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Noël : Messe de la  Nuit

voir (Messe du jour) comment parler d’Isaie : le boeuf et l’âne, 1:1-4)

 

Un de nos cantiques traditionnels de Noël dit : Depuis plus de quatre mille ans nous Le promettaient les prophètes. Voici que le prophète Isaïe, huit siècles avant la naissance du Sauveur, entrevoit cet heureux événement et s'en réjouit comme s'il y assistait. Huit siècles ! Imaginons que notre roi Louis IX nous ait annoncé la canonisation du pape Jean-Paul II…

Il faut comprendre dans un sens spirituel et théologique ces termes qui décrivent les hommes : les ténèbres, le pays de l'ombre, expriment l'héritage du péché ; la grande lumière est celle qui vient d'En-haut, celle dont parle l'évangéliste Jean à propos du Verbe éternel : C'était la vraie lumière qui illumine tout homme (Jn 1:9). De même le joug, le bâton, le fouet, font allusion à la situation des Israélites en Egypte, l'Egypte étant elle-même restée ensuite le symbole de l'esclavage du péché.

Quand ensuite Isaïe parle de la victoire de Madiane, il fait allusion à cette fameuse victoire du Juge Gédéon avec ses trois-cents hommes qui, de nuit, sans rien faire d'autre que de crier Pour Dieu et pour Gédéon et en heurtant entre elles les lanternes qu'ils portaient, ont engendré une telle panique dans le camp adverse, que les ennemis en se réveillant brusquement se sont entretués eux-mêmes (Jg 7).

Certes Dieu n'agit pas toujours ainsi ; pour Gédéon, Dieu voulait faire comprendre que ce n'était pas le grand nombre de combattants qui allaient garantir la victoire, mais la confiance en Dieu. De fait, sur les vingt-mille hommes dont disposait Gédéon au départ, seuls trois-cents restèrent avec lui. Les ennemis d'Israël, guerriers orgueilleux, ont été exterminés en un instant.

La victoire, désormais, est dans les mains de ce petit Bébé qui vient de naître ; il n'a ni épée, ni arc, ni bouclier, ni richesse, ni force physique : il est dans une étable, sur la paille, près des bêtes, et c'est Lui le Sauveur. Personne ne le connaît, mais il porte déjà l'insigne du pouvoir sur son épaule, et des titres de noblesse inégalables : Merveilleux Conseiller, Dieu Fort, Père à jamais, Prince de la Paix.

Quand Isaïe écrit, il ne connaît encore ni Marie, ni Jésus, mais il apprend dans l’inspiration qui lui vient de Dieu d'une part que Marie est vierge (on va en reparler à propos de l'évangile), et qu’elle aura un Fils. C'est Dieu qui inspire à Isaïe de donner à cet Enfant ces noms extraordinaires : Jésus est en effet Un avec Dieu Père, dont Il est le Fils unique, éternellement engendré ; avec Dieu et comme Dieu, Christ est Fort, Père à jamais et Prince de la Paix.

La Paix que Jésus nous apporte n'est pas une paix sociale ou politique. Nous ne le savons que trop, hélas ! la guerre est chaque jour d'actualité, et même là où Jésus est né... Mais Jésus-Christ nous apporte une autre paix, la paix dans notre cœur, la paix harmonieuse entre Dieu et nous, la réconciliation entre Dieu et la Créature.

Toute créature fut blessée par le péché initial ; cette blessure ontologique ne pourra être guérie que par un sacrifice d’amour parfait : ce sera par le sang de sa croix que Jésus Christ apportera la paix, autant à ceux qui sont sur terre qu'à ceux qui sont (déjà) au ciel (Col 1:20).

 

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Le psaume 95 chante cette joie immense de la Créature qui se sent consolée, renouvelée, une joie tellement universelle qu’elle se communique même aux arbres des forêts ! 

 

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Saint Paul rappelle à son disciple Tite quelle grâce immense Dieu nous a ainsi donnée par la naissance du Christ. Cette grâce concerne tous les hommes, et nous appelle à rejeter le péché, à vivre en hommes raisonnables, justes et religieux. 

Il dit bien nous, car il ne s'adresse pas qu'à Tite : il pense à lui-même, à tous ceux qu'il a convertis, à toute l'Eglise, à nous tous, car chacun de nous doit se sentir concerné par cet appel à combattre le péché.

 

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L'évangéliste Luc, le plus historien des quatre évangélistes, donne des précisions historiques sur la date de la naissance de Jésus, mais les spécialistes n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la date précise de cette naissance, sans doute parce que nous ne connaissons pas forcément tous les détails de la vie politique d'il y a deux mille ans, et qu'il y a bien probablement des faits que l'on croit établis avec certitude et qui devraient au contraire être repensés. Mais ceci n'a désormais plus d'importance. Maintenant que toute l’histoire tourne désormais autour de la naissance du Christ, avant et après, il serait inutile de revoir et corriger tous les livrres du monde. Ce qui compte aujourd’hui est de recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus et de la mettre en pratique. 

 

Luc signale que Marie mit au monde son fils premier-né, une expression qui a fait couler beaucoup d'encre, car certains ont voulu y voir une allusion à d'autres éventuels enfants qu'aurait eus Marie après Jésus. Ce n'est certainement pas la pensée de saint Luc.

Après avoir fait le récit de l'Annonciation, Luc rappelle par ce premier-né, d'une part que Jésus est effectivement né d'une Femme vierge, comme l'avait annoncé Isaïe (Is 7:14), mais surtout l'évangéliste affirme cette vérité fondamentale et théologique que Jésus est le Premier-né d'une nouvelle génération :  chacun de nous, par les sacrements de l'Eglise, reçoit de l'Eglise comme d'une Mère, cette nouvelle Vie divine que Jésus nous a apportée. Comme Marie a donné le jour à Jésus, ainsi l'Eglise, nouvelle Mère, engendre en nous la vie de l’âme.

Un texte du Concile Vatican II contient un très beau passage, où l’Eglise est comparée à Marie : 

En contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l’Eglise devient à son tour une Mère, grâce à la parole de Dieu qu’elle reçoit dans la foi : par la prédication en effet, et par le baptême elle engendre, à une vie nouvelle et immortelle, des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu’elle garde intègre et pure ; imitant la Mère de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint-Esprit, dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère (Lumen Gentium, 8,64).

 Jésus ne pouvait pas naître sans Marie, et sur la croix, il nous a à son tour donné Marie comme Mère : Voici ta Mère, dit-il à Jean (Jn 19:26-27). Tout ce que nous recevons de Jésus, nous vient en même temps par Marie, Mère de l'Eglise et Mère de chacun d'entre nous. 

Il faut encore préciser ceci : après la naissance de Jésus, Marie est restée vierge, selon une tradition toujours répétée depuis les premiers siècles. D'ailleurs, si Jésus avait eu quelques frères et sœurs, Jésus n'aurait pas dit à sa Mère et à Jean, sur la Croix : Voici ton Fils, voici ta Mère. En outre, de même que la Tradition a eu le souci de répéter inlassablement que Marie était la « Toujours Vierge », de même elle aurait répété fidèlement et respectueusement – si ç'eût été le cas – que cette Mère aurait eu d'autres enfants, et elle nous aurait sans doute aussi conservé leurs noms. Rien de tout cela. Marie fut vierge avant la conception de Jésus, et après. Nous le répétons encore aujourd'hui, peut-être un peu machinalement, mais c'est l'expression de notre liturgie, dans le Je confesse à Dieu, dans le Canon romain, dans le Je crois en Dieu ; dans tous les textes, les prières et les textes conciliaires ou pontificaux, partout où il est question de Marie, on répète constamment qu'il s'agit de la Vierge Marie.

Cette Mère admirable, dit Luc, emmaillota Jésus, pour bien préciser que Jésus était né comme un homme, d'une Mère, qu’il avait besoin d’être soigné comme un enfant humain, et n'était pas seulement "apparu" sous forme humaine. Ceci a son importance, car on a parfois prétendu que Jésus était seulement un ange.

L'histoire de l'apparition des anges aux bergers, elle, fait aussi partie de la Révélation. L’évangile la relate fidèlement. On a voulu la qualifier de "légendaire", car les bergers ne dorment pas à la belle étoile un 25 décembre, même au Moyen-Orient où il fait un temps plus doux que dans nos régions occidentales. 

Or il sera bon de préciser ici que la date de Noël a été établie par l'Eglise de façon non pas historique, mais théologique : Noël se situe au moment où les jours commencent de s'allonger, où la lumière gagne en durée sur la nuit. D'ailleurs, cette fête ne fut instituée que relativement tard et fut plusieurs fois déplacée. Encore actuellement, nos frères d'Orient célèbrent la Nativité le 6 janvier au lieu du 25 décembre. 

Relevons enfin le chant des Anges à Bethléem, qui a été repris dans le chant du Gloria à la Messe des dimanches et jours de fête. On ne le chante pas les dimanches qui précèdent la fête de Noël, pour le reprendre avec joie au moment où les Anges l'ont chanté la première fois, dans la nuit de Noël.

 

*         *        *

Et puisque nous sommes dans la liturgie, parlons aussi ici de deux autres détails qui, probablement, passent  souvent inaperçus. L’un est le rite de la goutte d’eau à l’Offertoire, l’autre le chant de la Préface à Noël.

A chaque messe, le prêtre mélange une goutte d’eau au vin qui va être consacré, disant ces paroles : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous êtres unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. Cette goutte d'eau se perd dans le vin, de même que notre nature humaine a été totalement assumée dans la divinité de Jésus-Christ.

 

Ecoutons attentivement, enfin, la préface de Noël : Par le mystère de l'incarnation du Verbe, la nouvelle lumière de Ta clarté a rayonné à nos yeux. Cette nouvelle Lumière, c’est la vraie Lumière dont il était question plus haut. C’est la vraie lumière dont il est question dans la Prière d’aujourd’hui.

La préface de Noël, jusqu’à il y a peu, était celle-là même de la Fête-Dieu, solennité du Saint-Sacrement. C’est qu’à chaque messe se renouvelle dans les mains du prêtre l'Incarnation et la Naissance du Christ parmi nous. Chaque messe est une actuation de la nuit de Noël. Le Verbe s’est fait chair et il a habité en nous, écrit l’évangéliste Jean dans son Prologue (Jn 1:14 : Verbum caro factum est, et habitavit in nobis) : en traduisant très littéralement, on se rend compte que cette phrase exprime aussi bien et l’Incarnation du Verbe, et l’Eucharistie où nous Le recevons.

La plus grande joie de la Vierge Marie est que son Fils naisse en chacun de nous.

 

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A l'occasion de Noël, renouvelons notre reconnaissance envers la Mère du Sauveur, demandons-lui avec ferveur d'intercéder pour nous, maintenant et à l'heure de notre mort, pour que cette grande fête d'aujourd'hui soit l’occasion de la re-naissance de nos âmes. 

Dans une semaine, nous célébrerons solennellement le 1er janvier, la Maternité de Marie, Mère de Dieu, notre Mère !

 

Merci, mon Dieu, pour la naissance de ton Fils !

Merci Jésus, de nous avoir donné ta Mère !

 

 

 

 

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