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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

Francesco Forgione, Pio de Pietrelcina

1885-1968

 

1885 - Le 25 mai, Francesco Forgione naît à Pietrelcina, (Benevento, Italie sud), huitième enfant d'Orazio Forgione et Maria Giuseppa Da Nunzio. De condition très modeste, le père de famille s'exile à deux reprises en Amérique afin de subvenir aux besoins du foyer et notamment pour payer la scolarité de Francesco. 

L’enfance de Francesco est calme. Il reçoit déjà des apparitions du Christ, dès l’âge de cinq ans. Il ne va pas jouer avec les autres garçons de son âge qui blasphèment.

1903 - À 15 ans et demi, Francesco se présente au couvent des Frères Mineurs Capucins de Morcone. Novice, il reçoit le nom de Pio. Malgré l'austérité de la vie du couvent, il persévère. L'année suivante, le 22 janvier 1904, il prononce ses premiers vœux. Fra Pio commence alors ses études de philosophie. Ses confrères remarquent sa vie spirituelle hors du commun, ainsi que les vexations diaboliques auxquelles il est affronté. Durant cette période, Fra Pio se met sous la direction de deux maîtres exceptionnels, les pères Benedetto et Agostino. À cause d'une très mauvaise santé, Fra Pio changera fréquemment de couvents, il résidera souvent en famille pour changer d'air. 

1910 - Le 10 août, en la cathédrale de Benevento, Fra Pio reçoit l'ordination sacerdotale. Dès 1911 il signale à son confesseur des signes rouges et des douleurs vives aux mains et aux pieds. Les années suivantes, sa santé toujours chancelante l'oblige à rester en famille. Cette période correspond à une maturation spirituelle extraordinaire. En passant par des épreuves et des consolations, il se laisse guider par la volonté de Dieu en vue de sa mission future. En 1916, les supérieurs envoient le Padre Pio au couvent de San Giovanni Rotondo. 

En 1917-1918, il sert dans le corps médical. Lui-même raconta plus tard qu’il s’était mystérieusement montré au général Cadorna (vaincu à Caporetto et qui voulait se suicider) ; or les gardes jurèrent qu’ils n’avaient vu passer personne ; le général reconnut plus tard sur un journal la photographie du Père Pio, qui l’avait ainsi empêché de se suicider.

1918 - Le 20 septembre, dans le chœur du couvent, il reçoit les stigmates visibles et permanents. Malgré tous ses efforts pour cacher ces plaies, la nouvelle se répand. Sa vie bascule dans l'insolite. Les douleurs de ces plaies qui saignent, les examens médicaux, les foules et enfin les mesures du Saint Office l'atteignent de plein fouet. Face à toutes ces épreuves, Padre Pio reste humble et obéissant. 

Lors d’un examen (parmi tant d’autres) de ses stigmates, on lui suggéra que, peut-être, à force de s’unir à la Passion du Christ, il en avait conçu lui-même les plaies dont il souffrait. A cela, le Père Pio répondit gentiment : Et croyez-vous que, si je pense intensément à une vache, il va me pousser des cornes ?

En 1923 l'autorité ecclésiastique décide de son transfert, c’est la foule qui s'y oppose. 

De 1931 à 1933 il est séquestré dans son couvent, isolé du reste du monde. Enfin le Père Pio peut à nouveau célébrer publiquement et entendre les confessions.

1940 - Padre Pio lance l'idée de la Casa Sollievo della Sofferenza (Maison du Soulagement de la Souffrance) ; elle sera inaugurée en 1956. C’est un établissement doté des installations les plus modernes. 

Dans la foulée, les Groupes de Prière se développent, des foules de pénitents et de pèlerins viennent à la rencontre du Padre Pio. La fécondité de son ministère prend une dimension mondiale. 

On dit qu’en 1947, le Père Pio aurait prédit au jeune abbé Karol Wojtyla sa future élection au siège de Pierre et son attentat sur la place Saint-Pierre. Mais ces révélations arrivent toujours après les faits… Par contre, en 1962, le même Karol Wojtyla, devenu évêque, demanda par écrit au Père Pio des prières pour une mère de quatre enfants atteinte de cancer, Wanda Poltawska, qui se trouva guérie quatre jours plus tard. 

1968 - Du 20 au 22 septembre, les Groupes de Prière venus de partout célèbrent les cinquante ans des stigmates du Padre Pio. Le 23 au matin, après avoir reçu l'onction des malades, le Padre meurt dans son humble cellule de capucin. Le 26, des dizaines de milliers de personnes viennent assister à ses obsèques. En quelque sorte déjà “glorifié”, le Père Pio ne porte plus de trace des stigmates.

Des miracles nombreux de guérisons et de conversions ont été scrupuleusement examinés et confirmés.

Père Pio a été béatifié en 1999, et canonisé en 2002. Il est inscrit le 23 septembre au Martyrologe.

 

Frère Narsi Decoste in Le Padre Pio, décrit ainsi la messe du Padre Pio :

 

Dès deux ou trois heures du matin, les lourds autobus déchargeaient devant le couvent leurs occupants, surpris de voir déjà la place de l'église noire de monde. On attendait patiemment l'ouverture des portes pour entrer ; en attendant, on récitait le chapelet. Pour l'incroyant qui venait simplement en curieux, la messe du Père Pio était peut-être une cérémonie comme toutes les autres ; mais, pour le croyant, elle était d'une valeur infinie par la présence réelle du Seigneur que le célébrant appelle infailliblement sur l'autel par les paroles consécratoires. La messe a toujours et partout la même valeur, là où elle est célébrée validement : pourquoi vouloir assister à celle du Père Pio ? Indubitablement parce que ce capucin rendait tangible la mystérieuse et pourtant réelle présence. On comprend, dès lors, que rien ne peut être ajouté à sa grandeur, à sa valeur, à sa signification, qui est uniquement limitée par l'impénétrable volonté de Dieu. 

Lorsque le Père Pio célébrait la messe, il donnait l'impression d'une si intime, si intense, si complète union avec Celui qui s'offrait au Père Éternel, en victime d'expiation pour les péchés des hommes. Dès qu'il était au pied de l'autel, le visage du célébrant se transfigurait. Il ne s'y trouvait pas seulement comme prêtre pour l'Offrande, mais comme l'homme de Dieu pour témoigner de son existence, comme prêtre qui portait lui-même les cinq plaies sanglantes de la crucifixion sur le corps. 

Le Père Pio possédait le don de faire prier les autres. On vivait la messe. On était fasciné. Je puis dire, qu'à San Giovanni seulement, j'ai compris le divin Sacrifice. Cette messe durait longtemps ; cependant, à la suivre dans sa longue célébration, on perdait toute notion de temps et de lieu. La première fois que j'y assistai, j'ai regretté qu'elle touchât à sa fin. Avec stupeur, je me rendis compte qu'elle avait duré plus de deux heures ! 

Toute la vie du Père Pio était centrée sur le saint Sacrifice de la messe qui, disait-il, jour par jour, sauve le monde de sa perdition. Brunatto, qui assistait généralement le Père et eut le bonheur de le servir, témoigne que, pendant les années de son isolement, la célébration durait jusqu'à sept heures. Plus tard, elle fut limitée par l'obéissance et durait environ une heure. Oui, vraiment, cette messe du Père Pio était un événement inoubliable et on avait raison de vouloir y assister au moins une seule fois. 

Lorsqu'il quittait la sacristie, le Père était généralement soutenu par deux confrères, car ses pieds transpercés le faisaient atrocement souffrir. D'un pas lourd, traînant, incertain, chancelant, il s'avançait vers l'autel. Ce stigmatisé passait encore toute la nuit en prière ; ce qui fut vrai tout un demi-siècle. On l'aurait cru écrasé sous le poids des péchés du monde. Il offrait toutes les intentions, les demandes, les supplications, qui lui avaient été confiées par écrit ou oralement, de l'univers entier. Il portait, en outre, toutes les afflictions, les souffrances, les angoisses pour lesquelles on venait à lui et dont il s'était chargé. C'est pourquoi l'Offrande de cette messe était si longue et si impressionnante. Il faisait tout pour détourner l'attention de lui. Il évitait tout ce qui pouvait être spectaculaire dans son maintien, son expression, ses gestes, dans sa manière de prier et de se taire ; et pourtant, son maintien, sa façon de prier, son silence, et surtout les longues pauses, dans toute leur simplicité, étaient vraiment dramatiques. Lorsque, dans le silence recueilli d'une foule intimement unie à lui, le Père Pio prenait la patène dans ses mains sanglantes et l'offrait au Père Tout-Puissant, elle pesait lourd de cet énorme amas de bonnes œuvres, de souffrances et de bonnes intentions. Ce pain qui allait tantôt prendre vie, changé en Celui qui, seul, réellement, était capable de payer complètement la rançon des péchés des hommes. 

Ce n'était pas seulement les principales parties de la messe qui étaient remarquables, dans cette célébration. Le Père Pio célébrait toute la messe avec la même attention soutenue, visiblement conscient de la profonde signification de chaque mot, de chaque geste liturgique. Ce qui se passait entre Dieu et lui demeurait un mystère, mais on pouvait en deviner quelque chose dans certains silences, dans certaines pauses plus longues ; les traits de son visage trahissaient parfois son intense participation au Drame qu'il vivait. Les yeux fermés, il était souvent en conversation avec Dieu, ou transporté en extase dans la contemplation. Seul, un ange serait capable de décrire dignement cette messe. Les plaies permanentes de son corps n'étaient que les signes visibles du martyre intérieur qu'il subissait avec le « divin Crucifié ». C'est pourquoi, l'attention de l'assemblée était fixée sur le point culminant du Saint Sacrifice : la Consécration. 

En effet, ici, il s'arrêtait un instant comme pour se concentrer. Une lutte semblait s'engager entre lui, qui tenait dans ses mains l'hostie immaculée et, Dieu sait quelle force obscure et invisible qui, sur ses lèvres, retenait les paroles consécratoires chargées de force créatrice. Certains jours, la messe était pour lui, à partir du Sanctus, un vrai martyre. La sueur couvrait son visage et les larmes coulaient le long de ses joues. C'était vraiment l'homme des douleurs aux prises avec l'agonie. Involontairement, je pensais au Christ au Jardin des Oliviers. On voyait clairement, qu'en proférant les paroles de la Consécration, il subissait un réel martyre. À chaque mot, un choc semblait parcourir ses membres. Serait-il possible, comme certains le pensent, qu'il souffrait alors plus intensément la Passion du Christ et que les spasmes pénibles, qu'il réprimait autant que possible, l'empêchaient un moment de poursuivre ? Ou devons-nous interpréter à la lettre les paroles du Père disant que le démon s'aventure parfois jusqu'à l'autel ? Dans son attitude si impressionnante, on assistait donc à une lutte réelle contre Satan, qui, à ce moment, redoublait ses efforts pour le tourmenter. Les deux suppositions sont acceptables. Souvent, lorsqu'il quittait l'autel, après la messe, certaines expressions involontaires et révélatrices lui échappaient. Comme se parlant à lui-même, il disait par exemple: Je me sens brûler... et aussi : Jésus m'a dit... 

Quant à moi, j'ai été, comme tous ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette messe, vivement impressionné par cette émouvante célébration. Un jour, nous posions au Père, la question : Père, qu'est votre messe pour vous ? Le Père répondit : Une union complète entre Jésus et moi. La messe du Padre Pio était vraiment cela : le Sacrifice du Golgotha, le Sacrifice de l'Église, le Sacrifice de la dernière Cène et aussi notre Sacrifice.

Et, encore : 

Sommes-nous seuls à être rangés autour de l'autel pendant la messe ? 

- Autour de l'autel, il y a les Anges de Dieu. 

Père, qui se trouve autour de l'autel ? 

- Toute la Cour céleste. 

Père, la Madone est-elle aussi présente pendant la messe ?

- Une mère peut-elle rester indifférente à son Fils ? 

Et dans une lettre que le Père écrivit, en mai 1912, nous apprenons que la Sainte Vierge l'accompagnait à l'autel. La Mère de Dieu et notre Mère n'a évidemment pas d'autre souci que celui de son Fils Jésus qui devenait visible, à nos yeux, dans la chair du Padre Pio, blessé par amour pour Dieu et ses frères. 

Père, comment devons-nous assister à la messe ? 

- Comme la Sainte Vierge et les saintes femmes, avec amour et compassion. Comme saint Jean assistait à l'Offrande Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix. 

Un jour que la foule des pèlerins était particulièrement dense dans l'église de San Giovanni, le Père me dit après la messe : Je me suis souvenu de vous à l'autel ! Je lui demandai : Père, avez-vous à l'esprit toutes les âmes qui assistent à votre messe ? Il répondit : À l'autel, je vois tous mes enfants comme dans un miroir !

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

 

Thècle

1er siècle

 

L’origine des informations qui suivent remonte à un écrit assez célèbre, connu sous le nom de Acta Pauli et Theclæ, cité par Tertullien et saint Jérôme, mais pas très apprécié d’eux. C’est pourquoi on ne parlera de sainte Thècle qu’avec circonspection.

Thècle serait une martyre du temps des Apôtres, appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. 

Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par saint Paul, à Iconium. Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par Thamyris, le jeune homme qui aspirait à sa main.

Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arma du signe de la croix et monta, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher ; bientôt les flammes l'entourèrent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçut la victime pleine de vie et priant Dieu ; nouveau miracle : un nuage s'abattit sur le bûcher et en éteint les flammes.

Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche, elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée ; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds ; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier. La lionne, dit saint Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés.

Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice ; on lança sur elle des lions et des ours ; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces ; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime ; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet fit alors jeter Thècle dans une fosse remplie de serpents. À peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler ; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant ; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. 

Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges : « Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers. » Thècle, rendue à la liberté, revint dans sa patrie pour y prêcher la foi, et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans.

Il reste que sainte Thècle fut extrêmement célèbre dans tout l’Orient, en particulier près de Séleucie, à Meriamlik où une basilique était l’un des plus illustres sanctuaires de l’antiquité, monumentale et splendidement décorée, dont parle saint Basile ou saint Grégoire de Nazianze.

Sa fête était au 23 septembre.

 

 

 

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

Józef Stanek

1916-1944

 

Józef était le fils de et naquit à Łapsze Niżne (Małopolskie, Pologne) le 4 ou le 6 décembre 1916.

Après ses études au Collegium Marianum de Wadowice, tenu par les Pères Pallottins, il commença le noviciat de cette congrégation à Suchary en 1935, et poursuivit ses études au séminaire de Ołtarzew. Quand il fut de retour à Suchary, le séminaire dut être évacué devant l’avance soviétique.

L’abbé Józef aurait aussi été quelque temps prisonnier des Soviétiques et aurait réussi à s’échapper.

Il repassa donc à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1941, poursuivant clandestinement des études de sociologie à Varsovie.

Son activité clandestine se doubla d’une assistance sacerdotale dans l’armée secrète polonaise, sour le pseudonyme de Rudy. Lors du soulèvement de Varsovie (été 1944), il se dépensa au profit des blessés et des mourants. Ayant refusé de passer la Vistule, pour demeurer au milieu des insurgés, il fut arrêté par les Allemands.

Après de longues séances de torture, il fut exécuté par pendaison le 23 septembre 1944 à Varsovie.

Il fut un des cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, béatifiés en 1999.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

 

Zacharie et Elisabeth

(Ier siècle)

 

 

Zacharie et son épouse Élisabeth, parents de Jean le Baptiste, sont des personnages bibliques de transition : ils appartiennent à la fois à l'Ancien et au Nouveau Testament. C'est par l'évangéliste Luc que nous les connaissons. Luc nous a rapporté la vision que le prêtre Zacharie eut dans la partie intérieure du temple appelée « le saint », où il offrait l'encens. Élisabeth était stérile, et un envoyé de Dieu, l'ange Gabriel, apparaît dans ce lieu au prêtre qui officiait, et il lui annonce la naissance d'un fils. Ce sera le futur Précurseur de Jésus-Christ. J'ai été envoyé pour te faire connaître cette bonne nouvelle, dit l’Ange (Lc 1:19). 

A la suite de cette vision, Zacharie était devenu muet, et sourd, semble-t-il. Il le restera jusqu'au moment où l'on circoncira l'enfant. Punition pour n'avoir pas eu assez foi en la parole de l'ange, comme celui-ci le laisse entendre. Mais n'y a-t-il pas aussi, comme il en sera plus tard pour Paul qui devint aveugle sur le chemin de Damas, une sorte de retrait des sens s'effaçant pour que Zacharie puisse plus facilement intérioriser le message reçu d'en Haut ? Lorsqu'il retrouvera l'usage de la parole, ce qui jaillira de son cœur plein, sera le cantique appelé Benedictus, car il bénit Dieu pour son intervention dans la vie de son peuple, où commence à se réaliser le plan du salut pour tous les hommes.

Quant à Élisabeth, son chant d'action de grâce et sa joie, elle les avait exprimés lorsqu'elle était encore enceinte, lors de la visite de Marie, sa cousine. En attendant son enfant, comme la Vierge Marie, comme Zacharie, elle avait médité dans son cœur les merveilles accomplies par le Très-Haut. On nous dit, en effet, qu'elle était restée cachée durant cinq mois (Lc 1:24). N'est-ce pas ainsi que l'on peut interpréter ce retrait?

Que sont devenus ensuite Zacharie et Élisabeth ? Ils disparaissent totalement des textes sacrés. La légende a pris le relais, mais au-delà de ce qu'elle peut nous raconter, c'est encore le récit évangélique qui nous parle le mieux d'eux ; Luc nous dit qu'ils étaient justes devant Dieu, et qu'ils suivaient irréprochablement tous les commandements du Seigneur (Lc 1:6).

Lors de l'Annonciation, Marie avait appris qu’Elisabeth était enceinte. Voici, lui avait dit l'envoyé de Dieu, que ta parente Élisabeth vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle que l'on appelait la stérile (Lc 1:36). Aussitôt Marie se rend en hâte dans la ville où se trouvait la maison de Zacharie et de sa femme, parents du futur Jean-Baptiste.

L’annonciation à Marie est fêtée, comme on sait, le 25 mars, suivie de l’épisode de la visitation de Marie à Elisabeth (31 mai), de la naissance de Jean-Baptiste (24 juin), enfin de la naissance de Jésus à Noël. 

C’est lors de la visitation de Marie, qu’Elisabeth prononce ces mots prophétiques que nous répétons dans notre prière : Tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de ton sein

, est béni (Lc 1:42).

Par l’évangéliste Matthieu, on connaît l’épisode du massacre des petits enfants de moins de deux ans (Mt 2:16), Hérode cherchant par là à faire périr ce nouveau Roi qui vient le concurrencer. Normalement, Jean-Baptiste aurait dû périr dans ce massacre, mais nous lisons aussi qu’il demeura dans les solitudes jusqu’au jour où il se manifesta devant Israël (Lc 1:80). Ces quelques mots peuvent laisser supposer que les parents eurent le temps de mettre leur enfant en sécurité juste avant le passage des soldats.

Si l’Evangile ne nous apprend rien de plus sur Zacharie et Elisabeth, une tradition veut que Zacharie ait été abattu par ces soldats, parce qu’il ne voulait pas révéler où il avait caché son fils.

On n’a pas souvent donné le nom de Zacharie à des enfants, mais celui d’Elisabeth a été fréquemment repris, et transformé de mille façons : Elisa, Elise, Lisa, Lison, Isabel (en espagnol) et Isabelle, Isabeau, Isabey, Isabet, enfin Babet (ou Babette).

Les saints Zacharie et Elisabeth, autrefois mentionnés le 5 novembre, le sont actuellement au 23 septembre dans le Martyrologe.

 

1 Le texte sacré dit en grec et en latin, simplement : ton ventre. Le mot est peut-être un peu rude à nos oreilles, mais beaucoup moins que les “entrailles” que nous répétons pourtant à l’envi sans y prêter attention…

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

 

Emilie Tavernier-Gamelin

1800-1851

 

Emilie Tavernier naquit à Montréal (Canada) le 19 février 1800, dans une famille qui comptera quinze enfants : de cette nombreuse fratrie, neuf mourront en bas âge.

Orpheline de sa mère en 1804, de son père en 1814, elle se chargea de s’occuper de sa tante et de son frère.

En 1823, elle épousa Jean-Baptiste Gamelin, un homme de quarante-sept ans, qui mourra quatre ans plus tard, laissant cette jeune veuve avec trois enfants qui mourront bientôt du choléra.

Emilie s’ouvrit maternellement aux nécessités de ceux qui sont dans la peine et travailla activement dans les œuvres caritatives ; elle s’inscrivit dans la Confrérie de la Sainte-Famille.

Bientôt, elle vendit ses propriétés et ouvrit un refuge pour femmes seules.

En 1832 et 1834, les épidémies de choléra (dont moururent ses enfants) lui donnèrent l’occasion de visiter les malades et d’apporter du réconfort dans les familles éprouvées. Elle ouvrit une nouvelle maison à Montréal.

En 1837, elle visita les prisonniers. Elle attrapa la fièvre typhoïde, mais en guérit rapidement.

En 1840, l’évêque appella les Filles de la Charité de Paris pour soutenir l’œuvre de Madame Gamelin. Emilie ouvrit l’Asile de la Providence.

Les Religieuses françaises tardant à arriver, l’évêque proposa à Madame Gamelin d’être la supérieure d’un nouveau noviciat, pour former des Religieuses selon l’esprit qu’elle avait déjà mis dans ses premières œuvres.

Emilie rencontra Elizabeth Ann Bayley Seton (voir au 4 janvier) aux Etats-Unis, pour comprendre comment diriger une telle œuvre. Elle fut élue supérieure en 1844.

En peu d’années s’ouvrirent diverses maisons : hospice Saint-Joseph, maison et asile de Longue-Pointe, maison de La Prairie, couvent de L’industrie, bureau de placement et centre de soins pour malades mentaux.

En 1847, Emilie intervint auprès des victimes du typhus, en 1849, de celles du choléra. Même le gouverneur la soutint et l’aida.

En 1851, elle fit un voyage pour visiter les couvents des Etats-Unis. A son retour à Montréal, affaiblie et atteinte par une nouvelle épidémie de choléra, elle mourut le 23 septembre 1851.

Emilie Tavernier-Gamelin a été béatifiée en 2001.

 

 

 

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

 

Linus

67-76

 

Successeur immédiat de saint Pierre à Rome, Linus (Lin) était, selon le Liber Pontificalis, fils d’Herculanus et Claudia, et né à Volterra en Étrurie, l’actuelle Toscane, vers 16 après Jésus-Christ. Ce même Herculanus aurait été un ancien gladiateur, venu de l’île de Bretagne.

Venu à Rome pour ses études, Linus se convertit au christianisme et reçut le sacerdoce trois ans après, des mains de saint Pierre (44). 

C’est peut-être de lui qu’il s’agit quand saint Paul écrit à Timothée : Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent (2Tm 4:21b).

La Tradition le rend suppléant de saint Pierre lors de ses absences de Rome. Il lui succède donc logiquement après le martyre de saint Pierre, communément établi vers 67 (ou 64-65). 

La sainteté de saint Lin lui a fait attribuer des miracles de délivrance du démon et même des résurrections de morts. Il aurait lui-même relaté la conduite de saint Pierre à l’égard de Simon le magicien.

Toujours d’après la même source, Lin aurait statué que les femmes portassent le voile dans l’église, en conformité avec l’avis de saint Paul (1Co 11:5).

Quels événements importants marquèrent ce pontificat de onze ans, deux mois et vingt-trois jours (même ces indications ne sont pas constantes) ?

Politiquement, cinq empereurs se succèdent à Rome : Néron, Galba, Otho, Vitellius, Vespasien. 

C’est ce dernier qui soumet la Judée révoltée, laissant ensuite à Titus la charge de détruire totalement Jérusalem (70).

Ménandre perpétue l’erreur de Simon le Magicien (simonie, magie, spiritisme) et celle des Ébionites (judéo-chrétiens qui perpétuaient les usages juifs et n’acceptaient pas la filiation divine du Christ par essence ni sa naissance virginale).

Lin aurait aussi ordonné quinze évêques et dix-huit prêtres.

Les Actes de Pierre sont un écrit apocryphe attribué à saint Lin, mais du IIe siècle.

On dit aussi que Lin serait allé évangéliser la ville de Vesuntio, actuelle Besançon, qu’il y aurait été son premier évêque et exercé un apostolat très fécond, au point que les païens le forcèrent à repartir à Rome. En réalité l’évêque saint Lin de Besançon y vécut au IIIe siècle, après l’évangélisation des saints Ferréol et Ferjeux. Il y eut plus tard une confusion et un amalgame entre les deux personnages.

Saint Lin aurait été martyrisé, peut-être décapité par ordre du consulaire Saturnin, en 76 ou 78, et enterré aux côtés de saint Pierre au Vatican.

Dans la prière Communicantes du Canon Romain de la messe, saint Lin est nommé en premier lieu après les apôtres, et juste avant Clet, qu’on a fini par identifier avec Anaclet, son successeur.

Saint Lin est fêté, et en Orient aussi, le 23 septembre.

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 23:00

Críspulo Moyano Linares

1891-1936

 

Críspulo était né le 10 juin 1891 à Villaralto (Cordoue).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il prit le nom de Carmelo María et fut ordonné prêtre.

Il se trouvait au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), quand il fut arrêté, torturé, et finalement assassiné le 23 septembre 1936.

Il a été béatifié en 2013.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 23:00

 

Paulus Chŏng Ha-sang

1795-1839

 

Paulus (Baolo) était né en 1795 à Mahyŏn (Yanggŭngun, Kyŏnggi, Corée sud), dans une famille chrétienne de la noblesse, qui comptait déjà ses martyrs : son père, Augustinus Chŏng Yak-jong, ainsi que son frère aîné, Carolus Chŏng Ch’ŏl-sang, furent martyrisés le 8 avril 1801.

Augustinus avait rédigé un Catéchisme des plus importants articles de la doctrine chrétienne.

Cette même année 1839, où la persécution avait repris, allaient tomber notre Paulus, ainsi que sa mère, Yu So-sa Cæcilia (le 23 novembre), ainsi que sa sœur, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth (le 29 décembre).

Ses deux oncles, Chŏng Yak-yong et Chŏng Yak-jŏn, étaient des personnalités en vue dans la Corée.

Quand le papa était mort, en 1801, le petit Paulus avait à peine moins de sept ans. Tous les biens du papa furent confisqués, la famille dut vivre dans une extrême pauvreté, mais la maman sut transmettre à Paulus sa foi inébranlable.

En 1815, il vint à Séoul, dans l’espoir de reconstruire l’Eglise, dévastée par la récente persécution, privée de prêtres.

Il rencontra un éminent professeur qui avait étudié en Chine, puis, malgré son origine noble, se fit serviteur d’un interprète qui allait souvent à Pékin.

En 1816, il put ainsi rencontrer à Pékin l’évêque, pour lui demander d’envoyer des missionnaires en Corée.

Ce fut l’occasion pour l’évêque de conférer à Paulus les sacrements de Confirmation et de l’Eucharistie.

En 1817, l’évêque envoya un prêtre en Corée, mais celui-ci mourut avant le terme de son voyage. Paulus chercha au moins à se faire aider par de nouveaux baptisés, parmi lesquels son oncle Chŏng Yak-yong, qui vivait en exil à Kang-jin.

Paulus et ceux de son groupe envoyèrent de nouvelles demandes insistantes, tant à Pékin qu’à Rome même, pour obtenir des missionnaires. Cette fois-ci, Rome réagit, établit en 1831 un Vicariat Apostolique pour la Corée, et chargea les Missions Etrangères de Paris de constituer l’Eglise en Corée.

Paulus fit neuf fois le voyage à Pékin. Il rencontra enfin le premier Vicaire Apostolique, Mgr Imbert (voir la notice) et l’introduisit en Corée, le reçut chez lui et le servit continuellement.

Mgr Imbert appréciait tellement les qualités de Paulus, qu’il lui enseigna le latin en vue de le préparer au sacerdoce, mais la persécution l’obligea à fuir à Suwŏn.

Paulus s’attendait chaque jour au martyre. Il eut l’audace d’écrire au Premier Ministre une lettre en défense de la foi catholique, qui constitue ainsi le premier ouvrage d’apologétique en Corée. Même les ennemis de l’Eglise en apprécièrent l’éminent contenu.

Vint pour Paulus l’heure de l’arrestation, en même temps que sa mère et sa sœur.

Considéré comme le leader de l’Eglise coréenne, il subit un raffinement de tortures, qu’il supporta patiemment, jusqu’à la décapitation à la Petite Porte Ouest de Séoul, le 22 septembre 1839.

Il fut béatifié en 1925 et canonisé en 1984.

Rappelons que la fête commune de tous les Martyrs de Corée est au 20 septembre.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 23:00

María Purificación Vidal Pastor

1892-1936

 

Cette sainte femme naquit le 14 septembre 1892 à Alzira (Valencia, Espagne). 

Elle grandit dans l’amour de Dieu et de l’Eglise, faisant activement partie de l’Action Catholique, mais aussi de toutes ces belles associations chrétiennes qui constituaient la vie de l’Eglise : l’Adoration nocturne, les Marie du Sanctuaire, la Propagation de la foi…

Grâce à son instruction, elle fit beaucoup de bon travail dans l’Ecole des Ouvrières et aussi par de nombreuses conférences. 

Toute consacrée à Dieu, elle resta célibataire.

Au moment de la révolution de juillet 1936, elle fut arrêtée en même temps que ses sœurs Antonia et Emilia. Au moment de l’assassiner, les bourreaux feignirent de l’enterrer vivante, et lui jetaient des pelletées de terre. A chacune, elle répondait en acclamant le Christ Roi. Finalement, on la fusilla, ainsi que ses sœurs.

C’était à Corbera (Valencia) le 22 septembre 1936.

María Purificación fut béatifiée en 2001.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 23:00

Vicente Sicluna Hernández

1859-1936

 

Il vit le jour le 30 septembre 1859 à Valencia, de Vicente, un garde civil, et María Rosario, qui le firent baptiser le 1er octobre avec les noms de Vicente José María Ramón. Sa sœur s’appelait Amparo ; le grand-père était maltais.

Le métier du papa obligea la famille à se déplacer entre autres à Ollería, où grandit Vicente.

Il passa aussi bien le diplôme de Maître d’école (1878) que la licence de théologie et la Maîtrise en Arts.

Ordonné prêtre en 1884, il exerça le saint ministère à Cortés de Pallás, puis fut plus de trente années curé de Navarrés, très actif dans le monde social et le syndicat agricole chrétien.

Prêtre zélé, il ne reculait devant aucune activité utile, faisant l’école aux enfants, donnant des leçons de latin aux adolescents. 

Ses homélies, théologiques et sans doute un peu longuettes, lui valurent le surnom affectif de «pico de oro», qu’on pourrait volontiers traduire par «bouche d’or», mais qui signifierait plutôt «grand bavard»… Il prêchait la dévotion aux Douleurs de Marie ou aux Sept Paroles du Christ en Croix.

Il fit les portraits de plusieurs personnalités du pays, embellit l’église, mit à jour les archives paroissiales, qui remontaient à 1610, quand partirent les Maures.

Un prêtre aussi érudit et actif ne pouvait qu’être la cible privilégiée des ennemis de Dieu.

Lors de la révolution espagnole de 1936, l’église fut fermée et des paroissiens voulurent le recevoir chez eux, mais ce bon vieillard ne voulait pas les compromettre ; il se réfugia avec sa bonne dans un appartement inoccupé, priant et lisant. Les marxistes vinrent à le savoir et frappèrent à sa fenêtre le 22 septembre à trois heures du matin. Don Vicente comprit de quoi il s’agissait ; sans répondre, il se leva et consomma les quelques hosties consacrées qu’il conservait.

Les révolutionnaires, eux, impatients, sautèrent sur le balcon et entrèrent dans la chambre, obligeant le prêtre à monter dans leur voiture. Don Vicente dit alors : Seigneur, que ta volonté soit faite. Jésus, assiste-moi dans ma dernière agonie.

On ne sait ce qui se passa précisément alors ; le vénérable prêtre reçut une balle dans la poitrine, et ses bourreaux le conduisirent à Bolbaite, déjà moribond, où ils lui tirèrent le coup de grâce dans la nuque. Ensuite, ils promenèrent son cadavre sur le dos d’un âne dans les rues au milieu de moqueries véritablement sataniques.

Don Vicente Sicluna fut assassiné, le 22 septembre 1936 : il allait avoir soixante-dix-sept ans.

Il a été béatifié en 2001.

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