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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 00:00

 

07 NOVEMBRE

I.

S Prodoskimos, premier évêque présumé à Padoue, dont il est le patron.

S Restitut, premier évêque à Saint-Paul-Trois-Châteaux ; il serait l'aveugle-né de l'évangile, comme s. Sidoine à Saint-Maximin : ou il avait deux noms, ou il y avait deux aveugles-nés. 

III.

S Athenodoros, évêque à Néocésarée, frère de s. Grégoire le Thaumaturge.

S Amaranthus, martyr près d'Albi. 

SS Hieron, Nicandros, Hesychios, martyrs à Mélitène avec trente autres.

IV.

S Léopard, évêque à Osimo.

S Ruf, évêque à Metz.

SS Mélasippe et Carine, avec leur fils Antoine, tous trois martyrs à Ancyre.

VI.

S Herculanus, évêque martyr à Pérouse ; après la prise de la ville par les Goths, on le décapita puis on lui arracha une bande de peau de la tête aux talons et on le précipita du haut des murs : un mois après sa sépulture, on retrouva son corps intact.

S Baldus, évêque à Tours, ancien référendaire de Clotaire et père de plusieurs fils avant son élection ; il échappa à un naufrage par l'intercession de s. Martin.

S Congar, ermite en Pays de Galles, fondateur de monastères ; il aurait été le fils d'un empereur de Constantinople, et voulu échapper aux honneurs de la cour.

VII.

S Florent, évêque à Strasbourg ; il serait venu d'Ecosse s'installer à Haslach, où il gardait les bêtes sauvages dans un enclos, leur défendant d'aller ravager les récoltes alentour.

S Agmer, évêque à Senlis.

Ste Gébétrude, abbesse à Remiremont.

S Trémeur, martyr en Bretagne ; son histoire est aussi étrange qu'horrible : sa mère enceinte fut assassinée par son mari et ressuscitée par s. Gildas ; plus tard, il fut à son tour tué par son père.  

VIII.

S Willibrord, moine anglais, disciple de s. Wilfrid, évêque à Utrecht, fondateur de monastères à Echternach, Susteren, Murbach.

X.

S Blinlivet, évêque à Vannes.

XI.

S Lazaros le Galisiote, ermite puis moine en Palestine, stylite en Asie Mineure ; il dut changer quatre fois de lieu, et construire des monastères pour ses disciples.

XIII.

S Engelbert, évêque à Cologne et martyr ; aussi énergique que violent, il ne passait pas pour saint, mais aurait fait des miracles après sa mort. 

XVIII.

S Antonio Baldinucci, jésuite italien, prédicateur très actif et efficace dans le Latium.

SS Jacinto Castañeda Puchasóns, espagnol, et Vinh Son Lê Quang Liêm, tonkinois, prêtres dominicains martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XIX.

S Baiduo Wu Guosheng, laïc chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

S Vincenzo Grossi (1845-1917), prêtre près de Crémone, fondateur des Filles de l'Oratoire, pour la formation des filles, canonisé en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : près de Madrid, les prêtres Alfredo Fanjul Acebal, Juan Mendibelzúa Ocerín, Vicente Rodríguez Fernández, Isabelino Carmona Fernández  (*1867, 1878, 1897, 1908) ; le clerc José Delgado Pérez (*1917) ;

Salésiens : près de Madrid, le clerc Manuel Martín Pérez (*1904) ;

- béatifiés en 2011 :

Oblats de Marie Immaculée : près de Madrid, le prêtre José Vega Riaño (*1904), et le clerc Serviliano Riaño Herrero (*1916) ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : près d’Alicante, le prêtre Andrés Francisco Simón Gómez (Eloy, *1876) ;

Hiéronymites : près de Madrid, le prêtre Manuel Sanz Domínguez (de la Sainte-Famille, *1887) ; il avait restauré cet Ordre ; il mourut «entre le 6 et le 8 novembre» ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, les frères Gil Belascoain Ilarragorri et Victoriano Reguero Velasco (*1883, 1902).

Prodoskimos de Padoue

1. siècle ?

 

Selon une certaine tradition - c’est là toute notre information - Prodoskimos aurait été consacré évêque par s.Pierre et envoyé évangéliser la ville et la région de Padoue.

Prodoskimos signifie en grec l’attendu. De ce nom, on aura déduit que Prodoskimos aurait eu des origines grecques.

Comme premier Pasteur de cette région, il fut un infatigable prédicateur et aurait administré le Baptême à un grand nombre de personnes.

Entre autres, sainte Justine (v. 7 octobre) aurait été de ceux qui reçurent de lui ce sacrement. On a vu, le jour de sa fête, quel problème soulevait cette perspective : sainte Justine vécut peut-être seulement au troisième siècle…

Prodoskimos aurait aussi évangélisé la ville et les environs de Belluno, après Hermagoras (v. 12 juillet).

Finalement, notre Héros serait mort à un âge fort avancé, mais non martyr.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Prodoskimos de Padoue au 7 novembre.

 

 

Athenodoros de Néocésarée

3. siècle

 

Athénodore était le jeune frère de Grégoire le Thaumaturge (v. 17 novembre). Ils avaient aussi une sœur. Leurs parents, païens, étaient fort riches.

On connaît beaucoup plus Grégoire qu’Athenodoros, qui vécut toujours dans le sillage de son frère aîné.

Grégoire avait quatorze ans à la mort de son père. C’est sa mère qui le poussa à approfondir le droit. Les deux frères allèrent étudier le droit à Beyrouth, puis les lettres à Césarée de Palestine. C’est ainsi qu’ils connurent Origène et son école.

Grégoire et Athenodoros étaient naturellement attirés par les auteurs grecs et latins, mais Origène leur passa l’amour de la Vérité et les conduisit dans les voies de la perfection spirituelle. C’est apparemment là qu’ils reçurent le baptême, sans qu’on puisse déterminer mieux leur âge.

Cette formation dura cinq (ou même huit) années, durant lesquelles ils approfondirent l’Ecriture. Leurs progrès furent tels, qu’on les jugea dignes de recevoir l’épiscopat, bien qu’ils fussent encore fort jeunes.

On ne connaît pas l’activité pastorale des deux Evêques. On dit des deux qu’ils furent «évêques de Néocésarée» (Pont, auj. Niksar, sur la Mer Noire, Turquie CN) ; tous deux participèrent au concile d’Antioche de 264, où fut condamné Paul de Samosate. Tandis qu’on a connu un certain nombre d’œuvres de Grégoire, on n’a rien d’Athenodoros.

Athenodoros fut peut-être évêque auxiliaire de son Frère. On ne connaît la date de la mort ni de l’un ni de l’autre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Athenodoros de Néocésarée au 7 novembre.

 

 

Amaranthus d’Albi

3. siècle

 

Amaranthus (Amarand) aurait été martyrisé à Albi.

Même les contemporains oublièrent vite Amaranthus, car son tombeau resta longtemps jonché de ronces et d’épines.

Cependant, s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) raconte ce miracle étonnant : quand on eut remis en honneur ce tombeau, les cierges qu’on y apportait s’allumaient d’eux-mêmes. Le miracle cessa lorsqu’on commença à construire des habitations à proximité : les habitants pouvaient alors fournir du feu pour allumer les cierges.

Amaranthus aurait été mis à mort au troisième siècle, on ne sait par qui, ni pourquoi, ni comment.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amaranthus d’Albi au 7 novembre.

 

 

Hieron de Mélitène

3. siècle

 

Il s’agit ici d’un Martyr de Mélitène (Cappadoce, act. Malatya, Turquie C).

Hieron reçut la palme du martyre avec des Compagnons, dont deux se seraient nommés Nikandros et Hesychios.

Le groupe serait au nombre de trente-trois, ou de cinquante.

Ils auraient été mis à mort à la fin du troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hieron de Mélitène au 7 novembre.

 

 

Herculanus de Pérouse

† 549

 

On n’a pas de documents sûrs des quatre premiers évêques de Pérouse. Herculanus, le cinquième, est le premier dont on ait des certitudes.

Il était évêque de Pérouse lorsque Totila et ses Ostrogoths assiégèrent la ville pendant presque deux années (547-549) ; les vivres étaient épuisées.

Herculanus, dit-on, fit ostensiblement donner au dernier agneau qui restait, le dernier sac de grain de la ville, une vieille ruse utilisée pour faire croire à l’ennemi qu’il y avait encore bien assez de nourriture, puisqu’on pouvait en gâcher pour les bêtes. Mais Totila prit tout de même la ville d’assaut.

L’évêque fut capturé ; Totila aurait donné l’ordre de l’écorcher vif totalement, mais le bourreau chargé de cette corvée décapita d’abord la Victime, et l’écorcha ensuite d’une bande de peau de la tête aux pieds. Le corps et la tête furent alors précipités au pied du mur de la ville.

Quarante jours plus tard, voulant ensevelir dignement leur évêque, les habitants s’aperçurent que le corps et la tête étaient parfaitement réunis sans aucune trace de blessure.

Saint Herculanus de Pérouse est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Baldus de Tours

† 552

 

Baldus (Baud) était le référendaire du roi Clotaire 1er : il était donc à la tête de la chancellerie royale et  avait la garde du sceau royal.

Marié, il eut des enfants.

D’après son historien (s.Grégoire de Tours, son troisième successeur, v. 17 novembre), il échappa un jour à un naufrage, en recourant à l’intercession de s.Martin (v. 11 novembre).

En 546, peut-être veuf et, de toutes façons, libre des obligations paternelles envers ses enfants désormais adultes, il fut nommé seizième évêque de Tours.

Un de ses premiers actes fut de distribuer aux pauvres l’or ammassé par son prédécesseur ; Iniuriosus en effet (c’était son nom) avait laissé un trésor de vingt mille sous d’or, que Baud, en toute honnêteté, ne pouvait conserver chez lui, quand il y avait tant de misères à soulager.

Il fit construire une nouvelle paroisse au bourg de Neuillé et institua la mensa canonica : une cuisine qui préparait les repas que les clercs prenaient désormais ensemble.

Baud mourut un 7 novembre, vers 552.

On prit l’habitude de l’invoquer pour obtenir la pluie.

Saint Baldus de Tours est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Congar

6e siècle

 

Il est bien difficile de savoir de qui l’on parle à propos de saint Congar.

Qu’il ait existé, ne fait aucun doute. Mais on a du mal de s’y retrouver en lisant les textes, si différents, qui en parlent, au point qu’on a supposé avoir affaire avec (au moins) quatre Saints du même nom. Voici un petit condensé de ce qu’on peut retenir.

Congar (Kongar, Congard, Gyngar en gallois) aurait été un fils de roi ou même d’un empereur de Constantinople, qui, fuyant les honneurs de la cour, serait venu pratiquer la vie érémitique en Grande-Bretagne.

Il aurait ensuite fondé un monastère en Irlande, Bangor, ou plusieurs monastères, dans le Devonshire.

Il aurait reçu l’Onction des Malades des mains de s.Fiacre (v. 30 août, à moins qu’il s’agisse d’un homonyme) et serait mort après de douloureuses souffrances, à Bangor (vers 600).

Saint Congar est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain. Il n’est donc pas exact d’affirmer qu’il est non reconnu officiellement par l’Eglise catholique romaine.

 

 

Florent de Strasbourg

† 693

 

Les recherches historiques permettent de corriger certaines données qu’on trouve dans des livres du siècle dernier.

Florent serait né en Ecosse, fait assez peu probable.

On croit qu’il serait venu s’installer comme ermite à Haslach (Alsace) et qu’il aurait été au service de la dynastie des Etichonides.

Une histoire très aimable raconte que Florent rassembla dans un enclos toutes les bêtes sauvages de la région, leur intimant l’ordre de respecter les récoltes des paysans.

Un jour que les chasseurs de Dagobert 1er tentèrent d’abattre des bêtes, n’y réussissant pas, ils battirent Florent. Mais en partant, ils s’embourbèrent et n’eurent la vie sauve que grâce à l’intervention de Florent.

Dagobert fit venir Florent pour guérir sa fille aveugle et muette. La difficulté de ces rapports avec Dagobert, est que ce dernier mourut en 639, quand Florent ne pouvait être qu’un enfant. Dagobert II mourut assassiné à vingt-sept ans (679), n’ayant régné que trois ans.

Florent serait ensuite devenu le quatorzième évêque de Strasbourg, où il fut nommé en 678.

La mort de Florent se situe vers 693.

Dès le Moyen-Age, on invoqua s.Florent pour protéger le bétail, ainsi qu’en cas de maladie digestive.

Saint Florent de Strasbourg  est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Willibrord d’Utrecht

658-739

 

Les parents de Willibrord lui donnèrent un nom d’assonance païenne, Willibrord signifiant : que le dieu Willi te protège. Mais ce furent d’excellents chrétiens. Le père, Wilgils, noble de Northumbrie, distribua à la fin de sa vie tous ses biens aux pauvres et alla se retirer dans un ermitage qu’il s’était construit. Ce fut le début d’une vie monastique où d’autres compagnons le rejoignirent.

Willibrord, lui, naquit le 6 novembre 658, et fut bientôt mis sous la tutelle d’un grand saint, l’abbé Wilfrid de Ripon. Quand Wilfrid, tout en restant abbé à Ripon fut chargé du siège épiscopal de York, ce fut le prieur du monastère, Ceolfrid, qui s’occupa de Willibrord.

En 678, Wilfrid dut partir pour Rome, et Willibrord partit pour l’Irlande, à Rathmelsigi, où il se mit sous la direction de l’abbé Egbert. Après douze années, il reçut le sacerdoce.

En 690, l’abbé Egbert choisit douze de ses moines, Willibrord en tête, pour aller évangéliser les Frisons. Une fois arrivés dans la région des Pays-Bas, Willibrord voulut aller demander au pape l’approbation de sa mission. Ce que fit Serge 1er avec grande joie.

Willibrord s’établit à Anvers. Dès 695, le même Serge 1er consacra évêque Willibrord comme archevêque des Frisons. A l’occasion, il ajoutait à son nom celui de Clément (Clément 1er pape), qui se fêtait le 23 novembre, lendemain du sacre.

Le siège du nouvel archevêque fut alors à Utrecht.

Puis Willibrord étendit les bâtiments du monastère d’Echternach (région du Luxembourg), où il se rendait volontiers entre ses courses apostoliques.

En 699, Willibrord essaya de pousser l’apostolat en direction du Danemark, mais rencontra une certaine résistance du roi Ongend ; il profita tout de même de son voyage pour acheter trente jeunes esclaves indigènes qu’il fit embarquer avec lui pour les instruire et les baptiser. Il n’y eut pas d’autres missions au Danemark pendant tout un siècle.

Une des méthodes qu’utilisait Willibrord pour convaincre les païens, était de détruire leurs idoles en leur démontrant qu’ils n’en recevaient aucun maléfice, car

Les idoles des païens sont or et argent, une œuvre de mains d’hommes ; elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas. Elles ont des oreilles et n’entendent pas, par le moindre souffle en leur bouche (Ps 135 15-17).

En 703, Willibrord eut la joie de recevoir Wilfrid d’York qui l’honorait d’une visite pour lui montrer l’intérêt qu’il portait à ces missions en Frise. Willibrord organisa méthodiquement son grand diocèse. Malheureusement, le prince Radbod, dans un de ses accès de colère, détruisit tout le travail de Willibrord à Utrecht. Il fallut patiemment tout reconstruire à partir de 719, quand Charles Martel eut soumis les Saxons puis les Frisons. Saint Boniface vint l’aider aussi pendant quelque temps.

Les années passant, et le travail augmentant, Willibrord eut l’idée de consacrer des évêques auxiliaires, qui eurent le titre de Chorévêques, pouvant circuler librement, sans être attachés à un territoire particulier.

Willibrord fonda encore d’autres monastères : Susteren (Limbourg, 714), Murbach (Alsace, 728).

Il mourut le 7 novembre 739 à Echternach, au lendemain de son quatre-vingt-unième anniversaire en ce monde.

Saint Willibrord a été vénéré dès après sa mort, et inscrit au Martyrologe le 7 novembre.

En 1940, il a été proclamé Patron de la province ecclésiastique d’Utrecht.

Leon Lazaros le Galisiote

968-1054

 

Leon naquit en 968 dans un village proche de Magnésie du Méandre (Ionie, act. Tekin, Germencik, Aydin, Turquie SO).

A six ans déjà, il fut confié à un prêtre ; à neuf ans, à un notaire ; à douze ans, à son oncle Elias, un moine des Kalathon.

Enflammé du désir de voir la Terre où vécut Jésus-Christ, il fuga par trois fois du monastère. A chaque fois, l’oncle réussit à le faire revenir, mais la troisième fois, Leon commença par demander sa bénédiction à un moine stylite et le voilà parti.

A-t-il désobéi ? A-t-il suivi un conseil d’En-haut ? On verra plus tard ce qu’il pensait de ses échappades.

Près d’Attalia, il reçut l’habit religieux ; c’est sans doute là qu’il prit le nom de Lazaros.

Il commença par faire une longue retraite dans une grotte, pendant sept ans, avant de rejoindre enfin Jérusalem, où on l’accueillit dans la laure de Saint-Sabas ; Lazaros fit un autre essai à Saint-Euthyme, mais revint à Saint-Sabas, où il fut ordonné prêtre. L’invasion des Sarrasins provoqua la panique, et Lazaros partit pour son pays.

Poursuivi par l’idéal de la solitude, il s’installa sur une colonne non loin d’Ephèse. Après quelque temps, il en retira le toit. Dormant peu, se contentant de pain d’orge sec, de quelques légumes et d’un peu d’eau, il s’attira involontairement des amis. On lui demanda l’habit monastique. Des cellules furent construites autour de lui. 

La solitude recherchée étant bien compromise, Lazaros s’enfuit de nuit et, sur le conseil d’un autre moine stylite, rejoignit une grotte du mont Galision, qui avait été habitée par un certain Paphnuce. L’évêque d’Ephèse aurait préféré le voir réintégrer sa colonne, mais Lazaros se sentit poussé par Dieu vers la solitude et s’installa sur une nouvelle colonne, où quelques compagnons lui apportaient sa mince nourriture. Cela durera douze années.

Une «pieuse» femme prétendit s’installer près de cette colonne ; comme elle refusait de partir de là, Lazaros alla s’installer sur une autre colonne, plus haut dans la montagne, sous la protection de la Vierge Marie.

En face de cette (troisième) colonne, Lazaros fit construire un oratoire où un prêtre viendrait célébrer les Saints Mystères. Il se déplaça encore, une dernière fois, sur une quatrième colonne, plus haute, mais qui lui attira encore une fois des fils spirituels : une quarantaine de moines viendront s’installer là, formant le monastère de la Sainte-Résurrection.

La Règle était assez sévère. Lors d’une fête de Saint, on proposa à Lazaros d’améliorer un peu l’ordinaire, mais lui : Ce saint s’est sanctifié non par une vie confortable, mais par les jeûnes et les veilles ; il nous faut imiter cette vie.

Un des moines avait tendance à sommeiller durant l’office. Pour le guérir, Lazaros lui dit : Si je dors, frappe-moi avec le roseau ! Du coup le moine fut attentif, et guéri de sa somnolence. Un jour cependant, il crut devoir «obéir» à Lazaros qui, âgé, retenait difficilement sa tête droite ; mais un autre moine retint le bras du disciple trop zélé qui, devenu vieux à son tour, remerciait Dieu de n’avoir pas touché le vénérable Père.

Une femme vint se plaindre des mauvais traitements reçus de son mari et voulait le quitter. Lazaros lui conseilla d’entrer dans un monastère : le mari se fit moine (inutile de préciser qu’il s’était repenti de sa dureté).

Pour encourager ses disciples, il leur répétait : Dieu ne vous demande pas autre chose que de rendre grâces, d’être patients, et de ne pas retourner en arrière vers ce dont vous êtes sortis, mais de vous affermir où sa grâce vous a amenés, attendant chaque jour la séparation de l’âme et du corps. Si la mort vous trouve ainsi, méditant, réfléchissant, n’ayez pas peur !

C’est ici que nous trouvons sa pensée sur ses premiers pèlerinages à Jérusalem. Une pieuse femme de Constantinople, voulant pérégriner à Jérusalem, s’était déguisée en moine et s’arrêta auprès de Lazaros. Il ne fut pas dupe : Femme, retourne à l’endroit d’où tu es partie. Ne recommence plus, car à ta faute matérielle s’ajouterait une faute spirituelle. Sache que là où l’on se conduit bien, là est Jérusalem.

Et encore :

Rien ne peut nuire à celui qui obéit.

Nous sommes en plomb : nous fondons sous les compliments.

Lazaros portait une petite tunique de peau, tête et pieds nus. Sa vie était faite de jeûnes, de veilles, de chaînes, de froid et chaud, nuit et jour. Une gouttière qui descendait de la cellule servait aux petites bêtes à grimper : Lazaros était envahi de poux, de punaises, de fourmis. Il supportait tout dans l’attente de la Résurrection.

Huit jours avant sa mort, Lazaros dicta la Règle définitive qu’il voulait laisser aux moines.

Au moment de mourir, il leva un peu sa main droite pour bénir une dernière fois les moines réunis, et l’un d’eux lui guida la main pour parapher la Règle. 

Il mourut un dimanche, le jour de la Résurrection, le 7 novembre 1054, l’année du Grand Schisme d’Orient.

Saint Lazaros le Galisiote est commémoré le 7 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Engelbert  de Berg

1185-1225

 

Engelbert était le cadet d’une famille issue des comtes de Berg, qui donnèrent en un siècle cinq évêques à Cologne.

Il naquit vers 1185 et fut nommé prévôt de Saint-Georges de Cologne, alors qu’il n’était qu’un enfant. Quand mourut le prévôt de la cathédrale (1199), l’archevêque le préconisa, mais il fallut tenir compte des prétentions d’un autre candidat, et l’affaire traîna à la cour pontificale. En 1203, Engelbert était devenu sous-diacre, avait acquis à lui quelques chanoines, et fut élu.

En 1205, l’archevêque de Cologne fut excommunié pour avoir sacré empereur le candidat rival de celui qu’appuyait le pape ; Engelbert fut à son tour excommunié, ayant soutenu l’archevêque. A la mort de l’empereur et de l’archevêque de Cologne, l’excommunication d’Engelbert tombait d’elle-même. Il fut absous.

Pour obtenir l’indulgence promise aux croisés, il s’engagea pour quarante jours - durée minimum exigée - dans la campagne contre les Albigeois (1211).

A la suite de nouveaux troubles, c’est Engelbert qui fut alors choisi pour monter sur le siège de Cologne, en 1216.

Dès lors, Engelbert ne ménagea pas sa peine pour imposer, même par la force, le droit et la loi dans le diocèse. Il fit deux campagnes contre le duc de Limbourg pour l’obliger à restituer des terres illégalement acquises ; il occupa un château sur la Moselle et le conserva, malgré l’avis contraire du pape ; il intervint dans l’élection de l’abbesse de Willich : malgré les juges envoyés par le pape, il occupa l’abbaye, en perçut les revenus jusqu’à confirmation de celle qu’il favorisait.

Dans son diocèse proprement-dit, il accueillit favorablement les frères dominicains et franciscains.

En 1220, l’empereur Frédéric, voulant s’installer en Italie, confia à Engelbert le gouvernement de la Germanie.

Une telle énergie ne pouvait pas rester sans susciter des oppositions. Lors d’un déplacement pour aller consacrer une église, Engelbert fut entouré traitreusement et mortellement frappé.

On ne peut qualifier cette mort de «martyre». Comme le mentionne le Martyrologe Romain, Engelbert fut assassiné le 7 novembre 1225.

Fut-il inspiré dans ses choix, dans ses interventions ? On pourrait discuter sur les vertus héroïques de ce soldat sans scrupules. Mais d’autres faits se produisirent post mortem : on rapporte que plusieurs personnalités, après avoir exprimé leur désappointement sur la «sainteté» d’Engelbert furent gravement frappés de maladie, d’infirmité, et ne guérirent miraculeusement qu’après avoir demandé pardon au Défunt. Engelbert jouissait donc si peu d’un renom de sainteté universelle qu’après sa mort encore il devait punir ses détracteurs, quitte à leur pardonner s’ils venaient à résipiscence. Mais ses partisans n’hésitaient pas à parler de son «martyre».

Finalement il arriva dans les pages du Martyrologe, qui rappelle son combat pour les libertés de l’Eglise.

 

 

Antonio Baldinucci

1665-1717

 

Antonio naquit le 13 juin 1665 à Florence, cinquième fils de Filippo et Caterina Scolari, de très bons parents, et illustres : Filippo appartenait à l’Accademia della Crusca (notre Académie Française). Antonio qualifia lui-même sa pieuse mère de petite sainte.

Il reçut au baptême le nom du Saint du jour, Antonio de Padoue ; Filippo en aurait d’ailleurs reçu une grâce particulière de guérison.

Le frère aîné d’Antonio devint prêtre dominicain ; le quatrième, prêtre diocésain. Antoine entra chez les Jésuites, qui lui semblèrent les plus indiqués pour le salut des âmes.

Ses bonnes qualités le firent admettre à seize ans au noviciat. Il étudia à Rome et exprima son désir de partir aux missions lointaines, en Inde ou au Japon. 

En attendant, on le faisait déjà prêcher sur les places de Rome, avant même sa profession solennelle.

Malheureusement, il n’avait pas une santé solide, et ses missions lointaines furent en réalité l’Italie centrale.

En 1692, malade, il fut soigné au tabac chiqué et fumé, remède efficace pour l’époque, et qui ne contenait pas les substances nocives qu’on lui a ajoutées par la suite.

Antonio était un actif : il pouvait parcourir ses soixante-dix kilomètres chaque jour. A peine remis, il parcourut les campagnes de la zone de Frascati (environs de Rome) et combla son auditoire de sa méthode énergique : pieds nus, flagellation sur les épaules découvertes, catéchismes, conférences, processions (parfois trois par jour), chaînes au pieds, corde au cou…  Tout cela ne manquait pas de frapper les gens, qu’il réveilla de la torpeur spirituelle.

Lors d’une mission en 1708, il se sentit près de la mort, assailli de douleurs si graves qu’il (lui) fallut en deux jours prendre les saints sacrements de viatique et d’extrême onction. Et comme pour tout (il était) rapide, le cinquième jour (il se trouvait) libre pour recommencer les fonctions interrompues.

Une autre fois, l’hiver 1709, il fallit rester comme congelé sur la route. Là encore, il retrouva des forces.

Exténué de ses longues péripéties, il s’éteignit à Pofi le 7 novembre 1717. Ses dernières paroles furent : Paradis, ô Paradis, ô belle patrie (d’un chant populaire).

Il fut béatifié en 1893.

 

 

Vinh-Sơn Lê Quang Liêm

1732-1773

 

Vinh Sơn (Vincent) était né vers 1732, à Trà Lũ (Nam Định, Vietnam), de Antôn et Monica.

Il entra au séminaire à douze ans en 1744. Ses bons résultats encouragèrent le père Espinosa, un dominicain, à l’envoyer faire des études solides à Manille, au collège Saint-Jean-de-Latran.

Reçu dans l’Ordre dominicain, il fit la profession avec le nom de Vincent de la Paix et fut ordonné prêtre en 1759.

Il enseigna d’abord au séminaire, puis fut en paroisse à Quất Lâm, Lục Thủy, Trung Lễ, Trung Lao.

Il fut arrêté en même temps que le père Jacinto Castañeda Puchasóns (voir la notice)

Il allait être le premier prêtre dominicain vietnamien à subir le martyre.

Etant vietnamien, il n’aurait pas dû être condamné à la décapitation, réservée aux étrangers, mais il insista pour mourir de la même façon que le père Jacinto. Tous deux marchèrent ensemble vers leur supplice, alternant les versets du Credo et du Salve Regina et furent décapités à Ɖồng Mơ (Ha Tay, Vietnam), le 7 novembre 1773.

Le père Vinh-Sơn été béatifié en 1908, et canonisé en 1988.

 

 

(Félix) Jacinto Castañeda Puchasóns

1743-1773

 

Il naquit à Játiva (Valencia, Espagne) le 13 novembre 1743 (ou peut-être le 13 janvier ?), de José et de Josefa María. Il fut baptisé en réalité avec les noms de Félix, Tomás, Joaquín, Tadeo.

Entré au couvent dominicain de cette ville, c’est là qu’il prit le nom de Jacinto, par dévotion à saint Hyacinthe de Pologne, un autre Dominicain (v. 17 août).

En 1761, les provinces dominicaines européennes reçurent une demande des Philippines, où l’on avait besoin de jeunes recrues disposées à donner leur vie pour l’Evangile. Jacinto fut de ceux qui y répondirent, quoique pas encore ordonné prêtre.

Il fut envoyé à Manille en 1762 et y acheva ses études avant d’être ordonné prêtre, en 1765. Très intelligent, doué de grandes qualités et vertus, il fut envoyé en Chine.

Il commença par apprendre le chinois à Macao, et se lança dans l’apostolat, volant au secours des pauvres et des malades.

En juillet 1769, selon son propre récit, il fut arrêté de nuit sur dénonciation d’un chrétien apostat, et conduit en prison avec son confrère, le père Lavilla. Ils subirent quatorze interrogatoires devant dix mandarins, en même temps que d’autres chrétiens, dont certains apostasièrent (ou feignirent de le faire) ; on essaya de les incriminer pour viols ou autres délits de ce genre, mais personne ne put avancer la moindre preuve, évidemment. Ils finirent pas être condamnés à l’exil, avec menace de la peine de mort s’ils osaient rentrer dans la région, tandis que ceux qui les avaient hébergés étaient condamnés à quarante coups de fouet et deux mois de cangue. On les libéra le 3 octobre et ils purent rejoindre Macao. Pour tous ces «bienfaits», commentait le père Jacinto, bénie soit la divine Majesté.

Un missionnaire dans l’âme, comme l’était le père Jacinto, ne peut rester inactif. La porte de la Chine se fermait : il entrait par celle du Vietnam, où il arriva en février 1770.

Là il œuvra encore très activement pendant trois années, malgré les fatigues et la maladie.

En juillet 1773, il voulut porter le sacrement des malades à un infirme, malgré sa très mauvaise santé. Au retour, sa barque fut espionnée et suivie par une autre de soldats. Jacinto jeta les saintes huiles dans l’eau, gagna la rive et chercha à fuir, mais il tomba plusieurs fois, vaincu par la fièvre. Un peu plus loin il fut arrêté avec son Collègue, le père Vinh-sơn Lê Quang Liêm et le catéchiste qui les accompagnait. 

On les mit dans des cabanes où ils ne pouvaient pas se tenir debout, pendant plus de trois mois. Le 4 novembre, on les condamna à la décapitation. Au catéchiste qui lui apportait la nouvelle, le père Jacinto répondit : Le Seigneur m’accorde aujourd’hui une grande joie.

Il fut martyrisé avec l’autre prêtre à Ɖồng Mơ (Ha Tay, Vietnam) le 7 novembre 1773.

On conservait le corps du Martyr, mais un bombardement a détruit ces reliques durant la Deuxième guerre mondiale.

Le père Jacinto a été béatifié en 1908, et canonisé en 1988.

Baiduo Wu Guosheng

1768-1814

 

Né vers 1768 à Longping (Zunyi, Guizhou, Chine) de parents païens, Baiduo (Pierre) Wu, à l'époque de sa conversion, tenait une hôtellerie très prospère.

Ayant rencontré un chrétien qui lui parla des beautés de la religion, il fut très désireux de les connaître, et se fit instruire par un catéchiste. 

Il élimina toutes les statues idolâtriques de sa maison et reçut le baptême, avec le nom de Baiduo (Pierre).

Grâce à son zèle, lui-même fut bientôt nommé catéchiste, et aida puissamment à la diffusion du catholicisme dans son village : il amena au Christ quelque six-cents personnes.

Pris le 3 avril 1812 (ou 1814), il se vit chargé de la cangue et des chaînes, et jeté en prison.

Pendant toute sa captivité, il se fit remarquer par sa piété, sa ferveur et sa charité. Il convertit aussi des prisonniers au Christ.

Interrogé très souvent, il ne se laissa vaincre ni par les promesses séduisantes ni par les tortures.

Condamné à être étranglé, Baiduo Wu fut exécuté le 7 novembre 1814, à Tsen-y-Fou (Su-Tchuen).

Il fut béatifié en 1900 et canonisé un siècle plus tard, en 2000.

 

 

Vincenzo Grossi

1845-1917

 

Vincenzo naquit le 9 mars 1845 à Pizzighettone (Cremone, Italie), et fut baptisé le jour-même.

De son père, il apprit le sérieux du travail quotidien ; de sa mère, la vie chrétienne.

Tôt il voulut entrer au séminaire, mais le papa voulait mettre à l’épreuve cette jeune vocation : Vincenzo n’entra au Grand séminaire qu’à dix-neuf ans, et fut ordonné en 1869.

M. Grossi mourut bientôt ; Mme Grossi entoura son fils de toutes ses attentions, payant discrètement les dettes du trop généreux don Vincenzo.

Celui-ci fut vicaire à Ca’ de Soresini, puis curé à Regola, où son apostolat changea la paroisse du tout au tout. On l’appelait «le petit couvent du diocèse».

Don Vincenzo donna toute son attention à la catéchèse, aux jeunes, dont il s’entourait avec grande joie.

Cette réussite induisit l’évêque à charger don Vincenzo d’une autre paroisse, Vicobellignano, où il restera trente-quatre ans.

Le premier souci de l’évêque en la lui confiant, était d’en extirper l’erreur protestante. Patiemment, grâce à beaucoup de lectures et de prières, don Vincenzo transforma peu à peu sa paroisse en une véritable communauté de prière.

En 1885, il fonda les Filles de l’Oratoire dans l’esprit de saint Filippo Neri, pour s’occuper des jeunes filles : il en écrivit la règle à genoux devant le Tabernacle.

On l’appela aussi dans les environs pour prêcher des missions à la population. Il ne prenait avec lui qu’une petite sacoche avec son bréviaire et sa montre.

Peu avant de mourir, il disait à la Maîtresse des Novices : Cherchez à ne jamais vous plaindre ; au contraire, soyez dans la joie quand les choses vont à l’opposé de ce que vous voulez faire.

Il mourut le 7 novembre 1917.

Béatifié en 1975, nouveau Jean-Marie Vianney, il fut donné en exemple à tous les prêtres et curés du monde entier.

Le miracle examiné et reconnu pour la canonisation a été la guérison, à Pizzighettone, d’une petite fille de deux mois, atteinte d’une anémie chronique par déficit de la production d’érythropoïétine ; une greffe de moelle osseuse pouvait être tentée, mais personne dans la famille proche n’était compatible. Le bébé était sous perfusion et soins palliatifs, sans espoir de survie. Après que les parents eurent recouru à l’intercession du bienheureux Vincenzo, la petite fille guérit complètement, de façon totalement inexplicable scientifiquement, sans séquelles ni rechutes et vit aujourd’hui normalement, âgée d’environ vingt-cinq ans.

La canonisation aura lieu à l’automne 2015.

 

 

Alfredo Fanjul Acebal

1867-1936

 

Né le 16 juillet 1867 à Oviedo (Espagne), il fut baptisé dès le lendemain.

Après ses études au séminaire d’Oviedo, il entra dans l’Ordre dominicain et fit profession à Corias (Asturies) en 1883.

Ordonné prêtre en 1890, il enseigna à Corias et Salamanque.

Maître en théologie, il était estimé pour ses cours bien préparés, et fut chargé de l’organisation des études.

Il fut supérieur à Oviedo, Salamanque, Palencia, Madrid, et provincial en 1918.

Il se trouvait à Olivar (Madrid) comme prieur, lors des tristes événements de juillet 1936.

Au soir du 20 juillet, il fut emmené en camion au commissariat, puis à la «tchéka», puis au siège du gouvernement. En passant devant une église, s’étant découvert, il reçut des coups de crosse de fusil. Un témoin rapporta qu’il y avait des flaques de sang dans le camion.

On l’enferma ensuite à la Direction générale de Sécurité, où il retrouva d’autres Religieux de Atocha, et vers minuit, on les mit enfin à la prison Modelo.

Dans cette prison, il eut l’heur de recevoir le consentement de mariage de son parent, le général Joaquín Fanjul, qui fut exécuté peu après.

Le 15 août, fête de l’Assomption, arrivèrent là quatre étudiants dominicains, qui devaient être martyrisés eux aussi.

Le 22 août, un incendie alerta prisonniers et gardiens, tandis que le père Alfredo restait tranquillement soumis à la volonté divine. Il confessa les prisonniers ; on l’entendait réciter les prières de la messe.

Cette détention prit fin au matin du 7 novembre 1936, quand on fit sortir tout le monde pour les fusiller à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid).

Le père Alfredo Fanjul, avec ses Compagnons, fut béatifié en 2007.

 

 

Andrés Francisco Simón Gómez

1876-1936

 

Andrés vit le jour le 30 novembre 1876 à Orihuela (Alicante, Espagne), le jour de la fête de saint André.

Après un début d’études au séminaire, il entra chez les Capucins de Ollería (Valencia), y reçut l’habit en 1891 et prit le nom de Eloy.

Après la profession (1892), il fut ordonné prêtre (1899), il exerça le saint ministère dans le diocèse de Orihuela, tout en enseignant.

En 1906, il fut envoyé en Colombie, comme secrétaire de son oncle, l’évêque Francisco Simón y Ródenas, à Santa Marta. Il fut en même temps Gardien du couvent de Bogotá.

De retour en Espagne, il fut Gardien dans plusieurs monastères, ainsi que définiteur provincial.

Lors des hostilités de 1936, les Religieux furent expulsés du monastère de Orihuela et le père Eloy fut accueilli chez un frère.

Arrêté le 7 novembre, il fut poignardé à mort près de Crevillente (Alicante) le 7 novembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Mendibelzúa Ocerín

1878-1936

 

Né le 23 novembre 1878, baptisé le lendemain, il fut tout petit en contact avec les moniales dominicaines, grâce auxquelles il entendit bientôt l’appel de Dieu

Entré à son tour chez les Dominicains, il fit la profession à Corias (Asturies) en 1894 ; après la philosophie, il fit la théologie à Salamanque et fut ordonné prêtre en 1902.

Particulièrement doué pour la musique, il fut chantre dans les couvents où il passa ; il jouait de l’orgue et composait.

Destiné au couvent de Madrid (Olivar), ce fut un religieux remarquable, qui eut l’occasion de célébrer la Messe dans l’oratoire privé du président de la République, M. Zamora.

Lors de l’assaut du couvent de l’Olivar, le 20 juillet 1936, il reçut l’hospitalité dans des familles accueillantes, mais fut arrêté à la mi-octobre.

Mis en prison, avec une centaine d’autres personnes arrêtées, dans un endroit très étroit, puis dans la prison Modelo, ce Religieux à la santé robuste souffrit beaucoup des mauvais traitements qu’il reçut.

Il se retrouva avec le père Vicente Rodríguez, qu’il soutint dans l’épreuve et qui allait être martyrisé avec lui.

Le 15 août, fête de l’Assomption, arrivèrent là quatre étudiants dominicains, qui devaient être martyrisés eux aussi.

Cette détention prit fin au matin du 7 novembre 1936, quand on fit sortir tout le monde pour les fusiller à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid).

Le père Juan Mendibelzúa, avec ses Compagnons, fut béatifié en 2007.

Gil Belascoain Ilarragorri

1883-1936

 

Né et baptisé le 1er septembre 1883 à Legarda (Navarre), Gil était le fils de Felipe et Estefania, qui eurent aussi une fille, visitandine.

Gil était déjà un maçon expérimenté lorsqu’à vingt-quatre ans, il entra comme Frère convers dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), où il fit la profession en 1909.

Il fut envoyé à Guadalajara et Madrid, partit en Angleterre à Potters Bar et Dunstable, et revint à Madrid en 1936.

Il sut faire profiter de son savoir-faire à bien d’autres Frères ; modeste, il ne se vantait jamais et n’avait jamais aucune parole méprisante envers quiconque, au contraire il encourageait ses «élèves» pour mettre en valeur leurs dons ; l’un d’eux fut justement Joaquín Zubillaga.

Vint la révolution de juillet 1936 et la persécution religieuse. Il se réfugia en divers endroits et, en dernier lieu, là où se trouvait le frère Joaquín Zubillaga. On les dénonça ou on les repéra : ils furent jetés dans la prison Modelo, où se trouvaient déjà maints Confrères.

Les deux Frères furent de ceux qu’on appela le 7 novembre.

Martyrisé le 7 novembre 1936 à Paracuellos de Jarama (Madrid) et béatifié en 2017, Gil Belascoain Ilarragorri sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 novembre.

 

 

Manuel Sanz Domínguez

1887-1936

 

Manuel vit le jour le 31 décembre 1887 à Sotodosos (Guadalajara, Espagne). A la confirmation, il reçut le nom de Silvestre.

Après ses études, il travailla comme cheminot à Madrid, Saragosse et Alicante et fut chef de gare à Coscurita (Soria), puis passa à la Banque Rurale, dont il devint directeur.

Cet homme avait une grande piété : déjà à la gare d’Astocha de Madrid, il lui arrivait de parler de l’Evangile à qui voulait bien l’entendre, sans s’occuper des moqueries des camarades anarchistes, qui l’appelaient Saint Manuel.

En plus, Manuel avait une vie personnelle très engagée, comme membre de l’Adoration Nocturne, comme participant aux retraites ; il pensa entrer chez les Jésuites, mais son père était très malade et ses sœurs dépendaient économiquement de lui. Il assistait assidûment à l’office des Moniales Hiéronymites. Ces dernières avaient un grand souci : la branche masculine de leur Ordre s’était éteinte depuis presque un siècle ; des monastères étaient vides depuis 1835 : un siècle après, l’Ordre serait canoniquement éteint.

Les moniales en parlèrent un jour au parloir à Manuel, qui s’emballa littéralement pour ce projet : il partit pour Rome et rencontra le Pape pour parler de son idée de restaurer la branche masculine de l’Ordre Hiéronymite. Non seulement le Pape lui donna sa bénédiction, mais il lui exprima son fervent désir de voir à nouveau de pieux moines remplir les monastères vides.

En 1925, un groupe de jeunes s’établit dans l’ancien monastère de Santa María del Parral (Ségovie), qui était presque en ruines. La vie monastique s’organisa.

Manuel, lui, se prépara au sacerdoce et fut ordonné prêtre en 1928, avec le nom de Manuel de la Sainte Famille.

Les difficultés s’abattirent : des tensions internes, mais surtout les événements politico-sociaux avec leurs conséquences anti-religieuses en 1931 avec la proclamation de la République, et en juillet 1936 avec la révolution espagnole.

Le 5 octobre 1936, Frère Manuel fut arrêté à Madrid et mis à la Cárcel Modelo. Il put dire à ses proches : Ne soyez pas en peine pour moi. Si je reste en vie, je verrai l’Ordre de Saint Jérôme restauré ; si je meurs, je serai martyr du Christ, ce qui est beaucoup plus que ce que j’aurais pu rêver.

Il employa son temps à continuer d’évangéliser ses compagnons de prison, en attendant «l’heure».

Il fut assassiné à Paracuellos del Jarama (Madrid) entre le 6 et le 8 novembre 1936, et béatifié en 2013.

Actuellement, les moines hiéronymites continuent leur vie contemplative dans deux monastères espagnols.

 

Vicente Rodríguez Fernández

1897-1936

 

Né à Bárcena (Navelgas, Asturies) le 22 octobre 1897, Vicente fut baptisé le lendemain. Il avait (au moins) un frère.

Entré chez les Dominicains, il professa en 1915 à Corias (Asturies), fit la théologie à Salamanque et fut ordonné prêtre en 1922.

Dominicain accompli, il se préparait avec ardeur à la prédication, avec cette inspiration poétique qu’il avait en lui.

On l’envoya bientôt prêcher à Chihuahua et Tampico (Mexique), d’où la persécution l’expulsa.

Il passa alors aux Etats-Unis, dans l’état du Texas, où il exerça l’apostolat au milieu d’une population pauvre, dont il partagea volontiers la condition.

De retour en Espagne, il fut à Valladolid, puis au couvent de l’Olivar de Madrid.

Le couvent fut pris d’assaut le 20 juillet, et le père Vicente se réfugia chez son frère. Son inquiétude était d’autant plus grande qu’il avait reçu un billet anonyme l’avertissant qu’il mourrait bientôt, au moment où il s’y attendait le moins.

Arrêté le 12 octobre, il se retrouva aux côtés du père Mendibelzúa (voir la notice), qui l’aida beaucoup fraternellement à surmonter ces moments d’angoisse.

Les deux prêtres furent conduits, avec beaucoup d’autres, à Paracuellos del Jarama, aux environs de Madrid, où ils furent fusillés, le 7 novembre 1936.

Ils furent tous deux béatifiés en 2007.

 

 

Victoriano Reguero Velasco

1902-1936

 

Né le 14 janvier 1902 à Valladolid, de Zenón et Benita, il fut baptisé cinq jours plus tard.

Entré dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il y fit la profession en 1920 à Madrid et fut ordonné prêtre en 1927, toujours à Madrid.

Il fut ensuite envoyé à Guadalajara et Teruel, avant de revenir à Madrid. Il fut professeur de latin.

Mis à la rue par les révolutionnaires marxistes en juillet 1936, il chercha à se cacher pendant quelque temps, mais fut arrêté le 7 octobre à six heures du matin, en même temps que d’autres prêtres et Religieuses vincentiens. On les conduisit à la Direction Générale de Sécurité puis, deux jours plus tard, à la prison Modelo.

Le p.Victoriano n’avait pas une santé très solide et devait s’appuyer sur une béquille ou une canne anglaise. Il souffrit d’autant plus dans la prison.

Le 7 novembre 1936, il fut de ceux qu’on appela pour être fusillés ; le milicien qui le réveilla lui dit : Prends ta hallebarde.  On les conduisit en dehors de Madrid, à Paracuellos de Jarama.

Béatifié en 2017, Victoriano Reguero Velasco sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 7 novembre.

 

 

José Vega Riaño

1904-1936

 

José vit le jour à Siero de la Reina (León, Espagne) le 19 mars 1904, le jour de la fête de saint Joseph, dont il porta le nom. Les parents étaient d’humbles paysans.

Il entra chez les Oblats de Marie Immaculée (OMI) et fit la profession à Urnieta (Guipúzcoa) en 1922, puis commença les études de philosophie.

Il fut envoyé à Rome pour compléter ses études, et il fut reçu docteur en philosophie, en théologie et en droit canonique. C’est aussi à Rome qu’il fut ordonné prêtre en 1927.

En 1930, il pouvait ainsi assumer l’enseignement de théologie dogmatique à Pozuelo de Alarcón. On appréciait ses cours, qui étaient de réelles lectures spirituelles.

Au moment de la révolution de 1936, le 22 juillet, toute la communauté fut arrêtée. Deux jours après, on conduisit José à la Direction Générale de Sécurité (Madrid). Remis en liberté le lendemain, il se réfugia chez une famille amie avec d’autres jeunes religieux.

Le 10 octobre, il fut à nouveau arrêté.

A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait le père José avec, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.

C’était au matin du 7 novembre 1936 : le père José avait trente-deux ans.

José Vega Riaño fut béatifié en 2011.

 

 

Manuel Martín Pérez

1904-1936

 

Manuel vit le jour à Encinasola de los Comendadores (Salamanque) le 7 novembre 1904.

Il entra chez les Pères Salésiens et fit la profession à Carabanchel Alto (Madrid) en 1923, puis commença les études de philosophie.

Envoyé à Astudillo (Palencia) puis Madrid, il y passa les trois années de «pratique» et se préparait à recevoir le sacerdoce. Il devait recevoir davantage : la couronne du martyre.

Au moment de la révolution de 1936, il se cacha quelque temps, mais fut arrêté en octobre, et enfermé à Madrid.

Il fut conduit avec d’autres Confrères à la prison Modelo de Madrid, où il resta environ trois semaines.

A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.

C’était au matin du 7 novembre 1936 : ce jour-même, Manuel accomplissait ses trente-deux ans.

Manuel Martín Pérez fut béatifié en 2007.

 

 

Isabelino Carmona Fernández

1908-1936

 

Né à Pajares de Laguna (Salamanque) le 16 septembre 1908, il fut baptisé le 24 suivant et confirmé en 1911, comme c’était la coutume.

Il étudia à l’école dominicaine de Corias (Asturies), puis à Las Caldas de Besaya (Santander).

Entré à son tour dans l’Ordre dominicain, il fit la profession en 1925 à Corias et les études de philosophie ; la théologie se fit à Salamanque, où Isabelino fut co-fondateur de la maison Francisco de Vitoria, et il fut ordonné prêtre en 1932.

Il fut envoyé au couvent de Atocha (Madrid), comme directeur des jeunes de l’Action Catholique qui furent plus de cent grâce à son impulsion, instruits et conduits magistralement par ce jeune prêtre.

Le 20 juillet, le couvent fut pris d’assaut et le père Isabelino fut conduit avec les Confrères au poste de Abtao, puis à la Direction Générale de Sécurité, enfin à la prison Modelo de Madrid. Il était minuit.

Là ils se retrouvèrent avec les autres Dominicains du couvent de l’Olivar (voir les notices de Juan Mendibelzúa et Vicente Rodríguez), avec lesquels ils se confortèrent réciproquement. En particulier ils purent, malgré les conditions pénibles de la prison, célébrer assez dignement la fête de saint Dominique, leur Fondateur, qu’on célébrait à l’époque le 4 août.

Le jour du martyre arriva : on fit sortir les prisonniers pour les conduire, sans ménagement, à Paracuellos del Jarama (environs de Madrid), pour les fusiller.

C’était le matin du 7 novembre 1936. Isabelino avait vint-huit ans d’âge, et quatre de sacerdoce.

Le père Isabelino fut béatifié avec ses Compagnons en 2007.

 

 

Serviliano Riaño Herrero

1916-1936

 

Serviliano vit le jour à Prioro (León, Espagne) le 20 avril 1916, fils de Rosendo et Gabina.

Il entra au collège des Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Urnieta (Guipúzcoa) en 1927, puis passa au noviciat en 1932 pour les études des philosophie à Las Arenas (Biscaya).

Après la première profession (1933), il rejoint la communauté de Pozuelo de Alarcón où il fait les études de théologie en vue de recevoir l’ordination sacerdotale. Il se préparait avec joie à sa prochaine mission apostolique, où qu’elle pût être, mais les événements ne lui permirent pas de réaliser ce beau rêve. Dieu allait lui donner rapidement la couronne du martyre.

Au moment de la révolution de 1936, le couvent fut assailli le 22 juillet et transformé en prison pour toute la communauté de Pozuelo.

Puis les Religieux, dont notre Serviliano, furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, au centre de Madrid, d’où ils furent libérés un jour plus tard.

Ils vécurent alors dans la clandestinité, sa cachant chez des amis, jusqu’au 15 octobre, où une rafle les arrêta de nouveau.

A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés. Le matin, on appela les noms de ceux qui devaient être libérés, en réalité exécutés. Le premier groupe comprenait, entre autres, les pères dominicains Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés. Serviliano fut exécuté non loin de là, à Soto de Aldovea (Torrejón de Ardoz, Madrid).

Il y eut un raffinement de cruauté pour le jeune Serviliano. On l’attacha par le bras à un autre condamné, on lui lia les mains derrière le dos et on lui coupa les parties génitales avant de le fusiller.

C’était au matin du 7 novembre 1936 : Serviliano avait juste vingt ans.

Martyr de la foi et de la chasteté, Serviliano Riaño Herrero fut béatifié en 2011.

 

 

José Delgado Pérez

1917-1936

 

José vit le jour à Becerril de Campos (Palencia, Espagne) le 18 mars 1917, et reçut le baptême le lendemain, fête de saint Joseph dont il porta le nom.

Il fit de très bonnes études, grâce à des dons intellectuels remarquables, à l’école apostolique  dominicaine d’Almagro.

En 1931, en raison des événements, les Supérieurs jugèrent bon de renvoyer les jeunes dans leurs familles. José retrouva les siens, parmi lesquels il se montra dévoué, serviable, donnant l’exemple de la piété.

Il persévéra dans sa vocation et voulut commencer le noviciat, ce qui eut lieu avec sa prise d’habit, le 8 septembre 1935, fête de la Nativité de Marie.

José montra toute son ardeur juvénile dans la joie d’être consacré à Dieu, heureux de participer à la vie conventuelle dominicaine.

Il se trouvait au couvent de Almagro au moment où la maison fut assaillie par les révolutionnaires, le 25 juillet 1936 (voir la notice Dominicains martyrs à Almagro 1936).

José fut conduit avec d’autres Confrères à la prison Modelo de Madrid, où il resta pendant un peu plus de trois mois.

A partir du 7 novembre, les prisonniers furent exécutés ; le premier groupe comprenait, entre autres, les pères Alfredo Fanjul, Juan Mendibelzúa, Vicente Rodríguez, Isabelino Carmona (voir leurs notices), qui furent donc emmenés aux environs de Madrid, à Paracuellos de Jarama, où ils furent fusillés.

C’était au matin du 7 novembre 1936 : José, un des plus jeunes, avait dix-neuf ans.

José Delgado Pérez fut béatifié en 2007.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 20:04

Michael McGivney
1852-1890


Michael naquit le 12 août 1852 à Waterbury (Connecticut, USA), de parents irlandais émigrés.
En 1868, il commença le séminaire à Saint-Hyacinthe (Québec) et en 1873 passa au séminaire St.Mary’s de Baltimore (Maryland, Etats-Unis).
Il dut cependant interrompre momentanément sa préparation sacerdotale pour retourner à la maison, où venait de mourir son père ; il devait s’occuper de ses frères et sœurs.
En 1877, il fut ordonné prêtre.
Vicaire à la paroisse Saint Mary de New Haven, il fonda en 1882 une organisation masculine dont le but était de venir en aide aux veuves et aux orphelins ; c’étaient les Knights of Columbus ou Chevaliers de Colomb.
Nombreux étaient en effet les hommes victimes des mauvaises conditions de travail, dans les mines, les chemins de fer, les usines ; accidents, maladies, surmenage entraînaient souvent les hommes à une mort prématurée : leurs veuves et leurs enfants étaient dans une grande misère. Il faut aussi rappeler que ces ouvriers, catholiques, étaient à l’époque mal vus par les responsables, en grande partie protestants.
L’abbé McGivney se dépensait au service de tous les malheureux ; il visitait les prisons. On a cité le cas d’un jeune condamné à mort de vingt-et-un ans, qui retrouva la paix et la foi grâce à l’amitié de l’abbé McGivney et affronta la mort avec courage, tandis que le prêtre en pleurait de douleur.
Victime probablement d’une pneumonie, il s’éteignit à Thomaston (Connecticut), le 14 août 1890 : il venait d’accomplir trente-huit ans.
Michael McGivney a été béatifié en 2020, et sera inscrit au Martyrologe le 14 août.

Le miracle retenu pour sa béatification, fut la guérison inexplicable d’un bébé proche de la naissance, atteint d’hydrops foetal, une maladie mortelle. Les parents, renonçant à l’avortement, recoururent à l’intercession de Michael McGivney.


Les Chevaliers de Colomb s’engageaient à apporter tout le réconfort possible à ces victimes innocentes de la société d’alors. L’Œuvre se développa dans de nombreux états. En 1895, le Saint-Siège reconnaissait «cette splendide organisation catholique». En 1897, elle passa au Canada, puis gagna le Mexique, Panama, Cuba, les Philippines. Les Chevaliers furent très actifs durant la Première Guerre mondiale, secourant les blessés quels qu’ils fussent, Blancs ou Noirs ; le Pape les invita à ouvrir des centres à Rome (ils existent toujours). Ce furent aussi les Chevaliers qui alertèrent le Pape de la persécution des Chrétiens au Mexique en 1926. La Deuxième Guerre mondiale leur donna encore l’occasion de montrer leur esprit de charité. Plus tard, on les rencontra aux côtés des Noirs, des victimes de tremblements de terre, des Sœurs de Mère Thérèse de Calcutta, et tout récemment dans le cadre de la pandémie du coronavirus.
Ils sont aujourd’hui deux millions, constituant la plus grande association laïque catholique au monde.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 00:00

 

06 NOVEMBRE

 

III.

S Felix, martyr à Thinisa ; il mourut en prison avant son martyre. 

IV.

S Severus, évêque martyr à Barcelone.

S Pavlos, évêque à Constantinople, exilé et étranglé à cause des Ariens.

VI.

S Melanius, évêque à Rennes ; il rappela à deux prêtres la loi sur le célibat et fit disparaître les traces de l'idolâtrie.

S Illtud, abbé au Pays de Galles, fondateur d'un monastère à Llantwit Major, de vaste science, considéré comme le maître d'autres Saints gallois ou bretons : Brieuc, Cadoc, David, Dubric, Gildas, Lunaire, Pol, Samson.

S Léonard, disciple de s. Remi, ermite en Limousin, invoqué pour la libération des prisonniers.

?

S Louant, ermite près de Chinon.

Ste Galla, vierge à Valence.

S Atticus, martyr en Phrygie.

VII.

S Kallinikos, chef de cohorte à Gaza, martyr à Jérusalem avec ses soldats : Himerios, Ilerios, Theodoros, Stephanos, Petros, Pavlos, un autre Theodoros, et deux Ioannis.

S Protais, évêque à Lausanne.

VIII.

S Winnoc, gallois, abbé à Wormhoudt ; vieux, il avait la charge du moulin, mais étant fatigué, il le faisait tourner par sa prière ; patron des meuniers.

X.

S Démétrien, évêque à Chytroi ; son père était prêtre ; marié à quinze ans, bientôt veuf, il fut moine, ermite, prêtre, abbé ; quand on eut besoin d'un évêque, il se cacha sur les conseils d'un ami, qui fut fouetté jusqu'à ce qu'il révélât la cachette du candidat ; puis il alla solliciter et obtint du calife de Bagdad la libération d'un bon nombre de ses diocésains.

XI.

S Etienne, évêque à Apt, deux fois pèlerin en Terre Sainte.

S Théobald, chanoine régulier au Dorat, élève de s. Israel ; il refusa le sacerdoce par humilité et mourut de lientérie . 

XIV.

Bse Christina, vierge mystique, béguine à Stommeln.

XVII.

B Thomas de Saint-Augustin Ochia Kintsuba Jihyoe, prêtre augustin japonais, martyr, béatifié en 2008.

Felix de Thinisa

4. siècle

 

Thiniza (Numidie, auj. Algérie NE) se trouvait non loin de la viie d’Hippone, où s.Augustin était évêque (v. 28 août).

Il semble bien que ce soit de ce Félix que le saint évêque prononça ces paroles élogieuses : Il fut vraiment Felix (Heureux) de nom et pour sa couronne. Il confessa sa foi, on le condamna à être torturé ; on retrouva le lendemain son corps inanimé dans la prison.

S.Augustin fut évêque de 394 à 430. Felix a pu mourir aussi bien avant qu’après cette date. Le Martyrologe le situe même au troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Felix de Thinisa au 6 novembre.

 

 

Severus de Barcelone

† 302

 

Le Martyrologe mentionne un Severus, évêque et martyr, que la liste épiscopale du diocèse de Barcelone ignore tout-à-fait.

A partir du 5e siècle, l’invasion des Wisigoths, qui répandaient avec eux l’erreur arienne, fit qu’il y eut apparemment deux évêques pour un même diocèse, l’un catholique, l’autre arien.

Puis à partir du 8e siècle, s’installèrent les Arabes.

Dans ces circonstances, que dire de notre Severus, évêque et martyr ?

Aurait-il été un évêque clandestin, ordonné secrètement pour continuer de guider les fidèles dans la voie de la Vérité ?

Fut-il un évêque de passage, arrêté et martyrisé par les autorités hostiles à la Foi ?

L’ancien Martyrologe romain disait que pour la foi catholique, il eut la tête percée avec un clou.

Une donnée hypothétique situait cet évêque entre 620 et 633 ; mais selon la liste, en 633 mourut Emila, qui était évêque depuis 600, et en 634 arriva Ola. On remarque cependant une longue période de vacance de 702 à 850. Severus fut-il évêque au 8e siècle, et martyrisé par les Arabes ?

Des historiens ont tenté de supposer que le culte envers Severus provenait en réalité du Severus de Ravenne, martyr au 4e siècle (v. 1er février).

Mais voilà qu’une tradition vient à notre secours, selon laquelle notre Severus était évêque de Barcelone au début du 4e siècle, et qu’il subit la persécution de Dioclétien. Entraîné par ses fidèles, il se cacha à un endroit appelé Castrum Octavianum (plus tard San Cugat del Vallés), où cependant un détachement romain l’arrêta ; c’est alors que se produisit l’épisode du clou enfoncé dans la tête du prélat.

Ceci eut lieu le 6 novembre 302.

Saint Severus de Barcelone est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pavlos de Constantinople

† 351

 

Le quatrième siècle a vu l’Eglise déchirée par l’hérésie d’Arius.

Pavlos était né à Thessalonique et devint prêtre à Constantinople.

L’évêque Alexandre (v. 28 août) le prit comme secrétaire et, peu avant de mourir, désigna deux «candidats» pour lui succéder : Makedonios si l’on voulait un politique habile, Pavlos si l’on voulait un saint.

C’est effectivement Pavlos qui fut choisi, en 336, mais l’empereur philo-arien Constance le fit exiler à Trèves, et remplacer par Eusèbe de Nicomédie, qui mourut en 341.

En 341, avec l’approbation du pape, Pavlos fut rappelé sur son siège ; mais le parti arien réussit à consacrer en même temps Makedonios, et les deux factions s’affrontèrent dans Constantinople.

Constance, pour ramener l’ordre dans la capitale, fit appel à son général Hermogenes pour expulser Pavlos, mais le peuple chrétien, mécontent, incendia la maison du général, l’arrêtèrent, l’assassinèrent et traînèrent son cadavre dans les rues de la ville. Cette réaction est absolument condamnable, mais Pavlos ne pouvait contenir tout ce mouvement de foule.

Makedonios s’éloigna tout de même, mais l’empereur chargea le préfet Philippos de se «débarrasser» du patriarche ; le préfet tendit un piège à Pavlos : il le convoqua «pour une affaire» et, pour éviter le tumulte de la foule, fit élargir une fenêtre de son palais pour faire passer l’escorte qui emmenait Pavlos en exil par voie de mer. On remit Makedonios sur le siège.

Pavlos fut emmené à Singara de Mésopotamie, puis à Emèse de Syrie, enfin à Cucuse de Cappadoce.

C’est là-bas que mourut Pavlos, vers 351. Il fut peut-être étranglé par une faction arienne, ce qui fait qu’il est généralement considéré comme martyr. Un demi siècle plus tard devait mourir à Cucuse un autre Confesseur héroïque, lui aussi exilé, Jean Chrysostome (v. 14 septembre).

Makedonios se déchaîna contre les partisans de Pavlos ; certains furent battus à mort, d’autres marqués au front ; leurs biens furent confisqués.

L’empereur Théodose fit rapporter les restes du patriarche Pavlos à Constantinople ; depuis 1226, ils se trouvent à Venise.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Pavlos de Constantinople au 6 novembre.

 

 

Léonard de Noblat

?

 

Ce mystérieux Léonard serait né au début du sixième siècle, de parents nobles, Francs, et eut pour parrain Clovis lui-même. Son frère s’appelait Lifard.

Quand il en eut l’âge, il fut invité à entrer dans l’armée royale, mais il préféra aller se mettre à l’école de s.Remi de Reims (v. 13 janvier).

Le jeune homme sut mettre à profit l’enseignement et l’exemple de son maître, qui l’introduisit dans la cléricature.

De même que s.Remi avait obtenu la libération des prisonniers à chaque visite du roi à Reims, de même Léonard obtint la libération des prisonniers auxquels il rendrait visite.

Mais Léonard reçut aussi le don des miracles. Les malades venaient le supplier de les guérir. Puis le roi voulut le mettre à la tête d’un évêché. Tout cela était trop d’agitation pour Léonard qui préférait le silence, la solitude, la retraite et la méditation.

Il vint se mettre à l’école de s.Mesmin, à Micy (v. 15 décembre). Il devait y être avec son frère Lifard, mais tous deux comprirent que là n’était pas leur vocation. Lifard se dirigea à Meung, Léonard vers l’Aquitaine.

Près de Limoges, il eut l’occasion de rencontrer la famille royale et, par sa prière, obtint que la reine pût accoucher sans difficulté, alors qu’on la croyait en grand danger de mort. Le roi accorda alors à Léonard une portion de la forêt voisine pour qu’il pût y construire un petit monastère. C’est en mémoire de cette donation que Léonard appela ce lieu Nobiliacum parce qu’il lui avait été donné par un roi très noble, écrivit un biographe qui, sans doute, ne connaissait pas très bien le latin ; cette étymologie expliquerait donc le nom de la localité de Noblat.

Ces événements devaient se passer après 533, date de la mort de s.Remi, car Léonard dédia un autel de son monastère à ce saint Evêque.

Léonard fit creuser un puits près du monastère et obtint par sa prière que l’eau ne vînt jamais à y manquer. Les prisonniers les plus éloignés, qui invoquaient le nom de Léonard, étaient à l’instant libérés de leurs chaînes. Les malades qui venaient trouver Léonard étaient guéris…

Même les proches parents de Léonard vinrent se mettre sous sa direction.

Tous les détails rapportés ci-dessus proviennent de textes que les historiens jugent tardifs et donc fort douteux, au point qu’ils accorderaient tout juste à Léonard d’avoir vécu «entre le sixième et le dixième siècle.

Après sa mort, Léonard continua à libérer des prisonniers, et on l’invoqua de très loin, de Flandre et d’Autriche.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Léonard de Noblat au 6 novembre.

 

 

Melanius de Rennes

456-530

 

Melanius (Melaine) naquit probablement en 456 à Platz (act. Brain-sur-Vilaine, Ille-et-Vilaine), de riches parents de l’aristocratie gallo-romaine.

Dès l’enfance, Melaine aurait voulu transformer la maison familiale en monastère.

Il reçut le don des miracles. Il guérit la fille d’Eusebius, dux (chef, maire) de Vannes, qui lui remit en remerciement la paroisse de Comblessac. On ne sait pas, cependant, s’il était déjà prêtre à ce moment-là ou s’il fut ordonné peu après.

En 505, Amand de Rennes (v. 13 novembre ?) le choisit pour successeur : ayant accepté humblement à contre-cœur cette mission, Melaine devenait ainsi le huitième évêque de ce siège. Il considérait l’épiscopat comme un fardeau et se sentit obligé de s’occuper de tous, des soucis des gens, des questions sociales.

Il aurait été un intermédiaire de premier plan entre la population et le pouvoir de Clovis.

En 511, il participa au concile d’Orléans et fut le principal rédacteur des canons qui y furent décidés. Plus tard, conjointement avec deux autres évêques, il enjoignit à deux prêtres, nommés Catihernus et Louocatus de respecter les lois liturgiques ainsi que leur célibat, les menaçant d’excommunication s’ils continuaient à faire distribuer le Sang du Christ à la Messe par des femmes.

On sait que par son zèle il réussit à faire disparaître toute trace de paganisme dans son diocèse.

On dit aussi qu’il fit beaucoup de miracles (outre celui déjà mentionné plus haut), tant de son vivant qu’après sa mort. 

Melaine mourut  à Platz, son pays natal, vraisemblablement un 6 novembre, vers 530.

Quand on transporta son corps en barque sur la Vilaine, des voleurs prisonniers dans une tour virent leurs chaînes tomber et une brèche s’ouvrir, leur montrant le chemin de la liberté.

La basilique construite sur son sarcophage s’écroula dans un incendie, mais le sarcophage ne subit aucun dommage. Elle s’appelle maintenant Notre-Dame en Saint-Melaine.

Saint Melanius de Rennes est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Illtud de Llantwit Major

? 540

 

Illtud (Illtyd, Ildut, Iltut) est un de ces grands Saints gallois qu’il est difficile de situer avec précision.

Illtud fonda le monastère de Llantwit Major, d’où sortirent d’illustres Saints : Brieuc, Cadoc, David, Dubric, Gildas, Lunaire, Pol, Samson (v. 1.mai, 21 septembre, 1.mars, 14 novembre, 29 janvier, ? 1.juillet, 12 mars, 28 juillet).

Il aurait dirigé aussi une importante école monastique dans l’île de Caldey.

Il a été présenté comme le plus instruit des Bretons, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, mais aussi en géométrie, en rhétorique, en grammaire, en arithmétique…

Les paysans de l’endroit lui étaient reconnaissants de leur avoir enseigné une nouvelle méthode pour labourer.

On a dit qu’Illtud aurait été ordonné prêtre par s.Germain d’Auxerre, lors de son voyage en 429 ou en 445 (v. 31 juillet), mais cela semble difficile, vu la date (certes, approximative) de sa mort, vers 540. Si Illtud avait vingt-cinq ans environ en 429 ou même en 445, il serait mort entre cent-vingt ans et cent-trente-six ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Illtud de Llantwit Major au 6 novembre.

 

 

Kallinikos et Compagnons de Gaza

† 638

 

Kallinikos était le chef d’une garnison de soldats grecs à Gaza.

Cette ville fut prise par les Sarrasins en 637. La garnison fut cependant exclue du traité et les soldats furent immédiatement mis en prison. Le chef arabe, Amr, se les fit amener et leur proposa d’apostasier pour avoir la vie sauve. Devant cet infâme marchandage, les soldats refusèrent d’abandonner leur foi.

Amr ordonna de les séparer de leurs femmes, de leurs enfants, de leur enlever leurs armes et de les remettre en prison.

Un mois après, le même chef les fit conduire enchaînés à la prison d’Eleuthéropolis, pendant deux mois, puis à celle de Nicopolis pendant trois mois ; de là, les soldats furent emmenés à Jérusalem et de nouveau enfermés. C’est là que le patriarche Sophrone (v. 11 mars) vint leur rendre visite et les encourager à persévérer, même jusqu’à verser leur sang pour leur foi au Christ.

Dix mois plus tard, le calife de Jérusalem, Omar, suggère de relaxer avec les honneurs ceux des soldats qui auraient accepté d’apostasier ; sinon, de décapiter Kallinikos et neuf de ses hommes, pour impresssionner les autres.

Ce martyre eut lieu le 11 novembre 638 - le 6 d’après d’autres textes -, aux portes de Jérusalem. Les Compagnons de Kallinikos s’appelaient :

Himérios, Ilérios, Theodoros, Stephanos (de la garnison des Scythes) ; Petros, Pavlos, Theodoros, et deux Ioannis (de la garnison des Voluntarii).

Le patriarche Sophronius les ensevelit et éleva sur leur tombe l’oratoire Saint-Stéphane.

Les autres soldats, aussi courageux que les premiers, devaient être martyrisés le 17 décembre suivant.

Saint Kallinikos et ses Compagnons de Gaza sont commémorés le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Prothasius de Lausanne

640-699

 

Protais naquit vers 640, peut-être à Vevey (Suisse).

Si son épiscopat à Lausanne est attesté en 652, il faudra certainement avancer sa date de naissance à au moins 620.

Il était le troisième évêque de Lausanne.

On sait qu’il agrandit la chapelle Saint-Thyrse et qu’il en fit la dédicace.

Avec le soutien du duc de Bourgogne (Félix Chramnélène) et de son épouse Ermentrude, il fit ériger le monastère de Baulmes, dédié à Notre-Dame.

Il entreprit la restauration de l’église de Lausanne et voulut y participer de ses propres mains. Mais lors du défrichage de la forêt du Mont Tendre, il fut tué par la chute d’un arbre, le 6 novembre 699.

Cette date est également problématique, car on recense deux autres évêques de Lausanne, Chilmegiselus et Udalricus en 670 et 690, puis une longue vacance de plus d’un siècle. On pourra supposer que Protais ait démissionné, ou que les deux autres évêques mentionnés étaient des évêques auxiliaires, ou des intrus…

L’endroit où il fut porté pour être mis en bière, a pris le nom de Bière. Ses reliques, portées à  Basuges, donnèrent naissance à la commune de Saint-Protais, plus tard dénommée Saint-Prex.

Du monastère de Baulmes, il ne reste malheureusement rien.

Saint Prothasius de Lausanne est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Winnoc de Wormhoudt

640-716

 

Winnoc (Winox, Winokh, Wince, Gaennoc) était peut-être de la maison royale galloise de Domnonia et fils de s.Judicael (v. 16 décembre). Il se peut que sa famille s’enfuît du Pays de Galles devant l’invasion des Saxons et vînt en Armorique.

Winnoc serait passé quelque temps en Angleterre où il aurait vécu avec son frère Arnoch.

Puis, recherchant un lieu sûr pour se donner à Dieu, il arriva dans les Flandres avec trois compagnons, Quadanocus, Ingenocus, Madocus, et ils se présentèrent à s.Bertin de Sithiu (v. 5 septembre), vers 679.

Ce dernier les reçut avec bonté, leur enseigna la vie monastique et, voyant leurs excellentes dispositions, les invita à se bâtir un monastère au pays de Thérouanne ; ce fut d’abord Grunobergue (act. Bergues-Saint-Winnoc), puis Wormhoudt, une propriété cédée par un certain Hérémar, en 693.

Le monastère, avec une dépendance pour recevoir les pauvres, fut dédié à s.Martin (v. 11 novembre) et Winnoc y devint abbé après la mort des trois autres fondateurs.

Winnoc ne voulait pas être «supérieur» et participait aux tâches manuelles. Devant tourner la meule du moulin, il élevait à Dieu des prières et des louanges, pendant que la meule continuait de tourner toute seule. Rien de grave jusqu’ici ; mais voilà qu’un moine voulut voir comment Winnoc s’y prenait pour tourner sans arrêt une meule si pesante, surtout pour son âge ; il guetta par un trou de la porte… et devint aveugle, mais pas muet. Il raconta ce qu’il avait vu, on pria Winnoc de lui pardonner, et celui-ci obtint de Dieu de redonner la vue à son moine un peu trop curieux.

Winnoc s’éteignit le 6 novembre, vers 716.

L’épisode du moulin a rendu Winnoc patron des meuniers. Bien d’autres miracles se produisirent sur son tombeau. Ainsi, un enfant qui s’était noyé dans la rivière de La Colme, fut ramené à la vie par l’intercession de Winnoc : à la suite de ce miracle, on porta chaque année la châsse de s.Winnoc par les rues et on l’immergeait dans la rivière.

En 880, le monastère de Wormhoudt fut détruit par les Normands. Mais une abbaye fut construite à Bergues-Saint-Winnoc, qui subsista jusqu’à la Révolution ; il n’en reste qu’une tour monumentale, qui laisse deviner l’importance des bâtiments.

Saint Winnoc de Wormhoudt est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

Etienne d’Apt

975-1046

 

Etienne naquit vers 975 à Agde (Hérault).

Il entra très jeune dans la cléricature et fit de bonnes études : son étude du grec fut assez bonne pour que, lors d’un voyage (ou pèlerinage) en Palestine, il put en parfaire sa connaissance au point de le parler couramment. Ses voyages le conduisirent même dans tout le bassin méditerranéen !

En 1010, il fut élu évêque d’Apt : il en était le 25e titulaire (connu).

Excellent administrateur, il entreprit la reconstruction de sa cathédrale, qui était en ruines ; il la refit sur les vestiges d’une très ancienne église et la dédia à s.Pierre, ste Marie et s.Castor (v. 21 septembre). Il édifia aussi plusieurs églises nouvelles.

Il voulut refaire le pèlerinage en Terre Sainte. Mais de passage à Volterra (Toscane, Italie C), il tomba malade et fut soigné par l’évêque du lieu, Gunfredo († 1037). Après son rétablissement, il revint à Apt et accomplit ensuite le pèlerinage qu’il souhaitait.

Il mourut le 6 novembre 1046 et fut enterré dans sa cathédrale, désormais appelée Sainte-Marie-Nouvelle.

Saint Etienne d’Apt est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théobald du Dorat

990-1070

 

Théobald naquit en (ou vers) 990 à La Bazeuge (Le Dorat, Haute-Vienne), de parents pauvres, mais très chrétiens.

Tôt, ses parents le confièrent au chapitre du Dorat, illustré par s.Israël (v. 12 décembre). Sa très vive intelligence le fit bien vite dépasser tous les élèves.

Après avoir brillamment complété sa formation à Périgueux, il revint au Dorat où il fut admis, mais par humilité il resta diacre et refusa toujours de recevoir le sacerdoce.

On le nomma sacristain et gardien des reliques ; il administra la collégiale Saint-Pierre ; il fut écolâtre (professeur) et acheva la formation de l’illustre s.Gautier (v. 23 mars) ; mais il avait une préférence pour les élèves moins doués, les aidant patiemment de ses explications calmes.

Il portait un cilice ; il passait ses nuits dans la prière et, pour ne gêner personne, allait dormir hors du dortoir (car pendant longtemps, les moines dormaient dans un unique dortoir).

Le pauvre Théobald fut atteint de lientérie, pénible maladie dont il mourut, le 6 novembre 1070.

Cette date étant sûre, et l’âge de Théobald étant alors, dit-on, de quatre-vingt-sept ans, il faudrait peut-être avancer sa date de naissance à 983.

En souvenir de sa prédilection pour les enfants moins doués que d’autres, on l’a invoqué pour les naissances difficiles.

Au 16e siècle, les bâtiments du Dorat furent particulièrement endommagés par les Protestants.

Saint Théobald du Dorat est commémoré le 6 novembre dans le Martyrologe Romain.

Christina Bruso de Stommeln

1242-1312

 

Christina vint au jour en 1242 à Stommeln (Cologne, Allemagne O), de parents agriculteurs, qui eurent cinq enfants : Christina, Hilla, Gertrud, Heinrich, Sigwin.

Elle apprit à lire le psautier, mais ne sut jamais écrire.

A dix ans, elle eut sa première vision du Christ, qui l’invitait à se consacrer entièrement à Lui.

A treize ans, elle quitta la maison familiale, sans la permission de ses parents, pour rejoindre un couvent de béguines à Cologne. Mais les braves religieuses ne pouvaient supporter d’avoir parmi elles une petite fille déjà si avancée dans l’ascèse et qui, en plus, était favorisée continuellement de visions. Elles la renvoyèrent.

En 1259, Christina regagna sa famille. On ne nous dit pas comment la famille se comporta pendant ces quatre années d’absence, ni comment elle accueillit la «fugitive».

En 1267, elle eut la visite d’un Dominicain suédois, Petrus de Dacie, qui resta en relation épistolaire avec elle jusqu’à la fin de sa vie. Elle lui écrivait en dictant ses lettres au curé de Stommeln.

Durant la semaine sainte de 1269, Christina reçut les stigmates de la Passion du Christ ; elle recevait la visite du Christ, de la Vierge Marie, des Anges, mais subissait aussi des tortures diaboliques ; d’après ses propres aveux, elle en supporta jusqu’à des milliers simultanément, qui lui provoquaient des brûlures, des blessures, et allaient jusqu’à mélanger des serpents et des excréments dans sa nourriture. A la fête de Pâques de 1283, il y en eut deux-cent mille (sic).

Il n’y a pas lieu de mettre en doute ses affirmations, pas plus que son zèle pour hâter la délivrance des âmes du purgatoire.

En 1278 mourut le père de Christina et celle-ci chercha avec son frère Sigwin à maintenir la ferme des parents, qui traversait depuis plusieurs années de graves difficultés financières. En 1280, Sigwin se mit au service des Dominicains en Suède. 

En 1288 cependant, ces épreuves cessèrent. Christina fut entourée de la vénération du clergé et du peuple, d’autant plus que des miracles se vérifièrent, comme la guérison du comte de Clèves.

Elle mourut à Stommeln le 6 novembre 1312, jour de sa mention au Martyrologe, et fut béatifiée en 1908.

 

 

Thomas Ochia Kintsuba Jihyoe

1602-1637

 

Jihei (ou Jihyoe) était un des enfants d’un couple chrétien japonais : Leo Ochia et Clara Okia, qui devaient plus tard verser leur sang pour leur foi. Il semble d’ailleurs que ce fut la famille entière qui fut martyrisée.

Ils vivaient à Omura, le berceau de la chrétienté japonaise, où le premier daimyo (samurai) reçut le baptême, suivi par tant de conversions qu’en 1582 on démembrait environ cent cinquante mille fidèles chrétiens, dont soixante-mille seulement à Omura.

A l’époque de la naissance de Jihei, la persécution commençait à se faire de plus en plus menaçante. 

Jihei reçut le nom chrétien de Thomas à son baptême, peu de jours après sa naissance.

A six ans, il fut placé dans un «petit séminaire» à Arima, à environ cinquante kilomètres au sud-est de Nagasaki. Ce séminaire avait été fondé par des Jésuites en 1580, et les élèves y passaient environ six ans à apprendre le japonais et le latin ; ceux qui voulaient se préparer au sacerdoce étudiaient ensuite l’astronomie, les sciences naturelles, la psychologie, la théologie, la musique et éventuellement aussi quelques autres matières.

Comme les samurais quittaient l’Eglise les uns après les autres devant la persécution, le séminaire fut tranféré à Nagasaki, jusqu’à ce qu’un édit de suppression et d’expulsion fût publié, en 1614. Cet édit fut l’origine de l’envoi de tous les étudiants à Macao ou à Manille, ou bien en d’autres localités du Japon. Notre Thomas se retrouva à Macao, mais sans pouvoir non plus se manifester ouvertement, car la Chine était encore un pays «fermé».

Ayant bien appris le latin, Thomas devint professeur de latin pour la formation des prêtres ; mais le latin fut bientôt interdit également, empêchant les étudiants d’achever leurs études normalement, car le latin était alors une condition sine qua non. En 1620, tous les étudiants furent renvoyés au Japon et Thomas commença son activité de catéchiste, se cachant et changeant de domicile. Ce n’était pas une vie facile, mais c’est dans ces circonstances que mûrit en Thomas l’appel au sacerdoce.

Il rencontra des pères Augustins et voulut entrer dans leur Ordre. Pour cela il rejoignit Manille (Philippines) en 1622, alors qu’il avait vingt ans. C’était le premier Japonais à demander l’admission dans cet Ordre. C’était un peu la «surprise» et l’on hésita à l’accepter. Mais le père provincial reconnut sa vraie vocation et le reçut : Thomas prit l’habit fin 1623 et fit les premiers vœux l’année suivante comme Frère Thomas de Saint-Augustin.

Envoyé à Cebu pour étudier les arts et la théologie, il alla prier à la basilique du Saint-Enfant Jésus, demandant la grâce de pouvoir retourner dans son pays et assister les Chrétiens persécutés.

En 1627 ou 1628, il fut ordonné prêtre, et revint à Manille.

Peu de temps après son arrivée à Manille, il sentit le manque de la statue de l’Enfant-Jésus, et demanda à retourner à Cebu, ce qu’on lui permit. Mais le voyage fut extrêmement mouvementé : le bateau chavira, Thomas s’en sortit de justesse en gagnant l’île de Panay à la nage. Enfin arrivé à Cebu, il sut que la persécution s’était intensifiée à Nagasaki, où le magistrat s’était mis à arrêter l’un après l’autre tous les prêtres, pour priver les Catholiques de toute assistance spirituelle.

Le sang de Thomas ne fit qu’un tour : il demanda immédiatement à ses supérieurs l’autorisation de partir pour le Japon. Encore une fois, le voyage fut pénible ; le bateau se cassa en deux lors d’une forte tempête et Thomas se retrouva absolument sans rien. C’était comme pour dire qu’il ne pouvait pas aller exercer son sacerdoce dans son Japon natif. Mais Thomas ne pouvait pas se décourager : il réitéra sa demande d’aller au Japon. 

Mais comme la réponse n’arrivait pas, Thomas écrivit tout simplement au Prieur Général à Rome (août 1630) : une lettre en parfait latin, qu’on conserve dans les archives de l’Ordre à Rome. Mais Thomas était plus rapide que le courrier : avant de recevoir la réponse, il avait réussi à se déguiser, et à mettre pied au Japon, fin 1631, après un autre naufrage.

Peu après, il apprit que le supérieur local avait été arrêté et emprisonné à Omura, puis à Nagasaki. Thomas était rusé : il s’engagea comme garçon d’écurie pour soigner les chevaux au quartier général du magistrat, ce qui lui permit de rencontrer chaque jour le Père Supérieur, pour lui redonner courage. Le jour, il travaillait comme domestique à l’étable, et de nuit, il travaillait comme «Père Thomas», visitant les Chrétiens, redonnant du courage, confessant, célébrant la Messe, et même faisant quelques conversions. 

Comme on apprit le martyre du père Gutiérrez avec deux autres prêtres, à Nishizaka en septembre 1632, Thomas dut se dissimuler davantage encore pour exercer son ministère.

Ce qui compliqua énormément sa situation fut qu’on le rechercha officiellement : partout on afficha son portrait en demandant d’indiquer où il était, si on le voyait. C’était la première fois qu’on recourait à ce genre de recherche au Japon. Thomas ne pouvait plus se montrer, car tout le monde connaissait sa figure, qu’on voyait partout affichée. Il se réfugia dans une montagne proche, à environ une heure de Nagasaki, dans une grotte qu’on appelle maintenant Rocher de Jiheiwa (ou Jihyoe).

Les autorités de Nagasaki le cherchaient activement, parfois avec des troupes de centaines de soldats, mais n’arrivaient jamais à lui mettre la main dessus. C’est que Thomas savait «disparaître» continuellement, se déguisant de toutes les façons ; il réussit à joindre Edo (actuelle Tokyo), comme serviteur du Shogun pendant plusieurs mois, prêchant l’Evangile dans les châteaux et amenant à l’Eglise leurs occupants avec leurs enfants. Thomas était partout, par monts et par vaux, toujours en mouvement, et toujours disparaissant brusquement au moment où on croyait l’avoir coïncé. Ce fut au point qu’on le crut doué d’un pouvoir magique pour disparaître.

Fut-il protégé par Dieu grâce au don de la bilocation ? Ou bien fit-il comme Notre-Seigneur qui «passant au milieu d’eux, allait son chemin» (Lc 4:30) ?

Il retourna à Nagasaki, trouva une nouvelle cachette pour aller et venir. Les autorités promettaient des récompenses de plus en plus importantes pour qui le dénoncerait, mais personne ne le fit. Ce n’est que «par hasard» qu’un espion le surprit le 1er novembre 1636, sans penser que c’était le père Thomas, mais seulement un Chrétien quelconque (si l’on peut dire). Quand l’officier l’interrogea, Thomas répondit, au grand étonnement de tous les présents : C’est moi le Père Thomas de Saint-Augustin Johyoe, de l’Ordre de Saint-Augustin.

Son apostolat s’arrêta ainsi brusquement. Pendant six mois, Thomas fut interrogé et torturé, entre autres par le mizuzeme ou torture de l’eau, où la victime est contrainte à ingurgiter de grandes quantités d’eau : quand le corps était déjà complètement saturé, on continuait à faire entrer de l’eau dans la gorge avec un entonnoir, jusqu’à ce que le ventre soit gonflé comme un tonneau ; étendue sur le dos, la victime était alors violemment frappée sur le ventre avec des cannes de bambou jusqu’à ce que l’eau ressortît avec du sang, non seulement par la bouche, mais aussi par le nez, les oreilles et les yeux. On faisait cela jusqu’à ce que la victime perdît connaissance.

Le père Thomas fut reconduit dans sa cellule à demi-mort ; quand il reprit connaissance, ce fut seulement pour subir la même torture, qu’on lui imposa trois fois. Ensuite, on lui enfila des pointes de fer sous les ongles des mains et des pieds, jusqu’à évanouissement. Constatant que le père Thomas supportait tout cela avec une constance incroyable, les bourreaux furieux imaginèrent encore une autre torture : avec des cannes de bambou, munies de sortes de harpons, on perça et on déchira les chairs du prêtre, de façon encore plus radicale qu’on l’aurait fait avec un couteau ou un grand hameçon. Le corps de Thomas n’était qu’une plaie sanguinolente.

Les bourreaux n’allèrent pas jusqu’à faire mourir Thomas, leur intention étant seulement d’abattre son courage. Mais malgré toutes ces tortures, ils ne parvinrent pas à faire abjurer Thomas. Non seulement Thomas fait partie des prêtres frappés par la persécution japonaise, mais il fut de loin le plus horriblement torturé de tous les Martyrs du Japon.

Finalement, les magistrats décidèrent d’imposer à Thomas la torture «anazuri», consistant à suspendre la victime la tête en bas, jusqu’à la mort. 

Cette torture (en japonais «ana-tsurushi», était la pire de celles imaginées pour abattre l’esprit de l’homme. On l’appelle aussi la torture de la fosse. La victime est accrochée à un gibet, la tête en bas, dans une fosse d’un mètre cinquante environ. Le corps est bien attaché, jusqu’à l’arrêt de la circulation du sang. Le corps est serré par l’application de planches contre les reins de la victime. La fosse est souvent partiellement remplie d’immondices. Dans cette position, beaucoup restaient là pendant une bonne semaine, tandis que le sang sortait par la bouche et les narines ; l’affreuse pression ainsi exercée sur le cerveau les rendait fous, jusqu’à ce que la mort les délivrât de cette douleur insupportable. Pour prévenir une mort trop rapide par congestion, pour prolonger la torture et avoir plus de chances d’obtenir une rétractation - car on préférait avoir des apostats que des martyrs - souvent on perçait les tempes des victimes. Certains de ceux qui apostasièrent sous l’effet de cette torture, déclarèrent qu’aucune autre torture ne pouvait se comparer à celle-ci, pas même la souffrance par le feu.

Le père Thomas subit cette horreur le 21 août 1637.

On mit à mort avec lui douze autres personnes, majoritairement membres du Tiers-Ordre, qui lui avaient donné refuge. 

Mais deux jours après, alors que déjà sept étaient morts, le père Thomas fut ramené inconscient dans sa geôle, où on le ranima pour le soumettre encore à d’autres interrogatoires. D’abord on voulait obtenir les noms des Portugais qui l’avaient hébergé, pour vérifier ce qu’avait dit un apostat qui cherchait à se disculper. Mais Thomas ne dit rien. Ce fut l’échec. Les autorités allèrent jusqu’à dire que Thomas avait été décroché du gibet parce qu’il avait abandonné la Foi, pour induire les autres croyants à abandonner la Foi à leur tour.

Ce qui se passa deux mois plus tard est cependant éloquent : le père Thomas fut de nouveau condamné à mort «par la fosse» avec quatre autres Chrétiens qui l’avaient hébergé. S’il avait apostasié, il aurait pu être «seulement» décapité ou brûlé vif attaché à un poteau, mais n’aurait pas eu le même sort.

En réalité, à peine arrivé en prison, il se mit à dire à haute voix : La Foi au Christ dure toujours. Et aussi : Je vais à ma mort à cause de mon amour pour Jésus et ma foi en lui. Alors, pour le faire taire, on le bâillonna, et on fit passer devant lui un héraut pour crier : Thomas a renié sa foi. Manque de chance pour eux, Thomas se mit à balancer énergiquement la tête en signe de désaccord. Arrivés enfin à la Colline Nishizaka, son pauvre corps amaigri, déchiqueté, tout contusionné, n’en pouvait plus, et Thomas fut le premier des cinq à mourir à peine il fut suspendu sur la fosse.

C’était le 6 novembre 1637. Le père Thomas avait trente-cinq ans. Son activité sacerdotale avait duré une dizaine d’années, en grande partie dans les grottes, dans les bois, de jour et de nuit, infatigable, vrai témoin du Christ.

On a compté jusqu’à plus de six cents Chrétiens qui furent martyrisés pour avoir aidé le père Thomas dans son ministère d’une façon ou d’une autre, le recevant, lui portant à manger, le cachant. 

Pendant plus de deux siècles, ensuite, les Chrétiens continuèrent de transmettre leur Foi aux générations nouvelles.

Le père Thomas de Saint-Augustin Ochia Kintsuba Jihyoe a été béatifié en 2008.

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 00:00

 

05 NOVEMBRE

 

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SS Galation et Epistème, martyrs célèbres à Emèse.

IV.

SS Domninus, Theotimos, Philotheos, Timotheos et Auxentius, martyrs à Césarée de Palestine ; le médecin Domninus fut jeté au feu, le vénérable vieillard Auxentius livré aux bêtes, les autres livrés aux gladiateurs. 

S Domnin, évêque à Grenoble.

S Marcus, évêque à Troia.

VI.

S Dominateur, évêque à Brescia.

S Fibicius, abbé (?) puis évêque à Trèves.

S Guethnoc, frère de s. Jacut (son jumeau) et de s. Guennolé.

SS Paulin et Augustin, bénédictins au Mont-Cassin. 

VII.

S Goussaud, ermite au Puy de Jouër, invoqué pour les bestiaux.

VIII.

Ste Bertille, moniale à Jouarre, première abbesse à Chelles où la reine Bathilde vint achever ses jours ; elle ressuscita une moniale qu'elle avait gourmandée vivement, pour lui demander pardon.

IX.

S Lié, prêtre près d'Orléans (Micy ?).

S Gerrich, fondateur d'un monastère à Gerresheim.

XII.

S Guiraud, évêque à Béziers ; prieur des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin, il avait construit un hôpital et une église ; il mourut d'hydropisie. 

XVIII.

B Gomidas Keumurgian, fils d'un prêtre arménien de Constantinople, père de sept enfants, prêtre, ardent défenseur du concile de Chalcédoine, persécuté par ses coreligionnaires monophysites, martyr encouragé par son épouse.

XIX.

S Ɖaminh Mầu, prêtre dominicain tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Guido Maria Conforti (1865-1931), fondateur de la Congrégation de Saint-François-Xavier pour les Missions étrangères ; évêque à Ravenne, puis à Parme, il partit en 1928 malgré sa santé visiter ses missionnaires en Chine ; béatifié en 1996, canonisé en 2011.

Bse María del Carmen Viel Ferrando (1893-1936), laïque, martyre près de Valencia, béatifiée en 2001.

B Bernhard Lichtenberg (1875-1943), de Silésie, ardent opposant au nazisme, mort durant son transfert à Dachau, béatifié en 1996.

B Hryhorii Lakota (1883-1950), évêque auxiliaire à Przemysl puis à Jaroslav, de rite byzantin, déporté à Vorkouta où il mourut, béatifié en 2001.

B Jul Bonati (1874-1951), prêtre albanais martyr, béatifié en 2016.

Martyrs de Césarée de Palestine

307

 

A Césarée de Palestine (act. district de Haïfa, Israël), le préfet Urbanus fut pris d’une folie enragée contre les Chrétiens.

Il se fit présenter le médecin Domninus, un homme jeune, grand et beau, qui faisait l’admiration de tous pour la sainteté de sa vie et la pureté de son âme.

Il avait déjà été condamné aux mines, mais son courage demeurait ferme dans l’épreuve, et sa foi inébranlable.

Urbanus le fit brûler vif.

Vint le tour de trois jeunes gens, nommés Theotimos, Philotheos et Timotheos : leurs noms leur furent peut-être attribués après leur martyre. Philotheos est un ami de Dieu, Theotimos et Timotheos ont tous deux la crainte de Dieu. Ils furent abandonnés aux mains criminelles des gladiateurs.

Le préfet n’était pas encore satisfait. Il fit amener un vieillard, Auxentius, qu’on fit dévorer par les bêtes.

Ce n’était pas fini. Urbanus sévit encore contre bien d’autres Chrétiens, et le même jour. Parmi ceux-ci se trouvait le prêtre Silvanus, qui devait devenir évêque de Gaza avant de mourir aux mines, décapité (v. 4 mai) ; les uns eurent les articulations des pieds brûlées, les autres furent sauvagement castrés. Un autre, Pamphilus, fut torturé et emprisonné (v. 16 février).

L’histoire a retenu la date du martyre de ces cinq Héros : 5 novembre 307.

Domninus et les quatre autres Martyrs sont commémorés le 5 novembre.

 

 

Marcus de Troia

266-328

 

La vieille ville de Aeca, après sa destruction en 663, fut reconstruite au onzième siècle, sous le nom de Troia (Foggia, Pouilles, Italie SE).

Elle aurait été la ville de naissance de Marcus, vers 266, d’un père nommé Constantinus. Celui-ci, riche et honnête, orienta son fils vers les Lettres.

Marcus devint un homme vertueux et digne du sacerdoce : l’évêque Ioannes de Lucera l’ordonna prêtre.

Il est raconté que notre Marcus logeait chez lui deux jeunes filles, qu’il instruisait. Evidemment, on alla accuser Marcus de fornication et l’évêque le fit convoquer. En chemin, un des deux diacres qui l’accompagnaient, tomba malade, et Marcus le guérit instantanément, en ordonnant à une biche qui passait, de lui offrir le lait de ses mamelles ; et quand Marcus fut arrivé auprès de l’évêque, celui-ci entendit les anges chanter autour de Marcus. Désormais, tous étaient convaincus de l’innocence et de la sainteté de Marcus.

L’évêque mourut peu après : le choix unanime se porta sur Marcus pour lui succéder. Mais Marcus, se sentant indigne, s’enfuit ; on le retrouva, il fut obligé de se soumettre et reçut l’ordination épiscopale des mains du pape Marcel (v. 16 janvier). En réalité, on ne sait pas bien si Marcus fut évêque à Æca ou à Lucera.

L’épiscopat de Marcus semble avoir duré de 300 à 328 environ. Il maintint son style de vie rigoureux, pratiquant le jeûne, se dépensant auprès des bisogneux. Mais surtout, les miracles se multiplièrent, durant et après sa vie.

Marcus  rendit la vue à un aveugle, ressuscita le petit enfant d’une pauvre femme…

A sa mort (328 environ), il fut enseveli à Bovino, sur sa demande expresse. Il devint ainsi le Patron de cette cité voisine.

D’autres miracles suivirent cette pieuse mort.

On peut admettre que plusieurs détails de cette notice semblent incroyables, du moins inexplicables, comme le choix de Marcus de reposer à Bovino plutôt qu’à Æca.

Le Martyrologe commémore saint Marcus de Troia le 5 novembre.

 

 

Fibicius de Trèves

† 525

 

Fibicius apparaît au vingt-et-unième rang des évêques de Trèves et aurait occupé ce siège de 511 à 525.

On lui donne parfois le nom de Felicius, nom d’un abbé du monastère Saint-Maximin de Trèves, en proposant qu’il aurait été abbé avant d’être évêque, mais cet abbé de Saint-Maximin mourut en 342.

Fibicius aurait autorisé s.Goar (v. 6 juillet) à construire une église à Oberwesel.

Il demanda au roi Thierry Ier l’envoi à Trèves de prêtres auvergnats.

Saint Fibicius de Trèves est commémoré le 5 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guethnoc de Landoac

460-?

 

Jacut et son frère jumeau Guethenoc (ou Weithenoc) naquirent un peu avant 460 en Grande-Bretagne, de Fracan et Guen (ou Alba, Blanche), des parents nobles anglais.

Fuyant l’invasion des Saxons, ils émigrèrent en Armorique, où naquit aussi Guennolé (v. 3 mars).

Il est probable que les deux jumeaux furent confiés à un saint Budoc (? 9 décembre), de l’abbaye de l’île Lavrec, où ils grandirent dans l’esprit monastique de prière, de travail, de méditation.

Plus grands, ils allèrent se construire un autre ermitage, plus solitaire encore, à Landoac (Landouar). Là, ils travaillèrent à la conversion de la population, aidant les habitants à cultiver mieux leurs terres.

Des disciples se joignirent à eux, de même aussi que des recrues anglaises, venant de Grande-Bretagne.

Puis les deux frères jumeaux se séparèrent, et Jacut continua sa vie pleine de mérites. Quant à Guethnoc, on ne saurait dire où il alla pour finir sa vie.

La mort des deux frères jumeaux reste dans le mystère. On suppose qu’ils s’éteignirent dans la première moitié du sixième siècle.

Saint Guethnoc de Landoac est commémoré le 5 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Bertile de Chelles

† 705-710

 

Bertile (Bertille, Berthille, Berthilde, en latin Bertila, mais le Martyrologe orthographie Bertilla) naquit dans le Soissonnais.

Dirigée par saint Ouen (v. 24 août), évêque à Rouen en 641, elle vint militer toute jeune sous la règle de saint Colomban (v. 23 novembre) au monastère de Jouarre (Meaux), qui venait de s’ouvrir en 658-659.

Elle brilla par ses saintes vertus, de sorte que lorsqu’il fallut guider un groupe de moniales de Jouarre pour aller peupler le nouveau monastère de Chelles, c’est Bertile qui en fut nommée abbesse.

On y observerait la règle de saint Colomban.

Quand la reine Bathilde fut contrainte d’abandonner son pouvoir aux seigneurs du parti d’Ebroïn, elle se retira à Chelles, humblement soumise à l’abbesse Bertile.

Celle-ci, d’après une Vie qui est peut-être un peu emphatique, resta abbesse pendant quarante-six ans avant de s’éteindre à cette vie, en un jour qu’on a établi au 5 novembre, d’une année pouvant passer de 705 à 713.

Guiraud de Béziers

1070-1123

 

Geraldus (Guiraud, Geraud) naquit vers 1070 à Puissalicon (Hérault).

Il était né avant terme et fut très vite baptisé : l’eau du baptême aurait bouillonné comme pour fêter cette heureuse naissance.

Vers 1083, il entra au prieuré de Roujan, chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui étaient six ou sept, vingt ans après la fondation.

En 1106, Guiraud en devint le prieur. Sous son administration, furent édifiés un hôpital, une église, et les bâtiments réguliers.

Cette communauté avait ses offices solennels, ajoutant à l’office régulier celui de la Sainte Vierge et celui des Morts. Les jours de fête, c’était le silence complet.

En 1122, Guiraud fut élu vingt-huitième évêque de Béziers.

On dit de lui que par sa bonté il entretenait la paix dans les maisons religieuses où il séjournait.

Son épiscopat fut brutalement suspendu, lorsqu’une douloureuse hydropisie le mena à la tombe, le 5 novembre 1123. 

Saint Guiraud est mentionné le 5 novembre au Martyrologe Romain.

Son anneau pastoral était une améthyste sertie d’argent ciselé, de forme triangulaire, large de trois centimètres, marqué du double écusson : léopard et lion. Il était conservé dans l’église de Roujan, où il fut volé à la fin du 20e siècle.

 

 

Gomidas Keumurdjian

1656-1707

 

Des articles apparemment bien informés nomment notre héros Der Gomidas.

Gomidas donc, né vers 1656, était le troisième fils de Mardiros Keumurdjian, un pieux commerçant arménien de Constantinople, où il fut un des membres les plus remarquables du clergé arménien.

A son tour, Gomidas se maria à vingt ans avec Huru, une jeune fille originaire de Césarée de Cappadoce, avec laquelle ils eurent deux fils et cinq filles.

En 1685, Gomidas fut ordonné prêtre, dans ce rite arménien où l’on tolère l’ordination d’hommes mariés.

Or l’Eglise d’Arménie, traditionnellement, refuse le Concile de Chalcédoine (451). A cette époque, les Arméniens refusèrent le dogme des deux natures du Christ, à cause d’un problème de traduction où ces deux natures semblaient signifier pour eux deux personnes. Finalement, l’attachement à la doctrine monophysite (=une seule nature) s’amalgama à l’identité nationale.

Au 17e siècle, il y eut un grand mouvement pro-latin, et beaucoup de communautés arméniennes rejoignirent la foi catholique, et Gomidas fut du nombre.

Il fit un pèlerinage à Jérusalem, où il rencontra la même division entre Arméniens, partisans ou ennemis de Rome.

En 1702, le nouveau patriarche arménien de Constantinople exigea du clergé une profession de foi monophysite. Gomidas était très exposé ; il ne cessait de montrer combien de Saints vénérés par l’Eglise arménienne avaient été d’ardents défenseurs du concile de Chalcédoine. Il dut se cacher. Il publia une traduction en vers des Actes des Apôtres (1704).

Le patriarche ayant été renversé, il y eut une paix éphémère, durant laquelle Gomidas écrivait à son fils (étudiant à Rome) : Les prêtres ont rendu notre nation ridicule devant les Turcs, les Juifs, les Grecs et les Francs.

L’avènement du nouveau vizir, Ali Pacha (1706), fut l’occasion d’une dénonciation des «Francs» (fidèles pro-romains) : le fameux patriarche avait été enlevé, conduit en France, où il s’était converti au catholicisme (il devait mourir à Paris en 1711). Ali Pacha fit rechercher les catholiques. Gomidas, qui s’était caché, fut découvert et arrêté durant le carême 1707.

Une intervention d’amis, une forte somme d’argent, convainquit le vizir de libérer Gomidas, qui reprit ses prédications dès le Vendredi Saint 22 avril 1707. Mais Gomidas voyait en songe sa tête couronnée et en sang.

Le nouveau patriarche arménien reprit la persécution. Début novembre 1707, il fit arrêter Gomidas. Traduit devant le vizir, Gomidas fit remarquer à ce dernier combien il était anormal pour un vizir musulman d’avoir à trancher entre deux partis catholiques.

Ali Pacha proposa simplement à Gomidas d’adhérer à l’Islam, pour échapper ainsi à toute condamnation. Gomidas resta calme et inébranlable ; il fut même extrêmement réconforté d’entendre son épouse l’encourager à mourir plutôt qu’à trahir la foi.

On le conduisit au supplice ; il s’agenouilla vers l’Orient, récita le Credo de Nicée-Constantinople, symbole de la foi catholique romaine et fut décapité d’un coup de cimeterre. Toute sa passion comporte de nombreux traits tout-à-fait similaires à ceux de la Passion du Christ.

C’était le samedi 5 novembre 1707.

L’ambassadeur de France, craignant des représailles de la part des Musulmans, fit évacuer le corps du Martyr : les restes arrivèrent dans la chapelle des Jésuites de Lyon, mais disparurent lors de la suppression de la Compagnie : on avait dû les mettre en «sûreté».

Les miracles et les vertus de Gomidas attirèrent l’attention de Rome : il fut béatifié en 1929.

 

 

Ɖaminh Mầu

1808-1858

 

Ɖaminh (Dominique) naquit à Phú Nhai (Nam Ɖịnh, Vietnam) en 1808 (on dit ailleurs vers 1794).

Ce fut un prêtre dominicain.

Le jour de son exécution, il portait ostensiblement son chapelet dans ses mains et adressait encore des exhortations à la fidélité aux chrétiens qu’ils croisait.

Il s’avança vers l’endroit de son martyre en joignant les mains, comme s’il se rendait à l’autel.

Il fut martyrisé à Hưng Yên le 5 novembre 1858, béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

 

 

Guido Maria Conforti

1865-1931

 

Guido Giuseppe Maria Conforti est l’un des acteurs de la renaissance de l’esprit missionnaire de l’Eglise dans les années 1850-1900.

Il naît près de Parme, à Casalora di Ravadese, le 30 mars 1865, huitième des dix enfants de Rinaldo et Antonia Adorni. Il fréquente l’école primaire chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : en chemin, il s’arrête chaque jour dans l’église Notre-Dame de la Paix, au quartier des Colonnes ; de ces visites, il dira plus tard : «Je le regardais, et Il me regardait, et j’avais l’impression qu’Il me disait plein de choses». Ainsi naquit en lui le désir de devenir prêtre.

Malgré quelque résistance du papa, qui voulait en faire un dirigeant agricole, Guido entre en 1876 au petit séminaire, dont le supérieur est Mgr Andrea Ferrari (v.2 février) . Ce dernier sera son guide spirituel et, considérant ses merveilleuses qualités d’éducateur, le prendra comme sous-directeur, alors même que Guido n’était pas encore ordonné. Entré au grand séminaire à dix-sept ans, Guido y fait de brillantes études et sera ordonné prêtre le 22 septembre 1888, dans le sanctuaire de Fontanellato- un sanctuaire desservi depuis des siècles par les Pères Dominicains -, près de Parme et malgré sa santé fragile (il souffre d’épilepsie chronique). Une fois prêtre, il est successivement professeur et vice-recteur du séminaire, chanoine de la cathédrale et vicaire général.

Pendant ces années de séminaire, Guido lira la vie de saint François Xavier (v.3 décembre), ce missionnaire jésuite qui portera l’Evangile jusqu’à Sancian, aux portes de la Chine où il mourra en 1552. Guido en est fasciné et se sent invité à continuer cette œuvre encore inachevée. C’est ainsi que lui est inspirée l’idée de sa vocation missionnaire.

Il satisfera son idéal missionnaire en fondant l’Institut pour les  Missions Etrangères, lequel sera reconnu officiellement le 3 décembre 1898, sous le nom de Congrégation de saint François Xavier pour les Missions Etrangères. On imagine la joie qu’il eut à remettre, trois mois plus tard, la croix de missionnaires à ses deux premiers condidats en partance pour la Chine, les pères Caio Rastelli et Odoardo Mainini; bien que cette mission fût anéantie par les révolte des Boxers du début du XXe siècle, les missionnaires réussiront à reprendre leur activité évangélique.

Devenu Vicaire général, il sera bientôt nommé Archevêque de Ravenne par le pape Léon XIII. C’est ainsi que le jour de sa consécration épiscopale, le 11 juin 1902, il émet les vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance, y ajoutant aussi le vœu de s’adonner sans réserve à l’annonce de l’Evangile ad gentes (aux païens).

Il ne restera que deux années à la tête de ce diocèse, à cause de sa santé précaire. De retour à Parme, sa santé se rétablit et il suit avec attention la formation des jeunes aspirants missionnaires, mais de nouvelles missions lui incombent. Pie X commence par le nommer Evêque Coadjuteur de Parme, avec droit de succession, de sorte qu’il en sera l’évêque titulaire en 1907 et pendant vingt-cinq ans. Ce diocèse était moins important que celui de Ravenne, et Mgr Conforti put y développer une importante activité, au premier plan celle de l’instruction religieuse. Il fit cinq fois la visite pastorale des paroisses, tint deux synodes diocésains, institua l’Action Catholique, surtout pour la jeunesse. Parallèlement il s’occupe de la culture et de la sanctification du clergé, de la formation des laïcs, des associations catholiques, de la presse catholique, des missions populaires, des congrès eucharistiques, mariaux et missionnaires.

Outre toute cette vaste activité, Mgr Conforti collabore avec le père Manna à la fondation de l’Union Pontificale Missionnaire, dont il est nommé premier président. Il a la joie d’envoyer plusieurs missionnaires en Chine, dont il consacrera même évêque le père Luigi Calza, nommé évêque de Cheng-Chow en Chine, en 1912.

En 1921, dans sa Lettre-testament, il présente les Constitutions de sa congrégation définitivement approuvées par le pape et part pour la Chine en 1928 pour visiter ses chers missionnaires dans le Honan occidental.

A son retour, il reprend ses activités mais sa santé s’aggrave et il s’éteint le 5 novembre 1931. Ses funérailles sont un véritable triomphe.

L’héroïcité des vertus de Mgr Conforti est approuvée le 11 février 1982, fête de Notre Dame de Lourdes, et le miracle retenu pour la béatification sera reconnu le 6 avril 1995 : ce miracle eut lieu au Burundi, où la jeune Sabine Kamariza fut guérie de façon complète et durable d’une tuméfaction de la tête du pancréas, vraisemblablement de nature cancéreuse. L’autre miracle en vue de la canonisation sera la guérison d’un garçonnet brésilien, Thiago Joaõ Dos Apostolos Souza, né prématuré avec une hypoxie grave du cerveau suite à un arrêt cardio-respiratoire prolongé.

Béatifié le 17 mars 1996, Guido Maria est canonisé en 2011 et fêté le 5 novembre.

De lui, le futur pape Jean XXIII, maintenant canonisé, écrivait quand il était encore cardinal : Je voyais en Mgr Guido Maria Conforti l’évêque italien qui incarnait le mieux cet heureux mouvement missionnaire suscité par l’encyclique Maximum illud du pape Benoît XV. Je trouvais en lui cette plénitude qui associe le ministère sacré auprès des âmes, doublé de l’esprit missionnaire : évêque de Parme, mais missionnaire pour le monde.

 

 

María del Carmen Viel Ferrando

1893-1936

 

María était née le 27 novembre 1893 à Sueca (Valencia, Espagne) ; baptisée deux jours après, elle reçut la Première communion en 1904.

Eduquée chez les Filles de la Charité, elle pensa devenir religieuse, mais choisit la vie consacrée dans le monde et fut d’une activité vraiment intense.

Elle fonda l’Action Catholique dans sa paroisse, participa activement à la catéchèse et surtout œuvra à la création d’un collège pour enfants pauvres.

Couturière de son état, elle fonda aussi ou co-fonda un syndicat ouvrier dans le but de protéger les intérêts des jeunes ouvriers et ouvrières du monde de la couture. En plus elle étudia la sociologie dans le but d’être présente auprès de la jeunesse ouvrière.

En 1931, elle travailla beaucoup à l’installation du collège des Salésiennes à Sueca, dont la mission est justement d’aider les jeunes ouvrières.

Dévote de l’Eucharistie, elle priait quotidiennement le chapelet.

Lors de la révolution de 1936, elle aida des prêtres et des religieux, mais pensa prudent de se replier sur Valencia ; une personne qu’elle avait connue et aidée, la dénonça comme chrétienne.

Arrêtée le 2 novembre, elle fut longuement et durement torturée, et condamnée pour sa foi chrétienne ; on la conduisit sur la route de Saler pour la fusiller, le 5 novembre 1936.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Joan Antoni Burró Más

1914-1936

 

Joan était né à Barcelone le 28 juin 1914, de Antonio Burró Gayán et de Micaela Más Vicarilla, pauvres mais bons chrétiens. Il fut baptisé le 5 juillet suivant.

Très tôt orphelin de mère, le petit Joan et son frère furent confiés à la maison des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, de Barcelone. 

Sa bonne conduite, ses bonnes dispositions, lui permirent ensuite d’être admis à quatorze ans à l’Ecole Apostolique de Ciempozuelos. C’est là qu’il reçut la Confirmation (1928).

Peu à peu mûrit en lui la vocation religieuse et il prit l’habit de cet Ordre, en 1931.

Le noviciat durait normalement une année, mais Joan demanda à le prolonger pour approfondir sa préparation intérieure. Il ne fit donc la première profession qu’en 1933.

En 1934 on l’envoie à la maison de Sant Boi de Llobregat, puis en 1935 au sanatorium San José de Ciempozuelos, où il allait faire son service militaire dans le personnel sanitaire. Sa famille obtint cependant son transfert à Carabanchel, puis à Madrid, rue Barceló.

Dans tous ces postes, Joan fut apprécié pour son travail efficace, sa responsabilité à accomplir les ordres des médecins, sa gentillesse à l’égard des malades.

Or, il y avait parmi les malades des miliciens qui ne pouvaient pas ne pas remarquer ce bon infirmier ; ils finirent par apprendre qu’il était religieux. Joan connaissait le danger qu’il courait ; les autorités médicales lui en parlaient et il répondait chaque fois : Mon Ami, n’aie pas peur ! Si nous mourons pour une si juste cause, nous pourrons bien remercier Dieu !

A un dentiste de Ciempozuelos qu’il rencontra à Madrid, il répondit : Je n’ai confiance qu’en Dieu, qui permettra la meilleure chose pour mon salut !

Les miliciens, plusieurs fois, l’invitèrent à prendre un café, mais il refusait ; pour leur faire plaisir, il finit par accepter, mais une fois sortis de l’hôpital, il le fusillèrent traîtreusement. 

Regrettant son geste, un des miliciens déclara : Il mourut vraiment pour la patrie ; il appelait le Christ Roi et l’Espagne, mais personne n’est venu l’aider.

Le frère Joan Antoni fut donc martyrisé à vingt-deux ans, le 5 novembre 1936, jour où le commémore notre Martyrologe.

On trouve parfois le 4 novembre pour son dies natalis.

Il a été béatifié en 1992.

 

 

Bernhard Lichtenberg

1875-1943

 

Né le 3 décembre 1875 à Ohlau (Silésie, Prusse orientale), aîné de cinq enfants, Bernhard étudia la théologie à Innsbruck (1895-1898), puis à Wrocław.

Il fut ordonné prêtre en 1899.

Après plusieurs postes, il fut nommé curé à Berlin-Charlottenburg.

Durant la Première guerre mondiale, il fut décoré par la Croix-Rouge.

Il fut un moment élu au parlement de sa ville dans le parti catholique.

En 1931, il fut nommé chanoine titulaire du chapitre de la cathédrale de Berlin, puis prévôt.

La même année il recommanda de voir le film A l’Ouest rien de nouveau, qui avait été censuré par les autorités. Goebbels commence de s’acharner contre le chanoine Lichtenberg.

En 1933, on fouilla son appartement.

En 1935, il protesta énergiquement contre les camps de concentration, dans un courrier à Göring. On le menaça, mais il maintint son attitude d’opposition ferme au nazisme.

En 1938 : premiers pogroms. Le chanoine Lichtenberg clame que La synagogue est en train de brûler, c’est aussi une maison de Dieu. Tous les soirs, il prie et fait prier pour les chrétiens persécutés et pour les Juifs, pour les détenus des camps.

En 1941, il fut arrêté, emprisonné et torturé. Son évêque lui apporta un message personnel du pape, en septembre 1943.

Déporté au camp de Dachau, il mourut au cours du transfert, dans des conditions encore mystérieuses.

Ce fut le 5 novembre 1943.

Le chanoine Bernhard Lichtenberg fut béatifié en 1996. Il a été proclamé Juste parmi les nations au mémorial de Yad Vashem.

 

 

Hryhorij Lakota

1883-1950

 

Hryhorij (Grégoire) naquit le 31 janvier 1883 à Holodivka (actuelle Zadnistriany, Lvov, Ukraine), dans une famille de paysans.

Il se prépara au sacerdoce à Lviv et fut ordonné prêtre en 1908 ; il exerça le ministère pastoral dans le diocèse de Przemysl (Pologne).

Après son doctorat en théologie à Vienne, il fut professeur de 1913 à 1918, date à laquelle il devint recteur du même séminaire de Przemysl. 

Or voici qu’il est consacré évêque auxiliaire de Przemysl le 6 mai 1926. 

Entre 1939 et 1941, les bolcheviques et les nazis se partagèrent l’Ukraine, ce qui eut pour conséquence que l’éparchie gréco-catholique fut aussi divisée. Mgr Lakota eut la charge des fidèles sous occupation nazie, son siège étant à Jaroslav.

En 1946, la persécution bolchevique le rejoignit. Le gouvernement soviétique voulait anéantir l’Eglise catholique, en l’incorporant dans l’Eglise orthodoxe. Les évêques furent emprisonnés et la majorité d’entre eux mourut. Par milliers les fidèles furent déportés en camp de travail en Sibérie ; ceux qui restaient s’efforçaient de reconstituer des paroisses, des monastères, des séminaires, dans la clandestinité.

Mgr Lakota fut arrêté le 9 juin 1946 et déporté en Ukraine, avec une peine de prison de dix années dans le camp de concentration de Abez (Vorkuta, Sibérie).

C’est là qu’il mourut le 5 novembre 1950 (on trouve aussi la date du 12 novembre).

Mgr Hryhorij Lakota fut béatifié en 2001 parmi vingt-cinq Témoins de la foi victimes du communisme.

Il est commémoré le 5 novembre dans le Martyrologe.

A noter que c’est seulement en 1989 que l’Eglise gréco-catholique fut à nouveau légalisée.

 

 

 

Jul Bonati

1874-1951

 

Jul Bonati naquit le 24 mai 1874 à Shkodër (Albanie), fils de Aleksander Bonati et Roza Malgushi ; c’était une famille de Shkodër très connue.

Le grand-père de Jul, Nikolla, était l’un des fondateurs de la Société des Lettres d’Istanbul, fondée là-bas en 1879.

Jul reçut le Baptême le 31 mai 1874, et la Confirmation en 1881.

Il fit ses études au collège S.François-Xavier des Jésuites, à Shkodër, puis entra lui-même dans cet Ordre. Il fut novice à Portore (Fiume) en 1891, puis acheva ses études de philosophie et de théologie à Vienne (Autriche).

Après sa profession, il fut ordonné prêtre et nommé préfet des étudiants à Gorizia, Crémone et Brescia.

Il fut ensuite reçu aux doctorats en littérature et philosophie à Padoue et nommé professeur à Côme, Soresina, Milan, Shkodër et Istanbul.

En 1912, il quitta l’Ordre des Jésuites et resta prêtre diocésain, sans doute pour assumer pleinement la charge de vicaire apostolique des Latins dans la région du Bosphore.

En 1918, lors des tractations de paix, il prit une part active dans la défense de la position albanaise.

De 1920 à 1924, il fut membre de la Société «Albanian Eve» et, en 1927, quitta Istanbul pour revenir en Albanie.

De 1927 à 1937, le père Jul fut curé et vicaire général de l’archevêque de Durrës.

En 1937, il fut nommé curé de Vlora ; on trouve qu’il aurait alors été nommé évêque : c’est là sans doute une erreur de terminologie.

En 1942 il fut envoyé au Saint-Siège mais, en raison de sa santé, fut hospitalisé à Montecassino.

Comme on l’imagine, devant tant d’activités et de responsabilités, le père Jul parlait plusieurs langues. Il fit des traductions en italien.

En 1944, la situation politique d’Albanie devenait critique ; le régime communiste s’installait après la période fasciste. Le père Jul participa à une importante réunion de dignitaires, autour de Pie XII, pour préparer l’avenir chrétien de l’Albanie. Lui-même s’attendait à être bientôt arrêté.

Effectivement, il fut arrêté le 25 mars 1946 par la police du régime communiste ; au terme de son «procès», en 1947, le père Jul fut condamné à sept années de prison, ramenées à cinq années par la Cour Suprême ; en réalité le prêtre fut interné dans une clinique psychiâtrique de Durrës.

Un témoin qui survécut, raconta que Jul fut introduit d’abord dans la même cellule que l’évêque Prennushi, qui souffrait d’un asthme très aigu. Jul s’empressa d’aller baiser la main de l’évêque, mais celui-ci leva sa main et donna sa bénédiction au prêtre, avant de s’évanouir.

De cette pénible période, il put dire à sa nièce lors d’une visite de celle-ci : J’ai souffert une série de tortures inouïes et jamais vues. Ils m’ont massacré sans raison uniquement pour satisfaire leurs envies.

On le trouva sans vie dans sa cellule le 5 novembre 1951.

Reconnu martyr, Jul Bonati fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 5 novembre.

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 00:00

 

04 NOVEMBRE

 

IV.

SS Vitalis et Agricola, martyrs à Bologne ; Vitalis était le serviteur d'Agricola.

SS Nicandros, évêque à Myre, et son prêtre Hermes, martyrs. 

S Pierius, prêtre érudit en Alexandrie, directeur de l'école théologique.

V.

S Amantius, premier évêque connu à Rodez.

VI.

S Jean Zedaznéli, syrien, retiré en Géorgie avec d'autres pour y implanter le monachisme : Chio, David, Lucien, Antoine, Joseph, Etienne, Zénon, Thaddée, Pyrrhus, Michel, Isidore et Elie ; deux autres, Jessé et Habib, furent évêques . 

VII.

S Perpetuus, évêque à Tongres-Maastricht.

Ste Modesta, première abbesse à Trèves ; elle eut une apparition de ste Gertrude de Nivelles.

X.

S Birnstan, évêque à Winchester.

S Grégoire, abbé à Cerchiara, persécuté par les Arabes, invoqué pour les enfants débiles ; l'empereur Othon III lui confia l'abbaye de Burtscheid. 

XI.

S Emeric, fils du roi hongrois s. Etienne ; il garda la chasteté avec son épouse ; des Hongrois émigrés se disent "Emericani".

XII.

S Girard, illustre bénédictin à Saint-Aubin d'Angers ; excellent administrateur autant que grand mystique.

XIII.

Bse Elena Enselmini, clarisse à Padoue ; malade et gênée pour parler, elle s'exprimait par signes ; mystique.

B Heinrich, bénédictin à Ochsenhausen ; c'est au cours d'un bal qu'il décida de se retirer ; thaumaturge (en particulier au sujet de la délivrance des âmes du purgatoire).

?

S Félix de Valois, hypothétique ami de s. Jehan de Mata et co-fondateur de l'ordre de la Très-Sainte-Trinité pour le rachat des Captifs, mais qui n'aurait jamais existé.

XV.

Bse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, elle avait quatre ans lors du contrat de mariage, et quatorze quand elle se maria ; calomniée malgré sa grande vertu, maltraitée par son mari (qui s'en repentit bientôt), elle fonda un monastère de clarisses à Nantes, un de carmélites à Vannes, où elle se retira lors de son veuvage, et dont elle devint prieure.

XIX.    

Bse Maria Luisa Manganiello (Teresa), laïque italienne, tertiaire franciscaine, béatifiée en 2010.

Nicandros et Hermes de Myre

† 304

 

Nous connaissons beaucoup plus la ville de Myre (Lycie, auj. Turquie SW) pour son évêque s.Nicolas (v. 6 décembre), que pour Nicandros et Hermes.

D’après des textes que l’on considère comme peu sûrs, Nicandros aurait été un disciple de s.Tite (v. 4 janvier) et le premier évêque de Myre.

Hermes était un prêtre.

D’après la remarque précédente, ils souffrirent le martyre à une époque fort ancienne, peut-être déjà à la fin du premier siècle. Mais les spécialistes modernes opinent plutôt pour le quatrième siècle, peut-être et sans doute avant 310.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Nicandros et Hermes de Myre au 4 novembre.

 

 

Vitalis et Agricola de Bologne

† 304

 

Agricola était un citoyen de Bologne, et Vitalis était son esclave. Tous deux étaient chrétiens.

S.Ambroise (v. 7 décembre) écrivit qu’ils rivalisèrent de mérites et méritèrent ainsi d’être égaux : le maître envoya son esclave au martyre, l’esclave y appela son maitre.

Vitalis, d’abord, fut pressé de renier le Christ. On essayait sur lui tous les genres de supplices au point qu’il n’y avait plus sur son corps un endroit sans blessure ; mais lui priait le Seigneur : ‘Jésus-Christ, mon Sauveur et mon Dieu, je t’en prie, reçois mon esprit. Je désire recevoir la couronne que ton saint ange m’a montrée.’ Sa prière achevée, il rendit l’esprit.

De cette prière, citée par s.Ambroise, on pourrait déduire que Vitalis eut une vision de son ange, qui le réconfortait et l’encourageait, comme le fit le saint Ange auprès du Christ au Mont des Oliviers (cf. Lc 22:43).

Agricola, continue s.Ambroise, était d’un caractère si doux qu’il se faisait aimer même de ses ennemis. C’est pour cette raison qu’ils différaient son supplice ; mais ces marques de respect de la part de ses persécuteurs lui étaient plus cruelles que leur férocité parce qu’elles le privaient du martyre. A la fin, s.Agricola ne fut pas relâché, on le crucifia, ce qui montre que leurs attentions n’étaient pas loyauté, mais fourberie.

Ce martyre du maître et de son serviteur, dut avoir lieu vers 304.

Les deux Martyrs furent ensevelis dans le cimetière des Juifs. Les Juifs honoraient morts ceux qu’ils avaient persécutés vivants, ajoute s.Ambroise.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Vitalis et Agricola de Bologne au 4 novembre.

 

 

Pierius d’Alexandrie

† 4. siècle

 

Pierius reçut le sacerdoce de Theonas († 300), évêque d’Alexandrie (Egypte).

Il devint le directeur du Didascalée, la célèbre école théologique où s’était illustré Origène († 253).

Il était très estimé à cause de sa vie pauvre, de sa science théologique et de son enseignement.

Justement en raison de cet enseignement qui reprenait des thèses d’Origène, Pierius fut appelé le second Origène, et pour cela fut même quelque peu suspecté et laissé dans l’ombre.

Pierius vint à Rome, peut-être pour éviter la persécution qui sévissait encore en Alexandrie.

C’est vraisemblablement à Rome qu’il mourut, bien que certains aient affirmé qu’il subit à son tour le martyre.

Cette mort advint dans le début du quatrième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Pierius d’Alexandrie au 4 novembre.

 

 

Amantius de Rodez

† 5. siècle

 

Amantius était né à Rodez.

Ses vertus et ses miracles en firent le premier évêque de Rodez, du moins le premier connu.

Voici une série de miracles qu’on lui a attribués :

  • Un juge inique ne voulait pas libérer un prisonnier : la maladie le força à réfléchir.
  • Une idole fut foudroyée par la prière d’Amantius : un certain Honoratus voulut se venger et s’en prendre directement à Amantius, mais les chevaux s’immobilisèrent, jusqu’à ce que Honoratus se convertît, avec toute sa famille, d’ailleurs.
  • Des soldats volèrent des poissons aux serviteurs d’Amantius : les bêtes furent impossible à cuire.
  • Deux mendiants dérobèrent des nappes dans l’église : ils perdirent la vue.
  • Un autre voleur qui s’était introduit dans le potager de l’évêque, ne put retrouver l’endroit par où il était entré.
  • Pour un autre, le miel volé se changea en poix.

Ne disons pas, à la lecture de ces «miracles», qu’Amantius savait se venger : la «punition» reçue par les malfaiteurs n’était qu’un avertissement salutaire pour les amener à la conversion ; tous en effet, une fois repentis, furent guéris.

Amantius mourut vers 487.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Amantius de Rodez au 4 novembre.

 

 

Perpetuus de Maastricht

† 589

 

Perpetuus semble avoir été le treizième évêque de Maastricht, vers 586-589.

Au 4e siècle, s.Servais (v. 13 mai) aurait transféré son siège de Tongres à Maastricht, ce qui fait que Perpetuus serait le vingt-troisième évêque du diocèse de Tongres-Maastricht.

D’après la tradition, Perpetuus aurait établi sa résidence personnelle à Dinant, ce qui explique qu’il est particulièrement honoré dans cette localité.

Le siège de Maastricht fut par la suite transféré à Liège au 8e siècle.

Saint Perpetuus de Maestricht est commémoré le 4 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Modesta de Oeren

600-660

 

Modesta naquit vers 600, dans une famille noble d’Austrasie.

Elle fut sans doute éduquée dans le monastère de sainte Gertrude de Nivelles (v. 17 mars), avec laquelle elle conserva des liens de profonde amitié.

Quand s.Modoald (v. 12 mai) érigea un monastère de Bénédictines à Oeren, Modesta en fut la première abbesse. Oeren dérive du latin horrea (grange).

Elle reçut une vision de sainte Gertrude aussitôt après la mort de celle-ci (659), et en référa à l’évêque de Metz.

Modesta mourut vers 660.

Si des reliques se trouvent à la basilique Saint-Matthias de Trèves, le tombeau même de Modesta disparut en 1770 lors de travaux de reconstruction.

Sainte Modesta de Oeren (ou de Trèves) est commémorée le 4 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Girard de Saint-Aubin

† 1123

 

Château-Gontier (Mayenne) fut le berceau de Girard.

Il reçut une éducation exclusivement cléricale ; il était pieux, aimait l’office divin, entretenait l’église, fuyait les poètes païens.

Ordonné prêtre, il préféra alors demander son admission à l’abbaye Saint-Aubin d’Angers, où sa soif de pénitence ne semblait jamais satisfaite.

Assailli par des tentations, il les fit disparaître en les révélant en plein chapitre, ce dont l’abbé le félicita.

Ce même abbé lui confia l’administration d’un domaine nouvellement acquis ; il y construisit une église dédiée à Sainte-Magdeleine, qui donna son nom au bourg ; Girard se fit aider par quelques paysans pour défricher et cultiver. Il partageait avec eux le fruit de leur travail, mais ne prenait ni vin ni viande.

L’extrême modestie de Girard dans le vivre et le manger lui valurent des grâces célestes ; il sut que deux moines défunts étaient au Ciel ; il fit disparaître un serpent d’un signe de croix ; il gronda un renard qui ne revint jamais au poulailler… 

Après dix années de cette vie, Girard fut au centre d’une polémique entre les deux seigneurs de l’endroit, et fut in extremis envoyé dans un autre prieuré. Là encore, ses austérités effrayèrent un de ses compagnons, qui alla dire à l’abbé que Girard se laissait mourir de faim. Il fut rappelé à Saint-Aubin, mais on lui construisit une cellule tout près de l’église, car son régime habituel ne cadrait plus avec la vie commune de l’abbaye.

On disait qu’il était resté sept années sans se nourrir d’autre chose que de l’Eucharistie ; la Vierge Marie lui était apparue et lui avait promis de l’emmener au ciel ; il savait dire quelle récompense les âmes de défunts recevaient ; il connut des faits éloignés : la mort du pape Gélase à Cluny, l’incendie de la basilique de Vézelay (1120), le naufrage d’un navire (1120), une émeute à Saumur (1121)… Quand un abcès au pied l’obligea à intégrer l’infirmerie, il refusa le médecin et guérit au bout de trois semaines.

En 1123, le prieuré Sainte-Madeleine allait de nouveau être endommagé par une guerre locale ; Girard y alla sur son âne, mais en revint exténué, grippé et agonisa trois semaines.

Il s’éteignit le 4 novembre 1123, en appelant la Vierge Marie.

Dans les trente années qui suivirent sa mort, on recensa plus de quatre-vingts miracles.

La Révolution se chargea de faire disparaître abbaye et prieuré ; on avait mis les reliques de Girard en sûreté, mais on ne les retrouva pas.

Girard fut «canonisé» par l’abbé commendataire Pierre de Laval, en 1468, mais n’est pas au Martyrologe.

 

 

Félix de Valois

1127-1212

 

Il faudrait peut-être écrire toute cette notice au conditionnel, tant la controverse est forte et vive, car pour certains historiens récents, Félix de Valois ne serait qu’une pure fiction.

Félix (ou plutôt Hugues, de son nom de baptême) serait né le 9 avril 1127, parent présumé de Louis VII et donc appartenant à la branche royale des Valois.

Il fut élevé près de l’abbaye de Clairvaux, après quoi il partit pour l’Italie (ou la croisade), mais se retira dans la solitude des Alpes et finit par recevoir le sacerdoce : on ne nous dit pas où il se forma ni quand il reçut cet auguste Sacrement.

Revenu en France et prenant le nom de Félix, il se fixa à Gandelu-en-Brie (Meaux). L’endroit devint ensuite Cerfroid (car Félix et Jean de Matha y auraient vu un cerf se rafraîchir en buvant dans le torrent : Cerf-froid).

C’est là que Jean de Matha (v. 17 décembre) le rencontra et lui expliqua son projet de fonder un Ordre de la Très Sainte Trinité pour le Rachat des Captifs. L’ordre devait s’engager à réunir des fonds pour racheter les nombreux Chrétiens prisonniers des Maures, notamment en Afrique du Nord et en Espagne.

Les deux «fondateurs» obtinrent en 1198 une approbation de Rome ; tandis que Jean se chargeait de gagner à son idéal d’autres vocations et de fonder des maisons, Félix s’occupait à Cerfroid de la formation des novices. En 1212, la Sainte Vierge et des Anges vint avec eux psalmodier l’office, vêtus de cet habit que portèrent les Trinitaires : blanc avec une croix rouge et bleu sur la poitrine.

Félix serait mort à Cerfroid le 4 novembre 1212 et aurait été canonisé dès 1262 ; mais les actes de cette procédure ayant été égarés, une nouvelle approbation de culte se fit en 1666 et la fête fut fixée au 20 novembre en 1679.

Le nom de saint Félix de Valois fut introduit au Martyrologe en 1671 ; la fête en fut supprimée du calendrier lors de la réforme de 1970. Actuellement, le Martyrologe Romain annonce prudemment que Félix de Valois passe pour avoir été le compagnon de saint Jean de Matha dans la fondation de l’Ordre des Trinitaires.

 

 

Elena Enselmini

1207-1231

 

Elena naquit en 1207, d’une famille alliée aux seigneurs de Caselle de’ Ruffi (Padoue, Italie NE), mais désormais privés de tout pouvoir économique.

De la première jeunesse d’Elena, on ne sait rien. Elle a pu être gagnée par la prédication du tout nouvel Ordre franciscain ; saint François d’Assise, de retour d’Orient, fonda à Arcella un petit couvent de Clarisses, où Elena demanda à entrer alors qu’elle n’avait que treize ans. On a même dit qu’elle reçut l’habit des mains de François lui-même, mais on peut conjecturer qu’Elena l’ait reçut quelques années plus tard, à un âge plus mature et pour éviter les violences que connut Claire d’Assise (v. 11 août) quand sa famille voulut la faire sortir du couvent.

Elena vécut une dizaine d’années dans ce couvent, dont la règle austère comportait le travail manuel, la prière, le silence, des jeûnes ; de santé fragile, elle fut souvent malade, mais particulièrement en 1230, quand une paralysie lui interdit tout mouvement. Elle restait consciente, suivait l’office, mais ne pouvait s’exprimer qu’en épelant les mots qu’elle voulait prononcer.

C’est ainsi qu’elle expliqua les visions dont elle était favorisée.

Il est possible aussi qu’elle ait été dirigée par saint Antoine de Padoue (v. 13 juin).

Elena mourut le 4 novembre 1231 à vingt-quatre ans. Après sa mort, ses cheveux et ses ongles continuèrent de pousser, et les miracles de se vérifier. Son corps est resté sans corruption.

Elle fut béatifiée en 1695. Le Martyrologe la mentionne au 4 novembre.

 

 

Heinrich von Zwiefalten

13e siècle

 

Heinrich naquit d’une famille noble de Souabe, à Zwiefalten (Allemagne S) ; il avait une sœur.

Sa formation achevée, il participa à la vie mondaine, sortit, dansa… En plein bal - nous dirions aujourd’hui : en pleine discothèque - il quitta amis et affaires et annonça qu’il partait dans un monastère. On souriait de la plaisanterie, mais le jeune homme n’avait pas plaisanté.

Il alla se présenter au monastère bénédictin d’Ochsenhausen, où les moines y regardèrent à deux fois avant d’accueillir le jeune homme des salons. Mais Heinrich persévéra dans son dessein, et fit enfin la profession.

On sait qu’il lui arrivait de prier les sept psaumes de la pénitence en se flagellant. Heinrich fut surtout un modèle d’observance.

On le nomma prieur. Il était déjà auréolé d’un certain prestige, qui lui valut des visites - et des dons pour l’abbaye : c’est ainsi qu’il en fit profiter la bibliothèque et les peintures du monastère.

Les miracles furent au rendez-vous de cette sainteté. En prière les bras en croix devant l’autel Saint-Georges, il fit tomber une pluie salvatrice pour éteindre l’incendie qui s’était déclaré dans la toiture de l’église ; un enfant, paralysé des jambes, en retrouva l’usage…

Quand sa sœur fut sur le point de mourir, Heinrich alla l’assister ; avant de s’éteindre, elle énuméra le nom de toutes les personnes de la famille libérées du Purgatoire grâce aux prières de Heinrich.

Heinrich la suivit de peu dans la mort, qui survint un 4 novembre. C’est apparemment l’unique date précise qu’on connaisse de lui.

Toute la Souabe le vénérait comme un saint ; les Bénédictins l’ont béatifié, mais il ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Françoise d’Amboise

1427-1485

 

Françoise d'Amboise était la fille du riche seigneur Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars, et de Louise-Marie de Rieux. Elle naquit au château de Thouars le 29 mai 1427.

Pour échapper à la violence des grands seigneurs, elle s'enfuit avec sa mère, à la cour de Bretagne, qui réside à Vannes, puis à Nantes.

Dès l'âge de trois ans, elle est fiancée au second fils du duc de Bretagne, Pierre, qu'elle épouse à l'âge de quinze ans, en 1442. Après la mort inopinée de son frère en 1450, Pierre devient duc de Bretagne sous le nom de Pierre II.

Devenue duchesse, Françoise d'Amboise prend une part discrète mais active au gouvernement de Bretagne. Elle vient en aide aux petits, aux pauvres et aux malades. Elle s'occupe aussi des questions de justice. Son époux, le duc Pierre II, est emporté par la maladie en 1457. Elle entre alors en conflit avec le roi Louis XI de France qui voudrait la remarier.

Veuve et sans enfant, elle fonde en 1463, avec le frère Jean Soreth, prieur général des Carmes, le premier monastère de Carmélites en France : le couvent des Trois Marie de Vannes. Elle devient elle-même carmélite le 25 mars 1468, en entrant dans ce couvent.

En 1477, le duc François II, son neveu, l'appelle à Nantes pour redresser le monastère de bénédictines des Couëts (paroisse Saint-Pierre de Bouguenais), où la discipline serait un peu trop relâchée. La communauté des carmélites quitte alors Vannes et s'installe aux Couëts, qui devient un monastère carmélite. Le monastère des Couëts fonctionne jusqu'à la Révolution française.

Elle meurt dans son monastère des Couëts à Bouguenais. en 1485, le 4 novembre, jour où la commémore le Martyrologe Romain.

Quelques années plus tard, elle est proclamée Bienheureuse par Innocent VIII. Le culte immémorial qui lui était rendu fut confirmé en 1864.

 

A travers les Carmélites de Vannes, Françoise est liée à trois autres monastères qui se maintiendront aussi jusqu'à la Révolution Française : Nazareth, second couvent établi à Vannes en 1530 ; ainsi que 2 fondations : le Saint-Sépulcre à Rennes établi en 1622 et Bethléem à Ploërmel en 1627.

 

 

Teresa Manganiello

1849-1876

 

Teresa vit le jour le 1er janvier 1849 à Montefusaco (Avellino, Italie du Sud), avant-dernière de onze enfants d’une famille de la campagne.

Elle ne fréquenta jamais l’école, mais participait aux travaux agricoles. 

A dix-huit ans, elle exprima son désir d’être Religieuse et, en 1870, reçut l’habit du Tiers-Ordre franciscain. L’année suivante, elle faisait les vœux de religion et prenait le nom de Maria Luisa.

Cette demoiselle tout innocente avait une grande dévotion au Christ crucifié, s’offrait pour réparer les péchés, s’imposait des pénitences parce que le Seigneur le demande, et rendait tous les services possibles à qui lui en demandait. Elle ouvrit même une petite pharmacie, avec des herbes de ses cultures, pour soigner les petits maux des gens du pays. 

Tout le monde frappait à sa porte, elle recevait chacun avec un sourire, donnait un petit conseil, un vêtement, un remède. 

Il y eut aussi des critiques, des souffrances, qui n’altéraient pas la paix de cette innocence.

Eté comme hiver, par tous les temps, chaque jour elle fit à pied les trois kilomètres qui la séparaient de l’église pour aller y prier.

Ignorante, elle retenait tout ce qu’on lui apprenait et avait acquis une certaine science théologique, au point qu’on la surnomma la analfabeta sabia, la docte ignorante.

Elle fut atteinte de tuberculose et en mourut le 4 novembre 1876. 

Cinq ans plus tard, se fondaient les Sœurs Franciscaines de l’Immaculée, tant souhaitées par Maria Luisa qui, de ce fait, est considérée par ces Religieuses sinon comme leur Fondatrice, du moins comme leur Inspiratrice.

Elle a été béatifiée en 2010.

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 00:00

 

03 NOVEMBRE

 

I.

S Quartus, cité par s. Paul (Ro 16,23), qu'on dit avoir été évêque à Beyrouth.

II.

S Libertinus, évêque à Agrigente et martyr.

III.

S Papoul, disciple présumé de s. Pierre ; il aurait remplacé s. Saturnin à Toulouse pendant que ce dernier évangélisait l'Espagne ; on l'a fait mourir décapité.

SS Germanos, Theophilos et Cyrillos, martyrs à Césarée de Cappadoce.

IV.

SS Valentinus et Hilarius, respectivement prêtre et diacre à Viterbe, martyrs.

V.

S Valentinien, évêque à Salerno.

S Acepsimas, moine en Syrie, ordonné prêtre juste avant sa mort, qu'il venait d'annoncer.

VI.

S Gaudiosus, évêque à Tarazona.

S Gwenaël, abbé en Bretagne, successeur de s. Guénolé ; une fois élu, il aurait passé trente-quatre ans à se former en Irlande.

Ste Silvia, romaine, mère de s. Grégoire le Grand.

VII.

S Bomer, ermite aux sources de la Braye.

VIII.

S Marianus, missionnaire martyr près de Bardowiek.

S Pirmin, venu de l'Espagne, fondateur d'un monastère à Hornbach, invoqué contre les serpents ; en son honneur on bénit une huile et une eau pour les yeux malades.

Ste Odrade, vierge flamande, thaumaturge, invoquée contre les maux d'yeux, la rage, et pour (ou contre) la pluie.

IX.

S Ioannikios, dit le Grand ou le Thaumaturge , ex-iconoclaste, soldat puis moine en Bithynie ; il répétait : "Le Père est mon espoir, le Fils mon refuge, le Saint-Esprit ma protection".

X.

SS Achéric et Guillaume, moines à Escherich.

XI.

S Amicus, bénédictin ermite sur le Monte Torano dell'Aquila : il convainquit toute sa famille de se donner à Dieu, rentra au monastère, puis se fit ermite ; mort à cent vingt ans et invoqué pour les hernies. 

S Ermengol, évêque à La Seo de Urgel, invoqué contre la sécheresse.

XII.

S Berardo, cardinal et évêque des Marses, adversaire de la simonie et de l'incontinence des clercs. 

XIII.

Bse Alpais, humble paysanne et grande mystique à Cudot ; sa seule nourriture était l'Eucharistie.

Ste Ida, peut-être comtesse accusée par son mari, puis recluse près de Fischingen.

XIV.

B Simone Balacchi de Sant'Arcangelo, convers dominicain à Rimini, rendu aveugle par ses larmes.

XVI.

S Carlo Borromeo, neveu du pape Pie IV, qu'il aidera à achever le concile de Trente, cardinal à vingt-deux ans, évêque à Milan ; travailleur inlassable, prêchant d'exemple, il visita plusieurs fois toutes ses paroisses ; fêté le 4 novembre. 

XVII.

S Martino de Porrés, fils d'un noble qui ne le reconnut que dans son testament, laïc dominicain péruvien, infirmier, mystique et thaumaturge ; il s'occupait autant des hommes que des bêtes. 

XIX.

S Pierre-François Néron, prêtre jurassien, martyr au Tonkin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Lasalliens : à Barcelone, José Llorach Bretó (Crisóstomo), Francisco Colom González (Leonides), José Ruiz de la Torre (Cándido Alberto), Cecilio Manrique Arnáiz (Cirilo Pedro) (*1881, 1887, 1906, 1909) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Murcia, le prêtre Lorenzo Morero Nicolás (*1899) ;

Fr.Maristes : près de Madrid, Aniceto Pablos Carvajal (Ángel Hipólito) et Marcelino Rebollar Campo (Julián Marcelino) (*1903, 1914).

B Manuel Lozano Garrido (1920-1971), laïc espagnol, béatifié en 2010.

Libertinus d’Agrigente

2. siècle

 

Libertinus d’Agrigente aurait été le premier évêque d’Agrigente (Sicile).

Il y aurait construit une première église dédiée à la Sainte Vierge, peut-être la première cathédrale.

Sa prédication dans la région aurait remporté tant de succès, que les autorités païennes cherchèrent à empêcher l’évêque de parler, d’abord par des compliments, puis par des menaces.

Libertinus aurait reçu la palme du martyre avec s.Pellegrinus (?), avant d’être brûlé ; ou bien, selon une autre version, aurait été lapidé, ou tué d’un coup d’épée à la poitrine ou sur la tête.

En 1625, les habitants invoquèrent s.Libertinus contre l’épidémie de la peste.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Libertinus d’Agrigente au 3 novembre.

 

 

Papoul de Toulouse

?

 

Officiellement, on ne sait rien de Papulus (Papoul).

Il fut écrit qu’il était fils du préfet d’Antioche, qu’il avait été envoyé par s.Pierre comme compagnon de s.Saturnin à Toulouse.

Saturnin étant allé évangéliser l’Espagne septentrionale, Papoul le remplaça à Toulouse et aurait été décapité.

Le Martyr aurait aussi ramassé sa tête : l’endroit où il la déposa vit jaillir une source.

Il y a une ville de Saint-Papoul, qui se développa autour d’un ancien monastère et qui fut le siège d’un évêché, et le tombeau de Papoul fut découvert en 1265 parmi ceux des premiers évêques de Toulouse, mais personne ne croit à l’épiscopat de s.Papoul.

On admet qu’il fut martyrisé au troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Papoul au 3 novembre.

 

 

Germanos, Theophilos et Cyrillos de Césarée

?

 

Trois Martyrs totalement inconnus.

On a parfois supposé qu’ils furent martyrisés au troisième siècle.

Le Martyrologe Romain mentionne saints Germanos, Theophilos et Cyrillos de Césarée de Cappadoce au 3 novembre.

 

 

Valentinus et Hilarius de Viterbe

4. siècle

 

Valentinus aurait été un prêtre, Hilarius un diacre.

Le proconsul de Viterbe, Demetrius, les aurait sommés de sacrifier à Hercule et, sur leur refus, les aurait fait torturer. Mais ce fut le temple païen qui s’écroula.

Jetés dans le Tibre, ils en furent sauvés par un ange, tandis qu’un ours aurait tué huit des bourreaux, et blessé les autres : ces derniers auraient demandé le baptême chrétien trois jours après à un prêtre nommé Euticius.

Valentinus et Hilarius seraient alors revenus se présenter à Demetrius, qui les aurait soumis à de nouvelles tortures, avant de les faire décapiter.

Ceci aurait eu lieu sous Maximien Hercule, donc avant 310.

On prétend de nos jours que cette histoire fut inventée tardivement, puisqu’on ne dispose d’aucun document ancien, ce qui explique tous les verbes au conditionnel qu’on a utilisés plus haut ; mais l’histoire nous fait poser aussi quelques questions : pourquoi Demetrius se serait acharné plutôt sur Valentinus que sur l’autre prêtre Euticius ? Et pourquoi seulement sur Valentinus et Hilarius, s’il y avait à Viterbe toute une communauté chrétienne ? Ou alors, si les Chrétiens se savaient persécutés, comment les bourreaux survivants auraient-ils trouvé si rapidement le prêtre Euticius pour se faire baptiser ? Et pourquoi n’ont-ils pas demandé le baptême à Valentinus ou Hilarius, qui étaient sur place, au bord du Tibre ?

Le Martyrologe Romain mentionne saints Valentinus et Hilarius de Viterbe au 3 novembre.

 

 

Gwenaël

† 590

 

Celui qui s’appela à l’origine Uuinhael, vit plus tard évoluer son nom en Guinhael, aujourd’hui Gwenaël. Il y a d’autres variantes encore : Guénault, Guinal ou Guénal

Ce joli nom signifierait bienheureux (gwenn = blanc, pur ; hael = noble).

On le fait naître généralement au 6e siècle, peut-être à Ergué-Gabéric (Quimper, Finistère).

Il avait onze ans lorsque s.Guennolé (v. 3 mars) le rencontra dans une rue de Quimper et demanda à ses parents de le lui confier. C’est ainsi que Gwenaël se forma dans l’abbaye de Landevennec. La ressemblance des deux prénoms les a parfois fait confondre et même assimiler.

Gwenaël succéda au Fondateur de l’abbaye.

On ne connaît rien de particulier sur cet abbatiat. En revanche, la tradition raconte que, pour mieux se former à l’idéal monastique, il s’en alla fréquenter diverses abbayes d’Irlande, dans un périple qui dura… trente-quatre ans (peut-être trois ou quatre ans, ce qui est déjà beaucoup pour un abbé responsable de tout un monastère).

On lui attribue la restauration de plusieurs monastères en Irlande même, et en aurait fondé un à Caudan (act. Lanester).

C’est dans cette dernière localité qu’il serait mort, vers 590.

Saint Gwenaël est commémoré le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Silvia de Rome

515-592

 

Cette Romaine, née vers 515, eut la grâce de donner naissance à deux fils, un dont on n’a pas retenu le nom, l’autre que l’on connaît en revanche très bien : Gregorius, futur pape Grégoire Ier dit le Grand (v. 12 mars).

On rappellera que les Latins ne connaissaient pas la lettre y, sauf dans des mots d’origine grecque. Silvia désigne en latin une personne liée à la silva, la forêt.

Silvia épousa un sénateur romain, nommé Gordianus, qui avait trois sœurs, Trasilla (ou Tarsilla), Emiliana et Gordiana, dont les deux premières sont également mentionnées au Martyrologe (v. 24 décembre et 5 janvier).

Gordianus avait lui-même un ancêtre, Felix, qui devint le pape saint Felix III (483-492, v. 1er mars).

Silvia, donc, était une femme de grande piété et procura à ses deux fils une excellente éducation.

Devenue veuve, elle se consacra entièrement à une vie de piété, et se retira au nouveau monastère près de la porte du bienheureux Paul, écrit son fils Gregorius, donc du côté de l’actuelle basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Dans cette maison, Silvia fit arranger une chapelle.

Grégoire Ier parle d’un portrait qu’il avait de ses chers parents, une mosaïque qui fut exécutée dans le monastère bénédictin de Saint-André, et dont Jean Diacre parle avec d’amples détails : Silvia y est décrite avec ses traits trahissant un peu son âge, mais reflétant la beauté de son visage, avec de beaux grands yeux bleus.

Silvia restait la mère attentive de son fils et lui faisait porter des légumes frais, dit encore Jean Diacre. Et Gregorius raconte comment elle assista pieusement à la mort de sa sœur Tarsilla.

Elle-même mourut, dit-on, un 3 novembre, vers 592. Cette année-là, Gregorius était pape depuis deux ans.

En 645, des moines de la laure de Saint-Sabas (Palestine) vinrent s’installer dans l’habitation de Silvia, qui devint leur monastère, dédié à saint Sabas (v. 5 décembre).

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Silvia de Rome au 3 novembre.

 

 

Odrade de Brabant

8e siècle

 

Odrade serait née à Scheps (Baelen, Moll, Liège, Belgique), fille de parents nobles.

Refusant énergiquement les partis qu’on lui présentait, elle préféra rester l’épouse du Christ.

Devenu veuf, son père se remaria et la belle-mère fut plutôt dure envers Odrade.

Odrade accomplit des merveilles. Un jour qu’on pensait lui jouer un vilain tour en lui donnant un jeune cheval indompté, elle le ramena parfaitement docile à la maison. Elle fit jaillir une source d’eau guérisseuse.

On ne connaît aucune date précise concernant cette Vierge. On a proposé le 11e et même le 13e siècles. Mais ce qui reste reconnu, c’est l’intercession d’Odrade pour guérir les maux d’yeux, la rage, les maladies en général, et aussi pour obtenir - ou faire cesser la pluie, selon la nécessité.

Elle mourut et fut enterrée au village d’Alern.

Sainte Odrade de Brabant est commémorée le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pirmin de Reichenau

670-753

 

Le nom de Primenius a été traduit de maintes façons, jusqu’à se fixer en Pirmin.

Il naquit dans la région narbonnaise ou dans l’Espagne du Nord, alors occupées par les Wisigoths.

En 717-718, il s’enfuit devant l’invasion des Sarrasins et gagna Anvers.

Successivement, il fonda une dizaine de monastères, fédérés entre eux, où l’on vivait selon la Règle bénédictine : Reichenau (724), Gengenbach (725), Murbach (728), Amorbach (734) ; Wissemburg, Marmoutier, Neuweiler, Niederaltaich, Herbitzheim (740), enfin Hornbach (742).

On reste étonné devant une activité si féconde, de la part d’un homme qui ne connaissait probablement ni la langue ni les habitudes de ces régions nordiques. Il est étonnant aussi qu’il n’ait apparemment pas collaboré avec s.Boniface (v. 5 juin), qui travaillait activement dans toute l’Allemagne exactement à la même époque, et ce, d’autant plus que tous ces monastères étaient des foyers d’évangélisation et que les moines ne pouvaient pas ne pas rencontrer d’autres moines envoyés par Boniface.

Il est aussi question, à l’occasion, d’un épiscopat de Pirmin, mais il n’est nulle part question de son ordination épiscopale, de l’évêque consécrateur, de son siège.

Pirmin mourut à Hornbach le 3 novembre 753 et y fut enterré.

Lors de la Réforme, les reliques de s.Pirmin furent transférées à Innsbruck (1587).

Au dix-huitième siècle, il fut canonisé.

En 1953, ses reliques revinrent en partie aux églises de Hornbach, Spire et Pirmasens. Le monastère de Hornbach est devenu un hôtel.

Pirmin est le patron céleste de l’évêché de Spire, de l’Alsace, de Reichenau, d’Innsbruck. En Alsace, à Holzheim, une huile bénite par l’intercession de s.Pirmin, est appliquée sur les yeux malades.

Saint Pirmin de Reichenau est commémoré le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannikios de Bithynie

750-846

 

La date de 750 indiquée pour la naissance de Ioannikios, reste hypothétique. Ioannikios naquit dans la région de Bythinie (Asie Mineure, act. Turquie NO).

A sept ans, il gardait le troupeau de porcs de son père, «garder» devant être explicité ainsi : l’enfant faisait sur les bêtes un signe de croix puis les laissait à elles-mêmes sans plus y faire attention…

Pendant un certain temps, il adhéra à l’iconoclasme, sans doute par erreur involontaire, mais il comprit son erreur et l’abandonna.

Il servit dans l’armée pendant vingt ans, puis voulut être moine. Il dut passer par divers monastères de sa région, et construisit bon nombre de sanctuaires, à Notre-Dame, aux Apôtres.

Il accomplissait beaucoup de miracles, au point qu’on l’a surnommé le Grand et aussi Thaumaturge. De grands Saints comme Theodore Studite (v. 11 nov.) et Méthode (v. 14 juin) vinrent lui rendre visite.

C’est peu après cette dernière rencontre que Ioannikios s’éteignit au monastère d’Antidium (toujours en Bythinie, mais mal localisé exactement), le 3 novembre 846.

Saint Ioannikios de Bithynie est commémoré le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

Ermengol de La Seo de Urgel

 † 1035

 

Ermengol provenait de la première famille noble d’Urgel et naquit dans la deuxième moitié du 10e siècle à Ayguatébia (Espagne, act. Pyrénées Orientales en France).

Dès ses études dans les belles lettres, il montra sa piété, sa sagesse, sa bonté.

Son oncle Sala, évêque de La Seo de Urgel, le prit comme archidiacre, puis comme coadjuteur avec droit de succession.

En 1010, Ermengol devint ainsi le trente-septième évêque de La Seo de Urgel.

La même année de son installation, se vérifia un miracle eucharistique : un curé, qui doutait de la Transsubstantiation, vit le vin se transformer en Sang durant la Messe. Ermengol reconnut le miracle et en fit part au pape. Un sanctuaire sera construit au 17e siècle pour abriter ce calice privilégié.

Ermengol commença par réformer le Chapitre de la cathédrale, en lui donnant des territoires de sa propriété, et en donnant aux vénérables Chanoines la Règle de s.Augustin (v. 28 août).

Il fit un voyage à Rome et rencontra le pape. Dans son diocèse, il n’hésitait pas à s’opposer à certaines décisions injustes des tribunaux.

Il fit construire des ponts, notamment le Pont de Bar Viejo, où il allait travailler de ses mains. Assis sur une poutre, il fit alors une chute et mourut d’une fracture du crâne.

Certaines versions affirment qu’il se noya et que son corps fut conduit par les vagues jusqu’à La Seo de Urgel.

Saint Ermengol de La Seo de Urgel est commémoré le 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Berardo des Marses

1079-1130

 

Berardo vit le jour en 1079 à Colli di Monte Bove (Carsoli, Italie C), du comte des Marses Berardo et de Teodosia. Il eut (au moins) un frère, Teodino, ancêtre de santa Rosalia (v. 4 septembre).

Dès l’enfance il fut confié aux chanoines de la cathédrale et l’évêque lui conféra les ordres mineurs.

De 1095 à 1102, il séjourna au Mont-Cassin et le pape lui-même l’ordonna sous-diacre, en le chargeant de gouverner la région de la campagne romaine. L’entreprise n’était pas vraiment une promotion ; Berardo dut affronter les turbulences de l’aristocratie locale, et fut même mis en prison à Palestrina, et enfermé dans une citerne, à l’instar du prophète Jérémie (cf. Je 38,6).

Après ces événements, en 1099, le pape créa Berardo cardinal et l’emmena avec lui dans son voyage en France.

En 1109, Berardo fut nommé évêque des Marses, sa terre natale, où il travailla énergiquement pendant vingt ans contre la simonie, contre le concubinage des prêtres, sans oublier le soin des pauvres, auxquels il faisait porter du pain, de la viande, des légumes, du froment. Il savait soigner les malades de ses propres mains.

Là aussi il rencontra des oppositions, d’abord à cause d’un intrus qui avait été nommé par un antipape, puis par l’aristocratie, au point qu’il dut se retirer plusieurs fois. Le pape le recevait au Latran, lui confiait l’administration de quelque diocèse voisin, l’envoyait en mission en Sardaigne.

Il mourut à Marsia le 3 novembre 1130. Dès ce jour, la population le vénéra et le «canonisa» en vertu des miracles qui se vérifièrent, tant avant qu’après la mort du prélat.

Ce culte fut approuvé en 1802. Au 3 novembre, le Martyrologe mentionne saint Berardo.

 

 

Alpais de Cudot

1150-1211

 

C’est vers 1150 qu’Alpais naquit à Cudot (Yonne), de parents agriculteurs. D’aucuns prétendraient que la famille habitait d’abord Triguères, avant de s’établir à Cudot. Alpais avait des frères.

Dès qu’elle le put, elle aida aux travaux des champs. Trop fatiguée, elle tomba malade et fut atteinte d’une horrible dermatose qui la rendait tellement repoussante que même sa mère lui jetait de loin un morceau de pain ; ce fut au point que ses frères suggérèrent à leur mère de ne plus lui donner à manger et de la laisser mourir. Alpais ne mourut pas, mais s’habitua à ce jeûne continu et resta allongée sur sa couche, toute occupée à la prière. 

Elle eut une apparition de la Vierge Marie, qui lui promit la guérison, ainsi que le don des miracles, et lui annonça d’autres visions encore.

Le Jeudi saint, elle eut une vision du Christ ; le jour de Pâques, les siens, pris de remords, la visitèrent et furent surpris de la voir guérie, exhalant un parfum extraordinaire.

Le cas d’Alpais fut connu au loin ; on vint la voir, lui demander conseil. Elle ne se nourrissait que de l’Eucharistie. L’évêque fit construire une église à l’intention des visiteurs nombreux, comprenant une cellule d’où Alpais pouvait voir l’autel; quand elle reposait, elle était en général favorisée de visions célestes, de la Trinité, du Christ, de la Sainte Vierge, des Saints, etc. Dans une de ses visions, elle vit la terre comme une boule suspendue au milieu d’une mer d’azur, ce qui, paraît-il, a fait d’Alpais la patronne des astronautes.

En 1180 la reine de France lui fit avoir une rente à vie.

Alpais mourut le 3 novembre 1211. Son culte n’a pas cessé jusqu’à aujourd’hui.

Son culte fut reconnu en 1874 et le Martyrologe la mentionne comme bienheureuse au 3 novembre.

 

 

Ida de Fischingen

(1156-1226)

 

Ida pose un vrai problème aux historiens.

D’abord son prénom peut varier : Idda, Ita, Itha, Itta, Ydda, Judith, Gutta… Ensuite les dates sont fort conjecturales, la naissance pouvant varier entre 1140 et 1156. Cerise sur le gâteau, l’histoire elle-même qu’on va tâcher de résumer est peut-être un pieux embellissement autour d’une figure d’humble recluse.

Sainte Ida semble avoir été une recluse qui vécut près du monastère de Fischingen (Suisse) aux 12e-13e siècles.

Elle est honorée dans cette localité, où l’on conserve son corps et son chef. Un précieux reliquaire contenant ce chef fut détruit dans un incendie en 1410, mais on retrouva la relique au milieu des décombres.

A partir de là, plusieurs récits naquirent par la suite.

On a parlé d’une pieuse comtesse qui, après que son mari se soit retiré dans un monastère, mena une vie édifiante. 

On a aussi trouvé cette horrible histoire : Ida aurait déposé un instant au soleil son alliance, mais un corbeau la ravit immédiatement et, plus tard, un chasseur la retrouva dans le nid de l’animal. Trop content, il se passa l’anneau au doigt. Mais le mari d’Ida, Heinrich de Toggenburg, rencontra le chasseur, reconnut l’anneau et soupçonna alors son épouse d’adultère. Il fit exécuter l’homme et jeter sa femme dans un haut ravin. Dieu fit qu’elle survécût (ou qu’elle ressuscitât). Le seigneur comprit bientôt son erreur et voulut reprendre la vie commune, mais Ida refusa.

Cette Ida mourut en 1226.

Le culte de sainte Ida, la recluse, fut confirmé en 1724 et le Martyrologe la mentionne au 3 novembre.

 

 

Simone Balacchi de Sant’Arcangelo

1250-1319

 

Ce Simone pourrait avoir appartenu à la grande famille des Balacchi (Sant’Arcangelo, Rimini, Italie E) ou d’une humble famille du peuple, les documents n’étant pas clairs là-dessus. La date de sa naissance reste conjecturale aussi. Son père s’appelait Rodolfo.

Quoique orienté d’abord vers la carrière des armes, il entra à vingt-sept ans chez les Dominicains comme convers. 

Il se mit ainsi au service des Frères, dans les besognes les plus humbles. Sa préférée, était le travail de la terre. Mais le couvent fut désormais reluisant et les sanitaires propres…

Son zèle pour le travail et pour la prière était tel, et ses jeûnes si marqués (pain et eau seulement, durant tout le Carême !), que le supérieur craignit pour sa santé et l’invita à la modération. Mais dans sa cellule, il se flagellait jusqu’au sang, il dormait sur deux planches (quand il dormait…).

En outre, Simone s’occupa de la catéchèse auprès des enfants. Il eut le don de la prophétie et des miracles, qui le rendirent extrêmement populaire. Il sut ainsi par sainte Catherine (v. 25 novembre) qu’une église construite à Rimini serait desservie par les Servites de Marie, ce qui arriva en effet quelques années plus tard.

Il offrait continuellement ses larmes et ses pénitences pour la conversion des pécheurs ; il allait jusqu’à s’agenouiller devant eux pour les supplier de se convertir avant de les mener à l’église en procession.

Simone passa aussi des moments difficiles et douloureux, quand le Démon lui suggérait de douter de sa foi jusqu’au désespoir ; mais Simone savait d’où venaient ces tentations, et les dominait par sa confiance en Dieu. Il eut la grâce de recevoir des apparitions, particulièrement de l’Evangéliste Jean, qui le rassura. Ces moments furent marqués par un parfum extraordinaire qui emplissait la chapelle.

Pour le soulager de la fatigue, le supérieur le déchargea du jardin et le nomma deuxième sacristain, charge que Simone accepta avec empressement, nettoyant et astiquant le sanctuaire, qui brilla comme jamais auparavant. En outre, il pouvait ainsi assister avec joie à plusieurs Messes chaque jour. 

Trente années de larmes le conduisirent à la cécité et il passa les dernières années de sa vie sur un lit.

Il mourut à Rimini le 3 novembre 1319.

Son culte fut confirmé en 1820 et le Martyrologe Romain le mentionne au 3 novembre.

 

 

Carlo Borromeo

1538-1584

 

Carlo (Charles) Borromeo était né le 2 octobre 1538 au château Borromeo d’Arona (Lac Majeur, Italie nord), deuxième fils de Giberto et de Margherita de’ Medici et neveu du futur pape Pie IV. Il avait aussi des sœurs.

Dès 1550, à douze ans, il reçut l’habit clérical et les revenus de l’abbaye locale de San Gratiniano.

Il étudia sérieusement à Pavie, et fut reçu docteur en droit civil et canonique, en 1559.

Il n’était pas encore prêtre (il n’avait que vingt-deux ans), quand le nouveau pape Pie IV l’appela à Rome, le créa cardinal et lui confia diverses missions, dont la première était d’administrer le diocèse de Milan tout en demeurant à Rome. 

Ce n’était pas la meilleure décision à prendre, mais pour l’époque, elle se révéla excellente. Carlo était mondain, recevait, fondait une académie domestique culturelle, mais ce bourreau de travail fut d’une totale fidélité à la cause du pape et de l’Eglise.

Il seconda très efficacement le pape pour l’achèvement du concile de Trente, qui n’en finissait pas depuis 1545.

En 1563, il fut ordonné prêtre, et consacré évêque. A partir de ce moment, il restreignit considérablement son train de vie, augmentant en revanche ses veilles et ses austérités et surtout, en 1565, rentra dans son diocèse pour l’administrer personnellement sur place. Sauf à la mort de Pie IV et lors du conclave (d’où devait sortir Pie V), il ne quitta plus son vaste diocèse.

Il vendit ses meubles précieux, se débarrassa de ses pompeux ornements, employa tout ce qu'il avait de revenus à l'entretien des séminaires, des hôpitaux, des écoles, et au soulagement des pauvres et des mendiants. Son personnel était soumis à une règle sévère ; les heures de prières étaient marquées, et personne ne s'absentait alors sans permission. 

Il s’employa à réformer son clergé, ignorant et paresseux. Les prêtres de son entourage, soumis à une discipline encore plus stricte, formaient une véritable communauté, qui donna à l'Église un cardinal et plus de vingt évêques.

Il éleva un mur contre les prétentions laïques, menaça d’excommunication ceux qui participeraient au carnaval… Sa sévérité ne fut pas toujours admise, et il échappa de justesse à un attentat, quand un religieux indiscipliné de Milan tenta de l’atteindre presque à bout portant d’une flèche d’arquebuse (1569).

Il créa des séminaires, des collèges, un refuge pour repenties. Il lutta contre la fraude, organisa des confraternités (du Rosaire, du Saint-Sacrement). Il organisa onze synodes diocésains et six conciles provinciaux.

Le cardinal Borromeo, qui portait une petite barbiche, donna l’exemple de la tailler lorsqu’il exigea de son clergé d’être imberbe et propre.

L'archevêque transforma le service du culte dans sa cathédrale et y mit à la fois la régularité et la magnificence. Toutes les œuvres nécessaires furent fondées, et l'on vit apparaître partout un renouveau de vie chrétienne.

On sait le dévouement qu'il montra pendant la peste de Milan (1576-1577). Il visitait toutes les maisons et les hôpitaux, et sauva la vie, dit-on, à soixante-dix mille malheureux. Les pieds nus et la corde au cou, le crucifix à la main, il s'offrit en holocauste. 

Il mourut sur la cendre à quarante-six ans, le 3 novembre 1584, et fut canonisé dès 1610.

Il influença beaucoup Monsieur Ollier, le cardinal de Bérulle, le bienheureux Alain de Solminihac et bien d’autres saints évêques qui voulurent appliquer les décrets du concile de Trente.

 

La fête liturgique de saint Carlo Borromeo est célébrée le 4 novembre.

 

 

Martino de Porrés

1569-1639

    

Martino naquit à Lima, au Pérou, le 9 décembre 1579. Il fut baptisé à Lima aux mêmes Fonts baptismaux que sainte Rose de Lima (v. 24 août).

Son père, Don Juan de Porrés, était un conquérant espagnol, et sa mère, Anna Velasquez, une esclave noire d’origine africaine, devenue libre. Comme Martino ressemblait beaucoup à sa mère par sa couleur, son père l'abandonna à son sort et ne s’occupa guère de lui ; sa mère chercha à lui faire donner un minimum d’instruction. 

Le gamin s’évertua très tôt à gagner quelques sous en se faisant embaucher chez un barbier, puis il eut l’occasion d’apprendre quelques notions de «chirurgie», jusqu’à devenir plus tard un excellent infirmier.

Sa pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie.

À quinze ans, Martino entra dans le Tiers-Ordre de saint Dominique. Il déploya son dévouement dans l'office d'infirmier dont il fut chargé.

Il était très dévot envers le Saint Sacrement et Dieu favorisa son serviteur en le gratifiant de façon extraordinaire.

Martino connaissait les secrets des cœurs, prédisait l'avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Pendant une épidémie qui sévit au couvent du Rosaire, on garda toutes les portes closes : les malades furent ébahis de constater la présence subite du Saint près de leur lit. On a vu et entendu saint Martino de Porrés en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu'il n'a jamais quitté l'Amérique.

Quoiqu'il n'eût point fait d'études religieuses, l'humble infirmier résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.

Il mourut à Lima le 3 novembre 1639.

Martino de Porrés fut béatifié en 1836, et canonisé en 1963.

Au Pérou, il est le Patron céleste de la Justice sociale, et il est commémoré au 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pierre-François Néron

1818-1860

 

Pierre-François naît à Bornay (Jura) le 21 septembre 1818, cinquième des huit enfants de cette belle famille chrétienne (un neuvième enfant ne vivra pas). Sa jeunesse se passe dans l’insouciance. 

A dix-neuf ans, il désire un soir aller danser, mais son père le lui interdit. Il passe alors sa nuit à lire un livre pieux qui va l’amener à la vocation. Le titre de l’ouvrage est significatif : Pensez-y bien !

Pierre-François change du tout au tout, du jour au lendemain ; un ami dit de lui qu’il n’avait jamais connu un tel changement radical. Le jeune homme veut devenir prêtre. Mais à dix-huit ans, sans autres études que l’école primaire (et encore…), et si pauvre…

Avec son curé, il se met à l’étude du latin.

A vingt-et-un ans, avec quelle humilité il entre en cinquième au petit séminaire de Nozeroy !Rien ne l’arrête : ensuite c’est la philosophie à celui de Vaux sur Poligny, puis la théologie au grand séminaire de Lons-le-Saunier.

En 1846, il va au Séminaire des Missions Etrangères de Paris, où Mgr Affre l’ordonne prêtre la même année : il a trente ans.

Deux mois plus tard, il doit s’embarquer pour le Tonkin ; avant le départ, il va prier à Notre-Dame des Victoires pour demander la grâce du martyre. Son bateau est contraint par les vents contraires, à faire un «crochet» par Rio de Janeiro, avant de repartir pour l’Indochine par le Cap de Bonne Espérance.

A Hong Kong, Pierre-François doit apprendre la langue tonkinoise ; il n’y met que cinq mois, avant d’être envoyé à Kim Son, où on l’accueille assez bien, car le mandarin est encore tolérant. Mais bientôt Pierre-François doit rejoindre Ké-Vinh (ou Vinh-Tri), car la persécution se fait sentir.

Pierre-François enseigne les mathématiques, les sciences, la philosophie, et devient supérieur du collège. Puis il s’installe à Ta Xa pour s’occuper des seize mille chrétiens : à cause de la persécution, on doit se déplacer de nuit seulement. Peu à peu, même la population prend peur et les prêtres ne sont plus en sécurité.

Début août 1860, Pierre-François est arrêté par le maire de Ta-Xa, un de ses amis, qui «s’excuse» de devoir «faire son devoir». Pierre-François lui répond gentiment : C’est bien, je vous pardonne tout ! 

Livré au mandarin, il attend sa sentence, enfermé dans une cage où il ne peut que rester accroupi. Interrogatoires et bastonnades de rotin se succèdent.

Le 3 novembre arrive de Hué la confirmation de la sentence de mort. Pierre-François est décapité dans la journée à Son-Tay.

Selon le «rite» annamite, la tête du supplicié reste exposée trois jours avant d’être jetée dans le fleuve ; le corps de Pierre-François, toutefois, a pu être enseveli par un chrétien.

Pierre-François Néron, prêtre jurassien et missionnaire, martyr, fait partie des nombreux Martyrs du Vietnam canonisés en 1988, et fêtés ensemble le 24 novembre.

Son dies natalis est au 3 novembre dans le Martyrologe Romain.

José Llorach Bretó

1881-1936

 

José vit le jour le 9 février 1881 à Benicarló (Castellón, Espagne).

Après avoir fréquenté l’école de Benicarló tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes, et commencé le Petit séminaire de Tortosa à douze ans, il s’orienta décidément pour l’Institut Lasallien à dix-sept ans.

Il entra donc au noviciat de Bujedo (Burgos) en 1898, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, y reçut l’habit, avec le nom de Crisóstomo. 

De lui on disait qu’il était à la fois sérieux, généreux et obéissant. Sa charité et sa disponibilité ne connaissaient pas d’excuse devant le moindre service à rendre. On n’avait jamais vu plus humble et plus aimable que lui.

Il enseigna à Arenys de Mar pendant six années et fut nommé directeur, pendant quatre ans.

Gravement malade, il guérit mais conserva des séquelles pendant toute sa vie. Après sa convalescence, il fut sous-directeur à Cambrils en 1910.

En 1911, il fut envoyé à Manlleu, huit ans, puis fut directeur à Santa Madrona.

Professeur à Voltregá, il fut nommé directeur de Manlleu en 1920, trois années.

Après avoir encore enseigné à Bonanova, il fut nommé procurateur de la région en 1926.

Le 19 juillet 1936, éclata la révolution. Il fallait prendre des décisions graves : les Frères devaient se séparer et trouver refuge provisoire çà et là, en attendant peut-être que la situation devînt plus calme. Le Frère Crisóstomo se trouvait à Condal (Barcelone) avec le directeur.

Le 23 juillet, des miliciens voulurent fouiller la maison, au moment où tout le monde était au réfectoire, mais la police intervint à temps pour éviter la tragédie. Les miliciens revinrent à la charge le 26 en fin d’après-midi, et emmenèrent cinq Frères.

On prit leur déclaration puis, grâce, semble-t-il, à l’intervention d’un ancien élève, on les laissa libres.

Le Frère Crisóstomo fit en sorte que tous les Frères pussent être en sécurité, grâce aux excellentes relations qu’il avait constamment avec le Consulat français. 

Mais lui resta dans une famille amie : sachant que le Frère visiteur était mort (Leonardo José, voir au 8 août), il tenait à rester sur place pour soutenir les Frères dans toute la ville ; il leur donnait rendez-vous à certains endroits, leur passait de l’argent quand il en avait. Il finit par s’installer dans une pension, pour éviter des ennuis à la famille où il se trouvait.

Il s’exposa beaucoup, cachant des prêtres, leur donnant ce qu’il avait et allant mendier quand il n’avait plus rien.

Mais à force, il fut suivit, ainsi que le Frère Cándido et leur employé, Juan López.

Le 2 novembre, il se mettait à table dans sa pension, lorsque des miliciens vinrent l’arrêter. Déjà se trouvait à la tchéka le Frère Leónides, directeur de Farnés ; à la porte se trouvaient le Frère Cándido et l’employé Juan, ainsi que le concierge de Condal, avec les menottes.

Du 2 au 6 novembre, on ne sut plus rien de ces cinq personnes. Le 6 novembre, les six corps furent reconnus à la morgue avec cette note : Cadavres retrouvés à Vallvidriera. Cette colline se trouve aux environs proches de Barcelone. L’autopsie permit de faire remonter leur assassinat au 3 novembre.

C’est le Consulat français qui pourvut aux obsèques, que présida en personne le Secrétaire du Consulat, sous le drapeau français à travers toute la ville.

Le Frère Crisóstomo fut béatifié en 2007.

 

 

Francisco Colom González

1887-1936

 

Francisco était né le 12 juillet 1887 à Santa Magdalena de Pulpis (Castellón, Espagne) et fut baptisé quatre jours après.

Après avoir fréquenté le collège de Benicarló tenu par les Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat de Bujedo en 1903, avec le nom de Leónides.

Il fut en poste successivement à Calonge (Gerona), Tortosa (1906), Manlleu (1908), Cassá de la Selva (1911), San Feliu de Guixols (1912), Barcelone-Condal (1917).

A partir de 1919, il fut directeur à Voltregá, puis à Cassá de la Selva (1925), Las Corts (1930), enfin Santa Colomá de Farnés (1933).

Le 7 août 1936, des miliciens vinrent réquisitionner la maison «au nom du peuple». Les Frères durent s’éparpiller. Leónides, avec le plus jeune de la communauté, rejoignirent Gerona, avec l’idée de passer en France ; mais ils durent plutôt se diriger sur Barcelone, où ils trouvèrent à se loger dans un hôtel.

Ils furent arrêtés le 2 novembre.

Quatre jours après, on retrouva à la morgue le cadavre du Frère Leónides, avec ceux des Frères Crisóstomo et Cándido, avec cette indication : Cadavres trouvés à Vallvidriera (voir par ailleurs les notices José Llorach Breto et José Ruiz de la Torre).

D’après l’autopsie ou d’autres recoupements, on a établi le jour de leur assassinat au 3 novembre 1936.

C’est le consulat de France qui s’occupa de la sépulture, car une pieuse personne qui y travaillait, était en relations avec le Frère José-Crisóstomo. Cette personne acheta les cercueils et le Secrétaire du Consulat présida l’enterrement, traversant les rues de Barcelone sous le drapeau français. Les Martyrs furent inhumés au cimetière le 8 novembre.

Le Frère Francisco-Leónides a été béatifié en 2007.

 

 

Lorenzo Morero Nicolás

1899-1936

 

Il semble qu’il soit bien question de Moreret non de Moreno.

Lorenzo vit le jour le 24 mai 1899 à Lorca (Murcia, Espagne), de Hilario et Teresa, qui le firent baptiser le 28. Il reçut les noms de Lorenzo, Manuel, Ángel, Torquato du Sacré-Cœur de Jésus. Il avait probablement (au moins) un grand frère.

Angélique, il le fut effectivement. Doux, humble, généreux, pieux : sa chambre était une petite chapelle où le soir, au son de la cloche, il appelait ses «fidèles» à la prière, aux processions ; la famille était là, mais aussi des voisines ; et si l’une ou l’autre manquait, il leur en faisait quelque gentil reproche.

Inutile de dire qu’il désirait entrer dans un monastère.

A douze ans, il dut cesser de fréquenter l’école pour travailler et aider sa mère, devenue veuve. Il fut d’abord dans un commerce, puis dans un dépôt de tramway. Il lui arrivait bien d’arriver en retard, parce qu’il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter dans une église en allant travailler, mais on l’estimait beaucoup. Il finit par se trouver sacristain chez les Religieuses mercédaires.

Lorenzo était désormais devenu un jeune homme, toujours aussi pieux, toujours aussi délicat, toujours ignorant le monde. 

Son frère lui donna un jour cinquante pesetas pour aller aux courses de taureaux, mais il s’acheta une belle image de la Sainte Vierge. L’autre se fâcha et fit mine de déchirer l’image ; Lorenzo cria : Ma Sainte Vierge !

Les bonnes Religieuses firent en sorte de le présenter aux Pères mercédaires, qui l’invitèrent à venir à Poyo (Pontevedra) : la lettre parvint le 15 octobre 1917, et le jour-même Lorenzo partit pour Poyo.

Sa mère, qui s’attendait bien à cette séparation, le priait de rester à la maison, mais Lorenzo répondit que, comme Dieu l’appelait, il ne pouvait faire autrement que de Le suivre. Pour la consoler, il lui écrivit ensuite une lettre signée avec son sang, lui décrivant sa joie d’être religieux.

Il reçut l’habit à Poyo en 1919, fit la première profession en 1920, la solennelle vers 1923 ou 1924 à El Puig, et fut ordonné prêtre en 1926 à Orihuela.

Il était arrivé à Poyo avec une élégante cape espagnole et un joli sombrero ; il fut un religieux exemplaire : tenace au travail pour vaincre les difficultés, artiste pour orner la chapelle, très dévot de Marie, poète plein d’imagination pour illustrer les fêtes et les anniversaires. 

Après son ordination, on lui confia l’internat du Puig, puis la Maison de Correction pour Mineurs de Godella, où il fit un excellent travail auprès des jeunes garçons. Mais la République chassa les Mercédaires de cette maison, et le père Lorenzo rejoignit Maiorque (1931).

Ce furent ensuite différents déplacements, à Barcelone et à Lorca, où il retrouva sa mère en 1935 et fut même vicaire de paroisse quelques mois, en même temps qu’aumônier à l’hôpital et chez les Sœurs de la Charité.

C’est donc à Lorca qu’il se trouvait en juillet 1936.

Le 18 juillet, il logea dans sa famille, d’abord sans problèmes. Lors d’une visite à un ancien camarade, ce dernier lui lança : Le mieux que tu as à faire, c’est d’entrer dans le parti et te mettre à travailler au lieu de traîner dans les rues. Et Lorenzo : Travailler, ça ne me dérange pas, mais entrer au parti, ça, jamais ; l’Eglise ne me le permet pas.

Désormais, ce pouvait être une question de jours, mais le temps passa ; le père Lorenzo restait très calme. Il priait comme d’habitude, récitant le chapelet avec les siens. Certes, il regrettait le danger qu’il leur faisait courir ; une pieuse dame, qui vivait seule, lui offrit de le prendre chez elle, mais il refusa pour ne pas occasionner on ne sait quelles suspicions. 

Au soir du 3 novembre, des miliciens vinrent ouvrir la porte violemment, le demandant. Il avait déjà mis un pied en-dehors de la fenêtre pour s’enfuir, mais se reprit et se présenta. On lui demanda : 

- Pourquoi tu ne t’es pas caché ?

- Parce que je ne crois pas avoir commis quelque chose de mal, et puis parce que le Comité me l’a permis.

Ils l’emmenèrent au quartier, l’interrogèrent et commencèrent de le ramener à la maison. En chemin, ils l’arrêtèrent, le firent monter dans une voiture, et partirent sur la route de Caravaca. Au Coto Minero, ils le firent descendre. Ne réussissant pas à le faire blasphémer, ils lui coupèrent les oreilles, lui arrachèrent des lambeaux de chair, lui assenèrent des coups de crosses sur la tête, le firent asseoir sur la margelle d’un puits de soufre, et lui déchargèrent plusieurs coups de fusil et de pistolet. 

Le père Lorenzo adressa quelques paroles de pardon et de bénédiction à ses bourreaux. Il respirait encore, et ils le poussèrent dans le puits, continuant de tirer. Ils partirent, le laissant encore gémir dans le puits. 

Son dernier mot fut : Vive le Christ Roi !

C’était au soir du 3 novembre (ou au petit matin du 4 novembre) 1936.

Son cousin partit à sa recherche ; il finit par être orienté vers le lieu du martyre. Il y trouva des traces du martyre, le béret du prêtre criblé de balles, la masse crânienne en sang, le bréviaire maculé de sang (qu’il n’eut pas l’idée de ramasser).

D’autres Religieux furent aussi martyrisés au même endroit. Après la guerre civile, on fit tout pour retrouver les corps, mais l’eau et le gaz qui emplissaient le puits rendirent le travail impossible.

Le père Lorenzo fut béatifié en 2013.

 

 

Aniceto Pablos Carvajal

1903-1936

 

Aniceto était né le 13 mai 1903, à El Burgo Ranero (León, Espagne), un des dix enfants de Pablo et Antolina, qui le firent baptiser le 17 mai ; il fut confirmé en 1911.

Le papa était assez sévère, mais il y était un peu contraint pour maintenir en ordre toute sa petite troupe ; la maman en revanche était surtout préoccupée par l’éducation chrétienne de chacun ; on tient d’Aniceto cette recommandation qu’elle faisait à ses enfants : Les enfants, levez-vous tôt, dites les prières et allez travailler ; à l’église, il faudra respecter le lieu sacré et rester recueillis.

Le garçon était pieux, gentil, un tantinet timide ; tôt, il voulut être Frère mariste, comme un de ses aînés ; la maman s’en réjouissait mais, quand il fallut prendre la décision pour de bon, Aniceto céda devant l’émotion de sa mère et remit son départ. Son grand frère intervint doucement : il l’emmena avec lui au séminaire de Tuy, de sorte que la séparation fut moins chargée d’émotion. 

Aniceto entra ainsi en 1916 dans la congrégation des Frères Maristes à Tuy et commença le noviciat à Pontós en 1917 ; en 1918 il reçut l’habit et le nom de Ángel Hipólito ; un an après il faisait les premiers vœux.

Ángel Hipólito fut envoyé à Vigo (1919), Ségovie (1921), Palencia (1922), Pontevedra (1925), Vigo (1926), La Coruña (1929), Lugo (1930), Palencia (1931), enfin Madrid (1933).

Ce fut un Religieux éminemment humble.

Le 15 août 1936, il fut arrêté avec deux autres Maristes et conduit à la prison de Ventas ; Le Frère méditait, souvent seul ; l’autre Frère lui demanda ce qu’il faisait et il répondit :  Je règle mes devoirs avec Dieu et je me prépare à ce qui pourrait arriver.

Ce qui arriva fut le martyre, le 3 novembre 1936, au cimetière de Aravaca (Madrid), quand le Frère Ángel Hipólito avait trente-trois ans, l’âge du Christ.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Ruiz de la Torre

1906-1936

 

José vit le jour le 26 mars 1906 à Fresno de Rodilla (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 29.

En 1920, il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes et, en 1922, prit l’habit avec le nom de Cándido Alberto.

Il fut en poste successivement à Barcelone (1925), Tarragona (1933), comme professeur puis comme économe et, en raison de ses excellentes qualités, fut promu en 1935 à la Procure de Barcelone, auprès du Frère Crisóstomo (voir notice de José Llorach Bretó).

Il fut arrêté le 2 novembre 1936. Et voici pourquoi : 

Il était allé courageusement à la Procure (qui avait été évacuée), pour y récupérer de l’argent qu’il y avait caché en vue de le distribuer aux Frères ; là, un domestique prétendit recevoir un peu plus qu’on lui devait, et, sur le refus du Frère, alla tout droit le dénoncer.

Le même jour on arrêta aussi le Frère Crisóstomo (voir notice José Llorach Bretó), le Frère Leónides et leur employé.

Du 2 au 6 novembre, on ne sut plus rien de ces cinq personnes. Le 6 novembre, les six corps furent reconnus à la morgue avec cette note : Cadavres retrouvés à Vallvidriera. Cette colline se trouve aux environs proches de Barcelone. L’autopsie permit de faire remonter leur assassinat au 3 novembre.

C’est le Consulat français qui pourvut aux obsèques, que présida en personne le Secrétaire du Consulat, sous le drapeau français à travers toute la ville.

Le Frère José-Cándido Alberto a été béatifié en 2007.

Son jeune frère, Buenaventura, martyrisé à Tortosa, a été récemment béatifié (voir notice Pio Ruiz de la Torre).

 

 

Cecilio Manrique Arnáiz

1909-1936

 

Cecilio était né le 1er février 1909 à Monasterio de Rodilla (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 8 février suivant.

D’abord au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils, il passa au noviciat de Fortianell en 1925, où il fit la première profession en 1926 avec le nom de Cirilo Pedro.

Après avoir complété sa formation à Cambrils, il fut professeur successivement à Benicarló, puis Cambrils (1930), Barcelone (1933), puis fut promu à la Procure de Barcelone, avec le Frère Cándido Alberto auprès du Frère Crisóstomo (voir notices de José Ruiz de la Torre et de José Llorach Bretó).

En 1935, malade du typhus, il fut soigné à Cambrils.

Au moment de la révolution, il se réfugia chez un parent, tout en restant en contact avec le Frère Crisóstomo.

Il fut arrêté le 3 novembre 1936 en pleine place publique par les miliciens, pour deux motifs «très graves» : d’abord, parce qu’il était religieux, et donc un contre-révolutionaire et ennemi du peuple ; ensuite parce qu’il était de Burgos, dans l’Espagne nationaliste, et donc un espion. 

Le Frère Cirilo Pedro a été béatifié en 2007.

 

 

Marcelino Rebollar Campo

1914-1936

 

Marcelino était né le 29 novembre 1914, à Tresviso (Santander, Espagne), de Maximino et Petra, qui le firent baptiser le lendemain ; il fut confirmé en 1922. Providentiellement il avait reçu le prénom du Fondateur des Frères Maristes, Marcellin Champagnat.

La maman mourut après avoir mis au monde huit enfants (dont Marcelino) ; le papa se remaria et eut encore neuf autres enfants. De cette immense famille, trois garçons furent Maristes, un prêtre, un autre séminariste, qui mourut lors de la défense d’Oviedo en 1937.

La «spécialité» du petit Marcelino était de garder les troupeaux.

Il entra en 1927 au collège des Frères Maristes de Venta de Baños (Palencia), d’où on l’envoya à Blancotte (Haute-Garonne, France) pour y apprendre le français.

En 1930 il commença le noviciat à Tuy ; en 1931 il reçut l’habit et le nom de Julián Marcelino ; un an après il faisait les premiers vœux.

Durant les cinq années de sa «carrière» d’enseignement, il fut à Sahagún (1932) et à Madrid (1934).

Il fut arrêté avec Ángel Hipólito et un autre Frère en la fête de l’Assomption de Marie, 15 août 1936, jour où commença un long calvaire. 

Après une nuit à la Direction Générale de Sécurité, il fut envoyé à la prison de Ventas, où il resta deux mois et demi, dans des conditions qu’il est superflu de décrire.

Le 3 novembre 1936, on voulait le transférer à la prison de Alcalá de Henares, mais on s’arrêta en chemin : le Frère Julián Marcelino fut assassiné à Paracuellos del Jarama ; il n’avait pas vingt-deux ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Manuel Lozano Garrido

1920-1971

 

Manuel naquit le 9 août 1920 à Linares (Jaén, Espagne). 

Dans les années 30, il s’était inscrit parmi les jeunes de l’Action Catholique. Vif, sportif, joyeux, il s’apprêtait à mordre la vie à pleines dents.

A l’âge de vingt-deux ans, il fut atteint d’une paralysie progressive qui le condamna à rester sur le fauteuil roulant pendant le reste de ses jours, trente-et-une années. En outre, les neuf dernières années, il fut aveugle.

Il apprit à connaître, à aimer, à vénérer la très Sainte Mère de Dieu, à qui il dédia des pages très belles, pleines d’amour filial.

Sa dévotion à l’Eucharistie était très profonde. Là aussi, il écrivit des pages sur la Fête-Dieu ou sur le Jeudi Saint, ou aussi sur le Sacerdoce du Christ. De son balcon, il aimait contempler l’église de son pays, «en face du sanctuaire». Durant la guerre civile, il s’offrit pour porter en cachette l’Eucharistie, un soir de Jeudi Saint : arrêté, il passa la nuit en prison, adorant l’Hostie qu’on lui avait remise cachée dans un bouquet de fleurs.

Quand la maladie le gagna, il dut renoncer à ses études, vivre dans le silence et la solitude. Il écrivit : Profession : invalide.

Quand il pouvait encore utiliser ses doigts, on lui offrit une machine à écrire. Voici ce qu’il y écrivit en tout premier lieu : Seigneur, merci. Le premier mot, c’est ton nom ; qu’il soit toujours la force et l’âme de cette machine. Que ta lumière et ta transparence soient toujours dans l’esprit et dans le cœur de tous ceux qui y travailleront, pour que ce qu’on en fera soit noble, pur et plein d’espérance. Et quand il eut la permission qu’on célébrât la Messe sur sa table, il fit mettre par-terre la machine en question pour que le bois de la Croix soit planté sur le clavier et y mette ses racines.

Quand sa main droite fut paralysée, il se mit à écrire de la gauche ; quand celle-ci aussi fut paralysée, il dicta sur magnétophone. Lui qui n’hésitait pas à prendre la parole même à la radio pour parler de Dieu, durant la persécution, le voilà immobile sur son fauteuil à roulettes, mais toujours actif et joyeux, infatigable.

Il voulut communiquer son élan et fonda un groupe de prière, le Sinaï, regroupant d’autres malades invalides, avec lesquels il reste en communication par un petit périodique qu’il rédige lui-même, et à travers lequel il encourage tous ses «compagnons», comme Moïse, à élever leurs prières pour le peuple. Par son périodique, il diffusait des articles sur la foi, la doctrine de l’Eglise, sur les mines et l’urbanisme, l’école et l’agriculture, les nouvelles de la ville… Il est devenu périodiste et écrivain.

Il écrivit neuf livres de spiritualité, des essais, un roman autobiographique, des centaines d’articles. Quand il reçoit quelque prix littéraire, il commente humblement : Je gagne mon pain à la sueur de mon front. C’est surtout un large apostolat qu’il exerce de son fauteuil roulant, sans bouger, transmettant sa foi et surtout sa dévotion eucharistique et mariale.

Désormais aveugle, il se faisait lire les articles sur le Concile Vatican II avec avidité et s’en imprégnait profondément.

Il vivait tellement chrétiennement sa maladie, qu’il semblait ne pas la sentir. Son médecin disait qu’il était, parmi les malades gravement atteints, celui qui était en meilleure santé.

Manuel, que tout le monde connaissait comme «Lolo», mourut le 3 novembre 1971.

Il a été béatifié en 2010.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 00:00

02 NOVEMBRE

 

- Commémoraison des fidèles Défunts, à propos de laquelle on retiendra ces témoignages :

Tertullien (II.) : "Nous offrons des sacrifices pour les Défunts et pour les martyrs au jour anniversaire de leur mort. La tradition approuve cette pratique, la coutume la confirme et la Foi l'observe". 

s. Jean Chrysostome (IV.) affirme que cette tradition remonte aux temps apostoliques. 

s. Augustin (V.) mentionne l'usage établi par l'Eglise de commémorer tous les Défunts. La date du 2 novembre remonte à Odilon de Cluny.

III.

S Victorinus, évêque à Pettau, auteur de commentaires sur l'Ecriture.

IV.

S Markianos, ermite à Cyr ; il savait donner des leçons avec discrétion, même aux évêques.

S Iustus, martyr à Trieste.

SS Carterios, Agapios, Attikos, Eudoxios, Styriacos, Eustratios, Marinos, Nicopolitianos, Okeanos, Tobia, soldats brûlés vifs, martyrs à Sébaste.

SS Acindynos, Pigasios, Aphthonios, Elpidiphoros, Anempodistos, martyrs en Perse.

S Markianos, ermite à Cyr.

VI.

S Ambroise, abbé à Agaune.

S Domninus, évêque à Vienne.S Vulgan, écossais, compagnon de s. Colomban, venu à Lens.

S Maoc (Mieu), disciple de s. Samson en Bretagne.

VII.

Ste Wenefrid, vierge en Pays de Galles, martyrisée pour avoir voulu conserver sa chasteté ; source miraculeuse et pèlerinage à Treffynnon.

S Georgius, évêque à Vienne.

S Hernin, moine en Bretagne.

S Efflam, sorte de s. Alexis anglais, ermite en Bretagne.

XII.

S Malachie, moine irlandais, évêque à Connor puis Armagh, grand partisan des usages romains ; ami de s. Bernard, fondateur d'un monastère à Mellifont ; la "prophétie de Malachie" est certainement une malheureuse supercherie. 

XVI.

B Giacomo Ungarelli, franciscain à Forlí.

Bse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon, aïeule de Henri IV, belle-sœur de Philippa de Gueldre et ancêtre de s. Louis de Gonzague, sainte épouse, mère et veuve ; ses enfants établis, elle se donna aux mortifications (que l'évêque lui fit modérer) et aux bonnes œuvres et fut clarisse à Argentan.

B John Bodey (Body), laïc martyr à Winchester.

XIX.

B Pio de San Luigi Campidelli (1868-1889), passionniste italien, béatifié en 1985.

XX.

B Mateo López y López (1911-1938), prêtre diocésain espagnol, martyr près d’Almería, béatifié en 2017.

Victorinus de Ptuj

250-303

 

Né vers 250, Victorinus naquit peut-être en Grèce, tant il est vrai qu’il s’exprime mieux en grec qu’en latin.

Il fut évêque de Poetovio (act. Ptuj, Slovénie).

S.Jérôme fait allusion à lui de nombreuses fois. C’est surtout par lui qu’on sait que Victorinus a commenté beaucoup de livres de la Sainte Ecriture, mais presque tous ont été perdus. Celui qui nous reste est le commentaire sur l’Apocalypse.

Jérôme écrivit de Victorinus :

Victorin, évêque de Pettau, ne savait pas le latin aussi bien que le grec. Ses œuvres, d’une haute inspiration, semblent médiocrement rédigées.

Comme les évangélistes, il a parlé des frères du Seigneur, mais sans les dire fils de Marie. Cette phrase est importante, car beaucoup de nos contemporains prétendent que Marie eut d’autres enfants que Jésus, du fait qu’on parle des frères du Seigneur (cf. Mt 13:55-56 ; Mc 6:3).

Victorinus a passablement donné dans la mouvance du millénarisme (rêve d’une période de mille ans d’abondance matérielle dont bénéficieraient les justes avant la résurrection finale). C’est pourquoi ses écrits n’ont pas été recensés partout au même titre que ceux d’autres commentateurs.

On ne connaît pas de détails particuliers sur l’apostolat de Victorinus.

Il reçut la grâce du martyre vers 303, peut-être par la décapitation, puisqu’il est parfois représenté avec une épée.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Victorinus de Ptuj au 2 novembre.

 

 

Iustus de Trieste

† 303

 

Pendant la même persécution où mourut Victorinus, mourut aussi Iustus, à Trieste.

Il aurait été condamné par Manaccius à être jeté dans la mer avec des masses de plomb attachées aux pieds et aux mains. Mais les liens s’étant rompus, son corps fut rejeté au rivage ; le Martyr apparut au prêtre Sébastien, qui vint l’ensevelir respectueusement.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Iustus de Trieste au 2 novembre.

 

 

Martyrs de Sébaste

† 310

 

Les dix soldats dont il est question ici, étaient en garnison à Sébaste (act. Sivas, Turquie C)., au temps de l’empereur Licinius.

En voici les noms :

  • Carterios
  • Agapios
  • Eudoxios
  • Styrakios (ou Styriakos)
  • Tobias
  • Atticos
  • Eustratios
  • Marinos
  • Nicopolitianos
  • Okeanos

Pour leur fidélité au Christ, ils furent torturés par leur chef, Marcellus, puis emprisonnés. On les flagella avec des nerfs de bœuf, on leur arracha les dents.

Pendant le supplice, le chef dit à Carterios : C’est toi, et toi seul qui as détourné le peuple de la soumission à l’empereur. Le soldat répondit : Je suis cause, non du soulèvement du peuple contre l’empereur, mais de sa marche vers le Christ, roi immortel.

Comparurent ensuite Styrakios, puis Tobias et Nicopolitianos.

Après divers supplices, ils furent tous brûlés vifs.

Dans le Martyrologe, ne sont nommés que les cinq premiers de notre liste ; les cinq autres sont les compagnons.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Carterios et ses neuf Compagnons au 2 novembre.

 

 

Martyrs de Perse

† 350

 

Sous le roi de Perse Sapor II († 379), périrent une grande quantité de Chrétiens.

On a ici les noms de cinq d’entre eux, qui furent particulièrement célèbres.

  • Akindynos
  • Pigasios
  • Aphthonios
  • Elpidiphoros
  • Anempodistos

Ces cinq hommes étaient des dignitaires de la cour du roi de Perse. Quand la persécution se déclencha, Akindynos, Pigasios et Anempodistos vinrent se réfugier dans une maison particulière, où ils exhortaient d’autres Chrétiens à rester fidèles au Christ.

Arrêtés, ils furent amenés devant le roi pour être interrogés. Comme le roi blasphémait le nom du Christ, il fut frappé de mutisme et de surdité. Les Martyrs le guérirent.

Le roi les fit étendre sur des lits de fer brûlants, puis ordonna de les plonger dans des chaudrons remplis de plomb fondu, mais les Héros n’en eurent aucun mal. C’est alors que se convertit le soldat Aphthonios, qui fut décapité sur place.

On soumit alors les Martyrs à de nouveaux supplices qui, non seulement ne leur firent pas de mal, mais entraînèrent la conversion d’un sénateur, Elpidiphoros. Le récit parle aussi de la conversion de sept mille autres personnes, qui reçurent alors le baptême chrétien et furent tous décapités. Il faut reconnaître qu’on a du mal à comprendre la situation ; peut-être ne s’agissait-il que de sept hommes, qui étaient présents et assistaient aux supplices infligés à nos Héros.

Ceux-ci furent ensuite jetés dans une fosse emplie de bêtes sauvages, qui ne leur firent pas de mal. A la vue de ce prodige, la mère du roi se convertit.

Alors on les décapita tous les trois, avec la mère du roi ainsi que vingt-huit autres Compagnons.

On situe ces événements vers 350.

Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq martyrs et leurs nombreux Compagnons au 2 novembre.

 

 

Markianos de Cyr

† après 381

 

La famille de Markianos était riche, et l’une des premières de Cyr (Osrhoène). Markianos avait une sœur, dont le fils s’appelait Alypios.

Markianos abandonna ce milieu pour se retirer au désert où il édifia une toute petite cellule juste capable de le contenir. Il l’entoura d’une solide barricade délimitant un espace fort restreint, et y passait ses journées à réciter les Psaumes et à lire les Ecritures. Il montrait déjà sa sagesse : sachant qu’un jeûne total prolongé durant plusieurs jours engourdit l’esprit, et que le repas qui le suit ne fait qu’accentuer ce malaise, il se fixa la règle de manger chaque jour, fort peu d’ailleurs : un quart de livre de pain lui suffisait.

Un des disciples de Markianos, Agapitos, devint évêque d’Apamée et y fonda des monastères. Un autre disciple, Eusebios, fut le supérieur - l’abbé - des autres recrues qui voulaient profiter de l’exemple de Markianos.

Eusebios vit une nuit la tête de Markianos tout illuminée, signe de son intelligence des Ecritures ; apercevant un jour un dragon qui, grimpé sur la clôture, regardait le saint comme s’il voulait le dévorer, il lui cria de s’enfuir : sans s’émouvoir, Markianos fit un signe de croix et souffla sur le dragon qui tomba brisé en morceaux.

Markianos savait dissimuler son pouvoir de faire des miracles : voyant une fiole d’huile déposée subrepticement à sa porte pour la rendre miraculeuse, il ordonna au vieillard qui l’avait apportée de la rendre aussitôt à son propriétaire ; celui-ci, un homme de Bérée, eut la joie de constater qu’à l’instant même sa fille, possédée du démon, avait été guérie.

Vers 381, Markianos eut un jour la visite de cinq évêques, accompagnés d’autres personnages. Ils s’assirent pour écouter Markianos, qui cependant n’ouvrait pas la bouche. Finalement, il leur rappela que Dieu parlait à chaque instant, et dans l’Ecriture, et que, si nous ne L’écoutons pas nous-mêmes, comment lui, Markianos, pourrait aussi parler ? Les évêques, édifiés de cette humilité, voulurent ordonner prêtre Markianos, mais aucun d’eux n’osa lui imposer les mains.

Un autre ermite vint le visiter. Markianos voulait fraternellement le retenir à manger, mais l’autre prétendait continuer son jeûne. Markianos lui dit : La charité est plus agréable à Dieu que le jeûne, parce que sa loi nous le commande, au lieu que le jeûne dépend de nous.

Sa sœur vint avec son fils lui apporter quantité de victuailles. Markianos ne voulut rien prendre parce que sa sœur lui montrait cette largesse seulement à cause de leur parenté, et non d’abord pour plaire à Dieu.

Markianos prévoyait aussi le jour de sa mort. Il fit jurer à son fidèle Eusebios de l’enterrer secrètement, assisté de deux hommes sûrs ; ce n’est que très longtemps après, que l’un des fossoyeurs révéla aux moines le temps et le lieu de cette sépulture. Cette date de la mort de Markianos ne nous est pas connue  non plus; ce fut certainement après 381, mais on n’en sait pas plus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Markianos de Cyr au 2 novembre.

 

 

Ambroise d’Agaune

† 520

 

Ambroise fut d’abord moine à l’Ile-Barbe (Lyon). Il fut abbé du même monastère.

En 515, fut fondée l’abbaye d’Agaune (Valais, Suisse), dont le premier abbé désigné devait être Hymnémode, qui n’accepta cette charge qu’à la condition d’être secondé par Ambroise.

Hymnémode devait être fort âgé ou malade, pour insister ainsi à avoir près de lui un second. De fait, il mourut quelques mois après l’installation (janvier 516).

Ambroise fut donc le deuxième abbé d’Agaune, mais c’est lui qui en dirigea toute l’organisation.

Un de ses mérites fut d’instaurer là la laus perennis, consistant à faire chanter l’office alternativement par deux groupes de moines (ou plus, en fonction des vocations) pour que jamais cette louange ne s’arrête dans l’église. Il aurait ainsi été le premier en Occident à instaurer cette habitude.

Il fit aussi reconstruire la basilique Saint-Maurice.

Quand il mourut, en 520 ou 521, c’est dans cette basilique qu’il fut inhumé.

Saint Ambroise d’Agaune est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domninus de Vienne

† 538

 

Domninus fut le vingt-deuxième évêque de Vienne (Gaule), d’après les récentes indications de la liste épiscopale.

Il aurait particulièrement été ami des pauvres, libérateur des prisonniers, ce qui montre une sollicitude pastorale singulière.

Son épiscopat dura peu, mais les dates en sont incertaines ; elles pourraient se situer entre 533 et 538.

Cet évêque n’est pas le s.Domninus de Grenoble, qui vécut deux siècles plus tôt et se trouvait au 5 novembre dans le Martyrologe (mais en a été retiré récemment).

Saint Domninus de Vienne est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wenefrid de Holywell

7e siècle

 

Gwenfrewi naquit en Pays de Galles, de noble naissance.

Son oncle, Beuno, la forma à la piété et édifia une église à Treffynnon, à proximité de l’actuel Holywell.

Entrée au monastère de Gutherin, sous s.Elerius, elle fut un jour menacée dans sa chasteté par le prince Caradoc. Elle s’enfuit, mais le prince la rattrappa et la décapita.

Une source miraculeuse jaillit à l’endroit où tomba cette tête, à Holywell. Beaucoup de guérisons eurent lieu à cette source.

Les pèlerinages ont continué même au temps des persécutions, au point qu’un Protestant déplorait en  1583 qu’Holywell fût encore fréquenté chaque année par des foules.

Les Anglais rebaptisèrent Gwenfrewi Wenefrid.

La source, tarie en 1917, à cause de travaux d’extraction minière, reprit ensuite.

Sainte Wenefrid de Holywell est commémorée le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Georgius de Vienne

† 699

 

Il fut le quarante-et-unième évêque de Vienne (Isère), d’après la liste épiscopale la plus récente.

Il est difficile de dire ou résumer ce qui n’est écrit nulle part.

Même la date ci-dessus n’est pas sûre : elle est parfois anticipée d’une trentaine d’années.

Saint Georgius de Vienne est commémoré le 2 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Malachie d’Armagh

1094-1148

 

Malachie, de son nom gaélique Máel Máedóc Ua Morgair, était né vers 1094 à Armagh (Irlande), de parents très chrétiens.

Dès qu’il le put, il se mit sous la direction du reclus Imhar O’Hegan, un saint homme qui attira beaucoup de vocations et leur inculqua l’amour de l’Eglise Romaine.

Remarqué par l’évêque d’Armagh, M. fut ordonné diacre et prêtre (1119) et assista le vieux prélat dans son gouvernement ; c’est ainsi qu’il se dépensa beaucoup pour rétablir (ou établir) les rites romains des sacrements, trop délaissés.

Il fut aussi l’objet des attentions d’un autre évêque, celui de Lismore, qui l’appela auprès de lui et lui enseigna les habitudes monastiques.

Quand on chercha un abbé pour Bangor, l’élu fut un oncle de Malachie, qui ne garda pour lui que les terres de l’abbaye, tandis qu’il chargeait Malachie de l’administration et du gouvernement de l’abbaye (1129). Malachie, dit-on, fit construire une église et des bâtiments : mais où vivaient et qu’avaient donc fait les moines auparavant ? 

M. fut bientôt appelé au siège de Connor, qu’il n’accepta qu’à contre-cœur (1124) ; il travailla à y restaurer la pratique des sacrements de Réconciliation et du Mariage, tombés en désuétude. Ses moines de Bangor l’assistèrent dans ce travail d’évangélisation. Mais bientôt, une guerre locale l’obligea à quitter Connor et à se réfugier dans le comté de Kerry, où il fonda une autre abbaye, à Iveragh.

En 1129, il fut question de l’élire au siège d’Armagh, mais l’élection ne put se faire qu’en 1132, et dès 1137 M. renonçait au titre de primat, devant les difficultés qui lui créait un «rival» à Armagh.

M. divisa alors d’autorité le diocèse de Connor, se réserva ainsi le nouveau diocèse de Down tout en résidant à Bangor. En réalité, son influence s’étendait sur toute l’Irlande, qui lui reconnaissait un primat incontestable.

Il alla à Rome pour discuter de cette situation avec le pape.

En chemin, il s’arrêta à Clairvaux, où il rencontra saint Bernard (v. 20 août), rencontre qui fut le début d’une profonde amitié. Le pape accueillit favorablement les propositions de M., sauf celle de devenir moine de Clairvaux, et le nomma son légat en Irlande. 

Au retour, donc, M. laissa auprès de saint Bernard quatre membres de sa suite, qui devaient se former à la vie monastique : ce fut l’origine de la fondation de l’abbaye irlandaise de Mellifont en 1142, qui eut jusqu’à vingt-cinq abbayes-filles en Irlande.

Rentré dans son diocèse, M. poursuivit infatigablement son apostolat, s’efforçant de faire pénétrer en Irlande les usages romains. Les difficultés qu’on lui opposa ne furent pas minces. Pour les contrer, M. appliquait sans cesse ces principes : Mépriser le monde, ne mépriser personne, se mépriser, mépriser d’être méprisé, ce sont quatre choses bonnes. A cela s’ajoutaient les miracles et les prophéties, qui consolidaient son enseignement.

En 1148, les évêques d’Irlande réunis en concile à Inispatrick, désignèrent M. pour aller implorer du pape la remise du pallium à leurs archevêques ; on sait que le pallium est le signe de la communion entre un archevêque et le pape.

Ce devait être le dernier voyage de M. Pour commencer, le Plantagenêt retarda tant qu’il put son embarquement. Puis M. s’arrêta à Clairvaux ; c’était la mi-octobre ; le 18, il fut saisi de fièvre et s’alita. Il prenait simplement les remèdes qu’on lui proposait, ajoutant : C’est par charité pour vous que j’obéis. Il déclina et s’éteignit au matin du 2 novembre 1148.

C’est saint Berrnard lui-même qui écrivit la Vie de Malachie, en vue d’une canonisation qui advint dès 1190.

Il a été question plus haut des prophéties de M. et l’on reparle périodiquement de la prophétie de Malachie, concernant les papes futurs et leur attribuant une «devise» qui correspondrait à leur personne ou à leur pontificat. Il vaut mieux ne pas s’y attarder.

 

 

Giacomo Ungarelli

† 1517

 

Giacomo Ungarelli ou Vagarello était de Padoue et entra chez les Franciscains de l’Observance.

On le vit en 1505 fonder une confrérie de Jésus, et en 1507 organiser un mont-de-piété à Ferrare.

A défaut d’autres détails intéressants sur sa sainte vie, on peut trouver à son endroit cet éloge : de doctrine excellente, d’admirable piété, de zèle et d’ardeur infatigables et prodigieux à extirper les vices, à allumer dans les âmes l’amour des choses divines, jusqu’à imposer la confusion au Démon, et tout cela pour la plus grande gloire de Dieu.

A Orte, où sévissait la sécheresse, il exhorta les habitants à prendre l’engagement de fêter solennellement saint Michel Archange et leur promit en échange une abondance de pluie : à peine les habitants prêtèrent ce serment, que se déchaîna une pluie généreuse et fructueuse, pour la plus grande consolation des paysans qui en retirèrent de riches récoltes.

Il composa quelques écrits, comme : De malitia et impietatibus Iudæorum modernorum…

Giacomo s’éteignit à Forlí le 2 novembre 1517 (c’est la date de l’inscription que porte sa pierre tombale, mais certaines études anticipent cette date au 22 octobre 1508)

Il ne se trouve pas dans les pages du Martyrologe Romain.

 

 

Marguerite de Lorraine (d’Alençon)

1463-1521

 

Elle naquit en 1463, fille de Ferri de Lorraine, comte de Vaudémont et de Yolande d’Anjou.

Son grand-père, le «bon roi René», séjournait en Avignon, où elle fut envoyée pour son éducation. Elle y lut les Vies des Pères du désert, qui l’inspirèrent profondément.

En 1480, elle revint en Lorraine et connut la pieuse duchesse Philippe de Gueldre (v. 28 février), qui l’encouragea vivement dans la voie de la sainteté.

En 1488, elle épousa le duc René d’Alençon, qui mourut déjà en 1492, lui laissant trois enfants encore bien jeunes.

Elle éleva ses enfants selon cette unique maxime : Il faut aimer Dieu plus que tout autre chose. Elle savait à l’occasion donner du bâton à son garçon, qui devint l’époux de Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er ; sa fille Françoise épousa Charles de Bourbon, grand-père de Henri IV ; Anne épousa le marquis de Montferrat, ancêtre de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Une fois son fils établi, elle se retira dans son château d’Essai (Sées), où elle mena une vie quasi monacale : prière la nuit, cilice, discipline, jeûne. En particulier elle portait sur la poitrine une petite croix garnie de pointes qu’elle pressait contre sa chair pour sentir quelque chose de la Passion de Jésus-Christ. L’évêque de Sées intervint pour lui conseiller de modérer cette ascèse. 

Elle ouvrit alors un dispensaire à Mortagne, où elle soignait à genoux les plaies des malades.

En 1519, toujours plus attirée par la solitude de la vie consacrée, elle prit le voile chez les Clarisses d’Argentan. C’était la séparation totale du monde ; elle écrivit à ses enfants : Vous n’avez plus de mère en moi que pour prier pour vous. Elle fut chargée de distribuer les aumônes au nom du couvent. Elle refusa absolument d’être élue abbesse.

En 1521, sa santé la fit envoyer au grand air de Mortagne, où elle devait en outre instaurer la règle de l’Observance clarisse chez les Religieuses. Là encore, elle refusa formellement d’être élue abbesse, et revint bientôt à Argentan, toujours malade.

Alors que son mari était mort le 1er novembre, Marguerite mourut, elle, le 2 novembre 1521.

Son culte fut reconnu en 1921.

On l’invoque pour l’heureuse issue des accouchements.

 

John Bodey

1549-1583

 

John naquit en 1549 à Wells (Somerset, Angleterre).

Au terme de ses études à Winchester et au New College d’Oxford, il reçut son diplôme en 1568, mais fut dégradé en 1576 par l’évêque protestant de Winchester.

En 1577, il vint au Collège anglais de Douai pour y étudier le droit, et revint en Angleterre en février 1578. On suppose qu’il se maria à ce moment-là.

Catholique, fidèle à sa foi, il refusa de reconnaître la suprématie du roi sur les décisions papales. Il fut pour ce motif mis en prison à Winchester.

Il fut condamné une première fois avec John Slade en avril 1583 ; il y eut sans doute un appel, et les deux furent à nouveau jugés, accusés et condamnés à mort, à Andover, le 19 août de la même année.

Entre les deux dates, John eut une controverse sur le Concile de Nicée avec le doyen de Winchester. Après la confirmation de la sentence de mort, il écrivit au même doyen depuis son école de patience, 16 septembre 1583, toute sa joie de mourir.

John Bodey mourut en martyr à Andover, le 2 novembre 1583, trois jours après son Compagnon.

Au pied de l’échafaud, il embrassa le bois de la potence et, entendant l’énoncé de la sentence pour trahison, il corrigea : Vous pouvez m’accuser de «trahison» pour avoir entendu la sainte Messe, ou pour avoir dit un «Ave Maria», mais je n’ai commis aucune trahison, je subis seulement la peine pour trahison ! Et il invoqua le Nom de Jésus.

Sa mère, très heureuse de la sainte mort de son fils, invita les voisins à venir se réjouir avec elle, pour l’union éternelle de l’âme de son fils avec l’Agneau de Dieu.

John Bodey fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Luigi Campidelli

1868-1889

 

Quatrième des six enfants de Giuseppe et Filomena Belpani, Luigi (Louis) naquit le 29 avril 1868 à Rimini (Emilie-Romagne, Italie CE), après Attilio, Emilia 1 et 2 (la première mourut à dix-huit mois), et avant Teresa et Adele.

Le papa mourut en 1874, de la thyphoïde, laissant cette grande famille dans une pauvreté encore plus grande.

Luigi (familièrement appelé Gigino) fit sa Première Communion en 1878 et voulut entrer chez les Passionistes dès douze ans, mais il dut attendre encore deux années. En attendant il édifiait tout le monde, étonnant de piété et de vertu.

Il fut reçu chez les Passionistes en 1882, dans leur couvent de Casale, proche de Rimini. Désormais, il portera le nom de Pio de Saint-Louis. On ne dit pas à quel saint Louis il se référait, mais on peut bien supposer qu’il admirait saint Luigi de Gonzaga (v. 20 juin).

En 1883, le noviciat fut transféré à Soriano, près de Viterbo, où Pio restera six mois seulement : en effet, pour ses études de lycée, pour la philosophie et la théologie, il sera à nouveau à Casale. 

En 1884, il fit les premiers vœux, admis à l’unanimité des voix par la communauté. 

En 1887, il reçut les Ordres Mineurs (à l’époque : Portier, Lecteur, Exorciste, Acolyte), mais fut bientôt frappé de tuberculose. Déjà, à la visite médicale pour le service militaire, il ne fut pas admis, parce que, pour un garçon d’un mètre soixante-quinze, il était «trop maigre de poitrine». Mais en 1888, les signes de la maladie ne laissaient plus de doute. 

Il s’était toujours montré enjoué, humble, assidu et exigeant pour lui-même ; malade, il offrit sa vie pour l’Eglise, pour le Pape, pour la congrégation, pour la conversion des pécheurs et pour (sa) chère Romagne natale.

Quelques jours avant de mourir, il revit sa chère maman au parloir et lui dit : Courage, Maman, nous nous reverrons au Paradis.

Peu avant d’expirer, il dit : Voici la Sainte Vierge ! et il mourut en souriant, le regard fixé vers le mur où il La vit.

C’était au soir du 2 novembre 1889 : il avait vingt-et-un ans.

En 1923, sa dépouille fut transférée à l’intérieur du sanctuaire de Casale ; en 1944, le sanctuaire croulera sous les bombes, mais le sépulcre de Pio restera en place ; en 1945, on retrouvera aussi sous les décombres l’image sainte de la Vierge, intacte.

Pio de Saint-Louis Campidelli a été béatifié en 1985.

Mateo López y López
1911-1938

Né le  1er janvier 1911 à Vera (Almería) et baptisé une semaine plus tard, il entendit l’appel de Dieu très tôt.

Il étudia au séminaire d’Almería et fut ordonné prêtre en 1935.

Il s’occupa de la paroisse de Lúcar. En 1936, les «autorités» révolutionnaires lui enjoignirent de quitter ce pays et de rejoindre sa mère à Vera. Il le fit. Mais là encore il fut persécuté, mis en prison, malmené. Même si les journées de feu de la persécution semblaient déjà un mauvais souvenir, à Vera ce n’était, hélas, pas fini.

Dans sa prison, don Mateo continuait à exercer son ministère, car se sachant à la veille d’être exécutés, les prisonniers lui demandaient tous de se confesser.

Le Prêtre, cependant, était pris de tuberculose, tellement que sa pauvre mère insista et put obtenir de faire transférer son fils à l’hôpital provincial. Mais là, les infirmières n’étaient pas des Religieuses : laïques, elles refusèrent l’accès à don Mateo. La maman n’avait plus autre chose à faire que de transporter son fils chez elle, à Vera.

Ainsi, don Mateo mourut dans sa propre famille, des suites de ses longues et douloureuses journées passées dans la prison des révolutionnaires, et rendit son âme à Dieu le 2 novembre 1938, jour des Morts ; il avait vingt-sept ans, dont trois de sacerdoce.

Reconnu martyr et béatifié en 2017 Mateo López y López sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 2 novembre.

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 00:00

 

NOVEMBRE

 

01 NOVEMBRE

 

- La fête de tous les Saints.

?

S Cæsarius, martyr mal connu, venu d'Afrique à Terracina, où il mit fin à un culte idolâtre. 

S Sever, martyr en Gascogne.

III.

S Benignus, martyr à Dijon, venu d'Orient ; l'actuelle cathédrale est l'église de l'ancien monastère.

IV.

S Austremonius, premier évêque à Clermont-Ferrand.
V.

S Profuturus, évêque à Pavie, ordonné par s. Ambroise.

S Marcellus, évêque à Paris, thaumaturge dès sa jeunesse. 

S Romble (Romulus), prêtre en Berry ; l'église de Sancerre lui était dédicacée, avant d'être détruite par les Protestants.

S Maturinus, à Larchant ; comme il aurait guéri la fille d'un empereur de Rome, qui était folle, il est invoqué pour la guérison des fous ou des femmes méchantes, mais aussi par les bouffons, les marins bretons et les potiers d'étain.

VI.

S Lautein, abbé dans le Jura, fondateur de deux monastères, thaumaturge. 

S Severino, moine près de Tivoli, peut-être bénédictin.

S Magnus, évêque à Milan.

S Vigor, évêque à Bayeux ; il ressuscita une oie qu'on avait volée et tuée.

S Donat, moine en Espagne, venu d'Afrique pour fuir les barbares.

VII.

S Lézin, évêque à Angers ; il était comte, mais entra dans le clergé, voyant sa fiancée mourir de la lèpre ; il opérait une foule de guérisons.

S Genès, évêque à Lyon, ancien conseiller de la reine Bathilde.

S Florbert, abbé à Gand.

S Spinule, moine à Moyenmoutier ; il y eut tant de miracles après de sa mort, que l'abbé lui intima l'ordre de les faire cesser.

S Omer, moine de Luxeuil (avec son père), puis premier évêque à Thérouanne ; il ré-évangélisa la région et mourut aveugle.

XII.

B Berthold, abbé à Engelberg ; il écrivit contre Burchard, fit copier et décorer beaucoup de manuscrits, et annonça la mort de Barberousse parti en croisade.

XIII.

B Simone de Collazzone, franciscain italien ; il convainquit d'entrer en religion mère, sœurs et nièces ; thaumaturge, entre autres il ressuscita un enfant noyé.

XIV.

B Raniero, frère laïc franciscain à Borgo Sansepolcro, thaumaturge.

XVII.

Bx Pietro Paolo Navarro, prêtre jésuite calabrais, martyr au Japon avec trois amis japonais qui l'avaient aidé : Dionisius Fujishima Jubyoe, Petrus Onizuka Sadayu (dix-huit ans), et Clemens Kyuemon.

XVIII.

SS Jerónimo Hermosilla Aransáez, Balentin Berrioxoa de Arizti, Pere Josep Almató Ribera Auras, dominicains espagnols, martyrs au Tonkin : Jerónimo et Balentin venaient d'être sacrés évêques ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

B Lluís Estruch Vives (Eudald, 1918-1936), jeune clerc capucin, martyr près de Barcelone et béatifié en 2015. 

B Rupert Mayer (1876-1945), jésuite allemand qui dénonça le nazisme, connut la prison et le camp de concentration ; il mourut debout, en prêchant ; béatifié en 1987.

B Teodor Jurij Romzha (1911-1947), évêque à Oujhorod dans le rite ukrainien-byzantin, martyr victime d'un "accident" et d'un empoisonnement, béatifié en 2001.

 

Cæsarius de Terracina
1. siècle

L’empereur Claude régna de 41 à 54 : c’est à cette époque, affirme le narrateur, que remonte l’histoire qui va suivre.
Dans la cité de Terracina (Campanie, Italie SW) vivait un prêtre païen, nommé Firminus, qui avait persuadé la population que, pour le bien de la République, il fallait chaque année immoler à Apollon un cavalier : nourri et choyé pendant plusieurs mois, ce dernier devait, le 1er janvier, s’élancer et se noyer dans la mer.
Sur ces entrefaîtes, arriva on ne sait pourquoi, ni comment, un diacre d’Afrique, nommé Cæsarius, qui tenta d’empêcher ce rituel, en vain. Le malheureux cavalier se suicida en mer et son corps fut brûlé. 
Cæsarius, qui avait si fortement protesté, fut mis en prison. Le consulaire de Campanie, Leontius, se le fit amener et prétendait l’obliger à aller sacrifier dans le temple d’Apollon : mais le temple s’écroula - et tua le prêtre païen. Toute la population se convertit.
Le «maire» de Terracina alors enferma Cæsarius pendant onze mois, au terme desquels il présenta Cæsarius complètement nu au consulaire Leontius : c’est ce dernier qui se convertit, en voyant ce prisonnier si lumineux (peut-être environné d’une lumière surnaturelle) ; il fut baptisé sur place par Cæsarius.
Le même maire ordonna d’enfermer Cæsarius dans un sac et de le jeter en mer. Cæsarius lui prédit alors qu’il mourrait d’une morsure de serpent - ce qui arriva le jour même.
Cæsarius fut donc précipité en mer (peut-être avec un Compagnon, un prêtre nommé Iulianus).
Quatre siècles plus tard, la fille de l’empereur Valentinien III († 455), perdit complètement la raison et ne fut guérie que lorsqu’on la transporta dans le sanctuaire de saint Cæsarius. Les reliques du Martyr furent alors apportées solennellement dans un oratoire du Palatin à Rome consacré par le pape Damase. Ici l’erreur est patente : le pape Damase était mort en 384.
De telles erreurs jettent un voile de doute sur l’histoire de notre Martyr. Mais, objecterons-nous, de nos jours, n’y a-t-il pas des gens qui confondent les noms des présidents, des rois, des papes ? 
Il serait plus difficile d’expliquer pourquoi et comment ce diacre, Cæsarius, pouvait arriver d’Afrique, où la Bonne Nouvelle n’était sans doute pas encore annoncée. Le premier évêque de Carthage, Agrippinus, n’y fut installé qu’à la fin du deuxième siècle. Là encore se trouve peut-être une erreur de nom : il pourrait s’agir d’un autre empereur, postérieur à Claude : le narrateur aurait-il parlé de l’usurpateur Clodius Albinus († 197) ou de Caracalla († 217), fils de Septime Sévère ?
Le Martyrologe Romain mentionne saint Cæsarius de Terracina au 1. novembre.


Benignus de Dijon
3. siècle

Benignus aurait été envoyé d’Orient par s.Polycarpe de Smyrne (v. 23 février). Il était prêtre.
Arrivant en Bourgogne, il convertit et baptisa à Autun un noble nommé Faustus, et toute sa famille. A Langres, il baptisa Leonilla et ses trois enfants ; puis il vint à Dijon.
L’empereur Aurélien, de passage dans la région (274), se fit amener Benignus. Sur le refus de ce dernier d’apostasier, Aurélien le fit battre avec des nerfs de bœuf, mais un ange guérit Benignus de ses blessures. Le lendemain, Aurélien voulut mettre de force dans la bouche de Benignus de la viande offerte aux idoles : mais ce furent les statues des dieux qui s’effondrèrent.
Aurélien mit Benignus en prison, les pieds immobilisés par du plomb fondu ; on lui enfonça des alènes pointues sous les ongles, on devait le laisser sans rien manger pendant une semaine, entouré de douze chiens affamés. Mais six jours après, on trouva Benignus libéré et en bonne santé : un ange lui avait apporté à manger.
Furieux, Aurélien ordonna de briser la tête de Benignus avec une barre de fer.
Beaucoup de miracles se produisirent au tombeau de Benignus, au-dessus duquel on construisit au sixième siècle une basilique, puis un monastère, à l’origine de l’actuelle cathédrale Saint-Bénigne.
De bons auteurs ont pensé que toute cette histoire fut une invention et que même ce Martyr, totalement inconnu, reçut le nom de benignus (bienveillant) à cause de ses miracles.
On aura noté quelques incohérences chronologiques : s.Polycarpe mourut vers 155 ; s’il envoya Benignus, déjà prêtre, en Gaule, ce dernier serait certainement mort bien avant le passage d’Aurélien en 274.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Dijon au 1. novembre.


Austremonius de Clermont
3. siècle

Les textes anciens qui nous parlent d’Austremonius (ou simplement sTREMONIUS) le font partir de Rome sous Dèce, envoyé par le pape Xyste II en 251, ou envoyé par le pape Clément († 97, v. 23 novembre) ou même par s.Pierre en personne, et tant qu’à faire il aurait été un des soixante-douze disciples choisis par le Christ (cf. Lc 10:1).
Dans la première hypothèse, il aurait été ordonné évêque par Xyste II. Dans la deuxième, il aurait à son tour ordonné évêque s.Ursin pour le siège de Bourges (v. 9 novembre).  Dans la troisième, il évangélisa aussi l’Aquitaine, étant ami des saints Martial de Limoges et Saturnin de Toulouse (v. 30 juin et 29 novembre).
Il aurait finalement ordonné évêque Urbicius pour lui succéder et se serait retiré à Issoire, dans un monastère qu’il avait fondé.
A Issoire, il aurait converti les Juifs de l’endroit, en particulier un jeune nommé Lucius, dont le père, furieux, vint décapiter Austremonius et jeta sa tête dans un puits, où il avait déjà jeté son fils Lucius.
L’épiscopat d’Austremonius aurait ainsi duré trente-six ans, après quoi il mourut, à la fin du troisième siècle (ou tout au début du quatrième) et fut enterré à Issoire. 
Il semble bien que le martyre ait été une pure invention tardive, construite autour du tombeau d’Austremonius.             
Le Martyrologe Romain mentionne saint Austremonius de Clermont au 1. novembre.


Marcellus de Paris
† 435

Fils de parents de condition modeste, Marcellus montra dès l’enfance des signes évidents de la présence divine en lui.
Tôt il fut ordonné lecteur.
Un jour, un forgeron le contraignit à prendre dans son foyer un morceau de fer rouge et à lui en dire le poids. Marcellus le prit : Il est brûlant, mais pèse neuf livres, ce qui était vrai, mais surtout, le petit garçon n’eut aucune brûlure. 
Devenu sous-diacre, il assistait l’évêque Prudentius. Il arriva, un jour d’Epiphanie, un fait vraiment extraordinaire. Ce jour-là, Marcellus puisa dans la Seine de l’eau pour la verser sur les mains de l’évêque : l’eau s’était changée en vin ; l’évêque en prit pour célébrer la Messe ; toute la communauté put en boire à la communion, sans que le précieux Liquide diminuât ; ce même vin opéra ensuite des guérisons.
Une autre fois, le brave évêque en fut pour ses frais. Marcellus avait fait chanter au chœur un petit garçon qui avait une très jolie voix ; un peu mécontent et jaloux, l’évêque fit fouetter le garçonnet : il en perdit la voix pendant trois jours, après quoi Marcellus la lui restitua en disant respectueusement au prélat : Bien que je sache, bon pasteur, que cela te soit arrivé par ta faute, au nom du Seigneur, parle comme tu le veux.
Vers 405, Marcellus devint le neuvième évêque de Paris.
Il remarqua un jour à la communion un homme absolument immobile ; il comprit que l’homme était dans le péché, mais repentant, et lui dit : Viens, communie, et ne pèche plus !
Il est aussi rapporté qu’après l’enterrement d’une noble dame dont la vie avait été désordonnée, on vit un gros serpent glisser contre le tombeau et dévorer le corps de la défunte ; Marcellus s’avança, frappa de son bâton pastoral la bête et, la liant avec son étole, la conduisit loin de là ; le serpent ne réapparut jamais : c’était sans doute une manifestation diabolique. 
Marcellus décéda vers 435. Son épiscopat avait duré trente ans.    
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Paris au 1. novembre.


Romulus de Sancerre
5. siècle

Romulus fut un prêtre à Château-Gordon, une ancienne agglomération qui donna plus tard les deux bourgs de Saint-Satur et Sancerre (Cher).
Ce prêtre aurait fondé un monastère non loin de Sancerre, à Subligny, ce qui lui vaut l’épithète d’abbé dans le Martyrologe.
L’église paroissiale de Sancerre fut mise sous le patronage de s.Romulus (Romble, localement). Elle fut détruite par les Protestants en 1569.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Sancerre au 1. novembre.


Maturinus de Larchant
5. siècle

Tardivement on a doté le nom de Maturinus d’un h supplémentaire : Mathurinus, de même que Theresa ou Catharina. Larchant se trouve au sud de la forêt de Fontainebleau (act. Seine-et-Marne).
Les parents de Maturinus, Marinus et Euphemia, étaient païens et Marinus avait été chargé par l’empereur Maximien d’exterminer tous les Chrétiens. Mais Maturinus, baptisé par l’évêque Polycarpe, amena à la Foi ses parents.
Maturinus fut ordonné prêtre à vingt-et-un ans. 
Sa sainteté fut connue au point que l’empereur Maximien le fit appeler pour guérir sa fille, possédée d’un démon. En voyage, dit le texte, Maturinus s’arrêta à Lérins pour rencontrer s.Honorat (qui en fait vécut un siècle plus tôt). A Rome, il guérit la jeune femme et demanda à l’empereur, pour toute rétribution, de quoi faire l’aumône.
Maturinus resta ainsi à Rome pendant trois ans et y mourut.
Après son ensevelissement, on le retrouva hors du tombeau, signe qu’il voulait être reporté dans sa terre natale. L’empereur acquiesça.
A Paris, une église Saint-Mathurin fut donnée aux Trinitaires, qu’on appela alors les mathurins. On surnomma aussi mathurins (ou mathelins) les fous et les possédés, qu’on amenait à cette église pour demander leur guérison. Les bouffons prirent pour patron s.Maturin, dans la mesure où ils jouaient à être fous ; mais on comprend moins pourquoi s.Maturin devint aussi le patron des potiers d’étain et des marins de Bretagne. L’église fut vendue en 1799, et plus tard démolie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Maturinus de Larchant au 1. novembre.


Severino de Tivoli
6e siècle

On n’est pas gâté dans la recherche concernant Severino.
Il aurait été ermite. On a avancé qu’il fut moine bénédictin, ce qui n’est pas prouvé.
On conservait ses reliques dans la cathédrale de Tivoli (Rome, Latium, Italie C), où on les découvrit au 17e siècle.
Au 7e siècle, une église fut élevée en son honneur tout près de Tivoli. Il y eut aussi un monastère, dont on a retrouvé les ruines au 19e siècle.
Severino a donc certainement eu une vie très sainte qui lui a valu une vénération au moins locale. Mais il devait aussi préférer l’humilité et l’effacement, en quoi il a été largement exaucé.
Saint Severino de Tivoli est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Magnus de Milan
† 530

Magnus était peut-être de la famille aristocratique des Trincheri.
Il fut le vingt-septième évêque de Milan, à partir de 518.
Au début de cet épiscopat, il fut respecté par le roi arien Teodoricus, qui cependant plus tard lui devint de plus en plus ennemi, le poursuivant de ses mauvaises intentions comme il avait déjà persécuté un Boèce et le pape lui même Jean 1er (v. 23 octobre et 18 mai).
Cependant Magnus fut «Grand» non seulement de nom, mais dans l’action, dans l’assistance aux nécessiteux de toutes sortes, dans le travail d’évangélisation.
Il mourut en 528-530.
Saint Magnus de Milan est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Vigor de Bayeux
† 538

Vigor (ou Vigile) était originaire d’Artois, de famille noble.
C’est là qu’il connut s.Vaast (v. 6 février) et peut-être qu’il fut ordonné prêtre.
Vigor voulut entreprendre la voie de la sainteté et quitta son pays. Il vint dans la région de Bayeux, où, sans perdre de temps, il accomplit déjà des miracles devant une population encore païenne. Il ressuscita un enfant.
Un riche propriétaire, Volusien, vint prier Vigor de chasser un énorme serpent qui terrorisait la région. Quel serpent ? Il faisait quarante pieds de long. Vigor lui imposa son étole et le fit disparaître dans la mer. Reconnaissant, Volusien fit don à Vigor d’une grande propriété à Cerisy. Ce serait l’origine d’un grand monastère - dont cependant on n’a jamais retrouvé de traces. Une église y fut construite au 11e siècle.
Après avoir chassé encore deux autres monstres (serpents), Vigor fut appelé à être le huitième évêque de Bayeux en 513.
Il intensifia sa lutte contre le paganisme. Le Mont Phanus qui était le théâtre d’un culte païen, devint le Mont Chrismatus, avec d’ailleurs l’appui du roi Childebert. Chaque année, Vigor voulait y baptiser trois enfants le jour de Pâques.
Un certain Bertulphe prétendit envahir et labourer toute cette étendue : Vigor, toujours vigoureux, se mit en prière et l’homme se brisa le crâne dans une chute de cheval.
On raconte aussi le prodige de la résurrection d’une oie sauvage. Toute une bande de ces bêtes ravageait la région ; un soir, Vigor leur intima l’ordre de passer la nuit dans sa grange. Au matin, il voulait les laisser partir, mais elles restaient là : Vigor soupçonna «quelque chose» et interrogea alors son serviteur, qui reconnut en avoir abattu une. Vigor se fit apporter les os de la bête, et la resssuscita.
Vigor mourut un 1er novembre, vers 538, après un épiscopat de vingt-cinq ans (au moins).
Saint Vigor de Bayeux est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Lézin d’Angers
† 610

Licinius - Lézin en français, était de grande famille, peut-être même apparenté au roi. 
Elevé à la cour, il devint conétable, puis comte d’Angers de 587 à 592.
Cet homme honnête et remarquable fut fiancé ; mais la fiancée mourut de la lèpre : Lézin y vit un signe de Dieu et préféra entrer dans le clergé.
En 592, on l’acclama évêque d’Angers ; il en était le quatorzième. Il fallut presque la force pour le convaincre d’accepter ce choix.
Il fonda le monastère Saint-Jean-Baptiste ; un jour qu’il visitait les travaux, accompagné de Mainbeuf (qui lui succéderait), il fut interpellé par douze aveugles et boîteux, qu’il guérit d’un signe de la Croix. Lézin ordonna alors de faire construire aussi une église en l’honneur de la Sainte Croix.
Une autre fois, ne pouvant obtenir des autorités la libération des prisonniers, il fit le signe de la croix sur la porte de la prison, qui s’ouvrit : les prisonniers en furent quitte pour une brève homélie, et purent regagner leur demeure.
Lézin aurait été à l’origine de l’exploitation de l’ardoise ; il est en tout cas le patron céleste des ardoisiers d’Angers (qu’on appelait les perreyeurs).
Vers (ou en) 610, Lézin fut pris de fièvre au mois d’août. Il mourut le 1er novembre et Mainbeuf lui succéda.
L’église Saint-Jean-Baptiste, où il fut enterré, prit le nom de Saint-Julien au 11e siècle, et fut détruite à la Révolution.
Saint Lézin d’Angers est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Omer de Thérouanne
600-670

Audomarus - Omer en français - naquit, croit-on, vers 600 à Orval (Coutances, Manche).
Après la mort de sa mère, il suivit son père au monastère de Luxeuil.
Un ancien moine de Luxeuil, Achaire, devenu évêque de Noyon, suggéra au roi Dagobert la nomination d’Audomarus pour le siège de Thérouanne. Audomarus en fut le premier titulaire, vers 640.
Son grand souci fut de reprendre l’évangélisation des Morins, qui étaient revenus au paganisme.
Audomarus favorisa le monachisme. Près de Thérouanne, il fonda un monastère où se développa plus tard la ville de Saint-Omer. En 651, grâce à la libéralité d’un riche seigneur nommé Adrowald, et avec quelques moines célèbres, Mummolinus, Ebertramnus et Bertin, il fonda une abbaye à Sithiu, la si célèbre abbaye plus tard appelée Saint-Bertin.
Plusieurs années avant sa mort, Omer devint aveugle ; il l’écrit lui-même en signant un acte de donation en 663, précisant qu’on lui a tenu la main pour signer.
Un autre acte de 667 atteste qu’Omer vivait encore à cette date.
Il mourut probablement en 670, à Wavrans-sur-l’Aa. Son épiscopat avait duré une trentaine d’années.
Les malades atteints de troubles visuels invoquent saint Omer. 
Saint Omer est commémoré le 1er novembre (et non le 9 septembre) dans le Martyrologe Romain. Localement, en raison de la fête de la Toussaint, on le fête le 9 septembre.

Berthold d’Engelberg

† 1197

 

Berthold (ou Bertold, ou Berchtold), dont on ne connaît pas la jeunesse, entra à l’abbaye bénédictine d’Engelberg (Suisse).

L’abbé Frowin, sur son lit de mort, demanda aux moines d’élire comme successeur Berthold, qui devint ainsi le troisième abbé de ce monastère (1178).

Durant son abbatiat, il eut le soin de préserver le patrimoine de l’abbaye, constitué avant lui.

De nombreux manuscrits furent rédigés et décorés à Engelberg, qui se trouvent encore dans le trésor de la bibliothèque.

Il y eut une polémique à cette époque, concernant les âmes des justes morts avant la venue du Christ. Berthold écrivit un ouvrage pour réfuter les thèses de Burchard, abbé de Saint-Jean de Thurtal et celles d’Arnaldo de Brescia, qui prétendaient que des personnages comme Abraham et Moïse se trouvaient en enfer. Burchard reconnut son erreur.

Il prédit la mort de Frédéric Barbarossa, parti en croisade. Par sa bénédiction, il fit abonder le poisson dans le proche lac de Stanzstad et, par trois fois changea l’eau en vin.

Doux pour les autres, sévère pour lui-même, Berthold mourut le 1er ou le 3 novembre 1197.

Il n’est pas mentionné au Martyrologe Romain.

Détruite par un incendie en 1729, l’abbaye d’Engelberg («Montagne des Anges») fut reconstruite et abritait une double communauté de quarante moines et quatre-vingts moniales, mais fut pillée par les Français en 1798. Aujourd’hui, c’est une communauté très active.

 

 

Simone de Collazzone

1208-1250

 

Le toscan Simone était le neveu de l’empereur Othon IV, dont l’épouse était sa tante maternelle. Il naquit à Collazzone (Pérouse, Italie C).

Une fois entré chez les Frères Mineurs, il fut envoyé en Germanie vers 1221-1223.

Sa prudence et son humiité lui valurent les postes de ministre de la Marche, puis de l’Ombrie.

Il prêchait bien, si bien qu’il conquit sa mère, ses sœurs et ses nièces à la vie religieuse ! Outre ce «miracle», on lui en attribuait beaucoup d’autres, comme la résurrection d’un enfant noyé.

En 1248, on le trouve à Marseille.

Il s’éteignit vers 1250 , un 1er novembre.

Le procès de canonistiton fut ouvert dès 1252, repris aux 18e et 19e siècles, mais sans aboutir et, malgré un culte public bien vivant, le Martyrologe ne l’a pas retenu.

 

 

Raniero de Borgo Sansepolcro

† 1304

 

Raniero (Raignier) naquit à Borgo Sansepolcro («le quartier du Saint Sepulcre», Toscane, Italie C)).

Il entra chez les Franciscains de cette localité comme frère convers, et y accomplit les tâches les plus humbles, dans l’effacement, uniquement pour servir Dieu dans ses Frères ; il fut ainsi jardinier, portier, quêteur.

Les gens le connaissaient bien et recoururent à lui car sa prière (et sa sainteté) obtenaient des grâces et des miracles. Très peu après sa mort, une paralytique obtint la guérison après avoir invoqué «le nouveau Saint» de Borgo. Deux petits bébés morts-nés furent aussi ressuscités par son intercession, ce pourquoi on invoque Raniero pour les jeunes mamans.

Raniero mourut en plein service fraternel, le 1er novembre 1304, dans la cave d’où il prenait les victuailles pour le repas. Si Jésus naquit dans une étable, Raniero mourut dans la cave ; le serviteur imitait l’humilité du Maître.

Le culte du bienheureux Raniero fut reconnu en 1802 et le Martyrologe le mentionne au 1er novembre.

 

Il y a un autre bienheureux Raniero di Borgo Sansepolcro, au 16e siècle, absent du Martyrologe.

 

 

Pietro Paulo Navarro

1560-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Pietro Paulo vit le jour le 25 décembre 1560 à Laino Borgo (Cosenza, Calabre, Italie).

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1578 et fut envoyé en 1584 aux Indes, où il fut ordonné prêtre en 1586.

En 1588, il passa au Japon, où pu dominer très vite la langue et se donna à un ministère très actif : il fut le premier à pénétrer dans la proviince d’Iyo, où il resta six mois, puis il passa à Nagasaki, Ōmura, Arima, quatre années à Amangoutchi, douze ans dans le Bungo.

Lors de la persécution de 1614, il s’éloigna prudemment, mais revint peu après, accomplit une nouvelle mission au Fiunga, rentra dans la Bungo et fut finalement désigné pour être recteur du Takaku.

Il avait composé une Apologie du Christianisme, et traduit l’ouvrage marial du père Spinelli, Thronus Dei, Maria Deipara.

En 1621, le père Navarro se trouvait depuis peu à Fatchiovaro et voulut courageusement rejoindre la communauté chrétienne d’Arima pour Noël. Cette région était gouvernée par un seigneur favorable aux chrétiens, et qui se vantait qu’il n’y avait chez lui aucun Religieux. Or voià qu’on lui amena le père Navarro : contrarié, le seigneur le dissimula à Shimabara, en rendant responsables de sa personne quatre chrétiens de cette ville et cinq d’Arima. Il aurait bien préféré s’en débarrasser en l’envoyant aux Philippines, mais il n’osait sans ordre supérieur. Il s’inquiétait de sa santé, lui faisant porter des fruits et le laissant absolument libre de recevoir des fidèles et d’administrer les sacrements. Un jour, il le convoqua pour s’entretenir de la religion chrétienne et fut si satisfait de son exposé qu’il en demanda une copie.

Des mois durant, le père Navarro mena cette vie calme, sans en deviner le terme. Le 17 octobre 1622, il en était venu à se demander s’il partagerait le sort de ses confrères brûlés le 10 septembre, lors du Grand Martyre, et soudain arriva la sentence de mort : il l’annonça lui-même à un autre missionnaire, le 28 octobre, avec une profonde action de grâce à Dieu pour un tel bienfait.

Le père Pietro Paulo Navarro devait être supplicié par le feu, avec les trois Japonais accusés de l’avoir aidé. Le seigneur devait obéir aux ordres, mais par amitié pour le missionnaire, il tint à être présent à l’exécution, pour éviter tout supplice inutile.

Au matin du 1er novembre 1622, fête de Tous les Saints, le père célébra la Messe devant une vingtaine de fidèles, auxquels il fit une homélie très touchante. Il écrivit ensuite au Provincial, attendant incessamment l’heure de mourir brûlé vivant pour Jésus-Christ. Un peu avant midi, les condamnés furent emmenés ; l’un d’eux se confessa, puis le Père entonna les litanies (sans doute celles des Saints), auxquelles répondirent ses compagnons.

Ils furent attachés à des colonnes et le bûcher fut allumé, à faible distance, pour provoquer une mort lente, par asphyxie progressive. Puis les corps restèrent là exposés pendant trois jours. Réduits en cendres, ils furent jetés à la mer.

Né le jour de Noël, Pietro Paulo Navarro entra au Paradis en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Clemens Kyūemon

1574-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était un Japonais né vers 1574.

Laïc baptisé, il fut le guide du père Navarro, avec lequel il fut arrêté. 

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Dionisius Fujishima Jubyōe

1584-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Dionisius était né vers 1584 à Aitsu (Nagasaki, Japon).

Baptisé dans son enfance, il avait quitté sa famille païenne après la mort de son père, pour se mettre au service du père Navarro. 

Il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Onizuka Sadayū

1604-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était né vers 1604 à Hachirao (Japon).

Baptisé, il fut très vite au service du père Navarro. 

A dix-huit ans, il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

Jerónimo Hermosilla Aransáez

1800-1861

 

Jerónimo naquit à Santo Domingo de la Calzada (La Rioja, Espagne) le 30 septembre 1800, dernier des neuf enfants de Agustín Julián Hermosilla y Sáenz e de Catalina Aransay, qui étaient pauvres.

Orphelin de père à dix ans, Jerónimo aida sa maman au service d’un prêtre, à Cordovín.

Il entra chez les pères Dominicains de Valencia, grâce à l’appui de certains pères qui l’avaient connu durant ses études secondaires.

En 1820, il dut interrompre ses études pour trois ans, engagé dans les troupes royales de Fernando VII. Il les reprit en 1823.

En 1824, il fut envoyé à Manille (Philippines), où il acheva ses études de théologie et reçut le sacerdoce (1828).

Envoyé au Tonkin, il y apprit la langue et participa aux missions avec les catéchistes et les religieuses dominicaines.

Il succèda en 1841 comme évêque du Tonkin à saint Ignacio Delgado (voir au 12 juillet) qui venait d’être martyrisé.

Son activité missionnaire ne s’arrêtait pas, malgré les dangers de la persécution. Un soldat apostat finit par trahir et révéler sa cachette.

Mgr Jerónimo Hermosilla fut arrêté avec ses Compagnons (Valentín de Berriochoa et Pedro Amató Robera). Ils furent d’abord enfermés dans une petite cage d’un mètre vingt de hauteur.

Tous trois moururent décapités à Hai-Duong, le 1er novembre 1861, jour où les commémore le Martyrologe.

Le corps du bienheureux évêque repose actuellement dans la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, son lieu de naissance.

Il a été béatifié avec ses deux Compagnons en 1906 et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-huit Martyrs du Tonkin, d’Annam et de Cochinchine (Viêtnam), et qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Valentín Berriochoa

1827-1861

 

Valentín (on trouvera aussi Balentín ou Balendín Berrioxoa, en basque) naquit à Palacio de Arriola (Elorrio, Biscaye, Espagne) le 14 février 1827, de Juan Isidro Berriochoa et María Mónica Aristi. Au baptême, il reçut les noms de Valentín-Faustino, car on fête le martyr saint Valentin le 14 février, comme chacun sait.

Il fréquenta le séminaire de Logroño dès 1845, d’où il sortit trois ans pour aller aider sa famille. Il y retourna et reçut l’ordination sacerdotale en 1851.

Il entra chez les pères Dominicains à Ocaña (Tolède) en 1854, et on l’envoya dès 1856 à Manille, et de là aux missions du Tonquin.

C’était la période de la persécution de Tu-Duc, qui considérait les missionnaires européens comme des émissaires des gouvernements étrangers pour assujettir son royaume. C’est ainsi que fut arrêté et martyrisé le Vicaire Apostolique José María Díaz Sanjurjo (voir au 20 juillet).

En 1857, en la fête de Noël, le père Valentín fut nommé évêque de Centuria et coadjuteur du Vicaire Apostolique Melchor García Sampedro, auquel il succèda après le martyre de ce dernier (voir au 28 juillet), en 1858.

Il ne put exercer son apostolat épiscopal que trois ans. Arrêté sur dénonciation en 1861, il fut soumis à des interrogatoires. Jusqu’à présent on le connaissait sous le nom de Vinh, «le victorieux» ; on lui demanda s’il avait rencontré les agitateurs révoltés en 1858, à quoi il répondit qu’il avait toujours conseillé de ne pas prendre les armes ; on lui demanda s’il connaissait l’évêque Hermosilla, à quoi il répondit, bien sûr, par l’affirmative.

Comme ce dernier, Mgr Berriochoa fut enfermé dans une petite cage où il ne pouvait pas tenir debout. 

Peu de temps après, on l’interrogea encore en lui proposant de renier sa foi. Sur son net refus, il fut condamné à mort, et décapité le 1er novembre 1861. Il avait trente-quatre ans.

Béatifié en 1906, Mgr Berriochoa a été canonisé en 1988, parmi les cent dix-huit Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

Son corps a été ramené au Pays Basque où il repose dans l’église paroissiale de Elorrio.

Saint Valentín Berriochoa, évêque et martyr, est mentionné le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Pere Josep Almató Ribera Auras

1830-1861

 

Ce prêtre dominicain eut la particulière destinée de naître et de mourir le 1er novembre.

Il était né à San Feliú Saserra (Barcelona, Espagne).

Entré chez les Dominicains, il fut donc envoyé prêcher la Bonne Nouvelle au Tonkin en 1855.

Arrêté, il fut sommé de fouler aux pieds un crucifix, ce qu’il refusa de faire, préférant l’adorer à genoux.

Il fut décapité par ordre de l’empereur Tu-Duc le 1er novembre 1861 à Hai Duong (Tonkin). Il avait trente-et-un ans.

Son confesseur en Espagne attesta qu’il était toujours resté très chaste et n’avait jamais souillé son âme d’un quelconque péché mortel.

Béatifié en 1906, il est un des nombreux Martyrs du Tonkin canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

Le dies natalis de saint Pere (Pierre) est le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

 

 

Teodor Jurij Romzha

1911-1947

 

Teodor Jurij (Théodore Georges) naquit le 14 avril 1911 en pays ruthène, à Velikij Bychkiv (Maramorosh), d’humbles parents.

Jeune, il n’eut qu’une ambition, d’abord cachée, celle de devenir prêtre.

Au terme de ses études au lycée à Chust, il était regardé comme un des meilleurs élèves, d’autant plus qu’il était un excellent joueur de foot-ball. Aussi ce ne fut pas sans surprise qu’on apprit peu après qu’il avait l’intention de se préparer au sacerdoce.

Il fut pour cela envoyé à Rome, au Collège Germanique d’abord, puis au Séminaire Pontifical Russe. Il était ainsi providentiellement amené à être informé sur le communisme, qui allait sévir dans son pays natal.

Il fut ordonné prêtre le jour de Noël, 25 décembre 1936.

Il ne revint dans son pays que l’été suivant. Il prévoyait d’y célébrer sa «première» liturgie, puis de retourner à Rome l’année suivante, en vue de son doctorat en théologie, mais il fut plutôt enrôlé dans l’armée pour combattre l’invasion allemande.

Après son service militaire, l’évêque jugea opportun de garder Teodor dans son pays, et lui confia une petite paroisse près de Maramorosh, Berezovo. C’était la pauvreté même ; Teodor n’avait parfois qu’un repas pour sa journée, mais ne s’en plaignait jamais. Il montrait même sa joie d’être pauvre parmi les pauvres. Les paroissiens de Berezovo furent conquis par leur pasteur, qui exigeait d’eux une vraie vie de Foi.

En 1939, la Hongrie envahit à nouveau la Ruthénie, provoquant de gros bouleversements politiques et religieux. On contraignit l’évêque Stojka à remanier les études du séminaire, ce qui aboutit à nommer le père Teodor directeur spirituel et professeur de philosophie au séminaire de l’éparchie de Uzhorod.

Un de ses élèves dira plus tard : Il était sévère comme professeur, mais paternel et doux comme directeur spirituel.

Le père Teodor consacra aussi une partie de son temps à aider les paroisses environnantes dans le ministère pastoral. Il avait une prédilection pour prêcher les retraites aux jeunes étudiants. Dès qu’il avait un sou en poche, il le donnait aux pauvres. 

L’évêque appréciait le prêtre, et obtint pour lui la dignité honorifique de Prélat de Sa Sainteté ; «Monseigneur» Romzha porta toujours son titre avec discrétion et grande modestie.

En 1943, l’évêque Stojka mourut subitement, vite remplacé temporairement par l’évêque Nicholas Dudash, comme Administrateur de Mukachevo ; mais le Saint-Siège préféra nommer sans attendre Mgr Romzha comme Administrateur Apostolique de Mukachevo. Il fut ordonné évêque en 1944, à Uzhorod.

Juste après, la Ruthénie, envahie par les troupes russes, était incorporée d’office dans la Tchécoslovaquie, et, en 1945, dans l’Ukraine soviétique.

Au début, l’évêque chercha à ne pas s’opposer ouvertement au gouvernement soviétique, mais il dut intervenir officiellement quand il sut que les prêtres étaient tour à tour retirés de leurs paroisses. La réponse fut violente : puisque le Vatican s’opposait au gouvernement soviétique, le gouvernement soviétique ne pouvait supporter d’avoir chez lui des prêtres favorables au Vatican ; donc, seule solution : se séparer du Vatican et se soumettre au patriarche orthodoxe de Moscou. Mgr Romzha déclara franchement qu’il préférait mourir, que de trahir l’Eglise gréco-catholique. C’était la lutte ouverte.

Un évêque «officiel» fut nommé pour Mukachevo, appuyé par la presse et les autorités soviétiques, qui ne cherchait rien d’autre que liquider la hiérarchie gréco-catholique.

Le gouvernement confisqua la voiture de Mgr Romzha, qui continua ses tournées en voiture à cheval, pour aller relever le courage de ses diocésains, les exhortant à rester fidèles, jusqu’à la mort ou au martyre, s’il le fallait.

On lui répondit avec enthousiasme. Même des orthodoxes, remarquant les injustices qu’on imposait aux catholiques, demandèrent à Mgr Romzha d’être admis dans l’Eglise catholique.

Les autorités soviétiques n’arrivant pas à abattre l’intrépide évêque, on tenta de le faire disparaître plus vite. Le 27 octobre 1947, Mgr Romzha revenait d’avoir consacré une église près de Mukachevo, quand un camion militaire renversa sa voiture à cheval. On le frappa à coups de crosse de fusil.

L’évêque blessé fut secouru par des passants et conduit à l’hôpital de Mukachevo, où il se reprit après quelques jours. 

Puis, brusquement, le 1er novembre suivant, on le trouva mort dans sa chambre. Or, la nuit précédente, on avait vu entrer dans sa chambre le directeur de l’hôpital et une mystérieuse «infirmière» qui disparut ensuite. Mgr Romzha fut certainement empoisonné, à trente-six ans.

Officiellement, les autorités soviétiques affirmèrent que l’évêque avait succombé aux blessures de l’accident, mais personne ne s’y trompa.

Mgr Teodor Jurij Romzha a été béatifié en 2001.

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 00:00

31 OCTOBRE

 

III.

SS Epimachios et Alexandros, martyrs à Alexandrie, arrosés de chaux vive (ou décapités).

S Quentin, romain venu à Amiens, martyr ; la ville de Saint-Quentin lui doit son nom. 

?

S Erc, irlandais, évêque en Cornouaille.

VII.

S Foillan, irlandais venu à Fosses, abbé et peut-être évêque ; assassiné traitreusement par des brigands ; invoqué pour le beau temps, les moissons, la guérison des maux de tête et des maladies nerveuses.

S Antoninus, évêque à Milan.

VIII.

Ste Norburge, vierge à Cologne, dans le monastère fondé par sa tante Plectrude ; elle aurait eu la grâce de mourir avant un mariage qu'elle refusait.

X.

S Arnoul, moine martyr à Novalesa. 

S Wolfgang, évêque à Ratisbonne ; très intelligent, il préféra vivre à l'abbaye de Einsiedeln, puis missionna en Hongrie, avant d'être consacré ; il travailla à la réforme monastique et veilla à la sainteté de son clergé. 

XII.

B Christoforo de Romagne, franciscain italien, envoyé par s. François fonder des couvents à Gourdon, Martel, Figeac, Mirepoix et Cahors ; mort centenaire.

XV.

B Tommaso Bellacci de Florence, devenu franciscain après une jeunesse relâchée, mystique ; il fit partie d'une expédition en Orient et faillit avoir la joie du martyr, mais il fut libéré par la rançon versée à temps par le pape, à son grand désappointement.

XVII.

S Dominic Collins, jésuite irlandais martyr.

S Alonso Rodríguez Gomez, coadjuteur jésuite espagnol ; marié, il perdit sa fillette, sa femme, son fils, et sa fortune ; jésuite, il fut envoyé sur l'île de Majorque comme portier, exemplaire par son obéissance et son humilité et favorisé de grâces mystiques.

XX.

Bse Mercede Stefani (Irene, 1891-1930), missionnaire italienne au Kenya, morte de la peste, béatifiée en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Charité : à Madrid, Modesta Moro Briz et Pilar Isabel Sánchez Suárez (*1901, 1906) ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Jesús Miquel Girbau (Timoteu, *1897) ;

- béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : à Madrid, Josefa Ytóiz et Asunción Pascual Nieto (*1871, 1887).

B Leon Nowakowski (1913-1939), prêtre polonais fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Gjon Pantalia (1887-1947), frère jésuite albanais, martyr, béatifié en 2016.

Miguel Tiu Imul (1941-1991), laïque guatémaltèque, catéchiste, directeur de l'Action Catholique, martyr, béatifié en 2020.

Ste María Isabel Salvat Romero (María de la Très Pure Marie et de la Croix, 1926-1998), religieuse espagnole des Sœurs de la Compagnie de la Croix, béatifiée en 2010, canonisée en 2015.

 

Epimachius le Pélousiote

† 250

 

(Voir aussi la notice Epimachus et Alexander d’Alexandrie avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia, au 12 décembre)

Il faudra peut-être orthographier Epimachios ; on lui a souvent donné un compagnon en la personne d’Alexandros (ou Alexander).

Epimaque aurait été originaire de Pelusium (auj. Tell el-Farama, embouchure NE du Nil, Egypte).

Ayant vu que le préfet voulait contraindre des Chrétiens à offrir des sacrifices aux idoles, il vint renverser l’autel.

De ces deux Martyrs, leur évêque, s.Denys (v. 8 avril) écrivit ceci :

Epimaque et Alexandre, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent eux aussi arrosés de chaux vive.

L’expression eux aussi fait allusion à d’autres Martyrs, dont nous ignorons ici l’identité. Mais l’expression arrosés de chaux vive contredit un autre récit, dans lequel Epimaque fut finalement décapité.

Le martyre dut avoir lieu sous l’empereur Dèce, vers 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Epimachius le Pelusiote, seul, au 31 octobre.

 

 

Quentin

3e siècle

 

Quentin, en latin Quinctinus («le petit cinquième»), était le fils d’un sénateur romain.

Chrétien, il fut envoyé en Gaule de concert avec saint Lucien pour évangéliser le nord du pays. Tandis que Lucien restait à Beauvais (où il recevra le martyre, voir au 8 janvier), Quentin se dirigea sur Amiens.

C’est là que Quentin sera dénoncé à un tristement célèbre préfet militaire, persécuteur infatigable, Rictiovarus de son nom. Voici le dialogue qu’on en a rapporté :

 

« Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus. 

- Je m'appelle Chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin. 

- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions ! 

- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.

- Quitte ces folies et sacrifie aux dieux. 

- Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer. 

- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort. 

- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme. »

 

Quentin fut torturé, puis décapité.

D’après saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), le corps de saint Quentin fut jeté dans la rivière, et retrouvé par une pieuse aveugle, qui depuis lors fut guérie de sa cécité.

Saint Eloi (v. 1er décembre), l’évêque de Noyon, affirma avoir retrouvé les reliques du Martyr, au 7e siècle.

Saint Quentin fut donc martyrisé à Augusta Veromandorum, devenue par la suite Vermand, capitale du Vermandois, et maintenant la belle ville de Saint-Quentin.

Sa fête est au 31 octobre.

 

 

Foillan de Fosses

† 655

 

On se souviendra que s.Fursy (v. 16 janvier) avait deux frères, Foillan et Ultan, nés comme lui sur l’île d’Inishquin (Lough Corrib, Irlande), de Fintan et Gelges.

De Foillan, on a aussi bien d’autres graphies : Faelan, Faolan, Foelan, Foalan ; Feuillien, Pholien, Flien.

Foillan et Ultan restèrent au monastère de Rathmat, tandis que Fursy continuait sa mission.

Puis avec eux, il fonda un autre monastère à Cnobheresburg (act. Burgh Castle, Norfolk), dont Foillan fut abbé, en 644.

Cette abbaye fut cependant bientôt pillée par le roi de Mercie. Les moines eurent à peine le temps d’emporter tous leurs «biens» : reliques, livres et ornements liturgiques, et embarquèrent à destination de la Gaule.

Le maire du palais, Erchinoald, qui avait déjà très bien reçu précédemment Fursy, accueillit favorablement Foillan et ses moines à Péronne, d’où ils partirent à Fosses (Belgique).

Là s’éleva bientôt leur monastère, grâce à l’appui de sainte Itte (v. 8 mai ?) et de Grimoald, le fils de Pépin de Landen.

Foillan fut abbé - et peut-être même évêque de Fosses.

De Fosses, Foillan ne manquait pas d’aller visiter l’abbaye de Nivelles, où se trouvait sa bienfaitrice Itte.

C’est ainsi qu’il lui arriva d’aller y célébrer la vigile de saint Quentin, le 30 octobre 655, avec trois compagnons.

Au retour, ils furent égarés dans la forêt Charbonnière par un coquin qui les amena à une cabane de brigands, peut-être située près de Strépy. Ils furent accueillis avec une feinte cordialité mais, une fois assoupis, furent assassinés sauvagement.

Foillan eut juste le temps de crier Deo gratias !

Les quatre corps furent décapités, dénudés, dépecés et jetés, dans un trou à purain de porcherie, le 31 octobre 655.

Bien sûr, on s’inquiétait à Fosses. Après beaucoup de prières, de jeûnes, et soixante-dix-sept jours de recherches, cette sordide histoire fut découverte, en la fête de s.Fursy (16 janvier).

Cette nuit-là, se trouvaient à Fosses l’évêque de Poitiers, Dido et le maire du palais Grimoald ; l’évêque eut un avertissement intime d’aller au-devant de la dépouille de Foillan.

Ce meurtre fut considéré comme un martyre, d’autant plus que nombre de miracles s’opérèrent à la tombe et par l’intercession de s.Foillan.

Ajoutons enfin que l’on invoque s.Foillan pour le beau temps et les moissons, contre les maux de tête et les maladies nerveuses.

Saint Foillan de Fosses est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antoninus de Milan

† 661

 

Antonino fut peut-être de la famille aristocratique des Fontana, à Milan. On ne trouvera rien d’autre sur sa personne.

Il devint le trente-neuvième évêque de cette ville de Milan. Son épiscopat dura juste un an.

Saint Antoninus de Milan est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wolfgang de Ratisbonne

924-994

 

Wolfgang naquit vraisemblablement à Pfullingen (Souabe, Allemagne S) vers 924, de parents libres, moyennement riches.

Le garçon, une fois moine, traduisit malicieusement en latin son nom : Lupambulus, Loup (Wolf) qui marche (gehen).

A sept ans, Wolfgang fut placé chez un prêtre qui l’initia à la Bible, puis il étudia à l’abbaye de Reichenau et à l’école cathédrale de Würzburg, sous la direction d’Etienne de Novare. Mais un jour que Wolfgang sut mieux expliquer qu’Etienne un passage difficile d’un ouvrage latin, Etienne, vexé, le renvoya.

En 956, un de ses anciens confrères de Reichenau devint évêque à Trèves et l’appela auprès de lui. Wolfgang accepta seulement de former les jeunes élèves ; il nourrissait les plus pauvres d’entre eux, organisa la vie commune, tout en adoptant pour soi-même un style de vie déjà très simple, quasi monastique.

On voulut le nommer évêque de Trèves quand le siège fut vacant, ou à Cologne, auprès de l’archevêque Bruno (v. 11 octobre), mais il leur «échappa», alla partager ses biens entre les siens et entra en 965 au monastère bénédictin d’Einsiedeln (Suisse).

Wolfgang devint très vite une lumière consultée par tous les moines.

En 968, il fut ordonné prêtre. Fait curieux : alors qu’il désirait tant la vie retirée du monastère, Wolfgang sentit l’irrésistible besoin, une fois prêtre, d’aller prêcher dans la région de Pannonie (auj. Hongrie), où d’aucuns supposent qu’il baptisa lui-même le duc Geisa.

En 972, il fut cependant rappelé et on réussit à le nommer évêque pour Ratisbonne (Regensburg).

C’est lui qui, en 975, fonda le chœur cathédral, à l’origine des Domspatzen (Petits Chanteurs de Ratisbonne).

Une fois investi, son souci fut de relever le clergé, en commençant par les moines. Il releva l’abbaye bénédictine Saint-Emmeran de Ratisbonne en la rendant indépendante des Chanoines de la cathédrale Saint-Pierre. L’abbaye devint une pépinière de saints évêques, de précepteurs princiers, rayonnant au loin par son activité morale et intellectuelle. De son côté, l’évêque s’occupait des études et contrôlait personnellement les travaux des étudiants.

A l’intention des moniales, dont la vie claustrale s’était pareillement relâchée, il construisit un nouveau monastère où il invita celles qui le voulaient à y venir vivre la règle bénédictine dans son authenticité. L’abbaye connut un grand essor.

La région de Prague faisait partie du diocèse de Ratisbonne ; on voulut créer un nouveau diocèse pour Prague, et Wolfgang accepta de bon gré cette «séparation» de son propre diocèse. Il visita consciencieusement tout son territoire, prêchant et sachant toucher les cœurs. Il surveillait le bon état des sacristies.

Wolfgang conserva toujours son habit monacal, mais aussi ses habitudes claustrales, tôt levé, priant beaucoup dès le matin, célébrant la messe avec effusion de larmes ; il recevait qui voulait le rencontrer, invitant à sa table des pauvres.

En 994, il tomba malade à Pupping, lors d’un déplacement pour visiter la partie orientale du diocèse. Il reçut le viatique et demeura couché sur le sol dans un oratoire. Ses dernières paroles furent : Que Dieu ait pitié de moi pauvre pécheur, qui subis maintenant  la mort, et de tous ceux qui me regardent avec crainte et humilité. Puis il s’endormit définitivement.

Il mourut le 31 octobre 994 et fut canonisé en 1052.

Il est le céleste patron de la Bavière, de la ville et du diocèse de Ratisbonne, mais aussi de quantité d’artisans ; on l’invoque pour les maladies des hommes et du bétail. Des proverbes affirment que la pluie du 31 octobre annonce une bonne récolte pour l’année suivante.

Cristoforo de Romagne

1170-1272

 

Cristoforo était né vers 1170 en Emilie Romagne, Italie CE, à Cesenatico ou à Cesena.

Devenu prêtre séculier, il était curé, peut-être à Cesena, où son culte est resté vivant. Vers la quarantaine, il connut avec enthousiasme l’idéal franciscain et rejoignit les premiers compagnons du Fondateur.

Saint François (v. 4 octobre), l’envoya en 1217 avec quelques autres frères en France, pour répandre la réforme franciscaine. Il prêcha parmi les lépreux.

Il passa dans le Lot, à Martel, où il accomplit quelques miracles. Il annonça la chute imminente d’un énorme rocher du Mont- Saint-Cyr, permettant aux habitants de s’écarter avant la catastrophe.

 En 1219, à Assise, il participa au chapitre général, qui rassemblait déjà des milliers de frères.

Cristoforo repartit pour la France et fonda plusieurs couvents, à Mirepoix, Cahors, Gourdon, Martel et Figeac. Il fut le premier provincial de France. Signalons au passage que dans le seul 13e siècle, il y eut environ cent-quarante fondations de monastères dans le sud de la France, dont 60% étaient franciscains.

Bien souvent, les fidèles qui assistaient à la messe de Cristoforo purent contempler une lumière illuminant la modeste chapelle, ou une auréole de feu entourant la tête du bienheureux.

Au chapitre provincial d’Arles (1224), auquel assista Cristoforo ainsi que saint Antonio de Padoue (v. 13 juin), et pendant que ce dernier prêchait, saint François apparut, au sein d’une vive lumière bénissant chacun de ses fils.

Le 3 octobre 1226 au soir, à la mort du même saint François, Cristoforo se trouvait au couvent de Martel, perdu en extase, quand il vit saint François venir à lui et lui dire : Mon fils, parcours ta province, et va dire à mes frères que j’ai cessé de combattre le combat de la vie, et que j’ai quitté ce monde pour la patrie céleste.

Après avoir passé sa vie entière à propager en France l’ordre des Mineurs, Cristoforo, déjà centenaire, sentit peu à peu ses forces décliner. Réunissant autour de son lit les religieux du couvent, il leur adressa ses dernières exhortations. 

Il s’endormit dans le Seigneur à Cahors le 31 octobre 1272.

On lui attribua de nombreux miracles de son vivant, et plus encore sur sa tombe.

Ses reliques furent dispersées en 1580 par les Huguenots, qui incendièrent les monastères franciscains de Cahors et de Figeac.

Son culte fut approuvé en 1905.

 

 

Tommaso Bellacci de Florence

1370-1447

 

Fils de bouchers, et d’une mère très pieuse, Tommaso naquit vers 1370 à Lunari (Florence, Italie C).

A l’adolescence, il fut pris dans le tourbillon de l’agitation au point de risquer la prison. C’est alors qu’un bon chrétien le ramena à de meilleurs desseins : il demanda à entrer chez les Franciscains, à Fiesole, alors qu’il avait une vingtaine d’années.

On l’accueillit peut-être avec quelque réserve, mais Tommaso était résolu à expier ses forfaits et entama une vie de pénitence extraordinaire, avec des austérités effrayantes, mais surtout en pratiquant toutes les vertus, soutenu en cela par la grâce divine.

Il parvint à un haut degré de contemplation ; ses supérieurs le laissèrent s’isoler dans la campagne et dans les bois, où il restait parfois plusieurs jours. On l’aperçut élevé jusqu’au sommet des grands arbres de la forêt, et bien souvent environné d’une lumière éclatante.

Lui, le frère convers, fut nommé maître des novices ; sa renommée induisit d’autres franciscains à passer à l’Observance et à se mettre à son école.

On confia à Tommaso le soin de diriger toute une province en Calabre ; pendant plusieurs années il s’occupa à fonder des couvents réformés, et les miracles qu’il opérait consolidaient son œuvre et intensifiaient sa réputation de sainteté.

Six années plus tard, il était de retour en Toscane, pour travailler à la répression des fraticelles hérétiques, dont il réussit à débarrasser la région au bout de sept années d’effort, ce qui lui valut d’être nommé par le pape commissaire provincial. Lui-même s’établit alors à Scarlino.

C’est à Scarlino que se vérifia un prodige assez curieux et unique. Tommaso instaura la coutume de sortir de nuit avec tous les religieux dans le bois voisin en priant les psaumes de la pénitence, et chacun rejoignait sa cabane de branchages. Une nuit, des loups vinrent troubler la prière par leurs hurlements ; Tommaso intervint, leur reprocha d’avoir troublé la prière, et leur demanda gentiment de se taire, à quoi ils obtempérèrent. A la fin de la prière, chaque loup vint accompagner un des religieux et ne le quitta qu’après en avoir reçu la bénédiction. Le prodige se répéta chaque nuit, jusqu’à ce que, par une nuit froide d’hiver, les religieux ne sortirent pas, et dès lors les loups disparurent.

La renommée de Tommaso arriva sur l’île d’Elbe et en Corse, où on l’invita à fonder des couvents.

En 1439, il fit partie d’une délégation pontificale en Orient, pour inviter les chrétientés orientales au concile de Florence, où l’on devait chercher à parvenir à l’Unité.

Ce fut pour Tommaso l’occasion d’être reçu avec grande bienveillance par le sultan d’Egypte. Ses étapes successives ne sont pas claires chez les chronistes : il semble qu’il soit passé par Constantinople et la Géorgie. De l’Arabie, il chercha par trois fois à entrer en Ethiopie ; deux fois il fut arrêté et mis aux fers et dut sa libération à des marchands florentins qui payèrent une rançon (à moins que ces arrestations aient eu lieu auparavant, lors du passage par Constantinople) ; une troisième fois encore, il fut arrêté, torturé, abandonné dans une citerne vide avec à peine de quoi manger ; sa douceur convainquit les bourreaux de le transférer dans une prison meilleure et même de le laisser sortir : il en profita pour prêcher ; de nouveau arrêté, fouetté et condamné à mort, il fut libéré in extremis par une rançon payée par le pape lui-même. Toute sa vie, il regrettera d’avoir perdu cette occasion de verser son sang pour le Christ.

Il rentra en Italie, fut accueilli avec joie à Rome et regagna Scarlino en 1445.

En 1447, on le retrouve à Monte Piano d’où, deux ans après, il tenta de repartir à Rome pour solliciter du pape l’autorisation de repartir en Egypte. Mais c’était sans compter avec son grand âge, car il avait bientôt quatre-vingts ans. En fait, la fièvre l’arrêta à Rieti, où il mourut le 31 octobre 1447.

Son culte fut reconnu en 1771.

 

 

Dominic Collins

1566-1602

 

Le nom gaélique de Dominic Collins est Doiminic Ó Coileáin.

Il naquit vers 1566 à Youghal (Cork, Irlande), dans une famille bien connue ; son père et son frère occupèrent la charge de Mayor de la ville.

En 1586, Dominic vint à Nantes et travailla pendant trois ans dans diverses hôtelleries, dans le but de gagner de quoi se payer un cheval et s’engager dans la cavalerie.

En 1589, il rejoignit les troupes de la Ligue Catholique du Duc de Mercœur, Philippe Emmanuel, contre les Huguenots ; il reçut le grade de capitaine (et précisément Capitaine La Branche), et fut nommé gouverneur des territoires repris aux Huguenots.

Avec une lettre de recommandations pour le roi Felipe II, il s’engagea dans l’armée espagnole et fut en garnison à La Coruña. Après neuf années, il décida de quitter l’armée, et le roi Felipe lui accorda une pension de vingt-cinq écus mensuels.

Cette belle aventure militaire allait s’orienter vers une autre milice : la Compagnie de Jésus. En effet, durant le carême de 1598, Dominic rencontra un père Jésuite, qui avait fondé un collège irlandais à Salamanque. Dominic voulut entrer dans l’Ordre, et fut présenté aux autorités du collège. Il fallait éprouver la vocation de ce soldat de trente-deux ans, examiner s’il pouvait se préparer au sacerdoce ou plutôt servir comme Frère lai. Dominic fit le noviciat à Santiago de Compostela. Il donna toute la mesure de ses capacités lors d’une épidémie, durant laquelle il se dévoua de façon remarquable et efficace auprès des malades et des mourants. Il était bien un peu vif de caractère, un peu obstiné aussi, mais ses bonnes qualités le firent accepter à la première profession, en février 1601.

Peu après, il fut désigné pour accompagner l’expédition de Felipe II, qui voulait aider les troupes irlandaises contre les anglaises. L’expédition partit en septembre 1601, mais n’arriva qu’en décembre à cause des très mauvaises conditions météorologiques ; de plus, la bataille de Kinsale (24 décembre) fut un désastre et Dominic resta auprès des cent quarante-trois soldats irlandais dans le château de Dunboy. Quand ce château tomba aux mains des Anglais en juin 1602, tous ces soldats, sauf deux, furent pendus ; après les avoir emmenés à Cork et les avoir torturés, les Anglais exécutèrent aussi les deux derniers soldats. Mais ils maintinrent en vie Dominic, voulant arriver à le faire apostasier dans sa propre ville d’origine : ils l’emmenèrent à Youghal, à quelque cent soixante-dix kilomètres de Cork, mais ne purent vaincre son courage.

Sur la place où il devait être exécuté, il y avait beaucoup de gens. Dominic leur parla en espagnol, en irlandais et en anglais, affirmant avec toute la force de son cœur qu’il était venu en Irlande pour défendre la foi catholique et qu’il était heureux de mourir pour cette foi. La foule était si émue, que le bourreau disparut ; on dut forcer un marin de passage à faire le travail.

Sans jugement, Dominic Collins fut ainsi exécuté dans sa ville natale, à Youghal, le 31 octobre 1602.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Alonso Rodríguez Gómez

1533-1617

 

Alonso Rodríguez, fils d'un riche marchand drapier, naquit à Ségovie, en Espagne, deuxième des onze enfants de Diego et María.

Après avoir fait ses études au collège d'Alcala, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, il retourna à Ségovie à cause du décès de son père et dut s'occuper de l'administration des biens familiaux. 

Après avoir essuyé des revers de fortune, perdu sa femme et sa fille en l'espace de quelques mois, Alonso Rodríguez abandonna le soin des affaires et se retira dans une chambre avec son fils à peine âgé de trois ans. Plein de sollicitude pour l'âme de son enfant, il pria Dieu de l'appeler à Lui s'il devait un jour L'offenser. Le Seigneur ravit ce petit ange à sa tendresse quelques jours après sa fervente prière.

Durant six ans, saint Alonso pratiqua dans le monde toutes les vertus chrétiennes. A l'âge de trente-sept ans, de plus en plus absorbé dans la pensée de la mort et de son salut éternel, il ne songea plus qu'à entrer dans un Ordre religieux. Sur le conseil d'un Père de la Compagnie de Jésus, il commença à étudier le latin, mais le succès ne répondit pas à ses efforts. Laissant ce projet de côté, il pensa à se retirer auprès d'un ermite de Valence, mais son confesseur l'en dissuada.

Agé de trente-neuf ans, Alonso entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, au couvent de Saint-Paul de Valence où on l'admit en qualité de Frère coadjuteur. Ses premiers pas dans la vie religieuse révélèrent le haut degré de vertu où il était déjà parvenu. Son humilité que rien ne pouvait déconcerter, sa patience devant les exigences les plus indiscrètes ou les reproches les moins mérités, sa scrupuleuse obéissance, son oraison continuelle suscitaient l'admiration et l'édification de tous ses confrères.

Après six mois de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent sur l'île Majorque, au collège de la Sainte Vierge du Mont-Sion où il prononça ses vœux simples et solennels le même jour. 

Pendant trente ans, il se sanctifiera dans le modeste emploi de portier, accueillant toutes les personnes qui se présentaient, avec le même empressement que si c'eût été Notre-Seigneur. Le matin, au son de la cloche, il demandait à Dieu de le garder sans péché durant le jour, ensuite il se mettait sous la protection de la Très Sainte Vierge en récitant ses Litanies.

A sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. "En toutes choses, témoigna son supérieur, Alonso cherchait ce qui répugnait le plus à la nature." Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornaient la cellule de ce pauvre de Jésus-Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent. Regardant le réfectoire comme un lieu de mortification, il offrait tous les sacrifices qu'il s'y imposait pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du purgatoire. Avant de sortir de la maison, Alonso demandait à Notre-Seigneur de le faire mourir plutôt que de le voir consentir à aucun péché mortel. Pendant ses visites, il observait une modestie si exemplaire, parlait si peu et rarement, que cet empire acquis sur ses sens l'avait fait surnommer le frère mort.

L'obéissance de saint Alonso Rodríquez était aussi aveugle que parfaite, car il était convaincu qu'en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du ciel même. Pour savoir jusqu'où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur du collège de Majorque lui commanda un jour de s'embarquer. Alonso partit aussitôt sans poser de question. Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. "Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignoriez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre? - J'allais faire l'obéissance, répondit le saint portier."

Alonso reçut de Dieu le don de prophétie et celui des miracles. 

Après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus admirables vertus, affligé depuis longtemps d'une douloureuse maladie, le saint religieux reçut le sacrement des infirmes. Ayant communié avec ferveur, l'agonisant ferma les yeux et entra dans un ravissement qui dura trois jours. Durant ce temps, son visage demeura tout rayonnant d'une céleste clarté. 

Le 31 octobre 1617, il revint à lui, prononça distinctement le nom adorable de Jésus et Lui rendit son âme, à l'âge de quatre-vingt-six ans. 

Il fut canonisé en 1888 et se trouve inscrit au Martyrologe le 31 octobre, veille de Tous les Saints.

Mercede Stefani

1891-1930

 

Elle  naquit le 22 août 1891 à Anfo (Brescia, Italie N), cinquième des douze enfants de Giovanni Stefani et Annunziata Massari, d’excellents parents catholiques qui la firent baptiser dès le lendemain avec les noms de Aurelia Jacoba Mercede.

La vivacité dont elle fit preuve dès l’enfance, la portait vers les autres pour, à sa façon, apostoliser ses camarades, visiter les malades, aider les vieillards, soulager les pauvres. A treize ans, elle dit à ses parents : Je me ferai missionnaire. Elle fut d’autant plus encouragée dans sa volonté, qu’elle eut l’occasion de rencontrer un bon missionnaire de passage à Anfo en 1905 ; mais elle était encore bien jeune !

Cependant, l’adolescente fut marquée par la mort imprévue de sa mère et dut assumer l’éducation de ses petits frères et sœurs. 

Le papa qui, par prudence, préférait garder sa fille à la maison pour lui laisser le temps de mûrir sa vocation, consentit finalement à la séparation, en 1911.

Mercede entra enfin à Turin chez les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame de la Consolation (fondées par le bienheureux Giuseppe Allamano, v. 16 février). Elle reçut l’habit en 1912 et prit le nom de Irene.

En 1914, elle fit la profession solennelle, et fut envoyée au Kenya, où l’œuvre de l’évangélisation était à peine à ses débuts. Elle n’avait appris qu’une expression en dialecte kikuyu : Tokumye Yesu Kristo ! (Loué soit Jésus-Christ !). Elle arriva à Mombasa en janvier 1915.

De 1914 à 1920, elle fut dans ce qu’on osait appeler par euphémisme les «hôpitaux militaires», en Tanzanie : Voi, Kilwa Kivinje, Dar-es-Salaam, où l’on entassait toutes les victimes indirectes de la Première Guerre Mondiale, quasi abandonnés à eux-mêmes. Heureusement elle disposait de matériel médical, aussi s’empressa-t-elle auprès de chaque malade, soignant, pansant, consolant, encourageant, et profitant de cette intimité d’abord pour apprendre les dialectes, ensuite pour parler du Sauveur Jésus. Elle réussit aussi à adoucir les «médecins» peu consciencieux, les surveillants trop cruels, les musulmans incroyants. 

Il y avait beaucoup d’enfants en danger de mort ; grâce à elle, plusieurs milliers reçurent la grâce du Baptême chrétien.

De 1920 à 1930, elle fut dans un autre secteur, à Gikondi  (Mukurweini, Nyeri, Kenya), où elle eut une activité orientée vers l’enseignement. Là, elle sillonna les pistes et les villages, exhortant les gens à apprendre à lire et à écrire, à envoyer les enfants à l’école, au catéchisme (qu’elle organisait elle-même), sans oublier les malades qu’elle trouvait, assistant les jeunes mamans qui accouchaient, recueillant les enfants abandonnés.

Quand les gens rejoignaient les centres habités comme Mombasa ou Nairobi, elle leur écrivait, ou servait d’intermédiaire entre les uns et les autres, maintenant ainsi les liens familiaux.

En même temps, elle enseignait sa méthode aux jeunes Sœurs récemment arrivées.

Les indigènes la surnommèrent ainsi Nyaatha, femme-miséricorde.

Un de ses actes héroïques fut d’assister un pestiféré à l’article de la mort. Un matin, elle constata que le lit de ce dernier était vide : on l’avait abandonné sur la plage avec d’autres cadavres. Elle y courut et finit par le trouver, encore moribond : elle l’entoura, le réconforta et le baptisa. On lui demanda ensuite si elle n’avait pas éprouvé un peu de répugnance à se déplacer au milieu de tous ces cadavres décharnés et elle répondit : Pour dire la vérité, oui, mais je ne pensais qu’au salut de son âme. En réalité, elle prit elle-même la contagion. 

En septembre 1930, participant à une retraite, elle entendit le Christ lui dire : Le péché crucifie Jésus. Mieux vaut mourir mille fois que commettre un seul péché… Il faut tout oublier, se vider de soi-même. Sœur Irene s’offrit totalement.

Le 26 octobre, fête du Christ Roi, se manifestèrent les symptômes de la peste et elle s’éteignit le 31 octobre 1930 à Gikondi.

Irene a été béatifiée en 2015.

 

 

 

Josefa Ytóiz

1871-1936

 

Josefa Ytóiz naquit le 3 ou 4 mars 1871 à Pamplona (Navarre, Espagne NW).

D’habitude, les Espagnols portent un double nom de famille, celui du père et celui de la mère, mais Josefa n’en a pas, parce qu’elle fut abandonnée à la naissance à un orphelinat. L’aumônier qui la baptisa dès le lendemain, lui donna le nom de Josefa Ytóiz, et la confia à un couple qui, cependant, la restitua à l’orphelinat une semaine plus tard. Le bébé fut alors confié à Matías Uganda di Iraizóz et à son épouse, qui l’élevèrent consciencieusement.

En 1878, Josefa reçut la Confirmation.

En 1892, Josefa entra dans le monastère des Conceptionnistes d’Escalona, grâce à la dot que payèrent ses parents adoptifs.

En 1894, elle émit la première profession, et la solennelle en 1897, prenant le nom de Marie de Saint-Joseph. Le Père adoptif de Jésus l’avait vraiment protégée.

Cette Religieuse qui avait été abandonnée, se montra très fraternelle, très serviable, très intérieure, au point qu’elle fut élue et plusieurs fois réélue supérieure du monastère.

Dès la proclamation de la République en Espagne (1931), le monastère d’Escalona fut la cible de moqueries et d’accusations de la part de la mairie. Comme les conduites d’eau du village passaient par le jardin de leur monasstère, on accusa les moniales d’avoir empoisonné l’eau potable, et le maire se permit de venir fouiller dans tous les angles du monastère, en y ajoutant tous les sarcasmes qu’il pouvait imaginer à l’adresse des moniales.

En juillet 1936 arriva le comble des tribulations. Sachant que les anarchistes pouvaient mettre le feu à leur vieux monastère, les moniales organisèrent des tours de veille chaque nuit.

Le 28 juillet, on vint leur intimer l’ordre de quitter le monastère. La Supérieure recommanda aux quatorze moniales de s’habiller en vêtements civils, et de venir dans la chapelle pour y consommer les Hosties du tabernacle et éviter ainsi des profanations du Saint-Sacrement. L’aumônier était présent, et les encourageait à être fidèles jusqu’au bout.

A leur sortie, les moniales furent conduites à la prison municipale où, pendant vingt-quatre heures, elles furent là, mélangées à beaucoup d’autres prisonniers, sans manger ni rien boire.

Le 29 juillet, on les interrogea une par une, toutes les demi-heures. Toutes refusèrent les propositions qu’on leur fit, d’être libérées si elles renonçaient à leur état religieux.

Deux jours plus tard, on les relâcha et elles furent reçues par une dizaine de familles de l’endroit, malgré le grand danger qu’elles couraient. Les moniales furent donc chez ces gens charitables jusqu’au 16 septembre.

On les convoqua alors devant un «tribunal» et, le 17 septembre, on les emmena à la Direction Générale de Sécurité de Madrid. Elles faillirent être abattues en chemin par un groupe de miliciens.

Après une nuit passée dans les souterrains de la Direction Générale, on les enferma dans un couvent-prison : le couvent des Capucines, où se serrèrent quelque mille huit-cents femmes, dont huit-cents religieuses. Courant octobre, un témoin les reconnut dans la «tchéka» où on avait enfermé la Mère Marie de Saint-Joseph et sa vicaire, Marie de l’Assomption. Quelques jours plus tard, voulant les revoir, il vit cependant leurs cadavres ; on n’a rien su de leurs derniers moments.

Mère Marie de Saint-Joseph ainsi que la Sœur vicaire, ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Asunción Pascual Nieto

1887-1936

 

Asunción Pascual Nieto naquit le 14 août 1887 à Villarobe (Burgos, Espagne). Ce petit village n’existe plus aujourd’hui.

Asunción n’avais pas de papa connu ; sa maman crut bon pour elle de la confier très vite à l’orphelinat des enfants trouvés ; le bébé fut baptisé et reçut le prénom de Asunción, puisqu’elle était née la veille de l’Assomption de Marie.

Bien vite, on trouva un couple de braves gens qui assumèrent l’éducation de la petite fille : Juan Portugal et Francisca Lara, qui habitaient à Torrecilla del Monte.

En 1892, elle reçut la Confirmation. En 1897, elle fut à nouveau confiée à l’orphelinat, où elle vécut jusqu’à son entrée en religion.

La vocation religieuse mûrissait en effet dans ce petit cœur déjà bien éprouvé, mais qui faisait la joie et la satisfaction de son entourage. L’aumônier de l’orphelinat l’estimait beaucoup, car elle était obéissante, respectueuse, pieuse, bonne camarade, et en bonne santé. Comme sa maman aurait été heureuse de l’avoir près d’elle ! Peut-être qu’elle la rencontra ? On ne le sait pas.

En 1909, Asunción avait vingt-deux ans et elle entra chez les Sœurs Conceptionnistes Franciscaines d’Escalona, où elle se trouva comme un petit poisson dans l’eau. Là encore, les relations font état d’une excellente novice et religieuse. Dès 1910, elle fit la première profession, et la définitive en 1913.

On lui confia l’infirmerie, l’accueil (on l’appelait le «tour», parce que les Religieuses ne devaient pas communiquer directement avec l’extérieur, les visiteurs devant absolument déposer ce qu’ils apportaient dans le tour, que la portière faisait tourner pour reprendre les objets, et inversement dans l’autre sens - c’était un bon moyen pour éviter tout «débordement») ; finalement, Asunción fut élue Vicaire de la Supérieure.

Pour la suite des événements, qu’Asunción partagea héroïquement avec toutes les autres Religieuses, on se reportera à la notice de ce même jour, v. Josefa Ytóiz.

Asunción été béatifiée en 2019 avec la Mère Marie de Saint-Joseph, et sera inscrite avec elle aussi au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Jesús Miquel Girbau

1897-1936

 

Jesús naquit le 24 mars 1897, veille de l’Annonciation, et pour cela porta le nom de Celui qui fut conçu par Marie, notre Sauveur Jésus-Christ.

Il naquit à Palafrugell (Girona, Catalogne, Espagne).

Entré en 1912 chez les Capucins à Arenys de Mar, il y reçut l’habit et le nom de Timoteu.

Après la profession solennelle en 1916, il reçut le sacerdoce en 1919.

Etant à Sarrià, il devait, par décision du chapitre, se rendre à un autre couvent, mais il put seulement sortir de Barcelone et rejoindre Olot.

Son refuge fut cependant vite découvert. On le convoqua, on le conduisit en prison, d’où on l’emmena avec onze autres prisonniers, pour les fusiller aux environs d’Olot, le 31 octobre 1936.

Le père Timoteu fut béatifié en 2015.

 

 

Modesta Moro Briz

1901-1936

 

Elle vit le jour le 11 juillet 1901 à Santibánez de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille de sept enfants.

Un de ses frères devint évêque à Ávila (Mgr Santos Moro Briz), un autre curé à Cebreros et qui fut martyr (José Moro Briz, voir au 24 juillet).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1922. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité.

Cette Sœur joyeuse avait le sens de l’humour et transmettait sa confiance en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Pilar. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées, ainsi que don José Moro, en 2013.

 

 

Pilar Isabel Sánchez Suárez

1906-1936

 

Elle vit le jour le 5 novembre 1906 à Madrid (Espagne).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1926. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité, où elle travailla au bloc opératoire.

Cette Sœur sympathique transmettait sa confiance en Dieu et en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Modesta. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées en 2013.

 

 

Leon Nowakowski

1913-1939

 

Leon naquit le 28 juin 1913 à Byton (Pologne), fils de Władyslaw et Anna Lichmańskiej.

Il entra au séminaire de Wƚocƚaw et fut ordonné prêtre en 1937.

Il fut envoyé à Lublin, puis à Rome pour compléter sa formation théologique à l’Université Grégorienne, et obtint la licence.

De retour en Pologne pour l’été 1939, il fut empêché de repartir à Rome et prêta sa collaboration dans sa paroisse. Il remplaça le curé, quand ce dernier fut arrêté.

Le jeune prêtre, fidèle à Dieu et à son sacerdoce, fut à son tour arrêté le 24 octobre 1939 et conduit avec d’autres à Piotrków Kujawski, où il fut fusillé, le 31 octobre 1939.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

 

Gjon Pantalia

1887-1947

 

Gjon Pantalia naquit le 2 juin 1887 à Prizren (Serbie).

Sa famille était apparentée à la Mère Teresa de Calcutta (v. 5 septembre).

Il entra dans l’Ordre des Jésuites au noviciat de Soresina (Italie), mais renonça humblement à recevoir le sacerdoce, pour s’occuper pleinement des activités de la maison, comme la chorale ou le théâtre, pour lesquels il composa la musique et écrivit des textes ; il fut aussi un excellent accompagnateur spirituel.

Parmi ses étudiants, il s’en trouvèrent qui adhérèrent au Parti communiste albanais, mais qui le protégèrent durant les premiers temps de la persécution, ce qui permit à Gjon de continuer certaines de ses activités, d’aider les frères arrêtés et de leur procurer des avocats.

A son tour, il fut arrêté en septembre 1946 ; il tenta de s’échapper par une fenêtre, mais se cassa les jambes ; repris, manquant de soins et torturé dans le couvent de Gjudahol, transformé en prison, il y mourut le 31 octobre 1947.

Gjon Pantalia fut béatifié en 2016, et inscrit au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

María Isabel Salvat Romero

1926-1998

 

María Isabel naquit à Madrid le 20 février 1926, de Ricardo Salvat Albert et de Margarita Romero Ferrer, troisième de leurs huit enfants.

Cette famille très chrétienne la fit baptiser huit jours après.

La jeune fille fréquenta l’école primaire et secondaire chez les Mères Irlandaises de la rue Velázquez, où d’ailleurs elle fit la Première Communion, en 1932. Quand elle finit ses études, elle parlait quatre langues.

Au moment de la guerre civile de 1936, la famille se réfugia au Portugal, à Figueira da Foz. Ils revinrent en 1937 et s’installèrent d’abord à San Sebastián, puis de nouveau à Madrid.

Jusques là, María ne montrait pas sa vocation. Elle appartenait au milieu social élevé de sa famille, elle était élégante, belle, sympathique, et fréquentait les fêtes et le cinéma en compagnie d’amies de même milieu qu’elle.

Une amie - qui devint religieuse par la suite - lui fit visiter des couvents. En 1942, elle rencontra pour la première fois les Sœurs de la Croix, où elle comprit qu’elle était appelée. La même année, elle visita la Maison-mère de Séville.

Sa mère la soutenait, mais son père fit tout son possible pour lui en retirer l’idée de la tête : il ne pouvait supporter qu’une fille comme elle devînt religieuse, et, de surcroît, loin de Madrid. Il organisa des fêtes à la maison pour tenter de la faire changer d’avis, mais elle persévéra dans son intention.

Dès sa majorité, elle fit la consécration à la Sainte Vierge et reçut la médaille des Filles de Marie (décembre 1943). L’année suivante elle passa avec succès son examen de Diplôme supérieur à l’Université de Madrid.

Sa décision étant mûre et inchangée, renonçant à une vie aisée, elle entra comme postulante en décembre 1944 chez les Sœurs de la Compagnie de la Croix à Séville, dont le charisme est de s’occuper des pauvres, des malades et des orphelines.

En 1945, elle prit l’habit, et le nom de María Purísima de la Croix.

Durant son noviciat, elle montra particulièrement son esprit d’humilité, sa douceur, son sourire, dans l’amour de la pauvreté. Elle ne cherchait jamais à se faire voir et même faisait tout son possible pour être oubliée.

En 1947 elle fit la profession solennelle, et en 1952 les vœux perpétuels.

Elle fut envoyée en diverses maisons : Lopera (Jaén), Valladolid, Estepa, Villanueva del Río, Minas, où elle fut chaque fois directrice de collège.

En 1966, elle était nommée Maîtresse des novices, en 1969 Provinciale «à titre d’expérience», en 1970 enfin conseillère générale.

En 1977, le chapitre général l’élut comme Mère Supérieure Générale, une charge qu’elle assumera pendant vingt-deux ans, plusieurs fois réélue à l’unanimité des voix.

Elle put assister elle-même à la béatification de la Fondatrice, Ángela de la Croix (v. 2 mars).

Elle fonda plusieurs maisons, en Espagne (Puertollano, Huelva, Cádiz, Lugo, Linares, Alcázar de San Juan) et une en Italie (Reggio Calabria).

On a pu dire d’elle que, si l’on perdait la règle de la Congrégation, il suffisait de l’observer pour la retrouver.

La maman de cette Supérieure si active mourut en 1997, à l’âge vénérable de quatre-vingt seize ans. Un an après, elle-même, atteinte d’une grave maladie, s’éteignit le 31 octobre 1998, pendant une retraite, à la maison-mère de Séville.

María Purísima de la Croix a été béatifiée en 2010. 

Le miracle retenu pour sa béatification est la guérison inexplicable d’une petite fille de trois ans atteinte de cardiopathie congénitale, compliquée d’arrêts cardiaques engendrant des troubles neurologiques.

Successivement est intervenu un autre miracle retentissant en 2012 : suite à une période prolongée de surmenage, un homme connut un arrêt cardiaque et manqua d’oxygène pendant vingt-cinq minutes. Les Religieuses de l’hôpital prièrent pour lui María Purísima : il sortit du coma après douze jours, sans aucune séquelle psycho-somatique. Le monsieur a raconté en se réveillant qu’il était «envoyé par la Vierge de l’Espérance» ; de retour de vacances, un médecin de l’hôpital s’enquit de la «mort» du patient, et fut très surpris en apprenant que l’homme était chez lui et menait une vie normale.

Suite à ce miracle, Mère María Purísima de la Croix devait être canonisée en automne 2015.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 00:00

30 OCTOBRE

 

II.

S Marcianus, premier évêque à Syracuse, peut-être ordonné par s. Pierre lui-même.

III.

Ste Eutropia, martyre en Alexandrie.

S Serapion, évêque à Antioche, adversaire du montanisme et du docétisme. 

S Marcellus, centurion martyr à Tanger. 

IV.

SS Claudius, Lupercius et Victorius, martyrs à León.

S Maximus, martyr à Cumes.

SS Zenobius et Zenobia, martyrs à Egée ; Zenobius était médecin et évêque (le même que la veille ?).

S Lucain, originaire d'Orient, dit-on, baptisé par s. Hilaire et martyr à Loigny.

V.

S Alchas, évêque à Toul.

SS Thalassius et Baius, martyrs à Issoudun.

VI.

S Germanus de Capoue, dont s. Benoît fut divinement informé de la mort ; évêque de Capoue, il fut le légat du pape pour une mission (réussie) de réconciliation entre les Eglises grecque et romaine.

X.

S Herbern, moine et évêque à Tours ; il souffrit de la part des Normands.

XI.

B Nantère, abbé réformateur à Saint-Mihiel. 

XII.

S Gerardo, évêque à Potenza ; ayant, entre autres miracles, changé l'eau en vin, il fut canonisé par Calixte II de vive voix.

XIII.

B Bernard de la Tour, prieur à la Grande Chartreuse.

Bse Benvenuta Boiani, tertiaire dominicaine dans le Frioul, thaumaturge ; son confesseur modéra son zèle pour les mortifications.

XVI.

B John Slade, laïc martyr en Angleterre.

XVII.

B Terence (Albert) O'Brien, évêque dominicain écossais, martyr.

XVIII.

S Luca Antonio Falcone (Angelo de Acri), capucin calabrais : il ne persévéra qu'au troisième essai ; après sa première prédication, désastreuse, le Christ l'encouragea, les foules vinrent l'écouter, et il fit des miracles : aveugle, il put quand même célébrer la messe ou prier l'office ; canonisé en 2017.

B Jean Michel Langevin, prêtre martyr à Angers, béatifié en 1984.

XX.

B Oleksa Zaryts'kyi (1913-1963), prêtre non marié ukrainien, déporté deux fois au Kazakhstan, martyr béatifié en 2001.

Marcianus de Syracuse
2. siècle

Marcianus semble bien avoir été le premier évêque de Syracuse (Sicile).
Il aurait été ordonné par s.Pierre lui-même.
Il mourut massacré par les Juifs de l’endroit.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcianus de Syracuse au 30 octobre.


Eutropia d’Alexandrie
3. siècle

Cette femme chrétienne visitait les Chrétiens prisonniers d’Alexandrie (Egypte).
Pour ce motif, le préfet Apellianus la fit arrêter, torturer et emprisonner.
Le lendemain, citée à comparaître, Eutropia persévéra dans sa foi, reprochant au préfet son aveuglement et la vanité des idoles.
Condamnée à mort, Eutropia fut décapitée.
On datait autrefois cet événement au premier siècle, actuellement cependant on le retarde au troisième.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Eutropia d’Alexandrie au 30 octobre.


Serapion d’Antioche
† 212

Serapion fut le neuvième évêque d’Antioche (de Syrie), où le premier fut s.Pierre lui-même. Cet épiscopat commença vers 190.
Cet évêque fut attentif à maintenir la vraie foi des Apôtres, et combattit plusieurs erreurs.
Concernant le montanisme, il écrivit une lettre à deux personnages nommés Caricus et Pontius, dont la conclusion est celle-ci : 
Afin que vous sachiez que l’action de cette organisation trompeuse qu’on surnomme la nouvelle prophétie est réprouvée par tous les frères dans le Christ répandus dans toute la terre, je vous envoie les écrits de Claudius Apollinaire, le très heureux évêque d’Hiéropolis en Asie.
La lettre portait aussi la signature d’Aurelius Quirinius et de l’évêque de Delbelte, Aelius Publius Iulius. Serapion ne voulait pas agir seul et cherchait d’abord l’appui d’autres prélats influents. Concernant Claudius Apollinaire, v. 8 janvier.
Contre le docétisme, qui s’appuyait sur des textes apocryphes, Serapion réagit avec le même zèle :
Frères, nous recevons Pierre et le reste des apôtres comme le Christ, mais nous sommes assez avisés pour répudier les écrits mensongers mis sous leurs noms, sachant que nous n’avons rien reçu de tel. Etant près de vous, je supposais que vous étiez tous attachés à la vraie foi, et n’ayant pas lu l’évangile présenté par eux sous le nom de Pierre, je disais : Plutôt que de paraître montrer de la petitesse d’esprit, laissons-le lire. Mais maintenant j’ai appris par ce que j’ai lu que leur esprit s’enfonce dans l’hérésie… Après nous être procuré cet évangile auprès de gens qui l’avaient pratiqué, successeurs de ceux qui avaient commencé à l’introduire et que nous appelons docètes (car la plupart de leurs sentiments sont de cette école), nous avons pu le parcourir : nous y avons trouvé beaucoup de choses conformes à l’enseignement véritable du Sauveur et un certain nombre en désaccord, que nous vous soumettons…
Serapion écrivit aussi à un certain Domnus, dont la foi fut troublée au moment de la persécution.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Serapion d’Antioche au 30 octobre.


Marcellus de Tanger
† 298

Ce centurion se trouvait en stationnement à Tingi (auj. Tanger, Maroc).
Le 21 juillet 298, lors d’une cérémonie en l’honneur de l’empereur, il déclara ouvertement qu’il était chrétien et qu’il ne pouvait plus servir dans l’armée romaine. Il déposa le ceinturon, l’épée et le cep de vigne (insigne).
Le 28 juillet suivant, il comparut devant le gouverneur Astasius Fortunatus, qui le renvoya à son supérieur, Agricolanus.
Le 30 octobre de la même année, à Tanger, il fut décidé au tribunal que Marcellus serait châtié par le glaive.
Sur le chemin vers le lieu du supplice, Marcellus s’adressa à Agricolanus : Dieu te bénisse !
Marcellus mourut ainsi le 30 octobre 298. 
Des manuscrits sans doute mal informés ont écrit qu’il était le père des trois Martyrs Claudius, Lupercus et Victorius (v. infra) ; un autre prétendit que Nona, l’épouse de Marcellus, avait eu douze enfants. on ne peut pas accorder une grande créance à ces variantes.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Tanger au 30 octobre.


Claudius, Lupercius et Victorius de León
† 298

Ces trois Martyrs auraient été les fils du centurion s.Marcellus (v. supra).
Mail il ne semble pas qu’on puisse encore l’affirmer. Il y aurait eu une confusion entre les deux mots legione, légion ou León en Espagne.
Ils auraient reçu le martyre à León en 298.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Claudius, Lupercius et Victorius de León au 30 octobre.


Maximus de Cumes
† 298

Maximus aurait été un martyr de Cumes (Naples, Campanie, Italie CW)
Le Martyrologe Romain mentionne saint Maximus de Cumes au 30 octobre.


Germanus de Capoue
† 541

Né de riches parents, Amantius et Giuliana, à Capoue, Germanus, à la mort de son père, préféra écouter l’invitation du Christ et renonça à tous ses biens en les donnant aux pauvres.
En 516, il fut nommé quarante-cinquième évêque de Capoue.
Des anecdotes existent sur lui, racontées par s.Grégoire le Grand, qui ne les a pas inventées, mais recopiées fidèlement telles qu’il les a entendues.
Germanus vint un jour aux thermes d’Angulum pour soigner sa santé, et y fit la rencontre - dans une vision - d’un certain Paschase, diacre connu qui était mort depuis plusieurs années. Il était occupé aux fours calorifères, disait-il. Germanus, étonné, lui en demanda la raison et pria intensément pour la libération de cette âme. Paschase était «condamné» parce qu’il avait soutenu un pape intrus contre le pape légitime Symmaque. La prière de Germanus fut bientôt exaucée et Germanus ne «rencontra» plus Paschase aux thermes.
Germanus était en outre très ami avec s.Benoît (v. 21 mars). Celui-ci, le 30 octobre 540 ou 541, vit dans la nuit une grande lumière et des anges qui, dans un globe de feu, portaient au Ciel l’âme de Germanus.
Entre ces deux anecdotes racontées par Grégoire le Grand, se situe une mission de Germanus que le pape envoya avec quelques autres légats en 519 auprès de l’empereur de Byzance : il s’agissait de pourparlers pour ramener à l’orthodoxie ceux qui, en Orient, étaient tombés dans l’erreur d’Acace.
Acace avait été excommunié (484) pour sa dangereuse position consistant à vouloir concilier le monophysisme (l’unique nature du Christ) avec la doctrine catholique des deux natures du Christ, divine et humaine. 
Germain réussit dans sa légation. Toutefois, certains supposent que le Germain de la délégation n’était pas Germain de Capoue, mais un homonyme. 
Germanus fut enterré au Mont-Cassin. Ses reliques disparurent lorsque le monastère fut bombardé en 1944.
Saint Germanus de Capoue est commémoré le 30 octobre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo La Porta de Potenza

† 1119

 

Gerardo, né à Plaisance (Italie N), descendait de la noble et illustre famille La Porta.

Après sa jeunesse, durant laquelle il sut cultiver et la piété et la science, il fut attiré vers l’Italie méridionale, jusqu’à Potenza, soit à la recherche de la solitude, soit dans l’espoir de rencontrer les croisés qui s’y rassemblaient avant de s’embarquer.

En réalité, il comprit que son champ d’action allait être la population locale, qui était comme sans pasteur (cf. Mt 9:36). Il se mit à prêcher aux gens, spécialement aux jeunes, avec bonté, se servant de sa culture pour leur enseigner beaucoup de choses. Il devint ainsi très connu, mais surtout très aimé du peuple.

A la mort de l’évêque de Potenza (1111), c’est Gerardo qu’on voulut pour succéder. Il fut consacré et gouverna saintement le diocèse, sans rien changer à son style de vie austère et simple.

Le bruit se répandit qu’il avait un jour changé l’eau en vin ; d’autres prodiges eurent lieu aussi avant et après sa mort, avenue le 30 octobre 1119, de sorte que le pape Calixte II le canonisa de vive voix dès l’année suivante.

Le Martyrologe le mentionne au 30 octobre.

 

 

Bernard de la Tour

† 1258

 

Ce Bernard, qu’il ne faut pas confondre avec le cardinal homonyme du 14e siècle, était d’une très noble et illustre maison.

Il était si humble, qu’il se fit chartreux, pour ne pas se voir obligé d’accepter l’archevêché de Besançon, qu’on lui offrit. 

Il fut le treizième Prieur général de l’Ordre des Chartreux et promulgua par ordonnance la coutume, déjà établie de facto, de l’abstinence perpétuelle de la viande, qui perdure encore aujourd’hui.

On a dit de lui qu’il était en relation avec le roi Louis IX (v. 25 août), qu’il persuada de fonder la chartreuse de Paris.

Le bienheureux Bernard serait mort le 30 octobre 1258, mais n’est pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Benvenuta Boiani

1255-1292

 

Les parents de Benvenuta désiraient ardemment, après six filles, obtenir de Dieu un garçon ; ce fut une septième fille. Quand on l’annonça au papa, il s’écria : Benvenuta ! Elle est la bienvenue !

Benvenuta naquit donc à Cividale dans le Frioul (Italie du nord-est), le 4 mai 1255.

Toute jeune elle montra une grande dévotion à la Sainte Vierge, mais en plus elle aimait se mortifier : dans le jardin, derrière la maison, il y avait un coin où ne poussait plus l’herbe, parce qu’elle s’y agenouillait des heures entières.

Elle se noua à la taille une corde douloureuse, qui finit même par entrer dans les chairs ; la perspective d’une opération et de se faire approcher par un chirurgien lui étant insupportable, elle pria beaucoup : au sortir d’une extase, la corde se trouvait brisée, à ses pieds.

Pendant plus de dix ans, elle se priva habilement de vin, à l’insu de son entourage.

Les nuits de fête, pour ne pas dormir, elle se mettait un goutte de vinaigre au coin de l’œil, et au lieu de festivités bruyantes, elle se donnait la discipline avec des chaînes de fer, ce que son confesseur eut la sage idée de lui faire quelque peu modérer.

Devenue membre du tiers-ordre dominicain, elle eut plusieurs apparitions de saint Dominique, qui lui enjoignait la discrétion dans ses mortifications, et lui suggérait de s’en remettre à tel père dominicain qu’il lui indiquait, à qui elle devrait obéir en tout, ce qu’elle fit désormais.

Par la suite, elle ne s’imposait «que» les rigueurs des moniales dominicaines.

Mais elle subissait aussi de violentes attaques démoniaques, comme l’apparition d’un vilain serpent glacial qui se coulait contre elle : elle l’empoigna à pleines mains et l’envoya s’écraser contre le mur.

Malade, elle recevait une nourriture spéciale que lui apportait l’archange Gabriel. Elle fit le vœu d’aller prier à la tombe de saint Dominique, à Bologne : elle guérit.

Elle eut des extases, des visions de la très Sainte Vierge.

Il y eut des miracles : une religieuse dominicaine ne pouvait supporter l’odeur même du fromage, encore moins le manger ; Benvenuta fit un signe de croix dessus et lui dit : Mange tranquillement. L’autre était guérie.

Elle guérit aussi de la cécité une jeune sœur de douze ans, qu’elle blottit contre sa poitrine pendant quelque temps.

Benvenuta mourut le 30 octobre 1292 ; son corps fut enterré dans la proche église des Dominicains, mais il paraît qu’on ne l’a jamais retrouvé.

Elle fut proclamée bienheureuse en 1765.

 

 

John Slade

?-1583

 

John naquit à Milton (Hampshire, Angleterre).

C’était un laïc, maître d’école, qui maintint l’enseignement de la religion catholique et donc refusa de reconnaître la suprématie du roi sur les décisions papales. 

Il fut, pour ce motif, condamné une première fois avec John Bodey en avril 1583 ; il y eut sans doute un appel, et les deux furent à nouveau jugés, accusés et condamnés à mort, à Andover, le 19 août de la même année.

John Slade mourut en martyr à Winchester, le 30 octobre 1583, trois jours avant son Compagnon.

Ils furent béatifiés en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Terence O’Brien

1601-1651

 

Le nom gaélique de Terence O’Brien est Toirdhealbhach Ó Briain.

Il était né en 1601 à Tuogh (Limerick, Irlande), dans une famille qui descendait des rois d’Irlande.

Entré chez les Dominicains de Limerick, où son oncle Maurice était prieur, il prit le nom de Albert.

Il alla étudier pendant huit années à Tolède et fut ordonné prêtre en 1627.

Revenu en Irlande, il fut nommé prieur à Limerick (deux fois) et à Lorrha, puis provincial en 1643.

Il soutint énergiquement la Confédération catholique. Il participa en 1644 au Chapitre général de Rome, où il reçut la fonction de Magister en Théologie. Son voyage de retour passa par Lisbonne, où il visita deux maisons de l’Ordre. 

Déjà à ce moment-là, on parlait de lui comme possible coadjuteur de l’évêque d’Emly ; on le proposa encore en 1645, et il fut officiellement nommé coadjuteur avec droit de succession en 1647. Il fut consacré évêque cette année-là.

Le témoignage de Mgr O’Brien fut d’appuyer fidèlement les positions prises par le nonce apostolique, Mgr Rinuccini, qui l’avait consacré.

En 1651, Limerick fut assiégée par les Anglais et Mgr O’Brien organisa une valeureuse résistance des Catholiques, au point que les assiégeants furent pris d’une réelle rage contre lui. Le chef anglais fit secrètement proposer au prélat une énorme somme d’argent, l’invita à quitter la ville, mais l’évêque refusa dignement ce marchandage. Quand la ville capitula, on trouva l’évêque dans l’hôpital des pestiférés, avec le Mayor Purcell et le père Wolf.

On les passa immédiatement en cour martiale et ils furent pendus le lendemain, 30 octobre 1651, à Limerick.

Il y eut de prodigieux miracles obtenus par son intercession après sa mort.

Mgr Terence Albert O’Brien fut béatifié en 1992.

 

 

Luca Antonio Falcone
1669-1739

Né le 16 octobre 1669 à Acri (Calabre) de parents pauvres, il reçut au baptême, deux jours plus tard, le nom du Saint du jour, Luca, ainsi que Antonio. 
Il eut le bonheur d'avoir pour maître, dans son enfance, un pieux capucin qui lui apprit à méditer chaque jour la Passion de Jésus-Christ et à s'approcher souvent du sacrement de Pénitence et de la Table Sainte. Quelle édification pour tous de voir cet enfant passer deux ou trois heures de suite dans la contemplation des souffrances du Sauveur !
À dix-huit ans, il entra chez les Capucins ; mais il en sortit plusieurs fois par inconstance. La troisième fois il se mortifia si bien, il se mit à l'œuvre avec tant de courage, qu'il obtint la grâce de la persévérance et même dépassa de beaucoup la mesure commune de la perfection des religieux. Au jour de sa première Messe, il tomba en extase après la consécration, ce qui lui arriva souvent dans la suite.
Son désir était de passer sa vie dans le silence du couvent, tout occupé de Dieu et de son âme ; mais le Ciel le destinait à de grandes œuvres. Ses premières prédications furent laborieuses, car la mémoire lui fit défaut, et il lui fut impossible de prêcher ses sermons comme il les avait écrits. Craignant de ne pas être appelé à la vie de missionnaire, il pria Dieu avec ferveur de lui manifester sa Volonté. Il entendit un jour, pendant sa prière, une voix qui lui dit : Ne crains rien, je te donnerai le don de la prédication, et désormais toutes tes fatigues seront bénies. Tu prêcheras à l'avenir dans un style familier, afin que tous puissent comprendre tes discours.
Désormais il abandonna ses écrits et ses livres, pour se borner à l'étude de l'Écriture Sainte et du grand livre du Crucifix. Son éloquence, puisée à ces sources, devint si chaude et si profonde, que les plus savants eux-mêmes en étaient ravis d'admiration. Pendant trente-huit années d'apostolat, malgré les efforts de l'enfer, il opéra un bien immense dans la Calabre. Sa grande force, son argument invincible, était surtout le souvenir de la Passion ; il n'en parlait jamais sans faire pleurer son auditoire.
Invité par le cardinal Pignatelli, il prêcha à Naples, devant le haut clergé et toute la bourgeoisie de la ville. L’église, pleine le premier jour, se vida ensuite ; le curé interdit au père Angelo de célébrer dans l’église. Le cardinal rappela Angelo, et l’on vint écouter ce qu’il aurait bien à dire à présent ; Angelo acheva son homélie en invitant l’assemblée à prier pour celui qui allait être frappé ; on reprenait à se moquer du prédicateur, quand alors s’écroula un de ses détracteurs, frappé d’apoplexie. Alors, la foule commença à changer d’attitude.
Angelo était gardien (supérieur) du couvent d’Acri ; il fut élu provincial. 
En 1711, il fut présent dans la cellule d’un autre Religieux à Terranova, et le guérit ; mais à Acri, les Confrères attestèrent qu’il n’avait pas quitté le couvent.
En 1729, il se trouva avec un autre Confrère devant une rivière trop grossie pour être traversée : Angelo ordonna à l’autre de passer devant lui, et l’autre s’aperçut de l’autre côté qu’Angelo y était déjà…
Angelo eut d’autres grâces extraordinaires : il franchissait de grandes distances en un éclair, pour assister des mourants. Les miracles ne se comptaient plus. L’un des derniers fut que, devenu aveugle, Angelo recouvrait la vue pour célébrer la Messe ou prier le Bréviaire.
Il mourut paisiblement le 30 octobre 1739. 
Il fut béatifié en 1825, canonisé en 2017 et inscrit au 30 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Jean-Michel Langevin

1731-1793

 

Jean-Michel naquit à Ingrandes (Maine-et-Loire) le 28 septembre 1731, et reçut en deuxième prénom celui de l’Archange Michel, qui se fêtait le 29, jour où il fut probablement baptisé (mais on trouve parfois la date du 19 avril pour sa naissance…)

Ordonné prêtre, il appartenait au clergé d’Angers.

Lors de la furie révolutionnaire, il fut arrêté comme prêtre insermenté et guillotiné sur la place d’Angers, une des premières victimes de cette persécution.

C’était le 30 octobre 1793.

L’abbé Langevin fut béatifié en 1984.

 

 

Oleksa Zaryts’kyi

1912-1963

 

Oleksa (Alexis, plutôt qu’Alexandre, comme on le lit parfois) naquit le 17 octobre 1912 à Biche (Bilchek ?, près de Lviv, Ukraine).

En 1931, il entra au séminaire de Lviv et reçut l’ordination sacerdotale en 1936, dans le clergé gréco-catholique.

Il fit partie de l’archiéparchie de Lviv des Ukrainiens et fut curé à Strutyn et Zarvanytsia.

En 1948 il fut arrêté et mis en prison à Riasna Ruska, où il s’était déplacé durant la guerre mondiale ; condamné à dix ans de travaux forcés, il fut envoyé au Kazakhstan, un déracinement total à plusieurs milliers de kilomètres de Lviv…

Suite à une amnistie générale, il fut libéré en 1956. 

Il alla à Halychyna puis fut nommé Administrateur Apostolique pour le Kazakhstan et la Sibérie. Il s’efforça d’organiser les communautés catholiques clandestines.

Mais peu après, en 1962, il fut de nouveau arrêté et condamné comme «vagabond» à trois années supplémentaires de prison.

Il mourut comme témoin de la Foi à l’hôpital du camp de concentration de Dolynka, près de Karaganda le 30 octobre 1963.

Il a été béatifié en 2001.

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