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5e dimanche de Pâques - A

 

 

Un mois est déjà passé depuis la fête de Pâques. Le Christ ressuscité va bientôt confier totalement l’Eglise à ses Apôtres et remonter au Ciel. Désormais, deux dimanches nous séparent de l’Ascension de Notre Seigneur. L’ambiance est aux adieux, à-Dieu.

 

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Avant d’aller s’offrir sur la Croix, lors du dernier Repas, Jésus institua l’Eucharistie, le Sacerdoce. Ce fut pour lui l’occasion d’un long entretien entre lui et les Apôtres, que nous rapporte l’évangéliste Jean aux chapitres 14, 15, 16. 

La première phrase de l’évangile d’aujourd’hui - Ne soyez donc pas bouleversés -, fait suite au chapitre précédent, où Jésus a parlé de son départ, de la trahison de Judas, du reniement de Pierre : rien de très réconfortant pour ces Apôtres habitués à voir tant de miracles s’opérer par la bouche de Jésus.

Jésus converse avec eux. Ces nouveaux prêtres, les premiers prêtres de l’Eglise, restent des hommes, et ils posent à Jésus des questions qui dévoilent leurs hésitations, mais qui nous valent de la part de Jésus des réponses fondamentales.

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Le chemin qu’il faut suivre, par la croix et la résurrection ; la Vérité qu’il faut croire ; la Vie que nous recevons au baptême et que nous entretenons par l’Eucharistie.

Celui qui m’a vu, a vu le Père… Je suis dans le Père et le Père est en moi. Une nouvelle affirmation de la divinité du Christ.

Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes. Quelle promesse stupéfiante ! N’oublions pas que saint Thomas, une fois revenu de son doute, partit évangéliser l’Inde et tout l’Extrême-Orient ; qu’un saint Pierre Claver calcula lui-même avoir pu administrer quelque trois-cent milles baptêmes…

Jésus ajoute ces mots : Puisque je pars vers le Père. Cette petite phrase exprime l’Union intime qui existe entre le Père et le Fils, dont l’Amour se manifeste dans l’Esprit. C’est au nom de cette Union trinitaire que les Apôtres et tous les Saints opéreront tant et tant de merveilles. Tous les Sacrements nous sont donnés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

 

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Comme dans toute institution humaine, dès le début l’Eglise de Dieu n’a pas échappé aux turbulences psychologiques et théologiques de ses membres. Dans la première communauté, se sont déjà formés des groupes, des chapelles, les uns parlant hébreux, les autres grec ; ces derniers manifestent de la jalousie envers les premiers, apparemment on ne leur aurait pas donné autant qu’aux autres. Où l’esprit de division ne va-t-il pas se nicher !

Ne nous en étonnons pas. Les amitiés les plus fortes sont toujours l’objet des attaques du démon, qui ne respire que division et jalousie. 

Mais Pierre ne tombe pas dans le panneau de l’arbitrage et des discussions ; il n’agit pas même de sa seule autorité : la décision sera un acte collégial des douze Apôtres : ce sera la promulgation du diaconat ; les diacres seront là pour s’occuper de diverses tâches pratiques, pour laisser aux Apôtres plus de temps pour prier et pour prêcher. 

Prier et prêcher, d’abord prier et ensuite prêcher. Le pêcheur qu’était Pierre a vraiment subi une conversion intérieure profonde et radicale ; il ne cède pas à l’activisme et prend bien garde de toujours donner la primauté à la prière. Sans la prière, sans l’écoute silencieuse de la parole de Dieu, toute notre activité devient activisme, course effrénée ; c’est bien un peu le mal de notre siècle.

Les sept premiers Diacres ne nous sont guère connus, à part Etienne (en grec Stéphanos), que nous fêtons le lendemain de Noël. Des six autres, cinq sont mentionnés ensemble dans notre Martyrologe Romain au 28 juillet, mais restent peu connus ; quant à Philippe (qui a sa fête propre au 11 octobre), son apostolat est relaté dans les Actes des Apôtres (voir Ac 8) ; nous le retrouverons justement dimanche prochain.

 

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Le Christ est la Parole de Dieu ; l’Evangile est la Parole de Dieu. Le Psaume 32 nous rappelle que cette Parole est droite, parce que Dieu est fidèle, parce qu’il aime le bon droit et la justice, que son amour remplit la terre.

Il faudrait se garder de lire machinalement ces mots, comme du «déjà vu» ; au contraire, faisons l’effort de les relire comme si c’était la première fois, tant notre quotidien nous les fait si rapidement oublier.

La Parole de Dieu, l’écoutons-nous ? La lisons-nous ? Mettons-nous vraiment notre espoir en Dieu ? Comment se fait-il que nous soyons si souvent affligés, tristes, désespérés, inquiets, et même révoltés ? Ne nous laissons pas envahir par l’inquiétude. Ne soyez donc pas bouleversés, a dit Jésus. Avec le psalmiste, crions de joie ! Chantons un cantique nouveau ! C’était déjà le Chant d’entrée, repris du psaume 97.

 

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Nous pouvons remarquer par l’épître de saint Pierre, combien lui-même est maintenant totalement renouvelé par sa foi au Christ ressuscité.

Lui, l’humble pêcheur, qui a eu peur de la servante du Grand Prêtre, le voilà qui parle avec assurance devant des milliers de personnes.

Le voilà inspiré pour oser une exégèse toute nouvelle que la synagogue ignorait : cette Pierre d’angle, rejetée par les bâtisseurs, dont parle le psaume 117, il explique qu’elle est le Christ, celui qu’on a crucifié et qui est ressuscité. Il cite de mémoire Isaïe (Is 28:16 ; 8:14sq) et Osée (1:9 ; 2:25) avec l’aisance d’un spécialiste en exégèse. 

Mais aussi, le premier Pape nous expose une doctrine toute nouvelle : il nous enseigne que nous sommes tous appelés à être chacun une pierre vivante dans l’édifice de l’Eglise ; que nous participons tous à cette race choisie, à ce sacerdoce royal, à cette nation sainte

Pierre ne dit pas que tous les baptisés vont célébrer les sacrements comme les prêtres ; il dit que tous les baptisés participent du sacerdoce, par leur mission à se sanctifier personnellement, et à répandre le Royaume du Christ, en union avec les prêtres et les évêques, et avec le Christ.

Une citation du Concile Vatican II va confirmer cette doctrine :

Les fidèles concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective (Lumen Gentium, n°10). 

Que serait en effet une Eglise où les fidèles seraient seulement des observateurs, des spectateurs, laissant les prêtres et les évêques agir seuls de leur côté, sans unir profondément leurs prières, leurs efforts, leurs souffrances et leurs joies ?

 

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C’est le sens de la Prière du jour, où nous demandons à Dieu d’être fidèles par toute notre vie.

 

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En chantant Alleluia !, unissons notre prière et notre louange à celles des Apôtres. Préparons-nous avec eux à célébrer le retour de Jésus vers son Père, pour nous envoyer l’Esprit qui nous conduira vers la Vérité tout entière (Jn 16:13).

 

 

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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