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12e dimanche per annum - A

 

L’Eglise nous propose aujourd’hui des textes un peu difficiles, mystérieux parfois. Que l’Esprit-Saint veuille bien inspirer notre petite méditation et nous aider à entrer un peu plus loin dans le Mystère divin.

 

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Six siècles avant Jésus-Christ, le prophète Jérémie «voit» la victoire du Juste et l’anéantissement des persécuteurs. Il parle sans doute du Christ souffrant sa passion, objet de la dérision de la foule menée par les Pharisiens. Il anticipe aussi les souffrances, parfois inouïes, des Martyrs au long des siècles.

A travers le Christ et tous les Martyrs, Jérémie exprime la douleur de toute l’humanité souffrante, qui attend la résurrection du Christ. 

Nous avons tous, dans notre cœur, cette aspiration à une société meilleure, à un monde sans injustice, à un futur où l’on ne se battra plus, où l’on ne connaîtra pas la douleur… Nous savons que ce ne sera pas pour cette vie terrestre, qui finira vite. Ce monde sans souffrance, ce sera pour la résurrection finale : alors nous goûterons la revanche du Fils de Dieu : sa victoire sur le mal.

La victoire du Christ n’en serait pas une si le mal et l’injustice devaient encore s’y retrouver. Il est évident que le mal en sera exclu, pour toujours. C’est pourquoi le Prophète parle d’une confusion éternelle pour les persécuteurs.

C’est le Sacrifice parfait du Christ qui nous a ouvert les portes du Ciel, fermées depuis la faute d’Adam, et nous a donné l’espérance d’y accéder. Alors, nous pourrons chanter le Seigneur, en participant à sa victoire définitive.

 

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On ne répétera pas ici tout ce qui a été écrit lors du premier dimanche de Carême, où nous lisions le même extrait de l’épître de saint Paul aux Romains ; mais aujourd’hui il faudrait plutôt considérer l’idée que Paul veut développer à propos de la Loi et du péché.

Pour les interlocuteurs de Paul, il était facile de faire ce raisonnement : la Loi ne fut donnée à Moïse que plusieurs siècles après le péché d’Adam et d’Eve. Or, c’est selon la Loi que Moïse et les prêtres définissaient et sanctionnaient les péchés commis par les Israélites, en leur imposant telle “punition”, tel sacrifice à offrir pour leur purification. Donc, avant Moïse, rien ni personne n’était dans le péché.

L’Apôtre expose le problème autrement : la mort est bien apparue avant Moïse, et cette mort a frappé tous les vivants, depuis Adam. Il y avait donc bien déjà une Loi, celle de Dieu, inscrite dans le cœur de tous les hommes, et spécialement dans le cœur de Ses fidèles serviteurs. C’est de cette Loi que le Psalmiste chanta un jour : La Loi du Seigneur est parfaite, elle restaure l’âme… Les ordonnances du Seigneur sont droites, elles réjouissent le cœur, les commandements du Seigneur sont purs, ils éclairent les yeux (Ps 18:8-9).

Mais si grave, si importante qu’eût été cette faute de l’homme, plus importante encore est la Grâce que Dieu nous a accordée par Jésus-Christ ! Le premier homme, Adam, a engendré la mort dans toute sa descendance, mais le Nouvel Homme, Jésus, a redonné la Vie non seulement à tous ceux qui viendraient après Lui, mais aussi à tous ceux qui L’ont précédé et attendu. Saint Jean Chrysostome l’écrit dans une homélie sur la Croix : Cette mort-là {d’Adam} a condamné ceux qui sont nés après elle ; tandis que la mort de Celui-ci {du Christ} a ressuscité même ceux qui étaient nés avant lui… C’est par la Mort que nous sommes devenus immortels : telles sont les illustres victoires de la Croix !

 

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Déjà cette espérance de la résurrection doit nous aider à dépasser l’appréhension de la souffrance et de la mort.

Dans ses conseils aux premiers apôtres, Jésus leur annonce délicatement qu’ils auront, certes, à souffrir, mais en les encourageant : Ne craignez pas ! Ce passage est un peu méconnu : il est pourtant très important sur deux points fondamentaux.

- D’abord, Jésus rappelle que nous sommes faits d’un corps et d’une âme, d’un élément physique naturel et d’un élément spirituel immortel ; autre est la vie du corps, autre est la vie de l’âme. Comme on se préoccupe de notre corps, de même nous devons nous préoccuper de notre âme, de la nourrir, de la sauver, de la donner à Dieu.

- Ensuite, Jésus fait bien la différence entre la mort physique et la mort spirituelle : perdre la vie du corps, même douloureusement (maladies, persécutions, accidents...) n’a pas la même importance que perdre la vie de l’âme : cette mort spirituelle, le péché, peut conduire “dans la géhenne”. 

La Géhenne (hébreux Gè-Hinnom) était un lieu proche de Jérusalem, maudit pour y avoir été le lieu de sacrifices d’enfants aux divinités païennes (voir Lv 18:21) et on y brûlait en permanence des déchets malodorants ; c’était donc le symbole du châtiment définitif des méchants. D’après cette parole divine de Jésus, il y a bien un Enfer, un lieu éloigné de Dieu, loin de la Lumière et de la Paix éternelles.

Mais Jésus ne veut pas décourager ses Apôtres : Vous valez bien plus que des moineaux ! Derrière ce qui pourra sembler une évidence, même un tantinet cocasse, Jésus nous rappelle que Dieu se préoccupe de chacun de nous, personnellement, dans les plus petits détails, jusque dans nos plus profondes pensées : même vos cheveux sont tous comptés, dit-Il. Là encore, il ne s’agit pas des cheveux matériels, mais de tout ce qui «pousse» dans notre tête, les pensées bonnes ou mauvaises, tout ce que nous n’extériorisons pas toujours par la parole, mais que Dieu «connaît».

Il est logique, devant la Vérité divine, que Jésus ne pourra se prononcer en faveur de ceux qui ne se seront pas prononcés en faveur de Lui devant les hommes ; mais à l’inverse de cette négativité, retenons bien Sa promesse : Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, je me prononcerai moi aussi pour lui devant mon Père.

 

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Nous avons donc aujourd’hui pour notre méditation des textes fondamentaux : le rappel de Jésus sur l’Enfer et sur notre condition humaine constituée d’un corps et d’une âme ; et le texte de l’apôtre Paul sur lequel s’appuie notre foi catholique concernant le péché originel.

Ne soyons pas tentés de rejeter la vérité de la condamnation éternelle. Voyons plutôt quelle récompense nous attend pour notre fidèle amour de la Vérité. 

Prions. Demandons le don de la force à l’Esprit-Saint, pour dominer les peurs de la terre. Et disons avec ferveur les mots de la Prière du jour : 

Fais-nous vivre à tout moment dans l’amour et le respect de ton saint Nom…

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année A

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