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3e dimanche de Carême - A

 

 

Ce troisième dimanche de Carême (année A) fait allusion à l’eau, l’eau qui purifie, l’eau qui raffraîchit, l’eau de notre baptême. Prochainement, à Pâques, beaucoup de catéchumènes vont recevoir cette eau baptismale.

Dans l’Ancien Testament, l’eau est maintes fois présente. Par exemple dans la Genèse, Dieu sépare les eaux d’en-haut et les eaux d’en-bas, puis la mer et la terre, puis il peuple l’eau de nombreux poissons (Gn 1:6,7,9,20). Il semble que l’eau n’ait pas été créée, qu’elle subsistait déjà avant la création, comme si elle faisait partie de la créativité-même de Dieu, auteur de la vie. Le philosophe grec Thalès (6e s. avant J.C.) mettait d’ailleurs dans l’eau l’origine de la vie.

Mais Dieu se servit aussi de l’eau pour purifier la terre, dans le déluge à l’époque de Noé (Gn 6-9). De cette purification naquit une nouvelle ère. Au passage de la Mer Rouge, le peuple choisi put sortir indemne, tandis que l’eau ensevelissait le peuple oppresseur, symbole du mal (Ex 14-15).

Un autre passage très célèbre de la Bible, est cette vision du prophète Ezéquiel, qui voit surgir du côté droit du temple une source d’eau abondante (Ez 47).

 

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La première lecture de ce jour nous met en présence du peuple juif dans le désert, assoiffé, et récriminant contre Moïse.

On aura soin de remarquer la dernière phrase de cette lecture, où les pécheurs allèrent jusqu’à provoquer directement la puissance de Dieu : Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou pas ? Il est assez fréquent d’entendre ce genre de réflexions : Mais pourquoi Dieu fait ceci, permet cela ? comme si Dieu devait nous consulter pour intervenir dans la marche du monde.

 

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Le psaume 94 va nous aider à surmonter cet esprit de révolte : Ne fermez pas votre cœur comme au désert où vos pères m’ont tenté.

Quand on a vraiment foi en Dieu, on ne discute pas avec Lui. 

Ce psaume 94, qui ouvre la prière du Bréviaire chaque matin, nous invite à passer au-delà de ces questions trop humaines. Au contraire : Crions de joie - prosternez-vous, adorons le Seigneur (le texte dit plutôt : fléchissons le genou) - Ne fermez pas votre cœur

Dans toutes nos épreuves, nous devons garder le cap vers la Terre Promise, vers la Résurrection, par la vertu d’espérance qui doit mouvoir tous nos actes quotidiens.

Le psaume parle du Rocher de façon personnifiée : ce Rocher qui a désaltéré les Juifs dans le désert, c’est le Christ qui nous apporte la Vie. Acclamons notre Rocher !

 

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Saint Paul nous invite maintenant à nous «accrocher» à ce Rocher, au Christ, qui nous a introduits dans le monde de la grâce. 

L’Apôtre nous rappelle synthétiquement que c’est Dieu qui nous a envoyé le Christ, et l’Esprit d’amour pour le recevoir. Dans cette présence trinitaire, nous avons la source de notre foi et de notre espérance.

Même si les épreuves sont nombreuses et difficiles, la force de la foi nous les fait dépasser victorieusement. 

Comme pour le peuple dans le désert, Dieu accorde toujours, avec l’épreuve, la grâce de la surmonter (cf. 1Co 10:13).

Il y a une expression un peu troublante dans cette lecture. Nous y lisons : Notre orgueil à nous, c’est d’espérer avoir part à la gloire de Dieu. Se «glorifier» de quelque chose, pour un chrétien, c’est être fier, pleinement heureux : de la foi, de l’Eglise, de notre Baptême, de même qu’on est fier d’avoir fait une belle promesse, un serment. L’orgueil, au contraire, est un excès, une tendance mauvaise, ce que notre catéchisme appelle un «péché capital» (Catéchisme abrégé, n°398). 

Il n’est pas orgueilleux d’espérer avoir part à la gloire de Dieu, puisque c’est la destinée fondamentale à laquelle Dieu nous appelle. C’est appel que nous ressentons au-dedans de nous, est un don de Dieu.

 

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Si tu savais le don de Dieu, dit Jésus à la Samaritaine.

L’attitude de cette Samaritaine est touchante d’humilité et de simplicité. Jésus lui demande à boire, mais c’est elle qui a soif, de Vérité. Les questions qu’elle pose au Christ sont toutes simples, sincères. Mais surtout, elle sent que le Christ peut lui répondre.

C’est que cette “étrangère” ne l’était pas dans son cœur. Droite et honnête, elle n’arrivait pas à comprendre tous les méandres du cheminement de la pensée juive : pourquoi adorer Dieu à Jérusalem, si nos ancêtres l’ont adoré ici aussi en Samarie ? Un peu comme si un Français demandait : Pourquoi aller à Rome, si la Sainte Vierge nous demande d’aller prier à Lourdes (ou le contraire) ? 

Il arrive souvent qu’on fasse la démarche d’un pèlerinage, en se contentant seulement du déplacement, et qu’on en revienne inchangé. Le pèlerinage est fait pour changer intérieurement ; ce qui doit se déplacer, c’est notre cœur, nos mauvais penchants ! Si le pèlerinage nous y aide, tant mieux, sinon, il vaudrait mieux rester chez soi.

Au fur et à mesure de la conversation, Jésus-Christ pénètre dans l’âme de cette Samaritaine et lui apporte des réponses à sa soif de la Vérité. A leur tour, les habitants croient en Jésus-Sauveur. Quelle leçon pour les premiers apôtres, que de voir Jésus, contre toutes les habitudes de l’époque, parler avec une “étrangère”, et la convertir, elle et ses concitoyens ! 

Autre est la réalité du temple de Jérusalem, le lieu des sacrifices, autre est l’appel de Dieu dans notre vie. Et Jésus tranche, tout simplement : l’essentiel est d’adorer Dieu en esprit et en vérité, où que l’on soit.

 

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Quand le Christ fut mort, un soldat lui perça le côté, dont il sortit, miraculeusement, du sang et de l’eau (Jn 19:34). Les Pères de l’Eglise y ont vu la Source divine de l’Eucharistie (le Sang du Christ) et du Baptême (l’eau purificatrice).

En voyant cela, dit l’évangéliste Marc, le centurion s’écria : Vraiment, cet homme était fils de Dieu (Mc 15:39). Comme pour la Samaritaine, l’eau que Jésus lui avait donnée, était devenue en lui source jaillissante pour la vie éternelle.

Cette eau, c’est notre foi.

Soyons fiers de notre foi.

Prions pour la foi de nos frères catéchumènes, qu’ils soient fervents, fidèles, toute leur vie.

 

 

 

 

 

 

 

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