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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 23:00

   12 AOUT

 

IV.

S Euplus, martyr à Catane, décapité.

SS Anicetus et Photius, oncle et neveu, martyrs à Nicomédie, brûlés vifs.Ste Hilarie, mère de ste Afra, martyre à Augsburg.

?

SS Gracilien et Felicissima, martyrs à Faléria.

V.

S Muredachus, premier évêque à Killala.

Ste Lelia, vierge en Irlande.

VI.

S Ercolano, évêque à Brescia.

S Porcaire, abbé à Lérins, martyr des Sarrasins avec ses nombreux moines.

VII.

Ste Cécile (Claire, Sigeberge), abbesse à Remiremont, auteur d'une Vie de s. Romaric, fondateur de cette abbaye et qui pourrait être son père.

XVII.

B Charles Meehan, prêtre franciscain irlandais martyr béatifié en 1987.

B Innocent XI, pape (1676-1689) à 55 ans : excellent administrateur, il rompit avec le népotisme, poussa le roi de Pologne et l'empereur à s'allier contre les Turcs sous les murs de Vienne, et s’opposa à l'absolutisme de Louis XIV à propos de la régale.

XVIII.

B Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Antôn Nguyên Dích (paysan), Giacôbê Dô Mai Nam (prêtre), Micae Nguyên Huy My (médecin), martyrs décapités au Tonkin ; Antôn avait accueilli le père Giacôbê chez Micae (le maire du village et son beau-père) ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Atilano Dionisio (Flavio) Argüeso González (*1877) ;

Clarétains : à Barbastro, les prêtres Nicasio Sierra Ucar, Sebastián Calvo Martínez, Pere Cunill Padrós, José Pavón Bueno (*1890, 1903, 1903, 1909), le sous-diacre Wenceslau Clarís Vilaregut (*1907) ; le profès Gregorio Chirivás Lacambra (*1880) ;

- béatifiée en 1993 :

Laïque : à Hornachuelos (près de Cordoue), Victoria Díez Bustos de Molina (*1903), enseignante de l’Institut Thérésien, jetée dans un puits de mine abandonné, morte en proclamant “Vive le Christ-Roi !” ;

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : près de Tarragona, le prêtre Antoni Perulles Estivill (*1892) ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : près de Barcelone, le profès Miquel Domingo Cendra (*1909) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Tolède, Domingo Sánchez Lázaro (*1860) ;

Dominicains : dans les Asturies, l’ancien général de l’Ordre Buenaventura García-Paredes Pallasà (*1866) ;

- béatifiés en 2013 :

Evêques : près de Tarragona, l’évêque auxiliaire Manuel Borrás Ferré (*1880) ; près de Madrid, l’évêque de Jaén Manuel Basulto Jiménez (*1869) ;

Diocésains : près de Lleida, Pau Figuerola Rovira (*1870) ; près de Tarragona Joan Rofes Sancho, Antoni Nogués Martí, Ramon Martí Amenós, Josep María Sancho Toda  (*1875, 1876, 1905, 1909) ; près de Madrid, Félix Pérez Portela (*1895) ; près de Huesca, José Jordán Blecua et Josep Nadal Guiu (*1906, 1911) ;

Carmes Déchaux : près de Tarragona, le profès Carles Barrufet Tost (de Jésus Marie, *1888) ;

Lasalliens : près de Castellón, Pedro José Cano Cebrían (Arístides Marcos) et Gabriel Albiol Plou (Justí Gabriel) (*1906, 1910) ;

Filles de la Charité : près de Madrid, Estefanía Saldaña Mayoral, María Asunción Mayoral Peña, Ramona Cao Fernández, Juana Pérez Abascal, Melchora Adoración Cortés Bueno, María Severina Díaz-Pardo Gauna, María Dolores Barroso Villaseñor (*1873, 1879, 1883, 1886, 1894, 1895, 1896) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Cuenca, Enrique María Gómez Jiménez (*1865) ;

Lazaristes : à Madrid, le prêtre Hilario Barriocanal Quintana (*1869), le convers Perfecto Del Río Páramo (*1885), et le laïc Felipe Basauri Altube (*1881).

Bx Józef Straszewski (*1885), prêtre, et Józef Stepniak (Florian, *1912), profès capucin, martyrs polonais déportés à Dachau et gazés en 1942, béatifiés en 1999.

B Karl Leisner (1915-1945), prêtre ordonné clandestinement à Dachau par l'évêque de Clermont-Ferrand, Mgr Piguet ; mort juste après sa libération et considéré comme martyr, béatifié en 1996.

Euplus de Catane

† 304

 

Euplus était chrétien à Catane.

On a dit parfois qu’il était diacre, mais il n’était pas même clerc. 

En avril 304, il se présenta spontanément au tribunal en affirmant désirer mourir pour sa foi.

Il n’était pas obligé de faire cet acte ; l’Eglise le lui aurait même interdit, s’il avait pensé à consulter d’abord un prêtre ou un évêque. Il agit par conviction sincère.

Il présenta les quatre livres des Evangiles. On les lui confisqua probablement, mais en vain : il les savait par-cœur.

Emprisonné, il fut interrogé une deuxième fois au mois d’août suivant. C’est là qu’il avoua avoir encore ces Livres avec lui, mais dans sa tête.

Le gouverneur, nommé Calvisianus, le fit étendre sur le chevalet et frapper jusqu’à ce qu’il consentît à sacrifier aux dieux.

Euplus persévéra dans sa foi. Il fut décapité, le 12 août 304.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 12 août.

 

 

Anicetus et Photius de Nicomédie

† 305

 

On donnait à Anicetus le titre de comte, disons : un dignitaire. Photius était son neveu.

Ils subirent tous deux le martyre par le feu à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), en 305 ou 306.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 12 août.

 

 

Muredachus de Killala

† 5e siècle

 

Muredachus n’est que la forme latinisée d’un nom irlandais qui pourrait s’écrire Muredach, Muirethacus, Murtagh ; le nom complet de notre Personnage devrait être Muiredach mac Echdach.

Muredachus, donc, était un vieux parent de s.Patrice (v. 17 mars), et proche aussi du roi Lóegaire mac Néill.

Patrice l’établit premier évêque de Killala vers 442.

Dire qu’il rencontra s.Columba (v. 9 juin) en 575 serait lui accorder une longévité étonnante. Peut-être s’agit-il là d’un autre Muredachus.

L’évêque de Killala ne demeura pas sur son siège. Il le quitta pour se retirer sur une île proche de la côte de Sligo. Il y vécut en ermite.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 12 août.

 

 

Lelia d’Irlande

† 5e siècle

 

Lelia passerait pour être cette Liadhain, arrière-petite-fille du prince Cairthenn, qui reçut le baptême des mains de s.Patrice (v. 17 mars).

Elle mena une vie très austère, et fut peut-être aussi supérieure de quelque monastère dans le Munster.

Elle est fêtée dans le diocèse de Limerick, où se trouve la localité de Killeely (Cill Liadaini).

Le Martyrologe Romain la mentionne au 12 août.

 

 

Ercolano de Brescia

† 585

 

D’Ercolano, on peut supposer qu’il exerça son épiscopat dans la deuxième moitié du 6e siècle, comme dix-neuvième évêque de Brescia (Italie N), entre s.Cipriano († 582, v. 21 avril ?) et s.Onorio, dont on a seulement une mention en 585, ce qui réduit l’épiscopat d’Ercolano tout au plus à trois années, peut-être moins.

Qui plus est, il se serait retiré à la fin de sa vie dans une vie érémitique, et serait ainsi mort à Campione del Garda, au début de 585 ou peu auparavant.

On retrouva ses reliques en 1282 et il fut proclamé patron de Maderno.

Saint Ercolano de Brescia est commémoré le 12 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Porcaire de Lérins

et ses Compagnons

† 730

 

L’histoire de ce martyre n’a pas convaincu tous les historiens.

Porcaire était l’abbé de l’immense famille religieuse composée de plusieurs centaines de moines vivant sur l’île de Lérins ; plusieurs furent appelés à devenir évêques ou abbés en Gaule ou ailleurs, tant on connaissait leurs mérites.

Vers 730, des Sarrasins envahirent la Provence, faisant disparaître tout ce qu’ils pouvaient trouver de chrétien sur leur passage : hommes, femmes, enfants, églises, monastères. Un ange vint avertir Porcaire que lui et ses moines allaient achever de se sanctifier dans le Sang de l’Agneau, car les hordes païennes ne tarderaient pas à aborder l’île.

Le saint Abbé prévint les moines ; on cacha les reliques ; on emmena en Italie les enfants qui étudiaient dans le monastère ; on se prépara dans la prière. Deux moines jugèrent bon de se cacher dans une grotte voisine.

Les envahisseurs s’abattirent sur le monastère et ses occupants ; ils torturèrent et massacrèrent tous les moines, sauf quatre jeunes qu’ils emmenèrent en hôtages. Un des deux moines cachés dans la grotte revint sur sa décision et alla se présenter aux Sarrasins, qui l’égorgèrent.

Une fois embarqués avec les Sarrasins, les quatre jeunes moines réussirent à échapper à la garde de leurs ravisseurs et revinrent à Lérins ; ayant retrouvé le moine demeuré dans sa grotte, ils allèrent tous les cinq raconter au Pape les événements.

Puis ils retrouvèrent les jeunes et revinrent relever les ruines de leur cher monastère.

Saint Porcaire de Lérins est commémoré avec ses Compagnons le 12 août dans le Martyrologe Romain, qui fait une discrète allusion à une tradition.

Charles Meehan

1645-1679

 

Charles Meehan (ou Mahoney) était né vers 1645 en Irlande. Il était un des quatre enfants de Nicholas The O’Meighan, qui reçurent leur éducation de leur oncle James, en religion frère Bonaventura, franciscain, gardien du collège Saint-Antoine de Louvain.

Après Louvain, les quatre garçons étudièrent au couvent franciscain de Drumahair, puis à Jamestown.

Charles était très brillant, et fut même professeur à Drumahair.

Il retourna à Louvain pour poursuivre d’autres études, et passa aussi quelque temps au Collège franciscain de Prague.

Il fut ordonné prêtre en 1671.

De retour en Irlande, il eut la permission de célébrer la Messe et de confesser, mais pas encore de prêcher, d’après le chapitre de Elphin (1672). Peu après, il fut envoyé en mission en Ecosse.

Peu après, lui arriva l’ordre de rejoindre encore une fois Louvain pour d’autres études (!).

En 1674, on l’envoya à Hammelburg (Germanie), pour étudier la théologie pendant deux années (il n’avait donc pas encore fait de théologie ou n’en avait pas fait assez avant son ordination, ce qui expliquerait pourquoi il n’avait pas encore le droit de prêcher.

Nouvel ordre de départ : on l’envoya à Rome en 1676, comme prédicateur et professeur au Collège Irlandais, après quoi il fut renvoyé en Irlande. Mais le bateau fit naufrage sur les côtes du Pays de Galles (1678), et Charles rejoignit à la nage la côte, vers Milford Haven.

Il était en train de traverser à pied le nord du Pays de Galles à la recherche d’un bateau pour rejoindre son pays, lorsqu’il fut arrêté : son «forfait» était qu’il ne parlait pas bien le gallois.

Là-dessus, on finit par apprendre qu’il était catholique, et même (!) prêtre ; il fut accusé de faire partie d’un complot papiste, le tristement fameux Titus Oates Plot.

On le confia à un gardien brutal et grossier, qui le battit et lui crachait dessus, lui demandant ironiquement : Dis la messe pour nous, curé ! 

Charles put s’échapper, mais fut très vite repris, et encore plus maltraité.

Interrogé, Charles expliqua que, durant toute sa permanence sur le sol anglais, il n’avait jamais pu célébrer la messe, qu’il était un sujet irlandais et ne cherchait qu’à regagner son pays après son naufrage. Il n’y avait plus de chefs d’accusation contre lui, mais la cour le jugea «coupable» et le condamna à mort.

En attendant la sentence, Charles fut mis en prison à Denbigh, où le conseil ne voulait pas payer son entretien. On l’envoya alors à Ruthin, où probablement il aurait pu être relâché.

Cependant, le Comte de Shaftsbury, profondément anti-catholique, disposa l’exécution rapide de Charles. On l’attacha à une claie de bois, traînée par un cheval jusqu’à la sortie de la ville. 

Parvenu devant la potence, le père Charles proclama son innocence, remercia ceux qui l’avaient soutenu, pardonna à ses bourreaux, et dit qu’il voulait prier pour la conversion du roi Charles II : ce dernier, en effet, revint au catholicisme sur son lit de mort, en 1685. 

L’exécution se fit selon le «protocole» anglais, par pendaison (interrompue), éviscération et écartèlement. On commença par extraire son cœur et ses intestins, pour les brûler devant la potence. On coupa la tête et les membres en morceaux, pour les jeter dans le fleuve. La tête fut repêchée et exposée sur une pique, avant d’être secrètement ensevelie.

C’était le 12 août 1679.

Le père Charles Meehan fut béatifié en 1987.

 

 

Innocent XI

1676-1689

 

Benedetto Odescalchi naquit au sein d’une riche famille de Côme, le 16 mai 1611. 

Après avoir étudié chez les Jésuites, il commença le métier des armes, dit-on, mais le quitta après avoir été blessé à l’épaule d’un coup de mousquet.

Il fit donc des études de droit à Gênes, puis à Rome et à Naples, où il fut reçu docteur, et entra dans la cléricature à Rome.

Les papes le remarquèrent et lui confièrent diverses charges : protonotaire apostolique, gouverneur de Macerata, cardinal à trente-quatre ans, enfin légat papal à Ferrare.

A la mort de Clément X, il se passa presque deux mois avant que son successeur fût élu : ce fut notre Benedetto, qui prit le nom d’Innocent XI, en souvenir d’Innocent X  qui l’avait créé cardinal.

Le nouveau pape, deux-cent quarantième successeur de saint Pierre, fut très actif sur trois fronts : à l’intérieur du Vatican, dans les rapports avec les rois de France, et sur le plan doctrinal.

Au Vatican, il fallait retrouver un style plus simple : le pape, qui était lui-même austère, réduisit le train de vie des prélats, réclama une table plus sobre, proscrivit les carrosses somptueux, exigea des serviteurs laïques une conduite irréprochable ; il supprima le Collège des Vingt-Quatre secrétaires, trop dispendieux, et diminua les honoraires des prélats chargés d’étudier les béatifications et canonisations (on sait en effet que certaines causes n’aboutissaient pas, faute de “moyens” ; certains Ordres, plus fortunés, eurent plus de Saints que d’autres).

En France, il y eut le problème de la régale, ce droit octroyé parfois par Rome au souverain pour percevoir les revenus de certains sièges vacants. Louis XIV venait de proclamer que ce droit s’étendait à tous les évêchés systématiquement. Deux évêques s’opposèrent, à Pamiers et à Alet. Sur ordre du roi très chrétien, l’évêque de Montauban fut réduit à la mendicité, neuf chanoines privés de leur traitement et vingt-trois curés mis en prison.

Innocent ne céda pas ; il menaça le roi, qui céda un moment, mais se ressaisit ; les évêques firent semblant de se référer au Parlement pour n’avoir pas à trancher eux-mêmes. La question restait en suspens.

Là-dessus se greffa un autre problème : celui des franchises, ces immunités dont jouissaient les ambassadeurs accrédités à Rome. C’étaient des laissez-passer pour toutes sortes d’abus. Quand le pape voulut les supprimer, le roi de France fut piqué. Son ambassadeur prétendit passer outre, on en arriva presque à un débarquement de troupes françaises dans les États du pape, mais Louis XIV recula au dernier moment, car sa situation se gâtait en Europe et il pouvait y perdre encore du prestige. C’était juste avant la mort du Pape.

Un autre “conflit” politique opposa le pape Innocent XI, à la reine Christine de Suède cette fois-ci. Celle-ci s’était réfugiée à Rome après son abdication et son abjuration. Le pape jugea bon de lui faire retirer ses toilettes trop mondaines, mais aussi de faire saisir toutes les toilettes décolletées des blanchisseries. Quel travail il aurait aujourd’hui… Un autre incident fit que Christine se fâcha tellement contre le pape, que celui-ci lui retira la pension de douze mille écus dont elle jouissait. 

Au niveau doctrinal, le pape Innocent XI condamna la doctrine quiétiste de l’espagnol Molinos, religieux augustin.

Le pape Innocent XI fit appel au prestige du religieux capucin Marco d’Aviano pour convaincre l’empereur autrichien Leopold et les autres puissances à s’unir contre l’invasion des Turcs. La victoire de Vienne du 12 septembre 1683 fut ainsi à l’origine de la fête du Saint Nom de Marie.

Innocent XI mourut le 12 août 1689 (peu après la reine Christine), ayant eu un pontificat très actif de près de treize ans.

Un siècle après, la congrégation détenait déjà les pièces concernant deux-cent vingt-neuf miracles obtenus par l’intercession de ce pape. Cette fois-ci c’est Louis XV qui s’opposa à la béatification. Celle-ci se fit enfin, mais récemment, en 1956, et le pape Innocent XI est maintenant nommé dans le Martyrologe en date du 12 août.

Son successeur sera Alexandre VIII, qui put mettre un terme aux prétentions françaises de la régale.

 

 

Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon

1737-1794

 

Pierre était né le 19 avril 1737 à Saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Prêtre du diocèse de Limoges.

Déporté avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 12 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Antôn Nguyện Ɖích

1769-1838

 

Antôn Nguyện Ɖích vit le jour vers 1769 à Chi Long (Hanoi, Vietnam).

Ce laïc marié appartenait au vicariat du Tonkin occidental.

Il hébergea le prêtre Giacôbê Đỗ Mai Năm, et tous deux furent dénoncés par des domestiques de Antôn.

Ce dernier avait soixante-neuf ans et, de ce fait, ne devait pas être condamné à mort, mais la persécution visait à donner des exemples pour décourager la population à persévérer dans la foi chrétienne.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Antôn fut décapité avec le père Giacôbê à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Antôn Nguyện Ɖích fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

 

 

Giacôbê Ɖỗ Mai Năm

1781-1838

 

Giacôbê (Jacques) vit le jour vers 1781 à Ɖông Biên (Thanh Hóa, Vietnam).

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin occidental, ordonné en 1813.

Il errait de village en village, contraint de se cacher perpétuellement. La dénonciation se fit par deux domestiques de son hôte, Antôn Nguyện Ɖích.

Il fut arrêté avec deux laïcs, Antôn et Micae Nguyễn Huy My, dans le village de Vinh-Tri, le premier pour avoir hébergé le prêtre, le second pour avoir dissimulé chez lui les objets du culte.

La sentence fut celle-ci : 

Il nous paraît évident que c’est l’un des plus criminels apôtres des mauvaises doctrines et que sa cause n’a pas besoin de nouveaux éclaircissements ; en conséquence, nous le condamnons à avoir la tête tranchée, puis exposée au haut d’un poteau pour l’instruction de tous et l’extirpation de cette mauvaise doctrine.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Le père Giacôbê fut décapité à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Le père Giacôbê fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort, avec Antôn Nguyện Dích et Micae Nguyễn Huy Mŷ. Leur fête commune est au 24 novembre.

 

 

Micae Nguyễn Huy My

1804-1838

 

Micae (Michel) Nguyễn Huy My vit le jour vers 1804 à Kẻ Vĩnh (Hanoi, Vietnam).

Ce laïc appartenait au vicariat du Tonkin occidental.

Il aida le prêtre Giacôbê Đỗ Mai Năm en dissimulant chez lui les objets du culte, et tous deux furent dénoncés par des domestiques de Antôn, l’hôte du prêtre et beau-père de Micae.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Micae fut décapité avec le père Giacôbê et Antôn à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Micae Nguyễn Huy My fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

Domingo Sánchez Lázaro

1860-1936

 

Il vit le jour le 4 août 1860 à Puebla de Montalbán (Tolède, Espagne), en cette fête de saint Dominique, dont il porta le nom (on fêtait en effet saint Dominique le 4 août, aujourd’hui le 8 août).

A vingt ans, il perçut la vocation sacerdotale et se prépara à son ordination, qui eut lieu en 1888.

Il exerça le saint ministère dans son pays natal, puis à Archicollar y Camarenilla (1893), Los Carralbos et Illán de Vacas (1902), Puente del Arzobispo (1907), où il fut ensuite archiprêtre.

Le 24 juillet 1936, il sortait d’un enterrement, quand des miliciens vinrent lui intimer l’ordre de ne pas sortir dans la rue. Le lendemain, ils accrochèrent au clocher le drapeau rouge. 

Le 4 août 1936 - soixante-seizième anniversaire du prêtre - trois miliciens vinrent arrêter don Domingo et son vicaire, don Laureano. Ils furent en prison jusqu’au 12 août.

Ce jour-là, on les fit monter en camion avec deux autres prêtres : au volant se trouvait un homme du peuple, qu’on avait forcé à conduire le camion. Don Domingo le rassura : Ne vous en faites-pas, mon fils, je pars à la Maison du Père.

Au lieu-dit Puerto de San Vicente (Toledo), on allait les fusiller. Don Domingo leur dit : Attendez ! Ne me tuez pas tout de suite, que je vous bénisse d’abord. Puis : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

Même les ennemis de l’Eglise avaient de l’admiration, de l’estime pour ce prêtre si bon.

Don Domingo mourut le 12 août 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique María Gómez Jiménez

1865-1936

 

Né le 15 juillet 1865 à Cuenca, Enrique fut baptisé deux jours après.

Entré au séminaire Saint-Julien en 1883, il fut ordonné prêtre en 1888.

Vicaire à Villaescusa de Palositos, curé de Valdeganga, chapelain du couvent Saint-Clément en 1890, il fut nommé curé de Villar de Cantos en 1897 ; en 1900, il fut à Belmonte, en 1901 à la cathédrale de Cuenca, en 1903 à celle d’Almería.

En 1910, il alla exercer son ministère sacerdotal en Argentine, dans la paroisse de Chivilcoy.

Revenu en Espagne en 1917, il fut aumônier de l’hôpital de Cuevas del Almanzora ainsi que des Religieuses.

En 1918, il repartait en Argentine et en revint en 1923.

Désormais, il ne quitta plus Almería, où il fut aumônier des Servantes de Marie, des Filles de la Charité, et collaborateur de la paroisse Saint-Pierre.

A partir de 1933, ses mauvaises conditions de santé l’immobilisèrent à Cuenca, où il se trouvait au moment de la révolution, en juillet 1936.

A son auxiliaire de vie, il avait dit : Si on vient me chercher, ne parlez pas mal aux miliciens, ne dites pas que je ne suis pas là, je n’ai pas l’intention de me défendre, puisque Notre Seigneur ne s’est pas défendu quand on allait le tuer.

La nuit du 12 août 1936, on vint l’arrêter ; les hommes voulaient le jeter à l’eau dans le Júcar, pour faire croire qu’il s’était suicidé, mais il protesta et discuta vivement avec eux ; finalement, ils l’abattirent sur la place des Toros. Le vieux prêtre, avec sa voix sonore, priait : Vive le Christ Roi ! Pardon, Seigneur, pour ceux qui me tuent pour toi…

Martyrisé le 12 août 1936, béatifié en 2017, Enrique María Gómez Jiménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Buenaventura García Paredes Pallasá

1866-1936

 

De famille agricole, Buenaventura naquit le 19 avril 1866 et fut baptisé le jour-même, à Castañedo de Valdés (Luarca, Asturies).

Il eut un frère prêtre.

Après avoir gardé les troupeaux de ses parents, il fit l’école primaire dans son pays natal, puis à l’école d’un père dominicain.

Entré à l’école apostolique dominicaine de Corias, il y étudia deux ans avant de revenir chez lui pour sa santé.

Remis, il se dirigea vers l’école dominicaine de Ocaña (Tolède), où il fit la profession en 1884.

En 1887, on l’envoya successivement à Salamanque, Valencia et Madrid pour achever ses études en droit civil, en philosophie et en lettres.

Il fut ordonné prêtre à Ávila en 1891 et nommé professeur de droit politique et administratif à l’université de Manille.

Il dirigea le quotidien catholique Libertas.

En 1901, il fut prieur à Ávila et directeur du collège Santa María de Nieva (Ségovie) ; en 1910, il fut prieur de Ocaña, et élu provincial de Manille, où il resta sept années. Il y acquit les terrains nécessaires à la construction de la nouvelle université et fonda la revue Misiones Dominicanas.

Il fonda l’école apostolique de La Mejorada (Olmedo, Valladolid), développa la province jusqu’aux Etats-Unis (Rosaryville et New Orleans).

En 1917, il fut supérieur à Madrid, où il fit construire la nouvelle maison. Pendant neuf années, il se dédia à une intense activité apostolique et à la direction des âmes.

En 1926, contre son gré, malgré ses supplications où on le vit prostré à terre, il fut nommé maître général de l’Ordre dominicain, dont il ne conserva la charge que deux ans et demi.

C’est lui qui, alors, acquit les locaux pour l’université dominicaine de l’Angelicum à Rome.

Retiré à Ocaña à partir de 1929, il se trouvait à Madrid en juillet 1936.

Le 11 août, on l’arrêta et on le conduisit à la tchéka García de Paredes, d’où on rejoignit Fuencarral (Madrid), où il fut martyrisé le 12 août 1936, à un endroit appelé Valdesenderín del Encinar. Près de son corps, on retrouva son chapelet et son bréviaire.

Le père Buenaventura fut béatifié en 2007.

 

 

Hilario Barriocanal Quintana

1869-1936

 

Né le 14 janvier 1869 à Quintanavides (Burgos) de Francisco et Josefa, qui le firent baptiser le 17 janvier suivant, Hilario étudia le latin et fit ses Humanités dans son pays natal.

Il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) en 1887, à Madrid, et fit la profession en 1889. C’est à Madrid qu’il fit toutes ses études de philosophie et théologie, et qu’il fut ordonné prêtre en 1895.

C’est encore et toujours à Madrid qu’il exerça ses nombreuses activités : professeur de philosophie dès 1895, de théologie, droit et histoire ecclésiastique (1901), administrateur de la revue La Vierge Immaculée de la Médaille Miraculeuse, préfet et aumônier de San Diego et Santa Isabel jusqu’en 1921 ; secrétaire des Pères Visiteurs, maître de cérémonies.

C’est lui aussi qui prenait les photographies, dont il avait la passion. Discret, voire silencieux, toujours affable même si quelque chose ou quelqu’un l’agaçait.

Déjà avant le mouvement insurrectionnel de 1936, il vivait dans une petite maison de Madrid, et se dissimula chez les Religieuses, vêtu comme un infirmier de la Croix-Rouge, tout en haut de la maison, où on lui portait ses repas. A partir du 9 août, il se mit dans une des chambres de l’appartement du portier, comme «parent» ; personne ou presque ne savait le secret, à part une ou deux personnes de confiance, mais on put quand même dénoncer le Père.

Le 11 août, en fin d’après-midi, une voiture s’arrêta et en sortirent cinq hommes armés. Leur «chef» était bien informé : Ici, il y a un oiseau de prix, un curé. Le père Hilario s’avança sans trembler. On fouilla : il avait un passeport pour la France (car il devait souvent voyager à Paris) ! On l’emmena, avec le portier.

Ensuite, on suppose qu’il fut fusillé près de Madrid, à Boadilla del Monte, le 12 août 1936.

Béatifié en 2017, Hilario Barriocanal Quintana sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Manuel Basulto Jiménez

1869-1936

 

Ce fils de meunier naquit le 17 mai 1869 à Adanero (Ávila, Espagne) et fut ordonné prêtre en 1892.

Il passa la licence de droit à Valladolid et fut nommé chanoine honoraire à León et Madrid.

En 1909, il fut nommé évêque à Lugo.

En 1916, il reçut la charge de sénateur.

En 1919, il fut transféré au siège de Jaén.

Sa devise épiscopale était : Qui s’appuie sur Dieu, ne manque de rien.

Au début de la guerre civile de 1936, le gouverneur de Jaén conseilla maintes fois à l’évêque d’aller se réfugier à Ávila, où il aurait été en sécurité, mais le prélat préféra à chaque fois demeurer près de ses fidèles et partager leur sort.

Le 2 août 1936, il fut arrêté dans sa résidence épiscopale, en même temps que sa sœur Teresa et son mari Mariano, ainsi que le doyen de la cathédrale, le vicaire général. Les miliciens fouillèrent pour trouver des armes (?) et mirent la main sur des bons de trésor, qui devaient garantir l’entretien du clergé et des couvents. On obligea l’évêque à s’installer à la cave.

Le Front populaire délibéra sur la détention de l’évêque : il serait enfermé dans la cathédrale elle-même. L’évêque demanda à consommer le Saint-Sacrement, ce qu’on lui refusa.

Le lendemain, la radio annonça que Mgr Basulto avait été arrêté au moment où il cherchait à fuir, avec neuf millions de pesetas en poche.

La cathédrale était remplie de «prisonniers», plusieurs centaines, peut-être même plus de mille. On en fit deux groupes qui partirent les 11 et 12 août.

Mgr Basulto fit partie du groupe du 12 août 1936 : durant la nuit du 11 au 12, on les fit monter dans le train (le train de la mort) en direction de Alcalá de Henares (Madrid). Le train fut cependant bloqué à Vallecas (près de Madrid) et laissé à la merci de la foule en furie. Non loin de la colline Santa Catalina (Madrid), à l’endroit qu’on appelait le puits de Tonton Raymond, on fit passer les victimes par vingt-cinq sur un petit sentier en pente, où ils furent abattus par un jet croisé de mitrailleuses.

D’après deux témoins qui survécurent, l’évêque tomba à genoux en criant : Seigneur, pardonne mes péchés et pardonne à mes assassins.

Teresa, la sœur de l’évêque, était la seule femme du convoi ; elle fut abattue par une femme de la milice qui lui tira à bout portant.

Une foule de badauds, estimée à deux mille personnes, assistait à l’horrible spectacle et se précipita sur les cadavres pour les dépouiller ou les profaner.

Mgr Basulto Jiménez fut béatifié en 2013.

 

 

Pau Figuerola Rovira

1870-1936

 

Pau (Paul) naquit le 8 septembre 1870 à L’Espluga de Francolí (Conca de Barberá), et fut baptisé dès le lendemain.

La famille était assez aisée, mais il renonça volontairement à l’héritage pour répondre à l’appel de Dieu.

Il fut ordonné prêtre en 1893.

Ses nominations le conduisirent à Catilar, Forès et l’Espluga Calba.

Très humble, très doué, mais aussi très méditatif, il passait des heures la nuit devant le Saint Sacrement.

Lors de la révolution de 1936, il vint se réfugier chez une pieuse veuve, en défendant absolument qu’on niât sa condition sacerdotale si l’on venait le chercher. Disposé à se rendre, il attendait simplement le jour de pouvoir être martyr à son tour.

Le 12 août, des miliciens arrivèrent, demandant à voir Monsieur le Curé, promettant en outre de respecter sa vie, si on leur donnait une bonne somme d’argent.

A une heure de la nuit, ils revinrent. La dame appela le prêtre : Monsieur le Curé, ils vont vous martyriser ! - Adieu. On se reverra au Ciel. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous !, répondit-il.

On l’emmena au carrefour de la route de l’Espluga Calba avec celle de Tarragona à Lleida, on prit la direction de Vinaixa et peu après on fit descendre le prêtre.

On le maltraita de façon horrible ; on lui tira dans les jambes, on lui coupa les parties génitales. Des voisins de Borges entendirent les cris durant la nuit. Le pauvre prêtre hurlait de douleur et redisait sa jaculatoire préférée : Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous !

Les assassins lui mirent dans la bouche le membre qu’ils avaient sectionné. Après l’avoir arrosé d’essence, sans trop savoir s’il était encore vivant ou mort, ils lui mirent le feu.

Don Pau Figuerola Rovira fut martyrisé le 12 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Estefanía Saldaña Mayoral

1873-1936

 

Elle vit le jour le 1er septembre 1873 à Rabé de las Calzadas (Burgos, Espagne) de Venancio et María.

A quatorze ans, elle fut orpheline de son père et dut suspendre ses études. Malgré son courage, elle demeura toujours un peu dépressive à la suite de cette épreuve.

Sœur María Asunción Mayoral Peña, martyrisée avec elle, était sa cousine germaine.

Entrée chez les Filles de la Charité à Madrid en 1890, elle fut une excellente maîtresse pour les enfants. Elle fut ainsi envoyée à Corella, puis Bilbao (1894), Briviesca (Burgos, 1895).

Après la profession (1896) elle se montra toujours très obéissante et très fidèle à la Règle.

Elle fut successivement à Saragosse (1905) et Sigüenza (1906). Après une maladie (1908), elle fut à Sestao, Valdemoro, Cuencia (1912) et Barbastro (1914). Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid, 1916).

Elle avait dans cette localité une sœur, chez laquelle se réfugièrent les cinq Filles de la Charité lorsqu’elles furent expulsées de leur maison en 1936.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Estefanía fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Antoni Noguès Martí

1876-1936

 

Don Antoni vit le jour le 20 janvier 1876 à Mont-roig del Camp, et fut baptisé le 22 janvier.

Après ses études de séminaire, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut en poste à Vilabella, à Torre de Fontaubella, finalement à Falset, comme archiprêtre.

Son souci primordial était d’avoir une église bien propre, bien rangée, et de célébrer des offices avec une solennelle dignité.

Il ouvrait l’église tôt le matin, pour recevoir les fidèles qui désiraient se confesser avant la Messe.

Très humble de sa personne, don Noguès ne voulait jamais s’imposer ; s’il pensait faire quelque réforme, il demandait leur avis aux vicaires, et n’imposait jamais son opinion.

Il organisait la catéchèse des enfants avec grand soin ; chaque groupe avait son ou sa catéchiste.

Il ouvrit une école paroissiale.

En l’honneur du Saint-Sacrement, il institua la pratique des Jeudis eucharistiques et se préoccupa de susciter des vocations sacerdotales.

Il dirigeait personnellement des confréries : la Confrérie du Précieux Sang, celle de Saint-Vincent-de-Paul, sans oublier l’Action catholique. Il montra une grande dévotion à la patronne du pays, sainte Cándida (martyre romaine fêtée le 3 octobre).

Il étudiait et diffusait avec enthousiasme les documents du Saint-Siège.

La révolte menaçait, elle éclata en 1936. L’archiprêtre disait souvent : Quel bonheur j’aurais à mourir martyr. Mais quand même, j’aimerais bien voir la réaction des catholiques après cette persécution. Il ne devait pas la voir.

Le 20 juillet 1936, don Noguès et ses deux vicaires, don Ramon Martí et don Josep Sancho, trouvèrent refuge chez le maire. Ce dernier ayant été destitué le jour-même, les révolutionnaires conduisirent les prêtres chez l’organiste de la paroisse. Le lendemain matin, on les envoya dans une cabane du verger du même organiste ; quelques heures après, dans le verger d’un autre habitant : là, des paroissiens leur apportèrent à manger ; quand les révolutionnaires l’apprirent, ils les en empêchèrent. Les prêtres ne mangèrent rien pendant trois jours.

Ils vinrent habiter dans une ferme, puis don Josep proposa d’aller dans une propriété de ses parents : il fut convenu qu’ils leur porteraient de quoi manger à un endroit convenu et qu’ils n’auraient qu’à venir le prendre. Les prêtres se casèrent dans une petite grotte. C’est là que les rejoignit don Joan Rofes, qui s’était échappé de Riudecanyes. Le refuge où ils passaient la nuit était si petit qu’ils restèrent complètement trempés lors d’un orage.

Le 12 août, les révolutionnaires, une trentaine, vinrent chez M. Sancho, le père de don Josep, qu’ils obligèrent à aller jusqu’à cette ferme, puis ils l’emmenèrent. Quant à la mère, ils la menacèrent de mort si elle ne révélait pas où se trouvaient les prêtres : son jeune fils s’interposa en demandant d’être tué à la place de sa mère. N’arrivant à rien, ils se dirigèrent vers le bois proche de la ferme et, avec leurs chiens, retrouvèrent les quatre prêtres.

Les voyant, l’archiprêtre, don Noguès, demanda à être tué à la place des autres, qui étaient jeunes (il avait soixante ans et eux, la trentaine). Pour toute réponse, les révolutionnaires les assassinèrent sur place tous les quatre. C’était le 12 août 1936.

Pendant deux jours, les cadavres restèrent là, sans sépulture, jusqu’à ce que le Comité de Reus les fît brûler, en-dehors du bois.

Don Antoni Noguès Martí fut béatifié avec les trois autres prêtres en 2013.

Joan Rofes Sancho

1876-1936

 

Né le 28 février 1876 à La Torre de Fontaubella (Catalogne, Espagne), Joan fut baptisé le jour même, et confirmé l’année suivante.

Il reçut sa formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1900.

Il exerça le saint ministère dans différentes paroisses : Ulldemolins, Borges del Camp, Poboleda, Torroja, Almoster, Figuerola, Farena, et finalement comme curé à Riudecanyes, pendant huit ans.

Saint prêtre et bon pasteur, il avait une façon très fraternelle de recevoir ou rencontrer ses confrères de Sacerdoce. Frugal, il s’imposait des mortifications dans sa nourriture.

En 1936, il était donc curé à Riudecanyes.

Les miliciens vinrent le chercher. Ils lui laissèrent le temps de consommer les Saintes Hosties du Tabernacle, puis le firent partir du village.

Il alla d’abord dans une cabane de campagne à Torre de Fontaubella, mais il rejoignit sa sœur Gertrudis. Elle se lamentait de savoir qu’on persécutait les prêtres. Et lui : Ils persécutent le Christ, rien d’étonnant qu’ils nous persécutent nous aussi.

Il alla se cacher dans un bois, un peu avant Colldejou, dans les environs de Fontaubella. Ils s’y retrouvèrent à quatre, avec don Antoni Nogués, don Ramon Martí et don Josep Sancho.

Le 12 août 1936, ils furent assassinés tous les quatre. 

Don Joan Rofes Sancho fut béatifié aussi en 2013.

 

 

Atilano Argüeso González

1877-1936

 

Atilano vit le jour le 5 octobre 1877 à Mazuecos de Valdeginate (Palencia, Espagne) et reçut probablement le Baptême le 9 octobre, fête de saint Denis dont il reçut aussi le prénom, Dionisio.

En 1894, il entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu.

Après la profession simple (1896) et la solennelle (1900), il prit le nom de Flavio.

Il fut envoyé dans divers centres, également en Italie (1914-1922), à Rome et Nettuno.

En 1936, il se trouvait à l’hôpital psychiâtrique de Ciempozuelos (Madrid). Lors de l’arrestation et du martyre des Sept Confrères Colombiens du 9 août, il était lui-même malade et resta dans l’établissement, désormais occupé et contrôlé par des «infirmiers laïques».

Remis, le 12 août, il alla se faire enregistrer au bureau, mais on l’arrêta et on le conduisit en camion avec un autre prisonnier, et on alla les fusiller sur la route d’Andalousie, près de Valdemoro.

Frère Flavio fut béatifié en 1992.

 

 

María Asunción Mayoral Peña

1879-1936

 

Elle vit le jour le 18 août 1879 à Tardajos (Burgos, Espagne), de Mariano, qui mourut jeune, et de Brigida.

Elle était cousine germaine de Estefanía, sa consœur en religion.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1897, elle passa de Valladolid à Madrid puis à Ségovie, où elle fit la profession en 1902. 

A cause de plusieurs épidémies, elle fut infirmière en beaucoup d’endroits (Palencia, Lleida, Madrid, Oviedo). Expulsée de celui d’Oviedo en 1934, de celui des Aveugles à Madrid, elle arriva enfin à son dernier poste, Leganés (Madrid), d’où elle fut aussi expulsée avec les autres Religieuses.

Le 20 juillet 1936, les miliciens vinrent arrêter les Religieuses. La Supérieure voulut aller prendre le Saint Sacrement et le faire consommer par les Sœurs, mais deux miliciens renversèrent le ciboire à terre. La Supérieure protesta : C’est Notre Seigneur ! et les deux autres : Ici, ce seigneur ne commande pas ; qui commande, c’est nous. La Supérieure put rammasser les Hosties et les distribua.

Elles furent ensuite enfermées dans une salle pendant cinq jours, puis les miliciens réunirent les deux communautés (quarante-six Religieuses) dans cette même salle pendant toute une journée. Rappelons qu’à cette époque, les Filles de la Charité portaient une très large cornette : quarante-six dans cette unique salle devait être un gros problème.

Le 26 juillet, on les emmena le soir à la Direction Générale de Sécurité de Madrid, où elles subirent deux jours d’interrogatoire ; après quoi, on les laissa en liberté conditionnelle, avec obligation d’indiquer où elles se réfugiaient. Par groupes de deux ou trois, elles se dispersèrent chez les familles des unes ou des autres.

María Asunción et ses compagnes s’étant d’abord réfugiées chez la sœur de l’une d’elles, elles furent dénoncées aux miliciens des Forces Anarchiques Ibériques (FAI) par deux anciennes élèves.

Le 12 août, la maison fut fouillée par trois fois, et à chaque fois elles répondirent qu’elles étaient Filles de la Charité. On leur proposa une place comme maîtresses ou infirmières du Secours Rouge, mais elles refusèrent. Les miliciens étaient furieux de constater que le prêtre et deux autres Religieuses avaient disparu. 

A onze heures du soir, ils vinrent les prendre. Il restait encore une vieille Religieuse, toute malade, qui demanda à partir aussi, mais le chef répondit sèchement : Laissez là ce vieux fossile, qu’elle meure toute seule.

On les emmena à la Porte de Fer de Madrid ; il se trouva que les assassins étaient d’anciens élèves de ces Sœurs. Elles leur pardonnaient et priaient en silence.

Il y eut une trentaine de tirs de mitrailleuse, puis cinq coups à quelques secondes l’un de l’autre. C’est l’un des chauffeurs qui raconta ces détails par la suite.

C’était le 12 août 1936 à 23 heures 45. 

Les Religieuses furent béatifiées en 2013.

 

 

Gregorio Chirivás Lacambra

1880-1936

 

Gregorio vit le jour le 24 avril 1880 à Siétamo (Huesca, Espagne).

Après leur déménagement à Barbastro, Gregorio fut bientôt orphelin et, à douze ans, rencontra les Clarétains.

Il entra au noviciat des Clarétains de Vic (ou de Cervera ?), et fit la profession en 1897 comme Frère convers. 

Ses activités furent la couture, la sacristie, à Cervera, Alagón, Lleida et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, parmi les plus âgés de la communauté, et fut béatifié en 1992.

 

 

Manuel Borrás Ferré

1880-1936

 

Il naquit le 9 septembre 1880 à La Canonja (Tarragona, Espagne) et fut baptisé trois jours après. Son père était pharmacien.

Il fréquenta le séminaire de Tarragona et reçut le sacerdoce en 1903.

A peine ordonné prêtre, il fut nommé notaire à la Curie épiscopale et membre du Tribunal métropolite. On le fit aussi chanoine de la cathédrale.

En 1910, il fut confesseur au séminaire et, en 1914, secrétaire privé puis vicaire général de l’évêque de Solsona.

En 1934, il fut nommé évêque auxiliaire de Tarragona.

A Tarragona, il développa surtout l’Adoration nocturne, la solennité de la Fête-Dieu, et porta toute son attention à la liturgie de la cathédrale. Il développa l’Action Catholique.

Il semble qu’on n’ait jamais rien eu à lui reprocher depuis l’enfance. Il célébrait la Sainte Messe avec une piété rare. Prudent, avisé, bon administrateur, courageux dans l’épreuve.

Lors de la révolution de 1936, il s’offrit spontanément pour protéger le cardinal-évêque de Tarragona. Quand on leur proposa des vêtements civils, il répondit : S’ils veulent nous tuer, qu’ils sachent qu’ils tuent Monsieur le Cardinal et son Evêque auxiliaire.

Le 21 juillet, on leur dit de quitter les lieux pour aller en un lieu de leur choix. Le Cardinal pensa au monastère de Poblet. Ils y furent confinés.

Le 23 juillet, une voiture de Barcelone s’arrêta et ses occupants appelèrent le Cardinal, qui partit avec eux, accompagné de son secrétaire particulier. Mgr Borrás voulut l’accompagner, mais le Cardinal lui dit de regagner Poblet et de faire ce qu’il pouvait pour les fidèles du diocèse.

Le gouvernement de Barcelone fut prévenu et dépêcha un député pour aller reprendre le Cardinal et l’évêque. Les deux voitures se croisèrent près de Montblanc : apparemment, la démarche du député fut sans résultat.

Mgr Borrás fut alors la proie des miliciens. On prétendit le «mettre en sûreté», dans une cachette plus sûre, mais le «protecteur» de l’évêque avertit le Comité d’Espluga, qui dépêcha une voiture dans les minutes suivantes. On le conduisit à la prison de Montblanc, avec l’interdiction de communiquer avec le Cardinal.

Dans cette prison, on prépara au matin du 24 une cellule pour le Cardinal et son secrétaire, et une autre le soir pour Mgr Borrás. Le 25, on fit sortir le Cardinal, qui demanda à partir avec l’évêque. On le lui refusa ; il partit pour Barcelone et, de là, gagna l’Italie.

Mgr Borrás passa les jours suivants dans la prière, avec les autres prêtres arrêtés comme lui ; ils priaient le bréviaire, le chapelet. L’évêque les encourageait. Il pardonnait à leurs bourreaux et répétait : Les pauvres, ils ne savent pas ce qu’ils font. Que Dieu soit béni ! Nous allons gagner le ciel !

L’après-midi du 12 août, il fut dans la cour de la prison avec les autres prêtres. Il les bénit et leur dit : Adieu ! Au ciel !

Il sortit de la prison calmement, en souriant. On le fit monter dans une camionnette et on le mit sur un sac de paille. On lui avait dit qu’on le conduisait au tribunal de Tarragona, mais on partit en direction de Valls, et l’on s’arrêta quelques kilomètres plus loin, avant le Coll de Lilla. Là, on le fit descendre, on lui fit faire quelques pas et on l’abattit, tandis que l’évêque bénissait ses bourreaux.

Ces derniers arrosèrent le corps du prélat avec de l’essence et y mirent le feu. Des habitants de Montblanc virent encore le cadavre brûler un peu plus tard. Depuis on n’a pas pu retrouver les restes de Mgr Borrás.

Il mourut en martyr le 12 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Felipe Basauri Altube

1881-1936

 

Né le 16 mars 1881 à Bilbao, de Pedro et Juana qui le firent baptiser dès le lendemain, Felipe épousa Justina Ortiz Elorrio, qui eut deux filles : Isabel et Julia Adelaida. L’épouse de Felipe mourut et celui-ci s’installa au 31 rue Fernández de la Hoz à Madrid avec ses deux filles, menant une vie toute simple et profondément chrétienne, dans l’amour de Dieu et du prochain.

Il faisait partie de l’Association des Enfants de Marie, le tiers-ordre des Pères lazaristes et des Filles de la Charité, qui géraient un grand sanctuaire marial à Madrid. Des laïques comme Felipe étaient évidemment poursuivis par les révolutionnaires marxistes, lors de la guerre civile.

Le 10 août 1936, le boulanger d’en-face de l’appartement de Felipe, l’avertit par téléphone qu’il avait entendu des gens parler d’un réactionnaire habitant au n° 31. Felipe remercia pour l’information, mais jugeant qu’il n’avait rien à se reprocher, il pensa qu’il n’avait rien à craindre. Quelques heures plus tard, des miliciens vinrent l’enlever et le conduisirent à la tchéka toute proche, installée dans le couvent des Servantes du Sacré-Cœur.

Plusieurs autres membres laïcs se trouvaient là aussi. Ils furent emmenés au Cuartel de la Montaña, où ils furent fusillés.

La date reste très imprécise : on a supposé que le martyre de Felipe eut lieu le 12 août 1936, deux jours après son arrestation, comme cela arrivait généralement. D’ailleurs, Felipe n’a plus été revu ensuite. On a parlé aussi du 18 août et du 23 octobre, cette dernière date étant celle du martyre de deux prêtres et cinq frères lazaristes (v. (José María Fernández Sánchez).

Béatifié en 2017, Felipe Basauri Altube risque d’être mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre, mais la date du 12 août, choisie ici, conviendrait mieux.

 

 

Ramona Cao Fernández

1883-1936

 

Elle vit le jour le 11 septembre 1883 à Fontey-Rua de Valdeorras (Orense, Espagne), de Facundo et Teresa.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1901, elle fut infirmière à l’hôpital des Femmes Incurables à Madrid, à l’hôpital militaire à Séville (où elle obtint son diplôme d’infirmière), au sanatorium de Jaén (1935).

Elle fit la première profession en 1906.

Expulsée avec Sœur Juana Pérez Abascal, elles furent arrêtées et accusées de vol ; mais comme les preuves manquaient totalement, elles furent remises en liberté. Ne sachant où se réfugier, elles prirent le parti de prendre le train pour Madrid, portant leur blouse d’infirmières de la Croix-Rouge, avec leur chapelet en-dessous.

En montant dans le train à Alcazar de San Juan, elles se retrouvèrent avec les centaines de prisonniers du premier train de la mort.

A la descente du train, elles furent jetées à terre, maltraitées et fusillées à l’endroit du Pozo Tío Raimundo.

C’était le 12 août 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

Perfecto Del Río Páramo
1885-1936

Né le 18 avril 1882 à Pedrosa del Río Urbel (Burgos), Perfecto fréquenta très jeune la maison des Pères Vincentiens.

Il y commença le noviciat en 1898 et fit la profession comme frère convers. Sa première destination fut à Valdemoro (Madrid).

En 1902, il fit partie d’une expédition missionnaire au Mexique. Il fut à Mérida, Culiacán, Tacubaya, Oaxaca, cuisinier apprécié de la communauté ; à côté de ses faitouts, il avait toujours une paire de pinces pour fabriquer des chapelets, son chat sur l’épaule, avec lequel il savait s’amuser.

On le disait «polisson», taquin, mais toujours correct. 

Au Mexique, il connut déjà la période de la révolution. En 1915, il revint en Espagne et fut à Badajoz, Alcorisa, Ramales (1919) ; de retour à Alcorisa, il passa à Cadix (1934) : au lendemain des élections et de la proclamation de la République, la résidence des Pères vincentiens fut incendiée ; Perfecto vint alors à Madrid, où il connut la persécution pour la troisième fois.

Le 25 juillet, Perfecto et son cousin durent évacuer la maison madrilène de García de Paredes, et s’en vint chez son frère prêtre, don Cecilio, qui restait enfermé chez lui depuis que, le 19 juillet, il avait été contraint à fermer l’église. Ensemble ils priaient et se préparaient à mourir pour le Christ.

Le 7 août, des révolutionnaires vinrent inspecter la maison et emmenèrent les trois Religieux. On retrouva leurs cadavres le 11 août, abandonnés près des abattoirs de Madrid. Il semble toutefois qu’on ait retenu la date du 12 août.

Béatifié en 2017, Perfecto Del Río Páramo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Juana Pérez Abascal

1886-1936

 

Elle vit le jour le 20 octobre 1886 à Madrid (Espagne), de José et Dolores.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1908, elle fut vêtue en 1909 et envoyée à Cordoue ; puis à Valladolid, où elle prit le diplôme d’infirmière ; ensuite ce fut : Madrid (à la prison de Carabanchel), Valencia, finalement au sanatorium de Jaén.

Expulsée avec Sœur Ramona Cao Fernández, elles furent arrêtées et accusées de vol ; mais comme les preuves manquaient totalement, elles furent remises en liberté. Ne sachant où se réfugier, elles prirent le parti de prendre le train pour Madrid, portant leur blouse d’infirmières de la Croix-Rouge, avec leur chapelet en-dessous.

En montant dans le train à Alcazar de San Juan, elles se retrouvèrent avec les centaines de prisonniers du premier train de la mort.

A la descente du train, elles furent jetées à terre, maltraitées et fusillées à l’endroit du Pozo Tío Raimundo.

C’était le 12 août 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

Carles Barrufet Tost

1888-1936

 

Carles (Charles) naquit le 9 avril 1888 à Selva del Camp (Camp de Tarragona, Espagne).

Il fréquenta le collège des Clarétains, et entendit l’appel de Dieu. Mais il fut davantage attiré par l’idéal du Carmel et du service fraternel : en 1907, il entra au noviciat des Carmes Déchaux de Tarragone, avec le nom de Carles de Jésus-Marie.

En 1912, il fit sa profession comme Frère convers et fut destiné au couvent de Barcelone, comme cuisinier, infirmier et portier. Il y restera toute sa vie.

Arriva la révolution de 1936 : il fallut quitter le couvent, vêtu en ouvrier ou en paysan, et trouver où se cacher. Un ami, que Carles avait aidé précédemment, lui rendit le service en lui fournissant un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son pays natal, et revoir trois neveux dont il était tuteur. Ils lui proposèrent de rester chez eux, mais il voulut éviter de compromettre la famille par sa présence, et chercha refuge ailleurs.

Le 12 août, il fut repéré et arrêté.

On le fit monter dans un camion et, sur la route de Reus, près de Mas Vermell, on le fusilla.

Carles a été béatifié en 2013.

 

 

Nicasio Sierra Úcar

1890-1936

 

Nicasio vit le jour le 11 octobre 1890 à Cascante (Navarre, Espagne), dans une famille aussi nombreuse que très chrétienne.

Enfant de chœur, très tôt il parla de son désir d’être prêtre.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains en 1902 à Alagón, il entra au noviciat de Cervera et y fit la profession, avant de rejoindre Alagón, et fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut professeur à Aranda de Duero, prédicateur à Calatayud, Cartagena et Barbastro.

En quittant le couvent, en août 1936, il réussit à dissimuler le Saint Sacrement dans sa petite valise, ce qui permit à tous les Confrères de recevoir l’Eucharistie chaque jour, en cachette bien sûr.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Antoni Perulles i Estivill

1892-1936

 

Il vit le jour le 5 mai 1892 à Cornudella de Montsant (Catalogne, Espagne), de Pablo et Angela, qui le firent baptiser le lendemain. Antoni eut un frère prêtre également.

C’était une famille pauvre, mais très chrétienne, surtout la maman. Le petit Antoni n’aimait qu’une chose : servir la messe chaque matin.

Sa première année de Petit séminaire à Tortosa ne fut pas bonne et le papa voulut le garder à la maison, mais on proposa au garçon de faire encore une année, durant laquelle il se prit au sérieux, et devint le meilleur élève, surnommé le Sage. 

Il fut tonsuré et reçut les Ordres mineurs en 1913, et fut sous-diacre en 1915.

A la fin de la dernière année de théologie, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et acheva sa préparation à Burgos, où il fut ordonné prêtre en 1916 et resta jusqu’en 1932 ; il fut sous-directeur du séminaire de 1929 à 1932, puis fut recteur de celui d’Orihuela à partir de 1933.

Quand éclata la Guerre civile en 1936, il se trouvait en visite dans sa famille. Lui, son frère Prudencio et le curé de Mola, se cachèrent pendant une semaine dans les champs ; don Antonio refusa de se séparer de son bréviaire, qu’il priait chaque jour devant le Crucifix, qu’il portait toujours avec lui. Au bout de quelques jours, il insista pour revenir à la maison, trouvant inutile de rester ainsi à ne rien faire, dehors. Passèrent encore une dizaine de jours.

Le 12 août était le jour de sa profession. Ce jour-là vinrent des miliciens pour fouiller la maison ; ils ordonnèrent à don Antonio de ne pas bouger de là et vinrent le chercher un peu plus tard pour aller à la prison de Tarragona.

Il embrassa son frère, auquel il remit sa montre, embrassa sa mère et sortit très calmement, avec le sourire.

Il fut fusillé près de Marçà, sur la route de Molar, le 12 août 1936.

Il tomba en criant : Je meurs pour Dieu, pour l’Eglise et pour mon Pays, après avoir pardonné à son assassin.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Melchora Adoración Cortés Bueno

1894-1936

 

Elle vit le jour le 4 janvier 1894 à Sos del Rey Católico (Saragosse) et reçut au baptême le nom d’un des trois Rois mages. C’était la cinquième fille du pasteur Jerónimo et de Eusebia.

Après ses études chez les Filles de la Charité (de Saint-Vincent-de-Paul), elle-même membre des Filles de Marie, elle entra au noviciat de Sangüesa (Navarre), en 1914.

Elle fut envoyée à Grenade, Aleixar, et fit la consécration en 1919. 

Puis elle fut à Corella, à Vitoria (1933), où elle dut elle-même être opérée d’un rein : elle profita de sa convalescence pour préparer le diplôme officiel d’infirmière à Salamanque ; mais avant de le passer, elle fut appelée au collège de Leganés (Madrid), en septembre 1936.

Elle se montra capable d’organiser et de diriger, entièrement dévouée aux élèves, et remplie d’espérance. Elle organisa une chorale, une troupe de théâtre, des colonies d’été, des pèlerinages, des groupes de catéchèse, des cours de peinture. 

Quand le gouvernement interdit les crucifix dans les salles, elle en demanda quelques centaines de petite taille, pour les distribuer à chacun des malades.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Melchora fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Félix Pérez Portela

1895-1936

 

Félix vit le jour le 21 février 1895 à Adanero (Ávila, Espagne), de Miguel et Saturnina, des parents très chrétiens.

Il entra au Petit séminaire de Madrid en 1907 ; il allait entrer au Grand séminaire, à Rome, quand mourut sa chère maman. 

Félix resta toujours fidèle à sa vocation ; quand un proche insinua qu’il pourrait faire une carrière plus «rentable», Félix répondit franchement : Prêtre, et rien d’autre.

Il eut les meilleures notes au séminaire, mais ne s’en vantait jamais.

Il fit donc ses études sacerdotales à Rome au Collège Espagnol San José de 1913 à 1918, période durant laquelle il fut reçu docteur en théologie et en droit canonique à l’Université grégorienne.

C’est à Rome qu’il reçut l’ordination sacerdotale, des mains du cardinal Merry del Val.

De retour à Madrid, il fut aumônier des Franciscaines, puis dès 1920 curé à Cobeña, où il développa l’association des Filles de Marie. Cette même année, il fut appelé à être le secrétaire de l’évêque de Jaén, Mgr Basulto, lui aussi originaire de Adanero.

En 1935, il fut nommé Vicaire général du diocèse, et doyen du chapitre de la cathédrale. Il tint aussi des cours au séminaire et ne manqua jamais une adoration nocturne. Il sut très bien adapter son caractère catalan à l’esprit de l’Andalousie, où il fut très estimé.

En juillet 1936, comme on l’a vu dans la notice sur Mgr Basulto, il se trouvait avec ce dernier dans la résidence épiscopale lorsqu’une meute de miliciens envahit le bâtiment, obligeant le prélat et son vicaire général à se retirer dans la cave, avant de les enfermer le 2 août dans la cathédrale elle-même, où se retrouvèrent quelque six cents (et peut-être même beaucoup plus) prêtres et religieux.

Un ordre du directeur des prisons exigea de diminuer la quantité de prisonniers accumulés dans la cathédrale et d’en conduire quatre à cinq cents à Alcalá de Henares.

Il y eut une première expédition le 11 au soir, une autre le 12 août à une heure du matin, dont fit partie l’évêque, le vicaire général don Félix, ainsi que la sœur de l’évêque et son mari. 

Avant de quitter la cathédrale, don Félix faillit être séparé de l’évêque, mais il insista : Qu’il m’arrive ce qui arrivera à l’Evêque. Ils se donnèrent réciproquement l’absolution.

On entassa tout ce monde dans divers véhicules et, à la station de Espeluy, on les fit monter dans le train pour Alcalá de Henares.

Vers midi, le train fut littéralement assailli entre les stations de Vallecas et Villaverde par des miliciens, qui obligèrent les Gardes républicains à l’abandonner et dévièrent le train vers le lieu-dit Caseta del Tío Raimundo où, par groupes de vingtaines, tous les prisonniers furent fait passer entre trois mitrailleuses rapprochées. 

Don Félix aurait été un des derniers à tomber, ce 12 août 1936.

Il fut béatifié, avec son évêque, en 2013.

 

 

María Severina Días Pardo Gauna

1895-1936

 

Elle vit le jour le 23 octobre 1895 à Vitoria (Espagne), de Luis et Peregrina.

D’abord élève des Carmélites, elle étudia la musique et connut les Filles de la Charité (de Saint-Vincent-de-Paul) par son père, qui était membre d’une Conférence de Saint-Vincent-de-Paul.

Avant d’être Religieuse, elle s’occupa de sa mère gravement malade. Elle acheva ses études de piano et de magistère, fit un pèlerinage à Lourdes, et en revint encore plus convaincue de se consacrer.

Entrée chez les Filles de la Charité à Madrid, en 1917, elle fut professeur de musique. Elle travailla à Pamplona, Mendigorria.

Après sa profession (1922), elle fut envoyée à Valsameda, Ségovie.

Dès le début, elle voulait être sainte, et le fut vraiment par sa vie intérieure, sa douceur, sa confiance en Dieu, et par le martyre.

Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid), où se trouvait aussi la Sœur Melchora Adoración, avec laquelle elle fut très amie.

Comme toutes les autres, elle refusa de rentrer chez ses parents en 1936, pour demeurer dans sa communauté et près des malades.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

María Severina fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Dolores Barroso Villaseñor

1896-1936

 

Elle vit le jour le 14 octobre (on trouve aussi le 4 octobre, ou le 9 novembre) 1896 à Bonares (Huelva, Espagne), aînée des quatre enfants de Francisco et Francisca.

Paysans pauvres, ils se déplacèrent à Guadaira (Séville), pour confier les enfants aux grands-parents et permettre à la maman de faire des ménages. Mais le papa et deux enfants moururent bientôt de tuberculose, et le curé envoya les deux autres enfants chez les Filles de la Charité. 

Le dernier frère vivant mourut aussi peu avant d’être ordonné prêtre. Seule restait Dolores avec sa mère. Là encore, le bon curé se soucia que cette dame ne manquât de rien, pour laisser Dolores se consacrer.

Entrée chez les Filles de la Charité à Morón de la Frontera (Séville) en 1926, Dolores elle fut infirmière à Málaga et Leganés.

Elle avait le don particulier de comprendre les malades mentaux et de les entourer d’une affection spéciale.

Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid).

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Dolores fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Sebastián Calvo Martínez

1903-1936

 

Sebastián vit le jour le 20 janvier 1903 à Gumiel de Izán (Burgos, Espagne), en la fête de saint Sébastien, dont il porta le nom.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Barbastro, il entra au noviciat de Cervera, et fut ordonné prêtre en 1928.

Il fut professeur et prédicateur à Calatayud, Aranda de Duero et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre, à trente-trois ans, à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Pere Cunill Padró

1903-1936

 

Pere (Pierre) vit le jour le 18 mars 1903 à Vic (Barcelone, Espagne).

Elève du collège mariste, il fut sacristain et servant de messe chez les moniales sacramentines.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Vic, il entra au noviciat de Cervera, et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut à Barcelone, Barbastro et Cervera.

Le 2 août 1933, son calme et sa présence d’esprit empêchèrent l’incendie de son couvent. Puis il rejoignit celui de Barbastro.

Le 2 août 1936, quand on emmena les supérieurs de la maison pour les fusiller, don Pere devint le supérieur de ceux qui restaient et réussit à protéger la vie des plus malades.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut à son tour la palme du martyre, à trente-trois ans, à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

Victoria Díez Bustos de Molina

1903–1936

 

Cette pieuse femme de l’Action Catholique espagnole était née le 11 novembre 1903 à Séville, fille unique de José et Victoria.

Le papa était employé et responsable d’un commerce à Séville.

Victoria fut préparée par les Carmélites à la Première communion. Elle avait beaucoup de dons artistiques et fréquenta l’Ecole des Arts, mais elle prépara surtout et obtint son diplôme de Maîtresse d’Ecole, tout cela à Séville.

Elle fit partie de l’Institut Thérésien qui venait de s’installer en 1925 à Séville ; cet institut voulait former des enseignants dans l’esprit de sainte Thérèse d’Ávila (voir au 15 octobre). Victoria y trouva sa voie. Elle passa des concours et fut destinée à Chelez (Badajoz), où en une seule année elle organisa la bibliothèque, combattit l’absentéisme des élèves, organisa des excursions, des chants et autres activités pour former tous ces enfants.

En 1928, elle fut nommée à Hornachuelos (Cordoue), où elle développa une intense activité au service de la société et de l’Eglise. En effet, en plus de ses responsabilités à l’école, elle organisa la catéchèse des enfants et l’Action Catholique, malgré les lois laïques de la Deuxième République qui interdisaient l’enseignement de la religion dans les écoles. Elle reprit ce qu’elle avait commencé à Chelez, multipliant les excursions, les cours de chant et de peinture, les cours du soir pour les femmes, organisant une bibliothèque. Elle avait encore du temps pour visiter des familles. Elle fut enfin élue Présidente du Conseil Local du Peuple.

Déjà avant la guerre civile, l’église fut incendiée (1934) ; elle s’employa, avec le curé, à la restaurer et la rouvrir au culte après plusieurs mois de travail. Malheureusement, l’église fut de nouveau saccagée aux premiers jours de la révolution de juillet 1936.

Le 20 juillet, on arrêta le curé. Le 11 août, on convoqua Victoria pour une déclaration au Comité : elle ne revint pas à la maison. Malgré toutes les interventions, on ne réussit pas à la faire libérer. 

Au matin du 12 août 1936, on la fit marcher avec dix-sept hommes à douze kilomètres de là ; les prisonniers n’en pouvaient plus, et c’est Victoria qui les encourageait : Courage ! En avant, le Christ nous attend.

Parvenus à une dépendance de propriété, ils furent soumis à une mascarade de jugement, au terme duquel ils furent tous condamnés à mort. On les exécuta au bord d’un puits de la Mina del Rincón.

Victoria fut la dernière à être exécutée. On lui proposa encore la liberté, si elle acceptait de cesser de proclamer sa foi. Sa réponse fut : Je dis ce que je pense. Vive le Christ Roi ! Vive ma Mère ! On l’exécuta. Elle avait trente-trois ans.

Elle fut béatifiée en 1993.

 

 

Ramon Martí Amenós

1905-1936

 

Ramon (Raymond) naquit le jour de la fête de Tous les Saints, 1er novembre 1905, et fut baptisé deux jours après.

En 1928, il reçut l’onction sacerdotale qui en faisait un prêtre pour l’éternité.

Il fut nommé vicaire à Falset.

Ce fut un prêtre très zélé, très soumis à ses supérieurs, débordant d’initiatives excellentes pour susciter dans l’âme des jeunes l’enthousiasme d’appartenir à l’Eglise.

Sous son impulsion se développa donc le groupe des Jeunes Chrétiens de Catalogne, qui eurent les meilleures sections d’art dramatique et de cinéma du diocèse.

Il organisa en outre des conférences, des débats sur des sujets d’apologétique et de morale, qui eurent beaucoup de succès.

Par ailleurs, sur invitation de l’archiprêtre de Falset, il s’occupa de la formation culturelle des séminaristes de la paroisse.

Ce n’était pas un pur activisme. Don Ramon restait longuement en adoration devant le Saint Sacrement, méditant sur l’Evangile. Rien d’étonnant alors qu’il fût aussi un excellent directeur d’âmes.

Quand éclata la révolution, il pouvait très facilement se mettre quelque part en sécurité, mais il préféra rester aux côtés de l’archiprêtre, don Nogués, et de l’autre vicaire, don Josep Sancho.

Les longs détails de cette marche au martyre sont racontés dans la notice sur Antoni Nogués.

Pour les résumer, on dira ici qu’entre le 20 juillet et le 12 août, les trois prêtres (auquel s’en joindra un quatrième vers la fin), changèrent sept fois d’habitation ou de cachette, jusqu’à être découverts dans un bois, trempés par l’orage.

C’est là que les révolutionnaires les fusillèrent, les laissant sans sépulture pendant deux jours avant que le Comité les fît brûler en-dehors du bois.

Tous les quatre furent martyrisés le 12 août 1936, et béatifiés en 2013.

 

 

José Jordán Blecua

1906-1936

 

José vit le jour la 27 mai 1906 à Azlor (Huesca), onzième des douze enfants de Domingo et Crescencia.

Deux (ou trois) des filles de ce foyer furent Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.

Il entra au Petit séminaire de Barbastro, au Grand de Lleida, et fut ordonné prêtre en 1932.

Homme vraiment évangélique, pieux, humble, obéissant, il exerça le saint ministère à Monzón, où le surprit la révolution de juillet 1936.

Peu avant de mourir, il put écrire quelques mots à son père : Je suis très content de souffrir ce martyre pour la cause du Christ… Je regretterais beaucoup de ne pas pouvoir mourir pour Lui.

Il subit ce martyre le 12 août 1936, à trente ans, après quatre années de sacerdoce, exprimant son pardon envers les assassins. Avec lui fut exécuté aussi son Confrère, Josep Nadal Guiu ; on les appelait les deux curés de Monzón.

Don José fut béatifié, ainsi que don Nadal, en 2013.

 

 

Pedro José Cano Cebrián

1906-1936

 

Pedro vit le jour le 1er juin 1906 à Villalba de los Morales (Teruel, Espagne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1919.

Il commença le noviciat en 1922 ; il reçut l’habit avec le nom de Arístides Marcos.

Il fut catéchiste à Santa Madrona (Barcelone), puis Santpedor (1924), San Feliu de Guixols (1928), Benicarló (1929) ; après la profession solennelle : Manlleu (1931), de nouveau San Feliu (1933).

Ce fut un Frère doux, humble, obéissant et pieux.

En 1936, les Frères purent obtenir un sauf-conduit pour rejoindre leurs familles, mais pas le Frère Arístides, car sa famille se trouvait au-delà du front. Il choisit d’aller à Benicarló, où il resta une journée chez les parents de son Confrère Rafael José, mais pour ne pas compromettre ces gens à cause des fouilles des révolutionnaires, il partit pour Barcelone.

Il fallait un sauf-conduit ; d’après les indications qu’il fournit, on comprit qu’il était Religieux, de sorte qu’après son départ, les miliciens le suivirent.

A un croisement, à Poads, ils l’abattirent, laissant là le cadavre. C’est une voiture de la Croix-Rouge qui le releva et on le marqua d’abord comme «inconnu».

Des témoins purent l’identifier : le Frère Arístides Marcos avait été martyrisé le 12 août 1936. 

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Wenceslao Clarís Vilaregut

1907-1936

 

Wenceslao vit le jour le 3 janvier 1907 à Olost de Llusanés (Barcelone, Espagne), de parents cultivateurs aisés, dont il reçut une excellente éducation chrétienne.

A quinze ans, il entra au petit séminaire de Vic, et accepta volontiers d’assister le papa d’un prêtre. 

Puis il entra chez les Clarétains à Vic et y fit la profession en 1927. 

Il commença l’étude de la théologie et fut ordonné sous-diacre. La maladie cependant l’empêcha de continuer et il demanda à rester chez les Clarétains comme Frère.

C’est ainsi qu’il fut à Barcelone, Alagón et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Avant de mourir, il laissa ce billet : 

Ouvriers, nous, les martyrs, nous mourons en vous aimant et en vous pardonnant. Nous sommes nombreux à avoir offert notre vie pour votre salut. Soyez-en certains : notre intérêt pour vous est sincère !

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, parmi les «plus âgés» de la communauté, et fut béatifié en 1992.

 

 

José Pavón Bueno

1909-1936

 

José vit le jour le 19 janvier 1909 à Cartagena (Murcia, Espagne).

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Cervera, il entra au noviciat de Vic, puis à Solsona et de nouveau à Cervera, et fut ordonné prêtre en 1934.

Titulaire d’un diplôme commercial, il fut envoyé à Játiva puis, quand cette maison fut fermée, il fut envoyé à Calatayud et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Miguel Domingo Cendra

1909-1936

 

Miguel vit le jour le 1er mars 1909 à Caseres (Tarragona, Espagne).

En 1928, il demanda à être admis au noviciat des Salésiens. 

Après les trois années de pédagogie à Mataró, où sa vivacité et son discernement firent l’admiration, il fut envoyé faire la théologie à Madrid, en 1934.

Après que la maison de Sarriá dut être évacuée, il se dirigea vers son pays natal, mais fut arrêté à Arenys de Lladó et assassiné à Prat de Compte (Tarragona), le 12 août 1936..

Miguel Domingo Cendra fut béatifié en 2001.

 

 

Josep María Sancho Toda

1909-1936

 

Josep naquit le 20 mars 1909, lendemain de la fête de saint Joseph, dont il reçut le nom au Baptême, le 21 mars.

Enfant, il servit la Messe à la paroisse dès l’âge de six ans, et sut bientôt diriger la prière du Chapelet.

Rien d’étonnant qu’il soit entré au Petit séminaire à neuf ans, après qu’on ait put résoudre plusieurs problèmes d’ordre économique. Ses études furent excellentes.

En 1931, il reçut l’onction sacerdotale qui en faisait un prêtre pour l’éternité.

Il fut nommé vicaire à Arbeca, Vilallonga, et Falset. Il travailla aussi à la paroisse Saint-François de Tarragona.

Ce jeune prêtre, célèbre pour son invariable sourire, s’occupa spécialement de la catéchèse pour les enfants ; il fut directeur et maître d’école, dont les élèves conservèrent longtemps un excellent souvenir.

Il était simple, soumis à l’archiprêtre, don Nogués (futur martyr avec lui), et dévot de l’Eucharistie.

Quand éclata la révolution, il accompagna l’archiprêtre, don Nogués, et l’autre vicaire, don Ramon Martí Amenós dans toutes leurs péripéties.

Les longs détails de cette marche au martyre sont racontés dans la notice sur Antoni Nogués.

Pour les résumer, on dira ici qu’entre le 20 juillet et le 12 août, les trois prêtres (auquel s’en joindra un quatrième vers la fin), changèrent sept fois d’habitation ou de cachette, jusqu’à être découverts dans un bois, trempés par l’orage.

C’est là que les révolutionnaires les fusillèrent, les laissant sans sépulture pendant deux jours avant que le Comité les fît brûler en-dehors du bois.

Tous les quatre furent martyrisés le 12 août 1936, et béatifiés en 2013.

Gabriel Albiol Plou

1910-1936

 

Gabriel vit le jour le 23 avril 1910 à Peñiscola (Castellón, Espagne) et y fut baptisé et confirmé, mais on n’a pu consulter les registres, qui furent brûlés par les Rouges.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils.

Il commença le noviciat en 1928 ; il reçut l’habit avec le nom de Justino Gabriel.

Il fut catéchiste à Farnés, Voltregá (trois ans) et passa à Condal en 1933.

Dès le début de la révolution, le Frère chercha à se réfugier chez un ancien élève, mais la situation était trop difficile, aussi se décida-t-il à rejoindre sa famille à Madrid. Mais comme la situation n’y était pas meilleure, tous revinrent à Peñiscola.

En arrivant, quelqu’un reconnut le jeune Frère au milieu des siens. Le père de famille vint se présenter au Comité, assurant que sa famille allait rester seulement quelques jours dans le pays. Mais le chef des miliciens l’insulta : Allez, f… le camp, toi et ton fils curé !

La famille jugea bon de tenir caché Justino dans une dépendance. On lui porterait à manger. Pour dormir, il se construirait une petite cabane.

Mais un soir, Justino voulut venir à la maison, se croyant couvert par l’obscurité. Erreur ! Le 12 août, au soir, des miliciens vinrent le réclamer.

Le Frère s’était caché dans le grenier. Quand il comprit que les miliciens fouillaient dans tous les recoins de la maison, il vint au-devant d’eux en leur disant : Me voici.

Commença alors un des martyres les plus cruels qu’on ait lu dans la chronique de ces jours déjà si douloureux.

Ils emmenèrent le Frère à la prison du château dit du «Père Luna», puis l’emmenèrent au milieu de la plage, lui donnant force coups de baïonnettes tout en marchant. Ils lui coupèrent les oreilles et lui crevèrent les yeux. Quand il fut bien en sang, ils le poussèrent dans l’eau de mer, pour que le sel lui brûlat davantage encore ses plaies. Puis, le sortant de l’eau, ils lui coupèrent la langue ; l’ayant dévêtu, ils lui coupèrent les parties génitales. Ce n’était pas encore fini. Ils lui enfondèrent une baïonnette d’oreille à oreille, la passant par les plaies déjà ouvertes ; le Frère respirait encore un peu : ils lui enfoncèrent encore une autre baïonnette dans l’omoplate. Enfin, ils l‘achevèrent par balles. Ils jetèrent le corps dans la mer, mais les vagues le ramenèrent sur la plage.

On lui retrouva une balle dans la tête, une autre dans l’abdomen.

Frère Justino, martyrisé le 12 août 1936, fut béatifié en 2013.

 

 

Józef Straszewski

1885-1942

 

Il vit le jour le 18 janvier 1908 à Włocław (Kujawsko-Pomorskie, Pologne).

Après ses études, il étudia la philosophie à Plock, puis fut admis au Grand séminaire.

Ordonné prêtre en 1911, il fut sept mois vicaire à Rozprza, cinq ans à Borowna, où il remplit pratiquement la charge du curé, qui était très âgé. Il fut transféré à Krzepice, où il seconda aussi le vieux curé pendant quatre ans, puis fut nommé vicaire à la cathédrale de Włocław, en même temps que préfet de l’Ecole de commerce ; il fut enfin nommé premier curé de la nouvelle paroisse Saint-Stanislas de Włocław (1922), dont il géra la construction de l’église. Il y fonda aussi un cinéma.

Curé zélé, il se cultivait constamment : sa bibliothèque comptait un millier de titres.

Il fut nommé chanoine honoraire en 1937.

Il fut arrêté par la Gestapo dans la grande rafle du 7 novembre 1939. Emmené d’abord le 16 janvier 1940 à Inowrocławia puis Sachsenhausen, il fut conduit à Dachau le 25 avril 1941, avec le numéro 24545, où il subit avec ses confrères des mauvais traitements et des tortures physiques. Il devint un véritable squelette vivant.

Des témoins survivants ont attesté que l’abbé Józef ne se plaignit jamais. Il restait disponible pour entendre des confessions. 

Il fut «éliminé» (gazé) dans un groupe de prisonniers «inutiles», le 12 août 1942 et fut béatifié en 1999.

 

 

Józef Stępniak

1912-1942

 

Il vit le jour le 3 janvier 1912 à Żdżary (Mazowieckie, Pologne), de Pavel et Ana Misztal, des parents agriculteurs, qui le firent baptiser dès le 4 janvier.

La maman mourut quand Józef était encore petit, et le papa se remaria.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école secondaire à Lomza, tenue par les Capucins, durant laquelle il adhéra au Tiers-Ordre franciscain. Ce n’était pas le meilleur élève quant à ses résultats scolaires, mais il compensait ses lacunes par son travail acharné et sa bonne volonté.

C’était un bon camarade, enjoué, optimiste, avec «la tête un peu dans les nuages».

Après son baccalauréat, il entra chez les Pères Capucins de Nowe Miasto et commença le noviciat en 1931 ; il professa en 1932 avec le nom de Florian et fit la profession solennelle en 1935.

Il compléta ses études à l’université de Lublin et exerça déjà le saint ministère dans cette ville. Ordonné prêtre en 1938, il continua des études sur l’Ecriture Sainte à Lublin. Sur son image d’ordination, il avait fait écrire cette phrase de saint Paul : Nous sommes prêts à vous donner non seulement l’Evangile, mais aussi notre vie (cf. 1Th 2:8).

Quand la guerre éclata, il s’offrit courageusement pour remplacer les curés de paroisse qui se cachaient, en assumant les confessions et les funérailles.

Il fut arrêté par la Gestapo le 25 janvier 1940 et interné d’abord dans le château local, puis à Sachsenhausen le 18 juin 1940, ensuite au camp de concentration de Dachau à partir du 14 décembre de la même année, avec le numéro 22738.

Il y conserva sa bonne humeur contagieuse, et reçut le gentil surnom de soleil du camp. Lui qui avait une santé de fer et un fort appétit, fut complètement miné par le froid et la nourriture insuffisante et mauvaise.

En juillet 1942, il put être admis à ce qui pouvait s’appeler par euphémisme l’infirmerie du camp., où il put se remettre, mais fut admis, en tant que convalescent, dans le bloc des invalides, qui était en réalité l’antichambre de la mort. Là encore, le père Florian apportait une parole de douceur, de réconfort, à ces hommes condamnés. Il en partait chaque jour des dizaines, en fonction de la première lettre de leur nom de famille.

Le 12 août 1942 arriva la lettre S ; ce fut le tour du père Florian Stępniak : ce jour-là il fut gazé et son corps fut incinéré. 

Le père Florian Stępniak a été béatifié en 1999.

 

 

Karl Leisner

1915-1945

 

Karl était né le 28 février 1915 à Rees (Rhénanie Nord, Allemagne).

Dès l’âge de douze ans, il tint un petit journal, dans lequel on peut lire son aversion totale pour le nazisme. Ainsi en 1934, entendant scander Heil Hitler, il écrivit dans son calepin : J’ai une passion pour le Christ. Heil !

Au lycée, il rencontra le Mouvement de Schönstatt, un groupe dont il recevra toute sa spiritualité.

Militant chrétien, à dix-huit ans il était responsable de son groupe à Kleve (Clèves). Son évêque lui confia la responsabilité de la jeunesse pour tout le diocèse.

Séminariste, il fut ordonné diacre le 25 mars 1939. Peu après, il apprit qu’il était atteint de tuberculose pulmonaire et s’en fut se reposer en Forêt Noire. 

Après l’attentat manqué du 8 novembre 1939 contre Hitler, il commenta imprudemment : Dommage qu’il fût parti et fut arrêté par la Gestapo dès le lendemain.

Emprisonné à Friburg-in-Breisgau, transféré à Sachsenhausen, il fut interné au camp de Dachau en décembre 1940.

A Dachau s’étaient constitués trois groupes de Schönstatt. Celui auquel appartenait Karl prit comme devise Victor in vinculis (Vainqueur dans les chaînes).

Clandestinement, l’évêque de Clermont-Ferrand, qui était prisonnier aussi, Mgr Piguet, conféra l’ordination sacerdotale à Karl dans ce même camp, le 17 décembre 1944. Rien ne manqua pour cette ordination : une jeune fille de vingt ans, qui travaillait aux plantations voisines, put, au risque de sa vie, faire passer l’autorisation officielle de l’évêque de Düsseldorf, diocèse originaire de Karl, celle de l’évêque de Münich, diocèse de Dachau, le saint chrême, le Pontifical, même la crosse épiscopale.

Karl, déjà mourant, ne put célébrer qu’une seule fois la Messe, le 26 décembre, fête de saint Etienne.

Peu après que les alliés eurent ouvert le camp et libéré les prisonniers, Karl fut interné au sanatorium de Planegg (Münich, Bavière), où il mourut le 12 août 1945.

Les derniers mots de son journal furent : Seigneur, bénis aussi mes ennemis !

En 1988, Jean-Paul II le donna comme modèle à la jeunesse d’Europe. Karl avait écrit le 16 juin 1945 : Une seule chose : Pauvre Europe ! Retourne à ton Seigneur ! Là est ta Source pour tout ce que tu portes de plus beau.

Karl Leisner a été béatifié en 1996.

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 23:00

11 AOUT

 

III.

S Alexandros, philosophe, charbonnier par ascèse, puis évêque à Comane et martyr ; patron des charbonniers.

IV.

S Rufinus, premier évêque à Assise et martyr.

Ste Susanna , martyre romaine ; elle refusa d'épouser le fils de Dioclétien.S Cassianus, évêque à Benevento.

S Tiburtius, martyr romain.S Taurinus, premier évêque à Evreux.

Ste Digne, vierge solitaire à Todi.

Ste Attracta, irlandaise qui reçut de s. Patrice le voile des vierges. 

VI.

S Equitius, abbé en Valérie ; il mit en déroute un faux moine qui était sorcier ; son extrême simplicité désarma l'envoyé du pape venu le convoquer à la suite d'une calomnie.

VII.

S Géry, évêque à Cambrai pendant quarante ans ; il avait appris le psautier pour être diacre ; le jour du sacre, il fit tomber les chaînes de douze prisonniers. 

Ste Rusticula (Marcia), abbesse à Arles, de dix-huit à soixante-dix-sept ans.

Ste Agilberte (Gilberte), abbesse à Jouarre. 

XI.

S Gérard, croisé auvergnat, mort à Gallinaro lors de la première croisade ; il apparut à un autre croisé qui fit connaître son tombeau, où eurent lieu des miracles. 

XIII.

Ste Claire, fondatrice à Assise des Pauvres Dames de l'Ordre des Mineurs (Clarisses), canonisée deux ans après sa mort ; Pie XII l'a proclamée patronne de la télévision parce qu'elle “assista” depuis sa cellule à la messe de minuit de Noël.

XV.

B Nicolas Appleine, chanoine à Prémery ; Louis XI recourut à son suffrage.

XVI.

Bx John Sandys, Stephen Rowsham (prêtres) et William Lampley (tailleur), martyrs anglais, béatifiés en 1987.

XVIII.

B Jean-Georges Rehm (Thomas), dominicain à Schlestadt, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Luigi Biraghi, prêtre milanais, béatifié en 2006.

S John Henry Newman, cardinal anglais converti de l’anglicanisme, béatifié en 2010, canonisé en 2019.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Laïcs : près de Valencia, Ráfael Alonso Gutiérrez (*1890), père de six enfants, et Carlos Díaz Gandía (*1907), père d'une petite fille de huit mois ;

- béatifiés en 2013 :

Hospitaliers : à Valencia, le prêtre Ramón Rosell Laboria (Leonci, *1897), et le profès Armando Óscar Valdés (Jaime, *1891) ;

Picpus : près de Madrid, le prêtre Benjamín Fernández de Legaria Goñi (Teófilo, *1898) ;

Frères Maristes : près de Huesca, Julián Lisbona Royo (Timoteo José), Francisco Donazar Goñi (Andrés José), Marcos Leyún Goñi (Emiliano José) (*1891, 1893, 1897) ; près de Madrid, Manuel Llop Plana (Adrián) et José Valencia Janices (Benigno José) (*1896, *1906) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, le convers Estanislao Páramo Marcos (*1885) ;

Clarétains : près de Barcelone, le convers Antoni Casany Vilarassa (*1895) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, Juan Bazaga Palacios et Miguel Romero Rojas (*1904, 1911).

B Maurice Tornay (1910-1949), suisse, chanoine du Grand-Saint-Bernard, missionnaire au Tibet et martyr, béatifié en 1993.

John Sandys

1550-1586

 

John était né dans le diocèse de Chester (Lancashire), entre 1550 et 1555.

Il étudia à Oxford et au Collège de Douai.

Arrivé à Reims en 1583, il y fut ordonné prêtre, dans la cathédrale de cette ville.

Envoyé en mission un an après, il put exercer son ministère pendant deux ans.

Arrêté, condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester.

Détail de son martyre : pendu, il fut remis sur ses pieds avant son expiration, et, encore vivant et conscient, il fut éviscéré, avec un vieux couteau rouillé et mal aiguisé. Le bourreau «luttait» véritablement, pour venir à bout de sa lugubre besogne ; en plus, il s’était cagoulé, pour ne pas être reconnu.

Les derniers mots de John furent pour prier pour ses persécuteurs.

Son martyre eut lieu le 11 août 1586

John Sandys a été béatifié en 1987.

  

 

Stephen Rowsham

1555-1586

 

Stephen Rowsham (ou Rousham, ou Rouse) était né dans le Oxfordshire, vers 1555.

Il étudia au Collège Oriel d’Oxford et reçut les ordres au sein de l’Eglise d’Angleterre.

Mais bientôt il acquit la conviction que la Vérité était dans l’Eglise catholique : pour cela il vint au Collège de Douai puis à celui de Reims en 1581, où il fut ordonné prêtre.

Envoyé en mission un an après, il fut arrêté presqu’aussitôt arrivé en Angleterre.

Envoyé à la Tour de Londres, le 19 mai 1582, il y resta prisonnier pendant plus de trois ans, dont la moitié enfermé dans le donjon, qu’on appelait ironiquement «Petit Aise».

De là, il fut transféré à Marshalsea, une infecte prison proche de Londres, où l’on enfermait des condamnés à mort pour «crimes contre nature».

Ensuite il fut envoyé en exil. C’était l’automne 1585.

Arrivé à Reims le 8 octobre, sans attendre, il repartit pour l’Angleterre, et travailla sans s’arrêter dans l’ouest du pays.

Il fut arrêté à Gloucester, dans la maison d’une pieuse veuve qui l’hébergeait.

Condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1586 (ou 1587).

Stephen Rowsham a été béatifié en 1987.

 

  

William Lampley

?-1588

 

William était probablement né à Gloucester, où il travaillait comme gantier.

Il fut arrêté à Gloucester et condamné à mort pour avoir «soutenu les curés».

Il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1588.

William Lampley a été béatifié en 1987.

 

 

Jean-Georges Rehm

1752-1794

 

Jean-Georges Rehm (ou Thomas) était né le 21 avril 1752 à Katzenthal (Haut-Rhin).

On n’arrive pas à savoir si ce nom de Thomas était un nom de religion, ou un pseudonyme utilisé pendant la persécution. 

Prêtre dominicain de la province alsacienne de Strasbourg, il était attaché au couvent de Sélestat.

Déporté de la Meurthe avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Le père Jean-Georges ne perdait pas courage ; ses discours enflammés ranimaient la confiance dans les cœurs. Il espérait avec une très forte conviction que la bonté divine n’abandonnerait pas l’Eglise de France et que son «châtiment» toucherait bientôt à sa fin.

Il est vrai qu’il offrait aussi pour cela de ferventes prières.

Ses confrères du département le respectaient comme un saint, ce qui d’ailleurs se voyait à sa dévotion mariale et à son comportement quotidien.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 11 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Luigi Biraghi

1801-1879

 

Né à Vignate (Milan) le 2 novembre 1801, Luigi était le cinquième des huit enfants d’une famille d’agriculteurs.

En 1804, la famille s’installa à Cernusco sul Naviglio, où le papa devint aussi le maire.

Au collège de Parabiago, sa vocation se fit jour et il entra au Petit séminaire de Castello (Lecco).

En 1815 moururent ses deux frères aînés, tandis que son père était entraîné dans une histoire de fraude dans la mairie.

Puis Luigi fut au Grand séminaire de Monza et ordonné prê

Alexandros de Comane

† 270

 

La ville de Comana était florissante dans l’Antiquité. Elle n’existe plus aujourd’hui : elle se trouvait près de l’actuel Gümenek (Tokat, Turquie CN).

Au 3e siècle, elle n’avait pas encore d’évêque. Il y en avait un dans une ville proche : Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre), qui fut appelé à Comane pour y organiser la communauté chrétienne.

Dans cette ville, un philosophe extrêmement intelligent, Alexandros, exerçait le métier de charbonnier par pure modestie. Grégoire en entendit parler et le fit venir ; il comprit les grands mérites de ce bonhomme tout noir et le nomma évêque.

Son épiscopat ne dura pas très longtemps. Il fut bientôt appelé à témoigner de sa foi et fut martyrisé par le feu, vers 270.

Alexandros est évidemment invoqué par les charbonniers.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Rufinus d’Assise

† 238

 

Rufinus aurait été originaire d’Amasya (Pont, auj. Turquie CN), où il devint évêque.

Lors d’une persécution, il aurait été jeté en prison avec son fils, nommé Cesidius. Il amena cependant à la foi chrétienne le proconsul, qui le libéra.

Rufinus vint alors en Italie, toujours avec son fils, qu’il mit à la tête d’une église des Abruzzes, et s’en vint à Assise, où il prêcha la Bonne Nouvelle.

A nouveau arrêté sur ordre du proconsul Aspasius, ce dernier lui fit subir diverses tortures et le condamna à mort. On jeta l’évêque avec une grosse pierre au cou dans les eaux du Chiascio, non loin de la localité Costano.

On situe le martyre de Rufinus vers 238.

Cesidius, de son côté, souffrit le martyre à Trasacco (Abruzzes).

On a le droit ici de se poser quelques questions, qui cependant resteront sans réponses. Comment donc cet évêque d’Orient reçut-il la mission de venir en Italie, sans y être appelé et nommé par le pape (à l’époque s.Fabien, v. 20 janvier) ? Quel droit avait-il de mettre son fils Cesidius à la tête d’une Eglise, encore une fois sans y être mandaté par le pape, ou sans y être invité par les évêques de la région ?

Rufinus est célébré dans toute la région d’Assise ; on a même supposé qu’il y avait plusieurs personnages du même nom.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Susanna de Rome

† 295

 

Susanna aurait été la fille du prêtre Gabinus (v. 19 février) et nièce du pape Caïus (v. 22 avril).

On l’aurait demandée en mariage pour le fils de Dioclétien. Sur son refus catégorique, elle fut égorgée dans la maison même de son père.

Ce pouvait être vers la fin du 3e siècle.

Le Martyrologe Romain la mentionne au 11 août.

 

 

Tiburtius de Rome

† 302

 

Tiburtius était Romain (et différent de celui commémoré le 14 avril).

On le força à marcher pieds nus sur des charbons ardents, mais il n’en confessa que plus vivement sa foi chrétienne.

Il fut conduit sur la Via Labicana à trois milles de Rome et décapité.

C’était durant la persécution de Dioclétien.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Cassianus de Benevento

† 340

 

Cassianus serait le cinquième évêque de Benevento (Campanie, Italie), ou le dix-septième, si l’on retient seize noms d’évêques dont on n’a aucun document historique.

Il serait mort vers 340.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Taurinus d’Evreux

† 411

 

Taurinus aurait été le premier évêque d’Evreux, vers 350.

Un texte du Moyen-Age prétend cependant le faire vivre au temps du pape Clément (v. 23 novembre), au premier siècle, mais avec quelques invraisemblances historiques qui rendent le texte suspect.

Par exemple, Taurinus aurait été le frère de Géry de Cambrai, qui fut évêque au septième siècle (et qui est fêté en ce même 11 août).

D’après le texte en question, Taurinus aurait dû affronter le Diable par trois fois, sous les formes du lion, de l’ours et du buffle.

L’évêque aurait ressuscité plusieurs morts, miracles qui auraient provoqué la conversion de centaines de païens.

Il expulsa d’un temple païen un démon ; une autre fois, d’un signe de croix, il cloua au sol deux ministres d’un culte païen, lesquels, effarés, demandèrent le baptême.

Si la date de 350 est vraiment celle du début de son épiscopat, Taurinus aurait occupé le siège d’Evreux pendant soixante ans et serait mort vers 411.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 11 août.

 

 

Attracta d’Irlande

5e siècle

 

Attracta (ou Araght ou aussi Taraghta) était la fille, d’une noble famille irlandaise.

Elle désirait se consacrer à Dieu, mais rencontrait l’opposition paternelle. Aussi alla-t-elle trouve s.Patrice (v. 17 mars) à Coolavin, dans les mains duquel elle émit les vœux de religion.

Elle fonda un hospice dans le domaine de Lough Gara (Loch Uí Ghadhra), qui prit le nom de Killaraght, et peut-être aussi deux monastères dans la région de Sligo et près de Roscommon (Ros Comáin), là où s.Coman en fondera un autre trois siècles plus tard.

On donne Attracta comme ermite, mais aussi comme abbesse.

Durant son séjour à Drum (Boyle), sa charité envers les pauvres et les voyageurs aurait provoqué des miracles retentissants.

Le Martyrologe Romain la mentionne au 11 août.

 

 

 

Equitius de L’Aquila 

480-570

 

Equitius naquit et vécut en Valérie, une ancienne province de l’Italie centrale, contemporain de s.Benoit de Nursie (v. 11 juillet).

Ardent et confiant sa faiblesse à la Providence, il fut un jour guéri de rudes tentations qu’il éprouvait en sa chair. 

Sa sainteté de vie lui valut de devenir abbé de plusieurs monastères, et directeur spirituel de moniales.

Une très curieuse expérience montre combien il était éclairé divinement. Un certain Basilius lui fut recommandé par l’évêque local. Or Equitius démasqua le sorcier qui se cachait sous les traits d’un humble novice. Peu de temps après, Equitius obligea Basilius à partir : il finit sur un bûcher à Rome, tant il faisait de mal par sa magie diabolique.

Equitius prêchait dans les alentours, avec grande vivacité et force de persuasion. Quelqu’un lui fit un jour cette remarque : Comment oses-tu prêcher ainsi partout, alors que tu n’es pas prêtre ? Equitius lui répondit qu’il s’était lui-même posé cette question, mais qu’un beau jeune homme était venu lui toucher la langue en lui donnant l’ordre de prêcher. Cela rappelle la vocation du prophète Isaïe (cf. Is :).

On alla dénoncer Equitius auprès du pape, qui ordonna une enquête. Quand l’envoyé se présenta, Equitius était en train de faucher ; il commença par offrir un peu de foin pour les chevaux et alla au-devant de l’envoyé, un certain Iulianus - futur évêque. On allait partir ensemble pour aller trouver le pape, mais un autre messager arriva pour annoncer que le pape avait eu une révélation au sujet d’Equitius et que l’enquête s’achevait là.

On n’est pas sûr de l’identité du pape en question ; c’était peut-être Jean III, mais s.Grégoire (v. 12 mars), dans son récit, ne le précise pas. 

Equitius était la pauvreté et l’humilité personnifiées. Il portait l’habit le plus usé possible, prenait le plus mauvais cheval du monastère, qu’il montait sur une simple peau de mouton.

A sa mort, vers 570, il fut enterré à L’Aquila. 

Un paysan irrévérentieux osa poser sur la tombe un coffre à blé, qui fut enlevé immédiatement dans umn tourbillon. Quand les Lombards envahirent la région (vers 572), les moines invoquèrent Equitius, et les envahisseurs s’enfuirent aussitôt.

Saint Equitius de L’Aquila est commémoré le 11 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Géry de Cambrai

550-626

 

Gaugericus, qui est devenu Géry en français (et aussi localement Gorik, Gau, Djèri), naquit vers 550 à Eposium (auj. Carignan, Ardennes) de Gaudentius et Austadiola, des parents de souche gallo-romaine.

Dès sa jeunesse il s’exerça à se lever tôt le matin pour prier et lire l’Ecriture ; il donnait aux pauvres ce qu’il ne mangeait pas aux jours de jeûnes.

Sa grande piété le fit signaler à l’évêque de Trèves, Magnéric, qui le tonsura et lui promit de l’ordonner diacre dès qu’il aurait appris le psautier. Géry fut heureux de cette promesse, et encore plus d’être ordonné au service de Dieu et de l’Eglise.

Il assista le pasteur d’Eposium ; on sait qu’il amena au baptême un lépreux qui, guéri, fut plus tard ordonné prêtre.

Vers 585, Géry fut appelé à monter sur le siège épiscopal de Cambrai, qui fut réuni à celui d’Arras : il en devenait le quatrième évêque, le diocèse ayant été fondé vers 500 et administré par les saints Vaast (v. 6 février), Dominique et Védulphe.

Au jour de sa consécration (par Ægidius de Reims), Géry demanda au comte local la libération de douze prisonniers ; sur le refus du seigneur, Géry fit tomber les chaînes par sa prière. Ce ne fut pas l’unique manifestation de sa miséricorde envers les captifs ou les esclaves, qu’il s’ingéniait à soulager.

Parti en pélerinage à Tours, il guérit un aveugle en voyage.

En 614, il participa au concile de Paris.

L’ascendant de Géry était très grand, et Dieu lui prêta longue vie, en sorte que son épiscopat dura une quarantaine d’années - ce qui exaspérait terriblement le roi Chilpéric, qui en mourait de jalousie.

Géry mourut vers 626.

Saint Géry de Cambrai est commémoré le 11 août dans le Martyrologe Romain.

Rusticula d’Arles

555-632

 

Rusticula s’appelait aussi Marcia et naquit vers 555 à Vaison (Provence), de famille noble ; le jour-même de sa naissance fut marqué par la mort de son papa, bientôt suivi par le frère aîné de la petite fille. Clementia, la maman, bien éprouvée, éleva toute seule sa petite Rusticula.

Quand celle-ci eut cinq ans, un certain Cheraonius n’eut aucun scrupule à l’enlever, espérant l’élever et l’épouser plus tard.

Là-dessus, l’abbesse de Saint-Césaire d’Arles, Liliola, intervint auprès de l’évêque Syagrius d’Autun (v. 2 septembre), qui intercéda directement auprès du roi Gontran : ce dernier obligea Cheraonius à se séparer de Rusticula, qui fut conduite au monastère d’Arles et confiée aux bons soins de Liliola.

Lors de ces déplacements, Rusticula eut l’occasion de nourrir toute l’escorte, par une pêche miraculeuse dans le Rhône.

Tout cela était bien merveilleux, mais que devenait maman Clementia pendant ce temps ? Elle aurait bien voulu revoir sa fille ! Elle supplia l’évêque Sapaudus d’Arles, lequel se trouva au grand regret de ne pouvoir contrarier la vocation de Rusticula : celle-ci était dorénavant dans le monastère Saint-Césaire, elle avait quitté le monde et n’y reviendrait pas.

La Vie de Rusticula comporte peut-être des détails qui sortent de la stricte historicité du personnage : on pourrait en effet se demander quel âge avait Rusticula et si elle avait librement choisi sa «vocation». Mais à partir de ce moment, Clementia disparaît totalement du récit : elle n’avait guère vécu avec sa fille…

Rusticula édifia l’abbessse et les moniales. Elle apprit le psautier et, ajoute-t-on, l’Ecriture entière : sans doute les évangiles et les Actes des Apôtres. 

Quand Liliola mourut, en 574, c’est Rusticula qu’on appela unanimement à lui succéder ; elle n’avait que dix-huit ans, et se voyait à la tête de quelque trois cents moniales !

Elle sut montrer l’exemple et se mortifier durement, prenant par exemple un repas en trois jours.

Son abbatiat n’allait pas être de toute tranquillité. Le pouvoir politique l’accusa de favoriser l’accession au trône d’un prétendant à la place de Clotaire II ; on voulut assassiner Rusticula, qui fut miraculeusement protégée ; on l’enleva, mais le fils du même Clotaire mourut, comme l’en avait menacé l’évêque de Vienne. Les miracles de Rusticula convainquirent Clotaire de la laisser revenir au monastère. 

Rusticula gouverna encore son monastère pendant quatorze ans, et mourut le 11 août 632.

Sainte Rusticula d’Arles est commémorée le 11 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Chiara d’Assise

1193-1253

 

Chiara (Claire) naquit à Assise vers 1193, de Favarone di Offreduccio et de Ortolana, aînée de trois autres sœurs, Penenda, l’unique qui se maria, Agnese, de trois ans sa cadette, et Beatrice.

Elle fut baptisée Caterina.

En 1208, la famille voulait la marier. Mais la même année, le jeune fille avait été déjà conquise par l’idéal de Francesco, le Poverello d’Assise.

En 1211, elle quitta la maison et rejoignit Francesco : il lui tailla les cheveux et elle se consacra par les vœux de virginité et d’obéissance ; c’est là qu’elle prit le nom de Chiara.

Elle alla habiter chez des Bénédictines et fut bientôt rejointe par sa sœur Agnese.

Leur exemple attira l’autre sœur, Beatrice, et leur mère, Ortolana, puis une cinquantaine d’autres femmes. Certains avancent qu’Ortolana fut proclamée Bienheureuse.

Chiara voulait donner naissance à une famille vraiment pauvre, et obtint du pape lui-même le privilegium paupertatis, un état de vie dans la pauvreté totale. 

Après la mort de Francesco, Chiara apparaissait comme la dépositaire de l’esprit franciscain. Même si les Clarisses étaient placées sous la protection des Frères mineurs, c’était Chiara qui était la figure emblématique de l’enseignement de Francesco.

A signaler qu’elle fut en relation épistolaire avec sainte Agnès de Bohême (v. 2 mars).

En 1252, elle dut s’aliter définitivement, visitée deux fois par le pape de passage à Assise.

Un jour qu’elle ne pouvait assister physiquement à la Messe, Dieu lui rendit visible la célébration dans sa propre cellule ; c’est en souvenir de cette scène que Pie XII a proclamé Chiara patronne de la télévision.

 

Chiara ferma ses yeux à ce monde le 11 août 1253 et fut canonisée dès 1255. On la fête liturgiquement le 11 août.

 

 

Nicolas Appleine

1405-1465

 

Nicolas naquit en 1405 à Prémery (Nièvre), dans une magnifique maison qu’on peut encore admirer.

Clerc, il fut chanoine dans la collégiale Saint-Marcel de cette ville.

Il fut le soutien et le consolateur des pauvres et mourut saintement le 11 août 1466.

Confiants dans la protection de celui qui leur avait été si secourable pendant sa vie, les malades se rendaient à son tombeau pour y obtenir la guérison.

Un autre malade, le roi Louis XI, demanda à recevoir la soutane du prêtre ; l’évêque la lui fit porter par la sœur de Nicolas ; en 1482, le roi la fit reporter et, en reconnaissance, envoyait quelques subsides ; mais il y joignait une lettre dans laquelle il refusait une exemption de la taille pendant douze années, que les habitants de Prémery avaient osé demander…

Dans la collégiale, une plaque commémorative évoque Nicolas, modèle des prêtres.

Localement, les évêques de Nevers approuvèrent le culte qu’on rendait à Nicolas, mais le Bienheureux n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

 

John Sandys

1550-1586

 

John était né dans le diocèse de Chester (Lancashire), entre 1550 et 1555.

Il étudia à Oxford et au Collège de Douai.

Arrivé à Reims en 1583, il y fut ordonné prêtre, dans la cathédrale de cette ville.

Envoyé en mission un an après, il put exercer son ministère pendant deux ans.

Arrêté, condamné à mort pour son sacerdoce, il fut exécuté à Gloucester.

Détail de son martyre : pendu, il fut remis sur ses pieds avant son expiration, et, encore vivant et conscient, il fut éviscéré, avec un vieux couteau rouillé et mal aiguisé. Le bourreau «luttait» véritablement, pour venir à bout de sa lugubre besogne ; en plus, il s’était cagoulé, pour ne pas être reconnu.

Les derniers mots de John furent pour prier pour ses persécuteurs.

Son martyre eut lieu le 11 août 1586

John Sandys a été béatifié en 1987.

  

 

Stephen Rowsham

1555-1587

 

Stephen (Stéphane, on trouve aussi son nom orthographié Sthephen - ou Steven - Rousham) naquit vers 1555 en Oxfordshire (Angleterre).

Après ses études à l’Oriel College d’Oxford, il fut un moment ministre du culte protestant ; il passa à la foi catholique, vint en France et fut ordonné prêtre à Reims. L’année suivante, en 1582, il partait pour l’Angleterre.

Il n’avait pas une bonne santé, mais son âme était robuste.

Arrêté, prisonnier à la Tour de Londres, enfermé au fond de ce donjon infect qu’on appelait Little Ease, le doux plaisir, réservé aux condamnés pour crimes contre nature ; il y resta plus de dix-huit mois.

Dieu lui accorda une consolation : le jour-même du martyre de trois autres prêtres, Stephen aperçut dans sa cellule une lumière très douce et sentit sur sa main droite comme trois coups délicats, pour lui faire connaître le glorieux événement. Une autre fois, il lui fut révélé que le jour de sa mort n’était pas encore arrivé, et qu’il allait encore célébrer beaucoup de Messes. De fait, il fut envoyé en exil, en 1585.

Durant cet exil, il priait et conçut un zèle grandissant pour le salut des âmes dans son pays ; il retourna en Angleterre. 

De nouveau arrêté et mis en prison à Gloucester, on l’accusa d’avoir été ordonné prêtre de l’autre côté de la mer, d’être revenu en Angleterre et d’avoir travaillé à rapprocher du catholicisme les sujets de la Reine. Edmund reconnut les faits, mais démontra qu’il n’y avait pas là de trahison ; il ajouta même que, s’il avait plusieurs vies, il les donnerait volontiers toutes pour une si bonne cause. A l’énoncé de la sentence de mort, il montra une joie toute particulière, que tous purent admirer. 

Il subit le martyre à Gloucester, à une date imprécise ; certains le mettent en mars, d’autres en juillet, le Martyrologe le 11 août, toujours en 1587. Il fut béatifié en 1987.

 

  

William Lampley

?-1588

 

William était probablement né à Gloucester, où il travaillait comme gantier.

Il fut arrêté à Gloucester et condamné à mort pour avoir «soutenu les curés».

Il fut exécuté à Gloucester, le 11 août 1588.

William Lampley a été béatifié en 1987.

 

 

Jean-Georges Rehm

1752-1794

 

Jean-Georges Rehm (ou Thomas) était né le 21 avril 1752 à Katzenthal (Haut-Rhin).

On n’arrive pas à savoir si ce nom de Thomas était un nom de religion, ou un pseudonyme utilisé pendant la persécution. 

Prêtre dominicain de la province alsacienne de Strasbourg, il était attaché au couvent de Sélestat.

Déporté de la Meurthe avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Le père Jean-Georges ne perdait pas courage ; ses discours enflammés ranimaient la confiance dans les cœurs. Il espérait avec une très forte conviction que la bonté divine n’abandonnerait pas l’Eglise de France et que son «châtiment» toucherait bientôt à sa fin.

Il est vrai qu’il offrait aussi pour cela de ferventes prières.

Ses confrères du département le respectaient comme un saint, ce qui d’ailleurs se voyait à sa dévotion mariale et à son comportement quotidien.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 11 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Luigi Biraghi

1801-1879

 

Né à Vignate (Milan) le 2 novembre 1801, Luigi était le cinquième des huit enfants d’une famille d’agriculteurs.

En 1804, la famille s’installa à Cernusco sul Naviglio, où le papa devint aussi le maire.

Au collège de Parabiago, sa vocation se fit jour et il entra au Petit séminaire de Castello (Lecco).

En 1815 moururent ses deux frères aînés, tandis que son père était entraîné dans une histoire de fraude dans la mairie.

Puis Luigi fut au Grand séminaire de Monza et ordonné prêtre en 1825.

Il fut tout de suite nommé professeur de grec aux séminaires de Castello, Seveso et Monza (où il fut aussi vice-recteur).

En 1833, il fut directeur spirituel au séminaire de Milan, pendant dix ans. Les archevêques de Milan recouraient aussi à ses conseils.

En 1838, sur une indication de la Mère de Dieu, il fonda à Cernusco sul Naviglio la congrégation des Sœurs de Sainte Marcelline, pour l’éducation des filles dans les écoles. Sainte Marcelline avait été la sœur de l’évêque milanais saint Ambroise, et son éducatrice. L’institut devait recevoir les filles de familles aisées, mais aussi, et gratuitement, celles des familles pauvres. Il y eut bientôt des maisons à Milan, Gênes, Chambéry.

Il s’intéressa beaucoup à l’histoire ecclésiastique, à l’archéologie chrétienne et à la théologie. C’est grâce à ses recherches qu’on découvrit l’urne funéraire de saint Ambroise. Il fonda la revue L’Ami catholique.

Ce fut un ange de paix au moment où la Lombardie passait de l’empire d’Autriche au royaume d’Italie. Sur mission du pape, il intervint auprès de certains membres du clergé qui préconisaient le retour aux domaines pontificaux. Le climat était difficile, on en était à séparer les séminaristes autrichiens des italiens dans le séminaire de Milan. On l’accusa même d’avoir participé à l’insurrection de Milan et subit un procès à Vienne en 1853.

Il pensait devoir renoncer à ses diverses occupations, à cause de sa santé, mais l’Archevêque le maintint encore à sa place. 

Chanoine honoraire de Milan, il fut nommé vice-préfet de la bibliothèque Ambrosienne de Milan en 1864.

Nommé prélat de Sa Sainteté en 1873, il s’éteignit à Milan le 11 août 1879 et fut béatifié en 2006.

Les Religieuses de Sainte-Marcelline travaillent toujours en Italie, en France, en Suisse, en Albanie, en Angleterre, au Canada, au Mexique et au Brésil.

John Henry Newman

1801-1890

 

Ce grand prélat naquit le 21 février 1801 à Londres, de John et Jemima Fourdrinier, qui eurent six enfants.

La famille était anglicane, le père banquier.

John Henry étudia dans une école privée à Ealing (1808-1816), où il se montra très studieux, un peu éloigné de ses camarades et de leurs jeux, lecteur avide de la Bible et des Anciens : Homère et Hérodote, Ovide et Virgile.

En 1816, la banque de son père fit faillite, suite aux guerres napoléoniennes ; cet été-là, John Henry adhéra aux idées d’un protestant évangélique, Walter Mayers et la lecture de Thomas Scott l’influença profondément ; il se «convertit» au protestantisme évangélique ; il approfondit les Pères de l’Eglise et considéra que sa vocation impliquait le célibat.

Admis à l’université d’Oxford, il poursuivit ses études avec ardeur, évitant toujours les fêtes bruyantes de ses camarades. Il obtint une bourse pour remplacer la banque paternelle en faillite.

En 1819, il fut admis aux cours de Droit. Il étudiera avec acharnement pour obtenir son diplôme avec mention, mais son anxiété le fit échouer et il n’obtiendra son diplôme qu’en 1821 (sans mention). Après ces études à Oxford, il annonça à son père son désir d’entrer dans le ministère au sein de l’Eglise anglicane.

C’est en 1824 qu’il fut ordonné diacre, mais il n’exerça que trois ans des activités pastorales.

Toujours à Oxford, il fit partie de l’Oriel Collège, au sein duquel il affina sa pensée. En 1826, grâce à son amitié avec Richard Hurrell Froude, il commença à regarder l’Eglise romaine avec plus d’admiration, à s’écarter même du protestantisme ; il fut gagné par la dévotion à la Vierge Marie et fut même amené à croire en la Présence réelle eucharistique.

En 1827, il tomba malade à la suite d’un excès de travail ; le décès de sa sœur le bouleversa et il se mit à écrire des poésies. Durant sa convalescence, il continua la lecture des Pères de l’Eglise et, peu à peu, se détacha de l’Eglise anglicane ; en 1832, il quitta l’Oriel Collège.

Un long voyage en Méditerranée l’amena alors, avec son ami Froude, à Rome où, peu à peu, son âme commença timidement à s’ouvrir à l’Eglise catholique. C’est au retour qu’il écrivit le célèbre poème Lead, kindly Light.

En 1833 sa démarche donnera vie au Mouvement d’Oxford, qui exercera une si forte influence sur les intellectuels. Il découvrit enfin que l’Eglise catholique est fidèle au Concile de Chalcédoine et parvint à la conclusion que les articles fondateurs de l’Eglise anglicane ne s’opposent pas à la doctrine de l’Eglise catholique. Il en arriva à démissionner de son poste dans l’Eglise anglicane, qu’il considérait désormais comme schismatique ; après deux années de réflexion et de prière, et grâce au contact avec le père Domenico Barberi (voir au 27 août), il fut officiellement reçu dans l’Eglise catholique, le 9 octobre 1845, entraînant à sa suite d’autres membres du Mouvement d’Oxford.

En 1846 il vint à Rome pour préparer son ordination sacerdotale. Avec l’appui du pape, il entra dans la Congrégation de l’Oratoire (voir l’article Filippo Neri au 26 mai) et fut ordonné prêtre le 30 mai 1847 (fête de sainte Jeanne d’Arc !).

De retour dans son pays, il y fonda le premier Oratoire, à Birmingham et s’installa à Londres.

Il reçut le titre de doctor honoris causa en théologie.

Il fonda alors à la demande des évêques irlandais l’université catholique de Dublin, mais démissionna en 1857, en raison de divergences de vue entre ces mêmes évêques et lui. De même, il rencontrera une assez forte opposition de la part de ses ex-coreligionnaires. Il dut affronter (et perdre) un long procès que lui intenta un prêtre défroqué. Face à des calomnies, il répondit par son Apologia Pro Vita Sua, qui ramena un peu la paix autour de lui. 

Ses ennemis réussirent à susciter la méfiance envers lui de la part du Vatican et du Pape ; il y eut des hauts et des bas, difficiles à résumer et trop longs à énumérer.

En 1878, Newman fut nommé Membre honoraire de l’université d’Oxford et, l’année suivante, créé cardinal par le nouveau pape Léon XIII ; pour cette occasion, il fit le voyage à Rome, où il tomba malade et, de retour en Angleterre, il mourut à Edgbaston (Birmingham) le 11 août 1890.

Il a été béatifié en 2010.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison inexpliquée, en 2005, d’un patient atteint d’une maladie à la moelle épinière.

John Henry Newman sera canonisé en 2019.

 

 

Estanislao Páramo Marcos

1885-1936

 

Né le 7 mai 1885 à Pedrosa del Rio Urbel (Burgos), Estanislao était le fils d’Isidoro et Lucía, qui le firent baptiser le jour-même.

Entré dans la Congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) en 1911, il eut pour maître des novices le p. Agapito Alcalde Garrido, futur martyr de la même persécution ; il y fit la profession comme Frère convers en 1914.

Les localités de sa mission furent Villafranca del Bierzo (1915), Limpias (1921),  Murguía (1930), Alcorisa (1933), finalement Madrid, dans la maison de García de Paredes. Sa bonté était légendaire, et communicative.

Le 23 juillet au soir, les miliciens attaquèrent au plein sens du mot la maison des Religieux, qui se réfugièrent dans la chapelle. Le 24 au soir, les miliciens pénétrèrent par les trois entrées simultanément. Ils tirèrent les Religieux de leurs chambres et les soumirent à interrogatoires et menaces. Le 25 au matin, les Religieux tentèrent la dispersion : le frère Estanislao et deux autres trouvèrent à se réfugier chez un cousin, d’où les miliciens les firent sortir le 7 août suivant ; ils les assassinèrent près de l’abattoir de Madrid, le 11 août 1936 (cette date semble plus exacte que celle du 28 juillet).

Béatifié en 2017, le bienheureux Estanislao Páramo Marcos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 août.

 

 

Ráfael Alonso Gutiérrez

1890-1936

 

Ráfael naquit le 14 juin 1890 à Onteniente (Valencia, Espagne).

En 1916, le 24 septembre, jour de la fête de Notre-Dame de la Merci, il épousa Adelaida Ruiz Cañada, avec laquelle ils eurent six enfants.

Profondément chrétien, il participa aux activités de sa paroisse et, comme administrateur de presse, facilita la diffusion de la presse catholique.

Ses engagements furent multiples : Confraternité du Sacré-Cœur, Tiers-Ordre franciscain, membre des Adorateurs nocturnes, secrétaire de la Légion Catholique, président de l’Action Catholique masculine, catéchiste. 

Homme de culture, il participa en outre à différents cercles d’études, donnant des conférences, diffusant les bonnes lectures chrétiennes, et subissant à l’occasion des accusations calomnieuses et des dénonciations.

Lors de la révolution espagnole en juillet 1936, il savait pertinemment ce qui pouvait lui arriver ; il resta très calme et souriant devant le danger. Au soir du 24 juillet, durant l’adoration nocturne, avec son ami Carlos Díaz Gandía, il offrit sa vie pour l’Espagne.

Il fut arrêté et assassiné le 11 août 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Armando Óscar Valdés

1891-1936

 

Armando vit le jour le 15 janvier 1891 à La Havane (Cuba).

Il entra en 1913 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos et prit le nom de Jaime.

Il exerça dans les deux communautés de Ciempozuelos et San Rafael (Madrid). En 1920, il fut envoyé en Colombie, où il fut supérieur à Bogotá (1928-1931).

Revenu en Espagne, il fut sous-directeur à Barcelone (1931) et passa à Valencia, pour s’occuper de la pharmacie et de la lingerie.

Après la fouille du 7 août 1936, il fut réveillé en pleine nuit ainsi que le Supérieur, par les anarchistes, et tous deux furent fusillés non loin de l’hôpital, le 11 août 1936.

Frère Jaime fut béatifié en 2013.

Julián Lisbona Royo

1891-1936

 

Julián vit le jour le 23 octobre 1891 à Torre de las Arcas (Teruel, Espagne), Andrés et Manuela, d’humbles parents qui vivaient d’un petit commerce ambulant de safran. Ils firent baptiser leur fils le 1er novembre 1891.

Le petit garçon accompagna son père dans ses déplacements et, à la mort de celui-ci (1917), continua l’activité pour lui-même, ce qui lui acquérir une personnalité forte et décidée.

Après son service militaire, il vécut quelque temps chez une pieuse dame qui vivait seule ; cette dame lui proposera plus tard d’être son héritier, mais il considéra que tout cela était bien peu de chose en échange de sa vocation.

Il entra en 1917 chez les Frères Maristes à Las Avellanas, où il dut s’adapter à un genre de vie inconnu de lui, en communauté ; les études n’étaient pas faciles non plus pour ce jeune homme de vingt ans. Il persévéra, suivit les bons conseils de ses maîtres, approfondit avec passion la sainte règle du Fondateur (Marcellin Champagnat, voir au 6 juin). Ce fut même un Frère exemplaire.

Il professa avec le nom de Timoteo José (1919) et fit la profession solennelle en 1924.

Il était et resta dans la maison de Las Avellanas, chargé du jardin et de la ferme. Humble et généreux, il se proposait le premier pour rendre service, mais attendait toujours pour se servir en dernier.

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée. Le Frère Timoteo José se réfugia chez des familles de l’endroit et travailla aux champs. 

Le 9 août, il tenta de rejoindre la zone nationale libre, avec deux autres Frères. Trompés et trahis, arrêtés, les trois Compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca)) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Francisco Donazar Goñi

1893-1936

 

Francisco vit le jour le 10 octobre 1893 à Iroz (Navarra, Espagne), un des nombreux enfants de Gregorio et Modesta qui le firent baptiser le jour-même ; confirmé en 1895, il fit une première confession en 1901 et recevra la Première communion en 1903.

Son père mourut pendant qu’il était au service militaire, de sorte qu’à son retour, il resta auprès de sa mère pour l’aider par son travail, édifiant tout le pays par sa vie toute chrétienne.

On raconte qu’un vendredi - où l’abstinence était de règle - on lui fit porter aux champs son casse-croûte, avec un savoureux morceau de viande, qu’il laissa malgré la faim, sans craindre les petits sourires de ses compagnons.

Il entra chez les Frères Maristes à Las Avellanas en 1921, professa avec le nom de Andrés José (1922) et fit la profession solennelle en 1927.

L’humilité du Frère Andrés José se manifesta constamment sans faille dans cette seule et unique maison de Las Avellanas, où il resta jusqu’à la fin de sa vie.

Toujours prêt à intervenir pour aider, pour réparer, il travailla ainsi au service des quelque deux-cents personnes qui résidaient dans cette maison, Frères et élèves. Il répétait volontiers : Tout fait plaisir à Dieu, quand on le fait par amour pour Lui. 

Il commençait toujours son travail par le signe de la croix.

Au début de 1936, on projetait des travaux pour améliorer les conditions de vie dans Las Avellanas, et le Frère Andrés José mettait tout son cœur à prévoir le nécessaire : Dieu fit que tout ce travail devait servir à d’autres.

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée. Le Frère Andrés José se réfugia chez des familles de l’endroit. 

Le 9 août, il tenta de rejoindre la zone nationale libre, avec deux autres Frères. 

Arrêtés, le Frère Andrés José et ses compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Antoni Casany Vilarassa

1895-1936

 

Né le 4 décembre 1895 à Riudeperas (Barcelone) et baptisé le lendemain, Antoni était le quatrième des sept enfants de Juan et Antonia, de simples ouvriers.

En 1918, il entra chez les Clarétains de Cervera comme frère convers. Au terme du noviciat il fit la profession en 1920.

Il fut chargé de tous les humbles travaux de la communauté, et l’on apprécia beaucoup son esprit serviable et sa bonté : on le surnomma même gentiment Frère Giunipero (Fray Junípero), du nom de ce saint frère de la première communauté franciscaine, tant estimé de s.François d’Assise.

Dès le début de la révolutiion espagnole de juillet 1936, la communauté de Cervera se dispersa, d’abord à Solsona, puis Antoni fut à San Ramón, et à Mas Claret, le 24 juillet. Le 26 il passa à Mas Rosich, conduisant avec lui deux vaches. Tout en travaillant, il maintenait son rythme de prière, disant le chapelet avec la famille. On lui déconseillait de sortir, de repartir à Mas Claret, de faire son signe de croix avant chaque travail, mais il répondait : Si on ne peut même pas faire ça, c’est mieux qu’ils nous tuent !

Le 10 août, il y eut une perquisition à Mas Rosich ; le père de famille tenta d’emmener Antoni en voiture à Cervera. Les miliciens partirent avec eux, mais après avoir bu une bonne dose de vin. A un passage à niveau, le train accrocha leur voiture et les tira sur trois cents mètres, mais il n’y eut aucun blessé. Ils montèrent dans le train et arrivèrent ainsi à Cervera.

Avec deux voitures, les miliciens revinrent à Mas Rosich avec Antoni et un autre prêtre. De nouveau ils burent une grande quantité de vin et forcèrent le fils de la maison à les accompagner, à neuf heures du soir. Durant le déplacement, ils ne firent qu’insulter et frapper leurs prisonniers. Arrivés à une carrière, ils dévêtirent leurs victimes et voulurent leur faire chanter des immoralités.

Arrivés au Mas de l’Alán à San Pedro des Arquels (Lleida), ils firent descendre tout le monde, renvoyèrent le garçon de Mas Rosich. Antoni s’agenouilla aux pieds du prêtre, lui demandant son absolution. On ne le leur en laissa pas le temps : on leur tira dessus, puis on fit brûler leurs cadavres.

Martyrisé le 11 août 1936 et béatifié en 2017, Antoni Casany Vilarassa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 août.

 

 

Manuel Llop Plana

1896-1936

 

Manuel vit le jour le 1er janvier 1896 à La Mata de Morella (Castellón, Espagne), benjamin des quatre enfants de Gabriel et Joaquina.

Il entra chez les Frères Maristes à Vic en 1908, passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Adrián (1912)Il fit la profession solennelle à Burgos en 1917.

Il passa par diverses maisons : Alcoy (1912), Alicante (1915), Tolède (1917), Barcelone (1918), Sabadell (1920), Las Avellanas (1922), Girona (1923), Torelló (1923), Manzanares (1924).

La «spécialité» du Frère Adrián fut les enfants, qu’il savait tenir éveillés tandis qu’il leur parlait, tant ses paroles étaient captivantes. Humblement, il se considérait le dernier de la communauté et trouvait tout naturel de courir pour rendre service aux autres.

On ignore ce qu’il fit à partir de 1924 ; à une date que nous ignorons, il dut aller à Madrid, où l’attendait le martyre. Arrêté, il fut assassiné à Paracuellos de Jarama (Madrid) le 11 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Marcos Leyún Goñi

1897-1936

 

Marcos vit le jour le 7 octobre 1897 à Sansoáin (Navarre, Espagne), troisième des six enfants de Juan et Petra ; il fut confirmé en 1904.

La maman était particulièrement pieuse, communiait chaque jour et savait par cœur les prières qui se disaient lorsque le prêtre administrait le Sacrement des Malades ou le Viatique. Chaque jour, on priait le chapelet en famille.

Quand elle fut veuve, elle conduisit elle-même son Marcos chez les Frères Maristes à Arceniega, en 1912.

Jusque là, Marcos s’était montré particulièrement serviable : il le resta toute sa vie. C’était un électricien et un tailleur très habile. On le verra installer l’électricité dans la maison de Villafranca.

En 1913, il passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Emiliano José (1914) ; il fit la profession solennelle dans cette même maison, en 1919.

Il passa par divers centres : Mataró (1916), Igualada (1926), Barcelone (1927), Mataró (1930), Girona (1934), Sabadell (1935), Las Avellanas (1936).

Le 26 juillet 1936, la maison dut être évacuée et abandonnée, et il se réfugia chez des familles de Vilanova.

Le 9 août, il se mit en marche avec deux confrères pour Huesca, en zone nationale, et, le 10 août, se présenta au Comité de Tamarite de Litera. Trompés et trahis, arrêtés, les trois Compagnons furent assassinés à Saganta (Huesca)) le 11 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Ramón Rosell Laboria

1897-1936

 

Ramón vit le jour le 13 décembre 1897 à Barcelone (Espagne).

A quinze ans il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Carabanchel et fit la profession en 1917 avec le nom de Leonci.

Il fut ordonné prêtre et exerça en diverses communautés : Santa Águeda, Ciempozuelos, Madrid, Sant Boi, et Barcelone comme sous-prieur.

Comme supérieur, il fut à Malvarrosa et Valencia.

Dans cette dernière maison, envahie par les communistes dès le 23 juillet 1936, se trouvait encore un Frère qui s’occupait de la cuisine et, pour ce motif, on savait qu’on y mangeait mieux qu’ailleurs. Les communistes qui s’y trouvaient protégeaient donc les Religieux, jusqu’au moment où les miliciens firent pression sur les communistes pour assassiner le Supérieur et un autre Frère.

La maison subit une première fouille le 7 août 1936 et les miliciens repartirent avec de fermes menaces. 

Dans la nuit du 10 au 11 août 1936, le père Leonci fut sorti de sa chambre et fusillé près de l’hôpital.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Benjamín Fernández de Legaria Goñi

1898-1936

 

Il vit le jour le 5 juin 1898 à Torralba del Río (Estella, Navarre, Espagne), unique garçon de Tomás et Fermina, de bons chrétiens qui eurent aussi quatre fille.

On demanda au petit garçon de cinq ans combien il y avait de dieux ; la réponse : Un seul ; s’il y en avait plus, ils se battraient entre eux.

Benjamín se montra effectivement extrêmement intelligent ; quand il eut dix ans, le curé suggérait de l’envoyer au Petit séminaire, mais les parents l’envoyèrent là se trouvait déjà un cousin, chez les Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Elève très brillant, Benjamín passa son baccalauréat à seize ans, puis entra au noviciat à San Miguel del Monte et fit la philosophie à Miranda, toujours avec des notes «exceptionnelles».

Après sa profession (1916), il porta le nom de Teófilo.

Fatigué (!), il dut passer une année à Santurce, à s’occuper des petits enfants, mais en profita pour passer le diplôme national d’instituteur à Vitoria.

Il fut ensuite à San Miguel del Monte et Torrelavega pour la théologie.

Ordonné prêtre en 1923, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en théologie à l’Université Grégorienne. 

Puis il dut faire le service militaire comme aumônier à Tetuán, puis Madrid.

En 1927, il fut nommé prieur puis directeur du collège de Martín de los Heros (Madrid), occupant ses moments «libres» à préparer (et réussir) la licence de philosophie et lettres à Salamanque.

Lors de la Révolte des Asturies (1931), le collège d’Argüelles fut aussi mis à sac et incendié : le père Teófilo réussit à éteindre le feu avec un confrère, tandis qu’un ancien élève fut assassiné non loin du collège.

Il fonda ensuite la Fraternité de Saint-Isidore-de-Séville, regroupant des titulaires de doctorats et licences, pour enseigner librement hors des établissements d’Etat, où sévissait le sectarisme révolutionnaire. Il en fut nommé aumônier.

En 1933, il fut nommé supérieur de Martín de los Heros, en même temps qu’il le fut pour le séminaire de l’Escorial. Dès lors, il demandait à Dieu la grâce de mourir martyr.

En 1936, il offrit spontanément à la mairie son séminaire pour le transformer en hôpital ; il en fut nommé directeur. Les Religieux laissèrent leur bel habit blanc pour mettre des blouses d’infirmiers.

Comme les Religieuses du Sacré-Cœur se trouvaient confinées dans leur couvent de l’Escorial, le père Teófilo réussit à les faire évacuer sur Madrid.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le père Teófilo et quelques frères laïcs âgés ; il avait le clair pressentiment qu’il allait mourir en martyr, et s’en réjouissait.

Le 10 août après-midi arriva encore une ambulance remplie de blessés ; il n’y avait plus de place et on appela le Directeur ; le conducteur reconnut le père Teófilo : c’était un gendre du portier du couvent Martín de los Heros et avait reçu de l’aide quand la famille s’était trouvée en difficulté. Il dénonça le père.

Six heures plus tard, pendant qu’il dînait, le père Teófilo fut arrêté par d’anciens élèves, envoyés par le conducteur de l’ambulance.

Le père leur demanda trois «grâces» : lui laisser le temps de prier un peu, écrire à sa mère, et être enterré dans le cimetière. La lettre disparut, mais les témoins affirmèrent qu’il y avait écrit : Adieu. Ne soyez pas tristes. Je meurs pour Dieu et la paix de ma Patrie. Adieu.

Le père Teófilo fut assassiné à trois kilomètres de l’Escorial, au lieu-dit Piedra del Mochuelo, vers minuit.

Son dies natalis a été fixé au 11 août. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Bazaga Palacios

1904-1936

 

Juan Bazaga Palacios naquit à Villa de Benamargosa (Grenade, Espagne) le 8 décembre 1904, en la fête de l’Immaculée Conception.

Il fut aux séminaires de Saint-Sébastien puis de Málaga, et reçut l’ordination sacerdotale en 1929.

On l’envoya exercer son ministère à Capileira et Herradura.

Arrêté, il fut fusillé le 11 août 1936, pas très loin de son pays natal, au lieu-dit Rosal de la Fuente Santa.

Juan Bazaga Palacios devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 août.

 

 

José Valencia Janices

1906-1936

 

José vit le jour le 16 novembre 1906 à Artajona (Navarre, Espagne), un des huit enfants de Aurelio et Vidala, qui le firent baptiser dès le lendemain ; il fut confirmé en 1908.

Bon élève, c’était un garçon à la fois nerveux et joyeux.

Il entra chez les Frères Maristes à Vic en 1918, passa à Las Avellanas, où il professa avec le nom de Benigno José (1923).

Il passa par diverses maisons : Burgos (1924), Barruelo de Santullán (1926), Málaga (1928, où il fit la profession solennelle), Madrid (1931), Larache (1932, où il fit son service militaire), Lucena (1933), Madrid de nouveau (1934).

Le Frère Benigno José étudia beaucoup et obtint les qualifications nécessaires à l’enseignement. Comme professeur, il sut transmettre à ses élèves sa joie, son entrain. Il cherchait à les faire travailler sérieusement, mais dans une ambiance détendue.

Au moment du soulèvement de l’été 1936, il fallut évacuer la maison de Madrid. Avec son tempérament optimiste et audacieux, sans faire attention aux miliciens qui le guettaient, il alla rendre visite au Frère Bruno José, qui avait déjà été arrêté. Quelques jours plus tard, il se risqua à aller manger à la maison, avec le Frère Adrián : ils furent arrêtés, conduits à Paracuellos de Jarama (Madrid) et assassinés le 11 août 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Carlos Díaz Gandía

1907-1936

 

Carlos naquit le 25 décembre 1907 à Onteniente (Valencia, Espagne).

Très jeune, il entra dans les rangs de l’Action Catholique et contribua à la création de divers centres de catéchèse ; lui-même enseignait chaque dimanche.

En 1934, il épousa Luisa Torro Perseguer, avec laquelle ils eurent une fille.

Lors de la révolution espagnole en juillet 1936, il se débattit pour empêcher la profanation et la destruction des lieux de culte et tenta de protéger la vie de son curé.

Au soir du 24 juillet, durant l’adoration nocturne, avec son ami Ráfael Alonso Gutiérrez, il offrit sa vie pour l’Espagne.

Le 4 août 1936 au matin, il fut arrêté et torturé de multiples manières.

Ce tout jeune papa de vingt-huit ans qui était né le jour de Noël, nouveau jésus, fut assassiné au matin du 11 août 1936, fusillé sur la route d’Agullent.

Sa petite fille n’avait que huit mois.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Miguel Romero Rojas

1911-1936

 

Miguel Romero Rojas naquit le 26 décembre 1911 à Coín (Málaga, Espagne)

Ce tout jeune prêtre de vingt-cinq ans avait été ordonné très récemment, le 14 juin 1936.

Incarcéré le 4 août à Coín, il fut martyrisé sur la route de Coín à Cártama, au lieu-dit Fuente del Sol, le 11 août 1936.

Il avait vingt-cinq ans, à peine cinquante-huit jours de sacerdoce et, à cause des sept jours de prison, seulement cinquante-et-une Messes.

Miguel Romero Rojas devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 11 août.

Maurice Tornay

1910-1949

 

Maurice Tornay est né en Suisse à la Rosière près d’Orsières, le 31 octobre 1910, septième de huit enfants. Ses parents, qui sont paysans, s’appellent Jean-Joseph et Faustine Rossier. 

Le petit garçon devait avoir son caractère bien forgé, volontaire, décidé. Sa sœur Anna dira plus tard qu’ après sa première communion, Maurice devint gentil.

Il fait des études au collège Saint-Maurice ; six années de pensionnat, durant lesquelles sa foi s’affermit, mais aussi sa vocation se dessine. Il lit volontiers la vie ou les écrits de saint François de Sales et de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Saint François de Sales fut évêque à Genève, et sainte Thérèse de Lisieux fut canonisée dès 1925 - Maurice avait juste quinze ans - et proclamée Patronne des missions (sur ces deux Saints, voir aux 28 décembre et 30 septembre).

En 1931, au terme de ses études, Maurice sollicite son entrée chez les Chanoines du Grand-Saint-Bernard (voir au 15 juin). Il écrit son intention bien arrêtée : …quitter le monde, me dévouer complètement au service des âmes afin de les conduire à Dieu, et me sauver moi-même.

Le noviciat commence en août 1931 à l’Hospice du Grand Saint-Bernard.

Bientôt, les Missions Etrangères de Paris sollicitent les Chanoines du Grand Saint-Bernard : on a pensé que des religieux habitués au froid et à l’altitude pourraient faire d’excellents missionnaires dans l’Himalaya. Un premier groupe part en 1933 pour le Yunnan, mais à ce moment-là Maurice est souffrant et n’est pas mis au nombre des élus.

1935. Le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie, il prononce ses vœux solennels. Cette fois-ci, il est désigné pour accompagner deux autres Chanoines (Lattion et Rouiller) au Yunnan. On se prépare pendant quelques mois et voilà nos nouveaux-venus à la mission de Weisi, à deux-mille trois-cent cinquante mètres d’altitude, dans les Marches tibétaines.

Maurice n’avait pas fini ses études en vue du sacerdoce. Il les achève maintenant, sous la direction du Chanoine Lattion ; mais aussi il apprend le chinois auprès d’un vieux professeur protestant qui - fait rare à l’époque - a des sympathies pour le catholicisme. Maurice apprend très vite, il pourra bientôt prêcher en chinois.

Ses études achevées avec succès, il est ordonné prêtre en 1938. L’évêque qui doit l’ordonner se trouve à Hanoï : pour le rejoindre, il faut marcher pendant près d’un mois. Retraite méritoire !

1939. Durant la Guerre mondiale, la Chine est envahie par le Japon. La zone de mission de Maurice est occupée, les vivres manquent. Soulèvements populaires et pillages : le jeune prêtre doit mendier sa nourriture.

1945. Le Japon est encore en guerre, l’armée américaine cherche à l’obliger à se replier. Combats incessants, jusqu’au lancement des bombes sur Hiroshima et Nagasaki. Le Japon capitule le 14 août. Dans ces circonstances pénibles, le père Maurice Tornay est nommé curé à Yerkalo, à deux-mille six-cent cinquante mètres d’altitude : cette mission fut fondée quatre-vingts ans plus tôt par deux missionnaires français, Félix Biet et Auguste Desgodins.

L’ambiance n’est pas pacifique. Déjà plusieurs prêtres y ont été tués, les autorités locales sont manifestement hostiles, le lama Gun-Akhio menace ouvertement le père Maurice.

Le 26 janvier 1946, on en vient aux voies de fait : une quarantaine de lamas envahissent la résidence du missionnaire, la détruisent, et emmènent le père au Yunnan. Là, il n’y a qu’une famille chrétienne. Courageusement, le père Tornay prie et cherche à proclamer l’Evangile.

Début mai, le Gouverneur de Chamdo, suprême autorité civile de l’est du Tibet, promet sa protection à Maurice et l’invite à revenir dans sa paroisse de Yerkalo. Heureux, il se met en route, mais Gun-Akhio l’en empêche immédiatement. Maurice va devoir aller plaider sa cause auprès du Dalaï-lama, à Lhassa (Tibet). 

Pour y réussir, il tente de se déguiser en Tibétain, mais est reconnu : on le renvoie à Atzunze (Dechen, Kham), où il soigne les malades, après avoir passé l’été à Weisi.

A Noël 1947, il participe à un congrès d’Action catholique à Nankin et Shanghai.

Le 10 juillet 1949, il se met en route pour un long voyage de deux mois, qui devrait le reconduire à Yerkalo. Le 11 août, près de la frontière, aux abords du col de Choula (trois mille mètres d’altitude), il tombe dans une embuscade et est mortellement atteint par des balles tirées par quatre lamas. Par François Goré, missionnaire de Sichang, on apprit que cinq hommes armés, à la solde des lamas de Yentsing (Yerkalo), tuèrent et dépouillèrent le père Tornay, tandis qu’un de ses trois domestiques s’emparait de leurs quatre mulets.

Le corps du missionnaire fut ramené à Yerkalo et enterré dans le jardin de la mission.

La cause de béatification fut ouverte à l’instigation de son compagnon de mission, Angelin Lovey. Le martyre ayant été reconnu, Maurice Tornay fut béatifié en 1993.

Il est inscrit au Martyrologe le 11 août.

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 23:00

10 AOUT

 

III.

S Laurent, diacre romain de Sixte II, brûlé vif sur une grille, troisième patron de Rome, après les ss. Pierre et Paul, patron des pauvres et des rôtisseurs ; au Moyen-Age trente-quatre églises lui étaient dédiées à Rome.

IV.

Ste Astérie (Hestérie), vierge martyre à Bergame.

?

Stes Bassa, Paula, Agathonica, martyres à Carthage.

Ste Philomène, inconnue retrouvée dans une catacombe romaine, à qui le Curé d'Ars attribuait ses miracles.

V.

S Auteur, évêque à Metz au moment de l'invasion des Huns.

VI.

S Deusdedit, cordonnier romain ; le samedi, il donnait aux pauvres ses économies de la semaine. 

S Blane, irlandais, évêque à Kingarth.

VII.

S Aredius, évêque à Lyon, aux façons quelque peu brutales mais tout de même vénéré à Lyon.

XII.

S Malchus, évêque à Lismore.

S Hugues de Montaigu, évêque à Auxerre ; il avait été jeune moine à Cluny sous son oncle s. Hugues, puis abbé à Auxerre.

XV.

B João de Menezez da Silva (Amadeo de Portugal), hiéronymite en Espagne, franciscain en Italie, fondateur de couvents de régulière observance, auteur d'un commentaire sur l'Apocalypse ; frère de ste Beatriz da Silva.

XVII.

B Augustinus Ōta, jésuite japonais martyr.

XVIII.

Bx Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont, sulpicien et supérieur du petit séminaire à Autun, François François (sic), capucin, et Lazare Tiersot, chartreux à Beaune, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Salvador Estrugo Solves et José Toledo Pellicer (*1862, 1909) ;

Salésiens : à Valencia, le prêtre Juan Martorell Soria (*1889) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Lluís Sans Viñas (*1887) ;

Mercédaires : à Barcelone, le profès Antonio González Penín (*1864) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, le prêtre José Xavier Gorosterratzu Jaunarena (*1877), et le profès Victor Calvo Lozano (*1896) ;

Frères Maristes : près de Valencia, Esteve Llover Torrent (Millá, *1885) ;

Lasalliens : près de Tarragona, Jaume Jardí Vernet (Fulbert Jaume, *1901).

Bx Edward Grzymala (*1906) et Franciszek Drzewiecki (*1908), orioniste, prêtres polonais gazés à Dachau en 1942, martyrs béatifiés en 1999. 

Laurent

210 (220?)-258

 

Saint Laurentius fut extrêmement célèbre à Rome, dès le IVe siècle. Plus tard, pas moins de trente-quatre églises romaines seront dédiées à ce Saint, et une centaine de communes en portent le nom en France.

Laurentius - Laurent - aurait été d’origine espagnole, et même natif de Huesca, où on lui aurait trouvé de pieux parents nommés Orentius et Patientia.

Agrégé au clergé de Rome, il devint le premier diacre du pape Xyste II.

On a vu, le 6 août, comment fut pris et décapité le saint pape Xyste II. On a vu aussi que la “rencontre” entre le pape et son diacre peut présenter quelques interrogations.

Si l’on ne tenait pas compte de ces difficultés, on retiendrait que, sur le chemin vers le martyre, Xyste II et Laurent se seraient rencontrés, le diacre interpellant le pape : Père, où vas-tu sans ton diacre ? A quoi le pape aurait répondu : Dans trois jours, le diacre suivra le prêtre.

Pressentant donc son arrestation prochaine, Laurent distribua aux pauvres tout ce qu’on lui avait confié comme argent. Présenté à l’empereur qui lui demandait où se trouvaient ses richesses, Laurent fit venir tous les pauvres de Rome et expliqua alors que c’étaient eux toute la richesse de l’Eglise.

Laurent subit plusieurs supplices : flagellations, lames rougies au feu. Avant la sentence finale, Dèce aurait ordonné de lui casser la mâchoire à coup de pierres.

Condamné à être brûlé à feu lent, Laurent fut étendu sur une grille au-dessus de charbons ardents.

Laurent aurait dit à son bourreau : Les charbons m’apportent un rafraîchissement, mais à toi un supplice éternel. Et à Dèce : Voici que je suis bien cuit d’un côté, retourne-moi et mange. Puis, juste avant d’expirer : Seigneur, Jésus-Christ, je te rends grâces, parce que j’ai mérité de franchir les portes de ton royaume.

C’était le 10 août 258, Laurent pouvait avoir trente-huit ou quarante-huit ans.

Ce qui étonne, dans le récit du martyre de saint Laurent, c’est que l’auteur, à peine un siècle après la mort du saint Diacre, le situe sous le règne “commun” de Dèce et de Valérien, qui se sont en réalité succédé. A moins qu’il y ait eu un autre Valérien, avec le titre de préfet de Rome.

La grille du martyre de saint Laurent est visible dans la basilique Saint-Laurent à Rome, avec des taches du sang du Martyr sur la dalle.

Saint Laurent est nommé dans le Communicantes du Canon Romain, et inscrit le 10 août dans le Martyrologe.

A Rome, il n’y a pas de Saint qui soit plus honoré que lui, à part Notre-Seigneur et Notre-Dame. Saint Laurent est un des patrons de Rome.

 

 

Lazare Tiersot

1739-1794

 

Il était né le 29 mars 1739 à Semur-en-Auxois (Côte d’Or).

Il était entré chez les Chartreux de Beaune, où il était prêtre.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Whashington, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

 

François François

1749-1794

 

Ce Religieux portait à la fois le nom et le prénom de François. Il était né le 17 janvier 1749 à Nancy.

Entré dans l’Ordre des Capucins, il prit en religion le nom de Sébastien. 

Il fut déporté de la Meurthe au moment de la Révolution.

Il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il fut dit de ce Religieux qu’il était en singulière vénération de la part de ses Compagnons d’infortune, en raison de son éminente piété et de ses vertus monastiques.

Il priait continûment, surtout dans sa dernière maladie. Ce lui était une telle habitude, qu’il fut retrouvé mort à genoux, au petit hôpital, les mains jointes, les yeux élevés au ciel.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont

1752-1794

 

Il était né le 23 décembre 1752 à Gannat (Allier).

Il faisait partie de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice et était supérieur du Petit séminaire d’Autun.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

Laurentius

† 258

 

Les Espagnols revendiquent la naissance de saint Laurent à Huesca, de Orentius et Patientia, ses saints parents martyrs.

Il aurait étudié à Saragosse, où il aurait rencontré le futur Sixte II et, se rendant à Rome, se serait arrêté à Gênes dans une maison qui devint plus tard la cathédrale Saint-Laurent.

A Rome, Laurentius devint diacre et, comme tel, accompagnait le pape Sixte. 

Survint la persécution de Valérien (253-260), successeur de Dèce (250-253). Ce détail historique rend bien suspecte la Passio de saint Laurent, qui rend contemporains «les empereurs Dèce et Valérien», qualifiant ce dernier de «préfet» à Rome.

D’après la Passio de saint Laurent, le pape Sixte II aurait été arrêté aux premiers jours d’août 258, sans son diacre Laurent. Ils se croisèrent dans Rome, tandis qu’on conduisait le pape en prison. Ce fut le moment d’une célèbre conversation qu’on a résumée ainsi : 

- Père, où vas-tu sans ton diacre, demanda Laurent, tout en pleurs.

- Dans trois jours, tu me suivras, répondit le pape, consolant son diacre généreux ; et d’ajouter : Distribue les richesses de l’Eglise à qui te semblera bon.

Dans le texte, la conversation en question est beaucoup plus développée, et l’on imagine mal les soldats s’arrêter en chemin avec leur prisonnier, attendant que le pape et son diacre aitent achevé leurs considérations. De plus, on sait que le pape Sixte fut décapité le 6 août 258, en pleine cérémonie aux catacombes, ce qui semble totalement contredire qu’il ait rencontré son diacre dans Rome.

Mais reprenons la Passio. Laurent se hâta d’obéir et, rencontrant à nouveau le pape qu’on conduisait au lieu de son martyre, lui dit avoir achevé de distribuer les trésors qu’il lui avait confiés.

Le mot trésors sembla suspect aux soldats, qui en firent avertir l’empereur. Ce dernier demanda à Laurent d’apporter ces trésors et Laurent demanda pour cela un délai de deux ou trois jours. Passé ce temps, le saint Diacre convoqua tous les malades, handicapés, boîteux et aveugles, de la Ville et les amena devant l’empereur, en disant : Voici les trésors éternels, qui ne diminuent jamais et augmentent toujours, qui sont répandus en chacun et se trouvent dans tous. Furieux, l’empereur invita Laurent à sacrifier aux dieux romains et, devant son refus constant, le fit torturer.

Les tortures de Laurent furent la flagellation, les lames rougies au feu, les fouets plombés, les scorpions ; on lui défonça la bouche à coups de pierres et on l’allongea sur une grille, au-dessus de charbons ardents. Romanus, un des soldats présents au martyre de Laurent, admirant la patience de celui-ci, se convertit et professa sa foi en Jésus-Christ : il fut décapité sur le champ (voir au 9 août).

Laurent aurait invectivé l’empereur en ces termes : Apprends, malheureux, que les charbons m’apportent un rafraîchissement et à toi un supplice éternel… Voici, misérable, tu as cuit un côté, retourne et mange.

Au long de son martyre, Laurent opéra plusieurs miracles : la veuve Cyriaque fut guérie de ses maux de tête, l’aveugle Crescentianus recouvra la vue, ainsi que Lucillus, que Laurent baptisa dans sa prison, et quelques autres aveugles également.

Traditionnellement, on place le martyre de saint Laurent au 10 août 258.

La Passio de saint Laurent eut une immense popularité. Son culte s’affirma très vite. Rien qu’à Rome il y eut jusqu’à trente à quarante églises consacrées au Diacre, qui devint le co-patron de Rome avec les saints Pierre et Paul. Une centaine de communes françaises portent son nom. 

Saint Laurent est nommé dans le Communicantes du Canon Romain de la Messe.

Le tombeau de saint Laurent se trouve à Rome, au Campo Verano, où fut édifiée une basilique. Le gril qu’on y voit pourrait n’être qu’une copie de l’authentique, qui se trouverait soit à Saint-Laurent-in-Panisperna soit à Saint-Laurent-in-Lucina.

Il faut ajouter ici que dans la petite ville de Amaseno (Frosinone, Latium, Italie centrale), on conserve dans l’église une ampoule dont le contenu, une masse de couleur brune, dite relique de saint Laurent, se liquéfie chaque année au moment du 10 août, fête du saint Diacre. Le phénomène s’est vérifié depuis le 17e siècle, spontanément, sans qu’on ait à toucher à la fiole. La liquéfaction est parfois rapide, ou commence déjà plusieurs jours avant le 10 août, et peut s’observer dans son évolution quotidienne. En outre, la masse ne s’altère pas, alors que la fiole est légèrement brisée en un endroit, ce qui devrait conduire à une altération de la masse, au contact de l’air. Ce phénomène rappelle beaucoup celui de saint Janvier (voir au 19 septembre).

Blane de Kingarth

† 590

 

Blane (vieil irlandais Bláán) aurait été un enfant illégitime d’une certaine Ertha, dont le frère, s.Cathan (v. 17 mai ?), s’occupa de l’éducation de l’enfant.

Cathan passa en Ecosse et confia Blane aux saints Comgall et Kenneth (v. 10 mai et 11 octobre).

Devenu moine, Blane serait devenu évêque à Kingarth (île de Bute, Ecosse).

On lui attribua beaucoup de miracles, entre autres la résurrection d’un enfant.

Malgré le peu de détails certains qu’on a sur lui, Blane fut très populaire en Ecosse et objet d’une intense dévotion.

Saint Blane de Kingarth est commémoré le 10 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Malchus de Lismore

12e siècle

 

Malchus est un de ces nombreux personnages illustres de la vieille Irlande catholique, dont on connaît trop peu de détails historiques.

Il ne nous est connu que par un passage de s.Bernard (v. 20 août), qui un parle dans la Vie de saint Malachie : Malachie serait allé se former auprès de Malchus, un Irlandais qui avait vécu dans le monastère anglais de Winchester avant de devenir évêque à Lismore (sud de l’Irlande). 

Malchus était consulté de loin, et même de l’Ecosse, à cause de sa grande instruction et surtout de ses vertus et de ses miracles.

Malchus a pu être évêque dès 1113, après Macmic-Aeducan.

En 1127, il prit sous sa protection Cormac Mac Carthy, roi de Desmond, qui avait été détrôné, et le confia à la douce conduite de Malachie.

Il n’y a pas de raison grave à mettre en doute l’information de s. Bernard, mais le Martyrologe ne mentionne pas notre évêque.

Il l’était dans la précédente édition, au 10 août.

 

 

Hugues de Montaigu

1070-1136

 

Hugues naquit vers 1170, au château de Montaigu (territoire de Cluny, Saône-et-Loire), du seigneur Dalmace et de son épouse, de la noble maison des seigneurs de Semur. L’oncle de Hugues était Robert, duc de Bourgogne.

Ayant montré dès l’enfance une grande inclination pour la vie claustrale, il prit l’habit bénédictin très jeune, des mains de son oncle, Hugues de Cluny (v. 29 avril).

Vers 1099, il fut nommé abbé de Saint-Germain d’Auxerre, mais n’en resta pas moins extrêmement modeste, l’humilité étant une de ses vertus préférées. En 1107, il mit son monastère sous l’autorité de l’abbé de Cluny.

En 1114, il y eut quelques problèmes lors de son élection au siège épiscopal d’Auxerre, et Hugues en référa au pape, qui prit de court toutes les cabales et l’ordonna lui-même évêque d’Auxerre.

Toute la population l’accueillit avec trépidation. Hugues demeura moine sous l’habit de l’évêque. Sa plus haute préoccupation fut de favoriser la vie monacale et trois monastères furent construits sous son épiscopat : Bouras, Roches, Régny. Hugues s’y retirait dès qu’il le pouvait, mais aussi rejoignait saint Bernard (v. 20 août) à Cîteaux.

Une jolie anecdote colore son séjour dans cette abbaye : Hugues voulut se joindre aux moines pour la moisson. Durant le travail, un orage menaça. Saint Bernard demanda à Hugues de prier pour écarter l’orage, mais Hugues, humblement, proposa à Bernard de le faire ; alors tous deux invoquèrent ensemble le Ciel de les épargner, et l’orage s’éloigna.

Dans sa responsabilité épiscopale, Hugues se refusa énergiquement à remettre le moindre bénéfice à un membre de ses proches.

Ce qu’il avait, il le donnait ; il se réservait un habit de mauvaise toile ; un jour qu’on lui servait un bouillon avec une cuiller en argent, il la fit vendre. Désirant faire un pèlerinage à Rome, il quêta un peu d’argent ; mais ayant été bloqué au Mont-Cenis, il restitua l’argent reçu pour le voyage. Il donnait son meilleur vin à des monastères.

Il fit reconstruire en pierres l’évêché, écrasé une nuit par l’effondrement d’une tour en bois, mais dont il sortit indemne, seul son lit ayant été protégé ; il pourvut la cathédrale de magnifiques ornements.

En 1120, il reçut le pape Calixte II, qui consacra l’autel majeur de la cathédrale.

En 1132, il assista au chapitre général de l’Ordre de Cluny et fut chargé de missions au nom du pape.

Sentant sa mort proche, il recommanda à son entourage de continuer à chanter l’office jusqu’à la fin, annonçant qu’il reposerait une fois cet office achevé, ce qui arriva : à la fin de l’office, il rendit à Dieu son âme, au soir du 10 août 1136.

Bien que le culte de Hugues de Montaigu fût reconnu au 18e siècle, il n’y eut jamais de célébration liturgique, et le bienheureux Hugues, si humble dans toute sa vie, s’est aussi humblement retiré du Martyrologe actuel.

 

 

Arcangelo Placenza

1390-1460

 

Arcangelo naquit vers 1390, à Calatafimi (Sicile) dans la noble famille des Placenza.

Tout jeune, il se sentit poussé à une vie isolée de prière. Il vivait dans une grotte de la montagne, où il eut la visite de Notre-Dame ; on vint le voir, sa prière obtint des grâces : ses vertus et ses miracles attirèrent les gens du voisinage ; même ses parents seraient venus lui suggérer de quitter ce genre de vie ; l’ermite s’enfuit à Alcamo, où on le retrouva, pour lui demander de s’occuper d’un hôpital abandonné. Il le restaura.

Dès qu’il le put, il repartit dans la solitude. A cette époque, un décret papal commandait aux ermites de rejoindre les monastères : Arcangelo obéit et entra au monastère franciscain de Palerme, où il fut ordonné prêtre.

Puis il revint à Alcamo, où il fonda un monastère de l’Observance franciscaine ; il fut bientôt élu provincial. Mais sa prédilection était la contemplation, la prière, occasionnellement la prédication ; les miracles et les prophéties confirmèrent sa parole enflammée.

Ces miracles continuèrent après sa mort, survenue le 24 juillet 1460 (on trouve aussi la date du 26 juillet 1480, qui est peut-être erronée).

L’urne contenant son corps, non corrompu, se trouve toujours dans l’église d’Alcamo.

En 1836, son culte fut confirmé ; le Martyrologe le mentionnait au 5 juillet, et actuellement au 10 août, sans explication pour le choix de cette dernière date.

 

 

João de Menezes da Silva

1420-1482

 

João naquit en 1420 à Campo Maior (Portugal), benjamin des onze enfants de Rui Gomes da Silva et Isabel de Menezes. Rui était le Premier magistrat de la ville.

Une de ses sœurs était sainte Beatriz da Silva (v. 9 août).

Après avoir servi à la cour de Pedro de Menezes, son grand-père maternel, à Ceuta, João contracta un mariage, encore très jeune.

On ne sait pour quel motif, probablement à la suite d’un veuvage, il entra en 1442 dans l’Ordre hiéronymite à Guadalupe (Espagne), où il resta pendant dix ans. Son grand désir était la conversion des Maures : il vint à Grenade dans le désir ou de les convertir ou de mourir martyr, mais il n’y subit «que» la flagellation ; il tenta de partir pour l’Afrique, mais une tempête le rapatria.

En 1452, il changea de cap : il entra dans l’Ordre franciscain à Ubeda, comme frère convers. C’est peut-être durant cette période qu’il prit le nom de Amadeo (Amadeus, Amadeu).

L’Ordre l’envoya alors en Italie : en 1453 il était à Assise, puis il fut à Pérouse, à Brescia, à Milan. 

En 1457, il tenta la vie érémitique, mais d’autres confrères voulurent se joindre à lui. Le frère convers Amadeo fut tellement fidèle à la règle franciscaine, que les supérieurs le convainquirent de recevoir les ordres et il fut ordonné prêtre en 1459.

Malgré certaines oppositions qui lui vinrent de l’Ordre lui-même, Amadeo fonda plusieurs couvents dans l’esprit de l’Observance, notamment celui de Notre-Dame de la Paix à Milan. 

Des miracles contrarièrent son désir d’effacement… Le Ministre (supérieur) Général de l’Ordre, un certain Francesco della Rovere, le prit sous sa protection, puis en fit son confesseur en devenant le pape Sixte IV.

Amadeo ouvrit à Rome le couvent de Saint-Pierre in Montorio, et quelques autres. 

En 1482, Amadeo visita ses couvents. C’est à Milan qu’il mourut, le 10 août 1482 (sainte Beatriz devait mourir le 9 août 1492).

Le courant «fondé» par Amadeo donna lieu à l’apparition d’une véritable branche nouvelle dans l’Ordre franciscain, celle des Amadéites, qui eurent jusqu’à vingt-huit maisons en Italie ; il y eut le couvent de San Genesto près de Cartagena (Espagne) ; ils furent cependant réunis au siècle suivant à la branche de l’Observance.

Amadeo laissa un traité, De Revelationibus et Prophetiis, et peut-être des Homélies sur la Bienheureuse Vierge Marie, qu’on a cependant estimées apocryphes. Il écrivit aussi un Apocalypsis nova, dialogue avec l’Archange Gabriel sur diverses théories théologiques, qui est souvent un commentaire du livre de l’Apocalypse. 

On ne connaît pas de date d’une quelconque reconnaissance de culte, mais les miracles obtenus par l’intercession d’Amadeo l’ont fait reconnaître comme Bienheureux. Il n’est pas mentionné dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Augustinus Ōta

1572-1622

 

Il était né en 1572 à Ojika (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon).

Dès l’enfance, on l’éduqua dans le milieu des bonzes, mais reçut le baptême à quinze ans, après avoir entendu les Pères jésuites prêcher.

Il s’était marié, mais la mort de son épouse le laissa libre de son temps : il se proposa les larmes aux yeux pour l’entretien d’une église et pour rendre des services auprès des fidèles. Il considérait tout ce travail comme son repos.

Il voulut accompagner le père Camillo (voir au 15 septembre) dans un voyage sur l’île Gotō, mais ils furent arrêtés et conduits en prison.

Dans cette prison étroite et malodorante, Augustinus montra la plus grande patience et demanda avec insistance au père Camillo de pouvoir être compté parmi les membres de la Compagnie de Jésus. Mystérieusement, la demande écrite qu’en fit le père au Supérieur, et la réponse de ce dernier, parvinrent  à destination. C’est ainsi qu’Augustinus obtint la réponse positive du Supérieur la veille même de son martyre. et fit la profession dans les mains du père Camillo.

Il reçut la palme du martyre, par la décapitation, à Ikinoshima (Nagasaki) le 10 août 1622.

Il fait partie de deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

 

 

Lazare Tiersot

1739-1794

 

Il était né le 29 mars 1739 à Semur-en-Auxois (Côte d’Or).

Il était entré chez les Chartreux de Beaune, où il était prêtre.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Whashington, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

François François

1749-1794

 

Ce Religieux portait à la fois le nom et le prénom de François. Il était né le 17 janvier 1749 à Nancy.

Entré dans l’Ordre des Capucins, il prit en religion le nom de Sébastien. 

Il fut déporté de la Meurthe au moment de la Révolution.

Il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il fut dit de ce Religieux qu’il était en singulière vénération de la part de ses Compagnons d’infortune, en raison de son éminente piété et de ses vertus monastiques.

Il priait continûment, surtout dans sa dernière maladie. Ce lui était une telle habitude, qu’il fut retrouvé mort à genoux, au petit hôpital, les mains jointes, les yeux élevés au ciel.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

Claude-Joseph Jouffret de Bonnefont

1752-1794

 

Il était né le 23 décembre 1752 à Gannat (Allier).

Il faisait partie de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice et était supérieur du Petit séminaire d’Autun.

Déporté au moment de la Révolution, il se retrouva avec des centaines d’autres prêtres entassés littéralement à bord du navire Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. La destination devait être l’exil en Guyane, mais le bateau ne partit jamais.

Il mourut le 10 août 1794 et fut béatifié en 1995.

 

 

 

Salvador Estrugo Solves

1862-1936

 

Né le 12 octobre 1862 à Alzira (Valencia, Espagne), il sentit très tôt l’appel au sacerdoce, grâce à l’ambiance profondément religieuse de sa famille.

Il étudia au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1888.

Successivement vicaire à Tous, Guadassuar, Alberic et Siete Aguas, il fut finalement nommé aumônier à l’hôpital de son pays d’origine, où il assistait les malades.

Il fut assassiné à Alberic, le 10 août 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio González Penín

1864-1936

 

Antonio vit le jour le 1er mars 1864 à San Salvador de Rabal (Orense, Espagne), de Ramón et Josefa, qui le firent baptiser le lendemain.

Entré dans l’Ordre des Mercédaires Déchaux à Toro en 1887, il fit le noviciat, la première profession en 1888 et les vœux solennels en 1891.

Il se trouvait à Herencia ; mais il demanda à passer dans la branche des Mercédaires Chaussés et refit, à El Olivar, la vêture, le noviciat, la profession (1896-1897).

On lui confia la porterie, la sacristie, la couture, et surtout la cuisine.

En 1899 il passa successivement par les couvents de San Ramón, Lleida, El Olivar, Lleida ; en 1900 : El Olivar, où il fit la profession solennelle, et resta six ans.

Sur la table de sa cellule, il conservait un crâne, pour apprendre dans le livre de la mort.

En 1906, il fut envoyé à Palma de Maiorque, où il gérait avec deux autres Frères la sacristie, la cuisine et le poulailler. 

A partir de 1907, il fut souffrant et dut recevoir divers traitements : une opération à l’abdomen, une cure au vin blanc, des bains chauds, extraction d’une molaire ; en outre, une jambe le faisait beaucoup souffrir et malgré cela, il continuait son travail, les courses pour la communauté, sans jamais se plaindre.

En 1921, il partit pour Barcelone. Il souffrait de plus en plus de rhumatismes aux jambes et ne restait dans sa chambre que sur ordre médical, sinon il se levait chaque jour pour faire les courses, préparer les repas et de toutes façons participer à tous les exercices communs.

Les dernières années, il sortait vêtu civilement, mais sa dignité le signalait aussi bien.

Contraint d’abandonner le couvent en juillet 1936, réfugié chez des amis, il aperçut en pleurant la profanation des saintes images et de tout le mobilier de son cher couvent, particulièrement quand on brûla sur la place publique le cadre de Notre-Dame de la Merci.

Comme les miliciens perquisitionnaient les maisons, il trouva à loger chez un prêtre pendant une quinzaine de jours.

Le 9 août, au soir, des miliciens vinrent chercher deux curés. Le Frère se présenta comme Religieux mercédaire ; quand on lui demanda où étaient les autres, il répondit en vérité qu’il n’en savait rien, et reçut alors mille injures, obscénités et coups à la tête et sur tout le corps ; l’autre prêtre fut maltraité de la même façon. 

Fatigués, les miliciens se retirèrent, tout en les menaçant ; une demi-heure après revinrent d’autres jeunes gens, qui recommencèrent les insultes et les coups, puis les emmenèrent. Il était deux heures du matin, du 10 août 1936.

On retrouva les deux cadavres à la morgue, méconnaissables. Le Frère Antonio avait été particulièrement maltraité : il portait des traces de coups d’arme à feu, la bouche détruite, un œil arraché, les jambes fracturées, les parties génitales sectionnées, le thorax enfoncé.

Frère Antonio fut béatifié en 2013.

 

 

José Javier Gorosterratzu Jaunarena

1877-1936

 

Il vit le jour le 7 août 1877 à Urroz de Santisteban (Urrtoz), de José María et Tomasa, de bons navarrais bascophones, qui eurent huit enfants.

José fut baptisé le 8 août.

Après l’école communale, il alla en 1889 étudier à Labayen, reçu par son grand-père maternel, auprès duquel il apprit l’art de paître les troupeaux et aussi la dévotion mariale du chapelet. Puis il revint chez les siens.

Ayant ressenti en lui la vocation sacerdotale, il frappa à plusieurs portes, mais reçut à chaque fois la même réponse : déjà quinze ans ! et si peu d’instruction…

Des Pères Rédemptoristes de passage en mission parlèrent de lui à leur Supérieur. Celui-ci eut une réaction à peu près semblable aux précédentes, mais admit tout-de-même José comme postulant ; comme il avait déjà quinze ans, et qu’il ne savait pas un mot d’espagnol, il était trop tard pour lui faire commencer des études sacerdotales ; en conséquence de quoi, on lui proposait d’être Frère convers, et menuisier.

Ces considérations et ces décisions nous laissent aujourd’hui rêveurs et même tristes. Est-ce impossible, à quinze ans, d’apprendre l’espagnol ? Et ne pouvait-on pas faire de la théologie en basque ? Mais Dieu n’avait pas dit son dernier mot…

José fut un temps à Astorga, fit le noviciat à Nava del Rey (Valladolid), reçut l’habit en 1895.

Il fit la profession en 1896. Le père Maître s’aperçut enfin de ses réelles capacités intellectuelles, et le fit envoyer à Astorga pour des études théologiques, qui furent si brillantes, qu’il fut ordonné prêtre en 1903, à vingt-six ans.

On l’envoya à El Espino (Burgos) comme professeur, puis comme professeur de sciences et de philosophie pour les bacheliers.

En 1913, on l’envoya en mission à Pamplona, où il prêcha en basque et en espagnol. En 1927, il fut à Madrid, en 1930 de nouveau à Pamplona, en 1933 à Cuenca.

Le petit berger inculte était devenu un missionnaire très cultivé et un excellent directeur spirituel. Dieu avait récompensé son humilité, sa patience et sa persévérance à l’étude.

Il contribua à l’histoire du Pays Basque par divers travaux d’érudition historique et travaillait encore, au moment de sa mort, à un ouvrage sur le Cardinal Carranza, pour lequel il avait déjà obtenu les autorisations nécessaires à consulter les Archives du Vatican. Depuis, malheureusement, son travail disparut.

Vers le 20 juillet 1936, il quitta le couvent avec un autre Frère, et ils furent reçus chez des amis. Fin juillet, la maison fut fouillée, mais les miliciens ne trouvèrent rien ni personne. Le 28 juillet, ils se réfugièrent dans le séminaire, pensant y être en plus grande sûreté. L’évêque s’y trouvait aussi avec bien d’autres prêtres, et l’édifice était surveillé par la Garde Civile. Mais le 29 juillet, la Garde Civile fut «remplacée» par les miliciens… Le séminaire devenait alors en réalité une prison.

A partir du 31 juillet eurent lieu des exécutions. L’évêque ainsi que deux autres Rédemptoristes (Goñi et Olarte) furent fusillés.

Le père José se préparait volontiers et intensément au martyre, mais priait seulement de pouvoir auparavant achever son ouvrage d’histoire. Dieu ne le lui permit pas.

Son martyre eut lieu le 10 août 1936, et le père José fut béatifié en 2013, avec cinq autres Rédemptoristes : Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren, Miguel Goñi Áriz, Julián Pozo Ruiz de Samaniego, Victoriano Calvo Lozano et Pedro Romero Espejo.

 

 

Esteve Llover Torrent

1885-1936

 

Esteve (Etienne) vit le jour le 27 juillet 1885 à Les Planes d’Hostoles (Girona, Catalogne, Espagne), de Jaume et Margarida, dont huit de leurs onze enfants moururent en bas âge. Ils vivaient d’une petite industrie de vannerie.

On connaît moins les étapes de la vie chrétienne d’Esteve, car les archives paroissiales furent détruites durant le soulèvement de 1936.

Durant l’enfance, grandit en Esteve le désir d’être prêtre, mais les parents ne pouvaient payer ses études et la pension.

Le garçon travailla comme ouvrier pour gagner ce qu’il fallait et entrer ainsi chez les Frères Maristes à Sant Andrés de Palomar en 1899, où il professa avec le nom de Millán. Il fit la profession solennelle à Manresa en 1906, qu’il compléta en 1922 par le vœu de stabilité.

Il fut présent dans les maisons de Arceniega, Sant Andrés, puis à Vic (1905), Alicante (1910), directeur à Centelles (1911) ; en 1916, il passa à Grugliasco (Italie) et revint à Barcelone (1917) et en dernier lieu à Denia (Alicante) en 1928.

Des responsabilités qu’il eut, on peut facilement déduire que c’était un homme de tempérament, d’ordre, et qui avait beaucoup d’ascendant sur les élèves et leurs familles.

Arrêté à Tabernes de Valldigna (Valencia), il fut assassiné à Alzira (Valencia) le 10 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Lluís Sans Viñas

1887-1936

 

Lluís naquit à Montblanc (Conca de Barberà) le 21 juin 1887, en la fête de saint Louis de Gonzague, dont il reçut le nom au Baptême, le 24 suivant. Ses parents s’appelaient Josep et Emília.

Il fut ordonné prêtre en 1911.

Il sera nommé à Constantí, Les Pobles, Prenafeta, Solivella, Belltall, Sarral et Rocafort de Queralt.

Chaque mois, il organisait des conférences en invitant des prêtres jésuites, avec des cérémonies solennelles, pour tenter de re-christianiser la paroisse. Il se préoccupa spécialement des jeunes et des enfants.

Les trois années et demie qu’il passa à Sarral, devaient être un véritable calvaire. 

Déjà lors de la révolte des Asturies (1934), il fut lui-même jeté en prison, d’où il put s’enfuir et se cacher dans la montagne, où il vécut misérablement. Il sera insulté, objet de violences ; les autorités voulurent lui faire remettre les clefs de l’église, mais il refusa énergiquement, préférant défendre les droits de l’Eglise même au prix de sa vie.

Le Vendredi Saint de 1936, les autorités firent descendre les cloches de l’église, sans que le pauvre curé pût rien dire ni faire pour les en empêcher. Lors de la fête de la Première communion à Rocafort de Queralt, dont l’abbé Lluís était chargé, on profita de son absence pour forcer les portes de l’église et changer la serrure.

Patiemment, il changea lui-même de nouveau la serrure de l’église, toujours épaulé par son fidèle vicaire, don Tomàs Capdevila (voir au 6 septembre).

Quand la révolution éclata en juillet, le 20, après la dernière Messe, il se réfugia chez une paroissienne. Apprenant qu’on voulait mettre le feu à l’église, il envoya quelques personnes de confiance pour retirer le Saint Sacrement.

Le 10 août, fête de saint Laurent, on l’arrêta. Les mains en l’air, il dut traverser tout le pays à la vue de tous ceux qui proféraient des moqueries et des grossièretés à son égard. On chercha à l’humilier jusqu’au dernier degré. On le conduisit devant son église dévastée par le feu, son presbytère saccagé. Puis on retraversa le village, sous les railleries des gens. On le frappait aux jambes avec la culasse des fusils, on lui envoyait des coups de pieds ; on lui tira aussi des coups de feu dans les jambes. Il souffrit tout cela en silence, avec une résignation vraiment extraordinaire. De temps en temps seulement, il s’exclamait : Mon Dieu ! Saint Laurent ! sauvez-moi !, tandis que beaucoup criaient : A mort !

On pourrait dire que c’était la Passion du Christ qui se répétait au vingtième siècle.

Finalement, on le fourra dans une voiture et on alla le fusiller non loin de la colline de Lilla.

C’était le 10 août 1936. Don Lluís Sans Vigñas a été béatifié en 2013.

 

 

Juan Martorell Soria

1889-1936

 

Juan vit le jour le 1er septembre 1889 à Picasent (Valencia, Catalogne).

Il entra au collège salésien de Valencia puis incorpora le noviciat.

Il fit la profession en 1914 et fut ordonné prêtre en 1923.

Après quelques postes, il fut chargé de la paroisse de Valencia, où il fut un curé excellent.

Il était très zélé pour la catéchèse et donnait tout ce qu’il avait aux pauvres.

En juillet 1936, les Religieux furent incarcérés à la prison Modelo. Don Juan fut une première fois libéré mais, ne trouvant où se cacher, fut repris.

Il se retrouva dans son collège, mais celui-ci était transformé en tchéka. Qui le rencontra, le trouva tout ensanglanté et accroupi dans un coin.

Il fut martyrisé à Valencia le 10 août 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Victor Calvo Lozano

1896-1936

 

Né le 23 décembre 1896 à Horche (Guadalajara, Espagne), Victor reçut la grâce du Baptême le jour de Noël, la Confirmation en 1901, la Première communion en 1903 ou 1904.

Il écrivit lui-même que son père, Juan, était un paysan de bonnes intentions, et sa mère, María Candelas, une femme craignant Dieu et fidèle dans ses devoirs.

Après quelques rudiments reçus à l’école du village, il travailla à la ferme. Mais il aimait lire des livres de spiritualité, et il trouva par exemple la Règle de saint Benoît, d’autres encore.

Il entendit très tôt l’appel au sacerdoce, mais les conditions familiales et divers autres facteurs retardèrent ses études. Principalement, on ne voulait pas perdre les deux bras de ce garçon, qui était si serviable ; quand il parla de sacerdoce, il reçut en réponse des refus répétés, et même des accusations, des reproches, des insultes… Il patienta.

En 1913, mourut sa mère ; ce fut une dure épreuve. L’année suivante, passèrent par là des Rédemptoristes, en mission. Leur parole conquit le cœur de Victor, qui intensifia sa vie intérieure, grâce à la paternelle bienveillance du curé.

En 1918, il fit le service militaire et finalement, en 1919, quitta la maison pour entrer chez les Rédemptoristes à Nava del Rey (Valladolid), que le bon curé avait prévenus (signalons ici que ce prêtre, Juan Antonio Cortés Moral, fut martyrisé le 4 octobre 1936 ; sa cause de béatification est en cours). 

Victor, reçu comme postulant, se vit confier le travail du jardin et reçut l’habit en novembre.

En 1920, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Victoriano.

Entre 1921 et 1925, il passera à Cuenca, Astorga et El Espino, avant de revenir à Cuenca.

On l’y nomma sacristain et portier. Il était si discret dans ses activités, qu’on le surnomma El silenciario, le silencieux. Bien qu’il n’eût pas fait de grandes études, il possédait un bon bagage culturel et de bonnes références spirituelles, de sorte qu’il put être le directeur spirituel d’une pieuse âme, pour laquelle il écrivit même des retraites.

En 1924, il fit la profession solennelle.

En 1928, il se proposa pour la mission en Chine, mais ce n’était pas son destin.

1936. Le 20 juillet, il quitta le couvent avec le Confrère, Julián Pozo, qui était malade. Après quelques jours chez une famille d’amis, ils rejoignirent le 25 le Séminaire, où l’on pensait que la situation était plus sûre. 

En réalité, ils apprirent bientôt le martyre de leurs Confrères Olarte et Goñi (31 juillet), de l’évêque et du père Pozo (9 août). 

Le 10 août 1936 à deux heures du matin, des miliciens l’arrêtèrent avec le père Gorosterratzu, et ils les conduisirent sans ménagement, au cimetière de Cuenca, où on les fusilla brutalement, de plusieurs balles dans la tête.

Victor Calvo Lozano fut béatifié en 2013.

 

 

Jaume Jardí Vernet

1901-1936

 

Jaume vit le jour le 7 mai 1901 à Vandellós (Tarragona, Espagne) et fut baptisé le 8.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils et commença le noviciat à Hostalets en 1917 ; il reçut l’habit avec le nom de Fulbert Jaume et fit ensuite le scholasticat à Bujedo.

Il commença son activité à Cambrils, fut quatre ans à Gracia et fut envoyé en 1931 à Tarragona, en 1934 à Manlleu.

Ce bon professeur avait une spéciale dévotion envers Notre-Dame.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner précipitamment la maison de Cambrils où il se trouvait de passage. Il chercha quelqu’un qui pouvait le conduire chez sa mère, veuve, à Vandellós, mais il était déjà «suivi». 

Le 10 août dans la soirée, le Comité procéda à une fouille de la maison et emmenèrent le Frère pour une simple formalité.

On sortit du pays ; au passage, on «ramassa» aussi le curé et un autre personnage, Jaume Escoda Margalef, chrétien assez connu. 

Arrivés à Tivisa, les hommes se rapprochèrent d’un camion, d’où sortirent des miliciens qui les attendaients. Nos trois prisonniers tombèrent sous les rafales de balles.

La chronique des événements ne nous donne pas le nom du curé ; Jaume Escoda fait partie d’une Cause non encore aboutie.

Frère Fulbert Jaume fut béatifié en 2013.

 

 

José Toledo Pellicer

1909-1936

 

Né le 15 juillet 1909 à Llaurí (Valencia, Espagne), il était le fils de paysans très chrétiens.

Il étudia chez les Pères des Ecoles Pies de Alzira, avant d’entrer au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1934.

Nommé vicaire à Banyeres (Alicante), il montra tout l’enthousiasme de son sacerdoce dans ses activités pastorales : patronage, action catholique, cercles d’étudiants, catéchèse, prédication. Il monta aussi un petit orchestre.

Après deux années de sacerdoce, à vingt-sept ans, il fut assassiné à El Saler de Valencia, le 10 août 1936, et fut béatifié en 2001.

Edward Grzymała

1906-1942

 

Il vit le jour le 19 (ou le 29) septembre 1906 à Kołodziaż (Podlaskie, Pologne) ; son père, Zdzislaw, était garde-forestier.

Faute d’école, le garçon étudia en privé ; quand il partait garder les vaches, il prenait avec lui un livre.

Quand il eut quinze ans, malgré l’opposition de son père, il vint à Varsovie pour étudier ; sans ressources, il se mit domestique au noir.

Il eut le bonheur de rencontrer un bon prêtre qui l’aida beaucoup, trouva une pieuse personne qui pouvait l’héberger et le nourrir. 

Edward fit paraître une intelligence hors pair, spécialement en mathématiques et en langues étrangères ; il put même donner des leçons privées, pour gagner sa vie.

Très fortement attiré par le Saint-Sacrement, il priait beaucoup et entendit l’appel de Dieu.

Entré au Grand séminaire de Włocław en 1926, il fut ordonné prêtre en 1931. Sa préparation ne fut pas toujours facile ; il connut des combats, mais il fut vainqueur.

Au terme de ses études, il connaissait bien le latin, le grec, l’hébreu, mais aussi les langues vivantes : français, allemand, anglais, italien, espagnol !

Puis il fut envoyé à Rome pour passer le doctorat en Droit canonique.

En 1935, il fut nommé vicaire à Lipno, puis Konin et Kalisz, tout en collaborant avec les éditions paulines à la traduction et à l’édition de l’Ecriture en polonais.

A Konin, il s’occupa très particulièrement des jeunes étudiants, chrétiens ou juifs, qui l’ont tenu en profonde vénération. Ses sermons enflammés le firent même surnommer un savonarole polonais ; il exhortait les fidèles à être des chrétiens authentiques et n’acceptait pas les «demi-mesures» ; déplacé à Kalisz, il se dépensa tout autant.

En 1938, il revint à Włocław et fut aumônier des Sœurs de Pleszew, puis nommé, encore bien jeune, vicaire général.

Le 26 août 1940, jour de la fête de Notre Dame de Czestochowa, il fut arrêté par la Gestapo et emmené au camp de Sachsenhausen, avant d’être transféré à celui de Dachau, avec le numéro 22664.

Là-bas, il continua de donner des «conférences», en latin. Un jour, il fut surpris et battu ; il en remercia la Providence, pour avoir eu quelque chose à souffrir.

Il se montra pleinement sacerdotal autant qu’il eut des forces ; ayant reçu un pain, il le partagea ; il aida d’autres prisonniers à transporter des fardeaux ; un jour il tomba de fatigue : on lui versa un seau d’eau froide pour le réanimer et il fut mis à l’infirmerie.

Le 10 août 1942, il fut envoyé avec d’autres handicapés à la chambre à gaz. Il avait trente-six ans.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Drzewiecki

1908-1942

 

Il vit le jour le 26 février 1908 à Zduny (Łódzkie, Pologne), de Jan et Rozalia, des parents très chrétiens qui eurent onze enfants.

Après l’école, il postula au séminaire de Łowiczu, mais préféra s’orienter vers l’institut de Don Orione à Zduńska Wola, en 1922.

En 1930, il fit la première profession et, en 1931, fut envoyé à Venise et Tortona (Italie).

Il fit son noviciat en 1933-1934, et professa solennellement dans les mains du Fondateur, don Luigi Orione (voir au 12 mars).

Ordonné prêtre en 1936, il travailla au Petit Cottolengo de Gênes.

En 1937, de retour en Pologne, il fut chargé de la Croisade eucharistique et de la catéchèse. En 1939, il s’occupa du Petit Cottolengo et de la paroisse du Sacré-Cœur de Włocław.

Il continua son apostolat avec zèle même quand la guerre se déclencha.

Le 7 novembre 1939, il fut arrêté dans la rafle générale organisée par la Gestapo. Il fut prisonnier dans une maison de Salésiens transformée en prison.

Le 15 décembre 1940, il fut conduit à Dachau, avec le numéro 22666.

Il s’épuisa et perdit la santé dans l’exploitation agricole où on le mit. Il souffrit d’engelures, de malnutrition, et fut finalement emmené au château de Hartheim (Linz), le 10 août 1942 ; il avait trente-quatre ans.

La date ci-dessus est celle retenue dans le Martyrologe pour son dies natalis. Dans des bulletins de l’Institut de Don Orione, il est dit qu’il fut conduit à Hartheim le 10 août, et qu’il mourut (gazé) le 13 septembre.

 

Il a été béatifié en 1999.

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 10:19

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires.

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté).

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 23:00

09 AOUT

III.

S Romanus, soldat martyr à Rome, touché par le martyre de s.Laurent.

IV.

S Domitien, évêque à Châlons-en-Champagne.

?

S Antonin, martyr brûlé vif en Alexandrie.

SS Amour et Viateur, martyrs en Franche-Comté (Saint-Amour) ; ils seraient de la légion thébéenne.

V.

S Martin, martyr espagnol, disciple de s.Martin et lapidé à Brive.

S Samuel, prêtre près de Constantinople, auteur d'ouvrages contre nestoriens, eutychéens et timothéens.

VI.

SS Felim, évêque à Kilmore, et Nath í, fondateur du monastère de Achonery, irlandais.

S Erneus, abbé à Ceaucé.

VIII.

SS Julien et Marcien, martyrs de l'iconoclasme à Constantinople.

IX.

B Hathumar (Hadumar, Harimar), premier évêque à Paderborn.

XI.

B Maurille, évêque à Rouen, après avoir été abbé à Florence, où les moines tentèrent de l'empoisonner.

S Falco, ermite dans les Abruzzes.

XIII.

B Giovanni de Salerne, dominicain, envoyé à Florence par s.Dominique.

XIV.

S Giovanni de Fermo, ermite franciscain sur le mont Alverne, captivé par la Passion du Christ dès son enfance.

XV.

Ste Beatriz de Menezes da Silva, noble portugaise, fondatrice à Tolède des Conceptionnistes, en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie (le 17 août au Martyrologe).

XVI.

B Richard Bere, chartreux londonien martyr.

XVIII.

B Claude Richard, bénédictin à Moyenmoutier (Vosges), martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse Juana Josefa Cipitria y Barriola (Candida María de Jesus, 1845-1912), servante basque espagnole, fondatrice de la congrégation des Filles de Jésus, pour l'éducation des jeunes filles, béatifiée en 1996.

Bse Barbara Marianne Cope (Koob, 1838-1918), de famille allemande émigrée aux Etats-Unis, des Sœurs de Saint-François, dédiée aux lépreux à Honolulu, béatifiée en 2005, canonisée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, sept profès nés en Colombie : Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban), Rubén de Jésus López Aguilar, Ramón Ramírez Zuluaga (Melchiades), Luis Ayala Niño (Arturo), José Velázquez Peláez (Juan Bautista), Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar), Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio) (*1907, 1908, 1909, 1909, 1909, 1913, 1913) ;

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : près de Huesca, le prêtre Faustino Oteiza Segura (F. de N.Dame des Douleurs, *1890), et le convers Francisco Felipe Naya (Florentín de S.François Borgia, *1856) ;

Disciples de Jésus : près de Toledo, le prêtre Guillermo Plaza Hernández (*1908) ;

- béatifié en 1997 :

Evêques : à Barbastro, Florentino Asensio Barroso (1877-1936) ;

- béatifié en 2001 :

Capucins : près de Valencia, le prêtre José María Garrigues Hernández (Germán de Carcagente, *1895) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Toledo, Francisco López-Gasco Fernández-Largo (*1888) ;

Salésiens : à Madrid, le profès José María Celaya Badiola (*1887) ;

Lasalliens : à Barcelone, Josep Figuera Rey (Llorenç Gabriel, *1912) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Madrid, Antonio Mateo Salamero (*1864) ;

Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : près de Tarragona, Joan Vallés Anguera (*1872) ;

Fils de la Sainte-Famille : à Barcelone, Narcís Sitjá Basté (*1867) ;

Bénédictins : près de Huesca, le prêtre Mariano Sierra Almázor (*1869) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, le prêtre Julián Pozo Ruiz de Samaniego (*1903) ;

Lasalliens : près de Lleida, Josep María Aragones Mateu (Lleonard Josep) et Mateo Molinos Coloma (Dionisio Luis) (*1886, *1890) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, les prêtres Cayetano Giménez Martín et Lorenzo Palomino Villaescusa (*1866, 1867).

Ste Edith Stein (Teresa Benedicta de la Croix, 1891-1942), onzième enfant d'une famille juive polonaise, philosophe puis carmélite, arrêtée à Echt, exécutée à Auschwitz, offrant sa vie pour les Juifs et les Allemands, co-patronne de l'Europe avec les stes Catherine de Sienne et Brigitte de Suède ; béatifiée en 1987, canonisée en 1998.

B Franz Jägerstätter (1907-1943), père de famille autrichien, pendu à Berlin par des nazis, béatifié en 2007.

Bx Zbigniew Adam Strzałkowski (*1958) et Michał Tomaszek (*1960), Frères mineurs polonais, abattus au Pérou en 1991, béatifiés en 2015.

Romanus de Rome

† 258

 

Romanus semble bien être ce soldat dont il est question dans le martyre de s.Laurent (v. 10 août).

Si le récit est authentique, Romanus fut profondément touché par le courage de Laurent, se convertit sur place et demanda le baptême.

Laurent baptisa Romanus, qui fut immédiatement décapité, le 9 août 258.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 9 août.

 

 

Felim de Kilmore

6e siècle

 

Cet Irlandais bénéficie d’une dizaine de variantes pour son nom : Feidlimid, Feidhlimidh, Felimy, Feidhilmethie, Feidlimthe, Fedlimidh, Phelim, Phelime.

Il vécut au sixième siècle, son père se nommant Carill et sa mère Dediva (avec des variantes là aussi : Editua, Dedi, Deidi, Deighe, Deidiu, Deaga, Mediva). Cette dernière était la petite-fille du grand poète Dubhthach moccu Lughair. La même Dediva avait d’autres enfants, presque tous connus comme Saints (Senan, Caillin, Mainchin, Daigh, Diamaid, Senchán et une fille, Femia) ; seuls Daigh et Femia étaient réellement frère et sœur de Felim.

Felim vécut en ermite près de Kilmore, où il fonda un monastère et passe aussi pour y avoir été évêque.

Saint Felim de Kilmore est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain, sous la forme Fedliminus).

 

 

Nath Í d’Achonry

6e siècle

 

Très peu connu, l’Irlandais Nath Í vécut au sixième siècle.

D’après une Vita très tardive, il serait né dans la province de Leyney (auj. Sligo), descendant de Conamel, frère du chef local Diarmait, qui reçut une bénédiction spéciale d’un s.Cormac.

 Nath Í, surnommé le prêtre (cruimthir), est désigné comme Nath Í of Achad Cain Conairi.

Il aurait étudié sous s.Finnián de Clonard (v. 12 décembre), sur le conseil duquel il fonda ensuite le monastère d’Achad Cain (act. Achonry), sur un terrain généreusement mis à disposition par le roi de Luigne, Cennfáelad. et en aurait été l’abbé. L’abbaye aurait donné naissance au diocèse de Achonry.

Un des disciples de Nath Í fut s.Féchín de Fore (? v. 14 février ou 20 janvier). Nath Í reçut la visite des ss. Columba, Comgall et Cainnech.

La date de la mort de Nath Í reste très incertaine.

Son culte fut approuvé en 1903.

Saint Nath Í d’Achonry est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain.

Falco de Palena

11e siècle

 

Falco serait né à Taverna (Italie S), au 11e siècle.

Il appartenait à une communauté de moines basiliens à Pesaca, mais cette communauté dut chercher refuge dans les Abruzzes et, à la mort du supérieur Ilarione et de son successeur Nicola, les membres se retirèrent chacun dans la vie érémitique.

Falco s’établit ainsi près de Palena.

Il y mourut saintement et l’on attribua à son intercession la libération de cinquante-deux énergumènes dans la cité de Gioia dei Marsi.

Son culte fut confirmé en 1893 et le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux au 9 août, situant Palena en Calabre, par erreur, au lieu de dans les Abruzzes. 

 

 

Giovanni Quarna de Salerno

1190-1242

 

Il ne s’agit pas de l’un des princes lombards du 10e siècle.

Giovanni Quarna naquit en 1190 à Salerno, dans une noble famille normande.

De saint Domingo lui-même (v. 6 août), il reçut à Bologne non seulement l’habit de l’Ordre des Prêcheurs (Dominicains), mais aussi sa formation. Il fut tellement fidèle à saint Domingo, qu’on disait qu’il en avait totalement reçu l’esprit.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Toscane, à la tête de douze compagnons, malgré son jeune âge. Parvenus à Florence, ils commencèrent à prêcher et Giovanni sut conquérir l’estime de la population, qui accourut à sa prédication. Beaucoup de gens se convertirent.

Les douze Prêcheurs purent s’établir sur place et Giovanni fut chargé de réformer le monastère bénédictin de Sant’Antimo.

En 1221, Giovanni apprit que Domingo était à la mort et se hâta de le rejoindre à Bologne, où il put encore recevoir sa bénédiction.

Revenu à Florence, il continua sa prédication, combattant énergiquement l’hérésie patarine.

Il fonda en 1230 le monastère de San Jacopo à Ripoli pour les moniales, première communauté féminine dominicaine en Toscane.

Le 9 août 1242, il s’endormit dans le Seigneur.

Son culte fut confirmé en 1783.

 

 

Giovanni de Fermo

1259-1322

 

Giovanni de Fermo, comme l’indique son nom, était né à Fermo (Marches, Italie CE), de famille aisée.

Cette aisance ne le toucha pas. Au contraire, il eut une enfance obsédée par le mystère de la Passion du Sauveur. Il en pleurait la nuit jusqu’à tremper le drap autour de sa tête. Il se mortifiait de son mieux avec des guirlandes d’orties sur le peau. Il se mettait les genoux en sang par de raides génuflexions sur la terre dure.

En 1269, il entra chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin.

Ayant trouvé une vieille cuirasse, il monta au clocher pour être tranquille, et à coups de hache il l’adapta à sa taille juvénile ; il la porta sous ses vêtements jusqu’à ce qu’on eût découvert cet équipement insolite. On peut se demander comment il put se rendre incognito dans ce clocher et surtout y travailler tranquillement son armure, sans que le bruit ait suscité la moindre inquiétude parmi les moines ; mais le récit ne le précise pas.

Aspirant à une plus grande solitude, Giovanni passa en 1272 (ou 1292) chez les Frères Mineurs, disciples de saint François. Ce dernier était mort en 1226 : sur la prière de Giovanni, François lui apparut et lui montra ses stigmates.

Il avait coutume de marcher les  yeux au ciel ; quand on lui suggéra de regarder où il posait les pieds pour éviter de se blesser, il répondit qu’il était préférable de s’occuper de l’esprit plutôt que des pieds.

Il vivait des périodes de quarante jours (carêmes) en l’honneur du Saint-Esprit, de la Vierge Marie, des Anges.

Il eut aussi la consolante présence de son Ange gardien. Grand dévôt des âmes du Purgatoire, il en vit une longue procession qui, le jour du 2 novembre, sortaient du Purgatoire pour monter au Ciel.

Fervant de la mortification, il vécut longtemps sur le Mont Alverne dans de grandes austérités. C’est pour ce motif qu’on l’a aussi nommé Giovanni de l’Alverne (en italien : della Verna). Il n’avait, même en hiver, qu’une tunique grossière et des fémoraux, avec un manteau ; il lui arrivait de rejoindre le chœur couvert de neige. Sa cabane n’avait pas de lit ; il couchait à terre. Même saint François, dans une apparition, lui aurait suggéré d’adoucir ces mortifications.

Bien que peu instruit, il connaissait bien l’Ecriture Sainte et savait s’en servir pour prêcher. Il parcourut l’Italie septentrionale et centrale, ramenant à la Vérité les pécheurs et les hérétiques. 

Il fit des miracles, il prophétisa, il pénétrait les cœurs et lisait dans les âmes, aidant ainsi les pénitents à accuser leurs fautes.

Giovanni mourut le 9 août 1322 et son culte fut approuvé en 1880.

 

 

Beatriz de Menezes da Silva

1424-1492

 

Il y a des différences de dates pour la naissance et la mort de Beatriz. On a choisi ici celles qui semblaient plus officielles.

Cette «bienheureuse» naquit vers 1424 à Campo Maior (Portugal), un des onze enfants de Rui Gomes da Silva, gouverneur de Campo Maior, et d’Isabel de Menezes.

Rui Gomes avait reconquis le Portugal sur les Musulmans. Un frère de Beatriz fut João, connu comme Amadeus de Portugal, grand mystique et bienheureux, qui réforma l’Ordre franciscain.

Beatriz grandit à la cour de l’Infant Juan dont, en 1447, elle accompagna la fille, Isabel, qui devait épouser Juan de Castille.

Le diable brisa cette belle amitié en suscitant la jalousie d’Isabel envers la beauté de Beatriz et elle l’enferma dans un cachot humide.

Cependant, Beatriz eut là une apparition de la Vierge Marie, qui lui demanda de fonder un Ordre marial. Elle aurait eu aussi des apparitions de saint François d’Assise et de saint Antoine de Padoue.

Ayant pu s’échapper, Beatriz se réfugia dans le couvent dominicain de Tolède, pendant trente-sept ans.

En 1484, elle fonda une nouvelle branche, les Conceptionnistes, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, auquelles elle donna d’abord la règle cistercienne. Cette fois-ci, Isabel, fille de Juan II, protégea la fondation.

Beatriz mourut le 9 août 1492 (on trouve aussi le 1er septembre).

En 1501, le pape leur fit adopter la règle de sainte Claire, puis en 1511, leur donna une règle propre, donnant ainsi naissance à l’Ordre de l’Immaculée Conception, qui comporte aujourd’hui quelque trois mille moniales, dans environ cent cinquante monastères, en Europe et au Brésil.

Rappelons que le dogme proprement dit de l’Immaculée Conception ne fut proclamé qu’en 1854, mais était déjà en honneur parmi certains théologiens, comme le franciscain John Duns Scotus († 1308, voir au 8 novembre)

Beatriz fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1976.

Le Martyrologe la mentionne au 17 août.

 

 

Richard Bere

? -1537

 

Richard naquit à Glastonbury (Somerset, Angleterre) et y serait devenu abbé entre 1493 et 1525.

Il entra en 1523 à la Chartreuse de Londres, où les moines furent invités à signer l’Acte de Suprématie, reconnaissant l’autorité du roi sur celle du Pape. Les moines refusèrent.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, notre Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Claude Richard

1741-1794

 

Ce prêtre fidèle était né le 19 mai 1741 à Lérouville (Meuse).

Bénédictin, il appartenait à l'abbaye Saint-Léopold de Moyenmoutier (Vosges) et était l’aumônier des Religieuses du Saint-Sacrement de Nancy.

Condamné à la déportation pour son sacerdoce, il fut abandonné avec des centaines d'autres prêtres à bord des navires négriers bloqués à La Rochelle. Le père Richard se trouva à bord du Deux Associés.

Devant l’extrême pénurie d’infirmiers, il s’offrit lui-même pour assister les victimes de la contagion, pour le plus grand réconfort des malades.

Il fut lui-même gagné par la contagion et connut une agonie très douloureuse.

Il mourut le 9 août 1794 sur l'Ile Madame, là où l’on débarquait les mourants, qu'on enterrait ensuite sur cette île.

Claude Richard fut béatifié en 1995. 

Juana Josefa Cipitria y Barriola

1845-1912

 

Juana naquit le 31 mai 1845 en Pays Basque, à Berrospe (Andoain, Guipuzkoa), d’un père tisserand, et pauvre.

La famille s’installa en 1854 à Tolosa, puis à Burgos. Plus tard encore, Juana vint à Valladolid, puis à Salamanque.

La pauvreté des petites gens la toucha profondément et elle voulut les soulager. Elle disait : Là où il n’y a pas de chambre pour les pauvres, il n’y en a pas non plus pour moi.

En 1868, elle rencontra un père jésuite, Miguel José Herranz, qui la suivit spirituellement.

Le Vendredi Saint 1869, elle eut une vision du Christ, qui lui demandait de fonder une nouvelle famille religieuse, pour la formation et l’instruction des enfants et des jeunes. La Sainte Vierge était là aussi, qui lui répétait toutes les paroles du Christ. Le lendemain, à l’église, elle eut une nouvelle vision de ce que Dieu attendait d’elle.

Aidée par les conseils du père Herranz, elle fonda à Salamanque, le 8 décembre 1871, cette nouvelle congrégation : la Congrégation des Filles de Jésus, ou jésuitines, vouées à l’éducation apostolique des enfants. Juana prit alors le nom de Cándida María de Jésus

Elle ouvrit des maisons en diverses localités espagnoles (Arévalo, Peñaranda de Bracamonte, Segovia, Medina del Campo) puis en Pays basque, et jusqu’au Brésil (1911). Actuellement, les Filles de Jésus sont présentes dans dix-sept pays.

La congrégation avait reçu l’approbation papale en 1901

Cándida s’éteignit à cette vie terrestre le 9 août 1912 à Salamanque, fut béatifiée en 1996, et canonisée en 2010.

 

 

Barbara Koob

1838-1918

 

Née le 23 janvier 1838 à Heppenheim (Hesse, Allemagne), Barbara émigra avec ses parents, de pauvres agriculteurs, aux Etats-Unis. Ils s’installèrent à Utica (New York), et leur nom fut alors officialisé en Cope.

Elle interrompit l’école pour s’occuper, à quinze ans, des ses parents malades et de ses six frères et sœurs.

En 1862, elle entra chez les Franciscaines de Syracuse, qui travaillaient pour la scolarisation d’enfants immigrés allemands (et qui plus tard collaboreront à la fondation des cinquante premiers hôpitaux des Etats-Unis).

Barbara prit alors le nom de Marianne ; elle prononça ses vœux en 1863. Elle enseigna, devint maîtresse des novices, et supérieure du couvent, avant d’être finalement supérieure du premier hôpital de Syracuse.

En pleine harmonie avec l’esprit de saint François d’Assise, Marianne s’occupa de tous les malades, sans distinction de race, de religion, de nationalité, de couleur, tout en donnant une priorité aux pauvres, aux alcooliques et aux mères célibataires.

L’évêque d’Honolulu ayant lancé un appel pour l’évangélisation de l’archipel des Hawai, Marianne releva l’invitation. Il y avait des lépreux dans cet archipel, sur l’île de Molokai, où l’on abandonnait les malades pour les isoler. Or Marianne se souvenait que saint François était un jour allé au-devant d’un lépreux et l’avait embrassé.

Elle trouva quelques volontaires et partit, en 1883. Mais son hôpital à Syracuse ? Une autre supérieure y fut nommée, et l’on garda Marianne aux îles Hawai.

La première tâche fut d’organiser une école pour les petites filles, et un hôpital sur l’île Maui.

En 1888, elle accosta à Molokai, où elle retrouva le père Damian de Veuster, qui mourut de la lèpre en 1889.

Marianne ouvrit une école pour les garçons, une autre pour les filles, planta des arbres et des fleurs pour rendre plus agréable le paysage ; comme le père Damian, elle fit chanter les enfants, leur apprit la musique. Maternellement elle leur fit confectionner des habits corrects : elle était leur mère.

Si généreux que fût son exemple, elle reçut des critiques sur ses méthodes, car il est toujours plus facile de critiquer que de faire quelque chose de mieux.

Marianne se dépensa sans compter jusqu’à son quatre-vingtième anniversaire. Elle ne fut jamais contagiée par la lèpre. Une maladie des reins fit plier cet arbre si robuste ; une attaque cardiaque mit fin à cette vie généreuse.

Marianne mourut le 9 août 1918 à Kalaupapa, fut béatifiée en 2005 et canonisée en 2012.

 

 

Francisco Felipe Naya

1856-1936

 

Il vit le jour à Alquézar (Huesca), de Miguel et Francisca, d’humbles ouvriers, le 10 octobre 1856, jour de la fête de saint Francisco de Borgia, dont il porta le nom. Sa sœur aînée, Joaquina, fut religieuse capucine au couvent de Huesca.

Jeune homme, après l’école élémentaire, il vint travailler chez un couple aisé d’Alquézar, qui avaient aussi une maison à Barbastro. Là, Francisco connut les Pères des Ecoles Pies (Piaristes).

Entré au noviciat de Peralta de la Sal en 1876, il fit la profession en 1880 comme Frère convers, avec le nom de Florentín de saint François Borgia.

Tandis qu’il s’efforçait de compléter sa culture par la lecture, le calcul et l’écriture, on lui confia le travail de la cuisine et du réfectoire, qu’il accomplit fidèlement (et avec succès) en diverses maisons de la Congrégation : Saragosse, Tafalla, Daroca, Caspe, Molina de Aragón, Pamplona, Alcañiz et, finalement, de nouveau à Peralta de la Sal à partir de 1929.

Chaque fois qu’il quittait une communauté, on était triste, tant il rayonnait de bonté et de fidélité.

Cette année-là, donc, le Frère avait soixante-douze ans, sa vue baissait, l’ouïe aussi, et il souffrait de son estomac. Tant qu’il put, il aida à sa façon ; quand il ne put aider matériellement, il passa tout le temps qu’il pouvait à prier, à adorer, à méditer.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit et brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison. Si le Frère Florentín ne voyait ou n’entendait pas tout, il comprenait très bien la situation. Il priait.

Le 9 août après-midi, on vint les chercher pour aller à Fonz où ils devaient être jugés. Simple prétexte pour masquer la réalité du martyre. Le père Faustino le dit au Frère. Les yeux de ce dernier s’illuminèrent et il répondit : Dites, Père, nous allons au Ciel ? Eh bien, qu’est ce qu’on va faire, si Dieu le veut ainsi ! (¿Qué dice, Padre, que nos vamos al cielo ? ¡Pues qué vamos a hacer, si así lo quiere Dios !).

Il renouvela sa consécration, demanda la bénédiction du prêtre, remercia les Dames qui les avaient hébergés, et monta dans le camion qui les attendait, devant toute une foule qui regardait en silence.

A quelques kilomètres de Azanuy, on les fit descendre, s’écarter une centaine de mètres de la route, et on les fusilla. On tenta de mettre le feu à leurs cadavres.

Le Frère Florentín était le plus âgé de ceux qui furent assassinés dans cette communauté : il avait presque quatre-vingts ans.

Il mourut le 9 août 1936 et fut béatifié en 1995.

 

 

Antonio Mateo Salamero

1864-1936

 

Antonio vit le jour le 24 septembre 1864 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).

Prêtre, il appartenait au diocèse de Madrid.

C’était l’aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes à Griñon (Madrid), où il avait été nommé en 1929.

Il fut martyrisé à Torrejon de la Calzada (Madrid) le 9 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Cayetano Giménez Martín

1866-1936

 

Cayetano Giménez Martín naquit le 27 novembre 1866 à Alfornón (Sorvilan, Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en  1890 et nommé vicaire en plusieurs paroisses, dont Alboloduy, puis curé de la paroisse de l’Incarnation et archiprêtre de Loja.

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 9 août 1936.

Cayetano Giménez Martín devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Lorenzo Palomino Villaescusa

1867-1936

 

Lorenzo Palomino Villaescusa naquit le 22 août 1867 à Salobreña (Grenade, Espagne).

En 1888, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1895.

D’abord vicaire à Adra (Almería), il fut nommé à Salobreña.

Il exerça un moment à la paroisse du Pilar à Córdoba (Argentine) et revint à Salobreña en 1918, comme vicaire, chargé de Lobres.

Il fut martyrisé à Salobreña le 9 août 1936, veille de la fête de s.Laurent.

Lorenzo Palomino Villaescusa devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Narcís Sitjà Basté

1867-1936

 

Narcís (ou Narciso) vit le jour le 1er novembre 1867, en la fête de tous les Saints, à Sant Andreu de Palomar (Barcelone), de Francisco et Teresa.

La famille compta en tout quatre religieux et religieuses.

En 1877, un père des Fils de la Sainte-Famille Jésus-Marie-Joseph, ouvrit un collège, où le petit Narcís fut inscrit en 1880.

En 1883, il y fit une première profession et fut remarqué pour son esprit d’obéissance à la Règle, son zèle pour l’enseignement et la catéchèse. C’était un bon directeur d’âmes. Le Supérieur lui demanda plusieurs fois de prêcher les retraites dans l’Institut.

Il eut aussi des responsabilités dans le gouvernement de la congrégation.

En 1936, le père Narcís se trouvait à Les Corts, d’où il rejoignit son pays, Sant Andreu. Discrètement, il fit de l’apostolat, jusqu’au jour où des miliciens vinrent fouiller la maison.

Le 9 août, ils se présentèrent ; le père Narcís ne cacha pas son identité sacerdotale.

On l’emmena, sans lui laisser le temps de se chausser ou de prendre sa carte d’identité. Le père Narcís n’eut que le temps de dire aux siens Adieu, au Ciel !

Quelques secondes plus tard, on entendit des coups de feu. C’était le 9 août 1936.

On retrouva le cadavre du prêtre le lendemain, la main levée pour donner la bénédiction aux bourreaux.

Le père Narcís fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Sierra Almázor

1869-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Mariano était né le 25 février 1869 à Alquézar (Huesca, Espagne).

Il étudia au monastère bénédictin de Treviño, passa à l’abbaye de Montserrat, où il fit la profession (1886) et rejoignit la communauté de El Pueyo. Il fut ordonné prêtre en 1892.

Il enseignait la géographie aux jeunes garçons. A l’occasion il prêtait concours dans les paroisses voisines.

Dès le 15 juillet 1936, avant même l’explosion révolutionnaire, il avait dit à une dame de Barbastro : Si nous ne nous revoyons plus, au Ciel ! Ce jour-là, il avait présidé la fête de Notre-Dame du Carmel à Salas Altas, chez les Carmélites.

C’était le plus ancien de la communauté des Bénédictins de El Pueyo.

Le 21 juillet, il tenta de rejoindre le Mesón, où des gens de son pays (et peut-être même parents), avaient une propriété. Mais il se mit sur la route avec son habit bénédictin, ce qui le fit immédiatement reconnaître.

Les miliciens le surprirent sur la route de Huesca, et l’emmenèrent en prison à Barbastro.

Le pauvre Père fut bien réconforté de se retrouver avec ses Confrères dans cette prison, mais cette «joie» ne devait pas durer longtemps.

Un matin très tôt - apparemment le 26 juillet - un milicien armé et menaçant appela Mariano Sierra. On ne devait plus le revoir.

On put savoir qu’on l’emmena d’abord à El Pueyo, au monastère, toujours au sujet des soi-disant armes cachées. Le père Mariano ne pouvait dire autre chose que ce qu’avait dit le Prieur précédemment, à savoir qu’il n’y avait jamais eu d’armes dans le monastère, aussi les miliciens tentèrent de l’effrayer en tirant près de lui des coups de fusil, faisant semblant de le tuer. A un moment, il s’évanouit et tomba. On le réanima avec une bonne dose de vin, on le reconduisit à la prison de Barbastro, puis à la prison municipale.

La raison de cet épisode fut en réalité une rivalité entre deux miliciens, dont l’un accusa l’autre d’avoir remis des armes au père Mariano à El Pueyo. Après cet incident, le Père fut «oublié», ce ne fut qu’une dame visiteuse qui le reconnut et qui lui porta à manger.

Les méchancetés diverses continuèrent ainsi tous les jours, jusqu’au 9 août 1936, jour où le père Mariano fut probablement exécuté dans le groupe dont faisait partie l’évêque de Barbastro. On avance cependant parfois la date de la mort du Bénédictin au 2 août.

Le père Mariano Sierra Almázor fut béatifié en 2013.

Joan Vallés Anguera

1872-1936

 

Joan vint au monde le 21 décembre 1872 à Darmós (Tortosa, Espagne).

En 1897, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre en 1898.

Il travailla à Murcia, à Cuernavaca (Mexique), Jaén, Barcelone, Ségovie, Tarragone, Belchite, Séville.

Il reçut la palme du martyre dans son pays natal, Darmós, le 9 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires. 

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des  d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté). 

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

 

 

José María Celaya Badiola

1887-1936

 

Il vit le jour le 24 février 1887 à Azcoitia (Guipuzcoa, Espagne).

En 1903, il entra comme aspirant chez les Salésiens de Villaverde de Pontones (Cantabria) et, l’année suivante commença son noviciat à Carabanchel Alto, comme coopérateur, avec la responsabilité de cordonnier.

En 1906, il fit la profession.

En 1917, il partit à Camagüey (Cuba), où il resta deux ans seulement, à cause de sa santé. Il dut passer une longue période de repos à Carabanchel Alto ; il y retourna une seconde fois, puis fut nommé en 1934 à Mohernando (Guadalajara).

Le Frère était atteint d’une paralysie progressive, qui lui rendait la vie de plus en plus douloureuse.

Quand il fallut évacuer le collège en 1936, les miliciens lui permirent dans un premier temps de rester dans la maison, mais quand il fallut l’évacuer définitivement le 3 août, José María fut bien contraint d’accompagner ses Confrères à Madrid. Le voyage fut un réel tourment pour ce saint homme. Dans la capitale, les Religieux furent d’abord réunis au centre de la Gauche Républicaine, puis à la Direction Générale de Sécurité.

José María n’arrivait pas à descendre une marche. Un jeune Frère suggéra de la lui faire passer avec une chaise, mais la seule réponse des miliciens fut que c’étaient les curés qui étaient responsables de la guerre. Le croyant prêtre aussi, ils accusèrent José María d’avoir empoisonné le peuple avec ses sermons. 

Pendant une demi-heure, les Religieux (avec José María), durent rester debout face au mur les mains en l’air. Le pauvre José María demandait instamment de pouvoir prendre seulement son médicament dans sa valise. Refus impitoyable. 

Le 4 août à deux heures du matin, José María passait avec d’autres Salésiens de Mohernando à la prison de Ventas. Son calvaire allait parvenir au paroxysme. 

Voyant que son état s’aggravait, on l’envoya à l’infirmerie, où on lui fit une «mystérieuse» injection.

José María Celaya Badiola s’éteignit alors, le 9 août 1936.

Son cadavre resta là quelque temps, exposé aux moqueries grossières des miliciens.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

 

Francisco López-Gasco Fernández-Largo

1888-1936

 

Il vit le jour le 4 octobre 1888 en la fête de saint Francesco d’Assise, dont il reçut le nom au baptême, le lendemain. Il fut même confirmé dès le 20 octobre, selon une coutume de l’époque.

En 1901, il entra au Petit séminaire de Tolède, puis au Grand. 

Son archevêque l’envoya terminer sa théologie à Rome, où il passa la licence et le doctorat en théologie ; il y fut ordonné prêtre, en 1914.

De retour dans son pays, il fut d’abord professeur au séminaire et aumônier des Frères Maristes de Tolède ; en 1918, vicaire à la paroisse Saint-Jacques de Tolède, puis curé à Cuerva.

Il fonda une pieuse union pour les jeunes, Alliance en Jésus par Marie, aujourd’hui institut séculier.

En 1936, il était curé de Villa de Don Fadrique (Tolède).

Dès le 18 juillet, il se réfugia dans la maison de son sacristain, où il continuait de recevoir et de confesser, sans se cacher. Il savait ce qui l’attendait et s’y préparait tranquillement.

Il fut arrêté le 3 août 1936. On le maltraita de toutes les façons ; il refusa de blasphémer ; on lui coupa une oreille ; la nuit du 8 au 9 août, on tenta de l’assommer comme une bête, ainsi que les autres prisonniers avec lui. Dans leur rage, les bourreaux ne s’aperçurent même pas que le prêtre n’avait pas expiré : ils emmenèrent toutes les victimes et au lieu-dit La Media Luna, les jetèrent du camion ; le corps du prêtre se renversa sur les autres cadavres, et un des bourreaux, après s’être encore bien moqué de lui, lui assena un formidable coup de matraque qui lui écrasa le crâne.

C’était le 9 août 1936. Don Francisco fut béatifié en 2007.

 

 

Faustino Oteiza Segura

1890-1936

 

Il vit le jour le 14 février 1890 à Ayegui (Navarre), de Isidoro et Ángela, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Vers quatorze ans, une grave pneumonie faillit l’emporter. Il reçut le Saint Viatique.

Rétabli, il voulut entrer chez les Pères des Ecoles Pies, en 1905.

Il fit la profession simple en 1907, avec le nom de Faustino de Notre-Dame des Douleurs, et la profession solennelle en 1912.

Ordonné prêtre en 1913, il fut chargé d’enseigner aux enfants à Peralta de la Sal ; il y resta vingt-trois ans.

Il souffrit patiemment la maladie de Parkinson, tout en accomplissant fidèlement sa mission.

Il fut aussi maître des novices.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison.

Les deux Religieux furent à leur tour appelés, le 9 août 1936 pour aller être jugés. 

Parvenus à Azanuy, les miliciens les firent descendre du camion, parcourir une centaine de mètres à l’écart de la route. Au moment d’être fusillé, le père Faustino reconnut parmi les miliciens un de ses élèves et lui dit : Antonio, tu vas tuer ton maître ? L’autre s’enfuit en sanglotant.

On tenta de mettre le feu aux deux cadavres. 

Les deux Religieux furent béatifiés en 1995.

 

 

Mateo Molinos Coloma

1890-1936

 

Il vit le jour le 21 août 1890 à Forcall (Castellón).

Il commença le noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1906, passa au noviciat, fit la profession en 1918 et prit le nom de Dionisio Luis.

Les lieux de son activité furent Tarragona et Bonanova ; professeur pendant douze ans, il y fut nommé préfet, puis directeur (1932). 

Après quatre années, arriva la révolution de 1936.

Il se trouvait avec le Frère visiteur (Leonardo José, alias José María Aragones Mateu) à La Seo de Urgel et préparait les retraites. Ils s’efforcèrent de gagner Barcelone pour être avec les autres Frères, mais ils ne purent que trouver à se loger dans un hôtel le 22 juillet, toute communication étant impossible.

Le 7 août, ils sollicitèrent un sauf-conduit, mais le miliciens les trouvèrent «suspects», vinrent fouiller leur chambre à l’hôtel, et arrêtèrent l’autre Frère.

Le 9 août, voyant qu’ils allaient être fusillés, ils s’embrassèrent et tombèrent sous les balles, vers Traverseras, au lieu-dit Baños de Sugrañes (Lleida).

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

José María Garrigues Hernández

1895-1936

 

Il vit le jour le 12 février 1895 à Carcaixent, de Juan Bautista et María Ana, fut baptisé le jour-même.

Il y eut huit enfants dans cette belle famille chrétienne, dont trois furent Capucins. Le papa appartenait à diverses associations pieuses, y compris le Tiers-Ordre franciscain.

Sur les traces de son aîné Domingo, José María entra au Séminaire Séraphique de Massamagrell, prit l’habit en 1911, professa en 1912, avec le nom de Germán de Carcagente, et fit la profession solennelle en 1917.

Il fut ordonné prêtre en 1919.

Son activité principale fut l’apostolat auprès de la jeunesse et des pauvres. Il enseigna à Totana (Murcia) et à Massamagrell. Il fut sous-maître des novices à Ollería et Alcira (1926) ; dans cette dernière localité, il s’occupa aussi de l’école des petits enfants et organisa une schola cantorum.

Dès février 1936, il fallut abandonner le couvent d’Alcira et rejoindre celui de Valencia.

En juillet, il se réfugia avec un frère dans leur pays. Tous les édifices religieux partirent en flammes, ainsi que le matériel. Beaucoup de catholiques, même laïques, furent assassinés.

Trois miliciens se présentèrent au soir du 9 août pour fouiller ; ils en sortirent tout ce qu’ils y trouvèrent comme images et crucifix, qu’ils firent brûler dans la rue ; puis un voisin leur fit remarquer que l’homme qui les avait accompagnés était un Religieux. Ils l’emmenèrent au Comité, une heure après à la Garde Civile, convertie en prison, et se livrèrent à son encontre à une série de moqueries et de mauvais traitements.

Vers minuit de ce 9 août 1936, ils l’emmenèrent près du pont de chemin de fer sur le Júcar. En descendant du véhicule, le père Germán s’agenouilla, baisa les mains de ses bourreaux et leur pardonna : Je vous pardonne, parce que je sais que vous allez me tuer.

Une première salve le fit tomber un peu plus bas, les bourreaux le rejoignirent et tirèrent une seconde fois.

Le lendemain, le juge ordonna de relever la dépouille du Père. A l’hôpital, les Religieuses le reconnurent : son visage portait encore son habituel sourire.

Le père Germán ayant été exécuté «vers minuit», on trouve parfois la date de sa mort au 10 août. Le Martyrologe la mentionne au 9 août.

Il fut béatifié en 2001.

 

Julián Pozo Ruíz de Samaniego

1903-1936

 

Il vit le jour le 7 janvier 1903 à Payueta, de Toribio et Micaela, et fut baptisé le 9. Quoique inconnu, le martyr saint Julien qui se trouve parmi les Saints du 7 janvier, fut le patron de notre Julián.

Sa mère fut veuve et se remaria.

Il reçut la confirmation en 1912.

Les détails que nous connaissons de lui, proviennent de sa propre biographie, qu’il écrivit durant le noviciat.

Il raconte qu’il eut dès l’enfance le désir d’être prêtre et missionnaire.

Il entra à dix ans au collège des Pères Rédemptoristes de El Espino (Burgos).

En 1915, il rejoignit le nouveau collège de Cuenca, où il prit l’habit en 1919 et commença le noviciat.

Il y eut un petit incident juste avant la vêture : les supérieurs jugèrent bon d’envoyer Julián se reposer un certain temps chez lui, pour reprendre des forces ; le garçon en fut tout étonné, pria ardemment la Sainte Vierge, et reçut quelques jours après l’invitation à se rendre à Nava del Rey (Valladolid), pour la vêture et commencer le noviciat (25 août 1919).

Il fit la profession en 1920 en même temps que son Confrère Miguel Goñi, et passa à Astorga pour les études sacerdotales. 

Julián fut cependant affecté d’une maladie chronique, qui limita ses possibilités et, de toutes façons, lui barra le chemin des missions. Cette maladie fut diagnostiquée comme le mal de Betcherew, dégénérant en une paralysie progressive des os de la colonne vertébrale et provoquant une insuffisance respiratoire. Il s’ensuivit une tuberculose chronique. Julián supporta cela avec un sourire imperturbable.

En 1921, il fut envoyé dans sa famille pour un temps de repos ; il put ensuite affronter les études, qu’il affronta courageusement, malgré les moments de faiblesse répétés. Il passa la fête du 15 août 1923 dans son lit, crachant le sang, mais encore plus convaincu de sa vocation parmi les Rédemptoristes.

Après un séjour à Nava del Rey pour se reprendre, il revint à Astorga et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut envoyé à Granada, où il put assister la Servante de Dieu Conchita Barrecheguren, elle aussi malade de tuberculose.

En 1927, il alla à Cuenca, où l’attendait le martyre. Seulement en 1933-1934, il fut confesseur des aspirants à El Espino, charge qu’il dut abandonner à cause d’un nouvel accès de sa maladie.

En 1928 déjà, il demanda à recevoir le Sacrement des Malades, qu’il reçut en pleine conscience de sa possible mort prochaine ; son Supérieur en informa la famille, parlant de lui comme d’un santito, petit saint.

La conjoncture politique lui fit peu à peu entrevoir l’éventualité du martyre, ce qui le comblait de joie.

Le 20 juillet 1936, il quitta le couvent avec un autre Frère, et ils furent reçus chez des amis. Le 25, ils allèrent loger au séminaire.

A partir du 31 juillet eurent lieu arrestations et exécutions. Le tour du père Julián arriva le 9 août ; il fut martyrisé avec un autre prêtre à quelques kilomètres de Cuenca. Au moment d’être fusillé, il demanda à conserver sa soutane. Quand il reçut la décharge, il cria encore Vive le Christ Roi !, et une seconde décharge l’acheva. On retrouva son corps, en position agenouillée, le chapelet à la main ; il avait reçu le martyre à trente-trois ans.

L’autre prêtre, Juan Crisóstomo Escribano García, prêtre diocésain, ne fait pas partie de la même cause de béatification que Julián.

Ce martyre eut lieu le 9 août 1936, et le père Julián fut béatifié en 2013, avec cinq autres Rédemptoristes : José Javier Gorosterratzu, Ciriaco Olarte, Miguel Goñi Áriz, Victoriano Calvo et Pedro Romero.

 

 

Martyrs Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu

† 1936 (9 août)

 

Sept Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, d’origine colombienne, avaient été envoyés de leur pays en Espagne pour compléter leur formation. Ils vivaient non loin de Madrid, à Ciempozuelos, occupés à soigner des malades mentaux, leur apportant toute l’aide possible pour leur santé physique et spirituelle.

Lors de la guerre civile espagnole, en 1936, le gouvernement communiste fit savoir à ces Religieux qu’ils devaient laisser l’établissement à des employés marxistes (qui ne connaissaient rien en matière de médecine ou de tenue d’un hôpital, n’ayant d’autre titre que d’être anticléricaux).

Les sept Frères furent mis en prison à Madrid.

L’ambassadeur de Colombie l’apprit et leur procura des passeports en règle, ainsi que des brassards aux couleurs de leur pays, pour leur faciliter la sortie d’Espagne à destination de leur patrie. De son côté, l’aumônier des Clarisses de Madrid leur remit l’argent nécessaire pour le voyage. Il les mit au train de Barcelone, tandis que l’ambassadeur invitait le consul de Colombie à Barcelone à aller les attendre en gare. Mais les gardes marquèrent tous les billets d’un signe particulier, convenu avec leurs camarades de Barcelone.

Le consul colombien à Barcelone avait déjà hébergé une soixantaine de catholiques dans son consulat, mais il voulait absolument venir en aide à ces Frères. Il se déplaça plusieurs fois à la gare, où le train n’arriva jamais. On finit par lui dire que ses sept concitoyens étaient en prison.

A la prison, on lui dit qu’il ne pouvait pas rencontrer ces Messieurs, sans une autorisation de la FAI (Fédération Anarchiste Espagnole) ; l’ayant obtenue, il se vit répondre qu’on ne pouvait libérer ces hommes, parce qu’ils avaient de faux passeports ; le Consul protesta que les passeports avaient été établis par l’ambassadeur, mais on lui affirma que l’écriture de certains d’entre eux était illisible ; chaque fois on lui disait de revenir plus tard.

Le 9 août au matin, on lui dit qu’ils avaient été transportés à l’hôpital : en réalité, on les avait assassinés durant la nuit.

Voici leur noms par ordre alphabétique ; on trouvera une notice pour chacun :  

  • Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio, né en 1913)
  • Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban, né en 1907)
  • José Velázquez Peláez (Juan Bautista, né en 1909)
  • Luis Ayala Niño (Arturo, né en 1909)
  • Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar, né en 1913).
  • Ramón Ramírez Zuluaga (Melquiades, né en 1909)
  • Rubén López Aguilar (Rubén de Jésus, né en 1908).

 

Tous les sept furent béatifiés en 1992.

 

 

Gabriel Maya Gutiérrez

1907-1936

 

Né à Pácora (Caldas, Colombie) le 19 mars 1907, Gabriel était le fils de Baudillo et Teresa, qui lui donnèrent une éducation très chrétienne.

Il fut confirmé en 1909.

En 1932 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Esteban (Etienne).

Un Confrère put dire de lui qu’il était humble, charitable, pieux et consciencieux. Bien que très doué et bien préparé, il acceptait, à l’occasion, de se soumettre à un autre Frère moins doué ou moins formé que lui.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos, où il montra sa patience et son dévouement pour les malades.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Rúben López Aguilar

1908-1936

 

Né à Concepción (Medellín, Colombie) le 12 avril 1908, Rúben était le deuxième des quatorze fils de Joaquin et Efigenia. 

Ajoutons que, devenu veuf, Joaquin se remaria et eut sept autres enfants.

On imagine les difficultés financières que pouvaient avoir de tels parents, devant donner à manger à vingt-et-un enfants.

Rúben voulait devenir prêtre, mais ne rencontra personne pour l’aider. Après quelques études, préoccupé par la pauvreté de sa famille, il chercha un travail, aux mines de Yolombó et Alejandría et au percement du tunnel de Quiebra.

Partout il se montra excellent compagnon et ami, partageant ce qu’il avait. Il répétait souvent Bendito sea mi Dios (Béni soit mon Dieu).

En 1930 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Bogotá, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Rúben de Jésus.

La guerre de 1933 entre le Pérou et la Colombie fut pour lui l’occasion de montrer son amour pour les malades, et son esprit d’obéissance, devant accompagner les soldats jusqu’à Pasto.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Guillermo Plaza Hernández

1908-1936

 

Il vit le jour le 25 juin 1908 - le jour où l’on fête un célèbre Italien, saint Guglielmo de Montevergine - à Yuncos (Tolède, Espagne).

Il étudia la philosophie au séminaire de Tolède, puis continua sa formation sacerdotale dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains à Tortosa (Tarragona). Il fut ordonné prêtre en 1932.

Jeune prêtre, il fut déjà nommé préfet au séminaire de Saragosse et, en 1935, à celui de Tolède.

Dès le 22 juillet 1936, il dut se cacher, dans la famille d’un séminariste de cette ville.

Le 9 août, sur conseil de cette famille, l’abbé Plaza gagna un petit pays voisin, Cobisa, où l’on croyait qu’il serait plus en sûreté qu’en pleine ville. Mais en y arrivant, quelqu’un ne sut retenir sa langue et dit tout fort : Je me suis confessé à ce prêtre.

Il fut arrêté sur place et conduit à la mairie, où il répondit franchement qu’il était prêtre.

On l’emmena avec des moqueries et des coups ; il demanda à passer par son pays, pour saluer sa mère, mais on le lui refusa.

A Argès, l’endroit de l’exécution, il demanda qui allait le tuer, pour s’agenouiller devant lui et lui baiser la main en signe de pardon, mais on le lui refusa aussi.

Ils tirèrent tous ensemble et le jeune prêtre tomba, le 9 août 1936, à vingt-huit ans.

Dieu permit que la sainte maman du prêtre mourût ce jour-là, à Yuncos, de sorte qu’elle put elle-même recevoir au Ciel son fils qui avait dû renoncer à la joie de la saluer avant de mourir.

Don Plaza fut béatifié en 1995.

 

 

Ramón Ramírez Zuluoga

1909-1936

 

Né à Sonsón (Antioquia, Colombie) le 13 février 1909, Ramón reçut une éducation très chrétienne.

Il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en prenant le nom de Melquiades.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Luis Ayala Niño

1909-1936

 

Né à Paipa (Boyacá, Colombie) le 7 avril 1909, Luis reçut une éducation très chrétienne.

En 1928 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1929, prenant le nom de Arturo.

Venu en Espagne en 1930 pour compléter sa formation, il fut à Ciempozuelos et à Málaga.

Après la profession solennelle, en 1933, il fut destiné aux études sacerdotales, qu’il ne put achever, ayant reçu le martyre. 

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

José Velázquez Peláez

1909-1936

 

Né à Jardín (Antioquia, Colombie) le 9 juillet 1909, José fut baptisé le jour même.

Il fut confirmé en 1912 et reçut la Première communion en 1916.

En 1932, après ses études de magistère, il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Juan Bautista.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il fut à Cordoue, Granada et Ciempozuelos.

En juillet 1936, quand la révolution était déjà prête à éclater, il demanda à faire tout de suite les vœux solennels (alors qu’il devait faire les vœux temporels en septembre).

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Josep Figuera Rey

1912-1936

 

Josep était né le 22 août 1912 à Pobla de Segur (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 1er septembre suivant.

D’abord élève des Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur de Mollerusa, passa au noviciat de Pibrac (Haute Garonne) en 1928, où il fit la profession avec le nom de Llorenç Gabriel.

Il fit le scholasticat à Talence (Gironde), puis fut catéchiste à Pons (Charente Maritime), Calaf (Barcelone) et Manresa.

En 1935, la maison de Toulouse fut reliée à Barcelone, et il fut nommé à Condal.

Au moment de la révolution, il se réfugia chez sa grand-mère, priant, travaillant dans le jardin.

La nuit du 8 au 9 août, deux voitures de miliciens s’arrêtèrent devant la maison : on cherchait Frère Llorenç.

On lui demanda ce qu’il faisait là ; il répondit qu’il était maître, qu’il préparait d’autres examens et qu’il passait seulement quelques jours chez la grand-mère. Durant la fouille de la maison, on découvrit dans sa valise sa photographie avec l’habit religieux.

On l’accusa d’avoir menti ; il répéta qu’il disait vrai en affirmant qu’il était maître et que, de plus, il était Religieux, de la famille des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Ils l’emmenèrent, expliquant à la grand-mère que, comme il avait menti, ils devaient un peu lui faire peur.

Evidemment, le Frère Llorenç ne revint pas. Sur son cadavre, un carton indiquait qu’il était mort par balles, le 9 août 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Luis Modesto Páez Perdomo

1913-1936

 

Né à La Union (Huilá, Colombie) le 15 juin 1913, Luis était le fils de Felix María et de María.

Il fut d’abord ondoyé, puis le prêtre célébra les rites complémentaires, le 17 novembre.

En 1933 il entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Gaspar.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Alfonso Antonio Ramírez Salazar

1913-1936

 

Né à La Ceja (Antioquia, Colombie) le 2 septembre 1913, Alfonso entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu en 1932, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Eugenio.

Son premier «poste» fut d’être responsable de nuit à l’hôpital psychiatrique Notre-Dame de la Merci, à Bogotá.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Edith Stein

1891-1942

 

Edith Stein naquit le jour de la grande fête juive du Yom Kippour, le 12 octobre 1891 à Wrocław (qui était à l’époque Breslau), dernière des onze enfants d’une famille juive. 

Son père, commerçant en bois, mourut quand elle n’avait que trois ans, laissant une veuve très courageuse, volontaire, admirable, qui sut reprendre l’entreprise de son époux, mais qui ne sut pas maintenir chez ses enfants une foi vivante. Edith perdit la foi en Dieu ; elle l’écrivit : En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier.

Edith obtint brillamment son baccalauréat en 1911 et commença des études d’allemand et d’histoire à l’Université de Wrocław, mais elle s’intéressait davantage à la philosophie.

Elle s’affilia à l’Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote, car elle se disait féministe radicale, une position qu’elle abandonna plus tard pour des solutions purement objectives.

En 1913, elle alla à Göttingen suivre les cours d’Edmund Husserl, dont elle devint l’assistante et avec qui elle passa sa thèse. Elle rencontra aussi Max Scheler, qui lui ouvrit le regard sur le catholicisme.

En 1915, elle passa son examen d’Etat, puis fréquenta un cours d’infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien.

En 1916, l’hôpital fut fermé et Edith retrouva Husserl à Fribourg-en-Brisgau. En 1917, elle présenta sa thèse et fut reçue summa cum laude, «Sur le problème de l’empathie».

C’est à cette époque qu’elle fut vivement «interpellée» en voyant une brave femme entrer dans une église catholique, son panier à la main, une scène qu’elle n’oublia jamais.

Une autre rencontre, avec Adolf Reinach et son épouse, convertis au christianisme, l’aida à voir la lumière sur le Christ mort et resssucité. 

Après cette illumination, elle chercha à travailler pour elle-même et désirait obtenir l’habilitation à l’enseignement. Husserl se prononça en sa faveur, mais les femmes n’avaient pas accès à ce poste, encore moins une femme juive.

La lecture du Nouveau Testament, de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse d’Avila, du philosophie chrétien Kierkegaard, l’amena peu à peu à la conversion totale : elle fut baptisée le 1er janvier 1922, et confirmée le 2 février suivant.

Elle annonça la nouvelle à sa mère, qui en fut très émue, mais qui ne put jamais faire comme sa fille le pas vers le christianisme.

Edith pensa tout de suite au Carmel, mais en fut dissuadée par les prêtres qui l’accompagnaient. 

Jusqu’en 1931, elle donna des cours d’allemand et d’histoire au lycée pour enseignants du couvent dominicain de Spire. On l’invita aussi à donner des conférences ; elle se mit à traduire la correspondance de Newman, les Questiones disputatæ de veritate de saint Thomas d’Aquin. Elle passait les grandes fêtes de l’année à l’abbaye de Beuron.

En 1932, on lui confia une chaire à l’Institut de Pédagogie scientifique de Münster, mais en 1933 elle tombait sous la loi nazie et ne pouvait plus conserver son poste. Alors, elle s’orienta vers sa première aspiration, le Carmel, et se présenta au Carmel de Cologne.

Elle alla une dernière fois chez les siens, accompagna sa mère à la synagogue. Sa mère ne comprit jamais sa démarche ; Edith lui écrira chaque semaine, mais ne reçut jamais de réponse. C’est sa sœur Rosa qui lui donnera des nouvelles de la famille.

Edith avait déjà fait les vœux de religion, privément, quand elle était à Spire. Entrée au carmel de Cologne, elle prit l’habit en 1934, avec le nom de Theresa-Benedicta de la Croix, et fit la première profession en 1935.

Sa mère mourut le 14 septembre 1936, jour de la fête de la Croix.

Edith - Theresa Benedicta - fera sa profession solennelle en 1938, et consacrera ses temps libres à l’écriture d’ouvrages.

Elle passa au carmel d’Echt, où travaillait sa sœur Rose, à son tour baptisée, qui travaillait chez les Carmélites.

Le 2 août 1942, la Gestapo vint chercher Edith : elle était en train de prier, à la chapelle. Elle n’eut que cinq minutes pour se présenter, avec sa sœur Rosa.

Réunies à d’autres Juifs convertis au christianisme, les deux sœurs furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork : c’était la représaille nazie contre la protestation des évêques catholiques des Pays-Bas qui avaient dénoncé le pogrom et la déportation des Juifs.

Au matin du 7 août, un convoi d’environ mille Juifs partit pour Auschwitz.

Ce fut le 9 août 1942, que sœur Theresa-Benedicta de la Croix, avec sa sœur Rosa et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Elle fut béatifiée en 1987. A cette occasion, le pape Jean-Paul II prononça ces paroles : 

Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, "jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur". 

Selon ce même pape, l'Église honorait ainsi une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive.

Theresa Benedicta de la Croix fut successivement canonisée en 1998. Elle est inscrite le 9 août au Martyrologe. 

En outre elle a été proclamée co-patronne de l’Europe (1999), avec sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne.

Franz Huber-Jägerstätter

1907-1943

 

Franz Huber fut le fils naturel de parents si pauvres qu’ils ne pouvaient se marier et tenir un foyer. Le garçon, né le 20 mai 1907 à Sankt Radegund (Autriche), fut recueilli par sa grand-mère paternelle.

Quand le papa, Franz Bachmeier, mourut à la Première guerre mondiale, la maman, Rosalia épousa Heinrich Jägerstätter, un paysan, qui adopta Franz (1917). Ce dernier profita de la bibliothèque de son nouveau grand-père, et se passionna pour la lecture.

En 1927, Franz s’engagea trois mois dans une ferme de Bavière, puis pour trois ans dans une mine du Steiermark ; l’ambiance social-démocrate du milieu ouvrier lui fit peu à peu abandonner la pratique religieuse.

En 1933, mourut son père adoptif. Revenu à la campagne, et à la pratique, il songea entrer en religion, mais son curé préféra lui conseiller de fonder un foyer.

Franz épousa en 1936 Franziska Schwaninger, dont il eut ensuite trois filles. Leur voyage de noces les conduisit en pèlerinage à Rome.

La piété de Franz s’approfondit ; il se rendait chaque jour à la Messe, communiait souvent (car à l’époque la communion quotidienne n’était pas encore une habitude acquise) et faisait beaucoup de lectures pieuses. Quand il faisait le croque-mort dans son village, il refusait d’être rémunéré.

En 1938, il eut un rêve où il comprit clairement l’opposition essentielle entre l’idéal chrétien et celui du National-Socialisme. En mars, on lui proposa d’être le maire de son village autrichien ; l’Autriche venait d’être envahie par les troupes allemandes, et il refusa ce poste. Au référendum d’avril sur l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne, il fut le seul de Sankt Radegund à voter Non ; au dépouillement des urnes, on supprima même sa voix pour déclarer 100% de Oui.

En 1940, on dénonça à la Gestapo dix «opposants au régime», parmi lesquels Franz. Mais la lettre de dénonciation fut habilement interceptée et n’eut pas de suites immédiates. Franz, à trente-trois ans, fut appelé sous les drapeaux. A la fin de la même année, il revêtit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

C’est en 1941, se trouvant à Ybbs, il apprit comment on se débarrassait des malades mentaux par l’euthanasie. Grâce à l’un de ses supérieurs, il fut en tant qu’Autrichien déclaré non-disponible et renvoyé chez lui.

Désormais, sa conviction inébranlable était bien claire dans sa tête : on ne pouvait pas sans pécher gravement contre Dieu, combattre pour un dictateur qui prétendait gouverner le monde. Il l’écrivit à l’évêque : Comment peut-on soutenir une Allemagne qui s’est livrée à tant d’enlèvements dans plusieurs pays ? Est-ce une guerre juste et sainte ? Qui l’Allemagne combat-elle dans ce pays : le bolchevisme ou le peuple russe ? Quand les missionnaires vinrent évangéliser ces régions, utilisèrent-ils les fusils et les bombes ? 

Mais l’opportunisme régnait ; à part sa femme, le reste de la famille, ses voisins, même les membres du clergé, tous s’éloignèrent de lui.

La Wehrmacht le rappela en 1943. Quand il se présenta, il expliqua son opposition à tout combat et se proposa pour des services en-dehors des combats, ce qu’on lui refusa. A Enns, il répéta son opposition. On l’interrogea ; on le transféra de Enns à la prison militaire de Linz (mars-avril 1943). De là, il écrivit à son épouse que, certes, il ne pouvait rien changer aux événements du monde, mais qu’il voulait au moins être un signe que tout le monde ne se laissait pas emporter par le fleuve.

En mai 1943, il fut emmené à la prison de Berlin-Tegel ; le 6 juillet, il passa en jugement au Charlottenburg de Berlin. Accusé d’avoir conspiré contre les forces militaires, il fut condamné à mort et à la perte de ses droits civils.

Jusqu’au jour de son exécution, il refusa constamment de revenir sur sa prise de position.

Il fut le premier de seize victimes à être décapité à Brandenburg/Havel, le 9 août 1943.

La figure de Franz Jägerstätter eut un très grand retentissement jusque dans le mouvement pacifiste américain ; un film autrichien fut tourné en 1972 sur Le cas Jägerstätter ; en 1997, la cour de Berlin annulla la condamnation ; en 2005, le parlement autrichien le réhabilita, après l’avoir longtemps considéré comme déserteur.

Franz Jägerstätter fut béatifié en 2007, en présence de son épouse de quatre-vingt-quatorze ans et de ses trois filles.

 

 

Zbigniew Adam Strzałkowski

1958-1991

 

Il naquit le 3 juillet 1958 à Zawadzie (Pologne).

Après l’école du village, il fréquenta le lycée jusqu’au baccalauréat, qu’il obtint en 1978, l’année de l’élection papale de Jean-Paul II.

Zbigniew travailla d’abord pendant un an comme mécanicien à Tarnów.

En 1979, il entra chez les Frères Mineurs franciscains, et fit les études régulières de philosophie et de théologie.

En juin 1986, il fut ordonné prêtre, le même jour où était ordonné diacre Michał Tomaszek, et dans cette même ville de Wrocław où étaient arrivés les Frères Mineurs sept-cent cinquante ans auparavant.

De 1986 à 1988, le père Zbigniew fut sous-directeur du Petit Séminaire franciscain de Legnica.

En 1988, ses Supérieurs ouvrirent une mission au Pérou, et Zbigniew fut dans les premiers à y être envoyés, en novembre 1988, avec son ami Michał Tomaszek.

L’endroit était très isolé, privé d’eau et d’électricité, sans téléphone ; les Franciscains y ouvrirent une mission sur l’appel de l’évêque. En arrivant, ils trouvèrent une petite chapelle et une «maison paroissiale» inachevée.

Bien accueillis, ils se firent aider pour achever ce presbytère ; ils s’occupèrent des malades lors d’une épidémie de choléra ; ils fondèrent une école, firent le nécessaire pour amener la radio et le téléphone.

Le 9 août 1991, des hommes du groupe maoïste Sentier lumineux vinrent enlever les deux prêtres avec le chef du village, qui assista au «jugement».  Les pères étaient accusés de résister à la révolution en faisant prier le chapelet, honorer les Saints, assister à la Messe et lire la Bible ; de mentir aux gens, car la religion est l’opium du peuple ; de participer à l’impérialisme du pape polonais Jean-Paul II. 

On retrouva les corps des deux prêtres face contre terre, la tête brisée par une balle dans le crâne. On avait écrit sur un papier avec le sang de Zbigniew : Ainsi meurent les esclaves de l’impérialisme.

Zbigniew avait trente-trois ans.

On n’a jamais identifié les coupables, et le groupe du Sentier lumineux, en grande partie démantelé, n’a pas encore cessé complètement ses exactions.

Au village, les gens disent que le père Zbigniew guérit les malades.

La date de béatification du père Strzałkowski a été fixée au 5 décembre en même temps que pour son confrère Michał Tomaszek.

 

 

Michał Tomaszek

1960-1991

 

Michał Tomaszek naquit le 23 septembre 1960 à Łękawicy (Żywiec, Pologne). 

Son père, Mieczysław, mourut en 1969, laissant une veuve avec quatre enfants, deux fils (jumeaux) et deux filles.

Michał fréquenta assidûment la paroisse, avec toute sa famille, et fut enfant de chœur.

Après avoir achevé le lycée à Łękawicy, il entra au petit séminaire de Legnica, tenu par des pères franciscains. Déjà là, il donnait beaucoup de temps à la prière méditative devant le Saint-Sacrement. Le soir, quand tout était silencieux, il restait encore longtemps à genoux, dans sa chambre, devant une petite statue qu’il avait apportée de chez lui, de Marie-Immaculée.

En 1980, il passa son baccalauréat et entra dans l’Ordre des Frères Mineurs ; sa demande était bien réfléchie : Depuis longtemps, je suis convaincu d’avoir reçu la vocation au sacerdoce et à l’Ordre franciscain. J’ai eu le temps, pendant les années du Petit séminaire, d’approfondir cet appel. Mon désir est maintenant de travailler dans les missions, pour servir Dieu et Marie Immaculée.

Michał reçut l’habit en la fête de saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre) en 1980, et fit la première profession un an plus tard. 

Le noviciat se fit à Smardzewice, puis Michał passa les années de philosophie et de théologie au séminaire franciscain de Cracovie (1981-1987).

En 1985, il fit la profession solennelle. L’année 1986 était le sept-cent cinquantième anniversaire de l’arrivée des Franciscains à Wrocław, aussi choisirent-ils de conférer les Ordres à leurs candidats dans cette ville. Michał reçut donc le diaconat cette année-là et dans cette ville.

En 1987, il fut ordonné prêtre à Cracovie.

Il exerça le saint ministère d’abord dans la paroisse franciscaine de Piensk k Zgorzelec. Il était rempli de zèle pour tous les fidèles. Il eut un soin particulier pour les enfants handicapés. Son ardeur et sa disponibilité le firent appeler second saint François.

Quand il apprit que deux de ses Confrères allaient partir pour le Pérou, il demanda à son Supérieur à être envoyé avec eux ; l’un des deux était justement Zbigniew Strzałkowski, qui serait son compagnon de martyre.

En prenant congé des paroissiens de Piensk, Michał déclara franchement que, si c’était le cas, il n’hésiterait pas à donner sa vie pour Dieu.

Il apprit rapidement les notions nécessaires d’espagnol et partit en juillet 1989. Il se trouva ainsi engagé dans la paroisse de Pariacoto.

En peu de temps, il sut rassembler beaucoup de jeunes autour de lui, auxquels il enseignait la Vérité, qu’il faisait prier, et puis qu’il occupait dans des loisirs utiles, comme la musique et le chant.

Il savait que dans la zone, menaçait et agissait le groupe marxiste Sentier lumineux, qui s’en prenait directement à l’Eglise. Ce furent justement des émissaires de ce groupe qui l’assassinèrent, avec le père Strzałkowski, le 9 août 1991, dans sa quatrième année de sacerdoce. Il avait trente-et-un ans.

La date de béatification du père Michał a été fixée au 5 décembre 2015.

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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 23:00

08 AOUT

 

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SS Eleuthère et Léonide, époux martyrs.

SS Auxiliateurs (Auxiliaires) : Acace, Barbe, Blaise, Catherine, Christophe, Cyriaque, Denis, Erasme, Eustache, Georges, Gilles, Guy, Marguerite, Pantaléon, chacun mentionné ou fêté à sa date propre dans le calendrier. 

III.

SS Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus, martyrs à Albano.

IV.

SS Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana et Smaragdus, martyrs romains.

S Marinos, vieillard d'Anazarbe, martyr à décapité puis laissé aux chiens.

S Myron, pieux époux et cultivateur en Crète, devenu évêque et mort centenaire.

V.

S Eusebio, évêque à Milan, adversaire du monophysisme aux côtés de s. Léon le Grand ; il reconstruisit la cathédrale incendiée par les Huns.

S Hormisdas, noble de Ahmadan condamné pour sa foi à paître, nu, des chameaux.

S Severus, prêtre à Vienne, venu de l'Inde.

VII.

S Liébaut, abbé à Fleury-sur-Loire (ensuite Saint-Benoît-sur-Loire).

S Mummolus, abbé à Fleury, où il ramena les reliques de s. Benoît.

Ste Sigrade, veuve retirée à Soissons, mère de s. Léger d'Autun.

VIII.

SS Ternat, Gervais et Gédéon (VII.-VIII.), évêques à Besançon.

IX.

S Aimilianos, évêque à Cyzique, exilé à cause de l'iconoclasme.

B Rathard, prêtre fondateur d'un monastère augustin à Diessen.

XI.

S Altmann, évêque à Passau, réformateur du clergé et des monastères par la lutte contre le concubinage et la simonie.

XII.

S Famiano, ermite cistercien à Gallese, né à Cologne.

XVI.

B John Felton, martyr anglais à Londres : il avait affiché la sentence d'excommunication du pape Pie V contre la reine Elisabeth ; son petit garçon, Thomas, avait alors deux ans, et subit aussi le martyre, dix-huit ans plus tard.

B John Fingley, prêtre anglais, martyr à York, béatifié en 1987.

XIX.

S Baolu Ge Tingzhu, martyr chinois laïc particulièrement lacéré, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Ste Bonifacia Rodríguez Castro (1837-1905), vierge espagnole, fondatrice de la congrégation des Servantes de Saint Joseph, pour la formation des femmes à l'image de la sainte Famille, béatifiée en 2003, canonisée en 2011.

Bse Maria Ellen MacKillop de la Croix (1842-1909), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur de Jésus, pour l'enseignement, première australienne béatifiée, en 1995, et canonisée en 2010.

Bse Maria Anna Rosa Caiani (Maria Margherita, 1863-1921), fondatrice des Sœurs Minimes du Sacré-Cœur, éducatrices franciscaines, béatifiée en 1989.

 

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1997 :

Laïcs : à Barbastro, Ceferino Giménez Malla (*1861) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Antonio Silvestre Moya (*1892) ;

Piaristes : près de Valencia, Nazaria Gómez Lezaun (Carmen de Saint-Philippe-Neri), Pascalina Gallén Martí (Presentación de la Sainte Famille), María Luisa Girón Romera (María Luisa de Jésus), Antonia Riba Mestres (Clemencia de Saint-Jean-Baptiste), et María Baldillou y Bullit (María de l'Enfant-Jésus (*1869, 1872, 1887, 1893, 1905) :

- béatifiés en 2007 :

Evêque : à Cuenca, Cruz Laplana Laguna (*1875), et son secrétaire, le prêtre Fernando Español Berdié (*1875) ;

Salésiens : à Madrid, le profès Nicolás de la Torre Merino (*1892) ;

Lasalliens : près de Ciudad Real, Pedro Álvarez Pérez (Felipe José, *1914) ;

Laïcs : près de Barcelone, Antero Mateo García (*1875) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Teruel, le prêtre Mariano Pina Turón (*1867) ;

Picpus : à Madrid, le prêtre Leoncio López Ramos (Eladio, *1904) ;

Séminaristes : près de Jaén, Manuel Aranda Espejo (*1906) ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près de Ciudad Real, les clercs Paulino Reoyo García, Santiago Aparicio, Ricardo López y López (*1913, 1913, 1914).

 

B Wlodzimierz Laskowski (1886-1940), prêtre polonais martyr à Gusen, béatifié en 1999.

Saints Auxiliateurs

 

Le Moyen-Age finissant honorait les Saints beaucoup plus à cause de la puissance qu’on leur prêtait qu’en raison de leurs vertus. Certains Saints auxquels on avait plus souvent recours furent groupés, honorés ensemble et très souvent représentés les uns avec les autres.

Eustache Deschamps († vers 1407) énumère dix Saints dont le secours est particulièrement efficace : 

 

Saint Denis, saint Georges, saint Blaise

Saint Christofle et aussi saint Gile,

Saincte Catherine, il vous plaise,

Saincte Marthe et saincte Christine,

Saincte Barbe et saincte Marguerite,

Avoir toujours de moi mémoire,

Ainsi comme il est chose voire (vraie)

Que Dieux à vous X octroya

Que quiconque vous requerra,

De bon cuer, par prière honneste,

En quelque péril qu’il veurra,

Dieux essaucera sa requeste.

 

Nous retrouvons huit de ces dix noms dans les quatorze Saints Auxiliaires (ou Auxiliateurs), c’est-à-dire dont on peut attendre un secours (auxilium) prompt et efficace. Leur grande vogue date seulement du 15e siècle. L’origine de cette dévotion est germanique : elle se répandit tout le long du Rhin et en Italie. En France, on ajouta la Vierge Marie et le groupe fut de quinze.

La fête était concédée en plusieurs contrées, au 8 août, au 4e dimanche après Pâques, etc… Tous ces Saints, que la légende n’a pas oubliés, sont traités à leurs jours respectifs ; rappelons seulement ici leurs emblèmes et leurs «spécialités», dans l’ordre du calendrier.

Saint Blaise (3 février) porte deux cierges croisés et guérit les maux de gorge.

Saint Georges (23 avril) : près d’un dragon qu’il a terrassé, guérit les maladies dartreuses, et protège les militaires, les boy-scouts.

Saint Acace (8 mai), couronné d’épines, est invoqué pour les maux de tête.

Saint Erasme (2 juin), qui tient ses entrailles enroulées sur un treuil, est tout indiqué pour les douleurs d’entrailles.

Saint Guy ou Vit (15 juin), est invoqué contre la «danse de saint-guy», contre l’épilepsie.

Sainte Marguerite d’Antioche (21 juillet) conduit en laisse un dragon et porte une petite croix  : elle est invoquée contre les maux de reins et par les futures mamans.

Saint Christophe (25 juillet), qui porte l’Enfant Jésus, protège les voyageurs contre la mort subite, les tempêtes ou la foudre.

Saint Pantaléon (27 juillet), aux deux mains clouées, est invoqué pour les maladies de consomption.

Le diacre saint Cyriaque (8 août) est, lui aussi, puissant contre le démon et il s’occupe des maladies des yeux.

Saint Gilles (1er septembre), accompagné d’une biche, apporte la paix aux fous et à ceux qui sont sujets à la panique ou aux frayeurs nocturnes ; on l’invoque aussi contre le cancer et la stérilité des femmes.

Le chasseur saint Eustache (20 septembre) préserve de l’incendie et du feu éternel.

Saint Denys (9 octobre) marche avec la tête dans ses mains et préserve de la possession diabolique.

Sainte Catherine d’Alexandrie (25 novembre), reconnaissable à la roue qu’elle brisa, est la «sage conseillère» des philosophes, des avocats et des penseurs ; également des vierges et des métiers liés à la roue (charrons, meuniers, tourneurs).

Sainte Barbe (4 décembre), à côté d’une tour, garantit de la foudre et de la mort subite ; elle est aussi la patronne des mathématiciens, des artilleurs et des pompiers.

 

 

Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus d’Albano

† 300

 

De ces quatre illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Autrefois mentionnés à Côme, on les situe aujourd’hui à Albano, sur la Via Appia, au quinzième mille de Rome.

Ils moururent peut-être à la fin du 3e ou au début du 4e siècles.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 8 août.

 

 

Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana, Smaragdus à Rome

† 308

 

De ces six illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Ils seraient mort sur la Via Ostiense, au septième mille de Rome.

Ils moururent peut-être au début du 4e siècle.

Un récit ancien, mais apparemment peu authentique, affirmait que Cyriacus, Largus et Smaragdus cherchèrent à aider d’autres Chrétiens dans l’édification d’un palais romain ; le pape Marcel (v. 16 janvier) eut à peine le temps d’ordonner diacre Cyriacus, que les trois Compagnons furent mis en prison. Successivement, Cyriacus délivra la fille de Dioclétien, qui était possédée : il fut libéré avec ses deux Compagnons. Mais l’autre empereur, Maximien, profitant d’une absence de Dioclétien, les fit arrêter : Cyriacus eut la tête enduite de poix fondue et fut roué de coups de bâtons ; enfin ils furent tous trois décapités, avec une vingtaine d’autres, parmi lesquels les autres Martyrs nommés dans le titre : Crescentianus, Memmia et Iuliana.

Ajoutons encore que Cyriacus est invoqué pour les maladies des yeux.

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs au 8 août.

 

 

Marinos d’Anazarbe

† 308

 

A Anazarbe de Cilicie (auj. Ağaçli, Turquie CS) vivait un vieillard nommé Marinos.

Arrêté pour sa foi chrétienne, il fut conduit à Tarse, et décapité.

Le juge ordonna d’abandonner son corps aux chiens et aux bêtes.

On situe ce martyre entre les années 303 et 311.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Eusebio de Milan

† 462

 

Eusebio - peut-être Eusebios, s’il était d’origine grecque - fut évêque de Milan à partir de 449.

A cette date, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) poursuivait, entre autres, l’hérésiarque Eutychès et sa doctrine (le monophysisme, qui prétendait qu’après l’Incarnation, il n’y avait qu’une nature dans le Christ). 

Ce pape envoya à Eusebio ses deux légats, l’évêque Abbondius de Come et le prêtre Senator de Milan, de retour de Constantinople, pour lui demander de convoquer un concile régional : les vingt évêques de la Lombardie devaient écouter le rapport des deux légats et confirmer la Lettre à Flavien, que le pape envoyait au patriarche Flavien de Constantinople.

La Lettre à Flavien est un monument de la doctrine de l’Eglise sur l’Incarnation et les deux Natures, divine et humaine, du Christ. Les évêques réunis autour d’Eusebio la signèrent tous. Ce concile de Milan se déroula donc avant le concile de Chalcédoine, qui s’ouvrit en septembre 451.

L’année suivante, Attila faisait irruption en Italie et détruisait l’église milanaise de Sainte-Thècle. Eusebio la fit reconstruire.

Un autre événement moins clair semble concerner aussi notre Eusebio. En 456, l’impopulaire empereur romain Avitus fut déposé et fut contraint, dit-on, de se faire consacrer évêque de Plaisance, par Eusebio justement. Avitus mourut l’année suivante (s’il ne fut pas assassiné).

Eusebio mourut en 462, après une douzaine d’années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Severus de Vienne

† 5e siècle

 

La vie de Severus est attestée historiquement, mais certains détails la rendent quelque peu fabuleuse.

Prêtre, il serait venu de l’Inde pour évangéliser la région de Vienne en Gaule. 

On lui attribua l’extinction complète du paganisme qui y sévissait encore. Il y détruisit un panthéon, un bois sacré, ce qui expliquerait qu’on l’aurait représenté tenant le démon enchaîné.

Il y aurait aussi construit une église Saint-Etienne, qui s’appela plus tard Saint-Severus.

Une date de 455 environ est avancée pour sa mort.

Saint Severus de Vienne, prêtre, est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mummolus de Fleury-sur-Loire

† 663

 

Mummolus, qui est devenu en français Mommolin, nous serait pratiquement inconnu sans l’événement inattendu et spectaculaire du transfer des reliques de s.Benoît (v. 11 juillet).

Il fut donc le troisième abbé du monastère de Fleury-sur-Loire (Loiret), de 632 à 663.

Le fondateur de ce monastère bénédictin, s.Liébaut, était inscrit au Martyrologe le 8 août, mais n’y est pas resté dans la dernière édition.

Mummolus sachant que l’abbaye du Mont-Cassin, où se trouvaient les tombeaux de s.Benoît et de sainte Scholastique, avait été brûlée et saccagée par les Lombards en 589, décida d’y envoyer un moine pour en rapporter dans sa propre abbaye les restes des deux Fondateurs.

L’entreprise ne fut pas facile, mais réussit. Le moine chargé de cette mission s’appelait Aigulfus (v. 3 septembre) ; le voyage de retour fut miraculeusement rapide et facile (655 environ). 

Ensuite, l’histoire des reliques de s.Benoît et de sainte Scholastique comporte beaucoup d’épisodes : les reliques de sainte Scholastique arrivèrent chez les moines du Mans ; celles de s.Benoît furent déposées à Fleury, d’où furent distribuées beaucoup de parcelles de reliques : au Mont-Cassin quand l’abbaye fut relevée (752), à Pressy (887), à Montpellier (1364), au Bec (1725), en Russie (1736). Signalons que les moines du Mont Cassin ont été plutôt mécontents de ne pas pouvoir récupérer chez eux l’intégralité des reliques.

Mummolus mourut à Bordeaux, sans doute au cours d’un voyage, le 8 août 663.

Depuis l’arrivée des reliques des Fondateurs à Fleury, cette localité s’est appelée Saint-Benoît-sur-Loire.

Saint Mummolus de Fleury-sur-Loire est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emilianos de Cyzique

† 820

 

Emilianos (plus précisément Aimilianos) fut évêque sur le siège de Cyzique (Thrace, ou plutôt Mysie, act. Turquie W, sur la Mer de Marmara).

L’empereur Léon l’Arménien voulut reprendre l’iconoclasme et convoqua une réunion d’évêques dans son palais de Constantinople. Emilianos était convoqué, mais il eut la sainte audace de faire remarquer que, la question relevant de la théologie, donc de l’Eglise, il fallait se réunir dans une église et non dans un palais.

Il n’en fallait pas davantage pour irriter l’empereur : ordre fut donné de faire exiler l’évêque (815).

On ne nous dit pas en quelle contrée se fit cet exil, ni à quelle date précise Emilianos y mourut. Ceux qui donnent l’année 820 pour la date possible de sa mort, présument que, l’empereur étant mort en 820, et l’évêque n’ayant pas repris son siège après cette date, il avait dû mourir au plus tard en 820.

Saint Emilianos de Cyzique est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Altmann de Passau

1015-1091

 

Altmann vit le jour vers 1015 en Westphalie (Allemagne W), dans une famille de la haute noblesse.

Il fréquenta la Sorbonne de Paris, l’école-cathédrale de Paderborn, dont il devint professeur.

Il devint prévôt du chapître d’Aix-la-Chapelle et chapelain de l’empereur à Goslar.

En 1065, il fut nommé évêque de Passau, sur instigation de l’impératrice ; mais Altmann n’était pas en Allemagne à ce moment-là : il revenait d’un pèlerinage aux Lieux saints, et fut accueilli en Hongrie par une délégation impériale. Il fut consacré à Salzburg, par un de ses confrères de Paris, Gebhard (v. 27 août).

Altmann alors voua toute son énergie à la réforme du clergé, souvent simoniaque et concubinaire, et publia officiellement les décisions du pape Grégoire VII ; il fonda le monastère de Göttweig, en réforma d’autres.

L’empereur Henri IV, frappé d’excommunication, se vengea sur Altmann et l’exila après avoir détruit la ville de Passau (1077-1078). Altmann se réfugia à Rome : le pape le nomma son Délégué apostolique pour l’Allemagne. Il put rentrer dans son diocèse en 1081, mais pour peu de temps et dut se retirer en 1085 dans son monastère de Göttweig.

Il mourut en cette situation, en 1091.

Saint Altmann de Passau est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Famiano de Gallese

1090-1150

 

Famiano aurait d’abord reçu le nom de Quardo (Wardo, Suardus), dérivé de Gerhard. Il serait né vers 1090 à Cologne (Allemagne) de Gottschalk et Guimara, détail qui pourrait faire supposer que cette dernière était d’origine espagnole.

A dix-huit ans, donc en 1108, Famiano entreprit des pèlerinages qui le conduisirent à Rome (1114), à Compostelle (1118).

La date de son arrivée à Rome, 1114, laisse supposer qu’il s’arrêta beaucoup en chemin, en quelque monastère ou sanctuaire, où il s’offrit à d’humbles travaux pour mériter son pain.

Après Compostelle, Famiano s’arrêta pendant un quart de siècle dans le nord de l’Espagne, près de la rivière Minon. Il y vécut en ermite puis, en 1144, finit par entrer dans le tout nouveau monastère cistercien d’Oseira, où l’abbé, vu la situation, fit faire à Famiano un noviciat spécial, dans une petite cellule peu distante du monastère, pour préserver la solitude de Famiano.

En 1146, Famiano émit les vœux de religion et fut ordonné prêtre.

Et le revoilà parti en pèlerinage, pour la Terre sainte cette fois-ci, dont il revint trois ans plus tard. 

D’après la «tradition», Famiano s’arrêta à Rome, où il eut une vision des Apôtres Pierre et Paul ; ils l’invitaient à s’arrêter à Gallese : cette localité se trouve dans la région de Viterbe (Latium) et y vit naître le futur pape Marinus Ier, qui régna deux ans de 882 à 884.

La même tradition rapporte que Famiano fit naître une source en frappant la roche de son bâton, comme le fit Moïse (Ex 17:1-7).

C’est finalement à Gallese qu’il mourut, en ou vers 1150.

Dès 1154, le pape le canonisa : c’était le premier Cistercien canonisé.

Des miracles retentissants eurent lieu sur son tombeau, comme la guérison de deux sourds, et c’est ce qui aurait généré le surnom de Famiano, c’est-à-dire celui qui a une grande renommée.

En 1285, une basilique fut élevée à l’endroit de son tombeau au-dessus de la grotte où il vécut, l’autre qu’on appelle San Famiano a Lungo, à l’endroit de la source qu’il fit jaillir.

 

Saint Famiano de Gallese est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

John Felton

 † 1570

 

Tout ce qu’on sait de lui provient d’un récit écrit par sa fille Frances Salisbury, qui toutefois ne mentionne pas son âge.

John était d’une vieille famille du Norfolk, et vivait à Bermondsey Abbey près de Southwark. Il était “de petite stature et de teint foncé”.

Son épouse était une amie de la reine Elizabeth I, dame d’honneur de la reine Mary et veuve d’un des commissaires aux comptes de la reine Mary. 

John Felton eut l’audace d’afficher à la porte de l’évêché de Londres une copie de la bulle papale qui excommuniait Elizabeth I et déliait ses sujets de toute allégeance envers elle. La bulle n’avait pas encore été promulguée en Angleterre. Après sa promulgation, le complot de Ridolfi devait pousser le duc de Norfolk à enlever (ou assassiner) la reine Elizabeth, et installer sur le trône Mary, reine d’Ecosse : en épousant cette dernière, il devenait roi de facto. Le complot échoua, le duc de Norfolk fut emprisonné à la Tour de Londres et exécuté en 1572.

John, lui, s’était procuré la bulle papale à Calais et l’avait donc affichée à la porte de l’évêché au petit matin de la Fête-Dieu, le 24 mai 1570. Il en avait donné un autre exemplaire à un ami, William Mellowes. C’est ce dernier qui, sous la torture, donna le nom de John. On l’arrêta le 26 mai.

Il reconnut d’emblée son acte et proclama que la reine ne devait pas être reine d’Angleterre ; on le tortura pour l’obliger à “avouer” l’implication de Guerau de Spes, ambassadeur d’Espagne.

John fut condamné à mort le 4 août, et exécuté le 8 dans le cimetière Saint-Paul. En chemin, il récitait les psaumes de la pénitence. L’échafaud était dressé en face de la porte sur laquelle avait été apposée la bulle ; le condamné eut un frisson d’effroi, tout de suite dominé, et déclara : C’est moi qui ai affiché ici la lettre du pape contre la prétendue reine ! Et maintenant, je suis prêt à mourir pour la foi catholique. En loyal sujet, il retira de son doigt un anneau qu’il destina à Elizabeth. Puis il récita à genoux un Miserere et, après avoir recommandé son âme à Dieu, il s’abandonna au bourreau.

On reste dans l’admiration de voir ce gentilhomme laïc savoir par-cœur les psaumes.

La pendaison n’avait pas encore totalement retiré la vie au condamné : on le remit sur pied, et il fut dépecé vif ; sa fille raconte qu’il prononça une ou deux fois le saint nom de Jésus pendant que le bourreau lui arrachait le cœur avec ses mains. 

John Felton fut béatifié en 1886.

Son petit garçon, Thomas, n’avait que deux ans au moment de ce martyre, et subit à son tour le martyre dix-huit ans plus tard. Le bienheureux Thomas Felton est mentionné au Martyrologe le 28 août, vingt jours après son père, qui est au 8 août.

 

 

John Fingley

1553-1586

 

John Fingley (ou Finglow) était né vers 1553 à Barnby (Howden, Yorkshire), de John et Elizabeth.

Il était inscrit au Caius College de Cambridge en 1573 et travailla comme domestique pour payer ses études.

En 1580 il passa au Collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581. Le mois suivant, il se trouvait en Angleterre.

Il put exercer le saint ministère pendant quelque temps dans le nord de l’Angleterre.

Arrêté, il fut confiné à Ousebridge Kidcote. Un jeune prisonnier, qui occupait une cellule au-dessus de celle de John, réussit à ouvrir un peu le sol, pour faire passer de la lumière dans sa cellule. 

Cité en jugement, John fut accusé d’être un prêtre catholique et d’avoir fait passer des Anglais dans l’Eglise catholique.

Ces «crimes» très graves, classés comme «haute trahison», furent punis de la peine de mort : John fut pendu, éviscéré et écartelé à York, le 8 août 1586.

Il a été béatifié en 1987.

 

NB. Un laïc, Robert Bickerdike (ou Bickendike), fut martyrisé dans les mêmes conditions, mais à une date incertaine. Voir au 23 juillet.