Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

Nazario del Valle González

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie N
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

José Grijalvo Medel

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie J
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

Pedro Jiménez Vallejo

1861-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie P
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

 

Emmanuel Lê Vǎn Phụng

1796-1859

 

Ce père de famille était né à Ðấu Nước dans l'île de Cù Lao Giêng (Vietnam). 

Il avait neuf enfants.

Profondément chrétien, catéchiste rempli de zèle et de courage, il fit construire à Ðấu Nước une église, un couvent pour les Filles de Marie, un presbytère pour les missionnaires, un collège.

Il avait gagné la bienveillance du sous-préfet par sa bonté, et aussi par de bons pourboires, de sorte que toutes les perquisitions finissaient par un non-lieu. Il se risqua à héberger jusqu’à cinq missionnaires chez lui.

Mais deux individus, qui s'étaient vus refuser une aide financière d'Emmanuel, voulurent se venger et le dénoncèrent directement au gouverneur, l'accusant de recevoir un prêtre européen. Trois cents soldats vinrent perquisitionner, sans trouver le prêtre.

En revanche, un prêtre annamite se présenta spontanément, affirmant qu'il était le chef de la mission : c'était courageux de sa part, mais son audace suscita l'arrestation d'Emmanuel, du prêtre annamite et de trente-deux autres Chrétiens, que l'on conduisit à Châu Đốc (An Giang), le 7 janvier 1859.

Dans sa prison, Emmanuel continuait de recevoir ses enfants et ses amis, les encourageant à rester charitables et à pardonner à leurs ennemis.

Les invitations à apostasier, les menaces et les promesses n'ayant pas abouti, Emmanuel fut condamné à mort par la strangulation.

Le supplice eut lieu à Cay-Met où, à genoux, Emmanuel reçut la bénédiction et l'absolution du prêtre annamite, et pria ses enfants d'ensevelir discrètement son corps auprès de celui du missionnaire.

Puis il offrit sou cou à la corde et mourut ainsi, le 31 juillet 1859.

 

Il a été béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

 

 

 

1 Le Martyrologe mentionne ce Martyr au 13 juillet, mais aussi au 31 juillet (avec un nom abrégé : Emmnanuel Phụng. Il s’agit vraisemblablement d’un doublet. Plusieurs sources vietnamiennes ne retiennent que la date du 31 juillet.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie E
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

31 JUILLET

 

II.        

S Calimerus, évêque à Milan et martyr.

III.        

S Firmus, évêque à Thagaste ; son ferme refus de trahir et de mentir lui obtint la grâce de celui qu'il cachait chez lui.

?        

SS Democritus, Secundus et Dionysios, martyrs à Synnade de Phrygie.

S Tertullinus, martyr à Rome.

IV.        

S Fabius, soldat martyr à Césarée de Mauritanie.

S Pierre Chrysologue, évêque à Ravenne, où il combattit les saturnales, et Docteur de l'Eglise ; son surnom lui vient de son éloquence ; il est fêté le 30 juillet.

V.        

S Germain, évêque à Auxerre ; grand ascète, il devint comme le frère de son épouse ; ardent opposant des pélagiens en Angleterre, il mourut à Ravenne.

VI.        

S Pierre II, évêque à Ravenne ; il reçut du roi l'ordre de faire reconstruire les synagogues que ses diocésains indisciplinés avaient incendiées.

S Gonselin (Ansolin), évêque à Metz.

S Hymetiére, moine de Condat et fondateur d'un monastère.

IX.        

S Eudocime, à Constantinople, défenseur des saintes images, mort à trente-trois ans.

S Néot, moine à Glastonbury.

XII.        

Ste Elin, veuve suédoise martyre, c'est-à-dire assassinée, vénérée même après la Réforme, à cause d'une eau miraculeuse. 

XIV.        

B Giovanni Colombini, riche drapier siennois et père de deux enfants, ensuite fondateur des Jésuates, à la vie très dépouillée.

XVI.        

S Iñigo de Oñaz de Loyola, soldat espagnol converti à la suite d'une blessure de guerre et fondateur des Jésuites ; ses premiers compagnons furent Pierre Favre, Lainez, Salmeron, Pantxoa Xabier ; il est patron de tous les excercices spirituels.

B Everard Hanse, prêtre anglais martyr à Tyburn.

XVII.    

B Nicolaus Keian Fukunaga, jésuite japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.    

B Jean-François Jarrige de la Morelie du Breuil, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.        

SS Phêrô Đoàn Công Quý, prêtre, et Emmanuel Lê Van Phung, catéchiste, martyrs en Cochinchine, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Giustino De Jacobis, évêque à Nilopolis ; il dut partir et mourut dans le désert, épuisé.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

        - béatifiés en 2001 :

Franciscains Conventuels : Dioniso Vicente Ramos (*1871), prêtre, et Francisco Remón Jatíva (*1890), profès, près de Barcelone ;

Salésiens: Jaume Buch Canals (*1889), profès, près de Valencia ;

        - béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : Pedro Jiménez Vallejo (Pedro José des Sacrés-Cœurs, *1861), José Grijalvo Medel (Ramón de N.Dame du Carmel, *1896), Nazario Del Valle González (N. du Sacré-Cœur, *1901), prêtres ; Luis Gómez de Pablo (Félix de N.Dame du Carmel, *1912), José Luis Collado Oliver (Plácido de l'Enfant-Jésus, *1912), Melchor Martín Monge (M. de l'Enfant-Jésus, *1914), clercs ; Daniel Mora Nine (D. de la Passion, *1908), profès, près de Tolède ; 

Trinitaires : Prudencio Gueréquiz y Guezuraga (P. de la Croix, *1883) et Segundo García Cabezas (S. de Sainte-Thérèse, *1891), prêtres, près de Jaén ; 

Carmélites Missionnaires : Teresa Subirá Sanjaume (Esperanza de la Croix, *1875), María Roqueta Serra (M. Refuge de Saint-Ange, *1878), Francisca Pons Sardá (Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, *1880), Vicenta Achurra Gogenola (Daniela de Saint-Barnabé, *1890), près de Barcelone ;

        - béatifiés en 2013 : 

Capucins : Miguel Francisco González-Díez González-Núñez (Andrés, *1883), prêtre, près de Madrid ; 

Rédemptoristes : Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren (1893) et Miguel Goñi Áriz (*1902), prêtres, à Cuenca ;

Lasalliens : Bernabé Núñez Alonso (Alfeo Bernabé, *1902) et Alejandro Arraya Caballero (Alejandro Antonio, *1908), à Tarragona.

 Bx Michał Oziębłowski (1900-1942), prêtre mort héroïquement à Dachau, et Franciszek Stryjas (1882-1944), père de famille, martyrs polonais, béatifiés en 1999.

 Bse Cecília Zdenka Schelingová (1916-1955), dixième de onze enfants, slovaque, des Religieuses de la Sainte-Croix ; infirmière, elle organisa la fuite d'un prêtre hospitalisé à la suite de tortures ; béatifiée en 2003.

XX.

B Marcel Denis (1919-1961), prêtre français des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampe

Calimerus de Milan

† 2e ou 3e siècle

 

Calimerus aurait été originaire de Grèce, formé à Rome, converti par les ss.Faustinus et Iovita (v. 15 février). Ou aussi il aurait commencé une carrière militaire avant sa conversion.

S’il est vrai qu’il ait connu la persécution d’Adrien, il aurait vécu au 2e siècle. Mais comme on a proposé qu’il fut évêque vers 270, la conjecture précédente pourrait être discutée.

Calimerus est considéré comme un pourfendeur acharné du paganisme, au point que l’empereur (Adrien ?), irrité des contacts de Calimero jusque dans le palais impérial, le fit assassiner d’un coup de lance dans la tête, puis jeter au fond d’un puits.

Calimerus aurait ainsi été le quatrième évêque de Milan.

Selon la théorie acceptée ou rejetée, Calimerus aurait eu une cinquantaine ou une dizaine d’années d’épiscopat, et serait mort vers 192 ou 280.

Saint Calimerus de Milan est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade

† 2e siècle

 

Les trois Martyrs Democritus, Secundus et Dionysios reçurent la palme du martyre au 2e siècle à Synnade (Phrygie, act. Şuhut, Turquie O).

On ne sait rien en dire d’autre.

Saints Democritus, Secundus et Dionysios de Synnade sont commémorés le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tertullinus de Rome

† 255

 

On sait avec certitude que Tertullinus fut un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le situait sous l’empereur Valerianus (253-260), l’actuel au quatrième siècle.

Selon l’ancienne version, Tertullinus était l’intendant d’Olympius ; quoique encore non baptisé, il ensevelit pieusement des Martyrs ; le pape Etienne (v. 2 août) l’apprit, l’appela, lui enseigna la Vérité ; à peine baptisé, Tertullinus fut ordonné prêtre. Deux jours après il fut arrêté.

La tradition raconte que Tertullinus fut d’abord meurtri à coups de bâtons, puis eut les flancs brûlés, le visage meurtri, fut étendu sur le chevalet et déchiré à coups de nerfs de bœuf, enfin décapité.

Saint Tertullinus de Rome est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fabius de Maurétanie

† 303

 

Fabius (Fabio en italien) était originaire de Cartenna (auj. Mostaganem, Algérie).

Il était chrétien, et soldat en garnison à Césarée de Maurétanie (auj. Cherchell, Algérie). Il ne faut pas confondre la Maurétanie, ancienne province romaine à l’extrême nord de l’Afrique, et la Mauritanie, l’actuel pays au sud du Maroc. 

Lors d’une festivité, on lui demanda de participer à un cortège, auquel il se jugea en conscience non autorisé à prendre part, en raison de sa foi chrétienne.

Mis en prison pendant quelques jours, il fut soumis par deux fois à un interrogatoire, durant lequel on l’invitait à apostasier, avec des promesses de promotion ; mais Fabius préférait l’unique promotion chrétienne : rejoindre le Christ en versant son sang pour Lui.

Durement torturé, il fut décapité, le 31 juillet 303 ou 304.

Le gouverneur, pour empêcher les Chrétiens d’ensevelir le Martyr, fit jeter à la mer le corps et le chef de Fabius, mais les flots les ramenèrent sur le rivage. Une version sans doute peu authentique raconte que le corps fut dépecé en petits morceaux, jetés à la mer, et que miraculeusement tous ces morceaux se réunirent pour venir aboutir à Cartenna, la ville d’origine de Fabius.

Saint Fabius de Maurétanie est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germanus d’Auxerre

380-448

 

Germanus était de famille distinguée et naquit à Appoigny (Auxerre, Yonne), vers 380. Ses parents s’appelaient Rusticus et Germanilla.

Après ses études en Gaule et à Rome, il fut orateur puis reçut un poste de haut fonctionnaire en Gaule : il était gouverneur à la tête de plusieurs provinces, de l’Aquitaine à la Sénonoise.

Il épousa une certaine Eustachia et s’établit à Auxerre, tout en voyageant beaucoup.

Il est amusant de lire que l’évêque d’Auxerre, s.Amator (v. 1er mai), n’aimait pas beaucoup l’habitude qu’avait Germanus, après ses parties de chasse, d’exhiber les têtes de ses prises en les accrochant à un arbre. L’évêque y voyait une sorte d’idolâtrie, et finit par faire abattre l’arbre en l’absence de Germanus, lequel, à son retour le menaça de mort…

Mais Amator eut une révélation : il revint à Auxerre, rencontra Germanus qu’il amena au Christ et qu’il introduisit dans le clergé. Amator prédit à Germanus qu’il serait son successeur, au grand désarroi de Germanus.

En 418, mourut s.Amator. Un peu comme pour s.Ambroise (v. 7 décembre), on appela unanimement Germanus à succéder à Amator. A contre-cœur, il devint ainsi le sixième évêque d’Auxerre.

Son épouse devint pour lui une sœur. Lui-même vendit tous ses biens et distribua ses richesses aux pauvres ; son ordinaire se constitua désormais d’un pain d’orge qu’il fabriquait lui-même et de quelques légumes sans sel, encore jeûnait-il la moitié du temps ; un peu de vin à Pâques et à Noël. Qu’on juge de la richesse de son vêtement : le simple habit monastique des bénédictins, avec aussi un cilice pour «adoucir» cet habit.

C’est pendant cet épiscopat que séjourna à Auxerre s.Patrice (v. 17 mars).

Du vivant de Germain, des miracles s’accomplirent à sa prière, des guérisons, des délivrances de possédés.

Le zèle et la sainteté de cet évêque-moine le signalèrent opportunément au pape Célestin (v. 27 juillet) et aux évêques de Gaule pour l’envoyer en «Bretagne» (Angleterre), où les évêques locaux avaient besoin d’un «docteur» éloquent pour convaincre d’erreur une foule de partisans du pélagianisme. 

Il parti en 429 avec Lupus de Troyes (v. 29 juillet). A Lutèce, il rencontra une petite fille de dix ans, la future sainte Geneviève (v. 3 janvier). Durant la traversée de la Manche, il calma une tempête déchaînée.

Il n’eut pas de peine à démontrer leur erreur aux pélagianistes, surtout en rendant la vue à une petite fille, que les hérétiques n’avaient pas réussi à guérir. 

Germain ne faisait pas que prêcher : il donna des conseils fort inspirés pour résister à une invasion de Saxons et Pictes, qui s’enfuirent rapidement quand l’armée anglaise se mit à hurler Alleluia !

A son retour, Germain intervint auprès du préfet Auxiliaris, pour obtenir la suppression des impôts exagérés du peuple. Il obtint facilement gain de cause, en guérissant l’épouse du même Auxiliaris.

Vers 445, Germain refit un voyage en Angleterre, cette fois-ci avec s.Severus de Trèves (v. 15 octobre). Il put éliminer les quelques fauteurs d’hérésie qui persévéraient dans l’erreur : ils furent simplement exilés.

Revenu en Gaule, Germain devint diplomate : il intervint en Armorique, où le représentant impérial (Aetius) demandait à un terrible Goar (ou Eocharich) de mâter une rébellion locale. Germain s’approcha de Goar, saisit la bride du cheval, qui s’arrêta net, obligeant Goar à rebrousser chemin.

Germain voulut aller plaider la cause de l’Armorique auprès d’Aetius, qui se trouvait alors à Ravenne. Là, s.Pierre Chrysologue (v. 4 juillet) l’attendait avec tous les honneurs ; Germain y opéra une résurrection.

Il fut cependant averti intérieurement que sa dernière heure arrivait, et mourut le 31 juillet, toujours  à Ravenne.

Son corps fut transporté à Auxerre au milieu de nombreuses manifestations d’honneur, de reconnaissance, de prières et de chants ; des miracles eurent lieu, particulièrement des guérisons de possédés. La procession arriva à Auxerre en octobre.

En 1567, les Huguenots profanèrent les reliques de s.Germain, mais elles furent partiellement retrouvées. 

Plus de cent-vingt localités françaises portent le nom de s.Germain, sans compter les lieux de culte.

Saint Germain d’Auxerre est commémoré le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Elin de Skövde

12e siècle

 

Elin (Hélène) était de la noblesse suédoise, fille de Jarl Guthorm, née vers 1101 à Västergötland.

De son mariage, elle eut beaucoup d’enfants.

Veuve, elle vécut pieusement, aidant l’Eglise de ses dons. Les églises de Våmb et de Skövde (diocèse de Skara) auraient été construites grâce à ses largesses. C’est à Våmb qu’elle avait sa propriété.

 En 1160, Elin fit le pèlerinage à Jérusalem. Pendant son absence, une de ses filles fut victime de violences conjugales, et le gendre d’Elin fut assassiné par la population. Les parents de l’homme accusèrent Elin à son retour et voulurent se venger sur elle. Elin fut assassinée tandis qu’elle se rendait à l’église de Götene , un 31 juillet ou un 1er août.

Une source d’eau aurait jailli sur le lieu du «martyre».

Sur sa tombe, à Skövde, eurent lieu des miracles et Elin fut canonisée dès 1164. Certaines Eglises protestantes la vénèrent traditionnellement, mais aussi l’Eglise orthodoxe, car la canonisation eut lieu avant le Grand Schisme d’Orient. Mais en dehors du Danemark, le culte de cette sainte Hélène ne s’est guère répandu en occident.

L’église de Skövde a, depuis, été dédiée à sainte Elin et s’appelle Sankta Helena Kyrka

Le Martyrologe la mentionne au 31 juillet.

 

 

Giovanni Colombini

1304-1367

 

Giovanni Colombini vit le jour vers 1304 à Sienne (Toscane, Italie C), fils de Piero, un riche et généreux marchand de laine, qui avait fondé un hôpital, et d’Agnolina.

Peu lettré, il aurait recouvré la charge de gonfaloniere. Il hérita du métier de son père et épousa en 1343 Biagia Cerretani ; naquirent deux enfants, Nicolò et Guccia.

Ce bon bourgeois aimait la vie, cherchait à arrondir son bien et n’était pas ce qu’on appellerait un pilier d’église ; sa bonne épouse priait pour sa conversion.

Et voilà qu’un incident banal provoqua en 1355 un retournement total dans la vie de Giovanni. Il rentra chez lui vers midi et demanda à manger immédiatement, pour repartir incontinent. Pour le faire patienter un instant, son épouse lui mit sous les yeux un livre de Vies de Saints que l’homme ouvrit en bougonnant. La Providence le fit tomber sur la vie de sainte Marie l’Egyptienne (v. 1er avril), une pécheresse publique convertie.

Giovanni reçut cette lecture comme une invitation. Totalement envahi par un esprit nouveau, il se mit à distribuer de larges aumônes, à liquider son commerce, à parler de Jésus. Un de ses amis, Francesco Vincenti, partageait ses idées. Biagia, l’épouse de Giovanni, n’en revenait pas et commentait avec un sourire : Je voulais de la pluie, mais pas un déluge !

Giovanni recueillit un lépreux dans le propre lit conjugal. Quand Biagia voulut y aller voir, il n’y avait plus personne, et la chambre embaumait d’un merveilleux parfum ; Giovanni et Francesco le remarquèrent aussi à leur tour.

Il donna un tiers de sa fortune à un couvent de moniales, Santa Bonda, le reste pour deux hôpitaux, avec toutefois une petite réserve pour Biagia.

Son fils Nicolò étant mort vers 1360, Giovanni confia sa fille Guccia à Santa Bonda ; son ami Francesco Vincenti fit de même avec sa fille en 1363. Biagia mourut en 1371.

Les deux amis se retrouvaient libres de tous liens terrestres. Ils se mirent à prêcher, pieds-nus, vêtus de haillons, invitant leurs auditeurs à tout laisser pour Jésus. Ils eurent des disciples ; ils s’appelèrent les Pauvres du Christ, mais leur habitude de se référer toujours à Jésus les fit appeler les Jésuates. Ce n’était pas un Ordre nouveau, car ils voulaient éviter les rites solennels, pompeux, compliqués ; ils voulaient la pauvreté, la simplicité, la honte même.

La «vêture» se faisait simplement sur la place, où le candidat échangeait ses meilleurs habits pour des loques ; puis on gagnait la cathédrale en chantant. Rien à voir avec une vêture conventuelle, où l’on reçoit un habit bien coupé, correct, dans une salle de chapitre grave, après une allocution de bon goût, devant un cénacle choisi et quelques invités bienveillants. Parfois le candidat se hissait même sur un âne à rebours, la tête tournée vers la queue de la bête, tandis que, nu jusqu’à la ceinture, il était fouetté sur le dos, tout cela pour combattre le respect humain.

Si Giovanni faisait des émules, il suscitait aussi des réactions négatives : toujours, on se méfie des «rénovateurs» ou des «innovateurs» qui vont à contre-courant. Le père de Giovanni abrogea l’héritage qu’il réservait à son fils. Giovanni fut traité de personnage dangereux et exilé de la ville de Sienne. Dieu le permettait pour répandre en d’autres régions cet esprit réformateur. Giovanni parla à Arezzo, Città di Castello, Montalcino, Pise, dans le val d’Arno.

Sur sa parole, on se convertissait, on rendait l’argent volé, on se réconciliait. Un couvent de Dominicains fit un sérieux effort pour supprimer le superflu ; des femmes vinrent à constituer à leur tour un groupe du même esprit, parmi lesquelles la nièce de Giovanni, Caterina, qui fut considérée comme Bienheureuse mais ne se trouve pas dans le Martyrologe.

De bons fruits mûrissaient sur ce bel arbre, mais l’arbre vieillissait.

En 1367, Giovanni vint encore rencontrer le pape à Viterbo, avec ses compagnons. Le pape donna son approbation, et remit aux premiers Jésuates un habit blanc, qui en faisait les pauvres du pape.

Giovanni était ému, heureux, mais désormais l’arbre était trop secoué. Les forces déclinèrent vite. Il reprit le chemin de Sienne, passant le 22 juillet à Bolsena, le 23 à Acquapendente ; le 26 il reçut à genoux le saint Viatique, et expira à San Salvatore sull’Amiata, non loin de Sienne, le 31 juillet 1367.

Son ami Francesco mourut quinze jours plus tard.

Giovanni Colombini ne fut pas officiellement béatifié, mais son nom fut inséré dans le Martyrologe au 16e siècle. Il faillit même être canonisé, mais la mort du pape fit reporter le projet, qui attend toujours.

La branche masculine des Jésuates fut supprimée au 17e siècle.

 

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampelune, et conduire en prison.

Deux ans après, il y eut le siège de Pampelune par les Français et Ignace fut blessé aux jambes. Mal soigné, il fut reconduit chez lui, de nouveau opéré, et son état empira tellement qu’on le croyait aux portes de la mort. A la veille de la fête de saint Pierre, dont il était très dévôt, il pria intensément et commença à reprendre des forces à partir de minuit. Il se remit, mais exigea des médecins une nouvelle intervention, fort douloureuse, pour lui remettre mieux un os mal placé. Iñigo subit ces trois horribles interventions sans broncher, sinon en serrant les poings.

Par la suite, il ne pouvait s’appuyer sur cette pauvre jambe, de sorte qu’il resta longtemps alité. C’est là qu’il eut l’occasion de lire, entre autres, une Vie du Christ et un autre livre sur la vie des Saints. 

Une nuit, il lui sembla voir une réelle image de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, qui lui infusa un remords complet et définitif des plaisirs mondains et charnels qu’il avait eus jusqu’alors.

1522. Il voulait partir à Jérusalem et pour cela, se fit faire un vulgaire habit de toile fort rude à Montserrat, fit une confession qui dura trois jours, et laissa là son épée et son poignard. Il se livrait à sept heures d’oraison quotidienne ! Sa dévotion allait particulièrement à la Sainte Trinité, qu’il imagina sous la figure de trois touches d’orgue ; à la divine Eucharistie, dont il perçut des rayons éclatants dans une vision ; à la divine humanité de Jésus-Christ. Déjà il commençait à rédiger ses Exercices, ou expériences spirituelles et mystiques personnelles.

1523. Il s’embarqua à Barcelone, arriva à Gaète, où il délivra une femme et sa fille des mauvaises intentions de soldats, joignit Rome où il obtint la bénédiction du pape, puis Padoue et Venise. Là, il fut hébergé quelques jours par un homme de bien qui le présenta au Doge. C’est ainsi qu’Iñigo eut la permission de voyager pour Chypre avec le bateau des gouververneurs.

Il put arriver à Jérusalem, avec grande joie, mais on l’obligea à abréger son séjour et il dut repartir plus vite qu’il n’avait prévu. La traversée du retour fut difficile, et même un des bateaux de la flotte sombra, mais celui d’Iñigo accosta dans les Pouilles. Iñigo rejoignit Venise en 1524, puis Gênes, où il retrouva un ami d’autrefois qui l’aida à s’embarquer pour Barcelone.

A Barcelone, il résolut de faire quelques études, pendant deux ans, avant d’être envoyé à Alcalà (1526). Là il parla de ses expériences spirituelles, se fit des amis, ce qui provoqua la curiosité des Inquisiteurs de Tolède. On ne lui trouva aucune erreur dans sa spiritualité, et on lui conseilla seulement de faire teindre ses habits en noir, de se chausser, à quoi il obéissait fidèlement.

Il alla trouver l’évêque de Valladolid, qui lui conseilla d’aller à Salamanque. Il y fut reçu par des Dominicains, qui l’interrogèrent et le firent mettre en prison avec un de ses compagnons, liés ensemble par une chaîne. Puis ils comparurent devant des juges ecclésiastiques, qui ne trouvèrent rien à dire dans sa doctrine. Et comme tous les autres prisonniers avaient réussi à s’enfuir et qu’eux deux seuls étaient restés, on leur accorda tout un palais pour vivre. Puis il résolut d’aller étudier à Paris.

 Il y arriva en 1527 ou 1528. Pour pouvoir vivre et se loger, il suivit le conseil d’un religieux, en allant chaque année travailler environ deux mois dans les Flandres ; une fois il alla en Angleterre, d’où il rapporta davantage.

 A Paris, il étudia et se fit des amis. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns particulièrement fidèles, dont le futur saint François Xavier (en basque, il faudrait le prononcer : Pantchoa Chabier) ; il y avait aussi le prêtre Pierre Favre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla, et le portugais Simon Rodriguez. Ils firent à Paris les trois vœux de pauvreté, de chasteté, et de pèlerinage à Jérusalem. Tous ces amis voulaient aller à Jérusalem puis, de retour, demander au Pape de les employer à ce qu’il jugerait le plus utile pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. 

Toujours à Paris, Iñigo eut l’occasion de faire examiner avec succès sa méthode des Exercices spirituels. Avant de retrouver ses amis à Venise, Iñigo passa en Espagne, prêchant chaque fois qu’il le pouvait, aux enfants de préférence. Mais les grandes personnes aussi venaient l’écouter de loin. Il fit cesser un abus assez fréquent, à savoir que des jeunes filles s’affichaient publiquement comme compagnes de prêtres. Il passa à Pampelune, Almazan, Sigüenza, Tolède, Valencia, s’embarqua pour Gênes et Bologne, puis gagna Venise.

Ces Compagnons restèrent deux mois à Venise, passèrent à Rome (sauf Iñigo) et revinrent à Venise, mais ne purent s’embarquer pour Jérusalem. Ils s’organisèrent donc pour prêcher partout où ils pourraient. Iñigo vint à Vicenza. Il y eut beaucoup de visions et de consolations. Puis il se prépara à recevoir le sacerdoce à Venise (1537). Il attendra Noël 1538 pour célébrer sa première messe, à Rome, à Sainte-Marie Majeure, où l’on conserve des fragments de la Crêche du Sauveur.

Il est étonnant de voir cet homme, apparemment vagabond, sans domicile fixe, mal vêtu, improvisateur perpétuel, réussir à se faire ordonner prêtre là, à Venise, où il n’était pas habituellement domicilié. D’habitude, les candidats au sacerdoce devaient être reconnus, établis, fournis d’une rente ; rien de tout cela pour ce chevalier de Dieu, visiblement poussé et protégé par la Providence divine.

De Venise, les Compagnons partirent tous à Rome.

1537. Les Compagnons, désormais neuf, commencent de se faire appeler Compagnons de Jésus plutôt que Etudiants de Paris. A Rome, on comprit que le pèlerinage à Jérusalem serait impossible, et le pape leur confia l’apostolat en Italie.

1540 est l’année de la constitution officielle de la Compagnie de Jésus. Elle se développa rapidement. François Xavier gagna les Indes, le Japon et la Chine. 

Iñigo restait humblement à Rome, multipliant les activités apostoliques : prêcher, visiter et nourrir les pauvres, fonder une Compagnie des orphelins, un catéchuménat pour Juifs et musulmans convertis, une maison de Sainte-Marthe pour les femmes repenties. Les pauvres, les pécheurs, les plus délaissés, avaient sa préférence : Je les aime tant, que je voudrais savoir le nombre des puces qui les dévorent.

Iñigo affirma lui-même avoir été favorisé de nombreuses visions célestes, de Dieu le Père, de la Sainte Trinité, de la Vierge Marie.

Il mourut à Rome au matin du 31 juillet 1556.

Béatifié en 1609, canonisé en 1623, Iñigo de Loyola a été proclamé patron de tous les exercices spirituels en 1922.

 

 

Everard Hanse

? -1581

 

Il était né dans le Northamptonshire.

Il étudia à Cambridge. Son frère William, prêtre depuis 1579, cherchait vainement à le convertir, jusqu’à ce qu’une grave maladie aida Everard à réfléchir.

Venu éudier la théologie à Reims (1580-1581), il fut ordonné prêtre et repartit immédiatement en Angleterre.

Déguisé, il rendit visite aux prisonniers catholiques de Marshalsea, où le gardien remarqua qu’il portait des chaussures de fabrication étrangère. Fouillé de pied en cap, il fut reconnu comme prêtre. Mais comme la loi contre les prêtres n’avait pas encore été prononcée, on chercha des motifs d’accusation.

Interrogé à Newgate, il affirma que le pape avait la même autorité que cent ans auparavant. Interrogé ensuite sur l’éventuelle erreur du pape en excommuniant Elizabeth Tudor, il répondit : Je ne le souhaite pas. On lui demanda aussi s’il voulait que d’autres crussent comme lui, et il répondit : J’aimerais bien que tous aient la même foi catholique que moi. 

Ainsi accusé de trahison, et de vouloir entraîner les autres dans cette trahison, il fut immédiatement condamné pour persuasion, ce qui signifiait le plus haut degré de trahison.

Il fut exécuté à Tyburn le 31 juillet 1581. Son dernier mot fut : O heureux jour !

Ce jugement fut tellement «expédié» que les Autorités imposèrent un changement de méthode pour émettre des sentences.

Le culte d’Everard et de ses Compagnons a été confirmé en 1886, ce qui équivaut à la béatification.

 

 

Nicolaus Keian Fukunaga

1569-1633

 

Le frère Nicolaus naquit en 1569 à Nagawara (Azuchi, Japon), de parents samouraïs, et étudia chez les Jésuites à Azuchi.

En 1588 il entra au noviciat des pères jésuites de Amagusa, où il connut Paul Miki (voir au 6 février).

Il fit les premiers vœux en 1590, puis les études de préparation au sacerdoce ; il semblait devoir devenir un excellent apôtre, mais «quelque chose» manquait toujours aux appréciations des Supérieurs, qui le jugeaient «médiocre», «ordinaire».

On l’envoya en 1603 dans la nouvelle maison de Fukuoka, où on lui confia la prédication.

Il fut envoyé comme assistant d’un de ses confrères devenu prêtre en 1608 (Julianus Nakaura), lui aussi béatifié comme Nicolaus (voir au 21 octobre) ; il l’aida beaucoup et cependant ne fut jamais considéré comme «prêt» pour l’ordination sacerdotale.

Suite au décret de 1614 qui poussait à l’exil tous les prêtres, Nicolaus accompagna le groupe qui partait pour Macao, où il fut chargé de la formation des jeunes.

En 1620, il rentra clandestinement au Japon et reprit son activité pastorale à Kyushu, puis en compagnie de Sixtus Iyo (autre Martyr) et Gaspar Sadamatsu à Fukuoka (voir au 20 juin).

Les Supérieurs appréciaient beaucoup les enseignements de Nicolaus, ses homélies émouvantes, mais ne voulurent jamais lui confier de totales responsabilités. Même ses Confrères intervinrent pour qu’il fût ordonné prêtre, mais à ce moment il n’y avait pas d’évêque sur place pour l’ordonner… 

Nicolaus dut finalement attendre d’avoir cinquante ans pour prononcer ses vœux définitis dans la Compagnie de Jésus, où il se trouvait depuis trente-sept ans. Mystère de Dieu…

Les rapports des Supérieurs établissaient qu’il était capable de prêcher, qu’il faisait des sermons pleins de force en japonais, et que son martyre était son meilleur sermon. Les Supérieurs n’étaient certainement pas animés de sentiments anti-japonais, puisqu’ils ordonnèrent prêtres bien d’autres Japonais. Dieu a permis ce mystère pour notre édification, pour admirer l’humilité de Nicolaus.

Au moment suprême de son martyre, on demanda à Nicolaus s’il regrettait quelque chose de sa vie ; il répondit : Oui, je regrette de n’avoir pas pu conduire tous les Japonais au Christ, y compris le shogun.

En juillet 1633, Nicolaus fut conduit à la prison de Nagasaki. Le 28, commença la torture d e la «fosse», consistant à attacher le supplicié par les pieds, la tête au-dessus d’une fosse pleine d’excréments, d’ordures et de cadavres de bêtes ; pour bloquer la circulation du sang, on serrait très fortement le corps avec des cordes ; de temps à autre, on ouvrait les veines pour diminuer la pression du sang et éviter une mort «trop rapide» ; cette horrible torture pouvait durer des jours, si le supplicié refusait d’apostasier. Certains y furent même soumis plusieurs fois.

Agé de soixante-quatre ans, toujours pas ordonné prêtre, Nicolaus mourut ainsi en fidèle témoin du Christ, le 31 juillet 1633, le même jour que le fondateur des Jésuites, saint Ignace.

Il fait partie des cent-quatre vingt Japonais martyrs, béatifiés en 2008.

 

 

 

Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil

1752-1794

 

Il naquit le 11 janvier 1752 à saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Il devint prêtre dans le diocèse de Limoges

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jean-François Jarrige de la Morelie de Breuil mourut le 31 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Emmanuel Lê Vǎn Phụng

1796-1859

 

Ce père de famille était né à Ðấu Nước dans l'île de Cù Lao Giêng (Vietnam). 

Il avait neuf enfants.

Profondément chrétien, catéchiste rempli de zèle et de courage, il fit construire à Ðấu Nước une église, un couvent pour les Filles de Marie, un presbytère pour les missionnaires, un collège.

Il avait gagné la bienveillance du sous-préfet par sa bonté, et aussi par de bons pourboires, de sorte que toutes les perquisitions finissaient par un non-lieu. Il se risqua à héberger jusqu’à cinq missionnaires chez lui.

Mais deux individus, qui s'étaient vus refuser une aide financière d'Emmanuel, voulurent se venger et le dénoncèrent directement au gouverneur, l'accusant de recevoir un prêtre européen. Trois cents soldats vinrent perquisitionner, sans trouver le prêtre.

En revanche, un prêtre annamite se présenta spontanément, affirmant qu'il était le chef de la mission : c'était courageux de sa part, mais son audace suscita l'arrestation d'Emmanuel, du prêtre annamite et de trente-deux autres Chrétiens, que l'on conduisit à Châu Đốc (An Giang), le 7 janvier 1859.

Dans sa prison, Emmanuel continuait de recevoir ses enfants et ses amis, les encourageant à rester charitables et à pardonner à leurs ennemis.

Les invitations à apostasier, les menaces et les promesses n'ayant pas abouti, Emmanuel fut condamné à mort par la strangulation.

Le supplice eut lieu à Cay-Met où, à genoux, Emmanuel reçut la bénédiction et l'absolution du prêtre annamite, et pria ses enfants d'ensevelir discrètement son corps auprès de celui du missionnaire.

Puis il offrit sou cou à la corde et mourut ainsi, le 31 juillet 1859.

Il a été béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

Nota :  Le Martyrologe mentionne ce Martyr au 13 juillet, mais aussi au 31 juillet (avec un nom abrégé : Emmnanuel Phụng. Il s’agit vraisemblablement d’un doublet. Plusieurs sources vietnamiennes ne retiennent que la date du 31 juillet.

 

 

Phêrô Đoàn Công Quý

1826-1859

 

Phêrô naquit en 1826 à Bùng (Gia Dinh) dernier des six enfants d’un couple chrétien, Antôn Đoàn Công Miêng et Anrê Nguyễn Thị Thường, eux-même issus d’immigrés du Vietnam central vers le sud.

Le garçon obtint de ses parents la permission d’étudier le latin avec un prêtre, puis, en 1848, fut admis au séminaire des Missions Etrangères de Paris à Penang (Malaisie), où il étudia la philosophie, la théologie, le latin et le français, et la littérature.

Tandis que la persécution se déchaînait en 1855, Phêrô fut ordonné prêtre en 1859.

Il exerça le saint ministère dans plusieurs paroisses : Lái Thiêu, Gia Định, Kiến Hòa, Cai Lun.

Arrêté le 1er juillet 1859, condamné à mort le 30 juillet, il fut exécuté le 31 juillet 1859 par décapitation, à Châu Đốc. Il avait l’âge du Christ, trente-trois ans.

Phêrô fut béatifié en 1909, canonisé en 1988.

 

 

Giustino De Jacobis

1800-1860

 

Septième de quatorze enfants, Giustino naquit le 9 octobre 1800 à San Fele (Potenza, Italie sud), de Giovanni Battista et de Giuseppina Muccia, des parents très chrétiens.

La maman avait ses façons : pour encourager son fils à l’oraison mentale, elle lui donnait un sou quand il atteignait la demi-heure.

Giustino reçut la Communion à neuf ans. A dix-huit ans, à Naples, il entra dans la Congrégation de la Mission (Lazaristes), fondés par saint Vincent de Paul.

Extrêmement humble et dévoué, Giustino fut ordonné prêtre en 1824.

Un de ses «succès» fut une homélie sur le purgatoire, que personne ne voulait assumer, et qui émut profondément l’assemblée. Il fut en charge de paroisses à Oria et Monopoli.

En 1837, Giustino fut nommé supérieur de la maison de Lecce, puis de Naples, et bientôt choisi pour aller porter la Bonne Nouvelle en Abyssinie (Ethiopie).

L’Islam y progressait, avec ses intolérances et ses excès. Le nouveau Préfet apostolique du Tigré devait faire face à la superstition, à certains groupes chrétiens schismatiques, aux colons mal intentionnés, sans parler du très difficile climat auquel il n’était pas habitué.

Il commença, discrètement. Il fallait célébrer en cachette, car célébrer une messe privée dans une maison semblait un scandale, une grave irrévérence pour l’Eucharistie.

Giustino s’efforça d’apprendre la langue locale, il prit l’habit des indigènes, il mangea ce qu’on mangeait.

On conserve sa toute première «allocution» du 26 janvier 1840, à une dizaine d’Abyssins, dans leur langue, où il leur dit tout son amour, tout son désir d’être avec eux, de les aider, de partager son pain avec eux.

Sa piété et sa douceur firent quelques conquêtes. En particulier le prince lui demanda ni plus ni moins de conduire une délégation au Caire, pour en ramener un nouvel évêque copte monophysite ! De Jacobis réfléchit, accepta, proposant que l’on passerait aussi par Rome et par la Terre Sainte. Le nouvel évêque, Abouna Salâmâ (Père Pacifique) avait reçu sa formation chez des Protestants ; il toléra Giustino, mais le persécuta à l’occasion.

Giustino, surnommé par la population Abouna Yacob (Père Jacques), surprenait par sa simplicité de vie : un homme qui va chercher lui-même son bois, un travail réservé aux femmes ! Il marchait toute une nuit pour aller visiter un malade.

Il y eut des conversions : en 1844, une centaine de fidèles. Des paroisses étaient érigées en diverses localités : Adoua, Massaoua, Gouala où s’ouvrit un collège.

En 1846 arriva le nouveau Vicaire apostolique pour la région plus méridionale, Guglielmo Massaia, qui en 1849 consacra évêque le père Giustino, malgré l’aversion de ce dernier. La cérémonie se fit de nuit, discrètement. Giustino devenait évêque de Nilopolis.

En 1854 cependant, un décret du nouvel «empereur» proclamait que Quiconque ne se convertira pas à la religion de notre Père (Salâmâ), sera raccourci en haut et en bas, de la tête et des pieds : Jésus-Christ par son humanité a même science que le Père et le Saint-Esprit !

On voit par là quels rapports hostiles opposaient encore (depuis le 5e siècle) les catholiques et les orthodoxes de cette époque : bien sûr que Jésus-Christ a même science que le Père et l’Esprit, mais il n’empêche qu’il a bien deux natures, la divine et l’humaine ; Jésus est Dieu, comme le montrent ses miracles, et il est Homme, comme le montrent sa vie, sa parole, ses souffrances et sa mort.

Abouna Yacob fut arrêté, relaxé, emprisonné, exilé. On persécuta ses fidèles. Un de ceux-là, Ghébré-Mikaël, fut horriblement torturé, enfin martyrisé le 27 juillet 1855 ; il a été béatifié.

Après avoir pu jeter les fondements de l’Eglise catholique d’Ethiopie, Mgr De Jacobis dut se réfugier sur la côte ; il mourut, épuisé, dans le désert, le 31 juillet 1860.

Malgré la persécution, il restait encore quatre mille chrétiens romains en 1865 dans l’Abyssinie. Mgr Massaia, devenu cardinal, écrivit que Mgr De Jacobis était le fondateur de la mission d’Abyssinie, l’apôtre infatigable de l’Afrique orientale, le maître des missionnaires, le modèle de ce courage et de cette abnégation qui leur est nécessaire, l’ange de l’Eglise d’Ethiopie.

La tombe de Mgr De Jacobis est visitée autant par les catholiques que par les musulmans.

Giustino De Jacobis a été béatifié en 1939, canonisé en 1975. Il est inscrit au Martyrologe le 31 juillet.

Pedro Jiménez Vallejo

1861-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Dionisio Vicente Ramos

1871-1936

 

Dionisio (Denis) vit le jour à Caudé (Teruel, Espagne) le 9 octobre 1871, jour où l’on fête saint Denis, son saint Patron.

A quinze ans, il voulut entrer chez les Frères Mineurs Conventuels, mais n’en put trouver un couvent qu’en Italie, où il partit avec le père Miguel Salvador.

C’est donc en Italie, à Montalto Marche (Ascoli Piceno), qu’il entra dans l’Ordre franciscain ; il fit le noviciat à San Miniato (Pisa, Toscane), étudia la philosophie à Bagnoregio (le village natal de saint Bonaventure, voir au 15 juillet), puis la théologie au collège Saint-Nicolas-de-Tolentino à Rome, où il obtint le doctorat.

Ordonné prêtre en 1894, il fut professeur au séminaire de Bagnoregio (Viterbo), jusqu’en 1899. Puis il fut vicaire à Civitavecchia et professeur au séminaire. En 1902, il exerça le saint ministère à Anzio, puis fut pénitencier à Notre-Dame de Loreto (Italie) de 1905 à 1912.

Il fut alors nommé à Granollers (Barcelone), où il eut la charge de directeur des postulants, maître des novices, directeur spirituel au séminaire, gardien (supérieur) du couvent, professeur au séminaire et en d’autres maisons.

En 1930-1932, il fut nommé professeur et maître des novices à Brescia (Italie).

Ce fidèle Religieux fut un homme fort, défenseur de la liberté et de la justice, ennemi de l’oisiveté, très cultivé : il traduisit du français et publia un livre en italien et un autre en espagnol, regardant l’histoire et la spiritualité.

Revenu en Espagne, la cataracte limita ses activités : il était confesseur. Quand il avait des moments libres, il reliait des livres, il rapiéçait ou cousait des habits, il confectionnait des chapelets.

Devenu complètement aveugle, âgé, vêtu civilement à cause de la révolution, il se réfugia en 1936 dans l’hôpital local, tenu par des Religieuses Carmélites de la Charité. 

Le 31 juillet, on le fit monter avec le Frère Francisco Remón, dans le camion-fantôme, au milieu des coups et des insultes. Une Religieuse présente fit remarquer aux miliciens que le père Dionisio était âgé, et aveugle ; elle s’entendit répondre : On va lui faire, nous, une opération qui le guérira immédiatement de la cécité.

Ce bon prêtre fut conduit non loin de Granollers et fusillé, avec le Frère Francisco, le 31 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 2001.

 

 

Teresa Subirá Sanjaume

1875-1936

 

Teresa vit le jour à Ventolá (Girona, Catalogne, Espagne) le 27 février 1875.

Encore jeune, elle alla servir les malades de l’hôpital de Bagur.

A vingt ans, elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1896, prenant le nom de Esperanza de la Croix.

En 1902, elle fit la profession solennelle.

Elle fut infirmière à Tárrega et Alayor (Minorque), puis enseignante à Barcelone puis Vilarrodona (Tarragona), avec les soucis que provoquèrent les lois des années trente.

Elle était Supérieure à Vilarrodona en 1936.

Voyant la situation, et sachant ce qui pouvait arriver, elle confia aux Sœurs : Je suis prête pour le martyre ; je désire mourir pour Lui.

Le 21 juillet 1936, la communauté assistait aux messes célébrées par le curé, don José María Escolá et son vicaire Ángel Casas (on ne concélébrait pas à cette époque). Les miliciens les surprirent à ce moment-là. Il fallut quitter la maison et se cacher. Le soir elles se réunirent dans la chapelle et la Mère Esperanza leur distribua les Saintes Hosties pour éviter toute profanation. 

Le 23 juillet l’église paroissiale était en flammes, on brûla les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

La Supérieure Esperanza de la Croix et María du Refuge vinrent frapper chez les sœurs de cette dernière, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

María Roqueta Serra

1878-1936

 

María vit le jour dans le petit village de Gabarra (Lleida, Catalogne, Espagne) le 20 avril 1878 et fut baptisée le lendemain.

Elle entra au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, en 1898, avec le nom de María du Refuge de Saint-Ange. Elle fit la profession solennelle en 1904.

Elle fut envoyée dans la communauté de Barcelone puis de Vilarrodona (Tarragona) en 1936.

Ses consœurs la décrivaient comme pieuse, effacée, effrayée et très impressionnée par le danger du martyre, mais disposée à accepter ce que Dieu demanderait.

Elle fut nommée vicaire de la communauté, ce qui montre la confiance qu’on avait en elle.

Ayant dû quitter la maison avec les Consœurs, elle put se cacher quelques jours. De là où elle était, elle aperçut le 23 juillet l’incendie de l’église paroissiale, avec les statues, les ornements, les croix. 

Le 24, les miliciens donnèrent la chasse aux Religieuses, les rassemblèrent sur la place avec le curé et son vicaire, et partirent pour Villafranca del Panadés, où elles furent remises au Comité. On les enferma dans une pièce de la mairie, puis dans une maison de l’endroit.

Le 26, on assassina le curé et son vicaire, à La Almunia.

Le 31, on les libéra et elles prirent le premier train pour Barcelone. A la gare de Aragón-Paseo de Gracia, elles se séparèrent deux par deux, en se saluant par A Dieu, au Ciel !

María du Refuge et la Supérieure Esperanza de la Croix (Teresa Subirá Sanjaume) vinrent frapper chez les sœurs de María, mais elles étaient déjà parties, fuyant la persécution. Elles ne savaient où aller ; on les reconnut alors à leur allure et on les présenta au Comité. Ces messieurs demandèrent au Comité de Vilarrodona : Que faire avec ces dames ? - Ce que vous voulez.

Elles furent conduites avec d’autres victimes sur la route de La Arrabassada (Barcelone) et assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles ont été béatifiées en 2007.

 

 

Francisca Pons Sardá

1880-1936

 

Francisca vit le jour à Espluga de Francoli (Tarragona, Catalogne, Espagne) et fut baptisée le 18 juillet 1880.

Elle entra en 1907 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, le 6 octobre, avec le nom de Gabriela de Saint-Jean-de-la-Croix, et la profession solennelle en 1913.

Elle passa les années difficiles de 1909 à Barcelone et des années trente dans une fidélité à toute épreuve. Sa famille lui demanda de rentrer quelque temps à la maison, pendant les moments de la révolution. Elle répondit : Je suis disposée à donner ma vie et à mourir avec les Sœurs ; si Dieu me destine au martyre, c’est Lui qui m’en donnera la grâce nécessaire.

Elle fut envoyée plusieurs années à Villa Mercedes (Argentine).

En Espagne, elle fut active en diverses communautés : Tárrega, Santa Lucía (Barcelone), Santa Coloma de Queralt, séminaire de Barcelone, Las Corts.

En 1936, elle revint à Barcelone, où elle s’occupait de visiter les malades à domicile, avec la Sœur Daniela.

Le 26 juillet, elle et la Sœur Daniela allèrent, comme chaque jour, assister une malade dans sa famille. Ces gens se virent obligés de fermer leur maison, mais trouvèrent dans le quartier une autre famille, où les Sœurs purent prendre des habits civils et rester cachées quelques jours.

Elles tentèrent de rejoindre la maison d’une cousine, qui travaillait dans une pharmacie. Le pharmacien les reçut avec bonté. En le quittant, elles furent reconnues par un brave conducteur de tramway, qui utilisa le mot de moniales. Des miliciens entendirent et vinrent arrêter les Sœurs. De la maison du pharmacien, on put observer avec horreur comment les Religieuses furent malmenées, insultées, et fourrées dans un camion qui démarra en trombe.

Les deux Religieuses furent conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Prudencio Gueréquiz y Guezuraga

1883-1936

 

Prudencio vit le jour le 28 avril 1883 à Rigoitia (Biscaye, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Algorta.

Il commença le noviciat en 1898, émit la profession simple en 1899, la solennelle en 1903 à Rambla (Cordoue), avec le nom de Prudencio de la Croix.

On ignore l’origine des fréquentes hémoptysies dont il souffrit depuis la jeunesse et toute sa vie, infirmité qu’il supporta avec grande patience.

En 1905 il fut ordonné prêtre à Cordoue.

Il commença par enseigner aux enfants à La Rambla, puis resta quelque temps à Madrid ; il fut nommé professeur de théologie à Cordoue et fut ensuite envoyé au sanctuaire de la Cabeza.

Il était si profondément attiré par la Présence eucharistique, il y passait tant d’heures en méditation que, si on le cherchait, on savait qu’il était dans le chœur de l’église.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio. A la descente du camion, un milicien insista encore ; Prudencio répondit : Peu importe ! si c’est pour ça qu’on nous fusille, nous sommes disposés à mourir comme Religieux.

Il trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Segundo. Il priait continuellement le chapelet et le bréviaire.

Le 31 juillet, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : le père Prudencio avait en mains le chapelet et le bréviaire.

Prudencio de la Croix fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Francisco González-Díez González-Núñez

1883-1936

 

Miguel vit le jour le 8 mai 1883 à Palazuelo de Torío (León, Espagne), le jour où l’on fêtait l’apparition de l’archange saint Michel au Mont Gargano.

Entré chez les Capucins en 1899, il prit le nom de Andrés lors de sa profession en 1900.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Ce fut un professeur de philosophie, un définiteur et archiviste de talent, un écrivain connu.

Il se trouvait au monastère de Jesús Medinaceli (Madrid), lorsque les événements contraignirent tous les Religieux à quitter le 20 juillet 1936 la maison, qui fut effectivement attaquée le 2 juillet.

Les miliciens révolutionnaires avaient reçu l’ordre de ne laisser vivant aucun des Religieux pas même leur chat.

Le père Andrés fut arrêté le 30 juillet. Malmené par les miliciens, il répondait : Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). 

Il reçut la palme du martyre à Pradera San Isidro (Madrid) le 31 juillet 1936 et fut béatifié en 2013.

 

Jaume Buch Canals

1889-1936

 

Jaume (ou Jaime, ou Santiago, Jacques) vit le jour le 9 avril 1889 à Bescanó (Gerona, Catalogne).

A quatorze ans, il fut pensionnaire à la Ferme-école de Sant Isidro à Gerona-Pont Major.

Il entra chez les Salésiens en 1908 à Sarriá.

En 1914, après son noviciat et sa profession, on l’envoya parmi les fondateurs de la nouvelle maison d’Alicante.

Là il s’occupa de la catéchèse et de l’administration.

En 1931, la maison d’Alicante fut détruite par un incendie, et Jaume passa à Valencia.

Arrêté en même temps que tous les Religieux de la maison, il fut remis en liberté le 29 juillet.

Mais il ne trouva pas de famille qui pouvait le recevoir : c’est que tous se savaient menacés. Aussi se réfugia-t-il avec un prêtre… dans la clinique d’un ancien élève : l’un dormit sur la table d’opération, l’autre sur un fauteuil métallique.

Le 30 juillet, il sortit pour aller manger, avec la carte d’identité du prêtre. C’était peut-être une imprudence, mais son intention était, si c’était possible, de faire établir une nouvelle carte d’identité sans mentionner l’état sacerdotal du prêtre. L’opération ne réussit pas : on l’arrêta.

On retrouva son corps au cimetière de Valencia, toujours en possession de cette carte d’identité.

Il fut martyrisé à El Saler (Valencia), le 31 juillet 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Vicenta Achurra Gogenola

1890-1936

 

Vicenta vit le jour à Berriatúa (Biscaye, Espagne) le 4 avril 1890, dans une famille chrétienne de ce pays basque.

A vingt ans, elle choisit d’entrer dans la vie religieuse. Elle entra en 1915 au noviciat des Carmélites Missionnaires de Gracia (Barcelone), où elle fit la profession l’année suivante, avec le nom de Daniela de Saint-Barnabé, et fit la profession solennelle en 1921.

On la décrivit comme joyeuse, charitable, grande travailleuse, bonne compagne, pieuse (elle avait deux dévotions préférées : le Sacré-Cœur et Notre-Dame du Carmel).

Elle fut envoyée à Las Corts, puis au service du séminaire de Barcelone, puis à Badalona, et auprès des aveugles à Barcelone.

En 1936, elle se trouvait dans la maison de Gracia (Barcelone), chargée de visiter à domicile les malades de la paroisse de Sarriá.

Dès le 19 juillet, on lui ordonna de porter des vêtements séculiers, ce qu’elle fit. 

Le 31 juillet 1936, elle se trouvait avec la Sœur Gabriela dans le tramway, quand le conducteur la reconnut et la dénonça.

Les deux Religieuses furent arrêtées, conduites au Comité Rouge, puis emmenées sur la route de l’Arrabassada, où elles furent assassinées, le 31 juillet 1936.

Elles furent béatifiées en 2007.

 

 

Francisco Remón Játiva

1890-1936

 

Francisco vit le jour le 22 septembre 1890 à Caudé (Teruel, Espagne) et reçut prophétiquement au baptême le nom de saint François d’Assise, qu’il allait suivre toute sa vie.

En 1906, à seize ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers, mais accomplit son noviciat à Assise, où il se rendit avec le jeune Alfonso López (voir au 3 août) et où il fit la profession comme Frère convers.

Son séjour à Assise fut interrompu seulement en 1909-1911, quand il fut à Costacciaro.

Il fit la première profession en 1912, la solennelle en 1916.

Il passa presque toute sa vie religieuse (1914-1935) à Assise, comme sacristain de la basilique Saint-François, où il avait un don particulier pour construire la crêche de Noël.

En 1935, il fut envoyé à Granollers (Barcelone), comme sacristain et comme portier, occasionnellement aussi comme quêteur.

Le 19 juillet 1936, il se réfugia chez des amis de Granollers, le lendemain, il passa au couvent où était resté son frère Buenaventura ; ce dernier lui conseilla d’aller dans une autre famille, non loin de la gare de Granollers : il y passa une journée dans la prière et le quasi-silence, disant seulement qu’il allait peut-être souffrir el martyre, mais qu’il n’en était pas digne.

Le 20 au soir, il apprit que le couvent était en flammes. 

Quelques jours après, il voulut rejoindre un endroit plus sûr, mais fut arrêté dans la rue.

En prison, il fut sauvagement battu, au point qu’on lui causa une hémorragie interne. Le Comité fut bien contraint de le faire soigner à l’hôpital, pour qu’il fût au moins lucide (!) au moment où on lui aurait fait connaître la sentence.

Dans cet hôpital, il rencontra le bon père Dionisio Vicente Ramos, auquel il se confessa. 

Le 31 juillet, on les fit monter tous les deux dans le camion-fantôme. 

Originaire du même pays, c’est aussi en compagnie de ce père Dionisio que Francisco fut fusillé le 31 juillet 1936 à Granollers, et béatifié en 2001.

Note. On trouve parfois la date du 30 juillet, peut-être parce que ce martyre a pu avoir lieu dans la nuit du 30 au 31, un peu avant ou après minuit. 

 

 

Segundo García Cabezas

1891-1936

 

Segundo vit le jour le 24 mars 1891 à Barrios de Nistoso (León, Espagne).

Il fut attiré par l’Ordre des Trinitaires et entra dans la communauté d’Alcazár de San Juan (Ciudad Real).

Il prit l’habit en 1906, et commença le noviciat ; il émit la profession simple en 1907.

Intelligent, studieux, il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en philosophie (1910). 

Cette année-là il fit la profession solennelle, avec le nom de Segundo de Sainte-Thérèse. Mais une maladie l’empêcha d’achever le doctorat en théologie et il revint en Espagne.

En 1914 il fut ordonné prêtre à Madrid.

Il fut d’abord envoyé en Argentine comme professeur d’école puis comme directeur à Damacio-Vélez (Córdoba), collaborant aussi à la paroisse locale.

En 1919, il revint en Espagne, comme professeur de théologie à La Rambla, puis comme vicaire à Barcelone, où s’ouvrait un nouveau collège. Il y enseigna.

En 1923, il fut à Algorta ; en 1928, professeur de philosophie à Villanueva del Arzobispo ; en 1931, professeur de philosophie à La Cabeza.

Il collabora à la revue El Santo Trisagio, par des articles qui montrent la grande culture de ce prêtre. En outre, il traduisit de l’italien un manuel de prédication à l’usage des étudiants.

A noter aussi sa sensibilité musicale, grâce à laquelle il put tenir l’orgue au sanctuaire de La Cabeza.

Le 26 juin 1936, la communauté reçut l’ordre d’évacuer le sanctuaire. Le Supérieur fit valoir qu’il fallait faire un inventaire, car le sanctuaire appartenait à l’évêché. La réponse fut : Il n’est pas à l’évêché, il est à nous ; dès à présent, le sanctuaire est fermé et il faut déposer les clefs à la mairie.

Quant au père Segundo, il demanda aux miliciens : Que va devenir cette société, avec un gouvernement qui n’admet pas les religieux ? Vous ne savez pas que les religieux ont été les plus grands bienfaiteurs de l’humanité dans tous ses aspects et les plus grands amis des pauvres et des ouvriers ?

L’expulsion se produisit réellement le 28 juin. Trois camions de gens armés arrivèrent, le sanctuaire fut encerclé et le Supérieur appelé. Le chef lui demanda : Si vous vous engagez à partir pour Andújar, nous vous laissons. Si le Supérieur avait discuté, les hommes auraient tiré impitoyablement.

Les Religieux consommèrent les Saintes Espèces, prièrent encore un peu Jésus-Christ et Notre-Dame de la Cabeza, chantèrent le Salve Regina… Même les miliciens prirent part aux chants !

Ils emmenèrent les Religieux à Andújar. Chemin faisant, ils dirent aux Religieux de s’habiller en civil. Le seul qui refusait était le père Prudencio.

Segundo trouva accueil chez un avocat de l’endroit, avec le père Prudencio. Ils priaient continuellement le chapelet et le bréviaire.

Il remit à un ami son appareil photographique, pour le reporter au couvent, si on le tuait.

Le 31 juillet 1936, des miliciens vinrent les chercher pour aller faire une déclaration au Comité. Le père Segundo, qui était un fumeur invétéré, les accueillit avec gentillesse et leur offrit à chacun un cigarillo. 

En route, les miliciens crièrent aux habitants de rentrer chez eux et de fermer portes et fenêtres. Puis ils tirèrent dans le dos des deux Religieux, ainsi qu’à trois autres prisonniers. Ils moururent sur place, et leur sang se répandit longtemps à terre. Après quelques heures, on porta les cadavres à l’hôpital : dans ses poches, le père Segundo avait deux paquets de tabac avec la blague, et ses lunettes ; il tenait en mains le chapelet et le bréviaire.

Segundo de Sainte-Thérèse fut béatifié en 2007.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren

1893-1936

 

Des dix enfants du foyer Olarte Pérez, cinq furent offerts à l’Eglise : trois prêtres et deux religieuses.

Ciriaco naquit le 8 février 1893 à Gomecha (Álava, Espagne), troisième enfant de Saturnino et María, qui le firent baptiser le jour-même. A six ans, il reçut l’Eucharistie et la Confirmation.

Tout petit, il voulut être enfant de chœur, mais il était vraiment petit, et encore faible, et n’arrivait pas à la hauteur du missel (à cette époque, le missel était sur la droite de l’autel, et il fallait le transporter à gauche pour l’évangile ; de plus, le missel était très gros, très pesant). Le Curé lui conseilla alors de bien manger, de se fortifier, pour être en mesure d’y arriver. Le garçon s’entraîna à la maison : tous les soirs, il s’ingéniait à porter plusieurs gros livres, espérant ainsi réussir à porter le gros missel. Un jour, il estima être arrivé au niveau suffisant et s’en alla convaincre le curé de le laisser servir la messe ; comme preuve qu’il pouvait le faire, il alla s’emparer du missel… qui lui retomba sur la tête.

En grandissant, Ciriaco montra souvent la charité dont son cœur était capable ; il cherchait à consoler des enfants tristes, partageait avec eux ce qu’il avait ou les invitait à la maison ; il accompagnait des vieillards qu’il voyait seuls ; et s’il voyait des Religieux passer par le pays, il les accompagnait et s’arrangeait pour les faire achever leur tournée chez ses parents, et les inviter à table.

Son père lui-même, le présentant au Supérieur des pères Rédemptoristes, le définit comme très obéissant, doux, pieux, travailleur. Il le fut vraiment. A ces qualités, s’ajoutèrent les dons naturels de la parole, de la sensibilité musicale, et une grande vivacité, tout ce qu’il fallait pour un bon missionnaire rédemptoriste.

Il entra effectivement au juvénat de cet Ordre en 1904 à El Espino (Burgos), où les études furent tout de même difficiles, car la mémoire n’était pas au rendez-vous. Mais il était doué pour le théâtre et l’art déclamatoire ; la volonté et l’acharnement au travail firent que Ciriaco put accomplir le noviciat et être admis à la profession en 1911. 

Puis il fut à Astorga pour les études théologiques. En 1917 il fut ordonné prêtre.

En 1918, on l’envoya pendant un an à Nava del Rey, où il alterna sa présence à la caserne et au couvent. En 1919, il alla à Cuenca. 

En 1921 il partit au Mexique, où il accomplit un travail épuisant et ce, malgré le climat de persécution. On a pu établir qu’il fut à Oaxaca (1922), Puebla (1924), Monterrey (1926). L’activité sacerdotale étant devenue vraiment impossible, il rejoignit Espagne.

En 1926, il fut à La Coruña, où on lui confia de nouvelles responsabilités ; en 1929 à Madrid,  où il sera aussi bibliothécaire, en plus de ses nombreuses missions à Jaén, Madrid, León, Valladolid ; en 1932 à Grenade, d’où il partit en mission pour Cordoue, Málaga, Grenade et Almería, avec prédications et neuvaines dans des monastères de clôture ; en 1933 de nouveau à Madrid, avec missions à Carabanchel, Terrer et Calatayud (Saragosse), et Plasencia (Cáceres) ; en 1935 il rejoignit Cuenca. Son sentiment devant les événements en ébullition, n’est pas l’inquiétude pour la situation elle-même, mais la tristesse de ne plus pouvoir prêcher.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Ciriaco se cacha d’abord chez un chanoine, puis chez un vicaire de la cathédrale d’Almería ; dans ces circonstances, lui-même écrivit de façon prophétique : La fête de saint Fondateur Alphonse de Liguori, nous la passerons au ciel (saint Alfonso est fêté le 1er août).

En effet, dénoncés (probablement par une domestique), lui et son Confrère Miguel Goñi Áriz furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, les deux prêtres se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture.

A l’autopsie, on remarqua que le père Ciriaco avait reçu des balles à la poitrine et à la nuque, ce 31 juillet 1936.

Les pères Olarte et Goñi furent les premiers Martyrs de Cuenca. Peu après, tombèrent l’évêque et son secrétaire.

Ciriaco Olarte Pérez de Mendiguren fut béatifié en 2013.

 

 

José Grijalvo Medel

1896-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Nazario del Valle González

1901-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Miguel Goñi Áriz

1902-1936

 

Miguel naquit le 27 avril 1902 à Imarcoain (Navarre, Espagne), de Domingo et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1904 et reçut la Première communion en 1909.

Sa pieuse mère ne lui cachait pas son grand désir de le voir entrer au séminaire ; en attendant, il servait la messe à la paroisse.

La science de Dieu mûrit abondamment dans l’âme du garçon, mais pas la science humaine, car c’est à peine s’il fréquenta l’école. Ses parents pensèrent quand même l’envoyer au collège de Pamplona ; mais il fallut un peu retarder la décision, puis le papa mourut.

Sur ces entrefaîtes, passèrent dans le pays deux pères Rédemptoristes, dont la parole conquit Miguel.

Il entra effectivement au juvénat des Rédemptoristes en 1913 à El Espino (Burgos), puis fut envoyé au nouveau collège du même Ordre à Cuenca, en 1915. Miguel traversa alors une difficile crise spirituelle ; il pria, s’accrocha à la Vierge Marie, triompha.

Il fut postulant en 1919 à Cuanca, et fit le noviciat à Nava del Rey, recevant l’habit de la Congrégation. Il fit la profession en 1920.

Après les études (laborieuses !) de philosophie et de théologie à Astorga, en 1925 il fut ordonné prêtre.

Il s’adonna à la prédication sans réserve. Il fut à Nava del Rey, Grenade (1927).

A Grenade, il assista au couronnement de Notre-Dame du Perpétuel Secours. En 1928, il alla à Barcelone, en 1929 à Santander, en 1932 à Vigo comme bibliothécaire ; il alla aussi prêcher.

A cause d’une vilaine infection pulmonaire, il dut regagner Nava del Rey en 1935, d’où il vint à Cuenca en 1936.

Il raconta lui-même aux siens qu’il faillit déjà perdre la vie en mai, quand les éléments de gauche commençaient déjà à se manifester. Le bruit se répandit que, qui avait tiré, étaient les Religieux déguisés en Gardes Civils. Il y eut dans Cuenca une forte agitation et Miguel eut toutes les peines du monde à sortir indemne de cette journée du 2 mai.

En juillet 1936, il fallut abandonner le couvent. Miguel se cacha d’abord chez un chanoine, avec les pères Olarte, Jorge et Posado. Chaque matin, ils allaient célébrer à la catédrale, mais se rendant compte que les miliciens les avaient repérés, ils se séparèrent. Avec le père Olarte, Miguel se réfugia chez un autre prêtre.

Ils furent arrêtés le 31 juillet au matin, emmenés par les rues sous bonne escorte de miliciens déchaînés, jusqu’à l’endroit de la centrale électrique de El Batán. 

Juste avant de recevoir les balles ennemies, il se rapprocha du père Ciriaco, ils se donnèrent réciproquement l’absolution et ils furent fusillés, vers midi. Ciriaco agonisa longtemps et mourut vers vingt heures, suite à l’hémorragie ; Miguel agonisa deux heures durant, sans assistance à cause de la présence d’un garde qui empêchait toute approche. Le soir tard seulement, on autorisa la sépulture, ce 31 juillet 1936.

A l’autopsie, on remarqua que le père Miguel avait le crâne et la poitrine complètement déchiquetés, une épaule détruite, et qu’il présentait les signes d’une agonie prolongée.

Miguel Goñi Áriz fut béatifié en 2013.

 

 

Bernabé Núñez Alonso

1902-1936

 

Il était né le 11 juin 1902, fête de saint Barnabé (d’où son nom de baptême) à Santa María del Invierno (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême quatre jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1916, l’acheva à Hostalets, où il reçut l’habit, et le nom de Alfeo Bernabé (1924), et fit le scholasticat à Bujedo.

Frère plus pratique qu’intellectuel, il fut envoyé à Cambrils pendant six années, où il collabora à la construction de la maison de formation. Oublieux de lui-même, il était disponible pour n’importe quelle tâche.

Appelé au service militaire, il fut trois ans à Cuba, hôte du collège lasallien de La Habana, où il fit le catéchisme aux plus petits : on lui découvrit alors d’excellentes qualités d’enseignant.

En 1931, il revint en Espagne et fut à Tarragona.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alfeo était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alfeo tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Daniel Mora Nine

1908-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Alejandro Arraya Caballero

1908-1936

 

Il était né le 29 mai 1908 à Rodilla (Burgos, Espagne) et reçut le Baptême deux jours après.

Il commença le noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) à Cambrils en 1922, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Alejandro Antonio (1924), et fit le scholasticat à Cambrils.

Ses activités le conduisirent à l’internat de Tarragona (1926), puis à Bonanova (1919), Teruel et Manlleu.

Frère zélé et efficace, il succomba à un excès de travail et dut se reposer.

En 1935, il dut effectuer le service militaire à Manresa, sans cacher sa condition de Religieux, au point que les officiers lui confièrent la formation des soldats moins préparés.

Peu avant la révolution de 1936, il se trouvait momentanément à Madrid avec quatre autres Frères : sur disposition du Frère Visiteur, ils devaient rejoindre leurs pays d’origine pour promouvoir d’éventuelles vocations.

Mais voilà qu’à peine arrivés à Madrid, éclata la guerre civile, et la persécution ouverte. Aucune des maisons lasalliennes ne pouvait les héberger, puisqu’elles avaient été abandonnées (de force). Ils errèrent dans les rues pendant une dizaine de jours. Enfin, ils entendirent que la ligne de chemin de fer était ouverte pour rejoindre Barcelone.

Mais le voyage ne fut pas du tout ce qu’ils espéraient. Plusieurs fois la police les contrôla. Deux des cinq descendirent à Tarragona, tandis que les trois autres poursuivaient jusqu’à Barcelone.

Alejandro était l’un des deux descendus à Tarragona. Les miliciens, à l’affût de prêtres et de religieux, les remarquèrent vite à leur comportement. Au moment où ils traversaient le quartier de la mairie pour rejoindre leur collège, ils durent passer par des ruelles sombres, où on les identifia très vite : on les assassina sur place.

Alejandro tomba en martyr à Tarragona ce 31 juillet 1936 et a été béatifié en 2013.

 

 

Luis Gómez de Pablo

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

José Luis Collado Oliver

1912-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

 

 

Melchor Martín Monge

1914-1936

 

Voir la notice : Carmes espagnols martyrs

Michał Oziębłowski

1900-1942

 

Michal naquit la veille de la fête de son Saint patron, le 28 septembre 1900, à Izdebno (Mazowieckie, Pologne), dans une famille nombreuse d’ouvriers.

Entré au séminaire à vingt-deux ans, il fut malade de tuberculose, au point qu’il croyait devoir renoncer à sa vocation. Mais il put réintégrer le séminaire en 1934 et être ordonné prêtre en 1938.

Il fut vicaire à Kutno.

Après l’invasion de la Pologne par les troupes nazies, il fut arrêté le 6 octobre 1941 et envoyé au camp de Lad, puis à Dachau, avec le numéro 28201.

Maltraité, souffrant de la faim, devant exécuter des tâches excessives pour ses forces, épuisé,  il succomba le 31 juillet 1942. 

Des compagnons du camp, qui survécurent, purent témoigner auprès de sa famille, de la façon dont il se comporta généreusement dans ce camp pour servir les uns et les autres.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Franciszek Stryjas

1882-1944

 

Il vit le jour le 26 janvier 1882 à Popów (Pologne), de pieux parents cultivateurs, Martin et Antonina, qui le firent baptiser le lendemain.

Ce sont eux aussi qui lui enseignèrent les premiers éléments scolaires.

En 1901, il épousa Jozefa Kobylka, avec laquelle il eut sept enfants. Ils habitaient Kuczowoli. Quand son épouse décéda, il épousa en secondes noces une autre Jozefa, Nosal, et vint habiter à Takomyśli.

Un des rêves de jeunesse de Franciszek était de parler de Dieu aux enfants et de les préparer à la Première communion ; ce rêve se réalisa lorsque les deux prêtres de Godzieszach et Opatówek furent envoyés à Dachau. Avec son épouse, il organisa clandestinement cette catéchèse, prévoyant de faire héberger les enfants chez des habitants, car ces enfants devaient parfois venir de loin.

Le 20 juillet 1944, Franciszek reçut une convocation au bureau de police de Opatówek. On lui déconseillait de s’y rendre, mais il y alla courageusement.

A Opatówek, puis à Kalisz, il fut durement torturé et succomba à ses blessures le 31 juillet 1944.

Le corps, ramené chez lui, portait des traces évidentes de coups et de tortures.

Il a été béatifié en 1999.

 

 

Cecilia Schelingová

1916-1955

 

Cecilia naquit le 25 (ou le 24) décembre 1916 à Krivá (Orava, Slovaquie), dans une famille de dix enfants (certains disent qu’elle était la dixième des onze enfants), dont les parents étaient de simples paysans, mais très croyants et pratiquants. Ils reçurent avec joie ce beau cadeau de Noël !

Pavel et Susana, les parents, firent baptiser leur fille trois jours après.

Cecilia fréquenta l’école primaire de 1922 à 1930, travailleuse, obéissante, serviable et douce. Tous l’aimaient.

Dès 1931, elle demanda à entrer à l’Institut des Sœurs de la Charité de la Sainte-Croix. 

En attendant d’être admise, elle fit ses études d’infirmière et y ajouta une spécialisation en radiologie.

Elle entra au noviciat en 1936, et fit les vœux en 1937 avec le nom de Zdenka (Sidonie).

Elle travailla d’abord à Humenné, puis à partir de 1942, au service de radiologie de Bratislava, où ses qualités, sa compétence, sa disponibilité, lui acquirent l’estime unanime.

Dans ce même hôpital, se trouvaient des prêtres et des séminaristes persécutés par le régime communiste, au pouvoir depuis 1948. Tous étaient promis, dès leur «guérison», aux camps de concentration de Sibérie, d’où ils ne seraient probablement jamais revenus.

Dans la nuit du 19 au 20 février 1952, Zdenka réussit à faire fuir un Religieux ; elle pria ainsi dans la chapelle : Jésus, je t’offre ma vie pour la sienne. Sauve-le !

Une deuxième tentative, malheureusement, échoua. La police vint arrêter la Religieuse dès le 29 février pour la conduire en prison, où elle subit d’indicibles tortures physiques et morales.

Suivit une farce de procès, au terme duquel elle fut condamnée à douze ans de prison pour «haute trahison» et à la perte de ses droits civiques pendant dix ans.

Elle fut transférée à la prison de Rimavská Sobota dès le 26 juin 1952, puis à celle de Pardubice, encore plus dure, à partir du 16 avril 1953, pour n’avoir pas voulu collaborer avec les gardiens.

On la fit passer ainsi de prison en prison, avec de tels mauvais traitements qu’après un an et demi de détention, une tumeur au sein fut diagnostiquée. Malgré les soins et l’opération qu’elle subit, l’état ne s’améliora pas, au contraire la Religieuse contracta la tuberculose.

En 1955, quand il était désormais trop tard, le Président de la République lui concéda l’amnistie le 7 avril : ce n’était pas une amnistie, c’était pour éviter que la Religieuse mourût en prison.

Sortie de prison le 16 avril, Zdenka fut immédiatement hospitalisée à Trnava, où elle agonisa et mourut le 31 juillet 1955.

En 1970, la Cour Suprême de Slovaquie annula totalement l’accusation et la peine de Zdenka.

L’héroïque Religieuse avait trente-huit ans. Elle fut béatifiée en 2003.

 

 

Marcel Denis

1919-1961

 

Marcel Denis naquit le 7 août 1919 à Alençon (Orne), deuxième de trois enfants d’un foyer chrétien où le père est un employé de la SNCF.

Alençon est aussi la ville native de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (v. 1 octobre), envers laquelle Marcel aura une grande dévotion.

Après ses études primaires à Montsort, il entra au petit séminaire de Sées en 1932.

En 1942, il entra aux Missions Etrangères de Paris et, après le service militaire, fut ordonné prêtre (1945).

Sa mission fut le centre du Laos, pour lequel il s’embarqua à Marseille en 1946. Il arriva à destination en juin 1946 et restera à Thakhek pour apprendre la langue laotienne.

Comme on le sait, le Laos fut la proie des Japonais, puis devint l’arrière-base des communistes vietnamiens.

Après une période à Dong Makba, le père Marcel fut envoyé dans la région de Khammouane (1952). Il s’exténua à évangéliser, à baptiser, à construire des écoles, des églises ; à former des catéchistes, à soigner des malades.

La guerre civile commença en 1953. Elle n’avait pas cessé en 1961 : en avril, le père Marcel voulut aller chercher son catéchiste Unla dans le village de Phon Saat et mettre en sûreté la famille de celui-ci. Mais c’est là qu’il fut arrêté. Il aurait pu quitter l’endroit, mais il ne voulait pas compromettre son gardien.

On croit savoir qu’il fut enlevé en juillet, accompagné de soldats dans sa propre jeep. On l’aurait forcé à rejoindre le Vietnam, puis ramené au Laos. Il fut fusillé le 31 juillet 1961 à Kham Hè (Nhommalath, Khammouan, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, avec seize autres Compagnons.

Son dies natalis sera le 31 juillet dans le Martyrologe Romain.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans 07-juillet
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:00

 

Iñigo de Oñaz de Loyola

1491-1556

 

Ce grand Saint, qu’on nomme habituellement par son nom francisé, Ignace de Loyola, eut une vie vraiment hors du commun. C’est pour en faire ressortir des éléments vraiment peu ordinaires qu’on a résumé ici une Autobiographie, publiée par un de ses plus proches amis à partir des confidences qu’il lui livra.

Loyola est la localité de sa naissance près du château d’Aspeitia, probablement le 23 octobre 1491, dans le pays basque espagnol.

Il était le huitième et dernier enfant d’une famille chrétienne. La jeunesse passa dans une joyeuse légèreté. En 1507, il fut orphelin de père et fut admis comme page à la cour du Contador Mayor Juan Velasquez de Cuellar, trésorier général de la Couronne de Castille, dans la bourgade d'Arevalo.

En 1515, notre jeune chevalier âgé de vingt-quatre ans, connut un petit malheur - un incident, une bêtise…- qui le fit comparaître devant un tribunal, à Pampelune, et conduire en prison.

Deux ans après, il y eut le siège de Pampelune par les Français et Ignace fut blessé aux jambes. Mal soigné, il fut reconduit chez lui, de nouveau opéré, et son état empira tellement qu’on le croyait aux portes de la mort. A la veille de la fête de saint Pierre, dont il était très dévôt, il pria intensément et commença à reprendre des forces à partir de minuit. Il se remit, mais exigea des médecins une nouvelle intervention, fort douloureuse, pour lui remettre mieux un os mal placé. Iñigo subit ces trois horribles interventions sans broncher, sinon en serrant les poings.

Par la suite, il ne pouvait s’appuyer sur cette pauvre jambe, de sorte qu’il resta longtemps alité. C’est là qu’il eut l’occasion de lire, entre autres, une Vie du Christ et un autre livre sur la vie des Saints. 

Une nuit, il lui sembla voir une réelle image de la Vierge avec l’Enfant-Jésus, qui lui infusa un remords complet et définitif des plaisirs mondains et charnels qu’il avait eus jusqu’alors.

1522. Il voulait partir à Jérusalem et pour cela, se fit faire un vulgaire habit de toile fort rude à Montserrat, fit une confession qui dura trois jours, et laissa là son épée et son poignard. Il se livrait à sept heures d’oraison quotidienne ! Sa dévotion allait particulièrement à la Sainte Trinité, qu’il imagina sous la figure de trois touches d’orgue ; à la divine Eucharistie, dont il perçut des rayons éclatants dans une vision ; à la divine humanité de Jésus-Christ. Déjà il commençait à rédiger ses Exercices, ou expériences spirituelles et mystiques personnelles.

1523. Il s’embarqua à Barcelone, arriva à Gaète, où il délivra une femme et sa fille des mauvaises intentions de soldats, joignit Rome où il obtint la bénédiction du pape, puis Padoue et Venise. Là, il fut hébergé quelques jours par un homme de bien qui le présenta au Doge. C’est ainsi qu’Iñigo eut la permission de voyager pour Chypre avec le bateau des gouververneurs.

Il put arriver à Jérusalem, avec grande joie, mais on l’obligea à abréger son séjour et il dut repartir plus vite qu’il n’avait prévu. La traversée du retour fut difficile, et même un des bateaux de la flotte sombra, mais celui d’Iñigo accosta dans les Pouilles. Iñigo rejoignit Venise en 1524, puis Gênes, où il retrouva un ami d’autrefois qui l’aida à s’embarquer pour Barcelone.

A Barcelone, il résolut de faire quelques études, pendant deux ans, avant d’être envoyé à Alcalà (1526). Là il parla de ses expériences spirituelles, se fit des amis, ce qui provoqua la curiosité des Inquisiteurs de Tolède. On ne lui trouva aucune erreur dans sa spiritualité, et on lui conseilla seulement de faire teindre ses habits en noir, de se chausser, à quoi il obéissait fidèlement.

Il alla trouver l’évêque de Valladolid, qui lui conseilla d’aller à Salamanque. Il y fut reçu par des Dominicains, qui l’interrogèrent et le firent mettre en prison avec un de ses compagnons, liés ensemble par une chaîne. Puis ils comparurent devant des juges ecclésiastiques, qui ne trouvèrent rien à dire dans sa doctrine. Et comme tous les autres prisonniers avaient réussi à s’enfuir et qu’eux deux seuls étaient restés, on leur accorda tout un palais pour vivre. Puis il résolut d’aller étudier à Paris.

 Il y arriva en 1527 ou 1528. Pour pouvoir vivre et se loger, il suivit le conseil d’un religieux, en allant chaque année travailler environ deux mois dans les Flandres ; une fois il alla en Angleterre, d’où il rapporta davantage.

 A Paris, il étudia et se fit des amis. Parmi ceux-ci, il y en avait quelques-uns particulièrement fidèles, dont le futur saint François Xavier (en basque, il faudrait le prononcer : Pantchoa Chabier) ; il y avait aussi le prêtre Pierre Favre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla, et le portugais Simon Rodriguez. Ils firent à Paris les trois vœux de pauvreté, de chasteté, et de pèlerinage à Jérusalem. Tous ces amis voulaient aller à Jérusalem puis, de retour, demander au Pape de les employer à ce qu’il jugerait le plus utile pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. 

Toujours à Paris, Iñigo eut l’occasion de faire examiner avec succès sa méthode des Exercices spirituels. Avant de retrouver ses amis à Venise, Iñigo passa en Espagne, prêchant chaque fois qu’il le pouvait, aux enfants de préférence. Mais les grandes personnes aussi venaient l’écouter de loin. Il fit cesser un abus assez fréquent, à savoir que des jeunes filles s’affichaient publiquement comme compagnes de prêtres. Il passa à Pampelune, Almazan, Sigüenza, Tolède, Valencia, s’embarqua pour Gênes et Bologne, puis gagna Venise.

Ces Compagnons restèrent deux mois à Venise, passèrent à Rome (sauf Iñigo) et revinrent à Venise, mais ne purent s’embarquer pour Jérusalem. Ils s’organisèrent donc pour prêcher partout où ils pourraient. Iñigo vint à Vicenza. Il y eut beaucoup de visions et de consolations. Puis il se prépara à recevoir le sacerdoce à Venise (1537). Il attendra Noël 1538 pour célébrer sa première messe, à Rome, à Sainte-Marie Majeure, où l’on conserve des fragments de la Crêche du Sauveur.

Il est étonnant de voir cet homme, apparemment vagabond, sans domicile fixe, mal vêtu, improvisateur perpétuel, réussir à se faire ordonner prêtre là, à Venise, où il n’était pas habituellement domicilié. D’habitude, les candidats au sacerdoce devaient être reconnus, établis, fournis d’une rente ; rien de tout cela pour ce chevalier de Dieu, visiblement poussé et protégé par la Providence divine.

De Venise, les Compagnons partirent tous à Rome.

1537. Les Compagnons, désormais neuf, commencent de se faire appeler Compagnons de Jésus plutôt que Etudiants de Paris. A Rome, on comprit que le pèlerinage à Jérusalem serait impossible, et le pape leur confia l’apostolat en Italie.

1540 est l’année de la constitution officielle de la Compagnie de Jésus. Elle se développa rapidement. François Xavier gagna les Indes, le Japon et la Chine. 

Iñigo restait humblement à Rome, multipliant les activités apostoliques : prêcher, visiter et nourrir les pauvres, fonder une Compagnie des orphelins, un catéchuménat pour Juifs et musulmans convertis, une maison de Sainte-Marthe pour les femmes repenties. Les pauvres, les pécheurs, les plus délaissés, avaient sa préférence : Je les aime tant, que je voudrais savoir le nombre des puces qui les dévorent.

Iñigo affirma lui-même avoir été favorisé de nombreuses visions célestes, de Dieu le Père, de la Sainte Trinité, de la Vierge Marie.

Il mourut à Rome au matin du 31 juillet 1556.

Béatifié en 1609, canonisé en 1623, Iñigo de Loyola a été proclamé patron de tous les exercices spirituels en 1922.


Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie I
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 13:55

 

Abel

Ancien Testament

 

L’histoire d’Abel et de Caïn peut se lire au chapitre 4 de la Genèse.

On y lit comment Dieu préfère les sacrifices d’Abel, qui les offre avec un cœur pur, tandis que Caïn n’a pas le cœur droit ; jaloux, il tue son frère.

Abel est le première victime de la violence humaine dans l’histoire, la première victime de l’injustice.

Dans le Canon Romain de la Messe, il est demandé à Dieu d’accepter le Sacrifice qu’on est en train de lui offrir comme il a daigné accepter les sacrifices de son serviteur Abel le Juste. Dans l’évangile de saint Matthieu, le Christ met Abel le Juste au rang des prophètes et des saints (Mt 23:32-35), et les Pères de l’Eglise ont toujours présenté Abel comme une préfiguration du Christ ; avec saint Cyprien de Carthage, on peut dire qu’Abel fut le premier Martyr.

L’actuel Martyrologe n’a pas gardé la commémoration d’Abel au 30 juillet, comme c’était le cas auparavant. 

 

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie A
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:00

Domingo Pitarch Gurrea

1909-1936

Domingo naquit le 12 février 1909 à Villareal (Castellón, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il n’était encore que novice.

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936, et béatifié en 1992.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie D
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:00

Pablo Corres Díaz de Cerio

1897-1936

Pablo vit le jour le 26 juin 1897 à Torralba del Río (Navarre, Espagne).

Il entra à treize ans à l’école des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, à Ciempozuelos, puis y fut novice. Il fit la profession avec le nom de Braulio María, et fut ordonné prêtre en 1922.

Il était conseiller provincial de son Ordre. En outre, il était maître des novices à Calafell (Tarragona) depuis 1931 : cette communauté tenait un sanatorium pour les enfants de familles pauvres. La grande popularité du père Braulio suscitait la générosité de la population, qui lui procurait les dons nécessaires à nourrir jusqu’à deux-cent-cinquante enfants malades.

La communauté comprenait trois prêtres, des Frères convers et les novices.

Lors de la révolution espagnole, il pensa à envoyer tous ses novices à Marseille, mais les événements ne lui en donnèrent pas le temps.

Au soir du 22 juillet, les enfants demandèrent aux Religieux ce qu’était ce gros nuage de fumée qui se répandait sur Calafell : c’était l’église qui était incendiée. Les Religieux s’efforcèrent de ne pas inquiéter les enfants.

Le père Braulio réunit la communauté et demanda à tous de prier le Sacré-Cœur de Jésus pour le maintien de la foi en Espagne. Beaucoup d’entre eux passèrent la nuit en prière devant le Saint-Sacrement.

Au petit matin, ils retirèrent le Saint-Sacrement et tous les objets sacrés pour les mettre en sécurité dans la petite chapelle du noviciat, tandis que de grandes colonnes de feu continuaient à s’élever, à la suite de l’incendie des églises du pays.

Le 22 juillet en fin d’après-midi, la communauté s’apprêtait à célébrer les Vêpres, lorsque les miliciens en armes envahirent le sanatorium, s’emparèrent des Frères, fouillèrent l’établissement à la recherche des «armes» (qui n’existaient pas) ; le père Braulio eut la bonté de leur servir à manger.

Ils partirent en prévenant qu’ils reviendraient le lendemain avec d’autres effectifs, pour prendre en charge l’établissement, non sans les avertir aussi : Enlevez donc ces habits ; personne ne les porte plus ; nous sommes tous égaux.

Le père Braulio dit aux Religieux : Nous sommes entre les mains de gens qui nous haïssent à cause de notre appartenance au Christ. Heureux sommes-nous si Dieu demande notre vie pour expier les nombreux péchés qui se commettent en Espagne !

On ne dormit pas beaucoup cette nuit-là ; tous se confessèrent. Dès quatre heures du matin, les trois prêtres célébrèrent la Messe et distribuèrent la Communion aux enfants plus grands, leur donnant parfois plusieurs Hosties, pour les consommer et ainsi éviter toute profanation de l’Eucharistie.

Puis le père Braulio dit aux autres : Notre devoir est de rester auprès de ces enfants innocents, dont le sort sera le nôtre. Dieu nous donnera la force de mourir martyrs, si telle est sa volonté.

Dans l’après-midi, arrivèrent les miliciens qui exigèrent les clefs, et consentirent seulement aux Frères de rester là en attendant l’arrivée du personnel laïque qui devait prendre en charge les enfants.

Le dimanche 26, il fut impossible de célébrer la Messe. Quand les Religieux voulurent commencer la prière du matin avec les enfants, comme chaque jour, on le leur interdit, en se moquant de la Religion. Les miliciens promirent aux enfants qu’on leur donnerait des jouets, qu’on leur ferait du cinéma dans la chapelle et que désormais, quand on leur dirait Dieu n’existe pas !, ils devraient répondre : Vive le communisme ! Un des Frères survivants racontera qu’à ce moment il fit un acte de réparation au Sacré-Cœur.

Le mardi 28, les miliciens éliminèrent tout signe religieux du sanatorium. Les Religieux firent leur bagage ; on leur promit un sauf-conduit pour rejoindre la France par Barcelone, mais il fallait seulement attendre la relève du personnel laïque. Ainsi passa aussi le mercredi 29.

Le jeudi 30 à six heures du matin, le père Braulio put célébrer la Messe pour la communauté. On consomma les dernières Hosties. Le prieur ajouta : Ce sera peut-être la dernière fois que nous recevrons Jésus Hostie, et nous le reverrons bientôt face à face. Courage, soyons contents de pouvoir verser notre sang pour le Christ.

A neuf heures, arriva le chef des miliciens, qui leur proposa cette alternative : ou ils restaient sur place avec les «civils», ou ils partaient, mais on ne pouvait leur donner ni sauf-conduit ni pièce d’identité, et l’on ne répondait pas de leur vie dès qu’ils quitteraient la maison.

Pour les Religieux, partir était donc un risque ; mais rester dans cette ambiance, comportait aussi un grand risque pour leur âme, car il fallait renoncer à toute expression de foi. Aussi choisirent-ils de partir.

Le chef en fut le premier surpris. Il ordonna à huit Religieux de rester sur place. Les autres partirent en deux groupes : d’un côté, le père Braulio avec six Frères et huit novices, vers la gare de San Vicente, de l’autre le père Maître vers celle de Calafell.

Peu avant d’arriver à la gare de Calafell, le groupe fut arrêté par une patrouille. On demanda le Frère Constanci (Sadurní Roca Huguet), qui reçut une rafale de mitraillette et fut laissé pour mort ; quelques heures après, des enfants du sanatorium qui passaient par là, l’entendirent gémir et appelèrent au secours, mais ceux qui vinrent, l’achevèrent.

Les Religieux qui se dirigeaient vers la gare de San Vicente, furent arrêtés et conduits vers la gare de Calafell. Cette fois, le père Braulio leur dit : Je vous donne l’absolution. Maintenant, ils nous conduisent à la mort ; pardonnez-leur.

On les conduisit vers la place El Vendrell, où une populace en fureur était en train de profaner l’église. Voyant les Religieux, elle voulut s’en emparer, mais les conducteurs ne voulaient pas perdre leurs proies. Ils se firent ouvrir le passage et prirent la route de Barcelone, avec les vingt-deux Religieux.

Ils arrivèrent devant la gare de Calafell et furent arrêtés par une vingtaine d’autres miliciens, qui firent descendre tous les Religieux et les alignèrent. Quatre d’entre eux qui étaient très jeunes, ainsi qu’un Argentin qui avait son passeport, reprirent place sur le camion. On fit avancer tout le reste du groupe un peu plus loin ; alors, du camion, les cinq rescapés entendirent des coups de feu, puis des coups de pistolet.

On entendit sonner les cinq heures de l’après-midi de ce jeudi 30 juillet 1936.

Revenant au camion, les miliciens constatèrent qu’un des cinq avait pris la fuite ; ils le rattrappèrent et l’assassinèrent.

Un des quatre qui restaient demanda à être assassiné le dernier, encourageant les autres avec le crucifix dans une main et le chapelet dans l’autre ; il criait : Vive le Christ Roi !

On n’arrive pas à trouver le nombre exact des Religieux de la communauté de Calafell, ni celui des Martyrs et des survivants. La béatification de 1992 comprend quinze martyrs : le père Braulio, six Frères convers (dont Constanci), huit novices.

Leur dies natalis commun est au 30 juillet.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie P
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:00

Antoni Forcades Ferraté

1875-1936

Antoni naquit le 28 septembre 1875 à Reus (Tarragona, Espagne).

Entré chez les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, il fit la profession comme Frère convers, avec le nom de Eusebi.

Pour les détails sur les événements de la communauté en juillet 1936, se reporter à la notice : Pablo Corres Díaz de Cerio

Il fut martyrisé le 30 juillet 1936 et béatifié en 1992.

Repost 0
Published by samuelephrem - dans Hagiographie A
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens