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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Ogasawara Yosaburo Gen’ya

et sa famille

† 1636

 

Tandis qu’en France s’allume la querelle de Port-Royal et du jansénisme, une grande révolte se déclenchait au Japon, où déjà quelque six-cent mille chrétiens constituaient une vaste communauté.

Confondus avec les paysans révoltés, les chrétiens furent persécutés et plusieurs milliers furent martyrisés pour le nom du Christ.

Ogasawara Yosaburo Gen’ya était un père de famille chrétien, né à Buzen (Fukuoka), ainsi que son épouse, Ogasawara Miya Luisa. 

D’habitude, les chrétiens japonais avaient un nom latin ajouté au leur au moment du baptême. Dans le cas présent, le nom chrétien n’a pas été rapporté pour Ogasawara Yosaburo Gen’ya.

On ignore leurs dates de naissance, comme aussi on ignore celle de leurs neuf enfants : 

Genpachi, Mari, Kuri, Sasaemon, Sayuemon, Shiro, Goro, Tsuchi, Gonnosuke, tous garçons sauf Mari, Kuri et Tsuchi. Tous ces enfants naquirent dans le bourg de Kokura, près de Buzen, le dernier particulièrement naquit dans la prison où avaient été séquestrés les saints parents, qui le baptisèrent aussi dans cette prison.

Outre toute cette belle famille, il y avait dans cette maison quatre servantes, dont on ignore et le nom et leur âge et leur origine, sinon qu’elles étaient aussi japonaises.

Ces quinze chrétiens furent martyrisés pour leur foi au Christ, la 30 janvier 1636 à Kumamoto.

Ils font partie des cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais, béatifiés ensemble en 2008, s’ajoutant aux quelque deux-cents autres déjà béatifiés en 1867.

Le Martyrologe commémore ces Martyrs à leurs dies natalis respectifs : les membres de cette famille Ogasawara, avec leurs servantes, au 30 janvier.

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Matthias de Jérusalem

2e siècle

Cet évêque, à distinguer de l’Apôtre Matthias qui est fêté le 14 mai, occupa le siège de Jérusalem après Siméon, qui mourut en 107 (voir au 27 avril).

A cette époque, les Chrétiens souffrirent de la persécution romaine, mais aussi du soulèvement des Juifs.

Matthias de Jérusalem mourut vers l’an 120.

 

Il est commémoré le 30 janvier.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Clarice Giacinta de’ Marescotti

1585-1640

 

Fille de Marcantonio de’ Mariscotti et de Ottavia Orsini, Clarice naquit à Vignanello (Viterbe, Italie) le 16 mars 1585.

Sa sœur aînée, Ginevra, était déjà religieuse au couvent des Clarisses de Saint-Bernardin de Viterbe, tandis qu’elle même, après une enfance très ordonnée, ne montrait pas une grande inclinaison pour la religion. C’était la vie mondaine, les fêtes, les vanités, l’élégance.

Elle espéra épouser le marquis Cassizucchi, lequel cependant lui préféra sa sœur cadette Ortensia.

Son père alors lui proposa d’entrer dans le couvent de sa grande sœur. Elle accepta à contre-cœur. Elle y prit (ou on lui fit prendre) le nom de Giacinta (Jacinthe ou Hyacinthe), mais ne changea pas pour autant ses exigences : elle resta tertiaire, pour ne pas être soumise à la clôture ; il fallut lui installer des meubles de style et lui porter ses repas, elle recevait les visites de ses amies, mais conservait en même temps un grand respect pour la religion, et une dévotion particulière pour la Mère de Dieu. Cela dura une bonne dizaine d’années.

Jusqu’au jour où, ayant eu une légère indisposition, elle voulut recevoir le confesseur du monastère, lequel refusa net de l’entendre : Le Paradis n’est pas fait pour les orgueilleuses et les vaniteuses. D’abord indignée, Giacinta comprit où elle en était, le danger qu’elle courait. Sans tarder elle se combattit pour devenir une humble religieuse, patiente, fervente, prévenante envers les Consœurs et jusqu’à la population de Viterbe. Une longue maladie l’aida encore à aller jusqu’au bout de cette conversion difficile.

Tout le mobilier de sa chambre disparaît, elle ne conserve qu’un grand crucifix. Elle médite sur la passion du Christ, invoque l’Esprit Saint pour être imprégnée de vrai Amour. Elle marche pieds-nus, se nourrit au pain et à l’eau, s’impose de dures mortifications, parfois même exagérées.

Voulant réparer ses folies, elle eut l’idée de faire instituer les Quarante heures, triduum de prières et d’adoration du Saint-Sacrement exposé, à la fin du carnaval, pour invoquer la grâce divine sur toutes les créatures déviées par les divertissements, sur elle en tout premier lieu. 

Elle fonda deux œuvres de charité, les Oblates de Marie et les Sacconi («gros sacs», d’après leur habit tout simple) pour porter secours aux pauvres, aux malades et aux prisonniers. Elle-même ne se gênait pas d’aller mendier pour eux. Elle ouvrit aussi des centres pour personnes âgées et pauvres.

Cette conversion fut bien vite récompensée par le Ciel, qui lui accorda le don de prophétie et des miracles. On la vit plusieurs fois en extase.

On la chargea de la formation des novices.

Quand elle mourut, le 30 janvier 1640, on l’appelait déjà sainte Giacinta, et toutes les cloches de la ville sonnèrent à la volée. La population défila sans interruption pour tailler de son habit un morceau de tissu comme relique ; il fallut la revêtir trois fois !

Son corps, demeuré sans corruption, reste exposé au monastère des Clarisses de Viterbe.

Giacinta fut béatifiée en 1726 et canonisée en 1807.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Sebastiano Valfrè

1629-1710

 

Sebastiano Valfrè naquit à Verduno (Piémont, Italie) le 9 mars 1629, dans une famille très pauvre : tellement pauvre que plus tard, quand son fils spirituel, le Duc Vittorio Amedeo II, voulut lui manifester sa reconnaissance en lui confiant l'archidiocèse de Turin en 1689, Sebastiano fit venir exprès ses parents si pauvres dans la capitale, pour convaincre le Duc de changer de candidat ! Les parents Valfrè avaient en effet une nombreuse famille à élever et Sébastien s'évertuait à ne pas leur être à charge. Très tôt il désira devenir prêtre.

Malgré bien des difficultés, il acheva brillamment ses études à Alba, à Bra et à Turin, où d'ailleurs il se fit copiste pour gagner sa vie.

En 1651 il entra dans la Congrégation de l'Oratoire, dont la maison de Turin était dans une situation tout autre que brillante. Sebastiano ne s'effraya pas de la situation et demanda son admission en connaissance de cause : pauvre, il aimait cette pauvreté ; il s'y donna à tous les travaux les plus humbles en même temps qu'il entreprenait tout un ensemble d'activités apostoliques, qu'il mena de front jusqu'à sa mort, à quatre-vingts ans.

Une année après son admission, en 1652, Sebastiano recevait l'ordination sacerdotale et célébra sa première messe dans la paroisse de ses chers parents à Verduno. Revenu à Turin, il se vit confier la confrérie de laïques qui se réunissaient de temps en temps pour des exercices de dévotion ; Sebastiano savait surtout susciter l'enthousiasme des jeunes.

En 1656, il fut reçu docteur en Théologie à l'université de Turin et nommé maître des novices, signe que son activité avait déjà suscité bien des vocations. Successivement, en 1671, il fut nommé supérieur de la Congrégation en dépit de ses réclamations. Son gouvernement fut une parfaite copie de celui de saint Filippo Neri (voir au 26 mai). Il acquit ainsi une immense renommée de directeur d'âmes, de confesseur, de prédicateur et de missionnaire. Toujours joyeux, malgré d'intenses épreuves intérieures, il eut le don de lire dans les cœurs et de connaître l'avenir (il annonça le moment de sa mort plusieurs mois à l'avance). 

Pendant soixante années, il parcourut les rues et les places de la ville, enseignant le catéchisme, s'offrant à soulager toute sorte de pauvreté, avec la même disponibilité avec laquelle à la cour royale il exerçait la charge de confesseur de la Famille Royale : dans la prison, les hôpitaux, dans la citadelle et ses dépendances, pendant la guerre, redonnant du courage, donnant partout un réel témoignage de charité chrétienne. Homme d'intense prière, nourri de contemplation, il acquit un grand zèle pour la prédication grâce à son excellente préparation intellectuelle et à sa profonde expérience spirituelle. Jeune diacre, puis préfet de l'Oratoire et supérieur de la congrégation, partout il annonçait l'Evangile, dans tous les couvents et monastères où on l'appelait, ainsi que dans les paroisses : jamais il ne refusa un service.

Son désir d'annoncer la Parole du Seigneur le conduisit aussi ailleurs : sa façon toute simple de parler aux plus petits l'amena à rencontrer toutes sortes de personnes. Ainsi, place Carlina, il venait faire du catéchisme aux négociants en vin, et en même temps à leurs clients ; peu à peu un groupe se formait autour de lui, les questions arrivaient et il y répondait. 

Il fut le premier à Turin, en 1694, peut-être même le premier en Italie et donc dans le monde chrétien à célébrer la fête du Cœur Sacré de Jésus, cette fête qui devait être officiellement instituée seulement un siècle plus tard. 

Il se préoccupa aussi des jeunes et écrivit pour eux un petit catéchisme qui devait être encore longtemps en usage dans l'Eglise. 

On pourrait croire qu'un tel dévouement ne laissait pas beaucoup de temps à notre Bienheureux pour exercer d'autres activités, et pourtant il fut aussi un excellent apôtre de la Charité, s'approchant des plus pauvres et participant à toutes les initiatives charitables qui fleurissaient à Turin. De nombreuses fois les soldats de ronde témoignèrent l'avoir vu de nuit, dans les rues, chargé de quelque malheureux pour le conduire à l'hospice, ou monter furtivement les escaliers de maisons misérables pour aller poser devant la porte un sac de vivres ou de vêtements. Il n'y eut aucune catégorie de miséreux à Turin qui n'ait pas reçu d'aide concrète de lui. 

L'estime qu'on avait de lui à la cour, où le Duc l'avait pris comme confesseur et comme précepteur de ses enfants, donnèrent au père Valfrè la possibilité d'avoir aussi une intense activité sociale et politique. Très écouté du Duc, auquel il rappelait - et par écrit, que la justice doit précéder la charité, le Bienheureux exerça une profonde influence sur la société savoyarde, à une époque marquée par les guerres, les conflits de juridiction, les difficiles rapports avec les minorités vaudoises et juives.

Dans les épineuses questions qui mettaient en opposition la Cour savoyarde et le Saint-Siège, le père Valfrè comprit l'importante nécessité que les représentants diplomatiques de Rome fussent des ecclésiastiques cultivés, certes, mais aussi formés spirituellement. C'est lui qui suggéra la fondation d'une Ecole pour la formation du personnel diplomatique de l'Eglise, à l'origine de l'Académie Pontificale Ecclésiastique qui, lors de son troisième centenaire fêté le 26 avril 2001, ne manqua pas de le rappeler lors de la solennelle célébration en la basilique Saint-Pierre du Vatican.

Le père Sebastiano ne s'arrêta pas, même aux derniers jours de son existence, malgré la maladie. Le 24 janvier, il avait fait la prédication aux moniales de Sainte-Croix, puis tout de suite après s'était rendu à la prison pour assister un condamné à mort ; il courut vite à la maison pour être à l'heure au Salut du Saint-Sacrement et s'agenouilla dans l'église, puis passa immédiatement dans les couloirs froids de l'Oratoire pour participer aux exercices de la communauté ; fiévreux, il célébra quand même la Messe le lendemain 25, et écouta la confession de nombreux pénitents, mais fut contraint de s'aliter ; il passa ses derniers jours à recevoir continuellement ceux qui voulaient se confesser ou simplement lui rendre une visite amicale, et rendit l'esprit le 30 janvier 1710, vers huit heures du matin.

Toute la ville de Turin voulut revoir encore une fois, ce prêtre qu'on avait vu pendant soixante ans parcourir toutes les rues et les places de la ville, catéchisant et faisant tout le bien possible.

 

Sebastiano Valfrè fut béatifié en 1834.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Louis Joseph Wiaux

1841-1917

 

Louis Joseph Wiaux naquit le 20 mars 1841 à Mellet, en Belgique, et fut baptisé le jour même. Ayant reçu de ses parents une éducation profondément chrétienne, appuyée d'exemples, il devint vite lui-même un modèle pour ses compagnons, particulièrement par sa dévotion à la Vierge.

Après ses études primaires, il alla travailler à l'atelier de son père, forgeron de Mellet. Peu de mois après, le Seigneur l'appela à son service.

A quinze ans, en 1856, il entra au noviciat des Frères des Écoles Chrétiennes, puis reçut l'habit religieux et le nom de Frère Mutien Marie.

Le champ de son premier apostolat catéchétique et pédagogique fut une classe d'enfants à Chimay. Pendant un an, il enseigna ensuite à Bruxelles et, en 1859, fut transféré au Collège de Malonne, où il resta jusqu'à sa mort.

Ayant trouvé des difficultés d'ordre professionnel, attribuables à son jeune âge et à son inexpérience, il courut le risque d'être écarté de la Congrégation comme inapte à l'apostolat de l'école. Après cette dure épreuve, il fut affecté à des activités humbles et cachées dans des fonctions plutôt modestes : surveillances, leçons élémentaires de dessin et de musique, sans être particulièrement doué pour ces deux disciplines.

Toujours obéissant et serviable, il s'appliqua à l'étude du piano, de l'harmonium et des autres instruments, et il puisa dans l'amour de Dieu, la force d'une constante assiduité au travail, et cela pendant plus de cinquante ans ! Se rappelant que sa Congrégation avait été fondée pour l'éducation chrétienne des pauvres, il demanda aux Supérieurs la faveur de se rendre à l'école gratuite, annexée au Collège, pour enseigner le catéchisme aux enfants de la classe populaire, dont il se sentait très proche : pendant de longues années, il se consacra avec une ardeur extraordinaire à leur faire découvrir les richesses de la Foi.

Pour tous ses élèves, riches ou pauvres, grands ou petits, le Frère Mutien fut un modèle, un signe de la présence de Dieu et de sa bonté. Le bien qu'il réalisa était immense, témoins les jeunes qui le connurent.

Le trait caractéristique du Frère Mutien est une obéissance, poussée jusqu'à l'héroïsme, à toutes les prescriptions de la Règle. Un des Frères qui vécut de longues années avec lui en communauté donna de lui ce témoignage : Prenez la Règle, du premier Chapitre jusqu'au dernier, et, sous chaque article, écrivez : le Frère Mutien l'a observé à la lettre ! Ce sera sa biographie la plus fidèle ! Dans une sereine et confiante adhésion à la volonté des Supérieurs, pendant plus de cinquante ans, il exécuta fidèlement les tâches qui lui furent confiées. Frère Mutien s'était fixé un choix précis : faire en tout, et avec la plus grande perfection, la volonté de Dieu.

Frère Mutien vivait constamment avec le Seigneur sans jamais perdre le sentiment de sa présence. A quatre heures et demie du matin, il est déjà à genoux devant le Tabernacle. Puis, il se rendait à l'autel de Marie. Pendant la journée, il égrenait son chapelet. Ses visites au Saint-Sacrement étaient fréquentes pendant la journée ; il y ajoutait des pèlerinages à la grotte de la Vierge de Lourdes et à d'autres lieux de dévotion.

Les élèves, témoins de son admirable piété, l'appellaient le Frère qui prie toujours. Il leur recommandait avec insistance la dévotion à l'Eucharistie et à la Très Sainte Vierge, et tous savaient que l'invitation résultait d'une pratique personnelle journalière et persévérante. En toute humilité et avec une extrême gratitude, il dira, à la fin de sa vie : Qu'on est heureux, quand on est, comme moi, sur le bord de la tombe, d'avoir toujours eu une grande dévotion à la Très Sainte Vierge ! Ce fut le dernier message de sa vie, alors qu'il entrait en agonie. Cet humble religieux eut une vie toute de prière, d'humilité, de travail et d'obéissance. 

Au matin du 30 janvier 1917, il rendit sa belle âme à Dieu. Le jour même de sa mort, on signalait des faveurs, attribuées à son intercession. Et bientôt, ce fut un défilé de pèlerins venant prier sur sa tombe. Les miracles se multiplièrent.

Frère Mutien-Marie a été béatifié en 1977 et canonisé en 1989.

 

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Martina de Rome

† 226

 

Voici ce que nous disent les Actes de sainte Martine. Ils ressemblent beaucoup à ceux d'autres Martyres, à moins que ce soient les autres récits qui ressemblent fort à celui-ci. Il s'y trouve maint détail merveilleux qui étonnera les uns et édifiera les autres. Ormis les textes inspirés de l'Ecriture, nul n’est obligé de croire à ces récits que nous a légués une certaine tradition.

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des œuvres de miséricorde.

L'empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d’Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L’empereur, irrité, commanda qu’on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des ongles de fer ; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d’autres qu'une lumière divine renversa et convertit.

Conduite de nouveau devant l´empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles ; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l'huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps que la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L’empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu'il la crut morte ; mais s'apercevant qu'il se trompait, il lui demanda : Martine, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ?J’ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons. Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.

L'empereur, informé de ce qui s'était passé, ordonna que Martine fût menée dans l'amphithéâtre afin d'y être exposée aux bêtes ; mais un lion, qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies ; en revanche, comme on le ramenait à son antre, le lion se jeta sur un conseiller d’Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps.

Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ. Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l’avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l’instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu'on lui eût fait couper les cheveux. L’empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure.

Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu’au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.

La fête de sainte Martine est au 30 janvier.

 

 

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:00

Daniel Altabella Gracia

1911-1939

 

Daniel était né le 19 octobre 1911 à Aguaviva (Teruel). Il eut un frère prêtre, un autre qui mourut aspirant Mariste.

Entré à onze ans chez les Frères Maristes de Vic, il fut ensuite à Avellanes et prit le nom de Pablo Daniel. 

Il enseigna à Alicante, puis à Mataró, puis à Lauria, à Barcelone, avant de revenir à Mataró.

C’était un Frère enthousiaste et pieux, communiquant son ardeur et sa noblesse d’âme à ses élèves.

En juillet 1936 commencèrent les incendies des maisons religieuses. Quand il vit une troupe de jeunes chargés de bidons d’essence marchant en direction du collège, il intervint auprès de ceux qui étaient en tête, parmi lesquels se trouvaient quelques-uns de ceux qu’il avait aidés précédemment. Le «chef» alors s’adressa à la troupe : Ce monsieur est un bon démocrate et un camarade… Que personne ne touche à son collège, qui doit servir aux enfants des familles pauvres. Désormais, le collège fut gardé, et deviendra un hôpital et une banque de sang.

Un premier jugement le libérera, faute d’accusation et de «preuves». 

Arrêté une seconde fois pour avoir ouvertement parlé au nom de l’Evangile, il fut conduit avec une centaine d’autres prisonniers à Barcelone, à bord des bateaux Uruguay et Argentina, soi-disant pour gagner la France, mais ils furent tous retenus prisonniers à bord. Une partie sera exécutée en octobre à Montcada.

Pablo Daniel organisa, avec les cinq autres détenus de sa cellule une véritable vie de monastère, avec la messe quotidienne, la méditation du matin, le chapelet, la méditation et la prière du soir ; on put même y célébrer les offices de la Semaine Sainte.

Daniel n’était pas prêtre et ne célébrait pas la Messe, mais il y participait et faisait souvent l’homélie, plein de réconfort pour ses camarades, qui l’appelèrent leur ange consolateur. D’autres cellules aussi, on chercha à le contacter pour lui parler, lui demander conseil.

Sans hésiter, il se présentait immédiatement comme religieux, y compris devant les miliciens. Un des juges fut frappé de son intelligence et lui proposa de lui payer des études d’avocat…

Puis les prisonniers furent transférés au château de Montjuic «en attente de jugement» ; il n’y eut pas de jugement et le Frère fut conduit à un camp de concentration (Ogern, Bassella, Lerida). Les prisonniers devaient exécuter des travaux importants, comme des ponts, des routes, dans le froid et la faim, avec les poux.

En 1938, devant faire le service militaire, Pablo Daniel s’engagea dans l’armée républicaine avec le désir de s’occuper des blessés, mais on l’envoya sur le front de Catalogne.

Or, on arrivait à la fin de la guerre, et le Frère disait à ses compagnons qu’ils devaient remercier Dieu d’être restés sains et saufs. L’un d’eux, mécontent de la harangue, le dénonça au commandant, qui ordonna immédiatement de fusiller ce peloton de «patriotes».

Pablo Daniel mourut tout près de la frontière française, le 29 janvier 1939.

 

Il fut béatifié en 2013.


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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:00

29 JANVIER

 

II.

S Sarbel, prêtre païen converti à Edesse, scié en deux, puis décapité avec sa sœur ste Bébaia.

S Constantius, premier évêque à Pérouse et martyr.

IV.

S Seuste, martyr à Todi avec d’autres. 

Ss Papias et Maurus, soldats martyrs à Rome.

S Valerius, évêque à Trèves.

Ss Iuventinus et Maximinus, officiers de la garde impériale, martyrs à Antioche.

Ste Sévère, martyre en Toscane, avec sa mère Seconde, et ses frères Marc et Calendin.

S Aphraates, perse, anachorète à Antioche de Syrie.

V.

S Sulpice-Sévère, ami de s. Paulin de Nole, et de s. Martin dont il écrivit la vie ; on dit qu’ayant compris avoir parlé dans un sens hérétique, il s’imposa le silence jusqu’à la mort.

VI.

S Gildas le Sage, écossais venu en Houat, fondateur et abbé à Rhuys, patron de la ville et du diocèse de Vannes.

S Aquilin, bavarois, venu à Milan pour fuir l’épiscopat, martyr des ariens qu’il tentait de convertir (VIII ?).

S Sulpice-Sévère, évêque à Bourges, différent de celui du même nom (ci-dessus).

VII.

S Bacule, évêque à Sorrente, dont il est un des protecteurs.

VIII.

S Arnoul (Arnulphe), martyr à Cysoing : il s’était exposé à défendre seul son vieux seigneur contre ses ennemis, qui le suspendirent à un arbre.

? S Julien l’Hospitalier, un napolitain qui, avec son épouse, fit une longue pénitence après avoir tué par erreur ses propres parents.

XII.

B Gélase II, pape (1118-1119) : bénédictin au Mont-Cassin, mort à Cluny, forcé de s’exiler à cause de l’empereur

XIV.

Bse Villana de’ Botti, épouse très mondaine à Florence, puis tertiaire dominicaine, mystique.

XIX.        

Bx Gim Gye-wan Simon, Son Gyeong-Yun Gervasius et Yi Gyeong-do Carolus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Bronisƚaw Markiewicz (1842-1912), prêtre polonais, devenu salésien en Italie (du temps de s. Giovanni Bosco), ardent apôtre des jeunes, fondateur pour eux de deux Instituts de Saint-Michel-Archange, béatifié en 2005.

B Daniel Altabella Gracia (1911-1939), frère mariste espagnol martyr près de Gerona, béatifié en 2013.

Bse Bolesƚawa Maria Lament (1862-1946), polonaise, fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille, pour la conversion des orthodoxes et l’éducation des jeunes filles, béatifiée en 1991.

Sarbel d’Edesse et Bebaia

† 113

 

Sarbel était un prêtre païen, très en vue, à Edesse (Syrie). 

Alors qu’il était en train de présider une grande solennité en l’honneur des idoles avec un grand concours de foule, l’évêque d’Edesse, Barsimée (v.30 janvier) s’approcha de lui et l’invita respectueusement à croire plutôt au vrai Dieu, et qu’ainsi il pourrait amener à la vraie Foi toute cette foule.

Sarbel songea d’abord aux avantages humains qu’il perdrait à adhérer à la doctrine d’un «brigand» mort depuis bien longtemps. Mais les douces paroles de l’évêque l’avaient profondément impressionné. Le lendemain, il vint trouver Barsimée en lui demandant de prier pour lui. Même, sachant que la persécution menaçait, il lui demandait le baptême.

Barsimée eut l’inspiration d’accéder à la demande de Sarbel ; il baptisa en même temps la sœur de ce dernier, Bebaia. Grand émoi dans toute la ville. Sarbel, immédiatement convoqué par le juge, s’affirma franchement chrétien. Patiemment, il supporta toutes sortes de tortures et fut mis en prison pendant deux mois.

Passé ce délai, il fut à nouveau interrogé et torturé. Sa foi resta inébranlable. La sentence fut prononcée : … Qu’on mette un frein aux lèvres de ce blasphémateur, que l’on scie son corps en deux et, quand on le verra sur le point d’expirer, qu’on lui tranche la tête.

Le récit ancien ajoute que le saint Athlète parut ne pas ressentir les horreurs de ce cruel supplice.

Au terme de ce supplice, Bebaia s’approcha avec un grand drap pour éponger le sang du Martyr et s’écria : Que mon âme soit unie à la tienne auprès du Christ que je connais et en qui je crois ! 

Immédiatement dénoncée, elle fut immédiatement décapitée.

Ce double martyre eut lieu, apparemment, la quinzième année de Trajan et la troisième d’Abgar (sans doute Abgar VII bar Ezad), donc en 113.

Saint Sarbel d’Edesse est commémoré avec sa sainte sœur Bebaia le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Constantius de Pérouse

† 178

 

Constantius était un jeune chrétien qui faisait l’admiration de l’Eglise pour son esprit de mortification et surtout pour sa générosité envers les pauvres.

Vers trente ans, il fut appelé à être le premier évêque de Pérouse.

Evêque rempli de zèle, il accomplit son ministère avec sa ferveur accoutumée. 

Une première fois, sous l’empereur Marc-Aurèle, il fut arrêté pour avoir refusé de sacrifier aux idoles. On le soumit à une dure flagellation et on l’enferma dans les thermes, dont on poussa la chaleur à la plus extrême température, mais Constantius n’en éprouva aucun mal. Au contraire, il toucha par sa parole aimable ses propres gardiens qui, pour lui permettre de les enseigner plus complètement, le mirent en liberté.

Constantius fut arrêté une seconde fois. On le condamna à marcher sur des charbons incandescents ; ni cela ni les autres tortures ne le firent renier la Foi au Christ. Cette fois-ci, la Providence délia ses chaînes et le fit sortir.

Une troisième fois, Constantius fut arrêté chez un certain Anastasius, et fut décapité avec lui, non loin de Foligno, un 29 janvier, vers 178.

Des prodiges accompagnèrent sa sépulture.

Saint Constantius de Pérouse est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Papias et Maurus de Rome

† 304

 

Papias et Maurus étaient deux soldats romains, qui furent convertis par le pape s.Marcel (v. 16 janvier).

Jetés en prison, ils furent torturés. On leur jeta des pierres, on les frappa à coups de bâton, on les déchira avec des fouets garnis de plombs ; rappelons que les fouets étaient constitués de lanières de cuir, fines et aussi coupantes que des couteaux. 

Les deux Martyrs expirèrent sous les coups, un 29 janvier vers 304.

Saints Papias et Maurus de Rome sont commémorés le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Valerius de Trèves

† 320

 

Valerius semble avoir été le second évêque de Trèves, après s.Eucharius (v. 8 décembre).

L’édition actuelle du Martyrologe a supprimé l’expression qui le faisait disciple de s.Pierre, ce que les historiens n’arrivaient pas à concilier avec d’autres données historiques. En effet, d’après les dates probables des autres évêques de Trèves, Eucharius aurait dû vivre un peu plus de deux cents ans…

On établit cependant sa mort aux environs de 320.

Saint Valerius de Trèves est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iuventinus et Maximinus d’Antioche de Syrie

† 363

 

Iuventinus et Maximinus étaient deux officiers distingués de la garde de Julien l’Apostat. Durant la marche de l’armée contre les Perses, il leur arriva de faire des réflexions sur les lois impies édictées contre les chrétiens et ils ajoutèrent qu’ils préféreraient mourir que de voir profaner les choses saintes. On se dépêcha de les dénoncer à Julien, qui s’empressa de sévir contre eux.

Il commença par confisquer leurs biens et les fit jeter en prison à Antioche (de Syrie).

Informé de la sympathie que les habitants témoignaient aux prisonniers, Julien fit cruellement flageller les deux officiers puis, impuissant à fléchir leur constance à confesser Jésus-Christ, il les fit décapiter.

Six mois plus tard, Julien mourait.

On a un discours de s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre) sur eux, peu de jours après celui sur s.Babylas (cf. 24 janvier).

Saints Iuventinus et Maximinus sont commémorés le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aphraates le Perse

† 378

 

Aphraates était d’une famille de Perse idolâtre ; parmi ses ancêtres il y avait des mages, de ceux rigoureusement opposés à l’influence chrétienne.

Il reçut donc une formation qu’on appellerait aujourd’hui laïque, mais il eut l’occasion de connaître la religion chrétienne et, pour mieux la pratiquer, quitta la maison, la famille, la richesse, et s’établit aux environs d’Edesse, seul dans une petite maison, cultivant les saintes vertus et combattant les tentations de l’Ennemi.

Après beaucoup de combats victorieux, il vint alors dans les années 360 près d’Antioche de Syrie. Son style de vie était très rigoureux : un ami lui apportait le nécessaire pour se vêtir (une tunique qui dura, on va le voir, jusqu’à seize années) et se nourrir, ce qui consistait en un peu de pain après le coucher du soleil ; quand il fut âgé il ajouta quelques herbes.

Il ne fit jamais entrer chez lui que des hommes, jamais de femmes : pour s’adresser à celles-ci, il sortait de sa maison.

Aphraates apprit ce qu’il lui fallait de grec pour se faire comprendre et commença à s’adresser aux habitants de la région, leur parla du vrai Dieu. Bientôt ce fut un défilé de nombreuses personnes de toutes conditions qui voulurent l’entendre : magistrats, militaires, savants…

Le préfet lui-même lui apporta de Perse une belle tunique ; avec beaucoup de déférence, Aphraates expliqua qu’il ne pouvait se séparer de son ami (l’ancienne tunique vieille de seize ans) pour en prendre un autre.

Survint l’intervention de l’empereur Valens dans les discussions théologiques, son parti pris pour les thèses ariennes et de conséquence son combat contre les prélats fidèles à la Doctrine trinitaire. Aphraates sortit alors de sa maison, se joignit à deux colonnes de la Foi, Flavien et Diodore, plus tard aussi à Julien Sabas, pour prêcher la Vérité avec l’appui de l’Ecriture, de sa parole, confirmée par ses vertus et ses miracles. Il se trouva bientôt en face de Valens avec lequel il eut une conversation célèbre, où Valens resta sans réponse.

Valens commença par demander à Aphraates pourquoi donc il se permettait de quitter sa solitude. Aphraates lui présenta une petite parabole : si une vierge solitaire apprenait que la maison de son père était en flammes, elle se précipiterait pour aider à éteindre l’incendie : or Valens avait mis le feu dans la Maison de Dieu, et Aphraates s’efforçait de l’éteindre. 

L’eunuque présent menaça Aphraates, renouvelant l’attitude du garde de Caïphe (cf. Jn 18:22,;), mais ce fut l’eunuque qui mourut, six mois plus tard, ébouillanté dans une cuve d’eau où il tomba. Valens n’osa exiler Aphraates, d’autant plus qu’il fut témoin de ses miracles.

Aphraates guérissait des malades par l’application d’un peu d’huile et d’eau, avec le signe de la Croix. Il en donna aussi à un brave paysan, dont l’unique champ était menacé par une invasion de sauterelles, et les bestioles s’arrêtèrent devant la sainte «barrière» que l’homme versa à l’entrée de son terrain.

Aphraates mourut fort âgé, un 29 janvier, peut-être en 378.

Saint Aphraates le Perse est commémoré le 29 janvier dans le Martyrologe Romain.

Gildas le Sage

494-570

 

Gildas s’appelle en breton Gweltaz. Il naquit vers 494 en Ecosse dans l’ancien royaume septentrional de Strathclyde, un des cinq enfants de Caunus ou Cauuus ; ses frères s’appelaient Cuillus, un homme d’armes, Mailocus, un fondateur de monastère, Egreas et Allæcus, deux moines, et sa sœur Peteona, moniale.

Il reçut sa formation auprès de saint Ildut (v. 6 novembre) à Llantwit (Pays de Galles), en compagnie des saints David, Samson de Dol et Pol de Léon (v. 26 juin, 28 juillet et 12 mars).

Puis il aurait fait un premier séjour en Irlande, où il fut en relations avec Brigit de Kildare (v. 1er février), à laquelle il envoya une clochette de sa fabrication.

Ordonné prêtre - on ne nous dit pas par qui ni où - il alla prêcher dans le nord de la Grande-Bretagne. Après quoi, il aurait fait un deuxième voyage en Irlande (à moins qu’il faille le localiser plus tard, vers la fin de sa vie), à Rome et à Ravenne.

C’est alors qu’il vint en Armorique, vers 524, dans l’île de Houat, où il goûta les consolations de l’Esprit dans la lecture de l’Ecriture sainte, la prière et la méditation. Quand il cédait au sommeil, il appuyait sa tête sur une pierre, dont on reparlera. La population vint le voir, l’écouter, l’admirer : Gildas fonda alors le monastère de Rhuys, sans oublier de céder à la grâce de Dieu, qui lui fit opérer des miracles.

Des textes hagiographiques de périodes plus tardives présentent d’autres faits, ou une autre succession des faits de la vie de Gildas, mais semblent moins dignes de confiance.

A la fin de sa vie, sachant que les moines allaient se «disputer» ses reliques, il leur demanda de laisser son cercueil avec la pierre qui lui servait d’oreiller, sur une barque qu’on abandonnerait dans l’océan. 

Gildas mourut le 29 janvier 570.

Les moines suivirent ses recommandations. Peu après, l’un d’eux eut la révélation de l’endroit où les vagues avaient conduit l’esquif : c’était une petite chapelle nommée Eroest, ou maison de la Croix. La dépouille de saint Gildas fut alors ramenée à Rhuys ; plus tard, par crainte des Normands, on la transféra à Bourg-Dieu-sur-Indre (Châteauroux).

L’abbaye de Rhuys adopta la règle bénédictine et fut prospère ; Abélard en fut abbé en 1125. Vendue en 1796, l’abbaye fut reprise en 1824 par les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, qui s’y trouvent encore.

Saint Gildas, commémoré au Martyrologe le 29 janvier, est patron de la ville de Vannes (qui est aussi sous la protection de s. Vicente Ferrer, v. 5 avril).

 

 

Sulpice Sévère de Bourges

† 591

 

Une confusion existe entre deux Sulpice Sévère, qui se trouvaient au même jour dans le Martyrologe. L’actuelle édition en a supprimé un, le disciple de saint Martin (v. 11 novembre) et ami de s. Paulinus de Nole (v. 22 juin), et qui mourut au début du 5e siècle.

Le nôtre naquit au 6e siècle, d’une famille sénatoriale d’Aquitaine, et fut très versé dans la poésie et l’éloquence.

En 584, il occupait une place très importante dans sa province, quand il fut préconisé par le roi Gontran pour être évêque de Bourges. Il fut donc préféré à d’autres candidats, dûment formé et finalement consacré.

Sulpice fut en relations très amicales avec s. Grégoire de Tours (v. 17 novembre), qui fit l’éloge de sa sagesse, de sa sollicitude pastorale, de son zèle pour la discipline ecclésiastique.

Le nouvel évêque de Bourges assista au concile de Mâcon en 585, réunit celui de Clermont.

Il mourut, chargé de mérites, en 591.

L’actuel Martyrologe le mentionne au 29 janvier.

Gelasius II, pape

1118-1119

 

L’unique année du pontificat de Gélase II fut des plus dramatiques.

Giovanni Gaetano était fils de Crescenzio de Fondi et naquit à Gaeta en 1058.

Renouvelant le geste d’Elqana et Anna (1S 1), les pieux parents de Giovanni le confièrent tout jeune à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin, où il devint moine.

Le pape Urbain II l’appela pour lui confier la chancellerie de l’Eglise romaine, et Pascal II le créa cardinal. Cette confiance du pape se manifesta encore plus lorsque les cardinaux choisirent Giovanni pour lui succéder, comme cent soixante-et-unième pape.

Giovanni reçut alors le nom de Gélasius II, car il y avait déjà eu un Gélasius au 5e siècle.

A peine élu, Gelasius fut assailli par une faction hostile et jeté dans une cave, avec quelques cardinaux. La population alertée réclama le Pontife, qui fut quand même libéré et solennellement introduit à la basilique de Saint-Jean-de-Latran.

Mais l’empereur Henri V fut informé de l’affaire et marcha sur Rome. Une nuit, le cardinal Ugo d’Alatri réveilla le pauvre pape déjà sexagénaire, le prit sur ses épaules, rejoignit Ostie et s’embarqua pour Gaeta : c’est là que Gélase fut couronné.

Le nouveau pape réunit un concile à Capoue, où furent excommuniés Henri V et l’antipape qu’il avait fait élire (Grégoire VIII). Henri V s’était fait couronner empereur par «son» pape, et cherchait à conquérir d’autres places, mais fut mis en déroute par une coalition normande qui le renvoya en Germanie.

Rentré secrètement à Rome, Gélasius dut à nouveau se réfugier, à Pise cette fois, car une nouvelle émeute le menaçait à Rome. Il gagna alors Gênes et la France.

Il aborda à Saint-Gilles sur le Rhône, gagna Maguelone, où le reçurent les envoyés du roi Louis VI. 

Le pape sentit arriver la fin de ses jours. Il se fit porter à l’abbaye bénédictine de Cluny, où il mourut le 29 janvier 1119.

Gelasius II n’est pas inscrit au Martyrologe romain. Les Bénédictins le considèrent comme bienheureux.

Son successeur fut Calliste II.

 

 

Villana de’ Botti

1332-1360

 

Villana (ce prénom ne doit pas nous faire penser à notre adjectif français, mais à «une personne habitant une villa, une maison de campagne») - Villana, donc, naquit en 1332 à Florence (Italie C), fille d’Andrea, un riche marchand et magistrat.

A treize ans, entraînée par ses pieuses lectures, elle tenta de quitter la maison et d’aller frapper à la porte d’un couvent, mais on la ramena bien vite au domicile familial.

Après la cruelle épidémie de peste noire (1348), quand la vie reprit son cours de plaisirs et de fêtes, Andrea s’employa à marier sa fille avec Rosso di Piero Benintendi. Villana adopta alors un style de vie très mondain, cultivant le soin des parures élégantes et coûteuses.

Un jour qu’elle se regardait dans son miroir, elle y vit un monstre épouvantable, moitié femme, moitié démon, couronné de serpents. Affolée, elle changea de miroir, mais contempla la même chose. Complètement désemparée, elle se mit les habits les plus simples qu’elle put trouver et se précipita à l’église des Dominicains, où elle fit une confession de toute sa vie mondaine. Ayant reçu l’absolution, elle ne désira rien d’autre que racheter le temps qu’elle avait perdu et même aller au-devant des humiliations et réparer ainsi les mauvais exemples qu’elle avait donnés.

Elle désira se faire ermite. Mais son mari s’y opposa fermement. Son confesseur lui conseilla de demeurer à la maison et de se sanctifier par la pratique héroïque de ses devoirs d’état. Ce qu’elle fit.

Elle reçut l’habit du Tiers-Ordre dominicain, mais le porta en-dessous de ses vêtements. Elle s’habitua à lire les épîtres de saint Paul, à veiller, à jeûner, à soulager les pauvres, tentant même d’aller humblement mendier pour eux dans les rues.

Dieu la favorisa de grâces particulières. Elle eut des extases, surtout pendant la Messe. On remarqua souvent une extraordinaire lumière dans sa chambre : elle recevait la visite de Notre-Dame ou de quelque autre Saint. Elle fut célestement informée des malheurs qui s’abattraient sur son père, qui perdit sa fortune et devint malade : elle l’assista avec amour et l’aida à se préparer à la mort. Elle-même eut beaucoup à souffrir, ce qu’elle supportait patiemment en esprit d’expiation.

On la méprisa et on la calomnia : elle laissa dire, supportant aussi ces humiliations en esprit de pénitence.

A ses derniers moments, elle dut encore lutter contre le Démon, qui se présentait à elle sous la forme d’un religieux vénérable, et elle le mit en fuite. Ayant ensuite reçu le Sacrement des Malades et le Viatique, elle se fit lire le récit de la Passion et, aux mots Il inclina la tête et rendit l’esprit, elle s’endormit doucement. Son corps exhala alors un indicible parfum, et cela dura plus d’un mois.

Son mari reçut des grâces lui aussi. Il racontait volontiers que, lorsqu’il se sentait découragé, il allait dans la chambre de son épouse et y retrouvait des forces.

La date exacte de la mort de Villana a été l’objet de recherches. Le Martyrologe a finalement opté pour le 29 janvier de 1360.

Le culte immémorial de la bienheureuse Villana a été confirmé en 1824.

 

 

Gim Gye-wan Simon

? -1802

 

Gim Gye-wan Simon est un laïc coréen né à Seoul (Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Son Gyeong-Yun Gervasius

1760-1802

 

Son Gyeong-Yun Gervasius est un laïc coréen né en 1760 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Gyeong-do Carolus

1780-1802

 

Yi Gyeong-do Carolus est un laïc coréen né en 1780 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut décapité à Seoul le 29 janvier 1802 et béatifié en 2014.

Bronisław Markiewicz

1842-1912

 

Bronisław Bonaventura était le sixième des onze enfants de Jan Markiewicz et de Marianna Gryziecka. Jan était le maire de Pruchnik (Pologne), où Bronisław naquit le 13 juillet 1842.

La famille était croyante, mais Bronisław perdit un moment la foi dans l’atmosphère anticléricale de son école. Envahi de tristesse, il chercha et pria ; il retrouva la foi avec joie, combattit encore généreusement et sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Après cette crise, il entra au séminaire de Przemyśl (1863) et fut ordonné prêtre en 1867, en la fête de Notre Dame des Douleurs (15 septembre). Ce même jour fut aussi ordonné Józef Sebastian Pelczar, qui sera bientôt son propre évêque voir au 28 mars).

Il fut en exercice à Harta et à la cathédrale de Przemyśl pendant six ans : un de ses soucis était la présence au confessionnal, ainsi qu’auprès des prisonniers, qu’il évangélisa avec amour. Il allait dans les hôpitaux, dans les casernes… Il luttait contre l’alcoolisme, s’intéressait aux paysans et à leurs techniques de culture, et fonda pour eux une coopérative agricole ainsi qu’une Mutuelle d’épargne et de crédit.

Il compléta sa formation aux universités de Lviv et de Cracovie puis retrouva l’activité paroissiale à Gać, et Błażowa (1875-1882).

Nommé professeur de théologie en 1882, il enseigna au séminaire pendant trois ans.

Conquis par l’idéal de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), il le rejoignit en 1885, entra dans l’Institut salésien et y fit les vœux en 1887. C’est là qu’il fit la connaissance du successeur de saint Giovanni Bosco, Michele Rua et d’un autre Polonais salésien, August Czartoryski (voir aux 6 et 8 avril).

En 1889, la tuberculeuse le conduit aux portes de la mort, mais il guérit.

En 1892 il revint en Pologne où il desservit la paroisse de Miejsce Piastowe et commença une intense activité en faveur des jeunes, en même temps qu’il donna à l’imprimerie de nombreuses publications et des pièces de théâtre. Dans un de ses écrits, il prédit l’avènement d’un pape polonais.

En 1897, il fonda la Congrégation de l’Archange saint Michel, les Micaëlites, maintenant incorporés à la famille salésienne, pour l’éducation des plus pauvres. Après les difficultés des débuts, l’institut, masculin et féminin, sera approuvé après sa mort dans les années 20.

Il mit sur pied une école pour les enfants pauvres et orphelins, où il accueillit bien vite des centaines de garçons. Il fonda en 1898 une société de formation et de travail pour les jeunes, Tempérance et Travail, avec pour base la spiritualité de saint Giovanni Bosco et la publication d’un journal ; puis il ouvrit en 1903 un orphelinat à Pawlikowice où se retrouvèrent bientôt quelque quatre-cents enfants.

Bronisław dut se démarquer des Salésiens de Turin et donner une assise indépendante à l’œuvre de Tempérance et Travail. Il envoya des jeunes à l’Université Grégorienne de Rome. 

Il y eut des frottements avec l’évêque : Bronisƚaw voulait faire entrer certains de ses jeunes au séminaire diocésain, mais l’évêque s’y opposait, car les garçons n’avaient pas leur baccalauréat ; en outre, il prétendait que ces jeunes clercs quittassent leur habit et entrassent dans quelque autre congrégation. On vit alors les bienfaits d’une humble obéissance : devant l’obéissance unanime des jeunes, tous en civil, poursuivre leurs études à Cracovie, l’évêque fut ébranlé et fit lui-même parvenir des subsides financiers à l’œuvre. 

Une nouvelle alarme se déclencha quand un vice-recteur, nommé par l’évêque, tenta d’imposer «son» règlement aux jeunes : certains s’exilèrent aux Etats-Unis pour accéder au sacerdoce, d’autres restèrent pour épauler leur Fondateur. Mais parallèlement à ces épreuves, des demandes de fondations affluaient, car on voyait bien que tous les jeunes qui sortaient des mains de Bronisław, étaient des hommes d’une honnêteté et d’un professionnalisme au-dessus de tout.

Restant détaché des Salésiens, Bronisław resta en bons termes avec eux : il leur envoya les fils de familles riches, et garda les pauvres chez lui.

Il voulait recueillir des millions d’enfants abandonnés, de tous les peuples, les nourrir gratuitement et les vêtir de corps et d’âme.

En décembre 1911, il fut victime d’une attaque cérébrale. On dut l’opérer de la prostate, mais sans anesthésiant, car son cœur ne pouvait supporter le choc. Mais l’abbé Bronisław, épuisé et consommé par les suites de sa tuberculose, mourut le 29 janvier 1912.

Bronisław Markiewicz a été béatifié en 2005. Sa fête est donc au 29 janvier, deux jours avant celle de saint Giovanni Bosco.

 

 

Daniel Altabella Gracia

1911-1939

 

Daniel était né le 19 octobre 1911 à Aguaviva (Teruel). Il eut un frère prêtre, un autre qui mourut aspirant Mariste.

Entré à onze ans chez les Frères Maristes de Vic, il fut ensuite à Avellanes et prit le nom de Pablo Daniel. 

Il enseigna à Alicante, puis à Mataró, puis à Lauria, à Barcelone, avant de revenir à Mataró.

C’était un Frère enthousiaste et pieux, communiquant son ardeur et sa noblesse d’âme à ses élèves.

En juillet 1936 commencèrent les incendies des maisons religieuses. Quand il vit une troupe de jeunes chargés de bidons d’essence marchant en direction du collège, il intervint auprès de ceux qui étaient en tête, parmi lesquels se trouvaient quelques-uns de ceux qu’il avait aidés précédemment. Le «chef» alors s’adressa à la troupe : Ce monsieur est un bon démocrate et un camarade… Que personne ne touche à son collège, qui doit servir aux enfants des familles pauvres. Désormais, le collège fut gardé, et deviendra un hôpital et une banque de sang.

Un premier jugement le libérera, faute d’accusation et de «preuves». 

Arrêté une seconde fois pour avoir ouvertement parlé au nom de l’Evangile, il fut conduit avec une centaine d’autres prisonniers à Barcelone, à bord des bateaux Uruguay et Argentina, soi-disant pour gagner la France, mais ils furent tous retenus prisonniers à bord. Une partie sera exécutée en octobre à Montcada.

Pablo Daniel organisa, avec les cinq autres détenus de sa cellule une véritable vie de monastère, avec la messe quotidienne, la méditation du matin, le chapelet, la méditation et la prière du soir ; on put même y célébrer les offices de la Semaine Sainte.

Daniel n’était pas prêtre et ne célébrait pas la Messe, mais il y participait et faisait souvent l’homélie, plein de réconfort pour ses camarades, qui l’appelèrent leur ange consolateur. D’autres cellules aussi, on chercha à le contacter pour lui parler, lui demander conseil.

Sans hésiter, il se présentait immédiatement comme religieux, y compris devant les miliciens. Un des juges fut frappé de son intelligence et lui proposa de lui payer des études d’avocat…

Puis les prisonniers furent transférés au château de Montjuic «en attente de jugement» ; il n’y eut pas de jugement et le Frère fut conduit à un camp de concentration (Ogern, Bassella, Lerida). Les prisonniers devaient exécuter des travaux importants, comme des ponts, des routes, dans le froid et la faim, avec les poux.

En 1938, devant faire le service militaire, Pablo Daniel s’engagea dans l’armée républicaine avec le désir de s’occuper des blessés, mais on l’envoya sur le front de Catalogne.

Or, on arrivait à la fin de la guerre, et le Frère disait à ses compagnons qu’ils devaient remercier Dieu d’être restés sains et saufs. L’un d’eux, mécontent de la harangue, le dénonça au commandant, qui ordonna immédiatement de fusiller ce peloton de «patriotes».

Pablo Daniel mourut tout près de la frontière française, le 29 janvier 1939.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Bolesława Maria Lament

1862-1946

 

Bolesława Maria Lament nacquit à Łowicz (Pologne) le 3 juillet 1862, première de huit enfants. Son père était Marcin Lament, sa mère Łucji Cyganowska. Encore petite, elle eut la douleur d'assister à la mort de deux petites sœurs, Elena et Leocodia, ainsi que du petit frère Marcin. Après avoir fréquenté l'école primaire et le collège, elle alla à Varsovie dans une école d'arts et métiers, où elle obtint le diplôme de tailleur. De retour à Łowicz elle ouvrit un atelier de couture avec sa sœur Stanisława. Pendant tout ce temps, elle vivait une vie intérieure intense, profondément marquée de spiritualité.

En 1884, elle décida d'entrer dans la Congrégation de la Famille de Marie, qui était en train de s'organiser à Varsovie, clandestinement à cause des persécutions tsaristes. C'était une sœur pleine de zèle ; elle se distinguait particulièrement dans la prière, le recueillement, le sérieux et la fidélité avec laquelle elle remplissait toutes ses tâches. Après le noviciat et les vœux simples, elle travailla comme maîtresse de couture, enseignante et éducatrice en différentes maisons de la Congrégation, disséminées dans l'empire russe : Saint-Pétersbourg, Odessa, Iłukszcie, Simferopol (Crimée).

Mais après neuf années, juste avant de prononcer les vœux solennels, elle eut un crise profonde : elle n'avait plus la certitude de sa vocation dans cette Congrégation, au point qu'elle la quitta pour rentrer chez elle à Łowicz, dans l'intention de rejoindre un monastère cloîtré, dès que possible ; mais sur le conseil de son confesseur, elle choisit plutôt les œuvres d'assistance auprès des sans-logis, activité qu'elle poursuivit à Varsovie, quand sa famille s'y transféra ; là, pour vivre, elle ouvrit avec sa petite sœur Marie un atelier de couture.

En 1894, une ennième épidémie de choléra lui enleva son père, en lui ajoutant de nouvelles charges et responsabilités familiales ; elle prit chez elle sa mère et son frère Stéphane, de treize ans, qui fréquentait le collège à Varsovie et désirait être prêtre. Mais en 1900, le jeune Stefan mourait à son tour ; devant son cercueil, Bolesława promit de revenir à la vie religieuse.

En 1903, elle se rendit à Mogilev (Biélorussie). C’est là que, en octobre 1905, avec Leocidia Gorczynska et Łucia Czechowska, avec l'aide du père jésuite Félix Wiercinski, Bolesława donna naissance à la Congrégation appelée "Société de la Sainte Famille", qui ensuite prit le nom de Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille, dont la première supérieure fut Bolesƚawa.

A l'automne de 1907, en compagnie des six sœurs de la communauté d'alors, Bolesława se déplaça à Saint-Pétersbourg, où elle déploya une large activité d'instruction et d'éducation, dédiée surtout aux jeunes, et dès 1913 elle pouvait étendre cette activité en Finlande, en ouvrant à Wyborg un collège pour jeunes filles.

Mère Bolesława, comme supérieure, résida à Ratowie (Radzanów) de 1925 à 1935.

Il y eut encore d'autres maisons dans l'archidiocèse de Vilnius et le diocèse de Pinsk ; en 1935, il y avait jusqu'à 33 maisons un peu partout en Pologne, et même une à Rome.

Dans l'homélie de béatification, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II souligna qu'elle faisait avancer l'œuvre au milieu de constantes contrariétés ; par deux fois elle vit disparaître l'entier patrimoine de la congrégation qu'elle avait fondée ; il lui arriva souvent, ainsi qu'à ses consœurs, de travailler en souffrant la faim, et sans même avoir une maison à elles ; dans ces moments, son réconfort était la devise ignacienne bien connue : Tout pour la plus grande gloire de Dieu.

Bolesława vécut avec profonde douleur les lacérations portées à l'unité de l'Eglise, dit encore le même Jean-Paul II ; le but principal de sa vie et de la Congrégation qu'elle avait fondée, devint l'unité de l'Eglise, et spécialement là où la division se faisait sentir avec davantage d'acuité. Elle n'épargnait rien pourvu qu'elle pût contribuer au rapprochement entre catholiques et orthodoxes, pour que, disait-elle, tous nous nous aimions et que nous ne fassions qu'un.

En 1935, mère Bolesława Maria Lament décida de renoncer à la charge de Supérieure Générale pour de graves motifs de santé et, en accord avec la nouvelle Supérieure, elle se retira à Białystok ; là, malgré son âge et sa pénible maladie, elle s'employa encore à ouvrir des écoles, des asiles, un hospice pour dames seules et une cantine pour les chômeurs.

Durant la Seconde guerre mondiale, la congrégation s’adapta aux besoins des familles, hébergeant dans les couvents des sans-abris et des enfants, préparant clandestinement ceux-ci à la Première communion.

En 1941, Bolesława fut complètement paralysée : sa vie devint plus ascétique encore, tandis qu'elle communiquait de précieux conseils aux Consœurs. 

Elle mourut saintement à Białystok le 29 janvier 1946 à 84 ans ; sa dépouille fut transférée au couvent de Ratow, et ensevelie dans la crypte de l'église Saint-Antoine.

Le Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Sainte Famille se répandit largement en Pologne, en Russie, en Zambie, en Lybie, aux Etats-Unis, à Rome.

Bolesława Maria Lament a été proclamée bienheureuse en 1991.

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Published by samuelephrem - dans 01-janvier
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:00

Gelasius II, pape

1118-1119

 

L’unique année du pontificat de Gélase II fut des plus dramatiques.

Giovanni Gaetano était fils de Crescenzio de Fondi et naquit à Gaeta en 1058.

Renouvelant le geste d’Elqana et Anna (1S 1), les pieux parents de Giovanni le confièrent tout jeune à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin, où il devint moine.

Le pape Urbain II l’appela pour lui confier la chancellerie de l’Eglise romaine, et Pascal II le créa cardinal. Cette confiance du pape se manifesta encore plus lorsque les cardinaux choisirent Giovanni pour lui succéder, comme cent soixante-et-unième pape.

Giovanni reçut alors le nom de Gélasius II, car il y avait déjà eu un Gélasius au 5e siècle.

A peine élu, Gelasius fut assailli par une faction hostile et jeté dans une cave, avec quelques cardinaux. La population alertée réclama le Pontife, qui fut quand même libéré et solennellement introduit à la basilique de Saint-Jean-de-Latran.

Mais l’empereur Henri V fut informé de l’affaire et marcha sur Rome. Une nuit, le cardinal Ugo d’Alatri réveilla le pauvre pape déjà sexagénaire, le prit sur ses épaules, rejoignit Ostie et s’embarqua pour Gaeta : c’est là que Gélase fut couronné.

Le nouveau pape réunit un concile à Capoue, où furent excommuniés Henri V et l’antipape qu’il avait fait élire (Grégoire VIII). Henri V s’était fait couronner empereur par «son» pape, et cherchait à conquérir d’autres places, mais fut mis en déroute par une coalition normande qui le renvoya en Germanie.

Rentré secrètement à Rome, Gélasius dut à nouveau se réfugier, à Pise cette fois, car une nouvelle émeute le menaçait à Rome. Il gagna alors Gênes et la France.

Il aborda à Saint-Gilles sur le Rhône, gagna Maguelone, où le reçurent les envoyés du roi Louis VI. 

Le pape sentit arriver la fin de ses jours. Il se fit porter à l’abbaye bénédictine de Cluny, où il mourut le 29 janvier 1119.

Gelasius II n’est pas inscrit au Martyrologe romain. Les Bénédictins le considèrent comme bienheureux.

Son successeur fut Calliste II.


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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:00

Bronisław Markiewicz

1842-1912

 

Bronisław Bonaventura était le sixième des onze enfants de Jan Markiewicz et de Marianna Gryziecka. Jan était le maire de Pruchnik (Pologne), où Bronisław naquit le 13 juillet 1842.

La famille était croyante, mais Bronisław perdit un moment la foi dans l’atmosphère anticléricale de son école. Envahi de tristesse, il chercha et pria ; il retrouva la foi avec joie, combattit encore généreusement et sentit bientôt l’appel au sacerdoce.

Après cette crise, il entra au séminaire de Przemyśl (1863) et fut ordonné prêtre en 1867, en la fête de Notre Dame des Douleurs (15 septembre). Ce même jour fut aussi ordonné Józef Sebastian Pelczar, qui sera bientôt son propre évêque voir au 28 mars).

Il fut en exercice à Harta et à la cathédrale de Przemyśl pendant six ans : un de ses soucis était la présence au confessionnal, ainsi qu’auprès des prisonniers, qu’il évangélisa avec amour. Il allait dans les hôpitaux, dans les casernes… Il luttait contre l’alcoolisme, s’intéressait aux paysans et à leurs techniques de culture, et fonda pour eux une coopérative agricole ainsi qu’une Mutuelle d’épargne et de crédit.

Il compléta sa formation aux universités de Lviv et de Cracovie puis retrouva l’activité paroissiale à Gać, et Błażowa (1875-1882).

Nommé professeur de théologie en 1882, il enseigna au séminaire pendant trois ans.

Conquis par l’idéal de saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), il le rejoignit en 1885, entra dans l’Institut salésien et y fit les vœux en 1887. C’est là qu’il fit la connaissance du successeur de saint Giovanni Bosco, Michele Rua et d’un autre Polonais salésien, August Czartoryski (voir aux 6 et 8 avril).

En 1889, la tuberculeuse le conduit aux portes de la mort, mais il guérit.

En 1892 il revint en Pologne où il desservit la paroisse de Miejsce Piastowe et commença une intense activité en faveur des jeunes, en même temps qu’il donna à l’imprimerie de nombreuses publications et des pièces de théâtre. Dans un de ses écrits, il prédit l’avènement d’un pape polonais.

En 1897, il fonda la Congrégation de l’Archange saint Michel, les Micaëlites, maintenant incorporés à la famille salésienne, pour l’éducation des plus pauvres. Après les difficultés des débuts, l’institut, masculin et féminin, sera approuvé après sa mort dans les années 20.

Il mit sur pied une école pour les enfants pauvres et orphelins, où il accueillit bien vite des centaines de garçons. Il fonda en 1898 une société de formation et de travail pour les jeunes, Tempérance et Travail, avec pour base la spiritualité de saint Giovanni Bosco et la publication d’un journal ; puis il ouvrit en 1903 un orphelinat à Pawlikowice où se retrouvèrent bientôt quelque quatre-cents enfants.

Bronisław dut se démarquer des Salésiens de Turin et donner une assise indépendante à l’œuvre de Tempérance et Travail. Il envoya des jeunes à l’Université Grégorienne de Rome. 

Il y eut des frottements avec l’évêque : Bronisƚaw voulait faire entrer certains de ses jeunes au séminaire diocésain, mais l’évêque s’y opposait, car les garçons n’avaient pas leur baccalauréat ; en outre, il prétendait que ces jeunes clercs quittassent leur habit et entrassent dans quelque autre congrégation. On vit alors les bienfaits d’une humble obéissance : devant l’obéissance unanime des jeunes, tous en civil, poursuivre leurs études à Cracovie, l’évêque fut ébranlé et fit lui-même parvenir des subsides financiers à l’œuvre. 

Une nouvelle alarme se déclencha quand un vice-recteur, nommé par l’évêque, tenta d’imposer «son» règlement aux jeunes : certains s’exilèrent aux Etats-Unis pour accéder au sacerdoce, d’autres restèrent pour épauler leur Fondateur. Mais parallèlement à ces épreuves, des demandes de fondations affluaient, car on voyait bien que tous les jeunes qui sortaient des mains de Bronisław, étaient des hommes d’une honnêteté et d’un professionnalisme au-dessus de tout.

Restant détaché des Salésiens, Bronisław resta en bons termes avec eux : il leur envoya les fils de familles riches, et garda les pauvres chez lui.

Il voulait recueillir des millions d’enfants abandonnés, de tous les peuples, les nourrir gratuitement et les vêtir de corps et d’âme.

En décembre 1911, il fut victime d’une attaque cérébrale. On dut l’opérer de la prostate, mais sans anesthésiant, car son cœur ne pouvait supporter le choc. Mais l’abbé Bronisław, épuisé et consommé par les suites de sa tuberculose, mourut le 29 janvier 1912.

 

Bronisław Markiewicz a été béatifié en 2005. Sa fête est donc au 29 janvier, deux jours avant celle de saint Giovanni Bosco.


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