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Sainte Famille - A

 

La famille est d’institution divine. Dès le début de la Sainte Ecriture, nous lisons en effet dans la Genèse : 

C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair (Gn 2:24).

Toute l’origine et la destinée de la famille sont contenus dans ce petit verset. L’homme doit épouser une femme, et de ce coupe indivisible va naître une nouvelle vie, l’enfant.

Il n’y a pas d’autre doctrine. S’éloigner de cet idéal, c’est ne pas répondre au dessein divin de notre Créateur.

 

*       *       *

Ce que nous entendons dans la première lecture, extraite du Livre de Ben Sirach le Sage, l’Ecclésiastique dans la Bible latine ou Vulgate, est au troisième chapitre. Les deux premiers ont été un long éloge de la Sagesse et un enseignement sur la Crainte de Dieu.

Il en est de même dans les Commandements de Dieu : après les trois commandements concernant Dieu, le quatrième concerne les parents.

Après Dieu, viennent les parents. C’est Dieu qui nous les a donnés, c’est d’eux que nous recevons la vie que Dieu nous donne. Quelle reconnaissance, quel respect leur devons-nous !

Le texte sacré nous montre l’idéal du père, de la mère et des enfants. Du père, de la mère, coulent une abondance de force et de bonté qui se répandent sur les enfants, lesquels à leur tour reversent le bien dans le cœur de leurs parents.

Certes, les hommes sont tous imparfaits, parents et enfants, et souvent l’harmonie est blessée ; il est du devoir de chacun de remettre l’harmonie, comme un musicien qui accorde son instrument.

Il ne faut pas accorder l’instrument de l’autre : il faut accorder son propre instrument.

Dieu attend de chacun de nous, et bénit, cet effort de retour à l’harmonie. Aussi l’Ecriture dit : Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes.

Au terme de notre vie, après toutes les années où nous aurons cherché à conserver cette harmonie, Dieu nous récompensera dans l’éternité ; c’est ainsi qu’il faudrait comprendre ce verset : Celui qui glorifie son père verra de longs jours, ces «longs jours» n’étant pas forcément une bénédiction dans cette vie, où nous souffrons de maladies et de la dégénérescence de notre nature.

Notre vie est plus ou moins longue ; certains sont frappés par la mort très tôt, d’autres beaucoup plus tard, selon un dessein caché et insondable de Dieu. Acceptons cette divine volonté, sur la terre comme au ciel. 

Quelle que soit notre vie, entourons toujours nos parents, jusqu’à la fin. L’Ecriture nous demande de ne pas les mépriser. Ils ont besoin de notre affection, de notre présence, de notre parole. 

 

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La famille est particulièrement unie à deux moments : à table, et dans la prière. Cette table est exprimée dans le psaume 127, qui reprend le thème de la crainte du Seigneur ; et Dieu, en retour, accorde sa bénédiction sur le foyer.

Les enfants y sont très judicieusement comparés à des plants d’olivier. Et pourquoi pas, par exemple, à de belles fleurs ?

L’olivier est une plante qui peut vivre des siècles, mais contrairement à de beaux arbres majestueux, l’olivier présente des branches noueuses, irrégulières, évoquant presque une douleur. L’olive en revanche produit cette huile riche, nourrissante, dont on fait des baumes onctueux, odorants, bénéfiques, comme le Chrême dont on oint le baptisé, le prêtre, le roi.

Les enfants auront leurs défauts, leurs luttes intérieures, leurs chutes aussi, mais s’ils s’appuient sur l’amour envers Dieu et leurs parents, ils seront fidèles : leur fidélité compensera, dépassera les moments difficiles ; ce sera la bonne odeur qu’ils répandront.

 

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L’apôtre Paul, à son tour, adresse aux Colossiens des conseils pleins d’amour et de sagesse, pour que soit maintenue l’harmonie familiale. 

Ici, outre le pardon et l’harmonie, l’apôtre évoque les psaumes, les hymnes, les libres louanges, en un mot l’union de toute la famille dans la prière.

Comme il est beau de voir tous les membres d’une famille en prière, le soir, avant d’aller se coucher, dire ensemble une prière d’action de grâce à notre Père céleste, une invocation à Marie, à Joseph, à l’Ange gardien, à nos Saints protecteurs.

Il faut admirer l’union des cœurs dans les monastères, où des moines, des moniales, chantent ensemble la louange de Dieu. 

Il conviendra de dire un mot ici sur la «soumission» des femmes. Qu’il ne s’agisse pas d’une soumission servile ! mais surtout, lisons le verset dans son intégralité : Soyez soumises dans le Seigneur, ce qui est autre chose que de dire simplement : Soyez soumises. 

Etre soumise dans le Seigneur est une attitude à la fois respectueuse et amoureuse, qui n’interdit jamais, le cas échéant, une suggestion, un échange de pensées, un dialogue, pour tempérer ce que l’avis du père de famille pourra avoir d’exagéré ou d’erroné.

Et faisons très attention à cet ultime conseil paulinien, d’une richesse psychologique très profonde : N’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager. 

Les enfants sont comme des fleurs fragiles, qu’on traite avec douceur, que l’on cueille avec délicatesse. Attention à ne pas les écraser, elles se faneraient trop vite ! Laissons le temps à ces olives de produire l’huile si odoriférante et onctueuse qui nous réconfortera en temps voulu !

 

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Dans l’évangile enfin, nous assistons à un événement grave qui touche la Sainte Famille ; Joseph et Marie restent unis pour mettre en sûreté l’Enfant. 

On ne va pas ici commenter l’épisode même du massacre des Saints Innocents, qui d’ailleurs n’est pas repris aujourd’hui (on pourra trouver une notice là-dessus, au 28 décembre). Ce qui importe aujourd’hui est d’admirer, dans l’épreuve, l’union forte et fidèle de Joseph et de Marie. Dans l’épreuve, on ne s’écarte pas, on se rapproche, on se «sert les coudes».

Notons aussi comment l’évangéliste Matthieu relève l’accomplissement des prophéties, celle d’Osée : D’Egypte, j’ai appelé mon fils (Os 11:1), et l’allusion au nazir de Dieu : Il sera appelé nazaréen (cf. Jg 13:5,7). Cette dernière phrase ne se trouve pas textuellement dans les prophéties, elle a pu faire partie d’une tradition orale, que Matthieu a reçue à la synagogue.

 

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La Prière résume tout cet enseignement d’unité et d’amour. Si les événements de la vie, si les épreuves et la mort nous séparent, la fidélité sera récompensée dans la Vie éternelle, où nous serons à nouveau réunis, avec les Anges et les Saints, autour de la Sainte Trinité. 

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