Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

32e dimanche ordinaire - C

 

Le mois de novembre, depuis la fête de tous les Saints jusqu'à celle du Christ Roi, nous place dans une perspective très accentuée vers l'Au-delà, tant par la pensée de la mort et de la résurrection, que celle du jugement dernier, du retour du Christ et de la Vie éternelle avec les Anges et les Saints.

 

*       *       *

 

Les livres des "Martyrs d'Israël" - comme on les appelle actuellement - sont les derniers des livres historiques de l'Ancien Testament et furent écrits un siècle environ avant la naissance de Jésus-Christ. Il est important de le noter, parce que nous y trouvons déjà des affirmations importantes sur la résurrection des morts, la prière pour les défunts, les mérites des martyrs, qui seront reprises et amplement développées dès l’Eglise naissante du premier siècle. 

Le récit d'aujourd'hui nous fait lire une petite partie des tortures subies par ces sept frères. Le chapitre entier est consacré à ce récit complet, qui relate d’autres détails (cf. 2M 7). Ne nous y arrêtons pas ici non plus ; ce qui compte, c'est la ferme espérance que nourrissent tous ces jeunes gens, de retrouver la Vie après cette mort terrestre. Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle, dit l'un ; tenant de Dieu l'espoir d'être ressuscité, dit l'autre ; et un autre encore, tendant ses mains qui vont lui être coupées : Ces membres que je tiens du Ciel, j'espère par lui les retrouver.

 

*       *       *

 

Cette certitude de la Vie éternelle existait bien avant aussi, mais par d'autres allusions. Jésus nous le rappelle dans l'évangile d’aujourd’hui : si Moïse parle du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'est que ces derniers sont bien vivants près de Dieu : quel intérêt y aurait-il à invoquer un Dieu de morts ?

Dans l’évangile, les interlocuteurs de Jésus inventent une situation invraisemblable, juste pour lui poser une "colle". Imagine-t-on en effet sept frères épouser successivement la même femme ! Mais ne nous moquons pas des Sadducéens, ces juifs qui ne croyaient pas à la résurrection. Combien de fois n'entend-on pas dire dans des conversations ordinaires, et même de la bouche de chrétiens, que "la vie d'après n'existe pas, parce que jamais personne n'en est revenu pour nous le dire" ? Bien que chaque dimanche nous répétions que nous croyons à la résurrection des morts, beaucoup montrent là-dessus des doutes, des craintes, des perplexités… Pourtant, que de “signes” avons-nous reçus de la part des Défunts, et ne serait-ce que les multiples manifestations de Jésus après sa mort et sa résurrection !

 

*       *       *

 

Or, même avant Jésus, déjà les juifs avaient coutume de lire et de commenter les psaumes. Le psaume 16 d'aujourd'hui a précisément cette finale très claire sur la résurrection : Au réveil, je me rassasierai de ton visage. On peut certainement y voir et y entendre le Christ parlant à Son Père, pendant la “nuit” de sa vie, de son agonie, de sa mort, et attendant l’heure de sa résurrection. Tout le psaume est la prière d’un Juste qui se sait innocent, mais qui, accusé de toutes parts, ne trouve son refuge qu’en Dieu. 

On pourra évoquer parallèlement le psaume 15 où s’exprimait aussi cette certitude : Ma chair reposera en sûreté ; car tu ne laisseras pas mon âme dans le shéol, ni ne laisseras ton Saint connaître la corruption ; plénitude de joie devant ta face, délices éternelles à ta droite.

Le sens de ces versets est assez clair. Peut-être que les Sadducéens lisaient ou chantaient ces psaumes sans y réfléchir, machinalement ; un peu comme nous "récitons" le Je crois en Dieu, qui s'achève précisément sur cette profession de foi en la vie éternelle.

Pour nous, chrétiens, nous avons au moins "une" attestation de la résurrection, par la résurrection tout-à-fait historique de Jésus-Christ. Saint Paul nous en a avertis : S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité, et vide est notre foi (2Co 15:13-14).

Il est vrai que la résurrection échappe à toutes les lois de la nature, à toutes nos expériences quotidiennes. Elle n'en demeure pas moins une réalité fondamentale.

 

*       *       *

 

C'est le sens qu’il faut trouver dans les paroles de saint Paul aux Thessaloniciens, la deuxième lecture d’aujourd’hui, dont nous allons souligner quelques expressions fortes : 

Laissez-vous réconforter par notre Seigneur lui-même, car si Jésus n’était pas ressuscité, il ne pourrait pas nous réconforter ; 

Dieu... nous a donné réconfort et joyeuse espérance : quelle espérance “joyeuse” pourrions-nous avoir, si nous n’étions pas appelés à la résurrection, comme le Christ ?

Qu'ils affermissent votre cœur…, que le Seigneur vous conduise à la persévérance pour attendre le Christ : ne nous laissons pas décourager par ce monde qui passe, mais encourageons-nous à rejoindre le Christ. 

Ces expressions ne sont pas banales ; gardons-nous de les lire trop rapidement, de les trouver évidentes sous la plume de l'Apôtre. Elles sont précisément une exhortation pressante à raviver notre foi, à ne pas nous endormir sur nos habitudes, sur notre train-train. Quelle merveille inouïe que cette résurrection ! Que serait notre vie, sans cette perspective ?

 

*       *       *

 

Quand nous comprenons quel sera le vrai but de notre existence, nous percevons mieux quelle valeur prend alors chaque instant de la vie : chaque minute est précieuse pour l'éternité. Mais comme c’est souvent difficile de rester fermes sur la route, nous demandons à Dieu dans la Prière du jour que, par Sa grâce, Il éloigne de nous tout ce qui nous arrête, toute entrave d’esprit et de corps. Déjà dimanche dernier, l’expression se trouvait dans la Prière : sans que rien nous arrête.

 

 

Pour l’homme, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible (Mt 19:26).


Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens