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4e dimanche de Pâques - B

 

Aujourd’hui nous entendons Pierre proclamer que c’est au nom de Jésus qu’il a opéré la guérison du boîteux, ce Jésus crucifié et maintenant ressuscité. 

On ne peut évaluer exactement combien de temps est passé entre la Pentecôte et cette guérison, car le texte des Actes dit seulement qu’ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple (Ac 2:46) ; quelques semaines probablement. 

Il reste que, d’après les Actes des Apôtres, ce boîteux guéri est le premier cas de guérison opérée par Pierre après la Pentecôte. A travers ce boîteux, c’est de toute l’humanité qu’il s’agit : dans la résurrection du Christ, l’humanité tout entière se redresse et retrouve la force de marcher.

Quelle différence entre le Pierre d’il y a deux mois environ, peureux, menteur, qui ne connaît pas cet Homme, et le premier Pape qui, aujourd’hui, harangue les Juifs dans le Temple de Jérusalem ! 

Entre temps, Pierre a pleuré son péché, il a répété à Jésus son amour, et Jésus lui a confié le soin du troupeau de Ses brebis et de Ses agneaux (Jn 21 : 15sq).

Telle est la miséricorde de Dieu envers tous ceux qui demandent pardon sincèrement. Même Judas aurait obtenu miséricorde, s’il s’était pendu au cou de Jésus pour lui demander pardon. 

 

*       *       *

Eternel est son amour !

C’est le cri enthousiaste par lequel commence et s’achève le psaume 117, ce psaume par excellence qui proclame la victoire de la Résurrection et que nous répétons souvent durant ce temps pascal.

Le psalmiste y évoque la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, devenue maintenant pierre d’angle : désormais, celui qui représentera Jésus, sera Pierre, le premier pape de l’Eglise.

Plus loin - mais nous ne le lisons pas aujourd’hui - le psalmiste parle du Jour que le Seigneur a fait. Ces jours-ci l’Eglise ne cesse de nous faire répéter : Voici le jour que Dieu a fait : exultons et réjouissons-nous en ce Jour.

Dans l’ancienne Alliance, le jour du repos était le septième, le jour du sabbat, le jour où Dieu «se reposa». En réalité, ce sabbat préfigurait le jour de l’attente, au lendemain de la mort du Christ, tandis que Jésus «reposait» dans la tombe. Puis, quand le Sauveur réapparaît vivant, ressuscité, ce jour glorieux devient dans la nouvelle Alliance “le” jour de Pâques, le jour où les fidèles se retrouveront pour célébrer la mort et la résurrection du Christ.

Saint Augustin écrit aux Néophytes : (Le jour de Pâques) est le troisième jour après la passion, mais dans le compte des jours qui suivent le sabbat, c’est le huitième, en même temps que le premier.

Le Premier jour, Dieu créa la lumière ; le huitième, il re-créa la Lumière, dans la résurrection du Fils de l’homme, la vraie Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1:9). Une image très parlante du rapport entre le 1 et le 8, nous est offerte par les sept notes de la gamme classique : la huitième, l’octave, est comme la première.

Rappelons-nous ici que, dans le récit de la création, le soleil n’apparaît qu’au quatrième jour ; le soleil n’est pas toute la Lumière, c’est une étoile seulement qui nous éclaire le jour et que la lune reflète la nuit. Les physiciens sauront mieux nous expliquer que l’ultime élément de la matière est un grain de lumière.

On pourrait ainsi synthétiser la création tout entière comme un concentré de lumière. Si la lumière de notre nature a été ternie par le péché, elle a retrouvé sa splendeur dans la résurrection du Christ.

 

*       *       *

Il y a quelque chose de mystérieux dans l’extrait de l’épître de Jean, qu’on laisse parfois passer et qu’on oublie ensuite sans chercher à l’approfondir.

Jean dit textuellement : Lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

L’Apôtre ne se trompe pas : quand nous verrons Jésus dans sa gloire, nous serons semblables à lui ! Le seul fait de voir la Lumière nous transformera nous-mêmes en cette Lumière divine. Serons-nous comme Pierre, Jacques et Jean lors de la Transfiguration, sur le Mont Thabor ? Oh, certainement plus que cela, beaucoup plus que cela : sur le Mont Thabor, les Apôtres étaient encore des hommes de la terre, tandis que quand nous verrons Jésus dans sa gloire, nous aurons définitivement quitté cette terre, nous appartiendrons à un monde immatériel. Pour autant que nous nous y serons préparés, nous serons alors nous-mêmes, à notre tour, des corps glorieux : nous serons dans la lumière divine.

*       *       *

Telle est la destinée du troupeau du Bon Pasteur : être dans la lumière, dans l’esprit de la première Lettre de Jean : Si nous marchons dans la Lumière, comme il est lui-même dans la Lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres (1Jn 1:7). Appartenir au troupeau du Christ ne signifie pas que nous soyons des moutons de Panurge, sans intelligence, sans volonté, sans discernement.

Le troupeau dont parle aujourd’hui le Bon Pasteur, est constitué d’innombrables brebis dont chacune, prise individuellement, constitue une cellule unique et parfaite de l’immense famille des élus, de tous ceux qui s’efforcent de demeurer dans la Lumière.

Une remarque de stylistique s’impose ici, concernant la phrase du Seigneur Ego sum pastor bonus : 

N’importe quel lycéen remarquera qu’une telle phrase, en latin, présente plusieurs singularités. Normalement, on n’exprime le «je» (ego) que pour insister ; ensuite, un verbe (sum) se met en fin de phrase ; et un adjectif (bonus) se pose avant le nom, de sorte qu’une phrase latine «classique» devrait être ici : Bonus pastor sum. Si la construction est différente, c’est que l’auteur a voulu insister particulièrement, comme en grec : 

Ego sum pastor bonus devrait alors se rendre ainsi : C’est moi qui suis le pasteur, le Bon (pasteur).

En grec, il y a justement un article avant bonus, pour bien exprimer cette spécification précise : celui qui est bon.

Dans ces quelques mots, notre Sauveur veut nous rappeler que, derrière et au-delà de tous les «pasteurs» qui ont la charge du troupeau des fidèles, le vrai et unique Pasteur, c’est le Christ. Tous les pasteurs ne sont là que pour nous conduire vers l’Unique Pasteur, étant bien entendu que ces pasteurs sont eux-mêmes des brebis dans l’unique troupeau de l’Eglise du Christ.

Des pasteurs, il y en aura toujours, comme le dit saint Augustin ; mais ils ne doivent être pasteurs qu’en Jésus, qu’à la manière de Jésus, en se donnant comme Jésus, en aimant comme Jésus, en pardonnant, en souriant, en souffrant comme Jésus.

Prêtres et non-prêtres doivent tous regarder la Lumière du Christ, s’en imprégner.

*       *       *

En ce dimanche du Bon Pasteur, l’Eglise nous fait prier pour les vocations sacerdotales, pour que, dit la Prière, le troupeau parvienne là où son Pasteur est entré victorieux.

De tout notre cœur, demandons à Dieu des vocations sacerdotales, des hommes qui assument tout l’amour du Pasteur pour Ses brebis.

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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