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Ascension - C

 

Cette année, la première lecture et l'évangile sont tous deux de Luc, et se complètent fort bien.

 

Le grand moment de la Séparation est arrivé : voici l’Ascension. Quarante jours, déjà, sont passés depuis la Résurrection. Jésus est apparu maintes fois aux uns et aux autres, les préparant à ce grand Jour, leur annonçant la venue de l’Esprit Saint, les instruisant sur la conduite de l’Eglise.

 

Toute séparation d’un être cher coûte, et l’on ne peut reprocher aux Apôtres d’éprouver des sentiments de tristesse, ou même de doute, au moment où leur Maître va les “quitter”.

*

 

Dans l'évangile, Luc semble enchaîner l'épisode de l'Ascension immédiatement après celui de l'apparition de Jésus aux Apôtres, le jour de la Résurrection : Puis il leur dit..., Puis il les emmena... 

Tout est dans le sens qu'on donne au mot "puis" ; dans l'évangile, ce mot sert à Luc à abréger son récit (qu'il reprendra dans les Actes des Apôtres) ; ici, "puis" pourrait se traduire par "plus tard". D'ailleurs, Jésus a très bien pu leur répéter plusieurs fois ce même discours, pour les convaincre toujours plus de l'accomplissement des Ecritures, jusqu'à leur ouvrir l'esprit pour comprendre ces Ecritures (Lc 24:45).

Jésus les emmène à Béthanie : ce site est proche de Jérusalem ; c'est là qu'habitait Lazare avec Marthe et Marie, qui Le recevaient. C'est là que se trouve le Mont des Oliviers, où Jésus fut arrêté. Et c'est là que Jésus prend congé des Apôtres.

On s’étonnera que Matthieu parle de Galilée, tandis que Luc, l’auteur des Actes des Apôtres, parle de Béthanie, qui est tout près de Jérusalem. On pourra très vraisemblablement comprendre que Jésus ait rencontré ses Apôtres “aussi” en Galilée, avant de les revoir près de Jérusalem ; d’ailleurs dans l’Evangile de Jean, il est dit que les Apôtres étaient revenus au lac de Tibériade, où ils pêchaient : ce n’est pas dans les eaux salées de la Mer Morte, près de Jérusalem, qu’on pouvait trouver beaucoup de poissons... 

Un détail du récit évangélique est ici particulièrement réconfortant, c'est que les Apôtres s'en retournèrent à Jérusalem remplis de joie : ceci démontre aussi la réalité de la Résurrection, car ils n'auraient certainement pas éprouvé un tel sentiment si Jésus avait purement et simplement disparu après la mort, en les abandonnant à eux mêmes.

Justement, Jésus ne les laisse pas orphelins (Jn 14:18), mais Il leur promet une force venue d'en haut. Cette Force sera l'Esprit, qu'ils recevront dix jours après l'Ascension, au jour de la Pentecôte. 

Ensuite, dit le texte évangélique, ils étaient sans cesse dans le Temple, tandis que les Actes disent qu'ils étaient au Cénacle. Ils étaient ensemble au Cénacle pour parler entre eux, pour organiser leur vie quotidienne, leurs repas ; le cénacle n'était toutefois pas très loin du Temple, où ils se rendaient donc pour prier, pour participer aux rites, en attendant de "codifier" leurs propres cérémonies, la célébration de l'Eucharistie, la proclamation de la Parole.

 

*

 

Le bref psaume 46 a été choisi pour son allusion à la "montée" : Dieu s'élève, et pour la description de sa majesté

Un verset est ici à noter particulièrement : le trône sacré de Dieu, que d'autres traductions rendent par "trône de sainteté" (en latin : super sedem sanctam suam, "sur son siège saint"). Certes nous ne concevons plus un Dieu Créateur et Tout-puissant, assis sur un trône somptueux, de métal précieux et confortablement enfoncé au fond de coussins voluptueux ; l'auteur sacré, lui, décrit sa vision avec les termes de sa culture historique : il ne peut imaginer le Roi du ciel autrement qu'un roi terrestre, avec son trône ; mais ici ce trône est tout différent : il est tout en sainteté, d'une matière qu'on ne connaît pas sur terre, c'est le Lieu sacré où est Dieu, trois fois Saint.

Ce Lieu saint par excellence fut d’abord le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, dont il va être question maintenant, dans l'épître aux Hébreux.

 

 

*

 

Le thème central de cette épître est une démonstration majestueuse de la supériorité du Sacerdoce du Christ, sur le sacerdoce de l'Ancienne Alliance, dans laquelle il fallait sans cesse renouveler et les prêtres et les sacrifices. Jésus, lui, a offert "le" Sacrifice unique et définitif qui ouvre la Vie éternelle à tous les hommes.

Le rideau du sanctuaire était ce tissu qui séparait du regard des fidèles le Saint des Saints. Dans la première partie du sanctuaire - le Saint -, se trouvaient les candélabres, la table pour la présentation des pains. Derrière le voile, se trouvait le Saint des Saints, où se trouvait l'encens, l'arche de l'alliance recouverte d'or, contenant les tables de l'Alliance et le bâton d'Aaron. Les prêtres entraient régulièrement dans le Saint pour offrir les sacrifices, mais seul le Grand Prêtre entrait dans le Saint des Saints, une fois par an, avec le sang des sacrifices, pour ses propres péchés et ceux du peuple entier.

Voilà ce qu'a fait Jésus : passant du tabernacle de la nature humaine au sanctuaire du Ciel, à travers le voile de la mort, il a brisé le lien de la mort, il est entré dans le vrai sanctuaire éternel, présentant à Dieu son propre sang et notre propre nature humaine, désormais vainqueur de la mort et du péché. 

Les sacrifices du Temple étaient les images du Sacrifice du Christ, et ont trouvé en Lui leur accomplissement. Désormais, explique saint Paul aux Hébreux récemment convertis, il n'est plus nécessaire d'offrir encore des boucs et des veaux (He 9:12). Dans la Loi, était déclaré impur qui avait eu un contact physique, extérieur, avec un cadavre ou un objet impur ; il était alors exclu du temple. Mais le Sang du Christ purifie désormais nos consciences, il efface nos péchés. La purification n'est plus seulement charnelle, elle est intérieure, spirituelle, elle engendre une vie nouvelle.

 

*

 

Que les prêtres continuent d'offrir chaque jour le Sacrifice de la Messe ne signifie pas qu'ils multiplient le Sacrifice du Christ : c'est toujours le même Sacrifice qui se répète dans le temps, par la volonté de Celui qui a commandé aux apôtres : Faites ceci en mémoire de moi. Cette célébration est une source de grâces pour les fidèles, qui peuvent ainsi participer visiblement à cet unique Sacrifice que le Christ a consommé il y a deux mille ans.

L’épître aux Hébreux n'est pas très lue et elle contient des choses difficiles. Mais le message de cette solennité de l'Ascension est clair : en montant au ciel avec notre nature, Jésus a exalté cette nature humaine en la glorifiant, en la présentant à son Père, victorieuse du péché. 

Ainsi, l'Ascension de Jésus est déjà notre victoire (Prière du jour).

 

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