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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 23:00

25 OCTOBRE

 

I.

Ste Tabitha (Dorcas), la femme ressuscitée par s. Pierre à Joppé (cf. Ac 9:36-44).

S Fronton, évêque à Périgueux ordonné par s. Pierre, patron de la cathédrale et de la ville de Périgueux. 

III.

S Minias, soldat romain martyr à Florence, dont il est le patron.

SS Chrysanthus et Daria, martyrs à Rome.

SS Crispinus et Crispinianus, martyrs sans doute romains vénérés à Soissons, patrons des cordonniers, d'où l'expression “saint-crispin”, laïcisée en “saint-frusquin”.

IV.

S Marcellinus, pape (296-304), martyr ; il aurait un moment cédé à l’erreur et offert l’encens aux idoles, puis se serait solennellement rétracté, mais l’épisode est discuté.

SS Martyrios et Markianos, martyrs des hérétiques à Constantinople, l'un sous-diacre, l'autre chantre.

V.

S Gaudentius, évêque à Brescia, prédicateur célèbre.

S Rufinien, évêque à Bayeux ; il baptisa s. Loup, qui lui succéda.

S Loup, évêque à Bayeux ; il débarrassa la ville d'un loup enragé.

?

S Gouesnou, moine près de Brest où il aurait construit un monastère.

VI.

S Hilare, évêque à Mende.

VIII.

S Capuan, évêque à Cahors.

SS Frutos, Valentín et Engracia, deux frères et leur sœur, ermites près de Sepulveda ; Valentín et Engracia furent martyrisés par les Arabes.

?

S Doulchard, ermite près de Bourges.

XI.

S Maur, évêque à Pecs, finalement admis au monastère Saint-Martin, et abbé ; il s'était fait remarquer par son silence.

XII.

B Louis, comte de Arnstein : il donna son château aux Prémontrés, et se fit convers.

Ste Marguerite, martyre à Roskilde, pendue par son époux.

XIII.

S Bernat Calbó, juge catalan, abbé cistercien à Santa Creus, évêque à Vich ; il combattit les hérésies albigeoise et vaudoise avec s. Raymond de Peñafort ; d'un caillou il se cassa ses belles dents qui provoquaient des réflexions admiratives des jeunes filles.

XV.

B Tadhg MacMarthy, évêque irlandais à Ross puis à Cork et Cloyne, dont on le chassa, mort à Ivrea sur son retour de Rome.

XIX.

S Giuse Lê Ɖǎng Thị, capitaine en Cochinchine, étranglé pour sa foi, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre (le 24 octobre au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : Recaredo Centelles Abad (*1904), prêtre, près de Castellón ; 

- béatifiées en 2001 : 

Laïques : María Teresa Ferragud Roig de Masiá (*1853), mère de famille martyrisée près de Valencia avec ses quatre filles religieuses : 

Clarisses : María Vicenta Masiá Ferragud (M. Jésus, *1882), María Joaquina Masiá Ferragud (María Verónica, *1884), María Felicidad Masía Ferragud (*1890) ; 

Augustines : Josefa Ramona Masiá Ferragud (Josefa de la Purification, *1887).

 

Fronton de Périgueux
?

Une histoire fantastique fait de Fronton un des soixante-douze disciples du Christ, un missionnaire envoyé par s.Pierre, et le premier évêque de Périgueux. 
Dans une autre version, Fronton était natif de Linocassium (auj. Lenquais, Dordogne). A sept ans, refusant toute autre formation, il apprit les lettres et le psautier, se fit raser la tête, et «ordonna» prêtres deux camarades. Menacé par un fonctionnaire païen, Squirius, Fronton partit pour l’Egypte, auprès d’un moine nommé Ammon.
Ammon et Fronton mirent en déroute des serpents qui avaient attaqués des brigands, guérirent ces derniers et leur conférèrent le baptême.
Fronton gagna alors la Ville Eternelle. Il y délivra la fille d’un sénateur de plusieurs démons, qui furent foudroyés en la quittant. C’est alors que s.Pierre rencontra Fronton et l’envoya en mission, comme on l’a dit plus haut.
Désormais âgé, Fronton quitta Périgueux pour échapper à la persécution de Squirius et se rendit à Noioialus (auj. Nojals ?), où il extermina un énorme dragon et beaucoup de serpents. Les soixante-dix moines qui l’accompagnaient furent nourris miraculeusement, grâce à un ange, qui fit envoyer soixante-dix chameaux chargés de victuailles. Squirius, étonné du prodige, demanda alors le baptême.
Dans cette version, Fronton serait mort vers l’an 100.
Même si Fronton n’est mort qu’au troisième siècle, il reste le premier évangélisateur de Périgueux ; il est le saint Patron de la cathédrale et du diocèse de Périgueux.
En 1575, les Huguenots s’emparèrent des reliques de Fronton et les jetèrent dans la Dordogne.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Fronton de Périgueux au 25 octobre.


Minias de Florence
† 251

Voici encore un Saint qui n’a pas l’agrément des historiens spécialistes.
Minias (Minas, Miniatus), s’étant qualifié de soldat du Christ, devint un soldat chrétien de l’armée romaine.
L’église San Miniato, aux environs de Florence (Italie C) abrite des reliques d’on ne sait quel Saint.
Il semble que, plus la ville de Florence prenait de l’importance, plus la dévotion envers «saint Minias» se développait.
Une thèse légendaire affirma que Minias était un Arménien de sang royal, qui servait dans l’armée romaine. Ayant refusé d’adorer les idoles, il se retira de l’armée, fit un pèlerinage à Rome et se retira dans un ermitage à Florence. C’est là que les persécuteurs le rejoignirent et le firent mourir.
C’était sous Dèce, au troisième siècle, vers 251.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Minias de Florence au 25 octobre.


Chrysanthus et Daria de Rome
† 283

Chrysanthus était né à Rome, d’un aristocrate d’Alexandrie d’Egypte, nommé Polemius.
Le garçon reçut une éducation soignée et complète mais, déçu par la littérature païenne, il connut les évangiles et se les fit expliquer par le prêtre Carpophore.
Une fois baptisé, il se mit à prêcher parmi les siens. Le papa enferma son fils dans un cachot, avec ordre de ne lui donner à manger que le soir, et fort peu.
Puis Polemius introduisit dans la chambre de son fils cinq très belles jeunes filles, qui devaient le corrompre ; Chrysanthus y fut insensible et ce furent les filles qui furent prises de sommeil. Autre essai avec Daria, une vestale : cette fois-ci, Chrysanthus et Daria furent d’accord pour conserver la chasteté, et Daria fut baptisée.
Chrysanthus et Daria conquirent au Christ beaucoup d’amis, mais furent arrêtés. Chrysanthus subit une série de tortures qui échouèrent toutes : les nerfs de bœuf se rompirent, les ceps tombèrent en poussière, le purain prit une odeur de rose, les verges furent douces comme des plumes…
Qui se convertit, fut le tribun Claudius lui-même, avec sa famille et ses soldats. Claudius fut jeté à la mer avec des pierres au cou, ses deux enfants décapités, ainsi que les soldats.
Chrysanthus et Daria furent envoyés à la prison Mamertine, où un lion s’imposa pour protéger Chrysanthus. Puis une nouvelle série de tortures se succédèrent en vain sur Chrysanthus et Daria, qui moururent sous une pluie de pierres et de terre.
Ce martyre dut avoir lieu en 283.
La grande difficulté de ce récit assez extraordinaire, est qu’il est placé à la fois sous l’empereur Numérien et sous le pape Etienne, qui vécurent à trente années d’intervalle. 
S’il faut éliminer l’authenticité du récit, il faut tout de même retenir l’historicité des deux Martyrs.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Chrysanthus et Daria de Rome au 25 octobre.


Crispinus et Crispinianus de Soissons
† 3. siècle ?

D’après ce qu’on peut trouver comme informations, les deux frères Crispinus et Crispinianus seraient deux garçons de la noblesse romaine, venus de la Ville Eternelle pour prêcher l’Evangile en Picardie.
Humblement, ils s’établirent savetiers à Soissons. Les clients accoururent dans cette petite boutique pleine de bonté, où les deux artisans profitaient des rencontres pour dispenser mille gentillesses à l’égard des uns et des autres.
Le Diable, ou quelqu’un inspiré par lui, dénonça ces deux braves cordonniers à l’autorité païenne, qui les fit arrêter, et torturer longtemps.
On les plongea dans l’eau glacée, puis dans une chaudière emplie de plomb fondu. Mais par la providence divine, les deux Héros ne ressentirent aucun mal, tandis que le bourreau reçut dans l’œil une petite goutte de ce métal brûlant : aveuglé, brûlé, furieux, il se jeta de lui-même dans la chaudière. Ce bourreau, nommé en maints endroits Rictiovarus, est, selon certains, un personnage inventé.
Le texte ancien ajoute que Satan se réjouit beaucoup de recevoir l’âme damnée de Rictiovarus. Il voulait faire rédiger une épitaphe sur la tombe du malheureux, pour obliger chaque démon à le saluer au passage ; qui ne l’aurait pas salué, aurait reçu un coup de massue (ung cop de machue).
Quant aux deux frères, Crispinus et Crispinianus, ils furent décapités.
Ils sont devenus, bien sûr, les saints Patrons des cordonniers. Les savetiers ambulants prirent l’habitude de porter leur saint-crépin en parlant de leurs outils ; l’expression s’est laïcisée en porter son saint-frusquin.
Puisque le texte fait allusion à l’empereur Maximien, on en déduira que les deux martyrs sont morts tout à la fin du troisième, ou tout au début du quatrième siècles.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Crispinus et Crispinianus de Soissons au 25 octobre.


Marcellinus
296-304

Marcellinus était le fils d’un romain, Proiectus.
Il fut élu pour succéder à Caius et fut le vingt-neuvième pape.
Il ordonna cinq évêques, quatre prêtres et deux diacres.
Victime de l’impitoyable persécution de Dioclétien, il fut arrêté et sommé d’offrir l’encens aux idoles. Le Liber Pontificalis rapporte qu’il le fit, mais qu’ensuite, pénétré de douleur pour son geste apostat, il retourna devant l’empereur, confessa hardiment sa foi et eut la tête tranchée.
D’autres sources nient cet épisode, sans qu’on puisse actuellement se prononcer de façon sûre.
Il fut inhumé dans la catacombe de Priscilla, sur la via Salaria.
Son successeur sera saint Marcel Ier.
Marcellinus, par son humble exemple de pénitence, mérita le martyre et la vénération de l’Eglise. Il fut longtemps nommé au 26 avril dans le Martyrologe, mais n’est plus mentionné dans l’actuel, à cause des incertitudes mentionnées ci-dessus.
Son dies natalis étant historiquement plutôt le 25 octobre, on l’y laissera ici, pour mémoire. Que Dieu nous pardonne si nous nous trompons.


Martyrios et Markianos de Constantinople
† 351

Le patriarche Paulos de Constantinople venait d’être exilé et martyrisé (351).
L’usurpateur qui prit sa place, Makedonios, prétendit débarrasser la place de tous les fidèles du Défunt. Il fit massacrer le sous-diacre Martyrios et le chantre-lecteur Markianos, qui avaient été très proches de Paulos.
On les enterra en-dehors des murs de la ville.
Les fidèles leur donnèrent le surnom de saints notaires.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Martyrios et Markianos de Constantinople au 25 octobre.


Gaudentius de Brescia
† 410

On ne parle pas de l’enfance et de la formation de Gaudentius (en italien Gaudenzio, en français Gaudence).
On sait qu’il fut nommé neuvième évêque de Brescia (387 environ), alors qu’il était en pèlerinage en Orient. 
La population de Brescia jura qu’elle n’accepterait pas d’autre évêque que Gaudentius. Il hésita à accepter cette charge qu’il n’avait vraiment pas prévue, mais s.Ambroise (v. 7 décembre) et quelques autres le convainquirent. Même les évêques d’Orient le «menacèrent» de rompre la communion avec lui s’il n’acceptait pas d’être consacré évêque.
Il prit tout de même le temps de trouver un grand nombre de reliques de Saints, qu’il rapporta à la cathédrale de Brescia. C’est lui-même qui en fit la liste : Jean-Baptiste, André, Thomas, Luc, Gervais et Protais, Nazaire, Sisinnius, Martyrius, Alexandre, ainsi que des Quarante Martyrs de Césarée de Cappadoce.
C’est s.Ambroise qui le consacra évêque.
En 404, s.Jean Chrysostome fut condamné à l’exil (v. 14 septembre). Cette sentence inique suscita un énergique mouvement de protestation en Occident, auquel participa généreusement Gaudentius. Il fit partie de la délégation qui devait rencontrer l’empereur à Constantinople, mais on s’acharna à en empêcher les  membres d’arriver à destination. Sur le bateau entre Athènes et Constantinople, on les laissa trois jours sans nourriture. On leur interdit l’entrée dans la ville de Constantinople et on les enferma dans la forteresse d’Athyra, sur la côte de Thrace. On leur arracha des mains leurs lettres de créance, au point qu’un des envoyés, un évêque, eut le pouce cassé. On leur offrit une énorme somme d’argent pour leur faire accepter de rencontrer Atticus, «successeur» (illégitime) de Jean Chrysostome. Finalement, après qu’ils eussent été réconfortés par une vision de s.Paul, ils furent menés sur un bateau tout-à-fait vétuste, et dont le capitaine avait l’ordre de les jeter par-dessus bord, mais le bateau arriva sans encombres au port d’Otranto en vingt jours. Ces détails apparemment invraisemblables furent racontés par l’un des protagonistes lui-même.
Gaudentius fut un prédicateur écouté. De la vingtaine de traités qu’on a reçus de lui, une dizaine sont des sermons sur le temps pascal, qui lui furent demandés par un certain Benivolus, un noble de Brescia qui, à cause de la maladie, regrettait fort de n’avoir pu entendre l’évêque prêcher.
Au Bréviaire, nous avons deux lectures de Gaudentius, le jeudi de la deuxième et de la cinquième semaines pascales. Voici un extrait de la première : 
Le Christ (…) donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Eglise, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Eglises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ…
La mort de Gaudentius se situe aux alentours de 410.
Saint Gaudentius de Brescia est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.


Hilare de Mende
† 535

Hilare (Hilarus) est le huitième évêque de Mende, à partir de 515.
Outre sa participation au concile d’Auvergne en 535, ce qu’on lui prête est affirmé au conditionnel.
Il aurait fondé un monastère près du Tarn.
Il aurait visité l’abbaye de Lérins.
Lors de l’invasion des Francs en pays de Gévaudan, il en aurait obtenu la libération de nombreux esclaves.
Parfois, on croit que l’autre évêque de Mende, s.Ilère, du siècle suivant est un dédoublement de notre Hilare.
Saint Hilare de Mende est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.


Frutos de Sepúlveda
642-715 

Frutos aurait eu un frère et une sœur, Valentín et Engracia, descendants d’une antique famille aristocratique.
A la mort de leurs parents, les trois frères et sœur distribuèrent aux pauvres tout leur héritage et se retirèrent dans une solitude de Carrascal del Río (actuelle Sepúlveda, Ségovie, Espagne). Ils vivaient chacun dans une grotte séparée.
Frutos aurait lui-même provoqué de son bâton la profonde «coupure» ou crevasse (cuchillada) de l’endroit, interdisant aux Arabes de passer outre. La crevasse fait une centaine de mètres de profondeur.
Il demanda à un paysan de lui prêter deux bœufs pour transporter les pierres nécessaires à l’édification d’un sanctuaire à Notre-Dame ; mais comme le paysan n’avait que deux taureaux, Frutos commença par les dresser et s’en servit à la place des bœufs.
Vers la fin de sa vie, il fut affronté par un Musulman qui refusait de croire à la présence du Christ dans l’Eucharistie ; l’homme lui lança que, si l’on mélangeait une hostie consacrée dans la nourriture d’une bête, celle-ci la mangerait pareillement ; Frutos alors amena un âne devant un bon picotin où il avait déposé l’Hostie : l’âne s’agenouilla. Cette histoire rappelle celle arrivée à s.Antoine de Padoue (v. 13 juin).
Frutos serait mort en paix en 715, tandis que ses frère et sœur auraient été mis à mort plus tard, décapités par les Sarrasins.
On ajoute aussi, parmi les miracles postérieurs à la mort de Frutos, qu’un homme jaloux précipita son épouse du haut de cette crevasse et que celle-ci fut retrouvée vivante et à genoux en train de remercier Dieu, tout en bas de la crevasse (1225). La femme continua de vivre là pendant huit années et y fut enterrée. 
Les historiens ont «laissé de côté» tout ce qui concerne les «miracles» de Frutos, ainsi que l’existence de ses frère et sœur.
Saint Frutos de Sepúlveda est commémoré le 25 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bernat Calbó

1180-1243

 

Bernat (Bernard) vit le jour vers 1180 à Mas de Porpres (plus tard Mas Calbó, Reus, Catalogne, Espagne E), dans une famille de la chevalerie.

Après ses études de juriste (à Lleida et peut-être à Paris), il travailla à la curie de l’archidiocèse de Tarragona.

Suite à une maladie, il entra au monastère cistercien des Saintes-Croix, proche de Tarragona. Avant sa profession, il établit son testament (1215), qui le révèle fortement endetté.

Vers 1225 (ou peut-être plus tôt, cf. infra), il fut abbé de son monastère. Comme tel, il fit achever une église monastique, entreprit des missions dans le diocèse de Lérida, qui avait été occupé par les Arabes jusqu’en 1149, et travailla au progrès spirituel des moniales de Valldonzella.

En 1233, il fut nommé évêque de Vich. Il y a ici un problème de datation : certains le sacrent évêque dès 1223, et le laissent abbé à vie de son monastère. 

Ennemi des hérésies albigeoise et vaudoise, il fut nommé inquisiteur par le pape. Avec saint Ramon de Penyafort (v. 7 janvier), il participa à l’élection d’un nouvel évêque pour Majorque, reprise à son tour à l’Islam. Il participera à des conciles entre 1239 et 1243

En 1238, il mit au service du roi Jaime d’Aragon ses moyens et ses hommes pour marcher contre Valence et la libérer des Arabes, en septembre 1238. Bernat chanta alors une Messe solennelle dans la grande mosquée centrale de Valence. Par la suite, il contribua à doter le royaume de Valence de lois établissant ses droits et qui furent aplpliquées pendant quatre siècles.

On raconte deux faits pittoresques qui révèlent sa personnalité. Un jour qu’il passait dans une localité connue pour son bon vin, il en goûta volontiers un petit verre ; mais tout bien réfléchi, il jugea sa gourmandise excessive et se contenta ensuite de pain et d’eau. L’autre fait, plus héroïque encore, advint lorsqu’il entendit des jeunes filles admirer «ses belles dents» : il alla ramasser un caillou et se les brisa.

Le «testament» de Bernat comporte l’inventaire amusant d’une série de récipients (chaudrons, marmites, bassins, poêlons, tout cela en cuivre mais dont certains sont fendus), des louches, des tisonniers, etc.

Bernat mourut le 25 (ou le 26) octobre 1243. Le Martyrologe le mentionne au 25.

Certains disaient que malgré les démarches des Catalans, Bernat n’avait jamais été canonisé ; d’autres précisent au contraire qu’il fut béatifié en 1260 et canonisé en 1710.

 

 

Tadhg MacCarthy

1445-1497

 

Tadhg (Thaddée) appartenait à l’antique famille MacCarthy (ou Macher), du Munster irlandais, où il était né vers 1445 (ou 1455). Son père était duc de Muskerry, sa mère était la fille de Fitz-Maurice, duc de Kerry.

Son prénom était héréditaire dans sa maison depuis sept siècles. Outre ce prénom, Tadhg hérita de certaines caractéristiques typiquement irlandaises : la ferveur religieuse, l’enthousiasme, et même une certaine «sainte impatience».

Les indications qui suivent diffèrent suivant les analyses. Ce n’est pas l’unanimité.

Il aurait fait des études chez les Frères Mineurs de Kilcrea ou Timoleague, ou chez un de ses oncles, puis à Paris, et fut ordonné prêtre à Cork.

On l’envoya poursuivre des études à Rome ; peut-être reçut-il aussi une charge au tribunal de la Rote.

Toujours à Rome, il fut, en 1482, nommé tout jeune évêque de Ross.

Des luttes intestines, des rivalités, parvinrent à l’éliminer purement et simplement de son diocèse. L’ancien évêque auxiliaire de Ross fut reconnu comme unique évêque légitime par les partisans politiques de la maison d’York, opposée à Henry Tudor (1485). On inventa des accusations contre l’évêque Tadhg, qui fut suspendu. 

Tadhg se réfugia dans un couvent cistercien dont il avait la commende. Il recourut à Rome. Pour ménager les uns et les autres, on confirma l’évêque de Ross, et l’on attribua à Tadhg les deux évêchés de Cork et Cloyne (1490). Mais là encore le jeune évêque rencontra des oppositions très fortes : il ne put même pas pénétrer dans la cathédrale, fermée à clef. Où qu’il se tournât, il trouvait porte close et rejet.

Aussi, appliqua-t-il l’ordre du Seigneur : Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre (Mt 10:23). Il repartit pour la Ville éternelle, à pied, pèlerin inconnu. A Rome, le pape lui remit des lettres pour les dirigeants d’Irlande, qu’il obligeait à laisser l’évêque libre de prendre possession de son évêché.

Sur le chemin du retour, une de ses haltes fut à Ivrée, au pied des Alpes, chez les Chanoines de Saint-Bernard, qui ne le connaissaient pas.

Au matin, Tadhg était mort. Arrivant de Rome, il était parti pour le Ciel. C’était le 25 octobre 1497 (ou peut-être 1492). Il avait été évêque une dizaine d’années, dont trois seulement en possession de son siège.

Les Chanoines trouvèrent dans son bagage son anneau pastoral et les lettres papales, et apprirent ainsi qui était ce pèlerin ; l’évêque en fut informé : il reconnut alors ce personnage qu’il avait vu en rêve la nuit précédente et ordonna des obsèques solennelles, auxquelles la population accourut.

La tombe de Tadhg fut très fréquentée, il y eut des miracles. On ne nous dit pas comment les Irlandais fautifs accueillirent ces nouvelles. 

En 1742, la tombe fut ouverte pour une reconnaissance : le corps de Tadhg était intact et portait un bel anneau épiscopal à la main ! La barbe avait poussé et tombait florissante sur la poitrine !

Mais c’est plus tard sur l’intervention des évêques d’Ivrée et de York, que le culte du bienheureux Tadhg fut confirmé en 1895.

 

 

Giuse Lê Ɖǎng Thị

1825-1860

 

Giuse (Joseph) était né vers 1825 à Kẻ Vǎn (Quẚng Trị (Vietnam).

Ce père de famille était officier de l’armée.

Au moment de l’édit promulgué contre les soldats chrétiens, il était gouverneur de Nghệ-An.

Il fut arrêté au début de l’année 1860 ; le régime de la prison lui fut tellement néfaste, qu’il en tomba très malade, et que sa crainte était de ne pas vivre assez longtemps pour recevoir la palme du martyre. Il pensait que, peut-être, il n’en serait pas digne à cause de (ses) péchés.

Mais quand vint enfin le jour de l’exécution, il s’exclama : Quel bonheur ! Quel bonheur !

Giuse fut étranglé à An Hòa (Quẚng Nam), le 25 octobre 1860 .

Il fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

María Teresa Ferragud Roig

1853-1936

 

María Teresa était née le 14 janvier 1853 à Algemesí (Valencia, Espagne). Elle épousa Vicente Silverio Masiá, un chrétien profondément croyant, avec qui elle eut neuf enfants, dont deux furent Religieux (l’un mourut en 1927, l’autre était missionnaire en Amérique au moment de la guerre civile), et cinq filles furent Religieuses, trois chez les Clarisses, deux chez les Augustines.

Cette courageuse maman allait à la messe chaque jour ainsi qu’à l’Adoration Eucharistique. Elle fit partie de l’Action Catholique dès sa formation et participait à toutes les activités, de même aussi qu’à celles de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, dont elle fut présidente.

L’aînée de ses filles, María Teresa, née le 18 septembre 1873, fut Augustine à Valencia avec le nom de Concepción et mourut en 1927. La deuxième fille, Maria Felicitat, née le 5 juin 1876, mourut très jeune. Une autre fille, Purificación, survécut à la guerre et fut un témoin précieux de cette famille.

Les quatre martyres d’aujourd’hui s’appelaient :

  • María Vicenta Masiá Ferragud, en religion María Jesús, née et baptisée le 12 janvier 1882, confirmée en 1889 ; novice en 1900, elle fit profession en 1902 ;
  • María Joaquina Masiá Ferragud, en religion María Verónica, née le 15 juin 1884, baptisée le 16 et confirmée en 1899 ; novice en 1904, elle fit profession en 1907 ;
  • María Felicidad Masiá Ferragud, en religion María Felicidad, née le 29 août 1890 ; novice en 1910, elle fit profession en 1913.
  • La religieuse augustine s’appelait Josefa Ramona Masiá Ferragud, en religion Josefa de la Purification ; née le 10 juin 1897, elle entra au couvent de Banigánim.

Lors de cette atroce guerre civile et fratricide, les quatre religieuses vinrent se réfugier chez leur mère à Algemesí, où elles continuèrent à vivre selon leur règle et leur horaire, priant l’Office divin, méditant et travaillant.

Le 19 octobre 1936, des miliciens du Front populaire se présentèrent pour arrêter les quatre religieuses. Ils n’avaient pas l’intention d’emmener cette vieille maman, qui avait alors quatre-vingt-trois ans, mais c’est elle-même qui leur exprima sa ferme volonté d’accompagner ses filles, pour les encourager jusqu’à la dernière heure. 

On les emmena toutes les cinq à la prison, l’ancien couvent franciscain Fons Salutis.

Quelques jours après, le dimanche 25 octobre 1936, où l’on fêtait alors la fête du Christ-Roi, les miliciens fusillèrent ces cinq femmes, au lieu-dit Cruz Cubierta, à Alzira (Valencia).

On entendit la Mère exhorter ainsi ses filles : Mes filles, n’ayez pas peur : ceci ne dure qu’un instant, et après, c’est le Ciel pour toujours. Toutes moururent en pardonnant à leurs bourreaux, et criant : Vive le Christ-Roi.

Restée la dernière, la digne maman fut interpellée sans douceur par un milicien : Hé, la vieille, tu n’as pas peur de la mort ? Et elle de répondre : Toute ma vie, j’ai cherché à faire quelque chose pour Jésus-Christ, et maintenant je me tirerais en arrière ? Tuez-moi pour le même motif que mes filles : parce que nous sommes des chrétiennes. Là où vont mes filles, j’y vais aussi.

Déjà la pape Pie XII affirmait que ce martyre était une répétition du celui de la mère avec ses sept fils, dans le livre des Maccabées (2M 7) :

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux, dans la langue de ses pères, et, remplie de nobles sentiments, elle animait d’un mâle courage son raisonnement de femme (2M 7:20-21).

Les cinq Martyres espagnoles ont été béatifiées en 2001 et sont mentionnées le 25 octobre dans le Martyrologe.

 

 

Vicenta Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Vicenta vit le jour le 12 janvier 1882 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia), Vicenta fit la profession en 1902, avec le nom de María Jesús.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Joaquina Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Joaquina vit le jour le 15 juin 1884 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1904, Joaquina fit la profession en 1907, avec le nom de María Verónica.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Felicidad Masiá Ferragud

1882-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Felicidad vit le jour le 29 août 1890 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Clarisses Capucines de Agullent (Valencia) en 1910, Felicidad fit la profession en 1913, avec le nom de María Felicidad.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Josefa Ramona Masiá Ferragud

1897-1936

 

Voir surtout la notice María Teresa Ferragud Roig

 

Josefa Ramona vit le jour le 10 juin 1897 à Algemesí (Valencia).

Elles étaient quatre sœurs, toutes quatre Religieuses contemplatives : trois clarisses, une augustine.

Entrée chez les Augustines de Agullent (Valencia) en 1910, Josefa Ramona fit la profession en 1913, avec le nom de Josefa Purificación.

Date du martyre :  25 octobre 1936.

Date de la béatification : 2001.

 

 

Recaredo Centelles Abad

1904-1936

 

Il était né à Vall de Uxó (Castellón, Espagne), le 23 mai 1904.

Après l’école de son village, il étudia au séminaire, où il se montra exemplaire en toutes choses.

En 1928, il entra à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Ordonné prêtre en 1929, il fut recteur au séminaire de Tarragona, puis vice-directeur au collège Saint-Joseph de Tortosa.

Il fut enfin recteur du Petit séminaire de Tortosa.

Lors de la révolution, il s’employa à faire revenir indemnes chez eux tous les élèves. Puis, il se cacha chez un frère, où il se prépara au martyre, exhortant aussi des Clarisses qui s’étaient réfugiées là.

Le 2 octobre 1936, fut assassiné pour sa foi son frère Vicente (dont la cause de béatification est en cours, concernant plus de deux-cents martyrs du même diocèse de Castellón).

Don Recaredo prépara toute la famille à la fête du Christ-Roi, qui devait se célébrer alors le dimanche 25 octobre.

Ce jour-là se présentèrent les miliciens ; comme on ne leur ouvrait pas la porte à l’instant, ils l’enfoncèrent, tirèrent sur un parent de Recaredo, et les emmenèrent tous deux.

On les ajouta à quelques autres personnes, et tous furent conduits au cimetière de Nules (Castellón) pour y être fusillés. Les bourreaux se moquaient de don Recaredo qui, en réponse, les bénissait en leur pardonnant.

Une fois à terre, il n’était pas encore mort. Un milicien s’approcha et, avant de lui donner le coup de grâce, lui demanda de le bénir ; comme le prêtre était tombé sur la main droite, il demanda au milicien de le retourner pour se libérer la main et, de cette main droite, lui donna encore une bénédiction. Puis le milicien lui tira dans l’œil le coup fatal.

C’était le dimanche 25 octobre 1936, alors fête du Christ-Roi.

Don Recaredo Centelles Abad fut béatifié en 1995.

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 23:00

24 OCTOBRE

 

?

SS Cyriacus et Claudianus, martyrs à Hiérapolis en Phrygie.

IV.

S Félix, évêque à Thibiuca.

V.

S Proklos, évêque à Constantinople et successeur de Nestorius, grand défenseur de la maternité divine de Marie, auteur présumé du trisagion : “Saint Dieu, Saint fort, Saint immortel, aie pitié de nous”.

VI.

S Martino, moine à Montemassico ; le diable le tentait sous forme d'un serpent qui habitait dans la même grotte que lui ; il fit des miracles.

S Arethas et environ quatre cent vingt martyrs yéménites, clergé et sodats, victimes d'un tyran juif.

S Magloire, gallois, cousin des ss. Samson et Malo, abbé puis évêque à Dol.

S Senoch, descendant de barbares installés en Poitou et devenu ermite thaumaturge ; il sut accepter les observations de s. Grégoire de Tours.

S Martin, diacre à Nantes, puis ermite à l'origine d'un monastère bénédictin à Vertou.

S Cadfarch, gallois ; frère des ss. Cawrdaf, Thangwn, Maethlu.

VII.

S Eberigisil, évêque à Cologne, assassiné par des brigands.

S Fromond, normand, évêque à Coutances, fondateur d'une abbaye de moniales àau Ham.

X.

S Florentin, à Bonnet. 

XIX.

Bx Yu Hang-geom Augustinus et Yun Ji-heon Franciscus, laïcs coréens martyrs, écartelés, béatifiés en 2014.

S Antonio María Claret y Clará, prêtre espagnol, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ; évêque à Cuba, aumônier de la reine à Madrid, administrant son diocèse depuis l'Espagne ; à la révolution de 1868 il vint en France et, après le concile de Vatican I, dut partir chez les Cisterciens de Fontfroide pour échapper à la police.

XX.

S Luigi Guanella (1842-1915), prêtre salésien italien, très sensible aux handicapés, fondateur des Filles de Sainte-Marie de la Providence et des Serviteurs de la Charité, canonisé en 2011.

B Giuseppe Baldo (1843-1915), prêtre italien, curé pendant presque quarante ans, très actif, fondateur des Petites Filles de Saint-Joseph, béatifié en 1989.
Bx Martyrs espagnols de 1936 :
        - béatifié en 2013 :
Lazaristes : Amado García Sánchez (1903-1936), prêtre, aux Asturies ;
        - béatifiées en 2017 : 
Filles de la Charité : Toribia Marticorena Sola et Dorinda Sotelo Rodríguez (*1882, 1915), à Barcelone.

Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis
?

Les deux Martyrs Cyriacus et Claudianus moururent à Hiérapolis (Phrygie, auj. proche de Şuhut, Turquie W) à une date et dans des conditions qui nous sont inconnues.
Le nom Cyriacus pourrait s’énoncer Kyriakos, tandis que Claudianus a une sonorité toute latine.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Cyriacus et Claudianus de Hiérapolis au 24 octobre.


Proklos de Constantinople
390-446

Proklos (Proclus) naquit vers 390 à Constantinople.
Il fut secrétaire du patriarche Attikos, qui l’ordonna diacre et prêtre ; puis il fut évêque nommé de Cyzique, de l’autre côté de la mer de Marmara, en face de Constantinople. En réalité, cette nomination resta sans suite et Proklos demeura à Constantinople.
En décembre 428, quand le fameux Nestorius devint patriarche de Constantinople, Proklos proclama dans un sermon solennel en sa présence la maternité divine de Marie. Nestorius n’osa pas sévir contre un orateur si puissant, mais on ne sait pas non plus ce qu’il advint de Proklos pendant quelques années.
On n’a pas trace non plus de sa présence éventuelle au concile d’Ephèse (431), qui déposa Nestorius.
Mais en avril 434, Proklos fut nommé patriarche de Constantinople.
Proklos s’employa à faire disparaître les traces de la doctrine de Nestorius, celles de Théodore de Mopsueste ainsi que celles d’Ibas d’Edesse.
En 435, il écrivit un «tome» ou lettre dogmatique aux Arméniens, pour les persuader de rejeter totalement les positions de Nestorius, de Théodore et d’Ibas.
Un des plus grands événements de cette période, fut le retour triomphal du corps de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) de Comane à Constantinople, en janvier 438.
Proklos mourut en 446, probablement en juillet.
Le concile de Chalcédoine (451) lui décerna le titre de Grand.
De Proklos nous avons ses discours, ses lettres, le tome aux Arméniens. Proklos réussit à trouver des formules capables de faire l’union des esprits, en un temps où les pires divisions venaient souvent de termes équivoques ou mal interprétés.
Proklos serait peut-être l’auteur du solennel Trisagion que nous chantons le Vendredi Saint : 
Hagios o Theos, Hagios iskhyros, Hagios athanatos, eleïson himas !
ce qu’on traduit habituellement : 
Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous !
(Immortel est une traduction imparfaite, quoiqu’acceptée communément ; il faudrait dire : ‘qui ne connaît pas la mort’). Si Proklos n’en est pas l’auteur direct, c’est en son temps qu’on l’utilisa, particulièrement lors d’un grave tremblement de terre qui secoua Constantinople, obligeant toute la population a s’éparpiller dans la nature environnante.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Proklos de Constantinople au 24 octobre.


Arethas de Nedjrân et Compagnons
524

Nous nous trouvons ici dans la région qu’est aujourd’hui le Yémen, dans le sud-ouest de l’Arabie.
Arethas, fils de Caneph, était le chef de la cité de Nedjrân, qui avait reçu l’influence éthiopienne chrétienne. Mais le vrai pouvoir de toute la région était aux mains d’un Juif, Dhû-Nowas, qui entreprit, l’hiver 523-524, de faire disparaître la colonie chrétienne.
Il prit la ville de Safar, massacra les habitants chrétiens et transforma l’église en synagogue. Il s’attaqua ensuite à la ville de Nedjrân, feignit d’accepter la capitulation, mais massacra tous ceux qui refusaient d’apostasier. Le spectacle de cet assaut fut véritablement horrible.
L’ancien évêque fut exhumé et jeté au feu ; on jeta dans une immense fosse ardente tout le clergé et les vierges consacrées, en tout quatre-cent vingt-sept personnes ; l’église flamba ; on compta globalement quelque quatre mille victimes ; en voici quelques détails.
Les assaillants s’en prirent à une noble femme, nommée Ruma, et à ses deux filles : ils égorgèrent les deux enfants et en firent boire le sang à leur mère. Puis ce fut le tour des trois cents quarante guerriers de l’émir Arethas, qui s’étaient enfermés dans la ville ; au moment d’être exécutés, étant enchaînés, ils firent leur signe de croix avec leur tête ; le premier décapité fut Arethas ; quand ils virent Arethas à terre, ils s’élancèrent pour tremper respectueusement leurs doigts dans son sang, puis ils furent tous décapités, leurs têtes jetées dans la fosse avec les autres Martyrs de la veille, et leurs corps livrés aux bêtes du ciel et de la terre.
Un très ancien manuscrit ajoute cette scène vraiment émouvante. Une maman était traînée au supplice, tenant son petit gamin par la main. Dhû-Nowas appela à lui l’enfant et on entendit ce dialogue : 
Tu préfères aller avec maman, ou avec moi ?
Avec maman, laisse-moi retourner avec elle.
Comment as-tu connu le Christ ?
Je le vois tous les jours quand j’accompagne maman à l’église.
Qui préfères-tu, maman ou moi ?
Maman !
Et moi ou le Christ ?
Le Christ !
Je te donnerai des noix, des amandes, des figues !
Non, je ne mangerai jamais de choses juives !
Reste ici, tu seras mon fils !
Non, tu sens mauvais !
Alors je te mènerai à la reine !
Maman vaut mieux que ta reine !

La maman fut décapitée, après avoir exhorté son enfant à rester fidèle et lui avoir donné «rendez-vous» au Paradis. Le petit garçon, nommé Baïsar, fit plus tard partie d’une ambassade envoyée à Constantinople, mais restait modestement réservé sur l’épisode précédent ; un autre texte aussi ancien rapporte en revanche que l’enfant se précipita dans la fosse où était déjà sa maman en train d’agoniser et mourut avec elle.
Le massacre des Chrétiens de Nedjrân eut lieu en hiver, donc plutôt en décembre, d’après le calendrier syrien jacobite, mais la date avancée en d’autres sources est souvent le 24 octobre.
Le tyran qui s’était autorisé à un tel carnage, fut bientôt éliminé. Des études modernes auraient démontré que les faits ci-dessus auraient été largement amplifiés par quelque auteur chrétien anonyme, dans le but de susciter une réaction de l’empereur de Byzance contre les Juifs. Le pays passa par d’autres révoltes, fut soumis par Byzance, par la Perse, plus tard hélas ! par l’Islam.
Saint Arethas et ses trois-cent quarante Compagnons sont commémorés le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.


Magloire de Dol
495-575

L’histoire de Magloire reste un sujet de discussions entre historiens.
Il aurait été, par sa mère, le petit-fils du roi de Glamorgan. S.Samson et s.Malo (v. 28 juillet et 15 novembre) auraient été ses cousins.
Il fut élevé sous s.Iltut (v. 6 novembre) à Llantwit Major.
A la mort de son père, Magloire vint le visiter, avec Samson. Puis ils passèrent tous deux sur l’île de Peirio, où Samson devint abbé ; il ordonna Magloire diacre.
Plus tard, Samson et Magloire revinrent en Armorique ; Samson fonda des monastères, dont celui de Dol ; Magloire devra diriger l’un d’eux ; Samson l’ordonna prêtre, et évêque.
Quand Samson mourut, Magloire lui succéda, vers 565 ; trois ans plus tard, sur l’injonction d’un ange, il céda la place à Budoc, et se retira à Jersey (ou à Sercq).
Il recherchait la solitude pour achever sa vie dans le silence, mais il eut bientôt soixante-deux disciples.
Pas de viande, quelques petits poissons aux jours de grandes fêtes.
Les six derniers mois de sa vie, Magloire resta dans l’église.
Il serait mort le 24 octobre 575.
Saint Magloire de Dol est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.


Senoch, prêtre
536-576

Senoch descendait des Taifales, barbares fort corrompus qui avaient formé une colonie en Poitou au 5e siècle dans la région de Tiffauges. C’est là qu’il naquit.
Il se convertit au Seigneur, devint clerc et se constitua un monastère. Il trouva en effet en Touraine des murs anciens et, en les restaurant, il aménagea des habitations convenables. 
Il trouva là un oratoire dans lequel, à ce qu’on rapportait, saint Martin (v. 11 novembre) avait prié. Il l’arrangea avec un soin diligent, y dressa un autel avec un emplacement préparé pour recevoir des reliques de Saints, puis invita l’évêque, Euphronius (v. 4 août).
Celui-ci consacra l’autel et conféra l’honneur du diaconat à Senoch. Mais pour ce qui concernait les reliques, il se trouva que l’endroit préparé était trop petit. Aussi Euphronius et Senoch se mirent-ils en prière, profondément inclinés, et l’emplacement s’agrandit, tandis que le reliquaire se rétrécissait.
Senoch vécut là avec trois autres compagnons. Il ne mangeait qu’une livre de pain et ne buvait qu’un demi-litre d’eau par jour. L’hiver, il était pieds-nus. Il se liait une chaîne de fer aux mains, aux pieds et au cou. Fuyant la vue du monde, il s’enferma dans sa cellule, priant, veillant, jour et nuit. Des foules voulurent venir le voir.
Des abondantes aumônes qu’il reçut de ces visiteurs, il ne gardait rien, mais les employa à racheter des esclaves ou à payer les dettes : il en sauva ainsi plus de deux-cents.
Senoch guérissait littéralement les malades aussi facilement qu’il respirait. Aveugles, estropiés, piqués par les serpents, énergumènes, tous revenaient guéris.
Mais Senoch fut tenté et la vanité commença à poindre sur le beau tableau d’une si grande sainteté. Grégoire de Tours (v. 17 novembre) eut le courage de le lui faire remarquer, et Senoch eut l’humilité de reconnaître sa faute.
Un autre conseil qu’il suivit, fut de ne pas s’enfermer totalement, mais seulement du 11 novembre (s.Martin) à Noël et pendant le Carême, et de paraître les autres jours, pour le bien des âmes.
A une époque non précisée, Senoch reçut le sacrement de l’Ordre.
S.Grégoire de Tours le connut personnellement. C’est de son texte que sont tirés les détails qu’on vient de raconter.
Senoch mourut en 576. Les miracles continuèrent à son tombeau.
Saint Senoch, prêtre, est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.


Martin de Vertou
6e siècle

Martin était le diacre de l’évêque Félix de Nantes.
Ce dernier l’envoya évangéliser les populations encore païennes du sud de la Loire, mais ce fut un échec total.
Martin se retira, un peu comme Lot s’enfuit de Sodome, et la ville d’Herbadilla, qui l’avait si mal reçu, fut punie de Dieu et fut bientôt ensevelie sous les eaux du lac de Grandlieu.
Notre diacre fit alors un pèlerinage à Rome, où il puisa de nouvelles forces.
De retour dans la région de Nantes, il mena la vie érémitique au sud-est de cette ville. Mais alors, les foules vinrent assaillir Martin, le suppliant de reprendre sa prédication.
La réponse de Martin ne fut pas négative, mais il commença par bâtir une abbaye à Vertou, sous le vocable de Saint-Jean, et y introduisit la Règle de s.Benoît (v. 21 mars), qu’il avait connue durant son pèlerinage précédent.
L’abbaye compta jusqu’à trois-cents moines.
Martin mourut vers la fin du 6e siècle.
Les invasions normandes détruisirent totalement cette abbaye.
Saint Martin de Vertou est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.


Eberigisil de Cologne
† 600

Eberigisil (Ebregiselus, Ebergisel, Ebregisil, Everigisil…) fut le quatorzième évêque de Cologne (Allemagne), à partir de 580 environ.
On ajoute qu’il fut le premier à porter un nom franc à Cologne, ce qui semble erroné, puisqu’il y eut apparemment un autre Eberigisil à Cologne deux siècles plus tôt. La même confusion a fait écrire que notre Eberigisil succéda à Severinus, tandis qu’il semble établi que son prédécesseur fut Charentinus.
En 590, le roi Childebert II délégua plusieurs évêques pour rétablir la paix dans le monastère de Sainte-Croix à Poitiers, où deux moniales de haut lignage avaient apporté l’agitation. L’un de ces évêques fut Eberigisil.
Eberigisil aurait été frappé à mort par une flèche tirée par un brigand, ce qui lui valut le titre de martyr, tandis qu’on pourrait plutôt parler ici d’assassinat.
La date de la mort d’Eberigisil reste assez contestée ; suivant les analyses, elle varie de 593 à 614.
Saint Eberigisil de Cologne est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.


Fromond de Coutances
† 690

Frodomundus - Fromond fut le quatorzième évêque de Coutances de 677 à 690.
Peu avant de recevoir l’épiscopat, il fonda le monastère du Ham. En effet, l’inscription de l’autel comporte ce détail : Il (Fromond) a commencé le premier à construire ce monastère, élevé ensuite à l’épiscopat.
Ce moanstère fut achevé sous le roi Thierry III (681), et la même inscription explique que Fromundus fit la dédicace du sanctuaire un quinze août, en l’honneur de la Vierge Marie. 
En dehors de cette construction, aucun détail n’a été fourni sur l’épiscopat de Fromond.
Il mourut en 690.
Saint Fromond de Coutances est commémoré le 24 octobre dans le Martyrologe Romain.

Yu Hang-geom Augustinus

1756-1801

 

Yu Hang-geom Augustinus est un laïc coréen né en 1756 à Jeonju (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-heon Franciscus

1764-1801

 

Yun Ji-heon Franciscus est un laïc coréen né en 1764 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut écartelé à Jeonju (Jeolla-do) le 24 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Antonio María Claret y Clará

1807-1870

 

Né le 23 décembre 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, Antonio (Antoni en catalan) Claret était le cinquième des onze enfants de Juan Claret et Josefina Clará.

Il reçut au baptême le prénom de Antoni ; c’est lui qui, plus tard, ajouta celui de María, par dévotion à la Mère de Dieu.

Il apprit d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers. A dix-sept ans, il partit se perfectionner dans l’art à Barcelone. Ses dons intellectuels semblaient illimités : chez son curé, il avait déjà commencé le latin ; maintenant, dans les cours du soir, il apprit le français, le latin, l’imprimerie.

Antonio pensa à la Chartreuse, mais fut plutôt reçu au séminaire de Vich, où il fut un séminariste exemplaire et reçut l’ordination sacerdotale en 1835.

Il exerça son ministère à Sallent.

En 1839, se sentant plutôt appelé aux missions, il vint à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande ; mais ne pouvant y rencontrer le Cardinal Préfet, il essaya de vivre chez les Jésuites et commença même le noviciat. Au printemps suivant, une douloureuse plaie à la jambe le fit revenir en Espagne.

Nommé alors curé de Viladrau, et constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lança dans les missions populaires ; son succès fut tel, que l’évêque le déchargea de la cure. Antonio prêcha dans toute la Catalogne. Puis il compléta ses missions par des écrits, en catalan, en espagnol, en français, en latin.

 Son bagage ordinaire : le bréviaire et la Bible ; son horaire : quelques heures de repos nocturne, prédication (parfois plusieurs) de jour et des heures et des heures au confessionnal. Déjà on parlait de miracles : des guérisons extraordinaires ; changement du tabac de contrebande en haricots, pour sauver tel malheureux qui vivait de son petit trafic : à la maison, les haricots redevinrent tabac ! 

Il n’avait pas que les succès : insultes, menaces ; il reçut une orange pourrie pendant qu’il prêchait. Aussi s’en alla-t-il en 1848 de sa Catalogne, laissant sa librairie et toutes ses confraternités pieuses, pour les îles Canaries, où il reprit ses inlassables prédications.

Il tenta d’organiser de nouvelles confraternités pour remplacer les ordres religieux interdits par le gouvernement laïc et fonda en 1849 pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie, qui s’appelèrent plus tard les Clarétins.

La même année Pie IX le fit ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba. Au delà de l'océan, il poursuivit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à plusieurs attentats, dont un où il eut la joue gauche ouverte par un couteau : il avait osé proclamer que les Noirs étaient égaux aux Blancs ! Pendant les six années de sa présence à Cuba, il fit plus de trois visites pastorales dans toutes ses paroisses, prononça onze mille homélies, distribua près de cent mille brochures…

Puis en 1857 il fut rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II. Il résida donc en Espagne, tout en administrant de loin son diocèse de Cuba. Il montra comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique).

De part sa position auprès de la reine, il était la cible directe des ennemis du régime ; il fut victime de violentes accusations, de pamphlets… Banni par la Révolution de 1868, il accompagna la reine déchue à Pau, puis Paris. Sa congrégation fut presque éliminée. 

En 1869, il partit au concile de Vatican I, où il défendit vigoureusement l’infallibilité pontificale. 

Toujours plus malade, il vint à Prades puis, menacé encore une fois par les autorités espagnoles, il vint finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide (Aude), où il voulut participer aux offices. Ses souffrances ne cessaient pas, et il les supportait sans murmurer.

Il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret fut béatifié en 1897, et canonisé en 1934.

 

 

Luigi Guanella

1842-1915

 

Luigi Guanella fut le neuvième des treize enfants de Lorenzo Guanella et Maria Bianchi.

Il naquit le 19 décembre 1842 à Franciscio di Campodolcino (Come, Italie du nord) et fut baptisé le lendemain.

Luigi raconta lui-même que, le jour de sa première communion (il avait neuf ans), il vit une Dame qui lui montrait tout ce qu’il aurait à faire en faveur des pauvres.

Après ses études à Come, il reçut la formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1866.

Il eut différents postes : Prosto, Valchiavenna, Savogno, Valtellina, Traona, Olmo, Pianello del Lario.

Il eut la joie de connaître personnellement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qu’il alla visiter en 1870 à Turin et dont il admirait l’esprit et l’œuvre en faveur des jeunes. Il visita aussi l’immense institut Cottolengo (voir au 30 avril).

Il fut reçut pour trois ans parmi les Salésiens de don Bosco, où il travailla comme directeur des vocations, et également comme directeur de la maison à Mondoví.

De retour dans le diocèse de Come, il ne resta pas inactif. A Traona, il y eut de fortes frictions avec les autorités civiles, qui lui retirèrent sa pension ; l’évêque fut obligé de le transférer à Olmo, puis Pianello.

A Pianello, il s’attela à relever une maison de Religieuses, qui prirent le nom de Filles de Sainte-Marie-de-la-Divine-Providence, devenues ensuite Maison de la Divine Providence, pour s’occuper des personnes âgées et pauvres. Ces Religieuses avaient été fondées par Marcellina Bosatta, dont la sœur, Dina, est maintenant béatifiée (voir au 20 avril).

A cette maison se joignit bientôt la branche masculine des Serviteurs de la Charité, chaleureusement soutenue par Andrea Carlo Ferrari (voir au 2 février), futur archevêque de Milan et cardinal. L’œuvre se développa assez rapidement, en Italie (Milan, Pavie, Sondrio, Rovigo, Rome, Cosenza…), en Suisse, en Espagne, aux Etats-Unis.

En 1899, don Luigi rencontra un jeune séminariste, Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII.

Don Luigi fut frappé de paralysie en 1915, alors qu’il se trouvait dans la maison de Come. Il reçut la visite de don Luigi Orione (voir au 12 mars). 

Il mourut le 24 octobre 1915. Quand le pape Benoît XV l’apprit, il dit : Un saint est mort.

Luigi Guanella a été béatifié en 1964 et canonisé en 2011.

Les miracles retenus pour la béatification et la canonisation de don Luigi Guanella furent : 

La guérison instantanée, parfaite, durable et inexplicable d’une demoiselle atteinte de péritonite aiguë, désormais inguérissable, et d’une autre demoiselle atteinte du mal de Pott ;

La guérison en 2002 d’un jeune américain, victime d’un accident de patinage, qui l’avait plongé dans un profond coma. Après l’application d’une relique de don Guanella, il sortit du coma une semaine après, puis guérit totalement, sans aucune séquelle, au point qu’il reprit son travail et put se marier tout-à-fait normalement.

Saint Luigi Guanella est mentionné le 24 octobre au Martyrologe.

 

 

Giuseppe Baldo

1843-1915

 

Giuseppe (Joseph) naquit à Puegnago del Garda (Brescia, Italie nord) le 19 février 1843 et fut baptisé le lendemain avec les noms de Giuseppe Daniele. Il était le sixième des neuf enfants de Angelo e Ippolita. Six de ces enfants moururent en bas âge ; et la maman passa le diplôme de sage-femme, certainement pour compléter les ressources familiales, mais surtout pour «remplacer» ses chers enfants déjà envolés.

Quand Giuseppe manifesta à sa maman son désir d’être prêtre, cette sainte femme lui rétorqua : Rappelle-toi bien qu’il y a deux sortes de prêtres : ou un saint prêtre, ou rien du tout (en patois : Ghè dô sórc dè préc, pènséghe bé : o prét bu o gnènt). Giuseppe manifestera toujours une profonde reconnaissance envers sa mère.

Avec son père, les choses furent plus difficiles ; le papa avait besoin de son garçon pour travailler ; il se laissa finalement convaincre par son épouse. Le garçon devait aller à l’école à pied, à cinq kilomètres de là ; on s’est risqué à évaluer qu’il fit quelque seize mille kilomètres à pied.

Giuseppe entra en 1858 au séminaire, où ses études furent brillantes, et reçut l’ordination sacerdotale le 15 août 1865 : il n’avait que vingt-deux ans et l’on demanda un indult pour l’ordonner.

Il fut vicaire à Montorio pendant un an, puis vice-recteur du petit séminaire de Vérone, où il se révéla un excellent éducateur et formateur d’âmes.

Il obtint cependant d’être curé et fut nommé curé-archiprêtre à Ronco all’Adige (1877) : il devait y rester trente-huit ans. On pourrait dire qu’il vécut un peu la même situation que le curé d’Ars un demi-siècle plus tôt.

Sa chère mère le rejoignit. Quand elle fut veuve, elle se retira auprès de son fils curé, pour l’aider dans sa tâche, pendant encore neuf années, avant de s’éteindre en 1886. Peu avant sa mort, son fils voulut lui demander pardon pour ses insuffisances, et elle lui répondit, avec un respectueux «vous» : Vous ne m’avez jamais fait le moindre déplaisir, vous avez toujours été gentil.

A l’arrivée du nouveau curé dans la paroisse, le «comité d’accueil» furent les menaces d’un groupe de francs-maçons. Mais le curé intrépide avait avec lui une force autrement puissante et se mit énergiquement au travail. C’est peut-être à cette occasion qu’il répondit à ses interlocuteurs : J’ai de bonnes épaules, vous pouvez y aller !

Dès 1882, il commença par établir une pieuse union, les Servantes de la Charité de Sainte-Marie-du-Secours ; il ouvrit un jardin d’enfants gratuit, une Ecole du Travail, un lycée paroissial, une bibliothèque ambulante. Il institua pour les hommes un Comité paroissial, et pour les femmes une Association des Mères Chrétiennes.

En 1884, il fonda la Société Ouvrière de Secours Mutuel, pour défendre les plus pauvres contre les usuriers qui en profitaient.

En 1888 il ouvrit un hôpital, la Maison Hippolyte (du nom de sa chère maman), puis une maison pour vieillards en 1893, et la Caisse Rurale Catholique en 1894.

Il fut ami de saint Giovanni Calabria, canonisé en 1999.

Les Servantes de 1882 devinrent en 1894 les Petites Sœurs de Saint-Joseph, qui devaient s’occuper des vieillards, des malades, de la catéchèse et des jeunes ; ce fut le couronnement d’une période très riche en initiatives pastorales, caritatives et sociales, innovantes pour l’époque.

La maladie le rongea, la fatigue aussi. Don Giuseppe mourut à Ronco all’Adige le dimanche 24 octobre 1915, à soixante-douze ans, lui qui ne pensait pas dépasser les soixante !

Il fut béatifié en 1989.

Le miracle retenu pour cette béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un malheureux ouvrier qui avait perdu totalement la vision d’un œil, blessé dans un accident du travail. Le miraculé lui-même raconta et écrivit en détails l’épisode, vingt-cinq ans plus tard, et donna à son premier fils le nom de Giuseppe.

Concernant les Religieuses, la première Supérieure prit le nom de la maman de don Giuseppe, Madre Ippolita ; c’est elle qui l’assista au moment de la mort.

Les Petits Filles de Saint Joseph fondèrent en 1901 une filiale à Illasi ; elles reçurent une première approbation vaticane dès 1913 ; en 1966, elles partirent pour le Kénya, où se trouvent aujourd’hui une douzaine de centres. Depuis, elles se sont aussi implantées au Rwanda, en Ouganda, en Guinée Bissau, au Brésil (1982) et en Géorgie (1996).

Toribia Marticorena Sola
1882-1936

Née et baptisée le 27 avril 1882 à Murugarren (Navarre), Toribia était la troisième des six enfants de Santiago et Manuela. Le foyer vivait avec un unique et profond idéal chrétien.

Toribia entra au postulat des Filles de la Charité à l’hôpital de Viana et fit le noviciat à Madrid. Elle fit la profession en 1910 à Valladolid.

Elle fut envoyée en diverses localités : Grenade, León, Valladolid, Larache (hôpital militaire au Maroc), Barcelone (sanatorium de Besós).

Toribia était vive, pleine d’entrain ; quand un malade approchait de la dernière heure, elle laissait tout pour aller près de lui et le réconforter ; à l’approche de la guerre civile et de la persécution, elle répétait : Ils vont nous tuer, mais Dieu par-dessus tout !

Ce martyre commença le dimanche 19 juillet 1936. Des révolutionnaires firent irruption dans l’établissement et commencèrent par obliger les Religieuses à mettre des habits d’infirmières, ce qu’elles firent sans difficulté. Puis, on voulut leur imposer de s’enlever de la tête l’idée de Dieu,  ce qu’elles refusèrent, motif pour lequel elles furent renvoyées. Deux d’entre elles, Toribia et Dorinda, trouvèrent accueil chez le directeur du sanatorium, où elles s’occupèrent d’un petit bébé de treize mois.

Une ancienne domestique de la maison les dénonça. Il y eut une première perquisition au début d’octobre, où la maîtresse de maison chercha à les présenter comme cuisinière et nourrice. Mais au cours d’un long interogatoire, elles ne cachèrent pas leur état de Religieuses.

Le 24 octobre, sept à huit membres des FAI vinrent chercher Toribia et Dorinda, les firent monter chacune dans une voiture, bien gardées par des miliciens, et allèrent les fusiller vers midi le long de la route de la Rabassada. C’était la veille de la fête du Christ-Roi, qu’on célébrait alors au dernier dimanche d’octobre.

L’autopsie révéla qu’elle avait reçu six balles dans la tête, dont deux dans le front et une qui fractura la mâchoire inférieure.

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Toribia Marticorena Sola sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.


Amado García Sánchez
1903-1936

Amado (Aimé) vit le jour le 29 avril 1903 à Moscardón (Teruel, Espagne), de Tomás et Isabel.
Il entra au noviciat des Pères Vincentiens en 1917, et fit les vœux à Hortaleza en 1921.
Après la Théologie à Cuenca et Madrid, il fut ordonné prêtre en 1926.
Après quelques mois à Ávila, il fut envoyé à Grenade, en 1929 à Gijón, dont il fut nommé supérieur en 1935.
Quand explosa la triste révolution de l’été 1936, la maison se vida ; certains furent bientôt fusillés, d’autres se cachèrent ; le père Amado s’habilla en civil et resta tranquillement à sa place. La Providence permit que les Rouges non seulement n’envahirent pas la maison, mais ne reconnurent pas même le père Amado, pourtant si connu dans les quartiers de Gijón, le prenant pour le menuisier ou le cuisinier : un menuisier avec des mains toutes propres et sans cals !
On lui suggérait d’aller se réfugier ailleurs, mais il n’acceptait pas ce compromis.
Un jour cependant, les Rouges eurent l’intuition de la présence de ce Supérieur, mais ne firent pas le rapprochement entre lui et le menuisier. Les jours s’écoulèrent encore. Le père Amado finit même par penser que le danger s’était éloigné : chaque jour, il téléphonait aux Sœurs pour leur demander des nouvelles, beaucoup de gens venaient se confesser, en particulier les Religieuses, le Père allait célébrer ; le 15 août, il célébra même avec une certaine solennité, et prononça l’homélie.
Les Rouges en eurent vent ; ils vinrent enquêter sur ce curé insolent. Les Religieuses firent les étonnées ; ils répondirent : Si, il y a quelqu’un qui a célébré, en bleu de travail et avec un pistolet. On fit un peu plus attention les jours suivants.
Le 13 octobre, deux Religieuses vinrent voir le père Amado et le trouvèrent anxieux, contrairement à l’habitude. Un pressentiment l’avait envahi.
Il fut arrêté le 21 octobre 1936 ; le «tribunal» l’accusa formellement d’avoir célébré le 15 août ; il était curé, et donc souverainement rebelle. Le prêtre ne discuta pas.
On le mit en prison le 22, en réalité dans l’église des Jésuites, réquisitionnée pour abriter quelque trois-cents personnes. Tous se confessaient, puis le père Amado invita ses compagnons à prier le chapelet.
Ensuite, on s’allongea sur les matelas à terre ; un prisonnier proposa le sien au Père, qui n’en avait pas : il s’endormit profondément. La nuit du 23 au 24, les prisonniers furent tirés du sommeil par des hurlements qui ordonnaient de se lever. 
Il y eut des personnes vraiment remises en liberté, contre toute attente. Puis quatorze noms furent annoncés, pour «libérer» autant de prisonniers. Le père Amado dit à l’autre Père présent : Au revoir dans l’éternité ! et l’on partit pour le cimetière ; le père Amado se laissa dire : Tu parles d’une liberté !
Un autre prisonnier lui donna son manteau ; le Père remercia et dit au Confrère : Si je ne reviens pas, achète-lui un manteau !
Montrant le Frère Jiménez, le père Amado dit aux Rouges : Tuez-moi, moi, mais laissez tranquille ce pauvre vieux, qui n’a rien à voir. C’est seulement un de nos élèves.
Il ne faisait pas encore jour. Parvenus au cimetière, les miliciens firent descendre le père Amado, condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre.
Le père Amado leur dit : Tuez-moi le plus vite possible, ne me martyrisez pas. Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne moi aussi.
Il reçut une première balle qui lui traversa l’avant-bras et lui rentra dans le crâne, au niveau du front. Puis un coup de feu à le tempe.
Le père Amado avait trente-trois ans, ce 24 octobre 1936.
De pieuses femmes vinrent avec des tissus pour les imbiber du sang du Martyr, qui fut béatifié en 2013.


Dorinda Sotelo Rodríguez
1915-1936

Née le 15 février 1915 et baptisée le 18 à Lodoselo (Orense), Dorinda était l’aînée des quatre enfants de Manuel et Rosa.

Sa vocation lui vint de l’exemple qu’elle vit en la personne d’une Fille de la Charité qui travaillait sur la paroisse.

Peu avant son entrée au postulat des Filles de la Charité, son père chercha à l’en dissuader, non pas pour s’opposer à la vocation de sa fille, mais à cause de la fâcheuse tournure des événements d’Espagne. Mais Dorinda était bien résolue : Je veux être religieuse, même s’ils me tuent.

Elle commença le noviciat à Madrid en 1933 et fut envoyée à Barcelone, au sanatorium des tuberculeux de Gramanet (1934). Le bruit des sirènes l’impressionna tellement qu’elle en conserva l’horreur jusqu’à sa mort. Elle n’avait pas encore fait la profession et, pour cela, la Supérieure lui proposa de rentrer vite à la maison, mais Dorinda tenait à rester auprès des malades.

Cette jeune Religieuse de vingt-et-un ans accompagna jusqu’au bout son aînée, Toribia (v. plus haut).

Martyrisée le 24 octobre 1936 à Barcelone et béatifiée en 2017, Dorinda Sotelo Rodríguez sera mentionnée dans le Martyrologe Romain au 24 octobre.

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 23:00

23 OCTOBRE

 

III.

SS Servandus et Germanus, martyrs près de Cadix.

IV.

SS Joannes Bar Mariam et Iakub le Zélote, martyrs en Perse ; Jean, évêque à Arbèle, devait son surnom à sa piété envers Notre-Dame ; Iakub était prêtre.

S Theodoretos, martyr à Antioche.

S Severinus, évêque à Cologne.

V.

S Verus, évêque à Salerne.

VI.

S Severino Boezio, brillant philosophe italien et consul, victime de la politique, martyr à Pavie.

S Clether (Cleder), moine à Nevern.

VII.

S Giovanni, évêque à Syracuse, objet des louanges de s. Grégoire le Grand.

Ste Ode, veuve à Amay ; on la dit descendante de Clovis, mère de s. Arnoul et tante de s. Hubert.

Ste Syre, abbesse près de Châlons-en-Champagne.

S Ediste, évêque à Vienne.

S Romain, évêque à Rouen ; sous l'Ancien Régime, chaque année à l'Ascension, le chapitre de la cathédrale délivrait un meurtrier en l'honneur du Saint.

VIII.

SS Lugle et Luglien, irlandais, pèlerins en Terre Sainte ; au retour, Lugle devint évêque et ils partirent tous deux évangéliser, pour finir martyrs près d'Arras. 

S Domice, prêtre puis ermite près d'Amiens, assisté à sa mort par Ste Ulphe (?).

IX.

S Benoît, prêtre quasi inconnu à Aizenay.

S Ignatios, moine, patriarche de Constantinople, douloureusement impliqué dans les pénibles affaires politiques et religieuses de cette époque. 

X.

Ste Elflède, vierge en Angleterre ; il y a une autre Sainte du même nom, veuve.

S Hérifrid, évêque à Auxerre, dont il fit reconstruire la cathédrale après un incendie ; il fut paralysé les dernières années de sa vie.

XII.

S Alluccio, thaumaturge italien, qui releva un hospice à Campugliano.

XIII.

B Giovanni Bono, à Mantoue : de bouffon il se fit ermite et pratiqua des austérités effrayantes ; quelques prières apprises par cœur étaient toute sa science ; il eut de nombreux disciples, les Boniti, qui furent agrégés aux ermites de s. Augustin.  

XV.

S Giovanni de Capistran, franciscain italien très brillant ; gouverneur de Pérouse, il laissa sa fiancée et le monde pour se donner à Dieu ; chargé de grandes missions, il galvanisa les troupes devant Belgrade, et mourut peu après la défaite des Turcs.

XVI.

Bse Julienne, converse près de Varèse, disciple de la bse Catherine de Pallanza.

B Giovanni Angelo Porro, italien des Servites de Marie, qu'on trouva un jour de neige en hiver entouré de roses pendant qu'il priait à genoux.

XVII.

B Thomas Thwing, prêtre anglais martyr ; il avait trois sœurs religieuses.

XVIII.

Bses Ursulines de Valenciennes, guillottinées avec quelques autres religieuses : Clotilde-Joseph Paillot (Marie-Clotilde-Angèle de Saint-François-Borgia), Marie-Marguerite-Joseph Leroux (Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques), Jeanne-Louise Barré (Marie-Cordula-Joseph de Saint-Dominique) ; Anne-Joseph Leroux (Joséphine), clarisse ; Marie-Augustine Erraux (Anne-Marie) et Marie-Lievina Lacroix (Marie-Françoise), brigittines.

XIX.

S Phaolô Tống Viết Bưòng, annamite, capitaine de la garde de l'empereur, martyr canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jules-Nicolas (Arnould) Rèche, lorrain, frère des Ecoles Chrétiennes, d'une grande science, excellent éducateur et professeur des jeunes , béatifié en 1987.

XX.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936 :

- béatifiés en 1989, :

Passionistes : Anatolio García Nozal (Ildefonso de la Croix, *1898) et Justiniano Cuesta Redondo (J. de Saint-Gabriel de l'Addolorata, *1910), prêtres ; Tomás Cuartero Gascón (T. du Saint-Sacrement, *1915), Eufrasio de Celis Santos (E. de l'Amour miséricordieux, *1915), Honorino Carracedo Ramos (H. de la Vierge des Douleurs, *1916), José Maria Cuartero Gascón (J.M. de Jésus et Marie, *1918), clercs, près de Ciudad Real ;

- béatifié en 2001 : 

Diocésains : Leonardo Olivera Buera (*1889), l’aumônier des Lasalliens martyrisés la veille, près de Valencia ; 

- béatifiés en 2013 : 

Diocésains : Agapit Gorgues Manresa (*1913), près de Lleida ; 

Frères Maristes : Leonardo Arce Ruiz (Egberto, *1907) et Martín Erro Ripa (Teófilo Martín, *1914), près de Santander ; 
        - béatifiés en 2017 :
Diocésains : Eduardo Valverde Rodríguez, Manuel Navarro Martínez, Andrés Navarro Sierra (*1878, 1879, 1882), à Almería ;
Lazaristes : les prêtres José María Fernández Sánchez, Roque Guillén Garcés, Benito Paradela Novoa (*1875, 1879, 1887) ; les frères Saturnino Tobar González, Juan Nuñez Orcajo, Agustín Nogal Tobar, César Elexgaray Otazua, Cristóbal González Carcedo (*1858, 1882, 1885, 1904, 1913) ; le laïque Felipe Basauri Altube (*1881), à Madrid.

Bses María Caridad Álvarez Martín et Esther Paniagua Alonso (*1933 et 1949), espagnoles, des Sœurs Augustines Missionnaires, abattues en 1994 en Algérie, béatifiées en 2018.

Servandus et Germanus de Cadix

? 3. siècle

 

Ces deux Chrétiens auraient été la proie d’un certain Viator, officier de l’empereur Dioclétien, qui se déplaçait de Lusitanie (act. Portugal) en Maurétanie (act. Algérie).

On ne sait pas exactement d’où partit le cortège, peut-être de Merida. Mais, d’après un texte ancien, les deux Héros furent d’abord flagellés puis jetés dans un cachot infect ; pour le voyage, on les chargea de chaînes.

Pour un motif que nous ignorons, Viator préféra se débarrasser de ses deux Prisonniers avant d’arriver au terme de son voyage. Avant d’embarquer, il fit décapiter Servandus et Germanus non loin de Cadix.

Ce pouvait être vers la fin du troisième siècle.

Le corps de Servandus aurait été porté à Séville, celui de Germanus à Merida. Tous deux sont les patrons du diocèse de Cadix.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Servandus et Germanus de Cadix au 23 octobre.

 

 

Ioannes Bar Mariam et Iakub d’Arbèle

† 344

 

Arbèle (Adiabène, auj. Erbil, Kurdistan irakien) reçut très tôt le christianisme.

On a vu que l’évêque Abraham reçut la palme du martyre en 344 (v. 31 janvier).

Ce n’était pas l’unique victime de la fureur de Shapur II, dont le règne s’étendit de 309 à 379.

Ioannes, qu’on dit avoir été élu en 316 douzième évêque d’Arbèle, fut un prédicateur efficace, qu’on surnomma Bar Mariam (fils de Marie) pour sa profonde dévotion envers la Mère du Christ. Son influence était telle que les Juifs et les païens le contraignirent à aller se cacher.

Vers 338, il se rendit à Ctésiphon pour l’élection d’un nouveau patriarche et y resta deux années, puis passa dans le Huzistan (act. Iran), toujours dans le cadre des intérêts de l’Eglise.

Rentré à Arbèle, il ne subit pas tout de suite la persécution annoncée par Shapur II, car le gouverneur local n’appliquait pas les décrets, mais son successeur les prit à son compte et se montra impitoyable.

Ioannes Bar Mariam fut arrêté en 343, avec le prêtre Iakub. Sept jours plus tôt, Ioannes avait eu un rêve prémonitoire.

Les deux Héros restèrent en prison pendant une année, après quoi on les soumit à la question, puis ils furent tous deux décapités, le 23 octobre 344.

 

Le Martyrologe Romain mentionne saints Ioannes et Iakub d’Arbèle au 23 octobre.

 

 

Theodoretos d’Antioche de Syrie

† 362

 

Theodoretos était un prêtre d’Antioche de Syrie (auj. Antakya).

L’administrateur romain pour l’Orient, Ioulianos - qui était l’oncle de l’empereur Julien l’Apostat - voulut se faire l’écho des volontés de l’empereur et ordonna la fermeture de toutes les églises d’Antioche, confisquant tous les vases sacrés qu’on y pouvait trouver. Tout le clergé s’enfuit - sauf un prêtre, Theodoretos.

Ioulianos lui enjoignit de dresser la liste de ces vases sacrés, ce que refusa Theodoretos énergiquement.

Il fut alors décapité.

Dans son palais, Ioulianos fit entasser tous les vases sacrés (les calices, les ciboires, les reliquaires…) et s’assit dessus : une mystérieuse et soudaine gangrène le rongea alors et il mourut très rapidement, ainsi d’ailleurs que plusieurs officiers du palais impérial.

Cette histoire, racontée par l’historien Sozomène, a peut-être été un peu forcée. On sait cependant que l’empereur Julien, de passage à Antioche, y fut très mal reçu par le peuple chrétien. Le palais impérial fut incendié le 22 octobre 362 : on en accusa immédiatement les Chrétiens et c’est dans cette atmosphère pesante qu’aurait été arrêté et exécuté le prêtre Theodoretos.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theodoretos d’Antioche de Syrie au 23 octobre.

 

 

Severinus de Cologne

† 4. siècle

 

Severinus serait le troisième évêque de Cologne, à partir de 397.

Précédemment, en 376, il aurait élevé à Cologne un monastère en l’honneur des ss. Corneille et Cyprien.

Il aurait été divinement averti de la mort de son grand ami, s.Martin de Tours (397, v. 11 novembre).

Si on l’a longtemps assimilé au Severin (Seurin) devenu évêque de Bordeaux, il semble aujourd’hui qu’on distingue en réalité deux personnages du même nom (celui de Bordeaux ayant vécu un demi-siècle plus tard).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Severinus de Cologne au 23 octobre.

Severinus Boetius

480-524

 

Celui que nous appelons communément Boèce en français, naquit vers 480 à Rome et s’appelait Anicius Manlius Severinus Boethius. 

Son père, Flavius Manlius Boetius, fut consul en 487. C’est Quintus Aurelius Symmacus qui l’aida, et devint son beau-père lorsqu’il en épousa la fille, Rusticiana. Il eut deux fils.

Durant les études qu’il fit à Rome, peut-être aussi en Alexandrie, il se montra d’une telle rare précocité qu’un Ennodius lui écrivait : Ce que trouvaient difficilement les anciens vers la fin de leur vie, tu l’as en abondance dès le seuil.

Dès 500, il publiait des travaux. Le roi Théodoric lui demandait de construire une clepsydre et un cadran solaire.

En 510, il fut nommé consul.

Nombreux sont ses ouvrages, traitant de la logique, de l’arithmétique, de la musique, de la géométrie. Il a commenté Porphyre, Aristote et Platon, qu’il traduisit du grec en latin, et Cicéron.

Il se lança aussi dans une étude sur la Trinité et la nature du Christ, notamment contre les erreurs de Nestorius et d’Eutychès.

En 520, il devint magister officiorum et ses deux fils furent nommés consuls en 522.

Vers 523, le vent tourna. De profondes agitations opposèrent Rome et Byzance, Théodoric et Justin. Boèce affirma fièrement son attachement au Sénat romain, refusant toute implication dans une sorte de «complot» qui se tramait à Rome contre l’arien Théodoric et en faveur de l’empereur Justin.

Accusé aussi de magie, Boèce fut arrêté et interné à Pavie. C’est durant cette détention qu’il composa sa Consolation de la Philosophie, un ouvrage où il imagine que Dame Philosophie vient sous les nobles traits d’une belle reine pour lui parler de Dieu, de la fin ultime des choses, de la Providence. Non pas un traité religieux, mais une longue prosopopée où l’esprit s’échappe de la terre et s’élève vers l’immatériel.

Boèce fut exécuté en 524. L’année suivante périt à son tour son beau-père Symmacus.

Les habitants de Pavie le vénérèrent bientôt comme un martyr, à son tour aussi l’Eglise, mais sans le canoniser officiellement.

Boèce fut considéré comme l’auteur le plus distingué de son siècle. Il a joué un rôle fondamental dans la transmission de la pensée grecque en occident. On peut dire qu’il a été l’initiateur de la philosophie médiévale scolastique. Lui, un laïc, a laissé des écrits théologiques dans la stricte doctrine chrétienne.

Saint Severinus Boetius est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît d’Aizenay

?

 

Benoît reste un personnage mystérieux, sur lequel ont été écrites des choses difficiles à concilier ou à situer dans le temps.

On l’a fait évêque de Samarie, réfugié en Poitou sous Julien l’Apostat (au 4e siècle).

Il aurait été enterré à Aizenay (Vendée), où l’on vénéra ses reliques, qui furent ensuite déposées à Quinçay.

Vers 874, le monastère de Quinçay fut rasé par les Normands, et les reliques furent transportées à Tournus (en Saône-et-Loire).

On fit bientôt de Benoît le fondateur de l’abbaye de Quinçay, où il n’avait jamais vécu.

Saint Benoît d’Aizenay est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain, qui le dit prêtre et le situe, bien approximativement, avant le 9e siècle. Que dire de plus ?

 

 

Giovanni de Syracuse

† 609

 

Les détails n’abondent pas en ce qui concerne l’évêque Giovanni.

D’après la liste épiscopale, il fut le dixième évêque du siège de Syracuse, à partir de 595.

On a au moins le témoignage de s.Grégoire le Grand (v. 13 mars), qui fit la louange de ses mœurs, sa justice, sa sagesse, son conseil prudent, et son zèle pour l’Eglise.

Il mourut vers 609.

Saint Giovanni de Syracuse est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Romain de Rouen

585-639

 

Romain a été nanti d’une biographie trop tardive au goût des historiens.

En recueillant cependant ce qui semble fondé historiquement, on peut dire qu’il naquit vers 585 au château des Rochettes (Wy-dit-Joli-Village, act. Val-d’Oise), d’une famille aristocratique dont l’ancêtre fut au service du Childéric 1er (440-481). Ses parents s’appelaient Benoît et Félicité.

Longtemps stérile, Félicité fut enfin exaucée dans sa prière et Romain naquit, annoncé par une apparition angélique.

Il grandit à la cour, où il eut pour collègues Dadon (Ouen) et Eloi (v. 24 août et 1er décembre). Avec eux il apprit les règles du Droit et d’une saine administration.

En 631, il fut choisi pour être le vingt-troisième évêque de Rouen.

Quelques détails intéressants ont illustré cet épiscopat.

De prime abord, Romain aurait fait raser un temple dédié à la déesse Vénus. Une autre fois, il se trouva devant un temple païen sur lequel dansaient des diables ; Romain les invectiva, les chassa et le temple s’effondra.

Lors d’une cérémonie de consécration de fonts baptismaux, le vase du chrême se cassa : Romain ramassa les morceaux et le chrême retourna dans le vase rénové.

Romain mit fin aux inondations dévastatrices de la Seine.

Il fit bâtir un hospice pour les voyageurs ; puis une église Saint-Nicolas à Guiry-en-Vexin, là où il venait se recueillir auprès d’un saint ermite. 

Un jour qu’il priait dans cette solitude, une «pauvre femme» vint solliciter l’hospitalité. A peine introduite, elle provoqua Romain qui, invoquant la protection divine, fit disparaître ce démon de l’adultère.

Mais surtout, on raconte comment Romain fit disparaître un «dragon» qui dévastait le pays. Il obligea la bête à venir se prosterner devant lui, la fit lier et ramener dans la ville où on la brûla. L’homme qui aida Romain pour ce «travail» était un condamné à mort, qui fut grâcié. Telle fut l’origine du privilège qu’il accorda au chapitre de Rouen : chaque année, les chanoines pouvaient grâcier un condamné à mort ; par la suite, celui-ci était alors admis à soulever et porter la châsse des reliques de s.Romain. On est heureux d’observer là la miséricorde que peut montrer l’Eglise au nom de Dieu.

Romain aurait eu une extase où Dieu lui annonçait la date de sa prochaine mort.

Il mourut vers 639.

Son successeur fut, justement, ce Dadon qui prit le nom d’Audœnus ou Ouen.

On remarqua que la rue où se trouvaient les reliques de Romain à Rouen n’était jamais rejointe par les crues de la Seine. Saint Romain, patron de la ville de Rouen, est invoqué pour sauver les fous, les noyés.

Saint Romain de Rouen est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ignatios de Constantinople

799-877

 

Petit-fils par sa mère de Nicéphore 1er, fils de l’empereur Michail Rhangabé et de Procopia, Nikétas - c’était son prénom de baptême - naquit vers 799.

En 813, il reçut la tonsure et entra dans la vie monastique, prenant le nom de Ignatios. Il fut un moine pieux, étranger à toute polémique doctrinale et politique.

Si l’iconoclasme avait été solennellement condamné au 2e concile de Nicée (787), l’empereur Léon V l’Arménien déclencha en 813 une nouvelle vague d’iconoclasme, à laquelle résista le patriarche Nicéphore 1er, et qui ne s’acheva qu’en 843.

Le clergé orthodoxe demeurait divisé en rigoristes (on dirait aujourd’hui intégristes) et modérés.

Au patriarche Méthode, qui était modéré, succéda Ignatios en 847, qu’on croyait assez capable de composer avec les deux tendances ; l’impératrice Théodora appuyait ce choix. Mais si Ignatios se montra plutôt intransigeant, il fut parfois aussi un peu malhabile.

Il appuya d’emblée les rigoristes et suscita des oppositions de la part des modérés. Il déposa ainsi l’archevêque de Syracuse, qui refusa de se soumettre ; en même temps, Ignatios priait le pape d’approuver cette mesure, mais le pape était justement à ce moment-là irrité contre Ignatios, qui avait eu le toupet - il faut le dire - d’envoyer un pallium au pape, tandis que le pallium n’est remis que par le pape à des évêques, en signe d’union.

Et Byzance s’agitait : Bardas, le frère de l’impératrice Théodora, manœuvra pour exercer la régence de son jeune neveu Michel III, pendant dix années ; il convainquit Théodora de se retirer dans un cloître. Bardas fut excommunié par Ignatios en 858, d’une part pour son attitude, et d’autre part pour sa liaison avec la veuve de son fils.

En juillet 858, Ignatios démissionna (ou y fut contraint) et fut relégué en l’île de Térébinthe. On nomma à sa place un laïc, Photios, qui le fit condamner et dégrader en 861.

Pendant les années qui suivirent, les échanges entre Byzance et Rome ne furent pas fort aimables : la papauté et l’orthodoxie revendiquaient l’autorité sur la Bulgarie, et le pape Nicolas 1er n’appréciait pas l’attitude de la chancellerie impériale, pour qui Rome était une vieille ville, et le latin une langue barbare et scythique. On alla jusqu’à condamner le pape lors d’un concile de Constantinople en 867.

C’est alors qu’Ignatios fut rappelé au siège de Constantinople. Il présida le concile œcuménique de Constantinople qui s’acheva en février 870 par une proclamation solennelle de l’entente entre l’Eglise de Rome et celle de Constantinople.

La question de la Bulgarie demeurait. Ignatios ordonna des prêtres et des évêques, Rome le convoqua, mais il mourut avant que les légats romains eussent le temps de le déposer.

Après la mort d’Ignatios (23 octobre 877), Photios reprit sa place au patriarcat ; le clergé se partagea et le schisme continua pendant plusieurs décennies.

Ignatios fut peut-être faible, mais il fut surtout victime des excès des uns et des autres. La distance géographique entre Rome et Constantinople augmentant les difficultés de rapports, et les esprits étant trop prompts à s’échauffer pour des questions parfois mineures, on ne peut que regretter certaines attitudes et décisions trop radicales, que ce soit en Occident ou en Orient.

L’Eglise romaine a canonisé Ignatios, mais non Photios.

Saint Ignatios de Constantinople est commémoré le 23 octobre dans le Martyrologe Romain.

Allucio de Campugliano

1070-1134

 

Allucio naquit vers 1070 dans la petite bourgade de Campugliano (Pistoia, Italie C), d’un certain Omodeo (homme de Dieu).

Il ne fit pas d’études, mais savait beaucoup de choses de Dieu, dont il recevait des grâces extraordinaires : après un terrible orage qui avait fait déborder tous les ruisseaux, Allucio arriva tout tranquillement le lendemain matin avec ses bêtes, sans avoir été le moins du monde gêné par le pluie.

Il gardait ainsi les vaches et les bœufs de ses parents ; en outre, plus tard, il accueillait les vendangeurs de passage, pour lesquels il fonda (ou releva) un hospice (appelé parfois xenodochio), avec une église. Cette activité suscita de nombreuses vocations, qui devinrent les fratres Allucii, sorte de congrégation laïque.

Allucio fonda aussi deux hospices sur le mont Albano et au bord de l’Arno : là il établit également un pont, après une adroite négociation avec les passeurs dont le trafic était fort lucratif.

Son austérité était effrayante : il ne mangeait jamais ni viande, ni fromage, ni œufs, jeûnait les lundis, mercredis et vendredis. Pendant sept carêmes, il ne mangea rien du tout, mais il communiait chaque jour, car il était très dévôt de l’Eucharistie.

Rien d’étonnant qu’une telle sainteté obtienne des grâces particulières du Ciel, et les miracles se multiplièrent. On parla d’Allucio jusqu’en Vénétie.

Il aurait ainsi pacifié les deux villes de Ravenne et Faenza ; des guérisons extraordinaires furent constatées : la huche de pain subitement remplie en temps de famine, pour nourrir une pauvre femme ; un condamné auquel le bourreau avait arraché les deux yeux, récupéra la vue ; un possédé fut délivré et, reconnaissant, resta à l’hospice toute sa vie pour rendre service. Des paralytiques purent marcher, et surtout : des brigands se convertirent.

Allucio mourut le 23 octobre 1134 et l’évêque du lieu le canonisa en 1182. Entre les deux dates, l’hospice de Campugliano avait déjà pris le nom de … Saint Allucio. L’office fut approuvé une première fois en 1764, et à nouveau en 1851.

L’hospice passa aux Chevaliers de Malte, mais fut fermé à la fin du 18e siècle. Les reliques d’Allucio furent déposées dans la cathédrale de Pescia.

En 1934, huitième centenaire de la mort d’Allucio, la bourgade de Campugliano prit le nom de Sant’Aluccio di Uzzano. Malheureusement, les bâtiments, hospice et église, fondés par Aluccio, furent totalement détruits durant la guerre en 1944.

Saint Allucio, mentionné le 23 octobre au Martyrologe, est depuis 2000 co-patron céleste du diocèse de Pescia, avec Notre-Dame de Fontenova.

 

 

Giovanni Bono

1168-1249

 

Il ne s’agit pas ici de saint Giovanni il Buono, évêque au 7e siècle à Milan et à Gênes.

Notre Giovanni était de Mantoue, où il était né vers 1168.

Son père mourut quand il était adolescent, et le garçon quitta alors sa mère et sa ville pour girovaguer d’une ville à l’autre en faisant ce qu’on appellerait aujourd’hui «l’intermittent du spectacle», ce à quoi il ajoutait quelques autres péchés de jeunesse.

Sa pieuse mère, nouvelle sainte Monique (v. 27 août), priait ardemment pour lui ; Giovanni tomba gravement malade. Songeant à sa mort, il se repentit et alla trouver l’évêque de Mantoue, qui lui conseilla un genre de vie érémitique, pour faire pénitence.

Giovanni avait environ quarante ans. Il obéit humblement au pasteur et se retira près de Cesena.

Au bout de plusieurs années, la sainteté de son comportement fut connu, des disciples affluèrent, qui voulaient rester sous sa direction, et qui purent rédiger des témoignages sur leur maître.

Giovanni s’imposait des austérités effrayantes : il habitait une cellule adossée à l’église, mais séparée de l’habitation des frères. Elle avait trois fenêtres, l’une s’ouvrant sur l’église, une autre sur l’extérieur par où on lui passait sa nourriture (on verra plus loin en quoi elle consistait) ; par la dernière entrait la lumière. Au mur un bénitier, un crucifix et une image de la Vierge devant lesquels il priait si souvent que ses genoux avaient laissé leur empreinte. Il n’y avait ni siège, ni paillasse, seulement une planche sur laquelle il dormait sans couverture. Jugeant sans doute cette couchette trop confortable, il s’était fait un lit de feuilles de houx, puis il creusa un trou qu’il remplit de piquants où il se mettait la tête en bas pour réciter deux cents Pater. 

Et voici son régime. Il mangeait seul dans sa cellule, jeûnant continuellement, se contentant pour une semaine de ce qu’on donnait aux frères à un repas ; son menu de carême était organisé une fois pour toutes : le premier jour, un morceau de pain de la dimension d’une hostie ; le deuxième jour, quatre tiges de persil frites dans l’huile ; le troisième jour : sept fèves cuites ; le quatrième jour : comme le premier, et ainsi de suite. A la fin de sa vie, il se contenta pour tout le carême d’un pain qu’il mangeait en bouchées minuscules. 

Il portait une tunique grise très légère serrée par une ceinture, même en hiver où il ne se chauffait pas ; toujours pieds nus dans sa cellule, il mettait des sabots de bois pour sortir.

Un tel régime ne l’empêchait pas d’être malade ; il acceptait alors difficilement de manger un œuf ou quelque nourriture un peu substantielle, et refusa toujours de recevoir la visite d’un médecin.

La culture de Giovanni était quasi nulle ; il savait par cœur le Pater, le Credo, le psaume 50 Miserere ainsi que quelques autres et quelques prières brèves. Cela lui suffisait pour s’entretenir en oraison. Il ne se joignait pas au chœur pour l’office, qu’il écoutait de sa cellule, et n’en sortait que pour assister à la Messe chaque jour, ainsi qu’aux vêpres des dimanches et fêtes.

Ainsi reclus, Giovanni ne prétendait pas multiplier les contacts personnels, mais fut tout de même bien étonné de voir le nombre de ses disciples s’accroître au point qu’il dut fonder de nouveaux couvents : Bertinoro, Mantoue, Venise, Bologne, Parme, Ferrare, Faenza, Rimini et d’autres encore !

La règle qu’on y pratiquait était celle de saint Augustin (v. 28 août), de sorte que l’Ordre des Ermites les assimilerait sans difficulté, en 1256.

La fidélité de Giovanni à la foi catholique et au siège apostolique ne fut jamais ébranlée par les courants de pensée qui en ce début du 13e siècle étaient si violents en Italie. Il ramena de nombreux patarins à l’obéissance. Sa sainteté était le meilleur démenti que l’on pouvait donner à leurs dirigeants qui reprochaient à l’Eglise sa richesse et le manque d’austérité de bien des clercs.

Giovanni, lui, annonça qu’il mourrait là où il était né, et mourut effectivement à Mantoue, le 23 octobre 1249.

De nombreux miracles attestèrent sa sainteté, les procès-verbaux furent dressés, mais n’aboutirent pas à une béatification proprement dite. 

Deux siècles après sa mort, on retrouva son corps intact et son culte fut autorisé (1483). En 1672, son nom fut inséré dans le Martyrologe, qui le mentionne aujourd’hui au 23 octobre.

 

 

Giovanni de Capistrano

1386-1456

 

Giovanni, né le 24 juin 1386, à Capistrano (Abruzze, Italie centrale), reçut le nom du Saint du jour : Jean-Baptiste.

Il était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays ; ce papa mourut bientôt, et la maman éduqua Giovanni avec une profonde piété.

Après ses humanités, le garçon fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. Très brillant, il reçut une place de judicature, et fut très recherché pour la maturité de son jugement. Il devint même gouverneur de Pérouse.

Un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui proposa sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre Rimini, la ville de Pérouse le soupçonna de trahir sa patrie ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Ayant tenté de s’évader, il se brisa le pied et fut jeté dans un sombre cachot. 

Dans ce cachot, il eut la vision de saint François d’Assise. Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, remit à sa fiancée sa dot, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. 

Le Gardien (c’est-à-dire le Supérieur), craignant que cette vocation ne fût que l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. 

On peut à juste titre s’étonner des méthodes utilisées par certains maîtres spirituels, mais Dieu le permet parfois pour honorer encore plus les vertus des Saints. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne coûtèrent pas beaucoup à Giovanni.

Admis en 1416, il eut pour maître de noviciat un simple frère convers, sans doute très spirituel, mais très dur, à la direction duquel Giovanni se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec la dernière sévérité. Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'humilité et la patience.

Giovanni fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l'indifférence des religieux, les railleries des passants et le mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Giovanni, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase : Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Giovanni, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus.

Pour la théologie, il eut pour maîtres saint Giacomo de la Marche et saint Bernardin de Sienne, dont il sera plus tard un vaillant collaborateur. En attendant, Giovanni semblait avoir la science infuse, en théologie comme en droit canonique.

Ordonné prêtre vers 1425, Giovanni fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de Giovanni, l'envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, réformant les couvents selon la première règle de sainte Claire, comme le faisait sainte Colette en France. 

Plus tard, il travaillera activement à la canonisation de saint Bernardin.

Le pape Eugène IV proposa l’épiscopat à Giovanni, qui le refusa si humblement, que le pape n’insista pas.

Le pape suivant, Nicolas V, l'envoya en qualité de commissaire apostolique dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne. Giovanni y alla avec Æneas Silvio Piccolomini, futur pape Pie II,  pour remettre la concorde entre les princes allemands. En voyage, pour passer un fleuve, Giovanni étendit le manteau de saint Bernardin au-dessus de l’eau, et l’escorte put passer à pieds secs. En Allemagne, les villes entières se portaient à la rencontre de Giovanni. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans. Giovanni prêchait en latin, traduit par un interprète.

Giovanni évangélisa la Carinthie, la Styrie, l’Autriche, la Bohême, la Moravie, la Silésie, la Bavière, la Thuringe, la Saxe, la Franconie, la Pologne, la Transylvanie, la Modavie, la Valachie… Les miracles accompagnaient sa prédication, jusqu’à des résurrections.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, il tenait Belgrade assiégée et se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea Giovanni de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de quarante mille hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, qu’il conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche : Par le secours de Jésus, Giovanni de Capistran remportera la victoire.  Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait : Victoire, Jésus, victoire ! Les Turcs se retirèrent en criant : Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. Belgrade fut sauvée. C'était le 14 juillet 1456.

C’est à la suite de cette victoire que fut instituée la fête de la Transfiguration.

Trois mois après, le 23 octobre 1456, Giovanni, se trouvant à Vilak (Sirmium), ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : C'est maintenant, Seigneur, que tu laisseras mourir en paix ton serviteur, expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-dix ans.

D’après un manuscrit découvert en 1874, le corps de Giovanni fut, au siècle suivant, repris par les Turcs, et vendu à un riche seigneur, qui le remit à une communauté de moines basiliens orthodoxes : préservé de toute corruption, revêtu de l’habit franciscain, il se trouverait à Bistriz (Roumanie).

Giovanni de Capistrano fut canonisé dès 1690.

Thomas Thwing

1635-1680

 

Thomas était né en 1635 à Heworth Hall (Yorkshire, Angleterre), de George et Anne, qui eurent aussi (au moins) trois filles.

Il était le petit-neveu d’un autre Martyr, Edward Thwing (v. 26 juillet).

Il se forma à Douai et fut ordonné prêtre.

Envoyé en mission dès 1664 dans sa région natale, il fut aumônier chez ses cousins, Stapletons, à Carlton Hall, puis il ouvrit une école non loin de là à Quosque.

En 1677, une nouvelle fondation vit le jour chez son oncle maternel, Thomas Gasciogne, à Dolebank, et Thomas en fut l’aumônier. Cette fondation était l’Institut de Marie, où entrèrent les trois sœurs de Thomas. C’est là qu’il fut arrêté, en 1679.

C’était l’époque du complot de Titus Oates, et M.Gasciogne avait renvoyé deux domestiques à cause de leur malhonnêteté : elles se vengèrent en calomniant leur maître de complot contre le roi. Tous les membres de la maison furent arrêtés, y compris Thomas Thwing, et furent jugés à Londres et Newgate. Tous furent acquittés, sauf Thomas, le prêtre, qui fut transféré à la prison de York ; il devait être jugé en mars 1680, mais les assises furent retardées à juillet.

 A la proclamation de la condamnation, il baissa la tête humblement et affirma Innocens ego sum. D’abord, le roi voulut commuer la sentence, mais la Chambre décida l’exécution au lendemain de la session du Parlement.

On sortit Thomas de la prison, on passa devant la maison où se trouvaient ses trois sœurs, on l’emmena à Londres pour le pendre à Tyburn.

A ce dernier instant, Thomas proclama son innocence et sa fidélité au roi ; il pria pour le roi et la famille royale, et demanda aux Catholiques de prier pour lui ; ses derniers mots furent Doux Jésus, reçois mon âme.

Thomas Thwing mourut en martyr à York, le 23 octobre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

 

Clotilde-Joseph Paillot

1739-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 25 novembre 1739 à Bavay (Nord), fut baptisée le jour-même et professa chez les Ursulines le 23 octobre 1756, sous le nom de Marie-Clotilde-Joseph de Saint-François-Borgia.

Nommée conseillère en 1789, elle fut élue supérieure en 1790 et réélue en 1793.

On le voit, elle reçut la palme du martyre le jour de son trente-huitième anniversaire de profession.

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Anne-Josèphe Leroux

1747-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 janvier 1747 à Cambrai (Nord), et professa chez les Clarisses le 10 mai 1769, et avait trouvé refuge chez les Ursulines, où se trouvait sa sœur Marie-Marguerite-Joseph ; on l’appelait souvent (Marie-)Joséphine.

Elle et sa sœur avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Marguerite-Joseph Leroux

1749-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 14 juillet (!) 1749 à Cambrai (Nord), et professa chez les Ursulines le 9 août 1775, sous le nom de Marie-Scholastique-Joseph de Saint-Jacques.

On le voit, elle avait quarante ans le jour de la «prise de la Bastille».

Elle et sa sœur Anne-Josèphe avaient été arrêtées dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Jeanne-Louise Barré

1750-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 23 avril 1750 à Sailly-en-Ostrevent (Pas-de-Calais), et professa comme Converse chez les Ursulines le 20 janvier 1777, sous le nom de Marie-Cordule-Joseph de Saint-Dominique.

C’est elle qui vécut l’incident relaté dans la notice générale des Ursulines de Valenciennes : la porte s’étant refermée trop vite avant son passage, elle pria le Seigneur de ne pas être séparée de ses Compagnes ; la porte alors se rouvrit et le geôlier la fit passer.

 

Son martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Marie-Liévine Lacroix

1753-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 24 mars 1753 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Liévine, avant de trouver refuge chez les Ursulines sous le nom de Marie-Françoise, pour éviter d’être reconnue comme ancienne Brigittine.

Avec sa Consœur Marie-Augustine Erraux, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Marie-Augustine Erraux

1762-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 20 octobre 1762 à Pont-sur-Sambre (Nord), et professa chez les Brigittines, avec le nom de Dame Anne-Marie-Joseph, avant de trouver refuge chez les Ursulines.

Avec sa Consœur Marie-Liévine Lacroix, elles furent arrêtées dans la nuit du 4 au 5 septembre.

 

Leur martyre eut donc lieu le 23 octobre 1794 et elles furent béatifiées en 1920.

 

 

Phaolô Tống Viết Bưòng

1773-1833

 

Phaolô (Paul) était né vers 1773 à Phủ Cam (Phu Xuân, actuelle Huế, Vietnam), d’une famille où l’on était catholique depuis plusieurs générations.

Le père et le grand-père de Phaolô étaient mandarins ; lui-même entra dans la garde royale et devint capitaine de la 1e compagnie de son régiment ; même le roi disait de lui qu’il remplissait son devoir avec zèle et activité. Il avait été décoré de la plaque d’ivoire pour ses services.

Dans le cours de son service, le souverain l’envoya en mission inspecter les opérations militaires contre les populations primitives de la province de Quang-Ngai. Quand il vit son rapport, le roi lui demanda s’il était allé visiter la pagode de Non-Duoc. Phaolô répondit d’abord qu’il n’en avait pas reçu l’ordre exprès, et ajouta ensuite qu’il n’y était pas allé parce qu’il était chrétien.

Le roi lui fit alors de terribles reproches, se mit en colère et ordonna de le décapiter ; un des amis de Phaolô ayant intercédé pour lui, la peine fut commuée : le capitaine reçut quatre-vingts coups de rotin, fut dégradé et condamné à servir comme simple soldat.

Phaolô put acheter le droit de se retirer dans sa famille. Un an plus tard, le roi demanda la liste de ses soldats chrétiens ; Phaolô manquait : le roi le fit arrêter et mettre en prison.

Phaolô fut mis à la cangue en prison pour six mois, puis fut chargé d’une chaîne au cou et aux jambes. Tous les dix jours, on l’interrogeait et, comme il refusait d’apostasier, on lui administrait une vingtaine de coups de bâton. Il refusa catégoriquement de marcher sur la Croix. Ses blessures n’avaient pas le temps de cicatriser d’une séance à l’autre. Epuisé, il sentait ses forces le quitter, mais ne se plaignait jamais. Il priait pour obtenir la grâce d’être fidèle.

Le roi ne voulait pas le tuer ; il préférait une apostasie, plus efficace, selon lui, pour éteindre la foi dans le pays. Il ordonna de le battre encore et encore ; et s’il en mourait, qu’on le jetât hors des murs de la ville. Mais pour abréger l’attente, il finit par prononcer une sentence de mort. Phaolô devait être décapité et sa tête exposée plusieurs jours en signe d’ignominie.

Le vaillant soldat mourut pour le Roi céleste le 23 octobre 1833 à Thở Ɖuc (Saigon, Vietnam), et fut béatifié en 1900, canonisé en 1988

 

 

Jules-Nicolas Rèche

1838-1890

 

Jules-Nicolas naquit à Landroff (Moselle) le 2 septembre 1838, dans une famille si pauvre, qu’il dut très tôt travailler comme palefrenier, cocher, charretier.

Il se fit remarquer pour son honnêteté, sa discrétion.

Ayant rencontré les Frères des Ecoles Chrétiennes, il demanda à y être admis. 

Il commença le noviciat en 1862, avec le nom de Arnould et, après la profession, il enseigna pendant quatorze ans à Reims.

Son zèle ne s’arrêta pas là : il profita de ses «heures libres» pour étudier la théologie, les mathématiques, les sciences, l’agriculture, ce qui lui permit d’enseigner aussi à de petits groupes d’élèves plus âgés.

Durant la guerre de 1870, il travailla comme infirmier, pour soulager les blessés des deux camps. Il fut décoré de la médaille de bronze.

Bientôt nommé maître des novices à Thillois, sa renommée s’agrandit à cause de sa grande sainteté : vie ascétique, piété profonde, mais aussi miracles, discernement des pensées. Frère Arnould était particulièrement dévot de la passion du Christ et docile à l’action de l’Esprit Saint, qui fortifie le cœur des hommes.

Lors du déplacement du noviciat à Courlancy (Reims) en 1885, il fit consacrer la maison au Sacré-Cœur.

Frère Arnould mourut saintement le 23 octobre 1890 et fut béatifié en 1987.

Saturnino Tobar González

1858-1936

 

Né le 24 décembre 1858 à Tardajos (Burgos) et baptisé le lendemain, jour de Noël, il était l’aîné des deux fils de Manuel et Gregoria ; le deuxième garçon, Maurilio, qui avait onze de moins que Saturnino, entra chez les Lazaristes avant son aîné et devint prêtre.

Saturnino avait trente ans quand il entra à son tour dans la congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) ; il fit les vœux en 1890, comme frère convers.

Pendant douze années, il accompagna les Pères en pays de mission, puis il fut dans les communautés de Valdemoro et Hortaleza.

Intelligent, expérimenté, travailleur, homme de prière et de méditation, il avait toutes les bonnes qualités d’un administrateur efficace. Aussi fut-il choisi en 1917 pour encadrer les Filles de la Charité dans la nouvelle communauté madrilère de la rue Lope de Vega.

Déjà le 11 mai, quand des couvents furent donnés aux flammes par les ennemis de l’Eglise, on lui proposa de l’héberger et de le cacher. Sa position était autre : son but était de gagner le Ciel, même en versant son sang, si c’était le cas.

En 1936, la situation était plus grave. Le Frère s’habilla en laïc, comme le montre le portrait habituel qu’on a de lui, et se réfugia chez une cousine. Malgré ces dispositions, on vint l’arrêter à la mi-août, d’ailleurs avec sa cousine ; on relâcha cette dernière, mais on mit en prison le Frère, qui avait soixante-dix-huit ans.

Il partagea désormais le sort du p.José María Fernández et de ses Compagnons, tous fusillés à Vallecas (environs de Madrid) le 23 octobre 1936. Concernant particulièrement la date du martyre du frère Saturnino, celle du 28 septembre semble bien erronée.

Béatifié en 2017, Saturnino Tobar González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

José María Fernández Sánchez

1875-1936

 

Né le 15 janvier 1875 à Oviedo, de José et Manuela, il fut baptisé dès le lendemain.

D’abord séminariste à Oviedo, il passa en 1895 à la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) et acheva ses études de théologie à Rome, où il fut reçu docteur en théologie.

Professeur à Hortaleza, Madrid et Guadalajara, il fut envoyé en 1921 en Inde pour y fonder la mission de Cuttack (Vizagapatán, Orissa) ; en 1925, la mission comptait déjà trois communautés.

Revenu en Espagne en 1927, il enseigna la théologie pastorale au séminaire d’Oviedo. En 1930, il fut nommé sous-directeur de la province espagnole des Filles de la Charité.

Le 25 juillet 1936, il se trouvait dans la maison de la rue Lope de Vega avec deux autres prêtres et cinq frères ; tous furent arrêtés et mis en prison. Le p.José María fut particulièrement maltraité, avec interrogatoires, tortures diverses comme celle de rester debout toute une nuit - le Père avait soixante-et-un ans ; on voulait lui extorquer des noms. Il fut transféré de prison en prison, de tchéka en tchéka : palais Medinaceli, Fomento, S.Felipe Neri.

Le 28 août, on lui accorda de recevoir quelques-unes des Filles de la Charité, auxquelles il dit : Réjouissons-nous pour le bien spirituel que cette situation nous apporte.

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, José María Fernández Sánchez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Benito Paradela Novoa

1887-1936

 

Benito naquit le 22 octobre 1887 à Amoeiro (Orense) de Manuel et Camila, qui le firent baptiser le lendemain.

Brillant élèvre de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza et Madrid, il fit la profession en 1909 et fut ordonné prêtre en 1916.

D’abord envoyé à Limpias, il devint l’archiviste de la Congrégation à partir de 1922 et s’installa à Madrid, d’où il dirigea les Annales de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité. Ce fut un chercheur infatigable, un historien de premier ordre, auquel tous ses Confrères purent se référer pour trouver les informations nécessaires à leur apostolat. Discret et homme de peu de paroles, il était trop intelligent pour faire les choses à moitié : il sauva les archives et donna sa vie.

Devant la bourrasque révolutionnaire qui se faisait chaque jour plus pesante, il s’occupa de transférer personnellement tous les livres, les fichiers, les documents qu’il put, en différents endroits, dont la rue Felipe Neri, où il se réfugia lui-même. De là, il sortait quelque fois au collège Santa Isabel, rue Hortaleza, pour son ministère sacerdotal.

Découvert, il fut surveillé à vue, et longtemps torturé et interrogé dans le but de lui extorquer des noms et des adresses d’autres Confrères.

Pour lui aussi, il y a apparemment des incertitudes sur le jour de son martyre. On trouve le 29 octobre, qui est sans doute une erreur ; mais aussi le 24 octobre, au lendemain de la mort du p. José María Fernández, veille de la fête du Christ-Roi, célébrée alors au dernier dimanche d’octobre. Mais comme le p.Benito semble avoir versé son sang le vendredi avant le Christ-Roi, il faudrait établir la date de son martyre au 23 octobre. Dans l’attente d’autres précisions, gardons cette date.

La veille de ce jour, le p.Benito accomplissait soixante-et-un ans.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Benito Paradela Novoa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Eduardo Valverde Rodríguez

1878-1936

 

Né le 18 février 1878 à Adra (Almería), et baptisé le 26 février suivant, Eduardo appartenait à une famille assez en vue à Adra. Son père envoyait tous ses fils faire de bonnes études à Grenade, et Eduardo créa la surprise en annonçant qu’il voulait entrer au séminaire. En réalité, il alla aussi à Grenade…

En effet, ordonné prêtre en 1901, la même année il passa le doctorat de théologie à Grenade.

On lui confia l’aumônerie des Filles de la Charité, qui à leur tour lui transmirent leur grande dévotion à Marie Immaculée. Don Eduardo fut vicaire, puis curé au sanctuaire d’Almería et fut nommé chanoine de la cathédrale.

Le 14 août 1936, il fut arrêté une première fois, puis libéré sur versement d’une rançon par sa famille. Arrêté une seconde fois le 29 août, il fut enfermé au couvent des Adoratrices, transformé en prison, puis le 12 septembre au collège salésien. Il fut alors gravement malade ; le médecin voulait le faire hospitaliser et, par ce moyen, l’aider à s’enfuir, mais le bon Prêtre lui dit : Ne risque pas ta vie en me sortant d’ici, laisse-les faire ce qu’ils veulent.

Le 23 octobre, il fut emmené au cimetière d’Almería, où il fut fusillé en même temps que son Confrère, le chanoine Andrés Navarra. Ce dernier eut un moment de faiblesse devant la mort, et don Eduardo lui prit la main et l’encouragea : De quoi as-tu peur ? N’aie pas peur, Dieu nous attend ! Tu ne vois pas qu’il nous regarde déjà ? N’aie pas peur !

Les bourreaux s’acharnèrent sur le corps de don Eduardo, car on retrouva sa tête séparée du corps.

Martyrisé le 23 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eduardo Valverde Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Roque Guillén Garcés

1879-1936

 

Né le 21 mai 1879 à Sarrión (Teruel) de Rafael et Pascuala, il fut baptisé dans cette merveilleuse église paroissiale qui partit en fumée lors de la révolution marxiste.

Roque avait un oncle prêtre lazariste, qui dirigea le tout nouveau collège de cette Congrégation à Alcorisa : il en fut le premier élève. Il continua ensuite ses Humanités à Teruel.

Il commença le noviciat en 1895 à Madrid et fit la profession en 1897. Ce fut ensuite la philosophie à Hortaleza et Madrid, où il étudia aussi la théologie et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut envoyé successivement comme professeur au Cid, à Teruel, Ávila, Orense et Saragosse ; en 1930, il fut à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid), comme aumônier des Filles de la Charité.

Il fut un des deux prêtres arrêtés avec les cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Roque Guillén Garcés sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Manuel Navarro Martínez

1879-1936

 

Né le 3 juillet 1879 à Rioja (Almería), Manuel fut baptisé le 6 juillet suivant. Il avait une sœur.

La famille étant suffisamment aisée, elle put financer les études de médecine et de droit de leur fils. Mais celui-ci renonça bientôt à la faculté pour entrer au séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1904. C’est le 23 octobre qu’il célébra sa première Messe. La date est importante, on va voir pourquoi.

Il officia d’abord à Tabernas, puis : Castro de Filabres (1905), Bayarque (1908), de nouveau Tabernas (1911) et au sanctuaire marial d’Almería (1916) ; pendant l’épidémie de grippe espagnole, il fut à Purchena (1918), Ulella del Campo (1919) ;  en 1935 il eut un problème cardiaque et fut contraint de revenir à Almería.

Généreux envers les pauvres, il assuma également l’assistance de sa sœur devenue veuve. Deux fois par an, à Noël et à la Fête-Dieu, il remplissait une voiture de denrées alimentaires qu’il allait distribuer aux familles les plus pauvres du pays.

Quand les miliciens se présentèrent chez lui, il était en train de prendre le café avec sa sœur. Il leur demanda : Que voulez-vous de moi ? La seule chose que je peux vous donner, c’est le pardon. Les miliciens fouillèrent toute la maison et la laissèrent dans un grand désordre ; don Manuel les suivit.

On apprit que don Manuel fut torturé aux oreilles et au nez, avant d’être fusillé au cimetière d’Almería. Il fut martyrisé le 23 octobre 1936, jour anniversaire de sa première Messe, trente-deux ans plus tôt.

Béatifié en 2017, Manuel Navarro Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Juan Nuñez Orcajo

1882-1936

 

Né le 14 septembre 1882 à Font Toso (Burgos), en la fête de la Croix, il reçut lui aussi la croix du martyre.

Frère de la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Juan Nuñez Orcajo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Andrés Navarro Sierra

1882-1936

 

Né et baptisé le 28 septembre 1882 à Tabernas (Almería), il était un des cinq enfants d’un humble cocher.

Intelligent, le garçon fut envoyé au séminaire d’Almería, mais en sortit deux ou trois ans après. Il travailla quelque temps avec son père et même, semble-t-il, eut une fiancée. Mais la vocation se refit sentir et il décida de lui-même de réintégrer le séminaire.

Il eut raison : ses études furent brillantes et il passa la licence de théologie à Grenade. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça son ministère sacerdotal à Tabernas, Turre et Serón (1908), Bayarque (1909), Las Pocicas (1916), Senés (1919). Enfin, il fut chanoine de la cathédrale d’Almería.

On a conservé des souvenirs de son apostolat à Las Pocicas. Il y créa une chorale, montrant par là sa culture et son souci de rehausser les cérémonies. Mais aussi il organisa des processions, avec des chars tirés par les chevaux ; les autorités locales, voulant contrecarrer l’influence bénéfique que le Prêtre exerçait sur la population, allèrent jusqu’à enfermer les animaux dans l’église. Le Curé alla les délivrer ; mais le soir suivant, tandis qu’il était en train de souper, on lui tira deux balles ; il s’enfuit en courant chez une tante qui habitait par là. On le voit ici : les ennemis de Dieu et de son Eglise n’attendirent pas l’année 1936 pour se déchaîner contre Ses ministres.

Lors de la révolution marxiste de l’été 1936, don Andrés reçut des menaces, puis fut arrêté, parce qu’il continuait à porter la soutane.

Martyrisé le 23 octobre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Andrés Navarro Sierra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Agustín Nogal Tobar

1885-1936

 

Il naquit le 5 mai 1885 à Tardajos (Burgos), de Jerónimo et Inés.

En 1903, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens). Le sérieux et la certitude qui se dégageaient de lui, convainquirent ses Supérieurs de l’envoyer encore novice à La Havane (Cuba), où il fit la profession en 1905.

Sacristain, peu bavard, patient avec les petits enfants de chœur, il fit du sanctuaire un endroit très apprécié des Pères et des fidèles. Puis il fit le même travail à Porto Rico, mais il avait là davantage de «temps libre», il s’occupa à s’initier tout seul au travail de menuisier-charpentier, de mécanicien, d’électricien, de chauffeur…

En 1931, il fut rappelé en Espagne pour reprendre l’administration de la maison des Filles de la Charité de Madrid ; c’est ainsi qu’il habita dans la maison de la rue Lope de Vega. A l’approche des événements graves de juillet 1936, il reçut le conseil de mettre en sûreté de l’argent, des objets précieux comme les calices et les ciboires ; mais une fois arrêté, interrogé, surmené par les miliciens, il aurait cédé en révélant ses cachettes.

Mais il se refusa absolument à révéler où était le chocolatier et le boulanger de la communauté ; les miliciens le menacèrent, s’il ne les conduisait pas chez eux, de le conduire au Ciel directement.

Le Frère Nogal passa encore quelques jours à la maison de la rue s.Philippe Neri.

Il eut le même sort que les deux prêtres et les cinq frères de cette maison Lope de Vega (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Agustín Nogal Tobar sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Leonardo Olivera Buera

1889-1936

 

Leonardo Olivera Buera était né le 6 mars 1889 à Campo (Huesca, Espagne).

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Saragosse en 1916, et nommé curé de Movera (Puente Gallego, Saragosse) et en même temps chapelain de l’Ecole Notre-Dame du Carmel à Bonanova, gérée par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Comme prêtre, il collabora fraternellement avec les Frères, de sa parole prudente et sage, autant qu’avec tout le zèle nécessaire pour les jeunes, en particulier ceux qui montraient quelque attirance pour la vie religieuse.

Au moment de la persécution religieuse, le 9 juillet 1936, des miliciens firent irruption dans le collège et allèrent frapper à sa porte. Cette fois-ci, ce n’était pas un jeune adolescent qui venait le trouver, mais des soldats enragés. L’un d’eux le blessa au bras d’un coup de pistolet. Il put aller se faire soigner à l’hôpital, avant de tenter de rejoindre sa sœur à Valencia.

Le 22 septembre, il fut reconnu et arrêté, partageant ainsi le sort des Frères, qui furent les uns après les autres arrêtés, parfois torturés et fusillés.

L’abbé Leonardo Olivera Buera fut fusillé à El Saler (Valencia) le 23 octobre 1936 (cet assassinat eut peut-être lieu dès le 22 ou 23 septembre).

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Anatolio García Nozal

1898-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Anatolio était né le 15 mars 1898, baptisé le 20 suivant à Becerril del Carpió (Palencia, Espagne), benjamin de onze enfants, dont la maman mourut dès 1900. Il fut confirmé cette même année.

Ayant connu les Passionistes durant une mission prêchée dans le pays, il voulut les rejoindre : en 1912 il entra dans leur collège à Corella.

Dès 1913, il commençait le noviciat. En 1914, il fit la profession avec le nom de Ildefonso de la Croix.

Après les études secondaires et la philosophie, on l’envoya à Rome pour la théologie (1920). Il y fit la profession solennelle (1922).

Revenu en Espagne, il fut envoyé à Saragosse pour enseigner, et à Corella comme recteur.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1924.

Supérieur de Daimiel en 1932, un témoin le qualifia de véritablement humble et doux avec tous. Il fit un court séjour à Valencia en 1935.

Puis il obtint de pouvoir partir en mission au Vénézuéla, mais la révolution intervint avant.

Après la nuit tragique du 21-22 juillet 1936, trois prêtres (dont le père Ildefonso) et neuf clercs partirent pour Manzanares, où ils furent fusillés le 23 juillet. Cinq moururent sur place et un sixième expira à l’hôpital, où la Croix-Rouge put héberger les six «survivants» et les faire soigner ; l’un d’eux, le pauvre Ildefonso, se lamentait de ce que la couronne du martyre leur avait échappé. Anatolio était de ces «rescapés».

A peine remis de leurs graves blessures, les six furent à nouveau arrêtés à leur sortie de l’hôpital, et fusillés une deuxième fois, le 23 octobre 1936.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

César Elexgaray Otazua

1904-1936

 

Né le 25 février 1904 à Busturia (Bilbao, Guipúzcoa), de Serapio et Francisca, il fut baptisé le jour-même.

Après le service militaire, il entra en 1932 au noviciat dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Hortaleza (Madrid) comme Frère convers ; il n’avait pas même achevé le noviciat qu’on avait besoin de lui comme cuisinier à Villafranca del Bierzo (où il fit la profession en 1934) puis à l’autre maison de Madrid, rue Lope de Vega.

Le 25 juillet 1936, il fut arrêté avec les autres membres de la communauté et désormais partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, César Elexgaray Otazua sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

 

 

Leonardo Arce Ruiz

1907-1936

 

Leonardo était né le 6 novembre 1907, jour où l’on fête un saint Léonard, dont il porta le nom, à Arcellares del Tozo (Burgos, Espagne), de Bernabé et Gabina, qui eurent ensuite une petite fille, Paulina.

L’enfant fut baptisé dès le 7 novembre et fut confirmé en 1921.

Signalons ici que son père mourut fort jeune et que sa mère se remaria avec un veuf, Cristóbal Arroyo, père de quelques enfants qu’elle éduqua vraiment chrétiennement.

Leonardo entra en 1919 dans la congrégation des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1922 ; en 1923 il reçut l’habit et le nom de Egberto ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1930.

Deux de ses demi-frères entrèrent à leur tour dans la même congrégation : Miguel, qui mourut encore séminariste en 1924, et Evelio, qui disparut en 1936. Un neveu de Leonardo, Gilberto, fils de Paulina, fut aussi mariste et missionnaire au Chili.

Egberto fut envoyé à Palafrugell (1924) et La Garriga (1925) comme cuisinier ; à Las Avellanas (1926) comme jardinier ; puis il enseigna à Sabadell (1928), Barcelone (1929), Valencia (1929), La Garriga (1932), Alcazarquivir (Maroc, 1933) en remplacement du service militaire, enfin Palencia (1935).

Le Frère Egberto fut un vrai Religieux, humble et serviable, amant de la pauvreté et bon professeur.

Le 22 juillet 1936, il s’enfuit à destination de Burgos avec le Frère Teófilo Martín ; reconnus en voyage et arrêtés, ils furent conduits à Reinosa. Ils furent assassinés sur le mont Saja à Campoo de Suso le 23 octobre 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Justiniano Cuesta Redondo

1910-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Un autre Passioniste, Pedro Largo Redondo, était aussi originaire de Alba de los Cardaños (Palencia), la «montagne Palencienne». Il fut martyrisé le 25 juillet 1936.

Justiniano était né le 19 août 1910 à Alba de los Cardaños, de Gregorio Cuesta Mediavilla et Florentina Redondo Mediavilla.

Il fut baptisé le 21 août suivant, et confirmé en 1911.

Tout petit encore, très frappé par la première messe de son oncle maternel, en 1915, il confia à sa mère qu’il voulait être comme l’oncle Miguel et s’y prépara très sérieusement.

Lors de la Première communion, il demanda à Jésus-Hostie, encore une fois, d’être comme l’oncle Miguel.

Mais voilà qu’en 1920, l’autre oncle, José, entra chez les Passionistes à Corella. Alors, le petit Justiniano se trouvait dans un dilemme : être comme l’oncle Miguel, ou comme l’oncle José ? Il se décida pour l’oncle José et les Passionistes, et commenta ainsi son choix à sa mère : Comme ça, je serai missionnaire très loin, et je t’écrirai plein de belles choses.

Avant de rejoindre cette congrégation, il tint à faire le pélerinage à la Vierge du Brazo, pieds nus, laissant des traces de sang sur son passage, jusqu’à la Croix qu’on va y vénérer. C’était le 21 septembre, et le 29 il rejoignait la communauté de Corella, où l’accueillait son oncle José, désormais avec l’habit religieux.

Justiniano étudia avec ardeur, pour n’avoir pas à donner de mauvaises nouvelles aux parents.

A quinze ans, il entrait au noviciat avec seulement un vote «négatif» : un défaut de prononciation ! Il reçut l’habit le 28 septembre 1925.

Au vote suivant, sa prononciation était «assez corrigée» quoique encore défectueuse ; et sa ferveur semblait être inférieure à ce qu’elle devait être, mais comme ce n’était pas très important, on l’acceptait à l’unanimité des votes. Ces observations ne tombaient pas dans un sac percé pour le jeune homme : il y mit toute son ardeur et se donna entièrement au Christ, en septembre 1926.

Le mois suivant, il arrivait à Daimiel. Durant ses études de philosophie, il se montrait très curieux de mille choses, qu’il transcrivait sur ses cahiers personnels : statistiques de la Congrégation, formules médicinales, conjugaison des verbes en hébreux, culture de la soie, les papillons, les insectes, les reptiles…

En 1930, il partit pour la théologie à Saragosse, où il retrouva l’oncle José, prêtre.

En 1931, il y eut les événements de la Seconde République, les incendies de mai : les étudiants partirent chez eux pendant l’été.

Il fit la profession avec le nom de Justiniano de Saint-Gabriel de l’Addolorata, le 14 septembre et, avec ses confrères, fonda (et dirigea) une revue interne à la congrégation, Religion et Science.

Justiniano fut retardé d’une année encore pour accéder à l’ordination sacerdotale, toujours à cause de son défaut de prononciation, qu’on disait être lié à un problème psychologique, et cela pouvait être un empêchement canonique. Il fut enfin ordonné en avril 1934.

En 1935, on l’envoya à Daimiel, enseigner le grec et le catéchisme.

Il était bon, doux, rêvait des missions en Alaska et rendait service à tout le monde.

Il aimait la poésie et la musique, chose que l’on relève rarement dans l’hagiographie, surtout pour la musique.

Après l’expulsion du couvent de Daimiel, dans la nuit du 21-22 juillet 1936, Justiniano se retrouva parmi ceux qui furent fusillés à Manzanares le 23 juillet, mais tandis que six moururent sur place, six autres - dont lui, survécurent à leurs blessures, ayant été recueillis par la Croix-Rouge à l’hôpital. Justiniano y avait perdu un œil.

Durant son séjour à l’hôpital, il chantait souvent cette petite ritournelle, dont on aimerait bien avoir la mélodie :

Justiniano, Justiniano, quelle mort sera la tienne ?

Mourir pour le Christ, c’est tout mon idéal !

Do Ré Mi Do Ré Fa.

La réalité est que, en août, les Filles de la Charité durent laisser l’hôpital, en le «confiant» aux miliciens, lesquels n’attendaient que la première occasion pour se débarrasser des Religieux. Celle-ci se présenta à leur sortie : on les fit monter dans une camionette, et on alla les fusiller sans attendre.

Justiniano reçut une balle près du cœur et une autre dans la mâchoire, qui ressortit par la boîte crânienne.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Agapit Gorgues Manresa

1913-1936

 

Agapit naquit le 4 juin 1913 à Cervià (Garrigues, Espagne), de Manuel et Marta.

Il fut confirmé en 1917.

Après ses études au séminaire de Tarragona, il fut ordonné prêtre le 28 juin 1936, et il chanta sa première messe solennelle le 12 juillet, quelques jours à peine avant la révolution.

Il attendait donc chez les siens, à Cervià, sa première affectation.

Le 21 juillet, il alla avec un autre séminariste, se réfugier d’abord dans une ferme d’Alcover (Alt Camp), puis ils cherchèrent à se cacher dans la montagne, où ils restèrent sans manger pendant deux ou trois jours.

Surpris par le Comité révolutionnaire de la Riba, ils s’en retournèrent au pays.

A leur famille, ils déclarèrent qu’ils étaient disposés à être martyrisés et aussi que si un jour ils me tuent et que vous savez qui sont mes assassins, pardonnez-leur.

A Cervià, ils allèrent se présenter au Comité, tandis que des amis les en dissuadaient. Entre les membres du Comité, qui devaient bien les connaître pour avoir été leurs camarades précédemment, il y eut une discussion animée : allait-on les tuer ou les conduire en prison à Lleida ? Finalement, ils décidèrent de les laisser aller chez eux. Quelques jours après, Agapit rendit visite à un membre du Comité, qui l’assura qu’il ne lui arriverait rien.

Du 2 août au 23 octobre, Agapit priait les trois chapelets du rosaire chaque jour à genoux ; même certains jours où il fut malade, il se leva du lit pour accomplir sa promesse.

Il y eut une «alerte», le 6 août : des membres du Comité vinrent l’arrêter, mais le laissèrent parce qu’il était malade.

Le 23 octobre, après un sévère conflit entre deux partis de Cervià, on vint assaillir le domicile. Agapit et son père cherchèrent à fuir par derrière et restèrent cachés pendant une heure et demie, avant d’être découverts. Les révolutionnaires abattirent don Agapit sur place.

Agapit, qui avait vingt-trois ans, et pas même quatre mois de sacerdoce, fut ainsi martyrisé le 23 octobre 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Cristóbal González Carcedo

1913-1936

 

Né le 21 août 1913 à Lodoso (Burgos), de Bonifacio et Patricia, il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) à Tardajos, puis Guadalajara.

Mais les études dépassaient ses possibilités interllectuelles, et il fit le noviciat des frères à Hortaleza et la profession en 1931.

Après deux ans à Villafranca del Bierzo, il fut envoyé à la rue Lope de Vega de Madrid, où on le qualifiait de S.Louis de Gonzague (v. 20 juin). Il fut chargé de l’accueil.

Il partagea le sort des deux prêtres et cinq frères de cette maison (v. plus haut José María Fernández Sánchez).

Martyrisé le 23 octobre 1936 au cimetière de Vallecas (Madrid) et béatifié en 2017, Cristóbal González Carcedo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre.

Martín Erro Ripa

1914-1936

 

Martín était né le 3 mars 1914 à Viscarret (Navarre, Espagne), de Francisco et Teresa, qui le firent baptiser le jour même.

Le papa mourut de la grippe espagnole en 1918. Martín fut confirmé en 1919.

Un autre frère de Martín devint aussi Frère mariste, ainsi qu’un cousin.

Martín entra en 1925 au collège des Frères Maristes à Villafranca (Navarre) et commença le noviciat à Las Avellanas en 1929 ; il reçut l’habit et le nom de Teófilo Martín ; un an après il faisait les premiers vœux. Jeune, Teófilo Martín eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Burgos (1932), et Barruelo de Santullán (1935).

La profession solennelle était prévue pour le mois d’août 1936, mais…

Le 22 juillet, il s’enfuit jusqu’à Burgos en compagnie du Frère Egberto, mais ils furent arrêtés et mis en prison à Reinosa.

Le Frère Teófilo Martín et son Confrère furent assassinés sur le Monte Saja (Campoo de Suso) au soir du 23 octobre 1936. Il avait vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

 

Tomás Cuartero Gascón

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

Tomás était né le 22 février 1915 à Tabuenca (Saragosse, Espagne), de Tomás et Braulia, et reçut la Confirmation au mois de juin suivant, selon l’habitude fréquente à cette époque.

Il eut pour jeune frère José María, avec lequel il partagera sa route jusqu’au martyre.

Il reçut la Première communion en 1923, et ressentit très tôt la vocation sacerdotale. Aussi alla-t-il au Petit séminaire de Belchite, en 1927.

En 1930 eut lieu une prédication populaire à Tabuenca, prêchée par des Pères passionistes ; la paroisse en fut tellement changée, qu’à son retour du séminaire, Tomás pensa rejoindre ces Pères passionistes.

On lui donna une réponse positive, et pour qu’il ne fût pas seul, on le fit accompagner de son jeune frère, José María.

Tomás n’étudiait pas facilement, mais obtint tout de même de bons résultats ; il écrivait déjà avec un certain style personnel.

Pour l’été 1931, ils revinrent tous deux à Tabuenca. Puis à l’automne, ils repartirent à Saragosse. 

Tomás étudia mieux et, à la fin de l’année, partit pour Corella, où il reçut l’habit de la Congrégation. Il était admis au noviciat. En 1933, il faisait les vœux, avec le nom de Tomás du Très Saint Sacrement et commençait la philosophie.

Il avait un rêve : partir en mission pour le Tanganyika (actuelle Tanzanie), où les Passionistes italiens avaient ouvert une maison à Dodoma. 

En septembre 1934, les jeunes de Corella durent rejoindre Daimiel. En 1935, José María y fit à son tour la profession.

D’autres documents de cette période ont disparu dans la tourmente révolutionnaire. Nous retrouvons les deux frères Cuartero Gascón lors de la «première» fusillade du 23 juillet 1936, dont ils sortirent vivants, mais gravement blessés : Tomás avait reçu une balle en pleine poitrine, et José María avait la mâchoire complètement déboîtée.

En sortant de l’hôpital, trois mois après, tous deux moururent lors d’une «deuxième» fusillade, le 23 octobre 1936.

Leur béatification eut lieu en 1989. 

 

 

Eufrasio de Celis Santos

1915-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Eufrasio était né le 13 mars 1915 (on trouve parfois 1913, sans doute une erreur) à Salinas de Pisuerga (Palencia, Espagne), troisième enfant de Emiliano de Celis et Juana Santos ; ils s’appelaient María Rosario, Eutiquio, Eufrasio et Severino ; Eufrasio fut baptisé le 21 suivant, avec les noms de Eufrasio Benito, car à cette époque on fêtait saint Benoît le 21 mars.

Eufrasio fut confirmé la même année, selon une coutume de l’époque, et reçut la Première communion en 1923. 

Petit, il aidait le curé et l’organiste de la paroisse, servait la messe, participait aux chants… malgré sa mauvaise oreille musicale, disait-on. A la maison, il se mettait des pages de journaux en guise d’ornements et se faisait servir la messe par son petit frère.

En 1927 il partit pour le tout nouveau collège de Saragosse. En 1931, il passa l’été en famille, car l’atmosphère de Saragosse n’était pas tranquille : la révolution grondait déjà. Eufrasio voulut rendre visite à son maître d’école, et en chemin fut assailli par quatre garçons qui le menacèrent pour le décourager de retourner à Saragosse. C’était déjà le début de la persécution.

En septembre cependant, les autorités l’avertirent qu’il pouvait revenir à Saragosse. Un témoin, présent chez lui lorsque lui parvint l’invitation à revenir à Saragosse, raconta qu’Eufrasio, de joie, aurait alors jeté en l’air sa cuillère sans manger rien d’autre ! 

En réalité, une crise allait se déclarer peu après. De Saragosse, on l’envoya commencer le noviciat à Corella, où une crise intérieure le travailla au point de lui arracher les larmes, écrivit-il. Mais sa persévérance porta ses fruits et il put faire la profession en 1932, prenant le nom de Eufrasio de l’Amour Miséricordieux.

A Corella se trouvaient les pères Ildefonso, supérieur, et Fulgencio, maître des novices, avec lesquels les jeunes étudiants seraient bientôt martyrisés. D’après les comptes-rendus des Pères, Eufrasio donna entière satisfaction par son combat spirituel intérieur et son comportement. 

Lors de la profession, Eufrasio se confiait à la Vierge Marie pour recevoir les forces et le courage d’accomplir les obligations qu’il venait de contracter.

Il aimait les fleurs, et demanda (en janvier 1934) à sa mère de lui envoyer des graines de fleurs de la passion, espérant les voir déjà fleurir à l’automne prochain. 

En août 1934 cependant, terminées les Humanités, il sait qu’il va partir pour Daimiel avec quatorze confrères. Il en est heureux. Il sait que la persécution est présente, qu’au Mexique, on leur a confisqué trois maisons, mais il ne faut pas avoir peur, la parole de Dieu ne faiblit pas. Fin 1935, il s’attend à ce que l’année suivante soit tragique pour l’Espagne.

Dans une lettre de février 1936, il se dit prêt pour le martyre.

Ses professeurs s’étonnaient de la maturité de son jugement ; Eufrasio était un homme de réflexion, posé, heureux de sa consécration chez les Passionistes. Il écrivait à sa famille : Ma vie est chaque jour plus heureuse. Aidez-moi à remercier Dieu pour le don de la vocation religieuse.  Il se confiait à Notre-Dame : Soyons assurés que, si nous aimons Marie, elle nous protégera durant notre vie et encore plus à l’heure de la mort. 

Il devait revenir à Saragosse en août 1936, mais les événements de juillet lui donnèrent l’occasion de témoigner pour sa foi : une première fois fusillé le 23 juillet à Manzanares, il en conserva de graves lésions au visage ; il survécut grâce à la Croix-Rouge qui le fit hospitaliser avec cinq autres Compagnons ; à peine sorti de l’hôpital, trois mois après, il tomba sous les balles d’une deuxième fusillade, le 23 octobre 1936, avec les cinq autres. Eufrasio mourut d’une balle dans l’abdomen et une autre qui lui traversa la tête.

Tous furent béatifiés en 1989. 

 

 

Honorino Carracedo Ramos

1917-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

Né le 21 avril 1917 à La Lastra, Honorino était du même pays que son Confrère Julio Mediavilla, qui tomba à Carabanchel Bajo (Madrid).

Il reçut le Baptême dès le 22 avril 1917, et la Confirmation en septembre de la même année.

Il entraîna derrière lui deux autres frères, Jesús et Casimiro ; le premier vivait encore il y a peu au Mexique, l’autre mourut à Toluca en 1992. Honorino était particulièrement attaché à son frère Jesús.

Dès 1928, il rejoignit le collège passioniste de Saragosse, plein d’enthousiasme. 

L’été 1931, il dut regagner sa famille à cause des événements difficiles, puis retourna à Saragosse, où il reçut l’habit en 1932, avec le nom de Honorino de la Vierge des Douleurs. Il écrivit à ses parents : Réjouissez-vous d’avoir eu la chance de consacrer au Seigneur le plus aimé de vos fils.

Il fit le noviciat et la profession (1933) à Corella, puis fut envoyé à Daimiel en 1934.

Il avait la voix puissante et présentait bien. Il avait un rêve : partir en mission en Amérique Latine, comme d’autres étaient déjà allés au Mexique, à Cuba, au Vénézuéla… A son cher Jesús, il écrivait encore, en mai 1936 : Toujours de l’avant, le regard fixé sur Jésus Crucifié et sur Notre-Dame des Douleurs.

Honorino reçut la grâce du martyre «en deux fois». 

La première fois, ce fut le 23 juillet 1936 à Manzanares, où tombèrent six de ses Confrères ; il fut hospitalisé par les soins de la Croix-Rouge ; à cette occasion, on devait lui extraire du bras une balle, au milieu d’indicibles souffrances et Honorino encourageait le personnel infirmier : Allez-y, je suis «passioniste» ! 

La deuxième fois, ce fut trois mois après, toujours à Manzanares, juste après être sorti de l’hôpital ; une nouvelle raffale de balles abattit les Religieux, au soir du 23 octobre 1936.

Honorino avait dix-neuf ans. 

Il fut béatifié avec les vingt-cinq autres Passionistes de Daimiel, en 1989.

 

 

José María Cuartero Gascón

1918-1936

 

Voir aussi la notice : Passionistes de Daimiel

 

De trois ans plus jeune que son frère Tomás, José María était né à Tabuenca (Saragosse) le 24 juillet 1918, fut baptisé le 26 suivant, et confirmé en 1922.

Il accompagna son grand frère au collège de Saragosse, et décida avec lui d’entrer chez les Passionistes, après avoir entendu la prédication du père Ildefonso à Tabuenca durant le carême de 1930.

José María commença la noviciat à son tour à Corella en 1934. Il était plus expansif que son frère aîné, mais fit correctement tout son parcours et, lors du vote pour l’admission à la profession, reçut seulement une boule noire contre sept blanches.

Il fit donc la profession en octobre 1935, avec le nom de José María de Jésus et Marie. Il était le plus jeune de tout le groupe des étudiants passionistes.

C’est alors qu’il retrouva avec joie son aîné à Daimiel. Avec ses dix-sept ans, benjamin de la communauté, c’était encore un adolescent vif, joyeux, qui mettait une saine ambiance durant les récréations. Il avait la voix un peu rauque, disait-on.

José María avait une réelle admiration pour son frère aîné, en particulier pour ses dons oratoires ; en effet, durant les années de préparation sacerdotale, les jeunes étaient invités à prêcher dans la chapelle à l’occasion des fêtes importantes comme saint Gabriel de l’Addolorata, saint Thomas d’Aquin, saint Louis de Gonzague (v. 27 février, 28 janvier et 21 juin). En ce début de l’année 1936, le sort tomba sur Tomás.

A partir de la nuit du 21-22 juillet 1936, les deux frères furent encore plus unis dans leur destinée commune. 

Le 23 juillet, ils subirent la première fusillade de Manzanares. Le 24, José María «fêtait» ses dix-huit ans, à l’hôpital où la Croix-Rouge l’avait recueilli avec les cinq autres Passionistes, dont son frère. José María eut alors la mâchoire fracassée.

Le 23 octobre 1936, Tomás et José María tombèrent sous la deuxième fusillade de Manzanares, avec leur directeur, le père Ildefonso.

Unis dans la consécration et dans le martyre, ils furent unis dans une même cérémonie de béatification, en 1989.

 

 

 

María Caridad Álvarez Martín

1933-1994

 

Née le 9 mai 1933 à Santa Cruz de Salceda (Burgos, Espagne), María Caridad était la fille de Constantino et Sotera.

En 1955, elle entra chez les Sœurs Augustines Missionnaires.

A part un court séjour en Espagne pour convalescence, María Caridad exerça tout son apostolat en Algérie.

C’est en Algérie qu’elle prononça ses vœux, en 1960.

Sa communauté résidait à Bab El Oued, où elle s’occupa des personnes âgées et pauvres, qui l’aimaient beaucoup.

Lors de la décennie de la guerre civile, se posa le dilemme : rester ou partir. La réponse de María Caridad fut claire : elle restait.

Peu de temps encore avant sa mort, elle reçut des menaces, mais elle persévéra dans sa mission.

Le dimanche 23 octobre 1994, elle avait la main sur le carillon des Petites Sœurs de Jésus, où elle voulait participer à l’Eucharistie - quand elle reçut deux balles, dans la tête et dans le cou ; elle succomba peu après à l’hôpital militaire.

Avec une autre sœur, Esther Peniagua Alonso, Sœur María Caridad reçut la palme du martyre à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), le 23 octobre 1994, le dies natalis où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

 

 

Esther Paniagua Alonso

1949-1994

 

Née le 7 juin 1949 à Izagre (León, Espagne), Esther était la seconde des trois filles de Nicasio et Dolorès, qui la firent baptiser le 19 juin suivant.

Les parents l’enracinèrent dans la foi chrétienne ; chaque soir, Esther et sa sœur Gloria priaient le chapelet dans leur chambre.

En 1953, elle fut interne au collège des Sœurs Augustines Missionnaires à León et, au terme de ses études secondaires, demanda à entrer dans cette congrégation.

Le postulat se fit à Valladolid, le noviciat à Madrid.

En 1970, elle émit les premiers vœux et fut envoyée à León, comme surveillante au collège et pour faire des études d’infirmière.

En 1975, elle fit les vœux solennels et partit comme infirmière en Algérie.

Sa situation en milieu arabe, parmi les Musulmans, l’enchantait; elle travailla particulièrement parmi les enfants handicapés et rencontra les familles de ceux-ci.

En 1981, elle partit pour deux ans à Rome, pour y fréquenter les cours de l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et d’Islamologie ; elle s’y imprégna profondément de la langue et de la culture arabes.

De retour en Algérie, elle travailla à l’hôpital de Bab El Oued, toujours auprès des enfants handicapés.

On sait que les années 90 ont été très dures en Algérie, et ensanglantées. Le Groupe Islamique Armé (GIA) se déchaînait, des menaces planaient sur les ressortissants étrangers, et particulièrement sur les Catholiques. Esther dut ainsi quitter cet hôpital de Bab El Oued, pour celui de Beni-Nem. Elle fut nommée supérieure de cette communauté.

Il s’agissait de partir, ou de rester dans l’incertitude totale. Esther expliqua son choix : Personne ne peut nous prendre la vie parce que nous l’avons déjà donnée. Il ne nous arrivera rien puisque nous sommes dans les mains de Dieu… et s’il nous arrive quelque chose, nous sommes encore entre ses mains. L’été 1994, après quelques jours de vacances dans sa famille, elle repartit en Algérie.

Et encore : En ce moment, pour moi, le modèle parfait est Jésus : il a souffert, il eut à vaincre des difficultés et a abouti à l’échec de la croix, d’où jaillit la source de la vie.

Elle disait cela le 6 octobre 1994. Cet «échec» apparent advint quelques jours plus tard, le dimanche 23 octobre 1994, alors qu’elle arrivait à la porte des Petites Sœurs de Jésus pour assister à l’Eucharistie. Elle reçut trois balles dans la tête, et succomba instantanément. Sa collègue, la Sœur María Caridad, devait mourir peu après à l’hôpital.

Le 23 octobre sera son dies natalis, où elle sera mentionnée au Martyrologe.

Elle fut béatifiée en 2018.

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 23:00

22 OCTOBRE

 

II.

S Markos, évêque à Jérusalem.

III.

S Aberkios, évêque à Hiérapolis, dont on connaît l'épitaphe, rédigée par lui-même.

Ste Cordule, une compagne de ste Ursule à Cologne, qui se présenta d'elle-même aux barbares après être restée cachée dans un bateau (?).

S Salarius, évêque à Luni (VII.?).

IV.

S Philippos, évêque à Héraclée, martyr avec le diacre s. Hermès, horriblement maltraités, brûlés vifs. 

S Mallonus, venu d'Angleterre à Rome, converti par le pape qui l'ordonna premier évêque à Rouen.

S Népotien, évêque à Clermont.

S Valerius, archidiacre à Langres, martyr à Port-sur-Saône.

VI.

SS Constantin et Simplicius, abbés au Mont-Cassin.

S Verecundius, évêque à Vérone.

S Nunctus, venu d'Afrique dans la région de Mérida ; pour ne pas être tenté par la vue de quelque femme, il se faisait accompagner par deux moines, devant et derrière lui ; les habitants l'assassinèrent parce qu'il était trop mal vêtu, mais ils furent punis bientôt après par des douleurs mortelles.

S Lupentius, abbé à Javols, assassiné en Lorraine où il est très vénéré.

VII.

S Mérovée, moine thaumaturge à Bobbio, fondateur d'une abbaye à Precipiano.

S Léothade, abbé à Moissac et (ou) évêque à Auch. 

VIII.

S Modéran, évêque à Rennes, mort à Berceto. 

IX.

S Benoît de Massérac, ermite venu de Patras, retiré près du lac de Murin.

Stes Nunilo et Alodia, martyres près de Huesca ; de père musulman, elles préférèrent garder la foi reçue de leur mère. 

S Donat, irlandais ; de retour de Rome, il fut divinement indiqué pour devenir évêque à Fiesole, où il mourra environ quarante-sept ans plus tard.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : Andrés Zarraquino Herrero (Honorato Andrés, *1908), Álvaro Ibánez Lázaro (Florencio Martín, *1913) et Pedro Lorente Vicente (Ambrosio León, *1914), près de Valencia ;

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : Germán Caballero Atienza (*1880) et José Menéndez García (*1888), prêtres ; Victoriano Ibáñez Alonso (*1864), profès, près de Santander ;

Carmes déchaux : Luis Minguell Ferrer (L. María de N.Dame de la Merci, *1902), prêtre, à Barcelone ;     

Lasalliens : Josep Casas Lluch (Ildefons Lluís, *1886), à Barcelone.

Marcos de Jérusalem
2. siècle

Après la dernière révolte de Jérusalem (135), la ville fut entièrement romanisée. L’Eglise qui s’y trouvait n’était plus composée que de Chrétiens issus de la gentilité.
Marcos fut ainsi appelé à occuper le siège de Jérusalem - qui portait désormais le nom de Ælia Capitolina ; il en était le quinzième évêque.
A lui revenait la tâche immense de recomposer la vie ecclésiale de cette ville au passé si riche.
On ne sait combien d’années dura cet épiscopat, ni ce que fit particuliièrement Marcos ni comment et quand il mourut. 
Il ne fut pas martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcos de Jérusalem au 22 octobre.


Aberkios d’Hiérapolis
3. siècle

Pour situer Abercios, il faudra rappeler que la ville d’Hierapolis (l’ancienne Hieropolis) fit partie de la Phrygie orientale ou Phrygie Salutaire, à l’ouest de Synnada (act. Şuhut, Turquie W).
Ce qu’on sait de remarquable d’Abercios, est ce qu’il fit écrire lui-même pour son épitaphe. En voici le texte, à peu près totalement reconstitué :
Citoyen d’une ville distinguée, j’ai fait ce monument
de mon vivant, afin d’y avoir un jour une place pour mon corps.
Je me nomme Aberkios ; je suis disciple d’un saint pasteur
qui fait paître ses troupeaux de brebis par mont et par vaux,
C’est lui qui m’enseigna les Ecritures fidèles.
C’est lui qui m’envoya à Rome contempler la souveraine
et voir la reine aux vêtements d’or, aux chaussures d’or.
Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant.
J’ai vu aussi la plaine de Syrie et toutes les villes,
Nisibe au-delà de l’Euphrate. Partout j’ai vu des confrères.
J’avais Paul pour… La foi me conduisait partout.
Partout elle me servit en nourriture un poisson de source,
très grand, pur, pêché par une vierge pure.
Elle le donnait sans cesse à manger aux amis.
Ella a un vin délicieux, elle le donne avec du pain.
J’ai fait écrire ces choses, moi Abercios, à l’âge de septante-deux ans.
Que le confrère qui les comprend prie pour Aberkios.
On ne doit pas mettre un tombeau au-dessus du mien,
Sous peine d’une amende de deux mille pièces d’or pour le fisc romain,
de mille pour ma chère patrie, Hiéropolis.

Le saint pasteur est évidemment Jésus-Christ ; la reine aux vêtements d’or est la capitale de la chrétienté, Rome, reine de toutes les Eglises ; le peuple qui porte un sceau brillant sera le peuple des baptisés.
Aberkios parle de toutes les villes où il a voyagé : de la Syrie à Nisibe en Mésopotamie, au-delà de l’Euphrate. L’évocation de saint Paul - malheureusement tronquée et illisible - veut peut-être faire allusion au deuxième voyage de s.Paul, qu’Aberkios reprend à son tour.
Le poisson pêché par une vierge pure, c’est le Christ né de la Vierge Marie (rappelons que le mot grec IXTHUS, poisson, est l’anagramme de Iesus Christos Theou Yios Soter : Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur). Le vin et le pain sont bien sûr l’Eucharistie.
On sait qu’Aberkios fut évêque de Hierapolis et qu’il mourut à la fin du deuxième ou au début du troisième siècles. 
Une histoire dite légendaire a prétendu que le voyage à Rome fut imposé par l’empereur Marc-Aurèle qui voulait demander à Aberkios de guérir sa fille, Lucilla, possédée. La reine aux vêtements d’or est alors l’impératrice. Plus tard, Dieu aurait donné l’ordre à Aberkios de repartir en Syrie combattre l’hérésie, puis Aberkios parcourut toutes les régions citées plus haut avant de revenir à Hiérapolis.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Aberkios d’Hiérapolis au 22 octobre.


Philippos et Hermes d’Héraclée
† 303

Philippos fut évêque d’Héraclée (Thrace, auj. Grèce N).
Quand se déchaîna la persécution, il demeura sur place, encourageant ses fidèles à affronter courageusement les ennemis du Christ.
Vers février 303, la police vint apposer des scellés aux portes de l’église. Mais le vénérable Philippos alla célébrer les Saints Mystères dans un autre édifice. De nouveau, la police fit irruption, tortura Philippos et fit main basse sur tout le mobilier et les objets précieux du culte, qui furent brûlés sur la place publique.
Après un premier interrogatoire, on reconduisit en prison l’évêque, son diacre Hermès et d’autres fidèles : Philippos fut maltraité durant le trajet, il roula à terre plusieurs fois, comme le Christ tomba plusieurs fois sous le poids de sa lourde croix. Comme le Christ, Philippos ne montra aucun sentiment de révolte. On admirait ce vieillard qui souffrait avec joie tant d’insultes.
Cette constance valut au président du tribunal, Bassus, de se convertir. Mais son successeur s’acharna sur les Confesseurs. Philippos fut attaché par les pieds et traîné par la ville. Philippos devenait une loque humaine, mais encore vivante. Remis au cachot, il y séjourna encore de longs mois.
A nouveau convoqué, Philippos refusa encore de sacrifier aux dieux. Il fut dépouillé de ses vêtements et cruellement battu ; tous les membres étaient en lambeaux, les entrailles mises à nu. Le juge s’entêtait.
Le diacre Hermès fut à son tour interrogé.
L’Evêque et son Diacre furent condamnés à être bûlés vifs. Ils voulurent se rendre au bûcher d’un pas joyeux, mais il fallut porter le vieil évêque, qui ne pouvait plus tenir sur ses pieds. A l’endroit choisi, on enterra les deux Soldats du Christ jusqu’aux genoux, on leur lia les mains derrière le dos avec une corde qui fut attachée à un clou.
Le diacre Hermes prit encore le temps d’exhorter son fils à rester fidèle à Dieu.
Les flammes suffoquèrent bientôt les deux Martyrs. Philippos fut retrouvé les deux bras étendus, en prière ; le visage d’Hermes était resté intact. Dépité, le juge fit jeter les corps dans l’Ebre, mais les fidèles les en retirèrent.
Ce martyre eut lieu le 22 octobre 303.
Il restait en prison un certain Severus, qui fut martyrisé le lendemain, mais il n’a pas été retenu dans le Martyrologe.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Philippos et Hermes d’Héraclée au 22 octobre.


Mallonus de Rouen
† 312

Mallonus serait né en Grande-Bretagne à Cardiola, une cité inconnue, proche de Cardiff.
La graphie erronée Mellonus (français Mellon) a longtemps prévalu.
Dans des circonstances qui nous échappent, Mallonus aurait été amené en ôtage à Rome, où il participa à un culte envers Mars.
Le pape Etienne († 257) l’amena au Christ, l’ordonna prêtre et le nomma premier évêque de Rouen, vers 260.
Mallonus accomplit beaucoup de miracles ; il détruisit l’idole Roth ; un jour qu’il parlait dans une maison, le fils du propriétaire, Præcordius, monta sur le toit de la maison pour mieux entendre, mais il tomba et se tua juste aux pieds de Mallonus : celui-ci le rappela à la vie et ce miracle surprenant engendra la conversion de beaucoup de gens ; Mallonus construisit deux églises, l’une dédiée à la Sainte Trinité, l’autre à la Sainte Vierge.
Il mourut vers 312 à Héricourt-en-Caux, après un épiscopat d’un demi-siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Mallonus de Rouen au 22 octobre.


Valerius de Langres
† 350

Il est encore très difficile de situer ce diacre Valerius (qu’on se reporte par exemple à la notice de s.Desiderius de Langres, 23 mai).
Il y a aussi une confusion entre les noms de Valerius et Vincentius, qui semblent désigner le même personnage.  
Valerius, diacre de Langres, aurait quitté cette ville avec d’autres fidèles, pour échapper à l’envahisseur vandale, mais les barbares les rejoignirent et les massacrèrent à Port-sur-Saône (Vesoul, Haute-Saône). 
La difficulté principale consisterait à élucider la date précise de cette invasion des Vandales et de l'épiscopat de s.Desiderius. On suppose que le martyre de Valerius eut lieu vers 350.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerius de Langres au 22 octobre.

Lupentius de Javols

540-584

 

Lupentius (Louvent, Lupien) était né vers 540 à Gavaldà (Javols).

Entré dans la vie religieuse vers 564, il devint abbé de Saint-Privat à Javols (Mende, Lozère) en 576.

Le comte de Javols l’accusa auprès de la reine Brunehaut : il aurait mal parlé d’elle. Convoqué par celle-ci à Metz, il plaida non-coupable et put se retirer.

Mais le comte, insatisfait du sort de l’abbé, le poursuivit, l’arrêta et le fit torturer de diverses façons ; comme un chat qui s’acharne sur sa victime déjà blessée, le comte le laissa repartir et le rattrappa près de l’Aisne, où il se reposait quelque peu. Là, le comte lui trancha la tête et précipita dans la rivière le corps et la tête attachés à des pierres.

Ce meurtre - qu’on n’a pas assimilé à un martyre - se produisit vers 584.

Des bergers retrouvèrent le corps, puis le chef, qu’ils ensevelirent pieusement. Par la suite, tout malade qui venait prier à ce tombeau, retournait guéri.

Les reliques de s.Lupentius furent portées à la cathédrale de Châlons-en-Champagne, mais furent détruites dans l’incendie de 1668.

Lupentius est très honoré en Lorraine, où maintes paroisses lui sont dédiées.

On lui attribue des miracles pour les enfants, pour les infirmes et les maladies nerveuses.

Saint Lupentius de Javols est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léothade d’Auch

† 718

 

Léothade pourrait avoir été issu de la famille d’Eudes d’Aquitaine.

Il aurait été successivement abbé de Moissac et trente-sixième évêque d’Auch. Les deux localités sont peu distantes et il n’est pas rare qu’on ait fait appel à un moine ou un abbé d’une proche abbaye pour élire le nouvel évêque.

L’abbatiat se serait déroulé entre 678 et 691 (Léothade est nommé dans une charte concernant l’abbaye, en 680) ; l’épiscopat, entre 691 et 718.

Il y a cependant quelques difficultés dans cette chronologie, car on trouve la signature de Léothade comme évêque d’Auch au concile de Bordeaux en 673. Par ailleurs, on ne trouve pas son nom dans la liste officielle des abbés de Moissac. Reste aussi le problème de la charte citée ci-dessus…

En 1857, on ouvrit un sarcophage de la cathédrale d’Auch, où l’on trouva des fragments d’une crosse épiscopale.

Saint Léothade d’Auch est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain, qui ne parle pas d’abbatiat.

 

 

Modéran de Rennes

† 730

 

Le premier évêque de Rennes semble avoir été Modéran, vers 358, mais ce n’est pas le nôtre.

Modéran (Moderamnus, Moderandus, Maurand ou Moran) était, d’après une récente étude, le fils d’un comte de Tournay, localité flamande sise sur les bords de l’Escaut. 

Il devint le dix-septième évêque de Rennes, de 703 à 720. Mais les habitants de ce diocèse ne bénéficièrent pas beaucoup de la présence de leur évêque pendant ces dix-sept années.

En effet, Modéran voulut augmenter son trésor de reliques, faire le pèlerinage à Rome, et à Reims. Il partit, écoutant la voix de Dieu, peut-être sur un avertissement céleste.

En Italie, lors d’une halte non loin du monastère de Berceto (Parme, Italie NO), ces reliques restèrent accrochées à une branche, que Modéran n’arrivait plus à atteindre ; il promit alors de remettre une partie de ces reliques au proche monastère, et il put reprendre ses reliques.

Revenu dans son diocèse, il ne fit que donner sa démission, pour laisser la place à un successeur et pour se retirer dans ce même monastère de Berceto.

Modéran mourut une dizaine d’années plus tard à Berceto, vers 730, célèbre par ses miracles, fut-il affirmé.

Saint Modéran de Rennes est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benoît de Massérac

† 845

 

Ce Benoît serait né à Patras (Grèce), de famille sénatoriale, détail que les historiens jugent contestable.

Vers 882, il vint avec sa sœur et quelques compagnons dans la région de Nantes, où le comte Gondebaud leur céda un terrain pour construire un monastère. 

Ce monastère fut à l’origine de la paroisse, puis de la localité de Massérac (qui s’écrit localement aussi Macérac).

Benoît mourut vers 845.

Saint Benoît de Massérac est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nunilo et Alodia de Huesca

† 851

 

Ce ne sont pas les seules victimes de la persécution musulmane de Cordoue au 9e siècle. Il y en eut quarante-huit, que le Martyrologe recense à leurs dates respectives.

Nunilo et Alodia (on trouve aussi Nunilón et Elodia) étaient les filles jumelles d’un couple mixte, qui vivait à Adhuesca (Huesca, Espagne) : le père, libéral, était musulman ; la mère, chrétienne, avait fait baptiser ses filles et les éduquait chrétiennement.

Les deux époux moururent. Un parent, qui voulait s’emparer de l’héritage des deux jeunes filles, les dénonça au juge ; ce dernier, comprenant la mauvaise intention de l’accusateur, et voyant ces jeunes filles sans défense, annula le procès. Mais le parent alla les dénoncer au gouverneur de Huesca : ou elles apostasiaient, ou elles seraient décapitées.

Nunilo et Alodia n’hésitèrent pas : leur foi passait avant tout. Elles furent condamnées à mort et décapitées à Huesca en 851.

On ajoute que, précipités du haut des remparts, les corps furent abandonnés aux oiseaux prédateurs, qui ne les touchèrent pas ; la nuit suivante, on vit des rayons lumineux qui éclairaient l’endroit où se trouvaient les corps.

Les saintes Nunilo et Alodia de Huesca sont commémorées le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Donato de Fiesole

790-876

 

Originaire d’Irlande, Donato ne portait certainement pas ce nom, mais on ne lui en connaît pas d’autre.

En 816, troublé par de récentes incursions qu’on suppose danoises, il quitta la famille et le pays, et arriva à Rome.

Au retour, il s’arrêta à Fiesole (Toscane), récemment ravagée par les Normands. Le peuple s’était rassemblé avec le clergé dans la cathédrale. Notre Irlandais montra sans doute des signes de grande piété, car on le remarqua et, d’un seul cœur, tous proclamèrent cet étranger donné par Dieu pour être leur évêque.

On imagine la surprise de l’Elu, ses protestations. Rien à faire, il dut s’incliner et obéir à la volonté divine.

Donat fut ainsi le dixième évêque de Fiesole, et le resta pendant près de cinquante ans, de 829 à 876.

Sa tâche principale fut d’encourager la population à se relever des précédents conflits.

En 850, Donato assista au couronnement de Louis II ; en 866, ce dernier accorda des mesures en faveur du diocèse de Fiesole.

En 861, ce fut le concile de Rome, qui devait juger l’archevêque de Ravenne.

Donato nous a laissé des écrits, une vie de sainte Brigide de Kildare (v. 1er février), des poèmes et sa propre épitaphe.

Il mourut en ou vers 876.

Saint Donato de Fiesole est commémoré le 22 octobre dans le Martyrologe Romain.

Victoriano Ibáñez Alonso

1864-1936

 

Victoriano naquit le 2 novembre 1864, à Santibáñez de Resoba (Palencia, Espagne) et fut baptisé le 5 suivant.

Après l’école primaire, il travailla dans des localités voisines : Rabanal de los Caballeros, Rueda y Villaescusa del Bardal, où il se signala aussi pour son activité charitable envers les malades.

Ayant rencontré les Dominicains au sanctuaire de Montesclaros, il sollicita son entrée en 1888, d’abord comme simple domestique, puis comme membre à part entière de la communauté, en tant que Frère convers (ou coopérateur). 

Après le noviciat, il fit la profession à Las Caldas de Besaya en 1893, puis fut au sanctuaire de Montesclaros jusqu’en 1908.

Il faisait la quête dans les villages alentour et s’occupait de la sacristie et des écuries.

En 1908, il fut envoyé au couvent de Olivar (Madrid), puis à Oviedo et de nouveau à Olivar.

Pour des motifs de santé, on l’envoya à Montesclaros (1935) et, quand la communauté dut se disperser le 16 août 1936, à Los Carabeos.

De nouveau malade, il revint à Montesclaros, où il fut découvert, en même temps que les pères Germán Caballero et José Menéndez (voir leurs notices), le 29 septembre.

Le sort des trois Religieux fut identique : arrêtés ensemble, enfermés à Montesclaros puis à Reinosa, ils furent conduits à Los Montes de Saja (Santander) pour y être exécutés, dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936. Victoriano avait soixante-douze ans.

Le frère Victoriano Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

 

 

Germán Caballero Atienza

1880-1936

 

Germán naquit le 11 octobre 1880 à Castromocho (Palencia, Espagne), le jour où l’on fêtait alors la Maternité de Marie (et où en 1962 commença le 2e Concile de Vatican). Il fut baptisé le 13 suivant.

Ce fut un garçon vif, joueur, mais aussi obéissant et pieux.

A douze ans, il alla chez son oncle, curé de Gozón, pour étudier le latin, et entra au collège des Jésuites à Carrión de los Condes.

Plus tard, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), où il fit la profession le 8 décembre 1898 et les études philosophiques.

En 1902, il passa à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1906.

Après dix années d’enseignement à Corias (où il fut aussi sous-directeur) et La Coruña, il fut envoyé en Amérique.

De 1913 à 1935, il travailla activement au Mexique, au Costa-Rica, au Salvador, au Nicaragua, et de nouveau au Salvador.

Au début de 1936, il revint en Espagne et fut au sanctuaire de Montesclaros. 

La communauté s’étant dispersée à cause de la révolution, il trouva à se réfugier à Aldea de Ebro, le 16 août.

Le 29 septembre, il fut arrêté et enfermé justement dans le couvent de Montesclaros, puis à Reinosa.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936, on le fit sortir pour l’exécuter à Los Montes de Saja (Santander).

Le père Germán Caballero Atienza fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Casas Lluch

1886-1936

 

Josep était né à Sampedor (Barcelona, Espagne) le 20 juin 1886.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1899, à treize ans, au noviciat mineur de Bujedo ; il fit ensuite le noviciat en 1902, prit l’habit et le nom religieux de Ildefonso Luis.

Il exerça son activité pédagogique d’abord à Condal (1904) puis fut nommé à Bonanova (1905). 

Suite aux lois laïques de 1905, la province française de Béziers venait d’ouvrir un collège («Provenza»), où le Frère Ildefonso resta treize ans, démontrant ses excellentes capacités artistiques (dessin, aquarelles, miniatures), mais aussi en matières scientifiques (téléphone et chimie).

Il fait ses vœux perpétuels en 1915.

Le collège étant fermé en 1919, il passa à Hostalets puis à Granollers, Josepets (1925), Gerona. En 1933, il fut directeur à Horta.

La persécution se déchaîna en 1936. le Frère Ildefonso eut l’occasion de fuir en France, mais en bon pasteur qui n’abandonne pas ses brebis, il ne voulut pas les quitter avant de s’assurer de leur sécurité.

Quand il put partir, il fut arrêté une première fois à Gerona, conduit à Barcelona, mais tout de même libéré le 19 octobre, quoique étroitement surveillé : on savait bien que par ses déplacements, il pourrait sans le savoir être un guide sûr vers d’autres Religieux. C’est ce qui se passa.

Il était en train de téléphoner, quand des miliciens vinrent fouiller et lui demandèrent d’où on l’appelait.

On l’arrêta le soir même et il fut assassiné, le 22 octobre 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

José Menéndez García

1888-1936

 

José naquit le 19 février 1888, à Genestosa (Tineo, Asturies, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

En 1895, il reçut la Confirmation.

Il alla chez le curé de Abona pour étudier le latin.

Plus tard, il entra à l’école apostolique dominicaine de Corias (Asturies), où il fit la profession en 1904 et les études philosophiques.

En 1908, il passa à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre ; en 1912, il passa à Barcelone, avant de gagner le couvent de Oviedo.

Ses dernières années se passèrent au sanctuaire de Montesclaros, où il était chantre et organiste. 

La communauté s’étant dispersée à cause de la révolution, il trouva à se réfugier à Aldea de Ebro, le 16 août, avec son Confrère, le père Germán Caballero (voir la notice).

Le 29 septembre, il fut arrêté et enfermé justement dans le couvent de Montesclaros, puis à Reinosa.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1936, on le fit sortir pour l’exécuter à Los Montes de Saja (Santander).

Le père José Menéndez García fut béatifié en 2007. 

 

 

Luis Minguell Ferrer

1902-1936

 

Luis était né à Pola de Gordón (León) le 13 juin 1902 et fut baptisé le 6 juillet suivant.

Sa famille s’étant installée à Badalona, il entra au Petit séminaire carme de cette localité, en 1912.

En 1917, il entra au noviciat des Pères carmes à Tarragona, et fit la premiière profession en 1918, avec le nom de Luis María de Notre-Dame de la Merci.

En 1924, il fut ordonné prêtre et fit partie de la communauté de Barcelone, où il enseigna.

Au moment de la guerre civile de 1936, il se réfugia chez des amis, puis chez un oncle.

Il eut la «chance» d’obtenir un sauf-conduit pour sortir d’Espagne, mais, héroïquement, il le donna à un autre Confrère. Quant à lui, il continua de changer fréquemment de refuge, pour ne pas compromettre ses hôtes.

Le 26 septembre 1936, il fut cependant repéré chez un de ses frères.

Conduit à la prison San Elías, Il «disparut». Ce n’est qu’un an plus tard qu’un témoin put raconter qu’on le fit sortir de la prison, le 22 octobre 1936, pour l’exécuter.

Luis a été béatifié en 2007.

 

 

Andrés Zarraquino Herrero

1908-1936

Álvaro Ibáñez Lázaro

1913-1936

Pedro Lorente Vicente

1914-1936

 

Andrés Zarraquino Herrero naquit à Bañón (Teruel, Espagne) le 18 avril 1908.

Il commença le noviciat ches les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, et prit l’habit en 1924 au noviciat de Hostalets de Llers, avec le nom religieux de Honorato Andrés.

Il commença son apostolat à Tortosa, puis Gracia, Barcelone (1931) et Bonanova.

 

Álvaro Ibáñez Lázaro était né le 12 juin 1913 à Godos (Teruel, Espagne), et fut baptisé le lendemain.

En 1927, à quatorze ans, il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils et y prit l’habit en 1929, avec le nom religieux de Florencio Martín.

Son apostolat commença en 1932 à Barcelone, et continua à Bonanova en 1933.

 

Pedro Lorente Vicente, le plus jeune des trois, était né à Ojos Negros (Teruel, Espagne) le 7 janvier 1914, et fut baptisé le 11 janvier suivant.

Il fut d’abord chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Monreal del Campo, puis commença le noviciat à Cambrils en 1925, pour y prendre l’habit en 1930, à seize ans, avec le nom religieux de Ambrosio León.

En 1932 il commença son activité au collège de Notre-Dame de Bonanova.

 

A partir de 1933, donc, ces trois Religieux partagent la vie de communauté à Bonanova, où allait sévir la persécution en 1936.

Le 19 juillet, la communauté fut dispersée, et les Frères devaient trouver refuge quelque part. Ils errèrent quelques jours puis décidèrent de partir chez eux, en Aragón, en passant par Valencia, où ils se dirigèrent, à pied. Mais à Valencia, ils constatèrent que la guerre civile les empêchait de continuer leur voyage.

Les deux Frères Honorato et Florencio trouvèrent refuge chez Madame Adelantado, où ils menèrent une vie très édifiante.

L’autre Frère, Ambrosio, trouvait à donner des leçons particulières aux enfants dans une autre maison, où il édifia tout le monde.

Ils eurent tous les trois l’idée d’exercer leur «métier» d’enseignants, en se présentant à une école qui avait besoin de maître. On leur demanda leur diplôme, qu’ils n’avaient pas avec eux, et qu’on demanda à Barcelona. La réponse fut qu’ils avaient effectivement leur diplôme de maîtres, mais qu’ils étaient Frères des Ecoles Chrétiennes, ce qui était leur arrêt de mort.

Le 22 octobre vers midi, un groupe de miliciens se présenta au domicile où se trouvaient nos deux premiers Frères, pour les arrêter. Ils furent conduits à la «tchéka», dans le Séminaire transformé en caserne, en attendant de pouvoir arrêter aussi le troisième Frère, ce qui se fit à son retour plus tard dans l’après-midi.

Les trois Frères furent alors conduits dans un coin de Valencia et fusillés vers dix-huit heures, ce même 22 octobre 1936.

Ces trois martyrs ont été béatifiés en 2001.

Ils sont inscrits au Martyrologe le 23 octobre, suite à une petite erreur bien explicable devant le grand nombre de Martyrs à inscrire dans ce saint livre.

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 23:00

21 OCTOBRE

 

IV.

SS Dasius, Zoticus et Caius, martyrs à Nicomédie.

S Agathon, solitaire en Egypte, sage et modéré, très charitable, très modeste.

S Hilarion, palestinien venu en Egypte pour connaître s. Antoine, à quinze ans ; thaumaturge fuyant la célébrité, il fut à Gaza, en Egypte, en Lybie, en Sicile, à Rome, en Dalmatie, à Paphos, où il mourut à quatre-vingts ans. 

S Malchus, syrien ; il refusa le mariage et devint moine avec des péripéties rocambolesques.

S Juste, archidiacre à Clermont.

V.

S Seurin, évêque à Trèves, puis à Bordeaux où s. Amand lui laissa la place.

Ste Ursule, une des onze (mille ?) martyres de Cologne ; anglaise, elle s'embarqua avec ses compagnes, aborda aux Pays-Bas, rejoignit Cologne où elles furent bien reçues ; après un pèlerinage à Rome, elles furent massacrées par les Huns devant Cologne ; légende ?

Ste Céline, vierge à Meaux ; elle laissa son fiancé pour suivre ste Geneviève.

S Anatole, évêque à Cahors (?).

Ste Céline, mère de trois garçons : s. Principius, évêque à Soissons, Agricola dont le fils, s. Lupus, succéda à s. Principius, et s. Remi. 

S Viateur, lecteur, compagnon de l'évêque de Lyon s. Iustus dans sa retraite en Egypte ; il y eut une congrégation d'éducateurs sous son patronage.

VI.

S Walfroy, gaulois dévôt de s. Martin et disciple de s. Yrieix, ermite stylite à Trèves, seul exemple connu de stylite en Occident ; l'évêque lui enjoignit de descendre de sa colonne.

VII.

S Fintan (Munnu), abbé en Irlande ; il eut la lèpre pendant vingt-quatre ans.

S Wendel, écossais, ermite près de Trèves, peut-être abbé à Tholey.

S Condé (Condède), anglais, ermite en Normandie.

S Domnolène, prêtre ou moine à Saint-Laurent-des-Aubats.

VIII.

S Mauront, abbé et évêque à Marseille.

IX.

S Hugues, abbé à Ambronay (X.?).

XI.

S Gebizo, allemand, bénédictin au Mont-Cassin, mort d'une douloureuse fistule au sein gauche.

XV.

B Piero Capucci, dominicain italien ; il prêchait avec un crâne dans la main.

XVII.

B Julianus Nakaura, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XIX.

S Yu Tae-ch’ŏl Petrus, adolescent coréen de treize ans, martyr, canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre.

XX.

B Estanislao García Obeso (1875-1936), prêtre dominicain martyr près de Santander, béatifié en 2007. 

Bse Laura Montoya y Upeguí (de Sainte-Catherine-de-Sienne, 1874-1949), colombienne, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée et de Sainte Catherine de Sienne, béatifiée en 2004.

 

 

 

Dasius, Zoticus et Caius de Nicomédie

303

 

Ces trois martyrs étaient trois domestiques du palais impérial à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), et chrétiens.

Lors de l’incendie qui frappa cet édifice, ils en furent accusés et, pour cela, condamnés à mort.

On leur attacha de grosses pierres au cou et on les précipita dans la mer.

Il se peut qu’on leur ait adjoint douze Compagnons - ou même douze mille, chose très improbable.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Dasius, Zoticus et Caius de Nicomédie au 21 octobre.

 

 

Hilarion de Gaza

291 ?-372

 

Hilarion naquit à Tabatha, près de Gaza en Palestine, de parents riches et païens.

A quinze ans, après quelques études à Alexandrie, il reçut le baptême et, tout épris du désir de la perfection, abandonna les plaisirs du cirque et du théâtre pour courir au désert rencontrer Antoine, dont le nom était déjà célèbre. A la vue du patriarche du désert, il s'écria : « Et moi aussi, Dieu me veut ermite ! » Il vendit peu après le patrimoine de ses parents, qui venaient de mourir, et s'enfonça dans la solitude, près de Maïouma, port de Gaza.

Il se construisit une cabane, qui ressemblait plus, par ses dimensions, à un tombeau qu’à une cellule.

Il portait un cilice, qu’il ne lava jamais (pourquoi faire ?) et une simple peau de bête. Il se tondait une fois l’an, à Pâques.

Il savait l’Ecriture par-cœur.

Le démon, furieux de voir un enfant égaler en ferveur les plus anciens anachorètes, lui déclara une guerre acharnée ; il employa tous les moyens : la crainte, les coups, la séduction, des visions de femmes, des apparitions d'animaux ; l'ermite triompha de tout en multipliant ses austérités.

Un jour pourtant, Hilarion, chantant des psaumes, était distrait et ne priait que de bouche ; le démon, fier de cette légère faiblesse du saint, lui sauta sur le dos et se moqua de lui. Le solitaire s'humilia, pleura sa faute et profita de cette négligence pour redoubler d'ardeur au service du Seigneur. Cet homme, qui avait tant à souffrir du démon, reçut de Dieu le pouvoir de se venger de lui ; on amenait de toutes parts des possédés à Hilarion, qui les délivrait des malins esprits.

Une femme stérile obtint le grâce de la maternité. Il rendit la vue à une aveugle, en lui reprochant doucement d’avoir donné aux médecins ce qu’elle aurait dû donner aux pauvres.

Il fut si célèbre que, comme autour de saint Antoine au désert d’Egypte, beaucoup vinrent se mettre sous sa conduite, donnant naissance à une quantité de monastères.

Cependant, les foules accourant vers lui, attirées par sa réputation de sainteté, le saint regretta sa solitude primitive : Il faut aller me cacher pour prier et souffrir, si je veux me rendre digne de la miséricorde de Dieu. Quand il voulut partir, plus de dix mille personnes l'arrêtèrent par leurs larmes et leurs gémissements. Il réussit pourtant à s'échapper, et gagna le désert d’Egypte où il retrouva avec émotion saint Antoine.

Il fut divinement informé que son monastère de Gaza avait été rasé par les envoyés de Julien l’Apostat, et que lui-même était recherché pour être mis à mort. Mais c’est Julien qui mourut le premier.

Hilarion pouvait revenir à Gaza, mais préféra partir pour la Libye, et même s’embarqua pour la Sicile, proposant de payer son voyage avec une copie de l’Ecriture qu’il avait lui-même écrite dans sa jeunesse. On le retrouva quand même et il s’enfuit en Dalmatie, revint à Chypre, où il s’établit en secret, mais sa victoire sur les démons le fit à nouveau découvrir ; on organisa une garde autour de son jardin pour l’empêcher de partir.

Le Seigneur, prenant pitié de ses larmes, l'avertit de sa mort prochaine. Hilarion s'étendit sur une natte : Sors, mon âme, dit-il, sors de ton corps, brise les derniers liens. Pourquoi tarder encore ? Il y a bientôt soixante ans que tu sers le Christ, peux-tu craindre la mort ? Et il rendit l'esprit.

«Bientôt soixante ans» peut faire supposer qu’Hilarion avait alors soixante-quinze ans environ, puisqu’il se retira encore adolescent, à quinze ans. Saint Jérôme affirme qu’il en avait déjà quatre-vingts. Aussi les dates d’Hilarion restent conjecturales.

Son disciple Hésychius vint le reprendre pour l’enterrer à Maïouma.

Digne émule du grand saint Antoine, saint Hilarion a mérité le titre de Patriarche des solitaires de la Palestine.

Il est fêté en Orient comme en Occident le 21 octobre.

 

 

Malchus de Maronia

4. siècle

 

La cité de Maronia, dans le désert de Chalcis, se trouvait à proximité d’Antioche de Syrie (on ne parle pas ici de la ville de Maroneia, en Thrace, Grèce NE).

S.Jérôme (v. 30 septembre), arrivant de Rome, vécut un certain temps dans cette contrée, et c’est de lui que nous connaissons la brève biographie qui suit.

Malchus, déjà fort âgé, lui raconta qu’il était né en Mésopotamie, près de Nisibe, où ses parents possédaient un petit champ.

Quand il eut l’âge, ses parents voulurent le marier, mais il s’y refusa et se réfugia chez les moines de Chalcis.

A la mort de son père, il pensa aller revoir sa mère et partager son héritage avec les pauvres. Son abbé le lui déconseillait, mais il partit quand même.

La caravane dont il faisait partie, fut attaquée par des Arabes qui livrèrent ensuite leurs «proies» à des maîtres : Malchus se retrouva gardien de troupeau, avec une femme de la même caravane, chez un maître qui voulait les marier.

Malchus ne voulait pas de ce mariage, ni la femme d’ailleurs ; il pensait se suicider, mais la jeune femme elle-même lui proposa de vivre avec elle dans la chasteté.

Plus tard, avisant une fourmilière, Malchus fut repris par le désir de la vie cénobitique, où tout est en commun. Avec sa «compagne», il s’enfuit ; ils se réfugièrent dans une caverne ; mais ils furent prestement rejoints par deux hommes montés sur dromadaires, qui les sommaient de sortir : sortit une lionne qui les dévora instantanément puis s’éloigna.

Malchus et la femme montèrent sur les deux dromadaires et rejoignirent un camp romain. Laissant la femme libre de vivre comme une vierge, Malchus reprit la vie monastique.

S.Jérome ne raconte rien de plus sur la vie de Malchus. On ne sait quand il mourut.

Le fabuliste Jean de La Fontaine a raconté à sa façon cette histoire dans son Poème de la captivité de saint Malc.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Malchus de Maronia au 21 octobre.

 

 

Severin de Cologne

Seurin de Bordeaux

5e siècle

 

Il y a une longue contestation concernant ce Saint.

Il aurait été d’abord le troisième évêque connu de Cologne (Allemagne W) où, en 376, il aurait consacré un monastère aux saints Corneille et Cyprien (v. 16 septembre).

En 397, il aurait entendu le chœur des anges chanter la mort de s.Martin de Tours (v. 11 novembre), auquel le liait une sainte amitié.

La première Vita à laquelle on se réfère est celle de s.Venantius Fortunatus (v. 14 décembre), qui affirme cependant qu’il fut évêque à Trèves et que, de là, sur la mission confiée par un ange, il se serait rendu à Bordeaux pour remplacer s.Amand.

Ce dernier fut en même temps averti par le Ciel de bien accueillir Severin et de lui céder le siège épiscopal, ce qu’il fit avec une humilité remarquable. Si le fait est historique, on n’en connaît cependant pas la signification.

Comme évêque de Bordeaux, Severin se nomme Seurin.

Par sa prière, une nuée obscure aveugla les Goths qui menaçaient la ville ; il faisait littéralement «la pluie et le beau temps» selon les nécessités des paysans.

On disait que Seurin venait de l’Orient ; l’expression pourrait signifier simplement que Seurin venait de l’Est vers l’Ouest, de Trèves à Bordeaux.

Reste à discuter s’il fut évêque à Cologne ou à Trèves ; il semble qu’il s’agisse de deux personnages différents, car on mentionne Severin à Cologne à la fin du 4e siècle, et un Severus à Trèves en 445.

Quant à l’épisode du «remplacement» d’Amand par Severin, le Martyrologe la présente de cette façon : Severinus venait des régions orientales et fut accueilli par s.Amand qui le désigna comme son successeur, sans mentionner ni Cologne ni Trèves.

Saint Seurin de Bordeaux est commémoré le 21 octobre dans le Martyrologe Romain.

Ursule

† 453

 

Au sujet de sainte Ursule, le Martyrologe du 21 octobre s’exprime ainsi :

A Cologne, la commémoraison des saintes vierges qui consommèrent leur martyre pour le Christ, là où plus tard fut construite une basilique en l’honneur de la jeune Ursule, vierge innocente que l’on pense avoir été à leur tête.

L’expression, sans aucune précision de date, tente d’accommoder à la fois une certaine tradition, des récits invérifiables, et des conjectures modernes.

Les conjectures modernes s’orientent vers une merveilleuse fable inventée de toutes pièces, et concèdent tout juste qu’il a pu s’agir du martyre de «onze vierges avec Ursule».

Les récits invérifiables sont les différentes versions qu’on possède sur sainte Ursule et ses éventuelles onze mille Compagnes.

La tradition veut qu’en effet cette basilique de Cologne ait été construite en l’honneur d’un grand nombre de vierges martyres, guidées par Ursule, toutes massacrées par les Huns dans les environs de la ville germanique.

Mais pourquoi donc ces onze mille vierges ? D’où venaient-elles et pourquoi ? Comment ont-elles pu tomber dans quelque embuscade des barbares envahisseurs ?

 

Ci-après, on trouvera deux récits. L’un se réfère à une «tradition». L’autre est repris d’une vision de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février). Il n’est pas question ici de prétendre qu’une vision soit parole d’Evangile : l’Eglise n’a pas béatifié Anna Katharina pour ses visions. Mais Anna Katharina était ignorante et ne parlait que de ce qu’elle «voyait» dans ses visions, croyant d’ailleurs que tout le monde voyait les mêmes choses qu’elle. Ce qui frappera ici, c’est la cohérence de son récit.

 

Selon, donc, une ancienne tradition, Ursule était la fille d’un roi de Grande-Bretagne, très pieuse et très belle, qui voulait rester vierge par amour du Christ. C’était au 5e siècle.

Ursule fut demandée en mariage par un prince d’une région lointaine, qui en avait entendu parler. Ursule répondit qu’elle acceptait, mais dans un délai de trois ans, pendant lequel elle devait préparer dix compagnons d’élite, avec chacun mille vierges, qui partiraient sur onze navires, à destination du prince charmant.

Au bout des trois années, tout ce monde s’embarqua. Entre temps, toutes ces vierges s’étaient entraînées à conduire des navires. On accosta aux actuels Pays-Bas, et l’on remonta le Rhin jusqu’à Cologne. De là, sur inspiration divine, elles poussèrent jusqu’à Bâle, et continuèrent à pied jusqu’à Rome où elles vénérèrent les Saints Lieux et s’en retournèrent. Parvenues à Cologne, les Huns les accueillirent à coups de flèches et toutes moururent ainsi martyres. Puis les Huns virent en face d’eux une autre «armée», céleste celle-ci, qui les mit totalement en déroute, pour la plus grande joie des habitants de Cologne, qui étaient assiégés depuis un certain temps.

 

Voici maintenant le récit de Anna Katharina.

«Ursule fut suscitée par Dieu pour garantir les jeunes filles et les veuves de son temps de la séduction et du déshonneur et pour les faire entrer dans l’armée céleste des martyrs couronnés. L’archange Raphaël lui avait été donné pour guide : il lui annonça sa mission (…) (Ces jeunes filles et ces veuves) devaient mourir comme des enfants encore innocents, avant d’avoir pu tomber dans le péché.

Ursule était grande et forte, très résolue et très active ; elle n’était pas précisément belle, sa physionomie était très sérieuse et ses allures viriles. Lorsqu’elle souffrit le martyre, elle était âgée de trente-trois ans. Je la vis très jeune en Angleterre dans la maison de son père Deonotus et de sa mère Geruma.

Ursule avait dix compagnes qui venaient la trouver tous les jours, le matin et dans l’après-midi : après quoi, divisées en deux groupes, elles couraient ensemble dans une place entourée de murs, y luttaient avec les mains et même s’exerçaient au maniement de la lance.

Un homme de guerre puissant et considéré vint trouver le père d’Ursule :  il avait entendu parler des exercices auxquels se livraient les jeunes filles et voulait les voir (…). Charmé de la beauté et de l’adresse d’Ursule, il la demanda en mariage. Les compagnes de celle-ci devaient épouser ses officiers et la chose devait se faire dans un endroit au-delà de la mer qui était dépeuplé. Cela me fit penser à Bonaparte qui mariait aussi des jeunes filles aux officiers de sa garde.

L’archange Raphaël apparut (à Ursule), la consola et lui ordonna de demander à adjoindre dix autres vierges à chacune de ses compagnes ; elle devait en outre réclamer un délai de trois ans et s’exercer avec elles sur des navires à toute sorte de combats et de manœuvres : il l’exhorta à avoir confiance en Dieu qui ne permettrait pas que son vœu de virginité fût violé.

Pendant ces trois années, elle devait convertir ses compagnes à la religion chrétienne et compter pour cela sur la protection de Dieu (…)

Le père leur fit équiper cinq petits navires, sur chacun desquels était un vingtaine de jeunes filles et aussi quelques matelots pour leur enseigner à se servir des voiles et à combattre sur l’eau. Je les vis alors s’exercer tous les jours à manœuvrer leurs navires, d’abord sur un fleuve, puis sur la mer à peu de distance du bord (…)

Bertrand, le confesseur d’Ursule, et deux autres ecclésiastiques étaient sur les navires. Toutes les jeunes filles furent baptisées par les prêtres (…)

Lorsqu’elles partirent d’Angleterre, il s’éleva une grande tempête qui les poussa vers les Pays-Bas (…) A l’endroit où elles quittèrent la mer pour remonter le Rhin, il y avait une ville où elles eurent beaucoup à souffrir. Quand on voulait mettre la main sur les vierges, elles se mettaient courageusement en défense et recevaient un secours surnaturel. Leurs agresseurs étaient comme paralysés et ne pouvaient rien contre elles (…)

Ursule remonta sur cinq bateaux de Cologne à Bâle où plusieurs restèrent avec les bateaux ; de Bâle, elle partit pour Rome avec environ quarante personnes parmi lesquelles des prêtres et des guides (…) Le pape Léon le Grand fit venir Ursule pour l’interroger ; elle s’ouvrit franchement à lui sur le secret de sa mission et sur ses visions, et elle reçut tous ses avis avec beaucoup d’humilité et de soumission (…) Ursule emporta avec elle à Cologne une relique de saint Pierre qui est encore connue comme telle sans qu’on sache d’où elle provient, une autre de saint Paul (…) Lorsqu’elles furent de retour à Bâle, tant de personnes se joignirent à elles qu’il leur fallut onze bateaux pour revenir à Cologne (…) Elles prirent terre à une lieue à peu près au-dessous de Cologne et elles établirent une espèce de camp (…)

Les ennemis, les ayant entourées de toutes parts, les égorgèrent à coups de lances et de haches (…) Ursule fut percée d’une lance. Parmi les corps qui couvraient le champ des martyres, il y avait, outre les vierges bretonnes, celles, en beaucoup plus grand nombre, qui étaient venues de divers endroits s’adjoindre à elles : il y avait encore des prêtres venus de Rome, d’autres hommes et aussi des ennemis (…)

Vers le temps où Ursule quitta l’Angleterre, vivaient en France les saints évêques Germain et Loup. Lorsque saint Germain passa en Angleterre avec saint Loup pour combattre les hérétiques, il consola les parents d’Ursule et ceux des autres jeunes filles, qui s’affligeaient de leur absence.»

 

Que l’on choisisse l’une des deux versions que l’on voudra. Il est certain que la mission d’Ursule sort de l’ordinaire et même de l’imaginable.

Sainte Ursule est regardée comme le modèle et la patronne des personnes qui s'appliquent à instruire chrétiennement la jeunesse. Plusieurs congrégations de religieuses sont placées sous son invocation, dont les «Ursulines».

A présent, Ursule, avec le nombre incalculable de ses nombreuses Compagnes, est mentionnée le 21 octobre au Martyrologe.

 

 

Céline de Meaux

5e siècle

 

On vénère le même jour deux Céline, l’une vierge, l’autre veuve (voir par ailleurs).

Céline de Meaux était d’une famille noble de cette ville.

Y ayant rencontré ste Geneviève (v. 3 janvier), elle fut conquise par l’amour du Christ et demanda à la Sainte parisienne de lui donner le voile des vierges.

Quelqu’un fut assez mécontent : le fiancé de Céline. Pour échapper à sa fureur, les deux vierges allèrent s’enfermer dans le baptistère de l’église, qui se referma sur elles et les protégea.

Geneviève guérit en passant une des servantes de Céline, paralytique depuis deux ans.

Cette rencontre se situe assez approximativement, c’est-à-dire entre 465 et 480.

Céline put par la suite conserver sa virginité et se dévouer aux bonnes œuvres.

Sainte Céline de Meaux  était commémorée le 21 octobre dans le Martyrologe Romain, mais en a été retirée.

 

 

Céline de Laon

† 460

 

On vénère le même jour deux Céline, l’une vierge (voir par ailleurs), l’autre veuve. On a nommé cette dernière de Laon, pour bien la distinguer.

Son nom connaît des variantes : Chilinia, Cilinia, Cylinia, Cælinia, Celina.

Céline de Laon était d’une famille noble, ainsi que son mari, Emilius. Ils eurent trois garçons : Principius, Agricola et Remi. Agricola eut un fils nommé Lupus.

Principius devint évêque de Soissons (v. 25 septembre) ; Agricola devint prêtre ; Remi fut le célèbre évêque de Reims (v. 13 janvier) ; quant à Lupus, il succéda à Principius.

La naissance de Remi fut annoncée par plusieurs avertissements célestes, dont Céline s’étonnait un peu en raison de son âge déjà avancé, puis par un saint moine nommé Montanus, aveugle, qui lui précisa que le futur bébé lui frotterait ses yeux aveugles avec le lait maternel, ce que fit le petit Remi, redonnant la vue à Montanus. 

Céline, la mère de s.Remi, serait morte à Labrinacum (Lavergny), près de Laon, où était né Remi, et à une date postérieure à 458.

Sainte Céline de Laon  est commémorée le 21 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Viateur de Lyon

† 490

 

Viateur était un lecteur dans la ville de Lyon, au moment de l’épiscopat de s.Iustus (v. 2 septembre).

Quand ce dernier se retira en Egypte, il ne voulut prendre pour compagnon que Viateur.

Après plusieurs années de vie parmi les moines d’Egypte, il sentit sa mort approcher et en avertit Viateur, qui s’en affligeait.

Iustus cependant rassura Viateur, lui promettant qu’il allait bientôt après le rejoindre. Ce bientôt devait effectivement se vérifier, puisque Viateur mourut quarante jours ou huit jours plus tard, selon les sources. On notera qu’en effet, s.Iustus, mentionné autrefois le 14 octobre, l’est actuellement le 2 septembre.

On situe leur mort après 481, parce qu’on sait que Iustus participa cette année-là au concile d’Aquilea. Mais Iustus rentra d’abord dans son diocèse, et ne se retira en Egypte que quelques années (au moins) plus tard, et y demeura aussi plusieurs années. On pourrait donc facilement avancer la date de 490 pour la mort de nos deux héros. 

Au 19e siècle, fut fondée à Lyon une congrégation de prêtres missionnaires et éducateurs, placée sous le patronage de s.Viateur.

Saint Viateur de Lyon est commémoré le 21 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wendel de Trèves

554-617

 

On disait que Wendel (ou Wendelin) était d’origine écossaise, mais son nom ne le semble pas.

Il serait né ainsi vers 554, du roi Forchado et d’Irelina.

Après un pèlerinage à Rome, il se serait installé dans la région de Trèves pour y mener une vie érémitique tout en gardant les porcs.

On a aussi prétendu, mais sans preuves suffisantes, que Wendel aurait été moine, puis abbé à Tholey, vers 597.

Autour de la cellule (puis de la tombe) de Wendel, se développa la ville de Sankt Wendel (Sarre). L’abbaye de Tholey se trouve à quelques kilomètres de Sankt Wendel.

On a fait de s.Wendel le patron des animaux domestiques, chiens, chats, poules, bœufs…

Saint Wendel de Trèves est commémoré le 21 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mauront de Marseille

780-782

 

Mauront fut le 17e évêque connu de Marseille, de 780 à 782 environ. Il fait suite à une longue période de près d’un siècle, pour laquelle on ne connaît pas de nom d’évêques.

Il se peut que son épiscopat n’ait pas même duré deux années.

Une charte datée 780, concernant l’abbaye Saint-Victor de Marseille, le nomme abbé, ce qui permet de conclure qu’il cumulait les deux charges. Peut-être fut-il d’abord moine à Saint-Victor, puis abbé, et choisi pour être évêque.

En 782, il obtint de Charlemagne la restitution des biens dont le diocèse de Marseille avait été spolié.

Saint Mauront de Marseille est commémoré le 21 octobre dans le Martyrologe Romain.

Piero Capucci

1390-1445

 

Piero Capucci (que l’on pourrait confondre avec Pietro Capocci, cardinal) naquit vers 1390 à Città di Castello (Ombrie, Italie C), de parents appartenant à une ancienne famille noble.

Entré à quinze ans chez les Dominicains de sa ville, il y fit la profession dès l’année suivante, puis il fut envoyé étudier à Cortone, où avait vécu sainte Marguerite (v. 22 février) ; son maître des novices fut Lorenzo de Ripafratta (v. 27 septembre) ; il y rencontra Antonino de Florence (v. 2 mai) et Fra Angelico (v. 18 février).

Lorenzo insistait pour que Piero s’adonnât à une vie plutôt contemplative. En fait, il ne bouda pas le monde extérieur et y rendit bien des services spirituels. Il avait accoutumé de prêcher avec un crâne en main. Il était fréquent que des prédicateurs présentassent à leur auditoire ce crâne, en leur rappelant leur prochaine mort, pour les amener à la conversion intérieure.

D’ailleurs, une anecdote raconte que Piero avertit un jour un jeune de se confesser sans tarder, ce que le garçon eut juste le temps de faire avant de mourir.

Piero fut un fidèle disciple de saint Dominique (v. 6 août) et suivit ardemment le courant réformateur de l’Ordre.

Il jeûnait, s’imposait des pénitences, dormait le moins possible, approfondissait l’Ecriture.

En 1407, un événement grave endeuilla la ville : le gouverneur fut assassiné et défenestré par son neveu ; ceci força les Dominicains à se déplacer momentanément au couvent de Fiesole. Puis ils passèrent à Foligno, qui était restée fidèle au pape légitime.

Ce fut durant ce dernier séjour, qui dura sept ans, que Piero fut ordonné prêtre. Durant une épidémie de peste, il montra tout son zèle à apporter du réconfort et des soins aux malades.

Quand le couvent de Cortone fut rouvert, Piero et ses condisciples y firent retour. Piero y resta jusqu’à la fin de sa vie.

Profondément humble, il accepta sans difficulté d’aller faire la quête par les rues, pour obtenir des oboles en vue de la construction de la nouvelle église. Ce lui fut l’occasion de rencontrer la population, de lui parler, de conseiller, … de faire des miracles aussi : des pécheurs endurcis se convertirent, une dame guérit de son bras paralysé. 

Il refusa toujours des charges importantes, mais il fit des choses importantes, par exemple celle de demander à Fra Angelico de peindre la fameuse Annonciation ainsi que le pavillon au-dessus de la porte d’entrée ; en 1438, c’est encore lui qui obtint de Cosimo de’ Medici le retable pour le maître-autel du couvent Saint-Marc à Florence.

Après une brève maladie, Piero s’éteignit le 21 octobre 1445 et son culte ab immemorabili fut reconnu en 1816.

 

 

Iulianus Nakaura Jingorō

1567-1633

 

La répression anti-chrétienne avait été déclanchée par les shoguns Tokugawa, les maîtres du Japon de l’époque.

En 1587, le shogun Hideyoshi, gouverneur militaire de Nagasaki, ordonna aux missionnaires étrangers de quitter le Japon.

Dix ans plus tard commença la persécution ouverte contre les quelque trois cent mille catholiques présents au Japon, qui avaient reçu la foi des Jésuites (avec saint François Xavier), puis des Franciscains.

En 1614, un nouvel édit fit fermer les églises catholiques et assigner à résidence à Nagasaki tous les prêtres encore présents.

Beaucoup de ces martyrs, parmi lesquels des laïcs et des enfants, furent empalés et brûlés à petit feu. D’autres moururent cloués sur la croix ou découpés en morceaux.

Il y eut aussi des apostasies.

Malgré tous les efforts des autorités, le christianisme continua dans la clandestinité pendant deux siècles, quand un régime plus libéral autorisa à nouveau la présence de chrétiens au Japon.

Julianus Nakaura était prêtre et jésuite. 

Il était né en 1567 (ou 1568) à Nakaura (Saikai, Nagasaki).

En 1580, il entra au séminaire de Arima.

En 1582, à quinze ans, il fit partie d’une délégation chrétienne japonaise qui devait être présentée à Lisbonne, à Madrid, à Rome et dans maintes villes d’Italie et d’Europe ; le voyage durera jusqu’en 1590. Avant d’arriver à Rome, Julien tomba gravement malade, et le pape (Grégoire XIII) s’en montra tellement inquiet qu’il en demanda des nouvelles plusieurs fois ; il le reçut personnellement quand il fut rétabli. 

Grégoire XIII, très âgé, mourut peu après (1585) et c’est Sixte V qui lui succéda : toute la délégation japonaise était présente tant aux funérailles du premier qu’au couronnement du second. 

Julien fit son noviciat de retour au Japon ; il fit ses premiers vœux en 1593, et alla étudier à Macao. En 1604 il revint au Japon, et reçut le sous-diaconat (1606), le diaconat (1607) et la prêtrise (1608). Il exerça son apostolat à Kyoto, à Hakata.  

En 1614, il continua de prêcher l’Evangile, contre l’interdiction des autorités civiles.

En 1615, l’année du «Grand Martyre», il vint à Kuchinotsu où il restera pendant dix ans.

En 1621, il prononça ses vœux définitifs, à Kazusa.

En 1626 il se déplaça à Kokura, où il sera arrêté à la fin de 1632, et de là conduit à Nagasaki.

L’unique document de sa main qu’on possède, relate son grand désir de mourir martyr pour le Christ ; il l’a écrit durant sa permanence à Kuchinotsu.

Une fois mis en prison, il fut torturé pendant dix mois pour qu’il reniât sa foi, mais il resta fidèle.

Il fut martyrisé le 21 octobre 1633 à Nishizaka (Nagasaki). Or cette même année était imaginé un nouveau genre de supplice, qui fut celui du père Julianus, le «supplice de la fosse» : le condamné était suspendu par les jambes au-dessus d’une fosse remplie d’immondices jusqu’à mi-corps, la tête en bas et les pieds fixés à une barre en haut. Pour empêcher la mort trop rapide à cause de l’arrêt de la circulation, les bourreaux incisaient les tempes de la victime.

Le père Julianus Nakaura fait partie des cent quatre-vingt-huit martyrs japonais béatifiés en 2008. 

Le martyrologe le mentionnera le 21 octobre.

 

 

Yu Tae-ch’ōl Petrus

(Yu Dae-jeol Peteuro)

1826-1839

 

Petrus était le fils d’un père chrétien, mais d’une mère strictement attachée à la religion des ancêtres et opposée au christianisme.

Son père, Yu Chin-gil Augustinus, fut ce laïc qui alla à Pékin pour demander aux missionnaires d’envoyer des prêtres en Corée ; il fut arrêté en juillet 1839 et martyrisé le 22 septembre 1839.

Petrus, reçut le baptême, comme ses frères, avec le nom du Prince des Apôtres.

La mère et la sœur en revanche lui reprochaient de ne pas «obéir» quand on lui demandait d’offrir l’encens aux ancêtres, mais Petrus répondait gentiment qu’il obéirait en tout ce qu’on lui demanderait, mais que, pour ce qui concernait la foi, il obéirait d’abord à Dieu, qui a créé toutes choses.

Lors de la persécution, Petrus désirait ardemment le martyre. Profondément impressionné par le courage de son père et d’autres Martyrs qu’il vit en prison, il n’eut plus d’autre désir et alla se présenter spontanément aux autorités, dès juillet 1839, peu après l’arrestation de son père.

Après un premier interrogatoire, le juge se rendit compte que Petrus était fils d’un Chrétien, et le mit en prison.

Présenté devant la cour, Petrus fut invité à apostasier, menacé, torturé ; rien n’y fit, il ne renia pas son Dieu.

En prison, le gardien le frappa durement, lui écorchant profondément la jambe ; Petrus répondit qu’il croyait toujours en Dieu et qu’il n’avait pas peur d’être frappé. Le gardien le menaça de lui enfiler un charbon ardent dans la bouche, le garçon ouvrit grand la bouche, prêt à recevoir le charbon : même le gardien n’osa pas. Un jour qu’il fut frappé plus fort, il perdit conscience ; réveillé par ses camarades de prison, il leur dit : N’ayez pas peur, je ne vais pas mourir pour ça.

Les tortures que subit Petrus furent effrayantes. Il fut interrogé quatorze fois et à chaque fois soumis à la torture. Il fut fouetté six-cents fois, et quarante-cinq fois avec le cudgel, ce mince morceau de chêne allongé, d’une vingtaine de centimètres de large et épais de quelques centimètres, avec lequel on frappait la victime allongée sur le ventre : après dix coups, les chairs «sautaient» de tous côtés et le sang coulait abondamment.

On ne comprenait pas comment Petrus avait encore la force de résister et de sourire : il avait les os brisés, les chairs en sang, le corps couvert de bleus. C’étaient les bourreaux qui devenaient ridicules… A un moment, Petrus prit un morceau de chair qui lui tombait de l’épaule et alla le montrer au gardien de prison : tout le monde en demeurait surpris, stupéfait, embarrassé : comment un adolescent de treize ans pouvait-il donc avoir ce cran, cette force, cette endurance ?

Et qu’on ne dise pas que, peut-être, on ait embellit le cadre de ce martyre prolongé : les témoins étaient là, qui purent voir et raconter ce qu’ils virent de leurs yeux.

Les autorités voulaient battre à mort Petrus, mais Petrus ne mourait pas ! Aussi finit-on par l’étrangler dans la prison-même.

Petrus mourut ainsi le 21 octobre 1839, un mois après son père.

Il est le plus jeune des Martyrs coréens, béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

La fête liturgique de ces Martyrs est au 20 septembre.

 

 

Estanislao García Obeso

1875-1936

 

Estanislao (Stanislas) naquit le 18 septembre 1875 à Requejo (Santander) et fut baptisé dès le lendemain.

En 1885, à dix ans, il commença l’étude du latin avec le curé de Salces, et quatre ans plus tard entra au séminaire de Madrid.

Après la philosophie, il tomba malade ; une fois remis, il poursuivit les études de théologie à Burgos, entre 1895 et 1898.

Ce fut un élève très doué et très brillant.

Ayant connu les Dominicains au sanctuaire de Notre-Dame de Montesclaros, proche de chez lui, il voulut y être agrégé et commença le noviciat en 1899, à Corias.

Il fit ensuite d’autres études à Salamanque pendant deux ans (1902-1904), durant lesquelles il fut ordonné prêtre (1903).

Il travailla successivement à Vergara (1903), Olivar (1904), Madrid (jusqu’en 1926), Atocha, de nouveau Madrid.

En 1914, il fonda dans le quartier Lavapiés des écoles gratuites pour enfants d’ouvriers, qu’il confia à des membres du Tiers-Ordre dominicain.

En 1927, il fut élu prieur à San Esteban de Salamanque, à Corias en 1930, à Oviedo en 1934, où il connut la «révolution d’octobre», enfin au sanctuaire qui lui avait suggéré sa vocation, Montesclaros, en 1935.

Au moment de la révolution de juillet 1936, la communauté se dispersa. Le curé de Los Carabeos le reçut, mais pour ne pas le compromettre, Estanislao alla se livrer aux miliciens.

Sans pitié, ils le mirent en prison, jusqu’en octobre.

Le 21 (ou le 22 ?) octobre 1936, ils le fusillèrent à Los Montes de Saja (Santander).

Le père Estanislao García Obeso fut béatifié en 2007.

 

 

Laura Montoya Upegui

1874-1949

 

Laura Montoya Upegui naquit à Jericó, Antioquia (Colombie) le 26 mai 1874, et fut baptisée quatre heures après sa naissance, recevant le nom de María Laura de Jesús.

Son père s’appelait Juan de la Cruz Montoya, et sa mère Dolores Upegui. 

En 1876, la Colombie était la proie d’un guerre fratricide, et le père de Laura fut assassiné en voulant défendre son pays et sa foi. La maman éleva ses trois enfants dans la plus grande pauvreté, car les biens de son mari avaient été confisqués. Mais elle enseigna à ses enfants à pardonner.

Laura grandit dans les difficultés. Elle fut visitée par l’Esprit Saint qui la conduisit dans l’amour de l’Ecriture Sainte, l’oraison et la contemplation. Elle pensait entrer plus tard chez les Carmélites.

Laura devint maîtresse d'école à l'âge de dix-neuf ans, bien qu'elle fût totalement autodidacte. Pour son temps, elle fut une érudite, une pédagogue hors du commun. Laura fut aussi écrivain, avec un style très pur, compréhensible et intéressant.

Sa profession de maîtresse d'école la conduisit au contact de nombreuses populations à Antioquia puis au collège de l'Immaculée à Medellin, où elle fut sous-directrice. A partir de 1904, elle se sentit bientôt appelée à réaliser "l'Oeuvre des Indios", un travail héroïque au service des autochtones des forêts d'Amérique.

Constatant que de nombreuses populations autochtones, loin des centres urbains, vivaient sans connaître Dieu, Laura décida ainsi d'apporter la lumière de l'Evangile aux habitants des forêts. Avec cinq compagnes et sa mère Dolores Upegui, elle forma le groupe des "Missionnaires catéchistes des Indios" qui, le 5 mai, quitta Medellin pour Dabeiba en s'ouvrant une route dans la forêt. Malgré l'incompréhension et le mépris de certains responsables civils et religieux de l'époque, elle accomplit son travail d'évangélisation dans la pauvreté et au contact de la culture autochtone.

En 1914, soutenue par Mgr Maximiliano Crespo, Evêque de Santa Fe de Antioquia, elle fonda une famille religieuse, les Missionnaires de Marie Immaculée et de Sainte Catherine de Sienne, une œuvre religieuse qui rompait avec les modèles traditionnels et qu'elle dirigea avec beaucoup d'énergie.

On connaît son parcours mystique par sa propre autobiographie, qu’elle a intitulée Histoire de la Miséricorde de Dieu dans une âme.

Après une vie de service, elle mourut à Medellin le 21 octobre 1949, son dies natalis au Martyrologe. 

A sa mort, sa Congrégation comptait déjà quatre-vingt-dix maisons, dans trois pays, et quelques centaines de religieuses. Elles œuvrent à présent dans dix-neuf pays en Amérique, en Afrique et en Europe.

Laura Montoya Upegui a été béatifiée en 2004.

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 23:00

20 OCTOBRE

 

I.

S Corneillle, centurion, premier païen baptisé par s. Pierre, cf. Act X-XI.

IV.

S Caprasius, compagnon de ste Foy ; il se présenta spontanément au juge après s'être un moment caché.

VI.

S Agricol, neveu présumé de s. Remi, dont les reliques furent brûlées en 1568.

Ste Irène (Iria, Eiriâ), moniale près de Nabantia, où un seigneur, puis son propre directeur tentèrent de la corrompre, et le seigneur la fit décapiter ; elle pourrait être la vierge de Thessalonique fêtée le 3 avril, dont les reliques seraient venues plus tard à Nabantia.

VII.

S Sonnace, évêque à Reims.

S Sindulphus, prêtre d'Aquitaine venu vivre en ermitage à Aussonce.

SS Bradan et Orora, dans l'île de Man.

VIII.

S Vital, évêque à Salzburg, fondateur d'une abbaye à Zell.

S Andreas Calybite, moine crétois martyr des iconoclastes à Byzance, différent de s. André de Crète qui est fêté le 4 juillet.

S Acca, ami des ss. Wilfrid et Bède, abbé à Saint-André, évêque à Hexham ; très bon chanteur, grand savant, expulsé pendant deux ans de son siège.

XI.

S Adérald, fondateur d'un prieuré à Villacerf.

XII.

Ste Adeline, sœur de s.Vital, première abbesse à l'abbaye des Dames Blanches à Mortain, dépendant de celle de Savigny fondée par Vital.

XV.

B Jakub Strzemię, noble polonais franciscain, évêque à Halicz, puis Lvov, qu'on retrouva intact dix ans après sa mort.

XX.

Ste Anna Francesca Boscardin (Maria Bertilla, 1888-1922), italienne, des enseignantes de Sainte-Dorothée ; considérée comme une bonne à rien, elle se révéla une infirmière exceptionnelle lors de la première Guerre Mondiale ; elle convertit par sa patience dans la souffrance le médecin-chef de l'hôpital.

B Franz Alexander Kern (Jacob, 1897-1924), prémontré autrichien à Geras ; il s'offrit pour remplacer un religieux passé dans le schisme de l'Eglise nationale tchèque, béatifié en 1998.

 

Corneille, centurion
1er siècle

On a vu le 11 octobre que la parole du diacre saint Philippe amena à la conversion le premier païen, l’eunuque de la reine d’Ethiopie (Ac 8:26-40).
Un autre Gentil reçoit la grâce un peu plus tard, de façon non moins merveilleuse : il s’agit du centurion Corneille, qui sur l’invitation d’un ange, appelle l’Apôtre Pierre chez lui pour en recevoir la Parole de Vie (Ac 10).
Corneille commandait une cohorte à Césarée de Palestine. Il était pieux, croyant, généreux dans ses aumônes. Mais il n’était pas juif au sens religieux, n’ayant pas reçu la circoncision qui introduit l’homme dans la communauté juive.
Un ange invite donc Corneille à appeler Pierre, tandis que Pierre est à son tour invité à se rendre chez Corneille. 
Pierre parla donc à ce centurion et à toute sa maisonnée. De façon étonnante, voici que l’Esprit Saint «tomba sur eux» comme une nouvelle Pentecôte, alors qu’il n’étaient pas même baptisés. Pierre les fit baptiser sur le champ.
Cette rencontre de Pierre avec des non-circoncis fut l’occasion de la dispute avec les Juifs de Jérusalem, qui aboutit au premier Concile de Jérusalem (Ac 15).
On ne sait rien de précis sur la suite de la vie du cher Centurion. Pour certains, il aurait fondé à Césarée une Eglise réunissant les païens convertis, et dont il serait devenu l’évêque, après Zachée. Puis il aurait évangélisé la Mésie, devenant évêque à Skepsis (?).
Il reste que saint Corneille, le centurion, est fêté le 20 octobre.


Caprasius d’Agen
† 303

Dans l’histoire de sainte Foy d’Agen (v. 6 octobre), il fut fait allusion à s.Caprasius ou Caprais.
Il se serait caché non loin d’Agen, au moment où une «rafle» devait exterminer tous les Chrétiens d’Agen. De là vient probablement l’assertion que Caprasius était un ermite. Mais il n’est jamais présenté comme un homme d’Eglise, diacre ou prêtre.
De sa cachette, il vit ou il apprit le martyre de la courageuse Foy qui, avec ses douze ans, n’eut pas peur d’accepter le martyre pour sa foi. Cette force d’âme émut Caprasius, mais il était encore indécis. 
Il demanda à Dieu «un signe», et il vit - peut-être seulement en vision, ou bien de la colline de sa cachette pouvait-il observer les événements - il vit, donc, un ange déposer une couronne sur la tête de Foy, tandis qu’elle était étendue sur le gril, puis une pluie soudaine éteignit ce gril ; Caprasius eut aussi l’inspiration de frapper de sa main le rocher de sa cachette, faisant ainsi sourdre une source d’eau.
Désormais convaincu, il alla se présenter au juge pour partager le sort de Foy (et des autres Chrétiens immolés). Il y serait allé avec Alberta, la sœur de Foy.
On avancera peut-être qu’il y a dans cette histoire quelque chose d’un peu trop «merveilleux» ; c’est même fort possible. Mais on ne voit jamais que Caprasius fût évêque d’Agen. Si le premier évêque d’Agen s’appelait Caprasius, ce fut un autre personnage, sauf si nous ignorons d’autres éléments importants de la vie de Caprasius.
Caprasius serait donc mort quelques jours après Foy, en octobre 303.
La Source Saint-Caprais est toujours là, dans cette petite caverne proche d’Agen.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Caprasius d’Agen martyr (mais pas évêque) au 20 octobre.


Sindulphus de Reims
† 640

Sindulphus (Sandoux, Sendou) était originaire d’Aquitaine.
Il quitta son pays, par désir de perfection évangélique, laissant tout pour suivre le Christ. Il s’établit un peu à l’est de Reims, à Aussonce (Ardennes), pour y conduire une vie d’austère anachorète.
On ne précise pas s’il reçut le sacerdoce dans sa région d’origine ou à Reims.
Il priait continuellement ; après le coucher du soleil, il prenait un peu de pain et d’eau.
Il mourut, dit-on, avant le milieu du 7e siècle ; vers 640 ? On trouve cependant aussi la date de 660.
Saint Sindulphus de Reims est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Vital de Salzburg
† 730

Vital était peut-être bien originaire d’Irlande.
Il fut le deuxième évêque de Salzburg (Autriche), siège qu’avait fondé s.Rupert (v. 27 mars).
Il fut évêque de 718 à 730, en même temps qu’il était abbé du monastère Saint-Pierre.
Il passe pour avoir été un homme extrêmement savant, très estimé de son peuple.
L’activité de Vital fut l’évangélisation du Pinzgau, au sud-ouest de Salzburg. Il fonda l’abbaye de Zell
On a rappelé sa douceur, sa charité, son esprit de miséricorde et de conciliation. 
Vital aurait fait pousser un lys sur une pierre.
Il mourut vers 730.
Vital est resté le patron céleste du Pinzgau, mais on l’invoque aussi pour les enfants et pour les femmes enceintes.
Il n’y a pas eu de canonisation de s.Vital au sens strict du mot, mais le culte en fut autorisé dans le diocèse de Salzburg en 1628.
Saint Vital de Salzburg est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Andreas le Calybite
† 766

Cet Andreas, né en Crète, est dit Calybite, pour le distinguer de s.André de Crète (v. 4 juillet) ; le grec kalubion signifie cabane.
D’abord moine solitaire en Crète, Andreas vint à Byzance pour exprimer courageusement à l’empereur la juste doctrine sur le culte des images. L’empereur le fit torturer, puis l’abandonna à la foule. Roué de coups, il fut jeté à la voierie au bas des murs de Constantinople, où des fidèles réussirent à le retrouver pour l’ensevelir dignement en un lieu appelé Crisis. C’est là l’explication de l’autre surnom d’Andreas, in Crisi.
C’était le 20 novembre 766.
Le monastère construit à cet endroit, devint mosquée en 1489.
Saint Andreas le Calybite est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.


Adérald de Samblières
950-1004

Adérald eut pour père Walon et pour mère Odrade, et naquit vers le milieu du 10e siècle.
Ces bons parents chrétiens confièrent l’éducation et la formation de leur fils à des ecclésiastiques, qui lui inspirèrent l’amour de l’Ecriture sainte et de la vie des Saints.
Bientôt ordonné acolyte, il sera ordonné prêtre pour le diocèse de Troyes.
Sa prière, ses vertus, lui attirèrent beaucoup de fidèles qui recouraient à ses conseils, à son assistance, le cas échéant… à ses miracles. Il aimait être auprès des malades, des pauvres, des faibles, selon ce mot de Jésus-Christ : Ce que vous avez fait au moindre d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25:40). 
Il devint chanoine et archidiacre de Troyes.
Parti en pèlerinage en Terre Sainte (il aurait même fait douze fois ce pèlerinage), il en rapporta un fragment du saint Sépulcre. Il déposa cette précieuse relique dans le prieuré qu’il fonda alors à Samblières, qu’on appela désormais Saint-Sépulcre.
Il mourut peu de temps après, le 20 octobre, vers 1004.
Au 17e siècle, Saint-Sépulcre fut rebaptisé Villacerf (Aube).
Lors de la Révolution, des mains impies profanèrent les reliques d’Adérald et les jetèrent dans la fosse commune.
Saint Adérald de Samblières est commémoré le 20 octobre dans le Martyrologe Romain.

Adeline de Mortain

† 1125

 

Adeline (Aline) était la sœur de saint Vital (v. 7 janvier) et comme lui petite-fille de Guillaume le Conquérant.

Comme son frère, Adeline fut attirée par la vie monastique et fonda une communauté au Neufbourg près de Mortain (Manche). 

Puis Vital (avec l’appui du comte Guillaume de Mortain) fonda pour elles, en 1105 ou 1115, un monastère de femmes à Mortain, qui prirent la règle cistercienne. Les Religieuses portèrent donc l’habit blanc de Cîteaux, et l’abbaye prit populairement le nom de Abbaye des Dames Blanches ou même simplement Abbaye Blanche.

Adeline en fut l’abbesse.

Elle s’éteignit en 1125, aussitôt vénérée, et le Martyrologe la mentionne le 20 octobre.

 

 

Jakub Strzemię

1340-1409

 

Jakub vit le jour en 1340 en Pologne, dans le diocèse de Cracovie ; il venait d’une des plus grandes familles du pays, qui s’installa ensuite à Vladimir (Russie).

Jeune encore, il entra dans l’Ordre franciscain, avec le désir d’être missionnaire en Ruthénie. Il fit aussi un séjour à l’université de Rome.

En 1375, il fut nommé à la tête d’une expédition de Dominicains et de Franciscains en Ruthénie et en Moldavie.

En 1385, il fut gardien (supérieur) du couvent franciscain à Lviv.

En juin 1391, il fut nommé évêque de Halicz et collabora étroitement avec les princes régnants, Jadwiga d’Anjou et Władysław Jagellon pour la christianisation de la Lithuanie.

Jakub continua à pratiquer la pauvreté si chère à son ordre et parcourut en tous sens son immense diocèse en édifiant les populations plus encore par ses vertus que par ses paroles. Il créa de nouvelles paroisses, utilisa son patrimoine pour la construction d’églises et de monastères ; il fonda un hospice pour les sans-abris, les malades et les pèlerins ; il promut l’adoration du Saint-Sacrement, la procession de la Fête-Dieu. 

Sa dévotion mariale était intense et il aurait eu une vision de la Vierge avec l’Enfant-Jésus.

Il serait mort le 20 octobre 1409 et fut béatifié en 1790.

Il est le co-patron de la province franciscaine de Cracovie ; on l’invoque aussi contre les maux de tête : des malades guérissent quand on leur impose la mitre du saint évêque.

 

 

Anna Francesca Boscardin

1888-1922

 

Le 6 octobre 1888 naquit à Brendola (Vénétie, Italie nord-est) Anna Francesca, aînée des trois enfants de Angelo et Maria Teresa Benetti.

Le papa, qui tenait une petite entreprise d’élevage de vers à soie, était malheureusement alcoolique et irascible. La maman supporta courageusement cette situation et éleva les enfants dans la foi chrétienne. 

Anna - qu’on appela en famille Annetta - apprit tôt à prier et put recevoir la Première communion en 1897, ce qui était précoce pour l’époque. Mais elle fréquenta peu l’école, où elle ne se montra pas particulièrement douée, tellement peu qu’on la surnomma l’oie.

Humble et soumise, elle ne s’en offusqua pas. Elle entra dans les rangs des Enfants de Marie, et fit le vœu de virginité à treize ans.

Accompagnée de son curé, qui ne croyait pas à sa vocation religieuse, elle entra tout de même chez les Sœurs de Sainte-Dorothée (Filles du Sacré-Cœur) à Vicenza, en 1905.

A la maîtresse des novices, elle déclara tout simplement : Je ne suis qu’une oie ; j’ai besoin de devenir une sainte.

Elle reçut le nom de Maria Bertilla.

Robuste paysanne, elle se vit confier les tâches pesantes : le four, la buanderie. Mais elle avait des qualités telles que la Supérieure générale l’envoya à Trévise pour y préparer son diplôme d’infirmière.

Cependant, la supérieure de Trévise, déçue de voir arriver cette paysanne, la mit à la cuisine pour y seconder une vieille Religieuse.

En 1907, elle fit à Vicenza sa profession. La Supérieure générale la renvoya à Trévise, où la Supérieure locale s’affligea de nouveau de la voir arriver ; mais elle finit par l’envoyer quand même dans la salle des enfants malades. Et c’est là que Maria Bertilla fit preuve de sa véritable vocation, se révélant une remarquable infirmière, intelligente et habile, à la fois ferme et pleine d’attentions pour chacun : elle passa avec succès les examens d’habilitation.

En même temps, un cancer commença à la ronger, mais elle n’en montra rien, demeurant toujours active et souriante.

Lors de la Première guerre mondiale, le front se trouva proche de Trévise, et Maria Bertilla alla soigner les blessés et les moribonds, leur portant du vin et du café quand on ne pouvait les transporter.

Quand l’hôpital fut évacué sur Viggiù (Come), la Supérieure envoya de nouveau cette «paysanne» à la cuisine, lui reprochant d’être trop attachée aux malades et de se surcharger de travail. Mais la Supérieure générale la rappela à Vicenza et lui confia la responsabilité des pupilles de la nation.

Renvoyée à Trévise après la guerre, elle sentit s’aggraver sa maladie ; on l’opéra, mais elle mourut le 20 octobre 1922.

Elle avait encore dans son habit le petit catéchisme de son enfance.

On s’aperçut alors du trésor qu’on avait perdu et qui se cachait derrière ce sourire. Des miracles attestèrent la sainteté de Maria-Bertilla : elle fut béatifiée en 1952 et canonisée en 1961.

 

 

Franz Alexander Kern

1897-1924

 

Franz naquit à Breitensee (Vienne, Autriche) le 11 avril 1897 et fut baptisé le 19 avril suivant.

Après l’école publique, il entra en 1908 au Petit séminaire de ce diocèse, à Oberhollabrunn.

Trois ans après déjà, il s’inscrivait dans le Tiers-Ordre franciscain et faisait, à seize ans, le vœu de chasteté.

En 1915 il fut enrôlé dans l’armée et fut gravement blessé aux poumons en 1916 ; le diagnostic vital fut suspendu pendant plusieurs mois, au terme desquels il fut décoré de la médaille du courage. C’était ce qu’il appela lui-même le début de sa semaine sainte.

Ne pouvant plus combattre sur le terrain, il put entrer en 1917 au Grand séminaire de Vienne, mais fut tout de même rappelé au front vers la fin de la guerre.

A Vienne, il fit partie de l’Association Amelungia, une association catholique pour étudiants.

En 1919, un religieux prémontré quitta ouvertement son couvent de Prague pour adhérer à l’Eglise Nationale Tchèque (schismatique). Cela provoqua en Franz un vif sentiment de tristesse, et il voulut «remplacer» ce religieux déserteur. Il entra chez les Prémontrés de Geras en 1920 et prit le nom de Jakob (Jacques), en référence à saint Jacques Lacoupe, un des martyrs de Gorcum (voir la notice de Gorcum).

En 1922 il fut ordonné prêtre. Ce 23 juillet fut pour lui son Dimanche des Rameaux. Malgré sa mauvaise santé permanente, il commença l’apostolat à Geras et aux alentours.

En 1923, on dut lui retirer quatre côtes, sous simple anesthésie locale ; la religieuse qui l’assistait lui avait donné un mouchoir blanc à serrer entre les dents pour supporter la douleur : le mouchoir fut complètement déchiré… ; l’année suivante, quatre autres côtes encore. En octobre, une troisième intervention similaire devait être pratiquée, durant laquelle il mourut.

C’était le 20 octobre 1924, le jour où il devait émettre les vœux définitifs.

Franz (Jakob) Kern fut béatifié en 1998.

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 23:00

19 OCTOBRE

 

-IX.

S Joel, prophète de l'Ancien Testament.

II.

SS Ptolemæus et Lucius, martyrs à Rome.

III.

S Asterius, martyr près d'Ostie.

SS Sabinianus et Potentianus, premiers évêques à Sens, martyrs.

S Varus, soldat martyr en Egypte. 

VI.

S Ethbin, abbé à Necth-hermitage.

S Loup, évêque à Soissons, neveu de s. Remi.

S Grat, premier évêque à Oloron.

S Véran, évêque à Cavaillon, dont il est patron. 

VII.

S Aquilin, évêque à Evreux ; lui et sa femme s'étaient voués à la continence.

VIII.

S Didier, moine et ermite à Ruiriacus.

Ste Frideswide, abbesse à Thornbury, patronne de la ville et de l'université d'Oxford.

IX.

Ste Laure, martyre à Cordoue, mais non attestée.

XI.

S Eadnot, évêque et martyr à Dorchester.

XIII.

B Thomas Hélye, prêtre à Biville ; l'évêque l'obligea à mitiger ses mortifications.

XVII.

S Philipp Howard, comte anglais et époux infidèle, puis devenu fervent catholique avec son épouse ; il fut dix ans prisonnier et martyrisé à trente-huit ans.

SS Lucas-Alonso Gorda (du Saint-Esprit), prêtre, et Matthæus Kohioye, jeune novice de dix-huit ans, dominicains martyrs au Japon, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Lorenzo Ruiz le 28 septembre.

Bse Agnès Galand de Jésus, dominicaine à Langeac et mystique ; elle orientera M. Olier vers la fondation des prêtres de Saint-Sulpice, béatifiée en 1994.

S Jean de La Lande, frère jésuite, martyr au Canada, fêté en ce jour avec sept autres Compagnons.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2017 :
Clarétains : les prêtres Manuel Font y Font, Benjamín Ortega Aranguren, Josep Ribé Coma et Julio Leache Labiano (*1878, 1885, 1893, 1908) ; les clercs Francesc Solá Peix (*1912), Constantino Miguel Moncalvillo et Eusebio de las Heras Izquierdo (*1913), Antonio Elizalde Garbisu et Emiliano Pascual Abad (*1914) et Francisco Simón Pérez (*1916) ; les convers Francisco Milagro Mesa, Pere Vives Coll et Josep Ferrer Escolà (*1869, 1874, 1878), Narcís Simón Sala (*1908), Dionisio Arizaleta Salvador et Juan Senosiaín Zugasti (*1911), Ferran Castán Messeguer et Francisco Marco Martínez (*1915, 1917), Nicolás Campo Giménez (*1920), à Mas Claret (Cervera).

Joel, prophète
9e siècle avant Jésus-Christ ?

Le prophète Joël est très mal connu et situé dans le temps.
Joël signifie «L’Eternel est Dieu». 
Sa prophétie est l’une des plus brèves de l’Ecriture : quelques pages seulement. Joël est donc compté parmi les douze «petits prophètes».
D’après le contenu de sa prophétie, on pourrait le situer vers le 9e siècle avant Jésus-Christ, car il ne nomme comme «ennemis» que les Egyptiens, les Edomites, les Philistins, les Phéniciens, et jamais les Assyriens ou les Babyloniens.
Fils de Pétuel (ou Phatuel, ou Péthel, cf. Jl 1:1), il appartient sans doute à la tribu de Juda, car il se réfère au Temple de David, à la ville de Jérusalem.
Certaines expressions semblent reprises dans la prophétie d’Amos.
La prophétie de Joël s’ouvre par la description d’une invasion catastrophique : de sauterelles dévastatrices, instrument de la colère divine.
A cette vision apocalyptique en suit une autre, eschatologique, qui annonce une restauration : si l’on se convertit, Dieu punira les ennemis de son peuple, leur fera subir le même sort qu’ils ont fait subir à son peuple, et en revanche bénira le peuple juif. Ce sera le Jour du Seigneur, qu’on retrouvera dans le livre de l’Apocalypse (Ap 21:3,6 et 22:20).
Saint Pierre (Ac 2:17-21) se réfère à Joël dans son discours de la Pentecôte, quand il invite les Juifs présents à Jérusalem à se convertir.
Le saint Prophète Joël est fêté le 19 octobre, avec les Grecs.


Ptolemæus et Lucius de Rome
† 160

Ptolemæus, un Romain chrétien, convertit à la foi chrétienne l’épouse d’un païen. Ce dernier, pas très content, dénonça Ptolemæus au préfet Urbicus, qui le fit arrêter.
Pendant longtemps, le centurion chargé de surveiller Ptolemæus, le fit torturer dans son cachot. Ptolemæus se montra fidèle au Christ. Convoqué devant le préfet, il confessa encore sa foi, et fut condamné à mort.
En route vers le lieu de la décapitation, on croisa un certain Lucius, chrétien lui aussi. Peut-être connaissait-il Ptolemæus ? Apprenant la condamnation de ce dernier, Lucius se mit à interpeller Urbicus : Ptolemæus n’était ni voleur, ni brigand, ni assassin, ni adultère, et on le condamnait ?
Urbicus s’enquit de la foi de Lucius, et l’emmena avec Ptolemæus.
Il y eut bientôt un troisième homme. Tous les trois furent décapités.
C’était très vraisemblablement sous Antonin le Pieux, et donc vers 160.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ptolemæus et Lucius de Rome, et leur Compagnon, au 19 octobre.


Asterius d’Ostie
3. siècle

Asterius aurait été le prêtre romain qui enterra le pape Calliste (v. 14 octobre).
Six jours plus tard, l’empereur Alexandre le fit arrêter et jeter dans le Tibre.
Le corps du prêtre fut retrouvé à Ostie, par des Chrétiens qui lui donnèrent une sépulture honorable.
D’après un autre texte, Asterius aurait été conduit hors des murs d’Ostie avec d’autres Chrétiens ; les uns furent décapités, les autres lapidés, et le 18 janvier.
Il est difficile de se retrouver dans ce labyrinthe. Il est certain qu’Asterius fut honoré comme martyr à une époque fort ancienne.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Asterius d’Ostie au 19 octobre.


Sabinianus et Potentianus de Sens
1er ou 3e siècle

L’histoire qui va être résumée comportera sans doute plus d’un mystère pour certains, peut-être même quelque invraisemblance. Laissons là les discussions.
Sabinianus et Potentianus auraient été deux des soixante-douze (ou soixante-dix) disciples du Christ (cf. Lc 10:1), qui suivirent s.Pierre à Rome et furent envoyés par lui en Gaule.
Ils parvinrent près de Sens, et convertirent beaucoup de gens, parmi lesquels Serotinus, Eoaldus, Altinus et Victorinus, qui étaient mentionnés autrefois avec eux dans le Martyrologe.
Serotinus et Eoaldus furent ordonnés diacres ; Victorinus fut leur hôte. Sabinianus consacra une première église proche de Sens, puis envoya Altinus et Eoaldus prêcher à Orléans et Chartres, où ils furent arrêtés et battus, mais les convertis de Chartres réussirent à libérer les missionnaires, qui purent aller à Créteil. Là encore, la Providence leur permit de repartir avant d’être massacrés. 
Quant à Potentianus, avec Serotinus, ils partirent vers Troyes, d’où on les contraignit simplement à repartir pour Sens.
Sabinianus et Victorinus furent arrêtés à Sens ; ils reçurent sur les tempes des coups de verges plombées ; on leur enchaîna les mains, on leur serra le cou dans un collier de fer et on les jeta en prison. Le Christ vint guérir leurs plaies. Ils furent condamnés à mort.
Juste avant de mourir, Sabinianus eut la permission de célébrer la Messe une dernière fois, assisté de Potentianus, Altinus, Eoaldus, Serotinus. Il désigna alors Potentianus pour lui succéder. Victorinus était dans l’assistance, avec son jeune fils.
Alors les païens vinrent tuer Sabinianus d’un coup d’épée et d’un coup de hache ; Victorinus et son fils furent décapités, un 31 décembre ; mais Potentianus et les trois autres réussirent (?) à poursuivre leur prédication.
Serotinus fut bientôt arrêté et mourut flagellé par les soldats.
Les trois qui restaient, Potentianus, Eoaldus et Altinus, furent à leur tour arrêtés. Ils furent longuement et durement battus de verges ; Potentianus eut le bras droit coupé ; on les étendit sur des chevalets ; on devait les faire brûler lentement et leur arracher tous les ongles, mais un violent coup de foudre - un ange du ciel ? - vint mettre fin à ces tortures. On décapita les Héros du Christ, un 31 décembre, comme Sabinianus. Leurs corps furent abandonnés aux bêtes et aux oiseaux, mais restèrent intacts et furent dignement ensevelis par les Chrétiens.
Que nous dit-on aujourd’hui ?
Sabinianus et Potentianus furent sans doute envoyés en Gaule par un pape, mais au troisième siècle ; ce n’était pas s.Pierre en personne, mais très souvent on parle de «Pierre» pour désigner le pape de l’Eglise catholique.
Ils sont considérés comme les deux premiers évêques de la ville de Sens.
On invoquait particulièrement Potentianus pour les maladies oculaires et les rhumatismes.
Le Martyrologe Romain mentionne, seuls, saints Sabinianus et Potentianus de Sens au 19 octobre.


Varus d’Egypte
4. siècle

Au temps de l’empereur Galère Maximien († 311), sept ermites d’Egypte furent mis en prison. On ne nous dit pas les précédents de cet épisode : pourquoi ces sept-là particulièrement, alors qu’il y en avait des milliers dans le désert de Scété et jusqu’en Palestine.
L’un d’eux mourut en prison (ou durant le trajet du désert à la prison). 
Varus, un soldat, était originaire de Tyane (proche de l’actuelle Kemerhisar, Turquie CS)). Courageux et chrétien, il vint visiter les prisonniers, leur déclarant son grand désir de mourir avec eux. Il agissait en toute liberté, au vu et au su de ses camarades.
Ces derniers le dénoncèrent. Varus réitéra sa foi ; il fut cruellement, longuement flagellé et mourut sous les coups. Rappelons que les fouets romains étaient faits de lanières de cuir très coupantes, et garnies de petits plombs, de sorte que les victimes étaient littéralement coupées et déchirées par ce supplice ; c’est ce supplice qu’endura Notre Seigneur (cf. Mt 27:26 ; Mc 15:15 ; Lc 23:16).
Le lendemain, les six ermites furent à leur tour battus, flagellés pendant plusieurs heures, puis décapités. 
Une pieuse femme nommée Cléopâtre recueillit en cachette le corps de Varus, l’ensevelit chez elle et le rapporta près du Mont Thabor, quand elle put revenir chez elle après la persécution. Elle y ensevelit aussi son fils et y fut enterrée elle aussi.
C’est là une fort belle histoire, qui malheureusement manque de documents authentiques anciens.
L’épisode a pu avoir lieu dans les premières années du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne, seul, saint Varus d’Egypte au 19 octobre.

Ethbin de Necth-hermitage

5e -6e siècles

 

Il est assez difficile de situer précisément la chronologie de Ethbin.

Son nom a connu beaucoup de variantes : Yben ou Iben, Iboan, Diboan ou Diboen, Ibe, Abibon, Languis ou Langui, Idunet ou Ivinec, et d’autres encore ! Le problème se complique par le fait que tous ne sont pas d’accord pour assimiler tous ces noms à un seul ou à deux personnages. Nous allons admettre qu’il soit possible de les confondre.

 Ses parents s’appelaient Eutius et Eula. Quand il eut quinze ans, le papa décéda et la maman prit le voile sous la direction de s.Samson (v. 28 juillet) ; Ethbin alors entra au monastère de Taurac (localité inconnue), où il connut s.Guénolé.

Guénolé fonda le monastère de Landevennec ; Ethbin celui de Châteaulin.

Ethbin aurait guéri un lépreux en aspirant de sa bouche le pus qui bouchait le nez du malheureux ; il en sortit une perle merveilleuse, en même temps qu’une croix lumineuse apparaissait au-dessus de lui.

Les Francs détruisirent le monastère de Taurac. Après avoir vécu dans la solitude pendant trente ans, Ethbin passa en Irlande et vécut pendant vingt ans encore dans une forêt nommée Silva nectansis (ou noctensis). 

C’est de l’ancien Martyrologe français que nous avons repris le nom de la localité de Necth-hermitage, où il mourut un 19 octobre, âgé de quatre-vingt-trois ans.

Dans la commune de Port-Mort (Eure) avait lieu un pèlerinage en l’honneur de s.Ethbin ; les rhumatisants, en particulier, s’efforçaient de passer trois fois sous une sorte de table établie là, dans le but d’obtenir quelque soulagement à leur(s) rhumatisme(s).

Saint Ethbin de Necth-hermitage est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grat d’Oloron

† 510

 

Gratus naquit au 5e siècle à Lichos (Pyrénées-Atlantiques).

Le chef wisigoth s’étant montré plus tolérant envers les Chrétiens, l’évêché d’Oloron put être créé, et Grat en fut le premier titulaire, au début du 6e siècle.

En 506, il siégea au concile d’Agde, présidé par s.Césaire d’Arles et réunissant trente-quatre évêques.

En 507, malgré leur défaite à Poitiers, les Wisigoths restent présents dans la région ; Grat se réfugie à Jaca (actuelle province de Huesca en Espagne).

C’est là qu’il serait mort, vers 510, et d’où on aurait rapporté son corps à Oloron. 

En 1710, on retrouva ses reliques derrière le maître-autel de la cathédrale Sainte-Marie.

Saint Grat d’Oloron est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Véran de Cavaillon

515-589

 

Véran (Wrain, latin Veranus) vit le jour à Barjac ou Lanuéjols (Gévaudan), dans le début du 6e siècle, vers 515.

Vers 540 il fut ordonné prêtre et se retira dans un ermitage.

Il entreprit le pèlerinage à Rome et, en chemin, accomplit des miracles, ressuscitant une jeune fille, rendant la vue à un aveugle.

En 568, il fut préconisé par le roi Sigebert 1er, pour être évêque de Cavaillon ; c’était le sixième sur ce siège.

En 585, il participa au 2e concile de Mâcon.

En 586, après l’assassinat de s.Prétextat (v. 24 février) sur l’ordre de Frédégonde, il fait partie de la commission royale d’enquête.

En 587, il est le parrain de Thierry II, fils de Childebert II, baptisé à Orléans.

En 589, il fait partie de la commission épiscopale chargée de reporter la paix dans le monastère Sainte-Croix de Poitiers.

C’est en Arles qu’il mourut de la peste, le 19 octobre 589.

On signale deux «miracles» éclatants attribués à la prière ou à l’intercession de s.Véran.

L’un aurait été l’éloignement et la mort d’une horrible bête qui infestait la région. L’autre miracle, au 12e siècle, aurait concerné le comte Raymond IV de Toulouse qui, s’étant emporté contre l’évêque de Cavaillon, osa le frapper indécemment d’un coup de pied ; ce membre s’étant aussitôt desséché, le comte alla implorer sa guérison sur la tombe de s.Véran et l’obtint après avoir promis plusieurs privilèges en faveur de l’évêque.

Après Véran, le siège de Cavaillon semble avoir été vacant pendant deux siècles. Il fut supprimé à la Révolution.

Saint Véran de Cavaillon est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aquilin d’Evreux

620-690

 

Aquilin serait né vers 620 à Bayeux et, s’étant marié, eut des enfants.

Il fut enrôlé dans l’armée de Clovis II ; sa femme, pour obtenir son retour, aurait fait le vœu de continence pour un an.

Finie la guerre, l’épouse alla au-devant de son mari, et le rencontra à Chartres, où elle lui fit part de sa décision. Loin de protester, Aquilin en fut très heureux, et lui demanda même de faire avec lui le vœu de continence perpétuelle.

Rentrés chez eux, ils se dépouillèrent de leurs biens au profit des pauvres et vécurent une sorte de vie monacale, s’occupant des malades.

Quand mourut l’évêque d’Evreux (vers 673), Aquilin fut acclamé par le peuple pour en prendre la succession ; il fut ainsi le quinzième évêque d’Evreux.

Aquilinus était marié, mais il n’était l’époux que d’une femme (cf. 1Tim 3:2), et vivait désormais dans la continence depuis bien des années. Il reçut les ordres sacrés et prit les rênes du diocèse.

Sa préférence était cependant pour le recueillement, la prière solitaire, et il se retirait volontiers dans une grotte. On raconte qu’il dormait directement sur le sol.

Il mourut vers 690.

L’oratoire qu’il s’était construit fut choisi pour être son sépulcre, et devint la chapelle du Petit, puis du Grand  Séminaire.

Saint Aquilin d’Evreux est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frideswide d’Oxford

650-727

 

Comme beaucoup de noms de ce pays, celui de Frideswide a connu quelques variantes : Frithuswith, Frideswith ; en France, Frevisse. Les récits de sa vie présentent aussi des variantes singulières.

Elle naquit vers 650, fille unique d’un roitelet du nord de la Tamise, nommé Didan de Eynsham, et de Safrida.

Pour cette princesse, Didan construisit un monastère à l’actuel emplacement d’Oxford (ou proche de là, à Thornbury). Elle en devint l’abbesse.

Le successeur de Didan s’était épris de Frideswide et chercha à l’attirer. Quand il s’approcha, non seulement Frideswide s’était échappée, mais l’homme fit une chute de cheval et se brisa le cou. Un récit précise que, fuyant le prétendant importun, Frideswide trouva un providentiel bateau qui l’emmena jusqu’à Bampton, tandis que le poursuivant devenait aveugle.

Revenue à son abbaye, Frideswide fit un jour jaillir une source d’eau, évitant ainsi aux moniales d’aller jusqu’à la Tamise pour en puiser. La source, miraculeuse, coule toujours, près de l’église Sainte-Marguerite de Binsey, un peu en amont d’Oxford. 

Frideswide resta abbesse de son monastère jusqu’à sa mort, qui arriva vers 727.

La Christ Church d’Oxford aurait été construite sur l’emplacement de l’abbaye de Frideswide, qui fut détruite en 1002.

Au 16e siècle, le calviniste James Calfhill voulut supprimer le culte qu’on rendait à Frideswide, en mélangeant ses reliques aux ossements d’une religieuse apostate, Catherine Dammartin, épouse d’un religieux italien défroqué, Pietro Martire Vermigli.

Sainte Frideswide d’Oxford, patronne de cette ville et de l’université, est commémorée le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

Thomas Hélye

1180-1257

 

Thomas naquit vers 1180 à Saint-Pierre-de-Biville (Manche), de Hélye et Mathilde, gens simples qui eurent un autre fils, Guillaume. Il ne serait pas invraisemblable que le patronyme de Thomas fût le prénom même de son père

Après ses études, il fut professeur, très attentif au bien et à la culture de ses élèves et dirigea une école à Cherbourg (1225). 

Déjà, il s’imposait de longs temps de prière. Guéri après une grave maladie, il adopta un régime franchement austère : bure de toile grossière, cilice ; dans un tel acoutrement, ses cheveux en bataille, il montrait assez quel dédain il avait du monde.

Après la mort de ses parents, il laissa à son frère tout son héritage, se contentant seulement de ce qu’il en recevait pour vivre. Et même, Guillaume le «grondait» de ne pas manger le pain de froment qu’il lui servait.

Thomas veillait, prenait la discipline, jeûnait. La nuit, il restait en prière à l’église, où il se flagellait, rentrait à la maison juste pour un bref repos et repartait à l’église pour l’office du matin. Trois fois par semaine, il jeûnait au pain et à l’eau ; les autres jours, il prenait un peu de soupe avec du pain d’orge, très rarement de la viande ou du poisson.

Tout cela ne pouvait manquer d’arriver aux oreilles de l’évêque, qui appela Thomas ; il lui rappela que la pauvreté n’empêchait pas la propreté, puis l’envoya étudier à Paris en vue du sacerdoce ; Thomas fit d’abord le pèlerinage de Rome puis de Compostelle, étudia et fut ordonné prêtre.

Aux mortifications précédentes, le nouveau prêtre ajouta maintenant la prédication, les missions, dans les deux diocèses de Coutances et d’Avranches. L’évêque l’obligea à prendre, même en carême, des légumes quatre jours par semaine, parfois un peu de poisson. Quand il se déplaçait, il ne voulait être à charge de personne, prenant ce qu’on lui offrait, simplement pour ne pas mourir de faim, et repartait sans attendre.

La nuit, il priait l’office des défunts à l’église, puis les sept psaumes de la pénitence, les quinze psaumes graduels avec les litanies, puis sept petits psaumes (comme il les appelait) et encore quelques prières. Puis il envoyait son clerc dormir ; il le rappelait vers minuit pour prier l’office des lectures (matines, comme on l’appelait).

Il prêchait jusqu’à trois fois le dimanche et les fêtes. Pratiquement tout le diocèse l’entendit prêcher. Après la prédication et la messe, il confessait, jusqu’à minuit parfois, toujours à jeun. On l’attendait avec impatience ; une des âmes qui s’attacha à lui fut une certaine Alice, femme du baron de Bricquebec.

Jeune, il se flagellait avec des verges ou une courroie ; prêtre, il le fit avec des ajoncs ou du houx ; parfois il s’enfonçait dans un buisson épineux qu’il rencontrait sur son passage ; quand il éprouvait quelque tentation charnelle, il se piquait jusqu’au sang, qu’on voyait couler sur ses pieds. A l’office, il était debout ou agenouillé ; à la messe, il pleurait longuement après la consécration ; un jour, confia-t-il à Alice, une goutte de sang coula avec ses larmes.

A un ami qui l’invitait, il fit remarquer : Tu manges trop ! Donne aux pauvres.

L’apostolat itinérant de Thomas dura quelque vingt-deux années, toujours à pied, et pieds-nus à la fin de sa vie ; quelquefois à cheval pour ne pas être en retard.

Quand il fut malade et dans l’impossibilité de célébrer, il demanda qu’on sonnât les cloches à l’élévation et à la communion, pour qu’il pût s’unir à la liturgie. Sa dernière communion fut très solennelle : l’Eucharistie lui fut portée au milieu de nombreux prêtres et clercs qui chantaient.

Il écrivit à tout le clergé du diocèse pour lui demander le secours de ses prières ; à Alice, il écrivit ce mot : Je voudrais vous faire savoir que je vais à la cour du paradis, où je serai votre procureur.

Il passa ses derniers jours chez Gauvin, sieur de Vauville, se faisant lire les récits évangéliques sur l’Incarnation et la Passion. Au moment suprême, il pria le clerc présent de répéter le verset du psaume : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum, redemisti me, Deus veritatis (Ps 30:6).

Le confesseur de Thomas affirma qu’il n’avait jamais péché mortellement. Thomas mourut ainsi le 19 octobre 1257. 

En 1794, ses reliques furent mises en sûreté par les habitants du village.

En 1859, le culte du bienheureux Thomas fut confirmé.

 

 

Philipp Howard

1557-1595

 

Né le 28 juin 1557 à Kenninghall (Norfolk), Philipp était le fils aîné de Thomas, quatrième duc de Norfolk et de Mary FitzAlan, fille d’Henry, douzième comte d’Arundel. La famille était restée catholique après l’arrivée au pouvoir de la reine Elisabeth.

La famille royale était même présente lors du baptême de Philipp au palais de Whitehall, où il reçut le nom du roi Philippe II.

Dès sept ans, il grandit dans un ancien monastère de Chartreux ; à quatorze ans, on lui fit épouser sa belle-sœur, Anne Dacre ; à dix-sept ans, il sortit diplômé du Collège Saint-Jean (Cambridge) et fut présenté à la cour d’Elisabeth.

En 1569, Thomas Howard, son père, fut inculpé de complot contre la reine, arrêté, destitué et finalement décapité en 1572.

Mais Philipp hérita de son grand-père maternel, et demeura comte d’Arundel en 1580. 

Lors d'un débat à Londres entre catholiques et protestants, il fut tellement impressionné par les arguments du Jésuite anglais, Edmund Campion (†1581, voir au 1er décembre), qu’il renonça à sa vie frivole, et se réconcilia avec son épouse.

Philipp décida de quitter la vie de cour et de se rendre sur le continent. Mais dénoncé par un domestique, il fut arrêté et emprisonné à la Tour de Londres, en 1585.

Il resta dans cette prison pendant dix années, durant lesquelles un procès l’accusa de haute trahison et le condamna à mort, mais la reine ne signa jamais le décret d’exécution.

Sa seule compagnie en prison fut son fidèle chien, à qui il confia des messages à porter à un autre prisonnier notoire, le prêtre Robert Southwell (voir au 21 février), qui lui répondait de la même manière.

Sur son mur de prison, il écrivit en latin : Quanto plus afflictiones pro Christo in hoc sæculo, tanto plus gloriæ cum Christo in futuro (Plus nous souffrons pour le Christ en ce monde, plus nous aurons de gloire avec le Christ dans l’autre, cf. Ro 8:18).

Victime d’une dysenterie qui l’amena à la mort, il implora de la reine la permission de revoir une fois son épouse et son enfant, qui était né après son emprisonnement. La reine lui offrit le chantage de le remettre dans tous ses titres et propriétés, s’il acceptait seulement d’assister à un office protestant, à quoi il répondit : Dites à Sa Majesté que, si ma religion est cause de mes tourments, je regrette de n’avoir qu’une seule vie à perdre.

Il mourut dans cette même solitude, le dimanche 19 octobre 1595.

On l’ensevelit dans une fosse à l’intérieur de la Tour de Londres. Plus tard sa famille obtint de le déplacer dans la chapelle de la famille Fitzalan.

Ses biens furent confisqués, mais finalement restitués à son fils Thomas, qui retrouva son titre de comte d’Arundel.

Considéré dès sa mort comme martyr, Philipp Howard fut béatifié en 1929, avec Edmund Campion et les Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles.

Ces quarante Martyrs furent canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Lucas Alonso Gorda

1594-1633

 

Né le 18 octobre 1594 à Carracedo de Vidriales (Zamora, Espagne), de Domingo Alonso et Leonora Gorda, Lucas reçut ce même jour au baptême le nom de l’évangéliste Luc, qui se fête traditionnellement le 18 octobre.

C’est de ses parents qu’il apprit très tôt la dévotion du rosaire.

Une autre coïncidence le rapprochait des Dominicains : son père était né le jour de la fête de saint Domingo de Guzmán (voir au 6 août).

Lucas entra à seize ans chez les Dominicains de Zamora.

En 1611, il fit la profession religieuse.

Après des études à Trinana (León) et Valladolid, il partit pour Séville, d’où, dans unpremier temps, il devait être envoyé au Mexique, pour y achever ses études à Acapulco.

C’est là qu’il fut ordonné prêtre, prenant le nom de Lucas Alonso du Saint-Esprit.

Puis il partit pour Manille. Il n’attendit pas de débarquer pour commencer sa mission d’évangélisateur : sur le bateau, il gagna au Christ des passagers, qu’il put agréger à la Confraternité du Rosaire.

Arrivé à Manille en 1618, il fut envoyé en mission à Cagayan, puis fut professeur d’arts, de philosophie et de théologie au collège Saint-Thomas de Manille. 

En 1623, il atteignit le Japon, où il évangélisa pendant dix ans, au milieu de tous les dangers de la persécution. Quand survint l’ordre d’expulsion de tous les Espagnols, il quitta ostensiblement le pays, mais y rentra clandestinement, soutenant vaillamment toutes les communautés chrétiennes qu’il visitait en se déplaçant continuellement de nuit.

On a de lui des lettres qu’il put envoyer à Manille dans les années 1628-1630, dans lesquelles il décrit le martyre des Chrétiens japonais.

En 1628, il fut nommé à Kyoto.

En 1632, il s’adjoignit un Frère novice, Matthæus du Rosaire, pour la catéchèse, puis entreprit une longue tournée pour encourager les Chrétiens partout où il pouvait, avant de revenir à Kyoto. 

Arrêté le 8 septembre 1633 à Osaka, en même temps que son fidèle catéchiste Matthæus, il chanta le Te Deum pendant qu’on le conduisait en prison. 

En prison, il lava les pieds de ses Confrères, répétant en même temps le texte de l’évangile de saint Jean. Cette cellule devint un véritable sanctuaire de prière, qu’il partageait avec deux autres Franciscains.

En signe d’humiliation, pour avoir enfreint les lois, il eut les cheveux rasés et la barbe arrachée. Puis il subit le supplice de l’eau : on le forçait à ingurgiter une excessive quantité d’eau, qu’on lui faisait recracher en le frappant violemment sur le ventre. C’est après cet épisode qu’il écrivit : Il est difficile de savoir s’il faut plus de patience à supporter les tourments que pour expérimenter la joie qui les suit.

De Osaka, on le conduisit pieds et poings liés jusqu’à Kobé, puis à Kokura, jusqu’à Nagasaki, en «solennelle» procession pour frapper la population. Dans le dos, on lui avait accroché l’inscription : Le pire des malfaiteurs.

Il fut cruellement, et par deux fois fois torturé, le 18 octobre suivant, par le supplice du tsurushi (la victime est suspendue tête en bas au-dessus d’une fosse remplie d’immondices puantes, le corps serré entre des planches pour rallentir la respiration) ; entre les deux, on lui proposa de grands honneurs, s’il apostasiait. Sur son refus, il fut soumis de nouveau au même supplice, auquel il succomba le lendemain, à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633, lendemain de son trente-neuvième anniversaire. On trouve parfois la date du 20 octobre.

Son cadavre fut ensuite brûlé et les cendres dispersées en mer.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Saint Lucas Alonso est vénéré aux Philippines et au Japon, mais aussi dans le monde sud-américain. Les Dominicains le considèrent comme le plus grand représentant du Catholicisme en Extrême-Orient.

 

 

Matthæus Kohyōe

1615-1633

 

Né en 1615 à Arima (Hyogo, Japon), Matthæus venait d’entrer chez les Dominicains, prenant le nom de Matthæus du Rosaire.

Il fut arrêté, cruellement torturé, puis exécuté à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633.

On n’a pas davantage de détails sur son martyre ; il a peut-être subi le même sort que le père Lucas Alonso Gorda, qui fut martyrisé le même jour (voir la notice)

Ce jeune novice avait dix-huit ans.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Agnès Galand

1602-1634

 

Née à Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 17 novembre 1602, Agnès était la troisième des sept enfants de Pierre, un coutelier, et Guillemette Massiote, et fut baptisée dès le lendemain.

Elle n’avait que sept ans, lorsqu’elle se consacra à la Sainte Vierge, en qualité d’esclave, et s’attachant désormais à la ceinture une chaîne qu’elle «vola» à son père.

Puis, elle fit le vœu de chasteté, à Notre-Dame-du-Puy.

Sa profonde piété l’autorisa à recevoir l’Eucharistie dès l’âge de huit ans, fait qui resta tout-à-fait exceptionnel jusqu’au siècle dernier.

Très tôt, elle fut favorisée de la vison de son Ange Gardien. Un jour, celui-ci lui conseilla de prier vivement pour son père, qui était en grand danger. Son père eut alors l’idée de rentrer plus tôt que prévu à la maison, et apprit le lendemain que de mauvaises gens avaient prévu de l’assassiner.

Elle donnait tout ce qu’elle pouvait aux pauvres, même son goûter. Un jour qu’elle n’avait vraiment rien à donner, le pauvre lui dit de bien regarder au fond de (sa) poche, où elle trouva effectivement une pièce qu’elle lui donna ; alors il disparut.

En grandissant, elle réunit autour d’elles des camarades pour prier. Elle eut une attention particulière pour les femmes en couches.

Un jour qu’elle était au bord de la Loire avec d’autres jeunes filles, des garçons grossiers s’en approchèrent ; son Ange gardien lui apparut et lui fit traverser la Loire ; le fait fut attesté par les garçons eux-mêmes !

C’est son Ange qui lui enseigna aussi à chanter l’office, alors qu’elle était ignorante.

Fréquentant assidûment les Religieux dominicains du Puy, elle fut admise au Tiers-Ordre en 1621.

En 1623, elle entra au nouveau monastère dominicain de Langeac (Haute Loire), où elle professa en 1625. Elle porta depuis le nom de Agnès de Jésus.

Souvent, le Christ suscita près d’elle un petit agneau très joli, particulièrement pour la consoler dans des moments difficiles.

D’abord chargée des corvées, et particulièrement de la cuisine, elle devait aller puiser l’eau assez loin : sur sa prière, Dieu fit jaillir une source dans la cuisine même ; cette eau produisit de nombreux miracles par la suite.

Elle avait une grande dévotion à l’Esprit-Saint. 

Agnès fut favorisée des stigmates de la passion du Christ, mais de façon invisible. En particulier un jour, les Sœurs la trouvèrent sur son lit, les bras en croix, comme crucifiée et souffrant atrocement. Elle offrit ces douleurs pour les âmes du Purgatoire, en particulier celles des Dominicains.

En 1627, elle devint prieure.

C’est sa prière et ses conseils qui poussèrent Monsieur Olier à la fondation du séminaire Saint-Sulpice. Ce même Monsieur Olier attesta avoir été guidé par l’Ange Gardien d’Agnès, qui était en train de prier pour lui faciliter son voyage difficile.

Elle mourut le 19 octobre 1634, confiant à ses Sœurs la mission de prier pour les prêtres et les vocations sacerdotales.

En 1952, un accouchement qui s’annonçait très difficile, se passa très naturellement, après qu’on ait invoqué Agnès.

A la suite de ce miracle, la cause aboutit à sa béatification en 1994. 

La bienheureuse Agnès de Langeac est spécialement invoquée pour les vocations sacerdotales, et pour les femmes enceintes.

 

 

Jean de la Lande

1620-1646

 

De ce Jean, on ne connaît pas beaucoup de détails biographiques.

Il naquit vers 1620 à Dieppe (Seine-Maritime), comme le père Antoine Daniel (1601-1648, voir au 4 juillet).

On le décrit comme intelligent et courageux. Charpentier de son état, il se trouva au Québec dès 1636 comme donné parmi les Jésuites missionnaires.

Après s’être engagé comme donné, il avait demandé à être admis au rang des Frères coadjuteurs de la Compagnie.

Le père Jogues, de son côté, avait demandé aux Supérieurs, pour l’accompagner parmi les Iroquois, quelqu’un de vertueux, docile, courageux, et qui voulût endurer quelque chose pour l’amour de Dieu.

Jean s’offrit. Il savait à quoi s’en tenir sur les difficultés de sa mission. Il n’avait qu’à regarder les mains du père Jogues pour avoir une preuve des dangers du voyage. Mais la grâce l’avait investi. Il était décidé. Au fond, il était candidat au martyre.

Les Relations des missionnaires rapportent en 1647 que prévoyant les dangers où il s’engageait dans un si périlleux voyage, il protesta que le désir de servir Dieu le portait en ce pays où il s’attendait bien de rencontrer la mort.

Le voyage commença le 24 septembre 1646. Avant de partir, le père Jogues célébra la Sainte Messe et Jean communia. Ce serait leur dernière Eucharistie. On partit en pirogues sur le Saint-Laurent.

Vers le 7 octobre, ils arrivèrent aux rapides et durent porter sur la tête leur pirogue et leurs bagages. Puis, malgré la fatigue et la faim, ils traversèrent la région accidentée qui les séparait d’Ossernenon, le but de leur voyage.

Soudain, devant eux, surgit une file de Peaux-Rouges. Le Père les appela, les salua. Ils s’enfuirent. Ils se nomma : il était Ondessonk, leur ami. Alors, surgissant de partout, les Mohawks couverts de la peinture de guerre, l’horrible peinture rouge, armés jusqu’aux dents de mousquets, de couteaux, de haches et de casse-tête, entourèrent Isaac Jogues, Jean de La Lande et leur compagnon, en hurlant, dansant autour d’eux avec de cruelles menaces.

Ils se jetèrent sur le prêtre et sur Jean, les firent tomber,, les frappèrent, les piétinèrent, leur arrachèrent leurs vêtements.

Les Iroquois, refusant la paix précédemment conclue, avaient déterré la hache de la guerre. En réalité, ils venaient d’être victimes d’une nouvelle épidémie, et les responsables en étaient évidemment les Robes-Noires. A cela s’ajouta une sécheresse durant le mois de septembre. Les uns étaient pour la guerre, d’autres non. Ils emmenèrent le Père et Jean à Ossernenon. Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes non plus sur le sort à leur donner.

Au soir du 17 octobre, les captifs furent amenés à l’intérieur du village. Au terme du grand conseil, des guerriers d’un des deux clans vinrent menacer leurs victimes, les palpant, promenant sur eux leurs armes, leur disant : Vous mourrez demain, nous vous trancherons la tête, nous la planterons au bout d’un pieu. Ceux de deux autres clans, au contraire, cherchaient à les protéger et à les rassurer.

Au matin du 18, on parvint à un accord provisoire : les prisonniers étaient considérés comme otages publics. On leur rendit une partie de leurs vêtements. Il fallait attendre la sentence des anciens. Le père Jogues profita de ce répit pour rappeler aux chefs ses intentions pacifiques, son amitié et la bonté de Dieu.

L’après-midi, les clans s’affrontaient encore en discussions interminables ; certains voulaient la guerre, mais en préservant le père Isaac ; d’autres voulaient l’immoler immédiatement au dieu Areskoni.

Jogues et de La Lande se préparaient à la mort, calmement. Au soir du 18, un guerrier vint inviter le père Isaac à diner dans sa case. Après réflexion, le Père jugea meilleur d’honorer cette invitation. Mais à peine entré dans la case, il reçut deux coups de tamahawk et s’écroula.

Le jeune Jean connaissait encore mal les Iroquois ; il pensait pouvoir retrouver le cadavre du Père durant la nuit et l’ensevelir dignement. Quand tout le campement semblait endormi, peut-être après minuit, il sortit. Il ne pouvait évidemment ni voir ni entendre ceux qui le guettaient dans l’ombre; immobiles comme des statues. Il n’avait pas avancé de deux pas qu’il tombait, le crâne fracassé. Quelques instants plus tard, sa tête scalpée rejoignait celle d’Ondessonk. 

Ce 19 octobre 1646, il n’avait pas vingt-cinq ans. 

Au matin du 19, arriva l’ordre du Conseil suprême : il fallait libérer les captifs et les renvoyer à la ville d’Onontio. Trop tard.

Ce n’est qu’en juin 1647 que la nouvelle arriva officiellement aux oreilles des Supérieurs. Tous les détails ci-dessus furent racontés par un témoin iroquois qui, converti, voulut se joindre aux Français. Il fut même envoyé en France, où il reçut le baptême peu avant de mourir à Paris.

Jean de La Lande fut béatifié avec les autres Martyrs du Canada en 1925, puis canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre, jour où ils sont commémorés ensemble au Martyrologe.

Francisco Milagro Mesa
1869-1936

Né le 3 décembre 1869 à Tarazona (Saragosse), il était le fils de Félix et Mariana, qui le firent baptiser le lendemain avec le nom de s.François Xavier, fêté le jour de sa naissance ; l’enfant fut confirmé l’année suivante.

A quatorze ans, il était déjà un ouvrier professionnel. A seize ans, il entra au collège des Pères Clarétains de Barbastro pour devenir frère convers. Il y fit le noviciat et la profession.

On le mit aux cuisines ; en 1889, il fut envoyé à Vic, où il fut couturier et sacristain pendant plus de trente ans ; en 1921, il alla à Cervera comme tailleur et infirmier, où il fut lui-même formateur technique des convers novices. 

Les témoignages convergeaient pour qualifier Francisco de modèle des Convers. Il était travailleur, bon chanteur, modeste, infiniment patient.

Estimé de tous, il participa à la passion commune : le 21 juillet 1936, la maison de Cervera fut évacuée de force, un groupe se réfugia à Mas Claret, où les miliciens les fusillèrent le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Milagro Mesa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Pere Vives Coll
1874-1936

Né le 23 septembre 1874 à Pallejá (Barcelone), il était le fils de Isidro et María, qui le firent baptiser quatre jours plus tard et confirmer en 1879. C’étaient des parents très chrétiens.

Il travailla aux champs avec son père ; quand Pere ressentit l’appel de Dieu, ses parents en furent très heureux.

En 1895, Pere entra au noviciat des Pères Clarétains de Cervera, où il apprit à être couturier-tailleur, et fit la profession en 1896. En 1898, il fut envoyé à Santo Domingo comme sacristain.

En 1908, on l’envoya aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo. Pendant les dix années qu’il y séjourna, sa santé déclina, au point qu’il dut revenir.

En 1918, il fut reçu à Madrid comme portier et sacristain, charges dont il s’acquittait avec le plus vif empressement et grande humilité.

En 1935, il put venir quelques mois à Mas Claret pour se reposer ; l’année suivante, il refit cette «cure», et c’est là qu’il fut pris dans la tourmente révolutionnaire.

Il reçut la palme du martyre avec les autres Religieux de Mas Claret le 19 octobre 1936
.
Béatifié en 2017, Pere Vives Coll sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

 

Manuel Font y Font
1878-1936

Né le 13 juin 1878 à Torrebeses (Lleida), il était fils de José et Raimunda, qui eurent bien d’autres enfants aussi ; ils firent baptiser Manuel le jour même de sa naissance, et confirmer en 1880.

Il entra en 1890 au postulat des Pères Clarétains de Barbastro, alla faire le noviciat à Cervera, où il fit la profession en 1895 ; il continua là la philosophie et le début de la théologie, avant de passer à Santo Domingo de la Calzada, où il fut ordonné prêtre en 1903.

 En 1904, il fut envoyé aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo : Basilé, Elobey, Banapá. Là-bas, sa facilité pour les langues lui permit de converser avec les habitants dans leur idiome. Cependant, il fut atteint de fièvres, qui furent mal soignées, et au grand désappointement des Confrères, il dut rentrer en Espagne l’année suivante.

Désormais, le pauvre p.Manuel se considéra sans cesse malade, incapable de rien faire. Il fut à Sabadell, à La Selva del Campo, à Cervera, à Tarragona, à Alagón, de nouveau à Cervera, enfin à Mas Claret.

Comme tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Manuel fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Manuel Font y Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ferrer Escolà
1878-1936

Né et baptisé le 21 octobre 1878 à Alsamora (Lleida), fils de Manuel et Dolores, il fut confirmé en 1882.

Voulant se consacrer à Dieu, il entra en 1893 au postulat des Pères clarétains de Barbastro et fit ses Humanités ; passé au noviciat de Cervera, il fit la profession en 1897, puis suivit les cours de philosophie et de théologie, malgré son peu d’aptitudes pour ces matières.

Il souffrit de quelques accès d’épilepsie, si bien qu’en 1902, il passa à la condition de frère convers. En 1903, il alla tout de même à Santo Domingo de la Calzada pour achever la théologie, mais resta ensuite définitivement convers.

A Cervera, il s’occupa de reliure - un domaine où il excellait, et rendit mille services, fort appréciés, en électricité, en ferblanterie, et en entretien et réparation de toutes les machines de la maison.

En 1936, il se retira quelque temps à Mas Claret pour être soigné. Quand commença la révolution de juillet, le Comité de Cervera occupa la propriété de Mas Claret, mettant à contribution tous les Religieux qui s’y trouvaient, de sorte que le frère Josep fut sans cesse sollicité pour leur rendre d’autres services. Josep fut particulièrement provoqué par des propositions indignes d’un homme qui avait promis la chasteté, mais il ne céda pas un instant.

Vainqueur, il subit le martyre avec les autres, le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Ferrer Escolà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Benjamín Ortega Aranguren
1885-1936

Né le 30 mars 1885 à Villalta (Burgos), de Andrés et Bernardina, Benjamín fut baptisé le 1er avril.

Il reçut sa première formation des Filles de la Charité et entra à son tour chez les Pères Lazaristes (ou Vincentiens.

Après la profession (1904), il fut ordonné prêtre en 1911.

Pendant quatorze années, il fut confesseur et directeur spirituel à Ávila. Mais il perdit l’ouïe et dut se retirer à Madrid, comme aumônier et administrateur de la revue Médaille Miraculeuse. On devait célébrer en 1930 le centenaire des apparitions de la Sainte Vierge à ste Catherine Labouré.

Le 22 juillet 1936, il trouva refuge dans une famille d’amis, où il put célébrer la Messe, prier et se préparer au martyre.

Le 12 octobre eut lieu une perquisition et les miliciens y trouvèrent un livre en latin, sans doute le bréviaire du Prêtre. Le lendemain, 13 octobre, ils vinrent arrêter ce dernier pour le conduire à leur tchéka.

La famille, en particulier le fils de ces gens, cherchèrent de toutes les façons à intervenir pour obtenir la libération du p.Benjamín ; un des miliciens était bien connu de ce garçon, et lui dit qu’il comprenait très bien ses bons sentiments mais que, comme il s’agissait d’un prêtre, il n’était pas possible de faire quoi que ce soit, car ils avaient tous fait le serment d’éliminer tous les curés.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Benjamín Ortega Aranguren sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ribé Coma
1893-1936

Né le 28 octobre 1893 à Centellas (Barcelona), il était fils d’un commerçant, Pablo, et de Concepción, qui le firent baptiser le 1er novembre.

Il entra au postulat des Pères Clarétains de Vic, passa au noviciat de Cervera (1911), où il fit la profession ainsi que les études de philosophie et de théologie, au terme desquelles il fut ordonné prêtre (1920).

Après une année de préparation à Aranda de Duero, il fut envoyé à Vic, puis comme formateur des postulants à Alagón, Barbastro et Cervera.

En 1936, plusieurs familles, inquiètes des événements politiques, vinrent reprendre leurs fils ; la situation empira jusqu’au 21 juillet, où l’on dut évacuer la maison de Cervera. Tandis que beaucoup se réfugièrent à Mas Claret, le p.Josep resta avec les jeunes élèves, et confia ceux qui n’étaient pas de Catalogne à des familles d’accueil. 

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, le p.Ribé, avec d’autres, partit pour Vic, via Calaf, mais en furent empêchés,  on ne sait pourquoi, de sorte qu’ils vinrent à Mas Claret le 2 août. Là, le p.Josep s’arrêta, tandis que plusieurs autres continuèrent leur chemin.

Jusqu’au 15 août, ceux qui se trouvaient à Mas Claret furent pacifiquement enrôlés par le Comité pour travailler aux champs ; ensuite, l’atmosphère se dégrada peu à peu, jusqu’au 19 octobre, où ils furent tous abattus sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Josep Ribé Coma sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Narcís Simón Sala
1908-1936

Né le 9 mars 1908 (ou le 9 septembre ?) à Fornells de la Selva (Girona), il était le fils de Salvador et Carmen, qui le firent baptiser trois jours plus tard, et confirmer en 1911.

Lors de sa Première communion, il fut particulièrement récompensé pour son assiduité et mérita un diplôme.

Il travaiilla quelque temps comme cuisinier à Barcelone.

En 1933, à vingt-cinq ans, il se décida à embrasser la vie religieuse et entra chez les Clarétains de Vic, où il fit le noviciat, terminé par la profession en 1934. En 1936, il quitta Vic pour Mas Claret, où il s’occupait de la ferme.

On a vu dans les autres notices de ce groupe, que les miliciens de Cervera retinrent les Religieux de Mas Claret à leur disposition, obligeant à travailler les malades, jeunes et vieux. Un des miliciens avait rencontré Narcís à Barcelone et le reconnut. Par la suite, il n’arrêta pas de provoquer le Frère, l’invitant même à quitter la vie religieuse qu’il qualifiait d’idiote, mais Narcís persista dans la voie qu’il avait choisie et pour laquelle il avait promis fidélité à Dieu.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Narcís Simón Sala sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Julio Leache Labiano
1908-1936

Il naquit le 20 décembre 1908 à Monreal (Navarra), fils d’Eugenio et Marcelina, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer l’année suivante. Il avait un frère.

A l’école, il était le meilleur ; il commença ses Humanités chez les Clarétains d’Alagón en 1920 ; en 1922, son père, qui était contremaître  de routiers, fut tué dans une explosion de mine.

Julio partit à Cervera pour le noviciat, reçut les Ordres mineurs en 1925 et fit la profession. Il fut ensuite à Solsona pour la philosophie, et à Cervera pour la théologie. Il fut ordonné prêtre en 1932.

C’était l’aboutissement d’un long chemin, car Julio n’était pas noté très bien durant son noviciat : léger, irascible, distrait, déconcentré dans son travail de sacristain, peu spirituel dans les conversations, peu mortifié, peu sincère. Il avait à combattre, et il le fit, pour nous encourager à l’imiter dans l’amour de la sainteté.

On l’envoya à Solsona enseigner le grec biblique et l’anglais ; en fait, il enseigna les mathématiques ; puis aussi la métaphysique, la rhétorique, la philosophie de l’histoire. Au printemps de 1935, il alla enseigner la théologie fondamentale à Cervera.

Le p.Julio enseigna beaucoup de matières ; il fut aussi rédacteur dans la revue Palaestra latina et collabora à l’édition du dictionnaire de latin. On voit aussi combien la formation de ces Religieux était ample et complète.

Après l’abandon de la maison de Cervera le 21 juillet 1936, le p.Julio laissa partir le groupe auquel il appartenait, et resta avec le p.Ribé pour s’occuper des jeunes postulants et les répartir dans des maisons d’amis. Le 26, il se réfugia à la Caseta de la Teula, d’où il fallut déguerpir le 28, à l’approche de miliciens. On songea rejoindre Vic, mais - sans qu’on sache ce qui arriva - le groupe du p.Julio ne put y arriver et se retrouva à Mas Claret le 2 août.

Arrivé là, le p.Julio n’avait qu’une idée en tête : rejoindre la province d’Aragon, qui lui semblait bien plus sûre que la Catalogne, mais c’est alors que Dieu lui suggéra une décision héroïque : d’abord, le p.Ribé jugeait  plus opportun de s’arrêter à Mas Claret, et Julio obéit ; ensuite, il aurait pu tenter de s’échapper, mais il préféra rester avec les Confrères âgés et malades, pour les aider.

IL en vint même à exhorter chacun à recevoir la palme du martyre. S’ils nous tuent comme fascistes, ce sera pour nous une malédiction ; mais s’ils nous tuent parce que nous célébrons la Messe, voilà le martyre.

Ce jour arriva : avec tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Julio fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Julio Leache Labiano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Dionisio Arizaleta Salvador
1911-1936

Né le 8 février1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Bernardo et Eustasia, qui le firent baptiser le jour-même et confirmer en 1915. Dionisio lui-même qualifia ses parents de très chrétiens.

Il commença le postulat chez les Clarétains d’Alagón et acheva les Humanités à Cervera. Mais c’était trop difficle pour lui : il opta pour être Frère convers et fit son noviciat à Vic ; il y arrivait à seize ans, avec son caractère d’adolescent, de sorte que le maître des novices n’était pas très convaincu de sa nouvelle recrue, mais Dionisio était bien décidé à marcher sur le chemin de la perfection, et donna pleine satisfaction aux Supérieurs ; il fit la profession en 1928.

Il fut envoyé à Cervera comme couturier et cuisinier ; en 1933 à Barbastro comme sacristain ; en 1934 de nouveau à Cervera dans l’atelier de couture.

On apprit par une confidence qu’il fit, qu’il avait offert à Dieu sa vie pour le salut de l’Espagne. Son offrande allait être bientôt acceptée.

Quand la maison de Cervera dut être évacuée, le 21 juillet 1936, Dionisio fut dans le groupe de la vingtaine de Religieux qui, ne pouvant rejoindre Solsona, sa rabattirent sur San Ramón pendant deux jours et gagnèrent la ferme de Mas Claret. Les membres du Comité vinrent s’emparer de cette ferme et obligèrent tous les Religieux à travailler aux champs. Le 15 août, on leur interdit de prier ensemble.

Le 19 octobre 1936, dans l’après-midi, tous furent fusillés sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Dionisio Arizaleta Salvador sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Juan Senosiain Zugasti
1911-1936

Né et baptisé le 15 mai 1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Francisco et Teresa, qui le firent confirmer an 1915.

Il entra au postulat des Clarétains d’Alagón en 1924, mais ne put se faire aux études. Il s’orienta vers l’état de frère convers.

Après un court séjour dans sa famille, il reprit le chemin du noviciat, mais à Vic et fit la profession en 1929.

Il fut envoyé à Cervera, d’où il dut partir avec toute la communauté sur l’ordre du Comité révolutionnaire, le 19 juillet 1936. Faisant partie du groupe qui s’arrêta à Mas Claret, il y fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Juan Senosiain Zugasti sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francesc Solá Peix
1912-1936

Né le 21 octobre 1912 (date plus probable que le 17 avril 1900, sûrement erronée) à San Joan de las Abadesas (Girona), de Pablo et Francisca, Francesc fut baptisé deux jours plus tard et confirmé en 1915.

Le papa était un ouvrier journalier, la maman, elle, mourut en couches. Francesc eut d’abord une nourrice à Sercasas, puis vécut au pays natal de son père, à San Pablo de Seguries.

Il étudia chez les Pères Clarétains : à Barbastro et Cervera, il fit les Humanités, à Vic le noviciat et la profession. En 1932, il alla à Solsona pour les études de philosophie. 

Il était resté très marqué par son enfance difficile, et l’on pouvait craindre pour son avenir sacerdotal ; on va voir que Dieu le fit passer à la gloire par une voie beaucoup plus directe.

En 1935, Francesc fut à Cervera pour la théologie, mais il dut interrompre ces études à cause d’une maladie. Ceci explique qu’il se trouvait déjà en-dehors de la maison de Cervera au moment où celle-ci fut abandonnée de force par toute la communauté. Francesc, lui, se trouvait déjà à Mas Claret pour se reposer. Quand les membres du Comité le virent là, ils lui donnèrent l’ordre d’aller travailler aux champs.

Il maintenait ses habitudes du couvent, priant, méditant, jusqu’au 19 octobre 1936, où il fut immolé avec la vingtaine de Religieux clarétains réfugiés à Mas Claret. Il aurait eu vingt-quatre ans deux jours plus tard.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Francesc Solá Peix sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Constantino Miguel Moncalvillo
1913-1936

Né le 12 avril 1913 à Quitanarraya (Burgos), Constantino était le sixième enfant d’Agustín et Cándida, qui le firent baptiser le 16 avril suivant et confirmer en 1920.

L’écolier fut exemplaire, et le maître montrait souvent aux autres son joli cahier de devoirs, bien présenté, propre et avec une belle écriture. Constantino était toujours le premier en classe. Serviable, il allait chercher l’eau au puits, assez loin. En plus, il avait une petite passion : il aimait bien attraper les crabes.

Il avait déjà un cousin chez les Clarétains d’Alagón ; une mission d’un autre prêtre clarétain dans son pays le décida à aller frapper chez eux. Il entra au postulat en 1927, passa à Cervera en 1929, à Vic pour le noviciat en 1931 et fit la profession en 1932.

Durant ses Humanités, il se montra particulièrement enthousiasmé pour les mathématiques. Après la philosophie à Solsona, il vint à Cervera en 1935 pour la théologie : il n’allait y faire qu’une année.

Comme on le raconte pour ses confrères, il dut quitter la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoignit San Ramón, et deux jours plus tard Mas Claret. C’est là que se termina son voyage de vingt-trois ans sur terre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Constantino Miguel Moncalvillo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Eusebio de las Heras Izquierdo
1913-1936

Né le 16 décembre 1913 à Gumiel del Mercado (Burgos), il était le fils de Zacarías et Victoria, qui le firent baptiser le 21 décembre et confirmer l’année suivante.

Après l’école du village, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, fit le noviciat à Cervera, où il émit la profession en 1931. Il étudia la philosophie à Solsona et rejoignit Cervera pour les études de théologie. 

Au terme des quatre années de théologie, Eusebio devait être ordonné prêtre ; toutefois, il devait aussi faire le service militaire, qui aurait retardé son ordination. En réalité, il ne fut ni prêtre ni militaire : il fut martyr.

Eusebio avait de bonne qualités ; il avait aussi un don pour l’écriture et publia des articles dans La Fiesta santificada.

Tout cet élan fut tronqué le 21 juillet 1936, quand il fallut évacuer de force la maison de Cervera. Une douzaine des membres de la communauté fut martyrisée à Cervera le 18 octobre, une vingtaine d’autres à Mas Claret le 19 octobre 1936. Eusebio fut de ces derniers.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eusebio de las Heras Izquierdo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Antonio Elizalde Garbisu
1914-1936

Né le 4 janvier 1914 à Echauri (Navarra), il était le benjamin des huit enfants de Cándido et María, qui le firent baptiser le jour même. L’enfant fut confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, acheva ensuite ses Humanités à Cervera ; en 1931, il commença le noviciat à Vic et fit la profession en 1932. Après la philosophie à Solsona, il devait faire le théologie à Cervera, où il se rendit en 1935. Vu les circonstances politiques, il se préparait avec autant d’ardeur au sacerdoce qu’au martyre.

On a retenu de lui qu’il avait de bonnes facilités pour la musique.

Il dut abandonner la maison de Cervera avec tous les Confrères, le 21 juillet 1936. Il fut de ceux qui se réfugièrent à San Ramón et rejoignirent Mas Claret. C’est là qu’il fut arrêté et conduit au martyre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Elizalde Garbisu sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Emiliano Pascual Abad
1914-1936

Né le 5 décembre 1914 à Milagros (Burgos), aîné des six enfants d’Agapito et Eugenia, il fut baptisé le 10 décembre suivant et confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Clarétains d’Alagón, d’où il partit pour Cervera en 1929, pour le noviciat de Vic en 1931 : durant ce voyage ferroviaire, leur wagon se détacha, mais il n’y eut aucun dégât. En 1932, il émit la profession.

Après avoir étudié la philosophie à Solsona, il vint en 1935 à Cervera pour la théologie ; il n’en ferait qu’une année, et ne pourrait recevoir aucun des Ordres sacrés, car il y avait aussi la perspective du service militaire.

Comme on l’a dit déjà, il dut évacuer la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoindre San Ramón puis Mas Claret, où il fut arrêté et fusillé avec ses dix-huit Compagnons.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Emiliano Pascual Abad sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Ferran Castán Meseguer
1915-1936

Né le 1er avril 1915 à Fonz (Huesca), il était le fils de Francisco et María, qui le firent baptiser le 10 avril suivant et confirmer en octobre. Des cinq enfants de cette famille, trois furent consacrés : Francisco qui fut martyrisé le 15 août 1936 (et béatifié en 1992), Ferran, et une fille qui fut carmélite.

Ferran entra au postulat clarétain de Barbastro en 1928, mais les études n’étaient pas faciles pour lui ; aussi, à Cervera, les continua-t-il mais en tant que Frère convers. Il fit le noviciat à Vic, ainsi que la profession en 1932. Il fut envoyé à Barbastro, puis à Cervera.

Il partagea le sort de toute cette immense communauté. Le 19 juillet 1936, le Comité révolutionnaire faisait évacuer la maison. 

Ceux qui se replièrent sur Mas Claret,  y furent fusillés au soir du 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Ferran Castán Meseguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francisco Simón Pérez
1916-1936

Né le 29 janvier 1916 à Murchante (Navarra), il était le fils de Bernardino et Felicitas, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer en 1919.

Entré au postulat des Pères Clarétains d’Alagón en 1927, il continua les Humanités à Cervera, passa à Vic pour le noviciat (1931) et fit la profession l’année suivante ; de là, il alla étudier la philosophie à Solsona et en 1935 vint à Cervera pour la théologie.

Le 21 juillet commença la marche vers la Croix avec les Confrères de Cervera : abandon de la maison, refuge à Mas Claret, où les miliciens les firent travailler aux champs, jusqu’au 19 octobre 1936.

A cette date, ils furent exécutés sur place. Francisco avait vingt ans.

Béatifié en 2017, Francisco Simón Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

Francisco Marco Martínez
1917-1936

Né le 1er février 1917 à Odón (Teruel), il était le quatrième enfant de Tomás et Francisca, qui le firent baptiser le 3 février et confirmer en 1921.

En 1935, à dix-huit ans, il entra au postulat clarétain de Vic, pour se préparer à être Frère convers. Il acheva le noviciat avec la profession le 11 juin 1936. On l’envoya à Cervera.

Un mois plus tard se déchaînait la tourmente révolutionnaire. Le 21 juillet la communauté évacuait la maison de Cervera et se dispersait à droite et à gauche.

Francisco fut de ceux qui, empêchés de gagner Solsona, se replièrent à Mas Claret.

C’est là qu’il fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Marco Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Nicolás Campo Giménez
1920-1936

Né le 5 mars 1920 à Salvatierra (Álava), Nicolás était le fils de Nicolás et Romana, qui le firent baptiser deux jours plus tard et confirmer l’année suivante.

En 1934, à quatorze ans, il entra au noviciat clarétain de Vic en vue d’être frère convers : sa préparation culturelle ne lui aurait pas permis de faire davantage d’études.

Il reçut l’habit en 1935 et fit la profession en juin 1936.

Sa première destination fut Cervera : il ne devait y rester qu’un mois. Le 21 juillet arriva le moment d’évacuer la maison. Avec d’autres Confrères, il se réfugia à San Ramón et arriva à Mas Claret le 2 août.

Il travaillait aux champs dans cette grande propriété, et se préparait comme tous les autres à l’heure du martyre.

Mystérieusement, on eut l’idée de prendre une photographie de tout le groupe le 19 octobre ; Nicolás était en train de passer la charrue dans la vigne avec deux juments ; on l’appela.

C’est ensuite que le Comité voulut en finir avec les Religieux ; on les abattit près de la clôture de la propriété.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret, Nicolás avait seize ans et sept mois : c’est actuellement le plus jeune martyr identifié connu de la Guerre civile d’Espagne en 1936.

Béatifié en 2017, Nicolás Campo Giménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 23:00

18 OCTOBRE

 

I.

S Luc, évangéliste, patron des médecins et des peintres, martyr à Patras ; auteur du troisième Evangile et des Actes des Apôtres.

III.

S Asclepiades, évêque à Antioche.

Ste Tryphonia, qu'on a présumé être : épouse de Dèce, mère de ste Cyrilla, et martyre à Rome.

IV.

SS Proculus, Euticius et Acutius, martyrs en Campanie. 

S Just, enfant martyr près de Beauvais.

V.

S Amabilis, prêtre et évangélisateur à Riom ; entre autres miracles, il débarrassa le pays des serpents.

VI.

Ste Gwen, mère de s. Guénolé, en Bretagne.

VII.

S Monon, irlandais, ermite à Nassogne, dont il est le patron.

XVI.

S Juan Garavito (Pedro d'Alcántara), franciscain espagnol, mystique, réformateur de son ordre et un temps directeur de ste Thérèse d'Avila. 

XVII.

S Isaac Jogues, jésuite martyrisé par les Iroquois ; fêté avec d'autres martyrs le 19 octobre.

XVIII.

S Paolo de la Croix, prêtre italien, fondateur avec son inséparable frère Jean-Baptiste de la Congrégation des Passionnistes, dont la règle ne sera approuvée qu'après qu'il l'eût adoucie ; fêté le 19 octobre.

XX.

Bx Daudi Okello (*1902) et Jildo Irwa (*1906), catéchistes ougandais, martyrs en 1918, béatifiés en 2002.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :
        - béatifié en 2013 :
Frères Maristes : Abilio Villareal Abaza (Roque, *1885), près de Málaga ; 
        - béatifiés en 2017 :
Diocésains : Alfredo Almunia López-Teruel et José Gomez de Haro (*1859 et 1899), près d’Almería ;
Clarétains : les prêtres Heraclio Matute Tobías, Lluís Jové Pach, Joan Buxó Font, José Serrano Pastor (*1867, 1872, 1879, 1899) ; les clercs Josep Ausellé Rigau, Evarist Bueria Biosca et Manuel Solé Vallespì (*1913) et José Loncán Campodarve (*1915) ; les convers Bonaventura Reixach Vilarò, Miquel de los Santos Rovira Font, Francesc Canals Pascual, Josep Ros Nadal (*1860, 1863, 1891, 1899), à Cervera ;
Laïques : Isidro Juan Martínez, Francisco Roselló Hernández (*1899, 1907), à Cartagena.

Luc, évangéliste
1er siècle

Luc était né à Antioche et se convertit très tôt grâce à l’annonce des Apôtres.
Saint Paul le prend comme compagnon de mission, et Luc l’accompagnera jusqu’à Rome. Après le martyre de Paul, l’Ecriture ne dit rien de Luc.
La Tradition rapporte que Luc fut successivement en Grèce, où il aurait évangélisé à Patras et à Thèbes. Il aurait même été évêque dans cette ville. Il serait peut-être mort martyr à Patras, comme saint André.
C’est en tout cas dans ces régions que Luc, fort cultivé, écrivit en grec le troisième évangile, ainsi que les Actes des Apôtres.
Luc s’attache à montrer la miséricorde divine. C’est lui qui nous présente la parabole du Fils prodigue (Lc 15:11-31), lui aussi qui raconte la conversion du Bon Larron, à qui Jésus promet qu’il serait «dès aujourd’hui» avec lui en Paradis (Lc 23:43).
Luc, qui précise qu’il s’est «soigneusement informé» (Lc 1:3), aura certainement approché la Mère de Jésus pour lui demander des informations, des descriptions. Luc est l’auteur marial qui nous présente les scènes de l’Annonciation à Marie, de la Visitation à Elisabeth, et aussi du magistral éloge que Jésus fait de sa Mère, quand il répond : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent (Lc 11:28), comme Il l’avait déjà dit plus tôt : Ma Mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! (Lc 8:21).
Luc était médecin, et comme tel sait donner des détails «physiologiques» sur les maladies, sur les souffrances du Christ (la sueur de sang au Jardin des Oliviers, 23:44).
Egalement peintre, Luc est dit avoir peint des portraits de Marie, des icônes entourées d’une solennelle vénération dans certains sanctuaires, comme à Sainte-Marie-Majeure à Rome.
C’est ainsi que l’évangéliste Luc se trouve être le patron des médecins, comme les saints Côme et Damien, ainsi que des peintres.
Saint Luc est commémoré le 18 octobre au Martyrologe, et fêté ce jour-là.


Asclepiades d’Antioche
† 218

En comptant s.Pierre, qui gouverna l’Eglise d’Antioche avant de partir pour Rome, Asclepiades fut le dixième évêque d’Antioche de Syrie, apparemment de 211 à 218.
A propos de lui, l’évêque de Jérusalem Alexandre, qui était prisonnier durant la persécution, écrivit aux Chrétiens d’Antioche : 
Le Seigneur a rendu mes liens supporables et légers lorsque j’ai appris dans ma prison qu’Asclépiade, si sympathique à cause du mérite de sa foi, avait selon la divine Providence reçu la charge de votre sainte Eglise d’Antioche.
Il semble bien qu’il mourut martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Asclepiades d’Antioche au 18 octobre.


Proculus, Euticius et Acutius de Pouzzoles
† 305

Dans la notice de s.Ianuarius (Janvier, v. 19 septembre), il a été question de Proculus, Euticius (Eutychès) et Acutius.
On pourra s’y reporter.
La critique historique a aujourd’hui dissocié ces Compagnons.
Voici donc Proculus, diacre, Euticius et Acutius, martyrisés peu après l’évêque Ianuarius, à Pouzzoles, vers 305.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Proculus, Euticius et Acutius de Pouzzoles au 18 octobre.


Amabilis de Riom
† 475

Amabilis - quel honneur de porter un nom si aimable - naquit à Riom (auj. en Puy-de-Dôme).
Dès sa jeunesse, il se fit remarquer par sa piété, et fut ordonné prêtre.
Il était chantre à l’Eglise de Clermont, et parcourait la région de Riom, prêchant et faisant des miracles.
Il débarrassa le pays des serpents.
S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) témoigne avoir assisté lui-même à la guérison d’un possédé, par la prière d’Amabilis. Le même auteur raconte la conversion d’un parjure qui, terrorisé en se sentant devenir raide comme du fer, avait avoué son crime. 
Le duc Victurius, gouverneur d’Auvergne entre 474 et 485, négligea de prier au tombeau du saint, mais son cheval devint inerte comme s’il était en airain et avait été fixé au sol ; il ne put partir qu’après une fervente prière. 
L’épisode précédent nous aide aussi à confirmer au moins approximativement qu’Amabilis fut prêtre avant 485.
Amabilis fit aussi le pèlerinage à Rome, pour en rapporter des reliques de Saints. On ajoute qu’en route, il accrocha son manteau à un rayon de soleil… mais on ne précise pas si la région s’est trouvée obscurcie par cette ombre inhabituelle.
Amabilis annonça sa mort et mourut, vers 475. L’église qui abritait ses reliques fut détruite en 1750. La châsse qui contenait ses reliques fut fondue à la Révolution (mais les reliques furent sauvées).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Amabilis de Riom au 18 octobre.


 

Juan Garavito (Pedro de Alcántara)

1499-1562

 

De son vrai nom, Juan de Garavito y Vilela de Sanabria, Pedro naquit en 1499 à Alcántara, en Estrémadoure, près du Portugal. Son père était gouverneur et mourut quand Pedro avait quatorze ans ; sa mère se remaria.

Juan fut tellement effacé, qu’on ne le connut plus tard que par son nom de religion, qui sera Pedro (Pierre).

Juan étudia d’abord à Alcántara, puis à Salamanque.

Entré à Los Majarretes dans l'Ordre de Saint-François (1515), où il prit donc le nom de Pedro, il montra, pendant son noviciat, une modestie surprenante. Sa vertu extraordinaire l'éleva aux charges de l'Ordre dès ses premières années de vie religieuse : il fut supérieur d’un petit couvent à Badajoz dès 1519 ; mais l'humble supérieur se faisait, à toute occasion, le serviteur de ses frères et le dernier de tous.

Il reçut le sacerdoce en 1524.

Il eut à faire un séjour à la cour du Portugal, où il convertit beaucoup de seigneurs et la propre sœur du roi.

En 1538 il fut élu provincial de la province Saint-Gabriel.

En 1542, il voulut se retirer dans un désert à l’embouchure du Tage, où se fondait un couvent d’ermites, mais il en fut rappelé en 1544 et fonda en 1550 près de Lisbonne le premier couvent d’une nouvelle province.

Dieu lui inspira de travailler à la réforme de son Ordre, et il y établit une branche nouvelle, pas toujours unanimement reconnue par les autres franciscains, mais qui se fit remarquer par sa ferveur et fut approuvée par le pape.

Pedro se fixa enfin à Arenas (aujourd’hui Arenas de San Pedro, près de Ávila), où il fonda un nouveau couvent pour sa réforme, non loin d’un joli petit ermitage.

Pedro fut un «spécialiste» de la mortification. Ce qu’on en sait vient de certaines «confidences» à sainte Thérèse d’Ávila, qui a pu aussi s’en rendre compte personnellement.

Ainsi, dans un pays de montagnes, couvert de neige, en plein hiver, il avait trouvé un singulier secret contre le froid : il ôtait son manteau, ouvrait la porte et la fenêtre de sa cellule ; puis, après un certain temps, reprenait son manteau et refermait porte et fenêtre, ressentant alors une impression de réchauffement qui lui suffisait. Dans ses voyages, Pedro ne marchait que pieds nus et la tête découverte : la tête découverte, pour vénérer la présence de Dieu ; pieds nus, afin de ne jamais manquer l'occasion de se mortifier.

Sa mortification s'accroissait chaque jour au point qu'il ne se servait plus de ses sens et de ses facultés que pour se faire souffrir. il ne mangeait qu'une fois tous les trois jours, se contentant de mauvais pain et d'eau ; parfois il demeurait huit jours sans manger. Il passa quarante ans sans donner au sommeil chaque nuit plus d'une heure et demie, encore prenait-il ce sommeil assis dans une position incommode ; il avoua que cette mortification avait été plus terrible pour lui que les cilices de métal, les disciplines et les chaînes de fer.

Il ne levait pas les yeux ; il semblait même presque aveugle, se contentant de chercher les objets avec ses mains, sans les regarder. Jamais il ne regardait une femme. Il lavait lui-même ses pauvres nippes et les remettait avant qu’elles fussent séchées.

Sa prédication produisit les plus merveilleux effets ; sa vue seule faisait couler les larmes et convertissait les pécheurs : c'était, selon la parole de sainte Thérèse, la mortification personnifiée qui prêchait par sa bouche.

La seule pensée du Saint-Sacrement et des mystères d'amour du Sauveur le faisait entrer en extase. Il restait parfois une heure en extase les bras en croix ; il célébrait la messe avec les larmes, et fut plusieurs fois porté en lévitation.

Saint Pedro fit de nombreux miracles. Il aurait traversé plusieurs fois des rivières à pied sec.

Aux derniers instants, sur son lit de mort, un frère voulait lui remonter la couverture : il s’y opposa. Il voulut être enterré avec les plus vieux vêtements du couvent, qui se trouvèrent être les siens. Pour recevoir le viatique, il se mit tout seul à genoux. Il mourut paisiblement, et retrouva alors un teint jeune, souple et vermeil. C’était à Arenas de San Pedro, le 18 octobre 1562.

Apparaissant à sainte Thérèse après sa mort, il lui dit : « Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire ! »

Saint Pedro d’Alcántara fut béatifié en 1622, et canonisé en 1669.

 

 

Isaac Jogues

1607-1646

 

Isaac naquit le 10 janvier 1607 à Orléans (Loiret), cinquième des neuf enfants de Laurent et Françoise de Saint-Mesmin, d’importants marchands. Son père était veuf après un bref premier mariage, dont étaient nées deux filles, et s’était remarié : naquirent ainsi les six garçons et une dernière fille.

Isaac reçut son éducation à la maison, ainsi que sa piété. Son caractère vif lui méritait quelque fois des sanctions «vigoureuses», mais le garçon pleinement repenti et humblement docile savait baiser la main et la verge qui le punissaient. C’était un excellent sportif.

En 1617, il entra au nouveau collège des Jésuites d’Orléans, où il apprit à tourner des vers aussi bien en français qu’en latin. Son père mourut avant la fin de ses études.

On venait de canoniser le Jésuite François-Xavier (voir au 3 décembre), et Isaac annonça tout de go à sa mère qu’il voulait entrer chez les Jésuites.

Il entra au noviciat de Rouen en 1624, fit les vœux en 1626 et la philosophie à La Flèche.

En 1630, il fut chargé d’une classe de cinquième à Rouen, et partit à Paris pour la théologie, au Collège de Clermont.

Le Canada ayant été repris au Anglais ces années-là, son évangélisation en fut confiée aux Jésuites. Isaac fut donc ordonné prêtre début 1636, pour pouvoir embarquer durant le printemps. Il célébra sa première Messe à Orléans. Le départ eut lieu le 6 avril, on arriva au Canada le 2 juin.

Dès le 21 juillet 1636, il fut envoyé à Trois-Rivières, chez les Algonquins. Arrivèrent des Hurons pour vendre leurs fourrures, et qui demandèrent une robe-noire (la couleur de la soutane des prêtres) ; Isaac les suivit, avec un jeune Français de onze ans, pour y apprendre la langue.

Le père Isaac reçut le nom huron de Ondessonk (oiseau de proie, peut-être à cause de son profil, de son nez particulièrement). A l’arrivée, il fut accueilli par le père Jean de Brébeuf (voir au 16 mars) qui, lui, s’appelait Echon (mon cousin).

L’accoutumance aux usages hurons fut évidemment pénible, dans une tribu où tout était si sale, mais le plus dur fut l’apprentissage de la langue. On s’en rendra compte si l’on comprend que le seul Signe de la Croix dut être ainsi traduit : Au nom de notre Père, de son Fils et de leur Esprit-Saint. Isaac réussit à parler assez bien au bout d’une année.

Le plus dangereux était qu’à la moindre alerte, ou épidémie, ou sécheresse, les sorciers accusaient les Robes-Noires, sur la tête desquelles pendait constamment une épée de Damoclès.

Quelques baptêmes furent administrés à la Noël 1638 ; en 1641, il n’y en avait qu’une soixantaine. Des conversions et des baptêmes s’ajoutèrent. Le père Jogues en était heureux, mais presque inquiet, lui qui avait désiré le martyre. Or, il entendit un jour une voix lui dire : Ta prière est exaucée. Qu’il soit fait selon ta demande : prends courage, sois vaillant ! L’épreuve allait commencer pour de bon.

Ce qui est remarquable dans toute la période qui va suivre, ce sont les multiples occasions où le père Jogues se trouva comme devant la mort, devant le martyre, qui cependant s’écartèrent de lui mystérieusement à chaque fois. 

L’été 1643, le père Jogues fut envoyé à Québec, à un moment où les Hurons et les Iroquois étaient en guerre. Il en revint avec un nouveau venu laïc, René Goupil. Sur le chemin du retour, ils furent attaqués par des Iroquois, de la tribu des Mohawks, les plus féroces, et armés par les Hollandais protestants. Le père Jogues put se cacher dans les roseaux, mais alla se livrer aux Iroquois pour rester avec ses amis, Hurons ou Français, faits prisonniers. Il baptisa quelques catéchumènes. En cette occasion, il fut copieusement rossé, on lui arracha des ongles avec les dents, puis des phalanges. Evanoui, Isaac fut réveillé par des brûlures aux bras et aux cuisses ; on lui grilla un doigt ; un de ses amis, huron, eut les pouces coupés et un poinçon de bois enfoncé jusqu’au coude.

A la halte suivante, autres barbaries ; on arracha au père Jogues les deux derniers ongles qui lui restaient. On obligea une chrétienne algonquine à tailler le pouce gauche du père ; les Iroquois cautérisèrent ses plaies avec des tisons, ainsi qu’à Goupil. Puis on les lia dans des huttes, où les enfants s’amusaient à leur jeter des charbons rouges, et tout cela pendant trois jours, du 14 au 17 août, quand l’Eglise fête l’Assomption de Marie.

Le 21, les Iroquois annoncèrent d’abord aux prisonniers qu’ils mourraient sur le bûcher ; mais seuls trois furent immolés, les Hurons ; les autres furent retenus prisonniers, par crainte des représailles de la part des Français.

L’esclavage fut cependant une honte pour les Iroquois eux-mêmes, car les malheureux prisonniers ne pouvaient pas même se servir de leurs mains pour manger.

Finalement, les Iroquois se divisèrent sur le sort à leur donner. Goupil, qui avait osé montrer à un enfant comment faire le Signe de Croix, fut traitreusement abattu, le 29 septembre 1643.

Le père Jogues se trouvait bien seul. Il eut une vision qui lui faisait comprendre que son martyre devait encore être préparé. Il eut des moments de grand désarroi, mais une voix intérieure le réconforta.

L’hiver suivant, on rappela le père Jogues (Ondessonk) à l’autre campement iroquois, Ossernenon, pour y être utile, entre autres à soigner un vieillard couvert d’ulcères, celui-là même qui avait battu le père et lui avait arraché deux ongles. Jogues le soigna comme son père ; sa bonté finit par avoir raison de la méchanceté des Iroquois : on l’admit à des réunions, on le fit parler, il expliqua ce qu’il savait du soleil, de la lune, des étoiles, et peu à peu aussi du Créateur. Il put donner le baptême à des mourants, à des malades, à quelques adultes.

Au printemps 1643, Ondessonk échappa encore une fois à une mort violente, programmée pour le Vendredi Saint. Puis une autre tractation faillit bien tourner au drame, car le père Jogues fut quasi assommé à terre, et ne se remit que par l’intervention de la fille de son «propriétaire».

Cette dernière l’emmena avec elle quand elle alla troquer ses fourrures aux Hollandais. Ces derniers tentèrent une fois de plus de racheter le prêtre. Jogues profita de cette halte pour écrire des lettres, comme il put, avec ses restes de doigts, pour avertir les autres Pères Jésuites. On le croyait déjà mort depuis longtemps !

En juillet 1643, il eut la possibilité de rejoindre un bateau hollandais, de gagner l’île de Manhattan (l’actuelle New-York) et de passer en Europe : en Angleterre (où les Jésuites étaient persécutés) puis en France, où il accosta, le 24 décembre, à Saint-Pol-de-Léon. Le 4 janvier 1644, il se présenta au collège des Jésuites et se fit reconnaître, non sans émotion !

Les Supérieurs le contraignirent à aller d’abord à Orléans, revoir sa chère maman. Il fut ensuite reçu par la reine Anne d’Autriche et Mazarin et obtint l’envoi d’une nouvelle garnison de soldats pour protéger les Français au Canada.

Puis il obtint une dispense, car à l’époque, ses mains mutilées ne lui permettaient pas de célébrer. La dispense arriva sans difficulté et le père put célébrer. Il repartit à Orléans et put donner la communion à sa chère mère - pour la dernière fois…

En avril 1644, le père Jogues gagna La Rochelle et rejoignit le Canada. Là, il fit office d’ambassadeur pour aller au-devant des Iroquois, toujours en guerre, pour les convaincre de faire la paix. Un accord officiel se fit en septembre 1645, complété solennellement en juin 1646. 

Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes : certaines tribus restaient belliqueuses. Jogues chercha à désolidariser les tribus, de sorte que les pacifiques n’auraient pas appuyé les belliqueuses. Il repartit en ambassadeur, accompagné cette fois-ci d’un jeune homme, Jean de la Lande, mais les Iroquois ne tinrent pas parole.

Partis en septembre 1646, Isaac et Jean furent pris dans une ambuscade, tendue par des Iroquois révoltés contre les Robes-Noires, rendues responsables d’une nouvelle épidémie.

Le 17 octobre, on leur annonça qu’ils mourraient le lendemain. Certains cependant les assuraient qu’ils les protégeraient. Le 18 au matin, il semblait que la situation s’était calmée ; les prisonniers demeuraient seulement des otages. Le soir, le père Jogues fut traitreusement invité au souper dans une des cases du village : à peine entré, il reçut deux coups de tomahawk et tomba mort. On le scalpa, on lui trancha la tête, qui fut exposée sur une pique de la palissade.

Le jeune Jean de la Lande voulut, la nuit suivante, retrouver et enterrer décemment le corps du prêtre : il fut immédiatement abattu et traité comme le prêtre.

La nouvelle de la mort des deux Martyrs ne parvint aux Jésuites qu’au printemps suivant, par un Huron échappé des Iroquois, puis par l’assassin lui-même, qui reconnut son crime, se convertit et reçut le baptême avant de mourir. 

Quelques temps après, les Iroquois furent définitivement vaincus, et se convertirent plus facilement. Une de leurs fleurs fut Kateri Tekakwitha, maintenant canonisée (voir au 17 avril).

Les deux Martyrs, Isaac Jogues et Jean de la Lande, furent béatifiés en 1925, avec leurs amis Antoine Daniel, Jean de Brébeuf, Gabriel Lallemant, Charles Garnier, Noël Chabanel, René Goupil, par l’intercession desquels furent guéris ensemble huit malades d’un hôpital américain, ce qui aboutit à leur canonisation en 1930.

Ces huit Martyrs sont commémorés et fêtés au 19 octobre, le 18 (jour de la mort de Isaac Jogues) étant la fête de l’évangéliste saint Luc.

Paolo Francesco Danei

1694-1775

 

La vie de ce saint Fondateur est vraiment extraordinaire.

Paolo vit le jour le 3 janvier 1694 à Ovada (Piémont, Italie Nord-Ouest), de très pieux parents Luca et Anna Maria Massari, qui le firent baptiser le 6 janvier suivant. Luca avait été veuf en 1690, sans enfant ; il tenait une petite boutique.

Luca et Anne Maria étaient aussi humbles que pieux. Leurs lectures favorites étaient les vies des Saints. De ce mariage naquirent seize enfants. Juste avant Paolo, était née une petite fille qui mourut à trois jours. Un des jeunes frères de Paolo fut Giovanni Battista (ou Gian Battista), qui fut intimement lié à son aîné d’une sainte amitié jusqu’à la fin de leur vie.

Paolo, qui avait une mémoire remarquable, fréquenta l’école paroissiale à Cremolino, tenue par un religieux carme. Dès ses jeunes années, Paolo s’intéressa beaucoup aux leçons de catéchisme ; il priait beaucoup, assistait chaque jour à la Messe… Il semble qu’il ait reçu de nombreuses visions du Christ souffrant et qu’il se soit très vite habitué à s’imposer de dures mortifications, en souvenir de la passion du Christ.

Il y eut en 1713 un événement particulier (une vision, une inspiration ?) qui fut déterminante pour l’avenir de Paolo. Il conçut un tel mépris de sa personne, de ses moindres défauts, qu’il résolut d’être entièrement à Dieu. Cette grâce toute spéciale fut suivie d’une période de dur combat contre mille attaques de l’esprit malin qui cherchait à l’entraîner dans le doute. Mais sa prière et sa fidélité intérieure eurent le dessus.

Lorsque le pape appela les Chrétiens à s’unir pour combattre l’Islam menaçant, Paolo s’enrôla,  et passa par diverses villes (Crema, Parma, Ferrare, Alba et Novello, Tortona), mais très vite il comprit que Dieu l’appelait à d’autres «combats», il quitta l’armée et revint chez les siens à Castellazzo.

Il fut reçu à Novello par un couple âgé, riche et sans enfants, qui voulaient faire de lui leur héritier : il refusa.

Paolo fit partie de la confraternité de Saint Antoine Abbé (voir au 17 janvier), et même en devint le prieur. Il passait presque tout son temps dans l’église, au point qu’on disait : Si vous cherchez Paolo, allez voir à l’église. Sa nuit de prédilection était celle du Jeudi au Vendredi Saints, qu’il passait en union profonde avec le Christ à l’agonie. Il fut tellement frappé par l’expression Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort (cf. Ph 2:8), qu’il fit le vœu d’obéissance, et se soumit totalement à la volonté de tous. Il se confessait souvent et communiait trois fois par semaine, disant : Le Seigneur m’a donné faim de deux choses : la communion et la souffrance.

Paolo se mortifiait durement, il se flagellait, couchait sur la dure, jeûnait ; à ces souffrances s’ajoutèrent les sévérités, quelquefois très exagérées du curé, son confesseur, qui l’humiliait exprès pour éprouver sa soumission : un jour que, pour l’éprouver, le curé lui commanda d’entrer chez des gens qui étaient en train de faire la fête et de danser, à peine Paolo s’était-il dirigé vers la porte, que toutes les cordes des instruments se cassèrent, interrompant la fête. Dès lors, le prêtre n’eut plus de doute sur la sainteté de Paolo.

Un oncle prêtre de Paolo chercha à lui organiser un bon mariage, grâce auquel Paolo aurait pu aider sa famille ; ce dernier obéit, alla au rendez-vous, mais resta les yeux baissés, de sorte que rien ne put se conclure ; puis le prêtre mourut, lui laissant tout son héritage : Paolo s’en «débarrassa» en le remettant à sa famille et ne garda que le bréviaire du prêtre.

Il se mit au service de la paroisse, pour enseigner aux enfants. Peu à peu se forma une petite association de jeunes animés d’un même amour de la solitude et de la piété, dont beaucoup entrèrent dans les Ordres. Puis Paolo s’occupa des malades, et surtout des malades dans l’âme. Il eut le don de la lecture des âmes, et invita les pécheurs à se convertir, à se confesser. Par deux fois, des pécheurs refusèrent de suivre son conseil, et moururent bientôt ; le bruit s’en répandit.

Paolo eut un jour une cruelle vision de l’enfer, et fut pris d’un profond désir de sauver les âmes, par la méditation de la Passion et la prédication. Il eut fréquemment de telles visions célestes.

En 1720, comme il l’écrivit, il eut l’inspiration de fonder un institut ; la Sainte Vierge lui apparut vêtue d’un habit noir avec une croix blanche, et l’expression Iesu Xri Passio (Passion de Jésus-Christ) sur la poitrine, ce qui sera l’habit des Passionistes par la suite. La même Sainte Vierge lui demanda de fonder cet institut nouveau. Paolo se consacra totalement à Dieu le vendredi 22 novembre, lendemain de la fête de la Présentation de Marie au Temple, puis alla se prosterner devant toute sa famille pour en prendre congé définitivement. L’évêque remit ensuite à Paolo cet habit précieux.

L’hiver suivant, Paolo vécut dans une petite cellule près de l’église de Castellazzo, dans de grandes mortifications, et où il écrivit sa Règle, d’après ce qu’il avait vu en vision. L’évêque l’approuva ; Paolo commença à prêcher dans les rues. Son succès - et ses miracles -, décidèrent le saint évêque à l’autoriser à prêcher dans l’église même.  

Paolo fit un premier voyage à Rome pour obtenir la bénédiction papale ; non seulement on refusa de le recevoir, mais il fut copieusement insulté tout au long de son voyage, ce qui n’arrêta pas un instant sa détermination.

C’est sur une inspiration céleste qu’avec son frère Gian Battista, qui avait reçu à son tour le même habit que lui, et désirait partager la même vie, ils allèrent s’installer sur le Monte Argentario, une petite île au large de la Toscane. Ils s’y définirent comme des Pauvres de Jésus, priaient, allaient à l’église le dimanche et y prêchaient.

L’évêque de Gaeta leur confia un très ancien ermitage dédié à Marie, puis les invita à prêcher dans la cathédrale, ainsi qu’aux séminaristes qui se préparaient à recevoir la prêtrise. 

Pour Pâques 1724, ils allèrent à Naples et assistèrent au Miracle de saint Gennaro (voir au 19 septembre) ; c’est alors que l’évêque de Troia (près de Naples), entendit parler d’eux et les invita : ils y allèrent en passant par le sanctuaire de Saint Michel au Monte Gargano ; l’Archange, par la suite, lui apparut plusieurs fois, et devint un des principaux protecteurs des Passionistes. 

L’évêque de Troia, quant à lui, les reçut paternellement et les aida : il rédigea pour eux plusieurs lettres de recommandation à présenter à Rome, pour obtenir la bénédiction du pape, en même temps qu’ils auraient gagné l’indulgence de l’Année Sainte (1725).

Cette fois-ci, ils furent admis à l’audience papale ; le pape fut immédiatement convaincu et leur accorda de vive voix son approbation.

Paolo et son frère s’installèrent dans l’ermitage de Gaète, qu’ils appelèrent Ritiro (Retraite). Paolo devint célèbre pour ses prophéties. Pour fuir cette célébrité et les dérangements, ils allèrent s’installer encore plus loin et plus haut, au sanctuaire de Notre-Dame de la Cité. Puis ils retournèrent à Rome, où on leur confia le nouvel hôpital San Gallicano.

Deux ans après, ils furent ordonnés prêtres par le pape. On imaginera facilement avec quels transports Paolo et son frère offrirent désormais le Sacrifice du Christ. Paolo en eut de nouvelles visions, sur le Ciel, sur la Trinité.

La Providence fit que les deux frères tombèrent malades : ils furent dispensés de leur responsabilité dans l’hôpital et Paolo fut intimement prévenu de regagner le Monte Argentario. La communauté naissante comporta bientôt sept membres, parmi lesquels un autre frère de Paolo et Gian Battista, Antonio. Malheureusement, seuls les trois frères persévérèrent, les autres quittèrent l’ermitage.

En 1730, ils furent appelés à prêcher à Talamone ; leur succès arriva aux oreilles du pape, qui les établit Missionnaires

Paolo eut la révélation qu’il devait ensuite installer son ermitage à Orbetello. Le démon y suscita tant de difficultés - jusqu’à la menace de la destruction de tout l’édifice - que l’Archange Michel intervint lui-même pour mettre en déroute l’ennemi. La nouvelle église fut consacrée le 14 septembre 1737.

Dans une mémorable nouvelle vision céleste, Paolo reçut à son doigt un précieux anneau, en signe d’union mystique avec Marie et son Divin Fils.

En 1741, la Règle fut définitivement approuvée par le Pape, qui y avait suggéré quelques modifications. Les Religieux firent alors leur consécration solennelle. Paolo prit le nom de Paolo de la Croix.

La nouvelle famille religieuse avait pour idéal la dévotion à la Croix, la méditation et l’enseignement du message de la Passion du Christ. A cela s’ajouta la particulière dévotion de Paolo pour la conversion de l’Angleterre. C’est de cette époque que l’on s’habitua à appeler ces Religieux non plus Missionnaires mais Passionistes.

En 1742 leur fut donné à Vetralla (Viterbo, Latium) un ancien couvent bénédictin, dédié à saint Michel ; en 1743, on leur confia un sanctuaire abandonné à Soriano, dédié au martyr saint Eutizio et à la martyre sainte Corona. Il y eut ensuite d’autres fondations à Ceccano, Tuscania, Falvaterra, Terracina, Paliano, Monte Cavo.

Il y eut un chapitre en 1747 sur le Monte Argentario, et Paolo - contre son gré - fut élu supérieur général à l’unanimité, et le resta jusqu’à sa mort.

Il serait encore beaucoup trop long de rapporter tant de faits admirables de cette vie de Paolo de la Croix. La Règle fut à nouveau solennellement approuvée par le Saint-Siège ; d’autres missions, mais aussi d’autres épreuves marquèrent le chemin de Paolo, avec heureusement d’autres consolations, des recrues, des interventions célestes, des miracles, des signes extraordinaires (bilocation, prophéties, conversions…)

En 1771, Paolo fonda la branche féminine des Passionistes.

En 1773, le pape confia aux Passionistes la maison et l’église romaines des Saints-Jean-et-Paul, deux frères martyrs (voir au 26 juin), en considération de la précieuse amitié des deux frères, Paolo et Giovan Battista. Paolo avait prophétisé ce don, trente ans plus tôt.

Paolo vécut ses dernières années dans cette maison. Il y reçut encore beaucoup de gens. Une fois, il parla du nouveau pape (Pie VI) et prophétisa qu’il devrait souffrir beaucoup (on sait comment ce pape fut maltraité par Napoléon).

Le 15 juin 1775, Paolo célébra pour la Fête-Dieu ; ce fut sa dernière Messe. Il déclina de plus en plus, ne pouvant presque plus rien prendre. Il priait le rosaire chaque jour.

Le 30 août, il reçut le Viatique. Le 18 octobre 1775, après une dernière vision céleste, il s’endormit dans la plus grande paix.

Les deux miracles retenus pour la béatification furent : en 1816, la guérison instantanée d’un enfant malade de tuberculose et, en 1844, celle d’une jeune fille atteinte d’un cancer à la poitrine.

Béatifié en 1853, canonisé en 1867, saint Paolo de la Croix est fêté liturgiquement le 19 octobre, car son dies natalis, le 18 octobre, tombe le jour de la fête de saint Luc évangéliste.

 

 

Daudi Okello

1902 env.-1918

Jildo Irwa

1906 env.-1918

 

Okello était né vers 1902. Ses parents s’appelaient Lodi et Amona, de la tribu de Ongon Payira (Ouganda).

Irwa était né vers 1906. Ses parents s’appelaient Tongpfur Okeny et Atoo, de Labongo Bar, tribu de Kitoba, province de Acholi (Ouganda). Okeny devint plus tard chrétien, et reçut le nom de Daniele (sans doute en souvenir du père Daniele Comboni, voir au 10 octobre). 

En juin 1916, les jeunes garçons furent baptisés et confirmés. Okello reçut le nom de Daudi (David), Irwa celui de Jildo (abréviation de Erménégilde).

Le baptême eut lieu le 1 (ou le 6) juin, grâce au missionnaire combonien Cesare Gambaretto, qui appartenait à la mission catholique de Kitgum, récemment fondée. Le parrain de Okello fut Firmino Mugenyi, de Masindi. Juste après le baptême, les deux jeunes reçurent leur Première Communion.

La confirmation leur fut conférée le 15 octobre suivant.

C’étaient deux garçons fidèles, attachés à l’Evangile et à Jésus-Christ, dont ils parlaient avec ferveur à leurs compagnons. Après une formation adéquate, Daudi devint catéchiste.

Au début de 1917, le catéchiste de Paimol, Antonio, mourut. Daudi se proposa immédiatement pour le remplacer. Spontanément Jildo s’offrit pour accompagner Daudi dans la prédication de la Parole de Dieu à Paimol. 

Il fallait faire les quatre-vingt kilomètres de Kitgum à Paimol, et le frère Cesare avertit Daudi du danger que cela pouvait présenter, car il y avait de fréquents épisodes de luttes entre gangs, pour le trafic d’esclaves ou d’or. A tout cela, Daudi répondit courageusement qu’il n’était pas effrayé de mourir, car Jésus aussi était mort pour nous.

C’est ainsi qu’avec le bénédiction du fr. Cesare, le premier catéchiste en charge, Boniface, accompagna en novembre-décembre 1917 les deux amis Daudi et Jildo jusqu’à Paimol, où Daudi commença immédiatement à rassembler les enfants qui voulaient recevoir l’instruction religieuse.

Daudi a été décrit comme un jeune homme pacifique, modeste, assidu dans ses obligations de catéchiste et jouissant d’une estime unanime de la part de tous.

Du jeune Jildo, le frère Cesare écrivit que Jildo était beaucoup plus jeune que Daudi. Il était de nature vive et aimable, comme tous les jeunes de Acholi, très intelligent, et à l’occasion servait de secrétaire au vice-chef Ogal. Il aidait beaucoup Daudi dans le rassemblement des enfants, grâce à sa façon gentille et enfantine d’insister pour les faire venir. Il savait leur faire faire des jeux amusants, dans des rencontres assez tapageuses et joyeuses. Il venait de recevoir le baptême, dont il conserva la grâce dans son cœur et le laissait clairement apercevoir dans son gracieux comportement.

Là, tout le monde l’aimait, car il était toujours disponible, et exemplaire dans ses obligations de catéchiste assistant.

Dès le matin, Daudi donnait du tambour pour appeler ses catéchumènes à la prière du matin, ainsi que pour le rosaire, qu’il priait avec Jildo. Puis il leur répétait les prières, les questions et réponses du catéchisme avec une petite mélodie mnémotechnique pour mieux retenir la leçon. Cette façon de faire s’appelait Lok-odiku (paroles du matin), la partie le plus importante de la catéchèse. A cette activité, Daudi ajouta bientôt celle d’aller visiter dans les environs les parents de leurs “élèves”, les aidant dans leurs travaux de soin du bétail ou des champs.

Le soir, Daudi donnait le signal de la prière commune et du chapelet, qui s’achevait toujours par un chant à Notre-Dame. Le dimanche, il tenait un long office, avec la vive participation des catéchumènes et des catéchistes de tout l’endroit.

Jamais Daudi ne se mêla à quelque différend d’ordre tribal ou politique, comme cela arrivait fréquemment alors, car la soumission au gouvernement britannique donnait souvent lieu à des mouvements d’intolérance. C’est ainsi qu’une malheureuse décision du district local aboutit à une sérieuse tension. Des partisans, des voleurs, des éléments musulmans profitèrent de la situation pour s’opposer ouvertement à l’activité de Daudi.

Au matin de leur martyre, Jildo répondit à Daudi, qui l’avertissait sur leur possible mort violente : Et pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous n’avons rien fait de mal à personne, nous ne sommes ici que parce que le frère Cesare nous a envoyés pour enseigner la Parole de Dieu. N’aie pas peur !

Le dimanche 18 octobre 1918, très tôt le matin, cinq hommes se retrouvèrent autour de la hutte où étaient Daudi et Jildo, avec la claire intention de les tuer. Un ancien vint déclarer aux arrivants qu’ils n’avaient pas le droit de tuer les catéchistes, car ceux-ci étaient leurs invités. Daudi se présenta sur le seuil de sa hutte et supplia cet ancien de ne pas se mêler de la situation. Puis les hommes entrèrent dans la hutte de Daudi en lui demandant explicitement de cesser de catéchiser. Daudi ne cédait pas à leurs demandes, de sorte qu’ils le tirèrent dehors, le jetèrent à terre et le transpercèrent de leurs lances.

Jildo répéta alors à ces assassins ce qu’il avait dit avant à Daudi : Nous n’avons rien fait de mal, dit-il avec des larmes. Pour la même raison que vous avez tué Daudi, vous devez aussi me tuer, parce que nous sommes venus ici ensemble, et ensemble nous avons enseigné la Parole de Dieu. Alors l’un d’eux l’empoigna, le jeta en-dehors de la hutte et, le mettant à deux pas de distance, le transperça de sa lance. Puis un des assassins détacha la tête de Jildo avec un couteau.

Daudi avait entre seize et dix-huit ans. Jildo, entre douze et quatorze ans.

Le corps de Daudi resta ainsi sans sépulture quelques jours, puis quelques personnes lui attachèrent une corde autour du cou et le tirèrent vers un nid de fourmis vide. Plus tard, en 1926, les restes de Daudi furent placés au pied de l’autel du Sacré-Cœur à la mission de Kitgum. 

Ce qu’on dit ici des restes de Daudi vaut peut-être aussi pour ceux de Jildo.

Béatifiés en 2002, Daudi et Jildo sont les patrons des catéchistes.

Le Martyrologe les mentionne le 18 septembre, mais c’est apparemment une erreur. Il faudrait les mettre au 18 octobre, leur dies natalis.

 

Alfredo Almunia López-Teruel
1859-1936

Né le 21 mai 1859 à Mojácar (Almería), Alfredo était le deuxième des sept enfants d’un artiste, peintre et sculpteur, José Avelino, et de Antonia, qui habitèrent en différents endroits. Alfredo fut baptisé à Mojácar dès sa naissance, et confirmé en 1877 en même temps que son jeune frère José (v. 29 août).

Peu après, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1884.

Il fut envoyé aux paroisses de Lubrín, Vera (1890), Cuevas del Almanzora (1928), Vera (1935).

A Vera, où il fut en exercice près de trente années, il développa un apostolat extrêmement fécond. Il organisa un grand pèlerinage à Rome, il fut l’aumônier pour le cimetière et pour la prison, il s’occupa aussi de donner des leçons de dessin aux enfants, et n’hésitait pas à faire la quête dans les rues pour ses œuvres caritatives.

C’est lui qui, en 1899, baptisa le petit José Gomez de Haro, qui serait prêtre plus tard et serait aussi assassiné le même jour que lui.

A Cuevas de Almanzora, il fut aux côtés de son frère, José.

Au moment de la persécution de juillet 1936, il se refusait à quitter ses paroissiens ; il fut arrêté le 7 septembre et jeté en prison. Il en sortit parce que sa sœur remit une somme de cinq-cents pesetas aux miliciens. Mais même avec cela, le vieux prêtre souffrit énormément des moments de détentions qu’on lui imposa.

Le 18 octobre 1936, des hommes armés pénétrèrent dans sa chambre à coucher, où il était immobilisé au lit à cause de ses infirmités ; on le frappa, on lui brisa sur les épaules son crucifix, on le jeta par le balcon sur le camion. Sa pauvre sœur, qui assistait à la scène, en devint folle.

On partit pour Antas, où on l’abattit avec deux coups d’arme à feu, le même jour et au même endroit que don José Gomez de Haro.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à La Ballabona et béatifié en 2017, Alfredo Almunia López-Teruel sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Bonaventura Reixach Vilarò
1860-1936

Né le 20 avril 1860 à Olost (Barcelone), baptisé le lendemain, et confirmé en juin - selon la coutume du temps - il était le deuxième des dix enfants de Juan, un tailleur, et María. Cette belle famille fut frappée par cinq deuils de petits enfants.

Bonaventura (c’est la forme catalane pour Buenaventura) entra au postulat des Pères clarétains de Vic en 1886, y fit le noviciat et la profession (1888).

Il fut ensuite envoyé dans les maisons de Santo Domingo de la Calzada (1892), Alagón (1898), Cervera enfin (1914).

Très adroit, il fut le réparateur, le jardinier, le cuisinier. Il mettait un soin particulier à maintenir bien propre le congélateur. C’était édifiant de l’entendre prier sans cesse, même en travaillant.

Les derniers jours de sa vie, à partir de juillet 1936, furent marqués de la même façon que pour ses Confrères (v. Heraclio Matute Tobías, Lluís Jové Pach, Evarist Bueria Biosca ou Francesc Canals Pascual).

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Bonaventura Reixach Vilarò sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Miquel de los Santos Rovira Font
1863-1936

Né le 22 mai 1863 à Vic, il perdit très tôt ses pieux parents, Miguel de los Santos Rovira et Filomena Font, de sorte qu’il fut élevé par des oncle et tante, qu’il considéra toujours comme ses seconds parents.

Il travailla à la fabrication de briques.

Toujours à Vic, il entra dans la congrégation des Pères Clarétains en 1880, y fit le noviciat et émit la profession en 1881.

A Solsona, il fut cordonnier ; à La Selva del Campo, il fut tailleur et menuisier ; à Lleida, cordonnier ; à Barbastro, peintre, menuisier et cordonnier ; en 1905, il alla à la maison de Gracia (Barcelone), qui fut détruite en 1909 pendant la Semaine tragique ; le temps que cette maison fût reconstruite, il séjourna à Sabadell et retourna à Gracia. 

Sa vue baissait, les médecins n’avaient pas le même avis sur ce qu’il fallait faire, de sorte que le Frère perdit complètement la vue. En plus, il prit une infection pulmonaire qui dura assez longtemps. Finalement, il fut transféré à Cervera, où il ne pouvait pratiquement plus rien faire, sinon prier.

Le frère Miquel eut une attention particulière pour les Reliques ; pour un cousin nommé José, il demanda une relique de s.Joseph (un morceau de son manteau ou un petit bout de son sépulcre) ; pour lui-même, une relique de s.Michel des Saints (v. 10 avril), le patron céleste de son père ; et encore une de s.Cyriaque (v. 29 septembre), pour le Frère Ciriaco qui l’assista si fidèlement pendant sa maladie. Mais nous ne savons pas s’il obtint gain de cause…

Ce bon Frère apprit à dominer son caractère un peu vif ; on l’aimait bien, même si un jugement un peu exagéré affirma qu’il était bon à tout faire ou bon à rien.

Le 21 juillet, il suivit ses Confrères âgés et malades à l’hôpital de Cervera, où tous se préparèrent intensément à recevoir le martyre.

Ils reçurent cette grâce le 18 octobre 1936 au cimetière de Cervera.

Béatifié en 2017, Miquel Rovira Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Heraclio Matute Tobías
1867-1936

Né le 11 mars 1867 à Alesanco (Logroño), baptisé le 14, il était le fils de Román et Micaela, qui eurent aussi une fille, Rosa.

En 1873, Micaela mourut, et Román fut assassiné en 1874 ; on ne nous dit pas l’origine de ce meurtre, mais on sait que Román pardonna à l’assassin. Heraclio avait donc sept ans et fut hébergé chez sa tante maternelle ; on l’envoya garder les chèvres. Un autre oncle au contraire, le fit étudier à Alesanco, où le prêtre faisait l’école : Heraclio fut le premier et commença le latin.

Il entra au séminaire clarétain d’Alagón en 1881, passa à Barbastro pour le noviciat, fit la profession à Vic en 1884 et étudia la philosophie. Pour la théologie, il fut successivement envoyé, à cause de sa santé, à Cervera et Santo Domingo de la Calzada. Il fut ordonné prêtre en 1891.

Il fut envoyé à Calahorra, à Pampelune, à Ciudad Rodrigo (où il fut bibliothécaire), à Medina de Rioseco, à Ciudad Real. En 1901, il fut nommé Provincial pour la Castille et vint à Ségovie. En 1907, il fut Supérieur à Medina de Riosaco. Il passa encore par Calahorra et Bilbao avant d’être Supérieur à Zamora et à Tuy. En 1925, il fut nommé Supérieur pour la province de Castille, et résida à Bilbao.

Le p.Heraclio eut cette particularité rare, qu’on n’eut jamais rien à lui reprocher. En revanche, il eut toujours une mauvaise santé ; en particulier à cause de ses yeux, il eut la permission de célébrer par-cœur toujours la même Messe et de remplacer le Bréviaire par le rosaire, car il était devenu pratiquement aveugle.

C’est pour être opéré de la cataracte à Barcelone qu’il devait prendre le train en mai-juin 1936, mais le voyage fut renvoyé plusieurs fois : le Père eut un rhume, puis en juillet il y eut l’assassinat de José Calvo Sotelo, puis on lui dit qu’il lui manquait une photographie, puis les trains s’arrêtèrent… Finalement, il demeura à Cervera.

Le 21 juillet, toute la communauté fut évacuée de là ; les malades furent hospitalisés : le père Heraclio en était. Tous s’attendaient au martyre et l’attente dura presque trois mois. Le Père était calme et résigné ; il passait beaucoup de temps en adoration devant l’armoire où l’on tenait dissimulé le Saint-Sacrement et cherchait à donner courage aux autres, tout en suggérant aux plus jeunes de s’enfuir, si c’était possible, pour le bien de la communauté clarétaine.

Le 17 octobre à vingt-trois heures trente, des miliciens vinrent enlever les Prêtres. Le p.Heraclio remit à une Sœur son crucifix. Quelques minutes plus tard, on entendit des coups de feu provenant du cimetière ; le p.Heraclio tomba en criant, joyeux, Vive le Christ Roi.

Le lendemain ou le surlendemain revint la Supérieure de l’hôpital, qui était allée à Barcelone pour arranger l’hospitalisation du p.Heraclio ; mais en arrivant à Cervera, elle dut apprendre la mort du Prêtre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Heraclio Matute Tobías sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Lluís Jové Pach
1872-1936

Il naquit et fut baptisé le 1er février 1872, et confirmé la même année à Lleida où habitaient ses pieux parents Narciso José et María.

En 1883, il commença ses Humanités au séminaire diocésain de Lleida et, en 1886, passa à celui des Clarétains de Barbastro. Après le noviciat et la profession (1887), il fit la philosophie et la théologie à Cervera.

Il n’avait pas encore été ordonné prêtre, que déjà il enseignait aux externes de Ségovie (1895) ; il fut ordonné le 29 février 1896.

Il reçut de nombreuses missions et dut changer beaucoup de résidence : Calahorra, Pampelune, Calahorra, La Selva del Campo, Solsona, Sabadell, Barcelone, La Selva del Campo, San Feliu de Guixols, Barcelone, Játiva, Calatayud, Sallent, Tarragona, Calatayud, Saragosse, Sabadell, enfin Cervera.

A La Selva del Campo, il organisa l’Association de la Jeunesse Catholique ; c’est sans doute à Cervera qu’il resta le plus de temps : trois années.

Pour s’être vu confier tant de postes, il devait avoir une bonne constitution, mais les dernières années, fatigué par tant de déplacements, il demanda à passer quelque temps dans sa famille ; il n’obtint de réponse ni du Supérieur ni du Nonce apostolique, auquel il s’était adressé en désespoir de cause… Dieu allait lui accorder un autre Repos, mais après une dernière épreuve, décisive celle-là : le martyre.

Le 21 juillet, la communauté de Cervera dut se disperser par ordre des «autorités» marxistes et le Père se retrouva à l’hôpital, avec les autres malades. Cette situation dura jusqu’au 17 octobre.

Ce soir-là, trois miliciens vinrent à vingt-trois heures trente chercher les missionnaires pour les transporter à une maison de Barcelone. Ils dormaient. Les plus jeunes aidèrent les plus anciens à se déplacer. Tout le monde monta dans un camion qui partit non pas vers Barcelone, mais vers le cimetière.

Ils tombèrent sous les balles à minuit un quart du 18 octobre 1936, en criant, non pas A mort le Christ Roi,  comme on le leur proposait, mais Vive le Christ Roi !

Ensuite les miliciens «arrosèrent» l’événement et se moquaient : Ce qu’ils sont têtus ! Il n’y en a pas eu un seul qui ait pu dire ce qu’on leur demandait de dire. Ce qu’ils sont bêtes : ils vont mourir et ils crient Vive le Christ Roi !, et ils demandent encore du temps pour prier.

Béatifié en 2017, Lluís Jové Pach sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Josep Ros Nadal
1876-1936

Né le 14 octobre 1876 à Artesa de Lleida de Francisco et Francisca, il fut baptisé dès le lendemain et confirmé l’année suivante.

Dieu permit qu’il fût très tôt orphelin de ses deux parents, qui étaient de bons chrétiens. Aussi fut-il engagé comme domestique chez les Frères Maristes de Lleida tout en faisant ses études classiques, pour passer ensuite une année à Barcelone en 1896.

Il entra dans la congrégaton des Pères Missionnaires Clarétains de Cervera en 1898, où il fit la profession l’année suivante comme frère convers. On lui confia la couture et la cuisine.

Josep avait une mauvaise vue, de naissance. C’était cependant un grand travailleur et il édifia tous les Confrères par sa grande disponibilité à faire n’importe quel travail.

Il fut d’abord à Cervera, puis Barbastro et Sabadell, toujours comme cuisinier. Puis il fut envoyé aux missions de Fernando Póo (Guinée Espagnole) en 1904 et fut à Annobón, où il se montra un vrai cuisinier professionnel. Mais en 1907, sa vue subit une nouvelle détérioration ; d’autres difficultés de santé l’obligèrent à revenir en Espagne.

Malgré tous les efforts de la médecine, on ne put empêcher la cécité totale. Le Frère supporta cette épreuve avec une résignation édifiante. Il aidait comme il pouvait à l’atelier de reliure ; il parcourait les couloirs en priant le chapelet. Il fut à Sabadell, puis à Cervera à partir de 1921.

Le 21 juillet 1936, il suivit les Confrères malades et âgés à l’hôpital de Cervera. On fit pour lui une demande de retour à son pays natal, mais la réponse mit trop de temps à parvenir.

Le frère Josep fut martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera.

Béatifié en 2017, Josep Ros Nadal sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Joan Buxó Font
1879-1936

Né à Montcada, Barcelone, le 24 octobre 1879 (fête du Fondateur des Clarétains, Antonio María Claret), Joan fut baptisé le 28 suivant ; des neuf enfants du chirurgien José et de Catalina, cinq moururent en bas âge, les quatre autres entrèrent en religion : de ces quatre, Joan était l’aîné, les trois autres furent Religieuses.

Joan faillit lui aussi mourir en bas âge, à deux ans, mais il eut la «chance» d’être évacué chez un oncle de Centellas, de sorte qu’il échappa à la contagion.

Au catéchisme, à l’école, Joan était toujours le premier arrivé. C’est qu’il était aussi, à sa façon, quelque peu têtu et désobéissant, en tout cas volontaire, travailleur et fidèle à ses engagements.

Il reçut la Première communion à dix ans et entra au collège des Pères Piaristes de Sabadell. Quand il eut obtenu son baccalauréat (1895), il exprima le désir de devenir chirurgien comme son père ; en 1897, il fut interne à l’hôpital ; il obtint sa licence en médecine en 1902 et vint s’installer à Montcada.

Joan se montra toujours un homme sérieux, studieux ; il ne savait pas perdre de temps ; sa sobriété le fit surnommer par les camarades doctor castus ; il ne manquait jamais la prière quotidienne du chapelet ni la Messe ; il se fit tertiaire dominicain et refusa toutes les propositions de mariage dont on lui parla. En outre, il fut en enthousiaste défenseur de l’Espéranto, communiquant dans cette langue divers articles et participant à des congrès internationaux.

Peu à peu, mûrit sa vocation religieuse. En 1914, à trente-quatre ans, il entra au noviciat de Cervera et fit la profession en 1915. On admira l’humilité avec laquelle il sut se mettre au niveau des jeunes novices et accepter tant de changements dans son quotidien. Il fallut passer aux études de philosophie ; il s’y mit avec ardeur, avec un professeur uniquement pour lui. Puis il fit la théologie à Alagón et Cervera, pour enfin être ordonné prêtre en 1920.

Préférant l’intimité, il célébra sa première Messe dans la chapelle de l’infirmerie, près des malades. On lui confia l’enseignement de diverses matières, mais il continua à exercer l’art de la médecine, au profit des autres Religieux de la Congrégation ; d’autres médecins de Cervera préféraient être soignés par le p.Buxó. En outre, il fut un excellent confesseur, par sa clairvoyance psychologique des personnes.

Il se mortifia, refusant toujours de se plaindre du froid ou de la chaleur, de la fatigue physique ou de la perte de mémoire. Il portait un cilice.

Lors de la dispersion obligée de toute la communauté de Cervera le 21 juillet 1936, il gagna Barcelone, chez les Religieuses du Cœur Immaculé de Marie, puis revint à l’hôpital de Cervera lorsque ces dernières furent expulsées. On le nomma médecin de garde.

Comme on l’a vu à propos du p.Lluís Jové Pach (v. plus haut), les miliciens vinrent appeler les Pères au soir du 17 octobre. Parmi ces miliciens, il s’en trouvait un, ultra révolutionnaire, qui avait été soigné par le p.Buxó.

Celui-ci ne fut pas emmené tout de suite  ; une Religieuse vint l’avertir qu’elle avait entendu les coups de feu, et le p.Buxó lui dit : Que faire ? Ils sont martyrs. Dieu soit loué !

Une heure plus tard, on vint le chercher. Son ex-patient lui demanda : Où veux-tu que je te fasse la piqûre . - Où tu veux, répondit le Père ; ils parlaient bien sûr des coups de feu.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera, béatifié en 2017, Joan Buxó Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Abilio Villarreal Abaza
1885-1936

Abilio était né le 22 février 1885, à Arazuri (Navarre, Espagne), un des quatre enfants de Hermenegildo et Agapita, qui le firent baptiser dès le lendemain ; il fut confirmé en 1887.
Abilio entra en 1899 au collège des Frères Maristes à San Andrés de Palomar et commença le noviciat en 1900 ; il reçut l’habit et le nom de Roque ; un an après il faisait les premiers vœux et la profession perpétuelle en 1907, à Manresa.
Roque fut envoyé à Logroño (1910), Alcoy (1913), Cartagena (1914), Calatayud (1916), Lucena (1921), Valencia, Barcelone et Lleida (1926-1932), Málaga enfin (1932).
Le Frère Roque était un Religieux méthodique, qui préférait le résultat à la discipline stricte. Il ne sortait jamais de la maison, ni n’y rentrait, sans faire une courte visite au Saint-Sacrement. Dans son dernier poste, il développa l’Œuvre de la Sainte Enfance pour susciter des vocations.
Le 19 juillet 1936, il quitta avec les Confrères la maison de Málaga pour les montagnes, d’où ils pouvaient avec tristesse observer comment on l’assiégeait. Le 20 juillet, ils trouvèrent à se loger dans la ville ; le 21, ils furent reçus à l’Hôtel Imperia. 
Le 24 août, des miliciens vinrent l’arrêter et le mirent en prison. A ce moment-là, le consul du Mexique intervint pour le faire libérer et le fit héberger chez sa sœur, en bien piteux état de fatigue physique et morale. Le Frère put ainsi se reprendre et mener une vie recueillie pendant près de deux mois. Le soir, on priait ensemble le chapelet.
Un ancien élève le reconnut et le signala à la milice. On vint l’arrêter le 18 octobre, en l’absence momentanée de la maîtresse de maison. 
Conduit à la Alameda, le Frère Roque fut assassiné ce même 18 octobre 1936.
Il fut béatifié en 2013.


Francesc Canals Pascual
1891-1936

Né le 1er décembre 1891 à Sant Andreu de la Barca (Barcelone), il était l’aîné des cinq garçons de Rosendo et Rosa ; deux frères, dont Luis, le suivirent chez les Clarétains. Francesc fut baptisé le 6 décembre et confirmé en 1894.

A onze ans, il fit la demande, appuyée par ses parents, de stagiaire dans les bureaux du Gouverneur civil de Barcelone.

En 1916 cependant, il frappa à la porte du postulat clarétain de Cervera et commença le noviciat l’année suivante. Il en était extrêmement heureux et n’aurait pas donné sa place à un autre. En 1917, il fit la profession.

On le disait un peu flegmatique, sujet à des illusions, mais aussi discret, silencieux, humble. Continuellement il écrivait aux siens qu’il désirait uniquement plaire à Dieu, acquérir la sainteté. Il priait à haute voix, même en travaillant, soit avec le chapelet, soit en méditant le Chemin de Croix.

On le garda à Cervera, où il fut infirmier, menuisier, jardinier. Comme infirmier, il avait des attentions «maternelles».

De ses frères qui le retrouvèrent à Cervera, l’un, Luis, mourut en 1925. Cette année-là, Francesc se trouvait momentanément à Barcelone.

Comme on l’a vu pour d’autres Religieux de Cervera (v. Heraclio Matute et Evarist Bueria), la maison dut être abandonnée le 21 juillet 1936 ; Francesc se retrouva avec les malades à l’hôpital.

Francesc eut la possibilité de s’échapper et disparaître, mais il préféra rester auprès des malades.

Il fut emmené avec les deux autres ci-dessus et huit autres au soir du 17 octobre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Francesc Canals Pascual sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Serrano Pastor
1899-1936

Né le 24 mars 1899 à Corella (Navarre) de Eugenio et Felicia, il fut baptisé le lendemain, et confirmé en 1901.

Dans cette famille, il y eut trois Religieux clarétains (Antonio, José et Jesús) et une Religieuse. Antonio mourut en 1991 au Chili, Jesús devint évêque à Panama et mourut en 1997 à quatre-vingt quinze ans.

José reçut sa formation avec Antonio à Alagón (Saragosse) et Barbastro, où il fut brillant, puis à Cervera, Alagón et Solsona pour la théologie ; il fut qualifié de Meritissimus Maior, et fut ordonné prêtre en 1923.

Le p.José fut frappé du Mal de Pot et en souffrit de façon toujours plus intense, sans jamais perdre son humour. On l’envoya en divers endroits, chaque fois dans l’espoir de l’aider à supporter sa maladie : Játiva, Solsona, Cervera, Barcelone. Trop malade, il fut soigné à Cervera, Tarragona et Lleida, enfin de retour à Cervera. 

A cause de sa maladie, il dut même être exempté du bréviaire, qu’il remplaça par la prière du Rosaire ; quand il célébrait la Messe, il utilisait toujours les mêmes textes, qu’il disait de mémoire.

A partir du 21 juillet 1936, il partagea le sort des autres membres de la Communauté, à l’hôpital de Cervera, jusqu’à la soirée du 17 octobre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 au cimetièire de Cervera et béatifié en 2017, José Serrano Pastor sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Isidro Juan Martínez
1899-1936

Né le 10 mai 1899 à Cartagena (Murcia), il était le fils de José et Josefa, qui le firent baptiser le 15 mai.

Laïc, il fut un des premiers membres de l’Association des Enfants de Marie dès sa création à Cartagena, en 1918, et dont il fut le vice-président (on a vu que Francisco Roselló Hernández en fut le président).

Avocat de métier, il épousa en 1924 Natividad Tamayo Manguero, qui donna naissance à trois enfants : José, Purificación et Isidro, lesquels en 1936 avaient respectivement onze, neuf et deux ans.

Arrêté le 1er août tandis qu’il dinait avec sa famille, Isidro eut tout juste le temps de dire à son fils aîné : Mon fils, ton père n’est pas arrêté pour avoir été un voleur, mais pour avoir été un honnête homme et un croyant ; il retrouva en prison Francisco Roselló Hernández (v. ce même jour).

Au moment de fusiller les condamnés, les miliciens leur «permirent» de crier A bas le Christ Roi, leur promettant la vie sauve, à quoi ils répondirent de tout leur cœur : Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Isidro Juan Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Gómez de Haro
1899-1936

Né le 31 août 1899  à Vera (Almería), José fut baptisé par un autre futur martyr, don Alfredo Almunia López, qui l’orienta vers le séminaire d’Almería.

José eut le sort de devoir être amputé d’une jambe à la suite d’une maladie, et fut ainsi condamné à porter une prothèse orthopédique, qu’il supporta avec courage et sans perdre sa bonne humeur.

Il fut ordonné prêtre en 1924, et fut nommé à Tabernas, comme vicaire et aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cuevas del Almanzora, puis en 1925 à Vera, son pays natal.

Lors de l’insurrection révolutionnaire de 1936 et de la persécution qui s’ensuivit, il fut arrêté une première fois par les miliciens, qui le relâchèrent lorsque la famille leur versa une rançon de deux mille pesetas. Mais le Comité se prononça ensuite pour sa condamnation à mort. En pleine nuit du 18 octobre, neuf miliciens vinrent tambouriner à la porte de sa famille : la mère de don José refusait d’ouvrir, mais les miliciens enfoncèrent la porte et s’emparèrent du prêtre.

Ils l’emmenèrent près d’un pont d’Antas (Ballabona), et l’assassinèrent. Le même jour était assassiné don Alfredo, qui l’avait baptisé ; ils avaient quarante ans de différence sur terre, mais la même gloire dans le Ciel.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, José Gomez de Haro sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.

Francisco Roselló Hernández
1907-1936

Né le 28 février 1907 à Cartagena (Murcia), Francisco, fils unique de Francisco et Ascensión, fut tôt orphelin.

Président de l’Association des Enfants de Marie, il était encore fiancé au moment de la persécution de 1936.

Le 20 juillet, on expulsa violemment les Filles de la Charité de leur maison de Cartagena. L’ayant su, Francisco réussit à dépasser les voitures qui les emmenaient et s’entendre avec la Sœur Francisca pour les dispositions à prendre. Dès lors, il fut lui aussi persécuté ; on a déjà vu (v. 15 août) comment on arrêta don Pedro Gambín Pérez.

Le 22 juillet, on vint arrêter Francisco chez lui et on le plaça en cellule d’isolement, probablement au collège des Maristes, croit-on. Le 7 octobre, on l’envoya à la prison San Antón.

Ayant trouvé chez lui des exemplaires de la Médaille Miraculeuse, on le qualifia de sectariste d’organismes religieux et son cas fut soumis à un juge spécial… qui mit six mois à rendre sa décision. Dans l’intervalle, eut lieu le martyre des prisonniers du 18 octobre : on leur adjoignit Francisco. 

Six mois plus tard, le juge répondait qu’il n’était pas compétent pour ce cas, mais Francisco était déjà parvenu au Paradis.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Francisco Roselló Hernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Josep Ausellé Rigau
1913-1936

Né le 5 juillet 1913 à La Sellera (Girona) de Pedro et Dolores, il fut baptisé le 7 juillet suivant.

En 1925, il entra au postulat des Pères Clarétains de Barbastro et passa en 1927 à Cervera.

Dès ce moment-là, Josep souffrit beaucoup de la jambe, à cause d’une tuberculose osseuse qui l’obligea à être plâtré pendant deux mois et à revenir chez lui pour se reposer.

De retour à Cervera, en 1930 il dut repartir chez lui tandis que ses collègues commençaient le noviciat. Il alla faire son noviciat à Vic et fit la profession en 1931. Il étudia là la philosophie et commença la théologie ; en 1935, il revint à Cervera.

Le 21 juillet 1936, comme ses Confrères, il dut quitter la maison et fut hospitalisé. Vu son état, il obtint sans difficulté l’autorisation des autorités pour revenir dans sa famille et demanda à son père de venir le chercher mais, on ne sait pourquoi, l’entreprise ne put avoir lieu.

Josep partagea ensuite le sort de ses Confrères, comme on l’a écrit plus haut (v. Lluis Jové Pach). Jeune clerc,  il n’avait reçu que les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur), mais Dieu l’avait jugé mûr pour le martyre.

Martyrisé le 18 octobre 1936 à Cervera et béatifié en 2017, Josep Ausellé Rigau sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Evarist Bueria Biosca
1913-1936

Né le 21 juillet 1913 à Montoliu (Lleida), Evarist avait trois frères et une sœur ; leur père, Evarist, était tisserand ; leur mère s’appelait Teresa.

Evarist entra au postulat clarétain de Cervera en 1924 et étudia à Alagón puis Cervera ; il fit le noviciat à Vic,  où il se trouvait bien mieux qu’à Cervera et y fit la profession (1930). Après Solsona pour la philosophie, il revint à Cervera pour la théologie : voyage en voiture louée, qui tomba en panne et mit deux heures pour faire cinquante kilomètres ! 

Evarist était de caractère un peu brouillon, sa nervosité le faisait parfois bégayer, mais il persévérait.

En juin 1935, il reçut les deux premiers Ordres mineurs : les circonstances ne lui permirent pas d’avancer davantage vers le Sacerdoce : Dieu lui préparait une gloire plus grande.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner la maison de Cervera et l’on devait se replier sur Solsona, mais les révolutionnaires les en empêchèrent ; Evarist, souffrant de la tuberculose, fut de ceux qui furent hospitalisés à Cervera dès le 22 juillet. En octobre, il apprit la mort de son père.

Le 16 ou le 17 octobre, vint sa sœur Antonia pour l’emmener à la maison ; Evarist aurait pu ainsi échapper à la mort, mais il voulait emmener avec lui ses Compagnons, et comme ils ne pouvaient pas tous tenir dans la voiture, il préféra rester avec eux.

Au soir du 17 à vingt-trois heures trente, un groupe de miliciens arriva avec un camion pour embarquer les onze Religieux clarétains, qu’ils fusillèrent au cimetiière de Cervera.

Martyrisé le 18 octobre 1936 et béatifié en 2017, Evarist Bueria Biosca sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


Manuel Solé Vallespì
1913-1936

Né le 19 septembre 1913 à Fayòn (Saragosse) de Francisco, ouvrier journalier, et Generosa, il fut baptisé huit jours plus tard et confirmé en 1915.

En 1924, il entra au postulat des Pères Clarétains de Barbastro, acheva les Humanités à Cervera, fit le noviciat à Vic et la profession en 1929. A Solsona, il étudia la philosophie et alla commencer la théologie à Cervera à l’automne de 1931. Début 1932, il reçut les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur).

En 1934 il ne put suivre les cours, d’une part à cause d’une fistule qu’il devait soigner, d’autre part à cause de certains scrupules. On le chargea d’enseigner au postulat de Solsona, puis de Requena et il revint à Cervera.

Le 21 juillet 1936, il fut de ceux qui durent être reçus à l’hôpital de Cervera, à cause d’une pleurésie.

Puis il accompagna ses Confrères sur le chemin du martyre, dans la nuit du 17 au 18 octobre 1936. Comme eux, il tomba en criant Vive le Christ Roi !

Béatifié en 2017, Manuel Solé Vallespì sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.


José Loncán Campodarve
1915-1936

Né le 18 avril 1915 à Azlor (Huesca) et baptisé le 21 avril suivant, il était l’un des six garçons de José et María.

Petit, il courait à l’église dès que la Messe sonnait, car c’était le premier arrivé qui revêtait l’aube pour servir la Messe. Ainsi commença sa vocation au sacerdoce.

En 1926, il entra au postulat clarétain de Barbastro et acheva les Humanités à Cervera. Il passa à Vic pour le noviciat ; c’était l’année 1930. L’année suivante, fut proclamée la Deuxième République et le climat politico-social fut très agité : des églises et des couvents partirent en flammes. La famille de José nourrissait beaucoup d’inquiétudes, mais José leur répondait qu’il n’avait pas peur et qu’il s’attendait tranquillement à mourir martyr.

Cette même année 1931, il fit la profession religieuse. Lui et ses compagnons d’étude revinrent à Solsona, mais sans leur habit religieux. Après la philosophie, ils revinrent à Cervera pour la théologie, en 1935.

Disons ici que les jeunes gens qui, comme notre José, se préparaient au sacerdoce, n’étaient pas parfaits, loin de là. Ils avaient leurs défauts, que leurs Supérieurs notaient dans leurs rapports, pour que chacun fût suivi et aidé au mieux sur son chemin. José Loncán était loin de donner satisfaction, on le donnait comme plus enclin à la science qu’à la vertu. Les événements, cependant, révélèrent le vrai fond du novice. 

Le 21 juillet 1936, la plus grande partie de la communauté quitta Cervera, direction Solsona ; les révolutionnaires les empêchèrent de passer ; le lendemain, José dut revenir à l’hôpital de Cervera, car il souffrait d’un douloureux erysipèle : on craignit même pour sa vie ; José supporta ses douleurs avec une patience infinie, puis l’inflammation diminua.

Ensuite, le temps passa dans la préparation à subir le martyre. Ce fut le 18 octobre 1936 à minuit quinze. José, benjamin de sa communauté, avait vingt-et-un ans et n’avait encore reçu aucun Ordre, mais il reçut la couronne de gloire.

Béatifié en 2017, José Loncán Campodarve sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 18 octobre.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 08:21

17 OCTOBRE

 

-VIII.

S Osée, prophète.

I.

Ste Soline (Zélie), vierge et martyre à Chartres, où elle était venue près de la Virgo Deipara, vénérée par les Gaulois en ce lieu.

II.

S Ignace d'Antioche, dit aussi Théophore (“porté par Dieu”), car il fut ce petit garçon que le Christ montra en exemple à ses Apôtres, leur demandant de devenir semblables à lui ; évêque à Antioche, martyr à Rome. 

SS Rufus et Zosimus, compagnons de s. Ignace d'Antioche lors de son passage à Philippes.

S Héros, successeur de s. Ignace à Antioche.

IV.

S Ioannis, ermite à Lycopolis, obéissant exemplaire ; il demeura quarante-huit ans dans sa cellule, sans sortir, sans être vu de personne, ne communiquant que par une petite fenêtre.

Ste Mamelta, vierge en Perse, convertie à la suite d'un songe, lapidée par les païens.

V.

S Dulcidius, évêque à Agen.

VI.

S Florentius, évêque à Orange.

S Rorice II, évêque à Limoges, qui succéda à son grand-père, Rorice I.

S Leutiern, évêque-missionnaire en Domnonée.

VII.

S Loup, évêque à Angers.

S Baudoin et sa sœur ste Anstrude, à Laon, fils des ss. Blandin et Salaberge ; Anstrude succéda à sa mère comme abbesse, et recueillit dans son monastère les restes de son frère, assassiné par les gens d'Ebroïn, maire du palais.

S Nothelm, évêque à Canterbury, érudit qui fut à la source des informations de s. Bède.

?

S Trohé, abbé à Nevers.

S Regulus, abbé ou évêque en Ecosse, venu de Grèce avec des reliques de s. André.

XI.

Bx Rodolphe et Pierre, camaldules ; Rodolphe fut évêque à Gubbio.

XII.

B Gilbert, anglais, abbé cistercien à Ourscamp, puis à Cîteaux ; il soutint s. Thomas Becket.

XV.

B Baldassare Ravaschieri, franciscain, provincial à Gênes ; malade de la goutte à Binasco, on devait le porter à l'église ou dans le bois, où il confessait ; la Vierge lui apparut pour le consoler.

XVI.

S Richard Gwyn, premier martyr gallois, père de famille ; Gwyn signifie blanc.

XVII.

B Pietro Casani, prêtre italien des Ecoles Pies, bras droit de s. Giuseppe Calasanz, béatifié en 1995.

Ste Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial, mystique, dépositaire de révélations du Sacré-Cœur ; très jeune, elle avait fait vœu de chasteté ; fêtée le 16 octobre.

XVIII.

B Jacques Burin, prêtre martyr durant la Révolution.

Bses Marie-Louise-Joséphine (Marie-Natalie de Saint-Louis) Vanot, Jeanne-Reine Prin (Marie-Laurentine de Saint-Stanislas), Jacinthe-Augustine-Gabrielle (Marie-Ursule de Saint-Bernardin) Bourla, Marie-Geneviève (Marie-Louise de Saint-François) Ducrez, Marie-Magdeleine (Marie-Augustine du Sacré-Cœur de Jésus) Déjardin, ursulines martyres à Valenciennes.

XIX.

S François-Isidore Gagelin, prêtre franc-comtois, martyr étranglé à Hué ; son père avait reçu les prêtres durant la Révolution ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Contardo Ferrini (1859-1902), professeur à l'Université de Droit à Pavie, tertiaire franciscain, mort du typhus.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Marianistes :  Fidel Fuidio Rodríguez (*1880), profès, près de Ciudad Real ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : Ramón Esteban Bou Pascual (*1906), prêtre, près de Alicante ; 

Laïques : Társila Córdoba Belda de Girona (*1861), de l'Action Catholique, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Frères Mineurs : Perfecto Carrascosa Santos (*1906), prêtre, près de Tolède ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : José Sánchez Medina (*1900), près de Murcia.

Osée, prophète
VIIIe s. av. Jésus-Christ

Osée signifierait «Sauve !», racine qui se retrouve dans Josué et Jésus, ainsi que dans le mot Hosanna.
Osée fut un prophète en Israël, dans le «royaume du nord». Il fut envoyé par Dieu de manière singulière pour reprocher au peuple sa trahison, son «adultère», son infidélité envers l’unique et vrai Dieu : sur mission divine, Osée devait épouser une femme adultère, qui devait enfanter trois enfants aux noms terriblement prophétiques : Jezraël (du nom d’une localité où le roi infidèle Achaz avait laissé de bien mauvais souvenirs), puis «Sans-miséricorde», enfin «Pas-mon-peuple».
Dieu voulait ainsi montrer sa répulsion pour l’idolâtrie où était tombé Israël, mais il l’attend, et promet la miséricorde et un amour renouvelé pour sa «fiancée» qui reviendra à Lui.
Osée est le premier des «Douze petits Prophètes» de notre Bible, ceux dont les livres sont beaucoup moins étendus que les «Quatre grands Prophètes».
Le saint prophète Osée est fêté avec les Orthodoxes le 17 octobre, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe Romain.
On remarquera que ce même jour du 17 octobre est le dies natalis de sainte Marguerite Marie Alacoque, la messagère de Cœur miséricordieux du Christ.


Ignatius d’Antioche
† 107

Ignatius ou Egnatius était né en Syrie, vers 50 selon certains (voir la note plus bas).
Ses Lettres sont signées Ignatius, qui et Theophorus, «porté par Dieu».
Il fut peut-être baptisé «tardivement», déjà adulte. Humble de sa personne, se traitant même d’avorton, il fut élevé à l’épiscopat pour Antioche de Syrie, à la suite de saint Evodius.
Il fut une des victimes d’Antioche (ou la seule ?) de la persécution de Trajan. Condamné à être conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux bêtes, il écrivit en voyage des lettres aux différentes communautés qu’ll traversait, et qui nous donnent de précieux renseignements sur ses derniers mois de vie.
Son voyage se fit par terre et par mer, de jour comme de nuit, surveillé par dix soldats qu’il nomme des léopards, de sorte que son «combat contre les bêtes» débuta dès Antioche.
Au cours du voyage, devaient s’ajouter ici et là d’autres prisonniers, condamnés eux aussi aux bêtes à Rome.
A Smyrne, Ignatius put s’entretenir longuement avec l’illustre Polycarpe (v. 23 février). C’est de Smyrne qu’il écrivit aux communautés d’Ephèse, de Magnésie, de Tralles. Aux Ephésiens il recommande aux prêtres d’être unis à leur évêque comme les cordes à la lyre.
Il écrivit aussi aux Chrétiens de Rome, avant même de les rejoindre, craignant que ceux-ci, poussés par trop de vénération, pussent intervenir et obtenir sa libération : Laissez-moi devenir la pâture des bêtes… Caressez plutôt ces bêtes pour qu’elles soient mon tombeau et que mes funérailles ne soient à la charge de personne… Mon martyre sera la preuve de votre bienveillance… 
On arriva enfin à Durazzo, sur l’Adriatique, puis Pouzoles : Ignace aurait beaucoup désiré descendre à terre, et refaire le voyage à pied, sur les traces de saint Paul (cf. Ac 28:13). Les vents poussèrent le bateau jusqu’à l’embouchure du Tibre. Ignatius était très heureux d’approcher ainsi de Rome : des foules de Chrétiens l’attendaient déjà sur son chemin.
Le martyre eut lieu sans tarder. Ignatius fut déchiqueté par deux lions, qui ne laissèrent à terre que quelques gros ossements du Martyr : on put les recueillir précieusement.
Ce martyre eut lieu, assez vraisemblablement, le 17 octobre 107, d’après un martyrologe syriaque ancien, et qui semble le plus authentique. C’est le jour où le mentionne l’actuel Martyrologe et où l’on fête saint Ignace d’Antioche.

Note. Ceux qui auront l’occasion de lire les Visions d’Anna-Katharina Emmerick, cette Religieuse stigmatisée et totalement ignorante (v. 9 février), trouveront ces lignes (qui n’ont pas, rappelons-le, valeur de parole inspirée) :
La femme d’un riche marchand se tenait sous la porte d’une maison, avec son enfant âgé de quatre ans. Cette femme baissa son voile et s’avança avec son petit garçon ; elle le remit au Sauveur, puis se retira. Le Seigneur embrassa l’enfant, le plaça au milieu de ses disciples et, comme d’autres enrfants étaient venus l’entourer, il dit : «Si vous ne devenez comme ces petits, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux» (etc. cf. Mt 18:1-4).
…Le Seigneur bénit le petit garçon, qui était charmant, puis l’embrassa, lui donna des fruits et une petite robe et, ayant fait appeler la mère, le lui rendit, en lui adressant quelques paroles prophétiques sur la destinée de ce cher petit. Elles ne furent comprises que plus tard. Il devint disciple des apôtres, puis évêque et martyr : on lui avait donné le nom d’Ignace.
Cet épisode expliquerait très bien qu’Ignace eut le surnom de Théophore, «porté par Dieu», car Jésus lui-même dut un moment le mettre sur ses genoux tandis qu’il parlait aux Apôtres.
Si l’enfant avait quatre ans à ce moment-là, il a pu naître vers 24, et aurait été martyrisé à quatre-vingts ans passés.
Le nom d’Ignace, un des plus célèbres et premiers Pères de l’Eglise, est mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du canon romain de la Messe.


Rufus et Zosimus de Philippes
† 107

S.Ignace d’Antioche n’est pas parvenu seul à Rome, où il consomma son martyre (v. ce même jour, 17 octobre). En route on lui adjoignit d’autres soldats du Christ.
C’est ainsi qu’à Philippes (Macédoine, auj. Filippoi, Grèce NE) lui furent associés Rufus et Zosimus, dont s.Polycarpe (v. 23 février) écrivit : Ils ont participé aux souffrances du Seigneur, ils n’ont pas estimé ce monde, mais lui ont préféré celui qui, pour eux et pour tous les hommes, mourut et ressuscita.
Il n’est donc pas dit que ces deux Martyrs étaient de Philippes à proprement parler.
A part cette anecdote, on ne sait rien d’eux.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Rufus et Zosimus au 17 octobre.


Ioannis de Lycopolis
305-394

Il ne faut pas confondre cet ermite Ioannis (Jean) avec un autre Ioannis dit le Petit ou le Nain, qui vivait au cinquième siècle.
L’actuel Martyrologe ne l’a d’ailleurs pas retenu, et l’on pourrait oser le regretter. Il aura sa notice à part.
Celui dont il va être question maintenant, naquit vers 305, de parents très simples, qui eurent un autre fils.
Ce dernier fut teinturier ; Ioannis fut charpentier.
Vers 330, Ioannis quitta la vie du monde et alla se mettre au service d’un bon vieux moine solitaire. Ce dernier était très touché, émerveillé même de l’humilité avec laquelle Ioannis lui montrait tant d’attention.  Il voulut cependant le mettre à l’épreuve, avec des ordres qui nous paraîtraient quelque peu insensés, mais qui montrèrent combien la simplicité et l’obéissance du disciple étaient réelles, sans calcul, sans arrière-pensée.
Ioannis, lui dit l’Ancien, prends voir cette branche sèche, plante-la et arrose-la deux fois par jour. Le disciple s’exécuta sans s’étonner de l’ordre, sans se plaindre de l’éloignement du puits, sans jamais manquer à ce petit travail. Au bout d’un an, le vieillard s’aperçut que la branche n’avait pas pris racine, et dit à Ioannis de cesser d’arroser ; Ioannis interrompit tout simplement ses allées-et-venues, sans s’émouvoir le moins du monde pour l’inutilité apparente de ses efforts.
Une autre fois, le vieillard ordonna à Ioannis de jeter par la fenêtre l’unique petite jarre d’huile, qui aurait dû servir ce jour-là pour préparer à manger à des amis : Ioannis obéit, sans poser la question Mais comment fera-t-on ?
Pareillement, le vieillard demanda à Ioannis d’aller déplacer une énorme pierre. Le disciple ne fit aucune objection, et s’efforçat de remuer le rocher, transpirant à grosses gouttes. La pierre ne bougea pas, mais Ioannis avait obéi de tout son cœur.
On va voir comment Dieu récompensa cette obéissance totale en accordant à Ioannis le don de prophétie, le don de guérir les maladies, outre qu’il savait guider les âmes par des lumières vraiment surnaturelles.
A la mort du vieillard, vers 342, Ioannis séjourna en divers monastères pendant cinq ans, puis alla se retirer sur une montagne proche de Lycopolis. Il s’y construisit trois cabanes : une «salle de bains», une pièce pour le travail et les repas, une troisième pour la prière. Personne ne devait y entrer ; le contact avec l’extérieur, soit pour lui apporter de la nourriture, soit pour le consulter sur la vie spirituelle, se faisait par une petite fenêtre. Ioannis vécut ainsi pendant quarante-huit ans.
Il ne mangeait que le soir, avec quelques fruits. Mais il luttait aussi contre les tentations que l’Ennemi ne manquait pas de lui envoyer.
A partir de 375, Ioannis reçut le don de lire dans les âmes ; il reprenait les pécheurs, il annonça les crues et les inondations du Nil ou encore la victoire romaine sur les Ethiopiens envahisseurs. Même l’empereur Théodose recourut à ses lumières : Ioannis lui promettait une victoire facile ; il en annonça aussi la mort prochaine (qui devait effectivement se produire en janvier 395).
Quand on lui amenait des malades, Ioannis ne se manifestait jamais directement, par humilité, pour éviter qu’on lui attribuât le mérite de la guérison ; il bénissait une huile, dont les malades se servaient.
Vers la fin de l’année 394, Ioannis imposa le silence autour de lui, pendant trois jours ; après quoi, il s’agenouilla, pria, et rendit son âme à Dieu.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Ioannis de Lycopolis au 17 octobre.


Dulcidius d’Agen
5. siècle

Dulcidius (Dulcitius, en français Dulcide, Doulcet, Doux) fut le cinquième évêque d’Agen, au tout début du cinquième siècle (peut-être même dès 393). C’est son prédécesseur, Phebadius (? 25 avril), qui l’avait ordonné diacre et, au moment de mourir, l’avait désigné pour lui succéder.
Le nouvel évêque fit construire una basilique en l’honneur de sainte Foy (v. 6 octobre) sur l’endroit de son martyre.
Mais surtout, par sa prière et ses miracles, il lutta contre l’invasion des Vandales et des Visigoths, qui répandaient avec eux l’erreur arienne.
Il détourna aussi par sa prière le fléau de la peste et celui du feu ardent, qui menaçaient la ville d’Agen.
Saint Dulcidius d’Agen est mentionné dans le Martyrologe au 17 octobre.


Ioannis Colobos
5. siècle

Cet ermite fut extrêmement célèbre. Mais il ne faut pas le confondre avec un autre Ioannis, du quatrième siècle, qui a sa notice particulière ce même jour (17 octobre).
Ioannis Colobos (le Nain, ou le Petit) était abbé dans le désert de Scété (au sud d’Alexandrie d’Egypte).
On ne dispose pas d’une Vie le concernant, mais d’apophtegmes, ou sentences diverses, où apparaît la sainteté de cet abbé. De ces quarante apophtegmes, en voici quelques-uns particulièrement lumineux.

  1. Au tout début de sa vie au désert, Ioannis s’installa auprès d’un Ancien. Celui-ci, pour éprouver la solidité de sa vocation, prit un bâton et lui commanda : Chaque jour, donne-lui à boire une bouteille d’eau, jusqu’à ce qu’il produise du fruit. Trois ans plus tard, le bâton donna du fruit. L’Ancien commenta : Voilà le fruit de l’obéissance.
  2. Si un roi veut prendre une ville, il lui coupe l’eau et les vivres. Si l’on vit dans le jeûne et la soif, les ennemis de l’âme deviennent sans force.
  3. Ventre plein parlant à une jeunesse : luxure déjà consommée en esprit.
  4. Un vieillard, jaloux de Ioannis, lui dit un jour : Ta gourde, elle est pleine de poison ! - Certes, mais tu n’en vois que l’extérieur : que dirais-tu si en voyais l’intérieur ?
  5. Je suis comme un homme assis sous un grand arbre et qui voit beaucoup de bêtes et de reptiles venir à lui. Comme il ne peut leur résister, il monte vite à l’arbre et il est sauvé. Ainsi de moi ; je suis assis dans ma cellule, je vois les mauvaises pensées se lever contre moi; comme je ne suis pas de taille à les repousser, je me réfugie en Dieu par la prière, et je suis sauvé.
  6. Qui a vendu Joseph ? - Ses frères ! - Non, c’est son humilité. Il aurait pu dire : Je suis leur frère, et protester. Mais il se tut et se vendit par son humilité. Et cette humilité l’établit maître de l’Egypte.
  7. Nous avons laissé le fardeau léger, qui est de s’accuser soi-même, et nous avons pris le pesant, qui est de se justifier.
  8. L’humilité et la crainte de Dieu sont au-dessus de toutes les vertus.

On voit par ces sentences combien Ioannis recherchait avant tout l’humilité, pratiquant jusqu’à une profonde exactitude le mot du Seigneur : Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes (Mt 11:29).
Saint Ioannis Colobos n’est pas mentionné dans le Martyrologe actuel. Il s’y trouvait autrefois au 17 octobre.


Florentius d’Orange
† 525

Florentius serait le dix-neuvième évêque d’Orange, mais comme il y a beaucoup d’incertitudes concernant les premiers évêques, on dira, pour plus de vérité, que Florentius est le sixième évêque d’Orange historiquement attesté.
Il est certain qu’il siégea au moins à partir de 517.
On sait qu’en 509, la ville d’Orange fut assiégée et prise par les Ostrogoths et l’évêque fut déporté avec ses fidèles jusqu’à Fiorenzuola d’Arda (Plaisance, Italie NO) ; depuis, Florentius est resté le saint patron de cette localité. Il se pourrait que Fiorenzuola fût dérivé de Florentius (Fiorenzio en italien), d’autant plus que Fiorenzuola n’est pas du tout dans la région de Florence (Firenze).
Florentius fut délivré sur l’intervention (ou la médiation) de s.Césaire d’Arles (v. 27 août) auprès du roi Théodoric.
Si cette date de 509 est exacte, on pourrait anticiper d’une dizaine d’années l’épiscopat de Florentius, ce qui ne serait pas impossible, puisqu’on ne connaît pas exactement les dates de son prédécesseur.
Il fut présent à deux conciles : Epaone (517) et Arles (524).
Lors du concile d’Arles de 527, c’est son successeur qui signa, donc Florentius mourut entre 524 et 527.
Saint Florentius d’Orange est commémoré le 17 octobre dans le Martyrologe Romain.


 

Gilbert de Hoyland le Grand

1110-1168

 

Il semble que l’on fasse parfois des confusions entre plusieurs personnages du nom de Gilbert.

Né vers 1110 en Angleterre, Gilbert «de Hoyland» entra chez les Bénédictins de Swineshead. ; plus précisément, cette abbaye dépendait de la congrégation de Savigny, où était observée la règle de Saint-Benoit, et cette abbaye passa aux Cisterciens en 1147. 

Le fondateur de Swineshead fut un certain Robert de Hoyland et c’est en souvenir de cet abbé que Gilbert reprit ce nom de «Hoyland» pour l’accoler au sien ; il préférait prendre ce nom, que celui proprement dit de l’abbaye, qui signifiait «tête de cochon».

Vers 1150, Gilbert en devint abbé.

En 1157, il fut élu abbé d’Ourscamp (Oise), cette magnifique abbaye qui devait compter jusqu’à cinq cents moines, et dont il ne reste que des ruines (classées aux Monuments Historiques !).

En 1163, Gilbert fut élu abbé de Cîteaux, qui connaissait désormais des dizaines d’abbayes-filles dans toute l’Europe ; mais on lit parfois que Gilbert, ayant laissé l’Angleterre, vint en 1167 à l’abbaye d’Arnivour, proche de Cîteaux.

En cette fin de douzième siècle, le pouvoir civil s’élevait contre les droits de l’Eglise et causait des schismes. C’est ainsi que Gilbert fut amené à prendre parti pour son compatriote Thomas Becket († 1170, v. 29 décembre), archevêque de Cantorbury, qui vint se réfugier chez les cisterciens de Pontigny, puis chez les bénédictins de Sens. Toutefois, il se peut que cet épisode concerne s. Gilbert de Sempringham (v. 4 février).

Gilbert, comme son ami Aelred de Riveaux, avait une vénération sans borne pour saint Bernard (v. 20 août) ; il en poursuivit le commentaire au Cantique des Cantiques : aux quatre-vingt-six sermons de Bernard, Gilbert en ajouta quarante-huit autres.

Il aurait démissionné de sa charge abbatiale vers 1167.

Gilbert mourut, lui, à Toulouse, le 17 octobre 1168 (ou 1172 ?), quoique certains le fassent mourir à l’abbaye de Larivour (Troyes), le 25 mai 1172 ; son corps fut ramené à Cîteaux.

Le Martyrologe Romain, au 17 octobre, commémore le bienheureux Gilbert, anglais, mort à Toulouse, abbé de Cîteaux, homme à la science sublime, qui prit la défense de Thomas Becket en exil.

 

 

Baldassare Ravaschieri

1419-1492

 

Baldassare naquit en 1419 à Chiavari (Italie NO), dans la noble famille, très chrétienne, des comtes de Lavagna.

Entré chez les Franciscains de l’observance, il y fit d’excellentes études et devint docteur en théologie, après avoir fait la profession et reçu le sacerdoce.

Ses vertus le firent nommer gardien (supérieur) du couvent de Chiavari, puis provincial pour toute la province de Gênes.

Sa grande activité de prédicateur fut troublée par une pénible maladie de la goutte, qui l’immobilisa complètement. Il se retira au couvent de Binasco, où cependant son apostolat fut très fécond au confessionnal. On vint le voir, le consulter, de tous côtés.

Parmi ses pénitents, certains devinrent de grands amis, comme s. Bernardino de Feltre (v. 28 septembre) ou la grande mystique Veronica de Binasco (v. 13 janvier).

Baldassare ne pouvant absolument se déplacer, des Frères le transportaient sur sa chaise pour l’installer au chœur, lui permettant ainsi de prier avec la communauté et d’assister au Saint Sacrifice qu’il ne pouvait plus célébrer.

Il aimait se faire transporter dans le bois voisin pour méditer dans la solitude et le silence de la nature. Or un soir, on l’oublia et il neigea abondamment : Baldassare eut une vision de la Très Sainte Vierge qui le consola, et on le retrouva le lendemain sans qu’un seul flocon de neige l’ait touché.

Baldassare mourut à Binasco le 17 octobre 1492, cinq jours après l’arrivée de Cristoforo Colombo en Amérique.

Son culte fut approuvé en 1930.

 

 

Richard Gwyn

1537-1584

 

On sait peu de choses sur l’enfance de ce laïc né vers 1537 à Llanidloes (Powys, Pays de Galles).

Son nom gallois fut anglicisé en Richard White.

A vingt ans, il s’inscrivit à l’université d’Oxford, mais passa à celle de Cambridge, hébergé charitablement au St.John’s College ; quand le recteur, le catholique George Bulloch, fut contraint de démissionner, Richard mit fin à ses études. Il passa alors au collège de Douai.

Richard ne devait pas être fait pour le sacerdoce. Il retourna au Pays de Galles et enseigna, tout en continuant d’étudier par lui-même. Il épousa une certaine Catherine et ils eurent six enfants, dont trois survécurent à leur père.

Son catholicisme engagé fut remarqué par l’évêque protestant et dénoncé. Il avait déjà par le passé reçu des menaces et, s’étant trouvé un jour en grand danger, il avait juré, si Dieu lui épargnait la vie, de retourner au catholicisme.

Persécuté, il dut souvent changer de maison et d’école. Finalement il fut arrêté en 1579 par le pasteur de Wrexham, un ancien catholique passé au protestantisme. Mais Richard s’échappa et se cacha encore pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’il fût repris et fait prisonnier pendant quatre années, changeant plusieurs fois de prisons. 

En mai 1581, on le conduisit à l’église de Wrexham où, porté d’abord par six hommes devant les fonts baptismaux, puis devant le pupître, il fut attaché à des fers très lourds. Là, Richard remua tellement les jambes avec ces fers, qu’on ne pouvait plus entendre la voix de celui qui prêchait. On le mit alors dans des cales de bois.

Ensuite un prêtre anglican vint prétendre que les clefs de l’Eglise avaient été remises autant à saint Pierre qu’à lui, et Richard répondit : Avec cette différence que saint Pierre reçut les clefs du royaume des Cieux, tandis que vous, vous avez dû recevoir celles du cellier à bière.

On le condamna à deux-cent quatre-vingts livres d’amende pour avoir refusé d’écouter le culte anglican, et à cent-quarante livres pour le «tapage» qu’il y avait fait. On lui demanda ce qu’il pourrait payer de ces énormes sommes, il répondit : Six pence.

Au printemps 1582, il fut convoqué à la cour avec deux autres catholiques, où ils durent encore subir un sermon d’un ministre anglican. Mais les trois se mirent à l’interpeller, l’un en gallois, l’autre en latin et l’autre encore en anglais, de sorte qu’on dut mettre fin à l’épreuve.

En 1583, ces trois prisonniers, Richard, John Hugues et Robert Morris, furent accusés de haute trahison et cités en justice. Des témoins rapportèrent évidemment qu’ils persévéraient dans le catholicisme, que Richard avait composé des vers contre les prêtres mariés, qu’il espérait un monde meilleur (donc, en quelque sorte, qu’il complotait une révolution), et qu’il affirmait la suprématie du Pape. En outre, on les accusa tous les trois de chercher à faire des conversions.

Malgré ce qu’ils affirmèrent pour leur défense, on les déclara coupables. Richard fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut exécuté sur le marché à bestiaux de Wexham, le 15 (ou le 17) octobre 1584.

Juste avant d’être exécuté, Richard se tourna vers la foule et dit : J’ai été un plaisantin, et si j’en ai offensé quelques uns, je les supplie de me pardonner, pour l’amour de DIeu.

Le bourreau coupa rapidement la corde de la potence, de sorte que Richard reprit ses sens ; il était tout-à-fait conscient quand on l’éviscéra, et jusqu’au moment d’être décapité. Ses derniers mots auraient été, en gallois : Iesu, trugarha wrthyf (Jésus, aie pitié de moi).

Le Martyrologe le mentionne au 17 octobre. Il a été béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Pietro Casani

1572-1647