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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Antoni Carmaniú Mercarder

1860-1936

 

Antoni vit le jour le 17 août 1860 à Rialp (Lleida, Espagne).

Il entra chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre) en 1879.

Il fut ordonné prêtre en 1885 et envoyé à Mayorque, puis à Bellpuig, Rialp et Figueras (Barcelone), comme directeur. Nommé assistant provincial, il prêcha beaucoup de retraites pour les prêtres et confessa assidûment.

En 1936, il se trouvait à Barcelone ; il eut le temps de fuir vers Lleida ; il resta un peu chez les siens et chercha à gagner la France. Arrêté près de la frontière, il fut conduit en direction de Sort par des éléments anarchistes.

Parvenus un peu avant Rialp, ils le firent monter sur un promontoire d’où, une fois fusillé, il serait tombé dans la rivière Noguera-Pallaresa ; mais le corps du Martyr resta sur place, de sorte que les bourreaux le firent rouler dans le ravin, et qu’il resta heurté à un arbre. Quelqu’un d’autre le vit et l’enterra. On est à peu près certain que la rivière en crue a emporté les restes du cadavre. 

Martyrisé à Llavorsi (Lleida) le jour de ses trente-six ans, le 17 août 1936, don Antoni fut béatifié en 2013.

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Isidro Valentín Peña Ojea

1907-1936

 

Isidro Valentín vit le jour le 4 avril 1907 à Talavera de la Reina (Tolède, Espagne), benjamin des dix enfants de Francisco et Jacinta, qui le firent baptiser le 7 avril.

Très tôt orphelin, il suivit l’école de son pays et, en 1924, entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu.

Sa vie religieuse se fit en deux étapes, séparées par le service militaire.

A Carabanchel Alto, il reçut l’habit en 1925 et prit le nom de Patrocinio. Il fit une première profession en 1926.

Ayant commencé des études d’infirmier à Ciempozuelos, il fut appelé au service militaire, qu’il accomplit dans le service de santé et qu’il acheva à l’hôpital militaire de Ciempozuelos, où il fut alternativement infirmier et aussi professeur des enfants. Puis il passa à Jerez, Grenade, Sant Boi et Ciempozuelos, tout cela en fonction des appels à révision après le service militaire (1930-1932).

Enfin libéré, il fit un bref passage à Santa Águeda (Guipúzcoa), puis il refit un noviciat à Carabanchel, reçut à nouveau l’habit, et prit cette fois-ci le nom de Estanislao de Jesús. Il refit la profession en 1934 et fut dirigé à Málaga.

Dès le 20 juillet 1936, la maison fut fouillée. Le 14 août, on y interdit tout acte religieux. 

Le 17 au soir, miliciens et employés vinrent arrêter les Frères. Estanislao, avec sa blouse d’infirmier, fut embarqué avec les autres Frères, et conduit au cimetière. En route, il aurait dit aux miliciens : Vous aurez du mal de me tuer. En effet, ils durent lui tirer quarante coups pour l’achever.

Frère Estanislao de Jesús fut ainsi martyrisé le 17 août 1936 à Málaga et fut béatifié en 2013.

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Antonio del Charco Horques

1887-1936

 

Antonio vit le jour le 12 novembre 1887 à Grenade (Espagne).

Il entra en 1904 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Ciempozuelos et prit le nom de Baltasar.

Il exerça en diverses communautés : Sant Boi, Carabanchel Alto, Pamplona, Barcelone, Ciempozuelos, Madrid, Santa Águeda, Palencia, Valencia, Grenade, Santurce.

Après cette longue «carrière», il fut envoyé à Málaga comme responsable de l’infirmerie et de la pharmacie.

Invité par sa famille à revenir au pays, il répondit qu’il entendait rester avec ses Frères et avec les malades.

Frère Baltasar fut martyrisé le 17 août 1936 à Málaga ; en tombant, il cria encore Vive le Christ Roi ! 

Il fut béatifié en 2013.

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Miquel Rué Gené

1909-1936

 

Il naquit le 13 décembre 1909 à Cervià de les Garrigues, de Gregori et Maria, qui le firent baptiser le 19 suivant.

Après ses études et sa préparation, il fut ordonné prêtre en 1933.

Nommé vicaire à Falset, au bout de trois mois il avait déjà conquis l’amitié des enfants, de sorte qu’à sa nomination suivante pour Morell, tous pleuraient.

Il s’occupa intensément des jeunes, créant pour eux des cercles d’études. Il forma une chorale pour rehausser aussi la liturgie, et obtint d’excellents résultats.

Il ne faut pas croire qu’il était seulement actif. Son souci des âmes le poussait à organiser tout ce qu’il pouvait pour rapprocher ces âmes de Dieu, mais surtout don Miquel était un homme de prière : il passait des heures devant le Saint-Sacrement, et parfois aussi la nuit entière.

Quelques jours avant le déclenchement de la révolution de 1936, il vint prendre congé des siens à Cervià, en leur disant : Je vais être le premier à mourir.

Le 21 juillet, devant la gravité du moment, il alla retirer le Saint-Sacrement, puis les prêtres de la paroisse se réfugièrent chez un confrère, don Josep Mañé.

Peu de jours après, apprenant que les églises et les couvents de Reus étaient la proie des flammes et qu’on assassinait les prêtres, ils consommèrent les Saintes Hosties.

Le soir, le Comité les contraignit à rejoindre la ferme de Mestre. Juste avant, on vit don Miquel à genoux devant le ciboire, en larmes.

Quand on s’approcha de lui, il déclara : Nous devons défendre notre foi ; s’ils nous tuent, nous serons martyrs de notre sainte religion.

Le 17 août, il fut arrêté et, avec les deux autres prêtres, assassiné près de la rivière de Maspujols.

 

Don Miquel fut béatifié en 2013.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Josep Mañé March

1866-1936

 

Il était né le 28 octobre 1866 à Morell (Tarragona, Espagne), de Francesc et Margarida, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il reçut la confirmation en 1878, et l’ordination sacerdotale en 1892.

Il fut chargé de la propre paroisse de son pays natal, à Morell, puis de celle de L’Albiol.

Il se montra fidèle à ses devoirs de prêtre, humblement, pieusement. Il célébrait la sainte Messe avec un recueillement particulier.

Il combattait énergiquement la critique et se montrait très bon envers les pauvres et les malades.

Quand éclata la révolution de 1936, il accueillit chez lui don Magí Civit Roca ainsi que don Miquel Rué. Ils formèrent ainsi une petite communauté fraternelle.

Le Comité révolutionnaire leur donna l’ordre de se transférer à la maison Mestre, avec la promesse qu’on ne leur ferait rien.

Mais le 17 août, on vint les arrêter.

Ligotés, ils montèrent sous la contrainte dans deux voitures qui les amenèrent sur la route d’Alcolea, près de la rivière de Maspujols, où ils furent martyrisés.

On ne leur «ferait rien», sinon d’en faire de glorieux Martyrs. Gloire à Dieu et à ses Martyrs.

 

Don Josep Mañé March, martyr de son sacerdoce le 17 août 1936, fut béatifié en 2013.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

Magí Civit Roca

1877-1936

 

Il naquit le 3 juillet 1877 à Conesa (Conca de Barberà, Espagne) et fut baptisé le 4.

Il fut ordonné prêtre en 1901, et exerça le saint ministère sacerdotal à Morell, à Rocamora et Porrera.

Ce prêtre tout simple, mais profond, n’avait qu’un souci : le bien des fidèles.

La révolution éclata en 1936. 

Par disposition du Comité révolutionnaire, les prêtres durent se réfugier dans la ferme d’un habitant de l’endroit. Don Magí y fut, avec deux autres prêtres, Josep Manyé et Miquel Rué.

Le 17 août, arrivèrent à la ferme deux voitures de miliciens ; ils enlevèrent les trois prêtres. Ils les fouillèrent, les ligotèrent et les fourrèrent dans les voitures, sans trop de délicatesse.

On partit par la route d’Alcolea, jusqu’à Maspujols, où on les assassinat parce qu’ils étaient prêtres.

Juste avant d’être fusillé, don Magí demanda aux assassins la permission de leur baiser les mains, parce que ces mains allaient lui permettre d’entrer au Ciel. Ainsi dit la chronique, mais sans préciser si les intéressés se laissèrent faire. Cette noble attitude du prêtre est peut-être unique dans les annales de cette période révolutionnaire.

Les trois corps furent jetés dans la fosse commune de Reus.

 

Ces trois prêtres, don Magí Civit Roca, don Josep Manyé et don Miquel Rué, moururent le 17 août 1936 et furent béatifiés en 2013.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

 

 

Eusèbe

309

 

Ce pape est un de ceux qui restèrent peu de temps sur le trône de saint Pierre.

Grec d’origine, il succéda à saint Marcel Ier, comme trente-et-unième pape. Les dates sont floues, selon les sources.

Eusèbe aurait été ordonné le 18 avril 309, et serait mort en août de la même année. Selon d’autres, sa depositio  aurait eu lieu en septembre ; l’actuel Martyrologe a opté pour le mois d’août.

Au moment de son élection, il y eut une émeute provoquée par un certain Héraclius, contestataire de cette élection ou poussé en avant par le parti des lapsi, ceux qui après avoir apostasié durant la récente persécution, demandaient à être réadmis dans l’Eglise sans faire pénitence. L’empereur Maxence, ne sachant quoi faire pour maintenir l’ordre, exila les deux protagonistes en Sicile. 

Eusèbe y mourut quatre mois après, le 17 août 309. Si le pape saint Damase l’appelle martyr, il ne spécifie pas quel martyre il subit ; peut-être au moins le martyre de la persécution et de l’exil, ce qui n’est pas peu.

On rapporta son corps pour l’ensevelir au cimetière de Calixte.

Son successeur devait être saint Miltiade (ou Melchiade).

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 23:00

 

Jeanne Delanoue

1666-1736

 

Jeanne Delanoue naquit et fut baptisée le 18 juin 1666 à Saumur (paroisse Saint Pierre), sous le règne de Louis XIV. Elle est la douzième enfant de Pierre Delanoue et Françoise Hureau, qui tiennent un magasin de mercerie.

Le papa meurt bientôt (1670) et Jeanne ne pourra fréquenter l’école que quelques années, pour rester près de sa mère et l’aider à la maison. A la mort de sa mère (1692), elle hérite totalement du commerce, qu’elle va s’ingénier à développer.

À ses débuts Jeanne est économe, avare même, elle ne sait pas ce que signifie : faire l'aumône. Active, intelligente, énergique, parfois aussi de mauvaise humeur, elle travaille sans relâche, exploitant les pèlerins de Notre-Dame-des Ardilliers en ouvrant sa boutique même les dimanches et jours de fêtes.

Cependant à la Pentecôte 1693, alors que Saumur connaît la disette et qu'un quart de la population de la ville est composée d'indigents, une certaine Françoise Souchet va faire basculer sa vie. Venue en pèlerinage à Notre-Dame-des-Ardilliers, cette “folle” - une sainte âme mystique - viendra inviter Jeanne à porter un vêtement à une pauvre femme du quartier. 

Dans le même temps, elle écoute la prédication d’un prêtre à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, M.Geneteau, qui devient son confesseur. 

Lors de la Fête-Dieu de la même année (22 mai 1693), Jeanne connaît alors trois jours et trois nuits d'extase : elle voit l’enfer, son ange gardien, la Sainte Vierge. Marie lui révèle ce que le Seigneur lui demande pour elle-même et pour les pauvres. Par la suite, Jeanne aura encore de fréquentes extases.

Aussitôt, elle se met à la recherche des miséreux ; ses premiers protégés sont six petits enfants malades réfugiés au fond d’une écurie, qu’elle appelle ses petits Jésus.

Rapidement, elle est connue dans la ville et les indigents ne se contentent plus de l’attendre mais viennent directement dans la maison, baptisée La Providence où ils sont accueillis, nourris et logés. Plus tard, elle ouvrira aussi sa porte à tous les réprouvés, les filles mères, les épouses adultères, les libertines. Elle dilapide son fonds de commerce, emprunte, demande l'aumône. Sa charité n'a plus de bornes. Même quand elle contracte des dettes, elle reste confiante en Dieu, qui lui accorde des secours inattendus.

Jeanne voulait partager les conditions de vie de ces malheureux. Dans cet esprit elle fit le pèlerinage à Saint-Martin de Tours en mendiant.

Elle se mortifiait beaucoup : totalement végétarienne, elle ne touchait pas au vin (pas même celui de Saumur !), dormait peu et jamais dans un lit.

En 1702 (ou 1703), un terrible éboulement écrase plusieurs maisons, dont la Providence : une petite orpheline est tuée, tout est détruit, les pauvres orphelines et les petites vieilles se serrent contre Jeanne. Elle repart vaillamment : vite elle trouve un refuge de fortune dans une écurie des pères Oratoriens, puis une petite maison de trois pièces. L’œuvre repart, s’amplifie.

Jeanne a trois émules. Ensemble, elles reçoivent de M.Geneteau l’habit religieux, le 22 septembre 1703, donnant ainsi le départ à la congrégation des Sœurs de Sainte-Anne, servantes des pauvres.

Des accusations d’hypocrisie s’abattirent sur la Fondatrice. Même saint Louis-Marie Grignion de Montfort fut d’une sévérité inattendue envers elle ; était-ce pour la mettre à l’épreuve ? L’humble soumission de Jeanne calma les durs propos du Saint envers elle. De son côté, M.Geneteau l’éprouvait aussi, mais toujours Jeanne obéissait, se soumettait, restait patiente.

En septembre 1709, les constitutions sont approuvées par l’évêque d’Angers.

La même année, l’hiver est si rigoureux que plus de cent personnes furent accueillies à la Providence. On déménagea encore ; Jeanne acquit le logis des Trois-Anges et y installa son hospice, le premier de la ville de Saumur (que Louis XIV réclamait depuis longtemps !). Puis on construisit, on mit à profit les belles caves des bords de la Loire.

A partir de 1721, la congrégation connaît l’expansion dans les régions alentour : Bretagne, Touraine, Berry. L’hospice de Saumur pouvait abriter jusqu’à trois cents personnes.

La santé de la vaillante Jeanne s’altère à partir de 1735. En plus, Jeanne traverse une pénible période d’aridité intérieure : elle ne goûte pas la consolation, elle se sent seule, se croit abandonnée. Mais elle reste fidèle et la tentation s’éloigne. 

Elle décède paisiblement le 17 août 1736. 

En 1796, on se transféra dans la propriété des Oratoriens, vaste et désormais vide. En 1864, le siège de la Congrégation s’installera à Saint-Florent. 

Jeanne Delanoue sera béatifiée en 1947, et canonisée en 1982.

En 1956, Madagascar connaît une première fondation, puis Sumatra en 1979. 

Le 3 décembre 1964, la Congrégation a changé de nom pour prendre celui de Servantes des Pauvres de Jeanne Delanoue, en hommage à sa créatrice. Quelques années plus tard, une autre congrégation de Nantes, également fondée par Jeanne, rejoint la Congrégation. 

Sainte Jeanne Delanoue - qui avait pris le nom religieux de Jeanne de la Croix - est inscrite au Martyrologe le 17 août.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 22:20

20e dimanche per annum

 

 

Il va être question d’étrangers dans les trois textes de notre liturgie dominicale. Le thème est d’actualité.

 

*       *       *

 

Le prophète Isaïe, au nom de Dieu, promet le salut aux étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l'amour de son nom et sont devenus ses serviteurs.

Qu’on ne dise donc pas que le salut fût réservé au seul peuple juif. Tous les hommes sont appelés au salut, parce que Dieu aime tous les hommes. A chacun il donne sa grâce pour l’amener à la Vérité.

 

*       *       *

 

Le psaume 66 fait aussi allusion à cette vocation de tous les peuples à entrer dans la grande famille de Dieu.

Ce psaume est du maître de chant et doit se chanter sur les instruments à cordes. La (belle) musique est vraiment une langue universelle ; on est heureusement surpris de voir comment des hommes et des femmes de pays si éloignés entre eux, savent très bien former des ensembles pour interpréter un vaste répertoire musical. Il semble que cette langue exprime davantage l’amitié que le sport, qui engendre souvent tant de bagarres.

On regrettera dans notre extrait l’absence d’un petit verset qui, dans le texte, dit ceci : La terre a donné son fruit, ce fruit étant la naissance sur terre du Messie, celui qui était tant attendu, celui qui devait apporter la Paix.

 

*       *       *

 

Parmi les Juifs, il ne manquait pas de croyants qui attendaient sincèrement le Messie et qui accueillirent le Christ et sa doctrine.

Mais il y en eut que se rebiffèrent. Beaucoup, de ce peuple élu, appelé à apporter la Lumière aux nations environnantes, s’’auto-exclurent finalement de l'élection ; Jérusalem sera détruite de fond en comble, en 70, et le culte du Temple disparaîtra totalement, tandis que l'Eglise naissante s'étendra de plus en plus, ensemencée par ses innomblables Martyrs.

Saint Paul ne désespère pas de les ramener au Christ, après y avoir amené les premières communautés païennes d’Asie Mineure (l’actuelle Turquie), les Grecs et les Romains.

Il se réjouit même d’avance de voir ces Juifs désobéissants recevoir la vie, (eux) qui étaient morts.

Par désobéissance, il ne faut pas entendre un petit caprice enfantin momentané. Désobéir à Dieu, c’est être loin de lui : par ignorance, ou par refus, ou par orgueil… Toute hérésie est une désobéissance, qui offense grandement Dieu par le mal qu’elle diffuse dans les âmes.

Saint Paul se réjouit de ce que les Romains soient revenus de cette désobéissance, et compte bien que les Juifs aussi reviennent un jour à Dieu et obtiennent miséricorde.

 

*       *       *

 

Jésus va montrer cette miséricorde envers la femme Cananéenne.

«Cananéenne» ne signifie pas qu’elle habitait Cana (en Galilée), mais le pays de Canaan, du nom du fils de Cham, qui fut maudit par Noé (cf. Gn 9:18-27). Habiter en Canaan était considéré par les Juifs comme être descendant de la malédiction. Cette femme cananéenne est une étrangère, une païenne, une condamnée. 

Dans l’évangile de Marc, cette femme est qualifiée de syro-phénicienne, les provinces de Syrie et de Phénicie faisant partie de la terre de Canaan. Cette terre fut soumise par Alexandre le Grand, qui, pour marquer sa victoire, punit par la crucifixion deux mille habitants.

Il se trouve que Jésus, quelques versets plus haut, vient de faire remarquer leur hypocrisie aux Juifs qui l'entouraient, leur rappelant ce reproche du prophète Isaïe : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi (Is 29:13 ; Mt 15:8). Jésus va donc nous aider à comprendre qui est véritablement «étranger» pour Lui.

Dans un premier temps, Jésus feint l’indifférence, le dédain même envers elle, comme le feraient des Juifs ; ce n'est pas pour donner raison aux Juifs, mais pour provoquer un profond enseignement. D’une part, il va capter l’attention des Juifs, d’autre part il va nous montrer comment il faut persévérer dans la prière.

A cela saint Augustin ajoute que les gémissements qui sortent d’un cœur rempli de désir et de ferveur, attendrissent le Christ comme une douce musique.

En effet, cette femme est si confiante, si humble aussi, qu'elle ne s'arrête pas aux rebuffades de Jésus, pourvu qu'elle obtienne la guérison de sa fille. Au contraire, plus Jésus lui montre de sévérité, plus elle prend confiance : même si elle est une "petite chienne", elle a droit aux miettes qui tombent de la table ! 

Vraiment, cette «païenne" n'a pas honoré Jésus "du bout des lèvres". Elle nomme le Christ Fils de David, c’est-à-dire qu’elle reconnaît en Lui le Messie : elle est déjà croyante. Elle persiste dans sa prière : si elle se sait cananéenne, pécheresse, elle a surtout confiance en Dieu, elle sait que le Christ peut lui faire miséricorde.

En même temps, cette mère montre son amour maternel en disant Aie pitié de moi, prenant sur elle la souffrance de sa fille.

Confiante, elle ne demande même pas au Christ de se déplacer chez elle. C’est elle qui, ayant déjà supplié Jésus dans la rue, le supplie encore dans la maison, suivant le récit de saint Marc (Mc 7:24). Devant l’apparente froideur du Christ, elle redouble de foi et de ferveur. C’est ainsi que Dieu agit en écoutant nos prières, pour stimuler en nous l’amour et l’action de grâce envers Lui.

Devant les Juifs qui observent la scène, Jésus va faire dire à cette «pécheresse» ce que l’Eglise doit faire à la suite du Christ : ne pas refuser le pain spirituel (l’évangile, les sacrements, la grâce, l’amour fraternel) à tous ceux qui croient et recherchent sincèrement la Vérité.

Notons aussi ce petit jeu de mot que reprend la femme : non seulement elle ne se vexe pas d’être considérée comme chienne, mais elle s’honore même d’être un petit chien, parce que le petit chien fait tout de même partie de la maison, comme le souligne encore saint Jean Chrysostome. Et l’on sait bien aussi qu’un animal qui est chassé par une porte, tentera facilement d’entrer par une autre porte, tellement il est attiré par la présence de son maître.

Au fond, l’humilité de notre Cananéenne nous fait penser à celle du Centurion : Je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon fils sera guéri (Mt 8:8). 

La Cananéenne nous enseigne ainsi ce que doit être notre prière : humilité, foi, confiance, ardeur, amour total, persévérance. 

Cette petite chienne, par son humilité, a été appelée à devenir une fille de Dieu, en application de cette autre parole du Christ : Qui s’abaisse, sera élevé (Lc 14:11).

Mais n’oublions pas la fille de cette Cananéenne, qui la présente comme tourmentée par le démon Que sont ces «tourments» ? Ce sont toutes les tentations que nous suggère sans cesse l’esprit du mal, et auxquelles nous ne pouvons résister par nos seules forces. Aussi dirons-nous, avec le Christ : Ne nous laisse pas entrer en tentation (cf. Mt 6:13), c’est-à-dire : Donne-nous la force de résister à la tentation.

Cette fille, en définitive, représente la Gentilité qui, d’abord exclue du Peuple choisi, est rentrée par la fenêtre de la miséricorde dans l’Eglise du Sauveur. Les Gentils, par leur obéissance, ont mérité de recevoir la Nourriture. Tandis que les Juifs, eux, par leur infidélité, se sont eux-mêmes transformés en chiens et se sont exclus de la Table. Saint Jérôme pense qu’il s’agit des Juifs infidèles dans le verset du psaume 21 : Des chiens m’ont entouré.

 

*       *       *

 

N'hésitons pas à parler à Dieu malgré notre sentiment de pécheurs indignes ; au contraire, montrons-Lui davantage de Foi encore. Et même s'Il semble rester silencieux, persévérons dans notre amour, humblement soumis à l’heure de Dieu.

Ainsi, pour reprendre les termes mêmes de la Prière : Plus nous mettrons en nous la ferveur de (ta) charité, plus nous mériterons l'héritage promis.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 23:42

Valentín Díez Serna

1915-1936

 

Il vit le jour le 11 novembre 1915, à Tablada de Villadiego (Burgos, Espagne), un des dix enfants de Antonio et María, qui furent les premiers professeurs de leurs enfants, car le pays n’avait ni curé ni école.

L’école la plus proche était à deux kilomètres, à Villalbilla ; on y allait à pied, bien sûr, et Valentín y alla volontiers et il fut le premier de sa classe.

Déjà formé par la bonne ambiance du foyer, Valentín se décida pour la vie franciscaine en entendant les parents de Frère Anastasio parler de la vie de leur fils.

Entré au collège des Franciscains à Álcazar de San Juan en 1926, Ramón acheva ses Humanités à La Puebla de Montalbán, reçut l’habit à Arenas de San Pedro en 1930 et y fit la première profession en 1931. 

Il fit la philosophie à Pastrana et deux années de théologie à Consuegra de 1934 à 1936, toujours dans les meilleurs élèves. Mais cette année-là, il ne put émettre la profession solennelle, car il n’avait pas l’âge canonique (il n’avait que vingt ans), il reçut cependant les quatre premiers Ordres en juin 1936.

Ses condisciples lui trouvaient un air de saint. Il traversa des épreuves qui en même temps le fortifièrent : la mort de sa mère, l’ardeur au travail pour vaincre les difficultés qu’il y rencontrait parfois, et les migraines des deux dernières années, qui ne lui firent pas perdre son sourire.

Sur les événements de juillet-août 1936, lire la notice Franciscains martyrs de Castille

Il fut béatifié en 2007.

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  • : Le blog de samuelephrem
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