Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

 

Pâques - 3e dimanche - C

 

 

Si nous voulons prendre les lectures d’aujourd’hui dans l’ordre chronologique des faits, ce sera l’évangile qui viendra en premier, puis les Actes des Apôtres, puis l’extrait de l’Apocalypse.

Dans l’évangile, Jean y dit que Jésus se manifestait à ses disciples pour la troisième fois, en effet il leur apparut une première fois au soir de la Résurrection, en l’absence de Thomas, une deuxième fois huit jours après en présence de Thomas, et cette fois-ci au bord du lac de Tibériade, ce qui n’exclut évidemment pas toutes les autres apparitions plus “privées”, connues ou moins connues, à Marie-Magdeleine, aux pèlerins d’Emmaüs, sans doute aussi à la Vierge Marie…

Ici on observe la présence de Thomas, désormais totalement convaincu et revenu de son doute momentané, mais aussi de Nathanaël, qu’on a habituellement identifié avec l’apôtre Barthélemy. 

Après une nuit complètement infructueuse, les pauvres apôtres, exténués, aperçoivent “quelqu’un” sur le rivage, sans reconnaître Jésus (l’évangile dit plus bas qu’ils étaient à cent mètres du rivage) ; c’est Jésus qui les appelle : Les enfants - déjà à ce terme affectueux, ils auraient pu Le reconnaître, mais ils étaient trop fatigués pour être attentifs, et Jésus en quelque sorte, les taquine : Vous avez du poisson ? alors qu’ils n’ont rien pris de la nuit… Puis arrive le miracle qui les éveille complètement. 

C’est Jean le premier qui Le reconnaît, le jeune apôtre innocent qui reconnaît l’Innocence personnifiée. C’est alors que Pierre, avec sa spontanéité habituelle, se jette à l’eau pour aller plus vite rejoindre Jésus - non sans s’être couvert un peu plus, car il avait retiré sa tunique pour travailler plus aisément et ne pouvait se présenter ainsi à Jésus.

 Le nombre cent cinquante-trois a été parfois expliqué comme étant la somme des dix-sept premiers nombres (ou aussi comme le produit de 17 par le chiffre parfait 9). C’est un symbole de l’abondance de la moisson, comme ce fut le cas à Cana, ou lors de la multiplication des pains ; en outre ce filet ramené par Pierre seul sur le rivage, montre quelle sera la mission de l’apôtre désormais : réunir tous les hommes dans l’unique nef de l’Eglise.

Il est intéressant de remarquer comment l’apôtre Jean s’applique à montrer l’éminence de Pierre : au tombeau vide, il avait laissé Pierre entrer le premier (Jn 20,5) ; ici, alors que tous les apôtres sont présents, Jean met en relief le rôle que tiendra désormais Pierre sur eux tous.

Après le repas, donc, Jésus confirme cette mission de Pierre, en lui parlant très personnellement. Pierre avait renié par trois fois son Maître ; aujourd’hui, par trois fois il proteste de son amour total pour Jésus-Christ ressuscité ; en “échange” de cet amour, Jésus lui confie la garde totale du troupeau de l’Eglise, sans tenir compte de ses défauts, de ses chutes : il lui demande son amour total.

Pierre devra veiller sur les “agneaux” et les “brebis”. Certains manuscrits ne parlent que d’agneaux, d’autres inversent les termes agneaux et brebis. Dans la vie nouvelle que nous recevons par les Sacrements, nous devons tous être des agneaux, à l’image de Jésus-Christ ; les brebis, quant à elles, peuvent représenter l’Eglise, chargée de donner la vie et leur nourriture à toutes les âmes. Déjà, Jésus avait donné à Pierre le pouvoir de lier et de délier (Mt 16,18-19), maintenant Pierre devra diriger, conduire, gouverner tout ce saint Troupeau. 

Enfin, quand Jésus lui dit Suis-moi, il lui prédit qu’il l’imitera jusqu’au bout : en effet Pierre, une fois à Rome, sera condamné à son tour à la crucifixion. La Tradition nous rapporte que, humblement, Pierre demanda à avoir la tête en bas, se jugeant indigne de ressembler totalement au Maître.

Pierre est encore au centre du texte des Actes des Apôtres : même si le prince des prêtres a fait arrêter “les apôtres”, c’est Pierre qui répond au nom de tous. On les fait flageller, certes pas comme le fut Jésus durant la Passion, mais ils connaissent déjà la persécution ; ils en sont tout heureux, comme le leur avait annoncé Jésus : Heureux êtes-vous, quand on vous persécutera… (Mt 5:11).

Jésus l’avait dit : Tous ceux qui veulent le suivre connaîtront la persécution (Mc 9:30). Suivre Jésus comporte toujours l’épreuve, la souffrance, la contradiction. Après, vient la consolation, la victoire. C’est ce qu’évoque le psaume 29, évoquant tour à tour l’appel du malade et la guérison, la fosse et la remontée de l’abîme, les larmes du soir et la joie du matin, le deuil et la danse ; autrement dit : l’épreuve, la mort, puis la résurrection, l’action de grâces. 

Enfin, le bref extrait de l’Apocalypse montre la gloire de l’Agneau vainqueur, entouré, acclamé par des milliers de milliers (c’est le texte latin ; ou peut-être “des centaines de millions”) d’Anges, auxquels se joignent toutes les créatures

On lit aussi dans ce passage qu’après avoir acclamé Celui qui siège sur le trône et l’Agneau, “les Anciens se prosternèrent pour adorer”. Jean ne précise pas davantage qui sont ces Anciens ; on pourrait croire qu’il interprète sa vision de Dieu et des Saints comme une cour mystique, où les plus anciens entourent le Roi. Mais tout anciens qu’ils soient, ils se prosternent humblement devant Dieu, dans une attitude immensément noble et digne. S’agenouiller est une attitude de prière très ancienne pour exprimer l’adoration, parfois aussi la mortification quand elle se prolonge ou que le sol n’est pas trop tendre. On lit dans la vie du saint Curé d’Ars que Jean-Marie Vianney priait toujours son Bréviaire ou le chapelet à genoux, sans même s’appuyer sur le rebord de son prie-dieu : attitude qui fut parfois pour lui héroïque, et qu’il n’est pas nécessaire d’imiter, mais qui force l’admiration. Sachons nous agenouiller avec amour sous le regard de Dieu, devant la Présence Eucharistique, pour méditer pendant quelques instants sur notre indignité et sur la bonté immense du Créateur. 

Il faut faire nôtre cette louange adoratrice. Nous y sommes tous invités, tous nous devons y participer. 

La Résurrection de Jésus-Christ ne peut nous laisser indifférents ; ne laissons pas les petits défauts quotidiens obscurcir la lumière et la joie de Pâques.

Dans la Prière, nous demandons à Dieu de nous garder dans la joie.


Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 8000 notices de Bienheureux et Saints. Déjà traités : 1.Personnages bibliques (AT et NT). 2.Papes. 3.Saints du Calendrier Romain. 4. Reconnus aux siècles XII-XXI. 5. Siècles VI-XI. 6 (en cours) : siècles II-V. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens