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Avent 3e dimanche - A

 

Lors du deuxième dimanche de l’Avent, l’évangile nous a présenté plus particulièrement la figure de saint Jean-Baptiste. Aujourd’hui, nous allons entendre ce qu’en dit Jésus-Christ lui-même.

La sainteté de vie de Jean-Baptiste était connue de tout le monde, et Jésus n’a pas à le redire. Mais Jésus s’applique à montrer comment les Ecritures sont en train de s’appliquer, et l’évangéliste Matthieu ne manque jamais une occasion pour relever l’application des prophéties.

Jésus citera dans l’évangile le verset du prophète Malachie : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi (Ml 3:1). 

 

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Mais surtout - et c’est le texte de la première lecture - Jésus Christ rappellera Isaïe : Les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

L’extrait d’Isaïe est une acclamation au Dieu qui arrive pour redonner toute sa joie et sa gloire à son peuple.

 

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En réalité, le texte d’Isaïe est un peu différent, mais Jésus le cite, sinon pas mot-à-mot, du moins selon sa vraie signification.

Pourquoi Jean fait-il demander à Jésus si c’est bien lui qui doit venir ? Ne le savait-il pas, lui qui avait déjà tressailli de joie quand les deux futures mamans, Elisabeth et Marie, se sont rencontrées (cf. Lc 1) ? 

En réalité, Jean n'a aucun doute sur Jésus mais, pour convaincre ses disciples, très pédagogiquement, il va les amener simplement à constater les faits, et c'est bien ce que Jésus va les aider à faire.

On remarquera cependant qu’aux versets d’Isaïe, Christ ajoute que les lépreux sont purifiés, et les morts ressuscités. 

Avant le chapitre 11 de Matthieu, que nous lisons aujourd'hui, Christ a déjà fait beaucoup de miracles, de guérisons multiples (chapitres 8-9), mais au nombre desquels on ne voit toujours qu'un seul lépreux (8:1-4) et une seule résurrection (9:18-26). Pourquoi donc Jésus parle-t-il, au pluriel, des lépreux et des morts ? 

Une réponse facile serait de supposer que l’évangéliste n’a pas raconté tous les miracles accomplis par Jésus ; hypothèse d’ailleurs très plausible. Mais on peut dire plus.

Il a été précédemment parlé de la lèpre, lors du 28e dimanche ordinaire de l’année C.

Dans la loi de Moïse, la lèpre était le signe d'un grave péché, le lépreux était exclu du camp (Lv 13:46) ; on ne disait pas guérir de la lèpre, mais être purifié, comme pour dire «être absout de son péché». Si "les" lépreux sont purifiés, cela veut dire que les pécheurs reçoivent le pardon de leurs péchés ; mieux, si "les" morts ressuscitent, cela signifie que ceux qui vivaient dans la mort spirituelle (dans le péché, hors de l'espérance, sans Dieu), retrouvent la vie, la vraie vie : la grâce de Dieu.

En quelque sorte, la réponse de Jésus est une confirmation de la mission de Jean : il a invité les foules à se convertir, leur a demandé d'aplanir les routes devant Celui qui vient ; eh bien, effectivement, voilà que les pécheurs peuvent revenir à Dieu, parce que l'Agneau de Dieu est là, qui va prendre sur lui les péchés de tous les hommes. La mission de Jean est tout-à-fait authentique, d’origine divine, et elle va bientôt s’achever parce qu’elle porte ses fruits. On sait que Jean sera décapité peu de temps après.

Jésus fait ainsi un éloge grandiose de Jean. Si les critiques récents ont parfois tamisé l'Ecriture et cherché tous les arguments possibles pour mettre en doute l'existence de certains personnages bibliques, jamais l'historicité de Jean Baptiste n'a été mise en cause. 

Signalons ici que, relativement récemment, un examen scientifique approfondi a été confié à des spécialistes pour analyser des ossements qui auraient appartenu à Jean-Baptiste ; sans savoir de qui il pouvait s’agir, ces scientifiques conclurent que l’homme en question devait être végétarien, fils de parents âgés, et du premier siècle de notre ère, détails qui coïncident parfaitement avec ce que l’on sait du saint Précurseur du Christ.

Là encore Jésus ne s'arrête pas à la considération humaine, historique ; certes, Jean est un personnage incontournable par sa mission exceptionnelle, mais surtout il est grand parce qu'il nous montre le chemin du Royaume. 

 

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Entre les deux textes d’Isaïe et de Matthieu, nous avons maintenant un extrait du psaume 145 et un autre de l’épître de Jacques.

Le psaume allude également à la guérison : le Seigneur délie les enchaînés, parce qu'Il leur remet leurs péchés ; Il redresse les accablés, parce qu'Il prend sur Lui nos péchés ; Il soutient la veuve, parce que toute âme pécheresse est comme une femme qui a perdu le soutien de son mari défunt, et Jésus lui rend ce soutien ; l'orphelin aussi, parce qu'un enfant sans parents n'a plus d'héritage, tandis que recevoir l'enseignement de Jésus nous garantit l'héritage de la Vie éternelle.

 

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Pour qui l’apôtre Jacques écrit-il ces mots : en attendant la venue du Seigneur ?

Puisque cette lettre est datée de l’année 49 environ, elle ne parle certainement pas de la venue historique du Christ, qui est déjà mort quinze ans plus tôt.

Désormais, dans l’ère chrétienne, nous devons chaque jour «attendre» le moment de notre rencontre avec le Christ. Comment pouvons-nous donc le rencontrer ?

Dans les sacrements, et tout particulièrement dans l’Eucharistie, mais bien sûr aussi dans le sacrement de la Réconciliation, ne l’oublions pas. Avons-nous pensé, au milieu de nos préparatifs des fêtes de Noël, à réserver un temps suffisant pour cette rencontre sacramentelle ?

Nous devons aussi chercher à rencontrer le Christ dans l’Ecriture, dans son message et son appel à la conversion et à la sainteté. Lisons-nous quelquefois, en dehors de la messe, quelques pages de l’Evangile ?

Nous pouvons aussi Le rencontrer dans chacun de nos frères, nos malades, nos pauvres, tous les «oubliés». Avons-nous une pensée, une démarche, pour ces malheureux ?

Et enfin, nous rencontrerons le Christ, inexorablement, au dernier jour de notre vie, lorsqu’Il lui plaira de nous appeler et que nous ne pourrons certainement pas lui dire d’attendre encore un peu.

Les Prophètes, sauf Jean-Baptiste, n’ont pas eu la joie de rencontrer Jésus personnellement, mais ils se sont tenus intérieurement en lien étroit avec le Sauveur. A notre tour, nous qui ne voyons pas physiquement le Christ, nous devons avoir cette endurance et cette patience des prophètes. 

Dans cette attente, nous pouvons déjà faire beaucoup de choses qui changeront notre vie. Avec l'Evangile, avec la prière, avec les sacrements, nous pouvons obtenir la guérison de notre surdité et entendre la Voix de Dieu ; de notre cécité et admirer les gestes divines ; de notre mutisme et proclamer la gloire de Dieu ; de nos membres boîteux et marcher désormais dans la voie de Dieu ; de notre lèpre et être purifiés de nos péchés ; de notre mort spirituelle enfiin, et vivre d'une vie nouvelle.

Bien sûr, je ne "guérirai" peut-être pas instantanément, soit parce que je n'irai pas voir le médecin de mon âme, soit parce que je ne prendrai pas les médicaments qu'il m'aura donnés, soit parce que ces médicaments seront lents à agir (d'autant plus lents que j'aurai laissé la maladie gagner du terrain...) ; mais si je suis "patient" comme les prophètes, comme Jésus qui m'attend et qui frappe inlassablement à la porte de mon coeur, certainement je guérirai.

 

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En marge des cadeaux, des repas abondants, des guirlandes et de toutes ces joies extérieures, faisons que le fête de Noël soit vécue, comme le dit la Prière, avec un cœur vraiment nouveau.

 

 

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