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18e dimanche ordinaire - C

 

 

Les passages de l'Ecclésiaste, du psaume 89 et de l'Evangile, que nous lisons aujourd’hui, pourraient nous suggérer des pensées pessimistes. Notre existence pourrait nous paraître sans importance : naître, souffrir, disparaître, dans un mouvement perpétuellement répété au fil des générations, pour arriver à un 21e siècle où les hommes continuent de se déchirer comme s'il n'avait pas encore été possible d'apprendre à vivre fraternellement, après des millénaires…

 

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Commençons par bien lire toutes les paroles du Seigneur dans l’Evangile : Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, ce qui sous-entend qu'on peut amasser avec une intention différente. Qui récolte en abondance pourrait penser à redistribuer l'excédent de sa récolte à un autre qui n'avait pas autant récolté. 

Cependant, l'appel de Jésus-Christ va bien au-delà d’une simple leçon d'économie sociale. Comme Jésus nous a enseigné à prier (c’était l’évangile de dimanche dernier), toutes nos actions doivent être orientées vers le Royaume de Dieu, de sorte que toute notre vie pourrait prendre ainsi un autre sens, parce que chaque petite chose de ma vie, si infime soit-elle, faite avec amour, sert à construire ce Royaume divin auquel Jésus nous appelle. 

Rien dans notre vie n’est sans valeur. On pourrait bien évoquer ici aussi cette phrase de Jésus, que vos cheveux mêmes sont tous comptés (Lc 12:7).

 

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Même si, d’après le psaume, mille ans sont comme hier et que notre vie humaine s’achève finalement très vite, même si nous devons bientôt laisser ce monde, nous devons y travailler de toutes nos forces, parce que notre place est un maillon indispensable dans l'immense chaîne humaine ; chacune de nos âmes a été voulue par l'amour du Seigneur ; il ne faut pas qu'à cause de ma défection, la chaîne se rompe.

Ainsi, continue le psaume 89, nous demandons à Dieu qu’il nous rassasie de (son) amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants, pour que Dieu consolide l’ouvrage de nos mains.  

Nous ne savons pas quand Dieu nous appellera, mais notre ouvrage doit être porté à la plus grande perfection possible, comme si de cet ouvrage dépendait la beauté du monde futur de la Résurrection. De sorte que, au moment voulu, nous pourrons humblement reconnaître : Mission accomplie !

La vie de Notre Seigneur, humainement parlant, est un échec, lamentable : après tant de succès, de miracles, d'acclamations, finir sur une croix avec des bandits, sous les huées des badauds. Mais en prenant notre humanité, en la mortifiant et en la ressuscitant, Il l'a portée à la gloire divine ; c'est là sa victoire.

 

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Sur les traces du Maître, ma mission est de devenir un Nouvel Homme, selon le dessein que Dieu a eu en me créant. C’est ainsi que saint Paul nous invite à être “morts avec le Christ”, c’est-à-dire à faire mourir ce qui appartient à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, appétit de jouissance. Cette traduction ne rend peut-être pas la force des termes de l’Ecriture ; plus précisément, Paul écrit exactement de faire mourir : la fornication, les actes immondes, les mauvais désirs, la concupiscence maligne, et l’avarice, qui est un esclavage d’idoles. 

Il ne sera pas vain ici de nous rappeler que la fornication - le comportement matrimonial hors du mariage - n’est pas ce qui est inscrit dans la loi divine. Dieu a confié à l’homme la mission de remplir la terre, de se multiplier, certes, mais dans la loi du mariage unique et saint. On considère facilement aujourd’hui le corps humain comme un objet de plaisir, ce qu’il n’est pas. Dieu ne nous a pas donné ce corps humain pour ne nous en servir que par plaisir ; on ne peut pas faire des actes d’amour en-dehors de l’amour créateur ; on ne peut pas même appeler amour ce qu’on fait en refusant les conséquences de l’amour (la vie à donner) ; l’amour ne consiste pas à faire des expériences, et des expériences qui deviennent finalement des habitudes. 

Ce n’est pas l’Eglise actuelle ou récente qui a condamné la fornication, c’est saint Paul déjà, et toute la sainte Tradition des saints hommes et des saintes femmes de l’Ancien Testament jusqu’à nos jours.

La fornication, comme les autres vices, font partie de ce vieil homme que saint Paul nous invite à faire mourir. 

Il serait hypocrite de prétendre qu'il soit facile de faire mourir le vieil homme ; oui, c’est parfois très difficile et Jésus le reconnaît le premier en disant que Ce sont les violents qui s'emparent du Royaume (Mt 11:12), car il faut aller jusqu’à se faire violence pour arriver à dire "non". 

On citait ci-dessus saint Paul, mais bien d’autres passions entravent notre ascension vers l’Homme Nouveau ! Certains font une lutte héroïque pour se détacher de certains esclavages : du tabac ou de l’alcool, de la télévision, des diplômes, de la vanité des honneurs humains ; il faudra aussi se détacher des collections, des modes vestimentaires, de toute ambition humaine, en un mot, de nos mille et mille autres petits défauts personnels cachés… Mais quelle libération ensuite ! C’est en faisant mourir sur la croix ce qui est terrestre (éphémère, vain, historique), que j’arriverai à m'identifier au Nouvel Homme, à Jésus-Christ. 

Cette conquête, toute spirituelle, me rendra pleinement libre, libre du monde, libre de l’histoire. C’est la vraie liberté des enfants de Dieu.

Alors notre vie prend maintenant un tout autre sens ! Si je suis appelé à une telle gloire, avec saint Paul je vais courageusement mettre à profit le reste de ma vie pour faire mourir sans tarder ce qui appartient encore à la terre, pour me débarrasser des agissements de l'homme ancien. 

Détail important, au passage : Paul ne nous demande pas de débarrasser "les autres" de leurs attachements terrestres ! Il ne s’agit pas de nous ériger en juges de nos voisins et de combattre leurs défauts. Non, mais mon combat concerne d'abord ma personne, mon moi personnel, et c'est déjà bien suffisant.

Si Paul nous dit qu'il n'y a plus ni Grec ni Juif, ni Israélite ni païen, ni barbare, ni sauvage, ni esclave ni homme libre, c’est que ces différences appartiennent à la terre, à l'histoire qui passe, à la vanité dont parle l’Ecclésiaste. Paul le dit encore ailleurs d'une autre façon, aux Corinthiens : Les choses visibles n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles (2 Co 4:18).

 

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Ce qui doit rester, c'est d'être avec le Christ, mort et ressuscité.  Et nous rejoignons ici la Prière du jour, qui nous fait demander à Dieu de restaurer (sa) création, c’est-à-dire de nous aider à lutter victorieusement contre le vieil homme, de retrouver notre innocence initiale - et de la conserver dans la lumière de la Résurrection.


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