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 7e dimanche de Pâques - A 

7e dimanche de Pâques - A

 

 

Jésus n’est plus là ; les Apôtres sont “seuls”, mais avec Marie. Des textes que nous lisons rien ne laisse entrevoir la moindre tristesse, le moindre désespoir. Au contraire, d’un seul cœur ils prient ; la présence de la Mère du Christ nous permet de comprendre combien, dès le début, la Mère de Dieu était aussi la Mère de l’Eglise. Jésus le lui a dit sur la croix, désignant l’Eglise en la personne de l’apôtre Jean : Voici ton fils (Jn 19:26).

Avec elle, les apôtres se préparent à recevoir le Saint Esprit.

On pourra remarquer que s.Luc, énumérant ici les noms des Onze, ne les nomme pas dans l’ordre où il les a nommés précédemment dans l’évangile (Lc 6:14-15) ; la première fois, il les a vraisemblablement nommés dans l’ordre où le Christ les a appelés : Pierre, André, Jacques, Jean, etc. Maintenant, il semble que Jésus ait établi une autre hiérarchie : Pierre et Jean apparaissent plus que jamais soudés entre eux : déjà lors de l’arrestation de Jésus (Jn 18:15), au jour de la résurrection (Jn 20:3), sur le lac de Tibériade (21:7;21sq), puis dans les Actes (Ac 3 et 4). Pierre et Jean expriment les deux faces de l’Eglise naissante : Pierre, l’institution ; Jean, la doctrine. 

Une sainte tradition rapporte par ailleurs que seuls Pierre et Jean auraient été ordonnés évêques par Jésus lui-même, et les autres prêtres ou diacres ; qu’ensuite ces derniers auraient reçu la consécration épiscopale de Pierre et de Jean. Ce n’est pas une vérité d’évangile, mais elle pourrait confirmer le texte des Actes d’aujourd’hui. Bien sûr, Pierre et Jean ont eu ensuite des missions différentes : Pierre fut évêque à Antioche avant d’être à Rome, tandis que Jean le fut à Ephèse, et Jacques à Jérusalem.

Les Apôtres prient donc ensemble, à l’étage de la maison, très probablement au Cénacle, lieu désormais historique de l’institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce. 

 

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La liturgie s’associe à leur prière avec le psaume 26 : J’ai demandé une chose au Seigneur : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. On imagine volontiers le Collège apostolique aux premiers moments de l’Eglise naissante : avec quelle ferveur devaient-ils prier et invoquer la descente du Saint-Esprit.

Cette prière du psaume 26 nous apparaîtra peut-être un peu étrange, impossible à mettre en pratique : comment habiter tous les jours dans la maison du Seigneur ? Même les grands Saints devaient travailler en-dehors du sanctuaire. 

Mais comprenons bien le texte sacré : en commençant par me mettre en présence de Dieu avant toute action, toute décision, toute démarche, tout ce que je ferai sera toujours inspiré de l’atmosphère de la maison du Seigneur. Voilà pourquoi l’Eglise s’est habituée à ponctuer, sans l’imposer, chaque action de la journée par une petite prière : l’Angelus au matin, le midi et le soir ; au commencement et à la fin du travail ; au début et à la fin des repas ; en partant en voyage et au retour ; prière pour demander, pour remercier… Rien d’obligatoire ici quant à la forme, au choix de la prière ; c’est là la richesse et la liberté de notre dévotion. 

Rappelons aussi que l’unique prière que nous a enseignée le Christ, est le Notre Père. C’est «la» prière par excellence, qui contient toutes les autres. L’Eglise naissante s’habitua très tôt à répéter cette prière trois fois par jour, au matin, à l’Eucharistie, le soir. Pourquoi pas nous ?

 

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Quand saint Pierre écrivit sa première épître, il avait déjà accompli beaucoup de voyages, et subi beaucoup d’épreuves ; son martyre à Rome est désormais proche. Mais contrairement à ce qu’on entendrait souvent aujourd’hui, loin de se plaindre, il écrit ces mots inattendus : Puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous ! - Si l’on vous insulte, heureux êtes-vous - Si l’on fait souffrir l’un de vous, qu’il rende gloire à Dieu. 

Pierre vit maintenant tout-à-fait dans l’intimité du Cœur du Christ, qui avait dit : Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse (Mt 5:11-12).

 

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A Pierre et aux autres Apôtres s’appliquent ces mots que Jésus exprime dans sa Prière sacerdotale, au terme de la dernière Cène :  Ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi, et ils ont cru que c’était toi qui m’avais envoyé. 

Jésus exprime ici son Nunc dimittis : Il est arrivé au terme de Sa mission ; Il a fait connaître Son Père ; ces fidèles Apôtres, malgré leurs défauts, malgré leurs hésitations, sont désormais prêts à continuer Son œuvre : Jésus les confie à Son Père.

La façon dont Jésus remet son Eglise aux Apôtres est remarquable de confiance en eux : Jésus sait, au moment de la dernière Cène, qu’il ne sera guère entouré au moment de l’Agonie, tout-à-l’heure, ou sur la croix, demain ; Il sait qu’ils vont encore douter même en le voyant ressuscité… Il sait que, durant tous les siècles, les prêtres, les évêques, les papes, auront des faiblesses, des écarts, des défauts : Il passe par-dessus ces choses humaines, historiques, petites, mesquines, pour confier à des hommes la divine mission de porter l’évangélisation jusqu’aux extrémités de la terre. 

C’est ce qu’ils feront, et c’est ce que nous devons faire encore maintenant : évangéliser, porter la Bonne Nouvelle à tous (tous !) les hommes, manifester notre joie d’être de la grande Famille de Jésus. Même si nous en sommes bien indignes, c’est Jésus qui appelle et qui envoie.

Quand on lit dans saint Paul que Dieu a choisi ce qu’il y a de fou dans le monde pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible pour confondre la force (1Co:1,27), on ne peut attribuer qu’à la puissance de Dieu cette “folie” d’avoir confié l’Eglise, cette œuvre si majestueuse, à des hommes “ordinaires” et, parfois, relativement peu instruits, sujets aux maladies, aux faiblesses habituelles de notre condition humaine, physiques, psychiques, intellectuelles, morales…

Dans quelques jours, la descente du Feu divin de l’Esprit va “brûler” tout cela ; pleins de zèle, de courage, d’ardeur, les Apôtres vont partir évangéliser la terre entière. Et au cours des siècles, l’Esprit continuera ce saint Incendie, envoyant sur le front de l’évangélisation des hommes et des femmes de toutes conditions, pour répandre partout la Parole de Vérité et d’Amour.

 

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Avec le Christ qui est avec nous jusqu’à la fin des temps (c’est dans la Prière du jour), prions avec les apôtres au cénacle : 

Viens, Esprit Saint, remplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton Amour !

 

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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