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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:46

Genaro Fueyo Castañon

1864-1936

 

Genaro Fueyo Castañón naquit le 23 janvier 1864 à Linares (Congostinas del Puerto, Asturies, Espagne NW), de Ramón Fueyo Barros et Isabel Castañón Díaz, qui eurent six enfants ; l’un d’eux, Estanislao, fut cistercien ; Genaro fut prêtre.

Il entra en effet au séminaire à Oviedo et fut ordonné prêtre en 1887.

D’abord vicaire à Jomezana, il fut nommé curé à Congostinas, sa ville natale.

En 1899, il fut nommé curé à Nembra, où son zèle infatigable l’imposa à la reconnaissance unanime des habitants. Genaro était un pince-sans-rire plein d’humour, mais un pasteur toujours préoccupé du bien des paroissiens, qu’il allait aider de toutes les façons qu’il pouvait.

Il relança l’Adoration nocturne eucharistique, et y consacrait chaque mois une nuit entière. Il fut attentif aux jeunes qui ressentaient quelque vocation et en orienta plus d’une centaine à la vie religieuse. Il hébergea dans une salle de la paroissse les mineurs chrétiens réunis en syndicat, et ouvrit une école gratuite pour leurs enfants.

Lors des premières émeutes anarchiques de 1934, il n’échappa à la mort que grâce aux informations que lui apportèrent des paroissiennes : il eut le temps de se réfugier chez son frère Cesáreo.

Mais ce n’était qu’un sursis. En octobre 1936, il fut arrêté et mis dans la prison de Moreda. Le 21 octobre, on le conduisit dans son église, on l’y fit entrer avec grande violence, sauvagement malmené par des hommes qu’il avait lui-même baptisés et préparés à la Première communion. Il s’aperçut alors que, non loin de l’autel, deux mineurs de ses paroissiens étaient déjà en train de creuser des fosses, pour eux-mêmes et pour leur curé. Pour ces deux hommes, il y aura une notice à part.

Don Genaro demanda calmement à être le dernier abattu, pour pouvoir rester auprès des deux autres condamnés. Ceux-ci furent tués à coups de couteaux, et décapités, au point que don Genaro eut un bref  malaise. S’étant repris, il dit à ceux qui allaient le tuer, qu’il s’étonnait beaucoup que ses propres paroissiens voulussent le mettre à mort, mais il demandait pardon à Dieu pour eux. Il reçut alors un coup de pistolet à la tempe.

Genaro Fueyo Castañon fut béatifié avec ses deux compagnons en 2016, et inscrit au Martyrologe le 21 octobre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 07:18

Antonio González Alonso

1912-1936

 

Antonio, né le 11 avril 1912 à Nembra (Asturies, Espagne NW), était le huitiième des dix enfants d’un couple d’agriculteurs, Severino González et Josefa Alonso.

Deux de ces enfants moururent en bas âge ; deux devinrent prêtres dominicains (Julio aux Philippines, Jesús  au Texas) et une dominicaine à Gijón.

Le papa avait déjà un frère prêtre, missionnaire aux Philippines ; lui-même était un fidèle de l’Adoration nocturne et y conduisit tous ses enfants au fur et à mesure qu’ils grandissaient ; Severino administrait aussi la confraternité des Ames du Purgatoire.

Antonio ressentit aussi l’appel à la consécration, et entra dès 1923 à l’école apostolique dominicaine de La Mejorada (Valladolid), où il rejoignit son aîné Jesús.

En 1927, après d’excellentes études, il entra au postulat, puis au couvent d’Ávila, où il prit l’habit pour son noviciat, et fit la profession temporaire.

Malheureusement, il fut frappé de tuberculose et ne put se remettre ; il céda aux conseils des médecins et renonça à la voie sacerdotale. Rentré à la maison, il eut une vie toute monacale, participant à l’Eucharistie quotidienne, à l’Adoration nocturne, dirigeant les jeunes Tarcisi (émules de s.Tarcisius, v. 15 août), et s’inscrivit à l’Ecole Normale d’Oviedo en 1935, en vue du Magistère, pour enseigner dans les écoles.

Le 20 juillet 1936, il fut arrêté avec son frère Cristóbal ; à ce dernier, il dit : Voilà pour moi une occasion de donner ma vie à Dieu comme martyr ; mais toi, il faut que tu aides les parents à la maison. De fait, Cristóbal ne fut pas martyrisé avec lui.

Les gardiens voulurent obliger Antonio à déchirer une belle image du Sacré-Cœur, qui était dans l’église de Nembra, et à casser la pierre d’autel. Antonio s’y refusa ; on lui laisssa vingt-quatre heures pour réfléchir encore, après quoi il réitéra son net refus, en conscience. En outre, comme il refusait de prononcer un blasphème, on lui coupa la langue.

Le 11 septembre, donc, on l’emmena en voiture à Moreda. En passant devant la maison des parents, Antonio réussit à crier à sa mère : Adieu, Maman, on se revoit au Ciel ! On arriva à la localité Puerto de San Emiliano ; le conducteur de la voiture, qui raconta les faits, affirma n’avoir entendu aucun coup de feu, laissant supposer qu’on acheva Antonio en le frappant, puis qu’on le jeta dans un puits. On n’a pas retrouvé son corps.

Antonio aurait peut-être pu devenir prêtre malgré la maladie : il s’est immolé totalement dans le martyre.

Antonio González Alonso fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 11 septembre.

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 00:00

 

25 NOVEMBRE

 

III.

S Mercurios, soldat martyr à Césarée de Cappadoce ; il s'agirait plutôt de Mâr Qurios.

S Moyses, prêtre martyr à Rome ; il soutint s. Cyprien contre Novatien.

IV.

S Botros, évêque à Alexandrie ; il condamna Arius, combattit Mélèce, et mourut martyr ; on commémore avec lui trois autres évêques égyptiens : Hesychius, Pachomius et Theodorus, le prêtre Faustus, ainsi que Dius et Ammon. 

Ste Catherine, vierge et martyre à Alexandrie ; patronne des philosophes, pour avoir tenu tête à toute une équipe de sages païens ; elle apparut à Ste Jehanne d'Arc.

S Marculus, évêque en Numidie, martyr.

?

Ste Joconde, vierge à Reggio Emilia.

S Alain, à Lavaur. 

VI.

S Maurinus, martyr près d'Agen.

S Teilo, évêque à Llandaff.

VIII.

Bse Imma, abbesse à Karlburg.

XI.

B Bernold, bénédictin à Ottobeuren.

S Egbert, abbé à Munsterschwarzach, à Lambach. 

XIV.

Bse Béatrice d'Ornacieux, chartreuse fondatrice à Eymeu.

XV.

Bse Elisabeth Achler, surnommée "la Bonne", tertiaire franciscaine à Reute, mystique.

XIX.

S Yi Ho-yŏng Petrus, catéchiste coréen, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; sa sœur Agata est commémorée le 24 mai.

XX.

Bx Santiago Meseguer Burillo (*1885) et Jacinto Serrano López (*1901), prêtres dominicains espagnols fusillés près de Teruel en 1936, et béatifiés en 2001.

Mercurios de Césarée de Cappadoce

† 250

 

Ce martyr inconnu pourrait fort bien être le Mâr Qurios ou saint Qurios dont parlèrent les Syriens. Dans leurs transcriptions, les Grecs crurent avoir affaire à «Marcurios», qui devint saint Mercurios.

Ce soldat était en garnison en Arménie. Un ange - ou le Christ lui-même - lui apparut, le poussant à attaquer l’ennemi sans tarder, lui rappelant seulement : N’oublie pas le Seigneur ton Dieu.

Vainqueur, Qurios fut fait généralissime par l’empereur Dèce. L’ange rappela à Qurios son conseil. Ce dernier se souvint alors que son père était chrétien.

Quand ensuite l’empereur invita Qurios à sacrifier à la déesse Artemis, Qurios se déclara chrétien : il déposa sa chlamyde et sa ceinture aux pieds de Dèce, qui l’envoya en prison. L’ange apparut à nouveau, pour réconforter Qurios.

Le lendemain, Qurios renouvela sa profession de foi. Il fut attaché à quatre poteaux et, pendant qu’on allumait un feu sous son corps, on le flagellait d’importance - au point que le sang éteignit les flammes. Reconduit en prison, il fut soigné par l’ange.

Le jour suivant, l’empereur s’étonnait de voir Qurios guéri et l’accusa de magie. Puis il lui fit appliquer des fers rouges ; on le suspendit la tête en bas avec une pierre au cou et on le frappa encore, avec des verges d’airain. L’empereur ordonna finalement de transporter Qurios en Cappadoce et de l’y décapiter.

Cela pouvait se passer vers 250, sous Dèce. Difficile alors d’assimilier Qurios à l’un des Quarante soldats martyrs en Cappadoce (v. 9 mars), mis à mort en 320.

On raconta plus tard que c’est le même Mâr Qurios qui serait apparu, sur ordre divin, auprès de Julien l’Apostat pour le faire mourir d’un coup de lance (363).

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mercurios de Césarée de Cappadoce au 25 novembre.

 

 

Moyses de Rome

† 251

 

Au moment de la brutale persécution de Dèce, le prêtre romain Moyses eut un rôle important dans la conduite de l’Eglise romaine, privée alors de son pape pendant quinze mois, après le martyre de s.Fabien en 250 (v. 20 janvier).

Il était aux côtés de Novatien, tant que ce dernier resta dans le juste chemin de la fidélité à l’Eglise.

Arrêté avec un autre prêtre, Maximus, et deux diacres, Rufinus et Nicostrates, Moyses continuait de montrer l’exemple de la foi, de la modération, de la clairvoyance. Tandis que Novatien se laissait prendre par un courant intransigeant, Moyses restait en communion avec l’évêque de Carthage, s.Cyprien (v. 14 septembre). La question importante était la réadmission des lapsi, de ceux qui avaient eu la faiblesse de renier un moment leur foi pour échapper au martyre. Cyprien et Moyses étaient partisans de les réadmettre moyennant une pénitence appropriée ; Novatien, non.

Moyses mourut en prison, en janvier ou en février 251, victime de sa détention prolongée.

Novatien, on le sait, brigua l’élection papale, mais fut vivement écarté ; c’est s.Corneille qui fut élu.

Moyses ne fut pas mis à mort, mais fut considéré comme martyr, pour sa fidélité sans faille à l’Eglise, qu’il défendit courageusement dans le danger.

Bien que Moyses mourût en début d’année, le Martyrologe Romain le mentionne encore, arbitrairement, au 25 novembre.

 

 

Catherine d’Alexandrie

4e siècle

 

Descendante d’un certain roi arménien Costos, sainte Catherine vivait à Alexandrie, lors du passage de l’empereur qui voulut inviter tous ses sujets à participer à un culte païen.

Apprenant ce qui se passait, la jeune fille - elle n’avait que dix-huit ans - alla se présenter fièrement à l’empereur pour lui reprocher son impiété.

L’empereur n’avait pas d’arguments à lui opposer : il fit venir cinquante philosophes qui devaient interroger Catherine et réussir à la confondre. Mais c’est elle qui leur cloua le bec, et l’empereur les fit brûler vifs.

Emprisonnée, Catherine convainquit même l’impératrice, qui fut mutilée et décapitée par ordre de l’empereur.

A son tour, l’officier de l’empereur, avec ses deux-cents soldats, confessa la foi chrétienne, et tous furent décapités.

Catherine devait être soumise au supplice de la roue : bras et jambes attachés autour d’une roue, elle devait «tourner» sans interruption, fouettée entre temps sur toutes les parties du corps, jusqu’à la mort ; mais miraculeusement, cette roue se brisa et vola en éclats.

Elle fut finalement décapitée.

Les anges se chargèrent de sa sépulture, la transportant sur le mont Sinaï, en un sépulcre tout neuf, d’où sortent du lait et de l’huile qui guérissent les maladies.

Tous les détails de cette Passio sont jugés invraisemblables par les historiens, qui en déduisent que même la Sainte en question n’est qu’une fiction.

Sainte Catherine fut immensément célèbre à partir du 9e siècle ; particulièrement elle devint la patronne des philosophes, mais aussi des jeunes filles encore vierges.

Sa fête, au 25 novembre, fut omise lors de la réforme du calendrier en 1970, mais réapparut une vingtaine d’années plus tard.

Quelle est donc cette sainte Catherine d’Alexandrie qui apparut à sainte Jehanne d’Arc ?

 

 

Botros d’Alexandrie

† 311

 

Botros (Pierre) naquit grâce à la bénédiction que le patriarche Theonas (v. 28 déc.) donna à sa mère, jusque-là stérile. Le même Theonas baptisa l’enfant et l’ordonna prêtre à seize ans.

Lors de la dispute avec Sabellius, Botros lui porta la contradiction ; non seulement il le réduisit au silence, mais la main de Dieu s’abattit sur Sabellius, qui tomba raide mort.

Botros fut désigné par Theonas pour gouverner l’Eglise d’Alexandrie (Egypte) en 300. Il en était le dix-septième pasteur.

Il allait diriger cette grande communauté pendant douze ans : trois ans avant la persécution de Dioclétien, neuf ans ensuite.

Eusèbe de Césarée dit qu’il pourvoyait sans se cacher, au bien général des Eglises. Et aussi qu’il était un de ces docteurs divins de la piété chrétienne.

Si Arius fut le grand ennemi de la Foi unique au quatrième siècle, Botros eut à combattre d’abord contre un autre évêque d’Egypte, Meletius, évêque de Lycopolis, qui profita de la prison de Botros pour s’immiscer dans l’Eglise d’Alexandrie et y imposer ses vues. Botros dut faire convoquer un synode pour examiner cette situation, mais Meletius demeura sur ses positions et s’installa dans le schisme.

Arrêté à son tour, Mélèce se retrouvait avec Botros ; même dans la prison, le schisme perdurait.

Au début de 311, les prisonniers furent libérés, mais la persécution reprit très vite avec Maximin Daia.

Ainsi, sans nul motif, (Botros fut) appréhendé contre toute attente ; subitement, sans jugement, comme sur ordre de Maximin, il (fut) décapité. Avec lui, plusieurs évêques d’Egypte subirent même traitement.

Ces autres évêques furent : Phileas, Hesychius, Pachomius, Theodorus. Le Martyrologe ajoute qu’il y eut beaucoup d’autres Martyrs. Parmi ceux-ci, ont été mentionnés Faustos, Dias et Ammon (v. 8 septembre).

C’était le 25 novembre 311. Botros fut le dernier des Martyrs et c’est pour cela qu’en Orient on l’a surnommé le sceau des Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Botros d’Alexandrie au 25 novembre.

 

 

Marculus de Numidie

† 347

 

La notice du Martyrologe dit ceci :

En Numidie, l’évêque saint Marculus. On rapporte que, au temps de l’empereur Constant, il fut précipité du haut d’un rocher par un certain Macarius et mourut en martyr.

Cet épisode s’inscrit dans le cadre de la longue diatribe du donatisme. Cette «doctrine» dérivait du nom de Donatus, évêque de Cellæ Nigræ (Numidie, auj. Baghaï, Algérie), mais remontait aux premières persécutions de Dioclétien en 303.

A cette occasion, des prêtres et des évêques avaient cédé à la pression subie par les autorités civiles, en livrant (tradere) des objets et des livres du culte chrétien. On les appela les traditores (le mot a donné le français traître).

Selon certains rigoristes - et Donatus prit leur tête à partir de 312 - les sacrements conférés par des traditores n’étaient pas valides. L’Eglise romaine, cependant, affirma que, dans tout sacrement, c’est le Christ qui agit, indépendamment de la dignité du ministre qui l’exerce.

Les donatistes refusaient de se plier. L’empereur Constantin fut sollicité d’intervenir, deux conciles se prononcèrent contre le courant donatiste (Rome en 313, Arles en 314).

Ces débats dégénérèrent en véritables bagarres en Afrique. Et comme il arrive dans les cas de rébellion, se joignirent aux donatistes d’autres éléments agitateurs. La situation prenait l’allure d’une guerre civile à peine voilée. Même entre les donatistes, s’éleva la division.

L’empereur Constant voulut pacifier cette rébellion. Il fit envoyer des subsides aux communautés. Donatus refusa. C’est ainsi qu’on arrive à notre évêque Marculus.

Ce dernier appartenait au courant donatiste. On ne sait par qui ni pour quoi il fut mis en prison, ni combien de temps, ni qui prit la décision de le faire précipiter du haut d’un rocher (347). On a attribué ce geste à un certain Macarius.

Devant tant de questions, on ne comprend pas pourquoi Marculus a été maintenant inséré dans le Martyrologe.

Le donatisme persévéra jusqu’au concile de Carthage (411), qui le condamna fermement.

La cause de Marculus restait imprécise. Selon s.Augustin, l’évêque d’Hippone (v. 28 août), Marculus se serait lui-même suicidé.

Le Martyrologe Romain mentionne saint (?) Marculus de Numidie au 25 novembre.

 

 

Maurinus d’Agen

6e siècle

 

L’histoire et la passion de Maurinus en laissent perplexes plus d’un.

Après dix-huit années de mariage, Euticius et Alabanna mirent au monde Maurinus.

Euticius était préfet d’Agen au nom d’un roi de Lectoure nommé Valduanus, que les historiens ne connaissent pas. Ce même Euticius était chrétien, mais en secret.

A douze ans, Maurinus se rendit auprès de Germain de Capoue (v. 30 octobre), qui le baptisa puis l’ordonna diacre. Maurinus resta sept ans auprès de Germain.

Ce dernier cependant, eut une vision qui lui conseillait de renvoyer Maurinus dans son pays d’origine.

A peine arrivé, Maurinus délivra un possédé, ce qui le rendit célèbre. Euticius son père était fort content de revoir son fils, mais au même moment, le roi Valduanus se mit à persécuter les Chrétiens. Alors commence la véritable passion de Maurinus

Il fut d’abord arrêté, tandis que son père fut décapité avec soixante-dix-huit compagnons.

Dans son cachot, Maurinus ressuscita trois jeunes gens qui avaient été foudroyés ; Valduanus, furieux et sans doute diaboliquement jaloux, le fit flageller jusqu’à mettre ses os à nu, puis le renvoya en prison.

La nuit, un ange vint libérer Maurinus et neuf autres chrétiens. Au matin, les gardiens se convertirent en retrouvant Maurinus et ses compagnons sur une montagne voisine. Le roi fit décapiter ces neuf compagnons et flageller de nouveau Maurinus, mais les fouets frappèrent les bourreaux. Jeté dans une fournaise, Maurinus en ressortit indemne. Un bourreau ayant reçu l’ordre de le décapiter, restait terrorisé, de sorte que Valduanus frappa lui-même Maurinus, lui détachant la tête et l’épaule.

Maurinus ramassa sa tête et alla la déposer à une quarantaine de kilomètres de là, à une fontaine où une lépreuse guérit.

Beaucoup de conversions eurent lieu alors, et une basilique s’éleva sur le tombeau de Maurinus.

Il y eut plus tard un monastère Saint-Maurin entre Agen et Moissac.

Saint Maurinus d’Agen est commémoré le 25 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Béatrice d’Ornacieux

1260-1303

 

Née à Ornacieux (Isère) vers 1260, Béatrice (Beatrix) entra toute jeune à la Chartreuse de Parménie en 1273. 

On l'envoya ensuite fonder un monastère à Eymeu (Drôme). Elle vécut avec ses consœurs dans la plus grande pauvreté.

Elle mourut dans le dénuement le 25 novembre sans doute en 1303. 

Une moniale chartreuse contemporaine de la Bienheureuse, Marguerite d'Oingt a écrit sa biographie où elle atteste son ardent amour pour Jésus crucifié. Cette vie est écrite dans le savoureux dialecte franco-provençal, sous le titre Li Vita seiti Biatrix, virgina de Ornaciu.

Béatrice fut reconnue bienheureuse en 1869.

Elle est inscrite dans le Martyrologe au 25 novembre, et localement fêtée le 13 février.

 

 

Elisabeth Achler

1386-1420

 

Née le 25 novembre 1386 à Waldsee (Allemagne S), Elisabeth était la fille de Hans et Anna, des tisserands ; elle eut deux frères.

 Elle vécut chez elle et aida ses parents dans leur artisanat.

A quatorze ans, elle devint Tertiaire franciscaine, guidée par son confesseur Conrad Kügelin, chanoine de Saint-Augustin.

Après quelque temps de vie partagée avec une autre béguine à Waldsee, elle fit partie d’une équipe de cinq jeunes femmes qui s’établirent à Reute dans une nouvelle fondation, sous l’impulsion de Jakob von Metsch. Cette maison devint  en 1406 un véritable couvent, qui adopta la règle du Tiers-Ordre franciscain.

Elisabeth y assuma la cuisine, recevait les pauvres et vécut fort pénitente, quasi recluse. Elle fut surnommée «la Bonne» : Gute Beth.

Elle était comme obsédée par la Passion du Christ, et son corps en porta les stigmates. Son confesseur rédigea une Vita, dans laquelle il relate les visions, les extases dont fut favorisée Elisabeth. Il raconte aussi comment elle vécut trois années sans manger et que donc elle n’avait rien à évacuer, comme y fait allusion le Christ dans l’évangile (cf. Mt 15:17) ; mais le Démon vint déposer dans la chambre des déchets humains, à l’odeur repoussante, mélangée à une odeur de soufre, pour faire croire qu’en réalité Elisabeth mangeait en secret.

Elle mourut le 25 novembre 1420 à Reute, le jour de son trente-quatrième anniversaire, et son culte fut reconnu en 1766.

 

 

 

Yi Ho-yŏng Petrus

(Yi Ho-yeong Peteuro)

1803-1838

 

Petrus était né en 1803 à Ich’ŏn (Gyŏnggi-do, Corée S).

Après la mort de son père, il vint vivre à Seoul, avec sa sœur aînée Agatha et leur mère, et vivaient dans une extrême pauvreté, car la mère avait été dépouillée de tous ses biens.

Petrus aida beaucoup le prêtre chinois Yu, ce qui lui valut d’être nommé catéchiste.

Il eut un rêve : il passait une sorte d’examen, il entendait une musique merveilleuse et quelqu’un lui disait que «l’assistant du Roi» l’aimait beaucoup. Il comprit que son saint Patron, saint Pierre, l’invitait à se préparer au martyre.

En février 1835, sur le chemin de sa maison, il fut arrêté par un groupe d’hommes qui l’attendaient.

Il resta près de quatre années en prison, où on lui fit souffrir toutes sortes de tortures. Sa sœur Agatha aussi fut arrêtée ; ils se soutinrent l’un l’autre en prison.

On a de Petrus une lettre où il décrivit ses interrogatoires et les tortures qu’il subit.

On lui demanda pourquoi il professait une religion qui interdisait le respect envers les parents et que le gouvernement avait interdite. Réponse :

C’est faux. Tout homme qui se dit catholique doit le respect au roi et à ses parents ; il aime aussi les autres hommes.

Autre question : Pourquoi n’offres-tu pas de sacrifices aux défunts ? Tu ne vaux pas même une bête et tu mérites la mort. Réponse :

Il est ridicule d’offrir à manger à quelqu’un qui est mort. Celui qui peut donner sa vie pour le roi n’est pas un traître. Dieu est le Roi des rois, créateur du ciel et de la terre, des hommes, des anges, de toutes les créatures de l’univers… Comment osez-vous condamner quelqu’un qui préfèrerait mourir que de renier le Père de toute la race humaine ?

Le juge le battit jusqu’à ce que ses jambes fussent disloquées, lui demandant encore une fois de renier Dieu. Réponse : Je ne pourrai jamais renier Dieu.

Le juge le fit battre à nouveau, sur le ventre et sur les jambes, et lui dit : Si seulement tu cries de douleur, je dirai que tu as renié. Pierre ne répliqua pas un mot.

Lui et sa sœur Agatha désiraient subir ensemble le martyre. Mais Dieu ne l’exauça pas sur ce point. Il tomba malade en prison, à la suite des si douloureuses tortures qu’il avait subies, et affirma qu’il se soumettait avec joie à la volonté de Dieu, si Dieu préférait qu’il mourût en prison.

Durant ces quatre années de prison, de tortures inimaginables, d’interrogatoires, Petrus ne céda pas un instant. Sa constance, mais aussi sa gentillesse et sa simplicité, édifièrent beaucoup les gardiens, ainsi que ses compagnons de prison.

Il s’éteignit dans sa prison, le 25 novembre 1838, à l’âge de trente-cinq ans.

Sa sœur Yi So-sa Agatha fut martyrisée le 24 mai suivant.

Petrus est le premier martyr de la persécution qui frappa cette année-là la jeune et courageuse communauté chrétienne coréenne, déjà constituée avant-même l’arrivée des premiers missionnaires envoyés par les Missions Etrangères de Paris. On a pu estimer à huit-mille les victimes de ces persécutions successives.

Le dies natalis de Petrus est au 25 novembre, tandis que la fête commune des cent-trois Martyrs coréens a été placée au 20 septembre.

Petrus et Agatha furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Santiago Meseguer Burillo

1885-1936

 

Né le 1er mai 1885 à Híjar (Teruel), Santiago (ou Jaime, Jacques) reçut le nom du Saint qu’on fêtait ce jour-là à cette époque, Jacques (le mineur).

Il fréquenta l’école à Híjar, et étudia aussi le latin.

Entré au couvent dominicain de Corias (Asturies), il étudia ensuite la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1905.

Il participa à la rédaction de la revue thomiste La Ciencia, à Madrid et au collège de Vergara.

Ensuite, il fut envoyé aux couvents de Barcelone, Solsona, Valencia, surtout comme professeur. En 1934, il fut promu Maître en Théologie.

Au moment de la révolution de 1936, il se trouvait en déplacement momentané à Barcelone, où il se réfugia chez des amis, durant environ quatre mois.

Lui et l’autre père dominicain Jacinto Serrano López, furent arrêtés et jetés en prison avec d’autres, à la prison de El Clot, où ils furent assassinés. Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago le fut également le même jour.

Le père Santiago Meseguer fut béatifié en 2001.

 

 

Jacinto Serrano López

1901-1936

 

Né le 10 juillet 1901 à Urrea de Gaén (Teruel), Jacinto fut orphelin de mère presque à sa naissance, et de père à six ans.

Il entra à l’école des Dominicains de Solsona en 1913.

Entré au noviciat, il fera les premiers vœux en 1917, la profession solennelle en 1920 et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut envoyé pour enseigner aux couvents de Calanda et de Valencia, tandis qu’il prépare (et obtient) la licence de Physique et Chimie à l’université.

Son activité fut multiple : outre les prédications et les conférences, il dirigeait la revue Rosas y Espinas (Roses et Epines), collaborait à le Revue Contemporaine, dirigeait l’Association de la Bienheureuse Imelda, où il développa une excellente catéchèse pour les enfants pauvres, dont s’occupaient de bonnes demoiselles (La bienheureuse Imelda est une dominicaine du 14e siècle, très liée à l’Eucharistie, fêtée le 12 mai).

Au moment de la révolution de 1936, le père Jacinto fut élu Vicaire provincial et, en tant que tel, organisa l’évacuation en France de ses Confrères. Lui-même resta à Barcelone, soucieux de la situation de ceux qui restaient encore.

Vers la mi-novembre, il fut arrêté par des connaissances qui venaient justement de son village, Urrea, et qui le reconnurent.

Enfermé quelques jours au château de Montjuic, il fut transféré à La Puebla de Híjar, soumis à interrogatoires et conduit devant un peloton d’exécution.

Avant de mourir, il cria bien fort : Vive le Christ Roi !

Le père Jacinto fut assassiné le 25 novembre, et l’on suppose que le père Santiago Meseguer le fut également le même jour.

Le père Jacinto Serrano López fut béatifié en 2001.

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 09:08

Hubert Unzeitig

1911-1945

 

Hubert Unzeitig naquit le 1er mars 1911 à Greifendorf, un village de la région sudète en Tchéquie ; aujourd’hui le village a pris le nom de Hradec nad Svitavou.

La sœur d’Hubert s’appelait Regina.

En 1928, il entra chez les Missionnaires de Mariannhill à Reimlingen, où il prit le nom d’Engelmar, sous lequel il est principalement connu.

En 1939, il fut ordonné prêtre ; une de ses premières courageuses interventions, fut de célébrer la Messe pour des prisonniers français. Nommé curé à Glöckelberg (Bohême), il rencontra des membres de la Jeunesse Hitlérienne, qui le dénoncèrent pour ses prises de position.

Ayant en effet protesté contre la persécution des Juifs, il fut arrêté en avril 1941, incarcéré six semaines à Linz, puis déporté sans jugement à Dachau, où il porta le numéro 26147, dans la baraque 26. Engelmar portait l’étoile rouge, en tant que «sauveur de Juifs», qui portaient l’étoile jaune.

Il s’efforça de réconforter dans leur foi les prisonniers. Dans ce camp réservé aux «ennemis de l’Etat», se trouvaient près de trois mille hommes, prêtres catholiques à 95%, les autres étant Juifs, pasteurs protestants ou Témoins de Jéhovah. Il apprit aussi le russe pour s’entretenir avec les prisonniers russes. Aux prisonniers qui souffraient de la faim davantage que lui, il donnait sa petite ration.

En 1944, une épidémie de typhus se déchaîna dans les baraquements. Les malades étaient entassés dans une baraque à part et abandonnés à leur sort ;  vingt prêtres, dont Engelmar obtinrent de pouvoir aller les visiter et les réconforter ; bien conscients du danger qu’ils couraient, ils se dépensèrent, administrèrent le Sacrement à des centaines de mourants, donnant l’absolution aussi à des Russes non catholiques, très nombreux dans ce camp. Les survivants dirent qu’ils avaient surnommé Engelmar l’Ange de Dachau. Seuls deux des vingt volontaires survécurent.

Gagné lui-même par l’épidémie, Engelmar mourut en effet le 2 mars 1945, à trente-quatre ans. On put faire sortir du camp ses cendres clandestinement, pour les replacer plus tard à Würtzburg, en 1968- durant le Printemps de Prague -.

Six semaines après la mort d’Engelmar, arrivaient les Américains pour ouvrir les portes du camp de Dachau. Or, un de ces soldats fut atteint de cancer et, par l’intercession du père Engelmar, obtint sa complète guérison.

Il est heureux de constater qu’actuellement Allemands et Tchèques, maintenant réconciliés, se retrouvent ensemble pour prier le père Unzeitig, dans son village natal.

On nous permettra aussi ici une réflexion amusante sur le nom de famille du père Engelmar : Unzeitig, qui signifie prématuré, pourrait s’appliquer à notre Bienheureux qui mourut «prématurément», si jeune ; mais devant Dieu il était consommé en sainteté, mûr, et prêt pour la moisson éternelle.

Hubert-Engelmar Unzeitig fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 2 mars.

Si le miracle mentionné ci-dessus est confirmé, il pourrait servir à la prochaine canonisation du Martyr.

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 00:00

 

24 NOVEMBRE

III.

S Chrysogone, martyr à Aquilée, mentionné au Canon romain.

?

S Crescentien, martyr à Rome.

IV.

Ste Firmina, martyre à Amelia.

S Protasius, évêque à Milan, ami et défenseur de s. Athanase.

S Carion, moine à Scété où il se retira en laissant ses deux enfants à sa femme ; son fils le rejoignit et dépassa son père en mérites d'humilité et de silence.

S Romanus, prêtre à Blaye ; qui était en danger de naufrage n'avait rien à craindre tant qu'il apercevait la basilique ; celle-ci est désormais en ruines.

VI.

S Kenan, évêque à Dulcek ; son corps est resté sans corruption dans la tombe.

S Protais, reclus en Auvergne.

S Pourçain, abbé à Mirandense ; il brisa d'un signe de croix une coupe empoisonnée. 

VII.

S Colman, premier évêque à Cloyne ; il fut barde païen puis baptisé par s. Brendan.

S Bieuzy, ermite en Bretagne, disciple de s. Gildas.

Ste Eanflède, reine en Angleterre, fille de s. Edwin et de ste Ethelburge, mère de ste Elflède ; très attachée à Rome, elle tenait cependant à la date locale de Pâques. 

VIII.

S Marin, très fêté à Cornot et dans le Jura, mais inconnu.

IX.

Stes Flora et María, martyres à Cordoue ; Flora fut scalpée à coups de fouet.

XII.

B Albert de Louvain, évêque à Liège ; contesté, il dut être sacré à Reims, où il fut martyrisé deux mois plus tard.

XIII.

B Balsamus, abbé à La Cava.

XIX.

SS Pierre-Rose-Ursule Dumoulin Borie, évêque, Vinh Sơn Nguyễn Thế Diểm et Phêrô Võ Ɖǎng Khoa, prêtres vietnamiens ; le premier, un géant de 1m85, condamné à la décapitation, dut recevoir sept coups, d'un bourreau ivrogne ; les deux autres furent étranglés ; ces martyrs, avec de nombreux autres Compagnons ont été canonisés en 1988 et sont fêtés ensemble en ce jour, quoique nommés individuellement tout au long de l’année à leurs respectifs dies natalis.

Bse Maria-Anna Sala, éducatrice italienne, des Sœurs Marcellines, atteinte d'un cancer à la gorge, béatifiée en 1980. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Carmélites de la Charité : près de Valencia, Paula Isla Alonso (P. de Sainte Anastasie), Niceta Plaja Xifra (N. de Saint Prudence), Antonia Gosens Sáez de Ibarra (A. de Saint Timothée), Daría Campillo Paniagua (D. de Sainte Sophie), María Concepción Odriozola Zabalía (M.C. de Saint Ignace), Erundina Colino Vega (E. de N.Dame du Mont Carmel), María Consuelo Cuñado González (M.C. du Saint-Sacrement), Feliciana de Uribe Orbe (F. de N.Dame du Mont Carmel), Concepción Rodríguez Fernández (C. de Sainte Madeleine), Clara Ezcurra Urrutia (Cl. de Notre Dame de l'Espérance), Justa Maiza Goicoechea (J. de l'Immaculée), Cándida Cayuso González (C. de Notre Dame des Anges) (*1863, 1863, 1870, 1873, 1883, 1882, 1884, 1893, 1895, 1896, 1897, 1901) ;

- béatifié en 2007 :

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Félix Alonso Muñiz (*1896).

Chrysogone

3e-4e siècles

 

Ce Martyr très illustre est pourvu d’une Passio à laquelle les historiens ne reconnaissent pas une très grande valeur.

Des différents témoignages qu’on possède, on peut légitimement déduire que saint Chrysogone fut réellement martyr à Aquilea (Nord-Est de l’Italie), et même peut-être l’identifier avec le troisième évêque de cette ville.

Une église Saint-Chrysogone existe à Rome dès le 4e siècle. On avance que cette église avait été construite sur une propriété d’un certain Chrysogone et qu’on y adjoignit ensuite le titre de «saint Chrysogone» en l’honneur du Martyr.

Dans cette hypothèse, Chrysogone aurait été romain, responsable de beaucoup de conversions, et finalement fait décapiter et jeter à la mer par l’empereur Dioclétien, qui se l’était fait amener à Aquilée, où il résidait alors. Ceci expliquerait que saint Chrysogone fut honoré autant à Rome qu’à Aquilée.

Il reste que saint Chrysogone fut célèbre, au point d’être mentionné dans la prière du Communicantes du Canon romain de la Messe. Les Grecs l’appellent Megalomartyr.

La date de sa fête, au 24 novembre dans le Martyrologe, peut remonter au jour de la dédicace de l’église romaine.

 

 

Firmina d’Amelia

† 303

 

Firmina aurait été une vierge martyrisée à Amelia (Ombrie, Italie C), pour avoir refusé les avances d’un consul.

On lui fit subir diverses tortures, on la suspendit en l’air et on alluma sous elle des torches ardentes, qui devaient l’asphyxier et la brûler.

Les reliques en auraient été découvertes au neuvième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Firmina d’Amelia au 24 novembre.

 

 

Protasius de Milan

† 343

 

Protasius fut le huitième évêque de Milan, le neuvième si l’on tient compte de l’énigmatique s.Barnabé (v. 11 juin). Son épiscopat commença vers 328.

Il tint sa place dans l’atmosphère empoisonnée de l’arianisme. Il fut un de ceux qui entouraient s.Athanase (v. 2 mai) devant l’empereur Constant (342), et il était présent au concile de Sardique (343). Il est douteux qu’il fût présent aux conciles de Milan de 345 et 347.

Un catalogus lui accorde vingt-cinq années d’épiscopat, induisant ainsi à 353 la fin de sa vie : ce document est sans doute mal informé : si Protasius était encore évêque en 353, il faudrait effacer de la liste ses deux successeurs. Il mourut donc vers 343, après quinze années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Protasius de Milan au 24 novembre.

 

 

Romanus de Blaye

† 385

 

Ce Romain était peut-être d’origine africaine ou provençale.

Devenu moine (on ne nous dit pas où), il vint par Narbonne et Toulouse à Bordeaux et s’installa à Blaye. Il n’est pas clair si Romanus fut moine avant son voyage (il aurait pu venir de Lérins, par exemple) ou s’il appartint à la communauté de Tours, près de s.Martin.

Toujours est-il que s.Martin vint l’ordonner prêtre à Blaye (Gironde) en lui confiant l’évangélisation de la région.

Romanus dut faire beaucoup de miracles et être très célèbre, et plusieurs localités d’Aquitaine portent son nom.

Vers 385, Romanus mourut et ses obsèques furent présidées par le même s.Martin.

Sur son tombeau fut érigée une basilique et un monastère. S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) assure que, tant que de la mer les matelots apercevaient la basilique, ils n’ont rien à craindre. Cette basilique est désormais en ruine ; la nouvelle église, du dix-septième siècle, s’appelle aussi Saint-Romain.

A Blaye furent enterrés au septième siècle le roi d’Aquitaine Caribert et son fils, assassinés en 631, ainsi que les héros de la Chanson de Roland : Roland, Olivier, Turpin, au siècle suivant.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Blaye au 24 novembre.

 

 

Pourçain, abbé en Auvergne

† 532

 

Portianus - Pourçain, était l’esclave d’un païen assez dur, dans le Massif Central. Il gardait probablement les porcs, d’où son nom.

Plusieurs fois il chercha à s’enfuir, trouvant refuge auprès du monastère proche.

Au bout de plusieurs de ces épisodes, Pourçain supplia l’abbé de convaincre son patron de ne plus le malmener comme avant. Ayant promis, le patron voulut prendre le chemin du retour avec son esclave, mais il devint aveugle et ses yeux le torturaient. Il supplia l’abbé, qui ordonna à Pourçain d’imposer ses mains sur les yeux malades ; Pourçain, humblement, n’osait, mais finalement le fit, et son patron fut totalement guéri.

Successivement, Pourçain put entrer dans ce monastère et sa sainteté le fit choisir pour succéder à l’abbé (481).

Il s’imposa des mortifications sans doute excessives. A force de jeûnes, il n’avait plus de salive et, pour humecter ses gencives en été, il y appliquait du sel.

En 532, déjà fort âgé, il alla trouver le roi Théodoric dont les soldats avaient envahi l’Auvergne et ravageaient tout sur leur passage, emmenant avec eux beaucoup de prisonniers. Une fois dans le camp du roi, Pourçain fut accosté par l’officier du roi qui lui offrit une coupe de vin : Pourçain bénit cette coupe, qui se rompit, laissant le vin couler par terre tandis qu’un vilain serpent s’en éloignait. La coupe était empoisonnée ! Toute l’armée alors vint vénérer le saint vieillard et le roi libéra tous les captifs qu’il avait pris.

Ce n’était pas la seule attaque du Démon. Une nuit, il fit apparaître des flammes dans la cellule de l’abbé, qui les fit disparaître d’un signe de croix.

Pourçain mourut à un âge très avancé, mais à une date inconnue ; en tout cas après 532.

Le petit monastère qu’il dirigea, s’appelait Mirandense ; on sait seulement qu’il prit par la suite le nom de Saint-Pourçain.

Saint Pourçain est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Colman de Cloyne

† 600

 

Des Colman, il y en a beaucoup. On a déjà rencontré Colman d’Ecosse, Colman de Dromore, et Colman mac Duagh (v. 6 juin, 7 juin et 29 octobre).

Celui d’aujourd’hui aurait été un barde païen, avant de recevoir le baptême des mains de s.Brendan (v. 16 mai).

Il aurait évangélisé les régions de Limerick et de Cork.

On peut supposer qu’il fut abbé d’un centre monastique à Cloyne, où il n’y avait pas encore d’évêque à cette époque. Colman dut y exercer l’autorité épiscopale et reste vénéré comme le premier évêque de Cloyne. En réalité, le premier évêque «officiel» de Cloyne est signalé au 12e siècle, et s’appelait : Gilla na Náem Ua Muirchertaig (ou Néhémias).

Saint Colman de Cloyne est commémoré le 24 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Flora et María

† 851

 

Le prêtre Eulogio vivait à Cordoue et fut ensuite élu évêque de Tolède. Il mourut lui-même martyr en 859 (v. 11 mars). C’est à lui qu’on doit la relation sur la vie et la mort de Flora et María.

Euloge était l’animateur de la résistance chrétienne contre l’Islam à Cordoue, quand il vit Flora pour la première fois. Il raconte qu’elle était née vers 845, d’un loup et d’une brebis : son père païen vivait à Séville où il mourut bientôt ; sa mère était chrétienne et de famille noble ; ils avaient un fils, et deux filles qui furent baptisées.

Petite, elle donnait aux pauvres la portion qu’on lui servait, et furtivement accomplissait le bienheureux jeûne. Il fallait l’obliger à manger, et elle n’y consentait que le soir.

En grandissant, Flora trouvait honteux d’avoir un christianisme tout caché. Son frère, musulman et fanatique, la gênait fort. Elle s’enfuit un jour chez des chrétiens. Le frère prit des clercs comme otages et les fit incarcérer. Flora revint à la maison pour ne pas faire souffrir les autres pour elle. Son frère essaya de la séduire, puis la mena au juge.

C’est là qu’on la torture en la maintenant par les deux bras tandis qu’on lui fouaille la tête jusqu’à la rendre chauve. Presque évanouie, elle est rendue à son frère, pour qu’il la soigne, l’instruise ou la ramène si elle ne se convertit pas. Dès qu’elle se sent guérie, Flora “fait le mur”, est recueillie chez un chrétien et se cache pendant six ans.

C’est pendant ce temps qu’elle rencontre une autre petite chrétienne, María, de famille chrétienne et dont le frère était diacre.

Ensemble elles vont réaffirmer leur foi au juge. Le cadi les renvoie dans un cachot malpropre, parmi les femmes de mauvaise vie. Elles jeûnent et prient. Euloge vient les réconforter. Après un troisième avertissement du cadi, elles sont conduites au tribunal où on les interroge. Elles résistent jusqu’au bout.

Enfin, elles sont décapitées : on laisse leurs corps aux chiens et aux oiseaux, puis on les jette au fleuve. On ne retrouvera pas le corps de Flora. Les chefs des deux martyres sont conservés dans la basilique de Saint-Aciscle. Euloge assure que c’est grâce à leur prière qu’il fut libéré quelques jours plus tard et il fit parvenir à la sœur de Flora la ceinture qu’elle portait en prison.

Le martyre de Flora et María eut lieu vers quinze heures de l’après-midi le 24 novembre 851, et c’est en ce jour qu’on célèbre leur fête.

Albert de Louvain

1166-1192

 

Albert était né vers 1166 à Louvain (Brabant, Flandre, Belgique), second fils de Godefroid III et de Marguerite de Limbourg.

Il n’avait que douze ans (1178), lorsqu’on le pourvut d’un canonicat à la cathédrale de Liège. A cette époque, une telle place était un avancement, sans aucune obligation cléricale.

En 1187, Albert renonça à son titre et demanda à Baudouin V de Hainaut de l’adouber chevalier, peut-être pour partir en croisade. Mais le nouveau chevalier resta sur place.

Revenant donc sur sa décision, il récupéra son canonicat l’année suivante. Cette même année 1188, on le vit archidiacre du Brabant.

En 1191 (il avait vingt-cinq ans), il fut proposé pour le siège épiscopal de Liège, alors qu’il n’était que sous-diacre. Contesté par un rival du parti impérial, Albert alla à Rome demander au pape son approbation. Le pape trancha en faveur d’Albert : il fallait l’ordonner prêtre et évêque et il déléguait à l’archevêque de Reims le pouvoir de procéder à ces ordinations. Albert fut ordonné prêtre puis sacré évêque les 19 et 20 septembre 1192, à Reims.

Entre temps, l’empereur avait installé sur le siège de Liège son propre candidat, Lothaire. Quand l’empereur apprit la nomination officielle d’Albert, il fit détruire à Liège les maisons des partisans d’Albert. Le nouvel évêque ne put jamais entrer dans sa ville. Il resta à Reims.

C’est là qu’il monta rapidement les degrés de la sainteté. Il ne se révolta pas et n’admettait pas qu’on insultât son rival de Lothaire. Même un de ses adversaires reconnaissait qu’il était pieux et libéral.

Le propre frère de Lothaire organisa sa vengeance. Il envoya à Albert des hommes armés, qui se présentèrent comme des exilés. Au cours d’une promenade à cheval, ils frappèrent à mort le jeune évêque en lui brisant la tempe et le crâne, l’achevant de treize blessures.

Les hommes vinrent rendre compte de leur forfait à l’empereur, qui les accueillit avec satisfaction. Lothaire fut excommunié, quoiqu’il n’eût peut-être pas commandité directement l’assassinat d’Albert.

Albert avait été évêque deux mois, pendant lesquels il s’était efforcé d’administrer son diocèse par messagers. Il fut considéré comme martyr, non pas de la foi, mais de sa fidélité à l’Eglise de Rome. Il mourut le 24 novembre 1192, son dies natalis au Martyrologe Romain.

Le culte de saint Albert fut confirmé en 1613.

On voulut ramener son corps de Reims à Louvain, mais il y eut une erreur. En 1918, après la Grande Guerre, on retrouva à Reims son cercueil intact, qui fut restitué à la Belgique en 1921. Une autopsie révéla que ce corps appartenait à un personnage de la trentaine (Albert mourut à vingt-six ans, ou guère plus), d’environ 1m80.

 

 

Balsamus de La Cava

? - 1232

 

Balsamus illustra son époque par sa douceur, sa sagesse et sa science.

On sait qu’il fut le dixième abbé du monastère bénédictin de La Cava (Naples, Italie SO), charge qu’il recouvra pendant vingt-quatre ans, de 1208 à 1232.

Même Frédéric II l’avait en estime, au point de le nommer justicier pour son territoire : au besoin, Balsamus aurait donc eu pouvoir de vie et de mort, mais n’en fit pas usage. Grâce aussi à la protection impériale, le monastère fut protégé des incursions (tandis que le Mont Cassin fut fortement endomamgé). 

Il profita plutôt de son crédit pour récupérer des biens ou des territoires injustement ravis au monastère.

L’abbaye put recevoir des hérétiques qui devaient y purger leur peine dans le silence et, si possible, dans la prière.

Cette abbaye connut une prospérité réelle ; elle possédait des ports, et le commerce lui apportait des bénéfices non négligeables.

Balsamus développa la bibliothèque. 

Il fut en bons rapports avec la noblesse et les donations affluèrent.

Le bienheureux Balsamus mourut le 24 novembre 1232 et son culte fut confirmé en 1928.

 

 

 

Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm

1761-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né en 1761 dans le village de An Dô (Quảng Trị), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Il fréquenta le séminaire de Kẻ Vĩnh (Nam Định) et reçut le sacerdoce.

Il exerça avec enthousiasme le saint ministère, s’occupant de former des catéchistes, de soulager les pauvres, avec beaucoup d’heureux résultats.

Dévôt de saint Joseph et de la Vierge Marie, il jeûnait le mercredi et le samedi.

Lors de la persécution, le père Vinh Sơn continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens. Il semble que sa cachette ait été révélée par d’autres détenus qui ne résistèrent pas aux tortures.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Phêrô Võ Đăng Khoa, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Etant âgé, le père Vinh Sơn fut légalement dispensé des tortures.

Le 24 novembre 1838, le père Vinh Sơn fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre, tandis que Mgr Dumoulin Borie fut décapité.

Le père Vinh Sơn fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Phêrô Võ Đăng Khoa

1790-1838

 

Phêrô (Pierre) était né en 1790 dans le village de Shunyi (Quỳnh Lưu, Nghệ An), troisième des sept fils de Phaolô Vu Đình Tân et Maria Nguyễn Thị Hoan.

Enfant précoce et pieux, il étudiait avec grande intelligence dès huit ans, de sorte que son père l’envoya au séminaire de Vĩnh Trị (Nam Định), où enseignait le père Jeantet.

Pierre fut ordonné prêtre en 1820.

Pendant neuf ans, il exerça avec enthousiasme le saint ministère, aux côtés d’un autre prêtre vietnamien, Luca Loan Đăng Vĩnh Phước, avec beaucoup d’heureux résultats.

Lors de la persécution, le père Phêrô continua d’affronter le danger pour visiter et conforter les paroissiens.  Devant changer constamment de domicile, il rappelait volontiers cette phrase du Christ : Les renards ont des tanières, les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête (Mt 8:20).

On le découvrit cependant dans la nuit du 2 juillet 1838 et il fut amené, ligoté, à Đồng Hới (Quảng Bình) le 7 octobre suivant. On l’interrogea à plusieurs reprises, pour lui extorquer des révélations sur les cachettes d’autres prêtres ; il reçut jusqu’à soixante-seize coups de fouet.

En prison il se trouva avec Mgr Dumoulin Borie et le prêtre Vinh Son Nguyễn Thẽ Ɖiêm, qui, avec lui, priaient chaque jour le chapelet et chantaient l’antienne mariale Ave maris Stella.

Le 24 novembre 1838, le père Phêrô fut conduit au lieu de son supplice, à Đồng Hới. Il se mit à genoux pour prier puis les deux bourreaux tirèrent chacun de leur côté les extrémités de la corde qui étrangla le prêtre.

Phêrô Võ Đăng Khoa fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 24 novembre.

Rappelons aussi que ce même jour, la liturgie romaine commémore tous les Martyrs du Vietnam.

 

 

Pierre Dumoulin Borie

1808-1838

 

Pierre-Rose-Ursule naquit le 20 février 1808 au moulin (d’où son surnom) de Cors, près Beynat (Corrèze), de Guillaume-Pradel Borie et Rose Labrunie, qui avaient déjà cinq enfants.

On peut dire que la courte vie de Pierre fut jalonnée de coups forts.

A trois ans, une maladresse fit qu’il eut le bras droit ébouillanté. Quand on retira la manche, l’épiderme partait avec, et l’enfant, sans crier, dit simplement : Vous me faites mal !

Adolescent, il se jette dans la Dordogne pour sauver un enfant qui se noie, et manque d’y rester lui-même.

Il vola un jour quelques fruits, et on le conduisit les mains liées derrière le dos pour aller faire amende honorable. Un autre jour, tout en larmes, il avoua aussi à sa mère qu’il lui avait volé deux sous.

Il commença à étudier chez son oncle prêtre, fréquenta le collège. Un jour, ses camarades le fouettèrent et l’attachèrent à un arbre, mais on ne précise pas quel était ce «jeu», ni pourquoi le garçon, déjà gaillard, se laissa faire, ni qui le découvrit, et quand… 

Les études n’étaient pas vraiment brillantes, en particulier pour le latin ; son oncle eut l’idée de le vexer en enseignant les rudiments du latin à sa petite sœur, bien plus jeune : l’expérience produisit son effet, et l’adolescent ingurgita les déclinaisons avec avidité.

Grandissant, Pierre semblait vouloir courir aux aventures, mais voilà qu’une bonne maladie fit assez souffrir - et réfléchir le jeune homme qui avait maintenant dix-huit ans. Guéri, il voulut servir Dieu tout de bon. Les Missions ? La médecine (pour guérir beaucoup de malades) ? La Trappe ? 

Son père l’orienta vers le grand séminaire du diocèse, et Pierre accepta sans regarder en arrière. Il écrivit même : Je ne me regarde plus comme votre fils ! J’appartiens à l’Eglise, à Dieu seul !

Désormais Pierre est un bon géant d’un mètre quatre-vingt-cinq, bien bâti, vigoureux, un numéro qui ne peut pas passer inaperçu. 

Cette première année au séminaire ne fut pas trop facile, car il fallait apprendre à se plier à un horaire, un règlement, choses nouvelles pour Pierre. Mais il se combattit, et reçut la tonsure à la fin de l’année. La lecture des Annales de la Propagation de la foi firent monter en son cœur le désir de partir en mission. Déjà, durant l’été suivant, ce grand séminariste fraîchement vêtu de sa soutane, s’occupait à parler aux enfants, aux pauvres, aux malades.

Au séminaire, il est chargé de l’infirmerie ; le temps qu’il récupère le soir, il le passe devant le Saint-Sacrement. Pierre s’entraînait à se passer de tout superflu.

L’épreuve ne l’abat pas lors de la mort de son père (1828), il persévère, et confie à sa mère qu’il partira en missions. On imagine les larmes de cette veuve, mais Pierre resta ferme : il quitta de nuit la maison familiale et, une fois à Paris, prit ses mesures pour «disparaître» à peine arriverait sa mère pour le convaincre de revenir à la maison.

Son apostolat commençait dans les rues de Paris : il sut préparer admirablement une bande de gamins à la première Communion.

Il dut supporter une opération à la main, une autre au genou : souffrances «minimes» qui lui en préparaient bien d’autres.

Ordonné diacre en mars 1830, il voulut sortir dans la rue au moment des Journées de juillet, «pour voir». Il s’était déguisé avec un costume de chasse, mais on le prit pour un Suisse de la garde royale ; on cria A mort, mais on s’aperçut vite que ce Limousin n’avait pas l’accent suisse !

Finalement il quitta Paris le 2 novembre 1830, devant recevoir l’ordination sacerdotale à Pondichéry (Inde orientale). Mais une dispense arriva entre temps et cette ordination eut lieu à Bayeux, le 21 novembre, jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple. Pierre avait 22 ans.

Le voyage pour les terres de mission fut très long : Pierre débarqua le 15 juillet à Macao, et arriva au Tonkin en mai 1832. Le bateau avait failli être englouti par deux trombes successives, et un typhon avait sérieusement touché la ville de Macao. L’empereur Minh persécutait déjà les chrétiens, ce qui obligeait Pierre à faire un long détour par Saïgon, pouvant difficilement se cacher à cause de sa haute taille, au milieu de gens habituellement si petits.

Le missionnaire, qui s’était mis difficilement au latin, apprit la langue locale en trois mois et pouvait désormais confesser, enseigner, prêcher. Il absorbait indifféremment tout ce que la cuisine lui servait, gagnant ainsi le cœur des indigènes. Toujours riant, toujours audacieux : il n’ambitionnait rien de moins qu’aller faire l’apologie de la religion devant l’empereur ! La prudence le lui déconseilla.

En peu de temps, il a reconstitué deux couvents, remonté deux collèges ; il fait la classe à vingt-cinq enfants. On l’aime, on le respecte, on l’accueille avec enthousiasme, on l’appelle le «grand-père». Son surnom annamite est Cao, illustre, grand.

Son calvaire commence le 31 juillet 1838 à deux heures du matin. Trahi par un chrétien qui avait cédé aux tortures, il était poursuivi par les soldats. Il s’était caché dans une dune de sable, mais se présenta spontanément, d’une façon qui rappelle l’arrestation de Jésus à Gethsémani : Qui cherchez-vous, leur demanda-t-il (cf.Jn 18:4), ce qui les fit reculer un instant.

Etendu à terre, une tuile sous le menton et une autre sous le ventre, son mouchoir dans la bouche, il reçoit trente coups de rotin. Un gémissement aux derniers coups seulement et, pour toute réponse au mandarin qui lui demande comment il se sent : Je suis de chair et d’os comme les autres, et pas exempt de douleur. Mais après comme avant la torture, je suis également content.

Courageux et de bonne humeur malgré la souffrance, il raconta ensuite : Sur le refus de déclarer les endroits où j’ai habité pendant cinq ans, on m’a fait administrer, le 3 août au matin, trente coups de rotin, qui, fortement appliqués, m’ont laissé tout couvert de mon sang, et d’abord incapable de me relever moi-même ; mais un instant après qu’on eut jeté une poignée de sel sur mes plaies et que j’eus éprouvé des douleurs cuisantes, je me sentis aussi bien portant et joyeux qu’avant la cérémonie.

On le garda en prison, sous une cangue de douze kilogrammes, en même temps que deux autres prêtres indigènes, Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm. Il y avait aussi d’autres chrétiens avec lui, et il pouvait recevoir des visites. C’est alors qu’il apprit sa nomination à l’épiscopat : il devenait ainsi vicaire apostolique du Tonkin oriental, sa «paroisse» qui n’était pas encore érigée officiellement en diocèse.

On attendait la sentence qui devait frapper «Cao» ; la ratification arriva le 24 novembre 1838 : Mgr Borie devait être décapité, et les deux autres prêtres arrêtés avec lui, étranglés. Le mandarin était à la fois soumis aux ordres, et sensible à la personnalité de Mgr Borie : il fit, selon la loi, préparer une poule en repas aux trois condamnés, regrettant la condamnation à mort de ce jeune évêque (Mgr Borie avait juste trente ans), mais Mgr Borie le remercia pour ses «faveurs» et voulut même s’incliner devant lui en signe de reconnaissance : le mandarin fondit en larmes.

Le supplice fut affreux. On s’était rassemblé près de Dong-hoï ; le soldat qui devait porter le coup fatal avait voulu se «donner des forces» avec un petit verre, mais il était ivre, et sa main tout-à-fait incertaine : un premier coup porta une blessure de l’oreille à la mâchoire, un second souleva le haut de l’épaule sur le cou, un troisième fut meilleur, mais la tête de notre «bon géant» tenait encore. Il fallut sept coups pour achever la vie de ce vaillant Confesseur, encore dut-on en plus séparer le chef du tronc même après la mort constatée. Le mandarin, écœuré et furieux, fit administrer quarante coups de rotin au soldat maladroit.

On ne trouva pas de cercueil assez grand : quand on voulut un an après recueillir le corps du Martyr, on constata que les jambes sortaient du cercueil, mais le corps était bien conservé. La dépouille de Mgr Pierre Borie fut ramenée à Paris en août 1843.

Quelle émotion, quand la maman de Pierre apprit la mort glorieuse de son fils, dont elle s’était séparée à contre-cœur dix ans plus tôt ! Cette maman vécut encore dix années avant de s’éteindre en ce monde en 1858 (l’année des apparitions à Lourdes) et de rejoindre son cher fils dans la joie éternelle.

Mgr Pierre Dumoulin Borie fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, en même temps qu’une centaine d’autres Martyrs du «Viêt-Nam». Chacun d’eux est commémoré en son dies natalis au Martyrologe, mais une fête commune leur a été assignée, justement le 24 novembre, jour du dies natalis de saint Pierre Borie et de ses deux Compagnons Phêrô Võ Đăng Khoa et Vinh Sơn Nguyễn Thế Ɖiểm.

 

 

Maria Anna Sala

1829-1891

 

Maria Anna Sala naquit à Brivio (Lecce, Italie SE), le 21 avril 1829, cinquième des huit enfants de Giovanni Maria Sala et de Giovannina Comi, parents profondément chrétiens et vivant à l’aise en de bonnes conditions économiques. Monsieur Sala avait sa place dans le commerce du bois et possédait une belle villa au centre du pays. Baptisée le jour-même de la naissance, la petite fille reçut les noms de Maria Anna Elisabetta.

Comme ses nombreux frères et sœurs, Maria Anna reçut au sein de cette grande famille une bonne éducation chrétienne et une solide formation. Très intelligente, elle fut vite remarquée par sa maîtresse, Mademoiselle Alessandrina, à l’école primaire. Elle reçut la Confirmation le 12 septembre 1839, à dix ans, et pour la première fois l’Eucharistie, comme c’était la coutume à cette époque.

Comme elle avait de bonnes dispositions pour l’étude, on la confia aux Sœurs Marcellines de Vimercate, une récente congrégation fondée près de Milan par Mgr Luigi Biraghi, pour l’éducation chrétienne des jeunes filles de cette bourgeoisie qui commençait à se développer alors. En novembre 1846, à dix-sept ans, Maria Anna obtint brillamment son diplôme de l’enseignement pour les écoles primaires.

Elle rentra aussitôt dans son pays et se donna pleinement à l’assistance auprès de sa mère malade, aux soins de ses petits frères et sœurs, mais aussi autant que possible auprès des petits enfants de la paroisse, aux malades et à ceux qui étaient dans le besoin. Bientôt, elle sentit en elle cet appel divin à la consécration totale, au témoignage pour le Christ dans les écoles, et entra chez les Sœurs Marcellines.

Il y eut quelques difficultés, car alors la famille subit quelques revers économiques ; mais Dieu aidant, elle fut accueillie par le Fondateur lui-même. Là elle put s’épanouir et donner libre cours à ses deux aspirations fondamentales : nourrir une intense vie intérieure, et se donner activement à l’apostolat parmi les jeunes filles.

Son noviciat, commencé en 1849, se prolongea au-delà des temps habituels, à cause des vicissitudes politiques que l’Italie traversait alors, de sorte qu’elle ne prononça ses vœux qu’en 1852, au moment où la Congrégation obtenait enfin l’érection canonique, c’est-à-dire la reconnaissance officielle de la part de l’Eglise et du gouvernement (autrichien) d’alors.

Elle enseigna successivement la musique et le français dans les écoles primaires, en diverses écoles, jusqu’à Milan, où elle fut aussi assistante à l’Hôpital militaire, tout en préparant et obtenant brillamment le Diplôme supérieur de l’enseignement. Puis elle fut supérieure adjointe des élèves des grandes classes, envoyée ensuite à Gênes avec la même charge, et eut aussi des responsabilités importantes à Chambéry, où elle enseigna et dirigea des groupes de sœurs et de grandes élèves italiennes qui apprenaient le français.

La volonté du fondateur des Sœurs Marcellines était que les religieuses fussent en constant rapport avec les élèves, jour et nuit, à l’étude et à la récréation, à la prière et au travail, à table et au dortoir. C’était une tâche vraiment harrassante, que notre Maria Anna accomplit avec fidélité, sérénité et profond esprit de responsabilité, pendant plus de quarante années.

Rappelée à la maison-mère, elle fut Assistante Générale, sachant donner d’excellents conseils pour les affaires de la Congrégation. Maîtresse des novices, bibliothécaire, chancelière, économe : partout elle montra sagesse, prudence et exactitude, faisant tout remonter à la gloire de Dieu. Toujours disponible, son “J’arrive de suite” était proverbial.

Un des sacrifices qui lui coûta beaucoup fut son transfert de Gênes à Milan. “J’ai honte de moi-même, disait-elle,  parce que je me croyais prête à tout sacrifice, mais en pratique, la nature se manifeste encore bien vivace”.

Aux fatigues quotidiennes vint s’ajouter une tumeur à la gorge. Douleurs intenses et crises de toux lui imposaient d’interrompre son cours, mais elle se dominait, s’excusait pour le “mauvais exemple” qu’elle donnait, et achevait la leçon imperturbablement.

Elle s’éteignit enfin le 24 novembre 1891, à Milan, en odeur de sainteté. En 1920, on retrouva son corps absolument sans corruption, et elle fut béatifiée en 1980.

Paula Isla Alonso

1863-1936

 

Née le 28 juin 1863 à Villalaín (Burgos, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1887, avec le nom de Paula de Sainte Anastasie.

Après sa profession, elle fut envoyée à La Beneficencia de Alcoy, Cascant, Sabadell, Cardona, Villafraca, Alcoy, Valls, Espluga, Benicásim, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), d’habitude comme enseignante, sauf à Valencia où elle s’occupait de la garde-robe. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

Elle était là la plus ancienne des douze Religieuses.

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Paula préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Paula était une femme de grande piété, silencieuse et travailleuse.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Paula et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Niceta Plaja Xifra (ou Jofra)

1863-1936

 

Née le 31 octobre 1863 à Torrent (Girona, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1880, avec le nom de Niceta de Saint Prudence.

Après sa profession (1883), elle fut envoyée à Palafrugell et à Llagostera, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), en 1886, où elle resta jusqu’en 1936 et dont elle devint la Supérieure.

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où l’on allait les fusiller.

Niceta demanda à être exécutée la dernière, et au dernier moment, pria : Seigneur, tu me les as confiées et je te les ai rendues, maintenant que tu me les redemandes.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Niceta et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Antonia Gosens Sáez de Ibarra

1870-1936

 

Née le 17 janvier 1870 à Vitoria (Álava, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vic (Barcelone) en 1887, avec le nom de Antonia de Saint Timothée.

Après sa profession, elle fut envoyée à Valencia, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), entre autre comme sacristine. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la famille d’Antonia demanda à la Mère Provinciale (et obtint) que la Supérieure la renvoyât chez les siens, mais Antonia préféra rester avec ses Consœurs. Bientôt la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais elle préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Antonia sut faire partager son esprit joyeux à toutes ses Compagnes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Antonia et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Daria Campillo Paniagua

1873-1936

 

Née le 8 septembre 1873 à Vitoria (Álava, Espagne), elle fréquenta le collège de Notre-Dame du Carmel de Madrid, tenu par les Carmélites de la Charité. Elle entra au noviciat de Vic (Barcelone) en 1895, avec le nom de Daria de Sainte Sophie.

Après sa profession, elle fut envoyée au collège de Vic, puis à Castellón, enfin à la Maison de la Miséricorde (Valencia), comme infirmière. La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, la maison de Valencia dut être abandonnée ; Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, mais Daria préféra personnellement rester avec celles du Pays Basque et de Castille, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Daria fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla. 

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Daria et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Odriozola Zabalía

1882-1936

 

Née le 8 février 1882 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1904, prenant le nom de (María) Concepción de Saint-Ignace.

Après sa profession, elle fut envoyée la Beneficencia de Alcoy, puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage, de l’infirmerie, de la sacristie et de l’église ; ella resta dans ces fonctions jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se montra très appliquée dans ses activités, bien organisée, sans rien oublier et surtout sans jamais se montrer «stressée».

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Erundina Colino Vega

1883-1936

 

Née le 23 juillet 1883 à Lagajeros (Zamora, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1915, prenant le nom de Erundina de Notre-Dame du Mont Carmel.

Vu qu’elle avait «déjà» trente-deux ans, il lui fallut une permission spéciale de la Supérieure Générale pour être admise.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia). 

Très cultivée, elle avait un grand talent pour s’occuper des personnes qu’on lui confiait. En outre, sa santé délicate lui occasionna des douleurs non insignifiantes, qu’elle supporta avec grande patience. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. Erundina pouvait même partir à l’étranger, mais elle préféra personnellement rester avec les Consœurs, qui ne pouvaient quitter Valencia.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Erundina et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

María Consuelo Cuñado González

1884-1936

 

Née le 2 janvier 1884 à Bilbao (Biscaye, Espagne), elle connut les Carmélites de la Charité durant un voyage. Elle entra au noviciat de Vitoria en 1901 et prit le nom de María Consuelo du Saint-Sacrement.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia) comme enseignante, charge qu’elle accepta un peu à contre-cœur au début, mais qu’elle assuma généreusement par la suite, au point de se montrer une pédagogue-née, intelligente, imaginative et pleine d’entrain. 

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles. María Consuelo eut l’occasion de passer dans la zone nationale, mais il lui en coûtait de se séparer de ses Sœurs : elle renonça au voyage et partagea désormais le sort de toutes.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

María Consuelo et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Feliciana de Uribe y Orbe

1893-1936

 

Née le 8 mars 1893 à Múgica (Biscaye, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1913, prenant le nom de Feliciana de Notre-Dame-du-Carmel.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper des enfants malades, puis des messieurs malades, et resta dans cette fonction jusqu’à sa mort.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Feliciana savait se faire respecter, et sut délicatement imposer l’ordre et la propreté, sans oublier la prière et les sacrements. Elle savait anticiper les besoins de chacun et c’était à chaque fois une occasion de montrer son esprit de prière et de charité.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Feliciana et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Concepción Rodríguez Fernández

1895-1936

 

Née le 13 décembre 1895 à Santa Eulalia (León, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à León, puis entra au noviciat de Vitoria en 1916, prenant le nom de Concepción de Sainte Madeleine.

Après sa profession, elle fut envoyée d’abord au collège de Denia (Alicante), puis à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Concepción se distingua par sa foi et son esprit d’obéissance, qui l’aidèrent à accepter les épreuves.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Concepción et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Félix Alonso Muñiz

1896-1936

 

Il naquit le 2 mai 1896 à Oseja de Sajambre (León, Espagne) et fut baptisé le même jour. Il fut confirmé «beaucoup» plus tard, en 1917 (à l’époque, on donnait ce sacrement très tôt, parfois même peu de temps après le baptême).

Il entra à l’école dominicaine de Corias (Asturies), et fut un élève studieux et intelligent, puis passa au noviciat.

Après la profession (1913), il étudia la théologie à Salamanque, où il apprit aussi la musique, ce qui lui permit de tenir l’orgue. 

Il fut ordonné prêtre en 1920.

Sa mission le conduisit aux collèges de Vergara (Guipúzcoa), Oviedo et Astocha (Madrid).

Ce fut un excellent professeur et il s’intéressa particulièrement aux études sociales. De plus, il se spécialisa aussi en philosophie pour avoir plus d’impact dans son ministère social. Effectivement, il fut conseiller pour l’Action Catholique à Astocha.

C’était un homme extraverti, ouvert, amical, tranquille, optimiste et joyeux ; il possédait une belle voix et aimait faire des excursions à pied.

Le 18 août 1936, il se présenta spontanément à la Direction Générale de Sécurité, pensant éviter quelque agression, mais on l’arrêta et on le mit dans la prison Porlier. Habilement, il put consacrer l’Eucharistie et donner la Communion à des compagnons de prison, avec lesquels il priait et auxquels il lisait des passages des livres qu’il avait pu prendre avec lui. Son état d’âme calme redonnait courage aux autres.

Ayant donné l’absolution à un prisonnier blessé mortellement, on en déduisit officiellement qu’il était prêtre et fut inscrit sur la liste de ceux qui devaient être «mis en liberté», c’est-à-dire conduits au peloton d’exécution.

On le conduisit effectivement au lieu-dit Paracuellos del Jarama, dans les environs de Madrid, où il fut fusillé le 24 novembre 1936.

Le père Félix Alonso Muñiz fut béatifié en 2007.

 

 

Clara Ezcurra Urrutia

1896-1936

 

Née le 17 août 1896 à Uribarri de Mondragón (Guipuzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité à Vitoria en 1920, prenant le nom de Clara de Notre-Dame de l’Espérance.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du vestiaire et du dortoir des petites filles.

Une grave maladie poussa le médecin à lui imposer le repos absolu, ce qu’elle accepta comme un gros sacrifice, sans rien perdre de sa joie et de sa douceur.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Clara et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

 

 

Justa Maiza Goicoechea (Goikoetxea)

1897-1936

 

Née le 13 juillet 1897 à Ataun (Guipúzcoa, Espagne), elle entra au noviciat des Carmélites de la Charité de Vitoria en 1920, prenant en 1922 le nom de Justa de Marie Immaculée.

Après sa profession, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia), pour s’occuper du repassage et de l’infirmerie, charges qu’elle recouvrit jusqu’à sa mort. Quand elle avait fini son travail, elle allait aider ses Consœurs.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Justa se montra très appliquée dans ses activités, silencieuse, efficace, et toujours de bonne humeur.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936.

Justa et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001. 

 

 

Candida Cayuso González

1901-1936

 

Née le 5 janvier 1901 à Ubiarco (Santander, Espagne), elle fréquenta le collège des Carmélites de la Charité à Madernia, puis entra au noviciat de Vitoria en 1921, prenant le nom de Candida de Notre-Dame des Anges.

Après sa profession en 1923, elle fut envoyée à la Maison de la Miséricorde (Valencia).

Elle était la plus jeune de la communauté.

La Supérieure était Niceta de Sainte-Prudence (voir la notice, au même jour).

A cause des événements de 1936, Mère Niceta disposa que les Sœurs de Levante et de Catalogne retournassent dans leurs familles, tandis que restaient celles du Pays Basque et de Castille.

Candida, avec Erundina, fut des premières à laisser la maison pour se réfugier dans le collège, puis rejoignirent les autres.

Une de ses cousines passa pour l’emmener à Oliva ; mais Candida finit par préférer rester, quittant sa cousine avec ces mots : Dis à ton père et à mes frères qu’ils ne se fassent pas de soucis pour moi ; que je meurs tout-à-fait tranquille, très contente, et que je donne avec plaisir ma vie pour Jésus.

Elle fut arrêtée le 27 juillet avec ses onze Compagnes, conduite à la tchéka de la rue Grabador Esteve, puis à la prison féminine de Alacuás, d’où elles furent conduites à Picadero de Paterna (Valencia), où on les fusilla.

Ce martyre eut lieu le 24 novembre 1936. Candida avait trente-cinq ans.

Candida et ses onze Compagnes ont été béatifiées en 2001.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 22:14

Elisabetta Sanna Porcu

1788-1857

 

Elisabetta Sanna naquit le 23 avril 1788 à Codrongianos (Sassari, Sardaigne), deuxième des neuf enfants de bons parents paysans ; le père était en outre le maire du pays, et l’un des enfants, Antonio Luigi, fut prêtre.

A peine âgée de trois mois, la petite fille eut la variole, qui lui rendit impossible le mouvement des bras pour faire le signe de Croix, pour manger, pour laver son visage et s’habiller ; mais elle pouvait travailler avec ses mains, pétrir le pain, l’enfourner et le défourner.

En 1794, elle reçut la Confirmation et apprit d’une pieuse personne l’importance de la prière et de l’adoration eucharistique. Elle fit la Première Communion peu après.

Profondément chrétienne, elle priait le chapelet quotidien, fréquentait l’église, aidait les pauvres ; à quinze ans, elle dirigeait et catéchisait un groupe de jeunes filles.

Un jour qu’elle regardait le Crucifix, elle entendit cette voix : Aie courage, et aime-moi ! Elle comprit alors qu’une mission particulière l’attendait.

Un bon garçon, Antonio Porcu, remarqua le courage et l’ardeur de cette jeune femme et l’épousa en 1807 ; ils eurent sept enfants. Elisabetta les éleva très chrétiennement, y associant aussi d’autres enfants du village ; d’autres mamans venaient aussi apprendre avec elle des prières et des cantiques.

Très organisée, elle maintint toujours en ordre la maison, travailla aux champs, visitait les malades, allait prier dans un sanctuaire marial proche.

En 1825, mourut Antonio, quand son plus jeune enfant n’avait que trois ans. Mais Elisabetta ne fut jamais découragée. Sa vie spirituelle s’approfondit et elle fit bientôt le vœu de chasteté. Elle projeta le pèlerinage en Terre Sainte, mais dut s’arrêter à Rome, où elle connut s.Vincenzo Pallotti (v.22 janvier). Ce dernier devint son conseiller spirituel, dont elle apprit à faire de toute activité un témoignage apostolique à la gloire de Dieu.

C’est à Rome qu’Elisabetta entra dans l’Ordre séculier franciscain. Elle devait rester romaine jusqu’à la mort.

Beaucoup vinrent lui demander ses lumières, ses conseils, de s.Vincenzo au cardinal Soglia. Il y eut quelqu’un de très mécontent, le Diable, qui lui imposa beaucoup d’épreuves, outre les maladies successives dont elle souffrit. Une de ses grandes souffrances fut aussi de ne pouvoir revenir dans sa famille en Sardaigne, mais elle fut fort soulagée en apprenant que les siens se portaient mieux. Elle consacra désormais tout son temps à faire du bien partout où elle le pouvait : auprès des malades, des pauvres, des enfants, tout en passant des heures en adoration.

En 1852, elle fut un des témoins dans le procès de béatification de s.Vincenzo Pallotti, qui était mort deux années plus tôt. Cette séparation fut une épreuve supplémentaire pour Elisabetta, qui ne perdit pas pour autant sa force dans son action évangélisatrice.

Elisabetta s’éteignit à son tour dans sa petite chaumière, le 17 février 1857.

Elisabetta Sanna fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 17 février.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 20:15

María Antonia de Paz y Figueroa

1730-1799

 

María Antonia de Paz y Figueroa naquit en 1730, de famille aisée, à Silipica (Santiago del Estero, Argentine).

Ayant reçu une bonne éducation chrétienne, elle conçut dès l’âge de quinze ans, en 1745, le désir de se consacrer entièrement à Dieu. Au contact avec la spiritualité ignatienne, elle vêtit le simple habit de consacrée et, avec d’autres amies, commença à vivre en communauté dans un local appelé «Beaterio».

En 1767, comme on le sait, l’Ordre des Jésuites fut interdit, et les Religieux expulsés. María Antonia cependant se refusa à abandonner la pratique des Exercices Spirituels de s.Ignace (v. 31 juillet), appuyée en cela par son directeur spirituel et par l’évêque. Elle se mit donc à parcourir les villages et les quartiers des villes, appelant, convoquant, et prêchant d’exemple. Elle eut aussi une remarquable aptitude à gérer l’accueil des participants, leur garantissant le vivre et le couvert durant toute la session.

Le résultat ne se fit pas attendre : nombreuses furent les conversions, les retours à la foi, la pratique des vertus, le renouveau spirituel des prêtres et des religieux.

En 1779, María Antonia parcourut des milliers de kilomètres à pied, rejoignant Jujuy, Salta, Tucumán, Catamarca, la Rioja, Córdoba, et finalement Buenos Aires ; là, elle se heurta à l’opposition des représentants impériaux, mais l’évêque la reçut avec grande bienveillance et lui concéda d’amples facultés.

Cette spiritualité rencontra en réalité un immense succès, et gagna même la France. María Antonia profita de cet avantage, nous dit-on, pour introduire et développer la dévotion à s.Gaétan (v. 7 août), patron des sans-emplois, des ouvriers, dont la fête est une sorte de fête nationale religieuse en Argentine.

Cette fondatrice savait être aussi discrète qu’efficace. Elle sut mettre en contact les riches et les pauvres sans créer d’affrontements ; elle savait demander conseil avant de décider ; elle-même marchait pieds-nus et portait le cilice.

En 1790, elle se rendit jusqu’en Uruguay. De retour à Buenos Aires, elle fit construire une maison d’exercices spirituels plus ample, y installant les femmes qui collaboraient avec elles et qui devinrent alors les Filles du Divin Sauveur. María Antonia adopta le nom religieux de María Antonia de Saint-Joseph, mais le peuple la connaissait mieux sous le nom de Mama Antula. La maison de Buenos Aires est toujours active aujourd’hui.

María Antonia s’éteignit après une courte maladie, le 7 (ou le 6 ?) mars 1799.

María Antonia de Paz y Figueroa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 7 mars.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 10:51

Władysław Bukowiński

1904-1974

 

Władysław-Antonij Kiprijanovič Bukowiński naquit le 22 décembre 1904 à Berdyczów ; il était le frère aîné de Gustav et Irene, tous enfants du premier mariage de Jozef Cyprian Bukowiński, dont l’épouse, Jadwiga Scipio del Campo, mourut en 1918 ; ayant alors épousé en 1920 la sœur de cette dernière, Victoria, Jozef eut encore un fils, Zygmunt.

Cette famille était polonaise d’origine et, comme beaucoup de familles de ces régions, habitait dans la zone qui aujourd’hui est l’Ukraine, dans ce qui était l’Empire de Russie.

Władysław reçut le baptême le 26 décembre suivant sa naissance.

En 1912, on déménagea dans la ville polonaise d’Opatów. En 1914, Władysław revint en Ukraine, pour étudier à Kiev puis dans la région de Podolia ; en 1917, il fréquenta une école polonaise à Płoskirów (nom polonais de la ville ukrainienne de Khmelnytskyi) et, en 1920, fuyant l’avancée des Bolcheviks, la famille s’en vint dans la ville polonaise de Sandomierz.

En 1921, Władysław passa l’examen de terminale à Cracovie et entreprit des études de théologie. C’était un esprit supérieur qui savait mener de front plusieurs activités : il fréquenta également les cours de Droit à l’université ; il publia trois mémoires sur l’histoire de droit médiéval, dont deux furent récompensés par la faculté. De 1923 à 1925, Władysław suivit les cours de Sciences Politiques à la faculté de Droit et obtint son diplôme de doctorat.

En 1926, après une heureuse rencontre avec un ecclésiastique, il décida de commencer vraiment la théologie en vue du sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1931.

De 1931 à 1935, il fut vicaire et catéchiste à Rabka, où il fonda le cercle Revival pour les étudiants. En 1935-1936, il fut vicaire et catéchiste à Sucha Beskidzka ; il fut ensuite à Łucka de 1936 à 1945.

Durant cette période, il travailla beaucoup aux côtés d’immigrants polonais, de prisonniers politiques ou criminels. Il enseigna la sociologie au Grand séminaire de 1936 à 1939, en même temps qu’il devenait le secrétaire général de l’Action Catholique à partir de 1938, directeur de l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses et rédacteur en chef adjoint de La Vie Catholique.

Lors de la déclaration de guerre en 1939, l’évêque lui confia la pastorale de la cathédrale de Łuck, où l’on put remarquer et admirer sa grande intelligence, sa sérénité en face du danger, sa détermination à défendre la liberté de la religion.

En 1940, il fut arrêté par les agents du NKVD (la police secrète soviétique) et condamné à huit années de travaux forcés pour le crime d’être prêtre dans une zone contrôlée par le communisme. En 1941, les troupes germaniques envahirent l’Union Soviétique et la police soviétique voulut abattre les prisonniers ; mystérieusement, Władysław ne fut pas fusillé, et put reprendre sa place à Łuck ; là, il s’employa à cacher des enfants juifs chez des familles catholiques.

Survint une seconde arrestation en 1945, avec d’autres prêtres et l’évêque. On les expédia à Kovel puis Kiev, en les accusant de trahison ou d’espionnage en faveur du Vatican. En juin 1946, Władysław fut condamné à dix années de goulag, dans les mines de Karaganda (Kazakhstan) ; mais Władysław n’était pas abattu pour autant : dès qu’il le pouvait, il passait parmi les prisonniers pour les réconforter, pour donner l’absolution, pour donner l’Eucharistie - car il arrivait aussi à célébrer clandestinement.

En 1947, il fut transféré dans une autre prison, où il contracta une sévère pneumonie ; après une brève hospitalisation, il fut renvoyé en prison ; en 1950, nouveau transfert dans un autre camp. Władysław continuait son apostolat caché et efficace auprès des autres prisonniers, particulièrement des malades.

Presqu’au terme des dix années infligées, en 1954, il fut «libéré», mais affecté à la surveillance d’un chantier de construction à Karaganda ; en réalité, il était le premier prêtre à pénétrer dans ce lointain Kazakhstan communiste. Władysław s’organisa pour célébrer la Messe dans des maisons privées, tous rideaux bien fermés. Il devait se présenter chaque mois à la police locale pour pointer.

En 1955, on lui proposa de retourner en Pologne ; il préféra rester au Kazakhstan et devint même officiellement un citoyen soviétique. Il remit sa démission comme surveillant de chantier et ne s’occupa que de ses activités sacerdotales, même cachées.

En 1957, il vint en aide à un groupe de Polonais déportés à Alma-Ata, nouveau crime pour lequel il fut accusé d’activités illégales (il avait fait construire pour eux une chapelle !), et envoyé pour trois ans dans un camp de travail à Irkutsk. Il put revenir à Karaganda en 1962.

De 1963 à 1973, Władysław put voyager trois fois en Pologne : il fut reçu par l’archevêque Karol Wojtyła, futur pape s.Jean-Paul II. Très surveillé par les services secrets, il put faire une brève visite à sa famille, accomplit encore une mission en Tadjikistan, dut passer plusieurs mois d’hospitalisation et retourna au Kazakhstan en octobre 1974, très affaibli. Il célébra la Messe pour la dernière fois le 25 novembre et reçut les ultimes Sacrements.

Władysław avait cumulé plus de treize années de camp de concentration. Il s’éteignit à Karaganda, le 3 décembre 1974, ayant entre ses doigts le chapelet qu’il s’était confectionné avec des boulettes de pain.

Władysław Bukowiński fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 3 décembre.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:00

 

23 NOVEMBRE

 

I.

S Clément Ier, pape (88-97) : auteur d'une Epître aux Corinthiens, relégué en Chersonèse où il aurait été jeté à la mer, une ancre au cou ; chaque année depuis, la mer se retirait pour laisser voir son tombeau ; une maman y aurait retrouvé vivant son petit enfant laissé l'année précédente ; s. Cyrille y aurait retrouvé et le corps et l'ancre. Son nom est mentionné au Canon romain.

II.

Ste Felicitas mère (?) des sept martyrs romains : Ianuarius, Felix, Philippus, Silanus, Alexander, Vitalis, Martialis (cf. 10 juillet).

?

Ste Mustiola, martyre à Chiusi. 

III.

S Clemens, premier évêque à Metz (I. ?).

IV.

S Sisinnios, évêque martyr à Cyzique.

Ste Lucretia, vierge martyre à Mérida.

V.

S Amphilochios, évêque à Iconium, émule des ss. Basile le Grand et Grégoire de Nazianze.

S Spes, évêque à Spolète.

S Paulin, fondateur d'un monastère et abbé à Whitland.

VI.

S Séverin, ermite près de Paris, qui remit à s. Cloud l'habit religieux.

VII.

S Gregorio, moine en Syrie, évêque à Agrigente, auteur d'un commentaire de l'Ecclésiaste en grec ; on essaya de le compromettre avec une femme pour le dénoncer au pape.

S Colomban, moine irlandais, apôtre en Gaule, fondateur de monastères à Luxeuil et Bobbio.Ste Vulfétrude, abbesse à Nivelles ; elle succéda aux saintes Itte et Gertrude. 

S Trudo (Trond), prêtre à Sarchinium, Zerkingen. 

VIII.

S Lamain, martyr en Franche-Comté.

X.

Ste Rachilde, recluse à Saint-Gall, victime de plaies cancéreuses pendant plus de vingt ans.

S Pharetrius (Phalier), moine solitaire à Chabris.

XV.

Bse Marguerite de Savoie, marquise de Montferrat, nièce du pape d'Avignon Clément VII, dominicaine et, exceptionnellement, abbesse à Alba.

XIX.

Ste Yu So-sa Jechillia, veuve coréenne octogénaire martyrisée après douze interrogatoires, canonisée en 1984 et fêtée le 20 septembre.

XX.

B Miguel Agostino Pro (1891-1927), prêtre jésuite mexicain, fusillé, béatifié en 1988.

Bse Felícitas Cendoya Araquistain (María Cecilia, 1910-1936), Visitandine à Madrid, qui retourna vers ses bourreaux après les avoir fuis une première fois, fusillée, béatifiée en 1998.

B Jaime Nàjera Gherna (Alejandro, 1910-1936), prêtre capucin, martyrisé près de Barcelone, béatifié en 2015.

Bse Maria Angela Alfieri (Enrichetta, 1891-1951), des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret, italienne béatifiée en 2011.

Clément 1er

88-97

 

Clemens, premier pape de ce nom, fut le quatrième pape de l’histoire de l’Eglise. Il succéda à Clet (ou Anaclet, s’il faut distinguer ces deux noms, selon certains).

Fils de Faustinianus, né à Rome dans le quartier du Cœlius, Clemens fut disciple direct de saint Pierre et de saint Paul, selon le témoignage de saint Irénée.

Une très ancienne tradition, déjà attestée par Origène, repris par saint Jérôme, identifie le pape Clemens avec le personnage du même nom mentionné par saint Paul aux Philippiens (Ph 4:3).

Il semble moins sûr que le pape Clemens ait été de la famille de Flavius Clemens.

C’est donc sous le pontificat de Clemens qu’une forte agitation mit en effervescence la communauté chrétienne de Corinthe, comme ç’avait déjà été le cas au temps de saint Paul. La lettre que Clemens leur envoie en cette occasion contient beaucoup de réminiscences de l’Ancien Testament, de conseils avisés pleins de douceur et de bonté, invitant à la réconciliation, à l‘humilité, à l’obéissance, au respect de la hiérarchie ecclésiastique.

C’est le premier exemple de l’intervention de l’évêque de Rome dans une autre communauté, signe de la primauté romaine dans l’Eglise universelle.

La Lettre aux Corinthiens de Clemens fut très célèbre, au point qu’on la citait juste après les écrits inspirés. Actuellement, on en reprend plusieurs extraits dans le bréviaire. Successivement, on attribua au même pape d’autres écrits, jugés aujourd’hui comme apocryphes : une homélie considérée comme sa seconde épître, deux lettres aux Vierges…

D’après certains écrits, saint Clément, victime des persécutions sous Nerva et Trajan, fut relégué en Chersonèse. Il y retrouva nombre de chrétiens déjà exilés là, y opéra des miracles qui le rendirent célèbre et amena à la foi des centaines de païens. Le bruit en vint aux oreilles de Trajan, qui ordonna de le précipiter en mer, une ancre au cou.

Ce martyre aurait eu lieu le 23 novembre 97.

Depuis, la mer se retirait chaque année pendant huit jours pour permettre d’aller honorer le saint corps du Martyr. Une année, une maman se retira trop précipitamment et n’eut pas le temps d’emmener son petit garçon… qu’elle retrouva juste endormi l’année suivante.

Saint Cyrille, l’apôtre des Slaves au 9e siècle, crut retrouver le saint corps et le ramena à Rome. C’est depuis ce temps que les reliques de saint Clément reposent dans la basilique Saint-Clément, édifiée au lieu d’un ancien temple de Mithra, entre le Cœlius et l’Esquilin. Cette basilique offre un intérêt extraordinaire du point de vue archéologique.

D’après le Liber pontificalis, Clemens ordonna quinze évêques, dix prêtres et deux diacres. Il aurait aussi, dans chaque quartier de Rome, chargé un notaire de rechercher avec soin et attention les Actes des martyrs.

Saint Clemens est fêté en son dies natalis, le 23 novembre, jour où le mentionne le Martyrologe.

Dans la prière du Communicantes du Canon Romain de la Messe, saint Clemens est nommé juste après Lin et Clet, les deux successeurs de saint Pierre. Certains anciens ont écrit que Lin et Clet n’avaient été que des «coadjuteurs» de Pierre, et que Clément lui aurait directement succédé. Ceci bouleverserait sans doute toutes les dates avancées pour les différents pontificats, mais n’est pas la thèse qui a finalement été adoptée.

C’est en ce jour que Blaise Pascal eut sa nuit de lumière et qu’il écrivit son Mémorial, «jour de saint Clément… veille de saint Chrysogone» (lundi 23 novembre 1654).

Le successeur de Clemens fut saint Evariste.

 

 

Felicitas de Rome

† 162

 

On a vu le problème qui existe au sujet de cette présumée mère de sept garçons, tous martyrisés le 10 juillet 162.

Voyant ses sept fils torturés sous ses yeux, elle les exhortait ainsi : Levez les yeux, regardez vers le ciel, c’est là que Jésus-Christ vous attend avec ses Saints.

Elle fut enterrée près de Silanus, au cimetière de Maximus, ce qui fait penser qu’elle en était bien la mère. Mais pour les autres, enterrés en trois autres cimetières, on a expliqué qu’ils auraient été victimes de juges différents.

Finalement, Felicitas n’aurait aucun rapport de parenté avec ces autres Martyrs.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Felicitas de Rome, au 23 novembre.

 

 

Mustiola de Chiusi

† 275

 

Mustiola aurait été une lointaine parente de l’empereur Claudius II. Elle quitta cette Rome trop agitée par les événements politiques et vint à Chiusi (Toscane, Italie C). On ne sait si elle était déjà baptisée à ce moment-là ou si elle reçut ce sacrement des mains de l’évêque Marcus de Chiusi.

Lorsque l’empereur Aurélien se déchaîna contre les Chrétiens, Mustiola mit tout son crédit et ses biens au service des Chrétiens, achetant les gardiens de prison, visitant les prisonniers de nuit pour les réconforter et les encourager à rester fidèles a Christ.

Arriva sur ces entrefaites un envoyé impérial, chargé d’inspecter la situation de Chiusi au sujet des nombreux Chrétiens arrêtés. On lui signala Mustiola.

Sous les yeux de celle-ci, il fit torturer et décapiter plusieurs Chrétiens ; un diacre, Ireneo, fut longuement torturé sur le chevalet et eut tout le corps brûlé par des fers incandescents. Mais Mustiola restait ferme dans son attitude. Elle fut alors battue avec des lanières garnies de plomb, et expira le 23 novembre 275.

Une version différente des faits raconte que, dans un premier temps, Mustiola aurait réussi à tromper ses gardiens en traversant le lac de Chiusi sur son manteau. Reprise, elle aurait alors été battue à mort, le 3 juillet 275.

Une autre variante, encore plus étonnante, prétend que Mustiola avait rapporté de Rome un anneau mystérieux, que lui avait d’ailleurs remis son fiancé, un Chrétien nommé Lucius. Ce dernier fut martyrisé. L’anneau aurait été ni plus ni moins celui que remit s.Joseph à la Vierge Marie lors de leurs fiançailles. La ville de Chiusi le conserva longtemps ; au quinzième siècle, un religieux osa le remettre aux habitants de Pérouse, entraînant la Guerre de l’Anneau qui opposa longtemps les deux villes et ne s’acheva que lorsqu’on retrouva le saint corps de Mustiola : la découverte apaisa les uns et les autres et mit fin à la guerre. Le fameux anneau se trouverait encore dans la cathédrale de Pérouse.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Mustiola de Chiusi au 23 novembre.

 

 

Clemens de Metz

3. siècle

 

Clemens aurait été consacré évêque par s.Pierre lui-même, d’après des récits anciens mais apparemment peu historiques.

On croit que Clemens organisa la première communauté chrétienne de Metz au troisième siècle.

Il y aurait construit une première église, dédiée à saint Pierre, à l’origine de l’église Saint-Pierre aux Arènes, que les fouilles ont pu mettre à jour.

On ajoute que même les serpents s’éloignèrent de Metz, dès lors que fut construite cette église. De là sortit aussi la merveilleuse histoire où Clemens, avec son étole, aurait saisi par le cou un énorme dragon et l’aurait jeté dans le fleuve. Qu’il suffise de penser que Clemens, en apportant la Foi dans cette région, en éloigna l’Ennemi infernal.

Le saint Evêque, en réalité trop peu connu, fut inscrit au Martyrologe le même jour que le pape s.Clément.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Clemens de Metz au 23 novembre.

 

 

Sisinnios de Cyzique

† 303

 

Sisinnios fut un évêque à Cyzique (Hellespont, auj. région turque au sud de la Mer de Marmara).

Durant la persécution de Dioclétien, il fut longtemps torturé, et décapité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Sisinnios de Cyzique au 23 novembre.

Signalons ici que la ville de Cyzique, totalement chrétienne au 6e siècle, fut pillée par les Arabes au 7e siècle, et vidée de ses habitants. Les Croisés tentèrent de la relever, mais le centre historique devint une simple carrière de pierres. A partir du 14e siècle, la population passa progressivement à l’Islam sous la pression turque. Après le «traité» de Lausanne, on en expulsa les quelques Chrétiens qui s’y trouvaient encore.

 

 

Lucretia de Mérida

† 303

 

Lucretia semble avoir été une vierge de Mérida, qui fut martyrisée peut-être sous Dioclétien.

Son nom a été diversement orthographié : Leocritia, Leucretia, Leucricia.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Lucretia de Mérida au 23 novembre.

 

 

Amphilochios d’Iconium

† 400

 

Amphilochios fut le fils d’Amphilochos et de Livia. Amphilochos était avocat à Diocésarée, une localité proche de Nazianze (ou un petit bourg de cette ville, act. Bekarlar, Bekar, Nenezi, Turquie CS).

Les deux amis que furent s.Basile de Césarée et s.Grégoire de Nazianze (v. 2 janvier), connurent Amphilochios de très près et le considérèrent un peu comme leur fils. Il serait donc né bien après eux, vers 340 ou 350.

Livia mourut fort jeune, laissant deux garçons et une fille : Amphilochios, Euphemios et Theodosia. Les deux garçons étaient très liés, et la douleur d’Amphilochios fut grande lorsqu’Euphemios mourut, assez jeune.

Amphilochios s’orienta vers le droit ; il étudia à Constantinople.

Vers 369, il eut des problèmes d’argent et s.Basile l’adressa à Themistios, un rhéteur fort puissant à la cour et ami du père d’Amphilochios. Mais celui-ci préféra rejeter le monde. Il se retira près de son vieux père, qui vivait dans un trou perdu, Ozizala, où ne poussaient que les herbes. S.Basile leur envoya du blé.

Vers 373, un ami d’Amphilochios, nommé Heraclides, vint consulter s.Basile… et resta auprès de lui, au grand désappointement d’Amphilochios qui le «menaça» même de procès ! L’avocat pointait encore !

Amphilochios progressait dans la voie de la perfection, grâce aux conseils de s.Basile. Il avait surtout une grande qualité : l’humilité ; il ne craignait rien tant qu’être appelé à quelque ministère dans l’Eglise, dont il se sentait absolument incapable.

Mais s.Basile avait une autre idée : il lui fallait un candidat sûr pour le siège épiscopal d’Iconium, et c’est à son jeune ami qu’il pensa.

Amphilochios se «mit au travail» avec ardeur, invoquant fidèlement et humblement les lumières de s.Basile. Les deux amis se rencontraient volontiers. Ainsi, par Amphilochios, Basile rayonnait bien au-delà de son propre diocèse, pratiquement sur presque toute l’Asie Mineure.

S.Basile dédia à Amphilochios son traité sur l’Esprit-Saint.

En 379, s.Basile mourut. Heureusement, l’amitié de s.Grégoire de Nazianze ne fit pas défaut à Amphilochios, qui fut d’ailleurs un des évêques les plus écoutés de cette période.

Il combattit les erreurs et les hérésies. Outre l’arianisme, il s’en prit aux messaliens qui prétendaient passer leur temps à prier, vivant d’aumônes, et se faisant appeler bien modestement anges, prophètes, patriarches, et même christs. Le concile de Side, sous la présidence d’Amphilochios, se chargea de les condamner.

On ne connaît pas la date précise de la mort d’Amphilochios. Il «disparaît» après 394. Il mourut bien probablement vers 400.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amphilochios d’Iconium au 23 novembre.

 

 

Séverin de Paris

† 540

 

Séverin fut un ermite, qui vivait en reclus sur les bords de la Seine près de Paris, au temps du roi Childebert 1er.

Sa sainte vie attira beaucoup de gens, par curiosité pour les uns, comme c’est souvent le cas, par respect pour d’autres, que ce genre de vie attirait.

S.Cloud (Clodoald, v. 7 septembre) fut de ceux qui vinrent auprès de Séverin par réel désir de se consacrer à Dieu. Séverin remit à Cloud l’habit religieux et le tonsura.

On ne dit rien d’autre sur Séverin, et c’est regrettable.

Il mourut vers 540.

L’église Saint-Séverin s’élève sur l’emplacement de son ermitage.

Saint Séverin de Paris est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorio d’Agrigente

† 603

 

Gregorio pouvait être sicilien d’origine, et plus précisément d’Agrigente.

Il serait allé en Syrie pour être moine, puis serait venu à Rome.

C’est là que le pape le connut et l’ordonna évêque d’Agrigente, septième titulaire de ce diocèse (590).

Mais comme Nul n’est prophète en son pays (cf. Mt 13:57), ses ennemis le noircirent avec une histoire de femme et le dénoncèrent au pape.

Convoqué à Rome en 591 par le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars), il y fut «mis en prison», disons : retenu tant que durait l’enquête, mais fut enfin libéré, peut-être en 598, en tout cas avant 603, et recouvra son poste.

Justifié, Gregorio composa un commentaire sur le Livre de l’Ecclésiaste, que nous appelons aujourd’hui le Qohélet. Cet ouvrage est rédigé en grec, car la Sicile était largement sous l’influence de la culture grecque et même de la liturgie de Byzance, même si les moines se réclamaient de l’Eglise romaine.

On ne connaît pas la date exacte de la mort de Gregorio, d’autant plus qu’on ne sait pas exactement quand fut nommé son successeur, Esilirato ; ce fut en tout cas après 603.

Saint Gregorio d’Agrigente est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Columbanus de Luxeuil

543-615

 

Columbanus (Colomban) naquit en 543 dans une riche famille à Nobber (ou Navan, comté de Meath, Aileach, Irlande).

Encore enceinte, sa mère eut la vision d’un soleil qui sortait de son sein, l’avertissant du grand rôle illuminateur qu’aurait son fils.

Columbanus reçut donc une éducation très soignée, mais le garçon, rejetant le monde, alla étudier à Cluain Inis (comté de Donegal) et entra vers 563 au monastère de Bangor (Belfast), où il resta une trentaine d’années.

Il fonda le couvent de Durrow, puis décida de «pérégriner» en Europe avec douze compagnons, en vue de rechristianiser l’Europe, frappée par les invasions et les divisions.

Ils abordèrent en Armorique (585), où deux petits villages remontent à leur arrivée : Saint-Colomb-Major et Saint-Colomb-Minor (Saint-Malo). Puis ils firent un important travail d’évangélisation dans le nord-est de la Gaule.

Ils s’établirent à Anagrates (Annegray, Voivre, Haute-Saône). Columbanus aurait «ravi» à un ours une petite cabane pour établir sa retraite, et y fit jaillir une source.

Les vocations se multipliant, Columbanus fonda un autre monastère à Luxeuil, une ancienne station thermale romaine abandonnée. Il y eut jusqu’à trois cents moines, occupés à la copie, à la pharmacie, à l’enseignement.

En 603, après le concile de Châlon qui voulait adopter la date romaine de Pâques, Columbanus, mal informé du problème, essaya de protester et même en appela au pape.

Puis Columbanus, invité par la reine Brunehaut, reprocha saintement au roi Thierry son concubinage. On l’emprisonna à Besançon, il s’évada. La reine lui ordonna alors de quitter les lieux. Il  alla s’embarquer à Nantes pour repartir en Irlande, mais la tempête le fit échouer en Bretagne. Il alla demander protection au roi de Neustrie, Clotaire II. Mais Columbanus sentait qu’il n’était pas arrivé au but de son voyage et poursuivit vers l’Austrasie.

Là, la reine Brunehilde fit assassiner le roi Thibert II, qui avait bien accueilli Columbanus. Ce dernier poursuivit son chemin et gagna Bregenz (sur le lac de Constance, où fut construit un monastère.

Se voyant encore menacé par Brunehilde, Columbanus passa les Alpes ; un de ses compagnons s’arrêta dans les Alpes, et fut à l’origine du monastère Saint-Gall.

Columbanus finit par fonder un nouveau monastère près de Bobbio (Plaisance, Italie Nord-Ouest), en 614, où il mourut en 615 et fut bientôt canonisé.

Saint Colombanus a laissé quelques écrits, des lettres et surtout une Règle.

Ses pérégrinations l’ont rendu Patron des motocyclistes.

Le jour de la mort de saint Columbanus serait le 21 (ou le 22) novembre ; ces jours étant historiquement et traditionnellement consacrés à la Présentation au Temple de Marie et à sainte Cécile, saint Colomban est actuellement fêté le 23 novembre et mentionné en ce jour au Martyrologe.

 

 

Trudo de Zerkingen

† 690

 

Trudo (Trudon, Trond) naquit en Hesbaye (act. Belgique), d’une importante famille franque.

Jeune, il fréquentait les églises et aurait promis à Dieu d’en bâtir une.

Une nuit, il eut une vision, ou un rêve, qui le détermina à aller trouver l’abbé s.Remacle (v. 3 septembre) ; il devint son disciple.

Sur le conseil de ce dernier, Trudo se rendit alors auprès de l’évêque de Metz, Chlodulf (v. 8 juin), qui l’ordonna prêtre (vers 657).

Trudo aurait alors remis au diocèse de Metz ses terres de Sarchinium (act. Zerkingen), dans le Limbourg.

Revenu à Tongres, il prêcha dans tout le diocèse, puis bâtit enfin l’église de son vœu, à Sarchinium, en l’honneur des saints Quentin et Remi (v. 31 octobre et 13 janvier).

Des jeunes de noble famille voulurent vivre auprès de lui : un monastère naquit, où Trudo passa le reste de ses jours.

Il mourut vers 690. De très nombreux miracles se produisirent sur sa tombe, des milliers de pèlerins accouraient et campaient à cet endroit. La renommée de s.Trudo fut telle que quiconque se réclamait de lui, pouvait circuler sans être inquiété. La seule vue de la tour du monastère arrêtait les bandits.

C’est ainsi que Zerkingen devint Saint-Trond. L’église de l’abbaye qui s’y trouvait fut détruite en 1789, il n’en restait que la tour. Les bâtiments restants furent occupés par le Petit séminaire : l’église qui y fut construite alors disparut avec tous les bâtiments dans un incendie en 1975 ; le moulin, seul vestige, sauta dans une explosion en 1992. Sic transit gloria mundi !

Saint Trudo de Zerkingen est commémoré le 23 novembre dans le Martyrologe Romain.

Marguerite de Savoie

1382-1464

 

Il sera bon de bien distinguer entre plusieurs princesses et reines du même nom : 

- la plus ancienne connue sera l’objet de cette notice ;

- une autre mourut en 1479, dont le père devint l’antipape Félix V ; elle fut épouse d’Ulrich V de Würtemberg ; 

- une autre, de la maison de Savoie, mourut en 1655 ; elle fut vice-reine du Portugal ;

- une autre enfin fut reine d’Italie et mourut en 1926.

 

Née vers 1382 à Montferrat, notre Marguerite était la fille d’Amédée de Savoie et de Catherine de Genève. Par sa mère, elle était la nièce du pape d’Avignon Clément VII.

Comme on le voit, elle connut de plein fouet le schisme d’Occident. C’était sa première tristesse.

Sa deuxième tristesse furent les guerres incessantes entre Savoie, Montferrat et Saluces.

Sa troisième tristesse fut la mort de ses parents alors qu’elle n’était qu’adolescente.

Son oncle lui arrangea son mariage avec Théodore II Paléologue, veuf, qui avait un fils et une fille (Sophie) guère plus jeunes qu’elle. Elle les conquit par son amour maternel, et apprivoisa son brutal mari.

En 1411, une épidémie de peste et une famine ravagèrent Gênes ; Marguerite organisa des secours. La nuit, elle se flagellait pour «apaiser le courroux divin».

En 1418, à la mort de son mari, elle songea à marier Sophie avec le fils de l’empereur de Constantinople, un Paléologue aussi, et le mariage aurait pu contribuer à un rapprochement de Byzance, mais le mariage n’eut pas lieu.

Elle se retira alors à Alba (Cuneo, Piémont) où son palais devint un petit monastère. Marguerite se délectait de la lecture de l’Ecriture, des lettres de sainte Caterina de Sienne, qui devait être bientôt canonisée en 1461 (v. 29 avril). 

Marguerite fut alors demandée en mariage par le duc de Milan, Visconti, auquel elle fit répondre qu’elle avait fait le vœu de chasteté. Et comme Visconti insistait, elle revêtit ostensiblement l’habit du Tiers-Ordre dominicain. 

En 1448, elle passa au Second Ordre, celui des religieuses cloîtrées. Elle fut plusieurs fois élue prieure, mais exceptionnellement elle porta le titre d’abbesse, ce qui n’altéra pas un instant son humilité : elle portait toujours un habit de toile grossière et s’ingéniait à servir plutôt qu’à être servie (cf. Mc 10:45). Désormais elle s’efforçait de donner l’exemple à sa communauté, veillant, priant, jeûnant, se mortifiant. Elle aimait les tâches les plus humbles, comme de nourrir les poules ou balayer les couloirs, faire la vaisselle ou bêcher au jardin.

Alors que son premier directeur spirituel avait été s. Vincent Ferrer (v. 5 avril), elle eut à Alba un aumônier qui jugea opportun de sanctifier davantage encore Marguerite. Elle avait un gentil chevreuil, bien dressé, qui savait sonner la cloche quand on lui montrait la corde, et qui servait de messager entre l’abbesse et les sœurs : l’aumônier le fit disparaître ; et Marguerite se plia à l’injonction sans le moindre ressentiment.

D’après la chronique du couvent, le Christ apparut à Marguerite en lui proposant de choisir entre trois dards : maladie, calomnie ou persécution. Marguerite accepta les trois, et désormais vécut dans une continuelle épreuve. Physiquement, elle fut abattue par la goutte et tordue par les rhumatismes. Les mauvaises langues l’accusèrent d’hypocrisie, de paresse, d’intempérance même, et Visconti, qui voulait auparavant l’épouser, alla jusqu’à la dénoncer comme hérétique vaudoise.

Au milieu de ces tourments, Marguerite restait douce et empressée. Elle pardonnait aux calomniateurs et priait pour eux. Elle prit soin des enfants de son beau-fils : pour l’une, elle obtint une guérison miraculeuse alors qu’elle était à la mort, puis elle la fit instruire et former avant son mariage avec le roi de Chypre ; pour l’autre, elle alla l’assister dans son agonie.

Elle eut une idée originale pour garantir le silence de son «monastère» dès l’entrée : elle établit un homme muet comme portier ; lequel aimait tellement son travail, qu’il le conserva bien fidèlement très longtemps.

Marguerite eut le don des miracles et des prophéties. Elle fit vérifier un jour que le vin qu’elle avait fait distribuer, n’avait pas quitté le tonneau ; elle annonça des événements qui se vérifièrent.

Un jour de très grande tempête, sa prière calma si rapidement les éléments déchaînés de la nature, qu’on entendit dans l’air des esprits malins qui criaient : Maudite Marguerite, qui nous a empêchés d’achever ce que nous avions si bien commencé. Son pouvoir sur les démons se vérifia plusieurs fois, même après sa mort. Une des Religieuses, qui était sans cesse attaquée par le Démon, vit Marguerite s’avancer solennellement et la prendre par la main, et désormais fut entièrement délivrée.

A Alba, d’où elle ne pouvait désormais plus guère bouger, elle approcha de la mort. On vit alors la visiter une pieuse Religieuse, habillée en Tertiaire dominicaine, qui repartit silencieusement comme elle était arrivée : ce devait être sainte Caterina de Sienne.

Le 23 novembre 1464, les habitants d’Alba virent une grande clarté et entendirent comme le doux écho d’une procession qui se dirigeait vers le monastère : c’était au moment de la mort de Marguerite.

Les nombreux miracles se multiplièrent encore après la mort de Marguerite et son culte fut autorisé dès le siècle suivant.

S’il n’y a pas eu de cérémonie particulière pour sa canonisation, la célébration de sa fête fut pleinement autorisée en 1671. Le Martyrologe mentionne la bienheureuse Marguerite de Savoie au 23 novembre.

Yu So-sa Caecilia

(Yu So-sa Jechillia)

1760-1839

 

Cæcilia devint catholique par l’œuvre de son époux, Chŏng Yak-jong Augustinus, qui fut martyrisé le 8 avril 1801 avec son fils Chŏng Ch’ŏl-sang Carolus, et dont elle était la seconde épouse.

Une fois convertie, elle montra une foi inébranlable au milieu des difficultés et des persécutions.

Lors de l’arrestation de son mari, elle fut elle aussi arrêtée avec ses trois enfants. Relâchée avec ses enfants, elle subit la confiscation de tous ses biens et s’en vint vivre chez son beau-frère à Mahyŏn (Kwangju, Kyŏnggi), qui cependant ne fut pas très accueillant.

Cette pieuse et courageuse veuve eut un rêve, dans lequel son mari (Augustinus) lui disait qu’il avait construit au Ciel une maison avec huit chambres, dont cinq était déjà occupées, et trois encore vides, réservées pour elle et ses deux enfants encore vivants.

En effet Cæcilia avait vu martyriser déjà cinq membres de sa famille dont, comme on l’a dit plus haut, son mari et son premier fils ; deux de ses enfants devaient à leur tour être torturés, Chŏng Ha-sang Paulus et Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (qui furent martyrisés respectivement les 22 septembre et 29 décembre 1839).

Le rêve procura encore davantage de courage dans le cœur de cette vaillante veuve.

Pour l’heure, son fils Paulus fut ce catéchiste qui alla neuf fois en Chine supplier l’évêque d’envoyer des prêtres en Corée. Cette séparation dura longtemps et coûta beaucoup à Cæcilia, qui eut ensuite le réconfort de pouvoir vivre à Seoul avec son fils, quand il fut rentré (v. 22 septembre).

Désormais trop âgée pour se rendre utile matériellement, Cæcilia devint une femme contemplative, tout occupée à prier et à accueillir, parfois même se privant de nourriture pour donner à manger aux autres.

En 1839, un de ses neveux lui proposa de quitter Seoul et de le rejoindre à la campagne, pour fuir la persécution, mais elle répondit qu’elle préférait être martyrisée avec son fils Paulus.

Elle fut arrêtée le 19 juillet, et maltraitée comme on le faisait pour les grands criminels. Ayant refusé d’apostasier et de trahir ses amis chrétiens, elle reçut deux-cent trente coups de fouet lors de cinq interrogatoires.

Elle désirait être décapitée, comme tant d’autres Martyrs, mais la loi coréenne interdisait alors de décapiter une personne de cet âge (soixante dix-neuf ans). Le juge la fit battre à mort, mais elle ne mourut pas encore. Elle expira dans sa prison de Seoul, couchée à même le sol, prononçant les noms de Jésus et Marie.

C’était le 23 novembre 1839, lendemain de la fête de sainte Cécile, martyre.

Cæcilia fut béatifiée en 1925 et canonisée en 1984, en même temps que son mari et ses enfants Paulus et Elisabeth (mais pas Carolus). La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Miguel Agustín Pro Juárez

1891-1927

 

Miguel naquit le 13 janvier 1891 à Guadalupe (Zacatecas, Mexique) et reçut au baptême les noms de José Ramón Miguel Agustín. La famille compta treize enfants.

Son père était ingénieur des mines ; Miguel eut deux sœurs aînées, qui furent elles aussi religieuses.

Petit, Miguel eut l’occasion d’accompagner son père sur les chantiers, où il put se rendre compte des conditions de travail et de vie des ouvriers.

Il entra au noviciat des Jésuites en 1911 à El Llano. 

Quand la persécution sévit, la famille souffrit bien des revers économiques et les Supérieurs jésuites firent partir les novices à l’étranger : Etats-Unis, Espagne (Grenade) et Belgique :  Miguel fut ordonné prêtre en Belgique, à Enghien, en 1925.

Préoccupé par les circonstances politiques de son pays, et soucieux de sa famille, Miguel fut affecté dans sa santé et souffrit beaucoup de l’estomac. Il dut être opéré plusieurs fois ; ses proches remarquèrent que, pour masquer ses douleurs, il s’efforçait d’être encore plus joyeux.

Finalement on lui concéda le retour et, courageusement, il vint dans son pays, où sévissait en 1926 une forte persécution.

Il vécut clandestinement, déguisé tour à tour en chanteur, en homme mondain, en paysan, en mécanicien, circulant à bicyclette. Avec une bonne dose d’humour, il se déplaçait avec sa guitare, chantait… et profitait de ses rencontres pour confesser et donner la communion, parfois jusqu’à quinze cents dans une seule journée ! Il convertit même des gens qui, officiellement, adhéraient au parti socialiste ou communiste, ennemi de l’Eglise.

Parfois, lors de «réunions» chez des amis, il prévoyait toute irruption de la police en faisant jouer quelque rythme de danse, de sorte qu’à la moindre alerte, il simulait un bal domestique, dansant avec la maîtresse de maison et évitant ainsi l’arrestation.

Son «arme» était le crucifix : Voilà mon arme, disait-il, avec ça, je n’ai peur de personne.

En 1927 cependant, les soupçons s’étant accumulés sur sa tête et celle de son frère Umberto, il fut accusé d’avoir trempé dans le complot contre le général Obregón (alors qu’il n’avait jamais accepté les façons «violentes»). La réalité était qu’une des voitures utilisées pour l’attentat avait précédemment appartenu à l’un des deux frères.

Il fut arrêté, «jugé» sans tenir compte des témoignages unanimes en sa faveur, et condamné à mort. Sur le chemin, un des membres du peloton s’avança et demanda pardon à l’oreille du père Miguel, qui le lui accorda de grand cœur.

Parvenu sur place, il demanda à prier un instant, s’agenouilla, puis se releva et adressa quelques mots de pardon aux bourreaux.

Il mit les bras en croix et ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

Il fut fusillé, le 23 novembre 1927.

Les autorités mexicaines interdirent toute manifestation publique et toute assistance à ses funérailles, à Mexico, de sorte qu’il y eut «seulement»… vingt-mille personnes.

Le père Miguel fut béatifié en 1988.

 

 

Felícitas Cendoya Araquistain

1910-1936

 

Felícitas naquit le 10 janvier 1910 à Azpeitia (Guipúzcoa, Espagne), de Antonio et Isabel, des parents très chrétiens.

La maman raconta que sa Felícitas avait quelque chose de «différent» des autres, au point qu’en l’entendant dire qu’elle voulait être religieuse, elle lui répondit : Toi, moniale, avec ton caractère ? Tu vas devoir le corriger, si tu veux être religieuse !

Elle entra en 1930, à vingt ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, avec le nom de María Cecilia.

Elle était jeune, vive, mais en même temps aimable, humble, serviable. Ses Consœurs la qualifièrent de Ange des petites choses. Elle avait vraiment appris à dominer son caractère revêche.

En 1935, elle fit les vœux solennels.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Cecilia fut des sept qui restaient à Madrid. Elle aurait pu rejoindre sa propre famille, mais refusa énergiquement de quitter sa famille religieuse. Basque, elle ne connaissait pas grand monde, et parlait mal l’espagnol. Cela s’ajouta à toutes ses peines et à tous ses sacrifices, qu’elle souffrit plus que toutes les autres, surtout dans son ultime isolement.

(Voir ici d’autres détails sur la vie des sept Religieuses à Madrid, dans la notice de Amparo de Hinojosa). 

Parvenue au lieu du supplice, voyant que sa voisine était tombée morte, Cecilia se mit à courir comme une folle et on la laissa filer. Mais elle tomba un peu plus loin sur un groupe de Gardes et se livra spontanément en leur disant : Je suis une Religieuse.

Arrêtée, on la conduisit le lendemain matin à une des plus sombres prisons, les tristement célèbres tchékas, où on la mit avec une douzaine d’autres femmes. Le sol était mouillé, il n’y avait qu’un sommier pour toutes, il faisait froid.

Cecilia se mit dans un coin, vite approchée par une autre détenue. Elle répondit immédiatement, comme aux Gardes : Je suis une Religieuse, et de lui raconter comment vivaient les Visitandines dans leur cachette, ne pouvant cependant préciser où on les avait emmenées en prison, car elle ne connaissait pas Madrid.

Quand on appela certaines des détenues, Cecilia les encouragea à souffrir pour Dieu. Certaines furent remises en liberté (et purent raconter les détails que leur avait racontés Cecilia), d’autres furent fusillées : à toutes elles promit qu’elle ne cacherait pas sa qualité de religieuse. Cecilia les vit toutes partir et se sentit bien seule, mais on lui fit bientôt signer un papier, sur lequel on traça une croix en rouge, signe de sa condamnation, qu’elle avait déjà remarqué pour les autres.

Au soir du 22 novembre, jour de la fête de sainte Cécile, on la conduisit au cimetière de Vallecas (hors de Madrid), où elle fut fusillée peu après minuit. On retrouva son cadavre au matin du 23 novembre 1936.

Cecilia - Felícitas fut fidèle jusqu’au bout.

María Cecilia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Jaime Nàjera Gherna

1910-1936

 

Jaime (on trouve aussi Jaume, Jacques) naquit le 25 juillet 1910 à Barcelone, en la fête de l’apôtre Jacques le Majeur, dont il reçut le nom au Baptême.

Entré chez les Capucins en 1925, il prit à la profession le nom d’Alejandro et fut ordonné prêtre en 1933.

Excellent prédicateur, on le demandait de tous côtés ; il avait une prédilection pour la catéchèse aux enfants, particulièrement pour ceux de familles pauvres.

Son couvent ayant été réquisitionné, saccagé et détruit, il trouva refuge en divers endroits. En dernier lieu, il se trouvait dans une pension, où il fut probablement dénoncé par une employée. Une patrouillel vint «perquisitionner» et l’arrêtèrent avec un autre prêtre. Il ne manifesta aucune résistance.

Emmené à la tcheka, il fut condamné à mort.

Il reçut la grâce du martyre à Montcada le 23 novembre 1936 et fut béatifié en 2015.

 

 

Maria Angela Alfieri

1891-1951

 

Maria Angela Domenica était née à Borgo Vercelli (Vercelli, Italie) le 23 février 1891.

Entrée chez les Sœurs de la Charité, celles fondées par sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août) en 1911, à vingt ans, elle prit le nom de Enrichetta (Henriette). 

Elle s’occupait d’un jardin d’enfants à Vercelli depuis plusieurs années, lorsqu’on lui diagnostiqua le Mal de Pott, qui l’obligea à suspendre toute activité. Cette sorte de tuberculose, incurable, affecte la colonne vertébrale. 

Un pèlerinage à Lourdes ne provoqua d’abord aucun changement, mais après d’intenses prières à Marie Immaculée, la sœur Enrichetta fut totalement guérie le 25 février 1923 (deux jours après son trente-deuxième anniversaire), à tel point qu’en mai de la même année elle était chargée d’une mission particulière à la prison San Vittore de Milan. Son apostolat eut un franc succès auprès des prisonniers et lui valut l’épithète de Mère et Ange de San Vittore.

Quand la guerre éclata, la prison de Milan devint un quartier SS, où l’on enferma les Juifs destinés aux camps de concentration. Sœur Enrichetta fit tout ce qu’elle put pour soulager autant que possible ces malheureux prisonniers innocents.

On la trouva cependant en possession d’un billet écrit par une femme qui conseillait à ses proches de se cacher. Elle fut arrêtée et emprisonnée plusieurs semaines, et même condamnée à mort ; elle fut quand même relâchée sur l’intervention de l’archevêque de Milan, le cardinal Alfredo Ildefonso Schuster (v. 30 août), qui obtint la clémence de Mussolini en personne.

Sœur Enrichetta fut alors mutée à la maison provinciale de Brescia, où elle rédigea un récit de sa prison.

Après la guerre, elle reprit son activité à la prison de Milan, jusqu’à sa mort, le 23 novembre 1951.

Le miracle retenu en vue de la béatification de Sœur Enrichetta fut, en 1994, la guérison inattendue d’une jeune italienne, sportive, atteinte d’une tumeur volumineuse, inopérable et très douloureuse, dont l’issue devait être fatale en quelques jours ; une tante, religieuse de cette congrégation, a alors demandé à la communauté de prier par l’intercession de Sœur Enrichetta : la tumeur a diminué subitement de 70%, à la stupeur des médecins, puis a complètement disparu ; la jeune femme s’est mariée, est mère de famille et n’a pas souffert de récidive. 

Sœur Enrichetta a été béatifiée en 2011. Son dies natalis est le 23 novembre.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 13:55

Giulia Crostarosa

1696-1755

 

Giulia Marcella Santa Crostarosa naquit à Napoli (Italie) le 31 octobre 1696, dixième des douze enfants d’un noble magistrat, Giuseppe Crostarosa et de Paola Battistini Caldari.

De cette grande fratrie, un devint prêtre et jésuite, trois furent moniales, dont notre Giulia.

Une enfance heureuse et une formation soignée rythmèrent les années de l’enfance et de l’adolescence.

En 1713, entendant l’appel à la vie consacrée, elle fit personnellement le vœu de chasteté et, en 1718 entra chez les Carmélites de Naples. Mais ce monastère fut supprimé en 1723, aussi revint-elle dans sa famille puis entra chez les Visitandines d’Amalfi (Salerno), avec le nom de Maria Celeste du Saint-Désert.

En 1725, elle se sentit interpellée intérieurement - peut-être même eut-elle une vision du Christ - à fonder une nouvelle famille religieuse, dont elle rédigea la règle, vivement encouragée par son directeur spirituel et par la maîtresse des novices.

Après bien des difficultés - car l’Ennemi s’oppose toujours aux initiatives heureuses - et sur l’influence déterminante de s.Alphonse de’ Liguori (v. 1er août), naquit enfin l’Ordre du Très Saint Sauveur, dont l’appellation définitive sera Ordre du Très Saint Rédempteur, avec l’approvation pontificale en 1750.

Mais le Diable s’acharna : Mère Maria Celeste fut éloignée et isolée de sa propre communauté, et même privée de l’Eucharistie, pendant sept années. En 1738, on lui «permit» de s’installer à Foggia, où elle ouvrit alors une maison avec quelques consœurs, et où elles purent enfin recevoir beaucoup de jeunes filles.

Le but de cette nouvelle famille était de vivre et témoigner la mémoire du Christ Rédempteur dans toutes les activités. Selon Maria Celeste, il fallait viser à une imitation parfaite de la vie du Christ et concevoir un réel amour rédempteur envers toutes les âmes. A l’image du Christ, Maria Celeste vécut de nombreux obstacles et incompréhensions, dans une inaliénable disponibilité pacifique.

Elle eut aussi des expériences mystiques, des dons surnaturels de lecture des âmes.

Mère Maria Celeste s’éteignit à ce monde le 14 septembre 1755, en la fête de la Croix, qu’elle avait si amoureusement embrassée.

Giulia Crostarosa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 14 septembre. En raison de la fête de la Croix célébrée en ce jour, l’Ordre fête sa Fondatrice le 11 septembre.

 

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