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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

 Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

Il naquit à Grajal de Campos (León, Espagne) le 2 février 1898

Entré chez les Pères Capucins, il prit à la profession le nom de Miguel et fut ordonné prêtre.

Il se trouvait avec le Frère Diego (Jacinto Gutiérrez Terciado) dans une famille d’accueil des environs de Montehano (Cantabria), où se trouvait leur monastère, évacué sur ordre de la Milice le 7 août 1936.

Au soir du 29 décembre 1936, il fut arrêté avec le Frère par des membres du Front Populaire.

Ils furent assassinés sur la route de Gama à Santoña, où les membres de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

 

Le père Miguel fut béatifié en 2013. 

Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

 

Aproniano vit le jour le 2 février 1898 à Grajal de Campos (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1914 avec le nom de Miguel.

Il fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1922.

Envoyé à Rome, il fut reçu au doctorat en philosophie.

En 1936 il était Gardien à Montehano, d’où les miliciens expulsèrent les Religieux le 7 août.

En bon père de famille, il se préoccupa de tous les frères, puis chercha refuge dans un village voisin.

Le 29 décembre au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec ses hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña, en même temps que Jacinto Gutiérrez Terciado.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Santoña-Escalante (Cantabria) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Yi Yŏng-dŏk Magdalena

(Yi Yeong-deok Magdallena)

1812-1839

 

Magdalena était née en 1812, dans une famille noble, mais très pauvre. La grand-mère l’instruisit dans le Christianisme, qu’elle professa avec sa mère, Cho Barbara, et sa sœur, Yi Maria. Mais l’harmonie familiale n’était pas totale, car le père non seulement n’était pas baptisé, mais demeurait obstinément opposé à la religion, tout en supportant la dévotion de son épouse.

Il arriva donc qu’on voulut arranger un beau mariage pour Magdalena, quand elle eut vingt ans. Le prétendant n’était pas baptisé : Magdalena simula une maladie et refusa. Mais le père ne s’y trompa pas : il la maltraita. Magdalena alla jusqu’à écrire avec son sang une lettre à son père, qui refusa de se rendre.

Ce combat dura sept années. A vingt-sept ans, la pauvre Magdalena demanda à Mgr Imbert (v. 21 septembre) la «permission» de quitter le toit de sa famille, mais l’évêque jugea opportun de le lui déconseiller, pour d’autres motifs valables de prudence et de charité. Mais après plusieurs mois de cette vie de plus en plus intenable, la demoiselle s’échappa et rejoignit, avec sa mère et sa sœur, une autre famille catholique. Là, l’évêque se montra contrarié et réitéra son conseil précédent : mais comment revenir dans cette maison, où le père se déchaînait, non seulement contre sa fille, mais contre son épouse et finalement toujours contre l’Eglise et contre Dieu ? L’évêque voyait autrement, mais laissa les catéchistes décider de la situation : Magdalena eut la possibilité de demeurer à Seoul, et de vivre pieusement selon ses désirs, dans la prière et les bonnes œuvres, bien consciente que sa destinée pouvait bien être le martyre.

On l’arrêta en effet, ainsi que sa mère ; on les jeta en prison, on les tortura. Magdalena souffrit la faim, la soif, les pénibles conditions d’une prison malsaine : elle vit sa mère toute fiévreuse mourir sous ses yeux (ce n’est donc certainement pas la Martyre du même nom qui mourut le même jour que Magdalena).

Battue de façon répétée, elle ne céda pas dans sa profession de foi.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

Sa sœur Yi Maria fut martyrisée à son tour un mois plus tard, le 31 janvier 1840.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

David, roi

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Nous trouvons l’histoire de David dans la Bible, aux Livres de Samuel, et au premier Livre des Rois.

David était le dernier-né des fils de Jessé, de Bethléem, qui en avait huit : Eliab, Abinadab, Shamma, sont les noms des trois premiers que nous donne l’Ecriture ; les autres ne sont pas nommés, jusqu’au dernier, David.

Celui-ci était roux, un garçon au beau regard et de belle tournure (1S 16:12).

Il entra au service de Saül pour lui faire bénéficier des bienfaits de la musique, car il jouait de la harpe (1S 16:14-23).

Vient l’épisode de Goliath, que David assomme d’un coup de galet envoyé avec sa fronde de pasteur (1S 17). C’est cette première victoire qui rend Saül jaloux, au point de diriger sa lance contre David, qui l’évite et s’enfuit.

Le fils de Saül, Jonathan, éprouve cependant une profonde amitié pour David ; il le protège, il intercède auprès de Saül pour un apaisement (1S 19-20), c’est que Jonathan aimait David de toute son âme (1S 20-17) et ira jusqu’à renoncer à la succession royale en faveur de David (1S 23-17).

Dans la lutte qui oppose désormais Saül et David, ce dernier se montre très magnanime envers le roi, l’épargnant même par deux fois quand il pourrait le tuer car, dit-il, que Yahve me garde de porter la main sur lui, car il est l’oint de Yahvé (1S 24:7 et 26:11)).

Après Saül, David devint roi de Juda (2S 2-4) puis d’Israël et Juda (2S 5-8).

Tous ces épisodes sont repris dans le premier Livre des Chroniques (1Ch 11-29), qui s’appellent en latin les Paralipomènes.

Choisi par Dieu, David n’en restait pas moins un homme avec ses faiblesses, et la Bible raconte sincèrement qu’il eut dix-neuf enfants de ses huit femmes sans compter les fils des concubines (1Ch 3:9). L’Ecriture inspirée de Dieu nous instruit ainsi sur les «habitudes» de cette époque, sans approuver ni condamner ce comportement, mais pour nous rappeler combien la loi divine du début était loin d’être appliquée dans son intégralité. Jésus-Christ rappelle aux Pharisiens que, si Moïse avait permis à l’homme de renvoyer sa femme, c’était en raison de (leur) caractère intraitable, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine (Mt 19:8).

Par cette sincérité, l’auteur de la Bible signe son authenticité. N’importe quel faussaire aurait caché l’inconduite de David.

C’est ainsi que nous lisons aussi le triste épisode de l’adultère du roi (2S 11-12), comment il fit tuer le mari de Bethsabée au combat et introduisit cette femme chez lui, comment le prophète Natân lui reprocha son péché et lui annonça la mort du bébé. David écrira cependant son remords et sa confiance en Dieu miséricordieux dans le psaume 50 (le Miserere), un chef-d’œuvre poétique d’humble aveu du pécheur repenti. 

David fut l’auteur d’une grande quantité de psaumes, cent-cinquante en tout, qui ne sont peut-être pas tous de sa propre main. 

Mystérieusement, c’est ensuite de la même Bethsabée que naîtra Salomon. Le Christ choisit donc précisément cette lignée humaine pécheresse, pour naître dix siècles plus tard de la Vierge Marie. 

Pour Salomon, David préparera tout le matériel nécessaire à la construction du Temple de Jérusalem (1Ch 22-29).

Le grand mérite de David, c’est sa piété profonde envers Yahweh, et c’est ce par quoi il l’emporte sur tous les rois d’Israël.

David régna une quarantaine d’années, dont trente-trois à Jérusalem (1Ch 29:27).

Ce n’est que tardivement que son nom fut introduit dans le Martyrologe, au 29 décembre, tandis que l’Eglise grecque le commémorait au dimanche après Noël.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Thomas Becket

1117-1170

 

Des trois enfants de la famille Becket, il y eut une abbesse, à Barking, et un évêque, Thomas.

Leur père, peut-être originaire de Normandie, était commerçant à Londres, leur mère transmit à ses enfants l’amour de Dieu et du prochain, la dévotion mariale. Elle mourut vers 1138.

Thomas naquit le 21 décembre 1117 à Cheapside (Londres) et grandit dans les plaisirs nobles et chevaleresques de l’époque, chassant au faucon et fréquentant la bonne société. Il avait horreur du mensonge. Beau garçon, il avait une mémoire prodigieuse et fit des études à Paris, jusqu’en 1139.

Il fut pris comme clerc chez l’archevêque de Canterbury, qu’il accompagna plusieurs fois à Rome, ainsi qu’à Bologne et Auxerre, où il reçut des enseignements de juristes.

En 1154, il fut nommé archidiacre du diocèse, en même temps que chancelier du royaume, au service du jeune roi Henri II.

Il participa personnellement à l’expédition anglaise contre les troupes françaises en Aquitaine, puis en Normandie, où il désarçonna un célèbre chevalier français, Enguerrand de Trie.

Malgré l’aisance et la belle vie, Thomas était intérieurement très attaché à l’Eglise, qu’il servait par ses aumônes et ses prières. Il fut élu pour succéder à l’archevêque, en 1162, et fut donc ordonné prêtre puis consacré. Il fut le premier à célébrer la solennité de la Sainte Trinité, le dimanche après la Pentecôte, en souvenir de sa consécration.

Dès lors, il s’imposa l’austérité, derrière une apparence de magnificence, et eut pour idéal de servir Dieu et l’Eglise avant le roi et l’Etat. Il serait inflexible. Des conflits entre lui et le roi n’allaient pas tarder.

En 1164, il refusa d’adhérer aux constitutions de Clarendon, qui attribuaient trop de pouvoir au roi en face de l’Eglise, et fut, pour cela, condamné par contumace et mis à l’amende. Ce fut l’exil en France, jusqu’en 1170.

Ce métropolitain qui avait sous sa responsabilité pastorale dix-sept diocèses, se retrouva dans l’abbaye de Pontigny, où il fut bien contraint de vivre la vie cistercienne. Il y eut des tentatives de rapprochement avec le roi d’Angleterre, qui échouèrent.

Quand Thomas revint dans son pays, le peuple l’acclama, mais un peu comme le Christ entrant à Jérusalem, acclamé avant d’être insulté. Le roi cherchait à s’en débarrasser : quatre chevaliers se chargèrent de la besogne.

Le 29 décembre 1170, ils pénétrèrent dans la salle où se trouvait l’archevêque, le sommèrent ; il se réfugia dans l’église proche, où ils le suivirent. Après des altercations et des insultes, désormais sans défense, Thomas joignit les mains, s’en couvrit les yeux, inclina la tête et pria. Il ajouta : Seigneur, je remets mon esprit entre tes mains (Lc 23:46). Au troisième coup, il tomba sur les genoux et sur les coudes, murmurant : Pour le nom de Jésus et pour l’Eglise, j’accepte la mort. Il tomba.

Cet assassinat causa un scandale considérable. Le roi fut frappé d’interdit personnel ; repenti, il reçut l’absolution deux années plus tard.

Des miracles nombreux permirent une canonisation rapide de Thomas, en 1173.

On n’est pas sûr que les ossements retrouvés dans la cathédrale de Cantorbury en 1888, soient de saint Thomas Becket. Le culte de ce Martyr se répandit rapidement et fort loin, en Arménie, en Islande, en Italie et en Sicile, en Suède. Il y a en France une récente société de prêtres qui a pris pour appellation Fraternité de Saint Thomas Becket.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

 Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadillo (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois.

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec un Confrère vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, se présentèrent des membres du Front Populaire, qui pénétrèrent avec violence dans la maison et s’emparèrent des deux Religieux.

Ils furent assassinés sur la route de Gama à Santoña, où les membres de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

 

Le Frère Diego fut béatifié en 2013. 

Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadilla (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Sa dévotion préférée était sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (voir au 30 septembre). Quand on lui demanda ce qu’il aimerait recevoir, il répondit : La grâce du martyre.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois, avec le père Miguel (Aproniano).

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec le père Miguel vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec leurs hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña-Escalante, en même temps que le père Miguel. Les gens de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

Le Frère Diego fut béatifié en 2013.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Cho Chŭng-i Barbara

(Jo Jeung-i Bareubara)

1781-1839

 

Née en 1781 à Ichŏn (Gyŏngi-do, Corée), Barbara était de famille noble. Elle était cousine de Chŏng Ha-sang Paulus, le fameux héros de l’introduction des missionnaires en Corée (v. 22 septembre).

A seize ans, elle épousa Nam I-gwan Sebastianus (sans doute un Chrétien, puisqu’il porte un prénom chrétien), et mit au monde un garçon qui mourut peu après la naissance.

Plusieurs de ses proches moururent dans la persécution de 1801 et son mari fut exilé. Refugiée chez son frère, elle y fut vraiment malheureuse.

Vers l’âge de trente ans, elle vint à Seoul, où elle put vivre en paix chez une famille de Chrétiens et enfin pratiquer plus librement la religion.

Elle aida activement son cousin Paulus pour son voyage en Chine.

En 1832, son mari revint de l’exil et elle put aider davantage les prêtres chinois. Après le départ du père Yu, Barbara acheta une petite maison, où elle put accueillir Mgr Imbert et les pères Maubant et Chastan, futurs martyrs (v. 21 septembre). Les fidè!es y vinrent pour recevoir les Sacrements et participer à l’Eucharistie. Elle disait souvent : Si une persécution arrive, nous devons nous y préparer par la mortification pour glorifier Dieu et sauver nos âmes.

C’est en juillet 1839 qu’elle fut arrêtée. Interrogée pour révéler la cachette de son mari, invitée à renier sa foi, elle déclara fermement : Même si je dois mourir mille fois, je ne peux pas commettre un tel péché.

Les tortures s’abattirent sur cette femme courageuse. Elle eut les jambes tordues, elle reçut cent quatre-vingts coups de cudgel, cette plaque de bois d’un demi-centimètre d’épaisseur, avec un long manche, qu’on abattait sur le postérieur des victimes jusqu’à en faire gicler les chairs et le sang ; derechef devant la Haute-Cour.

On retrouva son mari, qui subit à son tour les tortures. Tous deux restèrent fidèles et inébranlables.

Barbara, oubliant ses souffrances, restait douce avec les autres prisonniers, les encourageait, les consolait. Après leur avoir dit au-revoir, elle s’endormit, jusqu’à ce qu’on vînt la chercher.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Juan Bautista Ferreres Boluda

1861-1936

 

Né le 27 novembre 1861, à L’Ollería (Valencia, Espagne), de parents chrétiens cultivateurs, Juan Bautista fut baptisé dès le lendemain.

Jusqu’à ses seize ans, il travailla avec ses parents dans leur ferme. Mais lors d’une sorte de «concours» local, un des membres du jury remarqua ses dons intellectuels peu communs et suggéra aux parents de le pousser vers les études. L’adolescent choisit alors de fréquenter le séminaire diocésain.

Dès 1877 donc, il fut au séminaire de Villanueva, où il prenait toujours les premières places.

Ordonné prêtre en 1887, il entra alors dans la Compagnie de Jésus et commença le noviciat en 1888 à Veruela (Saragosse).

L’étude de la philosophie et de la théologie lui était déjà familière, de sorte qu’il fit en même temps des études universitaires, et fut reçu à la licence de Philosophie et Lettres, avec mention.

De 1894 à 1899 il enseigna la théologie morale et le Droit canonique à Saragosse, Orihuela, Manresa, et Tortosa où il fit la profession solennelle, le 15 août 1900.

Il enseignera finalement à Sarriá pendant plus de trente ans.

Le souvenir qu’il laissa fut unanime : excellent religieux, très pieux, sérieux et moral, ennemi des critiques et des médisances, pauvre, fidèle à la prière et à l’examen particulier quotidien, travailleur patient. Il n’aimait pas les éloges et dit un jour : Bah ! la gloire humaine ne sert à rien, seulement la gloire de Dieu.

Ses élèves l’apprécièrent aussi pour la clarté de son enseignement, sa douceur, sa compétence, ses conseils qui suscitèrent des vocations. On le consultait aussi pour des questions graves concernant l’Ordre jésuite et l’Eglise universelle. 

Comme on l’a déjà dit, la Compagnie de Jésus fut dissoute par le gouvernement en 1932. Le père Ferreres aurait dû partir à l’étranger avec ses élèves, mais son diabète et son âge persuadèrent les Supérieurs de le laisser en Espagne, dans l’espoir de quelque éclaircie politique. La plupart des Religieux qui restèrent en Espagne, se vêtirent dès lors en paysans et cherchèrent comment vivre de leur travail.

Le père Ferreres s’en fut à Barcelone, où il s’occupa de la réimpression de ses ouvrages, tout en exerçant très discrètement le ministère sacerdotal quand on le lui demandait.

Lors de la persécution de 1936, après l’assassinat du supérieur local, il se réfugia chez une famille amie, qui fut plusieurs fois victime de fouilles et où le père Ferreres attendait tranquillement l’heure du martyre.

Arrêté le 9 août, il fut accusé d’avoir tiré les coups qui étaient partis d’une fenêtre voisine. Remis en liberté, il se réfugia alors dans une cave chez un ancien élève. 

Les Supérieurs jugèrent opportun de le faire accompagner dans son pays natal et lui procurèrent un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son frère José María à L’Ollería, avec tout son déménagement, qui consistait en un crucifix et un chapelet.

Les miliciens eurent immédiatement vent de son arrivée et le surveillèrent. Le 19 août, on l’emmena au Comité pour l’interroger. Le lendemain, on vint brûler chez son frère les diverses publications et livres que le père Ferreres lui avait offerts.

A la fin du mois, il fut convoqué par le Gouverneur Civil de Valencia, motif pour lequel une voiture vint le chercher, mais le Gouverneur ne le reçut jamais. On laissa le pauvre Père, qui avait soixante-quinze ans, dans la prison de San Miguel de los Reyes, où il resta pendant quatre mois.

Le père Ferreres subit là beaucoup de mauvais traitements et mourut le 29 décembre 1936.

Comme son saint Patron, il diminua pour laisser grandir le Christ (cf.Jn 3:30) et mourut quatre jours après Noël.

Le père Juan Bautista fut béatifié en 2001.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta

(Hyeon Gyeong-nyeon Benedikta)

1794-1839

 

Cette pieuse veuve était la fille d’un Martyr, Hyŏng Kye-hŭm, et belle-fille d’un autre Martyr, Ch’oe Ch’ang-hyŏn, morts dans la persécution de 1801. Un de ses frères, aussi, Hyŏn Sŏng-mun Carolus, mourra martyr en 1846.

Née en 1794 à Seoul, elle s’était mariée en 1811, mais resta veuve et sans enfants dès 1814, de sorte qu’elle retourna chez sa mère, occupée à coudre et à prier en paix.

Sa piété était vraiment édifiante. Le peu qu’elle gagnait par la couture, elle le donnait ; elle enseignait le catéchisme oralement à ceux qui ne savaient pas lire ; elle encourageait les esprits tièdes, consolait les affligés, assistait les malades, baptisait les petits enfants en danger de mort. Quand les missionnaires passaient, elle recevait chez elles ceux qui voulaient recevoir les Sacrements.

C’était vraiment une «Religieuse», toute consacrée à Dieu.

Lors de la persécution en 1839, elle fut arrêtée, en juin ou en juillet. Dès que les officiers apprirent qu’elle était la sœur de Carolus, ils la maltraitèrent d’autant plus rigoureusement, car Carolus jouait un rôle très important parmi les Catholiques, et l’on voulait savoir où il pouvait bien se cacher.

Benedicta fut interrogée par sept fois. Le mot «interroger» sous-entend d’horribles tortures, de violents coups de bâtons sur tout le corps. On renouvela ces tortures à la Haute-Cour : Benedikta était si blessée qu’elle ne pouvait presque plus bouger les jambes ; ses blessures étaient si profondes, qu’il en sortait sans arrêt du sang et du pus. De plus, elle attrappa le choléra dans la prison insalubre.

Elle put faire parvenir une lettre à son frère, qui fut connue mais qu’on a malheureusement perdue.

Peu avant son exécution, elle s’endormit d’un sommeil profond, avant d’être portée, toute joyeuse, au lieu de sa mort.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

Chŏng Chŏng-hye Elisabeth

(Jeong Jeong-Hye Ellisabes)

1796-1839

 

Elisabeth naquit en 1796 à Seoul (Corée S).

Elle avait de qui tenir : ses deux parents devaient mourir martyrs, ainsi que son frère. En effet, son papa, Chŏng Augustinus fut martyrisé en 1801, quand elle n’avait que cinq ans ; la maman, elle, Yu So-sa Cæcilia, allait être martyrisée le 23 novembre 1839, un mois avant Elisabeth, tandis que son frère, Chŏng Ha-sang Paulus, avait reçu cette grâce le 22 septembre 1839.

Lors de l’arrestation d’Augustinus, Cæcilia et ses trois enfants furent pris eux aussi. Le gouvernement relâcha la maman et les enfants, mais leur confisca leurs biens, de sorte qu’ils durent vivre chez des parents non-baptisés à Seoul.

La cohabitation n’était pas pacifique. La petite fille, en particulier, ne mangeait pas à sa faim et avait froid. Elle se mit à coudre et à broder, et put gagner un peu d’argent pour aider sa mère et son frère Paulus.

Elle était si douce, si pure, que peu à peu le cœur des parents s’adoucit.

Elisabeth elle-même ne regarda jamais un homme en face. Elle fit très tôt le vœu de virginité.

Vers trente ans, et jusque vers trente-cinq ans, elle fut très fortement tentée. Pour combattre, elle usa des moyens traditionnels dont on parle dans la vie des Saints : la prière, le jeûne, les flagellations.

Elle eut une joie particulièrement manifeste lors de la venue de Mgr Imbert et des deux prêtres français qui l’accompagnaient (v. 21 septembre). Beaucoup de gens vinrent chez elle pour rencontrer le prélat et les prêtres.

Elisabeth fit le catéchisme aux catéchumènes, l’aumône aux pauvres. Mgr Imbert la remarqua avec admiration.

Quand il dut partir, Elisabeth, avec sa mère et son frère Paulus, s’employèrent à consoler les Catholiques attristés, continuant à aider les pauvres et surtout les prisonniers, avec des vêtements et de la nourriture. Ils se préparaient en famille pour l’heure du martyre.

Elisabeth fut arrêtée le 19 juillet 1839, avec sa mère et son frère.

On l’interrogea :

Où est ton mari ?

Je n’ai jamais été mariée.

Et pourquoi ?

Qui voudrait d’une pauvre femme comme moi ?

Ayant refusé, bien sûr, de renier sa foi, elle fut torturée durement : elle reçut, en sept fois, deux-cent trente coups de club : quatre bourreaux tenaient chacun un bâton (club) cylindrique d’une dizaine de centimètres de diamètre, et frappaient alternativement sur tout le corps de leur victime.

Entre les séances de torture, elle ne cessait jamais de prier, de méditer, de consoler les autres, de les encourager. Elle demanda que l’argent de l’Eglise fût versé à la prison pour acheter des vêtements et des vivres pour les prisonniers. Elle était prête à souffrir toutes les tortures possibles, par amour de Dieu et de la Sainte Vierge, et répétait qu’elle pouvait ainsi comprendre ce que Notre-Seigneur avait souffert.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 00:00

José Aparicio Sanz

1893-1936

 

José Aparicio naquit le 12 mars 1893 à Enguera et fut baptisé le jour suivant. 

Son père était Manuel Aparicio Sanz et sa mère Leonora Sanz Sanz. 

Dans cette famille profondément chrétienne, le petit garçon montra très tôt des signes très particuliers de profonde dévotion et de vocation sacerdotale. 

Après avoir fréquenté l’école des Sœurs Mercédaires d’Enguera, il prépara le baccalauréat aux Ecoles Pies de Valencia. Dans la même ville il entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques de Saint Joseph ; c'était une maison fondée fin XIXe, par un saint prêtre, Manuel Domingo y Sol (voir au 25 janvier).

Successivement il passa au Séminaire de Valencia, qui avait le rang d'Université Pontificale, où il fut un séminariste modèle, tant pour son travail que pour ses vertus. 

Ordonné prêtre en 1916, il fut vicaire à Benalí, où il s'employa à faire reconstruire l'église ; pour le récompenser, l'évêque lui proposa de demander ce qu'il voulait, à quoi il répondit : Monseigneur, vous ne m'avez pas ordonné pour demander, mais pour obéir. A sa mère et sa sœur qui lui suggéraient qu'il aurait pu demander quelque chose de plus, il rétorqua : Mais, maman, le mieux est d'accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers la personne de l'Evêque. Car ceux qui demandent ne sont jamais contents

Sa prédilection allait aux enfants, à l'enseignement du catéchisme et à l'Eucharistie.

Son deuxième poste, en 1917, fut comme coadjuteur à Santa María de Oliva : dans cette paroisse plus importante que la précédente, il put donner libre cours à toute sa sollicitude dans tous les domaines de la pastorale. Il travailla surtout à l'organisation de l'apostolat parmi les jeunes, à la formation de la chorale paroissiale, à la catéchisation des petits enfants et suscita la dévotion des Jeudis eucharistiques. Déjà on l'appelait "le petit Saint" (El Santet'), comme on le nomme encore aujourd'hui quand on parle de lui.

Il montrait une ardeur impressionnante à s'occuper de la catéchèse, à l'apostolat de l'enfance. Sa ferveur eucharistique édifiait : il passait des heures devant le Saint Sacrement et s'efforçait d'inculquer le respect et la dévotion envers l'Eucharistie. Il visitait beaucoup les malades, préoccupé du salut de leurs âmes et aussi de ce dont ils pouvaient avoir besoin matériellement. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, il ne ménagea pas sa peine pour soulager les malades, jour et nuit.

En 1920, il fut vicaire à Benifallim, où il développa la dévotion à l'Eucharistie et au Sacré-Cœur. En 1921, il passa à Luchente. De cette époque datent ses lettres de directeur spirituel et d'auteur mystique, avec ce qu'il appela : "La Sentinelle de mon Sanctuaire". Cette localité, déjà sanctifiée par le prodige du Corporal de Daroca, devint grâce à lui un centre d’où rayonnait l'Eucharistie et qui attirait les foules. Son travail acharné commença à porter des fruits en juillet 1925, quand affluèrent d'innombrables drapeaux de sections adoratrices ; il y eut ensuite les retraites, les exercices spirituels de 1927 et 1928, et surtout la première célébration anniversaire du Corporal, en la fête de saint Matthias de 1928 (qui se célébrait alors le 24 février).

Le 24 février 1929 commença en effet une retraite dans l'église du Corpus Christi, sur la "montagne sainte" de Luchente, début d'une série de rendez-vous annuels de l'Archidiocèse. L'église en question, jusque là abandonnée et isolée, échappa à la ruine totale grâce au zèle du jeune curé. Ses conférences et ses articles périodiques remuèrent la sensibilité de la société valencienne pour récupérer cet important monument eucharistique de l'archidiocèse de Valence et le ramener à son ancienne splendeur.

En 1930, à trente-sept ans, il fut nommé archiprêtre de son pays natal, Enguera. Rien n'échappait au zèle de ce jeune apôtre.

Il instruisait les enfants tous les jours ; au moment de leur Première Communion, il débordait d'enthousiasme ; les premiers vendredis du mois, il s'efforçait de faire participer les enfants, en leur donnant de petits missels et des images pieuses pour les stimuler ; il organisait aussi pour eux des séances de cinéma, des jeux, etc. 

De lui on conserve une grande quantité de notes personnelles, de lettres de direction spirituelle, d'écrits mystiques et ascétiques, de réflexions et d'intentions, qui constituent une réelle œuvre mystique et ont servi pour définir les traits et la silhouette morale de don José Aparicio.

Unanimes sont les témoignages de ceux qui l'ont connu enfant, séminariste, adulte et prêtre ; sans cesse reviennent les mots : esprit de mortification, modestie, affabilité, bonne éducation, humilité, prudence.

Sa dévotion à la Sainte Vierge le poussa, à vingt ans, à La choisir comme sa "fiancée", ce qui rappelle cet épisode charmant où le jeune saint Jean Eudes (1601-1680, voir au 19 août), à quinze ans, passa un anneau au doigt d'une statue de Notre-Dame, en signe de "fiançailles" avec Elle.

Il y avait eu déjà quelques incidents minimes en 1934, mais en juillet 1936 l'on commença à fermer, détruire et incendier les églises et les chapelles publiques. L'église de José Aparicio Sanz fut saccagée et en partie mutilée par la destruction du chœur, convertie en marché, tandis que celle du couvent des Carmélites fut transformée en garage. On détruisit complètement les autels ; les saintes images et les statues furent jetées sur la place publique et incendiées. Le presbytère fut occupé, abandonné et tomba en ruine. La population fut prise de panique, mais aussi parfois de lâcheté, évitant d'intervenir pour défendre leurs prêtres. On continua quand même à célébrer en secret.

Don José passa cette ultime période de sa vie dans une grande sérénité, malgré la totale incertitude qu'il nourrissait pour le lendemain. Tranquillement, il s'occupait à cacher tous les objets du culte, en toute discrétion, mais sans jamais perdre la paix. Les derniers mois, il retirait chaque soir le Saint Sacrement de l'église et le conservait dans son presbytère pour Le protéger. A qui lui parlait de la mort, il répondait : Pour être des martyrs, il n'y a qu'à accepter la mort sans nous défendre, comme venant de la volonté de Dieu.

A partir du 18 juillet, on lui conseilla de se cacher, ce qu'il refusa. Il aurait pu fuir et se cacher, mais il voulut rester près de ses paroissiens, Chez lui, il portait toujours la soutane, affirmant vouloir être victime de (sa) soutane ; il s'habillait en paysan, par prudence, quand il allait chez des paroissiens. Un jour que les miliciens le perquisitionnaient, il leur présenta le Saint Sacrement qu'il portait et leur demanda de Le respecter : les miliciens ne l'approchèrent pas. On retrouva de lui cette note écrite en marge de la biographie du Père Pro (prêtre mexicain martyr du début du siècle, voir au 23 novembre) : Serai-je martyr ? Pourquoi pas ? Serai-je saint ? Ah oui, vraiment je le désire.

Le 2 août, l'église paroissiale fut incendiée. 

Le 11 octobre José Aparicio fut aux arrêts dans une maison de sa famille et gardé par des miliciens. Au moment des adieux il retira sa soutane, donna son chapelet à sa sœur, consomma les Saintes Espèces et avec l'esprit très tranquille se livra aux mains de ceux qui étaient venus le chercher. Certainement, il aurait encore pu demander à fuir, mais il préféra le martyre. 

Les miliciens le conduisirent donc au Comité, avec d'autres prisonniers, d'abord à Chelle, puis jusqu'au séminaire de Valencia. Le 12, tous furent conduits au Gouvernement Civil, puis de là à la prison centrale. En chemin, don José donna enfin l'absolution à un codétenu, après l'avoir convaincu de pardonner à ceux qui les conduisaient à la mort. La sérénité qu'il affichait continuellement durant sa captivité, jusqu'à la mort, se manifeste parfaitement dans cette poésie qu'il rédigea durant cette période : 

 

        Toi qui nous as montré comment mourir,

        Toi qui as été un Maître d'humilité,

        Toi qui as souffert la mort la plus cruelle,

        Seigneur, donne-moi la sérénité.

 

        Sérénité pour souffrir avec calme

        la barbarie de mon martyre ; 

        et que mon âme puisse Te rejoindre

        parfumée de gloire comme un iris.

 

        Que m'importe la douleur et la solitude

        de mon agonie sanglante,

        si de telle manière je m'approche de ton trône,

        si je peux jouir, Seigneur, de ta compagnie ?

 

        Que chaque balle qu'ils feront pénétrer dans mon corps

        me rapproche toujours plus de toi, Seigneur ; 

        que mes blessures soient autant de bouches qui te rendent louange

        avec le feu mystique de mon amour pour toi.

 

        Que mes blessures soient comme des roses rouges,

        les roses de mon amour et de ma souffrance,

        que mes blessures soient comme des roses rouges…

        que mon corps… soit ton rosier, Seigneur.

 

        Merci, mon Dieu, car tu m'as donné

        la gloire, immense pour moi,

        que mon corps, couvert de la boue de mon péché,

        fleurisse pour Toi. (…)    

 

        Par amour pour toi, mon corps inculte s'est trouvé empli

        de ces fleurs parfumées et odorantes,

        car Toi seul sais, Seigneur, que depuis longtemps

        je souffrais de ne pas assez t'aimer. (…)

 

        J'entends une voix qui me dit : "Marche jusqu'à la fin de ta journée ; 

        marche jusqu'à la mort ; la mort, c'est la vie.

        ton âme sera rachetée

        par ma passion, par la passion de ton amour".

 

        Bien que ce soit juste pour cette fois-ci, pour la dernière fois,

        je Te dis que je Te rends grâces, mon grand Seigneur,

        car Tu me donnes la mort par amour pour moi,

        pour moi, pour ma Paroisse et pour Enguera.

 

Peu de jours après son incarcération, Don José Aparicio tomba malade. Il empira jusqu'au point de ne presque plus sortir de sa cellule. Parfaitement conscient de sa prochaine mort, il priait, convaincu qu'on allait lui enlever la vie pour avoir été prêtre. A quelqu'un qui lui rendit visite et lui parlait des démarches entreprises pour sa libération, il répondit avec des signes négatifs et montra plutôt sa conviction qu'il allait mourir, toujours avec la même sérénité et la même tranquillité. 

Il exhortait ses compagnons de prison à pardonner leurs ennemis. Comme ils ne voulaient pas pardonner, pensant à leurs enfants qui allaient devenir orphelins, il leur fit voir que cette attitude leur faisait perdre la palme du martyre qu'ils tenaient déjà à portée de main, et qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir l'absolution sacramentelle. Ses paroles finirent par les convaincre tous, et c'est en pardonnant du fond du cœur qu'ils lui demandèrent alors l'absolution : il la leur accorda alors avec grande joie.

Quatre jours avant son exécution, il ne s'alimenta plus que de jus d'orange. Quand on lui annonça qu'il allait sortir de prison, à quatre heures de l'après-midi, ceux qui étaient avec lui pensaient qu'on allait les libérer, parce qu'à cette heure-là on ne conduisait pas les détenus au peloton ; lui, au contraire, demanda l'absolution à un père franciscain qui était avec eux, et avec une certaine insistance, car il était convaincu qu'on allait l'exécuter. Sur le chemin, il réconfortait ses compagnons en leur parlant du Ciel. 

Parvenu à l'endroit de l'exécution, à Paterna, il demanda à savoir qui devait l'exécuter. Quand il le sut, il l'embrassa, lui disant qu'il lui pardonnait, exhortant ses compagnons à lui pardonner aussi. Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

On apprit ces détails par le chauffeur qui les conduisit au lieu de l'exécution et qui assista à l'opération ; c'était le 29 décembre 1936 : José Aparicio avait quarante-trois ans.

Don José Aparicio Sanz fut béatifié en 2001.

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