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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Avelino Rodríguez Alonso

1879-1936

 

Avelino naquit le 9 novembre 1879 à Santiago Millas (León) et fut baptisé le 10, de Bernardo et María de la Concepción.

Après le séminaire de Astorga, il entra dans l’Ordre des Augustiniens, à l’Escorial, et fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre en 1904 et passa la licence en Droit.

De 1904 à 1930, il fut professeur au Collège Royal de Ronda (Málaga) puis à celui de l’Escorial.

En 1933, il fut nommé Prieur provincial, et résidait à Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut, le père Avelino fut conduit, comme les autres, à la prison Modelo. En tant que supérieur, il s’était senti responsable de tous les membres de la communauté et, quand un cousin lui offrit de le (faire) libérer, il répondit qu’il partirait seulement lorsque tous les autres seraient partis avant lui.

Le 14 novembre, on le transféra à la prison de San Antón, où il subit un simulacre de «jugement», au terme duquel il fut condamné à mort pour le grave crime d’être religieux.

Le 28 novembre 1936, le père Avelino, nu et les menottes au main, et ses onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama.

Avant l’instant final, il obtint de pouvoir saluer un à un ses Compagnons, les embrassa et leur donna l’absolution sacramentelle. Puis il s’adressa aux bourreaux et leur dit : Nous savons bien que vous nous tuez parce que nous sommes catholiques et religieux. Nous le sommes en effet. Nous vous pardonnons tous. Vive le Christ Roi !

Les onze furent fusillés et furent béatifiés en 2007.

 

 

 

  

Avelino Rodríguez Alonso

1879-1936

 

Avelino naquit le 9 novembre 1879 à Santiago Millas (León) et fut baptisé le 10, de Bernardo et María de la Concepción.

Après le séminaire de Astorga, il entra dans l’Ordre des Augustins, à l’Escorial, et fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre en 1904 et passa la licence en Droit.

De 1904 à 1930, il fut professeur au Collège Royal de Ronda (Málaga) puis à celui de l’Escorial.

En 1933, il fut nommé Prieur provincial, et résidait à Madrid.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut, le père Avelino fut conduit, comme les autres, à la prison Modelo. En tant que supérieur, il s’était senti responsable de tous les membres de la communauté et, quand un cousin lui offrit de le (faire) libérer, il répondit qu’il partirait seulement lorsque tous les autres seraient partis avant lui.

Le 14 novembre, on le transféra à la prison de San Antón, où il subit un simulacre de «jugement», au terme duquel il fut condamné à mort pour le grave crime d’être religieux.

Le 28 novembre 1936, le père Avelino, nu et les menottes au main, et ses onze Compagnons furent emmenés à Paracuellos de Jarama.

Avant l’instant final, il obtint de pouvoir saluer un à un ses Compagnons, les embrassa et leur donna l’absolution sacramentelle. Puis il s’adressa aux bourreaux et leur dit : Nous savons bien que vous nous tuez parce que nous sommes catholiques et religieux. Nous le sommes en effet. Nous vous pardonnons tous. Vive le Christ Roi !

Les onze furent fusillés et furent béatifiés en 2007.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Marcelino Sánchez Fernández

1910-1936

 

Nicolás et Ángela étaient de pieux parents à Santa Marina del Rey (León), et reçurent de Dieu huit enfants, dont six moururent de leur vivant. 

Marcelino était un des deux autres, avec Ángel. Il était né le 30 décembre 1910.

Très vite, il appartient au groupe des Tarsicios, du nom de saint Tarsicius, jeune clerc des premiers siècles, martyr de l’Eucharistie ; la spiritualité de ce groupe était de transmettre aux enfants la dévotion à l’Eucharistie et de les préparer à la communion fréquente.

Lui-même allait chaque matin à dos d’âne à la messe de Villamor. Il avait aussi le petit penchant d’être espiègle, farceur.

Très attaché à sa mère, devenue paralytique, il l’aida de son mieux.

Entré au petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée (OMI) de Urnieta (Guipúzcoa), il dut revenir quelque temps chez les siens à cause de sa mauvaise santé.

A son retour, sa santé l’empêchant de suivre les cours habituels en vue de la préparation au sacerdoce, Marcelino fut orienté vers l’état de Frère Coadjuteur, ou Oblat, ce qu’il accepta humblement.

En 1927 il commence donc son novicat à Las Arenas (Biscaya) et fait sa profession le 25 mars 1928, jour de l’Annonciation. Dans cette communauté, il rend des services comme tailleur et comme portier.

Il fait partie de la nouvelle communauté qui s’installe à Pozuelo en 1930, où on le voit à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil.

Avec les deux autres Frères coadjuteurs (Ángel et Eleuterio), ils donnent à tous l’exemple de la fidélité dans la consécration, dans le travail, cherchant toujours «à servir et pas à être servis», comme dit le Christ dans l’Evangile (cf. Mt 20:28).

En 1935, il fait la profession solennelle.

Ce frère qui avait humblement accepté de renoncer au sacerdoce, se montra toujours obéissant, responsable, serviable ; il avait toujours son chapelet à la main et priait beaucoup la Sainte Vierge.

Comme on l’a vu pour les autres membres de la communauté, leur maison fut prise d’assaut le 22 juillet 1936, et tous les Religieux y furent faits prisonniers ; deux jours après, Marcelino est transféré avec d’autres à la Direction Générale de Sécurité, au centre de Madrid, et libéré le lendemain.

Dans un coup de filet suivant, il est repris et conduit à la prison Modelo de Madrid, puis transféré le 15 novembre à San Antón, le collège des Pères des Ecoles Pies, transformé à son tour en prison.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, Marcelino et tous les autres sont «libérés», en réalité conduits à quelques kilomètres de Madrid, Paracuellos del Jarama, où ils sont fusillés.

 

Avec ses Confrères martyrs, Marcelino est béatifié en 2011, et inscrit au Martyrologe le 28 novembre. 

Marcelino Sánchez Fernández

1910-1936

 

Nicolás et Ángela étaient de pieux parents à Santa Marina del Rey (León), et reçurent de Dieu huit enfants, dont six moururent de leur vivant. 

Marcelino était un des deux autres, avec Ángel. Il était né le 30 décembre 1910.

Très vite, il appartient au groupe des Tarsicios, du nom de saint Tarsicius, jeune clerc des premiers siècles, martyr de l’Eucharistie ; la spiritualité de ce groupe était de transmettre aux enfants la dévotion à l’Eucharistie et de les préparer à la communion fréquente.

Lui-même allait chaque matin à dos d’âne à la messe de Villamor. Il avait aussi le petit penchant d’être espiègle, farceur.

Très attaché à sa mère, devenue paralytique, il l’aida de son mieux.

Entré au petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée (OMI) de Urnieta (Guipúzcoa), il dut revenir quelque temps chez les siens à cause de sa mauvaise santé.

A son retour, sa santé l’empêchant de suivre les cours habituels en vue de la préparation au sacerdoce, Marcelino fut orienté vers l’état de Frère Coadjuteur, ou Oblat, ce qu’il accepta humblement.

En 1927 il commence donc son novicat à Las Arenas (Biscaya) et fait sa profession le 25 mars 1928, jour de l’Annonciation. Dans cette communauté, il rend des services comme tailleur et comme portier.

Il fait partie de la nouvelle communauté qui s’installe à Pozuelo en 1930, où on le voit à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil.

Avec les deux autres Frères coadjuteurs (Ángel et Eleuterio), ils donnent à tous l’exemple de la fidélité dans la consécration, dans le travail, cherchant toujours «à servir et pas à être servis», comme dit le Christ dans l’Evangile (cf. Mt 20:28).

En 1935, il fait la profession solennelle.

Ce frère qui avait humblement accepté de renoncer au sacerdoce, se montra toujours obéissant, responsable, serviable ; il avait toujours son chapelet à la main et priait beaucoup la Sainte Vierge.

Comme on l’a vu pour les autres membres de la communauté, leur maison fut prise d’assaut le 22 juillet 1936, et tous les Religieux y furent faits prisonniers ; deux jours après, Marcelino est transféré avec d’autres à la Direction Générale de Sécurité, au centre de Madrid, et libéré le lendemain.

Dans un coup de filet suivant, il est repris et conduit à la prison Modelo de Madrid, puis transféré le 15 novembre à San Antón, le collège des Pères des Ecoles Pies, transformé à son tour en prison.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, Marcelino et tous les autres sont «libérés», en réalité conduits à quelques kilomètres de Madrid, Paracuellos del Jarama, où ils sont fusillés.

Avec ses Confrères martyrs, Marcelino est béatifié en 2011, et inscrit au Martyrologe le 28 novembre.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Julián Plazaola Artola

1915-1936

 

Julián était né le 12 septembre 1915, à San Sebastián (Guipúzcoa, Espagne) et fut baptisé le 15.

De cette nombreuse famille de dix enfants, cinq devinrent religieux.

Après avoir étudié chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, ce membre fervent de l’Action Catholique entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et fit profession à Ciempozuelos (Madrid) en septembre 1935.

Il avait un grand désir de soigner les malades. De plus, il eut l’occasion d’écrire : Ma plus grande joie, c’est de verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour hâter le règne du Cœur de Jésus.

Arrêté le 7 août, enfermé à San Antón, il restait serein, toujours content de son sort, toujours disposé à aider les plus anciens, et à prier. Un jour, avec deux autres Confrères, on le mit contre le mur, le fusil pointé contre eux, les menaçant de les fusiller sur place s’ils ne blasphémaient pas : ils restèrent sans bouger ni ouvrir la bouche, tellement détendus que les gardiens en furent stupéfaits.

Quand on donna son nom le 28 septembre pour le «libérer», c’est-à-dire pour le conduire au peloton, il quitta ses Confrères avec une paix et le même sourire qu’on lui avait toujours vu. Il se montrait comme heureux d’offrir sa vie, à vingt-et-un ans.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs). 

Julián Plazaola Artola

1915-1936

 

Julián était né le 12 septembre 1915, à San Sebastián (Guipúzcoa, Espagne) et fut baptisé le 15.

De cette nombreuse famille de dix enfants, cinq devinrent religieux.

Après avoir étudié chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, ce membre fervent de l’Action Catholique entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et fit profession à Ciempozuelos (Madrid) en septembre 1935.

Il avait un grand désir de soigner les malades. De plus, il eut l’occasion d’écrire : Ma plus grande joie, c’est de verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour hâter le règne du Cœur de Jésus.

Arrêté le 7 août, enfermé à San Antón, il restait serein, toujours content de son sort, toujours disposé à aider les plus anciens, et à prier. Un jour, avec deux autres Confrères, on le mit contre le mur, le fusil pointé contre eux, les menaçant de les fusiller sur place s’ils ne blasphémaient pas : ils restèrent sans bouger ni ouvrir la bouche, tellement détendus que les gardiens en furent stupéfaits.

Quand on donna son nom le 28 septembre pour le «libérer», c’est-à-dire pour le conduire au peloton, il quitta ses Confrères avec une paix et le même sourire qu’on lui avait toujours vu. Il se montrait comme heureux d’offrir sa vie, à vingt-et-un ans.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

  

 

Eleuterio Prado Villaroel

1915-1936

 

Eleuterio appartenait à une famille d’humbles travailleurs de Prioro (León, Espagne), où il naquit le 20 février 1915.

Dans cette famille, on était habitué à honorer l’Eucharistie et à prier le chapelet. La maman, en particulier, qu’on appelait Tía Dominga (Tante Dominique), était véritablement une sainte femme, ou même une sainte tout court : en apôtre pleine de zèle, elle avait fondé l’association Marias de los Sagrarios (littéralement : Les Marie des Sanctuaires, disons Gardiennes du Tabernacle), pour stimuler la dévotion envers l’Eucharistie. Cette association existe encore.

Teyo - c’était le surnom d’Eleuterio - eut tout petit envie de suivre l’exemple de son grand frère, Máximo, qui devait être missionnaire au Texas.

Il entra donc au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa), où il rencontra des difficultés pour l’étude. Ce fut au point qu’il choisit de renoncer au sacerdoce et de rester Frère coadjuteur.

C’est dans cette optique qu’il entra au noviciat, émettant les premiers vœux en 1928.

En 1930, il rejoingnit la nouvelle communauté de Pozuelo, où il fit sa profession solennelle en avril 1935.

Teyo était toujours content, prêt à rendre service dans tous les domaines, mais surtout en ébénisterie, qui était son occupation principale. Il demeura toujours optimiste, jovial.

Après l’invasion du 22 juillet 1936 par les Miliciens qui transformèrent le couvent en prison, sept Oblats ainsi qu’un père de famille sont exécutés dès le 24 juillet (voir à cette date) ; Eleuterio fut remis en liberté et rejoignit la communauté de la rue Diego de León. Celle-ci est à son tour réquisitionnée le 10 août, et les Religieux se réfugient à la Carera de San Jerónimo.

Quand ils y arrivèrent, ils vinrent saluer le père Monje, qui serait lui aussi arrêté mais qui, mystérieusement, échappa au martyre et put écrire ce témoignage : 

Il était huit heures du matin quand je vis entrer une figure chère : le frère Eleuterio Prado. Il était souriant, comme un jeune homme ignorant la tragédie qui commençait. Derrière lui, deux autres figures connues et chères : le frère Publio et le frère Ángel. Ils me dirent qu’on les avait laissés souffrir la faim, que quelques-uns en étaient morts. Ils y étaient entassés, sans aucune hygiène. Les gardiens cherchaient surtout à les faire apostasier, ce qui n’arriva jamais, au point que l’un des miliciens en vint à leur dire qu’ils lui donnaient envie de les imiter.

15 octobre : nouvelle arrestation, cette fois-ci définitive : d’abord à la prison Modelo de Madrid, puis à celle de San Antón (autre maison religieuse transformée en prison). Eleuterio reste allègre, il sait redonner courage aux autres prisonniers. Chaque jour ou presque, les Religieux se retrouvent dans la cour pour prier, s’encourager mutuellement. Ils sentaient arriver le «grand jour» : quand ils se séparaient, ils se disaient Si on ne se revoit pas, au-revoir au Ciel.

Au soir du 28 novembre 1936, on appelle les Religieux pour les «libérer», en réalité pour les charger sur un camion à destination de Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils sont fusillés.

 

Les treize Oblats qui furent ainsi martyrisés ont été béatifiés en 2011. 

Eleuterio Prado Villaroel

1915-1936

 

Eleuterio appartenait à une famille d’humbles travailleurs de Prioro (León, Espagne), où il naquit le 20 février 1915.

Dans cette famille, on était habitué à honorer l’Eucharistie et à prier le chapelet. La maman, en particulier, qu’on appelait Tía Dominga (Tante Dominique), était véritablement une sainte femme, ou même une sainte tout court : en apôtre pleine de zèle, elle avait fondé l’association Marias de los Sagrarios (littéralement : Les Marie des Sanctuaires, disons Gardiennes du Tabernacle), pour stimuler la dévotion envers l’Eucharistie. Cette association existe encore.

Teyo - c’était le surnom d’Eleuterio - eut tout petit envie de suivre l’exemple de son grand frère, Máximo, qui devait être missionnaire au Texas.

Il entra donc au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa), où il rencontra des difficultés pour l’étude. Ce fut au point qu’il choisit de renoncer au sacerdoce et de rester Frère coadjuteur.

C’est dans cette optique qu’il entra au noviciat, émettant les premiers vœux en 1928.

En 1930, il rejoingnit la nouvelle communauté de Pozuelo, où il fit sa profession solennelle en avril 1935.

Teyo était toujours content, prêt à rendre service dans tous les domaines, mais surtout en ébénisterie, qui était son occupation principale. Il demeura toujours optimiste, jovial.

Après l’invasion du 22 juillet 1936 par les Miliciens qui transformèrent le couvent en prison, sept Oblats ainsi qu’un père de famille sont exécutés dès le 24 juillet (voir à cette date) ; Eleuterio fut remis en liberté et rejoignit la communauté de la rue Diego de León. Celle-ci est à son tour réquisitionnée le 10 août, et les Religieux se réfugient à la Carera de San Jerónimo.

Quand ils y arrivèrent, ils vinrent saluer le père Monje, qui serait lui aussi arrêté mais qui, mystérieusement, échappa au martyre et put écrire ce témoignage : 

Il était huit heures du matin quand je vis entrer une figure chère : le frère Eleuterio Prado. Il était souriant, comme un jeune homme ignorant la tragédie qui commençait. Derrière lui, deux autres figures connues et chères : le frère Publio et le frère Ángel. Ils me dirent qu’on les avait laissés souffrir la faim, que quelques-uns en étaient morts. Ils y étaient entassés, sans aucune hygiène. Les gardiens cherchaient surtout à les faire apostasier, ce qui n’arriva jamais, au point que l’un des miliciens en vint à leur dire qu’ils lui donnaient envie de les imiter.

15 octobre : nouvelle arrestation, cette fois-ci définitive : d’abord à la prison Modelo de Madrid, puis à celle de San Antón (autre maison religieuse transformée en prison). Eleuterio reste allègre, il sait redonner courage aux autres prisonniers. Chaque jour ou presque, les Religieux se retrouvent dans la cour pour prier, s’encourager mutuellement. Ils sentaient arriver le «grand jour» : quand ils se séparaient, ils se disaient Si on ne se revoit pas, au-revoir au Ciel.

Au soir du 28 novembre 1936, on appelle les Religieux pour les «libérer», en réalité pour les charger sur un camion à destination de Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils sont fusillés.

Les treize Oblats qui furent ainsi martyrisés ont été béatifiés en 2011.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Justo Gil Pardo

1910-1936

 

Il naquit le 18 octobre 1910 à Luquin (ou Lukin, Estella, Navarre, Espagne), de Jesús, un maçon, et Vicenta, dans une famille de onze enfants, aussi catholique que nombreuse. Le benjamin de la famille, Pedro, devint moine bénédictin et témoin direct de la vie de son frère.

Le papa était un des quatre ou cinq messieurs du village qui, chaque matin, allaient par les rues pour annoncer les grands événements de la vie quotidienne, y ajoutant un cantique quelconque, et pour cela appelé Auroro, parce qu’ils chantaient le «cantique de l’aurore». Chaque fois qu’il se rendait au village voisin, il s’enquérait des malades pour leur rendre visite. A toutes les fêtes mariales, il prêtait son concours pour les célébrations.

Quand mourut le papa, on disait qu’était partie la meilleure personne du village. Il avait fait lui-même venir le prêtre pour recevoir l’Onction des Malades avant de mourir.

Justo, donc, grandit dans la foi, fut servant de messe à la paroisse : il se sentait appelé aux missions lointaines.

Il fut d’abord à l’école des Fils de la Charité dans le village puis, à quinze ans, fréquenta le collège des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Umieta (Guipúzcoa), pour des études qu’il dut interrompre en raison de sa santé. Il apprit à jouer de l’orgue, suffisamment pour accompagner les chants à l’église en l’absence de l’organiste titulaire.

Il fit le noviciat à Las Arenas (Biscaye) et la profession en 1928. Il fut couturier et portier.

Après avoir été ordonné sous-diacre, la maladie l’empêcha de poursuivre la préparation au sacerdoce, de sorte qu’on lui proposa de rester Frère, ce qu’il accepta humblement, renonçant donc à son rêve d’enfance : devenir prêtre et missionnaire. 

On l’envoya à Pozuelo, nouvelle communauté, où il fut à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil : partout, on le vit avec son chapelet en mains.

Le 22 juillet 1936, donc dès le début de la guerre civile, le couvent de Pozuelo fut «occupé» par les miliciens, qui y tinrent prisonniers les membres de la communauté. Justo était dans le groupe et préféra y rester plutôt que de s’enfuir quand on le lui proposa.

On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité. Les «gardiens» tentèrent d’arracher les ongles à certains d’entre eux. On les laissa ensuite se disperser dans Madrid, et Justo trouva pendant quelques jours refuge, d’abord chez une cousine, chez le tailleur de la communauté, puis dans d’autres maisons, entre autres chez des gens dont un des fils avait appris la musique avec Justo. Il y resta deux mois et demi, jusqu’au 15 octobre.

Ses amis et proches lui déconseillaient de sortir dans la rue, encore moins en portant toujours son crucifix, mais il répondait qu’on pouvait l’abattre aussi bien que ses Confrères martyrs, acceptant par là d’avance le martyre pour la foi. 

Suite à une nouvelle rafle générale, il fut de nouveau arrêté et conduit, ainsi que ses Confrères, à la prison Modelo puis à celle de San Antón. Les mauvais traitements se multiplièrent : froid, faim, insultes, blasphèmes, provocations à l’immoralité, etc.

Le 28 novembre, on les «transféra» de nouveau, mais pour Paracuellos del Jarama, où on les fusilla. Un des prêtres présents donna l’absolution à chacun, un autre s’adressa aux bourreaux : Vous nous tuez parce que nous sommes des religieux : Vive le Christ Roi !

 

Justo fut martyrisé le 28 novembre 1936, et béatifié en 2011. 

Justo Gil Pardo

1910-1936

 

Il naquit le 18 octobre 1910 à Luquin (ou Lukin, Estella, Navarre, Espagne), de Jesús, un maçon, et Vicenta, dans une famille de onze enfants, aussi catholique que nombreuse. Le benjamin de la famille, Pedro, devint moine bénédictin et témoin direct de la vie de son frère.

Le papa était un des quatre ou cinq messieurs du village qui, chaque matin, allaient par les rues pour annoncer les grands événements de la vie quotidienne, y ajoutant un cantique quelconque, et pour cela appelé Auroro, parce qu’ils chantaient le «cantique de l’aurore». Chaque fois qu’il se rendait au village voisin, il s’enquérait des malades pour leur rendre visite. A toutes les fêtes mariales, il prêtait son concours pour les célébrations.

Quand mourut le papa, on disait qu’était partie la meilleure personne du village. Il avait fait lui-même venir le prêtre pour recevoir l’Onction des Malades avant de mourir.

Justo, donc, grandit dans la foi, fut servant de messe à la paroisse : il se sentait appelé aux missions lointaines.

Il fut d’abord à l’école des Fils de la Charité dans le village puis, à quinze ans, fréquenta le collège des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Umieta (Guipúzcoa), pour des études qu’il dut interrompre en raison de sa santé. Il apprit à jouer de l’orgue, suffisamment pour accompagner les chants à l’église en l’absence de l’organiste titulaire.

Il fit le noviciat à Las Arenas (Biscaye) et la profession en 1928. Il fut couturier et portier.

Après avoir été ordonné sous-diacre, la maladie l’empêcha de poursuivre la préparation au sacerdoce, de sorte qu’on lui proposa de rester Frère, ce qu’il accepta humblement, renonçant donc à son rêve d’enfance : devenir prêtre et missionnaire. 

On l’envoya à Pozuelo, nouvelle communauté, où il fut à la cuisine, à la garde-robe, à la ferme, à l’accueil : partout, on le vit avec son chapelet en mains.

Le 22 juillet 1936, donc dès le début de la guerre civile, le couvent de Pozuelo fut «occupé» par les miliciens, qui y tinrent prisonniers les membres de la communauté. Justo était dans le groupe et préféra y rester plutôt que de s’enfuir quand on le lui proposa.

On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité. Les «gardiens» tentèrent d’arracher les ongles à certains d’entre eux. On les laissa ensuite se disperser dans Madrid, et Justo trouva pendant quelques jours refuge, d’abord chez une cousine, chez le tailleur de la communauté, puis dans d’autres maisons, entre autres chez des gens dont un des fils avait appris la musique avec Justo. Il y resta deux mois et demi, jusqu’au 15 octobre.

Ses amis et proches lui déconseillaient de sortir dans la rue, encore moins en portant toujours son crucifix, mais il répondait qu’on pouvait l’abattre aussi bien que ses Confrères martyrs, acceptant par là d’avance le martyre pour la foi. 

Suite à une nouvelle rafle générale, il fut de nouveau arrêté et conduit, ainsi que ses Confrères, à la prison Modelo puis à celle de San Antón. Les mauvais traitements se multiplièrent : froid, faim, insultes, blasphèmes, provocations à l’immoralité, etc.

Le 28 novembre, on les «transféra» de nouveau, mais pour Paracuellos del Jarama, où on les fusilla. Un des prêtres présents donna l’absolution à chacun, un autre s’adressa aux bourreaux : Vous nous tuez parce que nous sommes des religieux : Vive le Christ Roi !

Justo fut martyrisé le 28 novembre 1936, et béatifié en 2011.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Justo Fernández González

1916-1936

 

Mourir martyr à vingt ans ! Une vie courte, mais pleine de mérites, jusqu’à la gloire de la Croix.

Justo naquit le 2 novembre 1916, le jour où l’on commémore tous les Défunts. Il était le dernier des douze enfants de parents très chrétiens. Huit d’entre eux entrèrent dans la vie religieuse : deux prêtres diocésains, deux Oblats de Marie Immaculée (OMI), un franciscain, trois sœurs de la Sainte Famille de Burdeos.

La famille habite à Huelde (León, Espagne), une localité qui plus tard sera engloutie sous les eaux du Pantano de Riaño.

Justo était né avec un cœur en or : noble, généreux, pacifique.

Dès qu’il fréquenta l’école élémentaire, il fut tous les jours présent à la catéchèse que faisait le curé à l’église, avant la prière du chapelet. Il servait la messe chaque jour et se confessait souvent. 

Un camarade se souvient : Un jour qu’on conduisait un défunt à l’église, Justo nous invita à dire un Notre Père pour ce défunt.

Une autre anecdote montre la maturité du petit garçon. C’est sa sœur qui raconte : Il n’avait que huit ans et un jour il me dit : Tu sais que Paco est le fiancé de Constancia (leur sœur aînée) ? Et moi je lui dis : Et le mien, qui c’est ? Et lui : Le tien, c’est Jésus ! Car il avait entendu dire que je voulais être religieuse.

Justo entra à treize ans au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa) où il rejoignit son frère aîné, Tomás. Il était tellement fidèle au règlement, tellement généreux, que les supérieurs le mirent comme responsable des plus jeunes. Il savait comment les rappeler à l’ordre avec une grande délicatesse et éviter tout conflit.

En 1934, il pasae au noviciat de Las Arenas (Biscaya), et fit la première profession en 1935.

Il commença les études proprement ecclésiastiques à Pozuelo (Madrid). Le 16 juillet 1936, au terme d’une retraite, Justo s’apprêtait à renouveler ses vœux, lorsqu’il se trouva arrêté dans la maison-même de la congrégation, réquisitionnée par la Milice (22 juillet 1936).

On les emmena un ou deux jours à la Direction Générale de Sécurité de Madrid et on les relâcha. Le pauvre Justo ne connaissait personne dans cette grande ville, et trouva refuge chez un cousin, jusqu’à ce qu’on l’arrêtât de nouveau, pour l’emprisonner cette fois-ci à San Antón, autre maison religieuse transformée en prison.

Le soir du 28 novembre 1936, c’est le moment de l’immolation : on emmena tous les Oblats à Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils furent fusillés.

Justo venait d’avoir vingt ans.

 

Tout ce groupe de Martyrs est commémoré le 28 novembre ; il a été béatifié en 2011. 

Justo Fernández González

1916-1936

 

Mourir martyr à vingt ans ! Une vie courte, mais pleine de mérites, jusqu’à la gloire de la Croix.

Justo naquit le 2 novembre 1916, le jour où l’on commémore tous les Défunts. Il était le dernier des douze enfants de parents très chrétiens. Huit d’entre eux entrèrent dans la vie religieuse : deux prêtres diocésains, deux Oblats de Marie Immaculée (OMI), un franciscain, trois sœurs de la Sainte Famille de Burdeos.

La famille habite à Huelde (León, Espagne), une localité qui plus tard sera engloutie sous les eaux du Pantano de Riaño.

Justo était né avec un cœur en or : noble, généreux, pacifique.

Dès qu’il fréquenta l’école élémentaire, il fut tous les jours présent à la catéchèse que faisait le curé à l’église, avant la prière du chapelet. Il servait la messe chaque jour et se confessait souvent. 

Un camarade se souvient : Un jour qu’on conduisait un défunt à l’église, Justo nous invita à dire un Notre Père pour ce défunt.

Une autre anecdote montre la maturité du petit garçon. C’est sa sœur qui raconte : Il n’avait que huit ans et un jour il me dit : Tu sais que Paco est le fiancé de Constancia (leur sœur aînée) ? Et moi je lui dis : Et le mien, qui c’est ? Et lui : Le tien, c’est Jésus ! Car il avait entendu dire que je voulais être religieuse.

Justo entra à treize ans au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa) où il rejoignit son frère aîné, Tomás. Il était tellement fidèle au règlement, tellement généreux, que les supérieurs le mirent comme responsable des plus jeunes. Il savait comment les rappeler à l’ordre avec une grande délicatesse et éviter tout conflit.

En 1934, il pasae au noviciat de Las Arenas (Biscaya), et fit la première profession en 1935.

Il commença les études proprement ecclésiastiques à Pozuelo (Madrid). Le 16 juillet 1936, au terme d’une retraite, Justo s’apprêtait à renouveler ses vœux, lorsqu’il se trouva arrêté dans la maison-même de la congrégation, réquisitionnée par la Milice (22 juillet 1936).

On les emmena un ou deux jours à la Direction Générale de Sécurité de Madrid et on les relâcha. Le pauvre Justo ne connaissait personne dans cette grande ville, et trouva refuge chez un cousin, jusqu’à ce qu’on l’arrêtât de nouveau, pour l’emprisonner cette fois-ci à San Antón, autre maison religieuse transformée en prison.

Le soir du 28 novembre 1936, c’est le moment de l’immolation : on emmena tous les Oblats à Paracuellos del Jarama, à quelques kilomètres de Madrid, où ils furent fusillés.

Justo venait d’avoir vingt ans.

Tout ce groupe de Martyrs est commémoré le 28 novembre ; il a été béatifié en 2011.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Daniel Gómez Lucas

1916-1936

 

La famille de Daniel vivait à Hacinas (Burgos, Espagne) : une famille modeste, travailleuse, très chrétienne.

Deux des aînés furent Oblats de Marie Immaculée (OMI), l’un missionnaire à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), l’autre missionnaire au Texas, puis provincial en Espagne, assistant général de la congrégation à Rome, avant de devenir évêque au Paraguay.

Daniel naquit le 10 avril 1916. L’ambiance familiale explique bien comment il grandit dans un contexte de foi profonde et entendit très tôt l’appel à la vie missionnaire. Il se montrait heureux, joyeux (très sportif), affectueux, obéissant.

Il entra au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa). Le climat était déjà à la haine anti-religieuse. En voyage, il n’était pas rare que des voisins, comprenant qu’ils étaient à côté de séminaristes, faisaient le signe de les égorger, parfois même en sortant le couteau. En traversant le village de Hernani, on leur jeta des pierres en les insultant. D’autres fois aussi, certains disaient en les regardant : Ces jeunes, s’ils savaient ce qui les attend…

Daniel persévéra et entra au noviciat de Las Arenas où il fit sa première profession, avant de rejoindre la communauté de Pozuelo pour les études ecclésiastiques proprement dites.

On lui remarquait sa ténacité dans la vie intérieure et dans les études, qu’il attaquait avec enthousiasme et en y consacrant beaucoup de temps. Il montrait toujours de la bonne humeur, de l’optimisme et de la confiance. Avec les Confrères, il participait à la catéchèse dans la paroisse voisine.

Comme on l’a relaté à propos des autres Oblats, leur propre maison de Pozuelo fut leur première prison (22 juillet 1936), puis ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité (Madrid) et remis en liberté (25 juillet).

Il y avait là quinze jeunes Oblats, sans papiers, dans cette capitale madrilène qu’ils ne connaissaient pas. Les supérieurs conseillèrent à ces jeunes de se séparer en petits groupes pour ne pas éveiller l’attention et trouver plus facilement un gîte.

Daniel fut le dernier à se trouver où loger : le tailleur qui leur faisait les soutanes et qui avait déjà hébergé d’autres Oblats. C’est là qu’il resta jusqu’au 15 août.

Le père Porfirio, qui fut un moment arrêté mais put échapper au martyre, a écrit ces souvenirs émouvants : 

José Guerra et moi, nous arrivâmes le 11 (août), tôt le matin et retrouvèrent ainsi les douze autres Confrères ; nous nous racontâmes les derniers événements. Le 12, fête de Notre-Dame du Pilar, on nous apporta des hosties consacrées : toute la journée, nous nous relayâmes en adoration avant de communier, le soir, pour la première fois depuis notre expulsion de Pozuelo. Le 13, pas d’incident, nous allâmes nous coucher. Mais à minuit, coup de sonnette : Police ! J’étais près de Daniel Gómez, avec cinq autres, couchés par terre. En nous voyant comme cela, ils ne nous demandèrent rien : on voyait bien que nous étions cachés. Arrivent deux voitures qui nous embarquent tous et nous conduisent au commissariat. Heureusement qu’ils ne firent rien à la famille ! Ils nous mirent dans un grand salon, avec quelques autres prisonniers, tous en silence. En milieu de matinée, on était tellement entassés, qu’on ne pouvait pas s’asseoir par terre. Ils commençaient à fouiller maison par maison, jusqu’à une heure tardive. A minuit, ils nous font monter dans un fourgon cellulaire ; les laïcs reconnaissent les rues et nous disent : Ils nous emmènent à la prison Modelo, ce qui était vrai.

Daniel était de ceux-là. Ils devaient y rester trois mois. Pendant cette période, la femme du tailleur, Madame Dulce, lui rendit visite et lui donnait des nouvelles des autres Oblats encore en liberté.

Et un autre témoin survivant écrit : Je suis resté en contact avec des gens chez qui les Oblats avaient été hébergés et à qui ils portaient de la nourriture. C’est ainsi que j’appris que les prisonniers souffraient la faim, étaient envahis de poux, mais restaient fermes dans la foi, animés entre eux par la charité fraternelle.

Ils étaient tous bien conscients qu’on ne les avait arrêtés que parce qu’ils étaient religieux, car ils ne s’étaient jamais occupés de politique. Et ils étaient bien autant persuadés qu’ils allaient être conduits au martyre, offrant leur vie pour l’Eglise, pour l’Espagne, pour ceux qui allaient les fusiller, leur pardonnant d’avance.

Le 15 novembre on transporta les treize Oblats au Collège San Antón, tenu par les Pères des Ecoles Pies, et qui venait d’être aussi transformé en prison, qu’on appela la prison San Antón. On voit là que saint Antoine n’a pas été détrôné par les miliciens, malgré leur haine anti-religieuse.

Le 28 novembre au soir, on «met en liberté» les Oblats, mais on les conduit en réalité à quelques kilomètres de là, à Paracuello del Jamara, où on les fusille.

Daniel n’a que vingt ans.

 

Ces Martyrs ont été béatifiés en 2011, et ont leur place au 28 novembre dans le Martyrologe.

  

Daniel Gómez Lucas

1916-1936

 

La famille de Daniel vivait à Hacinas (Burgos, Espagne) : une famille modeste, travailleuse, très chrétienne.

Deux des aînés furent Oblats de Marie Immaculée (OMI), l’un missionnaire à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), l’autre missionnaire au Texas, puis provincial en Espagne, assistant général de la congrégation à Rome, avant de devenir évêque au Paraguay.

Daniel naquit le 10 avril 1916. L’ambiance familiale explique bien comment il grandit dans un contexte de foi profonde et entendit très tôt l’appel à la vie missionnaire. Il se montrait heureux, joyeux (très sportif), affectueux, obéissant.

Il entra au petit séminaire de Urnieta (Guipúzcoa). Le climat était déjà à la haine anti-religieuse. En voyage, il n’était pas rare que des voisins, comprenant qu’ils étaient à côté de séminaristes, faisaient le signe de les égorger, parfois même en sortant le couteau. En traversant le village de Hernani, on leur jeta des pierres en les insultant. D’autres fois aussi, certains disaient en les regardant : Ces jeunes, s’ils savaient ce qui les attend…

Daniel persévéra et entra au noviciat de Las Arenas où il fit sa première profession, avant de rejoindre la communauté de Pozuelo pour les études ecclésiastiques proprement dites.

On lui remarquait sa ténacité dans la vie intérieure et dans les études, qu’il attaquait avec enthousiasme et en y consacrant beaucoup de temps. Il montrait toujours de la bonne humeur, de l’optimisme et de la confiance. Avec les Confrères, il participait à la catéchèse dans la paroisse voisine.

Comme on l’a relaté à propos des autres Oblats, leur propre maison de Pozuelo fut leur première prison (22 juillet 1936), puis ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité (Madrid) et remis en liberté (25 juillet).

Il y avait là quinze jeunes Oblats, sans papiers, dans cette capitale madrilène qu’ils ne connaissaient pas. Les supérieurs conseillèrent à ces jeunes de se séparer en petits groupes pour ne pas éveiller l’attention et trouver plus facilement un gîte.

Daniel fut le dernier à se trouver où loger : le tailleur qui leur faisait les soutanes et qui avait déjà hébergé d’autres Oblats. C’est là qu’il resta jusqu’au 15 août.

Le père Porfirio, qui fut un moment arrêté mais put échapper au martyre, a écrit ces souvenirs émouvants : 

José Guerra et moi, nous arrivâmes le 11 (août), tôt le matin et retrouvèrent ainsi les douze autres Confrères ; nous nous racontâmes les derniers événements. Le 12, fête de Notre-Dame du Pilar, on nous apporta des hosties consacrées : toute la journée, nous nous relayâmes en adoration avant de communier, le soir, pour la première fois depuis notre expulsion de Pozuelo. Le 13, pas d’incident, nous allâmes nous coucher. Mais à minuit, coup de sonnette : Police ! J’étais près de Daniel Gómez, avec cinq autres, couchés par terre. En nous voyant comme cela, ils ne nous demandèrent rien : on voyait bien que nous étions cachés. Arrivent deux voitures qui nous embarquent tous et nous conduisent au commissariat. Heureusement qu’ils ne firent rien à la famille ! Ils nous mirent dans un grand salon, avec quelques autres prisonniers, tous en silence. En milieu de matinée, on était tellement entassés, qu’on ne pouvait pas s’asseoir par terre. Ils commençaient à fouiller maison par maison, jusqu’à une heure tardive. A minuit, ils nous font monter dans un fourgon cellulaire ; les laïcs reconnaissent les rues et nous disent : Ils nous emmènent à la prison Modelo, ce qui était vrai.

Daniel était de ceux-là. Ils devaient y rester trois mois. Pendant cette période, la femme du tailleur, Madame Dulce, lui rendit visite et lui donnait des nouvelles des autres Oblats encore en liberté.

Et un autre témoin survivant écrit : Je suis resté en contact avec des gens chez qui les Oblats avaient été hébergés et à qui ils portaient de la nourriture. C’est ainsi que j’appris que les prisonniers souffraient la faim, étaient envahis de poux, mais restaient fermes dans la foi, animés entre eux par la charité fraternelle.

Ils étaient tous bien conscients qu’on ne les avait arrêtés que parce qu’ils étaient religieux, car ils ne s’étaient jamais occupés de politique. Et ils étaient bien autant persuadés qu’ils allaient être conduits au martyre, offrant leur vie pour l’Eglise, pour l’Espagne, pour ceux qui allaient les fusiller, leur pardonnant d’avance.

Le 15 novembre on transporta les treize Oblats au Collège San Antón, tenu par les Pères des Ecoles Pies, et qui venait d’être aussi transformé en prison, qu’on appela la prison San Antón. On voit là que saint Antoine n’a pas été détrôné par les miliciens, malgré leur haine anti-religieuse.

Le 28 novembre au soir, on «met en liberté» les Oblats, mais on les conduit en réalité à quelques kilomètres de là, à Paracuello del Jamara, où on les fusille.

Daniel n’a que vingt ans.

Ces Martyrs ont été béatifiés en 2011, et ont leur place au 28 novembre dans le Martyrologe.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Lucinio Ruiz Valtierra

1915-1936

 

Né le 12 février 1915 à Villanueva de Odra (Burgos, Espagne) de Pablo et Gregoría, Lucinio fut baptisé le 14.

Après les études du latin et les Humanités à Las Celadas del Páramo (Burgos) et Guernica (Biscaye), il fit le noviciat à Leganés (Madrid) et la profession en 1932.

Toujours à Leganés, il fit la philosophie, et commença la théologie à l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et Lucinio arrêté le 6 août, avec les autres Confrères ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’à fin novembre 1936.

Fin novembre, il fut condamné à mort avec ses Confrères, pour le grave crime d’être Religieux. 

Le 28 novembre 1936, Lucinio fut conduit, nu et menottté, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Lucinio avait vingt-et-un ans.

 

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007. 

Lucinio Ruiz Valtierra

1915-1936

 

Né le 12 février 1915 à Villanueva de Odra (Burgos, Espagne) de Pablo et Gregoría, Lucinio fut baptisé le 14.

Après les études du latin et les Humanités à Las Celadas del Páramo (Burgos) et Guernica (Biscaye), il fit le noviciat dans l’Ordre des Augustins à Leganés (Madrid) et la profession en 1932.

Toujours à Leganés, il fit la philosophie, et commença la théologie à l’Escorial.

Le 20 juillet 1936, la maison fut prise d’assaut et Lucinio arrêté le 6 août, avec les autres Confrères ; il fut incarcéré à la prison San Antón, jusqu’à fin novembre 1936.

Fin novembre, il fut condamné à mort avec ses Confrères, pour le grave crime d’être Religieux. 

Le 28 novembre 1936, Lucinio fut conduit, nu et menottté, avec ses onze Compagnons, à Paracuellos de Jarama, où on les fusilla.

Lucinio avait vingt-et-un ans.

Ces Martyrs furent béatifiés en 2007.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Pedro María Alcalde Negredo

1878-1936

 

Pedro était né le 26 novembre 1878, à Ledesma (Soria, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il était devenu confiseur et se maria en 1902, mais fut veuf l’année suivante.

Visitant les malades, il connut l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et y entra pour se dédier aux malades. 

Comme Frère, il fut dans différentes communautés : Ciempozuelos et Carabanchel Alto (Madrid), Grenade, Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Gibraltar.

Il souffrit longtemps de problèmes gastriques, qu’il supporta patiemment.

Il se trouvait à nouveau à Ciempozuelos en 1936, lorsque toute la communauté fut arrêtée et mise en prison à San Antón. Inutile de dire combien ses problèmes gastriques s’accentuèrent douloureusement durant les quatre mois de détention qu’il souffrit.

Appelé le 28 novembre, il embrassa ses Compagnons en leur disant : Allons vers ce que Dieu veut.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs). 

Pedro María Alcalde Negredo

1878-1936

 

Pedro était né le 26 novembre 1878, à Ledesma (Soria, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il était devenu confiseur et se maria en 1902, mais fut veuf l’année suivante.

Visitant les malades, il connut l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu et y entra pour se dédier aux malades. 

Comme Frère, il fut dans différentes communautés : Ciempozuelos et Carabanchel Alto (Madrid), Grenade, Sant Boi de Llobregat (Barcelone), Gibraltar.

Il souffrit longtemps de problèmes gastriques, qu’il supporta patiemment.

Il se trouvait à nouveau à Ciempozuelos en 1936, lorsque toute la communauté fut arrêtée et mise en prison à San Antón. Inutile de dire combien ses problèmes gastriques s’accentuèrent douloureusement durant les quatre mois de détention qu’il souffrit.

Appelé le 28 novembre, il embrassa ses Compagnons en leur disant : Allons vers ce que Dieu veut.

C’était un des sept profès de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 00:00

 Vicente Andrés Llop Gaya

1880-1936

 

Vicente était né le 10 novembre 1880 à Villareal (Castellón, Espagne) et fut baptisé le lendemain. 

Des six enfants, trois devinrent religieux, dont lui-même.

Après avoir fréquenté le collège tenu par les Franciscains, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1898, fit la profession en 1899 et prit le nom de Guillermo.

Il fut à Barcelone, Gibraltar, Ciempozuelos (Madrid), Santa Águeda de Mondragón (Guipúzcoa), Pamplona, Sant Boi de Llobregat (Barcelone) et Carabanchel Alto. Mais il fut aussi en Italie (Rome, Frascatti) et au Chili (Santiago).

C’est en Italie qu’il rencontra le père Pio de Pietrelcina (voir au 23 septembre), qui lui prédit qu’il serait martyr.

Ingénieux, éloquent, sympathique, il avait de nombreuses qualités. Il eut la charge de supérieur et de provincial. Il était supérieur à Ciempozuelos en 1936.

Il fut arrêté avec toute la communauté le 7 août. En prison à San Antón (Madrid), il continuait de parler de Dieu avec ses voisins ; les gardiens l’invectivaient : Hé, bandit, tu n’en as pas encore perverti assez au couvent, que tu continues encore à enseigner des bêtises ici ?

Quand on l’appela au matin du 28 novembre 1936, il s’exclama : Voilà, je suis prêt.

C’est un des deux prêtres de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs). 

Vicente Andrés Llop Gaya

1880-1936

 

Vicente était né le 10 novembre 1880 à Villareal (Castellón, Espagne) et fut baptisé le lendemain. 

Des six enfants, trois devinrent religieux, dont lui-même.

Après avoir fréquenté le collège tenu par les Franciscains, il entra dans l’Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu en 1898, fit la profession en 1899 et prit le nom de Guillermo.

Il fut à Barcelone, Gibraltar, Ciempozuelos (Madrid), Santa Águeda de Mondragón (Guipúzcoa), Pamplona, Sant Boi de Llobregat (Barcelone) et Carabanchel Alto. Mais il fut aussi en Italie (Rome, Frascatti) et au Chili (Santiago).

C’est en Italie qu’il rencontra le père Pio de Pietrelcina (voir au 23 septembre), qui lui prédit qu’il serait martyr.

Ingénieux, éloquent, sympathique, il avait de nombreuses qualités. Il eut la charge de supérieur et de provincial. Il était supérieur à Ciempozuelos en 1936.

Il fut arrêté avec toute la communauté le 7 août. En prison à San Antón (Madrid), il continuait de parler de Dieu avec ses voisins ; les gardiens l’invectivaient : Hé, bandit, tu n’en as pas encore perverti assez au couvent, que tu continues encore à enseigner des bêtises ici ?

Quand on l’appela au matin du 28 novembre 1936, il s’exclama : Voilà, je suis prêt.

C’est un des deux prêtres de ce groupe de quinze Religieux, martyrisés le 28 novembre 1936 et béatifiés en 1992.

 

Voir la notice : Espagnols 28 et 30/11/1936 (Martyrs)

 

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