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4e dimanche de Carême - A

 

Un des aspects fondamentaux de la fête de Pâques est la liturgie de la lumière : la nuit, on allumera le Cierge pascal, auquel tous les fidèles viendront allumer ensuite leur petit cierge. Ce quatrième dimanche de Carême anticipe la lumière pascale.

Nous avons constamment besoin de lumière, pour voir. Nous recevons la lumière du soleil, des astres ; en outre, nos savants physiciens ont démontré que toute la matière est un agglomérat de grains de lumière.

En lisant le récit de la Genèse, nous y découvrons que c’est la lumière que Dieu créa le premier jour, alors que le soleil et la lune furent créés au quatrième jour (Gn 1:3-5 et 14-19).

Or, l’évangéliste Jean nous rappelle que le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1:9) ou bien, selon une autre traduction possible : le Verbe était la lumière véritable qui, venant en ce monde, éclaire tout homme.

A Pâques, nous chanterons la Lumière du Christ. 

 

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La première lecture d’aujourd’hui ne parle pas de cette lumière, mais d’un ancêtre du Christ, David. 

Saül, qui avait reçu l’onction royale de Samuel sur mandat divin (1 S 9-11), fut déchu de la royauté à cause de son infidélité. David lui succéda : il resta fidèle à Dieu, même s’il commit de graves péchés, dont il se repentit.

Jésus, vrai Dieu et vrai homme, descend de cette lignée humaine, faite de sainteté et de pécheurs ; Dieu nous montre par là sa miséricorde et sa bonté. Sa lumière illumine tous les hommes, tous les pécheurs, qui veulent bien correspondre à la grâce, accepter de recevoir la lumière divine pour se repentir et être pardonnés.

 

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Le psaume 22, si connu de nos paroisses car il fut l'un des premiers que nous avons chanté en français dans les années cinquante, est la prière du croyant qui met toute sa confiance en l’unique Berger, Jésus-Christ. Si je cherche à rester dans cette Lumière, je ne manque de rien, je ne crains aucun mal. 

Les ravins de la mort peuvent très bien s’entendre ici comme la mort dans le péché, nos chutes quotidiennes, parfois graves : même ces chutes ne doivent pas nous empêcher de nous agripper au bâton pastoral de notre Berger divin, ce bâton qui n’est pas fait pour nous battre, mais qui me guide et me rassure.

Pourquoi ne chercherions-nous pas à apprendre ce psaume par-cœur, avec nos enfants, pour en faire quelquefois notre prière du matin ? ou aussi simplement pour prier deux ou trois minutes durant la journée, pendant une petite pause au milieu du travail ?

 

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Saint Paul nous invite ensuite à être des fils de la lumière, pour savoir reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. 

Il nous suggère un moyen très bon pour rester dans la lumière : éviter ce que ces gens-là font en cachette, dont on a honte de parler. 

Faut-il commenter davantage ?

 

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Nous voilà bien préparés à écouter l’Evangile. Mais faisons encore attention à l’acclamation qui le précède : elle reprend une phrase de Jésus : Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie (Jn 8:12).

 

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L'aveugle de naissance à qui Jésus ouvre les yeux, représente chaque homme pécheur qui a besoin de la Lumière du Christ, chacun de nous. 

Jésus dit bien que ni lui ni ses parents n'ont péché, en ce sens que cette cécité n'est pas la conséquence directe, la punition, de quelque(s) faute(s). Jésus se devait d'éclaircir les esprits sur cette doctrine fausse que telle ou telle maladie soit nécessairement en liaison avec quelque péché : qu'on se souvienne de l'histoire de Job, l'homme juste et craignant Dieu ; il subit une grande épreuve, beaucoup d'épreuves, durant lesquelles Dieu attendait seulement de lui l’expression de sa fidélité. 

Tous les hommes naissent pécheurs, héritiers de la faute d’Adam, tous connaissent la souffrance. Mais aussi tous tombent dans le péché : comme tels, tous ont besoin de cette Lumière indéfectible du Christ venu sur terre pour nous pardonner, pour nous guider, pour nous introduire dans la Lumière.

Jésus pouvait bien certainement opérer cette guérison sans recourir au geste étonnant d'utiliser sa salive et la terre, pour oindre les paupières de l'aveugle. Mais il voulait accompagner cette guérison de signes importants.

Les Pères de l'Eglise ont fait remarquer que par là Jésus rappelait aux Juifs présents sa double personne divine et humaine : Verbe éternel de Dieu, il opère le miracle ; ce Verbe est en même temps vraiment homme, venu sur terre (le Verbe s'est fait chair, Jn 1:14). Le sable uni à sa salive symbolise notre pauvre humanité unie au Verbe, pour nous donner en retour la lumière de sa Divinité.

La démarche que Jésus impose ensuite à l'aveugle signifie que, de la part de l'homme pécheur, il faut qu'il y ait une volonté de se purifier soi-même : Dieu donne toujours sa grâce, mais celle-ci n'agit que si l'homme veut bien la recevoir. Ici, l'aveugle l'a reçue ; humblement, il cherche ensuite à expliquer aux Docteurs - mais en vain, car ils ont le cœur endurci - ce qui lui est arrivé, et il se prosterne devant Jésus, en un geste sublime de remerciement et d'adoration.

Notre cher aveugle-né, guéri, est devenu lumière, comme l’a dit saint Paul aux Ephésiens. L'éloquence toute simple de ses paroles - qui sait répondre à toutes les remarques des Juifs - prouve la simplicité de son cœur, qui ne cache rien et qui est tout heureux d'être désormais entré dans la Vie divine.

 

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Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L’Evangile interpelle chacun de nous: Crois-tu au Fils de l’homme? - Oui, je crois, Seigneur ! (Jn 9, 35-38), répond joyeusement l’aveugle-né : tâchons de nous unir à lui, et à répondre avec le même enthousiasme. 

Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en enfant de lumière. 

La lumière dissipe les ténèbres. Quand nous souffrons des ténèbres - de nos doutes, de nos difficultés quotidiennes, de nos chutes - la solution est unique : remettre la Lumière, appeler Jésus pour qu'Il reprenne bien sa place dans notre vie, mais aussi… Lui en donner les moyens, Lui laisser une place libre chez nous, dans notre horaire, pour qu'Il soit présent ; Lui donner la parole, en fermant un peu notre bouche bavarde ; L'écouter avec respect et avec l'avidité de ceux qui ont vraiment faim de Lui.

 

Avec l’aveugle-né, guéri par la grâce et par sa foi, nous demandons à Dieu dans la Prière d’augmenter la foi du peuple chrétien.


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