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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 23:00

  

Christopher Robinson

1568-1597

 

On connaît très peu de choses sur la vie proprement dite de ce Bienheureux. Certains détails nous aident à en tirer des données probables, susceptibles de corrections futures.

Christopher naquit à Woodside (Carlisle, Cumberland, Angleterre), entre 1565 et 1570.

En 1590, il fait partie d’un groupe d’étudiants admis au Collège de Douai, où se préparaient les futurs prêtres avant de rejoindre clandestinement l’Angleterre. Ce Collège fut successivement re-fondé à Reims comme Collège Anglais, et c’est là que Christopher reçut sa formation sacerdotale.

Il devait avoir déjà une préparation suffisante, puisqu’il intègre immédiatement le cours de théologie et reçoit les premiers ordres en août 1590. L’urgence d’envoyer des prêtres en Angleterre faisait aussi que les responsables pouvaient abréger la durée de ces études ; c’est ainsi que Christopher fut ordonné sous-diacre et diacre en mars 1591, et prêtre en février 1592.

En septembre, il gagne l’Angleterre, et plus particulièrement le Cumberland. En 1596, on le décrit nommément comme vivant surtout à Woodside près de Carlisle dans le Cumberland. L’unique maison dont on sait avec certitude qu’il y fut reçu, est la propriété Johnby Hall, propriété de la famille Musgrave, à quelques kilomètres de Penrith (Greystoke Castle).

Christopher a certainement pu connaître un autre prêtre, John Boste, le prêtre le plus recherché des régions du nord, et qui fut arrêté en septembre 1593. Sûr qu’on ne le reconnaîtrait pas, il s’aventura vers le lieu du jugement et put écrire un compte-rendu particulièrement détaillé du jugement et de la mort de John Boste. C’est un témoignage de première main, comme on en a rarement trouvé ailleurs.

Son tour arriva : il fut arrêté le 4 mars 1597. De son martyre, qui semble avoir eu lieu le même mois de mars 1597, nous avons un témoignage du père jésuite Henry Garnett : 

La corde se rompit par deux fois. La troisième fois, (Robinson) adressa une réprimande au bourreau pour sa cruauté ; bien qu’il n’eût aucune envie de fuir, disait-il, et qu’il était heureux de son combat (pour le Christ), il n’en demeurait pas moins que la chair et le sang étaient faibles, et que, de conséquence, il montrait vraiment peu d’humanité à torturer un homme si longuement. Et s’ils décidaient de mettre deux cordes, ajouta-t-il, alors il resterait mourant un peu plus longtemps, mais peu importait : il était prêt à tout souffrir.

On n’a pas le texte de la mise en accusation de Christopher, mais il est évident qu’il fut condamné à mort pour son sacerdoce et pour son zèle.

Sa mémoire est très vivante à Carlisle comme Martyr.

Christopher Robinson a été béatifié parmi quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1987. Son dies natalis, inconnu, a été fixé au 31 mars dans le Martyrologe.

Nota. On trouve aussi le 19 août 1598 pour son dies natalis. 

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 23:00

Benjamin, diacre

† 422

 

La Perse était en paix depuis douze ans, pendant le règne d’Isdegerd, fils de Sapor III, lorsque l’évêque Abdas, pris d’un zèle excessif, se permit en 420 de faire incendier le temple du Feu, le grand sanctuaire des Perses. Le roi Isdegerd menaça de détruire toutes les églises chrétiennes, à moins que l’évêque se soit employé à reconstruire le temple détruit.

Comme l’évêque persistait dans son refus, la menace fut portée à exécution : les églises furent rasées, l’évêque lui-même fut mis à mort et une persécution générale commença, qui devait durer quarante ans. Isdegerd mourut en 421, mais son successeur Varanes, poursuivit cette persécution avec toute son énergie. Les chrétiens étaient soumis à de cruelles tortures.

C’est à ce moment que l’on rencontre l’illustre diacre Benjamin, qui fut emprisonné pendant un an pour sa foi. 

Or un ambassadeur de l’empereur de Constantinople obtint pour Benjamin la relaxe, mais le roi perse y mettait comme condition qu’il ne parlât plus de la religion chrétienne aux mages et aux courtisans.

Ce qui semblait une condition facile pour avoir la vie sauve, contrariait cependant le zèle du diacre intrépide : Je ne puis fermer aux hommes les sources de la grâce de mon Dieu. Tant que ce sera en mon pouvoir, j’éclairerai ceux qui sont aveugles en leur montrant la lumière de la vérité ; m’en abstenir serait encourir les châtiments réservés à ceux qui cachent le talent de leur maître. 

Le roi perse jugea cette attitude parjure et fit arrêter Benjamin derechef, lui commandant d’adorer le soleil et le feu. Le diacre répondit : Qu’ils disparaissent de la terre tous ces dieux qui n’ont créé ni les cieux ni la terre. Je ne reconnais point pour dieux des éléments périssables, je ne sacrifierai ni à la cendre ni au feu. Faites de moi ce qu’il vous plaira et agissez sans retard.

Ces propos ne pouvaient qu’exacerber la haine du roi. Il se déchaîna et ordonna de faire enfoncer à Benjamin des pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains, ainsi que dans toutes les parties sensibles du corps. Le sang coulait de tous côtés, et cette torture fut répétée plusieurs fois. Ensuite on empala le martyr avec un long roseau pointu et noueux, qui lui déchirèrent les boyaux.

Benjamin cependant ne paraissait pas ému de ces atrocités : il louait et remerciait Dieu. A un moment donné, il demanda même aux bourreaux de suspendre leur besogne, mais c’était pour adresser au Seigneur une longue prière et Lui demander de boire jusqu’au fond ce calice du salut.

Le roi lui fit dire encore une fois qu’il aurait la vie sauve s’il consentait à adorer le soleil et le feu. On imagine difficilement que l’homme pût survivre déjà à tant de blessures profondes. Benjamin persévéra dans son refus. Le roi alors ordonna de lui enfoncer dans les entrailles une broche hérissée de pointes.

Ainsi expira glorieusement le courageux soldat de Dieu.

Ce pouvait être en 424, ou peut-être plus tôt en 422, en tout cas un 31 mars, jour où les grecs et les latins l’ont commémoré, et inscrit au Martyrologe.

 

Nota. En français, on a l’adjectif perse pour ce qui concerne la Perse d’avant l’invasion arabe, jusqu’au 7e siècle, persan ensuite.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 23:00

 

Natalia Tulasiewicz(1)

1906-1945

 

 

Natalia (2) naquit à Rzeszow (Pologne), de parents catholiques.

 

A partir de 1913 elle fréquenta l’école primaire à Kety, puis à partir de 1917 l’école privée pour filles à Cracovie. 

 

En 1921, la famille s’installe à Poznan et Natalia fréquente le gymnase des Ursulines de l’Union Romaine. Elle fréquente ensuite l’Université de Poznan et obtient en 1932 le diplôme de Maîtrise en philologie polonaise, avec son mémoire sur “Shakespeare et la musique”, sous la direction du professeur Romana Pollak. Des extraits en sont publiés dans l’organe du Mouvement Littéraire.

 

Entre 1931 et 1937, elle enseigne dans l’école privée mixte de Saint-Casimir et chez les Ursulines de l’Union Romaine. Elle fait un voyage en Italie en 1938.

 

Parallèlement, Natalia prend une part enthousiaste et très active à l’apostolat parmi les laïcs, convaincue que la foi doit alimenter et transcender la vie quotidienne.

 

En 1939, quand la Pologne est envahie à la fois à l’Est par les Nazis et à l’Ouest par les Soviétiques, sa famille est déportée ; Natalia s’efforce de continuer d’enseigner en secret à Cracovie.

 

A partir de 1943, elle se trouve à Hanovre comme représentant du gouvernement de Londres ; elle continue son activité d’apôtre laïque dans l’organisation clandestine pastorale “Ouest”.

 

En 1944, lors de l’arrestation et de la déportation en masse de Polonais, elle parvient à se glisser parmi les femmes déportées à l’usine Günther-Wagner de Hanovre, pour les soutenir et leur apporter du réconfort par sa force d’âme d’apôtre chrétienne. Elle est finalement découverte, emprisonnée à Hanovre puis à Cologne, atrocement torturée et humiliée, puis conduite au camp de concentration de Ravensbrück.

 

Le Vendredi Saint 30 mars 1945, rassemblant ses dernières forces, elle se hisse sur le toit de la barraque des condamnées et leur tient une ultime causerie sur la passion et la résurrection du Christ. 

 

Condamnée à mort, elle est exécutée dans la chambre à gaz le 31 mars 1945, veille de Pâques.

 

Le lendemain, le camp était libéré par les Alliés.

 

Béatifiée parmi les cent-huit martyrs polonais du nazisme, en 1999, elle est inscrite au Martyrologe au 31 mars, mais fêtée avec tous ces Compagnons en Pologne le 12 juin, veille du jour anniversaire de leur béatification par le bienheureux Pape polonais Jean-Paul II.

 

(1)   Les détails de cette notice proviennent d’une page traduite du polonais par un logiciel ; il se peut qu’il s’y trouve donc des inexactitudes dues à une traduction parfois impropre.

(2) On remarquera avec satisfaction qu'en polonais comme dans les langues italienne ou espagnole, le prénom Natalia ne porte pas d'h. Il ne devrait pas non plus en comporter en français, puisque ce prénom vient du latin Natalis (Noël, Naissance) où il n'y a jamais eu d'h. Le même problème existe avec le prénom Thérèse, en latin Teresa.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Arcangelo Palmentieri

1814-1885

 

Il naquit le 11 mars 1814 a Casoria (Naples, Italie).

En 1832, il entra chez les Frères Mineurs Alcantarins (les Franciscains qui conservaient la première Règle dans toute sa rigueur), à San Giovanni del Palco (Lauro, Nola).

Arcangelo prit le nom de Lodovico.

Il fut ordonné prêtre en 1837.

En 1847-1848, il eut une formidable intuition de se donner totalement aux plus pauvres et déshérités.

Avec la permission des Supérieurs, il ouvrit d’abord une infirmerie dans un couvent de Naples, pour les Confrères infirmes de la région, avec une pharmacie, et se mit à quémander charbon, médicaments et autres choses pour subvenir aux malades.

Il ouvrit d’autres centres hospitaliers et, pour y travailler, il fonda une nouvelle branche du Tiers-ordre franciscain : les Frères de la Charité, ainsi que les Sœurs Franciscaines de Sainte-Elisabeth, toujours présents dans plusieurs villes d’Italie, aux Etats-Unis, en Inde. Il avait coutume de dire qu’un village sans hôpital est un village mort.

Et encore : Dites à un pauvre malade de se confesser, il ne vous comprend pas ! Lui, il souffre et n’entend rien d’autre. Mais si vous le soulevez de sa paille et l’installez dans un bon lit avec des draps propres, si vous lui changez sa chemise toute souillée, si vous lui donnez un bon potage bien chaud et un morceau de viande, il revient à la vie. Après, vous lui parlez de Dieu, de Jésus-Christ, et vous lui proposez : Tu veux te confesser ? Le voilà qui se met à pleurer, il se confesse, et rend grâce à Dieu.

Le père Lodovico construisit ensuite sur la colline du Scudillo un couvent plus grand, toujours avec une infirmerie pour les frères et les pauvres malades de Naples et des environs. Il eut là sa chambrette, de 1852 à 1870, du moins quand il dormait un peu, car toute la journée passait au service des malades et des pauvres.

En 1854, il accueillit deux jeunes Africains, rachetés sur les marchés. Il convainquit son personnel de bien les accueillir ; il en recueillit ainsi jusqu’à une soixantaine, suscitant même l’intérêt du roi qui envoya le père Lodovico au Moyen-Orient pour aller en racheter d’autres. L’idée du père Lodovico était d’évangéliser ces Noirs, et d’en faire des apôtres de l’Afrique : convertir l’Afrique par les Africains.

A partir de 1862, s’ouvrit à Naples l’œuvre des Accantoncelli (petits abandonnés), qui recueillit un millier de ces enfants laissés à la rue.

Il y eut aussi l’institut pour les sourds-muets, fondé auparavant par don Aiello et repris par le père Lodovico à la mort de ce dernier ; un autre institut aussi pour les aveugles et sourds-muets d’Assise ; un orphelinat à Florence, avec imprimerie et école de musique.

Après les douloureux événements politiques de 1870, quand les maisons religieuses étaient absolument interdites, le père Lodovico réussit à intéresser des familles de la noblesse romaine, qui l’aidèrent à ouvrir une maison sur l’Esquilin : elle continua pendant un siècle.

En 1874, s’ouvrit encore à Posillipo une œuvre pour les pêcheurs âgés et les enfants atteints de scrofule.

Des maisons s’ouvrirent encore, et ailleurs. Même le père Lodovico ne savait pas dire combien il y en avait ; on en a recensé plus de deux-cents.

Arcangelo-Lodovico mourut à Naples le 30 mars 1885 et fut béatifié en 1993. 

Après un autre miracle, examiné en 2012, le bienheureux Lodovico devait être canonisé en 2014.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Joad, prophète

10e siècle avant Jésus-Christ

 

 

Joad n’est à proprement parler qu’un prophète anonyme, car l’Ecriture ne donne pas son nom.

Dans 1R 13:11-32, il est question d’un homme de Dieu, qui vient reprocher à Jéroboam son attitude en Israël.

Jéroboam avait en effet établi un autel «schismatique» à Béthel. Quand l’homme de Dieu vint le lui reprocher, Jéroboam eut la main desséchée. Ayant prié le prophète de le guérir, il fut exaucé et voulut recevoir honorablement ce prophète chez lui.

Cependant l’ordre de Dieu était strict : il devait revenir chez lui par un autre chemin, sans rien manger ni boire en Israël.

Sur le chemin du retour, il fut cependant trompé par un faux prophète, qui l’invita chez lui. Ayant accepté cette invitation, il fut puni par Dieu : il fut tué par un lion.

Comme l’Ecriture, même après la faute du prophète, lui donne encore le titre d’homme de Dieu, saint Augustin et d’autres Pères l’ont considéré comme un saint homme.

 

Une tradition lui donne le nom de Joad. Les Grecs en font mémoire le 30 mars.


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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Pierre Aumaître

1837-1866

 

Né à Aizecq (Charente), le 8 avril 1837, Pierre était l’aîné des cinq enfants d’un humble paysan, cordonnier à ses heures.

Il y a des Saints dont on dit qu’ils étaient très ouverts, très intelligents, dès l’enfance : ce ne fut pas le cas de Pierre, dont la mémoire ne lui rendait vraiment pas de grands services, mais c’était un très gentil garçon.

Il dit à son curé son désir d’être prêtre, mais ce dernier lui répondit qu’il n’y arriverait pas ; le nouveau curé refusa carrément de lui enseigner le latin ; en désespoir de cause, Pierre alla à quatre kilomètres de là, chez un bon laïque, pour prendre des leçons de latin.

Quatre kilomètres chaque matin, quatre le soir pour revenir : cette persévérance, cette ténacité, eurent raison du curé, qui recommanda à son évêque le jeune Pierre, pour l’admettre au Petit séminaire de Richemont (1852). Malgré sa petite mémoire, Pierre s’acharna sur l’étude et devint même un des meilleurs élèves.

Il entra au Grand séminaire d’Angoulême en 1857. Ses supérieurs purent admirer son style de vie : son obéissance était parfaite.

Dès qu’il commença les études de philosophie, il parla à son directeur spirituel de son attrait pour les missions, et gagna le Séminaire des Missions Etrangères de Paris en 1859. 

Ordonné prêtre en 1862 - il a vingt-cinq ans - il est envoyé en Corée un an plus tard.

Pierre fut d’abord à Saemkol (Ch’ŏnkokni) pour apprendre le coréen, puis avec Mgr Daveluy à Naep’o, où tout le monde l’apprécia pour sa bonté et son esprit enfantin. Mgr Daveluy écrivit de lui : Ce petit prêtre est en train d’accomplir de petits miracles ; il enseigne aux gens de façon excellente la dévotion à l’Eucharistie et à Marie.

Quand la persécution éclata, le père Aumaître dit à ses ouailles que c’était le moment de témoigner de leur foi en face des non-croyants. Lui-même alla se constituer à la police.

Avec Mgr Daveluy et le père Huin, le père Aumaître fut envoyé à Hongju, puis à la prison de Séoul, où ils subirent tous trois de pénibles interrogatoires et des tortures.

Pierre Aumaître fut décapité juste après Mgr Daveluy, à Kalmaemot, le 30 mars 1866, quelques jours avant son vingt-neuvième anniversaire.

Juste avant son martyre, il exhortait les autres chrétiens présents à rester fidèles.

On a dit que les corps des trois Martyrs restèrent sans corruption jusqu’au moment de leur enterrement, et que leur visage portait un doux sourire.

Pierre Aumaître fut béatifié en 1968, avec Mgr Daveluy et Luc Huin ; tous trois furent canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, et sont fêtés ensemble le 20 septembre.

 

 

 

 

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Hwang Sŏk-tu Lucas

(Hwang Seok-du Luka)

1811-1866

 

Né en 1811 à Yŏnp’ung (Ch’ungch’ŏng, Corée N), Lucas était le fils unique d’une noble famille aisée.

Son père lui fit faire les études officielles en vue du diplôme, pour l’honneur de la famille.

A vingt ans, Lucas partit faire son examen à Seoul. En chemin, il rencontra dans une auberge un Catholique qui lui parla de sa merveilleuse religion ; Lucas en fut profondément remué et il se procura quelques livres catholiques.

Trois jours après, il s’en retourna chez lui, disant à son père stupéfait qu’il avait déjà passé son examen, entendant par là l’examen du Ciel. Lucas fut convenablement rossé par son père, mais il continua d’approfondir sa foi catholique.

Il amena son épouse à la foi. Son père le menaça de mort. Pour toute réponse, Lucas prétendit être désormais muet, et le resta pendant plus de deux ans. Toute la famille essaya de le faire sortir de son mutisme, rien n’y fit. Non seulement le père et le reste de la famille s’avouèrent vaincus, mais finalement, tous furent persuadés d’étudier le catéchisme et d’embrasser la foi catholique.

Tout le monde admirait la personnalité, la piété et la foi de Lucas, même les non-croyants. Quand Mgr Ferréol arriva en Corée, Lucas s’offrit pour servir l’Eglise toute sa vie. Il reçut la permission de l’évêque de vivre séparément de son épouse, et l’évêque l’aurait bien préparé à recevoir le sacerdoce, mais le Saint-Siège s’y opposa pour une raison pratique : l’épouse de Lucas ne disposait pas de quelque maison religieuse pour être hébergée.

Son père mourut bientôt. Lucas fut alors dépossédé de tous ses biens, par ses proches parents. Le père Féron en fit un professeur de littérature chinoise et un catéchiste. Lucas remplit de façon admirable sa fonction de catéchiste. Finalement, il devint le secrétaire du Mgr Berneux et de son successeur, Mgr Daveluy. Il écrivit un bon nombre d’ouvrages avec Mgr Berneux (v. 7 mars).

Au moment de son arrestation, Mgr Daveluy demanda à ses ravisseurs d’épargner Lucas, mais ce dernier insista pour ne pas être séparé de son évêque. Ils partirent donc ensemble pour Seoul.

Dans la prison de Seoul, Lucas prêcha la religion catholique à ses persécuteurs, qui purent admirer sa science et son éloquence.

Condamné à mort, il fut martyrisé à Kalmaemot, la base navale de le province de Ch’ungch’ŏng, après Mgr Daveluy et les deux autres missionnaires, Luc Huin et Pierre Aumaître.

C’était le 30 mars 1866, leur dies natalis commun.

Martyrisés ensemble, ils furent béatifiés ensemble en 1968, canonisés ensemble en 1984, et ensemble sont fêtés le 20 septembre.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Luc Huin

1836-1866

 

Né le 20 octobre 1836 à Guyonville (Haute-Marne), benjamin de neuf enfants, Luc reçut au baptême les noms de Martin-Luc.

Ses bons parents étaient vignerons. Le père était à juste titre fier de ses ancêtres, qui avaient eu un prêtre à chaque génération.

Le curé du village s’intéressa à la vocation de Luc et entreprit de lui enseigner le latin bien avant son entrée au séminaire.

Les études de Luc furent excellentes, et son comportement très bien noté. Il n’avait qu’un «défaut» : une très grande sensibilité.

Dès qu’il reçut les ordres sacrés, il conçut un vif désir d’être un jour missionnaire ; pendant un temps, toutefois, ce désir retomba lorsque la ferme de ses parents fut détruite par le feu. Mais un mystérieux appel demeurait dans son cœur.

Après son ordination sacerdotale (1861), il fut vicaire de paroisse, et écrivit une lettre à son évêque, lui demandant de pouvoir rejoindre les Missions Etrangères de Paris. L’évêque lui demanda seulement de patienter un peu, le temps qu’un autre prêtre pût le remplacer à la paroisse. 

En 1863, Luc partit pour Paris. Les adieux furent difficiles à la maison, à cause de cette sensibilité qui liait encore Luc aux siens. Sa mère lui demanda sa bénédiction et l’absolution.

En juillet 1864, ils étaient neuf à partir pour la Corée : Luc, avec entre autres les pères Just de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie qui, eux, devaient être martyrisés le 7 mars, trois semaines avant Luc (voir leur notice à ce jour, de même pour ceux dont il sera question plus bas).

Luc fut d’abord avec Mgr Daveluy à Naep’o, puis vint à Sekŏri (Haptŏk). Il était prêt à n’importe quel sacrifice pour être pleinement «coréen». Il apprit la langue en un temps record : début 1866, il pouvait enseigner le catéchisme et confesser en coréen. Il entendit près de cinq cents confessions, fit l’Onction des Malades sur quelque vingt personnes et unit en Mariage plusieurs couples.

Le père Luc fut arrêté le 12 mars, et envoyé le 19 à la prison de Séoul avec Mgr Daveluy et le père Aumaître. Là, il fut durement interrogé et torturé. Puis tous trois furent transférés à la base navale de Kalmaemot (Ch’ung-ch’ŏng).

Au moment d’être immolé, père Luc s’exprima ainsi : 

Si je regrette de mourir, ce n’est pas parce que je suis encore jeune, ni parce que je vais mourir si misérablement, mais parce que je meurs sans avoir encore rien fait pour le salut de mon cher peuple coréen.

Avec Mgr Daveluy et le père Aumaître, le père Luc fut décapité le 30 mars 1866. Il avait trente ans.

Tous trois furent béatifiés en 1968, et canonisés parmi les cent-trois Martyrs coréens en 1984, dont la fête commune est le 20 septembre.

A l’annonce du martyre de Luc, sa mère fut remplie de joie et chanta le Te Deum avec toute la famille.

 

 

 

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Yosep Chang Chu-gi

1802-1866

 

Né en 1802 (1803 ?) à Suwŏn dans une riche famille, Yosep apprit la littérature chinoise de sa belle-sœur.

Tombé malade à Hangji à vingt-six ans, il fut baptisé par un prêtre chinois, Pacificus Yu Pang-je, le deuxième prêtre à entrer en Corée. Puis il fit baptiser son épouse et ses enfants.

Le père Pierre Maubant (voir au 21 septembre) remarqua la foi profonde de Yosep et lui confia la mission de la catéchèse, qu’il remplit avec fidélité jusqu’à la mort.

Il vivait à Paeron (Chech’ŏn), où la persécution le laissa tranquille pendant douze ans. Quand on voulut ouvrir à Paeron un Petit séminaire, Yosep proposa avec joie sa propre maison dont il resta le concierge. Il rendit constamment service au séminaire et à la communauté catholique pendant onze ans. Il travaillait beaucoup et ne demandait rien en échange.

A l’irruption de la police le 1er mars 1866, il n’alla pas se cacher. Il fut arrêté avec les missionnaires, qui tentèrent de soudoyer les soldats pour délivrer Yosep, mais lui ne voulait pas se séparer des prêtres.

Quand il fut question de les emmener à Séoul, les prêtres insistèrent pour faire relâcher Yosep, qui dut repartir à Paeron en pleurant.

Mais cinq jours après, tandis qu’il achetait du riz à Norukol, la police l’arrêta et l’envoya au gouverneur de Chech’ŏn, devant lequel Yosep reconnut être le propriétaire du séminaire de Paeron.

Le gouverneur voulait lui épargner la vie et tenta de lui faire renier sa foi, mais Yosep ne céda pas à la tentation. Finalement il fut envoyé à Séoul, où il fut torturé et condamné à mort le 24 mars 1866.

Il fut exécuté en même temps que Mgr Daveluy et les pères Huin et Aumaître, le 30 mars 1866, Vendredi Saint cette année-là.

Le séminaire de Paeron ferma alors, après onze ans d’activités. 

 

A soixante-quatre ans, Yosep Chang Chu-gi rejoignit la glorieuse troupe des Saints Martyrs de Corée, qui sont fêtés ensemble le 20 septembre, après avoir été béatifiés les uns en 1925, les autres en 1968 (dont Yosep), et tous canonisés en 1984.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 00:00

Julio Álvarez Mendoza

1866-1927

 

Né le 20 décembre 1866 à Guadalajara (Jalisco, Mexique), le fils de Anastasio Álvarez et de Dolores Mendoza fut baptisé le lendemain et reçut le prénom de Julio. 

Il apprit l’art du tailleur. Son sérieux au travail poussa les patrons de ses parents à l’aider à entrer au collège, puis au séminaire de Guadalajara.

Son bon comportement, son application à l’étude, le firent vite accepter dans la Congrégation Mariale du séminaire.

Ordonné diacre en 1890, prêtre seulement en 1894 (peut-être à cause d’une maladie), il fut curé de Mechoacanejo pendant toute sa vie.

Son arrivée dans cette paroisse fut saluée par les Indiens avec des manifestations de joie et des démonstrations de respect, avec des chants, des danses, de la musique.

Ami de tous les enfants et des pauvres, il s’appliqua à éradiquer les mauvaises habitudes et les superstitions ; Il leur enseigna à faire des vêtements, mais en fit aussi lui-même pour aider les plus nécessiteux.

Il avait bien sûr une grande dévotion à Notre-Dame de Guadalupe, comme tous les Mexicains. Il sentait arriver les temps difficiles et faisait prier les fidèles pour demander à Dieu la force nécessaire à supporter les épreuves.

Sa vieille maman vivait près de l’église. A l’approche de la persécution, l’évêque laissa ses prêtres choisir entre se rapprocher de Guadalajara, ou rester parmi leurs fidèles. Julio préféra rester sur place. Il célébra la messe et les sacrements en cachette, dans les maisons de campagne.

Quand la persécution contre l’Eglise se déchaîna, il fut reconnu comme prêtre par l’armée dans un de ses déplacements de pastorale, le 26 mars 1927. Il était accompagné de deux jeunes, Gregorio et Gil. Un des soldats s’approcha du père Julio et lui baisa la main, disant aux autres qu’il était son parrain.

Interrogé sur son état sacerdotal, Julio ne nia pas.

On l’attacha sur une selle de cheval, on l’emmena à Villa Hidalgo, Aguascalientes, León, San Julián, au milieu de mille épreuves, humiliations et tortures, les mains liées, sans lui donner à manger. Il n’avait pas le droit de s’asseoir : il devait ou rester debout ou se mettre à genoux. A la fin, exténué, il ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Aucune plainte ne sortait de sa bouche. On le condamna à mort.

Finalement, on le mit sur un tas d’ordures pour être fusillé. Il demanda simplement au capitaine :  Vous allez vraiment me tuer ? - C’est les ordres, répondit l’autre. - Je vais mourir innocent. Je n’ai rien fait de mal. Le délit que j’ai fait, est d’être ministre de Dieu. Je vous pardonne. Je vous demande seulement de ne pas tuer les garçons qui m’accompagnaient, parce qu’ils sont innocents.

Il mit les bras en croix en attendant le coup fatal.

L’abbé Julio Álvarez Mendoza reçut trois balles dans le corps, avant le coup de grâce dans la tête. 

Il avait été curé à Mechoacanejo pendant trente-trois ans.

C’était le 30 mars 1927. A ce moment-là, s’éleva une tempête qui empêcha toute visibilité à Mechoacanejo. Le cadavre du Martyr fut laissé là, dans les ordures, près de l’église, jusqu’à ce que les villageois, ayant appris ce qui s’était passé, vinrent le prendre pour l’ensevelir.

Julio Álvarez Mendoza fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 parmi vingt-cinq Martyrs mexicains, dont la fête commune est au 21 mai.

Saint Julio Álvarez Mendoza a été proclamé Patron céleste du clergé de son diocèse  (Aguascalientes).

 

 

 

 

 

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  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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