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2e dimanche de Carême - A

 

 

Ce deuxième dimanche de Carême comporte toujours un des récits évangéliques de la Transfiguration. Comme Jésus avec les Apôtres, l’Eglise nous fait vivre ce moment solennel avant la Passion, pour que nous soyons réconfortés par la vision de sa gloire future. 

C’est aussi le quatrième des “mystères lumineux” du Rosaire, récemment instaurés par le pape Jean-Paul II.

Il y a peu, le pape Benoît XVI écrivait ceci dans son Message de Carême (2011) :

L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. La communauté chrétienne découvre qu’à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite dans un lieu à part, sur une haute montagne (Mt 17,1) afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le» (v.5). Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. He 4,12) et affermit notre volonté de suivre le Seigneur. 

Jésus n’a pas pris avec lui tous les Apôtres ; il a pris les trois qui seront aussi avec lui au moment de son agonie à Gethsémani, et qui seront ensuite les trois colonnes de la première évangélisation, Jacques à Jérusalem, Jean à Ephèse, Pierre à Antioche puis Rome. Eux, qui devaient entendre Jésus prier son Père à Gethsémani, le voir arrêter par les prêtres et les soldats romains, puis horriblement maltraité avant d’être crucifié, avaient besoin d’avoir cette vision consolante de la Transfiguration.

Moïse est là, avec Elie. 

Moïse préfigure Jésus Christ : il a fait sortir le peuple d’Israël de l’esclavage jusque dans la Terre promise, et Jésus, par son sacrifice, va nous faire sortir de l’esclavage du péché.

Elie, qui fut enlevé au ciel sur un char de feu dans une sorte d’ascension prophétique, représente ici l’ensemble des prophètes qui ont annoncé la naissance, la vie, la passion, la résurrection de Jésus-Christ. 

La présence de Moïse et d’Elie sur le Thabor, avec Jésus, atteste l’authenticité de leur mission. Pierre le sent bien, qui s’offre à construire trois tentes, pour Jésus, pour Moïse et pour Elie. Par le terme de tentes (tabernacula), Pierre entendait non pas des abris pour camper, mais des sortes de piédestals couverts, pour honorer ces trois Personnages très saints, de la même façon que notre Tabernacle abrite le Saint-Sacrement, la présence vivante du Christ dans nos églises.

Comme Moïse sur le Sinaï, les apôtres entendent la voix du Père. Comme on les envie ! A vrai dire, ce n’est pas la première fois : lors du baptême de Jésus (nous l’avons lu en janvier dernier), ils ont déjà entendu cette voix, et presque les mêmes mots : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour (Mt 3:17).

Au début de la vie publique de Jésus, les apôtres n’étaient peut-être pas encore bien certains de la mission divine du Christ. Mais maintenant, après trois années de conversations, d’instruction, de miracles, ils sont bien certains que le Christ est le Fils de Dieu, dont ils reconnaissent parfaitement la voix paternelle : cette fois-ci, ils en conçoivent - dit la traduction française - une grande frayeur ; disons plutôt une sainte crainte, car le latin timeo signifie dans l’Ecriture craindre, au sens de respecter profondément. La crainte de Dieu, ce précieux don de l’Esprit-Saint, ne nous fait pas avoir peur de Dieu, mais nous le fait aimer et respecter, avec le désir intime de toujours Lui plaire.

Nous voyons que les apôtres tombent la face contre terre, en profonde adoration devant la présence divine. 

Lors du baptême, le Père a solennellement révélé aux apôtres que Jésus était son Fils ; aujourd’hui, peu de temps avant la Passion, le Père leur dit en plus : Ecoutez-le ! Comme si Dieu leur disait (et à nous aussi, bien sûr) : «La mort de Jésus ne sera que pour un instant, sachez qu’il vivra, écoutez-le toujours, n’oubliez pas ses paroles, il sera toujours avec vous»

Comme Jésus connaît bien ses amis ! et comme il nous connaît bien ! Il sait bien qu’à la moindre déception nous perdons courage ! Il sait bien qu’à son arrestation à Gethsémani, presque tous les Apôtres vont déguerpir comme des petits lapins affolés ! 

La voix du Père est là pour nous redonner force : Vous souffrez ? Vous êtes découragés ? Vous voulez partir ? Attendez : regardez Jésus qui s’offre pour vous, fidèle ; suivez-Le : Ecoutez-Le !

 

*       *       *

 

Suivre Jésus qui obéit à son Père, c’est imiter Abraham quittant son pays pour venir en Canaan, c’est toujours la meilleure voie. Abraham ne savait pas où il partait, mais il faisait confiance à l’ordre de Dieu. On peut dire qu’il est mort en Chaldée, pour venir vivre en Canaan. 

Il faut oublier beaucoup de choses, pour écouter et suivre Jésus. Si les Apôtres ont abandonné Jésus à Gethsémani, leur désarroi n’a duré que deux jours à peine ; bien vite ils se reprirent : à la Résurrection, ils se sont retrouvés avec Marie, Thomas a cru, Pierre a pleuré sa faute et demandé pardon, et tous sont partis évangéliser le monde.

 

*       *       *

 

Dieu veille sur ceux qui le craignent, dit le psaume 32 - c’est la crainte dont on parlait précédemment -, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. Abraham ne connaissait pas encore ce psaume, mais il l’a vécu par anticipation. Il est parti, sur la parole de Dieu, et devint une grande nation.

Les Apôtres sont partis, saint Paul à son tour, tant et tant de Saints, de Missionnaires, hommes et femmes, sont partis, porter la Bonne Nouvelle aux régions les plus reculées, pour faire entendre la voix du Père à tous les hommes.

Que la lecture du voyage d’Abraham soit aussi pour nous l’occasion de penser à nos frères chrétiens chaldéens persécutés en terre d’Irak, qui ne peuvent pas même se réfugier “en Canaan”, en Palestine, au Liban, à cause de la haine implacable qui se déchaîne dans toutes ces contrées… Eux aussi, dans leur épreuve, attendent une résurrection.

 

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Tous ces hommes prennent leur part de souffrance pour l’annonce de l’Evangile. 

C’est saint Paul qui l’écrit à Timothée ; il sait qu'il est condamné à mort, qu'il va mourir, et il ne se dérobe pas : il unit son sacrifice à celui du Christ. Paul après sa conversion, puis ses disciples, Timothée entre autres, toute la longue lignée des Martyrs de tous les temps, jusqu’à ce vingtième siècle écoulé, si hostile à Dieu et si meurtrier - ont pris part à ces souffrances et les ont acceptées en union avec celles du Christ, dans l’attente de la Résurrection.

 

On pourra redire ici ce vieil adage latin : 

Sanguis Martyrum, semen Christianorum : le sang des Martyrs, c’est une semence de Chrétiens.

 

 

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