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12e dimanche per annum - B

 

Après que Job a subi la tentation de la révolte, Dieu vient le faire réfléchir ; il le place devant l’immensité de la mer.

Il est toujours impressionnant de regarder les vagues s’arrêter sur le rivage, la marée montante et descendante, qui cependant demeure dans les limites du littoral ; plus impressionnants encore, hélas, les terribles raz-de-marées, les tsunamis. Devant cette force impétieuse, l’homme est totalement impuissant.

Même si l’homme est capable de construire des embarcations et d’énormes navires qui résistent aux tempêtes, il sait qu’il n’est pas à l’abri total du danger. Combien de marins, de voyageurs, ont péri en mer…

En termes poétiques mais réalistes, Dieu parle à Job de la mer comme d’un enfant, à qui ont met des langes, qu’on aide à s’habiller, auquel on assigne une place : Reste là, ne bouge pas !

Dieu invite donc Job, et chaque être humain en même temps, à rester humbles devant la volonté toute-puissante de Dieu.

 

*       *       *

 

Le long psaume 106, dont nous ne méditons ici que quelques versets, va aussi nous parler de la mer. D’abord le psalmiste nous invite à chanter et à remercier Dieu pour tout ce qu’il a fait. Plusieurs allusions à l’exode et aux tribulations du peuple d’Israël à travers le désert, sont cinq fois ponctuées par cette invitation : Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour !

Si Dieu montra sa puissance en libérant son peuple d’Egypte, et en le nourrissant dans le désert, le psaume rappelle aussi combien Dieu est bien plus puissant que la mer, même quand elle est agitée.

Il n’est pas défendu de prendre ce mot de mer dans un sens plus imagé : la mer, avec ses vagues, est souvent le symbole de l’agitation du monde, alors que la terre ferme symbolise la sécurité.

Le port qu’ils désiraient devient ainsi l’Amour miséricordieux de Dieu, et l’Eglise fondée par Jésus-Christ ; et aussi le Tabernacle de la Présence réelle du Christ-Eucharistie, devant lequel il est si bon de rester en méditation pour retrouver la paix.

Dans l’histoire et dans notre vie personnelle, nous pouvons maintes fois observer combien la force et la miséricorde divines dépassent de beaucoup toutes les entreprises humaines.

C’est une invitation pour nous, comme dans le livre de Job, à demeurer humbles devant la majesté de Dieu et à ne jamais désespérer de Sa bonté.

*       *       *

 

Quand l’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens que Jésus est mort et ressuscité, il nous fait aussi remarquer que Dieu est plus fort que la mort. L’Auteur de la Vie est vainqueur de la Mort.

Les événements quotidiens de la société, de la politique, les guerres, les dangers, le bruit et l’agitation, nous écartent facilement de cette certitude. La maladie nous dérange, la mort nous fait peur, la météorologie capricieuse nous rend nerveux, les examens nous inquiètent : mais qu’est-ce que tout cela devant la certitude de l’Eternité ?

Saint Paul demande instamment aux Chrétiens de ne pas avoir du Christ une image temporelle, historique, car le Christ est au-delà de l’Histoire. 

Le Christ n’est pas un monument aux morts. Le Christ n’est pas seulement mort un jour dans le passé : il est vivant maintenant et éternellement. Pour être avec lui, il faut ordonner notre vie d’une façon nouvelle : le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.

Demandons-nous : est-ce que je suis nouveau ? Est-ce que j’ai combattu mes caprices ? Est-ce que j’accepte sereinement d’avoir tort, d’être faible ? Est-ce que j’ai fait la paix avec tel camarade ? Est-ce que je sais dire Viens, Seigneur Jésus ! avec cette sainte impatience de l’auteur de l’Apocalypse (Ap 22:20) ?

 

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Dans l’évangile, il est à nouveau question de la mer agitée.

Comme Jésus devait être fatigué, pour s’endormir en pleine tempête ! Et ce coussin où il appuie sa tête ne devait pas être très sec…

La réaction des disciples est bien humaine ; pêcheurs, ils savent ce que signifie une barque qui se remplit d’eau : si l’on ne peut écoper à temps, c’est bientôt la noyade et la mort, même si le lac de Tibériade n’est pas immense ni très profond.

Mais si l’on transpose ces éléments déchaînés à un niveau plus spirituel, les vagues et le vent représentent l’agitation de l’histoire des hommes et de notre quotidien. Jésus alors se lève et nous demande : Pourquoi avoir peur ?

C’est un peu aussi la réaction des hommes devant les moines et les moniales des ordres contemplatifs : que font donc ces religieux derrière leurs murs, alors que nous vivons tant d’angoisses ?

Compte-tenu de la question de Jésus, nous devrions plutôt répondre : qu’il est beau d’avoir cette foi, cette confiance stable.

Il y a un psaume où le chantre semble assumer ces deux attitudes, le psaume 78 ; le psalmiste commence par exprimer à Dieu son désespoir devant la ruine de Jérusalem : Jusqu’à quand, Yahvé, ta colère ? jusqu’à la fin ? ta jalousie brûlera-t-elle comme un feu ? et, après avoir exposé toute sa tristesse, reprend confiance : Et nous, ton peuple, le troupeau de ton bercail, nous te rendrons grâce à jamais et d’âge en âge publierons ta louange.

Les apôtres y ont peut-être pensé. Mais leur question ici a quelque chose d’étonnant : Mais qui est-il donc ?, se demandent-ils, alors qu’ils ont déjà vu, par exemple, le miracle de l’eau changée en vin à Cana et qu’ils crurent en lui (Jn 2:11). La réalité est que les apôtres sont des hommes, comme chacun de nous ; un moment ils sont interpellés, un autre moment ils perdent confiance ; un moment ils sont pleins d’enthousiasme, et juste après ils sont désespérés.

Plus loin, nous lirons bientôt que les mêmes apôtres furent remplis d’étonnement, car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci (Mc 6:51-52) ; Jésus les reprendra : Etes-vous encore sans intelligence ? (8:17), et Ne comprenez-vous pas encore ? (8:21). En 8:33, Jésus reprend très sévèrement Pierre : Arrière, Satan ! ; ils apprendront aussi que pour chasser le démon, il faut prier davantage (9:29) ; à Gethsémani, ils s’endormiront au lieu de prier avec Jésus, puis s’enfuiront tout bonnement devant l’escorte des Juifs et des soldats romains. Tous ces doutes, toutes ces difficultés seront autant de moments où ils apprendront à se ressaisir, à devenir plus forts, jusqu’à être les courageux témoins de la Résurrection, jusqu’aux dernières limites de la terre.

Ces hauts et ces bas nous enseignent. Nous sommes des humains, comme les Apôtres ; nos hésitations ou nos chutes, qui alternent avec nos moments plus heureux, ne doivent pas nous détourner du but de notre marche. Avec les Apôtres, sur l’invitation du Christ, passons sur l’autre rive ! : changeons d’attitude, d’horizon, sortons de l’Histoire et fixons le regard sur l’Eternité.

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Que demander en ce jour au Seigneur ? ce que dit la Prière : Enracine-nous solidement dans ton amour. 

On a confiance en celui qu’on aime profondément.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année B

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