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15e dimanche ordinaire - C

 

 

La parabole du Bon Samaritain est une des plus connues ; chacun se souvient de l'indifférence des passants et de la charité de l'étranger qui vient en aide à ce blessé.

Mais dans une parabole, il faut faire attention à beaucoup de détails car Jésus ne donne aucun détail uniquement pour la petite histoire. 

Notre homme "descend de Jérusalem à Jéricho" ; géographiquement, Jérusalem est sur une montagne à environ 800 mètres d'altitude, tandis que Jéricho est tout en bas, dans la région située au-dessous du niveau de la mer ; et comme les deux villes sont assez proches, on imagine l'importante dénivellation du chemin ; un chemin tortueux, plein d'embûches, de cachettes, où les brigands foisonnent et épient les malheureux voyageurs imprudents.

Cette dénivellation géographique symbolise maintenant la différence radicale entre la Ville sainte, la ville de la paix (Ierusalem signifie “vision de paix”), le siège de la Vérité, et la ville de la chute, du péché, de l'erreur.

Notre voyageur est donc tombé dans l'erreur, il gît a terre, frappé par son péché. Le Bon Samaritain - le Sauveur, se penche sur lui, plein de miséricorde ; délicatement, il panse ses plaies (il corrige ses erreurs et les lui pardonne : certainement il y a aussi là une annonce du lavement des pieds du Jeudi Saint), il le hisse sur sa monture : cette monture où s'est assise la Divinité, le Sauveur y installe l'homme sauvé en le faisant participer à sa Divinité.

Qui a déjà eu l'occasion de soulever un grand malade ou un mort, sait combien pèse un corps inerte ; on imagine la fatigue du Samaritain qui doit hisser ce pauvre blessé jusque sur son âne ; c'est que Jésus a vraiment pris sur lui tous nos péchés, s'offrant lui-même pour les expier. 

De plus, Jésus ne demande rien au blessé : Qui es-tu ? As-tu des parents ? De l'argent ? Rien de tout cela, mais Il s'offre de lui-même : c’est le don divin de la Grâce.

Maintenant, le Samaritain conduit son blessé à l'auberge, c'est-à-dire que Jésus confie l'homme à son Eglise, à qui il donne deux deniers, ce qui fut interprété comme les deux pouvoirs du Christ : la Parole de l'Ecriture et les Sacrements, pour "prendre soin de lui" jusqu'à son retour. 

Avec la Parole de Dieu et les Sacrements, nous sommes garantis de recevoir tout ce qui est nécessaire pour gagner la Vie éternelle. Que peut donc suggérer de plus Jésus, quand il dit “tout ce que tu auras dépensé en plus” ? Que pourrait donc donner "en plus" le prêtre à qui incombe cette haute mission ? Quand on a lu la vie d’un saint prêtre comme s.Jean-Marie Vianney, on comprend que le prêtre ne doit pas se contenter de “faire” des bénédictions et des sacrements, il doit se donner personnellement, payer de sa personne, accepter bien des sacrifices et même des humilitations cuisantes.

Tant d’autres missionnaires, comme le Christ, après avoir tout donné, ont donné aussi leur vie, ont versé leur sang pour le salut des hommes. Cette vie, le Sauveur la leur rendra "à son retour", en leur donnant une place particulière dans le Ciel.

Jésus nous a montré ainsi comment il faut être le prochain de tout homme : en s'abaissant avec miséricorde vers le pécheur, et en l'élevant à la Vie nouvelle, la Vie divine à laquelle il le fait participer pleinement.

 

*   *   *

 

Unissant l'humanité et la divinité, Christ est vraiment le Chef de tout le Corps mystique. Chacun de nous fait partie de ce Corps, chacun de nous est un membre du Corps dont Christ est la Tête. Cette primauté est aujourd’hui l'objet d'un véritable hymne, de la part de l’apôtre Paul dans la lettre aux Colossiens. Christ, le Principe, est le Premier-Né dans la vie nouvelle, la Tête du Corps, celui qui réconcilie tous les êtres dans sa paix, par son Sang.

 

 

*   *   *

 

 

Jésus-Christ ne nous demande rien d’impossible. Si la charité nous demande parfois de gros efforts pour hisser les âmes sur notre âne, comme le Bon Samaritain, c’est l’amour inconditionnel de Dieu et des âmes qui nous donnera les forces nécessaires. Yahwé nous le dit clairement par la bouche de Moïse : Cette loi n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte” (Dt 30:11). 

 

*   *   *

 

Il ne faut pas non plus perdre de vue que cette parabole était une réponse au docteur de la Loi, qui avait posé sa question à Jésus pour le mettre à l’épreuve (en latin : tentans eum), donc avec une tout autre disposition du cœur que le jeune homme qui avait demandé sincèrement : Que dois-je faire pour gagner la vie éternelle ? (Mc 9:17-22). Ici le docteur de la Loi, après avoir posé sa question, revient à la charge et, pour se justifier, dit l’évangéliste, c’est-à-dire pour bien montrer que lui, le docteur, était un juste, et que tous devaient être comme lui, demande à Jésus qui est son prochain, s’attendant certainement à recevoir de Jésus un éloge de sa conduite, devant tout le monde. 

Or, pour les docteurs et pour les scribes, le “prochain” était seulement le Juif pratiquant, pas même un Juif “pécheur”, et encore moins un étranger. La réponse de Jésus remet alors chacun devant son devoir : celui qui m’est le plus proche est celui qui a reçu la même Vie que j’ai reçue, qui a été sauvé par le même Sang qui m’a sauvé ; donc : tout être, pour lequel le Sauveur donne sa Vie.  

Jésus a donné sa vie ; maintenant, il nous invite tous : Fais de même.  Plus tard, dans la même perspective, il répétera aux Apôtres : Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez comme j’ai fait (Jn 13:15).

 

*   *   *

 

C’est bien l’occasion, avec le psaume 18, de reconnaître que les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables, plus désirables que l’or, quand on voit que l’amour du Christ n’excepte personne.

Merci, Seigneur, pour ton Amour. Merci d'avoir versé ton Sang. Merci de nous avoir aimés le premier de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces. Merci de nous avoir assis sur ta Divinité royale. Avec toi et comme toi, nous aimerons Dieu sans partage, nous garderons cette "loi" perpétuellement dans notre âme, prêts à la proclamer et à la mettre en pratique.

Merci, Seigneur, de nous montrer la lumière de ta vérité (Prière du jour) quand nous sommes égarés, quand nous descendons de Jérusalem à Jéricho.

Ainsi, après avoir été incorporés à Ton Corps, à notre tour nous aimerons notre prochain comme nous-mêmes : tout ce que nous voulons qu'on nous fasse de bien, nous le ferons pour les autres, généreusement, sans compter, avec ta Parole et tes Sacrements, et nous accepterons de verser notre sang s'il le faut, pour témoigner de cet amour jusqu’à notre dernier souffle.


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