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11e Dimanche - C

 

Un thème commun réunit aujourd’hui la première lecture et l’évangile : l’adultère.

D’après notre Catéchisme, nous savons que deux des dix Commandements de Dieu en parlent : 

Tu ne commettras pas d’adultère (Ex 20:14 ; Dt 5:17).

Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain (Ex 20, 17).

 

*   *   *

 

Pour comprendre à quel point l'adultère est un grave péché aux yeux de Dieu, il faut lire le livre du prophète Osée, où Dieu montre l'importance de l'Alliance avec son peuple : en quelque sorte, Dieu a épousé la nation d'Israel selon une union indissoluble. Trahir cet amour est une transgression fondamentale, comme si l'on disait à l'être aimé : tu n'existes pas, alors que par amour chacun des deux a tout laissé pour se donner entièrement à l'autre.

Dans le livre du prophète Osée, Dieu compare Israel ni plus ni moins à une femme adultère, parce que le peuple s'est détourné de Dieu pour adorer de faux dieux, parce qu'il a perdu la foi au Dieu unique. Cet adultère spirituel est comme l'hérésie, ou l'idolâtrie.

Dieu impose même un châtiment terrible à ceux qui pèchent par adultère : la lapidation, pour enlever le mal du milieu du peuple (Deut 22:21). Cette loi terrible se comprend pour le Peuple choisi, que Dieu veut préserver de toute souillure et donner en exemple à tous les peuples alentour. Israël doit être un Peuple saint, parfait.

Mais à la longue, comme pour toutes les lois, et même en Israël, l’amour pour Dieu et pour la sainteté s’est refroidi ; même les dirigeants savaient se permettre de transgresser la Loi.

Le récit du second livre de Samuel nous montre aujourd’hui le comportement du roi David, ce roi choisi par Dieu (cf. 1S 16:1-13). Consacré par le prophète Samuel, inspiré de Dieu en beaucoup de points, il s’était pourtant permis de prendre plusieurs femmes, dont il avait eu beaucoup d’enfants.

 Plus grave encore, le péché de David avait consisté à faire mettre son général Ourias au plus dangereux de la bataille, pour qu’il fût tué “légitimement”, et que son épouse pût ainsi devenir “légalement” l’épouse de David.

C’est alors qu’intervient Nathan : au nom de Dieu il vient annoncer à David que l’épée ne cessera plus jamais de frapper (sa) maison. Effectivement, David souffrira beaucoup à cause de son propre fils, le fameux Absalom (cf. 1Paral 3:2) qui se retournera contre son père et le persécutera.

Mais malgré son grave péché, David reste grand aux yeux de Dieu : non pas parce qu’il est roi, consacré, ou chef d’état ; mais parce qu’il reconnaît immédiatement son péché, sans discuter, sans se disculper, sans se justifier : J’ai péché contre le Seigneur. C’est alors qu’il composa le magnifique psaume 50 : Contre toi, toi seul, j’ai péché ; ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait… Et Dieu lui pardonne immédiatement.

 

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Quand Jésus parle aux foules, cette même Loi est depuis longtemps comme mise en sourdine ; ceux qui la connaissent, veulent l'imposer aux autres, sans chercher d'abord à la vivre eux-mêmes : elle est devenue une loi sans vie, morte, comme certaines lois de nos codes, complètement obsolètes. Au temps de Jésus, l’ancienne Alliance a perdu toute sa vigueur ; on attend la Loi nouvelle, celle que Jésus doit apporter : et cette nouvelle Loi apporte le pardon à ceux croient en Jésus, Fils de Dieu, Sauveur. C’est au soir de la Résurrection, on s’en souvient (Jn 20:23), que Jésus remit aux Apôtres ce pouvoir de remettre les péchés, pouvoir qui fut ensuite transmis de siècle en siècle à tous les prêtres qui reçoivent le Sacerdoce du Christ.

Demander pardon à Dieu est le premier acte de foi qu'on Lui doit, car c'est le reconnaître comme Maître suprême, parfait, plein de miséricorde pour les pécheurs que nous sommes.

De cette femme pécheresse qui vient pleurer sur ses pieds et y répandre cette huile précieuse, Jésus voit la foi et le cœur repenti, et lui dit en effet : Ta foi t'a sauvée. Aux yeux de Dieu, cette pécheresse a vraiment observé la Loi, car elle est d’abord repentie au fond de son cœur.

Il faut bien remarquer que Jésus ne dit pas : Ce que tu as fait n'est pas grave ; mais pour Lui, un vrai amour repentant efface toute transgression, si grande soit-elle.

 

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Aux Galates, Paul dit bien : Ce n’est pas en observant la Loi qu’on devient juste, mais seulement par la foi en Jésus.

Combien doutent du pardon de Dieu ! Ils ont tort : Dieu accorde son pardon chaque fois qu’on le lui demande.

Précisons tout de même que le pardon existait bien, déjà, dans l'Ancien Testament. Ainsi : Je ne veux pas la mort de l'impie, mais que l'impie quitte sa voie et qu'il soit en vie (Ez 33;11) ; mais le sacerdoce de l'Ancien Testament ne pouvait pas remettre les péchés en offrant seulement des sacrifices d'animaux. Ces sacrifices étaient des sortes de compensations. Jésus, lui, prend sur lui nos fautes, s'immole lui-même : c’est Lui qui devient Le sacrifice parfait. Par son Sacerdoce nouveau, il donne aux prêtres le pouvoir de remettre les péchés, en Son nom.

La Messe commence toujours par un acte pénitentiel, on l’oublie un peu. Il serait dommage de passer dessus de façon un peu indifférente, parce que c'est toujours pareil ; vivons intensément ce moment-clé du dialogue avec Dieu ; ouvrons-nous à Lui humblement, sincèrement, avant de Lui présenter notre louange, notre offrande, et de recevoir l'Eucharistie. 

Nous ferions tous un grand pas vers la sainteté si, le soir avant de nous coucher, nous prenions quelques minutes pour reconnaître devant Dieu nos erreurs de la journée et Lui en demander pardon.

 

*   *   *

 

C’est une véritable joie de s’avouer pécheur et de recevoir l’absolution du prêtre, quand il vous dit :  Je te pardonne tous tes péchés. C’est cette joie qu’exprime le psaume du jour : 

Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis !

Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense…

Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés.

Oui, c’est tellement vrai qu’on se demande parfois si Dieu ne permet pas telle ou telle chute, pour que nous ressentions ensuite l’immense joie de nous en corriger.

De son côté, le prêtre aussi est infiniment heureux de pouvoir déclarer au pénitent cette phrase pleine d’une tendresse mystique : Je te pardonne tous tes péchés. Va en paix !

 

*   *   *

 

Luc mentionne plus bas Marie-Magdeleine, pécheresse elle aussi, maintenant totalement convertie et fidèle à Jésus. Désormais elle est en compagnie des autres : Jeanne de Kouza, Suzanne et beaucoup d’autres, dit l’Evangéliste, qui aidaient de leurs ressources Jésus et ses apôtres. Ces braves femmes comprenaient que Jésus et les Apôtres devaient bien, eux aussi, manger, dormir et se chauffer ; elles ont spontanément donné naissance au “denier du culte” moderne, l’unique ressource de nos prêtres.

Soit en se convertissant, soit en pardonnant, soit en s’entr’aidant, soit en enseignant, chacun contribue à la sainteté de l’Eglise, dans l’unité de l’amour de Dieu et du prochain. C’est cela habiter la maison du Seigneur tous les jours, et ce qu’attend de nous Jésus : Père, qu’ils soient un comme nous, dans l’amour (chant de communion).

Cherchons bien à observer les commandements de Dieu (Prière du jour), par amour vrai de Dieu, dont nous recevrons toujours le secours de la grâce.

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