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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 23:00

Méthode d’Olympe

† vers 312

 

Ce saint Méthode est dit “d’Olympe”, parce que la tradition assure qu’il y fut évêque, s’appuyant sur un écrit de saint Jérôme. 

Ce dernier en effet dit dans le De viris illustribus, LXXXIII, qu’il fut évêque en la ville d’Olympe en Lycie, puis à Tyr en Phénicie. Il ajoute qu’il mourut martyr “à la fin de la dernière persécution”, donc vers 312.

La Lycie est une petite région au sud-est de l’Asie Mineure, actuelle Turquie d’Asie. C’est la patrie de saint Nicolas. La ville d’Olympe est maintenant un site archéologique complètement envahi par la végétation.

Notre saint Méthode fut donc évêque en cette ville. S’il est vrai qu’il mourut martyr, il fut peut-être martyrisé à Tyr, ville mentionnée par le même saint Jérôme. Des contemporains de Méthode ne nomment pas son nom parmi les évêques de Tyr. Reste que Méthode fut apparemment un écrivain prolixe, dont malheureusement on n’a pas conservé les textes dans leur état intégral.

On a de lui Le Banquet des dix Vierges, un dialogue imité du Banquet de Platon, dont les personnages sont dix jeunes filles, réunies dans le jardin de Vertu, dissertant sur la chasteté. Le texte se conclut sur une hymne acrostiche de vingt-quatre strophes, entonnée par l’une des convives en l’honneur des fiançailles du Christ et de son Eglise, de l’union d’Adam et Eve qui les préfigure, et des deux natures du Christ, une des façons d’interpréter le Cantique des Cantiques de la Bible. Chaque strophe s’achève par une acclamation solennelle : “Chaste pour te plaire, une lampe éclatante à la main, ô mon époux, je viens à toi.”

D’autres œuvres de Méthode ont été conservées partiellement en grec et en vieux-slave : un traité Sur le libre arbitre contre les positions des gnostiques ; Sur la Résurrection où Méthode réfute certaines spéculations d’Origène.

Quelques traités, plus courts, nous sont parvenus en vieux-slave : Sur la vie et l’action raisonnable ; Sur la discrimination des aliments ; Sur la lèpre ; Sur la sangsue (cf. Proverbes 30:15sq). 

D’autres écrits sont connus seulement par de courts fragments : Contre Porphyre, Contre Origène, Commentaire sur la Genèse, Commentaire sur le Cantique des Cantiques, Commentaire sur le Livre de Job, Sur les martyrs.

 

Méthode était précédemment inséré par erreur au 18 septembre dans l’ancien Martyrologe. Adhérant aux habitudes de l’Eglise Orientale, l’actuelle édition du Martyrologe l’a rétabli au 20 juin.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:50

Félix González Bustos

1903-1936

 

Félix vit le jour le 23 février 1903 à Alcubillas (Ciudad Real, Espagne), d’un père qui, sacristain et chantre à la paroisse, lui donna le goût de la liturgie et de la musique.

Pedro fréquenta le Petit séminaire à Murcia, le Grand à Ciudad Real

Il fut ordonné prêtre en 1927 et fut nommé à Carrizosa, puis à Santa Cruz de Mudela, de 1934 à 1936.

A Santa Cruz, il était en compagnie de don Justo Arévalo et de don Pedro Buitrago, avec lesquels il se lia d’une profonde amitié. 

Après l’arrestation des Frères Lasalliens, don Félix fut à son tour arrêté le 20 juillet 1936.

Dans la nuit du 18 au 19 août, don Félix fut exécuté, avec don Justo, don Pedro et les Frères des Ecoles Chrétiennes, au cimetière de Valdepeña. Il avait trente-trois ans.

Ces Martyrs furent les premières victimes du diocèse de Ciudad Real.

Ils furent béatifiés en 2007.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:29

Fête-Dieu - A

Le jeudi après la fête de la Sainte Trinité, on célèbre normalement la Fête-Dieu, la Fête de Dieu par excellence, l’Eucharistie. Le Jeudi Saint, nous avons célébré “historiquement” l’institution des deux Sacrements eucharistiques : l’Eucharistie et le Sacerdoce., dans leur contexte de la Passion du Christ. L’actuelle Fête-Dieu a été déplacée en plusieurs pays au dimanche suivant, car le jeudi est désormais un jour où l’on travaille.

Malheureusement, cette Fête n’est peut-être pas davantage célébrée le dimanche, puisque tant de chrétiens ne se déplacent plus à l’église le dimanche, jour du Seigneur. Le dimanche est devenu le jour du sport, le jour du voyage, le jour de la pêche, le jour de l’entraînement, parfois même un jour de travail comme les autres, mais le Seigneur ? On pourrait dire comme Madeleine le jour de Pâques : Ils ont enlevé le Seigneur, et nous ne savons pas où ils l’ont mis (Jn 20:2).

Pourquoi donc l’Eglise a-t-elle institué cette grande Fête de l’Eucharistie, la Fête-Dieu ? Signalons, parce que c’est vrai, que Dieu Lui-même a voulu cette Fête ; Il l’a demandé à l’Eglise par l’intermédiaire d’une âme mystique dépositaire de ce message : sainte Julienne de Cornillon, une flamande qui vivait au 13e siècle. Un des personnages à qui elle confia ce message, devint plus tard le pape Urbain IV ; c’est ce dernier qui fut témoin du miracle d’Orvieto, petite ville à cent kilomètres de Rome : durant la Messe, un prêtre vit apparaître sur le corporal des taches de sang, signe de la présence réelle du Sang du Christ après la consécration. En voyant ce corporal taché du Sang du Christ, le pape Urbain IV décida enfin l’institution de la Fête-Dieu, un demi-siècle environ après la révélation reçue par Julienne de Cornillon.

Signalons au passage que le corporal en question est toujours visible, exposé en permanence dans la cathédrale d’Orvieto.

Dieu lui-même donna à Julienne le sens de cette fête nouvelle :

Le Jeudi saint, à la vérité, est désigné à cet effet (du très saint sacrement de l’autel), mais les diverses autres cérémonies de ce jour en empêchent la solennité ; il faut en établir une autre qui sera chômée et observée dans toute la chrétienté. Et cela pour trois raisons :

1. pour que la foi aux mystères de la religion, qui diminue et diminuera encore si l’on n’y porte remède, soit raffermie et confirmée en son entier ;

2. pour que les hommes qui aiment et cherchent la vérité en soient pleinement instruits, et puisent dans cette source de vie des forces pour avancer dans le chemin de la vertu ;

3. pour que les irrévérences et impiétés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement soient réparées et expiées par une adoration profonde et sincère.

Cette institution devait donc, de la part de l’Eglise, être une réponse d’amour et de reconnaissance pour tout ce que le Christ avait donné aux hommes par son Sacrifice. Ainsi, après la Pentecôte, où l’Esprit d’Amour s’est répandu sur les Apôtres, après la Trinité, où nous célébrons l’Unité d’Amour des Trois Personnes divines, il est tout-à-fait logique de célébrer l’Amour de Dieu dans l’Eucharistie, le jeudi suivant, en souvenir du Jeudi saint.

Ainsi naquit la Fête-Dieu, qui fut chômée très longtemps en France, et l’est encore en d’autres régions.

* * *

Cette longue introduction historique n’était pas superflue. Venons-en aux textes proprement dits de cette année A, et d’abord à l’évangile.

L’évangile reprend une partie du “discours eucharistique”, rapporté par saint Jean, où Jésus explique aux Juifs que Son Corps et Son Sang auront une importance capitale dans la vie spirituelle de ceux qui L’écouteront fidèlement, une importance bien plus grande encore que la Manne du désert, envoyée par Dieu au peuple juif pour sa nourriture quotidienne durant son voyage à travers le désert.

Jésus ajoute même une phrase apparemment terrible : Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement, car il reçoit en lui le germe puissant de la rénovation spirituelle véritable, qui s’épanouira complètement à la résurrection finale.

Ceux qui alors moururent dans le désert, ne connurent donc pas la vie éternelle ensuite ? Le psaume 94 nous rappelle qu’effectivement, après plusieurs épreuves, beaucoup parmi le peuple juif abusèrent de la patience de Dieu envers eux, se montrant sans reconnaissance pour tous les “signes” de Dieu parmi eux, s’obstinant à refuser de L’aimer et de croire en Lui, obligeant Dieu en quelque sorte à les priver de la vie éternelle : Jamais ils n’entreront dans mon repos (Ps 94,11).

* * *

Moïse rappelle à son peuple ce miracle de la Manne céleste, dans la première lecture (Dt 8,2-16).

Rappelons en quelques mots en quoi consistait ce miracle : chaque matin, sans travailler, sans fatigue, les Hébreux trouvaient près de leurs tentes cette substance mystérieuse, venue du ciel, dont chacun pouvait prendre ce qu’il lui fallait, ni plus ni moins. Ce miracle dura quarante années, jusqu’à l’entrée dans la Terre Promise.

C’est à cette nourriture que se réfère ce verset du Livre de la Sagesse :

Tu as donné à ton peuple une nourriture d’anges ; inlassablement, tu lui as envoyé du ciel un pain tout préparé, capable de procurer toutes les délices et de satisfaire tous les goûts (Sg 16:20).

La manne en effet avait le goût d’un gâteau de miel (cf. Ex 16:31). La liturgie du Saint-Sacrement a repris ce texte, à la louange de l’Eucharistie.

* * *

Le psaume 147 fait également allusion à cette nourriture et fait remarquer : Pas un peuple qu’il ait ainsi traité (Ps 147,20), car le peuple juif fut un peuple choisi entre tous.

En même temps, il semble bien que ce psaume prophétise l’Eucharistie lorsqu’il dit, d’une part : D’un pain de froment il te rassasie, car la manne ne provenait pas de la culture du froment ; et d’autre part : Il envoie sa parole sur la terre, rapide, son verbe la parcourt, qui est une allusion directe à la diffusion de l’Evangile et de l’Eucharistie par toute la terre.

Ce Verbe, c’est le Christ. Et le Verbe s’est fait Chair, écrit saint Jean (Jn 1:14), ajoutant : Et habitavit in nobis, qu’on peut traduire aussi bien Il a habité parmi nous que Il a habité en nous.

* * *

Que se passe-t-il alors, quand nous sommes réunis autour de la Table de l’Eucharistie ?

Saint Paul rappelle aux Corinthiens que, si nous recevons tous le Corps et le Sang du Christ, nous sommes réunis dans un seul Corps, le Corps du Christ, l’Eglise.

Cette sorte d’évidence, énoncée ainsi en deux mots, doit nous remplir d’allégresse et nous faire chanter une profonde action de grâce envers Dieu : si je mange le Corps du Christ, ce Corps m’envahit, je suis transformé en Lui, je deviens Lui ; et tous mes frères deviennent Lui ; et toute cette communauté rayonne en tant que Corps Unique du Christ, ressuscité.

C’est bien ce que saint Paul affirme aux Galates : Si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2:20).

Rassasiés par cette sainte Nourriture, transfigurés dans ce Corps, nous devrions êtres capables d’agir en tout comme le ferait le Christ.

* * *

Voici, pour finir, un extrait d’une Homélie pascale de s.Gaudence de Brescia (4e siècle) :

(Le Seigneur) a voulu que ses bienfaits demeurassent parmi nous ; il a voulu que les âmes rachetées par son sang précieux fussent toujours sanctifiées à l’image de sa propre passion. C’est pourquoi il donne l’ordre à ses disciples fidèles, qu’il établit les premiers prêtres de son Eglise, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle. Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Eglises du monde, les célèbrent jusqu’à ce que le Christ revienne du ciel. C’est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ ; en la tenant dans nos mains, en la recevant dans notre bouche et notre cœur, nous garderions un souvenir ineffaçable de notre rédemption (Homélie pascale).

Voilà qui nous permet de revenir à la Prière du jour :

Donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:00

Elena Aiello

1895-1961

 

Elena naquit le 10 avril 1895 à Montalto (Uffugo, Calabre, Italie sud), le Mercredi Saint, troisième enfant de Pasquale et Teresa Paglilla, qui en eurent neuf (la dernière mourut à la naissance).

La maman, enceinte d’Elena, demandait à Dieu une petite fille qu’elle aurait appelée Elena en souvenir de sainte Hélène, l’impératrice qui découvrit la Sainte Croix à Jérusalem. Elena fut aussi appelée Santa parce qu’elle vit le jour durant la Semaine Sainte. Elena fut baptisée rapidement car elle semblait en mauvaise santé ; les parents durent même payer une taxe spéciale, car le sacrement fut conféré en-dehors du temps habituel (!).

Ces petits détails montrent combien les parents étaient de bons chrétiens. Pasquale était un tailleur, très honnête ; Teresa était une excellente épouse et mère chrétienne ; elle mourut en 1905, peu après la naissance de sa dernière. Cette année-là, Elena avait dix ans.

La petite fille avait déjà reçu à la maison une bonne instruction, et les Sœurs du Précieux Sang lui firent faire l’école primaire. Elena apprenait et assimilait si bien, qu’elle fut chargée, à huit ans, d’enseigner le catéchisme aux plus petits.

Tous les jours, elle assistait à la Messe, avec empressement. Elle reçut la Première communion à neuf ans. Quelques jours avant, durant le retraite, le prêtre avait invité les enfants à porter un petit cilice autour de la taille, en pénitence pour les péchés qui attristent Jésus, mais à condition d’en faire la demande au prêtre, car il faut toujours demander conseil au prêtre pour se livrer à ces «pénitences». En sortant de la maison, la barre de bois qui tenait la porte fermée, tomba sur la petite Elena, qui en perdit deux dents : ces deux dents repoussèrent, alors que ce n’étaient déjà plus des dents de lait… Puis elle obtint la permission demandée.

Elena reçut la Confirmation en 1905, peu avant la mort de la maman. La vie chrétienne continua à la maison : chaque matin on participait à l’Eucharistie, chaque soir on priait le Chapelet.

Après un incident qui lui avait causé des désagréments continuels à sa voix, elle promit à Notre-Dame de Pompei d’être religieuse dans ce sanctuaire, si elle guérissait : le lendemain matin, elle était toute guérie.

En attendant de pouvoir entrer chez les Dominicaines, qui tenaient le sanctuaire de Pompei, Elena fréquentait les Sœurs du Précieux Sang, participait à l’Apostolat de la prière, visitait les malades, les pauvres, les mourants, enseignait le catéchisme. 

Le médecin la surprit un jour en train de coiffer une malade gravement contagieuse ; une autre fois, elle alla prier un moribond, franc-maçon connu, de se convertir avant de mourir : ce dernier la reçut d’abord en lui envoyant une bouteille qui lui ouvrit le cou, puis, celle-ci insistant encore malgré le sang qui coulait, se reprit et accepta de se confesser. Quand l’épidémie de grippe espagnole sévit durant la Première guerre mondiale, elle courut aider le curé et la Mère supérieure des Religieuses pour assister les malades ; elle fabriqua même des cercueils tout simples pour ensevelir dignement les morts.

En 1920, Elena fut opérée de l’appendicite. Le 18 août 1920 (fête de sainte Hélène), elle put enfin être religieuse à Nocera dei Pagani, où on lui confia très vite la formation des jeunes vocations.

Pour aider une autre Sœur à déplacer un meuble très lourd, Elena se fit une déchirure musculaire à l’épaule, qui dégénéra en gangraine : on dut l’opérer sans anesthésie, en lui sectionnant même des nerfs. En mai 1921, elle fit un séjour en famille pour se reposer : elle ne pesait plus que vingt-cinq kilogrammes, avec son bras paralysé, la bouche quasi fermée, et l’épaule envahie par la gangrène.

En août 1921, on lui diagnostiqua un cancer à l’estomac. Elle prophétisa au chirurgien : Docteur, vous-même, vous en mourrez, mais pas moi, car sainte Rita va me guérir. Le médecin souffrait en effet d’un identique cancer. Sainte Rita apparut à Elena et la guérit bientôt. La famille fut témoin de la lumière qui apparut durant ces apparitions.

A partir de septembre 1921, Elena fut invitée par Notre-Seigneur à participer intensément à Sa Passion. Ce fut d’abord la sueur de sang qui se vérifia chaque Vendredi Saint, jusqu’à sa mort. Plus tard, elle reçut l’impression des stigmates de la Passion de Notre-Seigneur : ses mains et ses pieds saignaient abondamment aux heures de cette Passion, le vendredi. On remarqua que les pieds étaient perforés de part en part, comme par les Clous de la Croix Le médecin consulté, incroyant, affirma qu’il y avait là quelque chose de surnaturel. Sœur Elena fut aussi observée en état de lévitation.

Sœur Elena annonça que, le jour de la Sainte-Rita (22 mai), elle serait guérie de son épaule, ce qui arriva.

En 1927, avec la permission de l’Archevêque, Elena voulut ouvrir à Cosenza une maison pour une œuvre que devait lui confier le Sacré-Cœur. Une mystérieuse Sœur - très certainement Thérèse de l’Enfant-Jésus, récemment canonisée en 1925 et qu’elle avait prié spécialement) - lui apparut et lui indiqua où trouver cette maison. La maison sera dédiée à sainte Thérèse.

Avec une compagne, elle commença à inviter les enfants et les adolescents pour les préparer à la Première communion et les aider dans leur vie personnelle. Puis elle s’occupa d’apporter de l’ordre dans les familles, dans les couples non encore mariés. Elena n’hésita pas à entrer même dans la salle de réunion où un pasteur protestant prêchait, invitant au contraire toute l’assistance à rester dans la foi catholique. Elle se porta spécialement au chevet de francs-maçons mourants. Sa compagne l’aidait partout, elle faisaient à elles deux un travail apostolique extrêmement fructueux.

La maison abritait maintenant un atelier de couture, de broderie, un jardin d’enfants ; on projetait un pensionnat pour jeunes filles… Il fallut même déménager en 1928. Cette année-là, sœur Elena a trente-trois ans.

Des signes providentiels firent comprendre à Elena et à son amie Gigia que l’œuvre devait prendre soin d’abord des orphelines ; la première qu’elles reçurent s’appelait justement Rita !

Les petites filles devaient être formées, instruites, et guidées soit pour être adoptées légitimement, soit pour être mariées régulièrement, sinon elles restaient dans l’Institut.

Des Sœurs passèrent le diplôme en couture, en broderie. En 1940 l’Institut sera reconnu officiellement par les Autorités et récompensé par l’octroi de plusieurs machines. 

Sœur Elena comprit que l’idéal de cet Institut était la Charité, et prit ce mot comme emblême, en même temps que les signes de la Passion du Christ ; l’Institut prit le nom de Sœurs Minimes de la Passion de Notre-Seigneur-Jésus-Christ.

Le nombre des vocations s’amplifia rapidement. De nouveaux locaux furent occupés à partir de 1932, puis d’autres encore en 1937, toujours sur mystérieuses indications de la Providence. Sœur Elena ouvrit jusqu’à une vingtaine de maisons.

On a vu comment la vie d’Elena fut marquée par la souffrance dès le début. Ces souffrances continuèrent encore : en 1939, la malaria ; en 1943, durant un bombardement, fracture du pied droit et du nez ; fibromes ; coliques hépatiques ; spondylarthrite. Elle dut passer beaucoup de temps alitée, supportant avec joie, et même avec ironie, toutes ces douleurs. Elle s’arrachait elle-même une dent malade, se retirait les oncles incarnés, et si on lui demandait si elle ne souffrait pas, elle répondait : Hé, qu’est-ce qu’on offre à Jésus ? 

La prière confiante de Sœur Elena obtint encore de sainte Thérèse d’autres grâces : quand on manqua d’argent pour acheter la nourriture, deux jours de suite, Elena trouva dans son livre de prières un billet de cinquante lires (des années trente) ; la deuxième fois, il y avait même une inscription : 50+50=100). 

Sœur Elena reçut aussi d’importantes prophéties, sur l’affliction du Cœur Sacré de Jésus à cause des innombrables péchés qui se commettent partout dans le monde. Elle signala ainsi les âmes des jeunes, qui se donnent aux plaisirs du monde, les parents qui scandalisent leurs enfants, les graves responsabilités des gouvernants : il s’ensuivrait des guerres, des catastrophes, des punitions célestes… Elle informa, inutilement, Mussolini, des graves conséquences qu’aurait son alliance avec Hitler. Des publications en ont été faites, qu’on peut se procurer très facilement.

L’institut de Sœur Elena fut reconnu officiellement de droit pontifical en janvier 1948, ainsi qu’au Journal officiel en août 1949.

C’est cette année-là que Sœur Elena fit les vœux de religion.

Humblement, Sœur Elena cherchait à masquer ses stigmates, les effusions de sang, mais trop de signes apparaissaient. On l’appelait la sainte moniale, ce qu’elle n’appréciait pas du tout.

Le pape Pie XII la consulta plusieurs fois, et en reconnut les dons d’abnégation, de charité et de prophétie.

Elle fut hospitalisée en juin 1961 et les consœurs pensaient qu’elle serait guérie par l’intercession de saint Antoine de Padoue, le 13 juin, car on avait remarqué dans la chambre un intense parfum mystérieux. Mais Sœur Elena précisa : Demain, ni saint Antoine, ni sainte Rita, ni la Sainte Vierge ne feront de miracle. Elle mourut en effet quelques jours plus tard, le 19 juin 1961.

 

Elle a été béatifiée le 14 septembre 2011, en la fête de la Sainte Croix.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:00

Thomas Woodhouse

† 1573

 

Ce prêtre anglais, ordonné durant le règne de Marie Tudor, fut d’abord recteur dans le Lincolnshire pendant quelques mois, puis en 1560 reçu comme tuteur privé dans le Pays de Galles.

En 1561, Thomas fut pris en flagrant délit de célébration de la Sainte Messe. Il fut arrêté et enfermé pendant les douze dernières années de sa vie.

Dans sa cellule, il s’arrangeait pour célébrer la Messe quotidiennement et en secret, priant régulièrement le Bréviaire, et se préparant au Martyre. 

Pendant toute cette période, on pourrait dire qu’il fut traité avec une certaine clémence, dont il profita, sans jamais céder à l’hérésie ni au compromis.

Lors de la peste de 1563, on expédia à la campagne les détenus pour religion. Thomas y eut l’occasion de censurer vertement l’usage de la viande en Carême. Il alla même jusqu’à refuser de se découvrir pendant qu’un ministre protestant disait les grâces.

En novembre 1572, il fit porter à Lord Burghley par la blanchisseuse de la prison cette fameuse lettre où il le supplie de rechercher la réconciliation avec le pape ; il va jusqu’à le prier de persuader Madame Elizabeth, qui a été très justement déposée à cause de sa profonde désobéissance personnelle, de se soumettre elle-même à son prince et père spirituel (persuade the Lady Elizabeth, who for her own great disobedience is most justly deposed, to submit herself unto her spiritual prince and father).

Il se préoccupait de convertir les autres prisonniers ; il copiait et signait de petits billets, qu’il attachait à des cailloux et jetait par sa fenêtre, invitant ceux qui les liraient à se rattacher à la vraie foi.

On aurait dit qu’il s’amusait à provoquer ses ennemis. Mais aussi, imaginons l’état d’esprit d’un prêtre zélé comme lui, confiné dans sa cellule pendant douze ans : qu’avait-il à perdre, sachant bien quelle serait sa fin ?

Il eut la joie, en prison, d’être admis dans les rangs des Jésuites. Son zèle ne se contenait plus. Il aurait même tenté de suborner son geôlier pour être supplicié à la place de John Storey, un autre prêtre qui fut supplicié le 1er juin 1571.

Il fut interrogé, publiquement et privément. Un jour qu’il avait refusé son titre à la reine, on lui dit : “Si tu voyais Sa Majesté, tu ne parlerais pas ainsi, car Sa Majesté est Grande”. Et de répondre : “Mais la Majesté de Dieu est encore plus grande”.

Condamné en avril ou juin à l’hôtel de ville, il fut emmené à la prison de Newgate. Sur l’échafaud, à Tyburn, on lui enjoignit de demander pardon à Dieu, à la reine, et au pays ; il répliqua : “Non ! De par Dieu, je demande à vous et à la reine d’implorer pardon de Dieu et de notre sainte Mère l’Eglise, parce que vous êtes allés contre la vérité, vous avez résisté à Notre-Seigneur Jésus-Christ et au pape, son vicaire ici-bas.”

Le 19 juin 1573, Thomas fut pendu, dépecé à terre et étripé, encore vif, selon une habitude assez courante durant cette période de persécution en Angleterre.

 

Il a été béatifié en 1886.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:00

Modeste Andlauer

1847-1900

Remi Isoré

1852-1900

 

 

 

Modeste Andlauer naquit le 22 mai 1847 à Rosheim, dans le diocèse de Strasbourg. Il devint Jésuite, fut ordonné prêtre en 1877 en partit en mission en Chine en 1881, dans la province du Hebei.

De prénom et de nature, il fut timide, humble, aimant le travail bien fait.

En 1870 il connut les faits du massacre de Tien-Tsin (voir notice). 

 

Remi Isoré était né le 22 janvier 1852 à Bambecque (Nord), aîné d’une famille nombreuse qui compta deux prêtres et une religieuse. Son père, instituteur et chrétien convaincu, le plaça au petit séminaire d’Hazebrouck ; Rémi sentit la vocation sacerdotale, alla au grand séminaire de Cambrai, et décida bientôt d’entrer chez les Jésuites en 1875. Il fut envoyé en Chine en 1882, y apprit la langue, et devint prêtre en 1886. 

Comme en France, il enseigna d’abord dans un collège, puis sera curé à Tchang Kia Tchoang. A cette époque, Remi écrit : “Hélas !  l'ère des martyrs n'est pas ouverte pour la Chine ; c'est peut-être ce qui retarde la conversion de cet immense empire, car la croix est un arbre qu'il faut arroser avec du sang. Ce n'est pas à dire, cependant, que toute espérance soit perdue de voir nos mandarins se mettre sérieusement à la besogne."

 

Après une période d’accalmie, survint en effet la persécution des Boxers en 1900. Modeste va rencontrer son confrère Remi Isoré, et tous deux sont surpris par les Boxers dans la mission de ce dernier, le 19 juin. Ils s’enferment dans la chapelle de leur communauté. Les chrétiens sont réunis sur la place publique. Il y a deux locaux, l'un à droite, l'autre à gauche. Les Boxers disent: "Si vous allez à droite, c'est que vous êtes chrétiens. Si vous allez à gauche, vous serez sauvés." Ceux qui vont à droite sont massacrés, une trentaine, ainsi que les missionnaires.

Tous ces martyrs chinois, avec les pères Andlauer et Isoré font partie des cent-vingt Martyrs qui furent béatifiés en 1955, et canonisés en 2000.

Modeste et Remi, avec leurs Compagnons, sont morts le 19 juin 1900, et sont commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain. 

 

Une fête commune célèbre ensemble ces cent-vingt martyrs chinois, le 9 juillet. On les commémore avec Agostino Zhao Rong, soldat converti devenu prêtre, et martyrisé en 1815.

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:00

Modeste Andlauer

1847-1900

Remi Isoré

1852-1900

 

 

 

Modeste Andlauer naquit le 22 mai 1847 à Rosheim, dans le diocèse de Strasbourg. Il devint Jésuite, fut ordonné prêtre en 1877 en partit en mission en Chine en 1881, dans la province du Hebei.

De prénom et de nature, il fut timide, humble, aimant le travail bien fait.

En 1870 il connut les faits du massacre de Tien-Tsin (voir notice). 


 

Remi Isoré était né le 22 janvier 1852 à Bambecque (Nord), aîné d’une famille nombreuse qui compta deux prêtres et une religieuse. Son père, instituteur et chrétien convaincu, le plaça au petit séminaire d’Hazebrouck ; Rémi sentit la vocation sacerdotale, alla au grand séminaire de Cambrai, et décida bientôt d’entrer chez les Jésuites en 1875. Il fut envoyé en Chine en 1882, y apprit la langue, et devint prêtre en 1886.

Comme en France, il enseigna d’abord dans un collège, puis sera curé à Tchang Kia Tchoang. A cette époque, Remi écrit : “Hélas !  l'ère des martyrs n'est pas ouverte pour la Chine ; c'est peut-être ce qui retarde la conversion de cet immense empire, car la croix est un arbre qu'il faut arroser avec du sang. Ce n'est pas à dire, cependant, que toute espérance soit perdue de voir nos mandarins se mettre sérieusement à la besogne."

 

Après une période d’accalmie, survint en effet la persécution des Boxers en 1900. Modeste va rencontrer son confrère Remi Isoré, et tous deux sont surpris par les Boxers dans la mission de ce dernier, le 19 juin. Ils s’enferment dans la chapelle de leur communauté. Les chrétiens sont réunis sur la place publique. Il y a deux locaux, l'un à droite, l'autre à gauche. Les Boxers disent: "Si vous allez à droite, c'est que vous êtes chrétiens. Si vous allez à gauche, vous serez sauvés." Ceux qui vont à droite sont massacrés, une trentaine, ainsi que les missionnaires.

Tous ces martyrs chinois, avec les pères Andlauer et Isoré font partie des cent-vingt Martyrs qui furent béatifiés en 1955, et canonisés en 2000.

Modeste et Remi, avec leurs Compagnons, sont morts le 19 juin 1900, et sont commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain. 

 

Une fête commune célèbre ensemble ces cent-vingt martyrs chinois, le 9 juillet. On les commémore avec Agostino Zhao Rong, soldat converti devenu prêtre, et martyrisé en 1815.

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 23:00

 

 

Osanna Andreasi de Mantoue

1449-1505

 

Osanna Andreasi était la première-née d’une nombreuse progéniture, dans une famille très noble originaire de Hongrie et alliée aux Gonzague, les princes de la cité. Ses parents étaient Nicolò et Agnese. Elle naquit le 17 janvier 1449.

Elle n’avait que six ans lorsqu’une voix céleste l’interpela : “Enfant, la vie et la mort consistent à aimer Dieu”. Elle fut au paradis en extase.

Toute sa vie devait être une union mystique au Verbe éternel, qui la favorisa de nombreuses extases.

Son père ne voulant pas la faire étudier, elle obtint par la prière l’aide surnaturelle : une statue de la Vierge Marie s’anima, qui lui enseigna la lecture des cantiques, le latin, et l’écriture. Elle connut ainsi la Bible et put citer les Pères de l’Eglise.

Lors d’une maladie grave qui mit ses jours en danger, elle en profita pour demander l’habit du tiers ordre dominicain. Guérie, elle conserva cet habit : on imagine la “colère” du papa, qui s’apaisa tout de même.

Osanna fit un noviciat patient de trente-sept années, et fit profession en 1501.

Après la mort des parents, elle s’occupa de la maison, cherchant à rendre service à chacun. Sous les dehors de sa condition, elle portait le cilice ; elle récitait l’office de la Vierge, le grand office aux jours de fête ; elle se confessait et communiait chaque dimanche ; tant qu’elle put, elle s’imposa de dures pénitences : avec l’âge, elle y renonça mais eut le don des larmes.

Lors d’une extase où lui apparurent le Christ, la Vierge Marie et le roi David, elle reçut l’anneau invisible des noces mystiques ; elle porta, mais de façon invisible aussi, les stigmates de la passion de 1476 à 1481.

Durant cette période, elle fut appelée comme gouvernante auprès de François II et Isabelle d’Este, auxquels ses prières obtinrent une fille, Livia-Osanna, qui devint clarisse.

Sans se mêler de politique, elle souhaitait la liberté pour sa ville de Mantoue, occupée par les Français, et appelait instamment les habitants à la conversion.

Elle mourut le 18 juin 1505 dans les bras de ses protecteurs princiers, qui lui préparèrent un magnifique mausolée. Après quatre cents ans, son corps intact fut transporté à la cathédrale.

Osanna fut béatifiée en 1694.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 23:00

Phêrô Ɖa

1802-1862

 

Ce laïc vietnamien était né vers 1802 à Ngọc Cục (Nam Định, Vietnam).

D’autres Martyrs étaient du même village (voir au 16 juin).

Phêrô (Pierre) fut brûlé vif ; il subit le martyre le 17 juin 1862. Il y eut cette année-là un traité entre le Vietnam et la France, mettant fin (officiellement) aux hostilités des gouvernants vietnamiens contre les Occidentaux (et donc contre les missionnaires).

Béatifié en 1951, Phêrô Đa a été canonisé en 1988. Il occupe la dernière place de la liste des cent dix-sept Martyrs vietnamiens.

 

Ces cent dix-sept Martyrs ont leur fête commune le 24 novembre.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 23:00

Philippe Papon

1744-1794

 

L’abbé Papon était né le 5 octobre 1744 à Saint-Pourçain (Allier).

Il fut curé de Contigny, dans le diocèse de Moulins.

Comme tant d’autres Confrères, il refusa de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé et fut condamné à la déportation.

Les prisonniers furent en réalité entassés sur des bateaux négriers qui ne partirent jamais de La Rochelle.

L’abbé Philippe Papon mourut à bord du Deux Associés, le 17 juin 1794, en donnant l’absolution à un autre prêtre moribond.

 

Il fait partie des soixante-cinq Martyrs de la Révolution béatifiés en 1995.

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