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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:00

Andrés Gómez Sáez

1894-1937

 

Andrés naquit à Bicorp (Valenzia, Espagne) le 7 mai 1894, et fut baptisé le jour suivant.

Entré chez les Salésiens, il fit les vœux en 1914 à Alto (Madrid) et reçut l’ordination sacerdotale à Orense en 1925.

Au moment de la persécution, il se réfugia dans une pension proche de la cathédrale de Santander. Le 31 décembre 1936, il se retrouva avec un autre confrère avec lequel ils devaient, le lendemain, se rendre dans une famille pour des leçons de français. On ne sut plus rien d’Andrés, sinon qu’il fut arrêté par deux miliciens.

On supposa qu’il eut le sort commun à beaucoup d’autres religieux de Santander, qui furent précipités en mer du haut de la falaise. Certains furent auparavant torturés, d’autres eurent les mains liées derrière le dos et jetés vivants en mer : on en retrouva les corps quelques jours plus tard sur les plages françaises.

 

Martyrisé le 1er janvier 1937, Andrés a été béatifié en 2007.


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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:00

Alojzij Grozde

1923-1943

 

Lojze (ou Alojzij, Louis) naquit le 27 mai 1923 à Gorenje Vodale (Mokronog, Slovénie), d’une relation entre Mary Dolenjskem et Francis Udovču. La mère de ce fils illégitime se maria ensuite avec François Kovač, lorsque l’enfant avait quatre ans, mais le beau-père le chassait chaque fois qu’il venait voir sa mère. Plus tard, comme Lojze était un bon élève, il put rester à la maison, où sa tante prit soin de lui.

Elle l’envoya à Ljubljana, où elle travaillait et où on l’aida pour son neveu. Lojze fréquenta l’école Marijanišče et le lycée de Ljubljana. C’était un élève bien au-dessus de la moyenne, qui trouva en plus le temps d’écrire des poésies et quelques œuvres littéraires.

Il fit partie de l’Action catholique et de la Congrégation mariale. Quand survint la seconde Guerre mondiale, il était en train de songer à sa vocation, dans une prière intense et au milieu d’occupations apostoliques envers le prochain.

L’été 1942, il ne revint pas à la maison, à cause de la difficulté qu’il y avait à voyager ; à l’occasion du nouvel an 1943, il demanda une permission pour visiter les siens. Il se rendit d’abord chez un ami à Struge puis, le 1er janvier, qui était le premier vendredi du mois, il assista à la messe au monastère de Stična, où il communia ; ce devait être son viatique.

Puis il prit le train jusqu’à Trebnje, où les rails avaient été démontés. Il continua à pied vers Mima, et trouva en route une charrette. En arrivant à Mima, des partisans Slovènes le bousculèrent, l’arrêtèrent et l’interrogèrent. Il lui trouvèrent un missel latin, l’Imitation de Jésus-Christ et une brochure sur Notre-Dame de Fatima. Ils le tirèrent dans une auberge proche, l’interrogèrent encore, le torturèrent et le tuèrent.

Trois heures plus tôt, un séminariste qui venait voir ses parents, fut aussi abattu (Janez Hočevar). Lojze fut suspecté d’être un informateur, à cause des livres «suspects» qu’il transportait. Les communistes croyaient voir en lui le type de personnes qu’ils suspectaient et persécutaient.

Un chef des partisans affirma que Lojze n’avait pas été torturé et que ce qu’on voyait sur son corps était le fait des bêtes de la forêt, Lojze ayant été enterré peu profondément dans le sol. Mais ceux qui ont retrouvé et examiné son corps ont remarqué qu’on lui avait arraché la peau de la plante des pieds, qu’on lui avait coupé les oreilles, percé la joue droite, crevé les yeux, qu’on lui avait coupé la langue et les doigts ; la tête portait une large et profonde plaie ouverte. En février 1943, on révéla partiellement ce qui était arrivé à Lojze, effectivement torturé pendant deux heures. Des écoliers venus cueillir des perce-neiges, retrouvèrent son cadavre : à part les traces des tortures, le corps était intact.

 

Lojze fut béatifié en 2010, durant le premier congrès eucharistique slovène à Celje.

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 09:36

Sainte Famille - A

 

La famille est d’institution divine. Dès le début de la Sainte Ecriture, nous lisons en effet dans la Genèse : 

C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair (Gn 2:24).

Toute l’origine et la destinée de la famille sont contenus dans ce petit verset. L’homme doit épouser une femme, et de ce coupe indivisible va naître une nouvelle vie, l’enfant.

Il n’y a pas d’autre doctrine. S’éloigner de cet idéal, c’est ne pas répondre au dessein divin de notre Créateur.

 

*       *       *

Ce que nous entendons dans la première lecture, extraite du Livre de Ben Sirach le Sage, l’Ecclésiastique dans la Bible latine ou Vulgate, est au troisième chapitre. Les deux premiers ont été un long éloge de la Sagesse et un enseignement sur la Crainte de Dieu.

Il en est de même dans les Commandements de Dieu : après les trois commandements concernant Dieu, le quatrième concerne les parents.

Après Dieu, viennent les parents. C’est Dieu qui nous les a donnés, c’est d’eux que nous recevons la vie que Dieu nous donne. Quelle reconnaissance, quel respect leur devons-nous !

Le texte sacré nous montre l’idéal du père, de la mère et des enfants. Du père, de la mère, coulent une abondance de force et de bonté qui se répandent sur les enfants, lesquels à leur tour reversent le bien dans le cœur de leurs parents.

Certes, les hommes sont tous imparfaits, parents et enfants, et souvent l’harmonie est blessée ; il est du devoir de chacun de remettre l’harmonie, comme un musicien qui accorde son instrument.

Il ne faut pas accorder l’instrument de l’autre : il faut accorder son propre instrument.

Dieu attend de chacun de nous, et bénit, cet effort de retour à l’harmonie. Aussi l’Ecriture dit : Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes.

Au terme de notre vie, après toutes les années où nous aurons cherché à conserver cette harmonie, Dieu nous récompensera dans l’éternité ; c’est ainsi qu’il faudrait comprendre ce verset : Celui qui glorifie son père verra de longs jours, ces «longs jours» n’étant pas forcément une bénédiction dans cette vie, où nous souffrons de maladies et de la dégénérescence de notre nature.

Notre vie est plus ou moins longue ; certains sont frappés par la mort très tôt, d’autres beaucoup plus tard, selon un dessein caché et insondable de Dieu. Acceptons cette divine volonté, sur la terre comme au ciel. 

Quelle que soit notre vie, entourons toujours nos parents, jusqu’à la fin. L’Ecriture nous demande de ne pas les mépriser. Ils ont besoin de notre affection, de notre présence, de notre parole. 

 

*       *       *

 

La famille est particulièrement unie à deux moments : à table, et dans la prière. Cette table est exprimée dans le psaume 127, qui reprend le thème de la crainte du Seigneur ; et Dieu, en retour, accorde sa bénédiction sur le foyer.

Les enfants y sont très judicieusement comparés à des plants d’olivier. Et pourquoi pas, par exemple, à de belles fleurs ?

L’olivier est une plante qui peut vivre des siècles, mais contrairement à de beaux arbres majestueux, l’olivier présente des branches noueuses, irrégulières, évoquant presque une douleur. L’olive en revanche produit cette huile riche, nourrissante, dont on fait des baumes onctueux, odorants, bénéfiques, comme le Chrême dont on oint le baptisé, le prêtre, le roi.

Les enfants auront leurs défauts, leurs luttes intérieures, leurs chutes aussi, mais s’ils s’appuient sur l’amour envers Dieu et leurs parents, ils seront fidèles : leur fidélité compensera, dépassera les moments difficiles ; ce sera la bonne odeur qu’ils répandront.

 

*       *       *

L’apôtre Paul, à son tour, adresse aux Colossiens des conseils pleins d’amour et de sagesse, pour que soit maintenue l’harmonie familiale. 

Ici, outre le pardon et l’harmonie, l’apôtre évoque les psaumes, les hymnes, les libres louanges, en un mot l’union de toute la famille dans la prière.

Comme il est beau de voir tous les membres d’une famille en prière, le soir, avant d’aller se coucher, dire ensemble une prière d’action de grâce à notre Père céleste, une invocation à Marie, à Joseph, à l’Ange gardien, à nos Saints protecteurs.

Il faut admirer l’union des cœurs dans les monastères, où des moines, des moniales, chantent ensemble la louange de Dieu. 

Il conviendra de dire un mot ici sur la «soumission» des femmes. Qu’il ne s’agisse pas d’une soumission servile ! mais surtout, lisons le verset dans son intégralité : Soyez soumises dans le Seigneur, ce qui est autre chose que de dire simplement : Soyez soumises. 

Etre soumise dans le Seigneur est une attitude à la fois respectueuse et amoureuse, qui n’interdit jamais, le cas échéant, une suggestion, un échange de pensées, un dialogue, pour tempérer ce que l’avis du père de famille pourra avoir d’exagéré ou d’erroné.

Et faisons très attention à cet ultime conseil paulinien, d’une richesse psychologique très profonde : N’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager. 

Les enfants sont comme des fleurs fragiles, qu’on traite avec douceur, que l’on cueille avec délicatesse. Attention à ne pas les écraser, elles se faneraient trop vite ! Laissons le temps à ces olives de produire l’huile si odoriférante et onctueuse qui nous réconfortera en temps voulu !

 

*       *       *

Dans l’évangile enfin, nous assistons à un événement grave qui touche la Sainte Famille ; Joseph et Marie restent unis pour mettre en sûreté l’Enfant. 

On ne va pas ici commenter l’épisode même du massacre des Saints Innocents, qui d’ailleurs n’est pas repris aujourd’hui (on pourra trouver une notice là-dessus, au 28 décembre). Ce qui importe aujourd’hui est d’admirer, dans l’épreuve, l’union forte et fidèle de Joseph et de Marie. Dans l’épreuve, on ne s’écarte pas, on se rapproche, on se «sert les coudes».

Notons aussi comment l’évangéliste Matthieu relève l’accomplissement des prophéties, celle d’Osée : D’Egypte, j’ai appelé mon fils (Os 11:1), et l’allusion au nazir de Dieu : Il sera appelé nazaréen (cf. Jg 13:5,7). Cette dernière phrase ne se trouve pas textuellement dans les prophéties, elle a pu faire partie d’une tradition orale, que Matthieu a reçue à la synagogue.

 

*       *       *

 

La Prière résume tout cet enseignement d’unité et d’amour. Si les événements de la vie, si les épreuves et la mort nous séparent, la fidélité sera récompensée dans la Vie éternelle, où nous serons à nouveau réunis, avec les Anges et les Saints, autour de la Sainte Trinité. 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 00:00

Noël : Messe de la  Nuit

 

 

Un de nos cantiques traditionnels de Noël dit : Depuis plus de quatre mille ans nous Le promettaient les prophètes. Voici que le prophète Isaïe, huit siècles avant la naissance du Sauveur, entrevoit cet heureux événement et s'en réjouit comme s'il y assistait. Huit siècles ! Imaginons que notre roi Louis IX nous ait annoncé la canonisation du pape Jean-Paul II…

Il faut comprendre dans un sens spirituel et théologique ces termes qui décrivent les hommes : les ténèbres, le pays de l'ombre, expriment l'héritage du péché ; la grande lumière est celle qui vient d'En-haut, celle dont parle l'évangéliste Jean à propos du Verbe éternel : C'était la vraie lumière qui illumine tout homme (Jn 1:9). De même le joug, le bâton, le fouet, font allusion à la situation des Israélites en Egypte, l'Egypte étant elle-même restée ensuite le symbole de l'esclavage du péché.

Quand ensuite Isaïe parle de la victoire de Madiane, il fait allusion à cette fameuse victoire du Juge Gédéon avec ses trois-cents hommes qui, de nuit, sans rien faire d'autre que de crier Pour Dieu et pour Gédéon et en heurtant entre elles les lanternes qu'ils portaient, ont engendré une telle panique dans le camp adverse, que les ennemis en se réveillant brusquement se sont entretués eux-mêmes (Jg 7).

Certes Dieu n'agit pas toujours ainsi ; pour Gédéon, Dieu voulait faire comprendre que ce n'était pas le grand nombre de combattants qui allaient garantir la victoire, mais la confiance en Dieu. De fait, sur les vingt-mille hommes dont disposait Gédéon au départ, seuls trois-cents restèrent avec lui. Les ennemis d'Israël, guerriers orgueilleux, ont été exterminés en un instant.

La victoire, désormais, est dans les mains de ce petit Bébé qui vient de naître ; il n'a ni épée, ni arc, ni bouclier, ni richesse, ni force physique : il est dans une étable, sur la paille, près des bêtes, et c'est Lui le Sauveur. Personne ne le connaît, mais il porte déjà l'insigne du pouvoir sur son épaule, et des titres de noblesse inégalables : Merveilleux Conseiller, Dieu Fort, Père à jamais, Prince de la Paix.

Quand Isaïe écrit, il ne connaît encore ni Marie, ni Jésus, mais il apprend dans l’inspiration qui lui vient de Dieu d'une part que Marie est vierge (on va en reparler à propos de l'évangile), et qu’elle aura un Fils. C'est Dieu qui inspire à Isaïe de donner à cet Enfant ces noms extraordinaires : Jésus est en effet Un avec Dieu Père, dont Il est le Fils unique, éternellement engendré ; avec Dieu et comme Dieu, Christ est Fort, Père à jamais et Prince de la Paix.

La Paix que Jésus nous apporte n'est pas une paix sociale ou politique. Nous ne le savons que trop, hélas ! la guerre est chaque jour d'actualité, et même là où Jésus est né... Mais Jésus-Christ nous apporte une autre paix, la paix dans notre cœur, la paix harmonieuse entre Dieu et nous, la réconciliation entre Dieu et la Créature.

Toute créature fut blessée par le péché initial ; cette blessure ontologique ne pourra être guérie que par un sacrifice d’amour parfait : ce sera par le sang de sa croix que Jésus Christ apportera la paix, autant à ceux qui sont sur terre qu'à ceux qui sont (déjà) au ciel (Col 1:20).

 

*         *        *

Le psaume 95 chante cette joie immense de la Créature qui se sent consolée, renouvelée, une joie tellement universelle qu’elle se communique même aux arbres des forêts ! 

 

*         *        *

Saint Paul rappelle à son disciple Tite quelle grâce immense Dieu nous a ainsi donnée par la naissance du Christ. Cette grâce concerne tous les hommes, et nous appelle à rejeter le péché, à vivre en hommes raisonnables, justes et religieux. 

Il dit bien nous, car il ne s'adresse pas qu'à Tite : il pense à lui-même, à tous ceux qu'il a convertis, à toute l'Eglise, à nous tous, car chacun de nous doit se sentir concerné par cet appel à combattre le péché.

 

*         *        *

L'évangéliste Luc, le plus historien des quatre évangélistes, donne des précisions historiques sur la date de la naissance de Jésus, mais les spécialistes n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la date précise de cette naissance, sans doute parce que nous ne connaissons pas forcément tous les détails de la vie politique d'il y a deux mille ans, et qu'il y a bien probablement des faits que l'on croit établis avec certitude et qui devraient au contraire être repensés. Mais ceci n'a désormais plus d'importance. Maintenant que toute l’histoire tourne désormais autour de la naissance du Christ, avant et après, il serait inutile de revoir et corriger tous les livrres du monde. Ce qui compte aujourd’hui est de recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus et de la mettre en pratique. 

 

Luc signale que Marie mit au monde son fils premier-né, une expression qui a fait couler beaucoup d'encre, car certains ont voulu y voir une allusion à d'autres éventuels enfants qu'aurait eus Marie après Jésus. Ce n'est certainement pas la pensée de saint Luc.

Après avoir fait le récit de l'Annonciation, Luc rappelle par ce premier-né, d'une part que Jésus est effectivement né d'une Femme vierge, comme l'avait annoncé Isaïe (Is 7:14), mais surtout l'évangéliste affirme cette vérité fondamentale et théologique que Jésus est le Premier-né d'une nouvelle génération :  chacun de nous, par les sacrements de l'Eglise, reçoit de l'Eglise comme d'une Mère, cette nouvelle Vie divine que Jésus nous a apportée. Comme Marie a donné le jour à Jésus, ainsi l'Eglise, nouvelle Mère, engendre en nous la vie de l’âme.

Un texte du Concile Vatican II contient un très beau passage, où l’Eglise est comparée à Marie : 

En contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l’Eglise devient à son tour une Mère, grâce à la parole de Dieu qu’elle reçoit dans la foi : par la prédication en effet, et par le baptême elle engendre, à une vie nouvelle et immortelle, des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu’elle garde intègre et pure ; imitant la Mère de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint-Esprit, dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère (Lumen Gentium, 8,64).

 Jésus ne pouvait pas naître sans Marie, et sur la croix, il nous a à son tour donné Marie comme Mère : Voici ta Mère, dit-il à Jean (Jn 19:26-27). Tout ce que nous recevons de Jésus, nous vient en même temps par Marie, Mère de l'Eglise et Mère de chacun d'entre nous. 

Il faut encore préciser ceci : après la naissance de Jésus, Marie est restée vierge, selon une tradition toujours répétée depuis les premiers siècles. D'ailleurs, si Jésus avait eu quelques frères et sœurs, Jésus n'aurait pas dit à sa Mère et à Jean, sur la Croix : Voici ton Fils, voici ta Mère. En outre, de même que la Tradition a eu le souci de répéter inlassablement que Marie était la « Toujours Vierge », de même elle aurait répété fidèlement et respectueusement – si ç'eût été le cas – que cette Mère aurait eu d'autres enfants, et elle nous aurait sans doute aussi conservé leurs noms. Rien de tout cela. Marie fut vierge avant la conception de Jésus, et après. Nous le répétons encore aujourd'hui, peut-être un peu machinalement, mais c'est l'expression de notre liturgie, dans le Je confesse à Dieu, dans le Canon romain, dans le Je crois en Dieu ; dans tous les textes, les prières et les textes conciliaires ou pontificaux, partout où il est question de Marie, on répète constamment qu'il s'agit de la Vierge Marie.

Cette Mère admirable, dit Luc, emmaillota Jésus, pour bien préciser que Jésus était né comme un homme, d'une Mère, qu’il avait besoin d’être soigné comme un enfant humain, et n'était pas seulement "apparu" sous forme humaine. Ceci a son importance, car on a parfois prétendu que Jésus était seulement un ange.

L'histoire de l'apparition des anges aux bergers, elle, fait aussi partie de la Révélation. L’évangile la relate fidèlement. On a voulu la qualifier de "légendaire", car les bergers ne dorment pas à la belle étoile un 25 décembre, même au Moyen-Orient où il fait un temps plus doux que dans nos régions occidentales. 

Or il sera bon de préciser ici que la date de Noël a été établie par l'Eglise de façon non pas historique, mais théologique : Noël se situe au moment où les jours commencent de s'allonger, où la lumière gagne en durée sur la nuit. D'ailleurs, cette fête ne fut instituée que relativement tard et fut plusieurs fois déplacée. Encore actuellement, nos frères d'Orient célèbrent la Nativité le 6 janvier au lieu du 25 décembre. 

Relevons enfin le chant des Anges à Bethléem, qui a été repris dans le chant du Gloria à la Messe des dimanches et jours de fête. On ne le chante pas les dimanches qui précèdent la fête de Noël, pour le reprendre avec joie au moment où les Anges l'ont chanté la première fois, dans la nuit de Noël.

 

*         *        *

Et puisque nous sommes dans la liturgie, parlons aussi ici de deux autres détails qui, probablement, passent  souvent inaperçus. L’un est le rite de la goutte d’eau à l’Offertoire, l’autre le chant de la Préface à Noël.

A chaque messe, le prêtre mélange une goutte d’eau au vin qui va être consacré, disant ces paroles : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous êtres unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. Cette goutte d'eau se perd dans le vin, de même que notre nature humaine a été totalement assumée dans la divinité de Jésus-Christ.

 

Ecoutons attentivement, enfin, la préface de Noël : Par le mystère de l'incarnation du Verbe, la nouvelle lumière de Ta clarté a rayonné à nos yeux. Cette nouvelle Lumière, c’est la vraie Lumière dont il était question plus haut. C’est la vraie lumière dont il est question dans la Prière d’aujourd’hui.

La préface de Noël, jusqu’à il y a peu, était celle-là même de la Fête-Dieu, solennité du Saint-Sacrement. C’est qu’à chaque messe se renouvelle dans les mains du prêtre l'Incarnation et la Naissance du Christ parmi nous. Chaque messe est une actuation de la nuit de Noël. Le Verbe s’est fait chair et il a habité en nous, écrit l’évangéliste Jean dans son Prologue (Jn 1:14 : Verbum caro factum est, et habitavit in nobis) : en traduisant très littéralement, on se rend compte que cette phrase exprime aussi bien et l’Incarnation du Verbe, et l’Eucharistie où nous Le recevons.

La plus grande joie de la Vierge Marie est que son Fils naisse en chacun de nous.

 

*         *        *

A l'occasion de Noël, renouvelons notre reconnaissance envers la Mère du Sauveur, demandons-lui avec ferveur d'intercéder pour nous, maintenant et à l'heure de notre mort, pour que cette grande fête d'aujourd'hui soit l’occasion de la re-naissance de nos âmes. 

Dans une semaine, nous célébrerons solennellement le 1er janvier, la Maternité de Marie, Mère de Dieu, notre Mère !

 

Merci, mon Dieu, pour la naissance de ton Fils !

Merci Jésus, de nous avoir donné ta Mère !

 

 

 

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 09:35

Avent 4e dimanche A

 

Huit cents ans environ se sont écoulés entre la prophétie d'Isaïe et le récit évangélique d'aujourd'hui.

*       *       *

On imagine volontiers l'étonnement de tous ceux qui auront entendu cette prophétie : comment une vierge pourra-t-elle concevoir et enfanter ? Les esprits bien disposés auront pensé que Dieu Créateur est certainement capable d'intervenir avec puissance dans les lois de la création, et auront attendu avec foi cet événement. Marie était de ceux-là. 

Ceux au contraire qui auront entendu parler de cette prophétie, plus ou moins déformée dans des milieux idolâtriques, auront sans doute été à l'origine de certains récits mythologiques, pour tenter de donner une explication à cette mystérieuse prophétie. 

On sait que dans la région de Chartres, des païens vénéraient une mystérieuse "vierge qui devait enfanter". 

Un saint évêque du 3e siècle, Abdias de Babylone, rapporte cet enseignement remontant à l'apôtre saint André, que, de même qu'Adam fut formé de la terre avant qu'elle fût maudite, de même le Christ a été conçu de Marie, la vierge qui n'avait jamais été maudite.

Avant de continuer, il sera bon de rappeler ici un très étrange événement du livre des Nombres, lorsque le païen Balaam reçut de Dieu l'ordre de prophétiser sur le Christ : Une étoile se lèvera de Jacob (Nb 24:17).

 

*       *       *

Que penser, nous, devant la prophétie d’Isaïe ? Etonnement, doute, révolte peut-être. Mais nous ne devons pas pour autant la mettre en doute. Saint Paul, exhortant les chrétiens de Rome - et nous avec eux - affirme très nettement que Jésus Christ est bien né de la race de David, lui qui a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu : Jésus, vraiment Dieu et vraiment homme. 

Et pour bien nous convaincre, il nous rappelle aussi que toutes les nations païennes ont été (amenées) à l'obéissance de la foi, appelées par Dieu le peuple saint. 

Il faut vraiment la foi, la grâce de Dieu, pour entrer dans la "logique" de Dieu et saisir quelque chose du mystère de cette conception.

 

*       *       *

Saint Joseph, dont l’évangile va nous parler, a eu cette foi. Quelle mission sublime : accueillir le Messie ! Joseph devait avoir le cœur pur, les mains innocentes, il était digne de gravir la montagne du Seigneur, selon les termes du psaume 23 d'aujourd'hui. 

Comme lui, nous devons être le peuple de ceux qui cherchent (Dieu), qui recherchent la face de Dieu. 

Certes, il n’est pas facile de rechercher la face de Dieu, si Dieu est invisible ! Mais en sachant que Lui nous voit à chaque instant, nous pouvons de notre côté agir à chaque instant comme si nous le voyions. Rien ne Lui échappe, même pas la plus intime de nos pensées.

Quand je parle, Dieu attend de moi que je n’offense pas mon interlocuteur ; quand j’écris, quand je travaille, quand je voyage, Dieu attend de moi des actes nobles, droits, honnêtes. Est-ce que saint Joseph ferait comme moi à ma place ?

 

*       *       *

Voilà donc que Dieu accomplit effectivement cette prophétie : Marie est enceinte ! Une fois encore Matthieu montre la réalisation de la prophétie d'Isaïe. 

Quelle épreuve pour le pieux et chaste Joseph ! D'un côté, comme fiancé, il était déjà lié à Marie ; de l'autre, persuadé de la sainteté de Marie, il ne se résigne pas à appliquer la Loi du Deutéronome : d'après Dt 22:21, un époux qui découvrait la non-virginité de son épouse, devait la dénoncer, et celle-ci être lapidée.

Telle était alors la loi de Dieu. Dieu n'est pas "sévère", mais ceux qui le craignent du fond de leur cœur doivent savoir combien les liens d'un saint mariage sont sacrés, et avec quelle sainte jalousie on doit les observer. Pour son peuple choisi, Dieu exigeait que l'on fît disparaître le mal du milieu de son peuple (Dt 22:21,22).

Quel horrible dilemme, donc, pour Joseph ! On comprend sa décision de se séparer "secrètement" de Marie. Voici que l'Ange de Dieu vient le rassurer. 

C’est là que nous observons la sainte humilité de Joseph : il se soumet immédiatement à cette mission sacrée. Il sera le père visible d'un Enfant engendré par la volonté du Père Eternel. En d'autres termes, il assumera sur terre la Paternité de Dieu ; il représentera Dieu auprès de Jésus et devant les hommes. Quelle sainteté, quelle pureté, devaient habiter l’âme de Joseph, pour accomplir une telle mission !

Et il prit chez lui son épouse. Joseph et Marie sont réellement unis dans un vrai et authentique mariage, et leur Fils est vraiment l'enfant de la volonté de Dieu. Depuis le premier péché, les lois naturelles ne coïncident plus avec la sainteté de Dieu : à l'origine, la mission d'engendrer la vie était trop sublime, divine et sacrée, pour qu'elle fût entachée de ces plaisirs charnels que l'homme recherche tant, et même en-dehors des liens du mariage. 

Sur un sujet similaire, Jésus nous dit bien : A l'origine, il n'en était pas ainsi (Mt 19:8).

La conception de Jésus - nouvel Adam - devait tout naturellement advenir selon la première loi de la création, celle d'avant le péché de l'homme, quand la volonté de l'homme était tout entière conforme à la volonté de Dieu. Jésus devait naître dans la sainteté parfaite, dans la pureté parfaite, loin de tout sentiment humain, libre du moindre souvenir de la chute d'Adam. 

 

*       *       *

 

Avant de conclure, remarquons que la Prière d’aujourd’hui est justement celle qui conclut l’Angelus, cette prière quotidienne que les Chrétiens ont dites depuis des siècles, matin, midi et soir. Retrouvons-la, apprenons-la : en quelques secondes, nous réaffirmons notre foi en l’Incarnation, en la Rédemption et au Salut éternel par la Croix et la Résurrection du Christ.

Qu’il nous suffise - même si c'est difficile - de conserver comme Joseph un cœur pur, des mains innocentes qui nous permettront de gravir la montagne du Seigneur, c'est-à-dire d'élever notre âme toujours plus haut, d'être toujours plus proches de Dieu, pour savoir dire avec toujours plus de conviction, comme Joseph, comme Marie, comme Jésus : 

Que ta volonté soit faite !

 

 

 

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 00:00

Avent 3e dimanche - A

 

Lors du deuxième dimanche de l’Avent, l’évangile nous a présenté plus particulièrement la figure de saint Jean-Baptiste. Aujourd’hui, nous allons entendre ce qu’en dit Jésus-Christ lui-même.

La sainteté de vie de Jean-Baptiste était connue de tout le monde, et Jésus n’a pas à le redire. Mais Jésus s’applique à montrer comment les Ecritures sont en train de s’appliquer, et l’évangéliste Matthieu ne manque jamais une occasion pour relever l’application des prophéties.

Jésus citera dans l’évangile le verset du prophète Malachie : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi (Ml 3:1). 

 

*       *       *

 

Mais surtout - et c’est le texte de la première lecture - Jésus Christ rappellera Isaïe : Les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

L’extrait d’Isaïe est une acclamation au Dieu qui arrive pour redonner toute sa joie et sa gloire à son peuple.

 

*       *       *

 

En réalité, le texte d’Isaïe est un peu différent, mais Jésus le cite, sinon pas mot-à-mot, du moins selon sa vraie signification.

Pourquoi Jean fait-il demander à Jésus si c’est bien lui qui doit venir ? Ne le savait-il pas, lui qui avait déjà tressailli de joie quand les deux futures mamans, Elisabeth et Marie, se sont rencontrées (cf. Lc 1) ? 

En réalité, Jean n'a aucun doute sur Jésus mais, pour convaincre ses disciples, très pédagogiquement, il va les amener simplement à constater les faits, et c'est bien ce que Jésus va les aider à faire.

On remarquera cependant qu’aux versets d’Isaïe, Christ ajoute que les lépreux sont purifiés, et les morts ressuscités. 

Avant le chapitre 11 de Matthieu, que nous lisons aujourd'hui, Christ a déjà fait beaucoup de miracles, de guérisons multiples (chapitres 8-9), mais au nombre desquels on ne voit toujours qu'un seul lépreux (8:1-4) et une seule résurrection (9:18-26). Pourquoi donc Jésus parle-t-il, au pluriel, des lépreux et des morts ? 

Une réponse facile serait de supposer que l’évangéliste n’a pas raconté tous les miracles accomplis par Jésus ; hypothèse d’ailleurs très plausible. Mais on peut dire plus.

Il a été précédemment parlé de la lèpre, lors du 28e dimanche ordinaire de l’année C.

Dans la loi de Moïse, la lèpre était le signe d'un grave péché, le lépreux était exclu du camp (Lv 13:46) ; on ne disait pas guérir de la lèpre, mais être purifié, comme pour dire «être absout de son péché». Si "les" lépreux sont purifiés, cela veut dire que les pécheurs reçoivent le pardon de leurs péchés ; mieux, si "les" morts ressuscitent, cela signifie que ceux qui vivaient dans la mort spirituelle (dans le péché, hors de l'espérance, sans Dieu), retrouvent la vie, la vraie vie : la grâce de Dieu.

En quelque sorte, la réponse de Jésus est une confirmation de la mission de Jean : il a invité les foules à se convertir, leur a demandé d'aplanir les routes devant Celui qui vient ; eh bien, effectivement, voilà que les pécheurs peuvent revenir à Dieu, parce que l'Agneau de Dieu est là, qui va prendre sur lui les péchés de tous les hommes. La mission de Jean est tout-à-fait authentique, d’origine divine, et elle va bientôt s’achever parce qu’elle porte ses fruits. On sait que Jean sera décapité peu de temps après.

Jésus fait ainsi un éloge grandiose de Jean. Si les critiques récents ont parfois tamisé l'Ecriture et cherché tous les arguments possibles pour mettre en doute l'existence de certains personnages bibliques, jamais l'historicité de Jean Baptiste n'a été mise en cause. 

Signalons ici que, relativement récemment, un examen scientifique approfondi a été confié à des spécialistes pour analyser des ossements qui auraient appartenu à Jean-Baptiste ; sans savoir de qui il pouvait s’agir, ces scientifiques conclurent que l’homme en question devait être végétarien, fils de parents âgés, et du premier siècle de notre ère, détails qui coïncident parfaitement avec ce que l’on sait du saint Précurseur du Christ.

Là encore Jésus ne s'arrête pas à la considération humaine, historique ; certes, Jean est un personnage incontournable par sa mission exceptionnelle, mais surtout il est grand parce qu'il nous montre le chemin du Royaume. 

 

*       *       *

Entre les deux textes d’Isaïe et de Matthieu, nous avons maintenant un extrait du psaume 145 et un autre de l’épître de Jacques.

Le psaume allude également à la guérison : le Seigneur délie les enchaînés, parce qu'Il leur remet leurs péchés ; Il redresse les accablés, parce qu'Il prend sur Lui nos péchés ; Il soutient la veuve, parce que toute âme pécheresse est comme une femme qui a perdu le soutien de son mari défunt, et Jésus lui rend ce soutien ; l'orphelin aussi, parce qu'un enfant sans parents n'a plus d'héritage, tandis que recevoir l'enseignement de Jésus nous garantit l'héritage de la Vie éternelle.

 

*       *       *

Pour qui l’apôtre Jacques écrit-il ces mots : en attendant la venue du Seigneur ?

Puisque cette lettre est datée de l’année 49 environ, elle ne parle certainement pas de la venue historique du Christ, qui est déjà mort quinze ans plus tôt.

Désormais, dans l’ère chrétienne, nous devons chaque jour «attendre» le moment de notre rencontre avec le Christ. Comment pouvons-nous donc le rencontrer ?

Dans les sacrements, et tout particulièrement dans l’Eucharistie, mais bien sûr aussi dans le sacrement de la Réconciliation, ne l’oublions pas. Avons-nous pensé, au milieu de nos préparatifs des fêtes de Noël, à réserver un temps suffisant pour cette rencontre sacramentelle ?

Nous devons aussi chercher à rencontrer le Christ dans l’Ecriture, dans son message et son appel à la conversion et à la sainteté. Lisons-nous quelquefois, en dehors de la messe, quelques pages de l’Evangile ?

Nous pouvons aussi Le rencontrer dans chacun de nos frères, nos malades, nos pauvres, tous les «oubliés». Avons-nous une pensée, une démarche, pour ces malheureux ?

Et enfin, nous rencontrerons le Christ, inexorablement, au dernier jour de notre vie, lorsqu’Il lui plaira de nous appeler et que nous ne pourrons certainement pas lui dire d’attendre encore un peu.

Les Prophètes, sauf Jean-Baptiste, n’ont pas eu la joie de rencontrer Jésus personnellement, mais ils se sont tenus intérieurement en lien étroit avec le Sauveur. A notre tour, nous qui ne voyons pas physiquement le Christ, nous devons avoir cette endurance et cette patience des prophètes. 

Dans cette attente, nous pouvons déjà faire beaucoup de choses qui changeront notre vie. Avec l'Evangile, avec la prière, avec les sacrements, nous pouvons obtenir la guérison de notre surdité et entendre la Voix de Dieu ; de notre cécité et admirer les gestes divines ; de notre mutisme et proclamer la gloire de Dieu ; de nos membres boîteux et marcher désormais dans la voie de Dieu ; de notre lèpre et être purifiés de nos péchés ; de notre mort spirituelle enfiin, et vivre d'une vie nouvelle.

Bien sûr, je ne "guérirai" peut-être pas instantanément, soit parce que je n'irai pas voir le médecin de mon âme, soit parce que je ne prendrai pas les médicaments qu'il m'aura donnés, soit parce que ces médicaments seront lents à agir (d'autant plus lents que j'aurai laissé la maladie gagner du terrain...) ; mais si je suis "patient" comme les prophètes, comme Jésus qui m'attend et qui frappe inlassablement à la porte de mon coeur, certainement je guérirai.

 

*       *       *

 

 

En marge des cadeaux, des repas abondants, des guirlandes et de toutes ces joies extérieures, faisons que le fête de Noël soit vécue, comme le dit la Prière, avec un cœur vraiment nouveau.

 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 09:48

Avent 2e dimanche - A

 

Le deuxième dimanche de l'Avent nous présente chaque année le personnage de saint Jean Baptiste, le dernier des prophètes, le seul qui ait annoncé puis rencontré personnellement Jésus Christ ; il est donc la charnière entre l'Ancien et le Nouveau Testament. le pré-curseur de Jésus Christ, celui qui a "couru devant" Jésus. 

Nous allons l’entendre dans l’Evangile ; huit siècles avant lui, c’était Isaïe qui avait annoncé la venue du Messie en des termes pleins d’espérance, tandis que saint Paul a été contemporain, et probablement un témoin direct de la vie du Christ.

 

*       *       *

 

Isaïe, donc, parlant au futur, voit Jessé, dont sortira un rameau. Historiquement, Jessé est le père de David, et vivait au 11e siècle avant le Christ, trois siècles avant Isaïe. Ce rameau de la prophétie rappelle en premier lieu comment le dernier fils de Jessé, David, devait devenir le roi, sur lequel reposera l’esprit du Seigneur (cf. 1S 16:1-13).

Mais traditionnellement, l’exégèse a vu en David une image annontiatrice du Sauveur, roi de Justice et de Paix, car seul le Christ est véritablement le Roi parfait, juste, miséricordieux, sur lequel repose en plénitude l’Esprit du Seigneur.

C’est à cet extrait que remontent les sept dons du Saint-Esprit, qu’on nous fait apprendre au moment de notre confirmation : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Tels sont du moins les termes habituels, qu’on peut retrouver dans le Catéchisme (Abrégé, p.268).

David fut, certes, sage et intelligent, fort et pieux, mais aussi gravement pécheur, tandis que le Christ, Fils de Dieu, avait une nature humaine parfaite, et c’est véritablement à Lui que s’applique la prophétie que nous lisons aujourd’hui, une prophétie qui ne peut que nous consoler et nous remplir d’espérance, quand nous voyons combien la «justice» des hommes est tellement limitée et injuste.

La prophétie continue avec des descriptions de la vie animale vraiment étonnantes, où l’on voit ensemble le loup et l’agneau, le veau et le lionceau, la vache et l’ourse. A quoi donc peut penser le prophète avec ces allusions ? 

C’est que dans le règne du Christ, il ne doit plus y avoir de loups, de lions, d’ours, ces bêtes féroces qui font la terreur des plus faibles. Ces loups, ces lions, ces ours, ce sont nous-mêmes, avec nos défauts, nos ambitions, nos absences de charité, qui, en quelque sorte, «dévorent» notre prochain avec injustice. 

Quand on vit avec le Christ, on ne peut plus être partagé entre le mal et le bien, on ne peut plus faire le mal, notre bête intérieure doit changer totalement. Résistons à la pensée que cela est impossible, car, même si nous n’atteignons jamais la perfection, nous devons au moins avoir la volonté d’y tendre, par nos petits efforts quotidiens persévérants.

Ce qu’ont fait tant de Saints est aussi à notre portée : 

Saint François d’Assise (sa fête est au 4 octobre) était un homme violent : il s’est fait violence, a appris à être doux, et sa douceur a commandé au loup de Gubbio de ne plus déranger les hommes.

Saint Camille de’ Lellis (voir au 14 juillet), perdait son temps et son argent dans le jeu ; converti, il se donna au soin des malades.

Le saint péruvien Martino de Porrés (3 novembre) ordonnait aux rats d'aller au fond du jardin au lieu de grignoter la nourriture des moines qui ne leur appartenait pas.

Plus près de nous, le bienheureux Charles de Foucauld (1er décembre) était un bon vivant très éloigné de toute religion ; on sait comment il donna sa vie à la méditation et à la prière.

Notons encore l’exemple singulier de Zozimas, un saint moine de Palestine au 6e siècle (30 novembre) : il rappela le lion qui avait dévoré son âne, et le dressa pour remplacer l’âne.

 

 

*       *       *

 

Une terre où habiteraient de tels sujets, serait vraiment le pays idéal du Messie, et son roi serait vraiment l'élu de Dieu. Les larges extraits du psaume 71 chantent ce roi, qui semble être dans un premier temps Salomon ou David, mais bien sûr le Roi messianique, Jésus lui-même. Dans ce pays merveilleux régnera la Justice qui doit venir de Dieu seul.

 

*       *       *

 

Une expression de la première lecture va nous amener à approfondir le texte de saint Paul aux Romains. Isaïe écrit : La connaissance du Seigneur remplira le pays. Connaître le Seigneur, sa vie, son œuvre, son enseignement, c’est un devoir qui nous concerne tous.

La lecture de l’Ecriture, de ces livres saints dont parle l’Apôtre, devrait être notre souci quotidien.

Mais qui peut dire qu’il a lu la Bible, au moins une fois dans sa vie ? Nous sommes souvent comme des sportifs qui voudraient être des champions sans connaître les règles de leur sport, comme des artisans électriciens qui ne sauraient pas distinguer un fil électrique d’une ligne à haute tension. 

Nous nous disons croyants et chrétiens, mais nous ignorons presque tout de ce que l’Ecriture dit de Dieu, de ses envoyés, des Juges, des Rois, des Prophètes.

Or saint Paul nous le répète : Tout ce que les livres saints ont dit avant nous, est écrit pour nous instruire… 

Alors, si nous sommes «instruits», nous apprendrons à faire mourir en nous le loup, le lion, l’ours. Nous comprendrons ce que signifie s’accueillir les uns les autres : c’est une autre façon de vivre le commandement du Christ, de nous laver les pieds les uns aux autres (cf. Jn 13:14), de nous pardonner et de vivre dans la paix de Dieu. 

Pardonnons ! Faisons la paix ! Ne disons pas machinalement comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, sans pardonner vraiment du fond du cœur ! 

Relisons ici un autre livre saint, l’épître de l’apôtre Jean : Celui qui hait son frère est dans les ténèbres… Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide… N’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes… Celui qui dit «J’aime Dieu» et déteste son frère, c’est un menteur (1Jn 1:11 ; 3:14-15;18 ; 4:20).

Quand nous échangeons un signe de paix avec notre voisin juste avant d’aller recevoir le Corps du Christ, pensons à ceux avec lesquels nous ne sommes pas en paix, et cherchons à nous réconcilier, sinon notre Eucharistie ne serait plus une com-union, mais un sacrilège.

C’est là un exemple de la façon dont nous devons accueillir le Messie et étendre son royaume divin. Chacun a son propre combat à faire ; celui qui est en paix avec ses frères, pourra combattre peut-être la gourmandise, ou la paresse, ou la jalousie… N’attendons pas à «plus tard», c’est aujourd’hui que nous devons faire ce mouvement de conversion.

 

*       *       *

 

Quand Jean-Baptiste dit à ses contemporains : Convertissez-vous, ce n’est pas aux gens du 1er siècle qu’il le dit seulement. Sa parole pressante s’adresse à nous. Cessons d’écouter distraitement ces «histoires du passé» : la parole de Dieu vaut pour moi, maintenant, ici.

Jean Baptiste et Jésus étaient cousins ; ils avaient le même âge, mais - humainement parlant - ils ne se connaissaient pas, parce que Jésus était resté "caché" à Nazareth, tandis que Jean s'était très tôt retiré dans le désert proche de Jérusalem (et notons-le, avec des habits et une nourriture dignes des plus grands ascètes : qu'on essaie de se mettre sur le dos du poil de chameau et qu'on se nourrisse uniquement de sauterelles et de miel sauvage…). Saint Luc dit en effet : Il demeura dans les solitudes jusqu’au jour où il se manifesta devant Israël (Lc 1:80).

Inspiré par Dieu, Jean sait que le Messie va se manifester, mais comment les foules vont-elles accueillir ce Messie ? Trente ans plus tôt, Jésus était né dans l'extrême pauvreté, mal accueilli, ignoré et même persécuté ; il dut s’exiler, fuir en Egypte avec ses parents. Alors, maintenant, Jean-Baptiste est très pressant : Convertissez-vous ! Préparez le chemin du Seigneur !

Il ne faut pas imiter l’attitude de ceux qui ont refusé le Messie.

L’appel de Jean est cette voix qui crie dans le désert : l’expression est dans Isaïe (Is 40:3), et l’évangéliste Matthieu s’applique toujours à montrer la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament lors de la vie du Christ. La voix dans le désert, est celle de Jean dans le désert de Judée, au-delà du Jourdain, là où Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui.

C’est aussi l’appel de Dieu dans le désert de mon âme.

L'évangile ajoute que ces gens reconnaissaient leurs péchés, et c’était là le but de l’appel de Jean Baptiste.

Que faut-il entendre par "se convertir" ? Beaucoup se disent "croyants", ou "Fils d'Abraham". Mais cela est bien loin de l'appel de Jean. Se "convertir" signifie qu'on se "tourne complètement" (con-verti, en latin) vers Christ, vers la Vérité, pour ne pas être des croyants seulement de nom, mais aussi en réalité, dans la vie courante. 

Pharisiens et Sadducéens étaient des "croyants", mais n'ont pas reçu Jésus. Il y a aussi beaucoup de chrétiens qui ne reçoivent pas Jésus, qui acceptent de Jésus ce qui leur va, mais mettent de côté ce qui les contrarie. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas se convertir. Ils veulent bien entendre parler de Jésus, mais il n’aplanissent pas la route de Jésus à eux-mêmes, ils y laissent des pierres, des obstacles, et Jésus reste loin d’eux. La conversion, c’est pour les autres !

Envers les représentants officiels de la religion (Pharisiens et Sadducéens), qui refusèrent d’accueillir le Christ, envers tous ceux qui ne sont pas vraiment convertis (envers nous tous, envers chacun de nous), Jean est direct : Engeance de vipères ! Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Devant le Christ qui arrive, on ne peut pas faire la vipère, faire semblant d’être inoffensif, et brusquement piquer son frère avec notre méchante langue.

 

*       *       *

En ce deuxième dimanche d’Avent, pour bien préparer la fête de Noël, il convient de prendre conscience de l’urgence de cette conversion. Nous avons souvent l’excuse de nos soucis quotidiens, qui nous accaparent, qui nous prennent du temps, et nous remettons ; c’est dommage. 

La Prière nous en fait prendre conscience : 

Ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche.

 

 

 

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 03:04

Avent 1er dimanche - A

 

L'année liturgique s'est achevée dimanche dernier avec la fête du Christ Roi. Aujourd'hui commence la nouvelle année liturgique avec le premier dimanche de l'Avent.

"Avent" ni signifie pas que nous sommes "avant Noël", erreur qu'on entend toujours ici ou là, et même dans les réunions de catéchisme. "Avent" vient du latin "adventus", arrivée : Jésus vient, il va naître, il va nous apporter son message. 

Faisons aussi cette petite remarque : chaque jour à la Messe Jésus vient ; il s’incarne dans les mains du prêtre au moment de la Consécration ; et juste avant nous chantons : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur" (psaume 117).

Une caractéristique liturgique de l'Avent est que le prêtre revêt un ornement de couleur violette ; une couleur un peu sombre qui évoque la patiente, parfois douloureuse attente de tous les patriarches, de tous les prophètes, de tout le peuple d'Israel, à qui Dieu avait annoncé "la" promesse d'un Sauveur. En signe de cette longue attente, marquée par tant d'épreuves diverses, on ne chantera pas non plus le "Gloire à Dieu" : ce chant joyeux des Anges reviendra dans la nuit de Noël, au moment même où les Anges le chantèrent après avoir annoncé aux bergers la naissance du Christ.

En cette nouvelle année liturgique, année A du cycle des trois années liturgiques, l'Eglise nous propose la lecture particulière de l'évangile de s.Matthieu, dans lequel cet apôtre a voulu principalement démontrer l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament.

On s'étonnera sans doute que l'évangile d’aujourd’hui soit extrait d'un des derniers chapitres de Matthieu, qui évoque plutôt le retour de Jésus-Christ à la fin des temps. C’est à dessein. En réalité, si nous n'évoquions que sa venue il y a deux mille ans, nous nous en tiendrions à une simple commémoration du passé, stérile. Nous, croyants du XXIe siècle, nous devons renouveler l'accueil que nous devons à notre Sauveur, Le faire entrer dans notre maison, dans notre vie, dans notre coeur, dans notre cité. Quand le Christ est venu sur terre, il fut accueilli diversement par ses contemporains : et nous, comment l’accueillons-nous ?

Par ailleurs, il est bien vrai aussi que la venue du Seigneur a une grande importance pour tous les hommes de tous les temps, quand le Seigneur viendra rassembler près de lui tous les justes, pour la vie éternelle. C'est pourquoi il y a un lien très fort entre la fête du Christ-Roi de dimanche dernier, et ce premier dimanche de l'Avent.

Observons aussi un détail qui donne toute son authenticité à l’évangile : Matthieu rapporte cette expression du “Fils de l’homme”, que seul Jésus utilise dans tout l’Evangile. Le Fils de Dieu incarné a voulu rappeler par là que,  vrai Dieu, il est aussi vrai Homme (par sa naissance, et par sa Passion) ; mais l’expression, déjà utilisée, par Daniel en particulier (cf. Dn 7:13) devait évoquer chez les auditeurs le retour eschatologique du Christ, sa vraie mission.

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Ecoutons la prophétie d'Isaïe, qui vivait huit siècles avant la naissance de Jésus. C'est le Prophète de l'Annonce par excellence, celui qui a prophétisé l'Emmanuel, l'Agneau innocent immolé, le Royaume nouveau, la Terre nouvelle. Dans l'extrait d'aujourd'hui, il évoque la colline où sera Jérusalem et son temple, cette colline qui sera le but du pèlerinage des enfants d'Israel, là où ils se retrouveront, là où Jésus accompagnera ses parents et où il consommera son sacrifice. Mystiquement, l'Eglise sera à son tour notre Jérusalem à nous.

Ceux qui chercheront dans la vérité de leur coeur à vivre selon l'enseignement de Dieu, qu'ils auront entendu dans le Temple - et maintenant dans l'Eglise - ceux-là se convertiront, seront des artisans de paix, transformeront leurs épées en socs de charrue, et ne songeront plus à la guerre. Ils rejetteront les ténèbres.

*       *       *

Une telle conversion profonde donne une grande joie, parce que notre âme se sent vraiment délivrée des liens de la terre. Cette joie est exprimée dans ce psaume 121, qui chante les sentiments des pèlerins en marche vers Jérusalem : Quelle joie, quand on m'a dit 'Nous irons à la maison du Seigneur', à Jérusalem, là où montent les tribus, où l'on rend grâce, où l'on vit en paix.

*       *       *

Si notre Maître nous rappelle instamment : Tenez-vous prêts,  saint Paul, envers les chrétiens de Rome - et envers nous bien sûr - n’est pas moins clair : Rejetons les activités des ténèbres ! Ripailles, beuveries, orgies, débauches, dispute, jalousie… C'est qu'il y en avait, dans cette Rome du premier siècle, des débauches de toutes sortes ! Mais… les temps ont-ils beaucoup changé ?

*       *       *

Il faut vivre intensément cette conversion. Quand le prêtre dit d'échanger un signe de paix, il faut que ce signe de paix évoque vraiment autant notre conversion que notre réel amour des frères, pour que notre communion soit préparée avec sincérité, sinon, nous répétons des rites morts et nous nous endurcissons. Souhaitons de tout notre cœur que la paix règne en nos murs, dans les murs de l’Eglise.

Notre charité doit toujours être réchauffée, parce que c'est ainsi que le Seigneur peut "venir parmi nous". La Prière du jour englobe les deux aspects de cette venue du Seigneur : si nous allons sincèrement à Sa rencontre dès maintenant, nous serons  aussi appelés, plus tard, à entrer dans Son Royaume.

 

 

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:42

34e dimanche ordinaire - C

Solennité du Christ Roi

 

Une tendance assez généralisée de nos jours est de considérer le “roi” et la “royauté” comme des réalités désormais désuètes, dépassées, et en voie de totale disparition : nous préférons les “présidents” (1). On conviendra pourtant que, si le terme change, la réalité reste immuable : rois ou présidents, les hommes sont les hommes, ils ont leurs faiblesses et leurs valeurs, leurs erreurs et leurs mérites, leurs caprices et leurs vertus. 

Par définition un “président” est assis à la première place (præ-sedere), nécessairement pour prendre les bonnes directives qu’il fait voter. Le “roi” marche en tête de son peuple pour le conduire (regere) ; le mot grec “basileus” évoque plutôt celui qui est la «base» de la cité, sur lequel on peut s’appuyer pour être rassuré, protégé.

Il reste que la notion de roi évoque un degré absolu, en bonne ou en mauvaise part : le roi de la générosité, le roi de la sottise… Quoi qu’il en soit, on a toujours besoin d’un chef, d’une autorité, à qui se référer ; cela vaut dans tous les groupes, dans tous les milieux, dans tous les pays.

Quand le pape Pie XI institua la fête du Christ-Roi en 1925, il n’avait pas d’idée politique préconçue ; il n'avait qu'un souci paternel et pastoral : inviter tous les hommes à regarder vers le Christ, comme idéal vrai et fondamental pour l’édification de notre société. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, différents courants s’affrontaient dans toute l’Europe, partisans de nouveauté, de restauration, d’alliances diverses ou de divisions : le Pape voulait donner à tous un seul et même Exemple pour reconstruire cette pauvre Europe déchirée par la haine et les ambitions. Il espérait qu’en regardant vers l’unique Pasteur et Chef de tous les Chrétiens, tous - catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans - sauraient faire abstraction de leurs propres intérêts au profit d’une nouvelle Europe chrétienne où l’on éliminerait tout conflit. On ne l’a malheureusement pas écouté, et l’on sait ce qu’il en advint.

Dans l’histoire, il y a eu des rois despotes, injustes, pécheurs ; il y en eut de bons, aussi, et le Martyrologe Romain ne recense pas moins de quarante-huit rois et reines, sans compter les non moins nombreux proches, frères et sœurs, fils et filles de rois, qui ont illustré l’histoire de l’Eglise par leur vie exemplaire tout inspirée de l’amour de Dieu et du prochain.

On a souvent critiqué les rois pour leurs "richesses" ; peut-être est-ce parfois la jalousie qui nous a fait parler, mais peu sont ceux qui "jalousent" Louis IX de France pour avoir lavé les pieds à ses pauvres ou participé à l'office des moines à cinq heures du matin ; lui-même répondit un jour à ses proches, qui le taquinaient pour ses dévotions jugées excessives : Si j'étais allé à la chasse avec vous, vous ne me reprocheriez pas d'avoir délaissé les affaires de l'État !

Etre roi n’est pas une charge véritablement enviable ; malheureux, plutôt, serait toute personne qui ambitionnerait cette place. Quelle responsabilité, devant Dieu et devant les hommes !

Mais être royal, pratiquer les vertus en cherchant la perfection, voilà l’idéal que nous propose le Christ Avec la grâce de Dieu, nous pouvons tous le faire. 

 

*       *       *

 

L’histoire de David nous est un peu connue, surtout pour l’épisode de Goliath, par les deux Livres de Samuel (1S 16-31 et 2S) (2), mais d’autres épisodes illustrent la vie du roi David.

Mystérieusement, dès sa jeunesse, David a reçu l’onction royale de Samuel (1S 16:14), que confirmèrent plus tard les anciens de Juda (2S 2:4), puis ceux d’Israël (2S 5:3, notre récit d’aujourd’hui). 

Quand Saül, dans un accès de jalousie, voulut tuer David, ce dernier cependant pardonna et se montra royal envers Saül, refusant de porter la main sur lui parce qu’il avait reçu l’onction de Dieu (2S 24 et 26). C’est au nom de Dieu qu’il mena beaucoup de combats victorieux contre les ennemis du Peuple de Dieu. 

Après avoir fait reporter l’Arche de l’Alliance à Jérusalem, il eut l’humilité de remarquer qu’il habitait dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu sous une tente (2S 7:2) : c’est alors que le prophète Natân lui annonça que ce serait son descendant qui construirait ce fameux Temple (2S 7:13). C’est à partir de ce moment que Jérusalem fut vraiment ce que signifie son nom (Cité de la paix), la ville de Dieu, le siège du droit, que chante le psaume 121 aujourd’hui.

Or, le descendant de David qui devait construire le Temple de Jérusalem, n’en était pas le premier-né, loin de là (3). Salomon naquit de l’adultère de David avec Bethsabée, dont le roi David avait fait tuer le mari à la guerre. Natân vint reprocher très sévèrement son péché à David et le premier enfant de cette union mourut. Dans son repentir si sincère, David se montra encore une fois royal, il s’inclina devant le reproche du prophète, reconnut son péché et composa alors ce sublime psaume 50, le Miserere. Ensuite naquit Salomon qui, malgré cet adultère, reçut une bénédiction toute spéciale de Dieu et hérita de David la royauté.

En ces circonstances, Dieu montra envers David et Salomon ce que signifie être royalement miséricordieux. David à son tour, montra comment même un roi doit rester humble devant Dieu, en se reconnaissant pécheur : il n’y a peut-être rien de plus exaltant que de reconnaître son péché. Plusieurs siècles après, le Fils de Dieu nous montra comment il voulait être humble, en prenant notre nature pécheresse, et en naissant de la lignée de David, le pécheur royal.

 

*       *       *

 

Nous voyons aujourd’hui Jésus, notre Roi doux et humble de cœur, crucifié, entre deux bandits. Ces deux bandits, disait l’évangéliste Matthieu, l’outrageaient de la sorte, comme le faisaient les Juifs autour de la croix (Mt 27:44). Le passage d’aujourd’hui, en saint Luc, pourrait laisser entendre que le “Bon Larron” fut peu à peu touché par la grâce (et sans doute aussi par l’intercession de Marie, co-Rédemptrice) : voyant comment Jésus mourait sans se plaindre et en pardonnant, il rentra en lui-même, comprit son péché et, cessant d’outrager Jésus, lui demanda humblement pardon, comme le roi David après son péché. 

On pourra remarquer ici que l’évangéliste utilise l’imparfait (il disait…), comme pour indiquer une répétition : il se pourrait bien que le Bon Larron ait en effet répété plusieurs fois son “acte de contrition”. 

Une précision encore : quelqu’un pourrait objecter que, au moment des ténèbres qui suivirent la mort de Jésus, le Bon Larron aura pu être saisi de frayeur et donc un peu forcé de demander pardon. Mais l’objection ne tient pas car la conversion du Bon Larron précéda ces ténèbres de midi. Ce fut donc bien un acte personnel, libre et conscient, du Larron. On ne peut que regretter que l’autre ne l’ait pas imité.

D’après la Tradition, le Bon Larron s’appelait Dismas. Sans le nommer, le Martyrologe commémore le Bon Larron au 25 mars. Saint Dismas ne fut peut-être pas un “martyr” qui versa son sang pour le Christ, mais on peut sans aucun doute affirmer qu’il fut un “témoin” authentique - c’est le sens du mot grec martyr - par ses vertus de foi, d’espérance et de charité : foi au Christ Rédempteur et Sauveur, espérance de l’Eternité, charité à vouloir convertir son compagnon d’infortune, avant-même de demander la grâce pour lui-même.

Ainsi, sur le Calvaire, on pourra dire qu’il y a deux rois : Jésus, et saint Dismas. L’un est Roi par nature, par l’onction qu’Il a reçue de Dieu, l’autre est roi par son humilité, et par sa “nouvelle naissance” dans la vie du Christ ; sans doute sans le savoir, il accomplit ce mot du Christ, prenant en exemple un petit enfant : Qui donc se fera petit comme cet enfant-là, voilà le plus grand dans le Royaume des Cieux (Mt 18:4).

 

*       *       *

 

Jésus est Fils de Dieu, consacré Prêtre éternel et Roi, selon ces versets des psaumes, souvent repris dans la Liturgie : 

Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech (Ps 109:4)

Ton Dieu t’a donné l’onction d’une huile d’allégresse comme à nul de tes rivaux (Ps 44:8).

A ce Roi divin saint Paul élève cette hymne magnifique dans l’épître aux Chrétiens de Colosses (4), en des termes qui mériteraient beaucoup d’heureux commentaires : Jésus est l’image du Dieu invisible, avant tous les êtres (en grec : le premier-né de toute créature), tête du Corps, de l'Église, le commencement, premier-né d'entre les morts. Et pour accomplir cette plénitude, ajoute Paul, Dieu a voulu tout réconcilier, en faisant la paix par le sang de sa croix, c’est-à-dire en nous laissant le miracle sublime et extraordinaire du Pain et du Vin de l'Eucharistie. Un don royal.

Le Bon Larron, lui, est le premier que Dieu a fait entrer dans son royaume, derrière son Fils, par qui nous sommes rachetés et nos péchés pardonnés, le premier aussi de ceux que Dieu a rendus capables d'avoir part à l'héritage du peuple saint, et qu’Il a arrachés au pouvoir des ténèbres

A la suite du Bon Larron qui fut baptisé dans son sang et par sa foi, nous avons reçu, au Baptême et à la Confirmation, l’onction sacrée du Chrême, qui nous a rendus participants de cette royauté divine. Nous sommes des rois ! Quelle dignité ! Mais aussi quelle tristesse quand cette dignité est blessée, tachée, bafouée, par nos péchés.

 

*       *       *

 

Apprenons à être rois de nous-mêmes, à nous gouverner saintement en conquérant les vertus que Jésus Roi nous a données en exemple : le pardon, l’humilité, la douceur. 

La béatitude Heureux les doux, ils posséderont la terre (Mt 5:4), devrait sans doute être interprétée ainsi : Donne-nous la grâce de dominer la terre par notre douceur royale.

C’est sans doute aussi ce que veut nous faire dire le Christ dans sa Prière. En effet, quand nous disons Que ton Règne vienne, ce Règne ne va pas tout d’un coup s’imposer à nous sans notre participation. Chacun est appelé à apporter sa propre pierre pour construire ce Royaume, en cherchant à devenir toujours plus “royal”. 

Si nous ne le voulons pas, nous n’empêcherons pas Jésus d’être Roi, puisqu’Il l’est, puisque déjà il possède le règne, la puissance et la gloire, comme nous le chantons à la Messe. Mais Jésus veut nous faire entrer dans ce Royaume, pour que nous soyons avec lui dans l’Eternité. 

Prions notre Roi d’Amour avec cette totale conviction : 

 Fais que toute la création, libérée de la servitude (du péché), reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin.

 

 

(1) Et une publicité très inconvenante, présentant une sorte de Bon Dieu dans les nuages, prétend qu’ “il n’y a rien au-dessus du Président”.

(2) Dans la Vulgate, ce sont les deux premiers Livres des Rois.

(3) Voir 1Ch 3:1-9.

(4) Les ruines de Colosses se trouvent près de l’actuelle Honaz en Turquie occidentale.

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 07:32

33e dimanche ordinaire - C

 

Déjà au chapitre 19 de saint Luc, Jésus avait pleuré sur Jérusalem (Lc 19:41-44), annonçant qu’il n’en resterait pas pierre sur pierre. En entendant la douloureuse plainte du Seigneur, les apôtres ne restèrent certainement pas indifférents, habitués à contempler ce magnifique édifice qu’était le temple de Jérusalem. L’historien juif Josèphe, qui fut témoin des années 60-70, en parle en des termes qui le font bien comprendre (VI Belli, VI). On rapporte traditionnellement que le Temple de Jérusalem était d’une splendeur jamais connue auparavant et jamais égalée par la suite.

C’est un peu comme si on nous annonçait la destruction totale et irréparable d’une cathédrale de Chartres ou de Strasbourg… Dieu le permettra-t-il ? La question travaille les Apôtres. Aujourd’hui, en 21:8 sq, Jésus leur indique davantage de signes, plutôt catastrophiques et inquiétants, et surprenants dans la bouche de Celui qui était venu apporter la paix aux hommes de bonne volonté.

 

*       *       * 

 

Qu’une ville soit détruite, cela était déjà arrivé à des villes célèbres comme Ninive, comme Babylone, Tyr ou Alexandrie ; Rome aussi subira maints saccages.

Certes, la destruction d’une ville entière est évidemment une horreur. Un cataclysme dévastateur, un tsunami, un ouragan, une explosion atomique qui laissent un spectacle de mort, de destruction totale, parfois irréparable, est une épreuve difficile pour les survivants (quand il y en a), les familles et pour nous tous qui en voyons des images dans nos journaux.

Mais Jésus nous apporte ici des réflexions d’un ordre beaucoup plus spirituel. 

Une maison, un monument, une voiture, un musée, un tableau magnifique, une collection de bijoux, un violon Stradivari…, qu’est-ce devant l’Eternité ? Les emporterons-nous dans l’Au-delà ? 

Et si nous les laissons pour nos héritiers, en profiteront-ils plus que nous, si tant est qu’ils survivent à la catastrophe ou à la guerre ?

Ecoutons bien alors l’avertissement du Christ, qui nous demande, qui nous supplie, presque, de regarder au-delà des événements historiques.

Au-delà des guerres, des tremblements de terre, des épidémies de peste, des famines, des faits terrifiants, de grands signes dans le ciel, il y a la Vie éternelle, la Vie qui ne finit pas, et qu’on ne pourra pas nous arracher : le plus important pour nous, est de nous préparer à la Vie éternelle de notre âme qui, elle, ne meurt pas après la mort.

Le Christ nous avertit très clairement : 

Prenez garde de ne pas vous laisser égarer.

N’allez pas vous effrayer.

Aurions-nous déjà oublié la constance des sept frères martyrs, que nous lisions dimanche dernier ?

La destruction de Jérusalem par Titus en 70 fut effectivement une horrible catastrophe. Complètement affamés, les Juifs qui y vivaient encore mouraient de faim et l’on y vit une pauvre mère rôtir et manger son petit nouveau-né. Saint Jérôme, dans son livre Sur Zacharie, VIII, rapporte que, non seulement il n’y resta pas pierre sur pierre, mais qu’on y passa la charrue. Le même historien Josèphe, déjà cité raconte que Titus n’en laissa qu’une partie des murs, pour y loger un camp, et deux des tours du temple, pour que la postérité pût se rendre compte de la force de l’armée romaine qui avait détruit le reste : Tout le reste fut à ce point abattu, détruit et aplani, qu’on pouvait à peine croire qu’on y avait habité (VII Belli, XVIII). 

Mais Jésus va au-delà de la Jérusalem historique. Notre Jérusalem, c’est aussi notre monde, qui ne reconnaît pas Dieu, comme les Juifs n’ont pas reconnu le Christ. 

Conflits nationaux et internationaux, explosions et attentats, déportations massives, maladies graves, catastrophes immenses (rappelons-nous le tsunami d’il y a quelques années, les tempêtes et les ouragans), persécutions : il semble que nous vivions bien au milieu de tous ces malheurs. Le XXe siècle écoulé a peut-être vu tomber autant et plus de martyrs que durant les dix-neuf autres siècles écoulés.

Tout cela non plus ne doit pas nous abattre. Un combat beaucoup plus grave nous attend : celui de rester debout avec la foi, en face des faux prophètes qui prétendront que Le moment est tout proche, ou même en temps de persécutions, car il n’est pas interdit de penser que notre Occident pourrait bien revenir à une persécution organisée contre l’Eglise, déjà bien amorcée par le matérialisme ambiant, ennemi de la religion. 

Jésus ne parle pas qu’aux Apôtres en leur disant qu’ on vous persécutera. Nous avons le droit de vivre une persécution, morale ou sanglante. Là encore, le Christ nous donne les armes de la résistance : Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. 

Les martyrs sont gagnants, parce qu'ils sont sûrs d'avoir la Vie éternelle en échange de ce qu'ils laissent, car ils échangent le secondaire contre l'essentiel, le temporel pour l’éternel, la mort pour la vie. Dans cette perspective, on comprend que chacune de nos actions, de nos pensées (chaque cheveu), soit précieuse aux yeux de Dieu. C'est que nous ne sommes pas des égarés perdus au milieu de galaxies : Dieu aime chacun de nous.

 

*       *       * 

 

C'est pourquoi s.Paul nous invite aujourd'hui à ne pas céder à la paresse, sous prétexte que bientôt tout sera fini ou au contraire que cette attente se prolonge trop. Lui, Paul, persécuté presque à chaque étape de ses voyages, et maintenant proche de sa condamnation à mort, continuait à opérer : Nous (lui et ses disciples, Timothée, Epaphras, Tite, Luc, et d'autres), nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d’entre vous. 

Il faut profiter de chaque instant pour préparer et conquérir le Royaume de Dieu. Chaque moment de notre existence est une grâce de Dieu. 

Récemment, une cause de béatification semble avoir été définitivement abandonnée, quand on sut qu'un jeune homme condamné par la maladie avait interrompu ses études. Saint Paul est sévère sur l'inactivité : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. C’est que la société ne manque pas de ces faux pauvres, irresponsables, qui se contentent de profiter des autres. Le livre des Proverbes, déjà, avait ses sentences savoureuses sur l’oisiveté ; en voici une : Le paresseux dit : Un lion sur la route ! Un lion sur la place ! (Pr 26:13).

 

*       *       * 

 

Nous devons donc nous préparer à rencontrer le Christ. Cela pourrait historiquement arriver tout-à-l'heure, demain, après-demain… Qu'ai-je fait de ma vie ? Quelle belle plante ai-je semée, pour faire éclore bientôt une fleur magnifique ? Ou au contraire, à quelle activité sans lendemain ai-je donné tant de temps ?

Quand Jésus sera là, où serai-je ? avec ceux qui commettent l'impiété, qui seront de la paille, ou avec ceux qui respectent le Nom de Dieu, pour qui se lèvera le Soleil de justice. C'est le prophète Malachie qui nous le demande, cinq siècles avant la naissance de Jésus. Or l'avènement que nous attendons n’est plus la naissance de ce Sauveur, mais notre rencontre personnelle avec le Fils de Dieu, notre nouvelle naissance, maintenant en cette vie, et définitivement quand de toutes façons nous laisserons cette terre.

 

*       *       * 

 

Avons-nous bien compris l’enseignement de Jésus-Christ et de saint Pa ul ? Avons-nous besoin d’autres références ?

Il n’y a pas, en effet, que les textes d’aujourd’hui qui nous invitent au détachement. Voyons encore : 

Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs perforent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel (Mt 6:19-20).

Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent (Mt 6:24).

Ne vous inquiétez pas pour votre vie (Mt 6:25).

Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps mais ne sauraient tuer l’âme… Vos cheveux même sont tous comptés (Mt 10:28,30).

A la messe, le prêtre élève cette prière confiante : Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.

Tous ces textes sont une invitation pour nous à réfléchir sur cette vérité de notre Credo, que nous répétons peut-être un peu machinalement chaque dimanche : 

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin…

J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.                      

ou bien, dans le Symbole des Apôtres : 

Je crois… à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

 

*       *       * 

 

Tous ceux qui seront restés fidèles dans leur cœur acclameront le Christ dans un débordement de joie qui ne finira plus. Le psaume 97 veut illustrer cette fête universelle dans une symphonie musicale triomphante avec la cithare et tous les instruments, au son de la trompette et du cor ; la mer, le monde et ses habitants, les fleuves, les montagnes ! Ce psaume est plein de joie, plein d'harmonies célestes, c'est tout le créé, désormais re-créé, qui joue pour Dieu !

 

*       *       * 

 

A la lumière de ces quelques réflexions, il est bon d’approfondir la Prière du jour : trouver notre joie dans notre fidélité, être toujours heureux même dans l’adversité, c’est tout un programme. Servir constamment le Créateur de tout bien, c’est véritablement entrer déjà dans l’Eternité. 

C’est la joie parfaite.

 

 

 

 

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