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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 11:23

Chŏng Hwa-gyŏng Andreas

(Jeong Hwa-gyeong Andeurea)

1807-1840

 

Andreas était né en 1807 à Chŏngsan (Ch’ungch’ŏng, Corée S), dans une riche famille catholique.

Pour mieux pratiquer sa religion, il vint s’installer à Séoul et accorda son aide à l’Eglise autant qu’il le put.

Mais Andreas avait une petite faiblesse : ingénu, il se laissait tromper très facilement. Ainsi, une première fois, un traître lui annonça que le gouvernement de Seoul était passé au Catholicisme et accueillait volontiers les missionnaires français. Andreas alors, d’amener à l’évêque, Mgr Imbert, toute une troupe d’hommes, qui n’eurent plus qu’à capturer le prélat.

Une autre fois, la police vint dire à Andreas que bientôt les Catholiques pourraient pratiquer librement leur religion, et Andreas de communiquer la «nouvelle» tellement ouvertement, que la police put encore arrêter d’autres Catholiques.

Enfin mis sur ses gardes, Andreas refusa énergiquement de donner les coordonnées des autres missionnaires (les pères Mauban et Chastan (cf. 21 septembre) ; au contraire, il vint trouver les prêtres en cachette pour leur suggérer de fuir.

Auparavant, il se confessa, puis alla se rendre aux autorités.

Arrêté cette fois-ci, il fut invité à renier sa foi : Andreas était ingénu, mais fermement croyant, et ne céda pas, même torturé, battu, poignardé. Il reçut plus de cent fois la bastonnade (le texte n’est pas clair : peut-être reçut-il plutôt cent coups de bastonnade, ce qui est déjà énorme ; au bout d’une trentaine de coups, les chairs volaient déjà en éclats).

Andreas fut étranglé à Seoul, le 23 janvier 1840, à trente-trois ans.

Il fut béatifié en 1925 et, avec ses cent-deux Compagnons coréens, canonisé en 1984.

Leur fête liturgique est au 21 septembre.

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 00:00

 

09 FEVRIER

 

III.

Ste Apollonia, vierge martyre en Alexandrie, invoquée contre le mal de dents, parce qu’on lui frappa les mâchoires jusqu’à faire tomber toutes les dents.

S Nicéphore, martyr à Antioche de Syrie : il s’offrit spontanément à la place de son ami prêtre qui venait de renier sa foi.

?

S Alexandre, martyr à Rome (ou compagnon des suivants, en Chypre).

Ss Ammon et Emilien, martyrs en Chypre.

IV.

Ss Primus et Donatus, diacres à Lemellefa, tués par les donatistes dans l'église qu'ils défendaient.

V.

S Maroun, prêtre solitaire près de Cyr.

S Romain le Thaumaturge, solitaire près d'Antioche de Syrie.

Ste Attracta, vierge ; elle fonda deux monastères, à Sligo et à Roscommon.

VI.

S Teliaw, évêque à Llandaf, surnommé Eliud (soleil) pour son enseignement lumineux.

S Sabino, évêque à Canosa.

S Sabin, évêque à Lesina.

S Cronan (Chronanus, Carnanus, Trovanus), évêque à Lismore ; il voyageait incognito.

S Brachion, ermite à Menat. 

S Nébridius, évêque à Egara.

VII.

S Audebert, évêque à Senlis.

S Ansbert, chancelier de Clotaire III, ensuite abbé à Fontenelle, puis évêque à Rouen (sa fiancée, ste Angadrisme, fut moniale à Oroer-les-Vierges).

VIII.

S Alton, écossais ou irlandais, fondateur d’une abbaye en Bavière, Altomünster. 

XI.

B Marian Scot (Muiredhac Marc Robartaigh), irlandais, fondateur et abbé à Regensburg.

XIII.

S Rinaldo, évêque à Nocera dont il est le patron ; il recevait chaque jour à table un petit orphelin qu'il adopta et guérit un lépreux en l'embrassant.

XVIII.

B Giuseppe Abbondo, prêtre de paroisse italien, béatifié en 2016.

XIX.

Bse Anna Katharina Emmerick, religieuse mystique allemande, béatifiée en 2004.

XX.

S Francisco Luis Febres Cordero (Miguel, 1854-1910), équatorien, frère des Ecoles Chrétiennes, membre de l’Académie nationale, lauréat de l’Académie française, canonisé en 1984.

B Luis Magaña Servín (1902-1928), laïc mexicain martyr, béatifié en 2005.

B Francisco Tomás Márquez Sánchez (Leopoldo de Alpandeire, 1866-1956), profès capucin espagnol, béatifié en 2010.

Apollonia d’Alexandrie

† 249

 

La vierge Apollonia vivait en Alexandrie d’Egypte.

Une émeute suscitée par les païens, la dernière année de l’empereur Phlippus (249), détermina le massacre des premières victimes, au nombre desquelles se trouvait Apollonia. Voici le bref compte-rendu qu’en fit l’évêque Denys (v. 8 avril) :

Les persécuteurs se saisirent d’Apollonia ; ils lui firent tomber toutes les dents en lui frappant les mâchoires, puis ils construisirent un bûcher devant la ville et la menacèrent de l’y jeter vivante si elle ne prononçait pas avec eux des formules d’impiété. Elle s’en excusa brièvement, puis offrant son sacrifice, elle s’élança vivement dans le feu et y fut consumée.

On pourra honnêtement poser la question de la légitimité d’un tel «martyre», qui n’a pas été imposé à Apollonia, mais où elle s’est elle-même précipitée. On peut très facilement supposer qu’Apollonia se voyait de toutes façons sacrifiée ; en se démarquant des païens, elle était destinée au feu ; craignit-elle de faiblir ? Dans son amour inconditionné pour l’Epoux éternel, elle dut alors penser : La mort, mais pas le péché ! (cf. s.Domenico Savio, v. 9 mars).

C’était en 249.

En raison de son supplice, sainte Apollonia est traditionnellement invoquée contre le mal de dents. Les «reliques» de ses dents sont fort nombreuses, leur nombre dépasse les trente-deux habituelles d’une personne.

Sainte Apollonia d’Alexandrie est commémorée le 9 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Primus et Donatus d’Afrique

† 361

 

Primus et Donatus étaient deux diacres en Afrique, à Lemellefa (act. Bordj-Redir, Algérie).

Lors de la persécution soulevée par Julien l’Apostat (empereur de 361 à 363), des factions donatistes se déchaînèrent à nouveau contre les catholiques et les massacrèrent.

C’est dans ce cadre que les deux diacres Primus et Donatus pensèrent s’enfermer dans leur église, pour mieux la défendre, et en particulier pour protéger l’autel, centre du Saint Sacrifice. Mais les donatistes montèrent sur le toit et l’ouvrirent, accablant de tuiles les deux ministres.

L’évêque de Théveste protesta, en vain semble-t-il.

Saints Primus et Donatus sont commémorés le 9 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maroun

† 410

 

Maroun (Maron) eut pour maître un saint Zabina, qu’il avait en grande vénération. Il vivait en Syrie, dans la région de Cyrrhestique.

Il vint s’installer au sommet d’une haute montagne, dans le voisinage d’un village qui pourrait être Kfar Nabo, et consacra au Dieu unique le temple païen qui s’y trouvait.

Beaucoup de disciples se groupèrent autour de lui et sa renommée s’étendit assez loin, au point que, de son exil à Cucuse, Jean Chrysostome lui écrivit une lettre pleine de respect et lui demandant ses prières. Le fait est fidèlement repris par toutes les sources.

D’après cette lettre, Maroun était prêtre.

Parmi ses disciples, il y eut des saints : Jacques de Cyr, Limnée, Domnina, qui ne sont pas inscrits dans le martyrologe romain et appartiennent à la liturgie orientale.

Maroun mourut vers 410, ayant exprimé le désir d’être enterré dans la tombe-même de son cher maître, Zabina.

Les reliques de saint Maroun eurent cependant quelques vicissitudes. D’abord, les habitants de Barad, proche de Kfar Nabo, vinrent s’emparer du corps de Maroun pour l’ensevelir avec honneur dans une grande église qui fut effectivement construite vers 410. Plus tard, le crâne de Maroun aurait été transféré au couvent de saint Maron (Beit Maroun), sur l’Oronte, entre Alep et Hama.

Au 7e siècle, ce crâne fut rapporté au couvent de Kfarhaï (Batroun, Liban), qui porte le nom de Rach Maro (Tête de Maroun). Ce transfert se fit par les soins de Jean Maron, qui organisa la société et la liturgie maronites.

Plus tard encore, au 12e siècle, ce crâne arriva dans un monastère bénédictin proche de Foligno (Italie), par les soins de l’un de ces moines. Le culte se développa au point que l’évêque de Foligno voulut recueillir cette précieuse relique dans sa propre chapelle.

Saint Maroun est commémoré le 9 février.

 

 

Teliavus de Llandaf

485-560

 

Le nom latin Teliavus connaît une multitude de traductions et orthographes. En gallois : Teliaw ; en anglais : Thelo ou Teilo ; en breton : Telo ; en français : Théleau, Thélio, Théliau (tous avec ou sans h) et encore Télyo. 

Ce personnage naquit vers 485 près de Monmouth (Pays de Galles), de Ensic et Guenhaff.

Il reçut sa formation de l’évêque de Llandaf, Dubricius (v. 14 novembre), puis fit un long pèlerinage à Jérusalem, avec s.David (Dawi) et s. Padarn (v. 1er mars et peut-être 16 avril). Au retour, Teliaw s’arrêta en Armorique, auprès de s.Samson (v. 28 juillet) : il y resta sept ans, d’abord pour éviter la peste qui sévissait dans son pays, ensuite pour administrer le monastère de Samson en son absence. Il devint suffisamment célèbre et faillit bien être acclamé évêque, mais il repassa au Pays de Galles.

Là, il entreprit d’instruire les jeunes. C’est de son enseignement si lumineux que lui vint le surnom de Eliud, du grec Hlios, soleil).

Il fonda le monastère de Llandeilo-Fawr (Dyfed).

C’est alors que la Providence décida de faire de Teliaw un évêque, pour succéder à Dubricius qui devait aller sur le siège de Caerleon.

Teliaw fut un évêque zélé. Sa science s’imposait à tous. Lors d’une épidémie de peste, il ne ménagea pas sa peine pour être auprès des malades et des mourants, mais le fléau l’épargna.

Il mourut fort âgé, un 9 février qu’on place vers 560.

Son successeur fut son propre neveu, Oudocée (v. 2 juillet).

Plusieurs noms, cités dans cette notice, ne se trouvent plus dans l’actuel Martyrologe Romain, parce que les historiens peinent à démêler de leurs vies ce qui est vraiment historique et ce qui ne l’est pas. Mais saint Teliaw est un de ceux qui ont été retenus.

Saint Teliaw est commémoré le 9 février au Martyrologe Romain.

 

 

Sabino de Canosa

461-566

 

Les témoignages historiques sur s.Sabino s’étendent sur une période tellement longue, qu’on a présumé qu’il s’agissait de deux personnages différents de même nom.

En 514, Sabino fut évêque de Canosa (Pouilles, Italie SE), qu’il ne faut pas confondre avec Canossa.

Il fut deux fois légat pontifical à Constantinople, en 525 et 536, nous dit-on. Il serait peut-être plus juste de dire qu’en 525 il accompagna le pape Jean Ier (v. 18 mai), puis qu’en 536 il y prépara la visite d’Agapit I (v. 22 avril).

Entre ces deux missions, il y eut un synode romain, auquel Sabino participa.

En 553, il fut à la tête d’une délégation romaine près l’empereur Justinien à Constantinople, pour le deuxième concile de Constantinople. Sabino y subit cette fois-ci maintes vexations de la part de l’empereur et de sa femme.

A son retour en Italie, il s’arrêta à Myre pour vénérer les reliques de s. Nicolas (v. 6 décembre) et reprit son travail apostolique dans son diocèse.

De temps en temps, il se rendait auprès de s.Benoît (v. 11 juillet), qu’il estimait particulièrement et qui lui prédit la prochaine ruine de Rome.

Lorsque Totila envahit l’Italie (548) et qu’il entendit parler de Sabino, il se fit passer, nous dit-on, pour un serviteur et vint offrir à Sabino une coupe de vin ; mais l’évêque, qui ne voyait plus déjà, ne se laissa pas tromper et dévisagea Totila qui, impressionné, renonça à saccager la ville.

Sabino, nous dit s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) - qui, ne l’oublions pas, avait été un moine bénédictin avant d’être pape - Sabino, donc, reçut le don de prophétie et de pénétration des cœurs. C’est ainsi, raconte le saint Pape, qu’un de ses serviteurs, corrompu par l’archidiacre jaloux, lui présenta un jour une coupe empoisonnée. Le saint évêque, aveugle, fut divinement informé du danger et annonça la vengeance que Dieu tirerait bientôt de cette tentative de crime ; il fit le signe de la croix, absorba le poison avec assurance et n’en éprouva aucun mal. C’est l’archidiacre qui mourut bientôt.

L’évêque Sabino s’éteignit le 9 février 566, dies natalis retenu par le Martyrologe Romain.

Saint Sabino est invoqué contre les poisons.

 

 

Ansbert de Rouen

629-695

 

Ansbert naquit vers 629 à Chaussy-en-Vexin (Val d’Oise), de parents nobles. Son père, Silvinus, avait sa place au conseil royal de Clovis II et Bathilde.

Vers 650, la cousine d’un moine de Fontenelle, Angadresme, fut proposée comme épouse à Ansbert. Mais ni l’un ni l’autre ne désirait le mariage. Angadresme contracta une dermatite et put être moniale ; Ansbert fut d’abord admis à la cour de Clotaire III comme référendaire puis comme chancelier.

Bientôt cependant, il laissa tout, la cour, les honneurs, le monde, et entra à l’abbaye de Fontenelle, dont l’abbé était s.Wandrille (v. 22 juillet). Ansbert fit la profession et fut ordonné prêtre par s.Ouen (v. 24 août).

En 668, mourut s.Wandrille, remplacé par Lambert (le cousin de Angadresme), qui en 677 fut nommé évêque de Lyon. C’est alors qu’Ansbert fut élu abbé.

Parmi ses belles œuvres, on note un hôpital pour douze veillards, deux hospices pour les pauvres, qui étaient chargés en retour des soins, de prier pour l’Eglise. Il fonda une abbaye-fille à Donzère (différente d’Aiguebelle, qui est du 12e siècle, mais dont il ne reste apparemment aucun vestige).

En 684, Ansbert fut appelé à succéder à s.Ouen, par acclamation unanime du peuple et approbation du roi Thierry, qui vinrent à bout de l’humble résistance d’Ansbert. C’est Lambert qui le consacra.

Lors d’une cérémonie en l’honneur de s.Ouen, en 688, Ansbert prit la fièvre ; il guérit aussitôt en s’appliquant le linge qui venait d’envelopper les reliques de s.Ouen.

Un scandale politique fit croire au maire du palais Pépin d’Héristal, qu’Ansbert travaillait contre lui et l’évêque fut exilé à Hautmont (Hainaut), jusqu’à ce que Pépin, mieux informé, revînt sur sa disposition. Mais Ansbert savait que son heure était arrivée ; il mourut à Hautmont, le 9 février 695.

Les reliques de s.Ansbert furent déposées à Fontenelle, puis, après plusieurs translations, aboutirent à Gand, où des révoltés les détruisirent en 1578.

Beaucoup de miracles eurent lieu lors des différentes translations.

Saint Ansbert est commémoré le 9 février au Martyrologe Romain.

 

 

Alton, abbé

† 770

 

L’existence d’Alton est attestée historiquement, c’est une des rares certitudes qu’on a de lui.

Il serait écossais, ou plutôt irlandais.

Venu en Bavière y vivre en ermite, il reçut de Pépin le Bref un terrain, plus tard appelé Altoforst (forêt d’Alton), qu’il défricha avec ses premiers disciples, donnant ainsi naissance au monastère Saints-Pierre-et-Paul d’Altomünster,  consacré en 753 par s.Boniface (v. 5 juin).

Alton mourut vers 770.

Son dies natalis est au 9 février dans le Martyrologe Romain.

L’abbaye d’Altomünster abrite actuellement des moniales brigittines.

 

 

Rinaldo de Nocera

1150-1217

 

Rinaldo vint au jour vers 1150 à Postignano (Ombrie, Italie C), fils aîné d’un petit seigneur, nommé Napoleone.

Rinaldo reçut une éducation soignée.

A vingt ans, il laissa tout et se retira d’abord sur le mont Serrasanta de Gualdo Tadino, où vivaient des ermites ; puis il vint dans l’abbaye de Fonte-Avellana, de l’Ordre des Camaldules. Il y fut élu prieur.

L’évêque recourut à ses services et, à la mort de celui-ci (1213), Rinaldo fut appelé au siège épiscopal de Nocera, qu’il illustra par sa bonté envers les déshérités de toutes sortes, pauvres, veuves, orphelins, malades.

Il conserva son habit et ses habitudes de moine.

Un jour qu’il croisait un lépreux horriblement mutilé par la maladie, il l’embrassa fraternellement et le lépreux guérit instantanément.

Il accueillit dans la maison épiscopale un orphelin, qu’il adopta ; il le faisait asseoir à sa table et le servait comme s’il s’agissait de Notre-Seigneur.

Envers les pécheurs endurcis, il savait se montrer assez sévère. Il se lia d’une profonde amitié avec s. Francesco d’Assise (v. 4 octobre), qui, lui aussi, invitait les pécheurs à faire pénitence.

Rinaldo mourut le 9 février 1217.

Les miracles le firent canoniser dès les mois suivant sa mort.

Giacomo Abbondo

1720-1788

 

Giacomo naquit le 27 août 1720 à Salomino (Tronzano Vercellese, Verceil, Italie N), de Carlo Benedetto et Francesca Maria Naya ; l’aînée, Maria Margherita, était morte peu de temps avant la naissance de Giacomo, et après lui naquirent encore quatre frères et sœurs.

La famille était chrétienne ; elle comptait déjà un prêtre, frère du papa.

Giacomo fréquenta l’école primaire à Tronzano, puis à Verceil.

Sa vocation se faisait déjà sentir, au point qu’en 1740, non seulement il reçut la Confirmation, mais aussi il fut admis à l’état clérical, recevant la Tonsure, puis les Ordres dits «mineurs» de Portier et de Lecteur.

A cette époque, il n’y avait pas de véritable séminaire ; Giacomo dut fréquenter la faculté royale pour compléter ses études. Et pour payer celles-ci, il fut engagé chez le conte Agostino Benedetto Cusani de Sagliano, maire de Verceil, qui le chargea de la formation de ses sept enfants.

En 1743, Giacomo fut nommé professeur aux Ecoles Royales.

Cette même année, il reçut le sous-diaconat et, compte tenu de son excellente préparation intellectuelle, fut nommé professeur de théologie scholastique à l’université royale de Verceil.

L’année suivante, il reçut successivement le diaconat et, le 21 mars, la prêtrise.

Il continua sa formation et, en 1748, obtint le doctorat en Lettres à l’université de Turin, ce qui lui valut d’être nommé professeur des Humanités aux Ecoles Royales de Verceil.

On lui confia alors des activités pastorales, d’abord à la paroisse Saint-Michel de Verceil, enfin à la paroisse Saints Pierre-et-Paul de Tronzano, son pays natal.

Cette dernière paroisse avait subi négativement l’enseignement du curé précédent, qui était de tendance janséniste. Les bancs de l’église étaient vides.

Don Giacomo se mit au travail avec ardeur. Il visita les familles, il encouragea l’assistance à la Messe dominicale, il enseigna le catéchisme aux adultes et aux enfants ; il prépara ces derniers à la Première communion dès l’âge de dix ans (ce qui était une nouveauté à l’époque, car on attendaiti parfois jusqu’à douze ou quatorze ans) ; il visitait les malades, faisait porter de la nourriture et du bois de chauffage aux plus pauvres… Et alors qu’en été, beaucoup suspendaient leurs activités, lui au contraire affirmait : Ici, on n’est pas en vacance !

Il eut lui-même la joie de recevoir le nouvel évêque pour consacrer l’église de Tronzano, qui n’était pas encore consacrée !

La paroisse reprit vie, au vu de l’activité intense et de la sainteté de vie de leur cher Curé.

Don Giacomo mourut le 9 février 1788 à Tronzano, pleuré et regretté unanimement de toute la population.

Les grâces reçues par son intercession furent très nombreuses, on recueillit les témoignages de «miracles» obtenus. La cause de la béatification commença le 22 janvier 1923, fut reprise récemment et approuvée.

Le miracle retenu pour la béatification officielle, fut la guérison totale d’un jeune garçon qui, en déchargeant des bottes de foin, lâcha malencontreusement sa fourche et, en tombant, eut tout le ventre traversé par les dents de l’outil. On invoqua don Giacomo et, très vite, malgré cet accident, tout l’organisme du blessé se remit très vite du choc et le garçon vécut sans aucun problème.

Don Giacomo Abbondo fut béatifié en 2016 et inscrit au Martyrologe le 9 février.

 

 

Anna Katharina Emmerick

1774-1824

 

Anna Katharina Emmerick naquit près de Coesfeld en Allemagne le 8 septembre 1774 d’une famille de paysans et commença à travailler très jeune. Elle ne fréquenta  guère l’école, mais possédait une bonne instruction religieuse.

Dès la plus petite enfance elle fut favorisée de visions sur les mystères de la Bible : elles lui étaient tellement familières qu’elle pensait que tout le monde en recevait comme elles. Quand elle comprit que ce n’était pas le cas, elle se referma dans le silence.

Plus tard sa vocation religieuse mûrit et elle demanda d’entrer dans plusieurs monastères. Elle fut toujours repoussée, car elle était pauvre et sans dot. Elle aurait pu être accueillie au couvent de Clarisses de Münster, “pourvu qu’elle apprît à jouer de l’orgue” , mais les parents étaient trop pauvres pour lui payer les leçons, de sorte que son séjour chez l’organiste Söntgen fut inutile. Enfin elle put entrer chez les religieuses d’Agnetenberg, près de Dülmen, avec d’ailleurs son amie Klara Söntgen ; là, elle participa avec ferveur à la vie monastique, toujours prête à exécuter les travaux les plus lourds ; elle prononça ses vœux l’année suivante.

En 1811, à cause du mouvement de la sécularisation, le monastère d’Agnetenberg fut fermé. Anna Katharina trouva accueil comme domestique chez un prêtre français qui avait fui la Révolution, l’abbé Lambert, mais bien vite elle tomba malade et fut alitée. 

Une nuit, alors qu’elle priait, Jésus lui apparut, il lui offrit une couronne de roses et une d’épines. Elle choisit celle d’épines que Jésus lui posa sur la tête. Tout de suite sur son front apparurent les premières stigmates. Après une autre apparition de Jésus comparurent les blessures aux mains, aux pieds et au côté.

Le docteur Wesener, un jeune médecin lui rendit visite et fut très impressionné par les stigmates. Pendant les onze années qui suivirent il devint son ami et fidèle assistant, tenant un journal dans lequel il transcrivait les visions d’Anna Katharina. 

La religieuse ne se nourrissait pratiquement plus. Un peu d’eau et l’Hostie consacrée furent suffisantes pour la garder en vie des années. Très dévote à l’Eucharistie, elle écrivit de nombreuses pages à ce sujet : « Mon désir de la Très Sainte Eucharistie était si fort et irrésistible que je sortais souvent la nuit de ma cellule pour entrer dans l’église ; souvent je m’agenouillais et me prosternais vers le Très Saint Sacrement, les bras étendus et quelquefois j’entrais en extase. »

Anna Katharina unit toujours sa souffrance à celle de Jésus et la lui offrit pour la rédemption des hommes. 

Le plus fameux biographe d’Anna Katharina fut l’écrivain allemand Clemens von Brentano qui transcrivit toutes ses visions. Il compila des milliers de pages sur la bienheureuse, dont beaucoup doivent encore être publiées. Dans un de ces passages plus fameux il écrivit : « Anna Katharina est comme une croix sur un côté de la route pour indiquer la direction aux fidèles. Ce qu’elle dit est court, simple, plein de profondeur, de chaleur, de vie. Je comprenais tout. Elle était toujours heureuse, affectueuse, digne, merveilleuse. Toujours malade, proche de l’agonie, mais en même temps délicate et fraîche, chaste et éprouvée, saine. Être assis à côté d’elle était la plus belle place au monde ».

Une des visions d’Anna Katharina permit de repérer la maison de la Sainte Vierge à Éphèse. Selon d’antiques traditions il semble en effet que Marie se soit établie dans cette ville avec l’Apôtre Jean et qu’elle y mourut.

Béatifiée en 2004, elle est inscrite dans le Martyrologe au 9 février, car elle mourut ce jour en 1824.

 

 

Francisco Luis Febres Cordero 

1854-1910

 

Francisco naquit le 7 novembre 1854 à Cuenca (Equateur), d’un père très en vue en politique, mais qui devint plutôt professeur de séminaire, et d’une mère extrêmement croyante et obtint par ses prières la guérison de son garçon, qui était né estropié des jambes.

Le petit garçon fut très précoce ; à l’école chez les Frères des Ecoles Chrétiennes qui venaient d’ouvrir une école à Cuenca (1863), Francisco s’enthousiasme pour l’étude et exprime son désir d’entrer en religion chez les Frères. 

Les parents, cependant, auraient préféré que leur fils devînt prêtre, de sorte que l’unique recours de Francisco fut sa Maman du ciel : la maman de la terre finit par signer l’autorisation et Francisco entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes le 24 mars 1868, veille de l’Annonciation. Le papa restera quand même fâché de cette décision, et n’écrira pas un mot à son fils durant cinq années.

Francisco a quatorze ans, et prend le nouveau nom de Miguel : un an après, on l’envoie déjà enseigner dans l’école de Quito ! Miguel demeurera professeur pendant trente-huit années.

Devant enseigner l’espagnol, et ne disposant pas de livres imprimés, il se mit à composer des ouvrages que le gouvernement fera adopter dans tout le pays.

Miguel publia aussi des ouvrages de catéchèse, et il sera particulièrement attentif à la préparation des petits à la Première Communion, jusqu’en 1907, l’année où il partira pour l’Europe.

Malgré le gouvernement anti-clérical de l’époque (c’était avant l’élection de Gabriel García Moreno en 1861), la réputation de Miguel se répandait dans tout le pays. En raison des traductions qu’il avait faites des œuvres et de la vie de saint Jean-Baptiste de la Salle (voir au 7 avril), c’est lui qui fut chargé de représenter son institut pour l’Equateur lors de la béatification du saint Fondateur à Rome.

Encore aujourd’hui ses textes ont été adoptés à l’échelon national pour leur exceptionnelle clarté, la méthodologie, la langue coulante, et on les considère comme un guide sûr pour l’étude de la langue espagnole de tout niveau.

Elu à l’Académie de l’Equateur, il devint alors une célébrité internationale. En 1894, il donna le départ à un institut pour la formation des adultes, que malheureusement un décret gouvernemental fit bientôt fermer. Miguel retourna à l’enseignement dans une école libre, en 1896, pour devenir ensuite maître des novices et président de l’Ecole libre en 1902, poste qu’il n’occupa qu’un an.

Pendant ce temps, on le demandait en Europe, car on avait besoin d’un expert pour former rapidement les religieux à la langue espagnole : il vint quelques mois à Paris, puis dans la maison-mère de Belgique (Lembecq-les-Hal) en 1907, où on lui demanda de traduire encore d’autres textes du français en espagnol. 

Mais comme le climat ne lui réussissait pas, on l’envoya à Premia de Mar (Barcelone) en 1909. Là encore, une révolution anti-cléricale survint, déclenchant une grève générale et des incendies d’églises : les Frères se réfugièrent dans un aviso-torpilleur du port, puis dans le collège Bonanova, et ce fut encore notre frère Miguel qui était là pour porter en sécurité les Hosties du Saint-Sacrement.

Tous ces événements ne manquèrent pas d’altérer encore plus la santé du frère Miguel, qui fit encore un pélerinage à la Madonne de Saragosse. En janvier 1910 il fut atteint de pneumonie et mourut le 9 février.

En Equateur, ce futt un deuil national.

En 1937, par crainte de profanations au moment de la révolution espagnole, on transféra ses reliques en Equateur, où des célébrations nationales marquèrent le centenaire de sa naissance.

Les biographes du frère Miguel disent que sa vie spirituelle était toute faite de pratiques méticuleuses, de saintes résolutions, parfois difficiles à comprendre aujourd’hui. Mais ils s’accordent pour lui reconnaître un amour de Dieu constant, qui s’exprimait dans la mission apostolique et dans son souci ininterrompu du bien des Frères et de leurs élèves. Il eut une particulière dévotion à l’Enfant-Jésus.

Francisco Luis Febres Cordero, ou frère Miguel de la Salle, fut béatifié en 1977, et canonisé en 1984. Il est commémoré le 9 février.

 

 

Luis Magaña Servin

1902-1928

 

Luis naquit dans une terre mexicaine dont la population avait hérité des traits espagnols et français des explorateurs arrivés là quelque deux siècles auparavant : ces habitants étaient donc de type plus “européen”, le visage clair, les yeux bleus, la taille haute. Cette région était la Terre de Sainte Marie de Guadalupe de las Arandas, dans l'état de Jalisco.

Les heureux parents qui accueillirent leur premier-né le 24 août 1902, étaient Raymundo Magaña Zúñiga et María Concepción Servín. Comme c'était la veille de la fête de saint Louis, ils lui donnèrent le nom de Luis. Plus tard ils eurent encore deux garçons, Delfino et José Soledad.

Le curé de la paroisse chargea un jour un artiste de peindre un tableau de Notre-Dame du Refuge, et pour modèle des yeux de l'Enfant-Jésus, le peintre choisit le petit Luis.

En grandissant, il se mit à aider son père à la tannerie. Il se levait très tôt, participait avec son père à la messe de cinq heures, déjeunait et partait à l'école. L'après-midi, il aidait au travail du cuir ; le soir, après le chapelet, on mangeait et il allait se coucher. Deux fois par semaine, il allait au catéchisme.

Avec cet horaire régulier, le garçon grandit à l'ombre de son père, dont il devint le bras droit.

Dans ces années-là, les ouvriers chrétiens lisaient la récente encyclique de Léon XIII sur la question sociale, et Luis montrait un grand intérêt pour les problèmes sociaux. Il appartenait à l'Association Notre-Dame de Guadalupe, qui regroupait les ouvriers et les artisans. 

Des témoins se rappelaient que Luis s'intéressait de près à la condition sociale, au gouvernement ; il organisait des réunions chez lui. Lui-même s'imposait de traiter les ouvriers de manière juste et généreuse. Il parlait de tous ces problèmes avec la même sincérité et le même esprit de justice avec les riches qu'avec les pauvres.

Fidèle dévot de Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains, il participa à la cérémonie d'expiation qui eut lieu à Mexico après l'attentat à l'image de la Vierge qui avait eu lieu en 1921 dans la basilique.

Luis s'inscrivit à l'Action catholique de la Jeunesse mexicaine, et fonda la section de sa ville de Arandas. Puis il fut un des membres fondateurs de l'Adoration nocturne, à laquelle il fut toujours fidèle. Tous les jours il communiait à la messe.

Quand il allait vendre la marchandise avec son père à Atotonilco, il priait durant le déplacement. Il se répétait l'homélie du dimanche précédent. Jamais un mot contre quelqu'un. Il aidait les pauvres chaque fois qu'il le pouvait. Il vendait sa marchandise avec justice, honnêtement.

Il pensait un jour se marier, fit des économies et s'acheta une maison en 1925.

Il se fiança avec une jeune fille orpheline, Elvira Camarena Méndez, qu'il rencontrait comme une sœur, jusqu'à leur mariage, le 6 janvier 1926. Elvira avait dix-huit ans,  lui, vingt-quatre.

En 1927 devait naître Gilberto. 

Luis fut parfaitement fidèle envers son épouse. Il ne buvait pas, il ne fumait pas.

Quand se forma le mouvement des Cristeros, tout en les aidant à sa façon, avec des vêtements, de l'argent ou de la nourriture, jamais il ne voulut prendre les armes. Il avait un «messager» très fidèle qui lui apportait les nouvelles, José Refugio Aranda, surnommé Pancho la Muerte, qui fut arrêté le même jour que lui.

En 1926, quinze jours après que furent fermés les lieux de culte, on fusilla le 15 août un prêtre et trois jeunes de l'Action Catholique (Luis Batis, Salvador Lara, David Roldán et Manuel Morales), canonisés en 2000 ; le 1er avril 1927, on fusilla son maître Anacleto González Flores et trois jeunes de l'Action Catholique (Jorge y Ramón Vargas, et Luis Padilla Gómez), béatifiés en 2005.

Le gouvernement demanda aux autorités locales une liste de noms de ceux qui aidaient les Cristeros. Pour mieux les cerner, il fut établi de concentrer les populations dans certains centres, ce qui les aurait empêchés de se joindre aux Cristeros. Toute personne et tout prêtre, qui auraient été trouvés hors de ces centres, auraient été arrêtés et fusillés. Luis allait être du nombre. En prévision de ces moments difficiles, il s’était construit un passage souterrain entre la maison de son père et la sienne, ce qui lui permettait éventuellement de disparaître très vite.

En février 1928, des soldats vinrent occuper le village et s’installèrent dans l’église. A midi du 9 février, ils se présentèrent chez Raymundo ; n'y trouvant pas Luis, qui s’était précipité dans son abri, ils arrêtèrent Delfino, menaçant de le fusiller si Luis ne se présentait pas dans la journée.

Luis alors sortit de sa cachette, rassura calmement les siens en leur disant qu'il allait trouver le général, et qu'il leur ramènerait Delfino sans faute.

Il commença par prendre un bain, il se rasa fraîchement et se mit son plus bel habit, celui qu'il avait acheté à Guadalajara pour son mariage. Il se mit à table avec les siens et mangea tranquillement. Après, il s'agenouilla devant ses parents en leur demandant leur bénédiction. Il leur dit d'avoir courage, car il allait vite revenir. Il embrassa les siens un à un, il serra contre son cœur et embrassa son petit Gilbert de dix mois, et embrassa sa chère épouse, qui était enceinte.

Il était trois heures de l'après-midi. Une amie le vit passer et lui demanda où donc il allait, si bien vêtu ; il lui expliqua en deux mots la situation et elle lui dit : N'y va pas, ils vont te fusiller. Mais Luis, écartant les bras et regardant vers le ciel, répondit :  Quel bonheur, dans une heure je serai dans les bras de Dieu.

Luis alla droit au quartier militaire, demanda à rencontrer le général et lui dit : Mon général, je suis Luis Magaña, que vous cherchez ; celui que vous avez pris, c'est mon frère, qui n'a rien fait de mal. Si c'est moi que vous cherchez, libérez mon frère.

Le général admira le cran de cet homme, qui le regardait en face, les yeux dans les yeux. Il échangea deux mots avec son adjoint et dit à Luis : Bien, jeune homme. On va voir si tu es vraiment aussi courageux que tu le parais. Et à l'officier : Libère-moi l'autre, et fusille-moi celui-ci immédiatement sur le porche de l'église.

Il était trois heures et demie, l'heure de la sieste. Huit soldats sortirent, poussant devant eux Luis et son fidèle messager, Pancho la Muerte, qu'on avait arrêté précédemment. On arriva à l'église et on mit les deux prisonniers à droite du portail. L'officier voulut bander les yeux de Luis, qui refusa. Il avait les mains liées derrière le dos ; il leva les yeux au ciel et dit bien fort à tous les soldats (d'autres personnes entendirent clairement ses paroles) : 

Moi, je n'ai jamais été ni cristero ni rebelle, comme vous m'accusez. Mais si m'accusez d'être chrétien, oui, je le suis. Soldats, qui allez me fusiller ! Je désire vous dire qu'à partir de cet instant, vous êtes pardonnés, et je vous promets qu'en arrivant devant Dieu, vous serez les premiers pour qui je l'implorerai. Vive le Christ Roi ! Vive Notre-Dame de Guadalupe !

Le général voulait ainsi intimider les habitants ; jamais encore, on n'avait fusillé quelqu'un à l'entrée d'une église. Un soldat accrocha une pancarte avec ces mots : Ainsi meurent les Cristeros. 

Le père de Luis alla demander au général la permission de reprendre le corps de son fils. Il le ramena à la maison, où sa mère et son épouse lui mirent une chemise propre, conservant celle qui avait été ensanglantée. Toute la nuit, on le veilla. Des dames imbibèrent du coton avec le sang du Martyr, qui ne se coagulait pas. La mère et l'épouse de Luis donnèrent des morceaux de cette précieuse chemise comme reliques à des amies.

Cinq mois plus tard, naissait la petite fille de Luis, qui reçut le nom de Marìa Luisa, en souvenir de son père.

 

Plus tard, les reliques de Luis, avec celles des frères Ezequiel et Salvador Huerta, furent déposées dans la chapelle du séminaire des missions, qui se trouve à Arandas. Le père de Luis fit ériger une croix à l'endroit où son fils fut fusillé. Pendant longtemps, on put voir sur les murs de l'église, les trous creusés par les balles ; on ne les a rebouchés que tout récemment.

Luis Magaña Servin fut béatifié avec d'autres Compagnons mexicains martyrs en 2005. Le dies natalis de Luis est le 9 février.

 

 

Francisco Tomás de San Juan Bautista Márquez Sánchez

1866-1956

 

Francisco naquit le 24 juin 1866 à Alpandeire (Málaga, Espagne), dans une famille paysanne, et reçut au baptême les noms de : Francisco Tomás de San Juan Bautista. Il fut l'aîné de quatre garçons et une fille. Un des garçons mourut au service militaire, durant la guerre de Cuba.

Dans les champs, on cultive les céréales, et on garde aussi les chèvres. Un jour d'orage menaçant, Francisco proposa à ses camarades d'aller prier le chapelet dans une cabane proche, tandis qu'un autre préférait revenir au village le plus vite possible. Finalement c'est cet avis qui l'emporte, mais en chemin, la foudre s'abat sur le garçon qui avait imposé son avis. C'est là un épisode qui a pu déterminer Francisco à devenir religieux.

Après quelques études à l'école primaire, il resta à la ferme pour y travailler. 

En 1887-1888, il fit son service militaire au régiment d'Infanterie Pavía (Málaga).

En 1894, lors de la béatification de Diego José de Cádiz (voir au 24 mars), il entendit prêcher deux pères Capucins de Ronda, dont le comportement et les paroles le décidèrent à entrer dans leur ordre. 

Après quelques essais infructueux, il entra chez ceux de Séville en 1899, y émit les premiers vœux en 1900 et reçut le nom religieux de Leopoldo.

Il fut envoyé successivement à Antequera, Granada, Sevilla et, finalement, de nouveau à Granada, où il restera quarante-deux ans.

Sa fonction principale fut celle de quêteur : il allait par les rues et les places de la ville, pieds-nus, faisant l’aumône. On finit par le connaître partout, et on lui donna le surnom de humble quêteur aux trois Ave Maria, car telle était sa dévotion courante, chaque fois qu'on lui proposait une intention de prière, ou qu'il suggérait une prière. Frère Leopoldo ne manquait pas une occasion d'enseigner un peu de catéchisme, d'inviter à la prière, à la conversion.

Durant toute la période de la guerre civile, il continua à quêter, même au péril de sa vie.

Arrivé à l'âge vénérable de quatre-vingt dix ans, simple comme il avait toujours vécu, il s'éteignit saintement à Granada le 9 février 1956.

Il a été béatifié en 2010.

 

Un des nombreux miracles obtenus par son intercession, et retenu pour sa béatification fut la guérison rapide, totale et durable d'une malade qui, en 1994, fut envahie de douleurs musculaires très fortes dans les jambes et les bras, assorties de grave anémie, nausées, difficultés pour marcher et pour manger, perte progressive de la vue, hémoglobine et plaquettes réduites à un niveau incompatible avec la vie, péricardite, pneumonie bilatérale. Les termes cliniques étaient : Lupus érythémateux disséminé systémique (LES) compliqué d’anémie hémolytique auto-immune, purpura thrombotique thrombocytopénique, polyradiculonévrite périphérique démyélinisante (Syndrome de Guillain-Barré), pneumopathie interstitielle, neuropathie lupique, péricardite.

Des proches lui présentèrent une image du fr. Leopoldo avec une relique ; au moment où l'on jugeait la situation vraiment désespérée, la mère de la malade se retira pour prier dans la chapelle de l'hôpital avec d'autres personnes. Le lendemain, les douleurs avaient disparu, le cœur fonctionnait normalement, toutes les valeurs des analyses étaient normales ; les jours suivants, on n'observait plus de séquelles.

Le miracle fut reconnu : actuellement, la malade continue de jouir d'une bonne santé et d'une vie normale.

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:00

08 FEVRIER

 

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Ss Paul, Lucius et Cyriaque, martyrs romains.

Ss Denis, Emilien et Sébastien, martyrs en Petite Arménie. 

III.

Ste Coyntha, martyre à Alexandrie. 

IV.

S Eventius, évêque à Pavie.

VI.

S Jacut, frère des ss. Weithnoc (son jumeau) et Gwennolé, venus de Grande Bretagne ; il fonda à Landoac une abbaye qui sera Saint-Jacut.

S Honoratus, évêque à Milan.

VII.

S Nicetius, évêque à Besançon.

S Paulus, passé de la cour de Clotaire II à Tholey, puis évêque à Verdun ; il y restaura la vie de l’Eglise, notamment pour la sanctification du dimanche.

VIII.

Ste Elfleda, abbesse à Whitby.

IX.

S Cuthman, berger anglo-saxon retiré avec sa pauvre mère dans une cabane à Steninges.

S Mengold (Meingaud), seigneur mis à mort par ses ennemis près de Huy.

XI.

B Pietro Aldobrandini, de l’abbaye de Vallombreuse ; l’évêque ayant été accusé de simonie à Albano, Pietro accepta de se soumettre à l’épreuve du feu pour le “prouver” ; sorti indemne, il fut surnommé “Igneo” et créé cardinal, tandis que l’autre évêque était déposé.

XII.

S Etienne, auvergnat solitaire dans la forêt de Muret, à l’origine de l’ordre de Grandmont.

XIII.

Bse Jacopa de' Settesoli, veuve Frangipane (d’où le nom de la délicieuse galette), romaine dévouée aux franciscains ; s. François d’Assise, mourant, demanda de “laisser entrer frère Jacqueline”.

XV.

B Isaïe Boner, augustin à Cracovie.

XVI.

S Girolamo Miani (Jérôme Emilien), ex-militaire, fondateur à Somasca d’une congrégation de clercs (Somasques) pour les orphelins, les filles tombées, les malades ; il est le patron des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

XX.

Bse Giuseppa Gabriella Bonino (1843-1906), fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille, pour la jeunesse et les malades, béatifiée en 1995.

Ste Giuseppina Bakhita (env.1869-1947), esclave soudanaise rachetée par le consul italien, des religieuses Canossiennes à Schio, première soudanaise béatifiée (1992) et canonisée (2000).

Bse María Josefa Alhama Valera (Esperanza de Jésus, 1893-1983), fondatrice espagnole des Servantes et des Fils de l’Amour Miséricordieux, morte à Collevalenza (Italie), mystique, béatifiée en 2014.

Coynta d’Alexandrie

† 249

 

Coynta était une femme chrétienne qui vivait en Alexandrie.

Les persécuteurs conduisirent Coynta (Quinta) vers le temple des idoles et la contraignirent d’adorer ; elle se détourna et manifesta son dégoût. Ils la lièrent alors par les pieds et la traînèrent par toute la ville sur le rude pavé ; ils la meurtrirent sur les pierres meulières, tout en l’accablant de coups de fouet, puis ils la conduisirent au même endroit que Métras (v. 31 janvier) et la lapidèrent.

Les Martyrs d’Alexandrie étaient autrefois commémorés ensemble, comme le groupe des Martyrs d’Alexandrie, sous l’empereur Dèce.

Sainte Coynta d’Alexandrie est commémorée le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eventius de Pavie

† 397

 

Sur Eventius (ou Inventius, Iuventius dans le Martyrologe, sans doute à cause d’un problème de graphologie), il n’y a pas grand-chose à dire.

Il fut le troisième évêque de Pavie : il fut consacré certainement - mais on ne sait combien de temps  -avant 381, par s.Ambroise (v. 7 décembre).

Eventius fut un fervent partisan de la Foi catholique, contre l’erreur d’Arius. En 381, il participa au concile d’Aquilée, qui condamna les derniers évêques ariens.

En 390, il participa au concile de Milan, qui condamnait l’erreur de Iovinianus ; les pères de ce concile envoyèrent au pape une lettre, où Eventius est le premier signataire.

S.Ambroise raconte aussi comment Eventius prit ouvertement la défense d’une veuve qui réclamait les biens qu’on lui avait confisqués.

L’épiscopat d’Eventius dura une vingtaine d’années, et s’acheva le 8 février 397.

L’église des Saints-Nazaire-et-Celse où l’on déposa son corps, prit le nom de Saint-Eventius ; on oublia peu à peu cette sépulture, qu’on redécouvrit seulement en 1574. L’église fut abattue en 1789, mais les reliques furent conservées dans l’église du Gesù.

Saint Eventius de Pavie est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jacut de Landoac

460-?

 

Jacut et son frère jumeau Guethenoc (ou Weithenoc) naquirent un peu avant 460 en Grande-Bretagne, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche), des parents nobles anglais. 

Fuyant l’invasion des Saxons, ils émigrèrent en Armorique, où naquit aussi Guennolé (v. 3 mars).

Il est probable que les deux jumeaux furent confiés à un saint Budoc (? 9 décembre), de l’abbaye de l’île Lavrec, où ils grandirent dans l’esprit monastique de prière, de travail, de méditation.

Plus grands, ils allèrent se construire un autre ermitage, plus solitaire encore, à Landoac (Landouar). Là, ils travaillèrent à la conversion de la population, aidant les habitants à cultiver mieux leurs terres.

Des disciples se joignirent à eux, de même aussi que des recrues anglaises, venant de Grande-Bretagne.

Puis les deux frères jumeaux se séparèrent, et Jacut continua sa vie pleine de mérites.

On dit qu’il mourut un 8 février dans la première moitié du sixième siècle.

Le monastère Notre-Dame prit le nom de Saint-Jacut ; il a complètement disparu aujourd’hui.

Saint Jacut de Landoac est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Honoratus de Milan

† 572

 

Honoratus était milanais, peut-être descendant de la famille des Castiglioni.

Les deux évêques Vitalis et Ausanus étant morts de la peste qui sévissait à Milan, Honoratus fut élu trente-et-unième archevêque de ce siège, en 567.

Deux ans plus tard, en 569, quand les Lombards envahirent la région, Honoratus put s’enfuir avec le clergé et un grand nombre de familles à Gênes. Désormais, pendant quatre-vingts ans, l’archevêque «milanais» dirigerait son diocèse depuis la capitale ligure ; les cent-cinquante kilomètres qui séparent les deux villes ne facilitèrent pas la vie diocésaine.

Malgré cette absence, Honoratus resta préoccupé de la situation des pauvres de Milan ; après comme avant son départ, il s’en soucia paternellement. 

Honoratus mourut à Gênes après cinq ans d’épiscopat, le 8 février 572.

Saint Honoratus de Milan est commémoré le 8 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicetius de Besançon

† 613

 

Nicetius (Nicet ou Nizier) fut le vingtième archevêque de Besançon.

Il dut reconstruire matériellement et moralement son diocèse, après le passage des Huns durant le 5e siècle. Durant et après cette invasion, le siège de Besançon avait été transféré à Nyon (sur le lac Léman). Nicetius le rétablit à Besançon.

Entre lui et le pape Grégoire le Grand (v. 12 avril), il y eut une correspondance amicale et une convergence de vues ; Nicetius se montra un adversaire de l’hérésie.

Il y eut aussi une forte amitié entre lui et s. Colombanus de Luxeuil (v. 23 novembre). C’est lui qui alla consacrer les autels des églises établies par Colomban à Annegray, Luxeuil et Fontaine. Lorsque le roi de Bourgogne, sur l’instigation de la reine Brunehaut, envoya Colomban en exil (610), Nicetius le reçut avec toute la bienveillance possible.

Nicetius mourut en 613.

Saint Nicet est commémoré le 8 février au Martyrologe Romain. Il n’est pas exact d’affirmer qu’il est fêté localement le 31 janvier : il n’est tout simplement pas fêté, nominalement. Les saints évêques de Besançon sont commémorés tous ensemble le 17 juin.

 

 

Paulus de Verdun

576-648

 

Paulus naquit vers 576 en Gaule, de parents chrétiens et distingués. Il aurait même été le frère de saint Germain  de Paris (v. 28 mai).

Après l’enfance, il vécut à la cour du roi Clotaire II, où il fut le collègue des saints Arnoul, Eloi, Ouen, Didier, qui allaient être les évêques respectivement de Metz, Noyon, Rouen, Cahors (v. 18 juillet, 1er décembre, 24 août, 15 novembre).

La grâce agissant en lui, et voyant l’heureux témoignage de ces bons collègues, Paulus voulut se retirer du monde pour servir Dieu.

Il trouva un asile près de Trèves, où ses vertus lui attirèrent quelques disciples. Il s’en alla, mais la montagne conserva son souvenir, et s’appela par la suite Paulusberg.

C’est dans les Vosges (act. dans la Sarre) qu’il s’arrêta un soir, demandant l’hospitalité à l’abbaye de Tholey. Au bout de quelques jours, l’abbé le pressa de demeurer dans la communauté. Paulus suivit le conseil ; en même temps qu’il grandissait dans les vertus, il était formé aux belles-lettres, qu’il finit même par enseigner, procurant à l’abbaye de Tholey une belle renommée.

L’humilité et l’obéissance de Paulus furent récompensées par des miracles. Un jour qu’il devait cuire le pain et qu’il n’avait pas le temps d’être à l’heure pour le repas, il mit la pâte directement à la place des braises, et les pains non seulement furent cuits à temps, mais encore un malade qui en mangea fut guéri.

L’exemple de Paulus fut suivit par d’autres jeunes gens qui demandèrent à être admis à la même abbaye.

Il se peut qu’il ait été le second abbé de Tholey, de 626 à 645 environ.

Dagobert avait entre temps succédé à son père Clotaire II ; or un parent de Dagobert était moine à Tholey, et conseilla au roi de choisir Paulus pour le siège vacant de Verdun. Il fallut d’abord convaincre l’humble moine, et le conduire sur place.

Paulus demeura abbé, tout en acceptant de conduire le diocèse sur les voies de la sainteté. Mais le diocèse était ruiné, et Paulus mit à contribution ses relations avec la cour pour lui fournir des terres, des immunités, des privilèges.

Le nouvel évêque fut à la hauteur de sa mission, qui était rude et délicate, car le diocèse était dans un état peu brillant. Paulus en fut vraiment le restaurateur. Une de ses victoires fut de ramener les diocésains à la sanctification du dimanche. C’est pour ceux qui allaient «se promener» hors de la ville ce jour-là, qu’il fit construire l’église Saint-Saturnin.

Lorsqu’il mourut, un 8 février, peut-être en 648, il fut enseveli dans cette église, qui prit ensuite le nom de Saint-Paul.

En souvenir du miracle des pains, saint Paul a été choisi comme patron par les boulangers et pâtissiers de Verdun. Le 8 fébrier, on y distribue le «pain de saint Paul».

Au 10e siècle, par crainte des invasions normandes, des moines de Tholey crurent bon de s’approprier les restes du saint évêque, mais une force mystérieuse les bloqua en route, à un endroit où s’élève maintenant la Paul-Croix. Par la suite, un nouveau monastère fut construit à Verdun, dédié à saint Paul et qui reçut ses restes. Mais ce monastère fut détruit en 1552. Les reliques se trouveraient actuellement dans le trésor de la cathédrale de Verdun : si elles s’y trouvent toujours, elles ne doivent guère être vénérées.

Pietro Igneo

1000-1088

 

Des divergences et des incertitudes entourent ce personnage singulier.

Pietro naquit vers l’an 1000 à Florence, soit dans la famille Aldobrandini, soit dans la famille Aldobrandeschi ; son père aurait été le conte Desiderio de Soana.

Il fit profession dans l’abbaye de Vallombreuse, sous l’égide de s.Giovanni Gualberto (v. 12 juillet) et, bien qu’il fît de grands progrès en toutes les vertus, ce fut surtout dans l’humilité qu’il brilla.

Il passa en plusieurs monastères et c’est alors qu’il se trouvait dans celui de Settimo qu’advint l’événement qui le rendit si célèbre. A ce moment-là vivait à Pavie un évêque simoniaque, que les moines accusaient et voulaient faire déposer, tandis que les habitants exigeaient une «preuve» de ces accusations. On recourut à l’épreuve du feu, courante à l’époque, consistant à faire passer l’accusateur entre deux rampes de feu, longues de quelques mètres et rapprochées entre elles : s’il en sortait sain et sauf, on croyait à son témoignage.

Après avoir prié, les moines choisirent Pietro pour subir l’épreuve. Celui-ci célébra la Messe, prit la croix et s’avança entre les deux bûchers, tranquillement ; à l’extrémité, il voulut repartir en arrière pour ramasser son mouchoir qui était tombé, mais le peuple l’acclama ; on vint lui baiser les pieds, lui taillader l’habit pour garder des «reliques», et ainsi fut déposé l’évêque impie.

C’est à cet épisode que remonte le surnom de Igneo (de feu), que porta désormais Pietro.

Par la suite, il fut élu prieur, puis abbé de plusieurs monastères ;  en 1079, il fut créé cardinal et évêque d’Albano.

Il fut envoyé comme légat papal en Italie, en France et en Allemagne.

Pietro mourut à Vallombreuse (ou à Fucecchio) le 8 février 1088, certains avancent même la date de 1094.

Il n’est pas sûr que Pietro Igneo ait été canonisé. Au 8 février, le Martyrologe Romain parle du bienheureux Pietro, de la même façon qu’on parle souvent des bienheureux Apôtres.

 

 

Etienne de Muret

1046-1124

 

Etienne vit le jour en 1046 à Thiers (Puy-de-Dôme), fils du seigneur local, Etienne II, et de Candida.

En 1060, on le confia au doyen du Chapitre de Paris, Milon, qui devint plus tard archevêque de Benevento (Italie), ce qui explique comment Etienne se forma successivement à Paris et à Benevento. Certains ont dit que Milon l’ordonna diacre ; on verra par la suite qu’Etienne sera fidèle à la prière du Bréviaire ; en outre, on a conservé sa dalmatique, l’ornement liturgique particulier des diacres.

Etienne y entendit parler des ermites de Calabre (parmi lesquels les Chartreux de saint Bruno, v. 6 octobre) ; il se peut aussi qu’il les ait visités.

Vers 1074, il séjourna quelque temps à Rome et revint dans le Massif Central. Il y renonça à son héritage (sauf un simple anneau, dont on va parler plus bas), dit adieu à sa famille, et se retira dans la solitude.

Il se fixa finalement dans la forêt de Muret. Quelle règle suivit-il ? une vie toute de contemplation et de prière. Voici le texte de sa consécration personnelle : 

Moi, Etienne, je renonce au démon et à toutes ses pompes ; je m’offre et me donne à Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, seul Dieu vrai et vivant en trois Personnes. O Dieu tout-puissant  ! qui vivez éternellement et régnez seul en trois Personnes, je promets de vous servir en cet ermitage, en la foi catholique. En signe de quoi je pose cette écriture sur ma tête et mets cet anneau à mon doigt, afin qu’à l’heure de ma mort cette promesse solennelle me serve de défense contre mes ennemis.

Sainte Marie, Mère de Dieu, je recommande à votre Fils et à vous-même mon âme, mon corps et mes sens.

Après ces «fiançailles» spirituelles, Etienne s’enferma dans une étroite cellule, exposée à toutes les variations météorologiques, étouffante en été et glaciale en hiver ; il n’eut pour chemise qu’une cotte de mailles, dormait un peu sur un lit qui était plutôt un sépulcre de mort. Il priait le bréviaire, y ajoutait des psaumes tout au long de la journée, des louanges en l’honneur de la Sainte Trinité, de la Très Sainte Vierge, des prières pour les Défunts, toujours à genoux, tête découverte.

On a attribué à Etienne des miracles de son vivant. Il aurait ainsi guéri de sa paralysie un chevalier limousin.

Ceux qui vinrent le visiter, le trouvèrent toujours joyeux et aimable. Parmi ces visiteurs, furent deux cardinaux, dont l’un devait devenir le pape Innocent II, l’autre l’antipape Anaclet II ; Etienne leur expliqua ainsi son genre de vie : La grâce de Jésus-Christ nous a amenés dans ce désert pour y mener une vie de pauvreté et d’obéissance ; notre faiblesse ne nous permet pas d’atteindre à la perfection des ermites, nous tâchons d’imiter en quelque façon les frères, qui servent Dieu dans la Calabre, et nous attendrons la miséricorde de Jésus-Christ au jour de son jugement. On imagine l’heureux étonnement des deux prélats.

On aura noté le nous utilisé par Etienne ; ce n’était pas un nous de majesté, mais un nous collectif, car Etienne avait alors déjà quelques compagnons. Ceux-ci augmentèrent et formèrent l’Ordre de Grandmont. 

Le pieux Fondateur tomba malade. Il rappela à ses compagnons : Si, aimant la pauvreté, vous vous attachez constamment à Dieu, sans jamais vous écarter du chemin de la vérité, sa providence aura soin de vous et vous donnera tout ce qu’elle jugera vous être avantageux.

Après cinq jours de maladie, Etienne entendit la Messe, reçut l’Onction des Malades et l’Eucharistie, et expira,  le 8 février 1124, son dies natalis au Martyrologe.

Il est heureux et étonnant de savoir que parmi les autorités qui demandèrent la canonisation d’Eienne, se trouvait le roi d’Angleterre ; cela s’explique par le mariage de Mathilde avec Geoffroy Plantagenêt, parents du futur Henri II, roi d’Angleterre. C’est grâce à ce dernier que la communauté put construire un prieuré et une église au lieu-dit Grandmont. L’Ordre connut jusqu’à cent-soixante maisons à la fin du 13e siècle. Les bâtiments de Grandmont furent démolis à la Révolution.

Etienne fut canonisé en 1189.

 

 

Jacopa de’ Settesoli

1192-1239

 

Cette dame romaine, Jacopa de’ Normanni, serait née plutôt en 1190, à Rome ou un peu plus au sud ; elle avait épousé très jeune encore le seigneur Graziano Frangipane de’ Settesoli, qui mourut bientôt (1217), lui laissant deux petits enfants, Giovanni et Giacomo, et d’immenses propriétés.

Le prénom de cette dame est recensé de diverses manières, Jacopa ou Giacoma, ou encore Giacomina, qui serait en français Jacqueline.

Le nom de Frangipane est bien connu des gourmands, et remonterait justement à Giacomina, veuve Frangipane, qui confectionnait admirablement bien ces excellentes pâtisseries, quoiqu’il y ait à ce sujet bien d’autres versions.

Mais sans être gourmand (c'est-à-dire sans excéder dans le boire ou le manger, car la gourmandise est justement ce vice de l'excès), un certain Francesco, originaire d'Assise, appréciait à sa juste valeur cette pâtisserie que lui servait Dame Giacomina quand il passait dans la demeure romaine de celle-ci : saint François d’Assise ne refusait pas par principe de manger de bonnes choses, simplement il n’en abusait pas.

Giacomina resta extrêmement dévouée à Francesco et à ses Confrères. Elle aurait suggéré à Francesco la fondation du Tiers-ordre franciscain, permettant aux laïcs de vivre selon l’idéal franciscain tout en restant dans le monde. C’est elle aussi qui obtint l’hôpital de San-Biagio pour en faire la première maison franciscaine à Rome : Saint François a Ripa (sur la rive du Tibre)

Quand Francesco fut cloué au lit par sa dernière maladie, il exprima le désir de revoir Giacomina. Or celle-ci, ayant pressenti la dernière heure de Francesco, s’était déjà mise en route pour Assise, avec son plus jeune fils. Elle se présenta bientôt au monastère. 

Or, la règle qu’avait écrite Francesco était stricte : une femme n’entre pas dans le monastère des hommes ; même Chiara (Claire) d’Assise, n’y avait pas posé le pied.

Quand on rapporta cependant à Francesco que Giacomina était restée à la porte du monastère, François, qui connaissait bien cette “soeur” spirituelle, leur répondit : Laissez donc entrer “frère” Giacomina. Ainsi cette sainte femme put encore entrevoir une dernière fois le Saint stigmatisé d'Assise avant son départ pour les prairies éternelles.

“Frère” Giacomina mourut à son tour quelque temps plus tard à Assise, le 8 février 1239 ; on a dit aussi 1274, ce qui semble vraiment tardif.

Elle est considérée comme bienheureuse, mais n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

Une représentation de Jacopa, signée Simone Martini, est reconnaissable à l’auréole chargée de sept soleils, du nom de famille de la Bienheureuse : Settesoli.

 

 

Girolamo Miani (Emiliani)

1481-1537

 

Girolamo naquit à Venise en 1481, dernier des quatre enfants de Angelo et de Dionora (ou Leonora) Morosini.

Certaines sources donnent 1486, mais la plus sûre indiquant que Girolamo mourut à cinquante-six ans, on corrige l’année de naissance à 1481.

Le nom de famille de son père était très probablement Emiliani, une famille romaine ; mais quand cette famille s’établit à Venise, les gens lui donnèrent le nom de Miani, et c’est apparemment sous ce nom que naquit et fut connu notre Girolamo (Jérôme). Ses frères s’appelaient Carlo, Luca et Marco.

Girolamo reçut une éducation chrétienne ; il avait beaucoup d’amis ; on le disait robuste et, quelquefois, emporté. A dix ans, il perdit son père.

Il entra dans le Grand Conseil de Venise, et devint gouverneur de la place de Quero.

Il s’enrôla dans la cavalerie de Venise, et connut ce que la vie militaire peut offrir de moments glorieux, mais aussi, malheureusement, de chutes morales. En août 1511, il fut fait prisonnier. Girolamo affirma toujours qu’il fut libéré un mois plus tard, sur intervention de Notre-Dame.

Peu après la guerre, mourut son frère Luca, dont il soutint alors la veuve et les enfants, ainsi que le commerce des étoffes.

En 1527, il renonça à toutes ses responsabilités civiles, se retira dans la méditation et se mit à aider les pauvres, visiter les églises, écouter les sermons, assister à la messe. Regrettant ses écarts de la vie militaire, il priait et implorait Dieu de lui pardonner. Il se mit sous la conduite d’un saint prêtre de Venise.

Jeûnes, veilles, lectures, prières, travail : ce fut sa vie ; modestement vêtu, il parlait le moins possible ; il se montrait toujours heureux ; chaque jour, il combattait particulièrement un défaut en multipliant des actes de la vertu opposée.

Voici un fait qui eut des témoins et qui montre son degré de conversion. Un homme l’injuria gravement et injustement, et lui saisit la barbe qu’il voulait, disait-il, lui arracher poil par poil ; à quoi Girolamo répondit calmement : Si le Seigneur le veut ainsi, vas-y ! Or, si la scène s’était produite avant l’époque de sa conversion, il est sûr et certain que Girolamo se serait défendu énergiquement et aurait déchiré son adversaire avec les dents !

Il y eut en 1528 une grave famine dans toute l’Italie et en Europe, et beaucoup en moururent. Les familles laissèrent les campagnes et vinrent s’accumuler dans les villes, où l’on vivait «mieux». Girolamo vit ces pauvres gens gémir dans les rues et vendit tout ce qu’il avait encore chez lui pour leur venir en aide. Il en introduisait chez lui, il les exhortait à penser à Dieu, à mourir dans l’espérance du Ciel. Puis il se chargeait de porter au cimetière les cadavres des malheureux, de nuit pour rester discrètement inaperçu.

Une épidémie de peste se développa ; au contact de ces gens, Girolamo prit la contagion et pensa qu’il était proche de la mort. Mais de façon inattendue, il guérit bientôt et reprit ses activités charitables. Il remit définitivement le commerce de la laine à son neveu, et prit un habit tout simple. Il loua une petite maison dans le quartier Saint-Roch et commença à faire l’école à de petits orphelins. Il appela des artisans pour enseigner aux enfants à fabriquer des clous, il travaillait avec eux et leur enseignait à vivre de leur travail plutôt qu’à mendier. Ce petit «commerce» lui permit bientôt d’aller aider d’autres pauvres dans les quartiers éloignés Les dirigeants de l’hôpital des Incurables lui confièrent alors leurs deux écoles pour enfants.  

Il fut ensuite convié à Bergame, à Crémone, à Milan. Il y alla avec ses meilleurs «disciples», mais ils tombèrent malades à Milan. Un ami le reconnut et lui proposa de l’héberger, mais ne pouvant héberger tous les enfants, il les recommanda au duc Alfonso Sforza, qui les fit admettre à l’hôpital. 

Girolamo réunit bientôt dans toute la région plus de trois-cents personnes qui l’imitaient dans l’assistance aux pauvres ; il s’employa à les organiser et leur donna le nom de «Serviteurs des Pauvres», puis il revint à Venise, où il rendit visite à ses plus proches amis, parmi lesquels Gaetano de Thiene (voir au 7 août) et l’évêque Gian Pietro Carafa, futur pape Paul IV.

Puis il visita encore Vicenza, Vérone, Brescia, Bergame, Pavie. On l’invita à organiser à Rome les mêmes œuvres que dans le nord. Ce fut un pèlerin de la charité. 

Or, fin 1536, une nouvelle épidémie ravagea la ville de Somasque. Un des siens fut à l’agonie et l’on attendait sa dernière heure. Or le moribond se réveilla et dit à l’entourage qu’il venait de voir un siège tout lumineux, qui devait être celui de Girolamo.

Discrètement ce dernier prit congé de tous, annonçant que bientôt ni eux ni personne ne le verrait plus, parlant de sa mort prochaine. En effet, il contracta à son tour la maladie et mourut le dimanche 8 février 1537.

En 1540, le pape Pie IV érigea la famille en Ordre religieux, sous l’appellation de Clercs Réguliers de Somasque (du nom de la ville de leur maison principale).

Girolamo Miani sera béatifié en 1747, canonisé en 1767 ; en 1928, il sera proclamé Patron céleste des orphelins et de la jeunesse abandonnée.

Saint Girolamo est fêté le 8 février.

Giuseppina Gabriella Bonino

1843-1906

 

Giuseppina naquit à Savigliano (Cuneo, Turin, Italie) le 5 septembre 1843, de Domenico Bonino, médecin, et Giuseppa Ricci. Baptisée dès le lendemain de sa naissance, elle reçoit les noms de Anna Maria Maddalena Giuseppina.

Elle est la fille unique de ce couple très chrétien, qui a les moyens de la faire éduquer à la maison.

Intelligente, Giuseppina sera vite orientée par ses parents vers l'Institut des Rosine, ouvert pas la Mère Rosa Gavone à Savigliano en 1757. 

Giuseppina comprend vite, “au vol”, ce qui lui est expliqué. Elle peut faire la Première Communion à sept ans et recevoir la Confirmation l'année suivante, ce qui est très exceptionnel pour cette époque. Giuseppina montre aussi une grande dévotion à Marie, mère de Dieu.

En 1855, la famille déménage à Turin, où Giuseppina continue ses études chez les Sœurs de Saint-Joseph. Un saint prêtre l'assiste spirituellement, et l'autorise à faire un premier vœu de chasteté, à dix-huit ans.

A partir de 1869, la famille revient à Savigliano, mais le papa est malade, et Giuseppina l'assistera jusqu'à la mort, qui survient en 1874.

Giuseppina se donne alors beaucoup plus aux œuvres paroissiales. Elle préside la Pieuse Union des Enfants de Marie ; en 1875, elle prend l'habit du Tiers-ordre du Carmel et change son nom en Sœur Gabrielle de Jésus, Marie, Joseph et fait sa consécration totale en 1877. Elle s'agrège aussi au Tiers-ordre de la Pénitence de saint François.

En 1876, une tumeur à la colonne vertébrale l'oblige à subir une intervention chirurgicale, mais l'anesthésie est trop faible pour l'intervention. Le chirurgien l'opère pratiquement à vif, tandis qu'elle serre dans ses mains son crucifix. La guérison est estimée miraculeuse, grâce au recours à Notre Dame de Lourdes. Elle se rend à Lourdes en remerciement, avec sa mère, en septembre 1877. Là, elle a l'inspiration de se consacrer entièrement aux pauvres. Deux mois plus tard, la maman meurt des suite d'une broncho-pneumonie très violente.

La Sœur Gabriella ouvre à Savigliano une maison pour accueillir les petites filles orphelines dont personne ne voulait. Elle appelle cette maison La Sainte Famille ; dans les milieux bourgeois où on la connaissait, on la traite de fanatique, mais elle persévère dans son choix.

En 1880, elle fait deux séjours chez les Carmélites de Moncalieri et les Visitandines de Pinerolo, pour se préparer à sa Fondation : son directeur spirituel lui déconseille la vie cloîtrée et l'oriente décidément vers la fondation d'un nouvel Institut religieux pour les orphelines, les pauvres et les vieillards, à l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth : humble, travailleuse, modeste, charitable, animée du zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Sœur Gabriella devient donc, à trente-huit ans, supérieure des Sœurs de la Sainte Famille (1881). L'institut reçoit l'approbation le 8 septembre 1887, fête de la nativité de Marie, et les douze premières Sœurs, Gabriella en premier, firent leur consécration, reçurent l'habit et leur nom : Sœur Gabriella se serait désormais appelée Sœur Giuseppina Gabriella de Jésus.

Les onze autres sont : Cecilia, Cristina, Luigia, Domenica, Maria, Geltrude, Teresa, Raffaella, Chiara, Pietrina, Agnese. Chiara fut la première à voler au ciel, peu de temps après cette vêture.

Giuseppina s'appliqua à dispenser aux Sœurs une formation solide ; la maison-mère et la chapelle furent construites à Savigliano. La première maison s'ouvrit à Loreto (Lorette), où elle séjourna très souvent, priant et méditant longuement dans la “Sainte Maison” de la Sainte Famille. Suivirent quatre autres maisons, où la Fondatrice exigeait une authentique vie religieuse, un esprit de sacrifice, un don total au service des bisogneux.

Comme elle l'avait annoncé, elle s'éteignit à Savona, frappée de pneumonie, le 8 février 1906. Ses dernières paroles furent : Mon Dieu, que ta volonté soit faite en moi ; et aux Sœurs : Priez pour moi.

Elle avait un rêve : ouvrir une branche sacerdotale dans l'Institut, que les actuelles Religieuses espèrent concrétiser dans l'avenir.

Sœur Giuseppina Gabriella a été béatifiée en 1995, et son dies natalis est le 8 février.

 

 

Giuseppina Bakhita

1867-1947

 

Giuseppina Bakhita naquit au Soudan en 1867 ou 1869. 

Bakhita n'est pas le prénom qu'elle reçut de ses parents à sa naissance. L'effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom.

Bakhita, qui signifie «fortunée», est le prénom que lui ont donné ses ravisseurs.

Vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l'esclavage.

Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Callisto Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n'utilisait plus le fouet, et qu'on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l'affection et des moments de joie, peut-être même encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

Quand le Consul dut repartir pour l'Italie. Bakhita demanda de partir avec lui et avec un de ses amis, Augusto Michieli.

Arrivé à Gênes, Monsieur Legnani, sur la demande de l'épouse d'Augusto Michieli, accepta que Bakhita restât avec eux. Elle suivit donc sa nouvelle «famille» dans leur domicile de Zianigo (dans la banlieue de Mirano Veneto) et, quand naquit leur fille Mimmina, Bakhita en devint l'éducatrice et l'amie.

L'acquisition puis la gestion d'un grand hôtel à Suakin, sur la Mer Rouge, contraignirent Madame Michieli à déménager dans cette localité pour aider son mari. Entre-temps, d'après un conseil de leur administrateur, Illuminato Checchini, Mimmina et Bakhita furent confiées aux Sœurs Canossiennes de l'Institut des catéchumènes de Venise. Et c'est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était.

Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même: Qui est donc le Maître de ces belles choses? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages.

Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina. C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire: C’est ici que je suis devenue fille de Dieu !.

Chaque nouvelle journée la rendait toujours plus consciente de la façon dont ce Dieu, qui maintenant la connaissait et l'aimait, l'avait conduite à lui par des chemins mystérieux, la tenant par la main.

Quand Madame Michieli revint d'Afrique pour reprendre sa fille et Bakhita, celle-ci, avec un esprit de décision et un courage insolites, manifesta sa volonté de rester avec les Mères Canossiennes et de servir ce Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour.

La jeune africaine, désormais majeure, jouissait de la liberté d'action que la loi italienne lui assurait.

Bakhita demeura dans le catéchuménat, où se fit plus clair pour elle l'appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l'Institut de Sainte Maddalena de Canossa (voir au 10 avril).

Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à son Dieu qu'elle appelait, usant une douce expression : Mon Maître !

Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l'amour de Dieu, vécut en s'adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio (Vicenza, Vénétie) : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

Lorsqu'elle se dédia à cette dernière tâche, ses mains se posaient avec douceur sur la tête des enfants qui fréquentaient chaque jour l'école de l'Institut. Sa voix aimable, qui rappelait les berceuses et les chants de sa terre natale, se faisait agréable pour les petits, réconfortante pour les pauvres et les souffrants, encourageante pour tous ceux qui frappaient à la porte de l'Institut.

Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l'estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur. Soyez bons, disait-elle, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu ! 

Arriva la vieillesse, puis la maladie longue et douloureuse, mais Mère Bakhita continua à donner un témoignage de foi, de bonté et d'espérance chrétiennes. À qui lui rendait visite et lui demandait comment elle se portait, elle répondait souriante : Comme veut le Maître !

Dans l'agonie, elle revécut les jours terribles de son esclavage, et, à maintes reprises, elle supplia l'infirmière qui l'assistait : Lâchez un peu les chaînes... elles me font mal !

Ce fut la très Sainte Vierge Marie qui la libéra de toute souffrance. Ses dernières paroles furent: Notre Dame ! Notre Dame !, tandis que son ultime sourire témoignait de sa rencontre avec la Mère du Seigneur.

Mère Bakhita s'est éteinte le 8 février 1947 dans la maison de Schio, entourée de la communauté en pleurs et en prières. Une foule accourut rapidement à la maison de l'Institut pour voir une dernière fois leur petite Mère noire et lui demander la protection du ciel. Sa réputation de sainteté s'est désormais répandue sur tous les continents.

Nombreuses sont les grâces obtenues par son intercession. 

Giuseppina Bakhita fut canonisée en 2000.

 

 

María Josefa Alhama Valera

1893-1983

 

María Josefa Alhama Valera naquit le 30 (29) septembre 1893 à Vereda del Molino (Santomera, Murcia, Espagne), de José Antonio et María Carmen, des parents aussi croyants que pauvres cultivateurs, qui eurent neuf enfants.

Très tôt, elle fut placée chez un commerçant, dont les enfants eurent la bonté de lui enseigner à lire et à écrire (une autre source affirme que ce fut chez le curé, qui était assisté de deux bonnes Religieuses).

Elle avait vingt-deux ans lorsqu’elle entra chez les Filles du Calvaire, qui allaient bientôt fusionner avec les Religieuses Clarétines ou Filles Enseignantes de Marie Immaculée. María Josefa prit alors le nom de Madre Speranza de Jesús.

On l’envoya au couvent de Vélez Rubio, pour y enseigner aux petits enfants ; un an après, on l’envoya à Madrid chez les Clarétains.

Déjà on observait des choses surnaturelles dans la vie et le comportement de Madre Speranza et l’on voulait s’assurer qu’elles fussent réellement d’origine divine et non des fantaisies. Très vite le Saint-Office romain dut s’incliner devant l’évidence des faits. 

Madre Speranza était, entre autres, favorisée d'extases et ses collaborateurs assistèrent plus d'une fois à ses dialogues avec Dieu. Elle demandait pourtant à tous de ne pas la regarder dans ces moments là. Elle portait dans son corps les stigmates de la Passion du Christ. Elle avait le don de bilocation : elle aurait ainsi rendu visite au pape Pie XII au Vatican, mais pour le moment, le récit de cet événement n'a pas été publié par l'Eglise.

En 1930, M    adre Speranza fonda la Congrégation des Esclaves de l’Amour Miséricordieux, à Madrid, dont la mission devait être de s’occuper des pauvres et des enfants. Il y eut très vite d’autres maisons en différents points de l’Espagne.

En 1936, elle rejoignit l’Italie, où elle ouvrit d’autres maisons encore.

En 1951, à Collevalenza (Todi, Pérouse, Italie), elle donna naissance à la branche masculine de sa congrégation. Et c’est auprès de ces Fils de l’Amour Miséricordieux que vécut désormais Madre Speranza.

Bientôt s’élèvera là aussi le sanctuaire de l’Amour Miséricordieux, où affluèrent tant de pèlerins, venus recevoir de Madre Speranza conseils et consolations.

La prière de Madre Speranza aurait obtenu des centaines de miracles de son vivant. Tant de fois, surtout dans les restrictions de l'après-guerre, dans le quartier défavorisé de la Casilina, à Rome, elle a nourri les pauvres : les marmites ne se vidaient pas, le pain ne s'épuisait pas, l'huile ne manquait pas.

Sa vocation, c'était d'être un paratonnerre de l'humanité, une médiatrice de miséricorde.

Peu après l’attentat qui faillit lui coûter la vie, le pape Jean-Paul II s'est rendu à Collevalenza, le 22 novembre 1981, donc du vivant de Madre Speranza, et il a dit cette prière à l’Amour Miséricordieux :

"Amour Miséricordieux, ne nous fais pas défaut, nous t'en prions !

Amour Miséricordieux, ne te lasse jamais !

Sois constamment plus grand que tout le mal qui se trouve dans l'homme et dans le monde !

Sois plus grand que ce mal qui a grandi dans notre siècle et dans notre génération !

Sois le plus puissant, par la force du Roi Crucifié !

« Béni soit son Royaume qui vient ! »." 

Maintes fois, Madre Speranza tomba malade et inquiéta les médecins… qui furent les premiers ébahis de la voir guérir à chaque fois. Une seule maladie ne guérit pas : celle qui lui provoqua la cécité peu avant ses quatre-vingt-dix ans, et dont elle mourut, le 8 février 1983, en odeur de sainteté.

Les miracles continuèrent après sa mort, et aboutirent à sa béatification en 2014. 

Le miracle retenu fut la guérison rapide, complète et durable d’un enfant d’un an, atteint d’une intolérance multiple aux protéines.

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 00:00

07  FEVRIER

 

III.

S Maximus, évêque à Nole, prédécesseur de s.Félix.

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S Théopempte, martyr en Grèce.

IV.

S Chrysole (Chryseuil), arménien venu à Comines, martyr.

S Augule (Aule), évêque à Londres et martyr.

S Adauctus, questeur romain, martyr en Phrygie.

S Parthenios, évêque à Lampsaque, thaumaturge.

Ste Iuliana, veuve à Florence . 

S Moïse, solitaire puis évêque en Egypte.

VI.

S Fidèle, évêque à Mérida, venu d’Orient.

S Meldan, ermite irlandais, peut-être aussi évêque.

S Tresanus, d’une famille irlandaise de dix enfants, installé près de Reims comme porcher, ordonné prêtre par s.Remi, actif à Mareuil-sur-Marne.

S Lorenzo Maiorano, évêque à Siponto du temps de l’apparition de s. Michel au Monte Gargano ; il y édifia un sanctuaire en son honneur.

VIII.

S Richard, roi anglais, père des ss. Winebald, Willibald et Walburge, mort subitement à Lucques, au cours de son pèlerinage à Rome.

S Amulwin, abbé à Lobbes.

X.

S Lucas le Jeune, thaumaturge, solitaire en divers endroits de Grèce.

XIII.

B Rizziero, disciple de s. François d’Assise.

XV.

B Antonio de Stroncone, franciscain thaumaturge à Fiesole, aux Carceri (Assise).

XVI.

B Thomas Sherwood, martyrisé à Londres avant même ses études théologiques.

Bx Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, un prêtre et un frère jésuites, dévôts de l’Eucharistie, martyrisés un dimanche à Audenas.

XIX.

S Francesco Pontillo (Egidio Maria de Saint-Joseph), franciscain très humble à Naples, canonisé en 1996.

S Francesco Maria (Giovanni) Lantrua, franciscain de Triora, martyr en Chine, un des cent-vingt canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

Bse Jeanne Marie Rendu (Sœur Rosalie), des sœurs de la Charité, active à Paris, béatifiée en 2003.

Bse Eugénie Smet (Marie de la Providence), fondatrice de la société des Auxiliatrices des âmes du purgatoire, qui gagnèrent même la Chine du vivant de la fondatrice.

B Pie IX (1846-1878), le pape qui proclama le dogme de l’Immaculée Conception et convoca le concile de Vatican I, béatifié en 2000.

Bse Anna Maria Adorni Botti, veuve italienne, fondatrice des Servantes de l’Immaculée, béatifiée en 2010.

XX.

Bse Ludwika Szczęsna (Klara, 1863-1916), co-fondatrice polonaise des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2015.

Bx Anselmo Polanco Fontecha (*1881), évêque à Teruel, martyr en 1939 avec son vicaire général Felipe Ripoll Morata (*1878) après un emprisonnement de plus d’un an, béatifiés en 1995. Ils sont les deux derniers martyrs de cette sombre période de l’histoire espagnole.

B Wojciech Nierychlewski (1903-1942), prêtre polonais de la congrégation de Saint-Michel, martyr au camp d'Auschwitz, béatifié en 1999.

B Alfredo Cremonesi (1902-1953), missionnaire italien martyrisé en Birmanie, béatifié en 2019.

B Petro Verhun (1890-1957), prêtre gréco-catholique ukrainien, visiteur apostolique en Allemagne et relégué en Sibérie, martyr béatifié en 2001.

Maximus de Nole

† 251

 

Il y a eu deux évêques de Nole nommés Maximus : l’un du deuxième siècle, l’autre de la fin du troisième siècle, celui dont on va parler ici, quoique nous n’ayons de lui que fort peu de détails.

Il fut le treizième évêque du siège de Nole (Naples, Campanie, Italie SW).

Dans la notice de Felix de Nole (v. 14 janvier), on a vu comment ce dernier fut ordonné prêtre par l’évêque Maximus.

Vers 250, l’évêque Maximus, déjà malade, par prudence pour son troupeau diocésain, se cacha au moment de la persécution, confiant à Felix le soin des fidèles.

Les persécuteurs vinrent donc arrêter Felix et on l’enferma dans un cachot infect jonché de têts de pots cassés. Ici se renouvela l’intervention racontée dans Ac 12:1-11 : un ange vint libérer Felix et le conduisit immédiatement auprès de Maximus, épuisé de soucis et de privations, mourant.

Felix approcha des lèvres de Maximus une grappe de raisin, qui le réconforta beaucoup ; Felix le prit sur ses épaules et le reconduisit à sa maison, où une sainte femme l’entoura de ses soins.

Maximus mourut bientôt après, peut-être peu de temps après l’arrêt de la persécution (251).

Saint Maximus de Nole est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Parthenios de Lampsaque

4e siècle

 

Parthenios naquit à Melitopolis (Mysie, act. Melitopol, Ukraine SE), sur la Mer d’Azov.

Son père, Christodule (adorateur du Christ), était un diacre.

Parthenios resta ignorant des lettres humaines, mais très savant à propos de l’Ecriture.

Son humble métier consistait à pêcher et à vendre le produit de son travail au profit des indigents.

Vers dix-huit ans, Dieu lui accorda le don des miracles, et particulièrement celui de chasser les démons.

L’évêque Philippos de Melitopolis alors, constatant les vertus de ce nouvel exorciste, lui conféra le sacerdoce.

Parthenios exerça son pouvoir divin aussi pour les animaux : un chien enragé qui venait de rompre sa chaîne, mourut d’un signe de croix que traça Parthenios.

Puis Parthenios fut sacré évêque de Lampsaque (Phrygie, act. Lapseki, Turquie W), dont il convertit la population encore païenne, par ses exhortations patientes, ses prières et surtout ses miracles.

Il obtint de l’empereur Constantin de l’aide matérielle pour édifier une église. Lors des travaux, un ouvrier, Eutychianos, fut renversé sous les roues d’un chariot ; Parthenios le fit ressusciter.

Un autre miracle significatif et édifiant vaut la peine d’être raconté ici : Parthenios était allé rendre visite à l’évêque d’Héraclée (Thrace), qui était très malade ; mais Parthenios sut par une inspiration divine l’origine de ce mal : l’avarice de l’évêque ! Il le supplia de restituer à Dieu le bien des pauvres ; le malade convoqua tous les pauvres dans une église, leur distribua tous ses biens, et guérit trois jours après.

Un jour que Parthenios était en train de chasser un démon, il lui dit : Je connais un homme qui pourrait te recevoir. Et le démon : Qui donc ? Parthenios : Moi ! Le démon alors s’enfuit en hurlant : Comment pourrais-je entrer dans la maison de Dieu ?

On suppose avec juste raison que Parthenios participa au concile de Nicée (325), même si l’on n’en a pas de preuve matérielle.

Saint Parthenios de Lampsaque est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuliana de Florence

4e siècle

 

Iuliana (les Italiens écrivent aujourd’hui Giuliana) était peut-être originaire de Bologne.

Devenue veuve, elle fit construire une basilique à Florence. Cette basilique existait du temps de l’épiscopat de s.Ambroise (v. 7 décembre) et fut donc édifiée au plus tard dans les années 370-380.

C’est l’unique date, et bien approximative, qu’on peut avancer concernant Iuliana.

L’ancien Martyrologe parlait de Iuliana de Bologne, l’actuel de Florence.

Sainte Iuliana de Florence est commémorée le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moïse évêque en Egypte

315-389

 

Si Moïse conduisit le Peuple de Dieu d’Egypte en Terre promise, celui dont il est question ici est un Egyptien, né vers 315, peu de temps après la paix constantinienne, de parents qui sans doute étaient chrétiens.

Mais si Moïse ne reçut pas tout de suite le baptême, il se convertit certainement de très bonne heure. 

Il choisit de se retirer dans la solitude du désert situé entre l’Egypte et la Palestine.

Dieu récompensa ses grandes vertus par le don des miracles, si nombreux qu’il devint célèbre malgré lui.

En 377, la reine saracène Mauvia (en arabe Mâwiiya) s’attaqua aux Romains présents en Syrie et au Liban, réussissant à plier l’empereur Valens, qui dut traiter avec elle. Une des clauses était celle-ci : les Saracènes cesseraient leurs raids s’ils obtenaient un évêque propre, et particulièrement notre Moïse. 

Valens, qui appuyait les hérétiques ariens, tenta de faire consacrer Moïse par Lucius, l’évêque (hérétique) d’Alexandrie, mais Moïse s’y refusa énergiquement. Il fut consacré par un des évêques orthodoxes (fidèles au Credo de Nicée), que Valens lui-même avait envoyés en exil dans le désert du Neguev.

On ne sait pas précisément de quel siège Moïse fut évêque, mais on croit volontiers qu’il fit beaucoup de conversions, défendant la pureté de la foi catholique.

On croit qu’il mourut vers 389.

Saint Moïse, évêque en Egypte, est commémoré le 7 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lorenzo Maiorano de Siponto

460-545

 

Les troupes du roi goth Theodoric avaient apporté bien des troubles dans la région des Pouilles (Italie) à la fin du 5e siècle. A cette époque, la région de Siponto était encore sous la juridiction de l’empereur d’Orient.

Peu avant 490, les habitants demandèrent un nouvel évêque à l’empereur Zénon de Constantinople. Ce dernier désigna un parent, connu comme Lorenzo Maiorano.

De celui-ci, on sait peu de choses. Son nom n’a rien d’oriental. Sa date de naissance reste hypothétique.

Lorenzo vint d’abord se présenter au pape Gélase, qui le consacra ; il apportait aussi avec lui de précieuses reliques, et surtout une icône mariale, et fut accueilli avec enthousiasme.

Si Lorenzo remplit saintement sa charge et fit construire une église en l’honneur de saint Pierre, il est surtout resté célèbre dans l’histoire pour sa position au cœur de l’apparition de l’archange saint Michel au Monte Gargano.

D’après les récits anciens, un habitant de l’endroit, certain Elvio Emanuele, en 490, perdit un taureau, le plus beau de son troupeau. La bête s’était réfugiée dans la «caverne des mages», repaire d’un mystérieux mage. Elvio, ne pouvant retirer l’animal, pensa le tuer, mais la flèche qu’il lui décocha, revint à lui comme un boomerang. Il en parla à l’évêque Lorenzo, qui lui conseilla de prier et jeûner pendant trois jours.

Passé ce délai, saint Michel apparut en songe à Lorenzo, lui demandant d’ouvrir la grotte au culte chrétien. Mais Lorenzo jugea prudent d’attendre que cette grotte fût libérée du culte païen. Deux ans plus tard, quand la ville fut assiégée par Odoacre, Lorenzo demanda à celui-ci et obtint trois jours de trêve pour la population : saint Michel lui apparut alors de nouveau, promettant qu’il aurait aidé les habitants s’ils attaquaient l’envahisseur. Au bout des trois jours, les Sipontins attaquèrent, et une pluie de grêle et de sable mit en fuite les barbares. Lorenzo alors organisa une procession jusqu’à la grotte (mais sans y entrer) et demanda ensuite au pape quoi faire. Le pape ordonna un jeûne de trois jours, au terme desquels Lorenzo aurait dû consacrer la grotte et l’ouvrir ainsi au culte chrétien. A la suite d’un nouveau songe, saint Michel dit à Lorenzo que le lieu était déjà consacré par sa présence, et qu’il suffisait de prendre possession de la grotte, qui fut alors consacrée à l’archange saint Michel, le 29 septembre 493. C’est l’origine de la fête actuelle du 29 septembre.

Plus tard Lorenzo aurait recouru aussi à l’intercession de saint Michel pour repousser une invasion ; il aurait prophétisé la guerre avec les Goths ; Totila lui aurait fait envoyer un cheval que personne n’arrivait à dompter, et qui se soumit immédiatement à Lorenzo ; Siponto fut alors épargnée.

L’évêque Lorenzo mourut à Siponto, le 7 février 545, peut-être centenaire, peut-être au retour d’un voyage de Constantinople, peut-être victime d’une nouvelle invasion barbare.

La ville de Siponto allait être détruite par les Slaves au 7e siècle et disparut lors d’un tremblement de terre en 1223 ; c’est la ville de Manfredonia, construite par le roi Manfredi, qui la remplaça.

Le pèlerinage de Saint-Michel-au-Mont-Gargano est toujours très fréquenté ; de très nombreuses grâces ont été accordées aux prières des fidèles car, comme l’avait annoncé saint Michel à l’évêque : Là, les péchés des hommes pourront être pardonnés.

L’icône de la Vierge Marie de Siponto, apportée par Lorenzo de Constantinople, a été solennellement couronnée en 1955 par le cardinal Roncalli, futur Jean XXIII (v. 3 juin).

Saint Lorenzo Maiorano est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

 

 

Richard, roi

† 722

 

Richard, né en Wessex, était roi des Saxons situés à l’ouest de l’Angleterre, marié à Wuna ou Winna, une parente de saint Boniface (v. 5 juin). Ils eurent trois enfants : Winebald, Willibald et Walburge (v. 18 décembre, 7 juillet et 25 février).

Lorsque Willibald, à trois ans, fut gravement malade, il guérit par les prières de Richard. 

Il semble que Richard ait abdiqué volontairement. Sa piété le portait à entreprendre alors un long pèlerinage. Il laissa en Angleterre son épouse et la petite Walburge, qui n’avait que dix ans, et emmena avec lui ses deux garçons.

En France, il prit le temps de s’arrêter en divers endroits, Rouen d’abord, quelqu’autre monastère ou lieu de pèlerinage fréquenté et parvint à la ville italienne de Lucques. Il ne devait pas aller plus loin : il y mourut subitement et y fut enterré (722).

On verra aux dates respectives ce que devinrent alors ses deux fils et sa fille.

Les habitants de Lucques cependant, constatèrent que de nombreux miracles s’opéraient au tombeau du pieux roi, qu’ils honorèrent désormais d’un culte soigné.

Suivant le trait particulier qu’on a voulu souligner en Richard, celui-ci a été appelé Richard le Pèlerin, Richard le Saxon, Richard de Wessex, et aussi Richard de Souabe, dont il aurait été originaire d’après un autre récit moins autorisé.

Saint Richard est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

L’auteur de la Chanson d’Antioche, Richard le Pèlerin, du 12e siècle, n’a rien à voir avec le roi s.Richard.

 

 

Lucas le Jeune

890-946

 

Lucas naquit vers 890 en Thessalie (Grèce), où ses ancêtres s’étaient réfugiés lors des invasions sarrasines. 

Jeune, il pratiqua des abstinences extraordinaires, que ses parents voulurent faire cesser mais, voyant qu’elles venaient chez lui d’une inspiration divine, ils le laissèrent libre de continuer.

Appliqué à la garde des troupeaux, Lucas montra une grande générosité à l’égard des pauvres. 

Désireux de mener la vie monastique, il s’éloigna un jour de la maison paternelle, mais tomba entre les mains de soldats, qui lui reprochèrent d’avoir abandonné les parents. L’épisode aurait pu se terminer de façon banale, mais le garçon affirma que c’est Dieu qui l’appelait. Les soldats alors se moquèrent de lui, le maltraitèrent, l’enfermèrent et ne lui rendirent la liberté qu’après plusieurs jours. Quand Lucas raconta son aventure aux parents, ils se moquèrent bien de lui, eux aussi.

Deux moines rentrant de Rome s’étant arrêtés sous le toit paternel, Lucas supplia ses parents de le laisser partir avec eux ; les moines le conduisirent à un monastère d’Athènes, où il reçut l’habit de novice. Mais le supérieur, ayant appris que la mère de Lucas priait pour le retour de son fils, lui conseilla de retourner chez lui. Lucas obéit.

Quatre mois plus tard, il obtint la permission de se retirer sur le mont Ioannitsis, non loin de l’isthme de Corinthe. Là, il passait les nuits en prière. Un jour qu’il voulut rendre visite à un supérieur de monastère, et qu’on cherchait à l’y retenir, il résista fortement et regagna sa solitude. Il y resta sept années.

Une invasion de Bulgares l’obligea à se réfugier plus au sud. A Patras, il se mit au service d’un stylite (solitaire vivant seul sur une colonne, séparé du monde) : ce dernier cependant, pour le mettre à l’épreuve, ne cessait pas de l’insulter et de le rouer de coups, ce que Lucas supportait humblement - et pendant dix ans.

Après cette longue épreuve, il reprit sa vie solitaire, puis regagna le mont Joannitsis, où il reçut la visite de l’évêque de Corinthe.

Lucas fut favorisé de grâces extraordinaires : miracles, connaissance des pensées secrètes et de l’avenir, expulsion des démons, qu’il chassait d’un signe de croix. A un vieux moine malade, il rappela que la maladie est utile à la perfection de l’âme, puis il le guérit.

Les années passaient, et Lucas dut changer plusieurs fois d’habitation ; il se fixa finalement à Soterium, où il resta sept années, jusqu’à la mort. Aux foules qui, désormais, venaient le voir et le consulter, il annonça sa mort et désigna l’endroit où il voulait être enseveli.

Sa dernière parole fut : En toi, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30:6). Il s’éteignit vers 946.

Saint Lucas le Jeune, surnommé aussi le Thaumaturge, est commémoré le 7 février au Martyrologe Romain.

Nota. Il est dit que le qualificatif de le Jeune a été donné à Lucas pour le distinguer de l’Ancien, «mort plus d’un siècle avant lui et qu’on vénère le 6 novembre», et d’autre part qu’il ne faut pas le confondre avec un autre Lucas le Jeune, stylite, «à peu près contemporain» et commémoré le 11 décembre. Nous n’avons trouvé trace ni de l’un ni de l’autre.

Rizziero de Muccia

? - 1236

 

Rizziero (on trouve parfois Rizzerio) naquit à Muccia (Marches, Italie CE) dans une famille aisée, et partit étudier à l’université de Bologne, où il se lia d’amitié avec Pellegrino de Falerone (v. 27 mars).

Un 15 août, ils y entendirent prêcher Francesco d’Assise (v. 4 octobre), à son retour de Palestine.

Touchés et convaincus par les exhortations de Francesco, ils décidèrent sur le champ d’abandonner le monde et ses tentations, pour demander à Francesco de les admettre. Ce dernier fut illuminé sur eux. A Rizziero il prédit :  Tu seras prêtre, tu exerceras l’apostolat, tu serviras Dieu et tes frères dans les charges de l’Ordre.

On note ici l’esprit franciscain de la «charge» : toute charge est un service à rendre aux frères, et non une forme de gouvernement. Un supérieur de couvent (on le nomme gardien chez les Franciscains) est là pour aider, non pour imposer son autorité.

Rizziero, donc, fut admis dans la familiarité de Francesco et devint un religieux d’une rare prudence et d’une vertu consommée.

Devenu ministre (=serviteur) provincial dans les Marches, il s’appliqua à maintenir les religieux dans la parfaite observance de la règle, surtout de la pauvreté.

Il subit une pénible épreuve : le Démon l’aveugla, lui fit croire qu’il était damné, et que Francesco ne priait plus pour lui. Il cherchait, mais en vain, à dominer cette pensée par des jeûnes et des macérations, mais rien n’y faisait. Il se décida à aller trouver Francesco lui-même, pensant : S’il me reçoit avec sa tendresse habituelle, je reprendrai espoir. Or Francesco fut divinement averti de son arrivée et envoya au-devant de lui deux Frères pour lui faire dire qu’il était l’un des Frères les plus chers à son cœur.

Ayant entendu ces bonnes paroles, Rizziero reprit courage et se hâta d’arriver auprès de Francesco, qui lui confirma ce qu’on venait de lui dire. Désormais, la tentation disparut et Rizziero vécut encore dix années dans son couvent de Muccia, plein de mérites, de miracles aussi.

Son dies natalis est maintenant au 7 février dans le Martyrologe Romain.

Le culte qu’on lui rendait a été confirmé en 1838.

 

La bibliothèque Vaticane possède un manuscrit de deux pages contenant une exhortation du bienheureux Rizziero :

Quiconque veut parvenir à la connaissance de la paix par un chemin rapide et direct, et posséder pleinement cette paix dans son âme, doit d’abord se dépouiller de l’amour de toute créature et de soi-même, ensuite s’abandonner entièrement à Dieu, sans se réserver pas même le temps, dont on se doit plus disposer selon son propres attrait, mais toujours selon l’appel de Dieu et sa sainte vocation.

 

 

Antonio Vici de Stroncone

1381-1461

 

Antonio vit le jour en 1381 à Stroncone (Italie), dans la famille des Vici. Ses parents, Lodovico et Isabella, appartenaient au Tiers-Ordre franciscain.

Il eut l’inspiration de mater son petit corps par des jeûnes, des privations, des veillées de prière. A douze ans, il obtint - non sans peine, en raison de son âge - de porter l’habit franciscain chez les Observants de Zoccolanti.

Après sa profession, il fut envoyé à Fiesole, où il se trouva sous la direction de son oncle paternel, Giovanni Vici.

Treize ans plus tard, Antonio fut nommé maître des novices en second, aux côtés de Tommaso de Florence (v. 31 octobre), qu’il assista aussi dans la lutte contre les fraticelles, des communautés isolées qui n’obéissaient à aucune autorité.

En 1431, Antonio fut nommé au couvent des Carceri d’Assise. Il devait y rester trente années, comme humble quêteur, donnant beaucoup de temps à la contemplation… et à des austérités effrayantes. Il chérissait l’obéissance envers ses supérieurs, et recherchait les occupations les plus humbles. Jamais un murmure, jamais une plainte ne sortirent de sa bouche.

Dieu lui donna le don des miracles et de prophétie.

La dernière année de sa vie, il fut appelé au couvent de San Damiano, où il mourut le 7 février 1461.

Son culte immémorial a été approuvé en 1687.

 

 

Thomas Sherwood

1551-1578

 

Les parents de Thomas eurent les premiers à souffrir pour leur foi et subirent la prison.

Thomas naquit en 1551 à Londres et, après ses premières études, aida son père qui tenait un commerce de laine, pendant une dizaine d’années.

C’était un homme d’esprit, équilibré, bien instruit dans les choses de la religion, et volontiers actif parmi les Catholiques pauvres. Fin et de bonne constitution, il se montrait toujours gai, et le resta jusqu’à son martyre.

Ressentant l’appel au sacerdoce, il prit ses dispositions pour son voyage à Douai et ses études au Collège anglais. Mais il fut trahi. Arrêté et interrogé par le juge, il déclara ne rien savoir ni de la bulle papale ni de l’excommunication de la Reine, mais ajouta qu’à son avis, si la Reine était effectivement excommuniée, ses décisions pourraient perdre leur légitimité. Pour cela, Thomas fut détenu à Westminster.

A partir du 17 novembre 1577, il fut enfermé à la Tour de Londres, dans un strict isolement qui empêchait tout contact, et s’il ne voulait pas dire ce qu’on voulait lui faire dire, il serait enfermé au cachot, avec les rats.

Il fut interrogé plusieurs fois, subit le chevalet pour avouer où il avait entendu la Messe, et qui y était présent, mais il demeura inébranlable. Il subit encore le supplice du chevalet avant d’être jeté dans un sombre et humide cachot, absolument nu, sans nourriture, et devant s’étendre sur la terre battue. Ses amis ne purent lui apporter le moindre soulagement, sauf un peu de paille, que lui fournit William Romper.

Il passa en jugement le 3 février 1578, fut reconnu coupable de haute trahison pour avoir refusé l’autorité suprême de la Reine sur l’Eglise, et fut exécuté à Tyburn quatre jours plus tard, le 7 février 1578 ; il avait vingt-sept ans.

Thomas est un de ces Martyrs anglais dont le culte fut reconnu en 1886, et qui sont désormais comptés parmi les Bienheureux.

 

 

Jacques Salès

1556-1593

 

Il naquit le 21 mars 1556 à Lezoux (Puy-de-Dôme), d’un père attaché au service de l’évêque, ce qui valut au garçon une bourse pour étudier au collège jésuite de Billom.

Jacques, unique fils de ses parents, hésita un peu avant de parler de sa vocation, car il savait que ses parents comptaient sur lui. Mais l’appel de Dieu fut plus fort.

Ayant postulé son admission, Jacques fut envoyé suivre le cours de rhétorique au Collège de Clermont de Paris, puis fit le noviciat à Verdun.

Il fit la profession en 1575 ; on l’envoya faire la philosophie à Pont-à-Mousson, repartit au Collège de Clermont d’où il sortit maître ès arts ; en même temps qu’il faisait la théologie au même Collège, il enseignait à Pont-à-Mousson.

Ordonné prêtre en 1585, son enseignement philosophique provoqua une réelle admiration ; il reçut aussi, en 1587, le doctorat en théologie.

Cette célébrité ne l’aveuglait pas ; sa dévotion allait à l’Eucharistie ; son désir, aux missions des Indes ; son aspiration suprême, au martyre.

Fin 1589, il fut envoyé se reposer à Dole (Jura), d’où il partit prêcher à Ornex, répandant la dévotion eucharistique.

En 1590, il fut nommé théologien à Tournon, d’où il «missionna» jusqu’à Valence, et Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité qu’il eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume Saultemouche, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

 

 

Guillaume Saultemouche

1557-1593

 

Il naquit à la fin de 1557 près de Saint-Germain-l’Herm (Puy-de-Dôme) d’un petit commerçant, d’origine italienne, et d’une mère française.

Il se trouvait employé dans le même collège jésuite de Billom où étudiait Jacques Salès, futur Jésuite.

Ce bon garçon n’avait aucune attirance pour l’étude et resta illettré, mais avait une âme toute pure, qui lui donnait toute sa science. Il demanda à être admis comme Frère coadjuteur.

En 1579 commença son aventure religieuse. Il fut portier et cordonnier au service des Jésuites,  à Pont-à-Mousson, à Verdun, à Lyon, à Tournon. 

C’était un Frère plein d’attentions, d’une parfaite obéissance. Il avait en outre une profonde dévotion envers l’Eucharistie, devant laquelle il passait de longues heures en prière, son chapelet à la main. On l’appelait l’ange en forme humaine.

On le désigna pour accompagner le père Jacques Salès à Aubenas.

C’est en partant pour cette dernière localité que Jacques eut un pressentiment, et se sépara d’un Confrère avec ces mots : Adieu, mon frère, priez pour nous, nous allons à la mort !

Accompagné du Frère Guillaume, il prêcha à l’assistance d’Aubenas, ainsi qu’aux localités voisines de Largentière, Chassiers, Ruoms. 

Un débat devait avoir lieu avec un représentant de la religion calviniste, mais il n’osa se présenter ; les protestants voulurent se venger et reprendre Aubenas.

Jacques le comprit, revint vite à Aubenas et adjura les habitants de rester fidèles. Il se réfugia avec Guillaume chez une pieuse dame protestante, qui se convertit.

Au matin du samedi 6 février 1593, des soldats les arrêtèrent, leur demandèrent leur argent (ils n’avaient que trente sous), et les entraînèrent devant le juge.

Ils furent enfermés, on leur proposa un potage gras, qu’ils ne prirent pas car, à l’époque, on faisait maigre le samedi. Des discussions eurent lieu sur le jeûne et l’abstinence, sur l’Eucharistie, et reprirent le lendemain dimanche. 

D’après le ministre protestant, il fallait exécuter les deux Jésuites, mais les soldats s’y refusaient. On entraîna les deux prisonniers dans la rue : un coup d’arquebuse tiré à bout portant tua le père Jacques Salès, avec un coup de dague ; le Frère Saultemouche, qui professait son attachement à la doctrine du père Salès, reçut dix-huit coups de poignard.

On s’acharna sur les cadavres, qui furent traînés à travers les rues et jetés parmi les immondices. Des catholiques les inhumèrent. Une pieuse femme de Ruoms, Madame de Chaussy, les fit enlever dans la chapelle de son château : elle put en conserver une partie, tandis que les Jésuites remirent les restes dans leur collège d’Avignon. Plus tard, Madame de Chaussy remit ses reliques aux collèges d’Aubenas et de Tournon.

Le dossier des deux Martyrs ne tarda pas à être préparé, mais la cause traîna. 

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche, martyrisés le 7 février 1593, furent béatifiés en 1926.

Un des miracles retenus pour cette cause, fut la conversion totale et la persévérance dans la foi catholique de toute la ville d’Aubenas.

Francesco Pontillo

1729-1812

 

Francesco naquit à Taranto (Pouilles, Italie du Sud) le 16 novembre 1729, de Cataldo et Grazia Procaccio, aîné de quatre enfants.

Il reçut au baptême les noms de Francesco, Antonio, Pasquale, qui furent comme d’involontaires présages de sa vie franciscaine : franciscain, il répétera les miracles de s. Antoine de Padoue, la ferveur eucharistique de s. Pasquale.

Francesco grandit dans la ferveur : visites au Saint Sacrement, dévotion à Marie, membre de la confraternité du Rosaire.

Il est probable qu’il restât quasi illettré, car tout jeune il fut envoyé travailler chez un tanneur, tout en conservant ses habitudes de dévotion : avant d’aller travailler, il assistait à la messe et communiait, en commençant son travail il faisait un grand signe de croix… au point que son patron disait : Depuis que j’ai Francesco chez moi, ma boutique est devenue un oratoire.

Le père de Francesco mourut en 1747, et Francesco dut travailler suffisamment pour nourrir sa mère et ses petits frères. Il se mit alors au métier de cordier, un peu plus rentable que l’autre, ce qui lui permit aussi d’aider les pauvres, sans rien conserver pour lui-même.

Il souffrit de voir sa mère se remarier, mais son beau-père eut la bonté de le laisser libre de son travail, de son salaire et de ses devoirs familiaux, de sorte qu’il put librement choisir la voie religieuse à laquelle il aspirait depuis longtemps.

A vingt-quatre ans donc, il entra chez les Franciscains de Taranto, dans la branche des réformés ou Alcantarini. Il prit d’abord le nom de Egidio (Gilles) de la Mère de Dieu, puis préféra Egidio Maria de Saint-Joseph, en référence à l’humble vie de la Sainte Famille de Nazareth.

Le noviciat eut lieu à Galatone. Puis il passa à Squinzano, puis à Naples en 1759, au couvent de saint Pasquale de Chiaia.

D’abord à la cuisine, il s’occupa ensuite du tissage de la laine, puis devint le portier du couvent, toujours aimable et délicat avec les visiteurs, quels qu’ils fussent. Il faut préciser ici que, selon la volonté du fondateur et réformateur Pedro di Alcantara, la charge de portier doit être confiée au meilleur des frères, car c’est de ce premier contact que les visiteurs conserveront un bon sentiment de tout le couvent.

De fait, la patience du frère Egidio, sa charité, sa douceur, furent les qualités dont parlèrent bien vite tous les malheureux de Naples, et ils étaient nombreux, qui venaient frapper à la porte. Constatant cette sainteté peu commune, les supérieurs nommèrent ensuite Egidio quêteur, charge qu’il devait exercer dans les rues et places publiques, et qu’il recouvra durant un demi-siècle.

Bien sûr, Egidio ne se contentait pas de demander de l’argent : il parlait, il visitait, il consolait, il transmettait la paix, il écoutait ceux qui lui confiaient des intentions de prières, il partageait les peines et les chagrins de tous. La journée finie, il repartait aux pieds de Notre-Dame du Puits, où il passait la nuit à prier, à pleurer, à implorer pour les malades, les familles pauvres, les égarés, les pécheurs. Il mérita bientôt le surnom de Consolateur de Naples.

Finalement, tous recouraient à lui, croyants ou sceptiques. On ne compte pas les effets miraculeux de sa prière, qu’il dissimulait en exhibant une relique de saint Pasquale Baylon qu’il conservait toujours. Les miracles qu’on lui attribua sont légion : guérisons, prédictions, multiplications de fruits ou légumes, résurrections même… 

On cite universellement ce miracle vraiment extraordinaire, concernant une génisse appartenant au couvent.

Celle-ci se promenait souvent par les rues de Naples, avec au cou le nom du couvent (San Pasquale), et rentrait fidèlement tous les soirs ; elle s’appelait Catarinella (Catherinette). Un jour, elle ne revint pas. Egidio va droit à la boutique d’un certain boucher et lui intime l’ordre d’aller à «telle» grotte, qui servait à l’époque de chambre froide : Catarinella avait déjà été mise en morceaux. Egidio se fait apporter la peau de la bête, y replace tous les morceaux, recoud la peau et, avec un grand signe de croix proclame : Au nom de Dieu et de saint Pasquale, Catarinella, lève-toi et… au couvent ! Et la bête s’en revint «chez elle».

Egidio souffrait déjà d’une douloureuse sciatique ; il prit en plus un asthme pénible, compliqué d’une «hydropisie» ou œdème de poitrine et finalement mourut le 7 février 1812.

Il fut béatifié en 1888 et canonisé en 1996.

 

 

Francesco Maria Lantrua

1760-1816

 

Francesco naquit le 15 mars 1760 à Molino (Triora, Ligurie, Italie), de Antonio Maria Lantrua et Maria Pasqua Ferraironi.

Après quelques études chez les Barnabites de Porto-Maurizio, il entra en 1777 chez les Frères Mineurs Conventuels de Rome, où il prit le nom de Giovanni (Jean), rendu en chinois par Liu Fangji ou Liu Fang-chi.

Ordonné prêtre en 1784, il enseigna d’abord la théologie à Tivoli, Tarquinia. Gardien (c’est-à-dire supérieur) à Tarquinia, Velletri et Montecelio, il fut ensuite envoyé comme missionnaire en Chine, où il arriva à Macao en 1800 : il commença par se vêtir à la chinoise, apprendre le chinois, et initia son activité de prédication.

Il exerça le ministère sacerdotal parmi sept-mille fidèles, résidant surtout à Wangijawan (Hanzhong).

A partir de 1812 il travailla dans le vicariat apostolique de Hu Guang.

Arrêté pour activité «subversive», il célébra la messe pour la dernière fois le 26 juillet 1815. Il fut arrêté avec d’autres fidèles, torturé et mis en prison.

Le 7 février 1816, il fut conduit au lieu du supplice : après avoir fait le signe de la croix, il s’inclina cinq fois, à la manière des Chinois chrétiens, en signe de reconnaissance à la Sainte Trinité : pour la création, pour la rédemption, pour la foi, pour la grâce des sacrements, pour toutes les grâces reçues.

Lié à une croix, il fut étranglé avec une corde qu’on lui serra autour de la gorge, à Changsha (Hunan).

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 2000.

 

Jeanne-Marie Rendu

1786-1856

 

Jeanne Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris.

Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres refusent ce serment. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace : Prenez garde, je dirai que Pierre n'est pas Pierre. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation.

C'est dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère.

La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites sœurs.

Au lendemain de la Terreur, madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité.

En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande.

Le 25 mai 1802, Jeanne Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle va avoir 16 ans ! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les voyageuses sont accueillies par cinquante jeunes en formation. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans !

La soif d'action, de dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie s'engage par vœux au service de Dieu et des pauvres.

En 1815, Sœur Rosalie devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle, d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante.

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres charitables va s'établir pour contrer la pauvreté.

Elle répétait souvent : Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau. Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance : elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul : Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu. Comme l'affirme une sœur, elle vivait continuellement en la présence de Dieu : avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau.

Elle était attentive à assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait : Ma Sœur, commençons notre oraison !. Elle en indiquait le plan, la division en peu de mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu : elle lui parlait de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde : Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue, disait-elle.

Les pauvres eux-mêmes avaient remarqué sa manière de prier et d'agir, rapporte une de ses compagnes. 

Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des âmes.

Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres !

Les pauvres vous diront des injures, plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes — disait-elle — Rappelez-vous ces haillons qui vous cachent notre Seigneur.

Les Supérieurs lui confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie : Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier ; et si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même. En raison du nombre croissant de sœurs le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu.

Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au-delà , les villes de province. Les dons affluent vite. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent des évêques, des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint Vincent de Paul. Elle était au centre du mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXe siècle.

Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues!

Durant les journées d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants. Sœur Rosalie souffre : elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent l'admiration.

Lorsque l'ordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire.

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur: elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter.

De santé fragile, Sœur Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse, l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle. 

Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie.

De nombreux articles de presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des sentiments du peuple.

L'Univers, principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot, écrit dès le 8 février : Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris: ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux.

Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : Les malheureux du 12e arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable : la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier.

Le journal officiel de l'Empire, le Moniteur, loue l'action bienfaisante de cette Sœur : Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante-deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège.

Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos réservé aux Filles de la Charité, le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. 

Sur la tombe toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots : À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture : hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.

Il y a à Paris une Avenue Sœur Rosalie, dans le 13e arrondissement.

Sœur Rosalie a été béatifiée en 2003, et inscrite au Martyrologe le 7 février.

 

 

Eugénie Smet

1825-1871

 

Eugénie Marie-Joseph Smet est née le jour de l’Annonciation, le 25 mars 1825, à Lille en France, dans une famille aux traditions chrétiennes solides. 

Très tôt l'action de la grâce se fait sentir dans son âme, et deux choses la fascinent surtout: le Purgatoire et la Divine Providence. Mon Dieu, prie-t-elle à l'âge de 12 ans, vous êtes ma Providence : ah ! si je pouvais un jour être la vôtre ! Alors qu'elle cherchait le moyen d'«être la providence de Celui qui la comblait de biens», elle se fit cette réponse: Ah ! voici comment je serai la providence du bon Dieu: Il aime tant les âmes du Purgatoire et il ne peut les délivrer à cause de sa justice ! eh bien ! moi, je lui donnerai ces âmes qu'Il aime et je demanderai à tout le monde de Lui en donner par des prières et par de petits sacrifices.

Bien que décidée à secourir les âmes du Purgatoire, Eugénie ne sait pas encore à quel genre de vie Dieu l'appelle. Le jour de la Toussaint 1853, pendant la Sainte Messe, l'inspiration d'établir une association de prières et de bonnes œuvres pour les âmes des défunts lui est donnée. Le lendemain, jour de la Commémoraison des fidèles trépassés, cette pensée lui vient : Il y a des communautés qui répondent à tous les besoins de l'Église militante, mais il n'y en a aucune qui soit entièrement consacrée à l'Église souffrante par la pratique des œuvres de zèle et de charité. Ce sera là l'idée maîtresse de l'Association, et de l'Institut religieux qui en sortira. 

Eugénie, qui deviendra Mère Marie de la Providence, avait toujours eu l'intuition que les œuvres de miséricorde, surtout celles qui sont faites en faveur des pauvres de ce monde, sont le moyen le plus efficace pour secourir les pauvres de l'au-delà. En se faisant les servantes des pauvres, des malades, des prisonniers, des vieillards, en un mot de tous les nécessiteux, les Auxiliatrices des âmes du Purgatoire réaliseront l'idéal de leur fondatrice : Prier, souffrir et agir pour les âmes du Purgatoire.

La fondation d'un ordre religieux passe toujours par le creuset de l'épreuve. Mille angoisses vont assaillir le cœur de la Mère Marie de la Providence: désolations intérieures profondes, dénuement matériel complet. Mais la Providence ne lui manque jamais. Un jour, alors que son âme est éprouvée par de profondes amertumes, elle confie ses perplexités au saint curé d'Ars. Celui-ci lui fait répondre: M. le Curé sourit au récit de toutes vos épreuves, et il me charge de vous dire que ces croix sont des fleurs qui bientôt donneront leurs fruits... Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous? Dans une autre lettre, il conclut ainsi: Une maison qui s'élève sur la croix ne craindra plus l'orage ni la pluie: c'est le sceau divin.

Pendant que son Institut étend ses ramifications en France et à l'étranger, Mère Marie de la Providence gravit son calvaire, rongée par un mal qui ne lui laisse aucun répit. Accablée par la souffrance, elle garde extérieurement sa tranquille assurance, sa ferveur et sa gaieté communicatives. Personne mieux qu'elle ne sait consoler toutes les peines, répandre la confiance et la paix. Toute ma force, répète-t-elle souvent, est dans la vue de mon crucifix. Son ardente charité la consume entièrement pour Dieu et les âmes. 

En 1870, au plus fort de la guerre franco-allemande, les pensées de la Mère l'emportent davantage encore au Purgatoire : Mon Dieu, s'écrie-t-elle, que d'âmes paraissent devant vous ! Mon Jésus, miséricorde ! Je ne puis plus penser à autre chose qu'aux âmes qui entrent dans leur éternité. Ceci au moins est une vérité ! et quelle vérité ! 

Le 7 février 1871, la sainte fondatrice rend doucement son âme à Dieu. Elle avait vécu sur la croix, la croix lui ouvrait le Paradis. Attachons-nous à la croix, avait-elle dit peu de temps auparavant: elle est notre unique espérance... La vie est si courte...! et l'éternité ne finira jamais. Soyons déjà de l'éternité.

Elle a été béatifiée en 1957 et se trouve inscrite au Martyrologe le 7 février.

Pie IX

1846-1878

 

Giovanni Maria était le fils du comte Girolamo Mastai Ferretti et de Caterina Solazzi, une famille installée dans les Marches d’Ancône depuis plusieurs siècles. Ce comte était le maire de Senigallia, où naquit Giovanni Maria, le dimanche 13 mai 1792, aîné de neuf enfants.

Après ses études chez les Clercs réguliers de Ecoles pies (Piaristes) de Volterra (Toscane), il étudie la philosophie et la théologie à Rome et sera ordonné prêtre en 1819.

Son entrée aux Gardes Nobles lui a été refusée, car il était sujet à l’épilepsie. 

Prêtre, il est nommé directeur spirituel d’un grand orphelinat romain puis, en 1823, est envoyé à la nonciature du Chili.

A son retour en 1825, il est nommé chanoine de Sainte-Marie in Via Lata et directeur de l’établissement Saint-Michel, où quelque deux mille élèves reçoivent une formation professionnelle (c’est la première école européenne de cette envergure).

En 1827, il est nommé évêque de Spolète, transféré à Imola en 1832, et créé cardinal en 1840.

Il est élu deux-cent cinquante-cinquième pape en 1846, pour succéder à Grégoire XVI. Le conclave n’avait pas duré vingt-quatre heures. L’élu prit le nom de Pie IX, en hommage à Pie VII.

Après comme avant son élection, Pie IX conserva un régime frugal et un horaire soutenu, consacrant chaque jour cinq heures à la prière, et treize au travail.

A cette époque, les Etats Pontificaux couvraient de larges provinces en Italie, et le pape en était le souverain. Pie IX voulut y apporter des réformes innovatrices (liberté de presse), créer un gouvernement composé majoritairement de laïcs, apporter des modernisations (chemin de fer, télégraphe, éclairage public).

Le pape est toutefois écartelé entre sa volonté d’ouverture et la pression des libéraux qui pensent s’appuyer sur lui pour «libérer» l’Italie et créer l’unité italienne autour du roi du Piémont. Une émeute à Rome oblige le pape à rester retranché dans son palais du Quirinal, pendant huit jours, au terme desquels l’ambassadeur de France réussit à le faire sortir sous un déguisement. Le pape se réfugie à Gaète (1848).

En 1849, une «assemblée nationale» s’établit à Rome et procède à une première persécution religieuse : expulsion des congrégations, confiscation de leurs biens, pillage des églises ; des bandes sillonnent les Etats Pontificaux et se livrent aux pillages, massacres, incendies.

La France envoie des troupes, conduites par le général Oudinot, pour évacuer de Rome les révolutionnaires. Le pape peut rentrer dans Rome triomphalement en avril 1850.

Toujours en 1850, le pape crée quatorze cardinaux et, jusqu’en 1860 procédera à cinquante-six béatifications. Il appuiera les congrégations bénédictines de Subiaco et du Mont-Cassin, ainsi que le retour en France des Dominicains et des Franciscains, précédemment chassés par la Révolution.

En France, de nombreuses nouvelles congrégations vont être fondées, entre autres les Missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, les Religieux de Notre-Dame de Sion (par les frères Ratisbonne), les Sacramentins (par s.Pierre-Julien Eymard), le Prado (par le père Antoine Chevrier)… En Italie aussi de très nombreux Instituts virent le jour, particulièrement les Salésiens de saint Giovanni Bosco.

 

En 1854, le pape proclame le dogme de l’Immaculée Conception par la bulle Ineffabilis, confirmée par les apparitions de Lourdes en 1858. En 1856, la fête du Sacré-Cœur est étendue à toute l’Eglise.

L’agitation en Italie n’était pas calmée ; des mesures anti-cléricales frappaient l’Eglise. En 1855 Pie IX dut fulminer l’excommunication contre tous les violateurs des libertés de l’Eglise.

Pendant ce temps, Napoléon III, après avoir soutenu Victor-Emmanuel contre les Autrichiens, devait maintenant aussi soutenir le pape ; deux Italiens voulurent alors attenter à la vie du couple impérial : l’attentat à l’Opéra de Paris, où trois bombes provoquèrent huit morts et cent quarante-huit blessés, laissa cependant l’empereur indemne ; et leurs auteurs (Orsini et Pieri) furent condamnés à mort. Ensuite Napoléon III promit à Cavour de l’aider à expulser les Autrichiens d’Italie (batailles de Montebello, Palestro, Magenta, Solferino). 

Les révolutionnaires italiens continuèrent leurs machinations ; le gouvernement français lâcha alors la papauté. Pie IX appela le général de Lamoricière pour constituer un corps spécial, les zouaves pontificaux.

Victor-Emmanuel s’étant proclamé roi d’Italie, avec Rome comme capitale, Napoléon décida de se retirer de Rome. Garibaldi s’en prit aux détachements pontificaux, fut battu par le colonel de Charette à Nerola puis par le général Kanzler à Mentana (1867).

Entre temps le Pape continuait de s’occuper de l’Eglise malgré ces événements politiques. Il canonisa les Martyrs japonais (5 février), saint Josaphat Kuncewicz (12 novembre), les Martyrs de Gorcum (9 juillet), saint Paul de la Croix (18 octobre), saint Leonardo de Porto-Maurizio (26 novembre), sainte Germaine Cousin (de Pibrac, 15 juin)…

L’encyclique Nullis certe vobis (1860) condamne la politique de Napoléon III ; Quanta cura et le Syllabus (1864), condamnent le rationalisme et le naturalisme ; Etsi multa (1873) condamnera le césarisme. 

Pie IX convoque le concile de Vatican I qui s’ouvre le 8 décembre 1869. A la totale unanimité, les pères du concile approuvèrent une Constitution dogmatique sur la foi catholique ; puis à l’unanimité moins deux voix, le dogme de l’Infaillibilité pontificale. 

Il était temps d’achever ce Concile : après la défaite de Sedan et la chute de l’empereur Napoléon III, le général Cadorna s’empara de Rome et Pie IX dut capituler définitivement (1870). Rome fut entièrement saccagée, tous les bâtiments officiels réquisitionnés par le pouvoir civil (y compris le palais du Quirinal), toutes les subventions aux hôpitaux et autres œuvres de bienfaisance furent supprimées. Le Pape restait enfermé dans le Vatican.

Pie IX s’éteignit le 7 février 1878. Son pontificat, le plus long de l’histoire après saint Pierre, avait duré trente-deux ans. Son successeur fut Léon XIII.

Pie IX a été béatifié en 2000.

 

 

Anna Maria Adorni

1805-1893

 

Anna Maria naquit à Fivizzano (Massa Carrara, Toscane, Italie) le 19 juin 1805, et perdit son père à quinze ans. Elle se retira avec sa mère à Parme, où elle épousa en 1826 Domenico Botti, un employé de la maison ducale de Parme. 

De leurs six enfants, l’unique qui resta en vie, devint moine bénédictin.

Après la mort de son mari (1844), cette veuve bien éprouvée par tant de deuils se mit à visiter les prisonnières et à accueillir les filles de la rue. D’autres pieuses personnes se joignirent à elle et formèrent une Pieuse Union de dames qui visitaient les prisons, approuvée par la duchesse de Parme.

De là se forma l’institut du Bon Pasteur pour accueillir les ex-prisonnières et les réinsérer dans la société, ainsi que pour venir en aide aux jeunes filles et fillettes abandonnées.

Anna Maria (qu’on appelait désormais Carolina Botti) donna naissance, avec huit compagnes, à la congrégation des Servantes de l’Immaculée (Ancelle dell’Immacolata), qui fut approuvée en 1893.

L’évêque qui guidait le diocèse de Parme à l’époque d’Anna Maria, était Guido Maria Conforti (voir au 5 novembre) : il écrivit que la charité de cette femme était sans limites. En effet, Anna Maria était près de toutes celles qui étaient en difficulté, qui souffraient physiquement ou moralement.

Anna Maria était aussi appelée le Rosaire vivant, tant elle passait de temps à prier, spécialement durant le mois du Rosaire (octobre).

Elle mourut le 7 février 1893, et fut béatifiée en 2010.

 

Le miracle obtenu par son intercession et qui servit à la béatification, fut la guérison totale et inexplicable d’un homme frappé d’encéphalite léthargique, père d’une des Religieuses de cette congrégation.

 

 

Ludwika Szczęsna

1863-1916

 

Elle naquit le 18 juillet 1863 à Cieszki (Lubowidz, Żuromin, Pologne), sixième des sept enfants de Anton et Franciszki Skorupska, qui la firent baptiser le 24 juillet suivant. 

Les parents n’étaient pas fortunés et durent plusieurs fois déménager, à la recherche d’un meilleur emploi. Ludwika ne put aller à l’école. Elle reçut son éducation à la maison jusqu’à douze ans, quand mourut la maman. Le papa se remaria avec Antonina Wieckowska, qui n’avait que cinq ans de plus que Ludwika.

A dix-sept ans, elle déclara franchement à son père, qui voulait la marier, qu’elle préférait se consacrer à Dieu. Elle quitta la maison et partit à Mława, où elle travailla comme couturière.

En 1864, l’autorité russe voulut supprimer tous les monastères de Pologne. Pour pallier à ce vide, un prêtre fonda beaucoup d’Associations pieuses, dont les membres laïcs vivaient dans le monde comme consacrés. Ce prêtre était le b. Honorat Koźmiński (v. 16 décembre).

En 1885, Ludwika en devint la fille spirituelle et fréquenta les Servantes de Jésus, une des fondations du père Honorat. C’était apparemment une boutique de tailleur, qui cachait un véritable noviciat.

Elle ouvrit alors un refuge pour femmes à Lublin. Découverte, elle dut se replier à Varsovie, puis à Cracovie.

En 1893, elle rencontra s. Józef Sebastian Pelczar (v. 28 mars), avec lequel elle fonda les Servantes du Sacré-Cœur de Jésus (1894), dont le but était de propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur. C’est alors qu’elle prit le nom de Klara en souvenir de sainte Chiara d’Assise (v. 11 août).

En 1903, on diagnostiqua à Klara un cancer, qui ne fut opéré qu’en 1910. Dans l’intervalle, elle visita la nouvelle maison ouverte en Alsace et fit le pèlerinage à Lourdes.

En 1907, elle fut élue Supérieure générale et ouvrit plus de trente maisons, au service des femmes et des malades ; les Religieuses assistèrent les jeunes mamans dans les crêches, les jeunes filles en leur enseignant la couture, les enfants au catéchisme ; l’œuvre intensifia beaucoup son activité au moment de la Première Guerre Mondiale.

C’est durant cette période que Klara mourut, le 7 février 1916, à Cracovie.

Elle fut béatifiée en 2015.

 

 

Felipe Ripoll Morata

1878-1939

 

Felipe naquit le 14 septembre 1878 (fête de la Sainte Croix) à Teruel, dans une famille pauvre, mais riche de foi.

Ordonné prêtre en 1901, il fut professeur, puis directeur spirituel, enfin recteur du séminaire et vicaire général de Mgr Anselmo Polanco Fontecha, avec qui il partagea le martyre, le 7 février 1939.

Son dies natalis est donc le 7 février.

Ils sont les deux derniers Martyrs de la persécution espagnole, et furent béatifiés ensemble en 1995.

 

 

Anselmo Polanco Fontecha

1881-1939

 

Anselmo naquit à Buenavista de Valdavia (Palencia, Espagne) le 16 avril 1881, de pauvres paysans Basilio et Ángela, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Ses premières études se font à Barriosuso, où il apprend le latin et fait ses humanités. A quinze ans, il entre au noviciat des pères Augustiniens de Valladolid (dont le supérieur est un de ses oncles), reçoit l’habit en 1896 et fait la profession l’année suivante. Une vilaine tuberculose pulmonaire l’oblige à retourner chez lui pendant un certain temps ; sa conduite est édifiante et fait dire aux paysans que Etre frère, c’est pareil que d’être un saint ! Sa petite sœur de quatre ans meurt à ce moment-là.

Guéri, il passe au monastère de Santa María de La Vid (Notre Dame de la Vie, Burgos), où il fait la profession solennelle en 1900 et est ordonné prêtre en 1904. Il célèbre sa première messe le jour de Noël.

On l’envoie en Allemagne pour compléter ses études et dès 1907, il est professeur. En 1922 il est recteur du Collège de Valladolid ; à cette occasion, sa mère lui dit : Tu as été un bon fils pour tes parents, maintenant sois un bon père pour tes enfants. 

En 1929 il est élu conseiller pour les Philippines, et provincial en 1932, ce qui l’oblige à voyager pour visiter les autres monastères de cette même congrégation : aux Philippines, en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, en Argentine, au Pérou et en Colombie, en Italie.

En 1935, il est nommé évêque de Teruel, au moment où se déclencha le soulèvement militaire contre la République. Sa devise épiscopale est Je dépenserai très volontiers et me dépenserai moi-même tout entier pour vos âmes (2Co 12:15). Son père était retenu par la maladie, mais sa mère était présente à la consécration, et baisa son anneau avec une profonde émotion.

Son horaire était strict : levé à cinq heures, il célébrait la messe et rendait grâces avec profond recueillement ; il était toujours vêtu de son habit religieux ; jamais de café, ni de liqueur, ni de tabac. Il assistait à genoux aux cérémonies eucharistiques ; recevait ses prêtres sans les faire attendre. 

Il ne mit pas de bornes à son zèle, allant visiter les blessés de tous les bords. Sa mère mourut durant cette période : il alla célébrer les obsèques dans son pays natal. Après, on lui conseillait de demeurer quelque temps éloigné de Téruel, en attendant la fin de la bourrasque républicaine, mais il répondit : Le pasteur doit rester là où se trouvent ses brebis. Il n’eut jamais un mot dur contre ceux qui attaquaient sa ville ; délicatement, il parlait de frères dans l’erreur.

Particulièrement, il refusa catégoriquement de retirer sa signature de la lettre collective de l’Episcopat espagnol condamnant les persécutions.

Le séminaire de Téruel fut détruit, ainsi que le palais épiscopal ; toute une aile de la cathédrale fut bombardée (la ville reçut trois-cent-douze bombardements…), de sorte que Mgr Polanco se réfugia au monastère Sainte-Claire. On vint l’y arrêter le 8 janvier 1938, le lendemain du jour où se rendirent les forces nationales commandées par le colonel Rey d’Harcourt. Le ministre de la guerre républicain voulait faire escorter l’évêque jusqu’à la frontière française et le laisser libre, mais le gouvernement s’y opposa, de sorte que l’évêque, avec son vicaire général ainsi que le colonel, furent mis en prison.

Avec d’autres prisonniers, Mgr Polanco fut transféré par le train à la prison de Valencia (l’ancien couvent cistercien), puis à celle de Barcelone, le «Dépôt pour prisonniers et évadés du 19 juillet», installé dans le couvent des Servantes de Marie. Avant la chute de Barcelone aux mains des franquistes, les prisonniers furent transférés le 23 janvier 1939, successivement en train à Perpetua de Mogoda, Campdevánol, Puigcerdá, Ripoll, puis à pied à San Juan de las Abadesas, en camion à Figueras, enfin Can de Boach, à Pont de Molins.

Le 7 février au matin, trente soldats envoyés par le chef communiste chargèrent en camion quatorze de ces prisonniers, parmi lesquels l’évêque, son vicaire général et le colonel Rey d’Harcourt. Ils prirent la route des Escaules, s’arrêtèrent à un kilomètre et demi, tout près de Can Tretze, et obligèrent les prisonniers à remonter le lit desséché du Muga, où ils les fusillèrent. Puis ils répétèrent l’opération pour vingt-six autres prisonniers.

Dix jours plus tard un paysan les découvrit, roulés dans le fossé.

Une pierre fut posée à cet endroit : Passant, ici la furie rouge laissa quarante martyrs comme empreinte de son passage (…) Pense à eux avec une prière.

Le corps de l’évêque, à moitié brûlé, ne subit pas la putréfaction. Les autorités de Teruel le firent reporter dans la capitale de son diocèse.

Mgr Anselmo Polanco Fontecha fut béatifié en 1995, avec son vicaire général, Felipe Ripoll Morata ; leur dies natalis commun est au 7 février.

Wojciech Nierychlewski

1903-1942

 

Wojciech (Adalbert) naquit à Dąbrowice (Łódzkie, Pologne) le 20 avril 1903.

Il entra dans la récente congrégation de Saint-Michel, fondée par un salésien, Bronislas Markiewicz. Le père Wojciech fut un prêtre et un éducateur aux multiples talents

Après les habituelles études de philosophie et de théologie, qu’il fit à l’université Jagellon de Cracovie, Wojciech fut ordonné prêtre en 1932.

Il disait qu’il aurait volontiers accepté d’être martyr de Jésus crucifié.

Il supervisait l’édition d’un petit journal catholique, qui s’appelait Modération et Travail. Lors d’une descente de la Gestapo, en octobre 1941, il s’offrit à la place d’un technicien père de famille qui allait être arrêté.

Emprisonné à Cracovie, il fut déporté à Oświęcim (Auschwitz) en janvier 1942. Là, on le tortura en le plongeant successivement dans de l’eau glacée puis dans une cuve d’eau bouillante (d’aucuns dirent qu’il avait été noyé). Il en mourut, le 7 (ou le 9 ?) février 1942. 

Il a été béatifié parmi cent-huit Martyrs polonais en 1999.

 

 

Alfredo Cremonesi

1902-1953

 

Alfredo naquit le 15 mai 1902 à Ripalta Guerina (Cremona, Italie), aîné des sept enfants de Enrico et Maria Rosa Scartabellati, des parents très chrétiens. On connaît les prénoms et les dates de cette belle famille : Alfredo, Tarcisio, Ernesto, Giovanni, Giuseppe, Rodolfo, Teresina, six garçons et une petite sœur, qui porta le nom de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions.

Alfredo fut baptisé dès le 16 mai 1902, confirmé en 1908, et reçut la Première communion en 1909.

Entré au séminaire de Crema, Alfredo souffrit d’une grave maladie du sang, qui allait compromettre sa vocation sacerdotale, mais dont il guérit miraculeusement par l’intercession de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il désirait entrer dans un institut missionnaire, mais son père s’y opposait fermement, malgré son appartenance à l’Action Catholique. Finalement, le père céda aux instances de son épouse et de son fils, et Alfredo entra en 1922 à l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères (PIME).

En 1924, Alfredo reçut l’ordination sacerdotale, et fut envoyé en Birmanie l’année suivante.

En novembre 1925, il débarqua dans cette Birmanie inconnue, dont il apprit vite la langue et les coutumes.

On lui confia la gestion économique de la maison des missionnaires.

L’évêque l’envoya alors dans le district de Donokù, perdu dans les montagnes, où vivait la population des karens. Alfredo s’y rendit avec tout son enthousiasme et son expérience encore trop fraîche, mais il ne se découragea pas par les difficultés qu’il rencontrait. Il conquit les habitants, qui le surnommèrent le sourire de la mission.

Arriva cette Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les Japonais tentèrent d’imposer leur joug dans toute l’Asie extrême-orientale. Alfredo tomba entre leurs mains et fut interné à Moso (Inde), où il souffrit beaucoup. En 1947, il fut enfin libéré, mais pour retrouver tout son œuvre saccagé, détruit, anéanti… On pouvait être découragé, mais Alfredo se remit courageusement au travail.

Ce n’était pas fini. La Birmanie acquit bientôt son indépendance, la guerre civile mit aux mains différents groupes ethniques, les catholiques furent à nouveau menacés. Alfredo dut se retirer et se réfugier à Taungû, puis à Donokù (1952). Comme dans toutes les guerres civiles, les factions se déchirent sans trop savoir encore pour qui et pour quoi on se bat ; les habitants étaient accusés là de soutenir les rebelles karens contre la gouvernement : Alfredo prit vaillamment leur défense.

La réponse des gouvernementaux fut disproportionnée et injuste : les soldats firent irruption à Donokù le 7 février 1953, détruisant, incendiant tout sur leur passage ; puis ils abattirent le prêtre d’un coup de fusil.

Alfredo Cremonesi a été reconnu martyr et béatifié en 2019.

 

 

Petro Verhun

1890-1957

 

Ce prêtre de l’archiéparchie de Lviv (Ukraine) était né le 18 novembre 1890 à Horodok (Lvov), où il étudia la philosophie.

Il fut ordonné prêtre le 30 octobre 1927, selon le rite grec-catholique (uniate).

Il fut d’abord responsable des catholiques ruthènes d’origine ukrainienne sub-carpathique et d’autres pays limitrophes de l’ancien empire austro-hongrois, en même temps que des grecs-catholiques ukrainiens résidants à Berlin, et dont il deviendra visiteur apostolique en 1940.

En 1945, les services secrets soviétiques l’arrêtèrent à Berlin et le condamnèrent à huit ans de travaux forcés.

Libéré en 1952, gravement malade, il mourut à Angarsk (Krasnoyarsk, Sibérie) le 7 février 1957.

Il a été béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Martyrs ukrainiens.

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 12:35

 

Martyrs Japonais

1603-1639

 

L’arrestation des pères Pedro de Zúñiga et Ludovic Frarijn (martyrisés le 19 août 1622) avait mis en fureur l’empereur du Japon, obligé de constater que malgré la persécution les chrétiens étaient encore nombreux. Le gouverneur de Nagasaki, Gonrocou, accusé de négligence, craignait fort d’être disgracié. C’était un païen sans fanatisme, qui aurait volontiers entretenu avec les missionnaires des rapports amicaux s’il avait pu le faire sans dommage. Mais puisque l’empereur voulait du sang et qu’il fallait éviter de se prêter aux critiques de rivaux malveillants, il ne recula pas devant les mesures extrêmes. Pour montrer son énergie et terroriser les chrétiens, il ordonna d’exécuter tous les prêtres et fidèles arrêtés sur le territoire de Nagasaki. Les uns étaient détenus dans les prisons de cette ville, d’autres en liberté sous caution habitaient chez des amis, d’autres enfin subissaient une longue et dure captivité à Ōmoura. Aucune exécution de chrétiens au Japon ne compta plus de victimes, ce qui valut à la seule journée du 10 septembre 1622 le nom de Grand Martyre.

Dès 1618, dans la nuit du 13 décembre, des perquisitions eurent lieu dans plusieurs maisons suspectes, signalées par des traîtres. Chez le Portugais Domingos Jorge, on trouva deux jésuites, le père Carlo Spinola et le frère Ambrosio Fernandes, avec deux serviteurs ; et chez le Coréen Cosmas Takeya Sozaburō, deux dominicains, les pères Angelo Orsucci et Juan de Saint-Dominique, avec un catéchiste japonais, Thomas. Ils furent tous arrêtés et conduits à Gonrocou qui les interrogea brièvement et leur rappela les lois en vigueur ; il aurait bien voulu renvoyer les serviteurs japonais, mais ils affirmèrent avec tant d’insistance qu’ils connaissaient la qualité de religieux de leurs maîtres qu’il ordonna de les conduire à la prison d’Ōmoura avec les missionnaires. Domingos Jorge, Cosmas Takeya Sozaburō et ses voisins, saisis comme complices, furent gardés à Nagasaki.

Le 14 mai 1619, un traître indiqua la cachette du père Alonso De Mena Navarrete à Nagasaki et, le lendemain, un jeune homme mis à la torture révéla celle du père Francisco Moráles Sedeño dans la même ville. Ils furent arrêtés avec les chrétiens qui leur donnaient asile et envoyés à Ōmoura.

La détention à Ōmoura était très pénible. La prison, close de bambous espacés de deux doigts, ressemblait à une cage et, comme elle était placée en haut d’une colline, le vent, la neige, la pluie ou le soleil y entraient de toutes parts. Elle était si petite que, lorsque les prisonniers furent nombreux, ils ne pouvaient trouver la place de s’étendre la nuit. On leur distribuait un peu de riz, d’herbes amères et d’anchois salés, juste assez pour qu’ils ne mourussent pas de faim ; Gonrocou fut pris de pitié pour ces malheureux et leur attribua un peu d’argent qui fut détourné par l’intendant. Mais par bonheur les prêtres ne manquèrent jamais ni d’hosties, ni de vin, ni de cierges, ni des objets nécessaires pour célébrer la messe.

A la fin d’octobre 1620, un renégat révéla la cachette de deux franciscains espagnols, le père Pedro de Ávila et le frère Vicente Ramírez de Saint-Joseph, au village d’Ocozzou (Nagasaki). Avant de se laisser emmener, ils offrirent du vin de Castille aux policiers qui les conduisirent à Ōmoura.

Quatre catéchistes japonais, exilés aux Philippines en 1614 et rentrés en 1617, furent arrêtés vers la fin de cette année 1620 et enfermés eux aussi à Ōmoura. Ils avaient bien cru être condamnés plus tôt, car ils avaient proclamé leur qualité de chrétiens et leur volonté de continuer à prêcher. Avec quelques autres Japonais, ils mirent leur captivité à profit en demandant au père Spinola de les recevoir dans la Compagnie de Jésus ; avec l’autorisation du provincial, ils commencèrent leur noviciat qu’ils achevèrent par le martyre.

Il y eut encore d’autres arrestations, avant le 28 août 1621, où un nouveau décret aggrava la persécution, selon lequel tout hôte de religieux devait être brûlé vif et ses voisins mis à mort, mais qui ne fut pas appliqué à la lettre immédiatement. Certains de ces «voisins» furent «seulement» condamnés à couper du bois dans la forêt.

La terrible captivité à Ōmoura se prolongeait. Le 25 novembre 1621, le père Spinola et quelques autres furent amenés à Nagasaki pour une confrontation avec les pères Frarijn et de Zúñiga. La conclusion de cette affaire provoqua un sursaut de fureur antichrétienne dont furent victimes les prisonniers d’Ōmoura. Huit d’entre eux, pris dans cette ville, y furent gardés et devaient être exécutés le 12 septembre 1622, tandis que ceux qui avaient été pris à Nagasaki furent emmenés le 9, d’abord en bateau, puis à cheval, par quatre cents soldats. On fit halte pendant la nuit et le lendemain, sans passer par la ville, on les conduisit directement à la Sainte colline, lieu où avaient été crucifiés les martyrs du 5 février 1597 (Paul Miki et ses Compagnons, fêtés le 6 février).

Ils se confessèrent et haranguèrent l’immense foule venue assister à leur supplice, en attendant l’arrivée de leurs compagnons détenus à Nagasaki. C’étaient trente-trois Japonais, arrêtés pour avoir logé des prêtres ou pour complicité : épouses, enfants, voisins. Une audience solennelle n’eut d’autre résultat pratique que la vérification de leur identité : ils étaient tous chrétiens et le déclaraient hautement. Les juges cependant firent une distinction en condamnant au feu les religieux, les catéchistes et quelques laïques considérés comme plus coupables, les autres à la décapitation.

Les martyrs qui devaient subir la peine du feu furent attachés aux colonnes par des liens fragiles, avec l’espoir que l’excès de la douleur les ferait fuir. Le foyer avait été placé à quelque distance pour allonger leur supplice.

Quand les condamnés au feu eurent été attachés, ceux qui devaient être décapités furent introduits et exécutés aussitôt ; leurs têtes furent placées sur une table en face du bûcher. Ils étaient trente, entre catéchistes, veuves, épouses, jeunes et enfants, dont le plus petit avait deux ans, condamnés comme complices et solidaires de leurs voisins.

Le supplice du feu dura longtemps ; le père Spinola succomba le premier au bout d’une heure, mais le dernier, le père Pedro (Jacinto) Orfanell Prades, le plus robuste de tous, ne mourut qu’à minuit.

On remarquera que deux des «complices» ne furent pas béatifiés : Jacobus Chimba et Dominicus Tamba ; on raconte que le père Spinola les avait avertis dans la prison qu’ils seraient punis de Dieu pour avoir refusé d’obéir. Effrayés par le feu et ne pouvant supporter de telles douleurs, ils coururent demander aux juges la faveur d’être décapités ; Paulus Nagaïshi les suivit pour les encourager, mais il ne put les rejoindre et traversa le brasier une seconde fois pour revenir à sa colonne. Les bourreaux refusèrent de se prêter à la demande des deux pauvres catéchistes, les jetèrent dans les flammes et les y maintinrent avec des crocs. Cette horreur du feu ne peut nullement être assimilée à une apostasie.

Pendant trois jours les chrétiens vinrent vénérer les corps des martyrs puis, sur l’ordre du gouverneur, les corps, les images, les objets saisis chez les chrétiens furent brûlés et les cendres jetées à la mer.

 

Avant le Grand Martyre du 10 septembre 1622, il y eut donc déjà des exécutions entre 1603 et 1622, dont on a retenu cent vingt-neuf Martyrs, actuellement béatifiés.

 

Après le Grand Martyre, il y eut d’autres exécutions ; les martyrs béatifiés furent deux-cent douze.

 

Voici la liste purement nominale de ces trois-cent quarante-et-un Martyrs, qui furent béatifiés partie en 1867, partie en 2008, et commémorés au Martyrologe à leurs dies natalis respectifs. Il y aura progressivement une petite notice sur chacun d’eux. Ils sont ici rangés d’après la date de leur martyre, puis par ordre alphabétique.

Dans ces prochaines notices, on trouvera les parentés entre Martyrs de même nom de famille ; il s’agit en général de familles entières, parents et enfants, parfois très jeunes. 

1603

8 décembre à Kumamoto :

Ioannes Minami Gorōzaemon

9 décembre à Yatsushiro (Kumamoto) :

Agnès Takeda

Ioanna Takeda

Ludovicus Minami

Magdalena Minami

Simon Takeda Gohyōe

1605

16 août à Hagi (Yamaguchi) :

Melchior Kumagai Motonao

19 août à Yamaguchi :

Damianus

26 août à Yatsushiro (Kumamoto) :

Ioachim Watanabe Jirōzaemon

17 novembre à Sendai (Kagoshima) :

Leo Saisho Shichiemon

1609

11 janvier à Yatsushiro (Kumamoto) :

Ioannes Hattori Jingorō

Michaël Mitsuishi Hikoemon

Petrus Hattori

Thomas Mitsuishi

14 novembre à Ikitsuki :

Gaspar Nishi Genka

Ioannes Nishi Mataishi

Ursula Nishi

1613

7 octobre à Arima (Hyōgo) :

Didacus Hayashida

Hadrianus Takahashi Mondo

Ioanna Takahashi

Leo Hayashida Sukeemon

Leo Takedomi Kant’emon

Magdalena Hayashida

Martha Hayashida

Paulus Takedomi Dan’emon

1614

5 juin à Shiki (Amakusa, Nagasaki) :

Adam Arakawa

1617

22 mai à Kōri (Ōmura, Nagasaki) :

João Baptista Machado de Távora

Pedro de l’Assomption

1er juin à Koguchi (Ōmura, Nagasaki) :

Alfonso Navarrete Benito

Hernando (ou Fernando) Ayala (de Saint-Joseph)

1er juin à Ōmura (Nagasaki) :

Leo Tanaka

1er octobre à Nagasaki :

Andreas Yoschida

Gaspar Ueda Hikojirō

1618

16 août à Kyoto :

Juan Santamarta

19 mars à Suzuta (Ōmura, Nagasaki) :

Juan Martínez Cid (de Saint-Dominique)

1619

6 octobre à Kyōto :

Agatha

Anna Kajiya

Antonius Dōmi

Benedictus

Catharina Hashimoto

Cosmas

Didacus Tsūzu

Emmanuel Kosaburō

Franciscus Shizaburo

Franciscus

Franciscus Hashimoto

Gabriel

Hieronimus Sōroku

Ioachim Ogawa

Ioannes Hashimoto Tahyōe

Ioannes Kyūsaku

Ioannes Sakurai

Leo Kyūsuke

Linus Rihyōe

Lucia

Lucia

Lucia

Ludovica Hashimoto

Ludovicus Matagorō

Magdalena

Magdalena

Mancius Kyūjirō

Maria

Maria

Maria

Maria

Maria

Maria Chūjō

Martha

Martha

Martha

Mencia

Monica

Monica

Monica

Petrus Hashimoto

Regina

Rufina

Sixtus

Thecla Hashimoto

Thomas Hashimoto

Thomas Ikegami

Thomas Kajiya Yoemon

Thomas Kian

Thomas Koshima Shinshirō

Thomas Tōemon

Ursula Sakurai

14 octobre à Kokura (Fukuoka) :

Didacus Kagayama Haito

15 octobre à Hiji (Ōita) :

Balthasar Kagayama Hanzaemon

Iacobus

18 novembre à Nishizaka (Nagasaki) :

Andreas Murayama Tokuan

Cosmas Takeya Sozaburō

Domingos Jorge

Ioannes Yoschida Shōun

Leonardus Kimura

27 novembre à Nagasaki :

Alexius Nakamura

Antonius Kimura

Bartholomæus Seki

Ioannes Iwanaga

Ioannes Motoyama

Leo Nakanishi

Matthias Kozasa

Matthias Nakano

Michaël Takeshita

Romanus Motoyama Myotarō (Matsuoka ou Miōta)

Thomas Koteda Kyūmi

1620

7 janvier à Suzuta (Ōmura, Nagasaki) :

Ambrosio Fernandes

27 mai à Nagasaki :

Matthias de Kazusagoko

17-18 août à Kokura (Fukuoka) :

Iacobus Bunzō

Magdalena

Maria

Simon Kiyota Bokusai

Thomas Gengorō

1622

10 août à Ikinoshima (Nagasaki) :

Augustinus Ōta

19 août à Nagasaki :

Antonius Yamada

Bartholomæus Mohyōe

Iacobus Matsuo Denji

Ioachim Díaz Hirayama

Ioannes Yagō

Ioannes Miyazaki Soemon

Ioannes Nagata Matashichi

Laurentius Ikegami Rokusuke

Leo Sukeemon

Ludovic Frarijn (alias Luis Flores)

Marcus Takenoschita Shin’emon

Michaël Díaz Hori

Paulus Sankichi

Pedro de Zúñiga

Thomas Koyanagi

10 septembre à Nishizaka (Nagasaki) : «Le Grand Martyre»

Agnes Takeya

Alexius Sanbashi Saburō

Alonso De Mena Navarrete

Antonius Hamanomachi, dit «Le Coréen»

Antonius Kyūni

Antonius Ono

Antonius Sanga

Apollonia

Bartholomæus Kawano Shichiemon

Carlo Spinola

Catharina

Clara

Clemens Ono

Damianus Tanda Yaichi

Dominica Ogata

Dominicus Nakano

Dominicus Yamada

Francisco Morales Sedeño

Gundisalvus Fusai Chōzō

Ignatius Jorge-Fernandes

Ioannes Chūgoku

Ioannes Hamanomachi

Ioannes Nagata Magoschichirō (Dominicus du Rosaire)

Isabel Fernandes

José Negro Maroto (de Saint-Hyacinthe Salvanés)

Lambert Trouvez (Richard de Sainte-Anne)

Leo Satsuma

Lucia de Freitas

Ludovicus Kawara Rokuemon

Magdalena

Maria

Maria de Kumamoto

Maria Murayama

Maria Yoshida

Marina (Maria) Tanaura

Michaël Satō Shunpō

Michaël Tanda

Michele Orsucci (Angelo de Saint-Vincent-Ferrer)

Paulus Nagaishi

Paulus Tanaka

Pedro d’Ávila

Pedro Orfanell Prades (Jacinto)

Petrus Hamanomachi

Petrus Nagaischi

Petrus Sanpō

Rufus Ishimoto

Sebastianus Kimura

Thecla

Thomas Akahoshi

Thomas du Rosaire

Thomas Shichirō

Vicente Ramírez de Saint-Joseph

11 septembre à Nishizaka (Nagasaki) :

Franciscus Takeya

Gaspar Koteda

Petrus Kawano

12 septembre à Ōmura (Nagasaki) :

Apolinar Franco García

Dominicus Magoschichi

Franciscus de Saint-Bonaventure

Mancius Shibata (de Saint-Thomas)

Paulus (ou Petrus ?) de Sainte Claire

Tomás de Zumárraga Lazcano (du Saint-Esprit)

15 septembre à Tabira (Nagasaki) :

Camillo Costanzo

2 octobre à Nagasaki :

Andreas Yakichi

Franciscus Yakichi

Lucia

Ludovicus Yakichi

1er novembre à Shimabara (Nagasaki) :

Clemens Kyūemon

Dionisius Fujishima Jubyōe

Petrus Onizuka Sadayū

Pietro Paolo Navarro

 

1623

4 décembre à Tokyo :

Francisco Gálvez Iranzo

Girolamo de Angelis

Ioannes Hara Mondo

Simon Enpō

1624

16 février à Hiroshima :

Franciscus Tōyama Jintarō

17 février à Hiroshima :

Matthias Shōbara Ichizaemon

22 février à Sendai (Miyagi) :

Diogo Carvalho

8 mars à Hiroshima :

Ioachim Kurōemon

25 août à Ōmura (Nagasaki) :

Ludovicus Sasada

Ludovicus Baba

Luis Cabrera Sotelo

Miguel Carvalho

Pedro Vázquez (de Sainte-Catherine)

15 novembre à Nagasaki :

Caius

1626

20 juin à Nagasaki :

Baltasar de Torrés Arias

Francisco Pacheco

Gaspar Sadamatsu

Giovanni Battista Zola

Ioannes Kisaku

Michaël Tōzō

Paulus Shinsuke

Petrus Rinsei

Vincentius Kaŭn

8 juillet à Shimabara :

Mancius Araki Kyūzaburō

12 juillet à Nagasaki :

Catharina

Ioannes Onizuka Naizen

Ioannes Tanaka

Ludovicus Onizuka

Matthias Araki Hyōzaemon

Monica

Petrus Araki Chobyōe

Susanna

1627

21 février à Shimabara :

Antonius Uchibori

Balthasar Uchibori

Ignatius Uchibori

28 février à Unzen (Nagasaki) :

Alexius Sugi Shōhachi

Damianus Ichiyata

Dionisius Saeki Zenka

Gaspar Kizaemon

Gaspar Nagai Sōhan

Ioannes Araki Kanshichi

Ioannes Heisaku

Ioannes Kisaki Kyūhachi

Leo Nakajima Sōkan

Ludovicus Saeki Kizō

Ludovicus Shinzaburō

Maria Mine

Paulus Nakajima

Paulus Uchibori Sakuemon

Thomas Kondō Hyōemon

Thomas Uzumi Shingoro

17 mai à Unzen (Nagasaki) :

Bartholomeus Baba Han’emon

Ioannes Matsutake Chōzaburō

Ioachim Mine Sukedayū

Ludovicus Furue Sukeemon

Ludovicus Hayashida Sōka

Magdalena Hayashida

Maria

Paulus Hayashida Mohyōe

Paulus Nishida Kyūhachi

Paulus Onizuka Magoemon

29 juillet à Ōmura :

Luis Exarch (Luis Bertrán)

Mancius de la Croix

Petrus de Sainte-Marie

1er août à Nagasaki :

Martinus Gómez Tōzaemon

16 août à Nagasaki :

Antonius de Saint-François

Bartolomé Díaz Laurel

Caius Akashi Jiemon

Francisca (Pinzokere)

Francisco de Sainte-Marie

Franciscus Kuhyōe

Leo (Franciscus) Kurōbyōe Nakamura

Lucas Tsuji Kyūemon

Ludovicus Matsuo Soyemon

Magdalena Kiyota

Maria

Michaël Koga Kizayemon

Thomas Satō Shin’emon (Ou Jinyemon)

Tsuji Shōbyōe (Gaspar Vaz)

7 septembre à Nagasaki :

Ioannes Maki Jizaemon

Ludovicus Maki Soetsu

Thomas Tsūji

1628

8 septembre à Nagasaki :

Antonio de Saint-Bonaventure

Antonius de Saint-Dominique

Dominicus de Saint-François

Dominicus Nihachi

Dominicus Tomachi

Francisco Castellet Vinale (Domingo)

Franciscus Nihachi

Ioannes Imamura

Ioannes Tomachi

Laurentius Yamada

Leo Aibara

Lucia Ludovica

Ludovicus Nihachi

Matthæus Alvarez Anjin

Michaël Tomachi

Michaël Yamada Kasahashi

Paulus Aibara Sandayū

Paulus Tomachi

Romanus Aibara

Thomas de Saint-Hyacinthe

Thomas Tomachi

10 septembre à Nagasaki :

Iacobus Hayashida

16 septembre à Nishizaka (Nagasaki) :

Dominicus Shobyōye

Michaël Himonoya

Paulus Himonoya

25 décembre à Unzen (Nagasaki) :

Michaël Nakashima Saburōemon

 

1629

12 janvier à Okusanbara (Yonezawa, Yamagata) :

Alexius Satō Seisuke

Andreas Yamamoto Shichiemon

Anna

Antonius Anazawa Han’emon

Antonius Banzai Orusu

Aurea Banzai

Dominica Amagasu

Elisabeth Satō

Ignatius Iida Soemon

Ioachim Saburōbyōe

Ioannes Arie Kiemon

Ioannes Banzai Kazue

Ioannes Gorōbyōe

Iulia Yoshino

Iusta Amagasu

Lucia Kurogane

Lucia Ōbasama

Lucia Satō

Ludovicus Amagasu Iemon

Ludovicus Jin’emon

Magdalena (ép. Shichizaemon et deux filles)

Mancius Yoshino Han’emon

Maria Itō

Marina Itō Chōbo

Martha

Matthias Itō Hikosuke

Michaël Amagasu Tayemon

N. Shichizaemon ?

Paulus

Paulus Anazawa Juzaburō

Paulus Nishihori Shikibu

Paulus Sanjūrō

Paulus Satō Matagorō

Petrus Arie Jinzō

Petrus Itō Yahyōe

Rufina Banzai

Simon Takahashi Seizaemon

Thecla Kurogane

Thecla Takahashi

Timotheus Ōbasama Jirōbyōe

Vincentius Kurogane Ichibiyōe

12 janvier à Nukayama (Yonezawa, Yamagata) :

Crescentia Anazawa

Lucia Iida

Magdalena Arie

Maria Yamamoto

Michaël Anazawa Osamu

Romanus Anazawa Matsujiro

Ursula Yamamoto

12 janvier à Hanazawa (Yonezawa, Yamagata) :

Alexis Choemon

Candidus «Bōzu»

Ignatius (mais à Okusanbara)

1630

28 octobre à Ōmura (Nagasaki) :

Ioannes Mukunō Chōzaburō

Laurentius Kaida Hachizō

Mancius Yukimoto Ichizaemon

Michaël Ichinose Sukezaemon

Petrus Sawaguchi Kuhyōe

Thomas Terai Kahyōe

1632

3 septembre à Nishizaka (Nagasaki) :

Antonius Ishida Kyūtaku

Bartolomé Gutiérrez Rodríguez

Francisco Terrero de Ortega Pérez (de Jésus)

Gabriel Tarazona Rodríguez (de Sainte-Madeleine)

Hieronymus Iyo (de la Croix)

Vicente Simões de Carvalho (de Saint-Antoine)

1633

28 juillet à Nishizaka (Nagasaki) :

Michaël Kusuriya

31 juillet à Nishizaka (Nagasaki) :

Nicolaus Fukunaga Keian

21 octobre à Nishizaka (Nagasaki) :

Iulianus Nakaura

1636

30 janvier à Kumamoto :

Ogasawara Yosaburō Gen’ya

Ogasawara Miya Luisa

Ogasawara Genpachi

Ogasawara Mari

Ogasawara Kuri

Ogasawara Sasaemon

Ogasawara Sayuemon

Ogasawara Shiro

Ogasawara Goro

Ogasawara Tsuchi

Ogasawara Gonnosuke

4 Domestiques (chez Ogasawara)

25 février à Ōsaka :

Didacus Yūki Ryōsetsu

1637

6 novembre à Nishizaka (Nagasaki) :

Thomas Ochia (Kintsuba) Jihyōe

 

1639

4 juillet à Tokyo :

Petrus Kibe Kasui

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 00:00

06 FEVRIER

 

I.

S Bucole, évêque à Smyrne.

III.

S Antolianus, martyr à Clermont.

Ste Dorothée, vierge à Césarée de Cappadoce, et l’avocat s. Théophile, martyrs.

? Ss Saturnin et Revocata, martyrs.

IV.

Ste Dorothée, vierge à Alexandrie, enfuie dans les montagnes pour échapper aux sollicitations de l’empereur.

Ss Silvanus, évêque à Emèse, le diacre Lucas et le lecteur Mocius, livrés aux bêtes et martyrs.

V.

S Amand, évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Ss Mel, abbé et premier évêque à Ardagh.

VI.

S Vedastus, catéchiste de Clovis, évêque à Arras et Cambrai, patron de la ville et du diocèse d’Arras.

VII.

S Amand, évêque missionnaire surtout en Flandre (Maastricht), fondateur de monastères, en particulier Elnone.

S Ina, roi anglais et législateur, bienfaiteur et fondateur d’abbayes, retiré à Rome.

VIII.

Ste Reinildis, abbesse avec sa sœur Herlindis à Maaseik.

XII.

B Ernold, abbé à Bonneval.

S Guarino, augustin à Pavie (mais qui se cacha quand on l’y nomma évêque), évêque à Palestrina, cardinal.  

S Aldric (Elric), de famille royale, porcher chez les norbertines à Fussenich.

XIV.

S Brynolf Algotsson, évêque à Skara.

B Angelo de Furci, fils de parents âgés, augustin à Naples. 

B Antonio, augustin à Mondola près Ancône, mort à quatre-vingt-quinze ans.

Bse Françoise, tertiaire franciscaine à Gubbio.

XX.

Bse Regina Christine Bonzel (1830-1905), allemande, fondatrice des Sœurs Franciscaines de l'Adoration Perpétuelle, béatifiée en 2013.

B Alfonso Maria Fusco (1839-1910), prêtre près de Salerne, actif en milieu agricole, fondateur des Sœurs de Saint-Jean-Baptiste, pour les pauvres et les orphelins, béatifié en 2001, canonisé en 2016, spécial protecteur des pauvres et des bisogneux.

S Francesco Spinelli (1853-1913), prêtre fondateur, à Bergame, des Sœurs Adoratrices, béatifié en 1992, canonisé en 2018.

S Mateo Correa (1866-1927), prêtre mexicain, martyrisé pour avoir maintenu le secret de la confession ; fêté le 21 mai avec ses Compagnons, béatifiés en 1992, canonisés en 2000.

 

Bucole de Smyrne

1er siècle

 

En essayant de recouper plusieurs informations, on a du mal de situer cet évêque.

Il aurait été le premier évêque à Smyrne, et aurait conféré le sacerdoce et l’épiscopat à saint Polycarpe.

Mais on dit ailleurs que Polycarpe reçut l’épiscopat de l’apôtre Jean.

Quant au «premier» évêque de Smyrne, une autre source parle d’un certain Stratée, avant Bucole, et même encore d’un certain Ariston avant ce dernier. Il sera sans doute impossible de trancher. 

On pourra supposer que le prédécesseur de Polycarpe ait reçu un surnom : Ariston étant le superlatif de «bon», et Bucole signifiant «pastoral», deux épithètes qui peuvent très bien s’appliquer à un saint évêque. C’est là une hypothèse tout-à-fait gratuite, mais qui en vaudra bien d’autres.

Les Grecs mentionnent saint Bucole le 6 février, mais pas le Martyrologe Romain.

 

 

Antolianus de Clermont

† 265

 

Ce Martyr fut victime du roi aleman Chrocus, lors de l’incursion ravageuse de ses troupes en Gaule, durant le règne de l’empereur Gallien.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) dit qu’avec lui souffrirent Liminius, Cassius et Victorinus.

Saint Antolianus de Clermont est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dorothée et Théophile de Césarée de Cappadoce

† 304

 

Les martyres de Dorothée et Théophile sont particulièrement unis en une seule histoire.

Dorothée vivait à Césarée de Cappadoce, où ses parents avaient subi le martyre. Elle priait et jeûnait, et édifiait les habitants par son humilité , sa douceur, sa prudence.

Le gouverneur Saprice la fit arrêter en application des décrets de Dioclétien.

«Quel est ton nom ? lui demande-t-il.

- Je me nomme Dorothée.

- Je t'ai fait mander pour sacrifier à nos dieux immortels.

- Je n'adore que le Dieu du ciel, car il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui. »

- Écoute-moi et sacrifie, c'est le seul moyen d'éviter le chevalet.

- Les souffrances du chevalet ne durent qu'un instant, mais elles me feront éviter des supplices éternels.»

Le juge la fait étendre sur le chevalet pour l'intimider, mais elle réitère sa profession de foi :

«Pourquoi retardes-tu mon bonheur ? Je suis chrétienne ! Je n'aspire qu'à voir Celui pour qui j'affronte les tourments et la mort.

- Et qui est Celui que tu désires ?

- C'est le Christ, le Fils de Dieu.

- Ce sont là des folies, sacrifie et tu seras heureuse.

- Non, je ne sacrifierai point aux démons, je suis l'épouse du Christ et je brûle de m'unir à Lui dans les Cieux.»

Elle est alors livrée à deux malheureuses femmes qui avaient récemment apostasié ; mais loin d'être ébranlée par elles, elle leur fit sentir l'énormité de leur faute, les convertit et assista bientôt à leur martyre.

Dorothée, à son tour, fut de nouveau étendue sur le chevalet. «Jamais, je n'ai été si heureuse, dit-elle au milieu des tourments, car j'ai rendu au Christ deux âmes que le démon Lui avait ravies.» Et se tournant vers le juge : «Misérable, lui dit-elle, te voilà vaincu, toi et tes idoles !»

Elle fut condamnée à être frappée du glaive. «Je te rends grâces, s'écria-t-elle, ô céleste Amant des âmes, de ce que tu m'appelles en ton Paradis.»

 

*       *       *

 

Comme on la menait à la mort, un païen, nommé Théophile, la pria, par raillerie, de lui envoyer des fruits ou des roses du jardin de son époux. Elle le lui promit. Avant de recevoir le coup mortel, elle se mit à genoux et pria. Aussitôt parut un enfant portant trois beaux fruits et des roses fraîches, bien qu'on fût en février, et il les porta, de la part de Dorothée, à Théophile, qui confessa Jésus-Christ.

On le dénonça immédiatement à Saprice, qui l’interrogea. 

«Quelle passion te dévore ? Ce nom, tu ne voulais pas en entendre parler… Et quand es-tu devenu chrétien ?

- Oui, j’ai offert des sacrifices aux dieux ; mais je reconnais maintenant que ce sont de vaines divinités…

- Je le vois, tu veux mourir. Je vais t’infliger divers tourments et te faire souffrir ensuite une mort cruelle.

- Je désire mourir au plus vite pour le saint nom de Jésus-Christ, mon maître. Accomplis ton dessein.» 

Théophile subit le martyre ce jour même en rendant grâces à Jésus-Christ.

Dorothée et Théophile sont inscrits au 6 février dans le Martyrologe.

 

 

Silvanus d’Emèse

† 311

 

Il y a une incertitude au sujet de ce Silvanus, évêque d’Emèse (l’actuelle ville martyre de Homs, Syrie).

D’après l’historien Eusèbe de Césarée, Silvanus mourut en 311, martyr, après quarante années d’épiscopat.

D’après Baronius, Silvanus souffrit vers 284, sous Numérien.

D’après le Martyrologe actuel, Silvanus souffrit vers 235-238, sous Maximin, en compagnie de son diacre Lucas et de son lecteur Mocius ; tous les trois furent livrés aux bêtes.

Saint Silvanus d’Emèse est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mel d’Ardagh

† 490

 

Mel aurait été un neveu de s.Patrice (v. 17 mars).

Il construisit un monastère à Ardagh (à moins que ce fût s.Patrice lui-même) ; il y exerça la juridiction simultanée d’abbé et d’évêque ; il passe pour avoir été ainsi le premier évêque d’Ardagh.

Dieu le favorisa du don de prophétie, et il annonça la grandeur et la sainteté de ste Brigit de Kildare (v. 1er février). C’est probablement lui qui remit le voile des vierges à Brigit.

Il serait mort vers 490.

Traditionnellement, on lui adjoint trois frères : Melchu, co-évêque de Mel ; Munis, évêque de Forgney ; Rioc, abbé d’Inisbofinde. Mais ces trois derniers ne sont plus mentionnés dans le Martyrologe.

En réalité le «diocèse» d’Ardagh fut officiellement érigé en 1111 ; la cathédrale en fut détruite en 1496 ; une nouvelle fut construite au dix-neuvième siècle, qui fut détruite par le feu le jour de Noël 2009. Le diocèse d’Ardagh fut réuni à celui de Clonmacnoise, actuellement à celui de Kilmore et Elphin.

Saint Mel d’Ardagh est commémoré le 6 février dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vedastus d’Arras

† 540

 

Vedastus - qui est devenu Vaast ou Gaston, et Foster en anglais - avait ses origines aux frontières du Périgord et du Limousin ; sa famille devait posséder beaucoup de biens.

Nouvel Abraham, il quitta son pays, sa famille et ses biens pour venir vivre en reclus à Toul ; l’évêque le connut et l’ordonna prêtre.

C’est Vedastus qui prépara Clovis au baptême, l’accompagnant de Toul à Reims. En route, Vedastus rendit la vue à un aveugle, ce qui acheva de bien disposer et le roi et les membres de sa suite pour recevoir la Lumière.

C’est ainsi que s. Remi (v. 15 janvier) garda Vedastus quelque temps dans son diocèse, dont les fidèles furent très édifiés par l’action de Vedastus.

En 499, s.Remi l’ordonna évêque d’Arras, un diocèse complètement ravagé par les incursions d’Attila. Quand Vedastus fut à l’entrée de la ville, il guérit un aveugle et un boîteux : il allait aider le peuple à voir la Vérité et à marcher droit.

Le travail était immense ! L’église servait de retraite aux bêtes fauves : Vedastus aurait ordonné à un ours (ou à un loup) de n’y plus reparaître - et la bête obéit ; les seigneurs s’adonnaient à des festins interminables. Un jour que Vedastus était invité avec le roi chez un des leudes, il fit un signe de croix en entrant dans la salle du festin, et toutes les coupes de cervoise se brisèrent.

L’épiscopat de Vedastus dura quarante années.

En 510, il reçut aussi la charge du diocèse de Cambrai. On sait par témoignages historiques que les actions de l’Evêque furent véritablement considérables.

Il fut pris de fièvre violente à Arras. Vers la fin de janvier ou le début de février 540, on vit sortir de sa maison une intense lumière ; prévenu, Vedastus annonça sa propre mort prochaine, et décéda le 6 février 540.

Saint Vedastus est commémoré le 6 février au Martyrologe Romain.

 

 

Amand d’Elnone

VIIe siècle

 

Dix Saints connus portent ce nom, qui signifie “qu’il faut aimer”. Le plus ancien est le premier évêque de Strasbourg, mort au IVe siècle. Mais on ne connaît rien de sa vie.

Un des plus connus, en revanche, naquit à la fin du VIe siècle sur le territoire d’Herbauges, non loin de Nantes. Parvenu à sa vingtième année, il voulut se donner entièrement à Dieu et se rendit dans l’île d’Yeu, près de l’île de Ré et frappa à la porte du monastère où on le reçut volontiers.

Un jour, pour éprouver sa vertu d’obéissance, l’abbé lui demanda de faire un travail dans un endroit écarté de l’île. Amand s’y rend, mais aperçoit non loin un énorme serpent ; effrayé, mais désireux de ne pas s’écarter de l’ordre reçu, il se prosterne, prie, fait le signe de la croix en direction du monstre en lui ordonnant de se retirer : le reptile disparaît alors en mer.

Amand devait connaître la contradiction de la part de son père, Serenus. Ce dernier rêvait pour son fils unique des honneurs et des richesses. Il retrouve Amand, lui parle doucement, puis se fait menaçant. Amand lui répond fermement : Mon Père, je désire uniquement servir Dieu et ne demande rien des biens dont tu me parles ; laisse-moi seulement me dévouer tout entier au service de Jésus-Christ.

Amand dut cependant s’éloigner de l’île d’Yeu et s’en vint au tombeau de s.Martin de Tours. Il pria alors le Seigneur intensément de ne pas le faire revenir en son pays, mais de lui permettre de voyager et de se fatiguer dans l’apostolat. Il commence de vivre parmi les moines de Tours mais peu après, il est poussé par Dieu à aller demander à un saint prêtre de Bourges ce qu’il doit faire : ce sera de s’enfermer dans une cellule, dans l’attente de savoir la sainte volonté de Dieu. Amand passera là quinze années à prier, à faire pénitence, et aussi à se préparer au sacerdoce.

Dieu appelle Amand à Rome. Il s’y recueille dans l’église de Saint-Pierre, dont un des portiers croit bien faire de l’expulser, le prenant pour un malfaiteur. Amand alors se prosterne à l’extérieur du portail et continue de prier. Saint Pierre lui apparaît : il l’invite à retourner en Gaule pour travailler à l’évangélisation. Amand revient à Bourges, on le fait évêque, non pas d’un siège particulier, mais avec mission de voyager : il se rend ainsi dans le pays de Gand, en Flandre, en Brabant, fondant des monastères dont celui d’Elnone, où il devait mourir plus tard.

Amand ressuscita un jour un condamné à mort pendu, le baptisa et lui recommanda d’avoir désormais une vie vertueuse. 

En 646 il fut installé quelques années sur le siège de Maastricht, dont il demanda au pape de démissionner, lors de son troisième voyage à Rome. Il continua de voyager (chez les Slaves au-delà du Danube, chez les Gascons dans les Pyrénées, en Rouergue, en Beauvaisis...). 

Saint Amand mourut paisiblement au milieu de ses disciples, le 6 février de l’an 679 (ou 684), et on le fête ce jour-là. 

Le monastère d’Elnone prit le nom de Saint-Amand et y conserva le corps du Saint.

Reinildis de Maaseik

† 750

 

Les deux sœurs Reinildis et Harlindis étaient les filles du comte Adalard. On les nomme aussi Relinde (parfois Renula) et Harlinde.

Elles furent éduquées dans un couvent de Valenciennes, où elles apprirent tous les arts possibles : écriture et lecture bien sûr, chant, peinture, tissage, broderie, couture.

Au terme de cette période, elles manifestèrent leur désir de ne pas vivre dans le monde et leur père construisit pour elles, en 720, le monastère d’Aldeneik (Maaseik, Limbourg belge). Elles s’y installèrent avec douze autres jeunes filles, et furent rejointes ensuite par beaucoup de demoiselles de la région. On y vécut selon la règle bénédictine.

On dit parfois que ce monastère se trouvait à Eike, il faut entendre «Eike sur la Meuse», d’où Maas-eik.

La communauté reçut la visite des saints Boniface et Willibrord (v. 5 juin et 7 novembre), qui leur remirent le voile des vierges.

La maison devint un centre réputé pour ses objets d’art, de décoration d’ornements et de nappes, d’écriture et d’enluminure.

Reinildis et Harlindis cependant n’étaient pas activistes ; elles travaillaient beaucoup, mais mettaient leur propre sanctification au premier plan de leurs préoccupations. Le Malin leur ménagea plus d’un obstacle, mais elles y résistèrent victorieusement.

Leurs parents finirent par les rejoindre à leur tour ; après leur mort, ils furent ensevelis dans le couvent.

Les deux sœurs «gouvernaient» ensemble : pas de jalousie, pas d’ambition personnelle, mais une sainte rivalité dans la sainteté. Ensemble elles vivaient, ensemble elles décidaient… ensemble elles accomplissaient des miracles. Le jour de la présence de Boniface et Willibrord, elles changèrent l’eau en un excellent vin pour eux.

On dit qu’Herlindis mourut la première vers 745, un 12 octobre, mais on ne la trouve pas dans le Martyrologe, tandis que Reinildis, qui mourut quelques années plus tard, est mentionnée au 6 février.

Les miracles qui s’opérèrent sur leur tombeau, firent proclamer leur sainteté.

 

 

Guarino de Palestrina

1080-1158

 

Guarino vit le jour à Bologne (Italie) vers 1080, de la noble famille des Guarini. Sa mère était de la famille des Foscari.

Après avoir été féru de littérature, Guarino contrecarra les projets de sa famille en déclarant haut et fort qu’il ne voulait s’attacher qu’à Jésus-Christ. Il donna son héritage pour faire construire un hôpital.

Admis dans le clergé de Bologne, il entra bientôt chez les Chanoines de Saint-Augustins. Autour de 1104, il reçut le sacerdoce et rejoignit le monastère de Mortara.

En 1139, sa science et sa vertu le firent nommer évêque de Pavie, mais il échappa à la consécration en sautant par une fenêtre et en allant se cacher on ne sait où, aussi longtemps qu’on n’eut pas élu quelqu’un à sa place. Puis il reparut.

Malgré son stratagème, ou peut-être à cause de celui-ci, le pape tint en 1144 à le créer cardinal et à le nommer évêque de Palestrina, un petit diocèse des environs de Rome. La ville lui fit don de jolis chevaux, qu’il vendit au profit des pauvres.

Guarino n’en continua pas moins sa vie austère ; il fut un pasteur zélé pour le salut de ses diocésains. Se sentant indigne de sa position, il chercha par deux fois à quitter la place : une première fois, le pape le rappela de Subiaco ; la seconde fois, il rencontra à Ostie des Sarrazins et dut se réfugier à Rome, avant de regagner son siège. 

Il participa à trois conclaves à Rome, d’où sortirent les papes Eugène III (v. 8 juillet), Anastase IV et Adrien IV.

Il méditait souvent sur la mort. Quand il se sentit proche de l’Heure, il recommanda encore à son clergé le zèle pour la sanctification des âmes.

Il expira le 6 février 1158.

Les miracles avenus sur son tombeau le firent canoniser dès 1159.

Quand la ville de Palestrina fut saccagée (1473), on mit les restes de Guarino en sécurité, mais on ne les a pas retrouvés ensuite.

 

 

Hildegonde de Cologne

† après 1183

 

Hildegonde est regardée comme la fille d’Herman et d’Hadwige, de la maison des comtes de Lidtberg, dans l’ancien archevêché de Cologne.

Après la mort d’Herman, Hadwige se rendit avec Gertrude, la troisième de ses filles, au couvent de Dunwald, de l’ordre des Prémontrés, pour y terminer ses jours dans le silence et la retraite.

Cet exemple fit une profonde impression sur Hildegonde, qui avait épousé le comte Lothaire d’Arnsberg et l’avait rendu père de deux fils, Théodoric et Herman, et d’une fille, Hadwige. La mort lui ayant enlevé son époux et son fils Théodoric, et Herman s’étant dévoué au service de Dieu dans le couvent de Kappenberg, elle entreprit vers l’an 1165 un pèlerinage vers les tombeaux des Apôtres, et y forma le vœu de consacrer toute sa fortune à des œuvres de piété.

A son retour elle partagea le patrimoine de son père avec sa sœur Elisabeth de Randerode, fonda un couvent de religieuses à Mehren, au-dessous de Neuss sur le Rhin, et le soumit à la règle de Prémontré. Ce partage ainsi que la fondation du couvent furent confirmés en 1166 par l’archevêque de Cologne et par le pape en 1179.

Le nouvel établissement fut soumis, quant aux affaires spirituelles, au couvent de Steinfeld. Hildegonde y prit le voile avec sa fille Hadwige, et fut bientôt nommée prieure. Elle eut la satisfaction de voir les sœurs aspirer avec un zèle infatigable à l’esprit de pénitence et de perfection chrétienne, et devenir les ornements de l’Eglise. Les vertus qu’elle voyait fleurir autour d’elle, et qui la remplissaient d’étonnement et de reconnaissance envers celui qui est la source de tout bien, lui inspirèrent aussi un élan plus sublime ; et elle s’était placée en effet à un degré éminent de perfection, lorsque le Seigneur l’appela hors de ce monde, et lui donna la couronne des Bienheureux. 

Sa mort arriva le 6 février, après l’année 1183.

Son fils Herman, prieur de Kappenberg, enterra son corps devant le grand autel de l’église de Mehren et sa fille Hadwige lui succéda (v. 14 avril). 

Aussitôt après sa mort, on l’honora sous le titre de Sainte et on implora son intercession. Elle n’a pourtant jamais été solennellement canonisée.

 

 

Brynolf Algotsson

1248-1317

 

Brynolf naquit vers 1248 probablement à Skara (Suède), de Algot Brynolfsson et Margareta Petersdotter.

Il étudia à Paris dès l’âge de dix-huit ans.

De retour à Skara, il fut doyen du chapitre de la cathédrale.

En 1278, il fut élu évêque de Skara.

Homme de grande culture, il fut l’auteur de quatre hymnes en vers rimés sur les Martyrs Elin (v. 31 juillet) et Eskil (12 juin), sur la Sainte Vierge et la Couronne d’Epines du Sauveur, dont une épine se trouvait dans la cathédrale. Ces hymnes représentent les premiers et en même temps les plus beaux écrits de la Suède du Moyen-Age. 

En 1277, il hérita de plusieurs fermes de Bengt, un seigneur de sa parenté ; en outre, il régissait les forêts de Kinnevik, Kåkinds, Kallant et Ridge.

Il réunit un synode en 1280.

Brynolf publia en 1281 une loi concernant les dîmes qu’on devait à l’évêque.

On lui doit la construction du château Lekkia (1298) sur l’île de Kållandsö.

Ainsi, par son activité littéraire, liturgique, pastorale et sociale, l’évêque de Skara apparut dès son vivant comme le modèle du pasteur soucieux de son peuple.

Dès sa mort, le 6 février 1317, il reçut un culte local ; sainte Brigitte (v. 23 juillet) eut révélation de sa sainteté ; il fut canonisé durant le concile de Constance (1414-1418).

Le Martyrologe le mentionne au 6 février.

 

 

Angelo de Furci

1246-1327

 

La naissance de cet ange à Furci (Chieti, Abruzzez, Italie CE) fut le résultat de la piété de ses bons parents qui, âgés, recoururent à Dieu pour obtenir le don de la paternité. Par l’intercession de l’Archange saint Michel (v. 29 septembre) et de saint Augustin (v. 28 août), ils furent exaucés et vouèrent leur garçon dès sa naissance, à saint Michel.

Angelo fut confié aux moines bénédictins de Cornaclano, dont l’abbé était un oncle maternel ; à dix-huit ans, il voulut entrer dans la cléricature. Son père, sur le point de mourir, lui conta l’origine de sa naissance ; Angelo comprit qu’il devait ainsi entrer sous la Règle de Saint-Augustin et rejoignit les Ermites de Saint-Augustin à Vasto (1266).

On l’envoya à Naples pour y achever sa formation théologique et il reçut le sacerdoce.

Après sa profession religieuse, il fut à Paris pendant cinq ans et, à son retour, enseigna la théologie à Naples. Il rédigea un commentaire sur l’évangile de Matthieu, qui ne nous est pas parvenu.

En 1287, il fut élu provincial de son Ordre, mais il refusa les évêchés qu’on lui proposa, Melfi et Acerra.

C’est le 6 février qu’il mourut à Naples et les miracles ne tardèrent pas à fleurir à son tombeau.

Le culte dont il fit l’objet fut ratifié en 1888.

 

 

Regina Christine Wilhelmine Bonzel

1830-1905

 

Regina (Reine) naquit le 17 septembre 1830 à Olpe (Arnsberg, Sauerland, Allemagne), le jour où l’on fêtait les Stigmates de saint François d’Assise. Si elle reçut au Baptême les noms sus-mentionnés, il semble qu’on l’ait communément appelée Aline.

Les parents étaient des bourgeois aisés, mais le père mourut assez tôt ; la maman éduqua sa fille selon la vie spirituelle reçue dans la paroisse.

Aline, donc, étudia chez les Ursulines de Cologne, et manifesta vite son intention d’être religieuse. Sa mère protesta, sans s’y opposer, mais la jeune fille eut des ennuis de santé, cardiaques, qui retardèrent son entrée.

En 1850, elle entra cependant dans le Tiers-Ordre franciscain, prenant le nom de Maria Theresia (avec un h, qui n’existe pas en latin). Membre d’une association caritative (pour soutenir les pauvres et les malades sans défenses), elle en devint la directrice en 1857.

Elle ouvrit une école pour orphelins à Olpe : ce fut le début de la nouvelle Congrégation des Sœurs Franciscaines de l’Adoration Perpétuelle.

Les débuts ne furent pas aisés, car la nouvelle communauté semblait «faire concurrence» avec une autre déjà établie à Olpe. L’autorité ecclésiastique intervint pour pacifier l’atmosphère : les deux communautés pouvaient très bien se compléter.

En 1863, l’évêque autorisait la nouvelle petite communauté à adopter la règle franciscaine. Maria Theresia devint la Mère supérieure. Elle fit ce qu’on lui demanda, écrivant une règle, trouvant une assistance financière, dessinant l’habit (qui sera porté jusqu’en 1960). Mère Theresia se confia dévotement à saint Joseph, dont elle ajouta le nom à celui de toutes les Sœurs.

On la voyait souvent à genoux en adoration devant le Saint Sacrement, de jour comme de nuit. C’était la partie «contemplative» de sa vocation personnelle, qu’elle transmit à toute sa congrégation.

Il fallut s’organiser pour ne pas tomber dans les griffes du Kulturkampf de l’époque ; toutes les ressources des pauvres sœurs furent mises sur le compte de Mademoiselle Aline Bonzel, mais on ne put accepter de nouvelles recrues.

En 1875, un couvent s’ouvrit aux Etats-Unis, où Mère Theresia envoya des «religieuses» vêtues civilement. Elles furent plus de six-cents à partir pour les Etats-Unis entre 1885 et 1896. Quand la vigueur du Kulturkampf s’estompa, d’autres vocations affluèrent encore : à la mort de la Fondatrice il y avait plus de soixante-dix maisons en Allemagne et plus de quarante aux Etats-Unis.

La fondation américaine (La Fayette) se développa rapidement : elle comprenait un bâtiment pour les postulantes, un pour le noviciat, un hôpital de trois-cent cinquante lits, une école d’infirmières, un collège et une école supérieure. Un autre centre s’établit à Mishawaka, qui devint la maison-mère.

Les Religieuses s’implantèrent dans les diocèses de Chicago, Indianapolis, Fort Wayne-South Bend, et de là essaimèrent au Brésil et aux Philippines. 

La Fondatrice fut continuellement réélue comme Supérieure, jusqu’à la fin de sa vie, malgré son désir à chaque fois exprimé de ne pas l’être.

En 1900, elle reçut de l’empereur la médaille de l’Ordre de la Croix-Rouge, en reconnaissance pour son immense travail.

Une première maladie menaça ses jours en 1903. Guérie, elle fut encore réélue en 1904, malgré ses protestations.

Mère Maria Theresia mourut à Olpe le 6 février 1905, et fut béatifiée en 2013.

Le miracle retenu pour cette béatification est la guérison d’un jeune enfant, maintenant adulte, de Colorado Springs.

Alfonso Maria Fusco

1839-1910

 

Aniello Fusco, un bon paysan, et son épouse Giuseppina Schianova, habitaient à Angri (Salerne, Italie), où naquit leur garçon le 23 mars 1839, aîné de cinq enfants.

Désireux d’un enfant qui n’arrivait pas, le couple avait fait un pèlerinage à la tombe de Alfonso Maria de’ Liguori. Un père rédemptoriste leur avait prédit qu’ils auraient un garçon, et qu’il porterait le nom d’Alfonso. Deux mois après cette naissance, était canonisé saint Alfonso (voir au 1er août).

Les pieux parents le confièrent tôt à une école chrétienne tenue par des prêtres. Le petit Alfonso ne pensa bientôt plus qu’à devenir prêtre à son tour : chez lui, il «jouait» au prêtre, officiant à son petit autel, chantant les hymnes qu’il entendait à l’église. Il reçut la Première Communion et la Confirmation à l’âge de sept ans, chose très exceptionnelle à cette époque.

On rapporte qu’un jour, le petit Alfonso s’apprêtait à sortir, par une journée très froide de février, avec du linge sous le bras. Sa maman, pensait qu’il voulait l’aider à la lessive, lui dit que ce n’était pas le jour ; et lui de répondre qu’il portait un drap à un petit garçon malade qui avait froid.

En 1850, Alfonso entre au petit séminaire de Nocera dei Pagani. On n’a de toute cette période qu’un seul détail (car les archives furent perdues) : dans un rêve, Alfonso entendit Jésus-Christ lui demander de fonder un institut pour Religieuses, et un orphelinat pour petits garçons et pour petites filles, ce qu’il s’appliqua à réaliser après son ordination sacerdotale. Il fut ordonné prêtre à la fête de la Pentecôte de 1863.

En 1870, il reçoit chez ses parents les premiers orphelins. Alfonso prit sur lui tous les frais de ce petit embryon d’école. 

En 1877, une riche veuve d’Angri, Raffaella Graziano, donne sa propriété en faveur des orphelines. Alfonso confie d’abord cet orphelinat à des Sœurs Compassionistes. Mais ce n’est pas là exactement ce que voulait Notre-Seigneur. 

C’est alors qu’eut lieu la rencontre avec une pieuse demoiselle, Maddalena Caputo, qui de concert avec quelques autres personnes, voulaient se donner à une vie de sanctification, dans la pauvreté et la charité envers les pauvres orphelins.

Cette congrégation des Sœurs de saint Jean-Baptiste ou Baptistines commençait sous de bons auspices, mais les difficultés furent grandes, car comme dans beaucoup de fondations, on se méfie des nouveautés, on hésite, les fonds sont rares. Les autres prêtres ne voient pas d’un bon œil ce jeune prêtre qui a l’air de leur faire la leçon en se donnant aux autres plutôt que de rester enfermé bien au chaud entre quatre murs.

L’évêque tarda longtemps avant de lui donner la permission. L’Institut commença officiellement en 1878 avec quatre jeunes filles. Deux ans après, l’évêque procédait à la vêturere. Maddalena prenait le nom de Sœur Crucifiée du Divin Amour. L’Institut s’appelait : Ordre des Sœurs Baptistines du Nazaréen, et la maison, Petite Maison de la Providence.

Pour former d’abord les Religieuses, Alfonso ouvrit une maison de formation à Benevento, ainsi ces Religieuses pourraient à leur tour dispenser un enseignement chrétien, intellectuel et scientifique aux petites orphelines.

Tout ce travail n’empêchait pas don Alfonso de prêcher abondamment dans la paroisse et dans les environs. Puis, en 1889, il ouvre l’Œuvre des Petits Artisans, sous la protection de saint Michel Archange, pour les orphelins. Il y en eut tellement, qu’il se crut obligé de construire une aile nouvelle à la Petite Maison. Mais là, Sœur Crucifiée fut en contraste, redoutant le voisinage des garçons et des filles. Le contentieux s’arrangea par la création, toujours sur une idée d’Alfonso, de l’Ecole des Petits Artisans, où les orphelins auraient appris un métier. L’école acquis une renommée et un niveau appréciable, au point qu’une imprimerie permit bientôt de publier des ouvrages pour répandre le message chrétien.

Dans la Petite Maison furent aussi accueillies des jeunes filles difformes, dont ne voulait pas la société bourgeoise. L’une d’elles vécut là jusqu’à la soixantaine.

L’institut grandit, s’implanta dans seize villes d’Italie et en Amérique du Nord.

Une tempête douloureuse s’abattit : la supérieure elle-même, Sœur Crocifissa, tenta avec la supérieure de la maison de Rome, de refonder l’Institut en-dehors de l’autorité de don Alfonso. On lui ferma même la porte au nez quand il se présenta en personne à la maison de Rome. Tout endolori, il alla à la statue de son saint Patron, Alfonso de’ Liguori, en la basilique Saint-Pierre, et pria ainsi : Si je sais souffrir comme toi, je serai saint moi aussi !

Même le Cardinal Vicaire de Rome se mit contre lui. Mais finalement, c’est Alfonso qui gagna la partie, on le reconnut et il resta à sa place. 

Ce qui se dit ici en deux lignes ne peut pas rendre la profonde tristesse que put éprouver ce saint prêtre qui se retrouvait ainsi à la rue. Seule la sainteté peut expliquer une telle constance.

Dans la nuit du 5 au 6 février 1910, entouré de ses Filles fidèles, il s’exclama : Merci, Seigneur, j’ai été un serviteur inutile (cf. Lc 17:10), puis s’adressant à elles : Du ciel, je ne vous oublierai pas, je prierai toujours pour vous. Et il s’endormit en paix.

Tout de suite, le bruit se répandit : Le père des pauvres est mort, le saint est mort ! 

Tandis que l’Institut grandissait et s’implantait sur tous les continents, l’Eglise peu à peu reconnaissait les vertus héroïques d’Alfonso, qui fut béatifié en 2001 et canonisé en 2016.

 

Le miracle retenu pour cette béatification concerne un petit garçon de Zambie, frappé de malaria cérébrale, qui aurait dû le porter à la mort en quelques jours, d’autant plus que le cas se compliquait d’une broncho-pneumonie ; l’enfant était dans un coma du troisième degré. La maman, qui appartenait aux Adventistes du Septième Jour, fut alors vivement exhortée par une Religieuse baptistine de prier avec elle en invoquant Alfonso Maria Fusco. Elle mit une petite image de don Fusco sous l’oreiller du malade : le lendemain matin, l’enfant appelait sa maman, il n’avait plus de fièvre, ni de broncho-pneumonie, il mangea un peu en chantonnant.

Il fallut se rendre à l’évidence : tous les signes de maladie avaient disparu, aucune séquelle n’apparaissait malgré dix jours de coma profond. La guérison fut immédiate, complète et durable.

Le médecin, qui avait déjà vu des centaines de cas semblables, affirmait que tous ces enfants meurent par œdème cérébral en quatre jours, tandis que ceux qui s’en sortent, demeurent lourdement affectés de séquelles graves.

 

 

Francesco Spinelli

1853-1913

 

Francesco naquit le 14 avril 1853 à Milan (Italie), de parents fermiers au service des Marquis Stanga.

Il grandit dans la foi, dans la joie ; sa mère lui apprit à visiter les malades, et lui réunissait volontiers ses camarades pour leur organiser de petits spectacles, et leur parler de Jésus-Christ.

Répondant à l’appel divin, il reçut le sacerdoce en 1875 à Bergame.

Lors de son pèlerinage à Rome (car 1875 est une Année Sainte), il eut une vision dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure : il vit des Religieuses en adoration devant le Saint-Sacrement. Sa vraie vocation se dessinait.

Pour commencer, il exerça l’enseignement dans une école du soir, dans une paroisse, au séminaire ; il fut aumônier de Religieuses.

En 1882, avec quelques jeunes filles, il ouvrit un premier couvent de Sœurs Adoratrices.

Bientôt, s’ouvriront d’autres maisons pour accueillir des malades, des handicapés, des pauvres.

En 1889, à la suite d’un involontaire problème financier, don Spinelli dut affronter un procès et quitter le diocèse de Bergame pour s’installer à Crémone. La fondation se divisa en deux branches : les Sœurs Sacramentines d’un côté, et les Sœurs Adoratrices du Saint-Sacrement de l’autre, dont s’occupa don Spinelli.

Ces Adoratrices furent approuvées : elles adoraient le Saint Sacrement jour et nuit, et assistaient les pauvres et les souffrants.

Don Spinelli se porta auprès de tous les nécessiteux, particulièrement auprès des handicapés, qu’il aidait à valoriser leurs propres possibilités pour tenter de les rendre plus autonomes.

Don Francesco Spinelli mourut à Rivolta d’Adda (Cremona) le 6 février 1913 ; il fut béatifié en 1992 et canonisé en 2018.

L’autre branche des Sœurs Sacramentines évolua aussi, et leur Fondatrice, Caterina Geltrude Comensoli a été canonisée (v. 18 février).

 

 

Mateo Correa Magallanes

1866-1927

 

Mateo naquit le 23 juillet 1866 à Tepechitlán (Zacatecas, Mexique), de Rafael Correa et Concepción Magallanes.

Il appartint aux Chevaliers de Colomb (Knight of Columbus).

Il étudia d’abord à Guadalajara (1881), après quoi sa bonne conduite et son travail studieux lui valurent une bourse pour entrer au séminaire de Zacatecas ; il fut ordonné prêtre en 1893.

Parmi les fidèles qui reçurent de lui la Première Communion, il y eut le futur martyr Miguel Pro, qui tombera sous les balles la même année que Mateo (voir au 23 novembre).

Mateo fut nommé à Concepción del Oro en 1898, et à Colotlán en 1908. Suite aux dispositions anti-cléricales du gouvernement, il dut se cacher.

En 1926, il est nommé à Valparaíso. En mars, le général Eulogio Ortiz se fait présenter les deux prêtres Correa et Arroyo, ce qui provoqua un soulèvement de la population. Le général fit déférer les prêtres avec d’autres jeunes à Zacatecas, mais ils furent libérés, à la grande fureur du général.

Mateo est de nouveau arrêté en 1927 tandis qu’il porte le Viatique à une personne invalide.  Vite il consomme les saintes Hosties avant qu’elles risquent d’être profanées.

Accusé d’appartenir au mouvement des Cristeros, il est jeté en prison à Durango. Le 5 février 1927, le général Eulogio Ortiz lui demande de confesser quelques-uns des prisonniers, qui vont être exécutés, ce que Mateo accepte volontiers de faire ; mais ensuite, malgré la menace du général, il refuse catégoriquement de dire ce que les prisonniers ont dit en confession. Le général lui pointe le pistolet sur la tempe, mais Mateo persiste.

Le 6 février 1927 au matin, on l’emmène dans un cimetière de la périphérie de Durango, où on l’abat d’une balle dans la tête. Le corps de Mateo Correa resta là pendant trois jours.

Mateo fait partie des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Leur fête commune a été établie au 21 mai, tandis que le dies natalis propre de saint Mateo est au 6 février.

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 18:22

Ananias, Azarias, Misaël

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Comme on peut le lire dans le livre du prophète Daniel (Dn 1-3), Nabuchodonosor ordonna la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ. Parmi eux se trouvaient trois compagnons de Daniel : Ananias, Azarias et Misaël.

Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.

Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.

Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.

David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.

Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et, dénoncés, furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.

C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.

Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.

Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 17:36

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toute la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 08:39

Yi Kyŏng-i Agatha

(Yi Gyeong-i Agata)

1813-1840

 

Agatha était de famille catholique.

Elle eu la malchance d’épouser un homme concerné par ce passage de l’Evangile : Mt 19:12. Le mariage ne pouvait donc être consommé et devenait nul, de facto.

Mgr Imbert fut consulté par la jeune femme, et lui conseilla de se séparer de cet homme, ce qu’elle fit.

Elle s’en alla vivre chez une autre Chrétienne, Kwŏn Chin-i Agatha, parce que sa mère était trop pauvre pour la garder chez elle.

Agatha fut arrêtée une première fois avec sa compagne, le 17 juillet 1839, mais certains policiers eurent pitié d’elles et les laissèrent partir de prison.

Agatha profita de cette liberté pour amener à la foi toute sa famille, visiter d’autres Catholiques et les aider autant qu’elle pouvait. Désormais, son unique désir était de mourir pour sa foi.

Elle fut arrêtée une deuxième fois, aussi avec sa compagne, dans une pauvre petite bicoque de Séoul, et remises en prison. On les tortura, on les frappa, mais elles ne renièrent pas leur foi.

Finalement, on les conduisit toutes deux au lieu-dit Tangkogae, près de Séoul, où elles furent décapitées, le 31 janvier 1840.

Elles furent béatifiées en 1925 et canonisées en 1984.

 

 

 

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 00:00

05 FEVRIER

 

-XVIII.

S Jacob, patriarche.

III.

S Isidore, soldat martyr à Alexandrie, peut-être le même que celui du 15 mai.

Ste Agathe, jeune vierge de Palerme martyre à Catane, à treize ans, nommée au Canon Romain.

IV.

Ste Théodule, avec les ss. Boèce, Evagre, Macaire, Helladius, martyrs à Anazarbe.

S Agricole, évêque à Tongres.

V.

Ste Calamanda, vierge et martyre vénérée en Espagne, peut-être compagne de ste Ursule, invoquée pour obtenir la pluie.

VI.

S Avitus, évêque à Vienne, successeur de son père ; il débarrassa la Gaule de l’arianisme.

VII.

S Ingenuinus, évêque à Sabiona.

VIII.

S Bertulphe (Bertou), fondateur d’un monastère et abbé à Renty ; il fut un jour protégé de l’orage par un aigle qui étendit ses ailes au-dessus de sa tête.

Ss Indract et ses compagnons, pèlerins irlandais “martyrisés” à leur retour de Rome par des domestiques cupides qui les croyaient chargés de trésors.

S Voel, écossais, reclus à Soissons. 

IX.

Bx Domitien et Marie, époux, ducs de Carinthie, où ils convertirent les païens.

X.

S Luca, sicilien, abbé basilien en plusieurs monastères de Calabre.

S Sabas le Jeune, moine en Calabre avec son frère s. Macaire.

XI.

S Albuinus, évêque à Bressanone, où il avait transféré le siège de Sabiona

Ste Agathe Hildegarde, pieuse épouse défenestrée par son mari en colère ; elle resta indemne et son mari se repentit.

Ste Adelheid de Geldern, première abbesse à Villich, puis aussi à Cologne. 

XVI.

Ss franciscains espagnols : Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, Martín de l’Ascension Loinaz Amunabarro Aguirre, Francisco Blanco, prêtres, et Francisco de Saint-Michel Andrade Arco (thaumaturge), convers ; les jésuites japonais Paulus Miki et Ioannes Gotō Soan, clercs, Didacus Kisaï, convers ; les franciscains Felipe Las Casas Martínez (de Jésus), clerc mexicain (ses désordres l’avaient fait chasser de sa famille et même une première fois de l’ordre) et Gonçalo García, convers indien ; les laïques tertiaires franciscains japonais : Cosmas Takeya, Michaël Cozaki et son fils Thomas, Paulus Ibaraki, Leo Karasumaru, Ludovicus et Antonius Ibaraki (onze et treize ans), Matthias de Miyako, Ventura de Miyako, Ioachim Sakakibara, François de Miyako, Thomas Dangi, Ioannes Kinuya, Gabriel de Duisco, Paulus Suzuki, Franciscus Kichi et Petrus Sukejirō, tous crucifiés à Nagasaki, fêtés le 6 février.

XVIII.

Bse Françoise Mézière, vierge et martyre, qui s’était vouée à la formation des enfants et aux soins des malades.

XIX.

Bse Elisabetta Canori Mora, mère de famille romaine, tertiaire trinitaire, dont l’époux se convertit enfin quand elle mourut et devint ensuite prêtre ; béatifiée en 1994.

XX.

S Jésus Méndez Montoya (1880-1928), prêtre mexicain, maître de musique, martyr fusillé, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Primo Andrés Lanas (1877-1937), prêtre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, martyr à Madrid, béatifié en 2013.

Jacob, patriarche

18e siècle avant Jésus-Christ

 

Le patriarche Jacob était le fils d’Isaac et Rébecca, et donc le petit-fils du patriarche Abraham.

Toute l’histoire de Jacob se trouve dans le livre de la Genèse, des chapitres 25 à 50.

Jacob est le frère jumeau d’Esaü, et naquit le second. L’Ecriture rapporte qu’Isaac «préférait» Esaü, qui lui préparait de bons plats, mais que Rébecca préférait Jacob, car Dieu lui avait annoncé que l’aîné servira le cadet (Gn 25:23).

On se rappelle comment Jacob «acheta» à Esaü son droit d’aînesse avec un plat de lentilles, et comment ensuite il «trompa» Isaac en se faisant donner la bénédiction paternelle qui aurait dû échoir à Esaü. Ce stratagème mensonger reste mystérieux, même pour les Pères de l’Eglise et on ne peut que conjecturer que Rébecca fut divinement inspirée d’agir ainsi.

Jacob eut deux épouses, Léa et Rachel, deux sœurs filles de Laban, qu’il épousa chacune après sept années de patient service chez Laban. 

De Léa, Jacob eut Ruben, Siméon, Lévi et Juda ; plus tard Issachar, Zabulon et l’unique fille de Jacob, Dina.

Rachel, qui était stérile, pria Isaac d’accepter sa propre servante Bilha, dont il eut Dan et Nephtali. 

A son tour Léa, devenue stérile, proposa sa servante Zilpa à Isaac, qui en eut Gad et Asher.

Enfin Rachel enfanta Joseph, et plus tard encore Benjamin, et mourut de ce dernier accouchement.

Joseph fut vendu par ses frères et devint plus tard le maître du palais du Pharaon. Il eut à son tour deux fils, que plus tard Jacob adoptera au même titre que ses fils, Ephraïm et Manassé.

Jacob fut le protagoniste de deux épisodes fameux. L’un fut le songe dans lequel les anges descendaient et montaient sur une très haute échelle : ce fut le moment d’une bénédiction particulière de Dieu, qui donnait cette terre à Jacob et à sa descendance (Gn 28:10-22). L’autre épisode fut la lutte avec un mystérieux personnage, une manifestation divine, au terme de laquelle Dieu lui donna le nom d’Israël, qui signifierait «fort contre Dieu» (Gn 32:29).

Dans le livre du Siracide (Si 44:22), Jacob reçoit l’alliance de Dieu sur sa tête. Ce patriarche, à l’origine des douze tribus d’Israël, est l’un des grands personnages en qui Dieu a signalé sa gloire et sa puissance.

Jacob adopta les deux enfants de Joseph, mais rejeta de l’héritage Ruben pour son inceste (cf. Gn 35:22), ainsi que Siméon et Lévi pour leur attitude traître (cf. Gn 34:25-31). La tribu de Siméon fut absorbée par celle de Juda, celle de Lévi ne subsista que pour son office religieux. Ainsi s’explique le nombre des douze tribus d’Israël.

Le Martyrologe Romain ne mentionne pas explicitement Jacob. Il fut pendant un temps inséré dans certains autres Martyrologes, au 5 février, d’où sa présence ici. Il est inclus dans la commémoraison commune qui se fait de tous les saints Ancêtres du Christ, le dimanche précédant Noël chez les Grecs, la veille de Noël dans le nouveau Martyrologe.

 

 

Agatha de Palerme

† 251

 

On sera frappé de la parfaite conformité des lignes suivantes avec ce qu’on dit habituellement sur sainte Agathe.

Ces lignes proviennent des Visions d’Anna Katharina Emmerick, une illustre stigmatisée allemande, qui était parfaitement illettrée (v. 9 février).

Je vis qu’Agathe avait été martyrisée dans une autre ville, à Catane. Ses parents habitaient Palerme, sa mère était chrétienne en secret. Son père était païen. Je vis que sa mère l’avait, dès son enfance, instruite secrètement dans la religion chrétienne. Elle avait deux suivantes. Dès ses premières années, elle avait des rapports familiers avec Jésus. Je la vis souvent assise dans le jardin, ayant auprès d’elle un bel enfant resplendissant de lumière qui lui parlait souvent et jouait avec elle…

Je crois qu’elle le voyait aussi, car je la vis faire divers arrangements qui supposaient sa présence. Je l’ai vue grandir merveilleusement en pureté et en force intérieure… Je vis aussi avec quelle fidélité extraordinaire elle coopérait à la grâce, comment elle ne cessait de repousser ou de punir sur elle-même la moindre tache, la moindre imperfection. Quand elle voulait se coucher le soir, son ange gardien se tenait souvent sous une forme visible près d’elle et lui rappelait quelque chose qu’elle avait oublié : alors elle se hâtait de le faire…

Je l’ai vue souvent, dans son enfance, se glisser furtivement loin de sa mère avec des aumônes et des aliments… Je la vis souvent se pincer et se frapper pour des désirs et pour les moindres fautes…

Je vis que, vers sa huitième année, elle fut conduite à Catane dans une voiture avec plusieurs autres jeunes filles. Cela se faisait par l’ordre de son père qui voulait qu’elle fût élevée dans toutes la liberté d’une éducation païenne…

Elle avait des cheveux foncés, de grands yeux noirs, un beau nez, une figure ronde, quelque chose de très doux et de très ferme en même temps et une physionomie où se manifestait une force d’âme extraordinaire. Je vis sa mère mourir de chagrin loin d’elle.

On la mena chez une femme à l’air hardi qui avait cinq filles… La femme et ses cinq filles se donnaient toute la peine imaginable pour former Agathe à la vertu entendue à leur manière, mais elle restait indifférente à tout cela.

Je vis dans la maison de cette femme, Agathe combattre ses penchants naturels avec une constance et un courage remarquables et lutter contre toutes les séductions. Quintianus, qui plus tard la fit martyriser, y venait souvent. Il était marié, mais il ne pouvait pas souffrir sa femme. C’était un homme désagréable, d’un caractère bas et orgueilleux : il rôdait dans la ville, espionnant tout ce qui se faisait et il vexait et tourmentait tout le monde.

Je le vis chez cette femme : il regardait souvent Agathe comme on regarde un bel enfant : il ne se permettait rien d’inconvenant avec elle…

Plus tard, je vis (Agathe) de nouveau dans sa ville natale : son père ne vivait plus. Elle avait environ treize ans.  Elle confessait publiquement la foi chrétienne et avait près d’elle des gens de bien. Je la vis enlevée de sa maison par des personnes que Quintianus avait envoyées de Catane ; je vis comment, en sortant de la ville, elle s’aperçut que tous ses amis l’abandonnaient et retournaient à la ville. Elle pria Dieu de faire paraître un signe de cette ingratitude, et un olivier stérile sortit de terre à cet endroit.

Je vis ensuite Agathe jetée en prison, interrogée et frappée. On lui coupa les mamelles : un homme la tenait pendant qu’un autre lui enlevait le sein avec un instrument qui ressemblait à une tête de pavot. Il s’étendait sur trois tiges, formant comme une bouche et détachait comme d’une morsure la mamelle qui le remplissait tout entier. Les bourreaux eurent encore la cruauté révoltante de lui mettre sous les yeux avec des moqueries ses mamelles coupées ; puis ils les jetèrent à ses pieds comme sur une planche.

Pendant son supplice, Agathe dit à Quintianus : «Peux-tu, sans frémir d’horreur, arracher à une femme cette partie du corps qui, chez ta mère, t’a nourri autrefois ?»

Elle était pleine de fermeté et de calme et dit : «Mon âme a de plus nobles mamelles, que tu ne peux pas m’enlever.» La blessure était parfaitement ronde ; il n’y avait pas de déchirure , le sang jaillissait en plusieurs petits jets.

J’ai vu souvent ce même instrument employé pour les supplices des martyrs : on enlevait ainsi du corps des saints des morceaux de chair tout entiers.

Je vis ensuite Agathe dans la prison, où un saint vieillard lui apparut et lui dit qu’il guérirait ses blessures… Je vis le vieillard sourire et dire : «Je suis (le) serviteur (de Jésus), Pierre : vois ! ton sein est déjà guéri», puis il disparut. Elle avait ses deux seins parfaitement remis.

Je vis Agathe conduite de nouveau au martyre. Dans un caveau étaient des âtres sous lesquels on avait allumé du feu : ils étaient profonds comme des coffres et garnis à l’intérieur de toutes sortes d’objets pointus et anguleux. Lorsque Agathe eut été jetée dans une de ces caisses, la terre trembla, un mur s’écroula et écrasa les deux amis de Quintianus. Il y eut un soulèvement dans le peuple, si bien que Quintianus s’enfuit. La vierge fut ramenée en prison, où elle mourut.

Je vis Quintianus se noyer misérablement dans une rivière, comme il était en route pour aller confisquer les biens de sainte Agathe. J’ai vu comment, plus tard, une montagne ayant vomi des flammes, le peuple s’enfuit devant le fleuve de feu qui en coulait auprès du tombeau d’Agathe, dont il opposa le couvercle au feu qui s’éteignit.

Les dernières expressions font évidemment allusion à une éruption du volcan proche de Catane, l’Etna, qui se produisit le 5 février 252.

Sainte Agathe est justement commémorée et fêtée le 5 février.

Son nom est aussi mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du Canon romain de la Messe.

 

 

Avitus de Vienne

† 525

 

Sextus Alcimus Ecdicius Avitus naquit vers 450 à Vienne en Gaule (act. Isère), dans une famille qu’on disait apparentée aux empereurs romains, et chrétienne. C’est l’évêque de Vienne, Mamert (v. 11 mai), qui le baptisa.

Son père s’appelait Esychius : il eut deux autres fils, dont le futur abbé Apollinarius, après quoi il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Vienne à la mort de s. Mamert (475). 

Comme en d’autres situations rencontrées dans les vies des Saints, à partir du moment où un homme marié était appelé au sacerdoce ou à l’épiscopat, lui et son épouse vivaient désormais comme frère et sœur ; en général, l’épouse entrait dans un monastère.

Le rang de cette noble famille apportait à Avit une certaine considération mondaine, mais Avit montra bien plus d’intérêt pour l’étude et les œuvres de charité. 

On dit de lui qu’il se maria et eut des enfants. Devenu veuf à quarante ans, il distribua son patrimoine aux pauvres, puis se retira dans un monastère.

Vers 490 mourut Esychius, et c’est Avit qui lui succéda.

Ce fut un épiscopat actif, tourné vers la sanctification des fidèles, vers le bien de tous, et Avit y montra toute sa sollicitude paternelle.

On verra à propos de s.Epiphane de Pavie (v. 21 janvier) les tribulations que ce dernier eut à souffrir : Avit lui vint en aide avec une charité toute fraternelle, payant lui-même le rachat des captifs de Pavie.

Mais il montra aussi son souci doctrinal et combattit l’arianisme du roi des Burgondes Gondebaud ainsi que de Clovis. Gondebaud resta «arien», tout en favorisant par ailleurs le christianisme : c’est pour lui qu’Avit rédigea un opuscule contre l’eutychianisme, à destination de l’empereur Anastase. Quand Clovis reçut le baptême (496), il l’en félicita par écrit. Ses écrits pastoraux, doctrinaux et poétiques montrent son érudition, louée par tous les contemporains.

Le fils de Gondebaud, par contre, fut conquis par les conseils d’Avit et donna l’autorisation de reprendre les synodes provinciaux, ainsi à Epaone (517, peut-être Evian-les-Bains), où Avit eut une grande influence sur les décisions prises. On a dit d’Avit que c’est grâce à sa prédication et à ses écrits, qu’il délivra la Gaule de l’arianisme. Un autre évêque de Vienne, Adon (v. 16 décembre), affirma qu’Avit fut la lumière de l’Eglise des Gaules.

Avit prit parti ouvertement pour le pape légitime Symmacus (v. 19 juillet), contre l’intrus Laurentius ; il en soutint aussi le successeur, s. Hormidas (v. 6 août), dans ses démêlés avec Constantinople.

Cet évêque zélé mourut le 5 février, vers 525.

 

 

Ingenuinus de Sabiona

† 605

 

L’évêché de Sabiona remonte à la fin du 6e siècle et son premier évêque connu est Ingenuinus (on croit qu’il eut cependant un prédécesseur, un certain Materninus).

Les recherches historiques tendent à affirmer qu’il fut évêque au moins depuis 579.

Il eut le tort ou la faiblesse, avec l’évêque de Trente, d’adopter une position schismatique en refusant de condamner les Trois-Chapitres (malheureuse intervention de l’empereur Justinien en matière théologique,  soutenant l’erreur monophysiste selon laquelle Jésus-Christ n’avait qu’une nature, divine).

Mais l’évêque sut se remettre en paix avec Rome, et sa sainte vie fut illustrée de miracles.

Si c’est tout ce qu’on sait de lui, n’oublions pas que reconnaître son erreur est une preuve de grande humilité et de sainteté.

Cet évêque mourut à Sabiona, dont le siège fut transféré à Bressanone par s. Albuinus (v. ce même jour).

Saint Ingenuinus est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

 

 

Luca de Demenna

920-993

 

Luca vint au monde à Demenna (Castrugiuvanni, act. Enna, Sicile centrale), peut-être de Giovanni et Tedibia (il semble qu’il y ait une controvere là-dessus). Il avait une sœur, Caterina.

A dix-huit ans, ayant mûrement réfléchi, il abandonna l’idée de se marier et décida d’entrer dans la voie du monachisme.

Il reçut la formation des moines basiliens (orientaux) d’Agira, sous Sabas le Jeune de Collesano (v. ce même 5 février).

De là, il passa en Calabre, sous s.Elia le Spéléote (v. 11 septembre) à Melicuccà (Reggio Calabria). Il y reçut des grâces particulières pour l’interprétation de l’Ecriture, malgré son manque d’instruction précédente.

En 950, ayant eu révélation des prochaines invasions sarrasines, il remonta jusqu’au si fameux monastère du Mercurion, entre la Calabre et la Lucanie. Il restaura ou fonda la laure de Noepoli. Pendant sept années, il demeura là avec des disciples, dont le travail transforma cette zone désertique en un véritable jardin, non sans provoquer la jalousie d’un seigneur voisin qui, cependant, ne réussit jamais à leur faire du tort.

Cherchant plus de solitude, car on venait le voir en foule, Luca vint près du fleuve Agri, où il restaura le monastère de Saint-Julien. Là, il s’occupa de recueillir et soigner les soldats blessés dans les rencontres conflictuelles entre Sarrasins et troupes impériales. Puis, le conflit entre les empereurs Otto et Niképhoros l’obligea encore à s’enfuir.

Près d’Armento (Potenza), avec d’autres disciples, il fonda le monastère des saints Elie et Anastase à Carbone (971). Bientôt, il fut rejoint par sa sœur Caterina et ses deux fils, auxquels il remit l’habit monastique. Caterina  s’installa dans un monastère.

On rapporte que, à l’arrivée des Sarrasins, Luca sortit à cheval du monastère avec quelques-uns de ses disciples, et que les Sarrasins, le voyant entouré d’une vive lumière, s’enfuirent à toute vitesse.

Luca fut nommé abbé (archimandrite) à Saint-Julien.

Les dernières années, la maladie le contraignit de boîter.

Après avoir visité s. Vitale (v. 9 mars), il mourut à Armento, assisté par s. Sabas de Collesano vers 984 ou 993, un 13 octobre ou un 5 février.

Saint Luca est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain. 

Actuellement, la localité San Luca, à la pointe de la Calabre, a malheureusement acquis une triste renommée.

 

 

Sabas le Jeune

† 995

 

Ce moine vit le jour à Collesano (Sicile), de Cristoforo et Kalí. Son frère s’appelait Macario (v. 16 décembre).

Le premier des quatre à vouloir quitter le monde, fut Cristoforo lui-même (v. 17 décembre) ; son épouse suivit son exemple, ainsi que les deux fils. 

Tandis que Kalí fondait de son côté une petite communauté de femmes, les trois hommes furent quelque temps à Agira.

Cristoforo, comme on le verra, demanda la permission de se retirer dans un ermitage, Saint-Michel de Ktisma, où ses fils et d’autres habitants de Collesano le rejoignirent.

Devant l’invasion arabe, et à cause d’une grande carestie, ils se réfugièrent en Calabre et s’unirent à ces nombreux ermites du mont Mercurio. Cristoforo alors, voulant faire un pèlerinage à Rome, nomma abbé son fils Sabas ; à son retour, et devant une nouvelle menace musulmane, ils se transférèrent en Basilicata et y construisirent un monastère, Saint-Etienne sur le Sinni, où mourut Cristoforo, assisté de ses enfants. 

Sabas et Macario dirigèrent ensuite les communautés fondées par leur père. Sabas dut une nouvelle fois monter plus au nord, jusqu’à Salerne, et fonda d’autres monastères dont il confia plus tard la direction à son frère Macario.

Sabas fut un thaumaturge renommé. Les témoignages de guérisons, de multiplication de nourriture, de visions, sont nombreux.

Sabas dut venir plusieurs fois à Rome, pour intervenir à la cour d’Otto II et de Teofano, et rejoignit le monastère romain de Saint-Césaire, où il s’éteignit le 5 février, vers 995.

On a donné à Sabas le surnom de Jeune pour le distinguer de l’autre Sabas, v. 5 décembre.

Saint Sabas le Jeune est commémoré le 5 février au Martyrologe Romain.

Albuinus de Bressanone

† 1006

 

Albuinus fut le vingt-huitième évêque de Bressanone (Tyrol, auj. Italie), ou plutôt :  vers 976 il fut évêque de Sabiona, dont il transféra le siège à Bressanone ; il fut ainsi le vingt-huitième à Sabiona, et le premier à Bressanone.

On sait qu’il fut hautement apprécié par l’empereur s. Heinrich (v. 13 juillet), qui le combla de bienfaits.

Il mourut à Bressanone, le 5 février 1006.

Il transféra de Sabiona le corps d’Ingenuus et les deux évêques furent désormais honorés ensemble le 5 février.

 

 

Adelheid de Geldern

960-1021

 

Adelheid ou Adélaïde naquit vers 960-970, troisième des cinq enfants du «comte» Megingoz de Gueldre et de Gerberge. Geldern (ou Gueldre) est une ville de l’actuelle Rhénanie (Allemagne O).

Adelheid grandit dans une atmosphère de piété, où elle trouvait ses délices.

A la mort du frère aîné, Gottfried (977), les parents en utilisèrent l’héritage pour fonder l’abbaye de Vilich et la première abbesse fut tout simplement Adelheid elle-même, qui n’avait pas vingt ans.

Humble et prudente, la noble héritière préféra aller d’abord se former à l’observance régulière dans le monastère Notre-Dame à Cologne, dont l’abbesse était sa jeune sœur, Bertrada.

Elle gouverna ensuite pendant plusieurs années la communauté de Vilich, où elle introduisit la Règle bénédictine, donnant aux religieuses l’exemple de toutes les vertus. Sa mère, Gerberge, vint à son tour prendre le voile, acceptant de se soumettre à la direction de sa fille. Gerberge mourut en 995, suivie de Megingoz en 998.

A la mort de Bertrada (1000), l’évêque demanda à Adelheid de gouverner l’une et l’autre abbayes, de Cologne et de Vilich, ce qu’elle fit pendant trois années.

On rapporte maints miracles opérés par Adelheid de son vivant et après sa mort, qui advint à une date difficile à préciser, en fonction des recherches, entre 1010 et 1021.

Sainte Adelheid est commémorée le 5 février au Martyrologe Romain.

Japonais martyrs à Nagasaki

† 1597

 

Une des plus dures persécutions qu'aient essuyées les chrétiens du Japon est celle de Taicosama.

La mission du Japon avait débuté avec succès en 1549 avec saint François-Xavier, mais en 1582 l'empereur voulut faire partir les Jésuites, considérés par certains comme un danger national. Les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. 

En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires. La méfiance s'accrut encore lorsqu'une quinzaine de Franciscains débarquèrent en 1593 et construisirent deux couvents, prêchèrent et baptisèrent de nombreux Japonais.

L'empereur du Japon ordonna en 1596 d'arrêter tous les missionnaires qu'on trouverait et de les mettre à mort. Ainsi furent arrêtés le 8 décembre six franciscains, trois jésuites dont Paul Miki et dix-sept laïcs tertiaires franciscains. 

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait ; on les condamna d’abord à avoir le nez et l’oreille gauche coupés, mais on ne les amputa finalement «que» du lobe de l’oreille gauche. L'empereur les envoya à Nagasaki où il avait fait dresser 26 croix sur lesquelles ils furent crucifiés face à la mer.

Ces vingt-six martyrs étaient :

Trois Jésuites :

  • Paulus Miki, clerc jésuite,
  • Ioannes Gotō Soan, frère jésuite japonais,
  • Didacus Kisaï, frère jésuite japonais.

Six Franciscains :

  • Pedro Bautista Blásquez y Blásquez, prêtre espagnol,
  • Martín Loinaz Amunabarro (Aguirre) de l’Ascension, prêtre espagnol, professeur de théologie,
  • Francisco Blanco, prêtre espagnol,
  • Felipe Las Casas Martínez de Jésus, mexicain, clerc profès,
  • Gonçalo Garcia, des Indes Orientales, frère convers,
  • Francisco Andrade Arco de Saint-Michel, frère convers.

Dix-sept laïcs Tertiaires Franciscains, tous japonais :

  • Antonius, de treize ans,
  • Cosmas Takeya,
  • Franciscus, 
  • Franciscus Kichi,
  • Gabriel (jeune laïc de vingt ans, catéchiste),
  • Ioachim Sakakibara,
  • Ioannes Kinuya (catéchiste),
  • Leo Karasumaru (catéchiste),
  • Ludovicus Ibaraki, de treize ans (? fils de Paulus, infra),
  • Matthias,
  • Michaël Kozaki (marié),
  • Paulus Ibaraki,
  • Paulus Suzuki (marié, catéchiste),
  • Petrus Sukejirō,
  • Thomas Dangi (catéchiste),
  • Thomas Kozaki, de quinze ans (fils de Michaël, supra),
  • Ventura.

 

Les pauvres et les lépreux firent parvenir une pétition aux autorités pour que, non seulement ces Religieux ne fussent ni bannis ni mis à mort, mais même qu’ils se multipliassent dans le pays.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Un des Martyrs suspendus à la croix, n'osait répéter que les paroles du bon Larron : Seigneur, souviens-toi de moi !

Les enfants ne furent pas moins admirables. On trouvera dans certaines de leurs notices les dernières paroles qu’ils dirent avant de mourir.

Ils furent tous achevés d'un coup de lance dans le cœur. C’était le 5 février 1597.

Il y avait là plusieurs milliers de personnes. Vint un moment où les chrétiens ne purent se retenir et s’avancèrent pour recueillir le sang des Martyrs ou des fragments de leurs vêtements. Les soldats les repoussèrent avec violence. 

Le frère du gouverneur de Nagasaki, qui était d’ailleurs un ami personnel de Paulus Miki, mit en place des sentinelles pour mainteneir l’ordre, puis se retira. On le vit toutefois pleurer au bas de la colline.

Malgré la surveillance, il y eut un continuel mouvement de vénération autour de cette Colline des Martyrs, Nishizaka. 

Il est dit dans les actes de la béatification, que les jours qui suivirent le martyre, les corps restèrent intouchés par les bêtes, que chaque vendredi une colonne de feu les éclairait et que deux mois après le sang était encore frais. L’année suivante, un envoyé des Philippines put recueillir les restes des Martyrs et de leurs croix.

Ce furent les premiers martyrs du Japon et leur dies natalis est commémoré au Martyrologe le 5 février. 

Comme on fête ce jour-là sainte Agatha, leur fête a été établie au 6 février.

Ces glorieux Martyrs japonais furent béatifiés dès 1627 et canonisés en 1862.

 

Coïncidence frappante : le pape Pie IX qui les a canonisés et qui est maintenant Bienheureux, a son dies natalis le 7 février.

 

 

Cosmas Takeya

?-1597

 

Cosmas était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus Kichi

?-1597

 

Franciscus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Leo Karasumaru

?-1597

 

Leo était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Matthias de Kyōto

?-1597

 

Matthias était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Ibaraki

?-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être le père, ou au moins un parent du jeune Ludovicus, également martyrisé ce jour-là.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Petrus Sukejirō

?-1597

 

Petrus était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Dangi

?-1597

 

Thomas était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ventura de Kyōto

?-1597

 

Ventura était né à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Didacus Kisai

1533-1597

 

Didacus (Jacques) était né en 1533 à Haga (Okayama, Japon).

Marié et père d’un enfant, il se vit obligé de se séparer de son épouse qui, reniant sa foi, était retournée au culte païen et s’obstinait à demeurer dans son erreur.

Délié des liens du mariage, il se donna entièrement à la Compagnie de Jésus et rendit mille services aux Pères. Il vint habiter dans la communauté, y faisait mille travaux quotidiens, restait à la porterie et recevait les visiteurs, à l’occasion enseignait des rudiments de catéchisme aux candidats au baptême. 

Il aimait particulièrement les mystères douloureux du chapelet, qu’il priait chaque jour. Il s’en était même fait un petit livret qu’il avait calligraphié et décoré de sa main très habile, pour l’avoir toujours sous les yeux. C’est ainsi qu’il conçut une réelle soif de souffrir et de mourir pour le Christ. Par là aussi il acquit une profonde humilité, se disant tout-à-fait indigne du martyre et de la compagnie des Saints et même de la Compagnie de Jésus, dans laquelle il fut admis peu avant de mourir, tellement indigne qu’il refusa de remettre ne serait-ce que son mouchoir à ceux qui lui demandaient quelque chose à conserver en souvenir de son martyre. 

C’est le 5 février 1597 qu’eut lieu ce martyre.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Pedro Bautista Blásquez y Blásquez

1542-1597

 

Né le 24 juin 1542 en la fête de saint Jean-Baptiste, à San Esteban del Valle (Ávila, Espagne), Pedro (Pierre) reçut aussi le prénom de Bautista (Baptiste). Ses parents s’appelaient Pedro et María, des plus nobles familles de Castille.

Pedro étudia à Salamanque et, d’ailleurs contre les prévisions des parents, entra chez les Frères Mineurs Franciscains (Alcantarins) à Arenas ; il fit profession en 1568, et ayant déjà accompli précédemment les études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre très peu après.

Il fut nommé professeur et supérieur de diverses communautés.

Mais la prédication en terre espagnole ne suffisait pas à son idéal : dans son cœur, il était appelé à traverser les mers et à porter l’Evangile à ceux qui ne le connaissaient pas ; son rêve était la Chine et le Japon.

Avec la permission des Supérieurs, il partit d’abord pour le Mexique en 1581, où il resta trois ans et fut l’ami des Indios ; puis il partit pour les Philippines, où il arriva en 1584.

Son zèle le poussa à aller au-devant de toute la population, y compris et surtout les pauvres et les malades, les lépreux en particulier, ouvrant des maisons pour l’éducation et pour les soins.

En 1593, Pedro Bautista fut choisi pour aller au Japon, où il obtint assez facilement de pouvoir enseigner l’Evangile, car il savait présenter la Bonne Nouvelle sans s’imposer, sans imposer sa loi, bien au contraire en s’incorporant dans la vie quotidienne japonaise.

Il vivait très pauvrement. Il fonda des couvents à Kyoto, Osaka et Nagasaki, et deux hôpitaux.

Les Pères franciscains travaillèrent sans s’épargner, au service de toutes les âmes, et conquirent l’estime de la population, par l’amour avec lequel ils soignèrent les malades et particulièrement les lépreux.

Un jour de Pentecôte, le père Pedro Bautista guérit publiquement une jeune fille lépreuse.

Mais la jalousie s’empara de certains milieux ; les bonzes et les commerçants exposèrent des «craintes» à l’empereur qui, changeant d’attitude envers les missionnaires, décréta la persécution en 1587. En réalité, la vie chrétienne continua, dans la clandestinité, et l’empereur se contenta pendant plusieurs années, de faire surveiller les missionnaires.

L’arrestation du père Pedro Bautista et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; on les mit en prison à Meaco, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, on les promenait sur des charrettes pour recevoir les moqueries des païens, on les torturait, au père Pedro on coupa l’oreille gauche.

La condamnation a mort fut émise le 8 janvier 1597.

Le père Pedro Bautista fut le dernier à mourir. Auparavant, il invita encore les chrétiens présents à pardonner aux bourreaux. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Andrade Arco

1544-1597

 

Francisco était né vers 1544 à La Parilla (Valladolid, Espagne).

Il entra chez les Franciscains Alcantarins comme frère convers, avec le nom de Francisco de Saint-Michel et rejoignit les missions extrême-orientales du Japon.

Il fut favorisé du don des miracles et opéra des conversions.

L’arrestation des Religieux eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Franciscus de Kyōto

1548-1597

 

Franciscus était né en 1548 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Michaël Kozaki

1551-1597

 

Michaël était né en 1551 à Ise (Mie, Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le père de Thomas Kozaki, martyrisé le même jour.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gonçalo Garcia

1556-1597

 

Gonçalo était né en 1556 à Bassein (Mahārāshtra, Inde), de père portugais et de mère indienne.

Il devint homme d’affaire et partit au Japon.

En 1591, il se trouva à Manille et servit d’interprète au père Pedro Bautista Blásquez, avant de l’accompagner au Japon. Désormais il resterait au service des Pères, comme frère convers.

L’arrestation des Pères et de leurs Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596 ; le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioachim Sakakibara

1556-1597

 

Ioachim était né en 1556 à Ōsaka (Japon).

Il était médecin et fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Paulus Suzuki

1563-1597

 

Paulus était né à Owari (Japon).

Marié, il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Paulus Miki

1564-1597

 

Paulus était né en 1564 à Awa (île Shikoku, Ōsaka, Japon) et fut baptisé à cinq ans, avec ses parents. Le père était capitaine et vassal de Oda Nobunaga, un des premiers unificateurs du Japon.

Les parents envoyèrent leur fils étudier au petit séminaire dirigé par les Jésuites à Kyushu, transféré par la suite à Takatsuki.

En 1586, Paulus entra au novicat jésuite, à Arie.

Il fit la profession en 1588 et poursuivit les études à Arnakusa et Nagasaki. Si le latin lui posa assez de problèmes, il se montra excellent catéchiste et prédicateur ; il n’était pas encore prêtre, qu’il participait déjà à des débats avec des non-chrétiens.

En 1592, il fut assistant du Provincial à Ōsaka et, par sa prédication, conquit déjà des Samurai. Mais la persécution commença.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596. Japonais, Paulus ne fut pas arrêté, mais il insista lui-même pour partager le sort des pères Jésuites.

On les mit en prison à Miyako, puis Osaka, Sacay et Facata, avant de parvenir à Nagasaki. En chemin, Paulus profitait plutôt de ce «voyage» pour exhorter les gens à se convertir au Christ.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le 5 février 1597, peu avant de mourir en croix, Paulus renouvela ses vœux de religieux. Une fois crucifié, il continua de prêcher la foi chrétienne et pardonnant aux bourreaux : Arrivé au terme où vous me voyez, dit-il, je ne pense pas qu'aucun de vous me croie capable de trahir la vérité. Eh bien ! Je vous le déclare, il n'y a pas d'autre moyen de salut que la religion chrétienne. Je pardonne aux auteurs de ma mort ; je les conjure de recevoir le baptême.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Martín de Loinaz y Amunabarro (Aguirre)

1567-1597

 

Il n’y a aucune certitude sur l’origine de Martín. Il était certainement du Guipuzcoa (Pays basque espagnol), et était né vers 1567.

Pour certains, il était de la famille Loinaz y Amunabarro, à Beasain ; pour d’autres, de la famille Aguirre à Vergara.

L’unique certitude est qu’il prit l’habit franciscain, et le nom de Martín de l’Ascension. Ensuite, les faits sont plus précis.

Il étudia à Madrid, et c’est là qu’il aurait entendu la vocation missionnaire ; il fut ordonné prêtre en 1590.

Il fut professeur de philosophie à Madrid, puis à Alcalá de Henares, lorsque parut une «demande de volontaires» pour les missions.

Un premier départ eut lieu en 1592, qui s’acheva par un retour à la maison, après de fortes tempêtes et de lourdes pertes dans la flotte.

Un nouveau départ eut lieu en 1593, et le père Martín s’embarqua pour le Mexique ; ils étaient cinquante Religieux.

A Mexico, il enseigna pendant un an, puis repartit pour les Philippines en 1594, où il enseigna encore philosophie et théologie, de façon si magistrale qu’on ne lui permit pas facilement de repartir pour le Japon.

Il y parvint enfin en 1596.

Après quelques jours à Nagasaki, il fut au couvent de Miyako (Kioto) et apprit la langue, suffisamment rapidement pour pouvoir aborder les malades. Puis il passa à Osaka, comme supérieur du couvent.

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Kinuya

1568-1597

 

Gabriel était né en 1568 à Kyōto (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Francisco Blanco Pérez

1570-1597

 

Il naquit à Santa María de O Tameirón ou dans les environs (Monterrey, Galice, Espagne). Il semble qu’il n’ait été baptisé qu’à sept ans, en 1577. Ses parents étaient Antonio Blanco et Catalina Pérez.

Des «histoires» ont circulé sur son enfance. 

Il s’amusait à prendre du grain dans des champs pour donner aux oiseaux ; quand les maîtres s’en plaignirent à son père, il lui répondit de ne pas s’inquiéter : ce furent justement ces champs-là qui donnèrent la meilleure récolte.

Une autre fois, la charrette de grain se renversa avec les bêtes qui la tiraient et toute la récolte était par terre. Le temps que le papa appelât des hommes du village pour l’aider, ils trouvèrent le petit Francisco en train de faire avancer les bêtes et la charrette, comme si rien ne s’était passé. Et quand le papa lui demanda qui l’avait aidé, il répondit que c’était le Bon Dieu, et qu’il s’était seulement cassé un ongle.

Il fit d’excellentes études d’abord à Verín, puis à Salamanque. De là, il abandonna les études pour entrer chez les Franciscains de Villalpando en 1586.

On lui confia l’infirmerie, et il montra la plus grande diligence envers les malades, toujours avec douceur.

Ce fut un Religieux particulièrement innocent d’âme, si pur que, lorsqu’on apprit la nouvelle de son martyre, on dit qu’il avait conquit trois couronnes : le martyre, la sainteté et l’innocence.

Après la profession (1587), il reprit les études à Salamanque, mais en s’imposant de telles mortifications qu’il en perdit la santé ; on l’envoya se reposer à Pontevedra.

Là, il rencontra un Confrère qui allait partir pour les Indes. Il voulait l’accompagner, mais sa santé n’était pas rétablie. Il imagina alors d’aller coucher neuf nuits de suite dans le cimetière, sur la tombe de Juan de Navarrete, un Religieux mort en odeur de sainteté : le neuvième jour, il était en pleine forme.

Il n’était que diacre quand il put enfin partir pour les missions d’Extrême-Orient (1593). Le voyage se faisait par le Mexique, où Francisco reçut l’ordination sacerdotale (car il n’y avait pas encore d’évêque à Manille) et l’on parvint enfin à Manille, où il acheva ses études de théologie avec le père Martín de l’Ascension, avec lequel il allait passer au Japon et y partagerait bientôt le martyre.

Francisco fut à Miyako, où il s’occupa de la léproserie et surtout, en trois mois, apprit la langue. Pour lui nous, les religieux, nous n’avons pas de patrie ; ma patrie actuelle est le Japon, et mes compatriotes, les Japonais. Le père Martín parla au Supérieur des Philippines de la facilité quasi miraculeuse que Francisco eut à apprendre le japonais, qui lui semblait un jeu d’enfant.

 

L’arrestation du père Martín et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Il se pourrait que Francisco soit l’unique Saint de Galice.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

Felipe de las Casas y Martínez

1572-1597

 

Felipe naquit à Mexico en 1572, aîné des onze enfants de Alfonso de las Casas et Antonia Martínez, des parents espagnols. Le papa était parent du célèbre Religieux missionnaire, Bartolomé de las Casas.

Le petit Felipe était vif et espiègle. Il étudia à Mexico et s’intéressa à l’artisanat de l’argent, de sorte que, plus tard, les gens du métier le prirent comme Patron.

Il dut commettre quelques désordres : sa famille l’expulsa. Il se réfugia dans un couvent franciscain, mais en ressortit et retomba. A vingt-et-un ans, Felipe s’en alla aux Philippines, en quête d’aventures. Mais ses «aventures» le menèrent au couvent des Franciscains de Manille, où il prit le nom de Felipe de Jésus.

Un an après, il fit la profession (1593). Trois ans après, il devait recevoir l’ordination sacerdotale : il repartit pour cela à Mexico, car les Philippines n’avaient pas encore d’évêque.

En réalité, le voyage fut des plus mouvementés, et le bateau arriva… au Japon, où commençait justement la persécution.

Felipe fut à Miyako et partagea désormais le sort des Martyrs.

Le 8 janvier 1597, ils furent tous condamnés à mort. 

Le martyre eut lieu le 5 février 1597.

Felipe était mal attaché à la croix, de sorte que l’anneau du cou l’étouffait ; on lui donna tout de suite deux coups de lance dans la poitrine ; il mourut en répétant : Jésus !

Il est le premier Saint du Mexique.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Gabriel de Ise

1577-1597

 

Gabriel était né en 1577 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain et catéchiste. 

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ioannes Soan de Gotō

1578-1597

 

Ioannes était né en 1578 à Fukue, croit-on (Gotō-rettō, Nagasaki, Japon), de parents chrétiens.

Il fréquenta les Jésuites et montra une telle facilité à assimiler l’enseignement, qu’il fut envoyé à Osaka pour aider là le responsable et pour former les néophytes.

Quand la maison fut attaquée par des soldats, il aurait pu s’évader et se mettre à l’abri, mais il préféra partager le sort de la Compagnie de Jésus. Il emballa rapidement et mit en sécurité tous les objets sacrés de la chapelle, dont il avait la charge.

Puis, grâce aux bons soins de Paulus Miki, comme messager et interprète, il demanda à être admis à la profession de l’Ordre. La réponse favorable lui parvint quelques jours plus tard. Pour s’en rendre plus digne, il s’efforça de supporter avec empressement et avec joie tout ce qui pouvait arriver de désagréable durant le transfert de Miyako à Nagasaki.

L’arrestation du père Martín de l’Ascension et d’autres Compagnons eut lieu le 8 décembre 1596, et Ioannes fut du nombre.

La sentence de mort fut émise un mois plus tard.

Quand Ioannes arriva devant sa croix, il sauta de joie. On vit alors arriver son père, serein, qui ne montrait ni larmes ni douleur : au contraire, heureux de la joie de son fils. Ioannes l’embrassa et l’exhorta à tout laisser pour penser à son salut éternel, comme lui-même l’avait fait jusque là ; et son père de lui répondre : Mon cher fils, reste bien courageux et constant ; tu vas mourir pour le Christ, pour la Foi ; je vais m’empresser de l’annoncer à ta mère ; sache que, s’il est possible, nous n’avons pas envie d’une autre mort pour nous deux. Ioannes l’en félicita, lui remit son chapelet ainsi qu’un autre petit souvenir pour sa mère. Le père resta sur place et ne se retira qu’après avoir recueilli le sang de son fils.

Ioannes montra la constance que souhaitait son père ; il encouragea aussi les autres Martyrs, jusqu’au moment où, devant recevoir le dernier coup de lance fatal, il répéta une dernière fois les noms de Jésus et Marie.

Le 5 février 1597 eut lieu ce martyre. Ioannes allait avoir dix-neuf ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Thomas Kozaki

1582-1597

 

Thomas était né en 1582 à Ise (Mie, Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

C’était le fils de Michaël Kozaki, martyrisé le même jour.

Il avait quinze ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Antonius de Nagasaki

1584-1597

 

Antonius était né en 1584 à Nagasaki (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Au moment de son martyre, Antonius résista aux larmes de ses parents et aux promesses du magistrat : Je méprise vos promesses et la vie elle-même : je désire être attaché à la croix pour l'amour de Jésus crucifié. 

Du haut de sa croix, il chanta d'une voix angélique le psaume 112 qu’il avait appris par-cœur : Laudate, pueri, Dominum (Enfants, louez le Seigneur), et il eut le cœur percé d'une lance au Gloria Patri, qu'il alla chanter dans le Ciel.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Ludovicus Ibaraki

1584-1597

 

Ludovicus était né en 1584 à Owari (Japon).

Il fut membre du Tiers-Ordre franciscain. 

Il était peut-être fils (ou jeune parent) de Paulus Ibaraki, martyrisé le même jour.

Au moment de son martyre, il fut invité par un assistant païen à renoncer à sa foi. Fermement il lui répondit : C'est toi qui devrais te faire chrétien, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de salut.

Il avait treize ans.

 

Voir la notice : Japonais martyrs à Nagasaki 5 février 1597

 

 

Françoise Mézière

1745-1794

 

Françoise naquit et fut baptisée le 25 août 1745 à Mézangers (Mayenne), de René qui eut six enfants de sa première épouse, Françoise Rousseau, et trois autres de sa seconde épouse, Marie Heurtebise. A nouveau veuf, il épousera Marie Coutelle.

René Mézière, outre qu’excellent chrétien, était un agriculteur actif et consciencieux : il fit quadrupler le rendement de sa ferme, qui appartenait à l’abbaye bénédictine d’Evron ; en reconnaissance, l’économe de l’abbaye fit reconstruire la maison de René, La Maulorière.

1749 fut l’année de la mort de la première épouse et du remariage avec Marie, qui mourut à son tour en 1754. En neuf ans, la petite Françoise vit donc mourir sa mère et sa belle-mère, ainsi que sa sœur aînée.

En 1758 eut lieu le troisième mariage de René Mézière, avec Marie Coutelle ; celle-ci avait une cousine, Marguerite Coutelle, qui s’occupait à la paroisse Saint-Léger de la petite école fondée par le curé.

En 1768, à vingt-trois ans, Françoise exprima son désir d’apostolat. Elle se joignit à la petite école d’Evron, fondée par l’abbé bénédictin, et aux équipes charitables qui œuvraient selon l’esprit de s. Vincent de Paul (v. 27 septembre).

En 1770, Marguerite Coutelle appela Françoise pour se faire aider. Françoise montra des dons remarquables pour enseigner, mais aussi pour soigner toutes sortes de blessures ainsi que pour tenir la sacristie. Elle deviendra la directrice de l’école à la mort de Marguerite en 1772. 

Arriva la cruelle période de la Révolution. Françoise refusa évidemment de prêter le serment constitutionnel et ne put continuer d’enseigner, mais elle poursuivit ses activités auprès des malades. Les prêtres durent se cacher ou partir pour Laval et Françoise se trouva bien seule.

Elle s’activa au milieu de tous les dangers, pour servir d’intermédiaire entre le curé et les malades. Lors de la retraite de l’armée vendéenne, elle soigna des soldats blessés. Deux de ceux-là furent arrêtés avec elle dans le nuit du 4 au 5 février 1794. Elle fut conduite à Evron, de là à Laval avec les deux soldats, escortés par des gardes à cheval.

Les registres du procès ont, comme par hasard, disparu. Voici l’accusation : 

Françoise Mézière, sœur de la charité de la commune de Saint-Léger, district d’Evron, arrêtée et accusée d’avoir nourri pendant neuf jours deux brigands réfugiés dans une cabane ; d’avoir soigné religieusement les blessures de l’un d’eux et de lui avoir apporté tous les secours dont elle était capable, secours qu’elle avait refusé à d’intrépides volontaires ; de ne pas vouloir révéler en outre une autre cabane en laquelle, comme tout semble l’affirmer, sont cachés sept autres brigands ; d’avoir observé le plus grand silence à ce sujet envers la municipalité ; d’avoir refusé de prêter serment de fidélité aux lois de la patrie ; d’avoir des milliers de fois, comme une autre vipère de l’espèce sacerdotale, vomi outrageusement des invectives contre le système républicain.

Il est évident que Françoise n’aurait jamais «refusé à d’intrépides volontaires» les secours de la charité : on aurait produit les intéressés pour témoigner.

L’énoncé des accusations portait en lui-même l’énoncé de la condamnation : Françoise fut condamnée à mort. Elle reçut cette condamnation en faisant une révérence aux juges, les remerciant de lui procurer le bonheur d’aller directement au Ciel. A quoi, un des juges eut encore le front de rétorquer : Puisque tu vas voir ton bon Dieu, présente-lui mes félicitations !

Françoise fut donc guillotinée à Laval le 5 février 1794 et béatifiée en 1955.

 

 

Elisabetta Canori Mora

1774-1825

 

La famille Canori était très chrétienne. Le père, Tommaso, gérait plusieurs fermes agricoles ; des quatorze enfants qu’il eut avec son épouse, Teresa Primoli, six moururent en bas âge. 

Elisabetta naquit à Rome le 21 novembre 1774, jour de la Présentation de Marie au Temple. Elle a cinq frères et une sœur (Maria) aînés, et aura une petite sœur (Benedetta).

Tommaso Canori était un bon propriétaire, et cherchait à gérer ses propriétés avec gentillesse, mais on abusa de sa bonté et des créditeurs le mirent en difficulté. De mauvaises récoltes s’ajoutèrent aux difficultés et le papa finit par confier ses deux petites filles à son frère.

Ce dernier les confia à son tour aux Religieuses augustiniennes de Cascia (le célèbre monastère où vécut sainte Rita, v. 22 mai). Elisabetta s’insère parfaitement dans l’atmosphère monastique.

Revenue à Rome, elle eut une vie quelque peu mondaine, qu’elle jugera plus tard sa «trahison». 

Grâce à la bienveillance d’un bon prélat qui s’offre pour payer les frais de pension, Benedetta entre chez les Oblates de Saint Filippo Neri, mais Elisabetta préfère rester dans le monde, aux côtés de sa famille en difficulté. Elle se marie en 1796 avec Cristoforo Mora.

Cristoforo est un excellent garçon chrétien, avocat, mais faible : il trahit son épouse. Elisabetta supporte l’épreuve sans se plaindre, espérant toujours une conversion ; à ce coup dur s’ajoute que ses deux premiers enfants meurent peu après la naissance.

Pour payer les énormes dettes de son mari, Elisabetta vend tous ses bijoux, qui d’ailleurs ne suffisent pas. Cristoforo, de son côté, devient grossier. Ses parents, par mesure d’économie, lui proposent de quitter son bel appartement et de venir habiter chez eux avec son épouse. Elisabetta accepte encore cette épreuve qui rompt toute intimité conjugale et familiale, l’offrant pour la conversion de son mari.

Une quatrième naissance, heureuse, vient adoucir cette vie rude. Mais une maladie terrasse Elisabetta, qui en guérit «miraculeusement». Ce sera le point de départ d’une vie encore plus intérieure. Elle prend la résolution de ne jamais se fâcher et de s’imposer une vie de mortification.

Elle doit supporter les accusations de ses belles-sœurs, qui la rendent responsable des écarts de son mari. Celui-ci en vient même à la menacer d’un couteau.

Quand meurt le beau-père (1812), la famille la met à la porte. Nouvelle épreuve, mais aussi occasion de se retrouver avec elle-même.

Elle doit travailler de ses mains pour vivre. Elle élève très chrétiennement ses filles, et en même temps ouvre son logis aux pauvres. Elle visite les malades, elle prie. Elle assiste particulièrement les familles en difficulté. Finalement elle entre dans le Tiers-ordre des Trinitaires, un Ordre fondé à la fin du 12e siècle pour obtenir la libération des captifs.

La «sainteté» d’Elisabetta devient connue ; elle fait des miracles, elle a des expériences mystiques (extases, prophéties), mais conserve son style de vie modeste, discret. Elle s’offre pour la conversion de son époux, pour le pape, pour l’Eglise et la ville de Rome.

A Noël 1824, l’œdème la frappe de nouveau. Elle sait que ce sera sa dernière maladie. Elle a la joie de voir son mari reprendre sa place à la maison ; il reste de longues heures auprès d’elle. Pleine d’amour, elle lui prédit même qu’il reviendra pleinement à Dieu.

Elle meurt le 5 février 1825, le soir. Mais son mari, comme de coutume, n’est pas là à cette heure-là. Il revient à l’aube, et la trouve morte. Là commence sa vraie conversion.

Comme elle le lui avait prédit, son mari se convertit, entre dans le même Tiers-ordre trinitaire, puis chez les Franciscains Conventuels et devient prêtre. Il mourra en 1845, le 8 septembre, jour de la Nativité de Marie, une fête chère à Elisabetta.

Elisabetta Canori Mora a été béatifiée le 24 avril 1994.

 

 

Jesús Méndez Montoya

1880-1928

 

Ce prêtre mexicain naquit à Tarímbaro (Michoacan) le 10 juin 1880, de parents pauvres, Florentino Méndez et María Cornelia Montoya.

Baptisé le 12 juin, il reçut la Confirmation le 12 septembre 1881, selon la coutume de l’époque.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Morelia en 1894, où il étudia avec persévérance. Des paysans de son village participèrent aux frais de ses études.

Il reçut le diaconat en 1905, et le presbytérat en 1906. 

Une fois ordonné prêtre, il fut vicaire successivement à Huetamo, Pedemales, enfin à Valtierrilla (Guanajuato). Dans les deux premiers postes, son zèle lui provoqua un sérieux arrêt de santé, car il s’était fatigué jusqu’à l’épuisement.

Ce fut un prêtre tout à tous, qui passait de longues heures au confessionnal, où les chrétiens venaient volontiers recevoir ses bons conseils. Il fonda diverses associations ou confraternités, pour l’apostolat de la prière, l’adoration perpétuelle. 

Il n’hésitait pas, tout en se cachant quand il le fallait, à baptiser et célébrer de nuit, visitant les malades de jour, remplaçant autant que possible les autres prêtres qui étaient obligés de sa cacher et de changer de localité pour échapper aux recherches.

Il vivait pauvrement, avec les familles pauvres du village. 

Il monta aussi une belle chorale, grâce à ses dons musicaux, pour rehausser la liturgie.

Le 5 février 1928, les troupes fédérales entrèrent dans le village dans l’intention d’éliminer un groupe de cristeros qui avaient pris les armes, et se dirigèrent vers la maison du prêtre. Jesús, lui, n’avait jamais touché à une arme. A ce moment précis, il venait de terminer la célébration de la messe. Lui qui portait le nom de notre Seigneur, s’identifia au Maître jusqu’au bout.

Il s’empara d’un ciboire contenant les saintes hosties de l’Eucharistie, et tenta de sortir par une fenêtre du presbytère, qui se trouvait juste à côté du clocher de l’église. Les soldats, qui ne le connaissaient pas, pensèrent que c’était un cristero, et qu’il cachait une arme, mais Jésús montra qu’il n’avait pas d’armes. 

Les soldats lui demandèrent : C’est vous le Curé ? et il répondit : Oui, c’est moi. Ils l’arrêtèrent. Et lui, gentiment : Les Hosties consacrées, vous n’en avez pas besoin, laissez-les moi et il demanda aux soldats juste le temps de les consommer. Ils le lui permirent et il s’agenouilla pour communier. Puis les soldats : Nous n’avons pas besoin de choses précieuses, donnez ça aux vieilles (voulant dire qu’il n’avait qu’à remettre le ciboire à sa sœur qui était là, Luisa, ainsi qu’à sa domestique, María Concepción). Jesús leur remit le ciboire en disant : Prenez-en soin, et laissez-moi, c’est la volonté de Dieu. Puis se dirigeant vers les soldats : Faites de moi ce que vous voulez ; je suis prêt. 

Six ou huit soldats le menèrent un peu plus loin de la place, le mirent assis sur un tronc qui se trouvait là, entre deux soldats. Le capitaine voulut tirer, mais son pistolet ne fonctionna pas ; il ordonna aux soldats de tirer ; ils s’y prirent par trois fois, sans y arriver (peut-être firent-ils exprès…), alors le capitaine, furieux, ordonna à Jesús de se lever, le fouilla, lui arracha un crucifix et une médaille qu’il portait au cou, le mit à côté d’un agave, et lui tira dessus. Le père Jesús tomba, mort. Il pouvait être sept heures du matin, de ce 5 février 1928.

L’après-midi, vers quinze heures, on ramassa le corps du prêtre martyr pour le porter à Cortazar, où les soldats le mirent contre la voie ferrée, pour que le prochain train pût le déchiqueter, non sans avoir fait défiler là toutes les personnes qu’ils avaient arrêtées. Toutefois, les épouses des officiers vinrent retirer le corps du Martyr pour le reporter à un autre endroit, où les soldats voulurent le jeter dans le fumier des chevaux. Mais les femmes s’y opposèrent encore une fois, et c’est alors qu’un pieux monsieur, Elías Torres, demanda le corps pour l’ensevelir, et on le lui concéda.

Le père Jesús fut alors dignement enseveli à Cortazar, avant d’être reporté à l’église de Valtierrilla cinq ans plus tard.

Il a été béatifié en 1992 avec ses vingt-cinq Compagnons mexicains martyrs, et canonisé en 2000. Leur fête commune est au 21 mai, mais le dies natalis de Jesús Mendez Montoya est au 5 février.

 

 

Primo Andrés Lanas

1877-1937

 

Né le 7 février 1877 à Maeztu (Alava, Pays Basque, Espagne) de Román et Isidra, il reçut au baptême le nom de Primo.

En 1912 il entra chez les Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, prenant le nom de Trinidad.

Après la profession, il fit partie de diverses communautés, avant d’être supérieur à l’hôpital psychiatrique de Palencia en 1922 et, finalement à partir de 1936, économe de San Rafael à Madrid.

On a retenu de lui cet enseignement : Les biens de la terre durent bien peu et, d’habitude, sont des pièges ; les biens spirituels, par contre, sont pour toujours, éternels. Retenez bien ça : éternels !

Ce Religieux fidèle, scrupuleux, dut, le 25 octobre 1936, quitter avec sa communauté l’hôpital de Madrid, qui fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, et transformé en prison.

Expulsé de son hôpital, il se réfugia chez des amis dans Madrid et, grâce à un sauf-conduit basque, se déplaçait assez facilement pour aller retrouver et encourager d’autres Frères dispersés.

Reconnu cependant, il fut arrêté et martyrisé à Madrid le 5 février 1937, deux jours avant son soixantième anniversaire.

On n’a pas retrouvé son corps. Seule une photographie le montrant blessé à la tête et à une main, fut la preuve qu’il avait été assassiné.

Le père Primo fut béatifié en 2013.

 

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