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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 23:00

05 OCTOBRE

 

IV.

Ste Charitina, vierge martyre à Corycos ; jetée à la mer, elle en ressortit : on lui arracha les dents et on lui coupa les mains et les pieds, supplice au cours duquel elle expira.

Ste Mamlacha, vierge et martyre en Perse.

VI.

S Apollinarius, frère de s. Avit, apparenté à Sidoine Apollinaire, et évêque à Valence, dont il est le patron, sous le nom de Aplonay.

S Placidus, disciple de s. Benoît ; sauvé des eaux miraculeusement, il aurait ensuite fondé un monastère à Messine, et aurait été martyrisé par les Sarrasins.

Ste Tullia, vierge à Manosque, fille de s. Eucher et sœur de ste Consortia.

IX.

S Jérôme, évêque à Nevers.

S Meinulph, diacre bénédictin à Boeddeken.

X.

S Froilán, ermite avec s. Attilanus, appelé au siège de Léon.

S Attilanus, compagnon d'ermitage de s. Froilán, premier évêque connu à Zamora, dont il est le patron.

XIII.

B Giovanni de Penna, franciscain des Marches, envoyé en Provence, mystique ; à la fin de sa vie, il put choisir entre un jour de purgatoire et sept jours de souffrances sur terre ; cette dernière grâce lui valut la purification totale avant de mourir.

XIV.

B Pietro d'Imola, chevalier de Saint-Jean à Rome puis à Florence.

Ste Fleur, d'une famille de dix enfants, religieuse des Hospitalières de Saint-Jean à Issendolus, mystique.

B Santo (!), ermite augustin à Cori, dont la prédication attirait des foules.

B Raymond de Capoue, dominicain à Rome, directeur spirituel de ste Catherine de Sienne, maître général de l'Ordre, dont il entreprit la réforme. 

XV.

B Giovanni Francesco Matteo Carreri, dominicain italien ; fait prisonnier durant un voyage en bateau, il apprit à sa libération que restaient encore prisonnières une femme et sa jeune fille : il s'offrit pour elles et le corsaire, ébahi, les libéra tous les trois ! 

XVI.

Bx William Hartley, John Hewett, prêtres, et Robert Sutton, laïc, martyrs à Londres.     

XX.

B Bartolo Longo (1841-1926), tertiaire dominicain converti d'une brillante vie athée et du spiritisme, grand propagateur de la dévotion à Notre-Dame-du-Rosaire de Pompei ; béatifié en 1980.

Ste Anna Schäffer (1882-1925), mystique allemande, stigmatisée (non visiblement), sa force était dans l'Eucharistie ; béatifiée en 1999, canonisée en 2012.

S Tranquilino Ubiarco Robles (1899-1928), prêtre mexicain martyr, pendu à un arbre sans autre forme de procès, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

        - béatifié en 2007 :

Dominicains : Eugenio Andrés Amo (1862-1936), profès, en Cantabria ;

        - béatifiés en 2013 :

Ouvriers Diocésains : Sebastià Segarra Barberá (1894-1936), prêtre, près de Barcelone ;

Frères Maristes : Jesús Delgado de la Fuente (Valente José, *1894) et Eloy Rodríguez Gutiérrez (Eloy José, *1899), à Barcelone.

Ste Helena Kowalska (Maria Faustyna, sœur Faustine, 1905-1938), polonaise, troisième de dix enfants, des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, mystique, béatifiée en 1993, canonisée en 2000 ; grâce à sa mission, le deuxième dimanche de Pâques est celui de la Miséricorde divine.

B Marian Skrzypczak (1909-1939), prêtre polonais martyr, béatifié en 1999.

B Alberto Marvelli (1918-1946), jeune italien de Ferrare, très actif à Rimini pendant la guerre (avec sa bicyclette) dans l'Action Catholique et dans la Démocratie Chrétienne, béatifié en 2004.

 

Charitina de Korycos
† 304

Charitina était la servante d’un certain Claudius, à Korycos (auj. Kız Kalesi, Turquie S).
Lors de la persécution de Dioclétien, un fonctionnaire nommé Domitius convoqua cette Charitina. Son maître pleurait son départ. Elle le consola en ces termes : Ne pleure pas ! j’offre mon corps pour mes péchés et les tiens. Et Claudius lui répondit : Souviens-toi de moi auprès du roi céleste (cf. Lc 23:42).
Domitius fit raser les cheveux de cette pieuse vierge, puis la fit jeter dans la mer avec une grosse pierre au cou : elle en sortit cependant et vint se présenter à lui. Mais Domitius, au lieu de se convertir devant un tel prodige, enragea davantage : il lui fit arracher les dents, couper les pieds et les mains. Charitina mourut dans ces supplices.
C’était vers 304.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Charitina de Korycos au 4 octobre.


Mamlacha de Perse
† 343

L’ancien Martyrologe mentionnait au 20 novembre s.Narsès et ses Compagnons. Nous retrouverons s.Narsès au 10 novembre. Quant aux Compagnons, qui étaient une vingtaine, ils ont été réduits à la seule Mamlacha.
Le nom de cette dernière pourrait s’écrire Mamelchtha.
Cette vierge était de la région de Garamée (rive gauche du Tigre, act. Iran-Irak N)) et fut amenée devant le roi de Perse Sapor II (340-379).
Certains Martyrs, dont Narsès, furent décapités, d’autres lapidés - parfois par des Chrétiens contraints par le roi d’exécuter cette triste besogne.
Narsès fut exécuté en 343, les autres, dont Mamlacha, dans les années suivantes.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Mamlacha de Perse au 5 octobre.

 

Jérôme de Nevers

† 816

 

Nevers connut son premier évêque vers 506 ; Jérôme en fut le vingt-deuxième, en 800.

Il s’appliqua à relever les sanctuaires détruits par les guerres. Il aurait fondé l’église de Sauvigny-aux-Bois.

Il fit la dédicace de la cathédrale de Nevers aux saints Cyr et Julitte (v. 16 juin).

En 813, il fut un des cosignataires du concile de Tours.

Jérôme mourut vers 816. L’église où il fut enterré, Saint-Martin de Nevers, a totalement disparu.

Saint Jérôme de Nevers est commémoré le 5 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Meinulf de Boedekken

795-857

 

Meinulphus, ou Magenulphus, en allemand Meinulf ou Meinolf, naquit vers 795 dans une famille de la noblesse de Westphalie, et fut très jeune orphelin de père.

Il fut baptisé à quatre ans, et son parrain fut l’empereur Charlemagne lui-même.

Sa mère le confia à Charlemagne. C’est ainsi que Meinulf grandit et reçut son instruction à l’école cathédrale de Paderborn.

Ordonné diacre, il fut investi de la dignité d’archidiacre.

En 817, il participa au concile d’Aix-la-Chapelle, où l’on porta des lois sur les chanoines et les chanoinesses. 

En 836, il fit venir du Mans les reliques de s.Liboire et fonda le monastère de chanoinesses de Boeddekken, dédié à Marie, Mère de Dieu. 

L’endroit de la fondation se manifesta de façon très providentielle. Par trois fois, Meinulf observa un troupeau de biches à un endroit lumineux que lui signala un jeune berger. Quand il obtint de l’empereur la permission de construire le monastère en question, il trouva toujours au même endroit un grand cerf qui se leva et se «prosterna» devant Meinulf. Il portait dans ses bois une belle croix brillante. Meinulf eut alors la certitude que Dieu voulait établir là ce nouveau monastère.

Dès lors, il se dépensa à annoncer dans toute la région la Parole de Dieu.

Il mourut vers 857, toujours à Boedekken.

On signala de nombreux miracles à son tombeau.

Saint Meinulph de Boedekken est commémoré le 5 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Froilán de León

833-904

 

Froilán naquit vers 833 à Lugo (Galice, Espagne NO).

Très jeune encore, il quitta la maison paternelle pour aller vivre en ermite dans les proches montagnes de Cebrero, où passe le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et où eut lieu un miracle eucharistique.

 L’an 850 se déclencha à Cordoue une violente persécution musulmane contre les Chrétiens. Froilán comprit qu’il devait organiser la croisade active contre les Musulmans.

D’après la Vita, il chercha à «purifier» sa bouche en y mettant des charbons ardents. Si les charbons ne lui causaient pas de brûlure, c’était le signe que Dieu voulait l’envoyer prêcher. Il quitta alors sa solitude et s’en alla prêcher avec ardeur dans les environs et jusqu’à Oviedo et León.

Un soir, il s’étendit sur son manteau sous les étoiles ; deux colombes vinrent alors se blottir contre sa poitrine (d’après la Vita, elles s’engouffrèrent dans sa bouche !), une blanche comme neige et douce, une de feu et lui communiquant l’ardeur de la prédication. Il se retira alors dans les montagnes de Curueño.

C’est là que le rejoignit Atilano, qu’on va retrouver ce même jour du 5 octobre.

Durant une de ses pérégrinations, un loup s’attaqua à son âne et le dévora ; Froilán lui intima l’ordre de prendre la place de la victime, et le loup s’exécuta.

Les deux Compagnons prêchèrent avec force et ardeur, invitant les gens à la pénitence, à la prière, mais aussi à la culture, intellectuelle et artistique. Ainsi gagnèrent-ils beaucoup de vocations.

Avec Atilano, Froilán fonda de nombreux monastères. Il fut encouragé en cela par le roi lui-même, qui l’appela à Oviedo pour lui confier cette mission. Ces monastères devaient constituer un rempart solide dans l’élan de la Reconquista des terres sur l’empire des Musulmans.

Le premier de ces monastères fut proche de Zamora : San Salvador de Tábara, où vécurent jusqu’à six-cents moines et moniales en deux communautés bien distinctes. Un scriptorium y fut créé, d’où sortirent des parchemins enluminés, et où s’illustrèrent le moine copiste Sénior, l’écrivain et peintre Emeterio, lui-même disciple de Mágio, la gloire du monastère. Froilán y aurait été abbé, et Atilano prieur.

Le deuxième monastère fut aussi dans les environs de Zamora, près de Moreruela, où vécurent deux-cents moines.

Quand, en 900, le siège épiscopal de León fut vaquant, la population demanda d’un seul cœur la nomination de Froilán, tandis qu’on nommait Atilano évêque de Zamora. Froilán devenait ainsi le onzième évêque (connu) de León.

Froilán mourut en 905. Son tombeau se trouve dans la cathédrale de León. En outre, s.Froilán est naturellement le saint Patron du diocèse de León.

Saint Froilán de León est commémoré le 5 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Attilanus de Zamora

850-916

 

On a parlé d’Atilano dans la notice précédente de s. Froilán.

Il naquit vers 850 à Tarazona (Saragosse, Espagne N), probablement de famille noble et entra assez jeune au monastère bénédictin de cette même localité, avant de passer à celui de Sahagún.

Une fois ordonné prêtre, il rejoignit s. Froilán dans sa vie d’anachorète parmi les montagnes proche de   León.

Il participa activement à l’œuvre évangélisatrice de Froilán, et à la Reconquista sur les Musulmans. 

Quand Froilán fut choisi comme évêque à León, Atilano le fut pour Zamora. C’en était le premier titulaire (901).

Il est raconté qu’un jour où Atilano franchissait un pont où se trouvaient des Musulmans, le pont s’effondra derrière Atilano, faisant périr les Musulmans (?).

Encore plus extraordinaire : partant en pèlerinage à Jérusalem «pour expier ses péchés de jeunesse», il aurait jeté son anneau épiscopal dans le fleuve, espérant le retrouver un jour, en signe que Dieu lui avait pleinement pardonné. Or, deux ans plus tard, revenant incognito à Zamora, il fut reçu dans une auberge où, préparant son repas du soir, il ouvrit un poisson qu’on lui avait donné et y trouva son anneau. Les cloches se seraient mises à sonner et Atilano serait alors apparu en habits épiscopaux, reconnu par toute la foule heureuse de le revoir.

L’épiscopat d’Atilano s’acheva vers 915-916.

Il est le saint Patron du diocèse de Zamora.

Comme son grand Ami Froilán, saint Attilanus de Zamora est commémoré le 5 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Fleur

† 1247

 

Au XIIIe siècle il y avait dans le Lot un hospice pour les pèlerins, sur la paroisse de Saint-Julien d’Issendolus. Cet hospice fut remis aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui le confièrent à des religieuses, une des rares maisons de femmes de cet ordre. Il n’en reste que quelques ruines actuellement. Mais c’est là que s’illustra une fleur magnifique de sainteté, dont voici l’histoire surprenante.

A Maurs (Cantal), vivait un seigneur nommé Pons, qui eut de sa femme Melhor dix enfants, trois fils et sept filles dont quatre devinrent religieuses à l’hôpital de Beaulieu, notre hospice d’Issendolus. Dès son enfance, Fleur, élevée dans sa famille parmi un groupe de dix-neuf enfants, frères ou cousins, se fit remarquer par sa maturité précoce et par sa piété, soutenue par celle de sa famille. 

A quatorze ans, elle demanda à entrer au couvent et ses parents acquiescèrent : “Dieu l’attire à lui, nous ne la lui refuserons pas.” Elle entra donc à Beaulieu et se laissa docilement former aux observances de la règle.

Les tentations ne lui manquèrent pas. Elle eut d’abord le scrupule d’être entrée dans une maison trop bien pourvue, mais un prêtre la rassura en lui expliquant que cette abondance était pour le bien des malades, et qu’elle devait apprendre, elle, à se refuser de satisfaire à tous ses désirs par amour de Dieu.

Elle eut ensuite la tentation de la maternité. Mais elle tenait trop à la chasteté, par amour de Dieu, de sorte qu’elle vint vite à bout de cette tentation.

Elle subit ensuite une tentation plus sournoise : le scrupule et le désespoir. Fleur fit le signe de la croix, et courut en tous sens dans le monastère, les yeux et les mains levés au ciel, suppliant le Seigneur de l’aider. Plus elle était troublée, plus elle priait. On la prit pour folle, on la dénonça aux prêtres, mais elle ne répondait pas, se contentant discrètement d’offrir ses souffrances à Dieu en les unissant à celles de Jésus-Christ.

La consolation arriva. Le Seigneur se montra à elle, et elle comprit tout ce qu’Il avait souffert pour les pécheurs. Elle avait l’impression que la Croix du Sauveur était plantée en elle et la déchirait intérieurement ; elle souffrait en son côté comme si elle avait été transpercée du même coup de lance que le Christ en croix.

Elle eut des extases très fréquentes, mais par humilité elle prétextait quelque malaise ou quelque maladie pour rester cachée dans sa chambre.

Un jour de Toussaint, elle vit le bonheur des élus dans le ciel. Elle vit un pécheur connu de cette époque, un certain Guillaume, se confesser et retrouver la joie d’être pardonné et en état de grâce. Elle vit même la place qu’elle aurait plus tard au ciel, mais dans son humilité, elle demanda simplement à un prêtre si elle devait y prêter foi : le saint prêtre eut l’inspiration de lui répondre affirmativement, surtout si cette vision devait se répéter ; en effet, Fleur eut quelques jours plus tard la même vision, mais elle était à une place plus élevée encore, en récompense de son humilité.

Elle avait une grande influence sur tous ceux qui l’approchaient et opéra beaucoup de miracles, même de son vivant.

Mais elle ne se contentait pas d’agir autour d’elle. Elle vivait intensément sa foi : elle se confessait chaque jour, étonnant ses confesseurs pour la précision de ses accusations (qu’on ne connaît pas, évidemment, car les prêtres n’ont aucun souvenir de ce qu’ils entendent en confession, mais il peut leur rester une “impression”). Elle assistait chaque jour à la messe, communiant les dimanches et fêtes (car on ne communiait pas tous les jours à cette époque). Un jour, un ange lui apporta une partie d’une hostie dont le prêtre constata l’absence à trois lieues de là : on juge de son inquiétude, puis de son réconfort quand il apprit où était passée cette partie de la sainte Hostie.

Fleur aimait tellement la prière des moniales, l’Office divin, qu’elle put passer deux ou trois ans sans dormir. Elle contemplait avec prédilection le mystère de l’annonciation. Elle aimait Marie, la mère de Jésus, Jean-Baptiste, patron de son ordre, saint Pierre, premier pape, saint François d’Assise, le stigmatisé.

Cette Sainte étonnante mourut en 1347. On ignore le jour précis de cette mort, mais on le plaça bientôt au 5 octobre. Malheureusement, ses reliques - comme bien d’autres encore - furent brûlées au moment de la Révolution française.

 

 

Pietro d’Imola

1250-1320

 

Il ne s’agit pas ici du peintre de grotesques et garnitures en stuc, du 16e siècle.

Notre Pietro naquit vers 1250 à Imola, de Giacomo di Antonio, de la noble famille gibeline des Pattarmi, seigneurs de Linaro depuis un siècle alors.

Le nom de Pietro apparaît dans un grand nombre de documents juridiques de l’époque : il fut magistrat et, par exemple en 1299, il est l’artisan d’un accord pacifique entre guelfes et gibelins de Romagne.

En 1311 cependant, les gibelins furent expulsés de Romagne et Pietro se réfugia à Florence, où cependant il ne mit pas de limites à ses activités charitables.

S’étant mis au service des malades de l’hôpital, il se fit admettre dans l’Ordre militaire de Saint-Jean-de-Jérusalem (l’Ordre de Malte).

Il en fut élu Grand Prieur à Rome, puis retourna à Florence, où il s’occupa activement de la petite église Saint-Jacques in Carbolino.

Pietro mourut pieusement, chargé de mérites, le 5 octobre 1320.

Bienheureux Pietro d’Imola est commémoré le 5 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Santo de Cori

† 1392

 

Ce bienheureux Saint (!) est commémoré le 5 octobre au Martyrologe, et serait mort en 1392.

Il est défini comme prêtre de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui prêcha la Parole de Dieu aux foules.

Il était de Cori (Latium, Italie CO).

Il faut reconnaître que cette notice est bien pauvre ; ce qu’on pourra trouver de plus sera le bienvenu.

 

 

Raimondo delle Vigne de Capoue

1330-1399

 

Raimondo naquit à Capoue (Campanie, Italie C) vers 1330, dans la noble famille delle Vigne. Son père fut conseiller de Robert d’Anjou.

Après ses études bolonaises de théologie et de droit, il entra chez les Dominicains, quand il n’avait pas encore vingt ans. Sans doute n’avait-il pas encore achevé le cursus ; il enseigna cependant à Rome et à Bologne et ne sera maître en théologie qu’en 1379.

En 1367, il était prieur à Rome. Il prêcha ensuite et enseigna à Sienne, à Florence. En 1374, il fut nommé régent et lecteur d’Ecriture sainte à Sienne.

A Sienne vivait l’illustre Caterina (v. 29 avril) ; il en devint le directeur spirituel. Ils allaient désormais collaborer à la vie de l’Eglise, en s’entr’aidant aussi sur le chemin de la sainteté.

Il y eut une peste à Sienne en 1374. Tous deux s’employèrent à assister les pestiférés et les prières de Caterina obtinrent la guérison de Raimondo, contaminé à son tour.

L’autre «chantier» fut le rappel du pape d’Avignon à Rome. Caterina lui écrivit (en italien) une lettre, que Raimondo porta et traduisit (en latin) au pape. Quand ce dernier fut revenu à Rome, Caterina suggéra à Raimondo de s’installer à nouveau dans la Ville éternelle, pour rester proche du pape et l’aider ; c’est ainsi qu’il redevint prieur du couvent romain.

Le pape voulut envoyer Raimondo en France, auprès du roi, mais Raimondo craignait les partisans de l’antipape ; il s’arrêta à Gênes, ce dont Caterina ne le félicita pas. 

En 1379, l’année où il fut nommé maître en théologie, Raimondo fut nommé provincial pour la Lombardie. Pendant cette nouvelle période, mourut Caterina (1380) et Raimondo fut élu maître général de l’Ordre dominicain.

Il s’employa à rétablir la discipline originelle, malgré beaucoup de difficultés. Entre 1382 et 1390, Raimondo visita l’Italie, la Hongrie, l’Allemagne ; c’est à Colmar que la réforme fut acceptée en premier.

En 1397, il rétablit la clôture dans le couvent féminin de Rome.

Il s’occupa activement du Tiers-ordre, qu’il glorifia en écrivant la Vie de la tertiaire la plus illustre, Caterina de Sienne. C’est dans cet ouvrage qu’il raconte des anecdotes qu’on ne connaîtrait pas autrement sur elle et sur lui. Un jour qu’elle l’entretenait un peu longuement, elle le reprit : Si je parle de Dieu, ce n’est pas pour les murs, c’est pour toi !

Raimondo écrit lui-même qu’il était faible de santé, et ne pouvait pratiquer les jeûnes de règle ; mais il recherchait la sanctification dans la pratique des vertus.

Evidemment très marial, Raimondo fit introduire la fête de la Visitation dans le calendrier dominicain ; comme tout l’Ordre à cette époque, il n’était pas favorable à l’Immaculée Conception, et les théologiens continuèrent pendant longtemps à se disputer à ce sujet, jusqu’aux apparitions de Lourdes (1858).

Raimondo continua ses visites en Europe.  En 1397 il repartait en Allemagne (Francfort en 1397, Cologne en 1398) et s’éteignit à Nuremberg le 5 octobre 1399.

Il a été béatifié en 1899.

 

 

Gian Francesco Carreri

1420-1470

 

Gian Francesco naquit en 1420 à Mantoue (Italie N), dans l’illustre famille Carreri.

Petit, il ressemblait à un ange par la limpidité de ses traits et sa bonté de cœur, ce qui ne veut pas dire qu’il n’eut pas de tentations, mais il les vainquit avec la grâce de Dieu.

Ce qui le détermina à embrasser la vie religieuse, fut d’entendre les Religieux psalmodier dans l’église. Il entra donc chez les Dominicains, justement à Mantoue.

C’est là qu’il prit le nom de Matteo. La prière, l’étude, la pénitence aussi, furent ses préoccupations essentielles pour se préparer dignement au sacerdoce et à ses missions futures. Parfois le Père Maître devait intervenir pour modérer son ardeur.

Il prêcha beaucoup en Lombardie et en Toscane ; il préparait ses prédications par de longs moments de méditation et de prière ; il réveilla la conscience des gens pour honorer le repos dominical. Il apporta la réforme dans des couvents, en particulier à Soncino.

Capturé par des pirates dans un voyage de Gênes à Pise, il était déjà libéré quand il apprit qu’une femme et sa jeune fille se trouvaient encore parmi les prisonniers. Il s’offrit pour les remplacer. Le corsaire fut si étonné qu’il les laissa partir tous les trois.

Il prédit à Stefania Quinzani (v. 2 janvier) qu’elle serait son héritière, ce qu’on ne pouvait comprendre de la part d’un pauvre religieux, mais qui se vérifia en effet après la mort de Mateo, car Stefania vécut alors la passion du Christ de façon extraordinaire.

Lui-même, peu avant de mourir, eut la grâce de goûter à la Passion du Sauveur en recevant dans le cœur la blessure du Crucifié.

Il se trouvait à Vigevano, lorsque son heure arriva. Il demanda humblement au prieur la permission de mourir. L’ayant obtenue, il mourut le 5 octobre 1470.

De nombreux miracles se produisirent à son tombeau. La ville de Vigevano le prit comme co-patron.

Déjà autorisé à Vigevano en 1482, son culte fut confirmé en 1742.

 

 

John Hewett

?-1588

 

John naquit à York (Yorkshire nord, Angleterre).

A propos de ce même Martyr, on trouve plusieurs orthographes : Hewett ou Hewitt ou Weldon ou aussi Savell. Ce furent peut-être des «noms de combat», comme cela arrive en périodes difficiles ; on a cru parfois qu’il s’agissait de personnages différents, mais des coïncidences de détails ont convaincu les historiens qu’on avait affaire au même Héros.

John, donc, était le fils de William.

Après le Caius College de Cambridge, il rejoignit le Collège anglais de Reims, où l’on sait qu’il reçut les premiers ordres en 1583.

Revenu en Angleterre, arrêté, il en fut banni. Il se retrouva ainsi à Reims en novembre 1585, et reçut le sacerdoce.

Son premier bannissement n’avait pas éteint son ardeur. Sitôt après son ordination, il repassa en Angleterre. Il y fut à nouveau arrêté et on l’envoya, en 1587, en exil aux Pays-Bas. Là, il tomba aux mains du Comte de Leicester… qui l’arrêta et le renvoya en Angleterre pour y être jugé.

En octobre 1588, il fut formellement accusé d’avoir obtenu de Rome un mandat pour pénétrer en Angleterre et y exercer le ministère sacerdotal.

Condamné à mort, on le mena par les rues de Londres jusqu’à Mile’s End Green pour y être exécuté.

Juste avant, il eut encore une discussion avec deux orateurs, dont l’un semble avoir été l’auteur du mandat  en question.

John Hewett mourut en martyr le 5 octobre 1588 (c’est la date retenue au Martyrologe ; on trouve aussi  6 octobre).

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Hartley

?-1588

 

William était né à Wilne (Derbyshire, Angleterre).

Protestant, il étudia au St.John’s College d’Oxford, mais en fut renvoyé à cause de ses prises de position philo-catholiques. Ironie de la situation : le président qui le renvoya s’appelait Tobie Matthew, et son fils, lui aussi Tobie, devint prêtre, jésuite, et mourut à Gand en 1655.

William, donc, vint à Reims, abjura le protestantisme et fut ordonné prêtre.

Retourné en Angleterre en 1580, il fut arrêté l’année suivante et jeté en prison à la Tower de Londres.

Après cinq années de cette prison humide, il fut exilé parmi une vingtaine de prêtres, mais son zèle pour les âmes le ramena dans son pays, où il savait bien que la mort l’attendait.

Une de ses conquêtes fut le capitaine Cripps, bien connu, qui ensuite entra au service du roi d’Espagne.

Arrêté et condamné à mort, William mourut en martyr à Shoreditch (Londres), le 5 octobre 1588, le même jour que Robert Sutton à Clerkenwell et que John Hewett à Mile’s End Green.

A son exécution, assistait sa chère maman, qui montra une joie immense à avoir offert à Dieu son fils.

William Hartley fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Anna Schäffer

1882-1925

 

Anna Schäffer naît à Mindelstetten (Bavière) le 18 février 1882. 

Son père meurt à l’ âge de 40 ans, en 1896, laissant sa famille dans une grande pauvreté. Anne qui aspire à la vie religieuse missionnaire doit d’abord travailler pour constituer son trousseau. Dès l’âge de 14 ans elle est employée de maison, ce qui représente des dangers pour sa vie morale, mais elle peut y échapper grâce à la récitation du Rosaire. 

En 1901 (elle a 18 ans), elle tombe accidentellement les deux pieds dans une bassine de lessive bouillante. Elle doit renoncer à sa vocation missionnaire. Gravement brûlée jusqu’à mi-jambe, elle doit subir plus de 30 opérations et passera le reste de sa vie - 20 années - avec des pansements qu’on se contente de renouveler chaque semaine. Au début, elle ne se résigne pas sans difficulté à son sort. 

Pour échapper aux avanies de son frère buveur, sa mère déménage avec elle dans une petite maison du village. Là elle commence à recevoir des visites dans sa chambrette de malade. Avec une force de caractère peu commune, elle accepte ses souffrances comme une véritable vocation, et fait à Dieu le sacrifice de sa vie. Cela ne s'est pas fait sans luttes, sans tentations de découragement, de désespoir. Mais peu à peu, elle se laisse saisir par la grâce divine, emporter vers les sommets de la contemplation. 

Depuis 1901, elle voit son ange gardien. C'est la première des nombreuses grâces mystiques. Elle le voit d'une beauté indescriptible, qui se tient à sa droite, et elle l'appelle «mon plus fidèle ami». 

Tertiaire de Saint François, elle reçoit, comme lui, les stigmates de la sainte Passion à partir du 4 octobre 1910 (fête de saint François d’Assise), mais elle obtient ensuite la grâce qu’ils deviennent invisibles.

 Elle est soutenue par la communion quotidienne et parfois on la transporte à l’église, jusqu’au jour où même cela devient impossible. Sa vie est une souffrance continuelle qu’elle accueille comme une grâce. Parfois la douleur est si intense qu’elle ne peut même plus parler. «Dans ces moments-là, dit-elle, je pense que mon Père du ciel doit m’aimer particulièrement». 

1914 est l’année d’une étape ultérieure dans l’union intime avec le Christ, par la grâce du mariage spirituel.

 

Elle écrit ses pensées sur douze carnets et entretient de la correspondance. Elle fait aussi de la couture. Son emblème préféré est le Sacré-Cœur dont elle dessine ou coud les flammes en forme d’épis de blé, traduisant ainsi sa dévotion eucharistique. «J’ai trois clefs du paradis, dit-elle : la plus grande est de fer brut et pèse lourd : c’est ma souffrance. La seconde est l’aiguille à coudre, et la troisième est le porte-plume».

Elle s’éteint le 5 octobre 1925 à l’âge de 43 ans. 

Elle a été béatifiée en 1999., et canonisée en 2012. 

 

 

Bartolo Longo

1841-1926

 

Bartolo naquit à Latiano (Brindes, Italie sud) le 11 février 1841 : ce futur apôtre de Notre-Dame de Pompéi est né le jour où apparaîtrait la Sainte Vierge à Lourdes en 1858.

Son père était un riche médecin, sa mère avait une autre richesse : la dévotion mariale.

Brillant, Bartolo commença à seize ans ses études de droit. C’est durant ces années-là qu’il subit l’influence des cercles de spiritisme, et qu’il abandonna toute pratique religieuse. Une question fondamentale le hantait : Jésus-Christ était-il Dieu ? Il interrogeait sans cesse le medium avec angoisse, et n’obtenait jamais de réponses satisfaisantes.

Insatisfait de ces pratiques, un jour qu’il se trouvait à Pompéi, rongé par le désespoir, il entendit une voix qui lui disait : Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. Telle est la promesse de Marie. Celui qui répand le Rosaire sera sauvé.

Un ami eut la sage idée de lui conseiller d’aller trouver un bon prêtre ; la nuit suivante, sa mère lui apparut en songe et lui rappelait tendrement sa dévotion d’avant. Bartolo fut très touché, suivit le conseil de son ami et se confessa. Lui-même écrivit : J’ai expérimenté l’action du démon dans le spiritisme, et c’est par miracle que la Très Sainte Vierge m’en a délivré. 

Lui-même définit le Rosaire la douce chaîne qui nous relie à Dieu.

Pour «réparer» ces erreurs, il voulut travailler au service de la Sainte Vierge, et s’investit dans les œuvres charitables en faveur d’enfants de détenus. Il fonda le sanctuaire de Pompéi, ainsi que la communauté des Filles du Saint-Rosaire, pour le desservir.

Devenu tertiaire de l’Ordre dominicain, il écrivit plusieurs ouvrages, dans l’un desquels on peut trouver la très fameuse Supplique à Notre-Dame de Pompei (1883).

Parvenu à un âge fort avancé, il fit don de tout ce qu’il possédait au Saint-Siège, et s’éteignit dans la plus stricte pauvreté, à l’âge de quatre-vingt quatre ans, le 5 octobre 1926.

Cet apôtre du Rosaire, comme l’appela le pape Jean-Paul II, est cité à cinq reprises dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, du même pape.

Bartolo Longo a été béatifié en 1980.

 

 

Tranquilino Ubiarco Robles

1899-1928

 

Tranquilino naquit le 8 juillet 1899 à Zapotlán el Grande (Jalisco, Mexique). 

A cette époque, se lisait au Martyrologe du 6 juillet l’éloge d’un saint Tranquilinus, martyr romain que l’édition récente n’a pas conservé dans ses pages. 

L’enfance de Tranquilino fut difficile. C’était un enfant naturel ; il avait aussi une sœur, Timotea. Il fut d’abord à l’école de Salvador, puis à l’école primaire, où peu à peu germa en lui l’appel au sacerdoce.

Il entra à dix ans au Petit Séminaire de Zapotlán el Grande et en 1918 à celui de Guadalajara.

Au séminaire, on admira déjà les talents que Dieu avait déposés dans son âme, sa piété et sa bonté.

Quand le séminaire fut fermé et réquisitionné, Tranquilino continua à étudier dans des maisons privées et à assumer des responsabilités pastorales.

En 1920 il fit un voyage à Sinaloa sur invitation de l’évêque. Quand celui-ci mourut, Tranquilino repartit dans son pays puis alla continuer ses études au séminaire de Guadalajara.

Il fut ordonné prêtre en 1923 et se mit au travail avec encore plus d’ardeur, enseignant le catéchisme, organisant des cercles d’études, fondant un périodique de doctrine chrétienne.

Il fut nommé d’abord à Moyahua, à Juchipila, à Zacatecas et à Lagos de Moreno, au plus fort de la lutte entre le pouvoir républicain et l’Eglise. Il désirait le martyre et s’y attendait ; lors d’une retraite qu’il prêchait, il pria ainsi : La toute première grâce que vous devriez demander à Jésus-Sacrement, ici exposé, sera que cette persécution ne finisse pas sans que je donne ma vie pour Jésus-Christ.

Nommé vicaire à Tepatitlán (Jalisco) - avec charge de curé, car ce dernier avait quitté la paroisse -, habillé en paysan ou en ouvrier, il montra un zèle courageux et infatigable pour porter les Sacrements là où les besoins des fidèles l’attendaient. Il ouvrit une «soupe populaire» pour une centaine de pauvres qui se trouvaient à Tepatitlán. Cela dura quinze mois, au milieu de mille dangers.

Il célébrait en cachette l’Eucharistie dans les maisons privées et, au début d’octobre 1928, alla à Guadalajara pour acheter le nécessaire à ces célébrations. Quelqu’un lui fit remarquer que sa paroisse se trouvait en plein dans la zone la plus dangereuse ; il répondit : Je m’en vais dans ma paroisse : je vais voir ce que je peux faire ; si je dois mourir pour le Bon Dieu, qu’Il soit béni.

Très peu après, il célébra l’Eucharistie et un mariage : c’est alors qu’il fut arrêté par quelques soldats, puis le colonel le fit enfermer avec les autres prisonniers ; Tranquilino les invita à prier le chapelet et à se confesser avant de mourir. Deux heures après, un «jugement» le condamna à mort et l’on donna l’ordre d’aller immédiatement le pendre à un arbre, dans un bois en-dehors de la ville.

Avec une grandeur d’âme toute chrétienne, il bénit la corde, instrument de son martyre ; puis, calmement, il s’adressa aux soldats en leur disant que celui qui devait l’exécuter n’était pas coupable ; à ce moment, le soldat chargé d’exécuter l’ordre, refusa de le faire - et allait être fusillé ; Tranquilino lui répéta les paroles du Christ en croix : Aujourd’hui, tu seras avec moi au Paradis (Lc 23:43).

C’était au matin du 5 octobre 1928 : don Tranquilino avait vingt-neuf ans, et cinq de sacerdoce.

Les soldats abandonnèrent le cadavre au pied de l’arbre ; le lendemain, beaucoup de gens voulurent venir le voir là où on put le préparer et l’exposer, puis l’inhumation fut anticipée, pour éviter le tumulte.

Don Tranquilino fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

Le dies natalis de don Tranquilino est au 5 octobre, et la fête commune des Martyrs mexicains est au 21 mai.

Eugenio Andrés Amo

1862-1936

 

Il naquit à Villavedón (Burgos), le 6 septembre 1862. 

A la suite d’un grave accident où un parent fut tué par un coup de pistolet parti par erreur, il gagna l’ermitage de la Vierge de la Piéta à Herrera de Pisuerga (Palencia), et là il se dédia au culte de la Sainte Vierge, vivant de quelques aumônes.

Vers 1896, il s’installa avec une de ses sœurs à Santa María de Aguayo (Cantabria), puis en 1899 se maria.

Il eut une petite fille, qui mourut trois mois après sa naissance. Son épouse mourut aussi peu après. 

Libre des liens de la terre, il se mit au service d’un autre ermitage, la Visitation Sainte-Marie, à Arcellares (Burgos).

En 1909, il demande à être reçu dans l’Ordre des Dominicains, comme tertiaire, à Montesclaros.

A cinquante ans, il commence humblement son noviciat à Salamanque (1912) et fait profession en 1913.

Revenu à Montesclaros, il fit preuve à tout moment d’un esprit large, d’humilité, de piété. Il faisait le sacristain et s’occupait consciencieusement de toutes ses activités. Pendant trente ans il resta là, recueillant les aumônes des pèlerins.

En août 1936, il trouva refuge à Los Carabeos, comme le fr. Victoriano Ibáñez, mais pour ne pas compromettre la famille qui l’hébergeait, il préféra s’en aller.

Il fut arrêté à Navamuel où, après l’avoir insulté et torturé, on le martyrisa, près de l’ermitage du Niño à Sotillo (Cantabria).

C’était en septembre 1936 (ou même plus précisément le 5 octobre), Eugenio venait d’avoir soixante-quatorze ans.

Eugenio Andrés Amo a été béatifié parmi quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols, en 2007.

 

 

Sebastià Segarra Barberá

1894-1936

 

Sebastià vint au monde le 28 mars 1894 à Faterella (Tarragona, Espagne) et fut baptisé le même jour.

Quand il eut cinq ans, la famille se transféra à Alfara dels Ports. 

Plus tard, il étudia au collège de vocations de Tortosa.

En 1918, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre en 1919.

Il enseigna aux séminaires de Cordoue, Jaén, Burgos, Belchite, Tarragona, Murcia, Orihuela, Valencia et Tortosa.

Prisonnier à la tchéka de Barcelona le 24 septembre 1936, il y fut torturé pendant onze jours.

Il reçut la palme du martyre à Les Corts (Barcelone) le 5 octobre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Jesús Delgado de la Fuente

1894-1936

 

Jesús était né le 17 avril 1894 à Mazuelo de Muñó (Burgos, Espagne), un des treize enfants de Nicanor et Gertrudis, de bons chrétiens fidèles, qui le firent baptiser le 22 avril ; il fut confirmé en 1895.

Après l’école communale, il entra en 1907 dans la congrégation des Frères Maristes à Vic et commença le noviciat à San Andrés de Palomar en 1909 : c’est cette année-là que des éléments révolutionnaires mirent le feu à la maison des Frères Maristes, les obligeant à fuir, de sorte que le noviciat fut transféré à Vic, puis Manresa ; c’est là que Jesús, en 1909, reçut l’habit et le nom de Valente José ; un an après il faisait les premiers vœux. Il devait faire la profession solennelle en 1915.

Valente José enseigna à Las Avellanas et en divers collèges, à Madrid, Murcia, Tolède, Valencia et Saragosse.

En 1932, il fit un stage de six mois à Grugliasco (Italie). Il revint à Pamplona (1933), enfin Valencia (1935).

Lors de la révolution de 1936, les supérieurs maristes avaient négocié avec la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI) le transfert des élèves et des Frères maristes en France.

Obéissant au supérieur, le Frère Valente José rejoignit Barcelone avec le Frère Eloy José, dans l’idée de s’embarquer sur le Cabo San Agustín, à destination de la France, mais on les reconnut et on les fusilla, le 5 octobre 1936.

Le martyrologe du diocèse de Barcelone indique qu’ils furent assassinés à la gare Nord de cette ville.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Eloy Rodríguez Gutiérrez

1899-1936

 

Eloy était né le 9 septembre 1899 à Torrepadre (Burgos, Espagne), un des sept enfants de Victorino et Benita, qui le firent baptiser le 13 septembre ; Eloy fut confirmé en 1906.

Il entra en 1911 dans la congrégation des Frères Maristes à Arceniega et commença le noviciat à Las Avellanas en 1914 ; en 1915 il reçut l’habit et le nom de Eloy José ; un an après il faisait les premiers vœux.

Eloy José enseigna à Burgos (1917), Valencia (1919, où il fit la profession perpétuelle en 1921), Cartagena (1928), Valencia (1931).

Bon et habile professeur, le Frère Eloy José savait tenir ses élèves sans élever la voix.

Après avoir dû abandonner la maison de Valencia, il se retrouva à Barcelone avec le Frère Valente José, dans l’idée de s’embarquer à destination de la France, mais on les reconnut et on les fusilla, au soir du 5 octobre 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Helena Kowalska

1905-1938

 

Elle naquit le 25 août 1905 à Głogowiec (Pologne), troisième des dix enfants de Stanisław et Marianna, de modestes agriculteurs.

Elle reçut la Première communion en 1914.

Après seulement trois années d’école, à quinze ans, elle travailla pour aider sa famille. Déjà elle eut une première apparition de Jésus.

Elle-même racontera dans une autobiographie rédigée par obéissance, comment elle vit le Purgatoire, comment son Ange la conduisit jusque dans l’Enfer ; comment Jésus et Marie s’entretinrent avec elle. Elle devait propager la dévotion envers la Miséricorde de Dieu. 

Par deux fois elle exprima son désir d’entrer en religion, mais les parents s’y opposèrent, car ils avaient besoin d’elle à la maison.

Elle partit seule pour Varsovie, frappa à la porte de plusieurs congrégations et fut enfin admise chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, à condition qu’elle pût apporter une «dot», ce qu’elle fit en travaillant encore une année.

Après cette année, à vingt ans, elle entra dans le monastère et prit le nom de Maria Faustyna du Saint-Sacrement. On lui confia la cuisine, le jardin et l’accueil. En 1926, elle commença le noviciat. En 1928, elle fit la première profession, qu’elle renouvellerait ensuite d’année en année, jusqu’à la profession perpétuelle.

A partir de juin 1929, elle fut dans les couvents de Vilnius, Varsovie, Płock.

Elle se trouvait dans la couvent de Płock en 1931, lorsque Jésus lui apparut dans cette position et ce vêtement, qu’elle devait ensuite reproduire et diffuser : Jésus, Roi de la Miséricorde divine, lève la main droite pour bénir, tandis que l’autre main ouvre le vêtement sur la poitrine : il en sort deux grands rayons, l’un rouge, l’autre blanc.

Cette image a désormais fait le tour du monde. Faustyna la diffusa amplement à Cracovie et à Vilnius. Puis, cette quasi-illettrée écrivit un journal intime, publié par la suite avec le titre de Miséricorde divine dans mon âme.

Jésus demanda à travers Faustyna que l’on vénérât l’heure de sa mort, à quinze heures, l’Heure de la Miséricorde : En cette heure, je ne saurais rien refuser à l’âme qui me prie, par ma passion.

C’est à Faustyna aussi, sa secrétaire, que Jésus-Christ demanda l’institution du Dimanche de la Miséricorde, le dimanche après Pâques. 

En outre, sœur Faustyna devait fonder une Congrégation des Sœurs de Jésus Miséricordieux, ainsi qu’un Mouvement apostolique de la Miséricorde Divine, pour les laïcs.

En 1933 elle fit les vœux perpétuels à Cracovie, puis revint à Vilnius jusqu’en 1936, et de là à Cracovie jusqu’à sa mort.

En 1936, Faustyna fut atteinte, croit-on, de tuberculose et fut hospitalisée à Prądnik. A cette époque, on ne pouvait détecter cette maladie. En 1937, elle recouvra la santé mystérieusement, pendant quelque temps. Puis le mal reprit et elle dut cesser de travailler au jardin, restant à la porterie. A partir de juin 1938, elle ne put plus écrire.

Elle mourut le 5 octobre 1938, à trente-trois ans comme le Christ. Elle avait dit à sa famille de ne pas se déplacer pour ses obsèques, pour leur éviter les frais d’un voyage.

Avant d’être béatifiée, Faustyna fut condamnée par le Saint-Office de Rome en 1958 : on avait oublié de considérer que, manquant presque totalement d’instruction, elle avait pu écrire des phrases maladroites, qui furent jugées hérétiques par des théologiens trop empressés. Ce n’est pas là l’unique erreur que commirent les bureaux du Vatican. Mais la dévotion était déjà très répandue, et continua.

Grâce à l’intervention de l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyła - futur pape Jean-Paul II - une nouvelle enquête aboutit non seulement à l’authenticité des révélations à sœur Faustyna, et à la reconnaissance de la dévotion à la Miséricorde divine, mais à la béatification et canonisation de cette Religieuse, et même à une demande, de la part de hautes Autorités de l’Eglise, qu’elle soit proclamée Docteur de l’Eglise.

Sœur Faustyna a été une grande mystique et fut favorisée de dons extraordinaires, comme la bilocation, les stigmates invisibles, la lecture des cœurs, la prophétie, jusqu’au mariage mystique.

En 1993, sœur Faustyna fut béatifiée et, le 30 avril 2000, canonisée en la fête de la Miséricorde divine, justement instituée ce jour-là pour l’Eglise universelle.

C’est grâce à son confesseur, Michał Sopoćko, qu’on dispose de notes écrites par Faustyna sur ses expériences mystiques. L’abbé Michal Sopoćko (1888-1975), qui œuvra tellement pour la diffusion de l’icône de la Miséricore, a été béatifié en 2008. Le pape Jean-Paul II a été à son tour proclamé Bienheureux en 2011, et devrait être canonisé en 2014.

 

Nota. Le Chapelet de la Miséricorde se prie avec un chapelet marial ordinaire : 

- Après le signe de la croix, on dit un Notre Père, un Je vous salue et le Je crois en Dieu ;

- Pour chaque dizaine, on dit sur le gros grain : 

Père Eternel, je t’offre le Corps et le Sang, l’Ame et la Divinité de ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier.

- Et sur les dix petits grains : 

Par sa douloureuse Passion, prends pitié de nous et du monde entier.

- On conclut avec cette prière : 

Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Eternel, prends pitié de nous et du monde entier.

- Un signe de croix et l’Amen terminent la dévotion.

 

 

Marian Skrzypczak

1909-1939

 

Il naquit le 15 avril 1909 à Janowiec Wielkopolski (Pologne).

Après ses études secondaires à Żninie, il entra au séminaire de Gnieźno et fut ordonné prêtre en 1935.

Vicaire à Rogow, curé à Płonkowo, il refusa de quitter la paroisse au moment de l’invasion de la Pologne par les troupes nazies.

Le 5 octobre 1939, des voyous s’introduisirent dans son presbytère et l’insultèrent, l’accusant d’incitation à tuer les Allemands. Ils le frappèrent violemment avec une chaîne, avec les crosses de baïonettes, le firent rouler en bas de l’escalier, le forçant à rejoindre le centre du village.

Quand il parvint, vaille que vaille, à la porte de la sacristie, ils lui tirèrent dessus par trois fois et le laissèrent là.

Le prêtre avait trente ans, et quatre années de sacerdoce.

Les paroissiens le découvrirent et lui assurèrent une sépulture honorable.

L’abbé Marian Skrzypczak a été béatifié en 1999 parmi les cent-huit Martyrs polonais de cette période.

 

 

Alberto Marvelli

1918-1946

 

Alberto naquit le 21 mars 1918 à Ferrare (Italie du nord), second des six enfants de Alfredo Marvelli et Maria Mayr.

Précédemment, les parents étaient à Rovigo, où Alfredo était directeur de la Banque Populaire ; là naquit le frère aîné, Adolfo. A cause de la guerre, la maman alla dans sa famille avec Adolfo, à Ferrare, où naquit bientôt Alberto. Après la guerre, la famille se retrouva à Rovigo, où naîtront Carlo et Raffaello. Puis le travail fit déménager la famille à Rimini, où naquirent Giorgio et Geltrude (dite Gede).

Durant la période fasciste, Alfredo Marvelli ne se plaignit jamais des humiliations que lui réservèrent les fascistes : il pardonnait et restait souriant. On chercha à lui faire perdre son travail, on le mit à la rue malgré ses nombreux enfants… 

Alfredo et Maria donnèrent ainsi à leurs enfants l’exemple d’une vie toute chrétienne et généreuse.

Alberto dut beaucoup à sa chère maman, qui préparait toujours une place pour un pauvre à table. Souvent il se contenta de la moitié de son repas, car, lui expliquait sa mère, «Jésus est venu, et il a faim». 

Enfant vif, en même temps que réservé, souriant, Alberto était sensible aux nécessités des autres.

Alberto apprit ce que signifie le travail, et surtout ce que signifie combattre pour la justice et la vérité évangéliques.

En 1930, la famille s’installa à Rimini, où le jeune adolescent commenàa à fréquenter l’oratoire salésien ainsi que le groupe d’Action catholique de la paroisse. Il comprit de mieux en mieux l’appel à la sainteté : «Mon programme de vie se résume en un mot : saint».

Il pratiqua le sport, qu’il considèra comme un jeu, une détente, dans l’esprit de saint Paul qui écrit :  L’exercice physique est peu utile (1Tm 4:8), mais il affectionna particulièrement sa bicyclette, qui lui sera bientôt d’une grande utilité.

Il fréquenta la Fédération Universitaire Catholique Italienne (FUCI) où son modèle de vie devint Piergiorgio Frassati (voir au 4 juillet).

En 1933, son père décéda prématurément. A partir de ce moment-là, Alberto rédigea un petit journal. L’adolescent de quinze ans écrivit : Je me lèverai le plus tôt possible, dès que le réveil sonnera, je commencerai par une demi-heure de méditation, chaque jour sauf empêchement majeur, et une demi-heure de lecture spirituelle ; j’assisterai à la messe tous les matins et communierai aussi souvent que possible ; je me confesserai une fois chaque semaine et rencontrerai souvent mon directeur spirituel ; je prierai le chapelet chaque jour, ainsi que l’Angelus à midi. Rappelons rapidement ici que l’Angelus est une prière comportant trois versets suivis chacun d’un Ave Maria, et une oraison finale, qui se dit habituellement matin, midi et soir, pour honorer l’Incarnation du Verbe divin et notre salut par sa Mort et sa Résurrection.

A dix-huit ans, il fut élu président de sa section d’Action catholique. A l’université de Bologne, il participa activement aussi à l’organisation de l’Action catholique. Chaque semaine, de retour chez lui, il donnait de petites conférences, il visitait les pauvres, qui étaient sa principale préoccupation.

En 1941 il obtint son diplôme d’ingénieur et travailla quelques mois à la FIAT de Turin, puis il partit pour le service militaire, dont il sera exempté peu après car deux de ses frères étaient déjà engagés. A la caserne, il s’efforça de retrouver des camarades de l’Action catholique pour lesquels il obtint la permission d’aller à la messe le dimanche matin. 

Instructeur et responsable des nouvelles recrues, il arriva à éliminer le blasphème des conversations. Il demanda un jour : Tu serais content si j’allais dire à ton père et à ta mère ce que tu dis au Bon Dieu ? Grâce à son exemple, même des officiers vinrent participer à la messe pour y communier.

De retour à Rimini, il fut vice-président diocésain de l’Action catholique. Il commença à enseigner dans une école secondaire, tout en consacrant son temps libre à ses projets ; il priait, particulièrement lors de ses visites au Saint-Sacrement ; il assistait les malades et les pauvres.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille dut se réfugier à quelques kilomètres de Rimini, pour éviter les raids aériens incessants. Après chaque bombardement, Alberto toutefois se rendait à Rimini, au risque de sa propre vie, pour aider les blessés, les mourants, les sans-abris.

Tout ce qu’il pouvait récupérer (ou acheter de sa bourse), il le donnait aux pauvres : nourriture, vêtements, matelas, couvertures. Tout cela, il le transportait sur sa bicyclette, et rentrait chez lui, parfois, sans chaussures, ou même sans la bicyclette !

Durant l’occupation allemande, il alla jusqu’à ouvrir des wagons scellés de déportés sur le point de partir de la gare de Santarcangelo, évitant ainsi la déportation à beaucoup d’Italiens.

Au terme de la guerre, la famille retrouva sa maison de Rimini en ruines, sans eau et sans électricité. 

Son dévouement n’échappait à personne, on le chargea du bureau du logement, il fut élu conseiller municipal, il s’occupa du Génie civil, il fut membre du bureau de la Démocratie Chrétienne…

En 1945, il fit partie de l’association Ouvriers de Gethsémani, dont il fonda une branche à Rimini. Il fut élu président des Universitaires Catholiques. Il participa aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul pour s’occuper en premier lieu des pauvres et des abandonnés. Pour eux, il institua la Messe des pauvres laquelle, le dimanche, était suivie par un petit repas fraternel, qu’il organisait personnellement.

Tout le monde n’avait pas son idéal, mais tout le monde le respectait et l’admirait, tant il savait être tout à tous. 

Son ascension vers la sainteté était tout son idéal.

Alberto ne s’est pas marié. Il ressentit un profond amour pour une jeune fille qu’il avait rencontrée quand il préparait son baccalauréat. Cette Marilena cependant ne sut ou ne put correspondre à l’amour si profond et si chrétien d’Alberto. Certains crurent qu’Alberto serait devenu prêtre. Mais Dieu en décida autrement.

Le 5 octobre 1946, alors qu’il se rendait à bicyclette à un comité électoral, il fut renversé par un véhicule militaire et mourut quelques heures après.

Alberto Marvelli a été béatifié en 2004.

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 23:00

04 OCTOBRE

 

IV.

S Ammon (Amoun), moine égyptien ; marié contre son gré, il garda la virginité avec son épouse pendant leurs dix-huit années de mariage.

V.

S Petronius, célèbre évêque à Bologne, dont il est le Patron.

VII.

S Quintin, martyr près de Tours, pour avoir refusé les avances de la femme de son maître.

Ste Aure, abbesse d'un monastère fondé par s. Eloi à Paris, morte de la peste.

VIII.

S Madalvé, évêque à Verdun ; il fit reconstruire la cathédrale détruite par un incendie.

XIII.

S François d'Assise, fondateur de plusieurs branches franciscaines dont l'idéal devait était de vivre selon le saint évangile ; il reçut les stigmates.

XIX.

Bx Gim Jong-Gyo Franciscus et Hong Pil-ju Philippus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

B Franz-Xaver Seelos, rédemptoriste bavarois, aîné de douze enfants, actif à New-York, confesseur réputé, béatifié en 2000.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : José Canet Ginet (*1903), près de Valencia, particulièrement zélé pour l'Eucharistie, le Sacré-Cœur et la liturgie ;

Frères Mineurs : Alfredo Pellicer Muñoz (*1914), clerc, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Dominicain : José Gafo Muñiz (*1881), prêtre, à Madrid ;
- béatifiés en 2013 : 
Franciscains : Fulgencio Martínez García (*1911), prêtre, près de Murcia ;
Hospitaliers : Francisco Martínez Granero (Feliciano, *1863), Tomás Barrios Pérez (Cristobal, *1864), José Aloy Doménech (Leandro, *1872), Juan de Francisco Pío (Leopoldo, *1877), Dionisio Ibáñez López (Cruz, *1886), Avelí Martínez de Arenzana Candela (*1899), Juan José Orayen Aizcorbe (*1899), Publio Fernández González (*1908), José Miguel Peñarroya Dolz (*1908), près de Valencia ; 
Filles de la Charité : Martina Vázquez Gordo (*1865), près de Castellón ;
- béatifié en 2017 :
Diocésains : José Ruiz Berruezo (*1901), près d’Almería.

Petronius de Bologne

† 450

 

Le père de Petronius portait lui-même le nom de Petronius. C’était un homme instruit et qui occupa, au début du cinquième siècle, la haute fonction de préfet du prétoire des Gaules. On lui attribue même un traité De l’Ordination de l’Evêque (qui d’ailleurs est peut-être de Petronius fils).

Le fils d’un tel personnage avait devant lui la perspective d’une carrière brillante. Mais au terme de ses études, qui se déroulèrent dans une ambiance toute monastique (peut-être même à Lérins), Petronius embrassa l’état ecclésiastique.

En 431, il fut élu huitième évêque de Bologne.

Un récit bien différent apparut au douzième siècle, faisant de Petronius un parent de l’empereur Théodose II, un percepteur des impôts, envoyé à Rome en mission auprès du pape Célestin qui, après un songe, le consacra évêque pour le siège de Bologne.

Promu évêque, Petronius s’occupa activement et efficacement de sa ville, que les invasions barbares avaient laissée en piteux état. Il en fit agrandir l’enceinte, il fit construire tout un quartier à l’image de Jérusalem avec des églises et une sorte de monastère où il menait la vie commune avec ses clercs.

Petronius mourut en 450, après un épiscopat de dix-neuf ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Petronius de Bologne au 4 octobre.

 

 

Quintin de Meaux

6e siècle

 

Quintin était originaire de Meaux (ou de Paris), d’une famille parisienne.

Il entra au service d’un noble de Tours, un certain Guntrannus (Gontrand), dont l’épouse se nommait Aga.

Cette dernière osa faire des avances au jeune serviteur, comme cela se produisit pour Joseph en Egypte (cf. Ex 39:7…), mais Quintin les refusa énergiquement au nom de la Loi de Dieu : Tu ne commettras pas d’adultère (Ex 20:14).

Furieuse d’avoir été éconduite, Aga fit demander à Quintin d’aller conduire les chevaux auprès de l’Indre, mais ordonna secrètement aux domestiques de le décapiter.

Ayant obéi à Aga, les bourreaux jetèrent la tête du Martyr dans une fontaine, qui devint miraculeuse.

Cette histoire a peut-être reçu quelques ajouts, mais son fond demeure historique, et le culte de Quintin s’est assez répandu, jusqu’à Meaux où reposent ses reliques.

Saint Quintin de Meaux est commémoré le 4 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aure de Paris

600-666

 

Aure était la fille de Maurinus et Quiria et put naître vers le début du 7e siècle.

Lorsque le ministre Eloi, futur évêque s.Eloi (v. 1er  décembre) établit un monastère de vierges à Paris, il réussit à rassembler jusqu’à trois cents personnes de nations diverses, choisies parmi ses servantes ou les nobles franques. A leur tête, il mit Aure. La Règle devait sans doute être celle, très rigoureuse, de s.Colomban (v. 23 novembre).

La date de cette fondation était 633, ce qui exclut qu’Aure pût naître cette année-là, comme on l’a parfois trouvé.

Puis, Eloi édifia un sanctuaire, dédié à l’apôtre s.Paul, qui devait servir de sépulture à ces moniales.

Enfin, il restaura un oratoire qu’il dédia à s.Martial (v. 30 juin), où les moniales venaient chanter l’office divin. Ce qui montre qu’elles n’étaient pas cloîtrées de façon totale, car cette loi n’était pas encore en vigueur.

S.Eloi mourut en 660. Sept ans plus tard, une terrible peste ravageait Paris. A ce moment-là, il apparut à un jeune homme qui priait à Saint-Martial, lui enjoignant d’aller dire à Aure qu’il l’attendait. Ce gentil «stratagème» de s.Eloi permettait d’avoir un témoin de cet épisode, sinon Aure n’en aurait pas parlé.

Aure comprit que son heure allait sonner. Elle-même, et quelque cent-soixante moniales moururent en effet de la peste, le 3 (ou le 4) octobre 666. Elles furent enterrées à Saint-Paul.

Quelques années plus tard, on transféra le corps d’Aure à Saint-Martial, qui reçut alors le nom de Saint-Eloi-et-Sainte Aure.

C’est durant la période de la Révolution que disparurent et l’église Saint-Paul et le monastère Saint-Eloi-et-Sainte-Aure.

Sainte Aure  est commémorée le 4 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Francesco Bernardone d’Assise

1181-1226

 

Ce ne sont pas les biographies qui manquent sur le Fondateur des Franciscains, et l’on ne va pas ici trouver d’éléments vraiment inconnus sur le Saint Stigmatisé d’Assise.

Il naquit en 1181 ou 1182 à Assise (Ombrie, Italie centrale) de Pietro Bernardone et de Joanna Pica de Bourlémont. Pietro était veuf et venait de se remarier avec Joanna, une pieuse femme d’origine provençale ; c’était un riche négociant en étoffes et se trouvait en France au moment de la naissance de son fils. Joanna fit baptiser son fils avec le nom de Giovanni (Jean) ; de retour de France, Pietro voulut honorer et Joanna et la France (où il avait fait de belles affaires), et ajouta au prénom de Giovanni celui de Francesco (le Français), celui sous lequel il est connu dans le monde entier.

Le petit garçon était l’avenir du commerce de son père. Il devait être instruit, apprendre le latin et le français (pour servir d’interprète) : il fréquenta l’école des chanoines à Assise et, à quatorze ans, fut inscrit dans la corporation des marchands.

Son adolescence fut assez joyeuse et bruyante, avec ses camarades. Mais aussi, il fut enrôlé dans les factions d’Assise contre Pérouse, et fut fait prisonnier en 1202. Racheté par son père, mais malade (peut-être de tuberculose), il resta quasi immobilisé pendants deux années. La grâce le fit réfléchir.

1204 est l’année de sa conversion : tandis qu’il s’apprêtait à reprendre les armes à Spolète, un songe l’induisit à revenir chez lui, et s’il parla de mariage, c’était pour épouser Dame Pauvreté.

Il priait, il fréquentait les chapelles. En 1205, il entendit le Crucifix de San Damiano lui dire : Va, répare mon église en ruines. Croyant devoir reconstruire cette chapelle en ruines, il vendit des marchandises de son père, qui lui en réclama le remboursement et même l’assigna en justice. Il se cacha quelques jours, et on le traita de fou. Il se réclama de la justice ecclésiastique et, devant l’évêque et toute la ville rassemblée, jeta aux pieds de son père ses beaux habits. L’évêque alors le couvrit de son ample manteau et, ainsi, le mit sous la protection de l’Eglise.

Puis il alla restaurer la chapelle de ses mains.

Son idéal devait être de prendre l’Evangile à la lettre : Ne vous procurez ni or ni argent, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures ni bâton (Mt 10:5).

Avec ses premiers compagnons, il vécut dans des abris de fortune près d’Assise. C’étaient les pénitents d’Assise.

Le pape, qui eut un songe prémonitoire, leur donna une première approbation en 1209 ou 1210 : ils étaient autorisés à prêcher à l’église.

Une des premières conquêtes importantes de Francesco, fut Chiara di Offreduccio, que nous appelons communément Claire d’Assise. Ce fut en 1212 qu’elle reçut la bure des mains de Francesco, et la tonsure ! ce qui suscita dans la famille une réaction assez violente, mais heureusement éphémère.

On rapporte, sans en donner l’année, comment Francesco s’avança au-devant d’un loup qui terrorisait les habitants de Gubbio, et avec lequel il fit un pacte d’amitié.

Cette même année 1212, il tenta un voyage en Terre Sainte, pour y prêcher et y recevoir le martyre, qu’il désirait tant. Mais il dut revenir en Italie. Autre essai en 1214, pour le Maroc, puis en 1219 en Egypte et en Palestine : au lieu du martyre, il reçut le respect des Musulmans, édifiés par sa simplicité évangélique.

Durant son absence, un chapitre se réunit et prit des décisions nouvelles, encourageant les études (que proscrivait Francesco), renforçant les austérités : Francesco, informé, recourut au pape pour obtenir un «protecteur», qui fut Ugolino, le futur Grégoire IX. Désormais, il laissera le gouvernement de son Ordre à Pietro de Catane, puis Elia d’Assise.

Cette même année, 1222, il créera le Tiers-Ordre, pour les laïcs.

En 1223, Francesco eut l’idée de la représentation vivante de la Nativité, dans une grotte à Greccio, à l’origine de notre habituelle crêche de Noël : le fait est aujourd’hui contesté par certains, car les «Mystères» existaient depuis longtemps. De cette année aussi date une rédaction plus élaborée de la Règle franciscaine, par les soins de Francesco.

En 1224, vers la fin d’un long «carême» qui précédait la fête de saint Michel (29 septembre), Francesco reçut les stigmates de la passion du Christ. Francesco, qui n’était que diacre (car son humilité lui avait fait refuser le sacerdoce), ressemblait ainsi à Notre-Seigneur, par les plaies saignantes qu’il portait aux mains, aux pieds et au côté. Par la suite, souvent souffrant, il se retira auprès de la chapelle des Clarisses (San Damiano), et rédigea son fameux Cantique des Créatures, en italien, premier document historique en italien moderne.

Les derniers temps de sa vie terrestre, Francesco voulut être étendu à terre. Il perdit la vue. Aucune laïque ne pouvait l’approcher, mais quand se présenta une pieuse femme romaine, Jacomina (Jacqueline), Francesco demanda de laisser entrer Frère Jacomina, confirmant ainsi qu’il faut savoir parfois enfreindre une loi pour respecter la Charité.

Cette Jacomina, veuve Frangipane, est à l’origine, croit-on, de la si délicieuse galette du même nom.

Francesco mourut, dit-on, le 3 octobre 1226 et fut très rapidement canonisé, en 1228. Sa fête fut invariablement célébrée le 4 octobre.

On lui doit l’habitude de sonner les cloches pour la prière de l’Angelus. Francesco est en outre devenu le patron des louveteaux, qui doivent apprendre à reconnaître la présence de Dieu dans la création et à la respecter. De là, il est devenu le Patron des écologistes, ainsi que des animaux, et la journée du 4 octobre a été proclamée Journée mondiale des animaux.

C’est en référence à la simplicité de ce Saint que le pape prit le nom de Francesco en 2013.

 

 

Gim Jong-Gyo Franciscus

1754-1801

 

Gim Jong-Gyo Franciscus est un laïc coréen né en 1754 à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 4 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Hong Pil-ju Philippus

1774-1801

 

Hong Pil-ju Philippus est un laïc coréen né en 1774 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do) le 4 octobre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Franz Xaver Seelos

1819-1867

 

Né le 11 janvier 1819 à Füßen (Bavière sud, Allemagne), Franz Xaver était le sixième enfant  du sacristain de Saint-Mang, lui-même prénommé Mang, et de Franziska Schwarzenbach, qui eurent douze enfants. Le papa était marchand d’étoffes.

Franz fut baptisé le jour-même de sa naissance. Après ses études à l’école primaire de Füßen, il alla au lycée des Bénédictins Saint-Stéphane de Augsburg, où il obtint le baccalauréat.

A partir de 1839, il fréquenta la faculté de philosophie à l’université de München (Munich).

Après peu de temps au séminaire diocésain, il entra chez les pères Rédemptoristes et, en 1843, partit pour les Etats-Unis pour y faire le noviciat à Maryland.

En 1844, il fut ordonné prêtre. 

Il fut d’abord à la cure de Sainte-Philomène à Pittsburgh (Pennsylvanie), où il fut vicaire de Johannes Nepomuk Neumann (futur saint, voir au 5 janvier) ; il y fut successivement supérieur, maître des novices et curé.

En 1854, il fut transféré à Baltimore et, en 1857, à Cumberland, où il fut confesseur : il restait plusieurs heures chaque jour dans le confessionnal.

Lui-même écrivit qu’il confessait en allemand, en anglais, en français, aussi bien les Noirs que les Blancs.

En retour, ceux-ci le décrivaient comme toujours souriant, avec un grand cœur toujours ouvert aux nécessiteux. Déjà on lui attribuait des grâces, des guérisons, dues à sa prière. On disait qu’il lisait dans les cœurs.

En 1860, il fut même préconisé pour succéder à l’évêque, mais il supplia le pape de lui épargner cette charge et fut bien content d’apprendre qu’un autre prêtre avait été choisi.

En 1862, il fut à Annapolis comme pasteur et préfet des études.

En 1863, il obtint du président Lincoln que les jeunes de la Congrégation fussent exemptés de toute activité belliqueuse.

Un confrère du père Seelos en vint tout de même à l’ «accuser» d’être trop lâche avec les jeunes, pas assez sévère. Il fut donc relevé de sa charge de préfet et parcourut une dizaine d’états, prêchant des missions populaires en anglais et en allemand pour, finalement, être nommé curé à Detroit, puis New Orléans.

Il ne devait pas y être longtemps actif. Après avoir rendu visite à des malades, il fut gagné par la fièvre jaune en septembre 1867, et s’éteignit à la lumière de ce monde le 4 octobre 1867.

Franz Xaver Seelos fut béatifié en 2000.

 

 

Francisco Martínez Granero

1863-1936

 

Francisco vit le jour le 23 janvier 1863 à Taberno (Almería, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, prit le nom de Feliciano et fit la profession solennelle en 1928.

Toute sa vie religieuse passa à Valencia comme quêteur, parcourant à pied ou à cheval les villages alentour jusqu’en Aragon et au Pays Basque.

Il tomba un jour de son cheval et se cassa une jambe, d’où il resta boîteux par la suite. Tout le monde connaissait et estimait le bon Frère Boîteux.

Quand la maison fut envahie par les communistes, il se réfugia avec deux prêtres dans un coin retiré où ils prièrent.

Frère Feliciano, doyen de la communauté de La Malvarrosa (Valencia), fut martyrisé avec ses Confrères le 4 octobre 1936, fête de son Patron de baptême, saint François.

Après sa mort, des anarchistes demandèrent si on avait aussi tué le boîteux, s’étonnant qu’il y eût de pareilles canailles. 

Frère Feliciano fut béatifié en 2013.

 

 

Tomás Barrios Pérez

1864-1936

 

Tomás vit le jour le 25 décembre 1864 à Palencia (Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Cristobal.

Il fit la profession solennelle en 1893.

A La Malvarrosa (Valencia) où il se trouvait en 1936, il était le veilleur de nuit. C’était un des plus âgés de la communauté.

Frère Cristobal fut martyrisé le 4 octobre 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Martina Vázquez Gordo

1865-1936

 

Martina vit le jour le 30 janvier 1865 à Cuéllar (Ségovie, Espagne), de Zacarías et Antonia, qui eurent huit enfants. Ils tenaient une boulangerie-pâtisserie.

Serviable et charmante, elle eut un fiancé, que toutefois le curé lui déconseillait. Sur ces entrefaites, le papa fit une chute de cheval et fut soigné à l’hôpital de Valladolid, tenu par les Filles de la Charité. C’est ainsi que Martina les connut et comprit que là était l’appel du Seigneur.

Mais à ce moment, le papa était veuf, et avait besoin de son aînée pour s’occuper des deux garçons et des trois filles (deux autres étant morts très jeunes). Martina attendit.

Tandis qu’une de ses sœurs entrait au monastère des Conceptionnistes, elle put enfin vaincre l’opposition de son père et entra, à trente ans, chez les Sœurs Vincentiennes, ou Filles de la Charité.

Elle entra au noviciat en 1895. Puis elle fut envoyée dans les maisons de Madrid et Zamora. Elle eut des difficultés au début, jusqu’à douter de sa vocation. On lui confia la lingerie et la cuisine, choses qu’elle ne connaissait pas (pas suffisamment du moins, malgré l’expérience familiale). Mais elle sut vaincre la tentation, et resta douze années à Zamora, où elle fut même nommée Supérieure du nouveau collège.

Une anectode est ici à relever. Les familles de Zamora hésitaient à envoyer leurs enfants dans ce collège, le jugeant de catégorie inférieure. Il se trouva que Sœur Martina passa près de gens qui jouaient dans le petit casino local ; on l’invita avec ce défi : Si vous gagnez, on met nos enfants chez vous. Dieu fit qu’elle gagna en effet, et que les langues parlèrent d’elle… et que le collège se remplit.

En 1914, elle fut nommée Supérieure à Segorbe (Castellón), une maison qu’elle renouvela entièrement. Elle ouvrit aussi un foyer pour enfants mal nourris, qu’elle appela La Goutte de Lait, ainsi qu’un petit dispensaire pour jeunes mamans, et un foyer pour ce qu’on appellerait aujourd’hui des SDF, pour lesquels elle cherchait un travail. Enfin, avec l’appui du maire, elle fonda une Association Charitable locale, pour soutenir l’hôpital des vieillards. 

Elle même donnait des cours de couture, de culture générale, de doctrine chrétienne.

En 1918, elle fut assistante-conseillère provinciale ; en 1923, responsable des quarante-deux Filles de la Charité envoyées à Melilla (Maroc) pour soigner les nombreux soldats blessés.

Ne disposant pas de place suffisante, elle téléphona au Ministre de la Guerre pour obtenir les lieux du casino local : il la nomma Capitaine Général, et elle put ainsi commander aux chefs militaires de transformer ce casino en hôpital. 

Au terme de la guerre, un chef musulman lui offrit une belle pièce de soie pour coudre un manteau à la Vierge du Cuellar, son pays natal.

En 1926, sœur Martine revint à Segorbe. Elle déposa sa charge de Supérieure en 1933, tout en continuant de travailler.

Arrivèrent ainsi les agitations de 1936.

Le 25 juillet, sœur Martine invita la communauté à consommer les Hosties du Tabernacle.

Le 26 juillet 1936, les Religieuses furent expulsées de leur établissement et contraintes de loger dans une maison en ruines, où on les enferma à clef. Les gens leur passaient de la nourriture par les fenêtres. Elles y restèrent jusqu’au 3 octobre.

Ce jour-là, elles purent, par écrit et par signes, se confesser à un prêtre qui vivait tout près clandestinement.

Le 4 octobre 1936, au soir, Martina fut enlevée dans un camion, le camion de la promenade comme l’appelaient les miliciens. Une fois à Algar de Palancia (Castellón), elle leur dit : Puisque vous allez me tuer, ce n’est pas la peine d’aller plus loin. Il la firent descendre ; elle leur demanda un instant ; ils -voulaient lui tirer de dos, mais elle : Mourir en tournant le dos, c’est pour les poltrons ; moi, je veux mourir comme le Christ, et pardonner comme Il l’a fait.

Elle s’agenouilla, pria, sortit un flacon d’eau bénite pour se signer, baisa son crucifix ; elle leur dit : Si je vous ai fait de la peine, pardonnez-moi ; si vous me tuez, je vous pardonne. Elle ajouta : Je crois aux paroles de Jésus-Christ : Celui qui me confessera devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi devant mon Père.

Elle reçut les premières balles, sur la figure et au crâne. Encore consciente, elle cria : Mon Dieu, fais-moi miséricorde.

Ceux qui tirèrent sur elle avaient été nourris dans le petit foyer qu’elle avait fondé.

Elle fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes assassinées en d’autres lieux en 1936.

 

 

José Aloy Doménech

1872-1936

 

José vit le jour le 16 novembre 1872 à Bétera (Valencia, Espagne).

Il entra en 1896 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Leandro.

Il avait fait la profession solennelle en 1903 et se trouvait en 1936 à La Malvarrosa (Valencia) après être passé par les maisons de Carabanchel et Ciempozuelos.

Frère Leandro conserva jusqu’au bout ses habitudes dévotionnelles, même quand la maison fut occupée par les communistes à partir du mois de juillet. En général, ces derniers respectaient les Religieux, qui s’occupaient bien du sanatorium et surtout leur faisaient une bonne cuisine. 

Mais un jour, l’un d’eux surprit le Frère Leandro en train de «lire» quelque chose dans le chœur de la chapelle, qui avait été complètement démantelée et abandonnée. Il lui demandait ce qu’il y faisait ; Leandro répondit qu’il priait ; l’autre devint furieux et fit le geste de sortir son pistolet pour l’abattre et Leandro lui dit calmement : Si vous me tuez, ç’aura été parce que je vous ai dit la vérité. 

Le Frère fut martyrisé avec les autres le 4 octobre 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Juan de Francisco Pío

1877-1936

 

Juan vit le jour le 3 août 1877 à Caravaca (Murcia, Espagne).

Il entra en 1915 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Leopoldo.

Il fit la profession solennelle en 1923 et passa par les communautés de Carabanchel Alto, Barcelone, Sant Boi, Calafell, chargé de demander l’aumône pour entretenir les malades et les Frères qui s’en occupaient.

En 1936, il se trouvait dans la communauté de La Malvarrosa (Valencia).

Il souffrit beaucoup des événements de l’été 1936, de l’assassinat du Supérieur, et même son comportement s’en ressentait.

Frère Leopoldo fut martyrisé le 4 octobre 1936. Il tomba en criant encore Vive le Christ Roi ! 

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Gafo Muñiz

1881-1936

 

José Gafo Muñiz fut un prêtre dominicain espagnol, très actif dans la politique de son pays.

Il naquit le 20 octobre 1881 à Tiós (Campomanes, Asturies, Espagne), de Carlos Gafo Cachero et de María Muñiz, et fut baptisé le lendemain.

Dans son enfance, il gardait les brebis et fit vite preuve d’une vive intelligence.

Il entra à l’Ecole Apostolique dominicaine de Corias (Cangas del Narcea), où il fit profession en 1897. Il étudia la philosophie et la théologie à Salamanque, et fut ordonné prêtre en 1905. Toute sa vie allait se dépenser en faveur des ouvriers.

Il fut professeur d’Histoire ecclésiastique, d’Ethique et de Droit à Vergara (Guipúzcoa), de 1907 à 1911.

En 1912 il participa à la création du Syndicat Ferroviaire de Madrid et, en 1913, fonda le premier Centre des Syndicats Libres. 

Il fut rédacteur à Science Thomiste, prédicateur et conférencier.

Il fut recteur du collège de Oviedo (1918-1921).

Discrètement, il parcourut toute l’Espagne pour observer les conditions de vie des ouvriers.

Au printemps 1923, il vint à Barcelone pour rencontrer Ramón Sales, secrétaire des «Syndicats Libres» (Sindacatos Libres), et promouvoir l’union entre les Syndicats Catholiques-Libres du nord de l’Espagne avec ceux de Barcelone. Ceci aboutit en fin d’année à la Confédération des Syndicats Libres d’Espagne (Pampelune).

José fut membre du Conseil du Travail sous Primo de Rivera, dont il fut éloigné lors de la proclamation de la 2e République (1931), et il appuya le coup d’état du général José Sanjurjo (1932), année où il subit un premier emprisonnement à Ocaña ; il en profita pour exercer une grande activité en faveur des détenus.

Aux élections de 1933, il fut élu député de Navarre dans le bloc des Droites, et en 1934 il signait le manifeste du Bloc National, inspiré par José Calvo Sotelo, se déclarant ouvertement en faveur d’une action extra-parlementaire, appuyée par l’extrême droite traditionaliste.

En 1936, en l’absence du supérieur du couvent San Domingo el Real (Madrid), il en assuma la fonction et comme tel se dépensa pour mettre en sûreté ses Confrères ainsi que les Dominicaines voisines. Puis il trouva refuge dans une pension proche, pendant une vingtaine de jours.

Il avait une confiance très grande dans les classes populaires, surtout ouvrières. 

Il fut arrêté en août 1936, pour avoir commis le délit d’être prêtre, mis en prison, puis relâché le 4 octobre suivant aux cris de «Père Gafo, en liberté». Mais à peine «libéré», à la sortie de la prison de Madrid, il fut assassiné.

Il a été reconnu comme Martyr de sa foi, et béatifié parmi les quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

Le Martyrologe le commémore le 4 octobre.

 

 

Dionisio Ibáñez López

1886-1936

 

Dionisio Antero vit le jour le 3 janvier 1886 à Sabíñan (Saragosse, Espagne), de Francisco et Petra, qui le firent baptiser dès le lendemain. 

Dionisio était le neuvième des treize enfants de ce couple chrétien.

Il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu avec le nom de Cruz (Croix) et fit la profession solennelle en 1917, à Carabanchel Alto (Madrid).

En 1936, il se trouvait au sanatorium de La Malvarrosa (Valencia), qui fut envahi par les communistes dès juillet. Mais les communistes protégeaient les Religieux, qui étaient bons et s’occupaient bien des malades (et leur faisaient une bonne cuisine) ; en cela, ils étaient opposés à ceux des Forces Anarchiques Ibériques.

Ces derniers pénétrèrent dans l’établissement la nuit du 3 au 4 octobre, allèrent réveiller les neuf Religieux, leur firent subir un vague interrogatoire et les firent monter en camions. Arrivés sur la plage, proche du sanatorium, ils les firent descendre et s’en prirent plus particulièrement au Frère Cruz, qu’ils cherchèrent à violer. Le Frère se défendit. Ils l’abattirent et lui détruisirent totalement la tête à coups de feu, avant de profaner son corps. Les neuf corps restèrent là étendus sur la plage jusqu’au lendemain.

Frère Cruz fut martyrisé le 4 octobre 1936 et fut béatifié en 2013.

Avelí Martínez de Arenzana Candela

1899-1936

 

Avelí vit le jour le 10 janvier 1899 à Barcelone (Espagne).

Avant d’être Religieux, il s’occupa de sa mère malade et des pauvres dans la rue.

Il entra assez tard, en 1934, dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Sant Boi et n’avait que deux années de vie religieuse en 1936.

Après Sant Boi et Calafell, il se trouvait à La Malvarrosa, où il travaillait discrètement et humblement, sans parler.

Sans parler non plus, il suivit ses Confrères et fut martyrisé le 4 octobre 1936 sur la plage de La Malvarrosa (Valencia). En tombant, il cria Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Juan José Orayen Aizcorbe

1899-1936

 

Juan José vit le jour le 11 mars 1899 à Osacar (Navarre, Espagne).

Il entra en 1926 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et fit la profession solennelle en 1931.

Il fut infirmier et quêteur à Ciempozuelos, Carabanchel Alto et Valencia.

Lui aussi se trouvait dans la communauté de La Malvarrosa (Valencia), où les communistes tentèrent de sauver les Religieux, contre la volonté de ceux de la FAI (Forces Anarchiques Ibériques).

Il fut martyrisé le 4 octobre 1936 à La Malvarrosa (Valencia). Il tomba en criant encore : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Ruiz Berruezo
1901-1936

Né le 18 février 1901 à Vera (Almería), il fut baptisé six jours plus tard. Le prêtre qui le baptisa - Alfredo Almunia López, v. 18 octobre - eut l’inspiration, ce jour-là, de «prophétiser» que ce petit garçon serait prêtre. On va voir comment se réalisa cette prédiction.

Les parents tenaient un magasin de chapeaux. Ils éduquèrent saintement leurs deux enfants, Manuel et José.

Le Vendredi Saint de 1904, le petit José - qui avait trois ans - se mit à pleurer et demanda un mouchoir pour aller essuyer le sang de Jésus. Plus tard, quand on ne le voyait pas à la maison, il suffisait d’aller à l’église, où on le trouvait en contemplation.

En 1914, il entra au Petit séminaire d’Almería, puis passa au Grand et fut ordonné prêtre en 1925.

Devant accomplir le service militaire, il fut nommé aumônier et partit au Maroc. De retour en 1931, il fut nommé curé de Polopos, puis Líjar (1935).

L’été 1936, il prenait un peu de vacances à Vera dans sa famille, lorsqu’il fut détenu une première fois, puis relâché. On l’arrêta à nouveau le 8 août. La famille tenta d’intervenir, mais la réponse du gouverneur aux miliciens fut : Faites de lui ce que vous voulez, c’est un curé. On l’obligea à travailler dans les rues du pays, en le maltraitant, en le fouettant pour faire rire les passants. Jamais le Prêtre ne se plaignit.

Au petit matin du 4 octobre 1936, on l’attacha pour le conduire sur la route de Vera à Garrucha. Il se mit à genoux et bénit ses bourreaux. Ces derniers, cependant, ne surent pas viser juste ; avec une lame de couteau, ils s’amusèrent alors à lui écorcher la peau du crâne à l’endroit de la tonsure ecclésiastique. Le Prêtre leur demanda encore une grâce : de ne rien dire à sa mère. Pour l’achever, ils lui enfoncèrent le crâne avec une grosse pierre.

Béatifié en 2017, José Ruiz Berruezo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 4 octobre.

 

 

José Canet Ginet

1903-1936

 

Né le 24 août 1903, il était de Bellreguart (Valencia, Espagne), comme le père Enrique Morant Pellicer (voir au 3 octobre).

On trouve peu de détails sur sa famille et sa vie.

Il fréquenta le petit et le grand séminaires, et fut ordonné prêtre en 1930.

Il fut nommé aux paroisses de Catamarruch et Margarida (Alicante), où il laissa une réputation de bon prêtre, zélé, pieux, pauvre, fervent catéchiste et dévot du Sacré-Cœur autant que de la Sainte Vierge.

Lors de la révolution de 1936, il vint habiter dans la maison de sa famille, mais les miliciens vinrent l’y chercher, le 4 octobre 1936, uniquement pour aller le fusiller à La Pedrera de Gandía (Valencia). Il avait trente-trois ans, l’âge du Christ.

Don José Canet Ginet fut béatifié en 2001.

 

 

Publio Fernández González

1908-1936

 

Publio (ou Pluvio) vit le jour le 24 mai 1908 à Otero de las Dueñas (León, Espagne).

Il entra en 1933 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et n’eut le temps que de faire la première profession, en 1934.

Sa charge était particulièrement de demander l’aumône et de soigner les malades. 

En juillet 1936, il se trouvait dans le sanatorium de La Malvarrosa (Valencia), où même les communistes qui avaient envahi la maison tentèrent de le sauver, à cause du bien qui se faisait par ces Religieux. En particulier, le Frère servait humblement à manger à ces communistes, en bon frère au service des autres.

Publio fut martyrisé le 4 octobre 1936 à La Malvarrosa, tandis qu’il criait encore Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Miguel Peñarroya Dolz

1908-1936

 

José Miguel vit le jour le 3 novembre 1908 à Forcall (Castellón, Espagne).

Il entra en 1908 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos et fit la profession temporaire en 1932.

En octobre 1936, il se trouvait encore dans la communauté de La Malvarrosa, envahie par les communistes, où il travaillait à la cuisine, égrenant son chapelet quand il avait un peu de temps libre.

Il s’ingénia à cacher et à sauver le plus d’objets religieux qu’il put, au risque de s’attirer la malveillance des communistes.

Ce qui lui fit le plus de peine fut d’être contraint de faire brûler lui-même des images et des statues qu’auparavant il mettait tant d’amour à orner. 

Quand sa famille chercha à le faire revenir pour le protéger, il préféra rester là pour soigner les malades, même si c’était là un motif de le tuer : Si cela doit m’arriver, que ce soit avec les malades. Il regrettait aussi de n’avoir pas été martyrisé en même temps que son Supérieur (voir Ramón Rosell Laboria, au 11 août). 

Son tour arriva quand les communistes embarquèrent les neuf Religieux qui restaient pour les fusiller sur la plage.

En tombant, le Frère José Miguel cria encore : Vive la Mère de Dieu ! Vive le Christ Roi ! (en catalan : ¡Viva la Mare de Deu! ¡Viva Cristo Rey!)

Il fut martyrisé le 4 octobre 1936 à La Malvarrosa (Valencia) et béatifié en 2013.

 

 

Fulgencio Martínez García

1911-1936

 

Il vit le jour le 14 août 1911 à Ribera de Molina (Murcia, Espagne), premier enfant de Fulgencio et Emérita, qui le firent baptiser le jour même, en le consacrant aussi à Notre-Dame de l’Assomption. Il fut confirmé et reçut la Première communion en 1919.

Dès l’âge de cinq ans, il affirma vouloir être prêtre. Déjà il avait un oncle prêtre.

Il entra au Petit séminaire de Murcia, et s’inscrivit dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1933, il fit le service militaire, une épreuve difficile en ces temps-là, à cause de l’ambiance antireligieuse très diffuse.

En 1935, Il fut ordonné prêtre.

Il fut nommé à la paroisse de La Paca, qui devait être son unique poste.

Le 18 juillet 1936, il fut arrêté parmi tant d’autres prêtres, et conduit à la prison de Lorca comme prisonnier politique.

Le 28 septembre suivant, il fut transféré à Murcia, où sa prison fut l’église San Juan. 

Le vendredi 2 octobre, il passa en «jugement» et fut condamné à mort. L’accusation était qu’il aurait prononcé cette phrase : Le gouvernement des traîtres est tombé. En réalité, son crime était d’être prêtre.

Il écrivit un petit mot à ses parents, le 4 octobre, fête de saint François d’Assise : Ne soyez pas en peine à cause de ma mort, car je me sens très honoré de mourir pour la cause du Christ. Je vais vers la mort joyeux et content ; j’offre cette mort en réparation de mes péchés et pour que finisse bientôt le deuil qui met en sang l’Espagne. Que ce sang versé soit une semence de bons chrétiens pour la régénération spirituelle de la patrie.

Ce même 4 octobre 1936, on le conduisit au champ de tir de Espinardo (Murcia). Don Fulgencio refusa d’avoir les yeux bandés et cria juste avant de mourir : Vive le Christ Roi et vive l’Espagne catho… Il tomba sans achever sa phrase.

Le père Fulgencio fut béatifié en 2013.

 

 

Jaime Pellicer Muñoz

1914-1936

 

Il vit le jour le 10 avril 1914 à Bellreguart (Valencia, Espagne), un des six enfants de Francisco Vicente et Erundina, des parents très chrétiens, et reçut le nom de Jaime au baptême, le 14 avril suivant.

Après l’école du village, il entra au séminaire des Franciscains de Benissa (Alicante).

En 1930, il alla au monastère de Gilet (Valencia), où il reçut l’habit franciscain, et le nom de Alfredo.

Le jeune novice connut un moment de crise. Il faillit quitter. Mais c’est le noviciat lui-même qui fut momentanément interrompu à cause des mouvements républicains de 1931, et les novices furent d’abord envoyés chez eux, puis rappelés un mois plus tard. Alfredo surmonta la tempête, fit son noviciat à Pego (Alicante), et la première profession en septembre 1931.

Il fit ensuite les études de philosophie et une année de théologie à Onteniente.

Ses condisciples le connurent comme un frère joyeux, cordial, optimiste, respectueux de tous, fortement convaincu de sa foi et de sa vocation.

L’année 1936 était pleine de mauvaises nouvelles, mais il y en eut une bonne : la profession solennelle d’Alfredo, qui eut lieu le 5 juillet.

Ensuite, le 21 juillet, toute la communauté reçut l’ordre de se disperser. Alfredo s’en retourna chez ses parents, qui lui proposèrent alors de préparer le Magistère, pour être maître d’école. Mais il n’en était pas question pour ce Religieux franciscain qui se préparait au sacerdoce.

Deux mois passèrent, assez tranquillement. Le 3 octobre, Alfredo pria ses parents de réunir les six frères et sœurs (et les maris de celles-ci) le lendemain dimanche, pour fêter saint François d’Assise.

Précisément on vint l’arrêter peu avant l’heure du repas, le 4 octobre 1936. Un milicien vint demander qui était le curé qui avait chanté la messe. La famille répondit qu’il n’y en avait pas, mais Alfredo se désigna spontanément comme Frère. Conduit au Comité, il refusa franchement les propositions alléchantes qu’on lui fit, s’il acceptait de renier sa foi.

L’après-midi, on l’emmena vers quinze heures - l’heure de la mort du Christ - au lieu-dit La Pedrera, non loin de Gandía, sur la route de Valencia, où il fut fusillé.

Frère Jaime-Alfredo avait vingt-deux ans, et trois mois de profession. Il fut béatifié en 2001.

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 23:00

03 OCTOBRE

 

I.

S Denys l'Aréopagite, premier évêque à Athènes, converti par l'apôtre s. Paul, fêté en ce jour par les Eglises byzantine et syriaque.

?

Ste Candida (Blanche), vierge martyre romaine. 

SS Faustus, martyr en Alexandrie, et huit confesseurs : Caïus, Petrus, Paulus, Eusebios, Cheremon, Lucius et deux autres.

IV.

S Hesychios, disciple de s. Hilarion près de Gaza.

Ste Menne, vosgienne qui refusa le mariage, reçut le voile des vierges, et quitta ses parents furieux pour vivre à Fontenet dans la solitude.

V.

S Maximianus, évêque en Afrique du Nord, torturé et jeté du haut d'une tour par des donatistes ; il put se remettre et mourut quelque temps après.

VI.

S Cyprien, moine à Marseille, évêque à Toulon, un des plus fidèles disciples de s. Césaire d'Arles, avec qui il exposa la doctrine de la grâce, confirmée ensuite par Boniface II ; il écrivit la première partie de la Vie de s. Césaire.

VII.

SS Ewald : deux moines du même nom, anglais d'origine, martyrs en Saxe ; on les distinguait par les surnoms de Blanc et Noir, selon la couleur de leurs cheveux.

VIII.

S Pathus qui, sur sa prière, mourut le jour-même de son élection au siège de Meaux.

S Widrad, abbé fondateur de Flavigny.

S Utto, abbé bénédictin à Metten.

IX.

S Juvin, ermite près de Reims.

X.

S Gérard, flamand, abbé à Brogne, chargé par des évêques et des seigneurs de réformer de nombreux monastères.

XII.

B Adalgott, moine cistercien, entré à Clairvaux du temps de s. Bernard, nommé évêque à Coire.

XVII.

Bx Ambrósio-Francisco Ferro et vingt-sept compagnons, premiers martyrs au Brésil (avec André de Soveral et Domingos Carvalho, qui furent martyrisés le 16 juillet) ; Ambrósio était prêtre portugais, tous les autres laïcs : Antônio Baracho, Antônio Vilela Cid, Antônio Vilela et sa fille, Diego Pereira, Estêvão Machado de Miranda et ses deux filles, Francisco de Bastos, la petite fille de Francisco Dias, Francisco Mendes Pereira, João da Silveira, João Lostau Navarro, João Martins et sept jeunes, José do Porto, Manuel Rodrigues de Moura et sa femme, Mateus Moreira, Simão Correia, Vicente de Souza Pereira, béatifiés en 2000, canonisés en 2017.

XX.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936, béatifiés en 2001 :

Enrique Morant Pellicer (*1908), prêtre diocésain près de Valencia ;

Crescencio García Pobo (*1903), prêtre des Capucins Amigoniens, près de Madrid.

B Szilárd Ignác Bogdánffy (1911-1953), évêque roumain à Oradea Mare des Latins, martyr, béatifié en 2010 ; il était né à Crna Bara, alors en Hongrie et maintenant en Serbie.

  

Candida de Rome
?

Candida est une Martyre romaine.
On en avait fait l’épouse du martyr Artemius (v. 6 juin), chose qu’on ne saurait cautionner sans preuve.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Candida de Rome au 3 octobre.


Faustus d’Alexandrie et Huit Compagnons
3.-4. siècles

On a vu au 8 avril les nombreuses péripéties qui jalonnèrent l’épiscopat de s.Denys d’Alexandrie. Celui-ci mourut en 264, après avoir été exilé par deux fois.
Témoins de ses souffrances furent Faustus et ses huit Compagnons, qui sont : 
Caius
Petrus
Paulus
Eusebius
Chæremon
Lucius
et deux autres dont on ne connaît pas le nom.
Ces Confesseurs de la Foi souffrirent en même temps que Denys, mais ne semblent pas avoir été martyrisés.
Seul Faustus, plus tard, fut martyrisé sous Dioclétien, probablement au début du quatrième siècle. S’il fut déjà persécuté sous Dèce, avec Denys, il devait être assez âgé au moment de son martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Faustus et ses huit Compagnons au 3 octobre.


Hesychios de Maiouma
4. siècle

On fêtera le 21 octobre s.Hilarion de Gaza. Hesychios en fut un très fidèle disciple.
Lorsqu’Hilarion fut poursuivit par les émissaires de l’empereur Julien, il trouva refuge en Alexandrie, tandis que son monastère de Gaza était détruit. Hilarion et Hesychios étaient condamnés à mort par contumace.
Quand Hilarion s’embarqua pour la Sicile, il semble qu’Hesychios ne l’accompagna pas. Il apprit finalement de la bouche d’un Juif qui le connaissait, qu’Hilarion se trouvait dans cette île. Il le rejoignit, puis l’accompagna jusqu’en Dalmatie, et de là à l’île de Paphos. Hilarion devait constamment fuir la célébrité et les foules. 
Hilarion resta à Paphos deux ans, après quoi il envoya son cher Hesychios à Gaza chercher des restes du monastère détruit. A son retour, Hesychios persuada son maître de rester encore sur l’île, quitte à chercher un endroit encore plus isolé, où Hilarion resta cinq ans.
Il était désormais octogénaire et sentit approcher la mort. Hesychios étant momentanément absent, il lui écrivit son testament, lui léguant toutes ses richesses : un évangéliaire, un cilice, un capuchon, un mantelet.
Hilarion mourut en 372. Dix mois plus tard, Hesychios réussit à reporter son corps à Maiouma, aux environs de Gaza.
Il semble qu’on ait ici plus un résumé de la vie d’Hilarion, qu’un abrégé de celle d’Hesychios. Ce dernier apparaît comme le fidèle serviteur, attaché à son père spirituel, effacé et heureux d’être oublié pour rester uni à Dieu dans la méditation et la prière.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Hesychios de Maiouma au 3 octobre.


Maximianus de Bagaï
5. siècle

Maximianus fut évêque de Bagaï (auj. Ksar-Bagaï, Tunisie) au début du cinquième siècle.
Il s’était repenti d’avoir un moment adhéré au donatisme et, au concile de Milève (402), avait offert sa démission.
La démission fut acceptée des pères du concile, mais ne fut pas immédiate.
En effet, en 404, Maximianus était encore sur son siège, lorsque des donatistes mirent le feu à une basilique en y jetant des livres sacrés. Puis il émit une sentence contre eux au sujet d’une autre basilique usurpée par les hérétiques.
Ces derniers se vengèrent sur lui de façon vraiment outrageuse : ils le poursuivirent jusque sous l’autel où il s’était réfugié, le brisèrent sur lui et le frappèrent violemment ; Maximianus perdait son sang en abondance, on le dépouilla de ses vêtements et on le traîna, on le battit encore et, de nuit, on le précipita du haut d’une tour sur un tas d’ordures.
On ne sait par quel miracle Maximianus survécut à ces mauvais traitements. Mais l’évêque put se rendre à Rome, où l’empereur Honorius remarqua ses profondes blessures.
Après le concile de Carthage (405), il édicta encore de sévères mesures contre les donatistes.
On ne sait ce qui advint par la suite. En 411, c’était un évêque donatiste qui siégeait à Bagaï et l’on ne trouve plus trace de l’évêque Maximianus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Maximianus de Bagaï au 3 octobre.

 

Cyprien de Toulon

475-546

 

Cyprien (ne pas le confondre avec celui de Carthage, v. 14 septembre), vit le jour vers 475 dans une famille dite de Montolieu, sans qu’on puisse assurer qu’il s’agisse de la localité proche de Carcassone (Aude).

Il fut élève de s.Césaire d’Arles, fut ordonné diacre vers 505, prêtre en 506.

Puis il fut moine à Saint-Victor de Marseille.

Vers 514-517, il fut nommé évêque de Toulon. C’était le quatrième sur ce siège.

Cyprien lui-même a raconté, s’accusant avec réelle humilité, qu’il avait été paresseux et n’avait pas profité des enseignements du Maître. Peut-être aurait-il pu faire mieux, c’est certain, mais il fut en réalité ce fidèle disciple que Césaire choisit pour être assisté à tous les conciles importants de Provence : Arles (524), Carpentras (527), Orange et Vaison (529), Marseille (533).

Plusieurs anecdotes historiques vont montrer combien au contraire Cyprien profita fort bien de l’enseignement qu’il reçut de Césaire.

D’abord son style littéraire, excellent, qui apparaît dans les écrits qu’on a de lui : une lettre à Maxime de Genève, dans laquelle il expose sa parfaite orthodoxie sur la doctrine de l’Incarnation du Christ ; et principalement la Vita de Césaire, dont il rédigea la première partie.

Ensuite et surtout sa parfaite connaissance de la doctrine de la grâce, qu’il exprima avec Césaire à Orange : quand les évêques de la proche Valence pensèrent mettre en discussion cette doctrine, Césaire envoya Cyprien leur exposer ses arguments, auxquels ceux de Valence ne purent rien répondre ( 529) ; même le pape Boniface II confirma les thèses du concile d’Orange, leur donnant ainsi valeur œcuménique.

Enfin, ce fut Cyprien qui guida la délégation de Provence au concile national d’Orléans de 541, ce qui permit de faire passer cette même doctrine à l’ensemble de la Gaule.

Mais de quelle doctrine s’agissait-il ? Pelagius avait prétendu que l’homme, par sa volonté, peut atteindre la perfection évangélique, rejetant indirectement la marque du péché originel et le rôle essentiel de la grâce divine. Combattue par s.Augustin (v. 28 août), cette doctrine fut rejetée et condamnée par le pape Zosime en 418. Le semi-pélagianisme, répandu par les moines de Lérins, chercha à rapprocher la position pélagianiste de celle de s.Augustin, et semblait assez acceptable, mais fut fermement repoussée au concile d’Orange, comme on l’a dit plus haut : il fallait respecter le rôle de la grâce divine dans tout le cheminement de l’homme vers la perfection. Plus tard, le débat fut rallumé à propos du rôle du libre arbitre. Mais laissons là les théologiens.

Après une trentaine d’années d’épiscopat, Cyprien mourut : après Césaire (543) et avant 549, date du concile d’Orléans où siégea son successeur.

Saint Cyprien de Toulon est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ewald de Cologne

† 695

 

Par Ewald on considère en réalité deux personnages qui eurent le même trajet dans l’apostolat et la sanctification.

Les deux Hewald étaient natifs de Northumbrie (Angleterre) et reçurent leur formation en Irlande.

On sait que s.Willibrord (v. 7 novembre) quitta l’Irlande pour la Germanie avec onze Compagnons. Parmi ces onze, se trouvaient deux moines nommés Ewald. 

On ne sait rien sur leur vie antérieure, mais on connaît ce détail amusant, que pour les distinguer, on les appelait le Noir ou le Blanc, selon la couleur de leurs cheveux ; on peut supposer que le premier était plus jeune, tandis que le second avait déjà les cheveux blancs.

Mais il y avait aussi cela qui les distinguait, à savoir que le Noir était beaucoup plus instruit que le Blanc. Cependant une même et profonde piété les unissait dans l’amour de Dieu et le zèle pour la conversion des païens : leur désir était d’aller convertir leurs cousins de la Vieille Saxonie, une région de l’actuelle Westphalie.

Quand Willibrord se fut installé à Utrecht, les deux amis Ewald poussèrent plus loin au pays des anciens Saxons. Ils y rencontrèrent un intendant, qu’ils prièrent de les conduire à son chef. Il faut préciser ici que, d’après s.Bede (v. 25 mai), les chefs des anciens Saxons étaient tout-à-fait indépendants les uns des autres, sauf en cas de guerre, où le sort désignait un chef unique ; passés les combats, chacun reprenait son droit local.

L’intendant observa d’abord le comportement des deux missionnaires et les laissa s’installer quelque part pour célébrer et prier à leur guise. Mais les Saxons craignirent qu’ils convertissent leur chef et qu’on leur fît abandonner leurs rites habituels, aussi décidèrent-ils de se débarrasser des deux moines.

Ils les arrêtèrent de surprise, abattirent le Blanc d’un coup d’épée, torturèrent le Noir longuement et en déchirèrent tous les membres. Ils jetèrent les corps des Martyrs dans le Rhin. C’était le 3 octobre 695.

Quand le satrape apprit cela, il entra dans une grande fureur, fit incendier le village des assassins et les condamna à mort. Bien sûr, il ne savait pas encore ce que signifie pardonner. C’est probablement lui qui ordonna des recherches pour prévenir de la mort des deux Martyrs.

Le premier miracle observé après ce martyre, fut qu’une colonne de feu fit connaître où flottaient les deux corps des deux saints Martyrs : en même temps, un des compagnons des deux Ewald, nommé Tilmon, ancien soldat devenu moine, fut averti en songe qu’il les retrouverait là où il rencontrerait une colonne de feu qui unirait la terre et le ciel ; les corps retrouvés furent plus tard rapportés à Cologne.

Il se peut que les corps aient été jetés dans un affluent du Rhin, mais on émet des doutes sur l’emplacement précis du lieu du martyre ; on a proposé Laer, ou plutôt Aplerbek (Dortmund), où on leur a élevé un monument.

Les martyrs Ewald sont devenus les patrons célestes de la Westphalie.

Ils sont commémorés le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Utto de Metten

† 829

 

Il n’y a guère de certitudes au sujet de Utto (latin Utho).

Metten se trouve près de Deggendorf (Basse Bavière, Allemagne S). Cette abbaye fut fondée en 766 par le prêtre Gamelbert, qui y nomma abbé son propre filleul Utto. On ne sait avec quelle autorité il procéda à cette nomination, mais Utto se montra sans doute à la hauteur de sa mission.

Très vite fut ouverte dans le monastère une école, qui existe encore aujourd’hui.

Utto gouverna donc les douze moines de cette nouvelle communauté. On croit qu’ils venaient, comme Utto, de l’abbaye de Reichenau (sur le lac de Constance).

D’après une légende du tard Moyen-Age, Utto vivait en ermite dans les forêts de Metten. Passant par là pendant une chasse, Charlemagne lui-même rencontra Utto, qui le supplia de faire construire là un monastère en l’honneur de saint Michel archange. Une petite église fut construite près d’une source, où aurait eu lieu cette rencontre.

Le nom de Utto se trouve dans les actes d’un synode de 772, ainsi que dans un document de 784.

La date de la mort de Utto reste douteuse ; d’après la «légende», on pourrait avancer l’année 829, mais  les historiens pencheraient plutôt pour 802, environ.

Le culte d’Utto fut confirmé en 1909. 

En 2016, les moines de Metten ont célébré avec action de grâces les mille deux-cent cinquante années de leur fondation. 

Bienheureux Utto de Metten est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gérard de Brogne

889-959

 

Gérard naquit sur la fin du 9e siècle à Stave (Fosses, Belgique), de parents appartenant à la haute noblesse, Santio et Plectrude, cette dernière étant la sœur d’Etienne, évêque de Liège.

Il entra au service du compte de Lomme, Béranger. Mais une vision de s.Pierre l’invita à fonder un monastère.

Dans une de ses propriétés, se trouvait un petit sanctuaire assez délabré et il voulut le restaurer et l’agrandir à ses frais. Il fallait pour cela démolir une petite maison où résidait un prêtre, et ce dernier ne voulait rien entendre : un dragon surgit alors, vomissant le feu qui détruisit la maison. En revanche, lors de  la construction, pas une goutte de pluie ne vint retarder le travail des maçons., de leur propre aveu (914).

On pense que Gérard se prépara à la vie monastique à Saint-Denis, où il aurait reçu le sacerdoce et d’où, en 919,  il ramena les reliques de s.Eugène.

Il fit consacrer la nouvelle église à s.Pierre et s.Eugène par l’évêque de Liège, Etienne, son oncle. Des clercs jaloux pensèrent bien faire d’exprimer des doléances à ce propos, et furent bien vite déboutés par l’évêque.

En 923, il put remplacer les clercs de cette église par des moines, qu’il dirigea alors en tant qu’abbé. Le monastère de Brogne comptait, par volonté du Fondateur, peu de moines et connut une calme prospérité.

La réputation de sainteté de Gérard amena les autorités à l’appeler pour réformer d’autres monastères. Qu’on en juge.

En 934, ce fut le cas de l’abbaye Saint-Ghislain en Hainaut.

En 937, Saint-Bavon de Gand, puis le Mont-Blandin. Dans cette dernière, et dans tous les monastères de son territoire, le comte Arnoul 1er revendiqua le droit de confirmer l’élection des abbés élus par les moines ; Gérard fut ainsi élu et confirmé abbé du Mont-Blandin, mais un siècle plus tard les moines du Mont-Blandin tachèrent d’encre les passages d’une charte mentionnant les droits du comte.

En 944, ce fut Saint-Bertain, dont les moines, réfractaires à toute réforme, s’enfuirent en Angleterre.

Puis il y eut Mouzon et Saint-Amand ; de là, les disciples de Gérard gagnèrent la Normandie : Saint-Wandrille, le Mont-Saint-Michel, Saint-Ouen de Rouen.

On signale au Mont-Blandin le séjour de Dunstan, futur archevêque de Canterbury (v. 19 mai), qui se formait au monachisme occidental, signe de la célébrité de la réforme appliquée au Mont-Blandin.

Gérard aurait effectué un voyage - ou un pèlerinage - à Rome. Au retour, le char qui transportait des pierres de porphyre destinées à l’église de Brogne, se renversa dans un ravin des Alpes, mais la prière de Gérard obtint que ni le conducteur (ni les pierres !) ne furent lésés.

En 953, Gérard renonça à son titre d’abbé et regagna Brogne. Il n’avait aucune ambition personnelle, et ne désirait que l’avancement des moines dans la ferveur et la sainteté.

Son influence, tout effacée et efficace, prépara la grande réforme grégorienne du siècle suivant.

Sentant sa mort approcher, Gérard fit sonner les cloches de Brogne, et s’endormit doucement, le 3 octobre 959.

Un acte officiel de 986 indique que l’abbaye est un lieu de brassage de la bière, activité que connut sans doute le Fondateur.

Gérard fut «canonisé» en 1131, par l’élévation de ses reliques.

Au 17e siècle, l’abbaye de Brogne prit le nom de Saint-Gérard. Elle fut détruite en 1525 lors des guerres «de religion», fermée en 1795, alors qu’il ne se trouvait plus que deux (2 !) moines. L’église et le cloître, qui étaient les éléments les plus importants de l’abbaye, ont été démolis pour faire passer une route ; le restant des bâtiments sert à des expositions et des activités culturelles. La brasserie y fut réinstallée en 2013.

Saint Gérard de Brogne est commémoré le 3 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Adalgott de Coire

† 1160

 

Adalgott appartenait au monastère cistercien de Clairvaux, où il fut disciple de s.Bernard (v. 20 août).

En 1150, il fut nommé évêque de Coire (Chur), malgré son grand âge.

Ses deux grands soucis, d’après ses propres écrits, furent l’aide aux monastères et le soin des pauvres.

Il favorisa ainsi le monastère prémontré de Coire avec charge de s’occuper aussi du proche hôpital ; le monastère féminin de Mistail, qui avait besoin d’une profonde réforme ; celui de Cazis, qu’il mit sous la règle des Prémontrés ; celui des Bénédictins de Münstertal, celui de Schänis, de Marienberg, dont il consacra la crypte.

Il est fort vraisemblable que la reconstruction de la cathédrale de Coire fut décidée par lui ; elle se fit en 1178-1272.

Adalgott mourut le 3 octobre 1160. L’Eglise de Coire l’honora bientôt comme Saint, mais le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux au 3 octobre.

On a parfois confondu Adalgott de Coire avec Adalgott de Disentis, mort en 1031 et honoré le 26 octobre (mais qui n’est pas au Martyrologe).

 

 

Ambrósio Francisco Ferro

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Baracho

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Vilela

et sa fille

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Antônio Vilela Cid

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Diogo Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Estêvão Machado de Miranda

et ses deux filles

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco de Bastos

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco Dias et sa fille

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Francisco Mendes Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João da Silveira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João Lostau Navarro

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

João Martins

et sept jeunes Compagnons

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

José do Porto

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Manuel Rodrigues de Moura

et son épouse

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Mateus Moreira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Simão Correia

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

 

Vicente de Souza Pereira

?-1645

 

Voir la notice : André de Soveral (16 juillet).

 

Manuel Lucas Ibañez
1879-1936

Né le 11 juin 1879 à El Fondón (Almería), il fut baptisé trois jours plus tard.

Son frère aîné, Tristán, entra le premier au séminaire de Grenade ; il allait être ordonné diacre, quand il mourut du typhus. Manuel, en quelque sorte, prit sa place et fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut nommé à Válor, Padules et Laujar ; en 1911, à Fuente Victoria et Benecid.

Son attention se portait à ses chers paroissiens paysans et les aidait volontiers dans leurs travaux ; on l’appelait le Curé-Ouvrier. A Noël, il n’hésitait pas à prélever sur son héritage de famille pour aider les plus pauvres.

Quand se déchaîna la persécution en 1936, on lui coupa toutes ses ressources, et même on l’expulsa de sa maison. Le 24 août, il mit en sécurité le Saint-Sacrement, à temps avant que son église fût incendiée, deux jours plus tard. Il put continuer de célébrer la Messe quotidienne chez les Dames Catéchistes de Fuente Victoria.

On l’arrêta une première fois ; en entrant dans la prison, il s’écria : Ave, María Purísima. Libéré quelques jours plus tard, il fut repris début octobre et conduit au bord du ravin des Caballos, à Berja. Il répétait des invocations à Notre-Dame des Anges, patronne du pays. Les bourreaux voulurent le forcer à blasphémer ; sur son refus, ils le jetèrent au sol, le torturèrent et le castrèrent, avant de le fusiller.

Martyrisé le 3 octobre 1936 et béatifié en 2017, Manuel Lucas Ibañez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 octobre.


Crescencio García Pobo
1903-1936

Il naquit le 5 avril 1903 dans le petit pays de Celadas (Teruel) et fut baptisé dès le lendemain. Ses parents s’appelaient Lorenzo et María.
Orphelin de père à quatre ans, il fut admis chez les Pères Tertiaires Capucins de Bari (Teruel), fondés par le Vénérable Père Luis Amigo (d’où leur nom de Amigoniens).
Le 15 septembre 1921, fête de Notre-Dame des Douleurs, Crescencio commença le noviciat et fit la première profession à Godella (Valencia), et la solennelle six ans après. Cette fête des Douleurs de Notre Dame pouvait être le présage de son destin.
En 1928, il fut ordonné prêtre à Godella (Valencia) et exerça son activité dans diverses écoles : celles de Carabanchel Bajo (Madrid), puis celle de Sograndio (Asturies)
C’était un prêtre extraverti, jovial, méthodique ; il s’employa à remettre sur la bonne voie des jeunes en difficulté.
En juillet 1936, il était à la maison Notre-Dame de Covadonga (Asturies) et partait pour celle de Carabanchel Bajo (Madrid).
Lors de la révolution, le 20 juillet, la maison des Amigoniens fut prise d’assaut et occupée ; don Crescencio se trouva détenu, mais put recevoir, ainsi que ses Confrères, un sauf-conduit, grâce au juge qui, étant déjà juge au Tribunal des Mineurs, le connaissait. Le Père Crescencio, plutôt que s’enfuir, préféra se réfugier chez une pieuse dame de Madrid, se faisant passer pour étudiant de médecine aux yeux de l’autorité.
Le 2 août, on l’arrêta en ville avec un autre Frère et on ne lui trouva pas ses papiers d’identité, aussi fut-il envoyé à la Direction Générale de Sécurité, puis à la prison de Ventas.
Dans cette prison, on le mit avec les intellectuels (parmi lesquels Ramiro de Maeztu et Federico Santander).
Après divers interrogatoires et mauvais traitements, le père Crescencio ayant refusé d’abjurer sa foi et son sacerdoce, il fut emmené au cimetière de Aravaca (ou de Paracuellos de Jarama) et fusillé, le 3 octobre 1936. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.
Crescencio García Pobo a été béatifié en 2001.


Eleuterio Castillo Gómez
1903-1936

Né le 18 octobre 1903 à Marmellar de Arriba (Burgos), il était le troisième des enfants de Santiago et Emiliana.

En 1915, il étudia à l’Ecole Apostolique des Lazaristes (Vincentiens) de Tardajos, puis à Madrid en 1919 pour le noviciat. Il étudia la philosophiei à Hortaleza (Madrid) et fit la profession en 1921. Il étudia la théologie à Cuenca et fut ordonné prêtre en 1928.

Il fut d’abord destiné au sanctuaire marial d’Orense en même temps que professeur au Petit séminaire. En 1933, il fut sous-directeur du séminaire vincentien de Madrid. En plus, il fréquenta l’université de Salamanque.

Il était petit de taille ; sa belle voix de ténor lui permettait de prêcher et de chanter fort bien, de sorte qu’on appréciait sa présence dans la liturgie. Une chose lui était fort désagréable : la duplicité ; par exemple, celle des ouvriers qui étaient de petits saints avec lui, et s’inscrivaient dans un parti de gauche…

Après les tristes élections du printemps 1936, on éloigna tous les jeunes étudiants d’Hortaleza à Burgos ; restaient les Religieux plus âgés. En juin, le p.Castillo célébra encore une Messe de Première Communion chez les Religieuses Salésiennes.

Le p.Castillo fut un des premiers arrêtés, le 21 juillet 1936. Il resta en prison à Madrid jusqu’au 22 août, lorsque la prison fut incendiée. Dans les premiers jours de septembre, son beau-frère, qui était garde civil, obtint sa libération et le reçut chez lui, mais comme un Comité révolutionnaire s’installa au même endroit, le Père dut s’enfuir dans une autre pension, où sa sœur Felisa venait lui rendre visite.

Le 22 septembre, des Milices Rouges vinrent arrêter le p.Castillo et le beau-frère. Le Père reconnut qu’il était prêtre et leur dit : Je ne vais pas avec vous, parce que vous n’avez aucune autorité ; j’irai à la Direction de Sécurité. La réponse, d’une vulgarité déconcertante fut : Tú lo que tienes es mucha caca, cuando no quieres venir, qu’on pourrait traduire : Toi (noter le tutoiement), si tu ne veux pas venir, tu ne seras qu’une grosse m… et ils le soulevèrent à deux pour l’emmener en «prison» - le couvent des Salésiennes, là où on l’avait vu en juin dernier. Felisa, elle, restait enfermée chez elle, avec ses quatre (ou six) enfants très jeunes.

Au petit matin du 3 octobre, ils firent sortir le p.Castillo et son beau-frère, les firent marcher jusque sous la fenêtre de Felisa, pour les assassiner.

Au moment d’être fusillé, le Père s’adressa aux bourreaux : N’oubliez pas que vous aussi vous mourrez, mais c’est nous qui serons vainqueurs.

Il allait avoir trente-trois ans.

Martyrisé le 3 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eleuterio Castillo Gómez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 3 octobre.

Enrique Morant Pellicer

1908-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 13 octobre 1908, dans une famille très chrétienne de Bellreguart (Valencia). Ses parents étaient Evaristo et Presantación.

Après ses études secondaires chez les Piaristes de Gandía, il commença des études d’architecture à Madrid, mais après un trimestre il s’orienta vers le sacerdoce.

Il entra au séminaire grâce aux subsides d’un oncle prêtre.

Dès le séminaire, il constitua un groupe de jeunes, la Legión Católica, prélude à l’Action Catholique. Il formait aussi de jeunes catéchistes.

Il fut ordonné prêtre en 1933.

Nommé à la paroisse de Barx (ou Barig, Valencia), il y constitua une bibliothèque paroissiale pour aider les fidèles à s’informer spirituellement ; il fonda aussi une chorale, envoyant ses membres à la voisine Gandía pour prendre des leçons de solfège et de chant. Il infusa par son ardeur la pratique religieuse de ses fidèles et fonda l’Action Catholique.

Après les élections de 1936, les autorités lui rendirent la vie impossible. Il fut transféré à Valencia au Patronat du Grao. Quand la révolution se déclencha, il se réfugia dans une des résidences de ce Patronat et put revenir chez lui après trois jours de détention à Alcira.

L’été passa et, le 3 octobre 1936, il fut arrêté à onze heures du matin.

Emmené au Comité, il confessa les autres détenus, puis fut renvoyé chez lui. Mais à la tombée de la nuit, on revint l’arrêter ; il fut conduit au lieu-dit Xeraco (ou Jeraco) et on le fusilla.

Don Enrique allait avoir vingt-huit ans, dont trois seulement de sacerdoce.

L’expression «tombée de la nuit» voudrait normalement dire que le martyre eut lieu le 3, et non le 4 octobre ; on trouve les deux dates ; le Martyrologe a choisi le 4.

Enrique a été béatifié en 2001.

 

 

Szilárd Ignác Bogdánffy

1911-1953

 

Szilárd Ignác Bogdánffy (Constantin Ignace) naquit le 21 février 1911 dans le village de Feketetó, qui se trouvait alors en Autriche-Hongrie. Ce village s’appelle aujourd’hui Crna Bara, près de Kikinda en Serbie.

Son père était chantre à la paroisse dont dépend le village, Čoka. 

La famille était originaire d’Arménie et fut ennoblie par les Habsburg.

Szilárd fréquenta l’école primaire de Crna Bara jusqu’en 1925, date à laquelle la famille se déplaça à Timişoara (près Banat, Roumanie). Puis il fréquenta l’école des pères Piaristes, et entra au séminaire catholique latin de Oradea. Il fut ordonné prêtre en 1934, et poursuivit des études à Budapest où il reçut les doctorats de philosophie et de théologie dogmatique.

Revenu en Roumanie, il fut professeur au séminaire de Oradea et confesseur des Ursulines.

En 1939, il fut poursuivi pour «activités anti-roumaines» par les services secrets d’Etat.

Durant la guerre mondiale, pour avoir caché des Juifs, il fut aussi interrogé par les services secrets hongrois.

Au lendemain de la guerre, en raison de la persécution ouverte des autorités contre la religion catholique, le Vatican permit que Szilárd soit ordonné évêque en secret. Szilárd devint donc évêque d’Oradea en même temps qu’évêque auxiliaire de Satu Mare (1949). Il fut consacré par le nonce de Bucarest.

A peine deux mois plus tard, le nouvel évêque fut arrêté et emprisonné. Il avait déjà été plusieurs fois approché par des émissaires du gouvernement pour prendre la tête d’une «Eglise roumaine indépendante».

L’évêque passa les quatre dernières années de sa vie dans différentes prisons de Roumanie, y compris dans le tristement célèbre camp de Capul-Midia. Il ne tarda pas à tomber malade, à la suite des mauvaises conditions de vie en prison et des séances répétées de tortures.

L’évêque Ioan Ploscaru, de rite byzantin catholique, témoigna que, dans la prison de Aiud, l’évêque Szilárd Bogdánffy restait «humble, serein, toujours prêt à aider ses camarades souffrants». 

Bien que souffrant d’une grave pneumonie, il ne put bénéficier des soins nécessaires, le médecin les jugeant inutiles.

Monseigneur Szilárd Bogdánffy mourut dans la solitude de la prison Aiud, le 3 octobre 1953.

 

Il a été béatifié en 2010. Il est le premier Martyr roumain de l’époque communiste béatifié.

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 23:00

02 OCTOBRE

 

- SS Anges Gardiens.

IV.

S Eleutherios, martyr à Nicomédie, peut-être de la maison impériale.

VII.

S Saturius, ermite à Numance.

Ste Scariberge, nièce de Clovis, épouse de s. Arnoul.

S Gérin, frère de l'évêque d'Autun, s. Léger (infra) ; les partisans du maire du palais Ebroin le lapidèrent, deux ans avant l'exécution de Léger.

S Léger, fils de ste Sigrade ; évêque à Autun, il finit par se trouver à la tête de l'opposition au maire du palais Ebroin ; arrêté, il eut les yeux arrachés, les lèvres et la langue coupés (mais il recouvra la parole), puis fut décapité.

S Serein, lorrain, au service d'un seigneur ; il laissait son troupeau pour visiter l'abbaye proche ; accusé de négligence, il fit voir ses belles bêtes, mais préféra partir : le seigneur, guéri par lui, lui permit de construire une cellule ; plus tard, il partit à Rome où il fut ordonné prêtre et revint mourir dans son ermitage.

S Jean, évêque à Côme, qui convertit beaucoup d'ariens.

VIII.

S Bérégise, flamand, prêtre puis abbé du monastère qu'il fonda à Andage.

S Ursicin, abbé à Disentis et peut-être évêque à Coire.

S Theophilos, moine à Constantinople, martyrisé pour la défense des saintes Images.

S Mélar (Méloir), prince déchu breton, fils de s. Miliau, martyr ; son rival tenta de le faire empoisonner, mais on se "contenta" de l'amputer du pied gauche et de la main droite, et plus tard il fut tué.

XIII.

B Bérenger, évêque à Lérida.

XVII.

Bx Ludovicus Yakichi, martyr japonais, avec sa femme Lucia, ses enfants Andreas et Franciscus, de sept et quatre ans ; le martyre de Ludovicus fut horrible ; quatre mariniers et le petit garçon de l'un d'eux furent aussi décapités.

XVIII.

B Georges-Edme René, chanoine à Vézelay, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Émilie de Villeneuve, fondatrice des Sœurs de l'Immaculée Conception à Castres, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Antoine Chevrier, tertiaire franciscain lyonnais, à l'origine du Prado (du nom d'un ancien dancing loué pour organiser la catéchèse des enfants), société de prêtres pauvres au service des pauvres ; béatifié en 1986.

XX.

B Jan Beyzym (1850-1912), jésuite polonais à Madagascar, très actif au service des lépreux, béatifié en 2002.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : Francesc Carceller Galindo (F. de N.Dame de Lourdes, *1901), prêtre, à Castellón ;    
Disciples de Jésus : Isidoro Bover Oliver (*1890), prêtre, près de Castellón ;

- béatifiés en 2001 : 

Diocésains : Elías et Juan Bautista Carbonell Mollá (*1869 et *1874), deux frères, près de Alicante ; Juan était organiste ;
Servantes de Marie : María Francisca Ricart Olmos (M.Guadalupe, *1881), près de Valencia ;
- béatifiés en 2007 :
Salésiens : Enrique Sáiz Aparicio (*1889), prêtre ; Pedro Artolozaga Mellique (*1913) et Manuel Borrajo Míguez (*1915), clercs ; Mateu Garrorela Masferrer (*1888), profès, à Madrid ; Bartolomé Blanco Márquez (*1914), coopérateur laïc, à Jaén ;
- béatifiés en 2013 :
Picpus : Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco (Isidro, *1901), à Madrid ; 
Clarétains : Felipe Gonzáles de Heredia Barahona (*1889), convers, près de Ciudad Real ;
- béatifiés en 2017 :
Diocésains : les deux frères José et Antonio Fuentes Ballesteros (*1885 et 1887), près d’Almería.
Bse Maria Anna Kratochwil (Maria Antonina, 1881-1942), des Sœurs Scholastiques polonaises, torturée par des nazis en Ukraine, béatifiée en 1999.
B Jesús Emilio Jaramillo Monsalve (1916-1989), évêque colombien martyr, béatifié en 2017.

Anges

Anges Gardiens

 

Parler des Anges sera difficile, car ces esprits n’appartiennent pas au monde visible. On a beaucoup écrit et surtout inventé, sur les Anges. Tâchons de nous contenter de paroles sûres et autorisées.

1. Existence et essence des Anges

Ange vient du grec aggelos, en latin angelus, l’envoyé, le messager.

Dans notre Credo, nous affirmons que Dieu a créé l’univers visible et invisible, soit le ciel et la terre, de même que la Genèse commence par ces mots : Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Gn 1:1), où le mot cieux évoque le monde invisible, les anges.

D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique (nn.328-329-330) : 

L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent ‘constamment la face de mon Père qui est aux cieux’ (Mt 18:10), ils sont ‘les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole’ (Ps 103:20). 

En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté ; ils sont des créatures personnelles et immortelles (cf. Lc 20:36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10:9-12).

Saint Augustin (Commentaire sur le psaume 103) écrit : 

Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? - Esprit. Tu demandes la fonction ? - Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange.

2. Action et manifestation des Anges dans l’Ecriture

Parcourant les passages bibliques où il en est question, on pourra affirmer (Catéchisme, n.331) : 

Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui : ‘Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges’… (Mt 25:31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour Lui : ‘Car c’est en Lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par Lui et pour Lui’ (Col 1:16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : ‘Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ?’ (He 1,14).

Ils sont là dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation :

  • ils ferment le paradis terrestre (Gn 3:24)
  • ils protègent Lot (Gn 19)
  • ils sauvent Agar et son enfant (Gn 21:17)
  • ils arrrêtent la main d’Abraham (Gn 22:11)
  • la loi est communiquée par leur ministère (Ac 7:53)
  • ils conduisent le Peuple de Dieu (Ex 23:20,23)
  • ils annoncent naissances et vocations (Jg 13 ; Jg 6:11,24 ; Is 6:6)
  • ils assistent les prophètes (1R 19:5)
  • c’est l’Ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (Lc 1:11,26)

De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu L’adorent’ (He 1,6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Eglise : Gloire à Dieu au plus haut des cieux (Lc 2,14). 

  • ils protègent l’enfance de Jésus (Mt 1:20 ; 2:13,19)
  • ils Le servent au désert (Mc 1:12 ; Mt 4:11)
  • ils Le réconfortent dans l’agonie (Lc 22:43), alors qu’Il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (Mt 26:53) comme jadis Israël (2M 10:29-30 ; 11:8). 

Ce sont encore les anges qui «évangélisent» (Lc 2,10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation ( Lc 2:8-14) et de la Résurrection (Mc 16:5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (Ac 1:10-11), au service de son jugement (Mt 13:41 ; 24:31 ; Lc 12:8-9) (n.333).

Les récits des Actes des Apôtres sont ponctués de l’assistance des Anges (Ac 5:18-20 ; 8:26-29 ; 10:3-8 ; 12:6-11 ; 27:23-25).

3. Dans la Liturgie et dans notre vie

Au cours de la liturgie de la Messe, le prêtre et les fidèles s’associent chaque jour au chœur des Anges pour adorer le Dieu trois fois saint (chant du Sanctus) ; le prêtre évoque le rôle de l’Ange pour présenter à Dieu l’Offrande (Canon romain, pr!ère du Supplices te rogamus : Qu’elle soit portée par ton Ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste). On leur confie les âmes des défunts pour les conduire au Paradis (Liturgie des funérailles : Que les Anges te conduisent au Paradis).

Le Christ a affirmé clairement que les Anges nous assistent dès l’enfance (cf. Mt 18:10), jusqu’au trépas (cf. Lc 16:22) ; des psaumes le disent aussi (Ps 34:8 ; 91:10-13), ce qui fit dire à saint Basile : Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

4. Les mauvais Anges - l’exorcisme

Les Anges sont des créatures intelligentes et libres. Ils peuvent donc pécher. L’origine des Anges déchus s’explique par la révolte d’une partie des Anges, qui refusèrent d’adorer Dieu. Du fait de leur nature parfaite, leur choix fut irrévocable et leur chute d’autant plus grave. Ainsi apparut l’état infernal des Anges, et leur impossibilité d’en être jamais délivrés.

C’est à l’Ange déchu (le diable, Satan) que saint Michel adressa cette parole : Que Dieu te commande (Jude 9). Le diable est pécheur dès l’origine (1Jn 3:8) et père du mensonge (Jn 8:44). Il tenta même Jésus de toutes les manières (Lc 4:1-13).

Le Catéchisme continue (n.395) : 

La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature ; il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu (n.395). Sa haine de Dieu se manifeste par de graves dommages (même physiques) dans les êtres. Jésus-Christ a affirmé que, parfois, ce genre de démons ne peut être combattu que par la prière (Mc 9:29).

C’est le moment de parler ici du pouvoir dont est revêtue l’Eglise, d’expulser les démons par l’exorcisme. Sous une forme simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé ‘grand exorcisme’, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Eglise (Catéchisme, n.1673).

5. Les chœurs des Anges

A strictement parler, l’Eglise nous rappelle que nous ne connaissons par la Révélation que trois noms d’Anges : Michel, Gabriel et Raphaël (qui sont fêtés le 29 septembre). Par les écrits de Denys l’Aréopagite, on s’est accoutumé à distinguer neuf chœurs d’Anges : anges, archanges, principautés, puissances, vertus, dominations, trônes, chérubins, séraphins. Saint Paul en cite quelques-uns, ainsi que la Préface du Sanctus à la Messe.

 

Les Anges Gardiens

 

Les Anges sont donc omniprésents autant dans la Bible que dans la vie quotidienne. Plus particulièrement, la présence d’un Ange Gardien auprès de chacun de nous est une croyance ancienne.

Saint Bernard (voir au 20 août) recommandait d’avoir beaucoup d’affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Récemment, le pape Benoît XVI a rappelé que la présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment.

Il y eut des cas dans la vie de l’Eglise, de Saints et de Saintes qui virent leur Ange Gardien. Ainsi sainte Françoise Romaine (v. 9 mars) ou sainte Gemma Galgani (v. 11 avril). La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était fort ignorante, eut des visions extrêmement lumineuses sur les Anges, les Anges Gardiens, leur action, leurs interventions.

C’est donc une tradition de piété, que d’invoquer son Ange Gardien.

Affirmer ensuite qu’il y a un Ange spécial pour chaque famille, pour chaque ville, pour chaque pays, pour chaque association, etc., est une extention de la dévotion, qui n’est pas officiellement approuvée. Elle n’est pas mauvaise en soi, si elle ne débouche pas sur un genre de superstition. Il y a ainsi des croyances qui prétendent connaître le nom de tel ou tel Ange Gardien : ces croyances n’ont aucun support chrétien solide.

La dévotion officielle de l’Eglise envers les Anges Gardiens est plutôt récente. Des fêtes eurent lieu localement en Espagne et au Portugal à partir du 15e siècle, en Autriche au 17e siècle, au 2 octobre. C’est à cette date qu’elle s’est maintenue dans notre calendrier actuel.

Le Catéchisme conclut : L’Eglise vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre et qui protègent tout être humain (n.352).

 

*       *       *

Ange de Dieu, mon gardien à qui la bonté divine m’a confié, éclaire-moi, garde-moi, dirige-moi et gouverne-moi pendant ce jour. Amen.

Eleutherios de Nicomédie
† 304

Eleutherios vivait à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) et faisait peut-être partie du personnel de la maison impériale.
Dioclétien, qui avait établi son siège à Nicomédie, proclama une ample persécution contre les Chrétiens. 
On a parlé d’un incendie de la maison impériale, dont on rendit responsables les Chrétiens, en tête desquels se trouvait le soldat Eleutherios. Mais ce récit n’a pas pu être confirmé par des documents historiques.
Il est certain qu’Eleutherios mourut en martyr, au début du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eleutherios de Nicomédie au 2 octobre.

 

Saturius de Numance

 † 606

 

C’était un ermite qui vivait à Numance, une ancienne localité proche de l’actuelle Soria (Castille, Espagne C).

Saturius est arrivé tout récemment dans le Martyrologe Romain.

Saint Saturius de Numance y est commémoré le 2 octobre.

 

 

Gérin, comte

 678

 

Gérin, le frère de s.Léger (v. infra), fut comes parisiacus, comte de Paris. Son nom connut beaucoup de variantes : Gairenus, Gerinus, Warinus, en français Guérin. 

Il existe des documents soit portant sa signature soit le mentionnant, qui concernent l’abbaye Saint-Denis.

Gérin fut victime du vent de tourmente qui concerna son frère. Lui-même fut aussi arrêté, torturé, et lapidé, quelque temps avant Léger, vers 678.

Comme dans le cas de Léger, cet assassinat à caractère d’abord politique, fut considéré comme un martyre.

Saint Gérin est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain, en même temps que son frère Léger.

 

 

Léger d’Autun

† 680

 

Leodegarius ou Léger était d’une grande famille aristocratique du Poitou. Il est question de son frère, Gérin, martyr également, en ce même jour. Leur mère, Sigrade, était autrefois mentionnée le 8 août au Martyrologe.

Neveu de l’évêque de Poitiers, dont il devint l’archidiacre, il fut abbé du monastère Saint-Maixent pendant au moins six ans puis, vers 663, fut nommé évêque d’Autun. C’était le vingt-septième titulaire de ce siège.

A l’intérieur de son diocèse, Léger rétablit l’ordre troublé par des divisions dans le clergé ; il dota la cathédrale d’une belle sacristie ; dans un concile tenu à Autun, il préconisa l’usage de la Règle de s.Benoît (v. 11 juillet) pour les monastères.

A l’extérieur, Léger se trouva involontairement du côté des nobles qui s’opposèrent à Ebroin, le maire du palais ; ils éliminèrent Ebroin et le roi qu’il avait imposé, Thierry III, en les enfermant respectivement dans les monastères de Luxeuil et de Saint-Denis. Mais des hommes d’Ebroin réussirent à envoyer aussi Léger à Luxeuil, où les deux ennemis n’avaient plus qu’à tenter de se réconcilier.

En 675, retour de situation : le roi Chilpéric fut assassiné, Thierry III rappelé, ainsi qu’Ebroin et notre Léger. Si ce dernier fut accueilli triomphalement à Autun, Ebroin montra ouvertement qui il était : il fit arrêter Léger, ordonna de lui arracher les yeux, couper les lèvres et la langue, et de le traîner tout nu par les rues. Par une intervention divine, il put cependant continuer à lire le psautier et à s’exprimer oralement malgré ces mutilations.

On l’interna chez les religieuses de Fécamp, on le condamna à mort comme indigne du sacerdoce ; il fut décapité le 2 octobre, vers 680, dans la région d’Arras.

Cet assassinat qui avait pour cadre la situation politique du 7e siècle, fut considéré comme un martyre.

Saint  Léger est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bérégise d’Andage

670-746

 

Les dates indiquées sont approximatives.

Bérégise (ou Bergis) naquit à Emptinne (Namur, Belgique) vers 670, de pieux parents. Sa mère s’appelait Berilla.

Le garçon étudia à l’école abbatiale de Saint-Trond.

Il fut ordonné prêtre et devint l’aumônier de Pépin d’Héristal, qui fut l’arrière-grand-père de Charlemagne.

La tradition rapporte que l’épouse de Pépin, Plectrude, trouva un mystérieux parchemin rédigé en lettres d’or, qu’elle confia à Bérégise pour le déchiffrer. Celui-ci expliqua que Dieu demandait la construction d’un monastère dans la forêt d’Ardenne. Telle fut l’origine de l’abbaye d’Andage.

Bérégise dédia l’église à l’apôtre s.Pierre, y instaura la règle canoniale et la communauté prospéra. On dit que son abbatiat dura plus d’un quart de siècle.

On ne connaît pas la date de la mort de Bérégise ; il mourut après 725, date à laquelle une vigne fut offerte à l’abbaye, mais certains avancent cette date jusqu’à 746.

Saint Bérégise d’Andage est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursicin de Coire

8e siècle

 

On ne connaît presque rien de la vie d’Ursicin, mais on connaît un peu mieux son œuvre : le monastère de Disentis (Grisons, Suisse E).

Disentis est un gros village d’environ deux mille habitants, et l’abbaye s’y dresse avec majesté.

Ursicin la fit construire (ou reconstruire ?) vers 750, non loin de la tombe de deux précédents abbés, Placidus et Sigisbert, qui y auraient été massacrés avec leurs moines en 670. Le fils de l’assassin de Placidus, en réparation de ce meurtre, aurait cédé les terres pour cette construction. 

Ursicin en fut abbé, avec les pouvoirs épiscopaux.

Il se peut qu’Ursicin ait aussi dirigé le diocèse de Coire.

L’abbaye de Disentis fut à nouveau détruite en 940 par les Sarrasins, en 1799 par les Français, en 1846 par un incendie. Depuis 1880, elle fut restaurée et les moines bénédictins y installèrent un lycée bilingue (allemand et romanche). L’abbaye compte une trentaine de moines, l’école deux-cent cinquante élèves.

Saint Ursicin de Coire est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theophilos de Constantinople

† 750

 

Dans le cadre de la lutte iconoclaste, ce moine fut cruellement torturé à Constantinople, puis exilé sur ordre de Léon l’Isaurien.

Il s’éteignit vers le milieu du 8e siècle.

Saint Theophilos de Constantinople est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

Ludovicus Yakichi, Lucia, Andreas et Franciscus

† 1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Ludovicus était né vers 1589 à Nagasaki.

Il épousa Lucia, également de Nagasaki (Japon).

Tous deux baptisés, ils firent baptiser leurs deux garçons, Andreas et Franciscus, nés à Nagasaki, respectivement en 1615 et 1619. Ceux-ci avaient donc sept et trois ans.

Ludovicus possédait une barque et le père Collado le pria de l’aider à faire évader le père Frarijn (alias Florés, v. 19 août). Ludovicus essaya d’abord de corrompre un geôlier hollandais, qui eut peur. Le 4 mars 1622, il vint avec sa barque attendre le Père qui vidait les eaux sales dans la mer ; malheureusement, pendant que le Père descendait, la corde se rompit et, quand il eut rejoint la barque, la voile s’abattit ; de sorte que les fugitifs furent rejoints alors qu’ils se sauvaient dans la montagne. Le lendemain, on mit à la torture les mariniers japonais, mais les Pères avouèrent leur véritable identité : ils devaient périr le 19 août, tandis que Ludovicus et ses compagnons étaient ajournés pour complément d’informations : on avait saisi sur lui des lettres du père Collado se rapportant aux aumônes et l’on voulait connaître leur provenance (et bien sûr s’en saisir).

Le 15 août, Ludovicus et ses quatre mariniers furent ramenés de la prison de Firando à celle de Nagasaki et l’interrogatoire, qui devait durer six semaines, commença.

Ludovicus dut subir toutes sortes de supplices : d’abord la question ordinaire avec de l’eau, puis on lui fit avaler un mélange d’eau douce, d’eau salée et de vin ; on le lia entre deux planches et deux hommes sautant dessus, lui firent rendre ce qu’il avait bu par la bouche, le nez et les oreilles ; suspendu par les bras, il eut des poids attachés aux pieds, qui lui désarticulèrent les jointures ; il dut subir l’estrapade ; on lui versa du plomb sur les épaules et les cuisses ; on le déchira avec des harpons de fer… (pour ne rapporter que ce qu’on peut dire). Ludovicus répétait seulement Jésus, Marie ; il ne révéla absolument rien sur les missionnaires.

Le 2 octobre 1622, il fut condamné à la mort lente par asphyxie, sa femme et ses deux garçons à la décapitation.

Malgré ses plaies, Ludovicus déclara qu’il aurait la force d’aller à pied au lieu du supplice ; il le fit et profita du déplacement pour encourager ses compagnons.

Les quatre mariniers et le fils de l’un d’eux, âgé de quatre ans, furent décapités, mais ils n’ont pas été compris dans la cause.

On commença par décapiter sous les yeux de Ludovicus son épouse et ses deux enfants. Le brasier fut allumé à un ou deux mètres de lui, pour rallentir l’asphyxie et allonger les tourments, mais Ludovicus était si affaibli qu’il rendit l’âme au bout d’une demi-heure.

Ludovicus, Lucia, Andreas et Franciscus ont été martyrisés le 2 octobre 1622 et béatifiés en 1867.

 

 

Georges-Edme René

1748-1794

 

Il était né le 16 novembre 1748 à Saint-Pierre de Vézelay (Yonne).

Ordonné prêtre dès 1769, il fut chanoine de Vézelay, à vingt-et-un ans.

A la suite de la suppression du chapitre et de la fermeture de l’église en 1790, les dix chanoines furent arrêtés malgré les protestations de la population, et incarcérés à Auxerre.

Au bout d’un an, ils furent condamnés à la déportation.

Le chanoine Georges-Edme fut donc du nombre de ces prêtres qui, pour cela, furent entassés à bord du navire négrier Washington, lequel ne partit jamais des pontons de Rochefort.

En septembre 1794, il fut transféré, moribond, sur l’Île Madame, où il s’éteignit le 2 octobre 1794

Le chanoine René fut béatifié en 1995. 

 

 

Jeanne Émilie de Villeneuve

1811-1854

 

Jeanne Emilie de Villeneuve était la troisième des quatre enfant du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Son grand-père était comte de Villeneuve.

Elle naquit le 9 mars 1811 à Toulouse.

L’enfance se passa au château d’Hauterive, près de Castres, où s’était retirée la maman pour des raisons de santé. D’ailleurs celle-ci mourut en 1825, suivie trois ans plus tard par la sœur d’Emilie, Octavie. 

Emilie commença déjà à remarquer la misère sociale ; elle en fit part à son confesseur, le père jésuite Leblanc.

A dix-neuf ans, Emilie s’installa à Hauterive avec son père et son frère, et prit en charge la gestion de la vie familiale, tandis que son père était maire de Castres.

Essuyant un net refus de son père pour entrer chez les Filles de la Charité, elle fonda alors, avec la permission de l’évêque, une nouvelle famille religieuse qui s’appellera Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), dont les membres seront communément appelées les Sœurs bleues, en raison de leur habit. 

On notera avec surprise l’appellation de cette nouvelle famille, en 1836, bien avant la proclamation du dogme (1854) et des apparitions de Lourdes (1858) où la Sainte Vierge se définira comme l’Immaculée Conception.

Le but de cette congrégation était de servir les moins favorisés : ouvrières, condamnés, malades, enfants abandonnés…

Très vite, les vocations se multiplièrent et la famille religieuse s’implanta au Sénégal (1848), en Gambie, au Gabon. Plus tard, ce sera l’Espagne, l’Italie, l’Amérique du Sud, les Philippines.

Humblement, la fondatrice se fit bientôt remplacer à la tête de la congrégation.

En 1854, une épidémie de choléra atteignit Castres et frappa Jeanne Emilie, qui mourut le 2 octobre 1854.

Le miracle retenu pour la béatification est la guérison d’une jeune guinéenne de dix-neuf ans, renvoyée par son père qui la croyait enceinte et qui tenta de se suicider par l’absorption de soude caustique ; opérée d’urgence à Barcelone (Espagne), on la disait en phase terminale. Mais les Sœurs et les Novices de la Congrégation prièrent, déposant des reliques de Jeanne Emilie près de la malade, qui guérit rapidement et vit encore actuellement à Barcelone.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée en 2009 et canonisée en 2015.

 

 

Antoine Chevrier

1826-1879

 

Antoine-Marie Chevrier est né à Lyon en 1826. 

Ordonné prêtre en 1850, il consacra son ministère sacerdotal au service des pauvres dans la banlieue de Lyon où il découvrit la misère du monde ouvrier. 

En 1856, des inondations ravagent le quartier ouvrier de La Guillotière où il est vicaire de la paroisse Saint-André et se dévoue au service des sinistrés.

Il entre dans le Tiers-Ordre de saint François, désireux de suivre le Christ et l’Évangile comme François d’Assise. En méditant devant la crèche, il décide de se convertir à une existence évangélique et de vivre le mystère de la pauvreté à la suite de Jésus afin de “travailler plus efficacement au salut des âmes”. Il perçoit l’injustice qui frappe le monde du travail, tandis que se développe la grande industrie. Dans l’un de ses sermons, il dit : À mesure que les grands de la terre s'enrichissent, à mesure que les richesses s'enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, on dirait que la pauvreté croît, que le travail diminue et que les salaires ne sont pas payés... Il pressent qu’il faut des prêtres pauvres pour rejoindre les pauvres...

Il se rend à Ars pour consulter le saint curé, Jean-Marie Vianney, sur son projet de fondation d’une société de prêtres pauvres au service des pauvres. Avec l’accord de l’évêque, il acquiert en 1860 ‘Le Prado’, une ancienne salle de bal à l’abandon. il y recueille des enfants et des adolescents. Les conditions pour être admis : "Ne rien avoir, ne rien savoir, ne rien valoir." 

Il cherche à s'associer des prêtres et demande l'autorisation de former lui-même des jeunes en vue du sacerdoce. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée le Tableau de Saint-Fons : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne.

Avec l’encouragement du Pape Pie IX, Antoine fonde la Société du Prado composée de prêtres voués à l’apostolat paroissial et missionnaire en milieu ouvrier. Il fonde aussi un institut de femmes consacrées au service des pauvres. Marie Boisson devient la première Sœur du Prado. Les premiers prêtres du Prado sont ordonnés à Rome en 1877. En janvier 1878, l’archevêque de Lyon approuve la règle de vie des premiers «Pradosiens».

Pour la formation spirituelle des prêtres et des religieuses du Prado, Antoine écrit des commentaires d’Évangile totalement centrés sur la personne de Jésus : le Christ pauvre dans la crèche, souffrant dans sa Passion, et se laissant manger dans la sainte Eucharistie. Dans une lettre à ses séminaristes, il écrit : La connaissance de Jésus-Christ est la clé de tout. Connaître Dieu et son Christ, c’est là tout l’homme, tout le prêtre, tout le saint. Son ouvrage le plus connu, mais inachevé, s’intitule : « Le Prêtre selon l’Évangile, ou le véritable disciple de Notre-Seigneur ».

Antoine Chevrier aurait souhaité que sa société de prêtres restât affiliée au Tiers-Ordre franciscain, mais les membres du Prado préférèrent conserver leur autonomie et leur incardination dans leurs diocèses d’origine. 

Le Père Chevrier, épuisé par les labeurs et l’austérité de sa vie, mourut à l’âge de cinquante-trois ans, le 2 octobre 1879, jour où il est inscrit au Martyrologe. 

Il a été proclamé bienheureux en 1986.

 

 

Jan Beyzym

1850-1912

 

Jan (Jean) naquit le 15 mai 1850 à Beyzymy Wielkie (Ukraine, alors en Pologne), dans une famille aristocratique.

Très timide de nature, il apprit très jeune la dévotion de sa famille à la Vierge Marie. Il pensait devenir prêtre de campagne, mais fut orienté par son père vers les Jésuites.

Il fit des études à Kiev, puis entra effectivement au noviciat de la Compagnie de Jésus à Stara Wies (Pologne) en 1872.

Cette période de formation se fit normalement en plusieurs étapes : philosophie à Stara Wies (1876-1877), enseignement au collège de Tchernopil (1877-1879), théologie à Cracovie (1879-1881).

Il fut ordonné prêtre en 1881 à Cracovie.

Cette même année, il fut envoyé au collège de Tchernopil, puis à celui de Chyrów, pour y être préfet, professeur de russe et de français, et infirmier. Au service des petits malades, il déploya un trésor de patience, d’humour aussi, pour soulager tout son petit monde.

Ce prêtre austère a ses délicatesses : il cultive les fleurs, pour en mettre dans les chambres des malades ; il a un aquarium, une cage de canaris, un écureuil.

Ayant développé ses dons d’assistance aux petits malades, il demanda par écrit en 1897, son envoi auprès des lépreux de Madagascar, où se trouvait une mission jésuite française. Dans sa lettre, il écrivait : Je sais très bien ce qu’est la lèpre, et ce que je peux craindre, mais cela ne m’effraie pas. Au contraire, cela m’attire.

Arrivé à Madagascar en 1898, il rejoignit la léproserie de Ambahivoraka : cent cinquante malades y vivaient, abandonnés à eux-mêmes, mourant de faim et de soif ; affectés, outre de leur lèpre, d’autres maux comme la gale, la syphilis, incapable de se laver et de se peigner, car ils n’avaient plus de doigts. C’était une misère physique, mais aussi une misère totale spirituelle ; délicatement, il écrivit : Je regarde ces petits enfants qui non seulement n’apprennent pas à aimer Dieu, mais encore ne savent même pas s’il y a un Dieu, tandis que les grands leur apprennent déjà à l’offenser.

Au début, le père Jan habitait Antananarivo et n’allait à la léproserie que pour les enterrements et le dimanche, puis on lui accorda d’y vivre en permanence. Il n’avait pas encore de gros moyens, mais il commença au moins par améliorer l’hygiène et la nourriture de ces malheureux, ce qui fit tomber la mortalité de cinq par semaine à cinq par an (!). Il devait tout faire seul : médecin, infirmier, coiffeur, sacristain, jardinier.

Jan reconnut que cette assistance n’était pas facile : l’odeur générale n’était pas celle des fleurs de l’île, comme il le disait, mais celle de la putréfaction des corps. Lui-même s’évanouit plusieurs fois. Mais il répétait sans cesse : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Mt 25:40).

Les soins qu’il donnait quotidiennement à ses malheureux, finirent par toucher leurs cœurs ; ils lui demandèrent le baptême.

En 1901, il alla habiter deux mois dans un village proche pour y apprendre mieux le malgache et pouvoir mieux converser avec ses lépreux. Il put ensuite prêcher une véritable retraite selon la méthode de saint Ignace, qui se solda par des confessions et des communions. D’ailleurs, durant les quatorze années de son ministère, aucun des lépreux ne mourut sans le Sacrement des Malades.

Lui qui était arrivé sans un sou, il obtint d’amis polonais, autrichiens et allemands, des milliers de francs, et construisit un hôpital à Marana (Fianarantsoa), doté de tout ce qui pouvait se trouver de mieux à l’époque, avec une chapelle, une habitation pour les Religieux, une pharmacie, un dispensaire, deux pavillons (hommes et femmes). Il y fit venir des Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny et l’hôpital fut inauguré en 1911, dédié à Notre-Dame de Czestochowa, comme il se doit pour un Polonais. Il existe toujours actuellement, entouré de petites maisons pour les familles des malades.

Le centre de la vie du père Jan était la Messe quotidienne. Une de ses tristesses était qu’on ne pouvait maintenir constamment un tabernacle, à cause des intempéries. Il mettait toute sa confiance dans la Sainte Vierge et lui attribuait ce qu’il arrivait à faire. Il priait beaucoup, à tout moment. N’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la prière silencieuse, il demandait aux Carmélites de prier pour lui et sa mission.

Miné par l’artériosclérose, couvert de plaies, épuisé par le labeur et le climat, peut-être aussi contaminé par la maladie, Jan Beyzym mourut le 2 octobre 1912, dans son hôpital à Marana, assisté par un autre prêtre lui-même contaminé par la lèpre.

Le père Jan a été béatifié en 2002.

Elías Carbonel Mollá

1869-1936

Juan Bautista Carbonel Mollá

1874-1936

 

Ces deux prêtres furent réellement frères de sang, frères de sacerdoce, et frères de martyre.

Ils naquirent tous deux à Concentaina (Alicante), de José et Milagros, des parents chrétiens.

Elías naquit le 20 novembre 1869, entra au séminaire de Valencia en 1890, reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1893.

Son apostolat se déroula à El Salvador et Concentaina comme vicaire, à Santa María comme archiprêtre, administrateur de l’hôpital et de la maison des Vieillards. En outre, il fut aumônier des Sœurs Trinitaires.

Juan Bautista (Jean-Baptiste) naquit le 6 juin 1874, entra au séminaire de Orihuela puis à celui de Valencia. Ordonné prêtre en 1898, il fut comme son frère vicaire à El Salvador et Concentaina, puis à l’église de Santa María.

C’était un excellent organiste. Musicien, il donna beaucoup d’élan à la liturgie du Tiers-Ordre du Carmel, qu’il dirigeait avec beaucoup de zèle.

Au moment de la révolution de 1936, on lui offrit de s’installer dans une maison d’où il pouvait facilement fuir si nécessaire, mais il répondit qu’il n’avait jamais rien fait de mal à personne et qu’il resterait chez lui.

 

Les deux frères furent arrêtés le 1er octobre 1936, et mis en prison dans le couvent des clarisses, réquisitionné à cet effet.

Le lendemain, 2 octobre, pour le seul motif d’être prêtres, ils furent emmenés sur la route et, à Sax (Alicante), furent tous deux fusillés.

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

María Francisca Ricart Olmos

1881-1936

 

Elle naquit le 23 février 1881 à Albal (Valencia, Espagne), deuxième des quatre enfants de Francisco et María.

En 1885, le papa mourut et la maman éduqua courageusement et saintement ses quatre enfants : trois filles et un garçon.

María Francisca reçut la Première communion en 1891, date à partir de laquelle elle se «transforma» de plus en plus, par une participation très fréquente à l’Eucharistie.

Il y eut un «incident» lors de cette cérémonie. Le curé posa simplement cette question : Y aura-t-il parmi vous quelqu’un qui sera l’épouse de Jésus-Christ ? María Francisca leva spontanément le doigt en disant bien clairement : Moi, je veux en être une !

Elle fréquenta l’école du village jusqu’à quatorze ans, bonne élève, joyeuse et sérieuse à la fois, au point que la maîtresse lui confiait la garde des plus petits. En grandissant, elle participa aux activités paroissiales. Elle apprit la musique et le chant : elle eut pour professeur une certaine Francesca Peneli, qui entra aussi chez les Servantes de Marie, et fut aussi martyrisée le 2 octobre.

Avec le consentement de sa mère et du curé, elle partit à quinze ans chez les Servantes de Marie à Valencia, dont le monastère s’appelait Au pied de la Croix. Durant le trajet, on parlait, on échangeait ; un inconnu voulut protester contre la vie religieuse et lança : Regardez cette gamine, on l’a trompée pour l’emmener ! Mais la gamine répondit crânement : Je sais parfaitement ce que je fais, c’est Jésus qui m’appelle.

Après le noviciat, elle professa solennellement en 1900, avec le nom de María Guadalupe.

Inutile de dire qu’elle vécut la Règle saintement, pieusement, profondément, méditant les douleurs de la Passion du Christ et de Marie, sans jamais pour autant perdre sa joie.

En 1928, elle fut maîtresse des novices, en 1931 prieure, de nouveau maîtresse des novices en 1934.

En juillet 1936, la communauté se dispersa et María Guadalupe se réfugia dans sa famille, d’abord chez une nièce, mais qu’elle quitta pour ne pas déranger cette jeune femme enceinte, puis chez sa sœur.

Le 2 octobre, du vacarme la fit sortir de sa méditation. Sa sœur et son beau-frère cherchaient à empêcher des miliciens de fouiller la maison. María Guadalupe sortit de sa chambre, son livre de prières à la main. On lui demanda : C’est vous la nonne ? Sa réponse démontra encore une fois sa personnalité : Je suis moniale et si je naissais mille fois, je serais Au pied de la Croix, faisant allusion au monastère et à la dévotion principale de la congrégation.

On l’embarqua dans une fourgonnette. Elle dit aux siens : Ne pleurez pas pour moi. Tenez : ils vont me faire mourir et donner la vie pour Celui qui l’a le premier donnée pour moi.

Il était deux heures du matin. On l’emmena à un soi-disant tribunal, qui la condamna à mort, ce même 2 octobre 1936 à Silla (Valencia). L’exécution se fit vers quatre heures, on en en entendit les coups. Durant les deux heures précédentes, on commit sur la Religieuse et les autres qui étaient arrêtées avec elle, des atrocités que même une des miliciennes, témoin de la scène, eut honte et horreur de raconter. 

María Guadalupe a été béatifiée en 2001.

 

 

José Fuentes Ballesteros
1885-1936

Né le 13 mai 1885 à Mojácar (Almería) et baptisé dès le lendemain, il était l’aîné de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, José fut ordonné prêtre en 1909.

Il exerça le saint ministère à Turre, Filabres, Lubrín, où son jeune frère était curé.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères, José d’abord, puis Antonio.

Béatifié en 2017, José Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.


Antonio Fuentes Ballesteros
1887-1936

Né le 2 novembre 1887 à Mojácar (Almería) et baptisé trois jours après, il était le deuxième de trois frères qui furent tous trois séminaristes ; Juan, cependant, mourut avant d’être ordonné prêtre.

Leur mère mourut quand ils étaient encore enfants ; c’est leur sœur aînée qui les «éleva».

Ayant étudié au séminaire diocésain d’Almería, Antonio fut ordonné prêtre en 1910.

Il passa la licence de théologie à Grenade, se mit dans les rangs de l’Union Apostolique Sacerdotale (1914) et exerça son ministère sacerdotal à Mojácar (1916), Bédar (1919), Lubrín (1927), où son frère aîné José le rejoignit.

Il vivait pauvrement, et trouvait encore le moyen d’aider les pauvres.

Au moment de la persécution de l’été 1936, les deux frères durent se replier à leur pays natal, Mojácar, et trouvèrent un logement à Garrucha. Dénoncés et expulsés, il se réfugièrent dans une grotte. Là encore on les dénicha : les miliciens vinrent les déloger de là à coups de gourdins et les livrèrent au comité de Mojácar. Là, on les fit travailler jour et nuit à creuser une canalisation d’eau avec un pic. Ils avaient les mains en sang ;  une brave femme du pays vint les soigner.

Deux jours après, on fusilla les deux frères ; d’abord don José, puis don Antonio. Quand ce dernier arriva à l’endroit où gisait son frère, il s’agenouilla, l’embrassa, et les bras grand ouverts il pardonna aux bourreaux.

C’était le 2 octobre 1936 à El Portazgo (Los Gallardos, Almería).

Béatifié en 2017, Antonio Fuentes Ballesteros sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 octobre.

 

 

Mateu Garrolera Masferrer

1888-1936

 

Mateu vit le jour le 11 novembre 1888 à San Miquel de Olladels (Gerona, Espagne)

A vingt-cinq ans, il fut employé comme domestique chez les Salésiens de Sarriá (Barcelone) et, conquis par cette belle ambiance familiale salésienne, demanda à y faire le noviciat.

Il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit profession en 1916.

Il fut une année à Sarriá, six à La Coruña, six autres à Orense et finalement à Atocha (Madrid) en 1929, où il était chargé de recueillir les aumônes des coopérateurs pour la maison.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. On mit les Frères face au mur. Mateu, tranquillement, sortit son chapelet et commença à le prier. Quelqu’un lui parla d’imprudence, il répondit : Et pourquoi on aurait honte de montrer ce qu’on est ? Un milicien lui dit encore de le rentrer et il lui répondit : Qu’est-ce que ça peut me faire, si vous me tuez ? J’irai plus vite au Ciel ! et il continua sa prière.

Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.

Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Mateu se réfugia quinze jours chez des amis, puis chez une coopératrice salésienne, mais dut partir à cause de l’hostilité affichée par certains voisins, et rejoignit une pension ; on l’y arrêta, le 1er octobre. 

Comme papiers, il montra ses livres de piété ; interrogé, il répondit calmement ; les miliciens notèrent : A ses réponses, on voit bien que c’est un Religieux. On l’arrêta et le conduisit à la tchéka de Fomento, où il retrouva d’autres Salésiens.

On n’en sut rien de plus. Il fut peut-être fusillé dès le 2 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre 1936. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Saiz Aparicio

1889-1936

 

Enrique naquit le 1er décembre 1889 à Ubierna (Burgos, Espagne).

Entré à l’école des Salésiens à Gerona et Sarriá, il commença ensuite le noviciat à Barcelone, où il fit la profession en 1909.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1918.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque (1919-1923), Carabanchel Alto comme conseiller puis comme directeur, ainsi qu’à Madrid-Atocha, et enfin Carabanchel Alto (1934-1936).

Lors du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, tous les Salésiens furent expulsés de leurs maisons madrilènes, et se dispersèrent çà et là dans des maisons d’amis. Ils restaient en contact, se rendaient visite, et don Enrique était le supérieur de cette «communauté dispersée», conseillant, aidant, suggérant, veillant, parfaitement conscient du martyre imminent qui les attendait tous.

On vint arrêter don Enrique le 2 octobre 1936 pour le mettre en «prison» au couvent San Plácido, réquisitionné à cet effet. De là, on suppose avec assez d’indices qu’il fut ensuite emmené à la tchéka de Fomento.

Un de ces indices est qu’un autre Salésien, don Pedro Artolozaga, exécuté le 2 octobre, fut retrouvé avec les chaussures de don Enrique : ce dernier avait dû les lui donner au moment où on l’emmena pour le fusiller. 

Don Enrique fut reconnu comme prêtre dans cette tchéka, et les miliciens le fusillèrent le jour même de son arrestation, à Vallecas (environs de Madrid), le 2 octobre 1936.

C’est lui qui arrive en tête de la longue liste des bienheureux Martyrs espagnols salésiens des années 1936-1939.

Enrique Saiz Aparicio fut béatifié en 2007.

 

 

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995.

Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco

1901-1936

 

Il vit le jour le 8 mars 1901 à Legarda (Álava, Espagne), de bons parents chrétiens.

Juan entra à l’école des Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Il entra au noviciat à Fuenterrabía (Guipúzcoa) et fit la philosophie à Miranda et San Miguel del Monte.

Après sa profession (1919), il porta le nom de Isidro.

Grand travailleur, Isidro n’était pas une «tête», mais un excellent compagnon, qui supportait gentiment les taquineries sur sa petite taille. L’un de ses confrères, parlant de sa modestie, rendit ce témoignage : Il fut exceptionnel en ce qu’il ne fut exceptionnel en rien.

Il fut ensuite à Torrelavega pour la théologie. Il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en droit canonique à l’Université Grégorienne et fut ordonné prêtre en 1925. 

Il fut prieur, et professeur (apprécié) de droit canonique et de théologie morale au séminaire de l’Escorial. Il continuait d’étudier beaucoup jusqu’à en avoir parfois mal à la tête.

En 1936, le séminaire ayant été transformé en hôpital, il laissa son bel habit blanc pour mettre la blouse d’infirmier.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le Supérieur (le père Teófilo, voir au 11 août) et quelques frères laïcs âgés.

Le 9 août, ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, d’où ils sortirent libres, mais le père Isidro ne connaissait personne, ne savait où aller, et avait à peine de quoi manger. Il erra çà et là ; on lui refusa l’hospitalité dans diverses pensions ; une pieuse dame finit par l’accueillir.

Le 2 octobre, des membres des FAI (Federación Anarquista Ibérica) se présentèrent là où il se trouvait ; c’est lui qui leur ouvrit. Ils lui demandèrent : T’es curé ? Il ne nia pas. Ils l’emmenèrent avec deux autres Religieux qui étaient là.

Après un simulacre de jugement, ils furent condamnés à mort, pour le délit d’être prêtres.

Le père Isidro fut assassiné sur la route de l’Este de Madrid, le soir du 2 octobre.

La dame qui l’avait hébergé fut elle aussi incarcérée et interrogée, mais laissée en liberté. Quelques jours plus tard, elle rencontra à nouveau le chef de la tchéca et lui demanda ce qui était arrivé aux Religieux. Il lui répondit : Ne t’en fais pas pour eux ; ils ont eu un sort plus mauvais que le tien, parce qu’ils étaient curés.

Ce père Isidro fut béatifié en 2013.

 

 

Francesc Carceller Galindo

1901-1936

 

Né le 3 octobre 1901, de Joaquin et Manuela, le troisième des neuf enfants de cette famille reçut au baptême le nom de François, qui est fêté le 4 octobre. 

A part le frère aîné, Joaquin, tous ces enfants furent Religieux : Jaume, Francesc et Pere, piaristes ; Josep, Domingo et Manuel, augustins récollets ; María, l’unique fille, dominicaine. 

En 1914, le jeune Francesc eut au genou droit une tumeur blanche, qui ne put jamais guérir, au point qu’on finit même par le surnommer gentiment le petit boîteux. Après un pélerinage à Lourdes, il y eut une brève amélioration. A Saragosse, on hésita à l’opérer à cause de sa faiblesse. Francesc cependant n’y accordait pas plus d’attention, jouant et courant comme il pouvait, avec ses camarades.

Il fut enfant de chœur et, malgré sa jambe paralysée, s’efforça de s’agenouiller. Sa mère voulait demander aux Pères piaristes qu’il pût servir la messe debout, mais le garçon répondit : Je préfère alors ne pas servir la messe ! 

Après sa première Communion, il alla recevoir chaque dimanche l’Eucharistie, et se mettait en tout dernier, pour pouvoir s’agenouiller avec sa jambe raide sans déranger les autres (rappelons qu’à cette époque on communiait toujours à genoux, par respect pour l’Hôte divin qu’on recevait). Mais un jour de l’Assomption, en 1913 ou 1914, il vint se mettre en plein milieu des communiants, à genoux comme les autres : il était guéri ! Sa mère n’en croyait pas ses yeux.

C’est en signe de gratitude que Francesc voulut porter en religion le nom de la Vierge de Lourdes et aussi qu’après son ordination sacerdotale, il vint remercier la Vierge de Lourdes avec son père.

Toujours est-il qu’à quatorze ans, en 1914, il voulut suivre le même chemin que ses aînés, et entrer chez les Pères de Saint-Joseph-Calasanz, dits des Ecoles Pies ou Piaristes (voir au 25 août), à Morella. Il prit l’habit en 1918 et commença alors le noviciat.

Ce fut un novice extrêmement appliqué à sa règle, au silence, à l’ordre. Il affectionna particulièrement la liturgie et le chant grégorien. Il fit la profession solennelle en 1922 à Alella, et fut ordonné prêtre à Lleida en 1925.

Son activité se déroula ensuite à Barcelone, à l’école Saint-André de 1924 à 1930, puis celle de Notre-Dame, de 1930 à 1936, où il fut un maître de chant remarquable. Il communiqua à ses élèves l’amour enthousiaste de la Liturgie, et leur apprit à chanter le chant grégorien. Il réunit particulièrement un groupe de ses élèves en une Fédération de Jeunes Gens ou Travailleurs Chrétiens.

A la fin de l’année, il fut envoyé à Caldes de Montbui, pour un traitement aux thermes. Peu avant de quitter le collège de Barcelone, il confia à un étudiant qu’il avait le pressentiment qu’ils ne se reverraient plus.

Après cette cure à Caldes, il rejoignit son pays natal, Forcall, le 17 juillet 1936, pensant passer ce temps de vacances chez ses parents.

Mais la révolution éclata peu de jours après, et il tenta vainement de regagner Barcelone, car on lui refusa le laisser-passer.

A Forcall, furent arrêtés les prêtres. Un ami proposa l’hospitalité à Francesc pour le cacher ; Francesc lui en fut très reconnaissant, mais refusa, de peur qu’à sa place fussent arrêtés son père et son frère Joaquin, tandis que s’ils m’arrêtent, que Dieu soit béni ; je veux mourir pour mon pays et pour Dieu.

Cet été-là, il le passa à participer aux corvées habituelles, à la maison, aux champs. Quand on l’avertissait d’être prudent et de ne pas (trop) se montrer, il répondait : L’Eglise ne manquera jamais de prêtres, parce que le sang des martyrs est une semence de Chrétiens.

Le 28 août, il confiait : S’ils me tuent, ce sera la fin de mes rhumatismes ! En plus de ça, la plus grande gloire que Dieu pourra m’accorder, sera le martyre, parce que ainsi je serai sûr de posséder le ciel.

Cette grâce allait lui être accordée à partir du lendemain, 29 août. A six heures du matin, un envoyé de la mairie vint convoquer le Frère Francesc. Le papa dormait encore ; c’est sa sœur qui l’avertit : après avoir prié, elle vint réveiller son frère et lui dit qu’on l’attendait. Francesc demanda : Et maman, elle pleure ? 

Il descendit, embrassa son père, sa chère mère, tous ses proches et, accompagné de son frère Joaquin, se rendit à la municipalité, où il retrouva quatre autres prêtres de Forcall.

Ils furent d’abord enfermés à Morella, puis à Castellón de la Plana, jusqu’au 2 octobre, jour où on leur adjoignit une trentaine d’autres prêtres.

Un des laïcs prisonniers, qui put échapper - on ne sait comment - et raconter ce qu’il vit, témoigna que les prêtres se confessèrent les uns aux autres ; que Francesc, qui souffrait énormément des rhumatismes, ne pouvait certains jours pas même sortir dans la cour.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le Fr. Francesc Carceller. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. Francesc avait ce jour-là trente-cinq ans.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Pedro Artolozaga Mellique

1913-1936

 

Pedro vit le jour le 31 janvier 1913 à Erandio (Biscaye, Espagne), le jour de la fête de saint Giovanni Bosco.

Il entra au collège salésien de Santander, continua sa formation à Astudillo (Palencia) en 1926 puis Madrid. Il fit le noviciat à Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1931. 

Sur un petit carnet où il rédigeait diverses pensées et résolutions, il écrivit un jour : Puisse le Seigneur me faire mourir avant que je l’offense, imitant en cela le jeune Domenico Savio qui, à douze ans, écrivit : La mort, mais pas le péché.

Il alla faire en 1933 son apprentissage pédagogique à Salamanque. En juillet 1936, il rejoignit Carabanchel Alto pour la théologie. La persécution commença dès le 20 juillet.

Les miliciens le découvrirent dans la pension où il se cachait avec d’autres Salésiens. Il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Manuel Borrajo Míguez. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Pedro sur la route d’Andalousie.

Don Pedro avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bartolomé Blanco Márquez

1914-1936

 

Bartolomé naquit en 1914 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), dans un milieu très modeste.

A trois ans, il fut orphelin de père et fut élevé par ses oncle et tante. Il devint très tôt rempailleur de chaises.

Il fut un des premiers à fréquenter l’oratoire salésien de son pays, et devint catéchiste.

En 1932, il fit partie de la nouvelle section Jeunesse Action Catholique, dont il devint le secrétaire ; puis en 1934, il adhéra à l’Institut Social Ouvrier. Au terme de ses études, il fonda huit sections de syndicats catholiques.

Le 18 juillet 1936 Bartolomé se mit immédiatement au service de la Garde Civile, persuadé qu’il pourrait combattre contre les ennemis de l’Eglise.

Il fut arrêté et mis en prison à la fin de septembre 1936.

Transféré à Jaén, il confessa fermement sa foi au Christ et fut condamné à mort.

La veille de son exécution, il écrivit : En me fusillant, ils me donnent la vraie vie. En me condamnant pour avoir défendu les idéaux de la religion, de la patrie et de la famille, ils m’ouvrent les portes du ciel.

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il baisa les mains du bourreau et se tint bien en face de lui parce que celui qui meurt pour le Christ, doit présenter sa poitrine. Devant un chêne, il mit les bras en croix, cria Vive le Christ Roi ! et reçut les balles.

C’était le 2 octobre 1936 ; Bartolomé n’avait pas vingt-deux ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Manuel Borrajo Míguez

1915-1936

 

Manuel vit le jour le 22 août 1915 à Rudicio-San Xoan de Seoane-Allariz (Orense, Espagne).

Il entra au noviciat salésien de Allariz, continua sa formation à Madrid et Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1932 ainsi que ses études de philosophie.

Il prit pour modèle saint Domenico Savio (voir au 9 mars).

Il alla faire en 1934 son apprentissage pédagogique et la théologie à Salamanque. Les lois l’obligèrent à être vêtu civilement.

Il se trouva de passage à Carabanchel Alto (Madrid), où il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Artolozaga. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Manuel au kilomètre 10 de la route de Castellón.

Don Manuel avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-et-un ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

Maria Ana Kratochwil

1881-1942

 

Elle vit le jour le 21 août 1881 à Ostrawa (Pologne, actuelle Ostravský kraj, Moravie, République Tchèque).

Elle suivit ses parents à Węgierska Górka (Żywiec), à la recherche de travail. Tôt orpheline de père, elle fut accueillie à l’orphelinat de Bielsko, tenu par les Sœurs Scolastiques de Notre-Dame, qui l’aidèrent à préparer le diplôme de maîtresse d’école.

Après avoir travaillé trois ans à l’école de Karwin, elle entra en 1901 dans cette Congrégation et professa en 1910 avec le nom de Maria Antonina.

Elle enseigna d’abord dans une école primaire à Karwin (1906-1917), à Lwów comme professeur (1917-1925) et fut supérieure de son couvent (1925-1932).

Maîtresse des novices à Tłumacz, elle revint à Lwów comme directrice de l’école, tout en continuant la formation des jeunes vocations jusqu’en 1939, puis fut directrice à Mikuliczyn, dans la zone d’occupation soviétique.

Au début de la guerre, les Religieuses furent expulsées, mais purent reprendre leurs activités quand les Allemands contrôlèrent la région, quoique dans des conditions très difficiles. Bientôt cependant le couvent dut être évacué.

Les six sœurs, avec leur Supérieure, durent vivre dans la clandestinité jusqu’en juillet 1942.

Trahies et dénoncées, elles furent le 9 juillet conduites en prison à Stanislawów. Maria Antonina, comme supérieure, fut soumise particulièrement à maintes tortures de la part des soldats nazis. Des témoins purent affirmer qu’elle répétait la parole du Christ : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Touchée par le typhus, elle n’en continua pas moins de soutenir le moral de ses Consœurs.

Enfin relâchée, elle mourut quelques jours après à l’hôpital, des suites des mauvais traitements reçus.

Elle s’éteignit à Stanislawów (aujourd’hui Ivano-Frankivs’k, Ukraine), le 2 octobre 1942, et fut béatifiée en 1999.

 


Jesús Emilio Jaramillo Monsalve
1916-1989

Ce nouveau Jésus naquit le 14 février 1916 à Santo Domingo (Antioquia, Colombie).

Après ses études primaires, qu’il fit auprès de son curé, il entra à l’Institut des Missions Etrangères de Yarumal (IMEY), en 1929.

En 1936, il commença le noviciat dans le même Institut et, après les études de philoophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1940.

Pour passer la licence de théologie, ne pouvant aller à Rome à cause de la guerre, il alla à Bogotá ; là-bas, il fut nommé aumônier de la prison des femmes.

En 1945, il allait être directeur spirituel au séminaire de Yarumal, mais il dut être maître des novices dans l’Institut IMEY. En 1950, on le nomma recteur du séminaire diocésain ; en 1956, il aura un successeur, et restera professeur ; en 1959, il fut nommé supérieur général de l’IMEY.

En 1962, il accompagna l’évêque au Concile Vatican II ; le Vatican le chargera d’examiner les problèmes de pays de mission en Afrique comme le Congo. En 1967, il fut sous-secrétaire de la pastorale des Laîques pour la Conférence Episcopale de Colombie.

En 1970, il fut nommé Vicaire Apostolique de Arauca, et consacré évêque en 1971 ; quand Arauca fut érigé en diocèse, il en fut le premier évêque (1984). Sa devise épiscopale fut : Llega el Señor, Le Seigneur vient !

Dans ce nouveau diocèse, Mgr Jaramillo fut très actif. Il fonda des collèges pour susciter des vocations, pour former des ouvriers à l’idéal catholique, la coopérative COFAVI, l’hôpital de Saravena, qu’il plaça sous le patronage de Ricardo Pampuri (v. 1er mai).

Le 2 octobre 1989, il fut séquestré, torturé et assassiné par un comando de la guerilla.

Reconnu martyr, Mgr Jesús Emilio Jaramillo Monsalve fut béatifié en 2017 et sera commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 23:00

 

OCTOBRE

 

01 OCTOBRE

 

IV.

S Piaton, prêtre romain, martyr à Tournai, dont il est le Patron.

SS Verissimus, Maxima et Iulia, martyrs à Lisbonne.

VI.

S Vulgis, ermite près de Soissons, disciple présumé de s. Remi.

S Suliau, abbé en Bretagne, venu du Pays de Galles ; il savait apprivoiser les bêtes sauvages.

S Romanos le Mélode, syrien, auteur de Kontakia ou chants d'église : il en aurait eu l'inspiration sur une apparition de la Vierge Marie ; il vivait à Constantinople.

S Nizier, évêque à Trêves, extrêmement exigeant pour l'observation des commandements de Dieu.

Ste Germaine, martyre près de Troyes.

VII.

S Bavon, flamand ; il se repentit de sa vie légère à la mort de sa femme et devint moine ; il est le patron de la cathédrale de Gand.

Ste Urielle (Eurielle), sœur de s. Judicaël, vierge en Bretagne.

S Wasnon, d'origine écossaise et évêque missionnaire, venu évangéliser la Belgique.

VIII.

S Michel, martyr avec d'autres moines près de Nisibe.

B Thomas, évêque à Milan.

S Viril, abbé bénédictin en Navarre (IX.?).

XVI.

Bx Gerald Edwards, Robert Wilcox, Christopher Buxton, Ralph Crockett, Edward James, John Robinson, prêtres, et Robert Widmerpool, laïc, martyrs en Angleterre.

XVII.

Bx Gaspar Hikojiro et Andreas Yoshida, laïcs martyrs décapités à Nagasaki pour avoir reçu des prêtres chez eux.

B Juan de Palafox Mendoza, évêque à Osma, béatifié en 2011.

XIX.    

Bse Gim Jo-i Anastasia, laïque coréenne martyre, morte en prison en octobre, béatifiée en 2014.

XX.

B Luigi Maria Monti (1825-1900), huitième de onze enfants des environs de Milan, ébéniste qui forma un oratoire : la compagnie du Sacré-Cœur-de-Jésus, puis se consacra comme infirmier parmi les Fils de Marie-Immaculée et fonda à Rome la congrégation des Fils de l'Immaculée Conception, pour les malades ; il mourut dans un orphelinat de Saronno qu'il avait aussi fondé, et fut béatifié en 2003.

Bse Cecilia Eusepi (Maria Angela, 1910-1928), italienne tertiaire des Servites de Marie, morte de tuberculose, le “Lys parfumé” de Nepi, béatifiée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

    - béatifié en 2001 :

Salésiens : Álvaro Sanjuán Canet (*1908), prêtre, près d’Alicante ;

Laïque : Florencia Caerols Martínez (*1890), vierge très active dans l'Action Catholique, près de Valencia ;

    - béatifiés en 2007 : 

Salésiens : Carmelo Juan Pérez Rodríguez (*1908), sous-diacre, Higinio Mata Díez (*1909), postulant, et Juan Mata Díez (*1903), coadjuteur, à Madrid.

B Antoni Rewera (1869-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, fondateur des Filles du Séraphique Saint-François, béatifié en 1999.

 

 

Piaton de Tournai
4. siècle

Piaton (Piat) a pu faire partie de la dizaine de missionnaires que l’Eglise de Rome envoya en Gaule : Denys, Quentin, Lucien, Crépin, Crépinien, Piaton et d’autres.
De Paris, Denis aurait ordonné prêtre  Piaton pour évangéliser la région de Tournai. Piaton y aurait baptisé trente mille païens.
Sur ordre d’un préfet romain qu’on nomme Rictiovarus, Piaton aurait été martyrisé percé de clous d’après un récit, décapité d’après un autre récit.
Dans ce dernier cas, Piaton se serait redressé, aurait saisi sa tête et aurait marché jusqu’à Seclin (act. Nord), pour y être enseveli.
Piaton a été martyrisé «sous Maximien», donc en fin de troisième, sinon en début de quatrième siècle.                                                                                                                                               Il est le Patron de la ville de Tournai.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Piaton de Tournai au 1er octobre.


Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne
4. siècle

Verissimus et ses deux Compagnes, Maxima et Iulia - on en a fait parfois des frère et sœurs - furent martyrisés dans la région de Lisbonne (Portugal, alors Lusitania), peut-être décapités, en début de quatrième siècle, sous Dioclétien.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Verissimus, Maxima et Iulia de Lisbonne au 1er octobre.

 

 

Romanos le Mélode

493-556

 

Romanos naquit vers 493 à Emèse (act. Homs, Syrie), dans une famille juive. 

Enfant, il fut baptisé, sans qu’on sache qui, de ses parents ou de ses proches, passa au christianisme.

On retrouve plus tard Romanos à Berytos (act. Beyrouth, Liban), où il reçut le diaconat dans l’église de la Résurrection.

Il alla ensuite à Constantinople : il habitait dans le monastère de Kyros, et exerçait les fonctions de sacristain à Sainte-Sophie.

D’après un récit ancien, Romanos n’avait pas une voix particulièrement faite pour le chant, et l’on ne pouvait s’empêcher de sourire lorsqu’il commençait une lecture. Mais lors de l’office solennel de Noël, vers 518, il fut pris de léthargie juste avant de proclamer le psaume ; pendant ce sommeil, il vit la Mère de Dieu qui lui tendait un rouleau et lui ordonnait de le manger (ce qui rappelle la vision d’Ezéchiel 3:1 ou de l’Apocalypse 10:9). Aussitôt éveillé, il entonna à l’ambon un hymne extraordinaire de poésie, de théologie, et  d’une mélodie extrêmement douce, ce qui étonna tous les assistants, du patriarche aux fidèles.

Ce nouveau genre qu’inaugurait Romanos sur l’inspiration de la Sainte Vierge, s’appelle kontakion, un mot qui désigne au sens propre le support sur lequel on enroulait le manuscrit. Romanos en aurait composé un millier, dont on a conservé quelques dizaines, apparemment authentiques. Ce sont de très longs poèmes sacrés, aux vers variés groupés en strophes. 

Romanos mourut un 1er octobre, vers 556.

Le genre du kontakion fut remplacé dès le 7e siècle par celui du kanon, plus simple, illustré par s.Andreas de Crète et s.Jean Damascène (v. 4 juillet et 4 décembre).

Saint Romanos le Mélode est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nizier de Trèves

500-569

 

On verra plus bas pourquoi Nizier (Nicetius) n’a pas pu naître en 513. Il naquit à ou près de Limoges, peu avant 500. 

Il semblait avoir déjà les cheveux poussés en forme de couronne, comme un clerc tonsuré, de sorte que ses bons parents le confièrent tôt à un abbé de monastère local.

Nizier deviendra abbé de ce même monastère. Déjà son zèle pastoral s’exprimait : aux moines, il répétait Il faut se garder de dire des bêtises, des paroles oiseuses, reprenant cette parole du Christ : Vous serez jugés sur toute parole inutile (Mt 12:36).

Le roi Thierry Ier l’avait en grande considération et le prit comme aumônier.

En 526, Nizier fut nommé évêque de Trèves. C’est cette date historique qui exclut la possibilité que Nizier soit né en 513. Rarement un prêtre est nommé évêque avant la trentaine, c’est une loi canonique.

Nizier fut accompagné à Trèves par une troupe de seigneurs qui, arrivés sur place, lâchèrent leurs chevaux dans les champs de moisson voisins. Nizier protesta et fit chasser les animaux.

Il se montra terrible contre ceux qui n’observaient pas les commandements de Dieu. Un jour que le fils de Thierry prétendait assister à la Messe alors qu’il vivait dans la débauche, Nizier le fit sortir. Il excommunia le roi Clotaire, qui alors l’exila (561). Nizier eut révélation qu’il allait promptement être rétabli, en effet Clotaire mourut et son successeur Sigebert rétablit immédiatement l’évêque.

Nizier était plein de force dans la prédication, et terrible pour discuter. Il avait de la constance dans les épreuves et de la prudence pour enseigner. Prospérité ou adversité ne le changeaient pas. On ne l’intimidait pas et on ne le trompait pas par des flagorneries. 

Le diable s’en prit plusieurs fois à Nizier ; il se montra à lui un jour sous une forme affreuse, noire, comme prêt à dévorer l’évêque : Nizier le fit disparaître d’un signe de croix. Nizier délivra un jour trois possédés à l’entrée de l’église Saint-Maximin, d’un signe de croix. Quand une épidémie de peste ravagea Trèves, la prière de Nizier éloigna le fléau ; une voix le fit comprendre : Nous (les démons) ne pouvons rien faire que laisser cette ville.

Devant un jour être reçu pas le roi, Nizier obtint par sa prière qu’on pût pêcher beaucoup de poissons pour les servir à la table du roi et de tous les invités.

Nizier eut une vision nocturne qui lui révélait la durée et la qualité des règnes des rois futurs. 

Comme le Christ (Mt 8:23-27), il s’endormit un jour dans sa barque, qui se trouva agitée par un vent violent : il se réveilla, et calma la tempête par un signe de croix.

Nizier participa aux conciles de Clermont (535) et d’Orléans (549), peut-être aussi de Paris (552). On a aussi de lui deux lettres, l’une à l’empereur Justinien, l’autre à la reine Chlodoswinde. 

Il raconta lui-même avoir eu une vision de s.Paul et de s.Jean-Baptiste, qui l’invitaient au Repos éternel. Il mourut quelques jours après, le 1er octobre, vers 569.

S.Venance Fortunat (v. 14 décembre) le chante dans un poème. 

De son vivant, Nizier avait brillé par ses aumônes, sa charité, ses miracles ; les miracles continuèrent près de son tombeau : des chaînes de prisonniers tombèrent, des possédés furent libérés, des aveugles furent guéris.

Saint Nizier de Trèves est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bavon de Gand

589-658

 

Allowinus - appelé communément Bavon - naquit vers 589 au pays d’Hesbaye (Belgique), de famille noble.

En grandissant, il connut les plaisirs et quelques écarts ; il épousa cependant la fille du comte Adilion et eut une fille, Aggletrude.

A la mort de son épouse, il conçut un réel remords pour ses fautes passées et alla trouver s.Amand (v. 6 février) : sa vie allait changer radicalement. Il distribua ses biens aux pauvres et vint au monastère fondé par s.Amand à Elnone ; il y reçut la tonsure ; Amand le prit avec lui dans ses voyages.

Amand avait prêché dans la région de Gand : Bavon y retourna et, en accord avec l’abbé Florbert, commença la construction d’un ermitage ; Attinus, qui l’aidait, se retrouva étouffé par son chariot qui se retourna : Bavon le ressuscita trois heures plus tard.

Un autre épisode montre comment la conversion de Bavon était profonde. Il rencontra un homme qu’il avait autrefois vendu comme serf. Il se jeta à ses pieds en lui demandant pardon, et le supplia de le traiter comme un condamné : tête rasée, pieds et mains entravés, et enfermé quatre mois dans un cachot.

Un telle volonté de réparation et de sanctification ne fut pas exempte de tentations ou d’épreuves, que lui infligea le Démon. 

Au bout d’environ trois années de cette vie d’ermite, Bavon sentit approcher son heure. Il mourut un 1er octobre et apparut à sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars) en lui demandant de venir l’ensevelir, ce qu’elle fit. On sait que sainte Gertrude mourut en 659, Bavon mourut donc au plus tard en 658.

En 1559, l’église Saint-Jean de Gand devint la cathédrale Saint-Bavon, notre Saint devenant le céleste Patron du nouveau diocèse de Gand.

Saint Bavon de Gand est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wasnon de Condé-sur-l’Escaut

† 700

 

Wasnon (Wasnulphus en latin) devait être d’origine écossaise, et séjourna d’abord dans quelque monastère de cette région.

La Providence le poussa, comme beaucoup d’autres, à passer dans l’Europe du Nord pour prêcher la Vérité. Il y aurait été compagnon de s.Madelgaire Vincent (v. 14 juillet).

Wasnon aurait vécu quelque temps dans la forêt de Thiérache, avant de s’établir dans l’abbaye de La Celle, fondée par s.Ghislain (v. 9 octobre). Plus tard, s.Amand (v. 6 février) lui aurait confié le monastère de Sainte-Marie-de-Condé.

Peut-être, mais le fait fut parfois contesté, est-ce s.Amand qui le consacra évêque, car Wasnon est plusieurs fois cité comme évêque dans les récits. Sans avoir de siège particulier, il pouvait être un évêque-missionnaire, avec d’amples pouvoirs, pour prêcher et administrer les sacrements dans de vastes régions qui ne connaissaient pas encore le Christ.

Wasnon mourut, semble-t-il, à Condé, vers 700, un 1er octobre.

Le culte de s.Wasnon est très ancien, et important. En 1578, ses reliques furent profanées par les Calvinistes. Des reliques de lui se trouvent aussi à Condé, qu’on retrouva intactes après un grave incendie qui consomma l’église ; depuis, s.Wasnon est invoqué avec confiance contre les orages et les incendies.

Saint Wasnon est commémoré le 1er octobre dans le Martyrologe Romain.

Christopher Buxton

?-1588

 

Christopher était né à Tideswell (Derbyshire, Angleterre), où il fut élève de Nicholas Garlick (v. 24 juillet) à la Grammar-School.

Il se prépara au sacerdoce à Reims puis à Rome, et fut ordonné prêtre en 1586.

En 1587, il alla en Angleterre, où il fut bientôt arrêté et condamné à mort.

Il devait être exécuté avec Robert Wilcox et Edward Campion mais, comme il était encore très jeune, on lui proposa la liberté s’il acceptait de se «conformer» au culte anglican. Sa réponse courageuse fut qu’il ne voulait pas acheter la vie à ce prix et que, s’il avait cent vies à vivre, il les donnerait toutes pour défendre la foi catholique.

En prison à Marshalsea, il rédigea un Rituel, dont il remit le manuscrit à un ami prêtre et qu’on conserve à Olney.

Christopher Buxton mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Robinson

?-1588

 

John naquit à Ferrensby (Yorkshire, Angleterre).

Veuf, il vint à Reims pour se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1585.

Revenu en Angleterre, il se mit au service de ses anciens voisins.

Arrêté, il fut condamné pour le crime d’être un prêtre catholique.

John Robinson mourut en martyr à Ipswich (Suffolk), le 1er octobre 1588.

 

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Ralph Crockett

?-1588

 

Ralph était né à Barton-on-the-Hill (Farndon, Cheshire, Angleterre).

Après ses études à Cambridge, il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut à Reims en 1585.

Il revint en Angleterre mais fut capturé sur le bateau à Littlehampton (Sussex) en avril 1586, avec trois autres prêtres, dont Edward James, qui allait partager le sort de Ralph.

Ils furent mis en prison à Londres, en avril 1586.

Après l’échec de l’Armada espagnole, le gouvernement chercha à se venger sur certains des prisonniers catholiques. Ainsi furent présentés au tribunal Ralph et Edward, ainsi que deux autres qui eurent la faiblesse d’adhérer alors à la religion «officielle», anglicane.

Le procès eut lieu à Chichester le 30 septembre 1588 et se termina par la condamnation à mort des accusés, pour leurs crimes d’être prêtres et d’être entrés dans le royaume.

Ralph Crockett mourut en martyr à Broyle Heath, avec son ami Edward, près de Chichester, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Widmerpool

?-1588

 

Robert était né à Nottingham (Angleterre).

Après ses études à Oxford, il fut précepteur des enfants du comte de Northumberland.

Ayant aidé un prêtre catholique, il fut arrêté et condamné à mort.

Robert Widmerpool mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Campion

1552-1588

 

S’il ne faut pas confondre ce Martyr avec Edmund Campion (v. 1er décembre), il faut tout de suite préciser que Gerard Edward (c’est son vrai nom) changea de lui-même son nom par admiration et dévotion envers le Martyr de 1581.

Edward était né à Ludlow (Shropshire, Angleterre).

Il quitta ses études au Jesus College d’Oxford pour entrer au service d’un Baron, dont l’épouse, catholique, l’aida à trouver le chemin de la Foi.

Catholique convaincu, il vint à Reims en 1586 pour se préparer au sacerdoce, et c’est alors qu’il prit le nom d’Edward Campion, comme on l’a expliqué plus haut. En raison de ses études déjà assez avancées, il fut ordonné prêtre dès 1587.

Quelques semaines seulement après être arrivé en Angleterre, il fut arrêté à Sittingbourne (Kent) et jeté en prison à Newgate puis à Marshalsea.

Il subit un premier interrogatoire en avril 1587, un deuxième en août 1588. Non seulement il reconnut ouvertement son état sacerdotal, mais il affirma haut et fort que la religion imposée en Angleterre par les statuts élisabétains, était hérétique.

On l’accusa de trahison, à quoi il répondit qu’il souhaitait bien ne pas être plus traître qu’Edmund Campion. Et quand on lui proposa une solution pour sortir de la captivité, il coupa court en ces termes : J’aimerais bien, si je n’espérais souffrir le martyre.

Edward Campion mourut en martyr à Tyburn, le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward James

1557-1588

 

Edward était né vers 1557 à Breaston (Derbyshire, Angleterre).

Après ses études au St.John’s Collège d’Oxford, il étudia au Collège anglais de Reims, puis à celui de Rome, et fut ordonné prêtre en 1583.

Il fut capturé avec Ralph Crockett sur le bateau à Littlehampton, le 19 avril 1586, et désormais partagea le sort de Ralph : prison à Londres, procès à Chichester en septembre 1588, condamnation à mort et exécution.

Edward James mourut en martyr à Broyle Heath (Chichester), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Wilcox

1558-1588

 

Robert était né en 1558 à Chester (Cheshire, Angleterre).

Il se prépara au sacerdoce à Reims et fut ordonné prêtre en 1585.

En 1586, il regagna l’Angleterre et travailla dans le Kent.

Arrêté à Marshsea, il fut condamné à mort.

Robert Wilcox mourut en martyr à Canterbury (Kent), le 1er octobre 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Andreas Yoshida

?-1617

 

Andreas Yoshida était né à Nagsaki (Japon).

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Gaspar Ueda Hikojirō

?-1617

 

Gaspar Ueda Hikojirō était un chrétien japonais.

C’était un membre de la Confraternité du Rosaire.

Catéchiste, il hébergea des prêtres chez lui et fut pour cela condamné à mort.

Il fut martyrisé par la décapitation le 1er octobre 1617 à Nagasaki et béatifié en 1867.

 

 

Juan de Palafox

1600-1659

 

Juan naquit à Fitero (Navarre, Espagne) le 24 juin 1600, fête de saint Jean-Baptiste, dont il reçut le nom.

Ses parents, don Jaime de Palafox y Mendoza et doña Ana de Casanate, n’étaient pas mariés, raison pour laquelle cette dernière se «cacha» à Baños de Fitero pour accoucher, puis chargea une de ses domestiques de se débarrasser du bébé.

Nouveau Moïse, Juan fut placé dans une nacelle que la domestique pensait abandonner dans un canal d’irrigation proche de la rivière Alhama. Mais le maire du village, surpris de la voir dans ces parages de nuit avec son panier, lui demanda ce qu’elle faisait. Elle finit par lui avouer son intention. Le brave homme, un meunier qui avait déjà plusieurs enfants, s’offrit à prendre chez lui le bébé, qu’il garda pendant neuf années.

Après quelque temps, les parents de Juan apprirent ce qu’il en était et s’efforcèrent d’apporter quelque soutien à cette famille généreuse. Juan conservera toute sa vie une profonde reconnaissance envers sa famille adoptive.

La maman de Juan, Ana, était une veuve de noble extraction, et avait deux grandes filles. Elle reconnut tout de suite son aveuglement à avoir voulu tuer son bébé. Elle se repentit tellement profondément, qu’elle entra deux ans plus tard chez les Carmélites Déchaussées (1602). Elle mourut véritablement au monde, abandonna tous ses biens, et eut ensuite une vie exemplaire à Tarazona et Zaragoza (Saragosse). Elle s’employa à fonder plusieurs monastères, et mourut saintement et en paix, en 1638.

Le papa, Jaime, de son côté, reconnut son fils en 1609. Juan était intelligent et éveillé. Après ses études à Alcalá et Salamanque, il reçut de son père la charge de gouverner le marquisat de Ariza. Ce n’était pas facile, car les populations étaient habituées à subir le caractère querelleur de Jaime. Mais Juan se montra assez habile, et capable d’assumer d’autres responsabilités plus importantes.

A la mort de son père (1625), Juan prit en charge ses trois demi-frère et sœurs. Quelques mois après, il était présent aux Cortes d’Aragon, convoquées par Felipe IV. Là, le Conte-Duc de Olivares découvrit ses capacités et lui proposa d’aller à Madrid, où il fut procureur du Conseil de Guerre.

Juan Palafox écrivit lui-même que durant ces années-là, il tomba dans toutes sortes de vices, de distractions et de passions déchaînées. Mais tout changea en 1628 : une grave maladie de sa sœur Lucrecia et la mort de deux autres grands personnages, le firent réfléchir profondément. La conversion fut radicale.

Il revint à la prière, aux sacrements, s’imposa des pénitences sévères pour le reste de ses jours, se soumettant à une rythme soutenu dans son immense travail quotidien.

Ordonné prêtre en 1629, il reçut le doctorat en théologie en 1633, et fut chapelain de Marie d’Autriche, sœur du roi Felipe IV. Puis il fut nommé évêque de Puebla (Mexique) en 1639, assumant aussi la charge du diocèse de Mexico par interim de 1642 à 1643. Il était aussi chargé, comme vice-roi, d’enquêter sur l’ex-vice-roi local, pour en informer le roi d’Espagne.

Au milieu de mille difficultés, il conquit la ferveur du peuple et le clergé local ; le clergé régulier ne lui facilita pas la tâche, car les religieux s’étaient bien «établis» sur place et revendiquaient leurs droits et leur autorité. Il défendit âprement les droits des Indiens contre les méthodes forcées des Espagnols pour les convertir. En outre, il fallait faire passer l’Eglise locale missionnaire à un statut d’Eglise diocésaine, organisée.

Le travail de Juan fut immense : il visita à dos d’âne jusqu’au dernier recoin de son immense diocèse, structura entièrement ce diocèse avec une hiérarchie bien établie, opéra la réforme du clergé tant séculier que religieux, ainsi que les couvents de moniales, écrivit de nombreuses lettres pastorales, multiplia les associations éducatives, culturelles et sociales, fit construire ou reconstruire quarante-quatre sanctuaires, dont la cathédrale.

Il fut aussi un grand protecteur de la culture et des arts : il fonda une bibliothèque qu’il dota de cinq mille ouvrages ; il encouragea la vie musicale.

Parmi les difficultés rencontrées par Juan, il faut signaler l’opposition opiniâtre des Jésuites. Ce fut au point qu’il dut les excommunier, avec rapport envoyé à Rome. Ce qu’il obtint fut seulement que les Jésuites eussent à respecter son autorité, mais les hostilités continuèrent, jusqu’à provoquer son déplacement au siège éloigné de Osma (Espagne).

Juan Palafox revint donc en Espagne (1649), où il était nommé évêque de Burgo de Osma, et reprit son travail exténuant et sa vie toute de pénitence.

Il mourut saintement le 1er octobre 1659, ne léguant à ses proches que les quelques objets qui lui restaient. 

Le Chapitre lui donna une sépulture très pauvre, selon sa volonté.

L’image de sainteté qu’il avait montrée pendant toutes ces années pastorales, firent commencer très vite le procès de béatification, dès 1666, mais les Jésuites intervinrent encore une fois pour s’y opposer. Reprise plus tard, la cause aboutit tout de même, avec la béatification qui fut célébrée en 2011.

 

 

Gim Jo-i Anastasia

1789-1839

 

Gim Jo-i Anastasia est une laïque coréenne née en 1789 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle mourut en prison en octobre 1839 et fut béatifiée en 2014. 

 

 

Luigi Maria Monti

1825-1900

 

Luigi naquit le 24 juillet 1825 à Bovisio, huitième de onze enfants et fut orphelin de père à douze ans.

Il travailla comme menuisier pour gagner sa vie.

Déjà apôtre, il réunit une compagnie de camarades en un Oratoire du soir, pour prier et honorer le Sacré-Cœur, et s’occuper des malades et des pauvres, ainsi que des jeunes égarés. L’Oratoire, qui s’appelait du Sacré-Cœur de Jésus était connu comme «Compagnie des Frères» par les gens de l’endroit.

Pieux, il voulut se donner à Dieu et émit privément les vœux de religion, à dix-neuf ans. Curieusement, ce saint garçon et sa compagnie furent accusés de conspiration contre l’autorité autrichienne, et la calomnie arriva, en 1851, jusqu’à les faire emprisonner à Desio (Milan) pendant plus de deux mois, au terme desquels un jugement les remit en liberté.

Pendant six années, il travailla comme frère laïc chez les Pères Pavoniens ou Fils de Marie Immaculée (fondés par Lodovico Pavoni, voir au 1er avril) et apprit le métier d’infirmier dans leur hôpital de Brescia. Il appliqua particulièrement son savoir durant l’épidémie de choléra de 1885.

Cherchant cependant sa vraie vocation, il pria avec intensité. Une nuit, il vit clairement Jésus et Marie qui l’encourageaient à avancer courageusement dans le chemin qu’il avait commencé (l’assistance aux malades), et ce, malgré toutes les souffrances qu’il devrait subir.

En 1858, il fonda à Rome une congrégation de laïcs (Conceptionnistes) pour l’assistance aux malades, et prépara un diplôme médical en hématologie à l’université La Sapienza (La Sagesse).

Il eut des déboires, car son ami (Pezzini) l’abandonna ; et surtout il souffrit du climat anti-religieux de l’époque ; mais il fut soutenu par le pape Pie IX, qui l’établit et confirma directeur de l’hôpital romain Santo Spirito (1877).

Les Fils de l’Immaculée Conception, s’engageaient à soigner tous les malades vers lesquels on les enverrait : victimes de malaria, de typhus, blessés de la guerre… Don Luigi organisa des soins au nord de Rome, vers Orte.

En 1882, un Religieux de Desio venait lui demander du secours pour quatre petits orphelins : Luigi les accueillit comme un signe de Dieu et élargit l’œuvre à l’assistance aux orphelins, avec deux maisons à Saronno et Cantù, dont l’esprit était de procurer une famille à ceux qui n’en avaient pas ou plus.

Luigi resta «laïc» toute sa vie ; les membres de son institut pouvaient être frères ou prêtres, avec égalité de droits ; le supérieur devait être le plus idoine, prêtre ou non.

A la fin de sa vie, Luigi Monti était presque aveugle.

Il mourut le 1er octobre 1900 à Saronno et fut béatifié en 2003.

Les Fils de l’Immaculée Conception reçurent l’approbation ecclésiastique en 1904.

Cecilia Eusepi

1910-1928

 

Cecilia Eusepi naquit le 17 février 1910, fête des Saints Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, à Monte Romano (province de Viterbo, Italie centrale). Elle a un grand frère : leurs parents sont Antonio Eusepi et Paolina Mannucci, des gens pauvres mais riches de foi.

La petite fille est baptisée le 26 février. Elle est bien vite orpheline de père et c’est son oncle maternel, Filippo Mannucci, qui va s’occuper d’elle.

Cecilia est vive, obéissante, et répète fidèlement les prières du matin que lui enseigne son grand frère.

A l’école maternelle, elle supplie déjà : «Ma Sainte Vierge, fais-moi mourir plutôt qu’offenser Jésus.»

En 1915, Cecilia accompagne sa maman à Nepi, où travaille déjà l’oncle Filippo, chez les ducs Grazioli Lante della Rovere. L’oncle Filippo, jugeant que cette vie champêtre n’est pas faite pour Cecilia, la confie aux Cisterciennes de Nepi. Cecilia considèrera toujours cette nouvelle orientation comme une grâce particulière.

Elle reçoit la Confirmation en 1917, ainsi que la Première Communion. Elle est attirée par deux «Amis» célestes : Thérèse de Lisieux, qui n’est pas encore canonisée (elle le sera en 1925), et Gabriele de Notre-Dame des Douleurs (voir aux 1er octobre et 27 février), tous deux morts à vingt-quatre ans.

Pendant les cinq années de présence dans ce monastère, Cecilia sent grandir en elle «le besoin d’aimer Jésus», complété par une grande générosité envers la famille, les camarades, les moniales, le prochain, les pauvres. 

Elle fait connaissance avec les pères Servites de Marie, qui desservent l’église voisine et sont les confesseurs des religieuses cisterciennes. Elle entre bientôt dans leur tiers-ordre, en 1922, fait sa première promesse et en reçoit l’habit : elle prend le nom de Maria Angela. Elle s’inscrit dans la Jeunesse Féminine de l’Action Catholique, et fait le catéchisme à des petites filles.

En 1923, suivant un appel de plus en plus fort en elle-même, elle entre chez les religieuses Mantellate à Pistoia, la branche féminine des Servites de Marie. En entrant dans le monastère elle écrit : «Ou une sœur sainte, ou rien du tout».  Elle va être la maîtresse des tout-petits à la maternelle.

Cecilia, qui a treize ans, déborde de joie, mais la maladie la contraint à regagner la maison familiale : en 1926 on lui diagnostique une péritonite et une inflammation aux poumons.

Elle considère comme la volonté divine de faire ce nouveau sacrifice : renoncer à sa joie, et achever sa route dans la solitude. Son directeur spirituel, le Servite Gabriele Roschini, la prie d’écrire un journal quotidien, une autobiographie, qu’elle va intituler avec humour : Histoire d’un Clown (Storia di un Pagliaccio).

Cécile offre, aime, et prie. Elle répète : «L’offrande que j’ai faite me coûte beaucoup, mais je suis heureuse de l’avoir faite. Si je renaissais, je la ferais de nouveau.»

Elle meurt le 1er octobre 1928, à dix-huit ans, des suites de la tuberculose intestinale. Benoît XVI a dit qu’elle a vécu sa maladie «avec une foi inébranlable», montrant «une grande capacité de sacrifice pour le salut des âmes» et vivant «en profonde union avec le Christ crucifié».

Cecilia est le «Lys parfumé» de Nepi. Elle répétait sans cesse : «Il est beau de se donner à Jésus, qui s’est donné tout entier pour nous».

Quand Cecilia mourut, la fête de sainte Thérèse était au 3 octobre ; il se trouve qu’elle est maintenant reportée au 1er octobre : Cecilia aura su intercéder auprès de sainte Thérèse et de Dieu, pour que l’Eglise prenne cette heureuse décision.

Cecilia Eusepi a été béatifiée en 2012.

 

 

Florencia Caerols Martínez

1890-1936

 

Elle naquit le 20 février 1890 à Caudete (Albacete, Espagne), dans une famille modeste.

A l’adolescence, elle fut employée dans une usine de textiles.

Ceux et celles qui la connurent purent admirer les belles qualités de cette demoiselle, qui recevait chaque jour l’Eucharistie et avait une dévotion toute spéciale envers sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (on en parlait beaucoup : elle était morte en 1897, et fut canonisée déjà en 1925, voir au 30 septembre).

Elle resta vierge, et s’occupa activement dans beaucoup d’associations pieuses : le Tiers-Ordre franciscain, l’Action Catholique, l’Apostolat de la Prière, les Marie des Sanctuaires, les Enfants de Marie. le Syndicat Catholique Féminin (dont elle fut présidente à partir de 1927). 

Comme membre du Patronat de Saint-Maur, elle travailla beaucoup pour conseiller des fiancés, pour faire baptiser des enfants, ou administrer des mourants, ou encore pour consacrer des familles au Sacré-Cœur.

Une telle personne devenait vite une des victimes potentielles des ennemis de l’Eglise. C’est ainsi qu’en septembre 1936, on vint l’arrêter. Le 23 septembre, on l’enferma dans un ancien couvent, dit des Esclaves. Le 28, on l’emmena à la prison.

Le 1er octobre, on l’emmena à Rotglá y Corbera. Voyant qu’on allait la fusiller, elle invoqua le Sacré-Cœur et pardonna aux bourreaux.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Juan de Mata Díez

1903-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 11 février 1903, jour anniversaire de l’apparition mariale à Lourdes. Il fut à l’excellente école de son père, très chrétien, et grandit dans la joie et la pureté.

Il aidait son père aux champs sans jamais oublier ses bonnes habitudes religieuses.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1931, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il y reçut la charge de trésorier des coopérateurs salésiens, charge qu’il remplit avec la plus complète scrupulosité.

 

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Juan rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville. Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, les miliciens le reconnurent comme religieux et l’arrêtèrent, en même temps que son cousin Higinio et don Carmelo Pérez.

On sait seulement que les trois Religieux furent fait monter dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, don Juan de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936. Il avait trente-trois ans.

Don Juan de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Carmelo Juan Pérez Rodríguez

1908-1936

 

Carmelo naquit à Vimianzo (La Coruña, Espagne) le 11 février 1908, fête de la première apparition de Notre-Dame de Lourdes, et fut baptisé le lendemain.

En 1927, il fit la profession religieuse chez les Salésiens de Carabanchel Alto (Madrid, Espagne) et en 1933 fut envoyé à Turin (Italie) pour y étudier la théologie.

On rapporte de lui qu’il réussit à sauver la vie d’un enfant qui se noyait.

Après une première incarcération à Madrid où il passait quelques jours de vacances après son ordination au sous-diaconat, il dut vivre plusieurs mois dans la clandestinité et, finalement découvert, fut assassiné avec d’autres catholiques, le 1er octobre 1936. Il n’avait que vingt-huit ans ; certaines sources le donnent comme prêtre. C’est à éclaircir.

Avec lui furent aussi assassinés d’autres personnes présentes dans cette pension de famille qui l’hébergeait : la propriétaire, deux employées, deux religieuses, quatre séminaristes.

Il fut béatifié en 2007 dans le groupe de quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols.

 

 

Álvaro Sanjuán Canet

1908-1936

 

Né le 26 avril 1908 à Alocer de Planes (Alicante), c’était le fils de parents modestes, chrétiens mais peu aisés, de sorte qu’il lui fut difficile d’entrer au séminaire.

C’est un bon prêtre qui le présenta aux Salésiens de El Campelló, où Álvaro fut admis.

Il y fit la profession en 1925 et fut envoyé à Turin pour y poursuivre sa formation.

Il fut ensuite ordonné prêtre à Barcelone en 1934.

Il fut deux ans à Alcoy, jeune apôtre plein de zèle puis, quand se déclencha la révolution, se replia avec sa famille à Concentaina.

La situation fut «tranquille» en août et septembre. Parut alors un édit demandant à tous les ressortissants d’ailleurs de se présenter au Comité, ce que fit don Álvaro.

Le 27 septembre, deux miliciens vinrent l’arrêter, il leur demanda pourquoi : On sait bien que tu es une personne excellente, mais il faut mourir. Ce n’est pas toi que nous mettons à mort, c’est la soutane. Ils le mirent au couvent des Esclaves du Sacré-Cœur, transformé en prison, où sa sœur put encore lui rendre visite. Il lui dit sa conviction qu’il allait être abattu. Il lui recommanda de veiller sur ses parents.

C’était le 1er (ou le 2) octobre 1936. Le Martyrologe le mentionne au 1er.

Le soir même, il fut fusillé, pour le motif qu’il était prêtre, après seulement deux années de sacerdoce.

Don Álvaro fut béatifié en 2001.

 

 

Higinio de Mata Díez

1909-1936

 

Il vit le jour à Ubierna (Burgos, Espagne) le 10 janvier 1909, et fut probablement baptisé le 11 janvier, où l’on fête le pape Hyginus.

La famille, très chrétienne, priait chaque jour le chapelet.

Après avoir fréquenté l’école de son pays, il rejoignit le collège salésien de Madrid-Atocha en 1934, où l’attendait son compatriote Enrique Saiz.

Il s’y distingua par une profonde humilité et une obéissance à toute épreuve.

Le 19 juillet 1936 la maison fut prise d’assaut, et Higinio rejoignit d’autres Salésiens dans des pensions de la ville, et se retrouva avec son cousin Juan et don Pérez. 

Lors d’une nouvelle fouille, le 1er octobre, des miliciens vinrent chercher une religieuse. Insatisfaits de la réponse négative, ils soumirent les présents à un questionnaire en règle à cause de la tête de curés qu’ils avaient. Les deux cousins de Mata Díez eurent beau répéter qu’ils n’étaient ni prêtres ni religieux, les miliciens les embarquèrent tous les deux avec don Carmelo Pérez qui se trouvait là aussi..

On sait seulement qu’ils montèrent dans une voiture qui attendait à la porte, mais on n’en connaît rien de plus.

Selon toutes probabilités, Higinio de Mata Díez fut fusillé au soir de ce 1er octobre 1936.

Higinio de Mata Díez a été béatifié en 2007.

 

 

Antoni Rewera

1869-1942

 

Antoni naquit le 6 janvier 1869 à Samborzec (Sandomierz, Pologne), dans une famille de cultivateurs pauvres. Ses parents étaient Wawrzyńc et Rozalia Sapielak.

Après ses études secondaires à Sandomierz, il entra au grand séminaire en 1884 et acheva ses études théologiques à l’académie de Saint-Petersbourg.

Il fut ordonné prêtre en 1893 et fut bientôt nommé professeur, directeur adjoint et directeur spirituel au grand séminaire.

Nommé chanoine, puis doyen du Chapitre cathédral, il se vit confier diverses missions, jusqu’à celle d’aumônier des prisons. Il reçut la dignité de Camérier secret du pape Benoît XV.

Il fut connu comme confesseur assidu, attentifs aux besoins des pauvres, et comme auteur d’articles nombreux pour les revues.

Son amour pour saint François d’Assise le fit réunir d’abord quelques jeunes filles qui furent à l’origine de l’Institut des Filles de Saint-François Séraphique : elles accueillirent les personnes du Tiers-Ordre franciscain âgées dans une maison qu’il fonda en 1929.

Curé de Saint-Joseph à Sandomierz, il était «trop» actif, et fut soupçonné par la Gestapo. Arrêté en mars 1942, il fut envoyé au camp d’Auschwitz, puis de Dachau, où il continua discrètement à assister ses Confrères de sacerdoce.

Le chanoine Antoni Rewera mourut d’épuisement, à soixante-treize ans, le 1er octobre 1942 et fut béatifié en 1999.

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 23:00

José Castaño Galera
1870-1936

Né le 8 novembre 1870 à Bédar (Almería) et baptisé le lendemain, José était le fils d’un mineur, chef de chantier. 

Intelligent, il aurait pu faire l’Ecole Normale ou suivre la carrière de son père, mais il entendit l’appel de Dieu et entra au séminaire d’Almería.

Ordonné prêtre en 1896, il exerça son apostolat à Turre, Antas, Tabernas, Carboneras, Sierra Alhamilla (1925-1935), enfin Bédar, son pays d’origine.

Il vivait si pauvrement qu’il allait ramasser les olives tombées à terre au moment de la récolte et en faisait de l’huile pour la lampe du sanctuaire et pour sa cuisine.

Au moment du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, il refusa d’abandonner le sacerdoce et mit le Saint-Sacrement en sûreté. Arrêté parce qu’il était prêtre, il fut envoyé au camp de travaux forcés. Le 8 septembre, il fit une chute, éreinté ; on le releva en le menaçant, mais il retomba en suppliant : Ho, tuez-moi, je n’en peux plus ; et je vous pardonne. 

C’était le 8 septembre 1936, fête de la nativité de Marie, à Higuera Ureña (Bédar).

Béatifié en 2017, José Castaño Galera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 septembre.

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1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 01:52

SEPTEMBRE

 

01 SEPTEMBRE

 

-XIII.

S Josué : il paracheva l'œuvre de Moïse et conquit la Terre Sainte (Jos). 

II.

S Terentianus, premier évêque à Todi.

III.

SS Sixtus et Sinicius, premiers évêques à Reims. 

S Firmin, évêque à Amiens.

?

S Priscus, martyr (et peut-être évêque) à Capoue.

IV.

Ste Verena, chrétienne d'Egypte, vierge vénérée à Zurzach, ermite et thaumaturge.

S Vincentius, premier évêque à Dax, martyr.

V.

S Victorius, évêque au Mans pendant quarante ans, thaumaturge.

VI.

S Constantius, évêque à Aquino.

VII.

S Gilles, grec, thaumaturge, abbé près de Marseille, un des quatorze Saints Auxiliaires, invoqué contre la stérilité des femmes, les frayeurs nocturnes, la folie et le cancer ; patron des estropiés et des éperonniers. 

S Loup, évêque à Sens, neveu de deux évêques (Orléans et Auxerre), et qu'on accusa calomnieusement de fornication avec la fille de son prédécesseur ; un jour, pendant la messe, une pierre précieuse tomba dans son calice ; il est invoqué contre l'épilepsie.

S Nivard, évêque à Reims, fondateur du monastère de Hautvillers, centre d'une florissante école de miniatures et surtout connu par l'un de ses cellériers, Dom Pérignon qui, au XVIIIe s., mit au point la manière d'obtenir le champagne.

S Lythan, en pays de Galles.

SS Rénobert, évêque à Bayeux, et Zénon, archidiacre.

IX.

B Gondulphe, évêque à Metz.

XI.

SS Arcane et Egide, ermites à Borgo San Sepolcro.

XIII.

Bse Giuliana de Collalto, abbesse bénédictine à Venise, amie de la bse Beatrice d'Este.

XIV.

Bse Giovanna Soderini, vierge florentine disciple de ste Giuliana Falconieri, tertiaire des Servites de Marie, aux mortifications extraordinaires.

XIX.    

Bx Yi Jeong-sik Ioannes et Yang Jae-hyeon Martinus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014. 

XX.  

 

Bx Martyrs espagnols de 1936-1937 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le prêtre Joaquín Ruiz Cascales (Proceso, *1887) ; les onze profès Guillermo Rubio Alonso (Dositeo,), José Franco Gómez (Canuto), Mariano Niño Pérez (Cesáreo), Nicolás Aramendía García (Eutimio), Isidro Gil Arano (Carmelo), Alejandro Cobos Celada (Benjamín), Simó Isidre Joaquím Brun Arará (Cosme), Miquel Roca Huguet (Cristí), Crescencio Lasheras Aizcorbe (Rufino), Enrique López y López (Cecilio), Antonio Villanueva Igual (Faustino) (*1869, 1871, 1878, 1878, 1879, 1887, 1894, 1899, 1900, 1901, 1913) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Alfonso Sebastiá Viñals (*1910) ;

Mineurs conventuels : près de Barcelone, le prêtre Cándido Rivera y Rivera (Pedro, *1912) (mais le 6 septembre selon certains).

- béatifié en 2010 :

Diocésains : près de Barcelone, Josep Samsó Elias (*1887) ;

- béatifiés en 2013 :

Ouvriers du Sacré-Cœur : à Tortosa, José Prats Sanjuán (*1874) ;

Mercédaires : près de Teruel, les convers Antonio Lahoz Gan (*1858) et Pedro Esteban Hernandez (*1869).

Lasalliens : près de Cambrils, Joaquín Pallerola Feu (Leonci Joaquín) et Francesc Trullen Gilisbarts (Hug Bernabé) (*1892, 1895) ; près de Tortosa, Manuel Mateo Calvo (Claudio José), Maximiano Fierro Pérez (Ángel Amado) et Pío Ruiz de la Torre (Buenaventura Pío (*1902, 1905, 1909) ;

Hospitaliers : près de Madrid, Juan Ramón Morín Ramos (1913-1937) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Juan José Egea Rodríguez, Andrés Iniesta Egea, Pedro Meca Moreno, Antonio Lorca Muñoz et Agustín Navarro Iniesta (*1876, 1877, 1883, 1885, 1902) ; près de Grenade, José Peris Ramos et Francisco Manzano Cruz (*1869, 1881) ;

Clarétains : près de Valencia, le prêtre Tomás Galipienzo Perlada (*1897) et le profès Julian Villanueva Alza (*1869).

 

Josué

XIIIe siècle avant Jésus-Christ

 

Le nom-même de Josué se présente comme une façon différente d’énoncer le nom de Jésus, qui signifie Dieu sauve. Le Fils de Dieu est venu nous apporter le salut divin, et Josué était déjà une préfiguration de cette libération, par sa lutte pour libérer les fils d’Israël des attaques des païens et pour introduire le peuple dans la vie nouvelle, symbolisée par la Terre Promise.

Josué vivait donc au XIIIe siècle avant Jésus-Christ. il s’appelle d’abord Osée, salut ; c’est quand il est choisi pour aller explorer le pays de Canaan, que Moïse lui donnera son nom définitif et prophétique : Dieu sauve !

Comme serviteur de Moïse, il apparaît déjà en quelques endroits des premiers Livres de l’Écriture Sainte.

Dans le livre de l’Exode, il combat victorieusement contre les Amalécites (Ex 17:9) ; il accompagne Moïse sur la Montagne (24:13) ; il ne quitte pas la Tente de la Réunion, où Dieu parlait à Moïse (33:11).

Dans le livre des Nombres, il fait partie des douze hommes envoyés pour reconnaître Canaan, la Terre promise (Nb 13:8, 16), puis avec Caleb il proteste contre la révolte des Israélites (14:6) ; il reçoit la bénédiction sacerdotale pour être associé à Moïse et guider le peuple d’Israël (27:18-23, où l’on voit que Josué reçoit cette mission par l’imposition des mains) ;

Dans le livre du Deutéronome, il prend peu à peu sa place de conducteur, pour succéder à Moïse dans la mission salvatrice (Dt 3:21, 28 ; 31:7-8,14,23). Au moment de la mort de Moïse, il est dit de Josué :

Josué, fils de Nûn, était rempli de l’esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. C’est à lui qu’obéirent les enfants d’Israël, exécutant l’ordre que Yahvé avait donné à Moïse (Dt 34:9).

Après les cinq Livres du Pentateuque, vient dans la Bible le Livre de Josué, bref, où nous lisons comment Josué fait entrer le peuple d’Israël dans la Terre Promise, comment ils passent le Jourdain à pied sec (comme la Mer Rouge quarante ans plus tôt), comment ils prennent la ville forte de Jéricho, comment ils battent les rois païens avant de partager le pays de Canaan en douze parties pour les douze tribus.

Un des plus notables épisodes de cette période est la bataille de Gabaôn, où la prière de Josué arrête un moment le cours du soleil pour donner le temps aux Israélites d’achever leur victoire sur l’ennemi (Jos 10:12-13).

Comme le font les Grecs, notre Martyrologe mentionne saint Josué au premier septembre :

Saint Josué, fils de Nun, serviteur du Seigneur, qui, après que Moïse lui eut imposé les mains, fut rempli de l’esprit de sagesse et, après la mort de Moïse, fit passer de façon miraculeuse le peuple d’Israël à travers le Jourdain et l’introduisit dans la terre promise.

 

 

Priscus de Capoue

1er siècle ?

 

Ce mystérieux personnage était, disait-on, originaire de Jérusalem, un des soixante-douze disciples du Seigneur (cf. Lc 10), noble père de famille qui accueillit le Christ et ses apôtres pour la Dernière Cène.

A Rome, où il rejoignit s.Pierre, il fut ordonné évêque de Capoue vers 44, et le serait resté jusqu’en 66.

Il serait mort assez âgé, frappé par les prêtres de Diane, jaloux, qui lui brisèrent les jambes à coups de bâtons et le percèrent de poignards.

On l’honorait ainsi comme le premier évêque et premier martyr de Capoue.

Actuellement, les spécialistes le font mourir au quatrième siècle environ, et lui ont retiré son caractère épiscopal.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Priscus de Capoue au 1er septembre.

 

 

Terentianus de Todi

† 138

 

La Gens Terentia romaine se serait installée en Tuscia (Italie C) au début du deuxième siècle, et notre Terentianus pouvait en faire partie.

Déjà âgé, il fut choisi pour être le premier évêque de Todi.

Il advint que le prêtre païen du temple de Zeus accusa Terentianus de magie, raison pour laquelle il fut arrêté et traduit en justice. Terentianus resta ferme dans sa foi : le proconsul Letianus lui fit couper la langue, mais devint lui-même muet et mourut peu après.

Le procès reprit, où fut accusé en même temps un néophyte baptisé par Terentianus. Ils furent tous les deux soumis à diverses tortures puis décapités.

L’année de ce martyre se situe vers 138, ou même un peu plus tôt, au point qu’on pourrait imaginer que Terentianus aurait connu l’apôtre Pierre, même si certains historiens opineraient volontiers plutôt pour le quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Terentianus de Todi au 1er septembre.

 

 

Sixtus de Reims

† 280

 

Cet apôtre parcourait le nord-est de la Gaule en compagnie de Sinicius.

Sinicius fut installé évêque de Soissons, tandis que Sixtus devint le premier évêque de Reims, vers 260.

Vers 280, il mourut de mort naturelle et son successeur fut justement Sinicius.

On commémorait autrefois ensemble ces deux évêques.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sixtus de Reims au 1er septembre.

 

 

Verena de Zurzach

3e-4e siècles

 

Les Grecs appellent cette vierge Pherina.

C’était la fille unique d’une noble famille de Thèbes (Egypte). L’évêque Chérémon lui enseigna les principes de la foi et la baptisa.

Vers 250, plusieurs parents de Verena furent enrôlés dans la Légion Thébéenne, qui devait être envoyée en Europe pour surveiller la route de la Ligurie à la Germanie.

Verena voulut accompagner ces proches, pour les soutenir, les encourager, les assister de ses soins, comme toute femme sait le faire. Elle les accompagna jusqu’en It alie septentrionale, et vécut à Milan chez un certain Maximus.

On verra au 22 septembre comment tous les soldats de cette Légion furent massacrés, sur leur refus de renier le Christ.

L’ayant appris, Verena voulut rejoindre les lieux de leur martyre, puis se retira dans une solitude près de Salodurum (auj. Soleure), menant une vie tout ascétique, accueillant les pauvres, les malades ; les lépreux avaient sa prédilection : elle les guérissait !

Elle s’efforçait aussi de guérir les âmes, et son apostolat lui valut une période d’emprisonnement. S.Maurice - son cousin - lui apparut et lui redonna courage. Et comme sa prière obtint la guérison du gouverneur romain, ce dernier la fit libérer.

Verena choisit alors de se retirer sur une petite île entre l’Aar et le Rhin et continua sa vie apostolique et ascétique. Elle vivait de ce qu’elle pouvait confectionner de ses mains.

Au bout de sept années, la Vierge Marie lui apparut, le jour de sa mort, vraisemblablement au début du quatrième siècle.

Verena est très honorée en Suisse et en Allemagne, mais elle appartient au patrimoine religieux de l’Eglise copte.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Verena de Zurzach au 1er septembre.

 

 

Vincentius de Dax

4e siècle

 

On fête plusieurs Vincent dans l’Aquitaine. Celui d’aujourd’hui passe pour avoir été le premier évêque de Dax, au troisième ou au quatrième siècles.

Il serait mort martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Vincentius de Dax au 1er septembre.

 

 

Victorius du Mans

5e siècle

 

Un voile - une chape - d’incertitude recouvre le souvenir de cet évêque.

Il aurait été le quatrième évêque du Mans, et son épiscopat aurait duré quarante années.

On sait quand même qu’il mourut en 490.

Les choses se compliquent lorsqu’on essaie de situer son successeur, Turibius, cinquième évêque du Mans, mais d’après certains deuxième de la liste épiscopale (v. 16 avril).

On en aura déduit, un peu arbitrairement, qu’il y eut deux évêques nommés Turibius : l’un au premier siècle, l’autre au cinquième. Dans cette hypothèse, Victorius serait bien le cinquième évêque du Mans.

Mieux, Victorius aurait eu un autre successeur en la personne de son fils, Victor, avant le Turibius dont on parlait ci-dessus. En vérité, il semble là qu’on ait simplement dédoublé en deux personnages le même Victorius, à une époque tardive.

Pour qu’on se rende compte des difficultés soulevées, voici un résumé des informations qu’on trouve actuellement :

  • Victeur, cinquième évêque du Mans, de 397 à 421 «pendant quarante ans» (?)
  • Victor, fils du précédent, évêque de 422 à 490 (donc pendant près de soixante-dix ans ?)

Le Martyrologe Romain mentionne saint Victorius du Mans au 1er septembre.

 

 

Constantius d’Aquino

† 570

 

Constantius fut évêque à Aquino (Latium, Italie C) pendant au moins une vingtaine d’années, car il l’était déjà durant la vie de s.Benoît († 543, v. 11 juillet), et mourut durant le pontificat du pape Jean III (561-574).

Il était le troisième titulaire de ce siège ; la liste officielle de ce diocèse fait débuter son épiscopat en 528-529 ; son successeur occupera le siège à partir de 572, ce qui n’empêche pas non plus un certain temps de vacance entre les deux pontifes.

L’unique trait rapporté à propos de Constantius, fut son don de prophétie. Le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrit de lui que, sur son lit de mort, il annonça que ses successeurs seraient d’abord un muletier, puis un foulon, ce qui s’avéra juste : il y eut Andrea, chargé autrefois des relais de chevaux, puis Giovino, ancien foulon. Ensuite, les envahisseurs lombards dévastèrent Aquino et passèrent par l’épée tous ses habitants ; les quelques survivants moururent de la peste.

Constantius fut le premier évêque d’Aquino à être vénéré comme Saint.

Au 18e siècle, on redécouvrit les reliques de Constantius et elles furent déposées dans la nouvelle cathédrale, désormais dédiée à saint Constantius. Cette cathédrale, détruite en 1944 puis reconstruite, fut dédiée en 1963 à s.Constantius et à s.Thomas d’Aquin.

Saint Constantius d’Aquino est commémoré le 1er septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gilles abbé

6e-7e siècle

 

On se trouve ici devant une difficulté insurmontable : un Saint, apparemment immensément connu pour ses vertus et ses nombreux miracles, mais dont les détails de la vie nous laissent bien perplexes. C’est au point qu’un auteur bénédictin a pu avancer que saint Gilles est vraisemblablement un moine ou un ermite du 6e ou du 8e siècle, dont on ne savait plus rien quand le développement du monastère qui gardait ses reliques donna à son nom une renommée universelle.

Ce qui suit résume un peu sa Vie, sans aucune garantie d’historicité précise.

Gilles, donc - Ægidius - serait né en Grèce, de parents athéniens nommés Théodore et Pélagie.

Tout jeune déjà, il couvrit un pauvre malade de sa tunique, dont le contact le guérit : modestement, il avoua qu’on lui avait volé son vêtement.

Devenu orphelin, Ægidius distribua ses biens aux pauvres et se mit à faire d’autres miracles ; il s’enfuit et trouva un bateau qui le déposa à Marseille, après qu’il ait apaisé une tempête par sa prière.

C’est alors qu’il rencontra s.Césaire d’Arles (v. 27 août). C’est ce détail important qui permettrait de situer Ægidius au 6e siècle.

Ægidius vécut quelque temps avec un autre ermite, certain Vérédème, avant de s’établir dans une caverne proche du Gard. Providentiellement, une biche venait lui offrir son lait chaque jour.

Le roi des Goths, Wanda (ou son successeur Flavius), fut témoin de cette présence du doux animal, et offrit à Ægidius de vastes terrains pour construire un monastère et deux églises. Ægidius fut alors ordonné prêtre et nommé abbé.

Un étonnant roi de France de nom Charles aurait alors convoqué Ægidius à la cour, et l’on se demande qui pouvait être ce personnage, au 6e siècle. La prière d’Ægidius aurait alors obtenu une grâce bien extraordinaire : le roi aurait été pardonné d’une grave faute qu’il n’osait avouer, ce qui d’après la discipline sacramentaire de l’Eglise, n’est pas admissible.

Ensuite, Ægidius obtint du pape l’immunité totale de son monastère. Le pape aurait alors remis à Ægidius deux portes en cyprès, qu’Ægidius fit jeter dans le Tibre… et qui arrivèrent bientôt au large du monastère.

Ægidius mourut un 1er septembre, et les fidèles entendirent les anges recevoir son âme en chantant ses louanges.

La plus ancienne Vie d’Ægidius dont nous disposons, remonte au 10e siècle. Rien d’impossible à ce que son auteur se soit trompé, par exemple, sur le nom du roi de France.

Le monastère donna naissance à la ville de Saint-Gilles, étape importante sur les chemins de Rome et de Compostelle. Après une longue période de prospérité, l’abbaye déclina et subit douloureusement les guerres de «religion».

Il reste que saint Ægidius fut invoqué par les gens de mer, les cultivateurs, les bergers ; contre les fièvres, la folie, la panique, les frayeurs nocturnes, le cancer aussi ; il est un des Saints Auxiliateurs (v. 8 août).

Saint Gilles abbé est commémoré le 1er septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lupus de Sens

573-623

 

Comment des parents chrétiens ont-ils pu donner à leur fils le nom de Lupus ? Nous viendrait-il à l’idée d’avoir un Loup parmi nos enfants ? On ne pourrait pas même supposer que le petit garçon eût peut-être reçu un surnom, tant il grandit dans la vertu, la piété, l’étude assidue.

Ses parents, Beto et Austregilde, appartenaient à la noblesse et vivaient sur les bords de la Loire, pas très loin d’Orléans.

Lupus, donc, qu’on appelle communément Loup ou Leu, naquit vers 573.

Il montra très tôt de notables aptitudes, de sorte que ses deux oncles maternels Austrinus et Aunacharius, qui étaient évêques respectivement à Orléans et à Auxerre, le firent entrer dans la cléricature.

A la mort de l’évêque de Sens (609), Lupus fut appelé à lui succéder. On reconnaissait unanimement sa piété, sa générosité envers les pauvres.

Evêque, Lupus continua de s’élever dans la sainteté. On lui attribuait des miracles. Il fit construire le monastère de Sainte-Colombe à Sens.

La nuit, il sortait pour aller prier dans les églises ; à l’heure de l’office, il sonnait la cloche du lever des clercs.

Des calomnies lui tombèrent dessus. Comme on le voyait entourer de sollicitude la fille de son prédécesseur, Eulosia (ou Verosia), on lança contre l’évêque des accusations d’immoralité; sa réponse fut simplement : Les paroles d’autrui ne peuvent nuire en rien à l’homme qu’une conscience propre ne salit pas.

Une plus grande épreuve attendait Lupus. A la mort du roi burgonde (613), le roi des Francs envahit le royaume, au préjudice de l’héritier, Sigebert. L’armée franque fut d’abord mise en déroute par le son de la cloche que fit sonner Lupus. Sigebert, cependant, fut assassiné et son royaume confié au duc franc Farulfus. Lupus, toujours digne et fidèle à Sigebert, ne jugea pas opportun d’aller saluer Farulfus, qui le fit exiler au pays de Vimeu, chez le duc Boson. On pensait ainsi le réduire au silence : peine perdue ! Lupus se mit à évangéliser les populations de la vallée de la Bresle. D’autres miracles eurent lieu, qui amenèrent Boson à se convertir.

L’exil ne dura pas longtemps ; les Sénonais obtinrent très vite de Clotaire le retour de leur évêque, qui fut triomphal. Clotaire fit même des donations pour l’Eglise de Sens. Lupus obtint à Paris la délivrance de prisonniers, à Melun il arrêta subitement un incendie.

Cet exil dura en réalité moins d’un an, puisqu’on vit Lupus au concile de Paris en 614.

Il faut signaler ce fait extraordinaire qu’un jour où Lupus célébrait la sainte Messe à Ordon, on vit une pierre précieuse tomber dans son calice ; le roi Clotaire l’obtint pour compléter les précieuses reliques de sa chapelle. Le même Clotaire aurait bien voulu obtenir la fameuse cloche de Sens, mais elle perdit sa claire sonorité en quittant la ville, de sorte qu’on la reporta à Sens, où elle retrouva sa sonorité.

Lupus mourut le 1er septembre 623 et fut enterré dans son monastère de Sainte-Colombe.

D’autres miracles se produisirent à ce tombeau ; on invoqua Lupus contre l’épilepsie.

Saint Lupus de Sens est commémoré le 1er septembre dans le Martyrologe Romain.

Il y eut plusieurs autres saints Lupus, et tous évêques ; le Martyrologe mentionne ceux de Limoges, Lyon et Troyes (v. 22 mai, 24 septembre, 29 juillet) ; on fête localement aussi ceux d’Angers, Bayeux, Chalon-sur-Saône, Soissons (v. 17 octobre, 25 octobre, 27 janvier, 19 octobre ?).

 

Giuliana de Collalto
1186-1262

Elle vint au monde vers 1186 à Collalto (Treviso, Italie NE), fille du comte Rambaldo VI et de la comtesse Giovanna di Sant’Angelo de Mantoue. 
Eduquée très chrétiennement, elle vêtit à douze ans l’habit bénédictin à Salarola, où elle fut exemplaire en tout.
En 1220, entra à son tour au même monastère Beatrice d’Este (v. 10 mai), avec laquelle elle se lia d’une profonde amitié.
Giuliana fut bientôt chargée de fonder le monastère des Saints Biagio-et-Cataldo, sur une petite île en face de Venise, dont elle devint abbesse. Elle restaura aussi celui de Pianiga.
Les dernières années de sa vie, Giuliana souffrit de forts maux de tête, raison pour laquelle on recourut à elle de partout pour obtenir le soulagement des douleurs hémicrâniennes.
Elle mourut à Venise le 1er septembre 1262. Son corps fut retrouvé intact vers 1290 et son culte fut approuvé dès 1743 (ou 1753).


Giovanna Soderini
1301-1367

Giovanna (Jeanne) était de noble famille florentine.
A douze ans, elle se mit à l’école de sainte Giuliana Falconieri (v. 19 juin), et fit ensuite les vœux de religion parmi les Mantellate, branche féminine des Servites de Marie.
Giovanna se voua tout entière à la méditation de la passion du Christ et des douleurs de Marie. Elle put recevoir chaque jour l’Eucharistie et méditait longuement devant le Saint-Sacrement.
Quand mourut Giuliana, Giovanna put découvrir le dur cilice qu’elle portait et aperçut en-dessous l’empreinte de la sainte Hostie et l’image de Jésus en croix. 
En 1341, elle succéda à Giuliana comme supérieure et voulut en imiter, outre les vertus, les jeûnes et les flagellations.
Satan chercha à la décourager, on ne sait si seulement en pensée ou réellement ; Giovanna fut tentée d’abandonner la prière, le jeûne, et même l’état religieux. Mais elle persévéra dans la prière, parfois jusqu’à quinze heures dans la journée, ne recevant certains jours pour nourriture que le Corps du Christ. Les vendredis, elle se flagellait violemment. Elle portait une chaîne à la taille, des liens aux bras et aux jambes ; elle dormait sur le sol ; elle se mettait en été des vêtements plus chauds et plus lourds, et l’hiver allait pieds-nus ; tout ce qu’elle pouvait avoir, elle le donnait.
Elle pouvait répéter jusqu’à mille fois par jour la salutation angélique (qui, à l’époque, ne comportait pas la deuxième partie Sainte Marie, Mère de Dieu…).
Giovanna eut la même mort que Giuliana : elle mourut juste après avoir reçu le viatique, le 1er septembre 1367.
Les Florentins ne se gênèrent pas pour la béatifier quasi immédiatement. Le culte de Giovanna fut confirmé en 1828.

 

Yi Jeong-sik Ioannes

1794-1868

 

Yi Jeong-sik Ioannes est un laïc coréen né en 1794 à Dongrae (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut décapité à Dongrae en septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

Yang Jae-hyeon Martinus

1827-1868

 

Yang Jae-hyeon Martinus est un laïc coréen né en 1827 en Chungcheong-do (Corée S).

Il fut décapité à Dongrae (Gyeongsang-do) en septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

 

Giuliana de Collalto

1186-1262

 

Elle vint au monde vers 1186 à Collalto (Treviso, Italie NE), fille du comte Rambaldo VI et de la comtesse Giovanna di Sant’Angelo de Mantoue.

Eduquée très chrétiennement, elle vêtit à douze ans l’habit bénédictin à Salarola, où elle fut exemplaire en tout.

En 1220, entra à son tour au même monastère Beatrice d’Este (v. 10 mai), avec laquelle elle se lia d’une profonde amitié.

Giuliana fut bientôt chargée de fonder le monastère des Saints Biagio-et-Cataldo, sur une petite île en face de Venise, dont elle devint abbesse. Elle restaura aussi celui de Pianiga.

Les dernières années de sa vie, Giuliana souffrit de forts maux de tête, raison pour laquelle on recourut à elle de partout pour obtenir le soulagement des douleurs hémicrâniennes.

Elle mourut à Venise le 1er septembre 1262. Son corps fut retrouvé intact vers 1290 et son culte fut approuvé dès 1743 (ou 1753).

 

 

Giovanna Soderini

1301-1367

 

Giovanna (Jeanne) était de noble famille florentine.

A douze ans, elle se mit à l’école de sainte Giuliana Falconieri (v. 19 juin), et fit ensuite les vœux de religion parmi les Mantellate, branche féminine des Servites de Marie.

Giovanna se voua tout entière à la méditation de la passion du Christ et des douleurs de Marie. Elle put recevoir chaque jour l’Eucharistie et méditait longuement devant le Saint-Sacrement.

Quand mourut Giuliana, Giovanna put découvrir le dur cilice qu’elle portait et aperçut en-dessous l’empreinte de la sainte Hostie et l’image de Jésus en croix.

En 1341, elle succéda à Giuliana comme supérieure et voulut en imiter, outre les vertus, les jeûnes et les flagellations.

Satan chercha à la décourager, on ne sait si seulement en pensée ou réellement ; Giovanna fut tentée d’abandonner la prière, le jeûne, et même l’état religieux. Mais elle persévéra dans la prière, parfois jusqu’à quinze heures dans la journée, ne recevant certains jours pour nourriture que le Corps du Christ. Les vendredis, elle se flagellait violemment. Elle portait une chaîne à la taille, des liens aux bras et aux jambes ; elle dormait sur le sol ; elle se mettait en été des vêtements plus chauds et plus lourds, et l’hiver allait pieds-nus ; tout ce qu’elle pouvait avoir, elle le donnait.

Elle pouvait répéter jusqu’à mille fois par jour la salutation angélique (qui, à l’époque, ne comportait pas la deuxième partie Sainte Marie, Mère de Dieu…).

Giovanna eut la même mort que Giuliana : elle mourut juste après avoir reçu le viatique, le 1er septembre 1367.

Les Florentins ne se gênèrent pas pour la béatifier quasi immédiatement. Le culte de Giovanna fut confirmé en 1828.

 

 

Yi Jeong-sik Ioannes

1794-1868

 

Yi Jeong-sik Ioannes est un laïc coréen né en 1794 à Dongrae (Gyeongsang-do, Corée S).

Il fut décapité à Dongrae en septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

Yang Jae-hyeon Martinus

1827-1868

 

Yang Jae-hyeon Martinus est un laïc coréen né en 1827 en Chungcheong-do (Corée S).

Il fut décapité à Dongrae (Gyeongsang-do) en septembre 1868 et béatifié en 2014.

 

 

Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

† 1936

 

Il y avait une communauté des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu très active aux environs de Madrid, à Carabanchel Alto.

Dans cet hospice Saint-Joseph, douze Frères soignaient avec amour les épileptiques.

Lors de l’éclatement de la guerre civile en juillet 1936, un groupe de miliciens vint encercler l’établissement, le 29 juillet, obligèrent les Religieux à se réunir dans une salle, pendant qu’ils se livraient à l’habituelle fouille de tous les lieux en vue de découvrir les hypothétiques caches d’armes.

N’en trouvant pas, ils se retirèrent, non sans avoir intimé l’ordre aux Religieux de cesser tout acte de culte religieux, de retirer toutes les images, statues et tableaux à caractère religieux, et d’accomplir leurs dévotions dans le sous-sol.

En même temps, le Père Général recommandait aux Religieux de ne pas cesser d’assister les malades.

Cette situation de liberté surveillée dura un mois.

Le 29 août suivant, arriva le maire de Carabanchel, entouré de quelques autres individus armés, qui intima aux Religieux l’ordre d’abandonner toute implication dans l’administration de la maison, de remettre tout leur argent (bien sûr !), et de se préparer à partir, le jour qu’on leur indiquerait.

Le 1er septembre, tandis que les Religieux étaient en train de s’occuper des malades, arrivèrent d’autres miliciens qui les firent immédiatement sortir de la maison et monter dans un autocar.

L’engin partit sur la route de Boadilla del Monte, s’arrêta à Charco Cabrera : on y fit descendre les douze Religieux, qu’on aligna le long d’une grande fosse. Comprenant leur situation, ils se mirent à crier fortement Vive le Christ Roi !

Ils furent immédiatement fusillés, ce 1er septembre 1936.

Ils furent béatifiés en 1992.

 

Voici leurs noms par ordre alphabétique ; il y a une notice à part pour chacun.

  • Alejandro (Benjamín) Cobos Celada, né en 1887 ;
  • Antonio (Faustino) Villanueva Igual, né en 1913.
  • Crescencio (Rufino) Lasheras Aizcorbe, né en 1900 ;
  • Enrique (Cecilio) López López, né en 1901 ;
  • Guillermo (Dositeo) Rubio Alonso, né en 1869 ;
  • Isidro (Carmelo) Gil Araño, né en 1879 ;
  • Joaquín (Proceso) Ruiz Cáscales, né en 1887, prêtre ;
  • José (Canuto) Franco Gómez, né en 1871 ;
  • Mariano (Cesáreo) Niño Pérez, né en 1878 ;
  • Miquel (Cristí) Roca Huguet, prêtre, né en 1899, prêtre ;
  • Nicolás (Eutimio) Aramentia García, né en 1878, prêtre ;
  • Simó Isidre (Cosme) Brun Arará, né en 1894.

 

 

Antonio Lahoz Gan

1858-1936

 

Antonio vit le jour le 22 octobre 1858 à Híjar (Teruel, Espagne), de Antonio et Rafaela, qui le firent baptiser le lendemain. C’était une famille plutôt aisée.

Le garçon grandit dans la piété, bon chrétien, assidu au chapelet du matin, aux sacrements, à la chorale paroissiale, jamais au bal.

Entré dans l’Ordre des Mercédaires à El Olivar il reçut l’habit en 1903, à quarante-cinq ans ; il dut recevoir une dispense d’âge pour entrer, car c’était peut-être un peu difficile de commencer un noviciat à cet âge-là ; terminé le noviciat, il fit la première profession en 1904 et les vœux solennels en 1907.

La veille de ce grand jour, il renonça à ses biens, car sa famille lui avait laissé une petite fortune, qu’il partagea entre ses frères et le couvent.

Il fut tout le temps à El Olivar, où il travailla au jardin, au poulailler, à l’accueil. Tout son bonheur était de procurer à la communauté de bons légumes, de beaux œufs frais, de beaux lapins bien nourris… Si on lui proposait de se reposer un peu, il répondait laconiquement : Se reposer ? Au ciel !

Il ne goûtait jamais de ses fruits en dehors des repas ; si on le tentait, il répondait : la Règle ! Si on lui en demandait, il refusait de donner ce qui appartenait à la communauté et renvoyait au Supérieur pour en obtenir son autorisation.

S’il devait surveiller les bêtes, il avait aussi un livre à lire ; s’il avait les mains libres, il égrenait le chapelet.

Les Confrères affirmaient qu’à quatre-vingts ans, le Frère Antonio avait conservé son innocence baptismale.

Il fut dans les derniers à quitter le couvent de El Olivar en juillet 1936.

Le Supérieur l’autorisa à rejoindre son pays natal. Il se mit en route avec le Frère Pedro.

Ils arrivèrent à Burillo, se firent reconnaître des gens et firent prévenir la famille de Pedro, qui vint les chercher. Ils s’établirent dans le voisinage, travaillant aux champs, recevant leurs repas, lisant et priant.

La famille chercha à les faire fuir vers la zone nationale et ils se remirent en route, mais revinrent sur leurs pas, expliquant qu’ils ne voulaient pas fuir la mort, et qu’il est au contraire très grand et très glorieux d’être des martyrs. En vérité, le bon Frère Antonio se déplaçait difficilement en raison de son âge (soixante dix-huit ans) et de sa grande fatigue, et le Frère Pedro ne voulait pas le laisser seul.

Vers minuit, au début de septembre, un groupe de miliciens arriva, l’un d’eux ouvrit la porte et se trouva en face du Frère Pedro, qui présenta sa poitrine : Je n’ai pas peur, Vive le Christ Roi ! Antonio était à côté de lui.

Ils firent sortir les deux Frères, leur tirèrent dessus et les laissèrent là. Le chef du groupe rentra au pays et racontait ainsi sa soirée : Les gars, hier soir, on a tué deux moines, et au premier coup que j’ai envoyé à l’un des deux, toutes les tripes lui sont sorties.

On ne peut pas préciser mieux duquel des deux Frères parlait ce milicien, ni le jour précis de ce début de septembre. C’est pourquoi on attribue aux deux Frères le 1er septembre 1936 comme dies natalis.

Les Frères Antonio et Pedro furent béatifiés en 2013.

 

 

José Peris Ramos

1869-1936

 

Né le 2 février 1869 à Vélez-Málaga (Málaga), il était le fils d’un écrivain d’origine vénézuélienne et fut baptisé le jour-même de sa naissance.

C’est en 1891 qu’il entra au Grand séminaire ; il fut ordonné prêtre en 1895.

D’abord vicaire à Berja, en 1906 il partit en Argentine où il exerça le ministère sacerdotal jusqu’en 1916. Revenu en Espagne, il fut nommé vicaire d’Adra, en même temps qu’il administrait aussi la paroisse de La Alquería ainsi qu’un autre sanctuaire marial.

Dès le début de la persécution de juillet 1936, on le soumit à divers mauvais traitements ; par exemple, on l’obligea à venir creuser les fosses pour enterrer d’autres victimes des miliciens, en particulier le prêtre Gregorio Martos Muñoz (v. 19 août).

Au même moment qu’on arrêtait le curé d’Adra, don Francisco Manzano Cruz, à minuit du 1. septembre 1936, on l’arrêta chez lui et, avec l’autre prêtre, on l’emmena à la Promenade d’Albuñol au lieu-dit La Herradura, où on les dévêtit, leur attacha les mains et les traîna à terre jusqu’à la mutilation de leurs corps, puis on les fusilla.

Martyrisé le 1.septembre 1936, béatifié en 2017, José Peris Ramos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1.septembre.

 

 

Guillermo Tomás Rubio Alonso

1869-1936

 

Guillermo Tomás vit le jour le 10 février 1869 à Madrigalejo (Burgos).

Entré à vingt-cinq ans dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa avec le nom de Dositeo.

Il fut présent dans les maisons de Ciempozuelos, Saragosse, Llobregat, Santa Águeda, Barcelone, Pamplona, Gibraltar, Grenade, Calafell, et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Pedro Armengol Esteban Hernández

1869-1936

 

Pedro Armengol vit le jour le 27 juin 1869 à Híjar (Teruel, Espagne), de Isidro et María, qui le firent baptiser le lendemain (sur le saint Patron de Pedro, saint Pedro Armengol, voir au 27 avril).

On ne sait rien, pour l’heure, de son enfance et de son adolescence, mais il dut certainement apprendre parfaitement l’art de la culture, de la vigne et des chevaux, ce qu’il mit à profit durant sa vie religieuse.

Il entra à vingt ans dans l’Ordre des Mercédaires à El Olivar en 1889 ; mais l’étude du latin lui étant quelque peu difficile, on l’orienta vers la vocation de Frère convers.

Il reçut l’habit en 1890, fit la première profession en 1891 et les vœux solennels en 1894.

Humble et travailleur, toujours présent aux offices des Religieux, heureux et communiquant sa joie aux autres, il resta toute sa vie religieuse, quarante-cinq ans, à El Olivar, sauf une brève interruption en 1934 à Barcelone, pour remplacer momentanément un autre Frère malade.

Son travail fut, comme on l’a dit au début, grâce à son apprentissage de jeunesse, l’exploitation agricole du monastère. Semer, récolter, tailler, élaguer, légumes, oliviers, arbres, vigne, rien n’avait de secret pour lui ; ajoutons-y le soin des chevaux, leur achat et leur reproduction, et aussi quelques autres travaux de menuiserie ou de maçonnerie, où il excellait, et l’on comprendra combien le Frère Pedro était un don précieux pour la communauté.

Ce n’était pas seulement son travail qui le rendait utile ; c’est qu’il faisait tout cela avec le sourire, pour aider les autres, pour honorer ses Supérieurs et les prêtres ; c’était un Frère très convaincu de sa vocation religieuse et ses petites réflexions faisaient le ravissement des jeunes qui le rencontraient.

Il fut trois fois en péril de mort la même année 1924 : un mulet furieux lui envoya une ruade ; une autre fois, il tomba d’une charrette qui le tira sur une centaine de mètres ; et une voiture fit si peur à sa mule, qu’elle s’emballa, le renversa et lui passa dessus, mais sans lui faire de mal. La communauté rendit grâce à Dieu pour avoir ainsi protégé leur Frère, dont l’heure visiblement n’était pas encore arrivée. Elle sonna en 1936.

En juillet 1936, le Frère Pedro fut dans les derniers à quitter le couvent de El Olivar.

Le Supérieur l’autorisa, avec le Frère Antonio, à rejoindre leur pays natal, Híjar, et ils se mirent en route.

Ils arrivèrent à Burillo, se firent reconnaître des gens et firent prévenir la famille de Pedro, qui vint les chercher. Ils s’établirent dans le voisinage, travaillant aux champs, recevant leurs repas, lisant et priant.

La famille chercha à les faire fuir vers la zone nationale et ils se remirent en route, mais revinrent sur leurs pas, expliquant qu’ils ne voulaient pas fuir la mort, et qu’il est au contraire très grand et très glorieux d’être des martyrs. En vérité, le bon Frère Antonio se déplaçait difficilement en raison de son âge (soixante dix-huit ans) et de sa grande fatigue, et le Frère Pedro ne voulait pas le laisser seul. Ce fut là tout son mérite héroïque : il aurait pu sauver sa peau, mais préféra aider son aîné.

Vers minuit, au début de septembre, un groupe de miliciens arriva, l’un d’eux ouvrit la porte et se trouva en face du Frère Pedro, qui présenta sa poitrine : Je n’ai pas peur, Vive le Christ Roi ! Antonio était à côté de lui.

Ils firent sortir les deux Frères, leur tirèrent dessus et les laissèrent là. Le chef du groupe rentra au pays et racontait ainsi sa soirée : Les gars, hier soir, on a tué deux moines, et au premier coup que j’ai envoyé à l’un des deux, toutes les tripes lui sont sorties.

On ne peut pas préciser mieux duquel des deux Frères parlait ce milicien, ni le jour précis de ce début de septembre. C’est pourquoi on attribue aux deux Frères le 1er septembre 1936 comme dies natalis.

Les Frères Antonio et Pedro furent béatifiés en 2013.

 

 

Julián Villanueva Olza

1869-1936

 

Né le 11 septembre 1869 à Villanueva de Araquil (Navarre), il fut porté le jour-même à l’église pour être baptisé ; ses parents s’appelaient Mariano et Micaela ; le papa était un brave ouvrier.

On ne sait pas comment grandit Julián ; à vingt-huit ans, il entra au noviciat des Pères clarétains de Cervera (1897) et y fit la profession l’année suivante.

Excellent religieux, c’était aussi un excellent farceur. Et on lui confia la cuisine.

On eut besoin de lui dans des communautés d’Amérique latine ; en 1900, il était au Chili : Santiago, Antofagasta, Valparaíso, Curicó.

En 1921, il revint en Espagne : Cervera, Vic (1924), Solsona (1927), puis de nouveau à Vic et Solsona, où il fut alors cordonnier.

Au soir du 21 juillet 1936, puisqu’il fallait évacuer la maison sans attendre, le Frère se réfugia avec d’autres membres de la communauté dans une propriété d’amis, où une petite chapelle leur permettait de célébrer la Messe. Le Frère communiait chaque jour ; il priait le chapelet à genoux. Il se préparait au martyre. Avec d’autres Confrères, il rendait divers services dans la propriété.

Les miliciens passèrent plusieurs fois ; vers la mi-août, ils détruisirent l’autel de la petite chapelle et brûlèrent crucifix et sainte images. A leurs questions, le frère Julián leur répondit : Je suis religieux, et de Navarre ; vous pouvez me tuer, je désire le martyre… Vous pouvez être certains que, en quarante années de vie religieuse, j’ai toujours vécu de mon travail et que je me suis gagné le pain… Et ces chaussures que je porte, c’est mon travail aussi.

Les miliciens repartirent, mais pour peu de temps. A la suite de ces événements, tous les Confrères se cachèrent dans les bois, le Frère Julián , à cause de son âge, resta dans la maison. C’est là qu’il fut arrêté dans la soirée du 1. septembre. Les miliciens le maltraitèrent à tel point que le Frère dut leur dire : Au nom de Dieu, ça suffit !

Ils l’emmenèrent à une vingtaine de kilomètres de Solsona. Au moment de le fusiller, ils le déshabillèrent entièrement et lui firent creuser sa tombe. Le Frère put tout de même garder sur lui le chapelet et le reliquaire du Père Claret, leur Fondateur (v. 24 octobre). Il s’agenouilla, pria en pardonnant à ses bourreaux, et mourut de plusieurs balles dans la tête.

Martyrisé le 1.septembre 1936 et béatifié en 2017, Julián Villanueva Olza sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

José Franco Gómez

1871-1936

 

José vit le jour le 23 décembre 1871 à Aljucer (Murcia).

Il entra d’abord chez les Carmes, mais dut abandonner à cause de sa santé.

Entré en 1893 dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa avec le nom de Canuto.

Le pauvre Frère souffrait d’une assez grave surdité, de sorte qu’on lui réserva le travail de sacristain. Il était très sensible, artiste, et savait peindre avec goût.

Il fut à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

José Prats Sanjuán

1874-1936

 

José vit le jour le 31 juillet 1874 à Catí (Castellón, Espagne).

Il fréquenta le collège des vocations San José à Tortosa, fut ordonné prêtre en 1898 et entra en 1899 chez les Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

En 1910, il fut directeur du collège San José de Murcia, puis il travailla dans les séminaires de Astorga, Saragosse, Barcelone, Cuenca, Baeza et Tortosa, où il avait été élève lui-même.

Ce fut un des Ouvriers les plus connus et recherchés. C’était un saint prêtre qui transmettait une sainte joie.

En 1936, il se rendait à Tortosa mais partit pour les montagnes avec un cousin. Finalement, il crut plus sage de repartir dans son pays. Mais dans l’autobus, quelqu’un le reconnut et le fit conduire à la mairie, qui servait de prison. On lui demanda s’il était prêtre ; il répondit affirmativement. Quand il vit arriver le véhicule qui devait l’emmener au peloton, il commença à chanter les versets du psaume 50, Miserere mei Deus secundum magnam misericordiam tuam.

Il reçut huit balles, dans la tête, à la tempe et à la nuque.

Ce fut à Tortosa (Tarragona) le 1er septembre 1936.

Don José fut béatifié en 2013.

 

 

Juan José Egea Rodríguez

1876-1936

 

Il naquit le 9 novembre 1876 à Zurgena (Almería).

Entré au séminaire d’Almería en 1889, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il exerça son sacerdoce à Cantoria et Vera, puis en 1907 il vint à Zurgena, où il resta jusqu’à la fin de ses jours. Il se déplaçait sur une petite ânesse.

Quand ses neveux furent orphelins, il s’en occupa paternellement. Les pauvres qui frappaient chez lui, repartaient toujours avec leur sac rempli de provisions.

Lors de la persécution religieuse de l’été 1936, il reçut des autorités civiles la prescription de ne plus exercer son ministère, mais il fit savoir que c’était là son devoir, si des fidèles lui demandaient le baptême pour un enfant ou s’ils voulaient se marier devant Dieu.

On l’arrêta une première fois le 1.septembre au matin, et on le laissa rentrer. Mais le soir, on vint le chercher et ses proches ne le revirent plus. Il fut emmené avec d’autres prêtres au Pozo de la Lagarta, où on les fusilla ; ils tombèrent en criant Vive le Christ roi !

Martyrisé le 1. septembre 1936 et béatifié en 2017, Juan José Egea Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

Andrés Iniesta Egea

1877-1936

 

Né et baptisé le 13 janvier 1877 à Zurgena (Almería) dans une famille très croyante, il entra au séminaire de Murcia en 1887.

Il passa au Grand séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1903.

Les paroisses où il exerça son ministère furent Purchena, Turre, Serón (1907), Marchal de Lubrín (1912), Torrentes, Fuencaliente, Somontín (1929), et il retourna à Fuencaliente en 1935.

Très marial, il était aussi très généreux. Quand on l’invitait à la prudence en face des laïcistes, il répondait : Il ne faut pas être lâche ; j’aimerais bien être martyr.

Lors de la persécution, il resta habillé avec sa soutane, continua à célébrer la Messe chaque jour et à visiter les malades. Même les révolutionnaires du pays le respectaient.

Sa famille, cependant, pensa le mettre en sûreté en l’emmenant chez eux à Zurgena, le 27 juillet 1936. Il s’arrêta en chemin pour se confesser, à Alcóntar.

Il fut justement arrêté le 1. septembre suivant et fusillé au Pozo de la Lagarta avec quatre autres prêtres.

Martyrisé le 1. septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Iniesta Egea sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

Mariano Niño Pérez

1878-1936

 

Mariano vit le jour le 15 septembre 1878 à Torregutiérrez (Ségovie).

Il avait une réelle vocation religieuse, mais était aussi tellement maigre, qu’on craignait pour sa santé et qu’on n’osait pas le recevoir.

Il finit par convaincre et entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, professant avec le nom de Cesáreo.

Il fut présent dans les maisons de Ciempozuelos, Pamplona, et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid).

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

Nicolás Aramendia García

1878-1936

 

Nicolás vit le jour le 23 octobre 1878 à Oteiza de la Solana (Navarre, Espagne).

Entré à quinze ans dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa avec le nom de Eutimio.

Il passa le diplôme de médecine et de chirurgie, et fut infirmier-chef.

Il fut présent dans les maisons de Barcelone, Llobregat, Madrid, Murcia, Santa Águeda, Palencia, Pamplona. On l’envoya aussi en Colombie (Bogotá et Pasto), et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid), comme vice-directeur.

Il refusa de partir avec sa famille, pour rester avec les Confrères de la communauté.

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Isidro Gil Araño

1879-1936

 

Isidro vit le jour le 15 mai 1879 à Tudela (Navarre, Espagne), en la fête de saint Isidore, dont il reçut le nom au Baptême.

C’est à vingt-sept ans qu’il se décida pour la vie religieuse.

Entré dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa en 1904 avec le nom de Carmelo.

Il fut présent dans les maisons de Ciempozuelos, Carabanchel Alto, Pamplona, Valencia, Llobregat, et en dernier lieu de nouveau à Carabanchel Alto (Madrid).

Lors de la révolution de juillet 1936, il fut sur le point de regagner les siens, mais préféra finalement demeurer parmi ses Confrères.

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Francisco Manzano Cruz

1881-1936

 

Né le 15 janvier 1881 à Adra (Almería), Francisco fut baptisé trois jours plus tard. Sa famille était si pauvre que, tant pour aller au séminaire d’Almería que lorsqu’il revenait au moment des vacances, il n’avait pas de quoi se payer un billet de train et parcourait à pied la cinquantaine de kilomètres qui séparaient les deux localités.

Il fut ordonné prêtre en 1909. Nommé vicaire à Alboloduy, il fut curé de Torre-Cardela (1910), puis dans sa propre paroisse natale, de 1911 à 1936.

Ses paroissiens l’estimaient beaucoup et lui donnèrent gentiment le surnom de Manzanico (Petit Manzano). Il conserva ses habitudes de pauvreté : lors de ses noces d’argent, on lui offrit une montre Longines en or, qu’il ne voulut jamais porter. De même, à l’encontre de ses confrères, il ne voulut jamais porter le camail (petit vêtement que les ecclésiastiques portaient souvent sur les épaules) ; il le trouvait excessif pour lui.

 

Au début de la persécution de juillet 1936, Madame Carmen Godoy (v. 1.janvier) lui fit parvenir de quoi voyager jusqu’à Madrid pour s’y réfugier ; il refusa poliment, expliquant que sa place était dans sa paroisse. Il continua de porter sa soutane.

A minuit du 1.septembre 1936, on vint l’arrêter chez lui. Il se laissa faire sans la moindre résistance. C’est son cousin qui, présent à ce moment-là, en perdit l’usage de la parole jusqu’à sa mort.

On emmena avec lui l’autre prêtre de la paroisse, José Peris Ramos, jusqu’à la Promenade d’Albuñol ; on les dévêtit, on leur attacha les mains et on les traîna à terre jusqu’à mutiler leurs corps, puis on les fusilla.

Martyrisé le 1.septembre 1936, Francisco Manzano Cruz a été béatifié en 2017 et sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1.septembre.

 

 

Pedro Meca Moreno

1883-1936

 

Né le 1.septembre (ou le 16 décembre ?) 1883 à Zurgena (Almería), il fut baptisé dès le lendemain.

Au terme des années d’études au séminaire d’Almería, il fut ordonné prêtre en 1906.

Il exerça le saint ministère à Zurgena même, puis Pulpí (1908), de nouveau à Zurgena et Derde (1913), puis à Sierro en 1920 : une maladie cardiaque l’obligea à quitter cette paroisse six mois plus tard et à revenir dans sa famille à Zurgena.

Il voyait arriver la persécution religieuse ; constatant comment les révolutionnaires mettaient le feu aux images saintes, il commentait : Après les images, ce sera nous.

Le 1. septembre au matin, il fut arrêté avec quatre autres prêtres de cette même localité de Zurgena. La brutalité des hommes laissa horrifiés ses neveux. Conduits au Pozo de la Lagarta, les prêtres y furent fusillés.

Selon la date de sa naissance (v. plus haut), don Pedro fut apparemment exécuté le jour-même de son cinquante-troisième anniversaire.

Une cousine de don Pedro, atteinte par la tuberculose, se remit assez rapidement de sa maladie après la guerre civile. Son médecin lui exprima son étonnement : Tu dois avoir un Saint au Ciel qui prie pour toi.

Martyrisé le 1. septembre 1936 et béatifié en 2017, Pedro Meca Moreno sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

Antonio Lorca Muñoz

1885-1936

 

Né le 29 novembre 1885 à Zurgena (Almería) et baptisé dès le lendemain, Antonio fut très tôt orphelin de sa mère ; de ses deux sœurs, la plus jeune mourut peu après également. Le papa devait être aussi malade, car il ne pouvait travailler ; ce furent des oncle et tante qui s’occupèrent de leurs champs.

Antonio fréquenta le séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1910.

Les paroisses de son activité furent le sanctuaire marial de Tíjola, Taberno (1913), Tíjola (1916), Albox à partir de 1920 jusqu’à sa mort.

Malgré sa très mauvaise vue - il fut presque aveugle - il fut très actif et très apostolique. Il fonda un des premiers cercles d’Action Catholique du diocèse et restait longtemps dans le confessional, où les jeunes aimaient le retrouver.

Avec beaucoup de tristesse, il se vit obligé de retourner dans son pays, au moment de la persécution de 1936. Quand les révolutionnaires vinrent s’emparer le 1.septembre des cinq prêtres qui s’étaient refugiés là, ils ne prirent pas tout de suite don Antonio, en raison de sa maladie, mais ils revinrent tard le soir. Don Antonio mourut avant même d’arriver au Pozo de la Lagarta : on ne nous dit pas s’il mourut naturellement ou s’il fut abattu durant le trajet, mais il a été reconnu martyr.

Martyrisé le 1.septembre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Lorca Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

Josep Samsó i Elias

1887-1936

 

Il vit le jour le 17 janvier 1887 à Castellbisbal (Catalogne, Espagne).

Il fréquenta d’abord l’école des Frères Maristes à Rubi, puis la famille s’installa à Sarriá (Barcelone).

Josep entra au séminaire de Barcelone, où il fut un des meilleurs élèves, au point que l’archevêque le prit comme secrétaire avant même qu’il fût ordonné prêtre, en 1910. Don Josep fut aussi reçu docteur en Théologie de l’Université de Tarragona.

Ses trois postes furent : Argentona (1910), Sant Joan de Mediona (1917) et Santa Maria de Mataró (1923).

Il s’occupa de rehausser la liturgie et l’aspect intérieur de l’église, qui devint basilique mineure en 1928.

Catéchiste particulièrement zélé, il écrivit un Guide pour les Catéchistes, prêt à être édité dès 1936 et qui cependant ne fut publié qu’en 1940.

En 1934, des hommes armés vinrent menacer don Josep ainsi que les fidèles qui se trouvaient dans l’église : ils donnèrent l’ordre à tous d’aller empiler les chaises dans la nef centrale, et le curé devait les retirer de là, ce que don Josep refusa de faire. Les bandits alors mirent le feu à un autel et à différents objets ; vite les fidèles s’employèrent à éteindre le feu.

Plus tard, l’autorité judiciaire voulut obtenir un témoignage du prêtre pour arrêter les responsables, mais don Josep, qui les connaissait bien, refusa de les dénoncer.

Lors de la révolution de juillet 1936, il vint se réfugier chez un de ses fidèles, mais il fut arrêté dès le 28 juillet, au moment où il tentait de quitter la ville. On le mit en prison à Mataró, sous l’accusation d’être prêtre, et il resta là environ un mois.

Le 1er septembre 1936 on vint le prendre pour le fusiller au cimetière de Mataró. Durant le trajet, il fit le Chemin de la Croix.

Juste avant son exécution, il demanda à être délié, s’approcha de ceux qui allaient tirer et leur dit qu’il leur pardonnait., qu’il refusait d’avoir les yeux bandés et voulait mourir en regardant la ville.

Don Josep fut béatifié en 2010.

 

 

Alejandro Cobos Celada

1887-1936

 

Alejandro vit le jour le 9 juillet 1887 à Palencia (Espagne).

Entré à quatorze ans dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa avec le nom de Benjamín.

On lui fit faire des études appropriées et il fut un infirmier titulaire très compétent. On apprécia beaucoup sa présence dans les maisons de Ciempozuelos, Barcelone, Madrid, Llobregat, Málaga, et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Joaquín Ruiz Cáscales

1887-1936

 

Joaquín vit le jour le 4 octobre 1887 à Beniel (Murcia, Espagne).

Il fit une première expérience érémitique à La Fuensanta, qui cependant n’était pas sa voie.

Entré dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1915, il professa avec le nom de Proceso.

Il fut présent dans les maisons de Ciempozuelos, Madrid, Gibraltar, Valencia, Barcelone, et en dernier lieu fut supérieur à Carabanchel Alto (Madrid).

Durant le mois d’août, un de ses frères vint, accompagné d’un milicien, lui remettre un sauf-conduit pour s’échapper, mais il répondit qu’il ne l’accepterait que si tous les Confrères en obtenaient un aussi.

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Joaquím Pallerola Feu

1892-1936

 

Joaquím (ou Joaquín, en catalan) vit le jour le 2 juillet 1892 à La Seo de Urgel (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 6.

Il fut un des premiers élèves du nouveau collège des Frères des Ecoles Chrétiennes à La Seo de Urgel, qui s’ouvrit à la suite de la fermeture des écoles chrétiennes en France.

Il fit le noviciat mineur à Les en 1906, et prit l’habit l’année suivante avec le nom de Leoncio Joaquím ou Leonci Joaquín.

Il fut envoyé au scholasticat de Lembecq-lez-Hal (Belgique).

En 1910, il revint en Espagne et fut à la nouvelle maison de Manresa, comme catéchiste

En 1914, il dut faire le service militaire, mais sans quitter Manresa, de sorte qu’il restait en contact avec sa communauté. Ses excellentes qualités lui valurent l’estime des officiers, qui lui promirent aussi une belle carrière, s’il restait dans l’armée.

Mais Frère Leoncio avait en tête une autre armée.

Il fit la profession perpétuelle en 1920 à Mollerusa, et fut envoyé à la nouvelle maison de Oliana dès 1921. Il devait en être directeur en 1933.

Entre temps, il eut de gros problèmes de santé, qui lui causèrent trois mois de soins en 1925, à La Seo de Urgel.

Après Oliana, il fut préconisé à Barcelone pour concentrer l’administration des maisons de Toulouse, réunies à la province Barcelone. Il était le candidat idéal, mais sa santé le frappa de nouveau : les rhumatismes l’empêchaient de marcher. On voulut lui épargner ces fatigues et il fut gardé à l’infirmerie de Cambrils.

Là, grâce à l’intervention du consulat français, trois Frères anciens et malades purent être amenés en France. Restèrent le Frère Hugo Bernabé, aide-infirmier, qui s’occupait du Frère Leoncio Joaquín. Ils restèrent quelques jours et le Frère Hugo, qui devait faire un bref déplacement à Tortosa, fut arrêté. Il obtint toutefois un sauf-conduit pour aller s’occuper du Frère Leoncio à Cambrils.

A Cambrils, les révolutionnaires, eux, n’épargnèrent rien aux pauvres Frères. Le Frère Hugo n’eut que deux jours de répit. Les révolutionnaires vinrent plusieurs fois fouiller la maison. Ils arrêtèrent les deux Frères, les fourrèrent dans une voiture qui partit pour Viñols, près de Cambrils.

Arrivés sur place, ils voulurent éprouver la fidélité d’un nouvel arrivé dans le parti, lui ordonnant de tirer sur les Frères. Mais le garçon était un ancien employé de la maison des Frères, et refusa ; on le menaça, on se moqua de lui, et finalement le malheureux, tout tremblant, tira des balles à la tête des deux Religieux. C’était le 1er septembre 1936.

Frère Leonci et Frère Hug purent se reposer dans la gloire céleste. Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Simón Brun Arará

1894-1936

 

Simón vit le jour le 12 novembre 1894 à Santa Coloma de Farnés (Gerona, Espagne).

A seize ans, il se mit au service du séminaire de Gerona, et devint le domestique privé de Mgr Pol, jusqu’à la mort de ce dernier.

Il vivait à Barcelone, mais voulut être religieux. Entré dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1917, il professa avec le nom de Cosme.

Il fut présent dans diverses maisons, et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Francesc Trullen Gilisbarts

1895-1936

 

Francesco (ou Francesc, en catalan) vit le jour le 20 janvier 1895 à Roquetas (Tarragona, Espagne).

Il fut un des premiers élèves du nouveau collège des Frères des Ecoles Chrétiennes à Tortosa.

Il fit le noviciat mineur à Cambrils en 1907.

Il fut envoyé au scholasticat de Lembecq-lez-Hal (Belgique), où il prit l’habit en 1911 avec le nom de Hugo Bernabé ou Hug Bernabé.

Il revint en Espagne et fut catéchiste à Santa Madrona, Manlleu et Farnés.

En 1922, il fut à Gracia (Barcelone), puis en 1931 à Manlleu.

En 1933, à cause des lois de sécularisation, il quitta l’Espagne ; il fut d’abord à Froyennes (Belgique), et en 1934 à Vals (Le Puy, France).

En 1935, il revint à Cambrils pour y rendre divers services. Entre autres, il fut l’infirmier particulier du Frère Leoncio, immobilisé par ses rhumatismes. Il ne le quittait pas.

Il dut faire un bref voyage à Tortosa en été 1936, et fut arrêté.

Préoccupé pour l’état du malade, il obtint un sauf-conduit et rejoignit le Frère Leoncio, qui était seul dans la maison, désormais abandonnée et évacuée.

Le Frère Hugo ne put assister l’autre Frère que deux jours. Dès le 1er septembre, on les fourrait tous les deux de force dans une voiture qui partit pour Viñols, près de Cambrils.

Arrivés sur place, les révolutionnaires voulurent éprouver la fidélité d’un nouvel arrivé dans le parti, lui ordonnant de tirer sur les Frères. Mais le garçon était un ancien employé de la maison des Frères, et refusa ; on le menaça, on se moqua de lui, et finalement le malheureux, tout tremblant, tira des balles à la tête des deux Religieux. C’était le 1er septembre 1936.

Frère Leonci et Frère Hug purent se reposer dans la gloire céleste. Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Tomás Galipienzo Pelarda

1897-1936

 

Né et baptisé le 6 mars 1897 à Cascante (Navarre), il fut confirmé en 1898, selon la coutume de l’époque.

Son père, Valentín, mourut en 1901 ; sa mère, Margarita, éleva son garçon et sa sœur très chrétiennement. Tomás était un modèle à l’école et manifesta très tôt sa vocation au sacerdoce.

En jouant à la pelote, il se fit une fracture du bras gauche, dont on va reparler un peu plus tard.

Il entra au postulat des Pères clarétains de Barbastro en 1908, commença le noviciat en 1912 à Cervera, où il étudia la philosophie et la théologie.

Au conseil de révision en vue du service militaire, il fut totalement réformé à cause de son bras gauche, mais aussi de sa mauvaise vue.

Il reçut les Ordres à Alagón, où il acheva la théologie, et fut ordonné prêtre à Saragosse en 1921.

Après la première année, il fut nommé professeur de latin et de géographie pour les élèves d’Alagón. En 1923, il fut envoyé prêcher à Cartagena. De là, chaque semaine, il partait en train à Torre Nueva, chez la Marquise de Fuente González, pour célébrer la Messe et enseigner le catéchisme aux enfants. Cela lui valait chaque fois mille pesetas !

Tombé malade à Cartagena, il fut nommé à un climat meilleur, à Requena (1928) et fut envoyé au Congrès Marial de Séville en 1929. La communauté de Requena fut dissoute dès le printemps 1936 et le p.Tomás partit à Játiva, où il dut retirer l’Eucharistie de l’église pour la sauver de la profanation.

L’arrestation et le martyre du père Tomás relèvent de l’incroyable. Il fut arrêté au soir du 11 août et passé en «jugement». A minuit, on l’emmena avec deux autres prêtres à Alboraya, à quelques kilomètres de Valencia. Le père Tomás dit aux bourreaux : Tuez-moi de face, comme un homme. Ils éteignirent le moteur et mirent en marche leur mitraillette. Instinctivement, le Père se roula à terre, de sorte que, dans la nuit, les bourreaux ne virent pas que les balles lui passaient au-dessus ; ils tirèrent pendant une vingtaine de minutes, durant lesquelles le Père se faufila dans l’herbe et alla s’appuyer un peu plus loin, observant ce qui se passait : en rallumant le moteur, les bourreaux ne virent que deux cadavres, ne trouvèrent pas le père Tomás et finirent par décider de revenir au matin.

Le père Tomás rejoignit la première maison qu’il aperçut, mais il tomba sur un communiste, qui le dénonça sans tarder. Mais il eut encore le temps de se réfugier dans une maison plus accueillante où on le cacha de telle façon que les miliciens ne le découvrirent pas quand ils vinrent fouiller la maison. Finalement, il put gagner Valencia en train et se réfugier à une adresse qu’on lui avait proposée. Mais c’est là que les miliciens le retrouvèrent, le 18 août à midi. Conduit au Comité, il fut reconnu par l’un d’eux : Cette fois-ci, tu ne pourras pas t’échapper.

On le conduisit à la prison centrale de San Miguel ; il était absolument nu, sans chaussures, et tremblant de fièvre. Il y retrouva des amis, qui lui trouvèrent de quoi se couvrir.

Le 1. septembre à neuf heures du matin, on appela dix prisonniers, dont le père Tomás. On partit pour Paterna. Au moment de l’exécution, certains condamnés se mirent à courir et l’un d’eux put se sauver et raconter plus tard ce qu’il avait vécu. Le père Tomás, lui, fut abattu sur place.

Martyrisé le 1.septembre 1936 et béatifié en 2017, Tomás Galipienzo Pelarda sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

 

Miquel Roca Huguet

1899-1936

 

Miquel vit le jour le 6 juin 1899 à Molins de Rey (Barcelone).

Il eut aussi deux autres frères qui entrèrent dans l’Ordre Hospitalier, dont l’un, Sadurní (Constanci), fut martyrisé le 30 juillet et béatifié avec lui.

 

Entré très jeune dans la maison de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos, il y fit le noviciat et, très porté à l’étude, se prépara au sacerdoce ; il professa avec le nom de Cristino et fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut présent dans la maison Saint-Rafael de Madrid, maître des novices à Calafell, et en dernier lieu directeur à Carabanchel Alto (Madrid).

Il avait une grande réputation d’excellent pédagogue et de directeur d’âmes.

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Crescencio Lasheras Alzcorbe

1900-1936

 

Crescencio vit le jour le 15 juin 1900 à Arandigoyen (Navarre).

Après une jeunesse très chrétienne et vertueuse, il entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1927, et professa avec le nom de Rufino.

Il fut présent dans diverses maisons, et en dernier lieu à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Enrique López López

1901-1936

 

Enrique vit le jour le 25 juin 1901 à Las Alpujarras (Fondón, Almería).

Entré à quinze ans dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, il professa avec le nom de Cecilio.

Sa bonne mémoire et son intelligence vive décidèrent ses Supérieurs à lui faire faire des études en vue du sacerdoce. Malheureusement, la tuberculose lui fit suspendre ces études.

Envoyé en Colombie pour se reposer, il continua de rendre service comme infirmier, plutôt que de retourner dans le monde et y trouver un avenir brillant.

Revenu en Espagne, il fut à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

Au moment de quitter les malades, sur l’ordre des miliciens, il leur dit : Au-revoir au Ciel.

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Agustín Navarro Iniesta

1902-1936

 

Né le 28 mai 1902 à Zurgena (Almería), il fut baptisé deux jours après ; il était le fils du maître d’école.

Entré au séminaire d’Almería en 1916, il passa à ceux de Murcia et Orihuela avant de revenir à Almería en 1924.

Ordonné prêtre en 1926, il exerça son apostolat sacerdotal successivement à Carboneras puis Sorbas (1929) ; il fut alors incardiné dans le diocèse de Madrid (1932) et fut à Mangirón, puis Carabanchel Bajo, avec la charge de chapelain du collège Santa Cruz.

Le 13 juillet 1936, il eut le courage de présider une prière pour l’enterrement de José Calvo Sotelo au cimetière de Madrid. Cet acte public ne pouvait pas ne pas avoir une résonance politique et toute la famille de don Agustín vint se réfugier (avec lui) à Zurgena.

Une première fois, le Prêtre y fut arrêté, puis relâché quelques heures après. Les républicains revinrent à la charge un mois plus tard. Le 1.septembre, c’est lui-même qui leur ouvrit. Il salua sa mère avec ces mots : Au Ciel ! Merci à Dieu qui me donne la grâce de mourir pour Lui.

Il fut emmené avec quatre autres prêtres au Pozo de la Lagarta, où ils furent fusillés.

Martyrisé le 1.septembre 1936 et béatifié en 2017, Agustín Navarro Iniesta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1. septembre.

 

 

Manuel Mateo Calvo

1902-1936

 

Manuel vit le jour le 5 octobre 1902 à Aliaga (Teruel, Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1915.

Après le noviciat de Hostalets, il reçut l’habit en 1918, avec le nom de Claudio José. Il fit ensuite le scholasticat à Bujedo.

Il exerça son activité d’abord à Cambrils, jusqu’en 1926.

Il fut alors envoyé à Bonanova, à Tarragona (1928), de nouveau à Bonanova (1931), puis à Tortosa (1935).

Il fut arrêté à Tortosa ainsi que deux autres Frères (Buenaventura Pío et Ángel Amado). Chaque soir, des miliciens appelaient des prisonniers pour les conduire au peloton. Un témoin affirma que les Frères furent des modèles de courage et de foi : ils organisèrent la prière, la méditation, les chants même, autant que faire se pouvait.

Ces trois Frères furent appelés au soir du 31 août ; en partant, ils chantaient le psaume 50 (Miserere) ; ils furent fusillés le 1er septembre dans la nuit, au lieu-dit Los Ametllers.

Frère Claudio José avait trente-trois ans.

Il fut béatifié en 2013, avec ses deux Compagnons.

 

 

Maximiano Fierro Pérez

1905-1936

 

Maximiano vit le jour le 21 août 1905 à Alfamén (Saragosse), Espagne) et fut baptisé le jour-même.

Il entra au collège, des Frères des Ecoles Chrétiennes à Monreal del Campo en 1918, puis au noviciat mineur de Cambrils.

Après le noviciat de Fortianell, il reçut l’habit en 1921, avec le beau nom de Ángel Amado (Ange Aimé). Il fit ensuite le scholasticat à Cambrils.

Il exerça son activité d’abord à Condal, puis Manlleu (1926) et Bonanova (1930).

En 1931, il partit pour Cuba (Marianao et La Havane).

Revenu en Espagne en 1934, il fut envoyé à Tortosa.

Il fut arrêté à Tortosa ainsi que deux autres Frères (Buenaventura Pío et Claudio José). Chaque soir, des miliciens appelaient des prisonniers pour les conduire au peloton. Un témoin affirma que les Frères furent des modèles de courage et de foi : ils organisèrent la prière, la méditation, les chants même, autant que faire se pouvait.

Ces trois Frères furent appelés au soir du 31 août ; en partant, ils chantaient le psaume 50 (Miserere) ; ils furent fusillés le 1er septembre dans la nuit, au lieu-dit Los Ametllers.

Frère Ángel Amado fut béatifié en 2013, avec ses deux Compagnons.

 

 

Pío Ruiz de la Torre

1909-1936

 

Pío vit le jour le 9 juillet 1909 à Fresno de Rodilla (Burgos), Espagne) et fut baptisé le 11.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1922, sur les traces de son aîné (voir notice José Ruiz de la Torre).

Après le postulat, il reçut l’habit en 1926, avec le nom de Buenaventura Pío. Il fit ensuite le scholasticat à Cambrils.

Il exerça son activité d’abord à Manlleu en 1928 ; ses débuts dans l’enseignement ne furent pas faciles, mais il devint ensuite un excellent éducateur.

Il dut quitter cette maison à cause des lois de 1933, et vint à Condal, puis Tortosa (1935).

Il fut arrêté à Tortosa ainsi que deux autres Frères (Angel Amado et Claudio José). Chaque soir, des miliciens appelaient des prisonniers pour les conduire au peloton. Un témoin affirma que les Frères furent des modèles de courage et de foi : ils organisèrent la prière, la méditation, les chants même, autant que faire se pouvait.

Ces trois Frères furent appelés au soir du 31 août ; en partant, ils chantaient le psaume 50 (Miserere) ; ils furent fusillés le 1er septembre dans la nuit, au lieu-dit Los Ametllers.

Frère Buenaventura Pío fut béatifié en 2013, avec ses deux Compagnons.

 

 

Alfonso Sebastiá Viñals

1910-1936

 

Il naquit le 27 mai 1910 à Valencia, dans une bonne famille chrétienne, d’un humble père ouvrier.

Il entra en 1920 au Petit séminaire de Orihuela, puis au Grand séminairevint de Valencia ; il fut ordonné prêtre en 1933.

Nommé curé-archiprêtre de Castellón, il reçut des menaces s’il restait dans cette paroisse, mais il persévéra fidèlement, se donnant à fond à l’Action Catholique.

En 1935, on le nomma à Valencia comme professeur à l’Ecole de Formation Sociale, une matière où il était particuièrement préparé ; il y fut directeur spirituel. C’était une fondation de l’Association Catholique Nationale, qui convenait très bien au jeune prêtre, préoccupé par la question sociale, la situation des ouvriers.

Quand le palais archiépiscopal fut la proie des flammes en juillet 1936, le père de don Alfonso lui suggéra de se retirer chez un de ses frères à Ruzafa ; les autres frères d’Alfonso lui conseillaient aussi de partir de Valencia, car il avait un passeport en règle, mais le jeune prêtre préférait rester là où Dieu l’avait mis, fidèle pasteur au milieu de ses brebis menacées.

Il se savait condamné et affirma : Je vais mourir bientôt, j’en suis convaincu. Prie pour moi, pour que j’aie la force de pardonner jusqu’au bout.

Le 20 août, on vint l’arrêter pour le conduire au Gouvernement Civil, d’où on le mit à la prison San Miguel de los Reyes.

Le 1er septembre 1936, au moment où sa mère et sa sœur attendaient à la porte de la prison pour lui rendre une visite, elles le virent monter dans un camion en leur faisant adieu de la main.

Don Alfonso fut fusillé à Paterna.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Cándido Rivera Rivera

1912-1936

 

Cándido vit le jour à Villacreces (Palencia, Espagne) le 3 septembre 1912.

Il entra en 1925 au couvent des Frères Mineurs Conventuels de Granollers (Barcelone), et prit le nom de Pedro, en référence à saint Pedro d’Alcántara (voir au 18 octobre).

Il commença les études de philosophie à Barcelone, les poursuivit à Ósimo (Italie), et acheva la théologie à Rome, où il fit aussi la profession solennelle en 1933 et fut ordonné prêtre en 1935, la même année où il passa la licence en théologie.

On le décrivit comme exemplaire en tout et pour tout. Il savait aussi peindre avec un certain talent. Il était petit de taille, mais en imposait par sa piété et son sérieux.

Il fut alors nommé Gardien (supérieur) à Granollers, après le père Dionisio Vicente Ramos, devenu aveugle (voir au 31 juillet).

Le 19 juillet 1936 au soir, il se réfugia non loin du couvent ; le 20, il s’y rendit pour célébrer encore une fois la Messe, mais il dut s’enfuir et se cacher trois jours dans une autre famille, la peur au ventre, sachant bien que non seulement sa vie était en danger, mais aussi celle de ceux qui l’hébergeaient. De jour, il se cachait dans les vignes.

Il fut arrêté le 25 juillet, conduit à la prison de Granollers, où il retrouva des Confrères. Sa résolution était de mourir en criant Vive le Christ Roi !

Il se trouva qu’un des prisonniers était «ami» du chef du Comité, de sorte que tous les prêtres et les religieux obtinrent alors un sauf-conduit et sortirent de prison le 27 juillet.

Il alla se confesser au curé de la paroisse de Llinás, lui disant : Si j’ai la grâce d’être tué, je mourrai en criant ‘Vive le Christ Roi’.

Le père Pedro rejoignit la maison d’un ouvrier qui avait travaillé au couvent puis, vers le quinze août, rejoignit Barcelone, d’où il expédia une lettre au Grand Pénitencier de Saint-Pierre de Rome, annonçant le martyre de ses Confrères (Dionisio Vicente Ramos, Francisco Remón Játiva, Modesto Vegas Vegas) et, peut-être aussi, écrit-il, de quelques autres dont on n’a plus de nouvelles.

Le 22 août, il fut dénoncé et arrêté. Quand il entendit prononcer son nom, il se présenta lui-même : C’est moi, je suis à votre disposition. En partant, il remercia la personne qui l’avait hébergé, demandant pardon pour le dérangement ; cette personne était cousine d’un autre jeune postulant franciscain présent à ce moment-là, auquel un milicien dit : Jeune homme, c’est tes treize ans qui te dispensent de suivre le même sort que ton copain.

On n’a jamais pu savoir avec exactitude le mode et le jour du martyre du père Pedro. Le 24 août, on le donnait encore pour «certainement vivant». Les récits furent différents :

- les uns dirent qu’il fut conduit à Montcada, qu’il y fut jeté vivant dans un puits, ou fusillé et enterré au cimetière du même endroit ;

- d’autres, qu’on le tua à l’Arrabassada de Barcelone ;

- d’autres encore que son corps - déjà mort ou encore vivant - aurait été jeté en pâture à des cochons, que les anarchistes avaient installés dans le couvent Sant Elías, devenu leur fameuse tcheka.

Dans le diocèse de Barcelone, on le mentionne comme fusillé le 6 septembre 1936. Le Martyrologe Romain le mentionne au 1er septembre, à quelques jours de son vingt-quatrième anniversaire.

Le père Rivera a été béatifié en 2001.

 

 

Antonio Villanueva Igual

1913-1936

 

Antonio vit le jour le 23 janvier 1913 à Sarrión (Teruel).

Orphelin de père à quatre ans, il fut éduqué chrétiennement par sa grand-mère maternelle.

Entré une première fois à dix ans à l’école de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempuzuelos, il dut revenir à la maison pour raison de santé ; guéri, il entra au noviciat de Ciempozuelos et professa avec le nom de Faustino.

Il fut à Carabanchel Alto (Madrid).

 

Voir ici les détails des événements de juillet-août 1936 dans la notice Hospitaliers martyrs à Carabanchel Alto

 

Il fut martyrisé le 1er septembre 1936 et béatifié en 1992.

 

 

Juan Ramón Morín Ramos

1913-1937

 

Juan Ramón vit le jour le 6 mars 1913 à Salvatierra de Tormes (Salamanque, Espagne), de Juan et Prudencia, de bons chrétiens, qui le firent baptiser le 14 mars.

La maman étant bientôt décédée, le papa se remaria. Dieu permit qu’il y eût une bonne symbiose entre les enfants de l’une et de l’autre union.

L’enfant entra à l’Ecole apostolique de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos, en 1926, puis reçut l’habit de l’Ordre en 1930 à Calafell et prit le nom de Matías.

Il fit le noviciat, émit la profession en 1931, et commença son activité à l’Ecole, où il montra d’excellentes dispositions pour l’enseignement, en même temps qu’une profonde dévotion mariale, qu’il diffusa par l’intermédiaire de la Congrégation de Marie.

C’est à Calafell qu’il vécut les douloureuses journées de 1936. Le 25 juillet, le sanatorium fut envahi par les miliciens, qui assassinèrent les membres de la communauté le 30 juillet. Notre Frère Matías fut un des quatre qui restèrent là pour s’occuper des enfants malades.

En mars 1937, dans cette même maison, mais sous le contrôle des miliciens, il renouvela sa profession pour un an, dans une ambiance catacombale.

Il fut alors enrôlé comme infirmier au titre du service militaire, à Tarragona. C’est de là qu’il fut envoyé au front de Guadarrama (Madrid).

Là, il subit un semblant de jugement et fut condamné à mort. Avant de mourir, il réaffirma sa condition de Religieux et mourut en criant encore Vive le Christ Roi !

Matías fut martyrisé un des derniers jours d’août ou des premiers de septembre 1937 à Guadarrama (Madrid). Il avait vingt-quatre ans.

Il fut béatifié en 2013.

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 08:21

Francisco Romero Ortega

1872-1936

 

Né le 30 mars 1872  à Almería, fils d’un honorable tailleur, Francisco fréquenta le séminaire de cette ville et fut ordonné prêtre en 1895.

On verra que son jeune frère, José, le suivrait de près, et dans la vie, et dans la mort.

D’abord vicaire dans deux paroisses d’Almería, il le fut ensuite à Benizalón. En 1910, il revint dans sa ville natale, où il fut aumônier et vicaire ; en 1926, il fut aumônier des Servantes de Marie ; en 1931, il desservit Araoz.

Le 27 août 1936, quand la persécution religieuse faisait fureur, Francisco et son frère José furent arrêtés dans la maison où ils habitaient. On les emmena au poste et, de là, on les emmena sur la grand-route. Au lieu-dit Fuensanta, on les débarqua. Les deux frères se dirent : Voilà qu’on va Le voir… Face à face.

Seul José mourut sur le coup. Francisco eut une fin horrible : cruellement blessé, se traînant comme il pouvait pour s’abriter sous un pont, il fut repéré par les miliciens qui repassaient par là, avec leur charrette pleine de poissons qu’ils avaient pêchés entre temps et qu’ils allaient vendre au marché. Se rendant compte que leur victime respirait encore, ils plantèrent dans les yeux du prêtre un vieux parapluie, ils imbibèrent d’essence un épi de maïs qu’ils allumèrent et lui fourrèrent dans la bouche.

Puis ils chargèrent les deux cadavres sur la charrette, pour aller montrer leurs «proies». On s’acharna encore sur leurs pauvres cadavres tout au long des rues du pays et on les brûla avant de les jeter dans l’Andarax.

Martyrisés le 28 août 1936 et béatifiés en 2017, Francisco et José Romero Ortega seront mentionnés dans le Martyrologe Romain au 28 août.

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 08:18

José Romero Ortega

1875-1936

 

Né le 2 avril 1875 à Almería, fils d’un honorable tailleur, José fréquenta comme son frère Francisco les séminaires de cette ville à partir de 1888 et fut ordonné prêtre en 1899.

Il fut d’abord aumônier de l’asile psychiatrique, tenu par les Filles de la Charité. En 1911, il fut à la paroisse de San José, en 1912 à Gérgal puis revint à San José en 1916 ; en 1919, il fut vicaire à la paroisse Santiago, dont le curé était, lui aussi, un futur martyr, Carmelo Coronel Jiménez (v. 31 août).

Le 27 août 1936, quand la persécution religieuse faisait fureur, Francisco et son frère José furent arrêtés dans la maison où ils habitaient. On les emmena au poste et, de là, on les emmena sur la grand-route au niveau de Huercál de Almería. Au lieu-dit Fuensanta, on les débarqua. Les deux frères se dirent : Voilà qu’on va Le voir… Face à face.

On ne va pas ici redire ce qui a été dit de si pénible à propos du martyre des deux frères (v. plus haut Francisco Romero Ortega).

Martyrisés le 28 août 1936 et béatifiés en 2017, Francisco et José Romero Ortega seront mentionnés dans le Martyrologe Romain au 28 août.

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 20:59

Tomàs Planas Aguilera

1909-1936

 

Né le 17 avril 1909 à Barcelone, Tomàs fut baptisé et confirmé à des dates qu’on n’a pu retrouver, les registres ayant disparu dans les incendies des révolutionnaires.

Il entra chez les Clarétains de Vic pour faire ses Humanités et y obtint des notes si bonnes en toutes les matières qu’on lui décerna du Meritissimus Maior.

Il fit le noviciat à Cervera, la profession en 1926, passa à Solsona pour la philosophie, de nouveau à Cervera pour la théologie et y fut ordonné prêtre en 1934.

Homme aux talents multiples, Tomàs était aussi l’auteur d’un des chants les plus populaires en Catalogne en l’honneur d’Antonio María Claret (v. 24 octobre).

Il fut envoyé à Vic, puis Solsona comme professeur et, en 1936, avait été désigné pour aller compléter ses études à Rome. Il était parti, et s’était arrêté à Barcelone pour attendre un autre étudiant et voyager avec lui.

C’est alors que s’est déchaînée la fureur révolutionnaire. Le 19 juillet, il se réfugia chez son frère Juan. Le 26 août, à trois heures du matin, arrivèrent des miliciens pour un contrôle. On l’emmena, lui et tous ses papiers. On s’arrêta près du Cynodrome, où Tomàs rencontra son parent, Jaime Queralt, lui aussi prisonnier, avec lequel il s’entretint quelques minutes. Il était trois heures et demie.

Pendant toute la journée, les miliciens demandèrent à Tomàs des explications sur ses nombreux papiers ; Tomàs ne dissimula pas un instant qu’il était prêtre - l’unique raison de sa condamnation à mort. Vers dix-huit heures, le p.Tomàs se mit par-terre, vaincu par la fatigue. On l’appela vers vingt-et-une heures.

On ignore la suite, mais on la devine. On a supposé qu’il fut assassiné dans la nuit du 26 au 27, près de Sabadell, mais on n’a pas retrouvé son cadavre.

Son parent, lui, fut relâché le lendemain.

Martyrisé le 27 août 1936 et béatifié en 2017, Tomàs Planas Aguilera sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 27 août.

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