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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

José Félix Serret Anglés

1904-1936

 

José Félix était né le 20 novembre 1904, à Ráfales (Teruel, Espagne), de Vicente et María, qui eurent sept enfants. José reçut la Première communion en 1912.

Entré en 1919 au collège des Frères Maristes à Vic, il passa au noviciat de Las Avellanas en 1920 ; en 1922 il reçut l’habit et le nom de Pedro Jerónimo ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1927, toujours à Las Avellanas.

Pedro Jerónimo fut professeur à San Antonio (1923), Pamplona (1928), Montserrat (1929), Larache (Maroc, 1930, pour la période du service militaire), Valencia (1931), Grenade (1932), enfin Málaga (1935).

Humble et modeste, le Frère Pedro Jerónimo semblait habituellement très sérieux, mais cachait un fond plein d’humour, et ne manquait pas de l’exprimer dans un joyeux éclat de rire.

Le 18 juillet 1936, il fallut évacuer la maison, qui fut encerclée par les révolutionnaires.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes, d’où ils apercevaient l’incendie des églises et des couvents  ; leur propre collège fut complètement saccagé. Le Frère Pedro Jerónimo trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Teógenes et Luciano.

Le Frère Pedro Jerónimo fut arrêté tôt le matin du 27 août par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Pedro Jerónimo fut béatifié en 2013.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

  

Jean-Baptiste Guillaume

1755-1794

 

Jean-Baptiste était né le 1er février 1755 à Fraisans (Jura).

Il entra à Nancy chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (ou Lassalliens) en octobre 1785 sous le nom de Frère Uldaric.

Il est à remarquer ici que les Frères des Ecoles Chrétiennes portèrent le nom d’Ignorantins, parce qu’ils font profession de n’apprendre eux-mêmes que ce qu’il est nécessaire d’enseigner aux enfants des pauvres.

C’est ainsi que notre Ignorantin franc-comtois enseigna pendant huit ans à Nancy, faisant la joie et s’attirant la reconnaissance des familles qui bénéficiaient de son enseignement discret. Au moment de la Révolution, il continua d’exercer ses activités comme instituteur.

Par définition, les Frères de sont pas des prêtres et comme tels, ne devaient pas être persécutés comme le furent les prêtres durant la Révolution. Mais le Frère Uldaric fut repéré pour l’influence chrétienne qu’il exerçait sur les enfants ; arrêté le 13 mai 1793 en tant que religieux et invité à prêter le serment constitutionnel, ce qu’il refusa, il fut condamné à la déportation le 17 janvier 1794. 

Il rejoignit l’ensemble des prêtres «déportés» à Rochefort, qui furent entassés sur le Deux-Associés. Une épidémie de typhus emporta un certain nombre de ces héros, dont le Frère Uldaric qui fut débarqué mourant sur l’île Madame.

Il y mourut le 27 août 1794, le même jour qu’un autre Jean-Baptiste, le chanoine de Souzy, et fut béatifié en 1995.

 

 

 

  

Jean-Baptiste Guillaume

1755-1794

 

Jean-Baptiste était né le 1er février 1755 à Fraisans (Jura).

Il entra à Nancy chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (ou Lassalliens) en octobre 1785 sous le nom de Frère Uldaric.

Il est à remarquer ici que les Frères des Ecoles Chrétiennes portèrent le nom d’Ignorantins, parce qu’ils font profession de n’apprendre eux-mêmes que ce qu’il est nécessaire d’enseigner aux enfants des pauvres.

C’est ainsi que notre Ignorantin franc-comtois enseigna pendant huit ans à Nancy, faisant la joie et s’attirant la reconnaissance des familles qui bénéficiaient de son enseignement discret. Au moment de la Révolution, il continua d’exercer ses activités comme instituteur.

Par définition, les Frères de sont pas des prêtres et comme tels, ne devaient pas être persécutés comme le furent les prêtres durant la Révolution. Mais le Frère Uldaric fut repéré pour l’influence chrétienne qu’il exerçait sur les enfants ; arrêté le 13 mai 1793 en tant que religieux et invité à prêter le serment constitutionnel, ce qu’il refusa, il fut condamné à la déportation le 17 janvier 1794. 

Il rejoignit l’ensemble des prêtres «déportés» à Rochefort, qui furent entassés sur le Deux-Associés. Une épidémie de typhus emporta un certain nombre de ces héros, dont le Frère Uldaric qui fut débarqué mourant sur l’île Madame.

Il y mourut le 27 août 1794, le même jour qu’un autre Jean-Baptiste, le chanoine de Souzy, et fut béatifié en 1995.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

Pedro Ibáñez Alonso

1892-1936

 

Il était né à Fuentes de Nava (Palencia) le 27 avril 1892, et fut baptisé le 30.

Entré à l’école apostolique d’Ocaña (Tolède), il fit la profession en 1909 ; il étudia la théologie à Ávila, Rosaryville et New Orleans (Etats-Unis).

Il acheva ces études à Manille, où il fut ordonné prêtre en 1917.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1922 (Hing-Hoa et Kamna), d’où on l’envoya aux Philippines : de 1922 à 1934, il exerça le ministère sacerdotal et enseigna à Manille, puis aux séminaires de San Jacinto et de Tuguegarao.

A partir de 1934, il fut de retour en Espagne, où il enseigna à Ségovie.

Rempli de zèle, il affectionnait d’exercer le saint ministère dans des conditions quasi impossibles. Il restait humble et très recueilli.

En juillet 1936, il se trouva «par hasard» à Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père Pedro trouva à se réfugier avec le père José María López Carillo à la pension Totio, du 20 au 22 juillet. Au même endroit se trouvaient aussi d’autres Religieux, augustins et piaristes. Tous furent arrêtés le 26 août.

A l’interrogatoire, le père Pedro déclara qu’il était catholique, apostolique, romain et dominicain jusqu’à la mort.

On l’emmena avec le père Carillo à la tchéka de Fomento. Le lendemain, dans le Quartier de la Chine, à Madrid, on exécuta les deux prêtres. C’était le 27 août 1936.

 

Le père Pedro Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

José María López Carillo

1892-1936

 

Il était né à Alcalá la Real (Jaén) le 14 février 1892, et fut baptisé le lendemain.

En 1907, il entra à l’école apostolique d’Ocaña (Tolède), fit la profession en 1911 à Ávila, où il étudia la philosophie et la théologie. Un de ses professeurs d’alors parlait déjà de son extraordinaire sainteté.

On l’envoya à Rosaryville (Etats-Unis), où il fit la profession solennelle, puis à Manille où il fut ordonné prêtre en 1919.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1935 : il construisit l’église de Hai-San, et recueillit beaucoup de petites orphelines dans une maison appelée La Sainte Enfance

En 1935, une grave maladie l’obligea à venir en Espagne pour y subir une opération. On le garda ensuite à Ocaña pour sa convalescence.

En juillet 1936, il passait par Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père José María trouva à se réfugier avec le père Pedro Ibáñez, mais ils furent tous deux arrêtés et interrogés au Quartier de la Chine, à Madrid. Quand on demanda son identité au père José María, il précisa qu’il était un missionnaire de Chine, à quoi un milicien, croyant qu’il se moquait de lui, lui fit une remontrance très irrespectueuse, avant de l’envoyer au cachot. 

Puis ils exécutèrent les deux prêtres, le 27 août 1936.

Fait remarquable : d’après le témoignage d’un autre missionnaire de Chine, ce même 27 août 1936, en Chine, une catéchiste et une des petites orphelines lui dirent qu’elles avaient vu en rêve le père Carrillo avec son habit dominicain.

 

Le père José María López Carrillo fut béatifié en 2007.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

 

Domenico Barberi

1792-1849

 

Quand il naît, le 22 juin 1792, Domenico est le onzième (et dernier) enfant de Giuseppe et de Maria Antonia Pacelli. Dans cette belle famille, on est de bons chrétiens : quand la petite Margherita, de dix ans, est sur le point de mourir, en 1797, elle dit à Domenico : Quand je serai morte, tu me mettras un voile tout blanc avec des roses blanches.

Le papa va bientôt mourir à son tour, en 1798 ; la maman aussi, en 1803. Les plus jeunes enfants sont recueillis chez leurs grands frères et sœurs, mais Domenico est hébergé par l’oncle maternel Bartolomeo, paysan, chez lequel il garde les moutons et apprend le métier des champs.

Petit, il avait un peu fréquenté les pères Capucins chez lesquels il avait appris les premiers éléments de l’instruction “avec une grande ardeur pour l’étude”. Mais chez son oncle, il doit laisser les livres. L’adolescent grandit, connaît les difficultés de son âge, les rencontres occasionnelles. Il s’éprend d’une jeune fille. Il fréquente maintenant les Passionistes de Vetralla, qui l’aident dans son instruction et dans sa vie spirituelle.

Quand le bruit court que Napoléon recrute tous les jeunes gens pour son expédition en Russie, Domenico voit en songe sa chère Maman qui l’assure qu’il n’aura pas à partir, et lui recommande de bien prier son chapelet.

Après avoir combattu intérieurement - et victorieusement, il entre à vingt-deux ans chez les Passionistes de Paliano (près de Frosinone) en 1814. Ses études sont trop pauvres pour songer au sacerdoce : il n’y pense même pas et on lui confie la cuisine. Mais pendant qu’il prie devant l’image de la Sainte Vierge, une “voix” lui dit clairement qu’il deviendra prêtre dans six ans, et apôtre dans le nord de l’Europe, et particulièrement en Angleterre.

Effectivement, ses dons particuliers pour l’étude le font remarquer, et de frère religieux il devient candidat au sacerdoce. Il prie avec ferveur pour l’Angleterre : il fait le vœu de renoncer à toute consolation spirituelle et corporelle pour le retour à l’Eglise catholique des frères séparés, qu’il aime d’un amour tout spécial.

En 1815, il fait la profession religieuse ; en 1818 il sera ordonné prêtre, après avoir vécu au Monte Argentario (près de Grosseto) puis à la maison généralice de Rome. 

Le petit paysan qui ne savait pas grand-chose va être maintenant pendant dix ans professeur de philosophie, de théologie, d’éloquence sacrée, à Vetralla, puis à Rome, puis à Ceccano, près de Frosinone. Que de couvents avaient les Passionistes à cette époque ! Domenico enseigne, confesse, conseille, écrit. On lui propose l’épiscopat, qu’il refuse immédiatement.

Il devient supérieur de couvent, conseiller provincial, père provincial. Il est toujours occupé. Il fait imprimer un traité de mariologie en français, un commentaire au Cantique des Cantiques, un traité de philosophie (en six volumes), un autre de théologie, des biographies de confrères, et aussi - par obéissance - sa propre autobiographie.

Un premier “signe” providentiel se manifeste, quand on lui demande d’aider un anglais converti, Sir Henry Trelawney.

Arrive le moment du départ pour le “nord”, selon la mystérieuse voix : en 1840, il se trouve à la tête du premier groupe de religieux en partance pour la Belgique, à Ere près de Tournai, première maison de Passionistes hors d’Italie. Domenico se montrait tellement effacé, que l’évêque cru bon de le soumettre à un examen en règle avant de lui donner les pouvoirs pour confesser. En plus, Domenico ne savait pas grand-chose de français !

La même année, Domenico va prospecter en Angleterre pour une autre fondation : il s’y rend définitivement en septembre 1841. La maison s’ouvre à Aston Hall (Stone). 

Le fondateur de la congrégation, saint Paul de la Croix

 , avait eu une vision extatique après laquelle il s’était exclamé : Qu’est-ce que j’ai vu ? Qu’est-ce que j’ai vu ? Mes fils en Angleterre !

Les débuts de la langue anglaise ne sont pas faciles, l’accueil humain est plutôt froid ; mais Domenico est un travailleur acharné. Il est à la fois curé, supérieur, maître des novices, professeur. Il parle, il rencontre, il convainc : les vocations arrivent, on le recherche, catholiques et anglicans. Il prêche à Manchester, à Liverpool, à Birmingham ; il passe aussi en Irlande.

Il y a tant de conversions à Stone, qu’il faut construire une nouvelle église. Le 10 juin 1844 eut lieu la première procession de la Fête-Dieu en Angleterre.

Et il y a tant de vocations, qu’il faut ouvrir un nouveau couvent de Passionistes à Woodchester (Gloucestershire) en 1846, et encore un autre à Londres en 1848.

Parmi les rencontres de Domenico, il faut parler de James Ford, de John Dobree Dalgairns, des professeurs d’Oxford. Il déclenche tout un mouvement de dialogue avec les Anglicans, fraternel, profond, respectueux, fécond. Il fait prier les Anglicans pour les Catholiques. De son côté, il sait reconnaître les faux pas des Catholiques ; il rencontre aussi George Spencer, un anglican qui, converti, entrera sous peu chez les Passionistes sous le nom de Ignazio de Saint-Paul. Une autre “conquête” sera celle d’Elizabeth Prout, qui fondera la Congrégation des Sœurs de la Croix et de la Passion.

Tout ne va pas sans heurts, bien sûr. Un jour, des garnements lui jettent un caillou : Dominique le ramasse, le baise et le garde dans sa poche : ébahis, les garçons se convertiront au catholicisme.

Mais sa plus célèbre “prise” est incontestablement celle de John Henry Newman

 , qui était un chef de file des anglicans en Angleterre, par sa science et sa position. Or, plus de trois-cents personnalités d’Oxford suivront l’exemple de Newman. Domenico est écouté, on dit que c’est un enfant pour sa simplicité, et un lion pour son intelligence.

Dans les archives d’un couvent de religieuses, on peut lire cette anecdote qui montre bien son humour : les braves religieuses craignaient de devoir parler à des hommes (récemment convertis), car la réserve et la clôture imposaient normalement la distance. Domenico les rassura : Vous êtes trop vieilles et trop laides, n’ayez pas peur !

Infatigable, il sentira brutalement des douleurs à la tête et au cœur durant un voyage en 1849, justement entre les deux maisons de Londres et Woodchester. C’est l’infarctus : on le dépose à la gare de Reading, où il expire le 27 août 1849. Il a cinquante-sept ans.

Il est béatifié en 1963 par Paul VI qui le déclara apôtre de l’unité.

Le martyrologe le mentionne le 27 août ; les Passionistes anticipent cette fête au 26 août, pour célébrer le lendemain celle de sainte Monique.

 

 

1 Saint Paolo de la Croix est mentionné le 18 octobre au Martyrologe, et fêté le 19 octobre.

2 Le cardinal John Henry Newman a été béatifié en 2010 ; sa fête est au 11 août.

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

 

Gilbert Nicolas

1461-1532

 

Ce religieux franciscain eut une activité débordante durant les quelque soixante-dix ans de son existence. Il fut un artisan du mouvement des Observants franciscains, en même temps que le co-fondateur et soutien du nouvel ordre de l’Annonciade, fondé par la reine Jehanne de Valois.

 

Gilbert Nicolas naquit aux environs de Riom, entre 1460 et 1462. Ses parents sont des notables ruraux, gens d’honneur, de bonne renommée et fort riches. Sa mère est de la famille Galopes. Il a un grand frère, Jean, et une grande sœur, Isabelle. Il aura deux neveux qui entreront à leur tour dans l’ordre franciscain, sous les noms de frère Bernard et de frère Amable.

 

Il aima une jeune fille de son pays, mais à cette fille conçue en péché et mortelle comme lui, il préféra bientôt, à la suite d’un sermon enflammé qu’il entendit en la fête de la Conception de Notre-Dame, aimer et servir de tout cœur, toute sa vie, la bénie Vierge Marie qui était toute belle et sans aucun péché.

 

D’abord éconduit aux couvents de Meung (Loiret) et d’Amboise, à cause de son apparence malingre, il est admis à Notre-Dame de Lafond, près de La Rochelle, vers 1475-1477 ; il n’a pas vingt ans. Il semble qu’il ait étudié même l’hébreux ; il enseigne ensuite lui-même la théologie, pendant vingt ans, ayant été reçu docteur.

 

Toute la vie “franciscaine” de Gilbert sera marquée par le conflit entre les franciscains conventuels, qui avaient reçu une règle adaptée aux circonstances historiques et sociales - rapidement devenue synonyme de déviation, de relâchement - et les franciscains observants, qui voulaient le retour à la règle primitive, à la pauvreté non pas seulement en esprit, mais à la lettre.

 

Les Observants viennent d’Italie. En 1390 le mouvement gagne la France. Bientôt le pape Martin V confirmera la propre hiérarchie des Observants, contre l’avis des supérieurs conventuels. On en arrivera, plus d’un siècle plus tard, à une scission complète entre les deux branches : un siècle de diatribes ! Que fit notre père Gilbert pendant ce temps ?

 

En 1498, il est gardien (c’est-à-dire supérieur) à Amboise ; c’est là qu’il connaîtra la reine Jehanne de France, qu’il en sera la confesseur et sera chargé de lui notifier la nullité de son mariage avec Louis XII. On reviendra plus tard sur le développement de l’ordre conçu par cette reine.

 

En 1502, il est vicaire provincial d’Aquitaine. Durant l’hiver 1503-1504, il est à Rome, en août à Montauban ; on parle de l’union entre conventuels et observants. Au chapitre de Laval en 1505, on en vient à menacer Gilbert de le mettre au cachot. En 1507, de nouveau gardien à Amboise.

 

En 1511 il est vicaire de l’observance pour la Bourgogne. En 1512, il préside le chapitre en Espagne. En 1514, il est au chapitre à Anvers, puis élu vicaire provincial de France, charge confirmée de nouveau en 1516 au chapitre de Rouen.

 

Début 1517, Gilbert est à Bruxelles pour plaider la cause des observants devant Charles Quint. C’est l’année de la scission consommée entre Observants et Conventuels : Gilbert est élu commissaire général pour les observants “cismontains”, c’est-à-dire à l’ouest de l’Italie, charge qui sera reconduite en 1520 au chapitre de Bordeaux.

 

C’est en cette même année 1517 que le pape lui donnera le nom de Gabriel-Marie, à cause de son zèle pour le mystère de l’Annonciation à Marie, annoncée par l’archange Gabriel. Ajoutons qu’en outre, le père Gilbert-Gabriel est nommé cette année-là commissaire général pour la croisade contre les Turcs, ce qui l’amènera à présenter en 1523 tout un plan de constitution d’armée.

 

En 1521, il est visiteur pour les provinces d’Angleterre, Irlande et Écosse ; en 1523, le chapitre de Burgaux le nomme “inquisiteur”, chargé d’empêcher l’hérésie protestante de gagner l’ordre, ainsi que “définiteur” (c’est-à-dire conseiller) du ministre général. En 1524-1526, il est  ministre pour la région de Provence. En 1526, le chapitre d’Assise le nomme commissaire (supérieur) du couvent de Paris.

 

En 1528-1529, c’est le roi François Ier qui le charge de visiter et de réformer les clarisses, en compagnie d’Arnaud de Saint-Félix. Au chapitre général de Parme de 1529, il apparaît comme provincial d’Aquitaine, où il a dû être nommé récemment. Il est nommé à nouveau Définiteur général, qu’il sera jusqu’à sa mort.

 

Parallèlement à ces lourdes responsabilités qui nous montrent un père Gilbert - puis Gabriel - constamment sur les routes, ce religieux va assister la pieuse Jehanne de Valois sur sa route de fondatrice.

 

On a vu dans quelles circonstances pénibles le père Gilbert rencontra la reine Jehanne, en 1498. Jehanne voulait fonder un ordre en honneur des vertus de Marie. Très marial, le père Gabriel prend à cœur le projet et, dès 1501, installe dans une maison Bourges un groupe de petites filles, pour lesquelles il rédige une première règle.

 

Cette règle, d’abord perdue par un envoyé de Gilbert, est portée par Gilbert lui-même au pape, qui l’approuve en 1502. A Bourges, on construit le monastère ; les premières vêtures ont lieu en octobre, puis le 25 mars 1503, fête de l’Annonciation, et encore en novembre.

 

En 1504, Jehanne de France fait sa profession privée, et Gilbert promet à Jehanne d’observer (privément) la règle de la Vierge Marie. Jehanne décédera le 4 février 1505. Il reste à Bourges jusqu’en avril. Désormais, tout le développement de l’ordre naissant reposera sur les épaules de Gilbert, parallèlement à ses fréquents déplacements pour l’ordre des Observants. C’est ce qui fera qu’il ne pourra pas s’arrêter longtemps parmi les Annonciades, chaque fois qu’il pourra s’y rendre, et même qu’elles resteront parfois longtemps sans le revoir.

 

Il a quand même le temps de revenir à Bourges en avril 1506 pour la consécration de l’église. En 1507, nouvelle approbation du pape. Fondation à Albi en 1507.

 

En 1514-1515, il travaille à la fusion, désirée par le pape, des Annonciades et des Conceptionnistes (jeune congrégation mariale espagnole, d’inspiration cistercienne, puis franciscaine, fondée par Beatrice de Silva (1) ). La fusion n’aboutira pas, raison pour laquelle Gabriel présentera à Rome une troisième règle en 1517.

 

Fondation à Bruges en 1518, avec l’appui de Marguerite d’Autriche, tante de l’archiduc. Or, les premières religieuses qui y viennent, sont d’abord hébergées chez des religieuses franciscaines, lesquelles, attirées par l’esprit des Annonciades, demandent leur adhésion à l’ordre. Elles sont donc une trentaine dans la nouvelle fondation. La même année, quelques-unes fondent déjà à Béthune.

 

1521 : fondation à Bordeaux, puis Rodez. En 1526, il est supérieur général des Annonciades. 1530 : fondation à Louvain.

 

On a vu le père Gabriel-Marie à l’œuvre chez les Observants, au chevet de l’Annonciade naissante, organisateur d’une croisade contre les Turcs. Voici maintenant qu’il est chargé du problème des Sœurs grises ou hospitalières de Saint-François. Ces religieuses, fait inouï pour l’époque, ne vivaient pas en communauté cloîtrée, et dispensaient des soins médicaux gratuits à domicile. Elles avaient la règle du tiers-ordre franciscain. On voulut les cloîtrer, et l’on chargea Gabriel de s’en occuper. La solution n’apparaît pas claire : il semble que, selon le cas, les hospitalières aient été agrégées aux Clarisses ou aux Annonciades, mais qu’elles aient finalement obtenu le statut des tertiaires régulières de Saint-François.

 

Le père Gabriel fonda aussi diverses Confraternités : celle des Dix Ave Maria, à Nuremberg, deux autres associées aux Annonciades, et qu’on appellera Ordre de la Paix ou Fraternité Annonciade, chemin de Paix.

 

Gabriel-Marie eut le temps d’écrire beaucoup, à part les très nombreux actes administratifs de nominations çà et là. Il écrivit plusieurs ouvrages en défense des Observants, des textes de dévotion mariale, un traité de morale sur la confession, où il montre toute la compassion du pasteur (et de Dieu) envers les pécheurs ; les Règles successives pour les Annonciades et les Hospitalières ; des sermons sur les Dix Vertus de la Vierge Marie ; cinq Messes  en l’honneur de la Sainte Vierge (pour célébrer les Dix vertus et plaisirs de la Vierge Marie, la Présentation de Marie au Temple, le mariage de la bienheureuse Marie avec saint Joseph, l’Enfant Jésus retrouvé au Temple, et le Martyre de la Vierge).

 

Toute la vie du père Gabriel-Marie est celle d’un homme de paix, d’un grand dévot de Marie, mère de Dieu. Sa parole est le reflet de toute sa démarche spirituelle : plaire à Marie. Avant de poser un acte, de dire une parole, il réfléchit si cela est conforme à Marie. Marie est pour lui un modèle qu’il veut suivre, l’exemplaire qu’il veut reproduire et auquel il veut ressembler. 

 

Chargé de mérites et de fatigues, le père Gabriel sera, en 1529, réélu définiteur général pour les religieux cismontains. Il obtient aussi à Parme la confirmation des statuts généraux de l’Annonciade par le ministre général des Franciscains. Mais il tombe malade à Bordeaux et rédige son testament spirituel à l’intention des filles de l’Annonciade. Remis sur pied, il repart visiter les maisons.

 

En 1530, il est à Louvain, où il guérit une novice. A Noël 1531, à Bourges, il célèbre et confesse ; il y prêche le carême.  En mai, en route pour Toulouse, il s’arrête épuisé à Rodez. Le 26 juillet il célèbre la sainte messe pour la dernière fois et doit s’aliter.

 

Il meurt le 27 août 1532, prononçant encore quelques mots du Magnificat.

 

Le culte du bienheureux père Gabriel-Marie a été autorisé chez les Annonciades, qui le fêtent le 27 août. Mais le père Gabriel, si effacé malgré ses nombreuses activités, est resté effacé du Martyrologe actuel, en attente d’un miracle et d’une canonisation.

 

 

(1) Sainte Beatrice da Silva Meneses est commémorée le 17 août.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

Eunuque
Ier siècle

Dans les Actes des Apôtres, il est question d’un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Ethiopie, qui retournait dans son pays après un pèlerinage à Jérusalem (Ac 8:26-40).
Tout éthiopien qu’il était, il n’était donc pas païen ; il avait dû recevoir quelque enseignement de la Synagogue, pour entreprendre son pèlerinage à la Ville Sainte. Et son désir d’être un bon pratiquant lui fait même lire l’Écriture.
Qui en fut averti par l’Ange du Seigneur, est un des sept Diacres récemment élus pour servir la communauté naissante (Ac 6:5), Philippe (v. 11 octobre).
Celui-ci rattrape l’eunuque - dont on ignore le nom - et le voit méditer sur un passage d’Isaïe, légèrement édulcoré par rapport au texte reçu, mais suffisamment clair pour que Philippe puisse lui expliquer comment ce passage prophétique s’est réalisé en Jésus-Christ.
Au verset 36, l’eunuque se montre pleinement convaincu de la Vérité et demande le baptême, en voyant à proximité une source d’eau qui arrivait à point nommé.
La réaction de Philippe, au verset 37, n’est pas retenue dans l’édition officielle récente de la Vulgate, mais fait partie de manuscrits très anciens. Philippe répond : 
Si tu crois de tout ton cœur, c’est permis. Celui-ci (l’eunuque) répondit : Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu.
Le texte sacré ne nous dira rien de plus sur cet homme pieux, avide de Vérité et tout heureux de recevoir la Vie nouvelle annoncée par le Christ.
D’après les Pères, en particulier saint Irénée, Eusèbe, saint Jérôme, le saint Eunuque prêcha l’Evangile aux siens, et les Éthiopiens voient en lui leur premier apôtre, avant même la venue de saint Matthias ou de saint Barthélemy.
Il aurait même été martyrisé à “Taprobane”, l’île de Ceylan (ou Sri Lanka).
Si le Martyrologe mentionne au 11 octobre le diacre Philippe qui baptisa l’Eunuque, l’édition récente n’a cependant pas retenu l’Eunuque lui-même, probablement par manque de documents plus complets. 
Le saint Eunuque de la reine Candace était mentionné le 27 août.

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

Césaire d’Arles

470-543

 

Cesarius est le fils de parents gallo-romains chrétiens. Il est né en 470 ou 471 à Chalon-sur-Saône en territoire burgonde.

A dix-huit ans, il partit sans rien dire pour demander son admission dans le clergé à l’évêque de Chalon-sur-Saône, s.Silvestre (v. 20 novembre). Encore insatisfait, il va très loin : sur l’île de Lérins où saint Honorat (v. 16 janvier) avait fondé un monastère déjà célèbre. 

Vite remarqué pour ses qualités, il y est nommé cellérier (ou économe). Son administration sévère ayant, comme dans toutes les maisons religieuses, suscité quelque protestation, il est destitué de sa charge et peut se livrer à ses passions : la lecture, la prière, les veilles, les jeûnes. Il dépasse un peu les normes, il tombe malade et se voit “exilé” dans une pieuse famille d’Arles pour se refaire la santé.

Il y fait des rencontres providentielles : Ennodius de Pavie, Iulianus Pomerius, et Eone d’Arles, l’évêque. Il se trouve que Eone et Césaire sont parents, au point que l’évêque va garder son cousin dans son clergé ; Césaire est ordonné diacre, puis prêtre en 499, et reçoit la charge de diriger un monastère des alentours. C’est à cette époque que remonte la Regula ad monachos.

Appelé au siège épiscopal d’Arles, il en redoute les responsabilités et commence par se cacher ; on le découvre, il est sacré en 503.

Impartial en face du pouvoir civil, il fut accusé par la jalousie ; il dut se présenter aux rois ariens wisigoth et ostrogoth, dont il obtint en fait une pleine et entière confiance. Le wisigoth Alaric II fut convaincu de publier un abrégé du Code théodosien en faveur de tous les catholiques ; l’ostrogoth Théodoric le renverra avec une fabuleuse somme d’or.

En revenant de Ravenne, Césaire ne manqua pas de s’arrêter à Rome et d’y rencontrer le saint pape Symmaque (v. 19 juillet). Ce dernier lui remet le pallium, cet insigne habituellement réservé au pape, et que portent aussi les archevêques en signe d’unité avec le Siège romain. Ainsi, Césaire devenait le vicaire du Saint-Siège pour toutes les Eglises de Gaule et d’Espagne, avec le droit de convoquer des conciles au nom du pape.

Le plus connu de ces conciles fut celui d’Orange, où fut affirmée la doctrine du péché originel et la nécessité de la grâce prévenante et concomitante pour les débuts de l’acte de foi, la prière, le désir de salut et en général tout acte surnaturel. C’était la doctrine de saint Augustin qui était pleinement approuvée.

En même temps, le concile niait la prédestination des hommes au mal, et affirmait que tous les baptisés avaient la possibilité d’accomplir, avec la coopération de Dieu, ce qui était nécessaire au salut de leur âme.

Ce concile historique montrait donc l’importance à la fois de la grâce de Dieu et de la volonté de l’homme dans la marche vers la sainteté. La grâce de Dieu guide toujours les hommes de bonne volonté.

A l’intérieur du diocèse, Césaire se montra exigeant : il voulait un clergé saint, chaste, érudit, connaisseur du chant liturgique et des cérémonies. Il veut que chacun ait lu quatre fois l’Ecriture Sainte, vive dans la continence ; on n’ordonnera pas un diacre avant ses vingt-cinq ans, un prêtre avant ses trente ans.

Une prescription pastorale ne manquera pas de susciter notre approbation : il ne faut pas prêcher plus de quinze minutes ! Et surtout, pas de considérations trop compliquées, trop dogmatiques ; des choses simples, des comparaisons empruntées à la vie des champs, une langue familière. Ne pas sortir de la messe avant la bénédiction du célébrant… Ne pas prolonger sa colère (saint Paul dit, Eph 4:26 : Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, mais qui a lu les épîtres de l’Apôtre ? Il faut donc les répéter en d’autres termes). Ne pas s’enivrer ; respecter les lois du mariage. Communier à Noël, à Pâques, à la Pentecôte. 

On connaît de saint Césaire plus de deux-cents homélies, ainsi qu’un ouvrage sur la Sainte Trinité, contre les ariens et les pélagiens.

Sa sainteté et son influence ont poussé les rois francs à étendre ses domaines. Les archevêques d’Arles devinrent ainsi d’importants propriétaires terriens de la région, ce qui leur permettait d’étendre leurs efforts pastoraux auprès d’une vaste population, encore païenne en maints endroits.

Après quarante années d’épiscopat, Césaire s’éteignit dans la joie du Seigneur, le 27 août 542, veille de la fête de saint Augustin, comme il l’avait souhaité, tant il aimait ce Docteur.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 23:24

 

 

Ioachim Watanabe Jirōzaemon

1551-1606

 

Ioachim était né vers 1551 à Yatsushiro (Kumamoto, Japon).

Il était marié.

Son martyre eut lieu à Yatsushiro (Kumamoto), le 26 août 1606.

Il fait partie d’une procession de cent quatre-vingt huit Martyrs japonais, presque tous laïcs, mariés ou consacrés, parfois jeunes ou même très jeunes enfants, béatifiés en 2008.

 

 

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 23:00

Alejandro Mas Ginestar

1876-1936

 

Il vit le jour le 11 décembre 1876 à Benissa (Alicante), benjamin des quatre enfants de Francisco et Vicenta, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Entré dans l’Ordre des Capucins, il reçut l’habit en 1893, professa en 1894, avec le nom de Pedro de Benissa et fit les vœux solennels en 1897.

Il fut ordonné prêtre en 1900.

Ses activités de prédilection furent l’apostolat auprès des jeunes et des enfants.

Son obéissance faisait qu’il prenait congé de ces derniers suffisamment à temps avant le son de la cloche, pour ne pas être en retard. 

En juillet 1936, il dut abandonner le couvent de Massamagrell (Valencia), se réfugia chez des amis puis chez sa sœur à Vergel (Alicante).

Les miliciens l’arrêtèrent au soir du 26 août 1936 et l’emmenèrent à la Alberca (Denia, Alicante) pour le fusiller.

Juste avant de mourir, il remercia ses bourreaux en leur disant : Je vous pardonne tous ; vous ne savez pas le bien que vous allez me faire.

Il fut béatifié en 2001.

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