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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 13:55

Giulia Crostarosa

1696-1755

 

Giulia Marcella Santa Crostarosa naquit à Napoli (Italie) le 31 octobre 1696, dixième des douze enfants d’un noble magistrat, Giuseppe Crostarosa et de Paola Battistini Caldari.

De cette grande fratrie, un devint prêtre et jésuite, trois furent moniales, dont notre Giulia.

Une enfance heureuse et une formation soignée rythmèrent les années de l’enfance et de l’adolescence.

En 1713, entendant l’appel à la vie consacrée, elle fit personnellement le vœu de chasteté et, en 1718 entra chez les Carmélites de Naples. Mais ce monastère fut supprimé en 1723, aussi revint-elle dans sa famille puis entra chez les Visitandines d’Amalfi (Salerno), avec le nom de Maria Celeste du Saint-Désert.

En 1725, elle se sentit interpellée intérieurement - peut-être même eut-elle une vision du Christ - à fonder une nouvelle famille religieuse, dont elle rédigea la règle, vivement encouragée par son directeur spirituel et par la maîtresse des novices.

Après bien des difficultés - car l’Ennemi s’oppose toujours aux initiatives heureuses - et sur l’influence déterminante de s.Alphonse de’ Liguori (v. 1er août), naquit enfin l’Ordre du Très Saint Sauveur, dont l’appellation définitive sera Ordre du Très Saint Rédempteur, avec l’approvation pontificale en 1750.

Mais le Diable s’acharna : Mère Maria Celeste fut éloignée et isolée de sa propre communauté, et même privée de l’Eucharistie, pendant sept années. En 1738, on lui «permit» de s’installer à Foggia, où elle ouvrit alors une maison avec quelques consœurs, et où elles purent enfin recevoir beaucoup de jeunes filles.

Le but de cette nouvelle famille était de vivre et témoigner la mémoire du Christ Rédempteur dans toutes les activités. Selon Maria Celeste, il fallait viser à une imitation parfaite de la vie du Christ et concevoir un réel amour rédempteur envers toutes les âmes. A l’image du Christ, Maria Celeste vécut de nombreux obstacles et incompréhensions, dans une inaliénable disponibilité pacifique.

Elle eut aussi des expériences mystiques, des dons surnaturels de lecture des âmes.

Mère Maria Celeste s’éteignit à ce monde le 14 septembre 1755, en la fête de la Croix, qu’elle avait si amoureusement embrassée.

Giulia Crostarosa fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 14 septembre. En raison de la fête de la Croix célébrée en ce jour, l’Ordre fête sa Fondatrice le 11 septembre.

 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 10:31

Carolina  Santocanale

1852-1923

 

Carolina Santocanale naquit le 2 octobre 1852 à Palerme (Sicile), de nobles parents : Giuseppe Santocanale des Barons de la Celsa Reale, est avocat ; son épouse est Caterina Andriolo Stagno.

La petite fille reçut le baptême dès le lendemain, 3 octobre, avec les noms de Carolina Concetta Angela, et reçut la Première Communion en 1860.

Sa toute première formation se fit dans un institut proche, géré par deux demoiselles aidées par d’autres enseignants ; elle reçut ainsi des leçons de lettres, de musique, de français. Puis elle reçut le reste de son éducation à la maison, avec de bons précepteurs.

Un premier épisode important la fit profondément réfléchir sur la vanité du monde : ce fut le Carême prêché en la cathédrale de Palerme par un de ses précepteurs, dont elle resta fortement impressionnée. Elle abandonna ses habits trop luxueux, et se prépara à recevoir la Confirmation, en 1869, à dix-sept ans.

En 1871, elle assista Paolo Stagno, son grand-père, qui était mourant. Cet homme avait racheté les terrains des Bénédictins de Cinisi, confisqués par l’Etat ; la mort de cet homme chrétien (1872) fut pour elle l’occasion d’un nouveau mouvement intérieur, décisif. Elle demanda au père Mauro Venuti d’être son directeur spirituel. Bien que demandée en mariage assidûment, elle se sentait irrésistiblement attirée par la vie religieuse, mais sans réussir encore à choisir entre la vie contemplative et la vie au service des pauvres et des malades.

Elle songea un moment au monastère Sainte-Catherine de Palerme, mais son père s’y opposa, ayant en tête quelque projet matrimonial pour sa fille. Ce n’était pas le seul obstacle à sa vocation : un litige s’éleva bientôt entre la grand-mère et le père, au point que Carolina ne put retourner dans la maison de Cinisi que huit années plus tard.

En attendant le retour à la paix familiale, fin 1873, elle entra dans l’Association des Enfants de Marie dans une paroisse de Palerme, dont elle fut même nommée présidente, y voyant là comme le prélude à son prochain noviciat.

En 1880, elle retrouva la grand-mère à Cinisi et, là, eut l’occasion de catéchiser trois jeunes ; son désir de vie active reprit. Elle reçut alors la permission de recevoir l’Eucharistie à la messe quotidienne, ce qui était très rare.

En 1884, elle contracta alors une mystérieuse douleur à la jambe, qui l’épuisa durant plus d’une année, au point qu’elle n’avait plus la force de faire son signe de croix ; elle s’en remit difficilement et s’en sortit définitivement en 1887 seulement.

Durant ces années, elle fut invitée à participer au Boccone del Povero (la Bouchée du Pauvre), organisé par Giacomo Cusmano (v. 14 mars) ; mais en 1887, elle fut orientée vers l’Ordre Séculier Franciscain, car on fêtait alors le septième centenaire de la mort de s.François d’Assise (v. 4 octobre) ; elle en reçut l’habit et prit le nom de Maria de Jésus.

Désormais elle parcourut toute la ville de Palerme, de maison en maison, assistant, distribuant des aumônes, consolant, soignant. Devant l’immensité de la tâche, elle songea enfin à regrouper celles qui le voulaient dans une nouvelle branche franciscaine, les Sœurs Capucines de l’Immaculée de Lourdes.

En 1891, elle eut la faveur de pouvoir s’installer dans la propriété des grands-parents, à Cinisi, où s’ouvrirent successivement un orphelinat, une maison pour jeunes filles bourgeoises, un jardin d’enfants. Maria et ses Compagnes enseignaient la broderie.

Maria souffrit de la mort prochaine de ses parents, puis eut l’opération de la cataracte. Elle dut faire face à quelques réticences de son propre directeur spirituel, qui rompit même avec cette œuvre. Il invita un père Capucin à s’occuper de la nouvelle famille : ce dernier rédigea la Règle, rapprocha les Religieuses de l’Ordre des Capucins, et organisa leur véritable noviciat.

La fondation proprement dite remonte au 8 décembre 1908, et l’approbation diocésaine dès 1909. En 1911, Maria reçut l’habit nouveau de cette famille, et le remit ensuite aux autres Religieuses.

D’autres épreuves arrivèrent : Maria dut être opérée d’un adénofibrome au sein ; puis le nouvel évêque lui imposa sa visite canonique, lui disant qu’elle ne devait plus gouverner comme une mère de famille, mais comme une supérieure de communauté (!). En outre, une des Religieuses, récemment admise, se mit aussi à critiquer l’ensemble de la fondation. Maria en tomba malade, mais se reprit.

On arriva enfin à un heureux compromis ; l’évêque consentit à la réouverture du noviciat, émit un (nouveau !) décret de Droit diocésain, le 24 janvier 1923, couronnement de l’intense labeur de Maria de Jésus.

Le 27 janvier 1923, Maria organisa encore le repas de noces d’une jeune couple avec soixante invités. Un infarctus la frappa vers vingt-trois heures. Pleine d’action de grâce, de joie - et de mérites, elle s’éteignit doucement.

La congrégation devint de droit pontifical en 1947 et reçut successivement le Décret de Louange en 196. Elle est présente en Albanie, au Mexique et au Brésil, à Madagascar.

Le miracle retenu pour la béatification, eut lieu en 2003. On était en train de construire la nouvelle chapelle, près de la Maison-mère ; une poutre se rompit et un jeune ouvrier qui s’y déplaçait, fit alors une chute de plus de onze mètres sur la dalle de ciment. Les autres collègues pensaient relever un cadavre, mais le jeune homme se releva de lui-même et n’eut aucune marque ni aucune séquelle de sa chute. On remarqua alors qu’il était tombé exactement à l’endroit où l’on devait bientôt déposer les restes de la Fondatrice.

Carolina  Santocanale fut béatifiée en 2016, et inscrite au Martyrologe le 27 janvier.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:00

 

22 NOVEMBRE

 

I.

S Philémon et son épouse ste Appia (?) à qui s. Paul adresse son Epître ; Philémon serait devenu évêque à Colosses, ou à Gaza.

II.

Ste Cécile, martyre avec son fiancé Tiburce à Rome, patronne des musiciens (III.?).

IV.

S Ananias, martyr à Arbelles ; il vit les Anges venus l'emporter au ciel.

V.

S Benignus, évêque à Milan.

VI.

S Pragmatius, évêque à Autun.

VII.

S Aubeu, irlandais, évangélisateur en Artois, Hainaut, Picardie, et mort à Laon.

VIII.

S Sabinien, abbé à Menat.

XI.

Ste Tigridia, abbesse à Oña.

XIX.

Bx Salvatore Lilli, franciscain italien, et ses sept compagnons martyrs à Marsac : Baldji oğlu Ohannes, Khodianin oğlu Kadir, Kuradji oğlu Tzeroun, Dimbalac oğlu Vartavar, Yeremya oğlu Boghos, et les deux frères David oğlu David et Toros, béatifiés en 1982.

XX.

B Tommaso Reggio (1818-1901), évêque à Ventimille puis à Gênes, fondateur des Sœurs de Sainte-Marthe (contemplatives qui accueillent les pauvres), béatifié en 2000.

S Pedro Esqueda Ramírez (1887-1927), prêtre mexicain dévôt du Saint-Sacrement, martyr, fusillé, béatifié en 1992, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Lasalliens : près de Valencia, Julián Torrijo Sánchez (Elías Julián) et Francisco Lahoz Moliner (Bertrán Francisco) (*1900, 1912) ;

- béatifié en 2007 :

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Barcelone, le prêtre Ferrán Lloveras Pulgsech (Ferran María, *1902) ; il était le treizième de quatorze enfants ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : à Almería, Aquilino Rivera Tamargo (*1907).

 

Bse Anna Kolesárová (1928-1944), jeune fille slovaque, martyre de sa virginité, béatifiée en 2018.

Philémon et Apphia

1er siècle

 

Philémon était un riche habitant de Colosses. Il rencontra saint Paul et devint chrétien, un chrétien convaincu qui prêchait l’Evangile autour de lui et réunissait les frères dans sa maison.

Il avait aussi un esclave qui s’appelait Onésime, un beau nom qui signifie «utile, qui apporte profit», mais auquel Onésime ne faisait pas honneur : il était paresseux et, après avoir volé son maître, il s’enfuit à Rome pour échapper au châtiment.

A Rome, Onésime rencontra saint Paul qui le baptisa et le renvoya en le munissant d’une courte lettre adressée à Philémon, Apphia et Archippe, sans doute sa femme et son fils. Doucement saint Paul invitait Philémon a bien recevoir Onésime ; il suggérait, sans l’exiger, de lui accorder la liberté. En achevant il lui annonçait sa propre visite comme probable.

Cette lettre à Philémon fait partie du canon des Ecritures retenu par l’Eglise.

Nous ne savons pas ce que fit Philémon, comment il accueillit Onésime, mais la tradition orientale en a fait un saint évêque à Colosses où il serait mort en martyr.

Notre Martyrologe le commémore avec son épouse Apphia, au 22 novembre.

 

 

Cæcilia

Valerianus, Tiburtius, Maximus

3e siècle

 

Puisque la Patronne des musiciens est délibérément classée parmi les «légendes» auxquelles on n’attribue pas de grande valeur historique, on trouvera ici des lignes reprises à une Bienheureuse, stigmatisée, voyante illettrée et inculte, et de surcroît non musicienne, ce qui ne risque pas de la faire taxer d’illuminée ou de parti pris (voir Anna Katharina Emmerick, le 9 février).

«Je vis Cécile comme une très belle personne, douce et active, avec des joues vermeilles et un charmant visage, presque comparable à celui de Marie. Je la vis jouer dans les cours avec d’autres enfants. La plupart du temps un ange était près d’elle sous la forme d’un aimable petit garçon : il lui parlait et elle le voyait, mais il était invisible pour les autres. Il lui avait défendu de parler de lui… Elle avait environ sept ans.

«Je la vis aussi assise seule dans sa chambre : l’ange était auprès d’elle et lui apprenait à jouer d’un instrument : il lui mettait les doigts sur les cordes et souvent aussi tenait une feuille devant elle. Tantôt elle avait sur les genoux comme une caisse où des cordes étaient tendues et alors l’ange planait devant elle, tenant un papier sur lequel elle levait les yeux ; tantôt elle tenait appuyé contre son cou un instrument semblable à un violon : elle en pinçait les cordes de la main droite et soufflait dans l’intérieur de l’instrument où il y avait une ouverture qui semblait garnie d’une peau. Il rendait un son très agréable.

«(La Sainte) avait sur les genoux une petite caisse plate, de forme triangulaire, haute de quelques pouces, sur laquelle étaient tendues des cordes qu’elle pinçait avec les deux mains…

«Je vis aussi se tenir près d’elle un jeune homme qui avait quelque chose de singulièrement pur et délicat : il était plus grand qu’elle, mais il se montrait humble et soumis vis-à-vis d’elle et il était à ses ordres. Je crois que c’était Valérien : car ensuite je le vis avec un autre attaché à un poteau, battu de verges, puis décapité…

«Je vis que Cécile avait une suivante chrétienne par l’entremise de laquelle elle fit connaissance avec le pape Urbain Je vis souvent Cécile et les compagnes de ses jeux remplir de fruits et d’aliments de toute espèce les plis de leurs robes qu’elles relevaient sur leur côté comme des poches (et elles) se glissaient jusqu’à une porte de la ville. De pauvres gens habitaient dans les murs, et il y avait des chrétiens dans des trous et des caveaux souterrains qui servaient de prisons.

«On introduisait (Cécile) dans le souterrain, et une fois on la fit entrer dans un caveau où un homme la conduisit au pape Urbain. Je vis qu’il l’instruisit en lui faisant lire des manuscrits… Je me souviens confusément qu’elle fut aussi baptisée dans ce souterrain.

«Je vis ensuite que le jeune Valérien, étant avec son précepteur près des jeunes filles qui s’amusaient, voulut, en jouant, prendre Cécile dans ses bras et que celle-ci le repoussa. Il se plaignit à son précepteur qui rapporta la chose aux parents de Cécile. Je ne sais pas ce qu’elle lui avait dit, mais ils punirent Cécile qui n’eut plus la liberté de sortir de sa chambre…

«J’eus aussi une vision de leur mariage. Cécile et Valérien étaient parés de guirlandes et avaient des habits de fête de couleurs variées… Je les vis après cela seuls l’un avec l’autre dans une chambre. Cécile lui dit qu’elle avait un ange près d’elle, et comme Valérien demandait à le voir, elle répondit qu’il ne le pouvait pas tant qu’il n’était pas baptisé.»

(La suite est un condensé de la Passio de sainte Cécile)

Valérien alla trouver Urbain et reçut le baptême ; puis il lui amena aussi son frère, Tiburce, qui reçut le baptême à son tour. Puis Valérien et Tiburce convainquirent leurs bourreaux de se convertir, parmi lesquels un certain Maxime. Ayant ensuite refusé de sacrifier à Jupiter, Valérien et Tiburce furent décapités, tandis que Maxime fut fouetté à mort.

Ensuite Cécile fut soumise à un interrogatoire et, refusant de renier sa foi, fut condamnée à être brûlée dans sa propre salle de bains, comme si on cherchait aujourd’hui à asphyxier quelqu’un dans un hammam trop chaud. Mais Cécile ne mourut pas encore, c’est alors qu’elle fut frappée ; ici on reprend les mots de la bienheureuse Anna Katharina, qui est plus précise, dans son ignorance :

«Je vis aussi le martyre de sainte Cécile dans une cour ronde située devant la maison. Dans la cour, un grand feu était allumé sous une chaudière dans laquelle je vis la vierge assise, les bras étendus : elle était vêtue de blanc, resplendissante et toute joyeuse. Un ange, entouré d’une auréole rouge, lui tenait la main : un autre tenait une couronne de fleurs au-dessus de sa tête… Cécile, après cela, fut retirée de la chaudière et frappée trois fois sur le cou avec une épée courte… Je la vis aussi vivant encore après ses blessures et s’entretenant avec un vieux prêtre que j’avais vu précédemment dans sa maison. Plus tard je vis cette même maison très changée et transformée en église. Je vis qu’on y conservait beaucoup de reliques, notamment le corps de Cécile d’un côté duquel plusieurs parties avaient été enlevées…»

 

On le voit, les visions d’Anna Katharina n’ont rien d’incroyable, et confirment les éléments de la Passio.

Sainte Cécile est donc, et reste, la céleste Patronne des musiciens.

Elle est mentionnée au Canon Romain de la messe, dans la prière du Nobis quoque peccatoribus, et dans le Martyrologe au 22 novembre.

Quant aux autres Martyrs, Valérien, Tiburce et Maxime, ils sont commémorés au 14 avril, mais sans précision de date.

 

 

Ananias d’Arbèle

† 345

 

Ananias vivait à Arbèle (Perse).

C’était un pieux chrétien. Il fut arrêté sur l’ordre du mobed (prêtre) Ardisag.

Ananias fut roué de coups à trois reprises, torturé avec des peignes de fer, et laissé pour mort sur la voie publique.

De nuit, d’autres Chrétiens le ramassèrent et le portèrent dans sa maison, où il fut vite entouré de l’évêque et des fidèles. Il reprit connaissance, mais juste pour voir les anges lui apparaître et l’emmener au ciel sur une longue échelle lumineuse, telle l’échelle de Jacob (cf. Gn 28:12).

Ce fut sous Shapur II,  le 22 novembre 345.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Ananias d’Arbèle au 22 novembre.

 

 

Benignus de Milan

† 477

 

Benignus fut le vingt-deuxième évêque de Milan, si l’on retient s.Barnabé comme premier évêque (v. 11 juin), à partir de 465, ou peut-être à partir de 470.

Dans la première hypothèse, Benignus aurait pu assister au concile romain de 465, mais on n’y voit pas figurer son nom dans les actes.

Dans la deuxième hypothèse, il aurait reçu l’épiscopat en 470, et aurait occupé le siège de Milan jusqu’en 477.

Avec le Martyrologe, on répétera que durant le grand désarroi des invasions, il administra l’Eglise qui lui était confiée, avec suprême constance et piété.

C’est en effet en 476 qu’Odoacre assassina l’empereur Flavius Orestes et amena la fin de l’empire romain. Ceci justifie qu’on date l’épiscopat de Benignus de 470 à 477. Mais Rome avait été saccagée tout juste vingt ans plus tôt, en 455, et les Barbares n’avaient pas épargné d’autres villes sur leur passage ; cette considération permet alors de maintenir cet épiscopat entre 465 et 472.

Benignus mourut le 22 novembre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Milan au 22 novembre.

 

 

Pragmatius d’Autun

† 520

 

Il fut le onzième évêque d’Autun.

Les dates de son épiscopat (500-520) demeurent approximatives.

Il est prouvé qu’il assista au concile d’Epaone (517).

Pragmatius fut un ami de deux autres saints évêques, Sidoine Apollinaire et Avit de Vienne (v. 21 août et 5 février).

Il s’efforça beaucoup de calmer les révoltes locales suscitées par les trop fortes pressions du royaume franc.

On pense que Pragmatius mourut vers 520.

Saint Pragmatius d’Autun est commémoré le 22 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs d’Arménie

1895

 

Voir la notice : Salvatore Lilli et sept Compagnons

 

 

Salvatore Lilli et sept Compagnons

1853-1895

 

Salvatore (Sauveur) était né le 19 juin 1853 à Cappadocia (L’Aquila, Italie centrale), de Vincenzo et Annunziata.

Il entra chez les Pères franciscains en 1870 et fit les premiers vœux l’année suivante.

Ses études se déroulèrent en Terre Sainte, car à partir de 1873 les ordres religieux avaient été supprimés de l’Italie, et Salvatore fut ordonné prêtre à Bethléhem en 1878.

Il prêcha à Jérusalem pendant deux ans, revint quelque temps en Italie (1886), puis fut envoyé en 1890 comme curé à Marasc (Arménie, dans l’actuelle Turquie).

Il développa une intense activité, construisant des écoles, des cliniques, des maisons pour les délaissés, préconisant des mesures d’hygiène avancées pour l’époque.

L’épidémie de choléra de 1891 fut pour lui une occasion d’élargir encore plus sa charité.

Il fut ensuite nommé curé dans la localité de Mujuk-Deresi, toujours en Arménie, en 1894.

Or entre 1894 et 1897, le Sultan, qui soupçonnait les Chrétiens Arméniens d’être d’entente avec les puissances occidentales, décida de les combattre et de les exterminer. On sait que le génocide d’Arménie emporta entre cent et trois-cents mille victimes.

En 1895, la région de Mujuk-Deresi fut occupée par les troupes islamistes. Les supérieurs du père Salvatore le pressaient de quitter l’Arménie pour échapper au massacre, mais il voulut énergiquement rester au milieu de ses paroissiens. 

Quand survinrent les Turcs, le père Salvatore s’avança pour porter secours à des blessés, et fut lui-même blessé à la jambe. Les troupes islamistes envahirent le couvent, et capturèrent le père Salvatore, avec sept Compagnons du Tiers-Ordre. 

En voici les noms. Le terme oğlu signifie «fils de» ; l’orthographe de ces noms est très différente selon les sources. Il y a parfois aussi des inversions. On ne connaît la date approximative de naissance que d’un seul d’entre eux. 

 

  • Baldji oğlu Ohannes (Jean, fils de Baldji), né vers 1860 à Mucuk (Mut, Mersin, Arménie), marié ;
  • Dimbalac oğlu Vartavar ;
  • Yeremya oğlu Boghos (Paul) ;
  • Khodianin oğlu Kadir ;
  • Kuradji oğlu Tzeroun ;
  • David oğlu David
  • David oğlu Toros (Théodore), probablement frère du précédent.

 

Déjà interrogés, menacés, maltraités, ils furent, huit jours après, tous les huit emmenés à Marasc, et enfermés dans l’église, où le père confessa ses Compagnons et les exhorta à accepter le martyre. Il y eut apparemment aussi d’autres victimes, dont on n’a pas conservé l’identité.

Conduits près d’une rivière au lieu-dit Kahramanmaraş, à deux heures de marche de là, de nouveau sommés - en vain - d’abandonner le christianisme et d’embrasser l’Islam, ils refusèrent. Ils furent torturés sauvagement et assassinés à coups de baïonnettes ; les cadavres furent ensuite honteusement profanés, et brûlés. 

Qui put raconter ces faits fut une petite fille de onze ans, qui avait été prise avec le groupe de nos Martyrs et qui fut ensuite épargnée. 

C’était le 22 novembre 1895.

Le père Salvatore Lilli et ses sept Compagnons ont été béatifiés en 1982.

 

 

Tommaso Reggio

1818-1901

 

Né le 9 janvier 1818 à Gênes (Italie) dans une famille noble, Tommaso eut d’abord un précepteur à domicile, puis fréquenta le Collège Royal, géré par les Pères de Somasque.

En 1838, il fut reçu bachelier en Droit.

En 1839, à vingt-et-un ans, il entra au séminaire de Gênes, d’abord comme externe, où il étudia la philosophie et la théologie. Il s’inscrivit alors dans la congrégation de l’Archange Saint Raphael, une association née en 1835 au sein du séminaire pour encourager les jeunes clercs à une vie encore plus intérieure et sanctifiée ; à tour de rôle, les membres étaient chargés d’être les «correcteurs» des autres, à la condition expresse de corriger d’abord pour eux-mêmes ce qu’ils auraient à reprendre chez leurs confrères.

Ordonné prêtre en 1841, à vingt-trois ans, Tommaso fut nommé vice-recteur du séminaire de Gênes, puis recteur de celui de Chiavari.

En 1851, il fut nommé abbé et curé de la collégiale de Sainte Marie de l’Assomption à Carignagno (Gênes), en même temps que professeur de morale au séminaire, où il organisa une vie de prière intense dans les premières heures de la matinée. Il est connu en effet que, facilement, les esprits des séminaristes (ou même des moines) peuvent céder à l’habitude, aux occupations diverses quotidiennes, donnant moins d’importance à la vie intérieure.

L’abbé Tommaso coopéra à la rédaction d’un quotidien, Stendardo Cattolico (L’étendard catholique), dont il fut même directeur en 1861. Sur la demande de Pie IX, il ferma cette édition, un peu à contre-cœur, en signe de protestation contre les dispositions anticléricales des autorités italiennes.

En 1877, il fut nommé évêque coadjuteur, puis évêque titulaire de Ventimille.

En 1878, il fonda les Sœurs de Sainte Marthe, qui se signalèrent tellement durant l’épidémie de choléra de 1884 à Piani di Latte (Imola), qu’elles reçurent la médaille de bronze du gouvernement ; en 1887, elles fondèrent un orphelinat à Ventimille ainsi que la Maison de la Miséricorde à San Remo. Aujourd’hui elles sourient encore en Argentine, au Brésil et au Chili, au Liban, en Inde.

Le profond désir de l’évêque était d’associer les laïcs à la vie de l’Eglise, au lieu de les abandonner au simple rôle de spectateurs, devant l’activité du clergé.

Il proposa bientôt sa démission, craignant d’être trop âgé pour bien gérer la vie d’un diocèse. Au contraire, en 1892, il fut nommé archevêque de Gênes. Il fallut obéir.

Comme tel il s’employa à adoucir les relations entre Eglise et Etat : c’est lui qui obtint du Vatican l’autorisation de célébrer à Rome les obsèques religieuses du roi Umberto I, assassiné à Monza. Il obtint aussi des autorités laïques l’autorisation pour la procession de la Fête-Dieu, pour la création de paroisses, pour la restauration de la cathédrale de Gênes. Il fonda aussi une Faculté Pontificale de Droit ainsi qu’une Ecole supérieure de Religion.

Attentif aux besoins réels de la population, il fut aux côtés des ouvriers pour leur obtenir le repos dominical et des heures de travail «humaines». Il développa les œuvres sociales catholiques. Devant le nombre élevé (déjà à cette époque) d’immigrés, il chercha à les faire sortir de la clandestinité par un système d’assistance efficace.

En septembre 1901, il se rendit (dans un wagon de troisième classe) en pèlerinage à Triora pour l’érection de la statue du Christ Rédempteur sur le Saccarello. Brusquement une forte douleur au genou le cloua au lit : une grave infection, incurable, le porta à la mort, le 22 novembre 1901. Il avait quatre-vingt trois ans.

Il mourut en disant : Dieu, Dieu, Dieu seul me suffit.

Il avait demandé à être enterré simplement, sur place, à Triora, mais le clergé lui-même jugea opportun d’inhumer le Pasteur au milieu de son troupeau, et l’archevêque fut inhumé aux côtés de ses prédécesseurs, dans la chapelle du Petit séminaire de Chiappeto.

A leur tour, les Sœurs de Sainte-Marthe voulurent plus tard l’avoir auprès d’elles, et les restes du Fondateur arrivèrent en 1951 dans leur chapelle de Gênes, pour le cinquantenaire de sa mort.

Mgr Tommaso Reggio fut béatifié en 2000.

 

 

Pedro Esqueda Ramírez

1887-1927

 

Pedro naquit à San Juan de los Lagos (Jalisco, Mexique) le 29 avril 1887.

Après l’école privée, il alla en 1902 au séminaire de Guadalajara, qui fut fermé et réquisitionné en 1914.

Pedro rejoignit alors San Juan, où il assistait le curé en tant que diacre.

Ordonné prêtre en 1916, il fut pendant dix ans vicaire en son pays natal, où il se dévoua sans mesure à la formation des enfants, fondant pour eux une école de formation des catéchistes.

Zélé pour le culte du Saint Sacrement, il organisa en pleine persécution des «tours de garde» dans les familles, pour maintenir l’adoration perpétuelle de l’Eucharistie.

A partir de 1926, la persécution s’intensifiant, il se cacha en diverses maisons.

Arrêté le 18 novembre 1927, frappé, il eut une grosse blessure au visage. Un des soldats lui dit : Maintenant, tu vas pouvoir regretter d’être curé, à quoi le prêtre répondit : Oh non, pas un instant, et il ne me manque plus grand chose pour voir le Ciel.

On le sortit de sa prison pour aller le fusiller. On laissait approcher la population, pour l’impressionner, mais don Pedro encourageait encore les enfants : N’oubliez pas votre catéchisme, pour rien au monde.

Il écrivit encore quelques recommandations à l’intention de ses catéchistes.

Parvenu au village de Teocaltitlán, il reçut trois balles dans la tête et tomba ainsi en martyr du Christ, le 22 novembre 1927.

Don Pedro fut béatifié soixante-cinq ans plus tard, le 22 novembre 1992 et canonisé en 2000.

Les Martyrs mexicains ont leur fête liturgique commune le 21 mai.

 

 

 

Julián Torrijo Sánchez

1900-1936

 

Julián naquit le 17 novembre 1900 à Torrijo del Campo (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Son père, charpentier, lui enseigna le métier.

Il entra au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1916, reçut l’habit en 1917 à Hostalets de Llers (Gerona) et prit le nom de Elías Julián.

Son premier apostolat fut avec les enfants de Santa Coloma de Farnés (1920), puis en 1925 il fut chargé des travaux de charpente à Cambrils.

En 1928, il fut nommé administrateur à Manlleu ; en 1929, il fut professeur à San Hipólito de Voltregá, puis à Condal.

En 1934, il fut à l’école Notre-Dame du Carmel de Barcelone.

Une maladie le fit soigner à Cambrils, où le surprit la persécution de 1936.

Avec son Confrère, le Frère Bertrán Francisco, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. Le Frère Elías venait d’avoir trente-six ans.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Ferrán Llovera Pulgsech

1902-1936

 

Ferrán (Fernand) naquit le 19 mars 1902, fête de saint Joseph, à Orfans (Girona, Espagne). IL était le treizième des quatorze enfants de la famille, dont deux furent prêtres et trois religieuses. L’autre frère qui fut prêtre, devint Supérieur Général des Carmes.

Ferrán entra chez les Carmes de l’Ancienne Observance et, à Onda, fit la profession avec le nom de Ferrán María (1918) ; il fut ordonné prêtre.

Il fut envoyé aux missions de Porto Rico, où il resta cinq ans.

En 1936, il était prieur de la communauté de Olot. 

La communauté s’étant dispersée, Ferrán rejoignit sa famille et pensa quitter l’Espagne, sous un faux nom, en s’embarquant pour Marseille.

Dénoncé, il fut arrêté avant le départ du bateau. Détenu, il chercha à redonner du courage aux autres prisonniers et à les préparer à affronter la mort.

Au moment d’être fusillé, il pardonna à ses bourreaux et fut assassiné au lieu-dit Santa Elena de Montjuïc pour ce seul «délit» qu’il était religieux.

Ce martyre eut lieu le 22 novembre 1936.

Le père Ferrán a été béatifié en 2007.

 

 

Aquilino Rivera Tamargo

1907-1936

 

Né le 4 janvier 1907 à Peal de Becerro (Jaén), baptisé le 9 janvier suivant, confirmé en 1912, il était d’une famille profondément chrétienne.

Cette famille s’étant établie à Pozo Alcón, Aquilino fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire d’Almería à partir de 1919. Ses études furent brillantes, et il réussit à les accomplir en même temps qu’il faisait son service militaire à Madrid dans la télégraphie et le secteur des automobiles ; c’est pourquoi il ne fut ordonné prêtre qu’en 1933, à vingt-six ans.

Il fut nommé à la paroisse de Huéscar et Guardal. Quand commença la persécution marxiste, il fut arrêté avec le curé, le 4 août 1936, et mis en prison à Baza.

Le 20 août, on le mit avec ceux de la prison de Guadix (c’est-à dire le séminaire, réquisitionné à cet effet), qui devaient être exécutés ce soir-là ; mais après qu’il eût donné l’absolution à chacun des condamnés, éreinté par la fatigue et la tension, il tomba dans un état de grand abattement. On l’emmena à la prison d’Almería le 24 août. Trois mois plus tard, on appela un soir un certain nombre de prisonniers, auxquels on lia les mains derrière le dos et qu’on fit monter dans des camions, en direction du cimetière d’Almería ; là, on faisait venir les condamnés un à un au bord d’une fosse, on leur tirait froidement un coup de pistolet dans la nuque et on les précipitait dans la fosse. Le témoin qui l’a raconté a ajouté que les bourreaux n’étaient pas ivres.

L’expression un mois plus tard, qu’on trouve sous la plume d’un autre témoin, devrait établir cet assassinat au 23 septembre, mais les déclarations d’autres témoins mentionnent le 22 novembre, date plus probable.

Martyrisé le 22 novembre 1936 à Almería et béatifié en 2017, Aquilino Rivera Tamargo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 novembre.

 

 

Francisco Lahoz Moliner

1912-1936

 

Francisco naquit le 15 octobre 1912 à Campos (Teruel) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au collège de Monreal del Campo, puis au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils en 1925, reçut l’habit en 1929 et prit le nom de Beltrán Francisco.

Son premier apostolat fut l’enseignement au noviciat, où il s’occupa particulièrement de ceux qui avaient davantage de difficultés, puis fut chargé de la formation des novices.

Il semblait austère et peut-être même un peu froid, mais il était très patient, modeste, humble pour accepter les reproches, très travailleur.

Lors de la persécution de 1936, avec son Confrère, le Frère Elías Julián, il organisa le voyage des élèves dans leurs familles, mais ils furent interceptés à Segunto par les miliciens. Ils purent voyager jusqu’à Valencia, mais ne purent continuer jusqu’en Aragón, de sorte que les deux Frères s’employèrent à faire recevoir leurs élèves dans des familles connues sur place.

Ils s’efforçaient ensuite de leur rendre visite, pour les encourager, les fortifier. Mais ils furent de nouveau arrêtés, reconnus comme Religieux et mis en prison.

Du siège du Gouvernement, ils furent transférés à la prison Modelo de Valencia, avant d’être fusillés dans les environs de Valencia, au lieu-dit Benimamet, le 22 novembre 1936. 

Le Frère Beltrán avait «fêté» ses vingt-quatre ans le mois précédent.

La béatification de ces deux Frères, avec trois autres Compagnons de Valencia, eut lieu en 2001.

 

 

Anna Kolesárová

1928-1944

 

Anna vit le jour le 14 juillet 1928 à Vysoka nad Uhom (Michalovce District, Tchécoslovaquie), benjamine des trois enfants de Ján Kolesár (surnommé Hruška) et Anka Kušnirová ; les aînés étaient la demi-sœur Maria et le frère aîné Michal ; les informations ne précisent pas l’origine de cette «demi-sœur».

Les parents étaient de pieux paysans, fidèles à la pratique chrétienne.

Anna reçut le Baptême le 15 juillet.

Elle avait environ dix ans lorsque sa maman mourut. Anna se mit alors à assumer les tâches de la vie quotidienne familiale, humblement et efficacement ; on la voyait fréquemment à l’église, notamment à la messe matinale quotidienne.

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque l’armée soviétique passa dans cette région (qui était alors un territoire hongrois), les soldats s’installèrent dans le village, demandant à manger et à boire aux habitants. Le papa d’Anna, réfugié dans le sous-sol de la cuisine, pria sa fille de sortir pour donner quelque chose au soldat qui frappait à la porte. Mais quand Anna présenta au soldat un quignon de pain, l’homme - qui était déjà ivre - fit des avances à la jeune fille.

Sur le refus de cette dernière, le soldat fit sortir aussi le papa et le frère d’Anna, et devant eux, tira deux balles de son fusil automatique, dans la tête et la poitrine d’Anna.

Elle s’écroula en murmurant encore : Au-revoir, Papa ! Jésus, Marie, Joseph ! C’était le 22 novembre 1944, en le fête de sainte Cécile, vierge et martyre (v. ce jour). Anna, jeune vierge de seize ans, venait d’être à son tour martyrisée pour défendre sa virginité.

Anna avait pu se confesser et communier peu auparavant. L’enterrement se fit discrètement, sans la présence d’un prêtre. La messe fut célébrée seulement le 29 novembre.

Anna Kolesárová a été béatifiée en 2018.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 11:52

Francesco Zirano

1564-1603

 

Francesco Zirano naquit vers 1564 à Sassari (Sardaigne), cette grande île qui était alors dominée par le royaume d’Aragon.

Il entra chez les Frères Mineurs Conventuels (Franciscains) en 1580, et reçut le sacerdoce en 1586.

En 1590, un cousin de Francesco, nommé Francesco Serra, qui était aussi de l’Ordre des Frères Mineurs Conventuels, et diacre, tomba aux mains des corsaires d’Alger. Ses parents proposèrent de le racheter en restituant aux Corsaires un Maure qui était esclave à Sassari ; à leur tour, des Religieux trinitaires tentèrent de le racheter, en vain.

On sait peut-être que c’était déjà au 13e siècle que s.Jehan de Mata (v. 17 décembre) avait fondé l’Ordre des Trinitaires dans le but de recueillir des fonds en vue de racheter les Chrétiens captifs des Musulmans en Algérie. A la fin du 16e siècle, l’Ordre connut quelque décadence et un chapitre décida en 1599 de le reporter à sa rigueur initiale.

C’est la même année que Francesco obtint du pape l’autorisation de recueillir lui aussi des fonds à destination du rachat de son cousin captif en Algérie, mais aussi d’autres Chrétiens prisonniers.

En juillet 1602, il arriva donc en Alger, sur un bateau espagnol. A ce moment-là en effet, le roi local Sid Amar s’était mis d’accord avec le roi d’Espagne pour conquérir la ville d’Alger, alors aux mains des Turcs ; Sid Amar voulait échapper au lourd tribut que lui imposait le sultan, et Felipe III voulait en finir avec la présence des Maures sur terre et sur mer. Ajoutons qu’en Alger régnait le sultan Soliman, un Chrétien renégat originaire de Catane.

Dans un premier temps, notre Francesco réussit à racheter quatre prisonniers d’Alger, qu’il conduisit auprès de Sid Amar. Puis, de septembre à décembre 1602, protégé par Sid Amar, il put encore travailler parmi les Chrétiens, tandis que Sid Amar remportait une première victoire contre Alger. Sid Amar chargea alors Francesco d’aller trouver le roi d’Espagne pour lui annoncer la bonne nouvelle ; c’était en dehors des intentions du Religieux, qui se trouvait ainsi mêlé à une histoire politique qu’il n’avait pas prévue.

Il allait s’embarquer le 1er janvier 1603, quand il fut trahi par des Maures et remis à l’armée d’Alger. Il fut mis en prison dans le grand palais de Soliman, qui fixa sa rançon à trois mille ducats d’or - ce qu’on aurait versé pour racheter dix-sept esclaves. Mais le Grand Conseil d’Alger imposa sa décision : Francesco était un espion, il avait déjà libéré quatre esclave, il devait donc être mis à mort.

On ne connaît pas exactement quelles tortures furent infligées au Religieux ; on sait qu’elles se prolongèrent pendant trois semaines, durant lesquelles Francesco fut continuellement sommé de renier sa foi et d’adhérer à l’Islam. Sur son refus et sa constance héroïque, on l’exécuta, le 25 janvier 1603.

Francesco Zirano a été béatifié en 2014, et inscrit au Martyrologe le 25 janvier.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:00

21 NOVEMBRE

 

I.

Présentation de la Très Sainte Vierge Marie au Temple.

S Rufus, fils de Simon le Cyrénéen (nommé évêque par s. Paul, durant son voyage en Espagne ; évêque à Thèbes? Athènes? Avignon?).

IV.

S Maurus, évêque à Parenzo et martyr (IV.?). 

S Agapius, martyr à Césarée de Palestine.

V.

S Gélase Ier, pape (492-496) : adversaire vigoureux des monophysites, pélagianistes, manichéens… ; on connaît un sacramentaire gélasien.

X.

S Mauro, évêque à Cesena.

S Libéral, évêque à Embrun, chassé par les Sarrasins.

XII.

S Nicola Giustiniani, bénédictin à Venise ; le doge lui obtint du pape de pouvoir assurer une descendance aux Giustiniani, dont tous les mâles étaient décédés en Orient : il eut neuf enfants et revint mourir dans son abbaye tandis que sa femme devenait aussi moniale.

XX.

Bse Franciszka Siedliska (Maria de Jésus-Bon-Pasteur, 1842-1902), polonaise, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille-de-Nazareth, pour l'apostolat dans les familles polonaises émigrées, béatifiée en 1989.

Bse Clelia Merloni (1861-1930), italienne, fondatrice des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus, béatifiée en 2018.

B Reyes Us Hernández (1939-1980), père de famille guatémaltèque, martyr, béatifié en 2020.

Rufus

1er siècle

 

L’évangéliste saint Marc rapporte que Simon le Cyrénéen, qui aida Jésus à porter sa croix, était père d’Alexandre et de Rufus (Mc 15:21) ; puis l’apôtre Paul écrit aux Romains :

Saluez Rufus, cet élu dans le Seigneur, ainsi que sa mère que je considère comme la mienne (Rm 16:13).

Seule la Tradition permet de faire coïncider les deux personnages, sans autres preuves.

Chez les apocryphes Rufus est devenu évêque à Thèbes ou à Athènes ou en Avignon, selon les cas.

La tradition la plus solide rapporte que Rufus accompagna saint Paul en Espagne, où Paul l’établit chef de l’Eglise de Tortosa. De là, Rufus vint fonder l’Eglise en Avignon, où il mourut vers 90.

Toutefois, l’actuel Martyrologe distingue deux personnages : l’un en Avignon le 14 novembre, du 3e siècle, l’autre, notre Rufus de l’Epître aux Romains, au 21 novembre, du 1er siècle (mais sans mentionner l’épiscopat).

 

 

Maurus de Parenzo

† 305

 

Il y a deux Maurus (Mauro) le même jour ; v. plus bas Mauro de Cesena.

Concernant Maurus, de plusieurs traditions, on croit pouvoir arriver à la synthèse suivante.

Maurus naquit en Afrique.

Chrétien dès l’enfance, il entra tôt dans un monastère, où il resta dix-huit ans.

Il vint en pèlerinage à Rome et y séjourna trois années.

Venu en Istria (act. Croatie et Slovénie), il fut choisi pour être le premier évêque de Parenzo (auj. Poreč.

Au moment de la persécution, il fut arrêté, torturé et décapité, vers 305.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Parenzo au 21 novembre.

 

 

Agapios de Césarée de Palestine

† 306

 

Agapios fait partie d’un grand nombre de Martyrs qui furent immolés durant la persécution de Dioclétien en Palestine.

Il fut d’abord torturé en même temps que s.Timothée de Gaza (v. 19 août), puis maintenu en prison pour plus tard, avec Thecla. Cette dernière était peut-être encore vivante lorsqu’Agapios fut torturé.

Trois fois, il avait été amené dans le cirque, mais à chaque fois le juge le renvoyait à nouvelle échéance.

Finalement, en présence de Maximin Daia, Agapios fut présenté au milieu du cirque, avec un criminel. L’empereur donna sa grâce au criminel (qui avait tué son père), au milieu des acclamations de la foule ; on vivait à nouveau la passion du Christ, où le Verbe éternel était condamné à mort, tandis qu’on libérait le criminel Barabbas (cf. Mt 27:15-26 ; Mc 15:6-15 ; Jn 18:40).

Maximin exhorta Agapios à renier sa foi. Courageusement, Agapios s’élança au-devant de l’ourse qu’on lâchait contre lui. Quand la bête le laissa, il respirait encore. On le traîna en prison ; le lendemain, on lui attacha des pierres aux pieds et on le jeta dans la mer.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Agapios de Césarée de Palestine au 21 novembre.

 

 

Gélase 1er

492-496

 

Fils de l’africain Valerius, Gelasius était «romain de naissance», puisqu’il était né dans la province romaine d’Afrique (l’actuelle Afrique du Nord, comprenant Algérie, Tunisie et Libye).

Il devait faire partie du clergé romain depuis un certain temps, et s’était fait remarquer par la force de ses écrits contre le monophysisme et contre le pélagianisme.

Il fut donc appelé à succéder à Félix III et devint le quarante-neuvième pape.

En quatre années de pontificat, il écrivit beaucoup de lettres, où l’on y remarque, comme chez l’autre africain Tertullien, un goût pour la polémique, parfois quelques longueurs.

Il eut l’occasion de rappeler l’excommunication du patriarche Acace de Constantinople (484) et blâma ceux qui se rangeaient de son côté.

Quand il apprenait que des évêques gaulois n’appréciaient pas sa rigueur, il en appelait au jugement de Dieu.

Dans une lettre à un sénateur, Gélase dénonce la vieille fête païenne des lupercales, cause de désordres, qui menaçait de revivre à Rome.

Il y a un sacramentaire gélasien, peut-être un peu postérieur au pape Gélase ; le décret de Gélase, pourrait être en partie antérieur et en partie postérieur au pape. Il contient un canon des Ecritures, et le premier embryon d’un Index des livres défendus.

Le Liber Pontificalis dit de Gélase qu’il aimait les pauvres. Denys le Petit écrivait qu’il évitait les festins, pratiquait le jeûne et se complaisait dans la compagnie des serviteurs de Dieu. Il mourut pauvre après avoir enrichi les indigents.

Il fut inhumé le 21 novembre 496, jour où il est inscrit au Martyrologe Romain.

Son successeur fut Anastase II.

 

 

Mauro de Cesena

895-946

 

Il naquit dans les dernières années du 9e siècle, on n’en sait pas plus, mais on peut supposer que la famille habitait la région de Ravenne (Emilie-Romagne, Italie NE).

Il fut, dit-on, moine bénédictin.

Son oncle, Jean, archevêque de Ravenne, devint le pape Jean X en 914 et, peu après, le nomma vingt-neuvième évêque de Cesena.

Le nouvel évêque n’aimait pas la vie qu’on menait à Rome et jusqu’au Vatican, alors. Il demanda au pape, son oncle, la permission de construire sur le voisin Mont Spaziano un petit ermitage avec une église, où il pouvait s’isoler et prier. C’est là qu’il voulait être enseveli.

On ne connaît pas la date précise de sa mort, un 21 novembre, vers 946, étant donné qu’un autre évêque de Cesena, nommé Goffredo, est signalé en 955, lui-même successeur de Costanzo, le propre neveu de notre Mauro.

La tombe de Mauro, près de la petite église dont il était question plus haut, fut complètement oubliée, mais un premier miracle, puis un second, éveillèrent l’attention des fidèles et des évêques. On reporta les restes de Mauro à l’intérieur de l’église, qui fut agrandie grâce aux offrandes des fidèles. Ce rite équivalait alors à une canonisation.

L’ermitage aussi fut agrandi ; un beau monastère était florissant en 1042.

Quand la ferveur retomba, la tombe fut à nouveau oubliée. On la retrouva au 15e siècle et les reliques de Mauro furent transférées dans la nouvelle cathédrale de Cesena.

Saint Mauro de Cesena est commémoré le 21 novembre dans le Martyrologe Romain.

Franciszka Siedliska

1842-1902

 

Née le 12 novembre 1842 à Roszkowa Wola (Pologne), Franciszka était d’une famille noble, qui ensuite déménagea à Żdżary.

Elle tomba malade assez gravement et fut soignée en différents endroits (en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse). Elle reçut une éducation avec des gouvernantes à la maison, et resta complètement indifférente à la religion pendant quelques années.

Après avoir rencontré un bon père Capucin rempli du zèle pour les âmes, Franciszka changea complètement : elle reçut la Première communion et s’offrit totalement à Dieu.

Désirant entrer en religion, elle se heurta à l’opposition formelle de son père. Elle s’occupa de sa mère malade. Son frère Adam mourut aussi, peut-être dans un accident.

A vingt-huit ans, elle se consacra comme tertiaire franciscaine. Parvenue à l’âge de trente-et-un ans, elle fonda une nouvelle famille religieuse à Rome en décembre 1875, avec la bénédiction du pape. Ce furent les Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth.

Franciszka prit le nom de Maria de Jésus Bon Pasteur.

La congrégation se développa assez rapidement, puisqu’en 1885 il y avait des maisons en Pologne, en Angleterre, en France et aux Etats-Unis d’Amérique. La maison de Paris s’ouvrit en 1891, pour répondre aux besoins des Polonais émigrés ; de même celle de Londres, en 1895. Franciszka elle-même alla encore fonder à Pittsburgh en 1895. Il y eut jusqu’à vingt-neuf fondations de son vivant. La nouvelle famille religieuse se dévouait dans les écoles, les orphelinats, les internats, préparant les enfants aux sacrements. Dans les débuts, les Religieuses s’occupaient en priorité des émigrés polonais, mais ensuite étendirent leur zèle à tous les milieux.

A l’intérieur, les Sœurs devaient se sanctifier personnellement et réparer particulièrement les outrages envers Dieu et l’Eglise, par un amour toujours plus grand de Dieu et du prochain, partout où il y avait quelque nécessité.

Elle montra une activité débordante pour soutenir toute sa nouvelle famille, prêchant des exercices spirituels, tenant des conférences, écrivant beaucoup.

Les forces physiques de Franciszka déclinèrent et elle s’éteignit à Rome le 21 novembre 1902 ; elle venait de fêter son soixantième anniversaire.

Aujourd’hui la Congrégation de la Sainte Famille compte plus d’un millier de Religieuses dans dix pays : à ceux déjà cités précédemment, se sont ajoutés : la Russie, l’Inde, les Philippines, l’Australie, et Jérusalem.

C’est en Russie que onze de ces Sœurs furent martyrisées le 1er août 1943 par la Gestapo ; elles furent béatifiées en 2000.

Franciszka Siedliska a été béatifiée en 1989.

 

 

Clelia Merloni

1861-1930

 

La famille de Clelia était très en vue à Forlí (Romagna, Italie E). Son père, Gioacchino, épousa Teresa Brandelli, qui mit au monde Clelia le 10 mars 1861.

La petite famille dut déménager plusieurs fois en raison du travail de Gioacchino, ce qui engendrait sans cesse de nouvelles difficultés, auxquelles s’ajouta la mort prématurée de Teresa.

Clelia grandit cependant dans la recherche spirituelle et l’amour de Dieu ; elle frappa à diverses maisons religieuses, sans trouver celle qui convenait à son inspiration.

Elle avait trente-trois ans, lorsqu’elle eut un songe : la ville de Viareggio l’attendait. Clelia n’avait jamais été dans cette ville, située sur l’autre versant de l’Italie, à plus de deux-cents kilomètres d’une route qui n’était certainement pas l’autoroute moderne. Elle partit cependant, en avril 1894, confiante en la Providence, accompagnée de deux amies, Elisa Pederzini et Giuseppina D’Ingenheim.

A Viareggio, le père Serafino Bigongiari, des Frères Mineurs franciscains, les aida à s’installer et, un mois après leur arrivée, en mai 1894, les trois amies inaugurèrent l’Institut des Apôtres du Sacré-Cœur de Jésus. Ces Religieuses voulaient répandre l’idéal de sainte Marguerite-Marie Alacoque (v. 17 octobre) : faire connaître et aimer le Sacré-Cœur de Jésus.

Gioacchino Merloni soutint de ses propres deniers l’Œuvre naissante. Il y eut d’abord des maisons pour les orphelins, pour les personnes âgées ; bientôt, Clelia et ses compagnes enseignèrent aussi le catéchisme. Les vocations affluèrent, beaucoup de maisons s’ouvrirent.

Mais en 1899, à la mort de Gioacchino, des erreurs de gestion aboutirent à la fermeture de plusieurs maisons ; les Religieuses durent demander l’aumône et même quitter Viareggio. C’est alors qu’un saint évêque, Mgr Scalabrini (v. 1er juin), s’intéressa personnellement à la congrégation naissante, qu’il soutint fortement.

Celui-ci était évêque à Plaisance ; il accueillit les Apôtres du Sacré-Cœur, les aida à établir leur Règle. Il songeait à leur confier l’assistance aux émigrés italiens, mais mourut en 1905.

La Mère Clelia transféra alors la Maison Généralice à Alessandria, puis finalement à Rome en 1916.

Les Apôtres du Sacré-Cœur purent continuer leur apostolat, et ouvrirent d’autres maisons, aux Etats-Unis et au Brésil.

La maladie frappa durement Clelia, qui s’éteignit à Rome le 21 novembre 1930.

L’Institut fut approuvé en 1931. Il s’est aujourd’hui développé aussi en Suisse et en Argentine. Plus de quinze cents Religieuses, dans quelque deux-cents maisons, s’occupent de faire connaître l’amour du Cœur du Christ aux enfants, aux collégiens et aux lycéens, aux malades, aux vieillards, aux familles, aux «pauvres» de toute condition et de toute origine.

Clelia Merloni, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 21 novembre.

 

 

Reyes Us Hernández

1939-1980

 

Reyes Us Hernández naquit en 1939 à Macalajau (Uspantán, Quiché, Guatemala)

Père de famille chrétien, il était très actif dans les activités paroissiales.

Le 21 novembre 1980, il fut impitoyablement assassiné.

Reyes Us Hernández devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 21 novembre.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 21:32

Giovannina Franchi

1807-1872

 

Giovannina Franchi naquit le 24 juin 1807, en la fête de s.Jean-Baptiste, dont elle portera le nom.

Elle était la seconde des sept enfants d’un haut magistrat de Côme (Italie N), Giuseppe, qui lui fit faire des études auprès des Visitandines.

Dès ses dix-huit ans, Giovannina se consacra aux œuvres pieuses, à l’enseignement du catéchisme.

Elle pouvait devenir une excellente mère de famille mais, à trente-trois ans, elle perdit son fiancé et décida alors de se consacrer entièrement à Dieu.

Soutenue par son directeur spirituel, elle intensifia son activité charitable, au service des indigents, des prisonniers, des malades, jusqu’à loger chez elle des malheureux.

D’autres femmes furent conquises par son exemple et vinrent s’associer à ses activités. Ainsi se formait peu à peu une nouvelle famille religieuse, qui allait devenir en 1850 les Sœurs Hospitalières de Notre-Dame-des-Douleurs (Suore Infermiere dell’Addolorata). En 1858, elles prononcèrent leurs premiers vœux. Giovannina était nommée supérieure et devenait ainsi la mère d’une très grande famille.

De droit diocésain en 1858, la congrégation se répandit assez rapidement dans toute l’Europe.

En 1871, la ville de Côme fut frappée par une épidémie de choléra ; Giovannina ne désarma pas et se rendit au chevet des malades ; ainsi prit-elle la contagion et elle en mourut le 23 février 1872.

En raison de cette épidémie, les funérailles eurent lieu dans le plus strict confinement.

L’institut devint de droit pontifical en 1942, fut agrégé aux Frères Mineurs Capucins et se trouve actuellement présent en Italie, en Suisse, en Argentine.

Giovannina Franchi a été béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 23 février.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 20:41

Antonio Franco

1585-1626

 

Antonio naquit le 26 septembre 1585 à Naples (Italie), dans une famille noble.

Très tôt attiré par le sacerdoce, il en commença les études avant-même d’avoir l’âge du séminaire. A dix-sept ans, il était diplômé de droit ecclésiastique et de droit civil. Puis il s’en vint à Rome pour compléter ces études et sa préparation.

Il fut bientôt envoyé en Espagne, comme aumônier du roi Felipe III, charge qu’il recouvra pendant quatre ans. Puis le roi lui-même lui confia en 1617 le diocèse sicilien de Santa Lucia del Mela ; à ce titre, Antonio Franco devenait conseiller général et aumônier du royaume de Sicile, à trente-deux ans.

Ce type de nomination étonnera aujourd’hui. C’était chose fréquente encore à la veille du concile de Trento (1545). Les vues des souverains n’étaient pas toujours inspirées, mais il y eut de bons choix, comme pour notre Antonio.

Compte tenu des décrets du récent concile de Trento, Antonio Franco résida personnellement dans son diocèse, et acheva la reconstruction de l’église et du palais épiscopal, commencée par son prédécesseur. En 1618, il convoqua un premier synode.

Lui qui était habitué aux fréquentations de nobles, aux rapports avec les rois, édifia réellement son peuple et le clergé par son humilité.

Neuf années seulement après son installation, Mgr Antonio Franco s’éteignit en réelle odeur de sainteté, à quarante ans, le 2 septembre 1626.

Son corps est resté intact et repose dans une châsse à l’intérieur de la cathédrale de Santa Lucia del Mela.

Antonio Franco a été béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 2 septembre.

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 00:00

 

20 NOVEMBRE

 

III.

S Basile, martyr à Antioche de Syrie.

S Crispin, évêque à Astigi.

S Simplice, évêque à Vérone.

IV.

S Dasius, soldat martyr à Dorostorum.

S Narsès, évêque à Sahrqart, décapité avec d'autres.

S Agapios, martyr à Césarée de Syrie ; exposé à une ourse, il lui courut au-devant, en fut très maltraité et fut noyé le lendemain. 

?

SS Octavius, Solutor et Adventor, martyrs à Turin.

S Théoneste, martyr à Verceil.

SS Eustache, Théspèse et Anatole, martyrs à Nicée.

V.

S Dorus, évêque à Bénévent.

S Apothème, évêque à Angers.

Ste Maxence, irlandaise et martyre près de Beauvais ou de Senlis (?).

VI.

S Silvestre, évêque à Châlon-sur-Saône pendant quarante-deux ans ; il donna la tonsure à s. Césaire.

VIII.

S Hippolyte, abbé à Condat, évêque à Belley.

IX.

S Gregorios le Décapolite, défenseur des icônes, moine à Thessalonique, et thaumaturge.

S Eadmund, roi d'Est-Anglie, mort sur le champ de bataille, souvent considéré comme martyr.

XI.

S Bernward, évêque à Hildesheim, très érudit, grand soutien des monastères et de l'art.

XII.

S Cipriano, abbé à Calamizzi.

XIX.

S Phanxicô Xaviê Can, catéchiste tonkinois, étranglé et décapité pour avoir refusé de fouler la croix, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

Bse Anna Felice Viti (Maria Fortunata, 1827-1922), sœur converse bénédictine à Veroli.

Bses Martyres espagnoles de 1936, fusillées près de Valencia :

- béatifiées en 1995 :

Doctrine Chrétienne : Isabel Ferrer Sabrià, Catalina Calpe Ibáñez (M. du Rosaire), Josepa Mongoche Homs (M. de l'Assomption), María Dolores Llimona Planas (M. de Montserrat), Emilia Martí Lacal (M. de la Conception), Josefa Pascual Pallardó (Ignacia du Saint-Sacrement), Paula de San Antonio (M. Gracia), Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (Ángeles de Saint-Joseph), Ascensión Duart Roig (Teresa de Saint-Joseph), María  Purificación Gómez Vives (M. du Cœur de Jésus), Teresa Jiménez Baldoví (M. du Secours), María Isabel López García (M. de la Paix),  María Antonia Orts Baldó (M. du Suffrage), Gertrudis Rita Florència Surís Brusola (M. des Douleurs) (*1852, 1855, 1859, 1860, 1861, 1862, 1869, 1875, 1876, 1881, 1885, 1885, 1888, 1899), et Aurea Navarro (Marcela de Saint-Thomas, *?) ; deux autres furent fusillées le 26 septembre ;

- béatifiée en 2001 :

Clarisses : María Milagros Ortells Gimeno (*1882).

Crispinus d’Astigi

3. siècle

 

D’après une tradition fort ancienne, l’apôtre s.Paul serait effectivement venu en Espagne et aurait fondé la première communauté chrétienne d’Astigi (auj. Écija). Ce diocèse fut absorbé par celui de Séville au dixième siècle.

Crispinus aurait été le deuxième évêque de cette communauté, au cours du troisième siècle.

Il serait en outre mort martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Crispinus di Astigi au 20 novembre.

 

 

Basileus d’Antioche

† 303

 

Basileus fut martyrisé à Antioche de Syrie, vers 303.

On lui donna deux Compagnons, nommés Auxilius et Saturninus, tout-à-fait inconnus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Basileus d’Antioche au 20 novembre.

 

 

Octavius, Solutor et Adventor de Turin

4. siècle

 

Ces trois Martyrs auraient été des soldats de la fameuse Légion Thébéenne (v. 22 septembre).

Ils auraient échappé au massacre et se seraient enfuis.

Rejoints à Turin, Octavius et Adventor furent tués par le glaive ; Solutor fut blessé d’un coup de lance mais, plus jeune et plus rapide, alla sa cacher dans une carrière de sable. Dénoncé par un enfant, il fut décapité sur les bords de la Dora Riparia, un petit cours d’eau piémontais ; le corps fut jeté au milieu d’un marais - qui s’assécha instantanément.

Les choses pourraient s’arrêter ici, mais un incident presque cocasse s’y ajoute : une pieuse femme réussit à tromper les poursuivants ; les ayant reçus chez elle, elle leur servit tant à boire qu’enivrés, ils finirent par raconter où étaient leurs victimes. La femme alla les retrouver pour leur faire donner une sépulture honorable.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Octavius, Solutor et Adventor de Turin au 20 novembre.

 

 

Dasius de Dorostorum

4. siècle

 

Dorostore (Mésie, act. Bulgarie) fut le théâtre des événements qu’on va essayer de présenter.

Ceux qui ont analysé les documents qui s’y rapportent, ont émis beaucoup de doutes sur la véracité des choses.

Dasius, un soldat de l’armée en garnison à Dorostorum, fut désigné par le sort pour être le «héros» de la fête de Chronos : le soldat choisi devait, pendant un mois, être vêtu d’un habit royal et se livrer à toutes les passions criminelles et immorales du dieu, après quoi, il devait se suicider avec son épée. On a vu une horreur similaire avec s.Cæsarius de Terracina (v. 1er novembre).

Mais Dasius était chrétien. Plutôt que se livrer au Démon pendant trente jours et finir en enfer, il préféra se livrer à Dieu et gagner le Paradis en un jour. Il confessa sa foi et refusa d’exécuter le rituel païen auquel on voulait le soumettre.

On l’enferma au cachot, puis il comparut devant le légat. Il réitéra sa condition de soldat chrétien et refusa d’offrir l’encens à la statue de l’idole.

Il fut décapité.

C’était l’époque des empereurs Dioclétien et Maximien.

Si les détails résumés ci-dessus ne reflètent pas la vérité des événements, l’historicité du personnage de Dasius et l’antiquité de son culte restent assurés.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dasius de Dorostorum au 20 novembre.

 

 

Theonestus de Verceil

?

 

Theonestus aurait été évêque de Vercelli (Piémont, Italie NO), juste avant s.Eusebius (v. 2 août).

Il faut dire que s.Eusebius est vraiment le premier évêque connu de cette ville, et c’est justement lui qui fit la dédicace d’une basilique en l’honneur du martyr Theonestus.

Theonestus, qui n’était vraisemblablement pas évêque, fut probablement martyrisé à Altino, par les ariens, qui le décapitèrent.

Ceci se serait passé sous Théodose (379-395). S.Eusèbe étant mort en 371, il est difficile de concilier ces maigres informations.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Theonestus de Verceil au 20 novembre.

 

 

Dorus de Benevento

4. ou 5. siècle

 

Dans le catalogue épiscopal du diocèse de Benevento (Campanie, Italie), on trouve deux Dorus, l’un mentionné en 320, deuxième successeur de s.Ianuarius (v. 19 septembre), l’autre mentionné en 448, qui aurait été le dixième évêque de Benevento.

Les uns prétendent que c’est le premier qui est mentionné au 20 novembre et que le deuxième n’a pas existé ; d’autres encore que ce deuxième était un homonyme non évêque.

Pourtant il semble bien que c’est à l’évêque Doro qu’écrivit s.Léon le Grand (v. 10 novembre) en 448. Le pape lui reprochait d’avoir assigné le premier rang à un nouveau prêtre, contrairement à l’ancienneté des autres. Ces problèmes de préséance…

Le plus important est que Dorus se soit conformé au rappel pontifical ; c’est tout à son honneur.

Cet évêque aurait donc occupé le siège de Benevento pendant dix-sept ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorus de Benevento au 20 novembre.

Silvestre de Chalon-sur-Saône

† 526

 

Le sixième évêque de Chalon-sur-Saône fut Silvestre, à partir d’environ 484.

S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) affirme que son épiscopat dura quarante-deux ans, mais comme les dates des deux évêques ayant précédé et suivi Silvestre, sont floues, on peut dire seulement que cet épiscopat commença environ en 484 et finit environ en 517-526.

Vers 488, Silvestre reçut la visite respectueuse d’un jeune homme de dix-huit ans nommé Césaire, qui demandait à recevoir la tonsure cléricale. Ce jeune homme entra ensuite à l’abbaye de Lérins et deviendra évêque : on pourra lire la notice de Césaire d’Arles (v. 27 août).

En 517, Silvestre assista au concile d’Epaone, puis à celui de Lyon vers 520.

Le même s.Grégoire de Tours raconte que l’on mettait sous le lit de Silvestre des malades souffrant de la fièvre : ils étaient guéris instantanément. Lui-même attacha au cou d’une jeune fille prise de frissons quelques fibres du vêtement de Silvestre et elle guérit.

Silvestre mourut, plein de jours et de vertus, vers 526.

Le culte de ce saint évêque fut autorisé dès 878.

Saint Silvestre de Chalon-sur-Saône est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hippolyte de Belley

686-769

 

Hippolyte était né en Bourgogne et entra très jeune au monastère alors appelé de Condat, qui fut renommé Saint-Oyand de Joux, enfin Saint-Claude, origine de l’actuelle ville éponyme du Jura.

En 739, ses saintes vertus le désignèrent pour devenir le quinzième abbé du monastère.

En 755, il fut nommé douzième évêque de Belley.

Rien ne changea dans ses habitudes austères personnelles. S’il conservait sa charge d’abbé, il résidait dans son évêché comme dans sa cellule monastique. 

Bellay et Saint-Claude sont à moins de cent kilomètres l’une de l’autre, mais au huitième siècle, cette distance était considérable ; on ne nous dit pas, en réalité, de quelle façon Hippolyte gouvernait son abbaye : on peut supposer qu’il se reposait sur le prieur, et que celui-ci venait consulter régulièrement l’abbé devenu évêque.

Comme évêque, Hippolyte se distingua en étant attentif aux pauvres, visitant les ladreries, les hôpitaux et les prisons.

Sa sainteté lui valut, de la part de Pépin le Bref et de Charlemagne, d’importantes donations en Champagne, en Bourgogne, et jusqu’en Bretagne.

Il fut présent au concile d’Attigny en 765.

La date de sa mort a été établie à 769 environ. Hippolyte était presque nonagénaire.

Saint Hippolyte de Belley est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gregorios Décapolite

780-842

 

Gregorios Décapolite naquit vers 780 à Irenopolis (décapole d’Isaurie, act. Aşaği Īrnebol, Görmeli, Turquie S), de Sergios et Maria ; il avait un frère.

Dès qu’il eut huit ans, on l’envoya à l’école et Gregorios se passionna pour l’étude de l’Ecriture. 

Revenu à la maison, il y vécut déjà en solitaire, dans l’austérité et les mortifications.

Quand il eut l’âge nubile, les parents voulaient le marier, et lui organisèrent des fiançailles. Au moment où il était escorté par deux domestiques, il leur faussa compagnie et se cacha dans la montagne proche, d’où il rejoignit l’évêque de la ville, un fidèle de l’orthodoxie, ferme adversaire des iconoclastes. Ce dernier conseilla à Gregorios d’aller dans tel monastère.

Pendant ce temps, les parents eurent la sagesse de ne pas chercher à contrarier leur fils. A la mort de Sergios, Maria conseilla même à Gregorios de persévérer dans sa voie.

Malheureusement, les moines du monastère où se trouvait Gregorios étaient tombés dans l’erreur iconoclaste, et Gregorios s’enfuit. Avec son frère, il alla se présenter dans un autre monastère de la région, dont l’higoumène (abbé) était un de ses oncles, Simeon. Il y resta quatorze ans.

Mais Gregorios n’était pas appelé à la vie conventuelle. Il se retira dans une grotte, pour mieux prier et contempler les saints mystères. Il y fut littéralement harcelé par des Démons, qui prenaient la forme de serpents ou se déguisaient en Saints et le brûlaient de désirs charnels. Une vision de sa mère lui apporta le réconfort et la paix.

Il fut alors animé d’un saint désir d’accomplir des pèlerinages pour la gloire de Dieu. Il fut à Ephèse, la ville où s.Jean apôtre fut évêque ; voulant gagner Constantinople, il s’arrêta cependant à Procomèse (Mer de Marmara) puis à Aenus (Enos), et ne put arriver à la ville impériale, peut-être à cause de la présence des Sarrasins. Il gagna Christopolis (entre Thessalonique et Maronia).

Arrivé à Thessalonique, il noua une précieuse amitié avec Iosephos l’Hymnographe (v. 3 avril). Gregorios construisit là un monastère et une église dédiée à s.Menas (v. 25 août).

Dans une Vie de s.Iosephos, il est dit que Gregorios mourut pendant que Iosephos était en voyage, capturé par les Sarrasins puis racheté. Mais dans une Vie de Gregorios, ce dernier serait parti avec Iosephos jusqu’à Rome, où il vécut trois mois dans la retraite, puis se signala - sans le vouloir - par des miracles : il délivra des possédés et convertit une courtisane et sa suite, éloignant de sa maison un dragon infernal.

Il vint à Otrante, où il souffrit les insultes d’une troupe d’iconoclastes. Un Sarrasin voulut le lapider, mais son bras se dessécha.

Revenu à Thessalonique, Gregorios réintégra le monastère Saint-Ménas.

Gregorios avait un don pour pénétrer les consciences et dénonça ainsi un moine qui s’était approprié une part de viande, normalement destinée aux pauvres ; il «biloquait», et se trouva un jour en présence d’un moine qui était violemment tenté par une créature envoyée du Diable : Gregorios chassa la femme et remit le moine sur la bonne route.

Il aurait fait encore un voyage à Constantinople, puis au mont Olympe de Bithynie, d’où il revint malade. Reparti à Constantinople pour assister son oncle Siméon, qu’on avait arrêté, il arriva quand Siméon venait d’être libéré. Il se rendit alors au monastère de Siméon, où il mourut douze jours plus tard, le 20 novembre 842.

Saint Gregorios Décapolite est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eadmund  d’Angleterre

840-870

 

Eadmund  d’Angleterre serait né en 840, descendant des anciens rois saxons d’Est-Anglie.

Il n’avait donc pas quinze ans lorsqu’en 854 les clercs et les nobles de Norfolk l’auraient élu pour leur roi, choix que les habitants du Suffolk suivirent sans discuter.

Placé à la tête d’un royaume extrêmement faible et plus exposé aux invasions que les autres, il dut se contenter de négocier avec les pirates en leur fournissant les lourdes rançons qu’ils exigeaient. Mais quand les habitants furent totalement ruinés et que les Normands ne perçurent plus ces tributs, ils entreprirent la conquête du pays. En 870, une bataille eut lieu près de Thetford, où le roi Eadmund périt. Son royaume passa entièrement sous la domination danoise.

L’illustre abbé de Fleury-sur-Loire, s.Abbon (v. 13 novembre), s’efforça de recueillir des témoignages pour écrire, un siècle plus tard, une Vita de s.Eadmund, rendu célèbre par ses nombreux miracles.

Or, Abbon ne se contenta pas de mentionner la mort héroïque du roi sur le champ de bataille. Les détails qu’il y ajoute ne se trouvent pas dans d’autres récits. Il raconta que le chef danois fit porter à Eadmund la promesse de lui laisser son royaume s’il voulait se reconnaître son vassal et mettre son trésor à sa disposition. Eadmund fit répondre que sa foi lui interdisait de se soumettre à un païen et qu’il préférait mourir.

Dans ces conditions, le chef danois fit attaquer le palais du roi ; Eadmund se dépouilla de ses armes et se livra aux envahisseurs. Il fut attaché à un arbre, percé de flèches et décapité. On jeta son cadavre au fond de la forêt. C’était le 20 novembre 870 et le roi avait trente ans.

Les sujets du roi voulurent retrouver son cadavre et, s’enfonçant dans la forêt, organisèrent une battue ; ils furent bien surpris d’entendre bientôt la voix du roi martyr qui leur répondait Here, here, here ! et ils trouvèrent alors un grand loup qui gardait entre ses pattes le chef d’Eadmund en le protégeant des autres bêtes.

La précieuse relique fut rapportée à Beodriesworth, qui prit le nom de Bury-Saint-Eadmund et donna lieu à un magnifique monastère très célèbre.

Saint Eadmund fut très vite invoqué comme le patron de l’Angleterre, jusqu’au 11e siècle. On lui «préféra» ensuite s.Edward le Confesseur (v. 5 janvier), puis s.Georges (v. 23 avril), ce dernier étant honoré par toutes les confessions, catholique, orthodoxe, protestante et anglicane.

Les détails fournis par s.Abbon expliquent les représentations qu’on trouve du Roi martyr, criblé de flèches comme s.Sébastien (v. 20 janvier), mais distinct de ce dernier soit par la couronne qu’il porte sur la tête, soit par la présence du loup à ses côtés.

Au 16e siècle, la châsse fut détruite ; du monastère, il ne resta presque rien. 

Saint Eadmund d’Angleterre est commémoré le 20 novembre dans le Martyrologe Romain.

Bernward de Hildesheim

960-1022

 

Bernward naquit vers 960, d’une noble famille de Saxe. Il avait une sœur, Judith, future abbesse de Ringelheim.

Orphelin de bonne heure, il passa son enfance auprès de son grand-père maternel, le comte Adalbero de Saxe.

Il fréquenta l’école cathédrale de Hildesheim, où il acquit une formation complète : outre les études habituelles, il y ajouta l’architecture, la peinture, l’orfèvrerie et la ferronnerie.

En 977, il fut présenté à la cour et reçut une formation de notaire. En 987, il fut à la cour de la reine Theophanu et rédigeait des chroniques. Il fut alors chargé de l’éducation de Otto III.

En 993, Bernward fut sacré évêque de Hildesheim. 

Evêque, il voulut assister à l’office avec les chanoines ; il célébrait la Messe chaque jour ; il aimait donner l’aumône aux pauvres. Il se préoccupait de réunir des jeunes susceptibles d’être candidats au sacerdoce.

Bernward voulut donner à sa ville épiscopale un aspect tout-à-fait romain : les portes de la cathédrale ressemblèrent à celles de Santa Sabina, avec seize sujets représentant des événements bibliques ; devant la cathédrale, il fit construire une haute colonne torsadée, rappelant celle de Trajan à Rome, et portant sur quatre mètres de hauteur trente-quatre scènes de la vie du Christ ; la construction de la majestueuse église abbatiale Saint-Michel devait évoquer la Jérusalem céleste ; tous ces monuments sont inscrits au patrimoine de l’Unesco.

Il protégea la cathédrale et d’autres églises avec des murs et des forteresses, qui pouvaient servir de protection contre des invasions slaves.

Bernward connut une longue et pénible diatribe avec l’évêque voisin de Mayence, chacun revendiquant juridiction sur l’abbaye des moniales de Gandersheim, limitrophe des deux diocèses. L’affaire remonta jusqu’au pape, et malgré la décision de celui-ci, la paix n’était pas revenue entre les deux évêques. Au bout de longues années, ce fut un autre Saint qui les arrangea, l’empereur Henri II (v. 13 juillet) : l’évêque de Mayence (Willigis) reconnut la juridiction de Bernward sur l’abbaye, puis y célébra une Messe solennelle, en présence de Bernward. On a peine à constater comment de grands personnages peuvent arriver à des situations conflictuelles pour de simples questions de droit. Mais Bernward pouvait avoir des raisons que nous ne connaissons pas. Quand Willigis mourut (1011), c’est Bernward qui consacra son successeur.

En 1022, il procéda à la consacration de l’église Saint-Michel (qui ne fut vraiment achevée que plus tard) et demanda à être admis dans cette abbaye : il revêtit l’habit le 11 novembre, et mourut le 20 novembre 1022.

A la suite de miracles obtenus par son intercession, Bernward de Hildesheim fut canonisé en 1192, vénéré tant par le monde catholique que par le protestant.

 

 

Cipriano de Calamizzi

1110-1190

 

Cipriano naquit vers 1110-1120 à Reggio Calabria (Italie Sud), dans une famille noble et riche, d’un père qui lui enseigna la médecine.

Le jeune homme devint à son tour expert dans la science médicale, d’après les biographes.

A vingt-cinq ans, Cipriano entra au proche monastère de Calanna, mais il demanda à mener une vie beaucoup plus érémitique et se retira dans un domaine de son père, proche de Pavigliana. Les grottes de l’endroit permettent de supposer que bien d’autres ermites s’établirent dans cette région.

Cipriano y vécut donc, dans une parfaite solitude, travaillant la terre pour sa nourriture, dans la prière et la méditation.

Evidemment, sa présence ne put demeurer inconnue ; les curieux s’avancèrent, les vocations aussi ; on demanda à l’ermite des conseils, des prières. L’ancien médecin exerça aussi son art.

C’est alors que les moines de la proche abbaye de Calamizzi lui demandèrent d’être leur nouvel abbé, après la mort de l’abbé Paolo. Cette abbaye était bien probablement de rite basilien (oriental). Cipriano jugea que c’était là la volonté de Dieu et accepta (1170).

Le travail de Cipriano fut de stimuler le niveau spirituel et culturel des moines, de restaurer l’église ; il fit construire la campanile, améliorer ou même construire les cellules des moines, leur réfectoire. Il est probable en effet que la vie monastique s’était un peu relâchée et, devenue routinière, n’avait pas été soutenue par une vie suffisamment active, nourrie de lectures intenses et de travaux manuels efficaces.

Cipriano se cassa une jambe en tombant de sa voiture à cheval et ne s’en remit jamais vraiment.

Il mourut saintement à Calamizzi, le 20 novembre 1190. Dans le Martyrologe de ce jour, il est présenté comme Saint.

L’église du monastère de Calamizzi fut détruite dans un tremblement de terre en 1783, tandis que les moines en sortirent miraculeusement indemnes.

 

 

Phanxicô Xaviê Cân 

1803-1837

 

Phanxicô Xaviê (François Xavier) Cân était un catéchiste tonkinois, né vers 1803 à Son Miêng (Hâ Dông, actuel Vietnam). 

Marié, il reçut une mission de l’évêque, Monseigneur Retord, et fut arrêté durant ce déplacement.

On lui reprocha d’enseigner le catéchisme des chrétiens.

On lui présenta une croix à fouler aux pieds. Il refusa. Le mandarin lui susurra : 

- Ce n’est qu’un X, foule le X ! 

- Non ! 

- Ferme les yeux et saute dessus ! 

- Jamais !

Un assistant ne put s’empêcher de remarquer, avec justesse : Il ne sert pas deux maîtres (cf. Mt 6:24).

Phanxicô Xaviê fut étranglé le 20 novembre 1837, puis aussi décapité, pour l’empêcher de ressusciter comme Jésus-Christ. Il avait trente-quatre ans environ.

Béatifié en 1900, canonisé en 1988, Phanxicô Xaviê est mentionné au Martyrologe le 20 novembre.

 

 

Anna Felice Viti

1827-1922

 

Celle qu’on appela heureuse (felice), n’eut vraiment rien pour la rendre heureuse, humainement parlant.

Elle naquit à Veroli (Frosinone, Italie centrale) le 10 février 1827, aînée des neuf enfants de Luigi, un père aussi riche qu’alcoolique, et de Anna Bono.

La maman mourut d’épuisement en 1841, laissant sa petite Anna s’occuper des huit autres gamins et surtout de ce malheureux papa ivrogne, qu’elle aimait et respectait héroïquement au point que chaque soir elle lui baisait la main respectueusement et lui demandait sa bénédiction paternelle, enseignant aux autres à en faire autant.

Un moment, elle fut demandée en mariage par un jeune homme d’Alatri, mais elle préféra sa vocation religieuse.

C’est ainsi qu’en 1851, à vingt-quatre ans, complètement ignorante, elle demanda aux Bénédictines de Veroli de l’accepter comme sœur converse pour devenir sainte.

Aujourd’hui, on s’occuperait davantage d’une telle novice, en lui donnant le temps d’apprendre au moins à lire et à écrire. Au 19e siècle, c’était différent. Les monastères avaient besoin de Convers, qui accomplissaient toutes les tâches matérielles, pendant que les Profès chantaient l’office au chœur et faisaient d’autres travaux intellectuels.

Cette malheureuse Anna Felice eut l’heur de recevoir comme nom de religion Fortunata. Bien mal fortunée, cette héroïne se sanctifia désormais dans les tâches domestiques du couvent, dans l’humilité du travail caché, dans la prière intérieure constante : filer la laine, faire la cuisine, tenir la buanderie, racommoder les bas, conservant un inaltérable sourire avec toutes les consœurs.

Par sa fidélité au devoir pendant soixante-douze années, dans la sécheresse des journées parfois monotones, la Sœur Fortunata acquit la sainteté. Une sainteté assaisonnée de douleurs rhumatismales, de la surdité et de la cécité. A la fin, elle ne pouvait plus bouger sur son lit.

A sa mort, le 20 novembre 1922, elle avait quatre-vingt quinze ans ; les Bénédictines l’ensevelirent rapidement, dans la tombe commune ; mais alors les fidèles commencèrent à demander ce qu’était devenue cette Religieuse qui avait fait des prophéties, qui avait éclaté en sanglots durant la Messe, ayant «appris» que le prêtre aurait renoncé au sacerdoce ; ou qui avait obtenu la guérison de deux malades atteintes de méningite quelques années plus tôt…

Les miracles se multiplièrent par son intercession. On transféra ses restes dans l’église abbatiale.

Sœur Fortunata fut béatifiée en 1967.

Isabel Ferrer Sabriá

1852-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Catalina Calpe Ibáñez

1855-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josepa Mongoche Homs

1859-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Dolores Llimona Planas

1860-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí (née en 1875)

 

 

Emilia Martí Lacal

1861-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Josefa Pascual Pallardó

1862-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Paula de San Antonio

1869-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

1875-1936

 

Francisca était née le 16 janvier 1875 à Villajoyosa (Alicante, Espagne).

Elle prit le nom de María de los Ángeles (des Anges) et de Saint-Joseph chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne.

Ces Religieuses, fondées en 1880 par Micaela Grau, ont pour mission l’éducation des petits enfants et des jeunes pour les aider à devenir de bons chrétiens, sans oublier d’ailleurs aussi les malades et les nécessiteux.

Ángeles avait été élue supérieure de la Congrégation. On la savait droite, courageuse, animée d’une profonde charité envers tous.

Elle avait comme Vicaire et Maîtresse des novices María Antonia Orts Baldó (en religion María du Suffrage), née le 9 février 1888 à Altea (Alicante), et qui était entrée dans la Congrégation en 1922. De grande culture, elle était le véritable ciment de charité entre toutes les religieuses. Au moment suprême, elle exhorta ses Compagnes à pardonner. Toutes ses jeunes novices reprirent leur préparation à partir de 1939.

Les autres Compagnes étaient :

Teresa Rosat Balasch (en religion María du Refuge), née le 15 octobre 1873 à Mislata (Valencia), fille unique ; elle fit les vœux en 1906 et fut supérieure à Tabernes de Valldigna, Molins de Rei, Cabrera de Mar, Cornellá et Carlet (Valencia), profondément religieuse, de vie intérieure intense, généreuse et désintéressée ; elle se réfugia d’abord chez des amis, mais fut bientôt arrêtée et mise en prison à Carlet.

Josefa Romero Clariana (en religion María du Calvaire), née le 11 avril 1871 à Carlet (Valencia), entrée dans la Congrégation dès 1892, malgré une forte opposition de la part de la famille ; elle faisait tous les travaux humbles avec grande disponibilité. Elle fut à San Vicente dels Horts, Tabernes de Valldigna, Guadasuar, et Carlet. Réfugié d’abord chez sa sœur, elle subit huit jours de prison avant d’être fusillée.

María Dolores Llimona Planas (en religion María de Montserrat), née le 2 novembre 1860 à Molíns de Rei (Barcelona) ; une des premières à faire partie de la Congrégation naissante ; elle fut supérieure de 1892 à 1925 (trente-trois ans) ; à sa mort, elle était conseillère générale.

Ascensión Duart Roig (en religion Teresa de Saint-Joseph), née le 20 mai 1876 à Benifayó de Epioca (Valencia) ; longtemps maîtresse des novices ; femme de prière, qui savait se mortifier, elle répétait souvent : Il vaut parler avec Dieu que parler de Dieu. Elle avait un don particulier pour la peinture ; elle était la supérieure locale de la maison généralice.

Isabel Ferrer Sabriá, née le 15 novembre 1852 à Vilanova y la Geltrú (Barcelona), était la plus âgée du groupe, cofondatrice de la Congrégation ; elle s’était établie avec la Fondatrice à Molíns de Rei (Barcelone) en 1880 ; pénétrée profondément de l’esprit de la Fondatrice, elle sut transmettre cet idéal à toutes les autres jeunes qui entraient dans la Congrégation. Elle s’intéressa particulièrement aux plus pauvres, aux marginaux, aux analphabètes.

Josepa Mongoche Homs (en religion María de l’Assomption), née le 12 juillet 1859 à Ulldecona (Tarragona), de vie intérieure très profonde, particulièrement dévote de la Sainte Vierge ; c’était une maîtresse couturière.

Emilia Martí Lacal (en religion María Concepción), née le 9 novembre 1861 à Carlet (Valencia) ; elle fit partie de la fondation à Carlet ; délicate, humble, femme de prière et de silence, elle aida les jeunes de Sollana à prier, à méditer en silence, mais aussi à coudre.

Paula de San Antonio (en religion María Gracia), née le 1er juin 1869 à Valencia. Très pauvre, elle était connue à Turís pour son imperturbable sourire et sa disponibilité à rendre service ; enseignante, à l’esprit apostolique, sa préférence allait aux malades et aux pauvres.

María Purificación Gómez Vives (en religion María du Sacré-Cœur), née le 6 février 1881 à Valencia ; elle aussi était enseignante, et sut inculquer à toutes les élèves de Molíns de Rei un profond esprit de piété, tant elle savait être comprise par elles ; 

Teresa Jiménez Baldoví (en religion María du Secours), née le 13 mars 1885 à Sant Martí de Provençals (Barcelona) ; elle fut orpheline de sa mère et fut recueillie par les Carmélites. En 1907, elle entra au noviciat des Religieuses de la Doctrine Chrétienne et fut à Mislata au moment de la révolution ; elle s’occupait particulièrement des tout-petits et des orphelins, avec une douceur maternelle ; 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola (en religion María des Douleurs), née le 17 février 1899 à Barcelone ; elle fut éduquée d’abord chez des Religieuses françaises, puis à l’Ecole Normale de Barcelone ; l’été, elle était chez ses oncles de Cabrera de Mar. En 1918, elle entra chez les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, où sa Maîtresse des Novices fut Ascensión Duart Roig (ci-dessus). En partant pour Valencia, elle avait dit : Mon sort sera celui de toutes les Sœurs.

Josefa Pascual Pallardó (en religion Ignacia du Saint-Sacrement), née en 1862 à Valencia, orpheline elle-même ; entrée au noviciat de San Vicente dels Horts, elle était devenue la cuisinière de la maison, toujours soucieuse d’accomplir son travail avec l’élégance spirituelle qui convenait. En 1936, elle dut quitter précipitamment la communauté de Sollana et rejoindre celle de Valencia.

Catalina Calpe Ibáñez (en religion María du Rosaire), née le 25 novembre 1855 à Sueca (Valencia), était passionnée par les ouvrages de spiritualité et d’histoire ; aimable, sérieuse, délicate, elle fut exécutée cinq jours avant son quatre-vingt-unième anniversaire. 

María Isabel López García (en religion María de la Paix), née le 12 août 1885 à Turís (Valencia) ; au dos d’une des images qu’elle conservait dans un de ses livres, elle avait écrit : Seigneur, rends-moi digne d’être martyre par amour pour toi.

Aurea Navarro (en religion Marcela de Saint-Thomas), née (en ???) à La Roda (Albacete) ; elle entra dans la Congrégation en 1934, à la veille de la Révolution. 

 

Le 19 juillet 1936, la communauté de Mislata se transféra à celle de Valencia, dont le noviciat avait été évacué, les novices ayant rejoint soit leurs familles soit des amis qui les hébergeaient. Restait seulement Aurea Navarro (Tomasa), qui ne savait où aller, n’ayant plus de nouvelles de sa famille depuis longtemps.

Le 26 septembre, on appela Teresa Rosat Balasch et Josefa Romero Clariana. qui furent conduites au Barranco de los Perros (Llosa de Ranes, Valencia), où elles furent fusillées. Après la guerre, les Religieuses recueillirent amoureusement la mère de Teresa jusqu’à ses derniers moments.

Au couvent, les perquisitions quasi quotidiennes se répétèrent ; les Religieuses pouvaient encore envoyer de leurs nouvelles aux autres communautés, aux familles, dans un climat de Gethsémani. La vie de communauté se réorganisa. Les Religieuses se proposèrent même pour confectionner des pull-overs pour les «combattants», sans distinction, y compris, certainement, pour ceux-là mêmes qui allaient les conduire à la mort.

Le vendredi 20 novembre 1936, des miliciens ordonnèrent à toutes les Religieuses de monter dans un camion. Devinant facilement ce qui se passait, elles s’encouragèrent l’une l’autre, prièrent, pardonnèrent aux miliciens, qui les conduisirent au Picadero de Paterna, à quelques kilomètres de là.

Là, les quinze Religieuses furent d’abord torturées et mutilées, avant d’être fusillées. La dernière fut la Mère supérieure, María des Anges, qui alors cria fortement : Vive le Christ Roi !

La béatification de ces dix-sept Religieuses de la Doctrine Chrétienne eut lieu en 1995.

Les deux premières martyres du groupe sont mentionnées au Martyrologe le 26 septembre, les quinze autres au 20 novembre.

 

 

Ascensión Duart Roig

1876-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Purificación Gómez Vives

1881-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Milagros Ortells Gimeno

1882-1936

 

De famille bourgeoise et très chrétienne, Milagros naquit le 28 novembre 1882 à Turía.

Joyeuse, jamais elle ne voulut avoir les «aises» de sa famille (ses parents tenaient une importante manufacture), elle ne suivait pas les modes, ne porta jamais ni chapeau ni mantille, s’agenouillait par-terre à l’église et recherchait plutôt l’amitié des filles de classe pauvre.

A vingt ans, elle entra chez les Clarisses, en 1902.

Elle y fut infirmière, couturière, sacristine, puis conseillère de l’abbesse et maîtresse des novices. Elle se signalait pour sa prudence, son esprit de mortification, son grand amour pour la Sainte Vierge et l’Eucharistie, sa fidèle obéissance.

Par deux fois déjà, durant la République, elle dut quitter le monastère, mais sans conséquences à ce moment-là.

En revanche, en 1936, elle s’était réfugiée avec sa sœur María avec les Religieuses de la Doctrine Chrétienne, et partagea leur sort (voir la notice : Francesca Desamparados Honorata Lloret Martí).

Il y eut une étude faite sur son cadavre, d’où il résulte combien son martyre fut horrible, le 20 novembre 1936.

Milagros Ortells Gimeno fut béatifiée en 2001.

 

 

Teresa Jiménez Baldoví

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Isabel López García

1885-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

María Antonia Orts Baldó

1888-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Aurea Navarro

1889-1936

 

La date de sa naissance n’est pas certaine.

Elle dut naître à La Roda et entra chez les Sœurs de la Doctrine Chrétienne, à l’âge d’environ quarante-cinq ans.

Elle n’écrivit jamais rien sur son passé, qui avait dû être douloureux. On ne l’entendit jamais parler ouvertement non plus de sa famille, dont elle se sépara avec peine, pour suivre l’appel de Dieu. Seules ses Supérieures surent pourquoi elle voulait se consacrer et l’acceptèrent volontiers en 1934, à Valencia.

Vêtue en 1935, elle se montrait heureuse et discrète, toujours souriante.

Elle tint à prendre la nom de Tomasa, déjà porté par sa mère.

 

Voir aussi la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

 

 

Gertrudis Rita Floréncia Surís Brusola

1899-1936

 

Voir la notice : Francisca Desamparados Honorata Lloret Martí

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:00

 

19 NOVEMBRE

 

-V.

S Abdias, prophète.

II.

SS Severinus, Exuperius et Felicianus, martyrs près de Vienne.

III.

S Maximos, chorévêque et martyr à Césarée de Cappadoce.

S Barlaam, martyr à Antioche : il eut la main brûlée par les charbons ardents et l'encens qu'il refusa de faire brûler devant les dieux païens.

S Faustus, diacre à Alexandrie et martyr (peut-être le même qu'au 6 septembre).

S Citroine (Cydroine), prêtre en Loudunais (IV.?).

IV.

S Azas, martyr en Isaurie.

VI.

S Théodemir, abbé à Micy.

VII.

S Houardon, évêque à Saint-Pol-de-Léon, ami et protecteur de s. Hervé.

VIII.

Ste Ermenburge (Domneva, Ebba), mère des stes Mildburge, Mildred, Mildgyth et de s. Merefin, sœur des ss. Ethelred et Ethelbert, abbesse à Minster-in-Thanet.

S Eudo, abbé au Monastier.

Ste Medana, vierge martyre en Ecosse.

IX.

S Totto, abbé à Ottobeuren.

S Jacques, ermite à Sasseau, peut-être un soldat venu de Grèce.

X.

S Simone, abbé, puis ermite au Monte Mercurio en Calabre.

Ste Amalberge, abbesse à Susteren.

XIII.

Ste Mechtild de Hackeborn, mystique contemporaine de ste Gertrud, à Helfta.

XIV.

S Giacomo Benfatti, évêque à Mantoue, dominicain.

XX.

Bx Eliseo García y García (*1907), profès salésien, et Alejandro Planas Saurí (*1878), laïc coopérateur salésien, martyrs près de Barcelone en 1936, béatifiés en 2001 ; Alejandro resta laïc parce que, sourd, il ne pouvait émettre la profession…

Abdias, prophète

 

Les vingt-et-un versets du prophète Abdias en font le livre le plus court de toute la sainte Bible. Et saint Jérôme en dit qu’il est d’autant plus difficile qu’il est court (quanto brévius est, tanto difficílius).

En effet, on ne sait rien sur le prophète en question, ni sur son époque.

Le nom même du prophète pose des problèmes : il vaudrait mieux dire Abdiou, ou même Obdeiou, comme l’ont gardé les Anglo-saxons.

La période de l’activité de ce «petit prophète» n’est pas connue : elle pourrait se situer, pour les uns, au 9e, pour d’autres au 6e siècle.

Si Abdiou est rangé parmi les «petits prophètes», c’est justement en vertu de la brièveté de son message, comme les onze autres, dont les livres sont beaucoup plus brefs que ceux des quatre «grands prophètes».

Le texte se présente comme une «vision», une sorte d’extase, durant laquelle Abdiou a entendu un message divin, qu’il répète.

Cette vision accuse fortement le pays d’Edom, qui n’est pas venu au secours d’Israël, et même s’est réjoui des attaques dont il était victime, avant que la «vengeance» de Dieu s’enflamme contre lui.

On y a vu la rivalité héréditaire entre les deux frères Esaü et Jacob, et plus tard l’action dominatrice de la Rome païenne contre Israël.

Le livre d’Abdiou n’est jamais cité dans le Nouveau Testament. Parmi les Pères de l’Eglise, trois en particulier l’ont commenté : Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et saint Cyrille d’Alexandrie, qui penchent pour une interprétation historique du texte, rappelant la rivalité constante entre l’Idumée et Israël, puis la «punition» providentielle de l’Idumée, alliée de Babylone, ces deux dernières renversées par les Perses.

Ce renversement de situation, l’écrasement de l’Idumée, a finalement été interprété comme l’écrasement du diable par le Christ ressuscité (saint Hésychius de Jérusalem). Saint Jérôme enfin applique cette victoire finale à l’effacement des hérésies.

Saint Abdias est commémoré le 19 novembre au Martyrologe.

 

 

Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne

? 2. siècle

 

On ne sait pas à quand remonte le martyre de ces trois Saints.

Ils auraient été martyrisés à Brennier (Isère), et on les aurait longtemps ignorés.

Durant l’épiscopat de Paschasius (5.siècle), un sous-diacre nommé Tertius aurait eu révélation de leur sépulture.

Après une translation de leurs reliques, ils furent très honorés à Saint-Romans et les fidèles obtinrent beaucoup de grâces par leur intercession. On les appela les Trois Doms, les trois «seigneurs».

Ce qui restait de leurs reliques fut dispersé par les Huguenots en 1562.

Le Martyrologe Romain mentionne les saints Severinus, Exuperius, Felicianus de Vienne au 19 novembre.

 

 

Maximos de Césarée de Cappadoce

? 3. siècle

 

En ce jour du 19 novembre était commémoré un Maximus, prêtre, martyr sur la Voie Appienne, à Rome, sous Valérien (donc vers 255).

Les premières informations le concernant le disaient d’abord commentariensis, un secrétaire ; on en a fait ensuite un prêtre, sous Maximin (donc vers 310) ; puis les faits se sont transportés sous Maximien (donc fin 3e ou début 4e siècle, mais il ne semble pas que Maximien ait persécuté les Chrétiens ) ; on aurait jeté Maximos du haut d’un pont.

Mais une autre source le localisa à Césarée de Cappadoce (auj. Kayseri, Turquie centrale), et là notre Martyr est un chorévêque (missionnaire avec les pouvoirs d’un évêque).

Le Martyrologe Romain actuel a repris ces informations et mentionne saint Maximos de Césarée de Cappadoce au 19 novembre.

 

 

Barlaam d’Antioche

† 303

 

Barlaam était un homme simple, très chrétien, des environs d’Antioche de Syrie (auj. Antakya), peut-être un brave villageois, et d’un certain âge.

A cause de sa foi, on le garda longtemps en prison, où il se prépara par la prière à supporter tous les supplices que l’on voudrait lui infliger.

Quand on l’en tira, on l’amena devant une statue de dieu païen et on lui fourra de force dans la main des charbons ardents et de l’encens, qu’il devait offrir à cette statue. On espérait que Barlaam se serait tordu de douleur et qu’en retournant sa main, il aurait laissé s’échapper la fumée d’encens vers la statue ; mais le brave homme, courageusement, resta immobile.

Dans une homélie prononcée plus tard au jour anniversaire de cet événement, s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) prononça ces mots : On voyait s’élever deux fumées : l’une de l’encens qui s’allumait, l’autre de la chair qui se détruisait… Le corps se détruisait, mais la foi ne se perdait pas… Les charbons, après avoir troué la main par le milieu tombaient à terre…

Personne n’a dit que Barlaam eût été martyrisé ensuite. Il succomba peut-être des suites de ses blessures et sa constance lui valut de la part de l’Eglise le titre de martyr.

La date du martyre reste incertaine. S. Jean Chrysostome, qui s’exprime au lendemain de la fête de Barlaam, mentionne la proximité de l’été, ce qui conforterait un jour du mois de mai : certains ont effectivement daté l’événement du 30 mai. Le 19 novembre serait plutôt la date de la dédicace de l’église Saint-Barlaam à Constantinople.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Barlaam d’Antioche au 19 novembre.

 

 

Eudo du Monastier

† 720

 

Un monastère avait été fondé dans le diocèse du Puy par un certain Calminius, comte d’Auvergne, dont le nom avait été à l’origine de Calmiliacum, devenu ensuite Le Monastier.

Eudo (Eodo, Eudes, Audo), né à Orange, avait été archidiacre de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Moine à Lérins, il fut désigné par l’abbé, en 655, pour être le premier abbé de Calmiliacum.

Il excella vraiment dans sa mission, au point que les moines furent bientôt très nombreux.

Il aurait été l’oncle de Chaffre ou Théofrède (Theodfredus), qui lui succéda et dont le monastère prit ensuite le nom.

La communauté suivit d’abord la Règle de Lérins, puis adopta celle de s.Benoît (v. 21 mars).

On trouve aussi qu’Eudo aurait été évêque du Puy, mais il n’y a pas d’évêques de ce nom dans la liste épiscopale de ce diocèse. A cette époque, seul un certain Eusebius aurait un nom approchant celui d’Eudo, mais il n’a rien à voir avec lui.

Eudo mourut vers 720.

Saint Eudo du Monastier est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simone de Monte Mercurio

10e siècle

 

Simone était l’abbé d’un monastère situé sur le Monte Mercurio (Calabre, Italie S).

On sait qu’il fut envoyé en Afrique pour y racheter des moines capturés par les Arabes lors de leur récente incursion. Ce qu’on ne précise pas, c’est l’autorité qui lui confia cette mission ; les moines calabrais étaient de rit oriental, comme s.Nilo (v. 26 septembre) ou son disciple Bartolomeo de Grottaferrata (v. 11 novembre). Si ces monastères suivaient la Règle de s.Basile, ils restaient indépendants les uns des autres et n’appartenaient pas à quelque confédération, comme c’est le cas des moines Bénédictins en Occident. Ce n’est qu’au siècle suivant qu’intervint une réforme dans le sens d’une confédération des monastères, sur l’exemple de ceux du monde latin.

On pourrait donc supposer à juste titre que Simone, en tant qu’abbé, ait pris sur lui de se rendre personnellement auprès de l’autorité arabe pour solliciter la libération des moines captifs. Peut-être ces moines étaient-ils de son propre monastère et Simone pouvait les connaître nommément.

Quand il fut en Afrique (on ne nous dit pas non plus dans quelle région), il put retrouver ces moines. L’un d’eux lui raconta comment les Musulmans flagellaient leurs victimes, de façon répétée et extrêmement douloureuse, dans le but avoué d’affaiblir tellement les moines, qu’ils finissent par renier la foi chrétienne.

Simone pria Dieu d’intervenir : le bras du bourreau se paralysa sur le champ, à la grande stupeur de tous ceux qui assistaient à cette torture. Simone s’avança alors vers le bourreau et, d’un signe de croix, redonna vie au bras malade.

C’est alors que le chef arabe, témoin d’un tel miracle, libéra sans attendre tous les moines prisonniers.

Revenu en Calabre, ajoute brièvement la Vie de Simone, il conduisit alors la vie érémitique.

On pourra ici admirer l’esprit de détachement, d’humilité, de cet abbé. Plutôt que de reprendre sa place d’abbé - et risquer d’être fréquemment montré comme un thaumaturge, il se mit à l’écart, dans la solitude, pour prier et contempler.

Un vieux texte italien résume cette vie d’anachorète en disant que Simone fut admirable dans ses rudes pénitences.

De même qu’on ignore la date, même approximative, de la naissance de Simone, de même on en ignore celle de sa mort. Avec le Martyrologe, on le situe simplement au dixième siècle.

Saint Simone de Monte Mercurio est commémoré le 19 novembre dans le Martyrologe Romain.

Mechtild de Hackeborn

1241-1299

 

Mechtild était née à Helfta (Allemagne C) vers 1241, petite sœur de Gertrud (la Grande, v. 17 novembre), de famille noble.

Toutes les dates qu’on donne ici peuvent varier d’une année.

A sept ans, Mechtild fut confiée au monastère cistercien de Rodardersdorf et y reçut une culture très vaste, allant d’Origène à Thomas d’Aquin, de l’Ecriture à la liturgie.

Après que Gertrud devint abbesse à Helfta, Mechtild la rejoignit, en 1258. Elle dirigea l’école du couvent, fut maîtresse des novices. Elle eut en outre à diriger le chœur des moniales ; on disait que sa façon de diriger avait parfois de l’extatique.

Elle bénéficia en effet de visions, de révélations, d’expériences mystiques. Pendant longtemps, elle maintint secrètes ces grâces particulières, mais commença à s’en ouvrir vers 1290, et deux moniales recueillirent ses confidences. Une de ces deux-là fut très certainement Gertrud elle-même.

Le Livre de la Grâce Spéciale parle du culte envers le Sacré-Cœur, avec sa blessure d’amour, de l’Eucharistie, de la Liturgie, des Ames du Purgatoire. Mechtild savait parler des Ames du Purgatoire, par exemple de celle de son père.

Elle vivait intensivement la Passion de Notre-Seigneur ; elle se mettait des tessons dans le lit et s’y roulait jusqu’au sang en s’offrant pour le salut des âmes.

On rapporta aussi des cas de guérisons qu’elle aurait opérées, par exemple en rendant la vue à une moniale aveugle.

Les textes de Mechtild furent largement diffusés ; Heinrich Seuse et Johannes Tauler les lurent ; on les connut en Hollande, en Angleterre, en Suède.

Mechtld mourut le 19 novembre 1299, son dies natalis au Martyrologe.

 

 

Giacomo Benfatti

? - 1332

 

Né vers la moitié du 13e siècle à Mantoue (Italie N), de noble famille, Giacomo (Jacques) entra chez les Dominicains.

Il étudia à Paris, où il reçut le titre de maître en théologie.

Devenu conseiller du maître général des Dominicains, Nicola Boccasino, ce dernier, une fois devenu le pape Benoît XI, le nomma évêque de Mantoue en 1304.

Giacomo fut discret et prudent. Il se maintint à l’écart des luttes fratricides qui déchiraient les villes rivales d’Italie. 

Proche des pauvres, il fut leur père. Il s’occupa particulièrement des pestiférés et des malades.

Il connut Luigi Gonzaga (v. 20 juin), dont la famille habitait aussi près de Mantoue.

On connaît peu de choses sur l’épiscopat de Giacomo : en 1311, il assista au couronnement d’Heinrich VII comme roi d’Italie ; en 1312, il participait au concile de Vienne en Dauphiné ; en 1326, il administrait la Confirmation à Rome.

Il donna des statuts à la compagnie des Frères de la Miséricorde.

Au terme de ces vingt-huit ans d’épiscopat, Giacomo Benfatti s’éteignit à Mantoue le 19 novembre 1332.

Son culte commença dès sa mort, et s’amplifia encore lorsque trois siècles plus tard on découvrit le corps intact ; ce culte a été confirmé en 1859, ce qui correspond à une béatification.

 

 

Alejandro Planas Saurí

1878-1936

 

Alejandro Planas Saurí était né le 31 octobre 1878 à Mataró (Barcelone).

De naissance, il était sourd. Il apprit à s’exprimer, à parler un peu, et pouvait comprendre ce qu’on lui disait en lisant sur les lèvres.

A partir de 1905, il vécut chez les Salésiens à San Viçens dels Horts, où on le voyait prier avec grande ferveur, toujours disponible à aider les autres. Il était très cultivé, et en plus habile à sculpter.

Il ne fit pas la profession religieuse proprement dite, mais il se consacra privément.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder», jugeant trop rapidement que le pire était passé. Son confrère Eliseo venait le voir, pour lui apporter des vivres et surtout un soutien fraternel.

Ils furent arrêtés tous les deux. On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo et Alejandro furent béatifiés en 2001.

 

 

Eliseo García García

1907-1936

 

Eliseo naquit à El Manzano (Salamanque) le 25 août 1907, dans une famille d’agriculteurs, où naquirent quatre enfants. Les parents moururent en 1916.

Son frère aîné, Esteban, était entré chez les Salésiens et il le suivit, comme laïc coadjuteur. Il devait aussi le suivre dans le martyre (don Esteban fut assassiné le 24 septembre 1936, et béatifié en 2007).

Il fut d’abord à Campello (Alicante), où il fut déjà persécuté par les miliciens, qui connaissaient ses accointances avec les Salésiens.

Après avoir fait les vœux en 1932, à Gerona, il fut envoyé pour travailler au collège de San Viçens dels Horts, où il se trouvait au moment de la guerre civile.

En 1936, les Salésiens eurent leur maison de Barcelone incendiée, et celle de San Viçens fut réquisitionnée le 21 juillet. Le 25 juillet, on vint démonter la chapelle et y supprimer tout signe religieux.

Voilà les pauvres Religieux, avec leurs élèves, privés de leur oratoire. Mais on continua de prier, avec ferveur.

Le 12 novembre, arriva un ordre d’expulsion. Tous partirent, sauf Alejandro Planas qui, étant séculier, pensait pouvoir rester dans la maison pour la «garder». Eliseo allait le voir, pour lui apporter des vivres.

Il fut alors arrêté (ainsi qu’Alejandro). On ne sait rien de plus : on suppose qu’ils furent tous deux emmenés au Comité révolutionnaire, puis au Garraf, non loin de Barcelone, où ils furent fusillés. On n’a jamais retrouvé leurs cadavres, qui pourraient bien avoir été jetés en mer.

Le Martyrologe reporte leur martyre au 19 novembre.

Eliseo (et Alejandro) furent béatifiés en 2001.

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 00:00

 

18 NOVEMBRE

IV.

Dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome ; reconstruites, elles furent reconsacrées, la première ce même jour en 1626, l'autre en 1854 après un incendie.

S Romanus, diacre martyr à Antioche de Syrie ; sa langue coupée ne l'empêcha pas de parler ; les pieds écartés dans les ceps, il fut étranglé.

V.

S Oriculus, martyr près de Reims.

VI.

Ste Aude, vierge, disciple de ste Geneviève, fervente de l'Eucharistie.

S Thomas d'Emèse, moine en Syrie ; on avait mis d'autres corps dans son tombeau encore libre : on les retrouva hors du tombeau, signe qu'on lui devait une sépulture à part.

S Maudez, abbé breton ; il est invoqué contre tout ce qui rampe, serpents et vers.

S Patrocle, ermite dans le Berry et thaumaturge ; il n'avait pu s'accomoder de la vie commune des clercs à Bourges, et se retira à Néris, puis dans les environs.

S Romacharius, évêque à Coutances.

VIII.

S Fergus, évêque en Ecosse.

S Théofrède, abbé à Carméry et martyr des Sarrasins. Son monastère s'appela ensuite Saint-Chaffre.

IX.

S Tanguy, abbé en Bretagne ; ayant par erreur tué sa sainte sœur Haude, il aurait jeûné quarante jours et fondé un monastère à Relecq.

X.

S Odon, tourangeau, moine à Baume-les-Messieurs, puis abbé de trois monastères, dont Cluny, mort au jour octave de s. Martin.

XVII.

B Leonardus Kimura, frère coadjuteur jésuite, martyr brûlé vif à Nagasaki avec les bx. laïques Domingos Jorge (portugais époux d'une japonaise), Cosmas Takeya Sozaburo (coréen), Ioannes Yoshida Shoun, teinturier, et Andreas Murayama Tokuan ; ces laïques faisaient partie de la Confraternité du Rosaire.

XIX.

Ste Rose-Philippine Duchesne, missionnaire française des Dames du Sacré-Cœur, à Saint Charles Missouri ; elle inaugura encore une école chez les Potawatomis (Kansas) à soixante-douze ans ; canonisée en 1988.

XX.

B Ferdinando Santamaria (Grimoaldo de la Purification, 1883-1902), jeune passionniste italien frappé de méningite foudroyante, béatifié en 1995.

Bse Karolina Kozka (1898-1914), jeune martyre polonaise, victime de sa pureté, béatifiée en 1987.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1998 :

Visitandines : à Madrid, Amparo Hinojosa Naveros (María Gabriela), Carmen Barrera Izaguirre (Josefa María), Laura Cavestany Anduaga (Teresa María), Martina Olaizola Garagarza (María Angela), Josefa Joaquina Lecuona Aramburu (María Engracia), Inés Zudaire Galdeano (María Inés) (*1872, 1881, 1888, 1893, 1897, 1900) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Cartagena, José María Cánovas Martínez (*1894) ;

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Vidal Luis Gómara (*1891) ;

Lasalliens : près de Cartagena, Esteban Anuncibay Letona (Ovidio Bertrán), Germán García y García (Luciano Pablo), Modesto Sáez Manzanares (Hermenegildo Lorenzo), Augusto Cordero Fernández (Estanislao Víctor), Emilio Martínez de la Pera Álava (Lorenzo Santiago) (*1892, 1903, 1903, 1908, 1913).

 

Romanus de Césarée de Palestine

† 303

 

Romanus était de la région de Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël) - ou appartenait à une grande famille d’Antioche.

Il était diacre et exorciste.

En 303, parut l’édit de Dioclétien contre les Chrétiens. Romanus vit à Antioche de nombreux Chrétiens prêts à apostasier, et chercha de toutes ses forces à les convaincre de rester fidèles au Christ.

Il fut bientôt conduit au juge, qui le condamna à la peine du feu. Mais on devait attendre la décision suprême de Dioclétien, qui devait passer à Antioche.

L’empereur, courroucé par l’attitude de Romanus, préféra lui faire couper la langue, supplice qui fut exécuté par un médecin.

Mais la merveille est que, même blessé de la sorte, Romanus put encore parler.

Une version un peu édulcorée rapporte que Romanus aurait demandé de faire venir n’importe quel enfant de la place publique, pour confirmer la Foi chrétienne, et le petit Barulas confessa la Foi dans le Dieu unique. L’enfant fut décapité et Romanus aurait eu alors la langue coupée, avant d’être étranglé.

Dans les deux versions, on retrouve le miracle de la langue coupée. Saint Jean Chrysostome affirma qu’alors on avait pu supprimer la langue de Romanus, mais pas sa voix !

A ce moment-là, beaucoup de Chrétiens bénéficièrent d’une amnistie concédée par Dioclétien en l’honneur du vingtième anniversaire de son accession au trône, mais Romanus ne fut pas libéré. Au contraire, on lui mit les deux pieds dans les ceps écartés jusqu’au cinquième trou et c’est dans cette  douloureuse position qu’il fut étranglé.

On a vu que le 17 novembre étaient morts les deux Martyrs Alphæus et Zachæus ; Romanus mourut le lendemain, 18 novembre 303.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Césarée au 18 novembre.

 

 

Romacharius de Coutances

† 600

 

Un document non confirmé a prétendu que Romacharius (ou Rompharius, en français Romphaire) venait de Grande-Bretagne et aurait résidé à Barfleur (Manche).

Il fut le sixième évêque de Coutances, probablement de 566 à 600.

On ne connaît que peu de choses sur le temps de son épiscopat, qui dura tout de même trente-quatre années environ.

Il se trouva à Nantes aux côtés de s.Euphrone de Tours (v. 4 août) pour la dédicace d’une église.

Quand l’évêque métropolite de Rouen, Prétextat, fut assassiné sur l’ordre de la reine Frédégonde (14 avril 586), c’est Romacharius qui présida aux funérailles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romacharius de Coutances au 18 novembre.

 

 

Maudez de Lanmodez

6e siècle

 

Maudez (vieux celtique Magu-Tid, serviteur de Dieu) passe pour être d’origine irlandaise, comme son nom ne l’indique pas. En gallo, on l’écrit Maudé ou Maudet, en breton Maodez ou Modez, en cornique Mawes.

On le disait benjamin des dix fils du roi Ercleus et de la reine Getuse ; de ces dix enfants, on parle aussi de Juvelte (ou Juvette).

A sept ans, il fut confié à un monastère, où il reçut le sacerdoce dix ans plus tard (sans doute un peu plus, car jamais l’Eglise n’ordonne un prêtre à dix-sept ans).

Etant revenu à la cour de son père, il s’efforça d’en réformer les mœurs et d’y prêcher l’Evangile ; mais il préféra quitter ce monde de vanités pour s’isoler avec Dieu.

Il rejoignit la côte armoricaine, rencontra s.Samson dans son monastère, s.Ruelin au monastère de Tréguier : il s’établit non loin, dans la solitude appelée plus tard Lanmodez, où de nombreux pèlerins et malades vinrent le consulter, lui demander de l’aide spirituelle et matérielle ; les sourds, les aveugles, les paralytiques s’en revenaient guéris.

Il aurait ensuite fondé un monastère sur l’ile Gueit Enez (plus tard Gueldenes, act. île Maudez), où l’auraient rejoint s.Budoc et s. Tudy ou Tugdual (v. 30 novembre).

Comme s.Patrice en Irlande (v. 17 mars), il chassa de l’île les serpents ; on trouve encore sur l’île un monument appelé Forn Modez (four de Maudez).

Maudez mourut très probablement au 6e siècle.

Sa réputation fut immense ; c’est peut-être le Saint le plus populaire après s.Yves (v. 19 mai). Des reliques de lui, apportées près de Paris, donnèrent naissance à la ville de Saint-Mandé. On allait souvent gratter de la terre ou de la poussière à son tombeau, qu’on dissolvait dans de l’eau, pour guérir des vers. Successivement, on invoqua s.Maudez contre les morsures de serpents, les fièvres infantiles, les maladies des yeux, les furoncles, les maux de pieds.

On vénère aussi localement sa sœur «sainte Juvette», responsable elle aussi de nombreux miracles.

Saint Maudez de Lanmodez est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain, donc tout-à-fait reconnu par l’Eglise.

 

 

Patrocle, ermite

500-576

 

Patrocle naquit vers 500 (ou un peu avant) dans le Berry, fils d’Ætherius et frère d’Antonius.

Tandis que Patrocle devait garder les brebis, Antonius allait à l’école ; un jour, ce dernier fit valoir à son frère de s’éloigner, n’étant qu’un paysan bon à garder les brebis. Patrocle ne s’en offensa pas, mais il reçut la remarque comme une invitation de Dieu à apprendre lui aussi à lire et à écrire. Bientôt, il dépassa son frère, qui désormais disparaît de notre histoire.

Il y avait alors dans l’entourage du roi Childebert un certain Nunnion, qui lui recommanda Patrocle. On ne sait comment ils se connurent, mais Patrocle vécut quelque temps à la cour.

Quand il eut quarante ans environ, son père mourut et il revint au pays berrichon. La brave veuve espérait que son fils allait se marier et l’assister dans ses vieux jours, mais Patrocle ressentait en son cœur un autre appel. Il alla auprès de l’évêque de Bourges, Arcadius, qui le tonsura, l’admit dans le clergé et bientôt l’ordonna diacre. Que fit donc la maman, l’histoire ne nous le dit pas : la Vita se concentre sur les faits et mérites de notre Héros, sans s’étendre sur les décors de l’histoire.

Patrocle eut à partager la vie des autres clercs. Mais son esprit était «ailleurs» : il oubliait l’heure du repas, et puis il ne buvait pas de vin ni de bière, ne se servait pas de ragoût et préférait le pain trempé dans l’eau ; et puis il ne dormait pas, ou très peu, pour veiller et prier ; et puis il portait un cilice sous sa tunique ! L’archidiacre réprimanda Patrocle : ou tu fais comme tout le monde, ou tu t’en vas.

Sans s’émouvoir, Patrocle comprit qu’il devait aller ailleurs. L’évêque cependant l’ordonna prêtre. Patrocle alla se fixer à Néris (Allier), où il se construisit un oratoire, avec des reliques de s.Martin (v. 11 novembre) et ouvrit une école. Mais il se mit à faire des miracles, à guérir des infirmes, ce qu’il n’avait pas prévu et qui dérangeait passablement son humilité ; où aller ?

Patrocle recourut à un saint stratagème : il écrivit sur autant de petits billets toutes les solutions qu’il pouvait envisager pour sa vie, les déposa sur l’autel et se mit en prière, pendant trois jours et trois nuits ; le billet qu’il «choisit» alors était celui de l’ «ermite».

Il remit sa maison à quelques religieuses et se mit en route ; il ne prenait avec lui qu’une bêche et une hache à deux tranchants : ce qu’il lui faudrait pour se construire une cabane dans la forêt et entretenir un jardinet. L’endroit où il s’arrêta s’appelait Mediocantus (auj. La Celle).

Allait-il connaître le silence de la solitude ? Les foules ne tardèrent pas à le retrouver, à lui amener des malades, des possédés, que Patrocle guérissait ; il pria ainsi trois jours et trois nuits avant de délivrer un possédé.

Le Diable intervint aussi. Il insinua dans le cœur de Patrocle l’idée de retrouver le monde. Patrocle pria ; un ange le fit monter sur une haute colonne, d’où il apercevait tous les vices des hommes, et Patrocle comprit que le Diable cherchait seulement à lui faire quitter sa sainte solitude.

Puis Patrocle construisit un monastère à Colombier, établissant là une communauté avec son abbé, dans l’espérance de pouvoir désormais vivre en solitaire dans la prière. Il passa dix-huit ans dans la solitude, annonça aux moines sa prochaine mort et s’éteignit saintement le 18 novembre, vers 576.

Le prêtre de Néris, qui l’avait bien connu, voulut enlever le corps de vive force et s’en vint avec quelques clercs ; mais en arrivant, il vit le linceul resplendir d’une blancheur si éclatante que, terrifié, il changea d’idée et aida plutôt les moines à transporter le corps de Patrocle à Colombier, où les miracles reprirent : deux femmes aveugles recouvrirent la vue.

L’ermite saint Patrocle est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théophrède de Villa Carmely

† 732

 

Théophrède (Theofredus) était le fils de Leufredus, préfet d’Orange et le neveu d’Eudes, abbé à Saint-Pierre de Calmiliac (ou Carméri, Haute-Loire).

Le latin Thictfridus a donné Théofrid (ou Théophrède), Théoffroy, Tchaffré, d’où Chaffre, nom sous lequel est mieux connu Théophrède.

Moine de cette abbaye, il y fut en quelque sorte l’hôtelier, chargé d’accueillir les gens du dehors, comme s.Ménelé (v. 22 juillet). Il fut sans doute aussi cellérier, veillant sur tous les besoins des moines.

A cette époque lointaine, les femmes étaient exclues de l’église du monastère ; Théophrède leur obtint la permission de se rassembler au moins devant la porte, pour recevoir la bonne Parole.

Il succéda à Eudes comme abbé.

Lors d’un invasion de Sarrasins, Théophrède ordonna au moines d’aller se réfugier dans la forêt proche, tandis qu’il restait seul dans l’abbaye. Les envahisseurs le trouvèrent prosterné dans la sanctuaire ; ils le flagellèrent cruellement et le laissèrent moribond. Le lendemain, ils furent bien surpris de le voir redressé et l’entendre leur parler de Dieu. Ils le blessèrent de nouveau, à la tête. Une forte tempête les mirent en fuite avant qu’ils eussent le temps d’incendier le monastère.

Théophrède mourut peu après, en 728 ou 732.

Autour du monastère, s’est développée la ville de Monastier-sur-Gazeille.

Saint Théophrède de Carméri est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Odon de Cluny

879-942

 

Odon naquit en 879 dans la région de Tours, d’Abbon, un père aussi instruit que pieux, de noble famille militaire franque.

Abbon connaissait les anciens historiens et le Droit comme tout juriste consciencieux. Il désirait ardemment un fils et, une nuit de Noël, supplia le Ciel d’accorder enfin un enfant à son épouse, stérile jusque là ; l’enfant naquit bientôt, et Abbon l’offrit à s.Martin.

Odon étudia auprès d’un prêtre du domaine d’Abbon. Ce prêtre vit en songe s.Pierre et s.Paul lui réclamer Odon pour l’Orient (l’Orient mystique, le Christ). Mais Abbon commença à diriger son fils vers la carrière des armes. De 893 à 896, Odon vécut chez Guillaume, duc d’Aquitaine, où il devint très habile dans l’art de la chasse.

Déçu de ce temps perdu, Odon pria Dieu une nuit de Noël (comme son père dix-sept ans plus tôt). Il tomba malade et Abbon se rappela son vœu. Il laissa Odon suivre sa vocation.

Odon fut tonsuré en 899.  On lui confia une prébende canoniale à Tours et il intensifia ses lectures tant spirituelles que profanes. Après Priscien, il s’attaquait à Virgile, lorsqu’il eut une vision ou un songe, où il se voyait mourant de soif sur le point d’empoigner une belle amphore, d’où s’échappèrent des serpents. Il comprit que ces lectures n’étaient plus faites pour lui et se plongea dans l’Ecriture sainte.

Il partit étudier à Paris, puis revint à Tours. Après avoir rédigé une compilation des Pères sur les livres des Rois, il condensa les Morales de s.Grégoire sur Job.

A cette époque, beaucoup de monastères avaient été pillés (sinon pas détruits) par les envahiseurs normands, et ceux qui restaient étaient en grande décadence. En attendant de trouver un havre, Odon vivait intensément une vie d’ermite, priant la nuit au tombeau de s.Martin, ou bien, s’il dormait, il s’étendait sur une simple natte et tout habillé.

Il entendit parler de l’abbaye de Baume-les-Messieurs (Jura, à ne pas confondre avec Baume-les-Dames, Doubs), dirigée par l’abbé Bernon. Il s’y rendit avec les cent ouvrages de sa petite bibliothèque.

Odon se montra particulièrement soumis à la Règle. En voici deux exemples.

Il était coutumier que, la nuit, le père maître accompagnât avec une chandelle tout moine qui aurait dû se relever. Odon, trouvant que la chandelle du dortoir était suffisante, ne fit pas appel au père maître… et fut pour cela excommunié. Il se soumit humblement sans rien dire ; Bernon en fut très impressionné et n’aima que plus son jeune moine.

En fin de repas, on devait ramasser les miettes de sa place à table et les avaler avant le signal de la fin du repas ; Odon, distrait, les garda un jour dans sa main et donc ne pouvait plus les avaler après le signal ; ouvrant la main, il la vit pleine de perles précieuses. On les utilisa pour un ornement liturgique.

A Baume, Odon dut s’occuper de la schola, de l’instruction des plus jeunes. Ceux-ci n’étaient pas toujours délicats envers lui, et il les supporta longtemps patiemment.

Un soir qu’il était de passage dans un château, la fille du seigneur vint le supplier de l’aider à échapper à un mariage auquel on voulait la forcer ; après réflexion, Odon l’emmena jusqu’au monastère, la fit recevoir et lui portait à manger chaque jour ; il lui lisait des Vies des Pères ; la jeune fille devint moniale et mourut dans une vision où s.Paul l’invitait aux noces célestes.

Vers 910, Odon fut ordonné prêtre.

Avant de mourir (927), Bernon fit choisir Odon pour lui succéder. Les évêques présents pour ce choix menacèrent Odon d’excommunication s’il refusait d’accepter.

Odon s’installa alors à Cluny, qui dépendait de Baume. Mais comme de nombreux monastères d’Occident dépendaient de Baume, Odon, par son action paternelle et réformatrice, fut pratiquement à la tête de tout l’Occident. Il fut en outre très apprécié et aidé par les rois, les évêques et les seigneurs, qui le connaissaient depuis longtemps.

En 931, il mit tout l’Ordre sous la dépendance directe de saint Pierre et du Pape.

En 936, il tenta à Rome de réconcilier le prince Alberico avec le roi des Lombards Ugo, sans vraiment aboutir à une paix stable, mais les deux ennemis furent au moins d’accord pour admirer les vertus d’Odon. Celui-ci fut alors nommé archiabbé de tous les monastères romains.

Mais c’est à Rome qu’il contracta cette mystérieuse maladie que son biographe décrit comme un feu glacé (frigidus ignis) : Odon cuisait littéralement dans une enveloppe glacée.

Il put revenir à Tours pour la fête de s.Martin, 11 novembre 942, et mourut en l’octave de cette fête, le 18 novembre 942 (à moins qu’il faille retarder l’événement à 948).

Odon attira à la vie monastique ses chers parents. C’était un homme sympathique, toujours enjoué, dans une grande simplicité. Il gagna au Christ des brigands.

Il laissa aussi un œuvre écrit très abondant, où l’on trouve des expressions savoureuses, et des néologismes qui montrent la vaste érudition de l’Auteur. Quelques citations.

- Combien il vaudrait mieux soigner la beauté de l’âme ! Car la beauté physique consiste uniquement dans la peau. Car si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, comme font les lynx de Boetia, paraît-il, la vue des femmes les dégoûterait. Ce décor est à base de glaire, de sang, d’humeur, de fiel. Considérez ce qui se cache dans les narines, la gorge, le ventre : que trouvez-vous ? de l’ordure. Et si l’on ne peut souffrir de toucher, même du bout des doigts, de la glaire ou de la fiente, comment se fait-îl que nous désirions embrasser un sac à fiente ?

- Les fidèles tirent plus de profit des exemples que des paroles. Le prédicateur doit confirmer sa parole par sa pratique.

Dans la catégorie des nombreux néologismes :

- le mot grec ekaton pour le latin centum

- Noé est qualifié de naustologus, «maître navigateur»

- eumorfus pour pulcher

Saint Odon de Cluny est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

Leonardus Kimura

1575-1619

 

Leonardus Kimura était né vers 1575 à Nagasaki (Japon).

Il était le frère (ou cousin ?) de Sebastianus Kimura (voir au 10 septembre) et d’Antonius Kimura (voir au 27 novembre).

Elevé dans la foi chrétienne, grâce aux missionnaires jésuites, il devint à son tour catéchiste, puis fut admis dans la Société de Jésus comme Frère : il fut cuisinier et tailleur.

Quand les autorités expulsèrent les missionnaires, lui resta sur place et continua de catéchiser en secret ; vêtu élégamment, il passait inaperçu, jusqu’au jour où la police le découvrit au milieu d’une petite communauté chrétienne, en décembre 1616.

Il fut arrêté, mais on était loin de soupçonner qu’il était lui-même jésuite. Le juge lui proposa une forte somme d’argent, en échange de l’indication d’un seul prêtre catholique. Mais quelle ne fut pas sa surprise d’entendre la réponse de Leonardus : Je connais bien un Jésuite, mais c’est un frère, pas un prêtre. Ce frère, c’est moi.

On le jeta en prison. Là, Leonardus continua son apostolat, amena à la conversion d’autres prisonniers et même des gardiens. Il maintenait sa vie de Religieux, avec une heure de méditation matin et soir.

On le condamna à mourir par l’asphyxie lente près des flammes.

Leonardus fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Andreas Murayama Tokuan

?-1619

 

Andreas Murayama Tokuan était né à Nagasaki (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut dénoncé pour avoir hébergé un missionnaire, et arrêté le 15 mars 1619.

Condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes, il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Cosmas Takeya Sozaburō

?-1619

 

Ce Cosmas Takeya Sozaburō est différent d’un autre Cosmas, Takeya tout court, martyrisé en 1597 (v. 5 février).

Il était né en Corée.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mort par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Domingos Jorge

?-1619

 

Domingos Jorge était né à San Román (Aguiar de Sousa, Porto, Portugal).

Il avait épousé une Japonaise.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Yoshida Shōun

?-1619

 

Ioannes Yoshida Shōun était né à Miyako (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 14 mars 1619, en compagnie du père Alonso de Mena (v. 10 septembre) et pour cela condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

 

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

 

 

Ferdinando Santamaria

1883-1900

 

Aîné des cinq enfants de Pietro Paolo Santamaria et Cecilia Ruscio, Ferdinando naquit le 4 mai 1883 à Pontecorco (Frosinone, Italie centrale) ; il fut baptisé le lendemain, et confirmé cinq mois plus tard.

Les parents étaient de fervents chrétiens et travaillaient le chanvre.

L’enfant reçut la Première communion «prématurément» pour l’époque : à huit ans. C’était déjà un signe de Dieu.

Il fut enfant de chœur, et pleurait lorsque le travail l’empêchait de se rendre à l’église. En prière, il était tellement pris par sa prière, que c’est le sacristain qui pleurait d’émotion à le voir.

Si le papa désirait beaucoup lui remettre la boutique, le curé voyait en Ferdinando une belle vocation en perspective. D’ailleurs, quand on rapporta au papa que son garçon était en extase devant le tableau de la Sainte Vierge, il n’en fut pas étonné.

Il priait entre autres pour que ses camarades devinssent meilleurs, il leur enseignait le catéchisme ; il les invitait à venir à la messe.

Il s’imposait des pénitences, agenouillé sur des grains de maïs ou de petits cailloux, laissant à table le meilleur pour les autres. Il répétait qu’il était né pour ça.

Rien d’étonnant ainsi, qu’il fût attiré par l’idéal des Pères passionistes voisins. Il voulut y entrer, mais son père retarda ce choix en lui demandant d’assumer le travail de la boutique, puisqu’il était l’aîné des enfants. Il l’envoya même avec cheval et charrette pour vendre les cordes sur les marchés alentour, espérant qu’il changerait d’idée. Il lui imposa de sévères pénitences, mais rien n’y fit. Le papa l’empêcha même de rentrer pour dormir ; mais peu à peu, il se rendit à l’évidence. C’est même lui qui accompagna son grand garçon chez les Passionistes.

On signalera un seul cas où Ferdinando désobéit : il devait aller chercher son papa, mais n’y alla pas, de peur d’entendre son père blasphémer.

Il entra donc au noviciat de Paliano (Frosinone) en 1899, et prit le nom religieux de Grimoaldo de la Purification. Saint Grimoaldo est le Saint patron de son village natal.

Après la profession, il fut à Ceccano pour les études, qu’il affronta avec ferveur, recevant humblement les conseils d’un Condisciple, pour pallier aux lacunes de sa première instruction. Il se montrait toujours joyeux.

Il avait une particulière dévotion à un autre jeune Passionniste, mort en 1862 (voir au 27 février), Gabriele de l’Addolorata.

C’était une force de la nature, plein de santé. Mais le 31 octobre 1902 il sentit brusquement des douleurs, des vertiges : une méningite aiguë.

Grimoaldo ne perdit pas sa joie, au contraire il fut de plus en plus resplendissant au fur et à mesure que la maladie le minait.

Il mourut le 18 novembre 1902, n’ayant pas même vingt ans.

Il apparut peu après à ses parents, pour les réconforter, de sorte qu’eux aussi restèrent dans la joie d’avoir eu un tel fils.

Ferdinando-Grimoaldo fut béatifié en 1995.

 

 

Karolina Kózkówna (Kózka)

1898-1914

 

Cette jeune fille naquit le 2 août 1898 à Wal-Ruda (Tarnow, Pologne), quatrième des onze enfants de Jan et Maria Borzechka Kózka, des paysans très chrétiens, si pieux qu’on appelait leur maison la petite église.

Karolina grandit dans l’amour de Dieu, de la Sainte Vierge et la pratique des vertus. La Sainte Vierge, elle l’appelait Ma mère de Dieu ; c’était une fille douce, aimable, modeste et correcte, qui méritait bien d’être surnommée par les voisins un vrai ange.

Elle donnait volontiers son temps pour faire du bien autour d’elle ; à la paroisse, c’était une animatrice. On l’entendait dire : Travaillons et ne perdons pas de temps, parce que Jésus nous aime.  

Lors de l’invasion des Russes, au début de la Première guerre mondiale, l’armée occupa le village ; les soldats furent laissés à eux-mêmes et s’autorisèrent toutes les licences.

L’un d’eux fit des avances à Karolina, qui refusa.

Le soldat enleva l’adolescente - elle avait seize ans -, alla se cacher dans le bois et tenta de la violer. Karolina se débattit, hurla : le soldat l’assassina.

C’était le 18 novembre 1914.

Comme Marietta Goretti (6 juillet), comme Pierina Morosini (6 avril), comme Albertina Berkenbrock (15 juin), Karolina fut une nouvelle martyre de la pureté, préférant la mort pour rester fidèle au Christ.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

Amparo de Hinojosa Naveros

1872-1936

 

Amparo naquit le 24 juillet 1872 à Alhama (Granada, Espagne), petite benjamine de Juan et Manuela, qui avaient déjà des garçons majeurs.

A sept ans, elle fut orpheline, et prise en charge par son frère aîné Eduardo, à Madrid. La petite fille ne posaite pas de problème, car elle était joyeuse et affectueuse. 

Elle se consacra bientôt à la Sainte Vierge.

En pèlerinage à Lourdes, à quinze ans, elle sentit l’appel à la vie religieuse, mais son grand frère lui suggéra d’attendre un peu, car elle était encore trop jeune.

Elle entra en 1891, à dix-neuf ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. La séparation coûta autant aux siens qu’à elle-même, mais l’appel était plus fort que le sentiment, et Amparo s’appliqua à vivre cet idéal à la perfection. Son amour de l’Eucharistie était communicatif.

Elle prit le nom de María Gabriela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Gabriela fut alors nommée supérieure du groupe des sept Religieuses qui restaient à Madrid. 

Elles vécurent en réalité dans un souterrain voisin du monastère, à partir du 18 juillet. Mais, trahies, elles furent dénoncées aux révolutionnaires. Après plusieurs perquisitions, elles furent emmenées, le 18 novembre, pour être fusillées.

Au moment de monter en voiture, on les vit faire le signe de croix, mais les badauds les huèrent et demandèrent leur mort.

Les derniers mots qu’on put connaître de Amparo, furent : Nous sommes en train de prier, remerciant Dieu parce que notre heure est arrivée.

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936, sauf une qui s’échappa, mais fut à son tour exécutée le 23 novembre (voir la notice de Felícitas Cendoya Araquistain).

María Gabriela-Amparo, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Carmen Barrera Izaguirre

1881-1936

 

Carmen naquit le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruña, Espagne), aînée des cinq enfants de Emilio et María. Le papa était commandant de Marine.

L’éducation se partagea entre la faiblesse du père, qui lui passait tous ses caprices, et la mère qui, au contraire, lui enseignait à les combattre. Un peu paresseuse, elle n’aimait pas aider sa mère dans les travaux de la maison.

Carmen avait tout de même de grandes qualités, toujours souriante et tranquille ; sa nourrice lui disait : Il n’y en a pas deux comme toi, compliment bien inutile pour former une petite fille…

Très tôt elle désira entrer au Carmel (son prénom l’y portait), et elle s’habillait souvent en moniale : elle se mettait les bras en croix devant la glace et, satisfaite, se croyait déjà devenue sainte Thérèse.

Elle entra finalement en 1918, à trente-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Désormais mûre et réfléchie, elle regretta beaucoup sa vie vaniteuse d’avant.

Elle prit le nom de Josefa María.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Josefa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

Sa famille lui proposa de revenir à la maison, mais elle répondit : Toutes les sept, nous avons promis à Jésus de ne pas nous séparer. Si nous devons verser notre sang pour sauver l’Espagne, nous demandons au Seigneur que ce soit le plus tôt possible.

Elle qui avait dit, toute jeune, qu’elle n’était pas taillée pour le martyre, elle se trouva à présent toute remodelée pour ressembler au Christ.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Le visage de Josefa fut complètement défiguré par les balles.

Josefa María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Laura Cavestany Anduaga

1888-1936

 

Laura naquit le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix, Espagne), de Juan Antonio, auteur et poète très connu, et Margarita, une femme forte et accomplie, qui mit au monde seize enfants.

La jeune fille avait tout pour réussir dans le monde, mais préféra épouser Jésus-Christ.

Elle entra en 1914, à vingt-six ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Elle prit le nom de Teresa María.

Son enthousiasme s’exprime dans ce mot qu’elle écrivit le jour de sa prise d’habit : Je n’ai plus qu’un seul désir, insatiable, immense, le désir, la soif de Dieu ! Dieu seul !

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Teresa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Selon ses propres expressions, Teresa accepta la grâce du martyre comme trop grande, trop heureuse.

Les sept Religieuses furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Teresa María, ainsi que ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Vidal Luis Gómara

1891-1936

 

Vidal (Vital) naquit le 3 novembre 1891 à Monsagro (Salamanque, Espagne), fut baptisé le 8 suivant et confirmé le 8 mai 1896, selon des habitudes de cette époque.

Dès l’école primaire, il se fit remarquer pour ses dons dans la calligraphie, les mathématiques et le dessin.

Ayant connu les Dominicains, il fut reçu à l’école apostolique de Corias (Asturies). Il y prit l’habit dominicain en 1907, et fit la profession l’année suivante.

Après la philosophie, il alla à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1915.

Un détail important de sa Première messe est à noter ici : il eut la permission de célébrer devant le Saint Sacrement exposé (ce qui, normalement, ne se fait pas), et s’offrit en victime d’expiation pour les blasphèmes et les sacrilèges commis envers la Sainte Eucharistie.

Il fut envoyé au collège de Villava (Navarre) et commença un ouvrage sur Les Dominicains et l’art. 

Il apporta son concours dans l’heureuse fusion des Dominicaines de Villava avec la congrégation de la Sainte Famille (fondée aux Canaries par José Cueto).

En 1928, il passa au collège de Vergara (Guipúzcoa), où il publia d’autres ouvrages.

En 1928, on le vit au couvent de Madrid, où il s’occupa particulièrement des jeunes.

En 1935, on l’envoya à Salamanque, avec la mission de restaurer le sanctuaire de la Peña di Francia.

Le 17 juillet 1936, il voyagea à Madrid : ce fut le commencement de sa passion. En effet, devant reprendre l’autocar pour Salamanque, il donna son billet à quelqu’un qui n’en avait pas, pensant en acheter un autre le lendemain. 

Mais le lendemain, il n’y eut pas d’autocar. Pendant une quinzaine de jours, il erra, dormant même sur les bancs publics avant d’être finalement accueilli dans une maison où il put célébrer la Messe chaque jour. Il en profita pour porter l’Eucharistie à d’autres victimes de la persécution. 

On lui proposa d’être protégé dans une des ambassades, mais il refusa, estimant que c’était un honneur de mourir durant le service sacerdotal. Il continua à secourir ainsi d’autres Chrétiens.

Le 4 octobre, on l’arrêta et il reconnut sa qualité de dominicain. On le conduisit au Commissariat, et le 9 octobre à la Direction Générale de Sécurité. Le 10, il se trouvait dans la prison Modelo, où il se recueillit dans la prière, le chapelet et la méditation.

On le tortura avec la pointe d’un canif. 

Le 15 novembre, on le transféra à la prison de Porlier.

On le fusilla au lieu-dit Paracuellos del Jarama (Madrid), le 18 novembre 1936.

Vidal Luis Gómara fut béatifié en 2007.

 

 

Esteban Anuncibay Letona

1892-1936

 

Né le 26 décembre 1892 à Mijancas (Álava), Esteban reçut le nom du Saint du jour (Etienne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1908, reçut l’habit en 1909 et prit le nom de Ovidio Bertrán.

Il fut peu de temps renvoyé chez lui pour un problème de santé, et revint en 1910, fit la profession en 1911 à Bujedo, et fut envoyé à Madrid où il fit la profession perpétuelle.

Il fut nommé directeur de l’école de Chiclana, puis de Puente Vallecas, qu’il dut abandonner en 1931, lorsque les révolutionnaires y mirent le feu.

Puis il fut directeur à San Fernando (Cadix), Sevilla et finalement Lorca.

Le 30 juillet 1936, de mystérieux «Travailleurs de l’Enseignement» vinrent réquisitionner l’établissement de Lorca. Le Frère appela l’avocat pour traiter. Mais ceux qui revinrent «traiter» furent vingt miliciens.

Le 1er août, ils emmenèrent les cinq Frères en prison (où une pieuse femme avec ses filles leur portèrent chaque jour leur repas). Les Frères priaient ensemble le chapelet, le Chemin de Croix, et écrivaient des lettres, qui furent détruites par les gardiens.

Le 30 septembre, un tribunal les mit en liberté, car il n’y avait aucune charge contre eux. Mais le 2 octobre, on les reprit, car ils étaient dangereux. 

Le 18 novembre à cinq heures du matin, on les appela, on les ligota, les fit monter en camion pour aller faire une déclaration (à cette heure-là ? !), en réalité pour les emmener à une ancienne mine de soufre de plus de cent mètres de profondeur. On les fit asseoir, toujours attachés ; ils priaient. 

Un peloton reçut l’ordre de tirer, puis leur chef leur donna le coup de grâce dans la tête. Quelques miliciens se seraient même mis à danser sur les corps et à les piétiner. 

Puis ils les tirèrent par les pieds et les jetèrent au fond du puits, certains que les Catholiques ne viendraient pas les y chercher.  Le puits s’appelle maintenant Puits des Martyrs.

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, le Frère fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Martina Olaizola Garagarza

1893-1936

 

Martina naquit le 12 novembre 1893 (et non 1913) à Azpeitia (Guipuzcoa, Espagne), benjamine  des huit enfants de José Ignacio et Justa, qui la firent baptiser le jour-même.

En 1918, à vingt-cinq ans, elle s’agrège au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, comme sœur externe.

Elle prit le nom de María Ángela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Ángela María fut retenue, pour son intelligence et son humilité, pour être des sept qui restaient à Madrid. 

Son frère Justo, étonné de voir la paix qu’elle conservait dans ces circonstances, lui proposa de venir chez lui, loin du danger, mais elle répondit : Ma place est ici, et que la volonté de Dieu s’accomplisse.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

María Ángela, qui désirait tant rester cachée, le resta aussi après la mort : on n’a conservé presque rien d’elle, et on n’a pas même retrouvé son corps.

María Ángela, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

José María Cánovas Martínez

1894-1936

 

José naquit le 9 août 1894 à Totana (Murcia, Espagne centrale) et fut baptisé deux jours après.

Ses parents tenaient une boulangerie.

Il fréquenta les Pères capucins, leur servait la messe et fut quelque temps dans leur école de Orito (Alicante).

A partir de 1909, il fréquenta le séminaire diocésain de San Fulgenzio et fut ordonné prêtre en 1921.

Sa première messe eut lieu à Santiago de Lorca, où son frère aîné était curé.

Dès 1921, il fut nommé vicaire à Santiago de Lorca (Cartagena) où, en 1935, il remplaça comme curé son frère, quand ce dernier entra dans la Congrégation de la Mission. Il fut en outre aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Le 3 août 1936, José María fut mis en prison.

Il reçut le martyre le 18 novembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Josefa Joaquina Lecuona Aramburu

1897-1936

 

Josefa Joaquina naquit le 2 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa, Espagne), aînée des… quatorze enfants de Pedro et Matilde.

Elle était travailleuse et généreuse. Elle fit venir à la maison de petits enfants pour leur enseigner le catéchisme. 

Elle finit par révéler aux parents le désir qu’elle avait depuis longtemps de devenir religieuse : la séparation devait leur coûter, mais ils furent heureux d’avoir une fille consacrée à Dieu.

Josefa s’était depuis longtemps consacrée à la Sainte Vierge, et c’est le 8 décembre 1924 qu’elle entra comme sœur externe, à vingt-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle prit le nom de María Engrácia.

En 1931, elle fut de celles qui vinrent à Oronoz pour éviter la persécution. Etant externe, elle s’occupa de l’ «intendance», et toute la population apprécia cette Religieuse toujours souriante, toujours bonne et patiente avec tous.

En 1934, elle eut la joie de voir arriver aussi sa jeune sœur María.

En 1936, notre Josefa fut des sept qui devaient rester à Madrid. Elle quitta Oronoz (et sa sœur) un peu à contre-cœur, mais acceptant le sacrifice.

Dans le souterrain où les Religieuses se cachaient, elle arrivait à faire passer un climat d’humour et de joie, dans cette atmosphère de prière, de recueillement et d’inquiétude devant le danger permanent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Josefa - María Engrácia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Inés Zudaire Galdeano

1900-1936

 

Inés (Agnès) naquit le 28 janvier 1900 à Echávarri (Navarre, Espagne), une des six enfants de Valentín et Francisca. Un des enfants, Florencio, devint mariste ; Inés entra à la Visitation.

Elle entra en 1919 au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle put garder son nom de baptême, Inés, car elle était très dévote de sa sainte patronne, la jeune martyre Agnès (voir au 21 janvier). On y ajouta seulement celui de María.

Inés María fut une excellente «pâte à modeler», dont la Supérieure apprécia les profondes qualités.

En 1931, à cause de la persécution religieuse, on l’envoya dans la communauté de Oronoz (Navarre), et elle se réjouit de revenir dans sa terre natale. 

Elle y reçut une de ses sœurs, attristée de rester stérile après trois années de mariage. Inés lui promit un fils pour l’année suivante, ce qui arriva.

En 1936, la communauté de Madrid dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Mais notre Inés María fut des sept qui devaient rester à Madrid. 

Inés éprouvait bien quelque crainte, mais se confia à Dieu, disant aux autres : Priez beaucoup pour nous, il pourrait bien se faire qu’il nous tuent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour). 

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Inés María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Germán García García

1903-1936

 

Il naquit le 28 mai 1903 à Quintanilla de la Mata (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Luciano Pablo (Lucien Paul).

Dès 1922, il commençait son apostolat à Madrid, où il fit la profession perpétuelle en 1928.

Quand le collège fut incendié par les révolutionnaires en 1931, il partit pour Santiago de Compostela, puis à Séville, Madrid, finalement en 1934 à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Modesto Sáez Manzanares

1903-1936

 

Il naquit le 30 juillet 1903 à Revilla del Campo (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Hermenegildo Lorenzo.

Après la profession perpétuelle en 1928, il fut à Madrid, Melilla, Madrid, Jerez, Almería, finalement Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Augusto Cordero Fernández

1908-1936

 

Il naquit le 8 octobre 1908 à Bustillo de la Vega (Palencia, Espagne).

Il entra en 1924 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes et resta une année de plus comme aspirant, pour approfondir ses capacités à l’étude, puis passa au noviciat, fit la première profession en 1927 et prit le nom de Estanislao Víctor.

A partir de 1930, il fut à Madrid, où il fit la profession solennelle en 1933, puis fut envoyé à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Emilio Martínez de la Pera y Álava

1913-1936

 

Il naquit le 8 août 1913 à Hueto de Arriba (Álava, Espagne).

Il entra en 1926 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1929, fit la première profession en 1930 et prit le nom de Lorenzo Santiago (Laurent Jacques).

Sa seule destination fut Lorca, en 1933.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

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