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25e dimanche ordinaire - C

 

Le prophète Amos n'est pas tendre envers la société ; en ce lointain VIIIe siècle avant Jésus-Christ, Israël traverse une période sans guerres, la prospérité s'installe, la richesse aussi bien sûr… et les inévitables injustices sociales.

Plus on a, et plus on désire augmenter ses richesses, par tous les moyens, même illégaux. Au temps d'Amos, la nouvelle lune et le sabbat suspendaient les activités commerciales, et les commerçants attendaient avec impatience la fin des "festivités" pour reprendre leurs activités. Diminuer les mesures, augmenter les prix, fausser les balances ont été de tous les temps.

Saint Louis, captif en Egypte se comporta bien autrement : ayant su que, pour payer plus aisément la rançon, ses chevaliers avaient tenté de diminuer un peu le poids des pièces en or, il exigea d’eux une honnêteté absolue, ce qui édifia beaucoup le sultan musulman. Cette honnêteté est le fruit d'une réelle piété ; celle de s.Louis est légendaire : autant qu'il le pouvait il se levait tôt le matin pour assister à l'office des moines, ou bien encore il lavait lui-même les pieds des pauvres qu’il recevait à sa table.

 

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Le psaume qui suit nous fait louer le Dieu tout puissant, à qui rien n’est caché, puisque Dieu siège là-haut, mais il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre, jusqu’à relever le faible de la poussière, le pauvre de la cendre. Comprenons par là que Dieu ne considère pas le rang social de l’homme, mais récompense celui qui est juste, honnête, loyal, désintéressé, celui dont l’âme est droite.

 

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Plus on occupe une place élevée avec d’importantes responsabilités, plus on est en danger, car la moindre erreur sera lourde de conséquences. Aussi saint Paul recommande qu’on prie pour les chefs d’Etat et tous ceux qui ont des responsabilités.

A cette première recommandation, l'apôtre Paul aujourd'hui ajoute que les hommes (viri, les messieurs), prient en tout lieu, élevant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni dispute.

L’apôtre remarquait sans doute que les messieurs ont souvent un peu plus de respect humain pour ce qui concerne les manifestations pieuses. Rien de plus noble, pourtant, que de tracer sur soi un grand signe de croix bien fait, de s’agenouiller ou de s’incliner profondément devant le Saint Sacrement, d'égrener un chapelet, ou encore, comme dit l'apôtre aujourd'hui, d'élever des mains pures (c’est le terme original) - durant le Notre Père, par exemple. Bien compris, ce geste liturgique est d'une grande expression, pourvu que l'espace s'y prête et qu'on ne gêne pas ses voisins.

Ces attitudes, toutefois, ne sont toujours que des attitudes extérieures ; elles doivent refléter une attitude intérieure correspondante, comme le mentionne ensuite s.Paul : sans colère ni dispute, car toute dispute nous coupe littéralement de l’amour de Dieu et du prochain. Or, un des fréquents motifs de dispute, est justement l’argent, qui nous amène à la parabole d’aujourd’hui.

 

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L'homme riche de la parabole est en litige avec son gérant ; histoire d'argent encore une fois : détournement, fausses factures, blanchiment… ; notre vie quotidienne est tristement remplie de ces incidents qui troublent la paix, divisent les familles, brouillent les meilleurs amis. 

Comme dans toute parabole, les détails fournis par Jésus ont leur importance.  En l'occurence, le gérant fait ici le contraire de ce que ferait tout banquier : au lieu de chercher à récupérer de l'argent, il distribue ce qu'il n'a pas ; c'est que Jésus, comme dans la parabole des talents (Mt 25), nous invite à donner, car tout ce que nous avons, nous l'avons reçu pour le faire fructifier en faisant du bien aux autres. Ici, l’intendant agit comme s’il était le maître lui-même : il remet une partie des dettes des autres, un peu comme Jésus qui se chargera de la Croix pour nous la rendre moins lourde.

Dans la vie des Saints, on lit qu’ils continuaient de "donner" sans rien avoir : s.Jean Bosco se lançait dans des entreprises très coûteuses, sans un sou en poche, persuadé que Dieu allait se charger du financement, ce qui arrivait effectivement ; s.Joseph Cottolengo faisait encore "mieux" : il ne tenait pas de livre de comptabilité, ne vivait que des dons des bienfaiteurs, et distribuait le soir ce qui lui restait en poche ; et il faisait vivre ainsi plusieurs communautés, une véritable ville à l'intérieur de Turin.

 

L'argent est une conséquence du péché… et Jésus le qualifie de trompeur ; dans le texte : malhonnête, parce qu'à l'origine de toute richesse il y a, disons, quelque "tour de passe-passe", voire quelque malignité. En réalité, on ne peut dire que Jésus approuve vraiment la conduite de notre gérant ; il dit seulement que son maître l'a trouvé habile. Mqais ce que Jésus nous demande, en revanche, c'est d'utiliser nos "richesses" pour entretenir l'amitié : être charitable,  rendre visite aux malades, avoir un jugement miséricordieux envers les autres, aider quelqu’un à se tirer d’affaire, faire célébrer des messes pour les défunts… 

Quand nous viendrons à manquer (notre traduction est différente, mais c'est bien l’expression de Jésus, c'est-à-dire : quand nous serons morts), nos amis (au ciel) nous accueilleront volontiers dans les demeures éternelles : l'enjeu est de taille, et l'on ne peut que s'empresser de servir le prochain, par amour de Dieu avant tout et plus que tout. 

Lisons et retenons bien la suite. Jésus insiste bien clairement : Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. La traduction française a mis une majuscule à Argent, pour rendre mieux le mot de Jésus, Mammon, la personnification païenne de l’argent dans ce qu’il a de mauvais. Saint Paul dit bien, ailleurs, que tout avare est un esclave des idoles (Ep 5:5). Cela ne signifie pas qu’on ne puisse être plus riche qu’un autre, car s’il n’y avait pas de riches, il n’y aurait pas de pauvres ! Mais nous devons être “pauvres” dans l’usage de nos petites richesses, par l’amour de Dieu et du prochain.

 

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Tous les auditeurs de Jésus n’acceptaient pas volontiers cet enseignement. A la parabole d’aujourd’hui font suite, dans le texte de Luc, deux versets où Jésus s’en prend alors directement à certains pharisiens riches qui aimaient l’argent et se moquaient de lui : Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs. Car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût aux yeux de Dieu (Lc 16:14-15).


Serions-nous des pharisiens, nous aussi ? Peut-être. Mais il n’est pas trop tard : hâtons-nous de nous convertir, de nous faire des amis.

Nous le savons bien, et la Prière le répète : Toute la loi consiste à aimer (Dieu) et son prochain.

 

 

 

 

 

 

 

 

1 Saint Giovanni Bosco est fêté le 31 janvier ; saint Giuseppe Cottolengo, le 30 avril ; tous deux vivaient en Italie au XIXe siècle.

 

 

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