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3e dimanche de Pâques - B

 

Le contexte du discours de Pierre est la guérison, à la porte du Temple, d’un infirme qui, aux yeux de tous, se met à marcher, à sauter, et à louer Dieu pour sa guérison.

Humblement mais avec toute sa conviction, Pierre affirme que c’est uniquement la main puissante de Dieu qui a accompli ce prodige. Et il en profite pour réaffirmer le prodige de la résurrection du Christ.

En même temps qu’il présente son témoignage, il parle avec bonté à ces Israélites, sans les accuser, et même en les excusant : Vous avez agi dans l’ignorance. Pierre est à l’image du Maître, qui disait sur sa Croix : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

En réalité, les prophéties se sont accomplies : le Messie devait endurer ces souffrances pour entrer dans sa gloire (cf. Lc 24:26). Ce sacrifice de l’Agneau innocent nous vaut maintenant le pardon de nos péchés : Convertissez-vous donc, ajoute Pierre.

La conversion est le chemin intérieur qui nous change vraiment, en nous apportant la vraie joie, la vraie paix.

*       *       *

L’extrait du psaume 4 qui suit, est bien connu de ceux qui prient le Bréviaire, car c’est le psaume du samedi soir à Complies.

Le psalmiste parle de se coucher et de dormir, et on pourrait le comprendre au sens propre : au terme de la journée, ce psaume est une belle prière avant de s’endormir.  A noter que David met en exergue : Avec instruments à cordes : imaginons la paix de ce moment, bercés par les douces cordes d’une harpe, d’un luth, d’une guitare, ou du moins des instruments qui se jouaient alors.

Mais les versets de ce psaume font plutôt allusion au sommeil du Christ au soir de sa passion : 

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse. On se souvient que sur la croix, Jésus a commencé le psaume 21 Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?, où l’angoisse du début fait place à la fin à un véritable cri d’action de grâce pour la victoire.

Et tandis que le monde demande Qui nous fera voir le bonheur, le fidèle Serviteur de Dieu affirme que sur nous s’illumine (son) visage : Dieu va ressusciter le Christ dans la Lumière et nous baignera dans cette même Lumière. Au Premier jour de la Genèse, Dieu créa la Lumière, et au premier jour de la semaine (cf. Mc 16:1-2), c’est cette Lumière qui ressuscite. Que le Christ soit Lui-même la Lumière, nous le lisons dans l’évangile de Jean : Il était la lumière véritable, qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1:9).

C’est avec cette assurance que le Christ s’est «endormi» dans la paix. 

Le dernier verset : car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance, pourrait plutôt être ainsi traduit : Car toi, Seigneur, c’est d’une façon singulière que tu m’as établi dans l’espérance. Dans cette expression, on peut reconnaître la confiance totale du Fils divin en son Père, dans l’attente de la résurrection.

*       *       *

Dans son épître, l’apôtre Jean va nous redire tout l’amour miséricordieux que nous a montré Jésus, notre défenseur, la victime offerte pour nos péchés et ceux du monde entier. Les sacrifices de l’Ancienne Alliance étaient offerts pour telle circonstance, pour tel péché, et ils n’étaient pas parfaits, puisque c’étaient des bêtes. Jésus, lui, s’est offert Lui-même, l’Agneau parfait, pour tous les péchés, de tous les hommes, de tous les temps. Aucun autre sacrifice ne peut remplacer le sacrifice de Jésus.

Quand les prêtres célèbrent la Messe et offrent ce Sacrifice, ils ne font pas un autre sacrifice, ils offrent le même Sacrifice, pour nous permettre de communier à ce Corps et à ce Sang. Ils ne font qu’appliquer l’ordre du Christ : Faites ceci, en mémoire de moi (Lc 22:19). C’est le même Sacrifice du Christ qui s’actue sous nos yeux.

Garder ses commandements, c’est surtout rester de façon stable dans le commandement de l’Amour. Comme Jésus s’est donné, à notre tour nous devons nous donner, nous offrir à Lui, à travers notre amour fraternel, miséricordieux, pur, humble. On a vu plus haut comment Pierre s’adresse avec humilité et miséricorde envers les Juifs rassemblés pour l’écouter.

 

 

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L’évangile d’aujourd’hui fait suite à l’épisode d’Emmaüs. L’apparition de Jésus aux Onze racontée ici par Luc est-elle la même que celle racontée par Jean dimanche dernier, où Jésus arrivait au milieu d’eux (en l’absence de Thomas) et leur souhaitant La paix soit avec vous et leur montrant ses mains et ses pieds ?

Il semble que oui, quoique Luc ne parle par de l’insufflation de l’Esprit par Jésus, conférant aux Apôtres le pouvoir de remettre les péchés.

Luc rapporte cependant, dans ce même chapitre 24 de son évangile, deux détails intéressants. Aux Apôtres dans le cénacle, Jésus dit : Il fallait que s’accomplît tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. Aux disciples d’Emmaüs, il leur expliqua en partant de Moïse et de tous les prophètes, dans toute l’Ecriture, ce qui le concernait. Ces deux phrases du Christ ont un intérêt pour nous, car elles nous donnent la clé de l’explication de nombreux passages de l’Ecriture, qu’il faut toujours comprendre par référence à Jésus-Christ, à sa mission, à sa double nature divine et humaine.

Il est très difficile de suivre Jésus dans les récits des apparitions de ce jour de Pâques : à Jérusalem ou en Galilée ? Aux  Onze ou aux disciples ?

Il faut bien garder à l’esprit que Jésus a maintenant été glorifié ; son corps n’appartient plus aux lois terrestres : il peut être ici et là simultanément, ou se déplacer instantanément ; la durée de ses apparitions, pour nous, peut sembler durer dans le temps, mais la durée n’existe pas pour un Corps céleste.

Dans la vie mystique, les protagonistes ont, momentanément, échappé aux lois terrestres d’espace et de temps. Il n’est pas rare qu’ils soient simultanément en deux endroits tout-à-fait éloignés, comme dans le cas d’un saint Pio de Pietrelcina, qu’ils franchissent une porte fermée à clé, comme pour Catherine Labouré pour rejoindre la chapelle en pleine nuit…  Les protagonistes d’une apparition disent fréquemment qu’ils sont restés «quelques instants» dans une extase qui, pour les témoins, a duré parfois beaucoup plus longtemps.

Ce qui est réconfortant aussi, c’est ce souhait par lequel Jésus salue les Apôtres : La paix soit avec vous ! La présence du Christ dissipe toujours le trouble. A la Messe, quelques instants avant la communion, le prêtre souhaite toujours aux fidèles présents : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ! Il est nécessaire, au moment où nous recevons le Corps du Christ, de mettre la paix en nous, et entre nous.

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La paix est une caractéristique des enfants de Dieu. Les premiers Chrétiens d’un seul cœur, fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain… avec joie et simplicité de cœur ; ils avaient un seul cœur et une seule âme (Ac 2:46 ; 4:32). 

Les Chrétiens que nous sommes, doivent s’efforcer de conserver cette paix, dans l’espérance de notre propre résurrection. C’est ce que nous demandons dans la Prière du jour : 

Tu nous a rendu la dignité de fils de Dieu, affermis-nous dans l’espérance de la résurrection. 

 

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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