblat.
Ces événements devaient se passer après 533, date de la mort de s.Remi, car Léonard dédia un autel de son monastère à ce saint Evêque.
Léonard fit creuser un puits près du monastère et obtint par sa prière que l’eau ne vînt jamais à y manquer. Les prisonniers les plus éloignés, qui invoquaient le nom de Léonard, étaient à l’instant libérés de leurs chaînes. Les malades qui venaient trouver Léonard étaient guéris…
Même les proches parents de Léonard vinrent se mettre sous sa direction.
Tous les détails rapportés ci-dessus proviennent de textes que les historiens jugent tardifs et donc fort douteux, au point qu’ils accorderaient tout juste à Léonard d’avoir vécu "entre le sixième et le dixième siècle".
Après sa mort, Léonard continua à libérer des prisonniers, et on l’invoqua de très loin, de Flandre et d’Autriche.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Léonard de Noblat au 6 novembre.


Melanius de Rennes
456-530

Melanius (Melaine) naquit probablement en 456 à Platz (act. Brain-sur-Vilaine, Ille-et-Vilaine), de riches parents de l’aristocratie gallo-romaine.
Dès l’enfance, Melaine aurait voulu transformer la maison familiale en monastère.
Il reçut le don des miracles. Il guérit la fille d’Eusebius, dux (chef, maire) de Vannes, qui lui remit en remerciement la paroisse de Comblessac. On ne sait pas, cependant, s’il était déjà prêtre à ce moment-là ou s’il fut ordonné peu après.
En 505, Amand de Rennes (v. 13 novembre ?) le choisit pour successeur : ayant accepté humblement à contre-cœur cette mission, Melaine devenait ainsi le huitième évêque de ce siège. Il considérait l’épiscopat comme un fardeau et se sentit obligé de s’occuper de tous, des soucis des gens, des questions sociales.
Il aurait été un intermédiaire de premier plan entre la population et le pouvoir de Clovis.
En 511, il participa au concile d’Orléans et fut le principal rédacteur des canons qui y furent décidés. Plus tard, conjointement avec deux autres évêques, il enjoignit à deux prêtres, nommés Catihernus et Louocatus de respecter les lois liturgiques ainsi que leur célibat, les menaçant d’excommunication s’ils continuaient à faire distribuer le Sang du Christ à la Messe par des femmes.
On sait que par son zèle il réussit à faire disparaître toute trace de paganisme dans son diocèse.
On dit aussi qu’il fit beaucoup de miracles (outre celui déjà mentionné plus haut), tant de son vivant qu’après sa mort. 
Melaine mourut  à Platz, son pays natal, vraisemblablement un 6 novembre, vers 530.
Quand on transporta son corps en barque sur la Vilaine, des voleurs prisonniers dans une tour virent leurs chaînes tomber et une brèche s’ouvrir, leur montrant le chemin de la liberté.
La basilique construite sur son sarcophage s’écroula dans un incendie, mais le sarcophage ne subit aucun dommage. Elle s’appelle maintenant Notre-Dame en Saint-Melaine.
Saint Melanius de Rennes est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.


Illtud de Llantwit Major
? 540

Illtud (Illtyd, Ildut, Iltut) est un de ces grands Saints gallois qu’il est difficile de situer avec précision.
Illtud fonda le monastère de Llantwit Major, d’où sortirent d’illustres Saints : Brieuc, Cadoc, David, Dubric, Gildas, Lunaire, Pol, Samson (v. 1.mai, 21 septembre, 1.mars, 14 novembre, 29 janvier, ? 1.juillet, 12 mars, 28 juillet).
Il aurait dirigé aussi une importante école monastique dans l’île de Caldey.
Il a été présenté comme le plus instruit des Bretons, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, mais aussi en géométrie, en rhétorique, en grammaire, en arithmétique…
Les paysans de l’endroit lui étaient reconnaissants de leur avoir enseigné une nouvelle méthode pour labourer.
On a dit qu’Illtud aurait été ordonné prêtre par s.Germain d’Auxerre, lors de son voyage en 429 ou en 445 (v. 31 juillet), mais cela semble difficile, vu la date (certes, approximative) de sa mort, vers 540. Si Illtud avait vingt-cinq ans environ en 429 ou même en 445, il serait mort entre cent-vingt ans et cent-trente-six ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Illtud de Llantwit Major au 6 novembre.


Kallinikos et Compagnons de Gaza
† 638

Kallinikos était le chef d’une garnison de soldats grecs à Gaza.
Cette ville fut prise par les Sarrasins en 637. La garnison fut cependant exclue du traité et les soldats furent immédiatement mis en prison. Le chef arabe, Amr, se les fit amener et leur proposa d’apostasier pour avoir la vie sauve. Devant cet infâme marchandage, les soldats refusèrent d’abandonner leur foi.
Amr ordonna de les séparer de leurs femmes, de leurs enfants, de leur enlever leurs armes et de les remettre en prison.
Un mois après, le même chef les fit conduire enchaînés à la prison d’Eleuthéropolis, pendant deux mois, puis à celle de Nicopolis pendant trois mois ; de là, les soldats furent emmenés à Jérusalem et de nouveau enfermés. C’est là que le patriarche Sophrone (v. 11 mars) vint leur rendre visite et les encourager à persévérer, même jusqu’à verser leur sang pour leur foi au Christ.
Dix mois plus tard, le calife de Jérusalem, Omar, suggère de relaxer avec les honneurs ceux des soldats qui auraient accepté d’apostasier ; sinon, de décapiter Kallinikos et neuf de ses hommes, pour impresssionner les autres.
Ce martyre eut lieu le 11 novembre 638 - le 6 d’après d’autres textes -, aux portes de Jérusalem. Les Compagnons de Kallinikos s’appelaient : 
Himérios, Ilérios, Theodoros, Stephanos (de la garnison des Scythes) ; Petros, Pavlos, Theodoros, et deux Ioannis (de la garnison des Voluntarii). 
Le patriarche Sophronius les ensevelit et éleva sur leur tombe l’oratoire Saint-Stéphane.
Les autres soldats, aussi courageux que les premiers, devaient être martyrisés le 17 décembre suivant. 
Saint Kallinikos et ses Compagnons de Gaza sont commémorés le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.


Prothasius de Lausanne
640-699

Protais naquit vers 640, peut-être à Vevey (Suisse).
Si son épiscopat à Lausanne est attesté en 652, il faudra certainement avancer sa date de naissance à au moins 620.
Il était le troisième évêque de Lausanne.
On sait qu’il agrandit la chapelle Saint-Thyrse et qu’il en fit la dédicace.
Avec le soutien du duc de Bourgogne (Félix Chramnélène) et de son épouse Ermentrude, il fit ériger le monastère de Baulmes, dédié à Notre-Dame.
Il entreprit la restauration de l’église de Lausanne et voulut y participer de ses propres mains. Mais lors du défrichage de la forêt du Mont Tendre, il fut tué par la chute d’un arbre, le 6 novembre 699.
Cette date est également problématique, car on recense deux autres évêques de Lausanne, Chilmegiselus et Udalricus en 670 et 690, puis une longue vacance de plus d’un siècle. On pourra supposer que Protais ait démissionné, ou que les deux autres évêques mentionnés étaient des évêques auxiliaires, ou des intrus…
L’endroit où il fut porté pour être mis en bière, a pris le nom de Bière. Ses reliques, portées à  Basuges, donnèrent naissance à la commune de Saint-Protais, plus tard dénommée Saint-Prex.
Du monastère de Baulmes, il ne reste malheureusement rien.
Saint Prothasius de Lausanne est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.


Winnoc de Wormhoudt
640-716

Winnoc (Winox, Winokh, Wince, Gaennoc) était peut-être de la maison royale galloise de Domnonia et fils de s.Judicael (v. 16 décembre). Il se peut que sa famille s’enfuît du Pays de Galles devant l’invasion des Saxons et vînt en Armorique.
Winnoc serait passé quelque temps en Angleterre où il aurait vécu avec son frère Arnoch.
Puis, recherchant un lieu sûr pour se donner à Dieu, il arriva dans les Flandres avec trois compagnons, Quadanocus, Ingenocus, Madocus, et ils se présentèrent à s.Bertin de Sithiu (v. 5 septembre), vers 679.
Ce dernier les reçut avec bonté, leur enseigna la vie monastique et, voyant leurs excellentes dispositions, les invita à se bâtir un monastère au pays de Thérouanne ; ce fut d’abord Grunobergue (act. Bergues-Saint-Winnoc), puis Wormhoudt, une propriété cédée par un certain Hérémar, en 693.
Le monastère, avec une dépendance pour recevoir les pauvres, fut dédié à s.Martin (v. 11 novembre) et Winnoc y devint abbé après la mort des trois autres fondateurs.
Winnoc ne voulait pas être «supérieur» et participait aux tâches manuelles. Devant tourner la meule du moulin, il élevait à Dieu des prières et des louanges, pendant que la meule continuait de tourner toute seule. Rien de grave jusqu’ici ; mais voilà qu’un moine voulut voir comment Winnoc s’y prenait pour tourner sans arrêt une meule si pesante, surtout pour son âge ; il guetta par un trou de la porte… et devint aveugle, mais pas muet. Il raconta ce qu’il avait vu, on pria Winnoc de lui pardonner, et celui-ci obtint de Dieu de redonner la vue à son moine un peu trop curieux.
Winnoc s’éteignit le 6 novembre, vers 716.
L’épisode du moulin a rendu Winnoc patron des meuniers. Bien d’autres miracles se produisirent sur son tombeau. Ainsi, un enfant qui s’était noyé dans la rivière de La Colme, fut ramené à la vie par l’intercession de Winnoc : à la suite de ce miracle, on porta chaque année la châsse de s.Winnoc par les rues et on l’immergeait dans la rivière.
En 880, le monastère de Wormhoudt fut détruit par les Normands. Mais une abbaye fut construite à Bergues-Saint-Winnoc, qui subsista jusqu’à la Révolution ; il n’en reste qu’une tour monumentale, qui laisse deviner l’importance des bâtiments.
Saint Winnoc de Wormhoudt est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

Etienne d’Apt

975-1046

 

Etienne naquit vers 975 à Agde (Hérault).

Il entra très jeune dans la cléricature et fit de bonnes études : son étude du grec fut assez bonne pour que, lors d’un voyage (ou pèlerinage) en Palestine, il put en parfaire sa connaissance au point de le parler couramment. Ses voyages le conduisirent même dans tout le bassin méditerranéen !

En 1010, il fut élu évêque d’Apt : il en était le 25e titulaire (connu).

Excellent administrateur, il entreprit la reconstruction de sa cathédrale, qui était en ruines ; il la refit sur les vestiges d’une très ancienne église et la dédia à s.Pierre, ste Marie et s.Castor (v. 21 septembre). Il édifia aussi plusieurs églises nouvelles.

Il voulut refaire le pèlerinage en Terre Sainte. Mais de passage à Volterra (Toscane, Italie C), il tomba malade et fut soigné par l’évêque du lieu, Gunfredo († 1037). Après son rétablissement, il revint à Apt et accomplit ensuite le pèlerinage qu’il souhaitait.

Il mourut le 6 novembre 1046 et fut enterré dans sa cathédrale, désormais appelée Sainte-Marie-Nouvelle.

Saint Etienne d’Apt est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théobald du Dorat

990-1070

 

Théobald naquit en (ou vers) 990 à La Bazeuge (Le Dorat, Haute-Vienne), de parents pauvres, mais très chrétiens.

Tôt, ses parents le confièrent au chapitre du Dorat, illustré par s.Israël (v. 12 décembre). Sa très vive intelligence le fit bien vite dépasser tous les élèves.

Après avoir brillamment complété sa formation à Périgueux, il revint au Dorat où il fut admis, mais par humilité il resta diacre et refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

On le nomma sacristain et gardien des reliques ; il administra la collégiale Saint-Pierre ; il fut écolâtre (professeur) et acheva la formation de l’illustre s.Gautier (v. 23 mars) ; mais il avait une préférence pour les élèves moins doués, les aidant patiemment de ses explications calmes.

Il portait un cilice ; il passait ses nuits dans la prière et, pour ne gêner personne, allait dormir hors du dortoir (car pendant longtemps, les moines dormaient dans un unique dortoir).

Le pauvre Théobald fut atteint de lientérie, pénible maladie dont il mourut, le 6 novembre 1070.

Cette date étant sûre, et l’âge de Théobald étant alors, dit-on, de quatre-vingt-sept ans, il faudrait peut-être avancer sa date de naissance à 983.

En souvenir de sa prédilection pour les enfants moins doués que d’autres, on l’a invoqué pour les naissances difficiles.

Au 16e siècle, les bâtiments du Dorat furent particulièrement endommagés par les Protestants.

Saint Théobald du Dorat est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

Christina Bruso de Stommeln

1242-1312

 

Christina vint au jour en 1242 à Stommeln (Cologne, Allemagne O), de parents agriculteurs, qui eurent cinq enfants : Christina, Hilla, Gertrud, Heinrich, Sigwin.

Elle apprit à lire le psautier, mais ne sut jamais écrire.

A dix ans, elle eut sa première vision du Christ, qui l’invitait à se consacrer entièrement à Lui.

A treize ans, elle quitta la maison familiale, sans la permission de ses parents, pour rejoindre un couvent de béguines à Cologne. Mais les braves religieuses ne pouvaient supporter d’avoir parmi elles une petite fille déjà si avancée dans l’ascèse et qui, en plus, était favorisée continuellement de visions. Elles la renvoyèrent.

En 1259, Christina regagna sa famille. On ne nous dit pas comment la famille se comporta pendant ces quatre années d’absence, ni comment elle accueillit la «fugitive».

En 1267, elle eut la visite d’un Dominicain suédois, Petrus de Dacie, qui resta en relation épistolaire avec elle jusqu’à la fin de sa vie. Elle lui écrivait en dictant ses lettres au curé de Stommeln.

Durant la semaine sainte de 1269, Christina reçut les stigmates de la Passion du Christ ; elle recevait la visite du Christ, de la Vierge Marie, des Anges, mais subissait aussi des tortures diaboliques ; d’après ses propres aveux, elle en supporta jusqu’à des milliers simultanément, qui lui provoquaient des brûlures, des blessures, et allaient jusqu’à mélanger des serpents et des excréments dans sa nourriture. A la fête de Pâques de 1283, il y en eut deux-cent mille (sic).

Il n’y a pas lieu de mettre en doute ses affirmations, pas plus que son zèle pour hâter la délivrance des âmes du purgatoire.

En 1278 mourut le père de Christina et celle-ci chercha avec son frère Sigwin à maintenir la ferme des parents, qui traversait depuis plusieurs années de graves difficultés financières. En 1280, Sigwin se mit au service des Dominicains en Suède. 

En 1288 cependant, ces épreuves cessèrent. Christina fut entourée de la vénération du clergé et du peuple, d’autant plus que des miracles se vérifièrent, comme la guérison du comte de Clèves.

Elle mourut à Stommeln le 6 novembre 1312, jour de sa mention au Martyrologe, et fut béatifiée en 1908.

 

 

Thomas Ochia Kintsuba Jihyoe

1602-1637

 

Jihei (ou Jihyoe) était un des enfants d’un couple chrétien japonais : Leo Ochia et Clara Okia, qui devaient plus tard verser leur sang pour leur foi. Il semble d’ailleurs que ce fut la famille entière qui fut martyrisée.

Ils vivaient à Omura, le berceau de la chrétienté japonaise, où le premier daimyo (samurai) reçut le baptême, suivi par tant de conversions qu’en 1582 on démembrait environ cent cinquante mille fidèles chrétiens, dont soixante-mille seulement à Omura.

A l’époque de la naissance de Jihei, la persécution commençait à se faire de plus en plus menaçante. 

Jihei reçut le nom chrétien de Thomas à son baptême, peu de jours après sa naissance.

A six ans, il fut placé dans un «petit séminaire» à Arima, à environ cinquante kilomètres au sud-est de Nagasaki. Ce séminaire avait été fondé par des Jésuites en 1580, et les élèves y passaient environ six ans à apprendre le japonais et le latin ; ceux qui voulaient se préparer au sacerdoce étudiaient ensuite l’astronomie, les sciences naturelles, la psychologie, la théologie, la musique et éventuellement aussi quelques autres matières.

Comme les samurais quittaient l’Eglise les uns après les autres devant la persécution, le séminaire fut tranféré à Nagasaki, jusqu’à ce qu’un édit de suppression et d’expulsion fût publié, en 1614. Cet édit fut l’origine de l’envoi de tous les étudiants à Macao ou à Manille, ou bien en d’autres localités du Japon. Notre Thomas se retrouva à Macao, mais sans pouvoir non plus se manifester ouvertement, car la Chine était encore un pays «fermé».

Ayant bien appris le latin, Thomas devint professeur de latin pour la formation des prêtres ; mais le latin fut bientôt interdit également, empêchant les étudiants d’achever leurs études normalement, car le latin était alors une condition sine qua non. En 1620, tous les étudiants furent renvoyés au Japon et Thomas commença son activité de catéchiste, se cachant et changeant de domicile. Ce n’était pas une vie facile, mais c’est dans ces circonstances que mûrit en Thomas l’appel au sacerdoce.

Il rencontra des pères Augustins et voulut entrer dans leur Ordre. Pour cela il rejoignit Manille (Philippines) en 1622, alors qu’il avait vingt ans. C’était le premier Japonais à demander l’admission dans cet Ordre. C’était un peu la «surprise» et l’on hésita à l’accepter. Mais le père provincial reconnut sa vraie vocation et le reçut : Thomas prit l’habit fin 1623 et fit les premiers vœux l’année suivante comme Frère Thomas de Saint-Augustin.

Envoyé à Cebu pour étudier les arts et la théologie, il alla prier à la basilique du Saint-Enfant Jésus, demandant la grâce de pouvoir retourner dans son pays et assister les Chrétiens persécutés.

En 1627 ou 1628, il fut ordonné prêtre, et revint à Manille.

Peu de temps après son arrivée à Manille, il sentit le manque de la statue de l’Enfant-Jésus, et demanda à retourner à Cebu, ce qu’on lui permit. Mais le voyage fut extrêmement mouvementé : le bateau chavira, Thomas s’en sortit de justesse en gagnant l’île de Panay à la nage. Enfin arrivé à Cebu, il sut que la persécution s’était intensifiée à Nagasaki, où le magistrat s’était mis à arrêter l’un après l’autre tous les prêtres, pour priver les Catholiques de toute assistance spirituelle.

Le sang de Thomas ne fit qu’un tour : il demanda immédiatement à ses supérieurs l’autorisation de partir pour le Japon. Encore une fois, le voyage fut pénible ; le bateau se cassa en deux lors d’une forte tempête et Thomas se retrouva absolument sans rien. C’était comme pour dire qu’il ne pouvait pas aller exercer son sacerdoce dans son Japon natif. Mais Thomas ne pouvait pas se décourager : il réitéra sa demande d’aller au Japon. 

Mais comme la réponse n’arrivait pas, Thomas écrivit tout simplement au Prieur Général à Rome (août 1630) : une lettre en parfait latin, qu’on conserve dans les archives de l’Ordre à Rome. Mais Thomas était plus rapide que le courrier : avant de recevoir la réponse, il avait réussi à se déguiser, et à mettre pied au Japon, fin 1631, après un autre naufrage.

Peu après, il apprit que le supérieur local avait été arrêté et emprisonné à Omura, puis à Nagasaki. Thomas était rusé : il s’engagea comme garçon d’écurie pour soigner les chevaux au quartier général du magistrat, ce qui lui permit de rencontrer chaque jour le Père Supérieur, pour lui redonner courage. Le jour, il travaillait comme domestique à l’étable, et de nuit, il travaillait comme «Père Thomas», visitant les Chrétiens, redonnant du courage, confessant, célébrant la Messe, et même faisant quelques conversions. 

Comme on apprit le martyre du père Gutiérrez avec deux autres prêtres, à Nishizaka en septembre 1632, Thomas dut se dissimuler davantage encore pour exercer son ministère.

Ce qui compliqua énormément sa situation fut qu’on le rechercha officiellement : partout on afficha son portrait en demandant d’indiquer où il était, si on le voyait. C’était la première fois qu’on recourait à ce genre de recherche au Japon. Thomas ne pouvait plus se montrer, car tout le monde connaissait sa figure, qu’on voyait partout affichée. Il se réfugia dans une montagne proche, à environ une heure de Nagasaki, dans une grotte qu’on appelle maintenant Rocher de Jiheiwa (ou Jihyoe).

Les autorités de Nagasaki le cherchaient activement, parfois avec des troupes de centaines de soldats, mais n’arrivaient jamais à lui mettre la main dessus. C’est que Thomas savait «disparaître» continuellement, se déguisant de toutes les façons ; il réussit à joindre Edo (actuelle Tokyo), comme serviteur du Shogun pendant plusieurs mois, prêchant l’Evangile dans les châteaux et amenant à l’Eglise leurs occupants avec leurs enfants. Thomas était partout, par monts et par vaux, toujours en mouvement, et toujours disparaissant brusquement au moment où on croyait l’avoir coïncé. Ce fut au point qu’on le crut doué d’un pouvoir magique pour disparaître.

Fut-il protégé par Dieu grâce au don de la bilocation ? Ou bien fit-il comme Notre-Seigneur qui «passant au milieu d’eux, allait son chemin» (Lc 4:30) ?

Il retourna à Nagasaki, trouva une nouvelle cachette pour aller et venir. Les autorités promettaient des récompenses de plus en plus importantes pour qui le dénoncerait, mais personne ne le fit. Ce n’est que «par hasard» qu’un espion le surprit le 1er novembre 1636, sans penser que c’était le père Thomas, mais seulement un Chrétien quelconque (si l’on peut dire). Quand l’officier l’interrogea, Thomas répondit, au grand étonnement de tous les présents : C’est moi le Père Thomas de Saint-Augustin Johyoe, de l’Ordre de Saint-Augustin.

Son apostolat s’arrêta ainsi brusquement. Pendant six mois, Thomas fut interrogé et torturé, entre autres par le mizuzeme ou torture de l’eau, où la victime est contrainte à ingurgiter de grandes quantités d’eau : quand le corps était déjà complètement saturé, on continuait à faire entrer de l’eau dans la gorge avec un entonnoir, jusqu’à ce que le ventre soit gonflé comme un tonneau ; étendue sur le dos, la victime était alors violemment frappée sur le ventre avec des cannes de bambou jusqu’à ce que l’eau ressortît avec du sang, non seulement par la bouche, mais aussi par le nez, les oreilles et les yeux. On faisait cela jusqu’à ce que la victime perdît connaissance.

Le père Thomas fut reconduit dans sa cellule à demi-mort ; quand il reprit connaissance, ce fut seulement pour subir la même torture, qu’on lui imposa trois fois. Ensuite, on lui enfila des pointes de fer sous les ongles des mains et des pieds, jusqu’à évanouissement. Constatant que le père Thomas supportait tout cela avec une constance incroyable, les bourreaux furieux imaginèrent encore une autre torture : avec des cannes de bambou, munies de sortes de harpons, on perça et on déchira les chairs du prêtre, de façon encore plus radicale qu’on l’aurait fait avec un couteau ou un grand hameçon. Le corps de Thomas n’était qu’une plaie sanguinolente.

Les bourreaux n’allèrent pas jusqu’à faire mourir Thomas, leur intention étant seulement d’abattre son courage. Mais malgré toutes ces tortures, ils ne parvinrent pas à faire abjurer Thomas. Non seulement Thomas fait partie des prêtres frappés par la persécution japonaise, mais il fut de loin le plus horriblement torturé de tous les Martyrs du Japon.

Finalement, les magistrats décidèrent d’imposer à Thomas la torture «anazuri», consistant à suspendre la victime la tête en bas, jusqu’à la mort. 

Cette torture (en japonais «ana-tsurushi», était la pire de celles imaginées pour abattre l’esprit de l’homme. On l’appelle aussi la torture de la fosse. La victime est accrochée à un gibet, la tête en bas, dans une fosse d’un mètre cinquante environ. Le corps est bien attaché, jusqu’à l’arrêt de la circulation du sang. Le corps est serré par l’application de planches contre les reins de la victime. La fosse est souvent partiellement remplie d’immondices. Dans cette position, beaucoup restaient là pendant une bonne semaine, tandis que le sang sortait par la bouche et les narines ; l’affreuse pression ainsi exercée sur le cerveau les rendait fous, jusqu’à ce que la mort les délivrât de cette douleur insupportable. Pour prévenir une mort trop rapide par congestion, pour prolonger la torture et avoir plus de chances d’obtenir une rétractation - car on préférait avoir des apostats que des martyrs - souvent on perçait les tempes des victimes. Certains de ceux qui apostasièrent sous l’effet de cette torture, déclarèrent qu’aucune autre torture ne pouvait se comparer à celle-ci, pas même la souffrance par le feu.

Le père Thomas subit cette horreur le 21 août 1637.

On mit à mort avec lui douze autres personnes, majoritairement membres du Tiers-Ordre, qui lui avaient donné refuge. 

Mais deux jours après, alors que déjà sept étaient morts, le père Thomas fut ramené inconscient dans sa geôle, où on le ranima pour le soumettre encore à d’autres interrogatoires. D’abord on voulait obtenir les noms des Portugais qui l’avaient hébergé, pour vérifier ce qu’avait dit un apostat qui cherchait à se disculper. Mais Thomas ne dit rien. Ce fut l’échec. Les autorités allèrent jusqu’à dire que Thomas avait été décroché du gibet parce qu’il avait abandonné la Foi, pour induire les autres croyants à abandonner la Foi à leur tour.

Ce qui se passa deux mois plus tard est cependant éloquent : le père Thomas fut de nouveau condamné à mort «par la fosse» avec quatre autres Chrétiens qui l’avaient hébergé. S’il avait apostasié, il aurait pu être «seulement» décapité ou brûlé vif attaché à un poteau, mais n’aurait pas eu le même sort.

En réalité, à peine arrivé en prison, il se mit à dire à haute voix : La Foi au Christ dure toujours. Et aussi : Je vais à ma mort à cause de mon amour pour Jésus et ma foi en lui. Alors, pour le faire taire, on le bâillonna, et on fit passer devant lui un héraut pour crier : Thomas a renié sa foi. Manque de chance pour eux, Thomas se mit à balancer énergiquement la tête en signe de désaccord. Arrivés enfin à la Colline Nishizaka, son pauvre corps amaigri, déchiqueté, tout contusionné, n’en pouvait plus, et Thomas fut le premier des cinq à mourir à peine il fut suspendu sur la fosse.

C’était le 6 novembre 1637. Le père Thomas avait trente-cinq ans. Son activité sacerdotale avait duré une dizaine d’années, en grande partie dans les grottes, dans les bois, de jour et de nuit, infatigable, vrai témoin du Christ.

On a compté jusqu’à plus de six cents Chrétiens qui furent martyrisés pour avoir aidé le père Thomas dans son ministère d’une façon ou d’une autre, le recevant, lui portant à manger, le cachant. 

Pendant plus de deux siècles, ensuite, les Chrétiens continuèrent de transmettre leur Foi aux générations nouvelles.

Le père Thomas de Saint-Augustin Ochia Kintsuba Jihyoe a été béatifié en 2008.

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 00:00

 

05 NOVEMBRE

 

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SS Galation et Epistème, martyrs célèbres à Emèse.

IV.

SS Domninus, Theotimos, Philotheos, Timotheos et Auxentius, martyrs à Césarée de Palestine ; le médecin Domninus fut jeté au feu, le vénérable vieillard Auxentius livré aux bêtes, les autres livrés aux gladiateurs. 

S Domnin, évêque à Grenoble.

S Marcus, évêque à Troia.

VI.

S Dominateur, évêque à Brescia.

S Fibicius, abbé (?) puis évêque à Trèves.

S Guethnoc, frère de s. Jacut (son jumeau) et de s. Guennolé.

SS Paulin et Augustin, bénédictins au Mont-Cassin. 

VII.

S Goussaud, ermite au Puy de Jouër, invoqué pour les bestiaux.

VIII.

Ste Bertille, moniale à Jouarre, première abbesse à Chelles où la reine Bathilde vint achever ses jours ; elle ressuscita une moniale qu'elle avait gourmandée vivement, pour lui demander pardon.

IX.

S Lié, prêtre près d'Orléans (Micy ?).

S Gerrich, fondateur d'un monastère à Gerresheim.

XII.

S Guiraud, évêque à Béziers ; prieur des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin, il avait construit un hôpital et une église ; il mourut d'hydropisie. 

XVIII.

B Gomidas Keumurgian, fils d'un prêtre arménien de Constantinople, père de sept enfants, prêtre, ardent défenseur du concile de Chalcédoine, persécuté par ses coreligionnaires monophysites, martyr encouragé par son épouse.

XIX.

S Ɖaminh Mầu, prêtre dominicain tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Guido Maria Conforti (1865-1931), fondateur de la Congrégation de Saint-François-Xavier pour les Missions étrangères ; évêque à Ravenne, puis à Parme, il partit en 1928 malgré sa santé visiter ses missionnaires en Chine ; béatifié en 1996, canonisé en 2011.

Bse María del Carmen Viel Ferrando (1893-1936), laïque, martyre près de Valencia, béatifiée en 2001.

B Bernhard Lichtenberg (1875-1943), de Silésie, ardent opposant au nazisme, mort durant son transfert à Dachau, béatifié en 1996.

B Hryhorii Lakota (1883-1950), évêque auxiliaire à Przemysl puis à Jaroslav, de rite byzantin, déporté à Vorkouta où il mourut, béatifié en 2001.

Martyrs de Césarée de Palestine
307

A Césarée de Palestine (act. district de Haïfa, Israël), le préfet Urbanus fut pris d’une folie enragée contre les Chrétiens.
Il se fit présenter le médecin Domninus, un homme jeune, grand et beau, qui faisait l’admiration de tous pour la sainteté de sa vie et la pureté de son âme.
Il avait déjà été condamné aux mines, mais son courage demeurait ferme dans l’épreuve, et sa foi inébranlable.
Urbanus le fit brûler vif.
Vint le tour de trois jeunes gens, nommés Theotimos, Philotheos et Timotheos : leurs noms leur furent peut-être attribués après leur martyre. Philotheos est un ami de Dieu, Theotimos et Timotheos ont tous deux la crainte de Dieu. Ils furent abandonnés aux mains criminelles des gladiateurs.
Le préfet n’était pas encore satisfait. Il fit amener un vieillard, Auxentius, qu’on fit dévorer par les bêtes.
Ce n’était pas fini. Urbanus sévit encore contre bien d’autres Chrétiens, et le même jour. Parmi ceux-ci se trouvait le prêtre Silvanus, qui devait devenir évêque de Gaza avant de mourir aux mines, décapité (v. 4 mai) ; les uns eurent les articulations des pieds brûlées, les autres furent sauvagement castrés. Un autre, Pamphilus, fut torturé et emprisonné (v. 16 février).
L’histoire a retenu la date du martyre de ces cinq Héros : 5 novembre 307.
Domninus et les quatre autres Martyrs sont commémorés le 5 novembre.


Marcus de Troia
266-328

La vieille ville de Aeca, après sa destruction en 663, fut reconstruite au onzième siècle, sous le nom de Troia (Foggia, Pouilles, Italie SE).
Elle aurait été la ville de naissance de Marcus, vers 266, d’un père nommé Constantinus. Celui-ci, riche et honnête, orienta son fils vers les Lettres. 
Marcus devint un homme vertueux et digne du sacerdoce : l’évêque Ioannes de Lucera l’ordonna prêtre.
Il est raconté que notre Marcus logeait chez lui deux jeunes filles, qu’il instruisait. Evidemment, on alla accuser Marcus de fornication et l’évêque le fit convoquer. En chemin, un des deux diacres qui l’accompagnaient, tomba malade, et Marcus le guérit instantanément, en ordonnant à une biche qui passait, de lui offrir le lait de ses mamelles ; et quand Marcus fut arrivé auprès de l’évêque, celui-ci entendit les anges chanter autour de Marcus. Désormais, tous étaient convaincus de l’innocence et de la sainteté de Marcus.
L’évêque mourut peu après : le choix unanime se porta sur Marcus pour lui succéder. Mais Marcus, se sentant indigne, s’enfuit ; on le retrouva, il fut obligé de se soumettre et reçut l’ordination épiscopale des mains du pape Marcel (v. 16 janvier). En réalité, on ne sait pas bien si Marcus fut évêque à Æca ou à Lucera.
L’épiscopat de Marco semble avoir duré de 300 à 328 environ. Il maintint son style de vie rigoureux, pratiquant le jeûne, se dépensant auprès des bisogneux. Mais surtout, les miracles se multiplièrent, durant et après sa vie.
Marcus  rendit la vue à un aveugle, ressuscita le petit enfant d’une pauvre femme…
A sa mort (328 environ), il fut enseveli à Bovino, sur sa demande expresse. Il devint ainsi le Patron de cette cité voisine.
D’autres miracles suivirent cette pieuse mort.
On peut admettre que plusieurs détails de cette notice semblent incroyables, du moins inexplicables, comme le choix de Marcus de reposer à Bovino plutôt qu’à Æca.
Le Martyrologe commémore saint Marcus de Troia le 5 novembre.


Fibicius de Trèves
† 525

Fibicius apparaît au vingt-et-unième rang des évêques de Trèves et aurait occupé ce siège de 511 à 525.
On lui donne parfois le nom de Felicius, nom d’un abbé du monastère Saint-Maximin de Trèves, en proposant qu’il aurait été abbé avant d’être évêque, mais cet abbé de Saint-Maximin mourut en 342.
Fibicius aurait autorisé s.Goar (v. 6 juillet) à construire une église à Oberwesel.
Il demanda au roi Thierry Ier l’envoi à Trèves de prêtres auvergnats.
Saint Fibicius de Trèves est commémoré le 5 novembre dans le Martyrologe Romain.


Guethnoc de Landoac
460-?

Jacut et son frère jumeau Guethenoc (ou Weithenoc) naquirent un peu avant 460 en Grande-Bretagne, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche), des parents nobles anglais. 
Fuyant l’invasion des Saxons, ils émigrèrent en Armorique, où naquit aussi Guennolé (v. 3 mars).
Il est probable que les deux jumeaux furent confiés à un saint Budoc (? 9 décembre), de l’abbaye de l’île Lavrec, où ils grandirent dans l’esprit monastique de prière, de travail, de méditation.
Plus grands, ils allèrent se construire un autre ermitage, plus solitaire encore, à Landoac (Landouar). Là, ils travaillèrent à la conversion de la population, aidant les habitants à cultiver mieux leurs terres.
Des disciples se joignirent à eux, de même aussi que des recrues anglaises, venant de Grande-Bretagne.
Puis les deux frères jumeaux se séparèrent, et Jacut continua sa vie pleine de mérites. Quant à Guethnoc, on ne saurait dire où il alla pour finir sa vie.
La mort des deux frères jumeaux reste dans le mystère. On suppose qu’ils s’éteignirent dans la première moitié du sixième siècle.
Saint Guethnoc de Landoac est commémoré le 4 novembre dans le Martyrologe Romain.

Bertile de Chelles
† 705-710

Bertile (Bertille, Berthille, Berthilde, en latin Bertila, mais le Martyrologe orthographie Bertilla) naquit dans le Soissonnais.
Dirigée par saint Ouen (v. 24 août), évêque à Rouen en 641, elle vint militer toute jeune sous la règle de saint Colomban (v. 23 novembre) au monastère de Jouarre (Meaux), qui venait de s’ouvrir en 658-659.
Elle brilla par ses saintes vertus, de sorte que lorsqu’il fallut guider un groupe de moniales de Jouarre pour aller peupler le nouveau monastère de Chelles, c’est Bertile qui en fut nommée abbesse.
On y observerait la règle de saint Colomban.
Quand la reine Bathilde fut contrainte d’abandonner son pouvoir aux seigneurs du parti d’Ebroïn, elle se retira à Chelles, humblement soumise à l’abbesse Bertile.
Celle-ci, d’après une Vie qui est peut-être un peu emphatique, resta abbesse pendant quarante-six ans avant de s’éteindre à cette vie, en un jour qu’on a établi au 5 novembre, d’une année pouvant passer de 705 à 713.

Guiraud de Béziers

1070-1123

 

Geraldus (Guiraud, Geraud) naquit vers 1070 à Puissalicon (Hérault).

Il était né avant terme et fut très vite baptisé : l’eau du baptême aurait bouillonné comme pour fêter cette heureuse naissance.

Vers 1083, il entra au prieuré de Roujan, chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui étaient six ou sept, vingt ans après la fondation.

En 1106, Guiraud en devint le prieur. Sous son administration, furent édifiés un hôpital, une église, et les bâtiments réguliers.

Cette communauté avait ses offices solennels, ajoutant à l’office régulier celui de la Sainte Vierge et celui des Morts. Les jours de fête, c’était le silence complet.

En 1122, Guiraud fut élu vingt-huitième évêque de Béziers.

On dit de lui que par sa bonté il entretenait la paix dans les maisons religieuses où il séjournait.

Son épiscopat fut brutalement suspendu, lorsqu’une douloureuse hydropisie le mena à la tombe, le 5 novembre 1123. 

Saint Guiraud est mentionné le 5 novembre au Martyrologe Romain.

Son anneau pastoral était une améthyste sertie d’argent ciselé, de forme triangulaire, large de trois centimètres, marqué du double écusson : léopard et lion. Il était conservé dans l’église de Roujan, où il fut volé à la fin du 20e siècle.

 

 

Gomidas Keumurdjian

1656-1707

 

Des articles apparemment bien informés nomment notre héros Der Gomidas.

Gomidas donc, né vers 1656, était le troisième fils de Mardiros Keumurdjian, un pieux commerçant arménien de Constantinople, où il fut un des membres les plus remarquables du clergé arménien.

A son tour, Gomidas se maria à vingt ans avec Huru, une jeune fille originaire de Césarée de Cappadoce, avec laquelle ils eurent deux fils et cinq filles.

En 1685, Gomidas fut ordonné prêtre, dans ce rite arménien où l’on tolère l’ordination d’hommes mariés.

Or l’Eglise d’Arménie, traditionnellement, refuse le Concile de Chalcédoine (451). A cette époque, les Arméniens refusèrent le dogme des deux natures du Christ, à cause d’un problème de traduction où ces deux natures semblaient signifier pour eux deux personnes. Finalement, l’attachement à la doctrine monophysite (=une seule nature) s’amalgama à l’identité nationale.

Au 17e siècle, il y eut un grand mouvement pro-latin, et beaucoup de communautés arméniennes rejoignirent la foi catholique, et Gomidas fut du nombre.

Il fit un pèlerinage à Jérusalem, où il rencontra la même division entre Arméniens, partisans ou ennemis de Rome.

En 1702, le nouveau patriarche arménien de Constantinople exigea du clergé une profession de foi monophysite. Gomidas était très exposé ; il ne cessait de montrer combien de Saints vénérés par l’Eglise arménienne avaient été d’ardents défenseurs du concile de Chalcédoine. Il dut se cacher. Il publia une traduction en vers des Actes des Apôtres (1704).

Le patriarche ayant été renversé, il y eut une paix éphémère, durant laquelle Gomidas écrivait à son fils (étudiant à Rome) : Les prêtres ont rendu notre nation ridicule devant les Turcs, les Juifs, les Grecs et les Francs.

L’avènement du nouveau vizir, Ali Pacha (1706), fut l’occasion d’une dénonciation des «Francs» (fidèles pro-romains) : le fameux patriarche avait été enlevé, conduit en France, où il s’était converti au catholicisme (il devait mourir à Paris en 1711). Ali Pacha fit rechercher les catholiques. Gomidas, qui s’était caché, fut découvert et arrêté durant le carême 1707.

Une intervention d’amis, une forte somme d’argent, convainquit le vizir de libérer Gomidas, qui reprit ses prédications dès le Vendredi Saint 22 avril 1707. Mais Gomidas voyait en songe sa tête couronnée et en sang.

Le nouveau patriarche arménien reprit la persécution. Début novembre 1707, il fit arrêter Gomidas. Traduit devant le vizir, Gomidas fit remarquer à ce dernier combien il était anormal pour un vizir musulman d’avoir à trancher entre deux partis catholiques.

Ali Pacha proposa simplement à Gomidas d’adhérer à l’Islam, pour échapper ainsi à toute condamnation. Gomidas resta calme et inébranlable ; il fut même extrêmement réconforté d’entendre son épouse l’encourager à mourir plutôt qu’à trahir la foi.

On le conduisit au supplice ; il s’agenouilla vers l’Orient, récita le Credo de Nicée-Constantinople, symbole de la foi catholique romaine et fut décapité d’un coup de cimeterre. Toute sa passion comporte de nombreux traits tout-à-fait similaires à ceux de la Passion du Christ.

C’était le samedi 5 novembre 1707.

L’ambassadeur de France, craignant des représailles de la part des Musulmans, fit évacuer le corps du Martyr : les restes arrivèrent dans la chapelle des Jésuites de Lyon, mais disparurent lors de la suppression de la Compagnie : on avait dû les mettre en «sûreté».

Les miracles et les vertus de Gomidas attirèrent l’attention de Rome : il fut béatifié en 1929.

 

 

Ɖaminh Mầu

1808-1858

 

Ɖaminh (Dominique) naquit à Phú Nhai (Nam Ɖịnh, Vietnam) en 1808 (on dit ailleurs vers 1794).

Ce fut un prêtre dominicain.

Le jour de son exécution, il portait ostensiblement son chapelet dans ses mains et adressait encore des exhortations à la fidélité aux chrétiens qu’ils croisait.

Il s’avança vers l’endroit de son martyre en joignant les mains, comme s’il se rendait à l’autel.

Il fut martyrisé à Hưng Yên le 5 novembre 1858, béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

 

 

Guido Maria Conforti

1865-1931

 

Guido Giuseppe Maria Conforti est l’un des acteurs de la renaissance de l’esprit missionnaire de l’Eglise dans les années 1850-1900.

Il naît près de Parme, à Casalora di Ravadese, le 30 mars 1865, huitième des dix enfants de Rinaldo et Antonia Adorni. Il fréquente l’école primaire chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : en chemin, il s’arrête chaque jour dans l’église Notre-Dame de la Paix, au quartier des Colonnes ; de ces visites, il dira plus tard : «Je le regardais, et Il me regardait, et j’avais l’impression qu’Il me disait plein de choses». Ainsi naquit en lui le désir de devenir prêtre.

Malgré quelque résistance du papa, qui voulait en faire un dirigeant agricole, Guido entre en 1876 au petit séminaire, dont le supérieur est Mgr Andrea Ferrari (v.2 février) . Ce dernier sera son guide spirituel et, considérant ses merveilleuses qualités d’éducateur, le prendra comme sous-directeur, alors même que Guido n’était pas encore ordonné. Entré au grand séminaire à dix-sept ans, Guido y fait de brillantes études et sera ordonné prêtre le 22 septembre 1888, dans le sanctuaire de Fontanellato- un sanctuaire desservi depuis des siècles par les Pères Dominicains -, près de Parme et malgré sa santé fragile (il souffre d’épilepsie chronique). Une fois prêtre, il est successivement professeur et vice-recteur du séminaire, chanoine de la cathédrale et vicaire général.

Pendant ces années de séminaire, Guido lira la vie de saint François Xavier (v.3 décembre), ce missionnaire jésuite qui portera l’Evangile jusqu’à Sancian, aux portes de la Chine où il mourra en 1552. Guido en est fasciné et se sent invité à continuer cette œuvre encore inachevée. C’est ainsi que lui est inspirée l’idée de sa vocation missionnaire.

Il satisfera son idéal missionnaire en fondant l’Institut pour les  Missions Etrangères, lequel sera reconnu officiellement le 3 décembre 1898, sous le nom de Congrégation de saint François Xavier pour les Missions Etrangères. On imagine la joie qu’il eut à remettre, trois mois plus tard, la croix de missionnaires à ses deux premiers condidats en partance pour la Chine, les pères Caio Rastelli et Odoardo Mainini; bien que cette mission fût anéantie par les révolte des Boxers du début du XXe siècle, les missionnaires réussiront à reprendre leur activité évangélique.

Devenu Vicaire général, il sera bientôt nommé Archevêque de Ravenne par le pape Léon XIII. C’est ainsi que le jour de sa consécration épiscopale, le 11 juin 1902, il émet les vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance, y ajoutant aussi le vœu de s’adonner sans réserve à l’annonce de l’Evangile ad gentes (aux païens).

Il ne restera que deux années à la tête de ce diocèse, à cause de sa santé précaire. De retour à Parme, sa santé se rétablit et il suit avec attention la formation des jeunes aspirants missionnaires, mais de nouvelles missions lui incombent. Pie X commence par le nommer Evêque Coadjuteur de Parme, avec droit de succession, de sorte qu’il en sera l’évêque titulaire en 1907 et pendant vingt-cinq ans. Ce diocèse était moins important que celui de Ravenne, et Mgr Conforti put y développer une importante activité, au premier plan celle de l’instruction religieuse. Il fit cinq fois la visite pastorale des paroisses, tint deux synodes diocésains, institua l’Action Catholique, surtout pour la jeunesse. Parallèlement il s’occupe de la culture et de la sanctification du clergé, de la formation des laïcs, des associations catholiques, de la presse catholique, des missions populaires, des congrès eucharistiques, mariaux et missionnaires.

Outre toute cette vaste activité, Mgr Conforti collabore avec le père Manna à la fondation de l’Union Pontificale Missionnaire, dont il est nommé premier président. Il a la joie d’envoyer plusieurs missionnaires en Chine, dont il consacrera même évêque le père Luigi Calza, nommé évêque de Cheng-Chow en Chine, en 1912.

En 1921, dans sa Lettre-testament, il présente les Constitutions de sa congrégation définitivement approuvées par le pape et part pour la Chine en 1928 pour visiter ses chers missionnaires dans le Honan occidental.

A son retour, il reprend ses activités mais sa santé s’aggrave et il s’éteint le 5 novembre 1931. Ses funérailles sont un véritable triomphe.

L’héroïcité des vertus de Mgr Conforti est approuvée le 11 février 1982, fête de Notre Dame de Lourdes, et le miracle retenu pour la béatification sera reconnu le 6 avril 1995 : ce miracle eut lieu au Burundi, où la jeune Sabine Kamariza fut guérie de façon complète et durable d’une tuméfaction de la tête du pancréas, vraisemblablement de nature cancéreuse. L’autre miracle en vue de la canonisation sera la guérison d’un garçonnet brésilien, Thiago Joaõ Dos Apostolos Souza, né prématuré avec une hypoxie grave du cerveau suite à un arrêt cardio-respiratoire prolongé.

Béatifié le 17 mars 1996, Guido Maria est canonisé en 2011 et fêté le 5 novembre.

De lui, le futur pape Jean XXIII, maintenant canonisé, écrivait quand il était encore cardinal : Je voyais en Mgr Guido Maria Conforti l’évêque italien qui incarnait le mieux cet heureux mouvement missionnaire suscité par l’encyclique Maximum illud du pape Benoît XV. Je trouvais en lui cette plénitude qui associe le ministère sacré auprès des âmes, doublé de l’esprit missionnaire : évêque de Parme, mais missionnaire pour le monde.

 

 

María del Carmen Viel Ferrando

1893-1936

 

María était née le 27 novembre 1893 à Sueca (Valencia, Espagne) ; baptisée deux jours après, elle reçut la Première communion en 1904.

Eduquée chez les Filles de la Charité, elle pensa devenir religieuse, mais choisit la vie consacrée dans le monde et fut d’une activité vraiment intense.

Elle fonda l’Action Catholique dans sa paroisse, participa activement à la catéchèse et surtout œuvra à la création d’un collège pour enfants pauvres.

Couturière de son état, elle fonda aussi ou co-fonda un syndicat ouvrier dans le but de protéger les intérêts des jeunes ouvriers et ouvrières du monde de la couture. En plus elle étudia la sociologie dans le but d’être présente auprès de la jeunesse ouvrière.

En 1931, elle travailla beaucoup à l’installation du collège des Salésiennes à Sueca, dont la mission est justement d’aider les jeunes ouvrières.

Dévote de l’Eucharistie, elle priait quotidiennement le chapelet.

Lors de la révolution de 1936, elle aida des prêtres et des religieux, mais pensa prudent de se replier sur Valencia ; une personne qu’elle avait connue et aidée, la dénonça comme chrétienne.

Arrêtée le 2 novembre, elle fut longuement et durement torturée, et condamnée pour sa foi chrétienne ; on la conduisit sur la route de Saler pour la fusiller, le 5 novembre 1936.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Joan Antoni Burró Más

1914-1936

 

Joan était né à Barcelone le 28 juin 1914, de Antonio Burró Gayán et de Micaela Más Vicarilla, pauvres mais bons chrétiens. Il fut baptisé le 5 juillet suivant.

Très tôt orphelin de mère, le petit Joan et son frère furent confiés à la maison des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, de Barcelone. 

Sa bonne conduite, ses bonnes dispositions, lui permirent ensuite d’être admis à quatorze ans à l’Ecole Apostolique de Ciempozuelos. C’est là qu’il reçut la Confirmation (1928).

Peu à peu mûrit en lui la vocation religieuse et il prit l’habit de cet Ordre, en 1931.

Le noviciat durait normalement une année, mais Joan demanda à le prolonger pour approfondir sa préparation intérieure. Il ne fit donc la première profession qu’en 1933.

En 1934 on l’envoie à la maison de Sant Boi de Llobregat, puis en 1935 au sanatorium San José de Ciempozuelos, où il allait faire son service militaire dans le personnel sanitaire. Sa famille obtint cependant son transfert à Carabanchel, puis à Madrid, rue Barceló.

Dans tous ces postes, Joan fut apprécié pour son travail efficace, sa responsabilité à accomplir les ordres des médecins, sa gentillesse à l’égard des malades.

Or, il y avait parmi les malades des miliciens qui ne pouvaient pas ne pas remarquer ce bon infirmier ; ils finirent par apprendre qu’il était religieux. Joan connaissait le danger qu’il courait ; les autorités médicales lui en parlaient et il répondait chaque fois : Mon Ami, n’aie pas peur ! Si nous mourons pour une si juste cause, nous pourrons bien remercier Dieu !

A un dentiste de Ciempozuelos qu’il rencontra à Madrid, il répondit : Je n’ai confiance qu’en Dieu, qui permettra la meilleure chose pour mon salut !

Les miliciens, plusieurs fois, l’invitèrent à prendre un café, mais il refusait ; pour leur faire plaisir, il finit par accepter, mais une fois sortis de l’hôpital, il le fusillèrent traîtreusement. 

Regrettant son geste, un des miliciens déclara : Il mourut vraiment pour la patrie ; il appelait le Christ Roi et l’Espagne, mais personne n’est venu l’aider.

Le frère Joan Antoni fut donc martyrisé à vingt-deux ans, le 5 novembre 1936, jour où le commémore notre Martyrologe.

On trouve parfois le 4 novembre pour son dies natalis.

Il a été béatifié en 1992.

 

 

Bernhard Lichtenberg

1875-1943

 

Né le 3 décembre 1875 à Ohlau (Silésie, Prusse orientale), aîné de cinq enfants, Bernhard étudia la théologie à Innsbruck (1895-1898), puis à Wrocław.

Il fut ordonné prêtre en 1899.

Après plusieurs postes, il fut nommé curé à Berlin-Charlottenburg.

Durant la Première guerre mondiale, il fut décoré par la Croix-Rouge.

Il fut un moment élu au parlement de sa ville dans le parti catholique.

En 1931, il fut nommé chanoine titulaire du chapitre de la cathédrale de Berlin, puis prévôt.

La même année il recommanda de voir le film A l’Ouest rien de nouveau, qui avait été censuré par les autorités. Goebbels commence de s’acharner contre le chanoine Lichtenberg.

En 1933, on fouilla son appartement.

En 1935, il protesta énergiquement contre les camps de concentration, dans un courrier à Göring. On le menaça, mais il maintint son attitude d’opposition ferme au nazisme.

En 1938 : premiers pogroms. Le chanoine Lichtenberg clame que La synagogue est en train de brûler, c’est aussi une maison de Dieu. Tous les soirs, il prie et fait prier pour les chrétiens persécutés et pour les Juifs, pour les détenus des camps.

En 1941, il fut arrêté, emprisonné et torturé. Son évêque lui apporta un message personnel du pape, en septembre 1943.

Déporté au camp de Dachau, il mourut au cours du transfert, dans des conditions encore mystérieuses.

Ce fut le 5 novembre 1943.

Le chanoine Bernhard Lichtenberg fut béatifié en 1996. Il a été proclamé Juste parmi les nations au mémorial de Yad Vashem.

 

 

Hryhorij Lakota

1883-1950

 

Hryhorij (Grégoire) naquit le 31 janvier 1883 à Holodivka (actuelle Zadnistriany, Lvov, Ukraine), dans une famille de paysans.

Il se prépara au sacerdoce à Lviv et fut ordonné prêtre en 1908 ; il exerça le ministère pastoral dans le diocèse de Przemysl (Pologne).

Après son doctorat en théologie à Vienne, il fut professeur de 1913 à 1918, date à laquelle il devint recteur du même séminaire de Przemysl. 

Or voici qu’il est consacré évêque auxiliaire de Przemysl le 6 mai 1926. 

Entre 1939 et 1941, les bolcheviques et les nazis se partagèrent l’Ukraine, ce qui eut pour conséquence que l’éparchie gréco-catholique fut aussi divisée. Mgr Lakota eut la charge des fidèles sous occupation nazie, son siège étant à Jaroslav.

En 1946, la persécution bolchevique le rejoignit. Le gouvernement soviétique voulait anéantir l’Eglise catholique, en l’incorporant dans l’Eglise orthodoxe. Les évêques furent emprisonnés et la majorité d’entre eux mourut. Par milliers les fidèles furent déportés en camp de travail en Sibérie ; ceux qui restaient s’efforçaient de reconstituer des paroisses, des monastères, des séminaires, dans la clandestinité.

Mgr Lakota fut arrêté le 9 juin 1946 et déporté en Ukraine, avec une peine de prison de dix années dans le camp de concentration de Abez (Vorkuta, Sibérie).

C’est là qu’il mourut le 5 novembre 1950 (on trouve aussi la date du 12 novembre).

Mgr Hryhorij Lakota fut béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Témoins de la foi victimes du communisme.

Il est commémoré le 5 novembre dans le Martyrologe.

A noter que c’est seulement en 1989 que l’Eglise gréco-catholique fut à nouveau légalisée.

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 00:00

 

04 NOVEMBRE

 

IV.

SS Vitalis et Agricola, martyrs à Bologne ; Vitalis était le serviteur d'Agricola.

SS Nicandros, évêque à Myre, et son prêtre Hermes, martyrs. 

S Pierius, prêtre érudit en Alexandrie, directeur de l'école théologique.

V.

S Amantius, premier évêque connu à Rodez.

VI.

S Jean Zedaznéli, syrien, retiré en Géorgie avec d'autres pour y implanter le monachisme : Chio, David, Lucien, Antoine, Joseph, Etienne, Zénon, Thaddée, Pyrrhus, Michel, Isidore et Elie ; deux autres, Jessé et Habib, furent évêques . 

VII.

S Perpetuus, évêque à Tongres-Maastricht.

Ste Modesta, première abbesse à Trèves ; elle eut une apparition de ste Gertrude de Nivelles.

X.

S Birnstan, évêque à Winchester.

S Grégoire, abbé à Cerchiara, persécuté par les Arabes, invoqué pour les enfants débiles ; l'empereur Othon III lui confia l'abbaye de Burtscheid. 

XI.

S Emeric, fils du roi hongrois s. Etienne ; il garda la chasteté avec son épouse ; des Hongrois émigrés se disent "Emericani".

XII.

S Girard, illustre bénédictin à Saint-Aubin d'Angers ; excellent administrateur autant que grand mystique.

XIII.

Bse Elena Enselmini, clarisse à Padoue ; malade et gênée pour parler, elle s'exprimait par signes ; mystique.

B Heinrich, bénédictin à Ochsenhausen ; c'est au cours d'un bal qu'il décida de se retirer ; thaumaturge (en particulier au sujet de la délivrance des âmes du purgatoire).

?

S Félix de Valois, hypothétique ami de s. Jehan de Mata et co-fondateur de l'ordre de la Très-Sainte-Trinité pour le rachat des Captifs, mais qui n'aurait jamais existé.

XV.

Bse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, elle avait quatre ans lors du contrat de mariage, et quatorze quand elle se maria ; calomniée malgré sa grande vertu, maltraitée par son mari (qui s'en repentit bientôt), elle fonda un monastère de clarisses à Nantes, un de carmélites à Vannes, où elle se retira lors de son veuvage, et dont elle devint prieure.

XIX.    

Bse Maria Luisa Manganiello (Teresa), laïque italienne, tertiaire franciscaine, béatifiée en 2010.

Nicandros et Hermes de Myre
† 304

Nous connaissons beaucoup plus la ville de Myre (Lycie, auj. Turquie SW) pour son évêque s.Nicolas (v. 6 décembre), que pour Nicandros et Hermes.
D’après des textes que l’on considère comme peu sûrs, Nicandros aurait été un disciple de s.Tite (v. 4 janvier) et le premier évêque de Myre.
Hermes était un prêtre.
D’après la remarque précédente, ils souffrirent le martyre à une époque fort ancienne, peut-être déjà à la fin du premier siècle. Mais les spécialistes modernes opinent plutôt pour le quatrième siècle, peut-être et sans doute avant 310.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Nicandros et Hermes de Myre au 4 novembre.


Vitalis et Agricola de Bologne
† 304

Agricola était un citoyen de Bologne, et Vitalis était son esclave. Tous deux étaient chrétiens.
S.Ambroise (v. 7 décembre) écrivit qu’ils rivalisèrent de mérites et méritèrent ainsi d’être égaux : le maître envoya son esclave au martyre, l’esclave y appela son maitre.
Vitalis, d’abord, fut pressé de renier le Christ. On essayait sur lui tous les genres de supplices au point qu’il n’y avait plus sur son corps un endroit sans blessure ; mais lui priait le Seigneur : ‘Jésus-Christ, mon Sauveur et mon Dieu, je t’en prie, reçois mon esprit. Je désire recevoir la couronne que ton saint ange m’a montrée.’ Sa prière achevée, il rendit l’esprit.

De cette prière, citée par s.Ambroise, on pourrait déduire que Vitalis eut une vision de son ange, qui le réconfortait et l’encourageait, comme le fit le saint Ange auprès du Christ au Mont des Oliviers (cf. Lc 22:43).
Agricola, continue s.Ambroise, était d’un caractère si doux qu’il se faisait aimer même de ses ennemis. C’est pour cette raison qu’ils différaient son supplice ; mais ces marques de respect de la part de ses persécuteurs lui étaient plus cruelles que leur férocité parce qu’elles le privaient du martyre. A la fin, s.Agricola ne fut pas relâché, on le crucifia, ce qui montre que leurs attentions n’étaient pas loyauté, mais fourberie.
Ce martyre du maître et de son serviteur, dut avoir lieu vers 304.
Les deux Martyrs furent ensevelis dans le cimetière des Juifs. Les Juifs honoraient morts ceux qu’ils avaient persécutés vivants, ajoute s.Ambroise.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Vitalis et Agricola de Bologne au 4 novembre.


Pierius d’Alexandrie
† 4. siècle

Pierius reçut le sacerdoce de Theonas († 300), évêque d’Alexandrie (Egypte).
Il devint le directeur du Didascalée, la célèbre école théologique où s’était illustré Origène († 253).
Il était très estimé à cause de sa vie pauvre, de sa science théologique et de son enseignement.
Justement en raison de cet enseignement qui reprenait des thèses d’Origène, Pierius fut appelé le second Origène, et pour cela fut même quelque peu suspecté et laissé dans l’ombre.
Pierius vint à Rome, peut-être pour éviter la persécution qui sévissait encore en Alexandrie.
C’est vraisemblablement à Rome qu’il mourut, bien que certains aient affirmé qu’il subit à son tour le martyre.
Cette mort advint dans le début du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pierius d’Alexandrie au 4 novembre.


Amantius de Rodez
† 5. siècle

Amantius était né à Rodez.
Ses vertus et ses miracles en firent le premier évêque de Rodez, du moins le premier connu.
Voici une série de miracles qu’on lui a attribués :
Un juge inique ne voulait pas libérer un prisonnier : la maladie le força à réfléchir.
Une idole fut foudroyée par la prière d’Amantius : un certain Honoratus voulut se venger et s’en prendre directement à Amantius, mais les chevaux s’immobilisèrent, jusqu’à ce que Honoratus se convertît, avec toute sa famille, d’ailleurs.
Des soldats volèrent des poissons aux serviteurs d’Amantius : les bêtes furent impossible à cuire.
Deux mendiants dérobèrent des nappes dans l’église : ils perdirent la vue.
Un autre voleur qui s’était introduit dans le potager de l’évêque, ne put retrouver l’endroit par où il était entré.
Pour un autre, le miel volé se changea en poix.
Ne disons pas, à la lecture de ces «miracles», qu’Amantius savait se venger : la «punition» reçue par les malfaiteurs n’était qu’un avertissement salutaire pour les amener à la conversion ; tous en effet, une fois repentis, furent guéris.
Amantius mourut vers 487.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Amantius de Rodez au 4 novembre.


Perpetuus de Maastricht
† 589

Perpetuus semble avoir été le treizième évêque de Maastricht, vers 586-589.
Au 4e siècle, s.Servais (v. 13 mai) aurait transféré son siège de Tongres à Maastricht, ce qui fait que Perpetuus serait le vingt-troisième évêque du diocèse de Tongres-Maastricht.
D’après la tradition, Perpetuus aurait établi sa résidence personnelle à Dinant, ce qui explique qu’il est particulièrement honoré dans cette localité.
Le siège de Maastricht fut par la suite transféré à Liège au 8e siècle.
Saint Perpetuus de Maestricht est commémoré le 4 novembre dans le Martyrologe Romain.


Modesta de Oeren
600-660

Modesta naquit vers 600, dans une famille noble d’Austrasie.
Elle fut sans doute éduquée dans le monastère de sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars), avec laquelle elle conserva des liens de profonde amitié.
Quand s.Modoald (v. 12 mai) érigea un monastère de Bénédictines à Oeren, Modesta en fut la première abbesse. Oeren dérive du latin horrea (grange).
Elle reçut une vision de sainte Gertrude aussitôt après la mort de celle-ci (659), et en référa à l’évêque de Metz.
Modesta mourut vers 660.
Si des reliques se trouvent à la basilique Saint-Matthias de Trèves, le tombeau même de Modesta disparut en 1770 lors de travaux de reconstruction.
Sainte Modesta de Oeren (ou de Trèves) est commémorée le 4 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Girard de Saint-Aubin

† 1123

 

Château-Gontier (Mayenne) fut le berceau de Girard.

Il reçut une éducation exclusivement cléricale ; il était pieux, aimait l’office divin, entretenait l’église, fuyait les poètes païens.

Ordonné prêtre, il préféra alors demander son admission à l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, où sa soif de pénitence ne semblait jamais satisfaite.

Assailli par des tentations, il les fit disparaître en les révélant en plein chapitre, ce dont l’abbé le félicita.

Ce même abbé lui confia l’administration d’un domaine nouvellement acquis ; il y construisit une église dédiée à Sainte-Magdeleine, qui donna son nom au bourg ; Girard se fit aider par quelques paysans pour défricher et cultiver. Il partageait avec eux le fruit de leur travail, mais ne prenait ni vin ni viande.

L’extrême modestie de Girard dans le vivre et le manger lui valurent des grâces célestes ; il sut que deux moines défunts étaient au Ciel ; il fit disparaître un serpent d’un signe de croix ; il gronda un renard qui ne revint jamais au poulailler… 

Après dix années de cette vie, Girard fut au centre d’une polémique entre les deux seigneurs de l’endroit, et fut in extremis envoyé dans un autre prieuré. Là encore, ses austérités effrayèrent un de ses compagnons, qui alla dire à l’abbé que Girard se laissait mourir de faim. Il fut rappelé à Saint-Aubin, mais on lui construisit une cellule tout près de l’église, car son régime habituel ne cadrait plus avec la vie commune de l’abbaye.

On disait qu’il était resté sept années sans se nourrir d’autre chose que de l’Eucharistie ; la Vierge Marie lui était apparue et lui avait promis de l’emmener au ciel ; il savait dire quelle récompense les âmes de défunts recevaient ; il connut des faits éloignés : la mort du pape Gélase à Cluny, l’incendie de la basilique de Vézelay (1120), le naufrage d’un navire (1120), une émeute à Saumur (1121)… Quand un abcès au pied l’obligea à intégrer l’infirmerie, il refusa le médecin et guérit au bout de trois semaines.

En 1123, le prieuré Sainte-Madeleine allait de nouveau être endommagé par une guerre locale ; Girard y alla sur son âne, mais en revint exténué, grippé et agonisa trois semaines.

Il s’éteignit le 4 novembre 1123, en appelant la Vierge Marie.

Dans les trente années qui suivirent sa mort, on recensa plus de quatre-vingts miracles.

La Révolution se chargea de faire disparaître abbaye et prieuré ; on avait mis les reliques de Girard en sûreté, mais on ne les retrouva pas.

Girard fut «canonisé» par l’abbé commendataire Pierre de Laval, en 1468, mais n’est pas au Martyrologe.

 

 

Félix de Valois

1127-1212

 

Il faudrait peut-être écrire toute cette notice au conditionnel, tant la controverse est forte et vive, car pour certains historiens récents, Félix de Valois ne serait qu’une pure fiction.

Félix (ou plutôt Hugues, de son nom de baptême) serait né le 9 avril 1127, parent présumé de Louis VII et donc appartenant à la branche royale des Valois.

Il fut élevé près de l’abbaye de Clairvaux, après quoi il partit pour l’Italie (ou la croisade), mais se retira dans la solitude des Alpes et finit par recevoir le sacerdoce : on ne nous dit pas où il se forma ni quand il reçut cet auguste Sacrement.

Revenu en France et prenant le nom de Félix, il se fixa à Gandelu-en-Brie (Meaux). L’endroit devint ensuite Cerfroid (car Félix et Jean de Matha y auraient vu un cerf se rafraîchir en buvant dans le torrent : Cerf-froid).

C’est là que Jean de Matha (v. 17 décembre) le rencontra et lui expliqua son projet de fonder un Ordre de la Très Sainte Trinité pour le Rachat des Captifs. L’ordre devait s’engager à réunir des fonds pour racheter les nombreux Chrétiens prisonniers des Maures, notamment en Afrique du Nord et en Espagne.

Les deux «fondateurs» obtinrent en 1198 une approbation de Rome ; tandis que Jean se chargeait de gagner à son idéal d’autres vocations et de fonder des maisons, Félix s’occupait à Cerfroid de la formation des novices. En 1212, la Sainte Vierge et des Anges vint avec eux psalmodier l’office, vêtus de cet habit que portèrent les Trinitaires : blanc avec une croix rouge et bleu sur la poitrine.

Félix serait mort à Cerfroid le 4 novembre 1212 et aurait été canonisé dès 1262 ; mais les actes de cette procédure ayant été égarés, une nouvelle approbation de culte se fit en 1666 et la fête fut fixée au 20 novembre en 1679.

Le nom de saint Félix de Valois fut introduit au Martyrologe en 1671 ; la fête en fut supprimée du calendrier lors de la réforme de 1970. Actuellement, le Martyrologe Romain annonce prudemment que Félix de Valois passe pour avoir été le compagnon de saint Jean de Matha dans la fondation de l’Ordre des Trinitaires.

 

 

Elena Enselmini

1207-1231

 

Elena naquit en 1207, d’une famille alliée aux seigneurs de Caselle de’ Ruffi (Padoue, Italie NE), mais désormais privés de tout pouvoir économique.

De la première jeunesse d’Elena, on ne sait rien. Elle a pu être gagnée par la prédication du tout nouvel Ordre franciscain ; saint François d’Assise, de retour d’Orient, fonda à Arcella un petit couvent de Clarisses, où Elena demanda à entrer alors qu’elle n’avait que treize ans. On a même dit qu’elle reçut l’habit des mains de François lui-même, mais on peut conjecturer qu’Elena l’ait reçut quelques années plus tard, à un âge plus mature et pour éviter les violences que connut Claire d’Assise (v. 11 août) quand sa famille voulut la faire sortir du couvent.

Elena vécut une dizaine d’années dans ce couvent, dont la règle austère comportait le travail manuel, la prière, le silence, des jeûnes ; de santé fragile, elle fut souvent malade, mais particulièrement en 1230, quand une paralysie lui interdit tout mouvement. Elle restait consciente, suivait l’office, mais ne pouvait s’exprimer qu’en épelant les mots qu’elle voulait prononcer.

C’est ainsi qu’elle expliqua les visions dont elle était favorisée.

Il est possible aussi qu’elle ait été dirigée par saint Antoine de Padoue (v. 13 juin).

Elena mourut le 4 novembre 1231 à vingt-quatre ans. Après sa mort, ses cheveux et ses ongles continuèrent de pousser, et les miracles de se vérifier. Son corps est resté sans corruption.

Elle fut béatifiée en 1695. Le Martyrologe la mentionne au 4 novembre.

 

 

Heinrich von Zwiefalten

13e siècle

 

Heinrich naquit d’une famille noble de Souabe, à Zwiefalten (Allemagne S) ; il avait une sœur.

Sa formation achevée, il participa à la vie mondaine, sortit, dansa… En plein bal - nous dirions aujourd’hui : en pleine discothèque - il quitta amis et affaires et annonça qu’il partait dans un monastère. On souriait de la plaisanterie, mais le jeune homme n’avait pas plaisanté.

Il alla se présenter au monastère bénédictin d’Ochsenhausen, où les moines y regardèrent à deux fois avant d’accueillir le jeune homme des salons. Mais Heinrich persévéra dans son dessein, et fit enfin la profession.

On sait qu’il lui arrivait de prier les sept psaumes de la pénitence en se flagellant. Heinrich fut surtout un modèle d’observance.

On le nomma prieur. Il était déjà auréolé d’un certain prestige, qui lui valut des visites - et des dons pour l’abbaye : c’est ainsi qu’il en fit profiter la bibliothèque et les peintures du monastère.

Les miracles furent au rendez-vous de cette sainteté. En prière les bras en croix devant l’autel Saint-Georges, il fit tomber une pluie salvatrice pour éteindre l’incendie qui s’était déclaré dans la toiture de l’église ; un enfant, paralysé des jambes, en retrouva l’usage…

Quand sa sœur fut sur le point de mourir, Heinrich alla l’assister ; avant de s’éteindre, elle énuméra le nom de toutes les personnes de la famille libérées du Purgatoire grâce aux prières de Heinrich.

Heinrich la suivit de peu dans la mort, qui survint un 4 novembre. C’est apparemment l’unique date précise qu’on connaisse de lui.

Toute la Souabe le vénérait comme un saint ; les Bénédictins l’ont béatifié, mais il ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Françoise d’Amboise

1427-1485

 

Françoise d'Amboise était la fille du riche seigneur Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars, et de Louise-Marie de Rieux. Elle naquit au château de Thouars le 29 mai 1427.

Pour échapper à la violence des grands seigneurs, elle s'enfuit avec sa mère, à la cour de Bretagne, qui réside à Vannes, puis à Nantes.

Dès l'âge de trois ans, elle est fiancée au second fils du duc de Bretagne, Pierre, qu'elle épouse à l'âge de quinze ans, en 1442. Après la mort inopinée de son frère en 1450, Pierre devient duc de Bretagne sous le nom de Pierre II.

Devenue duchesse, Françoise d'Amboise prend une part discrète mais active au gouvernement de Bretagne. Elle vient en aide aux petits, aux pauvres et aux malades. Elle s'occupe aussi des questions de justice. Son époux, le duc Pierre II, est emporté par la maladie en 1457. Elle entre alors en conflit avec le roi Louis XI de France qui voudrait la remarier.

Veuve et sans enfant, elle fonde en 1463, avec le frère Jean Soreth, prieur général des Carmes, le premier monastère de Carmélites en France : le couvent des Trois Marie de Vannes. Elle devient elle-même carmélite le 25 mars 1468, en entrant dans ce couvent.

En 1477, le duc François II, son neveu, l'appelle à Nantes pour redresser le monastère de bénédictines des Couëts (paroisse Saint-Pierre de Bouguenais), où la discipline serait un peu trop relâchée. La communauté des carmélites quitte alors Vannes et s'installe aux Couëts, qui devient un monastère carmélite. Le monastère des Couëts fonctionne jusqu'à la Révolution française.

Elle meurt dans son monastère des Couëts à Bouguenais. en 1485, le 4 novembre, jour où la commémore le Martyrologe Romain.

Quelques années plus tard, elle est proclamée Bienheureuse par Innocent VIII. Le culte immémorial qui lui était rendu fut confirmé en 1864.

 

A travers les Carmélites de Vannes, Françoise est liée à trois autres monastères qui se maintiendront aussi jusqu'à la Révolution Française : Nazareth, second couvent établi à Vannes en 1530 ; ainsi que 2 fondations : le Saint-Sépulcre à Rennes établi en 1622 et Bethléem à Ploërmel en 1627.

 

 

Teresa Manganiello

1849-1876

 

Teresa vit le jour le 1er janvier 1849 à Montefusaco (Avellino, Italie du Sud), avant-dernière de onze enfants d’une famille de la campagne.

Elle ne fréquenta jamais l’école, mais participait aux travaux agricoles. 

A dix-huit ans, elle exprima son désir d’être Religieuse et, en 1870, reçut l’habit du Tiers-Ordre franciscain. L’année suivante, elle faisait les vœux de religion et prenait le nom de Maria Luisa.

Cette demoiselle tout innocente avait une grande dévotion au Christ crucifié, s’offrait pour réparer les péchés, s’imposait des pénitences parce que le Seigneur le demande, et rendait tous les services possibles à qui lui en demandait. Elle ouvrit même une petite pharmacie, avec des herbes de ses cultures, pour soigner les petits maux des gens du pays. 

Tout le monde frappait à sa porte, elle recevait chacun avec un sourire, donnait un petit conseil, un vêtement, un remède. 

Il y eut aussi des critiques, des souffrances, qui n’altéraient pas la paix de cette innocence.

Eté comme hiver, par tous les temps, chaque jour elle fit à pied les trois kilomètres qui la séparaient de l’église pour aller y prier.

Ignorante, elle retenait tout ce qu’on lui apprenait et avait acquis une certaine science théologique, au point qu’on la surnomma la analfabeta sabia, la docte ignorante.

Elle fut atteinte de tuberculose et en mourut le 4 novembre 1876. 

Cinq ans plus tard, se fondaient les Sœurs Franciscaines de l’Immaculée, tant souhaitées par Maria Luisa qui, de ce fait, est considérée par ces Religieuses sinon comme leur Fondatrice, du moins comme leur Inspiratrice.

Elle a été béatifiée en 2010.

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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 00:00

 

03 NOVEMBRE

 

I.

S Quartus, cité par s. Paul (Ro 16,23), qu'on dit avoir été évêque à Beyrouth.

II.

S Libertinus, évêque à Agrigente et martyr.

III.

S Papoul, disciple présumé de s. Pierre ; il aurait remplacé s. Saturnin à Toulouse pendant que ce dernier évangélisait l'Espagne ; on l'a fait mourir décapité.

SS Germanos, Theophilos et Cyrillos, martyrs à Césarée de Cappadoce.

IV.

SS Valentinus et Hilarius, respectivement prêtre et diacre à Viterbe, martyrs.

V.

S Valentinien, évêque à Salerno.

S Acepsimas, moine en Syrie, ordonné prêtre juste avant sa mort, qu'il venait d'annoncer.

VI.

S Gaudiosus, évêque à Tarazona.

S Gwenaël, abbé en Bretagne, successeur de s. Guénolé ; une fois élu, il aurait passé trente-quatre ans à se former en Irlande.

Ste Silvia, romaine, mère de s. Grégoire le Grand.

VII.

S Bomer, ermite aux sources de la Braye.

VIII.

S Marianus, missionnaire martyr près de Bardowiek.

S Pirmin, venu de l'Espagne, fondateur d'un monastère à Hornbach, invoqué contre les serpents ; en son honneur on bénit une huile et une eau pour les yeux malades.

Ste Odrade, vierge flamande, thaumaturge, invoquée contre les maux d'yeux, la rage, et pour (ou contre) la pluie.

IX.

S Ioannikios, dit le Grand ou le Thaumaturge , ex-iconoclaste, soldat puis moine en Bithynie ; il répétait : "Le Père est mon espoir, le Fils mon refuge, le Saint-Esprit ma protection".

X.

SS Achéric et Guillaume, moines à Escherich.

XI.

S Amicus, bénédictin ermite sur le Monte Torano dell'Aquila : il convainquit toute sa famille de se donner à Dieu, rentra au monastère, puis se fit ermite ; mort à cent vingt ans et invoqué pour les hernies. 

S Ermengol, évêque à La Seo de Urgel, invoqué contre la sécheresse.

XII.

S Berardo, cardinal et évêque des Marses, adversaire de la simonie et de l'incontinence des clercs. 

XIII.

Bse Alpais, humble paysanne et grande mystique à Cudot ; sa seule nourriture était l'Eucharistie.

Ste Ida, peut-être comtesse accusée par son mari, puis recluse près de Fischingen.

XIV.

B Simone Balacchi de Sant'Arcangelo, convers dominicain à Rimini, rendu aveugle par ses larmes.

XVI.

S Carlo Borromeo, neveu du pape Pie IV, qu'il aidera à achever le concile de Trente, cardinal à vingt-deux ans, évêque à Milan ; travailleur inlassable, prêchant d'exemple, il visita plusieurs fois toutes ses paroisses ; fêté le 4 novembre. 

XVII.

S Martino de Porrés, fils d'un noble qui ne le reconnut que dans son testament, laïc dominicain péruvien, infirmier, mystique et thaumaturge ; il s'occupait autant des hommes que des bêtes. 

XIX.

S Pierre-François Néron, prêtre jurassien, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 : 

Lasalliens : José Llorach Bretó (Crisóstomo, *1881), Francisco Colom González (Leonides, *1887), José Ruiz de la Torre (Cándido Alberto, *1906), Cecilio Manrique Arnáiz (Cirilo Pedro, *1909), à Barcelone ;

- béatifiés en 2013    : 

Mercédaires : Lorenzo Moreno Nicolás (*1899), prêtre, près de Murcia ;

Frères Maristes : Aniceto Pablos Carvajal (Ángel Hipólito, *1903) et Marcelino Rebollar Campo (Julián Marcelino, *1914), près de Madrid.

B Manuel Lozano Garrido (1920-1971), laïc espagnol, béatifié en 2010.

Libertinus d’Agrigente
2. siècle

Libertinus d’Agrigente aurait été le premier évêque d’Agrigente (Sicile).
Il y aurait construit une première église dédiée à la Sainte Vierge, peut-être la première cathédrale.
Sa prédication dans la région aurait remporté tant de succès, que les autorités païennes cherchèrent à empêcher l’évêque de parler, d’abord par des compliments, puis par des menaces.
Libertinus aurait reçu la palme du martyre avec s.Pellegrinus (?), avant d’être brûlé ; ou bien, selon une autre version, aurait été lapidé, ou tué d’un coup d’épée à la poitrine ou sur la tête.
En 1625, les habitants invoquèrent s.Libertinus contre l’épidémie de la peste.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Libertinus d’Agrigente au 3 novembre.


Papoul de Toulouse
?

Officiellement, on ne sait rien de Papulus (Papoul).
Il fut écrit qu’il était fils du préfet d’Antioche, qu’il avait été envoyé par s.Pierre comme compagnon de s.Saturnin à Toulouse.
Saturnin étant allé évangéliser l’Espagne septentrionale, Papoul le remplaça à Toulouse et aurait été décapité.
Le Martyr aurait aussi ramassé sa tête : l’endroit où il la déposa vit jaillir une source.
Il y a une ville de Saint-Papoul, qui se développa autour d’un ancien monastère et qui fut le siège d’un évêché, et le tombeau de Papoul fut découvert en 1265 parmi ceux des premiers évêques de Toulouse, mais personne ne croit à l’épiscopat de s.Papoul.
On admet qu’il fut martyrisé au troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Papoul au 3 novembre.


Germanos, Theophilos et Cyrillos de Césarée
?

Trois Martyrs totalement inconnus.
On a parfois supposé qu’ils furent martyrisés au troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Germanos, Theophilos et Cyrillos de Césarée de Cappadoce au 3 novembre.


Valentinus et Hilarius de Viterbe
4. siècle

Valentinus aurait été un prêtre, Hilarius un diacre.
Le proconsul de Viterbe, Demetrius, les aurait sommés de sacrifier à Hercule et, sur leur refus, les aurait fait torturer. Mais ce fut le temple païen qui s’écroula.
On les jeta dans le Tibre, qui passe à une vingtaine de kilomètres de Viterbe, avant de descendre sur Rome ; ils en furent sauvés par un ange, tandis qu’un ours aurait tué huit des bourreaux, et blessé les autres : ces derniers auraient demandé le baptême chrétien trois jours après à un prêtre nommé Euticius.
Valentinus et Hilarius seraient alors revenus se présenter à Demetrius, qui les aurait soumis à de nouvelles tortures, avant de les faire décapiter.
Ceci aurait eu lieu sous Maximien Hercule, donc avant 310.
On prétend de nos jours que cette histoire fut inventée tardivement, puisqu’on ne dispose d’aucun document ancien, ce qui explique tous les verbes au conditionnel qu’on a utilisés plus haut ; mais l’histoire nous fait poser aussi quelques questions : pourquoi Demetrius se serait acharné plutôt sur Valentinus que sur l’autre prêtre Euticius ? Et pourquoi seulement sur Valentinus et Hilarius, s’il y avait à Viterbe toute une communauté chrétienne ? Ou alors, si les Chrétiens se savaient persécutés, comment les bourreaux survivants auraient-ils trouvé si rapidement le prêtre Euticius pour se faire baptiser ? Et pourquoi n’ont-ils pas demandé le baptême à Valentinus ou Hilarius, qui étaient sur place, au bord du Tibre ?
Le Martyrologe Romain mentionne saints Valentinus et Hilarius de Viterbe au 3 novembre.


Gwenaël
† 590

Celui qui s’appela à l’origine Uuinhael, vit plus tard évoluer son nom en Guinhael, aujourd’hui Gwenaël. Il y a d’autres variantes encore : Guénault, Guinal ou Guénal…
Ce joli nom signifierait bienheureux (gwenn = blanc, pur ; hael = noble).
On le fait naître généralement au 6e siècle, peut-être à Ergué-Gabéric (Quimper, Finistère).
Il avait onze ans lorsque s.Guennolé (v. 3 mars) le rencontra dans une rue de Quimper et demanda à ses parents de le lui confier. C’est ainsi que Gwenaël se forma dans l’abbaye de Landevennec. La ressemblance des deux prénoms les a parfois fait confondre et même assimiler.
Gwenaël succéda au Fondateur de l’abbaye.
On ne connaît rien de particulier sur cet abbatiat. En revanche, la tradition raconte que, pour mieux se former à l’idéal monastique, il s’en alla fréquenter diverses abbayes d’Irlande, dans un périple qui dura… trente-quatre ans (peut-être trois ou quatre ans, ce qui est déjà beaucoup pour un abbé responsable de tout un monastère). 
On lui attribue la restauration de plusieurs monastères en Irlande même, et en aurait fondé un à Caudan (act. Lanester).
C’est dans cette dernière localité qu’il serait mort, vers 590.
Saint Gwenaël est commémoré le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.


Silvia de Rome
515-592

Cette Romaine, née vers 515, eut la grâce de donner naissance à deux fils, un dont on n’a pas retenu le nom, l’autre que l’on connaît en revanche très bien : Gregorius, futur pape Grégoire Ier dit le Grand (v. 12 mars).
On rappellera que les Latins ne connaissaient pas la lettre y, sauf dans des mots d’origine grecque. Silvia désigne en latin une personne liée à la silva, la forêt.
Silvia épousa un sénateur romain, nommé Gordianus, qui avait trois sœurs, Trasilla (ou Tarsilla), Emiliana et Gordiana, dont les deux premières sont également mentionnées au Martyrologe (v. 24 décembre et 5 janvier).
Gordianus avait lui-même un ancêtre, Felix, qui devint le pape saint Felix III (483-492, v. 1er mars).
Silvia, donc, était une femme de grande piété et procura à ses deux fils une excellente éducation.
Devenue veuve, elle se consacra entièrement à une vie de piété, et se retira au nouveau monastère près de la porte du bienheureux Paul, écrit son fils Gregorius, donc du côté de l’actuelle basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Dans cette maison, Silvia fit arranger une chapelle.
Grégoire Ier parle d’un portrait qu’il avait de ses chers parents, une mosaïque qui fut exécutée dans le monastère bénédictin de Saint-André, et dont Jean Diacre parle avec d’amples détails : Silvia y est décrite avec ses traits trahissant un peu son âge, mais reflétant la beauté de son visage, avec de beaux grands yeux bleus.
Silvia restait la mère attentive de son fils et lui faisait porter des légumes frais, dit encore Jean Diacre. Et Gregorius raconte comment elle assista pieusement à la mort de sa sœur Tarsilla.
Elle-même mourut, dit-on, un 3 novembre, vers 592. Cette année-là, Gregorius était pape depuis deux ans.
En 645, des moines de la laure de Saint-Sabas (Palestine) vinrent s’installer dans l’habitation de Silvia, qui devint leur monastère, dédié à saint Sabas (v. 5 décembre).
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Silvia de Rome au 3 novembre.


Odrade de Brabant
8e siècle

Odrade serait née à Scheps (Baelen, Moll, Liège, Belgique), fille de parents nobles.
Refusant énergiquement les partis qu’on lui présentait, elle préféra rester l’épouse du Christ.
Devenu veuf, son père se remaria et la belle-mère fut plutôt dure envers Odrade.
Odrade accomplit des merveilles. Un jour qu’on pensait lui jouer un vilain tour en lui donnant un jeune cheval indompté, elle le ramena parfaitement docile à la maison. Elle fit jaillir une source d’eau guérisseuse.
On ne connaît aucune date précise concernant cette Vierge. On a proposé le 11e et même le 13e siècles. Mais ce qui reste reconnu, c’est l’intercession d’Odrade pour guérir les maux d’yeux, la rage, les maladies en général, et aussi pour obtenir - ou faire cesser la pluie, selon la nécessité.
Elle mourut et fut enterrée au village d’Alern.
Sainte Odrade de Brabant est commémorée le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.