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13e dimanche ordinaire-C

 

Nous entendons aujourd’hui l’appel qu‘Elisée reçoit d’Elie.

Elisée devait être d'une famille richissime, pour pouvoir labourer avec douze (!) paires de bœufs. C’est du moins ce qui est écrit dans le texte original. Notre traduction liturgique apporte une petite modification sans grande importance.

Dans l’évangile, nous voyons comment Jésus «appelle» à son tour, selon la disposition d’esprit des candidats. C’est l’occasion pour Jésus de nous donner trois leçons.

Dans le premier cas, bien que l’homme se sente disposé à Le suivre partout, Jésus voit qu’il n'est pas prêt : il ne l'invite pas (pas encore, disons).

Dans le deuxième cas, c’est Jésus qui appelle : Suis-moi ! Mais aussitôt, à cet homme qui veut d'abord enterrer son père, Jésus donne cette réponse assez énigmatique : Laisse les morts enterrer les morts. Tentons une explication : 

 Qui n'a jamais connu de conflits entre héritiers, après le décès d'un proche ? Eh bien, reconnaissons que ces héritiers cupides sont beaucoup plus "morts" intérieurement, que la personne défunte elle-même. Celui qui dans l'évangile d'aujourd'hui, voulait enterrer son père, n'était sans doute pas totalement libre quant à l'héritage paternel, et Jésus lui donne ce conseil : Ne t'occupe pas des biens terrestres, tu seras bien plus heureux d'annoncer le Royaume de Dieu. Abandonne les choses mortelles, et tu auras la Vie.

 Troisième cas de figure : J'arrive, Seigneur... mais pas tout de suite ! Cette attitude semblerait à première vue être celle d'Elisée : Attends que j'embrasse les parents, et je suis à toi. Mais il y a une grande différence entre les deux. Dans l'évangile, l'appelé répond "présent" tout en regardant en arrière : il n'est pas (encore) libre. Elisée, au contraire, laisse tout ; il immole sur place une paire de bœufs, qu'il fait cuire en brûlant sa charrue, de sorte que, de son état de laboureur, il ne reste rien : il appartient désormais à Elie, qui l'a appelé - et à Dieu.

 Il faut une réelle liberté intérieure pour suivre Jésus. Sans aller aujourd'hui au fond de la problématique de l'épître aux Galates, retenons de Paul son enseignement sur la liberté intérieure. Souvent notre réponse à l'appel de Jésus est ralentie par notre attachement à des réalités terrestres : biens matériels, argent, mode, voiture, moto, collection, liens affectifs, ambitions ; à d'autres moments, c'est notre propre "moi", notre rancune comme celle de Jacques et Jean, notre difficulté à pardonner du fond du cœur, ou d’autres défauts encore ; chacun connaît les siens…

 

*   *   *

 

Il y a une autre leçon, au début de l’extrait d’aujourd’hui. Jésus arrive dans un village de Samarie, où on lui refuse l’hospitalité. 

Nous sommes loin de la parabole du "bon Samaritain" hospitalier et même de l'entretien de Jésus avec la Samaritaine, qui était tout étonnée de cette gentillesse inhabituelle pour un Juif, Jn 4). Aujourd'hui, quand Jésus arrive en Samarie, on ne veut pas le recevoir parce qu'il se dirigeait à Jérusalem. Ignorance ? Racisme ? On ne reçoit pas Jésus à cause de ses liens avec Jérusalem : il est Juif ! 

Et voilà que les Fils du Tonnerre, Jacques et Jean, réagissent fortement : que la vengeance du ciel vienne mettre le feu à ce village ! Bien qu’ils suivent Jésus depuis déjà quelque temps, ils n'ont pas encore la "bonne" réaction, celle qui pardonne.

Jésus les réprimande : un vrai disciple du Seigneur n’a pas de rancune, pas de vengeance ! On ne va pas "punir" ces gens pour une porte qui se ferme ! L’évangéliste Luc, l'évangéliste du pardon, qui nous parlera bientôt du Fils prodigue et du Bon Larron, insiste sur cet enseignement du Seigneur sur le pardon : Faites du bien à ceux qui vous haïssent (6,27) ; ici, dit Luc, Jésus les réprimande ; dans un manuscrit, une addition fort intéressante ajoute aussi : Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Car le Fils de l'homme n'est pas venu perdre les âmes, mais les sauver. 

Patience, douceur, pardon ; ce n'est plus l'implacable loi Œil pour œil, dent pour dent.

En passant, relevons l’ironie de la situation : on vient de mettre à la porte Jésus, et quelqu'un vient lui dire : Je te suivrai, partout où tu iras.

 

*   *   *

 

 

Jésus se montre exigeant - et Il a raison de l'être, mais il ne condamne pas ses protagonistes, il les avertit seulement, comme s'il disait : Oui, embrasse tes parents, mais ne t'attarde pas, viens vite ! Il les aide à se mettre sur le bon chemin ; personne ne nous dit qu'ils n'aient pas effectivement renoncé, plus tard, à ce qui faisait obstacle à leur décision. 

 Saint François de Sales laissa un jour entrer au monastère une demoiselle qui, malgré son désir réel d'être consacrée, n'arrivait pas à enlever ses boucles d'oreilles : dans sa joie d'être "épouse du Christ", elle comprit bien vite d’elle-même et se dépouilla spontanément de ses "ornements" ! 

 Chacun a avec lui des "ornements", des obstacles à une réponse totale à Dieu. C'est l'amour réel de Dieu et du prochain qui en viendra à bout ; parfois, comme Elisée, certains ont la force d'âme de tout brûler d'un coup ; parfois, cette décision n'arrive que par étapes ; cela ne doit ni nous étonner ni nous décourager. 

 Qu'on soit déjà disciple de Christ comme Jacques et Jean, ou qu'on entende plus tard son appel, chacun de nous a un chemin différent des autres, que Dieu seul connaît. L'important est de "s'engager" de façon toujours plus totale, par amour de la Vérité : Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres (Jean 8,31-32).

 

*   *   *

 

Les Fils du tonnerre ont appris à être des Fils de lumière, à sortir de la nuit. C’est ce nous répétons dans la Prière du jour. 

Demandons à Dieu de tout notre être de nous sortir de la nuit de l’erreur, pour que nous soyons toujours rayonnants de vérité.

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