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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 23:00

 

 

05 JUILLET

 

I.

S Stephanus, premier évêque à Reggio Calabria dont il est patron.

III.

Ste Zoé, romaine, martyrisée asphyxiée par la fumée.

IV.

Ste Cyprilla, martyre à Cyrène de Lybie ; on lui avait mis de force des charbons ardents et l'encens dans la main pour sacrifier, mais elle demeura immobile et imperturbable.

V.

S Athanasios, diacre à Jérusalem, martyrisé par les anti-chalcédoniens.

S Dometius, anachorète en Syrie, invoqué contre la sciatique.

VI.

Ste Martha, mère de s. Siméon Stylite le Jeune ; elle eut plusieurs révélations.

S Mars, évêque à Nantes, ou diacre de s. Melaine. 

?

Ste Philomène, vénérée à Septempéda depuis le VIe s.

S Valier, premier évêque à Couserans.

VII.

S Numérien, moine à Remiremont puis à Luxeuil, évêque à Trèves. 

X.

S Tommaso, abbé à Sainte-Marie de Terreti en Calabre.

XI.

S Athanassios, abbé au mont Athos, d'où son surnom de Athonite ; constructeur de l'église et de la Grande Laure, base de la future république monastique du Mont Athos ; il mourut dans l'écroulement d'un mur de son église.

XV.

B Hélie de Bourdeilles, franciscain, évêque à Périgueux puis à Tours, cardinal ; il se confessait et célébrait presque tous les jours.

XVI.

S Antonio-Maria Zaccaria, fondateur de la congrégation des Clercs Réguliers de Saint-Paul, ou Barnabites, du nom de l'église de leur fondation, pour prêcher la doctrine et contrecarrer le courant luthérien. 

Bx Matthew Lambert, Edward Cheevers, Patrick Cavanagh, Robert Meyler, laïcs irlandais, martyrs par la pendaison et l'éviscération.

Bx George Nichols, Richard Yaxley, prêtres, Thomas Belson et Humphrey Pritchard, martyrs anglais, béatifiés en 1987.

XIX.

Stes Delan Chen Qingjieh et Luosa Chen Aijieh, deux sœurs chinoises martyres des Boxers, canonisées en 2000 et fêtées le 9 juillet.

XX.    

B Joseph Boissel (1909-1969), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Stephanus de Reggio Calabria

1er siècle

 

Traditionnellement, ce saint Stephanus (Etienne) est reconnu pour avoir été le premier évêque sur le siègle de Reggio Calabria.

Il aurait été originaire de Nicée, aurait été disciple de saint Paul, qu’il accompagna en Italie (cf. Ac 28:13).

Saint Paul l’aurait alors établi évêque en cette ville.

Durant la persécution de 64, il aurait été martyrisé en même temps que d’autres Chrétiens : Suera, Agnes, Felicitas et Perpetua (ces dernières étant distinctes des Martyres du même nom ayant vécu deux siècles plus tard en Afrique). On date son martyre en 78 approximativement.

Les historiens sont plutôt d’avis que ces détails seraient dûs à une pieuse légende, dans le but de rattacher l’origine du siège de Reggio Calabria à la période apostolique, et supposent que saint Stephanus aurait plutôt vécu au 3e siècle, avant de recevoir la couronne du martyre au début du 4e.

Ce qui est étrange, c’est qu’il n’y a pas d’évêque (connu) après Stephanus avant le 6e siècle.

La cathédrale de Reggio Calabria lui est dédicacée et sa fête est au 5 juillet dans l’actuel Martyrologe romain.

 

 

Cyprilla de Libye

† 305

 

Le 4 juillet, durant la persécution de Dioclétien, avait été martyrisé l’évêque Theodoros de Cyrène (Libye NE, act. Al Jabal al Akhdar), qui cependant n’est pas nommé dans le Martyrologe.

Le lendemain, ce fut le tour de cette sainte femme, Cyprilla.

On lui imposa dans la main des charbons ardents avec de l’encens pour offrir aux dieux ; mais elle resta immobile, le bras tendu, de peur qu’en agitant sa main elle donnât l’impression qu’elle avait offert l’encens aux divinités païennes. 

Ensuite, on lui déchira le corps avec des fouets ou des onglets de fer, et c’est ainsi qu’elle rendit l’esprit, un 5 juillet, vers 305.

Sainte Cyprilla de Libye est commémorée le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dometios de Quros

?

 

Quros est le nom d’une montagne du Kurdistan.

Dometios - s’il s’agit bien de lui, car les légendes font des confusions - était un ermite qu’on venait visiter dans sa grotte.

Un Juif se présenta un jour devant la porte, invoquant le Saint pour guérir de sa sciatique et de son incrédulité, car il n’arrivait pas encore à croire à l’Incarnation du Verbe éternel. Il repartit, guéri des deux maladies. Par la suite, d’autres malades obtinrent à leur tour la guérison de leur sciatique. 

Saint Dometios de Quros est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanasios de Jérusalem

† 451

 

Athanasios était un diacre de l’église Sainte-Anastasie (ou de la Sainte Résurrection) à Jérusalem.

Peu après le concile de Chalcédoine (451), un certain Theodosios, agitateur qui se faisait passer pour un moine, ameuta un groupe d’eutychiens, diablement acharnés contre la doctrine proclamée à Chalcédoine.

Athanasios chercha à les convaincre d’erreur et à les faire revenir dans le bercail de la Vérité, en vain ; les hommes de Theodosios le tirèrent hors de l’église, le traînèrent dans les rues de la ville, lui assenèrent beaucoup de coups de fouet, pour finalement l’achever à l’épée (et peut-être même le livrer aux chiens).

Ce pouvait être en 451 ou 452.

Saint Athanasios de Jérusalem est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martha d’Antioche

6e siècle

 

Martha était originaire d’Antioche de Syrie. 

Elle épousa par obéissance un certain Ioannis d’Edesse et fut la mère de Siméon Stylite le Jeune (v. 24 mai).

Très dévote de s.Jean-Baptiste (v. 24 juin), elle en reçut plusieurs révélations : il l’avait invitée à accepter le mariage, et il lui indiqua la nom qu’il fallait donner à son fils.

Martha eut la grâce d’accoucher sans douleur et, quarante jours après, elle offrit son nourrisson au sanctuaire du Précurseur.

C’était une femme toute donnée à Dieu, dans la prière et la contemplation, l’assistance aux pauvres, aux malades et aux convalescents. Pour les néophytes, elle cousait les vêtements de baptême ; elle allait enterrer les morts. Tout cela dans le silence, la discrétion et l’empressement.

Quand son garçon, à sept ans, choisit de s’isoler sur sa première colonne, Martha marchait en tête du cortège, radieuse d’avoir un tel fils.

Au terme de sa vie, Martha fut avertie par le Ciel du jour prochain de sa mort : elle vit des Anges avec des bougies qui la lui annonçaient pour l’année suivante.

Elle mourut un mercredi 5 juillet.

Non loin de la colonne de Siméon, on construisit une église - sur des plans révélés par Martha elle-même - et l’on y déposa son corps.

Sainte Martha d’Antioche est commémorée le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tommaso de Terreti

910-1000

 

La famille de Tommaso vivait à Reggio Calabria (Italie S) et l’enfant naquit vers 910.

Encore jeune, il entra à l’abbaye de Marie-Mère-de-Dieu à Terreti, proche de Reggio Calabria, où son obéissance, sa régularité, son humilité, furent un exemple pour tous les moines ; il devint abbé.

Son enseignement n’était pas dans les discours et les traités : sa vie était un enseignement. Il se retirait souvent dans des grottes du voisinage, où il s’isolait parfois plusieurs jours.

Il mourut le 5 juillet de l’an 1000.

On a écrit de lui qu’il fut peut-être le plus éminent représentant de la vie ascétique au 10e siècle. Quant à l’abbaye de Terreti, elle fut plusieurs fois ébranlée par des tremblements de terre et il n’en reste que quelques vestiges.

Saint Tommaso de Terreti est commémoré le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Athanassios du Mont Athos

920-1000

 

Il s’appelait d’abord Abramios et naquit vers 920 à Trébizonde (auj. Trabzon, Turquie NE), dans une famille de la haute aristocratie.

Très tôt orphelin, il fut recueilli par une parente maternelle, dont le mari était très en vue.

Ses études se déroulèrent à Constantinople, où déjà il s’imposait de dures pénitences : il distribuait aux pauvres presque tout ce qu’on lui donnait à manger, il leur laissait ses habits et ne gardait que sa robe, sous laquelle il grelottait ; en hiver, il sortait avec de la glace aux sourcils, après s’être simplement aspergé la tête avec de l’eau glacée.

Devenu brillant professeur, il préféra la solitude et frappa au monastère du mont Kyminas (Bithynie, Turquie N), et c’est là qu’il prit le nom d’Athanassios. C’est là aussi qu’il rencontra Niképhoros Phocas. Mais, craignant d’être fait supérieur, il passa au mont Athos ; dans ce célèbre ermitage, il simula la sottise et l’illettrisme : il fallait lui enseigner l’alphabet ; mais on découvrit son «subterfuge» : impossible de rester inaperçu ! Il fut élu abbé.

Sa prière, ses conseils, peut-être quelque révélation céleste, permirent la reprise de la Crète sur les Sarrasins islamiques. En remercîment, Niképhoros Phocas lui remit vers 961 une somme importante pour reconstruire l’église de Karyès ainsi que ce qui allait être le Monastère de la Grande Laure. Les travaux commencèrent bientôt et avancèrent à un bon rythme, et Athanassios y participa autant qu’il le put, malgré sa préférence pour la solitude, le silence et la méditation.

Au milieu de ses moines, il s’efforçait de faire régner parmi eux la charité fraternelle.

En 963, il s’éclipsa à Chypre. La raison ? Phocas était devenu empereur, et cet ancien disciple d’Athanassios risquait bien de conférer à son ancien maître quelques distinctions honorifiques. A la mort de Phocas, il revint au monastère.

Certains moines, hostiles à l’esprit d’Athanassios, tentèrent de le dénoncer comme «innovateur» et fauteur de troubles auprès du nouvel empereur, qui cependant lui donna raison. Il y eut même des tentatives d’assassinat, comme pour saint Benoît (v. 11 juillet). Décidément, il n’y a pas que Jésus à être trahi par un proche…

A côté de ces soucis, des disciples accouraient et de loin, attirés par la sainteté d’Athanassios. Il en venait d’Italie comme de l’Arménie ; il intervint sévèrement contre ceux qui, à l’occasion, méprisaient les moines d’origine étrangère. 

Athanassios était si détaché de la gourmandise, qu’il fit jeter simplement des gâteaux qu’on avait préparés pour la fête de son Patron, saint Athanase (v. 3 mai).

Signalons encore ce magnifique trait de charité : d’autres supérieurs de monastère, jaloux d’Athanassios, tentèrent d’aller le dénigrer auprès de l’empereur. En chemin, ils furent attaqués et dépouillés par des brigands; Athanassios, informé de leurs intentions, se fit une joie de les rejoindre, de leur fournir de bons vêtements et de quoi revenir chez eux.

Athanassios était toujours prêt pour l’ultime Rencontre. Sa lampe à huile était toujours pleine. Il mourut brusquement, vers l’an 1000, écrasé sous un éboulement de son église qui touchait à son achèvement. Il avait été abbé (on dit en Orient higoumène) pendant quarante années.

L’higoumène saint Athanassios est commémoré au Martyrologe le 5 juillet.

Hélie de Bourdeilles

1413-1484

 

Cinquième fils d’Arnaud de Bourdeilles et de Jeanne de Chamberlhac, Hélie naquit au château de Bourdeilles dans le Périgord.

Tout petit, il parlait de devenir franciscain. Son père, son entourage, chacun y mettait du sien pour tenter de le détourner de cette vocation, rien n’y fit.

Enfin entré dans l’Ordre, il montra de telles qualités pour l’étude, qu’il fut envoyé à Toulouse pour obtenir le doctorat en théologie.

Prêtre à vingt-deux ou vingt-trois ans, il enseigna la théologie et l’Ecriture Sainte au couvent de Mirepoix et prêchait dans les environs. Il marchait toujours à pied, par tous les temps.

Cette activité ne dura guère : il n’avait que vingt-quatre ans, que les chanoines de Périgueux le choisirent pour être leur évêque. Or l’âge canonique était de vingt-sept ans : aussi les chanoines tentèrent d’obtenir du Pape une dispense en lui faisant croire que leur candidat avait déjà l’âge. Hélie, de son côté, ne se fit aucun scrupule d’aller personnellement auprès du Pape pour lui dire la vérité, qu’il était trop jeune et qu’il ne pouvait assumer une charge épiscopale. Peine perdue : le Pape approuva le choix des chanoines, et Hélie n’eut plus qu’à se soumettre à la volonté de la Providence. Il fut sacré évêque de Périgueux en 1438.

Cette date étant “sûre”, c’est à partir de celle-ci que nous avons corrigé la date de la naissance d’Hélie, en 1413, plutôt qu’en 1423.

D’aucuns prétendent qu’il fut fait prisonnier quelques années durant par les Anglais, durant la guerre entre l’Angleterre et la France.

Dans son diocèse, Hélie voulut combattre plusieurs mauvaises habitudes : d’abord, les évêques précédents n’avaient plus résidé sur place depuis fort longtemps, laissant le diocèse quasi à l’abandon. Et surtout, le blasphème s’y était répandu. Hélie lutta vigoureusement, prêchant partout avec un zèle multiplié : en un an le blasphème avait disparu.

Habitué à la pauvreté franciscaine, il continua de vivre dans la pauvreté, dans le dénuement, dans la pénitence et la prière.

Il célébrait chaque jour la messe, ce qui n’était pas une habitude à l’époque, et se confessait auparavant. Il s’y préparait longtemps avant, et prolongeait l’action de grâces après. Certains jours de fêtes, les dimanches, il assistait volontiers à plusieurs autres messes, y associant sa prière et ses dévotions personnelles : c’est qu’on ne concélébrait pas, alors.  

Il priait l’office du bréviaire avec calme et respect, y ajoutant même d’autres psaumes. Il priait jour et nuit, il se frappait la poitrine, il pleurait. Tous ces détails nous viennent de son secrétaire particulier qui le connut pendant plus de trente-cinq ans et fut aussi son confesseur.

C’est le même témoin qui écrit que jamais il ne porta de linge blanc et frais. Il gardait jour et nuit son habit, avec la corde, appuyant sa tête sur un livre.

Son amour pour les pauvres n’avait pas de bornes ; il en recevait chaque jour à sa table, une quinzaine, davantage encore aux jours de fêtes, jusqu’à soixante-douze en certaines solennités.

Quand il visitait une paroisse, il examinait toutes choses avec grand soin, il s’entretenait longuement avec le curé, interrogeait les fidèles sur celui-ci.

Il prêchait, il confessait, sans relâche. C’était un pasteur dans toute l’acception du terme. 

En 1452, il participait à l’assemblée de Bourges, où il protesta contre la remise en vigueur par Charles VII de la Pragmatique Sanction, cette disposition française qui limitait l’autorité du pape et la liberté de l’Eglise. Il publia un Libellus in Pragmaticam Sanctionem Gallorum ainsi qu’un traité Pro Pragmaticæ Sanctionis Abrogatione (réédité à Rome en 1486).

A la demande du même Charles VII, il rejoignit un comité chargé d’étudier les modalités de la réhabilitation de Jeanne d’Arc, et écrivit un ouvrage, Considération sur la Pucelle de France, qui, envoyé à Rome, servit de base non seulement à la réhabilitation de Jeanne d’Arc, mais à sa béatification.

En 1468, il y eut les Etats Généraux à Tours, où Hélie représenta son clergé. Il réclama l’union de toutes les provinces au royaume de France. Louis XI le remarqua et le choisit pour confesseur. Dans la même assemblée, Hélie fut alors désigné pour remplacer l’archevêque de Tours.

Hélie fut archevêque à Tours pendant seize années. C’est là qu’il connut le grand mystique, saint Francesco de Paula (voir au 2 avril). Il assista Louis XI au moment de sa mort (1483) et, la même année, fut créé cardinal par le pape Sixte IV.

Il mourut à Artannes-sur-Indre le 5 juillet 1484, murmurant les paroles du psaume 30 : In manus tuas, commendo spiritum meum. Sa dépouille fut transférée en la cathédrale de Tours, à droite du maître autel.

Une enquête fut faite en vue de sa canonisation, qui n’a pas été formellement conclue, mais un culte local fut rendu au cardinal immédiatement après sa mort, interrompu au temps des “guerres de religion” et de la Révolution.

Plusieurs miracles ont été attestés. Hélie est vénéré comme Bienheureux par les franciscains au 5 juillet., mais pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antonio Maria Zaccaria

1502-1539

 

La famille était de Gênes, mais Antonio naquit en 1502 à Crémone (Italie), de Lazzaro et Antonietta Pescaroli.

Très tôt orphelin de père, Antonio fut amoureusement éduqué par sa pieuse mère, toute jeune veuve à dix-huit ans.

En 1520, il alla étudier la philosophie et la médecine à Padoue, renonçant à tous ses biens en faveur de sa mère.

Docteur en médecine, Antonio revint au pays, mais n’exerça pas son art. Il s’occupa de réunir des enfants pour leur parler du Bon Dieu.

Bien conseillé par on ne sait quel père dominicain, il étudia la Sainte Ecriture, la Théologie, les Pères de l’Eglise, et fut ordonné prêtre en 1529.

L’année précédente, il se dépensa tellement auprès des victimes d’une épidémie de peste, que les Crémonais le nommèrent père de la patrie.

En 1530, il se rendit à Guastalla (Emilia-Romagna) et, avec deux autres prêtres, refonda un Oratorio déjà existant en une nouvelle Compagnie des Fils et des Filles de saint Paul, destinés à la prédication populaire, pour contre-attaquer la propagande luthérienne.

La branche masculine fut approuvée en 1533, la féminine en 1535, sous la règle augustinienne, qui prit le nom de Angéliques. Il y eut aussi un Tiers-Ordre.

Tout ce gentil monde se donna du mal pour répandre la Bonne Nouvelle ; en particulier, remonterait à Antonio Maria l’habitude des Quarante Heures où, à tour de rôle, les églises de la ville organisaient l’exposition du Saint-Sacrement pendant une journée et demie, de sorte que l’adoration demeurait continuelle dans la ville ; l’habitude s’est étendue au diocèse et s’est longtemps maintenue. 

A notre époque, il a été établi que, dans le monde entier, chaque diocèse ait un lieu dédié à l’adoration eucharistique permanente, où se relaient d’heure en heure les adorateurs et les adoratrices pour un moment de prière et de compagnie à Jésus-Hostie.

Mais il y eut aussi des méfiances, comme pour toute nouvelle famille religieuse, et le mouvement d’Antonio Maria fut victime de deux procès à Milan, heureusement terminés sans aucune condamnation. C’est de leur église de Milan, Saint-Barnabé, que leur vint l’appellation commune de Barnabites.

Ceux-ci furent appelés par l’évêque à Vicenza pour réformer les monastères.

Se sentant arriver à la fin de sa vie, Antonio-Maria se retira à Crémone chez sa mère, qu’il consola avec la promesse du Paradis. Il mourut le 5 juillet 1539.

Antonio-Maria Zaccaria, immédiatement vénéré et considéré comme bienheureux, fut béatifié officiellement en 1890 et canonisé en 1897. On le fête le 5 juillet.

 

 

Matthew Lambert

?- 1581

 

Le nom gaélique de Matthew Lambert est Maitiú Laimpeart.

Ce laïc naquit à Wexford (Irlande), où il était boulanger.

Avec cinq amis marins, il voulait faire passer sains et saufs le vicomte Baltinglass et son aumônier Robert Rochford, qui étaient menacés par les troupes anglaises.

Les autorités apprirent ce plan et arrêtèrent Matthew et ses hommes. En prison, on l’interrogea sur des questions de politique et de religion. Il répondit : Je suis un homme sans instruction. Je ne suis pas capable de discuter avec vous, mais je peux vous dire ceci : Je suis un Catholique et je crois tout ce que croit notre Sainte Mère l’Eglise Catholique.

Cette magnifique profession de foi lui valut l’accusation de trahison, et la sentence capitale, ainsi que pour les cinq marins, dont on n’a retenu que trois de leurs noms.

Leur martyre eut lieu à Wexford le 5 juillet 1581 ; ils furent béatifiés en 1992.

 

 

Edward Cheevers, Patrick Cavanagh, Robert Meyler

?- 1581

 

Le nom gaélique de Edward Cheevers est Éadbhard Cheevers, celui de Patrick Cavanagh est Pádraigh Caomhánach, celui de Robert Meyler est Roibeard Meylerest.

De ces trois laïcs, on ne sait que de Patrick qu’il naquit à Wexford (Irlande).

Ils étaient trois des cinq marins engagés par Matthew Lambert pour protéger le père Rochford et le vicomte Baltinglass et les aider à rejoindre le continent.

Ils subirent le martyre à Wexford le 5 juillet 1581 et furent béatifiés en 1992.

 

 

George Nichols

1550-1589

Richard Yaxley

1560-1589

Humphrey Prichard

1564-1589

Thomas Belson

1564-1589

 

George Nichols (ou Nicolls) naquit en 1550 à Oxford.

Il entra au Brasenose College en 1564 ou 1565 et reçut son diplôme de bachelier à l’université en 1571. 

Huissier et professeur à l’école Saint-Paul de Londres, il fut reçu dans l’Eglise catholique et, en 1581, rejoignit avec Thomas Pichard le Collège de Reims, où l’on préparait les candidats au sacerdoce pour l’Angleterre. Il fit un voyage à Rome et revint à Reims en 1582.

Après avoir reçu le sous-diaconat et le diaconat, il fut ordonné prêtre en 1583.

Renvoyé en mission à Oxford, il y faisait un excellent travail pastoral et convertissait beaucoup de gens, entre autres un voleur de grand chemin très connu.

En 1589, il fut arrêté à Oxford, en même temps qu’un autre prêtre, Richard Yaxley, et deux laïcs, Humphrey Prichard et Thomas Belson.

 

Richard Yaxley était né vers 1560 à Boston (Lincolnshire), troisième fils de William et Rose. Venu lui aussi à Reims en 1582, il reçut le sacerdoce en 1585 (ou 1586).

 

Humphrey Pritchard était un laïc, né vers 1564 à Brill (Buckinghamshire).

 

Thomas Belson était né dans le Pays de Galles (à une date inconnue) ; c’était un candidat au sacerdoce. 

 

On les accusait tous les quatre de trahison, en vertu de l’arrêt du Parlement à la suite de la bulle papale de Pie V.

Ils furent transférés à la prison Bridewell de Londres. Là les deux prêtres George et Richard furent pendus par les mains pendant cinq heures, pour les forcer à renier leur foi, mais on n’y parvint pas.

George fut alors enfermé dans un cachot infect, plein de vermine, toujours à Bridewell ; Hymphrey y fut aussi enfermé. 

Richard, lui, fut enfermé à la Tour de Londres, où l’on croit qu’il fut mis plusieurs fois à la torture. Thomas fut envoyé à Gatehouse.

Le 30 juin, ils furent réexpédiés à Oxford pour y être jugés. Là on leur appliqua la loi selon laquelle était passible de mort tout prêtre pénétrant sur le sol anglais et toute personne qui les aiderait. Tous quatre furent donc condamnés à mort, les deux prêtres pour trahison, les deux laïcs pour complicité.

C’est George qui fut exécuté le premier, puis Richard, Thomas et Humphrey.

George Nichols et Richard Yaxley furent pendus, éviscérés et écartelés, tandis que Humphrey Prichard et Thomas Belson furent “seulement” pendus.

George n’eut pas la permission de parler à la foule, ce qui montrait bien, indirectement, qu’il n’était exécuté que pour le seul fait d’être prêtre.

Après l’exécution, les têtes des prêtres furent envoyées au château, et leurs restes accrochés aux quatre portes de la ville.

Ce martyre eut lieu le 5 juillet 1589.

La barbarie de cette exécution semble avoir produit un effet convainquant sur la population, en ce sens que pendant vingt ans aucun autre dissident catholique ne fut exécuté à Oxford.

George, Richard, Humphrey et Thomas furent béatifiés en 1987, parmi les quatre-vingt cinq Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles.

Ils sont mentionnés le 5 juillet au Martyrologe.

 

 

Delan Chen Qingjieh

1875-1900

Luosa Chen Aijieh

1878-1900

 

Delan (Thérèse) et Luosa (Rose) étaient deux sœurs chinoises, nées vers 1875 et 1878 à Feng (Jizhou, Hebei).

On trouvera leurs noms orthographiés aussi Tch’enn-Kinn-Tsie ou Chen Jinxie et Tch’en-Kai-Tsie ou Chen Aijie.

Elles furent martyrisées à Cao (Ningjing, Hebei), le 5 juillet 1900, furent béatifiées en 1955 et canonisées en 2000.

La fête commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

Joseph Boissel

1909-1969

 

Joseph Boissel naquit le 20 décembre 1909 à La Tiolais (Le Loroux, Ille-et-Vilaine), de parents agriculteurs qui le firent baptiser le jour-même.

En 1923, son père mourut et Joseph entra chez les Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Jersey (Angleterre) pour ses études secondaires, à l’île de Berder (Morbihan) pour le noviciat, à Liège (Belgique) pour la philosophie, à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne) pour la théologie.

Il n’avait pas de dons particuliers pour l’étude, on le jugea même peu intelligent, mais les supérieurs surent voir le fond réel de Joseph : appliqué, très dévoué, droit et franc, très attaché à sa vocation. En plus, il excellait à couper les cheveux des confrères.

En 1931, il fit les vœux perpétuels.

En 1937, il fut ordonné prêtre et envoyé dans la toute nouvelle mission du Laos.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Joseph fut mobilisé au Laos même ; en 1945, les Japonais entreprirent d’arrêter et parfois même d’exécuter les ressortissants français. Joseph Boissel fut interné au camp de Vinh (Tonkin), où il souffrit de mauvais traitements. 

En 1946, il put reprendre courageusement la mission de Nong Ét, complètement abattue. C’est que le père Boissel avait une force colossale, qui étonnait les gens du pays.

En 1949, après une petite année de détente en France, car sa santé était bien ébranlée (et il avait perdu l’usage d’un œil), il fut nommé à Paksane, où l’on établissait un séminaire.

A partir de 1952, la situation en Indochine bouleversa la stabilité du Laos, et quand fut proclamée  l’indépendance du Laos, commença l’atroce guerre civile entre les factions neutralistes, royalistes et communistes.

En 1957, le père Leroy (v. 18 avril) le remplaça pendant quelques «vacances» en France : il alla en pèlerinage à Lourdes, Ars et Rome.

Au retour, le père Boissel fut nommé à Paksane et s’occupa de plusieurs localités. On le vit particulièrement attaché aux malades, aux enfants et aux vieillards.

Mais la guérilla s’intensifia toujours plus. Coup d’état en 1960. Le pays sert de base arrière aux communistes. Un jour que la guérilla s’était avancée tout près du village où se trouvait le père Boissel, il partit sur son cheval, tenant d’une main la bride, de l’autre le ciboire des saintes Hosties, et arriva ainsi à Paksane. Le cheval fit ensuite place à une 2CV, puis à une jeep.

D’autres missionnaires furent tués, le père Boissel ne pouvait presque plus se déplacer. Le 5 juillet 1969, cependant, avec deux Religieuses, il chercha à gagner Hat Lêt, mais des soldats du Viêt Minh l’abattirent dans une embuscade (les deux Religieuses furent grièvement blessées).

Le père Joseph Boissel reçut ainsi la palme du martyre le 5 juillet 1969 à Hat Lêt (Bolikhamxay, Laos).

Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 5 juillet dans le Martyrologe Romain.

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 23:00

04 JUILLET

 

?

S Iucundianus, martyr africain.

Ste Sabbatia, martyre. 

V.

S Florentius, premier évêque connu à Cahors.

VI.

S Laurian, martyr à Vatan.

S Valentin, ermite en Bourgogne ; il refusa énergiquement de se marier.

VIII.

Ste Berthe, abbesse fondatrice à Blangy, puis recluse, tandis que sa fille lui succédait.

S Andreas de Crète, évêque à Gortyne, orateur et poète, défenseur de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Sainte Vierge.

IX.

S Aurélien, évêque à Lyon.

X.

S Ulrich, évêque à Augsburg, premier Saint à être canonisé par un pape, car jusqu'alors c'étaient les évêques qui procédaient aux canonisations ; on l'invoque contre les morsures des chiens enragés.

S Odon, de parents danois, évêque à Cantorbury ; il redressa les théories erronées sur l'Eucharistie et s'opposa au roi d'Angleterre, prince débauché et sans scrupules.

B Hatton, reclus près du monastère de Ottobeuren.

XI.

B Wilhelm, abbé réformateur à Hirsau ; c'est à lui que remonte la création des frères convers.

XII.

S Alberto Quadrelli, évêque à Lodi, en remplacement d'un partisan de l'antipape.

XIII.

B Boniface de Savoie, chartreux, évêque à Belley, Valence et Cantorbury.

XIV.

B Giovanni de' Bruni de Vespignano, pieux laïque de Florence où, avec son ami Barduccio, il se consacra aux bonnes œuvres.

Ste Isabel de Portugal, reine très charitable, petite-nièce de ste Élisabeth de Hongrie, mariée à douze ans au roi Denis de Portugal ; à plusieurs reprises, elle sut le réconcilier avec leur fils ou leur gendre.

XVI.

Bx John Cornelius, prêtre jésuite, Thomas Bosgrave, John Carey et Patrick Salmon, laïcs, martyrs à Dorchester.

Bx William Andleby (prêtre), Henry Abbot, Thomas Warcop et Edward Fulthrop (laïcs), martyrs à York.

XVII.

B Petrus Kibe Kasui, prêtre jésuite japonais, martyr, béatifié en 2008.

S Antoine Daniel, jésuite, martyr chez les Hurons, fêté le 19 octobre avec Isaac Jogues.

XIX.

Bse Yun Jeom-hye Agatha, laïque coréenne martyre, par décapitation, béatifiée en 2014.

Bse Catherine Jarrige, tertiaire dominicaine à Mauriac, très active pour protéger les prêtres durant la Révolution, béatifiée en 1996.

S Giuse Nguyên Dinh Uyên, catéchiste tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

S Angelo Cesidio Giacomantonio, franciscain italien, martys en Chine, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Pier Giorgio Frassati (1901-1925), italien militant contre le fascisme et la guerre ; son père fut le fondateur du journal La Stampa ; tertiaire dominicain, actif dans les associations caritatives (et sportives), il mourut en quatre jours d'une poliomyélite ; béatifié en 1990.

B Pedro Romero Espejo (1871-1938), prêtre rédemptoriste espagnol, mort en prison à Cuenca, considéré comme martyr et béatifié en 2013.

B Józef Kowalski (1911-1942), prêtre salésien polonais martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

Bse Maria Ripamonti (Lucia de l’Immaculée, 1909-1954), religieuse italienne, béatifiée en 2020.

Bse Rosa (Maria Crocifissa) Curcio (1877-1957), sicilienne, fondatrice des Sœurs Carmélites Missionnaires de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, pour les orphelines pauvres, béatifiée en 2005.

Iucundianus en Afrique

† ?

 

Iucundianus est un martyr attesté en Afrique, mais on n’en connaît pas l’époque.

Il aurait été jeté en mer.

Saint Iucundianus en Afrique est commémoré le 4 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florentius de Cahors

† 5e

 

Les premiers évêques qui gouvernèrent le secteur de Cahors, furent Martial de Limoges et Saturnin de Toulouse (v. 30 juin et 29 novembre).

Les trois premiers évêques proprement-dits de ce diocèse furent Genulphe (? 16 janvier), Sebaste et Florentius ; ce dernier est le plus sûrement attesté, en particulier par une lettre de s.Paulinus de Nole (v. 22 juin) qui, en le remerciant de sa lettre, ne tarit pas d’éloges pour ce saint évêque.

Florentius mourut fort probablement au début du 5e siècle.

Saint Florentius de Cahors est commémoré le 4 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Laurian de Vatan

† 544

 

Laurianus passe pour avoir vu le jour sur les bords du Danube, ce qui est un peu vague.

Devenu diacre à Milan, la persécution arienne l’aurait fait fuir à Séville, où il serait devenu évêque. Certaines listes épiscopales de cette ville indiquent effectivement un mystérieux Laureano, sans dates ni autres indications.

De Séville, Laurianus aurait été «poursuivi» (?) par les hérétiques jusqu’à la localité de Vatan (Indre), où ils l’auraient martyrisé vers 544.

Ses reliques, longuement conservées en ce lieu, y furent profanées et en grande partie brûlées par les Huguenots au 16e siècle.

Les historiens jugent les détails ci-dessus un peu invraisemblables.

Saint Laurian de Vatan est commémoré le 4 juillet dans le Martyrologe Romain, qui ne mentionne pas son épiscopat.

 

 

Valentin de Griselles

519-547

 

Ce Valentin, bien différent de celui du 14 février, naquit en 519 à Latiscum, quelque part dans le pays lassois (Côte-d’Or), dans une famille de nobles gallo-romains.

Il grandit à la cour du roi Thibert 1er, le petit-fils de Clovis. Mais cette vie mondaine ne l’attirait pas, et il préférait aller prier dans les sanctuaires et secourir les pauvres.

En 539, les parents lui proposèrent d’épouser la fille d’un certain Palladius, de Troyes : Valentin demanda cinq ans de réflexion. En réalité, il ne voulait pas se marier.

Cinq ans plus tard, ni lui ni les parents n’avaient changé d’avis (et probablement la jeune fille non plus…). Aussi Valentin s’enfuit et se cacha dans un four à chaux. Ce furent les chiens de chasse du père, qui retrouvèrent la trace de Valentin : alors, les parents acceptèrent sa résolution et le laissèrent libre.

Valentin se retira sur une hauteur voisine et y fonda une petite église : cette «égliselle» aurait été l’origine de Griselles. 

En 540, Valentin fut ordonné prêtre.

On lui attribua plusieurs miracles : une multiplication miraculeuse de vin en présence du roi, la délivrance de deux condamnés, l’un pendu, l’autre enterré jusqu’au cou, et la punition de voleurs qui lui avaient pris son cheval.

C’est à Griselles que mourut Valentin vers 547 et qu’il fut enterré.

Saint Valentin de Griselles est commémoré le 4 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Berthe de Blangy

685-725

 

Berthe naquit vers 685 dans la région de Thérouanne (Pas-de-Calais).

De son mariage naquirent deux filles : Gertrude et Deotila.

Veuve, Berthe fonda une abbaye à Blangy, où elle souhaitait se retirer, avec ses deux filles.

Berthe exerça quelque temps la charge d’abbesse, puis résolut de s’enfermer dans une petite cellule contiguë à l’église. L’évêque fut présent à cet événement.

Les deux filles succédèrent à leur mère dans la charge d’abbesse.

De sa cellule, Berthe pouvait voir l’autel. Deotila, devenue abbesse, invitait la communauté à venir écouter les sages enseignements de Berthe. 

Celle-ci mourut vers 725.

Plus tard, l’abbaye, reconstruite après le pillage en règle des Normands (895),  hébergea des bénédictins ; la Révolution les dispersa et vendit les bâtiments ; récemment, c’est l’Institut Notre-Dame-de-Vie qui s’y est installé : cet institut fut fondé par le père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (v. 19 novembre).

Sainte Berthe de Blangy est commémorée le 4 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Andreas de Crète

660-740

 

Andreas naquit à Damas, dans une famille arabe chrétienne, son père étant Georges et sa mère Grégoria.

Un biographe qui semble l’avoir bien connu affirme qu’il resta muet jusqu’à sept ans passés et qu’il se mit à parler après sa première communion.

Il n’a que quinze ans, que ses parents l’accompagnent à Jérusalem pour entrer au monastère du Saint-Sépulcre, où il reçoit les ordres mineurs. Il a la charge de notaire et d’assistant de l’économat. De son séjour à Jérusalem il garde le surnom de hiérosolymitain.

Sa maturité ayant fait ses preuves, il est envoyé vers 685 pour porter à l’Eglise de Constantinople l’assentiment de l’Eglise de Jérusalem aux décisions du concile de Constantinople, VIe œcuménique, qui avait défini les deux volontés de Jésus-Christ, humaine et divine.

Mystérieusement, Andreas reste dans un monastère de Constantinople. Il est successivement ordonné diacre de Sainte-Sophie, avec charge de s’occuper d’un orphelinat, puis d’un hospice pour vieillards.

Et le voici bientôt sacré évêque de Gortyne, en Crète, un peu avant 700. Sa prédication est marquée par son amour pour la Mère de Dieu.

Une crise s’abat sur lui en 712 : l’empereur réunit un concile pour condamner les définitions de ce fameux VIe concile œcuménique, qu’Andreas avait vaillamment défendu trente ans plus tôt. Or, Andreas, présent à ce concile, a la faiblesse de signer. C’est sans doute ce “péché” qui serait à l’origine du grand Canon pénitentiel qu’il composa ensuite pour le temps du Carême.

Mais dès l’année suivante, Andreas expose la doctrine juste et se rétracte pour sa signature malheureuse.

Le reste de son épiscopat se résumera dans la reconstruction d’églises, l’édification d’un sanctuaire dédié à Notre-Dame-des-Blachernes et d’une vaste hôtellerie. Lors de l’assaut de Sarrasins sur l’île de Crète, il prend part à la défense de l’île avec ses diocésains.

Ce qu’on retient surtout d’Andreas, c’est son inspiration poétique, pour l’usage liturgique. Il compose des idiomèles et des canons. Les idiomèles sont des hymnes de courte longueur avec une mélodie propre, ce que nous appellerions des cantiques. Les canons, dont l’introduction dans  la liturgie remonte justement à Andreas, sont des séries d’hymnes, parfois très longues. Le canon de Carême dont on parlait plus haut comporte jusqu’à deux cent cinquante strophes.

Ces longueurs ont fait reprocher à Andreas des subtilités, des comparaisons forcées, mais personne ne nie qu’il ait parfois atteint à des sommets lyriques de poésie. Les Grecs considèrent Andreas comme inspiré de Dieu.

En revanche, on n’a pas publié toutes les homélies qu’Andreas nous a laissées. Quelques-unes sont reprises dans le bréviaire romain actuel (pour le dimanche des Rameaux, pour la Nativité de Marie, pour l’Exaltation de la Croix).  On y découvre qu’Andreas chantait déjà l’Immaculée Conception et l’Assomption de Marie.

Dans la crise iconoclaste, Andreas défendit vigoureusement le culte des Saintes Images contre l’empereur Léon l’Isaurien, comme d’ailleurs Jean de Damas, son compatriote.

Plein de mérites et de fatigues, Andreas fit un dernier voyage à Constantinople, au retour duquel il mourut durant une escale sur l’île de Lesbos, le 4 juillet 740.

Saint Andreas de Crète est mentionné au Martyrologe romain en ce jour du 4 juillet. 

Il ne faut pas confondre notre Andreas avec un autre Andreas de Crète, mentionné au 20 octobre, dont il sera question à cette date : dans le cadre de cette même crise iconoclaste, ce dernier fut martyrisé sauvagement à Constantinople.

 

 

Ulrich d’Augsburg

890-973

 

Ulrich naquit en 890 près de Zurich (Suisse), de Hubald, comte de Dillingen-Kypurg, et de Ditperge. Il eut (au moins) une sœur, Liutgarde.

A sa naissance, il était extrêmement faible et chétif, mais fut sevré et sa santé s’épanouit miraculeusement.

On le confia à l’abbaye Saint-Gall, où il resta jusqu’à seize ans, puis il poursuivit ses études auprès de son oncle, Adalbéron, évêque d’Augsburg, qui l’ordonna prêtre et le pourvut d’un canonicat.

Après la mort d’Adalbéron et de son successeur Hiltin, c’est Ulrich qui fut choisi pour gouverner ce diocèse. Il fut sacré en 923.

Il montra alors un zèle vraiment apostolique pour exercer cette mission épiscopale. Il fut un des rares évêques de l’époque qui luttèrent contre la simonie et le nicolaïsme.

Il fit fortifier sa ville pour la protéger contre les invasions. Les Hongrois, surpris de se heurter à une telle défense, se retirèrent d’eux-mêmes. Ils avaient tout de même détruit des églises, dont la cathédrale Sainte-Afre, qu’Ulrich fit reconstruire. On dit que c’est lors de cette victoire contre les Hongrois qu’Ulrich reçut d’un ange une croix, que l’on a longtemps gardée à Augsburg avec d’autres objets lui ayant appartenu.

Etant prince d’empire, il pouvait entretenir une armée, mais en abandonna le soin à son neveu. L’empereur l’autorisa à battre monnaie. Ulrich parvint aussi à réconcilier l’empereur et son fils.

Ulrich fonda un hôpital pour les pauvres, construisit des églises, édifia le monastère Saint-Etienne.

Il vivait de façon très austère, se levant à trois heures et ne prenant qu’un repas chaque jour. Un jeudi soir qu’il dînait avec l’évêque de Constance, la conversation fut si élevée que les deux évêques se séparèrent sans manger. Le lendemain, vendredi, Ulrich donna à un messager le morceau de viande qui était resté sur la table, oubliant qu’on était vendredi. Le messager crut pouvoir diffamer l’évêque en exhibant le rôti… mais il trouva dans sa besace un beau poisson, qui avait remplacé l’autre bête.

Après toutes ses courses et ses labeurs, Ulrich proposa d’être remplacé par son neveu, mais le concile d’Ingelheim s’y opposa.

Au printemps 973, Ulrich n’eut plus la force de célébrer la Messe ; il y assistait. Il la célébra cependant une dernière fois le 24 juin et mourut étendu sur la cendre, les bras en croix, le 4 juillet 973. Un autre Saint, Wolfgang (v. 31 octobre), célébra ses obsèques.

Beaucoup de malades, boîteux, aveugles, muets, furent guéris à son tombeau, de sorte que le saint évêque fut bientôt canonisé par le pape en 993, premier cas de canonisation «officielle» selon la procédure canonique en vigueur, depuis, dans l’Eglise jusqu’à la récente réforme de Jean-Paul II.

En Sarre, un sanctuaire est dédié à saint Ulrich, qu’on invoque contre les scrofules, les écrouelles, l’hystérie, les rhumatismes et la tuberculose. A Augsburg, on l’invoquait contre les morsures des chiens enragés, qui semblent avoir maintenant disparu.

 

 

Boniface de Savoie

1207-1270

 

Boniface de Savoie, comme son nom l’indique, était de la maison de Savoie, onzième enfant du comte Thomas 1er et de Marguerite de Faucigny.

Il entra jeune à la Grande Chartreuse.

En 1232, il fut élu à l’évêché de Belley, et en 1239 à celui de Valence pour succéder à son frère Guillaume, décédé. Ce cumul étonne, mais il n’était pas exceptionnel à cette époque. En plus de cela, quand une nièce de Boniface devint reine d’Angleterre par son union avec Henry III, Boniface devint archevêque de Cantorbury, en 1243, et le pape confirma cette élection.

Boniface était, disait-on, beau comme un dieu, mais il lui manquait d’être Anglais, et les habitants ne l’apprécièrent pas.

En réalité, l’archevêque nommé se déplaça beaucoup et ne résida guère dans son diocèse. 

En 1249, il était au concile de Lyon, où le pape le sacra.

En 1250, entreprenant la visite pastorale à Londres, il dut s’effacer devant une émeute et aller chercher refuge auprès du pape, qui ne l’approuva pas.

En 1252, il rentra en Angleterre, mais appuya les adversaires du roi.

En 1256, il vint à Turin pour négocier la libération de son frère Thomas. Puis il convoqua à Belley le nouvel évêque anglais d’Ely pour l’y consacrer, ce qui déplut beaucoup aux Anglais. Puis il revint sur l’île.

En 1262, il vint en France, d’où il appuya le roi d’Angleterre contre ses barons. Puis il rentra en Angleterre.

Ce ne devait pas être pour s’y fixer, car il se trouvait en Savoie en 1263, en 1265, en 1266.

En 1270, il accompagna Edward, fils d’Henry III, qui partait à la croisade, mais mourut en chemin dans ses terres familiales, au château de Sainte-Hélène des Millières, le 4 juillet 1270.

Giovanni de’ Bruni de Vespignano

1235-1331

 

Giovanni de’ Bruni était né en 1235 à Aia Santa (Vespignano, Florence, Italie) dans une famille noble et riche.

Dès l’enfance il ressentit l’appel de Dieu, mais le travail le maintenait auprès des siens. Aux champs, il laissait les bœufs tirer la charrue, pendant qu’il poursuivait la lecture de l’Ecriture Sainte.

Plus tard, il se déplaça à Florence même, où, avec un cher ami nommé Barduccio Barducci, il se consacra aux œuvres de charité.

Il mourut à quatre-vingt-seize ans. 

La population lui réserva, ainsi qu’à Barduccio, un culte fervent. Mais l’urne de ce dernier fut détruite par un incendie en 1378.

En revanche, le corps de Giovanni de’ Bruni fut pieusement conservé et vénéré dans l’église Saint-Pierre, et son culte a été approuvé en 1800.

Le Martyrologe commémore le bienheureux Giovanni au 4 juillet.

 

 

Isabel du Portugal

1271-1336

 

Isabel (qu’on traduit communément Elisabeth) naquit en Aragon (Espagne) en 1271, dernière des six enfants du roi Pedro III, nièce du roi Jaime le Conquérant, petite-nièce de l’empereur Friedrich II de Germanie. Elle reçut au baptême le nom de sa grand-tante Elisabeth de Hongrie (voir au 17 novembre).

Dès l’enfance elle apprit à dominer ses goûts, à mortifier ses caprices, à honorer Dieu et le prochain. Elle ne prenait jamais rien en-dehors des repas.

Selon une habitude de l’époque, on la maria à douze ans avec le jeune roi Dionisio de Portugal. Celui-ci, d’abord époux irréprochable, tomba dans le désordre et l’infidélité : courageusement, Isabel éleva les enfants qui n’étaient pas les siens, en même temps que les deux autres qu’elle eut de son mari : Constancia, la future reine de Castille, épouse de Fernando de Castille, et Alfonso, futur roi du Portugal.

Dionisio lui permettait toutefois d’agir selon son cœur et Isabel put donner libre cours à sa piété : elle se levait tôt pour prier et assister à la Messe ; elle donnait son temps à la couture d’habits pour les pauvres, à la visite des pauvres et des malades. Elle fit construire des hospices, un hôpital pour les pauvres, une école gratuite, un hospice pour femmes repenties, un autre pour enfants abandonnés, des couvents. Elle alla jusqu’à prêter sa couronne à une jeune fille pauvre pour son mariage.

Le «miracle des roses», qui s’était vérifié pour d’autres Saintes, se renouvela pour Isabel : tandis qu’elle distribuait des pièces du trésor royal à des pauvres, son mari Dionisio, furieux, lui demanda ce qu’elle donnait là : à l’instant, les pièces se changèrent en roses.

Isabel est surtout restée célèbre pour ses interventions pacifiques entre les membres de la famille qui se disputaient : entre Alfonso et son père, qui en étaient arrivés à une guerre civile ; elle alla les supplier de faire la paix en s’agenouillant entre les belligérants. Elle intervint aussi entre son mari Dionisio et son frère, auprès de Ferdinand de Castille…

Dionisio mourut en 1325, pieusement, assisté saintement par Isabel. Après, Isabel se coupa les cheveux, vêtit l’habit du Tiers-Ordre franciscain et habita juste à côté du monastère des Clarisses à Coimbra. Encore aujourd’hui, les Religieuses donnent aux jeunes mères un breuvage pour allaiter facilement leur enfant : la formule en remonte à Isabel.

L’année de sa mort, elle alla encore tenter une réconciliation entre son fils et son petit-fils, mais dut s’arrêter à Estremoz. Alitée, elle fit avancer un siège pour cette dame qui s’avance, radieuse, dans ses vêtements blancs ; elle voyait la Vierge Marie, qu’elle invoqua : María, Mater grátiæ.

Isabel s’endormit dans le Seigneur le 4 juillet 1336.

Béatifiée en 1546, elle fut canonisée en 1626.

 
 

John Carey

?-1594

 

John (qui s’appelait peut-être Térence) naquit à Dublin.

Il vivait au château de Sir Arundell comme domestique. Il fut arrêté pour sa foi catholique en même temps que John Cornelius, dont il partagea le sort jusqu’au bout.

Son crime fut d’avoir aidé un prêtre catholique.

John Carey mourut en martyr à Dorchester, le 4 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Patrick Salmon

?-1594

 

On ne sait ni quand ni où naquit Patrick ; peut-être en Irlande, comme son saint Patron (v. 17 mars).

Comme John Carey, il était domestique au château de Sir Arundell et fut arrêté avec John Cornelius, dont il partagea le sort.

Patrick Salmon mourut en martyr à Dorchester, le 4 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Thomas Bosgrave

?-1594

 

Thomas était un laïc anglais.

Il était le neveu de Lord et Lady Arundell, dans le château desquels il se trouvait au moment de l’arrestation du prêtre John Cornelius.

Comme on n’avait pas laissé le temps à ce dernier de rassembler ses affaires, Thomas s’empressa de lui présenter son chapeau et, pour ce crime, fut immédiatement arrêté.

Il accompagna donc John Cornelius en prison, fut jugé avec lui et déclaré coupable d’avoir aidé un prêtre catholique, et pour cela condamné à mort.

Thomas Bosgrave mourut en martyr à Dorchester, le 4 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Cornelius

1557-1594

 

John naquit en 1557 à Bodmin (Cornouaille, Angleterre), de parents irlandais, dans l’état de Sir John Arundell.

Son vrai nom était John Conor O’Mahoney, mais il n’utilisa ensuite qu’une forme latinisée de son nom. 

Pieux et intelligent, il fut envoyé à Oxford pour ses études, d’où on le renvoya comme catholique ; il gagna le Collège anglais de Reims, puis celui de Rome, où il fut ordonné prêtre et rencontra les Jésuites.

Envoyé en mission en Angleterre, il exerça son ministère sous le pseudonyme de Mohun, pendant dix ans, sans craindre les dangers et la mort. Il priait, se mortifiait, et prêchait beaucoup. Il aurait bien voulu aussi entrer dans la Compagnie de Jésus, mais il aurait fallu normalement qu’il allât faire le noviciat en Flandre ; il fit quand même sa demande d’admission.

Il devint ainsi l’aumônier de Lady Arundell, et fut finalement arrêté en avril 1594 dans le château de celle-ci, sur la dénonciation d’un des serviteurs ; avec lui on arrêta un neveu et deux autres domestiques : Thomas Bosgrave, John Carey et Patrick Salmon.

En prison, il y eut une très vive discussion entre eux et des ministres protestants, de sorte que le sheriff les renvoya à Londres pour être présentés à l’archevêque (anglican) de Canterbury. On les tortura pour leur extorquer des noms, mais rien ne sortit de leur bouche.

C’est alors que John, en présence d’un autre père jésuite et de deux laïcs comme témoins, prononça ses vœux dans la Compagnie de Jésus.

Le 2 juillet, John fut condamné à mort pour trahison, les autres pour avoir aidé un prêtre ; à tous on proposa la vie sauve s’ils embrassaient le protestantisme, mais aucun ne céda.

Le dernier à être exécuté fut John, qui embrassa le bois de la potence et s’écria, comme saint André : Ô croix, si longtemps désirée ! Il essaya de parler aux gens, mais on l’en empêcha. Il pria pour ses bourreaux et pour le bien de la Reine, et fut exécuté.

On cloua sa tête au bois de la potence.

John Cornelius mourut en martyr à Dorchester, le 4 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Fulthrop

?-1597

 

Edward était né dans le Yorkshire (Angleterre).

Son crime fut de s’être converti au catholicisme et d’avoir aidé et hébergé le prêtre catholique William Andleby, avec lequel il fut arrêté et condamné.

Edward Fulthrop mourut en martyr à York, le 4 juillet 1597.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Henry Abbot

?-1597

 

Henry était un laïc catholique, né à Howden (Yorkshire est, Angleterre).

Il était actif et se chargea, entre autres, de conduire un ministre Protestant à un prêtre, mais ce ministre était une brebis galeuse et ne fit que trahir Henry. A Carlton, on ne trouva pas le prêtre, mais on en profita pour dénoncer plusieurs catholiques qu’on rencontra.

Plusieurs furent exécutés le 29 novembre 1596, tandis qu’Henry resta en prison jusqu’en juillet suivant.

Henry Abbot mourut en martyr à York, le 4 juillet 1597.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Thomas Warcop

?-1597

 

Thomas était un laïc anglais, né dans le Yorkshire.

Il fut arrêté et condamné pour le crime d’avoir hébergé le prêtre William Andleby.

Thomas Warcop mourut en martyr à York, le 4 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Andleby

?-1597

 

William était né à Etton (Yorkshire est, Angleterre), dans une famille très respectable et bien connue.

A vingt-cinq ans, il prit part à la guerre de Hollande ; à Douai, il fut confronté à un Catholique, dont les arguments lui apparurent solides ; ce fut sans doute là le point de départ de sa conversion totale, si totale qu’il se prépara au sacerdoce (1577).

Revenu en Angleterre, il fut au service de M.Tyrwhitt en Lincolnshire, mais surtout il rendit visite aux prisonniers pour les réconforter. De lui on a écrit que son zèle était si ardent qu’il n’épargnait pas sa fatigue pour obtenir le salut des âmes. Pendant les quatre premières années de sa mission, il ne fit que se déplacer à pied, pauvrement vêtu, portant dans un sac ses affaires pour célébrer ; plus tard, sur le conseil des Confrères, il alla à cheval et s’habilla un peu mieux. C’était un homme austère, qui s’imposait des veillées de prière, des jeûnes ; absorbé dans la prière, il ne voyait même pas ceux qu’il croisait.

Ce fut justement cette extrême discrétion qui le rendit suspect aux ennemis de la Foi ; ils le firent arrêter, et avec lui trois laïcs qui l’aidaient soit en l’hébergeant, soit en le prévenant, soit en l’accompagnant, et qui partagèrent son sort.

William Andleby mourut en martyr avec eux, à York, le 4 juillet 1597.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Petrus Kibe Kasui

1587-1639

 

Petrus était né vers 1587 à Kibe (proche de l’actuelle Kinisaki-city, Ōita, Japon), de parents chrétiens.

Il entra au séminaire à treize ans, puis chez les Jésuites et se fit appeler Kasui, on ne sait pourquoi ; en tout cas, les documents jésuites le nomment régulièrement Petrus Kasui Kibe.

En 1614, un édit de déportation le fait exiler à Macao, où il étudia le latin et la théologie. Cependant, en raison de la discrimination nationaliste, il s’avérait difficile pour lui et ses compagnons japonais de continuer à étudier à Macao, de sorte qu’il vint à Rome, en faisant escale à Malacca, Goa, Bagdad, Jérusalem (où il fut le premier Japonais à poser le pied). Après trois ans de voyage, il arriva dans la Ville Eternelle.

De Macao, une lettre avait été envoyée aux Autorités religieuses romaines, prévenant que des Japonais voulaient rejoindre Rome, mais qu’il ne fallait pas leur parler (?) Toutefois, les Jésuites romains constatèrent l’excellente préparation de Petrus Kasui et lui conseillèrent de poursuivre la voie sacerdotale. Il fut ordonné prêtre en la basilique Saint-Jean-de-Latran en 1620 ; il avait trente-deux ans.

Après deux années passées à Rome, il rejoignit Lisbonne où il émit les vœux au sein de la Compagnie (1623), et partit de là pour l’Inde avec d’autres Jésuites.

Petrus avait un ardent désir de revenir dans son pays, et d’y recevoir le martyre, car à cette époque il était strictement interdit aux prêtres d’entrer au Japon. Il finit par trouver un bateau qui l’acceptait ; il y eut un naufrage, mais on put aborder à Kagoshima (Japon sud). On était alors en 1630, seize ans après que Petrus eût quitté le Japon.

Sans perdre de temps, et en passant de cachette en cachette, il rejoignit Nagasaki et le nord du Japon, encourageant les Chrétiens.

Il fut arrêté en 1639, alors qu’il s’était caché chez un Chrétien. On l’envoya à Edo (actuelle Tokyo). Il y rencontra un apostat, Cristóvão Ferreira, qu’il supplia de retourner à la foi. Il encouragea aussi deux autres Chrétiens, torturés avec lui dans le «trou de torture». Les gardes, furieux, le sortirent du trou et le transpercèrent avec leur lance.

Sur l’endroit, une statue de Petrus rappelle ce martyre, qui eut lieu le 4 juillet 1639.

Petrus Kasui Kibe a été béatifié en 2008.

 

 

Antoine Daniel

1601-1648

 

Antoine naquit le 27 mai 1601 à Dieppe (Seine Maritime).

Il commença des études de droit puis, en 1621, entra au noviciat des Pères jésuites de Rouen.

La Providence fit qu’au collège de Rouen, où il enseignait ensuite jusqu’en 1627, fut baptisé un jeune Indien qui avait été confié aux missionnaires au Canada et envoyé en France pour étudier. Ce garçon, Amantacha, reçut au baptême le nom de Louis de Sainte-Foy. Il est vraisemblable que le père Daniel l’ait rencontré. On a même avancé parfois qu’il l’avait lui-même préparé au baptême, ce qui n’est pas prouvé. Cette circonstance cependant motiva sans doute profondément le jeune Daniel à s’engager dans la voie missionnaire.

Après ses études de théologie au Collège de Clermont, il fut ordonné prêtre en 1630 ; il enseigna encore deux ans au collège d’Eu, puis fut envoyé en Nouvelle-France.

En 1632, il fut d’abord sur l’île de Cap-Breton puis, en 1633, fut envoyé à Québec avec le père Jean de Brébeuf.

Par la suite, le père Daniel souffrit particulièrement lors de ses déplacements : par deux fois, il fut abandonné par ses guides, il tomba malade et, disait-il, n’arriva à destination que par miracle, en tout cas épuisé.

Avec le père de Brébeuf, il visita Wendake et se mit à l’étude de la langue huronne, qu’il apprit avec facilité et qu’il parla avec aisance. Les Hurons lui donnèrent le nom de Anounnen.

De 1636 à 1638, il dirigea l’école pour enfants indiens à Québec, un embryon de séminaire pour les Indiens, qui s’avéra totalement inadapté ; aussi le père Daniel repartit chez les Hurons.

Il exerça son activité pendant dix ans dans les localités de Teanaostaye et Cahiaguie, sur le lac Couchiching. Aux enfants, il enseigna le Notre Père et le Credo en huron.

En juillet 1648, il venait d’arriver au village de Teanaostaye et y célébra la Messe. A ce moment, les Iroquois attaquèrent le village. En hâte, le Père baptisa ceux qui n’avaient pas encore reçu le Sacrement. Pour sauver la population, le Père leur dit de s’enfuir d’un côté, pendant que lui, saisissant le crucifix, marchait droit en direction des Iroquois. Ceux-ci, d’abord stupéfaits, le criblèrent de flèches et l’achevèrent d’un coup de mousquet dans la poitrine. Le Père tomba en murmurant le nom de Jésus. Puis ils lui retirèrent ses vêtements, et jetèrent son corps dans l’incendie qui consumait la chapelle. C’était le 4 juillet 1648.

Ce premier Martyr en pays huron apparut plusieurs fois, rayonnant de gloire, à ses Confrères.

Le père Daniel fut béatifié en 1625 et canonisé en 1930.

 

 

Yun Jeom-hye Agatha

? -1801

 

Yun Jeom-hye Agatha est une laïque coréenne née dans le Gyeonggi-do (Corée S).

Elle fut décapitée à Yanggeun (Gyeonggi-do) le 4 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Catherine Jarrige

1754-1836

 

Née le 4 octobre 1754 à Doumis (Chalvignac, Cantal) dans une pauvre famille de paysans qui comptaient sept enfants, Catherine s’appelait communément Catinon.

Gaie et espiègle, elle travaillait aux champs avec tous les siens, et fut placée comme domestique à neuf ans, l’année de sa première communion, qui la marqua profondément.

Sa mère mourut en 1767.

En 1774, elle partit avec sa sœur Toinette à Mauriac pour s’installer comme dentelière ; c’est là qu’elle commença à s’occuper des pauvres et des malades.

Elle connut les Dominicaines et entra dans le Tiers-ordre, comme le fit sa sainte Patronne, sainte Catherine de Sienne. Ce fut l’origine de son surnom de Menette (petite moniale). Elle renonça dès lors à danser la bourrée et répétait sans cesse : J’aimerais que les gens se confessent autant de fois que j’ai dansé la bourrée.

Elle se donnera entièrement à l’assistance des pauvres, des malades, des plus humbles, quêtant auprès des gens plus aisés en réveillant leur conscience. 

Bien évidemment, elle sera la première à protéger les prêtres réfractaires durant la Révolution, à ses risques et périls d’ailleurs.

C’est ainsi qu’elle accompagnera un jeune prêtre, François Filiol, jusqu’à l’échafaud ; arrêtée, elle sera pourtant relâchée par le tribunal révolutionnaire.

Après la tourmente, elle continua son activité caritative, jusqu’à sa mort, le 4 juillet 1836.

Elle a été béatifiée en 1996.

 

 

Giuse Nguyễn Ðình Uyển

1775-1838

 

Giuse (Joseph) naquit en 1775 à Ninh Cường (Nam Ɖịnh, Vietnam), et montra dès son enfance un attrait irrésistible pour Dieu.

A douze ans, il rejoignit le Tiers-ordre dominicain et devint ensuite un excellent catéchiste rempli de zèle.

L’évêque Mgr Henares le choisit pour l’accompagner dans ses visites épiscopales. C’était un homme entièrement dévoué, à qui on pouvait confier n’importe quelle mission.

Lors de la persécution, l’évêque n’hésita pas à lui confier les fidèles de Tiên Chu, bien qu’il ne fût pas prêtre. Il s’acquitta de cette charge avec tant de soin que la population l’appréciait et le respectait.

Le 29 mai 1838, les soldats vinrent encercler le village de Tiên Chu, ayant entendu dire que l’évêque s’y cachait. Ne l’ayant trouvé, ils torturèrent toutes les familles, Giuse en dernier.

On voulut le forcer à marcher sur la Croix, sous peine d’être décapité, mais il répondit que, même mort, il «resterait en vie».

On le tortura longtemps, pour le faire apostasier, ou pour lui faire donner des renseignements sur les autres Chrétiens, mais sans aucun résultat. On lui administra une bastonnade de trente-neuf coups, qui l’empêchèrent ensuite même de rester assis. A nouveau interrogé, à nouveau battu, il restait plus calme que les soldats, qui perdaient patience.

Finalement, on le condamna à mort, pour n’avoir pas voulu obéir aux ordres du roi ou se repentir. 

Son martyre eut lieu l’après-midi du 4 juillet 1838.

Giuse fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Angelo Giacomantonio

1873-1900

 

Angelo était né le 30 août 1873 à Fossa (L’Aquila, Abruzzes, Italie), de Giovanni et Maria Loreta Antonucci.

Jeune enfant, il lui arrivait de rester en arrêt devant les urnes de deux Bienheureux franciscains, au couvent de Saint-Ange à Ocre : Timoteo de Montecchio, fêté le 22 août, et Bernardino de Fossa, fêté le 27 novembre ; de là germa peu à peu en lui le désir d’être à son tour consacré à Dieu.

En 1891, il commença le postulat à L’Aquila, avec le nom de Cesidio, en référence au Martyr saint Cesidio, un Saint local fêté le 31 août..

Après le noviciat à Magliano, il fit en 1892 la première profession et, trois ans plus tard, la solennelle.

En 1897, il fut ordonné prêtre.

Après une courte période d’activités pastorales à Capestrano, il fut appelé à Rome, au Collège Saint-Antoine, pour se préparer aux missions étrangères.

En 1899, il eut l’occasion de rencontrer le Vicaire général des Franciscains pour la province de Hebei (Chine), qui l’encouragea dans son désir et, en octobre, il partait pour la Chine, où il arriva le jour de Noël.

Il fut envoyé dans une petite communauté à l’est, à Tong-siang. Peu après arrivèrent les premiers bruits de la révolte des Boxers.

Le 4 juillet, cette bande encercla et attaqua la résidence à Hengyang.

Ici, certains détails des différents récits ne convergent pas. Pour l’essentiel, retenons qu’en cherchant à fuir, le père Cesidio réalisa que le Saint-Sacrement allait probablement être profané : il se précipita vers la chapelle pour aller consommer les saintes Hosties, mais la foule fanatisée le perça de lances et l’abattit à coups de bâtons, avant de l’envelopper dans un filet imbibé de pétrole, auquel ils mirent le feu. Cesidio n’était pas encore mort : le feu l’acheva.

Ainsi mourut ce jeune Martyr qui n’avait pas encore vingt-sept ans. C’était le 4 juillet 1900. Cesidio était la première victime de cette Révolte ; trois jours après mouraient l’évêque Fantosati et le père Gambaro ; le 9 mouraient vingt-six autres missionnaires et laïcs, et c’est ce jour-là qui a été choisi pour la fête liturgique des cent-vingt Martyrs de Chine.

Cesidio Giacomantonio fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

Pier Giorgio Frassati

1901-1925

 

Pier Giorgio naquit le 6 avril 1901 à Turin (Italie), d’Alfredo et Adelaide Arnetis, qui eurent deux enfants : Pier Giorgio et Luciana.

Alfredo Frassati, le père, docteur en droit, était journaliste et devint le directeur du quotidien La Stampa pendant vingt ans. Il fut nommé Sénateur et, en 1913, ambassadeur en Allemagne. Il était agnostique.

Adelaide Arnetis, sa cousine, était peintre. C’est d’elle que les enfants reçurent leur première formation chrétienne.

L’ambiance familiale n’était pas vraiment idéale. Les parents, cousins, se querellaient fréquemment et furent même proche de la séparation. L’éducation des enfants fut sévère, presque militaire.

Les deux enfants firent d’abord leurs études à la maison, puis furent envoyés à l’école et au lycée «Massimo d’Azeglio» de Turin. Pier Giorgio n’était pas particulièrement emballé par le travail scolaire : il fut plusieurs fois recalé, entre autres à cause du latin. Il fréquenta alors le lycée tenu par les Jésuites, où il reçut de meilleures orientations chrétiennes. Il passa son baccalauréat en 1918.

A la faculté, il prépara son diplôme d’ingénieur en mécanique, dans le but avoué de pouvoir ainsi être proche des travailleurs de mines, dont les conditions de travail étaient les plus mauvaises de tous les ouvriers : Pier Giorgio voulait contribuer à les améliorer.

En même temps, toujours vif, joyeux et rempli d’énergies, il était actif en plusieurs associations, entre autres le cercle «Cesare Balbo», la FUCI (Fédération Universitaire Catholique Italienne), la Société Saint-Vincent-de-Paul, s’engageant profondément auprès des pauvres et des gens en difficulté, d’ailleurs à l’insu de sa famille.

Très sportif, il s’adonna particulièrement à l’alpinisme. 

C’est dans ce monde qu’il rencontra cette jeune fille orpheline, Laura Hidalgo, qu’il aima beaucoup sans oser le lui dire, «pour ne pas la troubler», écrivit-il à un ami : c’est que ses parents n’acceptaient pas la basse extraction de cette jeune fille. Il n’en parla donc plus, pour ne pas augmenter les tensions familiales. Pier Giorgio accepta ce sacrifice avec la Foi, son «unique Joie», écrivit-il encore.

En 1924, il lui vint l’idée de fonder une association originale, qu’il appela la Compagnie des Types Louches (Compagnia dei Tipi Loschi), dans laquelle, derrière les apparences de bons copains blagueurs, Pier Giorgio voulait souder une profonde amitié fondée sur la prière et la foi.

Son aide aux pauvres, discrète mais assidue, lui valut de rentrer souvent à pied, ayant distribué ce qu’il avait pour prendre le tram. Les parents, quoique aisés, ne lui donnaient pas grand-chose, qu’il donnait quand même aux pauvres, car Aider les pauvres, c’est aider Jésus, dit-il un jour à sa sœur.

Les parents ne comprirent jamais vraiment leur fils, ce qu’il faisait, pourquoi il fréquentait bien plus l’église que les réunions mondaines de leur milieu.

Et ils ne savaient pas non plus que leur fils était entré dans le Tiers-ordre dominicain !

Pier Giorgio en était presque arrivé à son doctorat universitaire (il lui manquait deux examens), lorsqu’il contracta une douloureuse poliomyélite, sans doute après avoir rendu visite à une pauvre famille de misérables conditions. On lui attribua tout de même son diplôme «ad honorem», un doctorat d’honneur.

Chez lui, personne ne fit attention ou presque à son état physique. Le 30 juin 1925, il fut pris de violents maux de tête, qu’on attribua à une bonne grippe. Pier Giorgio essaya de se lever, tomba plusieurs fois et ne se releva qu’à l’aide des domestiques.

Le 3 juillet, quand mourut la grand-mère maternelle, il ne put même pas se lever pour les obsèques. Alors seulement les parents s’inquiétèrent : le médecin ne put que constater l’état désespéré du jeune homme. Le père fit venir de Paris un sérum particulier, mais c’était inutile, et trop tard.

Pier Giorgio mourut le 4 juillet 1925.

La présence d’une foule considérable aux obsèques, en particulier de gens de basse condition, fit comprendre à la famille quelle activité avait été celle de leur fils. Son père reconnut alors : Je ne connais pas mon fils.

Jean-Paul II le surnomma le garçon des huit Béatitudes et le béatifia en 1990. 

Le miracle reconnu pour cette béatification fut la guérison totale et durable d’un Italien atteint du Mal de Pott, dans les années Trente. Il était presque mourant, et guérit très rapidement après avoir invoqué Pier Giorgio.

 

 

Pedro Romero Espejo

1871-1938

 

Pedro naquit le 28 avril 1871 à Pancorbo (Burgos, Espagne), de Cirilo et Paula.

Ce jour-là, trente ans plus tôt, avait été martyrisé Pierre Chanel, qui devait être béatifié en 1889 : est-ce par référence au Martyr, que Pedro reçut ce prénom ? On l’a dit. Il reçut aussi le nom de Prudencio.

Les parents de Pedro étaient connus pour leur foi et leur charité : ils recevaient des pauvres de passage pour la nuit. Le papa faisait un élevage de porcins.

Pedro était de mauvaise constitution, au point qu’on ne croyait pas qu’il parviendrait à l’âge adulte.  

Autre épreuve, politique celle-là : à cause d’un des oncles de la famille, qui était carliste, la petite famille Romero fut expulsée de Pancorbo. On dut se réfugier quelque part dans le Pays Basque, en pleine tourmente.

Pedro fréquenta l’école primaire, où il fut bon élève, mais aussi un peu espiègle, heureusement, ce qui ne l’empêcha pas de recevoir la Confirmation dès 1877.

Vers neuf ou dix ans, il reçut la Première Communion et, dès lors, se confessait quatre ou cinq fois chaque année, servant la messe chaque jour.

C’est dans ces conditions que le garçon entendit les Pères Rédemptoristes prêcher dans son pays, et qu’il en conçut le désir de se joindre à eux.

Il lui fallait surmonter deux obstacles : sa timidité naturelle, et la pauvreté de ses chers parents.

Pour se préparer au séminaire, Pedro commença par aller apprendre le latin chez un professeur particulier, pendant plus d’un an.

Les parents cherchèrent à confier Pedro à quelque institut, où, moyennant quelques services, le garçon aurait reçu une formation. 

Après plusieurs tentatives infructueuses qui mirent à dure épreuve et la patience du papa et la testardise du garçon, ils finirent par trouver un bon accueil justement chez les Rédemptoristes à Santa Gadea del Cid (Burgos), qui ouvrirent leur porte à Pedro en février 1886 : on était au milieu de l’année, mais comme Pedro avait déjà un bon bagage de latin, il fut admis.

Au terme de ces études secondaires, il partit au noviciat de Nava del Rey (Valladolid), en 1889, où il reçut l’habit de la congrégation. La profession eut lieu en 1890.

Pedro fut ordonné prêtre à Astorga (León) en 1896.

Il exerça son ministère d’abord à Nava del Rey, puis à Madrid, Granada, Astorga : dans cette dernière localité, il prêchera une centaine de missions.

En 1911, il revint à Madrid, passa à El Espino en 1913, de nouveau à Granada en 1914.

Il fut alors consulteur pour le Supérieur, et comme tel passa ensuite à Cuenca (1921), jusqu’à la fin de ses jours.

Son caractère extrêmement réservé l’empêcha de prêcher d’importantes missions : il fut envoyé pour des retraites de religieuses, pour confesser, pour prêcher à certaines fêtes ; on lui confia aussi le soin du sanctuaire où il se trouvait. Son combat intérieur continuel fut d’accepter ses limites. Des confrères le notèrent comme sérieux, toujours égal à lui-même.

Quand éclatèrent les émeutes le 19 juillet 1936, son supérieur lui donna l’ordre de quitter le couvent. Il se réfugia chez des Religieuses, où la vie retirée lui plaisait beaucoup. Parfois il sortait dans la rue pour exercer son ministère sacerdotal chez tel ou tel particulier : il faillit une fois être pris par les miliciens.

En août 1937, ce couvent fut à so tour réquisitionné ; il dut l’abandonner et se réfugier dans un coin obscur de quelque maison particulière, où il pouvait encore confesser. Mais il y avait dans une de ces maisons une personne malade qui, ingénûment, parla du père Pedro. Il dut se présenter au bureau du Gouvernement civil.

On voulut le faire travailler dans l’assistance sociale, mais il ne supporta pas d’entendre les blasphèmes ou les mauvaises plaisanteries, et s’en fut mendier dans les rues.

Il profita de demander l’aumône pour rencontrer les gens, les écouter, les confesser, les consoler, visiter des malades. Finalement, tout le monde connaissait le père Pedro, qu’on voyait partout avec son bréviaire, son chapelet, son crucifix.

Il vieillissait, il se fatiguait, mais refusait toute aide, pour ne pas compromettre ceux qui l’auraient hébergé. On lui offrit de quitter Cuenca, mais il préféra rester pour qu’il y eût au moins un prêtre sur place. Ne trouvant pas où se réfugier, il songea à aller habiter… en prison.

Le registre de la prison de Cuenca porte la date de son entrée : 6 juin 1938. La Providence fit qu’il s’y trouvait un jeune homme pieux, ancien sacristain de Rubielos. Ce dernier reçut le Père Pedro qui portait ses affaires à la main, les yeux baignés de larmes qui tombaient à terre. Il l’installa le mieux qu’il put, lui trouva une chambre et un lit «corrects», où le bon Père put se reprendre.

On lui annonça qu’il allait pouvoir sortir, mais la permission fut annullée ; il prit une entérite et cessa de manger. Il acheva ses jours, le 4 juillet 1938.

L’Eglise a estimé que le parcours de ce prêtre tenait du martyre, et l’a béatifié en 2013.

 

 

Józef Kowalski

1911-1942

 

Trente-et-un ans ! Ce jeune prêtre polonais sera pour nous un modèle d’élan dans le don de soi, dans le don aux autres, dans la fidélité et la joie du sacerdoce.

Józef (il ne faut pas le confondre avec un militaire polonais, tout-à-fait homonyme de notre héros, vétéran plus que centenaire de l’armée) - Józef, donc, était né le 13 mars 1911 à Siedliska près de Rzeszow où ses parents Wojciech et Zofia Borowiec tenaient une petite ferme. Cette famille est très chrétienne, Józef en est le septième des neuf enfants.

Après l’école primaire, il entre au collège salésien d’Oświęcim, cette ville polonaise tristement plus connue sous son nom allemand de Auschwitz. 

Józef y étudie ave ardeur, on remarque son esprit de service, sa joie. Il s’engage dans les rangs de la Compagnie de l’Immaculée Conception et dans une Association Missionnaire, dont il devient président.

L’esprit salésien du collège lui convient, l’enthousiasme. Il est littéralement amoureux de saint Giovanni Bosco, le Fondateur, mort en 1888, dont le procès de béatification est déjà bien avancé à cette date.

Józef s’engage dans l’animation des fêtes, exhorte ses compagnons pour une vie toujours plus authentiquement chrétienne.

Il veut devenir un saint. On lit dans son petit Journal avec quelle confiance il s’adresse à Marie Secours des Chrétiens, si vénérée par Giovanni Bosco et les Salésiens : 

O Marie, ma Mère, je dois devenir un saint, parce que c'est cela ma destinée. O Jésus, je t'offre mon pauvre cœur. Que je ne sois jamais séparé de toi et que je puisse rester fidèle jusqu'à  la mort ; puissé-je mourir plutôt que de t'offenser, pas même avec le plus petit péché.

On reconnaît ici le même élan vers la perfection qui avait animé le jeune Domenico Savio, autre émule de Giovanni Bosco ; au soir de sa première communion, Domenico écrivait résolument : La mort, mais pas de péchés (voir au 9 mars).

Józef fait sa première profession religieuse en 1928. Il sera ordonné prêtre en 1938. Durant ces dix années, il aura la joie de tous les Salésiens, de voir la béatification de leur Fondateur Giovanni Bosco en 1929 et sa canonisation en 1934. C’est en cette même année 1934 que Józef prononce ses vœux solennels.

Józef sera le secrétaire provincial de sa Congrégation en 1938. Tandis que les nuages noirs s’accumulent sur la Pologne, envahie par l’armée allemande, il continue son apostolat, s’occupant de la chorale des jeunes et s’intéressant plus spécialement encore auprès des jeunes en difficulté.

Trop de zèle, pourrait-on dire, le signale à la Gestapo. Mais un vrai prêtre ne peut pas cacher son ardeur à transmettre la Vérité : il est bientôt arrêté avec onze autres Salésiens de Cracovie.

D’abord internés dans la prison de cette ville, Montelupich, on l’expédie à Auschwitz le 26 juin. Il porte le numéro 17.350.

Là, Józef ne s’arrête pas. Il confesse, célèbre la messe, prie le rosaire, donne des conférences ; tout cela discrètement, secrètement, au risque de sa vie, pour soutenir le moral et la foi de ses compagnons.

Bien sûr, les autorités du camp savaient qu’il était prêtre, et ne lui ménageaient pas les humilitations, les moqueries, les souffrances. Mais quand on découvrit qu’il portait sur lui un chapelet, le soldat lui ordonna de le jeter à terre et de le piétiner, ce qu’il refusa bien évidemment.

On l’exécute : il est torturé, il est noyé. Son corps est jeté sur un tas d’immondices, puis brûlé au four crématoire.

Józef fait partie des cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, béatifiés en 1999. Son nom est inscrit au 4 juillet dans le Martyrologe.

 

 

Maria Ripamonti

1909-1954

 

Maria Ripamonti naquit le 26 mai 1909 à Acquate (Lecco, Italie N), benjamine des quatre enfants de Ferdinando.

Ce papa était un honnête ouvrier, chrétien mais peu pratiquant. Maria fut cependant baptisée le 30 mai, reçut la Première communion en 1916 et la Confirmation en 1918.

Dès son adolescence, elle fila la laine, pour gagner un peu d’argent et aider ainsi ses frères et sœurs.

Dans la paroisse, elle fut très active dans les rangs de l’Action Catholique. Elle aimait prier, et participait chaque jour à la Messe. Son bon curé l’encourageait et la choisit pour enseigner le catéchisme.

En 1932, elle entra chez les Ancelles de la Charité à Brescia et fit la profession perpétuelle en 1938, prenant désormais le nom de Lucia de l’Immaculée.

Cette congrégation avait été fondée au siècle précédent par Paola Francesca Di Rosa (en religion Maria Crocifissa, v. 15 décembre).

Elle participa avec entrain aux activités de sa congrégation, se penchant toujours sur les nécessités des éprouvés. On notait sa joyeuse obéissance à exécuter tout ce qu’on lui demandait.

Quelques années après sa profession, sœur Lucia éprouva de graves problèmes de santé, l’obligeant à passer de longues et fréquentes périodes à l’hôpital. Sœur Lucia accepta sa maladie avec sérénité, s’offrant désormais en victime de réparation pour le salut des pécheurs et la sanctification des prêtres.

Ses dévotions préférées étaient Notre-Dame de Lourdes et la Fondatrice, Maria Crocifissa di Rosa, qui avait été béatifiée en 1940.

Après de longues années de souffrances sereinement acceptées, sœur Lucia s’éteignit à l’hôpital Ronchettino de Brescia, le 4 juillet 1954, un mois après la canonisation de la Fondatrice.

Le miracle retenu en vue de sa béatification, fut la guérison totale et instantanée, inexplicable, d’une petite fille de sept ans, laquelle, en 1967 lors d’un grave accident de la route, ne pouvait logiquement pas survivre ; considérée en état de mort clinique, elle se réveilla contre toute attente une semaine plus tard, et n’éprouva aucune séquelle physique ou mentale : ses parents avaient invoqué pour elle sœur Lucia.

Maria Ripamonti devrait être béatifiée en 2020, et inscrite au Martyrologe le 4 juillet.

 

 

Rosa Curcio

1877-1957

 

Née le 30 janvier 1877 à Ispica (Sicile), Rosa était la septième des dix enfants de Salvatore et Concetta Franzò, des gens de grande culture.

Vive, pieuse, attentive aux pauvres, de santé fragile (elle est diabétique), elle quitta l’école trop tôt, mais continua de s’instruire par la lecture des livres de la bibliothèque familiale.

Très tôt, comme elle l’écrivit, sainte Thérèse d’Ávila ravit son cœur. A treize ans, elle demande à son papa l’autorisation d’intégrer le Tiers-ordre carmélite d’Ispica. Elle voulait associer la vie contemplative du Carmel et l’apostolat missionnaire.

Il lui sembla voir le Cœur du Christ, qui l’appelait.

Avec d’autres compagnes, après la mort de son père, elle commença une vie communautaire dans une maison de propriété familiale. Désormais elle s’appellerait Maria Crocifissa (Crucifiée).

Soutenue par l’Ordre carmélitain, elle vint à Modica pour s’occuper de la maison «Carmela Polara», où étaient reçues des jeunes filles pauvres ou orphelines.

En 1925, elle assista à la canonisation de sainte Thérèse de Lisieux. Depuis, toutes ses difficultés s’évanouirent. La même année elle s’établit à Santa Marinella (Rome) et sa communauté fut affiliée au Carmel.

En 1930, cette communauté reçut officiellement son appellation de Congrégation des Carmélites Missionnaires de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, vouée à conduire les âmes à Dieu, cherchant à extraire l’or de la boue, car en toute âme, même la plus éprouvée, la plus affaiblie, se trouve toujours une pépite d’or cachée, qu’il faut remettre à jour et faire briller.

En 1943, les bombardements obligèrent les Religieuses à déménager.

En 1945, Maria Crocifissa fut élue supérieure générale.

En 1947, quatre de ses Religieuses partirent pour le Brésil, avec pour mission de ne pas oublier les pauvres.

Minée par le diabète et de nombreuses souffrances, Maria Crocifissa mourut le 4 juillet 1954 à Santa Marinella.

En 1957, une maison s’ouvrit à Malte, puis viendront le Canada, la Tanzanie, les Philippines et la Roumanie.

Rosa Curcio (Maria Crocifissa) fut béatifiée en 2005.

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 23:00

03 JUILLET

 

I.

S Thomas, apôtre, "Dydime" (c.à.d. Jumeau), fêté au jour de la translation de son corps à Edesse, comme il l'est aussi dans les rites catholiques syro-occidental et syro-malabar ; les fidèles de ces rites se disent les Chrétiens de saint Thomas : leurs Églises au Moyen-Orient et en Inde ont été fondées par lui.

?

S Euloge, inconnu.

S Hyacinthe, martyr à Césarée de Cappadoce, mort de faim.

III.

S Anatolios, alexandrin prestigieux, évêque à Laodicée en Syrie.

IV.

SS Marcus, Mocianus, un enfant, et Paul, martyrs en Mésie ; l'enfant et Paul furent martyrisés parce qu'ils encourageaient les deux premiers.

S Memnon, centurion martyr à Bizya, converti par s. Severus (cf. 23 juillet).

S Dathe, évêque à Ravenne.

V.

S Heliodorus, correspondant et ami de s. Jérôme, évêque à Altinum.

S Anatolios, évêque à Constantinople.

S Germain, évêque en l'île de Man.

VI.

S Gurthiern, anglais, ermite à Groix, où sera l'abbaye de Quimperlé.

VII.

S Léon II, pape (681-683), sicilien, connaisseur de la musique et du grec ; il ratifia le sixième concile œcuménique de Constantinople (contre le monothélisme).

VIII.

S Guthagon, irlandais, reclus à Oostkerk.

X.

S Goulven, évêque à Léon.

XI.

S Raymond Gayrard, veuf toulousin, bienfaiteur de l'Eglise (asile, ponts, et surtout la cathédrale de Toulouse, dont la partie la plus belle est celle construite sous son égide).

XIX.

Bse Jeong Sun-mae Barbara, laïque coréenne martyre, par pendaison, béatifiée en 2014.

S Philiphê Phan Vǎn Minh, prêtre en Cochinchine et martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse María Ana Mogas y Fontcuberta, espagnole, fondatrice des Sœurs de Marie du Divin Pasteur, pour l'éducation des jeunes filles, des pauvres et des malades, béatifiée en 1996.

SS Baiduo Zhao Mingzhen et Ruohan Zhao Mingxi, deux frères chinois, martyrs, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

Thomas apôtre

1er siècle

 

L’apôtre Thomas est l’un des douze que le Seigneur appela pour le suivre.

Thomas signifie en hébreu “jumeau”, d’où son surnom d’origine grecque dans le texte de l’évangile : Didyme.

Quand Jésus dit aux apôtres qu’ils connaissent le chemin pour aller là où il va (Jn 14:5), c’est Thomas qui lui demande : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ? et Jésus lui réplique cette phrase si convainquante : Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Comme pour dire : Quoi que vous fassiez, où que vous soyez, restez avec moi.

Thomas est beaucoup plus connu pour le doute qui l’a animé au moment de la Mort et de la Résurrection de Jésus-Christ. Il avait même quitté les autres, puisqu’il n’était pas avec eux (Jn 20:24) lors de la première manifestation du Christ, au soir de la Résurrection. Mais bientôt convaincu par les propres paroles du Ressuscité, il prononce cette phrase si célèbre et si humble : Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jn 20:28).

Qu’advint-il de Thomas après la Pentecôte ? D’après Eusèbe, il aurait reçu la mission d’évangéliser la Parthie, cette région qui tint en échec les troupes romaines, au nord-est de l’actuel Iran.

D’après certains écrits apocryphes, donc pas vraiment historiques mais contenant probablement des héritages de sources réelles, Thomas aurait évangélisé le nord de l’Inde. Des disciples auraient successivement apporté le Christianisme dans la région du sud-ouest de l’Inde, d’où serait née la communauté des Chrétiens de saint Thomas, qui persistent aujourd’hui avec le rite syro-malabar.

D’après des descriptions récentes, fort étonnantes de précision pour une personne aussi ignorante que la stigmatisée Anna Katharina Emmerick, maintenant bienheureuse (2004), saint Thomas aurait évangélisé des régions aussi lontaines que le Tibet, la Chine, l’extrême pointe nord-est de l’Asie et même aussi quelque île du Japon septentrional.

En Inde, les nombreux et éclatants miracles qu’il accomplit ne manquèrent pas de susciter la jalousie des païens, et l’un d’eux frappa de la lance Thomas pendant qu’il était en prière. Il était fort âgé. Cela aurait pu se produire un 21 décembre, la date de l’ancienne fête de saint Thomas.

Le corps de l’apôtre Thomas fut rapporté à Edesse (l’actuelle Urfa au nord de la Syrie). Cette translation aurait eu lieu un 3 juillet, qui est maintenant la date de sa fête.

 

 

Anatolios de Laodicée

† 280

 

Anatolios était d’Alexandrie (Egypte). Dans cette ville, il occupait des charges très importantes.

Sa culture était immense et s’étendait à l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie, la physique, la dialectique, la rhétorique. Il y enseigna la philosophie d’Aristote.

C’est sans doute de cette époque que datent ses ouvrages, parmi lesquels dix livres sur l’arithmétique.

Vers 263, les Romains mirent le siège à tout un quartier d’Alexandrie, le quartier de Bruchium. Anatolios s’interposa et obtint que les non-combattants pourraient sortir de ce quartier sans être inquiétés. Dans ces pourparlers, il eut pour soutien son ami Eusèbe, qui par la suite devint évêque à Laodicée (de Syrie, act. Lattaquié).

Anatolios, lui, se rendit en Palestine. Là, l’évêque de Césarée le prit comme évêque coadjuteur : Anatolios devait lui succéder.

Mais Anatolios étant maintenant évêque, il dut se rendre à un concile d’Antioche, vers 268. Or, à son passage à Laodicée, les habitants le retinrent pour succéder à leur évêque Eusèbe, qui venait de mourir.

Il devait y rester une dizaine d’années et mourir vers 280.

Saint Anatolios de Laodicée est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marcus et Mocianus de Mésie

† 4e siècle

 

Marcus et Mocianus furent deux Martyrs de Mésie (act. Serbie-Bulgarie).

On leur adjoignait un enfant et un certain Paul, qui les encourageaient, mais qui ne sont plus mentionnés dans l’actuel Martyrologe.

Ce martyre a pu avoir lieu au quatrième siècle.

Saints Marcus et Mocianus de Mésie sont commémorés le 3 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Memnon et Severus de Thrace

† 305

 

Memnon était un centurion de l’armée romaine en station à Bizya (Thrace, auj. Vize, Turquie W).

Il se convertit sur les enseignements de son ami Severus.

Après d’atroces supplices, ils s’en allèrent au Ciel y recevoir la palme du martyre.

C’était durant la persécution de Dioclétien et Maximien, donc vers 303-310.

Saint Memnon de Thrace est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain, tandis que s.Severus est mentionné au 23 juillet.

 

 

Heliodorus d’Altinum

† 405

 

Heliodorus, né en Altinum (Italie NE), fut compagnon d’enfance d’un certain Hieronymus (Jérôme, v. 30 septembre).

Après avoir goûté de la vie militaire, il voulut être moine et, pour cela, alla retrouver son cher ami Jérôme en Palestine, vers 375. Mais ce dernier ne put le retenir : Heliodorus revint à Altinum.

Peu après, il fut nommé premier évêque de cette ville.

En 381, on le voit participer au concile d’Aquileia, qui condamna l’arianisme.

Les deux amis continuèrent de s’écrire, et particulièrement quand un neveu d’Heliodorus, suivant l’exemple de son oncle, quitta la vie militaire pour embrasser la vie monastique : Jérôme lui envoya de précieux conseils sur les devoirs du prêtre.

Ce neveu, Nepotianus, mourut prématurément ; Jérôme n’en continua pas moins sa correspondance avec Heliodorus. Il lui dédia ses commentaires sur les Proverbes, l’Ecclésiastique, le Cantique des Cantiques, puis Tobie et Judith. De son côté, Heliodorus envoyait à Jérôme des subsides pour son travail de traduction et de commentaires de la Bible.

En résumé, on connaît plus Heliodorus par les lettres de son ami Jérôme que par de réels témoignages de son activité pastorale.

Il mourut après 405, date de la dernière correspondance de Jérôme.

Altinum subit une grave alluvion au 6e siècle et une invasion des Lombards au 7e, de sorte que le siège du diocèse se déplaça à Torcello.

Saint Heliodorus d’Altinum est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anatolios de Constantinople

† 458

 

Il ne faut pas confondre cet Anatolios avec celui, du même jour, à Laodicée.

Le nôtre était natif d’Alexandria (Egypte), et c’est s.Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin) qui l’ordonna diacre.

Ce fut sans doute le successeur de Cyrille, Dioscoros, qui conféra le sacerdoce à Anatolios. C’est en tout cas le même Dioscoros qui insista auprès de l’empereur pour faire nommer Anatolios évêque à Constantinople, en 449.

En 451 se tint le concile de Chalcédoine : on devait y condamner la doctrine erronée d’Eutychès, qui ne reconnaissait pas les deux natures, divine et humaine, du Christ incarné. 

Durant le même concile, on dut déposer le même patriarche d’Alexandrie, Dioscoros. Anatolios prit la parole et précisa que Dioscoros n’a pas été déposé pour sa foi, mais pour avoir excommunié l’archevêque Léon (le pape Léon 1er), et ne s’être pas présenté, malgré trois citations.

Le pape Léon 1er avait en effet fait parvenir le fameux document Ad Flavianum (v. 17 février) sur l’Incarnation et les deux Natures du Christ. Discoros se retira et mourut quelques années plus tard.

Anatolios reçut cependant une petite semonce de Léon 1er, parce que dans une de ses expressions il semblait mettre les sièges de Constantinople et de Rome à égalité. 

Il y eut encore une intervention d’Anatolios à propos d’un usurpateur du siège d’Alexandrie, qui fut l’occasion d’un échange de lettres entre l’empereur et Anatolios.

Enfin, on attribue à Anatolios des hymnes en langue grecque.

Anatolios mourut en 458.

Saint Anatolios de Constantinople est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léon II

682-683

 

Ce quatre-vingtième pape succédait à Agathon.

On ne sait pas grand-chose sur sa jeunesse, sinon qu’il était fils de Paul, un sicilien. Il dut faire des études fort soignées, pour que le Liber Pontificalis en dise tant de choses : 

On admirait en lui l’éloquence, la science des divines Écritures, une connaissance approfondie des langues grecque et latine, une merveilleuse aptitude au chant et à la psalmodie dont il possédait toutes les règles. Il avait, en qualité de professeur et par une longue habitude de l’enseignement, acquis l’élégance de la parole et la perfection du style. Il était un guide excellent à la fois dans le chemin de la science et dans celui de la vertu. Il se montrait l’ami des pauvres, auxquels il prodiguait, avec les secours spirituels de la piété, toutes les ressources temporelles que son labeur personnel lui procurait.”

Il fut élu le 16 avril 682, mais couronné seulement le 17 août, car il fallait attendre la confirmation de l’empereur byzantin Constantin Pogonat, qui se fit d’ailleurs sans problème.

L’empereur en profitait pour présenter au nouveau pape les actes du IIIe concile de Constantinople, VIe œcuménique. Léon II les ratifia à son tour : le concile avait condamné le monothélisme, hérésie qui ne voyait dans le Christ qu’une seule volonté, comme si les volitions humaines de Jésus avaient été annihilées par le vouloir divin.

En même temps, il y était reproché au pape Honorius (625-638) d’avoir manqué de fermeté contre cette hérésie.

Léon II fit construire à Rome une église dédiée à l’apôtre Paul et le sanctuaire de Saint-Georges au Velabro pour les fidèles de langue grecque.

Il composa des hymnes liturgiques.

Dans l’unique ordination qu’il présida, il ordonna vingt-trois évêques, neuf prêtres et trois diacres.

Il mourut le 27 (ou le 28) juin 683. Suivant les livres, on note quelques divergences dans ces dates.

On commémorait saint Léon II le 28 juin, mais le Martyrologe le mentionnait au 3 juillet, où il resté même dans l’édition récente.

Le successeur de saint Léon II fut saint Benoît II.

Raymond Gayrard

1050-1118

 

Cette notice ne concerne pas Raimundo Guillermo de Barbastro (v. 21 juin), qui vivait au même moment que celui-ci.

Raymond vit le jour à Toulouse vers 1050.

Ses parents le mirent au service de l’église Saint-Sernin, où il devint chantre.

Il ne se sentait pas appelé à la cléricature. Quand il eut l’âge, il se maria.

Cette épouse fut bientôt ravie par Dieu et Raymond s’engagea à ne pas se remarier ; il voulait occuper ses ressources à faire du bien.

Discrètement, il aidait à droite et à gauche, distribuant des aumônes, des vêtements, allant trouver les plus pauvres qui avaient honte de leur pauvreté. Sa charité s’étendit spontanément aux Juifs, ce qui était très courageux à cette époque.

Finalement, il construisit un hospice pour y héberger treize pauvres, en l’honneur du Christ et de ses douze apôtres.

Il s’employa à construire deux ponts sur l’Hers, pour faciliter le franchissement de cette rivière souvent en crue.

On a dit plus haut qu’il fut au service de l’église Saint-Sernin. Or on envisagea l’érection d’une église plus grande, dont le chœur fut consacré dès 1096, mais dont l’achèvement tardait. Raymond prit les choses en main, conduisit les travaux, encouragea les ouvriers, résolvant les difficultés quotidiennes. On peut dire que le gros œuvre de cette église est le résultat de son travail.

Il demanda à être admis parmi les chanoines, qui en firent leur doyen, même s’il n’était pas prêtre. Il priait et chantait avec eux.

Quand il mourut, le 3 juillet 1118, l’église n’était pas totalement achevée ; les travaux avancèrent plus lentement et sans ce souci de la finition qu’avait montré Raymond. C'est ce qu'on peut remarquer en visitant la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse.

On l’enterra, comme il le désirait, dans son hospice.

Beaucoup de miracles eurent lieu à son tombeau et le pape, en approuvant son culte (vers 1650), recommanda de l’invoquer contre les maladies.

Saint Raymond Gayrard est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jeong Sun-mae Barbara

1777-1801

 

Jeong Sun-mae Barbara est une laïque coréenne née en 1777 à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Yeoju le 3 (ou le 4) juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Philiphê Phan Vǎn Minh

1815-1853

 

Le père Philiphê était né vers 1815 à Cái Mơn (Vĩnh Long, Vietnam), dernier des quatorze enfants de Đaminh et Anna Tiếu.

Il étudia au Siam, puis à Calcutta, où il avait collaboré avec Mgr Tabert à la rédaction d’un dictionnaire latin-vietnamien. 

Il achever ses études de théologie au séminaire des Missions Etrangères établi dans l’île de Penang (Malaisie), à l’abri des persécutions. 

Mgr Lefebvre jugeait qu’il était le plus compétent parmi ses collaborateurs vietnamiens.

Il fut arrêté le 26 février 1853 à Mặc Bắc. Huit jours avant son martyre, il écrivait à son évêque : 

De grâce, mon Père, priez pour votre fils, afin qu’il supporte avec joie les souffrances que Dieu a permis qu’il endurât. En quelque lieu que j’aille, j’irai avec bonheur, pourvu que le Père prie Dieu de venir au secours du fils, car alors tout ce qui arrivera au fils lui sera bon.

On notera au passage l’excellent français dans lequel s’exprime ce prêtre vietnamien, à moins que ce soit une traduction d’une lettre écrite en latin, auquel cas on remarquera la culture littéraire et théologique que ce Vietnamien a pu acquérir par ses études.

Les mandarins locaux l’avaient condamné «seulement» à l’exil dans la province de Son-Tay ; l’ordre royal fut de décapiter le prisonnier. Au moment de mourir, le père Minh jugea inutile de prendre encore un repas matériel, préférant prier en silence à genoux. Le moment venu, il pria ainsi : Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Donnez-moi la force et le courage de souffrir pour votre gloire ! Mon Dieu, pardonnez-moi mes péchés ! O ma Mère, secourez-moi !

Ce prêtre humble qui s’abandonnait à la miséricorde de Dieu et se réfugiait dans les bras de la très Sainte Vierge, mourut martyr le 3 juillet 1853, à trente-huit ans.

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

María Ana Mogas y Fontcuberta

1827-1886

 

María Ana naquit dans les environs de Granollers, près de Barcelone, le 13 janvier 1827, troisième des quatre enfants de Lorenzo Mogas et Magdalena Fontcuberta, une famille très chrétienne où l’on travaillait à la terre et aussi à soigner les voyageurs de passage.

Elle reçut le baptême au lendemain de sa naissance, puis l’Eucharistie à six ou sept ans ; elle en fut très marquée : à cette époque remonte son profonda mour pour l’Eucharistie et la Très Sainte Vierge.

Début 1834, elle perd son papa ; en 1840, sa maman. La voilà orpheline à treize ans, jeune adolescente, confiée aux soins de sa marraine à Barcelone.

L’adolescence à Barcelone se poursuit : elle étudie, elle fréquente l’église, mais aussi les camarades, elle a un petit ami. Il y a des disputes… María Ana toutefois, intérieurement, reste seule. Elle n’est pas satisfaite de sa vie.

En 1848, à vingt-et-un ans, elle rencontre deux religieuses Capucines qui veulent s’occuper des petites filles maltraitées. Elle sent que le Seigneur l’appelle à cet idéal. Après quelques mois, son directeur spirituel la conforte dans son désir.

En 1850, elle quitte tout pour aller dans la maison de Ripoll, ouverte par les Religieuses Capucines. L’ambiance est confuse, le style de vie n’est pas encore bien défini ; quand il s’agit de nommer une responsable, c’est la novice María Ana qui est élue : on refait le vote par trois fois, trois fois c’est elle qui est choisie !

Mais on ne le lui dit pas tout de suite. Après qu’elle émet les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance en 1854, elle sera chargée de diriger vaillamment la jeune fondation, qui se dédie à la catéchèse auprès des petites filles pauvres et abandonnées.

C’est une nouvelle famille religieuse, d’inspiration franchement franciscaine, et toute mariale. Marie est considérée comme la Suprême Abbesse de l’Institut.

María Ana a besoin d’une reconnaissance : elle passe avec succès l’examen d’habilitation à enseigner, pour pouvoir diriger la nouvelle maison.

Des vocations arrivent, des maisons s’ouvrent : à Barcelone, à Madrid. L’éloignement entre les deux villes, et quelques malentendus, font que les deux centres évoluent différemment. Chacun présentera à l’évêque des Constitutions divergentes. Cela n’arrive pas sans provoquer beaucoup de problèmes, de souffrances morales dans le cœur de María Ana. Finalement, c’est l’orientation donnée par María Ana qui prévaut et plusieurs évêques espagnols l’appellent. La branche religieuse qu’elle dirige prendra le nom de  Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur 

María Ana répond à ces appels, se donne totalement à l’apostolat catéchétique et encourage ses filles. Mais elle se fatigue beaucoup. Dès 1878, une première attaque d’apoplexie la frappe. Elle ne s’en remettra jamais.

Fin mai 1886, elle se retire dans la maison de Fuencarral (Madrid), où elle meurt le 3 juillet. Elle n’a que cinquante-neuf ans.

María Ana a été béatifiée le 6 octobre 1996. D’habitude, le Martyrologe commémore les Bienheureux et les Saints au jour de leur mort, c’est-à-dire de leur naissance au ciel (dies natalis). María Ana est ainsi commémorée le 3 juillet. 

Mais l’Institut des Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur la fêteront non pas le 3 juillet, qui est la fête de l’apôtre saint Thomas, mais au jour anniversaire de sa béatification, le 6 octobre.

 

 

Baiduo Zhao Mingzhen

1839-1900

Ruohan Zhao Mingxi

1844-1900

 

De ces deux frères chinois, nés l’un vers 1839, l’autre vers 1844, à Beiwangtou (Shenzhou,  Hebei, Chine), on sait qu’ils vivaient saintement.

Baiduo et Ruohan étaient la transformation en chinois de Petrus et Ioannes (Baptista).

Lors de la persécution qui accompagna la révolte des Boxers, ils s’exposèrent courageusement pour protéger des femmes et des enfants en danger, dans leur propre village de Beiwangtou.

Ils furent sauvagement assassinés et moururent ainsi en témoins du Christ, le 3 juillet 1900.

Ils furent béatifiés en 1955 et canonisés en 2000.

 

 

Jeong Sun-mae Barbara

1777-1801

 

Jeong Sun-mae Barbara est une laïque coréenne née en 1777 à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle fut décapitée à Yeoju le 3 (ou le 4) juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Philiphê Phan Vǎn Minh

1815-1853

 

Le père Philiphê était né vers 1815 à Cái Mơn (Vĩnh Long, Vietnam), dernier des quatorze enfants de Đaminh et Anna Tiếu.

Il étudia au Siam, puis à Calcutta, où il avait collaboré avec Mgr Tabert à la rédaction d’un dictionnaire latin-vietnamien. 

Il achever ses études de théologie au séminaire des Missions Etrangères établi dans l’île de Penang (Malaisie), à l’abri des persécutions. 

Mgr Lefebvre jugeait qu’il était le plus compétent parmi ses collaborateurs vietnamiens.

Il fut arrêté le 26 février 1853 à Mặc Bắc. Huit jours avant son martyre, il écrivait à son évêque : 

De grâce, mon Père, priez pour votre fils, afin qu’il supporte avec joie les souffrances que Dieu a permis qu’il endurât. En quelque lieu que j’aille, j’irai avec bonheur, pourvu que le Père prie Dieu de venir au secours du fils, car alors tout ce qui arrivera au fils lui sera bon.

On notera au passage l’excellent français dans lequel s’exprime ce prêtre vietnamien, à moins que ce soit une traduction d’une lettre écrite en latin, auquel cas on remarquera la culture littéraire et théologique que ce Vietnamien a pu acquérir par ses études.

Les mandarins locaux l’avaient condamné «seulement» à l’exil dans la province de Son-Tay ; l’ordre royal fut de décapiter le prisonnier. Au moment de mourir, le père Minh jugea inutile de prendre encore un repas matériel, préférant prier en silence à genoux. Le moment venu, il pria ainsi : Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Donnez-moi la force et le courage de souffrir pour votre gloire ! Mon Dieu, pardonnez-moi mes péchés ! O ma Mère, secourez-moi !

Ce prêtre humble qui s’abandonnait à la miséricorde de Dieu et se réfugiait dans les bras de la très Sainte Vierge, mourut martyr le 3 juillet 1853, à trente-huit ans.

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

María Ana Mogas y Fontcuberta

1827-1886

 

María Ana naquit dans les environs de Granollers, près de Barcelone, le 13 janvier 1827, troisième des quatre enfants de Lorenzo Mogas et Magdalena Fontcuberta, une famille très chrétienne où l’on travaillait à la terre et aussi à soigner les voyageurs de passage.

Elle reçut le baptême au lendemain de sa naissance, puis l’Eucharistie à six ou sept ans ; elle en fut très marquée : à cette époque remonte son profonda mour pour l’Eucharistie et la Très Sainte Vierge.

Début 1834, elle perd son papa ; en 1840, sa maman. La voilà orpheline à treize ans, jeune adolescente, confiée aux soins de sa marraine à Barcelone.

L’adolescence à Barcelone se poursuit : elle étudie, elle fréquente l’église, mais aussi les camarades, elle a un petit ami. Il y a des disputes… María Ana toutefois, intérieurement, reste seule. Elle n’est pas satisfaite de sa vie.

En 1848, à vingt-et-un ans, elle rencontre deux religieuses Capucines qui veulent s’occuper des petites filles maltraitées. Elle sent que le Seigneur l’appelle à cet idéal. Après quelques mois, son directeur spirituel la conforte dans son désir.

En 1850, elle quitte tout pour aller dans la maison de Ripoll, ouverte par les Religieuses Capucines. L’ambiance est confuse, le style de vie n’est pas encore bien défini ; quand il s’agit de nommer une responsable, c’est la novice María Ana qui est élue : on refait le vote par trois fois, trois fois c’est elle qui est choisie !

Mais on ne le lui dit pas tout de suite. Après qu’elle émet les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance en 1854, elle sera chargée de diriger vaillamment la jeune fondation, qui se dédie à la catéchèse auprès des petites filles pauvres et abandonnées.

C’est une nouvelle famille religieuse, d’inspiration franchement franciscaine, et toute mariale. Marie est considérée comme la Suprême Abbesse de l’Institut.

María Ana a besoin d’une reconnaissance : elle passe avec succès l’examen d’habilitation à enseigner, pour pouvoir diriger la nouvelle maison.

Des vocations arrivent, des maisons s’ouvrent : à Barcelone, à Madrid. L’éloignement entre les deux villes, et quelques malentendus, font que les deux centres évoluent différemment. Chacun présentera à l’évêque des Constitutions divergentes. Cela n’arrive pas sans provoquer beaucoup de problèmes, de souffrances morales dans le cœur de María Ana. Finalement, c’est l’orientation donnée par María Ana qui prévaut et plusieurs évêques espagnols l’appellent. La branche religieuse qu’elle dirige prendra le nom de  Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur 

María Ana répond à ces appels, se donne totalement à l’apostolat catéchétique et encourage ses filles. Mais elle se fatigue beaucoup. Dès 1878, une première attaque d’apoplexie la frappe. Elle ne s’en remettra jamais.

Fin mai 1886, elle se retire dans la maison de Fuencarral (Madrid), où elle meurt le 3 juillet. Elle n’a que cinquante-neuf ans.

María Ana a été béatifiée le 6 octobre 1996. D’habitude, le Martyrologe commémore les Bienheureux et les Saints au jour de leur mort, c’est-à-dire de leur naissance au ciel (dies natalis). María Ana est ainsi commémorée le 3 juillet. 

Mais l’Institut des Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur la fêteront non pas le 3 juillet, qui est la fête de l’apôtre saint Thomas, mais au jour anniversaire de sa béatification, le 6 octobre.

 

Baiduo Zhao Mingzhen

1839-1900

Ruohan Zhao Mingxi

1844-1900

 

De ces deux frères chinois, nés l’un vers 1839, l’autre vers 1844, à Beiwangtou (Shenzhou,  Hebei, Chine), on sait qu’ils vivaient saintement.

Baiduo et Ruohan étaient la transformation en chinois de Petrus et Ioannes (Baptista).

Lors de la persécution qui accompagna la révolte des Boxers, ils s’exposèrent courageusement pour protéger des femmes et des enfants en danger, dans leur propre village de Beiwangtou.

Ils furent sauvagement assassinés et moururent ainsi en témoins du Christ, le 3 juillet 1900.

Ils furent béatifiés en 1955 et canonisés en 2000.

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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 23:00

02 JUILLET

 

 

I.  

SS Processus et Martinianus : ils seraient les officiers gardiens de s. Pierre à la prison Mamertine à Rome, convertis et baptisés par lui, et martyrs.

SS Longinus, Megistus et Acestus, trois officiers qui se seraient convertis après avoir assisté à la mort de s. Paul.

IV.    

SS Ariston, Crescentien, Eutychien, Urbain, Vital, Juste, Félicissime, Félix, Marcie et Symphorose, romains poursuivis et martyrisés en Campanie.

V.    

SS Liberatus, abbé, et six autres : Bonifacius (diacre), Servus et Rusticus (sous-diacre), Rogatus et Septimus (moines), et le jeune Maximus, martyrs à Carthage.

VI.    

Ste Monégonde, mariée à Chartres, recluse à Tours, thaumaturge.    

S Adéodat, prêtre à Galliano.

S Oudocée (Euddodwy, Oudothée), fils d'un roi gallois, évêque à Llandaff, successeur de son oncle. 

VII.    

S Jéroche, prêtre à Faremoutier.

IX.    

S Swithin, évêque à Winchester ; le temps qu'il fait au jour de sa fête dure quarante jours.

XII.    

S Lidano, sicilien, fondateur d'un monastère à Sezze.

XIV.    

B Pierre de Luxembourg, évêque à Metz à quinze ans, cardinal du pape d'Avignon à dix-sept, mort à dix-huit ; il se confessait chaque jour ; il croyait à l'Immaculée Conception.

XV.    

Bx Giovanni et Pietro Becchetti, deux cousins qui, ermites augustins et prêtres, vécurent saintement ensemble à Fabriano.

XVI.    

Bx Montfort Scott et George Beesley, prêtres anglais martyrs à Londres, béatifiés en 1987.

XVII.    

S Bernardino Realino, condamné à avoir le poignet coupé mais exilé, plus tard jésuite et curé de Lecce, qu'il prit sous sa protection à perpétuité ; l'évêque commença le procès informatif (pour la future canonisation) dès son vivant.

XIX.    

Bx Choe In-cheol Ignatius, Gim Yeon-i Iuliana, Han Sin-ae Agatha, Yi Hyeon Antonius, Gang Wan-suk Columba, Gang Gyeong-bok Susanna, Gim Hyeon-u Matthæus et Mun Yeong-in Bibiana, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.    

Bse Eugénie Joubert (1876-1904), de parents français séparés, mais des Sœurs de la Sainte Famille du Sacré-Cœur en Belgique ; béatifiée en 1994.

Processus et Martinianus

1er siècle

 

Ces deux soldats ont été martyrisés à Rome, et enterrés «voie Aurélienne au deuxième mille», dit le Martyrologe.

Une église y fut construite, qui abritait leurs reliques, mais ces reliques furent ensuite déposées à Saint-Pierre, et l’église abandonnée.

Les deux soldats Processus et Martinianus passaient pour avoir été les geoliers de saint Pierre à la prison Mamertine.

Ils y auraient été conquis par la parole de saint Pierre. L’Apôtre aurait fait jaillir de la roche une fontaine d’eau pour les baptiser, puis serait sorti de la prison en toute liberté.

Laissant de côté d’autres détails sur saint Pierre, retenons qu’ensuite les deux soldats furent conduits devant le juge Paulinus, qui les fit torturer de toutes les façons et envoyer en prison. Ce Paulinius mourut trois jours après.

Puis les soldats furent conduits à Néron, qui les fit décapiter sur le champ.

Les Saints Processus et Martinianus sont commémorés le 2 juillet.

 

 

Longinus, Megistus et Acestus

1er siècle

 

Ces trois noms seraient ceux de trois soldats convertis à la vue du martyre de saint Paul.

L’ancien Martyrologe les affirmait martyrs, mais les récits qui les nomment ne leur reconnaissent pas cette palme glorieuse.

C’était une pieuse tradition.

Et de même qu’on a réuni en un même jour les deux apôtres Pierre et Paul, bien qu’ils n’aient pas été martyrisés le même jour à Rome, on avait inscrit le même jour, au 2 juillet, les martyrs Processus et Martinien, convertis et baptisés par saint Pierre, et les martyrs Longinus, Megistus et Acestus, convertis au moment de la décapitation de saint Paul. 

Par prudence, l’actuel Martyrologe n’a donc pas retenu ces noms.

 

 

Martyrs de Carthage

† 484

 

Dans un monastère de Capsa (Byzacène, auj. Gafsa, Tunisie C), vivaient sept moines que leur amour de Dieu et leurs vœux avaient rendus frères.

L’abbé était Liberatus ; il y avait un diacre, Bonifacius, deux sous-diacres, Servus et Rusticus ; en outre, Rogatus et Septimus pouvaient être clercs ou frères convers ; un septième moine, Maximus, pouvait être un jeune garçon, peut-être un jeune novice (chez les Romains, on est puer de 7 à 17 ans).

En 484, le roi des Vandales, Hunericus, arien, s’en prit aux Chrétiens fidèles à la foi orthodoxe et fit torturer les sept moines nommés ci-dessus.

Après maintes tortures, les Martyrs furent fixés par des clous aux bois qu’on allait faire brûler. Comme le feu s’éteignait, le roi leur fit écraser le crâne à coups d’avirons.

Ces saint Martyrs de Carthage sont commémorés le 2 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Monégonde de Chartres

6e siècle

 

Monegundis naquit à Chartres.

De son époux, elle eut deux petites filles, qui moururent, laissant la jeune mère dans une grande tristesse.

Les époux se séparèrent, et Monégonde se fit enfermer dans une petite cellule, par la fenêtre de laquelle une brave femme lui portait ses festins : une sorte de bouillie de farine d’orge dans de l’eau avec de la cendre. Quel régal ! Monégonde «tempérait» aussi cette gourmandise en espaçant ses repas par de longs jeûnes. Un jour, la femme qui lui apportait sa bouillie, l’oublia (ou s’absenta) : Monégonde resta cinq jours sans rien manger ni boire. Elle put tout de même recueillir un peu de neige sur le bord de sa fenêtre et y mélanger un petit reste de farine.

Bien sûr, Monégonde ne restait pas inconnue : on vint la voir, lui demander des prières, et elle obtint des guérisons. Le bruit qui s’en suivit l’effraya, elle partit pour Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre).

En chemin, elle s’arrêta à Evena (Avoine), lors de la fête de S.Médard (v. 8 juin) ; une jeune fille souffrant d’une horrible pustule vint la supplier (elle la connaissait donc…). Monégonde se prosterna, pria, se releva et fit le signe de la croix : la tumeur s’ouvrit et se vida.

Mais son mari pensa utile de la faire revenir à Chartres : ces «guérisons» pourraient rapporter quelque chose. Monégonde revint cependant à Tours et, avec quelques compagnes, fonda un petit monastère, qui deviendrait Saint-Pierre-le-Puellier.

Les repas de Monégonde restèrent ce qu’ils étaient auparavant, accompagnés aux jours de fêtes d’un peu de vin dans beaucoup d’eau. Le mobilier de sa propre cellule : une natte de joncs.

Mais Monégonde ne pouvait rester dans l’ombre, car les miracles la trahissaient. Tel souffre d’un mal de ventre : il guérit une heure après que Monégonde lui ait appliqué une feuille de vigne enduite de sa salive (cf. Jn 9:6) ; un autre est paralytique : Monégonde invoque Dieu à genoux, prend le malade par la main et le relève guéri ; une aveugle maintenant : elle lui impose la main sur les yeux, qui se rouvrent à la lumière !

Avant de mourir, elle laissa à ses compagnes une huile et du sel bénits par elle, pour guérir d’autres malades.

Une fois décédée et inhumée dans sa propre cellule, Monégonde poursuivit son œuvre et les miracles se multiplièrent. On ne donne pas de date précise pour sa mort.

Le petit monastère de Saint-Pierre-le-Puellier fut profané en 1562 par les Huguenots, qui détruisirent une partie des reliques.

Sainte Monégonde est commémorée le 2 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Swithun de Winchester

800-862

 

D’une famille noble du Wessex (Angleterre), Swithun naquit vers 800.

Ses études se firent au monastère de Winchester : grammaire, philosophie, Ecriture sainte.

Ordonné diacre, il fut le secrétaire de l’évêque Helmstan.

Une fois ordonné prêtre, il devint chapelain du roi Egbert et précepteur du fils de celui-ci, Æthelwulf.

Devenu roi en 839, Ethelwulf le prit comme conseiller pour les affaires ecclésiastiques.

En 852, Swithun fut choisi pour l’évêché de Winchester ; c’était le seizième évêque sur ce siège. Il se fit remarquer par sa charité et son amour des pauvres, avec lesquels il prenait ses repas plutôt qu’avec les riches lors de ses déplacements. Quand il voyageait, il marchait toujours à pied et de nuit pour éviter tout apparat. Il construisit et répara plusieurs églises : quand il se rendait à la dédicace de l’une d’elles, il y allait à jeun. Sa parole exhortait continuellement à se convertir profondément ou à éviter les occasions de pécher.

On raconte ce miracle de Swithun au passage d’un pont près de Winchester : des ouvriers malveillants avaient brisé les œufs qu’une vieille femme portait dans son filet ; Swithun par sa bénédiction rassembla les coquilles et restitua les œufs à la brave femme.

Les miracles, déjà remarquables de son vivant, continuèrent après sa mort.

Il mourut le 2 juilet, vers 862.

Swithun avait disposé d’être inhumé près du mur de la cathédrale, là où les passants fouleraient sa tombe et où l’eau de pluie s’y déverserait. 

La cathédrale prit ensuite le nom de s.Swithun, jusqu’à ce que l’hérétique Henri VIII la mît sous le vocable de la Sainte Trinité.

Saint Swithun est invoqué comme s.Médard (v. 8 juin) pour la météorologie : le temps de sa fête durera quarante jours.

Saint Swithun de Winchester est commémoré le 2 juillet dans le Martyrologe Romain.

Lidano de Sezze

1026-1118

 

Lidano naquit vers 1026 à Civita d’Antino (L’Aquila, Latium, Italie C).

Ses pieux parents le confièrent très tôt au monastère bénédictin du Mont-Cassin, où il fit profession.

A la mort de ses parents, il vendit son héritage et demanda à son abbé la permission d’aller fonder un monastère dans les marais pontins.

Il fonda alors à Sezze un monastère bénédictin, dont il devint abbé. Les moines travaillèrent à l’assainissement des terres marécageuses.

Lidano mourut, très âgé, en 1118.

Le monastère fut détruit par les troupes de l’empereur Friedrich II. Les moines, et ce qui leur restait, furent transférés au monastère d’Anagni.

Avec s. Carlo (v. 6 janvier), Lidano est co-patron de la ville de Sezze.

Saint Lidano de Sezze est commémoré le 2 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pierre de Luxembourg

1369-1387

 

Il n’est pas commun de mourir Cardinal de la Sainte Eglise à dix-huit ans et consommé en sainteté ! Il y a des âmes d’élection et d’exception.

La famille de Luxembourg était de très haute noblesse, étant apparentée à l’empereur et aux rois.

Guy de Luxembourg, bon Français et bon Chrétien, avait épousé Mahaut de Châtillon dont il eut sept enfants parmi lesquels on connaît Valéran, Robert, Jeanne, André ; l’avant-dernier, Pierre, naquit dans des circonstances dramatiques.

Un violent incendie venait de se déclarer dans le château de Ligny-en-Barrois, où ils résidaient alors, le 20 juillet 1369 ; Mahaut n’eut que le temps de se réfugier dans une grosse tour encore debout, où elle accoucha. Pierre fut baptisé dès le lendemain.

Guy mourut au combat en 1371 et Mahaut mourut deux ans plus tard. Elle eut encore le temps de mettre au monde son benjamin, André. Le petit Pierre fut recueilli par sa tante, au château de Saint-Pol.

Pierre ne s’entendait pas bien avec son frère aîné, Valéran ; ils avaient tous deux hérité de leur père un caractère entier, vif, nerveux, de sorte qu’ils pouvaient facilement arriver à l’affront. Pierre était direct : tout petit, il avait menacé de faire brûler vif un domestique qui n’obtempérait pas assez vite à son goût.

Le garçon apprit en grandissant à se dominer, à grandir dans la foi et la piété ; il y entraîna sa sœur Jeanne. Cette dernière poursuivra sa route dans l’amour de Dieu ; elle renonça à se marier et finira ses jours dans une sainte démarche : en 1430, elle essayait de détourner son neveu, Jean de Luxembourg, de vendre Jehanne d’Arc aux Anglais. C’est peut-être ce douloureux échec qui la conduisit à la mort.

A huit ans, en 1377, Pierre fut envoyé à Paris pour ses études, en compagnie de son frère André, avec un domestique nommé Mayet. Comme il l’avait fait pour sa sœur Jeanne, Pierre exhorta André à se sanctifier ; pour l’obliger à se lever un peu plus tôt, il lui jetait une poignée de gros sel dans le lit… Mayet reçut aussi ses exhortations : Si tu ne te confesses jamais, lui dit Pierre, tu ne sauras jamais quand il le faudra, mais si tu en prends l’habitude, tu sauras bientôt quoi dire au prêtre. Voici un franc d’or, prends-le et va te confesser. Mayet obéit !

Notre jeune garçon continuait sa route dans l’amour de la perfection. Il devint servant de messe à Notre-Dame, et regrettait de ne pouvoir assister à l’office de matines que les jours de fête. Il se confessait chaque jour. Bon élève, travailleur, obéissant, il préférait la prière au jeu : on le découvrit un jour en train de méditer dans une tour de Notre-Dame ! Mais il ne jouait pas le «petit saint» et prenait le temps de se distraire avec des camarades : il chantait et dansait, il jouait au jeu des échecs qui force l’esprit à arraisonner, mais ne jouait jamais aux dés. 

Il poursuivit ses études au collège de Navarre.

On était à l’époque du triste Schisme d’Occident. Même de grands et doctes personnages pensaient que le pape d’Avignon était légitime. On a vu que s. Vicente Ferrer (v. 5 avril) opinait pour le pape d’Avignon. On s’explique facilement que Pierre de Luxembourg, adolescent, fût simplement partisan de ce pape, sans se poser la question théologique ou canonique de la primauté de Rome sur Avignon. 

Le «pape» Clément VII ne pouvait ignorer ce jeune noble. Il le nomma chanoine de Notre-Dame de Paris. Pierre accepta d’emblée, non pour l’honneur, mais pour participer plus complètement à l’office du chœur. Il resta humblement «petit clerc» et refusa de recevoir les ordres, même avec dispense. Clément VII octroya encore d’autres titres à Pierre : archidiacre de Dreux, de Bruxelles, chanoine de Cambrai ; ce cumul profita surtout aux pauvres, auxquels Pierre distribuait de larges aumônes.

Pierre fit le vœu de chasteté et s’imposa une règle de vie de plus en plus sévère. Jamais plus de cinq heures au lit, et plutôt moins parfois ; flagellation sans pitié ; une corde aux reins. On ne découvrit ces détails que par hasard, ou après sa mort.

En 1384, d’entente avec le roi de France, Clément VII le nomma évêque de Metz. Pierre en fut navré, mais préféra accepter pour ne blesser personne. La même année, Clément VII le créa cardinal et l’ordonna diacre.

Comment un diacre pouvait-il être évêque ? Pierre fit tout ce qui était en son pouvoir pour administrer le diocèse : visites pastorales, rappel à l’ordre des clercs qui s’absentaient de leurs bénéfices, réconciliation avec les partisans de l’autre pape. Mais pour la liturgie, il s’en remettait à son auxiliaire, un dominicain, Bertrand.

La même année cependant, Pierre dut s’absenter pour assister son frère Robert mourant. Quand il voulut rentrer, l’empereur y avait installé son propre candidat à la place de Pierre ; il fallut l’intervention armée de son frère Valéran pour rétablir l’ordre. Mais l’année suivante, une émeute de la population fit encore intervenir l’armée de Valéran, mais Pierre préféra se retirer de la place. Il vint à Paris, où il retrouva des amis et assista avec réconfort aux offices des Religieux célestins ou chartreux.

En 1386, le pape d’Avignon l’appela en Avignon. Pierre céda de bonne grâce, mais ne s’y plaisait pas. Il demanda à Dieu de le libérer de ce monde et fut exaucé : un ulcère à la jambe l’empêcha de sortir. Ses mortifications augmentaient encore : elles furent peut-être la cause de la «maladie» qui devait bientôt l’emporter.

Il nourrissait le grand projet d’aller trouver le roi de France pour mettre fin aux hostilités avec l’Angleterre, et aussi pour alléger les trop lourds impôts qui opprimaient les peuples. Il aurait pu en effet parler facilement avec tous les princes d’Europe, dont il était parent. Seule sa mauvaise santé l’en empêchat.

Il faut signaler aussi qu’il nourrissait une grande dévotion envers Notre-Dame et qu’il en défendit volontiers l’Immaculée Conception.

A partir de 1387, il passa à Villeneuve-les-Avignon, de l’autre côté du Rhône, où le climat campagnard était meilleur. Il s’alita définitivement le 24 juin et mourut saintement le 2 juillet, quelques jours avant ses dix-huit ans.

Des miracles suscitèrent vite le procès de béatification de Pierre. Il n’aboutit qu’en 1527 : il se trouve que c’est le vrai pape Clément VII qui la proclama.

Proclamé céleste patron d’Avignon, le bienheureux Pierre de Luxembourg est mentionné au 2 juillet dans le Martyrologe.

 

 

Pietro Becchetti

1340-1421

Giovanni Becchetti

1350-1420

 

Pietro et Giovanni Becchetti étaient cousins, appartenant à un rameau italien de la famille anglaise de s.Thomas Becket (v. 29 décembre), installée à Fabriano (Italie).

 

Pietro était né en 1340. Entré dès l’adolescence chez les Augustins, il s’y distingua par la sainteté de sa vie.

Après ses études à Padoue et après avoir reçu le doctorat à Pérouse, il se mit à prêcher avec enthousiasme.

En 1388, il fut nommé Visiteur pour le couvent de Rimini ; en 1389, Lecteur pour celui de Tolentino, et en 1391 pour celui de Venise.

En 1393, il fit le pèlerinage à Jérusalem. A son retour, il construisit avec son cousin un oratoire dédié au Saint-Sépulcre. Ensuite, il «disparaît» des annales ; seule, une lettre du Père général adressée à lui en 1421, laisse supposer qu’il était probablement encore en vie.

Il serait mort cette même année 1421.

Un miracle retentissant se produisit devant son tombeau lorsqu’un homme, poursuivi par son ennemi et mortellement frappé, se releva avec seulement un blessure superficielle à la tête.

 

Giovanni était né en 1350.

Il entra lui aussi au monastère des Augustins de Fabriano, où il fut remarqué pour son goût de la prière, de l’étude de l’Ecriture et de la Théologie.

Il connaissait à fond Platon et Aristote et fut surnommé par ses Confrères Aristotélicien ou Platonicien. Il composa un traité où il essayait de concilier les idées de Platon avec l’Ecriture.

Bachelier en théologie, il enseigna à Rimini en 1385 et, la même année, fut envoyé à Oxford, dont il revint auréolé du titre de Maître en Théologie. Il y fut également professeur pendant deux années, combattant par les idées mais aussi par la prière, les idées controversées de Wiclef.

En 1391, il était directeur des études à Pérouse. Il le fut peut-être aussi à Bologne.

Il accompagna probablement aussi son cousin Pietro dans son pèlerinage à Jérusalem.

En 1420, il était recteur à Fabriano, mais les documents de la période postérieure à cette date ont disparu.

On croit qu’il mourut en 1420.

 

Proches par le sang, les deux cousins furent encore plus proches dans l’amour de Dieu et dans le sacerdoce. Une même urne contient leurs reliques à Fabriano. Quand on voulut reconnaître leurs corps, à l’ouverture de la tombe, des roses blanches apparurent sur la branche d’aubépine qu’on y avait déposée au 15e siècle ; on en déduisit que les épines de leurs mortifications avaient produit les roses célestes. Ils furent honorés ensemble d’un culte, approuvé en 1835.

Ces deux Bienheureux sont maintenant commémorés ensemble le 2 juillet au Martyrologe.

 

 

Bernardino Realino

1530-1616

 

Bernardino (Petit Bernard) naquit le 1er décembre 1530 à Carpi (Modène, Emilie-Romagne, Italie centre-nord), dans une famille noble où il reçut une éducation très chrétienne, spécialement grâce à sa mère, qui avait une grande dévotion pour saint Bernardino de Sienne (voir au 20 mai).

Très intelligent, brillant, il fit d’excellentes études : médecine, lettres, philosophie, droit ; il publia des articles de philologie classique (une analyse sur Catulle), reçut le doctorat en droit civil et ecclésiastique. 

Il avait toutefois le sang chaud : ayant un jour donné un coup de poignard, il aurait mérité d’avoir le poignet droit coupé, mais il put s’exiler et éviter cette mutilation.

Il obtint des charges publiques : podestà à Felizzano, avocat fiscal à Alexandrie, gouverneur à Cassine, juge à Castiglione, intendant à Pescara.

En 1564, après avoir eu une apparition de la Très Sainte Vierge, sa vie changea complètement. Il chercha à faire disparaître tous les exemplaires de ce qu’il avait publié naguère.

Il entra chez les Jésuites, au noviciat de Naples et fut ordonné prêtre dès 1567, ses études précédentes ayant été jugées suffisantes. En 1570, il émit les vœux solennels et fut nommé maître des novices. Il prêchait.

Lui qui désirait partir comme missionnaire dans les Indes, fut nommé à Lecce (Pouilles), où il devait rester plus de quarante ans.

Il y organisa des missions populaires, prêcha lui-même, visita les hôpitaux et les prisons, donnait des conférences pratiques de théologie morale au clergé, catéchisait. Surtout, il fut assidu au confessionnal, et devint directeur du collège de Lecce en même temps que supérieur de la communauté. Sa délicate gentillesse mit fin à des querelles et des vendettas, comme on en trouve si souvent.

Il aimait les oiseaux, leur donnait du grain, et eux de venir autour de lui, se poser sur lui, sur son papier, sur son livre.

On vint le voir de loin, il devinait ce qu’on lui cachait, il fit des prédictions. On disait communément que tout pénitent du père Realino devait forcément se convertir, tout moribond trépasser saintement.

Devenu aveugle et paralysé après une grave chute en 1610, il mourut en prononçant les noms de Jésus et Marie, à quatre-vingt-six ans, le 2 juillet 1616, toujours à Lecce, qui le prit immédiatement comme protecteur et patron.

De grands Saints l’ont connu et tenu en profonde vénération : Roberto Bellarmino (voir au 17 septembre), Andrea Avellino (voir au 10 novembre), Johannes Berchmans (voir au 13 août).

Le procès informatif en vue de sa béatification fut ouvert dès 1615 (avant sa mort !).

Bernardino Realino fut béatifié en 1895 et canonisé en 1947.

Choe In-cheol Ignatius

? -1801

 

Choe In-cheol Ignatius est un laïc coréen né à Seoul (Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Yeon-i Iuliana

? -1801

 

Gim Yeon-i Iuliana est une jeune laïque coréenne, dont on n’avait retenu (ou dont on ne savait) ni le lieu d’origine ni la date de naissance.

Elle fut décapitée à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Han Sin-ae Agatha

? -1801

 

Han Sin-ae Agatha est une laïque coréenne née à Boryeong (Chungcheong-do, Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Yi Hyeon Antonius

? -1801

 

Yi Hyeon Antonius est un laïc coréen né à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée  S).

Il fut décapité à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Gang Wan-suk Columba

1761-1801

 

Gang Wan-suk Columba est une laïque coréenne née en 1761 à Naepo (Chungcheong-do, Corée  S).

Elle fut décapitée à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Gang Gyeong-bok Susanna

1762-1801

 

Gang Gyeong-bok Susanna est une laïque coréenne née en 1762 en Corée S.

Elle fut décapitée à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Gim Hyeon-u Matthæus

1775-1801

 

Gim Hyeon-u Matthæus est un laïc coréen né en 1775 à Myeongraebang (Seoul, Corée S).

Il fut décapité à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Mun Yeong-in Bibiana

1776-1801

 

Mun Yeong-in Bibiana est une laïque coréenne née en 1776 à Seoul (Corée S).

Elle fut décapitée à Seoul le 2 juillet 1801 et béatifiée en 2014.

 

 

Eugénie Joubert

1876-1904

 

Une vie rapidement consommée dans la sainteté.

Quatrième enfant d’une famille dont la mère est profondément chrétienne, Eugénie Joubert naît à Yssingeaux (Haute-Loire) le 11 février 1876, anniversaire de l’apparition de Notre Dame à Lourdes en 1858.

Elle grandit et fréquente diverses écoles de la région, Monistrol, Yssingeaux, Le Puy.

Lors de la fondation d’une nouvelle congrégation dans le diocèse du Puy, la Sainte Famille du Sacré-Cœur, la sœur aînée d’Eugénie y entre : le but de cette congrégation est d’enseigner le catéchisme dans les milieux pauvres et déshérités, où la Parole de Dieu manquait.

Après mûre réflexion, Eugénie y entre à son tour, à dix-neuf ans. Sa maman lui dit alors : Mon enfant, je vous donne au Bon Dieu. Ne regardez pas en arrière, mais devenez une sainte.

Elle prononce ses vœux le 8 décembre 1897, à Saint-Denis, où s’est transporté le noviciat.

Elle approfondit sa formation par la lecture des Pères de l’Eglise, de saint Thomas d’Aquin. Mais surtout elle est très unie à l’Eucharistie, à la Sainte Vierge, aux Anges Gardiens, et cette vie intérieure intense se transmet spontanément à son jeune auditoire.

Enjouée et toujours gaie, elle a le don de parler aux enfants, de calmer et de captiver même les plus turbulents. Elle est active dans la communauté d’Aubervilliers, trop active peut-être : le soir, elle n’a plus de voix. La fatigue devient de l’épuisement.

Très vite, sa santé se dégrade : elle est atteinte de tuberculose. Dès 1902 elle doit se reposer dans un monastère de Liège, elle souffre beaucoup et ne peut plus “travailler”. Elle aura quand même l’occasion de faire un voyage à Rome, où doit s’ouvrir une nouvelle maison.

Elle passe les derniers temps de sa vie dans la prière constante.

Elle meurt le 2 juillet 1904, en prononçant plusieurs fois le nom de Jésus et en baisant le crucifix.

Eugénie Joubert a été béatifiée en 1994. Elle est donnée comme modèle aux catéchistes.

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 23:00

JUILLET

 

01 JUILLET

 

-XIII.

S Aaron, frère aîné de Moïse et grand-prêtre (cf. Exode)

Ste Marie, sœur aînée de Moïse et Aaron ; elle chantait en s'accompagnant du tympanon (cf. Exode 15 ; Nombres 12 et 20).

-V.

Ste Esther, reine de l'entourage de Assuérus, fille de Mardochée (cf. Livre d’Esther).

III.

S Martinus, évêque à Vienne.

SS Caste et Secondin, célèbres à Sinuessa (africains ? évêques ?). 

IV.

S Léon, anachorète qui ne vivait qu'au milieu des bêtes sauvages, vêtu comme elles.

V.

S Schenoudi, abbé copte à Atripé ; il eut le premier l'idée de faire signer à ses moines une promesse écrite d'obéissance : c'est l'ancêtre de nos vœux religieux. 

S Domitianus, romain, fondateur de monastères à Axance et Saint-Genès, qui devinrent Bourg-Saint-Christophe et Saint-Rambert.

VI.

S Cybard, reclus à Angoulême et thaumaturge.

S Thierry, fils d'un bandit, marié contre son gré, ordonné prêtre par s. Remi, chargé de fonder un monastère au Mont d'Hor, où finit par venir aussi son père.

S Eparchius, prêtre reclus à Angoulême.

S Goulven, évêque à Léon de Bretagne, probable successeur de s. Pol.

S Karilefus, moine à Menat puis Micy, abbé à Anisola.

S Hilaire, prêtre à Oizé.

S Lunaire, breton venu de Cambrie.

VIII.

Ste Reine, fondatrice du monastère de Denain, dont sa fille fut la première abbesse.

S Servan, présumé évêque à Jérusalem, venu en Ecosse.

XVI.

Bx Thomas Sprott (Parker) et Thomas Hunt (Benstead), prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987.

XVII.

 B Thomas Maxfield, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

 Bx Jean-Baptiste Duverneuil, carme à Angoulême, et Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie, chanoine en Haute-Vienne, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1994.

XIX.

 B Antonio Rosmini, prêtre italien, philosophe, un moment condamné, fondateur de l'Institut de la Charité et des Sœurs de la Providence, réhabilité par Jean-Paul II et béatifié en 2007.

B Nazju Falzon, clerc maltais, qui refusa par humilité l'ordination sacerdotale, béatifié en 2001.

XX.

 SS Justino Orona Madrigal (*1877) et Atilano Cruz Alvarado (*1901), prêtres mexicains martyrs (1928), canonisés en 2000, fêtés avec leurs compagnons le 21 mai ; Justino, curé, avait fondé les Sœurs Clarisses du Sacré-Cœur ; son vicaire Atilano n'avait que onze mois de sacerdoce.

B Jan Nepomucen Chrzan (1885-1942), prêtre polonais, torturé à Dachau, béatifié en 1999.

Bse Assunta Marchettti (1871-1948), cofondatrice italienne des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée, béatifiée en 2014.

Bx Marcello Maruzzo (Tullio, *1929), prêtre franciscain italien, et Luis Obdulio Arroyo Navarro (*1950), laïc catéchiste guatémaltèque, victimes de la guérilla marxiste, béatifiés en 2018.

Aaron et Marie

14e siècle avant Jésus-Christ

 

Le Martyrologe romain mentionnait autrefois le 1er juillet trois personnages de l'Ancien Testament : Aaron et sa sœur Marie, et Esther. La récente version ne mentionne plus qu’Aaron, mais on dira quand même quelques mots ici sur cette Marie et, ailleurs, sur Esther.

 

*   *   * 

 

Aaron appartenait à la tribu sacerdotale de Lévi, de trois ans le frère aîné de Moïse ; fils de Amram et de Yokhabed.

Lors des démarches auprès du Pharaon, Aaron fut chargé de parler au nom de Dieu et fut aux côtés de Moïse durant l'exode du peuple juif dans le désert en vue de la Terre Promise.

On peut relire avec fruit les épisodes du livre de l'Exode, des Nombres (Nb 20), du Deutéronome (Dt 10:6).

D’après les Nombres, Aaron est mort sur le mont Hor, dans le Negheb, près de Cadès ; d’après le Deutéronome, à Moséra, sans qu’il y ait vraie contradiction entre ces deux assertions, si on peut les prendre dans un sens métaphorique.

Aaron était investi du sacerdoce. Il a été le grand-prêtre de la nouvelle alliance. Malgré ses fautes, qui lui ont fermé l’accès à la Terre Promise, il reste digne d’être célébré hautement par le livre de l’Ecclésiastique (Si 45:7-27) ou par l’Epître aux Hébreux (He 7:11).

Les Grecs fêtent ensemble, au 20 juillet, Elie et Elisée, Moïse et Aaron. 

 

*   *   * 

 

Marie, la sœur aînée de Moïse et Aaron, est mentionnée dans les livres de l'Exode et des Nombres. 

C’est elle qui “surveille” la nacelle où son petit frère Moïse a été laissé sur les eaux du Nil, et qui, sur l’invitation de la fille du Pharaon, appelle leur mère pour allaiter l’enfant qui pleure (Ex 2:4-7).

Après le passage de la Mer Rouge, on la voit chantant le cantique de Moïse en s'accompagnant du tympanon (Ex 15:20-21).

Elle eut un moment la lèpre, en punition divine de la pensée orgueilleuse qu’elle eut contre son frère Moïse, mais dont elle guérit sur la prière de Moïse lui-même (Nb 12).

Elle mourut au campement de Cadès (Nb 20:1), peu avant la mort de Aaron.

D’après saint Jérôme, on voyait encore son tombeau à Cadès.

 

Dans le livre du Coran, à la sourate XIX, il est question d’une Marie, vierge à qui est promis un enfant, et qu’on donne comme la sœur d’Aaron (v.29). Il y a là une confusion manifeste entre la sœur de Moïse et la mère de Jésus.

 

Comme on l’a dit au début, Aaron seul est mentionné le 1er juillet au Martyrologe.

 

 

Esther

5e siècle avant Jésus-Christ

 

Lorsque Cyrus eut autorisé les Juifs à rentrer en Terre sainte, plusieurs préférèrent rester en exil où ils avaient leurs habitudes et leur confort.

A Suse, la capitale perse, vivait un Juif nommé Mardochée, de la race de Benjamin. Il élevait une jeune parente, Edissa, qui devait devenir célèbre sous le nom perse d’Esther (= astre). Comme elle était fort belle, il la présenta au concours pour le remplacement de la reine Vasthi. Elle conquit le roi Assuérus. Mardochée eut une place importante à la Porte du Prince.

Mais un ministre antisémite obtint d’Assuérus un décret d’extermination contre les Juifs. Beaucoup convoitaient en effet leurs richesses. On le voit, l’Histoire n’a pas retenu la leçon de ce récit.

Dénoncé par Esther, le ministre fut pendu, en suite de quoi les Juifs se permirent de massacrer leurs ennemis.

Toute cette histoire se trouve au livre d’Esther, dans la Sainte Ecriture. On y trouvera en particulier la prière confiante de Mardochée et celle d’Esther, qui appellent le secours de Dieu (Est 4).

Autrefois, la reine Esther était mentionnée au 1er juillet dans le Martyrologe.

 

 

Martinus de Vienne

† 3e siècle

 

On a présenté ce troisième évêque de Vienne en Gaule comme un disciple des Apôtres.

On n’en connaît cependant pas les dates, mais nous avons un repère : son successeur, Verus, était présent au concile d’Arles de 314. Il est donc difficile de penser que Martinus ait connu les Apôtres.

Il fut certainement un authentique disciple, par sa fidélité aux enseignements apostoliques, mais il n’a probablement pas vécu avant la fin du deuxième siècle.

Saint Martinus de Vienne est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domitianus du Bugey

347-440

 

D’après une ancienne tradition, Domitianus naquit vers 347 à Rome, de Philippus et Marcianilla.

Elevé dans une école chrétienne, il perdit ses parents qui furent mis à mort par des hérétiques ariens.

Convaincu de la vanité du monde, il affranchit ses serviteurs, vendit ses biens et distribua l’argent aux pauvres. Il se retira dans quelque monastère.

En 426, il vint à Marseille, passa à l’abbaye de Lérins et séjourna quatre ans auprès de l’archevêque d’Arles.

En 430, il alla trouver s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre), qui lui indiqua un endroit solitaire pour s’y établir : ce fut Axance (auj. Bourg-Saint-Christophe), où il érigea un oratoire et planta un jardin avec une vigne. 

Trop de disciples dérangeaient sa solitude et sa modestie : il s’éloigna, mais les disciples affluèrent encore ; on construisit deux oratoires, puis un monastère. Domitianus n’y venait que la nuit, passant la journée dans une cabane solitaire.

Il gagna à la doctrine trinitaire un seigneur arien, qui lui accorda de grands terrains, où s’éleva une abbaye.

Domitianus annonça la date de sa mort, qui advint le 1er juillet 440.

C’est près de cette abbaye que fut assassiné s.Rambert (v. 13 juin), dont le nom a été donné au bourg : Saint-Rambert-en-Bugey.

Saint Domitianus du Bugey est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Thierry du Mont d’Or

† 533

 

Thierry (Theodoricus) naquit à Auménancourt-le-Grand (Marne), d’un père nommé Macard et adonné au brigandage.

Il eut la grâce de ne pas suivre la voie que lui montrait son père et, quand celui-ci voulut le marier, Thierry exprima à son épouse le désir de conserver sa virginité ; il cherchait même à persuader celle-ci d’entrer dans quelque monastère, mais en vain.

Thierry fit ses adieux à cette épouse et s’en alla trouver à Reims s.Remi (v. 13 janvier). Sur le conseil de celui-ci, Thierry alla avec une certaine abbesse nommée Suzanne en-dehors de Reims pour y fonder un monastère, au Mont Or (Hor).

S.Remi ordonna prêtre Thierry, qui fut bientôt entouré de nombreux disciples. Parmi ceux-ci, vint Macard lui-même qui, touché par la grâce de la conversion, avait rejeté sa vie désordonnée et venait humblement se mettre sous la direction de son fils.

Un miracle retentissant se produisit bientôt. Le roi Thierry Ier était gravement malade d’un œil ; il fit venir Thierry, qui le guérit par une onction d’huile sainte. Le souvenir de ce bienfait fit naître l’habitude pour les rois, après leur sacre à Reims, d’aller manger à l’abbaye du Mont d’Or.

Thierry mourut en 533.

L’abbaye Saint-Thierry disparut en 1776.

Saint Thierry du Mont d’Or est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eparchius d’Angoulême

 504-581

 

Eparchius (devenu Cybard en français), naquit à Trémolat (Dordogne), de riches parents, Felix Oriolus et Principia.

A sept ans, il fut envoyé à Périgueux, chez son grand-père Felicissimus, qui s’occupa de son instruction et en fit un (bien jeune) chancelier.

Cybard n’avait que quinze ans et voulut absolument quitter le monde : il s’enfuit dans une abbaye - qui n’existe plus depuis longtemps - dont le nom de Sedaciacum peut faire penser à Seyssac.

L’abbé mit l’adolescent à l’épreuve, lui enjoignant de faire tous les travaux de la communauté : vigne, jardin, etc. Cybard obéissait en toute simplicité, mais ajoutait déjà des veilles, des jeûnes, et quelques miracles aussi, guérisons, délivrance de possédés. Bref, la population le vénérait déjà comme un Saint. Cybard s’enfuit.

Après un long périple, il finit par arriver à Angoulême, où l’évêque Aptone le reçut avec bienveillance et l’invita à s’arrêter là, ce que Cybard n’accepta qu’après en avoir reçu l’autorisation de son abbé. Aptone l’ordonna prêtre en 542 et l’accompagna dans la cellule qu’on lui avait préparée.

En passant devant la prison, Cybard obtint par sa prière l’ouverture des portes et la libération des prisonniers, qui vinrent se réfugier dans l’église.

Il apprit un jour qu’un voleur était condamné à la pendaison. Il se mit en prière : la potence s’écroula, les chaînes se brisèrent, et le condamné vint tout repentant auprès de Cybard.

Des disciples se joignirent à Cybard, qu’on a pour cela parfois honoré du titre d’abbé. Le plus étrange de sa «règle», était qu’on ne devait pas travailler pour la nourriture ; Cybard citait s.Jérôme : La foi n’a pas peur de la faim. Il priait, et les fidèles apportaient de quoi manger.

Lui même était d’une sobiété extrême, au point qu’on ne le voyait jamais boire ou manger.

Les miracles furent très fréquents du vivant de Cybard et des témoins oculaires les ont racontés. Ils continuèrent encore après la mort de Cybard.

Cette vie toute particulière aurait duré quarante-quatre ans. Cybard mourut dans la paix en 581.

Saint Eparchius d’Angoulême est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Carilefus

† 590

 

Carilefus (ou Areleffus, dont on a fait Calais en français) vécut, dit-on, au 6e siècle.

Les historiens n’estiment pas beaucoup les rares documents qu’on a sur lui, les trouvant trop tardifs et probablement embellis. Mais admettons qu’ils peuvent provenir de souvenirs historiques réels.

Calais aurait été moine à l’abbaye de Menat (Puy-de-Dôme), séjourna ensuite à celle de Micy (Orléans), avant de se fixer dans le Maine, où il fonda un monastère sur l’Anille ; il s’y développa le bourg de Saint-Calais.

Calais mourut vers 590.

L’abbaye de Saint-Calais fut dès le siècle suivant considérée comme l’une des plus importantes et anciennes du Vencômois.

Les Vikings envahisseurs dévastèrent l’abbaye et le bourg au 9e siècle ; reconstruite et fortifiée, l’abbaye fut à nouveau prise d’assaut au 15e siècle et pillée, par deux fois, par les Anglais ; au 16e elle fut incendiée par les Huguenots ; la Révolution y produisit à son tour ses dévastations et les bâtiments furent réquisitionnés par la ville.

Saint Calais est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Golven de Saint-Pol-de-Léon

540-616

 

Golven (Goulven) serait né vers 540 à Plouider (Finistère), de parents immigrés bretons, Glaudan et Gologuenn.

Devenu orphelin, il fut recueilli paternellement par un propriétaire local, Godian. Golven grandit déjà dans la recherche de la sainteté, jeûnant au pain et à l’eau, étudiant, et prêchant l’Evangile. Déjà des miracles attestaient sa sainteté.

Golven se retira dans la solitude, avec son compagnon Maden. Les miracles continuèrent, au point que, à la recherche d’un homme digne et capable, on choisit Golven pour être évêque, en 602, dit-on. Mais il s’était absenté à Rome, pour tenter d’éviter ce choix ; là-dessus, on dit qu’il visita assidûment son diocèse, et qu’il fut même chargé plus tard de celui de Rennes.

Il y a un problème de datation et de vérité historique, car le diocèse de Saint-Pol-de-Léon ne recense un évêque Golven qu’au 10e siècle, tandis que celui de Rennes en a, peut-être, un entre 605 et 612 ; la question se pose aussi en ce qui concerne des relations amicales de Golven avec le comte Even, qui vivait aussi au 10e siècle. Y a-t-il eu deux personnages ?

Quelques années avant sa mort, Golven se retira, dit-on, à La Motte-Mérioul, en anachorète, pour s’adonner à la prière et se préparer à la mort. Il sut d’avance le jour de son décès : la maladie s’abattit sur lui et il rendit son âme à Dieu vers 616.

D’autres miracles advinrent sur sa tombe, à Rennes.

Saint Golven est commémoré le 1er juillet dans le Martyrologe Romain.

Montfort Scott

?-1591

 

Montfort était né dans le Norfolk (Angleterre).

En 1574, il vint au Collège anglais de Douai pour se préparer au sacerdoce. Ce Collège avait été transféré de Reims et Montfort en fut un des tout premiers élèves.

Il étudia la théologie et fut ordonné sous-diacre en 1575.

Cette même année, il accompagna en Angleterre Dominic Vaughan (on ne dit pas qui était ce dernier ni quelle était sa mission). Montfort et Dominic furent arrêtés à Essex en décembre 1576. Vaughan était un faible, et révéla des noms de Catholiques de Londres et d’Essex, mais heureusement, ils furent tous remis en liberté après leur interrogatoire.

Montfort retourna alors à Douai en mai 1577 ; il fut ordonné prêtre à Bruxelles et envoyé en mission en Angleterre. Le bateau fut attaqué par des pirates, et si Montfort put s’échapper, il perdit une partie de ses affaires.

Son apostolat, très actif, se déroula dans le Kent (1580), en Norfolk et Suffolk (1583), Lincolnshire et Yorkshire (1584) ; cette année-là, on dénonça des personnes qui avaient reçu de lui des chapelets bénis. 

Arrêté à York, il fut conduit à Londres, où il resta prisonnier pendant sept années. Un ami put payer une forte amende pour obtenir sa libération, à condition qu’il laissât la région, mais Topcliffe le fit immédiatement rechercher et arrêter. Dans l’intervalle, Montfort avait rejoint des Catholiques à Wisbech Castle.

Jugé le 30 juin 1594, il fut condamné pour être prêtre et se trouver illégalement dans la région.

Son martyre eut lieu à Fleet Street (Londres) le 1er juillet 1591 et il fut béatifié en 1987.

 

 

George Beesley

1562-1591

 

George Beesley (ou Bisley) était né vers 1562 à The Hill (Goosnargh, Lancaster, Angleterre), au sein d’une famille traditionnellement catholique.

Il reçut le sacerdoce au Collège anglais de Reims en 1587 et repartit l’année suivante en Angleterre, le 1er novembre.

Il se distingua par son courage, avec sa stature d’athlète jeune et fort.

Capturé en 1590, il fut torturé au point d’être réduit à un véritable squelette, endurant ces douleurs avec une force invincible et résista à toutes les pressions par lesquelles on voulait lui faire trahir d’autres Catholiques.

Condamné pour le seul délit d’être prêtre, il fut pendu à Fleet Street (Londres) le 1er juillet 1591.

Ses derniers mots furent : Absit mihi gloriari nisi in Cruce Domini nostri Iesu Christi (Que je n’aie pas d’autre motif de gloire que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, Ga : 6-14) puis, après un instant : Mon bon peuple, je supplie Dieu de t’accorder toute félicité.

Le même jour fut aussi supplicié un autre prêtre, Montfort Scott.

Ces deux prêtres furent béatifiés en 1987.

 

 

Thomas Sprott (Parker)

1571-1600

 

Thomas était né vers 1571 à Skelsmergh (Kendal, Westmoreland, Grande-Bretagne).

Il reçut le sacerdoce à Douai en 1596 et fut immédiatement envoyé dans son pays.

Il signa la lettre au pape (1598), concernant la création d’un archiprêtré.

Arrêté et condamné pour avoir osé être prêtre et célébrer en Grande-Bretagne, il fut exécuté à Lincoln le 1er (ou le 11) juillet 1600.

Il a été béatifié en 1987.

 

 

Thomas Hunt (Benstead)

1573-1600

 

Thomas Hunt était né vers 1573 à Norfolk (Grande-Bretagne).

Il fut ordonné prêtre au Collège anglais de Séville.

Une première fois emprisonné à Wisbach, il put s’échapper avec cinq autres Religieux.

De nouveau arrêté avec d’autres prêtres, ils furent suspectés pour avoir dans leurs malles les Saintes Huiles et des Bréviaires.

Au jugement, il n’y eut aucune autre preuve de leur sacerdoce, puisqu’ils restèrent tenacement muets et n’ «avouèrent» rien concernant leurs activités sacerdotales. Mais le juge força les jurés à les déclarer coupables.

Fait étonnant : le juge mourut de façon tout-à-fait inexplicable, seize jours après ce jugement.

L’abbé Thomas Hunt fut exécuté à Lincoln le 1er (ou le 11) juillet 1600, et fut béatifié en 1987.

 

 

Thomas Maxfield

1580-1616

 

Le vrai nom de famille de Thomas était Macclesfield.

Il naquit vers 1580 à The Mere (Enville, Staffordshire, Angleterre).

C’était un des plus jeunes fils de William Wacclesfield de Chesterton et Maer et Aston, et d’Ursula.

Ce William Wacclesfield était un catholique fermement convaincu, qui cacha des prêtres (dont son propre frère, Humphrey) et fut pour cela condamné à mort en 1587. Comme il y a un autre Martyr nommé William Maxfield, décédé en prison en 1608, certains pensent qu’il s’agit du même personnage, d’autres pensent que non.

Pour revenir à Thomas, il alla étudier au Collège anglais de Douai en 1602, dut revenir en Angleterre en 1610 à cause de sa santé et repartit en 1614 à Douai, où il fut ordonné prêtre. On pourra au passage noter le courage et la persévérance de ce jeune homme, qui ne craignait aucun danger pourvu d’accéder au sacerdoce.

L’année suivante, il arrivait à Londres, mais fut arrêté trois mois après et atterrit au Gatehouse de Westminster. Après huit mois de prison, il tenta de s’échapper avec une corde depuis la fenêtre de sa cellule, mais il fut repris à peine il mit pied à terre. C’était à minuit du 14-15 juin 1616. On le mit d’abord aux fers en cellule d’isolement pendant soixante-dix heures, toujours au Gatehouse, d’où on le transféra le 17 juin suivant à Newgate ; là, il fut au milieu des pires brigands, dont il ramena deux à la foi.

Le 26 juin, il fut jugé à Old Bailey et, le 27, fut condamné à mort pour le grave délit d’être prêtre.

L’ambassadeur d’Espagne alors fit tout son possible pour le faire absoudre, ou au moins commuer la peine. N’arrivant à rien, il fit organiser une adoration du Saint-Sacrement dans sa chapelle, durant toute la dernière nuit de la vie du Martyr.

Au matin du 1er juillet, jour de l’exécution, beaucoup d’Espagnols suivirent le cortège du Martyr en direction de Tyburn, sans s’occuper des railleries des badauds ; au contraire, ils décorèrent de guirlandes et d’herbes variées la potence et le terrain.

Le chef de la police ordonna de couper la corde et de ramener à terre le Condamné tandis qu’il était encore bien vivant, juste après l’instant de la pendaison, mais les protestations de la foule obtinrent qu’au moins le Martyr fût vraiment mort avant qu’on procédât à l’odieuse éviscération.

Thomas Maxfield a été béatifié en 1929 parmi cent-sept Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Jean-Baptiste Duverneuil

1737-1794

 

Ce prêtre était né probablement en 1737 à Limoges (Haute-Vienne).

C’était un carme d’Angoulême, dont le nom de religion était Léonard.

Il fut arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution et conduit aux pontons de Rochefort.

A bord du Deux Associés qui ne partit jamais, le père Duverneuil fut soumis aux conditions inhumaines de détention de tous ces prêtres réfractaires. Un des rescapés, témoin de toutes ces atrocités, put écrire du père Duverneuil qu’ il avait entre autres vertus beaucoup d’assiduité à la prière, et un zèle ardent pour le maintien de la religion. Il ignorait absolument les timides ménagements du respect humain : il n’y avait ni menaces, ni dangers qui pussent lui lier la langue, et l’empêcher de reprendre avec force les blasphémateurs, quelle que fût l’autorité dont ils étaient revêtus, et le pouvoir qu’ils avaient de le punir de sa liberté. L’insuffisance de la nourriture contribua plus qu’aucune autre cause à sa mort.

Ce saint prêtre mourut le 1er juillet 1794.

Il fut béatifié, avec ses Compagnons, en 1995.

 

 

Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie

1756-1794

 

Huitième des neuf enfants de Yrieix-Jean Labrouhe de Laborderie, Pierre-Yrieix naquit à Saint-Yrieix (Haute-Vienne) le 24 mai 1756.

Le père de ces trois filles et six garçons avait épousé Louise de Jarrige de la Morélie et était avocat au parlement de Bordeaux, avant de devenir maire de Saint-Yrieix.

Pierre-Yrieix fut ordonné prêtre et nommé chanoine de Saint-Yrieix.

Arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution, il se retrouva à bord du Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où presque tous ces prêtres moururent des conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient entassés.

Un des rares rescapés de ces pontons écrivit de lui que c’était un très bon prêtre, fort régulier, appliqué à l’étude, très dur à lui-même, fort aumônier, rempli, en un mot, de l’esprit et des vertus de son état, qu’il honora constamment par la pureté de ses mœurs et une grande délicatesse de conscience. Il avait reçu, entre autres dons de la grâce, l’esprit de prière. Il périt d’une fluxion de poitrine, maladie très rare parmi nous, tandis que nous demeurâmes sur les vaisseaux.

L’abbé Pierre-Yrieix Labrouhe de Laborderie mourut ainsi le 1er juillet 1794, à trente-huit ans, et fut béatifié avec ses Confrères en 1995.

 

 

Antonio Rosmini

1797-1855

 

Né le 25 mars 1797 à Rovereto (Italie nord-est, alors dans l’empire austro-hongrois) au sein d’une famille noble, Antonio passa le baccalauréat au lycée impérial avec la mention Eminent dans toutes les matières, ainsi que l’appréciation fort élogieuse : doté d’une intelligence fulgurante.

Il entra au séminaire à Pavie puis à Padoue, et fut ordonné prêtre en 1821.

Il reçut à Padoue le doctorat en théologie et en droit canonique (1822).

Introduit plus tard auprès du pape Pie VIII, il en reçut le conseil de se consacrer à la rédaction de livres.

En 1828 il fonda un nouvel institut : l’Institut de la Charité, dont les membres sont aussi appelés pères rosminiens. 

Il eut la hardiesse de publier deux ouvrages : Les Cinq Blessures de la Sainte Eglise et La Constitution de la Justice Sociale, âprement critiqués par certains Jésuites, qui réussiront même à les faire condamner par le Vatican.

En 1834, il fut un an curé de paroisse à Rovereto, puis reçut plusieurs missions papales en Angleterre et au Piémont.

En 1848, sur invitation du roi du Piémont, Rosmini invita le pape Pie IX à présider une confédération d’états italien ; mais le roi voulait aussi entraîner le pape dans la guerre contre l’Autriche : Rosmini alors renonça à sa mission.

Il resta près du pape, et il semblait devoir être créé cardinal. Le pape le nomma consulteur pour la définition du dogme de l’Immaculée Conception. Il accompagna le pape dans son exil à Gaète, mais le quitta lorsque l’entourage papal parla de soutenir le pape par des armées étrangères.

Le père Rosmini accepta humblement la condamnation de ses ouvrages, et se retira à Stresa, où cependant il apprit que la censure était enfin levée (1854). Peu après, il mourut le 1er juillet 1855.

La controverse continua cependant, et le pape interdit même d’enseigner certaines propositions extraites des ouvrages en question.

Mais le temps fit son ouvrage et Antonio Rosmini fut réhabilité en 2001. Le pape en reconnut l’héroïcité des vertus.

Antonio Rosmini a été béatifié en 2007, son dies natalis étant au 1er juillet.

 

L’institut de la Charité est composé de prêtres et de laïcs, destinés à prêcher, à s’occuper de la jeunesse et, plus largement, à œuvrer là où doit se manifester la charité chrétienne. Après l’Italie et l’Angleterre, l’institut se développa aussi en France et en Irlande, en Nouvelle Zélande, au Kénya et en Tanzanie, en Inde, au Vénézuéla.

 

 

Nazyu Falzon

1813-1865

 

Né le 1er juillet 1813 à Valletta (île de Malte), Nazyu (Ignace) était le fils d’un juge, Giuseppe Francesco, et de la fille d’un juge, Maria Teresa De Bono; il avait trois frères : Calcedonio, Francesco,  Antonio ; tous quatre furent hommes de Droit, les deux aînés se firent prêtres.

Nazyu reçut les ordres mineurs à dix-huit ans, fut reçu docteur en droit civil et en droit canonique, et commença bientôt à enseigner le catéchisme aux enfants de son pays. Frappé par la pauvreté de tant de gens, il leur distribuait même les ressources de sa famille, provoquant parfois le mécontentement de ses frères. Humblement soumis à la volonté de son père, il ne reçut pas les ordres majeurs et resta clerc, en même temps qu’avocat, se donnant totalement à l’apostolat au milieu des pauvres, défendant leurs justes droits gratuitement.

Il travailla au milieu des soldats et des marins britanniques en stationnement à Malte, recevant même chez lui ceux qui étaient davantage intéressés par son enseignement. Puis il leur trouva une maison à Valletta. Il leur écrivit de petits ouvrages dans leur langue et devint connu dans toute l’île, où il se donnait passionément à la célébration des mariages, baptêmes et funérailles. Il amena à la foi catholique plusieurs centaines de Protestants, ainsi que quelques Arabes et Juifs.

Profondément dévot de l’Eucharistie, qu’il recevait chaque jour, il fit en sorte que la domestique de sa famille eût la possibilité elle aussi d’assister et de communier à la messe quotidienne. Chaque jour il priait le Chemin de la Croix. On le vit plus d’une fois élevé en état de lévitation, en extase.

Dévot de la sainte Mère du Christ, il priait chaque jour aussi l’office de la Sainte Vierge et le rosaire.

Malade du cœur, il mourut à Valletta le jour de son cinquante-deuxième anniversaire, comme il l’avait prédit, le 1er juillet 1865, et fut béatifié en 2001.

Le miracle reconnu pour cette béatification fut la guérison totale et durable d’un malade atteint de cancer.

Zhang Huailu

1843-1900

 

Nous savons, d’après notre Catéchisme, qu’une personne qui n’a pas encore reçu le sacrement du baptême, peut cependant en recevoir la grâce par le baptême de sang, c’est-à-dire par le martyre, si cette personne confesse le Nom du Christ.

C’est ce qui arriva à ce catéchiste chinois, Zhang Huailu, né à Zhukotian (Hengshui, Hebei, Chine) en 1843. Son nom peut aussi être orthographié en Chang Huai-lu ou aussi Tchang-Hoai-Lou.

Il n’était pas encore baptisé, et ne portait pas encore de prénom «latin», comme ce fut le cas des baptisés chinois.

Zhang Huailu fut martyrisé le 1er (ou peut-être le 9) juillet 1900, lors de la révolte des Boxers, au village de Zhang Hyaila (Jieshui, Hunan). Il n’eut que le temps de dire qu’il était chrétien et de faire son signe de croix.

Le Martyrologe mentionne son dies natalis au 1er juillet, puis aussi le 9 juillet, jour de la fête des Martyrs chinois. Ailleurs, le dies natalis est au 9 juillet.

Il fut béatifié en 1955, et canonisé en 2000.

 

 

Justino Orona Madrigal

1877-1928

 

Justino naquit à Acoyal (province de Jalisco, Mexique) le 14 avril 1877.

Prêtre, il fut curé de Cuquio (province de Jalisco, diocèse de Guadalajara) et fonda la Congrégation des Sœurs Clarisses du Sacré-Cœur.

Quand survint la persécution, il préféra rester au milieu de ses fidèles, au péril de sa vie, malgré les interdictions gouvernementales de célébrer publiquement la Messe et les Sacrements.

Avec son fidèle vicaire, Atilano Cruz, il s’était réfugié dans un ranch nommé “le Ranch des Croix”, près de Cuquio. En pleine nuit, la maison fut assaillie par des hommes des troupes gouvernementales. Il ouvrit la porte de sa chambre en criant : Vive le Christ Roi, à quoi il lui fut répondu par une pluie de balles.

Le père Justino s’écroula, martyr, ce 1er juillet 1928, suivi de son vicaire Atilano, qui n’avait que onze mois d’ordination sacerdotale.

Tous deux sont commémorés au Martyrologe le 1er juillet, après avoir été béatifiés en 1992 et canonisés en 2000.

Leur fête commune, cependant, est le 21 mai au calendrier. 

 

 

Atilano Cruz Alvarado

1901-1928

 

Né le 5 octobre 1901, le petit Atilano Cruz Alvarado s’occupait du bétail, à Ahuetita de Abajo (Mexique), son village natal

A dix-sept ans, il commence ses études en vue de parvenir au sacerdoce. Il est ordonné prêtre en 1927 : à cette époque, être ordonné prêtre pouvait être le crime le plus grave que pût commettre un Mexicain. Mais Atilano en était immensément heureux et débordait de joie. 

A ce moment, la persécution du gouvernement mexicain contre l’Eglise catholique est à son comble. Peu après son ordination, Atilano remplace un martyr, Toribio Romo Gonzalez, qui vient d’être exécuté par les soldats.

Le 29 juin 1928, il rejoint le père Justino Orona à la paroisse de Cuquio. Ils prient, ils s’entretiennent de la situation de la paroisse.

Peu de temps auparavant, le père Atilano avait écrit : Notre Seigneur Jésus Christ nous invite à l’accompagner dans sa passion.

Une nuit qu’ils se sont réfugiés au Ranch des Croix, une troupe armée vient assaillir le ranch. Après que le père Justino est abattu, au petit matin du 1er juillet 1928, le père Atilano se réveille et attend dans son lit le moment de son sacrifice ; il est vite découvert et abattu à son tour : il n’a pas vingt-sept ans, et tout juste onze mois de sacerdoce.

Le jeune père Atilano Cruz sera béatifié en même temps que son curé Justino, et aussi que Toribio Romo, en 1992, et successivement canonisé en 2000.

Tous les martyrs mexicains de cette période sont fêtés ensemble le 21 mai, tandis que chacun est commémoré à son dies natalis dans le Martyrologe : Justino et Atilano, le 1er juillet.

 

 

Jan Nepomucen Chrzan

1885-1942

 

Polonais, ce prêtre était né le 25 avril 1885 à Gostyczyna (Wielkopolskie), dans une famille qui eut sept enfants.

Après ses études à l’Ecole Royale de Ostrow, il obtient son diplôme en 1906.

Puis il fréquente les séminaires de Poznan et Gnieżno, et reçoit le sacrement du sacerdoce en 1910.

En 1941, il est arrêté par les Nazis et déporté à Dachau, où il porte le numéro 28097.

C’est là qu’il meurt le 1er juillet 1942, à la suite des mauvais traitements qu’il y subit. Son corps fut brûlé.

Jan Nepomucen Chrzan est au nombre des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999 et fêtés en Pologne le 13 juin.

Il est inscrit au 1er juillet dans le Martyrologe.

 

 

Assunta Marchetti

1871-1948

 

Elle vit le jour à Lombrici di Camariore (Lucques, Toscane, Italie), de parents pauvres, qui lui donnèrent au baptême le nom de Assunta, car elle était née le 15 août, fête de l’Assomption. 

Son grand frère, Giuseppe, fut un des principaux collaborateurs de Giovanni Battista Scalabrini (voir au 1er juin).

Attirée dès l’enfance par la vie religieuse, Assunta dut d’abord s’occuper de sa mère malade, de son père également qui mourut prématurément.

Encouragée par son frère, elle se présenta au Fondateur Giovanni Battista Scalabrini et partit bientôt avec des Compagnes pour le Brésil. Elles se constituèrent ainsi en Servantes des Orphelins et des Abandonnés, plus tard appelées Sœurs Missionnaires de Saint-Charles ou aussi plus simplement Scalabriniennes.

C’était en 1895 ; l’année suivante mourait déjà don Giuseppe, frappé de typhoïde, à vingt-sept ans.

La Mère Assunta guida son petit groupe fidèlement et saintement. 

Elle se blessa la jambe un jour qu’elle allait assister un malade. Ce fut pour elle le commencement de longues années de souffrances.

Madre Assunta mourut dans l’orphelinat de Saõ Paulo (Brésil), le 1er juillet 1948.

Sa cause de béatification a été présentée ainsi que celle de son frère, don Giuseppe. Madre Assunta sera béatifiée la première, en 2014.

 

 

Marcello Maruzzo

1929-1981

 

Marcello et son frère jumeau Daniel naquirent le 23 juillet 1929 à Lapio (Arcugnano, Vicenza, Vénétie, Italie NE), dans une famille de modestes cultivateurs, très chrétiens ; leur père était en même temps cordonnier.

Ils firent leurs études chez les Pères franciscains

En 1945 les deux jumeaux entrèrent ensemble chez les Franciscains, près de Venise, et firent leur profession le même jour, en 1951. Daniel prit alors le nom de Lucio, Marcello celui de Tullio.

C’est aussi le même jour qu’ils furent ordonnés prêtres en 1953, par Mgr Angelo Roncalli, le futur pape Jean XXIII, aujourd’hui canonisé (v. 3 juin).

La première obédience (mission) du jeune prêtre fut de s’occuper d’orphelins de guerre au couvent San Nicola du Lido.

En 1960, le père Tullio fut envoyé au Guatemala, d’abord en paroisse à Puerto Barrios, puis dans le vicariat d’Izabal, où il se dévoua pour la cause des plus pauvres, un dévouement qui se réclamait de la justice évangélique, et non de la révolte communiste. Le père Tullio réclamait justice en faveur des pauvres paysans qui se voyaient privés du fruit de leur travail par les grands propriétaires terriens.

Le 1er Juillet 1981, alors qu’il était accompagné par un laïc, Luis Obdulio Arroyo Navarro, lui-même tertiaire franciscain, des membres de la guerilla marxiste les enlevèrent et les assassinèrent près de Quiriguá.

Les deux Martyrs, béatifiés en 2018, seront commémorés au Martyrologe le 1er Juillet.

 

 

Luis Obdulio Arroyo Navarro

1950-1981

 

Luis était né le 21 juin 1950 à Quiriguá (Guatemala) et portait le nom du Saint du jour, s.Luigi Gonzaga.

On connaît pour le moment fort peu de choses sur son éducation et sa formation.

On sait qu’il devint chauffeur à la mairie de son pays, Los Amates.

C’est là qu’il rencontra le père Tullio Maruzzo, dont il devint un très fidèle soutien.

En 1976, Luis entra dans le Tiers-Ordre franciscain. Il était désormais assez formé pour être lui-même catéchiste.

Il accompagnait le père Tullio dans ses déplacements, tout en sachant bien que sa présence auprès du Religieux pouvait lui coûter cher.

Le 1er Juillet 1981, au retour d’une réunion dans le cadre des Cursillos de Cristianidad, Luis et le p. Tullio furent enlevés par des membres de la guerilla marxiste, qui les assassinèrent près de Quiriguá.

Les deux Martyrs, béatifiés en 2018, seront commémorés au Martyrologe le 1er Juillet.

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 23:00

 

30 JUIN

 

I.

Les nombreux Martyrs de la première persécution à Rome.

III.

S Basilides, soldat martyr en Alexandrie : il accompagnait au martyre la jeune Potamiène (cf. 28 juin), puis fut à son tour décapité.

S Martial, originaire de Palestine, évêque à Limoges, un des sept évangélisateurs envoyés de Rome en Gaule ; ayant fondé les Églises dans tout le sud de la Gaule, il mourut "ne cessant de regretter d'avoir si peu fait".

?

S Ostian, prêtre près de Viviers.

VII.

S Bertichramnus, évêque au Mans ; il développa la viticulture et fonda plusieurs monastères. 

Ste Adile, fondatrice d’un hôpital à Orp-le-Grand.

VIII.

Ste Erentrude, sœur ou nièce de s. Rupert, première abbesse à Nonnberg.

XI.

S Thibaud, des comtes de Champagne, ermite dans une forêt de Luxembourg puis près de Vangadizza ; prêtre camaldule ; patron des charbonniers. 

S László, roi de Hongrie ; il développa le christianisme en Croatie et fonda l'évêché de Zagreb.

XII.

S Otto, évêque à Bamberg, grand évangélisateur de la Poméranie ; il fonda une vingtaine de monastères et sut rester ami et du pape et de l’empereur.

XIII.

S Adolf, comte, cistercien, évêque à Osnabrück.

XVII.

B Philip Powel (Morgan), gallois, bénédictin, martyrisé à Tyburn ; à l'annonce de sa condamnation à mort, il s'écria : Deo gratias !

XVIII.

B Gennaro Maria Sarnelli, rédemptoriste napolitain, dédié au salut des malades et des prostituées, béatifié en 1996.

XIX.

S Vinh Son Ɖỗ Yến, prêtre dominicain au Tonkin, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Rimen Li Quanzhen et Baiduo Li Quanhui, deux frères chinois, martyrs, canonisés en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Zynovii Kovalyk (1903-1941), prêtre ukrainien rédemptoriste, martyr crucifié, béatifié en 2001.

B Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi (1903-1973), rédemptoriste, évêque ukrainien martyr : deux fois emprisonné, venu à Rome et mort en exil au Canada, béatifié en 2001.

Protomartyrs de Rome

1er siècle

 

L’histoire romaine nous apprend que Rome fut dévastée par un immense incendie en juillet 64.

Le fait est attesté par Tacite (Annales, 15:38-40). Le feu partit entre le Cirque Maxime et les collines du Palatin et du Cælium. Il détruisit dix des quatorze quartiers de la Ville et dura plusieurs jours. 

On estime à huit cent mille le nombre des habitants de Rome à cette époque, à plusieurs milliers les victimes de l’incendie et quelque deux-cent mille les sans-abris. 

Lors de recherches archéologiques, on a retrouvé des couches de cendre, des objets métalliques tordus et fondus partiellement à cause du feu.

Suétone à son tour parle des mesures prises contre les Chrétiens (De Vita Cæsarum, 38) ; Tacite est plus explicite en affirmant que Néron accusa d’emblée les Chrétiens.

Autre témoin des faits, dut être le pape Clément 1er, puisqu’il fut élu pape une vingtaine d’années plus tard.

Des bruits circulaient, prétendant que les incendiaires étaient des hommes de l’empereur, qui désirait assister à la destruction d’une ville par le feu, comme ce fut le cas de Troie ; en outre, il voulait, paraît-il, construire une ville toute neuve, Neropolis. L’empereur aurait été vu en train de chanter pendant cet incendie, s’accompagnant de sa harpe. Pour faire taire ces bruits, assoiffé de sang, il fit arrêter ceux qu’il jugeait «impies», parce qu’ils n’adoraient pas les dieux romains. 

Certains furent brûlés vifs pour servir de torches dans des banquets du soir ; certains furent crucifiés, d’autres jetés en pâture à des bêtes sauvages, d’autres encore, couverts de peaux de bêtes, furent la proie des chiens.

Ce martyre collectif semble avoir eu lieu peu après celui des apôtres Pierre et Paul, car Clément parle d’abord du martyre de Pierre, puis de celui de Paul, après seulement des Martyrs de Rome, dont Tacite dit qu’ils furent une multitudo ingens (une foule immense). Mais il n’est pas certain qu’il y ait un lien entre la mort de Pierre et Paul, et l’incendie de Rome et ses conséquences.

Les victimes furent exécutées dans le Cirque de Néron, qui se trouvait à l’emplacement actuel de la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

La fête de ces nombreux Martyrs a été établie au 30 juin, lendemain de la fête des Apôtres Pierre et Paul.

 

 

Basilides d’Alexandrie

† 202

 

Basilides comptait parmi les disciples d’Origène, en même temps que les huit Martyrs dont il a été question le 28 juin. 

Mais il était aussi soldat, et se trouva être de faction auprès de la jeune vierge Potamiœna, que les autres soldats et la foule accablaient de propos sordides ; Basilides prit la défense de Potamiœna et chercha à écarter les badauds. 

S’approchant de la jeune fille, il l’encouragea, et Potamiœna lui promit qu’elle lui exprimerait bientôt sa reconnaissance. 

Basilides refusa de prêter serment comme militaire et fut mis en prison. Là, il eut une vision : la martyre Potamiœna, toute lumineuse, lui apparut dans la nuit du 29 au 30 juin, lui déposant une couronne sur la tête : c’était là sa reconnaissance.

Le 30 juin 202, Basilides fut décapité, rejoignant glorieusement sa «protégée».

Saint Basilides d’Alexandrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martial de Limoges

3e siècle

 

On a souvent et longtemps présenté Martial comme un disciple direct des Apôtres, et même comme ce petit enfant que Jésus leur a montré comme exemple d’humilité, successivement envoyé par saint Pierre pour évangéliser la Gaule.

Sur le petit enfant de l’évangile, d’autres traditions existent, entre autres celle qui identifie cet enfant avec le futur Ignace d’Antioche, dont le surnom de Théophore (porté par Dieu) pourrait confirmer cette thèse.

Grégoire de Tours en revanche situe l’arrivée de Martial à Limoges au cours du 3e siècle, en compagnie de deux autres prêtres orientaux.

Quoi qu’il en soit, Martial demeure le premier évêque de Limoges.

Les reliques de saint Martial subirent les vicissitudes de l’Histoire, faillirent disparaître totalement à la Révolution, et furent retrouvées après la tourmente.

L’attachement des Limousins à leur patron se marque par le choix fréquent du prénom de Martial pour les enfants. Mais aussi, tout au long des siècles, le recours à saint Martial en période de péril public, fut fréquent. En 994, cessa ainsi le fléau du “mal des ardents” ; en 1864, un grave incendie qui menaçait Limoges, s’éteignit rapidement.

Saint Martial est commémoré au Martyrologe le 30 juin.

 

 

Bertrand du Mans

540-623

 

Bertrand est le nom habituel qu’on a donné à Bertichramnus (Bertrannus, Berthram).

Bertichramnus naquit vers 540 près de Rouen, où se trouvait une des très nombreuses possessions (on parle de soixante-quinze villæ) de ses riches parents, des gallo-romains apparentés à maints évêques de l’époque.

Bertichramnus fut d’abord reçu à la cour de Clotaire Ier et de son successeur Caribert.

En 567, il entra dans la cléricature à Tours, et reçut l’ordination sacerdotale à Paris des mains de s.Germain (v. 28 mai) ; il fut nommé archidiacre.

En 586, il fut nommé évêque au Mans. Son activité visa surtout à reconstituer le patrimoine de l’Eglise, dilapidé par son prédécesseur.

Vers 588, le roi l’envoya comme ambassadeur auprès des Bretons.

En 590, il participa à une commission chargée de rétablir la paix dans le monastère Sainte-Radegonde de Poitiers.

Par deux fois, cependant, il dut quitter son diocèse à cause des démêlés entre Clotaire et Brunehaut : c’est qu’il entendait rester fidèle au roi ; il fut donc absent une dizaine d’années entre 592 et 605. Clotaire lui manifesta sa reconnaissance par des donations et lui fit remettre le pallium.

En 595, Bertichramnus fonda une abbaye près du Mans, en restaura d’autres. L’église Sainte-Croix du Mans sera aussi son ouvrage.

Connaisseur du monde agricole, il s’appliqua aussi à améliorer la viticulture. Les Français ne savent probablement pas ce qu’ils lui doivent !

En 614, il y eut un important concile à Paris, auquel il participa.

Son testament de 616 est éloquent sur les immenses propriétés qu’il avait reçues en héritage et qu’il léguait à divers diocèses, à diverses familles et à ses proches.

Bertichramnus mourut vers 623, après quelque trente-sept ans d’épiscopat.

Saint Bertichramnus est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ermentrude de Nonnberg

660-718

 

Ermentrude (Erentrude) était la nièce ou même la sœur de s.Rupert de Salzburg (v. 27 mars).

Elle aurait commencé sa vie religieuse à Worms, où elle s’occupait des malades et des malheureux et aurait même organisé une première communauté de religieuses. Elle montra aussi des dons particuliers de pédagogie envers les enfants.

Sa «devise» était le verset du psaume : Pour moi, approcher Dieu est mon bien ; j’ai placé dans le Seigneur mon refuge, afin de raconter toutes ses œuvres (Ps 72:28).

Quand fut fondée la nouvelle ville de Salzburg, Erentrude répondit positivement à l’appel de Rupert pour mener la vie religieuse à Nonnberg avec quelques-unes de ses compagnes de Worms : ce fut - et reste une abbaye bénédictine florissante, fondée vers 714, dont la première abbesse fut justement Erentrude.

Peu avant sa mort, Rupert informa Erentrude de leur prochaine séparation. Par sa prière, Erentrude obtint de mourir, sinon avant Rupert, du moins peu après.

Rupert étant mort le 27 mars 718, Erentrude priait pour son âme ; Rupert lui apparut une nuit, l’invitant aux noces éternelles. Quelques jours après, Erentrude tomba malade et alla rejoindre Rupert dans la Lumière éternelle, le 30 juin de la même année. 

Sainte Ermentrude de Nonnberg  est commémorée le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

Thibaud

1017-1066

 

Thibaud naquit en 1017 à Provins (Seine-et-Marne), dans la famille, dit-on, des comtes de Brie et de Champagne.

Sa naissance avait été prophétisée par un autre saint Thibaud (v. 21 mai), qui était son arrière-grand-oncle, archevêque à Vienne.

Les parents de Thibaud étaient Arnoul ou Arnulf, et Willa. Son parrain fut Thibaud III de Blois. Thibaud eut un frère, nommé aussi Arnulf.

Le garçon ne s’intéressait pas aux plaisirs ; il fréquentait volontiers un ermite nommé Burchard, qui vivait dans une petite île de la Seine.

Quand il fut en âge, il reçut de son père le commandement d’une troupe pour soutenir la guerre d’Eudes II de Champagne contre l’empereur Conrad le Salique, mais Thibaud déclina cette responsabilité et obtint plutôt la permission de quitter le domaine familial pour se retirer du monde.

Avec un ami, nommé Gaultier (Gauthier, Gautier), il passa à l’abbaye Saint-Remi de Reims, où il se sépara de ses serviteurs, et gagna en habits de simple mendiant la forêt de Pettingen en Germanie. Là, les deux compagnons se mirent au service de la population, maçons ou cultivateurs, ou fabriquaient du charbon de bois pour les forges ; ils gagnaient ainsi quelque argent qui suffisait à leur entretien et à leur nourriture.

Leurs vertus d’humilité et de serviabilité les ayant rendus trop célèbres dans la région, ils partirent, pieds nus, pour Compostelle ; ensuite, ils se rendirent à Rome, où il leur prit l’idée d’aller en Terre Sainte. Cependant, la fatigue les contraignit à se fixer à Salanigo, entre Vicenza et l’abbaye camaldule de Vangadizza (1054).

Ils se construisirent là deux cellules ; après deux années, Gaultier mourut. Thibaud alors redoubla ses austérités, ne mangeant que du pain d’avoine avec des légumes, dormant sur la planche. 

Il fut favorisé d’apparitions d’anges, peut-être aussi d’une célèbre vision de la Sainte Trinité, et du don des miracles, qui le rendirent célèbre.

Ce fut au point que l’évêque, averti, ne tarda pas à l’investir de la dignité sacerdotale. Mais la renommée de Thibaud s’étendit bien plus loin et rejoignit ses propres parents. Ceux-ci vinrent tous deux auprès de leur fils et, le voyant après tant d’années de séparation, ne purent que se prosterner respectueusement, sans mot dire.

Le comte Arnoul fut promptement rappelé d’urgence en France, mais Willa resta près de son fils, pour s’initier à la vie érémitique.

Un an avant de mourir, Thibaud reçut l’habit des Camaldules ; il ne dormait plus qu’assoupi sur un banc. Il fut atteint d’une vilaine maladie qui lui couvrit le corps d’ulcères et souffrit ces désagréments avec une patience admirable ; il mourut le 30 juin 1066, après avoir répété plusieurs fois : Seigneur, pitié pour ton peuple.

Il fut canonisé sept ans après sa mort, en 1073.

Par le frère de Thibaud, Arnoul, qui était devenu abbé à Sainte-Colombe-lez-Sens et à Lagny, d’importantes reliques furent rapportées dans ces abbayes. Un miracle fut à l’origine du prieuré Saint-Thibault-des-Vignes.

Saint Thibaud fut pris comme patron des charbonniers.

Le Martyrologe, qui le mentionne au 30 juin, nomme aussi l’ami Gaultier.

 

 

László de Hongrie

1040-1095

 

László (Ladislas, quelquefois Lancelot) naquit vers 1040 en Pologne, car ses parents, Bela et Richezza,  s’y étaient réfugiés avec leurs trois fils pour échapper à la haine du successeur de s.István (v. 15 août).

Quand ils purent revenir en Hongrie (1048), il y eut bientôt de nouvelles rivalités entre cousins, qui ne firent la paix que par la médiation des évêques (1064). 

C’était une paix fragile : beaucoup de heurts intervinrent pendant encore plus de dix années. 

A cette époque, László aurait épousé sa première femme.

Finalement László accepta de porter la couronne à partir de 1077. On a dit qu’en 1081 on lui imposa une relique de la Sainte Couronne en signe de confirmation de son pouvoir royal.

En 1078, selon certains historiens, il aurait épousé (en secondes noces) Adélaïde de Souabe, dont la fille aînée devint impératrice de Byzance

Il fut remarquable par sa bonté, sa justice, sa charité, se faisant le soutien des orphelins, des malheureux et de tous les affligés. Il prit des mesures sévères contre les auteurs de vols, détournements, blasphèmes : il n’était pas étrange à cette époque d’infliger quelque mutilation, de réduire à l’esclavage, ou même de condamner à mort. Ces mesures contribuèrent à décourager les malfaiteurs et à pacifier la vie sociale. 

Il passait du temps en prière ; il s’imposa des mortifications, comme le jeûne. On l’aurait vu une fois élevé de terre en extase. On lui attribua le miracle d’avoir sauvé son armée de la faim quand les vivres avaient manqué.

Car il prit les armes : il repoussa les Tartares, soumit les Cumans, les Bulgares, les Serbes ; il intervint auprès de sa sœur Hélène, reine de Croatie-Dalmatie, contre les assassins de son mari et, à la mort d’Hélène qui n’avait pas d’enfants, annexa pacifiquement cette région, y soutenant le christianisme et fondant l’évêché de Zagreb.

A la demande des croisés, il prit le commandement de la première croisade, mais il mourut juste avant de partir, à Nitra, dans une expédition contre les Bohêmes révoltés, le 30 juin 1095.

Il fut le roi de Hongrie le plus estimé de son peuple. On l’invoqua bien avant sa canonisation, qui eut lieu en 1192.

Saint László de Hongrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Otto de Bamberg

1060-1139

 

Otto serait né vers 1060 à Mistelbach (Souabe) selon certains, en Franconie selon d’autres, de souche noble. 

On suppose qu’il reçut sa formation à l’abbaye d’Hirsau ; il fut ordonné prêtre.

En 1080, lors de l’élection de l’antipape Ghiberto de Ravenne, il n’hésita pas à exprimer son franc désaccord, mais ne perdit pas pour autant l’estime des grands.

En 1082, il fut chapelain de Judith, sœur de l’empereur Heinrich IV et épouse du duc de Pologne, Władisław Ier Herman, à la cour duquel il séjourna dix ans.

En 1091, il fut rappelé à la cour d’Heinrich IV comme chancelier. Il dirigea ainsi la construction de la cathédrale de Spire. L’empereur le nomma en 1102 évêque de Bamberg, un immense diocèse. Otto s’employa à faire construire ou consolider et réformer de très nombreux monastères. Il en fonda une vingtaine : non seulement dans son diocèse, mais dans ceux de Würtzburg, Ratisbonne, Passau, Eichstadt et Aquilée, au point qu’on l’appela le Père des moines.

En réalité, il ne fut consacré qu’en 1106, à Anagni, par le pape Pascal II, car il tenait à recevoir son ordination des mains du Pontife.

Otto réussit ainsi le tour de force de rester à la fois uni au pape légitime et attaché à l’empereur, au beau milieu de la fameuse et triste querelle des investitures. Heinrich V, comme son père, lui démontra beaucoup de respect et d’honneur : il l’emmènera à Rome pour y recevoir le pallium du pape en 1111.

En 1109, Otto consacra la cathédrale de Bamberg, entièrement reconstruite après l’incendie de 1081.

Dans un concile à Fritzlar en 1118, il lui fut reproché son attachement à l’empereur et même on prétendit le décharger de sa responsabilité épiscopale, ce qui ne l’empêcha pas de travailler activement à la signature du célèbre concordat de Worms en 1122.

Or, à partir de cette date, Otto allait répondre à l’appel du duc Bolesław de Pologne, qui désirait introduire le christianisme en Poméranie. Ayant pris les dispositions nécessaires pour l’administration de son diocèse, Otto fit deux voyages apostoliques en Poméranie, et évangélisa Pyrzyce, Julin, Kamień, Szczecin, Wolin, Kołobrzeg et Białogard, baptisant quelque vingt mille païens, qui le reçurent avec empressement.

Il réussit à détruire les temples de dieux païens, à abolir la polygamie, le sacrifice des nouveaux-nés, la magie sous toutes ses formes. A Julin seulement, on lui tendit des embûches : il fut traîné dans la boue, frappé, mais échappa à la mort.

Lors de son second voyage, rendu nécessaire par le retour de quelques communautés au paganisme, il confirma les habitants dans leur foi et serait allé encore plus au nord, s’il n’avait craint d’offenser les évêques locaux.

Par ses travaux ce Père des moines mérita aussi d’être appelé l’apôtre de la Poméranie.

Otto de Bamberg s’éteignit à ce monde le 30 juin 1139, et fut canonisé en 1189.

Il existe une formule de prières employée pour la bénédiction du vin qui, par les mérites de saint Otto, obtient la guérison de la fièvre ; une autre formule est usitée contre la morsure des chiens enragés.

 

 

Adolf d’Osnabrück

1185-1224

 

Adolf de Tecklenburg naquit vers 1185 dans le château de cette localité, benjamin des fils du comte Simon de Tecklenburg et d’Oda Berg-Altena.

Chanoine à la cathédrale de Cologne, il entra chez les Cisterciens de Kamp (auj. Kamp-Lintfort).

En 1216, il fut nommé évêque d’Osnabrück, une première fois : cette élection n’ayant pas été reconnue par le pape, on la refit l’année suivante. 

Les chroniques affirment qu’Adolf brilla par l’éclat de ses vertus. Si la formule peut sembler évidente, elle se réfère cependant au souci qu’eut l’évêque de mener à bien la réforme intérieure de son diocèse, de soulager la misère des pauvres et des pestiférés.

Après sa mort, le 30 juin 1224, il fut bientôt vénéré comme un Saint, quoiqu’aucune canonisation officielle ne fût intervenue. Le culte en fut cependant reconnu en 1625.

Le Martyrologe le mentionne à ce jour.

 

 

Philip Powel

1594-1646

 

Ce fils de Roger et Catherine Powel, de bons catholiques, était né le 2 février 1594 à Tralon (Brecknockshire, Pays de Galles). 

Après ses premières études scolaires à Abergavenny, il fut acheminé aux études de droit à Londres par un Bénédictin, Augustine Baker, qui ensuite l’envoya en Belgique (1614), en passant par Douai.

Ce fut à Douai que Philip entra chez les Bénédictins du monastère de Saint-Grégoire (actuellement transféré à Downside Abbey, Bath).

En 1618, Philip reçut le sacerdoce, puis l’habit et, en 1622, fut envoyé en mission dans son pays.

Après une année environ à Londres où il retrouva le père Baker, Philipp se dirigea vers l’Angleterre du sud, dans le Devonshire et le Somersetshire. Puis il fut aumônier des soldats du général Goring en Cornouaille.

Quand cette armée fut dissoute, Philippe voulut passer au Pays de Galles (1646), mais son vaisseau fut arrêté le 22 février par un bateau de la flotte du Parlement, conduit par des protestants. Reconnu comme prêtre, il fut entièrement dépouillé, vêtu de haillons et dûment interrogé par un juge présent à bord.

Les prêtres qui accompagnaient Philipp demandèrent au juge de faire la preuve qu’ils étaient prêtres ; mais Philipp déclara sans détour qu’il était prêtre. C’était le 6 mars 1645.

Envoyé à Londres où il fut interné, Philipp attrapa une pleurésie pour les mauvaises conditions où il se trouvait emprisonné. Il avait une natte pour s’étendre, entouré de cinq co-détenus malades.

Le 29 mai, il fut transféré dans la geôle commune, où l’on se doute que les conditions n’étaient pas meilleures.

Le 9 juin, à Westminter Hall, il comparut en jugement. Le 12, il exposa sa propre plaidoirie en bon juriste qu’il avait appris à être, démontrant d’ailleurs que ceux qui le jugeaient en ce moment étaient eux-mêmes en rébellion contre le roi ; de plus, il n’avait pas été arrêté en Angleterre, mais sur mer.

Condamné à mort, Philip répondit : Deo gratias ! et ajouta : La foule m’empêche de me mettre à genoux pour remercier Dieu, mais je le remercie humblement sur les genoux de mon cœur. Puis il pria à haute voix pour le royaume, pour le roi et la reine, pour le juge et la cour.

On lui proposa de choisir le jour de sa mort, mais invita le juge à bien vouloir choisir lui-même.

Les membres de la cour furent touchés de tant de délicatese et demandèrent au Parlement un délai, qui fut refusé car il fallait pour cela l’entremise d’un ambassadeur d’une autre grande puissance.

Philip ne voulait pas attendre. Il se préparait calmement à son dernier jour. Une de ses attentions était de balayer humblement la pièce de la prison. Il priait, convertissait et confessait. Même les gardiens étaient conquis par sa douceur et le laissaient exercer son apostolat dans la prison.

Au matin du 30 juin, il pria, célébra encore une fois la Messe, et s’étendit joyeusement sur la claie qu’on lui avait préparée, tirée par un cheval. En route pour Tyburn, on lui présenta un verre de vin, qu’il but à la santé de son «cocher» (le charretier).

Plus loin, le cortège obligea un autre attelage à s’arrêter : l’homme qui conduisait, irrité, se fâcha contre le moine condamné, blasphéma contre ce «traître», et fut puni par Dieu par la mort immédiate d’un de ses chevaux.

Arrivé à la potence, Philip pria à genoux, et monta sur la charrette fatale. Il parla encore à la foule. C’était pour lui le plus beau jour de sa vie ; il remercia Dieu d’être prêtre et bénédictin ; il priait pour ses persécuteurs, donna un pourboire au bourreau.

Au moment suprême, le charretier avait disparu, horrifié par la situation de ce saint moine qu’on voulait tuer. Il fallut attendre un bon moment pour lui trouver un remplaçant.

Après son dernier soupir, Philip fut dépouillé de ses vêtements, éventré, dépecé et jeté sur un brasier.

Il avait cinquante-deux ans. C’était le 30 juin 1646. (Une relation date ce martyre au 3 août, mais c’est très probablement une erreur). 

Philip Powel fut béatifié en 1929.

Gennaro Maria Sarnelli

1702-1741

 

Gennaro (Janvier, le prénom est fréquent dans la région de Naples, où mourut le Martyr saint Janvier - Ianuarius, voir au 19 septembre) naquit le 12 septembre 1702 à Naples, quatrième des huit enfants du baron de Ciorani, Angelo Sarnelli et de Caterina Scoppa.

A quatorze ans, il exprima à son père son désir d’entrer chez les Jésuites. Son père le trouvait encore bien jeune pour une telle décision et l’orienta vers les études de Droit. En 1722 il fut reçu docteur en droit civil et en droit canonique, en latin : utriusque iuris.

Tout en exerçant sa profession de juriste, il s’engagea dans les rangs d’une pieuse association, la Congrégation des Chevaliers Professionnels du Droit et de la Médecine, dirigée par les Pieux Ouvriers de saint Nicola de Tolentino, dont le but était d’assister les malades. Ainsi se précisa la réelle vocation de Gennaro. C’est aussi durant ces années qu’il connut saint Alfonso de’ Liguori, qui était alors un avocat de premier ordre (voir au 1er août).

En 1728, il fréquenta le séminaire, tout en résidant au collège de la Sainte-Famille et, en 1729, commença le noviciat dans la Congrégation des Missions Apostoliques, tout en continuant ses visites à l’hôpital, auprès des vieillards, parmi les marins malades, sans oublier ses leçons de catéchisme aux enfants.

En 1732, au terme de ce noviciat, il fut ordonné prêtre.

Avec saint Alfonso de Liguori, ils organisèrent des cours du soir.

L’archevêque lui confia la paroisse des Saints-François-et-Matthieu, un quartier espagnol. Gennaro y trouva une telle corruption parmi les jeunes filles, qu’il décida de mettre tout en œuvre pour combattre la prostitution.

En 1732, il se décide à faire partie de la Congrégation du Rédempteur, fondée par Alfonso de’ Liguori, sans se départir des Missions Apostoliques. Les deux idéaux se rencontraient ; don Gennaro participerait ainsi aux missions en paroisses, organisées par Alfonso de’ Liguori.

Il écrivit une trentaine d’ouvrages, préconisant la sanctification des laics, luttant contre le blasphème, traitant de la pédagogie, de la morale, de la pastorale, des droits de la femme.

Sa santé déclina prématurément et il mourut à Naples le 30 juin 1741.

Gennaro Maria Sarnelli a été béatifié en 1996.

 

 

Vinh Sơn Đỗ Yến

1764-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né vers 1764 à Trà Lũ (Nam Định (Vietnam).

Ayant très tôt ressenti la vocation, il fit des études au séminaire et fut ordonné prêtre en 1798, par Mgr Delgado, futur martyr lui aussi.

Le père Vinh Sơn fut arrêté une première fois, chargé de la cangue pendant un mois, et racheté par des amis. Même ses ennemis reconnurent que leur prisonnier avait un comportement d’une douceur exceptionnelle.

En 1807, il entra chez les Dominicains et fit profession à Manille, en 1808.

Lors de la persécution, il préféra rester dans sa paroisse, passant d’une maison à l’autre pour se cacher, mais surtout pour encourager les chrétiens à rester fidèles.

Il fut reconnu et arrêté par des païens le 2 juin 1838 et conduit à Sanh-Hải-Ɖương pour y subir des longs interrogatoires.

Comme il avait soixante-treize ans déjà, le mandarin voulait l’épargner et lui suggérait de se faire passer pour un médecin, mais le père Vinh Sơn refusa cette offre : 

Je ne suis pas un médecin ; je suis un prêtre, pour offrir des sacrifices à Dieu et pour prêcher la foi en Jésus-Christ, pour lequel je suis prêt à mourir. Je n’accepte pas la proposition pour le prix d’un mensonge.

 Aussi le juge écrivit-il au roi pour obtenir l’autorisation de renvoyer l’accusé dans la province de sa naissance et de le faire examiner par les autorités dont il relevait ; mais il précisait en même temps que le prêtre ne paraissait pas disposé à renoncer à sa croyance ; aussi la réponse fut-elle aussi rapide que raide : 

Ce maître de la religion de Jésus a suivi et enseigné cette religion fausse et perverse ; il refuse de l’abandonner, c’est évidemment un homme dangereux digne d’encourir notre juste courroux, car il refuse de suivre ce qu’il sait et ce qu’il devrait faire. Qu’il soit décapité.

Cette réponse parvint le 30 juin 1838 : le jour même le père Vinh Sơn devait être décapité. Il s’avança avec joie vers l’endroit de l’exécution.

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988. 

Rappelons que la fête liturgique de tous les Martyrs vietnamiens est au 24 novembre.

Baiduo Li Quanhui

1837-1900 

Rimen Li Quanzhen

1841-1900

 

Ces deux frères chrétiens et mariés étaient nés à Chentuncun (Jiaohe, Hebei, Chine) et y reçurent la palme du martyre, le 30 juin 1900.

Béatifiés en 1955, ils furent canonisés en 2000, et sont fêtés comme tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

 

 

Zynovij Kovalyk

1903-1941

 

Zynovij (Zénon) était né le 18 août 1903 à Ivakhiv (Ternopil, Ukraine), dans une famille de rite gréco-catholique.

Il entra chez les Rédemptoristes et émit les vœuxen 1926. 

Il fit ses études de philosophie et de théologie en Belgique.

Ordonné prêtre en 1937, il exerça le saint ministère à Volyn.

Le jour où l’on fête l’Immaculée Conception dans le calendrier gréco-catholique, il était en train de prêcher dans son église, lorsqu’on vint l’arrêter, pour sa foi, le 20 décembre 1940.

Jeté en prison dans le couvent des Brigittines, réquisitionné par l’armée, il y subit les horribles et honteux mauvais traitements que les communistes réservaient aux prêtres, jusqu’à être crucifié contre le mur de la prison, à Bryhidky (Lviv).

Ce martyre eut lieu un certain jour de juin 1941.

Le Martyrologe l’a inscrit au 30 juin, depuis qu’il fut béatifié parmi les Martyrs d’Ukraine en 2001.

 

 

Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi

1903-1973

 

Il y a plusieurs graphies possibles pour cet évêque martyr, selon la manière dont on transcrit l’alphabet cyrillique : Vasyl Velyckovskyj ou Basil Velychkovsky.

Né le 1er juin 1903 à Stanislaviv (l’actuelle Ivano-Frankivsk, Ukraine), de Volodymyr Velychkovskyi et Anne Theodorovych, catéchistes, qui avaient dans leurs deux familles une longue tradition de prêtres., Vasyl eut tôt le désir de sauver les âmes et pour cela, de devenir prêtre.

Après le lycée de Horodentsi, avec la fougue patriotique de ses quinze ans, il entra dans l’armée qui se battait pour la liberté de la mère patrie, durant la Première guerre mondiale, puis il entra au séminaire de Lviv en 1920.

Ordonné diacre en 1924, il commença alors son noviciat dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur à Holosko près de Lviv, et fit sa première profession en août 1925. Ayant déjà fait ses études sacerdotales au séminaire, il fut ordonné dès la fin du noviciat par l’évêque Joseph Botsian à la prêtrise. 

Ses supérieurs avaient tout de suite remarqué son talent de missionnaire, de sorte que, après deux années d’enseignement au juvénat de Volyn, on l’envoya avec d’autres confrères pour des missions à Stanislaviv. 

En 1928, il arriva au monastère de Kovel et, de là, développa beaucoup de missions en terre de Galicie, cherchant à regagner toutes ces populations qui étaient passées à l’Eglise Orthodoxe Russe.  Il créa maintes églises et chapelles. 

Revenu à Stanislaviv en 1935, il y fut supérieur, tout en continuant son activité missionnaire, même quand le gouvernement commença à persécuter l’Eglise Gréco-Catholique en 1939.

En 1940, par exemple, il organisa une procession à travers les rues de Stanislaviv, où participèrent quelque vingt-mille personnes.

Sans se soucier de la menace de la police soviétique, il se rendit en Ukraine centrale, pour travailler avec les Ukrainiens orthodoxes de Kamianets-Podilskyi : cependant, les allemands récemment arrivés sur place craignirent que l’activité du père Vasyl eût des rapports avec la résistance ukrainienne, et le prièrent de quitter la ville dans les vingt-quatre heures.

Le père Vasyl fut alors nommé prieur du monastère de Ternopil en 1942. 

Les Soviétiques reprirent la Galicie en 1945. Dans la seule nuit du 10 au 11 avril, ils arrêtèrent toute la hiérarchie de l’Eglise Gréco-catholique. 

Arrêté pour propagande anti-soviétique à Ternopil le 26 juillet 1945, le père Vasyl reçut la proposition d’être libéré s’il se rattachait à l’Eglise Orthodoxe russe. Sa réponse fut courte et claire : Jamais !

Envoyé à la prison de Kiev, il y attendit deux années avant d’être condamné à mort, pour avoir en 1939 qualifié l’armée soviétique de horde rouge et de troupe rouge. 

Les mois qui suivirent sa condamnation, le père Vasyl continua son apostolat auprès des prisonniers.

Un beau jour, on lui annonça que sa peine était commuée à 10 ans de travaux forcés. Le père Vasyl passa d’abord deux ans dans la région de Kirovsk, puis fut transféré aux mines de Vorkuta, au-dessus du cercle arctique. Là il s’occupa des autres prisonniers. Ceux-ci s’arrangèrent pour le faire travailler seulement dans l’hôpital, plutôt que dans les mines, de sorte qu’il put célébrer la Messe, même en cachette, presque tous les jours.

En 1955, à la fin de sa peine, il put retourner à Lviv. Il n’y avait plus d’église pour célébrer. Sans se décourager, il se construisit un petit autel dans un appartement, où il recevait des fidèles par petits groupes.

En 1959, il fut nommé évêque de l’Église greco-catholique ukrainienne «clandestine», mais ne put être consacré qu’en 1963, par le Métropolite Slipyj à Moscou. 

Le missionnaire était infatigable et intrépide. Il rédigea un ouvrage sur Notre-Dame du Perpétuel Secours, où il démontrait que les athées ne peuvent pas être de bons citoyens ; en plus, il écoutait Radio Vatican. 

Tous ces graves délits le conduisirent, en 1969, à une nouvelle arrestation, qui dura cette fois-ci trois ans, à Kommunarsk (Donbass), où, entre des séances de tortures, il assista encore d’autres prisonniers. 

Il fut remis en liberté en 1972, lorsque son état de santé déclina. On dit qu’avant de le libérer, on lui injecta une substance inconnue.

Il vint d’abord en Yougoslavie, où il retrouva sa sœur à Zagreb. 

Il se rendit alors à Rome, où il rencontra le patriarche Slipyi et le pape Paul VI, puis à Winnipeg (Canada), où il mourut le 30 juin 1973. 

Vasyl Velyckovskyj a été béatifié le 27 juin 2001.

On donne parfois pour date de sa mort le 30 juillet.

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 23:00

 

29 JUIN

 

I.

Ss Pierre & Paul, apôtres, le premier crucifié la tête en bas, l’autre décapité.

Ste Marie, mère de Jean-Marc (cf. Actes 12:12).

?

Ss Marcel et Anastase, romains martyrs à Argenton. 

III.

Ste Béate, martyre près de Sens, peut-être espagnole.

IV.

S Syrus, évêque à Gênes.

VI.

S Cassius, époux de Fausta avec laquelle il vécut comme un frère, évêque à Narni; il célébrait chaque jour la messe.

IX.

Stes Salomé et Judith, deux anglaises recluses à Ober Altaich.

XI.

Ste Hemma, veuve princière, immensément riche, fondatrice d’une abbaye à Gurk et de nombreuses églises.

XIV.

B Ramon Llull, espagnol qui, de courtisan mondain devint un apôtre du salut des Arabes ; il ne cessa de voyager et d’écrire ; blessé à mort par un jet de pierres, il mourut martyr en vue de sa Majorque natale.

XIX.

Ss Baolu Wu Anju, son fils Ruohan Wu Mantang et son neveu Baolu Wu Wanshu, Mali Du Tianshi et sa fille Delian Du Fengju, martyrs chinois, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet. 

XX.

B Ivan (Yakym) Sen’kiv’skyi (1896-1941), prêtre martyr ukrainien de l’Ordre de Saint-Josaphat, ébouillanté en prison, béatifié en 2001 (le 28 au Martyrologe).

B Francesco Mottola (1901-1969), prêtre italien, béatifié en 2020.

Pierre, apôtre

† 64

 

Saint Pierre est le premier pape de l’Eglise romaine, et un des premiers Apôtres qui aient rencontré Jésus.

D’après les Evangiles, son père est Johannes (Jona), et son frère André. Ils sont pêcheurs. Simon - car tel est son nom - aurait été marié, puisqu’on parle de sa belle-mère malade, guérie par le Christ (Mt 8:14-16). On dit que la sainte Pétronille (“Pierrette”) vénérée à Rome depuis le pape Paul Ier, serait sa fille. 

André le premier rencontre le Christ et Lui amène Simon, auquel Jésus donne le nom de Pierre, car “sur cette Pierre” devait être édifiée l’Eglise (Jn 1:40-52).

Simon-Pierre est témoin de la pêche miraculeuse (Mt 4:18-22), annonce de la future pêche apostolique de son ministère.

Pierre désormais sera aux côtés du Maître aux grands moments : lors de la guérison de la fille de Jaïre, lors de la Transfiguration (Mt 17:1-8), lors de l’Agonie au Jardin des Oliviers (Mt 26:37). C’est lui qui court au Tombeau vide le matin de la Résurrection ; c’est lui qui reçoit le premier le pouvoir de lier et de délier (Mt 16:19).

Pierre est un homme fougueux, enthousiaste, qui connaît les chutes. S’il dégaine son épée au moment de l’arrestation de Jésus à Gethsémani, il s’écarte avec les autres en abandonnant le Maître, il le reniera par trois fois. Mais surtout, on le voit pleurer amèrement sa faiblesse (Mt 26:75).

Jésus le place à la tête des Apôtres. C’est Pierre qui aura l’initiative de la prière dans la première Assemblée, de l’élection de Matthias (Ac 1) pour remplacer Judas. C’est lui qui préside le Concile de Jérusalem (Ac 15).

Pierre ira à Antioche, là où les fidèles reçurent pour la première fois le nom de Chrétiens ; Pierre est considéré comme le premier évêque d’Antioche, puis comme le premier de Rome, où il s’établit successivement. C’est à Rome que son disciple Marc recueillit son enseignement et le mit sous la forme du deuxième Evangile que nous connaissons.

L’Apôtre écrivivit deux Epitres, qui sont au canon du Nouveau Testament.

Pierre sera arrêté et condamné à mort en 64. Il fut crucifié la tête en bas, s’étant - dit-on traditionnellement - senti indigne de mourir de la même façon que son Maître.

Des fouilles archéologiques ont prouvé que les restes qui se trouvent à la basilique Saint-Pierre de Rome sous l’Autel Majeur, sont bien de l’Apôtre.

Suivant les dates plus ou moins établies du commencement et de la fin du pontificat de Pierre, certains disent qu’il aurait été pape pendant trente-trois ans, autant de temps que vécut le Christ sur terre. C’est de toutes façons le plus long pontificat de l’histoire, suivi en cela par celui de Pie IX (trente-et-un ans) et celui de Jean-Paul II (vingt-sept ans).

L’immédiat successeur de Pierre fut saint Lin.

La fête de saint Pierre est au 29 juin, en même temps que celle de saint Paul, l’autre pilier de l’Eglise naissante. C’est souvent en ce jour qu’a lieu l’ordination des prêtres dans les diocèses.

Il y a aussi une autre fête concernant saint Pierre, celle de sa Chaire, c’est-à-dire de son Autorité, qu’on fête le 22 février.

 

 

Paul apôtre

† 67

 

Écrire une fois de plus ce qu’on sait de la vie de saint Paul semblera superflu ici. On trouvera quelques indications scripturaires auxquelles on pourra se référer. En revanche, au moment où le Pape proclame l’Année de la Foi au cinquantième anniversaire du concile de Vatican II, on s’arrêtera davantage sur les voyages apostoliques de l’Apôtre.

Comme il le dit lui-même (Ac 22:3), Saul était juif, né à Tarse en Cilicie (actuelle Turquie), de la tribu de Benjamin. Par son père, il jouissait des droits des citoyens romains.

Il vint à Jérusalem pour recevoir sa formation de Gamaliel. Il était convaincu que Jésus allait renverser le culte israélite et pour cette raison en devint un ennemi acharné.

Dieu ayant voulu utiliser cette énergie pour diffuser la Vérité, l’aida à se convertir sur le chemin de Damas (Ac 9) ; ce devait être en 35. Baptisé, Saul s’appellera désormais Paul. Son zèle le fera mettre au même rang que les Apôtres choisis par le Christ.

Prédicateur infatigable, Paul parcourut tout le Moyen-Orient. Les Actes des Apôtres nous aident à le suivre.

 

Premier voyage : l’Asie Mineure (années 45-49).

Antioche de Syrie - Chypre - Pamphylie - Pisidie (Antioche de Pisidie) - Lycaonie (Iconium, Lystres, Derbé) - Antioche de Syrie.

A part l’actuelle ville turque de Konya, les autres centres (Lystres, Derbé) ont disparu et sont difficiles à localiser précisément actuellement.

 

Deuxième voyage : l’Asie Mineure et la Grèce (années 49-53).

Antioche de Syrie - Lycaonie - Phrygie - (Troas - Samothrace - Neapolis -) Grèce : Philippes - Thessalonique - Bérée - Athènes - Corinthe - Asie Mineure : Ephèse - Césarée - Antioche de Syrie.

 

Troisième voyage : l’Asie Mineure (années 53-58).

Antioche de Syrie - Galatie - Phrygie - Ephèse - Troas - Milet - Cos -  Patara - Tyr de Phénicie - Ptolemaïs - Césarée - Jérusalem.

C’est à Jérusalem que Paul est arrêté, et conduit une première fois, captif, à Rome.

 

Quatrième voyage (?) : Espagne et Asie Mineure (années 63-66).

Cette hypothèse n’est pas confirmée par les Actes des Apôtres, qui s’achèvent sur la captivité à Rome. 

Libération de Paul.

Paul fait allusion à l’Espagne en Ro 15:24,28. Il pense aller à Jérusalem, venir revoir les Romains et se rendre en Espagne. Il passe par l’Asie Mineure (Ephèse, Crète, Macédoine).

 

Le voyage de captivité : de Jérusalem à Rome (66-67).

Jérusalem - Césarée - Myre - Crète - Malte - Rome.

De nouveau arrêté en Asie (fin 66), il est conduit à Rome, condamné à la décapitation.

Le martyre de Paul a dû avoir lieu en 67. L’Apôtre fut décapité hors de Rome, sur la voie d’Ostie, à l’endroit qu’on a depuis appelé les “Trois Fontaines”, car une tradition rapporte que sa tête rebondit trois fois, faisant jaillir trois fontaines.

Actuellement s’élève là la petite abbaye cistercienne de “Saint-Paul-Trois-Fontaines”. 

Non loin de là fut construite la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, où se trouve une abbaye bénédictine, et la tombe de saint Paul.

C’est aussi sur le même site qu’ont eu lieu les apparitions de “Notre-Dame de la Révélation” en 1947, reconnues par l’Eglise. Là, un nouveau Paul, Bruno Cornacchiola, athée notoire, se convertit après avoir vu la Sainte Vierge.

Saint Paul est fêté deux fois durant l’année. D’abord le 25 janvier, où l’on commémore sa conversion : c’est à cette date que s’achève la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Ensuite le 29 juin, où l’Eglise fête simultanément les deux Apôtres Pierre et Paul.

 

 

Marie, mère de Jean-Marc

1er siècle

 

Il est dit dans les Actes des Apôtres (Ac 12:12) que Pierre, une fois délivré de la prison par l’intervention d’un ange, vint frapper à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc.

C’est l’unique mention que nous ayons de cette sainte femme.

Elle devait donc être suffisamment connue des Apôtres autant pour sa foi que sa générosité, pour que saint Pierre songeât à frapper chez elle en pleine nuit.

On a avancé sans preuves suffisantes qu’elle avait accompagné ou rejoint son fils en Chypre, où elle mourut elle aussi.

Le Martyrologe actuel ne la mentionne pas. Autrefois, elle était mentionnée au 29 juin, jour de la fête de saint Pierre et saint Paul.

 

 

Sirus de Gênes

† 381

 

On ne peut situer précisément la naissance de Sirus (Syrus) : il a pu naître à Struppa (Gênes, Italie NO) vers 310-320, d’Emilianus Dolcinus, dont l’épouse était native de Nervi.

Son éducation fut confiée à l’évêque Felix de Gênes qui, ensuite, l’ordonna diacre et l’envoya à Villa Matutia (act. Sanremo) pour assister le chorévêque Ormisda. Là, Sirus aurait délivré la fille du questeur, qui était possédée.

L’évêque Felix le rappela à Gênes et c’est Sirus qui lui succéda, vers 350, devenant le troisième évêque de cette ville.

On raconte que Sirus délivra la ville d’un énorme basilisc qui infestait un puits. L’évêque lui lança un seau, lui ordonnant de s’y mettre, et le remonta, puis lui ordonna d’aller se jeter dans la mer, à quoi le serpent obéit ponctuellement. D’aucuns interprètent ce «miracle» comme l’expression imagée de la lutte de Sirus contre l’arianisme.

On situe habituellement la mort de Sirus au 29 juin 381, après une trentaine d’années d’épiscopat.

Après des siècles d’oubli, on retrouva son corps en 1098.

Saint Sirus de Gênes est commémoré le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cassius de Narni

† 558

 

Cassius, dont on ignore les date et lieu de naissance, épousa une certaine Fausta ; ils vécurent cependant comme frère et sœur.

En 536 il fut nommé huitième évêque de Narni (Pérouse, Ombrie, Italie C).

Outre les œuvres de charité que développa Cassius, on raconte de lui cette anecdote amusante. Il avait le visage assez rubicond, de sorte que le roi goth Totila le prit pour un ivrogne et se moqua de lui. Mal lui en prit, car un soldat de sa garde fut subitement prit de spasmes violents (peut-être d’origine diabolique) : Cassius le guérit à l’instant, gagnant ainsi l’estime et le respect de Totila.

Cassius célébrait presque tous les jours le Saint Sacrifice de la Messe ; le fait est à signaler, car à cette époque ce n’était pas encore une habitude généralisée pour tous les prêtres. Durant cette célébration, Cassius versait d’abondantes larmes, larmes d’amour et de reconnaissance pour le Sacrifice salutaire du Fils de Dieu.

En 551, Dieu le fit encourager à faire son devoir jusqu’au bout, à accomplir son travail sans crainte : Que ton pied et que ta main ne reculent point ; à la fête des saints Apôtres, tu viendras à moi et je te donnerai ta récompense.

Sept ans plus tard, le 29 juin 558, fête des Apôtres Pierre et Paul, Cassius célébra une dernière fois la Sainte Messe, et rendit son âme à Dieu.

Saint Cassius de Narni est commémoré le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

Hemma de Gurk

980-1045

 

Hemma (Emma) naquit à la fin du 10e siècle (on parle de 980, de 995 ou 1000), en Carinthie (Autriche S), peut-être (mais c’est contesté) à Peilenstein, de Engelbert et Tuta, nobles apparentés à l’empereur Heinrich II.

Elle épousa Wilhelm, comte de Friesach et margrave de Sanntal ; les époux formèrent un couple très uni, très assidu à la vie de l’Eglise et aux sacrements. Leur fortune était immense, car leurs possessions territoriales s’étendaient fort loin. Ils eurent un ou deux fils (là aussi demeure l’incertitude), Wilhelm et Hartwig.

Dieu permit que ces deux garçons, une fois grands, furent limogés par des mineurs révoltés, et que Wilhelm père mourût au retour d’un pèlerinage à Rome.

Ce fut vers 1015 ; la malheureuse veuve accepta l’épreuve avec grand courage. Elle qui était, disait-on, une des plus riches femmes de son temps, s’employa à fonder des monastères et une vingtaine d’églises. 

C’est à Hemma qu’on devait les monastères de Ennstal et surtout de Gurk, pour des dames de souche noble, qui n’avaient pas une règle spéciale mais vivaient fraternellement et pratiquaient la laus perennis, c’est-à-dire qu’elles se relayaient par équipes pour ne jamais interrompre le chant à l’église. Leur nombre le permettait : elles étaient déjà environ soixante-dix.

Hemma aurait aussi participé à la construction de la cathédrale de Gurk. C’est durant cette période qu’advint le miracle du juste salaire. Un des ouvriers se plaignant de ne pas être suffisamment bien payé, Hemma lui tendit sa caisse en le priant de prendre ce qu’il estimait juste ; l’homme constata avec surprise qu’il y avait dans la caisse la même somme qu’Hemma lui avait proposée.

L’influence d’Hemma s’exerça aussi sur les conditions économiques de toute la région, qui furent hautement améliorées. Partout on vanta sa Foi et son sens de la Justice.

Hemma s’éteignit à ce monde vers 1045.

En 1174, son corps fut inhumé dans la cathédrale de Gurk ; une reconnaissance des reliques se fit en 1287, ce qui fut considéré comme une béatification ; le procès pour sa canonisation s’enlisa plusieurs fois, mais le culte et la dévotion ne s’interrompirent jamais. En 1938, ce culte fut confirmé.

Sainte Hemma de Gurk  est commémorée le 29 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ramon Llull

1232-1315

 

Ramon Llull (qu’on a francisé en Raymond Lulle, mais que Ramon a lui-même latinisé en Raymundus Lullus), naquit vers 1232 à Palma de Majorque. 

Certains avancent que son nom de famille était en réalité Amat ; son père s’appelait déjà Ramon, et appartenait à la noblesse catalane ; sa mère, Isabel d’Erill, était parente de la famille royale.

Vers 1246, Ramon entra comme page à la cour du roi Jaime Ier d’Aragon puis devint sénéchal de l’infant.

Vers 1257, il épousa Blanca Picany, dont il eut deux enfants, Domènec et Magdalena.

Jusqu’en 1263, Ramon vivait comme les troubadours en vogue, courtisant et chantant les belles dames. On raconte qu’un jour il poursuivit à cheval jusque dans une église une dame dont il était follement épris, mais qu’elle sut l’éloigner en lui montrant son sein rongé par le cancer.

Cette année 1263, Ramon eut par cinq fois la vision du Christ en croix, après quoi il comprit qu’il devait tout laisser pour se consacrer au service de Dieu, à la conversion des Musulmans et à la fondation de séminaires pour  former des missionnaires capables d’expliquer en arabe la Vérité.

Il entra alors dans le Tiers-Ordre franciscain. Nul ne nous dit ce que firent désormais son épouse et ses deux enfants, qui étaient encore bien jeunes ; on sait qu’il renonça à sa vie de cour, vendit tous ses biens et versa l’argent aux siens.

S’il pensa un moment aller étudier à Paris, il se décida plutôt à rester sur place : il acheta un esclave arabe pour étudier cette langue. Pendant neuf années, il apprit à manier parfaitement l’arabe, en même temps qu’il s’immergeait dans l’étude du latin, de la philosophie chrétienne et islamique auprès des moines cisterciens de La Real.

Désormais il allait se consacrer à l’écriture d’ouvrages en catalan, en latin et en arabe ; à voyager par l’Europe pour tenter de trouver des adeptes de ses projets. Ses voyages le portèrent en Allemagne, en France, en Italie, jusqu’en Terre Sainte et en Asie Mineure. Il voulait susciter une croisade apostolique, pour convertir par la prédication les Musulmans et les Juifs. Son enthousiasme cependant ne trouva pas l’écho qu’il espérait, même auprès des papes.

Sans renoncer à son idéal, il paya de sa personne et partit prêcher lui-même, en arabe, par exemple à Tunis, à Chypre, à Bejaïa (Algérie). Seul Jaime II de Majorque, son ancien élève, l’autorisa à prêcher dans les synagogues et dans les mosquées.

Ramon songeait à réunir tous les Ordres militaires dans une seule «armée sainte» pour reconquérir les territoires occupés par l’Islam et convertir tous les Musulmans. Dans ce but, il espérait former des missionnaires dans les langues orientales pour expliquer dans leur langue à tous les habitants la vraie doctrine du Salut. Le roi d’Aragon était favorable, mais pas le roi de France.

On finit par accepter son idée des collèges à vocation missionnaire, mais pas celle de la croisade.

Il est impossible ici d’énumérer les titres et le sujet de ses quelque trois-cents ouvrages. On retiendra ici  l’importance linguistique de ce travail : Ramon s’est exprimé aussi couramment en catalan qu’en arabe et en latin. On l’a considéré comme le fondateur de la littérature catalane, mais il a aussi énormément développé une langue néo-latine pour exprimer des notions et des faits scientifiques. On l’a appelé le Docteur illuminatus, le Docteur inspiratus, et même, à cause de son zèle envers le monde arabe, l’Arabicus christianus.

Une de ses positions fut de soutenir l’idée de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, dont le dogme ne fut proclamé qu’en 1854.

Ramon Llull fit un dernier voyage à Tunis. Les versions ne s’accordent pas tout-à-fait sur les circonstances exactes de sa mort. Pour les uns, Ramon fut lapidé par des Musulmans à Bougie (auj. Bejaïa) ; pour d’autres, il mourut en mer durant le retour de Tunis à Majorque, des suites de ses blessures. Dans les deux cas, Ramon serait mort le 29 juin 1315, à quatre-vingt-trois ans.

Certains ouvrages de Llull furent refusés par l’Eglise au 14e siècle, à la suite d’une falsification de ses propositions de la part d’un rival. 

Mais Ramon fut considéré comme martyr ; son culte fut reconnu en Catalogne ; le Martyrologe le mentionne comme martyr au 29 juin. 

La cause de sa canonisation a été reprise récemment.

Baolu Wu Anju

1838-1900

Ruohan Wu Mantang

1883-1900

Baolu Wu Wanshu

1884-1900

 

Baolu (Paul) était né vers 1838 à Xihetou (Shenzhou, Hebei, Chine).

Chrétien et marié, il avait un fils, Ruohan (Jean-Baptiste), et un neveu, Baolu lui aussi, nés au même endroit, le premier vers 1883, le second vers 1884.

Ils reçurent la palme du martyre dans leur ville, le même jour, en la fête de saint Paul, le 29 juin 1900.

Béatifiés en 1955, ils furent canonisés en 2000 parmi le groupe des Martyrs chinois, fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Mali Du Tianshi

1858-1900

Delian Du Fengju

1881-1900

 

Mali (Marie) était née vers 1858 à Shenzhou (Hebei, Chine).

Mariée, elle avait une pieuse fille, Delian (Magdeleine), née vers 1881 à Du (Shenzhou, Hebei, Chine).

Elles furent toutes deux martyrisées à Du, le 29 juin 1900.

Béatifiées en 1955, elles furent canonisées en 2000, dans le groupe des Martyrs chinois fêtés le 9 juillet.

 

 

Ivan Sen’kiv’skyi

1896-1941

 

Ivan (Jean) était né le 2 mai 1896 à Haji Velyki (Ternopil, Ukraine), dans une famille de rite gréco-catholique.

Il étudia la théologie au séminaire de Lviv et fut ordonné prêtre en 1921.

Il reçut le doctorat en théologie à l’université d’Innsbruck (Autriche).

En 1923 il entra au monastère de l’ordre de Saint-Josaphat à Krekhiv et prit le nom de Yakim (Joachim).

Il exerça le ministère à Krasnopushcha et Lavriv, puis eut diverses responsabilités dans le monastère Saint-Onuphre de Lviv, de 1931 à 1938, avant de devenir prieur du monastère de Drohobych en 1939, succédant ainsi au père Severian Baranyk.

Ces deux Religieux furent arrêtés par des agents du NKVD le 26 juin 1941.

Le père Yakim fut martyrisé en prison, ébouillanté, le 29 juin 1941 (mais le Martyrologe le mentionne en même temps que le père Baranyk, au 28 juin).

Il est dit parfois que le père Yakim fut «seulement» retrouvé, tout gonflé et contusionné.

Ils ont tous deux été béatifiés en 2001.

 

 

Francesco Mottola

1901-1969

 

Francesco Mottola naquit le 3 janvier 1901 à Tropea (Vibo Valentia, Calabre, Italie SW), dans une famille pauvre, mais religieuse. Le papa s’appelait Antonio, la maman Concetta Braghò.

En 1911, il entra au Petit séminaire de Tropea.

En 1913, mourut sa chère maman (elle se serait suicidée ?), et en 1917 son frère, sur le front.

Après le Petit séminaire, il entra au Grand séminaire de Catanzaro et fut ordonné prêtre en 1924.

Il avait deux dévotions préférées : l’Eucharistie - devant laquelle il restait de longs moments en silence - et Notre-Dame de Romania, vénérée dans la cathédrale de Tropea depuis des siècles.

Il fut un mois seulement curé à Parghelia, sa santé lui interdisant de continuer l’activité paroissiale.

Désormais son zèle pastoral le vit à l’œuvre sur bien d’autres fronts. Il enseigna la théologie au séminaire, puis fut recteur du séminaire de Tropea (1929-1942) ; il dirigea une revue catholique, organisa des groupes d’Action Catholiqiue, prêcha, donna des conférences pour ses confrères, resta de longues heures dans le confessionnal, car les fidèles recherchaient ses bons conseils.

En 1931, il fut nommé chanoine de la cathédrale.

Dès 1935, il fonda des Maisons de la Charité, confiées à des groupes de prêtres et de laïcs, pour accueillir les sans-abris ; il en ouvrit une à Rome même. Mieux, pour s’occuper d’eux plus efficacement, il fonda les Oblats et Oblates du Sacré-Cœur.

En 1942, une rude épreuve s’abattit sur le prêtre, dont la parole était si écoutée : une paralysie lui retira l’usage normal de la parole. Don Mottola se soumit à cette épreuve comme à un don divin ; il put tout de même encore confesser et continua d’écrire et d’encourager les Oblats dans leur amour des pauvres. Lui-même ne cessait de se dépenser au service des autres. Ce fut au point que la population le surnomma la perle du clergé calabrais.

En 1968, l’Institut des Oblats et Oblates du Sacré-Cœur, fut reconnu canoniquement.

C’est le 29 juin 1969 qu’il s’éteignit à Tropea, dans une grande pauvreté.

Un miracle inexpliqué advint en 2010, concernant un diacre qui guérit d’un mal incurable. Ce miracle fut retenu pour la cause de la béatification.

Francesco Mottola devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 29 juin.

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27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 23:00

28 JUIN

 

II.

S Irenæus, disciple de s.Polycarpe puis évêque à Lyon ; son ouvrage "Contre les Hérésies" combat les erreurs gnostiques ; il est très cité par le Concile Vatican II.

III.

Ss Plutarcus, Serenus, le catéchumène Heraclides, le néophyte Heron, un autre Serenus, la catéchumène Heraides, Potamiæona et sa mère Marcella, membres de l'école d'Origène en Alexandrie.
S Zacharie, évêque à Lyon, successeur de s. Irénée.

IV.

S Papias, martyrisé de façon affreuse (dans une localité non connue).

VI.

Ste Théodechilde, de famille royale (ou même fille de Clovis), fondatrice d’un monastère pour hommes à Sens (Saint-Pierre -le-Vif).

VIII.

S Paul I, pape (757-767) : successeur de son frère Etienne II, il en continua la politique d’amitié avec Pépin le Bref, contre les Lombards et contre Byzance. 

IX.

S Argimiro, martyr à Cordoue.

XI.

S Heimerad, prêtre de Souabe, assez vagabond, très original, “fou de Dieu”.

XVII.

S John Southworth, jésuite anglais, martyrisé à Tyburn.

XVIII.    

Bx Yun Yu-il Paulus, Choe In-gil Matthæus et Ji Hwang Sabas, laïcs coréens martyrs, enterrés vivants, béatifiés en 2014.

XIX.

Ste Mali Du Zhaoshi, chinoise, mère d’un prêtre, martyre, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet.

Stes Luqi Wang Cheng, Mali Fan Kun, Mali Chi Yu et Mali Zheng Xu, orphelines chinoises de dix-huit à onze ans, qui se tenaient par la main au moment de leur martyre, canonisées en 2000 et fêtées le 9 juillet.

XX.

B Stepan (Severian) Baranyk (1889-1941), prêtre martyr ukrainien de l’Ordre de Saint-Josaphat, mutilé en prison vers la fin de ce mois, béatifié en 2001.

Bse Teresa Maria (Maria Pia) Mastena (1881-1951), italienne, fondatrice des Religieuses de la Sainte-Face, béatifiée en 2005.

Irenæus de Lyon

130-195

 

Irenæus (Irenaios) était né vers 130, peut-être à Smyrne (Asie Mineure, auj. Izmir, Turquie W) ; il y connut le célèbre évêque de Smyrne, Polycarpe (v. 23 février).

C’est peut-être Polycarpe lui-même qui l’envoya dans cette terre de mission qu’était la Gaule.

On a vu comment mourut en 177 le glorieux Pothin, premier évêque de Lyon (v. 2 juin).

Irenæus fut-il ordonné prêtre par Pothin ? Le fait est que c’est lui qui fut chargé, en 177, de porter au pape Eleuthère (v. 26 mai) une lettre contenant le récit du martyre de Pothin et ses Compagnons. A ce moment-là, Irenæus était prêtre.

A son retour, c’est lui qu’on désigna pour succéder à Pothin.

L’œuvre plus important d’Irenæus fut son travail pour contrer la gnose, cette étrange doctrine qui prétendait offrir à une élite des connaissances supérieures sur Dieu et l’univers, recourant à l’occasion à d’étranges théogonies mythologiques. Irenæus écrivit donc La Réfutation de la Fausse Science ou Adversus Hæreses. Il est remarquable de constater qu’Irenæus ne s’en prend pas aux auteurs de cette doctrine, mais à la doctrine elle-même, espérant d’abord ramener à la Vérité ceux qui s’égaraient.    

Irenæus tint aussi à mettre en lumière l’argument de la Tradition, rappelant que la Foi se transmettait fidèlement des Apôtres à leurs successeurs, les évêques. C’est dans ce contexte qu’on lui doit aussi une Démonstration de la prédication apostolique.

Irenæus, dont le nom signifie pacifique, fut un artisan de paix aussi vis-à-vis du pape Victor (v. 28 juillet), qui voulait excommunier les Chrétiens qui ne fêtaient pas Pâques de la façon romaine ; Irenæus supplia le pape de ne pas provoquer ainsi de schisme, car cette différence ne portait pas sur le Dogme, mais n’était, après tout, qu’une question disciplinaire. Victor suivit son conseil.

Il y a une petite incertitude au sujet du martyre d’Irenæus, mais la liturgie actuelle lui donne toujours le titre d’évêque et martyr. Il est mort en 195, après dix-huit ans d’épiscopat.

Saint Irenæus de Lyon est commémoré le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martyrs en Alexandrie

† 202

 

La persécution de Septime Sévère sévissait en Alexandrie, où était évêque Heraclas.

Dans cette grande ville, Origène tenait sa petite école d’exégèse et c’était le lieu où se rencontraient des Chrétiens, néophytes ou catéchumènes.

Voici les noms des huit Martyrs recensés ici :

  1. Plutarcus, le frère de l’évêque Heraclas, un des premiers disciples d’Origène ;
  2. Serenus : il fut brûlé vif ;
  3. Heraclides : c’était un catéchumène ; il fut décapité ;
  4. Heron : il était néophyte ;  il fut aussi décapité ;
  5. Serenus : après diverses tortures, il fut décapité ;
  6. Heraides : une catéchumène, fut brûlée vive ;
  7. Potamiœna : cette vierge était fort belle, et les bourreaux s’acharnèrent contre sa pureté et sa beauté, l’arrosèrent lentement de poix brûlante, des pieds à la tête : elle fut ainsi brûlée vive ; 
  8. Marcella était la mère de Potamiœna et subit le même sort que sa fille.

On verra au 30 juin ce qui arriva au soldat Basilides, qui se trouvait près de Potamiœna.

Ces huit Martyrs sont commémorés le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paul Ier

757-767

 

Fils du romain Constantin, frère et successeur d’Etienne II, il est le quatre-vingtième pape.

La “politique” du pape était d’affermir les Etats Pontificaux avec l’appui de Pépin le Bref, qu’Etienne II avait nommé “Patrice des Romains”. Il fallait opposer une certaine force contre les prétentions de Byzance qui, toujours opposée au culte des images, se rapprochait des Lombards.

Paul Ier reçut avec joie et honneur le sabanum, linge ayant enveloppé la princesse franque Gisèle après son baptême. Ce précieux linge fut déposé dans la chapelle de sainte Pétronille, cette fille présumée de saint Pierre (Pétronille = Pierrette), dont le corps venait d’être retrouvé dans les catacombes. On sait que la chapelle de Sainte-Pétronille dans la basilique Saint-Pierre du Vatican, est une sorte d’îlot français : on aura fait le lien entre la fille de saint Pierre, et la “fille aînée de l’Eglise”.

D’après le Liber Pontificalis, Paul Ier  ordonna trois évêques, douze prêtres et deux diacres. Il laissait le souvenir d’un pasteur aimant visiter les malades, les prisonniers, les condamnés à mort.

Il mourut en 767 et eut pour successeur Étienne III.  

Au XIVe siècle, ce pape est entré dans le Martyrologe, au 28 juin, et y est resté.

 

 

Argimiro

† 856

 

Tout ce que nous savons des martyrs de Cordoue au IXe siècle, nous vient du précieux témoignage de saint Euloge, qui vivait sur place et avait pu vérifier tout ce qu’il écrivait.

Argimiro était né à Egabro (l’actuelle Cabra) de parents chrétiens.

Depuis deux siècles, la ville de Cordoue était aux mains des Arabes. Il s’y était fondé un émirat indépendant du reste du monde arabe, suite à des querelles internes. Abd-el-Rahman, son émir, dernier rescapé de toute sa famille massacrée à Damas, s’appuya sur une garde formée de Berbères et d’esclaves slavons, organisa un royaume très centralisé, luttant victorieusement contre les opposants arabes, et accordant finalement un statut très tolérant aux chrétiens. Ce régime finit par s’étendre à toute l’Espagne, avec toutefois quelques “incidents de parcours”, révoltes locales, jusqu’à la rupture totale avec Bagdad et l’établissement d’un khalifat indépendant.

Les chrétiens n’étaient donc pas trop inquiétés, sauf en certains cas malheureux de dénonciations ou parfois même de provocations.

Le roi Maure nomma notre Argimiro censeur à Cordoue ; c’était un poste important, auquel on ne plaçait que des personnages de parfaite honnêteté.

Bientôt cependant, Argimiro donna sa démission pour se retirer dans quelque monastère de la ville,  pour servir Dieu et travailler à son salut dans le repos de la prière et de la contemplation. 

A la suite de quelque incident - dont on ignore l’entité - les chrétiens furent recherchés. On dénonça Argimiro. Le juge le somma d’abjurer le Christianisme ; Argimiro refusa net.

Sans pitié pour l’âge du personnage, on l’étendit sur le chevalet, cet horrible instrument de torture où l’on attachait les bras et les jambes du condamné à des poulies qui, en tournant, disloquaient très lentement les membres de la victime. A la fin, au couteau ou à l’épée, on sectionnait les chairs qui étaient encore attachées, et on décapitait ce pauvre corps qui était peut-être déjà mort.

Ce fut le supplice d’Argimiro, dont le cadavre fut suspendu plusieurs jours à un gibet. Puis des chrétiens purent le recueillir et l’ensevelir dans l’église Saint Acisclo.

C’était sous Mohammed I, le 28 juin 856, jour où notre Martyr est commémoré au Martyrologe.

 

 

Heimerad de Souabe

970-1019

 

Heimerad (ou aussi Heimo) naquit vers 970 à Meßkirch (Souabe, Germanie SW) d’humbles parents cultivateurs.

Il fut peut-être ordonné prêtre, mais surtout il vagabonda en quête de Dieu. Il fit des pèlerinages dans toute la Germanie puis, vers 1000, se rendit à Rome et à Jérusalem.

Au retour, il tenta vainement son admission à l’abbaye de Hersfeld, à celle de Paderborn ; on le trouvait (et il était) vraiment trop original.

A Hersfeld, par exemple, en plein chapitre, il prétendit qu’il ne pouvait faire son salut dans l’abbaye et demanda à partir ; l’abbé avait plutôt envie de l’envoyer promener avec mépris, mais Heimerad protesta qu’on ne devait pas congédier ainsi le frère de l’Empereur (il entendait Jésus-Christ) ; l’abbé jugea opportun, avant de le laisser partir, de châtier cette prétention par une bonne flagellation.

Heimerad vint se réfugier chez une brave paysanne du voisinage ; comme elle se mettait à pleurer, il lui dit de pleurer sur ses péchés (cf. Lc 23:28). Il continua ses déplacements vers la centre du pays. De partout on le chassa.

Un prêtre lui abandonna une chapelle plus ou moins délabrée… mais la population se tourna vers Heimerad plutôt que vers le prêtre, qui vivait maritalement ; vexé, ce dernier chassa Heimerad.

L’impératrice Cunégonde, irritée de ce qu’Heimerad se proclamait frère de l’Empereur (voir plus haut), le fit fouetter.

L’évêque Meinwerk de Paderborn (v. 5 juin ?) se le fit amener et demanda à voir son missel : il fit brûler l’espèce de charpie que lui montra Heimerad, et fouetter son possesseur.

Outre toutes ces flagellations répétées, Heimerad accumula aussi les années et les infirmités. Il se fixa sur la montagne de Hasung ; il officia dans une chapelle dédiée à s.Michel et vécut là dans une grande pauvreté et dans la pénitence continuelle. On se moqua de cet original, qui cependant conquit patiemment l’estime de la population, et même eut à donner quelques conseils à des personnalités. Des miracles eurent lieu.

Il s’éteignit finalement, le 28 juin 1019.

Les miracles se produisirent encore après sa mort et un monastère fut édifié près de sa tombe.

Saint Heimerad de Souabe est commémoré le 28 juin dans le Martyrologe Romain.

 

John Southworth

1592-1654

 

Né en 1592 à Samlesbury Hall (Lancashire, Angleterre), il appartenait à une famille catholique qui préféra acheter le Ciel que de renier la Foi.

John étudia au Collège Anglais de Douai, où il reçut l’ordination sacerdotale.

Arrêté une première fois et condamné à mort pour sa foi catholique, il fut ensuite exilé vers la France.

Revenu en Angleterre, il vécut à Clerkenwell (Londres), lors d’une épidémie de peste. Il se dévoua auprès des malades, qu’il amena à la foi catholique, et fut de nouveau arrêté.

Jugé à Old Bailey, il se justifia de son devoir d’exercer son sacerdoce et fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut martyrisé le 28 juin 1654 à Tyburn (Londres).

Sur intervention de l’ambassadeur d’Espagne, son corps fut recomposé, bouilli et ramené à Douai. Lors de la Révolution française, on le plaça «en sûreté» dans une tombe sans nom. On retrouva cette tombe en 1927, d’où l’on préleva les restes du corps pour les reporter en Angleterre, dans la Chapelle des Martyrs de la cathédrale de Westminster.

John Southworth fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

Yun Yu-il Paulus

1760-1795

 

Yun Yu-il Paulus est un laïc coréen né en 1760 à Yeoju (Gyeonggi-do, Corée S).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Choe In-gil Matthæus

1765-1795

 

Choe In-gil Matthæus (ou Matthias) est un laïc coréen né en 1765 à Seoul (Corée S).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Ji Hwang Sabas

1767-1795

 

Ji Hwang Sabas est un laïc coréen né en 1767 à Séoul (Corée S).

Il fut enterré vivant à Hanyang (Seoul) le 28 juin 1795 et béatifié en 2014.

 

 

Mali Du Zhaoshi

1849-1900

 

Mali (Marie) Du Zhaoshi était née vers 1849 à Qifengzhuang (Shenzhou, Hebei, Chine).

Mariée, elle avait un fils prêtre.

Elle fut martyrisée à Wangjiatian (Hengshui, Hebei) le 28 juin 1900.

Elle fut béatifiée en 1955 et canonisée en 2000.

Les Martyrs chinois sont fêtés ensemble le 9 juillet.

 

 

Luqi Wang Cheng

1882-1900

Mali Fan Kun

1884-1900

Mali Chi Yu

1885-1900

Mali Zheng Xu

1889-1900

 

Emouvante et admirable histoire que ces quatre jeunes orphelines chinoises chrétiennes.

Au moment de leur martyre, elles se tenaient par la main pour s’encourager l’une l’autre.

Luki (Lucie) était née vers 1882 à Laochuntan (Ningjing, Hebei, Chine).

Mali (Marie) Fan Kun et Mali Chi Yu étaient nées toutes deux à Daji (Wuqiao, Hebei, Chine), la première vers 1884, la seconde vers 1885.

La troisième Mali, Zheng Xu, était née vers 1889 à Kou (Dongguang, Hebei).

Toutes quatre avaient donc en commun leur jeunesse, et les persécuteurs n’eurent pas de remords à s’acharner avec leurs épées contre de jeunes fleurs de dix-huit, seize, quinze et onze ans.

Leur martyre eut lieu à Wangla (Dongguang, Hebei), le 28 juin 1900.

Elles furent béatifiées en 1955 et canonisées dans le groupe des Martyrs chinois en 2000. Leur fête liturgique commune est au 9 juillet.

 

 

Stepan Baranyk

1889-1941

 

Stepan était né le 18 juillet 1889 en Galicie, dans l’actuelle Ukraine occidentale (localité non précisée).

En 1904, il entra au monastère basilien à Krekhiv et y fit ses premiers vœux, avec le nomde Severian (Séverin).

En 1910, il fit les vœux perpétuels et fut ordonné prêtre en 1915.

Durant ses activités pastorales, il s’occupa paternellement des jeunes et des orphelins. Il était aussi connu pour ses homélies courageuses.

En 1932, il fut nommé prieur du monastère de Drohobych.

C’est dans cette localité qu’il fut arrêté par les agents du NKVD, le 26 juin 1941, et enfermé dans la prison de Drohobych. Depuis, on ne le revit plus vivant.

Après l’évacuation des soldats soviétiques, on retrouva dans un coin de la prison le corps du père Severian, portant des signes visibles de tortures diverses, avec des entailles au couteau en forme de croix sur toute la poitrine.

Le jour inconnu de son martyre a été arrêté au 28 juin dans le Martyrologe.

Le père Severian fut béatifié dans le groupe des Martyrs Ukrainiens, en 2001.

 

 

Teresa Maria Mastena

1881-1951

 

Elle fut l’aînée des cinq enfants de Giulio Mastena et Maria Antonia Casarotti. Le père était épicier, et la mère maîtresse d’école.

Des cinq enfants, outre Teresa, un frère fut prêtre capucin et missionnaire au Brésil, une sœur fut tertiaire franciscaine ; un autre frère dut renoncer au sacerdoce à cause de sa santé et, comme avocat, se dédia aux causes des pauvres.

Teresa naquit le 7 décembre 1881 à Bovolone (Vérone, Italie du nord) et grandit dans l’ambiance chrétienne de sa famille. 

Lors de sa Première Communion, à neuf ans, elle fit privément le vœu de chasteté et reçut la Confirmation la même année (1891).

A quatorze ans, elle voulait entrer dans la vie religieuse, mais dut attendre quelques années avant d’être admise dans l’Institut des Sœurs de la Miséricorde à Vérone. Le jour de sa profession (1903), elle reçut le nom de Passitea de l’Enfant-Jésus.

Heureuse dans sa voie, elle s’offrit à être une “victime” pour Jésus et chercha la perfection dans chaque situation.

Dès 1907, munie du diplôme, elle commença son activité d’enseignante, qui durera vingt années environ. Son immense activité fut appréciée par le curé de la paroisse, par les autorités locales, par le petit peuple.

En 1908 elle fut chargée d’ouvrir à Miane (Treviso) une nouvelle maison avec école ; elle en fut la supérieure. Durant la guerre, elle s’efforça de soutenir les familles dont les hommes étaient partis au front.

En 1927, avec la permission de l’évêque, elle s’orienta vers une autre spiritualité et entra au monastère des Cisterciennes de Saint-Jacques de Veglia, où elle prit alors le nom de Maria Pia. Elle respecta la règle à la lettre. Elle avait une dévotion marquée pour l’Eucharistie, pour la Passion de Jésus-Christ et en particulier pour la Sainte-Face de notre Sauveur. Mais sentant qu’elle n’était pas faite pour la vie cloîtrée, elle revint à l’école de Miane.

Transférée aux écoles de Carpesica et de San Fior, elle fonda là l’Institut des Sœurs de la Sainte-Face, dont les membres auraient la mission de “propager, réparer et restaurer la douce image de Jésus dans les âmes”.

En très peu de temps, l’Institut fut reconnu : dès 1936, il fut canoniquement érigé comme Congrégation diocésaine, et les dix premières religieuses émirent leurs vœux perpétuels. Mère Maria Pia en fut la Supérieure Générale, et le sera jusqu’à la fin de sa vie.

L’approbation pontificale arriva en 1947. La Congrégation avait pour but un apostolat concentré sur les besoins de la société, en paroisse, à l’école, auprès des malades, en maisons de soins ou à domicile, auprès des futurs prêtres.

Jusqu’à la mort de la Fondatrice, quatorze maisons furent ouvertes en Italie.

Elle était à Rome en 1951 pour y ouvrir une nouvelle maison, lorsqu’une attaque cardiaque la terrassa, le 28 juin 1951.

Elle fut béatifiée en 2005.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 23:00

27 JUIN

 

Notre-Dame du Perpétuel Secours. 

I.

S Crescentius, disciple de s. Paul (cf.2Tim 4:10), évêque en Galatie ou en Gaule (Vienne).

III.

Ste Guddenas, martyre à Carthage.

Ste Pome, vierge à Châlons-en-Champagne, sœur de l’évêque s. Memmie.

IV.

S Zoïlus, martyr à Cordoue.

V.

S Cyrille, évêque à Alexandrie, assez énergique contre les novatiens et les Juifs, et plus encore contre l’erreur de Nestorius ; docteur de l’Eglise.

?

S Anecte, martyr à Césarée de Palestine (ou de Cappadoce).

VI.

S Samson, médecin romain, venu à Constantinople où il guérit l'empereur ; il fut surnommé “Samson l’Hospitalier” ou “Samson Xenodokos” (médecin de l’étranger).

S Jean, prêtre breton venu à Chinon.

XI.

S Arialdo, chef de la ligue patare à Milan contre le clergé simoniaque et concubain, martyrs ; il fut horriblement mutilé. 

XIII.

B Benvenuto de Gubbio, militaire devenu franciscain.

XIX.

B Yi Gyeong-eon Paulus, laïc coréen martyr, mort en prison, béatifié en 2014.

S Tôma Toán, catéchiste tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Marguerite Bays, couturière, tertiaire franciscaine et mystique près de Fribourg en Suisse, béatifiée en 1995, canonisée en 2019.

Bse Louise-Thérèse de Montaignac de Chauvance, consacrée au Sacré-Cœur, fondatrice des Oblates du Sacré-Cœur, pour le ressourcement des femmes voulant témoigner dans leur vie quotidienne, béatifiée en 1990.

XX.

B Ioan Suciu (1899-1953), évêque gréco-catholique roumain, longuement torturé en prison, mort d’épuisement et de faim, reconnu martyr, béatifié en 2019.

 

 

Crescentius

1er siècle

 

Saint Crescentius est nommé par Paul dans la deuxième épître à Timothée, où il dit qu’il est allé en Galatie (2Tm 4:10). C’est tout ce qu’on a reçu d’inspiré et de précis sur Crescentius.

Par ailleurs, on n’est pas sûr que Paul parle de la province asiatique de Galatie (au centre de la Turquie moderne) ou de la Gaule. Certains manuscrits écrivent “Gaule”.

D’après le texte, on pourrait justifier que Crescentius soit allé en Gaule : Paul écrit de Rome, où il est prisonnier. D’après lui, Demas est parti pour Thessalonique, Crescentius pour “la Gaule” et Tite pour la Dalmatie ; en somme, de Rome, il voit ses disciples partir en trois directions différentes, dont Rome serait l’épicentre.

Certains auteurs “sûrs” ont penché pour la Gaule (Eusèbe, Epiphane, Théodoret), tandis que les Constitutions Apostoliques alludent à la Galatie.

Plus tard, au IX. siècle, Crescentius fut présenté comme le premier évêque de Vienne en France, avant d’aller mourir “en Galatie”. 

Pourquoi pas ?

Il ne semble pas qu’il soit particulièrement honoré en Orient, ni même en Occident ; il était mentionné au Martyrologe Romain le 27 juin, avant d’en être retiré récemment.

Il y a d’autres saints Crescentius, dont les notices apparaîtront plus tard.

 

 

Guddenas de Carthage

† 203

 

Guddenas était une vierge de Carthage.

Par quatre fois, elle fut torturée sur le chevalet, puis horriblement lacérée par les ongles de fer, longtemps enfermée dans un cachot infect, et enfin décapitée.

C’était en 203.

Sainte Guddenas de Carthage est commémorée le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Zoilus de Cordoue

† 303

 

Zoilus est un martyr de Cordoue attesté historiquement, mais dont on ne sait rien, sauf la date présumée de son martyre.

On retrouva son corps au 6e siècle.

Certains lui ont adjoint dix-neuf Compagnons qui, cependant, n’ont rien à voir avec lui.

Saint Zoilus de Cordoue est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cyrille d'Alexandrie
376-444

 

Neveu et successeur de Théophile d'Alexandrie en 412, il montra un zèle marqué contre les hérétiques : il ferme les églises des Novatiens, chasse les Juifs de la ville, au point que des émeutes éclatent et que meurt la philosophe Hypatie, lynchée : le saint Patriarche fut pointé du doigt dans la responsabilité de ce meurtre qu'il n'avait certainement pas prévu.

Il combat le paganisme dans Alexandrie.

Au moment du concile d'Ephèse (431), il fait condamner le nestorianisme et défend solennellement le titre marial de Theotokos ou Mère de Dieu, contre Nestorius qui voulait attribuer à Marie le seul titre de Christotokos, Mère du Christ. Ce concile fut houleux, Cyrille fut même emprisonné durant trois mois. Mais les évêques récalcitrants finirent par se ranger du côté de la Vérité.

Cyrille reste sur le siège d'Alexandrie pendant trente-deux années et meurt le 27 juin 444.

Père de l'Eglise, il nous a laissé beaucoup d'écrits : contre les Ariens, Manès, Plotin, Apollinaire, l'empereur Julien ; des Dialogues sur la Trinité, deux Dialogues christologiques, des Catéchèses baptismales, des Commentaire sur les Evangiles, sur les Psaumes ; des Homélies.

Vénéré par les Orientaux le 9 juin, il est toutefois inscrit au Martyrologe et au calendrier romains le 27 juin.

Saint Cyrille d'Alexandrie a été proclamé Docteur de l'Eglise en 1882.

Les quelques extraits suivants sont repris des écrits de Cyrille. On y notera la solennité des expressions, la précision recherchée par le Théologien.


Sur la Trinité. - Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, son Fils, engendré de lui par nature, avant tous les siècles et tous les temps, car il est, comme son Père, sans commencement dans le temps et éternel ; assis sur le même trône et jouissant de la même gloire ; égal à lui en tout, car il est le caractère et le reflet de son hypostase ; nous croyons aussi semblablement au Saint-Esprit, ne le regardant pas lui-même comme étranger à la nature divine, car il procède naturellement du Père, répandu par le Fils sur la créature. Et ainsi nous reconnaissons comme une et substantielle et dans l’identité de gloire, la sainte et adorable Trinité.

Sur l'Incarnation. - Et nous disons que c’est le Logos lui-même, le Fils unique engendré d’une façon ineffable de l’essence de Dieu le Père, l’auteur des siècles, celui par qui et en qui tout existe, la lumière véritable, la nature qui vivifie tout… Qui dans les derniers temps, par la bonne volonté du Père, pour sauver la race humaine tombée dans la malédiction et soumise à cause du péché à la mort et à la corruption, a pris la semence d’Abraham, selon les Ecritures, et a communiqué au sang et à la chair, c’est-à-dire est devenu homme. Ayant pris la chair et l’ayant faite sienne, il a été engendré selon la chair par la sainte et toute pure Marie. Mais bien qu’il fût devenu semblable à nous et qu’il eût économiquement revêtu la forme d’esclave, il demeura dans la divinité et la majesté qu’il avait par nature ; car il n’a pas cessé d’être Dieu en se faisant chair, c’est-à-dire homme semblable à nous. Immuable par nature en tant que Dieu, il est resté ce qu’il a toujours été, ce qu’il est, ce qu’il sera toujours, et en même temps il a été appelé Fils de l’homme.

Sur Marie. - La sainte Vierge est véritablement mère de Dieu, non qu’elle ait donné commencement à la divinité, mais parce qu’elle a engendré le corps auquel le Verbe s’est uni substantiellement. Telle est la doctrine traditionnelle, enseignée par tous les Pères et évêques orthodoxes de l'Orient et de l’Occident. Si le concile de Nicée n’a pas employé cette expression, c’est qu’alors elle n’était pas nécessaire ; dans son symbole, il a proclamé en termes équivalents la maternité divine de Marie. Refuser ce titre de Théotokos à la sainte Vierge, nier sa maternité divine, c’est détruire le mystère de l’incarnation. La Vierge Marie est toute pure et toute sainte ; le Christ est né d’une souche saine. Elle a conçu d’une façon virginale et par miracle sous l’influence du Saint-Esprit ; Joseph ne fut que le père putatif et le gardien de l’Enfant-Dieu. Elle est restée vierge après l’enfantement. Elle n’avait pas besoin de purification ; elle était dispensée de la loi.

 

 

Samson de Constantinople

† 560

 

Samson de Constantinople est un titre inapproprié : Samson était Romain de naissance, issu d’une grande famille. Les Grecs et les Russes transcrivent Sampson.

Il étudia la médecine et soignait les malades sans se faire payer.

A la mort de ses parents, il distribua ses biens aux pauvres, donna leur liberté aux esclaves et se préparait à se retirer au désert.

Inspiré ou guidé par quelque attrait mystérieux, il s’en vint à Constantinople ; il ouvrit sa petite demeure aux pauvres et aux malades ; il y exerça son art et montra tant de charité envers le prochain, que le patriarche le jugea digne du sacerdoce : Samson avait alors un peu plus de trente ans.

L’empereur Justinien, que les médecins avaient été dans l’impossibilité de guérir, appela Samson. Celui-ci, feignant de lui appliquer quelque onguent efficace, le guérit, mais l’empereur comprit que ce pieux médecin l’avait guéri par la puissance du Nom du Christ, et voulut récompenser son bienfaiteur.

Samson accepta de s’occuper des malades d’un hôpital qu’aurait fait construire Justinien. C’est dans cette activité humble et charitable qu’il passa les dernières années de sa vie, avant de s’éteindre vers 530 ou 560.

Des miracles, il y en eut du vivant de Samson, et plus encore après sa mort. Samson fut pour cela surnommé l’Hospitalier ou Xenodokos (soignant les étrangers). L’hôpital fut en service pendant plusieurs siècles.

Bien plus tard, en 1709, le tsar Pierre Ier battit les Suédois à Poltava le 27 juin, en la fête de s.Samson, ce qui motiva la dédicace de la cathédrale de Saint-Petersbourg à saint Samson.

Saint Samson de Constantinople est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jean de Chinon

6e siècle

 

Jean venait, dit-on, de Bretagne, même si certains le font venir de Grande-Bretagne. 

Il était prêtre, ce qui pourrait exclure sa nationalité anglaise, puisque c’est seulement sur la fin du 6e siècle que les premiers missionnaires débarquèrent sur l’île.

Venu à Chinon, Jean s’y construisit une cellule près de l’église et, comme tout solitaire pacifique, planta, cultiva ; il jouit bientôt de l’ombrage de magnifiques lauriers.

On dit traditionnellement que Jean reçut là la reine Radegonde, qui se rendait vers Poitiers pour y fonder un monastère.

Après la mort de Jean, qui reste non datée, le sacristain coupa un des lauriers, qui s’était desséché. Avec le bois, il se fit un petit tabouret, dont il usa pendant deux ans puis, pris de remords d’avoir coupé cet arbre planté par Jean, il enterra son tabouret à l’endroit de la plante : au printemps suivant, le tabouret devint un nouveau pied de laurier garni de feuilles.

Le fait est raconté par s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre).

Saint Jean de Chinon est commémoré le 27 juin dans le Martyrologe Romain.

Arialdo Alciati

1010-1066

 

Arialdo naquit vers 1010, près de Côme (Lombardie, Italie N).

Entré dans le clergé, il étudia à Milan, à Laon et Paris. De retour à Milan, il devint diacre décuman, une distinction propre à cette Eglise, où l’on sait qu’est appliqué le rit ambrosien.

Mais le problème de l’époque était que les prêtres, généralement, n’étaient pas fidèles au célibat sacerdotal que l’Eglise conserve depuis les origines. En outre, il se faisait un trafic caché de choses saintes, objets et dignités. La population s’en mêla.

Et comme cela arrive dans chaque manifestation populaire, les choses ont mal évolué. On en vint à la force. Même Arialdo se laissa entraîner dans les violences.

Les tenants de ce mouvement d’indignation furent bientôt appelés par dédain patares, c’est-à-dire «chiffons».

Arialdo prêcha à Varese avec virulence contre le nicolaïsme et la simonie. Un jour, il en vint à intervenir manu militari pendant la célébration d’une Messe, arrachant la chasuble au prêtre indigne qui célébrait et le chassant.

L’archevêque simoniaque de Milan ne pouvait supporter les accusations du diacre Arialdo. Il convoqua un concile près de Novare, où Arialdo refusa de comparaître. Ce fut une erreur : excommunié, il fit appel à Rome, qui suspendit l’excommunication, mais somma l’archevêque de faire pénitence pour sa conduite. Le climat devenait insupportable.

L’archevêque revint à son attitude antérieure, il fut excommunié ; à son tour, il jeta l’interdit sur Milan, tant qu’Arialdo y serait présent. Arialdo s’éloigna, mais on le poursuivit.

Deux clercs le rejoignirent près du lac de Côme. Ces clercs n’eurent pas honte de s’en prendre au diacre de façon indigne : Arialdo fut castré ; on lui creva les yeux, on lui coupa les oreilles, le nez, les lèvres, la main droite et la langue; son corps fut jeté dans le lac.

Arialdo mourut le 27 juin 1066. Son martyre lava ses erreurs.

Un des chefs de l’insurrection patare, Erlembaldo, fut aussi assassiné quelques années plus tard, mais son action ayant dépassé les buts et les limites qu’il aurait dû respecter, il n’est plus considéré comme martyr.

Dix mois plus tard, on retrouva le corps d’Arialdo intact dans le lac. Bien sûr, l’assassinat fut imputé à l’archevêque, qui dut démissionner. Milan brûla. Un nouvel archevêque, soutenu par Rome, fut combattu par l’empereur. Le mouvement patare s’éteignit peu à peu, mais le témoignage de ses chefs fit peu à peu aboutir à une réforme tellement nécessaire.

Le Martyrologe mentionne saint Arialdo le 27 juin, quoiqu’aucune canonisation officielle n’ait eu lieu. C’est la Vox populi qui s’en chargea.

 

 

Benvenuto de Gubbio

1190-1232

 

Benvenuto (Bienvenu) était de Gubbio ; on en situe la date de naissance vers 1190.

Le premier fait important qu’on connaisse de lui, est qu’il se présenta avec sa tenue militaire à saint François lui-même, demandant son admission dans le nouvel Ordre religieux, en 1222.

Benvenuto fut l’exemple vivant de toutes les vertus religieuses. Il n’était satisfait que du vêtement le plus misérable ; il ne mangeait que le strict nécessaire. 

Il fut envoyé par saint François pour soigner des lépreux : jamais on ne vit infirmier plus empressé, plus souriant. Il aimait le silence et la retraite, mais se montrait plein de charité pour tout le monde. 

Il priait longuement la nuit, pour la conversion des pécheurs.

Dans l’Hostie consacrée, il voyait Jésus Enfant.

Il montra une patience infinie durant ses longues et pénibles maladies.

Il s’endormit en paix un 27 juin, à Corneto (Pouilles), mais comme pour sa naissance, on n’est pas sûr de l’année de sa mort, vers 1232.

Ce Religieux effacé fut favorisé de prodiges et de grâces divines si innombrables, que le pape Grégoire IX chargea lui-même trois évêques de faire avancer la cause de canonisation ; mais les papiers se perdirent dans les archives curiales : l’humilité totale de Benvenuto avait besoin de cet oubli humain.

Vers 1268, la ville de Corneto ayant été détruite, les reliques du bienheureux Benvenuto furent transférées à Deliceto (Foggia). Le culte populaire fut approuvé en 1697.

 

 

Yi Gyeong-eon Paulus

1792-1827

 

Yi Gyeong-eon Paulus est un laïc coréen né en 1792 à Seoul (Corée S).

Il mourut en prison à Jeonju (Jeolla-do) le 27 juin 1827 et fut béatifié en 2014.

 

 

Tôma Toán

1764-1840

 

Tôma était né vers 1764 à Cần Phán (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Baptisé, il devint tertiaire dominicain.

Il mourut en prison le 27 juin 1840, après avoir faibli à deux reprises, puis s’être repenti.

Il fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

La fête commune des Saints du Vietnam est au 24 novembre.

 

 

Marguerite Bays

1815-1879

 

La Pierraz est un petit hameau de Siviriez près de Fribourg en Suisse. C’est là qu’est née Marguerite Bays le 8 septembre 1815 ; c’était un vendredi, fête de la Nativité de Marie.

Marguerite était la seconde fille d’une famille d’agriculteurs. Humble paysanne, elle a passé son temps à filer le chanvre et à coudre. Elle resta laïque et célibataire, “servant Dieu en premier”, dans une vie tout ordinaire. Personne ne soupçonnait la profonde vie mystique de cette personne si effacée.

Elle fut tertiaire franciscaine, elle fit partie des Enfants de Saint-Paul ; elle était fervente de Marie Immaculée : c’est le 8 décembre 1854 qu’elle guérit d’un cancer des intestins.

Elle reçoit les stigmates de la Passion du Christ dès 1860. Elle est favorisée de visions et de révélations.

Soit dans l’église paroissiale, soit dans le secret de sa chambre, elle adore Jésus Eucharistie ; elle prie pour tous les siens, pour tous les hommes de monde entier. Partout on l’aime et on recourt à elle, car sa présence pacifie, réconforte. On lui confie des soucis, on l’appelle au chevet des malades et des mourants, elle réconforte les pauvres, elle enseigne l’Amour de Dieu aux enfants, à qui elle enseigne l’évangile par la contemplation de la crèche de Noël.

Elle s’éteint aussi humblement qu’elle avait vécu, le 27 juin 1879, un vendredi comme pour sa naissance.

Marguerite Bays a été proclamée Bienheureuse en 1995 et sera canonisée en 2019.

 

 

Louise-Félicité de Montaignac de Chauvance

1820-1885

 

Née au Havre le 14 mai 1820, était d’une vieille famille noble. Son père, Raymond Aimé est un employé des finances ; sa mère, Anne, est de la famille de la Raffinie d’Hauterive. Dès le lendemain la petite fille reçoit au baptême les noms de Louise-Félicité. 

Louise était la cinquième des six enfants de la fratrie. 

En 1827, devant la crêche de Noël, elle fut saisie par le mystère de Dieu Enfant.

On l’envoya étudier à Chateauroux, puis à Paris, puis chez sa propre tante maternelle, dont elle recevra une telle dévotion pour le Sacré-Cœur de Jésus. Elle était douée pour la musique et la peinture.

Elle lut avec enthousiasme sainte Thérèse d’Avila (dont elle prit ensuite le nom). 

En 1833 elle reçut la Première communion, qui la marquera profondément.

En 1837, elle fit le vœur de chasteté.

En 1843, elle fit au Cœur de Jésus l’offrande d’elle-même. Pensant entrer au Carmel, elle écouta le conseil de son confesseur et commença plutôt à réunir des femmes chrétiennes qui, dans leur milieu de vie, seraient des témoins de l’amour de Dieu au cœur du monde.

Après la révolution de février 1848 elle se fixa à Montluçon.

Ainsi naquirent à Montluçon, puis dans le diocèse, en France et à l’étranger, des communautés religieuses d’Oblates du Cœur de Jésus, avec de nombreuses œuvres caritatives et d’orphelinats.

A partir de 1853, Louise-Thérèse souffrit d’une maladie osseuse qui limita progressivement tous ses déplacements, jusqu’à l’immobilité totale.

En 1875, elle fut secrétaire générale de l’Apostolat de la Prière, fondé peu avant par un Jésuite qu’elle rencontra, le père François-Xavier Gautrelet.

En 1878 s’ouvrit à Paray-le-Monial la première Maison proprement-dite des Oblates.

En 1881 est reconnue par Rome la mission particulière de cette famille religieuse.

En 1882 elle fonda la Petite Ecole de l’Enfant Jésus, qui voulait être une sorte de pré-séminaire pour les jeunes séminaristes.

Elle mourut le 27 juin 1885.

Elle a été béatifiée en 1990.

 

 

Ioan Suciu

1899-1953

 

Ioan Suciu naquit le 4 décembre 1907 à Blaj (Roumanie), de Vasile et Maria.

Il fréquenta la faculté de Blaj puis, en 1925, vint à Rome, d’abord à l’institut Saint-Athanase, puis à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum) où il obtint le doctorat de Théologie.

Ordonné prêtre en 1931 et sacré évêque en 1940, il fut évêque auxiliaire d’Oradea-Mare, puis administrateur apostolique de Blaj.

Son  intense activité pastorale (et sportive) auprès des jeunes et particulièrement des Roms de la périphérie de Blaj, lui valut d’être appelé l’apôtre des jeunes.

Quand le régime communiste s’installa dans le pays, Ioan Suciu et tous les évêques catholiques furent invités à se rallier à l’église orthodoxe de Roumanie : c’était leur demander de rompre avec Rome et le pape. Sept évêques refusèrent et furent pour ce motif mis en prison et soumis à d’infâmes traitements.

Mgr Suciu se déclara ouvertement opposé au gouvernement communiste et fut emprisonné en 1948 : on lui imposa des interrogatoires interminables pendant dix-sept mois.

Relégué dans la prison de Sighetu Marmației, il y mourut de faim le 27 juin 1953.

Comble du  mépris : il fut enterré dans le cimetière des pauvres et l’on n’a jamais pu retrouver sa tombe.

Ioan Suciu est un des sept évêques roumains reconnus martyrs et béatifiés en juin 2019, par le pape François lui-même, lors de son voyage apostolique en Roumanie.

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 23:00

26 JUIN

IV.

Ss Jean et Paul, deux frères martyrs à Rome, nommés au Canon Romain.

V.

S Vigilius, évêque à Trento, dont il est patron, martyrisé lors d’une de ses tournées.

S Adeodatus, évêque à Nole pendant plus de trente ans.

VI.

S Maixent, abbé dans le Poitou ; il arrêta d’un miracle l’avance des Wisigoths ariens; son monastère deviendra Saint-Maixent, et école militaire en 1874.

S David le Dendrite, venu de Mésopotamie, ermite à Thessalonique.

S Désert, prêtre reclus à Châlon-sur-Saône.

?

Ste Pécinne (Persévérande), vierge espagnole, vénérée à Sainte-Pézenne, et aussi à Sainte-Pexine et Sainte-Pazanne.

VII.

S Babolein, premier abbé à Saint-Pierre (auj. Saint-Maur) -des-Fossés.

S Papolen, abbé à Stavelot et Malmédy.

VIII.

Ss Saulve et Supéry, évêque présumé d'Angoulême et son disciple, assassinés près de Valenciennes.

IX.

S Jean, évêque en Gothie, grand défenseur des icônes.

S Vambert, prêtre massacré par les Normands à Saint-Pierre-sur-Dives (X.?).

X.

S Pelayo, adolescent de treize ans martyr à Cordoue par estrapade ; les bourreaux l’achevèrent en le découpant au couteau.

XI.

S Rodolfo, évêque à Gubbio, ennemi déclaré de la simonie et généreux pour les pauvres.

XII.

S Anthelme, prieur de la Grande Chartreuse, premier général de l'Ordre, évêque à Belley.

XVIII.

B Raymond Petiniaud de Jourgnac, vicaire général à Limoges, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bses Marie-Madeleine Fontaine, Marie-Françoise Lanel, Thérèse-Madeleine Fantou, Jeanne Gérard, des Filles de la Charité, guillotinées à Cambrai.

XIX.

S Ruose Ma Taishun, médecin chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

S José Mara Robles Hurtado (1888-1927), prêtre mexicain dévôt du Sacré-Cœur, fondateur des Sœurs du Cœur de Jésus-Sacrement pour les malades, martyrisé pendu à un arbre ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

B Giacinto Longhin (Andrea de Campodarsego, 1863-1936), capucin, évêque à Trévise, très actif pour les réfugiés, les prisonniers et tous les ouvriers, béatifié en 2002.

Bx Andrii Ischak (*1887), Mykola Konrad (*1876), prêtres, et Volodymyr Ivanovych Pryima (*1906), maître de chant, ukrainiens martyrs en 1941, béatifiés en 2001.

B Khalīl al-Haddād (Ya’qūb de Ghazīr, 1875-1954), prêtre libanais franciscain, extrêmement actif et charitable, fondateur des Sœurs Franciscaines de la Croix du Liban, béatifié en 2008.

S Josemaría Escrivá de Balaguer Albás (1902-1975), prêtre espagnol, fondateur de l’Opus Dei, béatifié en 1992, canonisé en 2002.

Ioannes et Paulus

4e siècle

 

D’après une Passio pourtant assez ancienne, mais qui contient des éléments hasardeux, on pourrait situer ces deux Martyrs romains au 4e siècle.

Ils seraient deux eunuques de Constantin, qui ensuite auraient converti leur général Gallicanus. Sommé de sacrifier aux idoles par Julien l’Apostat, Gallicanus se serait enfui en Egypte, où la main du persécuteur l’aurait rejoint et abattu. Convoqués à leur tour par l’empereur, les deux «frères» Joannes et Paulus refusèrent d’obtempérer et furent décapités. Peu après, Julien l’Apostat fut tué dans sa campagne contre les Perses.

Les arguments des spécialistes sont que Julien n’a jamais résidé à Rome ; qu’aucun document d’époque ne fait allusion à ces Martyrs (le pape Damase l’aurait certainement fait) ; et surtout que cette histoire semble reprendre mot pour mot (sauf les noms) une autre Passio, des saints Iuventinus et Maximinus, martyrs à Antioche de Syrie (voir au 29 janvier).

Des éléments précédents, certains ont supposé que les deux Martyrs Ioannes et Paulus moururent au Moyen-Orient et que leurs corps furent rapportés à Rome.

Des recherches archéologiques importantes, exécutées au 19e siècle, mirent à jour à Rome, sous l’actuelle basilique des Saints-Jean-et-Paul, une enfilade de pièces voûtées, des salles de bains luxueuses, des caves ; dans certaines pièces, on retrouva des fresques chrétiennes remontant au 5e siècle, après l’invasion des Vandales.

Ces découvertes confirmaient en partie deux noms cités dans la Passio, ceux de Vizans et Pammachius, le premier étant un riche chrétien qui transforma sa maison en un lieu de réunion pour les Chrétiens, et probable père du second, un sénateur chrétien, chargé par l’empereur Jovien d’élever une basilique sur le tombeau des saints Ioannes et Paulus, qui auraient donc effectivement été ensevelis (martyrisés ?) à cet endroit.

Cette sépulture à l’intérieur des murs de Rome devait rester clandestine, car la loi romaine interdisait toute sépulture intra muros. Une préface ancienne faisait allusion à cette anomalie, remerciant Dieu de permettre qu’on puisse vénérer les Martyrs à cet endroit-là.

Certains allèrent jusqu’à dire que l’on inventa toute la Passio après avoir découvert les corps des deux Martyrs, morts peut-être déjà sous Dioclétien, au siècle précédent.

La basilique eut d’abord le titre de Vizans, puis celui de Pammachius, enfin des saints Ioannes et Paulus.

En conclusion, on peut affirmer qu’on ne sait rien de certain sur eux, sauf qu’ils sont mentionnés dans la prière du Communicantes du Canon Romain de la Messe, et dans le Martyrologe Romain au 26 juin.

 

 

Vigilius de Trento

355-405

 

Vigilius naquit peut-être à Rome vers 355, de parents dont on ne connaît que le nom de la mère, Massentia ; il eut deux frères, Claudianus et Magorianus (v. 6 mars ?).

De Trento où s’établirent ses parents, il partit étudier à Athènes puis à Rome. En Grèce, il se lia d’amitié avec s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre).

De retour dans sa famille, il se fit remarquer par sa science et surtout son humilité : on le nomma évêque vers 385 ; c’était le troisième évêque de Trento. C’est l’évêque d’Aquileia qui le nomma, et l’évêque de Milan, s.Ambroise (v. 7 décembre) confirma ce choix.

L’apostolat de Vigilius devait consister en l’évangélisation de plusieurs zones de son vaste diocèse, encore païennes. Il fit construire beaucoup d’églises. Il fit venir des missionnaires pour amplifier son action, dont trois reçurent la couronne du martyre en 397 : Sisinnius, Martyrius et Alexander (v. 29 mai).

Vigilius lui-même ne craignait pas d’exposer sa vie pour gagner les âmes au Christ. Non loin du Lac de Garde, où coule la Sarca, il s’empara d’une statue de Saturne, la jeta dans la rivière et, se mettant à sa place, se mit à annoncer l’Evangile aux païens. Ceux-ci l’attaquèrent à coups de bâtons et de sabots de bois et l’évêque tomba martyr, après vingt années d’épiscopat, en 405.

S.Vigilius devint le patron céleste du Trentin-Haut-Adige, des mines et des mineurs et du diocèse de Trento.

La liste épiscopale de Trento comprend deux Bienheureux et un seul Saint : s.Vigilius.

Saint Vigilius de Trento est commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adeodatus de Nole

† 473

 

Adeodatus était archiprêtre de Nole.

Il aurait succédé à s.Paulinus (v. 22 juin), comme dix-septième évêque de Nole, et pendant plus de trente ans.

Selon une étude parue un an après la dernière édition du Martyrologe Romain, on aurait revu la liste épiscopale de Nole et corrigé la lecture de l’épitaphe d’Adeodatus, donné comme indignus archipresbyter (indigne archiprêtre). Le successeur de s.Paulinus aurait été un second Paulinus. Que dire maintenant ?

Saint Adeodatus de Nole reste commémoré le 26 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maixent de Poitiers

448-515