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Pentecôte - B

 

Au sujet de la première lecture, on pourra relire ce qui a été dit pour l’année A, puisque que c’est le même texte. Ajoutons-y quelques réflexions.

Le violent coup de vent est significatif de la présence de l’Esprit : le mot latin spiritus, comme le grec pneuma, signifie aussi bien le vent que l’esprit. On dit ordinairement que l’Esprit «souffle».

A ce coup de vent s’ajoute le feu, autre symbole de l’Esprit : le feu communique la chaleur, l’amour, jusqu’au martyre. Le prêtre revêt aujourd’hui la couleur du feu, rouge.

Ce feu n’est pas tombé du ciel comme la foudre désastreuse, mais délicatement, sous forme de langues.

C’est le premier fruit de cet Amour : contrairement à l’épisode de la tour de Babel (Gn 11:1-9), malgré la diversité des langues parlées par la foule, tous comprennent ce que disent les Apôtres. Un même Amour, un même Esprit les unit dans une même Foi.

Si l’on prend une carte ancienne du Moyen-Orient, on se rendra compte que les provinces citées par s.Luc représentent l’ensemble des régions de tout le Moyen-Orient, de la Turquie à la Tunisie actuelles, en passant par la Mésopotamie. C’est dire combien Jérusalem était envahie de pèlerins de tous azimuts, pour cette grande fête de Pentecôte.

La fête de Pentecôte (Chavouot) est en effet une des grandes fêtes juives, c’est le jour où l’on est invité à offrir les prémices des récoltes, sept semaines après la Pâque (Pessah), et donc occasion de pèlerinage à Jérusalem.

Chez les Chrétiens, cette fête est devenue la fête de l’Esprit Saint, reçu en ce jour par les Apôtres.

 

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Ce fut donc pour tous ces pèlerins une journée mémorable, où douze braves hommes qu’on croyait incultes ou presque, se mettaient à louer Dieu et à exhorter les présents en une quinzaine de langues différentes, de sorte que tous les comprenaient.

Le psaume 103 dont la liturgie reprend trois des nombreuses strophes, est un hymne à toute la création de Dieu, reprenant les éléments successifs du récit de la Genèse (Gn 1).

L’auteur du psaume chante les merveilles de Dieu, et il y eut peut-être des Juifs qui entonnèrent ce chant devant le spectacle inouï qu’ils voyaient. 

Le psaume dit que quand (Dieu) reprend leur souffle, ils expirent. On pourrait très bien comprendre ce souffle comme la présence de l’Esprit : quand Dieu retire l’Esprit, le Vie cesse. Quand au contraire Il l’envoie, la Vie reprend.

Nous avons sans cesse à reprendre notre souffle, à nous renouveler. Même si nous ne recevons qu’une seule fois l’Esprit Saint dans le sacrement de la Confirmation, nous avons toujours besoin de Sa présence. La fête de la Pentecôte pourra nous en faire prendre conscience pour invoquer Sa présence continuelle en nous.

Ce n’est pas que l’Esprit-Saint s’éloigne de son Eglise : ce sont les hommes qui, à l’occasion, s’éloignent plus ou moins de l’Esprit.

 

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Justement, dans l’extrait de l’épître aux Galates, Saint Paul nous parle des bons fruits que nous apporte l’Esprit Saint, en opposition aux mauvais fruits dûs à son absence. Ces deux listes pourront un peu déranger notre conscience, soit par les reproches que nous sentons nous envahir, soit par les regrets que nous avons devant nos trop petites perfections.

Mais soyons honnêtes ; dire les choses avec précision ne peut que nous aider à toucher du doigt nos plaies à soigner : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie ; et l’Apôtre d’ajouter : et autres choses du même genre

Il n’y a pas un journal, pas une émission de télévision, pas un film, pas un roman où l’on ne rencontrera pas au moins une scène de ces horreurs.

Et qu’on n’ose pas dire qu’on ne parle pas d’idolâtrie, quand on voit le nombre de voyants qui vous proposent leurs services et les invraisemblables considérations des horoscopes, qui prétendent vous dire ce que seul Dieu sait : l’avenir.

Gardons-nous de penser que ces défauts concernent les autres. Que chacun fasse son mea culpa personnel. Quand on va en discothèque, on boit, on fume, on se drogue, mais on ne fait «rien de mal», bien sûr ! Rentrer à six heures du matin sans pouvoir tenir sur ses jambes, “ce n’est pas grave”, bien sûr ! Rester des heures sur Internet à chercher Dieu sait quoi ou à “chatter”, c’est normal, bien sûr ! Critiquer son voisin, ou le maire, ou les hommes politiques, c’est pour dire la vérité, ce n’est jamais de la médisance, bien sûr ! N’a-t-on pas vu une publicité prétendant que la gourmandise n’est plus un péché… Si bien que, au final, nous ne sommes plus jamais pécheurs, nous sommes tous de petits anges à qui il ne manque que les ailes blanches, sans défauts à combattre, sans mauvais penchants.

Pour ceux qui ne se sentiraient pas concernés par cette suite de défauts, Paul passe alors à celle des bons fruits de l’Esprit ; voyons si nous les avons bien tous reçus : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité, maîtrise de soi. Qui se reconnaîtra dans cette sainte panoplie ? Qui de nous aura l’audace, comme l’homme riche de l’évangile, de prétendre que tout cela je l’ai gardé dès ma jeunesse  (Lc 18:21) ? 

Heureusement, les bons exemples ne manquent pas. La presse a parlé il y a quelques années d’un jeune père de famille, mort de cancer à trente-et-un ans ; il avait quelques défauts et confiait à son entourage, huit jours avant de mourir : Dieu m’a donné ces trois années de souffrances pour m’ouvrir les yeux et me donner le temps de me convertir (Jean-Noël Berthelot, 1977-2009).

Heureusement aussi, dans le monde entier se trouvent des êtres, jeunes et vieux, qui accueillent cette grâce de la conversion : ils ne forment vraiment plus qu’une grande famille, par-delà frontières, langues, climats. Ils se retrouvent unis dans l’Amour de Dieu.

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Traditionnellement, on chante aujourd’hui avant l’évangile une séquence, un chant en l’honneur du Saint-Esprit.

La séquence Veni, Sancte Spiritus est un des monuments de la liturgie ancienne. Elle fut composée par Stephen Langton, archevêque de Canterbury (1150-1228). C’est une belle poésie latine, rimée et rythmée, qu’une belle mélodie grégorienne met agréablement en valeur.

 

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Si Jésus dit aux apôtres qu’il a encore beaucoup de choses à dire, nous en avons déjà beaucoup à dire aussi sur les quelques phrases que nous lisons dans l’évangile.

Jésus annonce l’envoi du Défenseur : c’est la traduction du mot grec Paraclitos, soutien, avocat, défenseur, témoin. Par les signes qui seront opérés, il témoignera que la doctrine du Christ est bien la Vérité. Et il assistera les Apôtres, puis les disciples des Apôtres, puis tous les fidèles : jusqu’à aujourd’hui, l’Esprit-Saint témoigne par des grâces nombreuses de la Vérité de l’Eglise. Jésus précise : Il vous guidera vers la Vérité tout entière.

Jésus donne aussi cette précision sur laquelle s’appuieront plus tard les Pères et les Docteurs de l’Eglise : cet Esprit procède du Père. C’est ce que nous répétons dans notre Credo : Je crois en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la Vie ; il procède du Père et du Fils… En effet, l’Esprit procède aussi du Fils, puisque Jésus ajoute peu après : (L’) Esprit redira tout ce qu’il a entendu… il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

L’Esprit Saint est bien d’essence divine ; il est Dieu. L’Eglise nous le fait dire aussi dans le Credo : (L’Esprit) qui est Seigneur…  reçoit même adoration et même gloire que le Père et le Fils.

Le Credo de Nicée contient, on le voit, quelques expressions plus élaborées que le Symbole des Apôtres. Apprenons-les tous les deux en famille ; on sera heureux de savoir les répéter pour affirmer notre foi.

 

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Voici le texte d’une ancienne préface, extraite du Sacramentaire de saint Léon (5e siècle) :

Il est vraiment juste et nécessaire de te rendre grâces, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant. Accepte la louange des fils de la Promesse qui célèbrent le don le plus merveilleux des origines de l’Eglise. Ainsi disparut la malédiction que jadis avait méritée la construction orgueilleuse de Babel. Et la diversité des voix qui proclament l’Evangile, loin d’arrêter désormais l’édification de l’Eglise, renforce au contraire son unité.

 

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! 

La terre s’emplit de tes biens (Ps 103).

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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