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2e dimanche per annum - A

 

Le Baptême de Jésus ayant été célébré, nous entrons liturgiquement dans le “Temps ordinaire”, qui ira jusqu’au Carême et qui reprendra après le Temps pascal. 

Lors de la réforme liturgique récente, ce temps a été appelé Tempus per annum, soit Temps de l’année, pour le distinguer des autres temps forts de Noël et de Pâques. Finalement s’est imposée l’expression Temps ordinaire. Or, rien n’est ordinaire, dans l’oeuvre de Dieu, et notre vie spirituelle, alimentée par la prière et les sacrements, devrait plutôt tendre à des moments quotidiens sans cesse plus extraordinaires les uns que les autres.

 

*       *       * 

 

Dimanche dernier, nous lisions d’abord le premier des quatre Chants du Serviteur du prophète Isaïe. Voici aujourd’hui le second.

Le Serviteur, celui que Dieu a envoyé, s’exprime personnellement. Il faut remarquer que ce Serviteur, parlant du Père, l’appelle Seigneur. Le Christ est Seigneur, comme son Père, car ils sont un seul et même Dieu.

On se rappellera utilement aussi ici le psaume 109, où David chante : Le Seigneur a dit à mon Seigneur ‘Siège à ma droite’. Dans ce verset, il est question du Père et du Fils, tous deux qualifiés du même titre de Seigneur.

Ensuite, le Seigneur appelle son Serviteur Israël. Ici, il s’agit de l’Israël dans sa plénitude de nation choisie, prélude de l’Eglise sainte. L’Eglise et le Christ sont intimement liés en une union mystique, d’où naissent les enfants de Dieu. Ils sont tellement liés que le Christ dira plus tard à Pierre : Tout ce que tu lieras sur terre, sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur terre, sera délié dans les cieux (Mt 16:19). 

On pourrait dire ainsi que «Christ» et «Eglise» sont synonymes. C’est pourquoi ici Israël est le nom donné au Serviteur de Dieu, au Christ.

Et le Christ n’est pas envoyé seulement pour sauver les rescapés d’Israël, mais pour être la lumière des nations. L’Eglise est en effet appelée à appeler tous les hommes à la Foi unique, au Baptême unique, comme l’a commandé Jésus-Christ aux apôtres juste avant de les quitter : De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28:29).

 

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Ecoutons bien le psaume 39. Ici encore nous entendons parler le Serviteur, qui s’adresse au Seigneur, à Dieu son Père. Il s’offre spontanément et présente sa mission : Je viens ! Maintenant, il n’y aura plus de sacrifices d’animaux, ni holocauste ni victime, car le Serviteur s’offrira lui-même. David a annoncé dans ce psaume le sacrifice du Serviteur, qui s’immolerait lui-même.

Dans la lettre aux Hébreux, dont l’auteur s’applique à démontrer l’excellence du sacrifice du Christ, c’est ce même passage qui y sera commenté (He 11:5-9).

Désormais, l’Agneau du sacrifice sera Jésus lui-même.

 

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Ecartons donc un instant la lecture de l’épître et lisons l’évangile du jour, tiré de l’évangéliste Jean (car l’épisode de cette rencontre entre Jean-Baptiste et Jésus “manque” en Matthieu). 

L’épisode se situe très peu de temps après le baptême de Jésus. Lors de ce baptême, nous l’avons lu dimanche dernier, Jean-Baptiste a vu la colombe de l’Esprit et entendu la voix du Père au-dessus de Jésus. 

 

Beaucoup étaient sans doute présents à ce moment-là, mais tous ne comprirent pas ces paroles ; Jean explique alors solennellement par son témoignage : J’ai vuJe rends ce témoignage… Celui que je viens de baptiser est bien le Fils de Dieu. Et de s’effacer humblement devant Jésus :  Il a sa place devant moi.

Mais surtout Jean annonce ici un trait fondamental de la mission de Jésus : outre qu’il est Fils de Dieu, il est l’Agneau qui va s’immoler. C’est à Jean-Baptiste que revient la paternité de cette phrase sublime, divine et messianique : Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Que de fois les prêtres l’ont répétée à toutes les Messes, que de fois l’avons-nous entendue… sans y faire attention.

Imaginons la scène, imaginons l’émotion de Jean devant ce Sauveur attendu depuis des siècles. Le premier, Jean a prononcé cette phrase. Jean a annoncé Jésus, il a témoigné de lui. On peut dire qu’il l’a “donné” à la foule en le désigant comme l’Agneau ; on pourrait dire ainsi que Jean est le premier prêtre du Nouveau Testament qui ait prononcé la phrase que nous entendons peu avant de recevoir la communion : Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde.

Ceux qui en auront le temps, pourront utilement se reporter aux écrits de sainte Gertrude ou de la Mère Claret de la Touche, qui développent la même idée.

Ici, le mot péché est au singulier. Pourtant que de péchés se commettent dans le monde… Saint Jean nous avertira fortement contre le monde (cf. 1Jn 2:15-17). A la mesure où le monde est la situation dans laquelle on vit loin de Dieu, le monde est effectivement tout entier dans le pouvoir du Mauvais (1Jn 5:19) : Jésus est venu effacer «le» péché du monde, le monde dans son intégralité, si les hommes veulent bien accepter son message.

 

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Aujourd’hui commence la lecture de la célèbre première épître aux Corinthiens, dont nous lirons une partie chaque année en ces premiers dimanches après le Baptême de Jésus. Il n’y a pas forcément de rapport direct entre ces chapitres et ceux de l’évangile, mais ils constituent un enseignement précieux, celui des apôtres. 

Paul commence cette épître par un rappel important : c’est Dieu qui l’a appelé et qui l’a envoyé (apôtre vient du grec apo-stello, envoyer). La vocation apostolique n’est pas un réflexe ou une décision personnelle, c’est un appel de Dieu, auquel on répond si on le veut bien. Tous n’y répondent pas, ou pas de la même façon ni avec la même ferveur.

Il arrive souvent que ceux qui ne veulent pas y répondre gardent toute leur vie une tristesse intérieure, l’amertume de quelque chose de “manqué” ; Dieu ne leur refusera pas pour autant sa grâce. Qu’ils soient donc réconfortés et qu’ils ne désespèrent pas de trouver et de rester dans la Paix.

Les Apôtres ont répondu ; les Saints et les Saintes, les prêtres, les martyrs, ont répondu, heureux de se consacrer corps et âme à Dieu et à l’Eglise. L’apôtre Paul a répondu.

Il a avec lui un certain frère Sosthène, dont on n’est pas trop sûr ni de l’identité ni de l’apostolat. Eusèbe de Césarée le présente comme un des soixante-dix disciples de Jésus ; certains, dont Jean Chrysostome, comme le chef de la synagogue de Corinthe, maltraité par ses ex-coreligionnaires. L’incertitude totale et insoluble a fait que le Martyrologe Romain ne l’a pas retenu.

En quelques mots, Paul rappelle aux Corinthiens qu’ils ont été sanctifiés en Jésus, qu’ils font partie des fidèles, du peuple saint, de l’Eglise unique, avec tous ceux qui invoquent le nom de Jésus. A ces chrétiens du premier siècle, nous sommes donc tous unis, en Jésus, par notre baptême, par notre foi, et par l’invocation du nom de Jésus.

Enfin, à ces chrétiens de Corinthe, Paul adresse un souhait que notre liturgie a repris dans une des trois formules initiales de la Messe : Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

 

Plutôt qu’un banal “Bonne année, bonne santé”, on pourrait peut-être se souhaiter Grâce et Paix, et répondre Maintenant et toujours !

 

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C’est justement ce que nous demandons dans la Prière du jour. 

Faisons très attention aussi à la Prière sur les Offrandes, où est énoncée en quelques mots la doctrine catholique du Sacrifice de la Messe : 

Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en mémorial, c’est l’œuvre de notre Rédemption qui s’accomplit.

Enfin, après avoir parlé de l’unité des Corinthiens dans l’Eglise, et puisque nous célébrons ces jours-ci la Semaine de l’Unité des Chrétiens, retenons aussi l’expression de la Prière après la Communion : 

Que soient unis par ton amour ceux que tu as unis d’un même pain.

Prions pour que cette unité se fasse, dans l’Eucharistie.

 

 

 

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