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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:00

 

Manuel Torró García

1902-1936

 

 

Ce pieux laïc naquit le 2 juillet 1902 à Onteniente où il reçut la baptême et la première communion ; il fut confirmé au couvent des Pères Franciscains. 

 

Il fit ses études à l’école nationale et reçut le diplôme d’expert-comptable, en s’adonnant à l’étude chez lui, sous la direction de son oncle, Prudencio Alberto Estan, puis fréquenta le collège des Pères Franciscains. 

 

Il épousa Rosario Romero Almenar, mais leur petit garçon ne vécut que quelques heures. 

 

Manuel vécut de façon authentique sa vocation laïque, s’efforçant d’imprégner de l’esprit évangélique les réalités temporelles dans lesquelles il vivait comme époux, père de famille et expert-comptable.

 

Homme de foi profonde, il participait à la Sainte Messe et communiait chaque jour. Dévot de la Sainte Mère de Dieu, il récitait le Rosaire en famille. Dans cette intense vie de piété, toute sa personne se rendait entièrement disponible à répondre généreusement à l’action de l’Esprit Saint : membre de diverses associations laïques, il se lança dans l’apostolat organisé. Il participa à l’Action Catholique des Jeunes, dont il fut président dans la paroisse de Saint-Charles à Onteniente, il fonda les équipes d’Adoration Nocturne de Sainte-Thérèse, dont il fut le président ; il fut Tertiaire franciscain ; il fréquentait les Jeudis Eucharistiques, s’inscrivit dans la Confraternité de Notre Dame du Carmel et dans la Pieuse Union du Sacré Coeur ; il enseigna le catéchisme. Apôtre social, il pratiquait la charité par l’intermédiaire de l’Association de Saint Philippe Néri, et travaillait à l’hôpital.

 

Les témoins affirmèrent que Manuel était sérieux, travailleur, humble, obéissant, studieux, fidèle dans l’accomplissement de son devoir, pacifique, et ne se mettait jamais en colère. Il respirait la bonté, affable, séduisant, serviable, sensé, précis, très décent.

 

Ce fervent chrétien fut bien sûr la cible privilégiée des ennemis de la Religion, quand se déchaîna la persécution. Manuel en était bien conscient, disant qu’il s’attendait à affronter la persécution religieuse et probablement aussi le martyre. C’est ainsi que, peu avant le début de la révolution, le maire envoya un huissier chez Manuel pour lui demander la liste de tous les adorateurs. Manuel, comme président, s’adressa à tous les présents en ces termes : “Je sais que cette liste peut être celle de futurs martyrs ; si quelqu’un ne se sent pas de donner son nom, qu’il le dise.” A part deux, tous donnèrent leur nom, ainsi que certaines dames qui étaient là aussi, et plus tard en effet tous furent assassinés.

 

A Onteniente, la persécution commença par l’incendie de l’église, puis on brûla les images et les objets de la religion, et on emprisonna les catholiques. Avant cet l’incendie, Manuel s’efforça avec d’autres catholiques, de veiller à l’intérieur de l’église pour en éviter la profanation, puis s’empara du Saint Sacrement pour le mettre en sécurité chez lui. Dans toutes ces occasions, il demeurait serein, confiant sa vie à Dieu et poursuivant ses activités tout naturellement.

 

La veille de son martyre, il allait chez ses parents en compagnie de son épouse et, après avoir prié le rosaire, il lui dit : “Tu sais, Rosario, puisque le Seigneur ne nous a pas donné de famille, nous aurions pu aider les Nationalistes, toi comme infirmière et moi comme expert-comptable, si nous avions été dans l’autre zone ; mais une occasion comme celle-ci pour devenir des martyrs, nous n’en aurons pas d’autres ; si nous la demandons au Seigneur, il nous la donnera.” Comme son épouse la trouvait un peu dure, il lui confia que, humainement, il ne s’en sentait pas la force non plus, mais qu’il avait confiance dans la grâce de Dieu, pour cela et pour tout le reste.

 

Il fut arrêté le 20 septembre 1936 chez ses parents, et abattu la nuit même avec d’autres. On a dit que, déjà tombé à terre, Manuel commença à écrire de son doigt les mots du Salve Regina.  Le lendemain, sa veuve reçut quelques cigares de ceux qu’il avait donnés à ses bourreaux, mais celui qui les lui apportait lui dit qu’il ne pourrait pas les fumer, les ayant reçus de Manuel en signe de pardon et de bienveillance. Le secrétaire de la mairie affirma qu’il n’avait rien à faire avec la mort de cet innocent.

 

Ce même milicien “rouge” ajouta que, avant de mourir, Manuel leur demanda de les laisser chanter le Salve Regina, et ensuite de les fusiller par devant, parce que les catholiques meurent en regardant en face.

 

La veuve de Manuel, allant trouver les autres membres du Comité, les remercia pour l’honneur qu’ils lui faisaient d’avoir fait de Manuel un martyr, et elle leur suggérait aussi de changer de vie ; ils en furent vraiment émus et l’un dit : “Ou elle est folle, ou c’est une Sainte”.

 

Manuel Torró García fait partie des deux-cent trente-trois Martyrs d’Espagne béatifiés en 2001.

 

Il est commémoré au Martyrologe le 21 septembre. 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 22:07

25e dimanche per annum

 

Lequel d’entre nous n’a-t-il jamais entendu une de ces réflexions : Le Bon Dieu nous a oubliés - Il s’est trompé d’adresse - Il pourrait un peu se réveiller - Il ne fait pas beaucoup attention à nous… ?

On pourrait dire que ces réflexions, irrespectueuses à l’adresse de notre Père céleste, notre Créateur, la Bonté-même et la Miséricorde par excellence, tiennent du blasphème. Mais il y a (presque) plus grave, lorsque l’homme arrive à douter que Dieu puisse pardonner. 

 

*       *       *

 

A qui en aurait encore quelque doute, le prophète Isaïe répond avec profonde conviction : Cherchez le Seigneur - Invoquez-le - Le Seigneur aura pitié (du pécheur) - Dieu est riche en pardon…

Il y a des pécheurs endurcis, qui doutent jusqu’au bout, malheureusement. Il y a aussi les hommes qui refusent le pardon pour les autres. Cette attitude n’est pas chrétienne.

Quand bien-même on aurait quelque «bon» argument pour accuser quelqu’un, Dieu nous rappelle aussi par la bouche d’Isaïe que (ses) pensées ne sont pas nos pensées.

Il n’y a rien à ajouter ici. Que chacun s’examine au plus profond de soi, et expulse toute rancune de son cœur, envers qui que ce soit, pour quelque motif que ce soit.

 

*       *       *

Le psaume 144 renchérit : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

Ce psaume, l’un des derniers du psautier, est signé de David. C’est un psaume «alphabétique», dont chaque verset commence par une des lettres de l’alphabet hébraïque. C’est donc dommage de n’en proclamer que quelques versets : l’intégralité nous donnerait mieux l’intelligence de la pensée de l’Auteur : chanter Dieu dans toute sa splendeur, Dieu qui est tout Amour, toute Miséricorde, toute Justice, toute Vérité.

Que Dieu soit lent à la colère, ne doit pas être pour nous une insinuation que «parfois» Dieu soit en colère. C’est nous qui nous mettons en colère. Et quand le bras de Dieu laisse faire des catastrophes ou des épreuves, on lui attribue cette qualification tout humaine de «colère».

C’est comme si on accusait de colère un professeur pour la mauvaise note qu’il met à un travail, alors que cette mauvaise note n’exprime strictement que la valeur du travail de l’élève.

Les hommes s’efforcent par tous les moyens de mettre Dieu à la porte : on ne prie pas, on déserte l’église paroissiale et on envahit les stades et les routes, aux grandes fêtes chrétiennes on ne pense qu’à son estomac, la société est gonflée de mille discordes jusqu’à exploser, on ne pardonne pas… et l’on s’étonne que cette Terre soit abandonnée de Dieu.

Heureusement, il y a des âmes qui prient pour les autres, qui pardonnent, qui aiment ; ces âmes font vivre l’Eglise et la société.

 

*       *       *

 

Voulons-nous que la société change, que notre pays change, que le monde change ? que cessent les guerres ?

Faisons la paix dans notre cœur, en y invitant le Christ. C’est le cri du cœur de l’apôtre Paul.

Quand il écrit aux Chrétiens récemment convertis à Philippes en Grèce, Paul est prisonnier : à Rome ou en Asie mineure, peu importe, mais il pense à sa mort possible.

Saint Paul ne désire pas pour autant mourir immédiatement, car sa mission n’est pas encore achevée. Comme sainte Thérèse de Lisieux dira en mourant : Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie., ainsi la joie de saint Paul, c’est d’être avec le Christ, et que les Chrétiens mènent une vie digne de l’Evangile du Christ.

 

Imaginons que s. Paul et tous les chrétiens à sa suite, se soient immédiatement offerts au glaive des persécuteurs, comment l’Eglise aurait-elle pu s’étendre ? Et si un jeune étudiant, las de ses études fastidieuses, entamait une grève de la faim pour “aller vers le Christ” plus rapidement, on aura de bonnes raisons de penser que son âme n’ira pas tout de suite vers le Christ…! Ses pensées n’auront pas été les pensées de Dieu.

La solution est difficile à trouver à chaque instant : qu’est-ce que Dieu attend de moi en ce moment présent ? Poser cette question loyalement, c’est déjà ouvrir son cœur pour écouter la réponse de Dieu. C’est déjà se rendre disponible à Sa voix. Dieu n’est pas loin de nous, c’est nous qui nous en éloignons. 

 

*       *       *

On peut supposer facilement que si les ouvriers de la première heure avaient connu d’avance le salaire de ceux de la dernière heure, ils auraient sans doute attendu le soir pour se faire embaucher. Avec un tel raisonnement, toute la société aurait vite fait de sombrer dans le chaos le plus total !

Mais derrière cette parabole apparemment «sociale» se profile un appel beaucoup plus eschatologique : il s’agit de la récompense finale du Royaume, à laquelle tous les hommes sont conviés.

Les ouvriers de la première heure représentent le Peuple élu, les premiers Appelés, les Juifs. Ceux des autres heures sont ceux qui connaîtront la Bonne Nouvelle de Jésus à des périodes plus tardives, jusqu’à aujourd’hui. Personne n’oserait imaginer que les baptisés du 21e siècle auraient moins de bonheur dans le Royaume que les pieux Juifs de l’Ancien Testament.

Cette parabole n’a pas ici une portée sociale et nous ne sommes pas ici dans le contexte d’une lutte syndicale. Dans notre monde, il serait certainement injuste qu’un maître payât autant l’ouvrier d’une heure que celui d’une journée. 

Mais supposons un moment qu’un patron épris de charité profonde, considérant la situation difficile d’un de ses ouvriers (maladie, épreuve familiale, revers…), décide de lui remettre une prime exceptionnelle pour l’aider dans cette mauvaise passe ; qui pourrait l’en empêcher ? Certes, personne, mais le même patron aurait bientôt tous les ouvriers de son usine à sa porte, dénonçant l’un une prétendue maladie, l’autre une situation difficile, etc.

Non, la parabole n’est pas une «doctrine sociale» pour le monde ouvrier. Il s’agit bien, dit Jésus, du Royaume des cieux, donc de l’autre monde, de l’éternité, d’un monde où, comme on l’a entendu précédemment, (les pensées de Dieu) sont au-dessus de (nos) pensées.

La conclusion de la parabole (les derniers et les premiers) reprend le dernier verset du chapitre  19 qui la précède immédiatement. On dirait que Jésus voulait à la fois achever l’enseignement sur  le détachement et annoncer cette nouvelle parabole : ceux qui auront tout laissé pour embrasser la voie du Christ, même s’ils ne sont pas considérés dans le monde, seront dans le Royaume préférés à ceux qui y étaient appelés les premiers, les Juifs.

La vigne, c’est l’Eglise ; la place où attendent les ouvriers, c’est le monde païen. A tous ceux qui sont appelés à la troisième, sixième et neuvième heures, le maître promet ce qui est juste, selon cette justice divine qui, encore une fois ici, est différente de celle des hommes : Dieu récom

pense le mérite de chacun. Et l’on voit aussi que le maître va à chaque fois en quête d’autres ouvriers, comme la sollicitude de Dieu pour le salut de tous les hommes.

 Si les derniers appelés semblent mieux récompensés, c’est que leur mérite est plus grand, ayant vraiment suivi totalement l’appel du Christ, contrairement à ceux qui étaient appelés avant eux et qui n’ont pas correspondu à cette grâce d’élection.

Certains ont cherché à comprendre qui pouvait être cet intendant de la vigne, chargé de payer les ouvriers. Origène pensait qu’il s’agissait de l’Archange saint Michel ; saint Irénée de Lyon, du Saint-Esprit, qui distribue les dons et donc aussi les récompenses.

Concernant alors le Royaume des Cieux, comment imaginera-t-on que les «premiers» soient jaloux et grognons ? C’est que, expliquent certains commentateurs, ceux-là se sont d’eux-mêmes exclus du Royaume. Quand le maître dit : Prends ce qui est à toi et va, cette phrase pourrait nous laisser entendre que l’ouvrier, révolté, ait refusé même son salaire et quitté le Royaume ; d’ailleurs Jésus note qu’il a l’œil méchant, ce qui n’existe pas dans le Royaume des Cieux.

Une interprétation amusante de l’élection des derniers, fut qu’effectivement le Bon Larron entra le premier au Ciel, avant saint Pierre ! Saint Jean Chrysostome note simplement que l’extrême miséricorde (divine) n’observe pas d’ordre (humain). Encore une fois : vos pensées ne sont pas mes pensées.

Le même Chrysostome remarque que cette parabole pourrait aussi s’appliquer aux personnes qui se convertissent au soir de leur vie. Là encore, Dieu récompensera le mérite de leurs décisions et de leurs actions, un mérite qui pourra être supérieur à celui de ceux qui auront eu une vie plus longue, certes, mais moins chrétienne.

 

*       *       *

La conclusion et le principe de tout cet enseignement, la Prière le rappelle : la Loi consiste à aimer (Dieu), d’abord, et le Prochain en même temps, comme Jésus.

 

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

  

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études (1). Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri” (2), en collaboration avec les Jésuites ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui minèrent encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (3). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (4), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

1 C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. 

2 Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”.

3 Le père Yermo fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant.

4 “El Reproductor Eclesiástico Mexicano”. 

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études. C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri”, en collaboration avec les Jésuites (Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”) ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui mina encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (il fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (El Reproductor Eclesiástico Mexicano), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904 à Puebla de los Angeles, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Han I-hyŏng Laurentius

(Han I-hyeong Leourensio)

1798-1846

 

Laurentius était né à Dŏksan (Ch’ung-ch’ŏng, Corée) en 1798, dans une famille de la noblesse.

De caractère solide, sachant prendre sur lui et servir les autres, il apprit le catéchisme à quatorze ans.

En quelques semaines, il devint un catholique fervent, passant plusieurs heures à méditer devant le crucifix et à demander pardon pour ses péchés antérieurs. Chaque dimanche et jour de fête, il se rendait à la chapelle de la mission, à quatre kilomètres de chez lui et par tous les temps. Il jeûnait tous les jours du carême.

En 1819, il épousa une Chrétienne et ils vécurent dans une contrée retirée près de Yangji.

Sa vie était vraiment exemplaire. Il recevait les pauvres chez lui, leur donnant de la nourriture et des vêtements, confiant que Dieu saurait le lui rendre.

Mgr Imbert le nomma catéchiste, car il était vraiment recommandable pour sa connaissance de la doctrine chrétienne, pour ses vertus et son comportement exemplaire.

Après l’arrestation du père Kim Andreas, la police chercha à arrêter tous les autres Catholiques qui le connaissaient ; Laurentius fut ainsi arrêté, presque «par hasard».

Il fut brutalement torturé. Plusieurs fois battu, il fut entièrement dévêtu et accroché au plafond ; on le battit fortement, cherchant à lui faire renier sa foi et révéler des adresses, mais il refusa.

Ses bourreaux lui lièrent les jambes en mettant entre ses pieds des bris de verre et de vaisselle, et en les serrant avec une grosse corde ; Laurentius supporta tout cela patiemment, sans rien révéler, et suscitant même l’admiration de ses bourreaux.

On l’emmena à Seoul pour son exécution ; il refusa le cheval qu’on lui proposait, préférant faire pieds-nus les cinquante-deux kilomètres du voyage.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Yi Kan-nan Agatha

(Yi Gan-nan Agata)

1813-1846

 

Agatha était née en 1813, de parents païens.

A dix-huit ans, elle se maria, mais fut veuve deux ans après.

L’année suivante, en 1834, elle entendit parler de la religion catholique ; elle refusa de se remarier et demanda à sa mère de lui faire rencontrer un Catholique. Ce n’était pas difficile, car justement un de leurs parents était baptisé.

Celui-ci vint enseigner l’Evangile à Agatha, à sa mère et à son frère. Tous trois furent baptisés par le père Pacificus Yu, un prêtre chinois.

Mais les problèmes surgirent à cause du père d’Agatha, qui était un païen très obstiné. Apprenant que sa famille était devenue chrétienne, il les mit tous à la porte : Agatha n’avait qu’à se réfugier dans sa belle-famille, la maman et le frère furent carrément exilés dans la province de Kyŏngsang, ce qui laisse supposer que ce papa avait des relations avec les autorités civiles.

Agatha se montra soumise : elle rejoignit la maison de sa belle-famille, où elle fut accueillie avec joie comme catholique.

Ayant pu économiser un peu d’argent, Agatha s’acheta une maison et y vécut avec ses amies. Elle était très pieuse, et jeûnait souvent. Les Catholiques avaient de l’admiration pour cette jeune veuve ; ils disaient qu’elle était aussi brillante qu’un miroir et aussi pure que la neige.

Le 10 juillet 1846, Agatha fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Agatha fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Séoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

 

Anna Maria Tauscher van den Bosch

1855-1938

 

Fille d’Hermann Traugott Tauscher, pasteur luthérien, Anna Maria naquit à Sandow, dans la partie de l’Allemagne qui se trouve maintenant en Pologne, le 19 juin 1855. La maman d’Anna Maria, Pauline, était luthérienne aussi, mais très mariale en même temps, et c’est pour cette raison qu’elle fit donner ce nom à sa fille lors de son baptême (c’est le grand-père, lui aussi pasteur, qui la baptisa le 24 juillet suivant). Anna Maria aura deux autres petites sœurs.

En 1862, Hermann fut nommé à Arnswalde, où Anna Maria accompagna sa mère dans la visite des pauvres et des malades. Puis Hermann fut nommé à Berlin.

Anna Maria fut envoyée avec sa sœur dans une maison des “Frères Moraves”, à la campagne, pour reprendre des forces. En 1872, son père la rappela à Berlin pour sa confirmation. Mais Anna Maria ressentait de plus en plus d’incompatibilités avec le luthéranisme ; on lui dit justement qu’elle avait un esprit catholique.

En 1873, elle refusa un parti qu’on lui présentait en vue du mariage, provoquant la colère du grand-père.

En 1874, mourut la maman d’Anna Maria, qui dut s’occuper de la maison. Puis son père se remaria. 

Elle se mit, avec quelques compagnes, à confectionner des objets au profit des missions. Elle devint directrice d’une maison de malades psychiâtriques.

Elle se convertit au catholicisme en 1888, mais sans abjurer le luthéranisme, car, dit-elle, elle n’y avait jamais adhéré, pas même une heure. Son choix aboutit à une rupture avec son père, qui ne voulut plus la recevoir.

Elle désirait entrer chez les Carmélites, mais comprit que ce n’était pas vraiment sa voie. Ayant perdu sa place de directrice, elle erra, trouva une place de dame de compagnie. En voyant dans la rue des enfants, surtout italiens, qui traînaient là après un travail harassant, elle décida d’ouvrir un refuge pour sans-abris, la Maison pour les sans-maison (1891), dans la Pappelallee 91, à Berlin, qui abrita jusqu’à cent-vingt enfants. Elle prit le nom religieux de Maria Teresa de Saint-Joseph, mais ne pouvant obtenir de l’archevêque l’autorisation de porter un habit religieux, elle partit aux Pays Bas, où elle fut admise dans la famille carmélitaine.

Beaucoup de maisons seront ouvertes sous son impulsion. Il y en aura jusqu’à cinquante-huit lors de sa mort en 1938, avec plus de mille religieuses.

Toutes ses maisons prirent le nom de “Maison de Saint-Joseph” : à Sittard aux Pays-Bas, à Crémone en Italie, et à Rocca di Papa près de Rome, où elle établit sa “maison-mère”. 

Elle fit les vœux religieux avec quelques compagnes et fonda ainsi une nouvelle congrégation, agrégée au tiers-ordre de Notre-Dame du Carmel, les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus (1906).

Les Sœurs essaimèrent en Amérique. 

Au lendemain de la première guerre mondiale, la maison de Rocca di Papa sera expropriée sous le prétexte qu’elle appartenait à des Allemands. On se replia donc à Sittard.

Mère Maria Teresa y rédigea les Constitutions.

Elle mourut le 20 septembre 1938, son dies natalis au Martyrologe, tandis qu’elle est localement fêtée le 30 octobre.

Elle a été béatifiée en 2006.

 

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Chŏng Ch’ŏr-yŏm Catharina

(Jeong Cheor-yeom Gatarina)

1816-1846

 

Catharina était née en 1816, d’une pauvre femme de ménage.

On ne sait au juste si elle fut baptisée petite ou plutôt à l’adolescence vers seize ou dix-huit ans.

Douce, elle était intérieurement décidée et forte.

Quand elle eut vingt ans, sa maîtresse voulut la forcer à participer aux cérémonies païennes du solstice d’hiver. Sur le refus de Catharina, la maîtresse se mit en colère, lui attacha les bras derrière le dos et la tint au-dessus d’un feu, puis la frappa jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Même scénario au solstice d’été suivant. Catharina en eut des blessures qu’on pouvait voir sur tout le corps ; elle était pâle et ne pouvait faire de durs travaux.

Quand enfin ses blessures furent guéries, elle se cacha dans une famille catholique de Seoul et, en 1845, put travailler comme femme de ménage dans la propre maison du père Kim Andreas.

Le 10 juillet 1846, Catharina fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Catharina fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Im Ch’i-baek Iosephus

(Im Chi-Pek Yosep)

1803-1846

 

Iosephus était né en 1803 dans un petit village près du fleuve Han, non loin de Seoul (Corée S).

Il fut orphelin de mère assez jeune, et fut élevé avec beaucoup d’amour par son père, mais n’était pas encore baptisé.

En grandissant, Iosephus se montra toujours très aimable. Il fréquenta une école traditionnelle pendant dix ans, apprenant la littérature chinoise, la musique, la poésie… Puis il trouva sa voie dans le commerce. Sa gentillesse lui gagna beaucoup d’amis.

Il se maria ; son épouse et ses enfants furent baptisés, mais lui-même remettait son baptême à plus tard. Il aimait profondément les Catholiques, les fréquentait, les aidait, sans se préoccuper du danger qu’il courait.

En 1835, il s’engagea volontairement dans la police, pour pouvoir aider les Catholiques quand ils étaient arrêtés (c’est ce que fit saint Sébastien à Rome au 4e siècle, v. 20 janvier).

En 1846, il arriva qu’un de ses fils accompagna le père Kim Andreas sur la côte Ouest de la province de Hwanghae, et fut arrêté avec lui le 5 juin. Iosephus partit aussitôt et s’adressa au gouverneur de Haeju pour obtenir la libération de son fils, mais il fut à son tour mis en prison, et put ainsi rencontrer personnellement le père Kim.

La personnalité du père impressionna Iosephus : Kim, le premier prêtre coréen, lui apparaissait très digne, avec une foi très profonde ; les fidèles lui obéissaient, et cela le rendait très admiratif pour le père Kim. Il décida de se faire baptiser.

C’est donc le père Kim Andreas lui-même qui prépara Iosephus au baptême, en prison. Et c’est au baptême que ce néophyte reçut officiellement son nom de Iosephus.

Les amis de Iosephus cherchèrent à le faire libérer, en lui suggérant de renier sa foi ; parfois même, ils venaient en compagnie de ses deux fils et de leurs épouses, pour tenter de le persuader encore plus violemment. Rien à faire !

Iosephus fut torturé ; le chef de la police le fit plusieurs fois soulever en l’air et retomber à terre, le battit lourdement, mais ce fidèle Chrétien demeura ferme dans sa foi.

Après trois mois de prison, Iosephus apprit qu’il serait condamné à mort, et s’en réjouit beaucoup. Il disait à ses compagnons de prison qu’il allait être le premier à arriver au Ciel, et qu’il serait là pour les accueillir quand viendrait leur tour.

Son bourreau se moqua de lui un jour, parce qu’il n’était pas en mesure de réciter les Dix Commandements par-cœur, à quoi Iosephus répliqua dignement que même un fils ignorant peut rester fidèle à son père.

Le chef de la police s’acharna sur sa victime ; il intensifia la torture avec des pointes et en lui tordant les jambes. Le pauvre Iosephus gémissait de douleur, mais comme le chef de la police lui disait qu’il considérerait ces gémissements comme un signe d’apostasie (pour le libérer), Iosephus cessa totalement de gémir et souffrit en silence.

Il faut admirer comment cet homme, qui n’était pas encore catholique lors de son arrestation, supporta tant de tortures sans fléchir un moment, jusqu’à la mort.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Quand les enfants de Iosephus vinrent à apprendre la mort de leur père, ils pleurèrent, mais le chef de la police les consola en leur disant qu’il avait vu une mystérieuse lumière au-dessus du corps de leur père.

Iosephus et ses Compagnons furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

U Sur-im Susanna

1802-1846

 

Susanna était la fille d’une famille encore païenne de Yangju (Kyŏnggi, Corée S) ; elle était née en 1802.

A quinze ans, elle épousa un Catholique de Inch’ŏn et devint à son tour catholique.

En 1828 elle fut arrêtée une première fois, mise en prison et durement torturée. Mais comme elle était enceinte, on la remit en liberté. Elle resta cependant marquée tout le reste de sa vie par les conséquences de ses blessures.

En 1841, son mari décéda, et elle se rapprocha de Seoul, travaillant comme domestique dans différentes familles.

Elle fut très amie de Yi Catharina, une future Martyre (v. 26 septembre), qui était morte en 1839, donc deux années avant la mort de son mari.

Susanna priait beaucoup, et acceptait n’importe quel travail pour l’amour de Dieu. Elle ne regrettait qu’une chose : d’avoir manqué le martyre ; mais Dieu allait la consoler.

Le 10 juillet 1846, Susanna fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 23:00

Nam Kyŏng-mun Petrus

(Nam Gyeong-mun Peteuro)

1796-1846

 

 

Petrus était né à Seoul en 1796.

Jeune encore, il fut soldat, puis il gagna sa vie en vendant des viandes salées.

Lors de ses rencontres avec les prêtres catholiques, il se forma à la religion. Or, il pratiquait l’usure à des taux très élevés : un prêtre lui fit remarquer que ce n’était pas là une pratique digne de l’Evangile, et Petrus mit immédiatement un terme à ces pratiques ; il remboursa tous les intérêts qu’il avait gagnés.

En 1818, il épousa Hŏ Barbara, se convertit totalement et reçut le Baptême.

Dès lors, il accompagna les missionnaires dans leurs déplacements pour administrer les sacrements.

En 1839, il fallit être arrêté par la police, mais ses frères l’aidèrent à s’échapper, quoiqu’ils fussent eux-mêmes encore païens.

A la fin de cette période de persécutions, il n’y avait plus de missionnaires et Petrus cessa de pratiquer sa religion pendant deux ou trois ans.

En 1844 ou 1845, il décida de corriger sa vie et de faire pénitence pour ses péchés. En l’absence de prêtre qui pût lui donner de bons conseils, il pensa que la meilleure pénitence pour lui était de devenir martyr à son tour.

En attendant l’heure où Dieu lui accorderait cette grâce, il prit l’habitude de se lever tôt le matin, avant le lever du soleil, pour prier pendant plusieurs heures. Il vivait et dormait dans une pièce froide et sans chauffage ; il en tomba malade, mais considéra cela comme une grâce spéciale de Dieu, sans jamais se plaindre.

En juillet 1846, la police finit par l’arrêter, malgré les efforts de Barbara, son épouse, pour le dissimuler, tandis que, de son côté, il disait à Barbara que de toutes façons il n’en avait plus pour longtemps à vivre.

En prison, Petrus reçut la visite de ses frères, qui voulurent lui faire passer de la nourriture et des vêtements, mais il refusa tout, en esprit de pénitence. La visite de ses frères était ce qui l’effrayait le plus, car il craignait de sentir sa foi chanceler.

Il fut torturé maintes fois. Durant une de ces séances, il fit remarquer le tag de son numéro militaire, pour démontrer qu’il avait été soldat. Une autre fois, le chef de la police le frappa si fort, que le club se cassa sur ses épaules.

Un de ses meilleurs amis lui suggéra de renier sa foi, ce qu’il refusa absolument. On le battit encore et encore, le sommant de révéler les adresses des autres Catholiques, mais il ne révéla que l’adresse de ceux qui étaient déjà morts.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.Ha

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