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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 23:00

25 JUILLET

I.

S Jacques le Majeur, témoin de la transfiguration et de l'agonie du Christ, premier des Apôtres à verser son sang et patron d'Espagne ; lorsque sa fête est un dimanche, c'est une Année Sainte à Compostelle.

III.

S Christophe, martyr en Lycie, dont le nom s’accorde avec l'histoire du passeur de gué, et qui eut un jour à porter le Christ.

IV.

S Cucuphatus, d'origine africaine, décapité à Barcelone.

SS Paulus, Valentina et Théé, martyrs à Césarée de Palestine.

V.

Ste Olympias, veuve et diaconesse à Constantinople ; elle établit dans sa maison une communauté de vierges ; exilée pour sa fidélité à s.Jean Chrysostome, elle mourut à Nicomédie.

VI.

S Magnerich, évêque à Trèves, fidèle ami et successeur de s.Nicet.

SS Beatus et Bantus, deux prêtres ermites près de Trèves.

S Evroult, abbé à Saint-Fuscien-au-Bois.

Ste Glossinde, abbesse à Metz.

VII.

S Jean l'Agneau, évêque à Maastricht ; avant l'épiscopat, il cultivait les terres ; il pensait que son bâton prendrait plus facilement racine que lui l'épiscopat… et son bâton fleurit.

IX.

S Teodomiro, jeune moine martyr à Cordoue.

XV.

B Jean Soreth, carme normand, prieur général et réformateur de son ordre ; il fut si bronzé par ses nombreux voyages, qu'on l'appela "le nègre" ou même "le diable".

B Pietro Corradini de Mogliano, franciscain.

XVI.

B Rodolfo Acquaviva, jésuite italien, parent de s.Louis de Gonzague, martyr en Inde avec d'autres : Alfonso Pacheco (espagnol), Pietro Berna et Antonio Francisco (italiens), Pantxoa Aranha (basque espagnol).

XVIII.

B Angelo Nicola (Antonio) Lucci, évêque franciscain en Apulie, très généreux, béatifié en 1989.

B Michel-Louis Brulard, carme à Charenton, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse María Carmen Sallés y Barangueras (1848-1911), dominicaine espagnole puis fondatrice des Religieuses Conceptionnistes Missionaires de l'enseignement, béatifiée en 1998, canonisée en 2012.

B Ángel Darío Acosta Zurita (1908-1931), prêtre mexicain, martyrisé juste trois mois après son ordination, béatifié en 2005.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Tolède, le prêtre Pedro Largo Redondo (P. du Cœur de Jésus, *1907), avec le clerc Felix Ugalde Irurzun (F. des Cinq Plaies, *1915), et le profès Benito Solana Ruiz (B. de la Vierge de Villar, *1882);

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Tolède le prêtre Carlos Rubio Álvarez (Federico, *1862) et les profès Primo Martínez de San Vicente Castillo (*1869), Jerónimo Ochoa Urdangarín (*1904) et Eloy Francisco Felipe Delgado Pastor (Juan de la Croix, *1914) ;

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Huesca le prêtre Dionisio Pamplona Polo (D. de Saint-Barnabé, *1868) ;

- béatifiés en 1999 :

Augustins Récollets : à Motril les prêtres León Inchausti Minteguia, José Rada Royo (J. de N.Dame des Douleurs), Julian Benigno Moreno y Moreno (de Saint-Nicolas-de-Tolentino), Deogracias Palacios Del Rio (*1859, 1861, 1871, 1901), et le profès José Ricardo (du Sacré-Cœur) Diez Rodríguez (*1909) ;

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : près de Barcelone les prêtres Ricard Farré Masip (Eduardo de l'Enfant-Jésus, *1897) et Jaume Balcells Grau (Gabriel de l'Annonciation, *1908) ;

Dominicains : près de Tolède, les prêtres José Luis Palacio Muñiz et Antonio Varona Ortega (*1870, 1901) et les profès Higinio Roldán Iriberri et Juan Crespo Calleja (*1895) ; à Madrid, le prêtre José María López Tascón (*1896) ; à Barcelone, le laïc Miquel Peiró Victori (*1887), tertiaire marié ;

Lasalliens : près de Barcelone, Jesús Juan Otero (Arnoldo Julián,), José Bardolet Compte (Benet Josep), Santos López Martínez (Mariano León), Vicente Fernández Castrillo (V.Justino), et José Mas Pujolrás (Josep Benet (*1902, 1903, 1910, 1912, 1913) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Josep Garriga Ferrer (*1872) ;

Carmes déchaux : à Tarragona, le prêtre Vicente Gallen Ybañez (de la Croix, *1908), et le profès Joan Fort Rius (Ángel de Saint-Joseph, *1896) ;

Bénédictins : près de Barcelone, le prêtre Francesc María de Paula Sánchez Solé (*1880), et les convers Jaume Vendrell Olivella (Bernat) et Aleix Civil Castellví (Ildefons) (*1878, 1889) ;

Mercédaires : à Lleida, les prêtres Tomás Carbonell Miquel, Enric Morante Chic et Jesús Eduard Massanet Flaquer (*1888, 1896, 1899) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Lleida et Barcelone, les prêtres Josep Reixach Reguer, Joan Mercer Soler et Manuel Torres Nicolau, Jaume Payás Fargas, Miquel Baixeras Berenguer, Artur Tamarit Pinyol (*1865, 1874, 1874, 1907, 1908, 1913) ; les profès Marcelí Mur Blanch, Joan Capdevila Costa, Marià Binefa Alsinella (*1882, 1883, 1906) ;

- béatifié en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, Manuel Vázquez Alfalla (*1863).

Bse Mieczysława Kowalska (Maria Teresa de l'Enfant-Jésus, 1902-1941), clarisse polonaise, déportée à Dzialdowo, où elle offrit sa vie pour la libération de ses compagnes, ce qui se fit ; béatifiée en 1999.

B Wenceslas Pedernera (1936-1976), ouvrier agricole argentin, martyr, béatifié en 2019.

B Andrea Bordino (1922-1977), prêtre italien ; après la guerre, il entra au Cottolengo de Turin et mourut de leucémie ; béatifié en 2015.

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Jacques le Majeur

Ier siècle

 

D’après les Actes des Apôtres, Jacques fut le premier des apôtres à souffrir le martyre (Ac 12:2), en l’an 43 ou 44.

S’il est vrai que cet apôtre fut l’évangélisateur de l’Espagne, il faudrait placer cet apostolat entre 33 et 43, mais nous ne possédons pas de documents historiques sûrs de cette période.

Quand des auteurs valables y font allusion, il se trouve que leurs écrits ne sont pas authentiques.

Commençons donc par l’Ecriture.

Jacques, avec son frère Jean, sont appelés par Jésus-Christ tandis qu’ils sont en train de réparer leurs filets de pêcheurs (Mt 4:21-22) : Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Jacques est, avec Pierre et Jean, le témoin d’événements majeurs de la vie publique du Seigneur : la guérison de la belle-mère de Pierre, la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration, l’agonie à Gethsémani.

Il avait ses moments de faiblesse, comme tout homme et comme tout apôtre aussi : il n’était pas mécontent de voir sa mère demander pour lui à Jésus une place d’honneur dans le Royaume, et n’eut pas la force de veiller une heure (Mt 26:40) ; puis comme tous les autres, il disparut de Gethsémani quand on vint arrêter Jésus.

Passée la Pentecôte, les Apôtres allèrent évangéliser les nations et, mis à part saint Paul qui, lui, n’était pas des Douze, les Actes ne disent rien sur leurs apostolats respectifs. Seules des traditions orales et locales nous sont parvenues.

Que fit donc Jacques, pendant une dizaine d’années ?

Nous allons ici nous inspirer d’une ignorante, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (voir au 9 février), qui n’avait aucune culture humaine et ne parlait que de ce qu’elle “voyait” dans ses visions. Son secrétaire n’était pas plus docte qu’elle, il s’efforçait de ne transcrire que ce qu’il entendait d’elle. Bien sûr, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces révélations particulières et il ne faut pas recevoir ces lignes comme l’Evangile. Même les Mystiques ont leurs imperfections et leurs inexactitudes, mais les détails eux-mêmes qu’on va lire laissent supposer une information qui n’est pas humaine.

Jacques le Majeur était grand ; il avait de larges épaules, sans cependant être gros ; il avait le teint blanc, les cheveux noirs et la barbe brunâtre. Il était tout à la fois grave et serein.

Dans son voyage de Jérusalem en Espagne, il passa par les îles grecques et par la Sicile, puis il longea par mer la côte d’Espagne, jusqu’à un détroit semblable à celui qui sépare la France de l’Angleterre ; enfin il aborda à terre à Gadès. Il y a là une presqu’île avec un cap.

Il resta environ quatre ans dans (l’Espagne) et y fit plusieurs voyages.

Il avait laissé en Espagne sept disciples pour continuer à prêcher l’Evangile pendant qu’il faisait un voyage à Rome. Puis il revint à Gadès, alla à Saragosse, à Grenade, puis en Galice. 

Avant de retourner à Jérusalem, il s’arrêta visiter Marie et son frère Jean à Ephèse, puis arriva à Jérusalem, où il fut arrêté peu de temps avant le jour de Pâques.

Jacques fut conduit sur le Calvaire, on lui banda les yeux, on attacha ses mains de chaque côté d’une pierre où on le mit assis, et il fut décapité.

Des disciples purent récupérer le corps de l’apôtre martyr ; ils l’ensevelirent d’abord près de Jérusalem, puis plus tard le transportèrent secrètement en Espagne.

(Pour la précision, les expressions en italique sont tirées textuellement de la traduction française des “Visions” ; les autres phrases résument le reste du texte).

D’après ce que disent les Actes des Apôtres, saint Jacques fut donc martyrisé peu avant Pâques, ce qui place ce martyre plutôt en avril, et les Grecs l’avaient mis au 30 avril. Plus tard, lors d’une “découverte” des reliques du Saint en Galice qui aurait eu lieu un 25 juillet, on a inséré la fête de saint Jacques à cette date, où elle est restée au Martyrologe et dans le calendrier romain.

 

 

Christophe de Lycie

† 3e siècle

 

Il est presque amusant de comparer les deux traditions, orientale et occidentale, concernant s.Christophe (Christophoros).

En Orient, on dit que Christophe était un anthropophage, à tête de chien, qui se convertit au Christ et fut enrôlé dans l’armée impériale. Ayant refusé d’apostasier, il mourut dans des supplices inimaginables.

En Occident, Christophe est un géant qui voulut se mettre au service du plus grand roi : ayant compris que Satan était plus puissant, il pensa le suivre, mais il découvrit le Christ, qui aimait tous les hommes. S’étant fait passeur de gué, il eut un jour à porter un enfant qui pesait plus que tout ce qu’il avait pu soulever jusqu’alors. L’enfant lui révéla qu’il était le Christ et qu’il portait un juste nom : Christo-phore, porteur du Christ. Cependant, on ne comprend pas comment cette situation a pu aboutir au martyre.

Peut-être s’agit-il de deux personnages différents ?

Les tortures que subit Christophe furent les verges de fer, le feu (qui ne l’atteignit pas), les flèches et la décapitation.

Ce pouvait être vers 250, sous Dèce.

La dévotion populaire prétendait que voir l’image de Christophe garantissait de tout malheur pour la journée. Christophe fait partie des quatorze Saints Auxiliateurs.

Saint Christophe de Lycie (auj. Turquie SW) est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cucuphatus de Barcelone

270-303

 

Cucuphatus serait né vers 270 à Scilli (auj. Kasserine, Tunisie). Certains le font venir d’Irlande (?). Il aurait fait des études à Césarée de Maurétanie (act. Cherchell, Algérie).

Il serait venu de Carthage en Espagne, pour fuir la persécution de Dioclétien (303).

En Espagne, il prêcha le Nom du Christ, particulièrement dans la cité de Ampurias (auj. San Martín de Ampurias, Catalogne). On lit ailleurs qu’il serait venu directement à Barcelone et qu’il était diacre (mais qui l’aurait ordonné ?)

Arrêté, il fut conduit à Barcelone (s’il n’y était pas déjà) où il subit le martyre. On lui aurait extrait toutes les entrailles, qu’il se remit lui-même en se serrant le ventre avec une corde. On l’aurait mis sur un bûcher, qui ne put s’enflammer, tandis que les bourreaux devenaient aveugles ; on le jeta en prison, où il convertit les geôliers ; on lui aurait aussi écorché les chairs avec des crochets de fer et des scorpions et versé sur les plaies du sel et du piment ; finalement, il fut décapité.

Si les dates reportées ci-dessus sont assez justes, Cucuphatus serait mort à trente-trois ans, comme le Christ.

Saint Cucuphatus de Barcelone est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paulus, Valentina et Thea de Césarée

† 308

 

Thea était de Gaza (Palestine).

Arrêtée, elle fut conduite à Césarée (de Palestine, auj. près de Dor, Israël) avec d’autres Compagnons : ils eurent les tendons du pied gauche brûlés et l’œil droit crevé, puis furent condamnés aux mines.

Thea n’était pas intimidée, ni femme à se laisser condamner à la prostitution : elle proféra des paroles à l’encontre du tyran qui commandait à des juges aussi cruels. Aussitôt, on la fustigea, on l’écartela sur le chevalet, on lui déchira les flancs.

A ce moment-là, une autre femme qui assistait à ces tortures, éleva la voix courageusement en s’adressant au juge : Jusqu’à quand tortureras-tu ma sœur aussi cruellement ? Ce n’était pas sa sœur de sang, mais elles l’étaient par la foi. Celle-ci était Valentina, de Césarée. On la saisit sur le champ et on la mit devant l’autel pour offrir de l’encens : la voilà qui donne un grand coup de pied pour renverser cet «autel». Le juge la fit alors torturer encore plus durement que jamais.

Puis il fit jeter les deux vierges sur un bûcher.

Paulus, lui, était aussi condamné à mort et devait être décapité. Il obtint du bourreau un petit «délai» et se mit à prier : pour la conversion des Juifs et des païens ; puis pour le juge qui venait de le condamner, pour les chefs d’Etat, pour le bourreau lui-même. Sa prière était si intense, si sincère, si émouvante, que tous l’écoutaient avec les larmes.

Le martyre de ces trois Soldats du Christ eut lieu le 25 juillet 308, à Césarée de Palestine. 

Saints Paulus, Valentina et Thea de Césarée sont commémorés le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Olympias de Constantinople

361-409

 

Cette noble femme était de famille très aristocratique. Le grand-père, Ablabios, fut consul ; le père était comte au palais impérial.

Fille unique, elle naquit vers 361 ou un peu plus tard. Bientôt orpheline de son père, elle fut prise en charge par le préfet de Constantinople. Une noble femme, Theodosia, sœur d’un évêque, s’occupa de son éducation.

Cette Theodosia était la dédicataire du traité de s.Basile (v. 2 janvier) sur l’Esprit-Saint ; elle enseigna à Olympias l’amour de l’Ecriture et la piété.

Vers 384, Olympias épousa le préfet de Constantinople, Nebridios, qui cependant mourut très vite. Olympias refusa de se remarier. Pensant assurer son avenir, l’empereur crut bien faire de mettre ses grands biens sous séquestre, mais les lui restitua intégralement quand il se rendit compte de la sainte vie d’Olympias.

Olympias organisa à Constantinople une maison d’accueil pour les prêtres de passage, pour les malades. Le patriarche Nectaire lui conféra le titre de diaconesse, d’habitude réservé à des femmes deux fois plus âgées qu’elle. D’autres femmes s’unirent à elle, constituant une sorte de monastère.

Une profonde amitié lia le saint évêque Jean Chrysostome et Olympias, qui nous vaut une correspondance fort intéressante. L’évêque l’aidait dans sa vie spirituelle, Olympias l’assistait pour son vestiaire et sa table. Dure fut la séparation, quand Chrisostome dut partir en exil (404). Mais leur correspondance ne fut pas interrompue. Chrysostome la qualifie de tour, havre, rempart, prêchant splendidement d’exemple.

Vers 405, il semble qu’Olympias eut à affronter une affaire de justice, qui la fit partir à Cyzique, de là à Nicomédie.

C’est là-bas qu’elle mourut, vers 408.

En 532, un incendie détruisit la fondation d’Olympias à Constantinople, qui fut reconstruite et dédicacée en 537.

Sainte Olympias de Constantinople est commémorée le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magnerich de Trèves

† 586

 

Magnerich (Magnericus), dont on ne connaît pas l’enfance et la formation, fut un fidèle disciple de l’évêque Nicetius de Trèves (v. 1er octobre) ; lorsque ce dernier fut exilé pour avoir excommunié Clotaire, Magnerich refusa de s’en séparer et revint avec lui. 

Il lui succéda en 566. il était le vingt-quatrième évêque de Trèves.

Ce fut un des premiers évêques de Germanie d’origine non franque.

Il continua le travail de redressement de Trèves commencé par Nicetius et, par dévotion à s.Martin de Tours (v. 11 novembre), fit construire dans le diocèse quatre églises en son honneur, outre qu’il fit le pèlerinage à Tours. Il fonda aussi des communautés de clercs.

En 581, il accueillit l’évêque de Marseille Theodorus (v. 2 janvier), exilé par le roi de Burgondie.

En 586, il fut le parrain de Thibert II, fils de Childebert II.

Magnerich sut se faire obéir. Un ermite nommé Wulfilaich s’était fait stylite, mais sans doute sans véritable vocation pour ce genre de vie : l’évêque l’obligea à en redescendre, fit détruire la colonne, et lui ordonna d’entrer dans un monastère.

L’épiscopat de Magnerich dura vingt ans. Venance Fortunat parle de Magnerich comme de la parure de l’épiscopat.

Magnerich s’éteignit vers 586.

Saint Magnerich de Trèves est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

Bantus et Beatus de Trèves

7e siècle

 

Il a été question dans la notice de s.Magnerich des ermites qui vivaient dans son diocèse de Trèves.

Parmi eux, vivaient deux prêtres, dont on ne connaît par ailleurs presque rien sinon leur nom : Bantus (ou Banthus) et Beatus.

On les donne comme frères, missionnaires dans l’Ouest de la Germanie, à Hunsrück et Hochwald. Tout en demeurant dépendants du diocèse allemand, ils auraient même atteint les Vosges et seraient morts à un âge très avancé.

On ne peut guère en dire davantage.

Après leur mort, leurs reliques furent portées à Trèves pour Bantus, à Coblence pour Beatus.

Les malades ont recouru à l’intercession des deux Saints pour guérir de leurs fièvres.

Les saints Bantus et Beatus sont commémorés le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Glossinde de Metz

580-610

 

Glossinde (Glodesindis) était la fille de Wintrio, duc de Champagne et chef des leudes d’Austrasie. Elle naquit vers 580 et grandit donc dans la noblesse d’Austrasie.

Son père voulut la donner en mariage, mais Glossinde s’y refusait et ne put échapper à son père qu’en se réfugiant dans la cathédrale de Metz.

On dit que deux anges vinrent lui imposer l’habit bénédictin ; peut-être fut-ce sa tante Rotlinde, abbesse à Trèves, qui réussit à convaincre Wintrio de laisser aller sa fille. Glossinde put la suivre et apprendre à vivre selon cette Règle bénédictine.

Vers 604, elle vint fonder à l’intérieur de Metz un monastère où vécurent bientôt jusqu’à une centaines de moniales.

Glossinde gouverna ce petit troupeau pendant six années et mourut le 25 juillet 610.

Ses reliques furent bientôt l’objet d’un culte et des miracles se produisirent.

On apprend que l’église des Saints-Apôtres, où furent déposées ces reliques, est maintenant… le mess des officiers ; les reliques se trouvent donc en l’église Sainte-Marie-hors-les murs.

Sainte Glossinde de Metz  est commémorée le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodomiro

† 851

 

Teodomiro était né à Carmona (Séville, Espagne), dans le début du 9e siècle.

Jeune encore il vint à Cordoue et entra au couvent bénédictin de San Zoilo. D’après saint Eulogio, l’unique source traitant de cette période, Teodomiro fut conduit devant le Cadi peu après être arrivé à Cordoue, ce qui laisse supposer qu’il était tout juste postulant ou peut-être novice.

Lors donc de la persécution lancée par ce Cadi, Teodomiro fut condamné à être flagellé, puis percé de flèches et enfin égorgé.

Ce martyre eut lieu six jours après celui du diacre Pablo (v. 20 juillet) ; le corps de ce dernier était resté sans sépulture ; on ramassa les deux corps de Pablo et de Teodomiro pour les déposer dans leur couvent San Zoilo.

Le Martyrologe mentionne Teodomiro au 25 juillet.

Jean Soreth

1394-1471

 

Jean Soreth naquit à Caen en 1394. On ne nous dira rien de plus sur cette famille normande.

Il entrera, toujours à Caen, dans l’Ordre du Carmel et sera ordonné prêtre vers 1417.

A Paris il prit ses grades en théologie et fut docteur en 1438.

Responsable des études de l’Ordre, il fut nommé provincial de France en 1440, puis prieur général en 1451. Il sera réélu trois fois.

Son activité principale sera d’encourager la stricte observance de la règle. Une demande avait été présentée au pape en 1432 pour obtenir un allègement de cette règle qui semblait à certains trop rigide. On voulait moins de silence, moins d’oraison, moins d’austérités ; il y eut même un schisme en Allemagne.

La méthode de Jean Soreth n’était pas autoritaire : là où il passait, il appuyait sa réforme sur les moines attachés à la règle primitive, en tâchant d’y amener les autres, sans les obliger. Il obtint généralement le respect fondamental de la règle et des constitutions. Si certains quittèrent l’Ordre, Jean put remettre en honneur la vie conventuelle et l’office divin, le silence, le travail, l’esprit de pauvreté et le renoncement à toute propriété. 

Il s’intéressa à l’admission dans l’Ordre des Béguines qui lui en faisaient la demande ; c’est dans ce sens que fut fondé à Vannes un couvent de Carmélites, par la bienheureuse Françoise d’Amboise (v. 4 novembre), qui émit les vœux dans les mains de Jean Soreth. Il reçut ainsi dans l’Ordre plusieurs groupes de «religieuses» de Ten Elsen de Gueldre, de Nieukirk, mais aussi de Florence. Il fonda plusieurs Carmels : Dinant, Liège, Harlem, Huy, Namur, Vilvorde.

Durant ses nombreux voyages, jusqu’en Angleterre et en Sicile, Jean se souciait si peu de se protéger du soleil que son teint très basané l’avait fait surnommer le Nègre, ou même le Diable, ce qui pourrait faire supposer qu’il n’était pas toujours bien accueilli… 

Durant sa présence à Liège, les troupes de Charles le Téméraire incendièrent la ville ; le Saint Sacrement fut jeté à terre. Bravant le danger, Jean se précipita pour ramasser les Hosties et les reporter dans l’église du couvent.

La réforme de Jean Soreth, qui resta éphémère, annonçait celle de Thérèse d’Ávila au siècle suivant. 

Le pape en aurait fait un évêque et un cardinal, mais Jean refusa humblement.

Jean Soreth présida en 1469 le chapitre général à Aurillac. De là il gagna Nantes pour y amener la réforme. Curieusement, lors de ce séjour, le prieur du couvent décéda subitement pendant un déjeuner, après lequel Jean tomba lui-même brusquement malade. On a avancé que c’était là l’effet d’un empoisonnement, dû à quelque moine récalcitrant. Mais les preuves manquent, évidemment.

Jean rentra à Angers. Il agonisa en pardonnant à son «empoisonneur» et expira en invoquant les noms de Jésus et Marie, le 25 juillet 1471.

Le culte qu’on lui rendait fut approuvé en 1865.

 

 

Pietro Corradini de Mogliano

1435-1490

 

Pietro Corradini vit le jour vers 1435 (1442 ?) à Mogliano (Marches, Italie CE).

Il aurait eu à treize ans une «vision» lui annonçant que le monde en perdition serait sauvé par un petit frère, probablement François d’Assise (v. 4 octobre). 

Après ses études de droit à Pérouse, il fut vraiment conquis par l’idéal franciscain et entra dans l’Ordre séraphique en 1467.

Ordonné prêtre, il fut l’heureux compagnon d’un illustre prêcheur, Domenico Gangale, plus connu comme Giacomo de la Marche (v. 28 novembre) ; Pietro fut lui-même un prêcheur écouté dans toute l’Italie centrale. A Camerino, le duc Varani et sa fille clarisse eurent recours à ses conseils ; cette Religieuse est sainte Camilla Battista Varani (v. 31 mai), qui fut la première biographe de Pietro.

En 1472, on envoya Pietro prêcher en Crète.

Il était très populaire, et faillit même un jour être étouffé par la foule qui voulait lui témoigner sa sympathie.

Il fut trois fois élu provincial pour les Marches, une fois à Rome.

Début juillet 1490, il eut un avertissement et fut frappé d’un mal douloureux. Il le supportait avec bonne humeur, même sur son lit de mort ; un confrère (peut-être Giacomo de la Marche lui-même) lui dit : Padre Pietro, tu meurs en riant ! Il trépassa le 25 juillet 1490, murmurant les noms de Jésus et de Marie, tandis qu’on chantait à l’office le Te Deum.

Son culte a été approuvé en 1760.

 

 

Rodolfo Acquaviva

1550-1583

 

Il était né le 25 octobre 1550 à Atri (Teramo, Abruzzes, Italie centre-est), de Giangirolamo, duc d’Atri, qu’on dit parent de Luigi Gonzaga (voir au 21 juin).

Il y eut deux autres frères de Rodolfo, Giulio et Ottavio, qui devinrent cardinaux ; un oncle fut général de la Compagnie de Jésus.

Le petit garçon fut surnommé angiolino, petit ange, pour sa douceur. Adolescent, il resta pur et étranger aux mauvaises sollicitations. Son cœur le tournait vers le soin des pauvres.

En 1568, après quelques réticences de son père et un délai imposé par les Supérieurs, il entra dans la Compagnie de Jésus à Rome.

Son admission ne manqua pas de piquant : Rodolfo réussit à pénétrer dans la salle du noviciat et alla se prosterner aux pieds des novices, leur demandant de prier pour son admission ! On le pria de patienter un peu. Puis quelque brave bourgeoise lui insinua le devoir du respect dû aux parents, et le jeune de lui rétorquer : Eh ! Madame, depuis quand êtes-vous si savante en cas de conscience, que vous sachiez la hiérarchie des commandements de Dieu ? Il fallut en appeler au Pape, qui ordonna de laisser Rodolphe libre de choisir, encore dut-il attendre quelques mois avant de voir la porte s’ouvrir.

Il fut confrère de Stanisłas Kotska (voir au 15 août), avec lequel il rivalisait d’obéissance. 

Rodolfo pensait rester coadjuteur (non prêtre), mais après sa profession, il fut envoyé étudier à Macerata (1569), où le novice n’hésita pas à nettoyer le réfectoire et à aller dans les rues pour quêter, car le couvent était très pauvre. Puis on l’envoya étudier au Collège romain.

Il voulait partir pour les Indes, sur les traces du Fondateur, saint François Xavier (voir au 3 décembre). On l’envoya à Lisbonne, où il fut ordonné prêtre (mars 1578) ; deux semaines après, il embarqua pour les Indes, en compagnie du père Matteo Ricci, qui devait poursuivre sa mission en Chine et de d’autres Confrères.

Parmi ces Confrères s’en trouvaient qui accompagnèrent Rodolfo dans toute sa mission ; ce furent Alfonso Pacheco et Antonio Francisco.

On arriva à Goa en septembre 1578. Rodolfo rencontra là-bas Francisco Aranha (qui servit d’interprète en langue persane, et Pietro Berno. Il fut professeur de philosophie au collège jésuite.

Fin 1579, il fut désigné, avec les quatre autres, pour aller trouver l’empereur Akbar à Fatehpur Sikri. Ce dernier avait fait la demande de prêtres instruits, qui lui enseigneraient la Loi de la perfection. L’accueil de l’empereur fut très cordial, encourageant. Les Jésuites purent enseigner le christianisme librement. L’empereur écoutait volontiers Rodolfo, et désirait trouver une religion unique pour tout son empire.

Après de nombreux débats, Rodolfo constata que l’entourage de l’empereur était toujours fermé au christianisme, et même menaçant ; il y avait en particulier un désaccord à propos de la monoganie. Constatant que l’empereur ne se décidait pas à embrasser le christianisme, Rodolfo jugea préférable de se retirer de la cour et, malgré les regrets d’Akbar, retourna à Goa en février 1583.

Il fut alors nommé supérieur à Salcete (Goa) et se rendit avec ses quatre Compagnons à Cuncolim, où les habitants s’étaient rebellés contre les Portugais, qui cherchaient à éliminer les idoles hindoues. Nos pères Jésuites voulurent ériger simplement une grande croix : la foule en colère les attaqua ; un Portugais présent voulut tirer sur eux, mais le père Pacheco l’en empêcha. Les chrétiens furent massacrés à coups de cimeterres et de lances. On acheva le père Aranha, blessé, le jour suivant. Le laïc portugais et quatorze Indiens chrétiens furent également immolés.

L’empereur apprit la nouvelle avec une profonde émotion.

Rodolfo avait l’âge du Christ, trente-trois ans. C’était le 25 juillet 1583. Dans l’ancien calendrier, c’était le 15 juillet, ce qui fait que certains affirment que le martyre eut lieu ce jour-là.

Une fois leur martyre reconnu, ils furent béatifiés tous les cinq en 1893.

 

 

Alfonso Pacheco

1551-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Alfonso était né en 1551 en Castille ou en Catalogne (Espagne).

Envoyé aux missions en Inde, il fut supérieur de la communauté jésuite de Salcete (sud de Goa).

Son martyre eut lieu le 25 juillet 1583 et il fut béatifié en 1893.

 

 

Francisco Aranha

1551-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

On discute sur l’origine de Francisco : basque espagnol ou portugais ? S’il était basque, il faudrait le prénommer Pantchoa.

Très  jeune, il avait accompagné à Goa (Inde) son oncle, nommé premier archevêque de cette ville.

En 1571, il entra dans la Compagnie de Jésus comme simple coadjuteur.

Habile architecte, il connaissait le persan, raison pour laquelle on l’envoya pour accompagner le père Rodolfo Acquaviva.

Ils furent martyrisés le 25 juillet 1583 et béatifiés en 1893.

 

 

Pietro Berno

1552-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Né vers 1552 à Ascona (actuelle Suisse italienne), dans une famille modeste, il étudia à Rome au Collège romain, tout en étant pensionnaire au Collège germanique.

Entré chez les Jésuites en 1577, il fit le noviciat au Portugal et compléta ses études à Coimbra.

En 1579, il participa à l’expédition jésuite en Inde et fut ordonné prêtre à Goa en 1580.

Là il étudia la langue konkanie et fut envoyé comme curé à Colva (île Salcete), une région très marquée par l’hindouisme païen. Son zèle le poussa à des gestes qu’on qualifierait aujourd’hui d’imprudents : avec des Portugais, il détruisit des «sanctuaires» hindouistes et même, dit-on, abattit une vache avant de la jeter dans un puits (mais l’épisode est fortement contestable).

Plus tard, il fut aux côtés du père Rodolfo Acquaviva en mission à Cuncolim.

Martyrisé le 25 juillet 1583, il fut béatifié en 1893.

 

 

Antonio Francisco

1553-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Il était né à Coimbra (Portugal) et, une fois jésuite, fut envoyé aux Indes et ordonné prêtre à Goa en 1583.

Son martyre eut lieu le 25 juillet 1583 et il fut béatifié en 1893.

 

 

 

Michel-Louis Brulard

1758-1794

 

Michel-Louis était né à Chartres (Eure-et-Loir) le 11 juin 1758.

Il avait étudié la théologie à Paris et, désireux d’une vie plus parfaite, était entré dans l’Ordre des Carmes Déchaux de Charenton, un couvent établi en 1772.. 

Agé de trente-six ans, il fut déporté sur le Deux Associés, à Rochefort (Charente Maritime), pour être en principe exilé en Guyane. Mais le bateau ne partit jamais et tous les prêtres restèrent enfermés là dans les conditions les plus pénibles qu’on ne saurait jamais imaginer.

On dit de ce Religieux qu’il était un véritable séraphin, qu’il ne vivait que de sacrifices, ne parlait que de choses spirituelles, ne pensait qu’au ciel et ne parlait que du ciel.

Il mourut dans la nuit du 25 juillet 1792, d’une pneumonie. Son corps était devenu d’une maigreur à peine concevable.

Le père Brulard fut béatifié en 1995.

 

 

María Carmen Sallés y Barangueras

1848-1911

 

Elle naquit le 9 avril 1848 à Vic (Espagne), deuxième des dix enfants de José Sallés y Vall et de Francisca Barangueras y de Planell.

Ses bons parents, très chrétiens, souffrirent beaucoup pour nourrir une telle famille ; le père s’en vint à Manresa trouver du travail.

Carmen fut envoyée au collège de la Compagnie de Marie, Là, comme dans sa famille, elle développa une profonde dévotion à la très Sainte Vierge.

Justement, en 1854 était proclamé le dogme de l’Immaculée Conception, quatre ans avant les apparitions mariales à Lourdes. Et en 1858 Carmen reçut la Première communion, durant un pèlerinage à Montserrat : ce jour-là elle se donna entièrement à Jésus, elle n’avait que dix ans.

Elle eut l’intrépidité de refuser formellement le mariage qu’on lui proposait avec un jeune homme de Manresa, et entra au noviciat des Sœurs Adoratrices. Ces Religieuses se dédiaient à l’assistance auprès de femmes égarées par la prostitution ou la délinquance.

Carmen s’interrogea : qu’auraient fait ces pauvres femmes, si elles avaient eu une autre formation, une autre éducation, dans la société ? Ainsi mûrit en elle un projet de formation de la femme, pour lui donner une place authentique et noble dans la société.

Aussi demanda-t-elle à passer chez les Dominicaines de l’Annonciation, dédiées à l’enseignement et l’éducation des jeunes filles. Leur fondateur, le père Coll, l’accueillit au noviciat.

Pendant vingt-deux ans, elle fit ce travail en divers endroits, érigeant une petite école pour recueillir les enfants des femmes qui travaillaient, au lieu de les laisser courir dans la rue. A Barcelone, elle fut directrice d’une école élémentaire, et organisa un cours du soir pour trois-cents ouvrières.

La formation consistait en un enseignement en même temps qu’une formation spirituelle, pour former des femmes à la hauteur de leur mission.

Comme toujours dans les cas de «nouveautés», Carmen fut accusée de «monter» la tête à ces femmes… En 1889, elle chercha, elle pria, elle consulta : elle pensait, tout en restant dominicaine, développer une branche particulière de la Congrégation, mais on le lui refusa. Alors, avec trois autres Consœurs, elle fonda une nouvelle famille religieuse : les Conceptionnistes de Saint-Dominique (actuellement : Conceptionnistes Missionnaires de l’Enseignement).

Lors d’un voyage à Madrid où elle rencontra un saint prêtre (Celestino Pazos), elle «entendit» la volonté de Dieu en priant la Vierge du Bon Conseil : elle irait avec ses compagnes à Burgos.

Elles y arrivèrent en octobre 1892. L’archevêque les accueillit à bras ouverts.

En 1893, les constitutions étaient approuvées et Carmen nommée supérieure.

En 1908, le pape donna l’approbation.

Carmen poussa ses Religieuses à prendre les diplômes de Maîtresses, de musique, de français.

Elle fonda jusqu’à treize Maisons de Marie Immaculée : Burgos, Segovia, El Escorial, Madrid, Pozoblanco, Almadén, Valdepeñas, Manzanares, Santa Cruz de Mudela, Murchante, Barajas de Melo, Arroyo del Puerco, Santa Cruz de la Zarza.

Elle montra en même temps une grande préoccupation pour les filles pauvres, qu’elle aida à recevoir la même formation que les autres.

Elle pensait à l’expansion de l’œuvre en Italie et au Brésil, lorsque Dieu la rappela, à Madrid, le 25 juillet 1911.

En l’année mariale 1954, la congrégation fut définitivement approuvée.

María Carmen fut béatifiée en 1998, et canonisée en 2012.

Ángel Darío Acosta Zurita

1908-1931

 

Cet “ange” naquit le 13 (ou le 20) décembre 1908 à Naolinco, Veracruz (Mexique), de Leopoldo Acosta et Dominga Zurita ; il reçut quelques jours après au baptême les noms de Ángel Darío, le 23 décembre.

Le papa était boucher, travailleur et honnête. La famille était chrétienne, et le petit garçon reçut la Première communion à six ans, puis la Confirmation.

Les conditions de vie furent difficiles, car le papa perdit son bétail, tomba malade et mourut très vite. La jeune veuve fit face comme elle put à la situation de grande pauvreté, et Ángel Darío l’aida à s’occuper de ses quatre petits frères.

Ángel Darío faisait preuve de beaucoup de qualités, il était serviable, doux, réfléchi, ouvert aux autres, affectueux avec sa chère maman. C’était aussi un enfant de chœur pieux et fidèle aux pratiques chrétiennes.

Quand l’évêque fit une tournée de paroisses pour susciter des vocations sacerdotales, Ángel Darío sentit réellement l’appel de Dieu dans son cœur, mais en considération de sa situation familiale, l’évêque crut bon de ne pas l’accepter dans son séminaire, car il était le seul soutien solide de sa mère. Le pauvre Ángel Darío en fut bien triste, aussi sa mère demanda au curé d’appuyer sa demande auprès de l’évêque, qui alors l’accepta, d’abord comme externe puis, au vu de ses excellents résultats, lui accorda une bourse et l’admit comme séminariste.

C’étaient déjà des temps rudes pour l’Eglise, à cause de la révolution, et l’évêque décida de transférer son séminaire à Mexico. Ángel Darío s’y gagna tout de suite l’estime des supérieurs, par ses qualités de bonté, de douceur, d’application à l’étude et de profonde piété.

En plus de cela, Ángel Darío, qui aimait beaucoup le football, anima plusieurs années de suite son équipe, dont il était le capitaine.

Ángel Darío reçut l’ordination sacerdotale le 25 avril 1931 de Mgr Guizar y Valencia, et chanta sa première messe le 24 mai suivant à Veracruz.

Il fut vicaire à la paroisse de l’Assomption, à Veracruz, avec deux autres, Ráfael Rosas et Alberto Landa, qui assistaient leur curé, le père Justino de la Mora.

Dès son arrivée sur place, Ángel Darío montra sa ferveur et sa bonté, sa préoccupation pour la catéchèse des enfants et leur préparation au sacrement de la Réconciliation. Dans une de ses homélies, il s’exprima ainsi : La croix est notre force dans la vie, notre consolation au moment de la mort, notre gloire dans l’éternité. En faisant tout par amour pour le Christ crucifié, tout deviendra plus facile pour nous. Si Lui souffrit tellement en croix pour nous, à notre tour nous devons bien souffrir pour Lui.

La violence de la persécution poussa le curé à avertir plusieurs fois ses vicaires du danger qu’ils couraient pour leur vie, du seul fait d’être prêtres ; il leur permettait de choisir en toute liberté soit de se cacher soit même de rentrer dans leurs familles, selon qu’ils le jugeaient préférable. Tous trois cependant furent unanimes dans leur décision et dans leur réponse : Nous sommes disposés à n’importe quelle conséquence même grave, pourvu que nous accomplissions notre devoir de prêtres.

Ils se savaient exposés au martyre et s’y préparaient chaque jour mieux, tandis que la persécution se déchaînait contre Dieu et contre l’Eglise catholique, jusqu’à la promulgation de la fameuse Loi Tejeda, qui voulait supprimer tous les prêtres de l’Etat de Veracruz, pour en finir avec le “fanatisme du peuple”, et menaçant de mort tout récalcitrant. Le gouverneur envoya ainsi à chaque prêtre un document où il exigeait d’eux l’application de la loi. Le père Ángel Darío reçut sa lettre le 21 juillet, elle portait le numéro 759.

Le père Ángel Darío était clairvoyant, mais restait très tranquille, et même montrait une sereine joie.

Le 25 juillet de bonne heure, arriva à la paroisse la mère d’Ángel Darío, qui ne l’avait pas vu depuis son ordination sacerdotale ; elle assista à la messe de son fils, avec beaucoup d’émotion.

La date fixée pour l’entrée en vigueur de la loi était justement ce 25 juillet. Ce jour-là, il pleuvait et tout se passait normalement dans la paroisse de l’Assomption. L’église était pleine d’enfants, venus avec leurs catéchistes, et beaucoup d’adultes aussi, qui voulaient recevoir le sacrement de la Réconciliation.

A 18 heures 10, plusieurs hommes en uniforme militaire entrèrent par les trois portes de l’église et se mirent à tirer sur les prêtres. Le père Landa fut gravement blessé, le père Rosas échappa miraculeusement, protégé par le pupitre ; le père Ángel Darío qui revenait du baptistère où il avait baptisé un petit bébé, s’écroula, criblé de balles, réussissant à crier : “Jésus !”.

En entendant les coups de feu, le curé sortit de la sacristie et demanda aux assassins de lui tirer dessus aussi, mais ils étaient déjà partis. Le pauvre curé s’approcha du père Ángel Darío : il ne pouvait que tracer un ultime signe de croix sur son front.

Le père Ángel Darío avait exactement trois mois de sacerdoce. 

Immédiatement prévenu, l’évêque rédigea une lettre de protestation au gouverneur, lui rappelant que, tandis qu’il faisait mourir ses prêtres en train de prêcher la Bonne Nouvelle aux fidèles, les anges présentaient à Dieu ces martyrs : si son diocèse était dans la peine pour tant de douleur, il n’en serait cependant que plus fort et rien ne saurait ébranler le Rocher de Dieu.

Ángel Darío fut béatifié en 2005, à Guadalajara (Mexique). Son corps repose en la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption à Veracruz et le Martyrologe le commémore au 25 juillet.

 

 

 

León Inchausti Minteguía

1859-1936

 

Né le 27 juin 1859 dans le quartier de Mendieta Beaskoa (Ajángiz, Biscaye, Espagne), et baptisé le lendemain, León était le deuxième des cinq enfants de Benito et Juana Minteguía, de bons paysans très chrétiens.

En 1878, il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, au couvent de Monteagudo. Il fit la première profession en 1879.

Il s’embarqua à Barcelone à destination des Philippines en 1884, où il arriva après un mois de voyage.

Envoyé sur l’île de Cebú, il y resta un ans pour y apprendre la langue et il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut en 1884.

Ses missions successives l’envoyèrent à Loay, Dimiao, Bantón, Sierra Bullones, Dimiao, Ubay, Azagra…

En 1897, il revint en Espagne, au couvent de Marcilla, jusqu’en 1903.

C’est alors qu’il s’embarqua de nouveau, mais cette fois-ci à destination du Brésil.

En 1921, il participait au chapitre provincial d’Espagne, puis demeura un an à Granada et Motril.

En 1927, ce fut un nouveau départ, pour Bilbao, avant le retour à Motril en 1928.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

José Rada Royo

1861-1936

 

Né le 17 novembre 1861 à Tarazona (Saragosse, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de José de Notre-Dame des Douleurs.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Carlos Rubio Álvarez

1862-1936

 

Il était né le 3 décembre 1862 à Benavides de Orbigo (León).

A dix-neuf ans, il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Federico.

Il fut successivement supérieur à Gibraltar, Granada et San Rafael, Maître des novices, Provincial d’Espagne, directeur spirituel à Calafell, Ciempozuelos et Talavera (Tolède).

Il avait une particulière dévotion envers la Sainte Trinité, la Sainte Famille et Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Lors de son arrestation, on lui dit de s’habiller en paysan ; il répondit qu’étant prêtre, il devait s’habiller en prêtre, ce qui irrita particulièrement ses agresseurs : ils le menacèrent et l’insultèrent.

Le 25 juillet 1936, devant le tribunal, il déclara : Je m’appelle Federico et je suis prêtre, et comme je ne sais pas combien de temps je serai ici, j’ai pris quelques hosties pour célébrer la Messe. Ceux qui constituaient ce «tribunal» restèrent bouche bée, mais un milicien, pointant son fusil vers le Père, lui répondit : Les hosties, je les mets là, dans le canon du fusil, et après, je vous les donnerai à manger.

Ils conduisirent alors le père Federico au sanctuaire de Notre-Dame du Prado, patronne de Talavera, avec trois autres prêtres. Le long du chemin, ils fusillèrent le père Federico.

Plus tard, on reconnut son corps dans le cimetière, grâce au scapulaire du Carmel qu’il portait sur la poitrine.

C’était le 25 juillet 1936.

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Manuel Vázquez Alfalla

1863-1936

 

Manuel Vázquez Alfalla naquit le 14 juillet 1863 à Motril (Grenade, Espagne).

Entré au Grand séminaire en 1887, étant une vocation dite «tardive», il reçut le sacerdoce en 1892.

Il desservit successivement la paroisse de Motril, puis celle de Salobreña.

Après une période d’apostolat à Buenos Aires (Argentine), il revint à Motril, à la paroisse de l’Incarnation.

Le 25 juillet 1936, il s’apprêtait à célébrer la Messe en l’honneur de l’apôtre saint Jacques, quand il fut arrêté.

Il souffrit le martyre ce même jour, dix jours après son soixante-treizième anniversaire.

Manuel Vázquez Alfalla devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

 

 

Josep Reixach Reguer

1865-1936

 

Né le 13 juin 1865 à Vilanova de Sau (Barcelone), il fut baptisé le même jour et confirmé la même année, comme on le pratiquait alors. Ce qu’il y a de remarquable ici, c’est que l’évêque qui le confirma fut Antonio María Claret lui-même, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ou Pères Clarétains (v. 24 octobre).

Ses parents s’appelaient Juan (un paysan, qui mourut en 1878) et Felipa.

Cette même année 1878 où mourut son papa, Josep entra alors au collège des Clarétains de Barbastro, où il eut d’excellents résultats.

En 1880, il entra au noviciat de Vich et fit la profession en 1881. Après la philosophie, il fit la théologie à Gracia (1884), Santo Domingo de la Calzada (1885), où il reçut les ordres mineurs, ainsi que le sous-diaconat et le diaconat en 1887-1888. Il fut ordonné prêtre à Gracia (1889).

On l’envoya d’abord à Solsona, comme sacristain, à Santo Domingo de la Calzada puis Bilbao (1891), à Lleida puis Olesa (1899), où il fut supérieur. Il y eut à Olesa un «bruit» qui amena le p.Josep à démissionner.

Il fut alors nommé à Alagón, puis à Barbastro (1907), Aranda de Duero (1908), de nouveau Olesa (1919) ; dans cette dernière localité, il était supérieur, tout en se sentant le dernier capable d’exercer cette fonction ; Dieu l’exauça en quelque sorte, car la maison fut supprimée en vue de la construction d’une voie ferrée (1924).

C’est à Sabadell qu’il se trouvait en 1936, au moment du déchaînement de la guerre civile et de la persécution.

Le 19 juillet, il alla se réfugier chez un ami proche du couvent ; le 20, lui et les Confrères vinrent célébrer la messe au couvent et tous repartirent vers midi, sauf lui : en tant qu’économe, il voulait veiller aux biens de la communauté. A minuit, les miliciens donnèrent l’assaut au couvent et, sous les yeux horrifiés du p.Josep, mirent le feu à tout un tas d’images et crucifix qu’ils trouvèrent dans la maison, tout cela arrosé d’une pluie de blasphèmes.

Vers une heure du matin, le père Josep réussit à sortir dans la rue et rejoindre la maison de ses amis, mais ceux-ci dormaient, toutes portes fermées, de sorte que le prêtre dut appeler assez fort pour se faire ouvrir : ce fut sans doute là qu’un voisin le vit et put ensuite le dénoncer.

Au petit matin du 25 juillet, on vint le chercher ; les miliciens menacèrent les amis : Ou vous nous le livrez, ou vous venez avec nous. Le Père dormait ; quand on le réveilla, il dit : Voilà, je suis prêt.

On le bouscula dans la rue à coups de poings, on lui tira plusieurs coups de feu dans le ventre et on le laissa à terre ; il se traîna comme il put jusqu’à l’hôpital, où le soignèrent une Religieuse et deux infirmières : elles comprirent qu’il était prêtre ; il fallait l’opérer et pour cela le transférer à un autre établissement ; vers cinq heures du matin, on appela la Croix-Rouge, qui arriva avec le maire et le juge et quelques jeunes de dix-sept ans, tous armés. Le Père leur dit : Si c’est vous qui m’avez tiré dessus, je vous pardonne, parce que je veux mourir comme Jésus, qui pardonna à ceux qui le crucifiaient.

A la Sœur qui l’assistait, il dit : Je m’en vais au Ciel. Là, je prierai pour vous.

On tenta de l’opérer, mais l’hémorragie était trop forte. Il mourut vers quatorze heures.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Sabadell, le père Josep fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Josep Reixach Reguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Dionisio Pamplona Polo

1868-1936

 

Il était né le 11 octobre 1868 à Calamocha (Teruel, Espagne).

Entré chez les Pères des Ecoles Pies (Piaristes), prenant le nom de Dionisio de Saint-Barnabé.

Il enseigna ensuite dans différents collèges, à Alcañiz, Jaca, Pamplona et Barbastro.

A Buenos Aires (Argentine) et à Peralta de la Sal (Huesca, Espagne), il fut à la fois recteur du collège et curé.

Arrêté et mis en prison au moment de la guerre civile, il réussit à s’échapper de la prison pour aller consommer dans l’église les Saintes Hosties, et éviter ainsi une bien probable profanation.

Après ce geste, il fut repris ; on lui demanda les clefs de l’église. Il répondit : Je ne les remettrai qu’à l’évêque, qui me les a confiées.

Au moment de sortir de la prison, il demanda au gardien une brosse pour nettoyer sa soutane, car il voulait être tout beau pour aller à son martyre, comme pour aller à une fête.

Ce bon prêtre âgé était aussi très grand, beaucoup plus que ceux de son groupe, qu’on emmenait avec lui. Mais il était le seul prêtre.

Au moment de les tirer, les assassins dirigèrent la plus grande partie de leurs balles sur le prêtre, au cri de Le curé pour moi.

Le père Pamplona Polo reçut la palme du martyre à Monzón (Huesca) le 25 juillet 1936 et a été béatifié en 1995.

 

 

Primo Martínez de San Vicente Castillo

1869-1936

 

Né le 9 juin 1869 à San Romano de Campezo (Álava), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

José Luis Palacio Muñiz

1870-1936

 

Né le 20 mai 1870 à Tiñana (Siero, Asturies), il fut baptisé le jour même. Il eut aussi un frère prêtre et une sœur de vie contemplative.

En 1873, la famille s’établit à Villabona, où le papa avait un poste d’administrateur.

José étudia la philosophie et une partie de la théologie au séminaire d’Oviedo, puis il entra chez les Pères dominicains ; il fit la profession à Ocaña en 1895 et fut ordonné prêtre en 1899 à Ávila.

Le jour-même de son ordination, il s’offrait pour partir aux missions du Pérou.

Pendant douze années, il travailla activement dans la région de l’Amazone.

Le père José Luis était un homme doux, pacifique, humble, pieux.

En raison de sa santé, il intégra la province du Pérou où, en 1910, il fut élu prieur du couvent de Arequipa, tout en maintenant des contacts avec les Indios de Urubamba.

Il dut cependant revenir en Espagne, pour des problèmes de santé, et il fut envoyé au couvent du Rosaire à Madrid, où il exerça le saint ministère jusqu’en 1932.

En 1932, il fut à Ocaña, puis nommé aumônier à Nambroca (Tolède) en 1935 : les ouvriers le considéraient comme un Saint.

En juillet 1936, des miliciens vinrent l’expulser de la maison et de Nambroca. Avec trois autres Religieux, il allait prendre le train, quand ils furent tous fusillés près de la station de Algodor (Madrid), le 25 juillet 1936.

On les enterra d’abord le long du Tage.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.


 

Julián Benigno Moreno y Moreno

1871-1936

 

Né le 16 mars 1861 à Alfaro (Logroño, La Rioja, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de Julián Benigno de Saint-Nicolas-de-Tolentino.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Josep Garriga Ferrer

1872-1936

 

Il était né à Cabra del Camp le 10 mars 1872.

Prêtre de l’archidiocèse de Tarragona, il exerça le ministère sacerdotal à Montroig del Camp, Sant Pere de Cambrils, Sant Joan de Tarragona, Purissima Sang de Reus.

C’est devant l’église de cette dernière localité, qu’il fut abattu par les balles ennemies, le 25 (ou le 27) juillet 1936.

Mgr Josep Garriga Ferrer fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Mercer Soler

1874-1936

 

Il naquit au sein d’une famille nombreuse le 14 octobre 1874 à Albiñana (Tarragona), de Antonio et Antonia, de bons paysans chrétiens ; il fut baptisé le lendemain, 15 octobre, et confirmé en 1879.

Il entra au séminaire de Barcelone en 1889, et poursuivit ses Humanités au séminaire clarétain de Barbastro (1891) ; il fit le noviciat à Cervera (1894), où il fit la profession (1895) et la philosophie. En 1898, il passa à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie : il y reçut les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat. Il fut ordonné prêtre à Burgos en 1903.

Il aurait beaucoup aimé partir loin, en Amérique, mais il resta en Espagne : Selva del Campo, Cervera, Vich, Sabadell, Lleida, Berga, finalement Sallent en 1934.

Au soir du 20 juillet, avec le frère Mur, il abandonna la maison clarétaine, et ils trouvèrent refuge dans une famille proche, mais le 24, ils jugèrent préférable de quitter cette famille pour ne pas la compromettre. Dans la rue, on les reconnut et, aux cris de Des Curés !, on les arrêta, on les insulta, on les brutalisa. Peu après, on les emmena à la mairie, où ils retrouvèrent le p. Payás.

Ayant répondu qu’ils étaient Religieux, ils furent condamnés à mort.

Ils furent fusillés le 25 juillet 1936 au cimetière de Sallent, et béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Mercer Soler sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Manuel Torres Nicolau

1874-1936

 

Manuel naquit et fut baptisé le 15 octobre 1874 à Almacellas (Lleida), de parents paysans, José et Raimunda.

En 1887, il entra chez les Clarétains de Barbastro et acheva ses Humanités à Alagón. En 1890, il commença le noviciat à Cervera et fit la profession l’année suivante ; après la philosophie, il passa en 1894 à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie. Il fut ordonné prêtre en 1900, toujours à Santo Domingo.

Il occupa les fonctions de professeur à Ségovie, d’économe à Don Benito ; puis il fut nommé successivement à Plasencia, Aranda de Duero, Vich, Barbastro, Calatayud, Cartagena, finalement Lleida.

Bon prêtre, il aimait aussi les travaux techniques ou mécaniques.

Il aurait pu partir pour le Mexique dès 1922, mais il se jugea inapte à telle mission, un peu par excès d’humilité, un peu par soucis de sa santé (il souffrait de l’estomac).

Le 21 juillet 1936, il dut quitter la maison clarétaine de Lleida et se réfugier chez une voisine. Peu après, il fut arrêté et conduit en prison, où il retrouva les pères Baixeras et Tamarit ; ils étaient plus de trente prisonniers dans la même salle. Tous priaient le chapelet.

Au matin du 25 juillet 1936, les trois prêtres furent appelés, conduits au champ de Mars, et fusillés.

Béatifié en 2017, le bienheureux Manuel Torres Nicolau sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Jaume Vendrell Olivella

1878-1936

 

Jaume (Jacques) était né le 29 juin 1878 à San Esteve d’Ordal (Barcelone, Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco, il fut frère convers, avec le nom de Bernat.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Gelida (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Francesc María de Paula Sánchez Solé

1880-1936

 

Francesc était né le 25 août 1880 à Barcelone (Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco), il fut ordonné prêtre.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Molins de Rei (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Marcelí Mur Blanch

1882-1936

 

Marcelí (Marcelin) naquit le 1.avril 1882 à Riguepeu (Gers), de Ramón et Joaquina, et fut baptisé trois jours plus tard.

En 1892, il entra chez les Pères Clarétains de Barbastro pour ses Humanités. En 1908, il commença le noviciat à Cervera et fit la profession de frère convers en 1909.

Il se mit à apprendre le travail de tailleur et fut en diverses communautés : Alagón, La Selva de Campo, Cervera, Marseille en 1931 où, connaissant bien le français,  il fut portier, tailleur et sacristain.

Le Frère apprit humblement à dominer ses défauts, à combler ses lacunes ; il était, disait-on, têtu, mais bon frère.

Il se trouvait à Sallent (Barcelone) depuis janvier 1936, quand se déchaîna la guerre civile. Il partagea le sort du p.Joan Mercer, avec lequel il reçut la palme du martyre, le 25 juillet 1936.

Béatifié en 2017, le bienheureux Marcelí Mur Blanch sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Joan Capdevila Costa

1883-1936

 

Né le 30 octobre 1883 à Sovelles (Gerona), Joan fut baptisé - et probablement confirmé - en la fête de Tous les Saints, le 1. novembre suivant. Ses parents s’appelaient Jaime et María.

Il entra au noviciat des Clarétains de Cervera en 1900, et fit la profession en 1901.

Cette communauté de Cervera était fort nombreuse : plus de quatre cents individus y vivaient, prêtres, novices et étudiants, et Joan dut être le tailleur pour tout ce monde.

Puis ce fut Lleida (1907), Gracia (1920), Selva del Campo (1926), de nouveau Gracia (1929), jusqu’à son arrestation en 1936.

Tailleur et portier, efficace et fidèle, il fut aussi chargé d’administrer la publication d’un bulletin hebdomadaire, La Fiesta Santificada, et successivement de la maison d’édition Coculsa.

Au moment où explosa la guerre civile, toute la communauté dut évacuer la maison et s’éparpiller chez des connaissances. Le frère Joan crut bon de rester tout bonnement dans les locaux de son administration de Barcelone, pensant que la situation allait se calmer rapidement.

C’était manifestement ignorer que cette maison d’édition était déjà bien repérée, puisqu’elle publiait des articles religieux. Six miliciens armés se présentèrent en effet sans tarder l’après-midi du 25 juillet 1936, et enlevèrent le Frère. Une demi-heure après, ils revinrent avec fr. Joan, envoyèrent par le balcon tous les documents de l’imprimerie et y mirent le feu dans la rue.

Ensuite, on perdit la trace du Frère. On retrouva son cadavre le lendemain à l’hôpital.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Barcelone, il fut béatifié en 2017.

 

Le nom du bienheureux Joan Capdevila Costa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Benito Solana Ruiz

1882-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Benito naquit à Cintruénigo (Navarra), tout près du noviciat passioniste de Corella, le 4 janvier 1882, et fut baptisé le même jour. Il reçut la Confirmation en 1901.

Il ne put faire beaucoup d’études, parce qu’il avait décidé d’être un frère coadjuteur chez les Passionistes, et que sa famille s’y opposait. Mais il imposa sa décision et fit la profession à Corella en 1914, avec le nom de Benito de Notre-Dame de Villar.

Après quelques années à Daimiel, il partit pour Santa Clara (Cuba) et Tacubaya (Mexique), où il fit les vœux perpétuels.

On le remarquait pour ses bonnes façons. Il s’occupait de l’intendance de la maison et de l’église.

A cause de la persécution au Mexique, il repartit sur Cuba puis, en 1929 à Saragosse, où on lui confia l’infirmerie ; lui-même souffrait de fréquentes crises de rhumatisme, qu’il supportait patiemment.

Après quelques mois à Valencia, il partit pour Daimiel, peu avant le nuit tragique du 21-22 juillet 1936.

Il était parmi les trois Religieux qui furent arrêtés à Urdá (Tolède). C’est là qu’il fut fusillé, le 25 juillet 1936.

Il a été béatifié en 1989.

 

 

Joan Fort Rius

1886-1936

 

Joan naquit le 20 octobre 1886 à l’Espluga de Francolí (Conca de Barberá, Tarragona, Espagne).

Il dut bien probablement sa vocation de carme à son confesseur, lui-même carme déchaux.

Après son noviciat, il fut envoyé à Tucson (Arizona, Etats-Unis), où il fera sa profession solennelle comme convers, en 1912, avec le nom de Ángel de Saint-Joseph.

Là-bas, il se dédiera particulièrement à la pastorale des jeunes, fondant pour eux un patronage avec jeux et prières.

En 1934, il revint à Tarragone, comme portier.

Le 21 juillet 1936, il dut quitter le couvent et se réfugier avec un autre père chez un ami, terciaire de l’ordre.

Arrêtés tous les deux, ils furent conduits au port de Tarragone et là fusillés, le 25 juillet 1936.

Joan a été béatifié en 2013.

 

 

Miguel Peiró Victori

1887-1936

 

Né le 7 février 1887 à Aiguafreda (Barcelone, Espagne), il fut baptisé le lendemain. Ses noms de baptême furent Miguel Mariano Ricardo.

En 1894, mourut son père ; Miguel entra alors au collège des orphelins de Sant Juliá de Vilatorta (Barcelone), tenu par les Pères de la Sainte Famille, puis il accompagna sa mère à Roda de Ter (Barcelone), où sa tante, Dominga Victori, dirigeait un collège.

Cette tante était la secrétaire principale des Dominicaines de l’Anunciata. Elle trouva un poste pour son neveu dans l’usine de textiles Tecla Sala, puis un autre poste plus important encore à Hospitalet de Llobregat (Barcelone).

Miguel (ou Miquel) épousa en 1915 une pieuse femme de Roda de Ter, Francisca Ribes Roger et ils eurent plusieurs enfants. Un de ceux-là, José, mourra à son tour en 1938, des suites de la persécution.

Miguel entra alors dans le Tiers-Ordre dominicain et collabora au Cercle d’ouvriers catholiques liés eux-aussi au Tiers-Ordre.

Le 24 juillet 1936, il alla à Barcelone en quête de nouvelles sur son frère, Ramón, lui aussi dominicain, qui allait lui aussi tomber martyr le 21 août 1936 (et sera béatifié en 2001). En chemin, Miguel fut profondément attristé de voir les incendies, les profanations d’églises et de maisons religieuses. C’est dans cet état d’âme qu’il rentra à Hospitalet de Llobregat.

Avec ferveur il pria le chapelet ce soir-là en famille. Il l’avait à peine achevé, qu’on vint l’arrêter chez lui, ainsi que son fils José. Il se sépara de son épouse en lui disant simplement : Au ciel.

Quelques instants après, on entendit des coups de feu : Miguel tombait, martyr, à quarante-neuf ans. Son épouse exigea qu’on mît un crucifix sur le cercueil.

Miguel fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Tomás Carbonell Miquel

1888-1936

 

Tomás eut le sort douloureux d'être orphelin de ses deux parents, Tomás et María, l'année-même de sa naissance.

Il naquit le 20 décembre 1888 à Jijona (Alicante, Espagne) et fut baptisé le 23. A l'époque, on fêtait l'apôtre saint Thomas le 21 décembre : il en reçut le nom.

Il fut confirmé en 1895.

Son oncle le prit en charge et l'aida de son mieux, particulièrement quand le garçon voulut entrer au Grand séminaire de Málaga, en 1905, où il étudia la philosophie avec les meilleurs résultats.

Toutefois, il eut l'occasion de connaître les Pères Mercédaires et d'assister à la profession de deux de leurs novices, ce qui suscita en lui le désir d'appartenir à cet Ordre.

Il reçut l'habit en 1907, fit la première profession en 1908 et rejoignit Lleida. Il fut ordonné prêtre en 1911.

Déjà avant d'être prêtre, il enseignait les langues, l'arithmétique et la géographie ; après les cours, il emmenait ses élèves prier devant le Saint-Sacrement.

En 1916, il passa avec succès son baccalauréat d'Etat ; en 1917 il eut le titre de bachelier en lettres et en philosophie.

Cette même année, il participa avec enthousiasme à une mission à Barcelone, et alla aussi prêcher à Almenar, Artse, Borges Blanques, Barbastro.

En 1918, il prêcha à El Puig, Elche, Valencia, Puigvert ; en 1919, il était administrateur du collège ; en 1920, il prêchait à Sidamunt, Alicante et Barcelone, tout en étant conseiller. Puis en 1921, il prêcha infatigablement à Torres, Altorricón, Menarguens, Montblanc, Albi, Sidamuntel, ainsi que durant des récollections en d'autres lieux et monastères, avant de rejoindre Lleida, puis El Puig.

En 1923, on le proposa comme provincial ; il voyagea aussi à Maiorque.

De 1926 à 1931, il s'occupa d'une maison de jeunes délinquants à Godella, où il montra toute sa sollicitude envers les jeunes garçons qu'on cherchait à remettre sur une bonne voie, et sans cesser de prêcher encore.

En 1930, il fut supérieur à Palma de Maiorque, en 1932 à El Puig.

En 1932, il fut élu supérieur provincial. Son style était de se déplacer, de voir sur place, de parler : Saragosse, Lleida, Valencia, Barcelone, Madrid... Il ne s'arrêtait pas.

En 1933, il crée le collège de Benicalap, pour permettre aux étudiants mercédaires de recevoir une formation approfondie au séminaire proche de Valencia. Il s'y installe aussi. Il se préoccupe de chacun, de tout, il est tout à tous. Pour leur procurer des subsides, il visite les autres communautés (Barcelone, Lleida, San Ramón, Bilbao, Bérriz, Orozco…).

Avec tout cela, il souffre de gastrite chronique, de problèmes de circulation, à cause du tabac qu'il n'arrive pas à éliminer (il fait prier pour que Dieu l'en libère).

En 1935, il prêcha encore à Lleida. A Noël, il prêchait à la cathédrale.

Juillet 1936 arriva.

Le 18 juillet, il pensa être plus en sécurité à Barcelone ; mais il dut rejoindre Lleida. Le 21, les miliciens firent irruption dans l'église où il célébrait ; les fidèles durent sortir, l'église fut fermée, et le père Tomás se réfugia chez un prêtre.

Le 25 juillet, des miliciens firent irruption dans la maison à sept heures du matin. Le père se présenta simplement : Je suis prêtre, et provincial des Mercédaires. Et eux : On n'est pas venu pour rien.

Ils l'emmenèrent dans la rue, mains en l'air, et l'abattirent un peu plus loin.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Aleix Civil Castellví

1889-1936

 

Aleix était né le 11 janvier 1889 à Molins de Rei (Barcelone, Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco, il fut frère convers, avec le nom de Ildefons.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Santa Creu d’Olorde (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Higinio Roldán Iriberri

1895-1936

 

Né le 11 janvier 1895 à Ollogoyen (Navarra, Espagne), il fut baptisé le 13 suivant. Une de ses sœurs aussi, Paula, fut religieuse.

Après avoir fréquenté l’école de Matauten, il travailla dans sa famille : il fallait tondre les moutons et tisser la laine.

En 1921, il entra chez les Dominicains d’Ávila, comme Frère convers. Il dut interrompre la vie du couvent pour accomplir le service militaire.

De retour au couvent, il fut à La Mejorada (Valladolid), Ávila (où il fit la profession solennelle en 1924), avant d’être envoyé à Ocaña et à la propriété de Nambroca (Tolède).

En 1932, il fut administrateur de Nambroca, où ses belles qualités furent appréciées de tous : bon, généreux, pieux ; pour se détendre, il parlait de la vie des Saints.

Le 24 juillet, il fut arrêté en même temps que les autres Religieux et conduit au poste jusqu’à la nuit. Feignant de les protéger, les miliciens organisèrent leur expulsion, prévenant les miliciens présents dans les stations suivantes de les arrêter.

Le 25 juillet 1936, ils prirent le train pour Madrid, mais arrêtés à Algodor, ils furent tous fusillés.

Le Frère Higinio fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Juan Crespo Calleja

1895-1936

 

Né le 27 décembre 1895 à Villada (Palencia, Espagne), il fut baptisé le 4 janvier suivant et confirmé en 1907. C’était l’aîné de douze enfants. Son père fonda l’Adoration nocturne dans la paroisse.

En 1916, il entra comme Frère chez les Dominicains d’Ávila. Il dut cependant interrompre la vie du couvent pour revenir chez lui et aider les siens aux travaux de la famille.

Rencontrant les jeunes de son âge, il montra envers eux un véritable esprit apostolique.

De retour au couvent d’Ávila, il fit la profession en 1919.

En 1922, il fut nommé procureur à Santa María de Nieva (Segovie) puis, en 1929, de La Mejorada (Valladolid), avant d’être envoyé à Ocaña et à la propriété de Romaila comme administrateur (1932-1936).

Il enseignait le catéchisme aux ouvriers, qu’il emmenait ensuite à la messe le dimanche à Nambroca (Tolède).

Le 10 mars 1936, les Dominicains furent expropriés de leur ferme et, en mai, les forces armées vinrent arrêter le frère Juan pour le conduire au Gouverneur : il devait se replier sur Nambroca.

Le 24 juillet, il fut arrêté en même temps que les autres Religieux et conduit au poste jusqu’à la nuit. Feignant de les protéger, les miliciens organisèrent leur expulsion, prévenant les miliciens présents dans les stations suivantes de les arrêter.

Le 25 juillet 1936, ils prirent le train pour Madrid, mais arrêtés à Algodor, ils furent tous fusillés.

Le Frère Juan fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

José María López Tascón

1896-1936

 

Né le 3 mars 1896 à Aviados (León, Espagne), il fut baptisé le jour suivant, et confirmé en 1897. Un de ses frères aussi, Manuel, fut dominicain.

En 1908, il entra à l’école apostolique des Pères dominicains à Corias (Asturies) ; il prit l’habit en 1913, fit la première profession en 1914 à Padrón (La Coruña), avant de faire ses études de philosophie à Corias et de théologie à Salamanque.

Ordonné prêtre en 1921, il fit d’autres études de littérature à l’université de Madrid, publia divers articles et, jusqu’en 1930, enseigna à Oviedo, Vergara (Guipúzcoa) et Atocha (Madrid).

C’était un travailleur, pieux, réservé et en même temps très aimable et agréable avec les Confrères.

A l’apparition des pénibles circonstances politiques de 1936, il restait disponible à accepter ce que Dieu déciderait.

Le 20 juillet, le couvent de Atocha fut assailli et il fut gravement blessé à l’abdomen. Tout en sang, il répétait : Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne. Il accompagna ses Confrères là où on les conduisait, au quartier de Abtao et à la Direction générale de Sécurité, où ils furent enfermés. Perdant son sang, affaibli, il fut recueilli par la Croix-Rouge dans un hôpital de Tolosa, où il reçut les derniers sacrements.

Rempli de paix, de joie et de force, répétant le Salve Regina et l’antienne O spem miram de saint Dominique, il s’endormit dans le Seigneur, le 25 juillet 1936.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Enric Morante Chic

1896-1936

 

Enric ou Enrique (Henri) était né le 25 septembre 1896, à Lleida, de Magín, un avocat, et Dolores, une femme très pieuse qui offrit immédiatement son fils à Notre-Dame de la Merci, qu’on fêtait alors le 24 septembre. Sa petite sœur s’appela Carmen.

Le petit garçon reçut au Baptême, trois jours après, les prénoms de Enrique et Ramón, sans doute parce que saint Raymond (Ramón de Peñafort) était le co-fondateur de l’Ordre de la Merci (voir au 7 janvier). Le prêtre qui le baptisa était son oncle maternel, Fulgencio Chic.

Elève du collège des Pères Mercédaire (de Notre-Dame de la Merci, pour le rachat des Captifs),   à Lleida, il savait à peine parler que déjà il disait vouloir être un mercédaire.

Le matin, il arrivait avant le sacristain à l’église, pour servir la messe.

A quinze ans, il fut envoyé à El Olivar, pour la suite de ses études.

Il reçut l’habit en septembre 1914, fit l’année suivante la première profession, puis la philosophie.

En 1916, bref passage à Lleida, avant de revenir à El Olivar pour la théologie, en 1918, et à San Ramón en 1919.

En 1922 il partit au service militaire, qui semble avoir été assez mouvementé, d’après les différents endroits où on l’envoya : Saragosse, Lleida, Larache, Lleida, San Ramón, La Segarra.

Au retour du service militaire, la famille le taquinait en lui disant de renoncer à la vie religieuse, mais il répondait qu’il préférait mourir.

Il se prépara au sacerdoce : en 1923, il reçut la tonsure et les ordres mineurs ; en 1924, après avoir fait la profession solennelle, il reçut les ordres majeurs et fut ordonné prêtre.

Lors de sa première messe solennelle à Lleida, celui qui prêcha fut ce même Fulgencio Chic qui l’avait baptisé.

En 1924, Enrique fut envoyé à Barcelone. On ne peut oublier la bonté qu’il y manifesta envers les familles pauvres ; sa générosité ne connaissait pas de limites.

En 1927, il fut envoyé à Porto Rico, où il eut en charge les paroisses de Maricao et de Las Marías. Pendant deux années, il se dépensa sans compter pour visiter toutes les familles dispersées dans les montagnes, célébrer des centaines de baptêmes et de mariages, enseigner le catéchisme, apprendre aux enfants à chanter. Tout le monde l’aimait. Quand il implorait du secours chez les gens plus aisés, on ne savait lui résister. Sa générosité le poussa à donner son repas aux pauvres, jusqu’à en tomber gravement malade avec des crises d’épilepsie. Il dut revenir en Espagne.

En 1930, à Barcelone, il eut un malaise en donnant la communion, restant évanoui pendant une demi-heure. Il revint à Lleida en 1931, se reprit, joua de l’orgue. Il ne pouvait célébrer chaque jour, mais fin 1933, on sait qu’il célébrait quotidiennement.

Il fut ensuite à El Puig, où tous les gamins couraient derrière lui, recevant bénédictions et bonbons.

En 1934, on le trouve à Benicalap, comme maître de chœur, puis maître des novices, ensuite à Valencia pour le chapitre, avant de rejoindre la communauté de Lleida en mai 1936.

Lorsque sa communauté dut se disperser au moment de l’insurrection de 1936, il rejoignit sa mère, à Lleida, mais préféra s’en aller pour ne pas compromettre la famille et se dirigea vers Grenyana, où il pensait trouver quelque maison accueillante «de droite», mais personne ne voulut le recevoir.

Le 22, il arriva à l’ermitage de Notre-Dame de Grenyana, où il vivait dans les bois pendant la journée, couchant à l’ermitage la nuit, y trouvant une bonne soupe chaude. On lui suggérait de gagner la France. On lui donna un bon casse-croûte et il se mit en marche. En réalité, tout le monde le connaissait, y compris les révolutionnaires, qui le guettaient. Un quart d’heure après, il fut arrêté par deux marxistes, qui l’attachèrent au harnais de leur cheval.

Enrique leur dit seulement qu’ils ne pouvaient rien lui faire, puisqu’il n’avait rien fait de mal. Ils le firent aller jusqu’à la station ferroviaire de Lleida, et le lynchèrent, en l’accablant d’insultes.

C’était le 25 juillet 1936 vers treize heures.

Enrique fut béatifié en 2013.

 

 

Ricard Farré Masip

1897-1936

 

Né le 20 avril 1897 aux Torms (Lleida, Espagne), il fut baptisé le jour-même, mais sa maman mourut peu après la naissance.

En 1909, il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux de Badalona et au noviciat de Tarragona en 1912.

En 1913, il fit la profession, prenant le nom de Eduard de l’Enfant-Jésus.

En 1920, il fut ordonné prêtre, avec une dispense d’âge, car il n’avait que vingt-trois ans.

Il fut tout de suite envoyé à Mexico, où il resta jusqu’en 1923 seulement, à cause de la persécution qui y sévissait : il passa aux Etats-Unis et y termina sa préparation à la licence de théologie.

Il fut élu prieur de la communauté de Washington, en même temps qu’il était vicaire provincial.

En 1933, il fut présent au Chapitre général de l’Ordre en Israel, puis rejoignit Barcelone pour y enseigner la théologie.

En 1936, il fut élu prieur du couvent de Tarragona, là où il avait fait le noviciat.

Tandis qu’il était en train de prêcher pour les fêtes du Carmel (16 juillet), tous les religieux durent se réfugier dans des maisons privées à partir du 20 juillet 1936.

Le 25 juillet 1936, des miliciens vinrent «enregistrer» le couvent, où se trouvaient le père Eduardo et le père Gabriel. Ces derniers furent arrêtés et conduits immédiatement à Montcada (Barcelone), où ils furent fusillés cette nuit-là même.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Jesús Eduardo Massanet Flaquer

1899-1936

 

Ce Jésus-là naquit à Capdepera (Maiorque) le 16 janvier 1899, de Francisco et Eleonor, qui le firent baptiser le 21 janvier suivant ; il fut confirmé la même année, en mai, selon une habitude de l’époque.

Après ses premières études, il voulut entrer dans l’Ordre mercédaire, et reçut l’habit en 1817, à El Olivar. L’année suivante, il fit la première profession.

Sa vocation était réelle, profonde ; il accepta de vivre dans la pauvreté, après avoir vécu dans une famille plutôt aisée ; il était épris de liturgie et voulait accomplir tous les rites avec la plus grande sollennité.

En 1919, il fut à San Ramón, où il fit la profession solennelle en 1922. En 1923, à Solsona, il reçut le sacerdoce.

A partir de 1923, il vint à Lleida, où il travailla activement à la liturgie, mais fut surtout un excellent prédicateur.

En 1926, il fut nommé aumônier du régiment de Navarre, où pendant six mois il se sentit responsable paternellement des deux mille soldats et officiers qui risquaient leur vie chaque jour. Il vivait avec eux, il parlait, écoutait, encourageait, confessait, assistait les blessés et les moribonds. Il arriva à consacrer tout ce régiment à Notre-Dame de la Merci, et organiser la prière quotidienne du chapelet, des groupes de prière.

Revenu à Lleida en 1927, il fut envoyé successivement à Barcelone, Palma de Maiorque (1929), El Puig de Santa María (1930), et fut de retour à Lleida en 1935.

Arrivèrent les événements douloureux de 1936. Il trouva à loger chez des amis de Lleida, où il apparaissait très calme, sans craindre la mort qui le menaçait.

Le 24 juillet au soir, il changea d’étage, toujours absorbé dans la prière et disposé à pardonner à ses assassins. Au matin, pour ne pas compromettre son hôte, il grimpa dans la mansarde, mais une voisine le dénonça et les miliciens vinrent l’arrêter.

En descendant de là, il passa devant son hôte et lui fit un geste de gratitude. Les miliciens le faisaient marcher en direction de la prison. En passant près d’une personne de connaissance, le prêtre lui dit : Adieu, au Ciel ! L’hôte suivait le groupe par derrière pour voir ce qui allait se passer. A un moment donné, les miliciens lui firent accélérer le pas, et l’abattirent peu après en lui tirant par derrière.

Jesús Eduardo resta là, à terre ; peu après, des femmes le virent encore bouger un peu, et lui lancèrent des pierres à la tête ; le crâne fut fracturé, le cerveau en sortait. Le cadavre du Martyr fut ramassé et jeté à la fosse commune.

C’était le 25 juillet 1936.

Le père Massanet Flaquer fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Varona Ortega

1901-1936

 

Né le 16 janvier 1901 à Zumel (Burgos, Espagne), il fut baptisé le 18 suivant, et confirmé en 1902.

En 1913, il entra à l’école apostolique des Pères dominicains à La Mejorada (Valladolid) ; il fit la première profession en 1918 et la solennelle en 1922.

Il fut envoyé aux Etats-Unis au couvent de Rosaryville (New Orleans, Louisiane) pour y compléter ses études de théologie, ainsi qu’à la Dominican House of Studies de Washington (1922-1924), achevant cette préparation par des cours de pédagogie à l’Université catholique (1924-1926).

Il reçut alors l’ordination sacerdotale (1926), après laquelle il fut envoyé aux Philippines, où il enseigna dans le collège Saint Jean de Latran de Manille.

Ce bon professeur estimé de tous dut cependant interrompre cette belle activité didactique, à cause de la tuberculose, et il revint en Espagne.

En 1933, il fut à Ávila et, le mal continuant à évoluer, on l’hospitalisa au sanatorium de Guadarrama (Madrid). Désormais condamné, il fut à Nambroca (Tolède) à partir de février 1936 : aussi bon professeur qu’il avait été, il fut exemplaire dans la maladie, acceptant la souffrance avec résignation et sans jamais se plaindre. Dès qu’il pouvait un peu se tenir sur les jambes, il célébrait la sainte Messe.

Il acheva cette vie douloureuse en partageant le sort du père José Luis Palacio.

En juillet 1936, des miliciens vinrent l’expulser de la maison et de Nambroca. Avec trois autres Religieux, il allait prendre le train, quand ils furent tous fusillés près de la station de Algodor (Madrid), le 25 juillet 1936. Le père Antonio avait les bras levés et chantait le Christ, Roi de l’univers.

On les enterra d’abord le long du Tage.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Deogracias Palacios Del Río

1901-1936

 

Né le 22 mai 1901 à Baños del Valdeapados (Burgos, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de Deogracias de Saint-Augustin.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Jesús Juan Otero

1902-1936

 

Né le 6 juin 1902 à Abastas (Palencia, Espagne), ce nouveau Jésus fut baptisé le 15 juin suivant et grandit dans une famille très chrétienne de la Vieille Castille.

Ses compagnons avaient pour lui une réelle estime ; l’un d’eux put témoigner : Quand Jesús est là, on bouge et on est joyeux.

En 1917, un Frère des Ecoles Chrétiennes passa par là et parla de la vocation au jeune garçon, qui fut conquis par l’idée de faire du bien aux enfants.

Ses pieux parents furent heureux de le voir partir dès le mois d’août 1917 au noviciat de Hostalets de Llers, où là encore il conquit l’estime de tous par son innocente allégresse.

En 1918, il prit l’habit, et le nom de Arnoldo Julián. Un fait assez remarquable marqua ce noviciat : quelques mois après son entrée, arriva aussi son jeune frère, qu’il rencontra justement à l’entrée de la maison. Arnoldo, au lieu d’aller le saluer comme cela aurait été naturel, alla d’abord en solliciter du supérieur la permission. Oh ! admirable obéissance d’un jeune religieux ! On croirait revoir saint Jean-Baptiste qui, voyant arriver le Christ, n’osa pas même se déplacer pour saluer son cousin, mais annonça fortement à tout le peuple : Voici l’Agneau de Dieu ! (Jn 1:29).

Après le noviciat, Arnoldo fit le scholasticat à Bujedo.

En 1920, il rejoignit la communauté de San Celoni, où il fut éducateur de jeunes pendant treize années, avec un «succès» unanime auprès des enfants. Il en reçut même d’excellents éloges de la part d’inspecteurs d’état.

Il préparait ses cours avec grand scrupule, et n’hésitait pas à demander des conseils, des explications, à d’autres Frères plus expérimentés, quand il avait un doute.

Le curé de la paroisse recourait aussi à ses services pour pouvoir entrer en contact avec des paroissiens qui, sinon, n’auraient pas osé contacter le prêtre.

Fortement attaché à l’esprit religieux, il sut aussi imposer le respect du Supérieur, à l’occasion de «troubles» intérieurs, qui ne manquent jamais dans les communautés. Il n’hésita pas non plus à reprendre très fraternellement tel ou tel Frère dont le comportement donnait des signes d’affaiblissement. Parfois, certains en vinrent quand même à l’accuser par derrière, à quoi Arnoldo savait répondre fraternellement en rétablissant la justice et la vérité.

En 1933, il fut envoyé à Moncada : ce fut un regret unanime de la part de ceux qu’il quittait, mais aussi la joie de ceux qui le recevaient.

L’année suivante, un problème de santé l’obligea à ne prendre que du lait durant les repas, ce qu’il supporta fidèlement, en esprit d’obéissance.

L’atmosphère politique se couvrait de nuages, et le Frère, conscient de la situation, «prophétisait» : Ils vont nous tuer à Moncada. A tout hasard, le directeur lui donna une adresse sûre où se réfugier en cas de nécessité.

Cette occasion arriva, le 19 juillet 1936 : Arnoldo dut se réfugier avec d’autres frères (Josep, Mariano et Vicente) chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans une plantation voisine lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches des prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Arnaldo fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Santos López Martinez, Vicente Fernández Castrillo).

 

 

Josep Bardolet Compte

1903-1936

 

Né le 20 juillet 1903 à Capsanes (Tarragona, Espagne), il fut baptisé le 26 suivant.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fréquenta d’abord leur collège à Salt, puis le noviciat mineur à Hostalets (1916), le noviciat (1919) et prit le nom de Benet Josep.

Il fit le scholasticat à Bujedo (1920), et exerça son apostolat successivement à San Celoni, Granollers, Palamós, Gerona et Moncada.

Le 19 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et chaque Frère de la communauté devait trouver où se cacher. Josep trouva d’abord une cabane abandonnée : il y passa la nuit.

Le 21, il fut accueilli dans une famille amie, où il fut pris d’un très fort tremblement, qui se calma lentement. Il disait : Je ne demande pas de mourir. Mais si je dois mourir durant cette tourmente, je l’accepte, parce qu’ainsi je pourrai servir à la Cause de Dieu.

Le 25, il était en train de donner une leçon de français à un des enfants de la famille, quand huit miliciens arrivèrent le chercher. Il se rendit sans résistance.

On lui mit les menottes. Comme pour Jésus-Christ, la foule hurlait : A mort ! A mort !

On lui fit subir une parodie de jugement et on le condamna comme Religieux.

Le soir même de ce 25 juillet 1936, on le fusilla près du Besós. Il avait trente-trois ans.

Benet Josep fut béatifié en 2007.

 

 

Jerónimo Ochoa Urdangarín

1904-1936

 

Né le 28 février 1904 à Goñi (Navarre), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Marià Binefa Alsinella

1906-1936

 

Né le 27 juin (et non le 24 septembre) 1906 à Anglesola (Lleida), il reçut le nom de Mariano sept jours plus tard au Baptême. En catalan, Mariano est tronqué en Marià. Ses parents, Ramón et Josefa, étaient de simples paysans, bons chrétiens.

Marià entra chez les Clarétains de Cervera en 1922 ; l’année suivante, il recevait l’habit et commençait le noviciat ; en 1924, il fit la profession comme frère convers.

Il fut successivement à Berga (1926) et Barcelone (1928).

En 1930, il traversa une crise de doute, de découragement, et quitta la maison pendant deux ans ; mais deux ans plus tard, il reprit courage, refit un noviciat à Vich et refit la profession en 1933.

Il fut alors envoyé à Sallent, comme cuisinier et chargé de diffuser la cause du bienheureux Fondateur, Antonio María Claret (v. 24 octobre). Effectivement, celui-ci devait être canonisé en 1934.

Le 20 juillet 1936, le comunauté dut se disperser et le frère Marià se réfugia chez des amis non loin de là, jusqu’au 24 suivant. Il priait et enseignait le catéchisme aux enfants.

A vingt-trois heures, vinrent plusieurs miliciens qui menacèrent le père de la famille en lui mettant le fusil à la tempe et le sommant de leur livrer le Frère. On l’emmena au Comité - qui s’était justement installé dans la maison des Clarétains - puis à la mairie, où Marià retrouva les deux pères Mercer et Payás et le frère Mur. Comme on l’a vu, tous quatre furent fusillés ce soir-là, 25 juillet 1936.

Béatifié en 2017, le bienheureux Marià Binefa Alsinella sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Pedro Largo Redondo

1907-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Pedro était natif d’Alba de los Cardaños (Palencia), une localité qui envoya douze des siens chez les Passionistes.

Il naquit le 19 mai 1907, reçut le Baptême le 22 suivant, et la Confirmation en 1911.

Il fit ses études à Corella (Navarre) et fit la profession en 1923, avec le nom de Pedro du Cœur de Jésus.

Après cinq ans à Daimiel, il rejoignit Saragosse pour la théologie (1928-1932).

Il pensait partir avec ses Confrères pour les missions d’Amérique Latine, mais il devait d’abord faire le service militaire, à Melilla (1934-1935), où l’ambiance difficile ne lui fit pas perdre sa ferveur habituelle.

Toujours tranquille, méditatif, bon et discret, il revint à Saragosse, prit congé de Notre-Dame du Pilar et rejoignit Daimiel, où il s’occupa de la catéchèse.

Après la nuit du 21-22 juillet 1936, il prit le train avec Benito et Félix, à Malagón, pensant rejoindre Madrid. Mais ils furent arrêtés à Urda (Tolède), obligés de descendre et placés près du dépôt d’eau du chemin de fer.

C’est là qu’ils furent fusillés tous les trois, le 25 juillet 1936. Leurs cadavres furent retrouvés à Yébenes (Tolède).

Ils font partie des vingt-six Passionistes béatifiés en 1989.

 

 

Jaume Payás Fargas

1907-1936

 

Jaume (Jacques ; Jaume est la forme catalane pour Jaime) naquit le 14 août 1907 à Castelltersol (Barcelone), et fut baptisé trois jours plus tard. Il était le benjamin des sept enfants de José, un épicier, et Antonia. Deux des frères aînés de Jaume furent aussi prêtres clarétains.

Il entra dans cette Congrégation en 1919 au postulat de Vich, où il fit de brillantes Humanités ; c’est là qu’il se consacra particulièrement à la Sainte Vierge, en 1921. Puis il passa au noviciat à Cervera en 1923, prit l’habit et, en 1924, fit la profession.

La philosophie se fit à Cervera puis Solsona. Jaume fut reçu bachelier à Lleida. Pour la théologie, il fut à Solsona puis Cervera.

Il n’avait encore reçu que les ordres mineurs, qu’il manifessta au Sous-Directeur son plus vif désir d’aller en pays de mission, quelle qu’il fût, pour sauver les âmes.

Jaume put éviter le service militaire, car ils étaient sept frères dans la famille ; mais on lui demanda tout de même un «dédomagement financier», ce que n’exigeait pas la loi…

Son père mourut en 1930 et, en 1931, il reçut l’ordination sacerdotale à Solsona.

Une fois prêtre, il compléta ses études par celles de l’Ecole Normale de Barcelone, qu’il acheva en 1935. Cette année-là, il était dans la maison de Sallent.

Le p.Jaume était connu pour ses qualités intellectuelles surprenantes, pour ses dons en peinture aussi, pour son humilité et sa prudence dans la conversation.

Au moment de la révolution, en juillet 1936, le p.Jaume, avec le père supérieur, se réfugia dans une maison amie, où il cacha les objets précieux liturgiques (les calices, les ciboires, des ornements, des missels). Du 20 au 23 juillet, la suite des événements fut particulièrement agitée, car le p.Jaume dut changer plusieurs fois de cachette, fut même parfois refoulé par des gens qui avaient peur des représailles. Un jeune le retrouva même embourbé jusqu’à la ceinture près de la rivière Llobregat ; le p.Jaume mourait de soif à cause de la fièvre. Un élève du collège reconnut son professeur, et le père fut bientôt dénoncé et arrêté, dans l’après-midi du 23 juillet. On le mit dans une pièce de la mairie.

Son «gardien», un employé de la mairie, était en réalité un brave homme, qui lui trouva de quoi écrire à sa mère et porta la lettre à celle-ci. Ensuite, le même homme se montra touché par l’attitude noble du père Jaume. Il lui suggérait de «faire semblant» de renier son sacerdoce, sa foi. Jaume refusait. A la fin il lui dit : A Dieu, au ciel ! Et l’autre : Non, impossible, parce que je ne crois à rien de tout ça, on ne se reverra donc pas. Et Jaume : Alors, je prierai le Bon Dieu de te faire venir au Ciel.

Le 24, on lui proposa encore de renoncer à son sacerdoce et d’accepter un poste de maître ; sa réponse fut claire : Demain, jour de la fête de mon saint Patron, je serai au ciel.

Effectivement, le p.Jaume fut fusillé le 25 juillet 1936, jour de la fête de s.Jacques le Majeur, au cimetière de Sallent (Barcelone). Au moment d’être fusillé, il prit la parole : Je voudrais vous bénir avant de mourir, mais il reçut la décharge en levant le bras et ne put achever son geste.

Il a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Jaume Payás Fargas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

Miquel Baixeras Berenguer

1908-1936

 

Né le 14 février 1908 à Castellterçol (Barcelone), Miquel était le quatrième des dix enfants de Francisco, un tisserand, et Montserrat. Deux des frères de Miquel furent aussi clarétains (dont l’un martyr, déjà béatifié en 1992, v. 15 août) et une sœur fut carmélite.

Miquel entra en 1919 au postulat clarétain de Vich, en même temps que Jaume Payás, qui était du même pays que lui, et fit d’excellentes études. Il commença le noviciat en 1923 à Cervera, et fit la profession en 1924.

En même temps qu’il faisait la philosophie à Cervera puis Solsona, il prépara brillamment le baccalauréat civil et commença la théologie au séminaire de Solsona ; en 1928, il continuait la théologie à Cervera et fut reçu au doctorat en 1930.

On s’inquiétait déjà quand fut proclamée la Seconde République en avril 1931. Il écrivit à sa famille : Jusqu’à présent, on ne nous a pas fait de boutonnières dans le ventre, ni de trous dans la tête. Il reçut les ordres et fut ordonné prêtre à Solsona en juin, avec dispense d’âge de huit mois.

Au vu de ses brillantes études, il fut chargé d’enseigner à Gracia puis Solsona, mais il préférait nettement la prédication apostolique pour le salut des âmes, et fut envoyé à Lleida en 1935.

Quand le pays se souleva en juillet 1936, le p.Miquel fut mis en prison dès le 21 juillet avec ses Confrères Torres et Tamarit, dont il partagea le sort : au petit matin du 25 ils furent fusillés au champ de Mars et entassés dans la fosse aux martyrs.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, Miquel Baixeras Berenguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Vicent Gallen Ibáñez

1908-1936

 

Vicent était né le 29 septembre 1908 à Vallat (Castelló, Espagne), mais la famille se transféra bien vite à Badalona.

Après avoir fréquenté le collège tenu par les Pères Carmes, il entra au noviciat et fit la profession, avec le nom de Vicent de la Croix.

En 1920, il fut envoyé aux Etats-Unis, où il termina ses études à l’Université Catholique de Washington et fut ordonné prêtre.

Après une courte période à Tucson (Arizona), il revint à Tarragona comme professeur.

Il avait une particulière attention dans le soin de la liturgie, et s’occupait avec grande attention des enfants et des pauvres. Il écrivit aussi quelques articles dans la revue de l’Ordre.

Lors de la guerre civile, il trouva à se réfugier avec le frère Joan Fort, mais ils furent arrêtés, et conduits sur la bateau-prison Rio Segre, d’où, peu de jours après, on les fit sortir pour les fusiller, le 25 juillet 1936.

Le père Vicent fut béatifié en 2013.

 

 

Jaume Balcells Grau

1908-1936

 

Né le 12 octobre 1908 à Valls (Tarragona, Espagne), il fut baptisé le 17 suivant.

Orphelin dès deux ans, il fut élevé par ses oncle et tante à Pla de Santa María.

En 1919, il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux de Palagrugell et au noviciat de Tarragona en 1923.

En 1924, il fit la profession, prenant le nom de Gabriel de l’Annonciation.

En 1929, il fut envoyé au Collège international de Rome pour y compléter ses études et y fut ordonné prêtre en 1932.

Il se «spécialisa» dans l’histoire de son Ordre, et dans la composition musicale.

Il fut nommé professeur au même Collège international, alla enseigner la philosophie en Israel pendant un an puis, de retour à Rome, fut diplômé à l’Ecole Vaticane de Bibliothèque, en même temps qu’il enseignait la patrologie, jusqu’en 1936.

En 1936, il vint dans sa Catalogne natale pour y passer des «vacances», mais c’est la persécution qui l’attendait.

Tandis qu’il s’apprêtait à fêter saint Elie chez des Carmélites de Tiana, tous les religieux durent se réfugier dans des maisons privées à partir du 20 juillet 1936.

Le 25 juillet 1936, des miliciens vinrent «enregistrer» le couvent, où se trouvaient le père Eduardo et le père Gabriel. Ces derniers furent arrêtés et conduits immédiatement à Montcada (Barcelone), où ils furent fusillés cette nuit-là même.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

José Ricardo Diez Rodríguez

1909-1936

 

Né le 16 février 1909 à Camposalinas (León, Espagne).

Il entra comme Frère dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de José du Sacré-Cœur.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

Santos López Martinez

1910-1936

 

Né le 16 octobre 1910 à Viñambres de Vallduerna (León, Espagne), il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : noviciat mineur (1926), noviciat (1927) : vêture, avec le nom de Mariano León.

 

Il commença son apostolat dès le scholasticat, pour remplacer un Frère malade (1930).

Il fut envoyé à Moncada, Palamós, Salt, de nouveau Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Mariano dut se réfugier avec trois autres Frères chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans un champ de haricots blancs, lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches quatre prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Mariano fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Vicente Fernández Castrillo, Jesús Juan Otero).

 

 

Vicente Fernández Castrillo

1912-1936

 

Né le 31 août 1912 à Piedrahita de Muño (Burgos, Espagne), il fut baptisé le 7 septembre.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fit le noviciat mineur à Cambrils (1926), le noviciat à Fortianell (1929) et prit le nom de Vicente Justino.

Il enseigna d’abord au noviciat mineur (1931), puis à Josepets et Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Vicente dut se réfugier avec d’autres frères (Josep, Mariano et Arnoldo) chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans une plantation voisine lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches des prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Vicente fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Santos López Martinez, Jesús Juan Otero).

 

 

Artur Tamarit Pinyol

1913-1936

 

Né le 2 août 1913 à Solerás (Lleida) et baptisé le 5 suivant, Artur était un des huit garçons de Pio, un coiffeur, et María ; il reçut la confirmation en 1917, selon la coutume du moment.

Les Catalans écrivent le nom de famille d’Artur : Pinyol ; les Espagnols : Piñol.

De ces huit garçons, quatre devinrent prêtres clarétains, dont Remigio et Arturo, qui furent martyrisés, et Alfredo et Pio qui moururent beaucoup plus tard (l’un au Mexique en 1987, l’autre à Barcelone en 2002).

Arturo fut postulant à Barbastro en 1923 ; il fut retardé un an par la maladie, et passa à Cervera en 1926 pour achever ses Humanités ; en 1928, il fut novice à Vich, reçut l’habit et, en 1929, fit la profession.

Il fit la philosophie à Solsona et, en 1931, la théologie à Cervera. Dispensé du service militaire à la suite d’une nouvelle loi, il reçut les ordres et fut ordonné prêtre en 1936 à Barbastro.

Artur fut ordonné alors qu’il n’avait pas vingt-trois ans ; une dispense d’âge fut nécessaire pour ce saint novice qui avait fait l’édification de tous. Une tristesse l’attendait cependant peu après : son bon papa mourait le 30 mai suivant.

Il fut envoyé à Lleida en juin 1936, où il arriva peu avant l’explosion de la révolution et de la persécution religieuse.

Il fut arrêté le 21 juillet en même temps que presque tous les membre de la communauté, qui s’étaient réfugiés chez Madame Puig. Ils furent incarcérés et se préparèrent ensemble au martyre, dans la prière commune.

Au matin du 25 juillet, on les amena au Champ de Mars où ils furent fusillés et ensevelis dans une fosse commune qu’on appela la fosse des martyrs.

Le frère d’Artur, Remigio, devait être à son tour martyrisé le 27 août suivant.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Artur Tamarit Pinyol sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Josep Más Pujolrás

1913-1936

 

Né le 13 août 1913 à Mieras (Girona, Espagne), il fut baptisé le 17.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : noviciat mineur à Fortianell en 1926, vêture en 1929 avec le nom de Josep Benet.

Scholasticat à Cambrils, catéchèse à Horta (1932), Salt (1933), enfin Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Josep dut se réfugier avec trois autres Frères chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans un champ de haricots blancs, lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

- Tu caches quatre prêtres ici.

- Erreur, ce sont des professeurs.

- Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

- N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Josep fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Santos López Martinez, Vicente Fernández Castrillo, Jesús Juan Otero).

 

 

Eloy Francisco Felipe Delgado Pastor

1914-1936

 

Né le 10 décembre 1914 à Puebla de Alcocer (Badajoz, Espagne), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère, avec le nom de Juan de la Croix.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Félix Ugalde Irurzun

1915-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

 

Félix naquit à Mendigorria (Navarra) le 6 novembre 1915 et fut baptisé le 9 suivant. Il reçut la Confirmation en 1922, et l’Eucharistie en 1923.

Il avait un oncle passioniste, Costantino Ugalde (1881-1942), qui fut envoyé en mission au Mexique et à Cuba.

Il fut toujours reconnaissant à ses parents de l’excellente éducation chrétienne qu’il en reçut.

Après le collège de Saragosse, il revint un moment chez lui, comme tous les étudiants, et rejoignit vite le collège, demandant aux siens de prier beaucoup pour qu’il eût la sagesse d’être un bon religieux.

Tout heureux de vêtir l’habit passioniste, il entra au noviciat en 1932 et fit la profession à Corella en 1933, sous le nom de Félix des Cinq Plaies.

A partir de 1934, il était à Daimiel pour les études de philosophie. Cette année-là, en décembre, furent assassinés aux Asturies trois Passionistes ; commentant le fait, il écrivait alors : C’est une grâce de Dieu d’être martyr, de verser son sang pour le Christ.

Son amour pour la Sainte Vierge était remarquable. Son maître de novices disait de lui : C’était un plaisir de l’avoir au noviciat : si simple, si humble, si respectueux des Supérieurs.

Il fut fusillé à Urda, le 25 juillet 1936, et fut béatifié avec ses Confrères en 1989.

Mieczysława Kowalska

1902-1941

 

Elle naquit le 1er janvier 1902 à Varsovie, dans une famille athée.

Mais Mieczysława entendit tout de même l’appel de la Vérité, et reçut la Communion en 1915, la Confirmation en 1920.

C’est vers cette même année que son père et son frère partirent en Union Soviétique, tandis que Mieczysława restait en Pologne.

Elle s’impliqua dans des associations pieuses, et entendit bientôt l’appel à la consécration.

En 1923 elle entra chez les Religieuses de Przasnyszu, dites Pauvres Sœurs Capucines de Sainte-Claire, prenant le nom de Maria Teresa de l’Enfant-Jésus.

Un des buts de sa consécration, était de s’offrir pour la conversion de son père et de son frère.

Après les vœux temporaires (1924) et la profession perpétuelle (1926), elle vécut dans le monastère comme portière, sacristine, bibliothécaire, maîtresse des novices, et conseillère au conseil d’administration du monastère.

Discrète et bonne, toujours prête à rendre un service, elle vivait particulièrement la douleur de Jésus-Christ dans la Crucifixion. Elle avait écrit sur le crucifix de sa chambre : Chut ! Mon Jésus est mourant.

Le 2 avril 1941, toute la communauté fut arrêtée par la Gestapo, soit une quarantaine de Religieuses, toutes déportées au camp de concentration de Dzialdowo.

Là, dans des conditions hygiéniques déplorables, dormant sur la paille où grouillaient les vers, les Religieuses furent enfermées, entassées dans la même cellule 31.

Rongée par la tuberculose, Maria Teresa souffrait énormément, d’autant plus que la poussière de la paille l’empêchait de respirer. Elle offrit à Dieu sa vie pour le retour de ses Consœurs à Przasnysza…

Elle mourut le 25 juillet 1941. Or, deux semaines plus tard, le 7 août 1941, toutes les Religieuses étaient libérées et abandonnées à elles-mêmes, certaines rejoignant des familles, d’autres errant de-ci de-là, avant de pouvoir trouver une maison accueillante (parfois les propres maisons des Juifs arrêtés par les Allemands).

Mieczysława a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

 

 

Wenceslao Pedernera

1936-1976

 

Wenceslao Pedernera naquit à Los Jagüeles (La Calera, Argentine) le 28 septembre 1936, jour où l’on fête s.Wenceslas, dont il reçut le nom au baptême.

Ses études ne dépassèrent pas ce qui est pour nous le cours élémentaire, mais ce fut un travailleur, dans les vignobles d’un certain Gargantini, italien d’origine.

On le surnommait Wence ; en 1961, il rencontra Martha Ramona Cornejo, qu’il voudra épouser, mais pas à l’église, car il n’aimait pas ces prêtres qui ne savent rien dire aux grands propriétaires. Martha cependant, surnommée Coca, finit par l’emporter et le mariage fut célébré chrétiennement en 1962.

La vraie conversion de Wence se fit en réalité six ans plus tard, lors d’une mission populaire ; son cœur fut touché par la prédication de prêtres qui parlaient vraiment au nom de l’Evangile. Sa conviction fut telle qu’il organisa et dirigea un groupe de prière, qui s’appuyait directement sur l’enseignement du Christ. Coca rayonnait de joie. Naîtront bientôt trois filles, María Rosa, Susana et Estela.

Wence fut alors totalement conquis par les idées de Mgr Angelelli, l’évêque de La Rioja, où il désirait s’installer. Coca lui proposa d’abord de rester à Mendoza, mais en 1973, ils déménagèrent à Anguinan, puis à Sañogasta : là, ils firent partie d’une coopérative agricole, où le travail était nourri par la prière et par la lecture de l’évangile.

Avec les prêtres qu’il connaissait bien, il partageait un lopin de terre qu’il cultivait avec amour. Parmi ceux qui fréquentaient Wence, il y eut trois jeunes, qui devinrent prêtres par la suite.

Encouragé par l’évêque Mgr Enrique Angelelli (v. 4 août), Wence organisa le Mouvement Rural Catholique. Ce genre d’organisation syndicale allait à l’encontre des immenses latifundi, dont les grands propriétaires s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers. Wenceslao fut lui aussi accusé de marxisme et menacé.

Le 25 juillet 1976, quatre hommes masqués firent irruption chez lui et, devant son épouse et ses filles terrorisées, dont l’aînée avait douze ans, le frappèrent de vingt balles. Huit jours plus tôt, avaient été assassinés les deux prêtres Gabriel Longueville et Carlos Murias (v. 18 juillet) ; Mgr Angelelli serait à son tour assassiné le 4 août.

Avant d’expirer à l’hôpital où le transporta son épouse, Wenceslao pardonna à ses assassins et pria Coca de ne pas garder de rancœur envers les assassins.

En 2019, Wenceslao Pedernera fut béatifié avec l’évêque et les deux prêtres martyrs, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

 

 

Andrea Bordino

1922-1977

 

Andrea Bordino naquit  le 12 août 1922 dans une famille de vignerons à Castellinaldo (Cuneo). Il eut un frère, Risbaldo.

Plus enclin au sport qu’aux études, Andrea devint champion de ballon élastique, un sport très pratiqué dans sa région. Sa formation chrétienne se fera dans sa famille, dans sa paroisse et dans l’Action catholique.

À l’âge de vingt ans, Andrea et son frère furent recrutés dans l’artillerie alpine de la division de Cuneo, destinée au front russe. Andrea fut préposé au ravitaillement, dans l'enfer de glace que fut la campagne de Russie. Après la défaite, les deux frères furent faits prisonniers en janvier 1943. Pendant deux ans, ils subirent les horreurs des camps de Sibérie et de Mongolie.

Andrea s’occupa de ceux qui mouraient d’épidémie à l’infirmerie du camp 29/3 de Pactarol. C’est à cette époque que mûrit sa vocation religieuse.

Rentré chez lui à l'automne 1945, il frappa en 1946 à la porte de l’œuvre hospitalière Cottolengo de Turin et y devint frère Luigi della Consolata (ou Louis de N.Dame de la Consolation). Ses journées se passaient dans la prière et le service des malades. Selon les témoins, il incarnait la devise du fondateur Joseph-Benoît Cottolengo (v. 30 avril) : La charité du Christ nous presse (2Co 5:14). Envers les malades, il avait la même attitude de respect que devant l’Eucharistie.

Atteint cependant de leucémie en 1975, il passera les deux dernières années de sa vie dans de grandes souffrances, mais aussi dans une constante louange d’action de grâce.

Il mourut le 25 juillet 1977.

Andrea Bordino - Luigi de N.Dame de Consolation a été béatifié en 2015.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 23:00

24 JUILLET

II.

S Victorinus, martyr près d’Amiternum, suspendu la tête en bas au-dessus d'eaux sulfureuses.

III.

Stes Nicéta et Aquilina, converties par s.Christophe, martyres en Lycie.

IV.

Ste Christine, martyre, près du lac de Bolsena, de son propre père et du successeur de ce dernier ; elle pourrait avoir été confondue avec la Sainte de Tyr ; la pierre qu'on lui attacha au cou pour la noyer dans le lac, servit de pierre d'autel, où eut lieu le Miracle eucharistique de Bolsena.

S Fantinus l'Ancien, thaumaturge en Calabre.

S Pavace, évêque au Mans, invoqué contre les serpents.

SS Ménée et Capiton, martyrs.

V.

S Ursicin, évêque à Sens.

Ste Euphrasia, vierge de famille sénatoriale, retirée au désert de Thébaïde.

S Déclán, premier évêque à Ardmore.

?

Ste Lewinne, vierge anglaise martyre.

VI.

Ste Sigolena, première abbesse à Troclar.

?

S Arnoul, pèlerin assassiné par des bandits à Gruyères ; l'église de Warques, où reposait son corps, fut miraculeusement protégée d'un incendie.

VII.

SS Wolfrad et Rufin, deux frères martyrisés par leur père païen ; converti, ce dernier fonda l'abbaye de Stone sur la tombe de ses deux fils.

XI.

SS Roman et David, fils de s.Vladimir, assassinés par leur frère ; leurs noms civils sont Boris et Gleb ; Boris est patron de Moscou.

XII.

S Baldovino, disciple de s.Bernard, qui l'envoya près de Rieti pour fonder et gouverner un monastère.

XIII. Ste Christine l'Admirable, vierge belge, qui ressuscita à vingt ans pour faire le Purgatoire pour elle-même et pour les autres et mourut à soixante-quatorze ans.

Ste Kinga, nièce de ste Elisabeth de Hongrie et reine de Pologne ; d'accord avec son mari, Bolesłas, ils vécurent chastement ; veuve, elle fut clarisse à Stary Sącz ; patronne des mineurs, canonisée en 1999.

XV.

B Giovanni Tavelli de Tossignano, juriste à Bologne, religieux chez les Jésuates (clercs de s.Jérôme), évêque à Ferrare.

B Antonio Torriani, médecin milanais, puis religieux augustin ; ses malades étaient guéris corps… et âme ; jaloux, des médecins tentèrent de le tuer, mais il les amena à la conversion.

B Arcangelo Piacenza de Calatafimi, franciscain en Sicile (le 10 août au Martyrologe).

XVI.

Bse Louyse de Savoie, fille du b. Amédée IX, clarisse à Orbe.

Bx Nicholas Garlick, Robert Ludlam et Richard Simpson, ainsi que Joseph Lambton, de vingt-quatre ans, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987.

S John Boste, prêtre anglais martyr.

XVII.

B Cristóbal Fernández de Valladolid, prêtre espagnol fondateur de l'Hospitalité Franciscaine de Jésus de Nazareth, béatifié en 2013.

XVIII.

B Angelo Nicola (Antonio) Lucci, évêque franciscain en Apulie, très généreux, béatifié en 1989 (le 25 au Martyrologe). B Ji Do-gi Paulus, laïc coréen martyr, enterré vivant, béatifié en 2014.

XIX.

S José Fernández de Ventosa, prêtre dominicain espagnol, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Domenico (Modestino de Jésus et Marie) Mazzarello, franciscain à Naples, mort dans une épidémie, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1987 :

Carmélites Déchaussées : à Guadalajara, Jacoba Martínez García (María Pilar de Saint-François-Borgia, *1877), Marciana Valtierra Tordesillas (María Angeles de Saint-Joseph, *1905), Eusebia García y García (Teresa de l'Enfant-Jésus, *1909) ;

- béatifiée en 1990 :

Compagnie de Sainte-Thérèse-de-Jésus : près de Barcelone, María Mercedes Prat y Prat (*1890) ;

- béatifiés en 2005 :

Carmes Déchaux : à ou près de Barcelone, les prêtres Josep Guillamí Rodó (Romuald de Sainte Catherine, *1866) et Jaime Gascón Bordás (Jaime de Sainte Thérèse, *1886) ;

Lasalliens : à Barcelone, Marcos Morón Casas (Indalecio de Marie, *1899) ;

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : près de Málaga, les prêtres Antoni Enric Canut Isús et Antonio Torrero Luque (*1874 et 1888) ;

Augustins : près de Madrid, le prêtre José Joaquín Esnaola Urteaga (*1898) ;

- béatifiés en 2011 :

Oblats de Marie Immaculée : près de Madrid, le prêtre Juan Antonio Pérez Mayo (*1907) ; les clercs Francisco Polvorinos Gómez (*1910), Manuel Gutiérrez Martín (*1913), Cecilio Vega Domínguez (*1913), Juan Pedro del Cotillo Fernández (*1914), Justo González Lorente (*1915), Pascual Aláez Medina (*1917) ; le laïc Cándido Castán San José (*1894) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Jaume Sanromá Solé (*1879) ; près d’Ávila, José Máximo Moro Briz (*1882) ;

Clarétains : près de Tarragona, le prêtre Antoni Capdevilla Balsells (*1894) ;

Carmes déchaux : près de Lleida, le convers Josep Olivé Vivó (Bartolomeu de la Passion, *1894) ; le prêtre Joan Vilaregut Farré (Joan de Jésus, *1907) ;

Frères Maristes : à Madrid, Pablo Martínez Esteban (Gaspar, *1898), Braulio Álvarez Palacín (Camerino, *1900) ;

- béatifiés en 2020 :

Capucins : près de Manresa, le prêtre Jaume Baríau Martí (Josep Oriol de Barcelone, *1891) ;

Dominicains : près de Ciudad Real, Antolín Martínez Santos (*1914), novice.

Victorinus d’Amiternum

fin 1er siècle

 

D’après les Actes des ss.Nereus et Achilleus (v. 12 mai), Victorinus était un compagnon de captivité de Flavia Domitilla (v. 7 mai) sur l’île de Ponza.

Il en fut retiré par Aurelianus, le fiancé éconduit de Flavia, qui l’envoya travailler dans ses terres quelque part sur la Via Salaria. Toute la journée, il fallait creuser la terre, pour recevoir le soir une mauvaise nourriture.

Mais Victorinus ne perdait pas son temps : il parlait du Christ à ceux qu’il rencontrait et gagna beaucoup d’âmes à la Foi.

Furieux, Aurelianus fit suspendre Victorinus par les pieds au-dessus d’une source d’eaux sulfureuses à Cotiliæ. Le Martyr y resta pendant trois jours avant de rendre l’esprit.

Ce devait être à la fin du 1er siècle, sous Nerva, et peu après le martyre de Flavia, donc en 96. 

Victorinus avait deux Compagnons, Maro et Eutyches, qui subirent aussi le martyre, mais qui ne sont pas inscrits au Martyrologe.

Le corps de Victorinus fut recueilli de nuit par des Chrétiens d’Amiternum, qui l’ensevelirent là où est aujourd’hui la contrée San Vittorino, près de L’Aquila (Italie C).

Saint Victorinus d’Amiternum est commémoré le 24 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Christina de Bolsena

IVe siècle

 

Sainte Christina avait onze ans et fut martyrisée par son propre père, au temps de l’empereur Dioclétien, donc dans les premières années du IVe siècle, quand cet empereur déclancha une persécution générale contre les Chrétiens.

C’est ce qu’on peut dire de certain à propos de cette Sainte, si connue et si vénérée à Bolsena, petite localité du Latium au nord de Rome.

Il est bien possible que les hagiographes du tardif Moyen-Âge aient quelque peu amplifiés les détails et les événements du long martyre de Christina, mais certains faits semblent bien corroborés même au-delà des diverses versions des récits qui nous sont parvenus.

Le père de Christina, donc, Urbano, un officier de l’empire, voulait faire apostasier sa fille et pour cela, l’enferma avec d’autres jeunes filles qui devaient la convaincre de renier sa foi et de sacrifier à des idoles.

Christina ayant résisté à toutes les propositions, son père la fait flageller et la présente au tribunal. Une série de supplices (fouet, roue, feu) ne peut rien contre la jeune fille, qui au contraire guérit de ses plaies sur intervention des anges.

Obstiné et furieux, Urbano veut la faire noyer dans le lac voisin et lui fait attacher une grosse pierre au cou. Mais cette pierre se met à flotter sur l’eau, et ramène Christina sur le rivage. Ce prodige est peut-être le plus spectaculaire de toute cette histoire, le plus étonnant aussi et le plus difficile à croire, mais c’est justement cette pierre qui deviendra célèbre plus tard, lors du “Miracle de Bolsena”.

Voyant donc sa fille vivante alors qu’il la croyait noyée dans le lac, Urbano est profondément frappé, et meurt subitement.

Son successeur, Dione, voulut se faire un devoir de reprendre les efforts d’Urbano, et se déchaîna encore contre Christina, en vain. Au contraire, la pauvre petite fille devenait de plus en plus célèbre, et à la mort de Dione, un autre magistrat, Iulianus, tenta à son tour de faire apostasier Christina.

Il est dit de Dione qu’il fit jeter Christina dans de l’huile bouillante, qui ne lui fit rien, puis la fit raser et traîner nue par les rues, puis qu’elle fut invitée à adorer la statue d’Apollon, qu’elle réduisit en miettes d’un seul regard.

Iulianus à son tour aurait fait subir à Christina le supplice du feu, dont elle sortit indemne. On conserverait encore maintenant cette chaudière dans les environs de Bolsena. Christina aurait ensuite été douloureusement mutilée, puis transpercée de flèches.

Un récit similaire existe chez les Grecs, qui font de Christina une martyre de Tyr en Phénicie, mais il y aurait là une erreur, une confusion entre la ville de Tyr et les Tirreni, nom donné par les Grecs aux Etrusques, et qu’on abrégeait en Tyr.

Les restes de Christina se conservaient traditionnellement dans un sarcophage à Bolsène ; on en aurait porté une partie en d’autres régions d’Italie, ce qui explique le culte de sainte Christina dans le sud de l’Italie (Campobasso) et jusqu’à Palerme.

A Bolsena, la pierre qui ramena Christina sur le rivage du lac a été utilisée comme pierre d’autel. C’est sur cette pierre qu’advint le non moins fameux “Miracle de Bolsène”, qui sera relaté dans un autre article.

Sainte Christine est commémorée au Martyrologe Romain le 24 juillet.

 

 

Fantinus de Tauriana

294-336

 

Fantinus naquit vers 294 à Tauriana (Calabre, Italie S), et reçut le baptême chrétien.

Mis au service d’un propriétaire nommé Balsamius, il devait en garder les chevaux, ce dont il profita de nuit pour moudre le grain de paysans pauvres, en y faisant passer les bêtes.

Mais il fut découvert par des gens non chrétiens, qui le dénoncèrent au patron. Celui-ci le surveilla ;  Fantinus s’en sortit par un heureux stratagème (un miracle ?), une deuxième fois en s’enfuyant, traversant le fleuve proche à pieds secs : le patron se convertit.

Fantinus mourut vers 336.

Pour ses nombreux miracles, Fantinus fut surnommé thaumaturge ; pour sa responsabilité avec les chevaux, les Italiens l’ont appelé Cavallaro.

D’autres miracles, posthumes, sont attestés. Le 24 juillet 650, des Sarrasins arrivaient avec leurs bateaux : un de ceux-ci fut brusquement pris dans une forte vague ; les survivants se convertirent au christianisme.

Fantinus fut aussi surnommé l’Ancien,  pour le distinguer de Fantinus le Jeune (v. 30 août).

Saint Fantinus de Tauriana est commémoré le 24 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euphrasia de Thébaïde

† 412

 

En Lycie (act. Antalaya-Muğla, Turquie SW) vivait un couple de grands chrétiens, Antigone et Euphrasie, lui sénateur et gouverneur, peut-être même parent de l’empereur Théodose, elle une fervente chrétienne. Ils demandaient à Dieu un enfant, cette Euphrasia dont on va parler. Après la naissance de celle-ci, les parents résolurent ensemble de vivre désormais dans la perpétuelle continence.

Antigone mourut peu après. Quand la petite fille eut cinq ans, l’empereur proposa à sa mère de la donner en mariage au fils d’un très riche sénateur, mais fort heureusement la maman exigea d’attendre au moins l’âge nubile de sa fille.

Mais Euphrasie, la mère, fut elle aussi convoitée par un autre sénateur : elle résolut d’abandonner sa résidence et d’emmener sa petite fille en Egypte, dans cette Thébaïde où florissaient tant de monastères et aussi où la famille possédait d’importants terrains.

Euphrasie s’installa près d’un monastère de moniales. Elle leur rendait souvent visite, et la petite Euphrasia s’éprit de la sainte abbesse. Elle se montra tout-à-fait résolue à ne suivre que Jésus-Christ et à faire tout ce que l’on voudra.

On imagine l’émotion, mais aussi la joie de la maman d’Euphrasia. Elle continua d’aider les pauvres et de se sanctifier par la prière et les jeûnes. L’abbesse fut divinement avertie qu’elle mourrait bientôt et le lui fit savoir : Euphrasie s’en montra très heureuse, car c’était son vif désir de rejoindre bientôt la Vie éternelle.

L’empereur apprit cette pieuse mort, et jugea opportun d’avertir le fameux jeune homme dont on parlait plus haut, que sa «fiancée» était consacrée à Dieu. Euphrasie répondit en expliquant le choix irrévocable qu’elle avait fait. Elle profitait de sa lettre pour avertir l’empereur de faire distribuer aux pauvres, aux orphelins et aux églises tous les biens dont elle avait hérité à Constantinople, d’affranchir tous ses esclaves et de remettre aux fermiers ce qu’ils lui devaient. L’empereur apprécia beaucoup cette belle lettre, accomplit tous les désirs d’Euphrasia et lut la lettre en plein sénat.

Euphrasia n’avait toujours que douze ans ! Elle se mit à jeûner une fois, deux fois, trois fois par semaine ; elle finit par ne manger qu’une seule fois par semaine.

Une autre religieuse, Germaine, se prit d’une méchante jalousie envers Euphrasie : elle lui parla méchamment ; l’abbesse l’expulsa, et c’est encore Euphrasia qui intercéda pour faire réadmettre Germaine dans la communauté.

L’abbesse fut à nouveau divinement avertie qu’Euphrasia serait bientôt rappelée à Dieu. Euphrasie, qui avait une trentaine d’années, fut effectivement prise de fièvre.

Une moniale nommée Julie, sa maîtresse, lui demanda d’obtenir la faveur de la suivre bientôt : elle mourut effectivement quatre jours après Euphrasia. L’abbesse demanda la même faveur, et mourut un mois après Euphrasia, vers 412.

Sainte Euphrasia de Thébaïde est commémorée le 24 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Déclán d’Ardmore

5e siècle

 

Comme beaucoup d’autres Saints, irlandais entre autres, on vit une flamme au-dessus de la tête du petit Déclán pendant qu’il dormait.

On ne sait pas préciser s’il vécut avant ou après s.Patrice (v. 17 mars), ou si les deux Saints se sont connus : une version affirme que Déclán, de retour de Rome, aurait rencontré Patrice qui s’y rendait.

On attribue à Déclán la conversion des Déisi dans l’Est-Munster et la fondation du monastère d’Ard Mór (Irlande S).

On le considère ainsi comme le premier évêque d’Ardmore.

Saint Déclán d’Ardmore est commémoré le 24 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ségolène de Troclar

6e siècle

 

Segolina (ou Sigolena, Ségolène) passe pour avoir vécu au 6e siècle, plutôt qu’au 7e, puisqu’au 7e siècle on l’avait déjà assez oubliée. Elle serait née dans l’Albigeois.

Il semble qu’elle ait été mariée fort jeune, et qu’elle soit devenue veuve dès l’âge de vingt-deux ans.

S’étant consacrée au service des pauvres, elle finit par fonder un monastère à Troclar (Lagrave, Tarn), où elle fut la première abbesse.

Il y aurait eu beaucoup d’autres épisodes relativement historiques dans sa vie, mais qu’on a trop mélangés à des personnages d’autres époques, au point que les spécialistes ont eux-mêmes renoncé à s’y retrouver.

De l’abbaye de Troclar, on a retrouvé quelques pierres, récemment inscrites aux Monuments historiques.

Sainte Ségolène de Troclar  est commémorée le 24 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boris et Gleb de Russie

† 1015

 

Boris et Gleb étaient deux des fils de s.Vladimir de Kiev et de son épouse légitime, Anna. Le fils aîné s’appelait Iaroslav dit le Sage.

Au baptême, Boris avait reçu le nom de Roman, Gleb celui de David.

On a vu le 15 juillet, comment Vladimir eut à combattre son frère Yaropolk et qu’il le fit assassiner (980).

Mais à la mort de Vladimir (1015), le fils de Yaropolk, Sviatopolk, voulut profiter de la situation pour s’emparer du pouvoir.

Boris, prince de Rostov, revenait de sa mission dans l’armée contre les Petchénègues ; il se trouvait, dit-on, sur le bord de la rivière Alta près de Pereislavia (act. Norvège) ; il se savait menacé et se prépara à la mort plutôt que d’envisager une guerre contre son cousin Sviatopolk ; quand les assassins envoyés par ce dernier arrivèrent à sa tente, il leur demanda juste un moment pour achever sa prière et s’offrit à eux en invoquant la paix ; ce fut le 24 juillet.

Gleb, qui était blessé et ne pouvait marcher, était en train de regagner Kiev, ayant appris la maladie de son père, et ignorait que celui-ci était déjà mort. Sviatopolk le fit assassiner le 5 septembre.

Quatre ans plus tard, en 1019, Iaroslav le Sage battit Sviatopolk et régna pendant quinze ans. C’est lui qui instaura le culte rendu à ses deux frères, désormais considérés comme martyrs tant en Orient qu’en Occident.

Ils furent canonisés en Orient en 1072 ; leur culte fut confirmé en Occident en 1720.

Les saints Boris et Gleb de Russie sont commémorés le 24 juillet dans le Martyrologe Romain, qui spécifie qu’ils acceptèrent la mort plutôt que d’utiliser la force contre leur frère (d’après certains historiens en effet, Sviatopolk pouvait être le demi-frère et non le cousin de Boris et Gleb).

 

 

Baldovino de Rieti

† 1140

 

Baldovino était le fils de Berardo X, comte des Marsi. Son frère, Rainaldo, fut abbé au Mont Cassin et cardinal.

Il entra au monastère de Cîteaux, sous l’heureuse guide de saint Bernard (v. 20 août), qui l’envoya à son tour en 1130 dans son pays, pour gouverner le monastère Saint-Matthieu à Montecchio, proche de Rieti.

Ses difficultés lui acquirent beaucoup de mérites, et les consolations de saint Bernard qui lui écrivit personnellement.

Baldovino mourut en 1140. Des grâces insignes et des miracles s’étant vérifiés sur sa tombe, il fut «canonisé». La date de sa fête fluctua entre le 21 août (lendemain de celle de s. Bernard), le 2 ou le 10 ou le 11 du même mois, ou encore au 15 ou au 24 juillet. Le Martyrologe a opté pour le 24 juillet.

L’abbaye Saint-Matthieu, trop exposée aux marais, se «transporta» près de l’église de Saint-Pasteur à Contigliano. C’est la raison pour laquelle Baldovino est aussi désigné de Saint-Pasteur. Malheureusement les deux abbayes sont en ruines.

 

 

Christine de Brustem l’Admirable

1150-1224

 

Christine naquit vers 1150 à Brustem (Saint-Trond, Belgique), de famille paysanne.

Orpheline à quinze ans, elle eut après sa vingtième année une attaque de catalepsie et mourut. Durant les funérailles, elle se leva de son brancard et s’envola comme un oiseau à la voûte de l’église. Elle redescendit et certifia qu’elle était bel et bien morte ; elle expliqua qu’elle n’avait pu supporter l’odeur des pécheurs qui se trouvaient près d’elle et qu’après un passage en enfer, où elle avait trouvé bien des connaissances, au purgatoire, où les visages connus étaient plus nombreux encore, elle avait atteint le ciel. Là elle avait choisi de revenir ici-bas pour aider les âmes du purgatoire par ses prières et ses souffrances.

Elle fut en grande estime auprès de sainte Marie d’Oignies (v. 23 juin).

Christine s’imposa des souffrances inouïes pour racheter des âmes. D’après des prêtres qui l’ont connue, elle pouvait se jeter dans un four brûlant, assez longtemps, poussant des cris terrifiants, et en sortait sans aucune brûlure. Au contraire, elle se jetait parfois en plein hiver dans la Meuse glaciale et se laissait même emporter par le courant et tourbillonner dans la roue d’un moulin, sans voir ses os disloqués ou brisés. Un jour, pour retrouver son calme, elle se plongea dans la fontaine baptismale de Wellen. Une autre fois, pour fuir des chiens qui la mordaient, elle se jeta dans un fourré de ronces, et en sortit sans aucune éraflure, quoique couverte de sang.

Des signes de ce genre sont difficiles à comprendre. On les constate, et on admire la sainte mission de cette âme privilégiée.

Christine passa la fin de sa vie comme laïque au monastère des Dominicaines de Saint-Trond, dont la prieure louait son obéissance parfaite, et mourut le 24 juillet 1224.

Le Martyrologe mentionne cette Bienheureuse au 24 juillet.

 

 

Kinga de Hongrie

1234-1293

 

Née à Buda (Hongrie), Kinga (Cunegunda, Cunégonde) était de la famille royale de Hongrie, fille de Bela IV de Hongrie et nièce de sainte Elisabeth de Hongrie.

Cette famille avait aussi d’autres liens avec la sainteté : Kinga était la petite nièce de sainte Edwige de Silésie, et avait elle-même deux sœurs qui furent la bienheureuse Yolande et sainte Marguerite de Hongrie.

Elle épousa, d’ailleurs contre son gré, le roi Bolesłas V le Chaste, futur roi de Pologne, avec l’accord duquel ils vécurent tous deux chastement. Les deux époux royaux s’employèrent à des œuvres de charité, visitant les pauvres et les malades.

Kinga organisa et soutint la reconstruction de la région dévastée par la guerre et les invasions Tartares. Le peuple l’aimait beaucoup, reconnaissant envers sa consolatrice et sa mère nourricière. 

C’est elle qui aurait offert au peuple polonais la si fameuse mine de sel de Wieliczka, toujours en activité aujourd’hui. Sainte Kinga est pour cela la patronne des mineurs.

Kinga favorisa beaucoup la canonisation de l’évêque saint Stanislas de Cracovie.

A la mort de son saint époux (1279), elle vendit tout ce qu’elle possédait au profit des pauvres et, au lieu de recevoir la couronne de son époux, qu’on lui proposait, elle devint religieuse clarisse à Stary Sącz (Małopolskie, Pologne) en 1288. C’est elle qui avait fondé ce monastère, où elle vécut dans une parfaite humilité, discrète et effacée, imposant le silence sur son ancien statut royal.

Elle mourut dans ce monastère, le 24 juillet 1292.

Elle a été canonisée en 1999.

 

 

Giovanni Tavelli

1386-1446

 

Giovanni Tavelli vit le jour en 1386 à Tossignano (Imola, Italie CN), de Antonio et Margareta, une famille aisée et nombreuse, qui n’hésita pas à vendre un champ pour payer les études de droit de Giovanni à Bologne.

En 1408, il suspendit ces études pour entrer dans l’Ordre des Jésuates, récemment fondé (il serait supprimé trois siècles plus tard). On l’envoya se former à Venise, où il prit parti pour le pape «régulier», Grégoire XII, qu’il alla réconforter à Rimini. C’était en effet l’époque du Grand Schisme d’Occident.

En 1426 Giovanni fut nommé prieur du couvent de Ferrare. Il était tellement humble qu’il allait lui-même quêter dans les rues et qu’on l’arrêta en croyant qu’il était un espion !

Quoique non encore prêtre, il fut préconisé pour être nommé évêque de cette ville en 1431. Le pape, qui penchait pour un autre candidat, se trouva soulagé de mystérieuses douleurs d’estomac quand il se fut décidé pour Giovanni ! Ce dernier avança qu’il n’était pas idoine, n’étant pas prêtre. Mais on en décida autrement et il dut se soumettre humblement : il reçut les Ordres majeurs et l’épiscopat dans la même année.

Sans tarder, il organisa la visite de son diocèse, et la répéta cinq fois, soit à pied soit à dos de mule.

Il y eut un incident au concile de Ferrare en 1438. Le pape et les prélats étaient présents dans cette ville, mais décidèrent de se déplacer à Florence, sous la menace d’une épidémie. Giovanni, lui, resta à Ferrare ; un ecclésiastique alors le calomnia, on ne sait de quoi, et Giovanni dut partir pour Florence : l’affaire s’éteignit simplement, car le pape connaissait bien l’évêque, et le renvoya à son diocèse.

Vers 1441, Giovanni utilisa le legs d’un célèbre médecin pour bâtir un hôpital, qui est actuellement le plus important de la région.

Il était la charité même, se dépouillant de ses habits, de ce qu’il pouvait trouver dans sa chambre, pour habiller des malheureux. Un jour, un lépreux lamentable se présenta à la chambre épiscopale : le temps que l’évêque lui trouvât quelque chose, le lépreux avait disparu : c’était sans doute une visite céleste.

Quand le Pô déborda, il alla commander au fleuve de rentrer dans son lit et fut obéi sur-le-champ.

Il chargea son économe d’aller porter secours à une pauvre femme. Où ? Prends ce mouchoir. Où il tombera, c’est là qu’elle habite, lui conseilla l’évêque. Le messager sourit, s’attacha le mouchoir solidement au poignet, et chemin faisant, entendit quelqu’un l’interpeller : Votre mouchoir ! L’objet était tombé là où habitait la pauvre femme, sous un escalier.

Les démons aussi obéissaient et les possédés étaient délivrés sur son intervention. 

On observa aussi plusieurs fois comme une colonne de feu au-dessus de la tête de Giovanni pendant qu’il célébrait.

Giovanni Tavelli mourut le 24 juillet 1446 à Ferrare et son culte fut reconnu dès 1748, confirmé en 1846 par Pie IX, qui avait été à son tour évêque de Ferrare.

Le Martyrologe mentionne le bienheureux Giovanni Tavelli au 24 juillet, dans l’attente d’une canonisation éventuelle, car le procès est actuellement achevé.

 

 

Arcangelo Placenza

1390-1460

 

Arcangelo naquit vers 1390, à Calatafimi (Sicile) dans la noble famille des Placenza.

Tout jeune, il se sentit poussé à une vie isolée de prière. Il vivait dans une grotte de la montagne, où il eut la visite de Notre-Dame ; on vint le voir, sa prière obtint des grâces : ses vertus et ses miracles attirèrent les gens du voisinage ; même ses parents seraient venus lui suggérer de quitter ce genre de vie ; l’ermite s’enfuit à Alcamo, où on le retrouva, pour lui demander de s’occuper d’un hôpital abandonné. Il le restaura.

Dès qu’il le put, il repartit dans la solitude. A cette époque, un décret papal commandait aux ermites de rejoindre les monastères : Arcangelo obéit et entra au monastère franciscain de Palerme, où il fut ordonné prêtre.

Puis il revint à Alcamo, où il fonda un monastère de l’Observance franciscaine ; il fut bientôt élu provincial. Mais sa prédilection était la contemplation, la prière, occasionnellement la prédication ; les miracles et les prophéties confirmèrent sa parole enflammée.

Ces miracles continuèrent après sa mort, survenue le 24 juillet 1460 (on trouve aussi la date du 26 juillet 1480, qui est peut-être erronée).

L’urne contenant son corps, non corrompu, se trouve toujours dans l’église d’Alcamo.

En 1836, son culte fut confirmé ; le Martyrologe le mentionnait au 5 juillet, et actuellement au 10 août, sans explication pour le choix de cette dernière date.

 

 

Louyse de Savoie

1462-1503

 

Louyse de Savoie naquit en 1462, d’Amédée IX (v. 30 mars) et de Yolande, qui eurent dix enfants. On n’est pas d’accord sur la date précise de sa naissance : 28 décembre ? 28 juillet ? ni sur le lieu de cette naissance : Riva di Chieri (Piémont, Italie NO) ? Bourg-en-Bresse (Ain) ?

Par Yolande, qui était de lignée royale, Louyse se trouvait être la petite-fille de Charles VII, la nièce de Louis XI, la cousine de sainte Jeanne de Valois (v. 4 février).

Elle excellait à retenir par cœur les prédications, les oraisons, l’Ecriture sainte. Elle eût souhaité se faire religieuse, mais crut devoir obéir à ses parents et épousa Hugues de Châlon en 1479. Ils habitèrent à Nozeroy.

Le couple resta sans enfants, et Hugues mourut déjà en 1490.

Avant comme après son veuvage, Louyse s’efforça d’imposer doucement autour d’elle un climat de sainte retenue, de bonnes mœurs, de prière. Son époux n’y mit aucune opposition.

Certains jours de fêtes mariales, elle priait trois-cent soixante-cinq Ave Maria ; souvent, c’était le psautier intégral qui alimentait sa prière ; elle se confessait souvent.

Si une des femmes de cour laissait échapper un juron, elle devait payer une amende (qui allait aux pauvres) ; si c’était un homme, il devait baiser la terre.

Les fêtes mondaines étaient pour elle une perte de temps ; un de ses passe-temps favoris était la lecture des Vies de Saints.

Elle interrompait les médisances ; elle aimait coudre des vêtements pour ses dames et leur rendre mille services.

Le Jeudi-Saint, elle lavait les pieds de treize femmes (tandis que son époux recevait treize hommes), et elle ajouta plus tard le lavement de pieds de cinq pauvres femmes tous les vendredis.

En 1492, elle entra chez les clarisses d’Orbe, fit la profession en 1493 et s’y distingua par son humilité et son obéissance. La supérieure lui commandait parfois quelque chose pour le seul plaisir de la voir quitter son occupation et obéir sans retard. 

Louyse aimait rendre de petits services avec empressement, pour ses sœurs qu’elle appelait ses anges, pour les prêtres de passage, pour les malades.

Elle contemplait l’Eucharistie dans une attitude extatique et pleurait de joie en communiant.

Il est regrettable qu’on ait perdu ses Méditations sur le Rosaire. 

Elle tomba malade le 20 juillet 1503 et vit son heure arriver. Avant de mourir, elle attendit par obéissance d’avoir reçu le Sacrement des Malades ; puis on lui lut la Passion selon saint Jean et selon saint Matthieu, ainsi que la Messe du Saint-Sacrement.

Elle s’éteignit le 24 juillet 1503, pendant une prière à Notre-Dame.

Louyse de Savoie fut honorée d’un culte qui fut confirmé en 1839. Le Martyrologe la commémore au 24 juillet.

 

Nicholas Garlick

1555-1588

 

Né vers 1555 à Glossop (Dinting, Derbyshire), Nicholas fut inscrit en 1575 à Gloucester Hall (actuel Collège Worcester, Oxford).

On ne sait exactement pourquoi il ne resta que quelques mois dans ce collège, sans recevoir son diplôme, bien qu'il fût noté comme bon élève en poésie, rhétorique et philosophie. On a parlé de nomination comme enseignant dans une école de Tideswell, ou du refus de faire le serment d'allégeance à la Royauté.

Il semble bien qu'il ait été enseignant pendant six ou sept ans à Tideswell. Il y aurait exercé avec beaucoup d'amour, et beaucoup de résultats auprès de ses élèves. En effet, trois de ses élèves devinrent prêtres, dont un devint martyr (Christopher Buxton), et un autre supérieur de la congrégation des Bénédictins d'Angleterre (Robert Bagshaw), qui assista au martyre de son professeur.

Garlick intégra le collège anglais de Reims en 1581 et fut ordonné prêtre en 1582.

De retour en Angleterre dès 1583, il fut bientôt arrêté et exilé avec soixante-douze autres prêtres en 1585.

Arrivé à Reims le 17 octobre, il repartait en Angleterre deux jours plus tard.

Il y resta deux ans et demi. On sait qu'il était à Londres en avril 1586 ; il exerça aussi avec diligence dans le Hampshire et le Dorsetshire. On parle aussi de sa présence dans le Derbyshire.

Il fut arrêté avec un autre prêtre, Robert Ludlam, le 12 juillet 1588 à Padley, chez les FitzHerbert, où le comte de Shrewsbury fit une descente en règle.

On arrêta ensemble le père Garlick, le père Ludlam, John FitzHerbert, son fils Anthony, trois de ses filles (Maud, Jane et Mary), et dix domestiques.

A Derby Gaol, les deux prêtres retrouvèrent le père Richard Simpson, récemment condamné à mort, mais dont l'exécution fut suspendue, parce qu’il aurait exprimé des velléités de participer à un service protestant ou peut-être parce que la reine aurait donné l’ordre de suspendre l’exécution de prêtres, pour réduire la menace d’une invasion de la part de l’Espagne. Que Simpson ait eu ou non quelque hésitation auparavant, il resta fidèle après avoir rencontré Garlick et Ludlam.

Le 23 juillet 1588, les trois prêtres furent condamnés pour être entrés dans le royaume et avoir «séduit» les sujets de la reine. Garlick, qui servait de porte-parole, répondit : Je ne suis pas venu pour séduire, mais pour induire les gens à la foi catholique. C’est à cette fin que je suis entré dans le pays, et que j’ai l’intention de travailler aussi longtemps que je vivrai.

Une autre discussion eut lieu entre la Cour et Garlick, quand on lui demanda s’il voulait être jugé par les jurés ou par les juges des Assises seulement. Garlick, sachant qu’il n’éviterait pas l’inculpation, répondit qu’il ne voulait pas mettre son sang entre les mains de pauvres gens, mais qu’en revanche il était persuadé de céder sur ce point ; le procès fut donc assuré par les jurés.

Les trois prêtres furent accusés de trahison et condamnés à la pendaison, l’éviscération et l’écartèlement, la sentence devant être exécutée le lendemain. En voici les termes : 

Chacun de vous trois sera conduit à l’endroit d’où vous êtes venus, et de là sera tiré sur une claie jusqu’au lieu de l’exécution. Vous serez pendus séparément, mais remis à terre encore en vie ; on vous coupera le pénis ; vos entrailles vous seront retirées et brûlées devant vous ; on vous coupera la tête ; vos corps seront taillés en quatre parties, qui seront à la disposition de la Reine ; et que le Seigneur ait pitié de vos âmes.

Quand les trois prêtres laissèrent le banc des accusés, Garlick proclama : J’ai pensé que Cain ne serait jamais satisfait tant qu’il n’aurait pas le sang de son frère Abel.

Les trois prêtres passèrent leur dernière nuit en compagnie d’une femme elle aussi condamnée à mort pour meurtre : durant la nuit, ils la réconcilièrent dans la foi catholique et elle fut pendue avec eux le lendemain.

Le 24 juillet donc, les trois prêtres furent mis sur des claies et tirés jusqu’au pont Sainte-Marie, où eut lieu l’exécution. Garlick resta plein d’esprit et de bonne humeur jusqu’à la fin. Un passant vint lui rappeler qu’ils avaient souvent chassé ensemble, à quoi Garlick répondit : C’est vrai, mais maintenant je vais tirer un coup comme je n’en ai jamais tiré dans ma vie.

Quand ils arrivèrent au pont, le chaudron n’était pas prêt pour brûler les entrailles des victimes. C’était, paraît-il, fréquent, les gens de l’endroit n’étant pas très au courant du rituel de cette boucherie.

Le père Garlick en profita pour faire aux gens une longue homélie sur le salut de leurs âmes, ignorant les efforts des hommes pour le faire taire. A la fin, il lança parmi la foule une quantité de petits papiers qu’il avait écrits en prison et dans lesquels, disait-il, il y avait la preuve de ce qu’il affirmait. Un auteur rapporte que tous ceux qui les lurent se réconcilièrent avec l’Eglise catholique.

Simpson devait être exécuté le premier, mais Garlick se présenta devant lui, embrassa l’échelle et passa le premier, vraisemblablement parce qu’il voyait que Simpson était un peu craintif ou même manquait de courage. Son exemple lui redonna courage en effet, il fut exécuté en second et souffrit avec grande constance, même s’il n’exprimait pas les mêmes signes de joie que ses Compagnons. Ludlam fut le troisième ; il souriait pendant l’exécution de Garlick, et souriait encore quand vint son tour.

Ce martyre eut lieu le 24 juillet 1588.

Robert Bagshaw, mentionné plus haut, raconte qu’il assista à ce supplice et que, de nuit, il alla aux divers endroits où furent exposées les têtes des Martyrs, bien armé, qu’il détacha celle qui se trouvait accrochée au toit d’une maison près du pont, sans que les gardiens n’intervinssent. Il l’enterra le plus décemment qu’il put, et s’efforça d’aller récupérer les autres parties du corps. Un auteur du 19e siècle prétendit que le chef de Garlick se trouvait dans le cimetière de Tideswell, mais on ne l’a jamais retrouvé.

Les trois prêtres furent béatifiés en 1987.

 

 

Robert Ludlam

1551-1588

 

Né vers 1551 dans le Derbyshire, Robert était fils d’un petit propriétaire. 

Il s’inscrivit en 1575 au Collège Saint Jean d’Oxford, qu’il quitta cependant avant le diplôme, après deux ou trois ans, avant de rejoindre le Collège anglais de Reims en 1580 et il fut ordonné prêtre en 1581.

De retour en Angleterre dès 1582, il y exerça le saint ministère pendant six ou sept ans, très estimé pour sa douceur et sa bonté.

Il fut arrêté avec un autre prêtre, Nicholas Garlick, le 12 juillet 1588 à Padley, chez les Fitzherbert, où le comte de Shrewsbury fit une descente en règle.

On arrêta ensemble le père Garlick, le père Ludlam, John Fitzherbert, son fils Anthony, trois de ses filles (Maud, Jane et Mary), et dix domestiques.

A Derby Gaol, les deux prêtres retrouvèrent le père Richard Simpson, récemment condamné à mort, mais dont l'exécution fut suspendue, parce qu’il aurait exprimé des velléités de participer à un service protestant ou peut-être parce que la reine aurait donné l’ordre de suspendre l’exécution de prêtres, pour réduire la menace d’une invasion de la part de l’Espagne. Que Simpson ait eu ou non quelque hésitation auparavant, il resta toujours fidèle après avoir rencontré Garlick et Ludlam.

Le 23 juillet 1588, les trois prêtres furent condamnés pour être entrés dans le royaume et avoir «séduit» les sujets de la reine. 

Les trois prêtres furent accusés de trahison et condamnés à la pendaison, l’éviscération et l’écartèlement, la sentence devant être exécutée le lendemain. En voici les termes : 

Chacun de vous trois sera conduit à l’endroit d’où vous êtes venus, et de là sera tiré sur une claie jusqu’au lieu de l’exécution. Vous serez pendus séparément, mais remis à terre encore en vie ; on vous coupera le pénis ; vos entrailles vous seront retirées et brûlées devant vous ; on vous coupera la tête ; vos corps seront taillés en quatre parties, qui seront à la disposition de la Reine ; et que le Seigneur ait pitié de vos âmes.

Les trois prêtres passèrent leur dernière nuit en compagnie d’une femme elle aussi condamnée à mort, pour meurtre : durant la nuit, ils la réconcilièrent dans la foi catholique et elle fut pendue avec eux le lendemain.

Le 24 juillet donc, les trois prêtres furent mis sur des claies et tirés jusqu’au pont Sainte-Marie, où eut lieu l’exécution. 

Quand ils arrivèrent au pont, le chaudron n’était pas prêt pour brûler les entrailles des victimes. C’était, paraît-il, fréquent, les gens de l’endroit n’étant pas très au courant du rituel de cette boucherie.

Le père Garlick en profita pour faire aux gens une longue homélie sur le salut de leurs âmes, ignorant les efforts des hommes pour le faire taire. 

Ludlam fut exécuté le troisième ; il souriait pendant l’exécution de Garlick, et souriait encore quand vint son tour. Ses derniers mots furent : Venite, benedicti Dei (Venez, les Bénis de Dieu).

Ce martyre eut lieu le 24 juillet 1588.

Les trois prêtres furent béatifiés en 1987.

 

 

Richard Simpson

1553-1588

 

Né vers 1553 à Well (Yorkshire), Richard Simpson (ou Sympson) semble avoir été un prêtre anglican passé au catholicisme.

Ayant refusé de prêter le serment de fidélité au roi, il fut emprisonné ; relâché, il gagna le Collège anglais de Douai en 1577.

On ne sait la date exacte de son ordination sacerdotale dans le catholicisme. En effet, le Collège allait être démobilisé de Douai à Reims, et le registre eut quelques lacunes. Il est toutefois certain que Richard fut ordonné à Bruxelles, dans les quatre mois qui suivirent son admission au Collège, et que dès le 17 septembre il repartait pour son pays natal en qualité de prêtre missionnaire.

Il exerça le saint ministère dans le Lancashire et le Derbyshire.

Il aurait subi un premier exil en 1585, mais serait vite rentré au pays.

En janvier 1588, dans le Peak District, il rencontra un inconnu qui lui parlait avec une telle véhémence de sa foi catholique, que Simpson finit par parler de son sacerdoce : c’était un traquenard ; Simpson fut dénoncé et arrêté dès son arrivée à la prochaine ville. Emprisonné à Derby, il fut condamné à mort pour trahison aux assises de printemps, mais renvoyé aux assises d’été.

Plusieurs récits affirment que le père Simpson aurait exprimé des velléités de célébrer le culte anglican ou du moins d’en écouter un sermon. On ne peut le prouver de facto.

Un autre récit précise que les déclarations de Simpson ne satisfaisaient pas le juge, lequel ne voulut ni le condamner ni le libérer, mais le renvoya à un jugement ultérieur.

Un autre auteur propose une analyse politique de la situation qui expliquerait mieux ce délai : c’est que la reine, craignant une intervention de l’Espagne catholique, aurait suspendu pendant une dizaine de mois les exécutions capitales de prêtres ; c’est ainsi qu’après l’exécution de George Douglas à York en septembre 1587, il n’y eut pas d’autre exécution jusqu’en juillet 1588, quand fut alors exécuté Richard Simpson ; une trentaine d’autres furent ensuite exécutés cette année-là.

A Derby Gaol, Richard Simpson fut rejoint par les pères Nicholas Garlick et Robert Ludlam (voir les notices de ces deux prêtres). Quelle qu’eût été la cause du délai apporté à l’exécution de Simpson, il resta fidèle à sa foi catholique, avec ses deux Confrères, jusqu’au bout.

Le 23 juillet 1588, les trois prêtres furent accusés de trahison et condamnés à la pendaison, l’éviscération et l’écartèlement, la sentence devant être exécutée le lendemain. En voici les termes : 

Chacun de vous trois sera conduit à l’endroit d’où vous êtes venus, et de là sera tiré sur une claie jusqu’au lieu de l’exécution. Vous serez pendus séparément, mais remis à terre encore en vie ; on vous coupera le pénis ; vos entrailles vous seront retirées et brûlées devant vous ; on vous coupera la tête ; vos corps seront taillés en quatre parties, qui seront à la disposition de la Reine ; et que le Seigneur ait pitié de vos âmes.

Ils passèrent leur dernière nuit en compagnie d’une femme elle aussi condamnée à mort pour meurtre : durant la nuit, ils la réconcilièrent dans la foi catholique et elle fut pendue avec eux le lendemain.

Le 24 juillet donc, les trois prêtres furent mis sur des claies et tirés jusqu’au pont Sainte-Marie, où eut lieu l’exécution. 

Quand ils arrivèrent au pont, le chaudron n’était pas prêt pour brûler les entrailles des victimes. C’était, paraît-il, fréquent, les gens de l’endroit n’étant pas très au courant du rituel de cette boucherie.

Simpson devait être exécuté le premier, mais Garlick se présenta devant lui, embrassa l’échelle et passa le premier, vraisemblablement parce qu’il voyait que Simpson était un peu craintif ou même allait manquer de courage. Son exemple lui redonna courage en effet, il fut exécuté en second et souffrit avec grande constance, même s’il n’exprimait pas les mêmes signes de joie que ses Compagnons. Ludlam fut le troisième.

Quand on s’apprêta à écarteler le corps du père Simpson, on s’aperçut qu’il portait un cilice. La foule cria Un diable, un diable !, mais quelqu’un de plus intelligent expliqua qu’il le portait en signe de repentance.

Ce triple martyre eut lieu le 24 juillet 1588 et les trois prêtres furent béatifiés en 1987.

 

 

Joseph Lambton

1569-1592

 

Joseph était né en 1569, à Malton (Yorkshire), second fils de Thomas Lambton et Katharine Birkhead.

Il arriva à quinze ans au Collège anglais de Reims pour se préparer au sacerdoce.

En 1589, en raison de ses particulières aptitudes, il fut envoyé à Rome.

Comme l’on avait plus besoin de prêtres que de théologiens, en ce temps de persécution, on lui abrégea le temps des études pour l’ordonner prêtre, et il reçut le sacerdoce à vingt-trois ans, en 1592. On pensait que sa jeunesse lui permettrait d’échapper plus facilement aux persécuteurs. On l’envoya en Angleterre.

En réalité, il fut arrêté dès qu’il y accosta, à Newcastle, en compagnie d’Edward Waterson (voir au 7 janvier).

Joseph fut immédiatement jugé et condamné à mort.

Comme c’était l’habitude, il devait être pendu, remis sur pied encore vivant, éviscéré et décapité (ou écartelé). Mais le bourreau procéda seulement à la pendaison ; il refusa d’accomplir la sentence et l’on fit appel à un chirurgien français qui habitait à Kenton, pour pratiquer l’éviscération du condamné.

L’abbé Joseph, de vingt-trois ans, subit ainsi le martyre à Newcastle-on-Tyne, le 24 juillet 1592.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

John Boste

1544-1594

 

John naquit, dit-on, dans une bonne famille chrétienne de Dufton (Westmoreland) vers 1544.

Il perdit peut-être la foi quelque temps, ou bien sa famille était-elle protestante : le fait est qu’il se convertit au catholicisme en 1576, à Brome (Suffolk).

Il avait étudié au Collège Royal d’Oxford entre 1569 et 1572 et reçu le diplôme de Fellow.

Après sa conversion, il remit son titre de Fellow et gagna la France où il se prépara au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre à Reims en 1581 et fut envoyé en Angleterre, où il développa une très intense activité missionnaire dans le Nord du pays, souvent accompagné par John Speed.

Son activité était telle, que les persécuteurs mirent en place des mesures extraordinaires pour le capturer. Après plusieurs tentatives manquées de l’arrêter, il fut pris à Waterhouses, chez William Claxton, près de Durham, trahi par un espion à la solde des autorités (1593). On visite toujours l’endroit de son arrestation.

Il fut conduit à la Tour de Londres pour y être interrogé. Pendant ce temps, il se montra résolu, courageux, joyeux et aimable, bien qu’il fût terriblement torturé. 

Renvoyé à Durham pour y être jugé, il montra un courage et une résolution sans faille, induisant au repentir son compagnon, George Swalwell (ou Swalowell), un ministre protestant converti qui avait rétracté sa foi par peur, et à qui il donna l’absolution publiquement devant la cour (voir au 26 juillet). 

John refusa de se reconnaître un traître, affirmant : Ma fonction est d’envahir les âmes, et pas de me mêler d’invasions politiques. Il fut condamné à mort. 

L’exécution eut lieu près de Durham, à Dryburn, le 24 juillet 1594, où John fut, selon la formule, pendu, étripé et écartelé. En montant à l’échafaud, il récitait l’Angelus. 

L’exécution fut particulièrement brutale : il fut très brièvement pendu, de sorte qu’il tenait encore debout quand on le déposa, donc bien vivant ; dans cette position, il fut dépecé de la façon la plus cruelle. C’est un témoin oculaire qui en a fait un récit, Christopher Robinson, qui souffrit à son tour le martyre quelques temps après (voir au 31 mars). D’après un autre témoin, John criait : Que Jésus te pardonne, au moment où on lui arrachait le cœur de la poitrine.

John Boste fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970, parmi les Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Le Martyrologe le mentionne au 24 juillet, tandis qu’en Angleterre une fête commune célèbre tous ces Martyrs le 25 octobre.

 

Cristóbal Fernandez de Valladolid

1638-1690

 

Cristóbal (Christophe) naquit le 25 juillet 1638 à Mérida (Badajoz, Espagne), le jour où l’on fête saint Jacques et saint Christophe ; c’est de ce dernier qu’il porta le nom.

La famille était chrétienne, pauvre, et cultivait les champs.

Dès l’âge de huit ans, il demandait à entrer chez les Franciscains, dont il voyait le couvent non loin de chez lui.

Dans son adolescence, il travailla comme infirmier à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Il faisait aussi le sacristain chez les Sœurs Franciscaines Conceptionnistes. Et pour être présent à la messe matinale, il se levait chaque jour très tôt : c’est que pendant longtemps, les prêtres ont toujours célébré au petit matin, pour rester à jeun jusqu’à la communion. Cette disposition a perduré jusqu’aux récentes années cinquante. Notre Cristóbal faisait ainsi l’admiration de ses voisins.

Le directeur de l’hôpital, constatant la vertu et la persévérance du jeune homme, lui insinua qu’il pourrait peut-être devenir prêtre.

Effectivement, il suivit les cours de philosophie et de théologie, et fut ordonné prêtre en 1663.

Il commença son activité sacerdotale à Mérida, tout en maintenant ses habitudes auprès des malades de l’hôpital.

Lors de la guerre entre Espagne et Portugal, il fut appelé à seconder l’aumônier des troupes, et s’occupa, physiquement et spirituellement, des soldats blessés. Lui-même échappa miraculeusement à la mort : une bombe détruisit complètement l’arbre sous lequel il se reposait, mais il resta indemne ; un jour son cheval s’emballa, mais lui en sortit sain et sauf.

Il fut gravement malade, et même en danger de mort : son frère vint le chercher et le reconduire à la maison paternelle. Convalescent, Cristóbal songea à se retirer du monde : même une proposition alléchante d’administrateur, qui lui aurait garanti un bon niveau de vie et aussi permis d’aider sa famille, ne le satisfaisait pas. 

Après maintes réflexions, après la mort mystérieuse d’un ami, il se décida à rejoindre la vie érémitique et partit, de nuit et à pied, pour rejoindre Mérida, à deux-cents kilomètres de Cordoue.

C’était en 1667.

Au supérieur, il déclara : Je suis un pécheur et je cherche quelqu’un qui m’enseigne le chemin de la pénitence. Reçois-moi comme un fils, enseigne-moi comme un père, et je te promets d’obéir à tes conseils.

Au commencement, Cristóbal tint secret son sacerdoce, car il ne voulait pas se distinguer des autres, ni recevoir quelque considération particulière ; mais au bout de quelques mois, il révéla son état au supérieur, qui le fit célébrer pour les autres ermites.

Il recherchait en tout le silence et l’oubli. Il lui arrivait de préparer du bois, qu’il laissait à la porte de gens pauvres, sans se faire voir.

En 1670, il fit la profession franciscaine, et prit le nom de Cristóbal de Sainte-Catherine. 

D’autres candidats se mirent sous sa direction, constituant bientôt la congrégation des Ermites de Saint-François et de Saint-Dominique.

Les épisodes extraordinaires ne tardèrent pas. Un jour que ses voisins étaient à l’affût d’une couleuvre, il sortit, les pria de ne pas faire de mal à la bête, qui désormais le suivit jusqu’à sa hutte : de nuit, elle vivait à l’intérieur, de jour elle gardait l’entrée. C’est la fameuse «couleuvre du père Cristóbal».

Pour venir en aide aux malheureux de Cordoue, il ouvrit en 1673 un petit hôpital dans la Maison de Jésus. La maison était le siège d’une ancienne confraternité, devenue inactive, et qui la confia à Cristóbal. Ainsi naquit l’Hospitalité Franciscaine de Jésus de Nazareth, où travaillèrent des hommes et des femmes, pour soulager les femmes et les enfants malades. L’évêque demanda alors à Cristóbal de renoncer à l’habit franciscain, pour être officiellement «directeur» de l’œuvre, comme prêtre diocésain.

L’œuvre avança au milieu de mille difficultés, dans une grande pauvreté ; il y eut des critiques, évidemment, et Cristóbal dut faire preuve de grande patience. Mais la sainteté de sa vie était contagieuse ; quand il arrivait quelque part, les enfants se disaient : Pousse-toi, voilà saint Cristóbal !

C’est ainsi que Cristóbal devint un personnage universellement connu de tout Cordoue. Tout le monde l’appelait.

En 1690, une épidémie frappa Cordoue, et Cristóbal fut atteint.

Il s’éteignit le 24 (le 21 ?) juillet 1690, juste avant son soixante-deuxième anniversaire. 

La branche masculine de la congrégation s’éteignit au 19e siècle. Aujourd’hui l’œuvre est présente en Europe et en Amérique.

Cristóbal fut béatifié en 2013.

 

 

Angelo Nicola Lucci

1682-1752

 

Angelo naquit à Agnone (Molise, Italie) le 2 août 1682, dans une famille chrétienne exemplaire.

Très jeune, il entra chez les Frères Mineurs Conventuels, et émit les vœux en 1698 (à seize ans), prenant le nom de Antonio.

Après les études habituelles, humanités, philosophie, théologie, il termina celles-ci à Assise, où il eut la joie de vénérer la tombe du saint Fondateur, et fut ordonné prêtre en 1705.

Il fut également reçu au doctorat en théologie, de sorte qu’il put ensuite enseigner à Naples et à Rome, où ses élèves surent apprécier et sa science et sa vie spirituelle. 

En même temps, il était appelé pour prêcher ; bien sûr, les pauvres aussi le sollicitaient (…pour autre chose). Frère Antonio ne refusait jamais rien.

Il fut élu ministre provincial, puis recteur du collège Saint-Bonaventure de Rome, consulteur à la Curie Romaine.

En 1729, le pape le nomma évêque à Bovino (Foggia), où il eut à cœur les visites pastorales dans les paroisses et la formation des jeunes prêtres. Tout ce qu’il entreprenait était pour le salut des âmes.

Mgr Lucci mourut saintement à Bovino, le 24 juillet 1752 et fut béatifié en 1989.

Liturgiquement, il est localement fêté le 25 juillet (le même jour que l’apôtre saint Jacques), c’est même le jour où le commémore le Martyrologe, mais son dies natalis est le 24 juillet.

 

 

Ji Do-gi Paulus

1743-1795

 

Ji Do-gi Paulus est un laïc coréen né en 1743 à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Jŏngsan (Chungcheong-do) le 24 juillet 1795 et béatifié en 2014.

 

 

José Fernández de Ventosa

1553-1838

 

Né le 3 septembre (ou le 26 novembre) 1775 à Ventosa de la Cuesta (Ávila, Espagne), José était le septième fils de Antonio Bartolomé Fernández de Buenaposada et Manuela de Ventosa Vázquez, une famille où aucun des enfants ne se maria. L’aînée mourut même avant la naissance de José.

Il fut baptisé le 3 décembre suivant et confirmé le 25 janvier 1788.

Après ses études, José demanda son admission au couvent dominicain de Saint-Paul-de-Valladolid, où il se trouva tout-à-fait à l’aise.

Il fut ordonné prêtre en 1799, et vint à Ventosa retrouver les siens, qui connaissaient déjà son désir de partir aux missions lointaines.

Il attendit encore quelques années, mais après la mort de son père (1804), il partit pour l’Orient, où on l’attendait dans le nord-Vietnam. Le voyage fut tellement pénible, que sa santé s’en trouva altérée pour le reste de ses jours. Malgré cette dysenterie chronique, il se donna sans compter à l’apostolat auprès des Vietnamiens, qui étaient conquis par la douceur et l’humilité du prêtre ; mais certains le jalousaient…

Il fut vicaire provincial de l’Ordre dominicain au Vietnam.

Lors de la persécution, il chercha un refuge dans une partie apparemment plus paisible du Tonkin, où cependant il fut dénoncé et découvert, en compagnie d’un autre prêtre.

Comme il était âgé de soixante-deux ans et paralysé d’un côté, il ne pouvait marcher et on le porta dans une cage jusqu’à Vi-Hoang, où se trouvaient déjà les deux évêques Delgado et Henarés.

Le 24 juillet 1838, il comparut devant le gouverneur, qui lui proposa de le renvoyer sain et sauf en Espagne, s’il acceptait de fouler aux pieds la croix. Le saint missionnaire refusa.

D’après le droit commun du pays, il ne pouvait être condamné à mort, ayant plus de soixante ans. Mais sa persévérance dans l’amour du Christ lui valut quand même la palme du martyre. On le porta au lieu du supplice, où il ne pouvait se rendre à cause de son infirmité.

Il fut décapité à Nam Đinh.

Le père José Fernández fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988 ; son dies natalis est mentionné au 24 juillet, tandis qu’une fête liturgique commune célèbre ensemble tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Domenico Mazzarello

1802-1854

 

Né le 5 septembre 1802 à Frattamaggiore (Naples, Italie), Domenico était le dernier des six fils de parents pauvres ; le père fabriquait des cordes, la mère tissait.

Après avoir fréquenté l’école paroissiale de s.Sossius (diacre martyr du 4e siècle, voir au 23 septembre), il fut trois ans au service du Chapitre de la cathédrale, sur invitation de l’évêque.

A la mort de ce dernier, le jeune homme avait alors vingt ans et fréquenta le proche couvent des pères alcantarins à Grumo Nevano (une branche de franciscains d’observance très sévère). De là lui vint peu à peu la vocation religieuse.

Il prit l’habit en 1822 à Piedimonte Matese, après une retraite dans l’ermitage de la «Solitude» et s’appela désormais Modestino, le petit Modeste.

Il fut ordonné prêtre en 1827, et commença son apostolat à Grumo Nevano, puis à Marcianise, Portici, Mirabella Eclano, Pignataro Maggiore, finalement à Naples même, où il fut surtout connu dans le quartier de la «Santé»

Il évangélisait, enseignait, avec son langage simple, conseillait, confessait des heures et des heures. Il s’occupa beaucoup des prisonniers du Granatello (Portici) et du Castel Capuano (Naples), des malades des hôpitaux et des petites gens.

Il avait une particulière dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil, dont il répandait une image parmi les malades ; il montrait aussi une particulière sollicitude auprès des futures mamans, les invitant à accueillir la vie comme un don de Dieu.

Il était auprès de tous, des filles abandonnées, des pauvres, leur trouvant un peu d’argent qu’il recevait en aumône auprès des plus riches.

Tout le monde le connaissait, tout le monde l’aimait ; les guérisons qu’il obtenait par la prière le firent appeler Gesùcristiello, le petit Jésus-Christ.

Son invocation habituelle était : Louons toujours ensemble avec son Fils, la douce Mère du Bon Conseil. Le pape Pie IX, qui le connaissait bien, l’appelait le fou de la Sainte Vierge. L’archevêque de Naples venait lui demander des conseils, comme d’ailleurs aussi le roi Ferdinando II de Bourbon.

Une épidémie de choléra dévasta la ville de Naples. Le père Modestino n’épargna pas sa santé et ses forces pour être auprès de chaque malade, de chaque mourant ; la contagion le frappa et il mourut, le 24 juillet 1854.

Le père Domenico-Modestino fut béatifié en 1995.

Josep Guillamí Rodó

1866-1936

 

Né le 3 février 1866 à Llançá (Girona, Espagne), Josep (José) fut baptisé le 5 février suivant.

Il entra au Carmel à Benicassim dans le Desierto de las Palmas en 1882 et prit le nom de Romuald de Sainte-Catherine.

Ordonné prêtre en 1890, il fut envoyé au Mont Carmel (Israël) en 1893, comme procureur de la communauté et recteur de la paroisse de Haifa.

En 1905, il revint à Barcelone et, en 1906, fut élu prieur à Tarragona.

Devenu provincial, de 1915 à 1930, il fonda le couvent de Palafrugell pour y installer un Petit séminaire.

Il comprit très vite l’importance des écrits de Thérèse de Lisieux, les traduisit et les diffusa.

Le 20 juillet 1936, il vint se réfugier chez son père, qui habitait non loin du couvent de Barcelone. Reconnu deux jours après, il fut arrêté. Il fut assassiné en haine de la foi, semble-t-il le 24 juillet 1936, au lieu-dit la Rebasada (Barcelone).

La famille reconnut son cadavre peu après, à l’hôpital.

Josep fut béatifié en 2005.

 

 

Antoni Enric Canut Isús

1874-1936

 

Né le 17 février 1874 à Llessui (Lérida, Espagne), il entra à seize ans au séminaire d’Urgel, où on put admirer sa parfaite soumission au règlement, son application à l’étude de latin.

Il entra au noviciat et fit la profession religieuse chez les Pères Salésiens de Sarriá (Barcelone) en 1894, fit les études et sa préparation pédagogique à Séville et Santander, puis Barcelone (Rocafort et Sarriá) et fut ordonné prêtre en 1901.

Préfet pendant trois ans à Béjar, confesseur à Cadix pendant quatre ans, il s’occupa ensuite de l’externat de Séville pendant quatre autres années, où il fonda le premier Cercle Dominique Savio pour les plus jeunes.

Après une année à Carmona, il sera confesseur pendant quatorze ans à Cadix (1913-1927) et à Ronda.

Au physique, le père Enric (Enrique) avait une démarche malaisée, et une vue assez faible, mais jouissait d’une lumière et d’une force intérieures qui firent l’admiration du peuple de Ronda.

Comme professeur, il enseigna l’arithmétique et la géométrie, où ses élèves faisaient de rapides progrès.

Un peu sec et réservé, il était d’une politesse exemplaire, très propre même avec des habits recousus. Autant il exigeait de ses élèves, autant son confessionnal était assiégé, tant par les Salésiens eux-mêmes que par les jeunes élèves.

A partir du 18 juillet 1936, les communistes mirent à sac et incendièrent les maisons religieuses. Les miliciens entrèrent dans le collège et prétendaient exiger de don Enrique qu’il leur montrât les soi-disant «passages souterrains», qui n’existaient pas. Le supérieur essaya de le débarrasser des intrus, lui conseillant de s’éloigner du collège, mais Enrique insista pour rester avec ceux de la communauté.

Le 24 juillet, les miliciens vinrent réunir tous les pères dans la salle du parloir, où ils se confessèrent tous au père Enrique. Le soir, on les obligea à sortir, avec quelques habits avec eux. Les religieux prirent congé les uns des autres, se disant au-revoir au ciel.

Enrique, avec le supérieur, se réfugièrent chez un grand ami, le prêtre José Furest (qui d’ailleurs sera à son tour martyrisé pour avoir été un ami des curés).

Le soir, les deux prêtres salésiens furent arrêtés, conduits jusqu’au Jardin de Gómez et là, après leur avoir lié les mains avec du fil de fer, deux miliciens les escortèrent l’un après l’autre et les assassinèrent au lieu-dit Corral de los Potros, pour le seul délit d’être des prêtres.

On ne peut imaginer quelles souffrances subit le père Enrique, qui était quasi aveugle et âgé de soixante-deux ans.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Ronda (Málaga), le 24 juillet 1936.

Les cadavres des prêtres restèrent là pendant presque une journée, hués et insultés par les badauds. Finalement, on les porta au cimetière dans la fosse commune.

Don Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Jacoba Martínez García

1877-1936

 

Née le 30 décembre 1877 à Tarazona (Saragosse), Jacoba était la onzième des douze enfants de Luis Martínez et Gabina García (ou bien, selon d’autres, de Gabino et Rosa). De cette grande fratrie, huit enfants moururent précocement.

Son frère Julián et sa sœur Severiana avaient déjà ressenti la vocation religieuse et furent, lui, prêtre, elle carmélite, mais Jacoba, petite, était bien décidée à ne pas être religieuse, ainsi qu’elle le disait à sa mère.

Un changement se fit dans son cœur, lors de la profession de sa sœur ; elle fut si impressionnée par la cérémonie, par l’ambiance du Carmel, qu’elle demanda alors à Dieu de lui donner la vocation.

Bientôt, elle entra à son tour au Carmel de Guadalajara en 1898, et prit le nom de María Pilar de Saint-François-de-Borja.

Elle fut une très bonne Religieuse, humble, joyeuse, heureuse d’appartenir à Dieu, très habile de ses mains, soit pour broder, soit pour confectionner des espadrilles, soit pour sarcler les plantes du jardin.

Elle avait un grand amour de l’Eucharistie : elle appelait Le Vivant le Christ présent au Tabernacle.

Deux jours avant sa mort, elle avait confié à la Mère prieure qu’elle avait demandé à Dieu d’être choisie elle à la place des autres, s’Il avait besoin de victimes.

Au soir du 23 juillet 1936, elle sortit du couvent avec d’autres moniales et elles cherchèrent ensemble à aller se cacher. Vite reconnues, poursuivies, elles reçurent une rafale de balles. 

María Pilar était gravement atteinte, mais n’était pas morte. Elle gémissait : Mon Dieu ! Mon Dieu !

Un milicien alors lui ouvrit un rein avec un couteau. Les gens autour réagirent, on porta la blessée dans une pharmacie, on voulut la faire hospitaliser : le chauffeur arrêté refusa de porter secours à une religieuse. 

Un autre la transporta au centre de la Croix Rouge ; mais des miliciens empêchèrent qu’on pût entrer avec le brancard portant la religieuse. Ils voulaient l’abattre sur place. Des gardes s’imposèrent et on fit entrer María Pilar ; une dentiste présente lui mit de la glace dans la bouche et chercha à la réconforter. Mais la gravité des blessures ne laissait aucun espoir : on put seulement bander les plaies pour arrêter l’hémorragie. María PIlar agonisa lentement, disant tout bas : Mon Dieu, pardonne-leur ! Vive le Christ-Roi ! 

Ses dernièrs paroles, claires, furent : Mon Dieu, mon Dieu, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

María Pilar mourut martyre, au soir de ce 24 juillet 1936.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

María Mercédes Prat y Prat

1880-1936

 

Née le 6 mars 1880 à Barcelone (Espagne), María était l’aînée des quatre enfants de Juan Prat y Serra et de Teresa Prat y Bordoy.

Elle reçut le Baptême le lendemain de sa naissance, et la Première communion en 1890.

En 1895, mourut son père, et sa mère en 1896.

María a un penchant naturel pour l’amour du prochain ; on la connaît serviable et douce ; de plus, elle est douée pour la peinture et la broderie. Membre de la Confrérie de Marie Immaculée et de Sainte-Thérèse, elle participe activement au mouvement de l’école du dimanche : elle enseigne bénévolement aux femmes pauvres, à des fonctionnaires, profitant de ces contacts pour semer aussi les bases de la foi chrétienne.

En 1904, elle entra au noviciat de la Congrégation de Sainte-Thérèse de Jésus, à Tortosa. Cette congrégation, fondée récemment par saint Antonio Enrique Ossó y Cervelló a pour but l’éducation des jeunes filles, au sein de la spiritualité carmélitaine.

María Mercédes s’appela désormais María Mercédes du Cœur de Jésus. 

Elle fit la première profession en 1907.

Elle travailla d’abord à l’université de Barcelone, puis à Madrid (1909), où elle prononce les vœux perpétuels en 1910.

En 1915 elle fut nommée à Tortosa, en 1920 dans la maison-mère de Barcelone et dans l’école San Gervasio, devenant bientôt secrétaire générale de l’Ordre et collaboratrice à la revue «Magister Jesus».

L’année 1936 est l’année de l’explosion de la révolution sanglante en Espagne. Le 19 juillet, la communauté est contrainte d’abandonner les lieux, trouvant refuge chez des amis.

Le 23 juillet, María Mercédes doit accompagner une autre Sœur, portugaise, dans une maison à l’autre bout de la ville. Dans la rue, elles sont interceptées, reconnues, et enfermées dans une maison où se trouvent déjà d’autres religieux, hommes et femmes. On les soumet à des simulations d’exécution et à toutes sortes de vexations.

Dans la nuit du 23 au 24 juillet, on emmène les deux Religieuses au lieu-dit Rebasada, proche de Barcelone, en même temps que trois autres Religieuses, pour les fusiller, car elles sont «coupables d’être religieuses» ; la religieuse portugaise survécut à ses blessures, et pourra témoigner des faits : María Mercédes ne mourut pas sur le coup, mais agonisa plusieurs heures au milieu d’atroces souffrances ; elle priait, récitant le Credo, les prières de l’Office ou de la Messe ; sa dernière prière fut le Notre Père, qu’elle acheva en pardonnant à ses bourreaux.

Des miliciens passèrent et entendirent ses gémissements. Un à un, ils lui tirèrent une balle pour l’achever.

María Mercédes expira au matin du 24 juillet 1936.

Elle fut béatifiée en 1990.

 

 

José Maximo Moro Briz

1882-1936

 

Il naquit le 29 mai 1882 à Santibánez de Béjar (Salamanque), de Jorge Moro, un excellent pédagogue qui enseigna pendant près d’un demi-siècle, et Fernanda Briz. Ces parents très chrétiens eurent sept enfants, dont trois se consacrèrent à Dieu et à l’Eglise.

José Maximo fut prêtre, Modesta fut Fille de la Charité ; tous deux moururent martyrs (Pour Modesta, voir au 31 octobre). Le troisième, Santos, fut évêque à Ávila pendant plus de trente années.

Après de brillantes études au séminaire d’Ávila, José Maximo fut ordonné prêtre en 1910.

Les paroisses de son apostolat sacerdotal furent : Santa Lucía à Gredos, Tormellas, Velayos, Navalonguilla, El Barco (Ávila), pour arriver finalement à Cebreros en 1926, comme curé.

Il ouvrait lui-même son église, tôt le matin, et y faisait une longue oraison. Il montra beaucoup de sollicitude envers tous les paroissiens, spécialement envers les nécessiteux et les malades. Pour être plus efficace, il obtint un vicaire, Zacarías Cecilio Martín y Martín, futur martyr, non encore béatifié.

Le 22 juillet 1936 il reçut les premières menaces sérieuses contre sa vie. Le 24, peu après midi, des miliciens vinrent assaillir le presbytère. Don José fut amené sur la place, où l’attendait une camionnette ; on le fit monter sans ménagement, avec des insultes, et il se trouva au milieu de vingt autres miliciens. Le véhicule prit la route de Tiemblo. Les miliciens avaient vraiment hâte de tuer le prêtre. Ils l’obligèrent à descendre et à se mettre contre le fossé ; le prêtre allait s’évanouir, des miliciens le soutinrent.

Une première balle rejoignit, par erreur, un des miliciens, qui reçut alors l’absolution de don José - son dernier acte sacerdotal. Aussitôt une seconde balle atteignit don José, qui tomba mort. Il venait encore de pardonner à ses bourreaux.

C’était le 24 juillet vers seize heures trente.

Don José Maximo fut béatifié en 2013.

 

 

Jaime Gascón Bordás

1886-1936

 

Né le 25 juillet 1886 à Forcall (Castellón, Espagne), Jaime (Jacques) fut baptisé le jour même, fête de saint Jacques.

Il entra à onze ans au Petit séminaire diocésain et, à seize ans, au noviciat du Carmel à Benicassim dans le Desierto de las Palmas et prit le nom de Jaime de Sainte-Thérèse (1903).

Ordonné prêtre à Saragosse en 1909, il fut envoyé au Carmel de Saint-Clément de la Mancha (Cuenca), avant de revenir à Las Palmas.

En 1918, il vint à Barcelone, où il enseigna la théologie dogmatique et la morale. Sa mauvaise santé (diabétique) limitait ses activités, mais il passait de nombreuses heures au confessional.

Le 20 juillet 1936, étant sorti de son couvent, il fut frappé jusqu’à ce qu’il tombât à terre, très mal en point. On le traîna pour le charger dans une voiture de la police, où un milicien  lui tira dessus. Emmené au poste, puis à l’hôpital, il s’y éteignit, le 24 juillet, des suites de ses blessures.

Le lendemain, il allait avoir cinquante ans.

Jaime fut béatifié en 2005.

 

 

Miquel Peiró Victori

1887-1936

 

Miquel (ou Miguel) était né le 7 février 1887 à Aiguafreda (Barcelone, Espagne), baptisé le lendemain avec les noms de Miquel Mariano Ricardo. 

Orphelin de père en 1894, il fut admis au collège des orphelins de Barcelone, tenu par les Pères de la Sainte Famille.

Avec sa mère, il vint à Roda de Ter (Barcelone), où une tante, dominicaine, dirigeait un collège.

Miquel travailla dans une usine de textiles et, en 1913, obtint un poste important dans une autre usine à Hospitalet de Llobregat (Barcelone). On signale aussi qu’il était un vigoureux supporter de l’équipe de football de Barcelone.

En 1915, il épousa Francisca Ribes Roger.

Un de ses enfants fut le frère José, qui mourut en 1938, à la suite de la persécution.

Miquel entra dans le Tiers-Ordre dominicain et collabora à un cercle d’ouvriers catholiques.

Le 24 juillet 1936, il vint à Barcelone, en quête de nouvelles sur son frère Ramón Peiró, dominicain lui aussi (voir au 21 août). Il fut profondément attristé de voir les églises et les maisons religieuses incendiées, profanées ; de retour chez lui, il pria le chapelet en famille.

La prière était à peine achevée, vers onze heures du soir, qu’on venait l’arrêter. On cherchait également le frère José, mais il ne semble pas qu’il ait été arrêté à ce moment-là.

Miquel se sépara de son épouse en lui disant simplement : Au Ciel. Quelques instants après, on entendit des coups de feu. C’était ce père de famille chrétien qui donnait sa vie pour sa foi, le 24 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

Antonio Torrero Luque

1888-1936

 

Antonio naquit le 9 octobre 1888 à Villafranca de Córdoba (Cordoue, Espagne), d’un père cordonnier.

Fidèle enfant de chœur à la paroisse, il fréquenta l’école publique, puis entra à l’école des Salésiens à Cordoue, grâce à l’appui de son curé ; après avoir terminé ses études à Séville, il commença le noviciat à Carabanchel Alto, et fit la profession à Utrera en 1907.

Il obtint la licence en Philosophie et Lettres.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1913.

Les lieux de son apostolat furent Écija (1913-1914), Alcalá de Guadaíra (1915), San José del Valle (1916), Utrera et Cadix (1917-1923), San José del Valle (1923-1926), Alcalá de Guadaíra comme directeur (1927-1934), Ronda enfin, toujours comme directeur (1934-1936).

Optimiste, don Antonio sembla avoir des initiatives irréalisables, mais qui s’avérèrent heureuses. La foi le portait, ainsi que sa dévotion mariale. Son souci pour le bien des enfants le rendait quasi maternel dans sa douce bonté.

Lors du soulèvement révoutionnaire de 1936, il y avait deux maisons salésiennes à Ronda, où étaient venus en vacances une soixantaine de jeunes. Dans les rues, il n’y avait qu’agitation, émeutes, banderolles, acclamant le communisme. 

Le 19 juillet, dimanche, brûla l’église des Carmes Déchaux. Les Salésiens obtinrent du Comité un sauf-conduit pour eux et les jeunes aspirants.

Le 20, quatorze églises brûlèrent ; les Salésiens considéraient un miracle que leurs maisons et leurs églises aient été épargnées.

Le 21, sous prétexte de trouver les armes cachées, des miliciens armés fouillèrent tout le collège. Le Directeur fut menacé ; il leur répondit calmement : Vous pouvez me tuer, mais sachez que vous tuez un innocent. Les miliciens arrachèrent, profanèrent et brûlèrent tout ce qu’ils trouvèrent d’images et statues.

Le 24 juillet, les miliciens encerclèrent le collège et l’envahirent progressivement, enfermant les Salésiens dans la porterie, saccageant la maison, toujours à la recherche des armes. A treize heures, ils invitèrent les Salésiens à faire les valises et à partir où ils voulaient, car la maison ne leur appartenait plus. Avant de partir, les prêtres passèrent (toujours sous la menace des armes) dans leur réfectoire pour manger un peu. Après le Benedicite, les miliciens leur dirent : Au lieu de tant de patenôtres, criez bien fort avec nous : Vive le communisme !

Le Directeur (Don Antonio) voulut dire quelques mots mais l’émotion lui permit seulement de dire : Adieu, chers enfants. Au… (il voulait dire : Au ciel). On s’embrassa, le milicien de garde pressa : Allez, vite, il est tard ! 

Avant de quitter la maison, don Antonio dit encore à celui qui restait avec les jeunes : N’abandonne jamais les enfants. S’il m’arrive quoi que ce soit, que Manolito {c’était son cousin} ne dise rien à mes parents. Ils sont tellement âgés… Adieu.

Les prêtres sortirent un à un, mais comme la foule menaçait de les lyncher, on les emmena en voiture là où ils demandaient, chez l’habitant, dans des pensions, tandis que les jeunes garçons avec leurs responsables allèrent se mettre en sûreté, grâce au sauf-conduit obtenu les jours précédents.

Ce même 24 juillet 1936, don Antonio et un autre prêtre âgé furent conduits chez un coopérateur salésien, José Furest (qui serait lui aussi fusillé peu après). Le soir, des miliciens vinrent chercher les prêtres, avec la promesse qu’il ne leur arrivera rien. 

Ils partirent vers le quartier San Francisco. On fit marcher les prêtres, qui tombèrent plusieurs fois, à l’image du Christ montant au Golgotha, l’un parce qu’il voyait très mal, l’autre (Antonio) parce qu’il souffrait d’hémiplégie. Parvenus au Jardin du Gómez, les miliciens lièrent les mains des prêtres avec du fil de fer et les assassinèrent l’un après l’autre, à l’endroit appelé Corral de los Potros. Les corps restèrent là pendant vingt-quatre heures, sous les insultes et les blasphèmes des passants.

L’autopsie révéla que, avant d’expirer, les prêtres furent tirés par terre, ce qui leur provoqua d’autres blessures encore.

Don Antonio fut béatifié en 2007.

Ce n’est pas tout. Quelques jours après, on alla aussi à Villafranca de Córdoba, assassiner le vieux père de don Antonio, âgé de soixante-et-onze ans, parce qu’il avait un fils prêtre.

 

 

Jaume Baríau Martí

1891-1936

 

Jaume Baríau Martí naquit le 25 juillet 1891 à Barcelone (Catalogne, Espagne E)

En 1906, il entra dans l’Ordre des Capucins et, lors de sa profession e, 1911, prit le nom de Josep Oriol de Barcelone.

En 1915, il fut ordonné prêtre.

C’était un homme très cultivé, et il enseigna la Liturgie, l’Hébreu et l’Histoire de l’Eglise à Sarrià et Barcelone, tout en résidant au couvent de Manresa.

Quand éclata la funeste Guerre civile en juillet 1936, il chercha refuge sous un toit accueillant, où il put au moins célébrer encore la Messe. Dans la journée, il portait discrètement la Communion, mais tout déplacement était surveillé et on l’arrêta le 24 juillet, alors qu’il portait l’Eucharistie à une pauvre Religieuse Clarisse, elle aussi réfugiée dans sa cachette.

Les miliciens communistes enlevèrent le p.Josep Oriol, le torturèrent et l’abattirent aux portes de Manresa le 24 juillet 1936, veille de son quarante-cinquième anniversaire.

Le père Josep Oriol devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 24 juillet.

 

 

Antoni Capdevila Balsells

1894-1936

 

Il naquit le 27 février 1894 à Espluga Calva, (Lleida), de Antoni et Filomena, qui le firent baptiser le jour-même.

Il fréquenta le collège des Clarétains dès treize ans, à Barbastre, puis entra au noviciat à Cervera, où il fera la profession comme frère convers, le 8 décembre 1910.

Il montra un don de soi exemplaire autant dans le travail de couturier à Cervera, que dans l’enseignement en d’autres collèges. Il fit l’unanimité autour de lui.

En 1936, il se trouvait à La Selva del Camp, comme portier et couturier.

Lors de la guerre civile, on pouvait apercevoir du couvent l’incendie d’un autre couvent et de l’église.

Le 23 juillet, sa première préoccupation fut d’aider un vieux Frère à se mettre à l’abri chez les Sœurs de Reus.

Au retour, le 24, il pensait rejoindre en train Borges Blanques et, de là, faire à pied les quatorze kilomètres qui restaient pour Mollerusa, où il se serait réfugié dans sa famille. Mais on l’arrêta à Vimbodí. On le mena par les rues jusqu’au Comité, où on lui confisqua son sandwich. Vers midi, on le conduisit à un endroit appelé Puntarró, un peu en-dehors du pays sur la route de Lleida.

Comprenant ce qui lui arrivait, il demanda un instant pour bien se préparer à mourir, puis il retira sa calotte et pria un peu en recommandant son âme à Dieu. Cela fait, toujours très calmement, il fit signe à ses bourreaux. Il n’eut plus que le temps de proclamer : Vive le Christ Roi !La réponse immédiate fut une raffale qui abattit le Religieux.

Les gens alentour vinrent recueillir des pierres maculées du sang du Frère.

C’était le 24 juillet 1936.

Antoni fut béatifié en 2013.

 

 

Cándido Castán San José

1894-1936

 

Ce pieux laïc naquit à Benifayó (Valencia) le 5 août 1894.

Son père était chef de gare à Miranda de Ebro, où le garçon fit ses études chez les Frères du Sacré-Cœur. Par la suite, Cándido fit à son tour des études spécialisées en matière de chemin de fer et travailla dans la Compagnie du Nord.

Il épousa en 1919 Francisca Guiral Sorlí et eurent deux enfants, Teresa et José María.

En 1936, après avoir été à Madrid, il était contrôleur à Pozuelo de Alarcón dans la Colonia de San José, fondée en 1914.

Chaque soir, au retour de son travail, il s’arrêtait à l’église pour adorer le Saint-Sacrement. Il fit aussi partie des Adorateurs nocturnes. Chaque soir, la famille priait le chapelet.

Sa fille raconta plus tard quelle ambiance profondément chrétienne régnait à la maison. Si elle n’avait pas été gentille, son père la faisait s’agenouiller devant la grande image du Sacré-Cœur pour demander pardon. 

Très actif, il contribua à la fondation d’une chapelle en l’honneur de saint Joseph, pour y faire célébrer la messe le dimanche. La chapelle existe encore.

Cándido fut actif aussi dans le domaine socio-politique. En 1919 il fut élu vice-président du Comité confédératif, et président en 1924, lors du second Congrès national des Syndicats catholiques ouvriers.

En 1929, en tant que président de la Confédération des Ouvriers Catholiques, il fit une brillante intervention à la Chambre des Députés pour s’opposer à une augmentation des heures de travail des mineurs. Il fut aussi président des Cheminots catholiques pour la section Madrid-Nord.

Il eut aussi beaucoup d’autres responsabilités entre 1925 et 1933, au niveau politique, dans le milieu corporatif, où il travailla toujours pour soutenir les ouvriers catholiques. Mais il est erroné de le dire «carliste».

Quand les événements commencèrent à mal tourner, son épouse lui proposa de se retirer dans le pays de la belle famille, à Benicarló, mais il refusa, disant qu’il ne pouvait rien lui arriver, puisqu’il n’avait rien fait de mal. 

En 1936, il se trouvait à Pozuelo (Madrid), où les Oblats de Marie Immaculée (OMI) avaient ouvert un scholasticat en 1930.

Le 18 juillet 1936, des miliciens se présentèrent chez Cándido, avec le prétexte d’y découvrir des armes (qui n’existaient pas), et repartirent en lui intimant l’ordre de ne pas sortir de chez lui.

Le lendemain, dimanche, les miliciens entrèrent dans le couvent des OMI où, ne trouvant pas d’armes, ils s’emparèrent de tout ce qui avait de la valeur. 

Ils y revinrent au petit matin du 22, pour arrêter toute la communauté, qui comprenait trente-huit personnes, et l’enfermer dans la salle à manger, une pièce de quatre mètres sur cinq mètres cinquante…

Cándido, à son tour, fut arrêté le 23 juillet, vers midi, par un groupe de miliciens du comité révolutionnaire de Pozuelo.

Dans la nuit du 24 juillet, les miliciens firent une première «rafle» de sept Oblats, avec Cándido, qu’ils revinrent chercher le matin chez lui, en l’absence de son épouse, sortie faire des courses avec son fils.

L’homme donna à sa fille son anneau conjugal et les clefs de la maison, à remettre à son épouse. Les miliciens le poussèrent jusqu’au couvent des Oblats : en chemin, il croisa son épouse qui s’en revenait. Elle lui prépara son repas et le lui porta. 

Le lendemain matin, elle lui prépara le petit déjeuner, mais il ne se trouvait plus dans le couvent. Dès cet instant, elle le crut mort martyr.

Le lieu du martyre reste imprécis : à Casa de Campo, ou au cimetière de Aravaca.

Cándido, martyr à quarante-deux ans, fut béatifié en même temps que les Oblats, en 2011.

 

 

Josep Olivé Vivó

1894-1936

 

Josep était né le 14 septembre 1894 à Pla de Cabra (Alt Camp, Tarragona, Espagne), fils unique.

A la mort de son père, la famille désirait le voir reprendre le commerce d’huile et de noix, mais lui se sentit appelé à la vie religieuse.

Il entra chez les Carmes Déchaux, prenant le nom de Bartomeu de la Passion.

Après sa profession comme frère convers, il fut aux couvents de Badalona et de Lleida, où il participa à la construction de l’église et du sanctuaire. 

Si on le voit très sérieux, presque tendu, sur les photographies, il était cependant connu pour son esprit toujours joyeux, qu’il conserva toute sa vie.

En 1936, il se trouvait à Lleida, où il faisait aussi le secrétaire pour le revue carmélite «Pluie de Roses».

Le 24 (ou le 25 ?) juillet 1936, avec le père Joan de Jésus, il tentait de fuir, lorsqu’ils furent arrêtés et assassinés par un groupe de miliciens.

Josep fut béatifié en 2013.

 

 

José Joaquín Esnaola Urteaga

1898-1936

 

Il naquit et fut baptisé le 8 février 1898 à Idiazábal (Guipúzcoa, Pays basque espagnol), dans ce quartier Oria où fut trois siècles plus tôt reçu un certain Iñigo (Ignace) de Loyola, alors blessé.

Ses parents s’appelaient Luis et Dorotea.

José Joaquín étudia le latin et la musique à Idiazábal.

Il y avait, dans le pays et dans la parenté, des Religieux appartenant à l’Ordre des Augustins, et José pensa tout naturellement les rejoindre au monastère de l’Escorial, où il fit la profession en 1914.

Au terme de ses études de philosophie et de théologie, il fut envoyé au collège Alphonse XII, proche du monastère, comme surveillant des élèves. C’est là qu’il fut ordonné diacre, puis prêtre (1922).

Jusqu’en 1932, il fut professeur dans ce collège, d’où il fut ensuite envoyé à celui de Notre-Dame de la Consolation à Guernica (Biscaye), où il enseigna le latin et les humanités. Il eut aussi la charge d’enseigner la musique et le chant choral aux jeunes séminaristes.

En 1934, cette maison se transféra à Leganés, où il fut administrateur du couvent.

En juillet 1936, le couvent fut pris d’assaut et les Religieux dispersés. Plusieurs allèrent être martyrisés.

Le 22 juillet, le père José Joaquín alla d’abord à Madrid, chez une Argentine qui était de son village ; le 23, il crut bon d’aller régler quelques factures à Leganés.

Dans le tramway, il fut arrêté, mis en prison à Carabanchel, dans une école qui servait de tchéka, puis conduit sous bonne escorte à Leganés.

Il pensait y récupérer des objets personnels, mais on lui dit qu’ils ne lui serviraient à rien.

Au soir du 24 juillet 1936, on le conduisit hors de Leganés, sur la route de Carabanchel, où il fut assassiné.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pablo Martínez Esteban

1898-1936

 

Pablo naquit le 22 mars 1898 à Los Balbases (Burgos, Espagne), de Julián et Lucía, qui le firent baptiser trois jours plus tard. La providence avait fait que saint Etienne protomartyr fût le patron de la paroisse, et aussi le nom de famille de la maman, aussi le prêtre qui le baptisa le consacra aussi à saint Etienne, protomartyr (voir au 26 décembre).

Pablo reçut la Confirmation en 1899.

Bientôt mourut la maman, et le papa se remaria. Il eut en tout six enfants. Le propre frère de Pablo, Timoteo, le suivit plus tard dans la même congrégation.

A douze ans, Pablo entra au séminaire des Frères maristes de Arceniega (Álava), et, en 1913, commença le noviciat. 

En 1914, il reçut l’habit et le nom religieux de Gaspar. L’année suivante, il fit la première profession.

Jusqu’en 1916, Frère Gaspar sera à Las Avellanas, puis sera transféré à Pamplona, en 1918 à Logroño, en 1919 à Barcelone, en 1920 à Madrid, où il fera la profession solennelle.

En 1923, il passa à Burgos, en 1924 à Mataró, en 1925 à Murcia, en 1927 de nouveau à Barcelone, en 1928 à Pamplona, en 1930 à Madrid, où il allait terminer sa vie terrestre.

Le Frère Gaspar fut un professeur consciencieux, qui n’oubliait pas sa mission évangélique en promouvant la congrégation mariale parmi ses élèves. Modèle de joie chrétienne, il s’oubliait pour être aux autres : les témoins disaient qu’il attirait l’attention par le fait qu’il ne se faisait jamais remarquer.

Il habitait Madrid avec le Frère Camerino ; tous deux furent arrêtés par des miliciens au soir du 23 juillet 1936, alors qu’ils dînaient. 

On sait seulement qu’ils furent assassinés pour le seul fait d’être des Religieux maristes, et qu’ils versèrent leur sang à Madrid le 24 juillet 1936.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

Marcos Morón Casas

1899-1936

 

Né le 25 avril 1899, en la fête de saint Marc, il fut baptisé avec ce prénom dès le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1911, passa à celui de Bujedo (Burgos) et prit l’habit en 1914, avec le nom de Indalecio de María (saint Indaletius était l’un des premiers évêques évangélisateurs de l’Espagne, fêté le 1er mai).

Frère Indalecio exerça son apostolat au collège Condal de Barcelone, jusqu’en 1921, puis fut envoyé à Melilla, où il collabora au Centre de Santé : son activité fut récompensée par deux décorations.

En 1923, il rejoignit Barceloneta et, en 1925, l’école de Las Corts, puis de nouveau Condal (1928), où il resta jusqu’à la persécution.

Le 20 juillet 1936, la communauté dut se disperser et trouver refuge çà et là. Indalecio fut quelques jours chez des amis, qui lui recommandèrent de trouver quelque endroit plus sûr : il trouva dans le quartier de Gracia, mais à peine deux jours après, le 24 juillet, s’arrêta devant la maison une voiture de miliciens qui le cherchaient. 

On ne sait ce qu’on lui fit subir, mais on le retrouva à la morgue avec la date du 24 juillet, et la mention «curé». Il avait trente-sept ans.

Il fut béatifié en 2005.

 

 

Braulio Álvarez Palacín

1900-1936

 

Braulio naquit le 26 mars 1900 à Villamedianilla (Burgos, Espagne), de Eladio et Gaudencia, qui le firent baptiser le 1er avril. Il reçut la Confirmation en 1906, la Première communion en 1910.

Les parents, chrétiens, eurent quatre enfants. C’étaient des paysans.

Braulio grandit dans une grande amitié et un grand respect pour tout le monde. Le vétérinaire du pays l’aimait beaucoup et l’aida dans ses lectures.

Le garçon dut faire le service militaire. Ensuite, il entra au séminaire des Frères maristes de Avellanas (Lleida), en 1924. 

En 1925, il reçut l’habit et le nom religieux de Camerino. L’année suivante, il fit la première profession.

De 1926 à 1927, il fut à Avellanas, où il sut entre autres être un excellent infirmier ; puis il passa à Madrid comme professeur.

C’est là qu’il fit sa profession solennelle, en 1931.

Bien qu’ayant commencé sa «carrière» plus tard que d’autres, le Frère Camerino fut un professeur excellent, et qui n’oubliait pas sa mission évangélique.

Il habitait Madrid avec le Frère Gaspar ; tous deux furent arrêtés par des miliciens au soir du 23 juillet 1936, alors qu’ils dînaient. 

On sait seulement qu’ils furent assassinés pour le seul fait d’être des Religieux maristes, et qu’ils versèrent leur sang à Madrid le 24 juillet 1936.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

Marciana Valtierra Tordesillas

1905-1936

 

Née le 6 mars 1905, Marciana était la dernière des dix enfants (quatre garçons et six filles) de Manuel Dimas et Lorenza.

Sa maman ne put l’allaiter et dut prendre une nourrice. Marciana fut toujours de faible constitution.

Toute petite, quand elle ne parlait pas encore bien, elle était sensible aux pauvres et, en les voyant, demandait à sa mère : Maman, encore, plus ! Et elle annonçait son désir : Quand je selai glande, je selai moniale (Quando sea mayol voy a sel monca).

Elle fréquenta le collège de la Sainte Famille et fut confirmée en 1910, à cinq ans.

Sa maman mourut bientôt, très saintement. Marciana ressentait beaucoup son absence, et l’écrivait à sa sœur Marcelina, mais elle se confia totalement à sa Mère céleste, la Vierge Marie.

A quatorze ans, elle assista à la cérémonie de la consécration de l’Espagne au Sacré-Cœur, par le roi Alfonso XIII, au Cerro de los Ángeles (1919). 

Ses compagnes de jeunesse l’aimaient beaucoup pour sa joie, pour son sourire, pour sa piété et sa discrétion.

On se doutait de sa vocation religieuse, mais elle attendit.

Elle entra finalement au Carmel de Guadalajara en 1929, et prit le nom de Ángeles de Saint-Joseph. C’était en souvenir de Notre Dame des Anges, la patronne de son pays natal.

Elle reçut l’habit religieux en 1930, fit la profession en 1931 ert les vœux solennels en 1934.

Toujours modeste et pleine de zèle pour les missions, elle dira un jour à ses Consœurs : Que ce serait beau si nous pouvions verser notre sang pour le Christ ! Mais moi, je ne mérite pas cette grâce.

Ella la mérita effectivement. En juillet 1936, le régiment en garnison à Guadalajara se souleva. Quand la ville fut aux mains des miliciens, la Mère prieure ordonna aux Religieuses de prendre des habits civils pour se préparer à fuir. 

Leur aumônier, déjà déguisé en paysan, vint leur donner la communion, qui devait être leur viatique. Survint la sœur portière, qui les avertit de vite partir, car on montait de toutes parts pour incendier le monastère. Les Carmélites allèrent passer la nuit du 23 au 24 dans un hôtel et une pension proches.

La sœur Teresa pensa que les quatorze religieuses présentes dans la même maison pouvaient constituer un danger et proposa à celles qui le voulaient, de sortir avec elle. L’idée était bonne, mais une fois dans la rue, les religieuses se firent peut-être encore plus remarquer, par leur propre attitude : apeurées, timides, avec leurs cheveux si courts, contrairement aux autres femmes, elles furent immédiatement reconnues par une milicienne.

Les miliciens les poursuivirent, et elles cherchèrent à se réfugier chez des connaissances ; ne les trouvant pas, elles revinrent dans la rue, où les miliciens leur tirèrent dessus.

María Ángeles tomba immédiatement, ayant reçu une balle en plein cœur. Elle avait trente-et-un ans.

C’était le soir du 24 juillet 1936.

Elle fut béatifiée en 1995.

 

 

Joan Vilaregut Farré

1907-1936

 

Joan était né le 19 août 1907 à Vic (Osona, Espagne).

Précoce, intelligent, il avait terminé toutes les études, et n’avait pas vingt-trois ans lorsqu’il reçut le sacerdoce.

Il fut d’abord envoyé au sanctuaire de Sainte-Thérèse-de-Lisieux (Lleida), alors en construction, où il fut chargé de l’administration de la revue carmélite Lluvia de Rosas (Pluie de Roses). On lui confia aussi la catéchèse des enfants.

Au moment de la persécution religieuse de 1936, il dut laisser le couvent et se cacha à proximité, avec le Frère Bartomeu (Josep Olivé Vivó). Puis, pensant trouver un endroit plus sûr, ils se mirent en route pour Alcarrás, mais furent arrêtés en chemin par un groupe de miliciens. Ces derniers leur demandèrent qui ils étaient : ils répondirent qu’ils étaient des frères de la Petite Sainte Thérèse. 

Les miliciens les abattirent sur place. C’était le 24 (ou le 25 ?) juillet 1936.

Le père Joan fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Antonio Pérez Mayo

1907-1936

 

Il naquit le 18 novembre à Santa Marina del Rey (León), de Modesto Pérez et Beatriz Mayo, et fut baptisé le 23 suivant. Il y avait sept enfants.

En famille, on priait le chapelet tous les jours.

Jeune, il fit partie des Tarsicios, une association de jeunes enfants formés à la communion et à la confession fréquentes. Adolescent de quatorze ans, il fit partie des Adorateurs nocturnes. Durant ses vacances, il participait à la Messe chaque jour et secondait le curé. A la maison, il était très serviable.

Il entra chez les Pères Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Urnieta (Guipúzcoa), où il fit le Juvénat, le Noviciat et la première profession religieuse (1927).

Intelligent et brillant, il fut envoyé faire des études à l’université roomaine de l’Angelicum (aujourd’hui Université Pontificale Saint-Thomas) ; il fit là-bas la profession perpétuelle (1930), prit le doctorat en philosophie et la licence en théologie et fut ordonné prêtre en 1932.

De retour en Espagne, il fut dans la communauté de Las Arenas (Bilbao, Biscaye) comme prédicateur pendant une année, avant d’être envoyé à Pozuelo (Madrid) pour enseigner la philosophie.

Passionné lui-même, il transmettait son enthousiasme aux élèves, qui l’estimaient en retour. 

Le 22 juillet 1936, tous les membres de la communauté furent arrêtés dans le couvent lui-même.

Deux jours plus tard, avec six autres jeunes Oblats et le laïc Cándido Castán San José, il fut martyrisé à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid.

Il fut béatifié en 2011.

 

 

Eusebia García y García

1909-1936

 

Née le 5 mars 1909 à Mochales (Guadalajara), Eusebia appartenait à une famille de huit enfants, très chrétienne : la mère recevait la Communion chaque jour, et chaque jour la famille priait le chapelet.

Le frère aîné fut prêtre, le second jésuite.

La troisième, Eusebia, reçut la Confirmation en 1916, et la Première communion l’année suivante. En 1918, elle entra au collège des Ursulines de Sigüenza. 

Espiègle et joueuse, elle fit dès douze ans le vœu de chasteté et s’offrit comme esclave de Marie. Ses compagnes et ses maîtresses purent rendre un unanime témoignage de la joie et de la piété qu’elle reflétait.

Après avoir lu l’Histoire d’une Ame, de sainte Thérèse de Lisieux, et entendu quelques sermons à l’occasion du 3e centenaire de la canonisation de sainte Thérèse d’Avila, sa décision fut bien arrêtée : Je serai carmélite comme la grande sainte Thérèse et comme la petite sainte Thérèse, et j’irai au Carmel de Saint-Joseph de Guadalajara. 

D’autres Religieux la mirent à l’épreuve en lui suggérant d’autres congrégations, mais bien inutilement. En revanche, son oncle prêtre, le Chanoine Fiorentino, approuva pleinement cette vocation et s’efforça de convaincre les parents à la laisser entrer au Carmel de Guadalajara malgré son jeune âge : elle y entra effectivement en 1925 (à seize ans), et prit le nom de Teresa de l’Enfant-Jésus et de Saint-Jean-de-la-Croix.

Elle fut excellente organiste et infirmière. Elle restait longtemps devant le Saint-Sacrement, priant pour les prêtres et désirant mourir pour eux. Comme son Modèle de Lisieux, elle priait pour les missionnaires.

Une fois que les Carmélites eurent quitté leur couvent, au soir du 23 juillet 1936, Teresa pensa qu’il était dangereux de rester toutes ensemble, et voulut fuir ailleurs, avec celles qui le voudraient. Elles furent donc trois, avec María Pilar et María Ángeles, à chercher refuge à proximité.

Tandis que cette dernière tombait la première, l’autre agonisa lentement à l’hôpital. Mais Teresa, malgré ses blessures, put prendre la fuite. Elle demanda en vain de l’aide à un hôtel voisin, où on ne la laissa pas entrer. De nouveau dans la rue, elle fut «secourue» par un homme qui feignit de la protéger, la porta vers l’extérieur de la ville, et commença à lui faire des propositions basses. 

Survinrent d’autres miliciens, qui l’empoignèrent, la forcèrent à marcher et voulurent lui faire acclamer le communisme. Mais elle ne fit que répéter : Vive le Christ Roi ! 

Alors les miliciens lui donnèrent l’ordre de partir en courant, ce qu’elle fit, les bras en croix et criant encore Vive le Christ Roi ! Elle reçut une rafale de balles dans le dos et tomba, en crachant du sang. Peu après, on retrouva son cadavre au cimetière.

Teresa mourut ainsi martyre de sa foi et de sa chasteté, le 24 juillet 1936.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

Francisco Polvorinos Gómez

1910-1936

 

Il naquit le 29 janvier 1910 à Calaveras de Arriba (Almanza, León), d’humbles parents paysans et bergers.

En famille, on priait le chapelet tous les jours.

Francisco frappa à la porte de divers Instituts, et c’est finalement celui des Pères Oblats de Marie Immaculée (OMI) qui l’accueillit ; il avait seize ans.

Ses supérieurs furent conquis par sa piété, sa franchise, la fermeté de sa vocation.

Francisco avait une devise : Faire le bien sans se faire entendre. 

Il se trouvait à Pozuelo lors des événements de 1936.

Le 22 juillet 1936, tous les membres de la communauté furent arrêtés dans le couvent lui-même.

Deux jours plus tard, avec six autres jeunes Oblats et le laïc Cándido Castán San José, Francisco fut martyrisé à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid.

Ce n’est que l’année suivante qu’on en eut la certitude, par une lettre d’un autre Religieux OMI envoyée à la famille.

Francisco fut béatifié en 2011, avec ses Compagnons.

 

 

Manuel Gutiérrez Martín

1913-1936

 

Manuel naquit le 1er janvier 1913 à Fresno del Río (Palencia), d’humbles parents paysans et bergers, Filiberto et Buenaventura, qui eurent de nombreux enfants.

Le peu qu’on sait de lui est qu’il était doué, avait d’excellents résultats, et chantait très bien.

Ce fut un bon élève, apprécié des supérieurs, pieux et humble. Il connaissait ses défauts et les combattait.

Parvenu à la troisième année de théologie, sous-diacre, il pouvait être ordonné prêtre prochainement.

Le 24 juillet 1936, tous les membres de la communauté de Pozuelo furent arrêtés dans le couvent lui-même. Ils consommèrent les saintes Hosties, qui furent leur viatique.

Les miliciens lurent une liste de sept noms, qui incluaient celui de Manuel.

Tous furent martyrisés à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid et furent béatifiés en 2011.

 

 

Cecilio Vega Domínguez

1913-1936

 

Cecilio naquit le 8 septembre 1913 à Villamor de Órbigo (León), d’humbles parents paysans, Juan et Micaela, qui eurent neuf enfants. Une famille chrétienne, qui savait rendre des services autour d’elle.

Manuela, la sœur de Cecilio, affirma qu’ils priaient le chapelet tous les jours, et que, quand il y avait beaucoup de travail durant l’été, le papa priait plutôt le chapelet de la Bonne Mort, plus bref. Bien entendu, ils participaient tous à la Messe du dimanche.

Cecilio commença le noviciat chez les Oblats de Marie Immaculée en 1930.

De retour à la maison pendant les vacances d’été, il faisait la catéchèse en paroisse, et aidait son père aux champs. C’est durant ces travaux qu’il perdit un œil, ce qui lui causa quelques difficultés pour ses études, mais il montra là son courage et sa persévérance dans le travail.

En 1931, il fit la première profession, et passa à Pozuelo pour les études de philosophie et de théologie.

En décembre 1934, il fit la Profession perpétuelle et reçut les premiers Ordres (qu’on appelle aujourd’hui les Ministères). L’année suivante il était sous-diacre.

Au début de la guerre civile, son père lui suggéra de revenir au pays, mais Cecilio répondit qu’il était disposé à mourir et qu’il ne voulait pas abandonner la communauté.

Le 24 juillet 1936, tous les membres de la communauté de Pozuelo furent arrêtés dans le couvent lui-même. Ils consommèrent les saintes Hosties, qui furent leur viatique.

Les miliciens lurent une liste de sept noms, qui incluaient celui de Cecilio.

Tous furent martyrisés à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid et furent béatifiés en 2011.

Une autre sœur de Cecilio affirma plus tard avoir demandé à son frère une grâce, qu’elle obtint et qu’elle considérait un miracle (mais qu’elle ne révéla jamais).

 

 

Juan Pedro del Cotillo Fernández

1914-1936

 

Juan Pedro naquit le 1er mai 1914 à Siero de la Reina (León), d’humbles parents paysans, qui eurent neuf enfants. Une famille très chrétienne, fidèle aux préceptes de l’Eglise, où l’on priait le chapelet tous les jours.

La maman, en particulier, très charitable, conserva toujours sa joie de vivre malgré toutes les épreuves qu’elle dut subir.

Juan Pedro était lui-même serviable, humble et tenace ; il voulait suivre la trace des missionnaires de son pays natal.

Il alla chez les Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Pozuelo pour les études de philosophie et de théologie.

Le 22 juillet 1936, tous les membres de la communauté de Pozuelo furent arrêtés dans le couvent lui-même. Ils consommèrent les saintes Hosties, qui furent leur viatique. L’un d’eux dit aux miliciens : Ne prenez pas ce jeune homme, il est malade du cœur (c’était vrai). Mais un milicien répondit tout simplement : Pour ce qu’on va lui faire faire, il va assez bien.

La réponse était assez claire pour le sort de Juan Pedro, qui avait désormais vingt-deux ans.

Au matin du 24 juillet, les miliciens lurent une liste de sept noms, qui incluaient celui de Juan Pedro.

Tous furent fusillés à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid et furent béatifiés en 2011.

 

 

Justo González Lorente

1915-1936

 

Justo naquit le 14 octobre 1915 à Villaverde de Arcayos (León), d’humbles parents paysans très chrétiens. Une de ses sœurs s’appelait Dionisia.

Il entra au Petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée à Urnieta (Guipúzcoa) en 1927,  et commença le noviciat à Las Arenas (Biscaye) en 1932.

Il fit la première profession l’année suivante, le 15 août 1933, avant de passer à Pozuelo pour les études de philosophie et de théologie.

Juan Pedro était lui-même un peu timide et sentimental, mais serviable, joyeux et ami de tous ; il voulait suivre la trace des missionnaires de son pays natal.

Le 22 juillet 1936, tous les membres de la communauté de Pozuelo furent arrêtés dans le couvent lui-même, qui devint leur prison. Ils consommèrent les saintes Hosties en viatique.

Au matin du 24 juillet, les miliciens lurent une liste de sept noms, qui incluaient celui de Justo.

Tous s’attendaient à cette mort, à cause du climat hostile qui régnait depuis des mois envers eux, pour le seul fait qu’ils étaient prêtres ou religieux. Justo n’avait pas vingt-et-un ans.

Ils furent fusillés à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid, et béatifiés en 2011.

 

 

Pascual Aláez Medina

1917-1936

 

Pascual naquit le 11 mai 1917 à Villaverde de Arcayos (León), d’humbles parents paysans très chrétiens.

Il entra au Petit séminaire des Oblats de Marie Immaculée à Urnieta (Guipúzcoa) en 1929,  et commença le noviciat à Las Arenas (Biscaye) en 1934.

Il fit la première profession l’année suivante, le 16 août 1935, avant de passer à Pozuelo pour les études de philosophie et de théologie.

Pascual était lui-même un garçon joyeux, bon, sur lequel on pouvait compter. Il ne savait pas faire de mal à quiconque, et n’imaginait pas qu’il pouvait en recevoir.

Le 16 juillet 1936, il renouvela ses vœux.

Six jours plus tard, le 22 juillet 1936, tous les membres de la communauté de Pozuelo furent arrêtés dans le couvent lui-même, qui devint leur prison. Ils consommèrent les saintes Hosties en viatique.

Au matin du 24 juillet, les miliciens lurent une liste de sept noms, qui incluaient celui de Pascual.

Tous s’attendaient à cette mort, à cause du climat hostile qui régnait depuis des mois envers eux, pour le seul fait qu’ils étaient prêtres ou religieux. Pascual n’avait que dix-neuf ans.

Ils furent fusillés à Casa de Campo, un lieu-dit entre Pozuelo de Alarcón et Madrid, et béatifiés en 2011.

 

 

Antolín Martínez Santos

1914-1936

 

Antolín Martínez Santos naquit le 9 novembre 1914 à Campo de Criptana (Ciudad Real, Espagne C).

Il était tout jeune novice dans l’Ordre dominicain et se trouvait dans le grand couvent d’Almagro. Voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936.

Il eut la grâce du martyre à Alcázar de San Juan, le 24 juillet 1936.

Antolín Martínez Santos devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 24 juillet.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 23:00

 

23 JUILLET

 

-VI.

S Ézéchiel ("celui que Dieu rend fort"), prêtre, prophète, mort en exil. 

II.

S Apollinaire, évêque à Ravenne, qui serait venu d'Antioche avec s. Pierre ; fêté le 20 juillet.

S Sévère, martyr à Bizyæ, après s. Memnon qu'il venait de convertir (cf. 3 juillet).

?

SS Ravenne et Rasyphe, frères anglais, ermites et martyrs à Macé. 

IV.

SS Trophime et Théophile, martyrs en Orient.

V.

S Jean Cassien, moine à Bethléem, diacre à Constantinople, prêtre à Rome, fondateur à Marseille d'un monastère d'hommes et d'un de femmes ; ses "Conférences", ont inspiré s. Benoît pour sa Règle. 

S Valérien, premier évêque à Cimiez.

VI.

Stes Romula, Redempta, Herundo, vierges romaines ; Romula eut une mort particulièrement céleste.

X.

Ste Anne (Suzanne), vierge à Leucade.

XIV.

Bse Giovanna d'Orvieto, jeune orpheline, couturière, tertiaire dominicaine.

Ste Brigitte de Suède, mère de huit enfants dont ste Catherine, première abbesse de l'Ordre du Saint-Sauveur fondé par elle, mystique ; co-patronne de l'Europe (1999).

XVI.

B Robert Bickerdike, converti, martyr anglais à York, béatifié en 1987.

XX.

Bse Pilar López de Maturana (Margarita María, 1884-1934), espagnole des Religieuses Mercédaires, pour lesquelles elle obtint aussi la vocation de missionnaires ; béatifiée en 2006.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : Felipe Valcobado Granado (F. de l'Enfant Jésus, *1874) et Manuel Pérez Jiménez (Germán de Jésus et Marie, *1898), prêtres, avec Maurilio Macho Rodríguez (M. de l'Enfant Jésus, *1915), José Osés Sáinz (J. de Jésus et Marie, *1915), Julio Mediavilla Concejero (J. du Sacré-Cœur, *1915), José Ruiz Martínez (J. María de Jésus Agonisant, *1916), Laurino Proaño Cuesta (L. de Jésus Crucifié, *1916), clercs ; Anacario Benito Nozal (A. de l'Immaculée, *1906), Felipe Ruiz Fraile (F. de Saint-Michel, *1915), convers, près de Madrid ;

Vicente Díez Tejerina (Nicéforo de Jésus-et-Marie, *1893), prêtre, avec José Estalayo García (des Sacrés-Cœurs, *1915), Epifanio Sierra Conde (de Saint-Michel, *1916), Abilio Ramos y Ramos (de la Croix, *1917), Zacarías Fernández Crespo (du Saint-Sacrement, *1917), Fulgenzio Calvo Sánchez (du Cœur Immaculé de Marie, *1916), clercs, près de Ciudad Real;

- béatifiés en 1995 :

Prêtres Ouvriers Diocésains du Cœur de Jésus : Pedro Ruiz de los Paños Angel (*1881) et José Sala Picó (*1888), à Tolède ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : Xavier Bordas Piferrer (*1914), séminariste, à Barcelone ; 

- béatifiés en 2007 :

Missionnaires des Sacrés-Cœurs : Simó Reynés Solivellas (*1901) et Miquel Pons Ramis (*1907), prêtres,  Francésc Mayol Oliver (*1871) et Pau Noguera Trías (*1916), profès, près de Barcelone ; 

Salésiens : Emilio Arce Díez (*1908), profès ; Victoriano Fernández Reinoso (*1913), clerc, à Madrid ;

Franciscaines Filles de la Miséricorde : Catalina Caldés Socias (C. du Carmel, *1899) et Micaela Rullán Ribot (M. du T.S.Sacrement, *1903), près de Barcelone ; 

Laïque : Prudéncia Canyelles Ginestá de Aguadé (*1884), près de Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Sœurs Minimes : Ramona Ors Torrents (Margarida Alacoque de Saint-Raymond, *1862), Josepa Panyella Doménech (Josepa du Cœur de Marie, *1865), Josefa Pilar García Solanas (María Montserrat, *1871), Dolors Vilaseca Gallego (María de l’Assomption, *1871), Teresa Ríus Casas (Trinitat, *1875), Vicenta Jordá Martí (María de Jésus, *1889), Mercè Mestre Trinché (María Mercè, *1889), María Montserrat Ors Molist (Enriqueta, *1890), Ana Ballesta Gelmá (Filomena de Saint-François-de-Paola, *1895), près de Barcelone ; 

Laïque : Lucrecia García Solanas (*1866), près de Barcelone ; 

Lassalliens à Madrid : Ignacio González Calzada (Rogaciano, *1885), à Madrid;

Prêtres diocésains : Lluís Janer Riba (*1880), à Tarragona ; Joan Huguet Cardona (*1913), aux Baléares ;

B Wojciech Gondek (Krystyn, 1909-1942), prêtre franciscain polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Vasil Hopko (1904-1976), évêque en Slovaquie de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2003.

 

Ezéchiel, prophète

7e-6e siècles avant Jésus-Christ

 

Ezéchiel signifie celui que Dieu rend fort.

Le prophète Ezéchiel naquit vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ. Il était fils du prêtre Buzi, et prêtre lui-même. Mais on ne connaît ni son pays d’origine, ni la date précise de sa naissance. 

Il pouvait avoir vingt-cinq ans quand il fut emmené en captivité avec le roi Jéchonias et la fleur de la nation, après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (vers 598).

Il se fixa à Tell-Abib, localité située auprès du fleuve Chobar au sud-est de Babylone. Il se maria et sa maison devint le rendez-vous des exilés.

En 592, Ezéchiel fut appelé au ministère prophétique. Sa vocation est décrite au début de son livre. Il devra ensuite annoncer la ruine de Jérusalem, une série d’oracles contre les nations païennes, puis la délivrance et la restauration d’Israël.

La vie publique du prophète s’acheva vers 570. Il se peut qu’il ait vécu plus longtemps, encore, mais on ne saurait affirmer ce que furent ses derniers jours.

Des traditions rapportent qu’après avoir accompli de grands miracles (d’après Epiphane), il aurait été en relation avec l’autre grand prophète, Jérémie, et finalement mis à mort par un chef irrité de ses perpétuels reproches. Son tombeau se serait trouvé non loin de l’Euphrate, là où furent ensevelis Sem et Arphaxad.

Le saint prophète Ezéchiel est au nombre des quatre «grands» prophètes, par l’importance de son livre. 

A la suite de l’Eglise grecque, l’Eglise a inséré saint Ezéchiel au 23 juillet.

 

 

Apollinaire de Ravenne

IIe siècle ?

 

Saint Apollinaire serait venu d’Antioche de Syrie avec saint Pierre, et le Prince des Apôtres l’aurait fait évêque de Ravenne. Mais les historiens n’y croient pas.

Apollinaire aurait fait tant de conversions qu’on l’exila en Grèce septentrionale, où il opéra aussi des miracles en Mésie et en Thrace : il rendait muet l’oracle de Sérapis ! Renvoyé à Ravenne, il combattit le paganisme, et fut arrêté, subit maintes tortures avant d’être abandonné mourant dans un village de lépreux.

L’autre illustre évêque de Ravenne, s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet), qui mourut au Ve siècle, reconnaît en Apollinaire le premier évêque de Ravenne et un martyr non pas de ses supplices, mais de ses durs travaux au service de la Vérité.

Reste que saint Apollinaire est vénéré comme martyr dès le VIe siècle.

On a expliqué la grande diffusion de son culte par la rivalité entre Ravenne et Rome. Mais ce grand Saint n’est-il pas pour quelque chose aussi dans la gloire de Ravenne ?

A la suite de saint Apollinaire, plusieurs évêques de Ravenne furent désignés par la providentielle manifestation d’une colombe.

Pendant quelque temps, saint Apollinaire fut retiré du calendrier romain, mais il y a été réintroduit. Traditionnellement, saint Apollinaire est commémoré au Martyrologe le 23 juillet, où on lui donne le titre d’évêque et de glorieux martyr. Mais on ne le fête pas en ce jour, où l’on fête en priorité sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe. Les jours immédiatement précédents et suivants étant des jours de fête importants, on a établi la fête de saint Apollinaire au 20 juillet. 

Quoi qu’il en soit, on pourra fort heureusement invoquer saint Apollinaire, originaire d’Antioche de Syrie, pour que ce pays retrouve la paix.

 

 

Severus de Thrace

† 305

 

Tout ce qu’on peut dire sur Severus a été écrit dans la notice de s.Memnon.

Memnon était un centurion de l’armée romaine en station à Bizya (Thrace, auj. Vize, Turquie W).

Il se convertit sur les enseignements de son ami Severus.

Après d’atroces supplices, ils s’en allèrent au Ciel y recevoir la palme du martyre.

C’était durant la persécution de Dioclétien et Maximien, donc vers 303-310.

Saint Memnon de Thrace est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain, tandis que s.Severus est mentionné au 23 juillet.

 

 

Ioannes Cassianus

355-435

 

Ioannes Cassianus serait d’origine scythe (act. Roumanie), même si l’on a aussi préconisé la Provence, la Palestine, le Kurdistan… Il naquit vers 355-360.

Suite, sans doute, à la dévastation de la Scythie vers 375-382, de 375 et 385 il séjourna à Bethléem dans quelque monastère.

En 385, ses supérieurs lui permirent de passer en Egypte, accompagné d’un certain Germanus ; tous deux voulaient connaître et vivre la vie monast!que des Pères de l’Egypte, qu’il ne quittèrent que brièvement  en 392 pour rencontrer leur supérieur de Palestine.

Leur séjour se prolongea donc dans le désert de Scété (au sud-ouest d’Alexandrie).

Vers 400, ils vinrent à Constantinople pour rencontrer s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), qui eut le temps d’ordonner prêtre Germanus, et diacre Ioannes, avant son départ en exil.

En 405, les deux amis portèrent à Rome une lettre du clergé de Constantinople, qui exprimait l’attachement de ce clergé à Jean Chrysostome.

Mais au retour, Germanus et Ioannes constatèrent qu’ils n’étaient pas personæ gratæ pour leur soutien à Chrysostome, et durent repartir, on ne sait pas exactement où, mais en 415, Ioannes se trouvait en Provence et fut ordonné prêtre à Marseille. Dès lors, on perd de vue Germanus qui, peut-être, revint en Palestine.

Ioannes fonda à Marseille le fameux monastère d’hommes dédié à Saint-Victor (v. 21 juillet), ainsi que celui de femmes, dédié au Saint Sauveur.

L’évêque d’Apt demanda à cette époque à Ioannes de décrire la vie des moines d’Egypte et de Palestine. Ce fut l’origine des très fameuses Institutions cénobitiques et remèdes aux huit principaux vices, douze livres que Ioannes Cassianus acheva vers 418.

Puis il rédigea les vingt-quatre Conférences (en latin : Conlationes), où il raconte ses visites aux Pères du désert. Dans la dixième, il parle de l’enseignement d’un abbé Isaac, qui recommande de prier sans cesse, en toutes occasions, le fameux verset de l’Office divin : Deus, in adiutórium meum inténde, Dómine ad adiuvándum me festína (Dieu, viens à mon aide, Seigneur viens vite à mon secours, Ps 69:2).

Après cela, Cassianus écrivit aussi un ouvrage sur l’Incarnation, qui n’eut pas le succès des précédents. Cassianus était fatigué de ses nombreux déplacements, âgé, et ne s’est pas rendu compte de ses expressions douteuses, qui d’ailleurs furent combattues par un autre Saint, Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin).

Ioannes Cassianus mourut vers 435.

Latin, il fut traduit en grec, cas unique avec celui de Grégoire le Grand (v. 3 septembre).

Saint Ioannes Cassianus est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain

 

 

Valerianus de Cimiez

† 460

 

Cimiez, quartier de Nice, est le nom moderne de Cemenelum.

Valerianus en fut l’évêque. Dans la mesure où Cemenelum fut assimilé à Nice, on peut dire que Valerianus fut le quatrième évêque de Nice.

Il est supposé avoir été moine à Lérins, mais il est certain qu’il entretint avec cette abbaye des rapports très amicaux.

Valerianus assista aux conciles de Riez (439 et de Vaison (442).

En 449, il y eut un bref conflit de juridiction concernant l’évêque d’Arles. Le pape s.Léon (v. 10 novembre) trancha en séparant bien les deux évêchés d’Arles et de Vienne. Puis il demanda à tous les évêques de la région d’approuver sa Lettre à Flavien, dans laquelle il exposait la doctrine catholique sur le Christ, Fils unique de Dieu, une Personne en deux Natures. Valerianus fut un des signataires.

En 455, il participa au concile d’Arles, au sujet d’un petit problème entre l’abbaye de Lérins et l’évêque de Fréjus.

Dans son apostolat, Valérianus s’attaqua particulièrement aux gourmands, aux orgueilleux, aux captateurs d’héritage.

Peu après, c’est le même pape s.Léon qui réunit les deux diocèses si voisins de Nice et Cimiez.

Valerianus mourut vers 460.

On a de lui quelques homélies ; citons celle aux moines de Lérins, assez brève, où il réussit la performance de citer chacune des quatorze épitres de s.Paul.

Saint Valerianus de Cimiez est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain.

Giovanna d’Orvieto

1264-1306

 

Giovanna naquit en 1264 à Carnaiola (Fabro, Orvieto, Italie C). On l’appelait Vanna.

Orpheline très jeune, elle se confia simplement aux Anges ; à ses petites camarades qui la plaignaient, elle montra une image de l’Ange gardien : Voilà mon père et ma mère, et je serai moins abandonnée que vous.

A dix ans, elle se consacra à Jésus-Christ et songea peu après à faire partie des Tertiaires dominicaines, qui portaient un habit religieux tout en restant dans leur domicile.

Mais voilà que les parents de Giovanna avaient déjà arrangé un beau mariage pour cette jeune fille ; furieux du choix de Giovanna, ils cherchèrent à l’en dissuader par tous les moyens. Giovanna, qui avait quatorze ans, gagna Orvieto, où d’autres parents, bienveillants, l’accueillirent.

Pour gagner son pain, elle faisait des travaux de couture. Cette grande fille, brave paysanne, fut bientôt éprouvée dans sa santé. Elle n’en continuait pas moins à prier, à rendre service, à donner quelque conseil.

Elle reçut alors l’habit de Tertiaire, et sa vie devint désormais une douloureuse montée vers l’identification au Crucifié. Pour une femme qui l’avait un jour insultée, elle s’engagea à prier deux cents Pater et deux cents Ave, regrettant de ne pouvoir faire plus à cause de sa santé.

Les dix dernières années de sa vie, elle vécut chaque vendredi la Passion du Seigneur, souffrant d’une totale dislocation des os.

Le jour de sa mort, 23 juillet 1306 à Orvieto, sortit de son côté un flux de sang. Puis des miracles eurent lieu.

Peu après sa mort, une consœur en eut une apparition et lui demanda ce qu’il en était de sa douleur au côté. Vanna répondit que Toutes ces douleurs sont finies. Elle apparut aussi à un autre Religieux, lui demandant de faire retirer son corps du cimetière, parce qu’on y bavardait au lieu d’y prier.

Déclarée bienheureuse en 1753, son culte fut confirmé en 1754 et elle fut proclamée en 1926 patronne des travailleuses italiennes couturières.

 

 

Brigitte de Suède

1303-1373

 

Son père était un chevalier et haut fonctionnaire de Suède, et parent de la famille royale. Sa mère mourut assez jeune. Famille pieuse, où l’on jeûnait, priait et lisait les Ecritures assidûment. Une tante de Brigitte fonda le premier couvent de dominicaines en Suède. 

Elle se maria (ou : on la maria) à treize ans et elle eut huit enfants. Tandis qu’elle surveillait avec soin l’éducation donnée à ses enfants, elle entreprit aussi la formation de son mari, assez inculte.

Elle fit avec son mari le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Veuve en 1344, elle se retira près d’un monastère et commença à recevoir des révélations, grâce auxquelles elle osa intervenir tant auprès du roi de Suède et du clergé local qu’auprès des rois d’Angleterre et de France (c’était la guerre de Cent-Ans) et du Pape (pour l’exhorter à quitter Avignon et regagner Rome).

Brigitte vint à Rome en 1349. D’après ses révélations, elle devait fonder un nouvel ordre, pour hommes et pour femmes, qui se serait appelé Ordre du Saint-Sauveur, mais elle n’obtiendra cette autorisation du pape qu’en 1370. 

Entre temps, sa fille Catherine (qui sera aussi canonisée comme sa mère) la rejoignit à Rome et la seconda dans ses activités : tout un groupe de saintes personnes gravitait autour d’elles, pour prier et étudier.

En 1372 elle fit un long pèlerinage en Terre Sainte, avec plusieurs membres de sa maison, dont deux de ses fils, Birger et Charles.

De retour à Rome en 1373, elle s’éteignit le 23 juillet.

Sa fille Catherine fit reporter le corps de sa mère en Suède, au monastère de Vadstena que le roi avait fait construire sur sa demande. Elle fut très vite canonisée (1391). 

Sainte Brigitte est la sainte nationale de la Suède. On la représente avec la plume, l’encrier et le livre.

Ses Révélations ne tiennent pas moins de huit livres. 

Elle a été proclamée co-patronne de l’Europe en 1999.

 

 

Robert Bickerdike

?-1586

 

Ce laïc anglais était né à Low Hall (Knaresborough, Yorkshire) à une date non connue.

Il vivait à York et, d’après le Martyrologe romain, s’était réconcilié avec l’Eglise catholique.

Il fut arrêté une première fois en 1582 pour avoir donné au martyr John Boste (voir au 24 juillet), un verre de bière. Ensuite, à son procès, il fut accusé d’avoir proféré des propos de trahison. Acquitté, il fut rappelé par le juge à Castle pour un nouveau procès.

Cette fois-ci, il fut condamné. Un de ses «forfaits» était que, au moment où l’on conduisait Francis Ingleby pour être exécuté (voir au 3 juin), il avait protesté contre une femme qui accusait le condamné de voleur. C’est ce «délit» qui semble avoir été la cause de sa condamnation.

L’exécution eut lieu à York, par pendaison, éviscération et décapitation.

On ne connaît pas non plus au juste le jour de son martyre ; certains le mettent probablement au 23 juillet, d’autres au 5 août, ou peut-être aussi au 8 octobre. Au Martyrologe, il est mentionné avec John Fingley, le 8 août.

Robert a été béatifié en 1987.

Pilar López de Maturana y Ortiz de Zárate

1884-1934

 

Le 25 juillet 1884 naquirent à Bilbao (Espagne) deux jumelles, Pilar et Leonor, qui restèrent toujours unies dans une grande amitié cordiale et spirituelle. Elles étaient les dernières des cinq enfants de Vicente Lopez et Juana Ortiz.

Adolescente, elle fut un peu prématurément courtisée par un jeune marin, ce qui détermina sa mère à la placer dans un collège de Religieuses mercédaires à Berriz.

La jeune fille mûrit et perçut en elle une forte vocation religieuse à la vie missionnaire.

En 1903, elle entra au noviciat de ces mêmes Religieuses, prenant le nom de Margarita María, tandis que sa sœur jumelle venait d’entrer chez les Carmélites à Vitoria (elle mourra en odeur de sainteté en Argentine).

Pilar-Margarita, de son côté, approfondissait sa vie mystique. En 1906, elle commença à travailler dans le collège, où elle devait rester plus de vingt années, montrant son profond esprit de prière et de charité, l’idéal mercédaire étant de se préoccuper du rachat des capifs, et conséquemment de la conversion de tous les pécheurs. 

La charité de Pilar embrassait le monde entier, d’abord dans la prière, puis en communiquant cet idéal aux élèves du collège, enfin à tout le monastère.

A partir de 1913, elle se mit de plus en plus en relation avec des missionnaires et, en 1920, fonda l’association Juventud Mercedaria Misionera de Berriz (Jeunesse Mercédaire Missionnaire de Berriz), où les jeunes filles, consacrées ou mariées, vivaient cet idéal de soutien des missionnaires par leur prière et leurs sacrifices.

Le mouvement fut contagieux : le monastère entier s’enflamma pour cet idéal et les Religieuses rejoignirent bientôt la Chine, l’Océanie, le Japon.

Son activité fut frappée d’une douloureuse épreuve, due à un ulcère duodénal qui la fit souffrir dès 1922 jusqu’à la fin de ses jours. 

Elle-même fut nommée supérieure de son couvent espagnol en 1927, et en tant que telle voulut participer à la troisième expédition missionnaire pour se rendre compte par elle-même des exigences apostoliques des Religieuses.

Le travail apostolique fut entravé par la guerre civile, par des persécutions, par la Deuxième guerre mondiale, qui détruisit plusieurs fois les bâtiments.

En 1930, sur la pétition unanime à vote secret des quatre-vingt quatorze Religieuses, le couvent fut officiellement transformé en Institut missionnaire.

Aux trois vœux habituels de religion, la Mère Margarita ajouta celui de rester dans la mission même en cas de danger de mort, si le bien des âmes le requiert.

L’ulcère, qui la frappait depuis douze ans, évolua en cancer. Elle acheva les dernières années de sa vie dans une intense activité contemplative du Christ Rédempteur, au monastère de Berriz (ou dans l’hôpital proche). 

Elle s’éteignit le 23 juillet 1934, deux jours avant son cinquantième anniversaire.

Elle a été béatifiée en 2006. 

 

 

Ramona Ors Torrents

1862-1936

 

Ramona (Raymonde) était née le 28 octobre 1862 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-deux ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Marguerite Alacoque de Saint-Raymond.

Elle fit la profession solennelle en 1887.

On disait qu’elle avait toutes les vertus, obéissante, humble, serviable ; elle lisait assidûment l’Ecriture Sainte.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josepa Panyella Doménech

1865-1936

 

Josepa était née le 7 janvier 1865 à Sant Andreu de la Barca (Barcelone, Espagne).

A vingt-et-un ans elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Josepa du Cœur de Marie. Elle fit la profession comme sœur converse en 1887.

Elle avait un mot d’ordre : toujours sourire !

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Lucrecia García Solanas

1866-1936

 

Lucrecia était née le 15 août 1866 à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Consacrée, elle resta laïque, et vivait auprès de sa jeune sœur, Josefa Pilar (María Montserrat), aidant la communauté en assumant les obligations externes du monastère.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, en même temps que ces neuf Religieuses, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josefa Pilar García Solanas

1871-1936

 

Josefa était née le 8 mars 1871 (ou 1872) à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Elle entra à vingt-sept ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Montserrat.

Elle fit la profession solennelle en 1899.

Supérieure du couvent, elle fit tout pour sauver la vie des Sœurs, même au prix de la sienne.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Francesc Mayol Oliver

1871-1936

 

Francesc était né à Vilafranca de Bonany (San Joan, Majorque, Baléares) le 31 mai 1871. 

Il y avait cinq enfants dans la famille, dont trois seulement vécurent. Francesc fut baptisé le jour-même de sa naissance.

On ne l’avait jamais entendu parler de sa vocation, mais, après avoir participé à une Mission prêchée par le Fondateur des Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie (Joaquim Rosselló), il entra quelques jours après dans cette Congrégation, au sanctuaire de Lluc, et fit la profession en 1896, comme Frère coadjuteur. 

Comme c’est le cas des Frères, on lui confia diverses charges : infirmier, cuisinier, jardinier… Il faisait tout cela avec grande disponibilité, avec ses façons un peu rustiques. Quand il avait un peu de répit, il lisait la vie des Saints.

Il vivait au sanctuaire marial du Coll depuis 1933 où, malgré quelques ennuis de santé, il maintint ses activités, grâce auxquelles les supérieurs savaient que la communauté était bien tenue. Ce fut une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. 

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Quand ils décidèrent de quitter le sanctuaire du Coll, Mayol pensa que, vu son âge, rien ne pourrait lui arriver, et décida de rester sur place. 

A l’arrivée des révolutionnaires, il eut le réflexe de cacher la sainte Image de la Vierge et défendit le sanctuaire, éteignant le feu avec une branche. On le menaça de mort ; il finit par suivre le conseil des voisins en rejoignant les autres Religieux.

D’abord ils restèrent cachés dans une boutique toute proche du sanctuaire, le 20 juillet 1936, puis trouvèrent refuge chez une pieuse dame, Prudéncia Canyelles, propriétaire de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone), le 21.

Là arrivèrent les miliciens au soir du 23 juillet. Ils firent sortir les deux prêtres un à un, et les fusillèrent au fur et à mesure qu’ils franchissaient le seuil de la maison. Ils abattirent le frère Francesc dans la cuisine, par une décharge dans l’estomac.

Ils furent tous martyrisés, y compris Prudéncia Canyelles, le 23 juillet 1936 et béatifiés en 2007.

 

 

Dolors Vilaseca Gallego

1871-1936

 

Dolors était née le 19 juin 1871 à Piera (Barcelone, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de l’Assomption.

Elle fit la profession solennelle en 1893.

Sa douceur la faisait remarquer tout spécialement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Felipe Valcobado Granado

1874-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Né le 26 mai 1874 à San Martín de Rubiales (Burgos), Felipe reçut le Baptême le 29 mai, et la Confirmation l’année suivante.

Il avait une tante clarisse à Peñafiel et une cousine passioniste à Bilbao.

Après ses études au collège de Peñafiel (Valladolid), il n’avait qu’une, et une seule intention, celle de devenir passioniste ; même quand on essayait de lui suggérer quelque autre Congrégation, il répondait énergiquement : Même si j’avais à choisir mille fois, je choisirais mille fois d’être passioniste.

Il fit le noviciat à Deusto (Bilbao), la profession en 1890 et prit le nom de Felipe de l’Enfant-Jésus.

Après ses études de philosophie et théologie à Peñaranda de Duero (Burgos), il reçut le sacerdoce en 1897.

Jusqu’en 1902, il fut successivement à Corella et Peñaranda, puis s’embarqua à destination du Mexique en 1903.

Là-bas, il fut à Tacubaya pendant sept années, puis passa à Santa Clara (Cuba) en 1910 comme recteur. Il eut la même fonction à Corella (Espagne) en 1911, de nouveau à Santa Clara (Cuba) en 1917.

De 1920 à 1926, il fut de retour en Espagne, comme consulteur provincial à Daimiel.

1926 : nouveau voyage à Cuba où, de nouveau recteur à Santa Clara, il construisit la nouvelle maison.

Fatigué, il revint se «reposer» à Daimiel en 1929, où il devait être directeur spirituel.

C’était un homme très discret, enthousiasmé par sa vocation de passioniste, excellent confrère. Il n’avait pas d’ennemis.

Après la nuit tragique du 21 au 22 juillet 1936 (voir notice Passionistes de Daimiel), il fut une des victimes de Carabanchel (Madrid), ayant donné l’absolution à chacun des huit autres Martyrs, avant de tomber à son tour sous les balles.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Teresa Ríus Casas

1875-1936

 

Teresa était née le 17 novembre 1875 à Sant Martí de Provençals (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Trinitat.

Toujours joyeuse, mais aussi grande contemplative, elle passait tout son temps libre devant le Saint-Sacrement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

Lluis Janer Riba

1880-1936

 

Lluis naquit le 4 mars 1880 à Pontils (Tarragona, Espagne), de Jaime et Teresa, qui le firent baptiser trois jours après sa naissance.

Au terme de ses études secondaires, il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1904.

Humble et doux, il était chargé de la sacristie de la cathédrale.

Le 23 juillet 1936, à 14 heures 30, il était en train de baisser le volet de son balcon, quand des miliciens l’aperçurent et lui donnèrent l’ordre de descendre.

Le prêtre obéit, et se présenta comme il était, vêtu de sa soutane. On lui dit d’aller l’enlever, pour aller sur le bateau-prison du port. Un milicien lui dit même : Ça, donne-le moi.

Don Lluis n’eut pas même le temps d’aller se changer : il était à peine arrivé à l’entrée de l’immeuble, qu’on lui déchargea un pistolet à brûle-pourpoint. Il mourut sur le coup.

Ils l’achevèrent en lui tirant encore d’autres balles et ils le tirèrent de l’autre côté de la place, le laissant sur un tas d’ordures, que devait emporter un camion des poubelles. Mais des mains plus respectueuses le confièrent à un taxi pour le déposer au cimetière, où il fut autopsié.

La foule présente remarqua la douceur du prêtre, qui tomba les mains jointes, les yeux fermés, sans verser une goutte de sang. Don Lluis était le premier prêtre de Tarragona à tomber sous les balles des révolutionnaires.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Ruiz de los Paños y Ángel

1881-1936

 

Né à Mora (Tolède, Espagne) le 18 septembre 1881, Pedro avait quatre frères et sœur, enfants de Francisco Ruiz et Braulia Ángel. 

Entré au séminaire de Tolède en 1894, il reçut l’ordination sacerdotale en 1905.

A partir de 1904, il appartint à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains, dont il devint lui-même directeur dès 1933.

Entre 1927 et 1933, il fut recteur du Collège Pontifical Espagnol à Rome.

Dans une entrevue avec le Pape, il exposa tous ses projets : il fallait fomenter des vocations, il fallait former les prêtres à semer la foi, à glorifier Dieu… Il mit vraiment toute sa personne et toute sa vie au service du Sacerdoce. 

Il voulait fonder un institut féminin de Disciples de Jésus, mais n’eut pas le temps de le porter à réalisation, car la guerre civile tronqua cette vie toute sacerdotale.

Il fut abattu en pleine rue à Tolède, le 23 juillet 1936, en même temps que le recteur du petit séminaire, José Sala Pico.

Après sa mort, ses condisciples décidèrent de faire avancer son projet de fondation et, avec l’appui de l’archevêque de Valladolid, ouvrirent une maison, où les Disciples firent leurs première professions en 1942.

Don Pedro a été béatifié en 1995, en même temps que huit autres prêtres du même Institut. 

 

 

Prudéncia Canyelles Ginestá

1884-1936

 

Prudéncia était née le 5 août 1884 à Sant Celoni (Barcelone), baptisée le 10 août suivant.

Elle se maria en 1927. On disait d’elle qu’elle avait un caractère explosif, doublé d’un naturel extrêmement charitable.

Elle appartint aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul, ainsi qu’à la Confraternité des Dames  Visiteuses, qui allaient passer un peu de leur temps avec les malades chez eux. Prudéncia n’hésitait pas à demander l’aumône pour eux.

Avec sa sœur aînée María, elle allait faire du catéchisme dans des quartiers déravorisés de Barcelone.

Elle eut un premier projet de mariage avec un jeune homme qui dut renoncer à cette union, pour s’occuper de ses deux jeunes sœurs malades mentales. Prudéncia alors épousa Ezequiel Aguadé Soler, un malade tuberculeux, qu’elle épousa pour s’en occuper, plus que pour fonder avec lui un foyer chrétien, et qu’elle amena à une foi profonde, alors qu’il n’était pas particulièrement porté à la religion. C’est dans ces circonstances qu’elle put se lier davantage aux Religieux du Coll, qui portèrent l’Eucharistie et le Sacrement des Malades à son époux avant sa mort.

Après la mort de son mari, Prudéncia continua ses activités avec grande intensité.

Elle entendit dire que les Religieux du Coll s’étaient réfugiés dans une boutique près du Sanctuaire, et voulut leur offrir plutôt son propre domicile, la Tour Alzina, où ils s’établirent avec reconnaissance au soir du 21 juillet 1936.

On pourrait prétendre que cette proposition de Prudéncia était une sainte imprudence, mais il faut admettre que c’était d’abord un acte de courage héroïque, qui pouvait et devait lui coûter la vie.

Le 23 à midi, les miliciens fouillèrent une tour voisine, cherchant les Religieux, puis ils se présentèrent à la Tour Alzina. A ce moment-là, se trouvait avec Prudéncia une amie, Teresa, qui voulut ouvrir quand ils frappèrent, mais Prudéncia voulut ouvrir elle-même la porte. Interrogée, elle reconnut qu’elle hébergeait les trois Religieux.

Après avoir abattu trois Religieux (voir la notice de Simó Reynés), ils emmenèrent le frère Pau au quartier de la Milice.

Les miliciens laissèrent là les deux femmes, en les menaçant méchamment si elles s’avisaient d’aller raconter quelque chose. Elles remontèrent à l’étage et mirent du temps à reprendre leurs esprits après ce carnage. Vers le soir, elles redescendirent et virent le pauvre frère Francesc qui vivait encore ; elles lui demandèrent s’il souffrait beaucoup, mais n’eurent pas le temps d’entendre sa réponse : les miliciens revenaient.

Ils arrêtèrent Prudéncia pour l’interroger. L’entendant dire que le frère Francesc vivait encore, ils lui tirèrent à nouveau à bout portant dans la tête. Puis, pointant le révolver sur la poitrine, ils obligèrent Teresa à leur faire visiter toute la maison en détail, et ils détruisirent tous les objets religieux qu’ils trouvèrent.

Quand arriva l’ambulance qui devait relever les Religieux abattus, ils partirent vite avec Prudéncia, laissant là Teresa, qu’ils épargnèrent pour la raison qu’étant une ouvrière, elle était liée aux syndicats. C’est grâce à elle qu’on connut tous ces détails.

Quant à Prudéncia, elle fut détenue jusqu’au soir, et emmenée avec quatre autres religieuses et le frère Pau Noguera au fameux tournant de Rabassada sur la route du Tibidabo, et là ils les fusillèrent tous, Prudéncia et le frère Pau d’un côté, les quatre autres Religieuses de l’autre.

Le corps de Prudéncia, enseveli dans une fosse commune, n’a pas pu être identifié plus tard.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Prudéncia fut béatifiée en 2007, en même temps que les Religieux du Coll et les Religieuses, avec lesquels elle fut martyrisée.

 

 

Ignacio González Calzada

1885-1936

 

Ignacio était né à Terrazos de Bureba (Burgos, Espagne) le 31 juillet 1885, en la fête de saint Iñigo (Ignace) de Loyola, dont il porta le nom.

La famille était très chrétienne : un voisin vit souvent le petit garçon prier le chapelet avec son père, au retour du travail des champs, avant d’arriver à la maison.

On ne fut donc pas surpris d’entendre Ignacio exprimer son désir de rejoindre les Frères des Ecoles Chrétiennes au séminaire de Bujedo.

Il y entra, à dix-sept ans. On lui trouva d’excellentes dispositions, mais aussi une mémoire plutôt paresseuse, qui devrait sans doute lui poser des problèmes pour ses études.

Toujours est-il qu’il reçut l’habit en 1902, avec le nom de Rogaciano. 

Le jeune aspirant se montra très docile et travailleur, et particulièrement humble, jusqu’à manger à genoux au réfectoire ou à baiser les pieds de ses confrères.

On le vit participer de tout son cœur aux travaux d’aménagements de la maison, car on s’apprêtait à recevoir d’autres Frères provenant de France, à cause des lois anticléricales.

En 1905, il eut la joie de voir arriver son jeune frère, qui prenait la même route que lui. Quant à Rogaciano, on l’envoya à Jerez, pour travailler à la cuisine. Il s’y montra soumis, évitant toute discussion, recevant avec joie qui arrivait tard, même la nuit.

Le pauvre Rogaciano souffrait déjà beaucoup de rhumatismes ; il peinait à monter et descendre les escaliers, mais il ne s’en plaignait jamais. Quand les Confrères remarquaient qu’il était débordé, ils l’aidaient comme ils pouvaient, et lui les remerciait tout confus, en leur promettant de prier une dizaine de chapelet à leurs intentions.

Dès qu’il le pouvait, il s’échappait pour aller se recueillir un moment devant le Saint-Sacrement ; on l’y voyait immobile, les larmes aux yeux. Il offrait ses souffrances, son travail, il priait pour l’Institut, pour le salut des âmes.

On l’envoya ensuite à Madrid, où il fut quatorze ans, toujours humble, toujours effacé, toujours disponible et souriant.

En 1935, il fut dans une autre maison près de Madrid, à Las Peñuelas, quartier Puente Vallecas. Lors de la révolution de 1936, les Frères furent généreusement maltraités et insultés.

Rogaciano fut arrêté le 24 juillet 1936, et assassiné le jour-même.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

José Sala Picó

1888-1936

 

Fils de Jacinto et Josefa, José (ou Josep) naquit le 24 juin 1888 à Pons (Lleida).

Un oncle à lui vivait en Andorre, et le reçut quelque temps. C’est lui qui, outre qu’il lui donna une excellente formation, lui paya aussi les études du séminaire.

Après les études de philosophie et de théologie au séminaire de Seo de Urgell, il fut ordonné prêtre en 1911.

Il eut diverses charges pastorales, avant d’entrer dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers du Cœur de Jésus, en 1915, mû par un profond désir d’aider les jeunes séminaristes à devenir de bons prêtres.

A partir de là, il fut préfet et économe au séminaire de Segovia pendant quatre ans, puis préfet à celui de Tolède, avant d’être recteur du Petit séminaire.

C’est en 1926 que mourut son père, dont il se souvenait avec grande affection, et aux funérailles duquel il ne put assister, se trouvant alors à Tolède. 

On remarquait en Don Sala Pico sa charité quasi maternelle, particulièrement envers les jeunes séminaristes, surtout s’ils étaient malades. Il avait une bonté exquise, une humilité qui lui faisait toujours éviter les premières places. Dans les moments difficiles de 1936, il s’efforça de redonner courage tant aux séminaristes qu’aux professeurs, et montrait toute sa confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus. S’il était parfois austère, il avait un grand cœur. Il était très obéissant et respectait le recteur du Grand séminaire comme son propre supérieur.

Le 21 juillet 1936, le gouverneur de Tolède fit rassembler jusqu’à deux mille personnes (combattants et leurs familles), avec des vivres pour tenir quelques jours, en cas d’attaque de l’armée de Madrid.

Au soir du 22 juillet, commencèrent les exécutions des prêtres, qui durèrent un mois environ. 

Don José, avec quelques autres prêtres, demeurèrent dans le séminaire le 22 jusqu’à neuf heures du soir ; voyant l’heure du sacrifice se présenter à eux, ils consommèrent les Saintes Hosties, puis décidèrent de quitter le séminaire, espérant ainsi que les miliciens, le trouvant vide, ne l’auraient pas saccagé.

Un des prêtres put rejoindre Madrid. Don Pedro et don José trouvèrent refuge chez un ami, mais un voisin anticlérical s’opposa à leur entrée dans l’immeuble. Ils allèrent chez Don Cepeda, un autre prêtre qui vivait chez sa sœur.

Au matin, arrivèrent les miliciens pour arrêter don Cepeda, mais arrêtèrent aussi les deux autres, en voyant qu’ils étaient prêtres.

Ils sortirent, les mains en l’air ; dans une petite ruelle, les miliciens pensèrent qu’ils pourraient les fusiller là, mais un voisin leur demanda de ne pas laisser de cadavres devant sa porte ; ils continuèrent vers une ancienne fabrique de farine convertie en prison, mais elle était pleine ; à ce moment passa une voiture qui transportait un médecin (chrétien) à la maternité. On les fit conduire à un autre carrefour, où ils leur tirèrent à bout portant. Il pouvait être neuf heures du matin.

Don Sala Pico reçut la palme du martyre avec Pedro Ruiz de los Paños, le 23 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 1995.

Mercè Mestre Trinché

1889-1936

 

Mercè était née le 18 juin 1889 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt-six ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Mercè.

Sa profession solennelle eut lieu en 1920.

Humble, travailleuse, âme intérieure, elle aimait l’adoration eucharistique et la piété mariale.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

María Montserrat Ors Molist

1890-1936

 

María Montserrat était née le 10 novembre 1890 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes, et prit le nom de Enriqueta (ou : María de Saint-Henri).

Sa profession solennelle eut lieu en 1919.

Joyeuse et dévouée, elle aimait offrir beaucoup de sacrifices, en union avec la passion du Christ.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Vicente Diez Tejerina

1893-1936

 

Il était né à Herreruela de Castillería (Palencia) le 17 février 1893, baptisé le lendemain et confirmé la même année.

En 1908, il fut novice chez les Passionistes de Angosto (Álava), et fit la profession en 1909 à Bilbao, changeant son nom en Nicéforo («qui porte la victoire», variante helléniste du latin Vicentius, vainqueur).

En 1910, il partit pour le Mexique avec tout un groupe de Passionistes, mais en 1914, la persécution sévissait déjà et l’obligea à passer aux Etats-Unis.

A Chicago, il étudia la théologie et reçut le sacerdoce en 1916.

En 1918, le voilà à Santa Clara (Cuba), où il enseigna dans le collège Saint-Paul-de-la-Croix.

En 1920 il put saisir une occasion de rejoindre le Mexique pour des missions populaires. Il prêcha à la cathédrale de Guadalajara (1925). Il suscita par sa parole de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales, et fonda la bibliothèque ambulante «Saint-Paul-de-la-Croix».

On lui connaissait un caractère pacifique, doux, aimable, à la voix sonore, humble. Organiste autodidacte et marial.

En 1932, sa nomination comme premier consulteur provincial le rappela en Espagne et, en 1935, il fut nommé Provincial. En tant que tel il fonda le journal El Lábaro (L’Etendard), pour répandre par écrit le message de la Croix, qu’il ne pouvait faire passer par la prédication.

De 1935 à 1936, il rendit visite aux maisons d’Amérique latine ; on lui conseillait de ne pas revenir en Espagne, mais il préféra partager le sort de ses Confrères.

Début juin 1936, il se trouvait à Saragosse ; le 13, il passa par Madrid pour Daimiel.

On aura pu lire dans la notice générale des Passionistes de Daimiel comment il encouragea les Religieux, durant cette nuit du 22 au 23 juillet.

Il tomba sous les balles lors de la «première» fusillade à Manzanares, le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1989. 

 

 

Ana Ballesta Germá

1895-1936

 

Ana était née le 28 septembre 1895 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Filomena de Saint-François-de-Paola.

En 1920, elle émit les vœux solennels.

Soucieuse de respecter la Règle dans son intégralité, elle savait être disponible pour rendre service, dans un constant esprit de prière et de pénitence.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Manuel Pérez Jiménez

1898-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

 

Manuel était né à Cornago (La Rioja), le 7 septembre 1898, d’un papa muet. Baptisé le lendemain, il fut confirmé en 1900.

En 1910, il entra au collège de Villar (Corella, Navarre), où se trouvait aussi le noviciat des Passionistes. 

Il y fit la profession en 1915, avec le nom de Germán de Jésus et Marie.

Il étudia la philosophie à Daimiel, la théologie à Rome et fut ordonné prêtre en 1923.

Envoyé à Santa Clara (Cuba), il y resta plus de dix années comme vicaire à Caibarién, excellent prédicateur et conférencier. Il parle lui-même de quelque trois mille sermons (une moyenne de trois-cents par an, pour chaque dimanche et fête).

De Caibarién, il se rendait volontiers à Santa Clara pour se retirer, prier et partager la vie commune.

En 1935, il fut élu recteur de la communauté de Daimiel, quand l’atmosphère politique de l’Espagne était déjà très marquée par l’anti-cléricalisme. Il suggéra aux Supérieurs d’éloigner les plus jeunes, pour leur épargner des risques et il acheta pour eux des habits civils, au cas où, mais lui-même préféra conserver son habit religieux.

A la sortie du couvent, cette nuit du 21 au 22 juillet 1936, il fut un des premiers à tomber, avec huit autres, à Carabanchel.

Il fut avec eux béatifié en 1989.

 

 

Vicenta Jordá Martí

1899-1936

 

Vicenta était née le 6 mars 1899 à Zorita (Castellón, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de Jésus.

C’était une âme privilégiée, qui aimait le silence et le recueillement ; elle vécut vraiment en odeur de sainteté.

Elle reçut la palme du martyre à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), le 23 juillet 1936, et a été béatifiée en 2013.

 

 

Catalina Caldés y Socías

1899-1936

 

Née le 9 juillet 1899 à Sa Pobla (Mayorque), Catalina (Catherine) était le deuxième des quatre enfants des parents très chrétiens qu’étaient Miquel Caldés et Catalina Socías. Elle reçut le Baptême le jour-même de sa naissance et la Confirmation quelques mois plus tard.

Après avoir fréquenté le collège des Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt), elle voulut entrer chez ces Religieuses, à Pina, en 1921 et fit la profession en 1922, prenant le nom de Catalina du Carmel.

Elle fut successivement à Lloseta (Mayorque), où elle s’occupa des petits enfants, puis en d’autres lieux et aussi à Ciutadella (Minorque), avant de gagner la petite communauté proche de Barcelone, située au sanctuaire du Coll : là, elle soignait les malades et s’occupait des petits enfants.

Cette communauté vivait des aumônes qu’elle recevait.

Sœur Catalina allait soigner un malade, quand elle entendit les menaces et les cris des révolutionnaires. On lui conseillait de partir de là, mais elle préféra rejoindre ses Consœurs. A ce moment-là, elle avait pris des vêtements civils.

Le 20 juillet, vers trois heures de l’après-midi, commença le calvaire des Religieuses. 

Quelques anarchistes se présentèrent qui, après quelques questions générales, arrêtèrent les deux Sœurs Catalina et Micaela, et les emmenèrent au comité de la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique), où ils les tinrent prisonnières pendant trois jours, les torturant de toutes les façons, sans respect aucun de leurs personnes et de leur état religieux.

Après le martyre des Religieux du Coll (voir notice de Simó Reynés Solivellas), les anarchistes emmenèrent le frère Pau, deux autres Religieuses avec Catalina et Micaela, et les fusillèrent tous au tournant de la Rabassada, sur la route du Tibidabo.

Catalina ne mourut pas sur le coup ; gravement blessée, elle se traîna jusqu’à la porte d’une famille qu’elle connaissait, implorant un verre d’eau. Les occupants de la maison lui donnèrent un verre de lait, et la firent asseoir dans le jardin, mais sans la faire entrer dans la maison, par crainte de représailles.

Un des membres de la famille, qui avait un parent milicien, lui demanda d’accompagner cette malheureuse Religieuse à l’hôpital. Le milicien vint en effet, mais pas seul, et en chemin d’autres miliciens abattirent Catalina, sur la route de la Vall de Hebrón. Catalina avait trente-sept ans.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Catalina fut béatifiée en 2007.

 

 

Simó Reynés Solivellas

1901-1936

 

Simó (Simon) était né à Mancor de la Vall (Majorque, Baléares) le 23 janvier 1901. La famille habitait dans la montée vers le village, près du vénérable sanctuaire de Sainte-Lucie (Santuario de Lluc), qui existait déjà au 14e siècle.

Simó fut baptisé le lendemain de sa naissance, et confirmé en 1904.

Le papa, un simple cordonnier qui portait lui-même le nom de Simó, offrit à Dieu ses deux premiers enfants, Francesc et Simó ; tous deux étaient doués pour la musique, outre qu’ils étaient fort pieux. 

Tous deux aussi se consacrèrent à Dieu chez les Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie.

Francesc était plus débrouillard, plus vif que Simó, de sorte qu’il prit en quelque sorte sous sa protection son jeune frère. 

Simó fit la profession en 1918, en même temps que son grand frère. C’était un jeune homme de caractère très doux, et de santé fragile. Il fut ordonné prêtre en 1926.

On le nomma maître des novices de Sant Honorat, et responsable d’un groupe de jeunes au sanctuaire de Lluc, confesseur de la communauté. Musicien, il fut maître de chapelle. 

Les deux frères faisaient partie de la même communauté, au sanctuaire marial du Coll, une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. Francesc avait sollicité la nomination de son jeune frère dans le même sanctuaire, pour l’avoir près de lui, connaissant sa fragilité.

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Francesc réussit à s’échapper, laissant à son jeune frère la primeur du martyre.

Simó fut en effet abattu avec son Confrère Miquel Pons par les révolutionnaires près de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone). Quand il tomba, les assassins s’acharnèrent particulièrement à lui défigurer complètement le visage. 

C’était le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Micaela Rullán Ribot

1903-1936

 

Née le 24 novembre 1903 à Petra (Mayorque), Micaela (ou Miquela, Michèle) reçut le Baptême le jour suivant.

Toute petite, elle fut envoyée par sa famille chez les Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt)., ce qui l’habitua à préférer s’occuper des plus petits.

Après quelques années passées à Valencia, la famille revint à Mayorque. Micaela fréquentait assidûment les Franciscaines, collaborant pour la catéchèse, la confection de vêtements pour les pauvres. 

Wojciech Gondek

1909-1942

 

Wojciech (Adalbert) était né le 6 avril 1909 à Słona (Małopolskie, Pologne) de parents chrétiens, Jan et Julia.

Après les études au Lycée d'état, il entra au noviciat des Frères Mineurs Franciscains à Wieliczka, et émit les vœux en 1929.

Il fit des études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire de Przemyśl dès 1931, où il obtint d'excellents résultats : il était noté eminenter, valde bene.

Avec et malgré ces excellentes appréciations, il resta un religieux modeste et pieux.

Avant l'ordination sacerdotale, il fit la profession solennelle à Przemyśl et prit le nom de Krystyn (Christian) en 1933 et reçut le sacerdoce en 1936.

Le 26 août 1940 commença le chemin de croix de Krystyn. Il fut arrêté à Wloclawek, conduit à Szczegliniek, puis Sachsenhausen, pour finir à Dachau, où il reçut le numéro 22779.

Dans ce camp, il mourut d'épuisement et de faim, à la suite d'une grave diarrhée avec hémorragie.

C'était le 23 juillet 1942.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Vasil’ Hopko

1904-1976

 

Vasil' naquit le 21 avril 1904 à Hrabské, un petit village à l’Est de la Slovaquie. Fils unique de ses parents (Vasil’ et Anna Petrenková), il reçut au baptême, trois jours après, le prénom de son père. 

Il n’avait qu’un an lorsque mourut son père ; en 1908, sa mère dut partir vivre aux États-Unis pour trouver du travail et laissa le petit garçon de quatre ans chez son grand-père. Puis à sept ans il alla vivre chez son oncle, Demeter Petrenko, un prêtre gréco-catholique.

Grâce à l’argent envoyé par sa mère, il put fréquenter l’école primaire du village, puis le lycée de Presov, où il devint bachelier en 1923.

La vie de son oncle avait fait naître en Vasil' l’appel au sacerdoce. Après un an de service militaire, il décida en 1923 d’entrer au séminaire gréco-catholique de Presov. Après une grave maladie dont il se remit, il fit vœu d’embrasser le sacerdoce. Il fut ordonné en 1929.

Après un bref apostolat à Pakostov, son premier poste fut la charge pastorale des fidèles gréco-catholiques de Prague : jeunesse, vieillards, chômeurs, orphelins. Le père Vasil' fonda le Mouvement des Étudiants Gréco-catholiques ainsi que l’Union de la Jeunesse Gréco-Catholique. Il contribua beaucoup à la création d’une paroisse gréco-catholique pour cette ville, et en devint le curé. 

Il a la grande joie, après vingt-deux ans de séparation, de retrouver sa mère, revenue des États-Unis.

En 1936, Vasil' revient en Slovaquie, où il est directeur spirituel au séminaire gréco-catholique de Presov. Il reprend des études et obtient une maîtrise en théologie (1940) à Bratislava.

En 1941, il est secrétaire à la curie de l’évêque et, en 1943, professeur de théologie morale et pastorale à la Faculté Théologique de Presov. On s’étonne de le voir trouver aussi du temps pour écrire plusieurs ouvrages et de se trouver à la tête du magazine Blahovistnik  (Messager de l’Evangile).

Après la Seconde Guerre Mondiale, la République de Tchéco-Slovaquie tombe sous la pesante domination de l’Union Soviétique. En prévoyance de temps très difficiles, l’évêque Gojdic de Presov demande à Rome de lui nommer un évêque auxiliaire. Le choix tomba sur le père Vasil', qui fut donc sacré évêque en 1947, avec le titre d’évêque de Midilia. 

Dès lors, Vasil' s’employa à soutenir l’évêque de Presov dans sa responsabilité de préparer la population à traverser la dure persécution qui s’annonçait à l’horizon.

Pas à pas, les autorités communistes s’apprêtaient à éliminer l’Eglise Gréco-catholique en l’assimilant à l’Eglise Orthodoxe. Il y eut en 1950 un “concile” (sans évêques !) qui décida en ce sens : l’Eglise Gréco-catholique n’existait plus officiellement ; tous ses prêtres, ses fidèles, ses églises passaient sous la coupe de l’Eglise Orthodoxe officielle (complice du régime communiste). Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, les deux évêques Gojdic et Hopko sont arrêtés.

Mgr Hopko subit alors d’interminables et pénibles interrogatoires, accompagnés de tortures, visant à le faire renier sa foi et reconnaître de fausses accusations. Il est en résidence surveillée, dans un monastère. Le 24 octobre 1951, la Cour d’Etat le condamne à quinze années de prison, à la perte de ses droits civils pour dix ans. 

Durant son emprisonnement, on lui administra, en plus des tortures quotidiennes, de petites doses d’arsenic pour provoquer une mort lente par empoisonnement. On retrouvera ces traces d’arsenic dans ses os après sa mort.

Mgr Hopko vit sa peine de prison “abrégée” de deux ans lorsque, en 1964, on le délivra pour motifs de santé. Il n’en pouvait plus : il souffrait de graves déficiences physiques et mentales, dues aux constants mauvais traitements subits. Malgré cet état chancelant, il se donna activement à la résurrection de l’Eglise Gréco-catholique.

Il séjournait dans une maison de repos pour prêtres âgés et vit sa condamnation “annulée”, même s’il ne fut jamais réhabilité.

Il eut la joie de voir cette Église tchéco-slovaque reconnue officiellement en 1968, après dix-huit années de persécution.

A partir de 1968, Mgr Hopko vécut à Presov. Cette année-là, il fut confirmé comme évêque auxiliaire pour tous les fidèles gréco-catholiques de Tchéco-Slovaquie. Il mit tout en œuvre pour honorer cette charge, encourageant les fidèles et ordonnant des prêtres.

Mgr Vasil' Hopko mourut à Presov le 23 juillet 1976. 

Il avait fait siens les propos de son évêque, Mgr Gojdic : Pour moi, l’important n’est pas de mourir dans le palais épiscopal ou en prison, mais d’entrer au Paradis.

Vasil' Hopko, en même temps que Zdenka Cecilia Schelingová, fut béatifié le 14 septembre 2003, fête de la Sainte Croix, en présence de tout l’épiscopat, mais aussi du Président de la République.

Le bienheureux Vasil' Hopko est mentionné au Martyrologe le 23 juillet.

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 23:00

22 JUILLET

I.

Ste Marie Magdeleine, la pécheresse convertie (cf. Mt 26:6-13 ; Jn 12:1-8).

Ste Syntychi, nommée par s. Paul (cf. Ph 4:2).

IV.

S Platon, martyr à Ancyre.

S Kyrillos, évêque à Antioche et mort en exil.

S Joseph, saint homme de Tibériade dont parle s. Epiphane ; d'après ce dernier, les Juifs prononcent toujours auprès des mourants cette phrase : Crois en Jésus Christ crucifié sous Ponce Pilate, Fils de Dieu, né de Marie, ressuscité du tombeau, et crois qu'il viendra juger les vivants et les morts. Ayant entendu cela, Joseph guérit et il se convertit un peu plus tard.

S Panchaire, évêque à Besançon.

V.

S Salvien, prêtre à Marseille après avoir été marié ; auteur de plusieurs ouvrages, surtout du de Gubernatione Dei où il montre que la chute de Rome est due aux péchés des Chrétiens.

VII.

S Anastasios, moine, disciple de s. Maxime le Confesseur, déporté avec lui, martyr.

S Wandrille, d'abord marié, puis retiré ainsi que son épouse ; il fonda le fameux monastère de Fontenelle, qui prit ensuite son nom. 

S Ménelé, abbé à Menat. 

VIII.

S Girolamo, évêque à Pavie.

XIII.

S Gualtiero, fondateur d'un hôpital à Lodi.

XV.

B Agostino Fangi, dominicain piémontais, extrêmement humble, et patient dans la maladie.

XVII.

S Giulio Cesare Russi (Lorenzo de Brindes), capucin, connaisseur des langues anciennes et modernes, prédicateur et chargé de diverses missions papales, Docteur de l'Eglise surnommé Doctor Apostolicus, fêté le 21 juillet.

SS Philip Evans et John Lloyd, martyrs anglais à Cardiff ; Philip, jésuite, était en train de jouer au tennis (en prison) lorsqu'on vint lui annoncer qu'il serait exécuté le lendemain : il tint à achever sa partie avant de réintégrer sa cellule ; il employa ses dernières heures à jouer de la harpe et à causer avec ceux qui venaient le visiter ; John était prêtre séculier.

XVIII.

B Jacques Lombardie, curé en Corrèze, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

SS Anna Wang, vierge de quatorze ans, Luqi Wang Wangshi et son fils Ande Wang Tianqing de neuf ans, et Mali Wang Lishi, martyrs chinois, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : à Tolède, le prêtre Ovidio Fernández Arenillas (Eusebio de l'Enfant Jésus, *1888) ; les clercs Tomás Mateos Sánchez (José Agustín du T.S.Sacrement, *1912), Pedro Ramón Rodríguez Calle (Hermilo de Saint-Elisée, *1913), Esteban Cuevas Casquero (Eliseo de Jésus Crucifié, *1913), Perfecto Domínguez Monge (de N.Dame du Carmel, *1914), ; le novice Clemente López Yagüe (des Très Saints Cœurs, *1911) ;

- béatifiés en 2013 :

Lasalliens : à Madrid, Vicente López y López (Virginio Pedro, *1884) ; Joaquín Rodríguez Bueno (Ireneo Jacinto, *1910) ;

Frères Maristes : près de Madrid, Trifón Tobar Calzada (Jerónimo, *1876), Eugenio Artola Sorolla (Victorico María, *1894), Pedro Alonso Ortega (Marino, *1901) ;

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, les prêtres José María Mateos Carballido (*1902), Juan Durán Cintas (Eliseo María, *1906), le diacre Jaime María Carretero Rojas (*1911) et le convers Ramón María Pérez Sousa (*1903) ;

- béatifié en 2018 :

Lazaristes : près de Madrid, le coadjuteur Roque Catalán Domingo (*1874).

B Rosalío Benito Ixchop (1914-1982), laïc guatémaltèque, catéchiste martyr, béatifié en 2020.

 

Maria de Magdala

Ier siècle

 

“Pleurer comme une madeleine” est une expression fréquente dans notre langage. 

Plusieurs passages de l’Evangile nous parlent nommément de Marie Magdeleine : 

En Luc 8:2, elle est nommée Maria de Magdala (la localité se trouve près du lac de Tibériade, en Galilée). D’elle sont sortis “sept démons”, ce qui suppose une très forte possession ou une situation pécheresse grave.

Les évangélistes nous en reparlent au moment de la crucifixion de Jésus-Christ, où Marie de Magdala se trouve “à quelque distance” de la croix, donc pas juste à côté de Marie et de Jean, et au moment de la mise au tombeau (Mt 27:56,61 ; Mc 15:40,47). 

Puis au matin de la Résurrection, elle est déjà au sépulcre avec des aromates précieuses (Mt 28:1 ; Mc 16:1 ; Jn 20:2), et court prévenir les Apôtres qu’elle a vu le sépulcre ouvert et vide (Lc 24:9 ; Jn 20:2), en suite de quoi le quatrième évangéliste raconte l’apparition de Jésus à Marie de Magdala (Jn 20:11-18), où elle le reconnaît à sa voix.

On remarque par ailleurs que les évangélistes parlent d’une certaine Marie, sœur de Marthe et de Lazare, qui reste auprès du Seigneur lors de son passage chez elle, ce fameux jour où Marthe vient se plaindre au Maître que Marie devrait venir l’aider à la cuisine (Lc 10:38-42). Cette même Marie vient faire une onction de nard précieux sur la tête et les pieds de Notre-Seigneur, peu avant la Passion, à Béthanie tout près de Jérusalem (Mt 26 ; Mc 14 ; Jn 12).

Pour certains, cette onction rappelle le comportement humble et pénitent de la pécheresse convertie dont parle Luc (7:36-50) sans donner son nom.

Certains exégètes préfèrent interpréter ainsi l’Ecriture qu’il y aurait donc trois femmes différentes, dont deux qui ont oint le Christ et dont deux aussi portent le nom de Marie.

Ils ont peut-être raison. Mais rien non plus n’empêche de faire coïncider tous ces passages. 

La distance entre Magdala à Béthanie n’est pas différente de celle de Nazareth à Jérusalem, que fit la jeune Marie à peine enceinte du Sauveur pour aller visiter sa cousine Élisabeth.

Cette pécheresse convertie peut très bien être entrée au service du Seigneur ; si Luc ne la nomme pas, c’est peut-être par discrétion. 

Ce qu’on croit savoir du reste de la vie de Marie-Magdeleine nous vient de la Tradition : Marie Magdeleine aurait été mise par les Juifs sur une barque sans rames, avec Marthe et Lazare, et la barque serait arrivée miraculeusement sur les côtes de la Provence, là où Marie de Magdala aurait passé le reste de sa vie dans la pénitence, les larmes et la prière. De là le pèlerinage de la Sainte-Baume.

Quant au tombeau de Marie-Magdeleine, on l’aurait retrouvé à Ephèse, mais les reliques de la Sainte se trouvent aussi à Vézelay. 

Dans l’actuelle liturgie, il est beaucoup plus fait allusion au témoignage de Marie-Magdeleine concernant le Christ ressuscité, qu’à la pécheresse convertie, encore que la lecture du bréviaire soit celle de Grégoire le Grand, pour qui l’une et l’autre ne font qu’une personne.

Au 22 juillet le Martyrologe mentionne les “sept démons” dont notre Sainte fut délivrée, avant de devenir une disciple fidèle du Christ et témoin de la Résurrection.

 

 

Syntichi

1er siècle

 

Voici ce qu’écrit Paul vers la fin de son épître aux Philippiens : 

J’exhorte Evodie comme j’exhorte Syntichi à vivre en bonne intelligence dans le Seigneur. Et toi, de ton côté, Syzyge, vrai compagnon,  je te demande de leur venir en aide ; car elles m’ont assisté dans la lutte pour l’Evangile, en même temps que Clément et mes autres collaborateurs, dont les noms sont écrits au livre de vie (Ph 4:2-3).

On ne sait rien de plus sur ces quatre personnages. 

Les deux saintes femmes Evodie et Syntichi, pouvaient être des diaconesses, au service de l’Eglise de Philippes et saint Paul leur rend hommage en passant. Elles durent un jour avoir une de ces fréquentes “discussions de sacristie”, qui dégénéra en froid, et Paul ne peut pas laisser cet état de choses, lui qui a tellement recommandé la charité, la patience, l’unanimité dans l’assemblée dominicale.

Aucune des deux femmes n’est mentionnée dans l’actuel Martyrologe. Précédemment, seule l’était Syntichi, au 22 juillet.

 

 

Platon d’Ancyre

† 305 ?

 

On a vu le 16 juillet que le martyr Antiochus de Sébaste était, croit-on, le frère de s.Platon.

Celui-ci vivait à Ancyre (auj. Ankara, Turquie NW), où il encourageait les Chrétiens à rester fidèles à leur foi, malgré la persécution.

Pour ce motif, il fut arrêté ; interrogé, il demeura ferme : on s’étonnait de voir un tel jeune homme si attaché à ses convictions.

On le tortura : il fut frappé par douze soldats, puis étendu sur un lit de bronze brûlant ; toute sa chair fut déchirée et brûlée.

Devant sa constance, beaucoup se convertirent au Christ.

On lui fit des avances, auxquelles il répondit cette phrase de s.Paul : Ma vie c’est le Christ, et mourir pour Lui m’est un gain (cf. Phil 1:21).

Au terme de sa prière, on entendit des voix angéliques qui répondirent Amen.

On le tortura encore, avant de le décapiter.

Platon fut martyrisé sous l’empereur Maximien, donc entre 284 et 305.

Saint Platon d’Ancyre est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kyrillos d’Antioche

† 306

 

Ce Kyrillos (Cyrille) est beaucoup moins connu que ses homonymes d’Alexandrie ou Jérusalem.

Kyrillos fut évêque d’Antioche de Syrie (auj. Antakya) pendant une trentaine d’année, à partir de 272 au moins, période qui demeura, somme toutes, assez calme.

Mais au début de la persécution de 303, il semble que Kyrillos ait été arrêté et exilé en Pannonie (act. Serbie), et qu’un successeur lui ait été donné en la personne de Tyrannos.

Après trois années de captivité et, certainement, de mauvais traitements, Kyrillos mourut dans sa prison, vers 306.

Saint Kyrillos d’Antioche est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasios le Moine

† 662

 

C’était un des deux Compagnons de s.Maximos le Confesseur, quand on emmena celui-ci en exil dans les montagnes du Caucase. Ils s’appelaient tous deux Anastasios ; l’un des deux, prêtre, était apocrisiaire (envoyé) de Rome (v. 11 octobre) ; l’autre, le Moine, était diacre.

On a vu que s.Maximos (v. 13 août) eut la langue et la main droite coupées ; ses Compagnons subirent le même sort.

Après qu’on ait laissé mourir s.Maximos à Schemaris, non loin de Tsageri (act. Géorgie), ainsi qu’Anastasios l’Apocrisiaire, Anastasios le Moine fut dirigé sur la Suanie, près d’un promontoire du Caucase. Il mourut là, ou sur le chemin, le 22 juillet 662.

De récentes fouilles (2016) auraient mis à jour les reliques des ss.Maximos et des deux Anastasios. 

Saint Anastasios le Moine est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wandrille de Fontenelle

600-668

 

La famille de Wandrille habitait dans la région de Verdun (Meuse) ; elle avait des liens de parenté avec Pépin de Landen.

Wandrille (en latin Wendregisilus) grandit à la cour de Clotaire II et avait un bel avenir de fonctionnaire. Mais il eut l’occasion de connaître l’idéal de s.Colomban (v. 23 novembre) et en fut conquis.

Pourtant vers 625, cédant à la volonté de ses parents, il se maria. Or, la jeune épouse, comme son époux, manifesta bientôt sa préférence pour la vie consacrée, de sorte qu’ils se séparèrent d’un commun accord.

C’est ainsi que, vers 628, Wandrille se retira au monastère de Montfaucon-en-Argonne. Il dut se justifier auprès du roi Dagobert Ier d’avoir quitté son poste d’administrateur. 

Libéré, il se retira alors loin de sa famille, dans le Jura, et fonda une abbaye à Saint-Ursanne, sur un terrain qui d’ailleurs lui appartenait. 

On le vit à l’occasion immergé dans une rivière en train de prier le psautier pour lutter contre la tentation. Son style de vie très austère, ses pénitences et ses larmes attirèrent des disciples.

Avide de solitude, et sur un songe prophétique, il laissa dès qu’il le put ce monastère et alla se perfectionner vers 633 à celui de Bobbio, puis de Romainmôtier, où il fit profession et resta une dizaine d’années, qu’on place vers 633-643.

A ce point, il désira aller finir ses jours en Irlande, mais l’évêque de Rouen, Ouen (v. 24 août) ne laissa pas s’échapper un tel trésor et, pour se l’attacher sûrement, l’ordonna prêtre.

Au bout de quelques années de ministère, Wandrille, accompagné de son neveu Gond (v. 26 mai ?), se retira à nouveau dans la forêt de Jumièges et y fonda un monastère (649). Après quelques débuts très discrets, les disciples affluèrent au point que Wandrille put faire construire plusieurs églises. Quotidiennement, il participait humblement à toutes les occupations de la communauté.

Une de ses recommandations fondamentales aux moines était de ne pas tomber dans le piège de la jalousie.

Après dix-neuf années passées dans ce monastère de Fontenelle, Wandrille s’éteignit le dimanche 22 juillet 668.

Le monastère de Fontenelle prit plus tard le nom de Saint-Wandrille.

Saint Wandrille est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ménelé de Menat

654-720

 

Ménelé (aussi Ménelée, Méléré, Mouvier, latin Meleneus) serait né vers 654-660 non loin de Précigné (Sarthe), fils d’Amanulfe et Docule, qui eurent aussi une fille.

Amanulfe voyait en son fils la continuation de son patrimoine et lui présenta une possible fiancée, nommée Sense. Ménelé s’enfuit, avec deux compagnons, jusqu’en Auvergne ; ils y vécurent en ermites à Menat, puis sous la direction du fondateur de l’abbaye de Calmiliac (Eudes, puis son successeur Theofred), pendant sept ans. Cette abbaye serait à l’origine de l’actuelle localité Monastier.

Puis Ménelé revint à Menat, qu’il releva. Il installa sa mère, sa sœur et sa «fiancée» à Lisseuil et «s’occupa» de son père : celui-ci, après avoir menacé son fils, accepta la situation et devint même un généreux bienfaiteur de l’œuvre.

Devenu abbé à Menat, Ménelé dut à nouveau reconstruire son abbaye détruite par un incendie.

Il mourut vers 720.

Saint Ménelé de Menat est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Girolamo de Pavie

† 787

 

Il fut le vingt-troisième évêque de Pavie.

On ne connaît pas la vie de ce prélat. Sa sainteté l’a fait inscrire dans le Martyrologe Romain, qsui n’est pas très loquace à son sujet.

Saint Girolamo de Pavie est commémoré le 22 juillet dans le Martyrologe Romain.

Gualtiero de Lodi

1184-1224

 

Gualtiero (on écrit aussi parfois Gualterio ou Gualtero) naquit vers 1184 à Lodi (Italie NC), d’Ariprando de Garbanis et d’Adelazia, qui avaient voué leur enfant au service de Dieu dès avant sa naissance. Ils avaient aussi promis de le consacrer au service de la basilique Saint-Pierre de Rome, et c’est pour cela qu’ils firent ensuite le pélérinage à Rome avec le petit bébé. La suite des événements ne permit pas à Gualtiero d’accomplir ce vœu à la lettre.

Il fut orphelin de père à quinze ans ; il distribua alors ses biens aux pauvres, confia sa chère mère à une pieuse institution et s’en vint soigner les malades à l’hôpital de Plaisance.

Revenu deux ans plus tard dans sa ville natale, avec une bonne expérience et avec l’appui des autorités civiles et ecclésiastiques, il fonda un hôpital qu’il appela La Miséricorde. L’hôpital, fondé en 1206, fut placé sous l’autorité de l’évêque.

Le frère Gualtiero faisait une profonde impression sur les concitoyens, qui le voyaient toujours pieds nus, vêtu de toiles rugueuses ; il mangeait peu et se retirait souvent dans quelque grotte, où il jeûnait.

Gualtiero aurait aussi fondé des hôpitaux près de Vercelli, de Tortona, à Crema, et non loin de Melegnano (Milan).

Il mourut le 22 juillet 1224, entouré de beaucoup d’amis, hommes et femmes, prêtres et Frères mineurs.

Depuis, les Lodigiens ont donné à l’hôpital le nom de Saint-Gualtiero.

Le Martyrologe mentionne saint Gualtiero au 22 juillet.

 

 

Agostino Fangi

1430-1493

 

Agostino (de) Fangi ou Fangis naquit avant 1430 à Bugella (auj. Biella, Piémont, Italie NO), d’un papa fort jeune, Simone, qui n’avait pas dix-huit ans.

Entré lui-même très jeune au couvent dominicain de Biella, il fut envoyé à Pavie et de là, en 1447, à Bologne. 

Ordonné prêtre, il fut nommé prieur à Soncino en 1464, revint en 1470 à Pavie et passa en 1474 à Vigevano.

On le définit comme une personne pieuse, docte, et illustre par ses miracles ; mais surtout assidu au confessionnal et auprès des malades. 

On le vit «souvent» soulevé de terre pendant sa prière (lévitation) et ému jusqu’aux larmes pendant la Messe. Il exerça la puissance de l’exorcisme pour délivrer une femme possédée de cinq démons. Il ramena à la vie un enfant mort sans le baptême. A un pauvre enfant qui pleurait d’avoir cassé sa cruche, il la lui restitua toute remplie de vin. 

Très humble, le Religieux s’affligeait profondément des «miracles» qu’on lui attribuait, et préférait le silence.

En 1482, il vint à Venise, où il fut lui-même longtemps malade, et montra durant ces années de souffrance une très grande patience. Il se pourrait même que le Religieux ait été déjà malade bien plus tôt, ayant le corps tout couvert de plaies. Il était tellement ravi en prière, qu’il ne s’aperçut même pas de la douleur que lui causait le chirurgien en lui faisant de profondes incisions pour le soigner.

Agostino mourut là le 22 juillet 1493, à genoux sur son lit, en disant Gloire à Dieu ! Gloire au Très-Haut !

Trois ans plus tard, on ouvrit son tombeau où son corps, quoique plongé dans l’eau, était resté intact.

Le pape confirma son culte aux Dominicains en 1872, et le nom du Bienheureux a été inclus dans le Martyrologe.

 

Giulio Cesare Russi (Lorenzo)

1559-1619

 

Giulio Cesare Russi naquit le 22 juillet 1559 à Brindisi (Brindes, l’éperon de la botte italienne), de parents vénétiens, Guglielmo et Elisabetta Masella, qui s’y étaient établis. 

On raconte que le petit Giulio eut l’occasion de «prêcher» à six ans dans la cathédrale, suscitant l’admiration de la foule : ce fut peut-être une de ces joutes, où les enfants récitent quelque poésie devant la crêche de Noël.

Le père de Giulio étant mort, celui-ci fréquenta le couvent des Franciscains conventuels, jusqu’à quatorze ans.

Quand les Turcs menacèrent la ville, Giulio accompagna sa mère à Venise.

En 1575, Giulio fut admis chez les Capucins de Vérone, avec le nom de Lorenzo de Brindes. Il s’y était préalablament entraîné par des mortifications peu ordinaires pour un adolescent : chaînes de fer, trois jours de jeûne par semaine, méditation assidue.

Il étudia avec avidité l’Ecriture Sainte à l’université de Padoue, où il apprit rapidement aussi diverses langues : outre le latin et le grec, le syriaque et l’hébreux ; outre l’italien, l’espagnol, le français et l’allemand.

Ordonné prêtre en 1583, il eut désormais une activité extrêmement intense comme prédicateur. 

Ses deux préoccupations étaient la lutte contre le protestantisme envahissant, et la croisade contre les Turcs menaçants.

Sa prédication commença à Rome, où il fut l’artisan de la conversion de beaucoup de Juifs. Il fut ensuite envoyé dans toute l’Europe : Hongrie, Bohême, Belgique, Suisse, Allemagne, France, Espagne, Portugal. Appuyé par les Jésuites, il fonda nombre de couvents dans l’Europe centrale.

Sa parole était si efficace que les Protestants de Prague intervinrent directement auprès de l’empereur Rudolf pour lui demander de l’expulser.

Lorenzo fut envoyé auprès du prince Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, pour l’aider à conduire les troupes occidentales contre l’invasion des Turcs qui, menaçant Vienne, allaient se déverser en Italie et dans toute l’Europe. La victoire éclatante de Székesfehérvár (Albe Royale, 1601) fut unanimement attribuée à Lorenzo qui, par sa foi, sa bravoure, et aussi le don des langues, sut entraîner à la victoire tant de troupes de nationalités différentes.

Il fut trois ans Ministre général (Supérieur) de l’Ordre, de 1602 à 1605, toujours aussi simple et pratiquant toujours ses mortifications de jeunesse.

Peu avant sa mort, Lorenzo se trouvait à Lisbonne, pour négocier la paix en faveur de Naples, opprimée par le vice-roi espagnol.

C’est à Lisbonne qu’il mourut, le jour de son anniversaire, 22 juillet 1619.

Son corps fut confié aux Clarisses de Villafranca de Bierzo (León), où son tombeau fut profané par les troupes françaises en 1808, lors de la guerre d’Indépendance espagnole.

Lorenzo de Brindes fut béatifié en 1783, canonisé en 1881, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1959, avec le titre de Docteur Apostolique.

Sa fête liturgique est au 21 juillet, le 22 étant celle de sainte Marie-Magdeleine.

 

 

Philipp Evans

1645-1679

John Lloyd

?-1679

 

On ne sait pas beaucoup de choses sur ces deux prêtres, qu’une même mission, une même fidélité, un même jugement inique et une même mort réunirent dans la sainteté.

 

1. Philip Evans

Il était né à Monmouth en 1645, et reçut sa formation à Saint-Omer, comme beaucoup de candidats anglais au sacerdoce, puis entra dans la Compagnie de Jésus à Watten le 7 septembre 1665. Ordonné prêtre à Liège, il fut envoyé en mission dans le sud du Pays de Galles, en 1675.

Plein de zèle, il n’hésitait pas à affronter le climat anti-catholique officiel, mais on ne le dérangea pas tout de suite. C’est dans le cadre du fameux “complot d’Oates” qu’il fut arrêté après-coup.

En novembre 1678, un certain John Arnold de Llanvihangel Court, près de Abergavenny, pourchasseur de prêtres, offrit l’énorme rançon de deux-cents Livres pour l’arrêter.

Malgré le danger qu’il courait, Philip refusa imperturbablement d’abandonner son troupeau. 

On l’arrêta chez Monsieur Christopher Turberville à Sker, dans la Glamorganshire, le 4 décembre 1678.

On lui proposa de prêter un serment qui lui garantissait la liberté, mais il refusa net.

 

2. John Lloyd

C’était un prêtre gallois, du Breconshire. Il fut formé d’abord à Ghent, puis au Collège anglais de Valladolid en Espagne dès 1649, où il s’engagea pour la mission en Angleterre.

Envoyé au Pays de Galles en 1654 pour exercer le saint ministère auprès des Catholiques clandestins, il se donna à sa vocation sans interruption pendant vingt-quatre années.

Il est arrêté finalement chez Monsieur Turberville, le 20 novembre 1678.

 

A ce point de nos deux récits, les deux prêtres se retrouvent sur le même chemin. Ils sont emprisonnés dans la prison de Cardiff.

On les passe en jugement le lundi 5 mai 1679, à Cardiff. Aucun des deux n’est accusé d’avoir participé au complot d’Oates, mais ils sont tous deux accusés d’être prêtres, d’être entré dans le territoire du Pays de Galles contrairement aux lois, et sont donc accusés de trahison pour avoir exercé le ministère sacerdotal.

Remis en prison, ils eurent un moment de traitement amélioré.

On leur annonça le 21 juillet que leur exécution était prévue pour le lendemain, 22 juillet. Philip était en train de jouer au tennis, et tint à finir sa partie avant de réintégrer la prison. Evans employa ses dernières heures à jouer de la harpe.

Ils furent exécutés à Pwllhalog (Cardiff).

Philipp fut exécuté le premier. Il s’adressa au peuple en gallois et en anglais, et prit congé de John : “Adieu, Père Lloyd ! Quoique pour très peu de temps, car nous allons bientôt nous rencontrer de nouveau !” Quant à John, il se contenta de quelques mots, affirmant qu’il n’avait “jamais été un bon orateur dans sa vie”.

Béatifiés en 1929, ils ont été canonisés en 1970, parmi les quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, et sont commémorés dans le Martyrologe au 22 juillet.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jacques Lombardie

1737-1794

 

Il naquit le 1er décembre 1737 à Limoges (Haute-Vienne).

Il était prêtre du diocèse de Limoges.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Jacques Lombardie mourut le 22 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Anna Wang

1886-1900

 

Anna Wang, née vers 1886 à Machiazhuang (Weixian, Hebei), martyrisée au même endroit le 22 juillet.

Elle a été béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Mali Wang Lishi

1851-1900

 

Mali (Maria) Wang Lishi, née vers 1851 à Fancun (Weixian, Hebei) et martyrisée à Daning (Weixian) le 22 juillet.

Elle a été béatifiée en 1946 et canonisée en 2000.

 

 

Luqi Wang Wangshi

1869-1900

Ande Wang Tianqing

1891-1900

 

Luqi (Lucia) Wang Wangshi, née vers 1869 à Weixian (Hebei), et son petit garçon de neuf ans, Ande (André) Wang Tianqing, né vers 1891, subirent le martyre à Weixian le 22 juillet.

Ils ont été béatifiés en 1946 et canonisés en 2000.

Roque Catalán Domingo

1874-1936

 

 

Né le 24 janvier 1874 à Aldehuela (Teruel), Roque était le fils de braves agriculteurs, Vicente et Joaquina. Celle-ci mourut de bonne heure.

Il suivit l’école primaire du pays, et aidait son père dans les travaux de la ferme. Les champs, les bêtes, n’avaient aucun secret pour lui. Mais surtout, son père lui parlait avec profonde conviction de la vie éternelle. Jamais ils n’allaient se coucher sans avoir prié le chapelet et lu quelque page d’un bon livre.

Il est bon de raconter comment l’innocent garçon orienta sa vie. Il alla voir son oncle et lui demanda tout bonnement s’il était mieux, selon lui, d’épouser sa fille ou de se faire religieux. Et l’oncle de lui répliquer : Ma fille est une brave fille, mais Dieu est meilleur : fais-toi religieux.

Ce n’est pas tout. Quand Roque annonça sa décision à son père, celui-ci lui répondit qu’il voulait se consacrer avec lui. Ils se présentèrent tous deux chez les Lazaristes. Toutefois, on leur imposa un délai ; le père, qui avait soixante ans, fut orienté vers les cisterciens de Dueñas, où sa sainte vie le fit désigner comme maître des novices pendant une vingtaine d’années. Il mourut en odeur de sainteté.

Roque, lui, fut admis chez les Lazaristes. Le jour de sa profession, il demanda une seule grâce au supérieur : aller voir son père une dernière fois : il y alla et put même obtenir une photographie de la rencontre.

Le nouveau Frère Coadjuteur fut rempli de zèle apostolique et participa avec grande joie aux missions des Pères : Teruel, Madrid, Fuencarrall, Alcobendas, San Sebastián (1898-1900).

Il fit la profession solennelle en 1900 à Val de Olmos.

Quand le Vatican confia aux Pères Lazaristes la mission de Cuttack (Inde), Roque se proposa d’emblée pour y aller, mais les supérieurs s’y opposèrent de façon énergique. Alors le jeune profès confia à l’un des partants la photographie dont on parlait plus haut : Quand tu seras là-bas, mets cette photographie en terre ; puisque mon corps ne pourra y être enterré, j’y aurai mis ma photographie !

En même temps que jardinier, il fut ensuite nommé infirmier à la Maison Mère de Madrid. Rien ne l’arrêtait, ni le danger de la contagion (lors de la grippe espagnole de 1918), ni le travail, ni les souffrances ; souvent il ne se couchait même pas. On le vit baiser les plaies des pieds d’un prêtre malade. Roque avait aussi cette délicieuse habitude, quand mourait un malade, d’aller déposer dans les plis de son linceul une petite prière au Bon Dieu, une demande de grâce particulière - qu’il obtint toujours.

Il réussit à se construire un petit autel, avec les ornements et le nécessaire pour y faire célébrer la messe en l’honneur de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse. C’était une joie de le voir prier le Chemin de Croix, de l’entendre parler dans les réunions. Au jardin, il ne s’arrêtait pas ; il proposait plutôt à un autre Frère de se reposer et lui demandait de lire à haute voix une page de l’Imitation de Jésus-Christ.

Il exprima souvent son désir, mieux : sa certitude qu’il serait martyr.

Le 20 juillet 1936, on apprit que deux Frères avaient été assassinés à Hortaleza. Roque se proposa immédiatement pour aller chercher des nouvelles et savoir de qui il s’agissait. Il partit en annonçant : Si je ne reviens pas, chantez un Te Deum. Il ne revint pas : arrivé près de la maison des Filles de la Charité, il constata que leur maison était saccagée ; il se planta debout devant les attaquants, comme pour protester, et reçut une balle qui lui traversa le crâne.

Le Frère Roque fut martyrisé le 22 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) et béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Roque Catalán Domingo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 juillet.

 

 

Trifón Tobar Calzada

1876-1936

 

Tryphon naquit le 3 juillet 1876 à Susinos del Páramo (Burgos, Espagne), troisième des cinq enfants de Vicente et Eulalia.

En 1891, il entra au noviciat des Frères Maristes de Mataró (Barcelone), où il reçut l’habit en 1892, ainsi que le nom de Jerónimo.

En 1893, il passa au scolasticat de Canet de Mar (Barcelone), et accomplit les études à l’école de Girona.

En 1895, on l’envoya en Colombie, où l’on avait besoin de Frères. Il allait y rester trente-deux ans. 

En 1897, le 15 août, il fit les vœux perpétuels.

En 1928, il revint en Europe, sa santé ayant été assez ébranlée par le climat trop humide colombien.

Il passa une année à Grugliasco (Italie), avant d’être professeur à Carrión de los Condes (Palencia), puis il fut envoyé successivement à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme, France), aux éditions FTD de Barcelone, au collège Saint-Joseph de Logroño, au collège de Haro (La Rioja), et finalement à Torrelaguna (Madrid) en 1932.

C’est là qu’en 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Trifón-Jerónimo fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente López y López

1884-1936

 

Vicente (Vincent) naquit le 15 décembre 1884 à Miraveche (Burgos, Espagne).

Devenu adolescent, c’était un garçon solide, replet, grassouillet, au regard clair, à la voix un peu embarrassée, dévoilant un esprit décidé, volontaire et bon. C’était le «bon géant». 

Il se présenta au noviciat des Frères de Ecoles Chrétiennes à Bujedo, avec le profond désir d’apprendre. Il récitait ses leçons à la lettre, malgré son bégaiement, qui amusait ses camarades et dont il ne se plaignit jamais.

En 1900, il reçut l’habit, et commença le noviciat avec le nom de Virginio Pedro. Il fut autant travailleur que pieux Religieux, priant souvent le chapelet, une dévotion qu’il aimait beaucoup et qu’il enseigna plus tard aussi à ses élèves.

Après cette période, son premier théâtre d’activité fut l’enseignement des enfants à Valladolid, où il se montra excellent professeur. Mathématiques, littérature, langues, histoire, géographie : ses cours étaient toujours préparés par écrit, et les résultats de ses élèves étaient excellents, pour la plus grande satisfaction des parents.

Il fut ensuite chargé de la Classe spéciale à Cadix, puis fut nommé directeur de l’école à Jerez. Il y développa les congrégations de Marie Immaculée et de l’Enfant Jésus, qui orientèrent beaucoup de garçons vers le séminaire diocésain.

En mai 1931, il y eut une première inquiétude : le couvent fut encerclé par une masse de gens furieux et menaçants ; le Frère Virginio Pedro fit consommer les Saintes Hosties du Tabernacle, pour éviter toute profanation possible, et laissa partir tous les autres Religieux par une petite porte de derrière, restant seul dans la maison. Ce jour-là, tout s’arrêta là.

Deux ans plus tard, Virginio Pedro fut nommé sous-directeur à Cueva (Almena). Dans cette ville, le maire voulait réquisitionner l’école pour en faire une école laïque. Le Frère résista, mais dut céder à la force en 1933 : il chercha à maintenir une classe, et dut liquider tout le mobilier de l’école.

L’école une fois fermée définitivement, il fut nommé comptable pour la province et, en janvier 1935, directeur de l’école à Madrid.

En septembre 1935, il fut directeur à l’école Sainte-Suzanne, en même temps que son Confrère de Cueva.

Le 21 juillet, les hordes encerclèrent l’établissement. Le Frère Virginio Pedro profita de l’agitation pour aller se réfugier chez un ancien élève.

Le lendemain, 22 juillet 1936, il voulut sortir pour aller voir ce qui s’était passé. En chemin, des enfants le saluèrent innocemment, ce qui le fit reconnaître par des miliciens, arrêter et fusiller non loin du cimetière de l’Almudena.

Le Frère Virginio Pedro a été béatifié en 2013.

 

 

Ovidio Fernández Arenillas

1888-1936

 

Issu d’une fratrie de sept enfants, dont cinq furent religieux, Ovidio naquit le 21 février 1888 à Castilfalé (León, Espagne), reçut le baptême le 25 février et la Confirmation en 1896, selon les habitudes du temps.

En 1901, il entra au séminaire des Carmes à Medina del Campo, fit la profession en 1904 et prit le nom de Eusebio de l’Enfant Jésus.

Après ses études de philosophie et de théologie à Tolède, Ávila et Salamanque, il fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut d’abord professeur dans la classe des Humanités au séminaire, et sous-directeur.

En 1917, il fut envoyé en mission à Cuba.

D’abord curé dans la localité de Sancti Spiritus, il développa une grande activité à Camagüey, par sa prédication et ses écrits. Que ce soit à Cuba ou en Espagne, il publia en effet diverses œuvres.

En 1927, il fut de retour en Espagne, et nommé provincial, directeur du séminaire, prieur du couvent d’Ávila, maître des théologiens de Tolède, enfin prieur de Tolède.

Il avait quarante-huit ans quand la persécution espagnole vint tronquer cette vie active et si fructueuse.

Arrêté chez la famille qui l’hébergeait, il demanda aux miliciens et obtint qu’ils ne fissent aucun mal à ses hôtes.

Il fut martyrisé le 22 juillet 1936 ; le même jour furent aussi martyrisés cinq autres Carmes, dont les noms suivent. 

Tous furent béatifiés en 2007.

 

 

Eugenio Artola Sorolla

1894-1936

 

Eugenio naquit le 12 avril 1894 à Cinctorres (Castellón, Espagne), de Joaquín et Sebastiana, d’humbles cultivateurs, profondément chrétiens. Eugenio fut baptisé le jour-même de la naissance, et confirmé l’année suivante.

En 1910, il entra au noviciat des Frères Maristes de Vic (Barcelone), de là en 1911 à celui de Las Avellanas (Lleida) où il reçut l’habit en 1912, ainsi que le nom de Victorico María.

En 1913 il fit les premiers vœux, et les perpétuels en 1918.

Les étapes de son activité d’enseignant furent : Badalona (Barcelone), Palafrugell (Girona) en 1914, Sants (Barcelone) en 1915, Sitges (Barcelone) en 1919, Vallejo de Orbó (Palencia) en 1925, une région minière, en compagnie du Frère Bernardo, futur martyr lui aussi.

En 1928, il fut nommé directeur à Torrelaguna (Madrid), où il enseigna, jusqu’à la guerre civile de 1936.

En juillet 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Eugenio-Victorico fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Alonso Ortega

1901-1936

 

Pedro naquit le 14 janvier 1901 à Amaya (Burgos, Espagne), un des dix enfants de Eugenio et Julia, d’humbles cultivateurs, profondément chrétiens. Pedro fut baptisé trois jours après sa naissance, et confirmé en 1904. Il reçut la Première communion en 1910.

En 1915, il entra au noviciat des Frères Maristes de Arceniega (Álava), de là en 1916 à celui de Las Avellanas (Lleida) où il reçut l’habit en 1917, ainsi que le nom de Marino.

En 1918 il fit les premiers vœux, et les perpétuels en 1923, à Burgos.

Les étapes de son activité d’enseignant furent : Arceniega (1919), Centelles (Barcelone) en 1920, La Garriga (Barcelone) en 1921, où il fut aussi cuisinier. Puis il fut nommé à Vic (Barcelone) en 1925, Arceniega en 1926, Torrelaguna (Madrid) en 1929 ; il passa une année à l’infirmerie de Las Avellanas, avant de revenir à Torrelaguna, où il enseigna, jusqu’à la guerre civile de 1936.

En juillet 1936 il fut fait prisonnier avec deux autres Frères, parmi une dizaine d’autres personnes.

Au matin du 22 juillet, on les fit sortir de prison pour les fusiller non loin de là dans une carrière de la région.

Le Frère Pedro-Marino fut béatifié en 2013.

José María Mateos Carballido

1902-1936

 

José était né le 19 mars 1902, à Encinasola (Huelva, Espagne), en la fête de saint Joseph, dont il reçut le nom au baptême.

Entré chez les Carmes, il était prieur du couvent de Montoro (Cordoue).

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 22 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

 

Ramón Pérez Sousa

1903-1936

 

Ramón (Raymond) était né le 1er août 1903 à Feás de Guinzo de Limia (Orense, Espagne).

Entré chez les Carmes, il était au couvent de Montoro (Cordoue), comme frère.

C’est là qu’il reçut la palme du martyre, le 22 juillet 1936.