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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 23:00

Gillebrighde de Moravia

† 1245

 

La famille écossaise de Moravia était en réalité de Moray, le site des ancêtres de la famille, qui se dit Moireibh ou Moireabh en gaélique ; leurs terres s’étendaient à Duffus et Strabok.

L’ancêtre Alexander fut le père de Muiredach, lequel eut deux fils : Richard et Gille Brigte (auj. Gillebrighde), que nous francisons en Gilbert. Richard fut tué au cours d’une bataille contre les Scandinaves.

Gilbert fut longtemps archidiacre du diocèse de Moray ; on suppose qu’il fut nommé évêque de ce siège vers 1223, en présence du roi, qui fut sans doute à l’origine de son transfert à Caithness en 1224 : en effet, le prédécesseur de Gilbert avait été assassiné, et le roi voulait rapprocher le siège épiscopal de sa capitale pour mieux le protéger.

L’évêque cependant résidait en d’autres localités proches : Halkirk, Dornoch, Scrabster. A Dornoch, il fit édifier la nouvelle cathédrale, et y fit déposer les restes de son prédécesseur, Adam de Melrose.

Il y fit aussi édifier plusieurs maisons pour les pauvres.

On le connaissait comme un prédicateur de talent et, dit-on, il travailla beaucoup pour civiliser son diocèse.

Il mourut le 1er avril 1245 à Dornoch, où il fut enseveli. Son tombeau fut vénéré jusqu’à la Réforme, et l’on prêtait serment sur sa tombe, jusqu’en 1545.

Gillebrighde de Moravia est le dernier Ecossais canonisé (au moins officieusement) avant la Réforme.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:00

Leonardo Murialdo

1828-1900

 

Né le 26 octobre 1828 à Turin (Italie), huitième enfant d’un père agent de change qui mourut en 1833, Leonardo (qu’on surnommait Nadino) grandit au collège des Piaristes de Savona.

D’après son propre testament spirituel, il semble qu’il ait eu une jeunesse un peu troublée, mais il retourna bientôt à Turin où il entreprit des études au séminaire (ainsi qu’au séminaire Saint-Sulpice à Paris) et fut ordonné prêtre an 1851.

Ses premières activités furent les oratorios de jeunes, en collaboration avec saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), avec lequel il s’occupa des jeunes abandonnés à eux-mêmes dans les faubourgs de Turin, ou même en prison.

Il ouvrit pour eux une maison-famille pour héberger les plus pauvres.

En 1866, il fut nommé recteur du Collège des Jeunes Artisans à Turin, sa principale activité jusqu’à la mort.

Il fonda la Confraternité laïque de Saint-Joseph, qui aurait pour mission de perpétuer cette assistance auprès des jeunes, ainsi que l’Union des Ouvriers Catholiques, l’Association de la Bonne Presse, et promut le journal La Voix de l’Ouvrier. Il voyagea beaucoup en Italie du Sud, en France, en Angleterre, pour s’intéresser à la condition des jeunes ouvriers et à leur assistance.

Leonardo semble n’avoir fait que son devoir, humblement, discrètement, et toute sa sainteté fut dans cette persévérante attention pour les jeunes. 

Frappé de pneumonie, Leonardo Murialdo mourut le 30 mars 1900.

Il fut béatifié en 1963, et canonisé en 1970.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 23:00

Pedro Regalati

1390-1456

 

Pedro était né en 1390 à Valladolid (Espagne) de Pedro et María de Costanilla.

Très tôt orphelin de père, il demanda à sa mère à dix ans de pouvoir entrer chez les Franciscains. Sa mère le fit attendre trois ans, pour mettre à l’épreuve cette jeune vocation.

A treize ans donc, Pedro reçut l’habit chez les Franciscains de Valladolid et prononça les vœux un an après. Il ne faut pas s’étonner de cette précocité : l’Eglise n’avait pas encore statué sur l’âge minimum requis de seize ans pour admettre un candidat à la vie religieuse.

Dans le cas de notre Pedro, les Supérieurs n’eurent qu’à se féliciter de leur jeune Frère.

La maman de Pedro, si heureuse des progrès spirituels de son garçon, venait souvent le voir, au point que Pedro demanda au Ciel d’être nommé ailleurs, pour couper ces liens naturels trop forts. On l’envoya bientôt, effectivement, à Aguilar de Campos, où l’Ordre voulait fonder un nouveau couvent de l’Observance. Pedro y reçut le sacerdoce. 

Rempli de zèle pour la réforme de l’Ordre, il fut bientôt nommé Gardien de ce couvent, et même d’un autre à Tribulos.

Pedro ne s’enfla pas de cette double tâche. Il prêcha d’exemple à tous les Religieux, surtout par son amour de la pauvreté, du jeûne, de la prière.

La prière de Pedro obtint de nombreux miracles, mais surtout on le vit souvent verser des larmes abondantes pendant l’oraison et la célébration de la Messe, ou aussi élevé de terre et immobile pendant des heures, dans un nuage de feu (au point que les habitants des environs crurent à un incendie dans le couvent).

Sur sa prière, un jour d’hiver où la neige avait été abondante, le couvent n’avait plus de pain. Pedro invita les Confrères à venir manger comme d’habitude ; à l’heure du repas, on sonna à la porte : pas de traces de pas, mais une mule chargée de pain attendait là ; le temps de porter le pain au réfectoire, la mule avait aussi disparu, sans laisser de traces dans la neige.

Durant l’office nocturne, il fut un jour transporté miraculeusement de l’église du couvent de Tribulos à celle d’Aguilar, distante d’une vingtaine de kilomètres, suscitant une bien compréhensible surprise parmi les Religieux.

Sachant sa mort approcher, il fit un long voyage pour aller voir un grand ami, à une soixantaine de kilomètres, le père Lopez de Salazar, puis revint à Tribulos et enfin à Aguilar. En mars 1456, il tomba malade. On lui proposa les derniers sacrements, mais il proposa qu’on attendît la venue de l’évêque. Inquiets de devoir attendre «trop longtemps», les Religieux entendirent alors arriver l’évêque, de passage par là. Le pontife donna à Pedro l’Onction des malades et pria alors Pedro de guérir son neveu, qui l’accompagnait, et qui était malformé de naissance. Pedro fit faire au jeune homme une bonne confession, lui fit donner l’Eucharistie, et obéit à l’évêque : il pria pour la guérison du jeune homme, que Dieu accorda sur place.

La vie de Pedro Regalati fut en réalité une suite de miracles. 

Pedro mourut le 30 mars 1456. Il fit encore un miracle peu après sa mort, lorsqu’un pauvre, déçu d’être arrivé trop tard pour recevoir l’aumône habituelle, alla prier sur sa tombe : Pedro apparut vivant, lui remit un pain, et disparut dans la tombe.

D’innombrables miracles advinrent encore. Quand on exhuma son corps en 1782, il n’était pas corrompu.

Pedro fut béatifié en 1684 et canonisé en 1746.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 00:39

Dimanche des Rameaux - B

 

Aujourdhui, l’Eglise nous fait revivre l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. La couleur liturgique est rouge, car Jésus va verser son sang. Humblement assis sur un petit âne, Jésus montre sa vraie royauté : une royauté spirituelle, intérieure, qui désire commander à nos cœurs et n’a rien à voir avec la richesse orgueilleuse des rois de la terre.

La façon entendue dont Jésus parle de l’ânesse et de l’ânon, semble suggérer que Jésus en connaissait bien les propriétaires, et qu’Il les leur avait demandés d’avance pour telle occasion prochaine. On retrouvera tout-à-l’heure la même attitude lorsque Jésus enverra deux disciples préparer la Pâque. Quoi qu’il en soit, la facilité avec laquelle ces gens laissent faire les disciples de Jésus, montre bien qu’à côté de l’endurcissement de certains Juifs, d’autres en revanche étaient tout dévoués à la cause du Messie.

Ils furent même nombreux : Beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux ; quelle chaleur dans l’accueil, quelle humilité devant Jésus-Christ ! Aujourd’hui, on s’arrache le maillot d’un joueur, ou la chemise d’une vedette quelconque : là, on étendit les propres manteaux, comme des tapis, par terre, sur la route, dans la poussière, en l’honneur de Jésus. Comme Celui-ci a dû être touché de tant de marques d’humble respect pour Sa divine Personne ! comme Il dut être fortifié, quelques jours avant Sa douloureuse Passion !

On a dit parfois que la foule est très volubile, qu’on peut lui faire dire une chose aujourd’hui, et le contraire demain. On a tout de même du mal à penser que ce furent exactement les mêmes qui mirent leur manteau par-terre et qui crièrent A mort quatre jours après. Jérusalem était pleine de monde, au moment de la Pâque, et pour condamner Jésus on s’était bien gardé de convoquer devant le Sanhédrin Ses amis. Les Pharisiens savaient soudoyer leurs gens à l’occasion…

En même temps, ces deux épisodes montrent à leur façon l’authenticité de l’évangile. En effet, si l’évangile n’avait été qu’un écrit de propagande pour un personnage fictif appelé Jésus, son auteur n’aurait parlé que de l’entrée triomphale à Jérusalem et de l’Ascension miraculeuse, passant sous silence l’Agonie et la Passion.

On soulignera ici que la foule acclame Jésus avec un verset du psaume 117 : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur , que nous chantons dans le Sanctus : effectivement, à ce moment de la Messe, le Seigneur va venir s’incarner dans le pain et dans le vin eucharistiques ; il convient de l’accueillir avec les mêmes sentiments que la foule de Jérusalem.

Il se peut que notre liturgie dominicale choisisse l’autre récit de l’entrée à Jérusalem, selon l’évangéliste Jean. Celui-ci mentionne moins de détails que Marc et ne parle pas des manteaux étendus à terre. 

Il se peut fort bien que Jean n’ait pas vu ces manteaux, mais seulement les branches de palmier, qui sont à l’origine de notre coutume de porter des branches le jour des Rameaux. Ces branches ne sont pas des porte-bonheur, elles sont très simplement une façon de nous unir facilement aux foules de Jérusalem. Qu’on accroche ensuite ces rameaux quelques jours aux crucifix, n’a rien de déplacé, mais les y laisser toute l’année, secs et poussiéreux, pourrait sans doute être évité.

 

*       *       *

 

La première lecture de la Messe, extraite d’Isaïe, est le troisième “chant du Serviteur de Yahwé” (Is 50:4-7), où l’auteur décrit littéralement le Christ souffrant, flagellé, insulté, blessé. Tout commentaire est superflu. Ecoutons avec recueillement.

 

*       *       *

 

De la deuxième lecture, extraite de la Lettre aux Philippiens (2:6-11), on retiendra surtout le verset 7, traduit actuellement ainsi : Il se dépouilla lui-même ; la version grecque originale utilise plus précisément un verbe qui peut littéralement être rendu par “il se vida de lui-même” (un peu comme on le dirait d’un bateau que l’on “vide” de sa cargaison).

En d’autres termes : il renonça lui-même à Sa condition divine et à la gloire qui lui est due, pour paraître en tout semblable aux hommes, avec leurs faiblesses physiques. Paul insiste : Non seulement il se comporta comme un homme, mais il s’humilia encore plus, se faisant obéissant, jusqu’à la mort, et même la mort en croix

Jésus s’est bien fait homme, esclave même (obéissant) ; plus encore : bandit, scélérat, pour mourir en croix comme le dernier des derniers, d’une mort la plus honteuse qui fût, la crucifixion étant effectivement réservée aux grands bandits.

 

*       *       *

    

Le psaume 21 nous présente aussi cet anéantissement complet de Jésus, dans le premier verset (celui que Jésus cita à voix haute sur la Croix) : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu avandonné ?

Est-ce à dire que Dieu le Père ait abandonné, oublié Jésus ? Est-ce à dire que Jésus ait été séparé de la communion avec son Père, avec qui il est Un dans la communion de l’Esprit Saint ? La Sainte Trinité aurait-elle été disloquée à cet instant suprême ? Cela est impossible en soi. 

Mais dans son humanité, Jésus devait connaître cet instant suprême, où tout s’éteint pour un homme dont la vie s’arrête : famille, amis, maison, biens, rang, récompenses et distinctions, absolument rien ne reste de tout cela. 

Il faut bien nous imprégner de ce sentiment : l’être qui arrive à la mort est totalement seul, nu comme un ver qui n’a rien pour se défendre. Jésus devait éprouver cette solitude totale humaine, sinon il n’aurait pas épousé vraiment notre condition. 

Mais en même temps, Jésus-Fils de Dieu reste Un avec le Père et l’Esprit, et c’est le même Jésus qui chante avec nous ce psaume 21, dont les derniers versets sont un chant de victoire et de joie devant la Résurrection :

 

Auprès de toi ma louange dans la grande assemblée (…) ;

Toutes les limites de la terre se souviendront et se convertiront au Seigneur,

toutes les familles des nations se prosterneront devant lui.

Car au Seigneur appartient le royaume, et c’est lui qui dominera les nations.

C’est lui seul qu’adoreront tous ceux qui dorment dans la terre ;

devant sa face se prosterneront tous ceux qui descendent dans la poussière.

Or mon âme vivra pour lui, et ma lignée le servira. 

On parlera du Seigneur à la prochaine génération, 

et l’on annoncera sa justice au peuple qui naîtra : Voici ce qu’a fait le Seigneur !

 

Uni à notre humanité, Jésus-Christ partage avec nous cette mort pour nous entraîner dans la nouvelle vie de la résurrection.

Nous ne remercierons jamais assez Dieu pour le don que fit Jésus de Sa vie pour nous. Mieux : Nous avons Sa présence dans le pain et le vin eucharistiques. Eu-charistie : action de grâce. Jésus, après sa mort, sa résurrection et son ascension, restera toujours avec nous, au milieu de nous, nourrissant notre vie intérieure. Nous allons le relire dans un instant.

 

*       *       *

D’abord, aussi humble que ceux qui mirent leur manteau par-terre, voici maintenant cette femme qui vient répandre sur la chevelure de Jésus un parfum très coûteux. Cet albâtre était alors une matière fort rare, dont on fabriquait un parfum qu’on conservait précieusement dans de petits flacons. Il fallait une fortune pour se procurer ces petits objets avec leur contenu, et cette humble femme y a mis, dit Jésus, tout ce qu’elle pouvait faire. Elle était peut-être peu lettrée, ignorante même, mais elle avait du cœur : sans parler, sans chercher à se faire voir, elle accomplit son geste, avant de s’éloigner discrètement ; c’est cette discrétion humble que Jésus récompense en promettant qu’on racontera partout ce qu’elle venait de faire.

L’évangile semble nous enseigner l’attitude à avoir au seuil de toute Eucharistie : demander pardon. L’humble pénitente s’abaisse, tandis que Judas se rebiffe. Pierre fait un peu le vantard, il n’aura pas le courage de reconnaître le Maître, et pleurera comme un gamin sa faiblesse momentanée. 

A propos de la trahison de Judas et du reniement de Pierre, on pourra utilement se rappeler cette récente anecdote d’un jeune néophyte viêt-namien, baptisé par Jean-Paul II une nuit de Pâques. Ce nouveau chrétien voulut prendre le nom de “Pierre” ; aux journalistes qui l’interrogeaient, il expliqua qu’il voulait porter le même nom que Pierre, parce qu’il avait pleuré son péché. “Et si, lui demandèrent-ils, tu avais été Judas, qu’aurais-tu fait ? - Je me serais, répondit-il, pendu au cou de Jésus.”

Petit détail historique du récit de la Passion, il est assez évident que le reniement de Pierre eut lieu dans la nuit, juste avant le chant du coq ; on lit ensuite que dès le matin le grand conseil fut convoqué, donc dans la première matinée : que fit Jésus pendant ce temps-là ? ou plutôt que fit-on de lui ? Une vieille tradition rapporte qu’Il fut alors descendu dans une citerne vide, humide et froide, comme ce fut le cas du prophète Jérémie, six siècles avant Jésus-Christ (Je 37 ; LXX : 44). 

Reprenons, pour finir, le verset du psaume 21 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?, en hébreux : Eloï, Eloï, lama sabactani ? que quelques-uns ne comprirent pas, puisqu’ils disent : Le voici qui appelle Elie. C’est que, parmi les présents, s’en trouvaient qui ne parlaient pas cette langue, des étrangers venus là pour la fête de la Pâque, ou bien des soldats qui n’étaient pas de cette région.

Jésus, en croix, suffoquait ; Il n’avait pas la force de parler, encore moins de proclamer jusqu’au bout tout ce long psaume : Il l’a médité tout au long, et ceux qui l’ont entendu commencer - Marie, Jean, les saintes femmes - ont probablement continué de le réciter à voix basse. Nous pouvons les imiter…

 

*       *       *

L’appel de Jésus retentit plus fort en nos cœurs en cette période de la Passion. En général, on nous propose, le Vendredi Saint - parfois aussi chaque vendredi de Carême - un pieux exercice, d’origine très ancienne, le Chemin de Croix. C’est là une belle méditation, qui peut revêtir des formes et des modes très divers, plus ou moins brefs selon l’horaire de chacun, et qui fait beaucoup de bien à l’âme. 

Notre méditation sur la Passion peut aussi prendre d’autres aspects, car l’Eglise ne veut pas nous contraindre. L’important est le recueillement, l’union au Sacrifice du Christ. Le carême n’est là que pour nous le rappeler plus intensément, mais toute l’année - toute la vie ! - les fidèles que nous voulons être gagneront beaucoup à méditer souvent sur la Passion de Jésus : l’agonie, la sueur de sang, les insultes, les crachats, les liens, les coups, les épines, les fouets des Romains - rappelons que ces instruments de torture étaient faits avec des lanières de cuir tranchant, garnies de billes de plomb -, puis les chutes à terre, la croix si pesante, les clous, la lance.

Prions aussi avec notre chapelet, avec les cinq Mystères douloureux : Agonie, Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de la Croix, Crucifixion. Une prière si simple, si facile, tellement recommandée depuis des siècles par l’Eglise : en invoquant Marie, nous lui demandons de nous aider à entrer plus intimement dans les Mystères de son fils Jésus.

Source de méditations intenses, et tout-à-fait d’actualité, nous nous souviendrons aussi du si fameux Suaire de Turin, dont on n’a pas toujours bien parlé dans les innombrables écrits qui ont été publiés. A l’écart de toute polémique, mentionnons ici la déclaration faite par le Responsable lui-même du laboratoire où se firent des analyses au Carbone 14 : des erreurs auraient été faites lors de ces analyses, beaucoup d’éléments n’auraient pas été pris en considération… Il reste que la contemplation de cette Sainte Face ne laisse personne indifférent.

Beaucoup de Saints ont rappelé la profonde efficacité que peuvent avoir pour notre vie la lecture et la méditation des douloureux moments de la Passion de Notre-Seigneur. Faisons nôtres ces suggestions, relisons souvent ces lignes, nous en retirerons beaucoup d’enseignements, nous apprendrons mieux à accepter toutes les “petites choses” de la vie quotidienne.

Concluant cette méditation, revenons à la Prière du jour, qui nous fait méditer sur l’Humanité, la mort et la résurrection du Christ :

Tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix ; accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection.

Doux Agneau de Dieu, chargé de nos péchés, muet devant tes accusateurs, aide-nous à prendre notre croix tous les jours. Amen.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 00:00

Louis-Edouard Cestac

1801-1868

 

Né le jour de l’Epiphanie, 6 janvier 1801, il fut le royal cadeau de Dieu à ses pieux parents, Dominique et Jeanne Amitessarobe. Dominique était chirurgien de la ville et des prisons, Jeanne était d’ascendance basque espagnole.

Louis-Edouard eut deux sœurs, dont le plus jeune, Elise, sera sa collaboratrice.

Après ses études au Petit séminaire d’Aire-sur-Adour, il étudia au Grand séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Professeur au Petit séminaire de Larressore, il fut ordonné diacre et prêtre en 1825.

En 1831, il fut nommé vicaire à la cathédrale de Bayonne. C’est alors qu’il prit conscience du problème des jeunes filles abandonnées à la prostitution, dans ces petites ruelles proches du port. Il leur ouvrit un premier foyer d’accueil en 1836, le Grand Paradis, puis achètera en 1838 un grand domaine dans la ville proche d’Anglet, auquel il donnera le nom de Notre-Dame du Refuge. C’est le début de cette œuvre magnifique de récupération des malheureuses jeunes filles.

En 1842, les premières Religieuses firent leurs vœux. Elles avaient pour règle celle que leur avait écrite Louis-Edouard pendant une retraite à la Trappe et chez son cher ami, Mixel Garikoïtz (voir au 14 mai). Ce fut l’embryon des Servantes de Marie. Elise Cestac prendra pour nom de religion sœur Marie-Madeleine.

En 1851, naîtra la branche contemplative des Solitaires de Saint-Bernard, qu’on appelle communément les Bernardines, qui accueillirent certaines des pénitentes désireuses de mener désormais une vie retirée, dans la prière, la contemplation et le travail manuel.

En 1852, la congrégation fut reconnue. Les Religieuses ne firent pas que recevoir des filles tombées ; elles ouvrirent jusqu’à cent-vingt écoles dans le diocèse et les départements voisins. Louis-Edouard mit au point une nouvelle méthode de lecture ; lui-même passionné d’agriculture, il promut des méthodes meilleures pour une production saine et compétitive. L’établissement des Servantes de Marie devint un point de référence pour les autorités : Louis-Edouard fut élu président du comice agricole de Bayonne en 1857, il reçut la Légion d’Honneur en 1865 ; il eut la visite du couple impérial et c’est à la prière de l’Impératrice dans la petite chapelle, que naquit en 1856 le Prince impérial (il devait mourir héroïquement en Afrique du Sud en 1879).

Quant aux Religieuses, elles se répandirent aussi en Espagne, en France, en Amérique latine, en Inde, en Afrique.

Louis-Edouard mourut à Notre-Dame du Refuge le 27 mars 1868. 

Il devait être béatifié en 2015.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 00:00

Lucia Filippini

1672-1732

 

Née le 13 janvier 1672 à Corneto (Tarquinia, Viterbo, Latium, Italie centre-ouest), Lucia fut orpheline à six ans et confiée par un oncle aux Bénédictines.

Adolescente, elle fut appelée par son curé pour la catéchèse des enfants. De là, l’évêque l’orienta vers les Clarisses de Montefiascone : pas même consacrée, elle fut remarquée pour ses dons de formatrice et on lui confia les novices. Puis l’évêque la mit à la tête des Maîtresses Pies, un institut qu’il avait fondé pour les écoles, avec Rosa Venerini (voir au 7 mai).

Ces excellentes Maîtresses ouvrirent en peu de temps cinquante-deux écoles.

Nommée supérieure générale en 1704, Lucia connut la douloureuse épreuve de la calomnie : on la dénonça au Saint-Office comme appartenant à une secte.

Cette épreuve s’ajoutait à sa maladie de cancer qui la minait. Le 19 mars 1732, elle annonça que l’archange Gabriel allait la chercher le 25 mars suivant, fête de l’Annonciation.

C’est ce qui arriva : Lucia mourut paisiblement le 25 mars 1732 à Montefiascone.

Elle fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1930.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 22:26

Lorenzo Giustiniani

1381-1456

 

Lorenzo Giustiniani naquit le 1er juillet 1381 à Venise, d’un père qui mourut trop tôt, laissant veuve Quirina, une sainte femme forte qui devait désormais élever seule les cinq enfants qu’elle avait déjà mis au monde à vingt-quatre ans. Elle savait s’imposer des mortifications, un cilice, une ceinture de fer.

Son Lorenzo grandissait et, adolescent, était un beau jeune homme, élégant et distingué ; sa mère y craignait de l’orgueil, mais le garçon la rassura, lui promettant de rester fidèle à Dieu.

En effet, Dieu lui envoya une grâce toute spéciale quand il eut dix-neuf ans, et qu’il raconta lui-même : alors qu’il cherchait la paix pour son âme, il eut l’apparition d’une jeune fille très belle, qui lui proposa cette paix intérieure s’il l’épousait. C’était la Sagesse de Dieu, sous forme humaine, qui lui donna le baiser de paix avant de le quitter.

Malgré une belle proposition de sa mère pour un mariage heureux, Lorenzo suivit plutôt le conseil d’un oncle, chanoine, et s’engagea dans la voie de l’ascèse. Lorenzo regarda le Crucifix et répondit : Seigneur, c’est toi mon espoir.

Il entra donc dans la congrégation des Chanoines de Saint-Georges in Alga, une famille religieuse à la règle sévère, dans laquelle Lorenzo se trouva tout à son aise. Il en ajouta : il ne sortait pas au jardin, ne s’approchait pas du feu pour se réchauffer, buvait peu même s’il avait soif, restait en méditation entre les Matines et l’Office matinal, chantait l’office sans s’appuyer à la miséricorde (ce petit support qui permet aux moines d’être un peu soulagés quand la position debout est trop rude, mais sans vraiment s’asseoir). Les Confrères songeaient à lui faire adoucir ces mortifications, mais il persévéra, confiant en la grâce de Dieu.

Il fut ordonné prêtre en 1407, élu prieur en 1409, prieur général en 1413 et 1421. Son souci de protéger et développer la congrégation lui valut le nom de second fondateur.

Extrêmement humble et effacé, il acceptait telle injustice sans broncher ; s’il allait faire la quête, il évitait sa famille qui lui aurait rempli sa besace pour lui éviter d’aller quêter plus loin ; il n’alla voir sa mère et ses frères mourants (Marco e Leonardo) qu’aux derniers moments, pour ne pas être tenté par l’ambiance famliale.

Un jour de Noël, il fallut le tirer d’une extase où il s’attardait, pour achever la Messe.

Un ancien chanoine, devenu pape (Eugène IV), le fit évêque de Castello en 1433, un siège qui allait être transféré à Venise en 1451. Lorenzo en fut nommé le premier patriarche.

Il élimina tout faste dans sa maison, l’argenterie, les domestiques inutiles. Il s’occupa de son diocèse avec un soin apostolique, rehaussant la liturgie, multipliant les monastères. Il distribua du bois de chauffage en hiver.

Ce n’était pas un orateur, mais il savait parler doucement et convaincre, jusqu’au doge de Venise ; mais il fut un écrivain rempli de zèle ; on a dit que sa langue n’était pas sans grâce, et son latin meilleur que celui de ses contemporains.

Lorenzo fut un jour mystérieusement averti qu’un de ses prêtres en était arrivé à vouloir se suicider, après une vie de débauche et ne pouvant élever ses enfants. Lorenzo le fit venir, l’avertit fraternellement sur ses devoirs, sur les peines qu’il encourait dans l’éternité, lui remit quelques pièces d’or : le malheureux changea complètement et fit une fin très pacifiée.

De ses nombreuses maximes, on retiendra celles-ci : 

Il ne faut jamais perdre la confiance en Dieu : elle est la vie de l’âme.

Le riche ne se sauve que par l’aumône.

La vraie science tient dans ces deux propositions : Dieu est tout, moi rien.

Lorenzo écrivit jusqu’au dernier jour de sa vie. On voulut le coucher dans un lit, qu’il refusa. Au moment de sa dernière heure : Jusqu’ici, c’était de la farce, ça devient sérieux.

Tel confrère avait les larmes : Allez-vous-en avec vos larmes. C’est le moment de rire, pas de pleurer.

Le 8 janvier 1456, il dit encore Je viens à toi, mon Jésus, et expira.

Par un prodige qui n’arrive pas souvent, son corps resta sans corruption jusqu’au moment des funérailles, qui n’eurent lieu que le 17 mars suivant.

Pendant longtemps la célébration de sa fête se fit le 5 septembre.

Lorenzo Giustiniani a été béatifié en 1524 et canonisé en 1690.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 00:00

José Francisco López-Caamaño y García Pérez

1743-1801

 

Pour une fois, l’enfant ne montra pas de signes évidents de piété. Diego José ne désirait pas du tout être religieux, et encore moins capucin, deux réalités qui lui répugnaient, d’après ses propres dires.

Il naquit le 30 mars 1743 à Cadix (Espagne), de nobles parents ; orphelin de mère à neuf ans il fut recueilli par une brave femme plutôt acariâtre. Son père l’envoya étudier à Grazalema, puis chez les Dominicains de Ronda (Málaga).

L’école ne l’emballait pas vraiment et il se contentait tranquillement d’avoir la moyenne, comme on dit.

L’adolescent recevra cependant quelques secousses divines, comme il l’écrivit. Ainsi à treize ans, pour se remettre d’une mauvaise interrogation à l’école, il entra dans l’église des Capucins, qui étaient en train de chanter l’office divin ; impressionné, il demanda à lire quelque chose de bien : on lui donna les vies de saint Fidel de Sigmaringen et de saint Giuseppe de Leonessa (voir aux 24 avril et 4 février).

La grâce de Dieu fit le reste : l’année suivante, il entra au noviciat des pères Capucins à Séville, prit le nom de Diego José et fit la profession en 1759. Ses débuts de vie religieuse cependant ne suscitèrent pas encore en lui un élan plein d’amour pour la théologie ; il préférait la poésie. 

Une nouvelle secousse le réveilla pour de bon et cette fois-ci il fut pris d’un ardent zèle pour la conversion des âmes.

En 1766, il reçut l’ordination sacerdotale à Carmona et devint alors un des fervents apôtres de la dévotion à la Sainte Trinité et à Marie, Divine Bergère (ou Mère du Bon Pasteur).

On l’envoya se préparer à la prédication à Ubrique. Puis il parcourut l’Espagne entière, du sud au nord, de l’est à l’ouest et jusqu’au Portugal et au Maroc. Il n’apprit aucun dialecte, mais on l’écoutait.

Sa célébrité était reconnue ; il fut consulteur et théologien dans plusieurs diocèses, chanoine honoraire de plusieurs cathédrales, membre dans les universités : celle de Grenade lui décerna le diplôme de Maître ès Arts, Docteur en Théologie et Droit (1779).

Il encouragea la croisade contre les révolutionnaires français et publia Le Soldat Catholique en Guerre de Religion. Dans ses prédications enflammées, il réveilla les consciences contre la mauvaise presse, contre les corridas, les bals, les pièces de théâtre licencieuses…

Sa ville natale, Cadix, lui a toujours accordé sa reconnaissance pour sa prédication.

Il ne fut pas toujours bien accueilli : des ministres l’empêchèrent d’approcher la famille royale ; le Conseil de Castille l’envoya de Séville à Casares (Málaga), mais il fut ensuite «absout» ; si une ville le renvoyait, il partait pour une autre destination ; il s’exprima franchement contre certaines positions ecclésiastiques, et soutint le célibat sacerdotal ; on l’enferma quelque temps dans un couvent, il n’en sortit que plus décidé, quoique peu à peu affaibli dans sa santé.

Des miracles se produisirent dès son vivant ; il eut aussi des intuitions étonnantes.

On a conservé de lui quelque trois mille sermons.

Il s’éteignit à Ronda (Málaga) le 24 mars 1801, victime du douloureux vomito negro, et fut béatifié en 1894.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 00:00

 

Annonciation

 

Les deux solennités de saint Joseph et de l’Annonciation sont parfois reportées après Pâques, lorsqu’elles tombent durant la Semaine Sainte ou l’Octave de Pâques.

Normalement, la solennité de l’Annonciation se célèbre le 25 mars, neuf mois avant celle de Noël.

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*       *       *

 

Admirons la prophétie d’Isaïe, qui annonce au roi, huit siècles avant la naissance du Christ, qu’une jeune femme est enceinte, et qu’elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel.

Cette prophétie solennelle fait suite à une autre, à laquelle le roi Achaz ne croyait pas. Il doutait que Dieu pouvait lui donner la victoire contre deux envahisseurs ; et sa réponse au Prophète est insolente : invité par une telle autorité à demander un signe divin, au lieu de saisir l’occasion, il répond avec mépris : Je ne tenterai pas le Seigneur.

Aujourd’hui, c’est principalement la prédiction d’Isaïe qui va nous occuper. 

On peut d’abord remarquer qu’Isaïe ne s’adresse plus au roi Achaz, mais à toute la maison de David. La prophétie ne devant s’accomplir que plusieurs siècles après la mort du roi, il fallait en confier la prédiction traditionnelle à toute la maison de David ; le signe sera le gage certain de la conservation de la lignée royale. Ainsi le royaume de David ne devait plus craindre d’être écrasé par les rois alentour.

Vient alors le si fameux verset, qui a suscité beaucoup de commentaires variés :

1. Voici, la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils…

a. D’abord, le mot Voici ne signifie pas que l’événement annoncé doive se produire immédiatement. Ce terme introduit très souvent une proposition qui intéresse le futur, comme par exemple : Voici que des jours viendront (Je 30:3).

b. Passons au terme de jeune vierge, en hébreu alma.

Le terme alma se rencontre sept fois dans l’Ecriture, et désigne chaque fois une jeune fille, vierge, dans l’innocence virginale la plus absolue (v. Gn 24:43 ; Ex 2:8 ; Is 7:14 ; Ct 1:3 et 6:8 ; Ps 67:26 ; Pr 30:19).

Il faut distinguer ce terme de deux autres : Naara, qui désigne n’importe quelle jeune femme, mariée ou non, et Betula, qui correspond à notre demoiselle, une femme non mariée, sans distinction d’âge.

Saint Jérôme, qui avait étudié l’hébreu auprès du meilleur scripturiste hébreu de son temps, écrit précisément que le mot Alma désigne toujours une femme jeune et vierge, jamais une femme mariée. Etymologiquement, Alma signifie cachée, retirée, gardée avec le plus grand soin par ses parents. Comme certains docteurs juifs contestaient cette explication, le même Docteur les défia de lui montrer un seul endroit des Ecritures où Alma signifie simplement jeune personne et non pas vierge.

Même l’hérésiarque Martin Luther, proposait de donner cent florins à un Juif qui lui prouverait qu’Alma signifie autre chose qu’une vierge.

Revenant à la prophétie d’Isaïe : quelle importance y aurait-il donc à annoncer qu’une jeune femme enfanterait un enfant, sinon pour signifier que cet enfantement devait revêtir un caractère singulier ?

c. La vierge est enceinte, elle enfantera… Il faut remarquer que le texte original hébreu se sert ici de deux participes présents. Il faudrait traduire littéralement : Voici que la vierge (sera) étant enceinte et enfantant, ce qui veut dire que cette Femme qui concevra et enfantera, sera et restera vierge. Si le texte avait été au futur : «Voici que la vierge concevra et enfantera», on aurait facilement pu entendre que celle qui est vierge maintenant deviendra mère, et ne sera donc plus vierge, ce qui n’aurait en soi rien de très étonnant, comme on l’a dit plus haut.

d. Il ne sera pas sans intérêt de noter ici une particularité tout-à-fait exceptionnelle de l’Ecriture, qui se présente en Is 9:6. Le texte hébreu de cette prophétie où Isaïe annonce la naissance miraculeuse de l’Enfant Sauveur, offre une irrégularité frappante dans l’orthographe du premier mot du verset 6, lemarbé. Le substantif marbé commence par la lettre mem ; or, en début de mot, un mem s’écrit en «demi-lune», tandis qu’en Is 9:6 il est écrit sous la forme du mem fermé, qu’on n’utilise qu’en fin de mot ou de phrase.

L’ancienne Synagogue n’est pas restée insensible à ce mystère. Elle enseignait que ce mem fermé du terme lemarbé indique un grand mystère dans la manifestation du Messie, c’est-à-dire la pureté toujours intacte de la glorieuse Mère du Christ.

Pour mieux expliquer ceci, il est utile de faire observer qu’en hébreu le nom de Marie (Myriam) commence par la lettre mem et se termine par la même lettre. Fermée avant et fermée après, Marie conserve son intégrité au commencement et à la fin. Vierge dans sa naissance, vierge avant sa maternité, vierge après l’enfantement, vierge à sa mort bienheureuse. Un commentateur hébreu s’exprime ainsi : Le mem fermé se maintient entier comme la mère céleste qui est elle-même ce mem fermé, ainsi que nous le savons par le mystère du mot lemarbé d’Isaïe.

Cette prophétie fut si solennelle, que non seulement elle fut transmise dans la Synagogue de génération en génération,  mais aussi elle traversa les frontières et se colporta partout ailleurs, avec les altérations dues aux milieux païens qui n’avaient pas reçu la Vérité. Cette Femme est celle dont il est question au livre de la Genèse : 

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il (au masculin : le Messie) t’écrasera la tête (Gn 3:15) ; cependant, à cause de l’union entre la mission de Marie et celle de Jésus, la traduction latine de ce verset porte le féminin : Elle t’écrasera la tête…

A propos du lignage de la femme, il faut savoir que cette expression ne se trouve nulle part ailleurs dans l’Ecriture. Ce lignage, cette progéniture de la femme, c’est-à-dire le Messie, fils de Marie, n’aura pas de père naturel humain. Quand plus tard, le Christ parlant de soi-même dira le Fils de l’homme, il faudra bien faire attention que c’est la traduction littérale de l’hébreu, qui signifie tout simplement «un individu du genre humain», de la même façon qu’un Israélite est appelé «fils d’Israël» et qu’un étranger à la nation est appelé «fils de l’étranger». Si l’Ecriture avait voulu parler du fils d’un homme, le texte aurait été traduit en latin par «filius viri».

2. On l’appellera Emmanuel (c’est-à-dire Dieu avec nous) : il semble clair que cette expression signifie que cet être qui naîtra de la vierge, sera bien «Dieu avec nous». Comment donc pourrait-on nier que Jésus est Dieu, comme font certains qui, tout en se disant Chrétiens, nient la divinité du Christ ?

3. De crème et de miel il se nourrira : par cette expression, Isaïe précise que, comme tous les autres bébés, on donnera à ce nourrisson une nourriture d’homme, car ce Dieu sera en même temps homme. Il est bon de savoir que les Hébreux nourrissaient les enfants du premier âge d’un mélange de miel et de lait ou beurre clarifié. Le Talmud en parle, de même ensuite que saint Jérôme et d’autres auteurs. Jérôme affirme aussi que les néophytes goûtent du miel et du beurre, pour signifier l’enfance, de même aussi Tertullien. D’après la Mythologie, Jupiter reçut enfant une nourriture semblable.

4. Avant même que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien… : ici le Prophète ne parle plus du Messie, qui spontanément connaît le bien et rejette le mal ; le démonstratif cet signifie précisément «le petit garçon ici présent, que tu vois près de moi», en l’occurence le propre fils d’Isaïe,  Scheèr-Yaschub ; et avant que ce petit garçon sache discerner ce qui est bien et ce qui est mal, les deux rois dont Achaz avait si peur, seront effacés de la terre.

Il ne s’agit pas ici de céder à la polémique. On a rassemblé quelques idées qui semblaient s’imposer par leur clarté. Il est vrai que certains Rabbins les contestent, mais les meilleures autorités juives, fidèles à la tradition authentique de la Synagogue, ont parfaitement reconnu, et même avant le Christ, que la prophétie concernait le Messie, et qu’il naîtrait d’une Vierge.

 

*       *       *

 

Le psaume 39, que saint Paul va ensuite commenter, semble s’articuler en deux sections. Le psalmiste, David, rappelle d’abord les bienfaits qu’il a reçus de Dieu, puis L’appelle au secours dans les malheurs actuels. Cette deuxième section constituera plus tard le psaume 69.

On pourrait imaginer le Christ-Homme chanter ce psaume : au début, membre de la communauté juive, il se rappelle les moments glorieux de l’histoire du peuple juif - la libération de l’Egypte, les Juges, les Prophètes -, et il remercie Yahwé : Combien tu as fait, toi, de merveilles, de projets pour nous ! Je veux le publier… Puis il évoque la fin des anciens sacrifices, et dit l’extrait que nous avons aujourd’hui : Tu ne voulais ni offrande ni sacrifices… ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : «Voici, je viens».

 

*       *       *

 

Ce je viens exprime très bien l’arrivée du Fils de Dieu sur la terre, se présentant à son peuple, allant au-devant du Sacrifice suprême, pour accomplir ce qui est écrit pour (lui) dans le livre (des prophéties).

Durant sa vie publique, le Christ a annoncé dans la grande assemblée le message de la Bonne Nouvelle, et c’est bien cet Evangile que Paul transmet à son tour aux premiers Chrétiens, aux Hébreux convertis.

 

*       *       *

 

Nous arrivons ainsi à l’Instant solennel où le Fils de Dieu entre dans le monde, en prenant chair dans le corps virginal de Marie.

De saint Gabriel, le pape saint Grégoire le Grand commente qu’il fut envoyé à la Vierge Marie, et non pas un ange quelconque : pour ce ministère, il s’imposait d’envoyer un ange du plus haut rang annoncer le plus haut de tous les événements, l’Incarnation du Verbe éternel et divin. Et d’ajouter : A la Vierge Marie, c’est Gabriel qui est envoyé, dont le nom signifie «Force de Dieu» : ne venait-il pas annoncer Celui qui voulut se manifester dans une humble condition pour triompher des puissances démoniaques ? C’est donc par la «force de Dieu» que devait être annoncé Celui qui venait comme le Dieu des armées, le vaillant des combats.

Tout ce qui a été dit à propos d’Alma concerne évidemment cette Vierge de Nazareth, qui s’appelait Marie.

Marie est pleine de grâce. Le texte original grec comporte ici un verbe au participe passé, intraductible en français sinon par une lourde périphrase : toi qui as été et demeure toujours remplie de la grâce. Notre expression pleine de grâce veut dire tout cela, et nous devons y voir la présence pérenne de la grâce en la personne de Marie, conçue sans péché, toujours vierge, avant, pendant et après sa sainte maternité.

Marie est tellement pleine de grâce que, même avant qu’elle ait répondu à l’invitation de l’ange, elle est déjà habitée par le Seigneur : Le Seigneur est avec toi, lui dit-il.

L’ange a commencé par un salut : le grec Xairé est encore aujourd’hui utilisé par les Grecs, mais n’a pas le sens fort qu’il a dans l’Evangile. Quand l’ange dit Xairé, il veut vraiment dire : Réjouis-toi, Marie, tant l’annonce qu’il apporte est une Bonne Nouvelle, une réelle joie.

Et l’ange expose à Marie la mission que Dieu va lui proposer ; en quelques mots, il reprend l’essentiel de ce qui fut annoncé par les prophètes : 

  • Tu vas concevoir et enfanter un fils (cf. l’hébreu tu seras concevant et enfantant un fils, voir plus haut)
  • tu lui donneras le nom de Jésus (Yahvé sauve)
  • il sera appelé Fils du Très-Haut, au futur, car c’est l’Eglise qui, plus tard, chantera l’Altissimi Filius.
  • il siègera sur le trône de David
  • il régnera pour toujours sur la maison de Jacob
  • son règne n’aura pas de fin

 

Marie, qui a vécu au Temple depuis son enfance, connaît les Ecritures, elle connaît la prophétie d’Isaïe. Simplement, humblement, elle demande une explication à l’Ange : comment cela va-t-il donc se faire ? Marie ne dit pas puisque je suis vierge ; cet état de virginité, pourrait-on en effet objecter, a été si agréable à Dieu, qu’Il va maintenant t’accorder le don de la maternité, avec Joseph.

En disant je ne connais pas d’homme, Marie exprime, au temps présent qui signifie un état permanent, qu’elle n’a pas ni n’aura jamais de relations avec un homme. En quelque sorte, elle a fait le vœu perpétuel de virginité, ce qui exclut a priori toute progéniture, humainement parlant.

Qu’il soit permis d’ajouter aussi cette réflexion, à l’attention de ceux qui regretteraient l’absence totale de Joseph dans tout cet événement. L’attitude de Joseph est plus longuement racontée dans l’évangile de Matthieu. Joseph est réellement le père de Jésus au sens où c’est Dieu le Père qui engendre son Fils, car Joseph est là pour représenter visiblement Dieu le Père sur terre. Jésus, pourrait-on dire, n’avait pas besoin d’être engendré selon la loi naturelle humaine, n’avait pas besoin de «recevoir» la vie, puisqu’il était Lui-même la Vie. Il devait seulement recevoir sa forme humaine, de Marie.

Celle-ci reçoit alors l’explication du miracle de cette conception divine : c’est l’Esprit Saint, l’Amour de Dieu, qui va intervenir, qui va te couvrir, te prendre sous son ombre. Cette dernière expression rappelait la présence de Dieu dans la nuée qui couvrait l’arche (v. Ex 13:22, cette nuée guidait le peuple, comme le Christ devait guider l’Eglise). Encore une fois, Marie pouvait comprendre immédiatement l’allusion.

L’Ange ajoute c’est pourquoi l’enfant sera saint et sera appelé Fils de Dieu, au futur. Plus tard seulement, on proclamera la divinité de Jésus. Pour l’instant, la naissance, l’enfance, l’adolescence de Jésus adviendront, dans la plus complète discrétion, comme celles de tous les enfants des hommes, car Jésus doit être parfaitement homme. Le premier à crier que Jésus est le Saint de Dieu, sera un possédé (v. Lc 4:34), à qui Jésus intimera le silence. Ce sera Pierre qui fera une profession de foi en déclarant à Jésus : Nous savons que tu es le Saint de Dieu (Jn 6:69) et aussi Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt 16:16) ; déjà en Mt 14:33, Pierre était de ceux qui, dans la barque, reconnurent : Vraiment tu es Fils de Dieu ; finalement, le premier fidèle à le proclamer sera le centurion : Vraiment cet homme était fils de Dieu (Mc 15:39), et l’on sait que Marc rédigea son évangile sur la parole de Pierre.

Vient ensuite l’annonce du signe de cette promesse : la naissance de Jean-Baptiste (voir Lc 1:5:25 et 57-80). C’est parce qu’Elisabeth en était au sixième mois, que la fête de Jean-Baptiste a été établie trois mois après l’Annonciation, le 24 juin. Et c’est en raison du lien entre ces deux événements, que la fête de la Visitation de Marie fut établie récemment au 31 mai.

La réponse de Marie n’est pas une simple formule : Je suis la servante du Seigneur. De même qu’Isaïe avait annoncé la passion du Serviteur de Dieu (cf. Is 42:1-9 ; 49:1-6 ; 50:4-9 ; 52:13-15-53:1-12), Marie comprend qu’elle sera unie de tout son être à cette passion et sera, véritablement, elle aussi la Servante de Dieu. Non sans raison l’Eglise l’invoque comme Reine des Martyrs.

Une mère est toujours intimement liée à son fils. En particulier, les prêtres et leur maman conservent toujours un lien très fort dans tous les moments de leur vie. Marie a vraiment vécu intimement toute la vie de son fils Jésus.

 

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En conclusion, on ne pourra que recommander la pratique si douce et si facile de la brève prière de l’Angelus, par laquelle nous revivons trois fois par jour l’Annonciation, l’Incarnation, la Passion et la Résurrection du Messie, notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, fils de Marie, notre Sauveur.

Cette prière se dit, quand c’est possible, à genoux, sauf le dimanche, en signe de résurrection. Elle ne se dit pas au temps pascal, étant remplacée par l’antienne glorieuse du Regina Cæli.

Le jour de Noël et de l’Annonciation, où l’on proclame le Credo, on s’agenouille aux mots Et incarnatus est… Par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.

Voici une version française de cette prière : 

 

L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie.

Et elle conçut du Saint-Esprit.

    Réjouis-toi, Marie, pleine de grâce…

Voici la servante du Seigneur.

Qu’il me soit fait selon ta parole.

    Réjouis-toi, Marie, pleine de grâce…

Et le Verbe s’est fait chair.

Et il a habité parmi nous.

    Réjouis-toi, Marie, pleine de grâce…

Prie pour nous, sainte Mère de Dieu.

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

    Prions : 

Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs : par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 00:02

Peter Higgins

1601-1642

 

Le nom gaélique de Peter Higgins est Peadar Ó hUiggin

Il naquit vers 1601 à Dublin (Irlande).

En 1622, il entra chez les Dominicains, fut envoyé en Espagne pour ses études et fut ordonné prêtre en 1627. 

Revenu en Irlande en 1630, il fut ensuite nommé prieur du couvent de Naas pour le restaurer.

Lors de l’invasion anglaise de 1641, il se dévoua au secours des sans-abris et protégea beaucoup de gens en danger. Il empêcha les Catholiques d’exécuter un ministre anglican.

En février 1642, il fut arrêté et conduit à Dublin ; on lui proposa la liberté s’il apostasiait. Il demanda qu’on lui présentât par écrit les termes de cette proposition quand il serait aux pieds de la potence. Ayant lu le texte, il répondit :

Voilà bien à quelle condition on me laissera en vie. On veut que je renie ma religion. Mais je repousse leur proposition. Je meurs en catholique et en prêtre dominicain. Je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui ont conspiré pour m’amener à la mort.

Condamné à mort pour avoir refusé de reconnaître la suprématie royale sur l’autorité papale, il fut exécuté à Dublin le 23 mars 1642, sur une place qui s’appelle maintenant St.Stephen’s Green.

Il fut béatifié en 1992.

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