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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:11

Pedro Gambín Pérez

1886-1936

 

Né le 17 juillet 1886 à Cartagena (Murcia), il était le fils de Pedro et Juana, qui le firent baptiser le lendemain.

Il fit toutes ses études aux séminaires diocésains, petit et grand, de Murcia.

Prêtre diocésain, il fut ordonné en 1911. Il fut nommé à Alhama, Lorquí et, en 1926, Cartagena, où il fut archiprêtre. Parallèlement, il s’occupa activement de l’association des Enfants de Marie, dont nombreux furent ceux qui donnèrent un très bel exemple de témoignage de la Foi durant la persécution.

Le 20 juillet 1936 - don Pedro avait cinquante ans depuis trois jours -, un autocar vint enlever toute la communauté des Filles de la Charité. L’archiprêtre Gambín appela au téléphone le maire, d’où était parti l’ordre de cet enlèvement : le résultat fut l’arrestation et l’emprisonnement de don Pedro. Avec lui se trouvaient des jeunes des Enfants de Marie, qu’il prépara à mourir dignement.

Au petit matin du 15 août, on emmena don Pedro et d’autres détenus à la carrière de Murcia, au lieu-dit Los Puertos. Don Pedro obtint des bourreaux de mourir en dernier, et put donner l’absolution, un à un, à tous les autres avant d’être lui-même fusillé. Juste avant de mourir, il remit son crucifix au bourreau, en signe de pardon. Il reçut cinq projectiles, qui ne le tuèrent pas immédiatement. Un peu plus tard, quelqu’un qui passait par là entendit les gémissements du prêtre et voulut le soulager, mais don Pedro eut tout juste la force de lui dire : Je n’ai besoin de rien, mon âme va bientôt être unie à Dieu, tout est accompli. L’homme s’écarta quelques secondes en entendant passer une voiture ; quand il revint, le prêtre avait expiré.

Martyrisé le 15 août 1936 à Cartagena et béatifié en 2017, Pedro Gambín Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:11

Cayetano García Martínez

1895-1936

 

Né le 6 janvier 1895 à Jumilla (Murcia), il était le fils de José et Baldomera, qui le firent baptiser le 11 janvier suivant.

A dix ans, il alla au Petit séminaire.

Prêtre diocésain, il fut ordonné en 1922. Ses postes successifs furent Blanca et Albujón, puis Cartagena (1932). Dans cette dernière localité, il fut en rapport avec l’association des Enfants de Marie, dont il partagea pleinement l’idéal marial.

En juillet 1935, il fut nommé à la paroisse de Lorquí, un pays profondément gagné aux idées marxistes ; lors du carnaval, on vint chanter des obscénités à la porte de l’église. Certains entrèrent même dans l’église pour y insulter le prêtre et le menacer. Don Cayetano eut le courage de leur répliquer en face : La vie, on ne la reçoit qu’une fois ; la donner pour le Christ, c’est ce qu’il y a de plus grand.

En juillet 1936 se déchaîna la persécution religieuse. Les miliciens vinrent mettre dehors le curé et son vicaire, sans même leur laisser le temps de prendre avec eux quelque chose ; don Cayetano put quand même emporter le Saint-Sacrement et trouver un accueil chez une paroissienne.

Le 14 août, il disait aux siens : Et si je devais mourir demain, jour de l’Assomption…

Le 15 août, il se trouvait avec son cousin dans la maison, lorsque des miliciens de Jumilla vinrent les emmener de force. Ils les gardèrent un moment dans la mairie de Jumilla et, vers onze heures, les conduisirent jusqu’à un ermitage pour les fusiller. Juste avant l’exécution, le prêtre donna l’absolution à son cousin et l’embrassa ; ils tombèrent en criant Vive le Christ Roi !

Une fois terminée la guerre civile, un de ces miliciens vint demander pardon à la famille, leur racontant tous les détails des derniers instants de don Cayetano.

Martyrisé le 15 août 1936 à Jumilla et béatifié en 2017, Cayetano García Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

 

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:10

Juan José Vivas-Pérez Bustos

1901-1936

 

Né le 29 janvier 1901 à Almería. il fut baptisé le 2 février suivant. Son père était un illustre savant pharmacien, mais surtout un chrétien profondément convaincu, qui ouvrit des écoles et fonda le journal catholique La Independencia. Juan José était l’un de ses huit enfants.

Elève des Jésuites, Juan José fit des études de pharmacie à Grenade tout en reprenant et poursuivant les activités de son père. Il devint directeur de La Independencia.

Il communiait chaque jour à la messe. Il épousa Rafaela Torres Benitez, dont il eut trois fils : le dernier naquit très peu de temps avant le déclenchement de la guerre civile et de la persécution.

Sa position de directeur du journal catholique le mettait en point de mire et, de fait, on vint occuper sa pharmacie et sa propre maison le 7 juillet. On le conduisit en «prison» dans le couvent des Adoratrices, réquisitionné à cet effet.

On lui confisqua son chapelet, qu’il portait toujours, de sorte qu’il s’en fit un autre en nouant une petite ficelle qu’il trouva dans un coin de la prison. Il s’inquiéta aussi de faire payer ses employés.

Au début du mois d’août, on l’emmena à bord du Capitán Segarra, où on lui fit nettoyer des ordures. Au soir du 15 août, on l’emmena sur la plage de La Garrofa pour l’exécuter. Juste avant de mourir, il s’adressa à ses bourreaux : J’ai vécu comme chrétien, et vous me tuez comme chrétien. Je suis né pour Dieu et je meurs pour Dieu. Vive le Christ Roi !

Martyrisé le 15 août 1936 et béatifié en 2017, Juan José Vivas-Pérez Bustos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 17:09

Luis Belda Soriano de Montoya

1901-1936

 

Né le 11 décembre 1901 à Palma de Mallorca (Baléares), Luis était l’un des onze enfants d’une famille très croyante. Il fut baptisé deux jours après sa naissance.

En 1910, il fit la Première communion.

En 1911, mourut son père, qui alors préparait activement le Congrès Eucharistique International.

Luis fit partie de la Conférence S.Vincent-de-Paul, visitant les pauvres, plus tard faisant des conférences.

Au terme de ses études de Droit, il fut nommé avocat à Almería.

En 1925, il épousa Josefina Alberti Merello, sœur du poète Rafael Alberti. Ils devaient avoir six enfants.

Courageux et très actif, Luis intervint en 1931 pour sauver la statue de Notre-Dame de la Mer, patronne d’Almería, ainsi que le monument au Sacré-Cœur.

En 1934, il fonda à Almería une Association catholique de Propagande et ouvrit une Ecole d’Ouvriers. Il se déplaçait beaucoup pour encourager l’Action Catholique, particulièrement aussi pour défendre le mariage chrétien et s’opposer à la pratique déjà connue de l’avortement.

Il fut membre de l’Adoration Nocturne, des Chevaliers de l’Immaculée, et même du Conseil diocésain. Les Jésuites le prirent comme avocat, ainsi que l’évêque. Enfin, il appuya le parti social-chrétien Action Populaire et fut président de la Junte provinciale de la Réforme agraire.

Dès le début de la guerre civile de 1936, on lui retira sa licence d’avocat et on lui confisqua sa maison. Arrêté, il fut mis en prison et porté sur le Capitán Segarra, comme l’autre martyr Juan José Vivas-Pérez Bustos ; à son épouse qui venait le voir, il dit : Je pardonne de tout mon cœur à tous ceux qui m’ont offensé. Le 15 août, jour de l’Assomption, un escadron des FAI (Fédération Anarchique Ibérique) l’emmena avec d’autres compagnons pour les exécuter sur la plage de La Garrofa.

Le corps de Luis, jeté à la mer, fut retrouvé sur la plage de Zapillo, à 6 kilomètres de là, deux mois plus tard.

Martyrisé le 15 août 1936 et béatifié en 2017, Luis Belda Soriano de Montoya sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 août.

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 10:11

José Ignacio Gordón de la Serna
1902-1936

Né le 13 octobre 1902 à Jerez de la Frontera (Cadix), baptisé deux jours après et confirmé en 1904, José Ignacio était le fils d’un négociant en vin, Luis Gonzaga, dont l’épouse était la fille du marquis d’Irún de Séville, Josefa de la Serna y Adorno, qui mourut en 1909. Cette personne était apparentée au roi d’Espagne Alfonso XIII.

José Ignacio fit ses études secondaires à Jerez, chez les Marianistes, puis commença celles de Droit à Madrid. Il faisait partie de l’association S.Louis-de-Gonzague.

En 1921 cependant, il cessa ces études pour entrer chez les Pères Clarétains. Il voulut vraiment «couper» avec la famille et demanda à être reçu dans une maison éloignée de Jerez ; ce fut Cervera.

Lui qui avait vécu dans l’aisance, il souffrit quelque peu du nouveau style de vie et du climat rigide de Cervera, mais il persévéra. Il acheva le noviciat et fit la profession en 1923. Commencèrent ensuite les études de philosophie à Cervera puis Solsona, puis celles de théologie de nouveau à Cervera (1925). 

De1927 à 1929, il reçut les Ordres mineurs et majeurs, et fut ordonné prêtre.

En 1930, il se trouvait encore à Cervera, lors d’une visite que fit le roi d’Espagne Alfonso XIII. Qui fut chargé de prononcer l’allocution de bienvenue, fut le p.Gordón, qui fut si éloquent que le roi l’appela et s’entretint un long moment avec lui. Et quand le roi s’étonna de sa présence dans cette maison religieuse, José Ignacio lui répondit : Je préfère ma soutane et ma vocation à tous les titres que j’ai pu hériter de mes origines.

En 1932, on le nomma supérieur à Játiva et de nouveau en 1934, mais il n’acheva pas son temps car, en 1936, il dut se réfugier à Valencia.

Il fut arrêté et mis en prison le 12 août 1936. Le soir, on lui servit un bon repas de pommes de terre avec viande, pain et eau, mais il n’y toucha presque pas. On l’appela à la nuit tombante, pour le soumettre à un pénible interrogatoire qui dura plus d’une heure. Vers minuit, on l’emmena avec deux autres prêtres. En descendant de voiture, il les embrassa et pria : Mon Jésus, je remets mon âme entre tes mains (cf. Ps 30:6). Il se dirigea vers les miliciens et leur dit : Je vous pardonne de tout mon cœur.

On éteignit les phares de la voiture et les coups partirent. Le père Gordón agonisa pendant vingt minutes, murmurant encore ô ma Mère ! Les bourreaux allumèrent un grand feu ; s’approchant du père, ils remarquèrent qu’il respirait encore et lui tirèrent le coup de grâce dans la tête.

Martyrisé le 13 août 1936 à Alboraya et béatifié en 2017, José Ignacio Gordón de la Serna sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 août.

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 10:10

Marceliano Alonso Santamaría
1906-1936

Né le 18 juin 1906 à Grañón (Logroño), baptisé le 22 suivant, Marceliano était un des sept enfants (quatre garçons et trois filles) d’un ouvrier, Julián, et de Felipa ; celle-ci offrit à Dieu son enfant.

Ce dernier put faire la Première communion à six ans, car il récita son catéchisme par-cœur devant les autorités. Grañón n’était qu’à trois kilomètres de Santo Domingo de la Calzada, où résidaient des Clarétains. La famille rencontrait fréquemment ces Religieux et ainsi naquit la vocation de Marceliano.

En 1918 il entra au postulat d’Alagón, où il fut qualifié de meritissimus maior, et acheva ses Humanités à Barbastro. En 1922 commença son noviciat à Cervera, fit la profession l’année suivante et passa à Solsona pour la philosophie. En 1926, il passa le baccalauréat civil avec d’excellentes notes aussi, puis commença la théologie à Cervera.

1931 vit les premières émeutes anticléricales de la République espagnole. Des églises et des couvents furent incendiés. Marceliano fut cependant ordonné prêtre cette année-là à Solsona.

Il fut chargé d’enseigner à Cervera la physique et les mathématiques. En 1933, le gouvernement lui retira la faculté d’enseigner. Il s’attendait aussi à être appelé sous les drapeaux, mais il fut finalement exempté.

En 1934, il fut nommé supérieur à Requena, en même temps qu’il y était sacristain, professeur et prédicateur ; il se rendit compte avec tristesse que la population n’allait pas à l’église depuis le baptême, et que les gens ne savaient pas même faire le signe de croix ou dire l’Ave Maria… En 1935, il y eut quand même une procession pendant la Semaine Sainte, et encore : le Père qui prêchait dut s’arrêter quatre fois pendant son sermon, tant les assistants parlaient fort !

Début  juillet 1935, le p.Marceliano fut directeur de la maison de Valencia, d’où fut fondé le collège de Grao ; il restaura aussi l’ermitage de San Vicente.

Le 12 août 1936, il fut arrêté en même temps que le p. Gordón (v. plus haut) ; conduits au Comité, ils furent mis en prison. Le soir, ils eurent un «bon repas» de pommes de terre avec viande, pain et eau, qu’ils touchèrent à peine : on imagine qu’ils n’avaient pas un gros appétit au milieu de tant d’inquiétudes, et en l’attente fort probable d’être exécutés bientôt…

Ensuite, ce fut le «tribunal» ; l’interrogatoire du p.Marceliano fut bref. Il retourna dans sa cellule pendant deux heures. Les Pères se confessèrent et prièrent. Peu avant minuit, les appelèrent cinq miliciens avec les armes pointées sur eux, et vomissant blasphèmes sans fin. On ne leur attacha pas les mains, parce qu’ils se laissaient faire.

A la carrière d’Alboraya, ils firent descendre les Prêtres, et les fusillèrent.

Le juge et le médecin de l’endroit entendirent les coups ; quand ils s’approchèrent, des miliciens les en empêchèrent ; un peu plus tard, ils purent découvrir les cadavres. A ce moment-là, il y avait déjà des curieux, parmi eux des femmes du camp révolutionnaire, qui donnèrent des coups de pieds aux victimes en disant : Pour cette nuit, nous avons déjà deux morues ! Le médecin les reprit : Les morts sont dignes de respect, de quelque condition qu’ils soient.

Le gardien du cimetière était «de droite» ; il procura un cercueil pour l’ensevelissement correct des Prêtres.

Martyrisé le 13 août 1936, béatifié en 2017, Marceliano Alonso Santamaría sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 août.

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 22:35

Ferran Saperas Aluja
1905-1936

Né à Alió (Tarragona) le 8 septembre 1905, en la fête de la Nativité de Marie, Ferran (Fernand) reçut le Baptême deux plus tard et la Confirmation l’année suivante. Son père, José, était maçon ; sa mère s’appelait Escolástica. Ferran avait un grand frère, Juan, et un petit frère, Román.

Le papa mourut en 1912, et la maman se mit dans le commerce, d’abord comme marchande ambulante, ensuite comme marchande de poissons à Valls.

En 1918, l’aîné alla travailler à Barcelone, aussi la maman chargea Ferran de s’occuper de leurs petits terrains, chose qui n’était pas vraiment dans le caractère de Ferran et lui coûtait beaucoup. La bonne maman lui trouva alors à Valls un job de camérier dans deux hôtels ; le garçon travaillait très bien, mais il souffrait d’une allergie : l’eau lui provoquait des crevasses aux mains ; de plus, sa bonne conduite ne plaisait pas à ses camarades, aussi il abandonna ce travail au bout de deux ans.

Il trouva alors un autre emploi à Barcelone chez un commerçant qui l’accueillit vraiment paternellement. Là encore, ses collègues se moquèrent de ses dévotions et le surnommèrent beato, bienheureux, qu’on pourrait traduire en français «petit saint».

Au bout de trois ans, il revint à la maison : on suppose que la cause en était le possible service militaire. En attendant, ce grand jeune homme n’avait pas de travail - raison pour laquelle on le traitait de tire-au-flanc -, mais restait très fidèle à toutes ses pratiques chrétiennes - raison pour laquelle on le traitait encore de «petit saint. Il souffrait continuellement de ces moqueries, sans rien dire.

En 1926, il partit faire le service militaire. Là encore, il n’apprécia pas les grossièretés des soldats ; grâce peut-être à l’aumônier militaire, il fut enrôlé pour être l’aide de camp du colonel, lequel à son tour chargea Ferran de conduire ses enfants au collège.

En même temps, Ferran assistait aux offices du proche sanctuaire du Cœur Immaculé de Marie, tenu par des Religieuses Missionnaires Clarétaines. C’est alors que lui vint la vocation religieuse.

Sa décision n’était pas facile à prendre : il fallait achever le service militaire, il n’avait pas fait de grandes études, il fallait aussi convaincre sa mère… Il prit le temps de réfléchir et sa décision fut enfin prise : il serait frère convers chez les Clarétains.

A l’automne 1928, il commença le postulat à Vich, prit l’habit en 1929 et fit le noviciat, qui s’acheva avec la profession en 1930 : la maman de Ferran était présente à la cérémonie.

Il fut cuisinier à Alagón, où étaient pensionnaires plus de cent élèves ; puis il passa à Cervera, où vivaient plus de deux cents personnes entre élèves, postulants et pères. Là, il fut aide-cuisinier, avec la charge particulière de la préparation des repas des malades.

En 1931, après la proclamation de la République, il fut nommé à la porterie ; déjà des incidents avaient secoué le pays, des églises avaient été incendiées. Ferran reçut la visite de son frère Juan, qui lui proposait gentiment de lui trouver un endroit pour le protéger, mais le Religieux déclina l’offre avec ténacité. Pendant ce temps, le supérieur avait projeté de déplacer toute sa communauté à Andorre.

En février 1934, on envoya Ferran à Mas Claret, comme cuisinier et pour soigner les bêtes. Mais en mai, il se fractura la jambe en tombant d’une échelle. Il revint à Cervera, comme auxiliaire du frère cordonnier.

Au printemps de 1936, les supérieurs jugèrent utile de prolonger d’une année le noviciat de Ferran et lui proposèrent même, s’il préférait, de sortir de la Congrégation ; Ferran choisit de rester, même au prix d’une année supplémentaire d’épreuve.

Le 21 juillet 1936, la révolution obligea les Religieux à quitter Cervera et à se diriger sur Mas Claret ; mais le 24, il fallut aussi évacuer cette maison. Ferran rejoignit Montpalau, où il fut recueilli par un propriétaire de café-bureau de tabac. Ferran se joignit aux domestiques ; quand il faisait une pause, il se recueillait dans sa petite chambre, où il avait cloué au mur un crucifix. Un des domestiques lui suggéra de changer de vie, de se marier ; Ferran lui rétorqua : J’ai donné ma parole à Dieu, et je la renouvellerai, le 15 août prochain.

Ferran donnait des leçons de catéchisme aux enfants de la maison et dirigeait le chapelet. Il intervenait avec autorité lorsqu’il entendait proférer un blasphème au café. Il n’était pas ébranlé par les conseils du propriétaire, ni par les avertissements des Confrères qu’il rencontrait quelquefois : S’ils me tuent parce que je suis religieux, je serai martyr !

Pour le protéger, on lui trouva un autre refuge. Le 12 août, en quittant la famille de Montpalau, il dit : Si je ne reviens pas, cela voudra dire qu’ils m’auront arrêté et fusillé. Priez pour moi !

Au petit matin, il partit pour Cal Berenguer de Villagrasseta, où il apprit qu’il y avait là un des plus féroces révolutionnaires. Ferran, sans rien dire, partit à Mas Claret, mangea et dormit. Le lendemain 13 août, il dut repartir pour La Rabassa, cinq kilomètres plus loin. C’est par là qu’une patrouille de miliciens l’arrêta. On le força à monter en voiture.

Durant le déplacement, les miliciens dévêtirent le Frère et tentèrent de le violer. Le Frère avait suffisamment d’énergie pour se débattre et les en empêcher : Tuez-moi, si vous voulez, mais ne faites pas ça ! Ils lui répondirent : Quand on sera à Cervera, on te mettra dans un bordel ; si tu couches avec une femme, on te laissera en vie. Ils le lui répétèrent une dizaine de fois, et une dizaine de fois Ferran leur rétorqua : Tuez-moi, si vous voulez, mais ça, non ! Cyniquement, on lui dit : Si ton père et ta mère avaient fait comme toi, tu ne serais pas né, et lui de répondre : Eux, ils étaient mariés, moi je suis religieux.

A Cervera, on continua de la provoquer, de nouveau on le déshabilla… Il cria : Je suis vierge, je mourrai vierge ! Même les femmes présentes s’étonnaient de ce matraquage insistant et dirent aux miliciens de cesser leurs provocations. Ils l’emmenèrent à Tárrega : mêmes provocations ; on étendit le Frère à terre, nu, mais il se refusa : Ne vous fatiguez pas. Ce que je professe m’interdit de faire ces choses. Tuez-moi si vous le voulez, mais ne me forcez pas à pécher. Non, ça, jamais. Ce furent les femmes présentes qui firent partir les miliciens, honteux de leur «défaite».

Onze heures du soir. On emmena Ferran à coups de pieds et de poings. Peu avant de le fusiller, on le menaça de lui retirer les yeux et de le mutiler, mais un milicien intervint : ce genre de traitement ne servait pas leur cause et leur poserait ensuite des problèmes. On cessa enfin de provoquer le pauvre Frère.

A la porte du cimetière, il dit : Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 33:34). Et plusieurs fois : Je vous pardonne ! Et enfin : Vive le Christ Roi ! Vive la Religion !

On lui tira dans la poitrine et, même après le coup de grâce, le Frère respirait encore. Il murmurait : Ma Mère ! Ma Mère ! Il expira peu après minuit, le 13 août. Deux jours après, en la fête de l’Assomption, il aurait renouvelé sa profession.

Ferran fut un authentique martyr de la chasteté. Béatifié en 2017, Ferran Saperas Aluja sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 août.

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 07:42

Hilario Barriocanal Quintana

1869-1936

 

Né le 14 janvier 1869 à Quintanavides (Burgos) de Francisco et Josefa, qui le firent baptiser le 17 janvier suivant, Hilario étudia le latin et fit ses Humanités dans son pays natal.

Il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) en 1887, à Madrid, et fit la profession en 1889. C’est à Madrid qu’il fit toutes ses études de philosophie et théologie, et qu’il fut ordonné prêtre en 1895.

C’est encore et toujours à Madrid qu’il exerça ses nombreuses activités : professeur de philosophie dès 1895, de théologie, droit et histoire ecclésiastique (1901), administrateur de la revue La Vierge Immaculée de la Médaille Miraculeuse, préfet et aumônier de San Diego et Santa Isabel jusqu’en 1921 ; secrétaire des Pères Visiteurs, maître de cérémonies.

C’est lui aussi qui prenait les photographies, dont il avait la passion. Discret, voire silencieux, toujours affable même si quelque chose ou quelqu’un l’agaçait.

Déjà avant le mouvement insurrectionnel de 1936, il vivait dans une petite maison de Madrid, et se dissimula chez les Religieuses, vêtu comme un infirmier de la Croix-Rouge, tout en haut de la maison, où on lui portait ses repas. A partir du 9 août, il se mit dans une des chambres de l’appartement du portier, comme «parent» ; personne ou presque ne savait le secret, à part une ou deux personnes de confiance, mais on put quand même dénoncer le Père.

Le 11 août, en fin d’après-midi, une voiture s’arrêta et en sortirent cinq hommes armés. Leur «chef» était bien informé : Ici, il y a un oiseau de prix, un curé. Le père Hilario s’avança sans trembler. On fouilla : il avait un passeport pour la France (car il devait souvent voyager à Paris) ! On l’emmena, avec le portier.

Ensuite, on suppose qu’il fut fusillé près de Madrid, à Boadilla del Monte, le 12 août 1936.

Béatifié en 2017, Hilario Barriocanal Quintana sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 22:12

Perfecto Del Río Páramo
1885-1936

Né le 18 avril 1882 à Pedrosa del Río Urbel (Burgos), Perfecto fréquenta très jeune la maison des Pères Vincentiens.

Il y commença le noviciat en 1898 et fit la profession comme frère convers. Sa première destination fut à Valdemoro (Madrid).

En 1902, il fit partie d’une expédition missionnaire au Mexique. Il fut à Mérida, Culiacán, Tacubaya, Oaxaca, cuisinier apprécié de la communauté ; à côté de ses faitouts, il avait toujours une paire de pinces pour fabriquer des chapelets, son chat sur l’épaule, avec lequel il savait s’amuser.

On le disait «polisson», taquin, mais toujours correct. 

Au Mexique, il connut déjà la période de la révolution. En 1915, il revint en Espagne et fut à Badajoz, Alcorisa, Ramales (1919) ; de retour à Alcorisa, il passa à Cadix (1934) : au lendemain des élections et de la proclamation de la République, la résidence des Pères vincentiens fut incendiée ; Perfecto vint alors à Madrid, où il connut la persécution pour la troisième fois.

Le 25 juillet, Perfecto et son cousin durent évacuer la maison madrilène de García de Paredes, et s’en vint chez son frère prêtre, don Cecilio, qui restait enfermé chez lui depuis que, le 19 juillet, il avait été contraint à fermer l’église. Ensemble ils priaient et se préparaient à mourir pour le Christ.

Le 7 août, des révolutionnaires vinrent inspecter la maison et emmenèrent les trois Religieux. On retrouva leurs cadavres le 11 août, abandonnés près des abattoirs de Madrid. Il semble toutefois qu’on ait retenu la date du 12 août.

Béatifié en 2017, Perfecto Del Río Páramo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 21:45

Enrique María Gómez Jiménez

1865-1936

 

Né le 15 juillet 1865 à Cuenca, Enrique fut baptisé deux jours après.

Entré au séminaire Saint-Julien en 1883, il fut ordonné prêtre en 1888.

Vicaire à Villaescusa de Palositos, curé de Valdeganga, chapelain du couvent Saint-Clément en 1890, il fut nommé curé de Villar de Cantos en 1897 ; en 1900, il fut à Belmonte, en 1901 à la cathédrale de Cuenca, en 1903 à celle d’Almería.

En 1910, il alla exercer son ministère sacerdotal en Argentine, dans la paroisse de Chivilcoy.

Revenu en Espagne en 1917, il fut aumônier de l’hôpital de Cuevas del Almanzora ainsi que des Religieuses.

En 1918, il repartait en Argentine et en revint en 1923.

Désormais, il ne quitta plus Almería, où il fut aumônier des Servantes de Marie, des Filles de la Charité, et collaborateur de la paroisse Saint-Pierre.

A partir de 1933, ses mauvaises conditions de santé l’immobilisèrent à Cuenca, où il se trouvait au moment de la révolution, en juillet 1936.

A son auxiliaire de vie, il avait dit : Si on vient me chercher, ne parlez pas mal aux miliciens, ne dites pas que je ne suis pas là, je n’ai pas l’intention de me défendre, puisque Notre Seigneur ne s’est pas défendu quand on allait le tuer.

La nuit du 12 août 1936, on vint l’arrêter ; les hommes voulaient le jeter à l’eau dans le Júcar, pour faire croire qu’il s’était suicidé, mais il protesta et discuta vivement avec eux ; finalement, ils l’abattirent sur la place des Toros. Le vieux prêtre, avec sa voix sonore, priait : Vive le Christ Roi ! Pardon, Seigneur, pour ceux qui me tuent pour toi…

Martyrisé le 12 août 1936, béatifié en 2017, Enrique María Gómez Jiménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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