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33e dimanche ordinaire - C

 

Déjà au chapitre 19 de saint Luc, Jésus avait pleuré sur Jérusalem (Lc 19:41-44), annonçant qu’il n’en resterait pas pierre sur pierre. En entendant la douloureuse plainte du Seigneur, les apôtres ne restèrent certainement pas indifférents, habitués à contempler ce magnifique édifice qu’était le temple de Jérusalem. L’historien juif Josèphe, qui fut témoin des années 60-70, en parle en des termes qui le font bien comprendre (VI Belli, VI). On rapporte traditionnellement que le Temple de Jérusalem était d’une splendeur jamais connue auparavant et jamais égalée par la suite.

C’est un peu comme si on nous annonçait la destruction totale et irréparable d’une cathédrale de Chartres ou de Strasbourg… Dieu le permettra-t-il ? La question travaille les Apôtres. Aujourd’hui, en 21:8 sq, Jésus leur indique davantage de signes, plutôt catastrophiques et inquiétants, et surprenants dans la bouche de Celui qui était venu apporter la paix aux hommes de bonne volonté.

 

*       *       * 

 

Qu’une ville soit détruite, cela était déjà arrivé à des villes célèbres comme Ninive, comme Babylone, Tyr ou Alexandrie ; Rome aussi subira maints saccages.

Certes, la destruction d’une ville entière est évidemment une horreur. Un cataclysme dévastateur, un tsunami, un ouragan, une explosion atomique qui laissent un spectacle de mort, de destruction totale, parfois irréparable, est une épreuve difficile pour les survivants (quand il y en a), les familles et pour nous tous qui en voyons des images dans nos journaux.

Mais Jésus nous apporte ici des réflexions d’un ordre beaucoup plus spirituel. 

Une maison, un monument, une voiture, un musée, un tableau magnifique, une collection de bijoux, un violon Stradivari…, qu’est-ce devant l’Eternité ? Les emporterons-nous dans l’Au-delà ? 

Et si nous les laissons pour nos héritiers, en profiteront-ils plus que nous, si tant est qu’ils survivent à la catastrophe ou à la guerre ?

Ecoutons bien alors l’avertissement du Christ, qui nous demande, qui nous supplie, presque, de regarder au-delà des événements historiques.

Au-delà des guerres, des tremblements de terre, des épidémies de peste, des famines, des faits terrifiants, de grands signes dans le ciel, il y a la Vie éternelle, la Vie qui ne finit pas, et qu’on ne pourra pas nous arracher : le plus important pour nous, est de nous préparer à la Vie éternelle de notre âme qui, elle, ne meurt pas après la mort.

Le Christ nous avertit très clairement : 

Prenez garde de ne pas vous laisser égarer.

N’allez pas vous effrayer.

Aurions-nous déjà oublié la constance des sept frères martyrs, que nous lisions dimanche dernier ?

La destruction de Jérusalem par Titus en 70 fut effectivement une horrible catastrophe. Complètement affamés, les Juifs qui y vivaient encore mouraient de faim et l’on y vit une pauvre mère rôtir et manger son petit nouveau-né. Saint Jérôme, dans son livre Sur Zacharie, VIII, rapporte que, non seulement il n’y resta pas pierre sur pierre, mais qu’on y passa la charrue. Le même historien Josèphe, déjà cité raconte que Titus n’en laissa qu’une partie des murs, pour y loger un camp, et deux des tours du temple, pour que la postérité pût se rendre compte de la force de l’armée romaine qui avait détruit le reste : Tout le reste fut à ce point abattu, détruit et aplani, qu’on pouvait à peine croire qu’on y avait habité (VII Belli, XVIII). 

Mais Jésus va au-delà de la Jérusalem historique. Notre Jérusalem, c’est aussi notre monde, qui ne reconnaît pas Dieu, comme les Juifs n’ont pas reconnu le Christ. 

Conflits nationaux et internationaux, explosions et attentats, déportations massives, maladies graves, catastrophes immenses (rappelons-nous le tsunami d’il y a quelques années, les tempêtes et les ouragans), persécutions : il semble que nous vivions bien au milieu de tous ces malheurs. Le XXe siècle écoulé a peut-être vu tomber autant et plus de martyrs que durant les dix-neuf autres siècles écoulés.

Tout cela non plus ne doit pas nous abattre. Un combat beaucoup plus grave nous attend : celui de rester debout avec la foi, en face des faux prophètes qui prétendront que Le moment est tout proche, ou même en temps de persécutions, car il n’est pas interdit de penser que notre Occident pourrait bien revenir à une persécution organisée contre l’Eglise, déjà bien amorcée par le matérialisme ambiant, ennemi de la religion. 

Jésus ne parle pas qu’aux Apôtres en leur disant qu’ on vous persécutera. Nous avons le droit de vivre une persécution, morale ou sanglante. Là encore, le Christ nous donne les armes de la résistance : Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. 

Les martyrs sont gagnants, parce qu'ils sont sûrs d'avoir la Vie éternelle en échange de ce qu'ils laissent, car ils échangent le secondaire contre l'essentiel, le temporel pour l’éternel, la mort pour la vie. Dans cette perspective, on comprend que chacune de nos actions, de nos pensées (chaque cheveu), soit précieuse aux yeux de Dieu. C'est que nous ne sommes pas des égarés perdus au milieu de galaxies : Dieu aime chacun de nous.

 

*       *       * 

 

C'est pourquoi s.Paul nous invite aujourd'hui à ne pas céder à la paresse, sous prétexte que bientôt tout sera fini ou au contraire que cette attente se prolonge trop. Lui, Paul, persécuté presque à chaque étape de ses voyages, et maintenant proche de sa condamnation à mort, continuait à opérer : Nous (lui et ses disciples, Timothée, Epaphras, Tite, Luc, et d'autres), nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d’entre vous. 

Il faut profiter de chaque instant pour préparer et conquérir le Royaume de Dieu. Chaque moment de notre existence est une grâce de Dieu. 

Récemment, une cause de béatification semble avoir été définitivement abandonnée, quand on sut qu'un jeune homme condamné par la maladie avait interrompu ses études. Saint Paul est sévère sur l'inactivité : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. C’est que la société ne manque pas de ces faux pauvres, irresponsables, qui se contentent de profiter des autres. Le livre des Proverbes, déjà, avait ses sentences savoureuses sur l’oisiveté ; en voici une : Le paresseux dit : Un lion sur la route ! Un lion sur la place ! (Pr 26:13).

 

*       *       * 

 

Nous devons donc nous préparer à rencontrer le Christ. Cela pourrait historiquement arriver tout-à-l'heure, demain, après-demain… Qu'ai-je fait de ma vie ? Quelle belle plante ai-je semée, pour faire éclore bientôt une fleur magnifique ? Ou au contraire, à quelle activité sans lendemain ai-je donné tant de temps ?

Quand Jésus sera là, où serai-je ? avec ceux qui commettent l'impiété, qui seront de la paille, ou avec ceux qui respectent le Nom de Dieu, pour qui se lèvera le Soleil de justice. C'est le prophète Malachie qui nous le demande, cinq siècles avant la naissance de Jésus. Or l'avènement que nous attendons n’est plus la naissance de ce Sauveur, mais notre rencontre personnelle avec le Fils de Dieu, notre nouvelle naissance, maintenant en cette vie, et définitivement quand de toutes façons nous laisserons cette terre.

 

*       *       * 

 

Avons-nous bien compris l’enseignement de Jésus-Christ et de saint Pa ul ? Avons-nous besoin d’autres références ?

Il n’y a pas, en effet, que les textes d’aujourd’hui qui nous invitent au détachement. Voyons encore : 

Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs perforent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel (Mt 6:19-20).

Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent (Mt 6:24).

Ne vous inquiétez pas pour votre vie (Mt 6:25).

Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps mais ne sauraient tuer l’âme… Vos cheveux même sont tous comptés (Mt 10:28,30).

A la messe, le prêtre élève cette prière confiante : Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.

Tous ces textes sont une invitation pour nous à réfléchir sur cette vérité de notre Credo, que nous répétons peut-être un peu machinalement chaque dimanche : 

Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin…

J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.                      

ou bien, dans le Symbole des Apôtres : 

Je crois… à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

 

*       *       * 

 

Tous ceux qui seront restés fidèles dans leur cœur acclameront le Christ dans un débordement de joie qui ne finira plus. Le psaume 97 veut illustrer cette fête universelle dans une symphonie musicale triomphante avec la cithare et tous les instruments, au son de la trompette et du cor ; la mer, le monde et ses habitants, les fleuves, les montagnes ! Ce psaume est plein de joie, plein d'harmonies célestes, c'est tout le créé, désormais re-créé, qui joue pour Dieu !

 

*       *       * 

 

A la lumière de ces quelques réflexions, il est bon d’approfondir la Prière du jour : trouver notre joie dans notre fidélité, être toujours heureux même dans l’adversité, c’est tout un programme. Servir constamment le Créateur de tout bien, c’est véritablement entrer déjà dans l’Eternité. 

C’est la joie parfaite.

 

 

 

 

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