Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

19e dimanche ordinaire - C

 

 

Pendant quatre dimanches, nous allons lire quelques extraits de la Lettre aux Hébreux.

Une trentaine d'années à peine après la Résurrection, ces nouveaux Chrétiens de Palestine ont déjà subi beaucoup de persécutions depuis leur récente conversion

 ; ils ont dû quitter Jérusalem, accepter de tout laisser derrière eux ; désormais, là où ils sont, ils célèbrent l’Eucharistie avec les autres Chrétiens, mais le souvenir de la Ville sainte, avec son temple récemment reconstruit et ses cérémonies grandioses, reste très présent dans leur cœur ; la tentation est forte de regretter le passé. L'épître qui leur est adressée veut les confirmer dans leur foi, leur rappelant la foi de leurs ancêtres, les exhortant à ne pas se laisser enfermer dans la nuit de l’épreuve.

 

*       *       *

 

La Foi ! Combien cette vertu doit-elle être forte, pour accepter les événements de la vie ! Pour que nous ne nous laissions pas si facilement décourager, l’épître nous donne l’exemple d’Abraham.

Quelle foi devait avoir Abraham, invité par Dieu à tout laisser, sans savoir où il allait, acceptant de vivre dans un campement. Quelle foi aussi pour croire qu’il allait être père, et Sara mère, alors qu’ils étaient déjà si âgés

. Et surtout quand Dieu lui demanda d’immoler ce fils unique, Isaac, l’héritier de la promesse… L’auteur de l’épître aux Hébreux vante la foi profonde, indéfectible, d’Abraham, qui pensait, déjà à cette époque, que Dieu peut aller jusqu’à resssusciter les morts, alors que l’on ne savait encore rien de la résurrection du Christ.

 

*       *       *

 

Plus tard, la foi a aussi accompagné les Israélites pour faire confiance à Moïse et aux promesses de Dieu : ce n’est pas anodin d’entendre toute l’Egypte hurler de douleur, à la suite de la mort subite du premier-né de chaque famille, et, au même moment, d’être invité à sortir de chez soi et de partir avec armes et bagages… vers le désert. C’est cette foi que les Juifs conservèrent en célébrant chaque année la Pâque, à laquelle se réfère notre première lecture.

 

*       *       *

 

Les textes d’aujourd’hui sont une invitation à rester éveillés, à conserver la foi malgré tout, à garder le cap de toutes façons. Quelle que soit l’épreuve, tous les hommes connaissent un jour ou l’autre cette “nuit” où il semble que tout s’effondre autour de nous. Nuit de la maladie, nuit de la persécution, nuit du doute, nuit de l’attente et de toute angoisse ; nuit laborieuse qui précéda la pêche miraculeuse (Jn : 21) ;  nuit de l’agonie et de la mort du Christ, nuit salvatrice certes, mais au prix de quelles souffrances ! 

Souvent nous trouvons trop longue, trop difficile, trop douloureuse, l’épreuve de la vie. Facilement notre foi chancelle et laisse échapper ces protestations mille fois entendues : Encore ! Toujours moi !

Quand on ne s’appuie que sur soi-même, on arrive bien vite à bout de résistance, et l’on se décourage. Tous ne sont pas comme cela : il y a des personnes frappées par la maladie ou quelque autre épreuve, qui ont le courage de dire : Oh, il y a plus malheureux que moi… C’est déjà là un commencement de redressement, de confiance en Celui qui peut tout : si quelqu’un qui est plus frappé que moi, a la force de résister, je pourrai moi aussi supporter telle ou telle épreuve passagère. La force nous viendra de notre Foi en Dieu. 

Croire en Dieu, c’est se détacher de soi-même.

 

*       *       *

 

Déjà dimanche dernier Jésus avertissait quiconque amasse pour lui-même au lieu d’être riche en vue de Dieu.  (Lc 12:21). Comme il est difficile de se détacher ! En s’adressant à son "petit troupeau", aux Apôtres, mais aussi à chacune de nos familles chrétiennes, Jésus veut nous y aider ; il nous invite à être un ferment au milieu de la société : Sois sans crainte, petit troupeau !

Quand Jésus nous invite aujourd’hui à vendre ce que (nous avons), Il ne nous invite pas à manquer de prudence pour les contingences quotidiennes de la vie, mais Il nous demande de nous séparer au moins de ce que nous croyons à tort indispensable, et dont nous pourrions très bien nous passer. De saints Evêques n’ont pas hésité parfois à vendre même les vases sacrés de l’Eglise pour venir en aide aux pauvres.

Il y eut dans l’histoire de l’Eglise des cas de Saints et de Saintes qui ont voulu pratiquer cette pauvreté dans l’absolu et ne dépendre que de l’aumône. Un cas très particulier fut celui de saint Benoît-Joseph Cottolengo à Turin, qui non seulement ne tenait pas de livre de comptes, mais encore distribuait le soir aux pauvres ce qui lui restait d’argent.

 

A la question de Pierre, Cette parabole est-elle pour nous ou pour tout le monde ?, Jésus ne répond pas directement ; Pierre doit le comprendre : nous sommes tous des serviteurs du même Maître ; à chacun il est conseillé d'être prêt. Les premiers à mettre en pratique cet appel, doivent être bien sûr les Apôtres, le petit troupeau, mais aussi après eux, tous ceux qui répéteront cet enseignement, les évêques et les prêtres, les parents, les professeurs, tous les responsables…

 

*       *       *

 

Rester éveillés, c’est garder la Foi pour être fort dans l’épreuve.

Les Chrétiens du IIIe siècle furent très surpris par la nouvelle persécution après une période d’accalmie de la part des autorités ; beaucoup tombèrent, parce que leur Foi avait tiédi, parce qu’ils s’étaient “endormis”. Ce furent les lapsi, ceux qui avaient “glissé”, et que certains refusaient de réadmettre dans la communion ; ils reçurent enfin le pardon après un temps de pénitence.

Beaucoup, beaucoup trop d’hommes, de femmes et surtout d’enfants orphelins, dans le monde, nous enseignent actuellement ce que signifie “tout quitter”, obligés à abandonner maison, village, terre, pâturages, troupeaux, tout, absolument tout, pour se réfugier sous des tentes des ONG, avec dans l’âme le seul souvenir de la mort et de la destruction. Ils savent ce que signifie partir sans savoir où l’on va, faisant l’âpre expérience d’être des étrangers et des voyageurs sur la terre. S’ils arrivent à dépasser ce déchirement et à refaire leur vie, ce sera une victoire exemplaire pour eux, mais que dirons-nous des responsables des guerres et de ces exils forcés ? Quel enseignement laissera à la postérité le XXe et le XXIe siècles ?

 

*       *       *

 

Combien de fois entendons-nous les hommes se plaindre : Que fait Dieu ? Pourquoi n'intervient-il pas ? Pourquoi tant de mal autour de nous ? 

La réponse n'est pas simple, mais une autre question devrait d'abord nous venir à l'esprit : Mais pourquoi l'homme s'est-il tant éloigné de Dieu ? Pourquoi les stades sont-ils pleins à craquer et les églises vides ? Pourquoi des discothèques assourdissantes et des chrétiens muets ? 

Qu'ai-je donné à Dieu, moi, pour espérer de Lui quelque chose ? Ai-je donné de mon temps aux autres ? Ai-je pardonné au pécheur, ou l'ai-je condamné en moi-même ? Ai-je accueilli au moins dans mon cœur l'étranger, ou l'ai-je méprisé ?

Beaucoup disent ne pas avoir de temps pour la foi, pour aller prier à l'église avec leurs frères… C’est trop d’une heure, une seule, pour participer à l'Eucharistie ! et combien en passons-nous, collés à la télévision ou à notre ordinateur ! Que n’est-on pas capable de faire pour assister sur place à un match, à un concert… 

Pas le temps de prier !

Avec Abraham, quittons nos habitudes, notre train-train, notre routine monotone et lasse, notre “métro- boulot-dodo” ; reprenons courage, quittons notre moi pécheur, réaffirmons notre lien filial à Dieu et, comme le dit la Prière de ce dimanche, nous serons capables d'entrer un jour dans l'héritage qui nous est promis.

 

*       *       *

 

Dans cette perspective, nous pouvons chanter avec le cœur libre ces versets du psaume 32 d’aujourd’hui :

 

Criez de joie pour le Seigneur !… Heureux le peuple dont le Seigneur est Dieu…

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour,

pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur.

 

 

Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens